La presse, 1 février 1986, Cahier A
[" la presse LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE m.LA MÉTÉO: GÉNÉRALEMENT ENSOLEILLÉ, ENNUAGEMENT .MINIMUM: -20*, MAXIMUM: -10V DEMAIN : NEIGE .DÉTAILS PAGE A 2 LIS PROftSSWUIElJ DE LA VlJWa 1 G REICH E et SCAFF OPTOMETRIES MONTRÉAL, SAMEDI 1 *r FÉVRIER 1986, 102'ANNÉE, N° 101,228 PAGES, 14 CAHIERS &___ 30 SUCCURSALES 336-53301 1$ Iles de La Madeleine 1 50 D La violence s7i et gagne Port- au - Prince ?Le « régime» s'accroche et promet un projet de société DUVALIER ¦PORT-AU-PRINCE (d'après UPI, Al P.APel Reu-(cr) \u2014 Démentant l'annonce par Washington de sa chute et de son depart d'Haïti, le président lean-Claude «Bébé Doc» Duvalier a declare hier que son contrôle sir le pays était «aussi solide quUne queue de singe», mais l'agitation contre son régime, vieille de deux mois, s'intensifiait dans les villes de l'intérieur et gagnait Port-au-Prince pour la première fois.S'efforçanI de mettre un terme à la confusion nec de la declaration américaine, faite tôt le matin par le porte-parole de la Maison - Blanche.Larry Speakes, dans l'avion condui sant le president Ronald Rca gan a Houston, lean-Claude Duvalier.34 ans.a annonce, lors d'une brève apparition a la télévision, sa volonté de repartir les richesses de façon équitable et de soumettre bientôt un nouveau «projet de société».Quelques heures plus tôt, il avait dementi a lu radio les rumeurs de son depart, les mettant sur le compte de «bons à rien».Il avait aussi effectué une rapide tournée des rues de la capitale a bord de sa limousine blindée aux.vitres teintées Mais, surtout, il avait décrète l'état de siege pour 30 jours et ordonne la fermeture des radios privées.Toutes ces demarches n'ont pu.maigre tout, calmer la cole-re populaire.Des incendies et des scenes de pilliige ont etc rapportes hier soir des villes de Cionatves, Petit Conaives.Les Cayeset Cap-Haïtien.\u2022\\ Port-au-Prince même, calme jusque - la, des emeutiers ont allume hier soit des feux dans les rues a l'aide de vieux pneus et érige des barricades.Selon des témoins, les forces de voir DUVALIER en A 2 Les Haïtiens de Montréal ont fêté hier.En fin de matinée, des dizaines de chauffeurs de taxi ont paradé du centre - ville jusqu'au Centre communautaire haïtien, rue Marquette, dans le nord de la ville.Plusieurs compatriotes les y attendaient.On s'est embrassé, on a chanté, on a dansé et on a crié : « À bas les macoutesl » Mais au moment même où les médias annonçaient que Jean - Claude Duvalier était toujours au pouvoir, des Haïtiens ont refusé d'y croire : « C'est faux.Duvalier est parti hier soir à minuit 30 », a clamé Mireille Alexis, photo Michel gravel, i a f-resse Haïti en situation de crise, pages A 8 et A 9 Charles David est journaliste a LA PRESSE depuis 1972.Mais c'est plus comme Haïtien d'origine, en rapports constants avec si'x compatriotes, qu'il a \\ Edmonton Wmn-peg To* on to SoM-Mon s 9 - 14 -21 -6 - 16 - II -12 -1 S -\u2022 -9 16 -4 -7 -2 -7 4 *JuOg»U« ftoilon\t-4-1\tN -Orléans\tMl 7\t18 SuMota\t-\u2022 -S\t\t-Il\t- 4 Owogo\t-1 -6\tS Iranriuo\t13\t\\l Mom\t13 24\tWoihmglon\t-S\t-1 Now f oft\t-4 - 1\tDokl\tII\tM les capitale Mr.tara.\t\t8\t\t \t\t\tMM\t \t-2 4\tMadnd\t0\t| ArMmn\t9 IS\tMono.\t-1\t-2 Acapwfco\t23 3?\tMouco\t3\t21 \t-1 3\tOtlo\t-t\t0 ftruioUot\t-3 3\tfon»\t0\t6 (tuoool Ajroi\t20 M\t(omt\t7\t10 Copontagu*\t-I -1\tSéoul\t-7\t-2 Gonévo\t-6 3\tStockholm\t-3\t1 Hong Kong\t16 21\tTokyo\t2\tn UCar*\t9 20\tTnmdod\t19\t30 l.lbonn.\t\u2022 Il\tV*ww\t0\t3 londrot\t3 4\t\t\t i DUVALIER SUITE DC LA PAGE A 1 l'ordre et les manifestants se sont affrontes avec des matraques et armes è feu.Au moins cinq personnes ont été tuées hier soir i Port-au - Prince et 61 autres blessées, dont 16 par balles, a-t-on rapporté de sources hospitalières et privées dans la capitale.S'il se confirmait, cela porterait à 17 le bilan de morts en deux mois d'agitation, la plus grave en 15 années de régime lean -Claude Duvalier.A Washington, où la Maison - Blanche avait dù se retracter dans l'une de ses plus graves gaffes diplomatiques, un représentant de l'administration Reagan, requérant l'anonymat, a déclaré hier soir que «la disparition de Duvalier n'est plus qu'une question de temps» et que.«face au vide du pouvoir en Haïti, c'est l'armée qui détient la clé du problème».Selon d'autres fonctionnaires, si les États-Unis n'ont pas poussé plus fort pour se débarrasser de ce régime corrompu institué en 1957 par François «Papa Doc» Duvalier dans le pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental, c'est parce qu'ils n'avaient pas de remplaçant à lean-Claude Duvalier.«Nous ne voulions pas qu'il soit remplacé par un khomei-ny du vaudou ou un quelconque pion de Cuba», a déclaré un expert, qui a ajouté qu'en l'absence d'une alternative politique crédible, il fallait regarder du côté de l'armée.L'administration Reagan agissait contre Duvalier pour la première fois jeudi soir en gelant S 26 millions d'aide économique à son régime en invoquant «la non-amélioration de la situation des droits de l'homme en Haïti».Toujours à Washington, le sénateur David Duremberger, président de la Commission sénatoriale sur le Renseignement, a demandé à l'Organisation des États américains (OEA) d'envoyer une force interaméricaine en Haïti pour y contribuer a «une transition vers un gouvernement démocratique».Dans une lettre adressée à Richard McCormack, ambassadeur US auprès de l'OI V le sénateur Duremberger indique qu'une telle force devrait rétablir l'ordre en Haïti, protéger les 17 000 citoyens américains dans le pays et faciliter la transition vers la démocratie.A Moscou, l'agence Tass a déclaré que Washington, «qui détermine la politique intérieure et extérieure d'Haïti, a peut-être décidé de sacrifier Duvalier» afin d'«empécher la lutte populaire de prendre de l'ampleur dans le pays».Dans son discours télévisée hier, Duvalier s'est déclaré décidé à poursuivre sa «mission de paix et de concorde», a reconnu que la répartition des richesses était inégale en Haiti, a annoncé pour bientôt un nouveau projet de société, a lancé un appel à la jeunesse et demande la fin du chaos et de l'anarchie.La proclamation de ''\".at de siege avait été approuvée par le Congres de 48 membres désignés par Duvalier lui - même.ÉTAT DE SIÈGE EN HAÏTI Mot des Antilws JAMAÏQUE PORTO jÊt RICO HAÏTI CAPITALE: Port-au-Prince GOUVERNEMENT: République François (Papa Doc) Duvalier.Président.1957-1971 Jean-Claude Duvalier (né en 1951).Président.1971- GRANDEUR: 17 242 km carrés (I équivalent du Maryland) LANGUES: Français (officielle), créole (majorité) RELIGIONS: Catholique romaine (80%).protestante (15%) ESPERANCE DE VIE: 45 ans (depuis la naissance) SAVENT LIRE: 20 p cent ÉCONOMIE.Rhum, mélasse, tourisme, calé REVENUS PER CAPITA $320 (le plus bas de l'hémisphère occidental) graphique AP L'agitation politique regno en ce moment en Haïti.Le président-a-vie Jean-Claude Duvalier a déclaré l'état d'urgence pour une période de 30 jours à compter d'hier.ESPOIR SUITE DE LA PAGE A 1 réveil d'un peuple zombifié par la terreur et l'humiliation.Deja, ébaubis ou comp'ces, certains concoctent, se pourléchent des lèvres désormais gourmandes, assistent, ébaubis et presque complices, à la sarabande des précurseurs des futures faillites.Transaction misérable des consciences, animant une fureur particulière, démesurée, de jouissances hâtives.Ainsi, il était une fois.Haïti.Puis, soudain, bêtement, ce coup de fil de Port-au-Prince, provenant de la tanière.A force de rêver, l'imaginaire prend forme, laissant hébété.Calme masquant mal la déchirure, le corps vidé, épuisé.«Duvalier, en état d'arrestation.» La rumeur, venue d'autres horizons, confirme, s'enfle.Pour la première fois, refuse d'éclater.Non.elle se durcit, confortée par d'infinis détails, répercutée aux quatre coins de Montréal.Une diaspora, accrochée à ses combines, s'épuise à l'habiller, cette vérité, pour mieux la parer et conjurer le sort.Un peuple d'exil s'enivre d'une saleté qui s'écaille.Rompue de joie, la diaspora refuse le sommeil.glanant ci et là les moindres parcelles d'une nouvelle vérité qu'aucune radio ou salle de nouvelles refuse d'étayer.Le cauchemar rôde, dissipé par les phantasmes.La Bête, enfin, crève.L'aube, difficilement, laissant hier, ne s'achemine pas encore vers demain.Une bouffée de ma terre s'insinue, doucement, dans les relents du café qu'interminablement on sirote, pour tenir le coup, pour voir, enfin, le jour.L'idée surgit, folle, toute precaution rejetée.Faut traverser cette mer pour renouveler les épousailles avec les autres, ceux de l'intérieur, même ceux dont la foi a vacillé sous la ferule.ceux qui, parfois, ont bu la honte.« Mais, avant la tolérance, la chair qui appelle son sang.Ma mère.Impertubable, elle dort, comme la moitié de Port-au-Prince, qui ignore d'ignorer.La sonnerie interminable.La voix endormie, qui n'ose croire, préférant attendre le jour pour juguler les démons.La voix, qui va se casser, car désormais, au petit matin, elle sait que le retour se fraye un chemin vers le port.A l'aube, dans Montréal qui rattrape un dernier soupir, j'ai une envie folle de conquérir une ville.Hommes et Femmes de mon pays, je vous aime.BOURASSA SUITE DE LA PAGE A 1 d Hydro-Québec, le premier ministre, M.Robert Bourassa, a indiqué que les seuls secteurs épargnés seront les salles d'urgence des hôpitaux \u2014 « le service le plus essentiel, absolument non négociable» \u2014 et l'éducation, particulièrement le budget de fonctionnement des universités.«|e suis l'homme de mon temps, celui des années 80», dit a plusieurs reprises M.Bourassa au cours de l'entrevue.«Par pragmatisme, et non par idéologie, notre gouvernement gère», dit le premier ministre en réponse à son adversaire, M.Pierre Marc lohnson, qui l'accusait cette semaine de ne pas gouverner et de se contenter de gérer.Au moment même où il rencontrait LA PRESSE, M.Bourassa s'intéressait à ce qui se passait dans une salle adjacente: une nouvelle réunion du comité qu'il a mis sur pied, il y a dix jours, avec mandat de «revoir l'efficacité de l'ensemble de l'appareil gouvernemental».MM.Paul Gobeil, président du Conseil du Trésor, Pierre Lortie.Michel Bélanger, lean-Claude Rivest et Yvon Marcoux ont toute la confiance du premier ministre.« Le virage a 180 degrés, nous le ferons, nous le négocions déjà », lance M.Bourassa.«C'est fini les emprunts de centaines de millions de dollars pour acheter l'épicerie.» Fier du bilan de ses 60 premiers jours à la tète de l'État, le premier ministre ajoute: «Notre priorité est de réduire la partie du déficit qui hypothèque nos dépendants, les générations qui nous suivent.» Pendant ces deux premiers mois, les ministres n'ont jamais cessé de découvrir des programmes (le Parc agro-alimentaire de Montréal \u2014 «la ferme» \u2014 ou la salle de concert de l'Orchestre symphoni-que, par exemple) annoncés par le précèdent gouvernement mais qui n'apparaissent pas dans les prévisions de dépenses.Résultat: «Le déficit réel sera beaucoup plus grand que prévu par M.Duhaime dans son budget du 27 avril dernier.Il l'avait très fortement sous-estimé.» M.Bourassa n'avance pas de prédiction chiffrée, mais il dit que malgré les compressions annoncées par son ministre des Finances, M.Gérard D.Léves-que, dans son exposé budgétaire de la mi-décembre, et malgré les coupures de postes décrétées par M.Gobeil depuis.le déficit dépassera largement les $3,1 milliards prévus.Donc, insiste le premier mi nistre, «nous allons couper et couper encore.Nous devons changer le ton, le rôle de l'Etat.Et c'est à cela que travaillent nos trois comités de bénévoles issus du secteur privé mais pre sides par trois élus».Au moment où s'ouvre une nouvelle ronde de négociations contractuelles entre le gouvernement et ses 300 000 salariés, M.Bourassa ne croit pas que son intention ferme de couper partout va provoquer un retou aux tensions sociales dont tous les gouvernements précédents \u2014 y compris les siens de 1970 a 1976 \u2014 ont été victimes.«l'ai parlé aux leaders syndicaux, et ils comprennent bien dans quelle situation nous sommes placés.La dépression économique du début iL la de cennie a laissé de profondes cicatrices.» Dans ce contexte, le premier ministre repète qu'il est parfaitement d'accord avec M.Gobeil, du Trésor, qui affirmait, jeudi à Québec, que «les demandes des syndicats du secteur public sont exagérées».«Il y a certainement moyen de s'entendre, et rapidement ; mais imaginez la réaction si M.Gobeil avait repondu au jour ; naliste que 10 p.cent, ce n'était ¦ pas exagéré.» Sur d'autres sujets, M.Bourassa confirme que l'interprétation qui a été faite, cette semaine, de ses «propos diplomatiques» sur le Som m eu-francophone de Paris, était là\";* bonne.«On ne peut annoncer officiellement que le prochain sommet aura lieu à Québec.Les pourparlers avec la France et les Africains ne sont pas terminés, mais les chances sont excellentes.» Pour le premier ministre, il était de première importance de «sauver le Sommet de Paris»; cela était entre les mains des gouvernements -d'Ottawa et de Québec.Et ¦ l'hypothèse de compromis \u2014 ; M.Bourassa accepte de ne parler qu'à la séance de clôture, ¦ avec une invitation de venii t Québec pour le prochain sommet \u2014 lui semble la meilleure-\" -dans les circonstances.«À condition, répète-t-il^ qu'il soil convenu entre tous les pays que seulement un représentant par groupe de gouvernements ( base continental le) va prendre la parole à l'ou-* verture publique.» Et cela n'est* pas encore acquis n cent pour cent, donc l'ordre du jour du.Sommet n'a pas encore été di-* vulgué.FEU SUITE DE LA PAGE A 1 toute la matinée, les corps de six enfants et trois adultes ont été sortis, un à un, de la modeste petite maison située au 2150, rue Saint-Amable.La mère, Mme Carmen Blanchard - Robitaille, 44 ans, son père, M.Domina Blanchard, 86 ans, son oncle, M.Albert Guillemène, 65 ans.et ses six enfants ont péri quand les flammes ont rapidement enveloppé le logis, vers I h 30 hier matin.Les enfants décédés étaient âgés de 5 à 14 ans.Il s'agit de Patrick, 5 ans, Chaniale, 9 ans, Annie, 10 ans.Nancy, 11 ans, Sleeve, 12 ans et Lyne, 14 ans.«Nous en avons retrouvé à différents endroits dans les décombres.|'a» transporté plusieurs victim .dans ma carrière, mais c'est la première fois que je porte le corps d'un enfant mort dans un incendie.C'est bouleversant de soulever un petit être qui glt au milieu de débris calcinés», a confessé M.Mario Provencher, un ambulancier qui est demeuré sur place durant toute la matinée pour procéder au transport des malheureux.La cause de l'incendie n'a pas été déterminée avec certitude.Des chimistes du laboratoire médico-légal ont été dépêchés sur les lieux pour procéder à différentes expertises dont les résultats seront connus ultérieurement.Il pourrait cependant s'agir d'un problème de surtension au système de chauffage.Il ne semble pas, selon les premières constatations, que la maison était équipée d'un avertisseur d'incendie.Les pom piers de Drummondville, arrives sur les lieux vers Ih45, n'ont pas entendu d'alarme à l'intérieur.C'est avant tout le drame d'une famille pauvre dont les membres occupaient tous les recoins disponibles comme en témoignaient plusieurs voisins.L'intérieur de la vieille maison s'est rapidement embrasé.Des enfants dormaient au «mi«-sol où aucune sortie d'urgence ne pouvait leur permettre de fuir en cas de danger, a fait remarquer M.Paul-Emile Lizotte, un voisin qui est aussi conseiller municipal.La mère, Mme Carmen Blanchard - Robitaille, était une handicapée visuelle de même que son père, M.Domina Blanchard, qui vivait au même endroit.Mme Blanchard-Robitaille oeuvrait, comme bénévole, au sein de différents organismes paroissiaux.Une de ses filles.Chantale, 9 ans, souffrait de paralysie cérébrale, ont confié des proches.Un voisin, M.Félix Landry, oui se réclame d'être le père de deux autres enfants de Mme Blanchard, a confié que sa compagne avait déjà été victime de deux autres incendies, dans des logements différents.En sanglotant, M.Landry a expliqué que sa fille, Christians 22 ans, son fils Serge, de même que sa petite fille Isabelle avaient échappé à la mort de justesse en allant dormir chez lui hier.Il était difficile, pour les enquêteurs de la Sûreté du Québec, d'établir les liens de parenté et l'identité de chacune des victimes.C'est un homme d'une vingtaine d'années, M.lean Gagnon, qui a aperçu, le premier, des flammes en passant dans cette rue, vers I h40.Il a vaine- K ment tenté d'entrer dans la demeure, a -1 - il expliqué, mais les flammes et la fumée l'ont repoussé.Il a immédiatement Brévenu les pompiers de rummondville.Le directeur du service.M, Marcel Lefebvre, a déclaré qu'à l'arrivée de ses hommes, vers, I h46, les flammes envelop-, paient déjà l'intérieur et qu'U était impossible d'espérer sauver la vie des occupants.À Trois-Rivières, l'incendie a éclaté, vers I h du matin, dans le sous-sol d'une maison d'hébergement située au 12 850, des Forges.Les victimes sont MM.Henri Diamond, 72 ans, et losephat Gordon, 82 ans.Le propriétaire des lieux, M.Roland Duval, 56 ans, a été grièvement blessé en tentant de se porter au secours des locataires.Un autre occupant, M.Guy Pothier, 80 ans, a subi des blessures graves et a été hospitalisé.Le feu aurait pris nai.tance au sous-sol.Une défectuosité^ du système électrique serait a l'origine du sinistre.L'immeuble était cependant équipé de,, plusieurs avertisseurs d'incerr-* die. MONTRÉAL, SAMEDI le.FEVRIER 1986 \u2022 A 3 POUR LES CHAUFFEURS, UNE HAUSSE «RIDICULE» Augmentation de du tarif de départ 30 cents des taxis Les taximètres des taxis \u2014 québécois afficheront un prix de départ de SI,50 à partir du 28 février prochain.Il s'agit d'une augmentation de 30 cents par rapport au taux actuel._ BRIGITTE Gi Las nouveaux tarifs entrent en vigueur le 28 février.oque LA PRESSE La nouvelle a été annoncée hier par un porte-parole de la Commission des transports du Québec.Le dossier traînait depuis plusieurs mois En mai dernier.la Fédération des ligues de taxi du Québec avait remis S la Commission des transports une étude dont la conclusion proposait une hausse de 80 cents du prix de départ.La Fédération voulait voir le tarif de base passer de $1,20 a $2 parce que ses chauffeurs se plaignent de ne pas faire assez de profits sur les courses de courte durée ; bien souvent, ils y perdraient même de l'argent.Elle invoquait de plus le fait que les tarifs de taxi n'ont con- nu aucun ajustement depuis 1982.alors que les coûts d'exploitation, eux, n'ont cessé d augmenter.En rendant sa décision, hier, la Commission a soutenu que l'augmentation des coûts d'exploitation ne justifiait pas une hausse de 80 cents.Elle estime qu'un ajustement de 30 cents est beaucoup plus réaliste.loint en fin d'après-midi.lean-Guy Peltier, président de la Fédération des ligues de taxi du Québec, semblait abasourdi par la nouvelle.Il juge cette augmentation ridicule.« Les 30 cents, ils auraient pu les garder ; c'est ce que ça va nous coûter pour faire changer nos compteurs », a-t-il dit.Bien que la nouvelle tarification entrera en vigueur le 28 février, son application pourrai: n'être complète qu'a la fin de mars.La loi stipule que les chauffeurs ont jusqu'à 30 jours suivant l'adoption du règlement pour faire ajuster leurs taximètres.Les frères Renaud sont condamnés à la prison mt L'avocat montréalais jet set-\u2014 1er |ean-Pierre Renaud, 36 ans et son frère Guy, 28 ans, ont été condamnés hier a des peines de 14 ans et demie et 8 ans et demie d'emprisonnement pour avoir exploite, a Rosemère, le premier laboratoire dt cocaïne au Canada.Les deux hommes éta.ent passibles d'emprisonnement à vie.Le juge Rcjean Paul a décidé de ces sentences après un procès qui avait dure plus d'un mois l'automne dernier, a Saint-|érô-nie Les frères Renaud étaient accuses de complot, d'importation et de trafic de cocaïne.L'avocat, lean-Pierre Renaud, était pour »uy Renou sa part accusé d'avoir importé des produits devant servir a la fabrication de la poudre blanche, dans un laboratoire clandestin que la Gendarmerie roy-lale avait découvert dans un bungalow de Rosemère.L'avocat fréquentait les discotheques huppées du centre-ville de Montréal.Il était réputé dans ces milieux pour mener une existence de tout repos, se procurant tout le luxe dont il avait envie.Issus d'ur.c même famille aisée de la Beauce.les frères Renaud n'avaient jamais eu de démêlés avec la justice avant d'être interceptes l'an dernier relativement aux activités d'un laboratoire clandestin.Le lucratif marché montréalais de la cocaïne les avait incités a se lier avec un trafiquant international, le Péruvien Mario Pa-checo.35 ans.toujours recherche par la police.Cet homme, qui profiterait d'une certaine protection dans les milieux politiques péruviens, dirigeait une affair de $125 millions.Deux membres de cette organisation, l'agent de bord Cari Veilleux, 36 ans, et François Sal-haing, 33 ans.ont déjà écopé respectivement de 4 et 8 ans d'emprisonnement dans cette affaire.Le premier, qui a prêté sa maison de Rosemère, devait toucher $20 000 tandis que Salbaing, qui est propriétaire d'un restaurant à Saint-Sauveur, s'est occupé de l'achat de cinq contenants de 45 gallons d'acétone.Ce simple «contrat» devait lui rapporter $4 000.L'acétone est essentielle dans le procédé de transformation de la pâte séchée que l'on avait probablement fait venir du Pérou.Les enquêteurs de la GRC étaient sur la piste des frères Renaud depuis juin 1984.Déjà à cette époque, le Péruvien Pache-co, qui habitait l'ouest de la région métropolitaine, s'entretenait avec l'avocat Renaud et son frère Guy concernant l'établissement d'un laboratoire clandestin à Rosemère.Ces conversations téléphoniques avaient été surprises par les enquêteurs.Un premier laboratoire avait même été installé à Tingwick, un petit village de la région des Bois-Francs.photo Robert Moilloux, IA PRESSE Leopold Lizotte, 40 ans et 30 000 textes plus tard Leopold Lizotte, journaliste à LA PRESSE, quittait hier son emploi après quarante ans de service à la couverture du Palais de justice de Montréal.Fidèle à lui-même, il a écrit quatre textes au cours de cette dernière journée.D'ailleurs, un «rapide» calcul indique que celui qui a hanté le Palais de justice ( l'ancien et le nouveau ) durant quatre décennies, a rédigé pas moins de 29 976 textes au cours de sa carrière.Probablement plus encore.Aux quelques collègues qui so.it allés le saluer dans la salle de presse du Palais, il a confié, avec le sens de l'humour que ses lecteurs lui connaissent bien, qu'il venait tout juste de léguer à un ami un souvenir historique : un fauteuil qu'ont utilisé jadis deux anciens premiers ministres, MM.Taschereau et Duplessis.Le meuble avait été abandonné dans une salle de l'ancien palais.M.Lizotte en avait «hérité» et l'avait fait transporter au nouveau palais malgré l'interdiction formelle d'y apportmr des «vieifferiesi*.Le livreur avait prétendu, pour ne pas se faire barrer la route, qu'il s'agissait d'un fauteuil destiné au juge en chef.Sur notre photo, Leopold Lizotte, à droite, partage une bonne blague avec Josée Garand, Pierre Gingras, Huguette Roberge et Louise Fagnan, de la rédaction de LA PRESSL.Cols bleus: guérilla sur fond neigeux h Une petite guerilla s'est sol-™ dee par un match nul, hier, entre la Ville de Montréal et ses cols bleus affectés au chargement de la neige dans le centre et l'ouest du territoire de Montréal.En matinée, quelque 250 travailleurs ont été sollicités pour faire du lemp: supplémentaire dans le but de poursuivre les opérations de déneigement dans ces secteurs.De ce nombre, à peine six on' accepté.D'où la décision de Montreal de ne pas y poursuivre les travaux tel que prévu, faute de personnel.La Ville parle de tactiques de pression exercées par les cols bleus dans le cadre des négociations en cours, et avertit ses travailleurs manuels qu'elle prendra toutes les mesures légales nécessaires pour obtenir de la main-d'oeuvre si les conditions de sécurité requièrent l'épanda-ge d'abrasifs.Le syndicat voit les choses d'un tout autre oeil.Ainsi son président, M.lean Lapierre, a-t il dénonce la decision patronale d'interrompre les travatix de déblaiement des rues, et affirmé qu'il n'y a pas eu de consigne syndicale pour inciter les membres a refuser le temps supplémentaire.Au contraire, soutient-il, «nous avons demandé à nos membres d'exécuter ces travaux ».Bref, il semble que les mêmes travailleurs qui avaient signifie leur refus de travailler le matin étaient prêts a le faire dans l'après midi, et que ces deux sec- teurs de la métropole seront de-blayél normalement si la Ville revient sur sa decision.Cet imbroglio survient deux jours avant un possible dépôt, par le syndicat (SCFP-FTQ).des avis de grève, laquelle deviendrait légale une semaine plus tard.Les employés manuels portent déjà une attention de tous les instants aux mesures de sécurité dans le déroulement des operations de déblaiement, ce qui a pour effet de prolonger la durée des opérations.Nicole Auclair accusée du meurtre de son mari ¦Une fort élégante femme dans la trentaine, un peu paie mais vraiment imperturbable, a comparu devant le juge Bernard Grenier, hier midi, sous l'accusiition d'avoir fait assassiner son mari dans la boutique de LEOPOLD UZOTT1 location de vidéocassettes qu'il exploitait rue Saint-Hubert.La victime occupait également un poste de professeur à la Commission scolaire régionale des Mille-Iles.Nicole Normand-Auclair, elle-même directrice d'une lucrative école privée, est accusée du meurtre de son mari, lacques Auclair, commis le 24 avril 1984.Mais elle pourrait bien aussi être inculpée de deux autres meurtres.Car, si la police a appréhendé, en même temps qu'elle, Robin Fortin, l'entremetteur qui aurait recruté les deux tueurs qui ont criblé son mari de balles, les sergents-détectives André Charette et Gilles Dion recherchent toujours ces exécutants.Ils recherchent aussi deux autres tueurs à gages qui avaient été embauchés dans un premier temps, et qui, pour des raisons inconnues, n'ont pas «rempli leur commande».Disparus complètement de la circulation depuis deux ans, ces serviteurs infidèles auraient été eux-mêmes liquides pour n'avoir pas respecté leurs engagements.C'est donc à trois accusations de meurtre, au total, que la jolie enseignante pourrait faire face pour avoir voulu court-circuiter de brutale façon les procédures de divorce qu'elle avait entamées.Séance simulée de l'ONU pour les jeunes ¦L'Association canadienne pour les Nations-Unies organise de nouveau cette année une séance simulée de l'ONU, du 7 au 12 juillet, a Montréal.Les jeunes de 18 à 25 ans ont jusqu'au 15 février pour s'y inscrire.Quant a son avocat.Me Pierre Morin, déjà célèbre pour avoir fait condamner le procureur de la Couronne Gilles Harris, de Saint-jérômc.il est déjà au bagne pour la vie, s'étant prestement reconnu coupable dans cette affaire il y a quelques semaines.C'est lui qui aurait proposé à la jeune femme la solution qui a mal tourné, en obtenant qu elle lui verse rapidement un «acompte» de $25 000 sur ses honoraires, somme plutôt destinée à rétribuer les tueurs.Lui aussi pourrait faire éventuellement face à d'autres inculpations de meurtre si on retrouve enfin les cadavres des deux disparus.On n'écarte toutefois pas qu'il puisse éviter certains avatars en consentant à redevenir témoin de la Couronne, comme dans l'affaire Harris.Devant la cour.Nicole Normand-Auclair et Fortin, que représentaient Mes Raphaël Shaachter et Claude F.Ardu m bault, ont nié leur culpabilité.Alors que leur enquête préliminaire était ajournée au 5 février, pour la forme, les deux avocats annonçaient leur intention de plaider, le même jour, une demande de remise en liberté sous cautionnement.Diversifiez vos placements d'épargne-retraite Le Reér Fonds Desjardins vous permet de tirer profit des opportunités de chacun des marchés et de bénéficier de la gestion professionnelle de nos experts Les Fonds Desjardins ont connu une croissance exceptionnelle cette année et les perspectives sont bonnes pour l'avenir Profitez en ! 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Américains courageux » avec près de 15 000 personnes, employes de l'aérospatiale et représentants de divers pays étrangers.Les ceremonies ont ele re-tran$mises en direct a la television.le president américain a rendu hommage aux cinq hommes et deux femmes qui ont péri mardi dans le plus grave acei dent de l'histoire de la conquête spatiale et a souligne que la meilleure façon de se souvenir d'eux était de continuer a explorer « le mystérieux univers » et de Construire un « avant-poste permanent dans l'espace » « Nous nous rappelons Christa McAuliffe.qui s'eM imposée dans l'imagination de toute une Le sénateur et ex-astronaute John Glenn (à droite, dans la photo de gauche) s'entretient avec son ex-confrère Deke Slayton, avant la cérémonie à la mémoire de l'équipage de Challenger.Dans la photo de droite, le président et Mme Reagan, entourés par des membres des familles des astronautes morts, écoutent un hommage aux disparus.nation, un professeur, pas seulement pour ses élevés mais pour tout un peuple, nous communiquant à tous l'enthousiasme du voyage vers l'avenir ».a notamment declare M Reagan.« Aujourd'hui, nous promettons a Dick Scobec (le commandant de bord de Challenger) et a son equipage, que leur rêve est vivant, que l'avenir auquel ils ont tant travaille deviendra realité », a dit le président.les familles des victimes assistaient également aux cérémonies, de même qu'à leurs côtés |ohn Kennedy |r et sa soeur Caroline, les enfants du président Kennedy assassine en 196V L\"emotion qui a saisi le peuple américain à la suite de la catastrophe de Chcllenger a d'ailleurs été comparée par de nombreux commentateurs a celle qui avait suivi l'assassinat de |ohn Kennedy.Plusieurs astronautes étrangers ayant participe à des vols delà navette spatiale étaient presents, notamment le Canadien photos AP Marc Gurneau.le Français Patrick Baudry et le Saoudien sultan Al-Saoud.Le ministre français de la Recherche et de la Technologie.M Hubert Curien.assistait également à la cérémonie.S'adressant aux employés de la NASA réunis pour se recueillir autour des proches de l'équi- page.M.Reagan a ajouté : « L'homme poursuivra sa conquête de l'espace.Viser des objectifs encore plus lointains, des succès encore plus grands, c'est ainsi que nous commémorerons nos sept héros de Challenger ».Station orbitale habitée « Dans la peine qui nous frappe, a dit le président américain, nos coeurs ont été ouverts a une profonde vérité, l'histoire des progrés de l'humanité est celle d'un combat contre l'adversité ».« Quelquefois, nous chercons a atteindre les étoiles et nous échouons près du but.Mais nous devons nous relever et poursuivre malgré la peine (.).chercher à atteindre de nouveaux buts, chercher a faire des choses encore plus belles ; voilà la façon de nous souvenir de nos sept héros de Challenger », a dit M.Reagan.Il a ajoute que la NASA devait « poursuivre son programme spatial, un programme efficace et sur mais hardi et déteminé ».Rappelant que l'un des astronautes avait émis le souhait de vivre un jour à bord d'une station spatiale, le président américain a ajoute : « Nous construirons cette station spatiale », un projet de quelque $8 milliards de dollars, auquel il avait donne le feu vert il y a deux ans.3 a L'Amérique pleure ses héros \u2022\u2022\u2022I i Un navire de la garde câtière décharge à Port Canaveral un morceau de fuselage de Challenger encore barde de ses tuiles protectrices.photo ap Un jet de flamme à l'origine de la tragédie de mardi?I CAP CANAVtRAL.Floride \" (d'après UPI) \u2014 Le jour où Christa McAuliffe, l'enseignante devenue astronaute, devait faire la classe en orbite, les Américains ont tenu hier, dans les églises, dans les écoles et dans les usines, à honorer la mémoire des sept membres d'équipages de la navette Challenger qui ont péri mardi A Los Angeles, un million d'écoliers ont observe une minute de silence a compter de 8 h 59 hier, exactement 72 heures après la tragique explosion.Dans la salle de reunion du conseil municipal, le maire Tom Bradley a invite les conseillers a se recueillir en silence avant de commencer leur travaux habituels.IX-s clairons ont joue devant plus de 800 personnes réunies dans l'immense Crystal Cathedral, a Garden Grove, en Californie.Sept cierges brûlaient sur une table placée devant l'autel.et sept drapeaux américains soigneusement plies leur tenaient compagnie, symbolisant les astronautes disparus.À Concord, au New Hampshire, Mme )eannc Timmons a affiché sur la porte de sa maison une photo autographiee de la souriante Christa McAuliffe.photo accompagnée de cette légende écrite a la main: « Que votre avenir n'ait pour limites que vos réves.Avec amour.Christa.» Ces mots figurent au nombre des souvenirs laisses aux enfants de Concord par l'enseignante devenue astronaute, qui invitait ses élevés à « la conquête des étoiles ».Par ailleurs, les personnes désireuses de manifester leur appui au programme spatial américain et d'honorer la mémoire des sept astronautes tues mardi ont présente en grand nombre leurs offres de dons a la United States Space Foundation pour aider a remplacer la navette Challenger.Le directeur de cette fonda lion.M.Richard Macleod.a dit qu'au cours des 24 premières heures après qu'on eut fait connaître le projet de remplacer la navette grace a des dons prives, les offres n'ont cesse d'affluer, depuis les modestes billets de il envoyés par des écoliers jusqu'à une somme de $250 000 fournie par une compagnie de Boulder, dans le Colorado Ed et Grace Corrigan, pa- *«.rents de l'institutrice-as- \u2022 tronaute Christa McAulif- * fe, assistant jet di à Fra-mingham, dans le Massachusetts, à un service à la mémoire de leur fille.¦CAP CANAV F.RAL (d'après AP.MP et CP) - Les spe cialistes de la NASA ont examine hier au moins cinq gros fragments du fuselage de Challenger et étudiaient également une hypothèse selon laquelle la catastrophe aurait ele provoquée par un jet de flamme fusant accidentellement de l'un des deux moteurs fusees de la navette, ont indique îles souries informées Par ailleurs, certaines sources indiquent que la (aille des debris retrouves laisse envisager que la cabine pressurisée ou avaient pris place les sept astronautes pourrait avoir ele épargnée lors de l'explosion et qu'elle reposerait, intacte, dans l'océan.La NASA a cependant declare dans un communique «qu'aucun commentaire ne sera fait par les responsables de la NASA concernant les effets personnels Résultats ë I Provincial ou les restes humains des astronautes, par respect pour leur famille ».Les indications du sonar (radar sous-marin) onl permis de localiser un gros objet en mêlai reposaitI par 42 metres de fond près de l'endroit ou les segments de fuselage avaient ele découverts Les équipes de recherche vont a present tenter de recupe rer l'objet.D'autres observateurs esti-mcni que la cabine pressurisée de la navette a ete pulvérisée par l'explosion du reservoir et que les restes des astronautes ne pourront être retrouves.Un video de la NASA montrant le déchargement des debris recueillis par les nav ires de recuperation montre le ne/ de la navette, une partie de la cabine, un morceau de la porte de la soute et des fragments des ailes et de la queue Gourmet tando/vous POURCtllBAtAlkfS Club de Hourmel et ill vovJRf' 14 février Souper dansant (SI Valentin) Rmtcrvationi Aline Hooper 335-1494 Hotel Shangrila du 28 fèv.au 2 mars week-end ski Mt Ste-Anne CLINIQUE MEDICALE LE RIGAUD \u2014 Médecine générale \u2014 Urgence \u2014 Bilan de santé \u2014 Examen gynécologique \u2014 Electrocardioqramme \u2014 Traitement de la douleur par neurostimulateur TENS \u2014 Epreuve d effort cardio-vascuiaire avant exerce?physique Du lundi «u vendredi de 9h00 \u2022 JlhOO Telephone: 844 3555 - 285 6426 425.Sherbrooke est Montreal.Que H2L 1J9 [y 5] \",e\"1 Co 1 2 14 16 20 27 < 310186 mpl.m» ftt.nr» 29 UMiNANT?fi 6 o 5 6+ 4 5 fi 130 4 fi 6019 I t lis I 648 558 00$ 20 927,00$ 804,905 64,30$ Mise-tot 23 31 33 34 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ervanU EXCELLENT NETTOYAGE TAPIS Établi en 1935 AUX JEUNES BÉNÉFICIAIRES DE LAIDE SOCIALE Faites profiter la collectivité de votre énergie et de vos ressources en participant à un projet «Travaux communautaires».Les Centres Travail-Québec sont piésentement d la recherche de bénéficiaires de l'aide sociale de moins de 30 ans pour participer, pendant environ 80 heures par mois, 6 divers projets acceptés dans le cadre du programme .«Travaux communautaires».Parmi l'éventail des activités actuellement offertes, certaines nécessitent une formation ou une expérience pertinentes telles \u2022 animation socioculturelle, e animation sportive, e support pédagogique en sciences humaines ou en éducation spécialisée, e support à la vie étudiante, \u2022 préparation de matériel dans un atelier de sculpture, e -animation auprès de leunes, \u2022 support technique en loisirs, I Gouvernement du Ouftbec Ministère de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu e aide pédagogique dons un atelier dWts pour des travaux si', textiles, e documentation ou archive, e datylographie dans les deux langues, é travaux dans le domaine de l'hygiène publique, e travoux de génie industriel.Les jeunes moins qualifiés peuvent également réaliser des activités utiles et acquérir une expérience avantageuse dans divers proiets offrant des tâches moins spécialisées.Les jeunes qui participent à un projet «Travaux communautaires» reçoivent?e la prestation régulière d'aide sociale, e une allocation additionnelle variant selon le statut familial, e un montant de 100 S par mois de l'organisme-promoteur Pour plus d'informations, ou pour vous inscrire, odressez-vous à votre Centre Travail-Québec ou, si vous habitez la Ville de Montréal, à votre Bureau local d'aide sociale.Québec s s î S - r-, - H LA PRESSÉ, MONTRÉAL, SAMEDI 1er FÉVRIER 1986 \u2022 A 5 L'AFFAIRE NIELSEN Mulroney absent, l'opposition bloque les travaux du Parlement ¦ OTTAWA - Fait sans précédent au Parlement canadien, à peine dix minutes après le début de la période des questions - d'une durée normale de 45 minutes - les libéraux et les néo-démocrates ont quitté hier d'un mouvcnt commun la Chambre des communes pour montrer leur indignation devant l'absence du premier ministre.MANON CORNILLIIR do notre bureau d'Ottawa Les deux partis d'opposition avaient été informés que M.Mulroney serait present et ils attendaient de sa part des réponses au sujet de l'écoute par le vice-premier ministre Erik Nielsen des discussions secrètes du caucus libéral dans les années bO.À leur sortie, certains députés ont même accuse le premier ministre d'être un peureux.Pour leur part, les deux chefs d'opposition ont annulé des engagements afin d'être presents et d'interroger M.Mulroney.En matinée, |ohn Turner est revenu de Chicoutimi et I .1 Rroadbent.de Vancouver.Des deputes sont retournes aux Communes pour bloquer, grâce à une motion de procédures, les travaux de la Chambre pour le reste de la journée.« C'est au premier ministre de repondre à ces questions qui louchent le coeur même de l'institution parlementaire et du gouvernement ».a commente le chef liberal |ohn Turner à sa sortie des Communes.« Mais je pense que le premier ministre n'a pas eu le courage de faire face a la Chambre des communes » « I .i demission de M.Nielsen doit être demandée.M.Mulroney aurait dû le faire hier ( jeudi ).» Pour le leader néo-demo crate Ed Rroadbent.il s'agit d'un manque de responsabilité AUTO INC.HYuroni loserpholo CP M.Nielson répondant à des questions du leader néodémocrate Ed Broadbent, hier aux Communes.et d'intégrité personnelle de la part de Brian Mulroney.De son côté.M.Nielsen a maintenu qu'il n'avait rien fait d'inconvenant.Le vice-premier ministre et ministre de la Défense avait, alors qu'il était dans l'opposition, écouté les délibérations du caucus libéral au milieu des années 60, â une époque où il a donné beaucoup de fil à retordre au gouvernement Pear son et a occasionné la chute de quatre hommes politiques du Quebec, dont le ministre de la lust ice, Guy Favreau.Selon une entrevue qu'il a donnée en 1973 et dont la trans cription a été obtenue aux Archives nationales, M.Nielsen avail accès a ces discussions de façon régulière.M.Nielsen au- STELLAR .CHAMBLY, 658-4481 MAIGRIR Un* ÉQUIPE \u2022ducatauri phywqu*, ommai*uri \u2022eut la (-«ponvabiii»» de* decteurt.Jeen-Ouy toiUou MO., M.S.C.(nurri-»on ) .t Pt«rr« lixette M D CBON DE MONTRÉAL 276-2573 DETECTIVE PIERRE D.MASSUE DEPUIS 1949 3*7-8757 \u2022 Autorise sous I Acte concernant les agences de détectives du Québec» Licencié par la Cite de Montréal \u2022 Disparitions \u2022 infidélité conjugale \u2022 surveillance \u2022 divorce \u2022 preuve d adultère \u2022 enquêtes criminelles \u2022 Iraude \u2022 extorsion \u2022 surveillance d employes \u2022 filature \u2022 toutes preuves pour la cour CONFIDENTIEL DISCRETION ASSURÉE \u2022 ENCAN \u2022 ENCAN \u2022 ENCAN \u2022 ENCAN \u2022 ENCAN \u2022 ENCAN à 13 h DEMAIN VISITE COMMENÇANT À 11 h DIMANCHE 2 FÉVRIER 1986 Comprenant: Grand choix de meubles, salle à manger, meubles de salon, bureaux, vitrines, chinoiseries, chaises de style Chippendale, ensemble de chambre à coucher, netsukés en ivoire, montres de poche, bijoux, argent sterling, colliers, articles de collectionneurs, monnaies rares, monnaie en or, tapis, et beaucoup plus d'articles, trop pour les énumérer dans cetto annonce.CE DIMANCHE Encan commençant a I3h Visite commençant à 11 h aux Galeries d'Encan EMPIRE Ensemble de salle à manger: table de 14 pi.et 10 chaises Piano à queue 5500, rue Paré, Montréal (juste à l'ouest du boui.Décarie) rail profite d'un problème dans le système de communication des Communes, sans en aviser le président de la Chambre comme le veut l'éthique parlementaire.L'opposition a renouvelé ses critiques devant ces procédés qu'elle juge inacceptables, repre-hensibles et incompatibles avec les fonctions qu'occupe aujourd'hui M.Nielsen.Le depute de Saint-Maurice, M.lean Chrétien s'est même dit prêt à porter des accusations en Chambre contre M.Nielsen et à mettre son siege en jeu au début de la semaine prochaine.Cela signifie que la question pourra être référée au Comité des privileges.Si M Chrétien perd, il est alors obligé, comme le veut la tradition, de donner sa demis- tiSans J J GDecai 1976 1986 Les mettre t de la restauration d« meuble» ancien» Refimtion.ebenistene et décapage ASSURANCE COMPLETE ET TRAVAIL OE QUALITE Evaluation gratuite de* travaui TtM, rae tt-ûeen.Il-lieajirt.Oeeaec 161-0464 sion.Par contre, le gouvernement n'est pas obligé d'envoyer la plainte à ce comité.S'il le fail, la pratique parlementaire veut que M.Nielsen démissionne de son poste de ministre pour toute la durée de l'enquête.Ainsi M.Chrétien prend att mot M.Mulroney qui a défie l'opposition, si elle était sérieuse, de porter des accusations claires et de mettre un de ces sièges en jeu.Le député de Saint-Maurice a admis qu'il ne prennit pas un grand risque puisque M.Nielsen avait lui-même reconnu, dans une entrevue et jeudi en Chambre, avoir écouté les réunions libérales.Ed Broadbent.plus prudent, a dit qu'il considérerait la question aujourd'hui la possibilité de mettre son siège en jeu « si cela signifie vraiment que je risque une élection dans ma circonscription ».Le leader du gouvernement en Chambre.M.Ray Hnatyshyn, a accusé les députes de l'opposi tion de se donner en spectacle inutilement, M.Mulroney ayant répondu la veille à leurs questions IX* plus, a-l-il insiste, M.Nielsen était présent pour leur répondre.Il a affirme que M.Mulroney avait avisé qu'il ne serait pas en Chambre.A un journaliste qui lui suggérait que cela donnait l'impression que le premier ministre était incapable de défendre M.Nielsen devant les accusations d'écoute, M.Hnatyshyn a trouvé l'argument ridicule.Il faut s'attendre a ce que l'opposition revienne à la charge la semaine prochaine et demande des comptes a MM.Mulroney et Nielsen.Apres avoir mis des ministres libéraux sur la solicite de façon impitoyable pendant des années, c'est au tour de M.Nielsen tie goûter a s» propre médecine.CÉLIBATAIRES \u2022 Vous recherchez une alternative aux discotheques et aux bars'7 \u2022 Venez rencontrer des gens dynamiques et cultives de votre groupe d'Age PROCHAIN COCKTAIL Le mercredi 12 février d« 19h30à 21h3C au Sheraton Laval Tenue de ville requise Réservation obligatoire.Prix: 12$ Pour renseignements et réservation, appeler le 666-6209 durant les heures suivantes: sem.et dim.de 10h à 18h; lundi et mardi de 19hà21h.LE CERCLE DES RENCONTRES ENR.futon de vos rêves Double 7\" 115* 3700, rue Saint-Denis \u2022 845-6792 | DERNIER JOUR POUR ÉVITER L'INSOLVABILITE ENCAN 132 TAPIS PERSANS et ORIENTAUX «City Merchant Bankers* ont suspendu les exportations et les transactions d'une compagnie de tapis orientaux.Ils ont chargé les liquidateurs d obtenir immédiatement des fonds pour tout le stock entrepôt II s'agit d une vente avant saisie.LE LUNDI 3 FEVRIER A 19 HEURES La stock sera amené depuis l'entrepôt au 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Des jumelles ! Elles sont assez belles ! Tu viendras voir cela, demain matin.le me doutais bien que c'était Lassie.La semaine dernière.Madame Chamberiin m'avait fait later son flanc : \u2014 Mettez votre poing, ici.And now.push.Vous sentez le baby ?tncorc six ou sept jours et il va sortir.l'avais dit, ah oui je sens, pour lui faire plaisir.Mais en fail, j'étais bien trop intimide par l'immensité de cette peau distendue pour tâter vraiment.D'habitude, je ne touche pas aux vaches.Sauf par jeu.quand je pose mon doigt sur un naseau rose et baveux, ou que je leur fais une papouille dans le cou.pour l'odeur que ça laissera sur mes mains.Mais d'habitude il me suffit d'etre la.C'est une petite ctablc, au plafond bas.bruissante de chaudes rumeurs dont celle de la paille remuée, et traversée de capiteuses va peurs.Sur une poutre, parfois, un chat.Il y a, dans les stalles, une quinzaine de vaches, plusieurs avec leur petits, et trois ou quatre en instance de mettre bas.Ce sont toutes de très brunes Hereford avec la tète et le dessous du ventre d'un blanc mousseux.IX* loin, immobiles, on dirait de gros tas de crème glacée à la vanille et au chocolat.Elles ont des bouclettes sur leur robe un peu réche, et sont de caractère très doux.Quand je suis seul avec elles, je leur parle : « Bonjour les vaches, comment ca va ».je leur dis qu'il y a de la neige haut de même dans leurs champs, et que c'est pas demain la veille qu'elles iront gambader, je parle pour parler, et quand elles sont tannées eh bien elles me le disent, meuh.ferme donc ta grande gueule Chose, on ne s'entend plus ruminer.Lassie est la dernière de la rangée de gauche.A quatre ans.une bête magnifique, avec des flancs de transatlantique, le la connais comme ça.en voisin, pas plus.Mais je connais aussi, de vue, sa mere Roycena et même sa grand-merc Golden qui venait de Prince Albert.oui c'est cela Prince-Albert en Saskatchc wan.comme feu M.Diefcnbaker.dont elle avait d'ailleurs, un peu.l'ombrageux caractère.Mais je répète que je n'ai pas connu personnellement ces vaches-la.j'ai seulement vu leur photo dans l'album qui est sur la table du salon, chez Madame Chamberiin.Mme Chamberiin qui soigne ses vaches avec une attention presque maternelle.Elle a ses préférences, par exemple Slurpie.la plus vieille.IS ans.presque plus de dents et 13 enfants, dont le dernier qu'elle allaite en ce moment.Il y a aussi la très gen tille Greystone.la premiere fille de Lassie, seulement un an.et deja presque aussi grovsc que sa maman.Là ou vous ne verriez que des vaches toutes semblables.Mada me Chamberiin voit, ici, une grand-mère admirable ; la.une eccrvelec ; ou une depressive, ou un fier-a-bras.Nie fait cent nuances qui sont autant de inarques d'affection.\u2014 F.llcs n'en finissent pas moins toutes en steaks ou en rôtis ! dis-je, un peu malignement.Ce qu'elle interpréta tout autre ment.\u2014 Oh, c'est vrai, je vous avais promis un morceau du gros baby qu'on a tue l'automne dernier.|e vais aller vous le chercher dans le congélateur.\u2014 Celui-là.c'est bien celui qui avait une tache brune sous l'oeil ?\u2014 Oui, oui, le gros.Il était superbe, non ! \u2014 Et cela ne vous fait rien, d'en manger ?Sensiblerie toute citadine.Il quoi ! Vaudrait-il mieux manger ceux du voisin, parce qu'on ne les connaît pas ! \u2014 Ce n'est pas de les manger qui me fail de la peine.C'est de les laisser tuer par n'importe qui.Le pire, c'est quand ils partent dans un encan.Savoir qu'ils vont être dirigés vers l'abattoir de Montreal, je ne peux pas supporter.Ça me fait mal que mes bétes aillent mourir a Montreal le ne le souhaite même pas aux humains.Pour revenir aux jumelles, je ne savais pas que c'était si rare \u2014 Oh yeah.en \"W ans, c'est seulement la deuxième fois.Et encore, la première, un seul des tubes est sorti.L'autre a pourri dans le ventre de la mere pendant une semaine.C'est moi qui la tenais, quand on I a opérée Cette fois, les bébés filles de Lassie sont en parfaite santé, bl et 73 livres .C'est drôle les bébés vaches, ils sont tout de suite vieux ! En sortant du ventre de leur mere, ils sont exactement, en modèle-réduit, ce qu'ils seront adultes.La même face, les mêmes proportions.Contrairement aux poulains tout en pattes, aux chatons et chiots aveugles et chauves, aux petit humains complètement legumes, les bebcs vaches n'ont pas le cordon sec qu'ils ruminent deja.avec k plus grand sérieux, sur leur domes tique condition.Les deux jumelles de Lassie, indifférentes a notre presence, et a celle de la chienne qui leur léchait le museau, ne s'étonnaient déjà plus de rien.Contrairement à la maman qui.elle, mani festement.n'en revenait pas ! Elle poussait du nez une de ses filles, puis l'autre.Mais elle avait beau compter et recompter, il y en avait bien deu ' Elle en était tout ahurie.Baba de ses deux bébés.Pour ut peu.comme Archimede sortant de son bain, elle s'en serait gratte son front bovin.\u2014 Good girl ! Elle est surprise niùybe.mais plus encore, elle est inquiète ! \u2014 Pourquoi 7 \u2014 Elle n'a pas assez de lait pour les deux II me faudra l'aider.Mamelles de secours demandées pour aider grosse vache à nourrir ses jumelles Des truffes pour la paralysie cérébrale mm Line plogue pour la bonne ™ cause.De 20 heures ce soir, a 20 heures dimanche soir, donc 24 heures sans discontinuer, grande vente de truffes au chocolat a la pâtisserie de La Brioche Lyonnaise.1S93 rue Saint-Denis (face au cinéma).Ces truffes seront vendues au prix habituel de $5 les cent grammes ( $ 50 le kilo ).Ce qui n'est pas habituel, c'est que le produit total de cette vente sera remis à l'Association pour la Paralysie Cérébrale qui a donné son accord à cette levée de fonds.Cette vente ( qui se déroulera donc en même temps que le téléthon) a été rendue possible grâce â la collaboration des fournisseurs de la pâtisserie, Nutrichcf.Valrhona maitre chocolatier, la ferme St Laurent.France-Décor, Robert Pons, etc.Grâce aussi a M.Guy Lafont et tous les autres employes de la pâtisserie.MM.Tran Conghuynh, Christian Millet.Richard Chaillat, Antoine Délice et Mesdames King Phel et Monique Lacoste.Erancine Grimaldi aujour d'hui, moi-même demain après-midi, et me dit-on, peut-être Paul Buissonncau, Louise Forestier et je ne sais pas trop qui encore, défileront comme vendeurs bénévoles durant ces 24 heures à la Brioche Lyonnaise.Au plaisir de vous y voir.PIERRE FOGLIA PAIEMENT: COMPTANT, CHEQUES ET TOUTES LES PRINCIPALES CARTES DE CREDIT A 6« LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1er FÉVRIER 1986 EDITORIAL PAUL DESMARAIS président du conseil d'odministration ROGER D.LANDRY president et éditeur MICHEL ROY éditeur adjoint CLAUD* GRAVEl d«ecfeu> de I .ri»of\")»ti< < JEAN-GUY DUBUC *dilo»«lu!« WcftrV Haïti: rumeurs et réalités Pendant une bonne partie de la journée d hier, on n a pas trop bien su a quoi s'en tenir quant à révolution de la situation à Haïti.Où était donc passé Jean-Claude Duvalier, président à vie?Était-il en pleine fuite?Une junte militaire lavait-elle remplacé?Ce nouveau gouvernement était-il composé pour la moitié de militaires, pour l'autre moitié de civils?Dame rumeur envoyait «Bébé Doc» au Maroc, pendant que des sources plus sûres affirmaient qu'il n'avait pas quitté lîle.Enfin on l'entendit.On l'entendit même deux fois.Entre-temps, de Miami à Montréal, des exilés célébraient un peu prématurément le depart du chef haï.Il est toujours imprudent de prendre ses désirs pour des realités.Il faut convenir qu en l occurrence l'emoi paraissait d'autant plus fonde que c est la Maison-Blanche elle-même qui a propulsé la nouvelle du départ forcé de Duvalier.Quelques heures plus tard, le département d'État venait corriger l'interprétation abusive du porte-parole de la Maison-Blanche.Il resterait à savoir si l administration américaine n'a pas elle-même pris ses désirs pour des réalités, si elle ne continue pas encore aujourd hui à souhaiter ardemment que Undefendable Duvalier parte.Si tel est le voeu profond de r administration, l'entourage du président Reagan a les moyens de le faire savoir et les prochains jours pourraient se révéler intéressants de ce point de vue.Mais existe-t-il une solution de rechange à Duvalier?Dans le numéro de février de la revue Relations, Karl Lèvêque pose la question et y répond.«Du côté de l'opposition, écrit cet observateur, ni le peuple ni l'Église ne semblent prêts à s aligner derrière un quelconque leader; pire, ils ne sont porteurs d aucune stratégie de prise du pouvoir.» Conclusion: «I incertitude totale régne quant au régime qui pourrait succéder à cette dictature vieille de 28 ans».Autrement dit, il y a une situation révolutionnaire, faite de la corruption du régime et du dépouillement de la population; mais il n'y a pas cette conscience révolutionnaire, qui est le moteur indispensable de la révolution.Pas de stratégie de prise du pouvoir, comme dit l'article de Relations.Il faut dire les choses telles qu'elles sont, au risque de heurter Quelques esprits généreux: Haïti n'a pas les moyens d assumer son destin.Ce n'est pas le seul peuple qui ne peut pas ou ne veut pas assumer son destin.Formellement indépendante depuis 1804, l'île n'est certainement pas indépendante des États-Unis.Washington qui a laissé en place Duvalier pére et fils, a certainement les moyens de mettre un terme a cette «présidence à vie».Est-ce possible, est-ce nécessaire, si aucun successeur ne se présente?Autant en ce qui concerne les Philippines qu'Haïti, on dirait que l'administration Reagan envisage une formule de gouvernement pour ces territoires que, faute d'un terme meilleur, on pourrait appeler télé-gouvernement ou gouvernement à distance.Il est remarquable que le même jour I administration Reagan annonce à Manille que son aide augmentera, si les élections du 7 février sont honnêtes, et à Port-au-Prince que sa générosité sera moins grande, si le dossier du gouvernement Duvalier reste aussi lamentable.La carotte à l'un, le bâton à l'autre.Mais toujours dans le but de peser décisive-ment sur le cours des événements.S en scandalisera qui voudra.Après tout, le peuple haïtien ne serait pas plus malheureux en compagnie des Gis que sous la férule de Duvalier.Guy/*ormiir L'espionnage parlementaire ! Le premier ministre Brian Mulroney a été plongé, bien malgré lui cette fois, dans une autre affaire controversée impliquant le numéro deux de Sun gouvernement.La question est de savoir maintenant si oui ou non le vice-premier ministre.Erik Nielsen, a été impliqué dans une véritable «affaire d'écoute électronique» dans le milieu des années 60 alors que les libéraux étaient au pouvoir.Dans ce contexte I enquête réclamée par les libéraux et les néo-démocrates, avec l'ex-ministre Jean Chrétien en tête, afin de déterminer si cet «espionnage» était vraiment délibéré ou le fruit du plus pur hasard, est amplement justifiée.D'autant plus que les accusations mettent en cause la crédibilité et I honneur de l'homme fort du gouvernement conservateur.Les activités d'espionnage de M.Nielsen, révélées par le quotidien Toronto Star, jeudi, ont jeté la consternation sur la Colline parlementaire, très sensible à ce genre de question.La semaine s'est terminée sur une note de crise politique quand les députes de l'opposition ont refusé de siéger, vendredi matin, en I absence du premier ministre.Selon ce qui a été permis d'apprendre jusqu a maintenant, M.Nielsen écoutait les propos secrets du caucus des députés licaraux de Lester-B.Pearson, chaque mercredi.Ce qui avait permis à ce dernier d'avoir la tête de trois ministres du Québec: Guy Favreau, Lucien Cardin et Maurice Lamonta-gne Et d avoir une longueur d'avance sur bien des sujets contre ses adversaires dont il connaissait la stratégie.M.Nielsen a effectivement reconnu, à la Chambre des communes, avoir écouté des délibérations secrètes du caucus libéral.Mais selon lui, il n'y avait rien d'illégal dans cette façon d agir.Un propos entériné d ailleurs par son chef M.Mulroney qui s'est porté à la défense de son ministre, d'autant plus que ce dernier a prétendu que cette écoute était le fruit du hasard et non une operation menée systématiquement à chaque semaine.Si.effectivement, comme le prétend le ministre de la Défense, il n y avait aucun système d'écoute électronique, mais que des fils avaient été mal branchés dans les salles de comités permettant aux conservateurs d'écouter ce qu'on y disait, le gouvernement Mulroney ne devrait pas s'opposer à la requête de l'opposition.Le gouvernement aurait intérêt, en effet! à faire toute la lumière, dans les plus brefs délais, sur une question aussi delicate.Mais il n'a manifestement pas l'intention de se plier à la demande des députés d'en face.Pour forcer le gouvernement à agir, il ne reste qu'un moyen.Jean Chrétien a peut-être l'intention de le prendre.Mettre son siège de députe en jeu au début de la semaine prochaine, en portant des accusations précises à lendroit de M.Nielsen.Et forcer ainsi la Chambre à saisir le comité des privilèges et élections de cette affaire nébuleuse.L écoute électronique, à cette époque, n était pas illégale.Mais en s adonnant à cette pratique, par ailleurs, M.Nielsen posait tout de même un geste «immoral»: il a fait preuve d un manque de « fair play» inquiétant pour un homme qui occupait de grandes responsabilités, c'est le moins qu on puisse dire.En gentleman et en parlementaire respectant les traditions du système parlementaire britannique, il aurait dû avertir les autorités du parlement de cette «défectuosité technique».Il r,e l'a pas fait, ce qui est difficilement excusable.Car M.Nielsen, alors qu'il était dans l'opposition sous le régime Trudeau, était le premier à tenir à ce que les membres du gouvernement respectent l éthique parlementaire de notre regime politique.Jacques BOUCHARD LA,DERHièBe.«f£f#tk & 3* lis ourffir w £RAnp jû (Droiti réwrve») Marcel Adam La politique n'est l'art du Dossible au'aores le scrutii m^Èk possible qu'après le scrutin «Lu politique est l'art du possible.» Les hommes et les femmes qui ont exerce le pouvoir y ont tous vérifié la sagesse de cette maxime pour ensuite la servir a leurs censeurs.Mais rares sont ceux qui l'invoquent en campagne électorale pour calmer les trop grandes expectatives des électeurs.Règle générale les partis rivaux renchérissent à qui mieux mieux sur les promesses ei engagements ties uns et des autres, donnant l'impression aux électeurs que demain sera possible tout ce qui ne l'était pas nier.Très tot ces promesses racoleuses se révèlent irréalistes.Ou bien parce que plusieurs ont ete faites en méconnaissance des dossiers (c'est le cas des partis d'opposition).Ou bien parce que la realisation de l'une exclut celle de l'autre.Ou bien parce qu'on ne peut en même temps promettre de satisfaire tous les groupes et de réaliser des reformes qui exigeront des sacrifices douloureux de la part de certains d'entre eux.De cette surenchère irréaliste et contradictoire ne peut résulter que deception pour les citoyens, déboires pour les diri- geants et discrédit pour la classe politique.Cette semaine le ministre federal |ohn Crosbie a bien décrit le drame d*un gouvernement qui a tout promis et dit ce que les gens voulaient entendre pour se faire élire, et qui découvre qu'il ne peut livrer toute la marchandise ni entreprendre les reformes promises sans risquer de perdre l'appui populaire.Au confrere Michel Vastel il confessait: «Qu'est-ce que cela nous donnerait d'offrir un gou-vernement parfait en tous points, un gouvernement qui coupe les dépenses, qui élimine des programmes et qui réduit le deficit, si les Canadiens nous enlèvent le pouvoir dans trois ans parce qu'ils jugent cela inacceptable.Les libéraux (.) reviendraient au pouvoir et recommenceraient le gaspillage.Il ne serait pas sain pour le Parti conservateur et le Canada que nous perdions le pouvoir à la prochaine élection.» M.Crosbie a exposé avec la franchise qui lui est propre, le douloureux dilemme qui confronte tous les gouvernements démocratiques: ou bien être le meilleur gouvernement possible, la perte du pouvoir dut-elle en eire le prix; ou bien être le moins mauvais gouvernement possible et éviter le pire: le retour au pouvoir du parti adverse.Que M.Crosbie avoue que le gouvernement conservateur a préfère la sécurité de l'imperfection au risque de la perfection ne m'etonne pas car tous les partis sont convaincus, et c'est normal, que, quoi qu'ils fassent, au pouvoir, ils y sont plus utiles pour la société que dans l'opposition.Il faut dire cependant qu'il arrive que des gouvernements sont prêts à prendre le risque d'une défaite en demeurant fidèles a des engagements qui découlent d'une philosophie ou de principes qui fondent leur raison d'être.Par exemple, le gouvernement Trudeau a fait preuve plus d'une fois de ce courage.Mais les partis n'ont pratiquement jamais celui d'annoncer en campagne électorale que des redressements s'impo sent qui seront douloureux pour l'ensemble de la population ou certains groupes de citoyens.Rares aussi sont les par-lis qui ont celui de ne pas faire de promesses racoleuses, com- me ce fut le cas du PQ aux dernières élections.'\u2022 Pourquoi les partis n'ont-i|s pas ce courage?|ohn Crosbje, a répondu à cette question du rant la campagne de 1984 en disant que si son parti révélait.ce qu'il entendait faire il ne serait pas élu.Voilà un autre effet pervers des campagnes électorales.Elles induisent les partis et une partie de l'électoral à faire le commerce des votes, les électeurs en demande accordant leur suffrage au parti le plus offrant.\u2022 Aussi longtemps qu'il y aiiiH des campagnes électorales au cours desquelles les partis se disputeront la clientèle volatile susceptible de faire la diffefM; ce entre la victoire et la defffHC, les partis ne pourront résister à lu tentation d'acheter la victoire et des citoyens de vendre leur vote.Et nous aurons d'une part dès gouvernements qui ne seront capables ni de remplir tous leurs engagements ni d'accomplir les réformes difficiles qui s'imposent, et d'autre part ife citoyens déçus des gouverfû» ments et désenchantes de la politique.LECTURES A-t-on le droit de se mêler du suicide de l'autre?La question est posée.Bruta le et aussi troublante que le suicide lui-même est profondément choquant.Il y en a d'autres encore, auxquelles les experts n'arrivent pas à répondre dans l'unanimité.Lm statistiques sur le suicide sont-elles fiables?Les suicidés ont-ils vraiment voulu mourir?Les parachutistes, pilotes de formule un.plongeurs, alcooliques et fumeurs cherchent-Ils un suicide en différé?HUGUETTE ROBERGE Dans La suicide, un ouvrage publié récemment par l'Institut québécois de recherche sur la culture, le journaliste et anima leur de radio télévision Laurent Laplante traite lu question, non pas en sociologue, en psychanalyste, en philosophe ou en moraliste, mais en journaliste.En journaliste soucieux de vérité, respectueux de la vie et encore plus des vivants.Malgré tout ce qui a déjà été dit et écrit sur le suicide.Laplante a voulu ausculter encore une fois le geste et son contexte, pour deux raisons: «D'abord, même fréquent, même décodé, le suicide frappe toujours aussi dur.Ensuite, ce n'est pas vrai que le suicide a livré tous ses secrets.» L'auteur réfléchit noir sur blanc à l'image que nous avons du suicide, à l'efficacité des spécialistes à nous aider à comprendre.Au fait, que sait-on vraiment du suicide?Qu'est-ce que les suicidés cherchent à dire?Et comment doit on réagir face au suicide, face aux suicidaires?Il est trop facile de se faire une \u2022opinion» à partir d'impressions et de préjugés, d'Intuitions et de simplifications.Laurent Laplante nuance tout cela.Dans la langue précise, accessible et Imagée qu'on lui connaît, il décortique la présentation faite du suicide dans le» médias.qui fait avaler comme des évidences d'énormes sous-entendus, tels: aucun être normal ne se suicide, les suicidés n'appar tenaient pas au monde des «vivants convaincus», ou encore s'ils sont suicidaires, les héros perdent tout droit à notre admiration.Laplante s'applique à scruter les rapports entre le suicide et le sexe, l'âge, la classe sociale, l'urbanisation, la situation matrimoniale, la profession, et même la tentative de suicide.Mais finit-il par nous expliquer le sens du geste?Meerloo écrivait «il n'y a pas d'explication unique pour le suicide».A quoi Camus répliquait «il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux, et c'est le suicide».Laplante soumet sans prétention quelques déductions: «Le suicide serait donc le jugement que prononce une personne sur l'existence qui s'offre encore à elle.Jugement formulé à pat-tir des valeurs de l'individu Tu gement découlant aussi de la hiérarchie que l'Individu lui-même a établie entre ses diverses valeurs, l'existence y compris.» Face au phénomène, que m ie.et d'abord faut-il agir?Entre Meerloo qui veut l'intervention à tout prix, et Guillon \u2014 Le Ba-niec.qui, dans leur Suicide mode d'emploi, prônent te droit de chacun au suicide, la plante garde le centre Mais s* réflexion ouvre des pistes de recherche.Certains principes, a son avis, méritent de surnager: le suicide lucide doit être respecté, et ce sont les proches~èT les organismes spécialisés (non l'État et les bureaucraties) qui peuvent le mieux évaluer oyUe relative lucidité.U' suicide.p,ir Laurent Implante, Institut québécois de recfitfZ che sur la culture, octobre \\9KK 124 pages. \u2022 A 7 A LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI te, FEVRIER 1986 PLEINS FEUX SUR L'ACTUALITE VOIR MAISONS D'ENSEIGNEMENT en pages B 3, B 4 et B 5 L'AFFAIRE NIELSEN : Un autre coup dur pour le gouvernement Mulroney pj OTTAWA - Les mal ™ heurs cuniinucnt de s'abattre sur le gouvernement Mulroney.Après les Bob Co-ates, |ohn Fraser, Suzanne Biais Grenier et Marcel Masse, c'est au tour d'Erik Nielsen, l'homme fort du cabinet Mulroney, la terreur des libéraux, de se retrouver au milieu de la tourmente.Le vice-premier ministre reconnaît avoir participé à l'écoute clandestine des discussions du caucus du Parti libéral au milieu des années soixante! Les aveux ne sont pas nouveaux Ils ont été publiés dans un livre publie en 1973 par Peter Stursberg : Dicjenbakcr : LMKfcrsJty) fort (1962-1967).C'est lors d'un entretien enregistre en prévision de la preparation de ce livre que M.\\ielsen ;i parle pour la premiere fois de cette operation d'espionnage : « Il existait une méthode grâce à laquelle nous (les conservateurs) savions chaque mercredi ce qui se disait dans le catlCUl liberal, mot pour mot » avait-il alors déclaré.Mais personne a l'époque n'y avait prête attention.Cette fois, c'est different.L'informa-Iuni a etc lancée par le I oronto Siar.et elle a immédiatement occupe le parquet de la Chambre des communes.M.Nielsen s'est défendu en disant que ce n'est pas lui qui avait organisé cette opération d'écoute électronique.Mais il a néanmoins obtenu toutes les semaines les enregistrements des discussions des libéraux et il a retenu les services d'un traducteur pour comprendre les échanges en français.Mulroney ne bronche pas ., L'opposition a reclamé immédiatement la demission de son ministre.Elle s'est heurte ad premier ministre Mulroney, qui a rappelé les 28 ans de service de son collègue au Parlement federal et ses exploits durant le deuxième conflit mondial.Pilote d'avion, héros militaire.Erik Nielsen a reçu (es plus hauts honneurs pour M.Erik Nielsen, vice-premier ministre, reconnaît avoir participé à l'écoute clandestine des discussions du caucus du Parti libéral au milieu des années soixante ! son dévouement durant la guerre.Mais cet argument n'a pas adouci les rangs de l'opposition, notamment les libéraux qui n'ont jamais pardonne certains gestes passés d'Erik Nielsen.L'homme a une réputation de bagarreur.Ses opposants le craignent, on le surnommait le « mangeur » de libéraux au début des années 60.Erik Nielsen est celui-la même qui a eu la téte de plusieurs politiciens francophones, dont le ministre Guy Favreau.l'ex-senateur Maurice Lamontagne et le député Guy Rouleau.Au cours des dernières années du gouvernement Trudeau, il a même réussi à ébranler le ministre des Finances, M.Marc Lalonde.lors de l'affaire Gillespie, portant sur l'octroi de subventions gouvernementale à une compagnie dirigée notamment par l'ancien ministre liberal Alastair Gillespie.Un homme fort Une fois au pouvoir.Brian Mulroney lui a confie d'énormes responsabilités.Il est actuellement le responsable de la Défense, avec un budget de $9 milliards, et aussi le vice-premier ministre.Durant quelques semaines l'automne dernier, il a cumule également le ministère des Pèches et Océans.Il préside aussi le groupe de travail ministériel charge de l'examen des programmes, comité mieux connu sous le nom de « groupe Nielsen ».Ce comité a pour tâche de couper dans les dépenses gou vernementales et de diminuer le déficit.Erik Nielsen est une véritable epee de Damocles, tant pour les ministres qui craignent de perdre leurs budgets, que pour les fonctionnaires qui ont peur de perdre leur emploi.C'est donc cette pierre angulaire du regime Mulroney qui est pris a partie par les demie res révélations des médias.L'enjeu est tellement important que les deux partis d'opposition bloquent les travaux du Parlement depuis deux jours en criant leur indignation dans une atmosphere de crise rarement vue depuis cinq ans.Apres un mois de septembre désastreux, les conservateurs auront connu un janvier « noir ».Une autre crise qui s'ajoute aux malheurs du gouvernement, qui vient d'apprendre en plus que des accusations seront portées contre la firme Lavalin et certains organisateurs du ministre Marcel Masse, concernant les dépenses encourues pendant la cumpagne électorale de 1984 Et comme pour ajouter a la situation, le p' mier ministre a appris cette semaine que la cote de popularité de son parti est a peine plus élevée que cell*, du NPD dans sa province natale, le Ouébec.L'affaire Nielsen est loin d'être terminée puisque députés libéraux et néo-démocrates sont prêts a porter des accusations en Chambre contre le mini e et à mettre leur siege en jeL Presque avec un air de vengeance, lean Chrétien a dit jeudi : « Cela ne pouvait arriver a un meilleur gars ».Le depute de St-Maurice était là dans les années soixante quand Nielsen semait la terreur.André Ouel-let aussi.C'est au moins là un sujet qui fera l'unanimité parmi ies libéraux.Ils ont bien l'intention de servir au ministre conservateur la même médecine qui l'a rendu si célèbre il y a vingt ans.Le Sommet de Québec, porte de sortie de celui de Paris ¦\u2014 GILBERT BRUNIT Nil I de notre bureau de Ouébec pj OUFBEC \u2014 Un petit dé-Bl tour par Toronto, pour mieux comprendre l'imbroglio: un titre du «Globe and Mail» disait .ette semaine: «C'est le premier ministre, et non Bourassa, qui sera en vedette à l'ouverture du Sommet francophone».Dans cette optique.LE premier ministre c'est, bien entendu.Brian Mulroney.El « Bourassa ».c'est, au même titre qu'Hatfield ou Peterson, un « provincial ».Une impression de déjà vu.de déjà lu.Un sentiment qui persiste, après le depart des intransigeants \u2014 Trudeau et Lé-vçsque \u2014 et l'arrivée des conciliants \u2014 Mulroney et Bourassa.La perception d'une « province comme les autres » a la vie dure.Et la tenue du premier Sommet des pays francophones du monde en a été retardée pendant plus de 20 ans.En novembre dernier, en pïèine campagne électorale au Quebec, on croyait avoir surmonte l'obstacle : le Québec obtenait d'Ottawa le statut de gouvernement participant.Réjouissances de courte durée quand, après les élections du 2 décembre.Ottawa accordait le même statut dit « special » au Nouveau-Brunswick.« Nous négocions.» Pierre Marc lohnson avait beau crier à « l'incompréhension », il venait de perdre le pouvoir.Et Robert Bourassa.lui.cherchait par la négociation une forme de compensation : une autre « place particulière ».comme il le repétait cette semaine.« l'ai confiance que nous trouverons un terrain d'entente, et s'il y a impasse je parlerai personnellement à M.Mulroney.» Pas d'affrontement, surtout pas en public, susceptible de ternir le Sommet de Paris.Pas de geste qui pourrait être interprète comme « nationaliste », au sens péjoratif, à Ottawa comme à Fredericton ou.dans le « Globe and Mail ».Rien, non plus, qui pourrait contrarier le gouvernement français, déjà sur les dents à la veille des élections législatives du 16 mars.M.Mitterrand tient à ce Sommet, mais la France a toujours refusé de le convoquer sans accord Ottawa-Québec.Par ailleurs, la cote des conservateurs de M.Mulroney chute sans arrêt, au Québec plus particulièrement.Et le premier ministre fédéral ne veut pas rater l'occasion qui lui est offerte de faire, à Paris, d'une pierre trois coups : ¦ rappeler aux Québécois qu'il est l'un des leurs \u2014 « le p i h gars de Baie-Comcau » - et qu'il peut le mieux les représenter a un grand forum international; ¦ rappeler aux 500 000 Fran-co-Ontariens, aux 250 000 Aca-diens du Nouveau-Brunswick et a tous les autres francophones hors Ouébec qu'il dit non à « deux classes de francophones », comme il le repète depuis deux mois; ¦ rappeler enfin a tous les électeurs du pays que c'est lui LE premier ministre de tous les Canadiens, ce qui correspond a « l'esprit Globe and Mail » mentionne ci-devant.Marge de manoeuvre Restait à trouver la porte de sortie, la « marge de manoeuvre » pour reprendre l'expression électorale favorite des libéraux québécois.Globalement, a Paris, les « sherpas » s'entendent pour que la séance inaugurale du Sommet, devant les caméras, soit brève : un porte-parole par continent.Le Québec accepte alors, au même titre que la Belgique ou le Tchad, que ce porte-parole continental soit un autre.En échange, M.Bourassa aurait la « place particulière » (et non plus le statut) qu'il recherche pour le « peuple québécois, foyer de la francophonie en Amérique du Nord » : le dernier mot, le rendez-vous solennel fixe pour le prochain sommet, à Québec.Mais ce cpmpromis doit lui aussi être négocié, entre Otta- wa, Quebec et tous les autres gouvernements participants.Si les Africains trouvaient, par exemple, que Quebec est situe trop loin de chez eux; ou si Ottawa insistait pour être l'hôte de ce deuxième sommet, toutes frontières confondues.Tout le fragile édifice risquerait alors de s'écrouler.La porte de sortie du gouvernement Bourassa.en ce début de 1986.est fort étroite : elle ne sera ouverte que si le lieu du prochain sommet, celui de 1987 ou 1988, peut être deja choisi.Résultat : les « sherpas » s'en viennent, dés lundi, dans ce « Canada-Québec ».aux susceptibilités qui échappent à « l'esprit Globe and Mail » mais que les Québécois com prennent bien.Surtout quand les dirigeants fédéraux sont des Québécois, de Trudeau en Mulroney.Le nouveau Délégué général du Ouebec a Paris, lean-Louis Roy, a bien cerné le problème quand il concluait l'un de ses derniers éditoriaux dans « Le Devoir » sur ces mots : « Le projet de la francophonie à naitre recouvre le schema Nord-Sud.Il commande une coopération qui soit vraie, conjointe, concrète, moins utile aux politiciens du Nord qu'aux populations du Sud.» lusqu'ici, ce sont les « politiciens du Nord » qui occupent le haut du pavé Mais en a-t-ii deja été autrement?Lysiane Gagnon Le Merveilleux Monde des Affaires pj On ne s'ennuie pas au Quebec.Tantôt l'on est gouverne ™ par la Crème des Intellectuels, tantôt par le Merveilleux Monde des Affaires.Une bonne chose n'attend pas l'autre.Le problème, c'est que ces bonnes choses arrivent l'une après l'autre, jamais en même temps, autrement dit, que c'est tout l'un ou tout l'autre, jamais un beau mélange équilibré.Entre 1976 et 1985.ce fut le règne des idées: livres blancs, livres beiges, livres verts, projets de société, énonces de politique, réformes globales et visions d'ensemble.Comme d'habitude, dans cette société qui vit au rythme du pendule c'est-a-dire d'un extreme à l'autre, on vient de faire un virage a 180 degrés.Nous voguions dans les spheres éthérees d'un campus universitaire, nous voici assis par terre, devant la caisse, dans une arrière-boutique d'epicerie.e \u2022 \u2022 Le Merveilleux Monde des Affaires a donc pris l'affaire en mains.Dans les trois comités consultatifs que le premier ministre Bourassa a mis sur pied pour définir et piloter ce qui deviendra la Sainte Trinité du nouveau régime, soit la Productivité, la Privatisation et la Déréglementation, tous les membres, à trois ou quatre exceptions près, viennent du monde des affaires.Ce sont ces 14 personnes \u2014 disons plutôt ces hommes car il n'y a qu'une femme dans le groupe: une seule! \u2014 qui auront la tâche capitale de participer, a titre privilégie, a la redefinition de l'Etat et de la société.Parmi elles, précisons-le tout de suite, il y a des gens de grand talent et qui ont en outre, comme MM.Michel Bélanger et Claude Castonguay.une connaissance intime des rouages de l'administration publique, où ils ont fait leur marque avant d'aller dans le secteur privé.Il n'est pas si étonnant non plus que le gouvernement Bourassa veuille manifester un «préjuge favorable» au milieu des affaires.Ce préjuge favorable existe aussi, ces temps-ci, dans la population.Le problème, c'est l'homogénéité, non seulement tous les consultants viennent-ils du milieu des affaires, mais c'est aussi le cas des trois politiciens responsables de ces comités.MM.Gobeil.Fortier et Scowen.Dieu sait pourtant a quel point l'optique sociale est nécessaire, quand il s'agit de privatiser des services publics, d'élever le degré de productivité ou de réduire la réglementation.a moins évidemment qu'on ne decide de retourner à la loi de la jungle ou seuls les plus forts s'en tirent.Pourquoi ne pas avoir conjugué l'optique sociale a l'optique économique?Pourquoi les ministres «sociaux», généralement plus progressistes ou plus portes à examiner l'aspect humain ou humanitaire des decisions, n'ont-ils pas été associés a cette ope-ration?Pourquoi, dans ce débat ou il ne sera pas seulement question de coûts et de bilans mais aussi de besoins et de valeurs, s'est-on privé de l'intelligence, de la sensibilité concrète et de l'expérience polyvalente des femmes?Pourquoi est-ce seulement l'optique du patronat et des cadres supérieurs qui devrait prévaloir quand il s'agira de decider ce qu'on «privatise» ou pas.quels règlements on abolit, quels services on sacrifie?\u2022 \u2022 \u2022 Il n'était pas nécessaire de recommencer l'expérience (de toute façon fort décevante) des «sommets socio-économiques» et de faire un simulacre de «concertation» entre leaders syndicaux et porte panik- patronaux.Mais il n'y a pas que les Gerald Larose ou les Louis Laberge.au Québec! Le Ouébec est rempli de gens qui sont sensibles aux realites des travailleurs \u2014 bien plus sensibles, de fait, à ces réalités, que certains chefs syndicaux qui répètent la même chose depuis 20 ans dans une langue de bois ou jamais ne passe le souffle des usines, des bureaux et des chantiers, pour la simple raison qu'ils en sont coupes depuis trop longtemps.Il n'était pas nécessaire d'avoir sur chaque comité une femme-en-tant-que-femme, un handicape, un Noir et un assisté social, pas nécessaire de procéder par étiquetage, en faisant entrer de force dans le même bocal des porte-parole officiels, des symbole: :t des alibis.Ce genre d'exercice aboutit toujours, comme on l'a vu dans les «sommets» tant fédéraux que provinciaux, a des dialogues de sourds et à l'improductivité.Mais avec un peu d'imagination, et en cherchant ailleurs qu'à la tète des organisations constituées, le nouveau gouvernement aurait pu faire asseoir, a cote des banquiers et des chefs d'entreprises, des gens capables de refléter d'autres intérêts et d'autres réalités.Il y a dans divers milieux des leaders naturels capables d'articuler les aspirations des travailleurs, des consommateurs, des gagne-petits ou de la classe moyenne, et tous les intellectuels ne sont pas des-intellectuels-desincarncs.il y en a qui sont branchés sur des realites bien concrètes.Le gouvernement est passé à côté d'une belle occasion de lancer une autre sorte de concertation, plus vivante, moins dogmatique, plus concrète: celle qui aurait pu s'établir entre gens qui ne sont ni des apparachiks ni des «porte-parole» de ceci et de cela, et qui sont bien ancrés dans des milieux diversifiés.BBC Le premier ministre Bourassa, de même que plusieurs de ses ministres de poids, a toujours été plutôt social-démocrate.Il reste que les choses semblent évoluer, plus radicalement qu'on ne l'aurait prévu, vers la droite.lusqu'à présent en tout cas.ce sont les ministres issus du secteur privé qui ont été les plus vocaux, à commencer, évident ment, par M.Pierre MacDonald de la Banque de Montréal.Le nouveau ministre du Commerce extérieur et du Développement technologique s'est d'abord distingue en «embauchant » comme conseiller politique son propre fils.dont le salaire est payé par une entreprise privée.M.MacDonald n'a rien vu la qui cloche, et s'est même étonne qu'on s'etonne.Et la semaine dernière, dans une interview a la Presse canadienne, il se prononçait sur la recherche universitaire: «On ne peut plus continuer de développer des créneaux scientifiques en vase clos universitaire uniquement parce qu'une personne ou un département universitaire a un goût pour un créneau particulier.Si l'on doit investir du temps et de l'argent dans la recherche, il faudra que ce soit en étroite relation avec la réelle demande du marché.» Passons sur le degré de connaissance que M.MacDonald semble avoir quant à la façon dont les chercheurs orientent leurs travaux.Croit-il que c'est par fantaisie ou caprice, pour ne pas dire sous l'effet d'une lubie, que les universitaires s'orientent vers tel ou tel type de recherche?Sait-il même qu'il existe des chercheurs qui ne servent pas à l'industrie?Les historiens, les philosophes, les hellénistes, qu'est-ce qu'on va faire avec eux?Quant à la liberté académique, glissons mortels n'appuyons pas: ce n'est pas un concept très à la mode par les temps qui courent.Voyons plutôt ce que M.MacDonald a en tète: «.Une complicité entre l'entreprise et les universités (qui) sont le plus beau réservoir de matière grise sous-utilisé (par les) industries, le commerce, les centres de recherche appliquée privés, etc.» Bon prince cependant, M.MacDonald concède qu'«il n'est pas question d'enrégimenter les chercheurs comme le ferait un gouvernement totalitaire.» Ouf! Les chercheurs rétifs n'auront pas de subventions mais au moins ils ne seront pas enfermés dans des camps.C'est toujours ça de pris! Le jeudi 6 février 1986, dans =j là presse le Guide officiel du CARRIÈRES ET PROFESSIONS Place Bonqyenture du 7 au 11 février 1986 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1er FÉVRIER 1986 I H H HAÏTI EN SITUATION DE CRISE photothèque IA PRESSE Jean-Claude Duvalier et sa femme Michèle Bennett.Président à vie à 19 ans ¦PARIS (AFP) \u2014 |ean-Claude Duvalier, Baby Doc.est president a vie de la République d'Haïti depuis le 22 avril 1971.quand, a I âge de 19 ans, il ;i succède a son pore.François Dun .ilier, Papa Doc Ne le 3 juillet 1951 a Port au Prince, le jeune président a la silhouette lourde et au visage lunaire, leru de natation, de ten nis et de voitures de sport, est marie depuis mai 1980 avec une mulâtresse.Michèle Bennett, qui lui a donne deux enfants.Sons la présidence de son pere.devenu president a vie en |4'->4 et dont le nom reste lie a la milice au'il avait créée, les cele hrcs tontons macouies.le jeune lean v ! tuile, dé* I âge de 7 ans, est témoin des intrigues, disgraces, arrestations, executions, bombardements de palais qui ont marque le règne sans partage mais non sans contestation de Papa Doc.A l'âge de 11 ans.il est la cible d'un attentat au cours duquel trois de ses gardes du corps sont IUCS Baby Doc fait ses etudes primaires et secondaires che^ les Fléres des écoles chrétiennes du college Saint Louis de Gon/ague de Port-au Prince.Son baccalauréat obtenu, il s'inscrit a la faculté de droit et des sciences économiques de la capitale haïtienne.Mais son pere meurt le 21 avril 1971 Le lendemain, lean Claude prête serment, devenant ;ilnrs le plus jeune chef d'F.tat du monde, et president à vie.Son pays, qui partage avec la Republique Dominicaine l'île d'Hispaniola.située a moins d'une heure de vol des Etats-Unis, est le plus pauvre du conti nenl sud-americain.Le pouvoir y est a l'époque en fait exercé par l'homme fort du regime, Luckner Cambronne.ministre de l'Intérieur et de la Défense nationale, qui sera limoge un an plus tard pour une affaire de trafic de sang avec les Etats Unis, par la veuve de François Duvalier, maman Simone.Soucieux de faire oublier la dictature de son pére, |can-Claude Duvalier amorce une ti mide libéralisation adoption d'une nouvelle constitution, épuration de l'armée, les tontons macoutes deviennent des volontaires de U> sécurité nationale, amnistie générale en 1977, creation de la Ligue haïtien ne des droits de l'homme en 1978, premieres élections libres en 1979.Mais la censure est ensuite rétablie et des arrestations provoquent l'exode de réfugiés, de plus en plus nombreux, vers les États-Unis, le Canada et le Venezuela.Malgré plusieurs tentatives de déstabilisation.Baby Doc amnistie 36 prisonniers politiques en avril 1985 et annonce la legalisation des partis politiques.Depuis fin novembre 85, le jeune président à vie connait la crise la plus grave depuis son accession au pouvoir, déclenchée par de violentes manifestations contre la misère et l'injustice aux Gonaives et au Cap-Haïtien.Air Canada y va mm Aux dernières nouvelles.™ Air Canada maintient son vol vers Maiti.aujourd'hui.El un avion en depart de Port-au Prince est attendu ce soir.Selon la directrice de Haiti-Tour.un grossiste en voyages a destination de l'île, elle a connu hier une grosse journée de reservations pour Haïti, et pas spécialement de Haïtiens Mme Monique Dansereau explique également avoir communique par telephone, à plusieurs reprises au cours de la journée d'hier,avec son représentant la-has.et sans difficulté.Le télex aussi fonctionnait bien Son représentant sur place assurait que les nombreux clients en vacan ces vaquaient a leurs plaisirs sans problèmes et ignoraient même les nouvelles qui circu laient ici.Les clients d'Haïti Tour voyagent par vols nolisés de Nationair.Dans plusieurs agences de voyages contactées, on explique que Haïti n'était pas une desti nation que l'on recommandait beaucoup, depuis un certain temps.Si bien qu'on n'a pas subi beaucoup d'annulations au cours de la journée d'hier.«Il faut que ça change», avait lancé Jean-Paul II aux Haïtiens mm La révolte des Haïtiens con-^ tre le regime Duvalier n'est pas l'effet du hasard.Le soulèvement massif de la population qui a abouti hier prend sa source dnns le cri que le Pape lenn-Pau-! Il a lancé lors de sa visite dans 111e, en 1983.« Il faut que ça change ».s'était alors écrié le souverain pontife.JEAN-PIERRE ¦OMHOMM1_ C'est la ferme conviction que M.Henri Tanguay, responsable des missions des Frères des Ecoles chrétiennes a exprime hier lors d'une entrevue.Ces religieux comptent parmi l'une des sept ou huit communautés québécoises, réunissant quelque 500 de nos citoyens, qui oeuvrent, en Haïti, dans le domaine scolai re et particulièrement dans celui de l'aphabètisation.Les Frères québécois, les religieuses tout autant, explique li I sont bien places pour voir la misère haïtienne de pres.Ils vivent avec elle dans la solidarité.Dans chacune des cinq écoles de cette communauté particulière des Frères des Ecoles chrétiennes, et dam ses 30 groupes d'alphabétisation, les frères et les soeurs enseignants font une bouillie avec de la farine de mais du cru et du lait en poudre fourni par les Américains.Ils la distribuent a 10 h et c'est le seul repas que les élèves prendront de toute la journée ! Ce rituel se produit dans les autres institutions québécoises, toutes subventionnées, pour une bonne part, pai la société québécoise elle-même : celles des Frères de l'Instruction chrétienne, des Frères de Saint-Gabriel, des Maristes, des Oblats et des Saint-Viateur.Les lé&uites, eux, ont été expulsés il y a 25 ans « parce qu'ils prêchaient la justice et le respect de la personne ».Les Québécois ne quitteront pas Depuis peu, poursuit-il.les circonstances ont changé et les Québécois ne quitteront pas Haïti, bien au contraire.D'ailleurs, leur nombre est en croissance.Ce sont eux, indique t il.qui ont fait prendre conscience au peuple du sort qui lui était fait.La connaissance circulait trop pour que la résignation continue.A la base de l'émergence dune nouvelle conscience, precise-t-il, se trouve la jonction qui a été faite, après la visite du Pape, entre les deux « conférences » religieuses, celle des dirigeants de communautés religieuses \u2014 y compris des françaises, des allemandes et des suisses \u2014 et celle des évéques haïtiens.Le peuple, conclut-il, « a enregistré le message » de l'Eglise catholique.L'effort libérateur n'est pas venu de l'Etat québécois.Celui- ci, bien qu'Haïti soit un pays d'influence française dont les liens avec le Quebec sont naturels, a en effet fermé sa délégation générale» Port-au-Prince, li ne reste plus, sur place, qu'un agent d'immigration du Québec.M.|erry Power, qui est appuyé par trois commis haïtiens.Le ministère des Relations internationales n'a plus la mémoire-synthèse de l'implication québécoise.Son budget total a récemment été réduit de $50 à $40 millions.LA PRESSE n'a pu communiquer avec M.Power.L'ancien délégué général du Québec, M.lulien Aubert.a dit a LA PRESSE, hier, avoir lui-même constate que les religieux québécois, en Haïti, sont « pratiquement des saints » et que leur action est « considérable ».Consortium d'ingénieurs La présence des Québécois, en Haïti, ne se trouve par ailleurs pas seulement concentrée dans le domaine scolaire.Un consortium de firmes d'ingénieurs québécois réalise, pour le compte des banques interaméricaine et mondiale, des travaux de conception et de réalisation des re seaux d'elcctrification a Port-au-Prince.Les dirigeants de ce consortium, forme d'Hydro-Québec (chef de file), de L.M.B.T S., et de Lalonde, Girouard, Letendre, ne se prononcent pas sur la nature de leurs relations avec le ré- t gime Duvalier.Us expliquent* néanmoins que leur planifica-.tion, faite avec les « spécialistes scolarises » de l'Électricité d'Haïti, est d'envergure.Pour la-réaliser la Banque Mondiale V ve-sc.depuis quelque cinq un-, « plusieurs millions de dollars » Une centrale thermique de pu.duction de l'clectricite, celle de Le Carrefour, a été mise en servir ce récemment, ladis le groupe S.N.C.avait construit une petite centrale pour les Frères des Écoles chrétiennes avec de l'argent de l'ACDI.L'ingénieur lean Roquet.L.M.B T.S.a expliqué que planning québécois s'effectue en collaboration avec Sofrelec, de France, et Tams d'Allemagne.M.Roquet a explique, par ail leurs, que le consortium québécois s'est attaque à la tache, pour libérer Hatti de l'importation du pétrole, d'implanter une centrale hydro-electrique.Le groupe, dit-il.a découvert un lieu, à la source de la riviere Artibonite, près de la frontière de la République dominicaine, ou la nms-truction de barrages ne provoquerait pas le déplacement des populations.M.Roquet a dit croire d'autre part, que si ies agences d'aide international's de France, des USA et d'ailleurb.ne versaient pas.comme actuel lement.«des centaines de millions» en subventions, les Haïtiens ne vivraient pas longtemps.Une des nombreuses scènes de pillage à Port-au-Prince ptiOtO Af analyse Les gens se bronzent.¦(PC) \u2014 Les desordres en Haïti, accompagnés de rumeurs de chute du gouvernement et de fuite du president Duvalier, ne semblent pas affecter le tourisme en provenance du Canada.« |e viens de communiquer avec le chef de notre village là-bas.Il fait soleil, aucun problème, les gens se bronzent.La route est praticable, l'aéroport est ouvert.« Bien sur, ça peut changer d'une minute a l'autre et nous gardons constamment le contact », a précise vendredi Alex El-kayan, responsable a Montreal du Club Méditerranée, qui exploite un village de 700 lits, à une heure de route de Port-au-Prince.Aucune mesure spéciale de la part du Canada Les causes profondes du mal mm Tout projet de reconstruc lion nationale ou de « société nouveille» en Hani presuppose un tru vail de Titan.Depuis des deeennies.la politique en Haïti est un discours qui ne dit rien sur Haïti Derrière ce discours, les faits nous parlent d'intérêts individuels ; ils nous disent une Haïti n'a jamais su gérer ses ressources.Aujourd'hui, ce pays est un pays de mendiants.Le peuple, langue de Tinjustice, est forcé de mendier dans les villes et dans les campagnes.Le gouvernement mendie auprès des organismes internationaux.La révolte du pays haïtien est une révolte d'affamées, une révolte désorganisée.Les manifestants qui n'ont pas trouve à manger aujourd'hui et qui n'ont pas mangé hier ne trouveront pas non plus à manger demain.Le problème structurel haïtien n'est pas né d'hier.182 ans d'indépendance et de marasme économique n'auront servi à ce pays qu'a engraisser um infime bourgeoisie agraire qui n'a pas su.comme en Amérique du Sud.investir dans la production industrielle ou agricole à long terme.Il n'y a pas eu accumulation de richesse collective.Le pays uvail des ressources, on l'appelait «la perle des Antilles».Mais ces ressources ont été dilapidées dans des dépenses de consommation immédiates.Les profits réalisés a court terme par une minorité ont été placés dans les banques, sans plus.Haïti n'a pas profité non plus des apports d'infrastructures économiques \u2014 aussi inégulilaircs furent-elles \u2014 laissés par les anciens régimes coloniaux dans les autres iles antillaises.Une indépendance venue très tôt ( 1804) a laissé le pays à lui-même pendant un siècle avec uni' redevance annuelle à payer à la France pendant 60 ans qui a eu pour effet de paralyser le développement économique.Aujourd'hui, la stagnation économique, malgré des changements structuraux venus trop lard, entraine le pays dans un gouffre de misère inimaginable.Le resserrement des mesures budgétaires exigé par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondial (BM) exerce une pression supplémentaire sur une population déjà prise à la gorge.Sans compter que la croissance démographique, qui se situe entre 3 et 5 p.cent par année, dans un pays qui fait la moitié de la Nouvelle-Ecosse et qui compte 6 millions d'habitants, aggrave la situation.Les problèmes structuraux du pays sont devenus si aigus, sur tout après 28 ans d'incurie du régime des Duvalier, que même les plus impitoyables des critiques du régime haïtien est oblige d'admettre que celui-ci se heurte aujourd'hui à des problèmes économiques monumentaux qui ne se prêtent pas à des solutions rapides.L augmentation du prix du pétrole, les mauvaises récoltes de café et de sucre en 1984 et la cfiule des prix mondiaux pour ces denrées, la tendance grandissante a importer des biens de consommation de l'étranger et principalement des États-Unis n'ont pas contribué à améliorer la situa-lion.La demure recession économi que mondiale a de plus diminué considérablement les envois de capitaux provenant des familles haïtiennes en exil.Elle a nuit également à l'industrie touristique qui était déjà minée par la mauvaise image projetée par Hatti à l'étranger et par la crainte du SIDA.(Les États-Unis ont récemment enlevé Haïti du groupe-cible pour le SIDA, réparant ainsi une erreur coûteuse pour Haïti.Mais le mal est fait dans l'esprit des touristes.) Déjà en 1984, les entrees nettes de devises provenant du tourisme, selon la Ban que interamericaine de développement, sont tombées à $28 millions US contre une moyenne de $40 millions par an en 1980 et 1982.Alors que 300 000 touristes se sont rendus en Haïti en 1980.il n'y en a eu que 210 000 en 1984.Tout le secteur de l'industrie manufacturière a également souffert de la conjoncture, s'intégrant fort mal à l'économie haïtienne en raison de peu de matières premières locales.Enfin, la sécheresse, le processus 1res net de dégradation entraine pur un déboisement important qui a des conséquences immédiates sur l'érosion et la sédimentation des sources d'eau expliquent en partie les sérieuses difficultés que le pays a à stimuler le secteur de l'agriculture et de l'élevage.Pour um population qui travaille à 65 p.cent dans le secteur de l'agriculture, cela est une catastrophe.Tous les analystes économiques étrangers (BID, FMI.BM) s'entendent sur les potentialités de ce pays dans les secteurs de l'agriculture, de l'industrie et du tourisme.Ils reprochent sévèrement au régime actuel d'avoir négligé de développer à son maximum ces potentialités.C'est pour toutes ces raisons qu'un changement de garde en Haïti exige un changement profond des mentalités et des politiques.De' responsables à Washington qui ont Çttrdé l'anonymat ont déclce nier que si le gouvernement américain n'avait pas poussé plus fort pour luire sauter le régime, «même si Washington est embêté par ce régime corrompu», c'est qu'il ne volt pas d'nita nan ve au pouvoir actuel.GILLES TOUPtN S\" m| OTTAWA (PC) \u2014 Le Cana-^ da n'a pas l'intention pour l'instant de modifier la nature de ses relations, couper son aide financière ou prendre des mesures spéciales pour tenter d'influencer le rétablissement de la démocratie et des droits de l'Homme en Haïti.PII (IL Interrogée, hier à Ottawa, la ministre des Relations extérieu res, Mme Monique Vezina.n'a pas voulu commenter en profondeur la nature des relations entre le gouvernement du Canada et celui d'Haïti dans ce qui semble être la crise politique qui décidera du sort du président à vie (depuis 1971) |ean-Claude Duvalier.« On nous a dit à notre ambassade, a indiqué Mme Vézina, qu'il n'y avait pas d'état de violence extrême à Port-au-Prince, la capitale, et dans l'ensemble du pays.« La tradition du gouvernement canadien, .i i elle poursuivi, veut que Haïti soit un Etat reconnu et cette même tradition veut que le Canada collabore avec les gouvernements légitimes.» La ministre n'a pas voulu dire si le ministère canadien des Affaires extérieures et le gouverne ment Mulroney maintiendra ou modifiera ses relations avec Haïti, un pays qui sera représenté au Sommet des pys francophones le mois prochain à Paris, advenant une détérioration dans un sens ou dans un autie de la situation intérieure dans ce coin des Caraïbes.Qui plus est, il n'est pas question que le gouvernement canadien mette un terme aux programmes d'aide consentis à Haïti par l'Agence canadienne de développement international.(ACDI).« Nos programmes d'aide en cours (environ $8 millions), a souligne Mme Vezina, sont maintenus puisque nous aidons les populations et non pas les régimes.» En fin d'après-midi, hier, un porte-parole du ministère des Affaires extérieures a indiqué que tout semblait normal à Porl-au prince et dans le pays.Les 2 000 ressortissants canadiens n'étaient d'aucune façon menacés pas plus que les 500 touristes qui s'y trouvent.Les aéroports sont opérationnels malgré l'état de siege qui ne comporte pas, fort curieusement dit-on, de couvre-feu.les marchés sont ouverts et la milice haïtienne (tontons macoutes) a, reçu l'ordre de protéger les étrangers.Aux Affaires extérieures canadiennes on soulignait que jean-Claude Duvalier était toujours au pouvoir, qu'il avait promis de faire respecter les droits dé l'Homme cl de promouvoir de profondes réformes da* - un discours de 10 minutes sur les ondes de la television haïtienne.Le Lesotho et le Botswana Au même moment, le secrétaire d'État aux Affaires extérieures, M.|oe Clark, annonçait par communiqué que les récents* événements qui affectent le Lesotho et le Botswana, deux pays membres du Commonwealth, oui ont hébergé des réfugiés de I Afrique du Sud, inspiraient de l'inquiétude parce qu'ils avaient été soumis à des interventions militaires et des menaces constantes de la part du régime Botha, mais pas un mot off)-' ciel sur la situation politique en Haïti, pays secoué depuis un.mois de violentes manifestations contre le régime du prési- \u2022 dent à vie Ican-Claude Duvalier. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1er FÉVRIER 1986 HAÏTI EN SITUATION DE CRISE L'OPPOSITION EN EXIL: une bataille Le peuple a gagné mais l'après-Duvalier s'annonce dur m In s'accrochant au pouvoir ™ hier matin a Port-au-Prince, le «président à-vie» |ean-Claude «Bébc Doc» Duvalier a déçu les Haïtiens, qui avaient veillé toute la nuit dans l'attente de son départ, mais son regime a été baîiu ci sa personne ne compte désormais plus dans le débat politique haïtien: le peuple a gagné une manche et il aborde maintenant une autre manche encore plus difficile.JOONEID KHAN Tel est l'essentiel des réactions de dirigeants de l'opposition en exil et de personnalités en vue de la disapora haïtienne à Mont real.New York.Miami.Washington, Mexico.Caracas et Paris, joints au téléphone hier par LA PRESSE.«On déracine un arbre profondément enraciné avec des moyens de fortune», a estimé Ernst Verdieu.du Centre inter-communautaire des réfugies (CICR).«Il faudra continuer à déraciner».«Il est évident que Duvalier s'accroche, se cramponne, et les jours et semaines à venir promettent d'être très chauds», a-t-il dit, en précisant que «les jeunes lui ont donne jusqu'au Mercredi des cendres, le 12 février prochain, pour partir».Ernst Verdieu a surtout souligné «le combat non-violent et exemplaire d'un peuple désarmé, face à une machine répressive bien huilée, un peuple qui a d'abord vaincu la peur et qui refuse de reculer».« Nous assistons à du très mauvais cinéma», a déclaré Paul Dejean, de la Communauté chrétienne des Haïtiens de Montréal, en faisant allusion à l'annonce par Washington, suivie peu après d'un démenti, du départ du dictateur haïtien.«Nous savions que Ronald Reagan était un très mauvais acteur, a-t-il ajoute, mais comme metteur en scène, il pue».La mise en scène, de l'avis des personnes interrogées, concerne l'apres-duvaliérisme.«Ce qui s'est joué hier, le malentendu et la confusion entre Washington et Port-au-Prince, c'est le dilemme de la solution de rechange a Duvalier», a affirmé de Mexico l'économiste Gérard Pierre-Charles, secrétaire-général du Parti unifié des communistes haïtiens (PUCH).«Derrière la formule d'une junte, des mains essaient de manoeuvrer, a-t-il poursuivi, mais la crise ne fait que commencer et la grève générale promet de s'installer dès lundi, ce qui ne fera qu'aiguiser la confronta- 4ÉB S lion La régime n'a pas été renversé hier mais il est deja battu ».Ernst Verdieu fait à peu après la même analyse.« Le scénario du depart éventuel de Duvalier était prévu à Washington, a-t-il dit, mais le problème se posait à propos de son remplacement.Une junte militaro-civile devait, semble-t-il, s'engager a respecter les droits de l'Homme tout en rassurant les duvalieristes.Mais la manoeuvre n'a pas réussi à calmer la colère du peuple».Paul Dejean note qu'il semble exister présentement en Haïti «un vide du pouvoir», mais, souligne-t-il.«le peuple ne s'en portera que mieux» Il affirme surtout que la solution a la crise «ne saurait venir que des Haïtiens eux-mêmes» et qu'elle ne peut venir «des États-Unis ou de l'extérieur».En ce qui concerne la promesse d'un « projet de société » faite hier par Duvalier, Ernst Verdieu déclare: «C'est un discours inutile.Les jeunes y ont déjà repondu en décembre dernier.Si Duvalier veut se refaire une crédibilité, il devrait, au minimum, remettre à la Banque nationale d'Haïti les $500 millions qu'il doit a l'Etat et qu'il a placés dans se-, comptes et investissements a l'étranger».Pour Serge Gilles, qui anime a Paris l'Union des forces patriotiques et démocratiques haïtiennes (IFOPADA), «le processus enclenche est irréversible» et « Duvalier a beau chercher à gagner du temps avec son discours d'hier, il n'a plus la situation en mains».«Diverses composantes de l'opposition haïtienne, a l'intérieur comme à l'étranger, discutent actuellement d'une plate forme minimale qui pourrait comprendre le départ des Duva lier, un plan d'urgence de secours, de reboisement et d'al-phabetisation.des elections, le retour des exiles et la restaura lion du régne de la loi », a ajoute Serge Gilles sans plus de précision.Pour Gerard Pierre-Charles, la crise haïtienne actuelle «est aussi une crise de l'opposition poli tique, qui n'a pas su relever le défi de l'heure avec son propre projet de société et avec un leadership uni et représentatif».Le chef du PUCH rappelle la conference de Panama, où en 1981, l'opposition haïtienne s'était employee à dégager des tendances unitaires.Mais, admet-il.les structures des forces politiques d'Haïti restent nettement insuffisantes face a la réalité du regime et a celle de sa force de frappe.« Nous assistons à du très mauvais cinéma », a déclaré Paul Dejean, de la Communauté chrétienne des Haïtiens de Montréal, en faisant allusion à l'annonce par Washington, suivie peu après d'un démenti, du départ du dictateur haïtien.photo Michel Gravel, ia presse Ogé Choute: «Il doit y avoir des élections générales.» Marie-Claude Gousse: «On connaît ce petit jeu-la!» Georges Noël: «Ils ont assassiné mon père et mon frère.» LES HAÏTIENS DE MONTREAL EN LIESSE «Je suis née aujourd'hui.alors pas question d'aller travailler!» ¦jjj « | ai 32 ans.monsieur, et ™ c'est la première bonne nouvelle que j'entends depuis que je suis née ! » PAUL ROY Mireille Alexis, coiffeuse dans un salon de la rue Bélanger, n'est pas rentrée travailler hier matin « l'ai de la difficulté à parler : j'ai trop fête, trop crié depuis que j'ai appris que Duvalier est parti, hier soir Retourner en Haïti 7 Quelle question banale ! Bien sur qu'il faut retourner pour rebâtir le pays ! » L'atmosphère était a l'euphorie\", hier, au Centre communautaire haïtien, rue Marquette.On dansait, on chantait, on s'embrassait et on criait : « À bas les macoutes ! » Et les nouvelles contradictor ies selon lesquelles Duvalier était toujours en poste?On refusait d'y croire.M.Romulus est chauffeur de taxi : « Ce sont les amis de Duvalier qui répandent ces nouvelles, iK emploient toutes sortes de trucs.» Pascal lean Sauveur, presseur : « le suis sur à 99 p.cent qu'il est parti.» Marie-Claude Gousse, téléphoniste chez Bell : « Quand le père de Duvalier est mort, en 71, ils ont fait la même chose : ils ont caché le cadavre pendant je ne sais trop combien de jours.Onconnait ce petit jeu-là ! » Pressentiment Mme Gousse dit avoir appris i.i nouvelle jeudi soir : « |e n'ai pas dormi de la nuit, le pensais sans arrêt, ma tête était comme une usine.Comment dormir après 29 ans de dictature ! » Elle dit avoir eu le pressentiment de ce qui allait se passer : « l'ai eu l'intuition que c'était mon dernier hiver.Il y a quelques semaines, j'ai demande un congé sans solde de trois semaines.je suis en congé depuis le 26.» Compte-t-elle retourner en Haïti ?Oui, mais la.les enfants sont à l'école.Georges Noel est mécanicien, il a 36 ans.Son père et son frère aine ont été assassinés par les « tontons macoutes ».Lui, il s'est réfugié à l'ambassade canadienne et il -st arrivé à Montréal a 18 ans.« |e suis tellement content ! |e vais retourner le plus vile possible en Haïti.Une semaine, deux semaines, trois.» M.Noel n'est pas rentre travailler hier.« |e n'ai pas téléphone à mon patron, un lu if québécois ; c'est lui qui m'a téléphone quand il a appris la nouvelle : il est très solidaire.» (esse Dauphin, 27 ans.vit au Québec depuis 14 ans : « On n'a pas choisi d'être ici, on a été for Vivienne Darbouxe: «Le plus grand jour de ma vie.» On s'embrassait.ce de quitter Haïti.Depuis hier, je ne liens plus en place ! l'ai une famille, deux enfants, on se prépare à partir, maintenant qu'il y a un pays a reconstruire.Haïti a besoin de nous.» « Nos enfants sont québécois » Et besoin des Québécois, clame Roro d'Haïti, un musicien de 36 ans.« Les Québécois nous ont accueilli, nous ont compris, ils ont lutté avec nous.nos enfants sont québécois ! » Vivienne Darbouze, physio-thérapeute, 21 ans : « le suis née aujourd'hui.alors pas question d'aller travailler ! » Ogé Choute, opérateur, 35 ans.vit au Québec depuis 14 ans : « je n'ai pas eu le courage d'aller travailler aujourd'hui, rester à l'ouvrage jusqu'à 4 h 30.j'étais tellement content ! » M.Choute dit vouloir retourner pour reconstruire avec tous les Haïtiens.« Mais il doit y avoir des élections générales, précise-t-il.Les Haïtiens ne toléreront pas un régime militaire ; c'est le peuple qui doit décider de sa destinée.» Quand nous avons quitte la rue Marquette, hier après-midi, le monde continuait de rentrer.Dans un bureau, on organisait une marche qui doit partir ce matin à 11 h du carré Dominion.Dans la salle, on continuait de s'embrasser et de chanter et de distribuer des entrevues aux journalistes.D'aucuns parlaient des $500 millions que Duvalier aurait détournés vers un compte de banque suisse.Mais l'important, c'était qu'il soit parti.Et on refusait de croire que tout cela pouvait n'être qu'un rêve.« Haïti a déjà été la perle des Antilles, déclarait un homme à un journaliste de la radio.Elle ne sera plus jamais le soleil de la misère ! » Montréal compterait environ 30 000 citoyens d'origine haïtienne.photo* René Picard .1 Michel Gravel.LA PRESSE Mireille Alexis: «La première bonne nouvelle que j'entends de ma vie.» Les chauffeurs de taxi ont paradé 1 A LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI le.FEVRIER 1986 A 10 PLEINS FEUX SUR L'ACTUALITE 31 L'AVENTURE SPATIALE : CATASTROPHE.ET SUCCES La fin des certitudes JEAN-FRANÇOIS USÉE a Washington collaboration spéciale mm WASHINGTON \u2014 L'a-venture spatiale américaine vient de faire un grand bond en arrière.Ou vienl-elle de ruter >on grand bond en uvani?Dans le récit du programme spatial qu'auraient proposé les historiens du tournant du siècle, la mission 5 IL de Challenger aurait dù figurer au debut d'un nouveau chapitre: celui de la banalisation du vol spatial, celui de»- «années de transition» entre la période de rodage du «camion de l'espace» et l'avènement de la premiere station orbitale américaine.Les vols precedents avaient mis en orbite la suprématie technologique américaine Celui-ci transportait carrément l'Américain dans l'espace: un Noir, deux femmes dont une-juive, un Américain d'origine japonaise, deux veterans du Vietnam.Par professeur interposé, les enfants du pays devaient recevoir de Challenger leur premier cours intensif de vie orbitale, comme une invita lion au voyage, a l'audace.Christa McAuliffe devait les préparer a devenir la generation de l'espace A la place, son WieiiaajC prend des allures de mise en garde.Attention danger, la'mission Challenger vient ainsi de provoquer une crise de confiance nationale, elle vient d effriter durable ment l'optimisme d'une nation hier certaine de son destin spatial.Le retard 1986 était l'année cruciale pour la navette, selon les responsables de la NASA.Avec le retour en piste d'une .Columbia* remise a neuf, la flotte des guatres véhicules devait passer a la vitesse supérieure: 15 vols en 12 mois.A côté des missions scientifiques et militaires, le rôle commercial et industriel de la navette devait prendre un elan décisif.Plus de 50 compa-gnies négociaient avec la NASA la production en orbite de produits de pointe, notamment en pharmaceutique et en alliage des métaux.Chaque vol devait ramener sur terre son stock de découvertes pratiques, ouvrant la voie à de nouveaux brevets, préparant le terrain aux «mini-usines» que doit contenir la station spatiale.Combien de temps faudra-t il patienter?La NASA n'use pas avancer de chiffre.Mais il ne faut pas s'attendre a de nouveaux décollages cette année, et sans doute pas en 1987.Si les 22 mois de pause qu'avait provoques en 1967 l'explosion au sol d'une mission Apollo doivent servir d'indicateur, la période d'attente devrait cette fois-ci être encore plus longue, la navette est mille fois plus complexe.Et il ne suffit pas de trouver la cause de I accident.Si de nouveaux composants sont requis, leur conception et les tests (sur chacune des trois navettes restantes) multiplie ronl les délais.Une fois relance, le programme ne pourra sans doute pas reprendre le même elan.De- puis trois ans.la NASA tentait de réduire toujours un peu plus la période de vérification entre chaque vol de chaque navette, afin d'accélérer le roulement.On devait en arriver à 24 vols en 1988.Mais combien de contre contre-vérifications seront ajoutées lors des prochains retours de navette?Cruellement, les choses seraient beaucoup plus simples si on découvrait qu'une bombe était responsable de là catastro- phe., Le retard accumulé provo quera une redistribution de* rôles dans la competition internationale pour le lancement de satellites commerciaux.Les satellites qui attendaient leur de-part sur la navette pourront aller acheter chez l'européenne Ariane leur aller simple pour l'orbite.Transpnce 4nc, une compagnie privée américaine qui lente de percer Je marche avec ses fusees t)elfa, tentera de récupérer le trop plein qu'Ariane ne pourra physiquement absorbed.Si la navette n'a toujours pas repris tout son service d'ici 1990 \u2014 les trois navettes restantes pourvoiront a peine aux mission* scientifiques et militaires \u2014 tes |apo nais récolteront une partie de la manne avec leurs nouveaux lanceurs H-2.La station Au train où vont, et ou iront, les choses, la station orbitale-américaine ne verra pas le jour pendant ce siècle Lorsque le projet a cte officiellement lance par le président Heagarr en janvier 1984.l'objectif était 1992.Une première coupure de budget, l'an dernier, l'a repoussé à 1994.Le budget 1987 qui doit être déposé après-demain par le président portait, aux dernières nouvelles, un nouveau coup à la NASA et rendait la mise en orbite de la station impossible avant 1997.La loi Gramm-Rudman d'élimination graduelle du déficit budgétaire américain menace de réduire encore de 20 à 50 p.cent le budget de la NASA (comme de toutes les agences gouvernementales) en 1988, ce qui aurait un effet dévastateur sur le projet de station.La perte de la navette Challenger vient encore brouiller ces cartes.Produire une nouvelle navette coûterait environ deux milliards de dollars, c'est-à-dire presque 25 p cent du budget total de la NASA pour cette année (7,6 milliards de dollars).L'agence spatiale devra probablement choisir entre la commande d'une nouvelle navette ou un nouveau retard pour la station.Le Pentagone compte lourdement sur les services de la navette pour tester les éléments de l'initiative de défense stratégique («Guerre des étoiles») et pour son éventuel déploiement.Mais il n'est pas certain qu'une quatrième navette soit indispensable pour accomplir cette tâche, surtout si la construction de la station, qui nécessite 11 vols, est reportée de plusieurs années.Le fait que l'armée ne s'intéresse pas \u2014 du moins pas officiellement \u2014 à la station orbitale rend sa situation encore plus précaire.D'echo en echo, l'explosion de mardi n'a pas fini de faire entendre son message: une seule navette vous manque et tout l'espace est dépeuplé.Des militaires examinent une pièce qui semble provenir de la navette spatiale Challenger, et que l'on a trouvée sur la plage de Cocoa Beach.Uranus : là où tout est à l'envers! f I ***** CLAUDE LAFLEUR collaboration spéciale NOTL : Lu tragédie de mardi dernier a brutalement juii pa^r dans l'ombre la mission de la sonde américaine Voyager-2.Celle-ci a realist, l'extraordinaire expiait de nous dévoi-Ur utw plainte pour le mums déconcertante \u2014 Uranus.V oiei ce taie Voya-lier-2 iH>ii\\ raconte.mu Au cours de la journée de vendredi de lu semaine dernière, nous avons appris davantage sur la planète Uranus et son cortege de satellites et d'anneaux que durant les deux siècles écoules depuis leur de-couverte' 1 I i Le passage jc |a sonde V'oya- ' 'ger-2 a travers le domaine ura-tuisien est considère par tous les spécialistes comme l'un des sommets de l'année spatiale 1986.Au cours de son périple, la sonde bénéficia d'accelcra (ions en frôlant successivement lupiter et Saturne, ce qui lui renin! de rallier Uranus en seulement huit ans et demi.«Ces planètes sont alignées de telle manière à permettre de ks atteindre aussi rapidement que tous les 175 ans; les données accumulées ces jours derniers constitueront la base de notre connaissance pour les deux siècles a venir», affirme Burton I dleson, responsable des etudes spatiales a la NASA.La sonde américaine est pas see a quelque 81 (XX) km des franges gl \u201eees d Uranus \u2014 avec une- minute d'avance sur les previsions établies cinq ans .plus tut Di\\ instruments, dont ' deux camérai de television (qui \u2022t»eruieiil capables de lire les manchettes d'un journal a un kilometre de distance), ont «r^ scrute l'environnement uranu-sien La sonde a révélé une pla- nète ga/euse ou tout parait sens dessus dessous aiiu>i que ' la lune la plus tourmentée du système solaire et des anneaux de couleurs différentes Mais la grande surprise demeure la mise en evidence d'un champ magnétique aux curieuses propriétés entourant Uranus.Une planète déboussolée Uranus grav ite autour du Soleil a trois milliards de kilomètres, soit a une distance dix-neuf fois plus grande que celle qui nous sépare de notre étoile.C'est un monde gazeux dont le diamètre est quatre fois celui de notre Terre.Cependant, alors que d'ordinaire, les p!a netes orbitent autour du Soleil en tournoyant a la manière de toupies.Uranus décrit sa revolution en roulant sur le côte \u2014 tel un baril \u2014 exposant ainsi directement au Soleil l'un de ses poles C'est pourquoi les photos transmises par Voyager-2 montrent, au premier plan, l'un des poles uranusiens (alors qu'a l'occasion des survols de lupiter et de Saturne, les regions équatoriale* étaient mises en evidence).Ces images révèlent peu de chose d'Utanus \u2014 a part quelques formations météorologiques ci une éventuelle activité orageuse \u2014 car la planète est entourée d'une épaisse couche de gaz.La haute atmosphere est composée principalement d'hydrogène et d'un peu d'hélium qui s'étend loin au-dessus de la couche de nua ge.La partie basse de cette at mospherc est plus riche en methane et autres hydrocarboncs.Tout au plus, rapporte le Dr Miner, «certaines photogra phies montrent des bandes de-nuages semblables à celles dételées sur lupiter et sur Saïur-ne, sans toutefois être aussi évidentes».Qu'y al il sous cette épaisse couche nuageuse?Il semble qu'un noyau rocheux \u2014 possiblement de la taille de la Terre \u2014 constitue le centre de cette planète.Au-dessus de ce noyau, il y aurait des oceans formés de glaces de méthane, d'ammoniaque et d'eau.Ce serait d'ailleurs le methane qui donnerait les pastels bleu-vert que l'on distingue sur les photographies.Ouant aux teintes brunâtres et oranges particulièrement visibles sur le pôle éclairé, elles seraient dues à l'effet que produisent les radiations du Soleil sur le méthane contenu dans l'atmosphère.Voyager-2 a.par ailleurs, décelé que Uranus recèle entre 10 et 15 p.cent d'hélium, réfutant ainsi la théorie selon laquelle elle en contiendrait jusqu'à 40 ;> cent.(Le constituant dominant l'atmosphère demeure l'hydrogène.) Autre surprise, l'atmosphère esl plus chaude au-dessus du pôle nocturne qu'au-dessus du pôle éclairé par le Soleil! Voyager-2 a me sure, au de .sus du pôle éclaire, des temperatures de 980 degrés Celsius, alors qu'à l'autre pôle (maintenu dans la nuit durant vingt ans), le thermomètre atteint les I 300 degrés Celsius.Cela pourrait s'expliquer par un effet d'accumulation de chaleur sur le pôle qui fut ensoleille durant plus de vingt ans D'autre part, la portion inférieure de cette atmosphère demeure très froide (170 degrés Celsius au-dessous de zero).Uranus est également le theatre d'une manifestation ressemblant a nos aurores boréales.Cependant, alors que sur Terre, les aurores peuvent se produira de jour comme de nuit, mais uniquement aux environs des pôles, le phénomène uranusien ne survient que le jour et sur une region beau coup plus étendue.Quelle est la durée du jour uranusien?Il fut extrêmement difficile de répondre à cette question \u2014 pourtant banale \u2014 du fait que l'on ne peut observer la surface solide de la planète.Durant des décennies, diverses hypotheses tendaient à fixer qu'Uranus faisait un tour sur elle-même entre 12 et 24 heures.Ce n'est, finalement, que lundi dernier, que le jour uranusien fut établi comme durant 16 heures et 48 minutes (à 18 minutes prés).À en perdre le nord.L'une des grandes questions que se posaient les astronomes concernait la présence d'un champ magnétique autour de la planète.Un tel champ produit des ceintures de radiations qui sont a l'origine, sur Terre, des aurores boréales.La veille du rendez-vous historique, c'est avec une certaine fierté que le Dr Ed Stone annonça : «Oui, Uranus est dotée Une photo de la lune Miranda, « la vedette de la mission Voyager-2 ».Miranda est l'astre le plus bizarre du système solaire.d'un champ magnétique!» Les ceintures de radiations qui entourent ta planète seraient aussi intenses que celles de «van Allen» qui encerclent noire monde.Pour le Dr Norman Ness, «cela signifie qu'il y a un fluide conducteur a l'intérieur d'Uranus», agissant à la manière d'une dynamo génératrice d'un courant électrique.Cependant, la nature de ce fluide demeure un mystère; il pourrait s'agir d'un noyau en fusion (c'est le cas de la Terre) ou d'un ocean d'eau charge électriquement Une première consequence de la découverte du champ ma gnelique fut de reveler que ce que les astronomes prenaient pour le pole Sud est en réalité le pôle Nord de la planète.On avait établi depuis longtemps que le pôle qui pointe actuellement en direction du Soleil (et vers lequel s'est dirigée Voyager-2), était le Sud.Mais cette designation est arbitraire; pour les astronomes, le pôle se trouvant au-dessous du plan ou orbitent toutes les planètes est désigne comme étant le Sud.Cependant, puisque Uranus est couchée sur le côté, cela complique notre définition.Nous savons, à present, que cette planète diffère des autres en ce que son pôle Nord pointe légèrement vers !e bus; Cependant, la grande surprise \u2014 et elle est de taille \u2014 fut de constater que ce champ magnétique a une rotation nettement différente de celle de la planète.«Nous ne nous attendions certes pas», déclare Ed Stone, «a découvrir que l'axe du champ magnétique est incliné de 55 degrés par rapport à celui de la rotation».(Sur la Terre, la différence entre les deux axes \u2014 qui distingue le «nord magnétique» du «nord vrai » \u2014 n'est que d'environ 11 degrés.) Sur Uranus, différence d'angle fait que le pôle Nord magnétique décrit un cercle qui le situe tantôt en dessous tantôt en dessus du vrai pôle.Ainsi, ceux qui se «promèneront» avec une boussole sur Uranus auront de quoi perdre.la téte! DEMAIN : Des surprises Aujourd'hui dans la presse Place Bonaventure Le Guide officiel du pimwm du .7 au 11 février 1986 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 1er FÉVRIER 1986 A 11 BQGJQEJQQE3 3nuità et Léqumeà\t\tSuite a des délais de livraison et/ou aux variations climatiques de certaine!) régions, des difficultés d'approvisionnement en fruits et légumes peuvent survenir.Si cette situation devait se produire, votre marchand IGA veillerait a ce que chacun de ses clients soit entièrement satisfait._ laitue y*J^ iceberg\t\tIll É V iHÉIlT raisins ^ilÉV#3 ab£*~- verts ,4 .»'»^flaWC-'-^ffilHavVlftK Sans pépins îjP^w' aWr*1 *» \";^^Pir Thompson s**^ ;je -'^^^ÉmÊw/mf.- $ Produit du Chili P#3MnT|ii 169 ^IgPa la?.>$/kg H9$/lb Recherchez en magasin les cartes identifiées Offre Spéciale\".En plus de nos nombreuses aubaines hebdomadaires, elles vous proposent une foule de rabais supplémentaires.l't \\ en vigueur du lundi .1 février au samedi 8 février I9M.Nous nous réservons le droit de limiter les quantités.Pas de vente sus marchands.I x texte prévaut sur la photo lorsque celle-ci ne correspond pas a la description du produit annoncé.0 QD Plr -r- Cln cahier publicitaire sera distribué à votre domicile» Consultez ses pages débordantes de nombreuses autres aubaines.(Si vous ne recevez pas ce cahier publicitaire, J deniandei-en un a votre marchand IGA) 'marqua de certification d'ICA Canada liée * A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1er FÉVRIER 1986 photo René Picard.LA PRESSE Le ministre de Cotret s'adressant aux journalistes L'EST DE MONTREAL Rien de concret mais le dialogue continue.JtOSSET C ELECTRIQUE 8127 ST-HUBERT 9215 BOUL ST-MICHEl Près Jorry Montreal ' AÇOPTONS 270-3387 322-3503 «, m Branle-bas de combat, hier ^ matin, au bureau montréalais du president du Conseil du trésor, Robert de Cotret.Tous les médias sont-là, attires par un communique émis la veille par le Comité de survie de l'Est de Montreal et annonçant « des de-blocages dans plusieurs dossiers, particulièrement dans celui des chemins de fer ».PAUL ROY La rencontre entre le ministre et la dizaine de membres du Comité a debute a 9 h 30.Elle s'est déroulée a huis clos durant 45 minutes a la suite de quoi les deux parties ont rencontré la presse, séparément.Les déblocages annonces par le Comité s'étaient volatilisés.« |e n'ai pas annoncé de decision, a tout de suite précise M.de Cotret On m'a soumis une liste de questions auxquelles je repondrai lors de notre prochai ne rencontre, ici, dans deux semaines.Le dialogue continue, c'est important.Les dossiers évoluent et j'espère que d'ici quelques semaines je pourrai annoncer des mesures précises.» Les questions du Comité de survie avaient trait à sa demande de faire de l'Est de Montréal une zone désignée.L'Est de Montreal est présentement con sidère comme uiv: zone 2, ce qui ! VOS ENFANTS COMPTENT^ POUR CLAIRE, PROF DE 4e et 5e I Claire Bergeron enseigne à l'école Saint-Isidore.Elle est titulaire d'une classe de 4a et 5*.Oui.Une classe de deux niveaux! Ensemble dans le même local! On imagine facilement que cela peut entraîner, selon les jours, des situations difficiles.et amusantes.Il suffit de songer, par exemple, qu'il lui faut préparer chaque soir tous ses cours du lendemain pour les deux niveaux: en mathématiques, français, anglais, catéchèse, sciences humaines, etc.Les activités d'apprentissage qu'elle prépare sont très différentes selon qu'elle forme deux, trois ou quatre groupes.tout en sauvegardant ses deux niveaux d'apprentissage: il faut savoir que la maturité des enfants de ces âges-là diffère beaucoup d'un niveau à l'autre.Et vous l'avez deviné, grâce à ses efforts.elle réussit à faire régner dans sa classe un climat de travail harmonieux.Malgré tout.Pour toutes les Claire Bergeron de nos écoles, cela fait partie du quotidien ordinaire.Pour elles, l'école est bien plus qu'un lieu de travail.C'est une façon de vivre.C'est pour cela que vos enfants comptent sur elles.Et qu'ils comptent tellement pour elles.lui donne droit a un certain niveau de subvention.M.de Cotret a laisse entendre que cette évaluation pourrait être révisée a la hausse.« Il y a une possibilité de zone 3 », a-t-il souligne.Mais, pour ce qui est de la zone 4, qui donne droit au maximum de subventions, inutile d'y penser, signale le ministre : « Cette désignation ne s'applique qu'à une ville qui perdrait sa seule industrie.» « Mais peu importe la désigna lion, dit-il, ce qu'il faut, c'est des projets.» El des projets, hier matin, il n'était pas en mesure d'en annoncer.Le Comité lui a posé d'autres questions concernant notamment la fermeture de la firme SKD.concernant aussi les chantiers Vickers, Bombardier et, bien entendu, la raffinerie Gulf.Mais il n'avait pas de réponse à fournir, hier « Le ministre parle beaucoup, parle bien, mais ça n'avance pas tellement », a commente le coordonnâtes du Comité de survie, Arnold Dugas, après la rencontre.« Les Conservateurs sont en chute libre, a poursuivi I uc ( lu uim.mi.vice-président du syndicat chez Gulf.Peut-être, quand ils seront rendus prés de zéro, nous feront-ils quelques réponses précises.» Charbonneau dénonce Par ailleurs le député pequiste de Verchères et critique de son parti en matière de Main d oeuvre et de Sécurité de revenu, |ean-Pierre Charbonneau, a dénonce hier le refus du ministre libéral Pierre Paradis de rencontrer les représentants du Comité de survie.« |e trouve totalement inacceptable que le ministre du Travail, de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu ne se donne même pas la peine de les rencontrer.Il y a plusieurs ministres dans ce gouvernement-la qui se préoccupent du monde des affaires; peut-être en faudrait-il aussi quelques-uns pour se préoccuper du sort des travailleurs! » Jean-Pierre Schnupp, un artiste de lavant-garde par Madeleine Oubuc f LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1er FÉVRIER 1986 A 13 Vingt-trois mois de prison à un des voleurs du Mont-Royal mm CouaaMc de quatre vols \u2014 qualifies commis sur le Mont-Royal contre des « jog-Hers aj qui \\ couraient ou del homosexuels qui s'y tapissaient, un iei'nc tiomme de 2l mis.Norman Kouillard, a été condamne l vous propose de retrouver votre schema corporel ideal Sa technique consiste a rendre a chacun la maîtrise et I assurance qui lui manque trop souvent lace aux troubles et stress émotionnels ou socio professionnels auxquels on est confronte dans notre société moderne Pour Jean-Claude Gilles, i obiectif no 1 est donc de revenu lentm bien dans sa tète \u2022 pour être «enfin bien dans sa peau» Pour c«a il utilise et met en pratique sa me mode personnelle d inductions sous état d on des aipua Des inductions de visualisation mentale de «o tre schema corporel tel que vous souhaiter qu il son provoquent t()-(jiit'Hx\\ fi ® Encore 1 semaine! 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Renseignements: 872-6093 club nautique et de plein air de montrèal mm ^; © Ville de iVïontréâl Un dentiste, désormais incapable de pratiquer son art, débouté d'une poursuite de $1 695 OOO mm Le Dr lean-Paul Colpron, un chirurgien-dentiste du nord de la ™ métropole, devenu incapable de pratiquer son art à la suite d'une chute dans la salle a manger du Sheraton-Laval, vient d'être complètement débouté de la poursuite de $1 695 000 qu'il avait intentée à cet établissement.Tombé dans les marches d'une mezzanine où le buffet du dimanche soir était servi, peu après l'inauguration de l'hôtel lavallois, le Dr Colpron a subi au nerf cubital des lésions qui ont entraîné une insensibilité et une paralysie complète de l'auriculaire et du petit doigt des deux mains.Alors qu'il réclamait cette forte somme, son épouse poursuivait également l'hôtel pour $100 000 en alléguant des souffrances à la fois physiques (des ulcères d'estomac) et psychologiques par suite de l'accident subi parson mari.Devant la cour, le couple a tenté, mais sans succès, d'établir que c'était en glissant sur une tache de liquide visqueux que le dentiste était tombé.Mais les témoignages de la demi-douzaine de personnes entendues à ce sujet étant contradictoires à maints égards, le juge Alphonse Barbeau en vient à la conclusion que, dans ces versions disparates, il ne peut trouver la preponderance de preuve pouvant l'amener à trouver l'entreprise hôtelière responsable.Une banque devra quitter un local même si elle en paye le loyer mm La Banque d'Epargne de la Cite et du District de Montréal, qui a cessé ses opérations bancaires en mai 1983 dans les locaux qu'elle occupait depuis 1955 au 1220 de la rue Sainte-Catherine-ouest, devra libérer les lieux même si elle a toujours continué à payer le loyer prévu par un bail de vingt ans.Et même si elle est toujours prête a continuer a le faire.Le juge lean C répeau, de la Cour supérieure, a en effet annule ce bail parce que, justement, ces locaux sont inoccupés, que ses vitrines sont placardées des affiches les plus diverses et que cette «< inoccupation », dans un état de veritable abandon, empêche apparemment les propriétaires de trouver des locataires de prestige pour les étages supérieurs.Ce qui entrave aussi la rentablilite de l'édifice pourtant situé a un carrefour de premier choix, soit l'intersection Drummond-Sainte-Catherine.La banque u pour sa part tente de s'entremettre pour sous-louer niais le dernier en date des sous-locataires proposes, un marchand de disques, n'avait pas été considéré comme acceptable par les propric-laires LES WEEKENDS PES nonstop: Remboursement de $10 000 pour la résurrection ratée de l'hôpital Voghel mm Un agent immobilier de Dollard-des-Ormeaux, M.Marvin ™ Redler, devra remettre à un orthothérapeute de Saint-Léonard, M.Gilles Fournier, les SlOOOO que ce dernier lui avait versés en acompte sur l'achat de l'hôpital Voghel, du Carré Saint-Louis.Le défendeur s'était fait fort, à ce moment-là, de pouvoir obtenir des autorités provinciales un permis d'exploitation de l'établissement, celui-ci l'ayant perdu quelques années auparavant.Devant l'échec de ses prétendus efforts en ce sens, Redler, pressé de remettre l'argent déjà versé, avait soutenu qu'il n'avait gardé que $2 000 pour lui, S5 000 ayant été versés à un haut fonctionnaire, à Québec, et $3 000 à un médecin qui se serait par la suite chargé d'y établir une clinique médicale.Ces deux personnes sont toutefois décédées depuis.Le juge Yves Laurier, de la Cour provinciale, rejette carrément les prétentions de l'agent d'immeuble à leur sujet.Le tribunal qualifie d'imprécis et de flou le témoignage de ce dernier, et le taxe d'avoir exploité la naïveté et l'inexpérience du requérant à qui doit donc être remise la somme intégrale des SI0 000 verses.MATELAS Va PRIX Si vous pensez acheter un matelas dans les prochains 5 jours.VENEZ CHEZ MATELAS PIERRE BRUNELLE Nous offrons les meilleurs aubaines en ville ORTHO-PLUS 39' Mali an» QUEEN '2J9 i ens 54\" MM 1 en, KING '329 l ens 312 RESSORTS ¦ GARANTIE 10 ANS Nous avons aussi de fabuleux prix sur le fameux Sealy Posturepedic! 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