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Titre :
VO
VO est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1990 à 1997, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

VO est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1990 à 1997. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité. Pierre Vallières est rédacteur en chef de VO jusqu'au printemps 1991, où il laisse sa place à Jean Robitaille, collaborateur régulier de la revue depuis quelques années, qui travaillera étroitement avec Daniel S.-Legault. VO fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

VO s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

La nouvelle formule magazine adoptée par VO vise toutefois à une diversification tant de la forme que du ton. Des textes d'analyse substantiels côtoient les chroniques plus courtes dans une facture graphique plus illustrée et colorée que celle de Recto verso.

Le tirage de VO se situe entre 2000 et 5000 exemplaires.

FONTAN, Jean-Marc, « Souvenirs de Recto verso », Possibles, vol. 30, no

Éditeur :
  • Montréal :Jeunesse ouvrière chrétienne :1990-1997
Contenu spécifique :
mars-avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Recto verso (Montréal, Québec) ,
  • Carnets de VO
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Références

VO, 1996, Collections de BAnQ.

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■ CONCOURS Gagnez un voyage en TWHJSl'L (détails à l'intérieur) > 259 • 3,95$ la surjes JACQUES BÉLANGER l'avenir des communautés religieuses On parle beaucoup de compressions.Pas assez d'équité.Pourquoi ?Le pouvoir d'achat des particuliers est en baisse, la classe moyenne est surtaxée et la dette publique atteint des sommets inégalés.Dans ce contexte, comment réduire le déficit du gouvernement ?Encore une fois, les tenants du neo- libéralisme préconisent de sabrer sans ménagement dans les dépenses qui sont, on l'oublie trop souvent, des services à la population.Éducation, soins hospitaliers, services sociaux, à en entendre certains, il n'y a que là qu'on peut couper.Or, notre système fiscal est loin d'être équitable.On taxe les chaussures pour enfants On exempte d'impôt les frais financiers des investisseurs Vos billets de hockey sont taxés Les loges des entreprises sont déductibles d'impôt Nous payons plus d'impôt que les Américains Nos entreprises en paient moins que celles des États-Unis.millUrt» j T.4rallllartfif Contributions tiîcalei des particuliers Contributions fiscale! des corporations Déduction des Irais d emploi des salariés OS Exemption sur les gains de capital des PME 500 000 S TVQ allégement de 1 milliard $ pour les entreprises sur 3 ans: augmentation prévue pour les particuliers dans un an On taxe pleinement les couches pour bébés On exempte à plein les fiducies familiales Pourquoi une telle disparité ?Existerait-il une règle pour les travailleuses et travailleurs ordinaires et une autre pour ceux qui, soi-disant, créent de la richesse, principalement la leur?Une autre façon de faire, meilleure et plus humaine, existe rendre le système plus équitable.Lors de son récent budget, le gouvernement du Ouébec a fait quelques pas dans cette direction En plus de ne pas avoir augmenté l'impôt des particuliers, il a haussé la taxe sur la contribution des employeurs au fonds de santé, éliminé le report sur le revenu d'entreprise et limité le remboursement du crédit d'impôt en recherche-développement de grandes corporations.Il a promis d'améliorer le système de perception et de lutter contre le travail au noir et la contrebande Le gouvernement s'est aussi commis à faire l'exercice démocratique de révision de la fiscalité avec la mise sur pied d'une commission d'étude sur la question Ces mesures sont importantes mais il est temps d'aller plus loin et de colmater les trous par lesquels des compagnies privent le système de milliards $.Pourquoi ne pas instaurer un impôt minimum aux sociétés?En 1987, les chiffres de Statistique Canada indiquaient que 90 000 entreprises canadiennes avaient engrangé des protits de 27 milliards $ sans payer un sou en impôt En instaurant un impôt minimum sur les revenus de société, le gouvernement du Québec s'assurerait que tout le monde fasse sa |uste part Pourquoi ne pas éliminer les avantages fiscaux indus ?Exonérations des fiducies familiales, crédits d'impôts pour dividendes, déduction des frais financiers, taux d'imposition réduit sur les revenus de placement, exemption de gain^ en capital, etc.ces mesures fiscales coûtent des milliards $ à l'Etat québécois.Il n'est pas normal que la majorité de la population fasse les frais des compressions budgétaires pendant qu'une minorité de bien nantis tirent profit du système fiscal.Une révision en protondeur de la fiscalité s'impose C'est une simple question d'équité.L'équité s'impose E CEQ ONIMAIRE ILLUSTRATION DENIS ROUX ENTREVUE 12 • Jacques Bélanger et l'avenir des communautés religieuses L'héritage : y aura-t-il une vie après la mort?! Les communautés religieuses qui ont longtemps dominé la vie sociale et la morale au Québec s'apprêtent à disparaître.L'heure de penser aux héntiers-ères a donc sonné Qui seront les héntiers-ères du riche patrimoine tant spirituel que matériel des communautés religieuses?«Il nous reste cinq ans pour faire nos choix», affirme Jacques Bélanger, le responsable des Capucins.Sinon, il sera trop tard.DOSSIER 26 • Finances publiques La nuit de la dette vivante Les compressions ont commencé progressivement.Depuis un an, elles se font à un train d'enfer.Le prétexte : le Canad8 et le Québec sont menacés de faillite Mais est-ce vrai ?La dette est-elle si grave ?Et qui en est responsable ?Voilà plus de 15 ans que les gouvernements brandissent le spectre de la dette pour diminuer les dépenses utiles collectivement.Pourtant, ils ne sont actuellement pas déficitaires, si on excepte le paiement de cette dette Or, les dettes gouvernementales ont été gonflées artificiellement, pour des intérêts bien particuliers COURTES ET SUCRÉES 7 et 50 BILLET: L'Encancan 8 VIE ET CULTURE : Livres vs bars et dollars 18 CHRONIQUE INSOLENTE: J'en suis membre 41 EN MOUVEMENTS: Hans Marotte 42 TOUR DU QUEBEC: Une coop qui bourdonne 44 HORS-CONTEXTE : Professionnelles immigrées 46 CD 09 m > < en ce < 5 en en CVJ o > VO est un magazine d'intérêt général et un magazine alternatif d'information, de réflexion et d'enquête qui traite des conditions de vie et de travail, des luttes, de la culture et des aspirations du monde populaire.VO s'adresse aux militants-es, aux interve-nants-es des milieux populaires et à tous ceux et celles qui aspirent à des changements sociaux.Fondé en 1951 à titre de revue de l'Action catholique ouvrière, VO a évolué au fil des ans pour devenir un magazine indépendant, qui s'inspire des différents courants émancipateurs.Les articles publiés dans VO n'engagent que leur-s auteur-e-s.Conseil d'administration : Guy Biron, Anne-Marie Brunelle.Raymond Langevin, Daniel S.-Legault, Yvan Noé Girouard, Clotilde Lemay, Monique Tremblay.Comité de rédaction : Louis Brillant, Diane Brulotte, Guillaume Dostaler, Abdelhamid Gmati, Françoise Guay, Julie Perreault.Collaborations régulières et membres de comités : Nicole Brais, Marie Constantineau, Guillaume Dostaler, François Gervais, Pierre Hamel, Christine Nagl, Pierre Viau.Rédaction en chef : Jean Robitaille et Daniel S.-Legault.Coordination, promotion, publicité: Jean Robitaille.Direction artistique, secrétariat de rédaction, comptabilité, montage des couvertures: Daniel S.-Legault.Gestion des abonnements et traitement de textes : Ginette Gaudreault.Promotion : Anne-Marie Brunelle.Mise en pages: Nicolas Calvé Représentation publicitaire: Réseau international (514) 722-7708.Édition : Revue Vie ouvrière inc.Impression : Imprimerie d'Arthabaska inc.Distribution : Messageries de presse Benjamin Fréquence de parution : 6 numéros par an Photo couverture: J.Bélanger, par L'Œil public; en médaillon : infographie Denis Rioux.Grille de tarifs d'abonnement : Individu ou groupe populaire : 23$/an ou 40$/2ans.Institutionnel: 32$/an.Soutien: 35$/an.Étudiant ou sans emploi : 15$/an.À l'étranger (par avion), individuel: 30$/an.À l'étranger (par avion), institutionnel: 40$/an.Un numéro seulement: 5,35$ (incl.frais de poste).VOest membre de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP).Le magazine reçoit une subvention du Conseil des Arts et des Lettres du Québec.Ses articles sont indexés dans le répertoire analytique de presse Repère.Dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 0849-035X.Envoi de publication, enregistrement n°0220.Parution: n°259, 1" mars 1996.VO: 1215 Visitation, bureau 101, Montréal (Québec), H2L 3B5 Téléphone: (514) 523-5998, télécopieur: (514) 527-3403 £ 0|TOR»*u les Etats généraux de l'éducation POUR LA SUITE DU MONDE CHANTAL DESJARDINS, DANIEL S.-LEGAULT et JEAN ROBITAILLE La Commission des États généraux sur l'éducation a déposé son Exposé de la situation, une synthèse courageuse des deux mille mémoires et interventions verbales reçus en audiences publiques.tout est sur la table.le travail est complet, d'une qualité qu'on n'esperait plus.un rapport intelligent, pertinent, qui n'a pas reçu l'attention collective qu'll méritait.La réforme Parent est bien jeune.On ne donne pas un pareil choc révolutionnaire à une collectivité en pensant, 30 ans plus tard, faire un bilan objectif ou complet.En 20 ans, la scolarisation a beaucoup avancé au Québec, aux différents niveaux du système.L'influence sur les mentalités, qui a accompagné modernisation et scolarisation a été gigantesque.La Commission actuelle reconnaît que le niveau cégep, grâce à son accessibilité (dont la gratuité, en principe) est un «instrument de mobilité sociale».Nous avons eu plus de scolarisation; avons-nous eu une meilleure scolarisation?Pas nécessairement.La «normalisation •> a peut-être été excessive.Tout le monde se relaye la balle.Le milieu de l'éducation ressemble à une vaste cour d'accusation.Que faire 30 ans plus tard?Pas de consensus possible, mais des options à prendre.APPRENDRE À APPRENDRE Redéfinir la «mission éducative», ça devrait aussi vouloir dire.RÊVER.Dans le bon sens du terme.Savoir rêver, innover, avoir des idéaux; savoir briser les codes tentant de tous nous couler dans le moule du bon-citoyen-rentable-et-silencieux.C'est aussi un objectif qui peut rallier les jeunes.Le questionnement et la connaissance servent à se définir autrement que comme bêtes de productivité.À se situer dans le temps.La diversification des options est souhaitable.Mais l'école à la carte ne doit pas être synonyme de spécialisation; il faut surtout éviter d'uniformiser les programmes scolaires et de les créer seulement en fonction de critères d'employabilité.La formation généraliste a mauvaise presse.Pourtant, plusieurs professeurs d'universités québécois racontent, après avoir revu d'anciens-nes étudiants-es revenus-es d'études supérieures aux États-Unis, que la formation poussée ne se fait pas, là-bas, en termes de spécialisation, contre toutes leurs attentes.Les orienteurs ont des préjugés et le marché du travail connaît des modes qui ne valent pas une vocation ou des intérêts profonds.Comme disait le pédagogue Dewey, « Cessez de concevoir l'éducation comme une préparation à une vie ultérieure et faites-en la signification entière de la vie présente.(.) Une activité qui ne mérite pas d'être exercée pour elle-même ne peut être très efficace comme préparation à quelque chose d'autre ».La formation professionnelle doit cesser d'être un parent pauvre.La culture de l'orientation est à modifier, qui considère le travail technique ou manuel comme le recours obligé de ceux et celles qui ont échoué dans la voie générale-universitaire-intellectuelle.Tous les témoignages confirment que les jeunes à qui on permettrait de privilégier cette option se retrouveraient davantage dans l'école.le commissaire En conférence de presse, le coprésident de la Commission, M.Robert Bisaillon, soulignait l'importance de « briser les barrières qu'ils (parents, professeurs, syndicats, commissions scolaires, municipalités.) érigent souvent entre eux».C'est pourquoi les membres de la Commission ont tenu a ce qu'il y ait des forums régionaux plutôt qu'une seule conférence entre les principaux décideurs.Nous lui avons demandé si, à son avis, les participants seraient prêts à collaborer.Le sourire en coin, il a répondu: «J'ai bien hâte de voir ça ! » UN MILIEU DE VIE Les écoles primaires et secondaires présentent trop souvent un milieu de vie.inhumain.Lorsque les participants-es des Etats généraux sont unanimes, c'est pour « recentrer l'école sur l'élève à tous les ordres d'enseignement, remettre l'élève au coeur de la mission éducative».Miser sur l'élève, c'est personnaliser l'enseignement1.«Trop souvent, enseigner consiste à répondre à des questions que personne ne pose», disait la pédagogue Angélique Fulin.Nous croyons que le décrochage scolaire est la plupart du temps un sain réflexe.L'ne réforme de l'éducation ne doit pas viser à «contenir les jeunes».Le meilleur remède pour décourager la déviance est d'offrir au jeune de déplacer son intérêt.Miser sur les motivations de l'élève, c'est savoir miser sur un milieu de vie, sur les camarades, sur des intérêts particuliers, et sur l'apprentissage du monde environnant, à son propre rythme.Des professeurs racontent souvent l'histoire du «décrocheur en puissance» qui développe tout à coup une passion pour l'école, ou à tout le moins pour le tout petit bout de vie auquel il a pu se raccrocher.Cela dit, l'école est toujours un essentiel milieu de vie pour les jeunes.On n'a pas le droit de dire, comme l'avait affirmé Michel Pallascio, le président de la CÉCM, que «les problèmes de violence ne concernent pas le milieu scolaire » parce qu'on s'arrange pour qu'ils se déroulent en dehors de la cour d'école.11 est surprenant que la « polyvalence » ait impliqué que l'on demande aux élèves de se déplacer de local en local, de groupe en groupe, pour rencontrer des professeurs spécialistes (en anglais, en mathématiques, etc.), pour les «préparer» à la solitude du cégep, instaurée pour préparer à celle des études universitaires.Nous avons connu des écoles primaires avec des classes ouvertes où les enfants changeaient de local pour les préparer au choc du secondaire! Le focus a été fait sur le programme, jamais sur le jeune.L'enseignement du Bauhaus ou des philosophes antiques supposait des groupes stables, une stabilité physique.^ CD CD CO Œ > < en oc < 5 0) m CM o > ILLUSTRATION 0 S -LEGAULT LES APPRENTIS MAÎTRES L'éducation aux futurs ensei-gnants-es est actuellement plus forte pour transmettre des préoccupations sur la do-cimologie1 et la théorie des méthodes pédagogiques que sur la passion d'enseigner et le rôle du professeur.La formation des maîtres en fait des techniciens-nes de l'apprentissage, quand elle devrait d'abord aider des humanistes en puissance.Les enseignants-es ont à jouer un rôle d'animateurs-rices pour.établir un véritable dialogue entre prof et élèves; favoriser la cohésion du groupe; favoriser la participation et la responsabilisation de chaque élève; connecter avec la vie, l'actualité, la société, bref faire des liens.Pendant les audiences publiques, les jeunes ont réclamé des professeurs compétents, enthousiastes, passionnés et ayant le sens de l'humour.C'est clair, les jeunes veulent, comme leur nom l'indique, des maîtres.Des maîtres à penser qui leur ouvriront les voies de l'avenir.On s'accorde sur le fait qu'il faudrait, en formation des maîtres, donner une culture générale plus étendue permettant aux enseignants-es de faire des liens entre les matières, d'être plus critique.Il est temps, malgré les appréhensions syndicales, de mettre sur pied un système d'évaluation s'appliquant à tous les professeurs, permanents ou non, notamment par leurs élèves et ^ \ étudiants-es, autant sur le comportement que sur les compétences.Les conventions collectives devraient en tenir compte, les résultats porter à conséquence.Il ne faudra pas oublier l'évaluation des cadres et les directeurs.Le laxisme éducatif a fait son temps.Il faut placer la barre Pk des exigences un peu plus haute, du primaire à l'université.Il faut arrêter d'infantiliser les jeunes, les rendre responsables de leurs actes, leur donner le goût de l'effort et de l'autonomie.On demande parfois à des élèves de secondaire IV de colorier des cartes géographiques.Pas les dessiner.Les colorier.Ça les occupe! -Demandez-nous-en plus, on est capable": surprenant, mais ces demandes sont surtout venues de la part des jeunes pendant les audiences publiques.LES FORCES DTNERTIE C'est pourtant au primaire et au secondaire, où les irrégularités prennent forme et troublent le système, que l'État, qui dépensait 6,6% du PIB en 1976, n'en dépense plus que 4,8% en 1994.L'Exposé de la situation de la commisssion, qui est restée, selon la commande, attentive à l'économique, est un peu trop porté sur les comparaisons pan-canadiennes.Ces chiffres ont SUITE ET FIN PAGE 49 B 0) m > < a < en m eu LE MAGAZINE DE VIE OUVRIÈRE ! □ Abonnement individuel 1 an : 23,00 S D Abonnement individuel 2 ans : 40,00 $ D Abonnement individuel à l'extérieur du Canada 1 an : 30,00 S D Abonnement institutionnel 1 an : 32,00 $ D Abonnement institutionnel à l'extérieur du Canada 1 an : 40,00 $ G Abonnement de soutien 1 an : 35,00 $ D Étudiants ou sans-emploi Tan: 15,00$ NOM ADRESSE CODE POSTAL J__L PAIEMENT INCLUS FAIRE PARVENIR VOTRE CHEQUE OU MANDAT-POSTE A Revue Vie Ouvrière Inc., 1215 rue Visitation, Montréal (Québec) H2L ÎBS • Téléphone : (514) 523 5998 0-4 •J *\ M r_f. C o UB T E S e t C E E S S U u B DANIEL S.LEGAULT Certains ont des choix difficiles à faire La communauté d'affaires chilienne se demande ouvertement si la démocratie est bonne pour les affaires.Le gouvernement veut pourtant améliorer son image pour permettre un traité de libre-échange avec le Canada et si possible les États-Unis et le Mexique.Roberto de Andraca, «chairman» de la plus grosse aciérie chilienne, est d'avis que « le moins de réforme il y aura, le mieux ce sera".Il ajoute: «La population voit les militaires comme les garants des succès que nous avons accomplis • ! L'habit du moine En 94, lorsqu'un officier de la police de la CUM a relaté en conférence de presse le meurtre d'un confrère en fonction, il a expliqué: «l'homme était bien peigné, bien habillé, nous ne nous sommes pas méfiés » ! Amène pas ta gang.Ôtez-vous de là Une autoroute privée relie Mexico et Acapulco.Le passage coûte environ 300$ÉU.Presque déserte, d'autant plus rapide, elle n'est utilisée que par quelques riches, touristes, et gens d'affaires.Le trajet prend alors 3 fois moins de temps que par l'ancienne route.Est-ce là ce qu'on appelle une société à deux vitesses?! Ici la compagnie Désourdy salive en attendant la privatisation des autoroutes (ce qui était promis par le précédent gouvernement québécois).On aurait quand même besoin d'aide.Jean-Paul Dupré, le président de Désourdy, rappelle que «dans le projet de l'autoroute 407, le gouvernement ontarien a repris le financement à son compte parce qu'il bénéficie d'un meilleur coût d'emprunt que le secteur privé».Pas de fumée sans profit On sait maintenant que le MATRAQ, le groupe qui exigeait la diminution des taxes sur les cigarettes et qui prônait la désobéissance civile, était financé par l'industrie du tabac.(Voir André Noël, dans le 30, avril 1994.) La même année, en 1994, la compagnie Impérial Tobacco a fait 592 millions $ en profits.La roulette états-unienne Aux États-Unis, les Noirs-es ont plus souvent qu'à leur tour affaire aux tribunaux.Mais certains chiffres sont difficiles à expliquer: une étude concluait que dans l'État de la Géorgie, le tueur d'un Blanc a 4,3 fois plus de chance d'être condamné à mort que le tueur d'un Noir! À l'occasion de la conférence Etat de la révolution 1996-, présentée par la Fondation pour le progrès et la liberté, à Washington, le 22 janvier dernier, on trouvait Iwao Matsu-da, chef du parti japonais Nouvelle frontière, John Redwood, du parti conservateur britannique, Newt Gingrich, coloré représentant de la Chambre des représentants états-unienne, et Preston Manning, notre canadien à nous.Qui a dit que l'Internationale conservatrice n'existait pas?! Les jeux sont défaits Les projets de casinos parlaient de création d'emplois.Ça se vérifie avec le temps: l'hippodrome Blue Bonnets est en train de tomber, et un organisateur de bingo de Montréal, Raoul Laforte.estime que l'implantation du casino de Montréal lui a pris 30% de sa clientèle.La bourse ou la job C'est un fait connu à la Bourse que lorsqu'une entreprise annonce une mise à pied, ses actions augmentent de valeur automatiquement! On suppose alors que l'entreprise pourra faire autant de revenus avec moins de dépenses.On peut imaginer les pressions! La guerre spirituelle Depuis le milieu des années 80, un secteur de l'édition états-unienne prend de l'ampleur: il s'agit de romans présentant la vision du monde de la droite religieuse.Certains de ces livres dépassent déjà le million de copies vendues.La journaliste Alissa Rubin y constate que -la morale est la suivante: tout ce qui est de gauche, qu'il s'agisse de pensée, de politique ou d'interprétations juridiques des lois, est inextricablement lié à quelque chose de dégénéré, de corrupteur et d'absolument démoniaque».L'écrivain Frank Peretti, digne scribe puritain, a consacré dans ses pages le terme de «guerre spirituelle».CD r 05 Œ > < en ce < 2 CD in Q > ULET l'encancan «DONTBEAFRAID, IT'S IUST MONEY!» en en a > a Œ O) in o > ANDRE LACHANCE Le verbe haut et bilingue, légor de Saint-Hippolyte pointe un doigt nerveux sur la dame qui tient fièrement son carton marqué d'un numéro au-dessus de la tête.Les yeux du commissaire-priseur se promènent machinalement sur la foule qui a pris d'assaut la grande salle de son Hôtel des encans, y cherchant un-e autre enchérisseur-se avant d'assener, dans un geste théâtral et plein de superbe, un coup sec de son maillet sur le petit pupitre placé au milieu de la scène.«Gone!", s'exclame-t-il soudain, pendant qu'un sourire satisfait délie durant quelques secondes les lèvres pincées de l'élue, heureuse propriétaire d'une cuillère d'argent à 250$.Pas n'importe quel ustensile toutefois: une cuillère à ragoût victorienne en argent contrôlé provenant, comme la plus grande partie de l'inventaire vendu ce soir à ces singulières enchères - et auxquelles Radio-Canada a même affecté un caméraman -, de la résidence du 15 Belvédère Road, à Westmount.La maison-château des Bronfman, vous savez, ces milliardaires qui ont fait fortune dans le commerce des alcools à l'époque de la Prohibition états-unienne.Ce sera comme ça toute la soirée.De l'ensemble de six salières, de quatre poivrières et de deux moutardiers - payés 2900$ - au service à thé et à café en argent vendu 3800$, des deux gobelets marqués au cul Christian Dior à seulement 400$, au bol à fruits en cristal taillé ■ parti ■■ pour 2800 misérables dollars, cette soirée du 19 octobre 1995 laissera un souvenir indélébile à tous ses participants-es.Et à ses organisateurs-rices qui exigent habituellement de 10% à 20% de commission pour leurs bons et loyaux services.PHOTO STEPHANE MONGRAIN ET FRANÇ06 BOUCHER.LTBL PUBUC légor de Saint-Hippolyte, encanteur.RESIDU POUR BONNES ŒUVRES Il ne s'agit pourtant là que de ce qui reste du contenu de la somptueuse demeure où s'est éteinte, quelques mois plus tôt, Saidye Rosner Bronfman, la veuve du fondateur de The Seagram Compagny Ltd.Un «résidu» qui a quand même rapporté au moins 200 000$ à la Fondation qui porte son nom, un organisme qui, depuis 1972, s'est donné pour but de stimuler la créativité et l'initiative des Canadiens-nés».Puisqu'on ne peut être contre la vertu, va pour les bonnes oeuvres! N'empêche qu'il y a quelque chose d'indécent à payer 250$ pour une cuillère, fut-elle d'argent le plus pur! Quel plaisir, une fois qu'on aura regagné son ghetto doré de Town of Mount-Royal, de Hamps-tead ou de Westmount, d'ébahir ses in-vités-es en leur disant négligemment qu'ils mangent dans de la vaisselle de milliardaires, que ce bol victorien en sterling et portant poinçon de maître provient de la collection de Saidye elle-même.Parce que c'est précisément de cela qu'il s'agit.De snobisme.Car cette faune endimanchée et prospère, dont les rutilantes voitures encombrent la petite rue Bâtes, à deux pas d'immeubles locatifs où des immigrants-es du Tiers Monde s'entassent à dix dans des 4 '/, exigus, dégage en effet une incommensurable fatuité.Il faut dire que l'exemple vient de haut.Serré contre le commissaire-priseur, l'Honorable Serge Joyal, ex-ministre du gouvernement de Pierre-LIliott Trudeau et lui-même grand collectionneur devant l'Éternel, décrit par le menu, au bénéfice du plus grand nombre et sans doute au sien propre, ramequins, tasses, saucières, chandeliers et coupes d'une belle voix monocorde: «Lot 516.Petit ramequin en porcelaine de Worcester de forme cylindrique, aux anses en plumeau, le couvercle à prise en feuilles et fleurs.Motifs de fleurs et perles en camaïeu de bleu.Marque au croissant de lune en bleu sous couverte, Angleterre, XVIIIe.» ••/ like this mari", chuchote devant moi une quinquagénaire en manteau de vison à sa compagne.•• He 's very good-looking.» La valse des dollars continue.Des mains se lèvent constamment dans l'assistance, ajoutant qui un 10, qui un 100 dollars.Le commissaire-priseur, volubile, poursuit sa sarabande endiablée: «C'est bien vu à 3200$?Personne ne court l'enchère?Yes, hère! Three thousand and Orne htmdred! Une fois, deux fois.Pas de regret?Going, going, gom ' jette-t-il en jouant superbement du maillet.Quand, d'aventure, quelque vase à décor polychrome commande un prix disons un peu trop.scandaleux, le commissaire-priseur y va d'une petite facétie: «Don't be afraul.it's just rnoney!-, qui fait s'ébrouer la salle sous un rire entendu.LE SON DES CELLULAIRES Vers 23 heures, une fois écoulées les dépouilles dégoulinantes d'argent des Bronfman, la salle se vide comme par enchantement.Ne restent plus que quelques amoureux de livres anciens qui regardent, impassibles, le commissaire-priseur proposer à la volée ce que dans le milieu on appelle des Canadianas.Des ouvrages comme celui du Père Rague-neau, publié en 1671, celui de Baudry de Loizières portant sur ses voyages en Louisiane française, un Cugnet de 1775, un Jules Fournier de 1910, une lettre manuscrite de Louis Riel à sa femme, écrite de sa cellule de Régina, quelques semaines avant d'être pendu, etc.On parle surtout français maintenant, mais on achète peu.Heureusement pour la business, les téléphones cellulaires se mettent à sonner allègrement.Des col-lectionneurs-ses et des marchands-es de Londres, de Paris, de Toronto, d'Amsterdam, de Zurich.Pas des tout-nus, des gens qui ont de l'argent et qui connaissent la vraie valeur des choses.Des préposés-es relaient au commissaire-priseur les sommes que se disent prêts à payer ces enchérisseurs.«Four thousand dollars.Vendu!», jubile soudain Iégor de Saint-Hip-polyte pendant que le caméraman de Radio-Canada prend un gros plan de la lettre de Louis Riel, achetée vraisemblablement par le Manitoba.La vente de ces Canadianas.qui ne dure qu'une demi-heure, n'est qu'un demi succès.Beaucoup n'ont pas trouvé preneur.Par contre, certains des plus intéressants de ces ouvrages historiques, qui constituent la mémoire de ce que nous sommes, d'abord celle de l'Empire français d'Amérique, puis celle de ce pays qui aurait pu être, ont été achetés pour une bouchée de pain par des collectionneurs étrangers.C'est comme ça périodiquement.L'Hôtel des encans écoule en effet régulièrement des documents fondamentaux de notre histoire, tels les voyages de Champlain, les écrits ou publications de Papineau, de Charlevoiv de Fleury Mesplet, de Samson d'Ab-beville.Des documents qui quittent ainsi la patrie dans l'indifférence générale, notamment des pouvoirs et institutions publics, et qui ne nous reviendront sans doute jamais.J'ai envie de vomir et je sors.Alors que j'attends l'autobus, un pauvre hère m'aborde: «/'m hungry, man!», me supplie-t-il avec son accent traînant de Jamaïcain.*Got sortie change?» Tu es hungry^ et moi je suis «angr\ pensais-je en lui jetant mon dernier dollar.jjT CD r en K > < ■ 5 ■ B M > T PHOTOS! YVES PROVEIMCHER ► PHOTOS DE YVES PROVENCHER ET JULIE PERREAULT Le Mexique est un peuple de petits-es commerçants-es.Lorsqu'ils-elles ont été »rp ■'.El- t photographiés-es, plusieurs considèrent avoir droit à un peso (à peu près 21 cents), et le demandent.J.7, ~«t • / M S x ^«*3>-», ^lf» i ■ ïïl PHOTO YVES PROVENCHER n a en Œ > < en a.< n Ifl ru o > I JL V àl t v u Les communautés religieuses, qui ont longtemps dominé la vie sociale et la morale au québec, s'apprêtent à disparaître comme institution.plus de 80% des congrégations religieuses «ne résisteront pas au choc de la confrontation avec le monde nouveau1».l.eur membership fond comme NEIGE AU SOLEIL, k RESTE AU|OURD'hUI MOINS DE LA MOITIÉ DES 43000 RELIGIEUSES que le Québec comptait en 1965.Et les statistiques, implacables, prévoient QUE LE QUART D'ENTRE ELLES DÉCÉDERONT PROBABLEMENT D'iCI l'an 2000 ! L'heure de penser aux héritiers-éres a donc bien sonné.Qui seront les héritiers-éres du riche patrimoine tant spirituel que matériel des communautes religieuses ?« l nous reste cinq ans pour faire nos choix», affirme Jacques Bélanger, le responsable des Capucins2.Jacques Bélanger et l'héritage des communautés religieuses Y AURA T-IL UNE VIE APRÈS LA MORT?JEAN ROBITAILLE PHOTOS: STÉPHANE MONGRAIN ET FRANÇOIS BOUCHER, L'ŒIL PUBLIC Ce disciple de François d'Assise est devenu une figure de proue dans les milieux religieux.On l'estime beaucoup parce qu'il sait être aussi radical que mesuré.C'est un homme d'audace qui aime qu'on se pose les bonnes questions.L'avenir des communautés religieuses doit s'inspirer d'un bilan de l'expérience passée.« La vie religieuse occidentale que nous avons connue est en train de connaître une mutation telle qu'il est bien difficile d'en mesurer les conséquences, et d'en deviner l'issue», confiait Jacques Bélanger aux dirigeants-es des communautés religieuses états- uniennes lors d'une conférence prononcée l'automne dernier.LA FIN DES PRÉTENTIONS \u Québec», donnait-il en exemple, - nous avons cédé presque toutes les institutions qui nous assuraient un prestige dans la population.Nous avons bien du mal, comme groupes religieux, à retrouver des sphères d'influence ou des lieux de service qui nous assurent un minimum de visibilité, et qui soient en dehors des fonctions cléricales de l'Église.Nous n'avons à peu près pas de recrutement.Les jeunes gens qui seraient entrés chez nous autrefois pour servir leurs semblables ont aujourd'hui accès aux mêmes professions, désormais gérées par une société devenue séculière.Et nous vieillissons après avoir perdu bien des illusions.Deuil du nombre; deuil du pouvoir; fin des prétentions.» Jacques Bélanger aborde pourtant avec une étonnante sérénité la fin de cette expérience historique.«Je me souviens qu'au début des années 70, on s'inquiétait beaucoup.On se demandait ce qu'il fallait faire pour recruter.Quel nouveau sex appeal nous permettrait de nous relancer?Mais on a bien été forcés d'admettre que le bateau coulait vraiment, que c'était irréversible.Il fallait faire le deuil de ce qu'on avait été et reconnaître qu'on était nous aussi en migration.Tout comme cette société de certitudes qui faisait place à une société pluraliste, laïque, autonome, qui se définirait dorénavant à partir de son sens et de sa vision de l'histoire plutôt qu'à partir de diktats.■ Préférant cette nouvelle situation, Jacques Bélanger croit que «c'est tant mieux qu'on se retrouve à ce moment-ci en état de fragilité.Ça nous prémunit contre la tentation de vouloir freiner les changements sociaux.L'image qui restera de nous en sera peut-être davantage une d'humanité.L'image de gens qui auront été obligés d'admettre que les prétentions, c'était pour hier.De gens qui cherchent avec le monde.Mais de gens qui ont aussi la fierté de croire qu'ils peuvent encore apporter quelque chose à cette société.J'ai pas plus le goût qu'on finisse nos jours la tête entre les deux jambes.■ «Je me souviens qu'au début des années 70, on s'inquiétait beaucoup.On se demandait ce qu'il fallait faire pour recruter.Quel nouveau sex appeal nous permettrait de nous relancer?» UN HÉRITAGE DÉJÀ TRANSMIS Ce qui rend également Jacques Bélanger aussi serein face à l'avenir, c'est que l'héritage spirituel des communautés a déjà été transmis.«Ce qui m'a toujours fait vivre, ce qui est pour moi très important, d'autres l'ont déjà saisi.» 11 résume ainsi « l'héritage capucin • : ouverture de coeur et d'esprit et compassion devant l'enfant blessé ou la personne mise de côté.« Dit autrement, précise-t-il, c'est aimer la vie, l'art, la musique, mais pas au point de m'y attacher juste pour moi.J'aime ça à condition que d'autres personnes puissent aussi s'en réjouir.• «Ces attitudes-là, je les retrouve déjà chez des plus jeunes.Je ne suis donc pas inquiet pour la perpétuation de ces valeurs.Les plus jeunes m'en font même découvrir de nouvelles, liées à la solidarité et à la communion avec la nature.» Les valeurs écologiques, si chères à son patron François d'Assise, ce sont justement les groupes écologistes qui les ont remises à l'ordre du jour.Si l'avenir de l'héritage spirituel des communautés est assuré, qu'adviendra-t-il de leur richesse matérielle?«Je suis persuadé que les gouvernements vont Contrairement au clergé qui, dans les paroisses, sert prioritairement l'Église, les communautés religieuses sont mandatées pour œuvrer dans le monde.Au Québec cela a voulu dire très longtemps l'enseignement, les hôpitaux, la contemplation, le travail social, etc.Très hétérogènes, tiraillées par des éléments plus conservateurs et d'autres plus progressistes, elles comptent environ 30 000 personnes présentement, dont les deux tiers sont des femmes.Certaines communautés (Sœurs grises.Jésuites.) sont plus connues que d'autres.Moyenne d'âge: 68 ans. «Ces gens-là se retrouvent aujourd'hui impliqués dans des groupes populaires pour les mêmes raisons qui m'ont fait entrer en communauté.» se débattre pour venir chercher notre argent.Et nos conseillers financiers ont leur petite idée sur le genre d'investissements "rentables" qu'on devrait faire.Alors, si on n'a pas clairement indiqué nos intentions d'ici l'an 2000, les lois du marché se chargeront de faire les choix pour nous.» Selon lui, l'option de reconnaître les pauvres et leurs organisations - les groupes populaires d'éducation et de changement social -, comme héritiers naturels des communautés religieuses, doit être discutée ouvertement et sans attendre.POURQUOI LES GROUPES POPULAIRES?«Il y a un tressaillement commun entre les militants-es des groupes populaires et nous.Malgré la différence d'âge, quand on se parle, on n'a pas besoin de s'expliquer longtemps.Ces gens-là se retrouvent aujourd'hui impliqués dans des groupes populaires pour les mêmes raisons qui m'ont fait entrer en communauté.On a l'impression d'être déjà parents», confie celui qui, maigre ses responsabilités à la direction de sa communauté, est proche de nombreux groupes populaires depuis plus de 20 ans.11 retrouve dans le travail des groupes et dans leur mission le prolonge- ment des ambitions prophétiques et de la mission sociale (option pour les ex-clus-es et pour la justice) des communautés religieuses.« Nos boutiques fermeront, ajoute Jacques Bélanger, avant que notre intérêt pour les groupes populaires ne puisse plus s'exercer.» Il écrivait ainsi récemment: -Nous ne trouverons peut-être pas parmi eux des successeurs, mais nous aurons en eux des partenaires, et des héritiers de nos valeurs évangéli-ques les plus chères3.» Concrètement, l'avoir des communautés religieuses ne sera pas transféré mécaniquement aux groupes populaires.Jacques Bélanger parle plutôt d'alliances qui vont se tisser naturellement entre groupes et communautés.«Je pense que ça va ressembler à une famille qui est en train de s'éteindre.Les \ieux vont donner leur argent aux gens qui ont été présents à la fin de leur vie et aux œuvres qui leur tiennent à cœur.■■ UN TERRAIN GLISSANT Jacques Bélanger sait pertinemment qu'en parlant publiquement d'héritiers-ères, il s'aventure sur un terrain glissant que d'aucuns préféreraient taire.Le monde et les temps changent.Malgré les impressions, la disparition de communautés religieuses n'est pas un phénomène nouveau dans l'histoire de la chrétienté.Au contraire, la vie religieuse semble avoir toujours su s'adapter au monde de son temps.Monique Thériault, relate ces changements dans un texte intitulé L'avenir est dans le présent.« Si nous regardons l'histoire de la vie religieuse, nous voyons beaucoup de Congrégations voir le jour, remplir leur mission puis disparaître pour faire place à d'autres, en moyenne après 250-300 ans d'existence [.] C'est aussi le cas pour les différents types de vie religieuse qui se sont succédé au cours des âges».Elle rappelle ainsi que la vie monastique a fleuri après la période des ermites.Les Ordres mendiants ont ensuite attiré de nombreuses personnes désireuses de vivre uniquement pour Dieu.Enfin, les Congrégations apostoliques, principalement vouées à l'éducation et aux soins de santé, sont apparues au XIXe siècle. Aussi riches qu'on le dit?PHOTO MCHEL SAWTJEAN Les communautés religieuses sont-elles si riches?Difficile d'y répondre simplement.D'abord, la situation de la centaine de communautés qu'on dénombre au Québec est très variable.Certaines comptent encore plus de 2000 membres; d'autres rassemblent une quinzaine d'individus.Les plus grosses sont habituellement les plus fortunées.Mais le vieillissement de leurs membres diminue les entrées de fonds et entraîne des charges extrêmement importantes en soins de santé et de retraite qui ne leur sont pas assurés par l'État.Les poursuites judiciaires pour mauvais traitements et abus sexuels contraignent aussi les communautés à faire des réserves.Aux États-Unis, quelques communautés ont dû récemment déclarer faillite après de retentissants procès.Par ailleurs, la richesse des communautés repose beaucoup sur la valeur de leurs biens immobiliers (couvents, églises, domaines, etc.) et de leurs placements financiers.Elle est également constituée de legs testamentaires, de revenus générés par certaines activités (lieux de pèlerinage, camps de vacances, écoles et hôpitaux) ainsi que de salaires de leurs membres qui travaillent encore.À défaut de donner un ordre de grandeur relativement juste de la richesse des communautés, un confrère de Jacques Bélanger nous confiait l'image suivante: les dons que les communautés religieuses font aux groupes populaires par l'entremise du Comité de priorités dans les dons de la Conférence religieuse du Canada - section Québec, c'est comme la broue qui dégouline d'un bock de bière qu'on vient de remplir.Tout le capital est encore dans le bock.Et cette broue qui déborde, elle se chiffre, bon an, mal an, à 2,5 millions de dollars I \ m * «Chaque fois que tu touches aux questions d'argent, précise-t-il, tu touches à des susceptibilités qui sont difficiles à gérer.Mais on ne peut pas passer à côté si on prétend être vraiment attentifs à la clameur des pauvres.Sinon, on risque de n'être plus régi que par les lois du marché et de la finance.» Il a d'ailleurs l'occasion de se colletailler périodiquement aux lois du système.« Notre plus grosse faille, c'est effectivement la contradiction entre le rendement financier et le rendement social de nos avoirs.» Pour avoir les moyens d'assumer leur dimension prophétique, pour être capable de prendre soin de leurs vieux, pour faire des dons aux groupes populaires, il faut que leur argent rapporte, qu'elle produise des dividendes.«C'est Bolton-Tremblay, une des plus grosses firmes de courtage de Montréal, qui administre notre argent.On les rencontre une fois de temps en temps.Ils nous invitent au restaurant.C'est eux autres qui paient.avec notre argent! Au référendum de 80, je leur avais dit: "Est-ce qu'on peut s'arranger pour aider le Québec.?" Ils m'avaient regardé en voulant dire "Qu'est-ce qu'il veut ce jeune-là?" On est vraiment pognés.Tous nos conseillers, ces avocats, comptables, notaires et financiers de tout acabit, ce sont tous des gens qui ont une expertise dans la façon d'être serpent en ce monde.Pas simple de concilier ça avec nos valeurs.» LA DISTRACTION La distraction de plus en plus présente dans le monde d'aujourd'hui inquiète ce religieux.«La distraction est drôle- ment bien organisée.Par la voie des médias, par la multiplicité des possibilités qui nous sont offertes, tu peux longtemps éviter d'affronter le sens de l'histoire et le sens de la vie.T'as beaucoup d'alibis possibles.On peut facilement passer à côté de choses aussi élémentaires que de savoir habiter cette planète dans l'harmonie ou d'avoir le goût de mettre à la disposition des autres tout ce qui nous arrive de bon.Je me demande sincèrement comment, dans le tumulte actuel, demeurer assez unifié autour d'un projet pour ne pas passer à côté de ce qui peut rendre un être humain heureux?» La disparition de la vie religieuse, dans ce qu'elle a eu de meilleur et de plus entier comme engagement, pourrait là s'y faire sentir; même s'il admet volontiers qu'on pouvait aussi aisément s'y laisser distraire.Le modèle de gens qui entraient en communauté pour consacrer toute leur vie à la recherche de Dieu n'est peut-être plus adapté à notre monde mais il espère.«J'espère qu'il y a des gens qui, présentement, sont en train de se concentrer uniquement sur la re- cherche de la formule qui guérira du virus du SIDA.Ça vaut la peine d'y "consacrer" sa vie.Ça vaut la peine de faire le sacrifice d'une vie de couple.■• J/T, L'expression de Jean-Marie Tillard date de 1974 et fut d'abord citée dans un article de Monique Thériault, Vision et mission Je la \ie religieuse.La plupart des statistiques de cet article sont tirées du livre Les religieuses sont-elles féministes?de Micheline Dumont.Quand on parle de la dis- parition des communautés religieuses au Québec, cela ne préjuge pas de disparition de l'Église dans son ensemble, un sujet d'étude beaucoup plus complexe.Les Capucins, de la famille franciscaine, sont encore 135 membres au Québec mais on en dénombre plus de 11 000 à travers le monde.• Les pauvres et les marginalisés, au coeur de notre service évangélique ».texte d'une conférence prononcée par Jacques Bélanger en 1995 devant les responsables des communautés religieuses ètats-uniennes.POUR QUE LE MONDE TOURNE PLUSJUSTC s «^ m DËkELOPPEAIENr Er R4IX (514)257-8711 5633, rue Sherbrooke Est Montréal (Québec) H1N1A3 CD CD en > < en cr.< 0) C eu o > \v \\ ^ e fc lu i 1t U B E entrevue avec Denis Houle LIVRES CONTRE BARS ET DOLLARS la plus m lit PHOTO YVES PROVENCHEA co CD co a.> < CD I < CD in eu o > PATRICK GICUERE Denis Houle, de la Librairie encyclopédique, en a gros sur le coeur.Fondé en 1970, son petit commerce, qui vendait livres anciens, livres neufs et livres usagés, ferme ses portes.C'est la deuxième fois que les bars et autres pourvoyeurs de vie nocturne ont raison de lui.En 1980, après 10 ans sur la rue Saint-Denis, la Librairie encyclopédique doit déménager.Les bars déferlent en une véritable invasion.Les spéculateurs s'en donnent à cœur joie, les prix explosent et les loyers se tiennent désormais dans les hautes voltiges monétaires.La petite librairie se sent mal à l'aise dans ce maëlstrom.Les résidents-es de la rue s'enfuient.-Du jour au lendemain, le loyer de la librairie a doublé», se souvient Denis Houle.Il doit quitter.Par un bel après-midi de printemps, notre libraire marche sur la rue Sainte-Catherine.Près de la rue Beaudry, il aperçoit un petit local qu'il juge bien situé.«En face du métro et des trois postes de télévision, l'endroit était parfait», se rappelle Denis, et sans attendre, il loue.11 restera 15 ans au 1272 Sainte-Catherine Est.Les affaires sont florissantes.Les employés-es des postes de télévision, librairie de anciens de Montréal ferme ses portes situés tout près, sont ses meilleurs con-sommateurs-rices.BOULEVERSEMENT Puis, la catastrophe.Depuis cinq ans, le quartier disparaît.La horde de bars et clubs déferle sur la Catherine.Les commerces ferment, les résidents-es quittent et les bars ouvrent leurs portes, les restaurants emboîtent le pas.Monsieur Alain Martel, du Service de développement économique à la Ville de Montréal, confirme la situation : « Depuis cinq ans, c'est le commerce de divertissement qui occupe cette partie de la rue Sainte-Catherine.» Monsieur Martel ajoute: «Ce sont les forces du marché qui dominent; c'est le quartier gai, et cette clientèle voulait une place où seraient concentrés les établissements de divertissement.» Le libraire espérait que ce ne soit que passager.Erreur.«Aujourd'hui, il y a trois magasins à 1 $, deux pharmacies et des dizaines de bars et restaurants, constate notre libraire.«J'aurais dû déménager voilà cinq ans.Aujourd'hui, je ne peux plus, je n'ai plus les reins assez solides, mes réserves sont à sec.Je dois fermer», regrette notre libraire.Il ne faut pas se le cacher, ce sont l'argent et les bars qui ont tué la Librairie encyclopédique.LE LIVRE ANCIEN Là où le problème est inquiétant, c'est dans le livre ancien.Il n'y a plus d'ama-teurs-rices.La relève est inexistante.Dans le même quartier, il y avait quatre libraires qui se spécialisaient dans le livre ancien; aujourd'hui, il n'en reste qu'un qui vivote.«La Librairie François Côté est fermée, moi je ferme, Giacomo de la rue Amherst ferme le mois prochain.Il ne reste que le Chercheur de trésor qui surnage, déplore Denis Houle.Montréal est la plus grande ville francophone d'Amérique du Nord et elle n'est même pas capable de garder quatre librairies de livres anciens pour un bassin de population de 1 million.» Pour le livre d'occasion, il n'y a pas trop de problèmes.La plupart vont survivre.Les gens ont moins d'argent, ils cherchent des rabais, le livre d'occasion sera « Les grandes librairies ne sont que des agences de marketing du livre», affirme Denis Houle.toujours là pour les satisfaire.Plus de 50% de son chiffre d'affaires provient de la vente de livres d'occasion pour 1995.Mais pour le livre ancien, le malaise est grand.«Il y a des Européens qui viennent ici et qui nous disent que nos livres sont de qualité et de moitié moins cher qu'à Paris, ils n'en reviennent pas», explique le libraire.Il y a moins d'acheteurs de livres.•■ On dirait qu'il y a un grand désintérêt, une morosité chez les gens, une perte de plaisir des petites choses.Ils sont trop préoccupés par la crise monétaire et c'est compréhensible», déplore Denis.GRANDES SURFACES &P Centre St-Plerre 1212, rue Panet, Montréal C Québec) Téléphone: C514) 524-3561 DES MILLIONS tous les vendredis en co en ce > K < en m OJ o > SUPER H ® loto-québec H^k9Ûô(Dm Revue mensuelle, 35,00$ par an Fondée en 1917 iNjyvri CD IVIALE » Sociale, économioue.culturelle.indéDendantiste 1259, rue Berri, bureau 320, Montréal H2L 4C7 Tél.: 845-8533 • Des faits, des idées et des solutions • 1 600 pages par année • Plus de 200 collaborateurs • Indépendante des partis politiques On pourra financer adéQuatement l'éducation Quand les entreprises contribueront éouitablement au régime fiscal.Alliance des professeures et professeurs de Montréal (CEO) FTQ Fédération des travaillairs et travailleuses du Québec UA +>"*** PLU* vHD' trai- t& C^ZrOXS* ou &&° 545.boulevard Crémazie Est 17e étage Montréal (Québec) H2M2V1 Téléphone: (514) 383-8000 Télécopieur: (514) 383-8001 HULL (819)777-5441 JONQUIÈRE (418)699-0199 MONTRÉAL (514)383-8000 QUÉBEC (418)623-8713 RIMOUSKI (418)722-8232 ROUYN (819)762-1354 SAINT-JÉRÔME (514)431-6659 SEPT-ÎLES (418)962-3551 SHERBROOKE (819)562-3922 TROIS-RIVIÈRES (819)378-4049 IRE fais ce que peux ! LE 4e VOULOIR Donald J.HORTON, André Lauren-deau (La vie d'un nationaliste, 1912-1968), éd.Beilarmin, 1995, 357 pages.Pas de quartier pour Laurendeau.C'est à la fois particulier et fascinant de lire un Canadien anglais qui parle du nationalisme canadien français style 1900-1945 avec un recul partisan.Horton parle avec cynisme du "Cathéchisme nationaliste canadien français -, en mettant beaucoup d'effort à le comprendre.Avec la subjectivité certainement fédéraliste de Canadiens anglais qui considéraient Laurendeau comme un homme réaliste et raisonnable (comme Trudeau !).Contribution de l'auteur ou du traducteur?Il y a quelques mièvreries de ton, comme celles que l'on retrouve dans le journalisme de la première moitié du siècle.Dans ce Québec qui avance dans le temps le pied sur l'accélérateur, le biographe a bien saisi les mérites de Laurendeau: -établir des ponts entre les générations».Comique de se rappeler que dans les années 30, plusieurs croyaient que la crise économique obligerait le Canada à se décentraliser au point de se séparer de.la Laurentie (plus ou moins le Québec).Qui a dit que l'histoire bégaie?[D.S.-Legault] Jean-Marie CHARON, Le journalisme, Les essentiels Milan, 1995, 63 pages.La présentation graphique, très pop, rappelle la collection Découvertes Gallimard, en moins luxueux.Ce qui permet de vendre chacun des livres pour 4,95 $ ! Cette collection-ci se veut autant d'introductions pour non-initié.Elle traite de divers sujets (le cinéma, l'ONU, le sida.) dans un format encore plus contraignant que les célèbres •• Que sais-je ?» : mini-chapitres très réguliers qui tiennent chacun sur les deux pages ouvertes, comme des entrées d'encyclopédie.Drôles de thèmes d'ailleurs.On prend 2 pages pour le présentateur-vedette, plusieurs pour les innovations technologiques.Mais aucune info dépassant le constat de concentration des médias: rien sur les grands réseaux de propriétaires; rien sur le déclin actuel des tirages; pas grand'chose sur la popularité des journaux régionaux ou spécialisés; rien sur la vague du style bref-et-tout- illustré de USA Today et InfoMatin; rien sur la concurrence de l'Internet.Théorie simple, qui réfléchit beaucoup le rôle social, et la déontologie (c'est à la mode).L'auteur prend pourtant le moins position possible, se voulant probablement.objectif.On trouve quand même une petite profession de foi pour la diversité de l'information.Irrémédiablement français, ce qui nous est surtout pénible pour l'histoire et les chiffres.Illustrations et exergues ne sont pas toujours signifiants.On préférera, même s'il a pris beaucoup d'âge, «L'information» dans la collection Encyclopédie Larousse, composé d'extraits de la Grande Encyclopédie.[D.S.-Legault] je suis toujours un peu triste Je feuilleter, dans différents départements d'université.les listes de travaux, mémoires et thèses qui sont travaillés et qui restent inconnues hors campus.C'est en vase clos que étudiants-es etprofesseurs-res s'esquintent le cagibi à connaissances.Il est heureux que des maisons d'éditions (dont la plus voyante est peut-être les Presses de l'Université Laval) diffusent certaines de ces études pour un public plus large.Le regret possible est de constater, souvent, qu'un travail d'édition (supplémentaire?différent?) les rendrait plus accessibles et plus utiles encore.Andrée FORTIN, Passage de la modernité (Les intellectuels et leurs revues), éd.Presses de l'Université Laval, 1993, 406 pages.L'auteure a fait une recension chronologique des • volume 1 numéro 1 », c'est-à-dire de la première édition, et plus particulièrement du premier éditorial, de chacune de revues non-commerciales fondées au Québec de la fin du XVIIIe siècle jusqu'à 1989.L'exercice de catalogage d'édito s'est fait au risque (annoncé) de méconnaître le reste du contenu.Le premier éditorial, c'est le royaume de la typologie et du volontarisme.Même en mêlant joyeusement revues d'idées et revues artistiques, « le fait que toute nouvelle revue entende combler une lacune du champ intellectuel est important: à chaque époque il existe une parole dominante et une parole op-positionnelle portée par une contre-élite».On apprend que les collaborateurs de Cité libre faisaient de < en ce < 03 If) eu o > m m m S > < Œ < 5 m in ai > puis là j'ai vu dans ma tête Parizeau, Bouchard et Dumont, les coupures dans l'aide sociale, la fermeture des hôpitaux, etc., et j'ai mis une autre croix en face du NON.•> Il reproche à ses alliés de gauche et à Paul Rose, entre autres, d'avoir plié face à la coalition du OUI, d'avoir donné leur appui sans conditions, ni critiques.Tout à fait opposé sur cette question, Paul Rose, avec sa < w Œ < 0) in ai o > Ne manquez pas dans le prochain numéro.i Mai-juin 1996 entrevue Fernand Ringuette .et ses tailleurs de pierres DOSSIER: Santé UN PAQUEBOT SUR UN DIX SOUS l'embauche de professionnels-les imnîigrés-es cO-OP EBB-B7QQ PRpRTAXI LAVAL ENTRE TROIS AVIS MA/08 BALANCE • • • PHOTO -A/ES PfiOVENCHER RAYMOND LANGEVIN CD O) 01 ce > < CD OC < 1 0) m OJ o > Malgré des compétences reconnues, près de 75% des personnes immigrantes, diplômées à l'étranger, en quête d'un emploi dans leur domaine, aboutissent à l'aide sociale.Ironiquement, la plupart ont été sélectionnées à l'étranger en fonction des besoins de main-d'œuvre du Québec'.Cette conclusion émane d'une étude menée par sept groupes communautaires œuvrant à l'intégration professionnelle des immigrants-es2.Une autre étude récente de l'Agence montréalaise pour l'emploi (AMPE) aboutit à un constat similaire pour les ingénieurs-es immi-grantes-es.Les causes de cette non-intégration en emploi sont multiples.L'information obtenue à l'étranger sur les règles d'accessibilité aux corporations est très limitée.La non-reconnaissance des diplômes acquis à l'étranger et le protectionnisme pratiqués par les corporations professionnelles en sont deux autres.Sans parler d'une discrimination systé-mique latente.DE L'INFORMATION INSUFFISANTE Vous êtes une personne diplômée et expérimentée.Dans votre pays, vous voyez une publicité sur le Québec qui vous promet un emploi à la hauteur de vos aspirations si vous décidez d'émigrer.Vous vous procurez plus d'informations auprès de l'agent-e d'immigration.On vous apprend alors que votre profession fait partie de celles où il y a des perspectives d'embauché au Québec.Ceci vous donnera de précieux points pour faciliter votre sélection.Malheureusement, on ne vous a pas expliqué clairement les conditions d'accès et d'exercice pour les professions.Le MAIICC, très bien informé de cette situation, se défend de ne pas fournir assez d'informations.«Même si on leur fournissait plus de renseignements, la majorité des personnes immigrantes, aveuglées par la possibilité d'un avenir plus prometteur, viendraient tout de même s'installer ici », de dire une conseillère du MAIICCi\ Pourtant, dites-leur avant de partir, statistiques à l'appui, qu'ils-elles seront chauffeurs-es de taxi ou assistés-es sociaux-ales, et un bon nombre d'entre elles pourraient reconsidérer leur décision d'émigrer! LA RECONNAISSANCE Il existe une disparité incroyable quant à la reconnaissance des études par le MAIICC, les institutions d'enseignement et les corporations professionnelles.Les trois groupes, étant habilités à émettre leur avis sur le diplôme obtenu à l'étranger, arrivent rarement aux mêmes conclusions.Les institutions d'enseignement accordent généralement des avis d'équivalence supérieurs aux deux autres groupes.Du côté des corporations professionnelles, cette reconnaissance n'est souvent que partielle et implique que la personne reprenne certains cours.Cette situation engendre passablement de frustrations chez les personnes immigrées qui comprennent mal ce manque d'uniformité.Elles se demandent pourquoi il n'y aurait pas qu'un seul décideur à ce chapitre.L'avis émis ferait foi de tout.ET L'EXPÉRIENCE DE TRAVAIL.L'expérience de travail acquise à l'étranger est souvent ignorée.À l'Ordre des ingénieurs-es du Québec, on affirme que le processus de reconnaissance des diplômes et de l'expérience de travail est très complexe.«Chaque cas soumis à notre corporation est spécifique.Il est étudié en fonction de l'année d'obtention du diplôme et du pays où il a été obtenu.Comment évaluer un diplôme obtenu ou une expérience de travail acquise dans un pays continuellement en guerre?Comment s'assurer que les standards de l'Ordre soient respectés?En les obligeant à compléter certains cours.Rassurez-vous, il n'y a pas de discrimination ! Le-la Québécois-e qui poursuit ses cours à l'étranger subit également le même sort lorsqu'il-elle fait sa demande d'adhésion», de dire un des responsables à l'admission.Complexité ou protectionnisme?L'Ordre exige aussi que le-la postulant-e ait absolument acquis une année d'expérience en génie sur le territoire canadien avant de lui accorder le permis pour pratiquer cette profession4.«C'est odieux d'utiliser toujours le prétexte que l'expérience acquise à l'étranger n'est pas transférable à la réalité nord-américaine», répond Yann Hairaud de l'AMPE.Il serait pourtant tellement simple d'émettre un permis temporaire à chaque ingé-nieur-e immigrant-e, le temps qu'il-elle fasse ses preuves au sein d'une entreprise québécoise ou canadienne.Une partie du dilemme est là.Même en obtenant l'avis d'équivalence du MAIICC, celui-ci ne serait pas suffisant.Pour travailler comme professionnel-le, il faut être membre de la corporation.Or, pour contrer le protectionnisme pratiqué par les corporations professionnelles, les groupes communautaires croient que le gouvernement doit intervenir.lorgu Banica, diplômé universitaire d'origine roumaine.UNE SOLUTION TEMPORAIRE On a demandé aux entreprises, pour solutionner l'exigence d'une année d'expérience en territoire canadien, si elles accepteraient de parrainer des stages.La moitié des entreprises ont répondu affirmativement à cette demande.Yann Hairaud, de l'AMPE, demeure toutefois sceptique face à de tels résultats.« Nous verrons bientôt si ces entreprises sont sérieuses ou si elles ont répondu OUI à notre enquête pour bien paraître.» Du côté des ingénieurs-es immigrants-es, on estime qu'effectuer un stage permettrait de démontrer ses capacités et de se faire remarquer par la direction.«Nos chances d'obtenir un emploi advenant qu'un poste d'ingénieur-e se libère ou s'ouvre seront accrues», de dire Marc Heitz, un ingénieur français récemment arrivé au Québec.Il n'est pas surprenant que toutes les personnes rencontrées accepteraient d'occuper en stage un emploi de moindre importance.Cette stratégie du «petit pas» est pertinente puisque la moitié des entreprises avouent utiliser le bouche-à-oreille comme mode de recrutement.Or, l'absence de con- PHOTO YVES PROVENCHER 4 pas de tortue.Armés de ce constat, des pressions1 furent faites auprès du ministre des Affaires internationales, de l'Immigration et des Communautés culturelles (MAIICC), Bernard Landry.L'objectif: l'inciter à rassembler tous les intervenants-es concernés par la question des équivalences et de la formation acquise hors Québec autour d'une table de concertation.Opérationnelle depuis avril 1995, cette table a donné jusqu'à maintenant très peu de résultats.«Ce dossier avance à pas de tortue.Je me demande parfois si les autorités gouvernementales veulent vraiment le régler-, exprime Yann Hairaud (notre photo), conseiller en emploi de l'AMPE.1 1 Six des sept organismes ont fonde en 1994 le Comité à l'intégration à l'emploi des communautés culturelles Centre-Sud/Plateau Mont-Roval.a rx > < tn rx < 03 eu o > m oc > < E < 5 en m eu o > L'information diffusée à l'étranger pour attirer l'immigration ici n'est pas toujours adéquate.Yann Hairaud, conseiller en emploi à l'agence montréalaise pour l'emploi (AMPE).tacts dans le milieu constitue un obstacle particulièrement important pour les personnes immigrées.DANS UNE SOCIÉTÉ DE GESTIONNAIRES Iorgu Banica, diplômé universitaire d'origine roumaine s'apprête à retourner vivre dans son pays d'origine.• Si on ne voulait pas de nous, avec notre expertise et notre savoir, on n'avait qu'à nous le dire avant notre départ.Vous savez, nous avons souvent l'impression d'être seulement une statistique utile pour que le Québec reçoive du gouvernement fédéral un montant plus important en termes de péréquation.Le pire, c'est qu'on nous accuse encore injustement d'être des voleurs de "jobs".C'est incroyable: vivre dans une société de gestionnaires et être aussi mal gérés.» J^ Un conseiller au ministère des Affaires internationales, de l'Immigration et des Communautés culturelles (MAIICC), dont nous tairons le nom par souci de confidentialité, nous a confirmé l'existence de ce critère de sélection.Ces organismes sont le Centre d'études arabes pour le développement (CEAD), le Service d'aide aux Néo-Québécois (SANQI), le Centre des femmes (Option'elle), le CASA-CAFI, le Centre d'action socio-communautaire de Montréal, l'Agence montréalaise pour l'emploi (AMPE) et l'Hirondelle.Commentaire entendu lors de la présentation des résultats de l'enquête de l'AMPE.Les ingénieurs-es rencontrés-es possédaient en moyenne plus de 10 années de pratique professionnelle.I out ce qui est en bas est comme tout ce qui est en haut «Tout ce qui est en bas est comme tout ce qut est en haut» Encre de chine sur papier 1985, 27,5 x 37,5 cm Cette oeuvre de Marc bncourt est identifiée au programme des dons planihes de in Fondation Centraide Gosselin-hAssociés COMPTABLES AGRÉÉS 1415.RUE JARRY E.ST.Ht Kl AI 4211 montréal (québec) h:i ia?IHIl'HoM ,S|4>376-W90 TÊLÉCOPIFUK (514) nh.40W SUITE DE LA PAGE 6 néanmoins suscité des réactions.La force de rétention des administrateurs-rices d'universités, pour une, est unique, qui ne veut que plus de pouvoirs et plus d'argent.Ils considèrent (avec des salaires de 120000$ et plus) leur université comme une grosse compagnie, ou comme un club sélect à rendre de plus en plus prestigieux.Vision petitement comptable, les Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (CEQ) Au service des jeunes et des adultes dans les commissions scolaires.9405, rue Sherbrooke Est - Montréal HiL 6P3 Tél.: (514) 356-0505 Téléc.: (514) 356-1324 recteurs-rices ont besoin de plus d'argent pour.engraisser leur machine.Symboliquement, c'est l'instance qui a le moins participé aux États généraux.Les autres intervenants-es, pro-fesseurs-es, étudiants-es, parents, sont beaucoup plus réalistes et généreux.Le danger, c'est maintenant que le projet de réforme passe inaperçu, que les lobbyistes et les hauts fonctionnaires aient sa peau, et que le gouvernement en fasse l'économie.À l'heure des budgets parcimonieux, la volonté politique existera-t-elle d'améliorer le système d'éducation?C'est justement la première fois depuis la réforme Parent qu'on évalue le système dans sa globalité.C'est la seule façon de régler ses problèmes.Le momentum existe.Il faut enprofiter pour réduire l'administration, et augmenter la vie.tt »j 1.On ne soulignera jamais assez des initiatives comme celles de l'école Jeanne-Mance à Montréal.Il n'y a pas de miracle dans la recette de Jeanne-Mance.Simplement une farouche ténacité de tous les membres de cette école à pervertir un système qui jouait contre eux.£ " ' ■.; >' ■■■., : *?>* ffis Logirente 996 Vous avez 57 ans ou plus ?Vos revenus sont plutôt modestes ?Vous dépensez plus de 30 % de vos revenus pour vous loger?L'allocation-logement LOGIRENTE pourrait vous aider.Pour vous renseigner, Procurez-vous le dépliant LOGIRENTE 1995-1996 aux endroits suivants: • Caisses Desjardins participantes; • Banque Laurentienne; • Clubs de l'âge d'or; •C.L.S.C; • Communication-Québec.Téléphonez • au bureau du ministère du Revenu du Québec de votre région OU •à la Société d'habitation du Québec à Québec: 643-7676 de partout ailleurs au Québec : 1800 463-4315 (sans frais) ,U Québec a a a a ar_ > < en oc < 2 m m ai o > 0UnTE Im e t C E E S DANIEL S.LEGAULT B CD en a > tri CL < 5 en ru D > Qu'est l'argent devenu?En 1969, les ménages consacraient 9% de ses revenus aux vêtements et 19% à la nourriture; en 1992, 5% allaient aux vêtements et 12,5% à la nourriture.Outre certains nouveaux produits de consommation (électro-ménagers, systèmes audio et vidéo, etc.), c'est le poste budgétaire du logement qui, prenant 12% à l'époque, prend maintenant 20% des revenus.La queue en hiver Des 25 000 personnes qui avaient fait la queue, l'hiver 94-95, pour s'inscrire au bureau de main-d'oeuvre de l'usine GM d'Oshawa, combien ont été employées à date?Aucune.Pour 1995, la compagnie vient de faire un bénéfice record de près de 2 milliards de dollars.Y'a parfois deux côtés du mur à l'ombre.Au sujet de la possibilité d'accorder le droit de vote aux prisonniers-ères canadiens-nes, le représentant d'un groupe de • défense des victimes d'actes criminels ■ n'a pas trouvé plus démagogique son désaccord que «Avez-vous pensé à tous les millions de dollars que ça va coûter pour ça?!?» Son mouvement devrait être rebaptisé «pour l'attaque des prisonniers», ce serait plus juste.Merveilleuse famille Le poète Philippe Soupault avait pour oncle Louis Renault, le fondateur de la célèbre compagnie française.Mais ils ne logeaient pas au même garage.« Un jour.on apprit que son imprévoyance et sa fièvre d'entasser le plus vite possible avaient provoqué la mort de quelques dizaines d'ouvriers.Un plancher s'était effondré sous le poids des machines.Je n'ai pas entendu un seul blâme, la moindre critique.Ce que j'ai vu, c'est une femme, une de ses parentes, se précipiter vers lui les bras tendus et s'écrier: "Mon pauve ami, tu n'as vraiment pas de chance!"».L'écologie et les frontières politiques Après plusieurs décennies de ratés, la concertation pour dépolluer le Rhin, entre la France, la Suisse, le Luxembourg, l'Allemagne et la Hollande, commence à porter ses fruits.Réglementations renforcées, éducation, information, subventions pour aider les fermiers à délaisser certains produits chimiques: c'est la coordination et une diversité d'actions qui ont donné des résultats.Sous les pavés le visage En France, en décembre 1995, 2 Millions de personnes, dans les rues, ont paralysé le pays.Grève par procuration?Non: mouvement catalyseur d'un malaise beaucoup plus général.Mais les leaders des manifestations n'étaient pas tous des communistes.Marc Blondel, figure de proue, secrétaire général du syndicat Force ouvrière, dévoilait sa vision du syndicalisme en déclarant: «L'exclusion n'est pas l'affaire du syndicalisme mais des curés • ! Le sang du Yankee?Au Chiapas, dans la communauté des Chamulas, on utilisait autrefois de l'alcool frelaté lors du rite religieux.Les marchands, souvent des petits caciques locaux, qui contrôlaient et vendaient l'alcool, se sont mis au Pepsi et au Coca-cola, qui depuis remplacent l'alcool dans les célébrations! (J.P.] Le payroll de Staline.La vision que certains-es se font du travail caritatif.C'est Bertold Brecht qui serait content des avancées technologiques récentes en traitements d'image.Les logiciels permettent de performer de plus en plus étonnamment.Un trucage qui prenait auparavant des jours de travail se fait maintenant en quelques heures et quelques cliks de souris.Une tête apparaît; une tête disparaît.De nos jours, le payroll de Staline serait pas mal plus petit! Mesdames Butterfly Les Japonais réinventent le chant.420 000 établissements commerciaux sont équipés en karaoké, cette pratique que permet de plus en plus la technologie de ne faire jouer d'un disque que l'orchestre, en laissant la mélodie être chantée « live » par l'invité-e.Au Japon, une personne sur deux en est une habituée.Back in Africa Le gouvernement du Ghana a fait récemment la restauration des dongeons ayant servi, entre les XVe et XIXe siècles, à entreposer les esclaves noirs avant leur exil forcé.Mais les visiteurs noirs états-uniens trouvent que ça ressemble un peu trop à Disneyland, avec ses boutiques de souvenirs et ses guides dépolitisés.Le gardien de sécurité, quant à lui, estime: «Qui voudrait venir dans un vieux champ de bataille?Ce n'est pas assez joli pour les touristes».On estime que sur les 12 à 25 millions de personnes entreposées, le tiers mourait de mauvais traitements avant même leur départ.J^ Avec ses entreprises partenaires LE FONDS INVESTIT DANS L'EMPLOI! 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