La presse, 5 octobre 1985, La Presse plus
[" la presse GREICHEet scaff OPTOMETRISTES 28 SUCCl 336-53301 MONTRÉAL, LE SAMEDI 5 OCTOBRE 1 985 Debray devient-il un iinal?page 8 55.sto Guevara raconte le Che page 10 Première interview de Sarney à un journal étranger page 13 L'enseignement de 1 *»w l'histoire en procès !r>i*& àË*8t JS> république dominicaine, 459$* martinique ou guadeloupe, 399$# rio, 13 nuits 1,159$* venezuela, 14 nuits 899$* ' Ferlait minimum, base double 1 semaine ou tel uye mentionne hiver 85 66 Départs de Montréal.Session d information mardi iBnOO.au 800 de Masonneuve est nouvelles as frontières «a U30 bout de maisonnttuve a 288-4800 800 doui de Maisonheuve t 842-1450 Sans Irais de l extérieur 1-800-361-2133 Ih'tt'i'tftce O un pvmus tin OtiebW «va ¦ l* \u2022 i % » » \u2022 » » ¦ « t t- 7 t - y f ri t x J LE v la presse Robert Maittoux Merci, Monsieur Lévesque Salon de la Icuncssc.l'hiver dernier.Le premier ministre René Lévesque visite les stands à un rythme très rapide, poursuivi comme toujours par une meute de journalistes, photographes et simples curieux.Soudain, entre le stand du l'arti liberal du Québec et celui du l'arti conservateur, le guet-apens se produit.Un jeune militant lui présente une affiche enroulée.Flairant le piège.M.Lévesque fait quand même ce qu'on attend de lui : il déroule celle-ci et voit la photo du chef de l'opposition apparaitre.Et la.l'imprévisible.Au lieu de remettre vivement ce cadeau empoisonne à l'intéresse, il l'exhibe brièvement a la ronde.Oh! on ne peut pas dire que c'est de gaieté de coeur (et la photo le montre bien), mais « fair-play » oblige.l'ignore si M.Lévesque s'ennuiera de ne plus être continuellement traque par les photographes, mais je crois qu'il manquera beaucoup a mes confreres.Ses moues légendaires, ses sourires en coin et les volutes de fumée de son éternelle cigarette en faisaient un sujet en or.Merci M.Lévesque ! oo a oc m 2 u O «o UJ < < ¦LU z o Fiche technique Appareil: Nikon F-3 Objectif: 24 mm Ouverture: l/60e à f:4 Pellicule: Tri-X, 400 ASA i Sisyphe est ce roi de Co-rinthe qui fut condamne à rouler un rocher jusqu'au sommet d'une montagne, d'où il retombait continuellement.Aux dernières nouvelles, le vieux monarque vivrait toujours, le pauvre.Même que depuis 1965.il expierait sa peine éternelle au Québec, ou on lui ferait dorénavant concevoir des programmes d'étude, des regimes et des guides pédagogiques, lesquels, pour toutes sortes de bonnes raisons, dont un pénible virage technologique, sont sans cesse abandonnes, modifies, oublies ou.remis aux calendres grecques.« Pendant qu'on tâtonne les programmes en cherchant a réinventer la machine à coudre, en cherchant tie midi a 14 heures, les jeunes n'apprennent rien, declare le sociologue Fer-nanti Dumont.Et si on extrapole, je ne vois pas du tout ce qui va changer.On va continuer de patauger, parce qu'il y aura toujours quelqu'un pour dire que telle chose est plus importante que telle autre.On va continuer de construire des programmes monstrueux parce qu'on aura voulu y mettre toutes sortes d'éléments hétéroclites.» La situation d'ensemble Cela dit, il y a quand même plusieurs bonnes nouvelles.D'abord, les vieux programmes d'enseignement de l'histoire sont morts et enterres.Il y en a de nouveaux, mieux adaptés, qui sont à l'essai au primaire et au secondaire.Même que pour obtenir un diplôme d'études secondaires, le cours d'histoire nationale doit être réussi.Quant au CEGEP, les jeunes Québécois peuvent théoriquement y suivre toute une gamme de cours d'his,toire, s'ils le veulent.De plus, il existe à l'extérieur de l'école, un nombre croissant de moyens pour transmettre la connaissance théorique.On pense aux médias, aux sociétés d'histoires, aux visites patrimoniales, etc.L'histoire survivra-t-elle au virage technologique ?.\\ Malheureusement, les mauvaises nouvelles sont legion.Au primaire et au secondaire, les professeurs d'histoire s'avouent stresses et débordes par l'ampleur des éternelles reformes pédagogiques.Ils déplorent une pénurie grave de materiel pédagogique.En secondaire V et au CEGEP, virage technologique oblige, on assiste à la disparition systématique de l'histoire.Partout à travers le réseau pre-collegial, le nombre d'enseignants qui maigre eux héritent de charges d'histoire, augmente, entraînant une baisse dans la qualité de l'enseignement.Tout cela, a l'heure d'une dévalorisation sociale de l'enseignant, d'une augmentation de sa lâche, de son vieillissement, de sa demoralisation professionnelle et de ses relations de travail difficiles.S'il subsiste des historiens dans 15 ans, il y aura probablement consensus sur la période agitée que notre tout Québec-pédagogique traverse présentement.C'est qu'en 25 ans, l'enseignement de l'histoire y a ete chamboule de fond en comble : des saints martyrs canadiens a la saga des femmes de Micheline Dumont.en passant par Canada-Québec, le best-seller des jeunes turcs Vaugeois, l.acour-siere et Piovcncher.Grosso modo, le Quebec est saute d'une mythologie édifiante ou on connaissait le eathe-chisme des Lambert Gosse et Medard Chouan, a une histoire «cil' look plus exacte et plus rigoureuse, dorénavant axée sur le social.L'édifiante et glorieuse panoplie des Frontenac, d'Iberville et Radisson a été reléguée aux oubliettes.Bref, l'essentiel, le fondamental, l'indispensable à notre société contemporaine, a remplace cette hisloire-epopée-qui-sait-porler-la-croix.De héros du Lon^-Sault.Dollard des Ormaux est devenu un malfrat justement châtie, pour terminer sa carrière comme illustration très seconduire de l'organisation socio-économique de la Nouvelle-France.«C'est l'aspect le plus positif des nouveaux programmes ».commente un professeur à la Régionale de l'Estrie, M.Luidgi Trefiro, tout en déplorant qu'il ait fallu attendre les années 80 avant de mettre en lumière les aspects majeurs de l'histoire na- Le sociologue Fernond Dumont.lionale.Par exemple, l'organisation fignolée par l'intendant Talon et sa petite équipe de fonctionnaires royaux, l'obtention du droit de vote pour les femmes, ou la santé québécoise avant la casfongtielle, seront privilégies au détriment des phalanges mutilées du père (ogues, du foulard de Madeleine de Verchères ou des drapeaux de Levis.La thèse optimiste_ Même que depuis la Revolution tranquille, l'enseignement de l'histoire ne se serait jumais si bien porte.Contre toutes evidences.C'est du moins ce qu'af- phololhèque LA PRESSE firment des historiens comme Rene lubin, coordonnateur des sciences humaines au ministère de l'Éducation, Denis Vaugeois, éditeur pédagogique a Montreal, et Micheline Dumont.pedagogue de l'Université de Sherbrooke.« le suis affirmative, déclare-t-elle.Au Quebec, l'histoire s'enseigne mieux qu'elle ne s'est jamais enseignée et ce, a un plus grand nombre de personnes que jamais.Premièrement, s'explique-t-elle, les programmes se sont enfin libères de leurs corsets politiques, de sorte que maintenant, les élevés vont parler bien davantage du développement de la société et des gens que des simples structures politiques comme ils le faisaient avant.» C'est d'ailleurs un point de vue que partagent entièrement les historiens consultés.« Deuxièmement, continue Micheline Dumont, les instru monts pédagogiques et didactiques qui sont entre les mains îles enseignants, sont meilleurs que ceux qu'il y avait autre fois.» Affirmation que reprend également Rene |obin du minis tere de l'Éducation.« Par exemple, poursuit Mme Dumont, il y a maintenant en histoire nationale une série de manuels mieux faits et mieux adaptes aux différentes clienteles étudiantes.Quant au primaire, le peu qui se fait est adapte aux intelligences des enfants, alors qu'autrefois, c'était un simple bourrage de crânes que les enfants ne comprenaient pas du tout.» Effectivement, tous les enfants du Québec savaient que le traite d'Utrech avait été signe en 1715.Mais peu savaient ce qu'était un traite, ou était U tree h et qu'est-ce que ce bled venait faire dans l'histoire du Canada.A ce propos, Mme Dumont déliait un jour des gens qui reprochaient aux jeunes île ne pas connaître l'histoire nationale, d'écrire simplement cinq lignes sur lean Talon.Ce qu'ils furent incapables de faire ! Toutefois, cette historienne nuancerait possiblement ses dires si l'école s'avérait l'unique moyen qu'a notre société pour transmettre la connaissance historique.« Aujourd'hui, ra-conle-t-elle, les enfants n'ont pas besoin de l'école pour découvrir le monde ; la television s'en charge.Conséquent ment, renseignement île l'histoire peut se faire ailleurs qu'a l'école.Il peut se faire au Pare Chambly, au Parc Lennox, a la Citadelle de Québec, dans les parcours historiques de Guy Pinard dans LA PRESSE ou dans les circuits de vieilles maisons québécoises.Autrefois, se souvient Mme Dumont.la seule chose qui pouvait nous faire vibrer a l'école, c'était l'histoire.Aujourd'hui le professeur doit se lever de bonne heure s'il veut concurrencer une série télévisée comme Racine ou Les oiseaux se cachent pour mourir ».Propos qui recueillent l'aval non seulement des élevés du secondaire rencontres par LA PRESSE PLUS, mais aussi de Thistoricn-editeur Denis Vaugeois.« Pourquoi ca serait seulement la responsabilité de l'école?Elle n'est qu'un moyen parmi tant d'autres », explique l'ex-ministre du cabinet Lévesquc.Pour Denis Vaugeois, l'école n'est que le reflet de la société et n'est jamais à l'origine des choses.Elle ne fait que transmettre les valeurs qu'une société, selon les humeurs et les modes de l'heure, valorise.De nos jours on y parle de sexualité, de conduite automobile, sans oublier de la sacro-sainte technologie.« Il ne faut pas lui en demander plus.C'est ainsi.Pourquoi faudrait-il être plus sévère a son endroit qu'envers le reste de la société ?Pourquoi est-ce 2 c y O z O n -i O 00 70 IIJIUIIIIVMI.II a: CD O O < 1/5 < UJ Z o % fen a hi « clientele » de celle dernière année du cours secon dairc.Les historiens sont en vose Absence de matériel didactique en secondaire II qu'on sortirai! les vieux manuels IPSO de Guy l.nviolettc qui était bien de son temps, en disant : « Regarde comme c'était niaiscux » ?Bref, puisqu'elle est si perméable aux influences extérieures, «j'ai beaucoup plus confiance a ce que peut faire Radio-Canada, Radio-Québec, la presse écrite, des expositions comme Ramses II et Picasso, ou un musée de civilisation pour assurer une connaissance de notre histoire.» L'autre thèse_ Comme toujours, il y u l'envers de la médaille : une realite alarmante.Les dernières fournées de cegepiens ne comprennent a peu près pas l'actualité internationale et n'auraient pas de conscience historique.Ainsi, lean Lesage, selon un diplôme de Secondaire V.aurait « possiblement vécu après Cham-plain >'.Affirmations que vont corroborer nombre d'étudiants et d'enseignants dont Luigi Trefi-ro (Sherbrooke), Christiane Mailhiol (Rosemont), Lise Hébert (Chàteauguay), lean-Robert Sanfaçon (Saint-)érôme) et Gilles Pesant (Sainte-Thérèse).Pour Christian Yaccarini.étudiant en sciences politiques a l'UQAM et ex-secrétaire general de l'AGEUQAM, « la plupart des jeunes n'ont pas appris le pourquoi et le comment des structures de base qui régissent actuellement la planète ».Comme résultat.« ça donne du monde qui lisent difficilement les journaux, parce qu'ils ne peuvent pas faire les liens nécessaires a la comprehension de l'actualité ».« S'il n'y a pas de connaissances élémentaires en histoire, on arrive a ne plus comprendre grand chose ».affirme pour sa part Fernand Dumonl qui est professeur titulaire de sociologie a l'Université Laval, president et directeur scientifique de l'Institut québécois de recherche sur la culture.« Si je me fie a mon experience d'enseignant, je suis loin d'être sûr que les étudiants savent plus d'histoire que jamais.Bien entendu, on a pu visiter des maisons historiques, ou suivre au CEGEP tout un cours sur l'histoire de la Russie ou sur la mythologie grecque.» L'étudiant québécois n aurait plus de points de repère temporels qu'il qualifierait plutôt de connaissances encyclopédiques.« l'ourlant, de dire M.Dumonl.le passe c'est comme l'espace.Il faut savoir où sont Trois-Riviè-res, Gaspë et Montréal, si l'on veut préciser son espace de vie.C'est pourquoi il faut sa\\oir quand a eu lieu la Revolution Française, la Revolution américaine ou la découverte de l'Amérique.Cela fait partie de la situation de l'homme dans le temps ci ce n'est ni de l'érudition; ni du bourrage de crâne.» Bien au contraire.Il s'agirait plutôt de balises qu'on ne pour-rail aller constamment quérir dans les encyclopédies.Scion Fernand Dumonl.il faudrait plutôt initier l'étudiant a des connaissances historiques élémentaires échelonnées sur plusieurs années, et, « au risque de passer pour conservateur, de lui faire apprendre certaines données par coeur, ne serait-ce que pour situer l'Amérique.qui tu fut pas découverte en 1840.D'ailleurs, en choisissant une voie aussi simple, on permettrait à des professeurs qui ne sont pas nécessairement des historiens, d'exercer convenablement leur metier sans s'arracher les cheveux et sans être obliges d'enseigner des choses qu'ils ne connaissent pas ».Au primaire: des cours concentriques_ Michèle Saint-Cyr, 13 ans, vient d'accéder au Secondaire II et croit n'avoir jamais suivi de cours d'histoire à l'élémentaire.Perception qui est toutefois nuancée par Ginette Lambert, auteur de manuel scolaire et une des rares conseillères pédagogiques oeuvrant en sciences humaines a l'élémentaire.De Saint-|ean-d'lberville, elle dessert quatre petites commissions scolaires locales, s'etirant de l'Estrieaux Bois-Francs.« Les élèves du primaire, surtout les plus jeunes, savent simplement qu'on leur enseigne des sciences humaines.Or.là-dedans, explique-t-elle, il y a, à la fois, des notions de géographie, d'économie, de sociologie et d'histoire, tout cela dans un bloc intégré.Lt.contrairement a ce qu'on entend souvent, je ne suis pas prête a dire que les jeunes ne ioni pas beaucoup d'histoire.Fn fuit, poursuit Ginette Lambert, il s'agit d'un principe concentrique de cours annuellement adaptes aux niveaux intellectuels des enfants, lin 1ère année, nous voyons le milieu immédiat de l'enfant, sa famille et son environnement.Fn 2ième année, nous en prenons un peu plus large, ce qui corres- pond ;i quelques rues autour de l'école.En 3ièmc, c'est la ville si elle n'est pas trop grande ou le quartier.Puis, en 4ièmc, 5icme ci bicme années, c'est la region, le Quebec et le Canada.Nous allons chcrc'.ier les entants par le concret plutôt que par la théorie ou la chronologie, et nous essayons de faire des liens entre les faits, les connaissances et les habilites de recherche.C'est de l'histoire, sauf que les moyens pour l'enseigner sont différents.Nous voulons simplement amener l'enfant à comprendre le monde dans toute sa complexité.Par exemple, souligne Mme Hébert, on peut leur apprendre tous les noms des rivières.Mais ce qui est vraiment important c'est de leur expliquer comment et pourquoi elles se jettent dans le fleuve.On peut aussi leur expliquer les details de la bataille des plaines d'Abraham, mais ce qui compte c'est de s'en servir pour illustrer ce qu'est un conflit ou une guerre.» El si l'enfant sortait du primaire sans accumulation de faits en lêle?Ce n'est pas grave, il aura au moins reçu « une formation lui permettant d'être réceptif a «les concepts plus importants.Avant, conclut Ginette Lambert, on évaluait l'enseignement de l'histoire à partir de ce que les enfants savaient.Maintenant, on les amène à réinvestir ce qu'ils ont appris dans leur quotidien.Les valeurs ont change ».Possible.Mais Gilles Berger, conseiller pédagogique à la Commission scolaire lérôme Le Royer, avoue que « les programmes de 5 et bieme années sont un peu raides.On retrouve sensiblement les mêmes objectifs en secondaire II et IV.Donc, si on veut le passer à travers ce programme, il risque d'y avoir du bourrage de crane pas mal la-dedans ».De plus, le bal blesse.Le programme de sciences humaines publie en 80.ne sera obligatoire qu'en 88 89.Pis encore, l'argent destine a la formation des professeurs qui devront implanter ce nouveau programme, ne lui est pas spécifique.Rappelons qu'a l'élémentaire, les professeurs enseignent toutes les matières et, comme le raconte lacques Robitaille.conseiller pédagogique a Chambly, « ils se sont ramasses avec 8 ou 10 programmes nouveaux, plus autant de guides pédagogiques pour chacun des programmes ».Et Ginette Lambert de reprendre a son compte ce que LA PRESSE a déjà entendu dans le bureau du coordonna-leur des sciences humaines au Ml U, M Rene iobin.« Il y a des budgets, dit-elle.Mais quand vient le temps de choisir où ils vont, les sciences humaines arrivent après.La commission scolaire demande aux professeurs de choisir leur perfectionnement entre l'informatique et les sciences humaines dont le programme n'est pas encore implante.Qu'est-ce que vous croyez qui se passe ?On choisit l'informatique.Fi c'est ainsi dans de nombreuses commissions scolaires.» Au secondaire: 3 cours, 3 cas._ Au secondaire, la situation varie selon le niveau d'enseignement que l'on observe.Fn effet, trois cours d'histoire y sont dorénavant dispensés.Il y a d'abord initial ion ù l'histoire (de la préhistoire a nos jours) qui est obligatoire en secondaire II.Il s'iigii d'un cours général où, selon Gilles Berger, conseiller pédagogique à la Commission scolaire lérôme-Le Royer, « on amené l'élève à avoir un oeil a lii fois politique, social et culturel cl ;i voir que les choses sont finalement 1res relatives».Mais, comme l'admet ce pedagogue, l'approche est « un peu difficile pour des enfants de secondaire Il ; on aurait peut-être vise un peu trop haul ».Fn secondaire IV.les jeunes Ouehecois francophones ou anglophones, doivent désormais suivre et réussir Histoire du Otiehee cl ilu Canada, s'ils veulent un diplôme d'études secondaires, et ce.depuis 1974.M.Luidgi Prefiro, ex-presideni delà Société ties professeur d'histoire du Quebec (SPHQ).enseigne dans une polyvalente sher-brookoise.Il se souvient qu'en 1974.il y avait seulement 38 p.cent des étudiants du secondaire et 5,5 p.cent des cégépiens qui suivaient ties cours d'histoire.Pour obtenir au moins que l'histoire devienne obligatoire en secondaire IV, « il nous avait fallu une levée nationale de boucliers avec la SPHQ en tète et le depute Claude Charron, en Chambre ».Finalement, en secondaire V, il y a histoire du XXiêmc siècle qui est un cours optionnel et dont la grande qualité est de rendre les jeunes capables de lire et de comprendre les pages d'actualité internationales.Malheureusement, sa nature optionnelle au coeur d'une mode technologique, l'élimine lentement du menu pédagogique of- \\ écouler lacques Robitaille, conseiller pédagogique a la Commission scolaire de Chain bl\\ et.lui aussi, ancien prési tient île l.i SPIIO.le problème tic l'enseignement de l'histoire en secondaire II est majcui II est explicable dans la mesure ou le professeur d'histoire qui a aussi mal vieilli que l'ensemble de ses collègues (la moyenne d'âge dépasse la quarantaine), a etc laisse a lui-même sans instruments, avec une charge de travail augmentée et un nouveau programme d'histoire comportant quelques défauts agaçants.« Mettons tout cela ensemble cl on comprendra pourquoi le professeur d'histoire, ce dernier rempart contre l'ignorance, est frustre dans celle affaire-là ».dit-il.Jacques Robitaille est aussi president du Conseil pédagogique inter disciplinaire du Que-bec.C'est à ce titre qu'il a participé ;i l'élaboration du nouveau programme.Ne fallait-il pas remplacer « L'espèce de fourre-toul où les professeurs qui étaient en possession tranquille de la vérité, faisaient un peu tout ce qu'ils voulaient, connue ils le voulaient et quand ils le voulaiem.sans aucune coordination » ?« Fn secondaire II, se souvient Etienne Lcmieux, cége-pien domicilie à Brossard.on m'a enseigné les techniques de const ruction îles pyramides, l'utilisation du « slinti-shot » et du lire-pois.Sans parler des diaporamas archi-plitties et du blabla endormant, qu'on m'a projeté.» Quant â |ulie Lemicux, étudiante en secondaire V, elle trouve ce cas typique d'une situation incohérente.Selon elle, il illustrerait très bien pourquoi tant de professeurs d'histoire étaient si dépressifs en secondaire II.Liaient si dépressifs, dites-vous?Ils le seraient toujours.Car, dans les faits, les contraintes très precises du nouveau programme auraient provoque chez la plupart une réaction pour le moins negative. plus forte raison, continue lacques Robitaille.« qu'il n'y avait littéralement aucun instrument de support a leur fournir.Sauf une belle philosophie que nous transmettions.Il fallait être très bon vendeur ».On comprend les malheureux enseignants de s'élre retrouvés démunis et désabusés face aux nouveaux contenus et aux nouvelles exigences didactiques.Torrents supplémentaires qu'ils n'ont plus eu envie d'aménager.« Ils se sentaient bien comme ils l'étaient, avec lents petites affaires.» « C'est normal, ils vieillissent ei ça ne leur teille plus tellement de changer », ajoute lacques Robitaille.Aux dernières nouvelles, les professeurs n'auraient toujours pas reçu d'ins-irumenis d'évaluation valides. Denis Vaugcois, ci devant haut fonctionnaire, député et ministre, est actuellement p.d.g.d'une maison d'édition de manuels scolaires.Avant la Révolution tranquille, il était professeur d'histoire dans une école normale et corcsponsable d'un périodique portant sur l'histoire du Canada, le Boréal Express.Coauteur à succès d'un manuel et concepteur de programmes d'enseignement, il devint rapidement une référence, chez les historiens, à partir des années 60.« c e que je vais dire lu, personne ne le raconte jamais et peu de gens se sont élevés contre cel épisode de la réforme scolaire.Or, ;i mon avis, ce fut un draine.Au niveau îles programmes d'enseignement de l'histoire et de la formation des maîtres, on a vécu une période absolument catastrophique, affirme Denis Vaugcois.«Axant l° 5 O z -< m-> i\u2014 > 5 Debray, pourfendeur d'Américains, devient-il un marginal?«À! 'époque, rappelle Regis Debray.Jean-Paul Sarlre disait: .l'a nticom m unistc est un chien.Aujourd'hui on aurai! changé les roles, voila tout.On trouve même Andre Glucksman poui dire que d'être anti-américain, c'est comme être antisémite.» Le chien anti-américain Regis Debray, rassurons-nous, n'est pas pourchasse dans les rues.Et pas plus menace de fourrière que les anticommunistes (intellectuels) des années cinquante Quand nous lé rencontrons avec son éditeur, c'est dans un excellent restaurant de Sainl-Cermain cl en compagnie de V Louis-Bernard Robitaille À PARIS CL o u o < < ¦LU ce t-Z O 5 to quelques distingues journalistes.L'ancien conseiller du président Mitterrand, qui vient de publier «Les empires contre l'Europe» (Gallimard), a d'ailleurs garde un bureau a l'Elysée.Sa nomination après mai 81 \u2014 il s'occupait de dossiers comme l'Amérique latine (Quebec inclus) et la francophonie \u2014 avait provoque certains remous.En particulier aux Etats-Unis ou les dirigeants le considéraient apparemment comme un dangereux gauchiste.Il faut dire que dans les années soixante, il avait connu des 24 ans la célébrité en tant que théoricien du castrisme.Et qu'en I4t>7.il se faisait éphémère compagnon de guerilla de Guevara.Ce qui lui valait de passer [rois ans dans une prison bolivienne.Depuis celte époque, Regis Debray a eu le temps de reviser pas mal de positions.Mais aux yeux des Américains (et de beaucoup d'intellectuels français), il reste un «ami du Cuba», et un partisan des sandi-nisles au Nicaragua.Non pas qu'il approuve, dans un cas comme dans l'autre, emprisonnements politiques ou parli unique.Mais a ses yeux, ce sont des défauts temporaires, d'ailleurs largement exacerbés par l'« agressivité » bornée des Étals-Unis.Un solitaire et un marginal Debray était pour tout dire tellement mal vu a Washington qu'on l'avait déchire personna non grata lors d'une visite offi- cielle de Mitterrand chez Reagan.C'est un solitaire el un marginal, lui-même se flatte de défendre des theses «scandaleuses».Il lui est même souvent arrive de faire dans la provocation : contre ses collègues intellectuels, contre les médias, contre.Bernard Pivot, accuse par lui (a Montreal a l'automne de 1483) d'être un «dictateur du monde littéraire».C'est pourquoi il a droit en general a une presse 1res hostile ou ironique.Href a une très mauvaise presse.Il récidive aujourd'hui avec « .i * i .>.\u2022,.¦4?c C/l O Z \u20144 TO m > > 2 e n \u2014< O cd PO 00 3 oc m § o 10 de s'habiller: jamais de cravate, souvent des chaussures de couleurs et de formes différentes) était attiré par la médecine.Tout le monde avait pourtant cru qu'il suivrait les traces de son père, en se dirigeant vers la carrière d'ingénieur.Il n'en fut rien.Après avoir passé deux semaines au chevet de sa grand-mère agonisante, Ernesto fut marqué par l'impuissance des médecins à secourir cette femme qu'il adorait.Il décida de consacrer sa vie au soulagement des maux de l'humanité.Mais une fois de plus il s'imposait des défis de taille, juste avant la fin de ses études médicales, il partit en voyage.À son retour, il ne restait plus que sept mois avant les examens et pas moins de quinze sujets à étudier.Il fut recalé à deux reprises mais réussit tout de même le tour de force de devenir médecin dans les délais qu'il s'était fixés.Le 11 mars 1953 est une date que son pere n'oubliera pas.«l'étais dans mon étude quand le téléphone sonna», raconte-t-II.'Ici le DOCTEUR Ernesto Guevara de la Sema!', me dit la voix au téléphone en appuyant fortement sur le mot 'docteur'.Une fois de plus j'étais fier de mon fils.» La joie du père semble pourtant avoir été de courte durée car le Dr Guevara de la Serna repoussa l'occasion de devenir le collaborateur d'un scientifique de renommée mondiale, le Dr Salvador Pisani, pour repartir, une fois de plus, vers l'aventure.Don Ernesto soupire en levant les épaules.Il ne dira plus rien.C'est dans son livre qu'il racontera sa déception du moment face à son fils médecin qui lâchait tout, famille, amis et carrière pour repartir vers l'inconnu, appelé «ailleurs» par le destin.C'est à Cuba, en 1959, à la victoire, quand le père alla retrouver le Che après une séparation de six ans, que le médecin lui fait connaître sa nouvelle vocation.\u2014 Que vas-tu faire maintenant avec ta médecine?lui a-t-il demandé.\u2014 Ça fait'longtemps que je l'ai abandonnée! a répondu le Che.Maintenant je suis un combattant qui travaille pour mettre sur pied un gouvernement révolutionnaire.Que va-t-il advenir de moi?|e ne le sais pas.|e ne sais même pas dans quelle terre je laisserai mes os!» Cette réponse, le père du Che ne l'oubliera jamais.Le «papito» avait appris à respecter les idées de son fils.Il savait que celui-ci était d'une ténacité indomptable.Le reste de ce premier séjour à Cuba se poursuivit par des célébrations.\u2014 Qu'avez-vousfait?\u2014 Nous nous sommes promenés ensemble.Nous avons mangé et bu du vin rouge, que je lui avais apporté spécialement d'Argentine et nous avons même fait du tir au pistolet ensemble, histoire de nous souvenir du passé.»\u2022\u2022\u2022'¦\u2022\u2022*\u2022» t \u2014Le'-père\" «rie- filsr aimaient.semble-t-il, faire des cartons ensemble.Ernesto était encore très jeune quand à Alta Gracia son père lui montra le maniement des armes.Mais à Cuba, quand les guerillos virent les deux Guevara tirer des coups de feu sur un arbre, ce fut la panique.Don Ernesto m'a montré des boites entières de lettres et de documents entassés dans son bureau.Un incroyable trésor de notes qu'il connaît par coeur.Le message que le Che lui envoya de l'Inde, et qui le plongea dans une grande tristesse à l'époque est là aussi.Il est sans doute parmi les plus importants de la collection.Le Che y révélait sa voie pour la première fois.«J'ai découvert le vrai sens des valeurs, le sais maintenant que la masse est plus importante que l'individu, je possède le sens de mon devoir historique.|e n'ai ni femme, ni maison, ni enfant, ni père, niinère, ni frère, ni soeur.Mes amis sont mes amis quand ils pensent politiquement comme moi.|e suis heureux.Je me sens comme quelque chose dans la vie.Ce n'est pas seulement cette force qui m'a toujours habité qui m'avive, mais cette possibilité de l'injecter aux autres.La certitude de ma mission ne laisse pas de place pour la crainte.» Il y a 20 ans le Che quittait Cuba Don Ernesto ôte ses lunettes, le découvre des yeux à la pupille minuscule qui papillottent sans cesse.Il me toise avec sévérité et angoisse.Cet homme se sent investi d'une mission.Tout ce qu'il sait, ce qu'il a compris, ce que son fils au caractère de feu et à la volonté d'acier lui a appris, il le dira au monde entier.Après les lecteurs espagnols\" et italiens,**t c'est maintenant le tour des francophones de lire ce qu'il est.Il s'est juré de travailler à cette tâché jusqu'au dernier soufflé de sa vie.Il rêve déjà à son deuxiè- me livre qu'il vient d'achever et qui devrait paraître en langue allemande vers la fin de l'année.Son titre: « Aqui va un sol-dad de America» (Voici le soldat de l'Amérique), où il relatera en détail le périple du Che de Bolivie à Cuba.\u2014 Qu'est-ce qui vous a décidé d'écrire ces livres sur votre fils?\u2014 Vous n'avez pas d'idée combien de sottises ont été écrites sur le Che partout dans le monde capitaliste.Un jour, j'en ai eu assez, l'ai décide de faire connaître au monde le vrai visage du Che.Sa grande humanité, car mon fils est le meilleur homme que j'aie connu dans ma vie! Dorénavant quand on voudra savoir quelque chose sur lui, on devra aller le puiser à la source, dans mes livres.Ses yeux rayonnent d'amour.Il me montre une photo d'Er-nesto bébé, apprenant à marcher.\u2014 Regardez.Il s'arrache déjà des bras de son père.Personne n'a jamais pu le retenir.C'est ainsi que, croyant avoir accompli sa mission à Cuba, le Che s'arrache de son pays d'adoption pour aller continuer ailleurs sa guerre révolutionnaire.Il y a 20 ans, le premier avril 1965, il rédigeait cette lettre devenue historique, «Adieu à Fidel»: (.) «|e sens que j'ai accompli la part de mon devoir qui me liait à la révolution cubaine sur son territoire et je prends congé de toi, des camarades, de ton peuple qui est désormais le mien.)e renonce fomellement à mes charges dans la direction du parti, à mon poste de ministre, à mon grade de commandant, à ma condition de Cubain.Rien de légal ne me lie à Cuba, seulement des liens d'une autre nature que les nominations ne peuvent rompre.(.:) D'autres sierras du monde réclament la contribution de mes modestes efforts, le peux faire ce*jui t'es refUSebàrYespon-v sabilités à la tête de Cuba et l'heure est venue de nous séparer.«Il faut savoir que je le fais avec un mélange de joie et de douleur: ici, je laisse la part la plus pure de mes espérances de constructeur et ce que j'ai de plus cher parmi les êtres que j'aime et je laisse un peuple qui m'a accueilli comme un fils; cela continuera à constituer une partie de mon esprit.|c porterai sur les nouveaux champs de bataille la foi que tu m'as inculquée, l'esprit révolutionnaire de mon peuple, le sentiment d'accomplir le plus sacré des devoirs: lutter contre l'impérialisme partout où il est.Cela réconforte et adoucit cette fois n'importe quel déchirement.|e répète que.(.) je ne laisse aucun lieu matériel à mes enfants et à ma femme et ne le regrette point : cela me fait plaisir qu'il en soit ainsi; que je ne demande rien pour eux, puisque l'État leur donnera ce qui suffit pour vivre et s'édu-quer.(.)» \u2014 Au fait, que sont-ils devenus, les enfants du Che: Hildi-ta, Aliucha et Camilio?\u2014 Hildita a épousé un Mexicain et vit au Mexique.Camilio vit en U.R.S.S.et Aliucha est médecin à Cuba.\u2014 Et que sont devenus les frères et la soeur de Che?\u2014 Celia est architecte à La Havane; Roberto, l'avocat, qui était en Espagne, se trouve en Argentine; Anna-Maria, également architecte, vit à La Havane.Quant à |uarï-Martin qui est journaliste de formation \u2014 après avoir passé 9 ans et demi en prison* pour le simple crime d'être le frère de Che \u2014 il a retrouvé sa liberté et vit à Buenos Aires.\u2014 Parmi vos propres enfants, les demi-frères du Che, lequel ressemble le plus à Che?\u2014 C'est peut-être l'ainé, Ramon.Mais ils ont tous hérité beaucoup du caractère du Che! Ils suivront tous sa trace.rV'l'^vjiis'jjersoilineJlente-JV remarqué ce désir de ressemblan- te Che avec sa mère, son épouse, Aleida March, et ses enfants: Aliucha, Hildita et Camilo.Au premier plan, une petite amie.ce lors de ma visite chez les Guevara quand, face à mon appareil de photo, le petit Ramon insista pour poser avec sa casquette «à la Che».Don Ernesto se souvient de ce que Fidel avait dit dans son «Adieu au Che»: (.) « Le Che nous a laissé sa pensée révolutionnaire, il nous a laissé ses qualités révolutionnaires, il nous a laissé son caractère, sa volonté, sa ténacité, son esprit de travail.En un mot, il nous a laissé son exemple, et l'exemple de Che doit servir de modèle à notre peuple, l'exemple de Che doit être le modèle idéal pour notre peuple (.)» Un sourire souterrain illumine le visage de Don Ernesto.Il est magnifique de fierté et de reconnaissance pour son fils.«L'influence de Che sur la jeunesse est énorme et elle est réellement palpable!» dit-il.«Imaginez: tous les jours', à l'école, les professeurs répètent aux enfants qu'ils doivent être comme le Che!» Le Che : un exemple I «Je suis comme les chats, j'ai sept vies», a dit souvent à ses parents cet homme invicible.Pourtant, l'annonce de la mort du Che fut cruelle pour le père.Bien qu'on lui ait offert de se rendre en Bolivie, Don Ernesto refusa.«On m'avait offert un avion financé par un contre-révolutionnaire cubain, le propriétaire d'un poste de télévision de Buenos Aires.Aller avec ces gens-là?|e ne suis pas loco! (fou).L'important n'est pas de savoir où reposent les restes du Che mais l'exemple qu'il laisse au monde ! » \u2014 Revoyez-vous souvent ses compagnons d'armes?\u2014: Oui, des gens d'un courage incroyable! Et chaque fois qu'ils me parlent de lui, des larmes leur viennent aux yeux! \u2014 Est-ce facile d'être le père du Che?\u2014 Il est bien difficile d'être le père de son fils, surtout lorsque c'est un grand homme comme l'est le Che! Don Ernesto est conscient qu'il a eu un sort exceptionnel mais il n'en retire pas que de l'orgueil.Être le père du Che confère de grandes responsabilités.Celles, entre autres, d'être un exemple et de défendre ses idées.Et sur ce point, le père est incorruptible.Le consul du Canada,* Serge April, maintenant de retour à Ottawa après avoir été en poste à La Havane, l'a bien connu et confirme ce trait de caractère de Guevara Lynch: «Cet homme a une personnalité très forte et des opinions très fermes qu'il a toujours défendues avec obstination.» Ernesto Guevara Lynch a célébré son 85e anniversaire en février dernier.)'l»-*ïydb \u2022 \u2022 \u2022 « Mio figlio 11 Che» (Editori Riunlti) J ¦ai décolle sans radar, en plein cyclone ».C'est ainsi que |ose Sarney décrit son arrivée a la présidence du Brésil, en avril dernier.Le président élu, Tancredo Neves, subissait une opération la veille de sa prise du pouvoir et devait finalement succomber à un empoisonnement général, à la suite d'une longue agonie.« |e n'étais pas préparé, psychologiquement et politiquement, à ce coup du destin mais j'ai été contraint, du coup, à me dépasser moi-même, à gagner peut-être l'envergure que je n'avais pas au départ et à me montrer à la hauteur de la situation », confie Sarney dans la premiere interview qu'il accorde à un journal étranger.Depuis que Harry Truman, obscur tailleur du Missouri succéda à Roosevelt qui l'avait choisi comme colistier, aucun homme politique occidental n'eut à affronter défi pareil à celui de lose Sarney.José qui ?demandaient ses compatriotes.Il était un illustre inconnu du petit État du Maranhao, assoupi dans le nord-est tropical, lorsqu'il a été appelé à prendre la place d'un homme dont la popularité était immense et qui, avant sa mort, faisait déjà figure de légende dans son pays qu'il avait réussi à libérer de la dictature militaire sans effusion de sang.État normal _, « Quatre mois se sont écoulés (au moment de l'entrevue) depuis ces tragiques événements et force est de constater que le pays a traversé cette crise sans secousses politiques et sociales majeures et qu'il est revenu à son état de santé normal », explique lose Sarney au cours d'un petit-déjeuner en tète-à-tetc au palais de l'Aurore, demeure présidentielle (un des chefs-d'oeuvre de l'architecte Oscar Niemcycr) à Brasilia.Sarney ne possède pas le cha- PREMIÈRE INTERVIEW A UN JOURNAL ÉTRANGER Sarney a bien en main les rênes du Brésil José Sarney, à droite, a déclaré à notre collaborateur, Louis Wiznitzer : « Lorsque dans quatre ans j'aurai terminé mon mandat, je céderai la place >.photo de la présidence du Brésil nu» hoii ¦ '» ?I l'A < risnie de son prédécesseur que ses compatriotes vénèrent à l'égal de Tiradentes, qui en 1889, a libéré le Brésil du joug colonialiste portugais.Le chef blanc, une mise soignée, Sarney, avec sa manière digne, son charme discret, sa gentillesse qui frise l'humilité, le calme intérieur qu'il irradie, fait penser à un gentlcman-farmer anglais plutôt qu'à un chef politique latino-américain.Âgé de 55 ans, poète (il est membre de l'Académie brésilienne des Lettres) et politicien (conservateur modéré), il a déjà fait partie de l'aile gauche de l'UDN (Union démocratique nationale \u2014 parti conservateur) et a ensuite dirigé le PDS (Parti démocratique et social).Ce parti a soutenu le régime militaire et Sarney l'a quitté avec un groupe de dissidents pour se joindre aux forces politiques qui souhaitaient porter le candidat de l'opposition, Tancredo Neves, à la présidence.Une fois les Brésiliens remis du choc de là mort de Neves, Sarney a cessé de jouer les orphelins et a pris en main, avec fermeté, les rênes du pouvoir.« Le Brésil tiendra ses engagements vis-à-vis des institutions financières étrangères mais pas au'prix 'd'une TOcesStoh: 'Notre ¦ i ,> t » ?* \u2022 i » r \u2022 > * i \\t, m. iitfl, situation économique est actuellement confortable.Nos réserves se chiffrent à $8,6 milliards.Nous pouvons nous permettre d'attendre à l'année prochaine pour renégocier les termes du remboursement de notre dette avec le Fonds monétaire international.Par ailleurs, nous allons combattre simultanément l'inflation \u2014 dont le taux est déjà passé de 12 à 8 p.cent par mois, mais ce n'est là qu'un début \u2014 et la misère.La misère dans laquelle vivent près d'un tiers des\" Brésiliens est intolérable et nous allons nous efforcer d'améliorer, toutes affaires .cessantes, par le biais de programmes sociaux, le sort des laissés-pour-compte », affirme le président.Mais n'y a-t-il pas contradiction entre une politique de déflation et une politique de croissance ?Existe-t-il une marge de manoeuvre entre des exigences diamétralement opposée ?Et Sarney d'expliquer : « Le Brésil est comme ce milliardaire qui s'aperçoit, au restaurant, qu'il n'a pas un sou vaillant dans sa poche.Cela ne l'empêche pas d'être crédible du point de vue financier.Nos ressources, minérales et humaines, sont illimitées.La Sibérie, plus le Zaïre, ne peuvent se mesurer au Brésil au chapitre des matières premières non exploitées.D'une part, nous allons couper la dépense publique de façon draconienne en supprimant des entreprises d'Etat-(Institut du café, Institut 'Je l'alcool et du sucre.Institut du tourisme) dont le gaspillage est patent.D'autre part, nous allons stimuler fortement le marche interne par le biais de réformes de base (réforme rurale, réforme fiscale, réforme du crédit).L'entreprise privée, petite et moyenne, sera le fer de lance de cette relance dont nous souhaitons qu'elle assure une croissance de l'économie de 6 p.cent par an, donc largement supérieure aux taux d'intérêt.» Dictature militaire_ Vingt-et-une années de dictature militaire qui devait « sauver le Brésil du communisme et de la corruption » ont abouti à une corruption au niveau de l'État sans précédent dans les annales du pays et ont creusé le fossé entre les classes sociales de façon intolérable.En 1964.les 50 p.cent les plus pauvres possédaient 4 p.cent du revenu national, ils n'en possedënt.plus que 3,D,,qen#au- jourd'hui.Les 10 p.cent les plus riches possédaient 59 p.cent du revenu national, aujourd'hui, ils en possèdent 50 p.cent.Un p.cent des propriétaires terriens possèdent 45 p.cent des terres.« Nous comptons 1> millions de chômeurs.Notre dette la plus brûlante n'est pas celle duc aux banques étrangères mais la dette sociale, la dette envers nos compatriotes qui ne mangent pas à leur faim el nous allons lui accorder priorité absolue », insiste Sarney.Le Brésil a accepté de réduire la dépense publique de $1,8 milliard en 1986 pour complaire aux exigences du Fonds monétaire, mais ce dernier veut davantage.Même si l'économie figure au premier plan de ses préoccupations, il s'est tracé d'autres objectifs, également prioritaires : \u2022 déclarer la guerre à la violence urbaine et surtout à celle qui frappe les enfants ; \u2022 consolider les institutions démocratiques et rendre aux citoyens foi dans le gouvernement ; \u2022 respecter à 100 p.cent toutes les libertés, politiques et économiques, individuelles et sociales ; \u2022 convoquer dans un an une assemblée constituante qui forgera une nouvelle constitution selon le voeu de la majorité des Brésiliens ; \u2022 assurer la défense du sentiment d'identité nationale en apportant le soutien du gouvernement aux cinéastes, aux peintres, aux architectes, aux acteurs de théâtre, aux écrivains.Quatre mois après la mort de Neves, Sarney a cessé d'être le « mal-aimé » ou pire, « l'usurpateur ».Sa modestie, son sens de l'État, font que sa cote d'amour monte de un pour cent par semaine.« |e suis optimiste et de toute façon, je n'ai pas l'intention de mener ce pays au désastre », déclare-t-il en terminant.?LOUIS WIZNITZER est journaliste pigiste.Il est basé à Paris, après avoir pratiqué son métier un peu partout dans le monde.Grand prix de journalisme américain pour une série d'articles sur le Nord Vietnam en 1971, il est l'auteur de « L'Amérique en crise \u2022 (Éditions LA PRESSE) et de \u2022 Jimmy Carter \u2022 (Éditions Alain Moreau)., , (, ( (, / ; / Il était une fois des livres pas très bien.L'État, toujours soucieux des bonnes moeurs, les saisissait.Mais, par un réflexe curieux, il en conservait soigneusement un exemplaire.C'est ainsi que s'est constitué au fil des ans l'« Enfer » de la bibliothèque nationale de Paris auquel personne, sinon les savants très très sérieux, avaient accès.Les temps changent.Ce qui était mystérieux, condamné ne l'est plus tout à fait.On a donc commencé à republier cet « Enfer » qui n'est plus un enfer, sous le titre de « Oeuvres erotiques de.» De Mirabeau'\", par exemple, révolutionnaire dont Marie-Antoinette disait avant de perdre sa téte poudrée : « C'est un monstre ».L'ouvrage présenté comporte quatre textes dont le plus célèbre est sans doute « L'Abbé il-et-elle », soustitré « l'Élève des Révérends Pères jésuites d'Avignon ».On se doute, en effet, que Mirabeau n'aimait pas la calotte dans son coeur puisqu'il chanta la Carmagnole.Erotiques ou pas, les oeuvres révèlent leur époque.Celle de Mirabeau aussi.Il a donc cette belle langue du 18e siècle et, plus étrange, un goût prononcé pour les sciences de la Nature et même la nature des Sciences.Et puis, à cette époque, on était un peu philosophe.Entre les descriptions osées, crues même, Mirabeau philosophe beaucoup.Il voit la sexualité comme un outil de liberté.Morale, Nature, Raison.,.Voilà une amusante trilogie pour une oeuvre leste.Pourtant, l'un des préfaciers, Michel Camus, voit Mirabeau comme « un libertin de la pensée et de l'action, une force de la nature, un homme de la démesure, un loup solitaire, un grand rêveur et sans doute, en son for intérieur, un homme sans foi ni loi ».Au fond, il aimait beaucoup l'argent.Ses livres erotiques devaient lui en faire gagner un peu.Pourquoi serait-ce différent ?A ce gros « macho » qu'était Mirabeau s'oppose la nature presque féminine de Restif de la Bretonne*2'.Un critique un peu impatient l'a décrit comme un « agité de l'écritoire » et il est vrai qu'il fut polygràphe avec une nette tendance à dire tout ce qui lui passait par la tête.Il s'appelait lui'même « l'Ami des hommes ».Son oeuvre erotique prouva aussi qu'il était l'ami des femmes.L'ouvrage principal contenu dans ce volume est « l'Anti-Justine » où Restif de la Bretonne voulait dénoncer le Marquis de Sade.Pour lui, en effet, la relation sexuelle était, Œuvres cnrtiiroes de Restif de la Bretonne dru.Fayard devait être douce, heureuse.« Le Pornographe » est pourtant plus intéressant parce qu'il y règne une sorte de folie, de folie de classer.En réalité, Restif de la Bretonne s'en prend à la prostitution qui florissait alors et à ce fruit, douteux, de la prostitution, la syphilis, la Sida de l'époque mais à l'envers, et dont on croyait déjà, curieux fait de l'histoire raciste, qu'elle venait de Haïti ! Là encore, cette manie scientifique du 18e siècle, le siècle des Lumières.Partout, dans l'oeuvre de l'agité de l'écritoire, cette idée, fondamentale et naturellement éron-née : l'être humain est bon mais il est désorganisé.Alors, organisons.Au fond, ces deux énormes ouvrages sont parfois ennuyeux.Il faut aborder ce genre d'érotisme à ce prix.Mais ce sont deux portraits d'une époque merveilleuse.En supplément, l'éditeur a fait faire des préfaces modernes, toutes in-formatives, souvent excellentes.Évidemment, le brave Restif de la Bretonne et le gros Mari-beau ne font pas tout à fait le poids face à la « Fleur en fiole d'or» if » f * t % ti 1 Ï 3?ï ï * i I 1 ;\"\u2022' i ¦> POUR ECOUTER Jean-François Doré Connaissez-vous Asha Bhosle ?Elle, elle a gagné plus de trophées que vous ne pourrez même vous imaginer en gagner en deux vies.Elle a gagné, dans son pays, l'équivalent de tous les Grammies.Oscars, César et autfcs Félix auxquels vous pourrie/ penser.Elle en a tellement gagné qu'après les avoir tous eus pour une cinquième année consécutive, clic a décidé de son propre chef de se « retirer de la compétition » pour laisser la chance à d'autres.Eux, eux ce sont des « pontes », des grands noms de la « new-music » britannique.Gens de « Yazoo », de « Blanc Mange », de « The Assembly », de « Bauhaus », ex-punk, non-veauxnéos, des branches quoi, des gens à la fine pointe de l'actualité musicale outre-Atlantique et qui passent leur temps à vouloir aller ailleurs, à tenter d'autres choses à l'extérieur de ce que le concept et ou l'orientation de leur groupe leur permet de faire.Ce qu'ils ont fait ensemble.leur disque, celui du « West India Company » ne se trouve sur le marche pour la seule et unique raison que leur groupe habituel va sortir un nouveau disque cette semaine.On m'a dit à la compagnie de disques que le « West India Company » n'avait été distribué que parce que les membres de cet autre groupe plus connu y avaient contribué et qu'il était important, à la veille de la sortie de ce prochain disque, de placarder le nom de cet autre groupe.Le « West India Company » n'est là que pour promouvoir le prochain « Blanc Mange ».C'est une musique que l'on qualifie dans l'industrie de « marginale » et ma foi si ça n'avait été de faire plaisir à Stephen Luscom-be.Mon Dieu ça ne serait jamais sorti.Eh bien rongez vous les ongles jusqu'à vous en rejoindre la clavicule messieurs-dames de la compagnie de disques, le « West India Company » est un excellent disque et je mettrais même ma chemise à parier qu'il est meilleur que le prochain disque de votre poulain sur lequel vous comptez tant et à cause duquel vous avez mis sur le marché cette petite perle.Bien sûr c'est marginal, bien sûr c'est inhabituel, bien sûr ça ne tournera pas à la radio, tout cela parce que bien sûr vous êtes convaincu de tout cela et que bien sûr conséquemment vous ne mettez pas les efforts nécessaires pour faire en sorte qu'il joue et qu'il soit entendu.Pourtant si vous aviez écouté le disque, vous auriez entendu cette voix absolument magnifique qui hante d'une plage à l'autre vos sens les plus susceptibles.Cette voix aiguô et profonde qui vous déchire et qui vous berce.Cette tonalité étrange et étrangère si particulière aux Indiens, puisque c'est la nationalité d'Asha Bhosle, qui vous transperce d'un baume.Si même vous aviez lu le papier que vous envoyez pour accompagner le disque vous auriez su, sans même avoir besoin d'entendre pour comprendre.qu'Asha Bhosle a vendu plus de quarante millions de disques au cours de ses trente-sept ans de carrière.En lisant vous auriez su, en écoutant vous auriez compris, qu'à cinquante-deux ans la madame chante plus divi-nemenl que n'importe qui d'autre sur vos marredites étiquettes.Rajoutez à ce talent et à cette expérience celui des membres de votre « Blanc Mange », talent indiscutable d'ailleurs, et vous vous retrouvez avec autre chose qu'un «disque marginal en attendant que celui de Blanc Mange sorte et pour faire plaisir à Stephen Luscombe ».Vous vous retrouvez avec un disque qui fait la jonction entre la musique indienne et la « new-music », une valse lente pour sitar, basse électrique, tablas, batterie et synthétiseurs, une tounc de « dance music » qui est une prière moderne à la Vierge Marie et à la déesse éléphant Genesh, vous vous retrouvez avec les quatre pièces de ce disque qui devrait en contenir huit pour satisfaire mes appétits.Ce disque-là a mis vingt ans à voir le jour.Stephen Luscombe a patienté ce temps-là avant de pouvoir le faire en gagnant le premier prix dans un concours de circonstances.N'attendez pas vingt ans avant de faire en sorte que les gens puissent en profiter.Quand, à onze ans, Stephen Luscombe écoutait la voix d'Asha Bhosle sur les ondes de la BBC, en demande spéciale de la part des gens de la communauté indienne de Londres, il n'était certainement pas certain qu'il ferait un disque avec elle un jour; mais il savait.Aujourd'hui c'est chose faite, c'est même en magasin depuis un mois et demi, mais personne ne le savait.Il serait grand temps que vous le disiez.Après tout si on rajoute au quarante millions de disques qu'Asha Bhole a vendus, le million et demi vendu par vos protégés ça fait un total assez impressionnant.en attendant que leur prochain disque sorte.?LES CHOIX DE GÉRARD LAMBERT SQUEEZE «Cosi Fan Tutti Frutti» A&M SP 5085 ***Vi On retrouve encore dans cet album tout ce qui fait la qualité de Squeeze: un son original et rock, attendri par des nappes soyeuses de piano ou d'orgue, ce qui donne à leur musique de jolies couleurs pastel, rose et bleue comme des dragées: des vocaux très au point, très pop, mais surtout de fort belles mélodies, ciselées, nacrées, précises, pas évidentes mais quinéunmoins se retiennent facilement.Des morceaux limpides, bien dessinés, bref solo pointu.Bien joué!.Comme tout cela (texte et musique) est d'une simplicité désarmante et bête comme chou, mais absolument superbe, magique et pur.On y respire l'air du large, loin des rivages pollués.Un grand bain duns les flots bleus des mers.Un disque attachant, tout en mélodies, qui vaut vraiment le coup d'oreille!.Pour ma part, je sais que «Cosi Fan Tutti Frutti» prendra sa place, toute sa place, dans ma collection.MARILLION «Misplaced Childhood» Capitol ST-12431 le n'aimais pas du tout le contenu des albums précédents de Ma-rillion.Ou peut-être étais-je pusse à côté tout simplement.Peu importe.Aujourd'hui je tomlw sur ce «Misplaced Childhood» et je suis séduit.Pourtant Je genre dans lequel évolue le groupe n'est pas celui que je préfère.Il s'agit d'un rock à tendance symphonique.Malgré tout, qui pourrait résister à leurs mélodies, à leurs arrangements, à leur sens de la musique et de l'harmonie?Car les M aril lions sont des musiciens.Des vrais.Et plus je passe ce 33 tours, plus je me rends compte combien il est bon et combien il en impose.Un disque particulier fait de dix-neuf petites chansons qui s'enchaînent les unes aux autres et joue remarquablement sur le thème de l'enfant-fantôme qui obsède nos inconscients.Un album qui vous procure un petit bonheur tranquille, pareil à une extase d'enfant devant un jouet.Maril-lion, c'est avant tout de la musique avec un grand M, bien écrite, conçue, mais pus intellectuelle, juste pour le plaisir de l'oreille.THE COLOUR FIELD « Virgins and Philistines» Chrysalis CHS-41480 Chez ces gens-là, monsieur! il y a la fête, les machines clignotent de complicité et ronronnent de plaisir.On découvre dans cet album un son inimitable.Une musique forte, inspirée, bourrée d'idées et très intense.Chaque morceau est réussi, innovateur, bien qu'on y retrouve toutes sortes d'influences (jazz, folk, music-hall, soul, funk.).L'ambiance des morceaux est envoûtante, enluminée de sublimes percussions, d'un velouté d'orgue et de petites vagues de guitares élastiques.Mais pour faire tout cela il faut posséder une qualité finalement rarissime: l'invention mélodique.Cette recherche de son n'est pas mise au service d'une musique dérangeante comme cela arrive parfois, mais sert de langage aux orchestrations.Cet album hors du temps, d'une autre dimension, me replonge le nez dans le cosmos, et m'attire à lui sans que je puisse rien y faire.Pas un disque de rock'n'roll, mais qui EST le rock'n'roll.Ce doit être pour ça.THE CURE sième âge.Ce n'était pas si mal.¦ On peut toujours se demander combien d'âges possède un être humain ?Le Troisième n'est peut-être qu'au début de l'échelle.Il peut, même s'il est le dernier, se révéler le meilleur.Les êtres sereins l'affirment.Mais ce « Troisième âge » est vite devenu synonyme de vieillesse, cette mégère (non apprivoisée !).Alors, c'est simple : on a créé le « Quatrième âge », pour n'être pas sur la ligne de front, pour qu'on puisse se sentir un peu à l'arrière, là où le danger est moindre.Pas assez! *~ Non, ce n'est pas assez pour faire reculer, autour de nous et en nous, ce mépris dans lequel on tient la vieillesse.Quelqu'un a trouvé : les « Aînés ».Plusieurs correspondants ont signifié leur satisfaction devant ce terme.« C'est plus respectueux.» écrivent-ils.On a presque toujours, quelque part, des aînés qui nous rajeunissent ! Il semble pourtant que ce soit insuffisant.Des auditeurs d'une émission radiophonique ont suggéré : « personnes-ressources ».Voilà qui correspond souvent à la réalité, même si c'est une réalité sous-estimée.Mais est-ce vrai de toutes les personnes âgées ou d'une seule élite ?Combien se reconnaîtront dans ces mots ?D'autres auditeurs ont soumis : « l'âge de la sagesse ».C'est beau.Je soupire.Ah ! que j'aimerais être sage sans être vieille ! Le doute m'envahit : le temps de la retraite ne pourrait-il pas être celui de l'euphorie que procure un brin de folie?Juste un brin, pour enfin rire et s'amuser mieux qu'on nè put le faire en nos vingt ans ! Toute cette encre dépensée pour effacer un mot.trop vieux ! Et cacher un état parfois trop pénible.Heureusement qu'on pourrait appeler à la rescousse beaucoup de personnes âgées pour infirmer nos idées amères.Mon bonheur fut d'en rencontrer.« On ne voit bien qu'avec le coeur », disait le renard au Petit Prince (de Saint-Exupéry).En vieillissant, il faut savoir rêver.Mon opinion personnelle : les mets n'ont pas l'importance qu'on leur prête.Ils sont comme des outres : vides, elles ne soufflent que du vent.Remplies d'eau fraîche, alors.Et j'avoue aussi aimer l'illusion, mais en toute lucidité.Aussi, je préfère qu'on m'écrive : Chère Aînée plutôt que Ma pauvre vieille ! Les quatre «I»_.Cette nouelle formule ramasse fort bien les maux dont le vieil âge est souvent affligé : insécurité, inactivité, inutilité, isolement.On remarquera que les quatre «i» sont parfois imbriqués les uns dans les autres, sans qu'on sache lequel fut la cause première de l'ensemble.Car de même que tous les jeunes ne forment pas des groupes forcément homogènes, de même la situation des personnes âgées varie à l'intérieur de ce qui apparaît un regroupement uniforme.Leur caractère, leur éducation, leur état de santé, leurs centres d'intérêt diffèrent et ne se laissent guère encadrer même par les quatre «i».Dans ces quatre mots, il faut cependant reconnaître une assez bonne peinture de circonstances complexes chez les Aînés.À des degrés plus ou moins intenses aussi.l'oserai briser la chaîne des «i» en ajoutant que le plus grand mal, c'est le manque d'amour.Et cela, aussi loin quelque fois que dans un esprit chaviré.Des infirmières, des préposés aux malades m'ont raconté comment, un simple toucher affectueux a fait sortir, un instant, un cerveau de ses brumes.Comme l'amour touche profondément l'être humain! Des statistiques_ Pour rassurer tout le monde, on fera appel aux statistiques.On vous dira que seulement de six à sept pour cent des personnes âgées résident en établissement.Pourcentage minime, n'est-ce pas?Traduit en chiffres absolus, il donne quelque 40 000 personnes ! N'oublions pas qu'en centre d'accueil, on peut aussi souffrir des quatre « i »! La solitude et l'isolement sont deux concepts voisins mais différents.Dans ces milieux protégés, l'inutilité et l'inactivité se rencontrent également.Et que dire des quelque 3 000 noms, sur la liste d'attente, pour placement, de la seule région du Montréal métropolitain ?Et des personnes qui sont dans des foyers clandestins ?On nous affirme que la moitié, environ, des personnes âgées demeurant à domicile, vivent sous le seuil de la pauvreté.On sait aussi que de nombreux « chambreurs » sont exploités honteusement.je ne veux pas être pessimiste ; seulement réaliste.Des Aînés calmes, heureux, sereins, ça existe.Et capables de défendre leurs droits ! Ils l'ont prouvé, lors de l'affaire de la désin-dexation partielle des pensions de vieillesse.Il ne faut pas pour autant fermer les yeux sur les plus démunis d'entre eux, les plus faibles, les plus handicapés.Les premiers ont des devoirs envers ceux-là.Le reste de la société aussi d'ailleurs.Avec une certaine nostalgie, je songe : si toute cette force se canalisait, s'unissait vraiment pour agir, toute cette force, un jour.un jour.?Chère Madame, Je viens de lire votre article concernant la curatelle publique et le procédé des établissements (< La Presse PLUS > du 14 septembre 1985).Vous y notez avec raison que toute procuration antérieure devient nulle lorsque la machine se met en branle pour faire interdire une personne et c'est ce résultat qui me semble tout à fait inacceptable.Alors qu'elle est encore bien lucide, une personne décide de donner une procuration à un parent ou ami en qui elle a entièrement confiance, afin d'éviter justement les inconvénients de la curatelle lorsqu'elle sera devenue confuse ; je crois que ce choix fait librement doit être respecté, à moins que les faits démontrent que le mandataire choisi n'est plus digne d'exercer cette fonction.Si j'ai suffisamment confiance en mon épouse pour lui donner une procuration qu'elle devra exercer si la maladie ou un accident me rendait incapable, c'est évidemment pour éviter les inconvénients de la curatelle et ce n'est pas pour voir cette procuration annulée justement lorsque je serai devenu incapable ; c'est un choix que je fais librement et qui doit être respecté, à moins d'indications contraires.Vous mentionnez qu'on devrait laisser à la famille le choix d'exercer elle-même la curatelle ou de la confier au Curateur public ; je crois que ce choix devrait comprendre également celui de ne pas procéder à l'interdiction de la personne incapable, et de s'en tenir à la procuration donnée antérieurement, en toute connaissance de cause, à moins que les faits démontrent que le mandataire choisi ne s'acquitte pas dignement de sa tâche.Conrad Lizée, notaire Sherbrooke R.\u2014 |e me sens pleinement d'accord avec votre opinion.Monsieur.Je vous remercie de la faire connaître au public, l'admire la pertinence de votre argument : le libre choix que l'on peut faire lorsque l'on est en pleine possession de ses esprits.On nous permet alors de désigner notre ou nos héritiers, mais non celui (ou celle) qui pourrait gérer nos biens si le malheur nous frappait.|e me demande si l'article de loi qui abroge les procurations antérieurement données ne va pas à rencontre de la Charte des droits et libertés de la personne ?En me faisant l'avocat du diable, je pourrais objecter qu'une personne à qui l'on donne une procuration peut, sous l'appât du gain à portée de la main, changer totalement et devenir toute autre.Car qui donne lucidement une procuraton peut On adrets* U courrier à Claire Dutriux laPratM-nUS 7, ru.Sahrt-JacquM Montréal, Que.H2Y 1K9 également surveiller les opérations faites par délégation de ses droits.La procuration accordée peut être retirée.Mais c'est là un problème qui existe déjà pour ce qui est de la curatelle privée.Une famille fait confiance à un\" curateur et celui-ci abuse de ses pouvoirs.Cette remarque s'applique d'ailleurs au sein de la Curatelle publique, lorsque celle-ci délègue au directeur général ou au directeur des finances d'un établissement l'administration de l'allocation mensuelle des bénéficiaires « incapables » juridiquement de la gérer.De plus, on ne peut et l'on ne doit pas présumer que la règle générale sera l'utilisation de la procuration pour frauder une personne.C'est là, je pense, une vue trop pessimiste de l'être humain.C'est soutenir que l'honnêteté n'existe pas, que l'argent transforme automatiquement un homme en voleur.Les législateurs sauraient bien trouver des mécanismes protecteurs contre ce genre d'abus ; peut-être même des moyens plus efficaces que ceux qui existent actuellement pour les curateurs privés ! l'ajoute qu'une personne, fort bien informée, a commenté, elle aussi, l'article de la loi dont nous discutons.Elle soutient que cet article est contestable et contesté actuellement.Elle résumera pour vous son point de vue, tout prochainement.Quant au dernier paragraphe de votre lettre, je veux seulement souligner que mes propos se situaient à l'intérieur du système actuel.Comme vous, je m'explique mal que la curatelle privée débouche sur une « interdiction » à vie, tandis que la curatelle publique ne procure que le statut « d'incapable » provisoirement.|e ne souhaite nullement que l'interdiction à vie accompagne la curatelle publique ! l'aimerais que la procuration devienne un moyen plus humain, dans une multitude de cas, de protéger une personne « incapable », sans pour autant la laisser démunie contre les fraudes et le vol.Il faut réclamer une réforme de ces lois, sans les interminables délais qu'entraîne tout changement, même minime, au statu quo.Et ceci, afin que ceux que l'on aime, et peut-être un jour nous-mêmes, puissions exister dans la dignité d'un être humain.Est-ce vraiment trop demander, trop espérer ? A SAINTE-ROSE Des élèves découvrent la nature en ville Petit matin gris d'automne.De la berge des Baignoires, à Sainte-Rose, la rivière des Mille-Iles parait relativement calme.Une trentaine d'élèves âgés de 12 ans.réunis autour de quatre animateurs biologistes d'Éco-Nature \u2014 organisme d'animation écologique lavallois au service des écoles \u2014, s'apprêtent à monter dans des canots Tournis généreusement par la Ville de Laval.Destination.: l'île Darling située à Vi mille environ de la berge.Ils se sentent pousser des ailes, délivrés pour deux heures du toit de l'école qu'on aperçoit tout près.Pour la plupart d'entre eux, il s'agit d'une initiation au canot écologique.Heureuse initiation due, en partie, à la « Société de développement du Vieux-Sainte-Rose » qui a planifie cette randonnée dans le cadre des, projets spéciaux reliés au programme « Berges neuves ».L'idée a pris corps lorsque Robert Roy, membre actif de cette société, a demandé à Claude Biais de l'ACAPAL, association de conservation et d'aménagement du Plein Air à Laval qui parraine «Éco-Nature», de trouver une activité écologique à laquelle pourraient participer les 160 élèves du secondaire I de l'école Villemaire.Cette activité de plein air devrait enthousiasmer suffisamment les adolescents, disait-il, pour que leurs parents « veuillent, à leur-tour, utiliser la berge qui se trouve tout près de leurs domiciles ».« Pourquoi ne pas leur Taire visiter l'île Darling ?» suggéra alors Claude Biais.Un lieu privilégié pour le plein air_ « Ce que nous voulons, en Tait, c'est développer la berge des Baignoires, cette berge Tort fréquentée jadis par les habitants de Sainte-Rose qui venaient, se baigner à l'intérieur de grandes cabanes appelées « baignoires » posées sur l'eau et les isolant en quelque sorte du regard des curieux ! », dit Robert Roy.L'eau de la rivière des Mille-Iles était alors évidemment « claire comme de l'eau de roche ».Hélas, à force de recevoir l'écoulement des eaux domestiques \u2014dont les matières fécales, pour être plus explicite \u2014, elle s'est lentement mais sûrement polluée.Heureusement que le tuyau d'égout, dont on aperçoit encore l'extrémité perchée à un pied de la ri- Des animateurs d'Eco-Nature s'apprêtent à partir en excursion avec un groupe d'élèves.vière, n'y déverse plus ses eaux sales! L'immense usine d'épuration de Sainte-Rose, située en bordure de la rivière, témoigne d'ailleurs éloquemment de ce revirement de situation.« Cependant la rivière mettra des années à se purifier complètement, bien que, déjà, sa couleur ne soit plus celle du café fort comme elle l'était en 79 et qu'on puisse maintenant y voir à un pied de la surface de l'eau ! » dit avec humour Michel Aube, l'un des animateurs d'Eco-Nature.Et ce dernier de s'enthousiasmer sur le potentiel de la berge des Baigneurs.«Quand on parle de Zermath ou dè Banff, continue-t-il, on pense immédiatement à des villes de plein air.Pourquoi l'archipel du Saint-Laurent, dont la rivière des Mille-Iles faif partie, ne pourrait-il pas devenir un lieu privilégié pour te plein air?La quantité d'eau que recèle cet archipel est phénoménale! Et que dire de la beauté de ses berges et des couchers de soleil qu'on peut y admirer ! » «Imaginez, dit de son côté Claude Biais, des gens de Sainte-Rose venant s'asseoir ici sur des bancs pour assister au spectacle du coucher du soleil après une journée de travail.Imaginez aussi une piste cyclable.Et pourquoi pas une base de plein air pour jeunes ! » Ils parlent, ces écologistes au grand coeur, et leurs rêves sont tapissés d'oiseaux, d'eau pure, d'enfants qui apprennent la Vie à même la Nature et d'adultes délaissant l'appareil de télévision pour une marche ou une promenade en bicyclette sur la berge ou une randonnée en canot sur la rivière.Pendant ce temps, un aigle-pêcheur a eu le temps d'avaler un poisson, une ¦ mouette d'émettre son cri rau-que et un geai bleu de voltiger au-dessus de l'île Darling.À la découverte de l'île Darling_ « Qu'est-ce que c'est, pour toi; une rivière ?» demande maintenant l'animateur lean Lauzon à une fillette en train d'enfiler son gilet de sauvetage.N'hésitant pas du tout, elle répond, sûre d'elle-même : « C'est la pollution ! » Dire que lorsque j'étais enfant, une rivière était, pour moi synonyme de baignade, de plongeons et de prome- nade en chaloupe ! Mais oublions le passé et soyons optimiste : d'ici à dix ans les eaux de cette rivière et de bien d'autres seront à nouveau limpides.Me voici assise, en compagnie d'une dizaine d'adolescents et de l'animateur Claude Biais, dans un trimaran \u2014 ensemble de trois canots réunis par des planches de bois posées à l'avant et à l'arrière des embarcations pour faciliter l'initiation au canotage \u2014 qui se dirige à fière allure vers l'île Darling.Les élèves rament à l'unisson, écoutant l'animateur leur parler des Amérindiens qui venaient chasser sur cette ile avant le début de la colonie.C'est vrai que c'est une.petite « chérie », cette ile, avec sa végétation abondante et ses oiseaux heureux.Nos canots s'approchent maintenant des mare-cages qui la bordent, lieu privilégiés de toute une flore et une faune aquatiques.Nous nous arrêtons et, à l'aide de petits microscopes, nous examinons des « lentilles d'eau » et des « sagittaires » qui entourent nos canots.« De quoi vivent ces sagittaires ?» demande l'animateur.« De sels minéraux ! » ré- pond un adolescent à la coiffure punk et à l'oreille percée d'un anneau.« Et de soleil ! » ajoute un autre.- Élise, leur professeur d'écologie, invitée elle aussi à l'excursion, est fière de ses élèves et sourit.Nous mettons pied à terre.Nous regardons les feuilles des arbres devenues rouges et ocre en cette fin de septembre et nous nous étonnons de l'absence de vent qui nous ébouriffait les cheveux il y a deux minutes.-Nous montrant une protubérance sur une verge d'or, Claude Biais nous indique qu'il s'agit là de la « gale » \u2014 maladie des végétaux due à des bactéries, des insectes ou des champignons.Se servant d'un couteau, il coupe ensuite en deux cette « boule » plutôt jolie décorant la tige.« Regardez, dit-il, une larve d'insecte qui se nourrit de la plante à l'intérieur de sa boule.Elle y est prisonnière aussi ».Sous le microscope, on distingue mieux maintenant cette forme embryonnaire gluante de couleur blanche qui se meut lentement.Chacun regarde attentivement.Tout-àTheure ce sera l'observation des vestiges d'une maison datant de deux cents ans, des briques rouges qu'Éric prendra entre ses mains, étonné de découvrir le mot « ONTARIO » sur l'une d'entre elles.« Les briques avaient dû être fabriquées en Ontario ! » s'exclame-t-il, fier de sa découverte.« Les lilas témoignent d'ailleurs du passage de l'homme sur cette île, puisque cette plante ornementale ne pousse pas à l'état indigène au Québec », dit l'animateur, nous montrant des lilas.Midi.Nous devons quitter l'île Darling.Le temps est écoulé ! Les adolescents l'avaient oublié, lui, tout absorbés par la découverte d'une île qu'ils voyaient de loin depuis leur jeune âge sans jamais y aborder.Oh hisse ! Oh hisse ! ramons bien vite puisque le ciel se couvre.Peur information: Éco-Nature: (514)664-1073.?Ol O 8 CD E CD Ol ir.lM'UiMi IIKIIIIIIII Air Canada m i CO o o S 4 s S ,-«/» 3 a- 8 Partenaires à Paris Sculpter une allure nouvelle.Coupes.Habiller un mode de vie.Couleurs.J'ai surpris les Européennes.Défilés à Paris, Zurich et Dùsseldorf.Vite.Réseau Air Canada.DÉPART DE MONTRÉAL PARIS LONDRES PRESTW1CK FRANCFORT DÙSSELDORF MUNICH ZURICH GENÈVE BOMBAY SINGAPOUR \u2022ïUlWIHUU **vla Londres.DRF13006 Tous les jours, sans escale 5 vols sans escale par semaine 1 vol par semaine* Tous les (ours* 2 vols directs par semaine 2 vols directs par semaine 2 vols directs par semaine 3 vois directs par semaine 3 vols par semaine** 3 vols par semaine\" , _ #rtl0i, des projets d'affaires en Air Canada etj\"J^éal, des Prél-à-partir plein essor.DfjTparis.Sans escale, tous les jours vc* -rC à portée de la main! 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