La vie en rose, 1 janvier 1981, mars
il faut lire.Les enfants de Jocaste de Christiane Olivier Le complexe de Jocaste décrit la relation de désir ou de non-désir entre la mère et ses enfants.La tendresse nourricière qui s'établit, durant les premières années, entre la mère et le garçon, fait défaut à la fille: si elle est aimée comme une enfant, son corps de fille ne fait l'objet d'aucun désir.Devenue femme, alors que tout — et notamment son conjoint — la pousse à être la Mère, elle gardera au fond d'elle-même l'envie d'at'oir une Mère, le besoin que l'on s'occupe d'elle: de là une grande part de l'insatisfaction de la vie du couple.• Un ouvrage de psychanalyse et de féminisme?Allons donc! Plutôt la chronique terriblement fidèle et percutante de notre vécu le plus quotidien.•> (Catherine Lord, Châtelaine) Collection Femme Denoël/Gonthier — $14.95 En vente dans toutes les librairies igner son ciel ou gagner sa vie ?Un dossier sur le salaire au travail ménager : « Ils appellent ça de l'amour, nous appelons ça du travail non payé »/ Sylvie Dupont, Nicole Lacelle, Francine Tremblay .13 jand les femmes du OUI disent non.extraits d'un manifeste refusé et entrevue avec son auteure, Gisèle Tremblay/ Propos recueillis par Françoise Guénette .28 L Centerfold de LA VIE EN ROSE.Pour subvenir une vieille tradition, des femmes artistes proposent leurs images.Dans ce numéro : Madeleine Morin, peintre, dessinatrice et graveuse .32-33 [4a presse d'en face.Après 10 ans de lutte, où est passée la presse féministe en France?Reportage de Françoise Guénette .34 SOMMAIRE En guise d'éditorial.3 Lettres à LA VIE EN ROSE.5 Communiqués .6 La Bolduc, alias Mary Travers : esquisses pour un portrait.Robert Lévesque raconte une grande chanteuse des années 30.10 Quand le photo-roman est platte.Un récit tragico-comique de Marie Décary .38 Le P.R.N.: Pour runner les nurses.Quand on veut rentabiliser les infirmières : un reportage de Lise Moisan .43 ÉVÉNEMENTS : — Une femme, deux femmes.beaucoup de voyeurs.Aperçu impressionniste du « colloque sur le vécu erotique des femmes homosexuelles »/ Francine Pelletier .58 — Des femmes de longue patience.Dans le cadre des lundis de l'histoire des femmes du T.E.F., rencontre avec Françoise Berd et Marthe Blackburn/ Francine Pelletier.56 — French, d'Eaubonne, Cardinal, Jong : des écrivaines qu'on s'arrache/ Francine Pelletier .54 CHRONIQUES : — les us qui s'usent : Monique Dumont .8 — les entrefilets au poivre : Sylvie Dupont.9 — journal intime et « exotique » : Françoise Guénette 26 — santé : Donna Cherniak .48 — livres : Monique Dumont, Bernard Tanguay .46 — disques : Marie-Louise Doré .50 — cinéma : Chantai Sauriol .52 — théâtre : Louise Nantel .51 — longue distance : Claudine Vivier, Lise Moisan .31 — petites annonces de LA VIE EN ROSE .62 — B.D.: Françoise Guénette, Andrée Brochu .60 1327 Ste-Catherine, Ouest Montréal, H3G 1P7 tél.: 844-1721 1430 Ste-Catherine, Ouest Montréal, H3G IR4 tél.: 866-9107 - 866-8276 Rez-de-chaussée 1 Plaza Alexis Nihon Westmount, H32 1X5 tél.: 933-1806 Centre d'achat Laurier Ste-Foy, Québec, GIV 2L8 tél.: 653-8683 Le Carrefour Laval 3035 Boul.Le Carrefour Laval, H7T IC7 tél.: 681-7700 I Librairies Classic La Promenade 1 Carré Westmount Westmount, H32 2P9 tél.: 931-4656 Les Galeries D'Anjou Ville d'Anjou, Québec tél.: 353-6950 Annexe Soldes 1432 Ste-Catherine, Ouest Montréal, H8G 1R3 tél.: 861-5022 Promenade Place Ville-Marie Montréal, H3B 3Y1 Tél.: 866-1323 Centre d'Achat Fleur de Lys 550 Boul.Hamel, Québec tél.: 529-9609 Et mi-avril: ouverture d'une nouvelle librairie Place Longueuil éditorial Équipe de rédaction : Sylvie Dupont, Ariane Émond, Françoise Guénette, Lise Moisan, Francine Pelletier, Claudine Vivier.Collaborations : Line Chamberland, Donna Cherniak, Marie Décary, Monique Dumont, Marie-Louise Doré.Nicole Lacelle, Robert Lévesque, Chantai Sauriol, Bernard Tanguay, Francine Tremblay.Illustration» : Andrée Brochu.Madeleine Morin, Lise Nantel, Suzanne Paquet, Claudine Vivier.Photographie : Anne de Guise Conception graphique et mise en page : Arabelle, Suzanne Paquet, Diane Petit, Andrée Brochu, Lise Nantel.Correction d'épreuve* : Marie-Noël Pichelin, Lorraine Leclerc.Composition : Composition Solidaire Inc.Impression imprimerie Arthabaska.Distribution : Diffusion Parallèle Inc.1667, Amherst.Montréal Couverture : Nicole Morisset Permanence : Francine Pelletier.Finances : Suzanne Ducas, Claude Krinski, Louise Legault, Yolande Léonard, Lise Moisan Publicité : Claude Krinski.Promotion : Pauline Bolvin, Georgette Duchaine, Hélène Grimard.Louise Legault, Yolande Léonard, Denise Noël, Suzanne Paquet.LA VIE EN ROSE est éditée par les Productions des années 80, corporation sans but lucratif On peut nous rejoindre pendant les heures normales de bureau au 4073, Saint-Hubert, H2L 4A7, ou en téléphonant au (514) 526-7055.Tout texte ou illustration soumis à LA VIE EN ROSE passe devant un Comité de lecture Date de tombée : un mois et demi avant la prochaine parution.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Canada : » ISSN-0228-5479.Courrier de deuxième classe : demande de permit en cours.ÉDITORIAL POUR L'AUTONOMIE 8 mars : notre premier anniversaire.Derrière nous, quatre numéros insérés dans la revue Le Temps Fou, 112 pages au total, échelonnées entre mars et décembre 1980.De quoi nous donner envie d'une revue plus consistante.Alors on quitte Le Temps Fou, on prend un volume de plus, on double nos pages et le nombre de nos collaboratrices.8 mars : journée internationale des femmes — Cette année, le thème choisi c'est la nécessité de l'organisation politique des femmes.Se donner de plus en plus les moyens de prendre la parole, d'agir, de prendre du pouvoir.A La vie en rose, comme dans d'autres groupes de femmes, c'est en nous organisant sur la base de l'autonomie que nous avons développé ces moyens de lutte et que nous continuons à le faire.La vie en rose est une revue autonome non pas parce qu'elle n'est pas financée par l'État, par Power Corporation, ou par Péladeau, mais parce que partout où il y a des décisions à prendre, qu'il s'agisse d'argent, de publicité, de promotion, de graphisme ou de politique éditoriale, les décisions sont prises par des femmes.L'autonomie n'est pas un principe nouveau en politique.Dans l'Antiquité, les esclaves ont déclenché de nombreuses révoltes autonomes.Marx prônait l'autonomie de la classe ouvrière, même si certains préfèrent l'oublier par les temps qui courent.Les noir-e-s américain-c-s ont choisi l'autonomie comme stratégie politique.Et plus près de nous, l'idée d'indépendance avait des airs de ressemblance avec l'autonomie.L'autonomie, cela signifie que nous travaillons d'abord pour nous-mêmes, à partir de notre réalité, sans avoir à justifier nos intérêts, nos priorités, nos choix.Liberté d'esprit.Nous ignorons le spectre des intérêts supérieurs, nous n'avons pas à nous taire pour rester dans le parti ou pour garder notre emploi.Liberté de parole.Nous n'avons pas à attendre après le référendum, après les élections, après les négociations ou après la révolution pour faire ce que nous voulons.Liberté d'action.Et finalement, pour La vie en rose, l'autonomie cela veut aussi dire liberté de presse : « Parce qu'avec La vie en rose, nous tâcherons justement de faire, à contre-courant dans un monde où les communications sont de plus en plus centralisées et uniformisées, une presse féministe, une presse subjective, une presse d'opinion.Nous ne prétendons pas cerner la réalité ou lui faire suivre une ligne ; nous nous contenterons de regarder et de commenter le monde qui nous entoure sans chercher refuge derrière les paravents sacrés de l'objectivité et de la représentativité.Nous ne chercherons pas à véhiculer des certitudes ; simplement nous indiquerons les pistes qui se présentent à nous '.» Nous le disions il y a un an.Nous le redisons aujourd'hui.L'équipe de production 1 La vie en rose, éditorial, mars 1980.Vol I n° I.LA VIE EN ROSE, mars, avril, mai, 1981/3 HNEW\ LIBRE NOUS ACHETONS VOS LIVRES 842-4989 présente Gagnant du prix Jean Delmas à Perspective du cinéma français Cannes 1980 Agnès Château Didier Sauvegrain Émilio Sanchez-ortiz Francisco Curto dans VACANCES ROYALES un film de Gabriel Auer À l'occasion de la visite du roi Juan Carlos à Paris en 1976, la police française impose des «Vacances royales» dorées mais forcées, à quatre jeunes gens d'origine espagnole qu'elle déporte momentanément à Belle-Ile.Al TRITORIUM 255 est, rue Ontario DU 10 au 16 AVRIL à I9h30 et 21 h30 Un film sur l'agression et le viol CHAPERONS ROUGES de Hélène Bourgeault et Hélène Doyle et AVORTER, ON NE LE FAIT PAS COMME ÇA de Hillie Molenaar Un film sur l'avortement à travers l'expérience vécue par 4 femmes issues de milieux sociaux différents.Al (ÏNÉMA PARALLÈLE .1682.rue Saint-Laurent I es 4.5 et 6 mai à I9h30 LIVRES D'OCCASION 4690 ST-DENIS (angle Gilford, métro Laurier) DISQUES — USAGES — LIVRES B.D.Ni 769 BellechasseM Metro: Beaubien ZI ^Tél.: 272-7600 L'OCCAQE ACHAT — VENTE — ECHANGE LIBRAIRIE HOMOSEXUELS livres norv-sexistes pour enfonrs FRIANG livres pour FEMMES LESBIENNES 1217 crescent 866 2131 kheap thrills | 1433 bishop st 1 tel 844 7604 courrier lettres à la Vie en Rose Du pays, de la jouissance et de la vie en rose Le Québec est un pays en voie de structuration et d'organisation.C'est très bien mais en même temps je m'inquiète ce soir et je languis de l'allure que prennent les choses.On a beaucoup parlé des années 60 et de la Révolution tranquille.D'un certain enthousiasme, d'une vitalité québécoise qui a rattrapé en quelques années seulement des siècles d'histoire.Et qui, il faut bien le dire, s'est soldé au référendum par une déconvenue qui n'est pas si surprenante que ça, si on tient compte que les changements survenus se sont faits par la « force des choses ».Comme si la courroie d'entraînement nous surprenait nous-mêmes.Et comme si on avait été d'autant surprises que tout s'arrête d'un coup.J'avais en tout cas moi le sentiment de n'y être pour pas grand-chose dans tous ces événements et d'une certaine manière la culpabilité qu'on pouvait ressentir au lendemain du référendum (notre peu d'engagement) exprime bien que ça ne collait pas.Ceci dit, je ne crois pas que la culpabilisation soit de mise.Le malaise est plus profond.C'est comme le désir — impératif — c'est ou ce n'est pas.(.) Comme je le disais, le Québec est en voie d'institutionnalisation.J'ai l'impression d'ailleurs qu'il ne produit que des institutions depuis quelque temps dans l'urgence qu'il est depuis toujours de s'organiser et de se rééduquer.Je me demande : mais quand va-t-il faire quelque chose qui émane du désir, de la jouissance, du goût, du courage et du risque, et non pas du savoir, du devoir et de la morale?(.) J'ai toujours l'impression que tout ce qui se fait ici se fait au nom de la norme et à cause de cela du colonialisme (et non pas l'inverse).Et la cause de la norme c'est la pudibonderie.*.) Non, le Québec manque de souffle, de désir.Et c'est ce qui meurt petit à petit, un peu partout dans le monde au fur et à mesure que se développent la bureaucratisation, l'uniformisation et l'institutionnalisation des masses.Il n'y a pas de coupables, de malheureux et de dégénérés ; il y a une pléthore organisationnelle.(.) Sortir de la pudibonderie, au fond, c'est agir la grande physiologie de l'amour.On parle beaucoup d'Êros dans la Vie en Rose et les « centerfolds erotiques » sont à mon avis une très heureuse entreprise.(.) Je souhaite à la Vie en Rose de réaliser toute sa couleur (et particulièrement dans la présentation et les pages couvertures) et d'être génératrice du futur.Je souhaiterais encore deux choses : 1) qu'elle inclue davantage dans ses pages de vagues de fond, en regard du souffle libérateur de l'amour et de la générosité, au sens noble, gratuit et social du terme ; plus d'articles à contenu au milieu de l'actualité particulière; 2) un courrier sans discrimination sexuelle ouvert à toute personne, homme ou femme.29 janvier 81 Montréal Louise Daigle UUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUI MUUUL Une image toute faite Dans votre dernier numéro (n°4) vous présentez une image à colorier pour les enfants.Ça me surprend de trouver une pareille chose dans une revue féministe remettant en question les valeurs d'éducation.D m'apparaît évident que l'imposition d'une image toute faite contraint l'enfant à ne pas utiliser son potentiel créateur.Je cite une récente publication où est dénoncé d'une façon pertinente le phénomène du cahier à colorier.Analyse formelle et idéologique des cahiers à colorier, par Lise Landry et Jacques Albert Wallot, p.219, tiré de : L'enseignement des arts au Québec, Université du Québec, à Montréal, juin 1980.« .l'usage des cahiers à colorier contrevient au développement intellectuel en diminuant chez l'enfant l'imagination, c'est-à-dire la capacité de créer des images.» « Alors que par son dessin direct et spontané, l'enfant met de l'ordre dans son monde qu'il apprend à connaître de plus en plus.» Voilà.En espérant que cela vous plaise, Alternativement vôtre, Montréal Claude Contant MJUUUUUUUUUUMUUMUUUUMJUUtl « Le temps du 'lift' est terminé » I.réaction matérialiste : — Crisse, ça va me faire 2 abonnements à payer ! II.réaction comprehensive : — Cé normal que LA VIE EN ROSE vole de ses propres ailes ! III.réaction inquiète : — Est-ce que les mâles-abonnés feront l'effort de s'abonner ?Montréal Claude Hamel uuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu » a » » i Pour les élections provinciales : contre la politique du moindre mal.Je dois dire, à propos de votre éditorial de septembre sur les élections, que je ne suis pas du tout d'accord.Vous dites que voter PQ, c'est empêcher Ryan de rentrer, ce qui serait une catastrophe.Bon, d'abord, l'on peut voir dans la prise du pouvoir de Reagan aux Ê.-U., dans la montée de mouvements racistes et contre l'avortement, une organisation accrue de la droite.Il faut évidemment riposter à cela, et justement donner nos votes à un parti comme le PQ lors des prochaines élections c'est passer à côté du problème.Face à cette « offensive organisée » de la droite, il faut répondre nous aussi en nous organisant.Pour cela il faut bien sûr chercher à créer une alternative, une organisation politique qui soit à nous.Pour moi, si on réussit à créer ne serait-ce qu'un embryon de cette organisation pour les élections, ce sera une victoire concrète, ce qui serait mieux « qu'une défaite partielle » comme vous semblez dire que signifierait la réélection du PQ.Ouf! Je m'excuse si c'est plutôt lourd comme style.Évidemment, c'est une question qui reste à discuter.Donc, en conclusion, pour moi la politique du moindre mal, c'est pas un pas en avant.Montréal Louise Archambault JUUUUUUtJJUUUUMUMUMUUUtflUUtfJ LA VIE EN ROSE, mars, avril, mai 1981/5 communiqués Lundi 9 mars : Françoise Berd, fondatrice de l'Êgrégore, comédienne, productrice à l'ONF., présente Marthe Blackburn, « écrivaine-résistante québécoise contemporaine », auteur d'un monologue dans La Nef des sorcières, et de plusieurs scénarios, dont Les Filles du Roy, Le Temps de l'Avant, Mourir à tue-tête.« Par l'interprétation du monologue de « La Ménopausée » dans La Nef des sorcières, Marthe m'a permis d'exprimer « le vécu » des femmes de ma génération, prenant ma part de responsabilité, remettant les choses en place, par rapport à un essentiel, ce oui à créer chez moi, un changement dans ma vie, et aidera, au moins, je l'espère, à : « mes filles à porter la lumière » (Marthe Blackburn, la Nef) ».Lundi 13 avril : Michelle Jean, historienne, présente Idola St-Jean qu'on décrivait en 1929 comme « la féministe la plus en vue de l'heure, au Canada, de réputation même internationale».Lutteuse pour le droit de vote des femmes, première femme à briguer les suffrages dans une élection fédérale, organisatrice d'une bibliothèque circulante et de réunions mensuelles gratuites parce qu'elle considérait que les tentatives de libération de la femme ne rejoignaient pas les classes populaires.« C'est une femme étonnante dont on sait trop peu de choses.Sa ténacité, sa combativité face à tant de mépris et de sarcasmes sont remarquables.» Théâtre expérimental des femmes 320 est, rue Notre-Dame (Métro Champ-de-mars) à 20 heures Prix d'entrée : $ 3.00 Lundi 11 mai : Jovette Marchessault, écrivain, peintre, sculpteur, présente Alice Guy, la première femme cinéaste du monde.Elle a réalisé son premier film au XIXe siècle et son dernier vers 1920.Environ 500 films en tout que les historiens du cinéma attribuent généreusement à d'autres cinéastes.Elle est morte complètement oubliée en 1968.« Quant j'étais une enfant, ma grand-mère qui fut pianiste au temps du cinéma muet me parlait souvent d'Alice Guy.Elle la trouvait géniale.» Lundi 8 juin : Nicole Brossard, écrivain, présente Djuna Barnes, journaliste, poète, écrivain, auteur de théâtre.Elle a publié The book of repulsive women, Ladies Almanach, Nightwood (Le bois de la nuit), etc.C'est aujourd'hui une très vieille dame qui habite New York.« Son livre Nightwood a été pour moi une très grande révélation.Depuis deux ans, il ne cesse de m'inspirer.» Le nom de Djuna Barnes n'est pas dans le dictionnaire des noms propres.Pour toutes celles et ceux qui voudraient meubler leur mémoire d'autre chose que Jésus-Christ, Confucius, Alexandre le Grand, Socrate, Jules César, Corneille, Napoléon, Jacques Cartier, Mozart, Benjamin Franklin, Charles de GauUe, Lindbergh, John Wayne, Guy Lafleur, Pierre Trudeau.P.S.Avez-vous une héroïne?Renseignements : 879-1306 D n'y a pas de réservation Guichet ouvert à partir de 19h00, le soir de l'événement.ifr ERRATA oublis impardonnables : Jovette Marchessault, l'au-teure de la pièce « La saga cjes poules mouillées » dont nous avons publié un extrait dans notre dernier numéro (décembre 80), n'était pas mentionnée dans notre présentation et sa photo n'était pas identifiée.Nous nous en excusons.Manquait également l'information suivante : La « Saga des poules mouillées » de Jovette Marchessault paraîtra en avril 81 aux éditions de la Pleine Lune.Cette pièce sera créée également en avril 81 au Théâtre du Nouveau Monde.Mise en scène : Michèle Rossignol Éclairages, décors, costumes : Louise Lemieux et Mérédith Caron Interprètes : Monique Mercure, Amulette Garneau, Andrée Lachapelle efcCharlotte Boisjoli, 6/mars, avril, mai 1981, LA VIE EN ROSE 02 communiqués Festival Films et Vidéos de Femmes Malgré la crise endémique de l'agonisant mais increvable cinéma québécois, des femmes, cette année, ont encore produit des images.Ces images seront bientôt diffusées à Québec, lors du Festival de films et vidéos de femmes organisé pour la cinquième année consécutive par le groupe féministe de production et de diffusion Vidéo-Femmes.À Québec, donc, dans les locaux de l'Office national du film, 2 Place Québec, boul.St-Cyrille, du mercredi 11 au dimanche 15 mars.On y verra, entre autres, et en première :C'est pas le pays des merveilles, un film documentaire-fiction sur la folie des femmes, de Hélène Doyle et Nicole Giguère et Le plus beau jour de ma vie — sur le mariage, bien sûr ! — de Diane Létourneau.On y reverra : Les voleurs de job — ou la situation des immigrants à Montréal— de Tahani Rached, Une histoire de femmes de Sophie Bissonnette, Joyce Rock et Martin Duckworth, sur le rôle des femmes dans la grève des mineurs de l'Inco, à Sudbury, et puis Strass Café de Léa Pool.Pas que des films, aussi des vidéos, dont La perle rare où Diane Poitras raconte les secrétaires, et deux productions du collectif Vidéo-Femmes lui-même : une histoire du droit de vote au Québec, et un document sur l'accouchement.Et, pour plus de renseignements, l'adresse de Vidéo-Femmes : 10 rue MacMahon, Québec.Téléphone : (418) 692-3090.Québec, 11-15 mars Cette première fin de semaine de mars est vraiment débordante d'activités.Le 10, qui nous écoeure et en sort vainqueur depuis 20 ans, en profite pour faire tirer une douzaine de petits écrans, six en couleurs et six fours micro-ondes.De source sûre, nous apprenons que René Lévesque, profitant des heures creuses que présente habituellement Henri Bergeron le dimanche soir, annoncera la tenue des prochaines élections.Le calendrier liturgique souligne, le 8 mars, la fête de Saint-Jean-de-Dieu (sic !), bien connu pour avoir laissé son nom à une institution où, à défaut de sa peau on laissait son âme.Alcide Ouellet annoncera peut-être du crachin.Et la vie en rose lance sa question-concours : Que commémore la fête du 8 mars, journée internationale des femmes ?Si vous n'en avez aucune idée, répondez au moins en grand nombre à l'invitation des comités de condition féminine des centrales syndicales CSN-CEQ auxquels se joignent cette année la FQH (Fédération québécoise des infirmières et infirmiers) et le SPGQ (Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec).Les militantes de ces syndicats ainsi que les représentantes de nombreux groupes autonomes vous convient aux activités suivantes : Sous le thème « S'organiser de plus en plus », ces fêtes quasi-nationales — ne sommes-nous pas la seule moitié du ciel à mener un train d'enfer ?— débuteront par une manifestation d'après-midi, samedi le 7 mars dans les rues de Montréal.Le lendemain, dimanche 8 mars et toujours à Montréal, le pavillon Judith-Jasmin de 1UQAM se transforme, comme l'an dernier, en pavillon thématique : kiosques d'information, foire du livre, débats, films, expositions d'arts visuels.À souligner : deux pièces de théâtre, la première de la troupe PARMINOU sur le harcèlement sexuel en milieu de travail, la seconde du THÉÂTRE DES CUISINES intitulée : As-tu vu les maisons s'emportent ?Sur place : une garderie et des activités spéciales pour enfants.Du nouveau : une brochure multilingue! La journée s'achèvera en beauté, sans concours ni trompettes, par un party et une soirée dansante.Le programme détaillé des activités montréalaises sera disponible dès la dernière semaine de février dans toutes les bonnes centrales syndicales et il est possible d'obtenir plus d'informations en téléphonant au 286-2109.Le Conseil du statut de la femme dévoilera, par ailleurs, le calendrier des manifestations qui se dérouleront dans toutes les régions du Québec.Il sera distribué, fin février, à tous les groupes de femmes répertoriés dans le bottin CSF et sera également disponible aux locaux du Conseil, 1255, Carré Philipps, Montréal.******** En plein samedi après-midi, poussée par une irrésistible fièvre, l'Escouade de la couleur sortira de nouveau dans la rue et vous invite à vous joindre au cortège des groupes autonomes de femmes.L'an dernier, nous y avions vu les « Chevalières des temps modernes », « L'Oiseau de la paix » et les grandes « poupées-stéréotypes ».Cette année, nous souhaitons y voir apparaître de nouveaux personnages, de nouvelles couleurs, de nouvelles images et pourquoi pas des sorcières chevauchant leur balai.STOP.Avons un besoin pressant de musique, de couleurs, d'idées pour ponctuer nos marches revendicatrices d'une parenthèse heureuse.LA LUMIÈRE BLANCHE Du 9 avril au 10 mai, un nouveau spectacle au Théâtre expérimental des femmes (320 est, Notre-Dame, Montréal, 879-1306).Écrit et mis en scène par Pol Pelletier, avec Louise Laprade, Nicole Lecava-lier et Pol Pelletier.Assistance à la mise en scène : Anne-Marie Provencher.Décors et costumes : Marie-Christiane Lemieux.À MONTRÉAL : UNE EXPOSITION DE B.D.FÉMINISTE À ne pas rater à la galerie Powerhouse (3738, Saint-Dominique, Montréal, 844-3489), PORK ROASTS, une exposition de bandes dessinées féministes à laquelle participeront une centaine d'artistes de plusieurs pays.LE CENTRE DE SANTÉ DES FEMMES DU QUARTIER DÉMÉNAGE Le Centre de santé des femmes du quartier a maintenant pignon sur rue au 16 est, boul.Saint-Joseph, Montréal, 5243381.Heures de bureau : lundi au vendredi entre 9 h et 5 h.LA VIE EN ROSE, mars, avril, mai 1981/7 chronique les us qui s'usent • •••••••••• • •••••••••• • ••••••••• • ••••••••• • •••••••••• assis-toi Arthur • •••••••••• • •••••••••• • ••••••••••••••••••••••••••••••s • ••••••••••••••••••••••••••••••A • ••••••••••••••••••••••••••••••s « Et les sièges leur ont des bontés »1 .mais pas seulement les sièges, qu'ils ont aux meilleures places d'ailleurs, toujours loin des courants d'air, au centre du bar ou un peu en retrait dans un coin stratégique d'où on peut voir venir, mais aussi le patron qui leur offre des tournées, qui leur fait crédit, qui leur pardonne leurs excès comme on pardonne à un fils, et les serveurs qu'ils appellent de leur prénom, à qui ils racontent leurs intimités les soirs de grand vide, fraternels et complices, dans cette grande famille où se célèbre chaque soir le rituel de la communion aux multiples petits goulots du Grand Téton de feu.Ce sont donc les «habitués ».Qui furent un jour des pionniers.Les détecteurs, ceux qui ont le pif sociable, qui flairent l'air du temps comme d'autres des truffes et qui, lorsqu'ils trouvent le bon endroit sous le bon toit, s'asseoient.Bon pied bon oeil d'abord, bon cul plus tard.Car de pionniers qu'ils étaient, ils sont vite devenus des piliers ; assis un peu avant que la réputation de l'endroit le soit, ils le demeurent tout le temps qu'elle demeure et un peu plus longtemps quelquefois,surpris un jour de constater que l'air du temps se flaire ailleurs, désarçonnés, comme un cavalier que sa monture aurait quitté brusquement, sans crier gare.Et paf, faudra à nouveau battre le pavé, à la recherche des nouveaux sièges.Dernière tournée du patron, pour services rendus.Mais en attendant ils sont chez eux, à demeure, et ils reçoivent.— « Salut Arthur ! » — « Comment ça va toi ?» « Ah moi ça va.Pis toi?» «Ah oui, ça va, ça va.» « Rien de neuf?» « Non, non, toujours pareil.» Ah! Bonheur.L'ordinaire des choses suit son cours.Et la conversation s'arrête là.Les piliers parlent peu.Ils écoutent, acquiescent, guettent, filtrent, approuvent.Ils animent quoi.Le plaisir d'ailleurs c'est d'être là, au chaud, bien au chaud, entre soi, en sécurité, encoconnés, dans l'coton.Et ça grouille dans ce cocon là.« Aie Arthur, as-tu vu qui cé qui est là?» « Oh, Oh !» Y a pas de doute, on est à la bonne place.C'est ici que ça se passe.Voilà qu'arrive le monde, le beau monde, le bon monde, ceux qui ont des faces connues, qui sont au courant, dans le courant, qui ont les nouvelles fraîches, qui font le vent dans l'air du temps et font du même coup la réputation de l'endroit où ils s'asseoient.Ce sont les «affairés».Ils arrivent toujours vers onze heures, après le travail, le dernier show, la dernière réunion ou le dernier téléjournal, ils viennent se délasser certains soirs, pas tous les soirs et surtout pas la fin de semaine, ils viennent échanger les dernières nouvelles.« Es-tu au courant que.ça fait que.un tel.tiens, tiens.intéressant.y m'a dit.y paraît que.ça fait que.», ils viennent voir des nouvelles faces peut-être?Habituellement, ils repartent avant le last call, en compagnie de.ou pas.mais entre eux.— « Es-tu ben sûr que c'est lui?» — « Ben oui voyons.» « C'est drôle y se r'semble pas.Y a l'air ben plus vieux en vie qu'à tévé.» Ceux qui parlent là, ce sont les « circulants ».Ceux qui sortent.Une ou deux fois par semaine pour avoir du fun, slâcher lousse un peu, voir des nouvelles faces, se brancher sur le courant, sentir ce qui se passe.Ils font deux ou trois endroits dans la soirée en se demandant où est-ce que ça se passe à soir, s'échouent fatalement à un endroit parce que circuler ça fatigue pis ça donne soif, finissent toujours par rencontrer du monde qu'ils connaissent en s'écriant comme étonnés : « Maudit que l'monde est petit! », et en poussant un grand soupir de satisfaction car c'est heureux que le monde soit si petit.Entre soi, entre nous.Et le vin de messe circule et avec les libations viennent les effusions, c'est la grande communion, maudit qu'on s'aime donc, et le last call résonne comme un « ite missa est » mais sans la libération que ce dernier apportait.Et après le last call c'est la nuit, la fête est finie, câline qu'on se sent seul des fois.Puis il y a les nouvelles faces.Les vraies nouvelles faces.Ceux qui sont si nouveaux qu'on les appelle les touristes et qui, lorsqu'ils sont en trop grand nombre, font dire aux autres, les habitués, les affairés, les circulants : « Ouain, y a personne ici, changeons de place » ou « C'est plus comme c'était.Ça se détériore.» Les nouvelles faces donc, en trop grand nombre, ça te dépare un salon dans le temps de le dire, mais en petit nombre c'est très utile pour faire le décor, la galerie, le bruit de fond, le murmure et le brouhaha d'un commerce qui réussit.Voilà.Et tant mieux si le monde a peur de se sentir seul.Je pense tout à coup à la publicité de Cottonnelle, avec son jingle « c'est doux comme du vrai coton », et ses images de figures féminines si souriantes et je me dis qu'un commerce réussit d'autant mieux qu'il réussit à nous faire oublier l'usage réel des choses qu'il vend.Monique Dumont 1 Les assis.Arthur Rimbaud.8/mars, avril, mai 1981, LA VIE EN ROSE _chronique « Pour la première fois, dix-sept hommes osent parler sans détours de leurs plaisirs » annonce la couverture de L'orgasme au masculin.« Il était temps que les hétérosexuels prennent la parole » affirme l'introduction de La certitude a"être mâle ?Les hommes sont tellement discrets.Il paraît qu'ils se taisent depuis dix ans et je ne l'avais même pas remarqué.Que le temps passe vite.Pour me faire pardonner ma distraction, je leur laisse ma chronique.Et pour leur faire plaisir, j'ai même invité leurs aînés '.Comme la Nouvelle Philosophie, la Nouvelle Cuisine et la Nouvelle Droite, les Nouveaux Hommes se sont baptisés tous seuls et en vitesse.Ils ont bien fait.Jugez-en vous mêmes.« C'est à cause de l'impossibilité d'imploser en vous que nous risquons de tout faire exploser dehors.» Yang Kee, L'orgasme au masculin, 1980 « Femme, tu es la porte du diable.C'est à cause de toi que le fils de Dieu a dû mourir.» Tertullien « Nous sommes des drogués de femmes.» Jacques Broué, La certitude d"être mâle?, 1980 ¦< Pour les femmes, le meilleur argument qu'on puisse invoquer en leur faveur, c'est qu'on ne peut pas s'en passer.» Pierre Reverdy « Il n'en reste pas moins que l'homme a développé une musculature telle qu'aucune femme ne pourra prétendre accéder à cette efficacité de la force masculine.(.) Aucune femme ne pourra atteindre cette magie du Verbe, ni l'ivresse de l'activité et de la dépense d'énergie masculines.» (.) Il (le corps de l'homme) n'est pas un corps receptacle, mais qui imprime, qui écrit avec le doigt et le pénis sur un corps de femme.Il jouit de cette écriture comme la femme jouit de la sensation de l'écrit.» Reginald Richard, La certitude d'être mâle?, 1981 1 Cités hors-contcxtc?Croyez-vous?Alors amusez-vous à imaginer un contexte qui les innocente.« J'ai dit que la jouissance de ma partenaire était essentielle à mon plaisir amoureux.Je devrais ajouter plutôt la jouissance pendant la pénétration (.) » Don Juan Valentino Zorry y Tarzan, alias Bruno Boutot, L'orgasme au masculin, 1980 « Avant tout, que ton esprit soit bien persuadé que toutes les femmes peuvent être prises; tends seulement tes filets.» Ovide, L'art d"aimer « Je ne veux plus entendre de récriminations, de lamentation judéo-féministes.La littérature féministe me tape sur les nerfs.Les shows également.Sauf le strip-tease de Diane la Pécheresse.» Xyphos, L'orgasme au masculin, 1980 •< Cest un don de Dieu qu'une femme silencieuse.» La Bible « L'égalité est un mythe.» Xyphos, L'orgasme au masculin, 1980 « Je conviendrais volontiers que les femmes sont supérieures, si ça pouvait les dissuader de se prétendre nos égales.» Sacha Guitry, 1885, 1957 « Plutôt que de gaspiller tant d'énergie à y voir une quelconque guerre des sexes, il serait plus efficace et plus agréable que les hommes et les femmes s'entraident à passer cette transition.Comme ils et elles le font d'ailleurs depuis la nuit des temps.» Don Juan Valentino Zorry y Tarzan, alias Bruno Boutot, L'orgasme au masculin, 1980 K U HEME PlEfe DANS (A MEME urrrt.OfJ A 10 Mettes BUTS, -T 3 Pas roRQvo\ awgyft j'ARRIVE PE IA COOP, -LE SOIR ._.JE REVIEZ DANS UNt MAI SOU SAIX?.w m m Et nous nous illusionnons aussi quand nous pensons échapper au travail ménager.Combien d'entre nous, même en travaillant à l'extérieur, y ont échappé?Et peut-on mépriser si facilement l'idée de vivre avec un homme?Et si nous perdons notre emploi?Et quand nous vieillirons et perdrons même le petit peu de pouvoir que nous avons maintenant parce que nous sommes jeunes (productives) et attrayantes (productivité féminine)?Et qu'en est-il des enfants?Est-ce qu'on va un jour regretter d'avoir choisi de ne pas en faire, de n'avoir même pu poser cette question de manière réaliste ?Peut-on se permettre des relations homosexuelles ?Sommes-nous prêtes à en payer le prix éventuel en isolement et en exclusion?Mais peut-on vraiment se permettre des relations avec les hommes?La question est de savoir pourquoi ces alternatives sont les seules qui se présentent à nous et par quelles luttes nous pourrons les dépasser.Silvia Federici POSITIONS La Ligue ouvrière révolutionnaire, organisation trotskyste, reprend les positions de la IVe Internationale contre le salaire au travail ménager : « Nous proposons notre programme de socialisation du travail ménager et d'intégration des femmes à égalité dans la force productive de travail comme alternative aux solutions offertes par la" réaction : glorification du travail ménager et de la maternité, proposition de dédommager les femmes de leur esclavage domestique par le biais du salaire ménager ou des projets similaires à priori séduisants20.» recherche : Francine Tremblay texte : Sylvie Dupont 1 Protêt de programme, PLQ, 1981.2 Maurice Bellemare, Journal des débats.Commission parlementaire^'9, 25 mai 1979 3 Camtl Samson, entrevue téléphonique.24 janvier 81 4 Un programme de choix pour les Canadiens, Les politiques du Parti néo-démocrate, NPD, non daté b Programme du Paru québécois.1973, 1975 * Programme officiel du Parti québécois, édition 1980 7 Entrevue téléphonique, janvier 1981 ' Pour les Québécoises 'égalité et indépendance.Conseil du statut de la femme, Editeur officiel du Québec, 1978.* Test prévu dans les études de proiet de revenu minimum garanti Selon ce système, il y aurait 2 niveaux de revenu selon que la personne décide volontairement de cesser de travailler ou qu'elle en est empêchée par une raison considérée comme valable 10 Le livre rouge de la condition féminine, RA1F.1979 11 5 millions de femmes.Une étude de la femme canadienne au foyer, Monique Proulx.Conseil consultatif de la situation de la femme, juin 1978 a Travailleuses et syndiquées, FTQ.1973 Position entérinée de nouveau au congrès spécial sur la condition féminine, n° 1979 13 La lutte des femmes, combat de tous les travailleurs.CSN, réédité en 1979.14 Le droit au travail social pour toutes les femmes, CEQ.XXVUe congrès général.Québec.1980 * Discours du 8 mors 1976.Journée internationale des temr.ies, Comité de lutte pour l'avortement et La contraception libres et gratuits.Théâtre des cuisines, Centre de santé des femmes du quartier, Éditions du remue ménage 16 Endos de plusieurs pochettes de livres publiés par les Èd itions du remue ménage 17 McVnan travaille pas, a trop d'ouvrage.Théâtre des cui sines.Editions du remue ménage, 1976 Programme et statuts.Parti communiste ouvrier, chapitre 9 Les femmes du peuple une réserve puissante pour la révolu tion prolétarienne Septembre 79.* Le féminisme, drapeau de la bourgeoisie dans le mouve ment des femmes m Unité prolétarienne n° 15, lèvre r mars 1979 n Textes de la /Ve /memo/tonale LA VIE EN ROSE, mars, avril, mai 1981/19 dossier En publiant ce dossier, l'équipe de rédaction de la vie en rose voulait questionner la certitude viscérale de tous ceux et toutes celles qui sont contre le salaire au travail ménager parce que, jusqu 'à maintenant, leurs arguments n'ont pas réussi à nous convaincre.Voici donc ce que nous en pensons.Évidemment, chacune d'entre nous ne souscrit pas inconditionnellement à toutes les affirmations des militantes de Wages for Housework.Certains de leurs propos peuvent choquer, scandaliser même.Mais justement leur grand mérite est de nous faire quitter une fois pour toutes le terrain rassurant de « la question-femme » ou « le travail libère » et « les mentalités changent ».A celles pour qui la patience ne suffit pas, leur perspective ouvre des possibilités d'action.En publiant ce dossier, l'équipe de rédaction voulait questionner la certitude viscérale de tous ceux et celles qui sont contre le salaire au travail ménager, parce que jusqu'à maintenant, leurs arguments n'ont pas réussi à nous convaincre.De l'extrême-gauche à l'extrême-droite, on s'entend pour dire que le travail ménager est un travail privé par opposition à un travail social.Mais l'un des acquis les plus importants du féminisme est d'avoir démontré que le privé est politique.On peut être contre le fait qu'il y ait des femmes de ménage et des bonnes dans les maisons privées, ont peut s'indigner avec raison de l'insuffisance de leur salaire et de leurs conditions de travail déplorables ; on ne conteste pas le fait qu'elles travaillent et donc qu'elles méritent un salaire.On ne prétend pas que ce salaire va les enchaîner à leur travail.L'amour « naturel » de la femme, épouse et mère, pour son mari et ses enfants ferait donc toute la différence?Vision bien peu matérialiste pour des gestionnaires du pouvoir ou pour des marxistes.Nous sommes d'accord pour dire qu'il faut socialiser le travail ménager mais nous n'arrivons par à imaginer comment on pourrait le faire sans lui accorder la reconnaissance sociale du fait que c'est un travail : le salaire.Sauf à l'extrême-droite, du gouvernement à l'extrême-gauche, on affirme que le salaire ménager confinerait les femmes à la maison, institutionnaliserait ce rôle.Pour nous il est clair que les femmes sont déjà confinées à la maison, que leur rôle, leur travail gratuit est depuis fort longtemps une institution, l'une des plus solides qui soient.Si nous ne la voyons pas, si nous l'oublions, c'est justement parce qu'elle ne coûte d'argent à personne, seulement un travail gratuit et interminable à mettre sur le compte illimité de l'amour.L'amour a le dos large.Sauf à l'extrême-droite, du gouvernement à l'extrême-gauche, on parle abondamment du droit des femmes au travail social.On l'oppose au droit au salaire pour le travail ménager.On en parle comme si les femmes avaient le choix même si on constate du même souffle qu'aucune condition matérielle ne leur rend possible l'exercice de ce droit : pas de garderies, pas de congés de maternité, pas de salaire égal, etc.et, encore plus important, pas de travail du tout.même pour les hommes.Ceux qui constatent et dénoncent les taux de chômage exorbitants disent en même temps aux femmes que leur seule voie de libération est d'entrer en masse dans la production sociale.et donc, qu'elles n'ont aucune voie de libération.Si les partisans/nes du droit au travail social sont sincères et honnêtes lorsqu'ils disent que les femmes ont autant droit au travail social que les hommes, APPUIERAIENT-ILS SANS RÉSERVE UNE REVENDICATION EXIGEANT UNE LOI POUR OBLIGER LE PATRONAT À DONNER 51 % DES EMPLOIS DISPONIBLES AU QUÉBEC À DES FEMMES?(Les hommes qui perdraient leur emploi y gagneraient une occasion inespérée de partager « les tâches domestiques ».) Sinon, tout esprit réaliste devra constater que la revendication du droit au travail n'est qu'un voeu pieux pour faire patienter les femmes (et tous les autres non-salariés) jusqu'au grand soir d'une révolution que nous devrons à d'autres, à qui nous devrons dire « merci », ENCORE UNE FOIS, pour leur travail.Le gouvernement dit : « le salaire au travail ménager, n'y pensez pas, ça coûterait trop cher aux contribuables ».Toujours anonyme, le Contribuable a le dos presque aussi large que l'amour.Il n'est pas exigeant sur les priorités.Le Contribuable paie sans protester les Jeux Olympiques, les Floralies, l'armée et les dépenses mili- taires, la Reine, la police, les juges, les fonctionnaires, Pétro-Canada, etc.Mais pas les ménagères.Les femmes ont peur de demander de l'argent.Quand l'État dit qu'il n'a pas d'argent pour elles, elles le croient.Les femmes du Conseil du statut de la femme ont déclaré avoir conçu toutes les mesures de Égalité et indépendance de façon à ce qu'elles ne coûtent pas un sou à l'État.Nous n'aurons jamais rien, si nous ne demandons rien.Et quand la possibilité d'avoir le salaire au travail ménager nous semble trop belle pour être vraie, on peut se rappeler qu'au début du siècle, aucune/e chômeur/se n'aurait oser imaginer un jour recevoir un chèque toutes les semaines pendant un an pour avoir été exclu de la production sociale.Si le gouvernement nous concède des •• pinottes », nous prendrons ces pinottes sans être assez idiotes pour aller nous « enchaîner » ensuite au travail ménager, béates de reconnaissance.Et si nous obtenons un jour un salaire compétitif par rapport au marché du travail, certains hommes commenceront peut-être à voir que comme métier salarié, le travail ménager n'est pas plus bête ou avilissant que bien d'autres.On pourra « choisir » ce métier comme on en « choisit » un autre.Pour l'instant, le choix n'existe pas.On entend souvent dire que toute la droite est pour le salaire au travail ménager.C'est faux.A l'heure actuelle, presque tous les groupes sont contre, de l'extrême-droite à l'extrême-gauche, y compris la majorité des féministes.Parce que « le propre de l'idéologie dominante, c'est de dominer » et qu'on a profondément intériorisé son leitmotiv : « Pour les femmes, c'est pas pareil.» Nous pensons que le travail des femmes est un travail comme les autres.Et nous ne pouvons pas être contre les luttes des femmes pour obtenir un salaire, ou n'importe quelle mesure qui reconnaît ce travail comme un travail social.Ce serait nier notre propre travail, nous nier nous-mêmes.Sylvie Dupont pour l'équipe de rédaction 20/mars, avril, mai 1981, LA VIE EN ROSE dossier Le salaire au travail ménager ne se réduit donc pas à une simple revendication parmi d'autres.Comme la plupart des textes du Réseau international pour le salaire au travail ménager ne sont pas traduits en français et ne sont pas disponibles en librairie, et pour rendre justice à l'envergure de leur perspective, nous avons demandé à Nicole Lace/le d'en synthétiser les principaux éléments.Le texte qui suit est donc un collage de textes; il va sans dire qu'il ne s'agit pas d'une version autorisée mais nous croyons respecter très fidèlement la pensée des militantes concernées.LA GAUCHE Depuis Marx, il est clair que le capital1 dirige et se développe au moyen du salaire, que le fondement de la société capitaliste est le travailleur salarié, qu'il s'agisse d'une femme ou d'un homme, et son exploitation directe.Ce qui n'a pas été clarifié par les organisations du mouvement ouvrier, et qu'elles n'ont même pas considéré, c'est que c'est justement à travers le salaire qu'est organisée l'exploitation du travailleur sans salaire.Cette exploitation a été d'autant plus réussie qu'elle a été dissimulée, mystifiée par l'absence d'un salaire.En ce qui concerne les femmes, leur travail apparaît comme un service personnel, extérieur au capital2 .Quand le mouvement des femmes adopte une position autonome, la gauche se sent menacée surtout pour une raison : ils savent que nos perspectives politiques ne concernent pas que •< la question des femmes •• et qu'elles rompent clairement avec leurs façons de voir, passées ou actuelles, face aux femmes et face à l'ensemble de la classe ouvrière.Leur esprit sectaire traditionnel face aux luttes des femmes est une conséquence directe de leur incapacité de comprendre comment le capital organise LA VIE EN ROSE, mars, avril, mai 1981/21 dossier sa domination et comment il est possible de l'affronter.Au nom de • du travail ménager dans la reproduction du capital, et il s'ensuit, la marginalité des ménagères dans toute lutte contre ce même capital.Pour la gauche, les ménagères ne souffrent pas du capitalisme, mais précisément de son absence.Il semblerait que notre problème soit que le capitalisme n'a pas réussi à rejoindre et organiser nos cuisines et nos chambres à coucher avec pour conséquences : a) nous vivons à un stade féodal ou à tout le moins pré-capitaliste ; b) quoique nous fassions dans ces cuisines et ces chambres à coucher, c'est, au mieux, sans pertinence aucune à un changement social réel.Évidemment, si nos maisons sont en dehors du capitalisme, nos luttes à partir d'elles ne le précipiteront certainement pas à sa perte.La gauche ne se demande jamais pourquoi le capitalisme permettrait à la moitié de la population de faire un travail qui ne lui rapporte aucun profit ; la gauche croit toujours résolument en l'irrationalité, en l'absence de planification du capital et en son incapacité chronique à bien gérer (eux, il va sans dire, réussiraient beaucoup mieux).Ironie du sort, leur profonde ignorance des rapports spécifiques des femmes au capital se traduit par une théorie sur l'arriération politique des femmes qui ne peut être surmontée qu'avec notre entrée sur le marché du travail.C'est ainsi que la logique d'une analyse qui voit « l'oppression « (ils ne voient pas que le capitalisme nous exploite et qu'eux nous oppriment) comme une exclusion des rapports capitalistes de production aboutit inévitablement à une stratégie qui nous fait « entrer » dans ces rapports plutôt que de les détruire.En ce sens, la stratégie de gauche face aux femmes est la même que sa stratégie face au Tiers-Monde : amener les femmes à l'usine et amener l'usine au Tiers-Monde.La gauche ' n'offre pas aux non-salariés, aux sous-développés, une lutte contre le capitalisme mais pour lui dans sa forme la plus « développée » et la plus « productive ».Ce n'est donc pas étonnant que dans cette perspective, pour la gauche, la maison soit un lieu de repos, de glorification de la famille et de la « gratuité » (en cela, ils ont parfaitement raison) des rapports humains, ce merveilleux interstice dans la domination capitaliste où F« on » s'aime et où l'« on » prend soin l'un de l'autre.Ils élèvent pratiquement au niveau de l'utopie les misères de nos mères, de nos grand-mères et notre propre misère comme enfants.'Cette idéologie de la vie privée que la gauche emprunte si effrontément à la bourgeoisie oppose famille et usine, personnel et social, privé et public, travail improductif et travail productif et elle est essentielle à notre esclavage qui, dans la mesure où il n'est pas payé, apparaît comme un acte d'amour.Cette idéologie prend ses racines dans la division capitaliste du travail et s'exprime matériellement dans l'organisation de la famille nucléaire.En mystifiant ce havre de repos ou en le laissant de côté comme intouchable, la gauche renforce le pouvoir de la classe dominante contre nous et « privatise » nos luttes en s'assurant qu'il y ait un homme entre chaque femme et l'État.Ainsi, il faudrait éternellement espérer tomber sur un « bon gars » ; ils vont même jusqu'à trouver dans l'ordre des choses que nous investissions un temps fou à tenter de les éduquer, de « hausser leur niveau de conscience » - ils ont toujours été très forts sur le « niveau de conscience ».Ils admettent d'autant plus facilement que leur niveau de conscience est bien bas qu'ils n'admettent pas que cette one-armed-bandits •> à 5 cents, des ménagères noires, des petites vieilles dames boulottes à cheveux roses et bijoux en cascade, se sont installées sur des chaises pliantes, jambes ouvertes à l'imprévisible, et elles engraissent les appareils de leurs salaires et pensions, découpés en pièces et puisés dans le gobelet de carton fourni — gratuitement — par le casino.jusqu'à l'hypothétique sonnerie-miracle du Gros Lot.Jeux de pauvres.Je me sens dépassée (sentiment fréquent) par le nombre de ces joueurs à la cenne ou au 2 piastres, même américains ! Moi qui flottais encore dans les clichés cinématographiques (Au chic casino de Monte-Carlo, Simon Templar désinvolte joue un demi-million au baccara, protégé par le décolleté vertigineux de sa compagne penchée sur lui —et il gagne, bien sûr), je découvre que les casinos, du moins en Amérique, ne sont pas des terrains de jeu pour riches, mais des Parcs Belmont vraiment populaires, accessibles, et mélodramatiques.où la roulette sert de grande roue, où les montagnes russes se dévalent au Blackjack, où le baccara remplace avantageusement le Tunnel de l'Amour — ou de l'Horreur ?Et le thrill est tout aussi physique.• Toyota Corolla 1980, immatriculée IWX 74, louée à Phillie.Devant une carte trop forte de la Banque, le joueur, à 14, « surrender -, c'est-à-dire qu'il se rend et reprend la moitié de sa mise.À l'ombre du valet noir "Quand nous"5ortons, gagnants, de la bulle argentée, salués par une dernière salve de quarters dans les cuvettes métalliques, c'est pour nous retrouver^ pupilles rétrécies, dans le monde soi-disant réel de la rue.Atlantic City.Ville morte l'hiver, quand les touristes ont désertèVon Boardwalk et sa longue plage de sable devenu gris, quand les voitures familiales ont été relayées par des caravanes floues Vautobus chartérisés venant de New York, de Philadelphie, de tout l'est des États-Unis, décharger aux portes des casinos (proVioncer kazzziiino) des cargaisons entières de « middle-class gamblers » à l'affût de la fortune.\ Contraste entre le décor morne de cette ville rectiligne, au plan trop net (l'a-t-on construite à partir du Monopoly?), entre cette ville désertée et ces salles de jeu surpeuplées, trépidantes, plus que vivantes dans les mouvements dérisoires de leur faune.Et toute cette opulence 100 % pur toc m'apparait comme la façade d'une Amérique joyeuse e^ prospère à la Reagan, comme une autre fumisterie.Pourquoi le jeu est-il encore moralement condamné, circonscrit à quelques villes américaines ou carrément interdit comme ici?Est-il ^utre chose, pourtant, que le microcosme de notre belle société libérale avancée (où chacun a sa « chance » de s'en sortir, n'est-ce pas?).c'est-à-dire, à l'image du Monopoly, un grand jeu féroce où qui perd perdra, où qui gagne gagnera encore davantage.Parce qu'il a, comme nous, la connaissance et l'argent, 1£ temps et les nerfs (?)— et un beau système basé sur des calculs d'ordinateur.Oui, je sais qu'il y a des fortunes instantanées, des joueurs professionnels qui gagnent leur vie de 5 à 9 heures (pm), des explorateurs heureux de martingales-miracle, mais je ne crois plus à la Chance fortuite et klondukoise dont le spectre hante ces lieux.Car si la chance frappe parfois, la malchance, elle, foudroie souvent.Comme sur abonnement involontaire.Pourquoi alors — cette crise de moralisme terminée — la frénésie et le décor du casino me manquent-ils?Et je vois que ce voyage improvisé en plein hiver était bien plus exotique que toutes les Terres de Baffin : un eaut, à pieds joints, dans un univers hallucinant où l'argent s'amasse ou s'écoule, mais ne se pas, au sens catho-caDitaliste.« Gamblers in the night.ta-la-la-la—la! » Ainsi, ce dernier soir, dans la prestigieuse et feutrée salle de baccara, deux Albanais (révolutionnaires finançant des achats d'armes?) misaient à coups de 1000 ou 2000 dollars et gagnaient en 15 minutes plus de 15 000 ddjllars.Imperturbables.En tout cas plus calmes que ces hommes d'affaires japonais, aussi flambeurs de milliers, qui hurlaient rageusement « Nine, nine! >• — le chiffre gagnant au baccara — là chaque retombée de leurs cartes.Inutiles invocations.Même les croupiers, dans leurs tuxedos verts bouteille, ricanaiejnt.Parce qu'en plus, on rigole dans ces • ne sont-ils pas les nôtres ?La vie en rose comme Des luttes et des rires de femmes, par exemple, ne sont-elles pas coincées, à la devanture des kiosques, entre Madame et Elle et Lui, entre Le Devoir et Le Temps Fou ?Françoise Guénette avec la collaboration à Paris de Louise Vandelac ' L'AFI (Agence femmes information), 104.boul Saint-Germain, Pans 75006.voulu être dans le militantisme forcené, pur et dur.Nous avons toujours essayé d'articuler une volonté politique avec le désir et avec le plaisir.Je ne vois pas pourquoi aujourd'hui des femmes s'obligeraient, si elles n'en ont plus l'envie, pour des raisons politiques qu'elles ne verraient plus, à faire un journal dans des conditions matérielles extraordinairement difficiles, et pour s'apercevoir en plus que des journaux plus réformistes et plus modérés font aujourd'hui, en partie, le travail qu'elles faisaient il y a trois, quatre ans Ce qu'il faut peut-être se poser comme question, c'est : l'heure n'est-elle pas venue, non pas de rompre avec la diversité que je trouve positive, mais de rassembler toutes ces énergies dispersées et, éventuellement, se poser le problème d'une nouvelle presse, mais en se donnant les moyens, y compris les moyens matériels, pour que cette presse existe.Je pense profondément, et pas seulement parce que je suis entrée à F Magazine, qu'il y a une certaine façon de militer qui a fait son temps et dont plus personne ne veut On s'apercevra peut-être que c'est une erreur et qu'il faut recommencer parce qu'il y aura des urgences mais aujourd'hui, ça n'a plus de sens de faire — sauf dans une radicalité que je ne vois pas se dessiner — un journal vendu à la sortie des métros le samedi soir Interrogez les femmes qui ont fait Histoire d'Elles, Femmes en lutte ou Remue-Ménage, tout le monde est conscient de ça Mais il ne faut pas dire que c'est fini, qu'on ne peut plus rien faire.Après tout, la réflexion, c'est pas la crise C'est pas synonyme de non-mouvement.On peut réfléchir et continuer à avancer D'autres voies vont se dessiner mais je ne sais pas lesquelles encore Alors la crise, la crise Moi, j'ai travaillé longtemps à Libération, ç'aété une belle aventure pour moi, à bien des égards positive mais souvent, de 77 à 79, les camarades hommes qui dirigeaient le journal n'arrêtaient pas de me dire que j'exagérais, que le mouvement des femmes ça n'existait plus, que je les bassinais (') avec ça Moi je disais : « Camarades (sic) peut-être que vous ne le voyez plus, mais ce n'est pas pour ça qu'il n'existe plus Quand un aveugle ne voit pas la réalité, ce n'est pas pour ça que la réalité n'existe plus.•> On me disait : « Tu milites, tu milites, tu as tort » Le 6 octobre 79, il y a 50 000 femmes dans la rue a Paris Êtonnement à Libé « Ah1 y a 50 000 femmes dans la rue Comment ça se fait?» asse dans le sHence Jpétuel depuis le jour ou, ~ d'un réfectoire de soeurs grises.+ m'habille pour mieux me déshabiller, je megu.Une vie entre les petits po.s no.2 et une tranche del™ décore, je me decormague comme un logement resteak que l'on n'a pas saisie à temps.Un souper triste / MP?-r-—h~~4—^ZJl / 1 1 t~~ devant le canal 10 ou le canal 2.Roger et Thérèse, nosf-f-h~4-~-i~~L^ \ I î 7-1-T—T—+~ mascottes les jours où nous trouvons que notre relation ~r j-r~-4~~i~^ll j j glisse vers le couple, vers l'amour tué dans l'oeuf-minute.' r \-L_ — rire bien sûr.Et nous rions.souvent.La page ouverte du photo-roman montrait le héros-détective, Jacques Douglas, enfonçant la porte d'un coup de pied SBAAM, projetant sa droite en pleine figure du méchant SPOUETTE, SMACHE, OUTCHE.Et tirant par le bras la toujours-héroïne Carole, il lui dit : — Et toi, viens avec moi, idiote.Tu allais encore faire une erreur.Ça aurait été la pire erreur de ta vie.• • • Heureusement Viviane poursuit sa lecture dans le cahier bleu, réalisant tout à coup que sa mère, Hélène, n'avait pas toujours été comique, mais qu'au moins, elle n'était pas comme les autres.Elle commence à lire la seconde lettre.40/mars, avril, mai 1981, LA VIE EN ROSE fiction Mars' 1981 Salut Louise, Il est 4h 30 jeudi matin et je prends la plume, mon « pilot >• mauve, pour t'écrire un mot.au clair de la lune, \.cela va de soi.Ce n'est pas pour te conter mon dernier | rêve même s'il est digne du meilleur film de Buster Kea-.ton.Non, ce que j'ai à te dire ressemble plutôt à un cauchemar.J'ai peur d'être misogyne.C'est bien juste à toi que je _ puisse avouer ça.Je sais qu'il n'y a pas là de quoi réveiller " son homme, la preuve en est faite depuis longtemps, mais -.moi, ça me donne des sueurs froides et ça me tient en état de veille depuis hier soir.Qu'est-ce que je fais, docteur, est-ce grave?J'ai essayé tous les remèdes contre l'insomnie, la pano-' plie pharmaceutique exceptée.J'ai même commencé à — .faire le compte de mes amants passés mais ça me fait trop rire de les voir enjamber la clôture comme des moutons.11ls n'étaient pas tous des athlètes, tu le sais, je t'en ai déjà j parlé.J'ai même failli te téléphoner, pensant que tu reviendrais peut-être d'une de tes tournées nocturnes à cette , heure-ci.Nous avons discuté l'autre jour de la misogynie, com-• bien elle était partout présente.Tu m'as fait remarquer que le mépris des femmes est ui des sentiments les plus universellement partagés, et ce non seulement par les hommes mais aussi par nous, le: femmes.J'observe, j'écoute et il semble que ce soit vrai.J'en tends plusieurs femmes se défendre d'en être.Les versions nouvelles, sophistiquées, camouflées, ser vies à la moderne : « Moi, c'est drôle, je m'entends mieu avec les hommes », teintées de mépris à l'égard de notn .féminitude quotidienne, dont il faut se délivrer comme di mal, moi je ne trouve pas ça drôle surtout que je retrouvi " dans ces voix des intonations familières.Tu m'as rappelé l'époque où tes meilleurs amis étaien1 des hommes.Je m'en suis souvenue, moi aussi, du temp: .où je sortais avec ma gang de gars.Le temps où je voulai I être une personne avant toute chose et surtout pas uni ' fille.Celait niaiseux, une fille, les gars le disaient et j riais avec eux.Les filles, les autres évidemment.Celles qi regardaient monter l'échelle dans leur bas de nylon et quij .l'arrêtaient avec du « cutex », celles qui parleraient bientôt des petits et des couches parce qu'elles se seraient faitl à être des femmes, comme moi plus tard d'ail-' —'— i | I J'avais presque réussi à faire un homme de moi, tu lej sais, je te l'ai conté des tonnes de fois J'y croyais, pensant même que la chanson de Charlebois, UN GARS BEN ORDINAIRE, avait été écrite pour moi.C'est vrai, je! devais être une femme hors de l'ordinaire, mais je faisais! un garçon bien ordinaire et c'était triste.En 1971, j'ai acheté mon premier livre féministe, SISTERHOOD IS POWERFUL, écrit par un collectif de femmes américaines.J'avais inscrit mon nom en page de garde : Sister Hélène Defoy, été 1971.Viviane n'était pas encore née.C'était beau.J'en parle avec l'émotion d'un vétéran de' la dernière guerre.Oui, la guerre des sexes a eu lieu.On aj versé dans le WOMAN IS BEAUTIFUL en même temps| que les noirs, les indiens et les petits pays.Oui, c'était| beau, excitant enfin d'être des femmes.Ça fait dix ans qu'on se parle, qu'on se jase, qu'on n'est1 plus des folles, chacune dans notre camisole.Je regarde! autour, je vois des super-femmes.On a dénoncé notre! double journée de travail et je me demande encore des! fois si on n'était pas en train de la quadrupler en voulant tout faire, tout être à la fois.belles mais pas des têtes de linottes, encore ingénieures en alimentation saine, enl santé, et mécaniciennes de surcroît quand l'auto part pas ou que la chaîne de bicycle débarque.Ce n'est évidemment pas ça la cause de mon tourment me disant que, sans être sorties du bois, on a au moins commencé à regarder le loup en pleine face.Mais cette nuit le loup m'a fait un drôle de sourire et m'a dit quelque chose comme : — Le plus méchant des deux n'est pas celui qu'on pense.— Qui s'qui l'a Marie Stella, palette-de-chocolat, ai-je iout de suite rétorqué pour sauver ma face.Mais je sais que la réponse est faible.__.Je me demande, avec un peu d'horreur, jusqu'à quel point, nous les femmes, et moi ce soir, n'avons pas assimilé l'idée de l'image inférieure et dégradante de la femme, être second.Idée qui fut habilement transmise de J père en fils, mais aussi peut-être de mère en fille.J Bon, le jour le lève et je sais que je vais pouvoir dormir 4 un peu tout à l'heure bordée par la voix de Joël Le Bigot.I Ne suis-je qu'une pauvre femme?Moque-toi pas trop de moi, je t'entends déjà ricaner._ .prendre.• • • Dans le photo-roman, pendant ce temps, Jacques Douglas a démasqué le vrai coupable qui n'était nul autre que Diego, futur mari de Carole.La dernière photo de l'épisode amoureux laisse encore croire aux âmes de bonne volonté que tout finit bien.— Les cheveux au vent, le regard affectueux de Jacques Douglas.Carole retrouve enfin son sourire.FIN • • • Viviane qui a encore faim — une figue ne fait pas un repas — se lève pour aller se préparer une salade de pois chiches et boire un pepsi.Plus tard elle appellerait Louise.• Dialogues lires pour le vrai de Les aventures de Jacques Douglas chez Lancio Ediztoni.DRIGNE : conformément aux nonnes de l'Office de la langue française en vigueur depuis le 31 décembre 1980.Francisons nos onomatopées Ex ; dites maintenant Ail, ail, ail.maman j'ai mal ».LA VIE EN ROSE, mars, avril, mai 1981/41 Femmes Professionnelles B0TTIN DES FEMMES PROFESSIONNELLES ET COMMERÇANTES Henriette Deydier • Le Bottin des Femmes (1980) Inc.38, Chemin des Vingt Saint-Basile-le-Grand JOL 1S0 (514) 653-4722 3?59 ST-HUBERT, MTL.H2L4A6 (514) 521-4216 VÊTEMENTS DE CUIR Tel 679 7466 Sur rendez vous PHYSIOTHERAPIE Méthode MAzières - Re(le«otherapie Port de mer.epp a0317 ThéfèS© fï\éfl• budgets, on en entend de bien bonnes.Il s'est trouvé des surveillantes pour répondre que « les mourants n'avaient plus besoin de soins », ou bien « laisse faire, c'est un chronique ».Les infirmières volantes Les promoteurs du P.R.N.sont on ne peut plus clairs : « Une solution radicale (.) pourrait être d'opter pour des équipes de base réduites à zéro, de rassembler tout le personnel infirmier dans une équipe volante.Cela équivaudrait en fait à biffer des conventions collectives les clauses de non-mobilité du personnel de l'équipe de base.Cette solution n'est attrayante (sic) qu'à première vue car même dans une perspective exclusivement économique, on peut faire mieux avec des équipes de base de taille réduite qu'avec pas a"équipes de base du tout : la productivité du personnel de l'équipe volante est en effet moins grande que celle des membres de l'équipe de base principalement pour des raisons de moins bonne connaissance des lieux, des malades et des techniques spécialisées 3 ».(souligné par L.V.R.) D'après les* conventions collectives, les équipes volantes et les listes de disponibilité servent à couvrir les postes temporairement dépourvus de leur titulaire (maladies, vacances, congés de maternité).Quand on sait que les équipes volantes constituent 33 % du personnel infirmier à Ste-Justine, on peut deviner qu'une convention collective, ça se détourne.La mobilité du personnel désavantage et les bénéficiaires et les infirmières dans leur ensemble.« Les patients se plaignent du changement constant des infirmières, il faut qu'ils ou elles racontent leur vie à chaque fois.» Les contacts restent techniques et superficiels : « vous venez juste pour me piquer.» Les infirmières de l'équipe de base doivent orienter les infirmières volantes » et ces dernières sont constamment envoyées d'une unité à l'autre.Résultats : •< On finit par réagir très mal.Ou bien on devient agressive, ou bien on devient abrutie.Le côté humain de la soignante est absent dans ce système.» Chez les patient-e-s, les effets sont identiques : « ils deviennent agressifs, ne coopèrent pas ou se retirent dans un mutisme complet.» On pourrait remplir la vie en rose au complet avec les témoignages des infirmières que nous avons rencontrées.Certains partisans du P.R.N.prétendent, pour avoir observé des travailleurs-euses en usine, que ce système peut réduire de beaucoup la marge des erreurs au travail à cause du niveau de stress constant que vivent les infirmières.Voyez-vous, le stress augmenterait la vigilance ! D'après les infirmières, les erreurs proviennent de la surcharge de travail, des cadences à maintenir et du stress généralisé plutôt que d'un manque de vigilance.Entre la vocation et la job Finalement les infirmières se retrouvent coincées entre leur sens des responsabilités, l'intérêt qu'elles portent à leur métier et les conditions de travail imposées qui réduisent ce qu'elles font à une job comme les autres.Et les patrons le savent bien.« Ils nous forcent à travailler avec nos pieds.C'est grâce à nous qu'il n'y a pas plus de dégâts.Quand ta surcharge de travail, c'est du monde, c'est pas pareil.» La déshumanisation des soins : "a Cette petite équation représente le temps requis pour les soins dans une unité en 24 heures.Les infirmières et les patient-e-s ne sont pourtant pas les seuls à avoir remarqué la déshumanisation des soins.A Ste-Justine par exemple, l'administration a mis sur pied un Comité d'humanisation des soins, où siègent psychiatres et travailleuses sociales dont le premier geste a été d'engager une éducatrice spécialisée pour faire jouer les enfants parce que les infirmières ne peuvent plus le faire comme auparavant.Kafka n'a rien inventé.« On ne veut plus de ce système-là » Dans les 12 hôpitaux où le P.R.N.est déjà fonctionnel, le boycottage consiste d'une part à refuser de remplir les fiches d'évaluation des besoins et d'autre part à informer le public sur ce système et à expliquer les raisons du boycottage.On connaît la campagne de dénigrement des luttes syndicales dans les services hospitaliers et la menace qui pèse sur le droit de grève dans le secteur public.Les grands médias ne manquent pas une occasion pour faire mousser le climat de peur et pour crier à la prise d'otages.La lutte des infirmières syndiquées contre le P.R.N.fait converger les intérêts des travailleuses des hôpitaux avec ceux des bénéficiaires des soins et c'est une des raisons pour lesquelles elle revêt une telle importance.De plus, c'est le moment ou jamais de lancer le boycottage parce que le P.R.N.n'est pas encore très implanté.En effet, puisque ce système ne peut fonctionner que si l'on recueille des données informatisées, le refus de coopérer compromet sa mise sur pied.Plus il est implanté depuis longtemps et plus l'administration d'un hôpital dispose de données et peut donc faire fonctionner le P.R.N.sans la coopération du personnel infirmier.Mais il est très important pour celles qui travaillent déjà sous ce système de refuser de collaborer davantage : ¦ C'est fini, on n'en veut plus de ce système-là.Il n'y aura pas de fin au boycottage4.» Lise Moisan avec la collaboration de Claudine Vivier ' Idem ' Pour plus d'informations, vous pouvez appeler la F.Q.l.l.au 842-5255 JANVIER 'Il I FSPIIO - FUJI - mu Il PARAIT VS~ll«'l-»^t&MS16 Itrapls Ira.plus rttarti.c
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