La vie en rose, 1 janvier 1984, juillet
LE MAGAZINE FÉMINISTE D'ACTUALITE BIMESTRIEL • N° 18 • JUILLET-AOÛT84 • 3$ 21 SEPT HISTOIRES D'AMOUR 22 LE COEUR EST UN MUSCLE INVOLONTAIRE Monique Proulx 26 ELEGIE POUR SITA Kate Milieu 30 L'ETERNITE OU LA SAUCE TOMATE Suzanne Jacob 34 NOUS SOMMES DANS UNE AUTO.Greta Hofmann-Nemirojf 38 LE DESIR COMME CATASTROPHE NATURELLE Claire De 41 MALDONNE Lisette Ménard 42 LE FEU ET LA GLACE Andrea Dworkin aire LA VIE EN ROSE, NUMERO 18.JUILLET 1984 Louise Beaudoin COURRIER EDITORIAL COMMUNIQUÉS ACTUALITÉ FÉMINISTE / Lise Moisan Photo-reportage : les cordes à linge en folie 5 6 9 10 CHRONIQUE DÉLINQUANTE / Hélène Pedneault Y a-t-il un Georges-Hébert Germain dans la salle ?COMMENTAIRE / Armande Saint-Jean Des bourdons dans le vinaigre ENTREVUE / Ariane Emond, Françoise Guenette Louise Beaudoin à Paris: le Québec, c'est elle! ACTUALITÉ / Hélène Pedneault Les filles de la Transat : et vogue le navire.SPÉCIAL ÉTÉ Sept histoires d'amour 12 13 14 18 21 CULTURE / Anne-Marie Alonzo, Danièle Blain, Jovette Marchessault, Hélène Pedneault, Joyce Rock, Marie-Claude Trépanier Cinéma : Sceaux : de plus en plus international Florence : les Australiennes débarquent Littérature : Colette chez les femmes Vacances : l'insoutenable léger été des lettres {! ) Édition féministe : regard sur quelques Françaises FLASHES CULTURELS Livres et revues, cinéma, théâtre, expositions, calendrier 46 48 50 52 54 58 LA VIE EN ROSE, juillet I9S4 3 courrier LVR chez les anglophones: Originaire de Toronto, j'habite ici depuis six ans.Pour moi, et pour d'autres femmes anglophones que ie connais, la lecture de votre revue représente une excellente façon d'approfondir notre connaissance du français et de découvrir ce qui se passe chez les femmes au Québec.Jo-Anne Beggs Ste-Julie Dans la construction De ma Sibérie québécoise, je révolutionne à ma manière.Je suis la seule femme entrepreneur en construction dans la province.Qui dit mieux?Bravo pour votre travail ! Micheline De Jolivet-De Gagné Entrepreneure-peintre licenciée.Schejfen'ille LVR mensuelle ?Votre magazine démontre qu'on peut lire autre chose que des articles sur la «popote», le maquillage, le bonheur de nos maris etc.La publicité me frappe : pas de petites culottes, pas de «taille de guêpe»(.) Vous allez devenir mensuelles en septembre Sans vouloir critiquer, je préfère aux deux mois On est débordées par le flot d'information qu'il faut lire pour se tenir au courant.(.) J'attends quand même de voir ce que cela va donner Maryse Tanguay Radisson Documentation féministe Nous trouvons que votre magazine est un outil indispensable pour nos ressources féministes et désirons continuera recevoir La Vie en rose, In sisterhood I Nicole LaViolette pour le collectif du Centre des femmes, Université Carleton, Ottawa «Nouveaux ?hommes» Vous faites de l'excellent travail même si je ne suis pas tout le temps d'accord avec vos positions.Bravo pour avoir dénoncé les «nouveaux hommes» qui se disent féministes au salon mais non à la cuisine Lâchez'surtout pas! Stéphane Desjardins Montréal Encore Simone Je ne connaissais pas LVR ; c'est la photo de Simone de Beauvoir qui a attiré mon attention.Le Deuxième Sexe avait été une révélation.Par la suite, ce qu'on en disait autour de moi m'avait déprimé.(.) Vous m'avez rappelé qu'il y en a qui savent lire et que la parole est toujours efficace.Raynald Leblanc Montréal J'ai lu et relu avec un plaisir grandissant la réflexion de Nancy Huston, Les enfants de Simone de Beauvoir, sur la valeur du temps, avec ou sans enfant Elle véhicule un vécu émotionnel troublant et secret en osant nous parler de ces temps «morts» et de ces «pertes de temps» qu'on vit avec un enfant et qu'on préfère taire.Car comment expliquerces moments vides et désespérants où l'on se sent complètement envahie par son rôle de mère et qu'on cherche en vain son souffle vital?Ses paroles à couleur de vérité m'ont fait un bien immense.michele LA voie Amqui Le Point biaisé Dans son édition du8 mars 1 984, l'émission Le Point de Radio-Canada invitait «trois femmes exceptionnelles» en studio.L'objectif : nous parler de leur expérience comme femmes sortant des sentiers battus.Mais loin de participer au grand mouvement de changement social incarné par le 8 mars, Radio-Canada nous a démontré à cette occasion comment certaines réalités des femmes, surtout de celles qui parlent un peu trop bruyamment des multiples facettes de l'oppression, étaient trafiquées, escamotées.Revoyons la scène.Auprès des deux femmes comptables, on s'enquiert des possibilités de carrière, de discrimination possible, de harcèlement (.).On ne leur posera (et c'est heureux!) aucune question d'ordre privé, familial.Changement d'attitude toutefois lorsqu'on interroge Mme Lorraine Guay, la troisième invitée.De toute son expérience comme infirmière au Salvador pendant sept mois, nous ne saurons rien sinon.la distance entre elle et ses enfants.Ayant eu la chance d'entendre, ailleurs, le récit des expériences vécues par Mme Guay, nous ne pouvons que déplorer la réduction de son témoignage : l'exemple de son geste, et la narration des situations vécues par les femmes salva-doriennes, auraient contribué à enrichir singulièrement une émission qui se disait un tribut au 8 mars.Suzanne LaFerriere Montréal Erratum Dans LVR no 1 7, mars 84, p.13, il fallait lire, dans la réponse de LVR au Théâtre des Cuisines, citée par Véronique O'Leary: «.parler de guerre heurte, alors qu'on veut lancer un appel pacifiste.» (et non féministe).Lapsus non significatif.ÉQUIPE DE RÉDACTION Ariane Emond.Françoise Guènetre, Lise Moisan, Francine Pelletier.COLLABORATION Anne-Marie Alonzo.Danièle Blain.Madeleine Champagne.Claire De, Joanne Deschènes, Sylvie Dupont, Andrea Dworkin, Josette Giguère, Louise Guay.Greta Hofmann-Nemiroff.Suzanne Jacob, Monique Langlois.Danielle Lapointe, Magali Marc, Jovette Marchessault, Lisette Mènard, Kate Milieu, Hélène Pedneault.Monique Proulx.Joyce Rock.Michèle Rov.Armand» Saint-Jean, MarieClauâe Trépanier.Dana Zwonok.ILLUSTRATION Huguette Berthelol, Dominique Blain, Marie-Josée Chagnon.Suzanne Girard, Thérèse Godbout, Christine Lajeunesse, Kate Millett, Diane O'Bomsawin.COUVERTURE Conception : Sylvie Laurendeau.Photos : Photographie Quatre Par Cinq Inc.SRT Photo.PHOTOGRAPHIE Marik Boudreau, Sylvie Buteau, Ginette Clément, Pétunia Condor, Céline Gauthier.Carmen Gibbs-Gaudet.Suzanne Girard, Jeannine Lanni.Hélène Pedneault, Gaètane Poirier, Joyce Rock, Diane Trèpannier.MAQUETTE Diane Blain, Sylvie Laurendeau (direction artistique).CORRECTION D'ÉPREUVES Suzanne Bergeron.Claudine Vivier.COMPOSITION Concept Mèdiatexte inc., 834 av.Bloomfield.Outremont; Tricycle Compo.856, Marie-Anne Est, Montreal.IMPRESSION Imprimerie Transmag inc., 5696, bout des Grandes-Prairies, Saint-Léonard DISTRIBUTION Les Distributeurs Associes du Québec (DAQ).3 600.boul.du Tricentenaire, Pointe-aux-Trembles.Media Services, 185.Louvain Ouest, Montréal.PERMANENCE Louise Legault (administration), Ariane Emond (promotion), Françoise Guenette.Francine Pelletier et Lise Moisan (rédaction), Sylvie Laurendeau (graphisme).PUBLICITÉ Claude Krynski: (514) 843-7226.ABONNEMENT / an, 10 numéros: 19$.2 ans.20 numéros : 33$.3 ans, 30 numéros : 45$ Responsable : Nicole Bemier.LA VIE EN ROSE est subventionnée par le Conseil des arts du Canada et par le ministère des Affaires culturelles du Québec.LA VIE EN ROSE est publiée par les Productions des années 80, corporation sans but lucratif.On peut nous rejoindre de 9 h 30 a 17 h au 3963.rue St-Denis.Montréal H2W 2M4, ou en téléphonant : (514) 843-8366 ou 843-7226.Copyright 1984-LA VIE EN ROSE Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Depot legal Ribliotheques nauonales du Québec et du Canada, ISSN-0228-549 Indexée dans RADAR.Courrier de deuxième classe : S188.| 4 LA VIE EN ROSE, juillet 1984 I Petite épître estivale Jean-Paul II poursuit sa sixième année de règne, La Vie en rose entame sa cinquième.Et «un pape attend pas l'autre» : à l'hiver 80, nous avions annoncé le projet dans le Temps fou avec une photo du pape légèrement maquillé ; c'est sous le signe papal que nous amorcerons en septembre l'audacieuse mensualité du magazine.Plus précisément avec un dossier sur les femmes et l'Église catholique, conçu d'abord par des femmes chrétiennes et féministes.Nous n'aurons pas d'entrevue exclusive avec Jean-Paul, «l'homme qui aimait (?) les femmes», mais les propos critiques de ces Québécoises engagées, de la théologienne américaine Mary Daly et de la «fée» en cheffe Denise Boucher, leurs révélations souvent étonnantes, vous donneront matière à penser pendant les longues retransmissions en direct de la visite de Jean-Paul II au Québec, mi-septembre Et puis nos images, pas très catholiques, elles, vous montreront la face cachée de l'institution occidentale la plus répressive à l'égard des femmes Nous qui avons déjà avorté, qui utilisons des moyens contraceptifs- quand nous ne sommes pas lesbiennes - serons-nous excommuniées pour autant7 À voir, dès le 25 août prochain En plus, dans ce premier Vie en rose mensuel, un reportage de Francine Pelletier qui, aux Philippines à la veille des élections houleuses de mai, y rencontrait des femmes et des syndicalistes ; des entrevues avec la comédienne Delphine Seyrig, avec les ècrivaines Flora Groult et Catherine Rihoit.avec la féministe belge Françoise Collin ; des comptes rendus du dernier congrès de l'AFEAS et du prochain colloque de Guelph sur les femmes et l'agro-alimentaire, etc Bref, le contenu de La Vie en rose ne changera pas foncièrement, comme certaines d'entre vous le craignaient, à cause de la périodicité rapprochée.Bien sûr, vous devrez, pour nous suivre plus vite, trainer votre exemplaire au bureau ou chez Provigo.pendant que nous patinerons dans les coins pour respecter nos échéances de production Le pari est nécessaire : d'abord pour devenir un magazine d'actualité plus actuel, plus prompt à réagir, ensuite pour stabiliser financière- .ment une entreprise au seuil de la rentabilité.Suivrez-vous notre gageure 7 Aurons-nous le plaisir de vieillir ensemble ?Autre chose encore : un an après le papier glacé et la couleur, nous entreprendrons en septembre la deuxième phase du «lifting» de La Vie en rose, avec une conception visuelle enouvelée, plus «moderne», encore plus lisible, que nos géniales conceptrices (n'ayons as peur des mots) peaufinent en ce moment.Finalement, vous l'aurez compris, «y'en aura pas d'éditorial !» Nous avions pensé réagir à notre tour - après la Fédération des femmes du Québec, les femmes e la CSN, celles du Mouvement socialiste, les Centres de santé des femmes de Québec t Montreal, diverses universitaires et cher-heures, et les 10 membres du Conseil du tatut de la femme elles-mêmes - aux propos pour le moins détonnants de la ministre Denise Leblanc-Bantey qui, en avril dernier, réorientait vers «la négociation avec l'État plutôt que la dénonciation» les priorités du CSF, avant d'en nommer présidente madame Francine McKenzie.Nous aussi, ce discours démagogique - déjà entendu lors des négociations de l'Etat avec ses employê-e-s du secteur public - nous a fait craindre que ne se referme brutalement la brèche opérée par le CSF durant le mandat de Claire Bonenfant.Coincé entre le pouvoir politique (oui.celui-là même qui nous accorde à la goutte nos revendications majeures : droit au travail, garderies, avortement, centres d'aide et d'hébergement, etc.) et les femmes, le CSF avait choisi les femmes À madame McKenzie, nous laissons volontiers le bénéfice du doute et nous attendrons l'automne pour essayer de mesurer la direction prise.Car l'enjeu est de taille.Après nous être méfiées au début de cette excroissance de l'État, pouvons-nous maintenant nous passer du CSF, de son travail de recherche, de ses services à la clientèle et, surtout, de son allégeance aux Québécoises d'abord ?À septembre donc, pour un «automne mers et mondes».D'ici là, bonnes lectures (ces pages-ci sont truffées de suggestions), bons bateaux (n'êtes-vous pas un peu ècoeurèes de Québec 84 ?) et surtout, bonnes vacances.^___f-FG- 1.4 \IKt:.\ROSI.JUlltcll».U 5 communiqués Organisation Un centre d'aide aux femmes de Toronto vient de publier un manuel à l'intention de celles qui veulent des conseils pratiques pour les aider à mettre sur pied des groupes de femmes.Le livre est rédigé en anglais, sous le titre : Helping Ourselves A Handbook for Women Starting Groups.Pour l'obtenir, envoyez 5$ au : Women's Counselling Referral and Education Centre of Toronto, 348, College Street.Toronto (Ontario), M5T 7S4.Fête nationale des gais et lesbiennes du Québec Les préparatifs de la Fête nationale gaie 1984 vont bon train.Un comité ad hoc a été formé le 14 mars dernier.Il est possible de se joindre à l'équipe par l'entremise du coordonnateur Claude Mar-tmeau.Tél.843-8671.Alimentation saine La coopérative La Balance prépare un cardex provincial sur les cours en «alimentation saine» et recherche des professeur-e-s dé|à actifs-ves dans ce domaine, qui seront classé-e-s selon leur spécialité.La coopérative offrira également une formation de professeur-e aux intéressé-e-s ayant dé|à une certaine pratique de cette alimentation.Pour plus d'information, communiquez avec: Claire Lapointe, 1577 Richardson, Montréal, H3K 3G7, tel 931-2936, 271-5722 Adoption : les choix qui n'en sont pas Recherchées : des femmes qui ont donné leur enfant en adoption et qui accepteraient de parler de leur expérience pour collaborer à une anthologie de l'adoption combinant témoignages et perspectives culturelles, historiques, légales et féministes sur les institutions, les coutumes et les attitudes entourant l'adoption.L'auteur est intéressé à faire ressortir les facteurs sociaux et économiques complexes qui influencent le choix ou l'absence de choix des femmes sur la question de l'adoption.On peut communiquer avec : K.Kautmann, c/o Plexus, 545 Athol Ave., Oakland, CA 94606.Vélo pour la paix Du 23 juillet au 6 août, le Service d'information sur le désarmement organise un «Tour de paix» à vélo, de Montréal à Ottawa.Pour information : Trish Levan, 933-5319, ou Ann Vickers, 933-9271.«On ne compte pas!» La Fédération des femmes canadiennes-françaises (FFCF) vient de publier un nouveau rapport socio-économique qui décrit la situation des femmes collaboratrices dans les Prairies.On y constate que la plupart des femmes ne se perçoivent pas comme travailleuses dans l'entreprise familiale.«On ne compte pas !» : un document de réflexion et d'information destiné aux femmes collaboratrices.Pour obtenir le rapport ou des informations supplémentaires, communiquez avec : Diane Vachon, Fédération des femmes canadiennes-françaises, 325 rue Dalhousie, bureau 525, Ottawa (Ontario), K1N 7G2, tél.: (613) 232-5791.ÉCOLE DE DANSE M MM Méthode Margaret Morris cours structuré de telle sorte qu'il est accessible à tous indépendamment de l'âge et de la condition physique Thérapeutique: défauts de posture, faiblesse musculaire, raideur, problèmes de pieds et de colonne vertébrale.Esthétique: mouvement en harmonie avec le corps.Athlétique: préparation pour tous les sports.Session Été: (Débutantes) MARDI JEUDI MARDI 6:00 PM 9:30 AM 10 JUILLET - 31 AOUT 8 semaines: 25$ 1 fois / semaine 50$ 2 fois / semaine 2012 Mont-Royal Est 9flfi Q777 inf.: Micheline Brunelle 525-5335 Futonia - la compagnie de futon qui appartient à des femmes est gérée par des femmes emploie des femmes.370A Duluth Est, Montréal 843-4739 220 Laurier Ouest, Montréal 6 LA VIE EN ROSE, juillet 1984 communiqués «Entre-plumes» lesbiennes Pour le plaisir du contact par l'écriture.pour le plaisir de se connaître, d'échanger avec des «biennes».«Entreplumes».Faites parvenir vos coordonnées et une description de vos attentes; «Entreplumes» servira d'intermédiaire.La liste sera numérotée pour conserver la confidentialité.Ajoutez 3$ pour les frais: Entre-plumes, CP.9962, Ste-Foy, Qué.,G1V4C5.Festival 84 des femmes en motocyclette Le Festival 84 des femmes en motocyclette aura lieu du 24 au 27 août dans le nord de l'État de New York.La participation se limite aux 200 premières inscriptions (payées).Composez (716) 768-6054 ou écrivez à : Women's Motorcycle Festival '84, 7 Lent Ave., LeRoy, New York, 14482.Droits des psychiatrisé-e-s Deux nouvelles publications du groupe Auto-Psy : le Guide des droits des personnes psychiatrisées (2$, gratuit pour les psychiâtrisé-e-s) ; le Guide des médicaments du système nerveux central (7$).Pour se les procurer, il suffit de s'adresser au local Auto-Psy, au 332 rue St-Luc, N 3.Québec, H1N 2S8, tél.: (418) 529-1978, ou 350 rue Boucher, Montréal, tél.: (514) 276-2290.Aioutez 1$ pour les commandes postales.Des sous pour rénover Pour la première fois cette année, le Centre des femmes, organisme à but non lucratif, lance une campagne de financement en vue de rénover ses locaux et de procéder à l'agrandissement de la bâtisse Objectif: 1 000 000$ Le Centre fournit informations, conseils, offre des cours, des ateliers ; 44 000 femmes y sont passées en 1983 Faites parvenir vos contributions au : Centre des femmes, 3585 rue St-Urbain, Montréal, H2X2N6, tél.842-0350 Centre-Sud : photographies demandées Les médias et les femmes Aux États-Unis, des femmes ont publié, comme chaque année depuis 1975, un index des médias des femmes, 1984 Index/Directory of Women's Media.On y trouve la liste de centaines de périodiques, de maisons d'éditions et de journaux de femmes, sans compter les librairies, les groupes de théâtre, de musique.de :inéma et de vidéo et les lissions de radio et Je télévision portant Lisette Cloutier et Guy Desrosiers sont à la recherche de photographies illustrant l'histoire des femmes du quartier Centre-Sud de Montréal afin de monter une exposition.Les thèmes : les femmes et la famille, les femmes au travail (ouvrières, domestiques, couturières, institutrices, infir- mières, secrétaires.) et I écolières.La période couverte: de 1850 à nos jours.Toute personne possédant des photographies ou des documents pertinents peut rejoindre LC.et G.D.à : Écomusée de la Maison du Fier-Monde, tél.: (514) 598-8185 i liste des agences de presse de relations publiques orientées vers les femmes, et celle des cours sur les médias et les femmes.On peut obtenir l'index pour8$ en s'adres-sant au : Women's Institute for Freedom of The Press, 3306 Ross Place, N.W., Washington, DC 20008, tél.: (202) 966-7783 MMES PROFESSIONNELLES B9TTIN DES FEMMES PROFESSIONNELLES ET COMMERÇANTES et son réseau ENTRAIDE AU FÉMININ Network Pour toutes les femmes d'affaires.376, rue Sherbrooke Est, Montréal H2X 1E6 tél.: 845-4281, 2, 3, 4 ETUDE JURIDIQUE À MAJORITÉ FÉMININE Unterberg Labelle Jenneau Dessureault et associés 1980 ouest Sherbrooke suite 700 Montréal H3H 1E8 934-0841 Paul Unterberg Lise Labelle Michèle Jenneau Hélène Dessureault François Lebeau Louise Rolland Lina Desbiens AVOCATS la vie en rose juillet m* 7 FEMMES PROFESSIONNELLES Thérapie individuelle et de groupe 4581 Fabre H2J 3V7 Métro Mont-Royal 524-3289 marte cafrana psychologue HÉLÈNE BÉLANGER DOCTEUR EN CHIROPRATIQUE Bur Laval (514) 688-I044 Bur C CPE.1497 est, boul.St-Joseph Montreal H ZI 1M6 (5I4) 522-4535 Luce Bertrand m.p.s PSYCHOLOGUE «Une femme à l'écoute des femmes » PEURS - DÉPENDANCES - CULPABILITÉ HETEROSEXUALITE - HOMOSEXUALITÉ CROISSANCE - CHEMINEMENT Bureau: (514) 272-0612 1214 avenue Van Home Outremont H2V 1K3 Monique Panaccio PSYCHOLOGUE psychothérapie et psychanalyse.407.ST LAURENT SUITE 110.MONTREAL.OUEBEC H2Y 2Y5 (métro Place dArm.II SUR RENOEZ VOUS (5141 871 8520 Parizeau.De Lagrave et Croteau Avocats & Procureurs Barristers & Solicitors Nathalie Croteau Carole De Lagrave ACCEPTONS LES MANDATS D'A!DE-JURIDIQUE 4017A rue Notre-Dame ouest NAoritreai (Quebec] H4C 1r3 Tel (514] 937-9326 Tél.bur.: 274-8097 rés.: 274-4645 jVicole ffîee&é&j m.A.Psychologue Psychothérapie individuelle 831, rue Rockland Montréal, Qc H2V 2Z8 BUREAU: (514) 769-2176 Pierrette Tremblay, MPs.PSYCHOLOGUE Crise situationnelle - idées suicidaires stress — homosexualité phobie — séparation — deuil Membre de la Corporation Professionnelle des Psychologues du Québec Céline\Simard \ design L Aménagement Commercial et Résidentiel Planification de Bureau 1522, Sherbrooke ouest.Suite 24-25 Montréal.P.O.H3G 1L3 Tél.: (514) 937-3798 nplo-:om- !e la Bon courage I La revue mensuelle ouest-JMPMie Courait Fmmirligs est maintenant hebdomadaire.Depuis le 5 avril, les éditrices publient 24 pages, toujours aussi fidèles à leur devise : «Toute nouvelle peut Être traitée d'un point de vue féministe».Les 3% (?) de Québécoises qui lisent l'allemand peuvent écrire pour s'abonner à Bleibtreustrasse, 49 1000 Berlin 12, République fédérale d Allemagne.1 an : 104 DM.Elles adorent leur Commodore La Commission ontarienne des droits de la personne a condamné la compagnie Commodore Business Machines à payer 21 000$ en dommages pour harcèlement sexuel à Eneida Ma|ia, Edilma Biljak et quatre autres empl yèes, toutes d'origine sud-amèncaine.C-modore a non seulement fait appel de décision de la Commission, mais elle a donne une promotion au harceleur (') Résultats dénonciation publique et, entre autres, annulation par la Comtmssion scolaire de Toronto de ses commandes d'ordinateurs pour les écoles.(Tiré de Kinesis, mai 1984) Le charme discret des nouveaux gestionnaires Une centaine de syndicats (CSN) de caisses populaires Desiardins, représentant environ 1 500 employé-e-s (près de 95% de femmes), renégocient actuellement les conventions collectives Avant même de connaître les offres salariales, les travailleuses se confrontent déjà à l'abolition possible des échelles de salaires.À moyen terme, le Mouvement Desjardins, cet employeur «bien de chez nous», rèussira-t-il à instaurer subrepticement le système de rémunération «au mérite» 9 Alors, finies l'ancienneté, les augmentations statutaires et les descriptions de tâches spécifiques ! Entre un salaire minimum fixe et un maximum aussi fixe, des femmes qui font le même travail toucheront des salaires différents selon le «mérite»(?).En plus de ce risque de retour au bon vieux Les travailleuses de Eaton à Brampton et à SL Catherines, en Ontario, ont gagné l'accréditation de leur syndicat Voilà un précèdent important pour le Retail, Wholesale and Department Stores Union.(Kinesis, mai 1984) Ces femmes malades du travail Le 16 mai dernier, le Comité de la condition feminine de la CSN et deux représentantes du département de Sciences biologiques de l'UQAM, les docteures Donna Mergler et Waren Messing, lançaient les Actes du Collo-'que international sur les effets des conditions de travail sur la santé des travailleuses.(Voir LVR no 12, juillet 83) Particulièrement attrayant et accessible, rigoureux et souvent émouvant, ce document rend compte des différentes recherches présentées à Montréal, au printemps 83, par une trentaine de chercheures et de syndicalistes de 16 pays d'Europe, d'Asie, d'Afrique et des Amériques Ce recueil qui n'a pas l'aridité habituelle des rapports scientifiques, laisse bien entendre la voix des femmes, scientifiques ou travailleuses, qui ont participé à toutes les étapes de ces études internationales qui touchaient cinq secteurs : le vêtement, le textile, la micro-électronique, l'agro-alimen-taire et les services.Dans tous les cas, les résultats démontrent l'impact extrêmement nocif pour la santé des effets conjugués des conditions de travail, elles-mêmes lamentables, et de la «fameuse» double journée dont personne ne tient compte habituellement.On y passe au crible les préjugés aussi tenaces que grossiers de la médecine en général et de la médecine du travail en particulier.Cette nouvelle approche, que l'équipe qualifie elle-même de «féministe-syndicale et scientifique», démasque le protectionnisme crasse et propose des solutions bien concrètes à ces problèmes «invisibles» qui crèvent pourtant les yeux ! Actes du colloque Les effets des conditions de travail sur la santé des travailleuses, Montréal, ^5 au 21 mai83-Oirectrice de la publication : temps d'avant les luttes ouvrières, l'impact de Jean-Anne Bouchard Conception graphique l'introduction de la microtechnologie, le sta- Lamothe, Loranger.Illustration Lise Nlantel alité féministe Le bungalow interdit Le 17 mai, une trentaine de travailleuses et 'de clientes de la Maison du réconfort, centre d'hébergement pour femmes et enfants en difficulté, assistent au spectacle hebdomadaire du duo Lamarre-Drapeau.Pourquoi, en février, la Ville de Montréal leur a-t-elle refusé Ïn permis d'opération d'une nouvelle maison ans Ville-Émard ?Elles sont là pour connaître nfin la raison.Elles voient le président du Comité exécutif, Yvon Lamarre, consulter Monsieur le Maire à voix basse, dans le creux de l'oreille, et remettre la réponse par écrit au greffier du Conseil.Bredouilles et dégoûtées, les femmes quittent bruyamment le «balcon des citoyens» (sic).C'était l'aboutissement en queue de poisson d'un an de démarches ; elles avaient d'abord trouvé une maison à la fois assez grande et confortable pour répondre à la demande croissante, et assez neutre pour préserver l'anonymat et la sécurité des femmes hébergées ; elles avaient ensuite signé l'offre d'achat (à l'automne 1983), obtenu les subventions et conclu l'entente avec la Société centrale d'hypothèque et de logement (S.C.H.L) et avec le Service d'aménagement populaire de Montréal, sans oublier de demander, en bonne et due forme, l'habituel permis d'opération à la Ville.Après cette séance du Conseil, monsieur Lamarre ne veut toujours rien dire ni rien entendre.La ministre de la Condition féminine elle-même n'obtient de lui aucune explication réelle après 45 minutes de conversation téléphonique.Une semaine plus tard, à l'assemblée du 22 mai, le conseiller de l'Opposition, John Gardiner (RCM), conteste le refus de la Ville en montrant bien que les règlements de zonage n'empêchent pas du tout l'émission d'un tel permis : la maison est bien du type bungalow caractéristique du secteur A-1 De plus, le règlement 5-11 r permet au Conseil d'user de son pouvoir discrétionnaire pour autoriser dans ces zones résidentielles «non mixtes» l'opération de diverses institutions à but non lucratif telles «des garderies, des maisons de convalescence ou de culte».Daignant cette fois répondre à haute voix, Lamarre invoque une «volonté de preserver à tout prix le caractère strictement résidentiel de ces quartiers».Or, la presque totalité des quinze maisons d'hébergement de Montréal sont en milieu résidentiel et, en sept ans, aucun-e voisin-e ne s'est plaint-e de cette proximité.Ce refus, tout à fait arbitraire, indique-t-il une tendance de la Ville à l'égard des centres de femmes 7 Peut-être faudrait-il une centaine de femmes au «balcon des citoyens» la prochaine fois ?À suivre.PS Du 15 au 29 |uin, la Maison du réconfort mène sa campagne annuelle de financement Envoyé?, s dons à La Maison du relBïfort, a, s Danielle tut et la sécurité d'emploi des travaill Disponible au centre de documentation de la W LA VIE EN ROSE, juillet 1984 Photo Elles nous ont à l'oeil Marik Boudreau.Ginette Clément, Pétunia Condor, Céline Gauthier.Carmen Gibbs-Gaudet.Suzanne Girard, Jeannine Lanni.Gaétane Poirier.Diane Trépannier Des femmes de tout âge, de toutes ethnies, de tous milieux sociaux, aux quatre coins du Québec, ont aimé cette idée des cordes i linge, cette liberté d'expression.«Ça fait vingt ans que j'attends pour parler et j'ai 125 pieds de corde.», «J'étends tous les voyages que j'aurais voulu faire et que j'ai imaginés», «J'étends ma belle victoire remportée cette année» Paule affiche son diplôme de créativité.«J'étends les draps Queen size du lit de mes amours».Ce qui nous a le plus émues ?C'est l'accueil, l'ouverture de toutes, les témoignages, les débats passionnants sur l'avortement (croyiez-vous qu'ils étaient révolus ?), la maternité, l'enfance, la vieillesse, la mort, le travail ménager, le travail salarié, le plaisir, la sexualité, l'amour, et aussi sur la condition des femmes partout sur cette planète.Merci aux collaboratrices, aux belles femmes photographes et vidèastes de l'équipe volante Elles nous ont à l'oeil.Merci à Nicole, notre guide dans le labyrinthe de l'information, à Germaine, notre lien téléphonique et à Michel, notre magicien de l'imprimerie.L'univers culturel des femmes et le monde du visuel nous ont envoûtées.Nous avons appris un nouvel imaginaire ^ Le collectif Les cordes à linge : Claire.Danièle.Krjstiane.Paule LA VIE EN ROSE, juillet 19*4 II chronique Jean Paré et Georges-Hébert Germain Y a-t-il un Georges-Hébert Germain dans la salle 7 _ou_ _«Le syndrome du couillon» Mon cher Georges-Hébert Germain, La monarchie est finalement disparue de France après de Gaulle, la tuberculose est maintenant disparue de la carte des maladies mortelles, mais la misogynie, elle, n'a pas l'air près de disparaître si je me fie à ton papier (non, je n'ai pas dit torchon) dans l'Actualité d'avril dernier: «Les hommes après 20 ans de féminisme ou le syndrome du bourdon».Je me demande si une grande scientifique va finir par trouver un vaccin contre la misogynie, un antidote ou une explication à partir des chromosomes ou de la longueur du pénis.J'aurais pu intituler ma chronique «Les femmes après des millénaires de mascull-nlsme» mais c'aurait été trop long à détailler.Il n'y a pas 36 manières de dire «c'est assez-basta-j'en ai marre» selon le pays : il faut gueuler un bon coup.C'est ce que nous avons fait depuis 15 ans.Ton problème, Georges-Hébert Germain, c'est que «tu prends le féminisme personnel sans arriver à le prendre historique», pour reprendre une phrase des Folles Alliées, grandes féministes comiques et délirantes.Imagine, Georges-Hébert Germain, si au lieu de vous crier des noms ou de nous choquer noir on était toutes parties à rire, pendant 15 ans, chaque fois qu'on parlait de vous, «de vos pompes et de vos oeuvres».Imagine le bel éclat de rire Mais vous n'auriez pas été plus contents.Malheureusement, on n'est pas arrivées à prendre le masculinisme autrement que historique.Si on avait pu le prendre personnel, on aurait pu se sacrifier, une fois de plus, au nom de la sacro-sainte maternité et de l'altruisme.Parce qu'en fait, si je comprends bien, en plus de déterrer notre histoire que vous avez magistralement occultée, en plus de répondre à vos poncifs et pontifes répétitifs qui affirment sans rire l'infériorité biologique des femmes et pèsent les cerveaux pour la prouver, en plus de torcher vos petits, vos édifices publics et vos maisons, de vous encourager dans vos carrières et de vous faire jouir, il aurait fallu vous supporter dans vos peines et vos insécurités pendant qu'on vous criait vos quatre vérités.Ben voyons.Comme disait ma chum Claudette, les femmes ont fini de faire les nourrices, et ce dans tous les sens du terme.Débrouillez-vous.Quand bien même vous vivriez quelques années de culpabilité, qu'est-ce que ça peut nous faire ?On a baigné dans cette sauce depuis la naissance ; je ne suis pas contre que vous la viviez à votre tour (appelons ça la garde partagée !) juste pour savoir comment c'est fait, comment ça mine et comment ça rend malade Tu passes 17 lignes, Georges-Hébert Germain, à donner raison aux féministes et le reste à contredire ce paragraphe-alibi : «Ils (sic) ont raison, indéniablement.Rien à redire contre leurs discours et leur projet.Les femmes ont déclenché le plus puissant mouvement idéologique qu'aura subi pour son grand bien notre civilisation».Les autres 562 lignes sont d'un deuxième type.«Le féminisme a créé chez l'homme une profonde insécurité et une fragilité émotionnelle qui le rendent beaucoup plus vulnérable aux maladies psychosomatiques» dit le psychiatre-psychanalyste Claude Saint-Laurent, sinistre personnage freudien que tu cites abondamment.Bravo.Allez vous faire prescrire des valiums De toute façon, tout à la peine et aux blessures que nous vous avons faites, vous ne vous êtes même pas aperçus du changement de ton du féminisme depuis une couple d'années.Vous en êtes restés aux discours raides et aux grandes manifs des débuts.Vous boudez tellement fort, comme des petits garçons que vous êtes, qu'on vous entend pareil même si vous êtes soi-disant silencieux.«Les hommes se sont tus.Au début parce qu'ils craignaient de ne pas être compris ; ensuite, parce qu'ils ont acquis la certitude qu'on ne les écoute pas».Pauvres petits.Maman-a-pas-le-temps-de-les-écouter-elle- est-trop-occupèe-à-chanter On vous a tellement écoutés dans le passé qu'on a vraiment baucoup de misère à vous entendre maintenant.De toute façon, je trouve que vous avez le silence pas mal tonitruant et agissant Je te signale que vous êtes encore au pouvoir partout, au cas où tu serais trop bousculé par les femmes pour t'en être aperçu.Tu parles de 20 ans de féminisme.Mais, mon pauvre Georges-Hébert Germain, le féminisme n'est pas nouveau.Il y avait des féministes à Alexandrie, en Grèce, au XVIIIème, au XlXëme siècle, à toutes les époques et dans toutes les disciplines.Renseigne-toi.La grande différence entre hier et maintenant c'est que ce mouvement-ci est irréversible Vous vous retrouvez dans la position de Napoléon à Waterloo.Ça s'appelle frapper un noeud On gagne du terrain, Georges-Hébert Germain.Et même si les analystes du chômage essaient de nous culpabiliser en reliant le problème à la présence des femmes sur le marché du travail, on ne les croit plus.On ne les croira plus jamais.On devient une force économique, George-Hébert Germain.Vous êtes déstabilisés et avec vous toute la société que vous avez construite.D'après ce que je peux saisir de votre litanie de lieux communs au sujet des femmes et de vos doléances, bander ou débander doit avoir un lien direct avec la montée ou la descente de l'indice Dow Jones.Et ne venez pas me parler du matriarcat québécois et de la force des femmes d'ici.Bullshit.Force de torchage.Le pouvoir enfermé entre les quatre murs d'une cuisine.«Il n'y a plus de discours amoureux.Et plus de désir sous la douche froide du discours féministe, le désir est insoutenable».Tu as lu jj ça dans Pif ou dans les livres de Philippe | Sollers ?Le problème, George-Hébert Ger- ° main, c'est que tu fais un travail de perroquet ^ et non de journaliste.Tu répètes les insanités * de Claude Saint-Laurent : «Ne vous deman- s dez pas pourquoi les hommes ne font plus la I 12 LA VIE EN ROSE, juillet 1984 délinquante cour aux filles.Ils n'ont pas envie de subir le discours féministe.Ils préfèrent donc éviter toute discussion et aller droit au but en utilisant les armes ou pièges les plus simplistes Ils prennent le chemin le plus court entre le désir et la satisfaction.» À ma connaissance, il n'y a que deux chemins courts du désir à la satisfaction : le crossage et le viol.Conclusion : le féminisme mène les hommes à la masturbation et au viol.CQFD.Un peu simpliste, non?Et ça continue: «La grande vogue de la porno douce serait une réaction des hommes au féminisme.Incapable d'affronter les vraies femmes, ils se tournent vers les femmes en papier, inoffensives et permissives».Ben voyons.A-t-on déjà trouvé plus subtile manière d'expliquer une industrie mul-timilliardaire ?On aurait pu aussi se passer de tes fantasmes personnels, Georges-Hébert Germain, ton «jardin de fantasmes», comme tu dis.Tu nous ennuies pendant 56 lignes sur le ton : «Quand je me promène dans le bois avec ma carabine dûment chargée entre les mains, il m'arrive de m'imaginer que je tombe sur une belle fille endormie Beau flash ! Mais qu'est-ce que je ferais ?Je vous le demande».Tu devrais faire attention à étaler ainsi tes fantasmes Cette image de toi déambulant «ta carabine chargée entre les mains» est une image phallique troublante Tu pourrais te retrouver sur un divan freudien avant peu Y aurait-il chez les hommes envie de double, de triple ou de quatruple pénis ?Je me demande comment les pères de famille qui ont une fille se débrouillent pour lui expliquer que, contrairement à ce que dit Georges-Hébert Germain, elle ne pourra pas aller dormir seule dans un bois sans danger, qu'elle ne pourra même pas se promener seule le soir ou faire du jogging sur le Mont Royal à sept heures du matin sans danger, et que c'est justement des «monsieurs qui-sont-de-la-même-sorte-que-papa» qui risquent de lui faire du mal.Comment résolvent-ils ce problème ?En le laissant à leur femme, je suppose, comme d'habitude Tu qualifies ton papier de «reportage», moi je dis que c'est du «rapportage» primaire, maladroit, infantile, bien en-dessous des prétentions de l'Actualité à être un grand magazine d'information, et de tes propres capacités.J'ai toujours pensé, jusqu'à ce jour, que tu étais un bon journaliste.Dorénavant, je serai beaucoup plus vigilante et j'attendrai qu'un journaliste écrive sur les femmes avant de me prononcer ^ Hélène Pedneault PS.: As-tu déjà songé passer de l'adolescence à l'âge adulte?P.P.S.: J'ai aussi écrit cette chronique en l'honneur de Jean Paré, ton illustre rédacteur en chef, qui t'a commandé l'article.comment ai r e Des bourdons dans le vinaigre Suite aux réflexions «carabinées» de Georges-Hébert Germain dans l'Actualité, Radio-Québec redonnait, le 25 avril, Droit de parole à une soixantaine d'hommes : «le féminisme a-t-il réduit les hommes au silence ?» En studio, les machos purs et durs, journalistes et sexo-psycho-logues bavards, Chevaliers de Colomb bredouillants, verdissaient devant la montée articulée des «nouveaux hommes» pro-féministes.Au téléphone le public, surtout féminin, répondait : 103 oui, 298 non.Armande Saint-Jean commente à son tour toutes ces courageuses paroles d'hommes.Bêtes et méchantes, les féministes.Féroces, castrantes, terroristes.et quoi encore ! La chanson n'a rien de nouveau mais le ton monte, dans le concert de réactions antiféministes entonné ces temps-ci par les nouveaux machos recyclés, terrorisés à l'idée de finir étranglés par leur propre culpabilité.Une chose me réjouit dans ce tissu d'inepties : c'est la forme même du mouvement des femmes qui déclenche une riposte aussi cinglante, violente.Pourtant, quelques hommes comprennent déjà et quelques voix s'élèvent, plus nombreuses qu'hier, pour formuler des idées d'hommes, inspirées de nos paroles de femmes, en harmonie avec notre vision du monde et du pouvoir Mais les Champagne-Gilbert, les Martin Dufresne, André Michaud, Hervé de Fontenay et autres «hommes-info» ne suffisent pas, même quand ils occupent l'avant-scène de la télé, à compenser l'immense mauvaise foi de la majorité de ces pauvres-zommes-zaccusés-zet-zaccusateurs, qu'ils soient psychiatres, vendeurs d'assurances ou chômeurs.Que voudrait-on des féministes, au juste ?Que nous disions avec douceur les siècles d'oppression ?Que nous demandions avec gentillesse ce qui ne s'obtient que par la force ?Déjà entendue, celle-là aussi.Que ça plaise aux hommes ou non, le féminisme pose les rapports entre les sexes en termes politiques.À force de les entendre nous sommer d'appuyer nos «intuitions sentimentales» sur des preuves et des statistiques, nous en sommes arrivées à articuler des thèses rigoureuses, scientifiques au besoin, d'une inébranlable justesse.Voilà qu'ils nous reprochent le ton et l'effet, à présent.En plus de «réduire les hommes au silence», le féminisme aurait aussi «refroidi le désir amoureux».Privés «d'une structure sentimentale sécurisante et valorisante», les pauvres hommes en tombent malades Serait-ce un indice que les femmes ont enfin conquis le pouvoir de poser leurs conditions à la relation qu'elles entretiennent avec les hommes ?On dirait que d'aucuns le prennent assez mal.merci.On les voit pontifier, argumenter, vociférer, le verbe vengeur et le rictus amer Dommage : ils se condamnent eux-mêmes.Moi, les bourdons m'énervent Les faux et les autres.Surtout quand ils tournent autour de la ruche en hurlant que le miel a un goût de vinaigre.Surtout quand ils continuent de se pourlécher les babines et de profiter du nectar Surtout quand ils s'indignent parce que les butineuses ne butinent plus en silence, comme autrefois.Armande Saint-Jean, f.r.r (féministe radicale et féroce) Bijouterie Palm Création 1544 St-Jean Baptiste Remontage Pointe-aux-Trembles, Montréal Vente H1B4A4 Tel: 645-5544 Réparation sur place Réparation d'horloge Prop : Lise Lauzier Art artisanal Flénenne Rivenn UN CAMPING PRIVÉ POUR FEMMES SEULEMENT à Ste-Marguerite du lac Masson Informations: 642-6368 (Montréal) 628-0702 (Rive-Nord) 774-2739 (St-Hyacinthe) Réservations terrain de campage lakenkwe: BG 58 RR 1 Lac Masson JOT 1LO P.S.Carte de membre obligatoire LA VIE EN ROSE, juillet 1984 13 Derrière les hautes fenêtres mousselinées, le soleil s'infiltre entre les giboulées de ce 30 mars parisien.Debout dans le bureau jaune et bleu de la rue Pergolèse, sous le sourire goguenard de René Lévesque, nous attendons la nouvelle Déléguée générale du Québec à Paris.Et puis la porte s'ouvre derrière nous, Louise Beaudoin est là.Menue, habillée d'un tailleur gris fer très b.c.b.g.' elle nous tend la main, nous met à l'aise, s'assoit.Je cherche ses yeux, tout ce que j'ai vu d'elle avant, en close-up sur papier glacé, son regard vert sous la frange foncée, frappant en effet, direct, dense, dénué de toute naïveté «Un bon homme politique, un gars de la gang», disaient d'elle journalistes et parlementaires.Saura-t-elle parler d'elle autant que de l'entente avec Pêchiney ?Nous que les échanges industrialo-commerciaux franco-québécois passionnent moins et qui fréquentons trop peu, sans doute, les femmes de pouvoir, nous méfions légèrement du personnage.N'a-t-elle pas déjà lancé, en pleine campagne référendaire : «Le discours féministe, nous l'avons essayé mais ce n'est pas le bon Nous comptons sur les maris, qui ont plus tendance à voter oui, pour convaincre les femmes » Une simple boutade, bien sûr.Questions habituelles, questions féministes habituelles, elle nous répond de bonne grâce Parfois habile, saupoudrant ses propos d'un zeste féministe à notre égard Parfois démunie à 38 ans, elle sait qu'elle n'aura pas d'enfant.«mais changeons de sujet».Sous le cuir tanné par 20 ans de politique, se découvre soudain un coin de peau fraîche, le luxe de la franchise, de l'émotion : elle reconnaît son ignorance de la littérature féministe, ses réticences face à «l'extrémisme», son conditionnement aux valeurs traditionnellement mâles de la politique, ses limites.De temps en temps, elle éclate de rire, abruptement et je vois pointer l'irrévérencieuse, «Zonzon la tomboy», l'enfant prodige et LOUISE BEAUDOIN À PARIS gâtée, tenant tête à son chef René Lèvesque au congrès de décembre 1981, et pourtant l'une des seules à le tutoyer.Deux heures plus tard, nous sommes faites Plutôt qu'impressionnées par ses réponses, nous voilà séduites par ce charme fait d'habileté et de simplicité chaleureuse.Nous ne sommes pas les premières.Depuis son entrée en fonction, le 5 mars, les médias français ne la lâchent pas d'une semelle.Du conservateur Figaro aux socialistes Martin et Nouvel Observateur, on accueille en vedette cette jeune diplomate à qui 15 ans de relations franco-québécoises directes et privilégiées donnent quasi un statut d'ambassadrice À quoi tient, selon elle, ce brouhaha inhabituel9 «Beaucoup, bien sûr, au fait que je suis une femme et que j'ai 38 ans ; les deux sont rares dans le monde un peu compassé de la diplomatie Mais, ce premier ètonnement passé, c'est ma connaissance des dossiers et du Québec qui compte.Je suis ici pour représenter le Québec et, sur le plan de la compétence, le charme ne |oue plus.«Il y a autre chose des 150 ambassades sur la place de Paris, pas plus d'une vingtaine sont vraiment actives et suscitent de l'intérêt.Le Québec en est Davantage que le Canada, plus traditionnel Et la culture québécoise fait encore la manchette quand Gilles Vigneault, Ginette Reno, Fabienne Thibeault ou, ces jours-ci, Jean Lapointe arrivent et «font un plat» a l'Olympia, leur succès contribue à créer un certain climat » Charme LVR : «Quand même, n'êtes-vous pas agacée par ce traitement des médias 7 Aurait-on accueilli Yves Michaud dans le Nouvel Observateur sous la rubrique ; o Ç> a c ^ * ^ = oz »««¦ o 5 o n O - o.m a entre 1906 et 1911, La vagabonde, La retraite sentimentale, Les vrilles de la vigne, L'ingénue libertine.Parfums des bêtes : Colette a toujours manifesté une prédilection pour les femelles du monde animal, chiennes, chattes, panthères, guenons, pouliches.Elle a écrit sur les bêtes comme si elle en était une elle-même, solidaire de toutes les douleurs muettes.«Ses yeux magnifiques posaient sur toutes choses d'alentour, assurés, prasins, changeants, le regard mâle des chattes qui ont décidé d'échapper frénétiquement à leur sexe et de vivre à peu près stériles» écrit Colette dans Chambre d'hôtel.«Prasin» est ce mot qui décrit le vert doré des yeux des chattes! Il fallait Colette pour nous le donner.Jt^ jovette marchessault Étang aux Oies Des oeuvres de joaillière Si j'avais pu rencontrer Colette, toutes les questions que j'aurais pu lui poser! Toutes les interrogations, tout ce que l'on dit savoir, ce qui nous a été rapporté, ce qui est vrai.et le reste ! Fascinante Colette, à la fois «libre et entravée», vouant un culte à Sido, sa mère, et la faisant personnage, servant son propos et.sa mémoire, dans ses livres.Sido aurait pu nourrir des milliers de pages, elle qui entretenait une sérieuse correspondance avec sa fille dès son départ de la maison maternelle.Elle l'appelait son «Minet Chéri», lui enseignait la nature dans toute sa quotidienne splendeur et relevait de façon tout à fait anticonformiste.«Bien avant sa fille, avec autant de naturel, Sido semait le scandale» dans le petit village de Saint-Sauveur Si j'avais pu rencontrer Gabrielle-Sidonie Colette, je lui aurais parlé de ma mère tout en la questionnant sur la sienne ; je ne crois pas que nous nous serions particulièrement attardées aux joies (!) de l'écriture mais nous aurions longuement, je le sais, échangé des recettes de vins et de pâtés de foie, mangé ensemble jusqu'à plus faim et comparé nos fleurs, nos plantes et les habitudes de nos chattes (ma chatte, qu'on se le dise, est la réplique exacte-la réincarnation ?- de celle de Colette).Mais Colette n'est plus et si ses oeuvres s'empilent sur ma table de travail, c'est que je m'étonne toujours devant la polyvalence et la grande diversité de ses écrits.Romans, théâtre, scénarios et adaptations cinématographiques, mémoires, critiques, recettes, récits.la liste est longue et un livre de Colette n'est, finalement, jamais lu.Parmi mes favoris, Sido qui raconte sa mère exquise, Duo : amour et jalousie, Le pur et l'impur: son essai sur ce qu'elle s'amusait à nommer les «uni-sexuelles» (traduire homosexuelles), la série des Claudine: oeuvre première écrite sous la férule du maître/mari Wil- Colette et Missy, séance de gymnastique.Colette portait au bras un bracelet sur lequel elle avait fait graver : j'appartiens à Missy.ly, L'envers du music-hall parce qu'elle avait vécu (et souffert) en tournée par amour de la pantomime et de la scène, Chéri et La fin de chéri où une femme de cinquante ans, ancienne cocotte, s'amourache d'un jeune homme avant de «passer» sereinement à la «retraite sentimentale», Bella-Vista où les apparences sont plus que trompeuses et, et, et.ses oeuvres uniques écrites plus tard, alors que l'arthrite commençait à sérieusement emprisonner sa hanche, ses oeuvres si fines qu'on dirait des joyaux et qu'elle ciselait tout en rouspétant contre le maudit métierd'écrivaine.La naissance du jour, Mes apprentissages, Journal à rebours, De ma fenêtre, Gigi, L'étoile Vesper, Mes cahiers et Le Fanal bleu.Son dernier mari rapporte que Colette écrivait jusqu'à six lettres par jour.Sur du papier choisi et avec un assortiment de plumes, écrire des lettres devenait un rituel où l'écriture pouvait être un moment de plaisir.Une très importante partie de ces lettres (à Marguerite Moreno, la comédienne et amie très chère, à ses pair-e-s, à ses collaborateurs-trices et à sesami-e-s) est publiée dans la Collection du centenaire de Colette parue chez Flammarion en 1973.Lire Colette, c'est aussi lire une époque, retrouver à travers elle une pléiade de personnages fictifs et/ou historiques, de Natalie Barney à Sarah Bernhardt ou Ravel, Proust et Valéry.Personne n'a mieux lu ou aimé Balzac, personne n'a décrit et aimé la nature et les bêtes comme elle.Et si certains de ses thèmes noussemblent démodés, il n'en demeure pas moins qu'au début du siècle, une femme choisissant comme nom définitif son patronyme, vivait pleinement, goûtant à tout, faisant scandale et s'en moquant; cette femme a redonné à l'écriture un ton, une allure et un genre qui se tenaient fièrement hors des lieux du masculin.Anne-Marie Alonzo A paraître en luin, aux Éditions des temmes, deux volumes illustrés ; par Sido, Correspondance à sa fille er par Colette, Lettres inédites. IS LÉGER ÉTÉ I faisait très chaud le 28 avril dernier.Marie-Claude Trépanier et Hélène Pedneault, des deux super-voisines de la rue Chateaubriand, se sont installées à la Librairie Gutenberg, à Montréal, tout 'après-midi, l'une avec son magnétophone, 'autre avec méra, en vue de soutrfr à des lectrices fureffuses de librairies les titres de leurs ions.«Quel est le s livres que vous z adoré(s), emment ou non, et e vous recommandez x lectrices de la Vie en se?L'été est là.es titres aussi.Faites os jeux.de mots.1 •••• •y ! En ce moment, je lis des livres très techniques pour une thèse en psychologie.Je n'ai pas lu de fictions depuis un bon bout de temps.J'aime beaucoup la poésie, de toute sorte : américaine, britannique, française -Rimbaud en particulier - Yates, Dylan Thomas.Un livre m'a beaucoup impressionnée récemment : de Charles Darwin, The Evolution of the Emotions In Man mé Animal, écrit il y a plus de 100 ans.C'est le livre qui commence l'étude des émotions, mais d'un point de vue plus biologique que psychologique.Les dernières fictions que j'ai lues étaient un roman de Doris Lessing, ShlkJSU, (Ed.du Seuil, 16.65$) et The Eve ol the Needle de Patrick White, un très bon auteur australien.Ce que je projette de lire, c'est le dernier livre de Germaine Gréer et le dernier de Kate Millett sui une femme artiste.J'ai oublié le titr mais elle expose à New York en ce momenta Soho Linda Allan C'est sans doute L'Insoutenable légèreté de Titre, de Kundera.Ce n'est pas très original, tout le monde lit ça en ce moment.C'est à la fois un livre de fiction et de réflexion philosophique Et même si c'est écrit par .un homme, les personnages féminins sont justes, - touchants et riches.Judith Brosseau Le passé Infini, de Flora Groult.(Ed.Flammarion ; 15,25$).Anonyme Madame Bovary, de Gustave Flaubert J'avais à le lire pour un travail de philosophie.J'ai trouvé le vocabulaire poussé, très imagé.Je viens d'un collège anglophone et j'ai dû lé lire en anglais, mais je n'étais pas capable d'apprécier la beauté du langage Alors je l'ai lu en français et c'est là que j'ai vu les images extraordinaires que Flaubert utilise.Cela m'a ébahie et je me suis enrichie de beaucoup de vocabulaire.Judith Rochette Le deuxième sexe, de Simone de Beauvoir.Il était temps que je le lise ! (Idée/ Gallimard, en 2 tomes ; 6,50$ et 7,25$).•Brigitte Chassillal Critique et vérité de Roland Barthes (Ed.Le Seuil; 10,40$) C'est un beau petit livre qui permet de voir le travail de la littérature, du critique et de r^| l'écrivain 1 par rapport ' à la lecture.Un livre de rien, superbe, où tout est dit très simplement Nicole Maillé Lltterary Theory, de Terry Eagleton, que j'ai lu dans le cadre de mon mémoire en littératures comparées.Aussi le livre de Thomas Hardy «Tess d'UrbervIlle» Il ne faut pas voir le film très mauvais que Polanski en a fait, mais il faut lire le livre.C'est en livre de poche.(4,95$) Julie Attallah L'Insoutenable légèreté de l'être, de Milan Kundera, chez Gallimard (16,95).C'est génial, j'ai pris quatre jours à m'en remettre.Tu finis de lire le livre et tu essaies d'interroger ta propre vie pour savoir si tu penches du côté de la légèreté ou de la pesanteur, et une journée c'est l'un et une journée c'est l'autre Je ne pourrais pas l'expliquer clairement il me faudrait le relire pour en faire une synthèse.J'ai eu des impressions, et je m'en contente.Je me suis mise à lire Raymond Queneau aussi depuis 52 LA VIE EN ROSE, juillet I9S4 TENABLE quelque temps.Tout le monde essaie d'écrire comme ça aujourd'hui, dans la discontinuité du récit Et Queneau -# W écrivait avant la* \ dernière guerre V# J'ai l'impression qu'on est - - en retard quand -7 ie lis des trucs comme ça.Louise LaHaye Invention de l'hystérie, de Georges Didi-Huberman.Ed.Macula.Ce livre est basé sur l'iconographie de l'hôpital français La Salpêtrière où Charcot, le médecin qui a découvert l'hystérie, faisait des espèces de mise en scène montrant des hystériques en crise Didi-Huberman montre, comment Charcot construisait et dirigeait ces crises, par exemple en faisant voir aux hystériques des gens en crise pendant qu'elles n'étaient pas en crise Elles avaient donc des modèles auxquels se conformer.?! C'est un livre fascinant, très bouleversant, difficile à trouver, cependant.Johanne Lamoureux Maryse, de Francine Noël (Ed.VLB; 16,95$) et L'Insoutenable légèreté de l'être, de Kundera.Ce livre est beaucoup moins misogyne que tous ses autres et le personnage de loin le plus sympathique et le plus libre est une femme, Sabina Mais on passe par-dessus sa misogynie, tellement ce qu'il fait est bon Marje-Helène Leclerc" La disparition, de Georges Pèrec (DeNoël ; 16,75$) et Monde de ténèbres de Robert Bloch, (Série noire, Gallimard ; 3,25$).Lucie Ménard Le livre que vous avez aimé et que vous voudriez que tout le monde lise.Ce sont deux questions différentes pour moi.Par exemple Femmes de Philippe Sollers m'a intéressée, mais je ne voudrais pas que tout le monde le lise I En fait, j'aime beaucoup les livres que je n'aime pas, parce qu'ils me stimulent ! La force du vertige, de Glucksmann pour les mêmes raisons.Je le trouve merveilleusement intéressant, mais je ne suis pas d'accord! Adèle Lauzon Moi.je suis une amatrice de Jean-Paul Sartre : Les mots, Le mur.tous ses livres.Mais je n'aime pas votre magnétophone.Anonyme La libraire comme lectrice : Françoise Careil «La place» de Annie Ernaux chez Gallimard (9,95$), une autobiographie C'est l'histoire d'une fille qui vient d'un milieu populaire en Normandie.Elle va à l'école, elle est brillante, elle fait l'École normale, devient professeure et se marie avec un prof d'université.Elle change de milieu social.Et l'auteure raconte son problème de culpabilité par rapport à son milieu d'origine, à ses parents, à son nouveau milieu et à ses élèves.C'est un tout petit livre qu'on lit en une soirée et dont récriture est superbe Maryse, de Francine Noël, que j'ai adoré.Je suis Française, mais je trouve le personnage de Maryse international Je m'y retrouve complètement.Sauve-loi, Lola, de Ania Francos, Éditions Barrault (17,95$), distribué par Flammarion.Encore une autobiographie.L'auteure a eu un cancer, elle est maintenant en rémission, mais elle n'est pas guérie.Je l'ai lu en deux soirs : le premier soir, j'ai complètement paniqué, je me suis tâtêe les seins pour savoir si je n'avais pas une boule quelque part ; le lendemain, j'ai lu tout l'après-midi, et le soir je n'avais qu'une envie, c'est d'avoir moi aussi le cancer ! Quand elle apprend qu'elle a le cancer, elle pense qu'elle va mourir et elle décide de brûler la chandelle par les deux bouts.Alors toutes les bêtises qu'elle peut faire, elle les fait Elle se lie d'amitié avec des femmes qui sont aux prises avec le même problème qu'elle ; elles sont toutes désespérées, mais en même temps pleines de vie.C'est un livre drôle qui a un côté très dur parce que la plupart de ses amies meurent Le cancer y est démystifié.Je suis aussi une folle de romans policiers Je les lis à la chaine et je peux difficilement dire lesquels sont les meilleurs Dernièrement, j'ai lu le dernier livre de Donald Westlake.Ça n'arrive qu'à mol (Série noire, Gallimard, No 1946 ; 3,95$) J'ai commencé à deux heures de l'après-midi et j'ai fini à cinq heures sans bouger de mon fauteuil C'est un petit bijou de policier Aussi Banquise de Prudon (Fayard noir ; 5,95$).C'est un policier du genre «social» qui se passe dans une banlieue très populaire en France.C'est excellent.Les suggestions de Praline Pedneault (fine connaisseuse de livres très spécialisés.) Le rat de Venise, des nouvelles de Patricia Highsmith, La proie du chat de la même auteure ; Des souris et des hommes de John Steinbeck ; La chatte de Colette (tous en livre de poche) et Le chat dans tous ses états de Jean-Louis Hue (Éd.France-Amérique et en livre de poche) ^ Entrevues : Marje-Claude Trépanier Photos : Hélène Pedneault 1 / Merci aux libraires Françoise et Marcel qui n'ont pratiquement pas pu travailler cet après-midi-là pour cause de plaisir.LA VIE EN ROSE, juillet 1984 53 I De passage à Paris l'hiver dernier, Hélène Pedneault en profitait pour jeter un oeil sur ce que font en 1984, les féministes françaises.1 Françoise Pasquier, Cathy Bernheim, Suzette Triton, éditrices et journalistes, lui ont fourni des renseignements toujours valables cet été 84.Avis aux voyageuses et aux curieuses ! u r q u r e g a r Vieille routière du féminisme, fondatrice des Éditions Tierce et du CRIF, le Centre de recherches, et d'information féministes, éditrice de la revue Questions féministes, Françoise Pasquier est partout.C'est elle qui, en 1980, s'est retrouvée en procès contre les femmes de Psychanalyse et Politique/Éditions des femmes, qui Éditions des femmes, qui avaient «déposé» le sigle MLF comme une marque commerciale pour empêcher les autres groupes de femmes de l'utiliser Cette batailleuse du concret est aussi d'une disponibilité exemplaire.Elle a fondé les Éditions Tierce en 1977 et publié depuis 21 livres, huit numéros de la revue Questions féministes et 14 numéros de La Revue d'en face «J'ai commencé par faire des livres militants - on dit maintenant d'intervention - sur des sujets précis comme le planning familial Puis des livres par plaisir comme Calamity Jane : Lettres a sa fille, et puis d'autres sur le droit au travail, sur le féminisme en Italie, etc Des livres tout à fait nécessaires à l'époque «On explore différents domaines Par exemple, j'ai commandé un livre sur l'Islam parce que les 20 livres déjà publiés sur le sujet étaient tous plus mauvais les uns que les autres.J'ai donc cherché une femme capable d'écrire un livre enfin clair et intelligent.à mon avis bien sûr ; cette femme, c'est Fatima Mernissi Comme je «suggère» toujours ainsi des sujets à des auteures, je n'ai publié à ce jour qu'un seul manuscrit reçu par la poste J'en refuse beaucoup et j'assume complètement ce refus.Je fais mon travail d'éditrice le plus honnêtement possible mais en 84 on ne peut plus se permettre - compte tenu des exigences commerciales - de faire n'importe quoi.Ce n'est pas parce qu'une femme a écrit quatre lignes que c'est nécessairement intelligent Je ne regrette aucun livre que j'ai publié mais j'ai acquis une certaine dose de rigueur et j'espère pouvoir la garder.«J'ai fondé cette maison avec une amie et un fond de 60 000 FF (environ 10 000$), ce qui n'est rien.Les deux premières publications ont été un agenda un peu commercial, qui s'est bien vendu, et la revue Questions féministes, qui nous a apporté un certain statut international parce que c'était la seule revue théorique en français.«À l'époque, on produisait un livre et on attendait les recettes pour en faire un autre.Maintenant, les systèmes de diffusion sont plus classique», mais pendant trois ans on a tout fait entièrement seules.J'ai fait la France au complet en voiture avec mes livres dans le coffre Ça demandait une foi et une énergie énormes Encore aujourd'hui, il n'y a pas d'argent à faire à Tierce On paie l'impression, le loyer, l'électricité, et on réinvestit immédiatement dans un autre livre.C'est une société avec des actionnaires mais je suis seule à décider et à prévoir les fins de mois, ce que j'assume d'ailleurs très bien.À mon avis, il n'est pas sain, quand on a sa propre affaire, de demander à d'autres d'y investir bénévolement «Il y a quand même, autour de Tierce, un certain nombre de femmes à qui je peux demander conseil.Deux réseaux, en fait : des gens en province qui achètent systématiquement tout ce qu'on publie et un cercle parisien de gens qui me remontent le moral quand il me manque 10 000 FF.Ça compte !» Les Éditions Tierce sont distribuées au Québec par Dimèdia, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent H4N 1S2, 332-3941.À Paris: Éditions Tierce, 1, rue des Fossés Saint-Jacques, 75005, tél.: 329.83.07.Tierce a publié entre autres : Berthe ou un demi-siècle auprès de l'Amazone, sur Natalie Clifford-Barney, préface de Michèle Causse , Séverine, choix de papiers, recueil des principaux articles de la grande journaliste du XIXe siècle, annotés par Evelyne Le Garrec ; et tout dernièrement, Stratégies de femmes, des textes de 26 féministes de six pays occidentaux Questions féministes «Née en novembre 1977, Questions féministes était une revue théorique, conçue par des sociologues.Elles y ont traité de thèmes comme le patriarcat, le travail domestique, les différences sexuelles, avec la rigueur scientifique dont nous avions besoin.Après le huitième numéro, il y a eu un problème dans la collectif.Moi qui étais l'éditrice de la revue, je n'intervenais pas dans le contenu.On a invoqué officiellement le débat homosexualité/ hétérosexualité très fort dans le mouvement à Paris, mais moi je croirais plutôt qu'il y avait un problème de pouvoir non admis.J'en ai eu assez et je leur ai dit de se débrouiller seules.Il y a eu rupture et une partie du collectif a édité par ses propres moyens, en mars 1981, ce qui s'est appelé Nouvelles Questions féministes, avec la même idéologie, et avec dans leur numéro 1, le fameux texte d'Adrienne Rich, «La contrainte à l'hétérosexualité».«Elles en sont maintenant a quatre numéros, je crois Selon moi, les grandes idées théoriques émises dans les huit numéros de Questions féministes ont tellement bien mis en place le paysage de l'étude du patriarcat que tous les éléments de discussion -qu'on soit d'accord ou pas -ont été posés.Maintenant, ça se répète.On ne découvre pas de nouveaux concepts à tous les ans.Une fois qu'on en a développé certains, on devrait être à l'écoute des discussions qu'ils ont fait naître.» Questions féministes : les numéros 2, 4, 5, 6, 8 sont encore disponibles aux Éditions Tierce, adresse ci-haut.Entre 23 et 25 FF.Le Centre de recherches et d'information tëministes^^^_ «Monter un centre de documentation n'était pas, en soi, une idée particulièrement originale Quand les socialistes sont arrivés au pouvoir, ils ont créé le ministère des Droits de la femme Notre groupe d'amies a proposé un projet de centre de documentation qui a été retenu et soutenu financièrement par ce ministère.Le CRIF fonctionne depuis juillet 1981.«J'avais entassé chez moi et à Tierce des documents qui dormaient dans des cartons C'était idioL Puis on a pensé que des genres de Women's Studies pourraient se créer en France et qu'il faudrait bien pallier le manque de documentation féministe des grands organismes comme le CNRS (Centre national de recherche scientifique) et la Bibliothèque nationale.Le CRIF ne veut pas se substituer à eux - on est pas mégalomanes - mais monter une documentation, à partir des années 80, qui s'adresse aux femmes a un niveau politique et théorique, avec cependant l'ouverture la plus large possible aux femmes 54 LA VIE ES ROSE, juillet 1984 I q u e s Française d'ailleurs «Je souffre de voir mes propres amies s'enfermer dans leur Hexagone, ne pas vouloir savoir ce qui se passe ailleurs et s'imaginer que nous sommes toujours les seules théoriciennes au monde C'est vrai que la production théorique a été très forte en France, en Italie aussi d'ailleurs.À mon avis, ce sont les deux pays où le féminisme s'est vraiment théorisé.«Mais aujourd'hui, il faut regarder ce que font les Américaines, les Anglaises.Plus on s'ouvrira, plus on trouvera des femmes prêtes à travailler pour transmettre aux générations futures ce que nous savons en tant que féministes.Ce travail de carrefour, d'une certaine communication internationale, est ce qui m'intéresse le plus.«En ce moment au CRIF, nous avons un système manuel : on classe, on fiche, on répond aux demandes provenant de partout au monde, par courrier, par téléphone ou par visite.L'accès à la documentation est gratuit mais c'est un problème ; il faudrait rentabiliser l'affaire pour la développer.«Notre phase 84 sera l'informatisation.À partir de là, on devrait devenir un vrai service public Le CRIF diffuse aussi un bulletin d'information quasi mensuel, sur abonnement : une vingtaine de pages, avec un article de fond, quelques documents, des critiques de livres et des sommaires de revues françaises et étrangères.Très souvent, après avoir reçu le bulletin, des femmes viennent consulter sur place, faire des photocopies d'articles ou s'abonner.» Bulletin du CRIF.abonnement le CRIF, 1, rue des Fossés Saint-Jacques, Paris 75005 Prix personnel : 70FF.Pour les collectivités : 120FF Par mandat postal en francs français.Laj^yjjejTejiJaçe La revue d'en tace a démarré en mai 1977 et nous en sommes maintenant à 14 numéros Alors que Questions féministes venait combler un besoin de théorie et de féminisme radical.La revue d'en face n'a jamais voulu se situer dans une ligne particulière et, curieusement, ce non-dogmatisme fait sa faiblesse commerciale De mon point de vue d'éditrice, je trouve intéressant de voir que la «rigidité» de Questions féministes se vend mieux qu'une revue qui butine et touche à tout comme La revue d'en lace Ça nous apprend beaucoup sur les femmes.C'est une revue difficile à maintenir mais qui a maintenant un collectif plus sérieux qu'avant.Certains articles sont tout à fait intéressants, avec des points de vue plus souples sur les choses, c'est une revue agréable et facile d'accès.» La revue d'en face, abonnement : Éditions Tierce, adresse ci-haut.Anciens numéros encore disponibles : 4, 5, 6, 7, 8, 11, 12, 13, 14, entre 16 et 35FF Les Cahiers Pénélope/Pour l'histoire des femmes «Créée par un groupe d'historiennes - le groupe d'études féministes de l'Université de Paris - c'est une revue universitaire qui a pour but de résumer les travaux en cours sur certains thèmes Neuf thèmes jusqu'à maintenant, dont la presse, l'éducation, la science, la violence, la création.Ce ne sont pas des articles de fond mais des articles très courts sur des sujets nouvellement traités dans l'histoire des femmes.Tierce ne publie pas la revue mais la diffuse » Cahiers Pénélope : anciens numéros disponibles chez Tierce, entre 20 et 35FF.Abonnement annuel (deux numéros, printemps et automne: 90FF) S'adresser à: Pénélope, 54, boul.Raspail, Paris 75.lathy Bernnei et la perturbation Ecrivaine, traductrice et militante féministe depuis les débuts du mouvement des femmes actuel, Cathy Bernheim écrit depuis dix ans -avec d'autres - la chronique Le sexisme ordinaires dans la revue Les Temps modernes, sous le nom de Catherine Crachat ( ! ).Elle a déjà été critique de cinéma au quotidien Libération, cette fois sous le pseudonyme de Spitty Cat Elle a traduit Emma Goldman, Angela Davis et le dernier livre de Betty Friedan, Second Stage Elle vit à Paris, travaille à la radio libre Fréquence gaie, s'intéresse au cinéma et collabore à un petit feuillet féministe nomme Folles Alliées ( !! ) Elle a publie Perturbation, ma soeur/Naissance d'un mouvement de femmes2 à la fin de 1983.«Perturbation, ma soeur essaie de faire la jonction entre l'historique, le collectif et l'individuel, le personnel et le politique, ce qui est excessivement difficile Quand je parle à des gens de l'extérieur du mouvement des femmes, on me dit : «Comme ce livre est subjectif !» Mais dès que je parle à des femmes du mouvement qui sont dans un «vouloir politique», c'est le contraire : «Je ne te vois pas dans ce livre, il n'est pas assez subjectif.» D'un côté, toute la gauche qui n'a pas voulu s'engager politiquement du côté des féministes rejette la subjectivité parce qu'elle est trop dérangeante ; et de l'autre, du côté des féministes, c'est l'absence de subjectivité qui est apparemment dérangeante.Je trouve ça passionnant Et si on veut aller vers l'un et l'autre à la fois, il faut se tenir sur une espèce de ligne et j'avoue avoir du mal à maintenir l'équilibre «J'ai voulu avant tout faire oeuvre d'écrivaine, c'est-à-dire écrire quelque chose qui soit à la fois de la créativité et du concret, du réel Quand on veut rendre publique de façon efficace une pensée à travers l'écriture, et qu'elle corresponde aux gens qui vont vous lire, il faut dire «moi-je».Si les gens ont tellement besoin de parler d'eux-mêmes, c'est justement parce que «cet eux-mêmes» n'est jamais exprimé dans une société.C'est nécessaire, on a eu longtemps tendance à raconter trop de destins collectifs et pas assez de destins individuels.La solitude est une donnée fondamentale de l'être humain, et elle est nécessaire.Il ne faut pas chercher à s'en débarrasser Les sociétés qui veulent faire en sorte que les êtres humains ne soient plus solitaires sont des sociétés de mensonge ; et ça donne forcément des sociétés totalitaires puisque de toute façon chaque être poursuit son existence solitaire.«Par contre, j'ai aussi une identité collective de féministe, et je veux expliquer ce qu'est une femme en 83, en 70, en 60, parce que j'ai commencé mon histoire dans les années 60.J'ai été obligée de donner à voir qui parlait, donc il a bien fallu que je raconte un peu ce qui m'a amenée à devenir féministe Je l'ai fait très légèrement parce que je ne voulais pas entrer dans cette sorte d'inflation de livres de femmes racontant leur vie dans le détail Elles continuent à penser que chacune de leur vie a force de collectivité : or, on a force de collectivité seulement quand on rattache sa vie à la collectivité.«J'adore quand même lire des vies d'hommes et de femmes : Cathy Bernheim LA VIE EN ROSE, juillet 1984 55 rien ne me passionne plus que les êtres humains à chaque tois qu'ils arrivent à s'exprimer réellement Cela dit, ça ne lait pas forcement avancer la pensée collective Renvoyées à notre destin solitaire, on n'aurait pas pu s'en sortir parce qu'on n'aurait pas eu la force de se dresser contre ce qui était un système tellement au point qu'il nous broyait les unes après les autres II continue d'ailleurs à nous broyer.Je ne veux plus de cet isolement d'avant : devant une société collective, il faut se dresser collectivement en tant que femmes.Et quand il s'agit de notre propre vécu, il faut savoir être seule.C'est bien pour ça que j'ai essayé de taire ce livre qui est à la fois collectif et subjectif.«Je n'ai pas raconté ma vie comme le fait Kate Millett; j'ai raconté l'histoire de quelqu'une qui peut ne pas être moi C'est pourquoi j'ai adopté le «pseudonyme» de Perturbation.Perturbation, c'est toute la révolte qu'il y a dans les femmes.Mais je ne veux pas résumer l'humanité à l'intérieur d'un seul personnage.» Vlasta.fictions/ utopies amazoniennes Suzette Triton est directrice de publication de la revue Vlasta.créée en avril 1983 : «Nous avons constaté que les lesbiennes, en général, n'avaient aucun espace d'écriture dans lequel s'inscrire.Elles avaient un espace individuel mais peu de circulation des textes et des idées.À plusieurs - Michèle Causse, Nicole Brossard et d'autres - on se passait mutuellement certains textes, qu'on photocopiait, qu'on s'envoyait, et on avait envie que ces textes soient lus par plus de dix personnes.On a donc fait une revue de création, je le précise parce que ce n'est pas une revue militante au sens étroit du terme «À notre avis, les lesbiennes manquent d'espace géographique évident, mais aussi d'espace imaginaire En partant de ce lisevekeman l'itinérante L'itinérante roman 184 pages 9,95$ Une histoire d amour qui n a pas eu lieu Éditions La Presse • Un talent tou • Benoît Routhier Le Soleil EN VENTE PARTOUT principe, du fait qu'on se bute continuellement à des referents qui ne sont pas les nôtres, on a tout à créer Et pour créer, les mots et l'imaginaire sont déterminants.D'où la revue Vlasta, avec en sous-titre «fictions/ utopies amazoniennes».«D'emblée, on a voulu faire une revue francophone - Québec, France, Belgique, Suisse - et internationale, avec des traductions de textes américains, allemands et autres, pour qu'il y ait une circulation plus grande et que se tisse, petit à petit, ce territoire imaginaire.«On a choisi le nom en conséquence Vlasta est une héroïne de la Bohème du XVIIIe siècle qui a monté une armée de femmes et même créé un territoire avec un code, des lois.De nombreuses femmes de Bohême se sont jointes à elle, mariées ou non, de toutes conditions.«Dès le début la revue d'abord littéraire s'est ouverte à la création sous toutes ses formes - arts plastiques, photo-et à la vie elle-même dans la mesure où chaque lesbienne doit créer la vie.créer sa propre vie.D'où l'importance de donner à lire aussi des vies de lesbiennes passées et présentes.Notre troisième numéro sortira en septembre » Vlasta est disponible à Montréal seulement aux librairies suivantes : L'Androgyne, Gutenberg, Aube-Épine, Renaud-Bray, Flammarion, au coût de 8$ (format d'un livre).L'Agence Femmes Information, AFI À l'AFI, rue des Jeûneurs, c'est Caroline Helsper que j'ai rencontrée, mais toute cette gang de femmes est bien sympathique.Je vous les recommande L'AFI est une agence de presse qui rassemble une information éparse ou inédite sur les femmes, la répercute dans les médias et porte un regard critique sur l'événement, à travers un bulletin hebdomadaire lancé en 1982.En marge de ce bulletin vendu par abonnements, l'AFI propose aux journaux des articles et prévoit Carol Gilligan 8,35 $ 3642 ST-LAURENT 2' ÉTAGE MONTRÉAL 56 LA l'IE EN ROSE, juillet 1984 rep l'organisation de tables rondes.Son centre de documentation public existe depuis 1979.L'AFI propose des dossiers de presse sur des sujets plus aigus, comprenant les articles les plus importants parus dans la presse depuis plusieurs années, des documents inédits, des adresses utiles, une bibliographie, etc À ce jour, une quinzaine de dossiers sont disponibles sur des sujets comme les femmes battues, l'avortement le viol, les mutilations sexuelles, la prostitution, la loi antisexiste.Les prix varient de 50 à100FF L'AFI propose aussi des «recherches a la carte», c'est-à-dire un dossier de presse sur mesure, selon vos besoins.Il n'y a pas de tarif pré-êtabli Vous formulez votre demande par téléphone ou par écrit, l'AFI vous enverra gratuitement un devis, et commencera le travail dès réception de votre accord.Un autre service : «pièces a l'appui».Contrairement aux dossiers de presse, ce sont des études originales faites d'analyses, de témoignages, d'inédits préparés par les journalistes de l'AFI quand elles veulent intervenir sur un sujet controversé.Elles sont aussi accessibles au public.On peut s'abonner au bulletin hebdomadaire de l'AFI ; en plus de Repères, un article de fond, on y trouve des nouvelles brèves, des chiffres, etc.Il y en a maintenant plus de 100 de publiés, et vous pouvez en obtenir copie.Bref, l'AFI est une mine d'or.J'en sais quelque chose Quand je leur ai demandé de consulter le dossier Simone de Beauvoir, elles m'ont sorti un paquet de quatre pouces d'épaisseur.et passionnant Vous donner les prix de tous les services serait fastidieux, je vous suggère plutôt d'écrire à l'AFI pour obtenir la documentation.AFI, 21, rue des Jeûneurs, Paris 75002.Tél.: 2333747 Le Centre audiovisuel Simone-de^Beauvoir^^^^^ En juin, et pour la première fois en France, s'ouvrait à Paris un centre audiovisuel d'archivage et de production de documents par ou sur les femmes, fondé par Delphine Seyrig, Carole Roussopoulos et lonna Wieder Comme me l'a expliqué Catherine Deudon, on peut y consulter sur place des vidéos, des diapositives et des archives sonores.Le Centre réalise des vidéos et offre aussi des stages d'initiation à la vidéo Les productions de Vidéo Femmes, de Québec, y sont disponibles pour visionnemenL Ceetre aodlo-vlseel Simone de-Beauvoir: 32, rue Maurice- Ripoche, Paris 75014.Tél.: 542.21.43.Ouvert au public: mercredi, vendredi et samedi de 15 à 20 heures.Citoyennes è part entière est le bulletin d'information du ministère des Droits de la femme.L'équivalent là-bas de la Gazette des femmes du CSF Abonnement 1 an (11 numéros) : 20FF.53, avenue d'Ièna, 75016 Paris.Femmes et Sociétés est la revue de la Commission internationale pour l'abolition des mutilations sexuelles.Une parution trimestrielle.On suggère des abonnements de soutien à 30$ US On n'indique pas le prix d'un abonnement règuier.137, rue de la Tombe-lssoire, 75014 Paris Folles Alliées est un feuillet humoristique féministe de quatre pages.Le nom suggère à lui tout seul le contenu ! Pour 5 numéros : 25FF.13, rue des Thermopyles, 75014 Paris.Le Zlg-ZIg est une boite pour femmes.13, Quai de la Tournelle, 75005 Paris.La Librairie Carabosses est une librairie féministe.58, rue de la Roquette, 75011 Paris, Hélène Pedneault 1/ Allusion à la passionnante étude de Michèle Sarde Regard sur les Françaises, dontSuzanne Jacob rend compte dans les flashes.21 Cathy Bernheim, Perturbation, ma soeur/Naissance d'un mouvement de femmes Éd.du Seuil, Coll Libre à elles.Pans.1983 Que Mars le sauvage et Vénus la douce soient en vérité inséparables, ce paradoxe apparent a engendré l'idée d'une correspondance.Très vite, au bout de quelques lettres, on verra comment la triade qui servait de point de départ (le guerrier, la prostituée, la mère) se trouve envahie, irriguée, débordée, à la lumière d'analyses, d'anecdotes, de souvenirs intimes, ou tout simplement de lectures.17,70$ LA VIE EN ROSE, juillet 1994 57 flash livres Le «gender gap » américain Gender Gap, Bella Abzug's Guide to Political Power tor American Women, Bella Abzug et Mim Kelber, Ed.Houghton Boston, 1984, Mifflin Cp.Cloth, 11,95$ ou Paper Books, 6,95$ Why and How Women Will Elect the Next President, Eleanor Smeal, Ed Harper & Row, New York.Paper : 6,95$ «Le 9 novembre 1982, les principaux conseillers du président Ronald Reagan convoquaient une réunion d'urgence à la Maison-Blanche.Le sujet de cette rencontre?Une tendance alarmante confirmée lors des élections au Congrès et aux postes de gouverneurs, la semaine précédente : les femmes avaient voté différemment des hommes, et contre les politiques du président et de ses candidats Ce phénomène a un nom : le clivage sexuel (gender gap).» Ce sont les premières lignes de The Gender Gap, un livre de Bella Abzug qui a fait le palmarèsdu NewYorkTimes Books Review tout le printemps 84.Sur la même liste, un ouvrage d'Eleanor Smeal, l'ex-présidente du NOW, la National Organisation of Women : Why and How Women Will Elect the Next President.Oui, comment et pourquoi les femmes éliront-elles le prochain président des États-Unis ?Le livre d'Abzug veut permettre aux femmes d'utiliser ce clivage sexuel, de profiter de cette coalition spontanée pour atteindre une plus grande force politique et se tailler une meilleure place au sein de l'appareil politique américain.Smeal propose sensiblement la même chose.Son ouvrage, sous-titré «Handbook», est en fait un manuel pratico-pratique qui explique, outre ce clivage sexuel, comment organiser des groupes de pression politique, comment choisir un candidat, comment voter plus intelligemment; bref, comment agir à partir du «gender gap».Ce n'est pas un hasard si les deux livres ont trouvé place en même temps chez les libraires américains : à quelques mois des élections présidentielles, cette nouvelle thèse politique risque de compter Des politicologues m'ont dit que le «gender gap» existe sans doute depuis que les femmes ont obtenu le droit de vote, sans qu'on ait senti jusqu'à maintenant l'urgence d'analyser le phénomène.En gros, et là je résume à outrance, le clivage sexuel veut dire qu'aux Etats-Unis, les femmes votent démocrate et non républicain (20% de plus de démocrates), appartiennent davantage au parti démocrate (60% de plus), votent contre les politiques «guerrières»; bref, dans le contexte américain, votent «à gauche».Le livre d'Abzug, ex-membre du Congrès américain et grande partisane de la longue lutte pour l'ERA (l'enchâssement dans la constitution américaine du principe d'égalité pour les femmes) est de loin le plus agréable à lire.Truffé d'anecdotes et de statistiques, ilatout le sérieux de l'analyse et toute la vitalité d'un article de revue.Hélas, dans sa hâte de prouver que cette coalition féminine peut faire une différence, elle ou-' blie que beaucoup de ces femmes, qui votent démocrate parce qu'elles estiment' que c'est un parti plus libéral, sont au bas de l'échelle socio-économique et n'iront peut-être pas voter le 6 novembre prochain lors de l'élection présidentielle.Le livre de Smeal est un peu plus aride, sauf lorsqu'elle nous explique comment les femmes peuvent s'organiser pour acquérir plus de prise sur le processus politique En particulier le chapitre «Getting organized", où elle dissèque de façon magistrale la structure des comités d'action politique, le travail des «pollsters» (hyper-experts en sondage), le courrier politique et surtout les divers outils à la portée des groupes de femmes dans notre socié- té hautement technicisée.La grande suffragette américaine Susan B Anthony écrivait il y a cent ans : «Il n'y aura pas d'égalité tant que les femmes ne contribueront pas à rédiger les lois et à élire ceux qui les font».Si l'on en croit Abzug et Smeal, profiter clairement du clivage sexuel permettrait aux Américaines de décider qui sera assis dans la chaise du président.Bien sûr, ces thèses sont américaines et n'ont pas d'équivalent ici pour l'instant.Ce sont quand même deux ouvrages à lire, ne serait-ce que pour s'inspirer de leurs trucs organisationnels, ma foi assez exceptionnels.Madeleine Champagne Une fête de vivantes Regardsurles Françaises, Michèle Sarde, Ed.Stock, France, 1983.J'ai lu toutes les lignes, toutes.C'est un livre qui m'a fait un bien énorme.J'ai eu tellement peur de Virginia Woolf, de Camille Claudel et d'Alice James ces derniers temps, qu'il fallait que je tombe dans une fête de vivantes! C'est fait.Michèle Sarde dit en introduction que son livre s'adresse aux Françaises.C'était peut-être indiscretd'yentrer?Mais non, les portes sont grandes ouvertes là-dedans.Non seulement j'y ai trouvé des réponses à presque toutes les questions que j'ai entendues ou que j'ai posées sur les Françaises (éducation des enfants et taloches, esprit de mariage et de famille, rouge à lèvre et conceptuali- sation, etc.), mais surtout, dans ce miroir dû à la synthèse des informations arrachées au silence des siècles au cours des cinquante dernières années, je me suis mise à m'apercevoir, avec mes soeurs, mes mères et grand-mères, Soeur Alice et Soeur Saint-Martin, mademoiselle Jolette et madame Lèvesque, la mère à Solange, et j'ai ri! J'avais l'impression d'un party où il ne manquait personne, où on sentait qu'à travers tant d'expressions, de ruptures, de ressemblances, d'alliances et de différences, on avait traversé, on traversait, on traverserait, vivantes.On est toutes invitées.On y rencontre Alienor d'Aquitaine et Brétécher, Simone de Beauvoir et Christine de Pi-san, Louise Michel, Claire Démar, Hubertine Aucher et Flora Tristan.C'est simple.On passe d'une pièce à l'autre, guidées par Michèle Sarde qui ouvre toutes les fenêtres qu'elle peut, qui trouve les entrées et les sorties des divers labyrinthes, qui donne et redonne la parole à toutes et à chacune, à chacune dans toutes.Michèle Sarde écoute si bien et laisse si bien entendre la parole d'une autre, sans jamais la recouvrir, en étant toujours consciente des résonances et harmoniques que la même parole peut émettre suivant la conformation du siècle ou du tympan qu'elle traverse, qu'on a lesentimentd'être soi-même écoutée comme lectrice.«Ce livre, dit Michèle Sarde, s'adresse au grand public qui n'a pas le temps de tout lire.» C'était fait pour moi.À la fin de ce party de dix siècles etdesixcentcinquante pages où je ne me suis pas ennuyée une seule ligne, moi qui n'ai aucun talent pour les party sauf celui de les fuir, Michèle Sarde dit : «Si ce Regard sur les Françaises a contribué quelque peu à éliminer les clichés, à démythifier la légende des Françaises et les stéréotypes qui s'y rattachent s'il est parvenu à détruire quelques préjugés, il aura rempli son contrat.» Le regard de Michèle Sarde fait encore plus ; il construit des ponts, des passerelles, des avenues, des sentiers entre toutes nos existences particulières, et il nous laisse libres d'emprunter les parcours 58 LA VIE EN ROSE, juillet 1984 flash dont nous avons besoin Regard thérapeutique par sa passion de la continuité.J'oubliais : c'est joyeux.Or la joie soutenue fait toujours surgir en moi une sorte de détresse.Je sortais alors sur le balcon pour respirer, pour mémoriser par coeur une phrase ou le numéro de bagne de Louise Michel, ou pour tanner Francine avec la même phrase : «Yen a une gang de comiques qui sont passées avant nous autres».J'en raconte des bouts à Francine pendant qu'elle allaite Sarah tranquillement.J'oubliais aussi : il yaquel-ques hommes au party.La mixité en France, ça fait partie des choses que Michèle Sarde explique • ^ Suzanne Jacob Un buisson de feu Le livre .de Promethea.Hélène Cixous, Editions Gallimard NRF, Paris, 1983 Il n'est jamais facile (mais qui cherche la facilité?) de parler d'un livre de Hélène Cixous.Il faudrait dix mille ans et autant de mots, ou alors, une seule phrase, un mot seul autour duquel s'asseoir, un mot unique (et les contenant tous) à tourner en tous sens afin de le palper, le regarder, l'écouter et le lire.Sans en jamais trouver le fond, la fin.Chaque mot est ici unique Chaque mot prend ici son sens premier et pour la toute première fois.Comme une rencontre nouvelle, riche de surprises, d'étonnements.Parfois femme, parfois jument claire transcendant le temps et l'histoire, toujours amour, Promethea donne à vivre.H.ou l'auteure ou Promethea elle-même, et les trois à la fois, écrivent un livre.Un roman d'amour épique, médiéval, un peu fou.Un texte de feu, avant tout Volant lefeudesdieuxpour l'allumer dans le coeur et l'âme de H.défiant l'aigle, galopant loyeusement à travers les siècles comme si elle y avait été invitée, Promethea se laisse écrire.Surveillant de près les phrases, lisant par-dessus l'épaule de l'auteure, la corrigeant quand le texte ne lui est pas fidèle, et l'accompagnant.Car ceci est Le livre de Promethea.Livre immense au-delà des immensités.Livre éclat où l'amour fou peut être fidèle et joyeux, peut être impatient et béni, peutêtre |aloux.Terriblement.Peut être (l)ivre de beauté surtout.«J'ai un peu peur pour ce livre.Parce que c'est un livre d'amour.C'est un buisson de feu.Mieux vaut s'y jeter, une fois dans le feu, on est mondé de douceur.J'y suis : je vous le jure.» .^ Anne-Marie Alonzo Carrier la dérangeante La danse macabre, violence et pornographie, Micheline Carrier, Éd.Apostrophes3.Québec, 1984 Récemment, paraissait le troisième ouvrage de Micheline Carrier, La danse macabre.Après Doit-on pendre Jocaste ?, une réplique passionnante et cinglante à Christiane Olivier (parue aussi dans sa collection Apostrophe), Micheline Carrier, historienne et philosophe de Québec, reprend ici un suiet de réflexion douloureux qu'elle a longuement tourné, retourné et approfondi depuis ' cinq ans : l'extraordinaire violence faite aux femmes dans la pornographie.Elle y avait d'ailleurs consacré un premier ouvrage, La pornographie, base idéologique de l'oppression des femmes (1983).Il conviendrait d'analyser plus en profondeur le travail de cette journaliste militante, vigilante et radicale, qui ne rate jamais une occasion, depuis des années, de riposter publiquement et prompte-ment, dans les médias écrits, aux coups portés par l'actualité et les institutions aux intérêts des femmes.Ainsi, La danse macabre est d'abord un recueil de textes dé|à parus dans Châtelaine, Le Devoir ou La Presse ; des textes qui, remis à jour, ont très peu vieilli.Mais j'attire l'attention sur un nouveau texte, en conclusion de volume : «Faut-il vivre avec les hommes à n'importe quel prix?», qui fait état de sa démarche lournalistique.Pour reprendre l'expression de Jean Francoeur du Devoir, Micheline Carrier n'est pas «une-joumaliste-qui-vend-de-l'assurance».Bien au contraire.Elle heurte, elle dérange, en développant d'une plume Y mordante des textes d'analyse " serrée mais accessible.Ses propos sur le féminisme radical et sur la misogynie sont souvent drus, durs, sans détours, sans compromis, inconfortables mais ïamais inintéressants.Micheline Carrier oblige à prendre position», Cela dit, le ton un peu amer agace parfois (pourquoi faut! il donner mauvaise conscieng ce aux lectrices?), comme cette désagréable impression qu'elle parle au nom de tourtes les femmes.Mais ce son\ peut-être des écueils difficiles à éviter pour une polémisie.t Toute personne sensible au débat sur la porno, qui a>' «galvanisé l'opinion publique» en démontrant à quel point «la violence est un problème collectif, unearmedans les rapports de force entre les sexes», devrait lire cet ouvrage au titre merveilleux .^» Ariane Emond WMUB /./:' MAGAZINE Çt '/ /.' 1/7 c« 1ER BE M 'COI P PEM Rt LA VIE ES ROSE, juillet I9S4 A lire absolument Le Bouquet écologique, journal du Réseau des groupes écologiques du Québec.Vol.2, n° 2, dec.1983/|an.1984 Avec son titre rose bonbon, le «bouquet» menaçait d'avoir des allures un peu.fanées.Cependant, il n'en est rien avec le numéro 2 du Bouquet qui aborde d'emblée la proposition de «Bâtir le Québec autrement» de la très dynamique Solanges Vincent, écologiste, pacifiste et féministe bien connue des lectrices de La Vie en rose.Madame Vincent ne propose rien de moins que de réécrire «Bâtir le Québec» mais en y incluant cette fois l'élaboration de propositions alternatives où seraient privilégiées «l'imagination et la volontéde sortir des vieilles ornières».Le projet consisterait à miser sur la fécondité d'équipes interdisciplinaires ayant des propositions concrètes en vue d'un changement de cap dans les domaines économique, technologique et social.On croirait volontiers que Madame Vincent avait lu le Manifeste des Ami-e-s de la Terre avant sa parution, quand on lit: «Toutefois, il faut avoir aussi une vue d'ensemble et examiner les interactions d'un développement régional orienté vers l'auto-suffisance et l'auto-gestion des régions.» Plus loin, le Conseil régional de l'environnement, par la voix de son président Gérald Scullion, fait un bilan des luttes écologiques dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean II est à noter que le Bouquet écologique est en fait un bulletin à l'usage des groupes et membres du réseau Cette situation justifie le repiquage de textes auquel se livre le rédacteur en chef, aussi nouvellement élu secrétaire du Comité permanent du Réseau des groupes écologiques québécois, Roger de la Durantaye.On trouve aussi dans cette édition du Bouquet un texte sur les menaces qui pèsent sur les forêts européennes, écrit par Wilhelm Knabe, porte-parole des Grunen, le parti vert allemand ; des extraits du Manifeste des Ami-e-s de la Terre de Québec : des textes enfin sur la vision qu'ont les jeunes de l'environnement, sur les pluies acides et sur le mouvement de flash retour au foyer des femmes qui semble s'amorcer en France.Comme on le voit, le Bouquet écologique mène à tout : somme toute, ce bulletin se veut un carrefour informel des idées alternatives qui circulent dans les groupes écolos du Québec .Magali Marc cinéma Une leçon de racisme flue Cases-Nègres, Réal.Euzhan Palcy, en mai au cinéma Parisien, Montréal Difficile de ne pas beaucoup aimer ce premier film de la cinéaste antillaise Euzhan Palcy.flue Cases-Nègres, une fiction «documentée», intelligente et brillamment interprétée (par des amateurs sauf deux comédiens), parle de la sous-condition des Martini-quais-es autour des années 30, coupeurs-ses de canne de père en fils, de mère en fille.Ce film raconte d'une manière très sensible la détermination farouche d'une grand-mère, m'man Tine, à faire instruire son petit-fils José afin qu'il échappe à un destin tracé d'avance et nécessairement misérable.La petite amie de José, pourtant tout aussi douée que lui, ne bénéficiera pas, elle, de l'appui parental-ni aucune autre fillette d'ailleurs.Et cela, la cinéaste a tenu à le souligner.Au-delà de l'atmosphère chaude et vaguement rétro BASE DE PLEIN AIR À l'abri de la ville, en toutes saisons (819)424-2552 , ?:¦¦ r i ÔMON06 Centre culturel Lieu d'heber^merir: sr-venAnr-Dt-HeœfOKD ( mouette) comte Pc ConiPTOti, Qc job iso PAK LA SOUK 253 • A proximité de la frontière du New Hampshire.e Ancien couvent, au cœur des Monts Hereford, d'un calme exceptionnel.e Pour séminaires, sessions, activités de plein air.• Deux chambres, trois dortoirs.• Accueil: 25 personnes.Nicole Brossard Journal Intime Repondant à une commande radio-phomque.Nicole Brossard a écrit pour la première fois un journal intime Elle s interroge sur l'intimité des choses qui constitue le territoire de l'amour, de la solitude et de la créativité Cette écrivaine s'y revêle émouvante et passionnée.94 p — 9.95$ Les Herbes Rouges 60 LA VIE EN ROSE, juillet 1984 flash créée par des images aux couleurs écrues, au-delà de l'humour qui élève le propos au-dessus du misérabilisme, au-delà de la tendresse qui soude amoureusement les deux personnages de la vieille et de l'enfant, au-delà même de ce casting d'enfants remarquable, et malgré un montage qu'il aurait fallu resserrer vers la fin, c'est sans doute la description subtile du racisme, grossièrement exercé par les Blancs, plus ou moins intégré par les Noirs, qui m'a le plus touchée.Tranchant sur le défaitisme ambiant, la fierté de M'man Tine et de José fait écho à celle de Euzhan Pal-cy, «fière d'être négresse».À voir avec des enfants, si vous en avez sous la main, Ariane Émond théâtre es cris de la pierre Camille C, de Jocelyne Beaulieu el René Richard Cyr, d'après Une temme.d Anne Delbée, mise an scène de Geneviève Notebaert.avec Lise Roy Théâtre dauiour-d'hui, Montréal, du 10 mai au 8 juin.Camille Claudel, sculp- teure, n'aura jamais vu la force de son oeuvre reconnue publiquement.Socialement reniée, même ridiculisée, on la réduisit aux rôles de muse de son maître-amant Rodin et de soeur de l'écrivain Paul Claudel.Question d'époque.(Vraiment?).Après 30 ans d'asile psychiatrique, elle mourait en 1943 (Voir LVR de mai 84).La pièce Camille C.présentée en mai dernier au Théâtre d'aujourd'hui évoquait bien cette époque où une femme se battait pour exercer son art, dans une mise en scène sobre de Geneviève Note-baert.Animant une facture théâtrale classique, les éclairages et la bande sonore nous transportaient aisément dans les différentes atmosphères de la vie de Camille, de l'enfance à l'asile, du salon familial aux ateliers el salles d'exposition.Le jeu des co-médien-ne-s cernait avec justesse, sur un rythme bien mené, l'émotion et le feu qui habitaient cette femme, incarnée elle-même par Lise Roy, avec une passion retenue et prenante.Pourtant, personnellement.ie suis restée sur ma faim et cela me mènera sans doute à sa biographie.Le découpage d'une vie est un travail déli- cat et, dans ce cas, il me semble qu'on a manqué de nuances, ce qui donne aux personnages des traits de caractère parfois stéréotypés (comme si l'on devinait les répliques d'avance).Mais Camille et son oeuvre restent à découvrir, et en ce sens la pièce (reprise éventuellement ?) est à voir „^ Danielle Lapointe arts visuels Leur JE à elles JE: 18 autoportraits.Centre culturel de Côtes-des-Neiges, Montréal.3 au 27 mai.Chacune se reconnaît dans les images de l'exposition JE: 18 autoportraits.dans la silencieuse de Rodriguez, dans l'«amoureuse excessive» de Boucher, ou même dans les corps en rondeurs de Brochu.Chacune reconnaît aussi son quotidien dans les références fantaisistes à «la divine casserole» de Blouin, ou dans les travaux de couture de Nantel.Les autoportraits des femmes sont-ils des portraits «prêts-à-porter» (Morisset) ou «automatiques» (Boudreau) ?Certaines artistes font des clins d'oeil à l'histoire de l'art.Par exemple, le tableau intitulé Siamoise fait sans doute référence à la ribambelle de jumelles, «cousines» ou «soeurs» qui sont apparues en art il y a plus de trois siècles (succédant à «la mère et l'enfant»).Comme si, pour le peintre mâle, il fallait être deux pourfinalementdevenir La Femme.Les Baigneuses de Poupart, trois blocs non figuratifs, cite ironiquement toutes les baigneuses produites par les hommes et montrant les femmes comme obiets, objets d'art.Mises à l'écart de l'histoire et de l'histoire de l'art, les femmes doivent tenir compte des images de femmes-ob|ets qui leur ont été imposées, mais la camisole de force n'est pas un vêtement confortable.L'acte d'accrocher son portrait acquiert alors une valeur politique.Serait-ce pour cela que le corps est peu montré ou, s'il l'est, c'est de façon caricaturale (Brochu) ou humons-tique (Tremblay) 9 C'est pour se dé-portraitiser que les autoportraitistes tiennent un discours ironique et dissident, sous le couvert de la figuration et de l'abstraction symboliques.théâtre du rideau vert ~= V Du 2 au 28 octobre Le plaisir renouvelé du théâtre.001 filM Du 1 ^ novembre au 16 décembre W LA FILLE SUR LA B BAMQUETTE ARRIÈRE ALBERTIME, EM CIMQ TEMPS j Auteur Bernard Slade Adaptation Jean-Claude Carrière M se en scène Yvette Brind'Amour Saison fn lO-c-sduction avec le Centre national des Arts Auteui Michel Tremblay MSac en scène André Brassard Louise Turcot • Léo Ilial • Lénie Scoffié • Jean Fontaine • Gabrielle Mathieu 84-85 Murielle Outil • Amulette Garneau • Rita 1 afoniai ne • Paule Marier • Denise Morelle • Huguette Oligny Du 15janviei au 10 février Du 26 février au 24 mars Dv 9 avril au 5 mai CHACUM SA VÉRITÉ 1 UflE JOURMÉE PARTICULIÈRE | L'ÉDUCATIOM DE RITA Auteur Luigi Pirandello Version française: Benjamin Crémieux Mise en scène: Danièle J Suissa Yvette Brind'Amour • Jacques Godin • Catherine Bègin • Jean-Marie Lemieux • Gérard Poirier • Claire Pimparé • Vincent Davy • Gisèle Schmidt En coproduction avec le Théâtre du Trident Auteur: Ettore Scola Adaptation: Roland Lepage Mise en scène.Guillermo de Andrea Marie Tifo ¦ Jean Besre Auteur Wllly Russel Mise en scène.Yvette Brind'Amour Diane Lavallée • François Cartier Dépliant sur demande: 845-0267 ABONNEZ - VOUS ! SES.Tl 1 SPECTACLE GRATUIT Ame"can E,,pre,, W LA VIE EN ROSE, juillet 1984 61 flash spectacles L'aura de Laurie Laurie Anderson, au Spectrum de Montréal, le 25 avril, les 1 et2 mai.Laurie Anderson entre en scène, le déclic se fait.Nous sommes ailleurs.L'espace-temps de son show, nous aurons l'intuition que le monde déborde l'unidimensionnelle réalité quotidienne.D'où surgit-elle, cette femme qui nous regarde, qui nous parle et qui désire si fort que le transfert s'opère, d'elle à nous ?Cette femme, qui joue du violon depuis l'enfance, refuse 1 à seize ans une carrière clas-^ sique de virtuose.À dix-neuf ô ans, elle débarque à New | York.Elle y étudie l'histoire E de l'art; enseigne, très peu ° de temps ; se met à la sculp-§ ture ; écrit dans Art News, Art S.in America, Art Forum.Pre-Laurie Anderson mière exposition solo 1970.Débuts de sa carrière de per-formeuse en 1 972.Invention du violon-qui-parle en 1975 : une tête de lecture de magnétophone chante sous l'archet doté d'une bande magnétique.New York reconnaît Laurie Anderson, Berlin l'invite ainsi qu'Amsterdam, Bruxelles, Paris.En février 1983, elle donne United States l-IVk la Brooklyn Academy of Music.La performance dure sept heures.Au printemps 1984, elle remplit le Spectrum, à Montréal.Le charme agit encore sur la ville.Cette femme est tout entière à ce qu'elle fait.Sculpteure de la matière audio-visuelle, poète de la technologie,-elle participe intégralement à son oeuvre d'art global.Elle devient son propre médium avec générosité et maîtrise.Dans son aura, pas d'ordinaire qui tienne.Sans dogmatisme, elle indique des potentialités de perception, à recevoir en toute innocence.Laurie Anderson propose un retour joyeux aux sources de l'intelligence.Qui l'aime, la suive.^ Josette Giguere Laurie superlative Laurie Anderson est une planète magnétique, à doux visage blanc lunaire, à chevelure hérissée et à fossettes.Son génie réside dans la simplicité extrême de sa musique dite «minimaliste».Cette nouvelle vague musicale consiste à répéter tout au long d'une «toune» un nombre minimal de notes ou d'accords.Les variations du son viennent des changements de rythme, d'instruments de musique et de gagdets électroniques.Laurie Anderson a lu deux textes, traduits par Nathalie Pétrowski et Jean-François Doré pour les spectacles des 1 •' et 2 mai.Mais, en général, ses paroles sont recitatives et irréductibles, ponctuant clairement les phrases musicales.La voix de l'artiste prend des inflexions insolites lorsque robotisée par des dispositifs électroniques.Un écran géant sert de fond de scène.On y projette des images animées qui, du début à la fin, illustrent les paroles et ca-dencent la musique.Le spectacle commence par l'entrée de sept figurant-e-s masqué-e-s mais la curiosité et l'intérêt du public se portent rapidement sur le texte lu, d'une voix électroniquement dénaturée, par un personnage central vêtu et masqué de blanc.Ce texte numérique et philosophique démontre l'abîme conceptuel, culturel et politique existant entre les chiffres 0 et 1, pourtant carrément consécutifs, par exemple entre une personne nulle (0) et une autre première (1).Ensuite, Laurie Anderson se démasque et enchaîne avec son synthétiseur.C'est ainsi que la New Yor-kaise et son équipe de trois femmes et trois hommes, musicien-ne-s et choristes, donnent le ton à un événement spectaculaire, exemple parfait d'harmonie entre différents modes d'art et d'expression, chaque médium réduit à sa forme la plus simple, la plusessentielle.Résultat: un show d'une beauté démystifiée, franche et unique.¦ Dana Zwonok *• LIBRAIRIES I CLASSIC 825 BOULEVARD ST-LAURENT.PLACE LONGUEUIL LONGUEUIL.TÉL.: 677-8341 - 1430 OUEST STECATHERINE.MONTREAL.QUEBEC.TÉL.: 866-8276 - 1 PLAZA ALEXIS NIHON.WESTMOUNT.QUÉBEC.TÉL.: 933-1806 - GALERIES D ANJOU.VILLE DANJOU.QUÉBEC.TÉL.: 353-6950 - LE CARREFOUR LAVAL.BOUL.LE CARREFOUR.LAVAL.QUÉBEC.TÉL.: 681-7700 - CENTRE LAURIER.2700 BOUL.LAURIER.STE-FOY.QUÉBEC.TÉL.: 653-8683- LES GALERIES DE LA CAPITALE.5401 BOUL.DES GALERIES.QUÉBEC.QUÉBEC.TÉL.: 627-3855-PLACE FLEURDELYS.550BOUL.HAMEL QUÉBEC.QUÉBEC.TÉL.: 529-9609-PLACE DE SAGUENAY.BOUL TALBOT.CHICOUT1MI.QUÉBEC.TÉL.: 543-3882-LES PROMENADES DOUTAOUAIS.1100 BOUL MALONEY.GATINEAU.QUÉBEC.TÉL.: 561-1319 - CENTRE PLACE VERTU.3205 BOUL CÔTE VERTU.VILLE ST-LAURENT.QUÉBEC.TÉL.: 335-2971 - LES GALERIES DE GRANBY.40 RUE ÉVANGÉL1NE.GRANBY.QUÉBEC.TÉL.: 378-6547- CENTRE LES RIVIÈRES.4125 BOUL DES FORGES.TROIS-RIVIÈRES.QUÉBEC.TÉL.: 378-8708.SOLDE! SOLDE! SOLDE! J Surplus d'inventaire, GRANDE RÉDUCTION J sur plusieurs titres dans toutes nos succursales.De plus, n'oubliez pas que nos gérants-tes démarquent 5 best-sellers de leur choix à tous les quinze jours.Bon Soleil Bonne Lecture Bon Été La direction des libiaiiies Classic CULTIVE! MM in.es suggestions des amies, leurs cadeaux.Ceux dont elles m'ont parlé, les grains du texte dans la voix.Les parutions récentes.Quelques autres encore qui exigent une nouvelle rencontre.Les romans sont là, venus de l'automne et du printemps.Et parfois de beaucoup plus loin, de beaucoup plus près.«Tout ce que je sais, ou presque, je l'ai appris dans les livres» (Volkswagen blues) UMS Maryse, Francine Noël, VLB éditeur, 426 p., 16,95$.C'est le livre de l'année, alors.Triomphe de l'amour, Catherine Rihoit, Gallimard, 438 p., 18,25$.Entre le sourire et le fou rire les histoires d'amour de la trop riche famille Mollard-Smoldew.Le seul risque : vouloir lire les autres romans de Catherine Rihoit : La lavorlte, Gallimard, 280 p.14,75$ ou Le bal des débutantes, Folio, 4,95$, par exemple.Jenny, Sigrid Undset Stock, 301 p., 8,95$.Histoires d'amour, Julia Kristeva, Denoel, 353 p., 19,95$.Marquée au corps, Margaret Atwood, Quinze, 280 p., 12,95$ Le corps torturé, le corps repos-sèdê L'apprentissage de la vie et de soi Un roman qui précisément marque au corps.Laura Laur, Suzanne Jacob, Seuil, 181 p., 12,95$.On habite longtemps l'univers de Laura Laur ; moi, je crois même que je n'y échapperai jamais.Sans coeur et sans reproche, Monique Proulx, Éd.Québec/ Amérique, Montréal, 1983,14,95$.Volkswagen Blues, Jacques Poulin, Québec/Amérique, 290 p., 14,95$ De Gaspê à San Francisco, une lecture unique de l'Amérique.La maison Trestler ou le 8* jour de l'Amérique, Made leine Ouellette-Michalska, Québec/Amérique, 299 p, 16,95$.(Voir flashes) Pierre ou la guerre du printemps 81, Marie-Claire Biais, Primeur, 165 p., 14,95$ Le coeur d'acier, la loi des hommes, des vainqueurs.La logique inexpugnable de la destruction.Jusqu'à ce que le Blanc de Chine efface tout, même cela.Un roman d'une lucidité franche, qui nomme le lieu où nous mène l'oeuvre de M C Biais depuis 25 ans.On ne peut choisir d'y échapper.La vie a deux, Dorothée Parker, 10/18.252 p., 7,60$.Des nouvelles «Les unes sont pitoyables et sentimentales, d'autres sont cocasses, d'autres d'un humour impitoyable et certaines sont tout cela à la fois.Mais toutes ont en commun ce qui fait l'originalité et la force d'un écrivain : le style.» (Benoîte Groult, prêfacière et traductrice).Des romans de Marguerite Duras : Le marin de Gibraltar, Folio, 428 p., 4,95$.Un barrage contre le Pacifique, Folio, 365 p., 4,95$.Le ravissement de Loi V.Stein, Folio, 191 p., 2,95$.Pour qui te prends-tu, Alice Munro.Québec/Amérique, 297 p., 12,95$.Une écrivaine canadienne-anglaise qu'il faut lire.George Sand ou le scandale de la liberté.Joseph Barry, Seuil, Points Biographie, 567 p., 7,75$.Tas rien compris Jacinthe.Sylvie Desrosiers, Leméac, 137 p., 9,95$.Avoir 26 ans et envie de se suicider quatre fois par jour.Être bien jusque-là.Journal d'Alice James, Éditions des femmes, 297 p., 14,95$.La soeur méconnue d'Henry James.De son désespoir un journal troublant.Moi, Chrisliane F., 13 ans, droguée, prostituée., Folio, 342 p., 5,75$ Vie et aventures de la Trobairitz Béatrice, irmtraud Morgner, Éditions des femmes, 521 p.(environ 30,00$).Tentée depuis que je l'ai reçu Mais il faut le temps.Une belle au bois dormant féministe qui s'endort en 1130 et se réveille dans la France de Mai 1968.Michèle Roy À SURVEILLER: ÉTÉ 84.Passerez-vous par Québec cet été?Les fêtes com- mémorant la venue de Jacques Cartier sont l'occasion de centaines de spectacles dont ceux de Buffy Sainte-Marie, les 26 et 27 juin ; Véronique Béliveau, 25 et26 juin ; Renée Claude et André Gagnon, 29 juin ; Brenda Woot-ton et Le chant des femmes, 9 et 10 juillet; Chantai Beaupré, mêmes dates ; Sylvie Vartan, 1 6 et 1 7 juillet; Margie Gillis et Marie-Josée Si-mard avec l'Orchestre sym-phonique de Québec, 23 et 24 juillet; Marie Eykel et l'OSQ, 28 et 29 juillet: Edith Butler, 4 et 5 août ; Judy Col-lins, 6 août ; Betty Carter, 11 et 12 août, et encore bien d'autres.SUR LES ELLES DU TEMPS - CAMILLE CLAUDEL ET LES SCULPTEURES QUÉBÉCOISES CONTEMPORAINES : créations de sept artistes inspirées de la vie de Camille Claudel, ainsi que des photoqraphies des oeuvres de l'artiste.À la Galerie UQAM, au Pavillon Judith-Jasmin de l'Université du Québec à Montréal, du 20 juin au 9 juillet.Pour information : 282-8401.COLETTE, une exposition de photographies à la librairie Hermès, 11 20 ave Laurier ouest, Montréal.Fin juin.Pour plus de renseignements, téléphoner au 274-3669.OAHSt MOUVEMENTS ET RYTHMES ACTUELS: Portes ouvertes à An- dréanne Boutin, Jacinthe Giroux, Roger Gosselin, Normand Lécuyer, Johanne Madore et Claire Samson, 14-15-16 juin; De là, jusqu'ici, avec Sandy Acton, Darcey Callison, Lynn Lan-thier, Lee Anne Smith, Tedi Tafel, 22-23-24 juin ; Claude-Marie Caron, 28-29-30 juin ; tous à 20h30.À la Galerie Tangente, 307, rue Ste-Catherine ouest, Montréal (métro Place-des-Arts).Tél.: 842-3532.JHiÎJRE LES FEMMES EN SCÈNE : Le Théâtre Parmi-nou rappelle que ses deux pièces sur la condition féminine Moi c'est pas pareil.j'travaille ! et Pensions-y bien! sont disponibles sur demande.S'adressera : Le Théâtre Par-minou, CP.1 58, Victoriaville, G6P 6S8, ou téléphoner à: (819) 758-0577.MUSMt FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL: le Big Band de Akiyoshi-Tabackin, Carmen McRae, Tania Maria, Joanne Brackeen seront du nombre Sur la rue St-Denis, entre le 29 juin et le 8 juillet.MUSIQUES DE FEMMES : Du folk au rock en passant par le blues, et le jazz, à l'occasion du Canadian Women's Music and Cultural Festival.Ça se passera au parc Kildo-nan, à Winnipeg, les 1er et 2 septembre Pour information: OUR TIME IS NOW, Cdn.Women's Music Fest., 745 Westminster ave., Winnipeg, Man.R3G1A5.Tél.: (204) 786-1921.LE NEUVIÈME FESTIVAL DE MUSIQUE DE FEMMES AU MICHIGAN : cette rencontre de mères et de filles (voir LVR n° 14, nov.83) présente, du 9 au 12 août, les artistes suivantes : Alix Dobkin, Casselberry et Dupree, Cris Williamson, et plusieurs autres.Avant le 1 5 juillet, les billets sont offerts à prix réduit aux femmes à faible revenu, 4 jours : 84$, 2 jours : 65$.Au guichet, 4 jours: 100$, 2 lours : 75$.Le billet inclut tous les spectacles, les ateliers, trois repas végétariens par jour, et le camping.Écrivez à : WWTM, 1501 Lyons Street Mt Pleasant Michigan 48858, USA (tél.: (51 7) 772-0582) 64 LA VIE EN ROSE, juillet 1984 0642 SPÉCIAL VACANCES À l'occasion de la uinzaine de la Pléiade les éditions Gallimard publient l'Album Colette Conçu et réalisé spécialement à l'occasion de la Quinzaine de la Pléiade, cet album à tirage limité est offert gracieusement par les libraires participants à tout acquéreur de 3 volumes de la Pléiade.Vient également de paraître dans la Bibliothèque de la Pléiade: Colette OEUVRES I Au sommaire: Préface.Chronologie.Noie sur la présente édition.Claudine à l'école.Claudine à Paris.Claudine en ménage.Claudine s'en va.L'ingénue libertine.La retraite sentimentale.Les vrilles de la vigne.La vagabonde.Notices, notes et variantes.Aperçu topographique.Lexique.Bibliographie.$59.95 BRASSERIE O'KEEFE DEP
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.