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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La Presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1985-05-25, Collections de BAnQ.

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[" Oc '1 GREICHEetSCAFF OPTOMÈTRISTES 336-5330 QUI SONT LES BÂTISSEURS ?LE photo Robert Nadon, LA PRESSE Quelques-uns des nouveaux arrivants qui veulent faire revivre la Main du Mile-End : à l'avant, Gérald Loiselle et Richard Carbonier ; à l'arrière/ Richard Prévost, Emile Saine, François Prévost, Denis LeBlanc et André Lafortune.LES 26 ET 27 JUILLET TENU AU STADE DES PREMIERS JEUX OLYMPIQUES DANS LE CADRE DE L'ANNÉE INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE PAR PERSONNE-AVION MONTREAL-ATHENES AIR 7 NUITS, HÔTEL CAT.B-BiLLET DU FESTIVAL-DÉPAOTS: 7-14-21 JUILLET taulières 1130.boul.de MaisonnnjvG ouest 288-4800 800, boul.de Maisonnouvc est SÉANCE DEFORMATION MARD117:30 AU 800 DE MAISONNEUVE EST Sans trois de iwît^woMxm PHOTOS DE Paul-Henri Talbot < ¦UJ oc \\-Z o S Les aléas du métier Le 21 août 1972 au matin.Quelques minutes après 10 h.six dangereux détenus s'évadent de l'unité spéciale de correction Saint-Vincent-de-Paul : Jacques Mesrine, Jean-Paul Mercier, Pierre Vincent, Robert Imbeault, André Ouellette et Michel Lafleur.Aussitôt que la nouvelle parvient dans les salles de rédaction, journalistes et photographes se précipitent dans cette direction.Notre photographe, Paul-Henri Talbot, est du nombre.Lorsqu'il voit ces trois gardiens au pas de course, guidés par un chien, le revolver à la main, il ne rate pas sa chance de prendre cette saisissante photo d'action.Ce qu'il ignore et qu'il s'apprête à découvrir, c'est que la cible.c'est lui ! Talbot, qui n'est pas à sa première expérience, se soumet à une fouille minutieuse pendant qu'un gardien, le doigt sur la gâchette, le met en joue.Ses pièces d'identité et tout son attirail de photographe ne suffisent pas à lui rendre sa « liberté >.Il lui faut attendre qu'un gardien communique par radio avec ses supérieurs pour demander quoi faire de lui.La réponse est venue, sèche : « Libérez le photographe et courez donc après les évadés >.Fiche technique Appareil: Nikon F2 Objectif: Zoom Vivitar 70-210 Ouverture: F/11 à 1/500* Pellicule: Tri-X (400 ASA) LE MILE-END EN MUTATION \"s Les nouveaux arrivants L'escalier géant d'acier et le gigantesque dôme de verre du super-dépanneur Le LUX évoquent assez bien le new-look que les nouveaux arrivants du Mile-End veulent donner à ce tronçon décolo- ré de la rue Saint-Laurent.photo Paul-Henri Talbot, LA PRESSE Il n'y ii pas eu de conférence du presse, pas de première pelletée ni de coupure (le ruban, pas de nouveau règlement du zonage, pas de subvention à la rénovation, pas d'incendies à la chaîne, pas de manifestation d'occupants délogés : tout devrait donc être bien tranquille sur la Main du milieu, le boulevard Saint-Laurent des petites usines de vêtement et des abattoirs de volailles kosher, au coeur de l'ancien village Saint-Louis du Mile-End.Et pourtant ça bourgeonne drôlement sur le boulevard Saint-Laurent entre Laurier et Saint-Viateur, plus particulièrement autour de Fairmount où une nouvelle race de promoteurs s'active à ériger le quartier chic de la métropole, le home montréalais du jet set artistique national et international.Avant même que le grand coup de sifflet habituel de la rénovation ne soit donné, les jeux sont déjà faits.Quelques boites ont déjà ouvert leurs portes (LE LUX, Le Set.Le Prego, Prévost & Cie) mais le grand coup de vrait être donné cet été.Tout a été acheté ou presque et les prix ont doublé, triplé et quadruplé en moins de cinq ans.Gérard Déziel, ancien pilote de Quebecair converti à l'immobilier, arpente le quartier depuis près d'un an.Sa mallette contient un précieux relevé de toutes les transactions effectuées sur la Main entre Laurier et Saint-Viateur depuis 1!IS0.(Le bureau d'enregistrement de Montréal ne dispose de relevé informatisé que depuis 1H80 ; avant, il faut patiemment fouiller dans les livres.) Depuis cinq ans, le plus souvent au cours des deux dernières années, quatre propriétés sur cinq ont changé de main dans ce tronçon de la Main.Déziel ne cherche plus des acheteurs, mais dus vendeurs qui n'ont pas encore attrapé le virus des nouveaux arrivants.Et les vendeurs ne sont pas aveugles : chaque nouveau restaurant, chaque nouvel arrivant prestigieux ajoute un vingt p.cent à la valeur de-leur bâtisse.Des Pepsis sans complexe Mais qui sont ces promoteurs soudainement débarqués dans un coin d'anciennes usines fonc- tionnant au ralenti ou carrément désaffectées V Une drôle de race de développeurs: psychologue, biologiste, médecin, enseignant, décorateur, ingénieur.venus au monde des affaires par la voie de la restauration et du show business.Une vingtaine de bâtisseurs, poussés vers le nord par le point de saturation atteint dans le Vieux-Montréal, Prince-Arthur et Duluth, Saint-Denis et Laurier.Ils sont jeunes, entre 35 et 10 ans, francophones pour la plupart, de vieilles ou de nouvelles souches, audacieux et extravagants comme la clientèle qu'ils convoitent.Les Américains parleraient sans doute d'une version montréalaise de yuppies (young urban professionnals) ou de « success story » rassemblés pour le projet de leur vie.La couleur locale aidant, on pourrait parler de « Pepsis sans complexe».La plupart affiche une feuille de route comportant déjà au moins un grand coup : Explo-Mundo.le cinéma Outremont, le bar-restaurant Prince-Arthur, le bistrot L'Express de Saint-Denis, La Nuit Magique du Vieux-Montréal, la Spaghettata de Laurier.Ces gens ont convergé vers le boulevard Saint-Laurent du milieu pour plusieurs raisons.À la recherche de laboratoires pour leurs nouveaux projets, ils ont abouti tout naturellement dans ce coin de vieilles usines.Tout comme le passage de Saint-Michel aux Halles de Paris, tout comme le glissement de Greenwich Village au quartier de Soho à New York, le transfert vers le Mile-End annonce une nouvelle mode chez ceux qui s'ajustent aux goûts d'aujourd'hui et préparent souvent ceux de demain.Il n'est pas facile de cerner les objectifs de ces nouveaux arrivants du Mile-End.Les mots nouveau, contemporain, post-moderne.reviennent sans cesse des cafés pris dans le nouveau quartier.Car ces bâtisseurs habitent déjà leur royaume.Certains y ont d'ailleurs établi leur résidence, bien sûr, dans des lofts dernier cri.« Eighties, new age, love, magie.» C'est ainsi que Robert Di Salvio résume l'esprit du nouveau Mile-End.Passant de l'anglais au français sans trop s'en rendre compte, notre Italien s'est payé un tour du monde ( 30 pays en cinq ans ), dont il est revenu avec une double passion : « New York et Montréal ».Pour lui la rue Saint-Laurent appartient à tout le monde ( francophones, anglophones, juifs, italiens .).¦ La Main c'est la charnière entre l'ouest et l'est », ajoute Jean-Marie Labrousse, propriétaire du super-drng Le Lux.« Les gens en ont assez des petits rideaux et de la dentelle.Ils veulent quelque chose de plus dur, de moins fioriture, des stores vénitiens.Nous allons donner un nouveau look, celui de ma génération et de celle qui s'en vient.Un nouveau choix avec moins de trucs et plus d'émotion », toujours selon notre médecin bâtisseur.Après dix ans de pratique en psychothérapie.Denis LeBlanc est tombé amoureux des affaires.« Avec notre créativité innée, il ne nous restait qu'à contacter la magie des affaires.C'est pas sorcier.Dans dix ans, les juifs et les anglophones nous envieront.» Sont-ils nationalistes ces nouveaux barons du Mile-End ?« Je n'ai jamais pensé à cela, répond Jacques Sabourin.Je suis né dans l'Est de Montréal, on ne peut me défaire.Qu'ils fassent ce qu'ils voudront, ils ne me changeront pas.» Mais dans deux ou trois ans, la vague disparâitra et le courant sera déjà ailleurs.Jacques Sabourin ne s'en inquiète pas ; il -o rêve d'organiser un tournoi de E tennis et un symposium de glace fondante sur la rue Saint-Lau- 5 rent.« La glace fondante c'est O comme la vie.Après il reste de 5 beaux souvenirs.» S.Et Di Salvio rappelle que la > Plaza Saint-Hubert est toujours * là.Ce sera, selon lui, la même > chose pour le nouveau Mile-End.5 La guru américaine de l'urba- o nisme des métropoles, Jane Ja- m cobs, affirmait récemment dans °\" une entrevue à Actualité : « Les ^ grandes villes se font, elles n'ar- \u2014 rivent pas par hasard.» Et ces ^ messieurs du Mile-End sont bien gj décidés à faire de la Main du Milieu le nouveau quartier chic du la métropole.?w LE MILE-END EN MUTATION Vieux-Montreal \u2014» Prince-Arthur \u2014> Saint-Denis \u2014» Laurier \u2014» Saint-Laurent du Mile-End.photos Paul-Henri Talbot, LA PRESSE En 1977, trois jeunes audacieux de 25 ans lançaient le Prince-Arthur dans la rue du même nom.Près de dix ans plus tard nos trois mousquetaires ont ouvert chacun leur boite dans le Mile-End : Prévost & Cie, Le Prego et Le Set.En 1977, l'enseignant, le décorateur et l'ingénieur venaient tons trois d'avoir 2\"> ans.Richard Prévost enseignait les arts plastiques dans une polyvalente à Sainte Hose et rêvait d'un café-terrasse à Montréal.Durant ses études en génie industriel à l'École polytechnique de l'Université de Montréal, Gérald Loi-selle s'était déjà fait un nom dans l'organisation de spectacles.Autodidacte et « sculpteur d'environnement », Jacques Sa-bourin arrivait du Pérou ou il avait ouvert et géré une discotheque à Cu/.co.capitale de l'ancien royaume des Incas.La rue Prince-Arthur n'était alors ni piétonnière ni bien achalandée, comptant au plus deux ou trois restaurants.Prévost et Loiselle, deux amis de carosse.décident de tenter le grand coup.Us font appel au décorateur Sa-bourin, qui devient leur associé, et lancent le bar-restaurant Prince-Arthur, adopté presque instantanément par la faune artistique de Montréal.À l'annonce du mail piétonnier en 1U80, les trois mousquetaires quittent le Prince-Arthur.Ce fut ensuite le Beauvais, restaurant devenu l'Enjeu, rue Saint-Denis, pour Loiselle ; la gérance du res taurant au théâtre Arlequin pout Prévost et les murales extérieures pour Sabourin.À deux mois d'intervalle, d'octobre à novembre 1984, mais sans concertation aucune, les trois fondateurs du Prince-Arthur se sont retrouvés avec chacun leur boite, rue Saint-Laurent, au coeur de l'ancien ^ Mile-End : deux restaurants de «> nouvelle cuisine française et ita-\u2014 lienne ( Prévost & Cie et Le Pre-^ go) et un bar de fin de soirée % (Le Set).Les trois établisse-wi ments comptent déjà plus de _ clients qu'ils n'en peuvent ac- 2 cueillir.< L'étincelle nommée _r Lab rousse pierre grise, récoltés dans les m anciennes carrières du Mile- 2 End, par de la brique commune sur la facade de sa bâtisse.Ils ^ espèrent que leur style et celui % de Carbonier prévaudront dans ~ le quartier et entendent se faire S entendre dans les associations S de propriétaires et de marchands qui s'organisent. LE MILE-END EN MUTATION Gotha du nouveau Mile-End < \u2014r < LU ad t-Z o s co Marc Biais :i7 ans.Professeur au cégep de Saint-Jérôme.Explorateur.A personnifié Jacques Cartier lors des fêtes 1534-1984.Avec sa femme, Micheline, dirige une petite firme de production de films d'exploration qu'il va istaller dans l'édifice acheté rue Saint-Laurent, entre Le Lux et Prévost & Cie.Richard Carbonier 30 ans.Architecte.A rénové lui-même une ancienne manufacture de sacs à main abandonnée depuis dix ans.A loué le rez-de-chaussée à un importateur de cuir.A établi son bureau au deuxième et son logement (un splcndide loft ) au troisième.Fait des pieds et des mains pour maintenir dans le Mile-End une vie de quartier.Gérard Déziel \u2022Il ans.Pilote chez Quebecair converti à l'immobilier.Arpente le quartier du Mile-End depuis un an.Ne cherche plus des acheteurs, mais des vendeurs, surtout pour son ancien compagnon de route à l'Institut Allie, François Prévost.Robert Di Salvio 39 ans.Fils d'Italien établi au Québec depuis trois générations.Entrepreneur en construction.A fondé et géré, dans le Vieux-Montréal, La Nuit Magique, boite huppée fort populaire.Depuis cinq ans, voyage et fait dans l'immobilier.A acheté, avec Smith et Prévost, le cinéma New Yorker.A loué l'édifice Gélinas sur Saint-Laurent et compte y ouvrir, à l'automne, un super-bar privé d'allure internationale, tout en partageant les étages de l'édifice avec l'imprcssario Guy Latraverse.Jean-Marie Labrousse 37 ans.Français arrivé au Québec en 1968.A fait ses études en médecine à l'Université de Montréal.Étroitement associé à Morgentaler.Pratique à la Maison médicale (Saint-Denis et Roy).Il est un des quatre propriétaires du populaire restaurant l'Express.A lancé en 1981, rue Saint-Laurent Le Lux, superdépanneur, sorte de super-drug à l'européenne qui a sonné le coup d'envoi du nouveau quartier du Mile-End.André Lajoie et André Lafortune Laioie.37 ans, architecte.Lafortune, 40 ans, entrepreneur en rénovation.Après divers quartiers (Pointe-Saint-Charles.Saint-De- photos Paul-Henri Talbot, LA PRESSE Aujourd'hui caserne de pompiers, ce majestueux château, coin Saint-Laurent et Laurier, fut d'abord l'hôtel de ville de Saint-Louis du Mile-End, qui ne fut annexée à Montréal qu'en 1909.nis.), le duo d'entrepreneurs a acheté quatre édifices rue Saint-Laurent en 1980, en a revendu deux et rénove les deux autres, dont l'un (coin Fairmount et Saint-Laurent) abritera bientôt une brasserie à l'européenne où l'on promet d'offrir de 80 à 100 sortes de bières importées.Denis LeBlanc 3G ans, diplômé en psychologie et en criminologie.Après 10 ans de pratique en psychothérapie, vient de se convertir à l'immobilier.Possède quatre édifices dans le nouveau quartier, dont trois avec François Prévost, et un dans lequel il transportera bientôt le commerce de fourrure que tient sa femme, avenue du l'arc, ainsi qu'une clinique de psychologie.Michel Légaré 37 ans.Commerçant de père en fils.A loué de l'ingénieur Marc Brosscau le splcndide édifice coin Laurier-Saint-Laurent (une ancienne banque) pour y ouvrir une boutique spécialisée en porte et quincaillerie décorative haut de gamme, prenant en quelque sorte la relève de la célèbre quincaillerie Durand de la rue Saint-Jacques.Gerald Loiselle 31 ans.Ingénieur diplômé de Polytechnique.Il est un des trois fondateurs du Prince-Arthur.Ancien propriétaire du restaurant Le Bcauvais (devenu L'Enjeu) rue Saint-Denis.A acheté un édifice rue Saint-Laurent pour y lancer, en novembre 1981, le restaurant Le Prego, spécialisé en nouvelle cuisine italienne, y fait aussi de la culture hydro-ponique de fines herbes.Jurgen Pesot il ans.Allemand d'origine.Étudiant à Strasbourg où il a rencontré une québécoise (Suzanne Pouliot) avec qui il vit au Québec depuis 1968.Professeur de linguistique et de cinéma à l'Université du Québec à Himouski, de 1970 à 1983.A loué pour 12 ans, avec option pour huit années additionnelles, le cinéma New Yorker qu'il rouvrira en septembre, promettant d'en faire une salle unique à Montréal.François Prévost 10 ans.Après une année de droit, fait le tour du monde avec sa compagne, Louise, de 1908 a 1970.A bâti la tournée des grands explorateurs et des conférences-spectacles de l'Univer- 116 JH'i '¦\u2022»(!.( Il '>>j\")-MJ-.f HOTEL le: V-niv S û site populaire, de 1972 a 1983.S'est converti à l'immobilier.Depuis un an, multiplie les acquisitions dans l'ancien quartier du Mile-End.Richard Prévost 33 ans.Enseignant en art à la polyvalente de Sainte-Rose pendant six ans.Il est un des trois fondateurs du bar-restaurant Prince-Arthur.Administrateur au théâtre Arlequin, où il a connu François Prévost de qui lui et Lysanne Boileau ont loué rue Saint-Laurent pour y ouvrir le restaurant Prévost & Cie, établissement spécialisé dans la nouvelle cuisine française.Jacques Sabourin 31 ans.Décorateur qui se définit comme un «sculpteur d'environnement».Un des trois mousquetaires du bar-restaurant Le Prince-Arthur.A loué ( avec promesse d'achat) de Jos Boaudry ( le tavernier du siècle) la taverne au coin McGuire et Saint-Laurent qu'il a transformée en bar (Le Set), ouvert le 21 décembre 1981.Emile Saine 39 ans.Fils d'un père arménien arrivé au Québec en 1920.Biologiste devenu promoteur-immobi- .«\u2022 (> « ui> :t\\:k,i .Ufcq ni, Itttf'Jlâl Peut-être reverra-t-on bientôt les nouveaux arrivants du Mile-End former un nouveau genre de conseil municipal.lier ( Prince-Arthur.Saint-Denis, Hutchison.Laurier).Avec son frère, Pierre, propriétaire de la Spaghettata sur Laurier.Propriétaire d'une ancienne manufacture au coin de Saint-Laurent et Fairmount.Y aménagera bientôt un restaurant et une boutique au rez-de-chaussée, ainsi qu'une clinique de gynécologie au deuxième.Ernest Tasso Varvarikos 36 ans.Grec né à Montréal (NDG).Architecte installé rue Saint-Denis où il a fait plusieurs rénovations.A acheté une dizaine d'édifices sur Saint-Laurent, dans le Mile-End, en 1982.En a revendu sept.Est en voie d'en rénover quatre.P.S.\u2014 On a beau musarder, fouiner et fureter pendant une longue semaine, on ne peut espérer dresser un inventaire exhaustif des nouveaux arrivants du Mile-End.à la quinzaine de personnages décrits ci-haut, il faudrait sans doute en ajouter plusieurs autres qui ont échappé à notre attention.G.L.\u2022ilui'.;; 'jnu iiiEhitoq >.«.\u2022*\u2022 L LE MILE-END EN MUTATION Il était hésitant au début.Après tout il a fait sa vie et sa fortune dans les bas et les chandails, pas dans la publicité et les rencontres avec les journalistes.De toute façon LA PRESSE c'est publié où et dans quelle langue?demande notre interlocuteur.Martin Stern parlait déjà le roumain, l'allemand et le yiddish à son arrivée à Montréal, en 195-1.Il a alors du apprendre la «langue du pays», l'anglais, qui lui a permis de réussir en affaires.Il aimerait bien lire ce qui va être écrit sur lui dans LA PRESSE.Est-ce qu'on pourrait lui fournir une traduction ?Peu importe, la glace est brisée.À mesure qu'on s'éloigne du présent, notre septuagénaire devient de plus en plus loquace.Son premier atelier de tricot fut établi à l'angle de Craig (aujourd'hui Saint-Antoine) et de Saint-François-Xavier.Puis ce fut Saint-Laurent, en 1958, et le grand coup, en I960.Il y avait une affiche «À vendre» sur la facade de l'usine où Stem et ses associés d'Exclusive Knit dirigent encore aujourd'hui leur manufacture de chandails pour femmes.Retour de l'histoire, l'affiche du Montreal Trust redit aujourd'hui que la bâtisse est à vendre.« La pancarte est encore là, mais c'est vendu à toutes fins utiles.Il ne reste que les détails à mettre au point », explique notre jeune vieillard de 72 ans, avec une certaine tristesse dans la voix.« C'est dur de réaliser que les siens ne continueront pas ce qu'on a bâti de peine et de misère, pendant trente ans.Ma fille de New York ne veut pas revenir à Montréal.E la cadette a un bon job comme comptable dans une grosse firme, au centre-ville.Ce serait trop dur pour elle ici.» Matricule 82006_ La tristesse donne alors cours à quelques larmes sur ce visage énergique qui a tout traversé sans jamais fléchir.« J'avais un garçon, vous savez, mais je l'ai perdu à l'âge de trois ans et demi.La dernière chose qu'il m'a dit c'est : Papa amène moi avec toi.» C'était en Allemagne en 1914.Comme plusieurs juifs de sa Roumanie natale, Stem, sa femme et son fils, avaient été déportés au pays de Hitler.On lui avait demandé de laisser son fils avec sa grand-mère ou une autre femme pendant une couple Les anciens souviennent photo Pjarro McConn, LA PRESSE A 72 ans, Martin Stern gère toujours l'usine de chandails qu'il a bâtie dans le Mile-End et qu'il aurait bien aimé léguer à son fils, hélas tombé aux mains des Nazis en 1944.d'heures, le temps pour lui et sa femme de passer devant le comité de sélection.Stem fut envoyé dans un camp de concentration (numéro matricule 82006).Il devait retrouver sa femme, aussi dirigée vers les camps de la mort, un an plus tard.Mais il ne revit jamais son fils.< On gazait immédiatement les enfants juifs », précise un Martin Stern, qui a perdu toutes ses réserves.Il avait consenti à une demi-heure d'entrevue : nous parlons depuis plus de deux heures et le problème c'est maintenant de l'arrêter.Va-t-il bientôt prendre sa retraite ?Pas question de s'exiler en Floride.Il aimerait tout juste ralentir un peu, faire du 9 à 4, cinq jours par semaine.Décidément un autre monde s'achève rue Saint-Laurent.Comme Stem, la plupart des juifs qui y ont bâti les petites usines de vêtement, les marchés en gros et les abattoirs de volailles voient leurs enfants se diriger vers les grosses firmes professionnelles du centre-ville.Que pense-t-il des nouveaux arrivants qui veulent révolutionner le Mile-End ?« Je négocie avec eux (Gérard Déziel et François Prévost) depuis six mois.Nous sommes devenus amis.Ils vont décrocher le gros lot.Si j'étais plus jeune, j'embarquerais avec eux comme associé.» Peut-être que finalement, au delà des différences de langue et de culture, les bâtisseurs de 1985 ne sont-ils pas si différents de ceux de 1960.L'outre témoin_ De l'autre côté de la rue, voisin du nouveau restaurant Prévost & Cie, se trouve un autre témoin exceptionnel et radicalement différent de Martin Stem.La longue chevelure blanche descend jusqu'aux épaules, les petits yeux perçants dans un visage couvert d'une barbiche à la Hô Chi Minh.une croix de bois sur la poitrine, Martial Hogue porte fort bien ses 77 ans.11 se définit d'abord comme poète- peintre puis opte finalement pour le titre de «marginal de carrière ».« Pas question de vendre ma maison.C'est mon domicile, ma patrie », martelle Martin Hogue qui est né.a grandi et veut mourir dans le quartier.Il y a eu quelque part les \u2022 vingt années de vagabondage, particulièrement a Toronto », mais le poète du Mile-End se fait discret sur ses incursions à l'étranger.11 est par contre intarissable sur l'hôtel construit par son grand-père à l'angle Saint-Laurent et Saint-Viateur.sur l'atelier de couture de son père, sur Pierre Casgrain (le mari de la célèbre Thérèse ) qui venait chaque mois collecter les loyers dans le coin.Il peut aussi bien discourir sur la crise de 29 que sur la crise d'octobre 70.Inconditionnel de Duplessis, il ne tarit pas d'éloge pour la loi 101, mais s'affiche comme un monarchiste inconditionnel.Il a même déjà fondé l'Association Chénier, pas Jean-Olivier, le patriote québécois, mais André, le poète français décapité pour avoir décrié les excès de la révolution.Martial Hogue n'est pas surpris du regain de vie de la Main du Mile-End.« Le centre-ville se déplace vers le centre géographique de l'Ile.C'était inévitable.» Et voilà ! Le monde ordinaire_ À coté des Martin Stern et Martial Hogue il y a le monde ordinaire du Mile-End, les résidents petits propriétaires ou locataires.Ayant concentré leur énergie sur la rue Saint-Laurent, les nouveaux arrivants ont jusqu'ici peu modifié le tissu urbain du quartier.La plupart des nouveaux commerces apparaissent en effet dans d'anciennes usines, souvent désaffectées ou en voie d'extinction.Mais le regain de vie de la Main aura bientôt des effets sur l'ensemble du quartier, de Saint-Denis à l'avenue du Parc.Les archives de Montréal indiquent en 1982 un relevé démographique particulièrement diversifié : 80 communautés ethniques (Juifs, Italiens, Grecs, Portugais.) avec un important bloc de plus de 35 p.cent de Québécois francophones.Y aura-t-il encore de la place pour eux dans le Village du milieu que les nouveaux arrivants veulent ériger au coeur de l'ancien Mile-End ?.G.L.N LE MILE-END EN MUTATION L'édifice a changé et l'hôtel s'est transformé en brasserie mais C'est à cheval qu'ont posé fièrement le grand-père et le père de Martial Hogue devant l'hôtel Martial Hogue est toujours là pour témoigner de la continuité construit au début du siècle, à l'angle des rues Saint-Laurent et Bernard.photo Martial Moguo dans le changement.photo Pierre McCann, la presse photo Paul-Henri Talbot, la PRESSE D'une vieille manufacture de sacs à main fermée depuis dix oo ans, Richard Carbonnier a fait un coquet petit édifice dont le jeune architecte est à juste titre bien fier.C'est avec un remarquable sens de l'esthétique et un respect religieux du patrimoine qu'André Lajoie et André Lafortune ont restauré le vieux building qui abritera bientôt une brasserie à saveur internationale.I r l l i i li l'i il III i .ilii :i h III .1 .II.Ill Garneau : des militaires jusqu'à l'astronaute Les médias d'information nous ont déjà tracé le portrait de Marc Garneau, premier astronaute canadien, originaire de Québec.Ils nous ont appris qu'il était capitaine de marine, qu'il était le fils d'un militaire de carrière et vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, André Gar- neau, brigadier général à la retraite.Là s'arrête sa généalogie ascendante.Pourtant les antécédents militaires du capitaine Garneau ne datent pas d'hier; ils remontent même à plus de deux siècles.Le père d'André, le colonel Gérard Garneau, en compagnie de son cousin et ami intime, le major Braun Langelier (fils de l'ancien maire de Québec et lieutenant-gouverneur Sir François Langelier et de Lady Langelier, née Marie-Louise Braun), alors lieutenant dans le 22e Bataillon (l'ancêtre du 22e Régiment), s'étaient particulièrement distingués par leur fidélité au devoir et leur magnifique courage sous le feu, sur les champs de bataille d'Europe, au cours de la Première Guerre mondiale.Braun s'était vu décerner la croix militaire (M.C.).Quant à Gérard, il deviendra l'aide de camp du gouverneur général du Canada, et, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, commandant de la zone militaire d'Ottawa.Le père de Gérard, Edouard Burroughs Garneau, était le fils de l'honorable Pierre Garneau, homme d'affaires, ministre et maire de Québec, et le frère de Sir George Garneau, également maire de Québec, qui fut l'organisateur en chef des fêtes du tricentenaire de Québec, en 1908 (on lui a érigé un monument sur les Plaines d'Abraham); il était surtout connu comme négociant et conseiller législatif.Il avait épousé, en 1882, Laure Braun, issue du mariage de Frédéric Braun, avocat de Québec, et de dame Laure de Sales Laterrière, fille ainée de Marc-Paschal de Sales Laterrière, seigneur des Éboulements: c'est ce qui expliquerait l'origine du prénom de Marc, qu'on retrouve chez les descendants, dont l'astronaute Marc Garneau.Si Edouard Burroughs ne semble pas avoir été attiré par le métier des armes, par contre, son beau-frère, Eugène Braun, grâce à l'influence de l'honorable Pierre Garneau, qui était président de la Compagnie Que-bec Steamship, fut engagé comme officier de marine à bord du S.S.Roraima, qui faisait la navette entre la Grande-Bretagne, New York et les Antilles.Il avait une brillante carrière devant lui.Malheureusement, à l'occasion d'une escale au port de Saint-Pierre, à la Martinique, le 8 mai 1902, se produisit l'un des plus grands cataclysmes du siècle: l'éruption volcanique de la montagne Pelée.Eugène, à peine âgé de 32 ans, périt, sous une pluie de feu et une avalanche de cendres, en compagnie de tous les membres de son équipage et de tous les habitants de la ville: au total, 28000 victimes en moins d'une minute.Le père d'Eugène et de Laure Braun, Frédéric Braun, avant d'être nommé au poste de secrétaire général des Travaux publics du Canada, au moment de la Confédération, avait été capitaine d'une compagnie de milice.Son frère, le docteur Edmond Braun, au moment de la guerre de Sécession, s'était enrôlé dans l'armée nordiste, en qualité d'officier médical responsable d'un hôpital militaire.Marc Garneau, originaire de Québec, le premier Canadien à devenir astronaute.Frédéric Braun, arrière-arrière-grand-père de Marc Garneau, est ici en uniforme de capitaine de milice, à Québec, vers 1865.(Archives privées de Mme Roland Champoux, de Québec).Le père de Frédéric et d'Edmond, Philippe Braun (aussi écrit Brown), en tant qu'armurier sur la rue Saint-Jean, à Québec, avait entretenu d'excellents rapports avec les soldats britan niques en garnison à Québec, qu'il comptait parmi ses fidèles clients.Son oncle et parrain, Isaac Coulombe, l'un des premiers armuriers de York (aujourd'hui Toronto), y joua un rôle identique.Tradition militaire_ Mais la tradition militaire a vraiment débuté avec Johannes Philipp Braun (il signait Philipp Braun, sans tréma, et plus tard, Philipp Brown), père du précédent.Il est intéressant de signaler, en passant, que l'astronaute Marc Garneau a deux frères qui s'appellent Philippe et Braun.Né à Calden, dans le landgra-viat (sorte de principauté) de Hesse-Cassel, en Allemagne, en 1746, Philipp Braun fut enrôlé comme soldat mercenaire en 1776, au moment de la guerre de l'Indépendance américaine.Avec le régiment de grenadiers Von Rail (rendu célèbre par le best-seller de Sandra Paretti: Les tambours de l'hiver), il participa à plusieurs batailles contre les \u2022rebelles» américains.Fait prisonnier avec quelque 900 autres Allemands, à la bataille de Trenton, au New Jersey, le lendemain de Noël 1776, par le général et futur président George Washington (ce fut le plus brillant fait d'armes de sa carrière), il fut libéré en 1778.Il arriva à Québec, le 25 juin 1780, avec des renforts britanniques et allemands.Cantonné à l'ile d'Orléans, il épousa, après la guerre, soit le 27 janvier 1784, à Saint-Laurent, Marie-Louise Coulombe.En juin 1785, il ouvrit une bou- tique d'armurier sur la rue Saint-Jean, au coin de Sainte-An-gèle (à l'emplacement de la boutique d'opticiens Valentine) ; on peut facilement l'identifier sur le plan-relief de Duberger.En 1783, il entra au service de l'Ordonnance, aux Nouvelles Casernes (rue de l'Arsenal), en qualité de maître armurier; il y restera jusqu'à sa mort en 1813.Inhumé au cimetière des Picotés, ses restes seront transférés, en 1861, au cimetière Belmont, où ils reposent toujours.Un grand nombre de descendants de Philipp Brown se sont illustrés dans le métier des armes: on en retrouve parmi les patriotes de 1837-38, à la guerre de Sécession, aux deux guerres mondiales, à la guerre de Corée, à l'intérieur des forces alliées de l'OTAN, etc.Comme quoi, «bon sang ne peut mentir».Apparenté aux familles Braun par le biais de ma grand-mère, Alice Braun (arrière-arrière-petite-fille de Philipp), comme bien d'autres descendants, je me suis souvent fait poser la question, à savoir s'il y avait un lien de parenté avec la tristement célèbre Eva Braun, maîtresse puis épouse d'Adolf Hitler: c'est d'ailleurs l'une des raisons qui m'ont poussé à faire des recherches sur le sujet.Que les descendants de Philipp Braun soient rassurés: après avoir remonté plusieurs générations en Allemagne, je puis leur affirmer qu'il n'en existe absolument aucun.Pas plus qu'il n'en existe avec Wemher von Braun, le célèbre ingénieur allemand naturalisé américain, surnommé «le père de l'âge spatial», qui fut à l'origine de la conquête de l'espace.et de la nouvelle vocation du capitaine Marc Garneau.?Éditeur Roger D.Landry Coordination Paul Longpré Responsable des chroniques: Pierre-Paul Gagné Tél.: (514) 285-7070 Page couverture: Robert Nadon Mise en page: Jacques Gagnon Fernand Marcotte Collaboration Philippe Barbaud Jean Basile Berthio Raymond Dionne Jean-François Doré Claire Dutrisac Diane Gagné Serge Grenier Gérard LamDert Yves Leclerc Marie Lessard Mario Masson Simone Piuze René Viau Toronto Michel Labrecque Vancouver Daniel Raunet Moncton Achille Michaud Mexico Francis Pisani Managua Jacques Lemieux San Salvador Edith Coron Paris Jean-François Lisée Rome Jean Lapierrt.Bruxelles Claude Moniquet Genève Angelica Roget Chypre Robert Pouîiot Tokyo Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau Publicité Responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier Secrétariat Micheline Perron Tél.: (514) 285-7319 Immense, le jardin du séminaire SaintSulpice, vieux de 300 ans, à l'ombre de l'église Notre- Dame, au coeur du Vieux Montréal, dont il organisa jadis la vie.?Marcher enlre ces murs-là, c'est aussi impressionnant que d'arriver seul dans le stade olympique.Déjà, y pénétrer c'est quelque chose.Rien qu'a penser à eel individu curieux que l'on voit quelquefois s'attarder devant la grille et qui regarde chaque détail de cette façade de pierre, avec l'air de brûler d'envie d'en franchir la porte, de se promener dans les ailes du bâtiment trois fois centenaire, pour en faire craquer le plancher de bois sous ses pas : moi.Pour aussi regarder de l'intérieur ce que le monde du dehors a l'air; comme pour mieux saisir ce que devait être la vit; dans cette enceinte de pierre, il y a cent, deux cents et trois cents ans.Pas de meilleur prétexte qu'un reportage! Le séminaire des messieurs de Saint-Sulpice célèbre cette année le troisième centenaire de son inauguration, et on veut profiter de l'occasion pour le l'aire reconnaître comme monument historique.Ceci pour en entreprendre au plus toi la restauration.Quatre pièces ont déjà été restaurées, en 1082.Ce sont celles qu'a occupées Mgr de Ponthriand.évéque de Québec, qui s'était réfugié à Montreal en 175!), avant la bataille des Plaines d'Abraham, jusqu'à ce que la tuberculose l'emporte, le 8 juin 17(10, à l'âge de si ans.Du séminaire de Montréal, l'évèque de Québec continuait à diriger tout son diocèse.Ces appartements, qui cachaient deux foyers datant de 1085.sont de nos jours réservés au supérieur provincial des Sulpiciens, Emile (ïou-let, originaire de Saint-Isidore de Dorchester et piètre séculier de Saint-Bonifaee.On a de plus fait un urand ménage dans la suite qu'occupe, depuis juillet dernier, le cardinal Paul-Émile Léger.Les Sulpiciens seigneurs de Montréal_ Des documents témoignent des premiers temps de lu seigneurie de Montréal, administrée depuis 1663 par les nies-sieurs de SaintSulpice, tout comme celles de SaintSulpice, dans la région de .loliette.et du Lac des Deux-Montagnes, dans la région d'Oka.Si on s'y retrouve aujourd'hui, c'est grâce surtout au travail minutieux de Jean-Baptiste Bédard, un des LE SÉMINAIRE DE SAINT-SULPICE L trésor au coeur du Vieux-Montréal Gilles Normand premiers Sulpiciens canadiens, qui a mis de l'ordrint.\u2022 .- .ta DEMAIN L'AN 2000 Yves Leclerc L'ordinateur trouble-fête Il y a quelques semaines, IBM Canada faisait venir à Montréal Richard Nolan, un des gourous de l'informatisation des entreprises, pour tracer une sorte de tableau de la situation à l'intention des clients importants de la société.Nolan est célèbre dans les milieux informaticiens pour avoir mis au point, il y a une dizaine d'années, la théorie des «quatre étapes» de l'informatisation des entreprises: introduction, propagation, consolidation et intégration.En termes de coûts et d'importance dans l'entreprise, cela signifiait une montée lente pendant la première étape, une accélération pendant la seconde, une croissance soutenue pendant la troisième, et une stabilisation graduelle pendant la quatrième.Cette façon de voir les choses, explique-t-il, est demeurée valide pendant la fin des années 19t!0 et les années 1970, et des milliers d'entreprises se sont basées dessus avec succès pour planifier leur propre évolution en ce domaine.Soudain, au début des années 1980, Nolan et ses associés (il dirige une grosse boîte de consultants) se sont rendu compte que leur belle théorie était battue en brèche par un phénomène nouveau: le micro-ordinateur.Dans beaucoup de compagnies qui se croyaient parvenues à la quatrième étape et qui s'attendaient à voir l'arrivée de nouveaux équipements et de nouveaux logiciels diminuer et les dépenses se fixer à une honnête moyenne, on a découvert que et les innovations et les coûts se mettaient à faire des bonds désordonnés, d'autant plus imprévisibles que les services informatiques eux-mêmes avaient perdu le contrôle des événements.Les nouveaux appareils pénétraient dans la place sous d'autres titres: traitement de texte, conception assistée, courrier et édition électronique, et dans bien des cas c'étaient les employés et les cadres eux-mêmes, de leur propre initiative, qui les y introduisaient sans consulter les «spécialistes».Le résultat, c'est que sans s'en rendre compte, l'organisation devait vivre avec deux ou même plusieurs types d'informatique, le plus souvent incompatibles entre eux et chacun possédant sa «sphère d'influence».Une nouvelle courbe_ «Ce qui se passe depuis le début des années 1980, affirme donc Nolan, c'est le début d'un nouveau processus d'informatisation très différent du premier, sur lequel il se superpose.Dans bien des cas, la phase \"intégration\" du premier cycle coïncide en fait avec la phase \"propagation\" du nouveau cycle.» À toutes fins utiles, le microordinateur, outil de travail individuel opposé à l'ordinateur central traditionnel, qui était une ressource collective étroitement contrôlée par des spécialistes, joue le rôle de trouble-fête, et un des grands défis des grandes et moyennes sociétés aujourd'hui (les petites, en général, n'ont jamais connu les grands ordinateurs et sont entrées dans l'informatique par la porte du micro) est de le «ramener à la raison».Qu'est-ce que ça signifie en pratique?Cela dépend des compagnies et des mentalités.En bien des endroits, la tendance est de ramener sous l'autorité des services informatiques la multitude souvent disparate des micros qui se sont introduits ici et là.De là sans doute vient notamment la tendance récente à relier systématiquement les PC au «mainframe».C'est sur cet aspect que s'étend Richard Nolan, et c'est normal; il s'adresse surtout à des informaticiens qui veulent savoir quel sera leur rôle dans cette nouvelle poussée d'informatisation.Mais je précise tout de suite que cette tendance n'est (heureusement ou malheureusement?) pas la seule.Ailleurs en effet, on tend à relier ensemble micros et grands COMMODORE 64^ \u2022CLAVIER ORDINATEUR \u2022DISQUETTE 154-1 \u2022 MONITEUR COULEUR 1702 PRIX SPÉCIAL EN MAGASIN to ¦ 3 I 271-2316 ¦ 8184, Saint-Hubert ¦' (nord de Jorry) ordinateurs de façon plus «égali-taire» au moyen de réseaux locaux.Ce mode de fonctionnement plus souple est cependant plus complexe à réaliser, et même si on en parle beaucoup depuis trois ou quatre ans, on en voit peu d'exemples pratiques.Une troisième solution enfin, qui se voit plus souvent là oû l'informatisation du premier cycle était la moins avancée (et donc oû la tendance à l'intégration des systèmes était moins manifeste), est de laisser les choses évoluer assez librement, en comptant soit sur des réseaux locaux réduits, soit simplement sur des MODEM et des lignes téléphoniques normales pour assurer les liaisons qui se montrent nécessaires.Conflit d'objectifs_ Cette variété dans les réactions est sans doute causée en partie par ce que Richard Nolan appelle une «discontinuité technologique» dans l'évolution des ordinateurs (il compare le phénomène à celui qui s'est produit en aviation lorsque le réacteur est apparu pour remplacer le moteur à hélice), mais je soupçonne qu'elle est au moins autant influencée par un autre facteur.L'ordinateur central est un équipement collectif, dont l'acquisition est décidée par la direction d'une entreprise sur le conseil des informaticiens spécialisés, et dont l'usage est dicté et géré à partir d'en haut.L'ordinateur personnel, au contraire, est essentiellement un outil de travail individuel, dont l'usage dépend surtout des décisions de celui qui s'en sert, quelles que soient les règles que les informaticiens et la haute direction veulent imposer.En gros, les cadres et les professionnels l'utilisent s'ils estiment que cela rend leur travail plus efficace et plus agréable, sinon ils se débrouillent pour l'ignorer.Pour avoir la preuve de cela, il n'est que de regarder tous ces bureaux où, à grands frais, on a installé des systèmes centralisés de consultation de banques de données et de courrier électronique: dans la majorité des cas, personne ou presque ne s'en sert, on continue à griffonner ses mémos sur des bouts de papier et à faire appel aux soins d'une secrétaire ou d'un commis pour fouiller dans des dossiers en papier.Si on se sert de l'ordinateur, c'est pour autre chose, le plus souvent pour des tâches individuelles qui ne font pas appel au réseau: calculs sur chiffrier, rédaction de rapports, maintien de notes personnelles dans une mini-base de données.Ce qui se passe dans ces cas, c'est que le «bureau sans papier» sert sans doute les objectifs de l'entreprise, mais il n'intéresse pas les individus qui devraient vivre avec.Ils se débrouillent donc pour le contourner, et pour préserver leurs vieilles méthodes de travail, qui avaient du moins le mérite que personne ne pouvait venir y mettre son nez d'en haut.M.Yves Leclerc, Je désire faire l'acquisition d'un micro-ordinateur mais i'hésite entre l'IBM-PC et le Macintosh.Mon utilisation serait pour de la programmation de gestion avec des traitements de gros fichiers, et j'aurais besoin d'un bon traitement de texte.Je désire donc deux lecteurs de disquettes, un minimum de 256 Ko et une imprimante de qualité pour l'impression des rapports.J'aimerais que tu m'indiques le meilleur choix en te basant sur le rapport qualité prix et sur la disponibilité de l'information et des logiciels.J'aimerais aussi avoir un aperçu des prix pour les deux ordinateurs avec l'équipement indiqué plus haut.Merci, René Gauthier,Shawinigan Est RÉPONSE : Je me sens toujours un peu mal à l'aise pour répondre ù ce genre de demande, qui relève bien plus d'un consultant en informatique que d'un chroniqueur.Je crois que mon rôle est plus de dépanner ceux qui sont mal pris ou de donner des informations à caractère plus technique sur les ordinateurs qu'ils possèdent ou envisagent d'acheter que de faire des recommandations d'achat comparatives.J'ai quand même décidé de répondre à cette question parce que c'en est une qui intéresse actuellement tant de gens, et au sujet de laquelle on a dit et écrit tant de bêtises.De plus, la demande provient d'un individu et non d'une entreprise, et entre donc sous la catégorie «ordinateur personnel».Cependant je ferai volontairement abstraction du prix, d'abord parce que j'estime que ce genre de comparaison n'est pas mon rôle, et aussi parce qu'au fond, c'est un élément qui intervient de moins en moins dans la décision: la différence entre les deux machines ne peut être que de l'ordre de 3 à 5 p.cent dans un sens ou dans l'autre, selon les options choisies.Pour moi, le critère le plus important est la facilité d'apprentissage et le confort d'utilisation, et là à mon avis, Macintosh l'emporte haut-la-main, à la condition d'avoir deux lecteurs de disquettes (avec un seul lecteur, vous passez un temps infini à insurer et retirer des disquettes dans la fente, cela devient vite insupportable).Ce qui ne veut pas dire que l'IBM-PC est une machine désagréable ou mal conçue, mais il faut admettre que le Mac, sur ce plan, est dans une classe à part.Ceci joue surtout si vous devez utiliser plusieurs programmes, à LE COURRIER On adresse le courrier à Vves Leclerc La Presse -.PLUS 44 ouest, rue Saint-Antoine Montréal, Que.H2Y 1A2 tel point que j'ai tendance à dire que si vous devez employer seulement un ou deux programmes, achetez un IBM.Mais si vous comptez en utiliser trois ou plus, achetez un Mac.Surtout que depuis peu, il existe pour le Mac un utilitaire génial (et gratuit, il fait partie du «package» du modèle 512 Ko) appelé Switcher qui permet d'avoir simultanément en mémoire jusqu'à quatre applications et de passer de l'une à l'autre quasi instantanément.Deuxième critère, la capacité.Quant à la mémoire, l'avantage va au PC, qui peut en avoir jusqu'à 010 Ko (contre 512 pour le Mac), et surtout qui en est moins prodigue.On peut avoir en mémoire de plus longs textes, de plus longs fichiers, de plus «gros» programmes surun IBM-PC que sur un Macintosh.Pour ce qui est de la puissance et de la vitesse d'exécution, cela varie; le Mac a un processeur plus puissant et des fonctions plus élaborées, mais on lui en demande plus.L'un ou l'autre peut avoir l'avantage selon les applications spécifiques.Il existe beaucoup plus de logiciel pour le PC que pour le Macintosh, cela va de soi: l'un est beaucoup plus ancien que l'autre, et plus répandu.Mais sauf si votre application est très spécialisée, ou si vous possédez déjà des programmes MC-DOS que vous souhaitez utiliser sur votre nouvelle machine, c'est un facteur qui joue de moins en moins.La quantité de logiciel pour le Mac augmente rapidement, la plupart des programmes les plus populaires pour le PC sont maintenant adaptés à son rival, et il existe même pour ce dernier des types de logiciel qu'on ne trouve pas (du moins pas à qualité égale) pour l'IBM-PC.C'est vrai entre autres des programmes graphiques et des bases de données hybrides (textes, chiffres, images).De plus, il est clair que malgré les ventes un peu décevantes du Mac l'an dernier, les créateurs de logiciel continuent à le soutenir et à produire des programmes pour lui.Enfin, en ce qui a trait à la programmation, il est certain qu'il est plus facile de programmer un PC qu'un Macintosh pour l'instant.Mais plusieurs langa-¦ ges de haut niveau sont apparus récemment, notamment un Pascal, un C, un Lisp, un fort bon Forth (que j'ai eu l'occasion d'essayer) et deux bons BASIC, celui d'Apple même et celui de Microsoft.En termes de marché pour les programmes produits, cependant, il n'y a aucune comparaison possible: il existe dans le monde plusieurs millions d'IBM-PC et compatibles, contre quelques centaines de milliers de Macinstosh. 'EMPIRE DES SENS SerQe Grenier RESTAURANT L'Armoricain Après une journée de dur labeur, où vont-ils manger ces gens de Radio-Québec, dans un quartier à peu près complètement à court de tables intéressantes?À L'Armoricain, angle Maisonneuve et Fullum.Un petit établissement sans prétention autre que celle d'une cuisine savoureuse, installé dans un bâtiment à plafonds bas, typique de ce coin de la ville, avec des salons pour les conversations à l'abri des indiscrétions.Accueil chaleureux, joyeux même.Une clientèle qui a ses habitudes, «ses» tables.Une ambiance maison, famille, tout à fait agréable.À LA TÉLÉ ) 10 sur 10 à 7 sur 7 L'information sur la chaîne 99 (TVFQ), c'est les nouvelles, sans intérêt pour nous, du Poitou et d'Aquitaine et le temps qu'il fera \u2014 trois jours plus tôt, à cause du décalage \u2014 dans le Var.Mais c'est aussi une extraordinaire émission appelée «7 sur 7».Une personnalité choisie hors du milieu journalistique vient commenter l'actualité internationale de la semaine.Ponctuée de grands titres et d'une série de courts reportages toujours pleins de punch.L'autre jour, l'invité était le G.M.du G.O.Non, rien à voir avec le Club Med; il s'agissait du grand maître du Grand Orient de France, un franc-maçon pas du tout méchant qui avait une opinion (valable) sur tout.NOSTALGIE Rue de la Montagne Il en est des rues comme de la mode: ça passe, puis ça revient.Hier, rue Crescent, place Jacques-Cartier, rue Saint-Denis en bas; aujourd'hui, Saint-Denis en liant.Laurier, Saint-Laurent.Au début des années soixante, la rue de la Montagne était celle où il était bien d'être vu.Le premier café-terrasse de Montréal s'appelait Chez Bourgetel.On s'y entassait.Un certain Louis Tavan entreprit d'Installer un complexe d'établissements v dont le premier chaînon s'appelait Le Bistro.Le personnel, le décor, la bouffe, tout était vachement pa* risien.Chandail à col roulé, Gi- tanes en' poche, avant ou après un de ces excellents films de répertoire dont le cinéma Elysée avait le secret, l'intelligentsia montréalaise du temps s'y adonnait au jeu de Marienbad en dégustant un sandwich au pâté et un ballon de rouge, quand ce n'était pas une crêpe bretonne et un bol de cidre à l'étage.Un peu plus haut, le Café Martin s'enorgueillissait d'Une clientèle huppée, attirée par sa cuisine recherchée, ses lambris de chêne et ses salons particuliers.L'ouverture de la Casa Pedro allait porter un dur coup à la rue de la Montagne, drainant les beaux esprits vers ce qui deviendrait la rue in par excellence: la rue Crescent.Les années ont passé ainsi,que les générations.Le Café Martin n'existe plus, Je Bistro non plus.La rue de la Montagne s'est calmée.Une faune plus argentée (tempes et portefeuille) y fréquente maintenant l'hôtel de\" la Montagne, L'Epicurien et Gucci.OTTAWA Le retour C'est dans la plus grande discrétion que le backbencher E.D.a regagné la capitale fédérale, tôt ce matin.Dès son débarquement du pétrolier qui le ramenait de Port-au-Prince, il a été pris en charge par un détachement de la Gendarmerie royale du Canada qui l'a immédiatement ramené à sa résidence d'Ottawa.Un journaliste de ('«Ottawa Citizen», qui était au courant du retour du député, l'attendait dans le hall d'entrée de sa conciergerie de la rue Albert, mais un officier de la GRC lui a fait comprendre que le backbencher n'avait rien à déclarer.Dès l'ouverture des bureaux, vers neuf heures trente, le reporter s'est rué vers l'édifice Lester B.Pearson où loge le secrétariat d'État aux Affaires extérieures, afin de connaître le point de vue du ministère.Il lui fut remis un communiqué démentant formellement les allégations de la presse à propos du soi-disant enlèvement dont aurait été victime le député E.D.pendant un séjour qu'il effectuait à titre privé en .République d'Haïti, et attribuant son absence de la capitale aux longues vacances que lui avaient prescrites ses médecins, à la suite d'une fatigue extrême attribuable à un surcroit de travail.Rejoint en soirée à son domicile, le député a nié avoir jamais été victime d'enlèvement.Tout au plus a-t-il décrit ses hôtes haïtiens comme des gens doués d'un sens-de l'hospitalité tellement hors du commun qu'ils ne voulaient plus le laisser partir.c en O z -I 70 m-> POUR LIRE Jean Basile Personnage attirant par une immense tristesse Le Propre de l'homme: histoires du rire et de la dérision par Jean Duvignaud Hachette éditeur Jean qui pleure et Jean qui rit.La formule est connue et révèle, dans la mesure ou une simple formule peut le faire, l'équation de la destinée humaine: Souffrance.Plaisir.Hélas, il est aussi une souffrance qui rit, Bataille l'a montré, et un plaisir qui pleure, de joie par exemple.Au fond, ces deux grimaces que fait l'être humain ne sont que des grimaces et l'on ne sait plus très bien à quel dieu se vouer.Car, naturellement, il y a des dieux qui pleurent et des dieux qui rient.Nous voilà donc au théâtre et c'est surtout de théâtre que le sociologue Jean Duvignaud nous entretient dans son dernier ouvrage, Le propre de l'homme, sous-titré \u2022histoires du rire et de la dérision».Il faut d'ailleurs remarquer que «histoires» est ici écrit au pluriel.Jean Duvignaud, en effet, ne prétend aucunement écrire une histoire, qui serait trop vaste.Il raconte simplement.Il lit, dcvrais-je dire, des histoires par le truchement desquelles il tente de définir ce qui est le propre de l'homme.Il y renonce, d'ailleurs, dès le début de son livre, car, écrit-il, «cette convivialité n'est pas l'envers de la vie sérieuse, le simple négatif de l'ordre, comme le pensait Hegel.Elle est parfois, en effet, une forme de transgression, mais elle n'est pas que cela \u2014 sans doute parce que l'on ne peut lui attribuer aucune fonction, aucun rôle, et qu'elle ne sert à rien».À l'instant même que cela ne sert à rien, il va sans dire que le S sujet se restreint de lui-même 2: et, lentement, comme la peau de 3 chagrin de Balzac, se rétrécit, ^ va disparaître.Ainsi, un livre ,o sur le rire où il n'y a pas de théo-N rie du rire a quelque chose de dé-Q routant et, au fond, le livre de 5 Jean Duvignaud n'est pas drôle.< Pas question de se taper sur les .cuisses.C'est, d'abord, une lec- < ture car manifestement l'auteur lit beaucoup, si l'on en croit les citations (hélas, il y a ici et là O des références qui manquent de 2 telle sorte que l'on ne connaît co pas toujours la source, détail 3 très agaçant) et même des au-°- teurs qu'il n'aime pas, qui ne le font pas rire.Cela peut paraître ^ étrange.Ce ne l'est pas car, \u2014 après tout, l'on devient un spé- LEPRŒKE EE cialiste en dénonçant les autres spécialistes.Au fond, cet ouvrage est le résultat, j'en ai peur, de notes prises au gré des ans.complétées un peu hâtivement et compilées avec le plus d'intelligence possible, ce dont Jean Duvignaud ne manqué pas.Un regard vif sur l'anthropologie d'abord.Pas de chance! Si l'on trouve, ici et là, quelques rires, les «Sauvages» des anthropologues ne rient pas, du moins leurs rires ne les intéressent pas tellement.Puis nous voici en Grèce, puis chez les Latins.Aristophane, bien sûr et ses «Grenouilles».Plaute et ses situations lestes.Je ne sais pas pourquoi, puisqu'il entend nous parler du rire, Jean Duvignaud s'en prend soudain aux hellénistes et aux latinisants et, en général, aux mythologues.Alors, là, de Graves à Frazer, tous des imbéciles qui, sous prétexte de parler des autres, ne parlent que d'eux et même pas, ne parlent que de l'époque dont ils trahissent les a priori.C'est d'ailleurs un trait de ce livre que de remettre à une place autre, la bonne selon l'auteur, à peu près tout.Après les Grecs et les Latins, Molière qui n'était pas le «comédien ambulant» inventé par Scarron et Gauthier et, plus récemment par Mnouch-kine dans son film connu, mais bien, lui aussi, une victime de son époque, celle de Louis XIV.Et .cela nous vaut par exemple, des prises de positions non seulement charmantes mais judicieuses.Ainsi, une défense et illustration des Précieuses et des Libertins qui, sous le Roi-Soleil et son Académie, dénonçaient les abus d'un régime fastidieux.Précieuses et Libertins que l'on a soigneusement occultés dans les livres de littérature et qu'il nous faut redécouvrir aujourd'hui comme des chantres de la liberté.Mais, cela tourne un peu court car, après tout, ce n'est pas la sujet du livre.Dommage.Est-ce un tort que de ne pas vouloir s'enfermer dans une théorie rigide, quitte à déformer à son bon vouloir les faits rebels afin de les y faire entrer?Si ce n'est pas un tort, c'est une manie.Mais une manie commode et l'on en vient presque, en lisant le livre de Jean Duvignaud, à regretter que son discours ne soit pas plus clair, plus droit.On eût dit autrefois plus rigoureux.Car Jean Duvignaud flotte et trop souvent on ne sait pas où il veut aller.Mais, d'un autre côté, cela a son charme et ses avantages.Pas d'oukazes.Pas de totalitarisme.D'ailleurs, et cela est redit souvent implicitement, tout est relatif et tout auteur, finalement, ne fait que se lire lui-même, en attendant que le lecteur le lise et se lise à son tour.Si ce n'est les innombrables dis-gressions (dont une assez savoureuse sur l'esclavage en Grèce antique où il semble apparaître que l'esclavage était plus libre que la femme!), les exemples élus par Jean Duvignaud tracent donc son portrait par le biais de la convention de l'ouvrage qui est le rire.Au fond, Jean Duvignaud, si l'un exclut de ce livre son appareil de fiches et de classeurs, le computer de l'ancien chercheur, est un personnage attirant par une immense tristesse.C'est par cette tristesse qui est en lui qu'il faut comprendre l'objet de son livre sur le rire, ce rire non-sens, oserais-je dire, ce rire qui est toujours celui de l'ignorance et de la bêtise, de la bêtise et de l'ignorance des humains certes, mais aussi des Nations comme l'étaient, selon Jean Duvignaud, la France du Second Empire et la Vienne du dix-neuvième siècle entraînées toutes deux par l'eu-phorisme du progrès.< Mais, précise-t-il, avec un sourire, après avoir cité Freud, Mu-sil, Mahler, Schônberg, Hof-mannsthal, etc.«Le pourrissement des sociétés est plus créateur que la grandeur guerrière».Ce n'était pas l'avis de Hitler mais Hitler, alors, ce n'est pas drôle du tout.En tous cas, beaucoup moins drôle que Freud.?PARLER D'ICI Philippe Barbaud Les ailleurs de Jasmin (1) Pour les besoins du titre, j'avoue faire preuve d'un ton un tantinet cavalier.Monsieur Claude Jasmin n'étant pas du genre bêcheur, il ne s'en formalisera, je l'espère.Car je tiens beaucoup aux manières, aux civilités, au «bon commerce», comme on disait anciennement.Alors, aujourd'hui, comme je le lui avais promis lors d'un récent aimable échange de propos, je me sens d'humeur à lui retourner l'ascenseur.Celui d'une libre opinion parue dans La Presse du 11 mars dernier et dans laquelle il m'interpellait par le biais, d'ailleurs, d'une critiqué adressée à Lysiane Gagnon à propos de la position de ma collègue sur « l'état du français en notre collectivité».Amis lecteurs ou lectrices, vous vous en doutez bien : nous ne sommes pas tout a fait d'accord sur certaines choses, lui et nous, car il nous met du même bord, elle et moi.Au fond, cette alliance n'a rien pour me déplaire.Discutons donc «loyalement» de cette épineuse question et tâchons de voir de quoi il retourne à propos de cette > détérioration » de notre langue et par ricochet, de cette difficulté de structurer notre pensée.Que le «délabrement» des langues ou le «ramollissement» linguistique \u2014 Dieu sait à quel point de tels mots m'horripilent \u2014 soient un phénomène .mondial qui s'observe aussi chez nos voisins, nos alliés ou nos semblables, j'en conviens de bonne grâce mais jusqu'à un certain point.L'alphabétisation des masses \u2014 un phénomène sans précédent.historique \u2014 a comme conséquence inévitable d'aviver et même d'actualiser la concurrence des usages.L'usage populaire de la langue française \u2014 oral, par définition \u2014- acquiert la même importance au XXe siècle sinon plus, que l'usage soutenu des élites d'autrefois, qui confondait l'écriture et le parler.La nôtre est devenue beaucoup plus démocratique, ce qui est probablement un progrès, mais au prix d'une anarchie réelle dans le parler.L'usage soutenu \u2014 c'est-à-dire l'élitisme linguistique \u2014 s'est retranché dans l'écrit.Je suis donc sur la même longueur d'onde que Jasmin non seulement à propos du mot élite mais aussi lorsque je constate avec lui un tel fait de civilisation.Mais observer ailleurs ce qui se passe chez soi pour finalement se dire qu'après tout, on n'est pas si pire que ça, ne constitue pas une démarche plus lucide qu'observer chez soi ce qui ne se passe pas ailleurs, en l'occurrence l'assimilation.A l'échelle du peuple canadien-français et québécois en particulier, ce phénomène d'abord démolinguistique et ensuite seulement, culturel, économique et politique, nous est particulier sans être exclusif.L'assimilation, de nos jours, est un destin chiffré irréfutable.Les Tardivel, Asselin, Geoff rion, Dunn.Viger et autres virulents défenseurs dp la langue française s'en seraient donné à coeur joie s'ils avaient eu de telles munitions statistiques à leur époque.Sans sombrer dans leur idéologie de la survivance linguistique et dans un pessimisme à courte vue, j'avoue tout net Sue je trouve préférable de subir oucement l'assimilation en se faisant défranciser par plus fort que soi plutôt qu'en se « louisiani-sant» nous-aut'-mëmes, t'sé-j'veux-dire.Dans la première hypothèse, nous pouvons compter sur la solidarité des autres francophones.Dans la seconde, nous enrichissons notre folklore.Là où monsieur Jasmin voit du nombrilisme alarmiste de la part des Gagnon, Barbaud et cie, \u2014 ce qu'il appelle avec courtoisie notre «vision ethnocentri-que» \u2014 je vois plutôt, quant à moi, un militantisme de solidarité avec le monde francophone, international par définition.Tel est mon ailleurs linguistique.Mais pour Jasmin, Tailleurs lin- Suistique devient une raison qui ispense le Québécois instruit, cultivé et surtout responsable de l'avenir de son peuple \u2014 l'élite, quoi \u2014 de s'approprier une forme de langage qu'il refuse de reconnaître comme la sienne.Pour nombre de Québécois « bien nés », le français standard est un bébé auquel ils refusent leur paternité ou même leur maternité, selon le cas.Car toute la question se résume à ce défi: nos nouvelles élites ont-elles le désir et la conviction profonde de rester «branchées» sur une francophonie qui fait usage du français International?L'homme ou la femme québécois affranchis de l'ignorance et de la médiocrité sont-ils prêts à se plier à Ja discipline d'un parler d'élite?Ma réponse à ces questions est négative pour l'instant.Et j'accorde effectivement à notre écrivain que c'est en territoire québécois, que je parque cette méfiance paysanne de l'étranger, à plus forte raison lorsqu'il est francophone, c'est-à-dire en fin de compte, parisien.Dans ce triangle des Bermudes que balisent l'anglais international, le français international et notre parler outrageusement montréalais, les nouvelles élites du Québec préfèrent affronter le grand large dans une verchère plutôt que louvoyer dans le sillage du navire amiral. Jean~Fran$oté ©oré ÉCOUTER Son nom est Michel Rivard Bonjour.son nom est Michel Rivard et voici son album double.II est sur étiquette Kébec-Dis-que et si vous l'appelez par son numéro -KD625 / 626- il se fera un plaisir de vous divertir pendant des heures.Il se nomme «Bonsoir.mon nom est Michel Rivard et voici mon album double- et comme son nom l'indique c'est un album de deux disques enregistré par Michel Rivard.Si vous n'arrivez pas a le trouver malgré ces renseignements demandez à votre disquaire le dernier disque du gars de Beau Dommage qui jouait dans la L.N.I.Avec ça, je suis sûr qu'il va le trouver.C'est un album qui a été entièrement enregistré au Spectrum, soit lors d'un des nombreux concerts que Michel Rivard y a don né.ou encore lors de sessions spéciales, pour refaire certaines pistes, refaire certaines voix, voire même certaines chansons, le tout pour assurer une qualité d'enregistrement et d'écoute digne de l'ambiance et de l'atmosphère qui régnait lors de ces concerts.Si vous êtes de ceux qui ont eu cette chance vous vous souviendrez certainement de ce dont je parle.C'était tendre, amusant, amoureux, drôle, chaleureux, sérieux, le tout dosé avec une finesse et un doigté remarquables, avec un grand respect de l'Art, qui passe nécessairement par un grand respect du public, lequel le lui rendait bien.Ce n'est certes pas sans raisons si l'on a été obligé de rajouter des supplémentaires aux supplémentaires qui elles mêmes supplémen-talent la première série de concerts.Je ne sais au juste combien de fois Miche! Rivard a rempli le Spectrum, mais ça faisait bien l'équivalent d'une semaine à la Place des Arts dans un lieu plus chaleureux et où la rencontre entre l'homme de scène et l'homme de salle peut se faire directement, comme une poignée de main.Une pochette_ Qu'est-ce qu'on trouve sur le disque'.' D'abord on trouve, à l'entour du disque, la pochette, une pochette extrêmement bien réussie.Intelligemment conçue, drôle, informative et belle, elle répond à tout ce que l'on doit at- tendre d'une pochette et plus.Si elle ne gagne pas un «Félix» lors du prochain gala de l'ADISQ c'est qu'il y aura plusieurs personnes qui auront manqué le bateau et qui seront encore sur celui de Jacques Cartier, échoué a Québec en 84, À elle seule, la pochette vaut le déplacement.Sur le disque proprement dit, ou plutôt sur les disques proprement dit.on trouve et retrouve des chansons, chansons qui étaient disparues de chez les disquaires parce que la précédente compagnie de disques ne voulait plus imprimer les deux premiers trente-trois tours de Michel.Ainsi on y entend: «Méfiez-vous du grand amour», «Belle promeneuse», «Le passager de l'heure de pointe».«L'inconnu du terminus», «Le retour de Don Quichotte» et d'autres.On y trouve aussi des chansons tirées de «Sauvage» le plus récent disque de studio qu'il nous ait donné et qui lui est encore disponible sur le marché.On y trouve également des monologues, monologues qui ont fait crouler la salle de rire, dont le désormais célèbre Drobny Orobuè.personnage originaire d'Europe centrale qui fait chez LES CHOIX DE GÉRARD LAMBERT MICHELJONASZ «UNIS VERS L'UNI» Atlantic 240586-1 **** Des sonorités colorées, pleines, charnues, autant de reprises bien roulées, excitantes, petits paquets de nerfs chatouillés par les coups de dents vifs et animés.Pas un faux pas: pas une croûte.Le tout apparaît donc comme un panorama kaléido-scopique de tout ce que Jonasz a fait de mieux.Cet album est pour la chanson française aussi indispensable qu'universel.C'est la synthèse entre les classiques et les modernes, la nouvelle vague et l'éternel retour; la réconciliation dans une inexorable chute; ascensionnelle.Paroles vertigineuses, entre la peur et l'espoir l'amour et le vide, souffrant du mal d'humanité, analysant les debris psychologiques, les miettes d'une existence retournée.Sa musique est celle du plaisir et de la passion.On entend vibrer son coeur car Jonasz ramène l'émotion.Et le plaisir de l'écoute dans un disque franchement ouvert, accessible, offrez-vous la folie de l'expérience.THE FIRM Atlantic 78 12391 *** Bon, vous y êtes.Un duo musclé Paul Rodger (Bad Co) et Jimmy Page (Led Zeppelin) qui font sauter le couvercle.Un vrai réveillon.Pourquoi une telle réussite'.' Tout simplement parce que la musique des Firm est la résultante quasi idéale de quinze ans de musique rock.Tout cela s'est agencé, décanté dans le cerveau des Firm pour mettre au monde cette musique qui mixe avec tellement de bonheur les débordements électriques d'un hard rock en épi.Ils ont le coup de main, le chic pour faire quelque chose en ne jouant plus la carte de l'héroïsme individuel, qui se resserrent autour d'une musique mis en boule, et cela ne fait que rendre leur musique encore plus compacte.Un disque taillé dans un rhythm'n blues bordé de riffs Alors quand ça tombe comme ça tombe, quand ça sonne comme ça doit sonner, c'est non seulement imparable mais c'est un vrai régal.SHANKAR «SONG FOR EVERYONE» ECM 1-25016 Un violoniste qui a de véritables facultés d'adaptation a toutes les musiques.Celle de l'Inde où il est né et le jazz moderne.Avec en plus quelques belles figures delà communauté des jazzmen: lan Garbarek, saxophones soprano et ténor.Zakir Hussain, tabla, congos, Trilok Gurtu percussions.Une musique bien enlevée et séduisante, invariablement pure et lumineuse.Ainsi le passage incessant de zones d'ombre à zones de lumière.Une image, une odeur jaillit au détour d'une phrase; changez de place et retrouvez l'ombre ou la lumière, et déjà la nostalgie de cette lumière vous habite.C'est qu'il convient de rester totalement impressionniste dans l'appréciation de ce disque.Parce que ce qui transpire avant tout c'est le don du groupe pour susciter cette jouissance magique.Voici donc un album à la gloire de la virtuosité qui aurait pu être agaçant, mais qui risque de faire fondre les amoureux du très beau violon.Michel Rivard nous un voyage de type «kiltirel» qui lui permet de comparer notre «kiltire» et la sienne.C'est d'un (passez-moi le mot) pissant et cela a fait la joie de tous ceux qui l'ont entendu sur place ou qui l'ont entendu par personne inter- JESSE GARON «ET L'AGE D'OR» IMPORT POLYDOR 823539-1 ** '/; Le printemps, c'est sûr, toutes les séquences de cet album seront idéales, musique dans la tète, pour tramer vos promenades de mai dans la ville qui reprend ses sens.Un disque qui marche à l'instinct où passe avec une aisance déconcertante du rock'n'roll, ou boogie.Les guitares toute réverbérations dehors, la basse qui claque la batterie swignante et un sax opportun qui complète parfois l'ossature.Contrairement à d'autres formations complètement et résolument revival, Jesse Garon forge ses propres compositions et dispense un son actuel et original.Jesse préfère le français à l'anglais afin d'écrire ses textes qui, bien que ne dispensant pas de messages, n'en racontant pas moins des histoires: Rockeurs tendres, les samedis soir, les filles et les petits matins.Un disque d'appartement, de party et pour le walkman, un bonne cassette de marche.C'est un bonheur que d'arpenter Montréal avec ça dans le crâne.Cependant un léger défaut, la production est un peu mince.posée, raconté le lendemain par ceux qui l'avaient entendu la veille.La radio et la télévision y passent aussi, sans oublier «L'onc'Pierre» dont il parodie la bêtise et celle de ses auditeurs.Un homme de talent_ Michel Rivard est un homme de talent et de talents.C'est chose rare.Plus rare encore est chez lui cette intelligence de faire profiter ses talents et de les exploiter pour en tirer le maximum et nous en faire profiter au maximum.Certains d'entre vous connaissent peut-être encore cette parabole biblique selon laquelle un père remettait à ses enfants une somme égale de talents, la monnaie de l'époque, et dont un seul avait su les faire fructifier.Cette allégorie s'applique parfaitement dans le cas qui nous occupe.Michel Rivard ne s'est pas contenté de s'asseoir sur ses talents, il ne les a pas non plus dilapidés.Il les a exercés, travaillés, polis et il le fait encore.À ce titre, il mérite déjà de faire partie des grands, ou de ceux que l'on identifie comme tels.Il est de la race des Leclerc et des Vlgneault d'ici, en plus moderne.Il est de la trempe des Brel, à qui il voue une grande admiration.Il est, de la génération des «baby-boomers», celui qui ressort en ayant quelque chose a dire avec les moyens de le dire et les «mots pour le dire».Que Michel Rivard réussisse à se faire entendre et à se faire écouter par un public à qui l'on ne sert, et qui ne semble intéressé que par des inepties, montre bien l'étendue de sa valeur et de son importance «kiltirelle».c y O z -I TO m-> KU-> \u2022O oo VIEILLIR Claire Dutrisac À L'HÔPITAL D'YOUVILLE.À SHERBROOKE La complémentarité: une réalité.La transformation de l'hôpital d'Youville ne fut pas uniquement matérielle; elle fut d'abord philosophique, sociale, psychologique et d'ordre administratif.La Direction a su mettre sur pied divers services qui sont à la disposition des autres types d'établissements ou d'organismes dans un but de complémentarité.La réadaptation_ La réadaptation joue un très grand rôle à Youville.Des programmes d'orientation à la réalité, d'orientation temporo-spa-tiale tendent à conserver à ceux et à celles dont la mémoire sombre le sens de la réalité.«Créer un milieu de vie actif avec des bénéficiaires lourdement handicapés physiquement et souvent affectés psychologiquement est un défi difficile mais réalisable», souligne le document où se trouve l'histoire récente de l'hôpital.Quelques exemples_ Parler d'humanisation, c'est bien; prendre les moyens d'y parvenir, c'est mieux.Ainsi, lorsqu'un bénéficiaire est inclus dans un programme, des rapports d'évaluation et une note indicatrice des disciplines sont inscrits au dossier afin d'attirer l'attention des membres du personnel de tous les quarts de travail et de toutes les spécialités.Un bénéficiaire, inclus dans le programme d'aide aux handicapés visuels, est dûment identifié et chaque intervenant auprès de lui saura comment procéder pour aborder cet aveugle ou ce semi-voyant.Par exemple, s'identifier en s'approchant de lui pour qu'il sache qui lui parle ou le touche.Certains employés vont même jusqu'à se bander les yeux pour faire l'expérience de se diriger dans le noir et pour mieux connaître les difficultés de l'aveugle.< S: 2! Le Comité des bénéficiaires Q - 5 Tous les hôpitaux de soins pro-< longés ont ou doivent avoir un , comité de bénéficiaires.En plus ;jj de jouer un rôle clé dans la dé-jy fense des intérêts des bénéficiaires, celui de l'hôpital d'Youville a réussi, par des délibérations très positives, à influencer la qualité de vie des membres qu'il représente en proposant des moyens pour améliorer les relations entre les bénéciaires et le personnel.11 personnalise l'accueil des nouveaux pensionnai- res, en suscitant l'apport intime des parents et amis et en faisant maintes suggestions pour permettre une meilleure socialisation à l'intérieur comme à l'extérieur de l'hôpital.À Youville, on se libère de la dépendance institutionnelle; on prend sa vie en main.L'hôpital est ouvert 21 heures par jour pour les familles des bénéficiaires.Non seulement celles-ci sont-elles mises à contribution mais «agissent très souvent à titre de consultants et de participants auprès des équipes interdisciplinaires avec lesquelles elles demeurent en étroite liaison».Quand on pense aux difficultés qu'on a, dans certains établissements pour connaître l'étal réel du malade qui est nôtre! À titre d'exemple de l'esprit qui règne à Youville, l'équipe de réadaptation a préparé un programme de «formation aux familles» qui, d'une part, renseigne les familles sur les séquelles d'un A.C.V.(accident cérébro-vasculaire) ainsi que sur la manière dont il affecte le comportement et les capacités fonctionnelles de ses victimes; d'autre part, on essaie de fournir des moyens susceptibles de renforcer l'appui moral et physique que les familles doivent apporter aux bénéficiaires.L'hôpital de jour_ L'originalité de la transformation de l'hôpital d'Youville vient surtout de ce qu'il a créé toute une gamme de services gérialri-ques axés sur la population âgée du territoire.Kl non seulement pour le profit des gens hospitalisés.Aussi, les 35 lits de réadapta tion, les 20 lits d'évaluation, les 20 places d'hôpital de jour, les consultations externes gériatri-ques visent une population qui peut être orientée, à long terme, vers un milieu autre qu'hospitalier.Selon une entente signée avec huit centres hospitaliers de courte durée, tout malade ayant subi un A.C.V., une fois son état stabilisé dans ces hôpitaux, peut être référé dans les plus courts délais à l'unité de réadaptation active à Youville pour y obtenir des services de réadaptation.Donc, ces hôpitaux ne redoutent pas de rester, selon le terme élégant consacré, «collés» avec des personnes âgées.Et même avec des plus jeunes! Une procédure d'admission rapide a été élaborée par le médecin responsable qui visite dans chaque centre hospitalier les malades atteints d'un A.C.V.ou d'autres pathologies requérant de la réadaptation.Ceux et celles qui demeurent hors murs peuvent, via l'hôpital de jour, bénéficier de services de réadaptation.Il joue un rôle important.On y trouve, outre les médecins, les disciplines suivantes: physiothérapie, ergothérapie, etc.Bien entendu, les bénéficiaires sont transportés soit par minibus adapté, soit par taxi.Un territoire de parcours a été délimité afin de ne pas dépasser soixante minutes de voyagement.Quand l'hôpital de jour reçoit une demande, le médecin et l'in-firmière-chef l'analysent et une visite à domicile est faite par un médecin.L'infirmière s'assure de la continuité du traitement au sein de la famille.Celle-ci doit collaborer et continuer les apprentissages.Il faut payer._ Une unité de réadaptation dans un centre hospitalier de soins prolongés ne relève pas de l'assurance-hospitalisation.Les bénéficiaires doivent débourser des frais durant leur séjour.«Malgré plusieurs promesses de fonctionnaires qui reconnaissent l'injustice faite à ces patients, la situation n'a pas encore changé.» Heureusement, on arrive à faire des arrangements avec ceux qui ne peuvent payer et aucun patient n'a jamais été refusé pour une question monétaire.Dans certains cas, l'obligation de devoir débourser des frais susciterait, au dire des thérapeutes, une plus grande motivation el serait même un l'acteur de succès dans la réadaptation! Dans ce service, les jeunes sont rares mais il y en a.«En général, il n'y a aucun problème majeur à faire cohabiter de jeunes handicapés avec des adultes ou des personnes âgées.Ce qui pose des problèmes, c'est la cohabitation d'handicapés physiques avec les personnes mentalement handicapées, quel que soit leur âge.» On affirme aussi, et il faut le retenir, que la possibilité de salariat pour les médecins semble avoir été un facteur déterminant dans la qualité de leur présence et les possibilités de recrutement.On voit que l'ensemble des services s'ouvrent sur la communauté et permettent souvent à ceux qui en profitent d'éviter l'hospitalisation.(la suite, samedi prochaine) LE COURRIER Chère Madame, J'ai manifesté beaucoup d'agressivité face aux foyers pour personnes âgées et l'étage pour malades «chroniques-dans les hôpitaux.Je m'étais bien jure que je n'y laisserais jamais ma mère y finir ses jours.La maladie a eu raison de mes résistances et je dus m'y résigner.Je m'adressai d'abord au département de santé communautaire de mon quartier.Une travailleuse sociale/ Francine Tousignant, m'a dirigée avec compréhension, compétence et célérité.Ce fut d'abord un hébergement temporaire; malheureusement, il m'a fallu demander un séjour permanent.Fort heureusement, les deux placements se sont faits au même centre d'accueil.Ma mère est décédée et, aujourd'hui, je voudrais exprimer ma reconnaissance au centre Eloria Lepage, qui l'a reçue.Je suis allée dans ce foyer presque à tous les deux jours et à différents moments de la journée, avant-midi, après-midi, en soirée et même tard le soir.Elle a séjourné au 1er, au 3e et au 4e étage.Pas une seule fois, je n'ai entendu un membre du personnel élever la voix, perdre patience face à un ou une pensionnaire.Contrairement à ce que j'ai vu et entendu à l'étage des malades «chroniques» dans un hôpital de la rive sud.À Eloria Lepage, tous avaient le sourire, la gentillesse, de la douceur et manifestaient beaucoup de chaleur humaine.Cette délicatesse se voyait à tous les paliers du personnel.Il y a des préposés de tout âge affectés aux soins des pensionnaires et chez tous j'ai rencontré le même dévouement.Ma mère s'est éteinte à l'hôpital Mai son neuve-Rose mon t.Là aussi, je lève mon chapeau au personnel.Il v avait 82 lits dans les corridors, le soir du 11 mars.On a pris soin de ma mère de 87 ans comme d'une enfant.Médecins et infirmières, qui étaient débordés, ont tenté tout ce qui était humainement possible pour la maintenir en vie et apaiser ses souffrances.De l'unité de choc, elle est passée à l'unité d'observation, puis à l'unité transitoire.Le mercredi, 13 mars, le neurologue, le Dr Jean Lachapelle, m'a fait demander pour rrf'entretenir de ma mère.Un médecin à l'urgence qui daigne me parler, alors là, je n'en suis pas revenue! On a traité maman de façon exemplaire, avec beaucoup de douceur et d'humanité.Merci! On adrtiM lo courrier à Clair* Dutritac La PraiM - PtUS 7, ru« Sain!-Jacquoi Montreal, Qui.H2Y 1K9 Mais je continue de croire que vieillir est un véritable purgatoire.Pas facile de trouver la solution idéale! En existe-! il une?Quand je visitais ma mère et que je voyais tous ces vieillards attendant l'heure des repas comme l'ultime activité de la journée, je trouvais cela excessivement pénible.Bien que l'on puisse voir et sortir les nôtres de 9h du matin à lOh du soir, croyez-moi, on ne se bouscule pas dans les corridors.On se console en se disant que c'est pire ailleurs.C'est une bien piètre consolation.Chère Madame, il faut continuer votre beau travail.Ne serons-nous pas, demain, les futurs pensionnaires de ces institutions?Hélène S.B.R.- L'appréciation que vous exprimez au DSC.au Centre d'Accueil et â l'hôpital Maisonneuve-Rosemonl, ne peut que stimuler le personnel! La reconnaissance ne court pas les rues.Hélas, oui.vieillir est triste.Mais un seul moyen existe d'éviter la vieillesse: mourir jeune.Nous trouvons tous que c'est trop radical.Il faut dire aussi que l'on ne vieillit pas tous de la même façon et que ces années de la vie sont, pour beaucoup, une phase sereine.La meilleure, parfois.Seul, l'amour constitue la bonne solution.Mais l'abandon des personnes âgées par leur famille est fréquent.et les fait mourir plus vite! Quand on est vieux, ce n'est pas, contrairement â tout ce que l'on dit.d'être utile qui fait vivre, mais d'être aimé el d'aimer.À Odette M.- Plutôt que de répéter mes propos au sujet du supplément de revenu qui serai! accordé à des religieux, religieuses, je répondrai plus tard à votre question el essaierai de me doc uni en te r da vantage.À A.C.V.- Non.la dame dont vous parle/ ne m'a jamais récrit.J'ignore donc où elle demeure.L'aurais-je su que je me serais toujours refusée â servir d'intermédiaire entre les personnes qui m'ont écrit dans le même sens que vous et cette dame.J'aurais, avec la permission de ma correspondante, demandé à un centre de services sociaux de s'occuper de ce cas qui fut sympathique à plusieurs de mes lecteurs et lectrices.Je profite de l'espace qui me reste aujourd'hui pour demander à nouveau à mes correspondants de ne pas m'envoyer d'en-veloppe-retour affranchie, afin d'avoir une réponse personnelle. Simone Piuzè' Les mains dans la terre Un gros lombric rose apparaît montrant ses anneaux, délogé de sa retraite par mon coup de pelle.11 se tortille, fuyant le danger.Et hop, je creuse ailleurs, enfouissant ma pelle dans cette belle terre noire qui recevra bientôt la semence.Des sueurs perlent a mon front.Je travaille fort puisque mon jardin potager est immense! Je l'ai voulu ainsi afin de pouvoir manger, même l'hiver prochain, de ces délicieux brocolis, haricots ou choux-fleurs que j'aurai congelés en septembre et de ces tendres betteraves marinées avec amour à la même époque.Sans parler de ces tomates qui ne se congèlent pas, elles, mais qui entrent dans la composition du savoureux ketchup que l'on déguste toute l'année, ou des fines herbes \u2014 basilic, persil, cerfeuil, thym ou romarin \u2014 aux parfums subtils qui rehaussent la saveur de nos plats.Et puis, quel plaisir de faire son jardin! Je ne connais pas de meilleur remède à la tristesse, de meilleur antidote contre le stress! Chapeau sur la tète pour se protéger le crâne des rayons du soleil, pantalons amples et pieds chaussés de sandales ou d'espadrilles, on retourne la terre, on lui enlève ses mauvaises herbes, on la ratisse, puis on trace les sillons.Parfois un oiseau particulièrement beau daigne nous faire admirer ses couleurs \u2014 ce fut le cas samedi dernier alors qu'un merle à vendre orange est venu se poser fièrement sur la terre retournée avant de tirer comme un entêté pour sortir un ver à quelques pas de moi, tandis que je retenais mon souffle! Quel plaisir de toucher la terre de ses mains nues, de prendre tout son temps, de se sentir en accord avec la nature, de sentir aussi que l'on participe étroitement au cycle mystérieux de la germination.Le» jardins communautaires Dans le village où j'habite maintenant, la plupart des gens font leur jardin potager.Certains commencent d'ailleurs à semer dans des bacs à l'intérieur de la maison, dès le mois d'avril.Des petits semis qu'ils replantent dans le sol à la mimai ou plus tard, dépendant de la température \u2014 on doit semer dans la terre dès que le danger de gel est passé.Mais à Montréal, qu'en est-il?Et comment arriver à se faire un jardin, si petit soit-il, direz-vous, lorsqu'on n'a même pas de place pour s'asseoir dehors?Depuis dix ans, en bonne mère ingénieuse, la Ville de Montréal Dans un des jardins communautaires, les jardiniers amateurs s'activent à préparer la terre pour les semailles.met à la disposition des citoyens \u2014 pour la modique somme de $7 \u2014 6 667 parcelles de terrain mesurant chacune 10 pi.x 20 pi.Ces petits jardins sont réparties dans 78 emplacements, terrains vacants ou sections de parcs qu'on a emplis d'une riche terre noire destinée à être ensemencée.«Evidemment la Ville a disséminé ses jardins communautaires là où existaient les terrains vacants.On comprendra aisément pourquoi le centre-ville est peu garni en jardins communautaires! Par ailleurs, quelques parcs offraient cette année des jardins à louer: je dis bien «offraient», puisque la location pour l'été qui vient est déjà terminée, la demande ayant été très forte depuis «1», explique Jocelyne Trudeau des «Jardins communautaires» de Montréal.L'organisation marche si bien qu'elle a une liste d'attente de 500 personnes.Cinq cents personnes qui auraient aimé cultiver leur parcelle de terre cet été.Mais il fallait s'y prendre tôt, «dès janvier ou février», dit Jocelyne Trudeau.Vous désirez, vous aussi, vous transformer en maraicher et faire pousser vos radis et vos concombres?Faites votre demande dès maintenant! Il se peut que, l'an prochain, vous soyez du nombre des heureux élus.Sachez également que vous pouvez grossir la liste des jardins communautaires qui se trouvent dans les parcs de Montréal.Pour ce faire, vous n'avez qu'à vous regrouper \u2014 minimum de 15 personnes \u2014 et à signer une pétition demandant à ce que tel ou tel parc comprenne, lui aussi, sa section réservée au jardinage.Il se peut qu'on acquiesce à votre demande.Ce fut le cas pour les parcs Saint-Marc et Étienne-Desmarteaux, par exemple.Qui dit communautaire dit communication.Forcément.«Voilà cinq ans que je loue un espace au jardin communautaire Dupéré, dans l'est de Montréal, dit Lucille Asselin, la cinquantaine joviale et le corps alerte.Cette année, on n'a même pas eu be- soin de retourner la terre; c'est la Ville qui s'en est occupé.La terre est si riche, qu'il s'avère impossible de ne pas récolter de beaux légumes! » Et la jardinière de rire, ajoutant que tout le monde est gentil au jardin communautaire.«Les gens s'entrai-dent, se donnent mutuellement des conseils, s'offrent même pour prendre soin de votre potager si vous partez en vacances pour quelques jours.Le jardin communautaire, c'est le lieu pour prendre contact avec la terre en compagnie de gens qui vont même parfois jusqu'à vous offrir de leurs légumes à la fin de l'été!» Lucille Asselin ne tarit pas d'éloges sur cette nouvelle façon de se pourvoir en légumes frais à bon marché.Elle avoue cependant que les règles sont strictes au Jardin Dupéré.Ainsi, le gardien du lieu tient \u2014 «et il a raison», dit-elle \u2014 à ce que chaque parcelle soit bien entretenue et que les mauvaises herbes soient arrachées régulièrement.De plus, afin de ne pas cacher la lu- mière du soleil aux autres légumes, il est défendu de planter du maïs.Saviez-vous qu'il existe au Québec 70 sociétés d'horticulture regroupant 30 000 horticulteurs?Et qu'environ 1 million et demi de personnes s'intéressent à l'horticulture, sans toutefois faire partie d'aucune société?Ces chiffres m'ont été donnés par Paul Poullot, président de l'excellente revue «Le loisir horticole» publiée par la «Fédération des sociétés d'horticulture et d'écologie du Québec».C'est avec joie que M.Poullot m'annonce l'ouverture des concours provinciaux de jardinage individuel ou communautaire «Paul-Poullot» et «Laure-Thivierge», lancés depuis quatre ans pour encourager la culture des légumes et stimuler les jardins com-munauteires.Premier prix: $400 (potager communautaire) et $200 (potager individuel).Date limite d'inscription: 1er août 85.Pour information: Jardins communautaires: (514) 727-1416.F.S.H.E.Q.: (514) 252-3001.c y o z 3 4- Aux Éditions La Presse Comptoir de vente: 44, Saint-Antoine Ouest oo < es 5 < < OU ?- z to D o et il»
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