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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La Presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1985-07-06, Collections de BAnQ.

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[" lËspSofËssÎonnËl^^TvjsÎ^T\"! GREICHEet scaff OP'OMIIBISTf ' 28 SUCCURSALES 336-33301 montréal, le samedi 6 juillet 1985 LE COSTA RICA: UN AUTRE LIBAN?Le Costa Rico «sMI en train de se transformer en un autre Liban?C'est la question que l'on se pose à ia lecture du texte de Jacques Lemieux oui fait le point sur la situation de ce pays qui a Ions-temps été considéré comme une oasis de paix dans une région troublée.UN HOMME DEFER Dans le cadre de notre Concours de journalisme 85/ Robert Gauthier a rencontré un véritable «homme de fer».Il s'agit de Robert Bernier, un athlète montréalais qui a participé au Bud Light iron-man Triathlon World Championship, à Hawaii.LE NOUVEAU BOB DYLAN Notre chroniqueur Jean François Doré nous présente un Bob Dylan transformé.Il s'est construit un «empire burlesque*.Dylan accuse/ dénonce» courroucé, ce que l'Amérique malade a fait de ce petit gars sain en l'envoyant au Vietnam.Selon Doré/ dix chansons à écouter, entendre/ décortiquer, analyser, aimer, apprécier, tant pour les textes que pour la musique.victor hugo et nouvelles frontieres vous invitent à paris pendant son centenaire.LA NOUVELLE FAÇON DE VOYAGER INCUIS AVION MONTRÉAL-PARIS A/R VALIDITÉ MAX PERMISE 711 JOURS 6 NUITS/HÔTEL A PARIS 2 ÉKXES BASE DOUBLE UNE ENTREE A UNE EXPOSITION DE VICK» HUGO ET LE T-SHIRT \"HUGO CEST GEANT\" nouvelles m frontières 3.du 4 juillet au 4 septembre 3^i^M^sîS^«(«?i.K Qo(MC 1130, boul.de Maisonneuve a 288 600.boul.de Maisonneuve e.8421450 tant flou do I'ex1éfleu( : I 800-361-2133 LES PHOTOS DE la presse René PJcard 3 «O 5 LU < O to 3 s! Souvenir de vacances Que ce soit à la mer, au lac ou à la piscine du parc municipal, l'enfant est une source d'inspiration pour tout photographe amateur ou professionnel.Son rire, sa tristesse, son enthousiasme, sa naïveté, sa spontanéité et sa simplicité sont autant de souvenirs que peut capter l'appareil photo.Gardez votre appareil à portée de la main pour pouvoir saisir ces scènes qui deviendront encore plus précieuses s'il s'agit de vos enfants.Ils grandissent si vite.La photo ci-contre a été prise à Atlantic City en 1970.Quinze ans déjà.Bonnes vacances et bonnes photos.Fiche technique Appareil : Rolleif lex 2 V< x 2V* Viles}*; l/125e Ouverture: F/22 Pellicule: 400 ASA Le cinéma de la peur La peur rapporte.À ceux qui la font naître, bien sûr.Mais pas n'importe quelle peur! Celle qui provoque de gros frissons lorsque vous mangez du pop-côrn, celle qui, en somme, n'a pas de dénouement malheureux pour celui qui la vit.La peur dont on parle ici n'est prémisse ni de blessure saignante, ni de mort, ni même d'agression; elle ne suscite que des battements de coeur, à la rigueur quelques sueurs froides, deux ou trois cris étouffés peut-être, sans plus.C'est une peur viscérale plus ou moins profonde, pouvant se transformer en terreur \u2014 dépendant des individus \u2014 et que l'on paye au guichet avant de pouvoir la vivre à l'abri, assis plus ou moins confortablement dans un fauteuil de cinéma ou dans son salon.Il existe une industrie organisée pour fabriquer et vendre de la peur, comme on fabrique et on vend n'importe quel autre produit.Elle a ses fournisseurs attitrés, ses contextes cinématographiques multiples,, un public habitué, des circuits de salles spécialisées.Mais quels sont véritablement les tenants et les aboutissements de ce qui est maintenant convenu d'appeler «l'industrie de la peur», une industrie rentable, à couleur américaine, et qui n'a pas à rougir face à celles du rire, de la beauté, du caoutchouc, des ordinateurs ou de la construction?Quel est le dénominateur commun à «The Exorcist» de William Friedkin, «Jaws» de Spielberg, «Carrie» de Brian De Palma, «Psycho» d'Hitchcock, «Alien» de Ridley Scott ou «Halloween» de Tobbe Hooper?Et pourquoi aimons-nous avoir peur?Une certaine attirance frissonnante pour le monstre__ Selon toute évidence, il semblerait que les hommes soient incapables de se passer de stupeur et de cruauté.À travers les siècles, l'humanité a manifesté une certaine attirance frissonnante pour le monstre.Chez les Grecs, les mythologies foisonnent d'êtres étranges \u2014 sagittaires, centaures \u2014 et le Moyen-Àge n'est pas en reste avec ses «danses macabres de squelettes vivants», ses loups-garoux et ses «sorcières».Qu'on survole les.Une industrie qui vit du besoin de sueurs froides ¦ ¦ siècles et les continents, découvrant les statues de l'Ile de Pâques, les nombreux bras de Vichnou (Inde) ou les masques nègres, toujours on retrouve cette persistance, ce besoin du monstre dans les croyances humaines.Même le christianisme ne se débarrassera pas tout à fait de cette attirance pour le hideux ou ie terrifiant: Jonas avalé par la baleine, Daniel dans la fosse aux lions, dragons et monstruosités (mi-hommes, mi-animaux) de l'Apocalypse.L'histoire, par ailleurs, pullule de monstres au pouvoir et de gouvernements qui, dans la cruauté et l'horreur, réussissent à dépasser les limites de ce que la littérature nous avait montré de barbarie et de sadisme raffiné à la Sade: Néron, Caligula, Hitler ou Pinochet, les Français en Espagne, les Anglais en Inde ou en Afrique du Sud, les Espagnols au Pérou, les Américains au Vietnam ou lés Romains dans leurs cirques, tous démontrent qu'il existe sur terre une tradition de haine et de violence avec laquelle les tribunaux des hommes se sont montrés la plupart, du temps très indulgents.Si les romanciers se sont inspirés de leurs voisins de palier, de légendes et de superstitions pour écrire des oeuvres fort rentables \u2014 inspiré de Vlad Tepes Dracula, prince de Valachie au XVe siècle, le roman «Dracula» de Bram Stoke a été édité 22 fois en Grande-Bretagne! \u2014 où l'horreur transpire, une horreur qu'on aime bien même si elle peuple par la suite nos>rêves, le cinéma regorge lui aussi de monstres physiques ou moraux, de climats inquiétants, déroutants et qui ne sont, finalement, que l'écho de nos angoisses.L'écho peut-être aussi de ce qui s'agite sous le masque faussement rassurant du monde.Un genre a donc été créé: le «cinéma fantastique», appellation plus juste, il me semble, que celle de «l'horreur» a connotation plutôt péjorative \u2014 en effet, on peut avoir peur («Psychose» d'Hitchcock, par exemple), sans être horrifié ou écœuré comme c'est le cas avec les films où l'horreur est gratuite, où il y a exploitation du macabre pour le macabre.Selon les historiens du cinéma, le «fantastique» serait la confusion de l'imagination et de la réalité, le choc, en quelque sorte, du réel et de l'imagination.Est fantastique, disent-ils, tout ce qui dérange et souvent inquiète, tout ce qui se réfère au rêve, tout ce qui se défie de l'expérience, du raisonnement et de la logique, tout ce qui sort des sentiers battus de la science, qui voit dans la nuit, prospecte l'inconscient, croit plus aux élans du coeur ou au déchaînement des instincts qu'aux déductions de l'intelligence, tout ce qui ne cherche pas à rassurer.Qui fait peur, finalement, puisque nous plaçant face à l'Inconnu, dans différents contextes possibles: psychologique («Répulsion» de R.Polanski, par exemple), parapsychologique («Car- rie» de Brian De Paima), science fiction («Alien» de Ridley Scott) ou carrément d'horreur («Texas Chainsaw Massacre» de Tob Hooper, ou «Visiting Hours» de J.-.C.Lord).Le cinéma fantastique matérialise en quelque sorte sur l'écran nos peurs et nos espoirs les plus profonds.Angoisse de perdre sa nature humaine, de n'être plus qu'un être rejeté et combattu par la société, peur devant son inconscient («Dr Jekill and Mr.Hyde» de Sheldon Lewis a eu 15 versions cinématographiques différentes! ), sa sexualité (vampires), ses difformités, sa violence (éventreurs ou chasseurs d'hommes), peur de l'anormalité, de la folie ou d'un cataclysme, mais espoir de survie, de cette victoire sur la mort qui ferait de l'homme l'égal des dieux.Pour cette immortalité, l'homme est prêt d'ailleurs à se damner («Faust»), à devenir assassin («Frankenstein»), a accepter sa monstruosité («Dracula»).Ces aspirations sont inconscientes mais constituent des forces à définir clairement par les réalisateurs de films fantastiques.D'où la variété et la richesse des formes thématiques exploitées sur l'écran, véritables piliers de base de «l'industrie de la peur»: vie/mort, bien/mal.instinct/raison, anthropomorphisme/bestialité, nature/ science, humain/mécanique.Mais il y a un hic: le tout doit être crédible! Ce n'est qu'à cette seule condition que le regard de «L'Étrangleur de Boston» sur sa victime et celui du spectateur sur lui-même se rejoindront.Ainsi le miracle, si l'on peut dire, se produira: il y aura malaise du spectateur déchiré entre sa projection dans le monstre en qui il voit son double et la distanciation que lui impose la tournure moralisatrice du schéma de l'intrigue.Ainsi le frisson de l'angoisse, si proche de celui du plaisir sexuel et ressenti en toute «tranquillité» dans l'obscurité, naîtra.Par l'extraordinaire évpntail de ses perversions, le cinéma fantastique donne, par ailleurs, à voir au spectateur ce qu'il n'osera jamais faire ou subir.Et ce paradoxe est libération, tentation de toucher le fond de son être.Cette notion de liberté parait bien être l'explication principale du succès du fantastique.Dès l'instant où le vertige saisit le spectateur, le réalisateur peut amener ce dernier où il veut, dans les lieux les plus horribles et les situations les plus angoissantes.Hitchcock aimait dire qu'il ne dirigeait pas les comédiens mais les spectateurs, avec ses gros plans obsessionnels de visages ou d'objets, avec le mouvement de la caméra, avec surtout le montage qui peut détruire ou reconstruire un film.«Sans gros plan, sans visage, pas de suspense, pas de terreur», écrit Gérard Lenne dans une étude sur le cinéma fantastique.Friedkin l'avait bien compris lorsqu'il réalisa, en 1973, son ¦ Exorcist» ! Moi-même je n'avais pu quitter mon siège durant la projection du film, repas indigeste de bave, de pus vert, de sang, d'yeux révulsés, de rictus et de ricanements diaboliques.Je savais que cela n'était qu'invention, mais mon coeur battait fort et la nuit qui suivit en avait été une de terreur, puisque la possédée m'avait «accompagnée» jusque chez moi.Décidément ce Friedkin avait choisi les bons ingrédients: sujet séduisant, décor efficace, effets spéciaux très au point et comédiens convaincants, particulièrement cette fillette de douze ans qui jouait le rôle de la possédée, voix d'homme lubrique aidant.Le délire de Friedkin allait être un c en O z > r- en m O g S3 oo Une scène de ¦ The Exorcist », un film de William Friedkin.00 \\ r Pour apprivoiser la mort, des monstres concrets «4 -,M g z o succès au box-office: $139 millions.Une sorte d'exutoire_ «L'angoisse de la mort, c'est l'angoisse fondamentale.On la traîne toute notre vie, dit Paul Frappier, psychologue et professeur à l'UQAM.Mais c'est une peur «apprise» et qui reste souvent au niveau du sentiment, étant rarement conceptualisée par l'individu.Auparavant les hommes avaient peur de l'enfer.Aujourd'hui, cette peur a disparu, mais on veut maintenant apprivoiser la mort, la maîtriser en l'objectivant \u2014 un des rêves des romanciers est d'arriver à bien parler de la mort.C'est ici qu'intervient le cinéma fantastique qui offre quelque chose de concret à se mettre sous les yeux.» Pour le psychologue, le film fantastique permet au spectateur de s'identifier au héros de l'écran, un héros qui se bat avec des phénomènes, des monstres ou des cataclysmes, et de devenir lui-même «héroïque \u2014 vainqueur», ou «victime» du mal qui vient de l'extérieur (esprits et revenants, par exemple).«Dans plusieurs films, dit Paul Frappier, la femme pousse le héros à aller au-delà de ses forces, la femme étant la représentation de l'âme humaine, sorte de complément du conscient, virginale, le côté Athéna.Elle met l'homme au défi: ce dernier se bat pour elle et la rage, la rancoeur lui permettent d'aller jusqu'au bout, de mettre de l'ordre finalement dans le chaos.» Mais le cinéma fantastique nous met également en contact avec nos monstres intérieurs, devenant une sorte d'exutoire à nos pulsions agressives, un remède à la banalité du quotidien où, habituellement, on se sent impuissant à changer les choses: «Le quotidien est frustrant,» dit-il, et l'on sait qu'une accumulation de frustrations et un sentiment d'impuissance mènent à la violence, une violence que plusieurs personnes extirpent d'elles-mêmes à l'aide du cinéma fantastique où cela «bouge», saigne, meurt, ressuscite, crie et hurle.» Si historiquement les périodes révolutionnaires ont toujours été des périodes de grande peur \u2014 peur de ne pouvoir se réserver un confort matériel ou spirituel, peur du désordre et de l'instabilité quels qu'ils soient, à cause de leur potentiel d'inconnnu \u2014, trouvant par le fait même un champ d'expression idéal dans le fantastique, de tous temps la peur de cataclysmes a été ressentie par l'homme.Aujourd'hui, on a une peur de plus: cel- Le cinema de la peur le que nos monstres technologi- Jues se retournent contre nous., cet égard, «Alien», du réalisateur britannique Ridley Scott est un petit -chef-d'oeuvre du genre.La critique, tant américaine qu'européenne, a d'ailleurs louange ce film.«Scott a réussi avec «Alien», écrit la journaliste Francine Laurendeau, à nous faire peur dans un contexte de science-fiction, même si, à priori, la science-fiction ne soit pas le cadre rêvé pour un film d'épouvante.Cette idée de suspense en plein navire cosmique a dedans de vous et qui vous dépossède de vous-même?En regardant «Alien», le spectateur se regarde comme dans un miroir.«Il y a les films qui nous font oublier la mort \u2014 les films drôles \u2014 et ceux qui nous plongent carrément dedans! » dit Frappier.Et le psychologue de parler de cet engourdissement de l'homme devant les choses qu'il croit inéluctables, ces choses que le cinéma d'épouvante lui jette en pleine face.«Les films d'horreur ont pour fonction de faire sortir l'adrénaline, de faire vivre in- rer à la fois leur libido et leur énergie psychique.Les adolescents ressentent à un haut niveau l'excitation, la surprise.Mais la peur ne les effleure pas tellement, je crois! Les garçons, en particulier, sont cependant fascinés par les effets visuels, la technique déployée pour rendre plus crédibles les histoires d'hommes-animaux ou de'vampires.» Il y a, parait-il, des caractéristiques communes chez les gens qui réagissent le plus aux films à caractère aversif.Après avoir C'est avec d'inoffensives perruches que Hitchcock a réussi cette scène de terreur.un résultat convainquant.» Ridley Scott, en effet, enferme la peur dans les boyaux d'un vaisseau isolé dans le noir sans fond du cosmos.Une peur primaire, viscérale, irrépressible, irraisonnée.Une peur vécue par quelques jeunes Américains, hommes et femmes en déroute malgré les pouvoirs presque illimités que leur accorde l'électronique, malgré la protection de leur vaisseau, ouvrage le plus symbolique de l'intelligence et de la technicité.Ils sont impuissants face à l'immonde bête polymorphe qui se tapit dans l'espace de l'invisible, puis agrippe de ses tentacules gluants la matière vivante.et s'y glisse.Quoi de plus affolant que l'inévitable union avec cet ennemi lové au- tensément, comme au temps de l'enfance.» Selon Frappier, cette mort étalée sur l'écran nous rapproche de la vie: «plus on sent, plus on vit».Et quand il y a contact avec quelque chose d'intérieur, il y a frisson, tremblement.Public-cible: les jeunes De son côté, Janine Corbeil, psychologue et mère de deux adolescents, affirme que, selon elle, le processus d'identification avec le héros de l'écran jouerait peu chez les jeunes, public cible des films fantastiques.«Les jeunes aiment ces films, dit-elle, parce qu'ils leur permettent d'avoir accès à ce qui est tabou, troublant, diabolique, et de libé- analysé en laboratoire l'intensité du stress psychologique produit par un film à caractère aversif chez différents individus, R.Lazarus, psychologue américain, en déduit que le degré de réaction varie selon la personnalité du sujet.Ainsi ceux qui réagissent le moins au film aversif seraient des sujets ambitieux, rusés; confiants, impulsifs, égo-centriques et énergiques.Et ceux qui réagissent le plus seraient des sujets plutôt modérés, mûrs, attentifs aux autres et maîtres d'eux-mêmes.Les résultats de l'analyse de Lazarus ont tellement intéressé les étudiants du collège Bréboeuf de Montréal, que ces derniers décidaient récemment de faire une recher- che ayant pour but de «savoir» s'il y avait des caractéristiques communes chez les gens qui disent aimer voir des films d'horreur».Après avoir divisé trente sujets (15 filles et 15 garçons âgés de 17 à 19 ans) en trois groupes selon leur goût quant à ces films («positif, indifférent, négatif»), puis avoir soumis les sujet' à la même procédure, c'est-à-dire inventaire des craintes, suite de diapositives dites aversives pendant laquelle la fréquence cardiaque des sujets fut prise, il en est résulté, entre autres, que ce sont les filles qui disent aimer les films d'horreur qui ont le plus de peurs, peurs reliées surtout au corps humain.«Les sujets féminins, affirme un étudiant, semblent aimer les films d'horreur parce qu'elles peuvent ainsi être confrontées à leurs peurs et, inconsciemment, les combattre et les vaincre momentanément.Par ailleurs les garçons qui disent Aimer ces films s'en serviraient pour se défouler de leurs pulsions agressives non acceptées en société.Pulsions agressives qui sont innées selon Freud.Sachant que chez les animaux, ce sont les mâles qui s'adonnent le plus aux attaques et aux combats, et que la société n'accepte pas de telles actions chez ses citoyens, on peut alors comprendre l'utilité des films d'horreur.» Et leur énorme succès aux box-office! Champions sur le marché US-Canodo_ La revue américaine de cinéma «Varicty publiait en 83 une liste exhaustive des champions du box office (marché U.S.-Ca-nada), c'est-à-dire la liste des films qui, depuis leur premier jour de projection aux États-Unis et au Canada, ont rapporté aux distributeurs au moins $4 millions.Parmi ces films à succès, ceux du domaine du fantastique figurent en excellente place il va sans dire! Voici quelques films de peur, d'horreur ou de terreur champions au box-office: Jaws, réalisé par S.Spielberg en 1975, produit par R.Zanuck et D.Brown et distribué par Universal, a rapporté $133435000.The Exorcist (W.Friedkin, 1973; Warner Brothers): $88600000.Young Frankenstein (M.Brooks, 1975, M.Gruskoff; Fox): $38823000.Alien (R.Scott, 1979; Fox): $45000000.Klng-Kong (J.Guillermin, 1976; Paramount): $36915000.Earthquake (M.Robson, 1974, U.): $36250000.Poltergeist (T.Hooper,.1982, Spielberg /F.Mars- \"min.h m ! nap\u2014¦fpfwiiii)ii| Hill 11mÊmKKÊmmmmmmmmmmÈKmmKmm Fantastique et horreur sont les champions du box office -m.¦¦ \u2014inn i- MB i WHÊÊÊÊêKKÊÊÊêKHÊÊÊÊÊÈëWmWÊÊ hall; MGM/UA.): $36175949.Halloween (J.Carpenter, 1978, D.Hill; Compass): $18500000.Rosemary's Baby (R.Polanski, 1968, VV.Castle; Paramount): $15000000.Psycho (A.Hitchcock, 1960; Par./U.): $11200000.Le monde du vidéo quoique fort jeune, a, lui aussi, sa liste de champions de la peur.Ici toutefois, il serait toutefois plus juste de parler excluivement «d'horreur».Une horreur qui porte les noms de: Opéra de la terreur (1700 cassettes achetées par les clubs vidéo chez M.P.A., le plus important grossiste vidéo du Québec situé à Côte-Vertu), Les Vendredi i3.Eye Ball (un maniaque qui s'amuse à arracher les yeux des femmes avec un couteau! ), La Nuit de la terreur et The Plummer (on devine aisément l'histoire).Qui a réalisé ces films?«Cela importe peu aux clubs vidéo qui s'alimentent Ici, dit Denise Roy, de M.P.A., et qui, souvent, achètent une cas- sette- pour l'aspect terrifiant de sa pochette! Il ne faut pas oublier que la pochette est le 1er contact qu'ils ont avec le i produit, lequel, espèrent-ils, leur donnera des émotions fortes dans leur salon.» À Brossard, le club vidéo P.M.attire un grand nombre de gens qui, pour la somme de $3, peuvent louer L'Opéra de la terreur ou Halloween.Daniel Morency, codirecteur de ce club, dit que les 14/20 aiment voir le sadisme illustré à l'écran.«Le marché de l'horreur en vidéo est fort prisé par les jeunes parce qu'ils ont l'impression de participer à la boucherie! » Les femmes seraient, elles aussi, fort friandes de ce genre de films qu'elles visionnent probablement en compagnie de leur compagnon.Peut-être ont-elles, elles aussi, besoin de sensations fortes qui les laisseront cependant Intactes à la fin dé la projection, est-il permis de se démander.Comment parler de champions de l'horreur sans mentionner deux films réalisés par des Canadiens et qui ont été fort goûtés, pour ne pas dire dévorés par les friands de l'horreur à l'état brut, mais qualifiés par la critique de «films d'exploitation du morbide»: Visiting Hours, réalisé par Jean-Claude Lord en 1982 et produit par Pierre David et Victor Solnicki, et Scanners, réalisé en 1981 par le maitre des films d'horreur David Cronen-berg, et produit également par Pierre David et Victor Solnicki.D'abord «Scanners».L'histoire est effroyable: parce que des femmes ont absorbé un produit chimique particulier pendant leur grossesse, les enfants nés d'elles sont dotés, souvent à leur insu, de dons extra-sensoriaux pouvant devenir des armes redoutables.Un savant recrute un rejeton parvenu à l'âge adulte pour lutter contre un de ses con- génères qui veut réunir ses semblables pour dominer le monde.Les «Scanners», super-cerveaux, font saigner du nez, troublent les ordinateurs et font éclater la tête de certaines personnes! Tourné à Montréal au coût de $4,5 millions, «Scanners» a connu un lancement foudroyant avec des recettes totalisant $2758157 dans 387 cinémas à travers les E.-U.et le Canada pendant son premier week-end à l'écran! Somme qui représente une moyenne de $7100 par salle, soit la plus importante recette jamais obtenue par Avco Embassy Pictures et les Films Mutuels (dont le président est le Montréalais Pierre David) à New York, Los Angeles et Toronto.La publicité disait: «Il y a quatre billions de gens sur terre; 237 sont des «Scanners».Ils ont des pouvoirs terrifiants et ils gagnent.» Cela a marché au-delà de tout espoir.Un spectateur de Montréal, Maurice Devreau, écrivait dans le courrier aux lecteurs d'un quotidien: «Le film «Scanners» est si puissant qu'il vous fait littéralement vibrer de toutes vos cordes sensibles.Le spectateur a l'impression d'être directement impliqué dans le drame qui se déroule à l'écran.L'impression de vivre, pour une fois dans sa vie, le «fantastique».Les effets spéciaux sont très impressionnants; surtout durant la scène montrant la tête d'un homme en train d'éclater.» Tout est là.Ce témoignage vaut les mille mots qui me serviraient à analyser la cause du succès des films d'horreur.Mais de quoi est donc fait l'univers de leurs réalisateurs?Qui est Cro-nenberg, ce cinéaste canadien qui pèse le plus lourd dans l'industrie de la peur?Ce Torontois qui passe son temps à imaginer les pires horreurs à mettre en scène dit se sentir optimiste surtout.«C'est parce que je me sens si bien que je fais exploser des têtes, comme n'importe quel jeune Américain en santé rêverait de faire», confiait-il à un reporter du Toronto Star lors du lancement de «Scanners».«Je n'aime pas la violence et quand je ne tourne pas, je mène une vie très bourgeoise dans une maison de style victorien.» On pourrait ironiser en disant que ce «Dr Jekyll» bien sympathique se transforme en «Mr.Hyde» derrière la caméra, aidé, bien sûr, de toute une équipe d'artistes de l'horreur, dont Dick Smith qui s'est occupé des effets visuels de «Scanners» (c'est lui qui avait réalisé les incroyables maquillages pour «The Exorcist» et -Little Big Mail»).Pour sa part, le réalisateur de Visiting Hours, Jean-Claude Lord («Les Colombes», «Bingo», «Panique»), semble tout aussi paisible que ne l'est Cronenberg.Une différence cependant entre lui et son confrère: Lord n'écrit pas de scénarios d'horreur, il se contente de réaliser à la lettre ce que d'autres imaginent de plus-que-rentable au box-office.Tel ce «Visiting Hours», histoire d'un psychotique qui, avec un couteau tue des patients d'un hôpital ainsi qu'une journaliste de télévision.Sorti simultanément dans 1100 salles de cinéma, le film a récolté $16 millions au box-office.«Sans compter, dit Lord, les recettes de télévision payante, des cassettes vidéo et du marché étranger, recettes quasi impossibles à connaître véritablement!».La fabrication du film avait par ailleurs coûté $5° millions et sa publicité $4 millions.Si «Visiting Hours» a été vilipendé par la critique: «Cette sorte de déchet cinématographique, écrivait John Dodd dans un quotidien anglophone, peut engendrer encore plus de violence au sein de notre société et encourager les viols et autres crimes envers les femmes», il a cependant permis à Jean-Claude Lord de «prouver qu'il était capable de réaliser un film qui marche».Ce film lui a aussi permis de pénétrer dans le marché américain.En grande.Désormais, son nom est connu de la mecque hollywoodienne.D'ailleurs, la puissante compagnie Fox vient de faire appel à lui pour réaliser \u2022 Frankenstein* d'Edith Rey et David Prestone.Un «Frankens-tein» qui n'a rien à voir avec l'autre, de Mary Shell (1817), porté, celui-là, une cinquantaine de fois à l'écran et faisant la gloire de l'acteur Boris Karloff.Seul point commun entre les deux créatures: leur aspect monstrueux.Un aspect monstrueux que le public payera, encore une fois, pour voir en couleurs.«Notre public cible pour «Frankenstein»: les 14/20 ans», dit Jean-Claude Lord, ajoutant que les jeunes sont particulièrement avides de sensations for- ;s tes, et cela depuis plusieurs gé- c nérations! Se considérant com- -me le plus nord-américain des S cinéastes québécois: «Pour cer- ^ tains c'est un péché, pour d'au-très c'est une qualité», dit-il.m-Lord aime travailler avec les r Américains, même si le domaine on dans lequel il est cantonné de £ puis quelque temps est celui, ju- m gé fort sévèrement par ses 2 pairs, de l'horreur.Cependant, il o est actuellement à fignoler avec £ des «gens de Montréal» cinq ou p six projets de cinéma.De fort ™ beaux projets, qui n'auraient pu _ voir le jour sans sa participation g à «Visiting Hours», et à «Fran- wi kenstein».Que celui qui est sans péché, lui lance la première pierre.?*¦ Le cinéma de la peur Les choses vont en cercle et ce n'est plus le cycle des films d'horreur, mais celui du film policier et de la fantaisie! Ridley Scott et les unicornes ! Je me suis vite rendu compte que j'allais avoir des problèmes avec cet article sur «l'industrie de la peur» quand le publicitaire de Fox me dit : « Ce que c'est dépassé! * Et ça, de la compagnie qui a distribué « Alien » de Ridley Scott! « Ridley Scott», me dit-on à son bureau à Burbank Studios où il doit s'installer bientôt à la suite y André Guimond À HOLLYWOOD de son contrat avec Columbia Pictures, «est à Londres en ce moment en post-production de son dernier film « Legend », une histoire au sujet d'un personnage nommé Jack 0' The Green et de ses aventures mythiques avec toute une panoplie de lutins, fées, elfes, farfadets et unicornes».Le film sera distribué par Universal cet été.«Vous pouvez toujours lui téléphoner à Londres », me dit la gentille secrétaire, en me donnant le numéro de téléphone, «il est très gentil et accessible mais je soupçonne qu'il ait d'autres choses en téte».En d'autres mots, il apparaissait plutôt inopportun de déranger quelqu'un dans sa salle de montage parmi ses «lutins, fées, elfes, farfadets et unicornes » pour lui parler de monstres et de films d'horreur.! J'ai subtilement laissé tomber.William Friedkin, le réalisateur de «The Exorcist », tourne un film appelé « To Live and Die in L.A.», au sujet de deux agents du ministère du Revenu qui deviennent emmêlés dans tout un monde de violence et de corruption au sein des mondes interlopes de Los Angeles, à son agence, William Morris, on me dit succinctement que M.Friedkin ne donne jamais d'interviews, ni en personne, ni au téléphone (je m'en souviendrai à la sortie de son film), et on prend bien soin de préciser que «Live and Die in L.A.» n'est pas un film d'horreur.Spielberg?Au bureau de sa compagnie, Amblin Entertainment, on me dit qu'il est sur les lieux de tournage de deux de ses productions , «Back To The Future», l'histoire d'un jeune garçon qui voyage dans le temps, et «Goonies», au sujet d'un groupe d'enfants qui se retrouvent dans Le policier et la fantaisie détrôneront-ils l'horreur?une aventure comique et pleine de magie.Ce n'est pas « Poltergeist*! Les deux films sont dsitribués depuis peu; «Back To The Future» par Universal, et «Goonies» par Warner Bros.John Carpenter, le réalisateur de « Halloween » et de «The Thing », semble en avoir un peu marre de se voir presque exclusivement associé au genre des films d'horreur alors qu'il a écrit et réalisé une grande variété de films.Pour ce sujet précis, les films d'horreur, il n'a tout simplement pas voulu donner d'interview.« Carpenter a dit «non», me dit la publicitaire de Columbia Pictures, le distributeur de «Starman», le dernier film de Carpenter, un film d'aventures et de romance à la promotion duquel il semble se concentrer en ce moment.Le film fonctionne très bien aux guichets.Jeff Bridges a reçu une nomination comme meilleur acteur.Il est plus que compréhensible qu'il ne veuille mêler les cartes en ramenant son image de réalisateur de films d'horreur.Je l'avais rencontré à l'occasion de la sortie de Jeff Bridges, un extra-terrestre qui trouve l'aventure et l'amour sur la Terre dans « Starman >.\\ John Carpenter, le directeur de ¦ Starman \u2022 «Starman».et il avait alors discuté de son film favori: «Je ne peux vraiment dire si «Starman» est mon film favori.J'aime mes films pour des raisons différentes.C'est probablement mon film le plus doux.Mais je suis aussi très fier de «The Thing », que je considère peut-être comme le meilleur exemple de mon travail, quoique j'aime penser que «Starman» l'est aussi.Mon favori, vraiment, c'est « Assault On Precinct 13», un film d'action réalisé en 1976.J'ai alors eu la réputation d'être un réalisateur de film d'action.Aux États-Unis, j'ai vite eu une réputation de réalisateur de films d'horreur avec « Halloween*.Eh bien, depuis « Halloween ».j'ai fait «Elvis», la vie d'Elvis Presley, pour la télévision.J'ai fait des films de science fiction.Malgré tout ça, on a tendance à vous percevoir d'une certaine façon comme on associe toujours Clint Eastwood avec Dirty Harry.On m'offre toujours ces films d'horreur, mais je considère avoir fait une grande variété de films.Mon genre favori, vraiment, c'est le western.J'adore les westerns et mon film favori est «Rio Bravo».Je ne m'attendais jamais à ce que «Halloween» soit aussi populaire d'autant plus que les premières critiques étaient extrêmement négatives.Heureusement, on m'offre finalement des choses différentes», de dire Carpenter qui ne sait pas ce que sera son prochain film.Croit-il que le courant des films de science fiction durera longtemps?«Tout se dérouie en cycles», répond-il.Brian de Palma?Il semble que le peu de succès de «Body Double», un espèce de érotico-suspense-policier, l'ait un peu refroidi.«Il ne veut tout simplement pas accorder d'interview», mè dit-on.En ce moment, il se prépare à tourner «Wise Guys», sa première comédie en cinq ans.Oublions les films d'horreur pour le moment! Joe Dante.Le réalisateur d'un des grands succès de l'été dernier, « Gremlins* (aussi produit par Spielberg), travaille en ce moment à la réalisation de « Explorers*, pour Paramount.Prévu pour une distribution cet été, \u2022 Explorers* est l'histoire de trois garçons de 13 ans qui construisent leur propre vaisseau spatial à partir de pièces de ferraille trouvées daus un dépotoir.Joe Dante avait bien voulu répondre à mes questions mais des problèmes de tournage de ce film au budget de $25 millions l'en ont finalement empêché.Rencontré à l'occasion de la sortie de « Gremlins* un peu plus tôt dans l'année, Joe Dante s'était ainsi exprimé: « J'aime penser que mes films traitent de la fantaisie et du supernaturel.Ce que J'aimerais vraiment faire, c'est un western mais, malheureusement, il ne semble pas y avoir aucun financement pour un western en ce moment.» Avec Carpenter et Dante intéressés dans )es westerns, qui sait ce que sera le nQuveau courant. Longtemps considéré comme une oasis de paix dans une région troublée, le Costa Rica éprouve de plus en plus de difficultés à se maintenir en marge des conflits qui déchirent les autres pays d'Amérique centrale.Les élections présidentielles doivent avoir lieu dans moins d'un an, le gouvernement social-démocrate du président Luis Alberto Monge est aux prises avec une vague d'agitation sociale qui pourrait, à court terme, dégénérer en violence larvée.l Jacques Lemieux ÀSAfeJOSE À cette crise sociale viennent se greffer des pressions de plus en plus insistantes de l'administration Reagan qui souhaite que le Costa Rica épouse sa politique «musclée» à l'égard du Nicaragua.Ces pressions américaines semblent plus que jamais mettre en péril la politique de «neutralité perpétuelle, active et désarmée» que le président Monge s'acharne à défendre depuis sa proclamation en novembre 1983.¦ Au moins 15 personnes, dont deux Américains, deux Britanniques et un Français, ont été arrêtées, fin avril, par les autorités costariciennes, lors d'une descente effectuée dans une hacienda, au nord du pays, près de la frontière nicaraguayenne.La garde rurale, qui a perquisitionné de nombreuses armes, a laissé entendre que les individus agissaient à titre de conseillers auprès des «contras» antisandi-nistes.La ferme était propriété de M.John Hull, citoyen américain qui a eu de nombreux démêlés avec la justice costaricienne, en raison de la collaboration qu'il offrirait aux contras.Aux termes d'une enquête récente, M.Monge avait lui-même conclu qu'aucune activité suspecte ne se déroulait sur la ferme de M.Hull.¦ Le gouvernement costaricien a pris livraison en avril d'un lot d'armes fournies par les États-Unis.L'équipement comprend des mortiers, des mitrailleuses, des lance-grenades de 40 mm, des fusils d'assaut M-16, un hélicoptère de transport Hughes 500, un avion Cessna 206, ainsi que des patrouilleurs.La Constitution de 1949 proscrit la création Le Costa Rica est aspiré par la tourmente centre-américaine d'une armée dans le pays.Les autorités insistent toutefois pour dire qu'il s'agit de «matériel dé-fcnsif ».¦ Dans le cadre d'un stage de 10 semaines, des conseillers militaires américains ont initié au Honduras 45 gardes civils costa-riciens à des techniques contre-insurrectionnelles.Le Costa Rica possède déjà une brigade antiterroriste, entraînée, entre autres, par des conseillers américains, israéliens et ouest-allemands.En compagnie de 16 conseillers militaires américains, qui sont arrivés en mai au Costa Rica, ces 45 gardes formeront à leur tour 750 individus dans une base militaire récemment aménagée au nord-ouest du pays, à moins de 15 kilomètres de la frontière nicaraguayenne.Le président Monge avait jugé, l'an dernier, «inopportune» la venue de ces conseillers américains.« Suisse de l'Amérique centrale»_ Ces bruits de bottes insistants à la frontière nord font craindre que le Costa Rica ne soit à son tour aspiré par la tourmente centre-américaine.Chose certaine, les beaux jours sont maintenant terminés pour ce pays surnommé flatteusemeni «la Suisse de l'Amérique centrale».Le Costa Rica n'a surtout pas volé cette réputation: le pays n'a jamais connu l'esclavage.Depuis 120 ans, ses habitants disposent d'un système d'éducation gratuite et obligatoire, tandis qne les taux d'analphabétisme et de mortalité infantile se comparent facilement à ceux observés dans les pays occidentaux.Les Costariciens jouissent, par ailleurs, d'un niveau de vie deux fois plus élevé qu'ailleurs en Amérique centrale et la structure sociale y est, de loin, l'une des plus équilibrées d'Amérique latine.Depuis 1949, les élections ont eu lieu régulièrement tous les quatre ans, et les Ticos, comme on surnomme les Costariciens, sont fiers de dire au visiteur étranger que dans leur pays «le président meurt toujours de vieillesse; jamais assassiné! >.Cris» économiquo_ Mais depuis quelques années, le consensus socio-politique, qui avait permis aux Ticos d'édifier photo Reuter Le 10 juin dernier, des étudiants attaquaient à coups de pierres l'ambassade du Nicaragua, à San José, lors d'une manifestation pour dénoncer les incursions de l'armée de ce pays dans le nord du Costa Rica.en paix une société modèle, s'est dangereusement effrité.Les Costariciens s'entendent en général pour attribuer cette détérioration à la situation de l'économie.Latente depuis plusieurs années, la crise économique a éclaté au grand jour en 1982, au moment où le Parti libération nationale (PLN, membre de l'Internationale socialiste) de M.Monge a accédé au pouvoir.Depuis le milieu des années 70, le pays déboursait constamment plus d'argent pour régler sa facture pétrolière ainsi que ses produits de luxe importés de l'étranger.Parallèlement à ce phénomène, le pays percevait de moins en moins de devises sur le marché mondial pour ses exportations de café, de coton, de sucre et de bananes: poumons de l'économie.La raison en est fort plus Éditeur Roger D.Landry Coordination Paul Longpré Responsable des chroniques: Pierre-Paul Gagné Tél.: (514) 285-7070 Page couverture: Jean Bruneau Mise en page: Jacques Gagnon Fernand Marcotte Collaboration Philippe Barbaud Jean Basile Berthio Jean-François Doré Claire Dutrisac Robert Gauthier Serge Grenier André Guimond Gérard Lambert Yves Leclerc Mario Masson Simone Piuze Toronto Michel Labrecque Vancouver Daniel Raunet Moncton Achille Michaud Mexico Francis Pisani Managua Jacques Lemieux San Salvador Edith Coron Washington Jean-F.Lisée Rome Jean Lapierre Bruxelles Claude Moniquet Chypre Robert Pouliot Tokyo Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau Publicité Responsable dos cahiers spéciaux Manon Chevalier Secrétariat Micheline Perron Tél.: (514) 285-7319 U\"> oo \u2014% ¦o 5 UJ I 1/5 simple: les prix internationaux de ces produits se sont tout simplement effondrés au cours des dix dernières années.Alors qu'il y a dix ans l'exportation de 22 quintaux de café permettait au pays d'acheter une jeep, aujourd'hui il doit exporter 83 quintaux de café pour se procurer le même véhicule.Autre exemple: l'exportation d'un quintal de sucre rapporte aujourd'hui 50 fois moins de pétrole qu'il y a 10 ans.Tout n'est pas imputable à la récession mondiale.Selon Julio Ju-rado, député du PLN, «la principale erreur commise par le gouvernement a été de ne pas couper à temps dans les importations superflues»; Pour une foule de raisons, explique-t-il, le gouvernement a préféré retarder ce scénario.Il a couvert le déficit croissant de la balance commerciale en se lançant dans un programme d'emprunts à l'étranger.Résultat: de 1978 à 1982, la dette extérieure est passée de $830 millions US à $4 milliards US.De 1980 à 1982, le colon (unité monétaire) a enregistré une dévaluation de 500 p.cent par rapport au dollar américain.A la fin de 1982, l'inflation plafonnait à 82 p.cent, tandis que le produit intérieur brut (PIB) s'était affaissé de plus de 7 points.Parvenu à cette étape, M.Mon-ge a sonné la fin de la récréation.Il a pris un train de mesures susceptibles de séduire le Fonds monétaire international (FMI) et, surtout, l'Agence internationale de développement (AID) des États-Unis.A lui seul, l'organisme du gouvernement américain a, en trois ans, versé 634 millions de dollars US dans les coffres de l'État costaricien.Aujourd'hui, le président Monge crie victoire.Et jusqu'à un certain point, il est en droit de le faire: le PIB s'est accru en 1984 de 6,6 p.cent, l'inflation a été ramenée à 12 p.cent, les exportations ont connu une hausse de 10,8 p.cent et 44000 nouveaux emplois ont été créés.Lorsqu'il évoque l'année 1982, M.Monge ne se cache pas pour dire qu'il a eu « peur, très peur pour l'avenir du pays.(.) Maintenant, trois ans plus tard, je me tourne la tête, regarde en arrière, et je me dis: nous avons réalisé un miracle! » £ Un miracle coûteux *- Z Mais.le miracle, tel qu'il le re-9 connaît', a été réalisé au prix de .«sacrifices inqualifiables».De-jg puis trois ans, le gouvernement a £ sabré les programmes de soins sociaux.Il a augmenté les taux d'intérêt.Il a réduit les salaires réels.\u2022 Il a levé certaines barrières doua- nières et encouragé l'investissement étranger.Bref, le gouvernement a administré au patient un remède bien amer.L'impact de cette politique se fait plus que jamais sentir aux quatre coins du pays sous forme de malaise social.Six personnes ont été blessées et 102 autres ont été arrêtées, récemment au sud-ouest du pays, après que des effectifs de la garde rurale eurent pris d'assaut une hacienda qui était occupée pacifiquement par des paysans sans terre.L'agitation est constante dans cette région située près de la frontière panaméenne depuis que la compagnie bananière américaine «United Brand » a annoncé, au début de l'année, la fin de ses opérations et le licenciement de 3000 ouvriers agricoles.La situation a atteint d'autant plus facilement le point de saturation qu'un très fort pourcentage des terres de cette zone fertile est concentré entre les mains de quelques grands propriétaires fonciers.La colère gronde aussi dans la capitale.Il y a un mois, des habitants du quartier Guadalupe ont érigé des barricades dans les rues en signe de protestation contre le manque d'eau potable.De violentes altercations se sont produites entre les habitants et la police antiémeute.Autre problème crucial: celui du logement.En novembre dernier, plusieurs dizaines d'habitants de bidonvilles de la capitale ont.observé pendant 17 jours une grève de la faim pour forcer le gouvernement à faire quelque chose.La grève a pris fin après que le gouvernement se fut engagé à apporter une solution immédiate au problème.Six mois plus tard, les mêmes familles, regroupées au sein de trois grands comités, ont entrepris une nouvelle grève de la faim, «jusqu'à mort s'ensuive s'il le faut», pour que le gouvernement respecte son accord.Officiellement, le déficit national est de 91000 logements.Signe des temps: pour la première fois en 20 ans, le mouvement syndical, composé de cinq grandes confédérations, a défilé en front commun à l'occasion du 1er mai.Les manifestants ont surtout protesté contre la politique économique du gouvernement qui, selon eux, «vise à maintenir les privilèges d'une minorité dé riches, même s'il faut pour cela sacrifier le modèle social costaricien, lequel a, depuis 40 ans, permis de préserver la paix dans le pays».Ils ont également tenu à dénoncer « l'agression que les États-Unis s'apprêtent à lancer contre la révolution nicaraguayenne à partir du Costa Rica, en flagrante violation de la neutralité du pays.» Aide militaire US_ Les États-Unis, qui avaient repris en 1981 leur faible aide militaire au Costa Rica, après une interruption de près de 15 ans, auront en 1984 et 1985 versé près de $18 millions US pour la modernisation de l'équipement des gardes rurale et civile, qui tiennent lieu d'armée dans le pays.Le gouvernement américain a dû, en mars de cette année, amender la clause 660 de «l'Acte d'aide étrangère» de 1961, qui interdit aux Etats-Unis d'entrainer les forces policières d'autres pays.Cet amendement avait pour but de permettre l'entraînement au Honduras des 45 membres de la garde civile, la- pendant vite convertie en une organisation dont l'humanitarisme semble être la dernière préoccupation.Noyautée par plus de 2000 militants du «Mouvement Costa Rica libre» (anticommuniste), l'organisation est en effet mainte-lant rien de moins qu'un groupe paramilitaire d'extrême droite et antisandinistc.Le ministre de la Sécurité publique (Intérieur), M.Benjamin Pi-za, un des fondateurs du «Mouvement Costa Rica libre», fait des pieds et des mains pour convaincre la presse internationale que son pays n'est pas en train de créer une armée.Ce renforcement du dispositif de sécurité répondrait, selon M.Piza, à la nécessité de défendre le «régime démocratique».«Défendre notre régime démocratique contre Rodrigo Jauberth Rojas, un des plus grands penseurs de la gauche costaricienne, est convaincu que le Costa Rica se dirige rapidement vers un régime autoritaire.\u2022 Au Costa Rica, dit-il, la dynamique sociale interne, combinée aux intérêts géopolitiques régionaux des Américains, accélère le développement d'un processus de militarisation s'inscrivant dans le cadre de la doctrine de la sécurité nationale.» Il souligne la prolifération des groupes paramilitaires qui sont maintenant au nombre de 15 dans le pays.«Ces véritables armées privées, ajoutc-t-il, se sont déjà rendu responsables de la mort de plusieurs personnes qui avaient osé dénoncer la présence au nord du pays de contre-révolutionnaires nicaraguayens.» états-unis Qolfe\u2014dii MEXIQUE 7Aexic\\ut zOcéan^ :guatemala< ^tel salvadc ^mhz^fntilles- -Océan- NICARAGUA; COSTA RICA -^rpANAMÂ- IQ-km-\u20141000\" ue COLOMBIE bresil W quelle, officiellement, est un corps strictement policier.Selon le dernier numéro de la très sérieuse revue «The military balance», publiée à Londres, les gardes civile et rurale comptent 9800 hommes.L'équipement actuel sera remis aux volontaires de «l'Organisation pour les urgences nationales» (OPEN) qui sera intégrée au Système costaricien de sécurité à titre de force de «réserve publique».L'OPEN, selon les sources, compte de 5000 à 10000 membres.Elle a été créée en 1983 pour faire face & des situations extraordinaires : tremblements de terre, inondations, etc.Au fil des mois et des conflits de travail, elle a été ce- quoi?» se demande Sergio Erick Anion, député socialiste à l'Assemblée nationale, qui fait remarquer que les actions terroristes sont demeurées au cours des dernières années un fait relativement isolé dans la vie politique du pays.M.Piza s'est finalement vu contraint de rectifier le tir et de,reconnaître, en février, que cette militarisation du Costa Rica avait plutôt à voir avec la situation au Nicaragua.Après avoir qualifié ¦ le régime marxiste-léniniste du Nicaragua de menace pour la souveraineté nationale costaricienne», il a ajouté que le gouvernement sandiiii.ste représentait un «danger latent» pour la sécurité interne de son pays.Les contras sont de la partie C'est un secret de polichinelle que depuis environ deux ans les contras nicaraguayens disposent de camps en territoire costaricien.La nouvelle a depuis longtemps fait le tour du monde, mais bon nombre de fonctionnaires du gouvernement de M.Monge refusent toujours de se rendre à l'évidence.Il est vrai cependant que les Services de renseignements américains (CIA) n'ont pas hésité à soudoyer de hauts fonctionnaires \u2014 y compris des ministres \u2014 du gouvernement de M.Monge, d'après des révélations faites l'an * il! * J .iban ?j t ?i MNÉ dernier par la chaine de télévision ABC et le quotidien «Washington Post».Pourtant à Ciudad Quesada.pe-tite ville située à 100 kilomètres au nord de la capitale, les contras peuvent être vus déambulant nonchalamment près du parc central.Cet endroit est même en passe de devenir la plaque tournante du trafic d'armes en Amérique centrale.Le marché est en grande partie alimenté par des combattants de l'Alliance révolutionnaire démocratique (ARDE) d'Eden Pastora qui sont las de piétiner dans les jungles du sud-est du Nicaragua.Le quotidien «La Prensa Libre» publiait le 29 avril le témoignage de deux anciens combattants de l'ARDE.«Au Costa Rica, disait l'un d'entre eux, on peut acheter n'importe quoi, depuis un pistolet jusqu'à des missiles ou des hélicoptères.» Et, toujours selon ces sources, les prix sont imbattables.À titre d'exemple, une mitraillette AK-47 ou un pistolet de 9 mm peuvent être acquis pour à peine $400 US.«Les armes, ajoutaient-ils, sont vendues aux communistes et aux non-communistes.Des gens viennent même du Salvaldor pour acheter de l'équipement destiné à la guérilla! » Le Nicaragua: un bouc émissaire?_ La question des relations avec le Nicaragua risque bien d'être un des thèmes principaux de la prochaine campagne électorale.Cette importance accordée au Nicaragua est en grande partie le produit d'une campagne concertée de la presse costaricienne.D'un anticommunisme militant, les trois grands journaux de San José \u2014 La Nacion, La Republica et La Prensa Libre \u2014 ont soumis depuis trois ans la population à un véritable bombardement idéologique.D'une manière insidieuse, la presse axe sa campagne sur quatre grands points : ¦ Le gouvernement totalitaire du Nicaragua a des propensions expansionnistes et agressives.Il constitue par conséquent une menace pour la démocratie costaricienne.¦ Il essaie par tous les moyens de mousser au sein de la population un sentiment naturel de solidarité à l'égard des contras, lesquels sont décrits plus souvent qu'autrement comme des «combattants de la liberté».¦ il s'acharne à fomenter un climat de «crise politique» au Costa Rica et insiste pour que le gouvernement soit «implacable» envers ceux qui cherchent la destruction des institutions démocratiques.¦ Outre les sandinistes, ces «en- nemis» de la démocratie coslari cienne sont représentés par les partis de gauche, les syndicats et les groupes populaires.Le gouvernement doit donc agir d'une façon impérieuse et bannir ces organisations qui constituent «une cinquième colonne du communisme international».Consciemment, la presse a réussi à créer un mouvement d'opinion publique qui, à moyen terme, ne peut que porter atteinte à la politique de neutralité du président Monge.M.Monge avait d'ailleurs déclare l'an dernier au quotidien parisien «Le Monde»: \u2022 Nous avons ici des fous, particulièrement dans la presse, qui voudraient nous voir en guerre avec le Nicaragua.Ils seraient d'ailleurs les premiers à se réfugier à Miami si ça devait tourner mal.» Selon un récent sondage d'opinion publique réalisé auprès de 1041 personnes, 61 p.cent des Cos-tariciens interviewés «appuient toujours » la politique de neutralité, bien que 66 p.cent croient que cette dernière «doit être abandonnée en cas d'agression nicaraguayenne ».Par ailleurs, 84 p.cent des personnes interviewées disent avoir une «opinion défavorable» du gouvernement sandinis-te et 73 p.cent d'entre elles affirment que le Nicaragua «représente une menace» pour le Costa Rica.Enfin, 46 p.cent de ces mêmes personnes croient que les États-Unis doivent fournir de l'aide aux contras.San José et Managua maintiennent toujours leurs relations diplomatiques, mais la présence des rebelles antisandinistes, à cheval sur la frontière, est susceptible de semer la confusion et d'accroitre inutilement les tensions entre les deux pays.Et pour l'instant, le Costa Rica ne peut tout simplement pas se permettre de chasser les contras de son territoire.De l'avis de tous les observateurs, cet hypothétique geste d'apaisement du Costa Rica à l'égard du Nicaragua serait automatiquement suivi de représailles américaines.De toute façon, une telle décision du gouvernement de M.Monge présupposerait le règlement d'une foule de différends qui empoisonnent les relations bilatérales.Réfugiés Les autorités costariciennes semblent, entre autres, très préoccupées par le flux de Nicaraguayens qui, jour après jour, viennent se réfugier au Costa Rica.Quotidiennement, de 50 à 80 Nicaraguayens, selon San José, franchissent illégalement la fron- Cette photo a été prise au début de juin dans un camp de réfugiés nicaraguayens, au nord du Costa Rica.re trop tôt pour le dire, bien que l'état actuel de la démocratie costaricienne fasse craindre le pire chez^s ebsërvateurs \u2014 encore nntnBtx r-1 qui^-oyaient que les \u2022instmmorft de cWpays étaient assez solidement'enraeinées pour résister au passage du cyclone régional.Certaines mauvaises langues affirment même que, de par leur caractère explosif, les divers ingrédients composant l'échiquier politique costaricien pourraient, avant longtemps, convertir ce pays en une sorte de Liban de l'Amérique centrale.Cette réputation, il va sans dire, serait alors beaucoup moins enviable que celle de la «Suisse de l'Amérique centrale».?tière entre les deux pays.Un bon nombre d'entre eux sont des jeunes qui ont abandonné le Nicaragua pour échapper au service militaire obligatoire.La majorité de ces réfugiés sont toutefois des paysans pauvres qui vivaient dans des.zones de guerre.Plusieurs informations font état de l'existence d'un réseau de «coyotes», ces Individus qui, comme à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, se chargent de faire passer les gens d'un pays à l'autre, moyennant le versement d'une somme d'argent pouvant atteindre jusqu'à $300 US.Officiellement, on compte près de 20000 réfugiés nicaraguayens au Costa Rica.En revanche, près de 200000 autres y vivraient dans l'illégali- té, d'après le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les jéfu-giés.Cette réalité tragique, qui représente un défi majeur pour le Costa Rica, aide à comprendre les hésitations de M.Monge face au Nicaragua.Le ministre des Communications, M.Armando Vargas, tient à mettre une chose au clair à ce sujet: «La neutralité est un concept militaire.Mais idéolo-giquement, moralement et politiquement, nous ne sommes pas neutres.» La question est maintenant de savoir si les querelles idéologiques avec le gouvernement sandi-niste sont en soi une fin ou seulement le prélude à des événements beaucoup plus graves.Il est enco- c en O Z 3 sr r- O C o Oo f ninif if uni mm M let X^râ dercher à plier l'athlétisme (lire le sport) un régime de modération obligatoire c'est poursuivre une utopie.Ses adeptes ont besoin de la liberté d'excès.» \u2014 Pierre de Coubertin Le triathlon d'Hawaii : 2,4 milles de nage, 112 milles de vélo et 26,2 milles de course à pied.D'un trait.Seul contre la montre.Excessif?Démesuré?Impensa- co o \u2014i -o 5 LU (/> g z o ble?N'empêche.Lors de la huitième édition en octobre 1984, ils furent près de 8 000 à s'inscrire au Bud Light Ironman Triathlon World Championship.Seulement 1 200 purent participer (suivant un mode de sélection tenant compte du calibre, de la nationalité, du groupe d'âge, etc.).Quand Robert Bernier se proposa de participer à cet Everest (et pourquoi pas l'ivresse) des épreuves d'endurance physique, il n'en était pas à ses premières armes.Ancien coureur cycliste de l'équipe nationale sur route, ce Montréalais de 31 ans avait déjà pédalé beaucoup plus de milles que les 112 exigés pour l'épreuve de vélo.En revanche, il n'avait jamais terminé un marathon et encore bien moins nagé 2,4 milles en plein océan.Le Triathlon d'Hawaii débute par un coup de pistolet donné à 7 h dans la ville touristique de Kai-lua-Kona.Les nageurs plongent dans la baie de Kona, elle qui se maintient au mois d'octobre aux alentours des 85° F.Le délai accordé pour ces 2,4 milles de nage: deux heures quinze.À la sortie de l'eau, les triath-loniens (le mot n'est pas dans le dictionnaire) s'empressent d'enfourcher leur vélo pour une course de 112 milles.Là-bas, ils font demi-tour jusqu'à la ville de départ et effectuent un dernier droit de huit milles jusqu'à Keauhou.Lors de cette course, les cyclistes subissent l'effet de la chaleur causé surtout par les champs de laves noires séchées, affrontent des vents oscillant en- Robert Bernier a prouvé qu'il est un «homme de fer» JI!*iiUi?}>M;!Srg>«;siJte> \\ photo Armand Trot tier, LA PRESSE Jusqu'à ce jour, te sport est le compagnon de toute la vie de Robert Bernier et ses nombreux trophées et médailles témoignent de l'ardeur qu'il y met.tre 10 et 35 mph et endurent une humidité oppressive de 80 p.cent.Délai accordé pour cette épreuve (calculé à partir du départ à 7 h) : dix heures trente.Les jambes sont lourdes, mais il faut effectuer le deuxième et dernier transfert: le marathon.Cette épreuve fait toujours des ravages sur des organismes déjà éprouvés par la nage et le vélo.Le parcours emprunté est le même qu'un vélo mais demeure beaucoup plus réduit.Délai total pour ces trois épreuves : dix-sept heures.Le triathlon (il en existe de beaucoup plus petits) n'est pas une discipline olympique.Celui d'Hawaii est le plus en vue internationalement.Or, il en coûte $100 pour s'y inscrire (plus séjour et frais de voyage personnels).Les gagnants ne reçoivent aucun prix en argent, si ce n'est la notoriété sportive que confère le titre attribué à tous les finis- sants (antes) de ces 140,0 milles : l'étiquette d'Ironman.Objectif: terminer Ie' Canodien_ Avant de se lancer dans N nui man, Robert Bernier avait une quinzaine de triathlons d'inscrits à son registre (saisons 83-84).Que ce soit au Québec, dans l'est du pays ou aux États-Unis, il en aura gagné six d'entre eux.Or, quand on se dévoue corps et âme au triathlon, il apparaît presque nécessaire pour un athlète d'aller se mesurer aux meilleurs à Hawaii (qui pour l'heure sont américains).\u2022 Du 15 avril au 4 octobre 1984, j'ai nagé 15 km, pédalé 350 et couru 80 km par semaine.Je ne calcule pas le temps alloué aux compétitions du week-end, là où je me défonçais littéralement», commente cet athlète aux yeux bleus et aux cheveux châtains.La préparation pour l'Ironman diffère substantiellement de celle d'un triathlon où les distances sont réduites de moitié (ceux qu'on appelle aux États-Unis « Tinman » triathlon).En vue de l'Ironman, un fabricant de cycle lavallois, Giuseppe Marinoni, lui a fait don d'un cadre de vélo neuf, plus $200 d'argent de poche.«Je suis arrivé à Hawaii le 23 septembre 1984.Là-bas, j'ai bénéficié des judicieux conseils des triathloniennes professionnelles Sylviane et Patricia Puntous (Montréalaises établies en Californie).Mon but après tout, c'était de terminer 1\" Canadien et de me classer parmi les 20 meilleurs», affirme cet homme au visage plutôt maigre.Le jour de l'épreuve, il se lève à 4 h.Il absorbe alors un copieux repas.À 6 h, c'est le marquage à l'encre de Chine (inscription du numéro 163 en couleur noire sur ses bras et sur ses cuisses).À 6 H 15, il inspecte la mécanique de son vélo pour la dernière fois.Voici d'ailleurs le récit de sa course : Ce matin-là du 6 octobre 1984 dans la baie de Kona, en attendant le départ, je me réconforte en me disant qu'après tout, ce parcours de 2,4 milles de nage ne m'est pas étranger: je l'ai fait quatre fois à l'entraînement.Parmi les 1 200 participants, l'expérience retirée de triathlons précédents me conseille de me placer au milieu du groupe: la natation, c'est ma faiblesse.Le départ est enfin donné.J'entreprends la plus longue \u2014_\u2014r .-.\u2022 Ce rèportose est te troisième d'un nroopè de six aœ LA PRESSE a retenu» dans le cadre de son Concours de jour nallsmeSS.Le concours était ouvert à deuK groupes d'éfu-dîunts en communications de l'untvorstté Laval et de l'UGAM.L'auteur, Robert Gauthier, termine un baccalauréat es-arts en journalisme à l'université Laval.H s'intéresse plus particulièrement à la question sportive ef à l'athlétisme.épreuve sportive de ma vie d'athlète.Même si je peine un peu pendant la nage, je me dis que c'est Je meilleur moment de fa journée car la chaleur ne nous assomme pas encore, elle que je redoute tant.Or voici que la jetée de Kona approche.Je sors de J'eau après 1 heure 16 minutes 7 .secondes.Je suis 509e.Pas d'énervement: mon épreuve de prédilection, le vélo, me permettra de combler un retard certain.À la sortie de l'eau, je mets près de trois minutes a me sécher, a enfiler mon cuissard et à soulager ma vessie.Avant d'entreprendre la course de 112 milles, je me ravitaille en fruits et en liquide.Dès le départ, une côte abrupte m'oblige a mettre le 42 x 19 (petit bra-, quet).En filant vers Hawi, un mai de dos me tracasse.Je m'efforce de ne pas y penser, c'est probablement la natation qui en est responsable.La stratégie employée pour le vélo demeure simple: en m'alimentant régulièrement, je dois être apte a mastiquer sans éprouver un trop grand essoufflement.Même si je dépasse quantité de cyclistes, le doute m'accompagne.Je pense notamment à tous ceux qui ont taxé mon projet de trop ambitieux ou d'insensé.Pas question toutefois d'abandonner, il n'y a qu'un seul et unique essai.J'arrive enfin à Hawi (demi-tour).Avec un vent de dos, j'enroule facilement le 53 x J5 et le 13 (gros braquets).Les milles passent et le paysage ne m'enchante guère.Dans le dernier droit menant a Keauhou (transfert vélo \u2014 course à pied), je mets la pédale douce: je ne désire pas arriver avec les jambes gonflées a bloc avant l'ultime épreuve, le marathon.À ma descente de vélo, le sentiment d'avoir bien fait m'enveloppe.Non seulement j'avais dépassé plus de -100 coureurs, mais ma performance semblait honnête: 5 heures 29 minutes 57 secondes (moyenne horaire, 20 m pli).Pour le dernier transfert, Je prends le temps d'appliquer des diachylons sur mes orteils afin de prévenir les ampoules.Me voilà sitôt reparti et bon sang qu'il fait chaud! Dès le début du marathon, je ressens une crampe derrière le genou.Je prends alors le temps de m'étirer et m'efforce de rester calme.C'est que cette çha.-leur est accablante.For intérieur: «Relaxe, Robert, il te res- te encore beaucoup de milles à parcourir.Tu en as dépassé plusieurs et tu as déployé quantité d'efforts.Applique-toi à faire des foulées souples et efficaces.Respire lentement.» Je décidai donc de prendre ça \u2022 mille par mille.Vaut mieux un marathon plus conservateur que de claquer par un coup de chaleur.Or, dix milles avant l'arrivée, des symptômes de déshydratation se manifestent: absence de sueur, vue embrouillée, picotements éprouvés dans le bout des doigts.Pas de chance a prendre.À la station du Ï61 mille, je somme les bénévoles de m'arroser partout sur le corps.J'Irai même jusqu'à insérer de la glace dans ma culotte courte ainsi que sous ma casquette (motif: refroidir les excès de chaleur corporelle).Le village de Kona approche, enfin.Le public nous applaudit.La ligne d'arrivée n'est plus tellement loin.Je termine le marathon avec force et un grand sentiment d'euphorie m'envahit en franchissant la ligne d'arrivée.Mon temps: 10 heures 21 minutes 38 secondes.Mon rang: 24'.J'établis un record canadien.C'était donc çà le redoutable Ironman ?Assurément, je reviendrai l'année prochaine! L'homme dans sa singularité_ À 31 ans, Robert Bernier exerce le métier de programmeur.Il est arrivé sur le tard dans les études.Le vélo a largement occupé sept années de sa vie (de 1971 à 1977).Or, deux ans après qu'il eut abandonné la compétition cycliste, son instinct de coureur était loin d'être altéré.Malgré des emplois çà et là dans le domaine de l'informatique, le marché du travail n'assouvissait pas ce grand désir de se retrouver dans un peloton de coureurs.«Ça n'a pas tardé, dès 1978 je m'adonnai à la course à pied.Il a fallu cependant cinq ans avant que ma stature d'ancien coureur cycliste s'adapte notamment à ce sport», déclare Robert.Lors de sa victoire au Triathlon de Orand'Mère en 1982, Robert prit conscience que le triathlon allait peut-être lui apporter la consécration qu'il recherchait.«Ce jour-là, j'ai compris que ceux qui me battaient habituellement en vélo ne sauraient le faire contre moi au combiné nage-vélo-coûrse à pied- Hormis un certain Pierre Harvey ».affirme Robert.Ce gaillard de 5 pieds 11 pouces n'hésita pas donc, il replongea tête baissée dans le triathlon comme il le fit pour le vélo.Jusqu'à ce jour, le sport est le compagnon de toute sa vie.Comme la solitude d'ailleurs.Robert Bernier c'est aussi le célibataire de 31 ans qui n'entend pas se marier (pour mieux jouir de sa liberté, dit-il) et qui préfère habiter pour le moment le domicile familial.«Je travaille 35 heures par semaine au Service de l'évaluation municipale à la ville de Laval.Pour le triathlon, j'en consacre entre 20 et 30.Résultat: je concède peu de temps aux autres et en possède encore bien moins pour entretenir un appartement.» Quand on polarise sa vie de cette façon, on développe comme une sorte d'égoïs-me nécessaire.Robert l'admet d'ailleurs.Hawaii 85_ Il s'entraînera encore plus fort que l'an dernier en vue de l'Iron-man, le 26 octobre prochain.Le mode de vie qu'il s'impose n'est pas synonyme d'abnégation, il en retire plutôt un immense plaisir.Si quelqu'un désire l'accompagner lors de ses sorties, bravo.Mais il ne convoquera personne, bien au contraire.Cette année, il a su monnayer son talent.En effet, à la suite de son 24* rang lors de l'Ironman en 84, l'Équipe de triathlon Vélo Sport-Look lui paiera sa seconde expédition à Hawaii.Il s'y fendra un mois à l'avance.Lui qui ne se préoccupe pas du lendemain, ne craint-il pas de connaître les affres du triathlo-nien vieillissant?«Je me dédierai alors plus à mon job et je me tournerai uniquement vers le marathon.Je crois que j'ai l'étoffe pour le courir en 2 h 20», répond-il.Ils sont aujourd'hui des milliers d'Américains à concevoir les 140,6 milles de l'Ironman comme étant aussi sacrés que les 26,2 milles reliant Marathon d'Athènes.Aux Étals-Unis, Robert ne serait donc pas un cas isolé.C'est à se demander cependant si le baron Pierre de Cou-bertin aurait cru un jour que sa maxime prendrait une telle dimension.Un organisateur de Huntsville dans l'État de l'Ala-bama a inventé un «Double Iron Triathlon».Citius: 4,8 milles de nage.Aldus : 224 milles de vélo.Fortiils: 52,4 milles de course à died.D'un trait.Seul contre la montre.Aux yeux de Robert Bernier, ça c'est de l'excès! ?Après avoir abandonné la compétition cycliste, Robert Bernier a commencé à pratiquer la course à pied, en 1978.Peu importe l'épreuve, Robert Bernier donne touiours le meilleur de lui-même. mm*' ; jv/ACANCES-en S0rge Grenier (fleurs co L'orage en ce jardin Tiens, il fait beau! À mi-chemin entre Rimouski et Matane, Métis, une station balnéaire encore marquée par sa splendeur ancienne.Villas somptueuses et ce domaine que Lady Reford, une Anglaise fort riche, habitée par la passion des fleurs, compléta de ce qu'on considère être le plus beau jardin de l'est du Canada.Acquis par le gouvernement du Québec, le domaine et son jardin sont magnifiquement conservés et entretenus.Le micro-climat de la région permet des cultures habituellement impossibles sous cette latitude.Allées, sentiers, sous-bois, rocail-les, ruisseau, ponceaux, arbres en fleurs.Un rêve.Soudain, un orage s abat.Puis la grêle.Un arbre fournit un abri précaire.Aux dernières gouttes, trempé, je retraverse le jardin pour regagner le terrain de stationnement.L'orage a fait son oeuvre : les fleurs dégagent tous les parfums dont elles sont capables.Les Boules, Matane, Les Mé-chins, le fleuve prend de l'ampleur.Ce soir, Gaspé.(restaurant La Goéliche C'est le nom d'une petite goélette et celui d'un grand restaurant.Lorsque la meilleure fourchette de vos connaissances affirme qu'il est interdit de faire le tour de l'île d'Orléans sans prendre un repas à La Goéliche, vous ne risquez pas de briser une amitié en n'obéissant pas.Et voilà que vous vous faites de nouveaux amis, les propriétaires de l'établissement.Des' gens passionnés par ce qui est bon et beau, par les produits les plus frais, de l'ile autant que possible.Bien manger, lentement, calmement, chaque plat offrant ses saveurs, ses couleurs, la courtoisie de la charmante jeune femme qui assure le service, les autres dineurs qui parlent à voix basse, un des jours les plus longs de l'année (17 juin) qui s'étire interminablement aux fenêtres.Amour, délice, 11 ne manque que l'orgue.Une carte courte mais dense.Impossible de résister au fromage artisanal de l'ile (un cri retenu: enfin, du fromage qui sent!) servi chaud avec des quartiers de pomme.Accompagnant le dessert, une crème dont on ne croyait plus les vaches capables.Diner magnifique, endroit adorable, les vacances commencent bien.auberge) Sainte-Luce sur mer Traversée du pont Pierre-La-porte.L'autoroute 20 se rend jusqu'à Rivière-duLoup.Comme disent les Anglais, it's raining cats and dogs.J'aime écouter les stations locales de radio.C'est près d'ici que j'ai déjà capté une station, néo-brunswickcise qui diffusait la récitation du chapelet dans les deux langues: une dizaine en français, une dizaine en anglais.Je vous jure.S'arrêter à Kamouraska pour voir le panneau qui indique que le pianiste André Gagnon est le petit Mozart du lieu?Une autre fois, peut-être.D'une traite à Rimouski.Pas question de loger à l'Auberge des Gouverneurs ; elle est bondée: un congrès de policiers.Ouf! Sainte-Luce est tout près.Et l'Auberge de Sainte- \u2022 Lucc a belle allure.Une grande maison plus que centenaire, des «cabines» gentiment alignées en direction de la plage.Dans la grande salle à manger, une pendule qui sonne les quarts d'heure et le premier repas de poisson de la tournée: du flétan irréprochablement frais.Aucun problème de logement.C'est juin et la longue cohorte des touristes n'est pas encore en branle.I! pleut.Les hôtes sont aimables, la cuisine agréable et la note raisonnable.Quelle horreur! On annonce du mauvais temps pour le lendemain.vacances) Ah, l'autoroute! Guides, cartes routières, appareil-photo, jumelles, un arrêt au «car wash» pour la rutilance, imperméable et lainages, direction Gaspésie.Tellement plus agréable que la 20, l'autoroute de la rive nord ne perd pas souvent de vue le fleuve.En traversant Trois-Rivières, elle s'appelle l'autoroute de Françheville, probablement parce qu'elle coupe franchement la Ville en deux (Trancheville?).Une sortie pour voir de près le plus beau village du chemin du Roy: Descham-bault.Un quartier historique : quelques maisons et édifices anciens, un parc et une ravissante église dont les religieuses du couvent voisin prennent un soin jaloux.Retour sur l'autoroute, avec le désir d'aller manger à l'île d'Orléans.Y loger, c'est autre chose: aucun motel dans l'Ile.Et même si Félix Leclerc est notre père à tous, ce n'est pat une raison pour aller frapper à sa porte.1 SENS OOê JVAiS FÎNÎR PAO.TO/NA(5£f2 EN VACANCES Jean-François Doré Dix chansons de Dylan à analyser et à aimer M ême ayant qu'il ne se mette à prophétiser on l'appelait le Prophète.Il chantait.Il chantait des vérités paraboliques sur la société, la vie, le devenir et les saloperies de la guerre du Vietnam.Il faisait du folk, du rock, de la poésie, de la chanson.Puis il s'est livré à une Jihad plus qu'il n'a livré de disques.Toutes les guerres saintes y sont même passées: le christianisme, le judaïsme, le «new-bornisme» tel qu'on le pratique aujourd'hui dans ses États-Unis nataux.Il n'était plus prophète, il était devenu prêtre.Il n'était plus grand-prêtre, il était devenu curé.Dans ce temps-là, je devais sortir avec Diane Lagacé ou Fay Heath, je ne me souviens plus très bien.Nous hantions les ca- fés «in» de la ville et, si on ne s'en rendait pas toujours compte, on savait, parce qu'il nous le -disait, que les temps changeaient et que les réponses se trouvaient en errant le nez ad vent.L'autoroute 61 revue et corrigée nous était aussi familière que la 3 du temps et que le chemin du Roy de plus tard.Charles n'avait pas encore proclamé mais nous avions entendu Bob.Le «non» qui viendrait quinze ans plus tard était encore l'illusion du «peut-être» qui nous animait.«Puis la vie a changé comme elle change tout le monde» pour reprendre Clo-Clo.Il a changé lui aussi.Son existentialisme est devenu métaphysique, sa philosophie est devenue religion et comme c'est un être entier il s'y est consacré entièrement.Il en est même devenu un prosélyte dont il a gardé la vigueur au gré des changements de robe, de foi, de toge, de conviction.On l'a suivi de loin, le laissant plutôt aller en se disant que ça allait lui passer, un peu condescendants, un peu ennuyés, espérant beaucoup.Puis ça s'est produit! De tous les royaumes des cieux qu'il a fréquentés il s'est construit un empire, un empire à la mesure de sa démesure littéraire et musicale et philosophique: un empire burlesque.Sur «empire Burlesque» la célèbre voix nasillarde de Dylan ne geint plus, n'importe plus.Au contraire, elle accuse, dénonce, courroucée, ce que l'Amérique malade a fait de ce petit gars sain en l'envoyant au Vietnam, avec des finales qui ressemblent presque à un crachat de chat en i»ip«jp X DE GÉRARD LAI R.E.M.«Fables of the Reconstruction » 1RS 5592 C'est le genre de disque que vous aimez, mais vous ne savez pas précisément pourquoi.Quatrième disque de ce groupe dont les membres sont tous de Géorgie.Partageant une profonde tradition de mythe et mystère de la campagne du sud américain.Les yeux bien ouverts sur ce qui se passe autour d'eux.Poésie neuve, approche directe.Une démarche relativement intellectuelle.Les textes dominent l'ensemble de cette production.Réflexions qui ne sont pas toujours claires ce qui peut rendre par moment les choses hermétiques.C'est ce qui intrigue d'ailleurs car étant donné qu'ils sont intelligents, on veut comprendre.Ils explorent toujours une variété de styles de guitares aux atmosphères fortes et surprenantes pleines de vague à l'âme.Les musiques sont songeuses superbement bien travaillées avec beaucoup de notes.Des voix pleines de ferveurs, bien pesées, et bien enveloppées.Quand on a compris la sensibilité du groupe, c'est a ce moment la qu'on découvre les détails, les coins des chansons, les sens de paroles.La rivière est loin d'être asséchée; elle coule de plus belle.Suffit d'y plonger.BON JOVI «7800° Fahrenheit» MERCURY SRM 1-4107 **« En ces temps où le hard rock a retrouvé les suffrages des masses, pour le meilleur et pour le pire.On pourrait appeler le rock de Bon Jovi du hard rock riche.Ne pas confondre avec le rock de riche, hein.'.Riche d'abord au stade des compositions, qui recèlent de bonnes idées reliées avec maestria.En vrac, on peut citer la batterie et les percussions agressives et lourdes soulignées de guitares rampantes.Le chanteur possède une voix des plus insinuantes et distinctives.Le groupe forge une rythmique impitoyablement efficace, et manie les claviers d'un son maîtrisé au millimètre près.Les notes sont positionnées ppur le maximum d'effet.La tension grimpe progressivement pour que la musique franchisse un degré d'intensité qui ira jusqu'à l'apothéose finale.Un disque rempli d'envolées trépidantes qui ruissellent et leur goutte à goutte tisse,un cocon de bruine.Pour ceux qui vivent a cent à l'heure.Tous les titres sont des bolides, rapides et définitifs.JULES SHEAR «The eternal return* EMI ST 17156 *** Voilà dix ans que ce monsieur fait de la musique et pas d'encouragement, sinon l'estime de quelques critiques.De bien jolies chansons pop qui n'exhaitent leur parfum qu'à travers une intelligence.Cohésion de mouvements d'une délicate subtilité structurelle.Jules Shear, par son style spontané et direct, et les très remarquables sonorités de ses musiciens, explore merveilleusement le monde féerique du pop et l'univers magique du rock.Un disque plein de décontraction avec l'envie d'aller voir plus loin.Du pop rock comme on en redemande, un album ciselé main, de grande consommation, mais à ranger dans le rayon 'Delicatessen* à prix très abordable.De la musique qui va avec le café.Soyez rassurés : ce coup-ci, il est assez tort, le café.C'est bon, ça coco, ça tourne bien.Bob Dylan, en octobre 1981, à Toronto.colère.Le tout sur une musique à cheval sur le «rythm and blues» et le rock.Avec -Clean cut kid», une des pièces maîtresses du disque Dylan fait la jonction entre le moralisme prêchi-prêcha et un humanisme engagé.«Trust yourself, est un plaidoyer puissant, sur un rythme tout aussi puissant, en faveur du libre arbitre.«Ne fonde pas tous tes espoirs sur des hommes sans foi, mais ne sois pas esclave de NINA HAGEN «In Ekstasy» COLUMBIA FC 40004 C'est en écoutant ce genre de monstruosité qu'on ressort ses vieux badges punk, ses épingles à nourrice rouillées.«l'm Queen of Punkrock» qu'elle dit la Nina.Car écoutez moi çà! .enfin si vous y êtes obligés,si vous êtes particulièrement curieux, masochistes ou pervers.Je vous défie de trouver là une idée, une étincelle, une trouvaille un peu, si peu que ce soit d'inspiration, ou de classe.Je vous défie de trouver la autre chose que de la suffisance.Pas tout à fait insignifiant, mais, comment dire, d'un intérêt très limité au cercle d'ad-mirateur(trice)s passionnés.Qui a encore les moyens d'acheter un album pour écouter trois fois deux demi-morceaux ?Je la proposerais pour le festival «Juste pour Rire».ce que les autres croient.» Il décrie le tribut social que l'on doit payer au progrès (la faim paye cher les dieux déchus de la vitesse et de l'acier) dans «Dark Eyes» sur une musique d'une grandiose simplicité rappelant celle de «Mr.Tambourine Man».Vision apocalyptique se terminant sur l'espoir, (Something's burning* se déroule sur fond de roulement de tambour et de grandes orgues.«Quelque chose brûle, quelque chose est en flammes.mais je crois en l'impossible, tu sais que j'y crois.Chansons d'amour aussi.Hantantes comme dans «When the night comes falling from the sky» avec ses guitares qui griffent sur une batterie sourde de «rock n' roll» et ses clameurs en contrepoint aux synthés.Poésie folle de l'amour fou sur fond de reggae follichon avec «Tight connection to my heart.Ballade rock de celui qu'on a laissé tomber et qui dit: «Ne t'en fais pas, je n'ai pas d'objection à partir, j'aurais seulement aimé que l'idée fut de moi».En tout dix chansons à écouter, entendre, décortiquer, analyser, aimer, apprécier, tant pour les textes que pour la musique.D'autant plus que l'enveloppe est magnifique.Pour la première fois en vingt-neuf disques Dylan a décidé de réaliser les postes de base lui-même et de confier par la suite le mixage final à un des magiciens de l'heure, Arthur Baker.Quant on sait qu'il s'est de plus adjoint des mucisiens couvrant la palette des genres de la pop alors là attention.Les claviers de Al Kooper, le légendaire de Supersession et de Blood Sweat & Tears entre autres.Les non moins légendaires Mick Taylor et Ron Wood des Faces et des Rolling Stones.Les encore non moins légendaires Dunbar et Shakespeare, les Du-pond Dupont de la section rythmique.Du monde de Dire Strait, de Tom Petty and the Heatbra-kers, les cuivres du Eat Coast Horns, des choristes, la batterie de Jim Keltner, ça va vous pouvez respirer.Quant on sait tout ça et ce que je n'ai pas pu dire _, encore.w c O 2 > m D O g F \u2014» o 00 VIEILLIR Claire Dutrisac Une heureuse initiative.Les gens les plus près des malades et des personnes ,âgées sont ce qu'on appelle aujourd'hui les «préposé(e)s» aux malades.Il n'y a pas si longtemps, on désignait les hommes, improprement car ils n'avaient aucune formation en nursing, sous le titre «d'infirmiers» et les femmes étaient des «aides-malades».Si certains d'entre eux ont pu suivre des cours de gérontologie au niveau universitaire, la plupart sont sans préparation particulière.Souvent même leur ancienneté au service de l'établissement les a propulsés de la cuisine ou de l'entretien de l'établissement au poste de préposés.Pour pallier cette lacune, Mme Claudette Vézina, qui travailla elle-même durant près de quinze ans, dans des hôpitaux ou des centres d'accueil, a eu l'idée de créer «Le Collège de forma-.tion des préposés aux bénéficiaires C.F.P.B.Ltée», à Montréal.Elle y a pensé longtemps avant de mettre son programme en noir sur blanc et de le réaliser, en octobre 1983.Le Collège a reçu, le 15 mars dernier, un permis du ministère de l'Éducation, dans la section «Culture personnelle».Et après que le Collège eût décerné ses certificats, plusieurs employeurs ont témoigné d'une grande satisfaction relativement aux employés qui ont suivi ces cour5.Doux grands volets_ Le Collège dispense des cours théoriques et pratiques.Il offre 40 heures d'enseignement intensif et 20 heures de recherche et de travaux personnels qui s'échelonnent sur une semaine.Le stage pratique en institution couronne le tout: le Collège fournit un moniteur pour six élèves.Cette formation s'adresse à ceux qui désirent s'orienter vers ce métier très noble ainsi qu'à ceux et celles qui sont en fonction et souhaiteraient se recycler.Le coût des cours est payé par l'étudiant(e) mais peut aussi être défrayé par l'employeur.Ce dernier cas est plus rare à l'époque des coupures budgétaires que connaissent les établissements.Mais on trouve parfois des directeurs qui font de petits miracles d'administration.Une motivation - Le Collège tient compte de la g z o l/J z> Et motivation des candidats avant de les accepter.Il ne veut pas de ceux qui ont l'intention de travailler ailleurs qu'auprès des malades et des personnes âgées.Dans ses objectifs, le Collège souligne trois points importants: 1) l'élève vient apprendre à travailler sur et avec des êtres humains qui souffrent, qui sont aussi parfois démoralisés; 2) l'élève devra avoir une bonne santé et une certaine force physique du fait qu'il devra très souvent soulever les patients.On lui apprendra à le faire avec dextérité, tant pour la sécurité du bénéficiaire que pour la sienne propre; 3) l'élève recevra une culture plus étendue que celle qui lui est nécessaire pour accomplir ses tâches actuelles et futures.L'alourdissement continuel de la clientèle des centres d'accueil me parait légitimer ce troisième point.Mme Vézina a de l'ambition: elle veut inculquer à l'élève le goût de se cultiver, car il sera en contact avec des gens de différents milieux, dont la culture varie de l'un à l'autre de même que leur statut social et économique.Le corps et l'orne_ Toujours dans ses objectifs, le Collège pointe du doigt la corrélation qui existe entre l'âme et le corps.«À un problème physique correspond un problème psychique.Avant de guérir le corps, on doit guérir l'âme.» Oui, surtout s'il est impossible de guérir le corps! Mme Vézina ne craint pas d'utiliser un mot qualifié de ¦désuet», tant autrefois il fut utilisé abusivement dans un seul but utilitaire ou pécuniaire : elle parle de «vocation».Avouons que même si l'on n'ose plus s'en prévaloir, la chose existe encore.Fort heureusement.Des tâches humbles._ Les préposé(e)s accomplissent des tâches humbles, pas toujours faciles.Mais comme l'écrit le poète Verlaine, elles «.veulent beaucoup d'amour».En guise d'exemples, j'extrais le titre de certains cours : mécanique corporelle, alignement, équilibre, mouvements pour les travailleurs de la santé, comment faire les lits d'hôpitaux, les soins des cheveux, mouvement et locomotion du client, position du client au lit, aider le client à s'alimenter, application de la chaleur et du froid au moyen de pansements, de sacs, de bains, application des contraintes, prélèvements des spécimens d'expectoration et de sécrétions gastriques, soins du client qui vomit, etc.Deux cours traitent des soins spirituels du client, des soins au mourant et des soins post mortem.On enseigne aussi une éthique du travailleur de la santé.On aborde certains aspects légaux du travail, au point de vue du travailleur comme â celui des droits du bénéficiaire.Les élèves recevront des notions d'ana-tomie et de physiologie.Ils apprendront les méthodes utilisées pour préserver l'intimité du client.On n'a pas oublié, non plus, l'importance des relations humaines ainsi que «la grande loi de l'Amour, les relations entre les êtres humains.» D'aucuns diront que ce sont là de bien grands mots.Pourtant, ils recouvrent une réalité.Pour les bénéficiaires_ J'ai toujours été convaincue que pour assurer la qualité de vie du bénéficiaire, il faut à ceux qui l'approchent, le servent, quels que soient leur titre ou leur rôle, un minimum de connaissances.Un minimum d'empathie aussi.J'espère que beaucoup d'employés voudront profiter de cet enseignement.Le Collège est situé au 2275, boul.Saint-Joseph est, Montréal H2H 1G4.Le numéro de téléphone : 521-6042(3).Ah! j'oubliais de vous avertir que les diplômés du Collège vont aussi à domicile.Le placement d'une personne âgée devient de plus en plus difficile.Certaines familles sont aux prises avec l'un des leurs qu'elles n'arrivent pas à soigner convenablement.Elles auraient besoin d'une aide possédant cette formation, durant les longs délais qu'exige un placement.En de telles circonstances, un coup de fil au Collège pourra solutionner votre problème! On peut dire que les employés qui s'offriront ces cours en retireront un supplément de compétence et de satisfaction dans leur travail.Le Collège est un établissement privé, à but lucratif.Je veux croire qu'il le demeurera, pour le meilleur ou pour le pire.Soyons optimiste: pour le meilleur.LE COURRIER Madame, Ma mère est âgée de 78 ans, et, depuis 40 ans, elle est soignée en psychiatrie, dans un hôpital du nord-ouest de la ville, où elle a fait plusieurs séjours.En 1967, elle décide de s'acheter une maison.J'appelle l'assistante sociale «L» pour lui souligner que ma mère o de la difficulté à organiser son budget, et que déjà, à deux reprises, elle a perdu des sommes importantes d'argent.L'assistante sociale «L» me répond que «a va lui faire du bien, (J'insiste pour lui dire que ça n'est pas du bonbon et que l'administration d'une maison, c'est difficile.) Je demande à la rencontrer; elle refuse.Je n'ai jamais vu le visage de cette personne.Par la suite, voyant que ma mère fait toujours des dépenses exagérées (ici, ie n'entre pas dans les détails, ce serait trop long), ma soeur et moi allons chez un avocat.On explique le cas, l'avocat envoie une lettre, mais l'hôpital refuse de signer, prétextant que ma mère peut très bien «fonctionner», qu'on ne peut l'interdire et que les dépenses exagérées, c'est bénéfique pour elle.En 1982, i'apprends que depuis un an, elle a fini de payer sa maison et que le notaire refuse de lui remettre la quittance.C'est toujours nous qui devons la sortir du pétrin quand il s'agit de finances, l'hôpital se chargeant de contrôler ses «émotions».En 1983, un travailleur itinérant lui offre de refaire le mur de sa maison; il lui demande combien elle a en banque et lui ¦charge» le montant de son compte, 14000$.(ce qui est très exagéré pour ce genre de travail).En novembre 1984, ie contacte l'assistante sociale «B» de l'hôpital pour lui faire part de notre inquiétude, que ma mère a des difficultés financières (.je pense qu'elle fait de mauvaises affaires, mais qu'il est très difficile de savoir exactement.»).L'assistante sociale «B» m'écoute!!! sans souffler mot.Wn avril 1985, ma mère se trouve très embarrassée.Elle est prise à la gorge.C'est à ce moment qu'on apprend qu'en janvier 1984, elle a signé devant notaire un .papier».Elle doit donner 11000$ pour des travaux jamais exécutés.Chaque mois, c'est la moitié de son chèque de pension de vieillesse et une petite pension de travail qu'elle doit donner.Il lui reste a peine de quoi survivre.elle vit en dessous du seuil de la pauvreté! Et de On adresse L courrier à Claire DutriMK La Presse \u2022 PLUS 7, rue Saint-Jov-ques Montreal, Que.H2Y 1K9 puis tout ce temps, ma soeur et moi avons essayé de la protéger pour qu'elle vive dignement.À ce genre de malades, on fait faire du macramé et des petites poteries pour savoir s'ils sont sociables (une thérapie de groupe), mais jamais on s'informe pour savoir s'ils peuvent administrer leur budget convenablement, ça, c'est trop «terre à terre» les problèmes financiers.MA QUESTION : qui doit régler ce cas: l'hôpital, la protection du malade mental?Nous, nous voulons aider notre mère victime d'une exploitation honteuse mais nous déplorons les conditions d'obstruction systématique que nous manifestent trop souvent les travailleurs sociaux et les préposés des hôpitaux.Les circonstances nous laissent désarmées devant la tâche que nous tentons d'assumer sans la collaboration des «préposés de la santé».D.C.R.\u2014 Voilà un -son de cloche inattendu! Habituellement, on se plaint de ce que les hôpitaux appellent trop vite, et sans prévenir la famille, la Curatelle publique à la rescousse.Voici un cas flagrant, me sem-ble-t-il, d'interdiction et les psychiatres qui soignent votre mère n'agissent pas et la laissent se faire honteusement exploiter! Vous pouvez frapper à de multiples portes.Il y en a presque trop.Une seule serait préférable.Pour le premier notaire, si vous l'aviez sti avant, vous auriez pu vous plaindre à la Chambre des notaires.Pour les travailleurs sociaux, au comité des plaintes du ess-MM (Centre de services sociaux du Montréal métropolitain).Pour le travailleur itinérant, auprès du Comité de protection du consommateur.Pour l'argent que verse votre mère pour des travaux non exécutés, auprès de la Sûreté du Québec, section des fraudes.Pour l'aspect psychiatrique de votre mère, vous pourriez faire appel à la Commission des Affaires sociales (873-5643).Enfin, pour l'hôpital en cause, au comité des plaintes du Conseil de la santé et des services sociaux de la région du Montréal métropolitain (286-5600).Et enfin, à l'Aide juridique.Votre mère a perdu toutes les économies de sa vie de travail.On a laissé faire sans agir.Maintenant, il serait temps qu'on voie à ce que sa pension de vieillesse et le peu qui lui reste servent à son mieux-être et ne passent pas aux mains de charo gnards de la vieillesse.toujours à l'affût du moindre dollar. Une foule assiste à un concert sur la pelouse du Centre d'arts d'Orford.Une jeune musicienne travaille une partition en plein air.Quand musique et nature se marient La paranoïa flotte dans l'air: où peut-on encore aller camper, non loin de Montréal, dans un parc où l'eau est propre?Sans réfléchir, je vous lance tout de suite: au parc du mont Orford \u2014 70 minutes de Montréal environ \u2014 où l'eau limpide du lac Stukely vous fera oublier que les eaux du Québec sont déjà tellement polluées qu'on est en train de dépenser sept millions de dollars pour tenter de les assainir.Et pourtant le Québec possède plus de 10 pour cent de l'eau douce de la planète, avec moins de 0,15 pour cent de la population mondiale! Au parc provincial du mont Orford, non seulement peut-on se baigner sans crainte des microbes, mais a-t-on la chance également d'allier plaisirs de la découverte de la nature et audition de concerts de musique classique, de jazz ou populaire sur la pelouse accueillante du Centre d'arts d'Orford ou à la salle Gilles-Lefebvre du même lieu.Sachant que le Centre d'arts est situé à seulement 10 km du camping, il est facile aux campeurs de s'y rendre fréquemment afin de donner un peu de piquant auditif à leur séjour dans l'un des plus beaux et grands \u2014 58 km carrés de superficie \u2014 parcs de la province où cerfs de Virginie, castors, loutres, marmottes, lièvres, canards, hérons et sarcelles y vivent en liberté.Trilles d'oiseaux et de flûte ¦Ce n'est pas pour rien que.chaque été, le nombre de réservations de terrains de camping s'élève à 5000, dit le directeur du parc Pierre Dépelteau.Les gens viennent ici pour la beauté, la propreté et la tranquillité des lieux; ils ne sont jamais déçus, semble ! il! \u2022 Dans ce terrain de camping, pas de radio survoltée Jusqu'au petit matin, mais possibilité de se faire un feu de camp, de socialiser au Centre communautaire les jours de pluie \u2014 et Dieu sait que la température se montre capricieuse, en été, au Québec! \u2014 de parcourir les nombreux sentiers d'observation aidés de livres-guides sur les oiseaux ou sur la forêt, de gravir le mont Orford à pied ou de se rendre au sommet en télésiège, le coeur soulevé par tant de beauté, de se baigner dans un décor de rêve, de jouer au golf peut-être sur un terrain de 18 trous et de piquer une pointe vers le Centre d'arts, régal des yeux et de l'oreille.A vélo, pour l'exercice et le plaisir, ou en voiture pour «être plus vite là ou le culte de la beauté triomphe, mais sans affectation ni artifice, dans un souci constant de simplicité et d'harmonie avec la nature », dit Claudia Thériault, porte-parole du centre.Elle n'a pas tort! J'y suis allée et j'ai pu vérifier son dire.Suivez-moi sur la pelouse du Centre d'arts d'Orford.Cet oiseau bleu métallique au long bec et cette \u20221femm#foe,IrdiS&&nflHefft mV (liter face à l'étang où chantent les grenouilles.Plus loin, dans un sentier verdoyant, une sculpture-miroirs où se reflètent les feuilles et le ciel, et, tout à coup, ces trilles cristallines d'une flûte posée entre les mains d'une jeune fille choisie, m'a-t-on dit, à l'instar de 150 autres jeunes musiciens, «pour son talent exceptionnel et le sérieux qu'elle apporte à sa discipline» afin de bénéficier de l'enseignement de maitres-musiciens de réputation mondiale \u2014 dont Rodney Friend, Erno Sebestyén, Raphaël Sommer ou André Laplan-te \u2014 qui composent l'École de musique du centre fondé en 1951 dans un rêve fou de marier musique et nature.Approchez-vous encore.Vêtue de jeans et d'un tee-shirt, elle est belle à voir et à entendre, assise sur le petit balcon de la cabane de bois qui lui sert de salle de répétition en plein air.Les merles et les pinsons l'accompagnent tandis que les feuilles des arbres bruissent légèrement.Le temps s'est arrêté.Vous vous assoyez par terre et vous écoutez Mozart et sa Flûte enchantée.«J'ai faim! ¦ dit soudain votre fils.Ne vous en faites pas, puisque c'est aujourd'hui dimanche, qu'il est 16 h et que c'est à ce moment précis que le Centre d'arts d'Orford présente son Concert-bouffe sur la pelouse! .Concerts sur l'herbe Il n'y a que de la musique clas- sique à Orford?Allons donc! Cette année, on offre en concert-bouffe, de 17 h à 18 h, du Normand Brathwaite et son groupe rock (dimanche 30 juin), du Jim Corcoran (dimanche 14 juillet), du Marie-Claire Séguin (dimanche 4 août), du Jacques Michel (dimanche il août), du Sylvain Lelièvre (dimanche 18 août), de la musique tzigane (dimanche 7 juillet), du tango avec Ramon Pelinski au piano (dimanche 21 juillet), de la musique sud-américaine (dimanche 28 juillet) et du Brahms, Renins, Pavasars, Ysaye et Prokofiev (dimanche 25 août) en récital de clôture.Quel plaisir d'écouter la voix si pure de Marie-Claire Séguin, la poésie de Jim Corcoran ou celle de Sylvain Lelièvre, les sanglots des violons de la musique tzigane ou la sensualité d'une musique de tango, assis sur l'herbe! Mais ce n'est pas tout.Le régal se poursuit.Le programme du Centre d'arts 85 comporte aussi un festival qui offre par exemple, ce soir, à la salle Gilles-Lefebvre, un récital de clarinette, piano et violonpelle.Se poursuivant jusqu'au 25 août, ce festival comprend un récital de chant, des ensembles chorals (dont la Maîtrise de Radio-France), la série «Piano cinq étoiles» \u2014 alors que campeurs et mélomanes venus pour la soirée à Orford pourront y entendre certains vendredis et samedis de ¦ juillet et diaoùt des^fMÀMbs,del réputation, un orchestre sym-phonique, de la musique de chambre, des quatuors à cordes, sans oublier un happening de nuit avec les professeurs et les étudiants de l'Ecole de musique.On le voit, les campeurs du parc du mont Orford seront comblés cet été de nature et de musique.Et, s'ils veulent prendre le temps de s'attarder au Centre d'arts, ils auront le plaisir d'y observer la création d'une oeuvre collective de mosaïque en trois dimensions inspirée par les lieux physiques et puisant à même les richesses naturelles de la région \u2014 des pierres de l'Es-trie.Tout au cours de l'été, cette incroyable sculpture de mosaïque sera réalisée par le Japonais Suit lu Amano, l'Américaine Ko seane Amano, le Québécois Jean Lebel et l'un des maîtres les plus prestigieux de la mosaïque contemporaine, l'Italien Paolo Ra-cagni.Par ailleurs, le Jardin de sculptures et l'exposition d'estampes britanniques réjouiront, par leur priginalité et leur tour de force technique, la plupart de ceux qui s'y attarderont après une baignade dans le lac Stukely ou une marche en montagne.Pour réservation d'un terrain de camping au parc du mont Orford: (819) 843-9855.Mais faites vite, les places s'envolent comme des pains chauds! Pour vous y rendre : autorou de# CimWhVdè r^t,1 sortie 118.Le Centre d'arts, lui, est ouvert à tous en tout temps.(A > m g o ç r\u2014 09 V, tu Rédigé par Mike Gadd, trois tola champion canadien du Windsurfer, John Boothrovd, planchiste de calibre International et instructeur, et Ann Durrell, planchiste de niveau intermédiaire et écrivain, LA PLANCHE A VOILE compte de nombreuses photos couleurs et des illustrations simples et précises.s'agisse de notions élémentaires ou de techniques avancées, chacun y trouvera les renseignements et les recommandations indispensables à la pratique de ce sport passionnant et plein de défis: - /es règ/es de sécurité \u2022 /es techniques de maîtrise \u2022 /e gréement et l'équipement la connaissance du vent, etc.\u2022 /es vêtements appropriés aux saisons le choix d'une planche, neuve ou d'occasion .et beaucoup plus encore, le tou\\ accompagné de photos et d'illustrations simples et précises.587 EN VENTE PARTOUT \">e ^«a/Yo 0.*mw>f e c«*e tfe *0M.i\"ue.c'->o/o.63 "]
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