Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La Presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (11)

Références

La presse, 1985-08-10, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 336-5330 I MONTREAL, LE SAMEDI 10 AOUT 1985 LA FRANCE, UNE MONARCHIE?Avec le faste et le cérémonial qui entourent la présidence/ on pourrait presque dire que la France est tou jours une monarchie.Maigre le fait qu'il soit un socialiste, M.Mitterrand n'a rien changé au protocole.De plus, la présidence comporte le privilège de s'entourer à peu près comme on le veut.De là au népotisme, il n'y a qu'un pas.Mais on s'en formalise beaucoup moins en Europe qu'ici, sauf lorsque ça va jusqu'au fils du président.Alors là, on proteste.un peu.LA RECHERCHE MÉDICALE La recherche médicale, ça ne se fait plus dans l'isolement d'un petit laboratoire.Aujourd'hui, le chercheur partage sa vie entre les hautes sphères de la connaissance et les basses arcanes des politiques de subventions des gouvernements.Mais le travail assidu et l'imagination s'imposent toujours.Nous vous présentons aujourd'hui quelques-uns des chercheurs québécois dans le domaine de la médecine.PARIS DATES EXCLUSIVES: ALLER : 17-21-22-24 AOÛT,5 SEPTEMBRE RETOUR =8-11 SEPTEMBRE LONDRES DATES EXCLUSIVES: ALLER: 18-25 AOÛT, Ier SEPTEMBRE RETOUR = 11 - 18 SEPTEMBRE INCLUANT VOL DIRECT, ALLER-RETOUR MONTRÉAL- PARIS ou MONTRÉAL- LONDRES TAXE D'AEROPORT EN SUS aroma Dm me ou a LA NOUVELLE FAÇON DE VOYAGER! nouvelles m ièies 1130, bout, de Maisonneuve o.288 4800 800, boul.de Maisonneuve e.842 1450 sans trais de l'extérieur 1)00-361-2133 - \u2022V \u2022 \u2022 ¦ » Jean Goupil 00 o O < 2 La fierté a une ville Par un jeudi ensoleillé de juillet, je fus impressionné par ce goéland juvénile qui admirait Montréal et son fleuve.Lors d'une prochaine promenade ou d'un pique-nique au nouveau parc situé à la pointe de la Cité du Havre, vous pourrez comme moi admirer et capturer sur pellicule cet oiseau merveilleux.Un tout petit conseil : il ne faut pas oublier que c'est a pas feutré qu'on doit s'en approcher.Bonnes photos.Z3 CI Fiche technique Appareil : Nikon F3 Lentille : 105mm 1/60 sec a f22 ¦o. Pour mieux vivre son accouchement.Quand une femme cherche les services d'une sage-femme, c'est qu'elle veut accoucher comme elle le désire et selon ses valeurs.Elle se sent dépossédée de ce droit à l'intérieur du système médical actuel.De plus, elle est sensible aux courants sociaux d'humanisation des soins qui préconisent une approche intégrale de la personne.À ses yeux, la grossesse est une étape naturelle et normale qu'elle se sait capable de vivre pleinement.Elle désire conserver un souvenir heureux de son accouchement, croyant intuitivement que ce sera un des événements les plus importants de sa vie.Pour ce faire, elle veut en contrôler tout le processus en pensant à sa santé autant qu'à celle de son enfant.C'est ce qui guide ses premières recherches.La pratique médicale en péri-natalité oublie que l'accouchement est une étape biologique naturelle qui termine neuf mois de transformation dans le corps de la femme.Un corps préparé à l'expulsion d'un bébé.On ne parle plus d'un accouchement normal mais plutôt à «risques minimums», bien que 85 p.cent d'entre eux se déroulent sans problèmes.Ce langage inventé par les spécialistes accorde priorité à la science et à l'industrie obstétricale.C'est une mentalité carrément opposée à sa démarche.La périnatalogie, même utilisée en toute bonne foi, soumet la femme à une routine hospitalière qui réduit considérablement son autonomie et ébranle sérieusement sa confiance en soi.Le personnel médical guide ses interventions en fonction de l'appareillage sophistiqué mis à sa disposition.Le médecin peut même refuser d'établir un diagnostic si la technologie ne le lui confirme pas d'abord.La femme enceinte est ainsi confrontée à un environnement où désormais son corps est le reflet de tests de laboratoire, de clichés échographiques, de tracés de moniteur.Son instinct et ses émotions conservent bien peu de poids dans la balance.Parce que la femme se sent étrangère à ce monopole bien loin de ses attentes, le système hospitalier l'oblige à prendre une autre voie.Le recours à la sage-femme s'inscrit donc dans la même ascension que celle de la médecine douce.¦ De prime abord, la femme ne remet pas en question la compé- tence du médecin.Elle a les même exigences envers la sage-femme.Ce qu'elle veut, c'est plus que de simples visites éclairs d'une durée de cinq minutes chaque mois et des propos paternalistes incontestables.Elle cherche de l'information, du dialogue, du soutien psycholo- gique, de la disponibilité et une présence véritable lors de son accouchement.Qui est cette femme?_ Mais qui est donc cette femme exigeante, marginale du système de périnatalité?Une féministe, une écologiste, une grano-la, une nostalgique, une irresponsable?Pas du tout! Une femme ordinaire comme toutes les Québécoises entre 20 et 34 ans.Une étude réalisée par mesdames Francine Saillant, Danièle Desjardins et Michèle O'Neil, de l'École des sciences infirmières de l'Université Laval, précise que la cliente de la sage-femme ne se distingue en rien des autres femmes au point de vue socio-économique.Témoignage «Ma priorité/ c'était d'accoucher à domicile.Je n'aime pas l'énergie d'un hôpital.Lorsque j'y rentre, le sens l'odeur de l'éther, je vois les malades.Je me dis : qu'est-ce que je viens faire ici, je ne suis pas malade! Il n'y a pas d'intimité à l'hôpital, alors qu'accoucher, c'est un geste d'intimité amoureuse.C'est un enfant qui s'en vient sur la terre, c'est lui qui va continuer ton chemin.C'est important de l'accueillir dans un endroit sain.«Lors de mon premier accouchement, pour me rassurer, je suis allée chercher un médecin.Au second, j'ai fait confiance à une sage-femme.Puis en accouchant, j'ai pris conscience que la sage-femme était là uniquement pour moi.Elle m'attendait.Elle respirait en même temps que moi.Je n'avais pas à la partager avec les autres patients, le téléphone, les exigences du service, comme ce serait le cas dans un hôpital.-Je n'ai pas senti le besoin d'appeler;mon médecin.Je savais que s'il arrivait une complication, ma sage-femme avait l'oxygène, un cathéter, des notions de réanimation, que l'ambulance pourrait arriver rapidement, qu'elle viendrait à l'hôpital avec moi.-Grâce au suivi et aux-rencontres de groupe prénataux qu'elle organise, j'étais prête à tout.La sage-femme m'a fait réfléchir à toutes les éventualités.J'étais capable d'accepter un enfant mongolien, même la mort de mon bébé.Son approche est plus naturelle.-Ça donne la chance d'être des femmes, pas des robots qui mettent des enfants au monde.Nous les femmes, ça nous prend du temps pour accoucher.Dans la société actuelle, il faut que tu fonctionnes, que tu travailles.Si elle pouvait diminuer au minimum le temps que ça prend pour avoir un enfant,elle le ferait.Ce n'est pas d'humains dont la société a besoin, c'est de forces motrices, de forces qui pensent.-Nous les femmes, quand on accouche, on suit le rythme de la nature.On prend du temps pour accoucher, ça nous en prend.Les bébés éprouvettes, c'est ça dans le fond.On veut essayer de faire des génies.-Depuis mon expérience avec ma sage-femme, maintenant, je pense que je pourrais accoucher n'importe où.» En moyenne, elle a 28 ans.Elle vit avec un homme.Son revenu annuel est de près de $9000.Son mode de vie est stable et conventionnel.Elle se sent responsable dans la communauté et ses occupations culturelles sont féminines et traditionnelles.Enfin, comme la plupart de ses consoeurs, elle est insatisfaite du partage des tâches entre elle et son conjoint.Comme seules distinctions, l'étude révèle que l'utilisatrice de la sage-femme est plus instruite et qu'elle a plus d'enfants.En effet, 25 p.cent d'entre elles possèdent des études universitaires contre seulement 8 p.cent des Québécoises.Leur famille comptera deux enfants, tandis que la normalité est dorénavant de 1.4.Serait-ce que ces femmes ont un sens critique plus aiguisé face à la routine médicale?Qu'elles vivent mieux leur accouchement avec l'assistance d'une sage-femme et qu'ainsi, elles craignent moins d'autres naissances?Lise L'Anglais, 34ans, bibliothécaire, deux enfants nés à la maison : Emilie, 24 mois, avec l'aide d'un médecin, et Julien, 3 mois, avec une sage-femme.c y o z \u2014t 30 > CO > m > O o 03 en CO J Les médecins voient I des difficultés Le Québec et les sages-femmes La Corporation professionnelle des médecins du Québec ne s'est pas encore prononcée officiellement face à la législation des sages-femmes.Ceci pour deux raisons : le ministère des Affaires sociales, qui travaille au dossier depuis 1981, lui demandait en juin une opinion «immédiate» quant à la nouvelle politique de périnatalité qui englobe toute la distribution des soins obstétricaux.Attitude indécente de la part du gouvernement, de soutenir son président, le docteur Augustin Roy, puis-qu'actuellement 99 p.cent des accouchements sont faits par les médecins.De plus, c'est la Corporation qui est mandatée pour réglementer la formation des sages-femmes.Ce qui, à ses yeux, aurait dû justifier un souci de ses recommandations avant d'annoncer que la légalisation des sages-femmes se fera à l'automne.La Corporation réclame un laps de temps raisonnable pour réfléchir à la question, mener des études et des consultations.Mais en soi, elle n'a absolument rien contre les sages-femmes.S'il n'y en a pas au Québec, c'est parce que la Corporation n'a pas reçu de demandes de formation.Puis, elle n'a pas senti le besoin de créer une nouvelle catégorie de professionnelles de la santé.Car tout le fond du problème est là, dira le Dr Roy.La population est-elle prête à payer plus de taxes pour inclure dans le système hospitalier un corps intermédiaire entre les infirmières et les médecins?Il y aura inévitablement du « bumping ».des guerres professionnelles.Est-ce raisonnable dans notre système de santé déficitaire qui oblige les hôpitaux à faire des coupures budgétaires plus que sérieuses?À moins que les sages-femmes veuillent faire du missionnariat, il va falloir les payer.On manque déjà d'argent pour les personnes âgées, pour les malades psychiatriques.Ne serait-ce pas plus logique de penser à améliorer les attitudes et les habitudes actuelles plutôt que de tout recommencer à neuf ?i - Travailler à réhumaniser < 1/3 < LU t\u2014 Z o La Corporation ne nie pas qu'il existe un mouvement en faveur de la légalisation des sages-femmes.Le Dr Roy explique ce branle-bas par l'évolution du système de santé depuis 1961.Avant, les femmes accouchaient à la maison parce qu'il fallait payer un séjour à l'hôpital.Puis en 1971 vint la gratuité des soins par l'assurance-mala-die.Ces coûts étatisés ont engendré une régionalisation des services obstétricaux dans la province.Ce qui a amené, par 5gJ Le Dr Augustin Roy, président de la Corporation professionnelle des médecins du Québec.conséquent, une déshumanisa-tion de l'accouchement.« Ça, on le reconnaît, d ira le Dr Roy, on comprend les attentes des femmes et on fait tout en notre possible pour corriger la chose».Cette déshumanisation due au système et au développement de la technologie a par ailleurs favorisé une amélioration considérable de la qualité des soins obstétricaux.Le taux de mortalité maternelle était de 80 à 100 par année il y a 25 ans.Maintenant, certaines années il est inexistant; lorsque cela se produit, c'est urt drame et la corporation fait une enquête exhaustive pour évaluer s'il y a eu erreur ou mauvaise conduite.Les statistiques sont toutes aussi enviables pour les enfants, alors que le Canada est aux premiers rangs du monde.La déshumanisation vient aussi, de poursuivre le Dr Roy, du changement dans l'organisation du travail dans les hôpitaux.Le nombre élevé de patientes, les nouvelles valeurs de qualité de vie font en sorte que le personnel médical est plus pressé, moins disposé à suivre le rythme de la femme qui accouche.Tout cela est une affaire de comportements, d'attitudes des gens.\u2022 Si du jour au lendemain le gouvernement légalise le statut de sage-femme pour avoir du personnel 24 heures sur 24 en obstétrique, il va falloir qu'il revise ses coûts très à la hausse.Les médecins sont actuellement payés $150 pour un accouchement; s'ils doivent être présents pendant tout le travail de délivrance, ça changera les composantes monétaires.» Le Dr Roy rappelle que les médecins d'aujourd'hui ne sont plus comme ceux d'il y a 30 ans.Ils veulent être payés pour le temps qu'ils passent auprès d'un client parce que ce sont des gens d'affaires.Ils ont un bureau, une secrétaire à faire vivre.La solution que la corporation semble préférer serait de garantir une amélioration du climat humain dans les hôpitaux sans révolutionner tout le système.C'est faire en sorte que la grossesse et l'accouchement soient vus comme un événement et non une maladie.Que des dispositions concrètes soient prises pour créer une atmosphère sereine, joyeuse, permettant l'accès à la famille et aux amis, tout en gardant l'appareillage obstétrical à la portée de la main, au cas oû il arriverait quelque cho-se._ Et les sages-femmes?_ Selon le Dr Roy, la légalisation des sages-femmes peut transformer complètement leur profession.Actuellement, elles pratiquent à domicile mais rien n'indique qu'elles voudront continuer à le faire après la légalisation.«Il va donc falloir s'entendre.Il y a trois endroits possibles pour accoucher: la maison, les centres de naissance et les hôpitaux».Selon le Dr Roy, accoucher à la maison est un retour épouvantable en arrière.C'est une vision mystique qui ne sied qu'à un nombre infime de femmes, des «spéciales», des «fly-ées».Certaines femmes ont tendance à idolâtrer cette façon de faire, très risquée.Car on ne peut pas prévoir les complications et il y en a dans 20 p.cent des cas.Accoucher à la maison signifie, pour le Dr Roy, l'orga nisation d'un système d'unités mobiles, d'ambulances équipées pour faire des urgences, y compris des césariennes.Ce système existe déjà en Hollande sauf que le pays est d'une superficie comparable à l'île de Montréal, dira le Dr Roy.Cela représente des coûts exorbitants.Quant aux centre de naissance, il s'agit de savoir s'ils seront privés ou publics.La privatisation entraînerait des coûts de construction et d'aménagement qu'il faudrait compter dans la facture finale d'un accouchement.Une annexion des centres de naissance au système de santé actuel signifie un dédoublement des services et d'équipements.«Ça n'a pas de gros bon sens et c'est très mal savoir gérer les taxes des contribuables .» La seule possibilité de prati que pour les sages-femmes serait donc dans les hôpitaux.À cela le Dr Roy ajoute qu'il faut préalablement réfléchir aux conséquences.Il serait étonnant que la formation d'une sage-femme lui permette de savoir faire des épidurales, des anes-thésies, des césariennes.Les médecins seront donc obligés d'être disponibles, comme c'est d'ailleurs le cas en France et dans la plupart des pays du monde où la sage-femme est davantage son assistante qu'une pro fessionnelle autonome, en cas de complications.La présence d'une sage-femme n'enlèvera pas le besoin du médecin ou des infirmières.Quelles seront les limites de leur profession afin d'éviter les problèmes de relations de travail?Est-ce un besoin véritable ou un luxe dont on pourrait se passer moyennant la garantie que la médecine s'humanisera ?Et quelles sont donc ces garanties d'humanisation de la pratique des médecins?À cela le Dr Roy reconnaît qu'il y a un gros travail de sensibilisation à poursuivre et que la Corporation s'y intéresse en publiant des informations auprès de ses membres.Le salariat des médecins faciliterait peu la rapidité de l'évolution des mentalités.Même s'il croit que plus de 50 p.cent des médecins seraient prêts à accepter, si on leur proposait cette solution, il entrevoit par ailleurs que le gouvernement aura à débourser des frais de vacances, d'avantages sociaux et d'assurance responsabilité supplémentaires.Tout comme pour les sages-femmes.«Les temps ont changé et la qualité de vie importe aussi aux médecins.C'est à la population de choisir ses valeurs et d'en assumer le coût.» l/> Malgré uno opposition bien organisée de la part de la Corporation des médecins et de plusieurs cabinets de médecins, les groupes de pressions et les organismes publics intéressés à la qualité de l'accouchement ont trouvé une bonne oreille au gouvernement québécois.Deux dossiers, complémentaires bien que menés séparément, ont gravi toutes les étapes décisionnelles dans les ministères impliqués.Il s'agit du «rapport du comité interministériel sur les sages-femmes» qui recommande la reconnaissance légale, après avoir démontré qu'il s'agit d'un projet réalisable correspondant à une demande croissante.Puis, le «comité Maisons de naissance» et le MAS déposaient au début du printemps un volumineux rapport qui demande la création d'un projet pilote de «centre alternatif de maternité» à Montréal.Rapport interministériel Ce document favorable à la légalisation de la pratique de la sage-femme a mis du temps à être rendu public.Prêt pour une consultation élargie depuis janvier 1984, c'est à la fin avril 1985 qu'il finit par voir le grand jour.Il s'articule autour des points suivants : que la définition de la pratique de la sage-femme soit la même que celle adoptée par l'Organisation internationale de la sage-femme.Soit qu'elle est une spécialiste de l'accouchement naturel, reconnue grâce à une formation adéquate, qu'elle dispense du support et les conseils nécessaires à tout le processus de la grossesse, de l'accouchement et du postpartum.Que son travail englobe une éducation prénatale et une préparation aux nouveaux rôles de parents.Enfin, qu'elle ait droit de pratique en milieu hospitalier, en clinique ou ailleurs.Sa formation serait universitaire, correspondant à un diplôme de premier cycle.Afin d'éviter une récupération par la base, les prérequis seraient généraux, le diplôme d'infirmière deviendrait une voie d'accès plutôt qu'une obligation.Des acquis seraient reconnus aux sages-femmes actuelles (clause grand-mère) ainsi qu'à toute personne possédant une formation d'un autre pays.Un programme spécifique serait créé en dehors de la faculté de médecine car, même si certaines notions d'ana-tomie sont identiques, la philosophie de la pratique des sages-femmes est totalement différente de la pensée pathologique enseignée.Cette formation serait multidisciplinaire et comprendrait plusieurs heures de stages.Prévoyant que 50 p.cent des femmes pourraient demander l'assistance d'une sage-femme d'ici l'an 2000 (en 15 ans.), le Québec aurait besoin de former un minimum de 250 sages-femmes à compter de septembre 1985.Les coûts estimés de cette légalisation et de cette formation doivent s'évaluer à long terme.Actuellement, un accouchement normal à l'hôpital coûte en moyenne $2 168 soit $512 d'hono- Québec prête une oreille attentive aux groupes de pression raires professionnels et $1 (>56 de frais d'hospitalisation.Le rapport propose que les sages-femmes soient des salariées comme les autres employés du système de santé (sauf les médecins.).Leur échelle de salaire serait établie en fonction des conventions collectives.Des estimations prétendent que leur assistance à deux accouchements par semaine dans un centre hospita lier favoriserait une économie de $250 par personne.La formation universitaire ne réclame pas de fonds nouveaux et coûterait $8 000 de moins que pour chaque médecin.Enfin, l'intégration des sages-femmes entraînerait un glissement d'actes chez certains professionnels liés au secteur de l'obstétrique.Les coûts envisagés sont donc jugés raisonnables et réalisables.Où accoucher?_ Différentes avenues sont ouvertes quant au choix du lieu de leur pratique.Les services en obstétrique des hôpitaux du Québec ne sont pas encore psychologiquement et physiquement prêts à recevoir les sages-femmes.L'implantation des chambres des naissances réclamées depuis 1978 est loin d'être généralisée.Certaines, même, ressemblent à des salles d'accou- chement camouflées derrière un ruban.Pour y avoir accès, le médecin-accoucheur doit y être ouvert et retransmettre l'information à la femme enceinte.Ce qui est loin d'être le cas là oû la chambre de naissance fut aménagée sans son consentement.Une étude menée par Alternative-Naissance, l'été dernier, démontre clairement que le taux d'utilisation de la chambre de naissance est directement relié à l'opinion que s'en fait le médecin et à son degré d'ouverture face à l'humanisation des soins.Le centre hospitalier Pierre-Boucher, sur la Rive sud, en compte cinq et leur occupation est d'environ 80 p.cent.D'autres endroits interdisent la chambre des naissances à toutes les femmes qui accouchent d'un premier enfant et considèrent le taux de 10 p.cent d'occupation comme élevé! Le comité interministériel recommande à ce sujet que le lieu d'exercice de la sage-femme soit l'hôpital, mais en élargissant le concept de chambre des naissances à celui du modèle américain de centre alternatif de la naissance.Ce qu'il offre de plus est une section précise dans l'établissement, réservée à une maternité.Il écarte la création d'un véritable réseau de maternités comme le vivent les Européen- nes, bien que ce soit jugé la solution préférable, à cause des coûts inhérents à l'implantation d'une nouvelle structure dans la pyramide de la santé.Le comité Maisons de naissan ce qui, de son côté, travaille depuis l'automne 198:i à un projet pilote de «centre alternatif de maternité» propose une action plus efficace dans l'immédiat.C'est au départ à un changement profond de la philosophie du déroulement de la grossesse qu'il s'attaque.Il préconise le respect des droits et des choix de la femme, de l'intimité et du processus de l'accouchement.Le «centre alternatif de maternité» préconisé (le modèle américain avec les-avantages européens) garantirait l'abolition des routines médicales, l'utilisation prudente de la quincaillerie obstétricale, il reconnaîtrait l'expertise et la compétence des femmes face à la maternité, il offrirait les services de la médecine douce et il serait le lieu prévilégié de la pratique des sages-femmes, sans nécessairement refuser la présence des médecins.Son atout serait d'offrir dans un seul endroit, tous les services prénataux et postnataux branchés sur la réalité psychologi- que, sociale et économique des femmes.L'homogénéité des conceptions et des attitudes serait assurée.En redonnant l'autonomie aux femmes, ce centre alternatif de maternité favoriserait une harmonisation des relations, somme toute prévilégiées, qui restituerait la beauté de la naissance dans son contexte originel.N'est-ce pas le premier et le plus vieux métier du monde?Que le ministère des Affaires sociales promette une légalisation de la pratique de la sage-femme pour l'automne 1985 a de quoi réjouir bien des femmes.Toutefois, elles sont bien conscientes que toute promesse peut mourir, à travers les dédales d'une campagne électorale et qu'ainsi, il faille poursuivre la longue route qui mène de la clandestinité à la normalité.Puis, avoir accès à une sage-femme c'est trouver une amie à travers la naissance.C'est grandir dans une vie de couple et «s'apprendre» davantage.Cela est d'une complexité qui demande de la présence et de l'attention.On ne saurait former de nouvelles sages-femmes sans leur inculquer la connaissance de mille petits gestes d'amour.D.P.Témoignage -J'étais ouverte à une sage-femme mais ça ne se trouve pas à tous les coins de rue.Puis la profession est illégale, il n'y a rien actuellement qui garantit sa compétence.Donc même avec une sage femme, je ne me sentais pas assez en confiance pour accoucher sans l'aide de la médecine/ «au cas ou ».On a été bien conditionnées à ça, je l'étais : au cas où il arrive quelque chose.«Mon conjoint et moi, on s'était dit que nous avions des droits.Que l'hôpital était à mon service, et non moi à son service.J'avais des exigences.J'ai beaucoup magasiné.\u2022J'ai changé quatre fois de médecin, trois fois d'hôpital.J'en ai visité d'autres.J'ai fait des dizaines de téléphones.J'ai pris bien des cafés avec des amies.J'ai visionné tous les films sur l'accouchement qu'il y a à l'Office national du film.Je voulais me familiariser avec cet acte.Quand tu ne sais pas, c'est un mystère.Les cours prénataux étaient trop techniques, ils ne touchaient pas à l'essentiel.\u2022Au Centre de santé des femmes, {'ai finalement trouvé une équipe de femmes médecins qui ont pris le temps de répondre à mes questions.Elles en ont même suscitées.Idéalement, c'était l'hôpital Pierre-Boucher, à Longueull, qui correspondait le plus à mes exigences.Mais l'étais prête à faire des compromis.J'ai choisi l'hôpital Saint-Luc.Les chambres de naissance sont décorées.Ce n'est pas froid comme sur les autres étages.C'est sûr, ce n'était pas comme à la maison, toutefois ie sentais un effort de la part de l'hôpital pour considérer la naissance comme un acte naturel.Ça me convenait.«Tout ça, c'est bien de l'ouvrage t Ces démarches m'ont fait réaliser qu'on est toute seule lorsqu'on veut un enfant.Pour la société, c'est comme devenu un choix individuel.La collectivité ne se sent plus impliquée.C'est comme si elle disait : «Arrange-toi avec tes problèmes, ta grossesse, ton accouchement, ton bébé».Marie Lyne Ethier, 35 ans, attachée de presse, un enfant» Flavie, deux mois et demi, née dans une chambre de naissance.pho«o Piewr» McConn, LA PRESSE c y O z > 5 o > o c CO Ul I Le Québec et les sages-femmes « La femme a besoin d'être nourrie d'attention » Comment expliquer que les femmes aient autant besoin d'interventions pour mettre leurs enfants au monde ?N'est-ce pas un acte inscrit dans la nuit des temps de la survie de l'espèce humaine?Une Américaine, Mme Gayle Harriet Peterson, directrice d'un centre de psychothérapie holistique et d'un centre de psychophysiologie, s'intéresse à ce phénomène depuis plus de dix ans.À la base, Mme Peterson définit la grossesse et l'accouchement comme un pont qui mène à la famille.Une famille en transformation et en conflit avec les traditions culturelles et sociales.Le rôle de chaque individu y est en transition, et la femme est mal préparée à vivre sa nouvelle carrière de mère.Dans le système médical, la femme enceinte souffre d'une famine émotive importante.Pendant son suivi prénatal, il n'y a pas de place pour parler des transformations émotives, des inquiétudes, des doutes, des intuitions amenées par la grossesse.Chacune de ses questions sans réponses peut s'exprimer en complications et en symptômes physiques.La femme a besoin d'être nourrie d'attention.D'autre part, la société prend sa force dans le développement de la haute technologie, délaissant par le fait même toute spiritualité, plus accessible, plus attentive à la dimension humaine.En conséquence, la science creuse un fossé entre le corps et les émotions.Elle ignore que la grossesse est un temps de guérison, d'équilibration de toutes les énergies d'un être.Mme Peterson en déduit que la culture affecte directement la biologie.Chaque femme doit s'adapter à cette réalité et son accouchement sera le reflet de cette adaptation.Lors d'un accouchement, la mère et le bébé travaillent ensemble.Le corps, les émotions, les intuitions, le contexte familial et environnemental sont un tout qui doit être activé de façon globale.C'est ce qu'elle appelle l'approche holistique.Elle propose à la médecine actuelle de s'ouvrir à un changement de mentalité en profondeur qui « rebrancherait» l'intelligence et les émotions.Accoucher est une res- ponsabilité plus qu'individuelle, c'est une «responsivity» où toutes les personnes impliquées doivent s'harmoniser activement autour de l'énergie de la naissance.Les sages-femmes ont réussi à conserver cette connaissance intégrale de l'accouchement.Avant d'utiliser leurs instruments, elles écoutent les intuitions exprimées au long du processus de la naissance.Selon Mme Peterson, elles sont actuellement les seules professionnelles qualifiées pour faire le joint entre toutes ces informations humaines.Elles respectent la capacité du corps de donner le meilleur de lui-même et le support prénatal qu'elles offrent prépare davantage les femmes à assumer la douleur et la nécessité de s'ouvrir afin do laisser venir leur enfant au mon de.Afin de faire avancer la cause des femmes, Mme Peterson sou haite que les personnes Impliquées dans le cheminement de la grossesse sachent délaisser leurs positions opposées quant au choix du lieu de l'accouchement en toute sécurité.Le fond de la question n'est pas à ce ni veau.Il faut permettre aux fem mes de désirer accoucher là ou elles se sentent le mieux et surtout avec l'assistance la plus intime possible.Si c'est à l'hôpital, cela implique une transformation de la pratique actuelle et une place pour la présence des sages-femmes.D.P.Francine Dufresne, 28 ans, travailleuse en usine, deux enfants : Frédéric, 24 mois, Julie, née à la maison, 3 mois.Témoignage ¦ Mon premier enfant, je l'ai eu à l'hôpital Lakeshore à Pointe-Claire.J'ai été délivrée d'un bébé, je n'ai pas accouché.«Au cours prénatal, on nous disait que lorsqu'on avait des contractions aux cinq minutes, on était prête à accoucher.Je me suis rendue à l'hôpital.Le travail a duré 18 heures.J'ai été examinée, branchée, isolée dans une salle de travail, sans droit de bouger ni de manger, sans aucune information.Personne ne me disait ce qui se passait.«J'ai su que mon médecin pratiquait une opération dans un autre hôpital.J'étais inquiète de son absence, insecure.J'ai vécu trois changements d'équipe.Seule une infirmière m'a rassurée.Elle a été même assez gentille pour rester après son service.Les autres, je sentais que c'était leur job, que j'étais une patiente de plus.C'était très impersonnel, très froid.¦ Lorsque le médecin est arrivé, il m'a dit : «t'es pas pour traîner ca longtemps, on va faire accélérer le travail».Trois fois il m'a parlé de césarienne.Je manquais d'air.Je demandais qu'on m'enlève tous ces instruments de mesure, le liquide oxytocin qui m'empêchait de bouger.Je ne voulais pas des étriers.On me répondait que c'est obligatoire.Je ne sentais pas le besoin de pousser le bébé, pourtant les infirmières me disaient : «arrête de crier, pousse, pousse.«Je me suis réveillée avec une épisiotomie, des déchirures internes.Pourtant j'étais très en forme.Je faisais de la natation trois fois par semaine et une heure d'exercice par jour.Il me semble que mon périnée était assez souple pour laisser passer mon bébé.Je me suis dit, non ce n'est pas ça un accouchement.«À l'hôpital, on est vulnérable, on n'est pas maître de son corps.J'y étais allée parce que mon conjoint avait peur des complications.J'avais en moi le goût d'accoucher à la maison mais, puisque c'était mon premier enfant, j'ai cédé à ses pressions.«C'est une monitrice de la Ligue La Lèche qui m'a parlé des sages-femmes.Je me suis informée, j'ai beaucoup discuté avec mon mari.Lorsque j'ai accouché de Julie, l'hôpital c'était plutôt pour mon entourage, pour les faire taire.J'avais confiance en moi en tant qu'être humain.Ma sage-femme m'a aidée à trouver mes points forts, mes points faibles.J'ai su apprivoiser mes craintes de la douleur.«J'avais invité ma mère pour qu'elle s'occupe de Frédéric.Pendant que j'accouchais de Julie, je l'entendais pleurer dans la cuisine.je'n'oublierai jamais ce moment-là.» lu Québec et les sages-femmes Si en 1985, en Amérique du Nord, accoucher avec-une sage-femme est considéré comme un geste en marge de la société, ce n'est pas le cas des autres femmes du monde.75 p.cent d'entre elles donnent naissance à un enfant avec cette professionnelle de l'accouchement naturel.Seulement huit pays, dont le Canada, ne reconnaissent pas la pratique légale de la sage-femme.C'est ce qui explique que des 90 000 femmes qui accouchent chaque année au Québec, 98 p.cent le font à l'hôpital.Une profession illégale est maintenue dans la méconnaissance.La médecine a caché la présence des sages-femmes, la législation a contribué à les faire taire, mais elles sont toujours là.En 1940, le bureau de l'Ordre des médecins du Québec émit les derniers permis de pratique.Celles qui s'obstinaient à vouloir assister les femmes sont alors confinées aux réserves indiennes, aux villes éloignées sans médecin et au tiers monde! L'histoire populaire des années 60 entoure leur rôle d'un mur de préjugés et de doute.Accoucher avec une sage-femme devient synonyme d'irresponsabilité.Seules les « peace and love» ont droit à une certaine tolérance.Chose certaine, ces accouchements sont ignorés, comme l'est tout refus du progrès.Cesser les abus_ Il faudra que les femmes et les infirmières ne puissent plus tolérer les abus du pouvoir médical pour que la pratique des sages-femmes sorte du getto dans lequel on l'avait confinée.Au cours des années 70, les groupes d'humanisation et de «démédicalisation» de la naissance sont devenus le refuge des « contestataires».Contester quoi?L'augmenta-lion sans cesse des naissances provoquées, l'utilisation des épi-durales, la routine des episioto-mies, l'horrible pose des forceps à froid, la réglementation qui oblige la femme à accoucher allongée, contre nature, position favorable aux interventions du médecin?Incapable de performer dans ce modèle établi, elle se soumet à certaines drogues et finalement, dans 25 p.cent des cas, à la césarienne.Reprendre le contrôle_ Réunis dans une association provinciale nommée Naissance-Renaissance, ces groupes régionaux de l'humanisation de la naissance visent deux objectifs ultimes : redonner aux femmes le contrôle de leur corps, puis légaliser et promouvoir la pratique des sages-femmes.Leur force?Leur nombre et leur présence dans tous les coins du Québec.Un lobby grandissant auprès du ministère des Affaires sociales et une dénonciation de cas flagrants qui démon- 8 pays seulement ne reconnaissent pas la sage-femme trent des accrocs au gros bon sens.Par exemple, les femmes du Nouveau Québec, amérindiennes et inuit, doivent descendre dans le Sud un mois avant leur accouchement.Aucun médecin n'est sur place pour les assister ni ne veut travailler sans appareillage obstétrical.Il s'ensuit une désorganisation familiale importante, un isolement personnel et un séjour prolongé dans un environnement où la femme enceinte est une patiente encombrante.Ceci sans parler de la barrière linguistique, du stress et de l'inquiétude causés par l'éloignement, du manque d'information et de l'obligation d'être une spectatrice consentante.Enfin, ces groupes peuvent compter sur la solidarité des femmes des autres pays du monde.Elles alimentent leurs pres- sions avec des données précises.Ainsi, aux Pays-Bas, près de 80 p.cent des accouchements ont lieu à domicile.Le pays compte 600 sages-femmes contre 700 obstétriciens.Le suivi pré-natal et post-natal est entouré de mesures préventives de qualité.On n'a recours à la césarienne et à l'anesthésie que dans 5 p.cent des cas.En France, 9 000 sages-femmes assistent 80 p.cent des accouchements qui se font majoritairement dans des maternités.À la clinique Pétiviers, de 1977 à 1979, on n'utilisa ni forceps, ni cpidnrale.ni bloc honteux et seulement 5 p.cent d'épi-siotomies contre 90 p.cent dans les hôpitaux québécois.La Finlande et la Suède présentent un taux de mortalité infantile et maternelle parmi les plus bas au monde.Ce succès est attribué à une bonne organisa- tion des soins en périnatalité dispensés par des sages-femmes.En Grande-Bretagne, 3 000 sages-femmes assistent 40 p.cent des accouchements.Maintenant, il est interdit de naitre à la mai son.Par contre, les statistiques démontrent que l'hôpital ne s'avère pas plus sécuritaire.L'utilisation accrue de la technologie provoque une augmentation des complications.Finalement, aux États-Unis, les sages-femmes sont depuis récemment admises, mais elles doivent constamment faire reconnaître leur compétence.Une étude californienne, réalisée par Lewis E.Mehl, en 1977, compare 1 046 accouchements à domicile contre 1 946 à l'hôpital.Il y observa deux fois plus d'utilisation d'oxytocin, neuf fois plus d'épi-siotomies, vingt fois plus de pose de forceps, six fois plus d'en- fants en détresse et 30 cas d'accidents (fractures du crâne et paralysies faciales).1 Le monde médical répliquera à ces statistiques que la science et l'hospitalisation ont contribué à la réduction importante du taux de mortalité et de lésions corporelles.Il est exact que la technologie a grandement amélioré le pronostic des cas à risques.Toutefois, il faut également tenir compte de facteurs socio-démographiques, tels que l'âge de la mère, le rang et le nombre des naissances, les mesures sanitaires et les soins préventifs.D p m Vers un accouchement qui nous ressemble, brochure publiée par la Fédération des syndicats professionnels d'infirmières et d'infirmiers du Québec.Suzanne Thivierge, 27 ans, enseignante suppléante, deux enfants nés à la maison : Jeremy, 2 ans et demi, et Alexandre, «n an.photo Pierr* McConn, LA PRESSE Témoignage ¦ Je voulais accoucher en paix.Ne pas avoir à dépenser de l'énergie à me battre avec le personnel de l'hôpital pour qu'il respecte ma personnalité.Je voulais accoucher à la maison et avec une sage-femme, parce qu'elle amène une dimension globale, spirituel le.Les médecins ne s'occupent pas de ça.¦Aupremier bébé, j'étais suivie par une femme médecin qui n'approuvait pas ma démarche.Craignant que ie fasse du diabète de grossesse, à 37 semaines, elle m'a entrée à ('hôpital pour que ie passe une batterie de tests.Je crois qu'elle a paniqué.Moi ie ne voulais pas accoucher à l'hôpital.Je parlais à mon bébé, ie lui disais que ce n'était pas le temps.Elle me disait : ¦ Faut que tu souffres un peu si tu veux accoucher à la maison, il faut que tu acceptes de vivre certaines choses, il faut que tu appreimnes à te priver.¦Ce que j'aime d'une sage-femme, c'est qu'elle me prenait entière, avec tout mon bagage.Ma tète, mon coeur, mes caprices, mes impatiences, mes larmes, mes intolérances face à la douleur.Je suis une femme qui accouche, pas un utérus qui sort un bébé.¦ C'était important aussi pour le post-natal.Je ne voulais pas séparer ma famille, être séparée de mon bébé.Le lendemain de mon deuxième accouchement, ma sage-femme m'a appelée.Ses premiers mots étaient pour moi : comment cava?Elle était tou jour s en contact avec moi, elle se préoccupait de la réorganisation familiale.¦ Partir de la maison pour l'hôpital, c'est comme créer un événement dramatique, anormal, alors que la vie continue.La seule différence c'est qu'il y a une personne de plus dans ta vie ! ¦Le deuxième jour de mon dernier accouchement, j'étais assise au soleil, sur mon balcon, à voir pousser les feuilles.J'étais bien contente de mon privilège.Et ie me demandais si, à l'hôpital, on m'aurait laissée faire cela.» c y o z \u2014! TO m > > 5 > O o Ul Même Mitterrand joue les LouisXIV La France croit qu'elle est une République, elle vit en monarchie.Une monarchie élective et démocratique, bien entendu.Mais, en comparaison du socialiste Francois Mitterrand, actuel occupant de l'Elysée, les vieux monar ques de l'Europe du nord ont l'air de braves grands-parents de ban lieue.La reine Juliana de Hollande allait elle-même faire son mar ché.Le chancelier autrichien Kreisky descendait de chez lui en robe de chambre pour aller chercher son journal dans la boite aux lettres.Le faste et les pompes dont s'entoure Mitterrand dépassent en solennité ce qu'on trouve chez, le fringant Juan Carlos d'Espagne et n'ont d'équivalent sans doute que chez les Windsor.A cette différence près qu'Elizabeth II n'a rigoureusement aucun pouvoir politique.Le président français, lui.en a davantage, toutes propor lions gardées, que la plupart des dirigeants occidentaux.Comme eux \u2014 en tout cas ceux qui ont une majorité politique pour les soutenir \u2014 il décide souverainement des grandes orienta lions du pays.Mais, contrairement par exemple au président américain, il n'a guère, pour le contrôler, de contre - pouvoirs puissants et efficaces.Mitterrand ou l'Elysée, outre la marche de l'économie et de la diplomatie, dé cident volontiers de telle nomination personnelle, de travaux d'urbanisme ou de la répar tition de budgets.Les organisa teurs autonomes, les commissions parlementaires, ici on ne connaît pas.Le « pouvoir personnel », que dénonçait la gauche depuis le dé but de la V République, est plus personnel que jamais.Le faste_ Tous les pouvoirs aiment s'entourer de fastes.Mais sans faire dans l'angélisme ou le boy-scoutisme, on pouvait s'attendre à ce À PARIS «Je ne savais pas qu'à Louis XV venait de succéder Louis XIV », plaisantait un ministre socialiste en parlant de Mitterrand et de son prédécesseur, Giscard d'Estaing.Ce dernier tout le monde la sait en France, vouait un grand culte à Louis XV, dont il prétendait d'ailleurs être le vague descendant.que le premier régime socialiste depuis trente-cinq ans en France « démocratise » quelque peu son image.Ce fut pratiquement le contraire, ou en tout cas rien ne changea.Tous les observateurs et les participants se souviennent encore du sommet occidental accueilli par la France en juin 1962.Habits de soirée, diners de gala et.pour couronner le tout, un extraordinaire feu d'artifice digne du siècle du Roi-Soleil.Le tout à Versailles, qu'on avait aménagé à grands frais (en oubliant cependant la climatisation, ce qui fut parfois catastrophique).«Je ne savais pas.plaisantait un ministre socialiste, qu'à Louis XV venait de succéder Louis XIV ».Tout le monde savait en effet que le prédécesseur, Giscard d'Estaing, vouait un grand culte à Louis XV, dont il prétendait d'ailleurs être le vague descendant.À l'époque, le célèbre journal satirique « Le Canard enchaîné » faisait des gorges chaudes sur les manies « monarchistes » de Giscard.Le siècle de Louis XV était l'une de ses marottes; il achetait du mobilier Louis XV.collectionnait ses portraits.À l'Elysée, le protocole était plus strict que jamais.Recevant pour un week-end » amical » le couple Chirac (celui ci était premier ministre) au fort de Brégançon.ils avaient diné à quatre a la bonne franquette, les Giscard assis dans des fauteuils, les Chirac montés sur de petites chaises droites.Ce qui n'avait pas arrangé les affaires entre les deux hommes.François Mitterrand n'a pas les mêmes traits de caractère, surtout pour les détails.Plutôt que d'habiter l'Elysée, il préfère sa maison familiale de la rive-gauche où il prend tous les matins le petit déjeuner avec femme et enfants.En voiture il a toujours occupé le siège avant à côté du chauffeur et il continue à le faire.Il lui arrive d'aller à pied de chez lui au « bureau », ou d'entrer abruptement dans une librairie.Enfin il continue de s'occuper de sa ¦ bergerie » de Latché, dans le sud-ouest.Vêtu avec des pantalons de gros velours, d'étranges chapeaux de paille sur la tête, en sandales, il entretient fidèles ou visiteurs illustres du rythme des saisons ou de problèmes horticoles.Les plus chanceux ont droit à une rencontre avec l'àne du président.Le monarque cède la place au vieux sage, au guide paysan et terrien.La rusticité qu'il affectionne ne l'a pas empêché, depuis mai SI, de se couler dans les rites élyséens les plus stricts et désuets.En tant que CO-« souverain » de la minuscule principauté d'Andore, il a participé à de pompeuses cérémonies du centenaire en compagnie de son homologue espagnol, l'évê-que d'Urgel.En 1983, il fut jugé prioritaire de rendre à la reine Elizabeth une « visite d'État » strictement protocolaire, avec habit à queue, chapeau haut-de-forme.Mitterand voyage beaucoup à l'étranger, encore plus que son prédécesseur: dix huit déplace meats officiels en 198.1.vingt-sept en 1981.A chaque fois, le drapeau de l'Elysée est mis en berne.À chaque fois, l'aéroport de départ est le théâtre de cérémonies étranges.Même si l'avion présidentiel décolle à cinq heures du matin, le tapis rouge esl déroulé depuis le salon d'honneur jusqu'à la passerelle.La Garde républicaine présente les armes.Le premier ministre vient en personne saluer le président et, pour faire le poids, on a tiré de leur lit une poignée de ministres.Une monarchie_ D'où la conclusion unanime des observateurs français sur la présidence: c'est une monarchie.Dans sa biographie plutôt critique (Le Noir et le rouge.Grasset), Catherine Nay appelle Mitterrand, «François l,r».Michel Schifres sous-titre son «Elysée de Mitterrand» (Alain Moreau.1985) «Secrets de la maison du Prince ».Roger Fressoz, directeur du « Canard enchaîné », est, lui.un spécialiste en monarchologie.C'est lui qui, pendant les années du gaullisme, écrivait dans un style louis-quatorzième son excellente chronique « La Cour ».« De Gaulle, dit-il.c'était Louis XIV, l'incarnation de la France ».Après quoi on eut avec Pompidou le Régent, et un régime à la fois autoritaire et libéral.Giscard, c'était une certaine décadence style Louis XV.Et maintenant, avec Mitterrand, c'est la monarchie de Juillet, le côté à la fois pompeux et petit-bourgeois de Louis-Philippe.» Mais une fois passées les anecdotes ironiques et amusées, les mêmes s'entendent aussitôt pour trouver ce régime tout à fait normal, même avec ses travers et ses ridicules, ses abus petits ou moyens.«Je comprends que vous vous étonniez de ces moeurs, me dit Mi- En 1983, il fut jugé prioritaire de rendre à la reine Elizabeth une « visite d'Etat » strictement protocolaire, avec habit à queue, chapeau haut-de-forme.De gauche à droite: le duc d'Edinbourg, la reine-mére, Mme Danielle Mitterrand, le président Francois Mitterrand et son altesse la reine Elizabeth II.chel Schifres qui vient de les décrire en .120 pages.Ça frappe beaucoup les journalistes de tradition anglo saxonne.Ici c'est tout le pouvoir politique qui fonctionne de cette manière.C'est le côté la tin, avec déploiement de sécurité et de pompes.Mais tout le monde trouve ça normal.Les Français aiment (et critiquent) ce pouvoir tel qu'il est.Moi-même, quand j'étais au Canada, je trouvais incroyable la décontraction, la fa miliarité de la classe politique.A commencer par Trudeau.Il avait une simplicité, un côté direct impensable en France, même de dirigeants de l'opposition.Et si Mitterrand a adopté ce style monarchique ce n'est pas seulement parce que ça flattait son amour-propre, mais aussi pour des raisons politiques: pour montrer qu'un président de gauche était également un \"vrai\" président.» Même son de cloche du côté de Fressoz: « Les Français ont coupé la tête à Louis XVI.mais ils rêvent toujours d'avoir un roi.un pouvoir fort.Ils sont à la fois régicides et légitimistes.Ils trouvent plutôt anormal que le pouvoir politique fonctionne avec son arbitraire, ses secrets et ses abus.Et au \u2022 Canard ».nous avons les plus grandes difficultés à provoquer le scandale dans l'esprit des gens: ils sourient, mais rien de tout ça ne les scandalise vraiment.» Les hommes «de l'ombre» Tour ça, c'est d'abord la concentration croissante des pouvoirs à l'Elysée \u2014 bref la presidentialisa tion du régime.En principe, c'est le gouvernement (avec ses qua rantequatre ministres ! ) qui gère les affaires du pays.En pratique, c'était le cas sous De Gaulle, qui ne se réservait que la défense et les Affaires étrangères.Sous Pompidou et Giscard, le «domai ne réservé \u2022 s'est progressivement étendu à tous les autres, et d'abord à l'économie.Les collaborateurs du président, moins de dix sous De Gaulle, étaient vingt-cinq sous Giscard, ils sont maintenant quarante.Ce sont des hommes de l'ombre, choisis essentiellement pour leur attachement personnel à Mitterrand \u2014 ou cooptés.Souvent, ils ne viennent ni de la haute fonction publique ni même du Parti socialiste.Certains sont des « féaux » un peu mystérieux qui font partie de l'entourage personnel depuis vingt ou trente ans.Ainsi André Rousselet, un homme d'affaires prospère qui fut le premier chef de cabinet à l'Elysée.Ainsi François De Grossouvre qui est en charge des affaires de sécurité.La liste est longue, et beaucoup de ces hommes ont.dans leurs domaines respectifs, un pouvoir beaucoup plus grand que le minis tre en litre.Le brillant ou fumeux Jacques Atlali.debut de la quarantaine, est le seul, avec le secrétaire général Jean Louis Bianco, à avoir un accès direct au président.Ce sont eux qui filtrent les hommes et les dossiers, bref qui souvent gouvernent Sans bien sur que le Parlement ait jamais entendu leur voix ni parfois vu leur visage.Déjà sous la V République, le Parlement s'était vu dessaisir de pas mal de pouvoirs.La plupart du temps, en matière de budget par exemple, la majorité présidentielle n'a que le droit d'approuver les textes proposés : le gouver-nemenl peut interdire les amendements.Quant aux commissions parlementaires, elles sont sans pouvoir au regard des institutions anglo-saxonnes.Aujourd'hui, on a franchi une nouvelle étape, puisque la plupart des décisions sont élaborées autour de l'Elysée, par des hommes qui, contrairement aux ministres, n'ont même pas à se confronter aux parlementaires.Selon Schifres et Fressoz, le caractère monarchique, le côté cour, s'est d'une certaine manière encore aggravé du fait de la per sonnalitc de Mitterrand.D'une part, il a toujours été autoritaire et plutôt lointain: à part Grossouvre et Rousselet, rigoureusement personne ne le tutoie.D'autre part, il a sa bande, ses vieux fide les.Ce sont ceux qui ont droit à une invitation à Latché.ou mieux encore participent à la rituelle as cension du rocher de Sokutré, chaque année à la Pentecôte.« Dès qu'on sait ou que l'on soupçonne qu'un tel a - l'oreille » du président, dit Roger Fressoz, on le flatte, on le courtise pour obtenir telle decision ou telle faveur.Ce qui accroit l'atmosphère d'in t rigues.» Le pouvoir personnel, s'il ne provoque en France que de petits ricanements, étonnerait au Canada ou aux Etats-Unis.Mitterrand place autour de lui des conseillers occultes que personne ne connaît : c'est son droit.Dans un geste qui relève plutôt de la coquetterie politique, l'écrivain Régis Debray est installé à l'Elysée: on ne dit rien.Quand Debray est mis de côté, on le console avec un poste à vie au Conseil d'Etat (traitement convenable, charge de travail nulle): normal.D'autres écrivains amis (Guimard, Manceron) sont eux aussi installés au « château \u2022: encore normal.Là où ça murmure un peu, c'est quand on retrouve l'un des deux fils Mitterrand (« qui faisait une carrière fort modeste de journaliste ».dit Fressoz) adjoint du conseiller Penne pour les affaires africaines.Fressoz: « Dans le genre royal, il faut noter que les dirigeants africains ont beaucoup apprécié.Pour eux, parler au fils, c'est être en liaison directe avec le chef.Ils lui ont d'ailleurs donné un surmon : papa-m'a-dif.et c'est ainsi qu'ils l'appellent entre eux.» Autre travers mitlerrandien : la cohorte des amis.Désormais, aucun voyage officiel à l'étranger ne se fait sans les « invités présidentiels » : on y retrouve pêle-mêle l'excellent écrivain Bernard Franck (mais pourquoi le Japon?), telle amie proche, la femme d'un diri-géant socialiste, tel directeur de journal.Le tout aux frais de la princesse il va sans dire.Les petits détails En France, le Prince s'occupe décidément de beaucoup de petits détails de la vie nationale.Exemple les médias.Le régime socialiste a eu le très grand mérite de créer la Haute autorité de l'audio visuel, qui constitue un écran entre le pouvoir politique et les chaînes de télévision : c'est un progrès.Il n'en reste pas moins que le remplacement de Desgrau- pes, cette année, à la tête de la deuxième ebaine a donné lieu a un léger malaise: la Haute'autorite avait son candidat; c'est celui de l'Elysée.Héberlé, qui est quand même passé.Pour la presse écrite.André Rousselet avait été en voyé auprès du magnat (de droi te) Hersant pour l'incitera vendre France Soir à un groupe plus favorable au pouvoir.Cette année, c'est le conseiller Colliard, qui a réussi la reprise en main du Matin, vendu à un homme de con fiance, et politiquement dirigé par Max Gallo, ancien porte-parole du gouvernement.Dans un registre plus noble, Mitterrand s'est fait bâtisseur.Pompidou, puis Giscard, avaient ouvert la voie: le premier en décidant de la création du centre Beaubourg, le second avec le musée d'Orsay, la Cité de la Villette.Mitterrand, lui, bat tous les records.Soutenu par son fidèle Jack Lang, il a remodelé les projets en cours, et en a décidé de non veaux: l'Opéra de la Bastille, une pyramide de verre au milieu de la cour du Louvre.Une grandiose exposition universelle fut imaginée et commandée, puis décommandée de la même manière.Dans la plupart des cas \u2014 y compris le musée d'Orsay, ou la Cité des sciences de la Villette \u2014 le choix final, quelles que soient les coin missions, se fait sous le regard du président de la République.Après s'être fait montrer en détail les dernières maquettes, celui-ci tranche souverainement.Et comme il a des idées en la matière, il va lui-même à plusieurs reprises voir l'évolution des travaux sur les chantiers en cours.Le contrôle « démocratique » Même si le citoyen français est, dans sa vie courante, passablement encadré par la bureaucratie, le pouvoir en France échappe beaucoup plus que dans les pays anglo-saxons au contrôle « démo cratique », au moins dans sa gestion quotidienne.Et quand une « affaire » éclate, l'opinion n'en lait pas un drame: à condition que ça reste dans des limites acceptables.Ce qui est souvent le cas.Par exemple, les contrats des municipalités ou de petits contrats nationaux peuvent aller aux « amis »: les grands contrats passent par des appels d'offre réputés réguliers.« Il n'y a pas en général de grande corruption dans le monde politique, on s'autolimite dans l'arbi- traire ».estime Roger Fressoz.C'est ainsi que le «Canard» publie en 1972 la déclaration dim pots de Jacques Chaban Delmas.alors premier ministre: il ne payait pas un sou d'impôts, grâce à de savantes technicalities.Ce n'était pas illégal, il est resté en place, bien que le côté choquant de la chose lui ait nui.le «C'a nard ».toujours, révèle que le pre mier ministre Barre -'est acheté pour trois fois rien un terrain sur la Côte d'Azur: on le note, mais personne ne s'émeut.A quoi bon être premier ministre, pensent les Français, si ça ne sert pas un peu à sa famille?«La classe politique française sait jusqu'où ne pas aller trop loin dit Fressoz.Au besoin, elle excu sera d'elle-même les brebis galeuses, ceux qui ont dépassé les rè gles.Mais dans tous les autres cas \u2014 « normaux » \u2014 elle fera respec ter la loi du silence.» S'il n'y a pas de grands scanda les qui couvent en France \u2014 et apparemment rien sous Mitterrand \u2014 en tout cas on peut dire que le monarchisme ambiant a pour effet d'enterrer les «affaires» qui, ailleurs, auraient fait «sauter» ministres ou gouvernements.Le chef de l'opposition marocaine est assassiné à Paris en 1965 avec la complicité de services secrets français: attain1 Ben Bar-ka.Un ancien dirigeant de la droite, le prince de Broglie.encore député, lié à Giscard, est assassiné par des truands en pleine rue en 1976.Un journal révèle en 1977 que Mme Giscard d'Estaing, bénéficiant par définition d'informations privilégiées, continue de faire des placements en Bourse.En 198.1.le « Canard » révèle que le gouvernement, sous Giscard et avec son accord, a englouti des centaines de millions de francs dans des recherches rocambolcs-qùes sur des « avions-renifleurs \u2022 (de pétrole!).On pourrait ainsi allonger la liste.Un point commun dans toutes ces affaires: sauf des comparses, les responsables des « bavures » n'ont jamais été inquiétés.Pas de vagues! Il fut question de rouvrir l'affaire De Broglie (mauvaise pour Giscard) après 1981: le ministre socialiste s'y opposa.Giscard devait être entendu par une commission parlementaire sur les « avions-renifleurs»: François Mitterrand lui-même intervient pour l'en dispenser.La monarchie élective française se succède à elle-même et se tient les coudes.c en o z -i PO m > r\u2014 > 5 > O o o 00 < «/> \u2014i < at.\\-Z o s Il y eut un temps où tes héros solitaires terrassaient la béte (virus de la rage ou bacille de Koch au choix) et étaient ridiculisés par l'Acadé mie des sciences avant de triompher.Aujourd'hui, le chercheur partage sa vie entre les hautes sphères de la connaissance et les basses arcanes des politiques de subventions des gouvernements.11 se bat pour sa propre survie, pour celle de l'institution pour laquelle il travaille et pour obtenir une autre subvention qui lui permettra de continuer.Il a besoin d'un appareillage extrêmement sophistiqué sans lequel il ne peut rien.Et il doit travailler très fort pour justifier le coût de ces machines.Michel Chrétien, père d'une famille un peu spéciale Le Dr Michel Chrétien est directeur scientifique de l'Institut de recherche clinique de Montréal (IRCM).Sa solide réputa tion et son charme le servent bien dans sa tâche d'animateur et de guide de la recherche.Pour lui.Il ROI est «la transposition d'une grande famille canadienne-française dans un milieu hétéroclite» (des scientifiques de plus de vingt nationalités travaillent à l'Institut).Et c'est bien l'image d'un père qu'il projette.Michel Chrétien est le cadet de la célèbre famille Chrétien de Shawinigan.À la fin de ses études collégiales à Joliette, il hésite entre la chimie et la médecine.Son goût des sciences lui fait préférer la chimie, mais il est effrayé par la solitude du travail en laboratoire.Il a choisi la médecine peut-être dans l'espoir de concilier son goût de la recherche fonda mentale et la fréquentation de ses contemporains.À la fin de son cours de médecine, il décide d'aller travailler avec le Dr Jacques Genest qui fait de la recherche clinique à l'Hôtel-Dieu de Montréal.Le Dr Genest est le .fondateur de l'IRCM.C'est à l'Hôtel-Dieu que Michel Chrétien s'est initié à la recherche en laboratoire.À la fin de sa maitri-se.insatisfait de ses connaissances médicales, il souhaite faire sa médecine interne aux États-Unis.Mais il est déjà marié, il a une petite fille et est sans le sou.C'est alors que se présente la chance de sa vie.Il accompagne le Dr Genest qui doit donner une conférence à Philadelphie.Le dernier jour, le Dr Genest est absent.«J'ai eu la chance unique de répondre aux questions des spécialistes sans hésitation et avec une certaine assurance, expli-que-t-il.La conférence de Jacques Genest portait sur mes travaux.» Au retour, il est pressenti par l'université Harvard pour un poste d'intemiste résident a Boston.Ce coup du destin élargit considérablement son horizon.La recherche médicale c'est une affaire de subventions.car Harvard est un rêve inaces-sible.Deux ans plus tard, muni du diplôme qui lui permettra de survivre s'il échoue en recherche, il choisit librement sa voie.Ce sera la biochimie du système endocrinien, l'étude des glandes et spécifiquement de l'hypophyse.En 1964, l'hypophyse, la glan- de maîtresse du système endocrinien, est très mal connue, faute de moyens technologiques.Le Dr Chrétien relève le défi et poursuit ses études chez le grand spécialiste de la question, le Chinois CH.Li qui travaille à Berkeley, en Californie.C'est au cours de ces années (1964-1967) que le Dr Chrétien a la grande intuition scientifique de sa carrière.Il émet l'hypothèse que les hormones, au lieu d'être sécrétées comme telles, sont issues d'une grosse molécule qui est ensuite scindée.Cette grosse molécule ou précurseur contient plusieurs hormones inactives qui sont maturées dans la cellule.Ce modèle était une sorte d'hérésie.Il a fallu attendre 1975 et la découverte d'une morphine naturelle sécrétée par le cerveau, la béta-endorphine.pour que l'hypothèse soit confirmée.En quelques semaines, il a réussi à isoler l'endorphine humaine et à en détailler la structure.Mais il y avait plus important.On découvrait parallèlement que le modèle hypophysaire s'appliquait intégralement à toute la chimie du cerveau.«Du jour au lendemain, explique le Dr Chrétien, je devenais spécialiste du cerveau.Or le cerveau fabrique des dizaines de milliers de substances, alors que l'hypophyse ne fabrique que quelques hormones.Michel Chrétien, à la tète du laboratoire de neuroendocrinologie depuis 1967, est un homme patient, mais il a de vastes projets.Sa préoccupation esssen-tielle est d'améliorer la qualité de vie des gens.Puisque tout est chimique dans le cerveau, l'approche biochimique autorise tous les espoirs.Même si la béta-endorphine n'a pas tenu ses promesses jusqu'à maintenant, on peut espérer contrôler un jour la douleur.Le domaine de la mémoire est encore vierge.Le Dr Chrétien veut s'y aventurer, car la mémoire aussi est biochimique.L'agrandissement de l'IRCM est un projet qui lui tient à coeur.Cela coûtera $17 millions.Le Dr Fern and Labrie: un jeune homme d'avenir S'il y a une vedette de la recherche médicale au Québec, il s'appelle Fernand Labrie.Intelligent, chaleureux, disert, un brin juvénile pour ses quarante-huit ans, il aime qu'on parle de lui.La liste des distinctions qu'il a reçues, des associations ou des comités auxquels il appartient ou qu'il préside, des journaux auxquels il collabore, est interminable.Il est notamment officier de l'Ordre du Canada, chevalier de l'Ordre de Malte, médaillé de la ville de Nice et.président honoraire du Club optimiste de Ste-Julie.Dans ses moments de loisirs, il préside la Fédération québécoise de ski ! À la fin de son cours de médecine, en 1962, il a déjà gagné neuf prix.Il rêve d'aller à Cambridge.Sa candidature est acceptée, mais il est séduit par Claude Fortier.un neuroendocrinologiste eminent qui vient de s'installer au Québec.«J'ai choisi l'endocrinologie parce que c'est la spécialité où on peut mesurer le plus de choses, dit-il.Et le traitement des maladies causées par des défi ciences hormonales est efficace.» Après l'obtention de son Ph.D.en 1966, le Dr Labrie réalise son rêve.À Cambridge, il étudie la biochimie, et la biologie moléculaire avec le professeur Frederick Sanger, deux fois prix Nobel de médecine.Fernand Labrie est le premier à purifier l'ARN messager de l'hémoglobine d'un mammifère.De retour à Québec, en 1969.il prend la direction du laboratoire d'endocrinologie moléculaire de la Faculté de médecine.C'est vers cette époque qu'il entreprend les recherches qui gouverneront son acheminement scientifique.En 1971, une nouvelle hormone est découverte.11 s'agit de la LHRH.Cette hormone régit la sécrétion des androgènes (hormones mâles) par les testicules.Très tôt, le Dr Labrie étudie le mécanisme d'action de la nouvelle molécule.Des analogues de la LHRH, c'est-à-dire des hormones synthétiques semblables à l'hormone naturelle, mais beaucoup plus puissantes, sont produites en laboratoire.Pendant cinq ans, il tente de traiter les cas d'infertilité avec- cette nouvelle hormone synthétique.L'idée était, bien sûr, de stimuler la production des hormones mâles.C'est un échec total pour la bonne raison qu'au lieu de stimuler la production d'an drogènes, l'hormone synthétique la bloque complètement.Il pense immédiatement à appliquer cette découverte au traitement du cancer de la prostate, parce que sans androgènes, ce cancer ne peut pas se développer.Avec la nouvelle hormone, il n'est plus nécessaire de castrer le malade.C'est un progrès considérable.Mais le nouveau médicament stimule la production d'androgènes pendant quinze jours avant de l'arrêter.Ceci peut être catastrophique pour les cancéreux en phase terminale.L'idée vient au Dr Labrie et à ses collègues de combiner l'action de la nouvelle hormone avec celle d'un antiandrogène qui bloque l'admission des hormones mâles au niveau des récepteurs de la cellule cancéreuse.Les récepteurs sont des molécules situées sur la paroi des cellules qui reconnaissent et laissent pénétrer les hormones un peu comme une serrure dont une clé seulement, l'hormone, peut actionner le mécanisme.Le résultat est spectaculaire.Alors qu'il était de 50 p.cent pour les malades ayant subi une castration chirurgicale, le taux de mortalité est réduit à 6,7 p.cent après deux ans et à 13 p.cent après trois ans.Cotte découverte pourrait également avoir une incidence considérable sur le traitement d'autres cancers, ceux du sein et des ovaires surtout.Le Dr Paul Jolicoeur: bricoleur de i'hérédité_ Le Dr Paul Jolicoeur est le directeur du laboratoire de biologie moléculaire à l'IRCM.Pour l'approcher, il faut prendre mille précautions.Il ne parle pas beaucoup, il est rébarbatif.Sa réputation d'ogre le sert peut-être un peu.Il n'aime pas être importuné.C'est pourtant le meilleur spécialiste des gènes cancérigènes (oncogenes) au Canada.Avec ses assistants, il joue à l'apprenti-sorcier, il fait et défait les cellules, les gènes, les protéines, les virus.Il peut «inventer» un nouveau virus en prélevant des brides d'information génétique dans plusieurs virus pour les assembler à sa guise.L'hérédité, c'est-à-dire l'information accumulée dans la matière vivante depuis le début des temps, est contenue dans le noyau de toutes les cellules.C'est le fameux ADN qui est une chamc de quatre substances de base appelées nucleotides, comme un collier dont les perles seraient de quatre couleurs.La variation à l'infini de la disposition des perles permet de fournir des informations précises qui donnent naissance aux protéines responsables de l'organisation, de la vie de la cellule.Pour donner une idée de la complexité du matériel héréditaire, disons que le code génétique contenu dans une seul cellule humaine tiendrait dans 2 000 volumes de 500 pages chacun dont chaque lettre serait un nucleotide et chaque gène un chapitre du Livre de l'évolution.Le Dr Jolicoeur s'intéresse à r Éditeur Roger D.Landry Coordination Paul Longpré Responsable des chroniques: Pierre-Paul Gagné Tél.: (514) 285-7070 Page couverture: Diane Gagné Mise en page: Claude Fortin Fernand Marcotte Philippe Barbaud Jean Basile Berthio Richard Fortin Serge Grenier Yves Leclerc Simone Piuze Denise Proulx Toronto Michel Labrecque Vancouver Daniel Raunet Moncton Achille Michaud Mexico Francis Pisani Managua Jacques Lemieux Paris Louis-B.Robitaille San Salvador Édilh Coron Washington Jean-F.Lisée Rome Jean Lapierre Bruxelles Claude Moniquet Chypre Robert Pouliot Tokyo Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau Publicité Responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier Secrétariat Micheline Perron Tél.: (514) 285-7319 l'histoire et à la théologie, parce qu'il est croyant et catholique pratiquant.Il est attaché à «cette p.notre mère, la Sainte É- glise» (c'est lui qui cite Maurice Clavel) dont il veut retrouver la tradition et la richesse, diluées dans le modernisme.Mais son austérité d'apparence cache une fantaisie que ne partagent pas tous les chercheurs.Dans sa jeunesse, au lieu d'accumuler les prix et les publications, comme il sied à l'homme sérieux, il a voyagé, il a travaillé en Afrique et en Gaspésie.À vingt-quatre ans, il est directeur de l'hôpital de Lama-Kara, au Togo.«Je me suis vite rendu compte de la foutaise de faire de la médecine là-bas, s'exclame-t-il.Ça donne une mauvaise éducation aux gens, en leur disant que la solution à leurs problèmes de santé réside dans la médecine d'hôpital.Il faut commencer par régler les problèmes élémentaires d'hygiène.» Après son expérience togolaise, il voyage trois mois dans le Sahara et revient au pays.Il pratique la médecine en Gaspésie, puis fait son Ph.U.en biologie moléculaire avec le Dr Labrie à Québec.En 1971.il fait partie de la première délégation canadienne autorisée à visiter la Chi ne après la reconnaissance de ce pays par le Canada.En 1973, le Dr .lolicoeur entreprend des études post-doctorales au Center for Cancer Research du Massaehussetf.s Institute of Technologyde Boston.Il travaille avec David Baltimore, i'rix Nobel de médecine 1975.C'est alors qu'il s'intéresse aux'genes cancérigènes.Ses travaux portent sur plusieurs virus dont quelques-unes donnent le cancer chez certains types de souris et pas chez d'autres.Cette approche inspire ses recherches actuelles, Essentiellement, il s'agit de prendre deux virus ires semblables, l'un cancéreux l'autre pas.et de cou per des portions du iode génétique de l'un et de l'autre pour les coller bout à bout et fabriquer un troisième virus «chimériques».Le but de l'opération est de déterminer précisément quelle section du gène viral cause le cancer.Dans le cas du virus étudié par le Dr .lolicoeur.il suffit de coller l'extrémité du gène cancéreux au gène sain pour le rendre cancéreux à son tour.Tout cela est très compliqué et prend du temps.Par exemple, il faut six mois pour vérifier si un virus déclenche la formation d'un cancer chez la souris.La découverte des oncogenes (genes cancérigènes) en 1975 a ouvert de nouvelle-, avenues a la recherche.Toutes les cellules humaines ont dans leur noyau des gènes qui provoquent le cancer.Ces oncogenes sunt naturels et inoffensifs s'ils ne sunt pas activés par un virus par exemple.Le défi actuel consiste a trouver des oncogenes grâce a des «sondes virales» qui vont se coller à ces genes.mais aussi de rêve et d'imagination Cet incroyable bricolage des ¦ éléments primordiaux de la vie n'a pas de limite.Mais les gènes ne se laissent pas apprivoiser fa cilement.Us sont liés les uns aux autres et sont interdépendants.Le simple assemblage mécanique des nucleotides ne suffit pas.«Pour une des premières fois dans l'histoire de la science, soutient le Dr Jolicoeur, le facteur limitant de la recherche est l'imagination.» Le Dr Guy Chouinard : recherche clinique réhabilitée___ Voici une journée-type du Dr Guy Chouinard.psychiatre psy-chopharmacologue: lèvera sept heures, clinique à l'hôpital Louis-IIippolyte Lafontaine jusqu'à midi, diner, clinique au Allen Memorial Institute de l'université McGill jusqu'à 17 h 30.Souper et coucher des enfants, travail a la maison de 20 h a 23 h.Il faut voir des malades, superviser des projets de recherche, lire des monceaux de publications, rédiger des rapports, demander des subventions.Le Dr Chouinard lisait beaucoup; il n'en a plus le temps.II ne va presque plus au cinéma ou au concert.Guy Chouinard fait de la recherche clinique en psychopharmacologie.Assez paradoxalement, la recherche sur l'être humain est le parent pauvre de la recherche médicale.«La majorité des chercheurs étudient l'animal, explique-t-il.Si vous n'avez pas votre laboratoire, vous êtes un phénomène étrange.Or, le modèle animal est très éloigné du modèle humain.» Le Dr Chouinard a toujours été fasciné par l'approche théra-peutique médicamenteuse.Pourtant, il a failli s'en écarter dès le début de son apprentissage médical.Intéressé par la psychiatrie, il décide d'entreprendre une psychanalyse.Mais l'analyste qu'on lui propose ne lui plait pas.Il abandonne.«Je n'aurais sans doute pas suivi la voie que j'ai suivie si j'avais fait cette psychanalyse.Il n'y a pas beaucoup de (her cheurs psychanalystes.J'ai pris une bonne décision.» Au cours de l'été 1965, initié à la psychopharmacologie par le Dr Léon Telreault, il tisse un reseau d'amitiés avec ses futurs collègues de l'hôpital Saint-Jean de-Dieu (aujourd'hui L.1I Lafontaine) qui oriente sa carrière.Il choisit McGill pour faire son entraînement en psychiatrie parce que cette institution est très renommée en recherche clinique- .En 1972, il revient à L.1I.Lafontaine pour compléter une maîtrise en pharmacologie avec le Dr Tctreault.«J'ai été très chanceux, avoue-t-il.C'est en 1972 que le Conseil de la recherche du Canada a créé son Comité des essais cliniques.Sans cela, nous n'au rions jamais eu de subventions.» Le domaine de prédilection du Dr Chouinard est la schizophré nie.Si l'expérimentation sur les animaux permet d'établir la toxicité d'un médicament, la re cherche clinique détermine l'efficacité d'un produit et ses effets secondaires.Or, ces effets dits «secondaires» sont parfois beaucoup plus pernicieux que les effets curatifs.Pour contrôler les symptômes de la schizophrénie, par exemple, on utilise des médicaments appelés neuroleptiques.Ces pro duits ont des effets secondaires épouvantables, des tremblements continuels à la paralysie totale.Les travaux du Dr Chouinard ont permis d'établir des conséquences plus graves.L'administration prolongé»' des neuroleptiques crée une dépendance qui rend impossible l'arrêt total de la médication ou une nouvelle approche pharmacologique.Ces médicaments bloquent le passage de certains neuro-transmetteurs (qui sont les canaux chimiques de la transmission des sensations au cerveau).L'organisme réagit en devenant super sensible aux neurotransmetteurs dont il a été privé.L'arrêt de la medication provoque une détérioration très grave de l'étal du malade.Même la diminution progressive des doses ne peut lier au-delà d'un certain seuil.Le malade psychiatrique est condamné à prendre le médicament toute sa vie.sous peine de sombrer dans une psychose profonde et douloureuse.Le syndrome de supersensibilité peut également être le résultat d'un sevrage brutal de certains médicaments, dont le valium.Mais l'augmentation de l'anxiété est un phénomène passager.Tel n'est pas le cas pour le malade traité aux neuroleptiques.Il est difficile d'imaginer les conséquences réelles de cette dépendance au moment où les malades sont livrés à eux-mêmes.Le Dr Chouinard s'intéresse également à la psychose maniaco-dépressive, caractérisée par l'alternance d'un état d'agitation extrême (souvent de «bonheur») et de profonde dépression.Cette maladie est difficile, a traiter et seulement 50 p.cent des malades réagissent favorablement a un médicament, le lithium.Or.l'administration combinée du lithium et d'un produit naturel appelé tryptophan donne d'excellents résultats «¦!< agissant comme stabilisateur de l'humeur. DEMAIN AN 2000 Yves Leclerc Un vent nouveau qui vient trop tard?Au lancement de son ordinateur Macintosh, il y a un an et demi, le président Steve Jobs d'Apple avait bien résumé l'enjeu de la bataille dans laquelle il se lançait : «Ou bien nous réussirons, et nous changerons la face de l'informatique personnelle, ou bien nous échouerons et nous deviendrons une autre compagnie d'ordinateurs ordinaire avec un chiffre d'affaires dans les milliards», disait-il en substance.Dans un coup de dé incroyable.Jobs jouait l'avenir de sa compagnie, et le sien.Moins de 18 mois plus tard, le résultat de l'opération est connu.et ironique : Jobs et Apple ont à la fois perdu et gagné.Ils ont perdu parce qu'après un premier impact extraordinaire, le Macintosh n'a pas provoqué la percée espérée sur le marché «professionnel» dominé par IBM.Au cours du printemps, le nouveau président d'Apple, John Sculley, et le conseil d'administration ont clairement décidé qu'au lieu de l'aventure risque-tout de Jobs, ils préféraient la sécurité d'être «une autre compagnie ordinaire».Sur un autre plan, Jobs a gagné, parce que si le résultat commercial n'a pas répondu aux espoirs, l'impact philosophique et technique a été énorme, et ne commence vraiment que maintenant à se faire sentir : le Mac a effectivement changé la face de la petite informatique.La fin des missionnaires_ Au cours d'une brève lutte pour le pouvoir, Sculley a obtenu l'appui du conseil pour retirer à Jobs ses leviers de commande, et en particulier la direction de 2 la division Macintosh.À trente * ans à peine.Jobs se retrouve en titre président du conseil d'Apple, mais en réalité dans une demi-retraite où il n'a plus aucune influence sur l'avenir de l'entreprise qu'il avait fondée il y a neuf ans.Cela représente bien plus qu'une révolution de palais.Steve Jobs était le plus visible et le plus influent, et probablement le plus audacieux, des visionnaires de la première heure qui ont créé l'informatique individuelle.Il n'a peut-être pas inventé le micro-ordinateur, mais c'est lui et son équipe qui, en le rendant agréable à l'oeil et à l'usage, en le sortant du ghetto des hobbyis-tes, en ont fait un produit connu et apprécié du grand public.Si à l'époque une étude avait été faite pour déterminer le marché du micro-ordinateur, personne ne se serait sans doute lancé dans cette aventure : le public ne savait pas ce qu'était un ordinateur personnel, ni à quoi il pouvait servir.Mais les pionniers n'étaient pas des administrateurs ni des marchands, c'étaient des fanatiques et des missionnaires.Ce qu'ils ont fait a été non de lancer un produit comme un autre pour répondre à un besoin identifié, mais d'imposer une vision, un outil multiforme avec lequel ils étaient convaincus qu'on pouvait attaquer et dominer le futur.C'est la percée qu'ils ont ainsi réalisée qui a permis ensuite l'entrée en jeu des Radio Shack et autres IBM.(Si Radio Shack, d'ailleurs, est intervenu plus tôt qu'IBM dans ce marché, c'est parce qu'il y avait à l'intérieur des fanatiques comme Don French pour prêcher la bonne parole à leurs patrons et les forcer à entrer, plus ou moins à reculons, dans cette aventure.) Ce que cela veut dire, c'est que le déboulonnage de Steve Jobs à la tète d'Apple n'est pas seulement une question de personnali- pcïo'f v V.COMMODORE PCfOs COMPATIBLE 0 PROCESSEUR 16 BITS 8088 El COMPATIBILITÉ MS-DOS E I 256 K RAM ¦ 271-2316 8184, Soint-Hub«rt (nord de Jarry) té : c'est le symbole du départ des visionnaires et de la prise du pouvoir par les vendeurs et les administrateurs qui ont comme objectif premier le rendement à court terme.C'est la fin de l'ère des missionnaires.Une autre informatique?Comment, dans ce contexte, peut-on prétendre qu'Apple et Steve Jobs ont réussi leur pari?Parce qu'effectivement, en moins d'un an et demi, ils ont modifié le cours trop tranquille que prenait l'évolution de la micro-informatique.Si le Macintosh ne domine pas la scène comme produit, il la domine comme conception et comme philosophie.Toutes les notions, les nouvelles techniques qu'il a incarnées sont en train de faire école.Une grande partie du nouveau logiciel, des nouveaux périphériques qui sortent pour les ordinateurs IBM et compatibles sont conçus dans ce nouvel esprit : menus, commandes pointées par souris et représentées par symboles (ou «icônes»), fenêtres multiples, graphisme raffiné.Mieux encore, la prochaine génération des ordinateurs personnels, qui commence à apparaître, suit la trace du Macintosh plutôt que celle du PC d'IBM : c'est le cas en particulier de l'Amiga de Commodore, qui doit être mis sur le marché ce mois-ci, et du futur ST d'Atari, qu'on attend depuis avril.Bon nombre des observateurs les plus perspicaces soupçonnent même que le temps qu'IBM met à lancer son PC-2 est dû au dilemme dans lequel le Macintosh et ses descendants (aussi bien matériels que logiciels) le placent : conserver la comptabilité avec les produits existants.et se retrouver en retard d'une génération, ou innover et «trahir» ses anciens clients.Ce n'est pas tant une question de technologie que de philosophie : depuis ses débuts, la micro-informatique a toujours hésité entre deux voies : offrir en petit et pour pas cher des machines capables de répondre aux besoins classiques de l'informatique (del'IMSAI jusqu'à l'IBM AT), ou créer un nouveau type d'appareil apte à des utilisations inédites (du SOL-20 à l'Amiga en passant par l'Apple II).Au cours des six ou sept dernières années, le succès a changé de camp à plusieurs reprises.IBM a joué la carte du traditionnel avec un succès énorme, Macintosh celui de l'innovation avec moins de réussite commerciale.Mais en ce faisant, il semble avoir provoqué un renversement de la tendance, la venue d'un vent nouveau, d'une nouvelle génération d'appareils plus novateurs.Le drame, c'est qu'à la suite des derniers événements, il est bien possible que ce vent arrive trop tard pour que ce soit Apple qui en profite.LE COURRIER Ma réponse de la semaine dernière à la lettre de Gaston For-tier au sujet du Forth a été écourtée faute d'espace.Comme le sujet semble intéresser plusieurs lecteurs, j'en donne aujourd'hui la suite, en commençant par rappeler les questions posées : \u2014 Quelles sont les différences majeures entre les divers Forth?\u2014 Est-il disponible pour les ordinateurs bas de gamme (C-64 ou Atari)?Si oui, est-ce une version «coupée-?\u2014 Est-ce un langage difficile?\u2014 Quelle est sa spécialité (son point fort) ?RÉPONSE : Les points communs entre les principaux dialectes de Forth sont assez importants, et la compatibilité générale est bonne : il y a plus d'uniformité par exemple qu'en BASIC, mais moins qu'en Pascal.De toute façon.Forth est un langage si original qu'il ne risque de ressembler à rien d'autre qu'à lui-même.En premier lieu, c'est un langage à la fois interprété et compilé: vous écrivez des «mots» que vous testez en mode interactif puis compilez dans un «dictionnaire» une fois que vous êtes sûr qu'ils fonctionnent.Il utilise très peu de variables, mais une «pile opérationnelle» comme celle des calculatrices Hewlett-Packard, avec lesquelles il partage aussi la notation «polonaise inversée» : au lieu d'écrire 2 + 2, on écrit 2 2+.Cela en fait un langage très souple d'une part, mais difficile à lire et à comprendre d'autre part.La plupart des versions de Forth ne peuvent traiter les nombres fractionnaires, seulement les entiers.C'est donc un langage mieux adapté à la programmation de systèmes ou aux automatismes et contrôles qu'aux applications financières ou scientifiques classiques.En échange, il est plus facile en Forth qu'en à peu près tout autre langage de créer et d'utiliser des fonctions ou des instructions qui font défaut : chaque usager a tendance à se configurer une version de Forth qui réponde à ses besoins.Aussi, la plupart des versions de Forth comprennent des «extensions» non standard qui répondent soit à des caractéristiques particulières de tel ordinateur, soit aux préférences de l'auteur de la version.Forth est un langage très compact.Il fonctionne parfaitement sur un ordinateur ayant 16 à 32 Ko de mémoire, et peut même être relativement à son aise dans moins : le Jupiter Ace britannique offrait un Forth assez complet permettant d'écrire des programmes utiles en 8 Ko de mémoire morte et 2 Ko de mémoire vive, dans un format semblable, à celui du ZX-81 de Sin- on adresse le courrier à Yves Leclorc La Prasse - PLUS 7, rue Saint-Jacques Montréal.Que.H2Y 1K9 clair! Ce qui revient à dire que les versions qui existent pour micro-ordinateurs domestiques sont habituellement complètes et non «coupées».Je connais peu le polyForth, dont je ne me suis jamais Servi.Des trois autres versions, FIG-Forth se distingue assez nettement de Forth-79 et de Forth-83 en ce qu'il est plus «ouvert»: toutes les ressources de la machine et du langage sont offertes au programmeur (avec les risques d'erreur que cela comporte), alors que les versions 79 et 83 tendent plutôt à cacher le fonctionnement interne du système, et à offrir en échange plus de sécurité contre le «plantage» des programmes, et un vocabulaire moins chargé: environ 150 à 200 mots contre près de 400 pour FIG-Forth.Forth-83 est plus qu'un Forth-79 corrigé et augmenté : la philosophie de plusieurs des «familles» de mots a été modifiée, notamment pour les opérations arithmétiques et logiques, et un gros effort a été fait pour rendre l'ensemble plus cohérent.Forth est-il difficile?Curieusement, il est plus facile à apprendre pour quelqu'un qui n'a jamais fait d'informatique que pour un programmeur habitué au BASIC ou au FORTRAN.Toute la démarche, la façon d'aborder les problèmes, est différente de celle des autres langages.Chose certaine, bon nombre de ceux qui entrent en contact avec Forth ne veulent pratiquement plus entendre parler d'autres langages par la suite.Sans aller jusque-là, je suis impressionné par ses qualités.et agacé par ses défauts, notamment son apparence volontairement illigible et biscornue.En gros, mon avis est que Forth est un pas intéressant dans la bonne direction, celle d'un langage modulaire, structuré et extensible à l'infini.mais pour qu'il devienne populaire, un tel langage ne devrait pas ressembler à Forth! (ri t free. rC0HC£QTO POUQ CORNETS 6N PRÔÎD AAfMEUR ê Boule.3eor\\kloJ L'EMPIRE DES SENS Serge Grenier (restaurant Tout est dans le goût Plutôt déroutants, l'humour et la poésie asiatiques.Un restaurant vietnamien de la rue Ontario ne s'appelle-t-il pas Chez les Bridés?On retrouve rue Saint-Laurent le Charme de Chine et le Cristal de Saigon.II existe aussi le Palais du Bonheur, la Maison de Fée et la Rivière des Parfums.À quand Les Enfants de Chine?Mais le nom le plus intrigant est celui d'un restaurant de la rue Saint-Laurent, au nord de Sainte-Catherine: Bon Blé Riz.Calembour?Subtile plaisanterie?Difficile à dire.De plus, l'établissement ne paie vraiment pas de mine.Un risque à courir.Heureuse découverte: le soin qu'ils n'ont pas apporté au décor, ils le mettent à la cuisine.Pour parler leur langage, un poulet au citron qui procurait du bonheur au palais et des crevettes piquantes sans doute pêchées dans la rivière des parfums.Nul blé mais du bon riz.Et pas cher, avec ça.Bon Blé Riz: drôle de nom, mais je le retiens.(boutique Oh! la jolie montre On n'entre pas chez Prirna-vesi & Kaufmann.rue de la Montagne, comme à la Caisse populaire Saint-Louis-de Gon-zague.Petite boutique, petite vitrine, deux portes solidement verrouillées, caméras de télévision.Ici, la confiance ne règne pas et le client est loin d'avoir toujours raison.Tout n'y est que métaux ciselés, rubis saignants et sombres opales.Les émeraudes du Brésil ont la couleur de la foret vierge et -les diamants sont éternels et silencieux.Depuis quelques jours, ma vieille montre-digitale marquait 88:88 heures et j'avais vu dans leur vitrine une sobre montre suisse avec des vrais chiffres qui ne clignotent pas et des vraies aiguilles qui font le tour du cadran.Je sonne (car il faut sonner), J'entre et je dis: «J'ai vu une Jolie montre dans votre vitrine.» \u2014 «Toutes nos montres sont jolies» me fut-il répondu.Effectivement, celles qu'on me fit voir l'étaient toutes.Avant de choisir, toujours demander le prix, ce que je fis.Celle qui m'avait tant plu coûtait 1000$.J'ai demandé à réfléchir.Travailler des mois pour une montre qui ne donne que l'heure! C'était l'an dernier.Je réfléchis toujours.V9 ottawa) E.D.garde espoir Avec toutes ces rumeurs de remaniement qui se font insistantes sur la colline, et tout en passant la balayeuse dans n\\on petit bachelor de la rue Albert, voilà que je me surprends à songer au jour où j'accéderai à des fonctions ministérielles, mais pas n'importe lesquelles.Certes, j'ai tout mon temps, mais on ne peut quand môme pas empêcher un gars de ré-ver.Commençons par le gros morceau: je ne me verrais pas premier ministre.Et puis, M.Mulroney accomplit un excellent travail.Le ministère de la Défense nationale ne me .dit rien qui vaille; je suis trop pacifiste.Les Finances et le Revenu ne m'attirent pas non plus: j'ai doublé ma Philo I à cause des mathématiques.L'Énergie, ça serait pas pire: j'en ai à revendre.Si c'était pas du décalage horaire, j'haïrais pas les Affaires extérieures.Les Transports?Avec moi, ça marcherait comme sur des roulettes.Les Anciens combattants?Non, merci.C'est le seul ministère qui rapetisse d'année en année.La Santé et le Bien-être social, ça n'aurait pas de bon sens: je fume comme une cheminée.Les Pèches et Océans?J'aime pas le poisson et je ne sais pas nager.L'Environnement?Les pluies acides, les pluies acides, y'a pas rien que ça dans la vie, les pluies acides! La Jeunesse?Me semble que j'ai passé l'âge, Solliciteur général?Qu'est-ce que ca mange en hiver, ça?Le Sport amateur?Le jogging, j'en reviens ben.Le Multiculturalisme?J'ai assez de mes cours d'anglais chez Berlitz sans me lancer dans l'ukrainien.La Consommation?Je bois très peu.Les Affaires indiennes?Je garde un trop mauvais souvenir du massacre de Lachine.L'Agriculture?Si c'était pas de la fièvre des foins, je dis pas.La Justice?Y'en a pas de justice.J'exclus les Travaux publics qui sont sous le distingué patronage de M.LaSalIe.Ministre responsable des Postes?À 34 cents le timbre, je comprends que les chiens mordent les facteurs.Le Tourisme, les Forêts ou les Mines?Ça serait mieux que rien.À vrai dire, LE ministère qui m'intéresse, n'en déplaise à M.Masse, c'est les Communications.Le Conseil des arts, l'ONF, le CRTC, les musées et, surtout, Radio-Canada: autant d'organismes dont j'aimerais régler le cas one fois pour toutes.Je rirais assez avec ma limousine et mon chauffeur.Je passerais devant la maison du candidat libéral défait dans mon comté et je klaxonnerais au boutte. POUR LIRE Jean Basile Des livres d'histoire o O < o o OJ < \u2014r < oc ^-Z O O o 4- '\u2022Hi I- [\t \t \t \t CUISINE 1)L QUEBEC liisiiiui de loiirisinc el il lioit-Hctir du O.iu-hcc ! E DU QUÉBEC Publié en collaboration avec l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec, 7 CUISINE DU QUÉBEC constitue I une précieuse ressource pour tous ceux et celles qui voudront mettre à l'honneur les plats régionaux de notre cuisine.h».P«nv '.Comptoir de vente: 44, Saint-Antoine Ouest * \u2014ftaïc, II.» \" ' .11\u2014.V.,,,.-v.^ CO es O O < o Ce magnifique livre compte PLUS DE 600 recettes familiales identifiées aux 18 RÉGIONS TOURISTIQUES DU QUÉBEC Les nombreuses photos couleurs et les anecdotes historiques qui accompagnent les recettes ont été choisies pour créer à celles-ci un contexte inédit et un climat qui rehausse encore leur intérêt.La simple évocation de ces recettes, avant tout familiales, celles de tous les jours comme celles des jours de fête, suffira à réveiller en vous les souvenirs du temps passé.Nombreuses photos couleurs 160 pages EN VENTE PARTOUT OFFRE SPÉCIALE AUX ABONNÉ(E)S DE LA PRESSE: 20% DE RÉDUCTION 5 < 10 a: i\u2014 Z O \" COMMANDEZ PAR TÉLÉPHONE Service rapide et efficace 285-6984 Économisez temps et argent en commandant vos livres des Éditions La Presse par téléphone.Vous n'avez qu'à composer le numéro 285-6984, donner votre numéro de carte VISA ou MASTERCARD et le tour est joué.Ce service vous est offert du lundi au vendredi de 9 h à 16 h.Prière de noter que les échanges et remboursements ne sont pas acceptés.Veuillez me taire parvenir ( ) exemplaires) de «Cuisine du Québec» au prix de 13,95$ chacun, plus 1 $ de frais de poste et de manutention.Je suis abonnéte) à LA PRESSE.Veuillez me (aire parvenir ( ) exemplaires) de «Cuis/ne du Québec* au prix de 11,15$ l'exemplaire, plus 1 $ de frais de poste et de manutention.N° d'abonné(e).IMPORTANT: Joignez à cette commande un chèque ou mandat payable aux Éditions La Presse, Ltée.Vous pouvez également utiliser votre carte de crédit comme mode de paiement: À retourner aux: Éditions La Presse, Ltée, 44, rue Saint-Antoine Ouest, Montréal (Québec) H2Y 1J5 NOM.ADRESSE.VILLE.MASTERCARD n° VISA n°.!¦¦¦ PROVINCE.CODE POSTAL.TEL.TDTAI (Plu» 1$ pour Al nii.IT * !»»\"\u2022\u2022« Ul-JUINI .$ d.\u2022 m il.I u I en I ion ) J-: "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.