La vie en rose, 1 janvier 1981, décembre
Il faut lire.et offrir Femmes peintres 1550-1950 Ann Sutherland Hanis-LindaNochlin desjemmes Ann Sutherland Harris et Linda Nochlin FEMMES PEINTRES — 1550-1950 Les femmes peintres 1550-1950: une exposition organisée au Los Angeles County Museum of Art par Ann Sutherland Harris et Linda Nochlin.Rassemblant les oeuvres des femmes peintres, jusque-là dispersées dans divers musées, collections privées, pour faire connaître la place des femmes, et leur influence parfois marquante dans l'histoire de l'art occidental.Le catalogue de l'exposition est devenu un livre, extrêmement documenté, le volume qui manquait aux histoires de l'art traditionnelles: une monographie de chacune des femmes peintres, biographie et étude de son oeuvre dont quelques toiles sont reproduites.Traduit de l'américain.Des Femmes.368p.S69.00 Mireille Best LES MOTS DE HASARD Des femmes entre elles, tel est le lien secret unissant les cinq nouvelles de cet étrange recueil.Cinq formes différentes d'un seul univers qui reste obstinément clos, situé aux frontières du non-dit ou bien d'un silence qui peut être passionné, sensuel, erotique, anxieux, et tout au long parcouru par de brefs élans de bonheur ou de détresse.Gallimard (Coll.Blanche) 226p.S 12.75 Annie Ernaux LA FEMME GELÉE La narratrice raconte d'abord son enfance entre son père cafetier et sa mère épicière qui l'encouragent à poursuivre ses études jusqu'à l'université.À peine obtenu un poste de professeur, prend place l'amour, suivi du mariage et de la naissance de deux entants.La jeune femme se consacre avec une égale passion à son travail, aux soins du ménage et à sa famille.Et peu à peu, la médiocrité l'englue.Le partage en deux de sa vie aboutit d'un côté à un certain bonheur, mais de l'autre à l'échec de ses ambitions les plus profondes.« Elles ont fini sans que je m'en aperçoive, les années d'apprentissage.Après, c'est l'habitude.Une somme de petits bruits à l'intérieur, moulin à café, casseroles, prof discrète, femme de cadre vêtue de Cacharel ou Rodier dehors.L^ne femme gelée.» Gallimard (Coll.Blanche) SI 1.95 Madame de Lafayette HISTOIRE DE MADAME HENRIETTE D'ANGLETERRE C'est un ravissement de retrouver la compagnie de Mme de Lafayette.Les éditions des Femmes nous en donnent l'occasion, en publiant Histoire Je Madame Henriette d'Angleterre, La Princesse de Montpensier et La Comtesse de Tende.Ces trois récits, moins connus que La Princesse de Clèves, offrent autant de charme.» ( François Bott, Le Monde) Une très belle édition, dans un coffret, avec un cahier à pages blanches.Des Femmes.188p.SI 1.50 Denyse Vautrin LA MOISSON SACCAGÉE Gabrielle Hermelin, bourgeoise parisienne, devient, au printemps 1906, la complice agissante de son amie d'enfance, la charmante Madeleine, qui refuse de mener à terme une grossesse adultérine.Les « faiseuses d'anges » ne manquaient pas à la Belle Epoque! Gabrielle relate leurs agissements, leurs méthodes, leurs turpitudes.Denoël.288p.S 15.50 Chantai Hébert Le burlesque au Québec Un divertissement populaire Préface de Yvon Deschamps Cahiers Collection du Ethnologie Québec Disponible dans toutes les bonnes librairies et chez l'éditeur Éditions Hurtubise HMH Limitée $15.95 s o aire LA VIE EN ROSE DEC 81 ET JANV./FÉV 1982 Dossier LA NOUVELLE FAMILLE : et la loi 89 18 3 SIÈCLES DE MONARCHIE DOMESTIQUE Claudine 1 ivier Un histoire du droit des femmes mariées au Québec 20 LE MÉNAGE D'UNE LOI OU UNE LOI DU MÉNAGE?Sylvie Dupont La loi89 et le travail ménager 21 CHÈRE MADAME.PRENDRIEZ-VOUS UNE PETITE TRANCHE D'ÉGALITÉ?.Andrée Côté Les conséquences de la loi 89 pour les femmes 24 QUI, PÈRE, GAGNE?Albanie Morin Quelques mots sur la filiation LE MAUVAIS EXEMPLE Andrée Cote, Monique Dumont L'homosexualité et la garde des enfants 26 APPELEZ-MOI MADAME CHOSE ! Albanie Morin Les femmes et leur nom 27 SORTIE CÔTÉ COUR Françoise Guenette Separation et divorce : un reportage en direct du Palais de Justice 29 HEUREUX MAIS .INQUIET Francine Pelletier Une rencontre avec Maurice Champagne-Gilbert, nouvel ideologue de la famille EDITORIAL COURRIER COMMENTAIRES COMMUNIQUES LES US QUI S'USENT/Monique Dumont L'avenir de l'homme ENTREFILETS AU POIVRE/ Svlvie Dupont Bullshit ENTREVUE/Ariane Emond Brétécher la frustrante DOSSIER / Coordination F.Guenette et F.Pelletier La nouvelle famille et la loi 89 JOURNAL INTIME ET POLITIQUE/ Louise Laprade Lettre au Roi Boiteux FICTION/ Jovette Marchessault Fait d'hiver REPORTAGE/ Lise Moisan Cauchemars américains ÉVÉNEMENTS / Francine Pelletier La terre s'allonge, Violette Leduc ÉVÉNEMENTS / Françoise Guenette Une bataille concédée?BANDE DESSINEE PRONOSTICS POLITIQUES /Hélène Lévesque Grève sur l'État?THÉÂTRE/ Lorraine Camerlain Mousse: « leurre » humour CINEMA / Chantai Sauriol C'est pas une histoire d'amour LIVRES / Françoise Brattn, Catherine Eveillard, Claude Krvnskt ARTS VISUELS/Jocelyne Lepage Francine Larivée, guerillera D'AILLEURS.EN REVUES / Monique Dumont, Nancy Marcotte Emma et les autres SANTÉ / Dominique Le Borgne, Claudine Vivier Les « cols roses » sur la chaîne SCIENCES/Claudie Leroy Des souris et des hommes MUSIQUE / Louise Malette Ces dames du Sud JAMBETTES/Andrée Brochu 8 11 13 14 17 32 QUESTIONNAIRE : HARCÈLEMENT SEXUEL / Lise Moisan Les dessous du 9 à 5 35 39 42 45 48 50 51 55 57 58 58 61 62 64 65 66 MOTS CROISES / Monique Benoit PHRASE-MYSTERE/ Francine Levesque 69 PETITES ANNONCES 72 LA VIE EN ROSE décembre "81 et janvier, février 1982 3 EQUIPE DE RÉDACTION Sylvie Dupont, Ariane Émond.Françoise Guenette, Lise Moisan, Francine Pelletier.Claudine Vivier.COLLABORATION Monique Benoit, Françoise Braun.Lorraine Camerlain, Andrée Côté.Monique Dumont.Catherine Éveillard.Claude Krynski, Louise Laprade.Dominique Le Borgne.Jocelyne Lepage, Claudie Leroy.Hélène Lévesque.Francine Lévesque.Louise Malet te, Jovette Marchessault.Nancy Marcotte, Albanie Morin.Chantai Sauriol.Francine Tremblay.ILLUSTRATIONS Brigitte Ayotte.Danièle Blouin.Andrée Brochu, Claudine Bujold.Marie Cinq-Mars.Carmen Desrosiers.Sylvie Gauthier, Manon Labrie.Anne Morin.Nicole Morisstt, Diane Petit.PAGE COUVERTURE Nicole Morisset ' MAQUETTE Andrée Brochu, Anne Morin.Nicole Morisset, Lise Nantel.Diane Petit CORRECTION D'ÉPREUVES Suzanne Bergeron COMPOSITION A.et R.Côté IMPRESSION Imprimerie Arthahaska publications REF DISTRIBUTION Diffusion Parallèle inc., 1667.Amherst, Montréal PERMANENCE Francine Pelletier FINANCES Suzanne Ducas, Denise Forget, Claude Krynski.Louise Legault, Yolande Léonard.Lise Moisan PUBLICITÉ Claude Krynski (514)843-7226 PROMOTION Ariane Émond.Françoise Guenette LA VIE EN ROSE est éditée par les Productions des Années 80.corporation sans but lucratif.On peut nous rejoindre pendant les heures normales de bureau au 3963, rue St-Denis, Montreal H2W 2M4.ou en téléphonant au 1514» 843-8366 Tout texte ou illustration soumise à LA VIE EN ROSE passe devant un comité de lecture.Date de tombée: 2 mois avant la prochaine parution.Depot legal Bibliothèque nationale du Quebec el du Canada ISSN-0228-549 Courrier de deuxième classe 5188 CLA VIE EN ROSE LA VIE EN ROSE DEC 8I/JAN./FÉV./82 éditorial M 'e wu6 Ma/fez pas, « Quand on aime, on ne tue pas ! » écrivent en rouge sur les murs de Rio des milliers de femmes brésiliennes battues, violées ou tuées quasi impunément par leurs pères et frères, par leurs maris surtout Exotisme, dites-vous.1 Chaque année, au Canada.40 à 50 000 femmes mariées subissent assez de violences physiques (viol exclus) pour chercher de l'aide à l'extérieur du foyer, auprès des centres d'aide ou de la police.Pour un cas divulgue, dix camouflés.2 Exagération, pensez-vous.Bien avant l'adultère, c'est la cruauté physique que 20 000 Canadiennes ont invoque pour divorcer en 1978.20 000 sur 71 714 demandes.- On peut toujours tordre les chiffres, re-pondez-vous.Le viol lui-même, savez-vous qu'il est toujours défini par le Code criminel comme cet « acte sexuel, impose, frauduleux ou coercitif, commis par une personne de sexe masculin avec une personne de sexe féminin qui n'est pas son épouse.» Où passent-ils, alors, tous les viols domestiques invisibles perpètres entre les murs muets des maisons, par des maris sur leurs épouses légitimes ?Va pour le crime.Mais saviez-vous aussi que « dans la plupart des provinces canadiennes, une femme ne peut poursuivre son mari pour dommages, dans une cour civile, pour un assaut commis pendant le cours du mariage, ou pour des blessures reçues à la suite de mauvais traitements pendant le mariage, même si la victime n'a pu gagner sa vie a la suite de ces voies de fait » 4 « Quand ils sont durs, ils vous torturent.» Est-ce conclure trop vite, de croire que le droit criminel comme le droit civil sont conçus pour protéger d'abord l'unité de la famille'1 Un jugement rendu en Cour Supérieure de Nouvelle-Ecosse illustre bien la position si vulnerable des épouses.Dans R vs Chias- son -.le mari avait attaché sa femme à une chaise et après lui avoir fermé la bouche au « scotch-tape », l'avait molestée sexuellement et manuellement et lui avait brûlé les seins.Il s'en tira avec 12 mois de prison avec sursis, et 18 mois de liberté surveillée — c'est-à-dire rien-, le juge ayant considère que l'objectif premier était de « faciliter la réconciliation des époux et non pas d'y nuire ».Là comme dans les affaires de viol, l'ac-cusè-epoux semble avoir plus de droits que la victime-èpouse.Au nom de la famille, avec le sceau du mariage.Il est de plus en plus clair, parce que les femmes commencent à l'avouer, que viols, violences, assauts, voies de fait se produisent plus fréquemment et plus "facilement" dans le cadre du mariage.Parce qu'une femme mariée peut beaucoup plus difficilement accuser et poursuivre son mari qu'un inconnu, ou son conjoint de fait Même quand une réforme provinciale du droit de la famille ou loi 89 vient reconnaître son "égalité juridique", elle demeure physiquement et légalement perdante.Parce que mariée.« Quand ils sont riches ils gard' nt Partie he,.» Pourtant même des femmes battues retournent parfois chez leurs maris.Par besoin de protection de sécurité financière pour elles et leurs enfants.Par besoin d'argent bref.Comme si le mariage donnait la sécurité d'emploi ! Rien n'est moins vrai, quand la même nouvelle loi vient rendre les épouses solidaires, donc responsables, des dettes de leurs mains ; vient réduire la portée de leurs pension alimentaire, cette "garantie pour services rendus" ; vient enfin entériner leur rôle de ménagères en les incitant à s'acquitter de leur contribution financière au menage par un travail domestique qu'on refuse toujours de leur Daver en argent comptant Tout cela est fixé par la loi 89.réformant aussi le "décret" du mariage.Décret parce que c'est un contrat impose et non négocie.Mais la même loi autorise maintenant les femmes à se négocier, hors mariage, un contrat de travail personnalisé, moins dangereux, avec leur conjoint de fait en toute liberté.C'est pour nous une raison de plus de ne pas dire "OUI", surtout quand on sait que ce "OUI" nous oblige encore, légalement à partager le même domicile que notre époux et a lui devoir fidélité.Même Lady Di a refusé en juillet de jurer obéissance au Prince Charles ! Pourtant nous continuons de nous marier, de nous remarier, même, après des experiences que nous disons "malheureuses", mais qui sont plus, probantes.Qui prouvent bien, en fait que nous n'avons rien a gagner, financièrement physiquement légalement à cautionner une institution qui sert encore à exploiter les femmes, en accordant au mari, ce Prince Charmant si cool soit-il.des droits sur nous."Quand ils sont bêtes, ils vous embêtent Quand ils sont forts, ils font du sport Quand ils sont riches, ils gard'nt l'artiche Quand ils sont durs, ils vous torturent Ne vous mariez pas, les filles.Ne vous mariez pas." (Boris Vian) '^f LVR 1/ La Presse.7 octobre 81 "La \iolcncc contre les femmes au Brésil, en pleine actualité 2/ La femme baltuc au Canada, conseil consultatif canadien sur la situation de la femme.1980 3/ Statistiques Canada.4/ CCCSF.p 47 (idem) 5/N.S R.(2d) 170(NSSC).app dis.p.97 - 1975 LA VIE EN ROSE décembre "81 et janvier, février 1982 5 courrier Quand Janette et les autres.Vous ne pouvez pas savoir a quel point ça m'a fait plaisir de vous voir « réhabiliter » Janette Bertrand.Depuis le temps qu'elle est méprisée par l'intelligentsia, ça m'a fait plaisir parce quej'ai un faible pour elle depuis des années.Mais surtout ça ete pour moi comme un signe irrécusable de votre indépendance d'esprit.Claire Martin Montreal Une femme et journaliste « dépatentée » La lecture du dernier no de tVR(sept-oct-nov.81 ) et en particulier du dossier sur les femmes et l'information a suscite chez moi un vif intérêt (.) Je tiens à vous féliciter pour votre travail magnifique et plein de courage.Ma carrière de femme ressemble a bien des points de vue à celle de plusieurs autres : mariage au milieu de mes etudes universitaires avec un étudiant de ma classe — lui a poursuivi jusqu'au doctorat tandis que moi je me retirais au foyer pour graduer, 12 ans plus tard, en arts ménagers, avec deux enfants.(.) Toutefois, pour ne pas perdre contact avec le monde extérieur, j'ai attrape ici et là des contrats de documentaliste, auxiliaire de recherche, fonctionnaire.Insatisfaite de tous ces milieux, j'ai tout lâche pour entreprendre, a l'ete 76.une troisième carrière dans la magnifique et grandiose jungle des communications.(.) Apres avoir travaille a CKBM - Montmagny.CHRM -Matane.CKRL- fm -Université Laval, j'ai tente en vain de mettre sur pied une radio dirigée et programmée par des femmes.Radio - Femme : il m'apparait que les médias électroniques permettent de rejoindre et de communiquer plus facilement et de façon plus constante avec un public plus large et plus diversifie.J'ai vivote, par la suite, de petits contrats en petits contrats ( radio d'Etat communautaire et privée).Je reste toutefois persuadée que le milieu de la radio et de la tele est encore plus misogyne que la plupart des autres milieux de travail.(.) Il est temps d'agir au niveau des structures du pouvoir (C.R.T.C.par exemple) autant qu'au niveau du contenu de l'information sinon nous, les femmes, sommes condamnées à demeurer perpétuellement dans ces postes de ghettos de la presse parallèle et marginale.Sans travail depuis juin 1981, je suis retournée aux études.(.) Je me considère à juste titre comme journaliste depatentee mais pas encore vaincue.MicHEtiNE Otis ST-ROMUAtD nous aimenons plutôt vous dire notre joie de vous compter parmi nos lectrices.Marie Decary Le sens de l'humour.Quelques mots pour rétablir les faits et la vérité quant a cette histoire de bande dessinée dont vous faites état dans votre numéro de septembre.Jusqu'au tout dernier paragraphe, le récit est exact Que vous traitiez de « venimeux » les propos de ceux et de celles qui ne sont pas d'accord avec vous, cela reste pour moi purement subjectif et ne vaut pas la peine qu'on en discute.Je proteste cependant avec vigueur quant à l'interprétation que vous faites du sort que l'équipe de Châtelaine a réserve à sa collaboratrice Andrée Brochu.Jamais nous ne lui avons suggéré « d'aller rire ailleurs ».mais plutôt de nous faire rire encore .Elle n'y est pas arrive, un point c'est tout Sous prétexte de combativité, je vois mal qu'on manque de justice.Francine Montpetit Rédactrice en chef _de Chatelaine Heureusement pour les lectrices de la vie en rose.Andrée Brochu est une collaboratrice régulière et confessons-le.elle réussit sans difficultés à nous faire rire.Ceci dit nous ne sommes pas pour nous crêper le chignon pour une histoire comique, la mode est aux cheveux plats et • • • Et de la répartie Dans le dernier numéro de votre revue, sept -oct.-nov.81, l'on peut lire ceci à la rubrique « Petites annonces » : Avis - Inscription aux cours d'automne - Cégep de Trois-Rivieres - Philosophie233 : Thomisme et anti-feminisme : les voies de la raison.Professeur Denis Gouin, philosophe J'ai été a la fois surpris et choque de constater la parution de cette annonce dans votre revue.Je comprends fort bien d'une part que cette rubrique se prête a des commentaires plus ou moins sérieux mais il demeure tout de même que cette annonce, telle que formulée, me cause prejudice tant au plan de ma vie civile que professionnelle.D'autant plus que cette annonce semble m'attribuer une publicité a un collège pour un cours (fantôme, bien sûr !) que je dispenserais.Vous conviendrez qu'il s'agit là d'une plaisanterie d'un goût fort douteux et dont le contenu est complètement erroné.J'aimerais donc par consequent que vous fassiez la lumière la plus complete autour de cette question et que vous fassiez paraître une rectification dans le prochain numéro.J'attends de vos nouvelles et une réponse de votre part d'ici 10 jours.Denis Gouin Champlain Cher monsieur, nous avions cru vous rendre service en reprenant dans La Vie en rose l'essentiel de vos propos publies dans La Presse du 25 juin 1981, sous le titre FEMINISME TOTALITAIRE :" .expression d'une mode, d'une idéologie passagère.(.) inspire d'une logique au caractère totalitaire.Laissons mourrir ce feminisme-là.les femmes de toute condition ne s'en porteront que mieux." On n'a jamais trop de disciples.Nous rectifions quand même, à la page 72.LVR Tatiana Mamonova: un commentaire trop bref J'éprouve le désir d'ajouter quelques lignes au compte-rendu que faisait Francine Pelletier.(« Une féministe en exil » juin-juil.-aoùt 81) de la visite de Tatiana Mamonova, féministe soviétique en exil et fondatrice de la revue AtMANACH en URSS.Il me semble que la brièveté du commentaire ne justifiait pas le ton critique de son propos, dans la deuxième partie de son article tout au moins.Il me semble surtout que pour apprécier l'importance de l'avènement d'une revue comme AtMANACH en Urss.il faut le situer dans son contexte.Rappelons à titre d'anecdote que Mamonova rapportait, le soir où je l'ai entendue, qu'au moment de la parution du premier no d'AtMANACH en 1979, le" mot « féminisme » n'existait pas dans la langue russe.Ce qui m'a semble le plus dommage je pense, c'est que l'article de Pelletier ne rend pas compte des nombreux renseignements sur la vie des femmes en URSS et dont Mamonova avait fait part à son auditoire.(.) Je me contente ici de souligner trois elements du discours de Mamonova qui me semblent particulièrement révélateurs : je reconnais toutefois que les propos spécifiques qu'a pu tenir Mamonova dans les diverses rencontres auxquelles elle a participé étaient largement determines par les questions qui lui étaient posées.Ces phrases-choc donc : « Il est difficile d'avoir une idee objective du socialisme quand on vit en URSS », « Les femmes en URSS vivent dans le plus total isolement par rapport aux mouvements de femmes a l'Ouest » et finalement une declaration a l'effet que bien que pareille decision soit complexe, les femmes avec lesquelles Mamonova étaient en contact autour de l'AtMANACH « avaient choisi de travailler à l'intérieur du système parce que c'est la qu'elles vivent ».(.) Pour terminer, il serait dommage de passer sous silence ce que disait Mamo 6 LA VIE EN ROSE décembre "81 et jan vier.février 1982 courrier nova de son bonheur de constater qu'un mouvement féministe prenait naissance en Pologne dont on pouvait espérer qu'il se développe en un véritable « mouvement féministe communiste, à cause des structures plus ouvertes là-bas ».Ce développement, associé à la croissance des échanges entre les mouvements féministes un peu partout dans le monde, donnait a Mamonova une confiance en la solidarité qu'il ne faut pas démentir.Danielle Champoux Montreal NDLR : Il est bon de savoir que les sujets dont on parle suscitent l'intérêt mais quelques precisions s'imposent Personnellement j'ai un parti pris pour des articles qui ne sont pas trop longs parce nous avons tous tendance a redonder et a nous écouter parler, parce qu'il est quand même possible, dans peu d'espace, d'informer sur une realite encore insoupçonnée et surtout d'ouvrir une porte pour les gens en stimulant leur intérêt C'est pour moi, le premier but à atteindre.Cela veut nécessairement dire que nous privilégions certaines informations au détriment d'autres.C'est un choix nécessaire et parfaitement subjectif.A la vie en rose.nOUS ne visons pas à être objectives.Nous avons la pretention de penser pour nous-mêmes et de dire précisément ce que nous pensons.Que l'article soit court ou long, que le sujet soit le féminisme ou le budget Parizeau, la critique s'impose.C'est notre tâche la plus essentielle.F.P.Les infirmières d'autrefois Je suis d'accord avec votre article • le p rn pour runner les nurses » (mars-avril-mai 81) mais il ne faudrait pas sous-estimer les infirmières d'autrefois, elles vivaient leur temps comme tout le monde et je dois vous dire que le coeur y etaiL Une mise au point au sujet d'une photo page 43.Elle ne représente pas une école d'in-firmieres du bon vieux temps mais un groupe faisant partie de l'Hôpital General Canadien n° 17 stationne en Angleterre durant la guerre 1939-45.Elles étaient toutes des officiers ( lieutenanL capitaine, major).Fait a souligner, les infirmières de l'Armée Canadienne avaient les mêmes responsabilités et le même salaire que leurs confrères du même rang.Jacqueline Bergeron.Laval ex capitaine n/s de L'Armée canadienne Lettre fermée aux LVR plus je lis la vie en rose mieux je me sens ça de-noircit les esprits et ça redonne de l'énergie de savoir qu'il y a des elles qui s'attellent de plus en plus a la vie en rose et qui détellent le féminisme qui en a bien besoin l'éditorial « a uordre • de juin 81 était une nécessite qui soulage ça pourra aussi bercer les con-plaintes de ces « pauvres messieurs qui ne peuvent plus bander » nous en avons donc plein le con de ces complaintes longue vie a la vie Bien en rose.Prudence Ogino Province du Canada.Quebec Les jeunes féministes (.) Dans les collèges et universités (naissent et meurent) des comités femmes ou de la condition féminine.Mixtes ou non.ça reste difficile d'y lutter.On derange.La vague de conservatisme a aussi fait ses ravages dans les établissements d'éduca- tion.Nous sommes perçues comme des hystériques, des enragées.Les liens avec les associations étudiantes sont parfois orageux.On ne comprend pas notre besoin d'autonomie.Il faut expliquer presque chaque jour qu'il s'agit d'un comité non mixte, que nous avons choisi cette orientation pour prendre conscience entre femmes de nos besoins et d'y apporter nous-mêmes nos propres solutions.Il finissent alors parfois par comprendre.Ça se produit généralement à la fin d'une session et à la session suivante, tout est à recommencer (.) Alors, on se met a en parler de nos principes, de nos revendications.Et ça fait de nous des êtres marginales quoique bien souvent nous n'ayons pas dépasse la vingtaine.Sur quoi nous appuyer si ce n'est en plus de nos vécus individuels, sur l'expérience de nos ainées?Mais l'histoire, elle ?Les bilans ?Les dires ?Sommes-nous condamnées a recommencer la ou celles qui nous ont précédées ont commence ?Où y a-t-il des changements, des reformes, des gains ?Comment briser l'indifférence entretenue par « l'indifférence normale » de notre société si démocratique, ( indifference marquée chez les étudiants).Si vous avez les réponses, publiez-les s'il vous plait.Sinon, nous serons sûrement heureuses de les trouver avec vous.Lise Pelletier Montreal Chère LVR (.) Je t'écris, lvr, je vous écris, toutes, parce que vous restez ma seule preuve, la seule confirmation qui me dit que j'ai raison de continuer a « lutter ».Je me sens comme le saumon rose de Marilyn qui remonte le cou-ranL (.) Je me sens tellement seule, tellement anormale.Je ne m'accepte pas en tant que femme, femme autonome vivant avec une autre femme, aimant cette femme, lui caressant les seins.Nos familles savent ce que nous vivons.Elles l'acceptent autant qu'elles le peuvent mais nous sentons toujours le reproche.Et c'est là que lvr devient importante.Elle me sauve la vie.lvr.Elle me dit qu'il existe ici d'autres femmes qui vivent comme moi, qui luttent sans relâche, qui osent écrire ce que moi je tais.(.) J'avais juste envie que tu / vous connaiss-es-iez une de ces femmes perdues qui achètent votre revue.(.) Jojo.Beloeil Humour viril Une copie conforme de cette lettre, dûment adressée au Président de la Société Radio-Canada, nous a été envoyée ainsi qu'à-plusieurs autres médias.Nous en reproduisons ici de larges extraits.Monsieur, / La présente est pour dénoncer les remarques qui, pour le moins, semblent démontrer un manque flagrant de jugement de la part de Jean Sarrazin qui « lançait » sur les ondes de CBF dans le cadre de l'émission Montréal Express du 29 septembre dernier que « la Constitution, c'est comme certaines filles, c'est fait pour être violée ».Le plus triste est qu'il a trouvé auditoire en la personne.de Pierre Chouinard qui a littéralement éclaté de rire ! ! ! ! Je crois qu'aucun terme existant n'est assez fort pour qualifier de tels propos.(.) Lorsque j'entends ces personnages se servir des ondes d'Etat pour proférer de telles insanités, je suis très loin du temps où je pourrais me sentir considérée comme citoyenne a part entière, en tant que femme, par les éléments mâles de cette société.Il va sans dire que je ne suis plus auditrice de Montreal Express et ce, tant que l'on aura pas remplacé ces deux personnages que sont Jean Sarrazin et Pierre Chouinard, car ma révolte est grande.Louise Brissette Montreal LA VIE EN ROSE décembre "81 et janvier, février 1982 7 cojTjjfluniqués VIDÉO: Amazones d'hier, lesbiennes d'aujourd'hui La \ ideo ¦ Amazones d'hier, lesbiennes d'aujourd'hui , est une description des territoires des amazones d'hier ainsi qu'une analyse culturelle de leur impact sur nous et une réflexion politique sur la réalité des lesbiennes d'aujourd'hui.Amazones d'hier, lesbiennes d'aujourd'hui - est une \idéo pour lesbiennes seulement.Cette décision du collectif est une prise de po- sition politique afin que nous puissions discuter entre nous de notre situation, de nos problèmes et de nos aspirations spécifiques.Elle est disponible en français (version demi-pouce) et en anglais (version demi-pouce et trois-quart de pouce) en noir et blanc.Pour tous renseignements ou demande de location : \ 11)1 O AMAZONE a/s Ariane Brunei Boite 529 Suce.Station Victoria Montréal H3Z 2V8 Québec, Canada Tél.: (514) 489-8392 CONFÉRENCES: Les lundis de l'histoire des femmes 14 décembre L'ART DES FEMMES DANS LA NATURE: INF.PRATIQUE SYMBOLIQUE OU CRITIQUE Nicole Dubreuil-Blondin 11 janvier ART FÉMINISTE, ART FÉMININ Louise Letocha 8 février LES FEMMES ET LE THÉÂTRE Roberta Sklar et Sondra Segal Arrangez-vous avec les filles des vues! Depuis 6 ans, à Québec, le collectif de Vidéo Femmes produit et distribue des vidéos de femmes québécoises ou étrangères.Cette année, l'équipe se lance aussi dans la distribution de films de femmes (16mm): C'est pas le pays des merveilles.Regarde, elle a les yeux grands ouverts (sur le MLAC français), etc.Leur nouveau répertoire est maintenant disponible; la liste de 175 documents video féministes, « autant de paroles de femmes, autant d'outils d'animation et de réflexion, sur l'accouchement, l'avortement, l'art et la création, le travail, la violence, le sexisme, etc.•• Pour louer les documents ou obtenir le répertoire: Vidéo Femmes 10, rue McMahon Quebec GIR 3S1 Téléphone: (418) 692-3090 THEATRE BEN VOYONS BÉBÉ, Y'A RIEN LA '.Le Théâtre Parminou présente un spectacle sur le harcèlement sexuel en collaboration a\cc les comités de condition féminine de la C.S.N.C.E.Q., S.P.G.Q., et F.Q.I.L.Il inaugurera sa 2' tournée au Québec en février 82.Pour renseignements, rejoindre la Coopérative des travailleuses et travailleurs de théâtre des Bois-Francs.(819) 758-0577.LA TERRE EST TROP COURTE, VIOLETTE LEDUC de Jovette Marchessault Mise en scène de Pol Pelletier Avec Hubert Fielden, Luce Guilheault, Laurence .lourde, Louise Laprade, Luc Morissette.Gu> Nadon et Sophie Sénécal.Au Théâtre expérimental des femmes 320, Notre-Dame est, Montréal (514) 878-1306 Heure: 20h30 Le module d'art dramatique de l'UQAM jouera LA VIE SINGULIÈRE D'ALBERT NOBBS de Simone Benmussa Une femme se travestit en homme pour fuir la détresse.Elle veut raconter son histoire.Les 3, 4, 5 et 6 décembre 81.Salle Alfred-Laliberté, UQAM.20h30.Admission libre.Renseignements: (514) 272-9335.LE JOURNAL D'UNE FOLLE de Marie Savard et LES FAISEUSES D'ANGE de Jovette Marchessault Au café-théàtre L'Ex-Tasse 816, Ontario est, Montréal jusqu'au 19 décembre 81 ( relâche dimanche et lundi ) : L'histoire des femmes, longtemps nommée - des histoires de bonnes femmes .se raconte à même un espace où deux femmes deviennent miroirs l'une de l'autre pour croire en leur propre réalité.8 LA I IE EN ROSE décembre " '81 et janvier, février 1982 communiqués EXPOSITION : « PORK ROASTS » * : 250 bandes dessinées féministes Enfin à Montréal! une exposition internationale de bandes dessinées féministes réunissant les oeuvres de plus de 100 artistes.Le Québec est représenté par Andrée Brochu, Marie Cinq-Mars, Mira Falardeau, Madeleine Leduc, Ginette Lo-ranger et Bernard Tanguay.(AVIS: un huitième des oeuvres a été réalisé par des hommes) *Pork/porc = cochon/pig, comme dans l'expression: «maie chauvinist pig».Roast = rôti et faire rôtir mais aussi, critiquer en ironisant.Donc, phallocrates rôtis au petit feu de l'humour railleur.ou tout comme.Du Ier au 19 décembre 81 GALERIE POWERHOUSE 3738, St-Dominique, Montréal (514) 844-3489 ACTIVITÉS: Une maison à soi La maison des femmes de Québec, L'ANTR'ELLES, se veut un lieu de rencontre où s'exprime la parole des femmes, où elles se sentent bien entre elles.Ouverte à toutes, cette maison abrite des activités reliées à la cause des femmes et qui la font avancer.Située au 475, Richelieu, 3'' étage, à Québec, L'ANTR'ELLES continue d'assurer les activités suivantes : 9, 23 et 30 octobre ; les 6 et 20 novembre Située au 475, Richelieu, 3' étage, à Québec, L'ANTR'ELLES continue d'assurer les activités suivantes: — une danse de femmes à tous les 15 jours, soit les 9, 23 et 30 octobre ; les 6 et 20 novembre; les 4, 18 et 30 décembre ainsi de suite.À compter de 22 heures.— un atelier sur l'organisation et la gestion des groupes de femmes.Pour informations supplémentaires, communiquez s.v.p.aux numéros suivants : 522-7822 ou 522-0219.JUSTICE Trop de métiers n'ont pas encore de féminin Action Travail des femmes invite les femmes à assister, nombreuses, à l'audience du tribunal de la Commission canadienne des droits de la personne, le 7 décembre prochain, à Montréal.À cette occasion, la Commission statuera sur l'imposition d'un programme d'action positive au Canadien National (CN) pour mettre fin à la discrimination pratiquée contre les femmes par cette compagnie.Le 7 décembre 1981 doit être une date historique pour les femmes.C'est une première! Rendez-vous donc, à 9h30, à la Salle de la Cour de la citoyenneté canadienne, 1080, côte de Beaver Hall.21' étage, à Montréal.Renseignements: Action Travail des femmes: 932-4524 4> Solidarité contre l'oppression La Journée internationale des femmes, fétée le 7 mars 81, à Matane, est loin d'être terminée.Cinq participants à cette fêle font face aujourd'hui à un total de 17 accusations portées en vertu du Code criminel et risquent la prison.Le Comité de lutte, formé à la suite de ces événements, entend les soutenir et fait appel à votre solidarité pour tenir le coup devant la répression.Pour communiquer votre appui (et envoyer votre contribution financière, si possible) contactez Le Comité de lutte contre les activités discriminatoires de la police CP.156, Matane G4W 2X5 (418) 562-6443 | LIVRES Un livre crépitant DE LA POÊLE À FRIRE À LA LIGNE DE FEU.-La vie quotidienne des Québécoises pendant la guerre », de Geneviège Auger et Raymonde Lamothe, vient de paraître chez Boréal Express.Ce livre grand format, admirablement illustré, au contenu inédit, décrit et resitue sous une perspective féministe le travail et la participation à l'effort de guerre des ménagères, bénévoles, ouvrières, infirmières ou soldâtes du Québec d'alors.Anecdotes, faits historiques, matériel de propagande, photos sorties des tiroirs des interviewées et souvenirs tissent autrement le cours de ces années d'histoire jamais racontées ainsi.Un livre crépitant comme de la dynamite en ces temps de propagande de guerre croissante.Un ouvrage attendu comme un événement.Boréal Express, éditeur, 235 p.$18.50 DAME, AS-TU COEUR?DU C'est en vendant (à peine $2) ce macaron fou que les collectifs Assistance aux femmes et La Maison du reconfort comptent financer leurs activités, comme centres d'accueil pour femmes battues.Ayons du coeur.pour commander: Assistance aux femmes C.P.82, succursale E Montréal H2T 3A5 Téléphone: 270-8291.LA VIE EN ROSE décembre "81 et janvier, février 1982 9 « Les Marches de sab\e sont à ranger à côté des superbes fêctis du désert que la littérature récente nous a donnés Et ici, ce décor de retraite est également celui dune quête fondamentale >• Gaétan Brûlotte (Le Nouvelliste) •< Ces trois femmes qui vivent au IVe siècle après Jésus-Christ, nous les connaissons: elles sont de maintenant aussi Avec les mois d'Andrée Cnéd\d, il n'y a plus de temps, il n'y a plus d'époque: seulement des êtres rares épris d'absolu ».F.Xenakis (Le Matin) En vente dans toute bonne^ les us qui s'usent l'avenir de l'homme (La Presse, 31 juillet).« Deux chercheurs qui font autorité à Melbourne estime qu'il est possible de faire porter un enfant à un homme.Ils affirment en effet que rien n'interdit une telle opération sur le plan strictement biologique.L'embryon serait placé dans le ventre du sujet et, au terme de la grossesse, l'enfant serait libéré par césarienne.» est de plus en plus monoparentale ou néo-québécoise : elle produit moins d'enfants, elle dure moins longtemps, elle est, comme on dit « en mutation ».Mais, au centre de la cellule en perdition, il y a toujours une femme, une Maman Ours.Et voilà qu'au Parlement québécois on pond une nouvelle loi pour les femmes.Numéro 89, partiellement en vigueur depuis le 2 avril 1981.Comme toujours en retard de 10 ans sur la réalité.Qu'avons-nous à perdre et à gagner de ce nouveau(?) droit de la famille ?Ce dossier veut précisément décortiquer le menu qu'on nous offre.Pourquoi, après trois siècles de monarchie domestique du mari (p.17), TÉtat reconnaît-il le nom (p.24), la filiation (p.22), et l'égalité juridique (p.19) des femmes, mais pas la valeur de leur travail ménager (p.25), ne répondant que partiellement aux demandes des groupes sociaux concernés (p.19 à 24) ?Il y a la loi, et il y a les gens de la loi.Ceux qui, en Cour, en appliquent les préceptes, par exemple dans l'octroi des pensions alimentaires (p.26).Que font-ils de l'esprit et de la lettre ?Et puis, par-delà la loi, il y a, pour la « nouvelle famille » dessinée, de nouveaux théoriciens comme Maurice Champagne-Gilbert (p.28), que l'avenir rend heureux .mais inquiets ! Nouveau doit nouvelle famille.Comment les Mamans Ours y retrouveront-elles leurs petits?LA VIE EN ROSE décembre "81 et janvier, février 1982 17 dossier TROIS SIÈCLES DE MONARCHIE DOMESTIQUE wïMfit \ i » t »v ' V Ce n'est que depuis 1964 que le droit civil québécois s'est démarque du droit français.Pendant la colonisation, on avait impose la Coutume de Paris et la codification des lois civiles, en 1 866, s'inspirait directement du Code Napoleon de 1804.Les fondements du droit moderne remontent a l'Ancien Regime français, période de restructuration des rapports économiques et sociaux.Apres le XVIe siècle, le droit canonique du Moyen Age ne peut plus repondre aux exigences de la bourgeoisie montante ; les légistes vont s'inspirer du droit romain, qui reconnaissait aux hommes maries le pouvoir de disposer a leur guise des femmes et enfants.Avec les notions juridiques de puissance paternelle et d'autorité maritale, qui fondent la famille nucléaire hiérarchisée, on retire aux femmes tout pouvoir social.De plus, la toute-puissance du testament, ou plutôt du testateur, qui change le mode de transmission des biens pour repondre aux besoins de mobilité du capital, exclut les femmes du partage du patrimoine.En Nouvelle France, les conditions de vie des femmes furent déterminées par le droit français et par les politiques natalistes des autorites coloniales.Les femmes exerçaient cependant un assez grand pouvoir social, entre autres a cause de l'absence fréquente des hommes et de l'instabilité des rapports sociaux inhérente a la colonisation.La Conquête, le repli idéologique qui suivit et le développement de l'agriculture rétablirent l'ordre familial.Le cierge, et plus tard la nouvelle bourgeoisie québécoise, imposèrent aux femmes le rôle de gardiennes de la foi et de la « race » française en Amérique du Nord.1866-1964 : la grande noirceur.« La femme doit obéissance à son mari.La société conjugale ne pourrait subsister si l'un des époux n'était pas subordonné à l'autre.— (Totttlier\.codificateur de fM6f>) 18 LA VII.EN ROSE décembre "81 el janvier, février 1982 dossier Sur le plan individuel, les femmes mariées se voient frappées d'incapacité juridique générale.Elles ne peuvent contracter avec quiconque (la liberté de contracter constitue la pierre de touche du regime legal en système capitaliste).Le seul contrat auquel elles peuvent participer, c'est leur contrat de mariage, qui justement leur fait perdre la liberté de discussion, d'engagement et tous les attributs de la capacité juridique.Les femmes célibataires et les veuves bénéficient comme en France, d'un « sursis » jusqu'à leur mariage (droit d'acquérir, de posséder, d'aliéner, de vendre ou de donner des biens, faire commerce ou tester).Le principe de base de l'autorité maritale se fonde sur l'infériorité de la femme mariée.Le mari peut légalement user de la force contre elle, il peut lui interdire sorties, fréquentations, activités à l'extérieur, il peut lire son courrier etc.C'est lui qui choisit le domicile conjugal et sa femme a l'obligation de le suivre.S'il quitte la maison, il ne peut être accusé d'abandon du domicile conjugal puisque c'est lui qui le définit des qu'il met les pieds quelque part Les femmes mariées perdent leur identité (la famille toute entière participe à l'état civil de son chef) et elles doivent adopter la nationalité de leurs maris.La législation ne définit pas le devoir de fidélité de la même façon entre les époux.L'adultère du mari est permis sauf exception.« L'adultère que commet la femme est infiniment plus contraire au bon ordre de la société civile, parce qu'il tend à dépouiller les familles et à en faire passer les biens à des enfants adultérins qui y sont étrangers » i p.nhicr jumic du debm (ce qui va rejouir les créanciers! .).Dorénavant, chaque conjoint pourra être tenu responsable des dettes contractées par l'autre pour les besoins courants du menage.Ces diverses dispositions sont dites « d'ordre public ».c'est-a-dirc qu'elles s'appliquent a toute personne mariée, quelque soit son regime matrimonial.Cette série de principes représente effectivement un progrès assez impressionnant.Mais comment seront-ils appliques ?A premiere vue.la seule reforme dont nous sentirons les effets immédiats sera celle concernant le nom des femmes mariées.Les autres risquent de demeurer lettre morte parce que trop vagues.En fait, l'inadéquation entre la loi et la realite, entre le principe d'egalite et les rapports concrets de pouvoir entre les hommes et les femmes, peut-elle se résoudre au Parlement, surtout par une legislation qui reste imprecise et modérée '.' Au moins.« le » législateur (expression consacrée) aurait pu donner plus de force aux articles cites plus haut.Certains groupes, par exemple, avaient demande en commission parlementaire que la notion de partage des tâches soit précisée, afin d'inclure les taches domestiques.Le Parlement a refuse d'amender sa formule.Telle que définie, cette notion reste si vague que les tribunaux auront probablement beaucoup de reticences a l'appliquer, ou alors qu'ils en feront une interpretation typiquement traditionnelle et patriarcale.Zniférer « à ta vai Quelques petits avatars, avec ça ?0 Paradoxalement, cette égalité formelle, nous de\ rons la payer, et même assez cher.Quand on lit le texte de loi on entend chuchoter a ses oreilles une drôle de petite voix ironique : « Vous vouliez l'égalité ?Eh bien, payez maintenant ! » La solidarité des dettes en est un bon exemple : le principe parait irréprochable, sauf que les femmes n'ont pas les mêmes possibilités de revenus que les hommes.Au nom de l'égalité de droit, elles seront en fait pénalisées économiquement.Même chose pour les reformes touchant les pensions alimentaires : selon la loi 89.« le divorce éteint le droit qu'avaient les époux de se reclamer des aliments ».On continuera d'accorder pour eux.une pension au conjoint(e) ayant la garde des enfants, mais la pension alimentaire accordée a l'epouse par le tribunal deviendra une mesure exceptionnelle, dont il faudra clairement démontrer le besoin.Comme pour une demande de Bien-être social, il faudra en prouver la nécessite.De plus, ce sera désormais une mesure transitoire, octroyée par le tribunal pour une période limitée, le temps jugé nécessaire pour qu'une femme (ou un homme ?) recouvre une autonomie suffisante.Cette mesure va durement pénaliser les femmes qui auront ete ménagères a plein temps : comment le tribunal prendra-t-il en considération leurs difficultés d'accès au marché du travail ?Pour elles, il y a de fortes chances que « l'autonomie » se traduise par le salaire minimum.Au nom de l'égalité et de l'autonomie, on abolit donc les mesures protectionnistes que constituaient pour les femmes les pensions alimentaires, sans pour autant établir de mécanismes pouvant concrètement les aider à parvenir à l'autonomie économique.Cette reforme parait destinée surtout à alléger le fardeau financier des ex-maris, qui se retrouvaient « hypothèques » pendant de longues périodes de temps — quand ils payaient la pension, ce qui était rare.Cette obligation de payer entraverait même la formation de nouvelles familles (?).Plutôt qu'aux femmes, le principe d'égalité bénéficiera donc aux hommes, qui n'auront plus a payer rétroactivement le prix du travail ménager gratuit dont ils auront profite tout le temps du mariage.Désolé, nous n'avons plus d'enfants naturels ! La loi 89 abolit désormais les distinctions entre enfants legitimes et enfants naturels.Justifiée dans l'intérêt des enfants, cette mesure amené une autre dimension dans les politiques familiales du P.Q.: les enfants naturels représentaient auparavant une menace pour le patrimoine familial et la loi protégeait les héritiers légaux contre ces « intrus ».L'abolition de cette distinction correspond au développement massif de la famille « de fait ».ou concubinage, et a la reconnaissance de cette realite par le législateur.Il faut dire qu'au depart le gouvernement voulait faire plus et institutionnaliser les unions de fait, les assimilant juridiquement au mariage.Cela lui rendrait plus facile le contrôle de la production « sauvage » des familles de fait : Françoise Guénette •SI l«i hluolrti loni vértdiquft, le, nom* tont bien tûr flcllfi.28 LA VIE EN ROSE décembre "SI et janvier, j vrier 1982 Heureux mais.inquiet La « nouvelle famille » n'a pas que ses juristes et ses ministres d"État Elle a, aussi, ses ideologues dont notamment, Maurice Champagne-Gilbert Depuis la publication de son livre LA FAMILLE et l'homme à délivrer du pouvoir.Il est devenu une veritable autorité sur le sujet On le sollicite de part et d'autres ; les conferences et les interviews ne se comptent plus.Déjà il est la nouvelle vedette du Théâtre Arlequin dans une série d'exposés intitulée VIVRE ENSEMBLE et dont les grands thèmes sont : « L'homme et la femme retrouvés », « Prendre le temps d'être père », « La fidélité libérée » et « La famille en amour ».Nous avons voulu rencontrer, à notre tour, ce nouveau gourou de la société « a Inventer », celui qu'on photographie toujours la pipe a la main, le regard limpide, une vague odeur de chien Afghan en arrière-plan.Celui dont on dit souvent qu'il est « plus féministe que les féministes ».dossier « Maniaque de liberté, architecte des idées, marginal, libre-penseur, exclu, engagé.» Maurice Champagne-Gilbert a une longue liste de qualificatifs pour se décrire.Il parle, d'ailleurs sans arrêt tantôt avec les longues poses décontractées de celui qui mesure son effet tantôt avec la nervosité de celui qui se sent mal accueilli.Il parle de faire de la trappe avec son fils cet hiver, quoiqu'il n'aime pas la trappe.Du salaire de $40 000 qu'il a laissé pour rentrer chez lui et écrire.De ses idées surtout quoiqu'il est vite à nous avertir : « je suis ici non pas comme un théoricien mais comme un être humain qui a des choses a partager avec vous » Il insiste beaucoup là-dessus.Maurice Champagne-Gilbert n'est pas « un auteur ou un professionnel », il est un Don Quichotte du quotidien.Son Beitmotiv : la VIE.Sa Dulcinée : la tendresse.Son Sancho Pança : le féminisme.«Je n'appelle pas, je crie pour l'âge de l'être humain ! » En fait si l'on entend la famille comme une entité sociale ayant telles fonctions et telle histoire, il n'en est pas tellement question dans le livre de Maurice Champagne-Gilbert c'est le fait de vivre ensemble pour croître comme personne et comme citoyen.en apprenant a être bien dans sa peau.a être bien avec les autres.qui me semble résumer l'essentiel de ce qui peut être partagé dans une famille.Ce livre se veut une riposte a tous ces « intellectuels qui répandent le suicide », ces « nihilistes qui proclament de façon simpliste », la mort de la famille.Maurice Champagne-Gilbert y voit la une mode de mauvais augure, une « mode de chacun pour soi ».L'auteur formule l'hypo these qu'une grande partie des difficultés vécues par les couples.dans le mariage ou dans d'autres types d'unions.ne sont pas inherentes a la vie de couple ou au caractère aliénant du mariage.mais proviennent de l'isolement social et psychologique qu'on a en quelque sorte institutionnalise entre les hommes et les femmes.L'ironie c'est que la critique qui se fait de plus en plus entendre au sujet de la famille est précisément basée sur une critique sociale.L'ironie c'est que Monsieur Champagne-Gilbert passe presque tout son temps à sonder l'individu — le «je à délivrer » (va pour le psychologique) — au détriment du contexte socio-politique : problèmes de santé, de chômage, de classe sociale.tous les facteurs qui affectent inévitablement la façon dont nous vivons ensemble.la tendresse, des valeurs humaines à retrouver, il propose un idéal de paternité alors que nous nous évertuons à démystifier la maternité et dans certains cas, à y renoncer.L'auteur de renchérir : a côté de la théorie freudienne qui veut que les femmes se sentent frustrées de ne pas avoir de phallus.n'y a-t-il pas lieu de consi der£r serieusement l hypothèse d'un sentiment profond dtnférjo-rité et d impuissance chez les hommes.dù au fait qu'ils ne peuvent enfanter.Il ne reste plus qu'a espérer que la recherche scientifique fera, d'ici peu, de grands pas en avant concernant la « possibilité de grossesse chez les hommes ».(Autant en profiter, messieurs, la science est de /otre côté.) « Le cri des familles à libérer doit rejoindre le cri des femmes dans leur révolution » C'est à se demander si le titre LA FAMILLE est bien choisi.Le sous-titre, l'homme à délivrer du pouvoir, par ailleurs, l'est parfaitement je crois que je n'ai qu'une certitude.une seule : c'est que le monde ne pourrait plus être le même si les hommes renonçaient au pouvoir et ils y renonceraient s'ils prenaient enfin le temps de par tager leur vie avec des enfants La notion de paternité est le clou de tout son discours.D'ailleurs, il n'y a pas de famille, selon Maurice Champagne-Gilbert sans enfant.De son propre aveu, cette notion de paternité est en fait une stratégie pour mieux faire avancer le grand débat sur la condition masculine, débat dont il déplore le manque de véhémence.oh : notre cri d'hommes n'est peut-être pas très fort encore.il n'a pas là-dessus la force du grand cri de la révolution féminine.De l'ironie nous coulons vers le paradoxe.Maurice Champagne-Gilbert comme tant de « nouveaux hommes », envie la « révolution féminine » et prend manifestement mal le fait d'en être exclu.Et presto : .nous savons bien que les rapports de dominants a dominés ont fait autant de victimes chez les LA VIE EN ROSE décembre "81 et janvier, février 1982 29 dossier hommes QUE chez les femmes.peut-être PLUS encore.beaucoup PLUS Il y a de ces hommes qui, même dans l'oppression, s'arrogent le superlatif.Chose curieuse : la revendication « masculiniste » que Maurice Champagne-Gilbert met de I"avant ne tient pas compte d'une revendication essentielle du mouvement âes femmes.Au nom de la vie, de La famille : « le pouvoir social mâle en a grand besoin pour refaire sa fausse virilité » Sous un vernis progressiste, transparait le même vieux discours qui.sous les auspices de l'humanisme et de l'individualisme, a toujours servi a garder les femmes a leur place : c'est-a-dire invisibles a elles-mêmes.n'EST-IL PAS temps DE nous reconnaitre non plus comme hommes ET femmes d'abord.mais comme être humain LA OU IL Y a ruptures.separations rigides.fosses.n EST-IL PAS temps DE jeter DES ponts ET creer DES liens'.' ponts d hommes ET DE femmes batissant ensemble LA societe ponts ou LA famille ET LES autres INStitutions SE rejoignent.( Maurice Champagne-Gilbert a de ces métaphores qui rappellent l'art révolutionnaire chinois).Inutile de dire que les institutions et la famille se sont toujours rejointes : qu'on a toujours dit aux femmes qu'elles bàtissaienL en tant que mères, la société : qu'elles sont le complement parfait ideal, de « l'homme ».Monsieur Champagne-Gilbert a beau desavouer son propre conformisme, ses affirmations parlent pour lui.EST-CE QUE LE fait d'enfanter NE constitue PAS une epreuve DE liberte inte-rieure pour LA femme face À TOUT ce QU ELLE peut faire ET être comme personne Inutile, aussi, de lui faire remarquer que la « revolution feminine » qu'il admire tant, opère preci- ka.~rrum (\nSMAL J.i>0^rwv d.' °-dhu> 1 o o sèment une rupture dans l'histoire : que d'abandonner la conscience aiguë de notre condition de femmes serait retomber a zero : que nous ne conspuons pas l'amour et la tendresse mais cherchons plutôt a la redéfinir., .on se voit repondre : ALORS.VOUS VOULEZ ENFERMER TOUTES LES FEMMES DANS LE MÊME MODELE '.' ! Son livre.pourtanL parle d'un modèle spécifique et bien connu : le couple la main dans la main, les lettres d'amour laissées sur l'oreiller, les enfants qui s'amusent a portée de la » main ».bref, la famille qui vainc toutes les adversités de la vie dans la joie et la tendresse.C'est ce qu'on nous a toujours servi comme étant la recompense de cette dure vie sur terre.Si on lui demande s'il connaît beaucoup de gens réussissant ce genre d'expérience, il repond : AH' MAIS JE NE CONNAIS PAS BEAUCOUP D'EXPERIENCES DE VIE ' JE VIS EN 1981 ET JE SAIS QUE LA GUERRE EST PLUSIMPOR TANTE QUE LA PAIX QU ON N'A PAS DE FUN DANS LA VIE ! C'est d'ailleurs ce qu'il re- proche a la culture dominante : trop de mort trop de violence, pas assez de « fun ».On pourrait être d'accord la-dessus.Mais Maurice Champagne-Gilbert n'a pas de propositions à nous faire autre que ce que les féministes ont deja dit mieux et avec plus de coherence que lui.Ce qu'il nous propose ad nauseam, ce sont une série de termes qui.entre ses mains, sont vides de sens : un reel bien-être.réinventer sa vie.être des allumeurs de soleils humains Si on lui demande s'il est un homme heureux ?.um .oui.heureux mais très tres très inquiet.vous savez.quand on est en recherche et très deçu par beaucoup de choses.ce que je vis.la marginalisation.est tres difficile a vivre les hommes imaginent que j'attire les femmes par mes idées.alors que pour plein de femmes.je pile sur leur plate bande en faisant de la récupération mais.moi.quand je remets en cause la condition masculine.ce n'est pas une ideologie.c est du visceral' Maurice Champagne-Gilbert ne dit pas que des grossièretés mais décidément il a l'art de s'enfirouaper.Il nous propose un ideal de bonheur qui sonne creux et il nous explique lui-même pourquoi ça ne fait pas le poids : le bonheur en tant qu'etat de satisfaction semble moins attirant et moins mobilisant que le malheur qui oblige à lutter.à chercher à vivre en etat d'alerte.Il encense la VIE et cite l'Afrique et l'Asie en exemple.Il se pique d'être un « intellectuel en marge » et il est a la remorque d'au moins deux courants évidents : la psychologie humaniste américaine et le mouvement des femmes.II se dit « exclu » alors qu'il est en passe de devenir une des figures les plus choyées du Québec Surtout il parle eloquemment de la peur des hommes (à le croire, les hommes sont dominateurs, violeurs, par peur de la tendresse) alors que son discours dissimule une peur face a l'incertitude qui est inévitable en ce moment face au « désordre » qu'engendrent la colère et la révolte mais qui est certainement préférable à « l'ordre » bien-pensant Finalement Monsieur Champagne-Gilbert commet l'erreur la plus commune du monde : de croire que « conscience » (ce qu'on sait) égale « changement » (ce qu'on fait avec cette connaissance).Alors que changer (vraiment) veut dire aller jusqu'au bout de la peur, de la terreur, de la douleur, parce que ce n'est que rendu à notre extrême limite que le toujours tolerable devient intolérable, ce n'est que rendu au plus sombre de la terre que nous n'avons plus le choix de rester les mêmes.Ce n'est pas le goût du malheur.C'est tout simplement que des femmes se sont mises a pleurer ouvertement Comme chier, ça libère et ça ne se contrôle pas.Francine Pelletier en collaboration avec Francine Tremblay 30 LA VIE ES ROSE décembre "81 et janvier, février 1982 LIBRAIRIES CLASSIC i n i < i.i >< i 11 u, 111 « 111 m 11 ! i ^ 111 h h n in 111 m i i ¦ i n 1111 n ri 11 n 1111 ri m i i i t-r Avec ses 114 librairies a travers le Canada Classic Int.possède maintenant un très grand pouvoir d'achats leur permettant de vous offrir des super-spèciaux sur les Bestsellers et des soldes exceptionnels.A surveiller de très près — nos acheteurs reviennent d'Europe avec des soldes fantastiques : livres A la mort d'Alfred, en 1946, ne me' suis retirée ici, dans le désert du Nouveau Mexique où j'ai trouvé inspiration et beauté, au milieu des ossements1 blanchis.'aï- Alex ne comprenait pas cet isolement: "Toujours ton foutu individualisme d'artiste!", disait-elle.Mais, après avoir quand même parcouru l'Europe dans les années 50, c'est ici que j'aime le mieux vivre.Et puxo Alex devra admettre que,même "àt-cowjertJE" come peintre par Alfred, j'ai tou-ours été une femme indépendante et tait nt qu'elle, ce que j'ai voul" J'-*i même mon nom de fille après r>te ta^ qa; I LA VIE EN ROSE décembre "81 ei janvier, février 1982 51 pronostics politiques Pour un gouvernement qui fait des coupures dans les secteurs de la santé, des services sociaux et de l'éducation, les syndicats sont un bouc émissaire bien pratique, surtout à la veille d'une négociation dans le secteur public.Le message est clair : si les syndicats ont des dents, c'est pour mordre les enfants, les vieux et les malades.Conclusion : il faut remettre en question le droit de grève.Mais sans ce droit de grève, comment les 18 000 femmes syndiquées de la Fonction publique auraient-elles pu améliorer leurs conditions de travail ?Hélène Lévesque nous fait ici l'historique de la lutte pour le droit de grève dans le secteur public.Cest reparti! Il y a de la négociation du secteur public dans l air Le ministre Yves Berube déclenchait les hostilités en entreprenant.i automne dernier, une vaste tournée provinciale — geste pour le moins inusité de la pan d un president du Conseil du Trésor — pour expliquer a la bonne population du Quebec la piètre situation financière de I État Officiellement Parce qu officieusement, il s agissait bien plus, en fait, d une vaste ope-ration de "testage" du discours politique qu on devrait opposer à i argumentation syndicale a l occasion des prochaines négociations du secteur public et parapublic La teneur du discours qui sous-tendra toute I offensive de propagande gouvernementale ¦•Ainsi, le budget 1981-82 a augmenté de S2.38 milliards par rapport â celui de I année précédente Les salaires, qui représentaient 47 pou: cent du budget, ont grugé 61 pour cent de ces S2.38 milliards.Au cours d une rencontre avec le gouvernement portant sur le budget, les représentants syndicaux ont tenu a faire entendre leur opposition aux compressions budgétaires N y avait-il pas là quelque chose d ironique à contester des compressions de dépenses un peu comme si après avoir mangé les deux-tiers d'un gâteau, on se portait d la défense du plus démuni qui doit se contenter du tiers restant?Aussi brutale quelle soit, cêst pourtant la réalité et rien ne sert de se le cacher.» (Yves Berubé.texte paru dans La Presse du 21 octobre 1981 ) Le message ne saurait être plus clair ii présente d ailleurs de curieuses analogies avec un autre ¦• pngle >• usé jusqu â la corde mais resservi à intervalles réguliers "Si le diable est aux vaches, c est la faute aux syndicats- (paroles et musique du Conseil du patronat) Que voilà un beau bouc émissaire, d autant plus pratique que le gouvernement sait pertinemment pouvoir s appuyer sur une incompréhension généralisée a i égard des revendications des syndicats du secteur public Depuis une dizaine d années en effet tous les sondages ont confirmé cette incompréhension Les derniers • 1979 (Sorecom): 75°o de la population contre le droit de grève dans le secteur public.81.4°o contre le droit de grève dans les hôpitaux.• Avril 81 : 83°o contre la grève dans les hôpitaux • Octobre 81 (Gallup).73°0 contre la grève dans les services essentiels Un droit «acquis» à défendre Toute l'histoire des relations de travail dans le secteur public se résume en une longue lutte pour i obtention, puis pour le maintien du droit de grève, un ¦• acquis» rapidement grugé par les dispositions du Code du travail, les législations spéciales, la loi sur les services esseniiels, etc Le premier Code du travail provincial, adopté en 1944.s il constituait une victoire pour la majorité des travailleuses et des travailleurs québécois, jetait pourtant la consternation chez ceux du secteur public Ce Code, s il obligeait les employeurs â reconnaître tout syndicat regroupant au moins 60% des travailleuses ou des travailleurs d une entreprise, excluait cependant les employé-e-s du secleur public en leur interdisant la grève et en les soumettant à un régime d arbitrage obligatoire.Dix ans plus tard, en 1954.le gouvernement viendra encore renforcer ces dispositions en adoptant la loi 20 qui fera planer sur les syndicats du secteur public la menace de révocation automatique et immédiate de leur certificat de reconnaissance syndicale, en cas de grève illégale.Il aura fallu patienter jusqu en 1964 —vingt années de luttes ponctuées de grèves illégales — pour une réforme en profondeur des lois régissant les relations de travail et la reconnaissance du droit de grève dans le secteur public Reconnaissance octroyée au compte-goutte Les fonctionnaires ne I obtiendront qu en 65, les membres du Syndicat des professionnels du gouvernement, en 66.Ce droit, depuis, n'a jamais cessé d être remis en question, balisé, redéfini ad nauseam.Relativement bien accueilli en 64.quand l évidence d un rattrapage de conditions de travail (conditions salariales) s imposait pour les employés du secteur public (nettement 52 LA VIE EN ROSE décembre "81 et janvier, février 1982 pronostics politiques défavorises par rapport a ceux du secteur privé) il a rapidement été contesté une fois ce rattrapage effectué.• En 1972, année de la formation du premier Front commun, les libéraux de cinq comtés de Montréal réclament l'abolition du droit de grève dans la Fonction publique En Chambre, au moment de la discussion du projet de loi forçant les employê-e-s de IHydro â assurer les services essentiels (présenté par Jean Cournoyer, alors ministre du Travail), on parle carrément d'abolir le droit de grève • En 1976, en pleine période préélectorale, Robert Bourassa annonce I intention de son gouvernement d abolir le droit de grève dans les hôpitaux, et joue largement sur le courant anti-grève, en voie d émergence, pour lancer lidee d un pouvoir de réquisition du gouvernement Ce pouvoir de réquisition aurait forcé les syndiqué-e-s en grève â assurer les services essentiels Ce theme sera exploite tout au long de la campagne électorale • Les dernières négociations du secteur public (78-79) voient apparaître un nouvel intervenant dont les revendications auront pour effet de ranimer le débat sur le droit de grève dans les services essentiels Cet intervenant, cêst la nouvelle Coalition des malades qui, s appuyant sur les dispositions de la Charte des droits et libertés et celles de la loi sur les services de santé et les services sociaux (loi 59) réclame, et obtient, une inionction contre des syndiques CSN du secteur des Affaires sociales.• En septembre 81.la commission parlementaire du Travail tient des auditions publiques sur le droit de grève et le maintien des services essentiels dans le secteur public et para-public Retenons en particulier l'intervention de la CSN qui constate amèrement, dans son témoignage, que le discours du patronat et de nombreux politiciens montre de plus en plus de nombreux points de convergence Ce qu on vise, soutient la centrale, cest d arriver â "briser la résistance des travailleurs et a leur faire assumer les frais de la crise économique - Et d ajouter les porte-paroles de la CSN parce que les tra- ' vailleurs ne possèdent ni capitaux, ni outils de production, ils n'ont que la seule grève pour forcer la négociation et empêcher la prise de décision unilatérale » Cest bel et bien là que sont les enjeux Déjà, lors des dernières négociations, les protagonistes (il faut bien les désigner ainsi tant que notre système de relations de travail envisagera la négociation en termes de rapports de force) avaient amorcé le débat qui devrait se retrouver au coeur de la prochaine ronde de négociations.L'argumentation patronale il est quasi immoral que les conditions de travail et de salaire des travailleuses et des travailleurs du secteur public soient plus avantageuses que celles dont jouissent la moyenne des travailleuses, et travailleurs du secteur privé Parizeau dénonce une certaine mentalité chez les syndiqué-e-s des secteurs public et para-public, qui veut que ceux-ci bénéficient nécessairement de meilleures conditions de travail que les travailleuses et travailleurs du secteur privé ¦ Il est évident que cette sorte dêxpectative — la vie doit nécessairement être plus agréable et les conditions de travail doivent être en avance considérable sur le secteur privé — est dangereuse « (Le Devoir, 4 oct 80) Les syndicats s érigent contre une telle perspective, qu ils estiment tronquée ¦ En effet, même si elles correspondent aux besoins des travailleurs du secteur public (les revendications), elles débordent largement cette seule dimension Tous les travailleurs en profiteront notamment â cause de Ieffet dêntrainement quelles ont sur le secteur privé et parce que I employeur du secteur public cêst aussi le Gouvernement.» Et les syndicats de souligner que les gains obtenus par les syndiqués du secteur public agissent comme des contraintes au libre jeu des lois du marché privé- (Rapport sur la table centrale Conseil d information sur les négociations dans les secteur public et para-public 12 novembre 79) Ce sont des philosophies diamétralement opposées des relations de travail qui s affrontent Si les syndicats du secteur public ne veulent pas |ouer les vilams-bouffeurs-de-gâteau-ègoistes.il importe qu ils diffusent largement, et dès avant le •• rush » des négociations, leur position, qu ils fassent ressortir les inevitables retombées de ces négociations sur les négociations subséquentes du secteur privé, et qu ils expliquent très clairement lessentiel de leurs revendications normatives et salariales Sans quoi, ils sêxpo-sent encore une fois a ce que I opinion publique, exacerbée par les effets de la crise sur son niveau de vie, ne les désavoue Le gouvernement, depuis I obtention du droit de la grève, n a pas hésité à légiférer une bonne quinzaine de fois pour suspendre provisoirement, ou réglementer, ce droit On peut être sures qu il ne renoncera pas de sitôt a utiliser une arme aussi efficace |ék Hélène Lévesque LA VIE EN ROSE décembre "81 et janvier, février 1982 53 rwstwres BILAN m Qu'est-ce que l'éducation populaire?La collection Histoires vise à élargir les termes d'une réflexion critique sur l education populaire en explorant des moments de lutte au Québec ou ailleurs Des histoires peu connues ou revues pour lancer questions et débats et iitr n tu oublier yn mu U lia Dans cette collection nous y retrouvons li était! iiamin it ii CSN 1953-1966 ii Bulltlin dis igncttliirs 1921-1929 ll JOC 1961 1966 Bilan Québec-Presse Cet hebdo qui a publié 252 numéros en 5 ans.qui était lu par 50.000 lecteurs chaque semaine et qui a drainé une grande quantité d'espoirs, d'énergies et d'investissements financiers, est mort à l'automne 1974 À travtrs l'exemple de Québec-Presse nous verrons les difficultés qui accompagnent la mise sur pied d'une presse libre Les détails concrets qui décident de ii vit m it 11 ¦tri tr|iii fi irtin et les moyens de les maîtriser occuperont la maieure partie de cette enquête La recette médiévale La thérapie du cri primai ou notre dernier numéro Le mensuel à l'humour mordant.Pour vous abonner, écrivez à CROC.464 rue St-Jean.Vieux-Montréal H2Y2S1.ou téléphonez à (514) 844-3911. théâtre • • • • ! • •• • •••• • • MOUSSE: «leurre» humour9* Avec ce titre, je signe mon premier engagement (jouissif) dans la guerre grammaticale, absurde mais essentielle, que nous devons mener pour être entendues, écoutées, comprises.De Broue à Mousse, on a feminise le masculin mais c'est un « leurre ••.une tromperie.L'humour de Mousse, je veux le dénoncer.Mousse prétend traduire Broue (cf.le titre) et accole des corps de femmes à des propos, des situations, des attitudes foncièrement mâles.Des corps, toujours des corps, déformes d'ailleurs par le mauvais emploi.La traduction est mauvaise: les trois filles de MOUSSE n'ont pas parle ma langue.Était-ce la leur'.' Un show de femmes en version après un show d'hommes aurait du sens s'il cherchait à faire valoir l'être femme.Faire valoir, c'est-à-dire lui redonner sa valeur essentielle, non pas l'exhiber.Sinon, pourquoi insister sur le sexe/genre et répliquer au masculin pat le féminin ?Dans cet échange (au sens le plus guei rierdu terme), un spectacle, un show doit devenir une révélation.C'est bête et injuste de devoir miser si grand ?Oui.Mais la guerre, c'est la guerre.Passons au cirque.C'est pourtant bien au théâtre que j'allais ce soir-là.Je me suis retrouvée à la buanderette.transposition "féminine" (mousse oblige) de la taverne, et dont on a voulu faire mon lieu.Les femmes n'ont pas de lieu qui leur soit propre.Qu'on n'essaie pas de me le faire croire I La taverne est aux hommes, c'est leur •• tabarnak », qu'ils le gardent et le vénèrent! À chacun sa religion! Mais qu'on ne vienne pas m'assigner la buanderette comme equivalent.II ne vagit ici que d'unité dramatique, de cohérence, «pour les besoins de la cause»'.' Mais de quelle - cause » ?Entre la bière et la lessive, il y a toute la différence du monde.Celle qu'il y a entre la liberté et la servitude, l'évasion et l'esclavage.Je charrie?.mais c'est avec le microscope qu'on a découvert les microbes! Les femmes/monstres que j'ai vues sur la scèneetaient toutes plus laides et plus débiles les unes que les autres.Les propriétaires du lieu (vieilles, déformées et moches), interlocutrices des autres femmes: mauvaises doublures des waiters de Broue (jeunes, fringants et sympathiques.).La femme-homme (vous savez, la fumeuse, cracheuse.sa-creuse.)qui sail, elle (ou lui '.').réparer les machines.Mais, dans les faits, elle ne sait pas: l'une des vieilles s'électrocutera (scène finale incongrue) à cause de son mauvais travail.Et vlan ! la voilà aussi "tueuse».Pas assez bonne pour être un homme (même en faux)! Vient aussi l'enquêteuse (féministe C1) niaiseuse) qui interviewe deux folles échappées de l'asile (fort sympathiques celles-là — c'est tout dire car elles sont seules a l'être!).La grosse femme-police (non ! pas celle au gun.celle aux tickets) qui n'a droit qu'a un chum plus • monstrueux» qu'elle! Elles sont toutes débiles, navrantes.La punk (indescriptible peinture abstraite sonore!), la ••jardinière» (intellectuelle et raide qui se donne en spectacle et joue la scène du self-defense en pleine crise d'hystérie), la femme enceinte (4 fois mère par erreur — c'est la faute «à la» contraception déficiente et on en rit !).la femme •¦ coton •¦ (écologique) et la femme « synthétique • (polluante), la jeune maman naïve (celle qui sait pas comment nettoyer ¦• ctaffaire-là ¦ : le sexe de son petit mâle) et la conseillère snob expérimentée (qui le lui (de)montre).Toutes m'exaspèrent ! Une Italienne (grosse mamma tout de noir vêtue) ne fait que passer.Dois-je la compter avec les farces plates et racistes du genre: «la serviette est tachée: y-a-tu un nègre dans' famille?", ou la considérer comme simple » accessoire • dramatique (l'équivalent d'un jeu de portes qui permet un changement de costumes dans un boulevard)?Reste aussi l'Anglaise (from Ontario) et la Yolande (de •• che-nous •¦).De leur physique, rien a dire d'autre que ce qui précède.Par contre, leur dialogue était drôle : jeux de mots, contresens, qui me firent rire aux larmes et oublier un instant le côte méprisant et misogyne du reste.Un dix minutes de rigolade appréciable pour qui venait rire (ô publicité!) en ayant payé pourcaS 12.50.(La plus grance farce est peut-être là!) Chose curieuse, le seul moment où j'ai vraiment ri pendant Broue.c'est à une scene similaire.On traduit, mais rien ne change.Le comique serait-il plus culturel que sexué ?J'ai parle de cirque faute de pouvoir parler de théâtre.Dans mousse, les personnages de femmes n'en sont pas.Elles ne sont pas crédibles, ni théâtrales, ni réelles.Le grossissement bête et simpliste n'a rien à voir avec la thêàtia-lité.Leui/re humour(s) Broue/Mousse, c'est un échec cuisant, au féminin/masculin pluriel ! Oui.encore et toujours la grammaire ' .•f* Lorraine Camf.ri.ain LA VIE EN ROSE décembre "81 et janvier, février 1982 55 « LI est surtout question pour moi d'entendre une femme parler avec passion d'une autre femme, qu'elle me fasse découvrir sa passion et sa connaissance.» Pol Pelletier Mon héroïne uordtmol mou Mari* Cardinal Louis* Michel Gloria Orensteln Gertrude Stein Armand* St Jean Adrlenne Rich Françoise Berd Marthe Blackburn Michèle Jean Idola St Jean Jovette Marchessault Alice Guy Nicole Brossard Dfuna Barnes prix : 15,95 $ LES EDITIONS DU REMUE-MENAGE CASIER POSTAL 607.SUCCURSALE 'C MONTRÉAL 1 .Le Théâtre des Cuisines « Nous som mes sorties 1 de nos mai- H w.1 sons.Mais les maisons ne sont jamais sorties AS-TU VU?LES MA/SONS S'EMPORTENT! de nous.les édifions du remue-menage Alors main- tenant, les maisons s'emportent ! » prix : 8,00 $ Le monde est bien Lisez La Vie en rose Comment va la santé en lotus dans son fauteuil Scandinave elle dit : je ne suis qu'une fraction décimale, un faible pour-cent du pourcentage une statistique, un échantillon d'échantillonnage une répondante, une sondée, une objet de sondage je suis toujours mise devant les faits accomplis je n'apprends que des nouvelles rétroactives au moment où je m'y attends le moins les choses arrivent un beau jour ou elle ne s'y attendait pas elle apprit T existence d'asiles pour les fous, de prisons pour les faibles et de résidences secondaires pour les autres qu'on perce les oreilles des fillettes pendant que leurs pères se font perforer le tympan que les femmes crachent du sang sur les draps pendant qu'une poignée de stratèges font la grasse matinée dans leurs lits stratégiques et autres lieux de combat un autre jour où elle ne s'y attendait pas — elle s'y attend rarement convient-elle— elle découvrit du colorant dans son steak haché, du mercure dans ses truites, de l'arôme artificiel dans son beurre au caramel qu'on a brûlé ses herbes, brouillé la piste de ses oeufs, réduit l'entier de son blé personne ne lui a demandé son avis — à ce qu'elle dit — pour qu'en plus de moucher, les mouchoirs servent a bâillonner que Trotsky reçoive ce qu'il a reçu dans la tète qu'une seule poignée de riz constipe une nation entière que le canal Lachine soit un repaire de suicidés, Michel-Archange, le patron des forces policières personne ne l'a prévenue qu'un soir de pleine lune périrait Péribonka dans le sang des chevaux et les plumes de ses oies que Kundera renierait jusqu'à la poésie un soir où il ne s'y attendait pas n'a-t-elle jamais voulu que le cancer prolifère que les lépreux n'aient plus de main à glisser dans les mains chaudes de soeur Teresa que les cellules des mères perdent la mémoire comme le petit Poucet la trace de ses pas trop tard après son baptême elle apprit que les feuilles de vigne que T on mange de nos jours roulées et farcies ont déjà servi pour l'humanité de cache-sexe que l'ère des béquilles est en voie de guérison que les prophètes prophétisent rarement à la télévision dans un avenir immédiat, que les futurologues souffriront de crampes d'estomac en détachant son kimono elle dit : en tant qu'infime portion d'éclopée, à défaut de sauter la clôture, permettez que je n'emboîte pas le pas à défaut de m'y réchauffer, permettez que sur leurs calorifères, je mouille comme un bénitier en lançant son kimono dans les airs elle dit : peut-être m'ont-ils rendue infirme mais ils ne toucheront pas à ma santé Df.nisf.Nfvfu 56 LA VIE EN ROSE décembre "81 et janvier, février 1982 cinema C'EST PkS UNE HISTOIRE D'ifMOUR L'autre soir, c'a fait mal.Très mal.Il s'agissait de pornographie.Pas la gentille et sexy, si elle existe.La dure, qui dépasse l'érotisme en dentelles et agaceries, celle qui fait dire à une des participantes du film: 'Etre un Noir, aux États-Unis, c'est être en état de rage constant et être une femme, partout dans le monde, en état de rage croissant.» Not A Love Story: A Film On Pornography pourra vous empêcher de dormir.Ce documentaire de 70 minutes, produit par l'ONF et réalisé par Bonnie Sherr Klein, n'utilise pas d'effets spéciaux et pourtant, devant certains passages, le coeur vous lève, et à d'autres, vous criez ou bien vous regardez par terre.Déjà, la recherche, magistrale, vaut des félicitations à la réalisatrice et à la productrice qui ont réuni, sur le même theme, le rédacteur en chef de « Hus-tler», Kate Millett.Robin Morgan.Margaret Atwood.des tenanciers de centres d'achat de pornographie, et enfin, et surtout, des filles comme nous, qui posent, qui photographient, qui dansent.ou qui se font torturer (pour vrai, c'est le dernier cri).Des titres aussi évocateurs que « Beat the bitch >• ou «3 beaten virgins » sont proposés aux clients, nombreux, il va sans dire, et peu enclins à la compassion.S'il vous restait un brin d'indulgence pour votre amant qui achète « Playboy » — pour les articles de fond — il est douteux que vous demeuriez aussi tolérante après avoir vu ce film.Vous ne retiendrez que cette réflexion d'une intervenante, et tout serait dit: «Pourquoi serait-ce aux femmes de se sentir responsables d'assouvir les besoins de tous les hommes tor- dus, vicieux, monstrueux ou impuissants, tous ceux qui ont des phantasmes de violence, ou même simplement ceux qui ont des problèmes de ménage'1 Ce n'est pas vrai que certaines d'entre nous sont sacrifiées pour que les plus chanceuses ne se fassent pas violer et étrangler au coin des rues ou dans leur maison.Est-ce que le viol a diminué depuis que la pornographie est permise?Les mariages durent-ils plus longtemps?Rien ne le prouve.» Après ce constat, trop lucide pour qu'on trouve encore des arguments en faveur de la permissivité, sous quelque forme que ce soit, que peut-on souhaiter au film de Bonnie Sherr Klein, sinon qu'il soit beaucoup vu, mais essentiellement par des hommes.Jusqu'à nouvel ordre, ce sont eux les clients.Si une image vaut mille mots, Not A Love Story vaudra bien des études scientifiques sur la pornographie, qui ont pratiquement toutes pour but de nous la faire valoir sous l'angle du ¦ mal nécessaire » (airconnu.Ce n'est évident pour aucune femme qu'il faille un exu-toire à tous les pas chanceux du sexe.À propos, qui se préoccupe de la vie sexuelle des femmes pas normales, pas jolies, obèses, isolées, internées?Il faudrait voir la tête des bien-pensants si on envoyait ainsi à l'abattoir de pauvres garçons, qui à mon avis, risquerait moins que rien quant à l'intégrité de leur personne.Je n'en veux pour exemple que le fameux club « 281 » où se dandinent pour le plaisir des dames, des ephebes souriants.Depuis que la vocation dudit club a changé en présentant des gogoboys à un public féminin, comme par hasard, il n'y a plus de batailles, d'assaut sur les danseurs, de grossièreté qui imprègne toute l'ambiance, bref, les patrons font des affaires d'or et l'Escouade de la Moralité chôme dans le quartier.La sexualité des femmes ne s'est jamais manifestée par la haine, la violence et l'agressivité, elles n'ont jamais réclame de «services sexuels - monnayables et ne le souhaitent sans doute pas.La question ne se pose d'ailleurs pas dans ce sens, il suffit que le film de Bonnie Klein nous démontre que les intérêts des hommes et des femmes sont totalement divergents dans ce domaine, et tant pis s'il nous force à nous ranger du côté des puritains: c'est notre peau, nos vies qu'il faut sauver.C'était encore un papier sur un sujet triste.J'aurais voulu vous parler de Los Viernes De La Eternidad, (Les vendredis de l'éternité) qui est passé totalement inaperçu au Festival des Films du Monde.Ce film ne sera sans doute jamais présenté à Montréal, pas plus que Con ElCulo Al Aire (Avec le cul à l'air (traduction libre) : pendant la projection, j'ai ri à en incommoder mes voisins.Pour bientôt, dans cette chronique, une réflexion sur les problèmes de distribution d'excellents films qui nous viennent de petits pays, où l'histoire cinématographique se rapproche de la nôtre.Tenez-vous bien, on va brasser une sempiternelle chicane.' Cinéphiles de tous les goûts, à bientôt.Chantal Sauriol LA VIE EN ROSE décembre "81 et janvier, février 1982 57 livres Un choix sans équivoque Marie-Jo Bonnet, Denoël/Gonthier, 1981 S'il esl un livre passionnant à lire sur les femmes lesbiennes, c'est celui de Marie-Jo Bonnet.Un livre qui donne corps.au vécu lesbien, qui lui rend son historicité.De Sapho à Natalie Barney, en passant par les courtisanes du XVIII' siècle, une chape de silence recouvre la très longue et très ancienne histoire des amours entre femmes.Ont-elles même parlé, comme le fit la première de toutes, Sapho.dont la culture patriarcale s'est employée à détourner le message, à le réduire à une aventure sans conséquences — une pâle copie des rapports hétérosexuels?Dans une etude à la fois historique et linguistique.Marie-Jo démonte un par un les pauvres subterfuges utilisés par ces messieurs pour nommer les amours entre femmes, pour tenter de les codifier et surtout pour conjurer cette éternelle menace à leurempire. Une féministe qui n'a pas le sens de l'humour.Et une dernière.Entendu a la radio: d'après une recherche ouest-allemande, les hommes qui.en rentrant fourbus d'une dure journée de labeur, se voient imposer l'aspirateur, la vaisselle, et autres tâches domestiques, auraient 6"^ plus de crises cardiaques.N'est-ce pas révoltant?La science est impuissante, on pense â un complot féministe NDLR: Nos consoeurs allemandes nous diront-elles comment elles s'y prennent pour forcer leurs hommes a passer l'aspirateur'' DERNIÈRE HEURE: De notre envoyée spéciale a Pékin.Benoile Meurré: Les négociations sino-amcricaines sur le désarmement et la démographie viennent d'achopper sur une divergence fondamentale Comme ils sonl plus de 900 millions, on interdit maintenant aux chinoises de faire un 2* enfant ; on pourchasserait même dans les campagnes les femmes enceintes pour les avorter de force.Aux États-Unis au contraire, on poursuivra bientôt pour meurtre les femmes susceptibles d'avoir avorté Pour résoudre la contradiction, le président Reagan a proposé à ses vis-à-vis chinois quelques-unes de ses bombes a neutrons.Les Chinois n'auraient pour l'instant que le Tai Chi à offrir en échange Les Américains refusent Nous suivons l'affaire.I LA VIE EN ROSE decem.bre "81 et janvier, février 1982 71 Parce qu'elle ne garde pas sa langue dans sa sacoche / LaVieenRose / vous surprendra toujours ! Abonnement ( lan/4 numéros ) Ordinaire $6.De soutien $20.De mécène $50.Tarif international $12.Utilisez la carte réponse ci-jointe librairie-discount RENAUD BRAY 5219, Côtedes-Neiges, Montréal H3T 1Y1 - Tél.: (514) 342-1515 Chez RENAUD BRA Y vous bénéficiez d'un rabais permanent de 20% sur tous les livres en stock.La librairie Renaud Bray est située à 500 pieds au nord de l'intersection Reine-Marie et Côte-des-Meiges (près de l'Oratoire Saint-Joseph).On y vient de partout: par la station de métro Laurier ( + autobus 51 ), par la station de métro Guy ( + autobus 165), par la station de métro Snowdon (+ autobus 65).par le bou levard Métropolitain (+ autoroute Décarie, sortie Queen Mary), par l'autoroute Ville Marie (+ autoroute Décarie, sortie Queen Mary).Mous acceptons les commandes téléphoniques (avec VISA et Mastercard seulement).Les commandes postales doivent être accompagnées d'un chèque ou mandat-poste au montant exact (frais de poste: $0,75 par livre) ou du numéro de votre carte de crédit.Dernière heure: le nouveau Doris Lessing Shikasta Prix rég.: $18.95 Notre prix: $15.16 Les romans Anna Soror de Marguerite Yourcenar Prix rég : $12.75 Notre prix: $10.20 Les enfants de la violence de Dons Lessing Tome 1: Prix rég $28.50 Notre prix: $22.80 Tome 2: Prix rég.: $26.25 Notre prix: $21.00 Tome 3: Prix rég : $28.50 Notre prix: $22,80 Le choix de Sophie de William Styron Pnx rég: $19.95 Notre prix: $15.95 Le jeu de la tentation de Jeanne Bounn Pnx rég: $15.95 Notre prix: $12.76 Une vie n'est pas assez de Flora Groult Pnx rég: $9,95 Notre prix: $7.96 (Jn homme d'O.Fallaci Pnx rég : $14.95 Notre prix: $11.96 Les essais Naître d'une femme d Adrienne Rich Prix rég : $22.50 Notre prix: $18.00 La nourriture- névrose de Michèle Declerc et Jeanne Boudouard Pnx rég $15.95 Notre prix: $12,76 Le fait féminin d'Evelyne Sullerot Prix rég $29.65 Notre prix: $23.72 Ma fille comme une amante de Julie Stanton Prix rég.: $7,95 Notre prix: $6,36 L'échappée des discours de l'oeil de M.Ouellette-MIchalska Pnx rég: $14.95 Notre prix: $11.96 Ma mère, mon miroir de Nancy Friday Pnx rég.: $14.95 Notre prix: $11,96 Les fantasmes masculins de Nancy Fnday Pnx rég: $14,95 Notre prix: $11,96 Les enfants du Verseau de Manlyn Ferguson Pnx rég: $21.95 Notre prix: $17,56 La famille et l'homme à délivrer du pouvoir de M Champagne Gilbert Prix rég: $17.95 Notre prix: $14,36 Va te faire soigner, t'es malade de L.Guyon.R.Simard et L.Nadeau Prix rég : $9,95 Notre prix: $7,96 Le choc amoureux de Francesco AJberoni Prixrég:$l 1.95 Notre prix: »9,56 Les enfants de Jocaste de Chnstiane Olivier Pnx rég $13.75 Notre prix: $11,00 Féminisme et anthropologie d'Evelyn Reed Pnx rég : $15.75 Notre prix: $12,60 Marguerite Duras à Montréal Prix rég: $14.95 Notre prix: $11,96 Biographies et souvenirs Une sorcière comme les autres de Louise Lanctôt Pnx rég: $12.95 Notre prix: $10,36 Ma vie comme rivière de S MonetChartrand Pnx rég: $15,95 Notre prix: $12,76 CJne femme honorable de Françoise Giroud Prix rég: $14.95 Notre prix: $11.96 Histoire De la poêle à frire à la ligne de feu La vie quotidienne des Québécoises pendant la guerre 39-45 de G.Auger et R Lamothe Prix rég: $18,50 Notre prix: $14.80 La femme au temps des cathédrales de Régine Pemoud Prix rég: $22,50 Notre prix: $18.00 Le chevalier, la femme et le prêtre de Georges Duby Pnx rég: $17.85 Notre prix: $14,28 Les livres politiques Femmes et politique sous la direction de Y.Cohen Pnx rég.: $9.95 Notre prix: $7,96 Photographie Au fond des yeux 25 Québécoises qui écrivent de Kèro Pnx rég: $14.95 Notre prix: $11,96
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.