La presse, 19 janvier 1985, La Presse plus
[" ?MONTRÉAL 19 Janvier 1985 QUÉBEC Au moment où le Parti québécois tient son congrès d'orientation, Maurice Giroux rappelle (pages 7, 8 et 9) le congrès historique du Parti libéral du Québec de 1967 qui avait dit non à la thèse de René Lévesque.Une certaine répétition de l'histoire?ONTARIO Le Parti conservateur onta-rien doit choisir la semaine prochaine un successeur à Bill Davis.De Toronto, Pierre Gravel analyse les facteurs qui jouent dans la course que se livrent les quatre candidats à la succession, tandis que Michel Labrecque y constate le peu de poids des Fran-co-Ontariens.À lire en pages 10 et 11.MARTINIQUE m Jean-François Doré revient de la Martinique qu'il rebaptise l'île de la musique.Il y a entendu de la musique partout et nous propose dans sa chronique (page 14) la découverte de certains groupes.Un peu de soleil dans notre dur hiver.Ha, le cinq à sept de Berthio! Page 12. m co o> cr LU > z < 0> L'EMPIRE DES SENS Serge Grenier d RESTAURANT La Sila S'il avait été joaillier, Antoine fondrait les métaux les plus nobles, l'or de ses alliages serait rose, gris ou blanc et il ne sertirait que des pierres de la plus belle eau.Même ses écrins seraient choisis avec soin.S'il était musicien, c'est sur un clavecin bien tempéré qu'il ferait une fugue.S'il avait choisi la muséologie, 11 redonnerait aux couleurs trop étendues des vieil-lés toiles tout leur joyeux éclat d'antan.Mais voilà, Antoine est restaurateur.A La Sila de la rue Saint-Denis, le maître enlumine, module et forge, pour nous faire beaux par en-dedans, ces bijoux d'un soir qu'on porte à la bouche.(^EXPOSITION L'indispensable superflu Le Musée des arts décoratifs (Château Dufresne) expose des choses de ce siècle dont l'âge ne dépasse pas, ou si peu, celui des visiteurs \u2014 ou du directeur.C'est le musée par excellence de l'accessoire essentiel, du fugace qui dure, de l'obsolète in.Bref, de ce qui fait la vie: meubles, décors, vêtements, objets.Jusqu'au 3 février, les remarquables photos de Horst: New-yorkaises blasées des décennies passées, corps souples ayant l'âge de leurs haltères, déesses auxquelles on ne croit plus, mortes célébrités, evanescence des étoiles.Et mannequins sans nom.En deux cents images, une dolce vita qui n'est plus.< LU OC H Z o 5 CO ¦D OTTAWA E.D.boucle ses valises Lundi.J'ai pas trop de toute la semaine pour préparer mon voyage à Paris.J'ai demandé à Mme Belhumeur-Sanfaçon de m'aider à préparer ma valise et de me sortir tout ce qu'il y a sur la France à la bibliothèque du Parlement.Elle est arrivée avec un chariot plein de livres et m'a dit qu'il ne manquait que les Mémoires du Soldat Inconnu.Aujourd'hui je lis l'oraison funèbre d'Henriette de France par Bossuet et demain.Marcel Proust.C'est encore Mme Belhumeur-Sanfaçon qui m'a fourni ma pensée de la semaine, un proverbe perçant qui dit* si tu veux être apprécié, meurs ou voyage.II y a du vrai là-dedans.Comme il y a une vague de froid en Europe, je pense que je vais apporter mes combines.Mardi.J'avais invité ma nouvelle secrétaire de comté à venir passer la journée à Ottawa.Mon ami Mister Twitt était dans mon bureau lorsqu'elle est arrivée.Elle s'est présentée à lui en disant: «Bonjour.Aimée Le tarte».Tom, tout fier de parler français et pensant que c'était une question, lui a répondu: «Bonjour.Oui, je aime beaucoup le tarte.» Elle s'est fâchée et lui a dit qu'elle n'était pas venue à Ottawa pour se faire insulter et que, parlant de tarte, il donnait pas sa place avec ses cheveux carotte et son habit vert.Je l'ai calmée et Tom m'a dit qu'elle lui faisait penser à sa propre secrétaire de comté, une Doukhobor qui se déshabille tout nue quand les affaires marchent pas à son goQt.Mercredi.J'ai envoyé un mot de félicitations au ministre Michel Côté pour avoir remis en usage les bonnes vieilles mesures.Parce que moi, manger en millilitres.J'aime encore mieux ma cuiller & soupe.Jeudi.Je tiens pas en place.On part dimanche.J'ai changé des dollars en francs.Pour en avoir plus, j'ai changé mes dollars canadiens en dollars américains, puis les dollars américains en francs.Tom est arrivé en courant dans mon bureau pour m'annoncer une bonne nouvelle: un des backbenchers qui devait venir à Paris est tombé malade et c'est lui qui le remplace.On va aller manger ce soir.à Hull pour fêter ça.Lui non plus est jamais allé en Europe.On s'en promet.Je lui ai dit que je l'emmènerais au Crazy Horse.Vendredi.Plus que deux jours avant le départ.J'ai promis à mon staff de leur rapporter des souvenirs.J'ai tellement hâte d'être là-bas.Tant à voir: Montmartre, la Place du Tartre, la Sainte-Chapelle, Pigalle (un p'tit métro, une station de jeu d'eau, comme dit la chanson).Et ces cafés du boulevard Saint-Germain, comme Les Deux Mégots, là où Jean-Paul Sa rte buvait du café en écrivant «L'Etre et le Néon».Sans parler des aubaines aux Galeries Lafaillittc.Les BPC ¦ Risque d'une catastrophe écologique Sept ans après leur interdiction, les contaminants industriels biphé-nylcs polychlorés (BPC) débordent des entrepôts autorisés et personne ne sait encore comment en disposer d'une manière efficace.Il y a donc un risque qu'une catastrophe écologique, du type de celle qui a frappé le Japon, en 1968, se produise en un quelconque lieu du Canada.Les gouvernements provinciaux, responsables de la réglementation, s'attaquent à ce problème avec une prudence qui ressemble à de la lenteur et les corps publics et privés se demandent s'ils n'agiront pas isolément en se munissant d'incinérateurs particuliers.La seule manière efficace de disposer de ces poisons qui ont déjà commencé de s'infiltrer dans la chaîne alimentaire \u2014 les graisses humaines en contiennent déjà \u2014 c'est justement l'incinération à de très hautes températures (plus de 2 000 degrés Farenheit).Le gouvernement du Québec attend depuis cinq ans environ que l'entreprise privée lui propose des solutions d'incinération centralisées.Mais la rentabilité et l'efficacité de pareilles entreprises sont loin d'être assurées.Le parti gouvernemental est pris: l'élimination des BPC se fera par l'entreprise privée ou elle ne se fera pas.La plus vieille proposition de traitement est celle du groupe Serdoq.Cette entreprise, qui a des intérêts dans l'entreposage privé et autorisé des biphényles T il Jean-Pierre Bonhomme \u2014 ses deux entrepôts (25 000 gallons) affichent complet \u2014 a propose au gouvernement de construire un incinérateur centralisé.Outre son coût, $40 millions, il ne semble pas que la rentabilité d'une telle installation intéresse les promoteurs.Il faut préciser que le projet d'incinérateur à BPC est indépendant du projet d'incinérateur destiné à disposer des autres produits organiques, telles les huiles de raffineries, dont la conception se trouve toujours sur la table à dessin.L'usine de traitement Stablex de Sainte-Thérèse, on le sait, ne dispose, elle, que des résidus inorganiques.L'incinérateur mobile_ Une toute récente proposition, formulée par la compagnie Sa-nivan, consiste en l'utilisation d'un système d'incinérateur ¦ portatif ».L'incinérateur, four' rotatif transportable, irait donc vers la pollution plutôt que le contraire.Cela éliminerait les risques de contamination à l'occasion du transport.Le sous-ministre à la gestion et à l'assainissement du ministère de l'Environnement, M.Jean-Pierre Gauthier, se dit « très intéressé » par cette cette proposition.Pour sa part, la compagnie Sanivan n'est pas très chaude à l'idée de s'engager dans le dédale d'une procédure d'audiences publiques prévue par la loi en ce cas.Ces hésitations ont un autre fondement.Le principal client, Hydro-Québec \u2014 les biphényles polychlorés de ses 50 000 con- densateurs et de ses 100 gros transformateurs doivent être éliminés \u2014 songe à se munir de son propre incinérateur « mobile ».Dans ce dernier cas, disent les dirigeants d'Hydro-Québec, il ne serait « probablement » pas nécessaire de tenir des audiences publiques.Les incinérateurs mobiles de Sanivan sont conçus selon un système nommé Pyrotech, mis au point à Little Rock, dans l'État de I'Arkansas.Il s'agit d'un four rotatif à deux sections dont la chaleur atteint plus de 2 200 degrés F.Ces machines coûtent quelque $10 millions; elles peuvent se déplacer par le moyen d'un convoi de six remorques.D'autres sources signalent que la France a mis au point des fours d'une rare efficacité.Pendant que le gouvernement du Québec délibère le gouvernement d'Ontario, lui, a commencé une étude d'impact.Toronto tient actuellement des audiences publiques précisément sur ce sujet de l'utilisation des incinérateurs mobiles destinés à disposer des BPC.Ces audiences devraient se poursuivre jusqu'au milieu du mois de février.Mme Joanna Kidd, qui assiste à ces audiences pour le compte du groupe protectionniste Pollution Probe, n'est pas opposée ¦ en principe » à l'utilisation des incinérateurs mobiles.Elle explique toutefois que son organisme n'approuvera pas la nouvelle méthode tant que des toxicologues ne se seront pas prononcés sur les émissions dans l'air qui résultent de son fonctionnement.Les spécialis- Un produit hautement toxique en cas d'incendie Les biphénylcs polychlorés, sont dos produits dangereux en eux-mêmes, mais ils sont particulièrement nocifs lorsqu'ils prennent feu.À l'occasion d'un incendie ordinaire ils donnent notamment naissance à deux familles voisines de composés toxiques : les dioxines, (PCDD) et les dibenzofuranes (PCDF).Ces deux dernières substances, dont on a trouvé des traces dans les Grands Lacs, par exemple, sont considérées, même en quantités infimes, comme des poisons violents.Les (BPC), sont des substances dérivées du pétrole qui ont été utilisés depuis une cinquantaine d'années.Leur toxicité, toutefois, n'a été mise en évidence qu'il y a une quinzaine d'années seulement.Les molécules de ces produits utilisés surtout dans l'industrie électrique sont « quasiment indestructibles », selon les scientifiques.Elles se concentrent dans la chaîne alimentaire en commençant par les poissons qui vivent en milieu contaminé et remontent ainsi jusqu'à l'homme.Il n'est pas encore prouvé que l'ingestion directe de BPC cause le tancer et provoque des mutations génétiques chez l'homme, mais cette preuve est faite chez les animaux.« On peut bien nous assurer, fait remarquer un journaliste européen, que le caractère cancérigène de ces produits n'est pas prouvé ; il reste qu'une substance qui tue les animaux ne peut pas être totalement inoffensive pour l'homme ».Quoi qu'il en soit l'ingestion d'huile de riz contaminée par les BPC par une population japonaise, en l!l(>n, a provoqué, chez 1 000 personnes l'éruption de pustules, des troubles digestifs et oculaires et une décoloration de la peau.Les gouvernements, eux, sont formels.Dans leurs recommandations aux services concernés, ils établissent que le contact avec les BCP produit les effets suivants chez l'homme : ¦ boutons et chloracnée sur la peau ; ¦ atteinte aux parois alvéolaires des poumons (crachement de sang) ¦ inflammation des tissus cardiaques ; ¦ affaiblissement du système immunitaire : ¦ perturbation des fonctions du foie.J.-P.B.Ces deux hexagones représentent des noyaux de benzène reliés entre eux, et le symbole CL des atomes de chlore.C'est la structure chimique des composés organiques synthétiques des BPC.tes, dit-elle, devront en effet établir que le fractionnement des BPC par l'incinération n'émet pas de traces des produits dérivés, telle la dioxine.Selon les explications fournies dans le cadre de ces audiences, un incinérateur mobile pourrait se transporter dans 190 municipalités ontariennes où existent des stocks de BPC.Toutefois, 89 p.cent des BPC ontariens se trouvent dans une douzaine de villes, dont la ville de Toronto elle-même.Hydro-Ontario entrepose actuellement ses stocks de BPC dans un édifice de la rue Kipling dans l'est de la capitale ontarienne.Pour le moment, les gouvernements indiquent qu'ils n'agiront pas sans une implication de l'entreprise privée.Les fonctionnaires soutiennent que, contrairement aux déchets domestiques, qui sont généralement à la charge collective, les déchets industriels peuvent faire l'objet de recyclages rentables que l'industrie elle-même a seule la capacité de réaliser.Des universitaires, dont le Dr Gilles LaRoche, biologiste de l'environnement, estiment que la meilleure manière de disposer des PBC, c'est en haute mer par le moyen de navires incinérateurs.Il est prudent de procéder à l'incinération à distance, dit-il, car les résidus des opérations, bien que théoriquement minimes \u2014 les bons incinérateurs éliminent 99,9 p.cent du Créduit \u2014 ne sont pas négligea -les en définitive.Incinérateur mobile de BPC 7 Irrirïï I, \\[ ïL Ce dessin montre une caravane d'incinération \u2014 un «incinérateur mobile» \u2014 destiné à éliminer les restes de biphényles polychlorés, comme on en trouve en opération aux États-Unis et qui sont à l'étude en Ontario.Il s'agit d'un camion laboratoire (1) ; et de trois remorques, l'une portant les réservoirs d'entreposage des matières à recycler (2), Une autre le four rotatif lui-même (3) et la dernière, les épurateurs d'air.Les BPC dans la loi fédérale sur les contaminants Que l'on sache, on n'a jamais fabriqué de biphényles polychlorés au Canada, ceux-ci ayant été importés des États-Unis notamment, puis du Japon, de la France et de l'Allemagne.En 1971, le principal importateur de BPC liquides au Canada décidait de restreindre la vente du produit, pour la limiter uniquement aux fabricants de matériel électronique.En 1977, le plus important fournisseur d'Amérique du Nord cessait toute fabrication.II y a quatre ans et demi, le 1er juillet 1980, le gouvernement canadien limitait l'emploi des BPC en amendant sa Loi sur les contaminants de l'environnement.Depuis, les restrictions suivantes s'appliquent quant à l'usage de ce produit chimique hautement toxique : ¦ Il est interdit d'utiliser des BPC dans tous les appareils autres que les suivants : a) les condensateurs, les transformateurs et le matériel électronique connexe ; b) les échangeurs de chaleur, les appareils hydrauliques, les électro-aimants et les pompes à diffusion de vapeur conçus pour fonctionner à l'aide de BPC, et qui étaient en service avant le 1er septembre 1977 ; c) le matériel destiné à détruire la structure chimique des BPC.¦ Il est interdit d'utiliser des BPC pour faire fonctionner les électro-aimants servant à traiter les aliments et les additifs alimentaires de toutes sortes.¦ Il ne doit pas y avoir de BPC dans le matériel ou les produits fabriqués au Canada ou importés après le 1er septembre 1977.exception faite des condensateurs, des transformateurs et du matériel électrique connexe.¦ Les condensateurs, les transformateurs et le matériel électrique connexe fabriqués au Canada, ou importés après le 1er janvier 1980, ne doivent pas contenir de BPC.¦ Les BPC servant à faire fonctionner les électro-aimants, les transformateurs et le matériel électrique connexe peuvent être réutilisés, c'est-à-dire qu'ils peuvent être enlevés, filtrés et remis dans le même appareil.¦ Il est interdit de renouveler la charge de BPC d'un appareil ou d'en faire l'appoint.Il faut utiliser un liquide de remplacement, sans BPC.Les prescriptions gouvernementales stipulent en outre que tout produit ou tout objet contenant plus de 0,005 p.cent ou de 50 ppm de BPC est jugé contaminé, et doit être traité de la même façon que les BPC.C Çfl o z n> > r~ en > m g co < m 3) ¦t co co en Les BPC Gilles Normand Un agent de refroidissement idéal pour transformateurs m co o> ce LU > z < o> y\u2014 Q LU < CO < \u2022LU cr o s CO 3 Ce n'est qu'en 1929, selon une étude effectuée pour le Bureau des assurances du Canada, qu'on entreprit la production industrielle des byphéniles poly-chlorés.C'était après qu'on eut découvert qu'ils étaient de mauvais conducteurs d'électricité, qu'ils étaient difficilement dé-composablcs et ininflammables.Et pourtant, la première synthèse des BPC remontait à 1881.En raison des propriétés de ce produit, on en vint à la conclusion qu'il pouvait constituer un agent de refroidissement idéal pour les transformateurs et pour certains autres appareils électriques.Ses propriétés permettaient d'emprisonner le produit isolant à l'intérieur de l'appareil, sans qu'il soit nécessaire désormais de placer celui-ci dans une enceinte résistante au feu ou de le protéger par une installation fixe d'extinction.Les byphéniles polycholorés utilisés dans le matériel électrique, en Amérique du Nord, sont généralement connus sous les noms d'«Askarel » et de « Pyra-nol ».Toutefois, toujours selon la documentation du Groupement technique des assureurs du Canada (service d'ingénierie), il existe à travers le monde plusieurs marques déposées de liquides contenant des BPC.En voici la liste connue, en 1981, présentée par ordre alphabétique : Apirolio (Italie) ; Aroclor (États-Unis et Grande-Bretagne) ; Asbestol ; Askarel ; Chlo-rextol ; Clophen (Allemagne) ; Clorinol : Diaclor ; Décachloro-diphényle (Italie) : Dykanol ; Elemex ; Eucarcl ; Fenclor (Italie): Ilyvol; Inerteen (Canada et Étals-Unis) fabriqué par Westinghousc ; Kanechlor (Japon) : Montor (États-Unis) ; No-Flamol ; Phenoclor (France) ; Pydraul (États- Unis) ; Pyralene (France) : Py-ranol (Canada et États-Unis) fabriqué par Générale Électrique ; Pyroclor (Grande-Bretagne) : Saf-T-Kuhl ; Santotherm FR (Japon) ; Sorol (URSS) ; et Therminol FR (États-UNis).La plus grande partie de ces liquides est employée dans du matériel électrique, notamment dans les transformateurs et les condensateurs, installés à l'intérieur surtout.On trouve deux types de transformateurs : ceux qui sont refroidis par l'air et ceux qui le sont par un liquide qui peut être de l'huile ou de l'askarel.Ce dernier type de transformateurs se reconnaît par des rangées de tubes métalliques extérieurs servant au refroidissement.Autres usages et décharges publiques Les BPC ont aussi été employés dans un grand nombre d'autres produits, entrant dans la composition même de certains fluides ou pâtes d'usage domestique : peintures, vernis, laques, résines, encres, cires, lubrifiants, pâtes de calfeutrage, bouche-pores, papier autocopiant, fluides hydrauliques, huiles, huiles de coupe, colles, caoutchouc, additifs au pétrole, plastifiants, pesticides, agents de dépoussiérage, ignifuges, et fluides caloporteurs.Bien qu'on ait interdit, en juillet 1980, la fabrication et l'importation au Canada de produits contenant des BPC, il est possible, sinon probable, que certains stocks n'aient pas encore été entièrement écoulés.Du moins croyait-on que c'était le cas en 1981, notamment en ce qui concerne les fluides hydrauliques, les huiles de coupe, les peintures, les vernis et les encres.Quant aux autres matières qui contiendraient des BPC, elles se trouvaient toujours, au début des années 81), dans des décharges publiques ou dépotoirs, le plus souvent non identifiés et sans qu'aucune mesure de protection n'ait été prise.Risques minimes et risques graves_ Si les peintures, laques, vernis, cires, bouche-pores et autres produits de revêtement utilisés pour les bâtiments ou pour les articles manufacturés ne semblent comporter qu'un risque minime pour les humains, en raison des faibles pourcentages de BPC que ces matières contenaient ou contiennent, d'autres produits, ce- pendant, présentent des risques plus importants.C'est notamment le cas des substances renfermant du caoutchouc chloré, comme les mastics, qui contiennent jusqu'à 20 p.cent de BPC.les revêtements de sol à l'épreuve des alcalis, plus communément l'ammoniaque.Ces produits de revêtement contiennent jusqu'à 30 p.cent de BPC.alors que les colles antiacides et difficilement inflammables en sont constituées dans une proportion atteignant 10 p.cent.Selon un bulletin de 1981 du Groupement technique des assureurs du Canada, concernant les risques inhérents à l'affectation et aux opérations des BPC.on a largement eu recours aux BPC pour la fabrication de plastiques et d'autres produits dont on voulait augmenter la qualité, On trouve deux types de transformateurs électriques, selon qu'ils sont refroidis par l'air ou par un liquide pouvant être de l'huile ou de l'askarel.Ceux qui sont refroidis par un liquide pouvant contenir des BPC se reconnaissent, comme ci-dessus, par des tubes métalliques en rangée.tout en les rendant'moins inflammables, et même ininflammables.Mentionnons les ca-reaux de sol en vinyle ou en amiante, qui en contenaient clans une proportion de \"> p.cent, les peintures épnxydiqucs contenant de l'oxyde d'antimoine et 15 p.cent de BPC, ainsi que les pâtes d'aluminium auxquelles on a ajouté jusqu'à 33 p.cent de BPC.Gare au ponçage_ Les biphényles polychlorés, dans les cas précités, se trouvent fixés dans la composition de la matière solidifiée, de telle sorte qu'ils ne peuvent s'en échapper et polluer l'environnement, selon les ingénieurs.Et si les produits de revêtement s'usent graduellement, comme cela est normal, le risque de contamination causée par le faible taux de BPC ainsi libérés n'inspire aucune inquiétude.Il faut néanmoins se méfier du ponçage, ou sablage, dont les poussières occasionnées peuvent être absorbées.On considère la situation plus inquiétante dans le cas des plastiques qui, advenant un incendie, dégagent déjà des produits de combustion nocifs.Le problème est aggravé lorsque ces matières renferment en plus des BPC.Il a en effet été rapporté qu'en cas de chloralion de l'eau, les BPC qui s'y trouveraient mêlés pourraient se combiner au chlore et former des molécules de BPC.Cette dernière possibilité n'in quiète pas les spécialistes au plus haut point, puisque jusqu'à maintenant les biphényles polychlorés n'ont jamais été produits naturellement, mais toujours par synthèse.Ce sont des créations de l'homme, des scientifiques, qui agissent finalement pour le compte de l'industrie. Cummc ce fut le cas dans d'autres domaines, ce n'est qu'une fois que certains accidents graves se furent produits, et après que l'opinion publique s'en fut trouvée alertée, que les gouvernements furent amenés à prendre des mesures de précaution avec les BPC.Et les P\"entières interventions ne datent guère plus d'une quinzaine d'années.L'incident majeur le plus récent date du 15 mai 1983, alors que les pompiers de San Francisco ont vécu une journée d'enfer.Dans un édifice de la rue Stewart, un transformateur électrique, fixé au sous-sol, a commencé à produire des arcs électriques, suivis d'un court-circuit qui a causé une explosion.Accourus sur les lieux, les pompiers ont combattu l'incendie durant quatre heures.Par la suite, ils ont subi divers troubles de santé : nausées, faiblesse, éruptions cutanées.Il y a aussi eu des cas de dépression nerveuse.Le Service d'incendie de San Francisco a réagi en intentant une poursuite de $100 millions contre la com pagnie P.O.Electric, pour « négligence et conspiration ».Après quatre mois de nettoyage intensif, l'édifice n'était toujours pas accessible au public.Un autre incendie causé par un transformateur, en février 19H1, avait entraîné la fermetu- Les BPC Les gouvernements n'ont bougé qu'après de graves accidents re d'un édifice à bureaux de 13 étages, à Binghemton (New York), occasionnant la relocalisation temporaire de plus de 700 travailleurs.Une fumée toxique s'était répandue dans le système de traitement de l'air, et la suie et les cendres, porteuses de BPC, s'étaient dispersées dans tout l'édifice, exigeant le recours à un programme de nettoyage spécialisé et de décontamination.Intoxications massives L'un des accidents les plus sérieux est survenu au Japon, Un risque pour encore 25 ans Malgré les efforts (pas toujours évidents) déployés par les gouvernements, les chercheurs et l'industrie, pour améliorer la situation, tout indique que les biphényles poly-chlores (BPC) constitueront un risque pendant les vingt-cinq prochaines années au moins.C'est ce que soutient un comité spécial du Bureau des assurances du Canada (BAC), dans une élude réalisée en 1981, pour évaluer les risques que représentaient les BPC pour les assureurs.L'étude en question est riche en données diverses sur les BPC, qu'elle décrit comme « hautement toxiques ».Ces produits sont fabriqués uniquement, par synthèse, c'est-à-dire en laboratoire.Ils n'existent pas à l'état naturel.Les gouvernements provinciaux se soucient de plus en plus, depuis quelques années, de prendre des dispositions pour éliminer ou stocker de façon le plus sécuritaire possible ces fluides isolants.C'est notamment le cas en Ontario et au Québec.Mais on peut dire qu'ils sont loin de leurs peines.En juillet 1980, le gouvernement canadien a modifié sa loi sur les contaminants de l'environnement, de façon à restrein- dre spécifiquement l'usage des BPC.C'est à la même époque que le BAC commandait une étude pour évaluer dans quelle mesure ces contaminants aggravent les sinistres.Les risques augmentent-ils?_.« H se pourrait bien que les risques augmentent pendant un certain temps, au furet à mesure que les appareils contenant des BPC prendront de l'âge et se corroderont, ce qui accroîtra la possibilité d'écoulements accidentels.« La mise au point de méthodes d'élimination sûres ne devrait pas trop se faire attendre, de sorte que l'on puisse escompter que les dépôts commenceront bientôt à se vider.Aussi, du fait de l'usure, le nombre d'appareils contaminés encore en utilisation décroîtra progressivement.« Enfin, comme la plupart des endroits où se trouvent des BPC ont été identifiés et pourvus d'étiquettes de signalisation, et comme l'adoption de mesures de sécurité se généralise de plus en plus, les risques d'accidents devraient diminuer également », peut-on lire dans ce rapport.G.N.en 1908.où plus de 1 000 personnes ont été intoxiquées par de l'huile de riz contaminée, à la suite d'un écoulement accidentel de BPC dans une usine de traitement de céréales.On n'a d'abord accordé aucune importance à l'événement.Mais avec le temps, on s'est aperçu que les personnes intoxiquées, qui avaient ingéré en moyenne de 0,5 à 1,5 gramme de BPC chacune, souffraient de divers malaises, plus précisément d'éruptions cutanées, de larmoiement, d'enflement des paupières, de pigmentation de la peau et des ongles de même que de troubles visuels et digestifs.On a aussi noté une augmentation du taux de tumeurs malignes chez ces victimes, ainsi que certains troubles chez les enfants nés de mères intoxiquées.La même année, au Japon encore, quelque deux millions de poulets étaient contaminés par des BPC.Ceux qui ont mangé ces volailles se sont retrouvés avec des oedèmes.Et en 1972, aux Etats-Unis, on a fait tuer plus d'un million de poulets contaminés par le même produit.Tout récemment, le 20 novembre 1981, un incendie causait de lourds dégâts au laboratoire de l'Institut de recherche en électricité du Québec (1REQ), à Vaiennes.La décontamination des lieux nécessitera entre trois à six mois de travail.Selon Laurent Grenier, porte-parole autorisé du ministère québécois de l'Environnement, il s'agit là du plus important accident du genre au Canada.Pollution de ou de l'eau air Il existe d'autres façons d'être contaminé par les BPC.Cela peut se produire par contact direct, par exemple, en étant éclaboussé par ces produits en les manipulant.Selon une étude du Bureau des assurances du Canada (BAC), tout dépendant du temps durant lequel il est en contact avec la peau, le liquide toxique peut provoquer son dessèchement, causer des gerçures et des éruptions que l'on nomme chloracnée.La pollution de l'environnement peut aussi contaminer les humains.Ainsi, des fuites ou des déversements accidentels de BPC dans des cours d'eau, lacs ou océans, ou plus près de nous dans les égouts, à l'occasion d'opérations de nettoyage ou d'extinction d'incendie, peu- vent entraîner des conséquences graves.Une fois dans l'environnement, ces BPC peuvent être absorbés par diverses formes d'êtres vivants et atteindre la chaîne alimentaire, depuis les poissons ou autres animaux aquatiques.Et il n'y a pas d'illusions à se faire.Diverses analyses ont révélé la présence de BPC dans plusieurs cours d'eau et même dans l'Atlantique.Soumis à des températures élevées, par exemple lors d'incendies ou quand ils sont mal incinérés, les BPC peuvent se vaporiser et se retrouver dans l'atmosphère, selon les spécialistes qui ont fait l'étude du B.A.C.Ils peuvent générer d'autres produits tout aussi toxiques et même plus, se répandre dans l'air.Il ne peuvent être brûlés et éliminés autrement qu'à des températures supérieures à 1 000 degrés C.G.N.Le plus important laboratoire de recherche en électricité au monde, celui de n REQ, à Varennes, est paralysé pour encore quelques mois, à la suite d'un incendie (notre photo) qui en a occasionné la contamination aux BPC, le 20 novembre dernier.Les BPC sont utilisés comme isolants dans une huile qui sert à refroidir les transformateurs, condensateurs et d'autres appareils électriques.À cette occasion, cinq villes de la Rive sud avaient dépêché sur les lieux une soixantaine de pompiers, qui ont tous par la suite subi des examens médicaux et des tests sanguins ayant pour but de déterminer s'ils ont été contaminés ou non par la fuite des BPC.Cinq pompiers montréalais, qui sont intervenus avec la magyrus de 150 pieds, ont passé quatre heures dans l'enceinte couverte du laboratoire.Ils ont également dû se prêter aux examens médicaux et, au moment de mettre sous presse, les résultats définitifs n'étaient pas encore connus.L'accident survenu à l'IREQ, institut propriété d'Hydro Quebec, est le plus important du genre à être jamais survenu au Canada.photo LA PRESSE M: Les BPC Il faut, pour le moment, éviter d'aggraver la situation in co a cr LU > Z < CI) Q LU S.< co < -LU OC Il y a quelque 100000 gallons de BPC stockés au Canada, en attendant qu'on soit en mesure de les détruire de façon sûre.Il y a' environ 1 200 000 gallons de ce liquide encore en utilisation.Une inconnue de taille : la quantité du même produit dans les dépotoirs publics ou les décharges, au fond des lacs, des étangs et des réservoirs, ainsi que dans le sol.Ce qui importe le plus, pour le moment, c'est d'éviter d'aggraver la situation.Aussi, tant du côté des gouvernements que de celui du monde industriel, notamment dans le cas des grandes centrales électriques, a-t-on convenu que la première mesure protectrice devait être préventive : signaler les endroits où se trouvent des BPC.Les centrales électriques ont pour leur part mis leurs registres \u2014 apparemment tenus à jour\u2014 à la disposition des autorités compétentes (ministères de l'Environnement).Elles ont mis au point un programme d'étiquetage et de signalisation des endroits où se trouvent des BPC.Elles ont aussi pris des dispositions pour que soit récupérée une huile contenant des BPC, advenant une fuite à un appareil.Dans ce but, les appareils sont installés au-dessus d'un genre de soucoupe ou cuvette de sécurité.Le ministère fédéral de l'Environnement fournit des étiquettes qu'on appose sur les bâtiments, les locaux, les enceintes et les appareils contenant des biphényles polychlo-rés, ainsi que sur les camions qui en transportent à l'occasion.Des indicateurs et un manomètre, fixés à l'extérieur des transformateurs, permettent de vérifier la température et le niveau du liquide et sa pression.De plus, les transformateurs doivent être vérifiés à tous les six mois.Une personne qualifiée doit alors faire l'analyse d'un échantillon d'askarel (nom générique du liquide isolant).i- L'entreposage z o co En plus du matériel, neuf ou usé, et de l'askarel retiré de ces appareils ou capté dans les cuvettes de rétention, d'autres matières peuvent être contaminées et doivent ère entreposées de la même façon: terre, asphalte, neige, gravier, matières absorbantes ayant servi à recueillir l'askarel après une fuite ou un déversement accidentel, vêtements portés lors de la manipulation du produit, de même que les seaux, les pompes, et les tuyaux dont on aurait alors fait usage.La zone d'entreposage doit toujours faire l'objet de précautions particulières : bonne surveillance des lieux, affichage des mesures à prendre en cas de déversement accidentel.On doit y trouver des détecteurs de fumée et des vêtements protecteurs pour les employés, de même qu'une trousse de premiers soins.Les lieux doivent être verrouillés.On juge essentiel d'établir un programme d'inspection et de dresser l'inventaire détaillé de tout ce qui entre dans la zone d'entreposage et de tout ce qui en sort.En prévision d'un incendie toujours possible, là comme ail leurs, on doit disposer d'un équipement approprié et une équipe de pompiers doit être formée avec soin, pour que l'extinction du feu soit possible sans nécessairement provoquer de contamination.On recommande même d'éviter d'utiliser de l'eau s'il n'y a pas de muretles de rétention appropriétes pouvant prévenir les écoulements des matières toxiques.Le transport_ 11 faut prendre d'infinies précautions lorsqu'on s'apprête à transporter des BPC.Mais avant tout, on doit en aviser le gouvernement de chacune des provinces dont on traversera le territoire le cas échéant, afin d'obtenir les permis nécessaires, les feuille:» de route, les lct-trages de voiture appropriés et ATTENTION PCB CONTAINS I V-/ ImJ CONTtf NT DCS ' ¦ .'¦ a NATiD RiPMENHS BiRwCmES RUI»ChlORCS A TOlfC ENVIRONMENT Al CONTAMINANT SChÇOULEO UNDER THE ENVIRON\u2014 ¦ I MENTAL CONTAMINANTS ACT IN CASE O* ACClDENt S?iLl OP »0« 0«Sr0SAL | INFORMATION CONTACT IMI NEAREST OffiCE O?Th£ ENVIRONMENTAL | -PROTECTION SERVICE \u2022WRONMENT CANADA a pHOrnjtîs tokioucs mention Nf\"S DANS l ANVE>£ DE LA LOI SUP LES CONTAMINANTS OC t ENVIRONNEMENT.£N CAS OACOOENT Ou OE DtViflSEMIN- Ou POUfl SAvOi* COMMENT LES ELIMINE\" CCNTAC'E' LE OUREAU OU SEnviCf OE LA PROTECTION DE L ENVIRONNEMENT MN'iTîRf 0£ -.ENVIRONNEMENT I Etiquette fournie par le ministère de l'Environnement du Canada, pour indiquer que des salles d'appareillage électrique, des cham bres de transformateurs, des zones clôturées ou des annexes d'entreposage contiennent de gros appareils à askarel.les renseignements sur l'étiquetage, dont les règlements peuvent varier d'un lieu à un autre.On doit aussi aviser le ministère fédéral des Transports et, évidemment, le destinataire, afin de s'assurer qu'il acceptera la livraison, de même que la compagnie de transport, pour vérifier si elle est en mesure de vé- hiculer des produits contaminés.Non seulement doit-on lui fournir tous les détails concernant l'envoi, mais le service de protection de l'environnement de chaque province doit être prévenu dix jours à l'avance.?G.N.Que faire de ces poisons?L'importation, la fabrication et l'utilisation des BPC sont interdites au Canada depuis 1977, date de l'adoption, par le gouvernement du Canada, de la loi sur les contaminants de l'environnement.Exception est faite, toutefois, pour les transformateurs et les condensateurs des compagnies électriques ou des entreprises de transport, ceux du métro notamment, qui contiennent des BPC comme refroi-disseurs.Ces appareils doivent néanmoins être convertis au fur et à mesure de leur vieillissement ; les liquides contamina-teurs qu'ils contiennent doivent être remplacés par des huiles ordinaires.Un problème reste entier : la disposition des résidus.Puisqu'il n'existe plus de lieux d'entreposage, d'incinération ou d'ensevelissement au Québec, les entreprises doivent ou bien stocker en suivant certaines règles strictes ou bien expédier hors frontières.Il arrive en effet que les deux seuls entrepôts québécois autorisés sont débordés ; ils ne peuvent plus accepter de contaminants liquides.Aussi les entreprises font-elles face à un problème grave.Que faire de ces poisons industriels ?Il est très tentant pour les petits entrepreneurs de déverser directement dans le sol ou dans les cours d'eau.Les autorités gouvernementales reconnaissent « qu'il se passe des choses étranges à cet égard ».Les grandes entreprises comme Hydro-Québec \u2014 la plus grande consommatrice de BPC \u2014 ont maintenant recours à des sous-traitants qui expédient à grands frais ces déchets à l'extérieur.On est près du seuil de tolérance_ Le ministère de l'Environnement du Québec signale que, depuis la fermeture des frontières des États-Unis et de Grande-Bretagne aux chargements de restes de BPC, le poison prend le chemin des autres provinces canadiennes par des transporteurs par camion autorisés.Il n'existe, pour le moment, qu'un seul lieu d'entreposage autorisé au Canada.Ce sont les grandes installations de Kinetic Ecological Ressource Group en Alberta.Ces derniers temps, Hydro-Québec a confié ce genre contrat à la compagnie Solerq.Celle-ci a ensuite eu recours, par sous-traitance, à l'un des six transporteurs autorisés par le gouvernement du Québec : DND, d'Ontario ; Environ-eorp.de Montréal ; Equipement Reliance, de Pointe-Claire ; Kinetic Ecological Ressource Group, d'Alberta, Sanivan, de Pointeaux-Trembles et TDM Transport, de Longueuil.On présume ainsi que les équipements d'Hy-dro-Québec contaminés par les BPC se rendent ces temps-ci en Alberta.Mais il n'est pas certain que cette province va permettre que cette pratique se poursuive bien longtemps encore.Les porte-parole d'Hydro-Québec reconnaissent qu'il faudra bientôt trouver une solution québécoise à ce problème québécois.Ces opérations de transport coûtent cher.Les gouvernements, d'abord, exigent une caution d'environ $8.00 le gallon pour l'entreposage.Les transporteurs, eux, demandent jusqu'à $2.00 la livre pour disposer des équipements contaminés.Les autorités gouvernementales admettent, enfin, que les causes les plus fréquentes d'accident sont les déversements, lors du transport et do la manutention.Les accidents provenant d'un incendie dans l'environnement des transformateurs électriques, des condensateurs et des dispositifs de commutation viennent au deuxième rang.Aux États-Unis la situation ressemble à celle du Canada.Sauf qu'il existe chez nos voisins trois grands incinérateurs commerciaux à haute température où les industriels peuvent disposer de leurs BPC.Ils se trouvent à Dearport (Texas), à Eldorado (Arkansas) et à Chicago.Certaines grandes entreprises, telle la General Electric, ont leurs propre incinérateur.Les dirigeants de l'Environ-mental Protection Agency espèrent que le nombre des grands incinérateurs commerciaux sera augmenté, car les citoyens américains sont de plus en plus sensibles aux risques de ees contaminants.Ils expliquent que la production des BPC étant maintenant interdite, il faudra quelque 20 ans pour reconvertir les équipements électriques.J.-P.B. D'HIER À AUJOURD'HUI Maurice Giroux Au congrès libéral d'octobre 1967 Les pro-Lévesque ont demandé en vain un vote secret sur la souveraineté ¦ Les 13, 14 et 15 octobre 1967 se tenait, sous les lustres du Château Frontenac à Québec, le 13e congrès de la Fédération libérale du Québec.Ce congrès devait entraîner la démission soudaine et fracassante du député de Laurier, René Léves-que, et dans son sillage celle de dizaines de militants et de cadres supérieurs du Parti libéral de Jean Lesage.Le congrès avait pour thème principal le statut du Québec au sein de la fédération canadienne.Il se situait dans le contexte survolté de l'après «Vive le Québec libre» du général de Gaulle et d'un présumé exode de capitaux qui avait contraint le premier ministre Daniel Johnson, en vacances à Hawaii, à faire une profession de foi solennelle en l'avenir du Canada.Sur la table du congrès libéral, ouvert le vendredi soir 13 octobre, une résolution du comté de Laurier proposait la thèse de la souveraineté-association mise au point au cours des semaines précédentes pa§ Léves-que, entouré de Jean-Roch Boi-vin, Rosaire Beauté, Marc Briè-re et quelques autres.Le 18 septembre, dans son comté, Léves-que avait présenté et fait entériner son option par ses partisans.Robert Bourassa s'était déjà détaché du groupe, jugeant «impossible la souveraineté politique sans la souveraineté monétaire».Le vote secret_ À quatre jours du congrès de Québec, dans une lettre adressée au président du caucus des députés, Pierre Laporte, l'association libérale de Laurier demandait des garanties pour que sa résolution «soit loyalement discutée et pour éviter que le congrès soit noyauté».La lettre suggérait une rencontre Laporte-Lévesque pour «s'assurer d'un contrôle démocratique des inscriptions des délégués au congrès», pour que les M.René Lévesque en compagnie de l'ex-premier ministre du Québec, M.Jean Lesage.principales options en présence soient discutées d'abord en atelier samedi après-midi, puis en plénière samedi soir et dimanche matin.Les partisans de Lévesque réclamaient surtout que le vote du dimanche sur l'option constitutionnelle soit un vote secret, afin de permettre aux délégués de «bien peser la valeur des arguments soumis».Pour René Lévesque, ces demandes avaient pour but de «dépersonnaliser» le débat et de permettre aux délégués de se prononcer «sans la pression des autorités du parti qui faisaient de la question une affaire de confiance».Dès le soir de l'ouverture du congrès, MM.Jean Lesage et Eric Kierans, respectivement chef et président du parti, ont d'ailleurs ouvertement invité M.René Lévesque et son groupe à quitter le parti dans le cas où le congrès se prononcerait contre la thèse de la souveraipeté-association.Les deux hommes affirmaient qu'ils feraient de même dans le cas contraire.Mais les acclamations virulentes des quelque 1000 délégués présents a ces discours du vendredi soir ne laissaient aucun doute sur l'issue du match.Le soir même, René Lévesque déclarait: «On a nettement bul-dozé le congrès.C'est un climat de «crois ou meurs».Actuellement à ce congrès, c'est le vote d'une salle nettement recrutée et sélectionnée.une question constitutionnelle transformée en question de personnalités.» Lévesque avait quitté le Château Frontenac au moment où Lesage commençait, dans son discours, à condamner l'option souverainiste d'une façon catégorique et a soutenir plutôt la thèse du bureau exécutif du par- ti, défendue par M.Paul Gérin-Lajoie, portant sur le statut particulier.Entouré d'une cinquantaine de partisans, Lévesque refusait de dire, en ce vendredi soir, s'il allait démissionner du parti ou y demeurer pour continuer la lutte.Après que les délégués au congrès eurent refusé la procédure du vote secret lors de l'adoption des rapports annuels, Lévesque et son groupe entreprirent à l'hôtel Clarendon une nuit de réflexion sur l'attitude à prendre pour le lendemain.Il y avait matière à réflexion puisque, en plus du rejet du vote secret, les délégués avaient également refusé un amendement aux procédures, proposé par Me Bare Brière, dans le but de permettre d'apporter des amendements en assemblée plénière à l'une ou l'autre des deux thèses constitutionnelles.En pratique donc, la lettre à Pierre Laporte n'avait donné que de piètres résultats, et la succession rapide des événements du lendemain, samedi 14 octobre, allait coincer d'une façon définitive le groupe des pro-Lévesque.En effet, durant les travaux en atelier du samedi après-midi, il devenait évident que la thèse Lévesque serait rejetée par une écrasante majorité.Au terme d'un débat de quatre heures, le député de Laurier retira même sa proposition, affirmant que «l'administration du parti avait voulu faire du congrès un endosseur parfaitement docile de ses idées».Le député de Gouin, Yves Mi-chaud, avait tenté au début des discussions, de soumettre le texte d'une proposition intermédiaire, ce qui fut refusé par l'atelier au nom des procédures.Mi-chaud déplora alors qu'il n'y ait aucune solution pour les délégués qui ne voulaient opter ni pour la thèse du statut particulier (Gérin-Lajoie) ni pour celle de la souveraineté-association (Lévesque).Lors de son droit de réplique, le député de Laurier se plaignit également du peu de temps mis à la disposition des délégués pour examiner les arguments, surtout d'ordre économique.«L'autorité du parti a saisi ce droit du temps et défini son attitude négative», a déclaré René Lévesque, quelques minutes avant d'annoncer sa démission.L'option Lévesque, une fois la démission annoncée, fut quand même considérée en raison des procédures, mais elle fut rapidement battue aux voix par l'atelier, vers l'heure du souper.Plus tard dans la soirée, en assemblée plénière, et en l'absence des pro-Lévesque, c'est par un vote de 1217 à 9 que les délégués votaient en faveur de la thèse du statut particulier présentée par Paul Gérin-Lajoie au nom du bureau exécutif du parti libéral.?c 01 O 33 m > > m g CD < m 3D CD CD en m oo O) Y\" OC LU > Z < \u2014) 0) Y\u2014 5 LU < CO < \u2022LU cr o CO 3 C'est dans un véritable climat d'hostilité à l'endroit de René Levesque et de son entourage immédiat que s'était ouvert le congrès de la Fédération libérale du Québec en cette soirée du vendredi 13 octobre 1967.Mais au-delà des idées souverainistes défendues par le député de Laurier, un scénario semblait se dessiner en faveur du départ du «mouton noir».Quelques jours auparavant, le mercredi 11 octobre, un des membres influent de l'organisation libérale et ancien secrétaire-trésorier, Henri Dutil, avait déposé à la tribune de la presse à Québec un violent réquisitoire dans lequel il accusait René Levesque de vouloir «instaurer un régime d'extrême gauche au Québec».«L'escalade de René Levesque ne s'arrêtera pas au séparatisme, déclarait dans son texte M.Dutil, qui ajoutait que depuis l'entrée du député de Laurier dans le Parti libéral tous ses gestes constituaient une escalade devant conduire à l'établissement d'un régime d'extrême gauche.» Selon beaucoup d'observateurs à l'époque, les propos de Dutil, quoique virulents, reflétaient l'opinion d'une bonne partie des militants libéraux, sinon de la majorité.Certains de ces militants allaient même jusqu'à jeter sur les épaules de René Levesque la défaite électorale de 1966.Dans la même semaine, Levesque déclarait que si «sa thèse était examinée honnêtement, il continuerait d'adhérer au Parti libéral.Dans le cas contraire, ce pourrait être le RIN à la rigueur, quoique ce parti n'ait pas tenu compte de façon précise et détaillée du voisinage canadien.» Noyautage appréhendé Le député de Laurier appréhendait un noyautage du congrès dès le 11 octobre, niais il n'avait pas d'indices assez précis à ce moment-là pour en faire part à la presse.Il redoutait surtout que l'organisation du parti procède à l'enregistrement d'un nombre considérable de délégués défavorables à sa thèse.«En vertu des règlements du Parti libéral, tout détenteur de carte de membre peut s'inscrire et voter aux congrès réguliers, disait Levesque, ce qui permet à ceux qui contrôlent le parti de recruter systématiquement des délégués convaincus d'avance.» «Or, les listes de membres sont entre les mains du parti et de M.Eric Kierans, président D'HIER À AUJOURD'HUI AU-DELÀ DE SON OPTION SOUVERAINISTE Levesque n'était plus le bienvenu wmm de la Fédération, et celui-ci est contre nous.» Le vendredi soir, dans son discours d'ouverture, M.Kierans se joignait à M.Jean Lesage pour réclamer le départ de René Levesque si sa thèse était rejetée, ce qui provoqua un tonnerre d'applaudissements de la part des quelque 1000 délégués présents à l'ouverture.Selon les journalistes, à peine 25 délégués semblaient favorables à la thèse de M.Levesque.Jean Lesage lança alors un avertissement: «Lorsque la majorité aura décidé, ceux qui ne voudront pas se rallier, sans réserve, n'auront d'autre choix que de se retirer du parti.» Et d'un ton dramatique il ajouta: «Et moi aussi je suivrai Jes voies démocratiques et je démissionnerai si des idées autres que celles que je préconise sont acceptées.» Eric Kierans, de son côté, affirmait solennellement «qu'il était prêt à démissionner immédiatement si les délégués le désiraient», ce qui provoqua une autre tempête d'applaudissements hostiles à la thèse séparatiste.À la veille du congrès, seul Robert Bourassa avait indiqué «qu'il avait bon espoir que le député de Laurier demeure dans le parti», malgré le fait qu'il jugeait la thèse de Levesque inapplicable, surtout du point de vue monétaire.Durant la mémorable soirée du 13 octobre, René Levesque ne fut pas le seul à être rabroué par les délégués.Marc Brière, qui voulait un amendement aux procédures, se vit copieusement hué à deux reprises par la masse des délégués.¦Levesque dehors!- René Levesque n'assista qu'à la première partie de la soirée, celle qui portait sur les rapports annuels et les procédures.Il quitta le Château Frontenac au moment où le chef, Jean Lesage, commençait son discours et recevait les acclamations de la foule des délégués.À la fin de la soirée, un vote non équivoque renouvelait la confiance de la salle à l'endroit du chef.Le lendemain après-midi.Proche collaborateur de René Levesque, Eric Kierans réclama tout de même au congrès d'octobre 1967 que Levesque quitte son parti si son option était rejetée.môme si le sort politique de René Levesque était déjà joué, ce dernier se présenta à l'atelier constitutionnel où allaient être discutées les deux principales thèses en présence.Lors de son entrée dans la salle de bal, des délégués criaient: «Levesque dehors.» Au cours de ses interventions, Levesque fut parfois applaudi, mais le plus souvent hué.La salle fut généralement attentive à ses propos.Le député de Laurier a soutenu que «son option proposait des étapes claires pour une indépendance politique et une interdépendance économique, mais qu'il n'y avait pas eu la moindre discussion à ce sujet dans le parti, à part les arguments d'autorité».C'est vers 6 heures que René Levesque annonça qu'il démissionnait du parti et qu'il retirait sa proposition.S'en prenant à l'administration du parti, il affirma qu'aucun argument sérieux n'avait été apporté en faveur de la thèse officielle du parti, celle du statut particulier.«Ce statut particulier, a-t-il dit, n'est qu'un enfoncement dans un cul-de-sac indéfini, un bouchon carré dans un trou rond.» Levesque n'en a pas moins félicité le congrès «qui nous a fourni l'occasion de faire valoir notre point de vue».Il affirma qu'il n'était pas facile de quitter un parti après sept ans.Un ultimatum Quelques instants plus tard, dans un hotel voisin, René Levesque accusait de «matraquage économique» le président du parti, Eric Kierans.Cette conférence de presse, donnée en présence de 200 sympathisants enthousiastes, permit de préciser les causes plus lointaines de sa démission.Remontant jusqu'en 1964, «où l'élan novateur du Parti libéral avait déjà perdu ses forces», Levesque parla ensuite de la discussion autour de la formule Fulton-Favreau sur le rapatriement de la constitution, de la perte des élections de 1966 et finalement de l'affaire De Gaulle.«C'est alors que le caucus des députés, par une conception tordue de la rentabilité électorale, décidait malgré l'opposition de certains de ses membres, de se prononcer contre l'attitude du Général.» Sur le congrès lui-même, Levesque avait espéré une «délai te normale».«Au lieu de cela, dit-il.la porte s'est claquée sur un ultimatum.» q Une lecture différente D'HIER A AUJOURD'HUI CE OUI SÉPARAIT LES LIBÉRAUX de la société Al'automne de 1967, le Québec connaissait une effervescence nationaliste peu commune.Depuis quelques mois, le débat constitutionnel avait même débordé ses frontières et c'était maintenant à l'échelle canadienne que les propositions fusaient de toutes parts.Sous un gouvernement de l'Union nationale dont le chef, Daniel Johnson, préconisait ni plus ni moins que «l'égalité ou l'indépendance», les forces vives du Canada français s'activaient.Les États généraux avaient été convoqués pour définir les exigences minimales du Québec, une sorte de statut particulier très pousse, presque voisin de l'indépendance.Au plan politique fédéral, le Nouveau parti démocratique s'était prononcé en faveur d'un statut particulier et les Conservateurs avaient un nouveau chef, Robert Stanfield.Celui-ci avait endossé en 1966, sur les recommandations de Marcel Fa-ribeault.les conclusions d'un colloque reconnaissant le principe des «deux nations».Le premier ministre Lester B.Pearson avait créé la Commission d'enquête Laurendeau-Dunton sur le bilinguisme et le biculturalisme, dont les travaux allaient amener de l'eau au moulin des partisans d'une «nation québécoise distincte».Et au moment où M.Pearson s'apprêtait à convoquer une conférence constitutionnelle pour le début de 1968, le premier ministre conservateur de l'Ontario, John Robarts, invitait tous ses homologues provinciaux en novembre à Toronto pour une «Conférence sur le Canada de demain».Tous ces événements augmentaient la pression sur l'attitude des libéraux provinciaux.L'incident du balcon de l'hôtel de ville de Montréal, en juillet avait entraîné la démission du député François Aquin, qui refusait de condamner le cri du Général de Gaulle.Un statut très particulier__ C'est le mardi 10 octobre que fut rendu public, au Club de réforme de Québec, le rapport du Comité des affaires constitutionnelles de la Fédération libérale du Québec, comité présidé Paul Gérin-Laioie Une liste impressionnante de nouveaux pouvoirs par Paul Gérin-Lajoie.Tout en rejetant la souveraineté juridique intégrale ainsi que la thèse des États associés, le document définissait pour le Québec «un statut particulier dans un fédéralisme renouvelé».La liste abondante des nouveaux et importants pouvoirs qui seraient accordés au Québec en vertu de cette proposition du Parti libéral aurait de quoi rendre jaloux, aujourd'hui, les tenants de la souveraineté-association.Cette liste, non exhaustive comprenait: la compétence exclusive sur tout ce qui touche la culture, y compris le cinéma, la radio et la télévision; l'unique responsabilité de la sécurité et de l'assistance sociale; la compétence en matière de main- d'œuvre; une compétence plus complète en matière d'immigration surtout dans la sélection des immigrants; une participation directe du Québec à l'élaboration de la politique monétaire et tarifaire; la compétence en matière de mariage et de divorce; une personnalité internationale lui permettant de négocier des ententes et de participer aux organismes internationaux dans les champs de sa souveraineté propre.«À cette liste, dit le rapport, pourrait s'ajouter les droits sous-marins, les pêcheries maritimes, certaines catégories de transport.» Le rapport concluait que pour exercer sa souveraineté dans tous ces nouveaux domaines d'activités, «nécessaires au développement de la personnalité collective du Québec», un nouveau partage des impôts devait être réalisé.Même dans son langage, le rapport des Affaires constitutionnelles frisait de près celui de René Lévesque.«Aujourd'hui, dit le rapport, l'interdépendance vient équilibrer la souveraineté.Le problème est en fait de choisir la forme d'association qui nous convient.» «C'est dans cet esprit, ajoute le rapport, que nous croyons possible d'associer un Québec muni de tous les pouvoirs nécessaires à son développement dans une forme fédérale avec le reste du Canada.» En bout de ligne, la seule différence entre les options Lévesque et Gérin-Lajoie, c'était que les institutions politiques fédérales étaient maintenues avec, comme responsabilité principale commune, la gestion de la politique monétaire et tarifaire.Pour le reste, la proposition endossée officiellement par le Conseil supérieur du parti, était plus précise et plus concrète que celle de l'association de Laurier, dont le discours principal portait sur la souveraineté politique globale.Le réquisitoire de René Lévesque au congrès d'octobre 1967 visait davantage «le gaspillage d'énergies à négocier le fédéralisme renouvelé» qu'à une définition précise du concept de la souveraineté politique assortie de l'association économique avec le reste du Canada.Une muraille entre deux familles_ La résolution du comté de Laurier se contentait de mentionner, à titre d'exemple, l'union monétaire et tarifaire ainsi que la coordination des politiques fiscales comme fondements propres de la nouvelle «Union canadienne».Dans son long exposé de samedi après-midi, René Lévesque s'est fréquemment appuyé sur le document officiel du parti pour démontrer que l'actuelle constitution était une «source constante de frustrations».Il réfutait par ailleurs la thèse du statut particulier, non seulement parce que le Canada anglais l'avait déjà rejetée, mais aussi en raison «des germes de division que les négociations d'un tel statut pourraient entraîner».Au-delà des deux options en présence, c'est la lecture différente de la réalité canadienne et québécoise qui se dressait, telle une muraille, entre les deux fa- milles de souverainistes.Le chef du parti, Jean Lesage, s'était même donné la peine, dans son discours de vendredi soir, de contredire certains éditorialistes qui avaient rapproché la position du Comité des affaires constitutionnelles à celle défendue par le député de Laurier.Finalement, Lévesque affirmait que le peuple québécois était prêt à envisager des changements constitutionnels «à condition qu'on lui en parle» et que la population était «fatiguée des hésitations».De son coté, Jean Lesage soutenait péremptoirement, à la suite de tournées effectuées à travers la province, que «la population s'intéressait d'abord au chômage, au logement et à la santé».À l'issue du congrès, le dimanche 15 octobre, Lesage déclarait que «le départ de René Lévesque allait rendre le Parti libéral plus uni et que les quelques défections allaient être compensées par un plus grand nombre de nouvelles adhésions».Il niait par ailleurs que le parti avait effectué un virage à droite.Au même moment, dans un autre hôtel de Québec, le Mouvement Souveraineté-Association était déjà en gestation.Il allait donner naissance, quelques mois plus tard, au Parti québécois.im ri ¦ 9 LA COURSE AU LEADERSHIP DU PC ONTARIEN m «o en lu > z < -» Q lit < _j < LU CC h z O ai 3 L'un est peut-être trop vieux alors qu'un de ses adversaires pourrait être trop jeune.Un troisième doit faire oublier sa petite taille, ses origines toron-toises et sa religion juive.Un quatrième est trop identifie à sa connaissance des dossiers constitutionnels et pas assez à ses talents d'administrateurs.Tels sont quelques-uns des facteurs qui risquent d'être déterminants pour les candidats au leadership du Parti conservateur ontarien dont le sort se scellera sur le parquet du congrès, à Toronto, entre les 21 et 26 janvier.Jusqu'à maintenant, tous les sondages confirment l'avance du ministre ontarien de l'Industrie, Frank Miller, sur ceux des Finances et de l'Agriculture, Larry Grossman el Dennis Tim-brell et, en dernière position, le ministre de la Justice, Roy McMurtry, dans la lutte pour la succession de l'actuel premier ministre Bill Davis.Le nombre de délégués indécis demeure étonnamment élevé, à moins de deux semaines du congrès.La plupart des observateurs s'entendent pour identifier deux types de facteurs qui pourront faire influer sur le choix définitif des délégués : les caractéristiques personnelles et l'habilité des orna nisaleurs de chacun.Garder la droite ?_ Le favori, Frank Miller, dispose d'atouts importants.Il a dirigé plusieurs ministères, dont les Finances et la Santé.Il s'est signalé comme un administrateur rigoureux, peu porté sur les extravagances.Bien au contraire.Il est généralement considéré comme le plus à droite des candidats en lice.Dans la conjoncture nord-américaine actuelle, son petit coté rcaga-n/'en est loin d'être un handicap.Il est en outre perçu comme un homme sorti tout droit des petites et moyennes entreprises.Originaire d'une petite ville du nord de la province, il est le seul des quatre candidats à n'être pas issu de la région du grand Toronto.C'est un vendeur-né qui a tenu plusieurs petits commerces.11 dispose d'une équipe d'organisateurs efficaces et mise sur ses talents ^de vendeurs pour expliquer que son passé fait de lui le candidat le plus apte à comprendre les problèmes des électeurs de classe moyenne.C'est un atout non-négligeable puisque la ma Pierre Gravel A TORONTO Aucun candidat n'a encore l'élection dans sa poche jorité des délégués au congrès proviennent justement de middle vl upper middle class.La rumeur publique, alimentée par les adversaires de M.Miller, veut cependant qu'il dispose de l'appui de plusieurs des plus grands financiers ontariens et que celte sympathie qu'il affiche à l'endroit des classes moyennes pourrait bien n'être que provisoire, soit le temps de la course au leadership.Kn outre, son âge risque de jouer contre lui.A :>7 ans.il aspire en effet à remplacer un démissionnaire qui n'en a que 55.Et on peut se demander dans quelle mesure, le parti voudra se doter d'un chef plus âgé que son prédécesseur.La tradition conservatrice, en Ontario, veut qu'à tous les dix ans.on rajeunisse le leadership.Sans compter que ses adversaires rappellent à chaque fois que l'occasion se présente, l'attaque cardiaque dont il a été victime en l!)7(i.On affirme même que, convaincu que M.Davis allait rester en poste pendant encore un mandat.M.Miller songeait à la retraite au moment du déclenchement de la campagne.Trop jeune ?_ À l'opposé de M.Miller, le ministre de l'Agriculture, Dennis Timbrell est le plus jeune des candidats.A :w ans, il a déjà derrière lui une dizaine d'années d'expérience en politique et il a fail la preuve de ses la- lents d'administrateurs a la (elide plusieurs ministères importants.On le considère généralement comme le plus proche de la pensée politique de Bill Davis.Au point où avant la démission de ce dernier, on le considérait comme son dauphin naturel.dans quelques années.Aujourd'hui, son jeune âge pourrait peut-être lui nuire, encore qu'il puisse devenir un candidat de compromis dans l'hypothèse ou un mouvement Anybody Hut Miller réussissait à bloquer la route au favori.Surtout si les délégués, après quelques lours de scrutin, refusent de se rallier à Grossman ou à McMurtry.Autre handicap de M.Timbrell : il est le moins connu des quatre candidats, les affaires agricoles faisant rarement la manchette dans les grands médias ontariens.Kn outre, plusieurs de ceux qui le connaissent lui reprochent d'avoir un peu trop l'air d'un premier de classe, brillant, bien « programmé ».mais qui n'a pas assez de maturité ni d'expérience pour faire lace correctement aux situations imprévues.On en veut pour preuve, le débat en cours sur l'avorlemenl oii il n'a pas su, comme des vieux routiers, louvoyer pour ne se mettre personne à dos.Pris de court par une question, lors d'un débat public, il est tombé dans le piège et s'est irrévocablement compromis en faveur du mouvement provie.Ce n'est pas tant cette option personnelle qui risque de lui nuire.estime-Ion, que celle naïveté politique qui risque d'être désastreuse chez un premier ministre.Son organisation est très efficace, assure-l-on, mais certains de ses organisateurs seraient de piètres négociateurs qui auront du mal à conclure des ententes sur le parquet du congrès, si des alliances deviennent nécessaires après le premier tour de scrutin.Élire un juif ?_ Larry Grossman serait peut-être en tète du peloton, à l'heure actuelle, s'il ne devait surmonter un handicap que presque personne n'ose mentionner publiquement mais que tout le monde a en tète en petit comité : ses origines juives.Brillant ministre des Finances, fils d'un ancien ministre, politicien expérimenté et reconnu pour son intelligence, il jouit de l'appui d'une bonne partie de l'establishment du parti.Malgré de piètres talents d'orateur, il est reconnu comme un homme articulé, aux idées claires et facilement compréhensibles par tous.Ses responsabilités actuelles au cabinet lui ont assuré une très grande « visibilité ».Il est certes le plus connu de tous les candidats.Malgré ses liens avec les milieux de la haute finance, il a su conserver une position idéologique assez nuancée qui le place au centre de l'échiquier politique, en compagnie de son rival.Roy McMurtry.On estime d'ail-\" leurs que c'est entre ces deux hommes que les alliances éventuelles seront les plus faciles à conclure, en cas de match serré.Cette question raciale pose cependant un problème aux délégués qui.pris individuellement, se défendent bien de tomber dans le racisme.Ce n'est jamais au nom de ce préjugé qu'on hésite à voter pour lui.mais en fonction des préjugés présumés de l'électoral en général.« Les électeuirs ontariens sont-ils mûrs pour voter pour un Juif?» se demande-ton avec une moue dubitative.Kn oubli ant que la plupart des sondages donnent une réponse favorable et indiquent que.dans les faits, ce sont les conservateurs de classe moyenne qui ne sont pas prêts à en accepter un comme leader.Le lièvre ou la tortue ?Entre Frank Miller et Hoy McMurtry, que les sondages placent respectivement en tête et à la fin de la course, la distance n'est pas si grande qu'elle ne semble à première vue.Considéré au départ comme un challenger redoutable, le ministre de lu Justice accuse un retard qui s'explique surtout par le lent démarrage de sa campagne.Très connu à cause de ses expériences ministérielles, il peut compter lui aussi, comme Larry Grossman, sur l'appui d'une bonne partie de l'establishment du parti qui mise sur sa réputation d'intégrité, ses idées modérées et son habileté comme leader naturel et comme négociateur.Il a été au coeur de toutes les négociations constitutionnelles des dernières années.De ce fait, il a acquis une notoriété pan-canadienne qui n'est pas à négliger pour un premier ministre ontarien.On tonnait moins bien, cepen- dant, ses talents d'administrateur et ses organisateurs s'emploient présentement à les mettre en lumière.Son attitude nuancée et prudente dans la retentissante affaire Morganta-Icr.qui aurait pu lui faire perdre des points, pourrait bien finalement jouer en sa faveur en ce qu'elle a mis en relief sa détermination à faire face à ses responsabilités.Le retard dans sa campagne s'explique en grande partie par le fait que son principal organisateur est lui-même revenu au pays il n'y a quelques semaines.Ayant pris la tète de la plupart des organisateurs ontariens de Brian Mulroney en Ontario, il met depuis lors les bouchées doubles et les ultimes sondages d'avant-congrès pourraient bien en indiquer les effets.Et quand on sait qu'il s'agit de Norm Atkins, le principal responsable du raz-de-marée conservateur au Canada en septembre dernier, on doit admettre que la partie est loin d'être perdue pour Roy McMurtry.?Michel Labrecque Les quatre candidats à la succession de Bill Davis lors d'un débat à Thunder Bay.À droite, M.Frank Miller.La question francophone: tabou ! L es dossiers francophones auront été un sujet «presque tabou au cours fde la présente course à la succession de Bill Davis.Beaucoup de Franco-Ontariens semblent être les premiers à ne pas trop s'en plaindre.Les principaux porte-parole francophones préfèrent attendre l'élection du nouveau premier ministre, avant de relancer les débats, entre autres sur l'épineuse question du bilinguisme officiel dans la province.La raison: il n'y aurait rien à gagner pour le moment à créer des remous sur la place publique.«Si un des candidats appuyait plus que les autres les revendications des francophones, il risquerait de s'aliéner tous les délégués hostiles au fait français, et nous en ferions les frais», explique M.Guy Matte, président de l'Association des enseignants franco-ontariens, qui appuient le bilinguisme officiel.Tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du parti, les Franco-Ontariens estiment qu'ils ont bien peu de poids dans cette course.Ils ne forment que 5 p.cent de la population et sont peu nombreux au sein du Parti conservateur.Au congrès du 24 janvier, ils seront une cinquantaine, noyés dans une mer de 1 700 délégués.Des quelque 70 députés conservateurs, a Queen's Park, deux seulement sont francophones.La présence du français dans la course s'est limitée à de rarissimes interventions de certains candidats, et au slogan bilingue du congrès sur la documentation officielle.Jusque- maintenant, les dossiers francophones ont été presque passés sous silence.Pour plusieurs délégués, des questions comme l'économie ou la personnalité du candidat sont plus déterminantes dans le choix qu'ils feront samedi prochain.«Je n'ai reçu aucune lettre d'associations ni des commentaires de délégués», dit René Pi-cher, député du nord de la pro- vince.Les candidats ne semblent pas avoir davantage envie d'en parler.Au milieu de la semaine dernière, aucun d'entre eux n'avait encore répondu au sondage d'un organisme francophone qui cherchait à connaître leur position sur le contrôle des écoles de langue française.La question du bilinguisme n'a été abordée qu'une seule fois publiquement, lors d'un des débats «contradictoires» régionaux.Les quatre candidats ont claironné à l'unisson la politique «étapiste» de Bill Davis: continuer à étendre les services en français, sans garanties constitutionnelles.Seul le ministre de l'Agriculture, M.Denis Timbrell, a affirmé qu'il croyait qu'un jour, l'Ontario deviendrait bilingue.Mais il a soulevé les applaudissements de la salle en ajoutant que la province risquait de devenir un autre Manitoba, si le gouvernement agissait tout de suite.Certains candidats suscitent cependant plus de sympathie que d'autres chez les Franco- Ontariens.Le ministre de la Justice, M.Roy McMurtry, est celui qui recueille le plus d'appuis dans les régions francophones.Sous son ministère, le français est devenu une langue officielle devant les tribunaux.Plusieurs le disent très ouvert, en privé, au bilinguisme.Curieusement, le ministre de l'Industrie, M.Frank Miller, qui est le seul à s'exprimer couramment en français, semble attirer moins de francophones.Plusieurs craignent que ses liens avec la droite du parti ne mettent un frein à la politique d'expansion des services en français des dernières années.Les deux autres candidats, le ministre des Finances, M.Larry Grossman, et le ministre de l'Agriculture, M.Denis Timbrell, sont perçus de façon mitigée.Certains voient en Larry Grossman un candidat favorable aux minorités, en raison de ses origines juives.Même si la question a été à toutes fins utiles escamotée durant la course, délégués et leaders francophones s'entendent au moins sur une.chose: aucun.candidat n'a personnellement l'intention de remettre en cause les acquis des années Davis.Tous s'engagent à améliorer les services à la minorité francophone.Cela est d'autant plus important, qu'avant de démissionner, le premier ministre avait pris certains engagements qui n'ont toujours pas été adoptés par la législature ontarien-ne.C'est le cas du projet de loi qui garantira pour la première fois aux francophones des sièges dans certaines commissions scolaires.Les associations fran-co-ontariennes souhaitent voir ce projet adopté pour les élections scolaires de novembre prochain.Ils comptent faire du lobbying intensif sur cette question, Le nouveau premier ministre de l'Ontario risque également de voir ressurgir le dossier du bilinguisme.Les divers regroupements de francophones veulent mener une action concertée au cours de prochains mois.Des appuis_gotgûtieLs,- comme celui de Brian MulroneyTpownaient cette fois leur donner plus de poids.Éditeur Roger D.Landry Coordination Paul Longpré Responsable des chroniques: Pierre-Paul Gagné Tél.: (514) 285-7070 Collaboration Philippe Barbaud Jean Basile Berthio Antoine Char Françoise Côté Antoine Désilets Jean-François Doré Claire Dutrisac Lucie Faniel Pierre Godin Serge Grenier Sophie Huet Albert Juneau Gérard Lambert Yves Leclerc Marie Lessard Pol Martin Mario Masson Charles Meunier Simone Piuze Pierre Racine Georges Schwartz Michel Vastel René Viau Toronto Michel Labrecque Vancouver Daniel Raunet Moncton Achille Michaud Mexico Francis Pisani Managua Jacques Lemieux San Salvador Edith Coron Paris ' Jean-François Lisée Rome Jean Lapierre Bruxelles Claude Moniquet Genève Angelica Roget Chypre Robert Pouliot Tokyo Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau Publicité Responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier Secrétariat Micheline Perron Tél.: (514) 285-7319 12 PLUS, MONTRÉAL.SAMEDI 19 JANVIER 1985 DEMAIN-»-L'AN 2000 Yves Leclerc ; - Comment dire à l'ordinateur quoi faire S'il vous est arrivé d'écrire ne serait-ce que quelques lignes de programmes en BASIC, vous aurez eu l'occasion de constater à quel point l'ordinateur est une machine idiote, qui suit au pied de la lettre tout ce qu'on lui dit de faire.Vous vous êtes peut-être même dit que tout ça n'est pas pour vous, que vous n'avez pas la «bosse de l'informatique».Mais patience.La difficulté, évidemment, c'est que l'être humain ne fonctionne pas de cette façon littérale, point par point, détail par détail.Il avance par sauts et par bonds, à coups d'intuition autant que de raisonnement, en sautant des étapes et en passant sous silence des éléments qui sont «évidents».quitte à rebrousser chemin et à corriger le tir si nécessaire.Depuis une trentaine d'années qu'on utilise pour programmer des langages autres que les codes chiffrés propres que l'ordinateur comprend, on a graduellement raffiné la grammaire et le vocabulaire de ces langages, rendant le résultat plus facile à atteindre, moins entaché d'erreurs et plus facile à lire et à comprendre.Il n'en reste pas moins que la quasi totalité des méthodes utilisées pour la programmation continuaient d'être aussi littérales, détaillées, point par point qu'au tout début.Certaines ont même, pour réduire les erreurs et rendre le processus mieux verifiable, poussé plus loin dans ce sens qu'à l'origine.Je pense notamment à un langage comme le Pascal.Les principaux progrès réalisés jusqu'à maintenant avaient consisté à regrouper et à masquer une partie des détails sous des «macro-instructions» plus puissantes, ou sous forme de «procédures» qu'on peut appeler par leur nom.Mais ceci ne changeait rien à la démarche pas-à-pas, étape-par-étape, de l'ensemble.A tel point d'ailleurs que certains moyens de programma-lion, qui existent pourtant depuis un certain temps, n'avaient pas droit au titre de «langages» parce qu'ils ne suivaient pas ce modèle linéraire.D'autres façons de penser Depuis quelques années, cependant, on s'est mis à se dire que si on avait fait de grands pas dans le sens d'un vocabulaire et d'une syntaxe qui se rapprochaient de ceux des humains plutôt que de ceux des machines, on pouvait peut-être franchir un autre pas en amenant l'ordinateur à comprendre et à interpréter non plus seulement une façon de parler, mais une façon de penser différente de la sienne et plus proche de la nôtre.C'est ainsi que sont apparus ce qu'on appelle les «générateurs de programmes», qui ne sont pas des langages dans le sens classique, mais des programmes interactifs auxquels l'utilisateur peut indiquer d'une façon ralativement formelle ce qu'il veut que l'ordinateur fasse.Ensuite, c'est la machine, non le programmeur, qui se charge d'écrire le programme ligne par ligne, détail par détail.Un autre exemple de cette nouvelle approche est Visicalc et ses descendants, les «chiffres».Ici, l'utilisateur raisonne dans l'espace plutôt que dans le temps.Il place ses valeurs, ses équations et la définition des résultats qu'il veut obtenir dans une grille à deux dimensions sur l'écran, sans se soucier dans quel ordre la machine procédera: pour lui, l'opération est simultanée ou presque.De même, certains programmes de gestion de base de données comme dBase II comprennent un «langage» non séquentiel qui permet d'indiquer la structure des données et la façon dont elles doivent être présentées à l'utilisateur, sans avoir à se soucier de l'ordre des éléments et des dctafls de la réalisation.Même dans les langages de programmation formels, cette tendance se fait maintenant jour: un langage comme le Forth, par exemple, n'est que partiellement séquentiel ou «procédural».On n'écrit pas «un programme» en Forth, dont l'ordre doit être fixé et suivi rigoureusement.On définit plutôt un ou plusieurs vocabulaires composés de «mots» qui peuvent être utilisés dans n'importe quel ordre.Deux des plus récents des langages vont encore plus loin.Il s'agit de Smalltalk, mis au point par une équipe du Centre de recherches de Xerox à Palo Alto en Californie, et du Prolog créé à Marseille en France par Alain Colmerauer et son équipe, et «emprunté» par les Japonais pour leur projet des ordinateurs de la cinquième génération.Dans un cas comme dans l'autre, la notion de «programme» a pratiquement disparu en même temps que celle d'exécution dans un ordre donné.En Smalltalk, on définit arbitrairement des «objets» virtuels possédant des caractéristiques et des manières de réagir propres, et l'exécution de la tache voulue par le programmeur se réalise par l'interaction de ces «objets» qui communiquent entre eux en s'envoyant des «messages» qu'ils interprètent et auxquels ils répondent de diverses façons.On peut même définir des classes d'objets, puis des sous-classes dont chacun des membres hérite de caractéristiques communes sans qu'on ait à les préciser.À la limite, on peut interrompre l'exécution, modifier un ou plusieurs des «objets» et reprendre là où on avait laissé, sans effets nocifs.En Prolog, le programmeur-utilisateur fournit à la machine des informations sous forme de ¦relations» entre des êtres ou des faits.Puis il lui demande d'analyser ces relations, et d'en tirer des conséquences.En d'autres termes, l'ordinateur doit procéder un peu comme un expert humain: il raisonne sur les faits, et sur la base de cette réflexion, répond aux questions qu'on lui pose.Si on lui dit que «Pierre est le fils de Paul» et que «Jean est le frère de Pierre», il doit pouvoir répondre «deux» à la question «Combien de fils a Paul?».On est ici, bien sûr, assez loin des calculs de comptabilité en BASIC ou des programmes scientifiques en Fortran.Pourtant, ce sont là certaines des directions les plus importantes et les plus prometteuses dans lesquelles s'engage l'informatique d'aujourd'hui, des directions qui sont surtout présentes actuellement sur les gros ordinateurs, mais qu'on devrait voir d'ici peu apparaître même sur les petits micros domestiques.?EPSON EPSON CANADA LIMITED GENEVA PX 8 MACINTOSH EN DÉMONSTRATION BOÎTE À MUSIQUE EST A VOTRE DISPOSITION 526-5969 1596, AMHERST MTL.QUE.H2L 3L5 QUE VOUS SOYEZ MUSICIENS OU HOMMES D'AFFAIRES VOS OCCUPATIONS PASSERONT PAR L'INFORMATIQUE VENTE-LOCATION COURT ET LONG TERMES Le courrier de cette semaine est consacré à deux auteurs qui ont à se plaindre du sort que j'ai fait à leurs ouvrages dans une chronique récente.Monsieur, Le Dictionnaire de la micro-informatique publié par Modulo n'est pas une traduction de l'ouvrage de Charles J.Sippl.Modulo m'avait accorde le contrat de traduction, mais dès le début, je me suis rendu compte.que le dictionnaire de Sippl contenait plus d'erreurs que d'informations exactes.Modulo m'a donc demandé de créer un dictionnaire de langue française.Vous remarquerez d'ailleurs que seul mon nom apparaît sur la couverture.Johanne de Luca RÉPONSE: Lors d'une première lecture rapide, je n'ai pas pris la peine de comparer l'original à la version française.Après vérification, je dois admettre que l'édition de Modulo est en grande partie originale, et dans bien des cas une amélioration sur l'ouvrage de Sippl, qui commence en effet à dater.Je ne puis que m'en réjouir, et m'excuser de ma faute d'attention.Cher Yves Leclerc, J'ai appris avec plaisir.que vous aviez reçu l'ouvrage ¦Ordinateur, travail et domicile», dont ie vous avais envoyé un exemplaire il y a presque trois mois.Vous attendiez donc un point de vue critique.mais celle-ci à été trop forte à vos yeux.Et, selon votre jugement, cette critique ne serait même pas fondée sur une-solide documentation.Vos lecteurs n'ont pu deviner la cause de votre humeur mauvaise.En effet, du livre et de son contenu, vous ne dites rien! Il n'aurait cependant pas été inutile d'en présenter la thèse centrale; la voici: Les micro-ordinateurs ne constituent qu'une nouvelle marchandise de consommation de masse dont l'utilité sr> ciale est peu évidente.Une conséquence majeure de ce constat est l'affirmation que le travail à domicile sur ces machines ne constitue pas un nouveau phénomène social significatif voire libérateur, mais un des arguments du marketing utilisé par les fabricants pour solliciter leur clientèle.Dans la recension de cet ouvrage, le métier de journaliste aurait consisté d'abord à informer les lecteurs de PLUS et de LA PRESSE de son contenu pour ensuite leur faire part de vos opinions personnelles.Vous n'avez donc, LE COURRIER On adroite le courrier à Y vet Leclerc La Pre.ie \u2022 PLUS 44 oueit, ruo Sainl-Antoino Montreal, Qui.H2Y IA2 en la circonstance, accompli que la moitié de votre tâche.Charles Halary, professeur de sociologie RÉPONSE: Je n'ai pas fait de recension de votre livre, je n'ai fait que le mentionner parmi une vingtaine d'autres dont j'ai cru que, d'accord ou pas avec leur orientation, ils méritaient d'être signalés.Il est vrai que j'ai exprimé ma déception, et je persiste à croire que vous auriez fait oeuvre plus utile en réalisant ce que vous me reprochez de n'avoir point fait, c'est-à-dire en présentant d'abord objectivement les faits avant d'exposer votre thèse et vos opinions.Ce n'est pas l'étendue de votre documentation que je mets en doute, mais son type et sa pertinence: elle semble consister essentiellement en information «officielle» de seconde main, sans études de cas précis et sans recherche sur le terrain.Ce qui, dans le cas d'un phénomène aussi nouveau que le travail à domicile informatisé, me semble quelque peu risqué.Quant à votre thèse, elle me parait avoir le défaut d'être basée sur la prémisse que le travail à heures fixes dans des locaux concentrés dans des agglomérations urbaines est un «idéal social» dont les avantages sont évidents.Vous me permettrez de croire que des formules plus souples et à taille plus humaine sont envisageables, et qu'il n'est pas clair qu'un outil qui, avec toutes ses imperfections, permet de les réaliser n'est pas forcément «d'une utilité sociale peu évidente».Le dernier reproche que je ferai à votre livre est que sa structure et son ton, autant que son contenu, sont beaucoup trop «universitaires» pour être vraiment utiles au grand public qui tente de se faire une idée d'un phénomène nouveau et, en surface du moins, attrayant.Ceci -rj dit, je suis fort heureux que £ vous ayez au moins «accroché le o> grelot» en abordant ce sujet.?¦¦¦¦¦¦¦¦¦|o commodore.8184, ST-HUKK! (NORD DE M«RY]*~(.>tW\" 271-2316|_ POUR ECOUTER Jean-François Doré MARTINIQUE L'île de la musique LO CO a> CL LU > < -3 O) ?LU < < \u2022LU O S CO* 3 Mân mandé sa ou téka fè samdi au soué?Mwen te au zouk avec doudou.Ka (ambou ka parlé, ka tambou ka dansé.Toute Ja nuit asé fè Jafèt, fé mwen Jévé fâché.Quel zouk ou té ?Kouman ou pas konnèt zouk Carbet dehiè park floral la?Man diou '.Tous souffleurs Ja té.Kassav, 6éme Continent, Aca-jouman, Crystal, Claude St-Prix et plus, tous la té.Et qu'y a-t-on dansé dans ce zouk du Carbet de ce samedi soir?On y a dansé de tout, beaucoup et longtemps.Tout comme samedi prochain au Diamant ou le samedi suivant au François ou le subséquent à Gros-Morne parce que tout samedi soir qui se respecte amène son zouk, son bal populaire, auquel se retrouve tout le bourg et des gens d'ailleurs.Et ça danse, et ça chante et ça danse encore jusqu'aux petites heures.Des milliers de personnes se rassemblent et changent la place publique ou la salle communale en une immense salle de danse où se font entendre les meilleures formations de l'heure et les jeunes qui montent.C'est plus que la fête au village, c'est une concélébration en l'honneur de la musique à laquelle participent jeunes et moins jeunes, le tout sans violence si ce n'est celle que font subir à leurs corps danseurs et danseuses.On dit de la Martinique qu'elle est l'Ile aux fleurs.On pourrait tout aussi bien en dire qu'elle est l'île de la musique.Elle est omniprésente.Il y a partout des récepteurs radio ouverts.Dans les lieux publics, dans les maisons aux portes et fenêtres ouvertes, dans les autos on syntonise une des vinct-et-une radios locales privées, de Radio Acajou à Radio Djoke, en passant par Radio Ase Pléré, Balisier ou Vitamine 7, ou encore on écoute une des deux radios officielles, R.C.I.ou R.F.O.Sans compter les zouk hebdomadaires qui changent de bourg tous les samedis soir, ni même le carnaval qui s'en vient à grands pas et qui, même s'il ne peut être comparé à celui de Rio, n'en est pas moins pour autant un des événements les plus extraordinaires qui soient.Sans compter non plus les fêtes spé- ciales, les concerts sponsorisés par des radios tel celui du cinq janvier au François, organisé et retransmis par Radio Vitamine 7 avec Téléphone de France, les Fleshtones et Petre Dayton des États-Unis, 6ème Continent, Acayouman et Amédé O Suriam de la Martinique, dix heures de musique, de seize heures à trois heures du matin, auxquelle sont participé près de dix mille personnes.Pour une île dont la superficie est à peine un peu supérieure a celle de l'île de Montréal et dont la population est dix fois inférieure en nombre à celle du Montréal métropolitain c'est un exploit remarquable.Que des artistes comme Kassav, George Décimus, Malavoi (lequel avait gagné le prix du meilleur disque en 82 selon Libération) et maintenant Gème Continent qui vient de signer un contrat de distribution internationale avec CBS réussissent à faire connaître et apprécier leur musique au-delà de leurs frontières est un exploit peu commun.Et quand je parle de musique martiniquaise et des efforts de création de tous ces groupes, je ne parle pas de ces récupérations faites par certaines compagnies de petites chansonnettes amusantes dont le seul but est de faire de l'argent en propulsant aux sommets du hit-parade des «Danse des canards» et des «C'est bon pour le moral», ghettoïsant davantage la création, folklorisant davantage la musique.C'est de ça que veut sortir 6ème Continent.Un répertoire qui évoque sans complaisance un certain nombre de problèmes et de réalités tant de la jeunesse que des Caraïbes, une musique qui procède à la fois de la cadence, de la biguinc.du reggae et du funk, une qualité technique impeccable de la part des instrumentistes et particulière-lement aux synthétiseurs, chose étonnante puisque ces instruments n'ont fait partie que très récemment de la panoplie des groupes antillais, et une qualité d'enregistrement plus que louable.Kali, l'âme du groupe, est auteur compositeur, chanteur, guitariste et tape du tambour.Accompagné de David à la batterie, de Joby à la basse et aux tambours, de Youssef à la guitare et de Vasco aux claviers il a réussi à faire de 6ème Continent une formation* d'un dynamisme extraordinaire et dont les chansons, tant françaises que créoles vont certes d'ici peu être entendues ici comme ailleurs.Misié Caraibo, Monté la riviè.Reggae Don-Tom.sont tous des titres qui feraient très bien l'affaire sur nos ondes.Mais qu'on ne se méprenne pas, les musiques antillaises ne sont pas un «melting pot».Elles i procèdent d'origines et d'influences diverses certes, mais ces influences sont bien identifiables, reconnues comme telles et assimilées à une identité culturelle qui leur est propre, unique.C'est le cas de la-musique de Kassav, de Malavoi, de Acayouman et bien sur de 6ème Continent.Vous vous dites sans doute: c'est bien beau tout ça mais à quoi ça sert de nous en parler si y'a pas moyen de se procurer ces disques-là?Très juste! C'est pour ça qu'en terminant je vous dirai d'aller à la «Boite à son», rue Saint-Denis à Montréal où, si ces disques ne sont pas déjà en stock, on les fera venir pour vous.Vous pouvez toujours aller au Keur-Samba, avenue du Parc, ou l'on en joue tous les soirs, on ne les vend pas mais on les y entend.Ou encore vous faites comme moi, vous allez en Martinique où on les entend et où on les vend.Bon voyage! ?LES P'TITS DERNIERS Lambert Jean-Michel Jarre ZOOLOOK JAR 5 ***l/2 Ce disque roule déjà à plein régime dans ma téte.Un disque de recherche?Eh oui: J.M.Jarre aime le risque et la difficulté.Il est un formidable mélodiste.Juxtaposition des voix, électronique sophistiquée, mélodies, rythmes.Nappé de longues envolées climatiques où l'on retrouve les sons, les couleurs, les odeurs de l'Occident, de l'Afrique, des cultures.Un mélange d'une vision universelle.J.M.Jarre est comme une fenêtre ouverte, on y respire l'air du large, loin des rivages pollués, une invitation aux voyages.Irréprochable de technique et de compétence.Cette sensibilité imprévisible qui engendre quelques minutes de génie après des heures de travail bien fait.Un disque jamais médiocre, étonnamment moderne, un album à faire tourner les têtes et frissonner les phalanges.Madonna LIKE A VIRGIN SIRE 92-51571 *** Méfiez-vous des apparences, surtout en ce qui concerne ce disque.Cet album marque la métamorphose d'une tille en femme.Elle ouvre les digues de sa \u2022sensitivité; les passions affleurent et son chant déverse des émotions réelles.Une femme pas timide, aussi punchy qu'un paquet géant de chewing-gum à cause de sa voix de bande dessinée.Et il y a dans beaucoup de ses paroles un esprit malicieux, une ironie ambiguë et critique.Néo-féminisme ambigu dans Ja joliesse inoffensive de l'ensemble?Qu'on ne s'y trompe pas, Madonna a beaucoup de talent.On y trouve quelques perles pop longtemps attendues; plein d'atouts de séduction qui lui va fort bien: la danse.L'accent est mis sur la rythmique, mais avec une élasticité, une souplesse qui changent agréablement de la moulinette usuelle.Let's dan-ce.John Martin SAPPHIRE ISL 9779 ***l/2 Cet album ne m'a pas attristé, il n'a pas gravé sur mon front de puissantes rides de mélancolie.Il m'a enthousiasmé, rempli de confiance et de jubilation.Le son est superbe de clarté et de profondeur, il est aussi intime et d'autant plus fort.Ce qui permet au feeling de Martin de passer la rampe sur toute la ligne.Un feeling nettement bluesy mais toujours chaud.Un disque qui baigne dans une lumière, celle de mélodies cool, d'arrangements simples et somptueux.Une voix unique, un peu cassée, nasillarde qui coule fluide sur la musique.Chant exemplaire, étrange, frissonnant qui enchante le texte comme un bon velours lisse.Toujours intimes, les instruments dosent l'un après l'autre une rythmique fine et rebondissante.Je conseille l'achat de ce disque.The Smiths HATFUL OF HOLLOW TOUGH TRADE 2516421 ' *** Compilation intelligente de leurs premiers 45 tours, ce qui nous permet de mieux comprendre le style et le son des Smiths.Rares y sont les baisses de tension, erreurs de parcours, fautes de goût et autres accrocs.Et que voulez-vous, j'adore cette voix qui module au quart de poil dans mes oreilles.Des compositions d'un exceptionnel niveau, des harmonies subtiles et crues.Des chansons qui semblent se diluer corps et âmes au sein d'un rêve qui n'en finit jamais.Un rock efficace qui n'en fait jamais trop, instruments et voix s'arrêtent juste au point de fusion nécessaire.Dois:je vous dire que ce disque vous est chaudement recommandé; pour tous ceux qui les connaissent et pour tous ceux qui veulent les découvrir. \u2022 # POUR n Basile Comment la femme s'est libérée Le corps des femmes par Edward Shorter Editions du Seuil Que le corps de la femme (donc son âme) soit magique, notre civilisation n'en a pas douté.Et son utérus.Eh bien! c'est une grenouille ou, sinon une grenouille, un animal qui se balade de par le corps.Tout cela fait sourire?Et pourtant tout cela a été cru vrai.C'est donc par son corps magique à utérus de grenouille que la femme a été rejetée au second rang de la société.À cela, qui est déjà beaucoup, il faut encore rajouter l'idée du diable, du Serpent.L'homme travaillera à la sueur de son front et la femme accouchera dans la douleur.Soit, on ne cite plus ce texte mais la tragi-comédie qui entoure les tribulations du docteur Morgentaler et, en général, la polémique d'une violence extrême qui entoure l'avortement sont là pour nous rappeler que le corps de la femme, en tant que corps, est encore perçu comme un objet social, un objet dont chacun a le droit de discuter.La confusion, dans le fond, est extrême même si, chaque mois, sort un nouveau livre qui tente de déblayer encore un peu plus ce sujet tabou par excellence; témoin, l'ouvrage d'Edward Shorter, professeur à l'Université de Toronto et historien des mentalités, Le corps des femmes (édition du Seuil) où il tente, avec l'appareil critique nécessaire, de débrider la plaie en nous montrant pourquoi et comment la société occidentale en est arrivée à ce que l'on sait.Il n'est que de lire la table des matières du livre et tout est clair: accouchement, avorte-ment, maladies vénériennes, etc.Toute analyse de la situation de la femme dans la société passe par son rôle sexuel.On peut dire que la femme est perçue comme sexe ou que c'est par le sexe qu'on a réussi à la dominer, d'abord victime consentante, puis victime récalcitrante, puis plus victime du tout et, pourtant et toujours, victime des autres et d'elle-même car la femme est aussi victime d'elle-même, de son corps.Mais précisément cette femme-sexe, qui est-elle?Le premier étonnement des historiens des mentalités, et d'Edward Shorter, c'est que les données manquent pour la définir, la comprendre, sinon de biais, par références à l'image, que Edward Shorter Le corps des femmes les hommes en ont donné et qui est, trop souvent, une image négative comme le montrent les dictons populaires dans le genre de celui-ci et qui n'est pas unique: «Vache qui meurt, grand malheur, femme qui meurt, petit malheur.» On sait qu'elle était plus petite qu'elle ne l'est aujourd'hui parce que plus mal nourrie (le pain pour elle et la viande pour lui), qu'elle n'avait guère de sexualité active, ¦qu'elle n'avait aucun moyen de contrôler les naissances sans danger pour sa propre santé.C'est peu.La théorie d'Edward Shorter est la suivante, qui contredira d'ailleurs certaines théories féministes.La femme étant la victime de son corps, c'est en libérant son corps qu'elle a appris à se libérer elle-même, c'est-à-dire à ne plus occuper une place inférieure dans la société où le «sexe fort» est le sexe mâle.Le corps des femmes est presque un traité d'obstétrique si l'on enlève à ce mot sa connotation purement médicale.Lutte longue et lutte difficile.Pour l'accouchement, par exemple, qui occupe une grande partie de l'ouvrage, car il y a une longue et douloureuse histoire de l'accouchement, non seulement en tant que fait physique mais comme fait social, religieux puisque l'accouchement a été longuement considéré par les hommes comme quelque chose de sale, une affaire dont ils n'ont pas à s'occuper.C'est par une analyse extrêmement précise que l'auteur montre que le progrès dans l'accouchement coïncide avec un progrès dans le statut social de la femme.Là, il tente de détruite l'idée reçue par le féminisme que l'accouchement a été volé aux femmes par les hommes (d'où la mode renouvelée de la sage-femme).Or la statistique montre que c'est tout le contraire qui est advenu.En passant de la maison (et de la sage-femme) à l'hôpital (et au médecin), le corps de la femme y a trouvé une nouvelle santé, un risque moindre d'accidents et, par conséquent, un meilleur contrôle de son corps et de sa fonction sociale.Compte tenu de la polémique actuelle, c'est naturellement le chapitre très élaboré sur l'avortement qui est le plus intéressant.En effet, on croit que l'avortement est une fonction moderne, un «acquis» pourrait-on dire de la liberté de la femme face à son corps.Or, il n'en est rien.Documents à l'appui, Edward Shorter montre que l'avortement a toujours été une pratique courante et ce depuis'le temps où l'on utilisait des «herbes» (la rue par exemple, herbe « abortive* par excellence) jusqu'aux moyens mécaniques plus ou moins efficaces, que ce soit de percer la poche amniotique avec l'ongle ou la célèbre et lugubre «aiguille à tricoter» des «faiseuses d'anges».Détail intéressant: une grande majorité de ces avorte-ments réussissaient sans trop de complications.La différence est, bien sûr, le point de vue social et légal que l'on porte sur l'avortement puisqu'il a toujours été une pratique courante.Mais, là encore, les progrès de l'intervention médicale ont été un instrument de libération du corps de la femme, quelle que soit la résistance sociale.Au fond, Edward Shorter veut démontrer que la science, même si elle a été jusqu'à une date assez récente, le fait des hommes, a fourni à la femme des meilleurs armes pour sortir de son infériorité traditionnelle.Sans les énormes progrès accomplis dans le domaine de l'obstétrique, il ne pourrait pas y avoir de mouvement féministe.Il va sans dire que cette argumentation de la science comme base du progrès social n'est pas acceptée par tout le monde.Pour certain féminisme, l'obstétrique a aussi servi à l'homme dominant socialement pour s'approprier le corps de la femme et, selon certains théoriciens, pour s'approprier ce qui sort du corps de la femme : l'enfant.L'ouvrage d'Edward Shorter fait donc fi, avec un peu de légèreté, de toutes les données psychologiques ou anthropologiques qui ont convergé pour créer ce que l'on appelle les « rôles».Il s'en tient à un langage purement mécanique.Seuls les chiffres doivent parler et ils parlent, en effet, sinon qu'ils ne disent pas tout.Mais la vie, et la société qui découle de la personne en vie ne peuvent se chiffrer mathématiquement car alors, comme il serait facile de trouver une solution.Or il n'y a jamais de solution définitive.Mais Le corps des femmes amène des éléments d'analyse objective précieux.PARLER D'ICI Philippe Barbaud Complainte du mauvais perdant Première lamentation Las, les Anglais m'ont baisé.Encore une autre fois.De leur étreinte concitoyenne Il n'est guère aisé De se soustraire car à la loi Du plus fort, le sujet de la Reine De se soumettre se doit.Deuxième lamentation Las, les Anglais m'ont baisé.Encore une autre fois.Ni mercenaires ni Judas ne sont nos magistrats, \u2022 Mais de leur gouvernement biaisé Me voit imposer l'ancien contrat Du bilinguisme québécois.Sujet parlant lu es, sujet perdant tu seras.Supplique 0 Saint François, qui parlais aux animaux Et même aux Français de ton âge, Notre langue serait-elle déjà le latin de nos tribunaux?Fais que cessent de toutes ces cours les outrages Aux locuteurs que nous sommes, Fussent-elles supérieures ou suprêmes, Avant qu'en d'assise elles ne se.transforment.Tout ce qui humilie n'est-il pas toujours extrême?Exaltation Bazardez-moi, morbleu, Maudits ou malchanceux, Tous ces foutus numéros, Les 63 et les 22, Et surtout les 101 Car ma mise au casino Des lois linguistiques Je perds et me rend défunt.Tant d'arrêts par les caciques Du droit un jour finiront Par être cassés ou nous en mourrons.Imprécation Souverains Anglais, Bigots montréalais, Pour qui des privilèges lésés Sont synonymes d'injustice, Qui chantez victoire avec délice, C'est en français peu civilisé Que j'afficherai ma raison sociale De vous dire «merde» sur un ton glacial.Sachez que si mauvais perdant je suis, Mauvais joueurs vous êtes et même pis.Epilogue Anglais de mon pays, Apprenez donc à vivre en minoritaires Dans cette démocratie Que vous avez voulue parlementaire.Car si au Québec Tout finit par un bec, C'est dans sa majuscule Que se loge votre ridicule.¦ jC o> o z H 3J m-> r- > s: m o \u2014a c_ > Z < \u2022m 3J CD 00 PLEIN AIR Simone Piuze À SAINT-JEAN-DE-MATHA Des chambres à air trippantes! oo O) CC UJ > < CD Q LU S < CO _J < 1.U oc i-z o co\" La nécessité engendre le génie.».Ce dicton, une fois de plus, est illustré d'une façon magistrale par des passionnés de folles glissades sur neige qui ont eu l'idée d'utiliser des chambres à air de 16 pouces de diamètre comme «tubes à glisser» fort sécuritaires.On le sail depuis toujours: les Québécois sont inventifs.Qui ne s'est pas amusé, enfant, à jouer dans l'eau, l'été, avec une vieille chambre à air communément appelé «trip»?Désormais cette pièce de voiture aura une fonction sportive hivernale : celle de vous faire glisser sur les pentes enneigées à une grande vitesse et de vous faire rire à vous en' décrocher les mâchoires.Sécuritaire et communautaire_ C'est à Saint-Jean-de-Matha, joli village situé non loin de Jo-liette et blotti dans les montagnes, que je suis allée essayer ces chambres à air «trippantes», à l'instar de 450 autres personnes qui s'étaient donné rendez-vous, par un dimanche très froid mais ensoleillé, au Club de golf et de ski devenu, depuis quelques semaines, l'un des quatre centres de plein air spécialises en «tubes à glisser».Réal Salvas, propriétaire du Club de golf, est allé fureter du côté de Piémont et de Valcar-tier («Village des Sports») où les «tubes à glisser» font déjà fureur depuis quelques années.Émerveillé par l'idée de pouvoir non seulement glisser mais aussi remonter, assis sur sa chambre à air \u2014 à l'aide d'un remonte-ponte ingénieux \u2014, il s'est immédiatement mis à l'oeuvre, investissant 200000$ dans cette activité de plein air en train de détrôner la sacro-sainte traine-sauvage, casse-cou par excellence.Réal Salvas aime glisser, mais en ayant la certitude qu'il ne se cassera pas une vertèbre à la prochaine descente ! La chambre à air légère, solide, sans bout pointu, douce, ronde et amusante présente, en effet, l'avantage ultime d'être très sécuritaire.On la transporte aussi aisément, autour du cou.sous le bras ou en la tenant autour de la taille.Une fois bien assis au milieu, les jambes allongées devant soi, on peut, si on est accompagné, tenir les pieds de la personnes assise derrière soi sur une autre chambre à air et amorcer ainsi la descente enivrante.La montagne utilisée par Réal Salvas comme pente à «tubes» a dû être modifiée, m'apprend-on.On l'a creusée, lui enlevant quantité de terre et de roche afin de lui donner la courbe idéale.Six sentiers, séparés par des arbres, ont-été aménagés, chacun adapté aux débutants, intermédiaires ou experts.Pour ma part, je suis devenue experte du premier coup! C'est-à-dire que je n'ai pas eu peur d'affronter le \u2022 saut» du bas de pente, tenant solidement les pieds de mon neveu, mes pieds retenus, eux.par mon compagnon qui retenait, lui, ceux de mon fils qui.Une chaine de six personnes riant aux éclats et glissant dans le vent, chaudement vêtus.J'ai vu une chaine de vingt personnes retenues par les pieds s'en donner à coeur joie dans le sentier des experts! J'ai aussi vu des tas de gens remonter la pente assis sur une chambre à air accrochée par une sangle de nylon à une barre de fer appelée T-bar.Il s'agit, en fait, d'un remonte-pente servant pour les skieurs qu'on a adapté aux «tubes à glisser».Efficace et reposant ! Remonte-pente que je n'ai pas utilisé, préférant me servir de mes jambes, ma chambre à air installée en bandoulière, pour remonter là-haut.Économique_ À Saint-Jean-de-Matha \u2014 contrairement à Piémont où l'on doit louer, à raison de 2$, sa chambre à air et débourser 7,50$ pour une journée de glis- sade \u2014 il n'en coûte que 5$ par personne pour utiliser chambre à air et remonte-pente.Très bientôt on pourra par ailleurs venir le soir pratiquer celte activité nouvelle sous un système d'éclairage adéquat, comme cela se fait déjà à Piémont et à Valcartier.Constant Raymond, directeur du centre de «tubes à glisser» de Piémont, affirme humblement s'être inspiré dans la conception de son installation du mont Bruno \u2014 Saint-Bruno \u2014 où, dit-il, «beaucoup de jeunes se rendaient avant de venir ici ».À Saint-Bruno cependant, pas de remonte-pente, mais une nature superbe.Impossible de savoir où, exactement, on a, pour la première fois, utilisé une chambre à air comme «tube à glisser».Proba- blement dans un village, à l'occasion d'un carnaval d'hiver, période idéale au Québec pour essayer de nouvelles activités qui ne coûtent pas cher! Revenue enchantée de mon périple à Saint-Jean-de-Matha, je me suis précipitée chez Uni-par Inc., rue Sainte-Catherine, acheter ma chambre à air 16 pouces à 10$.Mais il y en avait aussi de plus petites (13 pouces) à 7$.Je parie que le mont Royal sera bientôt envahi par ces nouveaux «tubes à glisser»! Par ailleurs, si vous vous rendez à Saint-Jean-de-Matha, sachez que la neige de la pente n'est jamais glacée puisque, chaque nuit, on la casse au moyen d'une machine spéciale avant de l'égaliser.On ne peut, hélas, en dire autant de celle du mont Royal! ? Personne à part vous ne saura jamais qu'un photographe indiscret et porté sur le désopilant passa par là en ce jour d'hiver de l'An de grâce mille neuf cent quelque et pointa son «oeil» inquisiteur vers cette masse de fourrures lourdement assise de tout son poids sur un banc du Lac des Castors.Elle s'y absorbait dans la mise au point de la tension des lacets de ses patins, question sans doute de ne pas trop patiner «sur la bottine», honte suprême de tout patineur digne ou non de ce nom! La «masse» ici montrée est celle d'un gars costaud, genre Ti-Poil, et non une dame obèse, bande de sexistes qui pensez que toute personne enveloppée de fourrures («In fur wrapped*, d'où vint «en-firouàpé! ) ne peut être qu'une femme! De toute façon, les femmes ne patinent pas, elles potinent.et le font avec un tel bonheur qu'elles n'ont pas à se faire geler leurs belles jambes pendant tout un après-midi pour prouver quoi que ce soit! Pour revenir à mon sujet, je le suivis d'abord de l'oeil, inquiet à la pensée que de tout son poids et de sa courte taille, il risquait à chaque instant de se retrouver par terre et de défoncer du même coup la glace du Lac des Castors, troublant alors et ainsi l'hibernation de ces sympathiques et laborieux rongeurs.qui l'auraient peut-être pris pour un lointain cousin! Je n'ai malheureusement pas été témoin de ces touchantes retrouvailles car mon patineur était une fine lame qui déplaçait ses 225 livres (usage permis pour la viande! ) avec beaucoup d'allègrement (sic).Son patin gauche effleurait son patin droit dans un mouvement alterné des plus gracieux, n'émettant que le léger chuintement caractéristique du déplacement d'air engendré par le mouvement d'une masse quelconque à l'intérieur d'un espace où règne une certaine pression atmosphérique.Qu'il était beau à voir, ce typique spécimen du Québécois d'hiver, court, trapu, tète haute, visage rouge gelé exhalant à chaque expiration un jet de vapeur blanche que le Mont St-Helen's n'aurait pas désavoué! Massif et aérien, il a tourné et tourné autour de cette patinoire pendant un temps interminable par un froid de -25°.C'est en le voyant ainsi évoluer avec grâce et célérité que je me suis dit à moi-même ce que l'inventeur du patinage s'était sans doute confié à lui-même il y a déjà longtemps: «Pourquoi courir quand on peut si bien glisser?» Et s'il n'a pas eu l'esprit de se le dire alors, je le lui prête volontiers maintenant.Au taux d'intérêt actuel, ça devrait nous rapporter dans les.enfin, je calculerai ça plus tard! Pour en revenir à ma photo, disons que si je me souviens d'avoir eu un appareil à la main ce jour-là, j'ai oublié lequel! Il devait aussi contenir de la pellicule mais quant à vous dire laquelle.Ce dont je me rappelle très bien par contre, c'est que j'ai pris ma photo à la super sauvette rapide, craignant que mon sujet ne relève la tête et ne s'exclame d'un terrifiant «Kaka ta là toué-là?» en me montrant ses deux.On sait jamais avec tout ce poil.?PHOTOGRAPHIER Antoine Desilets ' L'enfirouâpé au banc. VIEILLIR Claire Dutrisac Des familles d'accueil privées, autofinancées Dans le document portant sur les foyers clandestins ou illicites, rendu public l'automne dernier, le CSSR (Centre de Services sociaux Richelieu) y va d'une recommandation dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle est audacieuse.En effet, semblant quelque peu voguer à contre-courant de ce qu'il prône pour la protection des personnes âgées, le CSSR voudrait être «autorisé à accréditer des familles d'accueil privées» qu'il évaluerait et reconnaîtrait par contrat comme aptes à recevoir des clients en perte d'autonomie.Ces familles choisiraient elles-mêmes leur clientèle, en exigeant de cette dernière une pension mensuelle différenciée, convenue avec chaque client concerné.Ces familles seraient autofinancées.Le CSS, lui, devra évaluer et accréditer ces familles dès le départ; par la suite, son rôle consistera à les surveiller et à les contrôler, pour assurer le maintien des services adéquats et une qualité de vie acceptable.En outre, il pourrait régler les différends entre les parties, soit la famille d'accueil et la clientèle, en cas de besoin.Le CSSR s'est inspiré, pour faire cette suggestion (à titre d'essai, il faut le préciser) de l'existence de centres d'accueil privés autofinancés.C'est une solution qui plaira probablement au gouvernement puisqu'elle contribuerait à augmenter les endroits où l'on pourrait, en tout bien tout honneur, placer les personnes âgées qui ne 10 peuvent plus demeurer à domi-
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