Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La Presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (17)

Références

La presse, 1985-12-14, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 1\t\tLES P\t\tA VISl5#7î \t\tGREICHEetSCAFF OPTOMÈTRISTES\t\t kWèimmiiumuiuiiitiiiiuuiiiituuutMUtMiiMitiu 30 SUCCURSALE 336-5330 MONTREAL, LE SAMEDI 14 DECEMBRE 1985 La pilule Ecstasy.page 6 L'argent qui dort page 7 Le Guatemala «pacifie» ses indiens à sa façon page 8 L'artisan québécois s'organise page tO Médecins des catastrophes page 13 if) 1 *>**!»-k* ¦ .» \u2022 \u2022 * f t vv>.'4 l i ill * nouvelles frontière DE j ./ ,v.¦ Paul-Henri Talbot Z o Une longue journée En écoutant le bulletin de nouvelles de 8 h, le matin du 2 décembre 1969, Paul-Henri Talbot apprend que les flammes ont détruit un hospice dans la vallée de la Matapédia.Selon les renseignements diffusés à ce moment, il pourrait y avoir jusqu'à 50 corps dans les ruines du « Repos du vieillard ».Talbot arrive à LA PRESSE quelques minutes plus tard.Il offre à son patron de partir aussitôt pour Notrc-Dame-du-Lac.Ce dernier trouve que c'est trop loin et que ce ne sera pas possible de produire les photos à temps pour l'édition du lendemain.Il y a 1100 km à parcourir aller-retour et la route transcanadienne s'arrête à Québec.Talbot, qui en a vu d'autres, insiste.« Si tu penses que tu peux le faire, vas-y », finit par concéder le patron.Il est 9 h lorsque Talbot prend la route.À 15 h 30 il arrive à Notre-Dame-du-Lac.malgré la poudrerie qui soufflait dans la vallée de la Matapédia.Il se met aussitôt au travail et à peine une heure plus tard, il reprend le volant.Il est 23 h lorsqu'il fait une entrée triomphale à LA PRESSE.Hélas ! sa journée est loin d'être terminée, car il lui faut développer ses négatifs et imprimer ses photos.Le lendemain, à sa grande satisfaction, il constate qu'on a publié pas moins de.14 de ses photos.C'est finalement 38 vieillards qui ont péri dans cet incendie qui a fait beaucoup de bruit à l'époque.Talbot, qui a 38 ans de photo- graphie derrière lui, dont 27 à LA PRESSE, raconte aujourd'hui cette «expédition» avec l'enthousiasme d'un débutant.Et c'est avec un éclat de rire qu'il explique qu'il lui a fallu faire ajuster sa voiture.Fiche technique Appareil: Nikon F2 Objectif: 35 mm Ouverture: 1 / 60e à f/8 (flash) Pellicule: Tri X LE FÉMINISME CHEZ LES JEUNES h_;_:_é Voilà que l'on sonne le glas du féminisme.Les ainées reprochent aux filles d'aujourd'hui de ne plus se mobiliser pour la cause.On entend des prophètes de malheur annoncer que le féminisme agonise pour faire place à la féminité.À Montréal, en octobre dernier, la Conférence internationale sur la situation des filles dans le monde s'est ouverte sur l'allocution pessimiste d'une Benoîte Groulx qui soutient que les filles sont en train de s'endormir sur les victoires de leur mères.On semble oublier, en panique, que l'opinion des jeunes n'est plus monolithique.Les jeunes n'ont plus rien à voir avec ce bloc homogène des années 60 à l'intérieur duquel tout le monde portait des jeans , tout le monde votait péquiste, et tout le monde se rebellait.Ils en ont marre de l'endoctrinement, des grandes manifestations et des projets de société.Ils sont fondamentalement individualistes et individualisés.Les filles n'y échappent pas.Du féminisme, elles ont mille et une opinions différentes, mille et une façons de le vivre.Elles sont individualistes.Mais.dans le discours d'Anne, dans celui de Patricia et même dans ceux de Josée et d'Isabelle, perce un point commun : le féminisme fait peur.Certaines le reconnaissent volontiers.D'autres refusent de l'endosser personnellement.Mais personne ne le nie.» Le mot féministe a mauvaise presse_ C'est vrai, elles hésitent souvent à s'afficher comme féministes.Parfois, elles refusent carrément.Le mot féministe a mauvaise presse.Il a été galvaudé.« |e sais, au fond, nous en avons une mauvaise définition.Une définition qui revient toujours à quelque chose d'extrémiste, de radical, d'anti hommes », souligne une jeune cége-pienne.Marie Harvey, animatrice d'un comité-femme au Cégep de Chicoutimi, en est bien consciente.« Si à la première réunion que j'ai organisée j'avais convoqué des filles pour fonder un comité féministe, je n'aurais Fini le militantisme de grand-maman pas eu un chat.La preuve, c'est que les sept ou huit filles qui sont venues ont toutes commencé par me dire : l'vcux bien faire partie d'un comité-femme, mais je ne suis surtout pas féministe ».Pourtant, plus tard, dans les réunions, elles seront les premières à aborder des sujets qui touchent directement les revendications féministes.Au Cégep de Sainte-Thérèse, un atelier d'écriture spontanée, babillards géants sur lesquels les étudiants étaient invités à griffonner des graffiti exprimant leurs opinions sur, entre autres, la violence et le féminisme, a donné des résultats révélateurs.Du babillard portant sur le féminisme, il ressortait une chose : on ne veut pas être féministe.Mais pourtant, juste à côté, le babillard sur la violence n'était que revendications féministes : des graffiti sur le viol, le harcèlement sexuel, bref des graffiti sur la violence faite aux femmes sous toute ses formes.Les jeunes en ont marre Comment s'expliquer tout ça ?« Les jeunes en ont marre des féministes, mais elles n'en ont pas marre du féminisme », répond la romancière Marie Cardinal.Elles refusent la forme revendicatrice du discours, l'étiquette féministe, mais pas le fond.Ruth Rose, professeure à l'Université du Québec à Montréal, pense un peu la même chose de ses étudiantes en sciences économiques.« Elles refusent de se dire féministes.Mais elles le sont par définition, puisque, si elles fréquentent l'université, c'est qu'elles croient en la nécessité pour les femmes de se prendre en main ».France Paquet, intervenante-jeunesse au Cl.SC Longueuil-Ouest, travaille avec des jeunes qui s'intègrent souvent mal à leur milieu.Même chez ces jeunes, estime-t-elle, les choses ont changé.Par exemple, dans les gangs .il y a maintenant des filles qui ont leur propre moto.Dans les discussions sur la sexualité, elles n'hésitent plus à dire aux garçons ce qu'elles veulent.Quand il s'agit de choisir leur avenir, elles optent de plus en plus souvent pour des métiers non-traditionnels et deviennent chauffeurs d'autobus ou policiers.« Elles remettent des choses en question, mais ne savent sûrement pas qu'elles tiennent un discours féministe, et ne voudraient surtout pas se faire dire qu'elles le sont ».Le même vieux discours Oui.les filles refusent le discours féministe que leur a légué la génération précédente.Mais pourquoi ?Marie Cardinal croit avoir trouvé les coupables : « On leur propose le même vieux discours féministe d'il y a quinze ans.Elles en ont plein le dos de nos discours d'anciennes combattantes et elle n'ont pas envie de pleurer sur les problèmes de leurs grand-mères.» Marie Harvey trouve aussi qu'on offre à ces jeunes un discours qui, en plus de ne pas s'être renouvelé, est tout ce qu'il y a de plus doctrinaire.« Aussi doctrinaire que la religion.Des dogmes.Comme si nous détenions la vérité.Tout se décide au-dessus de leurs têtes, ce qu'elles doivent faire, ce qu'elles devraient être.Et elles n'ont rien à y redire ».Les jeunes acquiescent.Elles en ont contre la rigueur de l'héritage féministe.« C'est un trop lourd fardeau sur nos épaules », laisse tomber l'une d'elles.Lourd fardeau_ Et le fardeau parait d'autant plus lourd qu'elles n'en voient pas toujours la nécessité.« Elles sont nées libre, elles», comme le rapellait très justement Benoîte Groult, lors de la Conférence internationale d'octobre.Les générations de féministes sont courtes.Les femmes de 50 ans n'ont pas mené les même batailles que celles de 40 ou de 30 ans.Et celles de 20 ans ont l'impression que toutes les grandes batailles ont justement été gagnées.Les filles d'aujourd'hui sont nées dans un monde où le féminisme est en quelque sorte institutionnalisé.Elles ont grandi dans une société où existent les conseils du statut de la femme, les comités de condition féminine, les textes de loi qui font de la femme un individu autonome, soustrait a l'autorité soit d'un père, soit d'un mari.À leur avis, elles ont tout.Le féminisme leur parait un fait acquis.Et quoi de plus démobilisant que de ne plus avoir de cause ?Conclure que les filles refusent le féminismes parce, que de toute façon, elle refusent de se mobiliser serait trop facile, estime Marie Cardinal.« La preuve : quand les jeunes se trouvent des causes, des vrais, des causes qui les touchent, ils embarquent.On n'a qu'à penser aux mouvements pacifistes, écologiques et alternatifs ».Elles sont occupées à autre chose__ De tout temps, les situations de crises économiques ont refroidit les ardeurs militantes.C'est pourquoi Ruth Rose croit, elle aussi, qu'il ne faut pas voir cette démobilisation comme un abandon des valeurs féministes.« |'ai simplement l'impression que mes étudiantes ne reconnaissent plus, pour le moment, la nécessité d'une approche collective, explique-t-elle.Elles sont occupées à autre chose : elles sont occupées à réussir leur cours, à chercher un emploi, à assurer leur survie ».Doit-on sonner pour autant le glas du féminisme ?Une chose est certaine, le féminisme est appelé à subir de profondes transformations que, sans trop s'en rendre compte, une nouvelle génération de filles est en train de lui imprimer.Commençons par laisser à cette génération le temps d'acquérir expérience et maturité, souligne Marie Harvey.« Nous, les femmes de 30 et de 40 ans, les féministes d'aujourd'hui, é-tions-nous dans la rue avec nos pancartes à 20 ans ?Ne sommes-nous pas en train de demander aux filles d'aujourd'hui d'être des super-women?Sans même qu'elles aient eu le temps de vivre, nous leur demandons de tout savoir sur elles-méme, sur les hommes, sur la vie ».Faisons-leur confiance Après ?Après, faisons-leur confiance.Les filles d'aujourd'hui sont conscientes de leurs droits avec une espèce de volonté toute tranquille.Ces droits sont des acquis fragiles, il est vrai, mais ce n'est pas parce que les jeunes ne voient plus de grandes « maladies » qu'elles ne sont pas prêtes à réagir aux « symptômes » qui pourraient survenir.Harcèlement sexuel, ghettos d'emploi, pornographie, reviennent continuellement quand on leur demande ce qui les préoccupe dans notre société.Le libre accès à l'avortement aussi.Beaucoup.La question les inquiète énormément.Pour ça, Isabelle, |osée, Patricia et Anne descendraient dans la rue sans hésiter.Pourquoi ?Pas nécessairement en tant que femme, répondent-elles, mais simplement pour un droit élémentaire : la liberté de décider.De toute façon, même Marie Cardinal doute parfois de son féminisme.« C'est un engagement tellement profond que peut-être seules nos arrières-grand-mères, celles qui se sont battu pour notre droit de vote, celles qui ont osé parler les premières, auront vraiment été féministes ».?BRIGITTE G A UVRE AU est journaliste pigiste.Elle a fait l'été dernier le stage de formation en journalisme de LA PRESSE.Éditeur Roger D.Landry Coordination Claudette Tougas Responsable des chroniques: Pierre-Paul Gagné Tél.: (514)285-7070 Page couverture: Marie Lessard Mise en page: Jacques Gagnon Fernand Marcotte Collaboration Philippe Barbaud Jean Basile Berthio Jean-François Doré Nelson Dumais Brigitte Gauvreau Serge Grenier Manon Hogue Sophie Huet Gérard Lambert Yves Leclerc Marie Lessard Mario Masson Carol Nadon Alice Parizeau Simone Piuze René Viau Toronto Michel Labrecque Vancouver Daniel Raunet Mexico Francis Pisani Managua Jacques Lemieux Paris Louis-B.Robitaille Londres C.Saint-Germain Costa Rica Gilles Paquin San Salvador Edith Coron Bonn André Racicot Washington Jean-F.Usée New York Edouard Jacob ONU Michèle de Rosset Vienne Claude Moniquet Tokyo Lillian Ginoza Taiwan Jules Nadeau Tel-Aviv Victor Cygielman Publicité Responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier Secrétariat Micheline Perron Tél.: (514) 285-7319 LE FÉMINISME CHEZ LES JEUNES Ce qu'en pensent Patricia, Anne, Isabelle et Josée PATRICIA Elle est belle, elle a vingt-cinq ans, elle est assistante-gérante dans une boutique, un jour elle veut avoir un enfant, et si elle ne trouve pas le compagnon dont elle rêve, elle l'aura seule cet enfant.Elle a horreur de se faire siffler dans la rue, elle n'aime guère tous ces gestes de galanterie condescendante qui la font se sentir trop faible pour ouvrir une porte elle-même, et elle tient mordicus à son autonomie financière.Féministe ?Non.Patricia se défend bien de l'être.« |e ne veux pas de cette etiquette, parce que s'afficher comme féministe c'est devenir, dans la tête de la majorité des gens, une frustrée, une radicale, une antihomme ».Elle n'en a pas contre le mot, mais contre la défini-lion que la société en a.Non, pas féministe, mais « pour l'égalité », explique-t-elle.Egalité.mais de quelle égalité parle-t-elle ?« D'une égalité lotale, complète, où l'on oublierait que les femmes sont des femmes et que les hommes sont des hommes pour les voir avant tout comme des personnes, avec exactement les mêmes aspira-lions, les même désirs, les même besoins.» Elle reconnaît la nécessité des groupes de militantes actives, mais, personnellement, ça ne l'intéresse pas.La situation des femmes de nos jours, elle la voit comme ceci : beaucoup de choses sont acquises théoriquement, mais il reste a changer les mentalités.Un des points sur lequel il faut travailler très fort à son avis : la femme-objet.Si elle ne s'intéresse pas à l'action collective, elle met néanmoins beaucoup d'énergie dans ce qui est pour elle une véritable action personnelle : « Quand quelqu'un dit quelque chose avec lequel je ne suis pas d'accord, je parle ».Et les choses vont véritablement changer quand toutes les femmes parleront, croit-elle.Elevée dans le traditionnel milieu italien, elle ne renie en rien ses origines, mais elle est très critique.Les stéréotypes italiens, elle les envoie promener : elle tient à soigner son apparence pour s'aimer elle-même, pas pour s'accrocher un mari et ensuite se mettre à porter des robes noires en forme de sac de patates.Elle ne veut absolument pas, en tant que femme, être reléguée à la vaiselle et aux couches, être écartée de toutes les discussions « sérieuses ».En fait, c'est ce milieu profondément sexiste qui l'a ancrée dans ses convictions « éga-litaristes ».« Dans ma famille, autour de moi, j'ai vu et entendu tellement de choses injustes qde j'ai classé bien jeune mes idées : je ne serais pas comme ça ».pnoto bernara broull, LA PRESSE < Quand on se sent sur un véritable pied d'égalité avec les gars, pourquoi être féministe ?>, demande Anne, l'oeil malin.« Bien sûr, comme tout le monde, j'aimerais devenir p.d.g., mais mon but dans la vie c'est d'être heureuse ».Dans ses yeux pétille sûrement toute la détermination qu'il faut pour arriver à être heureuse, et peut-être même, pour devenir p.d.g.À ving ans.elle a hâte d'en avoir vingt-et-un.Elle a hâte de vivre.Et l'avenir lui parait tellement facile.Elevée dans la ouate, socialement et financièrement, jusqu'ici la vie ne lui a que souri.Elle en est consciente.Mais elle n'a quand même pas l'intention de se mettre à pleurer sur les malheurs des autres.« C'est terrible à dire,, mais je ne me sens pas solidaire des femmes».Le mot féministe ne fait pas partie de son vocabulaire.« En fait, j'aurais dû le chercher dans le dictionnaire Si seulement le mot avait meilleure presse, si seulement il était moins lourd de préjugés, peui-être Patricia s'avouerait-elle féministe, photo René Picard, LA PRESSE ANNE avant d'accepter cette entrevue », avoue-t-elle.Dans sa tête, il signifie quelque chose de vague qui a une connotation radicale, extrémiste.Et, en tout cas, il n'a plus sa raison d'être de nos jours, conclut-elle.Pourquoi ?Elle réfléchit.puis explique qu'elle se base sur son expérience personnelle.« Vraiment, je me sens sur un véritable pied d'égalité avec les gars ».Mais les autres, celles qui vivent des situations d'inégalité, d'oppression ?Non, décidément Anne n'a pas envie de s'apitoyer sur les problèmes des autres.« Rien ne les oblige vraiment à endurer, dit-elle.Quand on n'aime pas une situation, on peut toujours partir ».En fait dans son regard pétillant, brille parfois l'incompréhension : aimer au point de se laisser battre, par exemple, elle ne com- prend pas.Bien sûr, elle refuse de mettre tous les hommes dans le camp des méchants, mais elle rejette encore plus l'idée de hisser toutes les femmes au rang d'êtres parfaits.« |e pense que le jour où beaucoup de femmes seront boss , on aura aussi des femmes machos ».Le jour où beaucoup de femmes seront boss ?Oui, c'est vrai, il reste des choses à changer, avoue-t-elle.« Mais les grandes batailles ont elé gagnées.Nos grands-mères avaient peut-être raison d'être féministes, mais nous.» Mais, justement, si on attaquait ces droits que nos grand-mères ont gagnés?Elle a le regard déterminé Anne, et ses droits sont des choses acquises qu'elle refuserait de céder.Oui.s'il le faut, elle descendrait dans la rue. ISABELLE Allait-on finir p«ir en dénicher une qui soit féministe el mili-i nu to ?[3:ins la majorité des cégeps el universités, plus de co-iiiites-femme.Alors, en existe-l il encore des jeunes qui se disent féministes, et qui militent ?Puis finalement, on nous a refile un nom : Isabelle.Le rendez-vous avait ete fixe au Cégep de Sainte-Thérèse, dans le local du comité-femme.'< Ah oui, bonjour, tu es féministe militante ».Elle n'a pas peur du mot et repond sans hésitation : « Bien sur ».Elle milite depuis le jour où elle s'est aperçue qu'elle était minoritaire dans son association étudiante et que le respect de ses idées en souffrait peut-être.Puis dans la conversation se glisse tout à coup les noms des grands classiques : Beauvoir, Friday, Cardinal, lit la mise au point se fait : « |e n'ai pas beaucoup lu.j'ai milité ».En fait, son discours féministe, Isabelle l'a façonné à partir de ses propres expériences.Le discours de la génération qui l'a précédée, elle ne le connait pas vraiment.Tout ce qu'elle en sait, c'est qu'il collait à la situation du temps.Aujourd'hui c'est .1 elle d'en inventer un attire qui colle à sa situation.l'Ile n'aura certes pas de difficultés, parce qu'elle s'enflamme rapidement.« Il faut se mobiliser encore, nous axons des acquis à protéger, el rien n'est fini ».débite-t-elle tout de go.Par exemple?« l.h bien.et bien le harcèlement sexuel, lance-l-elle comme une evidence Quand je me promène dans le corridor, je me fais encore siffler.Le harcèlement, je le vis tous les jours ».Ft à ceux et celles qui lui répondraient que c'est un fait acquis, elle rétorquerai! : «O.K., il y a des recours possibles, des clauses légales qui existent, mais qui se fait accuser ?».Son action féministe, elle la voit avant tout comme une action de sensibilisation.I Ile sait bien que dans notre société, le mot féministe revêt toutes sortes de connotations négatives.Mais elle ne comprend quand même pas : « Quand j'entends une fille dire je ne suis pus féministe , j'ai envie de lui dire : l'égalité est peut-être faite pour toi.mais les femmes ne gagnent encore que 60 p.cent du salaire des hommes ».photo René Picard.LA PRESSE Militer ?Elle y croit encore.Pas en attaquant, mais en sensibilisant, explique Isabelle.JOSÉE Dans sa tête, être féministe, ça va de soi.Josée a fait le stage de formation de LA PRESSE cet été.On la voit ici en reportage à l'Observatoire du mont Mégantic.photo Bernard Brault, t a presse « D'abord, je suis contre les hommes, après, je nuance ».Le téléphone grésille un peu ((osée est à Paris) et peut-être n'a-t-clle pas saisi tout le sérieux de la question.Qu'est-ce que le féminisme pour loi ?Elle éclate de rire, d'un bon rire franc, puis précise : « Disons plutôt que, d'abord, je prends la part des femmes, et qu'ensuite, je nuance ! ».Ah bon.Tout ce que l'on peut dire c'est que la deuxième formulation est un peu moins sexiste.Sexisme, note-t-ellc ?« Eh bien je suis entièrement pour la discrimination positive.Et quant aux hommes féministes, j'attends les preuves ! ».En tout cas, féministe, elle l'est.Elle a même déjà milité activement dans un groupe de femmes.Mais aujourd'hui, manque de temps.« l'essaie par contre de transposer mon militantisme dans ma démarche individuelle.C'est bien beau d'élaborer de belles theories, mais il faut être capable de les appliquer dans sa vie personnelle : de faire quoti-diennement des gestes d'autonomie, des gestes féministes ».Quant aux jeunes qui se disent non-féministes, pas de pa- nique, répond-elle.« Laissons-leur le temps d'avoir un chum , de vivre, de se confronter au marche du travail.Pour l'ins-lant, elles sont à un moment de leur vie où tout ce qui compte c'est s'amuser et séduire ».Elle se pense assez radicale en tant que féministe.Mais pourtant, maintenant que la distance entre Montréal et Paris les séparent, elle réalise que son compagnon est un gros morceau de sa vie et qu'elle ne peut pas le nier.« En fait, j'ai tout ce qu'il faut pour faire rager les vrais féministes radicales: j'm'ennuie de mon chum , j'hais bricoler, j'braille tout le temps, et puis même si jetais bonne en maths, je suis allée en lettres ».Elle croit profondément que même en étant féministe, qu'on le veuille ou non, on ne peut renier tout les comportements que la société nous a légués.On ne peut se renier soi-même.« |e suis consciente de ce que la société m'a inculque, l'accepte tout ça et j'essaie de composer ».Comment y arrive-t-elle ?Eh bien, par exemple, elle est allée en lettres, même si elle était bonne en maths, mais pas en attendant de se trouver un mari! _ 0.G.a c O z g ¦xi m > i\u2014 > 5 en Les drogues synthétiques commencent à envahir le marché américain.Elles portent des noms de rêve, créés par la publicité clandestine ou par les usagers eux-mêmes, « Angel Dust », «China White », « Ecstasy ».et elles échappent souvent à la législation fédérale américaine, pourtant fort contraignante.Le « Controlled Substances Act », qui comporte plus de cent pages de dispositions, ne répertorie en effet que les drogues illicites déjà connues de ses services.Il suffit donc de modifier légèrement la composition chimique de l'une de ces « drogues de confection » ( « designer drugs ») pour contourner la loi.Controverse autour j de la pilule «Ecstasy» L'histoire de la « pilule Ecstasy » est à cet égard exemplaire.« Ecstasy ».Le mot sonne comme un slogan, ou comme une tentation permanente.Et pourtant, pour la premiere fois dans l'histoire de la « dope » aux États-Unis, une véritable guerre d'opinion s'est déclenchée depuis un an, mettant en scène les adversaires et les défenseurs d'Ecstasy, au point que les grands journaux américains \u2014 le Washington Post, Newsweek, New York Magazine, le Los Angeles Times \u2014 viennent de consacrer leur « une » à l'affaire.Tout commence en novembre 1984, lorsque le Congrès américain accorde a la « Drug enforcement administration » (D.R.A.) le «pouvoir d'urgence » sur cette substance.La D.E.A., ainsi que l'organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.) commencent à s'intéresser vivement à cette drogue synthétique, qui semble connaître un succès croissant en Californie, en Floride, en Géorgie, dans le Tennessee, l'État de New York, voire dans certaines capitales européennes.Ecstasy, dont le nom pharmaceutique est beaucoup moins attayant (3,4 me-thalynedioxymethamphetami-ne, alias M.D.M.A.) soulève alors les passions.Un prestigieux cabinet d'avocats de Wall Street, Dewey, Ballantinc Bush-by.Palmer and Wood, accepte d'entrer en lice pour défendre auprès de l'administration américaine la cause d'une dizaine de clients (psychiatres et chercheurs en médecine) qui considèrent que le M.D.M.A.peut faire progresser notablement la science médicale de la fin du vingtième siècle.Probation_ Mais la D.E.A.n'a pas du tout la même analyse : le 1er juillet 1985, utilisant son pouvoir d'urgence, elle décide de faire inscrire Ecstasy au tableau I du « Controlled Substances Act » de 1970 (réservé aux drogues les plus dangereuses, sans utilisation médicale possible), au même titre que le LSD.l'héroi-ne et les dérivés de l'opium pour une période probatoire de un an.Une décision sans précédent, une très mauvaise nouvelle aussi pour les défenseurs de la pilule Ecstasy, qui proposent d'inscrire la drogue dans la catégorie 3 de la législation américaine, réservée aux drogues jugées moins dangereuses, interdites à la vente au public, mais susceptibles de faire l'objet de recherche médicale.La décision temporaire prise par la D.E.A.est d'autant plus mal ressentie que depuis le début de cet été.et jusqu'en octobre prochain, des réunions d'experts des deux camps se déroulent « pour ou contre » Ecstasy, à Los Angeles, Kansas City, Washington.La décision finale devant être prise par la D.E.A.en 1986.Pour mieux comprendre le contexte des débats, il faut savoir que le M.D.M.A.est un mélange chimique fort ancien, puisqu'il a été mis au point en 1914 par le laboratoire pharmaceutique allemand E.Merck, et conçu à l'origine pour couper l'appétit à ses utilisateurs, c'est-à-dire comme produit de régime.Les amphétamines, c'est bien connu, diminuent fortement les besoins alimentaires.Pour des raisons diverses, la société Merck, qui avait obtenu les droits exclusifs de vente du M.D.M.A.ne l'a jamais commercialisé.Et le produit ne réapparaît qu'en 1953.sous l'égide de l'armée américaine.À l'époque, celle-ci fait réaliser des expériences sur des animaux, pour tester le caractère toxique de huit drogues, parmi lesquelles le M.D.M.A.À l'issue de ces analyses, il apparaît que ce produit arrive en deuxième position, au titre de sa nocivité devançant même le L.S.D.ou la mescaline.La première étude pharmacologique est effectuée en 1978, et les experts décrivent alors Ecstasy comme une substance « qui provoque des effets seconds, mais possibles à contrôler, chez, l'être humain ».A la demande de la Drug En-force ment Administration (D.E.A.), des expériences analogues ont été renouvelées reeem-nicnl.L'université |ohn Hopkins teste le M.D.M.A.sur des babouins, le collège médical de Virginie sur des rats, l'Université de Chicago s'intéresse aux effets d'Ecstasy sur le système nerveux animai.Mais les diagnostics restent sujets à caution dans la mesure où aucune analyse médicale d'envergure n'a encore été réalisée sur des êtres humains.Accoutumance_ La Drug Enforcement Administration, qui a reçu le soutien de nombreux experts, veut néanmoins à tout prix éviter la propagation de cette drogue synthétique dont elle dénonce \u2014 à tort disent ses adversaires \u2014 le haut degré d'accoutumance (« high potential for abuse »).Selon la DEA, Ecstasy serait en circulation dans 21 des 50 États américains, ainsi qu'au Canada, et particulièrement prisée par les jeunes étudiants, les homosexuels et les gens dépressifs qui sont en cure psychiatrique.Ronald Siegel, chercheur à l'Université de Los Angeles, estime que l'utilisation extramédicale du MDMA ne cesse de croître : 10000 doses vendues pendant toute l'année 1976, 30000 doses vendues par mois en 1985.On pense qu'il existe une dizaine de laboratoires clandestins aux États-Unis et que la pilule de cent milligrammes de MDMA se monnaye dix â vingt dollars sous le manteau.Tous s'accordent à reconnaître que cette substance est relativement facile à fabriquer et qu'il suffit d'être en liaison avec un laboratoire clandestin pour s'en procurer à un prix très modique.La DEA reconnaît pourtant volontiers que les statistiques officielles ne traduisent pas cet engouement et ne sont pas encore alarmantes: Ecstasy reste largement inconnue du grand public américain et les services d'urgence des hôpitaux découvrent à peine les méfaits du MDMA.De 1979 à 1983, ceux-ci ont enregistré environ 250000 cas de troubles divers, liés à la consommation de drogue.Dans huit cas seulement, les malades ont reconnu avoir pris du MDMA et deux d'entre eux sont effectivement décédés, notamment un psychiatre californien malade du coeur qui avait ingurgité une double dose.Une drogue dangereuse Les experts qui soutiennent la position de l'administration américaine expliquent qu'Ecs-tasy est une drogue d'autant plus dangereuse qu'elle apparaît comme inoffensive.« Cette drogue appartient à la même famille que la mescaline, déclare Ronald Siegel.Elle crée de nombreux effets secondaires, analogues â ceux que provoquent les amphétamines: hallucinations, accélération du rythme cardiaque et de la pression artérielle, sueurs froides, anxiétés, paranoïa, effets psychotiques.Ecstasy a une particularité : elle n'agit sur l'organisme que pendant une heure environ.Dès lors, la tentation est grande de vouloir doubler la dose ».Un autre médecin raconte : « Sous l'empire d'Ecstasy j'ai vu des malades prostrés dans la position du foetus pendant plus de trois jours! J'ai même rencontré un psychothérapeute qui s'est enfui pendant une semaine après avoir consommé du MDMA.Quand il réapparut, il se prenait pour un agent de police : il s'installa au milieu d'un carrefour et se mit à diriger la circulation ! » Le docteur Jeffrey Rosecan, directeur de recherche au centre médical presbytérien de Columbia, pense que la pilule Ecstasy n'est pas encore un danger pour la société américaine mais « peut le devenir ».Le docteur Rosecan a déjà soigné deux étudiants qui avaient eu des réactions psychotiques .prolongées, après l'absorption de MDMA dans un verre de jus de fruit.L'un d'eux devint convaincu que ses amis voulaient le tuer, et il s'enferma pendant quinze jours dans sa chambrre pour leur échapper.L'autre étudiant, raconte Rosecan, eut le même type d'hallucination, mais le choc fut trop rude.Après avoir passé quatre semaines à l'hôpital, il vit désormais dans une maison de santé, en Pennsylvanie.Les défenseurs d'Ecstasy ne cherchent pas à nier que les risques d'abus peuvent être dangereux pour la santé mentale.« Mes clients, explique Richard Cotton, avocat de la firme Dewey, Ballantine, veulent simplement poursuivre leurs recherches médicales sur le MDMA.Car à l'heure actuelle, les propriétés exactes du produit ne sont pas bien connues.Il y a trois mois, cette substance ne faisait l'objet d'aucune réglementation.Aujourd'hui, la DEA en ordonne pour un an l'interdiction totale, avant que les auditions ne soient terminées.Cette décision est trop radicale.Nous ne réclamons pas la mise en vente libre du MDMA, ce serait absurde et irresponsable.Mais il faut que les recherches médicales se poursuivent, sous le contrôle, bien sûr, de l'administration américaine », insiste Richard Cotton, qui ne cache pas un certain pessimisme.Ses clients (en particulier une équipe de chercheurs de Berkeley, deux professeurs à la Harvard Medical School, un psychiatre de l'Etat du Nouveau Mexique et un professeur d'éducation psychologique a l'Université de l'Illinois Nord) font appel à tous les experts qui partagent leur point de vue, pour qu'ils participent aux auditions auprès de la DEA.Cette affaire comporte à l'évidence un enjeu financier de taille.Car le MDMA est devenu le symbole d'une bataille renaissante sur le droit à utiliser des drogues dans le cadre de cures psychiatriques.Deux grands laboratoires américains, le Mac Neil Pharmaceutical, qui fabrique le Tylenol, et la Roche Products Incorporation, qui produit le valium, ont rallié le camp des défenseurs du MDMA, par crainte de ne plus pouvoir commercialiser aux États-Unis des produits du même type venant d'Europe.Drogue subtile_ Ecstasy, comme le dit la publicité du bouche à oreille, est une drogue beaucoup plus subtile, moins matraquante que le LSD.Bref, une drogue « yuppie ».Elle vous donne un sentiment de paix, le « la » de votre harmonie intime.Plus de gêne, plus de crainte.Tout devient clair, agréable, sensuel.Oui, jusqu'au moment critique où la chose agit trop fortement sur l'organisme, et où tout devient cauchemar.Alors, le paradis artificiel se transforme en carcan, et toutes les angoisses, doublées de symptômes physiques, remontent à la surface.La réaction des défenseurs d'Ecstasy a probablement pris de court l'administration américaine qui ne s'attendait pas à une pareille levée de boucliers chez les psychiatres.Une fondation pour la recherche médicale sur le MDMA a été ressuscitée l'an dernier, grâce â Rick Do-blin et à deux chercheurs californiens, et la fondation a organisé plusieurs conférences, dont l'une s'est tenue du 10 au 15 mars dernier, réunissant une quarantaine d'intéressés.Le quatrième jour, il fut décidé que la moitié des participants prendraient du MDMA, tandis que l'autre moitié analyserait les réactions.Toute une gamme de comportements put être observée, allant de l'indifférence totale jusqu'au délire manifeste.C'est ainsi qu'un eminent psychiatre de Los Angles passa six heures consécutives à parler de Jésus en des termes enflammés.Les auditions reprendront en octobre à Washington, mais d'ores et déjà, les défenseurs d'Ecstasy, et leur cabinet d'avocats, ont le sentiment d'avoir perdu une bataille importante, celle de l'utilisation médicale croissante des drogues de synthèse, à des fins thérapeutiques.n $50 millions dorment oubliés Qui d'entre nous n'a pas déjà trouvé un « vieux dix » ou même cent dollars cachés au centre d'un dictionnaire ou enfouis sous un lit que l'on remue un jour de déménagement.Mme Réjeanne Dufferin, de Longucuil, a touvé ainsi prés de $5 000 qui traînaient dans un ancien compte de banque de son frère décédé.Un soir de septembre.Mme Dufferin reçoit une amie d'enfance perdue de vue depuis bientôt quinze ans.Les amies se remémorent quelques vieux souvenirs, des ragots et quelques bonnes blagues sur l'une ou sur l'autre.L'hôte va cher- cher des photos de son unique frère décédé en 1967.Les trois se connaissaient depuis leur première communion.On badine avec le passé et au beau milieu d'un ramassis de portraits anciens, de lettres, de bulletins de 10e année B et de 1 le année C, elles trouvent un vieux carnet jauni portant la marque de commerce Banque Provinciale.Le document est rempli d'entrées et sorties de fonds d'un couvert à l'autre.Mme Dufferin avait déjà vu ce document mais cette fois seulement elle se rend compte que la dernière opération date de 1966.Convaincue de l'existence d'un second carnet qui contiendrait la suite des opérations, elle le cherche en vain dans ses affaires.Elle se rend donc à la succursale sise à l'angle des rues Mont-Royal et Saint-Denis.Or celle-ci n'existe plus.D'ailleurs, la Banque Provinciale est elle-même disparue à la suite d'une fusion avec la Banque Canadienne Nationale, fusion ayant donné naissance à la Banque Nationale.Embarrassée par ces questions, la préposée explique enfin à la requérante que la Banque du Canada détient les comptes inactifs.La Banque du Canada est une banque d'État redevable au ministère des Finances.Elle tient un rôle de contrôle et de service auprès des banques privées et c'est à ce titre qu'elle détient le solde des comptes non réclamés par les particuliers.Après avoir rencontré les procédures requises, c'est $4 893,63 que Mme Dufferin récupère dans son patrimoine.L'histoire de cette dame n'est pas unique.M.Fernand Payer responsable des comptes non réclamés à la Banque du Canada et joint à Ottawa a relaté un cas plutôt inusité.Une quinqua- génaire d'une petite municipalité de Saskatchewan a été fort surprise et choquée de lire son nom dans la page des avis publics du journal local avec la mention de son numéro de compte et la somme de $25 000.Il y aurait plutôt de quoi se réjouir pensez-vous ?Le « hic » c'est que celle-ci connaissait l'existence du dépôt et n'était pas du tout enchantée à l'idée que tout le voisinage sache ainsi l'état de sa fortune.Elle avait simplement laissé dormir ce compte d'épargne depuis une décennie sans y effectuer aucune opération.Son compte a simplement suivi l'itinéraire des comptes inactifs.Sont considérés inactifs ceux dans lesquels aucune opération n'a été effectuée depuis plus de deux années.On envoie alors un avis à la dernière adresse connue.Si aucune autre opération n'est effectuée dans les trois années suivantes, un second avis est expédié.Apres neuf années d'absence de transaction, le nom de l'abonné, son numéro de compte et la somme détenue par la succursale sont compilés sur une liste.Toutes les succursales communiquent leur compilation au siège social de leur institution financière.Ces dernières dressent à l'intention du ministre des Finances une liste maîtresse.Les listes seront regroupées et publiées par ordre d'institutions bancaires et par succursales dans un supplément d'avril de la Gazette du Canada Partie 1.Les noms ne sont pas en ordre alphabétique.Si l'on cherche les avoirs d'un parent décédé, il faudra retracer les lieux où il a séjourné, travaillé, même temporairement.Une même personne pourrait avoir laissé plusieurs sommes non réclamées, son nom apparaîtra autant de fois.Beaucoup ont des adresses inconnues.Seules les sommes de $50 et plus sont rendues publiques.Parfois un hebdomadaire régional publie ce qui concerne sa région.C'est ce qui est advenu à la dame de Saskatchewan.Les montants non réclamés au 31 décembre suivant seront versés dans un fonds de la Banque du Canada.Si vous retrouvez un avoir de plus de dix ans, vous pouvez le récupérer bien longtemps après.Il n'y a pas de délai de déchéance de votre droit de propriété.Mieux, s'il s'agit d'un compte d'épargne alors il vous sera remboursé avec intérêt pour une durée de 20 ans à 1,5% par année.En 1984, près de $50 millions s'étaient entassés par l'oubli dans les coffres de la Banque centrale pour un total de 865 000 comptes.Ceux inférieurs à $50 sont fermés après 20 ans de possession par la Banque du Canada et transférés au Receveur Général, donc au trésor public.Réinjecter ces millions dans les poches des consommateurs, il y a là de quoi faire rêver les plus ardents créditistes, ces anciens partisans de la « planche à piastre ».Ici, on a même pas besoin d'imprimer toute cette monnaie de singe, ce sont de vieux billets imprimés il y a vingt ou trente ans qui sommeillent dans les microfiches de la Banque Centrale.Mais attention fétichistes de la monnaie, ne courez pas trop vite au guichet.La moyenne de tous les comptes étant de $57, cela ne fera pas cher de l'heure s'il vous vient à l'idée de partir à la recherche d'un trésor familial.Les galions espagnols ne sont pas nombreux dans cet océan bancaire.Pour la seule année 84, plus de 1700 réclamations ont occasionné des remboursements inférieurs à $100 dans 80 p.cent des cas, pour un total de $954 080.Des reprises de possession de $8 000 et $15 000 ont fait l'exception cette année-là.S'il s'agit de votre propre compte, la démarche à suivre sera relativement simple.L'opération se complique dans les cas de successions impliquant plusieurs héritiers.Vous devrez produire un certificat de décès, un permis de disposer et, en l'absence d'un testament, une formule de renonciation.Selon Me André Neault, fiscaliste, pour les successions liquidées avant le 7 mai 1985, il faudra obtenir un permis de disposer du ministère du Revenu du Québec s*i le décédé y était résident et cela même si la succes- sion n'avait aucun droit à payer en vertu des exemptions.Pour les personnes décédées après cette date, un tel permis n'est plus requis de la province, le ministre des Finances a aboli toute taxe sur les dons et les successions.En I absente de testament, si plusieurs héritiers sont en concurrence, ils devront déposer une requête conjointe ou, procédure plus couramment utilisée et plus pratique, signer à l'un d':ntre eux une formule de renoncement à leur part de patrimoine au bénéfice de ce seul héritier.La prudence dictera alors de s'entendre par écrit avant de signer la renonciation.Cette dernière se fait devant témoins sur des formules déjà prévues par la Banque centrale.Sur les sommes remboursées, seuls les intérêts produits dans l'année sont considérés comme revenus au sens des lois fiscales.Si vous recherchez un compte oublié dans une caisse populaire, votre démarche sera sensiblement différente.Les caisses ne sont pas soumises à la Loi sur les banques.Elles ne confectionnent pas de listes centrales.Chaque caisse conserve un grand livre des comptes inertes.L'intérêt ne court que pour cinq ans à compter de la dernière opération.Si tout ce petit manège décourage vos ardeurs, alors prenez deux bonnes heures pour rassembler et rouler toutes les pièces de monnaie qui traînent dans la maison.Au Canada plus d'argent est oublié dans les tiroirs de cette façon qu'avec les soldes non réclamés.Vous serez étonné de réunir $200 ou $300 plus rapidement et sans tracas.L'Hôtel de la monnaie à Ottawa a frappé, juste pour l'année 84, 1 milliard 26 millions de pièces de monnaie dont plus de 80 p.cent étaient des pièces de un -g cent.Le coût de production E étant de un cent et demi, c'est- S\" à-dire de un demi cent plus éle- £ vé que la valeur sociale, le O trésor public encourt des pertes 5 de quatre millions de dollars ï par année.Heureusement, il > fait des profits appréciables sur * les autres pièces vendues aux > banques à charte.Ce processus 5 de vente se fait sans retour.Par o un phénomène inexpliqué, _ même les pièces de vingt-cinq *¦ cents disparaissent tôt ou tard S-de la circulation.Imaginez que £} un million de foyers canadiens $ roulent chacun $100 cette fin g de semaine.C'est 100 millions m de dollars qui seront réinjectés ^ dans l'économie nationale dès g| lundi.CAROL NAOON est journalis-te-pigiste._N De chaque côté du chemin qui sillonne les majestueuses montagnes Cuchumatanes dans le Nord-Ouest du Guatemala, le blanc éclatant des petites chaumières se détache sur le vert-ocre des champs de mais mûr.Les hameaux se succèdent, tous bourdonnent déjà d'activité malgré l'heure très matinale.< < UJ o 5 S À chaque détour de la route sablonneuse des paysans apparaissent, déambulant le long de petits chemins de terre qui semblent émerger de nulle part.C'est samedi, jour de marché dans plusieurs villages de la région.Volailles, porcelets ou les fruits de la dernière récolte sous le bras, les paysans indiens courent s'entasser dans l'autobus où s'entremêlent les vives couleurs des vêtements tissés à la main.Le véhicule remonte péniblement les pentes escarpées en direction de Huehuetcnan-go, puis contourne soigneusement les ruines d'un pont, vestiges des violents affrontements dont cette région appelée «alti-plano» fut le théâtre au début des années 80.Le calme de cette matinée en apparence banale s'évanouit.L'autobus ralentit, pour s'immobiliser complètement quelques mètres plus loin.Sous un abri sommaire fait de quelques planches que surplombe un petit drapeau de la république guatémaltèque, une douzaine d'individus armés de machetes et de couteaur.entourent le véhicule.Deux d'entre eux ayant en leur possession une arme à feu se hissent à bord; ils exhortent ensuite les passagers à descendre, pour les vérifications d'usage.Tous sont par la suite fouillés un à un; c'est la sixième fois qu'ils doivent se soumettre à ce manège.La sixième fois en moins de vingt kilomètres qu'une «patrouille civile» contrôle l'identité des passagers, leur destination, le motif de leur voyage.Devant mon air préoccupé, une enfant qui doit avoir tout au plus sept ans me lance : «T'en fais pas.il n'en reste que quatre, trois bonnes et une méchante.Les bonnes, elles ne Les hauts-plateaux guatémaltèques : i Les indiens pacifiés par | la militarisation I sont pas sûres de vouloir être des patrouilles; les autres, oui, elles se prennent au sérieux.» Le regard réprobateur de la vieille qui l'accompagne fait vite taire ces commentaires trop éloquents.Lo loi du silence_ C'est que la loi du silence règne dans les départements septentrionaux de Huehuctenan-go, El Quiché et Alta Vcrapaz.Tandis que les questions demeurent sans réponse, la peur se lit au fond des yeux des paysans, reflétant l'atmosphère de terreur dans lequel est plongée cette région de hauts plateaux.Depuis 1982, alors que l'armée y lançait un programme complexe de pacification, la militarisation de l'altiplano a atteint un niveau inimaginable.L'enrôlement obligatoire dans les patrouilles civiles pour les hommes âgés de plus de 18 ans n'en est qu'une facette.Le confinement de la population en un reseau de «villages-modèles» soumis à un strict contrôle militaire en constitue l'autre élément clé.Ce programme de pacification se veut la deuxième phase d'un suprême effort de contre-insurrection en marche depuis 1980.Le but ultime de celui-ci est d'empêcher tout appui de la population indienne, potentiel ou réel, aux groupes de guérilla opérant dans la region.«Nous avons très bien compris que les subversifs ne peuvent survivre sans l'appui de la population», avait alors déclaré le général Lobos Zamora, chef du Comité de reconstruction nationale.«Il nous faut briser cet appui; pour empêcher la survie du poisson, il suffit de le priver de l'eau dans lequel il s'ébat.» C'est dans cette optique qu'au début des années 80, les villages soupçonnés d'appuyer la lutte armée sont complètement détruits, la population massacrée, les récoltes brûlées.Plus de 250 villages sont ainsi anéantis, des dizaines de milliers d'indiens assassinés.Fuyant les attaques de l'armée, environ 150 000 paysans se réfugient au Mexique et près d'un million abandonnent leurs villages pour s'enfuir dans les montagnes où ils vivront en nomades pendant plusieurs mois.C'est la première phase de l'effort contre-insurrectionnel.En 1982, voyant leurs actions presque unanimement condamnées sur la scène internationale, les généraux au pouvoir lancent le «Programme d'aide aux régions en conflit ».Sous le thème «haricots et fusils», la militarisation de la population survivant aux massacres s'amorce.Bien que les assassinats collectifs continuent, ils se font plus sélectifs.Au cours des deux années qui suivront, -\" les opérations militaires viseront surtout à capturer la population réfugiée dans les montagnes pour la rclocaliser en des zones où il sera plus facile de contrôler ses allées et venues.C'est par la terreur et la faim que l'armée compte forcer la population à se rendre.Francisca, jeune indienne Quiché, raconte: «Le jour est arrivé où nous n'avions plus que des herbes et des racines à manger.Plusieurs sont morts de faim, d'autres de froid, surtout des enfants et des vieillards.À un moment donné, il y avait tellement de morts que nous n'avions même plus assez de forces pour tous les enterrer.Quand l'armée s'est rendu compte que nous étions aussi affaiblis, les soldats ont commencé à encercler nos campements, à nous bombarder et mitrailler à l'aide d'hélicoptères.Nous avons décidé de résister encore un peu.sachant très bien que là où ils voulaient nous emmener, c'était un véritable camp de concentration.» Témoins et souvent eux-mêmes victimes de la brutalité des forces armées dans le passé, les paysans résistent.Et c'est en véritables prisonniers qu'ils sont emmenés dans les villages modèles.Les villages-modèle» «Seul celui qui lutte a le droit de vaincre, seul celui qui vainc a le droit de vivre.» Bien en vue à l'entrée de la caserne militaire qui domine la place centrale de Sacapulas, dans le département il'1.1 Quiché, cette enseigne veut convaincre quiconque ose côtoyer l'imposant bâtiment que l'armée règne de façon absolue dans la région.Virtuellement occupé par les forces armées, Sacapulas constitue le dernier village de taille et, par le fait même, la porte d'accès aux petits hameaux vises par les mesures sociales, économiques et mi- litaires entreprises par les autorités.Au nord de cette municipalité, ériges sur les cendres mêmes de villages anéantis deux ou trois ans plus tôt, les nouvelles agglomérations de petites maisons de bois au toit de zinc se sont multipliées à une vitesse impressionnante au cours de l'année 1984.Le nombre de villages modèles qui parsèment cette zone s'élève maintenant à plus d'une vingtaine, regroupant environ 18 000 personnes au total.Bien qu'ils réunissent généralement des conditions qui peuvent paraître satisfaisantes aux yeux d'un observateur étranger (accès à l'eau potable, petites parcelles de terre individuelles, etc.), la structure même de ces hameaux est loin d'être conçue dans l'optique de combler les besoins essentiels à la survie, tant physique que sociale et culturelle, des populations autochtones qui les habitent.Invariablement, les paysans y sont forcés de s'enrôler dans les patrouilles civiles, sans quoi ils se voient menacés de torture et de mort.Ces patrouilles sont chargées d'appuyer l'armée en accomplissant des taches de vigile, de surveillance, et même de construction d'infrastructure militaire.«Dans le village de Parraxtut, raconte l'a m ho, paysan du nord du Quiché, l'armée a même obligé les patrouilleurs à creuser une énorme fosse au centre du village.Ils disaient que c'était pour les guérilleros qu'ils allaient tuer, mais tous, nous savions très bien que nous creusions la fosse de quiconque d'entre nous oserait désobéir aux soldats.» En échange de leurs services, les indiens se voient distribuer de maigres portions de nourriture.Loin d'enrayer la faim et la misère de leurs foyers, ce système de «nourriture contre travail» ne contribue qu'à les accentuer, les tâches assignées aux patrouilleurs étant généralement incompatibles avec leur travail de production de denrées alimentaires traditionnelles.Les autorités ne sont toutefois pas préoccupées par cette situation, puisque celle-ci fait partie de la stratégie de pacification.En effet, l'analyse faite par les généraux soutient que la «perle de contrôle» sur les populations autochtones survenue au debut des années 80 se doit à l'isolation géographique cl socioculturelle et à la marginalisation économique dont celles-ci ont historiquement été victimes.Un porte-parole des forces armées commentait la situation de cette façon : « Ils doi-vent apprendre l'espagnol; leurs vêtements typiques et toute autre manifestation de leur façon de vivre doit être détruite afin qu'ils arrêtent de penser comme une sous-culture et puissent s'identilier au concept jusqu'ici abstrait du nationalisme guatémaltèque.» Dans la pratique, cette philosophie d'intégration à la vie nationale se traduit par le démantèlement du réseau social et de la vie culturelle des indiens et la transformation radicale de leurs valeurs traditionnelles qui, selon l'armée, constituent une menace à sa suprématie dans la région.En particulier, la notion de collectivisme, inhérente aux cultures autochtones, est identifiée comme une composante à éliminer à tout prix.C'est pourquoi il existe une politique explicite de mélange d'ethnies et de dialectes, afin d'obliger les indiens à ne parler que l'espagnol.Les particularités de chaque ethnie sont ainsi estompées et l'autorité traditionnelle des plus âgés, qui ne parlent généralement qu'un dialecte maya, se trouve ainsi neutralisée.De plus, dans la majorité des villages modèles, les paysans sont obligés de cultiver des produits qu'ils ne consomment pas : brocoli, oignons, betteraves, etc.Ces produits non traditionnels sont destinés à l'exportation, dans un suprême effort pour remonter l'économie chancelante du pays.Cette politique vise également à limiter la culture du maïs et les rituels entourant sa récolte, ces activités constituant l'une des bases les plus profondes de l'organisation sociale de ces communautés.Pablo, jeune Indien tzutuhil, affirme : «Le maïs, pour nous, représente la continuité avec nos ancêtres mayas, c'est l'histoire même de notre peuple.Plus qu'une nourriture traditionnelle, le mais constitue une conception de la vie qui remonte aux origines de la création.» Soumis à un contrôle militaire quasi total, ces milliers de paysans indiens se voient forcés jour après jour de plier l'échiné devant le pouvoir des militaires et d'abandonner leurs coutumes ancestrales.« Mais, poursuit Pablo, le fait que notre peuple soit soumis a un contrôle aussi strict ne veut pas dire qu'il ait abdiqué, et que la résistance soit terminée.Certes, les conséquences sont énormes.Mais, malgré son apparence soumise, chacun de nous, lorsqu'il se voit forcé d'obéir aux ordres, ravive le souvenir de tous nos frères massacrés et réitère intérieurement la promesse qu'il a faite de lutter pour la survie de notre peuple et la sauvegarde des trésors qui nous ont été légués par nos ancêtres : notre conception de la terre, du travail et de la vie.» ?Une nouvelle stratégie diplomatique les « pôles de développement » En décembre dernier, lors de l'inauguration du village-modèle « Ojo de Agua », le chef d'État, le général Mejia Victo-res, ne tarissait pas d'éloges à l'égard de la population indienne rassemblée, qui se voyait du même coup intégrée au «pôle de développement» dénommé «Triangulo Ixil».«)e ne suis pas venu promettre à ce peuple qui a déjà tant souffert, je suis venu donner, parce que mon gouvernement sait qu'il y a déjà très longtemps que vous appelez à l'aide et que vos demandes demeurent sans réponse.Ce que nous vous offrons ici n'est qu'une infime partie de ce que vous méritez.» Cette sympathie inhabituelle des généraux envers les autochtones, loin de jaillir d'un soudain élan du coeur, répond plutôt à un besoin urgent de briser l'isolement auquel fait face le régime guatémaltèque sur la scène internationale, tant au niveau diplomatique qu'économique.Au cours des dernières années, celui-ci s'est vu maintes fois condamné pour violation systématique des droits humains et ce, par des organismes aussi reconnus que l'ONU.De plus, les militaires se trouvent confrontés à la pire crise économique qu'ait jamais connue le Guatemala : une dette extérieure de 2 900 millions de dollars, un déficit fiscal ayant atteint 50 p.cent du budget national en 1984, et une situation excessivement conflictuelle avec le secteur privé.Les « pôles de développement » 'IL .^1 l.C'est dans ce contexte qu'en juillet dernier, la formation de trois pôles de développement regroupant chacun une dizaine de villages-modèle était annoncée.En plus de continuer la tache de pacification, les pôles de développement se veulent un moyen d'attirer les sources de financement extérieur.Pour ce faire, les généraux ont pris bien soin de mettre l'accent sur l'aspect développement de cette campagne et de reléguer l'aspect militarisation au second plan; au slogan «haricots et fusils» a maintenant succédé de lui de «toit, travail et tortillas».Bien que les graves conséquences de ces programmes sur les populations indiennes soient connues, la nouvelle politique des généraux semble avoir commencé à porter fruit, l'aide économique au Guatemala ayant déjà été rétablie par certains pays.Le Congrès américain, entre autres, aurait déjà approuvé l'octroi de 73,9 millions de dollars, dont la majeure partie servirait à «venir en aide aux Indiens de l'altipla-no».L'Agence américaine de développement international (USAID), pour sa part, refuse carrément de se voir associée au programme de pacification de l'armée.Elle admet toutefois concerter ses efforts dans l'aiti piano et viser particulièrement «les populations rurales pauvres et les conditions socio-économiques pouvant provoquer l'insurrection ».Parallèlement à la recherche d'alliances économiques, une habile campagne diplomatique annonçant un processus de démocratisation a pris place.Celui-ci devrait culminer par la tenue, en novembre prochain, d'élections présidentielles devant assurer la mise en place d'un gouvernement civil, le 3C X~Ci I) i -r-r~San José Chemin de ter Route pjnamencaine 0 km 200 GUATEMALA AMERIQUE DU SUD i retour des militaires à leurs casernes et leur retrait définitif de la politique du pays.Ces élections constituent de plus une condition imposée par Washington à la réinstauration de l'aide militaire au Guatemala, suspendue par l'administration Carter en 1978.Il serait toutefois ingénu de croire qu'après plus de trente années au pouvoir, les militaires y renonceront aussi facilement.En effet, en plus de contrôler une grande partie de l'économie du pays, les généraux ont créé, au cours des trois dernières années, une structure de pouvoir parallèle, allant du niveau local au national.Le contrôle s'effectue donc à travers un système «d'unités de coordination interinstitutionncl-le» auquel sont soumis tous les organismes, tant gouvernementaux que non gouvernementaux.A la tête de ces unités se trouve le commandant de la zone militaire à laquelle chacune d'entre elles appartient.C'est cette structure qui, en définitive, assurera à l'armée le contrôle du pouvoir, quels que soient les résultats des prochaines élections.M.H.Dans les villages-modèles, les ordres du régime sont imposés quotidiennement aux paysans Pour l'artisan québécois, la se fait dure « Ci nez l'artisan, le bonheur ne se mesure pas seulement en dollars, nous dit le président sortant du Salon des Métiers d'Art du Québec (SMAQ), Armand Brochard.C'est plutôt le Tait de pouvoir toucher du doigt au plaisir de vivre.Au plaisir de contrôler la totalité des étapes de cp que l'on fait.D'ailleurs, la noblesse de ce métier de création, c'est d'être en situation constante de décision.C'est un gagne-pain solitaire extrêmement gratifiant, dont je suis prêt à faire l'apologie n'importe quand.Il m'a permis de vivre des années sans vacances et.sans envie d'en prendre.» Ce témoignage pourrait être celui de la plupart des artisans rencontrés.Par exemple, la présidente actuelle du SMAQ, Chris-tiane Miclot, parle du choix qu'elle a fait en exerçant un métier mal payé, mais où elle se sent valorisée, (eannine Morency, rejointe à sa boutique de Saint-Simon, parle d'une profession qui exprime «l'essence même d'un peuple».La potière Pascale Guilloux, qui est contrainte d'abandonner après douze ans d'etforts, dit ne rien regretter, puisqu'elle y a connu de très belles années.Pourtant, les artisans n'ont pas la vie facile.Leur nombre diminue (35 p.cent moins de femmes et 12 p.cent moins d'hommes en dix ans).Leurs revenus périclitent.La relève se fait rare.Le marché leur est de plus en plus exigeant.Et si la tendance continue, seuls ceux qui intégreront harmonieusement les fonctions de créateur-concepteur et d'entrepreneur-producteur, tout en maîtrisant le B-A-BA de la gestion et du (o marketing, pourront se mainte-g| nir en selle.C'est du moins ce \u2014 qu'affirmait en 1983 la firme-S£ conseillère en gestion, Mallette, 5 Major & Martin, point de vue qui iù ne fait toutefois pas l'unanimité uj dans le milieu.Q L'ère granola des metiers d'art 2 est révolue, entend-on partout, g Les artisans se sont structurés en uj professionnels et se sont donné J une gamme complète d'outils (formation, recherche, marke-_r ting, gestion, etc.).|ean-Pierre 6 Tremblay, directeur général de gf MAQAM (Métiers d'art du Qué-Z bec à Montréal, le regroupement 9 professionnel de la région métro- .pôtitainc), est intarissable sur la \"^-question.£ Il achève même d'apprivoiser l'informatique et lorgne du côté de la télématique.On est en 85, ou ben on l'est pas! Et, comme le résume Amand Brochard, son ancien patron, «c'est seulement en regroupant leurs différents besoins que les artisans vont pouvoir continuer à assumer leurs potentiels créateurs».Ce côté business structurée transparait.À preuve, le Salon des Métiers d'art du Québec (SMAQ) est dorénavant appuyé par des entreprises aussi respectables que Molson, Hydro-Québec, la fédération des Caisses populaires de Montréal, Steinberg, Bell Canada, Club Méditerranée et TON F.Aux affaires publiques des Caisses Pop, Carole Mamarbachi explique qu'on a rattaché le nom de son entreprise à «une activité solide et de grande envergure qui s'est beaucoup améliorée au cours des années».Propos qu'entérine Renée Lacoursière de Bell Canada.«Nous aidons ceux qui sont économiquement capables de survivre», dit-elle.Effectivement, quelle évolution! vie ils militaient pour le PQ.Et pour arroser ce design néo-terroir, la grosse bière était évidemment de rigueur.L'engouement était tel que vers 1975 la plupart des petites villes québécoises comptaient sa brochette d'artisans dont certains n'avaient plus besoin de Canada au Travail pour subsister.Cependant, tous n'étaient pas du gen re granola-libre-dans-un-Qué-bec-fait-à-la-main.Même à la merci des modes, plusieurs étaient en route vers l'excellence et dégageaient par rapport à leur métier, une image de pérennité.Or, cet achalandage contagieux des étals et des ouvroirs donna l'impression \u2014 là aussi \u2014 qu'un jour nouveau s'était levé.Dans la foulée de la Révolution tranquille où le Québec devait tout savoir faire, des centrales hydro-électriques jusqu'aux lampes en céramique, l'État décida qu'il fallait développer les métiers d'art.C'est ainsi qu'à partir de 1973, on commença à y investir quelques fonds de tiroir « pilotes».Bien entendu, les Arts clamèrent leur désarroi face à ce détournement vulgaire de fonds culturels.«Vulgarisation d'une infime partie des fonds», répondit-on à ces artistes qui fréquentaient les cabinets de ministre en tutu, redingote, ou trois-morceaux finement rayés, alors que les artisans qu'on affublait du titre de ceinture noire en macramé communautaire, s'y présentaient trop souvent en grosses bottines de cuir faites à la main, en queue de cheval ornée d'un magnifique chapeau en cuir dûment garni de vrais osselets, en pantalon d'étoffe cousu main et en tunique brun-beige-drabc fraîchement tissée sur un Nilhus Leclerc.tashquan, Montréal intronisait Corey Hart.Bilan: entre 1970 et 85, tutus et redingotes empochèrent le gros lot du mécennat artistique gouvernemental et les gros souliers de boeuf furent à peu près laissés pour compte.Même si selon les goûts du jour, ils eurent à troquer bière contre champagne et à se mettre à l'heure du degign international, les valeureux artisans durent s'accommoder des quelques dollars/fonctionnaires résiduels qu'on leur consentit.Soulignons que la firme Mallette, Major & Martin établit à 3000 le nombre d'emplois créés dans les métiers d'art sans trop d'aide gouvernementale, entre 1970 et 1983.Les artisans qui surent s'adapter aux déifications techno-rock des années 80, se maintinrent en affaires tant bien que mal.Par contre, ceux qui continuèrent à repousser cuir, échéances et res-sourcements, durent abandonner la profession.Certains métiers furent plus frappés que d'autres, chacun n'offrant pas la même immunisation contre les mouvances socio-culturelles (v.g.cuir, bois).Par contre, certains ressentirent à peine les chamboulements 70-85 (v.g.joaillerie).C'est ainsi qu'une bague en argent produite en 1968 sera encore appréciée en 1985, tandis qu'on ne portera plus son poncho de 1975 ou qu'on remplacera sa sculpture en bois par un bidule en céramique laquée très design.La nostalgie de la solitude : Déclin de la fleur de lys ourlée Design néo-terroir fait à la main au Québec_ Les années 70 avec toutes leurs générosités communautaires et leurs effervescences nationalistes, passeront probablement à l'histoire des métiers d'art comme ayant été la décennie du fait-à-lu-main-chez-nous-au-Québec.Mais pour d'autres, ces dix années auront été celles où l'élégance (telle que définie par les esthètes de 1985) aura baissé pavillon devant le fleurdelisé.Les contestataires de 68 qui, quelques années plus tard, décapaient commodes, vaisseliers et autres vieilleries, aimaient bien l'artisanat.(On n'avait pas encore pris l'habitude de dire métier d'art.) Dans leurs fors intérieurs de jeunes diplômés faisant de bons salaires, ils achetaient des sandales en vieux pneus et des taises à plancher, un peu comme 1 i^fcfrir-fl- ?MVpt/-.M;'\\'-'-'«^».-':^^.Et lorsqu'à retardement des programmes d'aide significatifs furent enfin disponibles, le cou-ra n t jolklorique-patrimonial-fait-à-la-main se résorbait déjà et s'en allait se noyer comme un solo de mandoline, dans l'après récession des débuts de la décennie.À ia timide reprise, sa place était occupée par des critères de consommation nouvelle vague qui, à la limite, s'accommodaient de cuir, mais de cuir noir lustré souligné de chaines et de métal.Gilles Vigneault retournait à Na- En 1985, bien des artisans sont devenus des chefs de PME, vivant le quotidien économique d'un petit industriel : marge de crédit congestionnée, difficultés d'approvisionnement, relations de travail parfois malheureuses, incertitudes de mise en marché, formation problématique de la main-d'oeuvre, etc.C'est un peu le cas du joaillier Claude Hunot.Au cours des dernières années, il a choisi d'augmenter considérablement sa production.Pour ce faire, il a transformé le rez-de-chaussée de sa résidence d'Ahuntsic en atelier et a investi en machinerie.Résultat, son chiffre d'affaires a quadruplé; il dépassera même le cap du $150000 pour 1985.Pourtant, le bât blesse.Du créateur-producteur solitaire, il ne lui reste que la nostalgie.Car bien malgré lui, il est devenu un patron.Un patron dûment incorporé qui dirige six employé(c)s, en incluant sa conjointe Michèle qui assume à mi-temps les tâches de gestion.Pour que son entreprise se rende en 1986 avec un minimum de ¦ Armand Brochard, président sortant du Salon des Métiers d'Art du Québec dégâts, chaque employé(e) est astreint au rendement moyen d'un bijou à l'heure.Il faut qu'à l'occasion du SMAQ (Salon des Métiers d'Art), les ventes puissent totaliser au moins $40000, sans oublier un $10000 additionnel fait par le truchement de grossistes.Et si cette planification fonctionne, Michèle et Claude Hunot pourront se verser, à la fin de 1985, un salaire global de $.30000.Ce qui représente, avec une moyenne conjointe de 80 heures/semaine (60 heures pour Claude et 20 pour Michéle) pendant 11 mois, un salaire horaire de $7,80.Bien peu pour avoir droit à tous les problèmes d'une PME! Dans de telles conditions, impossible de s'enrichir.«En gros, conclut Claude Hunot, ce que nous produisons ne sert qu'à défrayer les coûts de fabrication.» Bref, augmenter la production signifie accroître le personnel, la machinerie, les tracasseries administratives et les coûts.« Par contre, c'est aussi multiplier les occasions de faire de la recherche technique», nuance Raymond Phaneuf, un céramiste comptant 24 ans de métier.En outre, avec le volume de la production, il y a le temps de sollicitation auprès des boutiquiers (« il faut placer la marchandise ») qui augmente lui aussi.« Des heures où on ne produit pas », affirme Christiane Miclot du fond de son atelier de peinture sur soie où elle s'affaire aux derniers préparatifs en vue du SMAQ.« Et si on confie cette tâche à un distributeur, on gagne beaucoup moins.Bref, ça ne donne rien d'augmenter sa production ; je l'ai déjà fait et, en fin de compte, je ne gagnais pas plus.» Chef de PME au salaire minimum_ À Saint-Simon (50 kilomètres à l'ouest de Rimouski), Jeannine Morency tient le coup depuis neuf ans.Contre vents et marées.Peintre-licière de formation, elle fabrique des vêtements et signe quatre nouvelles collections chaque année.Sa clientèle régulière est de plus en plus régionale, « maintenant que les médias montréalais m'ont donné mes lettres de noblesse».Incidemment, on y retrouve la ministre canadienne des Relations internationales, Monique Vézina-Pa-rent.Avec son chiffre d'affaires qui oscille, bon an mal an, entre $150000 et $40000, elle avoue travailler en moyenne 60 heures par semaine.au salaire minimum.Qu'à cela ne tienne! « |e vis pleinement et je suis heureuse », affirme-t-elle.Sensible à la palette de problèmes qui précède, |eannine Morency estime toutefois avoir pris des mesures pour en contrer quelques-uns.Par exemple, pour éliminer les intermédiaires, elle considère ses clientes un peu comme des abonnées à qui elle fait systématiquement connaître ses nouvelles collections.Selon son analyse, cette procédure la force à se coller aux besoins de la clientèle, à produire sans arrêt de nouveaux modèles, bref, à se ressourcer constamment.Pour cette femme impliquée sur le front des métiers d'art depuis quinze ans, les fluctuations de la mode sont loin d'être un handicap.« Ça nous force à nous rapprocher de ce qui se fait en Europe, où les gens aiment le beau et l'exclusif fait à la main », dit-elle.Chez Christiane Miclot, l'idéal serait de produire seulement des pièces uniques et d'en vivre.En expliquant, elle pointe vers « Les deux pieds dans la slush, je rêve aux Marquises », un kimono au bouquet dépaysant dont la matière de base a coûté autour de $250.La pièce est d'abord et avant tout une oeuvre d'art.Une oeuvre d'art qu'elle vendra $1000.Il s'agit d'une très belle pièce qui a fait appel à toute son expérience accumulée en dix ans de métier.En outre, elle y a consacré quinze jours de conception, de préparation de la soie, de dessin, de peinture, de sertissage et de fixation des couleurs.Sans parler de la confection couturière.Les $750 qu'il rapportera ne signifieront en bout de piste qu'un salaire hebdomadaire brut de $375.Mais puisque le marché des kimonos à $1000 est plutôt restreint, Christine Miclot fournit surtout des confections beaucoup moins chères, plus mécaniques et moins valorisantes.Par exemple, des foulards qu'elle peut produire à raison d'une douzaine par jour.Mais encore là, ce n'est pas l'Eldorado.« Si je les vends au prix du gros, déplore-t-elle, je marche à perte.Il faut bien comprendre que nous sommes de très petites entreprises et que nous travaillons comme des damnés.» Des PME plutôt potentielles_ leanne Morency emploie présentement quatre personnes.« J'en ai eu jusqu'à dix », soupire-t-elle.Elle admet toutefois ne pas Pour gagner, les artisans doivent s'organiser être représentative de l'ensemble.Il semble, en effet, que la plupart des artisans n'aient de la PME que les contraintes administratives et le fonctionnement discipline.De dire le joaillier Armand Brochard.président de MAQAM jusqu'en octobre dernier: « Un artisan, c'est une PMF.potentielle, qui est dévouée à la création au détriment des finances et qui reste souvent à l'état potentiel.» Effectivement, nombreux sont ceux qui, après avoir joue au petit industriel pendant quelques années, ont repris le fonctionnement solitaire, souvenles fois plus pauvres qu'avant, le moral dans les talons et guéris à tout jamais de l'envie de gérer du personnel.Lorsque Armand Brochard, après plusieurs années d'enseignement et d'implications corporatives, reprendra ses activités de producteur (sa dernière exposition a été\" faite à New York en 1982), il le fera sans employés.Pourtant, il est à son compte depuis I960.C'est aussi ce qu'a décidé Claude Hunot qui, le SMAQ 85 terminé, ne reprendra pas son personnel.Pour Christiane Miclot, l'actuelle présidente de MAQAM, même chose, même si elle a déjà eu cinq employées.Quant à lean-nine Morency, elle reluque de plus en plus vers la confection en sous-traitance.« Pas question de retournera 10 employées ».affirme-t-elle.L'incompréhension des banquiers_ Autre trait commun chez les artisans : ils éprouvent souvent des difficultés de communication avec leur gérant de banque.À elle seule, leannine Morency pourrait écrire une série noire haute en rebondissements, relatant ses aventures chez les banquiers.Claude Hunot, pour pouvoir aménager son atelier, a dû hypothéquer tout ce qui pouvait l'être.D'autres, comme la potière Pascale Guilloux, se recyclent ailleurs, faute d'avoir pu obtenir les crédits nécessaires à leur survie professionnelle.Pascale Guilloux avait pourtant fait les grandes écoles: Gustave Tiffoch en France, Maurice Savoie au Québec et Peter Voul- kos en Californie.Après quelques années comme salariée, elle avait décidé de se mettre à son compte, même si elle avouait une certaine faiblesse en gestion.Pour ce faire, elle avait loué un local et.assez rapidement, avait vu venir la demande pour son produit.À un point tel, qu'après l'embauche d'une assistance, elle s'était vue contrainte, pour conserver son marché, d'agrandir, d'investir en machinerie et de recruter d'autres collaborateurs.« Le problème, rappelle-t-ellc, c'est qu'un artisan ne peut jamais dire non à une commande.» N'ayant rien d'autre que son nom et la liste croissante de sa clientèle à offrir en garantie, les institutions prêteuses lui refusèrent leur aide.Quant aux subventions qui auraient normalement pu la maintenir en affaires, Pascalle Guilloux n'en comprit que l'essentiel : soit qu'elle n'était pas admissible, soit qu'elle était trop tard (ou trop tôt), soit qu'elle n'en avait pas les moyens.Résultat, elle dut abandonner son entreprise et, pour payer ses dettes, elle se fît journalière.Ailleurs.En septembre dernier, elle accrochait définitivement ses patins, « après douze ans de métier ».Elle étudie maintenant l'électro-technique au CÉGEP du Vieux-Montréal en vue d'une deuxième carrière, cette fois en.robotique.Les débouchés : La pratique courante veut qu'un artisan s'entende avec quelques boutiques pour écouler sa production.C'est ainsi qu'un sac vendu $150 par le boutiquier rapportera $75 à l'artisan.Cette façon sécuritaire de faire a aussi l'avantage d'éliminer l'intermédiaire du distributeur.Par contre, l'artisan doit être en mesure de fournir dans les délais requis, ce qu'on lui commande et, à l'inverse, de reprendre ce qu'on lui retourne.D'autres producteurs vont préférer vendre directement au consommateur.L'avantage principal est l'élimination totale des intermédiaires.Par contre, ce fonctionnement ampute l'artisan d'une bonne partie de son temps de travail.Mais bon nombre fonctionnent avec un distributeur.Pour comprendre avantages et inconvénients de ce système, prenons le cas d'un pendentif fabriqué par Claude Hunot.À supposer que Monsieur Tout-le-Monde le paye $70 dans une boutique, c'est POURQUOI PAVER LE GROS PRIX POUR VOTRE VIN ET BIÈRE?ÉCONOMISEZ tout en pratiquant un «HOBBY FANTASTIQUE.Faites-les vous-mêmes en 30 jours, pour une fraction du prix.À partir de A partir de $1295 pour 26 bouteilles vu» rouge ou blanc Voyez te spécialiste.Nous avons un très grand choix de produits, équipements.Ingredients, livres, recettes, etc $095 He* lignes Du ê>rignetu MONTRÉAL Centre le Bazar 5157, rue 3628, Côte-Vertu Bélanger est Saint-Laurent (est de Viau) >729-22»4 337-8374 LAVAL 544, des Laurentides Pont-Viau 663-7090 par un péquiste, et l'injure devient impardonnable.Une immense peine envahit celui qui est ainsi touché.Ou'un libéral dise d'un péquiste qu'il est un (fasciste i, c'est le désarroi total qui s'empare de la victime de cette étiquette.Dans les deux cas.le mol est refuse avec l'énergie du désespoir parce que.dans son for intérieur, le locuteur touché se dit: «Ce n'est pas vrai, ce n'est pas moi.» 11 y a ainsi toute une partie de notre langue à laquelle on ne s'identifie pas pri-vément mais dont on se sert pour identifier publiquement les uutres.Il n'est pas nécessaire de recourir à l'injure pour connaître l'impact des mots sur soi ou sur autrui.Comment réagiriez-vous si, au milieu d'une conversation, votre interlocuteur vous disait : « Au fond, tu es un conformiste.» Votre réaction serait immédiate, j'en suis sûr, bien que vous ne vous sentiez pas injurié.L'idée qu'on se fait d'un < conformiste > va rarement dans le sens de celle qu'on Re fait de soi-même.Vous rétorqueriez à votre interlocuteur qu'au contraire, vous n'êtes pas un conformiste puisque, secrètement vous n'adhérez aucunement à l'idée que « vous êtes comme tout le mondé ».Tel est le sens commun du mot qui vous touche.Supposons que votre interlocuteur se fasse conciliant II vous dit alors : « D'accord, tu n'es peut-être pas < conformiste i mais : conventionnel », tu l'es drôlement ! » Petit moment d'hésitation de votre part car la parade vous surprend.Est-ce du pareil au même ?Le mot ( conventionnel > vous sied-il mieux ?Vous sentez-vous plus à l'aise avec lui qu'avec le mot < conformiste ) ?Vous n'avez guère d'échappatoire.Dans une conversation, il faut rapidement prendre parti, c'est-à-dire qu'il vous faut adhérer à ce nouveau mot ou au contraire le rejeter de nouveau au risque de paraître de mauvaise foi.Vous vous rendez compte ainsi que certains mots de votre langue vous indifférent tant et aussi longtemps qu'un autre ne vous les attribue pas.La différence entre < conformiste ) et < conventionnel > ne vous parait peut-être pas évidente mais votre réaction est de les rejeter tous les deux.Vous ne vous sentez pas bien décrit par eux parce qu'il est légitime de croire qu'on est différent, c'est-à-dire en définitive < libre > par rapport aux normes et aux conventions.Au fond, ces deux mots vous atteignent et vous touchent profondément parce qu'ils nient un aspect de votre liberté individuelle.Vous n'acceptez pas l'aspect robot qu'ils sous-entendent.Ces deux mots expriment différemment la relation entre ce que vous êtes et ce que vous paraissez.El la liberté correspond surtout à ce que vous êtes et non à ce que vous paraissez.Dans ces conditions, votre langue maternelle vous fournit le moyen de faire un choix puis-qu'à une personne < conformiste ), on peut opposer une personne (anticonformiste» alors qu'on ne dit jamais d'une personne qu'elle est «anticonventionnelle».Assurément, le regretté Orson Welles était anticonformiste dans son comportement.Mais peut-être etnit-ii très conventionnel dans ses idées ?|e ne saurais dire.En revanche, certains esprits d'avant-garde, libertaires ou gauchistes, sont très peu conventionnels par rapport à l'idéologie dominante bien qu'ils puissent paraître très conformistes dans leur respect des convenances sociales.Gandhi était un de ceux-là.Une chose dont je suis sûr, pour conclure, c'est qu'il n'y a pas plus conformiste et conventionnel que Ma-dona.|e présume qu'à me lire, elle se rebifferait, la chérie. SILHOUETTE LITTÉRAIRE Aiicê Parizeau MARIE-CLAIRE BLAIS Avez-vous été au Salon du livre de Montréal ?Avez-vous pu participer à cette grande fête que Thomas Deri organise avec son équipe d'une année à l'autre?Avez-vous pu acheter par la même occasion vos cadeaux de Noél ?Plusieurs écrivains étaient présents au Salon et signaient leurs oeuvres, autant donc vous parler de ceux qui n'ont pas été là.Parmi eux.Marie-Claire Biais ! Née en 1939.elle a toujours encore l'air d'une toute jeune fille, délicate, timide et effacée.On ne la remarque pas dans une foule, bien qu'elle soit une romancière consacrée.Un effet, dès 1966, elle obtenait en France le prix Médicis pour Une saison dans la vie d'Emmanuel, livre 'publié un an plus tôt à Montréal.Depuis, d'autres prix ont suivi : celui de France-Canada, celui du Gouverneur général et le prix David, pour l'ensemble de son oeuvre.Vivant tantôt aux États-Unis, a Cape Cod, tantôt à Paris et tarfrôt au Québec, dans les environs' de Montréal, Marie-Claire Biais continue pourtant à rester darts l'ombre, seule face à son traVdil de romancière.Pour la « rencontrer » il vous suffira cependant de la lire et de pénétrer ainsi dans son monde très particulier, à la fois triste et poétique.Un seul but: devenir écrivain!_ Dans sa propre existence tout avait commencé par la lutte acharnée contre le déterminisme social.Née à Québec, Marie-Claire Biais abandonnait à quinze ans ses études pour gagner sa vie dans une usine.Milieu pauvre, pas de tradition des défis intellectuels et pourtant, aidée par le père G.II.Lé-vesque et Jeanne Lapointe, la jeune fille qui rêve d'écrire va poursuivre son but.Quelques cours à l'université Laval, beaucoup de travail, énormément de talent et c'est le premier roman qui parait en 1959, La belle bêle .£lle n'a que dix-sept ans, mais déjà elle a son style, sa forme et sa vision du monde qu'elle développera par la suite au fil des pages de ses romans.Désormais, toutes ses oeuvres sont traduites en anglais et certaines dans d'autres langues également.Elle est un écrivain reconnu ici, comme dans le monde, mais ni le succès, ni la marche du temps, ni l'évolution de sa propre personnalité, n'ont pu effacer, semble-t-il, les souvenirs de son enfance et de sa prime jeunesse.On trouve dans ses livres le réalisme de la misère, des enfants, tel Emmanuel, opprimés par des adultes qui ne savent pas donner l'amour, des galeries de personnages aliénés et une révolte contre la violence acceptée trop facilement par une société, tantôt indifférente et tantôt impuissante.«Visions d'Anna»_ Parmi ses plus récents romans il y a ces Visions d'Anna , étrange héroïne qui à force d'examiner et d'analyser les autres vit plusieurs existences à la fois.Raymonde, sa mère, s'occupe des jeunes délinquants, son père est parti et la jeune Anna fait face à sa propre angoisse et à celle des autres.«.ils oubliaient ».écrit Marie-Claire Biais, « que dans les écoles, les collèges, dans les rues, des boucliers fragiles se dressaient partout, ces boucliers, c'étaient les mots, déjà, ce soir, dans la salle désaffectée du collège, ces mots dénonçaient, frappaient, on disait « il faut apprendre dès aujourd'hui à survivre », mais qui seraient ceux-là qui auraient encore l'oisiveté de survivre, déjà l'humanité ne pouvait pas vivre décemment, ceux qui parlaient de survivre n'étaient pas les pauvres et les misérables, mais ceux qui vivaient déjà dans l'abondance, qui achetaient, vendaient déjà ce qu'ils appelaient sans honte « survival food ».Obsédée par la perspective de l'holocauste atomique, la romancière s'interroge sur le sens que donne au terme de l'avenir la société moderne éprise de la mécanique des robots, mais incapable de préserver les valeurs chrétiennes les plus élémentaires.Elle demeure à l'écoute des jeunes qui parlent de l'usage des stupéfiants et finissent par faire des cures dans des centres de désintoxication.Des motards qui.comme Stone, dans Pierre.La guerre du printemps 81 , n'hésitent pas à décider « let's kill them all », défilent dans ce roman, pitoyables et tragiques.L'univers de Marie-Claire Biais est peuplé en fait des filles et des garçons qui errent à la recherche d'une vérité, deviennent violents, s'insurgent et condamnent leurs aînés parce qu'ils n'ont pas pu, ou su, mettre en pratique les principes qu'ils défendent mollement.En lisant ses dernières oeuvres on a l'impression qu'elle a été très influencée par l'image d'une certaine jeunesse américaine qui dans les années soixante-dix occupait beaucoup d'espace dans les médias d'information.Le courant a traversé la frontiè- re, il a eu des conséquences au Québec, mais ici il n'a jamais réussi à atteindre les mêmes paroxysmes.Assez curieusement, malgré les « modes », les jeunes Québécois ont mieux résisté à l'appel des sous-cultures de la drogue et de violence.Il n'en reste pas moins que les personnages de Marie-Claire Biais ont une dimension universelle et que leurs interrogations correspondent aux angoisses des générations montantes d'ici et d'ailleurs.L'éternelle soif de tendresse_ Tantôt ses héros vivent à Montréal et tantôt aux États-Unis, mais le cadre importe peu puisqu'il s'agit avant tout de l'éternel drame des infirmités humaines.Rien d'étonnant dès lors que Marie-Claire Biais soit éditée en France, chez Gallimard ou Laffont, comme aux Éditions du jour ou Stanké au Québec.Tout en faisant le procès de la société occidentale moderne, avec ses contradictions et son hypocrisie face à la pauvreté et à la faim des autres, elle ne cesse de démontrer que les déviations individuelles et collectives sont toujours dignes de pitié et de commisération.« Marie-Claire Biais, c'est une soif de tendresse crispée jusqu'à la cruauté navré », avait écrit Pierre Chàtillon et à cet égard la personnalité de la romancière se reflète en partie dans son oeuvre.Autant il est risqué de prétendre par exemple que Une saison duns la vie d'Emmanuel est une autobiographie, autant il est évident qu'il faut connaître l'angoisse et le vide existentiel pour le raconter d'une façon aussi réaliste.Toutefois, ce qui chez d'autres auteurs pourrait être mièvre, chez cette romancière est un réquisitoire, vivant, palpable et fondamentalement vrai.Cela tient surtout à son style où les descriptions poétiques alternent avec des successions d'images qui se déroulent devant nos yeux grâce à la magie évocatrice du texte.Dans la littérature québécoise Marie-Claire Biais occupe une place a part, mais cela ne signifie pas que vous pouvez aborder de front l'ensemble de son oeuvre.Commencez par lire Une suison duns la vie d'Emmanuel, puis continuez d'un bouquin à l'autre.Et si vous cherchez à offrir un beau livre comme cadeau de Noel, n'oubliez pas que ce roman a été illustré par Mary Meigs et que c'est une somptueuse édition qui peut faire les joies d'un bibliophile.À LIRE OU À RELIRE La belle bête, Institut littéraire du Québec.1959 Tête blanche, Institut littéraire du Québec .1960 Le jour est noir, Éditions du jour.1962 Une saison dans la vie d'Emmanuel, Éditions du jour .1965 L'insoumise, Éditions du |our.1966 David Sterne, Éditions du |our.1967 Manuscrit de Pauline Archange, (T.I) Éditions du jour 1968 Vivre! V/vre.MTomc 11) Éditions du |our.1969 Les apparences, (Tome ill) Éditions du |our .1970 Le loup, Éditions du |our .1972 Un joualonais, sa loualonie, Éditions du jour.1973 Fièvre et autres textes dramatiques, Éditions du |our .1974 Une llaislon parisienne, Éditions A.Stanké .1975 Les nuits de l'Underground, Éditions A.Stanké .1978 Le sourd dans la ville, Éditions A.Stanké .1979 Visions d'Anna, Éditions A.Stanké.1982 Pierre.La guerre du printemps 81, Éditions Primeur .1984 POÉSIE_ Pays voilés, Éditions Garneau, Québec .1963 Existences, Éditions Garneau, Quebec.1964 THÉÂTRE_ L'exécution, Éditons du |our.1968 La nef des sorcières, (en col.) Éditions Quinze .1976 c o z \u2014I 70 m-> en > 2 o n m en SO «O 00 Ol OUR COUTI» Le phénomène Plamondon C'est un disque qui a dû coûter plus cher en interurbains qu'en droits d'auteur.C'est un disque pour lequel on a dû passer plus de temps à choisir les chansons qu'à les enregistrer.C'est un disque sur lequel on a dû avoir plus de déchirements à discuter de ce que l'on n'y mettrait pas que de ce qu'on y mettrait.C'est un disque tout à fait inhabituel mais absolument familier.C'est un disque qui aurait dû être fait depuis longtemps mais auquel on n'avait pas pensé avant aujourd'hui.Lui était à Paris, la compagnie et ses représentants à Montréal.Discussions, choix, contradictions, retours en arriè- re, changements d'idées, je te convaincs, tu me convaincs, je cède ceci, tu donnes cela, et caetera et tutti quanti, s'est donc fait grâce aux bons soins de ces messieurs-dames de Téléglobe Canada et des P.T.T., Dieu les loue de leurs bons services, mais Seigneur que ça fait des « bills » de téléphone chers.Sur les plusieurs centaines de chansons qu'il a écrites et qui ont été enregistrées il fallait en choisir une douzaine.Pas besoin de rentrer en studio donc on sauve temps et argent, youp-pi, youppi.Oui, peut-être, mais c'était sans compter sur la quantité impressionnante de chansons de qualité qui se trouvait dans le portfolio.On ne peut pas enlever celle-ci elle est trop belle, oui mais si on la met il faudra enlever celle-là et ce serait trop dommage.«Ah non! Celle-là j'y tiens.C'est mon premier succès, celle qui m'a lancé.» Et ainsi de suite, sic transit gloria mundi.On a d'abord réduit le tout à soixante, ce qui déjà n'a pas été facile.Puis encore un petit coup et nous en sommes rendus à vingt, ce qui a été encore moins facile.Consulte à gauche, consulte à droite, deux sont d'un avis, trois sont d'un autre, quatre enfin disent autre chose, je pose cinq, je retiens sept, il en reste douze chansons sur lesquelles tout le monde finit par s'entendre et comme elles sont déjà enregistrées il ne reste plus qu'à demander la permission NENA «It'sall in thegame» Epic FE 40144 Pour le premier album on avait préféré ne rien dire.Après tout ce n 'était peut-être qu'un heureux accident, le disque était excellent vous vous souvenez de tant mieux pour vous Vous les avez chez vous?Alors que feriez-vous d'un autre?Rien, croyez-moi.le suppose que l'époque a besoin d'argent et ne peut se permettre de prendre de risques; quel que soit le talent.Et ils en ont, sauf que là.vous auriez pas vu passer le talent?l'aurais préféré que Nena ait le bon goût de devenir funkie à Berlin ou à la limite comme pompiste dans un trou perdu du Nebraska.Ça aurait permis de fantasmer tranquille.Seulement voilà, ils ont survécu, ils ont même continué à faire un autre disque.Mais là non ! Des synthés, des boites à rythmes.Prout, prout à dada sur mon dibet.Nena se donne dans la pasteurisation, et ne se donne pas la peine de faire de l'extraordinaire comme il pourrait le faire.Leurs patrons ne sont pas trop rigoureux où alors ils ne sont plus ce qu'ils étaient.Bref ce coup-ci, sans réelle intention machiavélique, Nena présente une sorte de version Reader's Digest du rock avec tous les perfectionnements contemporains, aussi parfaitement réussi dans le sens où l'on réussit, ou l'on rate un tour de cartes; que parfaitement ordinaire.Ce 33 tours parvient à battre tous les records de neutralité.aux différentes compagnies pour les inclure sur le disque.On se retrouve donc avec un amalgame de chansons, du même auteur, interprétées par plusieurs personnes, qui en ont fait un succès ou qui les ont popularisées.C'était la première-fois, à ma connaissance, qu'une telle initiative est prise, ce qui rend le disque à la fois inhabituel et, comme les chansons sont toutes très connues, absolument familier.On a vu des disques du genre «Les Grands Succès» de tel ou tel groupe, ou de tel ou tel interprète ou encore de tel ou tel auteur-composi-tcur-interprète, mais jamais d'un auteur, j'allais presque écrire «juste» d'un auteur.Pourtant il y a longtemps que cela aurait dû être fait, surtout dans son cas à lui, lui qui à toutes fins utiles a créé le métier d'auteur de chansons, j'exagère parce qu'il y en a eu ici avant lui, lui qui est devenu le plus grand, le plus prolifique, le plus RUSH «Power Windows» Anthem AMR 1-1049 Le Canada raille again.Rush est-il le plus méchant des groupes progressifs ou le plus sophistiqué des gangs de hard rock ?La réponse à cette fausse question Rush me la donne, sachant parfaitement que tout le charme du groupe résidait précisément dans cette ambiguïté, dans cette incertitude de fond, et que Rush était suffisamment habile pour ne pas choisir son camp et continuer à se faire des adeptes par-delà les considérations d'écoles et de chapelles.Et c'est effectivement dans cette optique qu'opère «Power Windows»: Nouvelle mécanique de luxe et de précision offerte par ces orfèvres torontois qui savent si bien tailler la matière brute et fauve du rock pour en faire un joyau.Plus que jamais Rush circule ici entre les genres.Le trio continuant à se renvoyer incessamment la balle à coup de contrastes coupants et de conflits de tempéraments soigneusement orchestrés.On n'en finit plus, à l'écoute de ce merveilleux album, de déguster la finesse mélodique, et d'apprécier cette recherche dans la profondeur musicale.Rush est devenu un groupe êtonnemment mùr où tout est d'une richesse et d'un à propos extrêmes; mais l'on ne garde Finalement en tète qu'un intense bonheur musical, qu'une étonnante impression de chatoyance, de pureté, de qualité qui vous imprègnent et vous purifient.Souhaitons à ce grand et beau disque autant de prospérité.talentueux de nos écrivains de ce que l'on pourrait appeler des «shorts stories» pour musique.Ça aurait dû être fait depuis longtemps donc, mais personne jusqu'à aujourd'hui n'y avait pensé.11 aura donc fallu Kébec Disk pour que l'éclair jaillisse et qu'à travers Luc Plamondon le phénomène, ou le phénomène Luc Plamondon on donne à ce métier d'auteur de chansons la reconnaissance qu'il mérite.l'écrivais, le 21 septembre dernier, un papier fort controversé sur la situation de la chanson québécoise.Il disait en substance que ce qui manquait le plus à la chanson québécoise ce n'était pas des ouvertures à la radio ou ailleurs, mais bien des bonnes chansons, des bons auteurs, des bons compositeurs, des bons interprètes, que ce qui manquait le plus c'était le la-lent.Ce disque en est encore une fois la preuve.Outre Plamondon on peut compter sur les cinq doigts d'une même main les bons auteurs de chansons.Il y a Pierre Huet qui a écrit pour Beau Dommage, Paul Pi-ché et Offenbach.Il y a Réjean Ducharme qui a écrit pour Charlebois.Il y a Marc Desjardins qui a écrit pour Offenbach et Marie-Michèle Desrosiers.Il y a Michel Rivard qui a écrit, en plus d'écrire pour lui (ce qui ne compte pas dans le cas présent), pour Offenbach.Paul Piché et Sylvie Tremblay entre autres.Il y a enfin Lise Aubut qui écrit pour Edith Butler.Mais à part eux et quelques autres, qui ne le font qu'occasionnellement, personne ne peut mettre sur sa carte de visite: Profession: auteur / c de chansons.Or auteur de chansons ce n'est pas tout le monde qui l'est, ni ne peut l'être.Le talent de Plamondon en est la preuve.On ne s'improvise pas auteur, on a ce don-là ou on ne l'a pas.Au-delà du fait que ce disque est un hommage plus que mérité à notre plus grand auteur de chansons, au-delà du fait que c'est un excellent disque en soi.qu'il regroupe certaines des plus belles chansons de Plamondon (il en est à mon avis de plus belles qui en sont absentes, mais on ne peut plaire à tout le monde et à son père et, si l'on avait insisté, il n'y aurait eu que la Dufresne sur le disque, ce qui finalement aurait été très limitatif), au-delà du fait qu'on y retrouve certains et certaines des meilleurs et meilleures interprètes de Plamondon, au-delà de tout cela, ce disque est un modèle de l'art d'écrire des textes de chansons.Le phénomène Plamondon ou Plamondon le phénomène n'est en fait que la mise en forme concrète du phénomène du talent, du don, poussé à la limite de son expression, à l'intérieur des limites de son expression.Il ne reste plus aux autres qu'à faire pareil.LES CHOIX DE GÉRARD LAMBERT 00 UJ oc m i o 5 THE CULT «Love» Vertigo VOG 1-3365 \u2022\u2022\u2022Vi l'ai adoré le premier album du «Cuit».C'est l'alliance parfaite et miraculeuse du lyrisme et de la démesure, de la force de frappe, de la production et d'excellents musiciens.The Cuit est un groupe intelligent.Le groupe sait jusqu'où il ne faut pas aller.Ils prouvent que la plus intense des convictions peut remplacer des années de professionnalisme.Or, du côté de la lucidité de l'imagination et de la hargne, les Cuit n'ont de leçon à recevoir de personne.Ils recherchent une authenticité brute, une urgence sociale la plus pressante, riff qui perce et rythmes ardents.Beau fonceur donc, pour représenter la condition désastreuse de la jeunesse anglaise de 85, cette génération abandonnée de tous sauf d'elle-même.Les Cuit ont toute l'étoffe de héros romanesques.Comme la mèche du cocktail Molotov.ils brûlent avant d'exploser.Une lueur déterminée au fond de leurs yeux et de leur chant qui fend l'air comme le profil aiguisé du poignard romantique et violent.SADE «Promise» FR-40263 ***'/2 Après son premier album triomphal, tout était à craindre du nouveau disque.Et que si quelqu'un était des plus attendu au tournant c'est bien elle: Madame Sade Adu.Quand on énumère ce qu'elle offre: une voix à fendre le diamant, sensations punchs et frissons forts tout partout avec ambiance musicale et somptueuse du style grand salon bleu nuit.Elle nous offre ce son jazz cool, très étoffé dans les arrangements de cuivres, avec une trompette tamisée, un saxe sensuel, une basse lascive, et un piano orgue qui palpite.Elle a le don pour les romances urbaines avec sa voix légèrement voilée qui laisse couler toute la soul dont elle est capable.Côté paroles: une seule et unique préoccupation, l'amour.Meurtri de préférence.Neuf chansons où s'infiltrent le spleen, l'insécurité, la nostalgie et quelquefois le brin d'espoir.Neuf chansons totalement écrites par elle proposant quelque chose de nouveau et de vrai.Sade est chargée d'émotions, gavée de soul, velouté, jazzy aux mélodies suaves et aux lyrics brûlants.Une braise qui couve dans le soir.Tout cela fait que ce disque a une personnalité puissante et rayonnante, un cachet particulier: La femme avec la Nigérienne Class. PLEIN AIR Simone Piute Pour un hockey plus humain (2) La partie bat son plein à la patinoire extérieure d'une petite ville du Québec (je ne vous dis pas laquelle!).Autour de la bande, s'agglutinent les parents et amis des Pee-wee.Chaudement vêtus, les yeux braqués sur la glace, ils sont là pour « encourager » leur rejeton.«Vas-y, tue-lé!» crie maintenant un papa, le regard durci et les poings levés.« Tue-lé! » ré-pète-t-il à son fils en train de tasser un adversaire dans un coin.L'arbitre'intervient.Punition au petit violent.« Salaud ! » dit plus bas le père, outré.Quelques secondes plus tard, un joueur fait trébucher violemment un adversaire.Ricanement de la part du père de l'assaillant : «T'avais juste à t'en lever de son passage! » Sur les visages des spectateurs comme sur ceux des joueurs de 12 ans, l'agressivité a remplacé le plaisir.La partie est chaude.Les insultes pleuveHt.« Mon fils a peur de rien : il joue raide! » dit le père qui criait « Tue-lé » tout-àT heure.Sur le banc des joueurs, le « puni » souffle à un coéquipier : « Le numéro 4 s'est tordu la cheville : un avantage pour nous! » Selon un étude commandée par la Régie de la sécurité dans les sports du Québec, 57 p.cent À l'arrière du casque de ce gardien de but, on peut lire: ( L'esprit sportif ça compte).des 1056 jeunes sportifs de 11 à 17 ans questionnés ont affirmé qu'ils profiteraient d'un accident à un adversaire pour marquer un point si ce point représentait la victoire pour leur équipe.« Le sport de compétition est menacé par l'importance de plus en plus disproportionnée attachée à la victoire, sans se soucier de la qualité des moyens utilisés pour y parvenir », dit Guy Régnier spécialisé en psychologie des sports et oeuvrant au sein de la Régie.Il ajoute que le hockey, par exemple, doit échapper à cette vision faussée et représenter plutôt un lieu de formation et d'éducation privilégié pour des milliers de jeunes, futurs adultes.Et de m'apprendre qu'une étude menée par la Régie auprès de 2500 hockeyeurs \u2014 lors des championnats provinciaux de hockey sur glace de 1983 \u2014 a révélé que 34 p.cent des blessures rapportées résultaient d'un geste illégal, accroc au règlement causé par un manque d'esprit sportif.Respect de l'adversaire Mais qu'est-ce que l'esprit sportif ?Difficile à cerner com-plètement, il se manifeste d'abord par l'observation des règlements, le respect de l'adversaire et de l'arbitre, le souci de l'équité et le maintien de sa dignité.En somme, des notions associées au fair-play, c'est-à-dire à l'acceptation loyale des règles d'un jeu ou d'un sport, notions qui remontent d'ailleurs à l'époque même des olympiades de la Grèce antique, «alors que les athlètes grecs placés en compétition devaient faire preuve d'esprit sportif, dit la Régie.Plus tard, au Moyen-Àge, par exemple, les tournois de chevaliers étaient organisés selon un code basé sur la loyauté, l'honnêteté et la bravoure des participants ».Être loyal, c'est témoigner a l'adversaire le même respect que nous souhaitons pour nous-mêmes.Un respect qui ne peut absolument pas reposer sur le désir de vaincre l'autre à tout prix, de le battre par des tactiques illégales ou par des manoeuvres malhonnêtes! Le hockey, ce sport bien-aimé des Canadiens, est devenu violent, non seulement chez les professionnels, mais également dans les ligues mineures où les enfants et les adolescents apprennent à jouer.« L'imitation des joueurs professionnels en serait-elle responsable ?Ou est-ce la motivation compétitive ancrée si profondément dans l'esprit des entraîneurs et, par là, des enfants ?» se demandent Pierre Provost et Michel |osé Villeneuve, auteurs du livre Jouons ensemble .Selon eux, des modifications majeures s'imposent dans l'apprentissage de ce sport.Modifications qui vont de pair avec un changement profond de la « mentalité sportive » des entraîneurs et des parents.« Après tout, le hockey n'est pas une école militaire ! disent Provost et Villeneuve.Il convient donc d'avoir un comportement plus positif et une attitude souriante, attentive et stimulante.» Et de préciser que la communication peut devenir un outil d'appréciation positive.« Quel beau jeu !.Bonne passe !.Beau travail d'équipe !, etc.» \u2014 et que les accolades encourageantes ne doivent pas être considérées comme une atteinte à la « virilité » non plus que les échanges affectueux.Par ailleurs, l'émulation s'avère souvent aussi néfaste que bénéfique, disent-ils : « Quand on cite des vedettes du hockey professionnel, il est bon de souligner au passage les aspects négatifs de leur comportement pour s'y opposer : par exemple, si l'on dit que tel joueur fait des passes très précises, il convient de faire remarquer qu'il a malheureusement la très mauvaise habitude de lever son bâton trop haut.» Par contre, l'exemple des hockeyeurs qui ont banni la violence de leur jeu, tels Wayne Gretzky ou Mario Lemieux, doit être amené aux apprentis en leur faisant apprécier « la beauté des équipes \u2014 les Oilers d'Edmonton, par exemple \u2014 pratiquant le véritable hockey par rapport à des formations orientées vers la violence et l'usage excessif de rudesse ou d'intimidation », affirme de son côté Guy Régnier de la Régie.L'influence exercée par l'entraîneur sur les jeunes qui lui sont confiés est, selon lui, énorme.En effet, d'après une étude de la Régie, « 94 p.cent des jeunes sportifs québécois admettent, qu'en général, ils font ce que leur entraîneur pense qu'ils devraient faire ».Dans bien des cas, les entraîneurs débutants ne soupçonnent pas l'ampleur de cette influence.« Voilà pourquoi, dit Régnier, nous avons conçu un guide d'animation sur l'esprit sportif s'adres-sant avant tout aux responsables de la formation des entraîneurs dans chacune des fédérations sportives du Québec.Le guide est complété par la brochure L'esprit sportif, ça compte! qui résume les principales facettes de ce qu'est l'esprit sportif! » Tout le monde peut se procurer la brochure.Score_ Afin d'inciter les joueurs et les entraîneurs à observer les règlements et a respecter leurs adversaires, la formule SCORE (Système de classement officiel résultant de l'éthique) est instaurée depuis quelque temps dans certaines ligues de hockey de la Côte-Nord, du Lac Saint-Jean, de Québec et de Montréal.Selon cette excellente formule mise au point par Marc Beau-din, responsable des loisirs à Baie-Comeau,le comportement des joueurs et de l'entraîneur est récompensé par des points.Michel Fafard, technicien à la Régie, explique : « Lors d'une partie, les deux équipes partent avec chacune six points de bon comportement en banque qui s'ajouteront aux buts comptés.Les pénalités majeures et mineures infligées aux joueurs et les inconduites de l'entraîneur sont donc, tout au long de la partie, totalisées, modifiant ainsi le score final si elles dépassent le nombre permis.» Avec cette méthode, la performance peut être annulée par un comportement non sportif.Évidemment, certaines structures municipales axées vers la compétition répugnent à employer la formule SCORE! Elles n'ont hé- c y o z las pas compris que « gagner, nj-peu importe les moyens utili- r-sés » est un mot d'ordre qui dis- c/> paraîtra petit à petit si on arri- £ ve, à l'aide de moyens bien pré- m cis \u2014 Score en est un \u2014 à 2 redéfinir le sens de la victoire et \u2014 à le faire comprendre aux jeu- 0 nés.La bonne conduite récom- m-pensée amène le hockeyeur à m pratiquer l'esprit sportif, gage j| d'harmonie et de bonne hu- *> meur, d'accomplissement de soi _ et de respect d'autrui.« Valeurs g qu'ont compris la plupart des li- oi gues de hockey dites « de bureau » ou « récréatives » ! dit en \u2014 riant Michel Fafard.n \"0 Wîwthfttêfili ue Ton remarquer, |\"^£C^|OP| [Première biographie de^imone de Beauvoir |^ YEUX NE SONT PAS FAITS QUE POUR PLEURER de Marguerite Beaudry 12.95S Un secrel, une enquête, une intrigue mystérieuse.Kawva et Kiwi, d'origine hongroise, possèdent un don.Soir après soir, ils présentent à un public émerveillé leur numéro de voyance Intrigués par ce phénomène, un jeune journaliste et son amie tentent de percer le secret de ce don fantastique.Menacent-ils de découvrir le passé resté secrel de Kawa et Kiwi?Le livre tout indiqué pour les amateurs d'intrigue.LES DIX HOMMES LES PLUS RICHES DU MONDE ET LES SECRETS DE LEUR RÉUSSITE de Charles-Albert Poissant F.C.A.et Christian Godefroy 16.95S Ouels sont les véritables secrets de la réussite?Existe-t-il de grands principes qui permettent à tout homme et à toute femme de s'enrichir à coup sûr?Découvrez les grands secrets de l'accession à la richesse et laissez-vous raconter les chemins qu'ont pris Jean-Paul Getty, Steven Spielberg ou John Rockfeller.Ce livre s adresse a tous ceux qui s'intéressent et veulent utiliser les mécanismes de la réussite pour s'enrichir, qu'ils soient à la recherche d'un emploi, salariés, étudiants, professionnels, cadres ou gens d'affaires.ASTRO-CUISINE de Lorraine Boisvenue 14,95$ 140 recettes -péchés mignons» pour recevoir, plaire el conquérir.Astro-cuisine vous suggère de découvrir la cuisine selon votre signe astrologique Un livre amusant pour mieux vous connaître el pour bien recevoir vos amis.Pourra-t-il même vous aider à prévoir votre prochain repas en tèle à tête?.-»,w-¦» LES DIX I LES PLUS 11 5 < \u2014T | oc Z o z> I ) Astro-cuisine.Lorraine Boisvenue.14.95$ ! | Les dix hommes les plus riches du monde et les secrets de leur réussite, Charles-Albert Poissant F.C.A.et Christian Godefroy.16,95$ ! ! Les plaisirs du vin, Jacques Benoit.12,95$ ( ) Les yeux ne sont pas faits que pour pleurer.Marguerite Beaudry.12,95$ | | Simone de Beauvoir.Claude Francis el Fernande Gontier.1G.95S Ci-joint la somme de:_____ Nos clients sont priés de noie' que les échanges el les rembou'somenls ne son! pas acceptes VOUS POUVEZ RECEVOIR CES LIVRES CHEZ VOUS SANS FRAIS ADDITIONNELS.COMPLÉTEZ ET RETOURNEZ CE COUPON À: Les Éditions Libre Expression 244, St-Jacques, suite 201, Montréal H2Y 1L9 Nom:___ Adresse;__.__ Ville:____ Tél.: 849-5259 Visa N°___ Master Card N°___ Chèque Mandat postal dale exp date exp- Code postal: Prov.:.Tél.:_ C O.D (supplément de 2.00$ pour frais postaux) Disponible chez votre libraire et en tabagie Distribution Les Presses de la Cité "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.