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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Samedi plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1986-04-19, Collections de BAnQ.

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[" SAMEDI FLOS LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 19 AVRIL 1986 \u2014 Montréal: la d'une , Le chef du Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal (RCM), Jean Doré, photographié ici peu après son élection comme conseiller municipal, en mai '¦ 1984.¦}'}';, photo Bernard Broult, IA PRESSE mm II y a quatre ans à peine, le Rassemblement ™ des citoyens de Montréal (RCM) de Jean Doré ne comptait encore qu'un seul conseiller élu à l'hôtel de ville.Il y a deux ans, Jean Doré n'était même pas conseiller municipal.Il n'a fait son entrée à l'hôtel de ville qu'à la faveur d'élections partielles, en mai 1984.MARIANE FAVREAU Et aujourd'hui, selon les sondages, la majorité de Montréalais le voient déjà maire de Montréal.Cette montée fulgurante de lean Doré et de son parti dans l'opinion des Montréalais ne relève toutefois pas de l'effet du hasard.Si lean Doré n'a fait son apparition sur la scène municipale qu'aux dernières élections de novembre 1982, la fondation du RCM remonte déjà à 1974.De plus, pour ta première fois depuis sa fondation, le RCM a, en la-personne de Jean Doré, un chef qui a été visible et présent entre deux élections, et qui ne se présente pas à la dernière minute comme aspirant à la mairie.C'est peut-être ce qui fait toute la différence avec les campagnes électorales antérieures alors que le candidat RCM à la mairie n'était connu que peu de temps avant le moment du vote.Même aux dernières élections de novembre 1982, le public n'a appris qu'en septembre la candidature de Jean Doré, du RCM, à la mairie.Et qui', dans le grand public, connaissait MM.Guy Duquette, en 19.78, et Jacques Couture, en 1974, avant qu'ils ne soient candidats de ce parti aux élections à la mairie ?Naissance et première percée en 1974 Et pourtant, le, prêtre-ouvrier Jacques.Couture, premier candidat du RCM à la mairie, en 1974, raflait 39,1 p.cent du vote populaire, faisant fondre à 55 p.cent la proportion de votes du maire lean Drapeau.Cette défaite très honorable du RCM à la mairie se doublait toutefois d'un succès quasi inespéré : l'élection de 18 conseillers municipaux (le tiers du conseil) sous la bannière du tout nouveau Rassemblement des citoyens de Montréal.En effet, le RCM avait alors à peine six mois d'existence.En avril 1974, un regroupement d'organismes des milieux syndicaux, péquistes, néo-démocrates et communautaires de la métrople avait lancé un nouveau mouvement politique d'allure progressiste pour faire la lutte au maire lean Drapeau.Il s'agissait du Comité régional intersyndical de Montréal (CR1M), du Parti québécois de Montréal, du Nouveau parti démocratique et du Mouvement progressiste urbain.Les porte-parole en étaient Louise Harel (PQ), Robert Chagnon (Alliance des Professeurs), Henri-François Gautrin (NPD-Québec) et Stephen Schecter (MPU).Il était entendu qu'une fois le Rassemblement des citoyens mis sur pied, au congrès de mai, il se détacherait de ces organismes, prenant ainsi son autonomie propre.Fait à noter, le nouveau parti regroupait anglophones et francophones au moment où les querelles linguistiques s'avivaient.Signe des temps (et du parti), le premier président élu au congrès est une présidente : Léa Cousi-neau.Mêlée aux questions d'éducation et de syndicalisme (elle fut secrétaire de la |EC, enseignante, vice-présidente de l'Alliance, de la Confédération des Loisirs, etc.), Mme Cousineau met le parti sur les rails, non sans tiraillement.Le programme du RCM était axé sur les « petites patries », les conseils de quartier, la décentralisation, la consultation, la réduction et l'abolition du péage du transport en commun, la réduction et l'abolition de la taxe foncière au profit de l'impôt sur le revenu, etc.Au congrès de l'année suivante, l'exécutif propose au RCM d'adopter une ligne socialiste.Ce qui ne va pas sans causer des frictions.En fait, il propose une « analyse socialiste de la ville » moins axée sur la « rentabilité électorale » que sur la conscientisation des citoyens.« Luttes », « mobilisations », « stratégies », le vocabulaire est à l'image de l'époque.Mais les congressistes, sans renier la nature progressiste du RCM, refusent de le mettre à l'enseigne du socialisme.On réaffirme les points forts du programme adopté l'année précédente, en insistant sur la municipalisation du sol urbain et l'amélioration de la condition du logement.Schisme: du RCM naît le GAM A la même époque, l'exécutif exige qu'aucun conseiller municipal du RCM ne soit membre de l'exécutif ou candidat d'un autre parti politique voir DORÉ en & 5 mm Le maire lean Drapeau parait le grand per-H dant des sondages, bousculé qu'il est dans la faveur populaire par un jeune adversaire qui n'a pas le quart de son expérience et ne compte encore aucune réalisation municipale à son crédit.Même si les Montréalais affichent un taux de satisfaction élevé à l'endroit du maire Drapeau (69 p.cent), ils n'en préfèrent pas moins le remplacer à la mairie par le chef du parti opposé, lean Doré.' Cette situation n'est pas sans rappeler les sentiments des Québécois à l'égard de René Lévesque, toujours populaire et aimé de la population.qui n'en souhaitait pas moins son départ.Même ambivalence à l'égard de Pierre Elliott Trudeau, lui aussi reconduit à la sortie par une opinion publique qui l'aimait toujours mais préférait le voir ailleurs.« J'espère que ces sondages vont fouetter le Parti civique, autrement il va couler avec le maire.Le drame des vieux détenteurs du pouvoir, c'est que le pouvoir leur semble toujours acquis », confie un conseiller du Parti civique pas très optimiste.Pour sa part, Pierre Lorangc, coordonnateur du Parti civique de Montréal (PCM) se fait rassurant.« On n'en veut pas au maire.On respecte sa réflexion, on lui laisse le choix du moment où il annoncera sa décision.Quitte à ce que ce délai puisse embarrasser le public.» « Et son parti », rajoutent certains conseillers.Certes, plusieurs facteurs peuvent expliquer ce revirement d'opinion à l'endroit du maire Drapeau.D'abord son âge, 70 ans : la gérontocratie n'est pas le propre des sociétés modernes, et du Québec moins que partout ailleurs peut-être.Ensuite sa santé : il a subi il y a déjà plusieurs années, un accident cardiovasculaire dont il s'est remis de façon surprenante.Seule séquelle visible, une légère hésitation de la jambe qui compromet son équilibre.Une première chute a entrainé une fracture de la hanche, il y a quelques années.Une seconde chute s'est soldée, il y a quatre mois, par la fracture d'une vertèbre.Conséquence de ce dernier accident, une absence de visibilité qui lui aura peut-être été fatale au cours des derniers mois.Comme si, déjà, le maire s'était mis à la retraite, laissant la place à son adversaire politique en ce début d'année électorale.Il n'en travaillait pas moins, dans la retraite de son bureau privé, à l'organisation du parti.Mais le problème le plus important, il ne l'a pas encore résolu.Sera-t-il ou non candidat à la mairie ?Il assure que sa décision n'est pas prise, et il n'y a aucune raison de ne pas le croire.Sauf que depuis plusieurs semaines, sinon quelques mois, il a approché certaines personnes qui auraient pu lui succéder, il a sollicité des candidatures à la mairie, lean Drapeau se serait-il engagé à ce point dans ces démarches avec l'idée de reprendre le collier, malgré tout ?À moins qu'il n'ait déjà su, en son for intérieur, qu'on ne succède pas à Jean Drapeau ?À moins qu'il n'ait déjà senti qu'avec lui, une époque prendrait fin, que la continuité ne pourrait s'assurer qu'en changeant de dynastie comme les Valois ont jadis succédé aux Bourbons, sur le trône de France, et les libéraux aux péquistes, au parlement du Québec.Qu'il annonce, dans quelques semaines, son retrait de la vie politique, on dira que Jean Drapeau y a été amené par les sondages.Il partira « forcé » comme les Lévesque et Trudeau.Qu'il décide, au contraire, de briguer à nouveau le poste de maire, on l'admirera de ce qu'en vieux lion, il fasse front à l'adversaire.Mais votera-t-on encore pour lui ?Reste une troisième hypothèse, tout simplement impensable : que le maire annonce sa retraite sans présenter son dauphin à la succession.Pourrait-il laisser ainsi son parti décapité ?Au Parti civique de Montréal (PCM), fondé et dirigé par lean Drapeau, on ne se laisse pas démonter par les sondages même si on est agacé.D'une part, parce qu'à sept mois des élections, rien n'est encore joué.D'autre part, parce qu'on y voit surtout, à travers l'ambivalence des sentiments qu'ils expriment, une affaire d'image qu'on peut encore retoucher.« Doré l'emporte sur Drapeau indépendamment de ce qu'il pourrait faire.C'est l'image d'un homme public qu'il reflète dans le public.Ce qui est important pour nous, du Parti civique, c'est un changement d'image », dira un conseiller PCM.Pierre Lorange, qui est également vice-président du comité exécutif de Montréal, en arrive aux mêmes conclusions.« Les Montréalais ont-ils perdu confiance en l'administration du Parti civique ou est-ce une question d'image ?La satisfaction est évidente, constate-t-il.Donc le Parti civique doit présenter une autre image, non pas changer le parti mais en rejeunir la représentation.voir DRAPEAU en B 5 tA SUITE DE NOS INFORMATIONS, PAGES B4 et B5 B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 19 AVRIL 1986 EDITORIAL PAUL DESMARAIS MICHEL ROY président du conseil d'administration éditeur adjoint ROGER D.LANDRY président et éditeur CLAUDE GRAVEL dn«teur dp I information JEAN-GUY DUfiUC éditorialiste en chet Satisfaction et changement Les citoyens de Montréal se disent en majorité satisfaits de l'administration municipale Drapeau-Lamarre, confirmant ainsi le slogan publicitaire: «La fierté a une ville».Mais paradoxalement, la population manifeste aussi un profond désir de changement lors des prochaines élections municipales du 9 novembre.C'est ce qui ressort du sondage CROP-LA PRESSE publié aujourd'hui.À moins d'un revirement spectaculaire de la situation qui pourrait être par exemple l'arrivée d'un nouveau leader au Parti civique, le chef du Rassemblement des citoyens de Montréal, M.Jean Doré, semble assuré de succéder à M.Jean Drapeau à l'hôtel de ville.M.Doré demeure toutefois prudent en commentant le sondage CROP qui lui donne une intention de vote de 56 pour cent contre 44 pour M.Drapeau et une avance de 28 points si le leader du RCM devait faire la lutte à M.Yvon Lamarre.Dans un cas comme dans l'autre cependant, le taux des indécis demeure élevé en variant de 23 à 31 pour cent selon le cas.Une proportion de 64 pour cent des électeurs, par ailleurs, souhaite que M.Drapeau se retire de la vie politique.Ce qui n'est pas un désaveu, loin de là, mais une sorte de message d'amitié à l'endroit de celui qui mérite bien maintenant de prendre un peu de repos.Dans ce contexte, M.Jean Doré est devenu une alternative valable et une réponse au souhait exprimé par la population montréalaise.Depuis deux ans, l'ex-syndicaliste Jean Doré a poursuivi son apprentissage du métier de politicien.C'est le moins qu'on puisse dire.Il est maintenant beaucoup plus rationnel et modéré dans ses prises de position.L hypothèse de plus en plus plausible que M.Drapeau, en raison de son état de santé, se retire de la vie politique, fait que M.Doré se porte pratiquement à la défense de celui qu'il ne considère déjà plus comme un adversaire.Tout en refusant de spéculer sur les intentions du maire Drapeau, les propos de M.Doré en disent long sur la maturité politique acquise par ce dernier au cours des ans: «Il me semble manifeste que la population ne souhaite pas voir M.Drapeau se représenter.Ça traduit à la fois un message d'amour, car le maire a été aimé par Montréal, et un désir de renouvellement des personnes et des idées.Les Montréalais ont aussi exprimé ce désir aux dernières élections fédérale et provinciale.» Mais les élections municipales n'auront lieu que dans sept mois.En politique, c'est une très longue période et certaines journées peuvent paraître comme des années.Le Parti civique a donc le temps de rajuster sa stratégie et dénicher une personnalité qui aurait plus de poids politique que M.Lamarre advenant le retrait de M.Drapeau.Si cela se produisait, la bataille pour la mairie prendrait un autre aspect.Car au cours d une campagne électoral, tout peut se produire.M.Doré le sait très bien.Et il a sans doute en tête l'expérience malheureuse de Claude Ryan à la tête du Parti libéral.Après avoir gagné le référendum de mai 80 et les sondages, l'ex-directeur du Devoir était assuré de devenir premier ministre.Mais en 1981, le Parti québécois de M.René Léves-que était reporté au pouvoir.Jacques BOUCHARD Une décision qui n'est pas définitive Le CRTC.appelé a statuer sur l'acquisition de Téiè-Métro-pole par Power Corporation, a rendu hier une décision qui, de toute evidence, n'est pas définitive.La demande, «telle que présentée», est rejetee.En clair, cette conclusion du Conseil signifie que la porte reste entrouverte, que la demande pourrait être accueillie favorablement si elle était présentée autrement.Si donc Power semble avoir perdu une bataille, elle peut encore gagner la prochaine.Il faudrait que le requérant puisse démontrer, à la satisfaction du CRTC, que l'acquisition de Télé-Métropole entraînera «des avantages tangibles et significatifs à la fois pour les collectivités desservies, le système de la radiodiffusion et le public en général».Ce sont les mots qu'emploie M.André Bureau, président du conseil, pour justifier sa décision.C'est en effet une règle en usage au CRTC.De celui qui veut se porter acquéreur d'une station de télévision, surtout s'il s'agit d'une entreprise de l'envergure de T.-M., le Conseil exige non seulement qu'il s'engage à réaliser des améliorations ou des additions de toutes natures, mais qu'il démontre au surplus, preuves à l'appui, son aptitude à le faire et les ressources qu'il compte investir dans l'opération.À ce chapitre, Power n'a pas réussi à convaincre le CRTC.Il faut dire ici que ce n'est pas le débat sur la concentration de la propriété des entreprises de presse, ni la question controversée de la propriété mixte des médias, qui ont fait obstacle à la requête de Power.Sur ces deux points, le mémoire du requérant avait apporté les garanties suffisantes.Et, si le besoin s'en fait sentir, il pourrait en proposer d'autres.Du reste, dans le texte de sa décision, le CRTC évoque ce problème de la concentration en des termes qui montrent clairement que cette question n'est pas un obstacle à l'acquisition de Télé-Métropole par Power.Rappelons que le vendeur de l'entreprise était présent lors des audiences au cours desquelles ses interventions ont été nombreuses, et qu'elles ont parfois suscité des interrogations dans l'esprit du CRTC quant aux engagements de l'acquéreur.Lors d'une prochaine tentative, si elle devait avoir lieu, il appartiendra donc à Power de définir avec soin ses projets de programmation et d'innovation.Il faut que tout malentendu soit dissipé à ce sujet.Car c'est l'acquéreur qui fait connaître tous ses projets et qui doit assumer la responsabilité de leur mise en oeuvre.C'est du reste ce que doit souhaiter le CRTC: celui qui définit les grands changements nécessaires doit aussi être celui qui en assure le suivi.C'est pourquoi la décision d'hier n'est pas définitive.Michel ROY (Droits réservés) Marcel Adam I Un moyen original de briser l'impasse constitutionnelle Un professeur de droit de l'Université d'Ottawa a salué d'originale façon le quatrième anniversaire de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982.leudi dernier.Le Devoir publiait un article du professeur Joseph Eliot Magnet dans lequel il propose un moyen de sortir le pays de l'impasse dans laquelle il se trouve, suite au refus du gouvernement du Québec d'adhérer à l'accord constitutionnel de l'automne 1981.Cette idée constructive survient a point nomme.Alors que des groupes de travail sont à l'oeuvre à Ottawa et à Quebec, que le ministre des Affaires intergouvemementales Gil Re-millard travaille à la redaction des propositions constitutionnelles du Québec lesquelles devraient être déposées en septembre ou octobre.Le ministre espère que les négociations débuteront officiellement en novembre; entre temps des rencontres informelles pourraient avoir lieu en mai avec les fonctionnaires d'Ottawa et peut-être d'autres provinces.On sait que les deux principaux partis politiques du Québec sont déterminés à ne jamais adhérer à la Loi constitutionnelle de 1982 avant qu'un droit de veto y soit inscrit pour le Québec.Mais pour ce faire, il faudrait l'accord du fédéral et de toutes les autres provinces.Ce qui est pratiquement impossible.Le professeur Magnet rappelle que la formule d'amendement adoptée en 1982 résulte des pressions exercées par les provinces de l'Ouest; une formule qui renforce «la musculature de l'Ouest dans la structure canadienne, en enchâssant le principe de l'égalité de toutes les provinces».Comment sortir de l'impasse?Voici la démarche proposée par le professeur Magnet.Il faut d'abord distinguer le but visé par le Québec et les moyens constitutionnels à prendre pour y arriver.Le but du Québec c'est de pouvoir bloquer les changements proposés aux institutions fédérales (Sénat, Chambre des Communes, Cour suprême, création de nouvelles provinces), s'ils paraissent préjudiciables aux intérêts du Québec.Pour le PLQ, le PQ, aussi bien que pour le ministre Rémillard et les constitutionnalistes, la portée réelle du veto est de combler les vides de la Loi de 1982 concernant ces institutions de même que le droit de retrait (dans l'éventualité d'un transfert de compétence entre les provinces et Ottawa).Pour ce qui est des moyens constitutionnels, il faudrait modifier la formule d'amendement pour donner au Québec le droit de s'opposer à ces changements.(Actuellement, ils peuvent être faits sans son consentement.) Mais parce qu'il faut un accord unanime, cette modification est politiquement impossible, à cause des raisons exposées plus haut.Comment contourner cet obstacle?Comme le gouvernement fédéral a toujours été prêt à accorder un droit de veto au Québec, aussi bien sous.Pearson, Trudeau que Mulroney, le professeur Magnet voit une issue dans un accord bilatéral, entre Ottawa et Québec, donnant à ce dernier un droit de veto en vertu d'une convention constitutionnelle.Comme le gouvernement fédéral jouit, lui, d'un droit de veto, il pourrait en effet limiter son pouvoir en vertu d'une convention stipulant qu'Ottawa ne consentirait aux changements qu'après avoir consulté le Québec et obtenu son assentiment.Une telle convention pourrait même être enchâssée dans la constitution.Comme aucun amendement constitutionnel ne peut prendre effet avant la promulgation par le gouverneur général, la Reine pourrait modifier ses directives à celui-ci de manière â l'obliger à s'assurer du consentement du Québec.* L'accord unilatéral d'Ottawa suffit pour conclure une telle convention.Ainsi les autres provinces ne pourraient empêcher qu'Ottawa accorde de cette, façon un droit de veto au Québec.Il est vrai que, théoriquement, une convention établie unilatéralement par Ottawa pourrait être abrogée de la même façon.En réponse le professeur Magnet cite la Cour suprême pour qui la violation de certaines conventions pourrait être «si sérieuse.qu'on pourrait la considérer équivalente à un coup d'État».Pour lui une convention avec le Québec pourrait être située à ce niveau «ultra sérieux», en reconnaissant de façon appropriée la spécificité du Québec et le principe de la dualité dans un nouveau préambule constitutionnel.La convention aurait encore plus d'importance si elle était la condition de l'adhésion du Québec â l'Accord constitutionnel.«Les conséquences politiques d'une violation seraient trop lourdes'pour qu'un gouvernement fédéral ne s'y risque.» LECTURES Les paradoxes de la « charité business » Michel Roy, l'éditeur adjoint de LA PRESSE, de retour d'Ethiopie, expliquait ces jours derniers que le fait pour les Canadiens d'envoyer des dons pour venir en aide aux affamés de ce pays ou d'ailleurs ne constitue pas un appui au régime politique en place mais bien aux victimes de la faim.PIERRE VENNAT_ Bernard Kouchncr, fondateur des Médecins sans Frontières, président d'honneur des Médecins du Monde, veut bien.Mais il a perdu ses illusions.La charité, explique-t-il dans un livre-choc qu'il vient de publier, sous le titre de Charité Business, est devenue un business à l'échelle mondiale, dont les motifs ne sont pas toujours louables.Et puis les médecins, coopérants de toutes sortes qui se rendent ainsi dans les pays du tiers monde \u2014 vocable d'ailleurs qu'il n'aime pas, sans avoir réussi à en trouver un meilleur \u2014 ne peuvent plus, selon lui, se confiner à un rôle purement technique quand leur conscience se révolte.Mais Kouchner, qui depuis 20 ans parcourt le monde, partout où il y a de la misère, admet que le problème n'est pas simple.«Nous n'étions guère nombreux dans les années 60 pour découvrir qu'il y avait des hommes derrière les cocotiers du tourisme.Salut aux pionniers! «Pendant 20 ans, sans gagner un sou, j'ai participé à cette entreprise à hauts risques, l'y ai beaucoup appris sur les jalousies, les passions, les guerres, et parfois, sans m'y attendre, sur l'amitié et la connivence.«Cette période des bénévoles touche à sa fin.Le temps des professionnels de la charité-business et des ordinateurs est venu.L'industrie de la solidarité démarre.Les employés y seront nombreux et les donateurs les surveilleront un peu plus.11 naît une nouvelle manière de démocratie du don.«C'est dommage pour le romantisme, et sans doute meilleur pour l'efficacité.Ainsi vont les choses.» Mais que faut-il penser de cette industrie de la solidarité?Pour l'avoir côtoyée pendant des années, Kouchner la juge sévèrement.«La vie quotidienne n'est pas toujours n la hauteur des intentions, «D'Amnesty International à Greenpace, en passant par Frères des Hommes et Médecins sarfs Frontières, je connais peu d'institutions de bonté qui n'aient sécrété la querelle.Les organisations de charité sont aussi un champ de bataille, parce qu'elles sont faites avec des hommes qui produisent un pouvoir.C'est la règle et c'est la vie.Injustices, oublis, mensonges, basses intriques côtoient en permanence la noblesse des sentiments, le culte de l'amitié, le goût de la vérité et la fraternité.«Les associations de ce type ont quelque chose en commun avec les partis politiques: les intrigants et les médiocres peuvent aisément parvenir au sommet; 11 suffit d'etre servile.Si on approuve la direction, si on veille, par lettres et circulaires, à bien faire voter les adhérents, si on manipule les mandats, la présidence est en vue.» Alors que faire?Tout le livre du Dr Kouchner recherche des solutions, sans trop y croire, la nature humaine étant ce qu'elle est, «Des milliers d'associations humanitaires de par le monde cana- lisent des millions de dollars dans la lutte contre la faim et la misère.Une déontologie de l'assistance est nécessaire pour éviter que l'aide désintéressée soit détournée par les gouvernements sans scrupules, plus préoccupés de gagner leurs guerres que de sauver leurs peuples.«Aider oui, soigner toujours, donner à manger partout.Mais nous ne pouvons pas être les otages de dictateurs qui nous tolèrent au prix de notre silence.» Ceci étant admis comme principe, l'application est plus difficile.«Se taire ou témoigner?Les médecins des associations humanitaires qui combattent la maladie et la mort à l'autre bout du monde doivent-ils garder le silence lorsque leur conscience se heurte à l'insupportable?Faut-il au contraire témoigner au risque de ne plus pouvoir soigner ces milliers de solitudes à l'agonie.» La réponse n'est pas claire, Kouchner n'essaie d'ailleurs pas de la donner.Car cette réponse, c'est à l'humanité qu'elle appartient! Charité Business, Bernard Kouchner, Le Pré aux Clercs, 1986, 272 pages. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 19 AVRIL 1986 -SAMEDtFLOS- \u2022 B 3 LE SÉNAT AMÉRICAIN ET LE LIBRE-ÉCHANGE L'Oncle Sam craint-il son neveu du Nord ?m OTTAWA \u2014 Il a fallu qu'une douzaine de sénateurs mettent des bâtons dans les roues et tentent de bloquer le début de pourparlers entre le Canada et les États-Unis pour changer subitement l'attitude de plusieurs Canadiens envers le libre-échange.Jusqu'ici le gouvernement Mulroney n'avait réussi qu'à soulever les craintes du public envers ce projet qui constitue la pièce maitresse de son programme économique.Le premier ministre et son cabinet n'ont pas réussi à mettre la population dans le coup.Pourtant, le fédéral a entre les mains plus de 70 études sur le sujet, comprenant des analyses détaillées de l'impact qu'aura la libéralisation des échanges sur les principaux secteurs industriels du pays.« Pas question de les rendre publics », a déjà dit Brian Mulroney.« Nous donnerions notre stratégie à l'avance aux Américains », a-t-il ajouté comme explication.Entre-temps, Ottawa et les provinces se rencontrent périodiquement pour échanger des informations et pour élaborer un plan d'action.La nature des discussions demeure un grand secret et pas un média n'a réussi à percer le mystère.Par contre, les adversaires du libre-échange sont nettement plus loquaces.Résultat : leurs positions sont diffusées largement, contribuant ainsi à faire de plusieurs groupes de la société, surtout les travailleurs syndiqués, des adversaires du projet.MAURICE JANNARD de notre bureau d'Ottawa Les nationalistes canadiens craignent également que le Canada ne perde une partie de sa souveraineté politique s'il accroît ses liens commerciaux avec les États-Unis, un pays dix fois plus puissant sur le plan industriel.Dans ce contexte, les hésitations exprimées depuis deux semaines par un groupe de sénateurs américains donnent des arguments au gouvernement conservateur.Les Canadiens se rendent compte qu'une partie importante de la population américaine craint elle aussi le libre-échange.Se pourrait-il qu'Oncle Sam ne soit pas capable de faire plier les genoux de son petit neveu du nord?Les provinces Du coup, les nationalistes d'ici perdent un argument de taille.Profitant de ce petit avantage, M.Mulroney a attaqué cette semaine dans un discours à Toronto les provinces récalcitrantes.Constatant un profond sentiment en faveur du protectionnisme aux États-Unis, le premier ministre a ajouté toutefois : « Les pires méfaits en Amérique du Nord sont peut-être ceux qu'engendrent les barrières commercia- les entre nos propres provinces ».Un représentant du gouvernement québécois qui suit de près la question a trouve que la critique de M.Mulroney venait peut-être à un mauvais moment.« Elle n'apporte surtout rien de nouveau sur ce qu'on savait déjà », a-t-il dit.Le geste de Brian Mulroney vise sans doute à montrer à l'administration Reagan qu'il ne craint pas de dire ses quatre vérités aux provinces au moment où la Maison-Blanche est elle-même engagée dans une épreuve de force et qu'elle tente d'amener les sénateurs à voir plus loin que leurs intérêts régionaux.Plusieurs membres du sous-comité des Finances doivent défendre les industries forestières de leur région, qui se sentent menacées devant les exportations canadiennes de bois d'oeuvre.Au Canada pourtant, la commission MacDonald sur l'économie a trouvé que les barrières inter-provinciales n'étaient pas un obstacle aussi considérable qu'on le croyait.La question des politiques d'achat provinciales et en général ce qu'on appelle les barrières non-tarifaires, comme ins politiques sélectives d'embauché, forment un danger plus grand.Plutôt que de critiquer les provinces, le fédéral devra collaborer, note le représentant québécois.D'ailleurs dans un discours qui est passé plutôt inaperçu lors de la visite de Brian Mulroney à Washington, le mois dernier, le Secrétaire d'Etat américain, George Schultz, a insisté longuement sur cet aspect.Pour M.Schultz, la condition première pour que la population des deux pays accepte le libre-échange est que les administrations Reagan et Mulroney travaillent chacune en étroite collaboration avec les élus locaux.Aux États-Unis, cela veut dire que M.Reagan doit tenir compte des points de vue des représentants de la Chambre et du Sénat et au Canada, cela s'adresse aux provinces.Simon Reisman Le négociateur en chef pour le Canada, Simon Reisman, a abordé cette semaine pour la première fois la question sous un angle rationnel.Comme M.Reisman a négocié le pacte de l'automobile dans les années 1960, il a rappelé combien les craintes étaient grandes au Canada au début des négociations : on ne croyait pas que cela pourrait marcher.Aujourd'hui l'Ontario ne veut pas que l'on touche à cette industrie dans les prochaines discussions.Les exportations d'automobiles et de pièces d'autos s'élèvent à S28 milliards pour cette province, soit la moitié de ses ventes à l'extérieur de ses frontières.L'exemple de M.Reisman est sans doute à suivre pour les membres du cabinet conservateur qui doivent aller plus loin que de dire que le libre-échange va augmenter la prospérité économique.BURUNDI: Les exilés réclament une enquête sur la tuerie de 1972 ma Imaginons que la minorité ™ blanche d'Afrique du Sud entreprenne, demain matin, de massacrer massivement l'élite de la majorité noire du pays.De décapiter la population noire de ses citoyens les plus instruits et les plus aptes à détenir des postes de commande.Nul doute que l'opinion publique mondiale se soulèverait d'un bloc et mettrait tout en oeuvre pour stopper l'entreprise.L'Histoire les condamnerait à jamais.PIERRE VINCENT Eh bien ! c'est exactement ce qui s'est produit, il y aura quatorze ans ce printemps, au Burundi, sans pourtant que les grands organismes internationaux ne s'en scandalisent pendant bien longtemps.Pire : l'Histoire a fini par s'accommoder de la version officielle gouvernementale qui, bizarrement, devait transformer les victimes en agresseurs et vice-versa.Petit pays tout en collines au centre de l'Afrique, habité par un peu moins de cinq millions d'habitants aux trois quarts illettrés et aux deux tiers catholiques.Pays qui a aussi la caractéristique particulière d'être habité par deux peuples distincts : les Hutu, qui représentent 85 p.cent de la population et les Tutsi, qui constituent 14 p.cent de la population.Pendant la nuit du 29.avril 1972, les Tutsi, qui craignaient que les Hutu ne finissent par les chasser du pouvoir et du pays comme c'était arrivé plus tôt à leurs frères du Rwanda, se mettent en frais de neutraliser pour plusieurs générations les Hutu.L'affaire se passe entre deux peuples de même race.Tous, Tutsi comme Hutu, ont la peau noire.« L'histoire n'enregistre guère d'équivalent à l'hécatombe de vies humaines qui ensanglanta le Burundi en 1972, dénouement d'une lutte sans merci entre les deux communautés ethniques principales du pays, Hutu et Tutsi», écrit René Lemarchand, profe-seur de sciences politiques, dans un rapport publié par le Minority Rights Croup à Londres.Deadline Data On World Affaire rapporte, pour sa part, qu'« un massacre de dizaines de milliers de Hutu eut lieu au printemps 1972.Une véritable entreprise de destruction de l'élite hutu.En quelques semaines, près de 200 000 Hutu furent exécutés, et 200 000 autres ont dû aller se réfugier dans les pays voisins.» Mais, à l'époque, alors qu'Amnistie internationale parlait de « massacres féroces de grande envergure contre le peuple hutu », que les missionnaires condamnaient sur toutes les radios européennes l'armée burundaise « pour avoir appliqué une politique systématique d'élimination et de terreur contre l'ethnie hutu » et que la presse internationale toute entière dénonçait ce génocide hutu, les autorités bu-rundaises insistaient pour parler d'un génocide.tutsi.« Non, il n'y a pas eu de génocide dont les Hutu auraient été les victimes ».déclara solennellement le président Michel Micombera, au lendemain des événements.« Mais l'élite hutu a tout de même disparu?», insistent les journalistes, à ce moment-là.« je peux vous dire que tous ceux qui n'ont pas été impliqués dans le génocide n'ont pas été inquiétés.Il reste des Hutu dans l'administration », répond sèchement le président.Les exilés Les documents officiels du gouvernement burundais s'en tiendront par la suite à cette version des faits.Ce que quelques Burundais en exil n'ont jamais cessé de dénoncer.C'est notamment le cas de Mme Rose Ndayahoze, veuve du ministre de l'Information et de l'Économie qui fut exécuté dans le temps, parce que, selon sa femme, il était une voix discordante parmi ceux qui s'apprêtaient à éliminer les Hutu.Après des exils successifs au Zaïre et au Kenya, et disant aujourd'hui se sentir en parfaite sécurité avec son passeport canadien, Mme Ndayahoze réclame rien de moins qu'une nouvelle enquête internationale pour faire toute la lumière sur les « événements » de 1972.Ces derniers temps, elle a écrit ou rencontré des fonctionnaires de l'ONU, des évoques canadiens, des représentants du Vatican, Maureen McTeer et son mari Joe Clark et, dernièrement, le premier ministre Mulroney.Ce qu'elle veut?« Que le Canada me par-rainne auprès des Nations-Unies et réclame une véritable enquête indépendante au Burundi, une enquête qui reconnaîtra le génocide hutu, qui réhabilitera la mémoire des victimes et qui dédommagera les familles spoliées, précise-trelle au cours d'une interview avec LA PRESSE.photo Michel Gravel, LA PRESSE Mme Rose Ndayahoze, veuve du ministre de l'Information et de l'Économie qui fut exécuté.« Jusqu'à maintenant, poursuit-elle, les enquêteurs de l'ONU se sont contentés d'écouter la version gouvernementale et uniquement celle-là.Aucune victime n'a pu témoigner à ce jour.On n'a pas voulu entendre les femmes et les enfants, seuls survivants de ce génocide, les hommesayant tous été massacrés.A l'heure où, dans le monde entier, les gens se mobilisent pour défendre les Droits de l'homme, spécialement en Afrique du Sud, pourquoi le Canada ne prendrait-il pas sa part de responsabilité?» Et, selon elle, de nouveaux incidents dans le pays accréditent la thèse du génocide hutu de 1972 et rendent plus nécessaires que jamais la tenue d'une enquête : « Le gouvernement, affirme-t-elle, y multiplie depuis quelques mois les expulsions de missionnaires.Qui ont le grand tort de dispenser leur enseignement autant au peuple tutsi qu'au peuple hutu, rendant ainsi ces derniers à nouveau admissibles à des postes de commande.» Ailleurs dans son rapport, le professeur Lemarchand écrivait aussi que « le Burundi est le seul État indépendant d'Afrique noire à défendre les droits de société de caste, autrement dit à fixer le monopole du pouvoir entre les mains des Tutsi.Toute différence raciale mise à part, la situation la plus proche de celle du Burundi se retrouve en Afrique du Sud.Cette suprématie s'étend pratiquement à tous les secteurs, limitant à la seule minorité dominante l'accès à la richesse matérielle, à l'éducation et à la participation au pouvoir.» Lysiane Gagnon Fin de régime eau Vox populi.Coup sur coup, deux sondages viennent con-¦™ firmer ce dont les Montréalais se doutaient : le régime Drapeau tire à sa fin.Rien n'est jamais sur en politique : il reste six mois avant l'échéance de novembre, et toute extrapolation est d'autant plus délicate que la participation aux élections municipales est toujours plus faible qu'aux autres paliers de gouvernement.N'oublions pas qu'au début de l'été 84, les sondages plaçaient |ohn Turner avant Brian Mulroney, et, durant la dernière campagne provinciale, Pierre Marc Johnson avant Robert Bourassa ! Aussi, soyez prudents : ne pariez pas vos meilleures bouteilles sur le scrutin de novembre ! Mais chose certaine, une grande carrière est sur le point de se terminer.Hélas, comme MM.Trudeau et Lévesque avant lui.M.Drapeau aura raté sa sortie pour l'avoir trop retardée, il aurait été bien mieux pour lui \u2014 mieux pour la ville aussi \u2014 qu'il se retire en beauté, avant d'être invité à le faire par l'électoral.Mais c'est une des caractéristiques des hommes de cette génération que de ne pas se résoudre à prendre leur retraite, ou de s'y résigner à la dernière minute, minant les chances de succès de leurs successeurs éventuels.Il n'est pas dit d'ailleurs que M.Drapeau ne se représentera pas à la mairie, quitte à démissionner en cours de mandat.Les leaders de ce type font le vide autour d'eux.M.Drapeau ne s'est jamais entouré que de plus faibles que lui, et il n'y a, dans son entourage, aucune personnalité susceptible de prendre la relève.La relève aurait pu émerger d'autres milieux .si seulement on avait disposé de plus de temps : mais M.Drapeau tenait à choisir lui-même son dauphin avant de se retirer.- Pendant que ce dernier laissait planer le mystère sur ses intentions, et ce faisant, empêchait l'émergence d'autres leaders naturels.M.Doré renforçait sa position dans l'opinion publique, et le RCM continuait son patient travail au niveau des districts.Sans doute est-il trop tard pour que quiconque, même une « vedette », puisse monter une organisation et rattraper un concurrent jouissant d'une telle avance.Aucune personnalité d'envergure ne va risquer sa réputation dans une bataille aussi risquée.Même dans l'éventualité où un successeur de dernière minute réussirait à vaincre M.Doré à la mairie, rien ne lui garantirait le pouvoir réel, puisque le conseil municipal pourrait bien être dominé par le parti adverse.Cela produirait une situation à la française ( la « cohabitation » d'un président socialiste et d'une majorité parlementaire de droite).Aussi serait-il plausible que dans ce vacuum, M.Drapeau sollicite un autre mandat pour éviter la banqueroute à son parti.Dans un scénario purement hypothétique où le maire serait réélu, et son parti rescapé, il lui serait plus facile de convaincre quelqu'un de briguer les suffrages dans une « partielle » à la mairie, puisque ce « dauphin » serait au moins assuré, en cas de victoire, de dominer le conseil municipal.Comme au fédéral en 84, comme au provincial en 85, le désir de changement déferle sur Montréal.L'administration Drapeau a un quart de siècle et a mal vieilli.Cette ville qui reste, malgré l'avance économique de Toronto, la plus sophistiquée du Canada, est régie comme une épicerie de quartier.Ses deux plus grandes institutions (son gouvernement et sa plus grosse commission scolaire) sont comme des corps; étrangers posés sur elle, vestiges d'époques révolues : l'intégrisme catholique règne à la CECM et l'autoritarisme paroissial à la ville-Montréal est moins informatisée que la dernière PME venue.L'inventaire de ses bibliothèques se fait encore à la main.Ses ordinateurs antiques vous livrent la liste des 35 000 « places d'affaires ».sans faire la distinction entre les barbiers, les sociétés de courtage ou les grandes surfaces ! Initiatives, contrats, autorisations de « temps supplémentaire », presque tout doit d'abord passer par le comité exécutif.Une anecdote entre cent mille : Montréal n'a pas eu son char allégorique au Carnaval de Québec ( une dépense minime pour de bonnes retombées publicitaires) parce qu'un membre de l'exécutif n'a pas aimé l'esquisse présentée par le graphiste de la CIDEM ! La Commission d'initiative et de développement économique, justement, de même que le service d'urbanisme, deux pivots essentiels d'une ville moderne, sont aussi inertes que muets, sous la direction de gens soucieux de ne pas faire de vagues.Tout ce qui maintient Montréal en vie se fait souvent parallèlement, voire contre les pouvoirs publics.On connaît le succès du festival de jazz, rue Saint-Denis.C'est le moment que choisiront les Travaux publics pour éventrer la rue voisine et restreindre le parking ! Les coulisses de l'Hôtel de Ville bruissent d'anecdotes de ce genre : comme dans un bateau qui commence à couler, des fissures s'ouvrent dans l'administration, et les «fuites» se multiplient au bénéfice de ceux qu'on croit promis au pouvoir.Autre phénomène classique : les gouvernements se battent eux-mêmes.Ici aussi, c'est davantage la faiblesse de l'administration que la force de l'opposition qui explique le résultat des sondages.Exception faite de la personnalité de son chef, qui projette une forte image de dynamisme, le RCM n'a rien fait de bien éclatant durant toutes ces années où il a eu l'occasion de se faire valoir.Malgré des efforts de dernière minute pour se donner une envergure à la mesure d'une métropole, le RCM reste englué dans sa philosophie \u2014 désuète et étriquée elle aussi \u2014 des « petites patries ».comme si Montréal n'était que la somme de ses quartiers ! Sur le développement culturel, le RCM n'a jamais eu grand-chose à dire, probablement parce qu'il s'est trop longtemps abreuvé à une idéologie où ce qui sortait du folklore et de l'improvisation était considéré comme de la culture « élitiste ».( 11 n'y a pas si longtemps, le RCM accusait les Maisons de la culture d'organiser des activités trop « élitis-tes » ! Les bras vous en tombent.) Sur le centre-ville, qui n'entre pas dans la catégorie des « petites patries », le RCM n'a jamais rien eu à proposer qu'un « plan directeur d'ensemble ».Travers commun au RCM et au PQ de la première époque : chaque problème appelle une « solution globale », et toute décision doit être reportée de manière à s'inscrire dans un « plan d'ensemble ».Comme les grands maires populistes américains, M.Drapeau aimait répondre personnellement aux soucis des citoyens : ici un arbre neuf, là une ruelle mieux éclairée.Peut-être est-ce une façon dépassée d'administrer une ville mais au moins c'était sympathique, et ses conseillers suivaient son exemple.Le RCM, lui, va à l'autre extrême : formez d'abord une association, et ensuite revenez, se sont déjà fait dire des citoyens qui voulaient saisir leur conseiller d'un problème affectant leur rue.Le collectif, toujours le collectif.Autant le Parti civique fonctionnait à la petite semaine, sans vue d'ensemble, autant le RCM risque de tomber dans l'excès inverse, celui de la technocratie.A moins que la perspective d'une victoire ne permette à M.Doré d'enrichir son personnel politique en lui greffant des gens dotés d'une autre sensibilité.4 P ,
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