La presse, 20 mai 1986, B. Informations nationales
[" Le Canada des autres Michel Vaste! à INFQRMAXIGNS NATIONALES LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 20 MAI 1986 Il a plu sur Weyburn wm OTTAWA \u2014 L'autre dimanche \u2014 le 11 mai \u2014 ™ pendant que les conservateurs de l'Alberta léchaient leurs plaies encore toutes fraichcs de la dernière débâcle électorale, il s'est mis à pleuvoir sur Weyburn.Weyburn, au sud de la Saskatchewan, en plein coeur du croissant semi-aride qui court des rives de la rivière Souris aux premiers contreforts des Rocheuses en Alberta, ressemble à une rue Sherbrooke bordée de silos à blé.Il a plu, pendant deux jours et deux nuits, de cette grosse pluie qui rougit les eaux tranquilles du bras sud de la Saskatchewan.Les paysans jetaient en l'air leurs casquettes « Red Deer » et sautaient dans les flaques d'eau boueuse comme des enfants de Montréal accueillent une première neige en décembre.Dimanche matin, dans la petite église méthodiste envahie d'une odeur de vêtement mouillé, on chantait un peu plus fort que d'habitude ce Dieu qui promettait la fin de tant d'années de vaches maigres et de sauterelles gourmandes.Allons, l'année sera bonne: « Je le sens dans mes tripes, les élections s'en viennent », me confiait la semaine dernière Ray Hnatyshyn.le leader des conservateurs aux Communes, sur de lui comme un paysan qui regarde le soleil couchant et prédit le temps du lendemain avec l'assurance d'un Alcide Ouellet.Dans une province où plus d'emplois (22,7 p.cent) dépendent des ressources naturelles que de la production industrielle au Québec (22,4 p.ccnt), une bonne pluie vaut toutes les promesses électorales.En Saskatchewan, un emploi sur cinq est directement relié à la culture et, si on tient compte des vendeurs et réparateurs de machinerie agricole, des banquiers, comptables et autres notaires dont la fortune dépend des humeurs de la bourse des céréales à Winnipeg, plus de la moitié des familles dépendent d'une bonne récolte: on comprend pourquoi la Saskatchewan a fait d'une gerbe de blé doré son emblème national.Grant Devine le sait, lui qui tente de sauver son gouvernement conservateur de la défaite après un seul mandat ponctué de sécheresses, de démissions et de scandales.La Sakatchewan n'a, de toute maniè- re, aucune tradition conservatrice: les libéraux (eh l oui!) y ont domine de 1905 à 1929, puis de 1934 à 1944 et encore de 1964 à 1971.L'alternance venait du CCP entre 1944 (avec T.C.Douglas) et 1964, puis du NPD.de 1971 à 1982, avec Alan Blakeney.Il faut remonter à la « Grande, Sécheresse » du début des années 30 pour trouver l'unique et éphémère' gouvernement conscrvateur.de l'histoire de cette province.Grant Devine, assermenté [premier ministre le 8 mai 1982, a lui aussi connu le sort malheureux des chefs de gouvernement présidant aux années de sécheresse et de nuages de sauterelles: élu avec 56 p.cent des suffrages, il raflait 55 des 64 sièges de la législature de Régina.Il y a un an, le Parti conservateur menait encore avec six points d'avance (48 à 42p.cent) sur les néo-démocrates.Mais depuis la dernière mauvaise récolte \u2014 et les déboires des conservateurs fédéraux \u2014 les pourcentages sont inversés: le parti d'Alan Blakeney mené par environ cinq points dans les sondages et on estime que le vote des libéraux de Ralf Goodale oscille de 10 à 12 p.cent.Tout cela n'est pas l'effet du hasard: Grant Devine lui-même semble tellement faible que dès le lendemain de son élection \u2014 et malgré son écrasante majorité à la législature \u2014 il faisait face à une véritable mutinerie â l'intérieur de son propre caucus.Il a eu droit à son quota de scandales, en particulier à l'occasion du procès de Golin Thatcher, fils d'un ancien ; premier ministre libéral, ancien ministre conservateur de l'Énergie, condamné en 1984 pour le meurtre de sa femme.Au cours d'une première élection complémentaire en mars 1985 (pour remplacer Colin Thatcher justement ), Grant Devine et Alan Blakeney eurent la surprise de voir le libéral Bill Johnstone porter son vote de 4 p.cent, en 1982, à 26 p.cent.Dans une deuxième élection complémentaire, en novembre de la même année, les néo-démocrates ont enlevé le siège de Regina Nord-Est par 3600 voix de majorité, siège qu'ils avaient perdu par I 700 voix à l'élection générale de 1982.; Certains parlent, à propos de Grant Devine, du * syndrome Mulroney » : en chute libre dans les sondages, il pourrait perdre le pouvoir après un seul mandat, comme son prédécesseur, Jim Anderson, en 1934.! Comme le premier ministre fédéral encore.Grant Devine a la chance de faire face à Un chef de l'opposition usé et contesté de l'intérieur.Alan Blakeney, élu pour la première fois en I960 et premier ministre de'1971 à 1982, ne fait pas particulièrement nouvelle Vague.Mais dans une province de fermiers, l'expérience et les cheveux blancs ne constituent pas forcément un handicap.Le chef néo-démocrate fait face, comme John Turner, à un dauphin qui n'a pas attendu l'annonce de sa retraite pour se dire prêt a le remplacer: Roy Romanow reste le seul des trois architectes de l'Accord constitutionnel de novembre 1981 (après lean Chrétien et Roy McMurtry).à ne pas encore avoir tété du leadership et.à avoir perdu ! Comme en Alberta et au Manitoba, le vote libéral donnera la clef de la prochaine élection.Si, comme dans les deux autres provinces, les candidats de Ralf Goodale recueillent environ 12 p.cent du vote populaire, bien des candidats \u2014 conservateurs ou néo-démocrates d'ailleurs \u2014 perdront leur siège.L'issue réelle du scrutin est cependant, comme dans toute lutte â trois, pratiquement impossible à prédire.Pour l'instant, le Parti libéral de la Saskatchewan risque la faillite parce qu'il ne peut même plus payer les intérêts sur sa dette de $250000.Désireux de confirmer la renaissance des libéraux dans l'Ouest, le parti de |ohn Turner est prêt à endosser le cadet de la Saskatchewan.Mais dans la limite d'un parti national lui-même endetté de $4,5 millions.Les libéraux de la Saskatchewan reprennent toutefois espoir en relisant les mémoires d'un ancien premier ministre de la province.N'est-ce pas T.C.Douglas en effet qui dit un jour: « Les cimetières sont pleins de politiciens qui avaient prédit la mort du Parti libéral ».À MOINS D'UN IMPACT IMPORTANT SUR LE COMMERCE Libre-échange: les programmes sociaux exclus des négociations ¦ OTTAWA (PC) - Le chef né-gociateur canadien Simon Rcisman affirme que son homologue américain Peter Murphy et lui-même considèrent tous deux que les programmes sociaux ne feront pas partie des sujets négociables lors des pourparlers sur le libre-échange, à moins qu'ils n'aient des répercussions significatives sur les questions commerciales.« 11 faudra que des programmes sociaux aient un impact vraiment important sur le commerce (entre le Canada et les Etats-Unis) pour qu'il devienne pertinent d'en discuter pendant les négociations », a déclaré M.Reisman au cours de l'émission Sunday Report, dimanche, au réseau anglais de Radio-Canada.M.Reisman a soutenu qu'en dépit de la controverse déclenchée la semaine dernière sur la question des programmes sociaux, lui-même et son homologue américain sont sur la même longueur d'onde, et il a laissé entendre que la confusion était duc au moins en partie aux médias.« Toute cette affaire est due pour une bonne part à nos propres médias ; certains veulent semer le trouble, et quand vous voulez semer le trouble, vous pouvez toujours trouver le moyen de le faire ».M.Reisman a déclaré la semaine dernière que l'assurancc-santé et d'autres programmes sociaux canadiens comme l'assurance-chômage, les régimes de pension et d'indemnisation des travailleurs ne seront même pas mentionnes pendant les négociations, qui débutent demain à Ottawa.Le lendemain, M.Murphy affirmait à Washington que tout était négociable, y compris les programmes sociaux.« l'ai parlé plusieurs fois à Peter Murphy et je lui ai encore parlé après cet épisode des quelque derniers jours qui a donné lieu à beaucoup de confusion .Il m'a dit qu'il Simon Reisman aurait souhaité, lors de son interview, avoir précisé « tout ce qui a un rapport avec le commerce », a dit le négociateur canadien.M.Reisman a soutenu que les équipes de négociation discuteraient uniquement « de ce qui a des répercussions importantes sur le commerce entre les deux pays » et a tenu à réaffirmer que si les Américains insistaient pour discuter de questions non-commerciales, il leur ferait savoir qu'il n'en était absolument pas question.Par ailleurs, M.Rcisman a reconnu que M.Murphy serait probablement un négociateur coriace.« Il a acquis pas mal d'expérience à force de négocier des questions importantes pour les Ktats-Unis », a-t-il commenté.« Les Américains ne l'auraient pas choisi pour cette tâche s'il n'était pas solide et s'il ne savait pas ce qu'il fait.|e m'attends à ca et c'est ce que je veux », a conclu le négociateur canadien.ENTREVUE AVEC RÉMI BUJOLD Toutes les décisions passent par le cabinet de Bourassa mm QUEBEC \u2014 Le cabinet de Ro-™ bert Bourassa exerce une mainmise complète sur l'appareil gouvernemental et sur la chose politique à Québec.Actuellement, tout remonte au bureau du premier ministre à Québec cl rien n'est laissé au hasard, comme le confirme en entrevue le chef de cabinet de Robert Bourassa, M.Rémi Bujold.DONALD CriARETTS de la Presse canadienne M.Bujold décrit d'ailleurs M.Bourassa comme le « président du conseil d'administration » du gouvernement, ce qui confirme cette vision très centralisée de la gestion de l'État.C'est si vrai que le premier ministre peut se passer d'un comité des priorités, ce petit groupe de ministres qui conseille habituellement le chef de gouvernement.Interrogé à ce sujet, M.Bujold dit qu'il ignore si un tel comité est indispensable car « ça dépend de la forme de gestion du premier ministre.On a fonctionné sans ça durant cinq mois, on a des comités ».Est-ce un sujet de préoccupation pour M.Bourassa?« Je ne le pense pas », laisse tomber M.Bujold.Première entrevue Il s'agit de la première entrevue accordée par M.Bujold depuis la prise du pouvoir par les libéraux.« Je considère qu'il n'appartient pas aux conseillers politiques de parler à la presse.Mais après cinq mois, nous avons fait le tour du jardin et on peut donner une entrevue », ex-plique-t-il dès le départ.Des réponses de M.Bujold, ex-député fédéral de Bonaventure et ex-conseiller de Pierre Elliot Trudeau pour le Québec, il ressort que : \u2014 déjà l'été dernier, M.Bujold planifiait la passation des pouvoirs avec celui qui allait devenir quelques mois plus tard le secrétaire du conseil exécutif, M.Roch Bolduc ; \u2014 la formation rapide du conseil des ministres, le discours inaugural, la mini-session, le budget de décembre et le débat sur les coupures budgétaires ont forcé le gouvernement à se discipliner dès le départ ; \u2014 la mise sur pied des trois comités de sages sur la privatisation, la déréglementation et celui sur la révision des organismes gouvernementaux, faisait partie des choses prévues avant le prise du pouvoir ; \u2014 les ministres avaient reçu des « mises en garde » dès leur asser-mentation afin d'éviter les déclarations inopportunes ; \u2014 280 personnes travaillent actuellement dans les bureaux de ministres, mais la masse salariale est de $4 millions inférieure à celle du Parti québécois ; \u2014 le premier ministre Bourassa veille personnellement à l'application des directives sur les conflits d'intérêts des ministres.De façon informelle Au cours de l'été, M.Bourassa a mandaté MM.Bujold et Bolduc pour se préparer à prendre la relève comme gouvernement.« Il nous a dit de regarder ça de façon informelle.Si jamais ça arrivait, qu'est ce qu'on pourrait changer.Au cours de l'automne on a regardé ça d'un peu plus près.Durant l'été on a mis en place certains documents, certaines idées qu'on a véhiculées et on a écrit des papiers là-dessus.Rémi Bujold « C'est vrai qu'on a essayé de tout prévoir.» Le nouveau gouvernement s'est donné un calendrier serré après les élections du 2 décembre, ce qui a permis notamment de conserver le contrôle.« On a bougé vite.Ce qui nous a aidés, ce sont lès engagements électoraux sur la convocation de la Chambre, le budget, et dès le début le travail de préparation des compressions budgétaires.tout cela a fait une cohésion plus rapide.« Si vous aviez eu cinq ou six mois sans session avec des ministres un peu partout sur le territoire, cela aurait été plus difficile.» M.Bujold note, par exemple, que pour éviter que les ministres fraîchement nommés ne fassent des déclarations à tort et à travers, on leur avait organise une rencontre avec leurs sous-ministres le jour même de leur assermentation.Ministres muselés Selon certaines informations, le bureau du premier ministre a muselé les ministres au cours des premières semaines.« On a fait des mises en garde sur certains points de vue, sur beaucoup de points de vue », d'admettre le chef de cabinet.Plus tard au cours de l'entrevue, il fera remarquer que le maintien du déficit en bas du seuil de $3 milliards démontre que les « ministres sont également astreints à une très grande discipline ».C'est à partir d'une liste constituée depuis 1984 au bureau de M.Bourassa qu'ont été montés les cabinets politiques des ministres.« Nous avons demandé, avec Denis Ricard, de garder un compte-rendu de tous les bureaux de ministre, chaque fois qu'il y a des changements.On garde ça en liste », souligne M.Bujold.Pour la première fois, M.Bujold a bien voulu expliquer la façon dont on procède aux dizaines de nominations qui aboutissent au conseil des ministres.Le travail se fait avec l'administration du conseil exécutif.il faut faire la distinction entre les gens nommes sur les conseils d'ad- ministration et les hauts fonctionnaires qu'il faut forcement remplacer.« Sur les conseils d'administration, ce qui importe c'est la compétence et la représentation régionale, du milieu.|e travaille la-dessus avec Pierre Bibeau.El avec M.Bolduc on \u2022 regarde ça avec les ministres impliqués.» Quant aux hauts fonctionnaires promus, ils sont sélectionnés par M.Bolduc et les ministres concernés.Tout comme son chef.M.Bujold ne croit pas que le changement de gouvernement doit entraîner une purge dans la fonction publique, bien que des changements soient nécessaires au bout d'un certain temps.Il reproche au PO d'avoir politisé la haute fonction publique durant ses neuf ans de pouvoir.« On n'a pas fait de chasse aux .sorcières », mentionne M.Bujold.Conflits d'intérêts Interrogé sur les directives sur les conflits d'intérêts des ministres, à la suite de l'affaire Sinclair Stevens, M.Bujold a affirmé qu'il est fort improbable que cela puisse arriver au Québec, car M.Bourassa veille personnellement à ce qu'on respecte la lettre et l'esprit des directives émises qui permettent également le re-; cours à une fiduciaire sans droit de regard (blind trust).; « C'est lui qui voit à l'application de ses directives à lui, et il est extrêmement prudent là-dessus.» Au sujet de l'affaire Stevens, il ne peut s'empêcher de s'exclamer : « Quand tu donnes un mandat à ta femme?.» Entre Trudeau et Bourassa: « respect et admiration » [; wm QUÉBEC (PC) \u2014 Rémi Bujold ™ a sauté la clôture après avoir été défait lors des dernières élections fédérales et il est venu se joindre à l'équipe de Robert Bourassa en avril 1985, quand ce dernier était chef de l'opposition.Il connaissait bien cependant la politique provinciale puisque de 1972 à 1975 il a travaillé pour les ministres William Tëtley (Institutions financières) et Lise Bacon (Affaires sociales).Il était cependant associé au gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau.De 1975 à 1979, il a été conseiller spécial pour le Québec du premier ministre canadien.En 1979, il devenait député de Bonaventure, le comté qui l'a vu naître puisqu'il est originaire de Saint-Jules de Cascapédia.M.Bujold a également été ministre d'Etat au Développement régional.De plus, M.Bujold s'est impliqué dans la campagne au leadership des libéraux fédéraux, ayant servi à titre de co-président de cette campagne avec Mme Iona Campagholo.Assez curieusement, il était aux côtés de Trudeau quand ce dernier a ridiculisé en 1976 à Québec son homologue provincial.De passage dans la Vieille Capitale, M.Trudeau avait traité M.Bourassa de « mangeur de hot dog » devant les journalistes.En soirée, suite à une rencontre avec Bourassa, M.Trudeau s'était enflammé et avait traité le premier ministre du Qué-\u2022 7 bec de « ti-Pit », ajoutant par la sui-; te, devant des militants libéraux, que ce qu'ils avaient compris immédiatement le serait en quelques semaines par leur premier ministre.Ces déclarations avaient affaibli davantage le gouvernement Bourassa, défait plus tard en novembre 1976.Interrogé à ce sujet, M.Bujold affirme qu'il se rappelle très bien de ces incidents.« C'était dans ce bureau-ci, j'étais avec Trudeau, l'ai tout vécu ça, ça a été légèrement exagéré.C'est ce qui est venu par la suite.|e crois que c'est le discours le soir qui a donné lieu à des attaques virulentes contre M.Bourassa.« 11 y avait certaines raisons », de dire M.Bujold au sujet des tensions Québec-Ottawa avant de préciser qu'il n'a nullement l'intention de dévoiler ce qui s'est passé puisqu'il était conseiller d'un autre premier ministre à cette époque.Selon M.Bujold.Trudeau et Bourassa se vouaient néanmoins respect et admiration et jamais, dans le privé, ils n'ont déblatéré l'un contre l'autre.À ses dires, il est possible de servir successivement les intérêts du Québec et d'Ottawa.Il résume ainsi le rôle d'un Québécois sur la scène politique : « Quand on est à Québec, on travaille pour le Québec à l'intérieur du Canada, alors qu'à Ottawa, on travaille au Canada pour le Québec.». B 2 LA PRESSE, MONTREAL, MARDI 20 MAI 1986 EDITORIAL PAUL DESMARAIS président du conseil rf administration ROGER D.LANDRY président et éditeur MICHEL ROY éditeur adjoint CLAUDE GRAVEL directeur de l'information JEAN-GUY DUDUC éditorialiste en chef Les retraités veulent justice Les retraités et les préretraités continuent leur guerre contre le gouvernement conservateur.Plus de 1000 personnes ont manifesté sur la Colline parlementaire, la semaine dernière, pour protester contre la décision rétroactive de la ministre de l'Emploi et de l'Immigration, Mme Flora MacDo- \u2022 nald, de couper les prestations d'assurance-chômage à des personnes dans le besoin.Le dossier piloté par le député libéral de Sainte-Marie, M.Jean-Claude Malèpart, remonte à une directive émise le 5 janvier dernier.Ainsi, le revenu provenant d'une pension depuis cette date est considéré comme une valeur de rémunération aux tins de l'assurance-chômage.En clair, cela voulait dire qu'un retraité devait tenir compte de ce nouveau critère au moment de calculer le montant des prestations.Cette disposition ne s'applique pas aux personnes qui bénéficient de plans enregistrés d'épargne-retraite, des rentes et de tout autre plan de retraite privé ou auquel elles ont adhéré à titre individuel.Mais 34000 personnes au Canada qui avait été incitées à se retirer du marché du travail dans le but de faire notamment de la place aux jeunes travailleurs sont pénalisées injustement par cette mesure antisociale.Au moment de prendre leur retraite, on fc.isait miroiter à ces salariés qu'ils pourraient toucher des prestations d'assurance-chômage pendant un an.Pour plusieurs, il s'agissait là d une incitation valable qui leur permettait pendant douze mois de continuer à recevoir un revenu décent et d une période de temps suffisante pour mieux s'adapter à leur situation de sans-emploi.Ces travailleurs avaient établi leur budget en fonction de cette aide qui leur venait de l'État.À la suite du changement de ce règlement, plusieurs se retrouvent strictement Clans la misère, comme ils ont tenté de le démontrer à la ministre MacDonald lors de la manifestation à Ottawa.Au moins cinq députés conservateurs ont déjà donné leur appui à ces retraités ou préretraités défavorisés par la nouvelle orientation décrétée par leur gouvernement.Mme MacDonald, pour sa part, s'en tient au principe que l'assurance-chômage est une assistance réservée aux personnes qui subissent un arrêt involontaire de leur emploi en attendant de retrouver un emploi plutôt qu'à celles qui se sont retirées du marché du travail.Elle a sans doute raison de vouloir qu'il en soit ainsi.Mais ce qui est profondément injuste, c'est que les personnes pénalisées ont agi en toute bonne foi en se prévalant de dispositions légales admises par le gouvernement au moment de se retirer.Le ministre a eu tort de changer les règles du jeu en cours de route en s'attaquant de façon injustifiée à des droits de survie pour des citoyens démunis.C'est un geste assez odieux qui doit être corrigé.Ce n'est pas en économisant quelques milliers de fillars par des restrictions de ce genre qu'on contribuera à as., ainir les dépenses publiques et à diminuer le déficit du gouvernement central.On s'explique mal, d'ailleurs, pourquoi les conservateurs ont procédé de façon aussi rapide dans cette affaire.La Commission de Claude Forget, mise sur pied par le ministre .Wilson en 1983 pour revoir en totalité le régime de l'assurance-chômage.n'a pas encore remis son rapport et ses recommandations.On aurait dû avoir la décence d'attendre les résultats de cette enquête.Jacques BOUCHARD Libre-échange avec filet de sécurité La première rencontre entre les négociateurs du libre-échange aura lieu cette semaine.Ce premier contact entre M.Peter Murphy, pour les États-Unis, et M.Simon Reisman, pour le Canada, donnera le ton aux négociations.Ils se pencheront sur l'agenda des négociations, le contenu d'un nouvel accord commercial et le moyen d'y parvenir; ils devraient aussi examiner des problèmes qui ne font pas partie de l'accord proprement dit.M.Murphy a déjà évoqué le problème de l'acquiescement des provinces.La position américaine est claire: le Congrès ne veut pas entendre parler d'un accord qui ne lierait pas les provinces.Il s'agit d'un problème constitutionnel canadien qui n'est pas sujet à négociation; on ne pourrait toutefois pas reprocher à Washington de refuser de négocier avec un gouvernement qui ne jouit pas d'une autorité suffisante.M.Reisman devra donc assurer les États-Unis à ce sujet et le gouvernement de M.Mulroney doit faire le nécessaire pour que M.Reisman ne soit pas démenti par la suite.\u2022 :.De son côté M.Reisman estime que l'entrée en vigueur ;d'un accord de libre-échange devrait s'échelonner sur dix ans.Les industries canadiennes les plus affectées auraient, en effet, besoin d'une longue période d'adaptation si elles veulent éviter les faillites et les licenciements.Les États-Unis auraient, sans doute, moins de peine à s'adapter étant don-' hé que le commerce entre les deux pays est relativement moins important pour eux.Par ailleurs, ils connaissent déjà une forte mobilité de la main-d'oeuvre, ce qui facilite l'adaptation à de nouvelles structures industrielles.Même si l'agenda des négociations sera au centre de cette première rencontre, les négociateurs ne doivent pas négliger ces aspects qui détermineront s'il vaut la peine de négocier et si un accord éventuel sera acceptable.On a beaucoup parlé de ce Qui est négociable et de ce qui lie l'est pas.Les Etats-Unis adoptent l'attitude que tout est .négociable alors que le Canada estime que la culture et les services sociaux doivent être exclus de négociations commerciales.Il serait peut-être plus diplomatique de dire que le Canada est prêt à négocier dans tous les domaines mais qu'il y en a où les concessions ne peuvent être que minimes.Il faut, en effet, perdre la notion que tout accord avantageux pour les États-Unis est forcément contraire aux intérêts canadiens; le but des négociations est d'enrichir les ' deux pays et les citoyens des deux côtés de la frontière.Mais comment savoir si une concession sera avantageuse à , la longue quand l'effet à court terme semble nettement défavorable à une industrie canadienne?Pour répondre à cette question, il faut que le gouvernement fédéral définisse, en même temps qu'il négocie avec les États-Unis, des programmes d'assistance à l'adaptation pour les industries menacées par le libre-échange.La Commission Macdonald estime même dans son rapport qu'il «est indispensable que les deux pays s'entendent sur un projet - d'assistance à l'adaptation avant la conclusion officielle du traité».L'élaboration d'un tel programme est sans doute la meilleure façon de convaincre les Canadiens et les provinces que le libre-échange ouvre la porte à un développement or-.donné de nos ressources et non à la renaissance du capitalisme sauvage.Le rapport Macdonald envisage l'établissement d'un programme canado-américain d'assurance contre la désorganisation du marché; il attribue cette idée à «un -.vieux routier ayant une longue expérience en matière de négociation d'ententes commerciales avec les États-Unis».Ce .«vieux routier» est M.Simon Reisman.Frédéric WAGHÎEBF c3rungt esr FSërà lutter Voiifi \"7\" POl, oui ' Ce et celles des services de la Presse Associée et de Reuter.Tous droits de reproduction des informations particulières à LA PRESSE sont également réservés.«Courrier de la deuxième classe \u2014 Enregistrement numéro 1400.» Port de retour garanti.ABONNEMENT 2854911 Le service dei abonnements est ouvert du lundi au vendredi de 7 h a 18 h.ANNONCES CLASSEES Commandes ou corrections hmdi ou vendredi de 8h o 17h.285.-7111 REDACTION PROMOTION COMPTABILITÉ Grandtt annonces 285-7070 285-7100 285-4892 2854900 GRANDES ANNONCES Détaillants 285-7202 National, Tcle-Presse 285-7306 Vacances, Voyages 285-7265 Corriew ;! profession!, nominations 285-7320 V .
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