La vie en rose, 1 janvier 1986, février
NUIT BLANCHE /l'actualité du lives./ Un livre gratuit avec chaque abonnement Nuit Blanche, l'Actualité du livre, offre gratuitement à chaque nouvel(le) abonné(e) un des vingt titres suivants: Littérature québécoise Les chambres de bois, Anne Hébert, Points.L'enfirouapé, Yves Beauchemin, 10/10.Jimmy, Jacques Poulin, 10/10.La route d'Altamont, Gabrielle Roy, 10/10.Pour saluer Victor Hugo, Victor-Lévy Beaulieu, 10/10.Les canards de bois, Louis Caron, Points.Oracle des ombres, Michel Beaulieu, Noroît.Science-fiction Le maître des ténèbres, (coll.Le livre dont vous êtes le héros), Folio junior.2010, Arthur C.Clarke, J'ai lu.Au pays du mal, Clifford D.Simak, J'ai lu.Littérature I^^^^H^HBHHHH^^H^H Les armes secrètes, Julio Cortâzar, Folio.Si par une nuit d'hiver un voyageur, Italo Calvino, Points.L 'angoisse du gardien de but au moment du penalty, Peter Handke, Folio.L'honneur perdu de Katharina Blum, Heinrich Bôll, Points.Le livre de sable, J.L.Borges, Folio.Nouvelles pragoises.Rainer Maria Rilke, Points.Exercices de style, Raymond Queneau, Folio.Le châle andalou, Eisa Morante, Folio.Polar wêê^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ Le faucon maltais, Dashiell Hammett, Carré noir.La dame du lac, Raymond Chandler, Carré noir.Fantasia chez les Plouc, Jim Thompson, Carré noir.Profitez-en pour abonner vos amis! Offre valide jusqu'au 30 avril 1986.Je profite de l'offre spéciale d'abonnement à Nuit Blanche et je m'abonne pour 5 numéros à partir du numéro_ Inscrire le titre du livre-cadeau choisi:- Remplir le coupon d'abonnement et joindre un chèque au montant de 12,50 $, à l'ordre de Nuit Blanche Expédier le coupon réponse et le chèque à l'adresse suivante: NUIT BLANCHE, 1026, rue St-Jean, bureau 303, Québec G1R 1R7 Tel, (418) 692-1354 Abonnement étranger: 25 $ NOM _PRÉNOM _ ADRESSE APP.VILLE CODE POSTAL PROVINCE _TEL, 'ri n° 33 SOMMAIRE février 1986 éditorial 5 Pour en finir avec les hommes! Courrier 6 Communiqués 8 Commentaire 9 Au nom du père Chronique délinquante 10 Y a-t-il une catastrophe dans la salle?Hélène Pedneault Actualité féministe Allocations familiales Autopsie d'une bataille perdue 12 Suzanne Dansereau Amérindiennes La longue chasse au statut 14 Louise Larose Philippines Une femme contre Marcos 16 Francine Pelletier LVR enfin couronnée! 17 Actualité is L'avortement sous Bourassa Sainte-Thérèse, priez pour nous! Lynda Baril 21_ PARLEZ-NOUS D'AMOUR! 22_ REORIENTER LA PASSION Sylvie Chaput 25_ À MA SIMILAIRE Geneviève Cotres 27_ AU-DELA DU DEJA VU Armande Saint-Jean 28_ LETTRE EN DEUX TEMPS Hélène Sarrasin Fiction 34 Éclairs Greta Hoffman Nemiroff Journal intime et politique Coeur d'artichaut Geneviève Cotres 38 Musique Suzanne Jacob Inhabituelle Hélène Pedneault 41 Cinéma 43 Trois hommes et un couffin Un film et sa réalisatrice Hélène Sarrasin Arts 44 Les arts visuels au Canada Crise d'identité Monique Langlois Littérature Le monstre Sartre 45 Danielle, Claude Gauvreau Bandes dessinées L'anatomie des nanas 48 Marie-Claude Trépanier Flashes Calendrier 52 59 février 1986 3 la vie en rose DERNIÈRE CHANCE Procurez-vous aujourd'hui même le calendrier de la vle en rose, à prix réduit.Un plaisir pour les yeux 3S5 jours par année/ un ca/en format 13" x 45".• L'actualité culturelle 1986 en images de cinéma, danse, théâtre, performance, spectacles,,.• «Chic et de bon goût»! et pas cher du tout! Bref, profitez de cette dernière chance alors qu'il reste quelques exemplaires de ce calendrier de collection! (oka 1t de trtàt te octfe «t cte mmutintto Ci-joint un paiement de: X 6s chacun (Frais de poste et de manutention inclus) !?Par chèque ?Visa ?MasterCard a Expiration INom l Adresse Ville Province Code postal Tél.Commande téléphonique acceptée avec carte de crédit Allouez 2 semaines pour la livraison. éditorial Pour en finir avec les hommes! Pour en finir, surtout, avec les réactions suscitées par la publication en novembre de notre «Spécial hommes».De deux ordres, ces réactions.Les hommes, étrangement (!) plus nombreux à nous lire que d'habitude, l'ont trouvé plutôt intéressant.C'était prévisible.Plusieurs femmes, parmi vous, ont été très déçues.Certaines par les propos des auteurs, mais d'autres par notre choix éditorial.Cela nous a étonnées.Pourquoi donner la parole aux hommes, demandez-vous entre autres, alors qu'ils l'ont déjà partout ailleurs qu'à La Vie en rose} Pourquoi s'inquiéter de leurs problèmes quand les nôtres sont loin d'être réglés?Ces critiques recouvrent sans doute la crainte légitime de voir les hommes empiéter sur un espace difficilement acquis.Rassurez-vous.Le «Spécial hommes» était précisément cela: spécial à défaut d'être exceptionnel.Nous ne prenons pas le virage de la mixité, même si nous nous réservons la possibilité de questionner à nouveau les hommes.C'était une tentative, comme notre recueil de textes erotiques de l'été dernier en était une.Provocante, inachevée et peut-être maladroite, une tentative d'explorer, après l'érotisme, un autre tabou féministe: la condition des hommes.Et pourquoi pas?La plupart d'entre nous, d'entre vous, vivons avec des hommes qui, individuellement, nous intéressent et nous touchent.Leur demander des témoignages à eux, après cinq ans d'un discours complètement élaboré par des femmes et qui leur était peu souvent adressé, nous paraissait pertinent.Loin d'être une reddition, ce serait une marque de notre solidité, de l'assurance acquise par les féministes.Les interpeller de notre terrain à nous, les y amener, et exposer dans nos pages leurs contradictions si évidentes (mais n'en avons-nous pas aussi?) et leurs sentiments mêlés, nous semblait une bonne façon de nourrir en public le dialogue femme-homme qui se poursuit cahin-caha dans le privé de nos vies.Certaines y ont vu, à tort, un appel à la Grande Réconcilia- tion des sexes (pourquoi «réconciliation», d'ailleurs?Les sexes ne se sont jamais autant parlé et rapprochés que depuis les remous du féminisme!).Loin de vouloir verser dans «l'informa-tion-spectacle» (malgré le vedettariat relatif de notre assemblage final de témoins), ce spécial était pour nous un signe d'ouverture, au même titre que nos reportages internationaux, notre autocritique de mars 1985, nos entrevues sur le pouvoir.Et plus nous y repensons, plus nous sommes sûres que c'était une bonne idée, à faire maintenant, et nous sommes contentes de l'avoir concrétisée.En fait, nous ne comprenons pas bien ce (que nous avons interprété comme un) manque d'intérêt de votre part, pour un sujet - les hommes - si près de la vie quotidienne de toutes les femmes, travailleuses, mères ou amoureuses.Ceci dit, par notre question - «Après 15 ans de bouleversements dûs au féminisme, qu'avez-vous à dire aux femmes et aux féministes en particulier?» - nous cherchions évidemment à provoquer de gros aveux bien juteux.La récolte, de l'avis général, a été un peu mince, nous a laissées sur notre faim.Pourquoi au juste?Vos critiques laissaient supposer que les invités avaient ou bien failli à la tâche, ou bien pris la place d'hommes bien meilleurs, bien plus intéressants, que nous aurions malheureusement oubliés.Peut-être.Mais nous avons plutôt tendance à penser, nous, que nos collaborateurs occasionnels (qui auraient pu être plus diversifiés, nous sommes bien d'accord) ont pris peur devant la nouveauté de l'entreprise, l'ampleur de la question.Plusieurs l'ont vite admis, d'ailleurs.Et alors?N'est-ce pas compréhensible?N'avons-nous pas peur aussi, quand nous nous aventurons sur le terrain des hommes?Quand nous nous mêlons aussi, exemples récents, de politique électo-raliste, ou de faire du commentaire politique?Les textes, dites-vous, manquent de «profondeur».Mais la réalité ne manque-telle pas souvent aussi de profondeur?Ce «Spécial» a eu au moins le mérite de ne jouer de tour à personne: «What you see is what you get», comme disent les Américai- nes.Rien de plus, rien de moins.Pas de grandes révélations, mais un éveil certain des consciences, des contradictions parfois conscientes, parfois non, un peu d'angoisse et une pincée d'humour, de la bonne volonté: grosso modo, ce que les femmes peuvent s'attendre à trouver chez une certaine classe (intellectuelle) d'hommes.Des hommes qui auraient pu aller plus loin, plus creux, bien sûr, mais qui ont quand même rempli la commande avec beaucoup d'honnêteté.Ils ont même rivalisé avec nous en abordant à leur tour des sujets aussi peu «masculins» que la peur, l'ambivalence, l'intimité, le besoin d'amour ou d'amitié.Est-ce cela qui nous dérange au fond, qu'ils se mettent tout à coup à nous ressembler à ce point?Mêmes mots, émotions comparables, contradictions reconnaissables.D'un autre côté, ces textes montrent aussi la distance, le raisonnement, la stratégie, la provocation, l'affrontement.et autres traits prêtés aux hommes.Sommes-nous si surprises de retrouver ces traits, de voir que nous ne les avons pas «changés» à ce point?Nos attentes, face à eux, seraient-elles si ambiguës?Mais le propos de cette «réaction aux réactions» n'était pas de justifier indéfiniment notre choix d'un «Spécial hommes».La preuve?Nous persistons dans le délicat, en demandant cette fois à des femmes de nous parler d'amour, de leurs amours quotidiennes avec des hommes - mais aussi avec des femmes.Eh oui! trois ans après un premier effort sérieux.et contesté1, La Vie en rose réaborde le terrain miné de l'amour.À quoi ressemblent aujourd'hui les liens amoureux qu'une grande majorité de femmes n'ont cessé de créer avec des hommes?Et sont-elles si différentes, les attaches qui lient des femmes entre elles?Encore une fois, nous comptons sur vous pour nous en donner des nouvelles.La Vie en rose 1/ Voir La Vie en rose, juin 1982: dossier «L'amour, toujours l'amour.» février 1986 5 la vie en rose Courrier Les hommes, dernière vague C'est extra La Vie en rose; perdue comme je me sens au fond du Témiscamingue (j'y ai pris mari, toute une histoire!), votre revue me sert de pacemaker à chaque coup! Je suis horriblement féministe et divinement heureuse ainsi, mais j'ai ici peu de compagnes qui jasent comme moi.La Vie en rose c'est ma goutte d'eau dans le désert.En passant, Foglia est un «épa», dites-lui donc; s.v.p.ne parlez plus à ce gars et de grâce ne refaites plus l'expérience de «ce qu'en pensent les gars?» Je les trouve en général peu évolués (Poulin, Boutot, Foglia).Et quels efforts ont semblé faire les autres pour écrire ces quelques pages plus ou moins gentilles! Ce mois-ci, j'ai un peu manqué d'eau.Vite le prochain numéro! Hélène Guimont Témiscamingue Salut, c'est loin d'être votre meilleur numéro, mais ça vous apprendra à donner la parole à des gens qui bégaient.Un fidèle lecteur, Pierre Foglia Le «Spécial-Hommes» de LVR, j'ai trouvé ça correct, même très sympathique, comme une belle ouverture après toutes ces années de bouleversement dans les rapports hommes/femmes.Le choix des candidats n'était pas nécessairement le meilleur ni le plus représentatif.À preuve , les résultats: à l'exception de quelques textes, ce n'était pas terrible.La prochaine fois, il serait intéressant de lancer un appel plus large et moins sélectif, quitte à découvrir des répondants anonymes et plus ordinaires qui pourraient en surprendre plus d'une, «qui pensent par eux-mêmes» et qui pourraient remplir des salles! Ceci dit, il faut saluer tous ceux qui se sont mouillés.Ce n'était pas facile.Moi, j'ai surtout apprécié Boutot et Tanguay pour leur franchise, leur sensibilité et leur bon sens de la vie et de l'humour.On n'est pas sortis du bois! À se parler comme le fait Hélène Pedneault dans sa chronique délirante - elle parle fort cette femme-là - on n'est pas près de s'entendre! Je ne suis pas plus féministe que les femmes (.) mais apre"s avoir lu les trois premiers paragraphes de son texte, j'ai presque saigné du nez.Les hommes sont-ils plus sourds que les femmes?Pardon?Après tout, ce qui est bien dans notre société, c'est qu'on ne puisse pas (encore) forcer un coeur d'aimer.Robert D.Bureau Montréal Des fois, j'vous trouve un peu nounou-nes.Dans votre dernier numéro, vous donniez la parole aux hommes.C'est une idée.pas celle du siècle, mais une idée.Maintenant, pouvez-vous me dire pourquoi avoir tant puisé au réservoir des journalistes?Surtout Boutot?Je n'ai pas envie, quand je me campe dans mon lit avec ma verveine bien chaude et ma Vie en rose bien fraîche de recevoir la bile d'un gars comme ça.Quelle ironie que ce personnage vous reproche votre agresssivité! Il m'a rarement été donné de lire un article aussi haineux.Mais je ne reprendrai pas ses arguments: ce sont trop de vieilles affaires malades et ratatinées dont je n'ai plus envie de discuter.Ouf que j'étais contente, après, de tomber sur Michel Tremblay! Maryse Durand Au lieu du «Spécial hommes», pourquoi ne pas avoir pensé à un «Spécial femmes», où vous auriez demandé aux lesbiennes, aux immigrantes, aux Amérindiennes, aux assistées sociales, aux monoparentales, aux prostituées, aux travailleuses au foyer, bref, à des femmes qui ont une identité sociale spécifique et souvent minoritaire, ce qu'elles pensaient du féminisme?J'm'en fous de ce que les bonzes des médias et des académies masculines pensent des femmes, donc de moi, mes collègues, amies, voisines, amantes, mères, soeurs, et de nos activités.D'ailleurs, ils s'en donnent à coeur joie et ce, depuis belle lurette dans leurs médias.Pourquoi leur ÉQUIPE DE DIRECTION: Ariane Émond, Françoise Guénette, Claude Krynski, Louise Legault, Lise Moisan, Francine Pelletier • RÉDACTION: Yolande Fontaine, Françoise Guénette, Francine Pelletier • ADMINISTRATION: Louise Legault • PROMOTION: Ariane Émond • SECRÉTARIAT: France Giguère • DIRECTION ARTISTIQUE: Sylvie Laurendeau • COLLABORATION: Anne-Marie Alonzo, Lynda Baril, Sylvie Chaput, Marie-Christine Charbonneau, Geneviève Cotres, Suzanne Dansereau, Hélène Dorion, Gloria Escomel, Claude Gauvreau, Danielle Gauvreau, Marie-Claire Girard, Louise Larose, Monique Langlois, Greta Hofmann Nemiroff, Hélène Pedneault, Hélène Sarrasin, Chantai Sauriol, Armande Saint-Jean, Marie-Claude Trépanier • ILLUSTRATIONS: France Boisvert, Suzanne Côté, Danièle Cottereau, Marie-Josée Lafortune, Diane O'Bomsawin, Susan Séguin • PHOTOGRAPHIE: Marik Boudreau, Denyse Coutu, Suzanne Girard • MAQUETTE: Diane Blain, Sylvie Laurendeau • CORRECTION: Dominique Pasquin • DOCUMENTATION: Hélène Blondeau • COMPOSITION: Concept Médiatexte inc • PELLICULAGE: Graphiques H.I.Ltée • IMPRESSION: Imprimerie Canadienne Gazette • DISTRIBUTION: Les Messageries de presse Benjamin Liée: 645-8754 • PUBLICITÉ: Andrée-Anne Delisle, Carole Pageau: 843-7226 • ABONNEMENT: 1 an, 10 numéros: 19 $; 2 ans, 20 numéros: 33 $; 3 ans, 30 numéros: 45 $.Tarif international par voie de surface: 30 $, par avion: 44 $.Marie-France Poirier: 843-8366 • LA VIE EN ROSE est subventionnée par le Conseil des arts du g Canada et par le ministère des Affaires culturelles du Québec.LA VIE EN ROSE est publiée par les Productions des années 80, corporation sans but J lucratif On peut nous joindre de 9 h 30 à 17 h au 3963, rue Saint-Denis, Montréal H2W 2M4, ou en téléphonant: (514) 843-8366 ou 843-7226.Copyright g 1985 - LA VIE EN ROSE.Tous droits de reproduction et d'adaptation réservés.Dépôt légal: Bibliothèques nationales du Québec et du Canada ISSN- J 0228-5479.Indexée dans Radar et membre de l'Association des éditeurs de périodiques culturels québécois.Courrier de deuxième classe: 5188 Commis- § sion paritaire 4 067 CDN.£ la vie en rose 6 février 1986 avoir accordé cet espace, quand ils en ont en masse, et quand les femmes en ont encore trop peu.Ça m'énerve et ça me frustre.Ben oui! je suis encore très attachée à mon stéréotype de frustrée.Josée Belleau Hull J'ai lu avec attention tous les propos des hommes dans votre édition de novembre et je tiens à souligner plus particulièrement ceux de Richard Poulin: «Amour, autonomie et confusion».J'ai été touchée par ce témoignage, surprise qu'un homme puisse comme nous, se sentir «insécure» dans une relation d'amour lorsqu'il s'y engage pleinement.J'ai apprécié qu'il nous confie son angoisse aussi clairement et ouvertement.Carmen Richard Québec Votre parution de novembre m'a beaucoup touché; c'est une belle brochette de textes.Pour nous donner la parole avec autant de tendresse, vous nous aimez beaucoup, Mesdames.Je vais essayer de faire encore mieux avec ma gang.Si quinze ans nous amènent à ce discours, rêvons ensemble à ce que nos descendants vont défendre! Et vivre! J'ai eu le goût de vous écrire ça.Louis Hains l'acné Félicitations à Danielle Phaneuf pour son «Sous un globe de verre» (LVR, oct.1985).Elle a abordé un sujet tabou, nié, ignoré.Qui donc se soucie d'une femme adulte ayant des problèmes d'acné?Sûrement pas la science médicale.Encore moins les pages couvertures des magazines à clientèle féminine.Monique Langlois Montréal A Monsieur X Votre éditorial du mois de novembre intitulé «Monsieur X» m'a quelque peu prise de court.J'ai été surprise, et même choquée que Gloria Escomel considère les hommes comme des adversaires.Je suis âgée de 13 ans et cela fait deux ans que je lis La Vie en rose.Je crois que si nous voulons obtenir l'égalité des sexes, ce n'est pas en appelant les hommes nos «adversaires» que nous y réussiront (.) Nous devons arriver à intégrer les hommes dans notre dé- marche et notre mouvement.Peut-être que certaines d'entre vous avez peur de découvrir qu'il y a des hommes extraordinaires et que la plupart des autres ont aussi des qualités exceptionnelles.Soyons moins susceptibles, plus ouvertes, et nous nous retrouverons avec une bien meilleure approche.Nika Joncas Trois-Rivières Il faudrait non pas une, mais plusieurs Journées internationales des femmes pour nous fournir assez d'énergie pour continuer notre lutte quotidienne afin de revendiquer et même, dans certains cas, de conserver nos droits individuels et collectifs.D'autres Journées également pour sensibiliser ce genre d'hommes, plutôt dépassé par le mouvement féministe, qui se trouve maintenant bien implanté dans le vécu de la plupart des femmes.Ce qui dérange ce cher Monsieur X, c'est notre belle solidarité; ça le tourmente de n'avoir pu voir ce que nous faisions ensemble à Rose Tango, le 8 mars 1984.Comment pouvions-nous nous amuser sans lui?Que mijotions-nous derrière son dos?Mais nous chantions, ne vous en déplaise! Diane Veilleux Montréal M a poussette C'est avec beaucoup de satisfaction que j'ai lu l'article concernant les «papas à poussettes» (nov.1985).Enfin, me suis-je dit, je ne suis pas tout à fait seul à tenter cette expérience! En effet, depuis maintenant près d'un an, je vis à la maison avec ma fille de deux ans.Tout homme qui vit une telle expérience en sort transformé.La nécessité d'équilibrer les tâches inhérentes à la famille et à la maison lui apparaît évidente.Il n'est nulle part écrit, ni dans le ciel, ni dans les gènes, que tout le fardeau de tenir maison et d'élever les enfants revienne «naturellement» aux femmes.Malheureusement, j'ai aussi noté que la gent masculine avait encore beaucoup de chemin à faire avant que cette possibilité de partage ne lui effleure seulement l'esprit.L'éducation des hommes est encore loin d'être complétée.Heureusement qu'il y a encore des féministes acharnées pour nous rappeler que notre rôle ne se limite pas à l'éjection de spermatozoïdes, si nombreux soient-ils! Bernard Morin Jonquière FESTIVAL 3SbjA\i.5r-joSEpH esf S* S¦ Hélène Pedneault est recherchiste à l'émission Droit de parole à Radio-Québec.En plus de signer la chronique délinquante elle est membre du comité de rédaction.1/ Espace Go,5066, rue Clark, Montréal,Tél.: 271-5381.ARTS - LETTRES - SPECTACLES - SCIENCES HUMAINES VARIÉ, FtELEVE, p* J CONSISTANT SOUS LA DENT EXPLOREZ AUSSI AVEC VOIS 2» ¦\r: SPECIAL DU MOIS SPIRALE CP 98, Suce «E» Montréal (Que ) Canada H2T 3A5 ABONNEZ-VOUS Nom_ Adresse Ville__ Tel- Code postal Profession la vie en rose 42 février 1986 Cinéma BH mm ¦ s m Roland Giraud, Michel Boujenah et le bébé Marie dans «Trois hommes et un couffin» Trois hommes et un couffin Un film et sa réalisatrice Où l'on voit comment les images de Coline Serreau dépassent - heureusement - ses propos, et pourquoi son film est un succès.par Hélène Sarrasin rois hommes et un couffin, c'est l'histoire de trois célibataires qui partagent le même logement et trouvent un beau matin devant leur porte un bébé couché dans un couffin (panier d'osier).Une lettre précise qu'il appartient à l'un d'eux, est de sexe féminin et s'appelle Marie.Sa mère, Sylvia, a décroché un contrat de six mois aux États-Unis et laisse Marie à la bonne garde de son père.Après avoir cherché par tous les moyens à se débarrasser de l'enfant, nos trois compères se rendent à l'évidence et intègrent la nouvelle venue dans leur vie.Chacun est responsable d'une tranche de huit heures.et finies les folies! C'est-à-dire les filles, les voyages, la vie de luxe.Le reste est prétexte à des scènes rocamboles-ques mais aussi tendres, émouvantes mêmes, car nos mâles, confrontés à la réalité d'avoir à s'occuper d'une plus faible qu'eux, vont s'attacher à Marie au point de réfléchir à ce qu'avaient été leurs valeurs jusque-là.Coline Serreau, la réalisatrice française qui nous avait déjà donné Pourquoi pas?et Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux?a réalisé assurément une comédie hilarante sur un thème jusqu'à maintenant inexploité, soit le maternage.Un tel film aurait-il pu, avant 1985, prendre l'affiche et devenir un succès (en France, Trois hommes.tient tête à Rambo)} Il fallait que les femmes en soient arrivées au point d'affirmer: «On partage le maternage.Tu n'as pas le choix.» Et les hommes, ébranlés par le questionnement féministe, de répondre: «Tu n'as peut-être pas tort.» Par son film, Coline Serreau témoigne donc d'une étape dans l'évolution de notre société.Elle démontre aussi à ceux et celles qui en douteraient toujours que l'humour peut être féministe et que le féminisme peut être humoristique (et même un succès commercial!).Enfin, elle aborde des thèmes, tel l'amour gratuit et ses apports, trop rarement touchés au cinéma comme ailleurs.Soulignons que les images sont belles et les acteurs excellents.Voilà pour les points forts.Par ailleurs, les personnages de femmes traversant le film, petites amies ou amantes etc., me sont apparus monolithiques comparativement aux hommes, dépeints avec nuances.Égoïstes, incapables d'exprimer leurs émotions, mais aussi tendres, les «pères» avaient, eux, la densité de vrais êtres humains.Quant à Sylvia, malgré la détermination de son premier geste, elle ne semblait pas finalement très convaincue de ses droits et de ses actes.Quelques jours après la projection, lors d'une laborieuse entrevue à Montréal, Coline Serreau m'assurait pourtant qu'elle avait décrit là une femme forte menant de front carrière et maternité.Madame Serreau et moi n'avons sans doute pas la même conception de ce qu]est une femme affirmée.A la fin du film, Sylvia, qui est revenue depuis peu d'Amérique et a repris Marie, vient sonner à la porte de nos trois célibataires, épuisée et en larmes: «Je n'y arrive pas.».Les trois «papas», affligés d'une profonde déprime depuis le départ de la petite, sautent de joie et s'affairent autour .de Marie, laissant la maman sur le palier.Je trouvais la scène géniale.J'y voyais le pied de nez de Coline Serreau à tous ceux et celles qui auraient cru que tout était aussi simple.Forcés de développer le maternage, les hommes ne développent pas pour autant l'empathie: la jeune mère en larmes sur le palier en témoignait.«Un bout de chemin reste à faire, n'est-ce pas?», ai-je dit à Coline Serreau, cet après-midi-là.Madame Serrreau eut l'air de se demander si je parlais bien de son film: «Ils vont s'en occuper, de la mère.» Sans doute, mais n'était-il pas révélateur qu'elle doive se coucher dans un berceau pour qu'ils prennent enfin soin d'elle?Non.Pour Madame Serreau, la scène importante n'était pas celle-là mais celle où un homme enceint s'abrutit dans l'alcool et philosophe sur «le manque».«Mais cette scène, on s'y attend tellement!», ai-je rétorqué.Là, Madame Serreau n'a pas eu l'air de me trouver drôle.Bref, nous n'étions pas sur la même longueur d'ondes.J'aurais eu envie de lui dire aussi que j'aurais préféré quelque chose de plus subtil que l'antt-polar pour opposer «les valeurs du monde macho (drogue, argent, destruction, mort) aux besoins profonds des individus qui sont la tendresse, la croissance, etc.» Mais Madame Serreau m'aurait sans doute abandonnée à mon jus de pamplemousse.Et comme je m'étais quand même laissé prendre par Trais hommes., je n'ai pas insisté.Une chance, comme a dit ma consoeur du Devoir, qu'il y avait entre nous son film charmant.4^ février 1986 43 la vie en rose arts Les arts visuels au Canada Crise d'identité En novembre dernier, 16 femmes et 19 hommes se rencontraient à Montréal pour discuter de la situation des arts visuels au Québec et au Canada, à l'invitation de la revue Parachute7.Peu de différences entre les propos des unes et des autres, finalement, nous raconte Monique Langlois, qui a écouté ces muséologues,directrices-teurs de galeries et de revues, histo-rien-ne-s et critiques d'art, artistes.Je m'attendais à un débat sur l'art canadien: faut-il parler d'un art national ou régional?y a-t-il des différences entre les deux?etc.Je l'espérais d'autant plus que les participant-e-s venaient de Montréal, d'Ottawa, de Toronto et de Vancouver.Or, le Canada a été défini au départ comme un pays sans identité nationale.Etant donné le peu de confiance que les Cana-dien-ne-s ont en eux-mêmes, il serait parfois plus difficile pour un-e artiste de Montréal d'exposer à Toronto qu'à New York! Le Canada est un pays jeune, au passé récent, donc sans mémoire collective.Cette faculté créant l'identité, le manque de mémoire serait donc à l'origine de l'inconscience nationale.Des femmes, ces oubliées de l'histoire, l'ont mis en évidence.Rose-Marie Arbour présentait délibérément ies oeuvres de quatre femmes artistes qui cherchent à s'identifier en tant que sujet universel, en continuité avec celles qui les ont précédées.Pourtant, leurs modèles artistiques sont historiques et internationaux, sans distinction de sexe: il leur était difficile d'agir autrement en raison du peu de modèles féminins offerts par la culture québécoise ou canadienne.Bien que plus nombreux, les modèles masculins ne font pas le poids, d'après le sculpteur Roland Poulin; celui-ci déplorait l'influence néfaste des revues qui proposent un art international et obligent indirectement les jeunes artistes à s'identifier à des modèles étrangers.C'est une des raisons pour lesquelles, disait-il, ces jeunes n'hésitent pas à faire des clins d'oeil à l'histoire de l'art par l'emprunt de motifs, par des allusions à des faits précis du passé, tel l'avènement de la perspective, quand ce n'est par des oeuvres entières faites «à la manière de» leurs prédécesseur-e-s.Par ces productions destinées à rendre hommage ou à critiquer, les artistes continuent de s'inscrire dans l'histoire.par Monique Langlois Refaire l'histoire L'artiste Marcel Saint-Pierre, lui, s'est dirchoqué par ces approches perpétuant une culture pour élite.Il préfère les artistes qui travaillent sur le matériau; la couleur pour le peintre, par exemple.Cependant, quelle que soit l'option choisie, les artistes contemporain-ne-s ne cherchent pas à créer un art régional ou national.Cette situation, loin d'être unique au monde, est accentuée par l'existence d'une histoire de l'art canadien à peine sortie du néant et déjà contestée.En effet, Carole Doyon remettait en question l'histoire traditionnelle énuméra-tive, qui donne une image artificielle et éli-tiste de l'art.Cette constation, partagée par plusieurs autres historiens d'art, oblige à une redéfinition de l'histoire et de son écriture.Serge Guilbaut optait alors pour une histoire sociale de l'art, une histoire comparée et critique, alors que René Payant se déclarait pour une histoire formaliste renouvelée.Mais toujours formaliste, parce que c'est par la forme que l'oeuvre d'art peut être autonome et critique, indépendamment de son contexte historique.Dans l'immédiat, la meilleure façon ARACHUT la vie en rose 31 d'écrire l'histoire serait de faire de la critique d'art dans les revues artistiques et dans les journaux.D'où l'expression «histoire instantanée», utilisée par les participant-e-s: écrire sur l'actualité, c'est écrire l'histoire.Il est vrai que depuis dix ans les revues n'ont pas fait qu'informer le public.Laissant souvent la parole aux artistes, elles se sont révélées des lieux d'expression des préférences et aussi, comme Parachute.d'élaboration d'un langage critique, par le biais de la sociologie, de la psychanalyse, de la sémiotique ou de la linguistique.Grâce à elles, entre autres, l'art contemporain canadien est de plus en plus connu et apprécié au pays qu'à l'étranger.Contradictions et questions La situation des artistes est paradoxale.Ils et elles doivent vivre d'un art «savant» mais accessible à tou-te-s.Le problème est insoluble à court terme et les subventions gouvernementales servent souvent de béquilles aux artistes et aux gens vivant du marché de l'art, qui font face constamment à des soucis financiers.La question de l'identité nationale s'est, pour ainsi dire, évaporée au cours des discussions pour faire place à l'urgence d'écrire l'histoire.Les partisan-e-s d'une histoire sociale de formaliste de l'art souhaitent-ils la disparition de l'histoire de l'art traditionnelle?Cela n'était pas clair.Autre question: une reconnaissance internationale des artistes québécois-e-s et canadien-ne-s inci-tera-t-elle les générations futures à les prendre pour modèles?Si oui, cela favori-sera-t-il l'émergence d'une culture ou d'une identité nationale?Histoire à suivre.Monique Langlois est historienne d'art, elle termine un doctorat en esthétique à l'Université de Paris-10, Nanterre.1/ Parachute, revue d'art contemporain - 4060 boul.Saint-Laurent, bureau 501, Montréal, Québec H2W 1Y9.février 1986 Littérature Le monstre Sartre Six ans après sa mort, Jean-Paul Sartre, l'infidèle (!) compagnon de Simone de Beauvoir, continue de faire discourir et publier.Dernièrement, l'écrivaine Annie Cohen-Solal venait livrer à Montréal, avec la biographie Sartre, sa vision d'un homme paradoxal et passionnant.Il est 9 h 30 quand Annie Cohen-Solal nous reçoit, encore un peu endormie, sympathique, chaleureuse, passionnée et un peu surprise de tout le tourbillon de conférences et entrevues entourant la promotion de son livre.Pour elle, la publication de Sartre (Ed.Gallimard, 1985) représente «une conquête, une transgression, un geste phallique».D'origine juive-algérienne et de culture française, elle est issue par Danielle et Claude Gauvreau février 1986 45 la vie en rose littérature d'une famille bourgeoise, traditionnelle, où les rôles sexuels sont bien caricaturés: les hommes ont le pouvoir, les femmes restent à la maison.La parole appartient aux hommes, et dans les dîners publics, les femmes s'excusent avant de parler.Dans ce milieu, Annie Cohen-Solal, qui aime écrire et qui sympathise avec tous les mouvements d'émancipation, est perçue comme une marginale et une révoltée.Son rapport à l'écriture va témoigner de sa recherche d'identité sexuelle et culturelle.Après plusieurs séiours à l'étranger comme enseignante, elle se donne le droit, dit-elle, non seulement de prendre la parole, mais de la prendre publiquement, d'abord à travers une biographie de Paul Nizan et maintenant par celle de Sartre.Quatre ans de travail, de lectures, de recherches, pour démystifier «le monstre Sartre», pour le rendre aussi plus humain et, elle y tient, pour produire un ouvrage accessible à tous les publics.Que dire de l'attitude de Sartre face au féminisme?Annie Cohen-Solal s'en remet à Sartre qui disait: «Je vois des opprimés partout, femmes, noirs, homosexuels».Ce- pendant, nous dit-elle, c'est son rapport avec Simone de Beauvoir qui permet à Sartre d'être au fait de la condition féminine non pas uniquement dans ses fondements théoriques, mais dans sa réalité quotidienne.Beauvoir, c'est l'interlocutrice privilégiée de Sartre.Annie Cohen-Solal dit d'elle qu'elle a modifié la vie intellectuelle de Sartre.Beauvoir, c'est aussi la «reine-mère» de la ruche (en référence à l'entourage de Sartre).Elle organise, dirige, voit à tout, parce que la plus compétente et parce qu'elle est douée d'une énergie fabuleuse.Et le couple Beauvoir-Sartre: mythe ou modèle?Pour Cohen-Solal, leur rencontre est celle de deux individus qui ont des échanges intellectuels et affectifs sur un même plan.Couple modèle pour toute une génération qui veut sortir des traditions, mais aussi couple maudit et immoral pour les autres.Pour expliquer ce phénomène, Annie Cohen-Solal insiste sur le contexte historique de la province française des années 30.En effet, imaginons un instant ce couple ouvert, libre-penseur face à la morale conformiste de l'époque, et dont la vie privée émerge en quelque sorte sur la scène publique par la plume de Simone de Beau- f.- CO w C o -c Au nom du père et du fils le sorcier roman Ftancine Ouellette 568 page» 19,95* EN VENTE PARTOUT Université de Montréal Faculté de l'éducation permanente PIAF PERFECTIONNEMENT DES INTERVENANTES ET INTERVENANTS AUPRÈS DES FEMMES Un programme féministe de 15 crédits dans lequel on systématise ses connaissances sur les femmes.Un programme qui peut être complété par une formation sur mesure pour obtenir un certificat (30 crédits).PIAF s'adresse aux intervenantes ou intervenants en santé, en travail social, en éducation et dans les groupes de femmes.Date limite d'admission: 24 février 1986 Date limite d'inscription pour tous les étudiants: 3 mars 1986 - RENSEIGNEMENT.843.6090 la vie en rose 46 février 1986 voir (lire son roman, L'invitée).Mythe et réalité s'entremêlent.Donc, une relation qui se veut égalitaire et dans laquelle chaque partenaire est libre de vivre d'autres rapports amoureux.Cela fait de la casse, nous dit Cohen-Solal, car ce sont les tierces personnes qui écopent, des femmes surtout.Mais comment Sartre agissait-il avec les femmes?Toute sa vie il a voulu séduire les femmes; elles stimulent ses capacités créatrices.Incapable de rompre affectivement avec ses maîtresses, elles restent ses amies.Séducteur séduit, généreux ou égoïste, la question n'est pas simple.Chose certaine, les femmes ont joué un rôle moteur dans sa vie.Dans le portrait que Cohen-Solal trace de Sartre, il semble y avoir un paradoxe entre le Sartre orgueilleux, mégalomane même, et l'homme généreux qui refuse les honneurs officiels comme, par exemple, le prix Nobel de littérature.Pour Cohen-Solal, l'orgueil n'est pas toujours un défaut.Dans le cas de Sartre, il est vrai, dit-elle, qu'il a toujours eu une conscience très forte de son génie, de l'oeuvre qu'il portait en lui, et en même temps une disponibilité permanente et une très grande réceptivité aux autres, comme si ces deux dimensions cohabitaient chez lui.Aujourd'hui, nous explique Annie Cohen-Solal, on ne sait pas très bien, en France ou ailleurs, ce qui reste de l'oeuvre de Sartre.À son avis, Sartre a été un formidable critique littéraire et certains de ses écrits, comme La Nausée ou Le Mur, ont marqué notre siècle.Mais son oeuvre est encore partiellement lue, et plusieurs inédits restent à découvrir.Le plus important pour Cohen-Solal, c'est que Sartre a donné des idées et des impulsions libératoires.Comme disait Sartre, chaque individu doit trouver sa voie et peut faire quelque chose de sa vie.Quant au Sartre politique, au militant engagé, oui, il s'est trompé nous dit-elle, mais quel homme engagé ne s'est jamais trompé?Depuis sa mort, on s'est souvent amusé à en faire un bouc émissaire alors que ses erreurs furent aussi celles d'une génération.Quand Sartre est allé saluer Castro à Cuba en 60, il a eu raison comme toute la gauche à l'époque; mais par la suite, il n'a pas hésité à dénoncer les déviations du régime.D'ailleurs, un des grands mérites de Sartre, nous explique-t-elle, c'était sa capacité de se remettre en question.Comme Sartre, Annie Cohen-Solal croit à une littérature engagée.Elle refuse la conception qui ne voit en la littérature qu'un acte purement subjectif ou thérapeutique.Pour elle, la littérature doit avoir un rôle social.Ainsi, en ce moment en France, alors que des hommes politiques d'extrême droite comme Le Pen tentent de brandir l'étendard du racisme, que fait la littérature?Quel-le-s sont les écrivain-e-s qui élèvent la voix?Il ne s'agit pas, selon elle, de copier Sartre, mais de réactualiser sa théorie de l'engagement littéraire.Maintenant, Cohen-Solal veut continuer à investir dans d'autres formes d'écriture (nouvelles, scénarios, pièces de théâtre) mais toujours dans la perspective d'une littérature engagée.Il faut lire sa biographie de Sartre, un ouvrage passionnant et bien écrit, qui nous donne le goût de redécouvrir une oeuvre toujours actuelle.Danielle Gauvreau est étudiante à la maîtrise en travail social Claude Gauvreau est étudiant en communications.PARLONS MUSIQUE LA QUALITÉ D'UNE CHAINE STÉRÉO SE JUGE À L'INTENSITÉ DE L'ÉMOTION MUSICALE QU'ELLE PROCURE.Le système LINN-NAIM vous procure une émotion musicale à un prix étonnant.Vous n'avez plus d'excuse de vous contenter d'une chaîne médiocre.AUDIO CLUB Haute Fidélité 1675, St-Hubert, Montréal tel : 526-4496 février 1986 47 la vie en rose L'anatomie des nanas L'année 1985 débutait avec la publication en France du manifeste de quelques dessinatrices de bandes dessinées qui, derrière Chantai Montellier, dénonçaient la banalisation du sexisme et de la violence dans la BD française1.Un an plus tard, l'anatomie des nanas s'étale toujours à h une des revues de BD les plus branchées: A suivre, Métal hurlant, l'Echo des savanes, Fluide glacial, etc.Les albums sont-ils moins accrocheurs?A peine.Marie-Claude Jrépanier réagit à quelques parutions plus et moins récentes.par Marie-Claude Trépanier la vie en rose 48 fé h oui, au risque de passer pour une «puritaine et une féministe attardée», j'avoue qu'il m'arrive d'être irritée par l'étalage des formes de certaines héroïnes de BD.Je n'ai rien contre les seins, les fesses ou les autres parties de notre anatomie, c'est l'insistance qu'on met sur elles qui me dérange.Sarvane en est un bel exemple.Cette guerrière ne réussit pas à faire tenir ses énormes seins dans sa brassière cloutée.Au moindre geste, donc fréquemment car elle est très bagarreuse, son soutien-gorge s'envole.Parfois, ses petites culottes aussi disparaissent comme par magie! Cela me pose des problèmes de logique et de vraisemblance, qui m'empêchent de suivre l'histoire.Je perds mon temps à essayer de comprendre comment elle a pu se déshabiller.Et comme le mystère est épais, je perds complètement le fil.Pour résumer, Sarvane est une femme forte et courageuse, qui tombe amoureuse d'un homme-dieu (tiens!) dont elle n'est pas digne (tiens, tiens! ).Mais elle fera tout pour gagner le fameux Gor des étoiles.On se demande bien pourquoi: Gor est un lâche et un impuissant sans grande intelligence.Pour être positive, disons que les dessins de Ber-net méritent une mention et que, dans le genre science-fiction, il y a dans Sarvane quelques bonnes idées.La Marque de la sorcière se distingue aussi par les dessins, de Redondo.Malheureusement, texte et scénario ne font pas le poids.L'auteur a raté un sujet en or: la lutte menée par le pouvoir politique contre les pouvoirs mystérieux de certaines femmes - ou chasse aux sorcières - en pays basque, vers 1611.Situations improbables, dialogues insignifiants et répétitifs, dénouement décevant: on ne croit pas un mot de ce qui nous est raconté.Les femmes pirates d'autrefois devaient passer pour des sorcières.En tout cas, Marie de Bois et les soeurs de la côte en sont de joyeuses! Marie de Bois, Marie de Gris et leurs compagnes^ toutes les Marie (Marie Hasard, Marie Etincelle, Marie Pistolet, etc.) parcourent les mers à la recherche de fabuleux trésors comme de vraies pirates, mais leurs ruses sont celles de sorcières.Marie de Bois commande le Pont-Marie et n'engage à son bord que des femmes, ni mariées ni pucelles.Elles aiment l'aventure et les plaisirs, avec un fort penchant pour l'absinthe et un goût prononcé pour le libertinage.Je vous jure que c'est loin d'être ennuyeux.Le texte s'appuie sur un scénario solide et bien mené, avec parfois de véritables bijoux de dialogues.La scène où les pirates découvrent un corps à la mer vaut bien une citation; au traditionnel «Un homme à la mer!», Marie de Bois répond: «Qu'il y reste! Un maquereau de plus ou de moins dans la Baie de Caillola, ça n'empêchera pas les muions de briller sous le soleil ou d'étinceler les soirs de pleine lune!» Et, plus tard, au moins traditionnel «Une femme à la mer!», elle rétorque: «Qu'elle y reste! Elle bouffera du maquereau.» Les dessins de Billon font honneur au texte.Un album réussi.J'ajoute qu'on y voit des formes et des seins mais que ce n'est pas obsédant.Si Naima, La Voyageuse de la petite ceinture, avait vécu à l'époque des Marie, elle serait sûrement devenue pirate.Comme elle vit dans le Paris des années 80 et qu'elle est démunie, elle a décidé de marcher, de tourner en rond, sur l'ancien réseau de voies ferrées qui ceinture Paris.Les voyages, elle les fait dans sa tête.Algérienne née en France de parents immigrés, Naima n'est de nulle part.Elle ne connaît pas l'Algérie et en France, elle est une étrangère.L'album de Pierre Christin et d'Annie Goetzinger pourrait servir la campagne antiracisme «Touche pas à mon pote» qui se déroule en France.L'exergue donne le ton: «Par des images enthousiasmantes, nous voulons affirmer une France arc-en-ciel».Et c'est signé: Farida, Candida et Barbara, «rouleuses» de l'antira-cisme.L'album n'a rien d'un document de propagande: les images sont chaudes et riches d'émotion, le texte vif, sans bavardage.Les auteurs ne trahissent pas leur réputation.Naima est un personnage attachant avec qui on a plaisir à voyager.Suite à la parution du premier titre, Le Dragon vert, on attendait avec impatience le nouvel album des aventures de Jeannette Pointu, reporter photographe.On avait déjà fait le lien avec Tintin, on ne peut plus l'éviter; tout rappelle le héros de Hergé: mise en page, dessin et histoire.Jeannette est reporter et redresseure ou redresseuse de torts.Avec Le Fils de l'inca, elle se retrouve à San Escudo, un petit pays d'Amérique du Sud.L'histoire ne manque pas de rebondissements, de suspense et de découvertes.Wasterlain réussit à nous captiver jusqu'à la fin alors que Jeannette devient une vedette de la télé.Par contre, un ami connaisseur d'Amérique du Sud me dit avoir relevé plusieurs confusions archéologiques entre les cultures aztèque et inca, et d'innombrables fautes dans l'espagnol des dialogues.Les nouvelles héroïnes de BD ont une manie commune qui me fut révélée par Jeannette: elles font leur toilette devant nous.Dans ses deux albums, on voit Jeannette se laver ou se battre avec ses cheveux rebelles, vêtue de petits vêtements qui tiennent bien, sobres et pas du tout aveuglants.On assiste aussi aux ablutions intimes de Naima, l'héroïne de Christin et Goetzinger, ainsi qu'à celles des soeurs de Marie de Bois.Sans chercher loin, je trouverais d'autres exemples.Pourtant, je ne me rappelle pas avoir déjà vu Tintin.Valerian ou Astérix en petite culotte, à faire leur toilette matinale.Bizarre.Contrairement à ses consoeurs, je n'ai pas vu Yoko Tsuno se laver.Avec son 15'*me album, Le Canon de Kra, Yoko, grande justicière aventureuse, n'a plus besoin de présentation.Téméraire, elle empêche encore une fois qu'un malheur se produise.Ici, il est question de nucléaire: l'héroïne de Roger Leloup serait une merveilleuse recrue pour Greenpeace, mais je ne suis pas sûre que les services secrets français l'apprécieraient.C'est qu'elle est redoutable! Ce numéro nous laisse sur une ambiguïté: Yoko avoue à la fin avoir envie de se ranger pour faire des enfants.Elle se voit très bien, dit-elle, en train de bercer sa petite fille.J'ai hâte de voir quel type de BD cela donnera.Pour finir, deux albums dont les héroïnes sont plus typiquement «masculines», donc pudiques (?).Dans Air mail, Dry week-end, de Attilo Micheluzzi, la femme ne tient pas un rôle de premier plan mais son personnage est intéressant.C'est une histoire de meurtre dans les Etats-Unis de la prohibition.Le narrateur, un pilote nommé Man, est follement amoureux de Bella Palmer, elle-même pilote acrobatique.On la surnomme la «bombe volante» et c'est d'ailleurs l'effet qu'elle provoque chez les hommes.Man est beau joueur, il se retire derrière cette femme de qualité -ce qui est rare en BD.À lire aussi pour la précision du dessin et l'errance poétique du texte.Adèle Blanc-Sec était morte dans le 4'èm,! épisode de ses Aventures extraordinaires, puis ressuscitée dans le 5*™ sans que cela pose problème aux fidèles admiratrices de l'anti-héroïne de Jacques Tardi.Celui-ci défie toute logique, toute vraisemblance, toute convention du récit: imaginez un cauchemar mené comme une intrigue policière, car tout arrive à Adèle Blanc-Sec, le plus horrible et le plus effroyable.Dans le 6'*me et dernier album, Le Noyé à deux têtes, une pieuvre géante s'attaque aux passants, les assassins rôdent, la terreur règne.Adèle traverse tout cela avec indifférence et dédain, pour déclarer à la fin: «En somme, on s'ingénie à me faire perdre mon temps; ne comptez pas sur moi pour tirer une quelconque morale de cette histoire!» ^ Marie-Claude Trépanier travaille depuis quatre ans dans le milieu littéraire et est membre du comité de rédaction de LVR.Il Voir LVR, septembre 1985: «Quatre femmes en colère", Hélène Lazar.BIBLIOGRAPHIE Sarvane, texte d'Antonio Segura, dessin de Jordi Bernet, Éd.Dargaud, 1985.La Marque Je la sorcière, texte de Muro, dessin de Redondo, Éd.Dargaud, 1985.Marie de Bois et les soeurs de la côte, texte de Du-bos.dessin de Billon, Éd.Dargaud, 1985.La Voyageuse de la petit* ceinture, texte de Pierre ChnsUn, dessin d'Annie Goetzinger.Éd.Dargaud, 1985.Les Aventures de Jeannette Pointu: Le Fib de l'inca, texte et dessin de Wasterlain, Éd.Du-puis, 1985.Yoko Tsuno: Le Canon de Kra, texte et dessin de Roger Leloup.Éd.Dupuis, 1985.Air mail, Dry iveek-end, texte et dessin d'Attilo Micheluzzi, Éd.Dargaud, 1985.Adèle Blanc-Sec: Le noyé à deux têtes, texte et dessin de Jacques Tardi, Éd.Casterman, 1985.février 1986 49 la vie en rose P ROF E S Ponzeou.De Lagrave et Croteau Avocats & Procureurs Barristers & Solictors François Parizeau Carole De Lagrave Nathalie Croteau 4017A rue Notre-Dome ouest Montreal (Quebec) HdC 1R3 Tel (514)937-9326 SUZANNE DAME, avocate 822 Mont Royal est Montréal, Qc.H2I 1X1 tel: 526-9164 ou 526-0443 Diane Ricard Psychophoniste Retrouver l'importance, le plaisir et la joie de la parole • éveil de la voix • exploration en profondeur par des méthodes alternatives • cours intensifs ou privés • membre du Bottm des Femmes 117 VILLENEUVE OUEST MONTRÉAL H2T2R6 276-7945 N N E LLE S TEL 934-0841 Louise Rolland AVOCATE UNTERBERG.LABELLE.JENNEAU, DESSUREAULT a ASSOCIÉS 1980 SHERBROOKE OUEST.SUITE 700.MONTRÉAL H3H 1E8 ât HELENE BÉLANGER DOCTEUR EN CHIROPRATIQUE 407 ST LAURENT SUITE 110 MONTREAL QUEBEC M2V 2Y5 imeiro Puce a A.mesl SUR RENDEZ VOUS ISUI 871 BS20 DENISE NOËL PSYCHANALYSTE 5350 RUE WAVERLY MONTRÉAL H2T 2X9 TEL (514) 495-3696 Copropriété indivise et locations d immeubles Artistes pigistes Travailleurs (euses) indépendants (tes) Élaboration de ,.système comptable Tenue de livres manuelle Informatique Vérification Groupes sans but lucratif PME.BERNADETTE JO BIN COMPTABILITE GENÊMLE 4.Z9D RUE LAVAL MONTRÉAL H2W2J5 849*2530 Dr Kimberly Dubois O.D.• examen visuel • vision au travail • dépistage de glaucome • dépistage de cataracte • rééducation visuelle 3743 Saint-Hubert H2L3Z9 521-0740 (près du métro Sherbrooke) P ROFE S (514) 688-1044 Luce Bertrand m p s PSYCHOLOGUE «Une femme a l'écoute des femmes » PEURS - DÉPENDANCES - CULPABILITÉ HÉTÉROSEXUALITÉ - HOMOSEXUALITÉ CROISSANCE - CHEMINEMENT DANIÈLE TREMBLAY Psychologue Thérapie individuelle et de couple Expertise psycho-légale : agression sexuelle divorce 426 est, boulevard Saint-Joseph, Montréal, H2J 1J5 721-1806 bureau: (514) 769-2176 Pierrette Tremblay, MPs.PSYCHOLOGUE Crise siluatlonnelle — idées suicidaires stress — homosexualité phobie — séparation — deuil Membre de la Corporation Professionnelle des Psychologues du Québec H EUE S 911 av Pratt Outremont H2V 2T9 bureau : 737-7699 Monique Panaccio PSYCHOLOGUE psychothérapie et psychanalyse Psychothérapie individuelle Problèmes liés à l'homosexualité HÉLÈNE GOSSELIN Psychologue 831, avenue Rockland, Outremont 651-9963 (514) 598 8620 (Diana (jiranô Psychologue 2127, rue St-André (près du métro Sherbrooke) Montréal, QC H2L 3V2 SUZANNE BOUCHARD PSYCHOLOGUE-MEMBRE DE LA C.P.P.Q.psycho-thérapie, croissance, thérapie de ta famille mono-parenlale, réaction aux séparations, anxiété et «burn oui».Téléphone 737-5171 Suite 322 5950 Chemin de la Côte des Neiges Montréal, Que.H3S 1Z6 Thérapie individuelle et de groupe 4581 Fabre H2J 3V7 Métro Mont-Royal 524-3289 psychologue Jovette Marchessault Livres o euvre de chair Anaïs, dans la queue de la comète, Jovette Marchessault, Éd.de la Pleine Lune, Montréal, 1985, 180 p.Sur la page couverture, assise dans l'herbe, drapée dans sa cape noire majestueuse, Anaïs Nin, à New York en 1971.Partant de son coeur même et se dirigeant en jets de feu vers le haut (j'allais dire le ciel), les fils d'or, de rubis et de saphir de la comète.Sur la couverture, assise dans l'herbe, une femme nommée Anaïs nous regarde.C'est aussi Andrée Lachapelle, tant leurs traits se ressemblent de finesse et de douceur.Sur la scène du théâtre de Quat'sous en octobre dernier, drapée dans un superbe kimono, Andrée Lachapelle jouait Anaïs Nin.On aurait dit des flash ¦ ' mm HbV Andrée Lachapelle et Patricia Nolin dans «Anaïs, dans la queue de la comète» soeurs.Mieux.On n'aurait pas pu dire qui, d'Andrée ou d'Anaïs, était vraiment là.Tant la métamorphose était parfaite.Étonnante Jovette Marchessault! Étonnante Jovette qui triture tant les livres qu'elle réussit à leur donner chair.De Violette Leduc à Anaïs, il y a eu toute une pléiade d'étoiles littéraires, femmes surtout et.hommes qui ont fait de leur vie un long et terrible tourment d'écriture.Écrire! Quelle soif! Quelle faim insatiable! Quelle exaltation! Ne vivre que pour ces moments-là suffirait pour vivre! Alors, ces personnages prennent des formes divines, deviennent mythes et monuments, montent et descendent de leur piédestal.Et sur une scène à Montréal, New York ou Toronto, Jovette Marchessault leur donne la parole, les rend à l'écriture.Sans fracas publicitaire cependant, et telles qu'elles étaient, mégalomanes, paranoïaques, névrosées ou tout simplement humaines, craintives, angoissées et nerveuses.Jovette Marchessault ne juge pas, elle dessine scènes et tableaux de leurs vies, publiques et quotidiennes; elle déroule la cape, ouvre le kimono et montre la plaie, la joie, la place, là, où tout cela palpite.Dangereusement.Anaïs a écrit, s'est battue pour écrire et publier, a écrit et publié par ses propres moyens.A gagné contre le système traditionnel.Jovette Marchessault a écrit, elle aussi, sur l'écriture de cette femme et sur sa passion d'être d'or, de rubis et de saphir, vivante «dans la queue de la comète».Anne-Marie Alonzo La haine blanche Hôpital Silence, Nicole Malinconi, Ed.de Minuit, coll.Documents, Paris, 1985, 135 p.Une jeune femme entre à l'hôpital pour se faire avorter.Son mari et son fils de six ans l'accompagnent.On a seulement dit à l'enfant que sa mère a mal au ventre.«Il vient chez l'infirmière, demander un vase pour les fleurs: c'est son père qui l'envoie.Elle [l'infirmière] se lève, ouvre une armoire et, tandis qu'elle donne le récipient, surgit d'elle cette violence irrépressible, cette vengean- -'4 ce qu'elle savoure contre Dieu sait quelle blessure secrète, tandis qu'elle glisse à l'enfant: C'est pour mettre le petit frère ou la petite soeur que tu n'auras pas?» Ce livre-document d'une psychologue raconte l'histoire répétée et difficilement imaginable de toutes ces femmes de tous âges qui entrent un jour ou l'autre à l'hôpital (du) silence pour se faire faire «ça».Ce livre fait, par petits tableaux comme ces petites scènes de tous les jours, le décompte du mensonge, de la vanité et de la haine.de la peur aussi, de leur peur assourdissante que nul, dans ce lieu de «santé»(!), ne semble entendre ou écouter.«D'abord c'est involontaire, la haine.Ça tient à la neutralité.L'hôpital a mis sa haine dans le neutre.Il s'est masqué de blouses blanches, de portes identiques, de formalités d'entrée, d'odeur de désinfectant, de voix-off.» «Ça», c'est la honte, l'avortement.On travaille dans le luxe et la propreté, les femmes ne meurent (presque) plus, il n'y a pas de faiseuses d'anges ou de lieux sordides, nous sommes en règle dans un lieu où les maîtres de la santé (et de la morale) trai- la vie en rose 52 février 1986 tent le corps d'une façon impeccable.Mais le professionnalisme au travail n'exclut pas l'indifférence (on avorte, très bien, mais on ne parle ni ne console, on ne réconforte jamais), le mutisme ou les sarcasmes, voire la cruauté verbale et mentale.«Sans rien dire, elle [l'infirmière toujours] fait un geste, rien que ce geste dont elle sait qu'il peut se priver de mots: elle soulève le petit corps hors du bassin, par un bras; juste assez haut pour que votre regard, inexorablement, s'y accroche; pour que ça se marque en vous, en punition à vie, cet enfant que vous n'avez pas voulu.» Et la mère voit l'enfant, elle voit que c'était un garçon et «que sa bouche grimaçait comme s'il avait souffert».Et personne ne dit jamais rien.Le silence vaut pour les deux camps.On laisse régner les médecins, les infirmières.On nie la blessure, l'humiliation, la douleur, on prend sur soi la faute, le deuil, la solitude.Ecrit à vif comme dans l'os et le sang, ce tout petit livre est un document étonnant.Mais ce qui se passe dans un hôpital de la province française pourrait se passer ici, ou n'importe où ailleurs: mêmes lits, mêmes corridors, mêmes chambres, mêmes visages de pierre.«Il fallait y penser avant».Ne pas tomber enceinte, tomber malade, tomber! Ne pas déranger, appeler, supplier, hurler.Se taire pendant la douleur.Seules les femmes qui accouchent, seules les mères ont droit au cri de la délivrance.Anne-Marie Alonzo Au moins 275 Québécoises d'hier et d'aujourd'hui, Robert Prévost, Éd.Stanké, Montréal, 1985.Robert Prévost décrit des Québécoises d'hier et d'aujourd'hui qui se sont démarquées d'une façon ou d'une autre afin de faire avancer des idées ou des causes.Depuis Laure Conan, la première fem- me de lettres québécoise digne de ce nom et la première à être honorée par l'Académie française, en passant par Madeleine Arbour, Louise Beaudoin, Lise Bissonnette et Marguerite Bourgeoys, Robert Prévost trace en quelques lignes des portraits de femmes dont, dans bien des cas, on ne sait que peu de choses.Il est intéressant d'apprendre, par exemple, qu'Antonia Nantel-David (l'épouse de Louis-Athanase) a fondé l'Orchestre symphonique de Montréal.Un tel livre permet de mesurer le chemin parcouru par nos contemporaines.Évidemment, plus de 275 Québécoises auraient mérité d'être citées, et il faut déplorer le fait qu'aucune cinéaste et très peu d'écrivaines ne trouvent leur place parmi ces pages.Malgré des choix parfois arbitraires, Robert Prévost a tout de même réussi un premier abattage.en attendant une véritable encyclopédie des Québécoises d'hier et d'aujourd'hui! Marie-Claire Girard L ange Hector Sans la miséricorde du Christ, Hector Bianciotti, Éd.Gallimard, Paris, 1985.Le bonheur: un nouveau roman d'Hector Bianciotti.Que celles qui ne le connaissent pas se donnent le plaisir de découvrir un auteur tendre, attentif, un écrivain doué qui manie la langue française (peut-être parce que ce n'est pas la sienne) comme un ange dansant sur la pointe d'une épingle.Bianciotti, critique littéraire au Nouvel Observateur (et beau comme un dieu! ), avait écrit Le traité des saisons et L'amour n'est pas aimé.Né en Argentine de parents italiens, à la recherche de racines inexistantes et d'une langue «maternelle» qui lui a été refusée, il avouera même qu'il est difficile de sortir de grands espaces quand on n'est pas enfermé.Par le biais de son héroïne, Adélaïde Marese, comme lui exilée et comme lui tributaire À LIRE ABSOLUMENT 20,95$ EN VENTE PARTOUT 5198, rue St-Hubert Montréal, H2J 2Y3 LILIANE CLUNE LUC MATTE dans un f ; I m de_ NARDO CASTILLO r » a h Ç 0 1 S C a » 11 E r NARDO CASTILLO A UNIE GELBART V I CTOR DESy DENIS L A R 0 C H E L L E A R NIE GELBART CHARLES 0 H A V 0 N MAINTENANT À L'AFFICHE CETTE NUIT ET DEMAIN Le PARISIEN 480 Ste-Catherine o.866-3856 McGill «ELLE QUI TRAVERSA LE MONDE» UN ROMAN SIGNE ANNE DELBÉE l'auteure du célèbre «UNE FEMME» (CAMILLE CLAUDEL) février 1986 53 la vie en rose Flash Hector Bianciotti pour vivre de fugitifs instants de bonheur, il nous fait part d'un désespoir mitigé, d'un existentialisme nuancé qui nous ramène doucement à une réflexion salutaire sur nos vies et ce qui les tisse.Sans la miséricorde du Christ est un livre important et beau qui, dans la lignée des Kundera et Modiano, marquera notre mal de vivre d'une pierre blanche éblouissante.Marie-Claire Girard i'mma, Eugénie et les autres Rêves d'amour perdus, Les femmes dans le roman du XIXe siècle, Annie Goldmann, Ed.Denoel Gonthier, Paris, 1984, 198 p.L'analyse est ici professionnelle, sereine, efficace.«Relire à partir de la problématique féministe les romans qui ont nourri mon adolescence et continuent sans doute à éveiller la sensibilité littéraire et humaine des femmes d'aujourd'hui, tel est mon propos», explique d'emblée Annie Goldmann.Les monstres sacrés: Balzac, Stendhal, Flaubert, Maupassant, etc.sont une fois de plus «revisités» mais d'un point de vue de femme.On pourrait dire que Goldmann reprend l'analyse là où Elisabeth Badinter l'avait laissée.Emilie, Emilie montrait clairement que si les aristocrates françaises du XVIIIe siècle jouissaient d'un statut égal à celui des hommes, c'était dans le contexte d'une guerre des sexes plutôt que d'une entente réelle.D'où l'insatisfaction et la frustration effective des femmes, et l'appel à l'émotion et à la sensibilité qui caractérisent la fin du siècle.Mais cela n'a pas empêché, démontre Goldmann, la morale bourgeoise, le Code Napoléon et l'enfermement des femmes de prédominer au XIXe siècle.A l'homme, le vaste monde, l'ambition, les affaires, le réel.Les femmes, elles, restent confinées aux champs clos du privé, de l'affectif, du gratuit.Éternelles mineures exclues de la vraie vie, brimées dans leurs rêves d'amour, les femmes n'ont alors d'autre ressource que de miser sur leurs enfants.Ce qui explique l'émergence du modèle féminin qui va dominer jusque vers 1950, celui de la femme-mère dévouée, tendre comme Madame de Rénal, la maman-amante de Julien Sorel, sublime comme Henriette de Mortsauf, le Lys dans la vallée, castratrice aussi comme la Jeanne d'Une vie.Mais, à côté des mères, se dressent les rebelles, les indignes, les célibataires, celles qui essaient désespérément de vivre: Emma Bovary, Honorine, Lamiel, Mathilde de la Môle.Courtisanes ou amazones, elles connaissent toutes l'échec, comme si les romanciers avaient voulu mettre leurs lectrices en garde contre des velléités de rébellion.Même critiques de l'ordre établi, tous, y compris Zola, ont intériorisé la représentation qu'ils donnent de la femme et, s'ils la peignent comme une victime de la société, ils semblent incapables de croire que sa situation pourra jamais changer.Le paradoxe est troublant: les héroïnes de roman ne renvoient pas seulement aux femmes de l'époque; elles sont avant tout les fantasmes des hommes qui les ont créées.C'est ainsi qu'il faut comprendre le fameux «Emma Bovary, c'est moi» de Flaubert.Un essai assez corrosif pour celles qui voient dans le roman un reflet de la société.Pour Libre Expression 12,95$ Hélène Fecteau CAPE COD aller-retour roman g» Expr^ion «Je crois qu'Hélène Fecteau possède les qualités qu'on cherche chez un romancier.La volonté qu'elle a d'explorer les rapports humains — particulièrement ceux qui sont apparus au grand jour depuis quelques années — recèle un sens aigu des réalités contemporaines.» , _ Ivanhoe Beaulieu Le Devoir LES CAHIERS DU GRIF LA DEPENDANCE AMOUREUSE Abonnement à 4 numéros | 600 frs belfes — Par virement : en Belgique : Société Générale :i00.13h662-27 adresser le bulletin d'abonnement comportai» nom et adresse de l'abonne(e) aux Cahiers du Grif 29, rue Blanche, 1050 Bruxelles Diffusion Canada: Dimedia 539,bd Lebeau.Ville Saint-Laurent.H4N 1S2 la vie en rose 54 février 1986 PLAISIR GARANTI! mieux comprendre ce siècle qui a précédé le nôtre.Pour mieux comprendre aussi Claudine, Maria Chapdelaine, Thérèse Desqueyroux et autres Florentine.Marie-Christiane Charbonneau avec la vie et avec (lui)-même.» Plus encore que Patrick, Kevin, Betty et Chris qui l'entourent, c'est Mark, un enfant, qui l'aide à voir la vie sous un regard neuf.A cette trame narrative s'ajoutent quelques péripéties: accidents de Mark et de Stéphane, violente tempête, Hélène Fecteau A lier simple vers soi Cap Cod aller-retour, Hélène Fecteau, Ed.Libre expression, Montréal, 1985, 171 p.Cette histoire d'Hélène Fecteau est assez simple, voire un peu mince.Stéphane ne peut accepter que sa femme Laurence et sa maîtresse Maxime entretiennent une relation amoureuse; il quitte Montréal et se réfugie à Cap Cod chez son ami Patrick.Là-bas, Stéphane tente de surmonter sa douleur et de «créer de nouveaux rapports fête de Noël, vécu quotidien à Cap Cod.Traités de façon superficielle, ces événements n'apportent cependant pas d'épaisseur au récit.Mais l'enjeu de ce roman est ailleurs.Le départ pour Cap Cod n'est pour Stéphane qu'un prétexte «extérieur» au voyage intérieur qu'il doit faire pour parvenir à une certaine autonomie affective.La substance même du récit repose donc sur la démarche psychologique de Stéphane qui, à travers le remous de ses émotions, sera amené à élucider son rapport à Revue de Femmes pour les Femmes Abonnement 7 00$ CENTRES DES FEMMES DE LAVAL 233.des Alouettes Laval, (Québec) H7G 3W2 668-8600 l'amour.Il reverra non seulement le lien qui l'attache à Laurence et à Maxime, mais également la relation à sa mère, cette zone originelle du manque d'amour et de la peur du rejet.Avec Patrick, Mark et les autres, Stéphane apprendra à vivre avec la nature et les apparentes banalités de l'existence; il découvrira aussi la nécessité d'aménager son propre espace intérieur et celle, non moins importante, d'accepter la différence de l'autre.Toutefois, l'auteure n'a pas toujours su éviter les pièges d'un roman essentiellement in-trospectif: certaines idées relèvent du cliché, le traitement des personnages secondaires est bien superficiel et l'utilisation de procédés tels le journal et la correspondance semble parfois arbitraire.Par ailleurs, Hélène Fecteau met l'accent sur l'homosexualité et la bisexualité comme «choix de la communication»: cela m'a paru quelque peu artificiel et maladroit, d'autant plus que Stéphane lui-même semble avoir «d'autres chats à fouetter».Bref, ce roman aurait gagné à creuser davantage thèmes et situations, quoique la démarche psychologique de Stéphane, rendue dans une écriture efficace lorsqu'elle demeure sobre, ait un effet stimulant.Hélène Dorion P.leurer et rire L'heure de l'étoile, Clarice Lispector, Éd.des femmes.Paris, 1984, 109 p.Rarement un auteur femme (CL.se considère comme un auteur dans ce livre-ci) n'a eu tant d'humour, ni tant de tranquille lucidité.Ainsi, cette Clarice que continuent fidèlement à publier les Éditions des femmes, cette Clarice qu'Hélène Cixous nous faisait découvrir en 1979 avec Vivre l'OrangelTo Live the Orange, cette Clarice nous donne un récit masculin où le féminin est source première.Un homme, «habité» par une jeune fille misérable, se met à écrire son histoire à elle, l'histoire de ce qu'elle deviendra, de ce qu'elle est sans le savoir.Lui, a échappé au sort qu'elle va subir.«Il l'aime comme on aime ce qu'on craint de Ariette Cousture 1 Les Filles de Caleb Il CHANT OU COC ROMAN 528 pages 18 95$ 535 pages 18.95$ Yves Beauche LE MATOU QUEBEC AMERIQUE 584 pages 14.95 $ QUÉBEC/AMERIQUE 450.mt stwrbroohe est 3f étwje.montrai.ouétwc m2l Uê Tel [Sl«l ?8I :-,'i février 1986 55 la vie en rose Flash devenir».Ce qu'on a déjà été?.Un livre où les plus cruelles vérités sont dites avec tant de sourires qu'il nous donne envie de rire/pleurer'et rire.Anne-Marie Alonzo D e l'or en spray Quarts et Mica, Yolande Villemaire, Éd.Écrits des forges/Le Castor astral, Trois-Rivières/Paris, 1985, 54 p.C'est comme si la recherche littéraire de Yolande Villemaire alternait entre l'explosion farouche du roman et la tranquille solidité rocailleuse du poème.Quartz et Mua (deux minéraux de la transparence), écrit à New York l'été dernier, se mire dans la ville et chaque page se réclame d'un lieu, quartier, pont, corps de cette ville.«En holo-mouvement au-dessus de Manhattan» ou «au-dessus de [sa] tête», Yolande Villemaire cher- che la roche de cristal «atlante» comme on cherchait la pierre philosophale.Un amour juif pour celle qui dit l'avoir été dans une autre vie.Une ville qui se laisse peu apprivoiser et de loin, un Québec folklorique au-delà de ses propres frontières.Entre Madonna, Canal Street et le saxophoniste jouant We are the world, une femme, qui dit je, «cherche la boîte noire d'un vaisseau spatial/qui s'est écrasé à Atlantis en 30,033 avant Jésus-Christ», tout en jouant avec de l'or en spray.C Yolande Villemaire oupable ou non: La Fissure, Aline Chamberland, Éd.VLB, 1985, 156 p.Pour son premier roman, Aline Chamberland n'a certes pas choisi une situation dramatique des plus faciles à explorer.La Fissure raconte en effet l'his- La Crêperie .Québécoise ¦"Une atmosphère de.détente où vous dégusterez les crêpes les plus légères et les plus délicieuses ! ¦• iL.i meilleure crêperie > — André Robert 1775 St Hubert, Montréal (Métro Berri) 521-8362 ruTb^iA pour futons et accessoires de qualité 220 Laurier Ouest, Montréal 270 8175 5935 Sr.Peois, A)ootréal 843 4759 Aline Chamberland DEUX OUVRAGES OÙ S'AFFRONTENT LES FORCES DE L'AMOUR ET DE LA MORT La fissure d'Aline Chamberland Dans un moment de grande dépression, une mère tue son enfant.«Elle était désorganisée, complètement désorganisée», expliquera le psychologue appelé à témoigner à son procès.«Pour un premier roman, voilà une oeuvre écrite avec une simplicité qu'on rencontre rarement à ces occasions.» (Yvanohé Beaulieu, Le Devoir).156 pages 12,95$ Suzanne Laray La convention récit La convention de Suzanne Lamy D'une écriture des plus simple et des plus précise , Suzanne Lamy nous fait découvrir un univers lourd de violence et de passion.Trois personnages à la fois unis et séparés par la maladie incurable dont l'un d'eux souffre et rit éditer qui vient bouleverser leur quotidien 86 pages-8,95$ VLB EDITEUR 4665, rue Berri, Montréal H2J 2R6.tél: 524.20.19 la vie en rose 56 février 1986 Aline Chamberland toire d'une mère, Élaine, qui tue sa fille de deux ans, Eve-Lyne.Mais rien ici ne tient du roman policier: on ne trouvera pas même une description de-taillée du meurtre.Dans La Fissure, tout se passe suivant les «images brouillées» et «incomplètes» d'événements qui s'enchevêtrent et de souvenirs superposés.En contrepoint, Elaine retrace différentes scènes qui ont précédé et suivi le meurtre de sa fille.Ainsi évoque-t-elle la rela- tion monotone avec Bruno, ce mari toujours assis devant le téléviseur; son aventure amoureuse avec Julien qui, plutôt tardivement, lui apprendra qu'il est marié et que sa femme est enceinte; et enfin, les réunions familiales du dimanche qui affermissent son désir d'arracher Eve-Lyne à une société qui veut en faire «une gentille petite fille» et voudra aussi en faire «une bonne mère».La question est implicite: le mari, l'amant ou la famille peuvent-ils pousser quelqu'un au meurtre?A cela, Aline Chamberland ne répond pas.En fait, les «mobiles du crime» pourraient aussi bien être des motifs de suicide et par là, l'interrogation dépasse largement le simple fait divers.Sans éluder la culpabilité d'Elaine, l'auteure parvient à remettre en question la justice humaine face au vécu psychologique d'un assassin.On ne peut passer sous silence les qualités formelles de La Fissure.Par le procédé du contrepoint, l'auteure donne du relief à un récit qui, linéaire, au- rait pu être monotone.L'écriture efficace et bien maîtrisée d'Aline Chamberland ajoute enfin aux qualités de ce roman qui traite remarquablement un sujet tabou, l'infanticide.Hélène Dorion Théâtre H umour noir À grand renfort de tambours et de trompettes, les Folles Alliées débarquaient en novembre au Théâtre d'Aujourd'hui à Montréal.Après le succès, en 1982, de la pièce Enfin Duchesses!, elles abordaient cette fois le thème controversé de la pornographie (voir LVR, nov.1985).Dans cette aventure abracadabrante, les brigades roses sont appelées en mission fort spéciale à Pomponville, petit lieu de villégiature québécoise.Bibi Rancourt (Pascale Ga-gnon) vient d'y ouvrir un garage appelé Mademoiselle Autobo-dy, où règne le bordel le plus total, et elle invite ses copines au grand ménage.Emberlificotées dans les moppes, les balais et les seaux d'eau, les brigades entendent parler des intentions honteuses du maire Maurice Malo ( Jocely-ne Corbeil): ouvrir prochainement une boite de nuit super, mais super erotique: le Complexe du sexe.Elles décident d'intervenir en sabotant joyeusement la soirée d'ouverture du Complexe, avec la complicité des femmes du village: Janine la «waitress» western (Agnès Maltais), Mariette Malo (Pascale Gagnon) et Phéda Simard (Lucie Godbout).Depuis six ans déjà, les Folles Alliées utilisent le théâtre et l'humour pour véhiculer des propos féministes auprès du public «ai large».Mademoiselle We petite auberge en nouvelle-angleterre À seulement 3 heures de route de Montréal, dans les montagnes blanches du New Hampshire, le Highlands Inn est un endroit unique pour vous, vos ami-e-s, vos amant-e-s.Cent acres de terrain privé, des montagnes à perte de vue, des chambres meublées d'antiquités et avec chambre de bain privée, des salles communes spacieuses .tout est là pour créer une atmosphère calme et agréable.Nous avons aussi un bain tourbillon, des pistes de ski de fond et alpin à proximité et des promenades en traîneaux.Cette année, prenez rendez-vous avec la montagne.Aubergistes : Judith Hall Grace Newman P.O.Box 118 U Valley View Lane Bethlehem, M H 03574 (603) 869-3978 1INISTE LIT une liste des nouvelles parutions est publiée trois fois l'an.Abonnement annuel : 2 $.3642, boul.Saint-Laurent, 2e étage Montréal H2X 2V4.Tél.: 842-4765 février 1986 57 la vie en rose Flash Autobody est donc une comédie musicale où les chansons, parfois très touchantes, viennent ponctuer des dialogues qui reflètent bien l'écart entre le discours des femmes et celui des hommes sur la sexualité.Il n'y a, enfin, ni anicroches ni longueurs dans cette mise en scène de Pierrette Robitaille.Bien que le deuxième acte ait plus de vigueur que le premier, l'interprétation de comédiennes telles que Lucie Godbout et Jo-celyne Corbeil demeure constamment intéressante.On sourit ou on s'esclaffe.Du moins jusqu'au message choc de la fin, alors qu'on projette des films pornographiques «hardcore» sur grand écran: viols, étalage de chair fraîche comme dans la vitrine d'un boucher, corps de femmes passés au hachoir ou enchaînés, pleurs, supplications.Quelques bouts de pellicule qui coupent le souffle et font drôlement réfléchir sur la pornographie.ou sur la dégradation du genre humain.Après deux mois à guichet fermé, Mademoiselle Autobody sera rejouée en mars, à Montréal (le 8, à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal) et ailleurs, avant la tournée québécoise prévue pour l'automne 1986.(Plus de renseignements auprès de Michèle Pérusse, 844-2928).Francine St-Laurent Cinéma i4.riane 1925-1980 Vous avez peut-être aussi une grand-mère qui sort occasionnellement sa boîte de photos, ses vieux albums et refait l'histoire de la famille.Et il vous est peut-être venu à l'esprit, en regardant ces images, que finalement, l'histoire de toute vie est indissociable de celle d'une époque, d'une région, voire même d'un pays.Voilà ce que suggère Le film d'Ariane, de Josée Beaudet.Imaginez l'histoire des femmes du Québec vue par des dizaines de cinéastes du dimanche et racontée par une femme ui aurait vécu de 1925 à 1980.Une femme qui nous livre sa mémoire comme une richesse à partager et nous parle de Laure Gaudreault, Thérèse Casgrain, Madeleine Parent et de toutes les Marie, Simone, Yvette dont l'histoire ne fait jamais mention.Le film d'Ariane retrace, comme son titre le suggère, la vie des femmes à travers crises, guerres et relances économiques, promesses électorales et chantages religieux («Si vous commencez à faire le mal avec un homme, vous ne pourrez plus vous en passer!»).Et malgré l'envergure du sujet, qui aurait pu le rendre austère, ce film séduit parce qu'on s'y retrouve: certaines se souviendront de nos revendications pour la liberté sexuelle, de nos luttes pour l'accès à la contraception et à l'avortement, de nos manifs du 8 mars (vous y reconnaîtrez sans doute une amie), de nos tript de campagne avec communes, chèvres et vaches.Bref, un bien beau film dont un des mérites est de lier avec humour et aisance le privé et le politique.Mais il ne faudrait pas se leurrer sur l'apparente simplicité de la forme.Le montage est en soi une performance et je soupçonne que ce fut un travail de moine (ou de «moi-nesse») de repérer tous ces films de famille, de les assembler comme les pièces mouvantes d'un casse-tête gigantesque et d'en faire une construction qui se tienne toute seule.Ma seule réserve tiendrait au ton un peu trop uniformément débonnaire d'Ariane, surtout lorsqu'elle se remémore des événements particulièrement graves et révoltants.Car, après tout, qui a dit que les grands-mères n'ont pas droit elles aussi à la colère?Le film d'Ariane est présenté au cinéma Le Milieu, à Montréal, à partir du 17 janvier.Diane Poitras Le Musée d'art contemporain, le lieu de l'art actuel du mardi au dimanche de lOhà 18h Cité du Havre 873-2878 MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Offrez-le en cadeau.B9TTIN DES FEMMES • Un outil de références.• Un répertoire unique de ressources.¦if.».•., 3.50$ 1 (514) 845-4281 376.rue Sherbrooke Esl, Montréal H2X1E6 , • Un guide pratique de services et produits.19 8 5 LANCTOT Yolande Fontaine Agent littéraire et promotion Relations publiques C P 787, suce Outremont MONTREAL (Québec) H2V 4N9 (514) 287-9072 la vie en rose 58 février 1986 Il calendrier Du 4 au 23 février, L'Illusion, Théâtre de Marionnettes, présente au public des 4 à 8 ans «Tempête dans un verre de lait» à la Maison Théâtre.288-7211.DANSE Les Ballets Jazz de Montréal occuperont la Place des Arts du 12 au 15 février.(514) 849-6071.Ginette Noiseux, Gerald Godin, Jeannette Laquerre.Lise Vaillancourt à l'ouverture officielle de Go.1-2-3-GO L'Équipe du Théâtre Expérimental des Femmes est heureuse d'annoncer l'ouverture de GO, leur nouveau lieu de création situé au 5066, rue Clark à Montréal.Ce lieu comprend deux salles: la première peut accueillir 199 personnes, la seconde, d'une capacité de 59 places, est à la fois galerie, salle de répétition, lieu de performance.Du 1er au 8 mars se tiendra le 4,ème Festival de Créations de Femmes, ayant pour thème l'éro-tisme.tél.: (514) 271-5381.BROMONT Du 13 au 16 février, pour la St-Valentin, la station touristique Bromont vous propose des activités spéciales pour les valentines et les valentins.Les 23 et 24 février, les meilleurs skieurs acrobates au monde exécutent leurs meilleures performances au Acrobaski Volvo.Informations: (514) 534-2200, 1-800-363-5530.0B0R0 La galerie Oboro, 3981, boul.Saint-Laurent # 499, Montréal H2W 1Y5, présente du 29 janvier au 13 février Marcel McNi-chol - EAU-Nirisme.Samedi 15 février, la spectaculaire «Oboro soirée cochonne»: soirée gala où 24 gagnants goûteront aux nourritures erotiques et à l'atmosphère exotique d'une soirée inoubliable.Billets 5$ en vente à la galerie - 844-3250.CLÉMENCE RIDES AGAIN Le spectacle «Le Derrière d'une étoile» de Clémence Desrochers sera présenté au Théâtre Arlequin du 25 janvier au 2 février.Billets en vente au Théâtre Arlequin ainsi qu'aux comptoirs Ticketron.VARIÉTÉS Pierre Létourneau au Café-Théâtre Quartier Latin du 4 au 23 février à 20 heures (relâche lundi), réservations: 845-4932.THÉÂTRE POUR ENFANTS Spectacle de marionnettes destiné aux enfants de 2 à 8 ans, «les Trois petits cochons» et «la Fleur enchantée» tous les samedis et dimanches après-midi, à 14 heures, jusqu'au 16 mars au Café-Théâtre Quartier Latin 4303, rue Saint-Denis - réservations: 845-4932.THÉÂTRE La Compagnie Jean Duceppe présente: «Jos Bleau, chauffeur de taxi» avec Michel Dumont au Théâtre Port-Royal de la Place des Arts du 7 janvier au 8 février.Les productions Germaine La-rose nous offrent «Faust Performance», un texte/collage d'Alain Fournier qui se déroule simultanément en deux endroits différents reliés par un système vidéo: le Lux - 5220, Saint-Laurent, et le Milieu -5380, Saint-Laurent du 17 janvier au 8 février - réservations: 271-9272.Le Théâtre d'Aujourd'hui accueille la lecture publique d'un texte de Georges Walker, «Zas-trozzi», une traduction de René Gingras, le 9 février.Cette soirée s'inscrit dans le cadre des échanges entre le Playwrights Workshop et le CE AD.La semaine du 16 février sera consacrée aux présentations publiques de l'ensemble des résultats des ateliers de création du Théâtre d'Aujourd'hui; Francine Noël en est la nouvelle coor-donnatrice.EXPOSITIONS Bahaus - Architecture «Francfort: Bâtir en milieu historique» du 20 février au 23 mars, 200, rue Sherbrooke ouest - (514) 282-3329.Maison de la Culture de Mai- sonneuve - 4120, rue Ontario -872-2200.Jean-Pierre Moreau, peintre, du 24 janvier au 16 février.Articule, 4060, boul.Saint-Laurent, # 106, 842-9686: John McCartney, «Baked Fresh Daily», sculptures, du 29 janvier au 16 février; Claire Beau-lieu et Marc Leduc, dessins et tableaux, du 19 février au 9 mars.Aubes, 3935, rue Saint-Denis, 845-5078: Odette Drapeau-Milo, reliures d'art; Peter Tré-panier, dessins et sculptures, jusqu'au 16 février; Kathryn Lipke, oeuvres récentes, jusqu'à la fin février.Galène Skol, 3981, boul.Saint-Laurent, n° 810, 288-6636: Julie Bernier, «Galerie Skol 1986», du 5 février au 2 mars.GALERIE LA MALVAS, 3859, rue Saint-Denis, 843-3585: Pierre Baret, acryliques sur toile; Denise Bouchard-Wolfe, sculptures, du 23 février au 16 mars.Mutée d'art contemporain.Cité du Havre, 873-2878: Murray MacDonald, du 26 janvier au 16 mars.Mutée des Beaux-Arts, 1379, rue Sherbrooke ouest, 285-1600: «Jungle canadienne, la période méconnue d'Arthur Lismer»; «Les paysages d'Ozias Leduc, Lieux de méditation»; «Montréal 1912, un musée de style 'Beaux-Arts'», du 14 février au 23 mars.TÉLÉVISION Aux Beaux Dimanches, le 16 février, un film de Diane Beau-dry sur les femmes et la politique.Lise Payette, Pauline Ma-rois, Francine Lalonde, Léa Cousineau et des femmes du RCM parlent des difficultés et des exigences du monde du pouvoir.Si vous déménagez.• Collez ici l'étiquette portant • votre ancienne adresse et • votre numéro d'abonnée Nouvelle adresse Nom_ Adresse.Ville_ Code Postal.N° d'abonnée_ SVP.Faire parvenir ce formulaire à : LaVieen rose, 3963 St-Denis, Montréal, QC, H2W2M4 février 1986 59 la vie en rose VIVEZ R L'HEURE D Abonnez-vous à La Vie en rose, économisez jusqu'à 49 % sur le prix de vente en kiosque et obtenez gratuitement cette jolie pendulette, à l'effigie de La Vie en rose.Petite, légère, pratique elle vous suivra partout; bref, elle vous sera aussi fidèle que vous.à La Vie en rose.1 an 10 numéros (36 % de réduction sur le prix en kiosque) 19$ 2 ans 20 numéros (44% de réduction) 33$ 3 ans 30 numéros (49 % de réduction) 45$ E ez-fa p reliure et complétez votre collection dès maintenant! Offre spéciale pour seulement 5,95$ (s/ vous êtes abonnée) ou 6,95$ (si vous ne l'êtes pas encore) + 1$de frais de manutention 3 Septembre 1981 Quand Janette et les autres ne veulent plus rien savoir 4 Décembre 1981 La nouvelle famille et la loi 89 7.Septembre 1982 Mises à pied, mises au pas?8.Novembre 1982 D'une mère à l'autre, dossier maternité 10 Mars 1983 Les femmes en prison 11.Mal 83 Bouffer, c'est pas d'Ia tarte! 12.Juillet 83 Une fourmi flottait dans sa margarita 13.Septembre 1983 Apprivoiser l'informatique 14 Novembre 1983 Les femmes veulent renégocier le syndicalisme 16 Mars 1984 Simone de Beauvoir, féministe 17 Mal 1984 Marie Cardinal, entrevue 18 Juillet 1984 Histoires d'amour et d'eau salée 19.Septembre 1984 OH BOY! Jean-Paul et l'Église des hommes 20 Octobre 1984 Spécial U.S.A., Les américaines et le pouvoir o 6,95$ mon no d'abonnée est .D 7,955 Frais de poste et de manutention inclus pour chaque reliure demandée d par chèque d visa d MasterCard 21.Novembre 1984 Quelle voyageuse êtes-vous?22 Décembre 84-Janvier 85 Spécial littérature pour enfants 23 Février 1985 Vive les sages-femmes! 24 Mars 1985 Les féministes se critiquentl 25.Avril 1985 La garde partagée, Piège ou libération?26 Mai 1985 Lise Payette fait le point 27 Juin 1985 Louise Roy à la CTCUM Fera-t-il beau dans le métro?28 Juillet 1985 Tenter l'erotique 29.Septembre 1985 Le phénomène Marols 30 Octobre 1985 Diane Dufresne all-dressed 31.Novembre 1985 Des hommes pour le dire 32.Décembre 1985 - Janvier 1986 Le pouvoir a-t-il un sexe?No.carte.Expiration.Signature .Tél.Nom.Adresse Ville.Code postal.Allouez de 4 â 6 semaines pour la livraison LA VIE EN ROSE.3963.rue St-Denis.Montréal, Qc H2W 2M4 Nom.Adresse.Code postal .Tel.:.Ci-inclus un choque ou mandat-poste au montant de.2,50$ par numéro LA VIE EN ROSE.3963.rue St-Denis.Montréal, Oc H2W 2M4 3 4 7 8 W 11 12 13 14 16 OOODODOaOO 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 aaaaooaooa 27 28 29 30 31 32 ENQUÊTES SUR LES ENFANTS MAL AIMÉS AU QUÉBEC, DES MILLIERS D'ENFANTS SONT VICTIMES D'ABUS DE TOUTES SORTES DE LA PART DE LEURS PARENTS.Une série de 12 reportages percutants.Animés par Georges-Hébert Germain, à compter du 13 janvier.Une coproduction: Les Productions du Verseau Inc., ministère de la Santé et des Services sociaux et le ministère de la Justice.L autre télévision Radio Québec ¦1 Si chacun pouvait trouver son chemin tout seul dans l'univers mouvant des connaissances nouvelles, nous n'aurions pas eu besoin d'inventer le magazine QUÉBEC SCIENCE.Si la compréhension de révolution du monde moderne allait de soi, nous vous l'aurions transmise en un seul numéro.Or, en près d'un quart de siècle, nous avons publié plus de 200 numéros! Une preuve de plus que se tenir à jour dans tous les domaines scientifiques et technologiques est une démarche constante, complexe et continue.Personne ne peut y arriver seul.Pour être à l'affût de l'évolution de toutes les sciences, de toutes les disciplines et de toutes les techniques et franchir toutes les frontières sans perdre le nord, il faut être plusieurs et travailler en équipe C'est ce que l'équipe de QUÉBEC SCIENCE fait pour vous.Chaque mois.Sans perdre le nord de vue.Je ne perds pas le nord de vue.Je m'abonne (ou me réabonne) à QUÉBEC SCIENCE aujourd'hui même.?1 an/12 numéros 25 S 2 ans/24 numéros 44 $ Chèque ?Mandat postal i Visa ?Mastercard N° _ Signature _ Nom__ Adresse Code postal À retourner accompagné de votre paiement à: Québec Science, case postale 250, Sillery, Québec GIT 2R1 Pour Informations: de Quebec.657-3551.poste 2854 de l'extérieur, appelez sens frets le numéro 1-800-463-4799
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