La presse, 30 août 1986, B. Samedi plus
[" m- SAMEDI SUIS LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 30 AOÛT 1986 LA CHICANE DES AÉROPORTS Dorval ou Mirabel.ou les deux à la fois ?Dans un mois, le 4 octobre, l'aéroport de Mirabel aura II ans.Promis a un avenir brillant lors de sa conception, il pourrait pourtant mourir avant même de devenir adolescent.Cette perspective, que personne n'envisageait lors de la création du Conseil consultatif sur les aéroports de Montreal il y a moins de deux ans, a claqué comme un coup de fouet cette semaine.ANDRE NOËL La Chambre de commerce de Montreal et le Bureau de commerce de Montreal, qui siègent au Conseil, ont demande le retour immédiat de tous les vols commerciaux a Dorval.Deux autres groupes membres, la Conférence des maires de banlieue de Montreal et l'Association des transitaires internationaux canadiens, défendaient déjà cette position.La Ville de Montreal et la Communauté urbaine de Montréal n'ont pas encore remis leur recommandation au Conseil consultatif.Mais si |ean Doré, president du Rassemblement des citoyens de Montreal, est élu maire le 9 novembre, la Ville et la CUM se joindront au mouvement.Presque toute l'Ile de Montréal demandera alors la fermeture ou la mise en veilleuse de Mirabel, tout comme Toronto avait fait front commun il y a quelques années pour empêcher Ottawa de construire le second aéroport de Pickering.Les autres membres du Conseil consultatif, dirige par un ingénieur de Laval, lean-Pierrc Sauriol, veulent au contraire développer Mirabel et laisser les vols court-courrier par avions turbopro-pulsés a Dorval.Ils ont cependant beaucoup moins de poids.Il s'agit de la Chambre de commerce de Laval (dont M.Sauriol est le président), de la Corporation de développement des Laurentides, de la Société pour le progrés de la Montérégie, de l'Office des congrès et du tourisme du Grand Montréal et d'un petit groupe.l'Association du cargo aérien de Montreal.Le Parti civique reclame le maintien des deux aéroports, en ajoutant une liaison ferroviaire rapide.Personne d'autre ne soutient cette position, sauf peut-être Air Canada, qui représente les lignes aériennes au sein du comité Sauriol.Selon toute vraisemblance, le comité sera incapable de remettre une recommandation claire au ministre des Transports.|ohn Crosbie.d'ici la mi-septembre.Ottawa avait demandé au comité d'exclure la fermeture de Dorval ou de Mirabel.Ironie du sort, le seul consensus qu'a atteint le comité, c'est justement que Montreal doit absolument concentrer ses vols à un des deux aéroports.Un système inefficace Car le temps presse.Bien que divisé, le comité Sauriol admet que : « si le système bi-acroportuaire actuel se maintient, les inefficacités de Montréal inciteront les transporteurs à continuer de choisir Toronto comme pivot canadien de leur trafic ».Depuis l'ouverture de l'aéroport de Mirabel : ¦ Le nombre de vols transatlantiques sans escale a chuté de moitié à Montréal (de 116 à bO par semaine) ; ¦ Le volume de cargo aérien a aussi diminué (de 114 000 a 105 000 tonnes par année) ; ¦ Le nombre de passagers a stagné aux environs de 7 millions par année, si bien que Mirabel \u2014 un des plus grands aéroports au monde \u2014 reçoit moins de passagers que l'aéroport de Halifax.La structure bicéphale de Montréal \u2014 les vols canadiens et américains à Dorval, les vols internationanx à Mirabel -\u2014 complique les correspondances.Rebutées, les compagnies aériennes ont massivement guidé leurs clients vers Toronto, où les vols sont regroupés : ¦ En 10 ans, l'aéroport L.B.Pearson a vu son trafic passager grimper en flèche (d'environ 10 à 15 millions); ¦ Le volume de cargo a presque doublé (de 131 000 tonnes en 1975 à 218 000 tonnes en 1984.et plus en 1985 selon les prévisions) ; Si la glissade se poursuit.Montreal, autrefois capitale du transport au Canada, deviendra un centre aeroportuaire regional et secondaire.Les pertes économiques seront énormes.Nul doute que si un avion pouvait remonter dans le temps, Montréal sauterait dedans, en fixant la date de retour à 1967.Cette photo à haute altitude de l'aéroport de Dorval fait voir qu'il ne reste plus beaucoup d'espace pour le développement.On voit la route 20 à gauche et la 40, à droite.Le 4 octobre 1975, c'est le premier ministre Pierre Trudeau qui a donné au pilote de Concorde, André Turcot, l'autorisation d'atterrir pour inaugurer l'aéroport de Mirabel.Ce jour-là, M.Trudeau a prédit que Toronto se rongera les ongles de ne pas avoir son Mirabel.1967, c'est l'année de l'Expo.Stéphane Venne compose la chanson-thème : « Un jour, un jour, quand tu viendras, nous t'en ferons voir, de grands espaces ».Dix ans plus tard, les étrangers verront effectivement de grands espaces en débarquant à Mirabel.C'est l'époque des méga-projets.Ottawa commande une étude, qui aboutira peu après à l'expropriation de 36 500 hectares (un peu moins que la superficie de l'île de Montréal) autour du village paisible de Sainte-Scholastique, dans les Basses Laurentides, pour aménager l'immense aéroport.Les 3 900 familles expropriées (9 500 personnes, surtout des cultivateurs) protestent, mais leurs intérêts paraissent bien mesquins à côté des extraordinaires perspectives d'avenir du super-aéroport.Lors de l'inauguration, le premier ministre Pierre Trudeau prédit que Toronto se rongera les ongles de ne pas avoir son Mirabel.Le parc industriel autour de Mirabel devait attirer de nombreux investisseurs étrangers : le parc est toujours vide.Aucune usine n'y a été bâtie malgré d'importants travaux d'infrastructure.Dans les projets initiaux de Transports Canada, Mirabel devait devenir la seule porte d'entrée au Canada pour tous les vols transatlantiques et possiblement pour tous les vols internationaux.Mais une fois les terres expropriées (au coût de $140 millions), et alors que les travaux de construction étaient en cours ($345 millions), Transports Canada change ses politiques.Le ministère accorde la permission aux compagnies aériennes étrangères d'atterrir à Toronto, qui ne recevait alors d'outre-mer que les vols de British Airways.Depuis 1971, Toronto, Vancouver, Gander, Saint-john's, Halifax, Québec, Winnipeg, Edmonton et Calgary sont devenues des portes d'entrée internationales au Canada.Plutôt que de concentrer tous les vols à Mirabel, Transports Canada lui a confié seulement les vols internationaux, laissant les vols canadiens et américains à Dorval.De plus, Ottawa n'a pas réussi à convaincre le gouvernement québécois à allonger l'autoroute 13, ce qui aurait permis une liaison entre les deux aéroports.Aujourd'hui, la situation est désastreuse.Et les solutions, cruelles.« Aménagé pour accueillir 60 millions de passagers annuellement (l'achalandage sera d'environ 2 millions de passagers en 1986), l'aéroport de Mirabel a été une énorme erreur de planification », soutiennent la Chambre et le Bureau de commerce de Montréal dans un document conjoint.Le Conseil consultatif a étudié 44 rapports.Il a avancé cinq options, mais seulement trois sont débattues : Option 1: Mirabel + Dorval + train C'est l'option du Parti civique.Le maire lean Drapeau a déclare cette semaine qu'il fallait maintenir les deux aéroports.« Il faut garder Mirabel pour demain, il n'y a aucun doute là-dessus, a-t-il dit.Comment se rallier à un seul aéroport ?C'est mettre complètement de côte l'avenir.» Son successeur à la tète du parti, Claude Dupras, a affirmé qu'il est « irresponsable de fermer Mirabel et inimaginable de fermer Dorval ».M.Dupras a proposé la construction d'un train rapide, au coût de $174 millions, qui parcourerait en 20 minutes les 40 km séparant les deux aéroports.Les passagers arrivant à l'un des deux terminaux pourraient monter dans le train gratuitement et sans franchir de douanes, le train entrant directement dans les aérogares.Cette suggestion fait l'affaire d'Air Canada, qui n'aurait alors rien à débourser pour déménager ses installations d'un aéroport à l'autre.Mais elle a été rejetée par tous les experts.« Les conclusions de nos consultants spécialisés révèlent que les coûts élevés engendrés par cette option ne génèrent aucun gain de trafic ou d'activités aéroportuaires susceptibles de rentabiliser ou de justifier de tels investissements », note M.Sauriol dans une lettre au sous-ministre des Transports.Le nombre de passagers qui correspondent à chaque année entre les deux aéroports est actuellement de 70 000.En mettant les choses au mieux, il pourrait monter à 150 000.Or, les seuls coûts d'opération (sans compter les intérêts sur les coûts de construction) seraient de $30 millions par année.Autrement dit, chaque passager coûterait au moins $200 aux contribuables.Les passagers eux-mêmes n'y gagneraient que peu de temps, en raison des transferts de bagages et de l'attente du train.Enfin, les trains devraient être gardés.Les experts de la Ville rejettent eux-mêmes l'option.Celle-ci est en fait en-dehors du débat, car elle maintient le vice identifié : une structure bicéphale.Option 2: Dorval Le RCM et le milieu des affaires font valoir les avantages d'une consolidation des vols à Dorval : ¦ L'accessibilité de l'aéroport.Dorval est situé à 22 km du centre-ville ; Mirabel, à 55 km.La décision du gouvernement du Québec d'investir $6 millions dans le réaménagement de la gare intermodale de Dorval dotera l'aéroport d'une liaison ferroviaire rapide le reliant au centre-ville et aux lignes de métro (ce qui laisse d'ailleurs voir les préférences de Québec).¦ Son importance économique.Dorval fait partie du plus large complexe manufacturier au Québec : 140 000 emplois.Selon une enquête menée auprès de 3 000 entreprises de l'agglomération aéroportuaire, 80 p.cent s'y sont installées à cause de la proximité de l'aéroport.La base d'entretien d'Air Canada em- ploie plus de 4 000 personnes, gagnant des salaires élevés.Certains craignent que la compagnie déménage la base a Toronto ou Winnipeg, advenant la fermeture de Dorval aux réactes.Les hommes d'affaires de l'île de Montréal \u2014 les plus grands utilisateurs des aéroports \u2014 préfèrent massivement Dorval, affirment la Chambre et le Bureau de commerce de Montreal.¦ La capacité d'expansion.Dorval a fait $10 millions de profit l'an dernier.Mirabel a essuyé un deficit de $2b millions.Dorval a donc la possibilité, affirme M.Dore, de financer sa propre expansion.Avec ses I 485 hectares, Dorval peut accueillir beaucoup plus que 7 millions de passagers.À preuve, ajoute M.Dore, le Washington National (348 ha) a reçu 13,6 millions en 1984 ; le London Heathrow (1099 ha).27,5 millions; le Atlanta Hartfield (1538 ha), 37,5 millions.¦ Le niveau sonore des avions baisse.Les nouveaux avions sont presque deux fois plus silencieux que dans les anntes 60, constate Transports Canada.Les nouveaux moteurs testés sur des Boeing 757 sont maintenant assez silencienx pour permettre l'atterrissage de nuit dans les aéroports soumis à des couvre-feu, comme le Washington National.Le recyclage de Mirabel a d'autres fins que le transport de passagers et le réaménagement de l'aérogare de Dorval pour permettre l'accroissement du trafic exigeraient des coûts variant entre $329 et $409 millions, selon le comité Sauriol.Option 3: Mirabel L'option de faire de Mirabel l'aérer port principal et de laisser les vols dé courte distance à Dorval figurait dans les plans initiaux.Mais quand l'ancien ministre des Transports, |ean-Luc Pépin, a voulu les appliquer, il s'est heurte à une farouche opposition des municipalités de l'ouest de l'ile de Montréal.Le rapport du comité Sauriol soutient que cette option présente la plus forte augmentation de trafic et coûterait moins cher que la consolidation à Dorval (entre $174 et $254 millions).Les partisans de Mirabel soulignent aussi que l'aéroport est moderne et ne pose pas de problèmes de bruit, d'espace et de sécurité.Il est ouvert 24 heures par jour.Son entrepôt hors douane facilite la manipulation du cargo aérien.Diverses études démontrent qu'il y a un marché potentiel pour les court-courriers turbopropulsés, ce qui pourrait constituer un avenir intéressant pour Dorval.Le président de la Corporation de développement des Laurentides, Michel Gagné, ajoute que la fermeture de Mirabel serait aberrante, après tant d'investissements.« Je ne crois pas que Mirabel soit un éléphant blanc, a-t-il dit cette semaine.Mais laissons à l'enfant la possibilité de se développer, et donnons-lui les outils pour lui permettre de faire son travail.» B 2 IA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 30 AOÛT 1 ?8ô EDITORIAL PAUL DESMARAIS président du conseil d'odministration ROGER D.LANDRY président et éditeur MICHEL ROY éditeur adjoint OAUOC OCA VU *r affirmé depuis que Mirabel existe.On peut se rappeler qu'en décembre 1981, le président de la Chambre de commerce de Montréal, M.Serge Saucier, avait déclaré que le transfert des vols de Dorval à Mirabel entraînerait des conséquences «catastrophiques» pour l'économie de Montréal.Aujourd'hui, la Chambre et le Bureau du commerce conservent ¦ toujours la même conviction.En 1981, c'était l'époque des tergiversations du ministre des Transports, M.Jean-Luc Pépin, qui aboutirent à la conclusion qu'il ne fallait rien faire.C'est-à-dire que le ministre proposait de ne rien toucher des vols actuels et d'attirer de nouveaux vols vers Mirabel, de façon à redorer le blason de i immense éléphant blanc que son gouvernement supportait depuis sa conception pénible.Le mot d'ordre était de sauver Inonneur de Mirabel.- 'Depuis, beaucoup de gens (dont moi) ont espéré trouver une vocation aèroportuaire originale à Mirabel.On a proposé le parachèvement de l'autoroute et la construction d'une voie ferrée pour train rapide, desservant également le nord de Montréal; on a suggéré des façons d'attirer les transporteurs aériens, avec des avantages divers qu'on voulait exceptionnels.On n acceptait tout simplement pas que l'élè-.phant blanc soit un monument à l'échec.Il faut bien avouer que les résultats positifs tardent encore :à venir.Il faut bien reconnaître l'échec.Après des années d efforts infructueux, il faut reconnaître que l'aéroport de Mirabel n a pas réussi à devenir un aéroport avantageux pour les transporteurs, pour les Montréalais et pour les principaux utilisateurs des services aériens.L'Association des transporteurs aériens du Canada s'était opposée, déjà en avril 1981, au transfert des vols de Dorval vers Mirabel.À cette époque, le président d'Air Canada, M.Claude Taylor, déclarait qu'une ville comme Montréal devait utiliser un seul aéroport: «Plus les installations aéroportuaires d une ville sont fragmentées, moins elles sont efficaces, productives et attrayantes», disait-il alors.Pas surprenant que dans la même ligne de pensée, quatre ans plus tard, le nouveau président.M.Pierre Jeanniot, déclarait qu'il faudrait se décider un jour à fermer Mirabel.À l'époque, M.Jeanniot a soulevé des tempêtes.Le ministre québécois des Transports, M.Guy Tardif, avait qualifié ridée d aberrante.Probablement parce que le ministre, comme bien d'autres, ne pouvait se résoudre à voir se fermer les portes d'un édifice moderne, presque neuf, cher et dispendieux, qui devait normalement profiter au Québec.Aujourd'hui, à Ottawa, on veut encore sauver Mirabel: le conseil consultatif, formé par le ministre des Transports et préside par I ingénieur Jean-Pierre Sauriol, a reçu le mandat de trouver des moyens de survie pour Dorval et Mirabel, sans sacrifier ni l'un ni I autre.En d'autres termes, il cherche la façon de concrétiser, encore une fois, la solution Pépin.La Chambre et le Bureau font une autre suggestion : on ne ferme pas Mirabel, mais on en fait autre chose qu'un aéroport commercial.Pour les passagers, et pour tous les passagers, on utilise Dorval, exclusivement.À Mirabel, autre chose.Par exemple: une zone industrielle aéroportuaire internationale, un centre du cargo.La suggestion est maigre.Mais l'hypothèse mérite (attention.Si I on peut trouver une façon d'utiliser convenablement Mirabel, on pourra envisager la possibilité de concentrer la totalité des vols commerciaux à Dorval.L argumentation de la Chambre et du Bureau est évidemment égocentrique : elle défend les intérêts des membres et de tout le milieu économique de Montréal.Mais il faut bien admettre que r économie de la métropole touche tous les habitants de la région.Présentement Toronto gagne tellement de terrain sur Montréal, dans le transport aérien com-i mercial comme dans d'autres domaines qui lui sont reliés.qu'il devient urgent de prendre rapidement une décision, devrait-elle être radicale.Il apparaît de plus en plus évident que notre système actuel, malgré toutes les énergies dépen-' sèes, dessert sérieusement Montréal.Avant donc d'adopter la solution d'un seul aéroport de Montreal qui serait à Dorval, il faudrait trouver une façon de conserver à Mirabel un rôle utile à la société à laquelle il a déjà coûté assez cher.Dans cette hypothèse, la solution de la Chambre et du Bureau pourra paraître la plus raisonnable.Jean-Guy DUBUC On ne troque pas F-18 contre GM , On ne reprendra pas ici toute l'argumentation concernant la nécessité d'octroyer à Canadair le contrat d'entretien des F-18: on a déjà assez écrit sur le sujet pour convaincre la population du bien-fondé d'un tel geste.Chacun sait que Canadair peut vivre sans les F-18; mais Canadair aura du .mal à grandir et à devenir un centre international de haute ^-ijechnologie aéronautique sans la possibilité de poursuivre sa recherche sur des avions qui exigent des foules d'adap-tafions et de corrections dans leur histoire d'une vingtaine Qu'années.Mais on sait également que la réponse à ces demandes est essentiellement politique, quoi qu'on en dise.pr, une rumeur a récemment couru voulant qu'Ottawa '-s'apprête à offrir «autre chose» aux Québécois: un contrat de fabrication d'un nouveau modèle de General Motors à Boisbriand.Si le gouvernement fédéral se prête à ce drôle de.troc, il montrera de façon évidente qu'il ne comprend rien au/ besoins du Québec.Bien sûr, Boisbriand et le Québec ont besoin de cette usine: pour cela, il faut convaincre GM de faire chez nous une voiture que l'on prépare à une longue vie.Fermer Boisbriand signifierait une perte immense pour la région.On peut supposer que le ministre de l'Expansion industrielle régionale, M.Michel Côté, comprend ce problème et s'emploie à lui trouver une solution.Mais cela ne signifie pas qu'il ait le droit de retirer un projet pour en offrir un autre quand les deux sont essentiels.I P'abord, il n'y a aucun lien entre GM et les F-18; les préoccupations de GM ne sont nullement touchées par le contrat d'entretien des avions de combat canadiens.Les dirigeants de GM sont peut-être même tout à fait ignorants qu'on les supplie de rester chez nous pour faire accepter une déception d'un autre ordre.Ce n est pas pour rien que GM se fait tirer l'oreille.D'une part, la productivité de Boisbriand n'a pas toujours été exemplaire, de l'avis même des chefs syndicaux; d'autre part, il en coûte très cher au fabricant de Detroit de construire des voitures loin de la maison mère.Ce n'est pas pour rien que ni Ford ni Chrysler ne sont venues au Québec; et qu'il faille attirer GM avec beaucoup d'appâts.Il faut beaucoup donner pour attirer chez nous.Mais on n'échange pas un avion pour une auto.Et on ne camoufle pas ses intentions, ses machinations ou son im- puissance, derrière des marchés ni logiques ni raisonnables.J.-0.D.DU Reprise du 18 septembre 1981 (Ororti r黫fvéil Jacques Bouchard L'indépendance sans projet de société La promotion de la cause indépendantiste au Quebec devrait normalement être accompagnée d'un projet de société.La seule façon de défendre honnêtement cette vision, c'est de l'assortir d'un texte clair et limpide permettant a la population de comprendre ce qui est proposé.Les citoyens sont en droit de bien connaitre les avantages et les désavantages qui découleraient d'une telle démarche.Mais voilà que trois ténors qui tentent de regrouper les forces indépendantistes émettent une opinion contraire à cette logique.Dans un texte publié cette semaine dans Le Devoir, MM.Gilles Rhéaume, Pierre de Bclicfeuille et Denis Moniére soutiennent que l'indépendance du Québec ne doit pas être liée à un projet de société.« Refuser de lier la réalisation de l'indépendance a l'adhésion à un programme de société est pour nous la seule façon réaliste de faire progresser la thèse de l'indépendance », écrivent-ils.C'est une prise de position surprenante de la part de ces trois personnalités qui tentent de reprendre le flambeau de l'indépendance laissé pour compte par le Parti québécois.lusqua ce jour, un électeur qui accordait son appui à un parti politique avait une assez bonne idée de ce qui l'attendait si cette formation était appelée un jour à former le gouvernement.Mais avec la proposition de ce triumvirat de l'indépendance, il en serait tout autrement.Ainsi ils écrivent : « Nous pensons que la logique du projet de société n'est ni réaliste ni efficace et qu'elle peut même constituer un obstacle à la réalisation de l'indépendance.En effet, dans une société pluraliste comme le Québec, il est illusoire de penser pouvoir rallier un consensus national sur la base d'un projet de société car de deux choses l'une: ou bien le contenu de ce projet est à ce point vague et insignifiant qu'il peut satisfaire tout le monde et alors ce projet ne sert à rien et est superflu, ou bien il est orienté idéologique-ment a droite ou à gauche et alors il aliène et repousse des segments importants de la col- lectivité qui vont rejeter l'indépendance parce qu'ils seront en désaccord avec l'idéologie du parti qui la défend.Accrocher un projet de société à la locomotive de l'indépendance peut en freiner l'élan en limitant son soutien au groupe qui pour des raisons corporalistes se rallie à cette orientation particulière.» Ils n'hésitent pas cependant à définir dans le texte ce que signifiera une adhésion à ce mouvement : « Militer ou voter pour ce parti doit en plus signifier un engagement sans équivoque en faveur de l'indépendance.En conséquence, le programme initial d'un gouvernement du Parti indépendantiste doit être la réalisation juridique et institutionnelle de l'indépendance.» Pour atteindre cet objectif, un tel parti devra faire élire une majorité de députés, sans plus.Dans notre système politique, un parti peut former un gouvernement avec une majorité de représentants sans avoir obtenu pour autant l'appui de 50 pour cent et plus de la population.La démarche proposée par les indépendantistes ne tient donc pas compte de nos régies démo- cratiques.C'est une approche pour le moins inquiétante.En fait, les trois hommes voudraient bien obtenir un chèque en blanc des citoyens.Sans projet de société, l'indépendance pour l'indépendance à n'importe quel prix, et advienne que pourra.C'est ce qu'on peut retenir de leur prise de position pour le moins étonnante.Si l'on suit ce raisonnement, l'autre pas à franchir une fois au pouvoir, serait d'abolir tout simplement les élections! Car il est difficilement pensable que le changement radical proposé puisse se faire au cours d'un premier mandat.La démarche proposée par les trois leaders est intellectuellement inacceptable.Le mouvement indépendantiste, déjà à l'agonie au Québec, ne retrouvera sûrement pas une meilleure santé dans les mois a venir avec une philosophie de ce genre.MM.Rhéaume, de Bellefeuil-le et Monierc auraient tout intérêt à reprendre leur réflexion pour réécrire quelque chose d'un peu plus cohérent.LECTURES Montréal et «l'après-Drapeau» «Qu'il y ait ou non changement du parti au pouvoir, il semble acquis que maintes institutions seront appelées à s'adapter sérieusement.C'est le cas du conseil municipal et du comité exécutif et des relations PIERRE VENNAT_ entre ceux-ci; c'est aussi le cas pour les relations entre les autorités politiques élues, maire et conseillers, et l'ensemble de l'appareil administratif.Tout semble indiquer qu'un type de fonctionnement, vieux maintenant de vingt-cinq ans, soit en voie de disparaître.» Montréal entre déjà dans ce qu'on peut appeler «l'après-Drapeau».Même le successeur de fean Drapeau à la tète du Parti civique, Claude Dupras, promet des changements importants.Peu importe, donc, de savoir aujourd'hui qui de lui, ou de lean Doré du Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal l'emportera en novembre.Ce qu'il y a de certain, c'est que le paysage politique montréalais changera.C'est dans ce contexte que sera lancé, la semaine prochaine, un important ouvrage sur Le système politique de Montréal, sous la direction de deux politicologues, Guy Bourassa, de l'Université de Montréal et lacques Léveillée, de l'Université du Québec à Montréal.Cet ouvrage fait suite à un pénible constat: il existe une pénurie d'ouvrages d'ensemble sur Montréal, en dépit de la présence sur son territoire de quatre universités.Les auteurs ont donc voulu regrouper toute une série de textes, plusieurs souvent de nature académique et pas faciles d'accès, de façon à favoriser au chercheur ou à toute personne désireuse de suivre de près l'actualité municipale de Montréal et d'en comprendre les rouages, de s'y retrouver.Pas moins de trente textes sont réunis dont ceux, plus facilement compréhensibles que ceux des universitaires, de plusieurs confrères journalistes, entre autres Guy Pinard, Ly-sianne Gagnon, Florian Bernard et Marcel Adam, de LA PRESSE.Les deux politicologues qui ont dirigé le tout ne s'en ca- chent pas; ces études sont incomplètes et plusieurs zones d'ombre se dégagent encore quand on veut analyser le système politique montréalais.Dans un texte qu'il signe lui-même, Guy Bourassa écrit d'ailleurs que la vie politique montréalaise a été trop peu étudiée pour que l'on puisse supposer connus ses traits dominants.C'est d'ailleurs pourquoi Bourassa et Léveillée ont tenté d'identifier des champs où la recherche devrait s'intensifier pour combler des lacunes majeures dans notre connaissance du phénomène politique montréalais.«À propos des institutions elles-mêmes, on peut croire qu'elles devront connaitre une évolution importante dans la mesure où le bipartisme, et partant un parlementarisme plus authentique, parait devoir s'instaurer dans la vie politique montréalaise.» Les deux politicologues admettent qu'il faut certes noter l'importance déterminante que peuvent revêtir les élections de novembre 1986./ Mais, ajoutent-ils, il ne fau- drait pas pour autant négliger la place sans cesse croissante que paraissent devoir occuper divers groupes d'intérêt: syndicats, milieux d'affaires, associations de citoyens.«A cela pourrait s'ajouter le poids d'une presse informée et présente, voilà, à coup sûr, divers facteurs qui risquent de changer en profondeur la physionomie de la démocratie à Montréal.» Parmi les autres sujets susceptibles d'intéresser les chercheurs ces prochains mois, les deux politicologues énumèrent les affrontements autour de la fiscalité et du budget montréalais, les oppositions de perspective à propos de la rénovation urbaine et, soulignent-ils enfin, «un enjeu qui recouvre en quelque sorte tous les autres et qui ne se prête pas nécessairement à des solutions claires et uniques: comment assurer le développement économique, social et culturel de la communauté montréalaise et quelle place faire à celle-ci dans les systèmes québécois et canadien»?Le système politique de Montréal, Guy Bourassa et Jacques Léveillée, Cahiers de l'AC-FAS, 600pages.* I LE « NOUVEAU MULRONEY » : Un style présidentiel et davantage politisé LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 30 AOÛT 1986 \u2014MMmtmnr B 3 VASTIL d« notre bureau d Ottawa ¦ OTTAWA \u2014 À la moitié \u2014 de son mandat, le premier ministre Mulroney a choisi un style de gouvernement, et mis en place une équipe de professionnels, qui ressemblent singulièrement a ceux d'un président américain.C'est un Brian Mulroney complètement transformé qui emerge d'un été de retraite dans les hauteurs de la Cati-neau, a sa résidence d'été du lac Harrington : \u2014 il prend ses distances avec l'administration quotidienne des affaires de l'État : son vice-premier ministre.Don Mazan-kowski.preside de plus en plus a sa place les réunions du conseil des ministres et fera face, dans l'avenir, aux questions de l'Opposition aux Communes; \u2014 ses trois principaux conseillers : le sénateur Norman Atkins, sur les affaires du parti.Dalton Camp, sur les stratégies du gouvernement, et Norman Spector.sur les affaires de la federation, ont été nommés au cours de l'été et jouissent de la confiance de la « Big blue machine » du parti conservateur.Il ne faut pas se surprendre de voir ainsi M.Mulroney suivre l'exemple d'un Ronald Reagan qui porte peu d'intérêt aux affaires courantes et se fie a quelques proches collaborateurs de la Maison-Blanche.Le premier ministre, dans une rencontre avec LA PRESSE l'hiver dernier, disait d'ailleurs son admiration pour le système présidentiel qui dispense le chef du gouvernement de faire face tous les jours aux questions sur « les petites choses » posées par l'Opposition et la presse parlementaire.Cette semaine a Saint-|ean.un ministre senior de l'Ouest du pays confiait que l'ère des communications modernes rend la vie difficile aux gouvernements et déplace le centre du pouvoir du Parlement vers l'Exécutif.Une équipe de fidèles Brian Mulroney se trouve ainsi a changer radicalement le style de gouvernement auquel les libéraux avaient habitué les observateurs de la scene fédérale.Du temps de Pierre Trudeau en particulier, les conseillers du pouvoir étaient intellectuels et carriéristes : ils se joignaient à l'administration fédérale nourris d'un ideal et poursuivaient soigneusement un plan de carrière qui leur permettait de surveiller eux-mêmes la réalisation de leurs grands desseins politiques.Les hommes de Brian Mulroney n'ont aucune ambition de carrière et ne sont à Ottawa que pour un court stage et un unique objectif : assurer la réélection du leader.Le pouvoir se concentre ainsi dans les mains d'un seul homme et d'une poignée de fidèles (sept au bureau de M.Mulroney auxquels on peut ajouter MM.Atkins et Camp).Du temps de Pierre Trudeau, le pouvoir était exercé par une C'est un Brian Mulroney complètement transformé qui a émergé d'un été de retraite dans les hauteurs de la Gatineau.poignée de ministres (Allan Maci^achen, Marc Lalonde et lean Chrétien dans les dernières années), lesquels jouissaient de l'entière collaboration du Conseil privé.Politisée de l'intérieur qu'elle était sous les libéraux, l'administration fédérale est ainsi en train de se politiser de l'extérieur.Le catapultage de Dalton Camp \u2014 ancien président du PC \u2014 en particulier, a un poste de sous-ministre au Conseil privé ne trompe personne.M.Camp a beau dire qu'il « est un bureaucrate », tout le monde le sait plus dévoue a l'avenir du Parti conservateur qu'aux intérêts supérieurs du pays.Encore que les deux ne soient pas forcément inconciliables.Cela n'est cependant pas sans soulever de délicates questions au sein de la haute fonction publique.M.Camp dit qu'il devra « coordonner les activités des ministères ».une definition de tache qui correspondait autrefois à celle du Greffier du Conseil prive.La tradition a toujours voulu que le Greffier, actuellement Paul Tellier.joue les intermédiaires entre le pouvoir politique et la bureaucratie.Ce role demeure, mais on lui ajoute, au même niveau d'autorité, un « conseiller senior du cabinet pour l'élaboration des politiques ».Cela ressemble, comme aux États-Unis encore, a la mise en place d'une « bureaucratie parallèle » alors que les libéraux avaient eu le temps, au fil des années, de mettre la bureaucratie au service de leurs objectifs politiques.« Brian Power » Le Canada anglais fait grand cas, depuis quelques jours, de la renaissance du « french power » a Ottawa.Les réaména-gements que M.Mulroney vient d'apporter a son administration, et les hommes qu'il a mis en place, suggèrent plutôt que le « french power » est en train de s'affaiblir.Avec l'arrivée de Dalton Camp, que reste-t-il des pouvoirs de Paul Tellier, de ceux que Michael Pitfield exerçait aux cotes de M.Trudeau?Avec la nomination de Norman Atkins comme responsable des affaires du parti, que reste-t-il des pouvoirs du Secrétaire principal, Bernard Roy, en comparaison avec ceux qu'exerçait un |im Coutts par exemple?Avec la nomination du ministre Lowell Murray et du sous-ministre Norm Spector.que reste-l-il du « french power » dans le domaine crucial des relations fédérales-provincial s?Il est certes heureux que le premier ministre amené dans son entourage des hommes qui se préoccupent de strategies à long terme et de coordination de l'activité des différents ministères.C'est cependant un role qu'il aurait pu confier au Conseil prive.M.Mulroney n'a pas dit si cela représente un constat d'échec sur la bureaucratie fédérale ou s'il refuse a priori d'accepter sa collaboration.Le fait enfin que MM.Camp et Atkins soient surtout des spécialistes de la communication jette un doute sur les motifs reels du chef du gouvernement : est-ce le message ou le medium qui devient le plus important?Le « nouveau Mulroney ».quoique plus prometteur, n'en pose donc pas moins deux questions: le premier ministre s'eleve-t-il au-dessus des affaires courantes pour mieux gouverner, ou pour passer plus de temps a faire campagne?Ses nouveaux collaborateurs, plus expérimentes, sont-ils au service de l'État, ou a celui du parti?Paradis apprend que réformer l'aide sociale, ce n'est pas simple GILBERT MUNIT de notre bvreau de Quebec m QUEBEC - Sagement, au terme de plusieurs heures de discussion en Conseil des ministres, le gouvernement Bourassa a renvoyé le ministre de la Sécurité du revenu, M.Pierre Paradis, parfaire son projet de réforme en profondeur de l'aide sociale.Même s'il est convaincu que les retouches à apporter sont mineures puisqu'elles n'ont trait qu'à la période de transition entre les regimes actuel et nouveau, M.Paradis doit polir son plan.Aura-t-il le temps de le faire puis de revenir devant le Conseil des ministres sans que son calendrier initial soit bouleversé?La question est importante à deux titres : \u2022 parce que la réforme envisagée touchera chacun des 694 000 bénéficiaires, dont tous les gens de moins de 30 ans à qui le Parti libéral promet la parité depuis plusieurs mois, et que les étapes à franchir sont encore nombreuses; \u2022 parce que le calendrier de M.Paradis est important au pian politique : il vient de « frapper un noeud » imprévu, dont il n'a pas fini d'entendre parler.Pour ce tenor liberal jadis candidat malheureux à la direction de son parti, il s'agit d'un premier ecueil depuis son entree au Cabinet, lusqu'ici, il avait plutôt bien réussi : \u2022 a « enterrer » l'encombrant rapport Beaudry, en le confiant pour analyse à un comité; \u2022 a franchir sans encombre diverses grèves, dont celles du transport en commun sur la Rive-Sud et des cols bleus de Montreal; \u2022 a mener a un règlement négocie les parties dans l'industrie du bâtiment, quoique ce règlement soit de moins en moins acquis; \u2022 a lancer puis à maintenir, contre vents et marées, les visites d'agents enquêteurs aux domiciles des assistes sociaux.Alerte au chaos M.Paradis était charge de traduire dans des faits la promesse électorale d'une abolition de la discrimination fondée sur l'âge des prestataires de l'aide sociale.Il promettait, depuis mars, que cela viendrait tôt à l'automne.Or.il y a loin du principe aux gestes.LA PRESSE dévoilait, fin juillet, les lignes mai-tresses du projet conçu au ministère de M.Paradis.Un projet ambitieux et pas toujours limpide quant aux objectifs poursuivis ou aux modalités de mise en oeuvre.Selon le projet, il faut réinscrire chacun des 416 000 ménages qui reçoivent l'aide sociale; il faut distinguer entre « employables » (78 p.cent) et « non-employablcs » (22 p.cent); il faut suivre de prés la recherche d'emploi des premiers et augmenter les prestations des seconds; il faut accorder six mois a la recherche d'emploi avant de passer a Le ministre de la Sécurité du revenu, M.Pierre Paradis, devra polir son plan.l'étape de la formation obligatoire; etc.Beaucoup de travail en perspectives, pour quelque 3 000 fonctionnaires de plusieurs ministères.Donc, de longs délais avant que les premiers fruits de la reforme \u2014 les cheques mensuels \u2014 ne soient modifiés.C'est justement ce « labyrinthe administratif «appréhende que le Conseil des ministres invoque pour tempérer les ardeurs de M.Paradis.M.Paradis disait mardi, en entrant au dernier Conseil des ministres, que son projet était « complet et prêt ».Mercredi soir, c'est le premier ministre qui mettait des gants blancs, question de ne pas froisser son ministre, pour annoncer que le plan présentait trop de risques de « chaos administratif » pour recevoir tout de suite l'aval du gouvernement.Le calendrier de M.Paradis prévoit la publication du projet en septembre.C'est presque demain.Comme il faut reprendre une partie du travail, puis retourner au Conseil des ministres, la tournée de consultation qui doit suivre est-elle encore possible pour septembre-octobre?La présentation du projet de loi et sa discussion peuvent encore être réalisées à la rentrée d'octobre, a condition que de nouveaux grains de sable ne soient pas lancés dans la machine.Le ministre vise une adoption avant les Fêtes.Ne resterait plus que l'étape cruciale de l'entrée en vigueur.Début 87?Transition durant tout 87?De-but 88?Un recul politique Outre l'animosité plutôt naturelle entre le ministre et les regroupements d'assistés sociaux \u2014 singulièrement depuis le début des visites à domicile \u2014 M.Paradis est dorénavant aux prises avec un premier recul politique, imposé par ses pairs en Conseil.Le grand public s'en trouve à tout le moins saisi, si ce n'est sur ses gardes.Le principe d'une réforme nécessaire est acquis.Les pé-quistes.avant les libéraux, avaient calcule que la parité coûterait un demi-million.Mme Pauline Marois attendait des cieux plus cléments que la tourmente économique du de-but de la décennie.En huit mois, le gouvernement Bourassa n'a qu'enlevé des sous aux assistés sociaux, en abolissant l'indexation trimestrielle puis en resserrant certains contrôles.Sans parler de l'enquête à domicile qui vient saboter les « initiatives » des « débrouillards » du travail au noir.Critique pequiste en matière d'aide sociale, M.Jean-Pierre Charbonneau (Verchères) maintient depuis des mois que la clef réside dans une réforme de la fiscalité.« comme le proposait le livre blanc de notre gouvernement ».« Il n'y a pas 400 000 jobs disponibles demain matin au Québec.Et il n'y a aucun incitatif réel au travail, quand le fisc vient chercher une part du salaire minimum ».ajoutc-t-il.Entretemps, le moment de la réforme étant repousse, les préjugés trouvent de quoi s'alimenter, par exemple dans les reportages sur des cas isolés de fraude ou de voyages en Floride.La these de la « paresse » s'accrédite.« Employables » ou non.jeunes ou moins jeunes, tous sont perçus comme étant dans le même bain et en étant un peu « responsables ».lusqu'ici.M.Paradis n'a.pas expose son projet publiquement.Lorsqu'il le fera, trouve-ra-t-on des gens pour lui démontrer qu'une reforme fiscale, instituant des incitatifs à travailler, comporte peu de risques de « chaos administratif»?Ou que le travail au noir est attribuable aussi bien a celui qui le commande qu a celui qui l'exécute?Ou encore que la débrouillardise ne saurait être une vertu pour l'homme d'affaires et un vice pour l'assisté social?DANS LA FAUNE WASHINGTONIENNE L'indispensable « Post » ¦WASHINGTON - « Le Washington Post est à Washington ce que (le quotidien du spectacle) Variety est à Hollywood», décrète avec raison Herb Schmertz, le porte-parole de Mobil Qil connu pour son agressivité envers la presse.La capitale américaine est en effet une «Company Town», créée tout exprès pour loger le siège du gouvernement.L'employeur quasi unique \u2014 l'État \u2014 fournit chaque jour son trop-plein de controverses, de luttes d'influences, de rumeurs.Le Post, lecture quotidienne obligée des décideurs comme des observateurs, en est le compas indispensable.Plus qu'un guide du labyrinthe gouvernemental chaque jour reconstruit, des personnalités qui n'en sont plus et de celles sur le point de le devenir, le Post crée une partie de l'événement, impose des thèmes aux législateurs, donne la trouille aux responsables qu'il critique.«Allez-vous congédier Don Regan », demandait un journaliste l'automne dernier au président après que le Post eut pu- blié pendant trois jours autant d'articles attaquant le puissant chef de cabinet de la Maison-Blanche.«Si j'ai quelqu'un à congédier», rétorquait M.Reagan, «ce serait le Post.» On sait que Don Regan a lui-même demandé à son patron si son emploi était en danger.Au moins, un puissant employé de l'État a dû quitter son bureau parce que deux jeunes reporters du Post, Bob Woodward et Carl Bernstein, avaient décidé d'aller au fond d'une médiocre histoire de cambriolage.L'affaire du Watergate, qui a donné au Post une durable célébrité, a aussi confirmé le cran de sa propriétaire, Katherine Graham, la seule femme dirigeant une des 500 plus riches entreprises du pays.Ceux qui ont vu la version filmée de «AU the President's Men », le récit des débuts du re-portage de Bernstein et Woodward qui allait entraîner la chute de Richard Nixon, se souviendront peut-être d'une obscure référence à Graham.Lorsque Woodward, au téléphone, demande au ministre de la justice |uhn Mitchell s'il est vrai qu'il contrôle le financement d'activités illégales contre les démocrates, le ministre, furieux, rétorque: «Ka-thie Graham aura son (censuré) coincé dans une essoreuse si cette information est publiée.» (La version filmée avait déjà, il me semble, dilué la phrase à «va se faire chauffer les fesses».) Dans son bureau du septième étage du Post, Graham garde toujours l'antique essoreuse que lui ont donnée les membres de sa rédaction après la démission de Nixon.Katherine Graham était jusqu'en 1963 une mère de famille timide et dévouée possédant une expérience limitée du journalisme et aucune formation en gestion.Le suicide de son mari, propriétaire du journal, l'a sortie de sa cuisine pour lui faire prendre à 46 ans un second départ qui connaît peu d'équivalents.Graham est aujourd'hui considérée comme la femme la plus influente au pays, avec Sandra Day O'Connor, juge à la Cour suprême, et bien sûr Nancy Reagan.Son empire journalistique comprend l'hebdomadaire News- week , quatre stations de télévision, une agence de presse, 53 systèmes de càblodistribution, et des intérêts dans le marché des téléphones cellulaires.Depuis la fermeture de son compétiteur local, le Washington Star, en 1981.le Post est le quotidien américain qui pénètre le mieux son marché local.Plus de 55 p.cent des foyers de la région le reçoivent chaque jour, 72 p.cent, le dimanche.Depuis lohnson, tous les présidents (sauf Nixon) sont venus manger à la table de Graham dans sa résidence cossue du quartier chic de Georgetown.Chez les « party-goers » de la capitale, seules les invitations de la Maison-Blanche sont plus convoitées que les siennes.A sa maison d'été de Martha's Vine-gard, on peut parfois apercevoir Nancy Reagan, Jacqueline Onassis, l'auteur William Sty-ron (Sophie's Choice), le journaliste Mike Wallace (60 minutes).La décision de Graham de poursuivre l'enquête sur le Watergate malgré les pressions de Mitchell et de Ntxon \u2014 qui menaçait de retirer le permis ! WASHINGTON Jean-François Lisée collaboration spéciale de diffusion de deux de ses stations de télé \u2014 a donné au journal une autorité morale et un tranchant qu'on perçoit encore quotidiennement dans ses lignes.Ben BradIce, rédacteur en chef, n'hésite pas à envoyer un journaliste vivre un an dans un quartier pauvre de la capitale pour livrer sur six jours, à son retour, un émouvant reportage.La couverture internationale du Post est une des plus étendue aux États-Unis et sa section «style», mélange d'interviews et de portraits, de « gossip » et d'humour, d'articles de société et de critiques d'art, est aussi remarquable qu'unique.La réputation de Bob Woodward, aujourd'hui «City Editor », a souffert en 1981 de la publication d'une série relatant le drame d'un héroïnomane âgé de huit ans.La journaliste |anet Cooke, supervisée par Woodward, avait imaginé \u2014 inventé \u2014 toute l'histoire, avec son talent qui lui a valu un prix Pulitzer bien temporaire.Woodward continue cependant a faire rager les présidents, comme en révélant en «une» que des hommes de main entraînés par la CIA étaient responsables d'attentats terroristes anti-islamiques a Beyrout ou, dans un autre article, que la CIA avait un plan pour déstabiliser le leader libyen Khadafi.C'est après la publication de ce dernier article que le président a décidé de passer tous ses fonctionnaires au «détecteur de mensonge» et que le secrétaire d'État George Shultz a menacé de démission* ncr si on lui imposait le test: L'épreuve de force s'est poursuivie le printemps dernier entre la CIA et le quotidien, après la publication d'un article de Woodward révélant une partie des informations qu'un espion américain avait vendues aux Soviétiques.La CIA tente de convaincre le ministère de |a lustice d'intenter une poursuite contre le journal.Le minister re hésite: les attaques contre le Post ont tendance à se retourner contre ses auteurs. B 4 la presse.montréal, samedi 30 août 1986 SAMEDI PTrïïS C'est comme si on avait fait exploser une bombe à neutrons ¦ Il a fallu presque cinq ™ jours pour que le monde prenne conscience de l'ampleur de la terrible catastrophe géologique du lac Nyos au Cameroun, une region encore plus isolée qu'à I habitude du reste du pays pendant la saison des pluies.Les scientifiques mettront sans doute eux aussi plusieurs jours avant de s'entendre sur les causes exactes de cette tragédie qui devait emporter, jeudi de la semaine dernière, un Camerounais sur cinq habitant dans le périmètre d'une quinzaine de kilomètres autour du lac Nyos.Mais, il apparait déjà, à la lumière des premiers témoignages, qu'une violente secousse a tout déclenché.L'hypothèse d'un tremblement de terre semble la plus plausible, puisque, rapportent des géologues britanniques, les sismographes ont effectivement enregistre une activité anormalement ele-véc de mouvements dans la region au cours de cette période.Il est également possible que les pluies abondantes des derniers semaines aient provoque une avalanche de roches dans le lac.Cratères profonds « Les lacs de cette région sont dans des cratères très profonds, ou la pression des vapeurs de gaz est particulièrement élevée, explique le géologue |ohn Ludden de l'Université de Montreal.Ces gaz.surtout du bioxyde de carbone (CO-), s'infiltrent au fil du temps dans les eaux en profondeur du lac.Ils y demeurent toutefois bloques par la pression exercée viir eux par les eaux en surrace.F.n somme, c'est le principe du bouchon sur la bouteille de pepsi.« Puis, un jour, poursuit le professeur Ludden.une secousse vient modifier cet équilibre.provoque un mélange des eaux de profondeur aux eaux de surface et fait sauter le bouchon.Des gaz s'échappent alors et forment comme un épais brouillard, qui enveloppera littéralement le creux des vallées.» L'un des rescapés a raconté cette semaine avoir entendu comme une violente explosion, avoir éprouvé une sensation d'extrême chaleur et avoir senti sa peau brûlée.« Au loin, je voyais des femmes courir et s'écrouler.Les gens toussaient et vomissaient », a-t-il dit.Asphyxiées et empoisonnées Ce témoignage, corroboré par d'autres, accrédite la thèse selon laquelle les quelque I 554 victimes de l'accident géologique du lac Nyos ont péri à la fois par asphyxie et par empoisonnement.« La mort a dû être atroce, précise |ohn Ludden.Les gaz émanant d'anciens sites volcaniques sont en général très chauds.Ils brûlent les poumons.C'est l'asphyxie en quelques instants.En outre, les brûlures sur la peau, dont parlent les rescapés, laissent supposer que ces gaz contenaient, en plus du CCK des gaz toxiques comme de l'anhydride sulfureux, du monoxyde de carbone et de l'acide chlohydric.Le CO2 les aura asphyxiés et les autres gaz les auront empoisonnés.» La catastrophe géologique du lac Nyos est vraisemblablement la pire de notre histoire contemporaine.Le dernier bilan s'alourdira sans doute de quelques nouvelles victimes quand les équipes de secours auront fini d'explorer la région.L'un des villages ravagés, celui de Nyos, a perdu ses 700 habitants, à l'exception d'une femme et d'un enfant.Spectacle de désolation Le spectacle de désolation qui s'offrait aux premieres équipes de secours à pouvoir pénétrer dans la région, longtemps après l'accident, était absolument horrifiant.C'est, décrit un témoin, comme si on avait fait exploser une bombe a neutrons qui aurait détruit tou- photothèque LA PRESSE Cette photo, prise à Subum, dans le nord-ouest du Cameroun, donne une idée de l'ampleur de la catastrophe.te vie sur son passage et conservé intactes les habitations.Baptisé « Le bon lac », parce que son eau est en temps normal d'un bleu limpide, le lac Nyos ressemble aujourd'hui a une mare de boue rouge, une couleur qui s'explique par l'agitation récente des sédiments composes en grande pur-tic d'argile.Celte fertile region montagneuse, a 700 kilometres tu nord-ouest de la capitale Yaounde et à proximité de la frontière nigérienne, est considérée comme l'une des plus belles du pays.Paysages bucoliques, où l'herbe grasse ondoie à flanc de colline et ou coulent paresseusement les ruisseaux ombrages au fond des vallées, la region du lac Nyos est l'une des plus fertiles du pays pour les cultures de mais, de café et de banane.Pas d'impact sérieux L'accident géologique de jeudi dernier ne devrait toutefois pas, selon l'ambassadeur du Cameroun à Ottawa.Philemon Yang, avoir d'impact sérieux sur l'économie nationale.« Outre des matelas, des tentes et des fournitures médicales, ce dont nous avons le plus besoin, a-t-il dit au cours d'une entrevue avec LA PRESSE, c'est l'expertise de scientifiques qui nous aideront à comprendre ce qui a pu se passer.Et peut-être a prévenir d'autres accidents.» A cet égard, il sera intéressant de voir le rapport des experts qui analyseront les témoignages faisant état de poissons morts flottant sur le lac quelques semaines avant les grandes émanations de gaz.Il faudra comparer aussi les etudes en cours au lac Nyos à celles faites en 1984 au lendemain d'un accident semblable survenu dans un autre lac camerounais, le lac Manoum.Trente-cinq personnes étaient mortes, cette fois.Pays fertile Ironie du sort!, ces terres volcaniques font du Cameroun l'un des pays les plus fertiles.« Au Cameroun, on ne meurt pas de faim », écrivait récem- ment un journaliste camerounais dans LA PRESSE.C'est également un pays autosiffi-sant en pétrole, qui dispose de réserve de gaz naturel considerable et qui tire déjà de substantiels revenus de ses exportations pétrolières aux Etats-Unis.Au plan politique, mis a part un coup d'Etat avorté au bout de quelques heures en avril 1984.le Cameroun passe pour l'un des pays les plus stables d'Afrique.Neuf millions de musulmans, d'animistes et de chrétiens, reparus dans 200 tribus différentes, y vivent en relative bonne harmonie.C'est aussi, « pour le moment », note l'ambassadeur Yang, le pays le plus scolarisé d'Afrique.INVASION DE SAUTERELLES Pas de trêve pour l'Afrique ¦| Pas de trêve pour l'Afri-™ que.Apres la sécheresse qui a mis a mal les équilibres sur lesquels repose la survie du continent, les sauterelles menacent a leur tour de détruire celte année des millions de tonnes de céréales.DANIELLE BLAIN collaboration spéciale La cause de ce drame c'est la pluie qui a redonne vie aux cultures mais aussi permis aux oeufs de plusieurs generations d'insectes enfouis dans le sol d'éclore simultanément.Depuis quelques mois, les informations diffusées par l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture ressemblent a des bulletins de guerre.Dans le Sahel, le Mali, la Guinée-Bissau, la Mauritanie! le Sénégal, le Burkina Faso sont menacés par une invasion de criquets sénégalais : en 1974 dans certaines régions du Mali ils avaient détruit de 30 à 40 p.cent des récoltes.Au Botswana, en Zambie et au Zimbabwe, le criquet brun a déjà envahi 30 millions d'hectares, une superficie énorme.Du Mozambique à l'Ouganda, en passant par la Tanzanie, le criquet nomade se reproduit à un rythme alarmant.L'an dernier déjà dans certaines régions du Soudan, le criquet migrateur a ravagé 30 p.cent des cultures, mais le pire, avec le retour prochain des pluies, est encore à venir.Enfin, pour la première fois depuis 1941 le criquet pèlerin a refait son apparition sur les bords de la mer Rouge, le long des côtes du Soudan et de l'Arabie Saoudite.Il faut agir vite Un essaim de criquets peut couvrir des centaines de kilomètres carrés et rassembler 40 milliards d'insectes qui dévorent 80000 tonnes de végétation par jour.Il faut agir vite, et maintenant.Mais face à cet- te nouvelle menace, l'Afrique est désarmée.Le dernier grand cycle d'invasion avait conduit a la création, dans les années 40, d'organismes régionaux qui au Sahel.en Afrique centrale et de l'est et en Afrique australe se sont chargés de lutter contre les criquets.Des organisations efficaces, victimes\"de leurs suc-ces : « Grâce à leur travail, on a cru que les criquets avaient disparu pour toujours », dit Lukas Brader, directeur de la division de la production et de la protection des plantes à la F.A.A.O.« Mais une fois disparu le sentiment d'urgence, les gouvernements, aux prises avec trop de priorités, ont accumulé les retards dans le versement de leurs contributions : l'un de ces organismes, l'OICMA, au Sahel, a dû fermer ses portes l'an dernier, les autres sont mal en point.» Appel aux donateurs Manque de pesticides, équipement désuet, voitures inutilisables, avions cloués au sol.le 7 mai dernier, la F AO., qui coordonne la campagne à travers toute l'Afrique, lançait un premier appel aux donateurs \u2014 au Sahel, le coût de l'opération criquets est évalué à 8 millions de dollars américains.Miraculeusement, presque, les fonds sont arrivés, très vite, de partout : CEE, Etats-Unis, pays Scandinaves, lapon, PnUD, etc.« Les besoins sont entièrement couverts, dit Lukas Brader, mais le problème, maintenant, est logistique : est-ce que les pesticides vont pouvoir être acheminés à temps?» « Heureusement, le début de la saison des pluies a été très lent dans le Sahel cette année, aux premières averses, les larves de criquets sont sorties de terre, et les insectes ont commencé à migrer avant que les paysans n'ensemencent leurs champs».Le répit n'est hélas que temporaire : fin août, les essaims vont redescendre vers photothèque IA PRESSE Cet avion pulvérise un insecticide au-dessus d'une nuée de sauterelles sur le territoire éthiopien.les terres cultivées du sud.C'est là que tout va se jouer.Au Soudan, il faudrait intervenir dès maintenant : des équipes de surveillance devraient être créées, capables de signaler les pontes, les éclo-sions, les déplacements d'essaims.Il faut des véhicules, des avions.D'ici quelques semaines, dès le début de la saison chaude, la campagne devra aussi démarrer sur une vaste échelle au Botswana.Les organisations régionales et les services nationaux de protection des plantes sont prêts, mais là encore, les moyens font cruellement défaut : l'équipement est désuet et le personnel insuffisant.Il faut apprendre aux paysans à utiliser les pesticides, et alerter les populations pour lesquelles les criquets sont aussi une viande qui tombe du ciel.Guerre chimique « Parce qu'ils se dégradent trop lentement sous un climat tempéré, certains pesticides que nous utilisons contre les criquets sont interdits en Occident, dit encore Lukas Brader, qui sait que cette guerre chimique n'est pas sans dangers.Mais les études que nous avons faites démontrent que le Wiel-drin, par EE: 57+ qui ne disparaît en Europe qu'au bout d'un an, se décompose complètement en Afrique en six semaines.Ces produits sont dangereux, mais nous n'avons pas le choix : il faut agir vite.Dans chaque pays, la lutte contre les criquets doit s'accompagner d'une vaste campagne d'information ».Début juillet, pour la seconde fois, la I AO.a réuni à Rome les représentants des pays donateurs : les besoins, pour l'Afrique de l'Est, l'Afrique centrale et l'Afrique australe sont évalués à 8 millions de dollars américains en 198b, 9,5 millions en 1987 et 5,7 millions en 1988.Aux dernières nouvelles les Etats-Unis, la C.E.E., la France avaient offert ensemble 3,5 millions US.« Le problème, c'est que les donateurs ont eux aussi besoin de temps, soupire M.Brader, mais le temps manque.Les délais risquent de compromettre l'efficacité du programme.» Lors des grandes invasions de 1930-1944.il a fallu 13 ans pour venir à bout des essaims qui pullulaient au Soudan, en Somalie, en Zambie, en Afrique du Sud.« Face à l'invasion actuelle, personne ne peut prédire l'issue de la campagne.Le criquet pèlerin, au Sahel peut être éliminé dès cette année, et le criquet rouge qui vit dans les marais tanzaniens peut lui aussi être contrôlé plus facilement.Mais dans le cas du criquet brun, au Botswana, il nous faudra au moins deux ou trois ans, si tout se passe bien, et au Soudan les problèmes logistiques compliquent énormément la lutte contre le criquet migrateur.» Après ia sécheresse, les criquets, la lutte pour la survie, en Afrique, n'a jamais cessé. IA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 30 AOÛT 1986 -BAIMTKHI Mj e s APRES HUIT MOIS DE GOUVERNEMENT LIBÉRAL: Rien pour l'emploi Le chef du Part) québécois et de l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale, M.Pierre Marc Johnson, a écrit pour LA PRESSE ce texte dans lequel il réagit aux trois rapports des comités de \u2022 sages » publiés au début de l'été par le gouvernement Bouras-sa.¦ Après plus de deux cent cinquante I jours de gouvernement libéral, où en sommes-nous?Tout a coup, toute l'action de l'État québécois est remise en question, comme si tous les gouvernements qui se sont succédé depuis 23 ans avaient fait fausse route.L'idéologie et le dogmatisme sont de mise.Mais on attend toujours un plan d'action de lutte contre le chômage.Voilà le genre de constatations que renforce la lecture des trois rapports des comités des «sages» sur les organisations et les programmes gouvernementaux, la privatisation des sociétés d'État et la déréglementation.Certes, le gouvernement est aux prises avec une situation budgétaire serrée.Mais cette situation dure depuis des années; elle n'a pas, aujourd'hui, l'ampleur qu'elle a eue en 1981 en pleine crise économique, et elle ne nécessite pas un désengagement de l'État de l'ordre de celui proposé dans les trois rapports.Une chose est claire quant à ces trois rapports: ils remettent en question une partie importante du cadre social et économique qui a permis au Québec de faire des progrès énormes, en quelques années, en matière d'éducation, de santé, de soutien aux plus démunis et de prise en charge de son développement économique.De même, c'est ce cadre qui nous a permis de nous classer parmi les pays où le niveau et la qualité de vie sont enviables, tout en faisant en sorte que le secteur privé et l'entrepreneurs-hip québécois s'affirment davantage (Plan Biron, aide à l'exportation.RÉA, .).Mais pourquoi alors remettre en question le cadre qui a permis un tel développement économique et social ?II ne faut certes pas être aveugle.L'économie québécoise a des faiblesses.Le chômage qui touche plus de 600000 Québécois et Québécoises, et en particulier des milliers de jeunes, doit nous amener à agir, a changer certains comportements.Les trois rapports ne proposent pas, cependant, un plan d'attaque contre le chômage, ils se contentent plutôt de proposer l'application, au Québec, de dogmes et de doctrines de droite.En fait, depuis six mois il n«* s'est passé qu'une chose qui a amené tout ce branle-bas de combat autour du rôle de l'Etat québécois: l'arrivée au pouvoir du Parti libéral.Et cela veut dire, si on se fie à ce que l'on a vu et entendu jusqu'à maintenant, que l'idéologie néo-conservatrice, inspirée essentiellement par les besoins de la grande entreprise, prend le pas sur la nécessité d'accroître l'emploi, sur les aspirations et les besoins de l'ensemble des Québécois et des Québécoises et sur l'affirmation de notre spécificité.Le retour à l'économie du libre marché et la nécessité d'aligner le Québec sur l'Ontario sont les deux «credos» du gouvernement libéral.Un gouvernement, ce n'est pas une entreprise en démolition Derrière le grand plan d'action du gouvernement libéral tracé par les trois rapports, et en particulier par le Rapport Gobeil, sur les organisations et les programmes gouvernementaux, il y a une vision très étroite du rôle de l'Etat québécois.En fait, le gouvernement actuel est en train de devenir une véritable entreprise en démolition.Le Rapport du Groupe de travail présidé par le président du Conseil du trésor, lui donne les cibles: \u2014 abolition de plusieurs organismes, en particulier ceux chargés de conseiller le gouvernement; \u2014 révision en profondeur de l'organisation des systèmes de santé et d'éducation, hausse des frais de scolarité, privatisation, révision de la charge des enseignants, .Et tout cela sans analyse d'impact des recommandations sur les coûts, l'accessibilité et la qualité des services; \u2014 abolition de l'aide à la PME, sans analyse de son impact sur l'emploi et les investissements et sans analyse des conséquences de cette recommandation sur le développement de l'entrepreneurship québécois.Et ce n'est qu'un résumé sommaire! À tout le moins, il me semble qu'avant de détruire un edifice, et avec lui ses fondations, il faut demander aux propriétaires ce qu'ils en pensent.Ni le gouvernement actuel, ni le Parti libéral, ni la grande entreprise ne sont les propriétaires de l'édifice social et économique qui a été construit depuis plusieurs générations au Québec.Les vrais propriétaires en sont l'ensemble des Québécois et des Québécoises et le gouvernement libéral fait bien peu de cas de leur avis.Ainsi, ne devrait-on pas prendre en considération l'avis du Conseil supérieur de l'éducation qui a proposé, après de multiples consultations, de geler le niveau de la tâche d'enseignement des professeurs?La Commission Rochon, qui vient de terminer une vaste consultation à travers toutes les régions du Québec sur notre système de santé, ne serait-elle pas mieux placée que le Comité Gobeil pour proposer des modifi- cations à ce système en vue de l'améliorer et de faire en sorte qu'il réponde mieux aux besoins?Une large partie de l'action gouvernementale vient de la nécessité de concilier le développement social et le développement économique et de faire en sorte que l'un accompagne l'autre.Le Rapport Gobeil n'a pas démontre que cette nécessité n'existait plus au Québec.La privatisation des sociétés d'État: Pour qui?Pourquoi?Sans doute parce que c'est moins visible, le gouvernement actuel a préféré commencer son oeuvre de démolition par la vente, à la pièce, des actifs des sociétés d'État, appuyé en cela par le Comité sur la privatisation et par certains préjugés qu'il alimente lui-même.Malgré le fait que certaines d'entre elles ont connu des difficultés \u2014 cela arrive aussi dans le secteur privé \u2014 contrairement à ce que l'on cherche à faire croire, les sociétés d'État ne sont pas toutes des gouffres financiers.Par exemple, la participation de la Société générale de financement au capital-actions de Domtar et Donohue, celle de SOQUIA à celui de Culinar, ou celle de SOQU1P à celui de Gaz-Métro, furent des initiatives rentables non seulement au plan de notre développement économique, mais aussi au plan financier.D'ailleurs, comme le démontrent ces exemples, les sociétés d'État ne sont pas toutes des entreprises de production à proprement parler.Ce sont souvent des véhicules financiers, des moyens que se sont donnés les Québécois afin d'être plus présents dans certains secteurs stratégiques, afin de mieux contrôler leur développement et afin de profiter au maximum des retombées liées à leurs ressources naturelles, humaines et financières.Les sociétés d'État québécoises n'ont pas été développées à partir d'une idéologie visant un contrôle plus poussé de l'économie par le gouvernement.Elles sont nées parce que l'État québécois était souvent le seul levier important dont nous disposions pour développer un secteur économique.Elles ont aussi signifié et signifient encore la survie de plusieurs villes ou villages du Québec.Elles ne doivent pas être démantelées pour des raisons idéologiques.Le gagnant éventuel de la privatisation des sociétés d'Etat ne peut être que la grande entreprise, celle qui conseille le gouvernement actuel et qui pourtant s'est très souvent développée grâce à l'aide de l'État.C'est elle seule qui disposera des moyens financiers pour acheter à bon prix des entreprises rentables ou pour éliminer un concurrent.Pour le gouvernement, la vente des actifs des sociétés d'État est un moyen pour réduire momentanément son déficit ; en fait, pour employer une image, le gouvernement vend son coffre d'outils pour payer l'épicerie.jusqu'à maintenant, le gouvernement libéral a privatisé trois entreprises.La vente de la raffinerie de sucre a conduit à sa fermeture, à la perte d'environ 100 emplois directs et à l'établissement d'un monopole dans la distribution du sucre au Québec.Seul Lantic en sort gagnant.On sait que la vente de Quebecair conduira à son démantèlement, à la perte de 580 emplois et a un recul des francophones dans le secteur du transport aérien.Quebecair en 1982, c'était 50 millions $ de chiffre d'affaire et 22 millions $ de déficit.Au moment de son démantèlement, c'était 125 millions $ de chiffre d'affaire et 4 millions $ de déficit.Peu d'entreprises seraient liquidées, dans le secteur privé, après un tel redressement.De plus, la vente des actions de Nordair à CP Air, le grand gagnant de l'opération, signifie la disparition de la première.En un mot, le Québec vient de perdre deux compagnies majeures dans le domaine du transport aérien.La privatisation de CAMBÎOR, une entreprise qui a été formée par les actifs miniers aurifères de SOQUEM, lesquels avaient été acquis par l'apport de fonds publics, constitue un recul: 40% des actions de cette compagnie sont déjà entre les mains d'investisseurs hors-Québec.Il y avait une alternative à la fermeture de la raffinerie de sucre.Le gouvernement aurait pu se retirer partiellement de Quebecair sans que cette société soit démantelée et sans perte importante d'emplois.Cambior aurait pu être privatisé partiellement et progressivement sans que nous subissions un tel retour en arrière quant au contrôle de nos richesses minières.Le gouvernement libéral a rejeté ces alternatives sur la base de considérations avant tout idéologiques, pour ne pas dire dogmatiques.Est-ce à dire qu'il faut rejeter toute forme de privatisation?Pas nécessairement, si des intérêts québécois peuvent prendre la relève.Cependant, la privatisation ou la vente d'actifs détenus par les sociétés d'État ne doivent pas conduire au démantèlement et à l'affaiblissement de ces sociétés.|e m'explique.Prenons le cas de la Société générale de financement (SGF), un «holding» détenant djW actions de plusieurs entreprises, comtitc il en existe dans le secteur privé.Cette société d'État doit d'abord viser à avoir un impact positif sur le développement économique du Québec, mais aussi viser la rentabilité de ses investissements.Que la SGF vende certains de ces actifs, comme elle l'a fait en remettant entre les mains du secteur privé Volcano, Forano et Artopex en 1984, c'est une opération normale pour une entreprise de ce type.Mais, en contrepartie, elle a investi dans Pétromont, Domtar et l'Aluminerie de Bécancour, dans le but, toujours, d'atteindre ses objectifs mais aussi de diversifier ses actifs.En soi, cela est sain au plan financier.Les sociétés d'État demeurent nécessaires pour le développement économi- 3ue du Québec.Il faut éviter, en venant leurs actifs rentables, de les conduire dans une situation financière telle que leur démantèlement deviendrait inévitable.11 ne faudrait quand même pas gérer nos sociétés d'État d'une manière qui serait inacceptable dans le secteur privé.La création d'emplois passe avant les intérêts partisans et le dogmatisme.Et cette orientation ne s'applique pas uniquement au dossier de la privatisation.Arrêtons de nous nuire à nous-mêmes Lorsque le gouvernement ontarien est en compétition avec le gouvernement québécois pour attirer un investissement important dans le secteur de l'automobile ou autre, il a la tache plutôt facile.En fait, pour convaincre l'investisseur de venir en Ontario, il n'a qu'à lui faire lire les déclarations des ténors libéraux du Québec.|e n'ai pas été surpris de lire dans le Rapport du Comité sur la déréglementation, présidé par M.Scowen, l'adjoint parlementaire du Premier ministre, que la Loi 101 n'entraîne pas de coûts véritables pour les entreprises.Nous le savions déjà.|e n'ai pas été surpris, non plus, de lire que les impacts négatifs qu'a pu avoir la Loi 101 sur certains investisseurs étrangers provenaient de fausses perceptions.Mais nulle part je n'ai lu que certains membres du comité ou du gouvenement étaient responsables en grande partie de ces erreurs de perception.Dans combien d'autres secteurs le Québec a-t-il été victime de telles perceptions des investisseurs étrangers, alimentées par des gens d'ici?Celui des relations de travail n'en ferait-il pas partie?Le Rapport sur la déréglementation a aussi autre chose de malsain au plan collectif: il oppose constamment les droits ou le niveau de salaire des travailleurs, souvent chèrement acquis, à l'absence d'emplois pour les chômeurs.D'ailleurs, la dédicace de ce rapport relève purement et simplement de la démagogie.Nulle part dans ce rapport avons-nous la preuve que les recommandations accroitroni le nombre d'emplois ou n'auront pas d'effets négatifs sérieux.Le propre de l'application des recommandations de ce rapport serait d'opposer entre eux les groupes de notre société.La déréglementation poussée dans le transport, à titre d'exemple, opposerait les camionneurs artisans aux gros propriétaires, les régions aux milieux urbains.La disparition des dispositions «anti-scab» dans le Code du travail amènerait l'opposition entre les grévistes et les briseurs de grève.A-t-on besoin pour se développer de se diviser?Avec une population de six millions d'habitants et face à une concurrence internationale croissante, je crois qu'au contraire nous devons chercher à nous regrouper.La recherche de la souplesse Notre société a certes besoin de retrouver une certaine souplesse pour s'adapter aux changements qui se produisent aux plans économique et social.Mais cette souplesse doit avant tout servir a nous permettre de mieux affronter la concurrence internationale et à fournir des services qui correspondent mieux aux besoins de la population du Québec, hn même temps, cette souplesse ne doit pas conduire a un agrandissement des écarts de revenus entre le» individus et entre les régions.C'est dans ce cadre que doivent être revues les interventions de l'État.Le « laisser-faire et le désengagement de l'État que prônent les tfois rapports et le gouvernement liberal ne conduisent pas à l'atteinte de ces objectifs.Leur application risque plutôt de conduire à une augmentation des dispe rites entre les individus, entre les régions et entre les entreprises.Elle risque aussi de conduire à un blocage social qui tue tout espoir d'adaptation rapide de notre société aux changements.Il existe des alternatives à cette approche et elles se situent dans la façon dont nous devons réviser nos modes de fonctionnement.Tout d'abord, il faut cesser d'opposer les secteurs public et privé.Chacun a ses qualités et ses limite?et il ne faut pas exclure qu'ils agissent ensemble.Le démantèlement de la raffinerie Gulf à Montréal ou celui de Quebecair montrent les limites du secteur privé.Il ne faut pas exclure une intervention de l'État dans le secteur économique lorsque les intérêts collectifs le commandent ou lorsque celui-ci doit partager avec le secteur privé les risques associes à un investissement majeur.En contrepartie, par exemple, certains services aux personnes âgées peuvent être dispensés par des organismes communautaires de façon plus efficace et mieux adaptée à leur besoins que ne le ferait le secteur public.La recherche de la souplesse ne peut se faire au détriment d'un groupe de notre société.Il est certes plus facile de vivre dans un contexte où les négociations consistent à partager des gains.Ce n'est pas le cas pour l'instant.Il faut d'abord s'échanger des rigidités pour atteindre cette souplesse nécessaire.Ainsi, dans l'entreprise, une définition plus souple des tâches peut être échangée contre une participation des travailleurs à la gestion de la production ou aux profits.En fait, il faut privilégier au sein de notre société la concertation qui, à partir du partage d'objectifs, communs» permet de repartir équitablement les contraintes et les gains éventuels des adaptations nécessaires à leur atteinte.Cette approche est plus exigeante et demande plus de temps que les remises en question des trois rapports, mais elle a plus de chances de succès, en particulier en matière de création d'emplois.Est-il nécessaire de rappeler qu'avec un taux de chômage dépassant les 11%, la redristribution des revenus s'est détériorée au Quebec.Les recommandations des trois rapports accentueront cette tendance.Dans le contexte actuel, il n'y qu'une seule voie pour la renve^ ser: donner priorité à la croissance de l'emploi.Où sont les emplois promis ?Le ministre des Finances, lors de la présentation du budget, prévoyait une baisse de la création d'emplois pour 1986 par rapport à 1984 et 1985.LeTfc-mier ministre avait pris l'engagement de faire de la création d'emplois poiir les jeunes la priorité des priorités de son gouvernement.On attend toujours des mesures précises.Les auteurs des trois rapports projettent des emplois «théoriques», mais leurs recommandations peuvent signifier des pertes d'emplois à court terme.Leurs recommandations ne peuvent pas être considérées comme des moyens visant à permettre au Premier ministre de remplir ses engagements.Ainsi, l'abolition d'organismes gouvernementaux, la hausse des frais de scolarité, la hausse de la charge d'enseignement des professeurs, les privatisations des sociétés d'État ou la déréglementation dans les transports ne créent aucun emploi.Au contraire, des emplois pourraient être perdus.En fait, il manque au Premier ministre un plan d'action, celui dont auraient pu être dégagées des mesures visant (a création d'emplois.Il aurait dù le commander en premier.Qui gouverne au Québec?>[ Pourquoi n'avons-nous pas un tel plan?Parce que l'objectif prioritaire de création d'emplois ne faisait pas partie des mandats donnés par le Premier ministre à ses ministres et aux trois comités; mais aussi parce que les députés, la population en général, les PME, les jeunes, les femmes, les chômeurs, les! travailleurs et les syndicats n'ont pas pu faire valoir leurs points de vue.De la façon dont s'y prend le gouvernement pour établir ses priorités, ce sont maintenant quelques personnes du Parti libéral et les représentants de la grande entreprise qui gouvernent au Québec.Le gouvernement actuel semble vouloir éviter tout débat sur le rôle de l'État québécois.Mais les réactions au contenu des trois rapports démontrent que ce débat doit avoit lieu.Le Parti québécois en utilisant tous les moyens à sa dispobi tion, fera en sorte qu'il ait lieu.La campagne électorale est terminée depuis huit mois.Le gouvernement li béral a déjà trop tardé à s'attaquer au vrai problème, celui de l'emploi, et en particulier à celui de l'emploi chez les jeunes.Le dogmatisme doit maintenant faire place à une analyse serrée de la situation de l'économie québécoise qui permettrait le développement de mesures concrètes destinées à remplir ses engagements.Pierre Marc JOHNSON Chef de l'Opposition 1 B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 30 AOÛT 1986 SAMEDI PLUS PHILIPPINES L'étrange voyage de Corazon Aquino au pays des militaires de Suharto ¦Si* mois après le renversement de la dictature de Ferdinand Marcos aux Philippines, l'image triomphale et salvatrice de la présidente Co-ra/on Aquino a deja commente a perdre de son éclat au contact des dures realités politiques du pays.Pays déchire par une rebellion communiste armée vieille de 17 ans.torturé par une économie défaillante, gouverné par une coalition dont les dissensions internes retardent dramatiquement les réformes proposées \u2014 reforme agraire.usMiinixvcment des dépenses publiques, nouvelle constitution et mise en place d'un ensemble de nouvelles mesures sociales \u2014, le poids des vingt années du règne Marcos écrase encore l'immense archipel de 5b millions d'habitants du Pacifique sud.Dans ce contexte, on se demande qu'elle aura etc l'utilité du voyage que vient de faire Corazon Aquino cette semaine chez ses voisins d'Indonésie et de Singapour.L'intention déclarée de la présidente était d'insuffler une nouvelle vie à l'Association des nations du sud-est asiatique (ASEAN) à laquelle appartiennent, outre les Philippines.l'Indonésie et Singapour.Brunei, la Thaïlande et la Mailaisie.Fondée en l%7 afin de promouvoir la cooperation économique entre les États membres et afin de discuter des problèmes politiques régionaux, l'ASLAN n'a jamais véritablement pris son envol, minée par les rivalités et la méfiance réciproques des membres.« Apres 19 ans d'existence, a declare Mme Aquino cette semaine, l'AStAN devrait déjà évaluer l'impact régional de sa coopération économique au lieu de discuter interminablement des moyens d'y arriver.» Mme Corazon Aquino a eu droit à tous les honneurs militaires et à une salve de 21 coups de canon lors de son arrivée en Indonésie.Elle a été accueillie par le président Suharto.Mme Aquino est donc arrivée a lakarta chez le président indonésien Suharto et à Singapour chez le premier ministre Lee Kuan Yew avec en main un projet de marché commun integral de l'ASEAN.prévu pour l'an 2 000, afin d'unir les pays non-communistes de la region contre « un marché mondial de plus en plus protectionniste ».Frappée par la chute des prix du pétrole et des matières premieres, la région souffre d'un marasme économique sans précédent.Mis a part les intentions de Mme Aquino de dépouiller les Philippines de sa robe d\"« enfant pauvre » de l'ASEAN par le biais d'un renforcement du commerce et de la cooperation régionale, des motifs d'ordre interne ont poussé la présidente a entreprendre ce premier voyage de son mandat.Un porte-parole du gouvernement philippin a en effet de- ASEAN clare que le voyage de quatre jours d'Aquino était partiellement destiné à affirmer la stabilité de son gouvernement face aux problèmes économiques, a la poursuite de l'insurrection communiste et aux rumeurs de contre-révolution par des fidèles de Marcos.On comprend mal cependant ce que cette bravade peut apporter a son image en regard de ce compagnonnage qu'elle a consenti avec un chef d'Etat qui gouverne depuis vingt ans grace a la poigne des militaires.Le general Suharto n'a d'ailleurs pas manque l'occasion de semoncer Mme Aquino et de lui faire la leçon en lui conseillant d'écraser la rébellion communiste « avant qu'il ne soit trop tard ».Partisane d'une solution négociée avec les 17 000 insurges du Parti communiste philippin (PCP), Aquino a dû expliquer a Suharto qu'elle tenterait « tous les moyens pacifiques » contre l'insurrection avant de recourir à « d'autres options ».L'Indonésie est le plus grand pays du sud-est asiatique avec une population de Ib5 millions d'habitants.Mme Aquino l'a décrit comme un Etat ami et un modèle a suivre pour les Philippines dans le sens de l'autosuffisance alimentaire, l'un des principaux objectifs de Suharto.Reste que l'image d'« expert » du général Suharto en matière de répression de la rébellion communiste n'a rien pour calmer les insurgés communistes philippins ni pour protéger la dorure du blason démocratique de Corazon Aquino.Le fougueux général, qui a réprime la presse qui a photothèque IA PRESSE osé le comparer à Marcos, a élimine de la manière forte, voici plus de vingt ans, entre 150 000 (chiffre officiel) et 500 000 communistes en Indonésie.Sur le plan économique, Mme Aquino a défendu son voyage par la nécessité de rattraper le temps perdu sous le règne de Marcos dans le domaine du commerce avec l'Indonésie.Suharto avait pris ses distances de Marcos ces dernières années, surtout après l'assassinat en août 1983 de Beni-gno Aquino.Mme Aquino a donc signe un accord avec son voisin qui couvre le commerce, les investissements, l'artisanat et le transport des marchandises.Le commerce entre les deux pays avait chuté sérieusement ces derniers temps, surtout à cause d'une baisse des importations indonésiennes en provenance de Manille de l'ordre de 88 p.cent.Maigre ces raisons, certains observateurs s'interrogent sur la pertinence du voyage de Mme Aquino dans une contrée sans démocratie véritable.Il est compréhensible que la présidente ait choisi d'aller à Singapour, empressée de séduire les riches investisseurs en les rassurant sur la situation politique interne des Philippines, il est compréhensible qu'elle ait décidé de se rendre le mois prochain aux Etats-Unis pour demander au président Reagan une aide accrue.Il est moins facile d'accepter les raisons qui ont poussé « Cory » à choisir, à sa première sortie en terre étrangère, l'Indonésie plutôt que la Thaïlande ou la Malaisie dont les régimes démocratiques sont plus compatibles avec ses idéaux.photothèque ia presse La présidente Corazon Aquino salue ses concitoyens au moment de quitter les Philippines pour son premier voyage à l'extérieur du pays.Reste que son voyage dans un pays dont la population est a 90 p.cent musulmane coïncide avec l'annonce d'une rencontre la semaine prochaine dans le sud des Philippines de Mme Aquino avec le chef de « l'autre rébellion », Nur Misuari, qui regagne de l'Arabie Saoudite les Philippines en réponse à une invitation de la présidente.Misuari est le chef du Front de libération nationale Moro (FLNM) qui se bat depuis plusieurs années pour obtenir l'autonomie des zones à majorité musulmane du centre et de l'ouest de l'île de Minda- nao.La minorité musulmane compte pour 5 à 7 p.cent de la population philippine et la rébellion a fait quelque 100 000 morts depuis le début, provoquant l'exode de 200 000 musulmans en Malaisie voisine.Mme Aquino entend régler le problème des autonomistes musulmans en leur accordant une autonomie limitée.Au cours de son passage a lakarta, elle a discuté cette question avec Suharto.Cette démarche pourrait faciliter les rapports de Mme Aquino avec les rebelles du FLNM.Ce groupe de femmes communistes poursuit son entraînement dans 111e de Samar malgré les préparations pour le cessez-le-feu, après 17 ans d'insurrection sanglante.photothèque i a presse L'économie, le problème no 1 des Philippines ¦La faible demande pour les produits de l'Industrie philippine est l'une des principales couses de la fragilité de l'économie nationale.La production a du être réduite considérablement et les Investissements ont ralenti dramatiquement.Même si des signes d'une légère relance ont été observés par les analystes financiers, l'économie philippine demeure précaire et menace constamment la paix sociale.Corazon Aquino a tenté de redresser la situation en lançant des programmes qui avalent pour but d'accroître l'emploi et le pouvoir d'achat des gens tout en diminuant certains Impôts.Le taux d'Inflation cette année est de 2,9 p.cent alors qu'il était ran dernier à la même époque de 39,7 p.cent.Les hommes d'affaires philippins n'ont guère été Impressionnés par les performances de la nouvelle présidente.Ils lui reprochent notamment son Incapacité à réprimer la marée des grèves d'ouvriers qui s'est abattue sur le pays au cours des derniers mois, accusant même certains responsables gouvernementaux de se ranger du coté des grévistes.Au cours des sept premiers mois de 1984, le nombre de grèves a largement dépassé le record de 1985 qui était de 371.Le patronat Impute à des t éléments adlcaux > la responsabilité de ces grèves.La plupart de ces dernières ont d'ailleurs été le fait du mku (Kliusang Mayo Uno ou mouvement du 1er mal), une organisation syndicale âgée de six ans et dont les filiations socialistes sont connues.La plupart des demandes du MKU sont d'ordre économique.Le ralentissement général de l'économie depuis trois ans a poussé au chômage quelque 7,6 millions de travailleurs (sans compter les S millions de ¦ sous-employés \u2022) sur les quelque 21,7 millions que compte le pays.Ces derniers ont subit en terme réel une baisse de salaire de » p.cent alors que le MKU demande pour l'année une augmentation minimum de 25 p.cent.Les Philippines sont aux prises avec une dette énorme de $26,3 milliards US et les pressions du Fonds monétaire International et de la BM pour mettre de l'ordre dans la maison.Mme Aquino a dit que son pays s'engageait à honorer la totalité de sa dette étrangère tout en précisant que ses réserves en devises étrangères augmentaient.Sauf que pour cette seule année, 70 p.cent de la totalité de ses exportations de $5,5 milliards serviront au paiement de ta dette extérieure (Intérêt et capital).Si rien ne change, cette situation continuera d'enrayer les efforts de développement des Philippines qui couleront en 1986 $5,4 milliards dont au moins 25 p.cent devront être financés par des emprunts.Mme Aquino espère que ses créditeurs ta traiteront mieux qu'ils ne l'ont fait pour M.Marcos.Elle souhaita réechelonner la dette extérieure afin que ses paiements ne compta que pour 33 p.cent des exportations.O.T. LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 30 AOÛT 1986 Rau insuffle une nouvelle confiance au SPD ¦g NUREMBERG \u2014 Il lui fal-¦™ lait un triomphe : lohannes Rau (55 ans), candidat-chancelier de l'opposition sociale-démocrate ouest-allemande pour les législatives du 25 janvier prochain, l'a obtenu lors du congrès du -SPD qui s'est terminé dans l'euphorie hier a Nuremberg.La grand-messe de celui qu'on surnomme «Bruder lohannes» (frère lohannes).parce qu'il est profondément chrétien et qu'il croit que.dans les batailles politiques aussi, la foi déplace les montagnes, a réussi à balayer les doutes et insuffler la confiance que le SPD avait perdue avant le congrès.Le chef du gouvernement de la Rhénanie du Nord-Westpha-lic.l'Etat le plus peuplé de la RFA.peut maintenant partir en campagne contre le chancelier Helmut Kohi avec l'assurance d'un parti uni derrière lui.Le plus dur reste bien sur à faire cl le bain de jouvence de Nuremberg n'a vraisemblablement que très peu rapproché M.Rau de son objectif, à savoir la majorité absolue pour le SPD seul, sans alliance avec les écologistes-pacifistes (Verts).Un sondage publié hier par l'Institut Allensbach indique en effet que M.Rau part en campagne avec un capital de seulement 58,1 p.cent des intentions de vote contre 52,8 p.cent à la coalition gouvernementale de M.Kohi.Les Verts sont eux crédités de 8.5 p.cent.Nuremberg aura par ailleurs formellement engagé le SPD dans l'abandon de l'énergie atomique, une décision prise au lendemain de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl ( 2b avril, en URSS) qui a durablement traumatisé les Allemands de l'Ouest.S'il arrive au pouvoir le 25 janvier, le SPD fermera progressivement sur dix ans toutes les centrales atomiques de RFA.Le congrès, soucieux de permettre à «Bruder lohannes» de gagner une part de l'électoral centriste de l'actuelle majorité gouvernementale, a contenu les velléités anti-OTAN de l'aile gauche du parti.Nuremberg a dit «oui mais» à l'Alliance atlantique.Pour le SPD.il n'est pas question d'en sortir mais il n'est pas plus question de dire en toutes choses «Amen à Washington».L'Europe doit pouvoir s'affirmer et conduire une politique de paix indépendante des deux superpuissances.L'URSS a été appelée a retirer ses troupes d'Afghanistan et les I tais-Unis à arrêter leur aide aux opposants du régime sandi-nistc.Le SPD au pouvoir aidera le Nicaragua en mettant immédiatement à sa disposition 100 millions de marks pour contrecarrer les «tentatives américaines de déstabilisation ».\u2014 AFP DEPECHES MAROC-LIBYE : le roi Hassan Il du Maroc a annoncé hier soir qu'il avait décidé d'abroger le traité d'union signé il y a deux ans avec la Libye.Le roi dit que sa décision a été motivée par le communiqué commun syro-libyen publié jeudi dernier et condamnant la récente visite du premier ministre israélien Shimon Pérès au Maroc.CDEt le maréchal Sergei F.Akhromeyev.premier vice-ministre soviétique de la Défense, a accepté hier à Stockholm dans le cadre de la Conférence sur le désarmement en Europe (CDE) le principe de l'inspection des manoeuvres à partir du sol mais aussi des airs « dans un avion fourni par le pays inspecté ».OTAN : l'Organisation du traité de l'Atlantique nord a entamé hier les grandes manoeuvres «Northern Wedding 86» qui constituent son plus grand exercice naval depuis huit ans.Cent cinquante navires et 35 000 hommes sont engagés dans l'opération dont le but est de procéder à des simulations de débarquement sur les côtes norvégiennes.CUBA s pour la deuxième fois en trois ans, l'intellectuel dissident cubain Ricardo Bofill Pa- fes, 52 ans, est l'«hôte» de ambassade de France à La Havane où il se trouve depuis le 27 août dernier.M.Bofill.qui a connu les prisons cubaines à trois reprises, n'a pas l'intention de quitter les locaux de l'ambassade et entend par cette attitude alerter l'opinion sur la situation des droits de l'homme à Cuba.LA CRISE BOLIVIENNE Situation préoccupante pour les mineurs cernés par l'armée I i photo AP Des policiers armés donnent l'ordre à trois femmes de quitter l'entrée de l'immeuble de la Fédération bolivienne du travail, à La Paz, après que le gouvernement ait décrété l'état de siège.h LA PAZ \u2014 La situation ™ était préoccupante hier dans la localité bolivienne de Calamarca (bO km de La Paz) où les quelque 5 000 mineurs participants à la «marche pour la vie et la paix» étaient toujours bloqués par l'armée au lendemain de l'instauration de l'état de siège dans tout le pays.Le gouvernement bolivien a d'ailleurs justifié cet état de siège décrété jeudi en invoquant une tentative de «déstabilisation» provoquée par la marche des mineurs.« L'arrivée dans la capitale bolivienne des 5 000 mineurs, qui protestent contre les licenciements massifs dans les mines, allait déclencher la mise en place d'un plan subversif », a déclaré le minisire de l'Intérieur, M.Fernando Barthélémy lors d'une conference de presse.« En prévoyant des grèves de la faim cl l'occupation des églises, ce plan visait à déstabiliser le processus démocratique, exiger la démission du président de la République.M.Victor Paz Es-tenssoro, et terroriser la population ».a-t-il ajouté.Il a affirmé que deux dépôts de dynamite avaient été découverts, d'abord a Oruro (230 km de La Paz) d'où étaient partis les marcheurs hier et ensuite près de la capitale.Le ministre a par ailleurs accusé le Parti communiste de Bolivie d'être au centre de ce plan subversif.« Le gouvernement a du prendre une mesure extrême », a-t-il dit.« Cent soixante-deux personnes sont actuellement détenues ».a-t-il précisé, ajoutant qu'une centaine d'entre elles seront assignées à résidence.Selon une organisation privée, l'Assemblée bolivienne des droits de l'homme, le nombre des arrestations de dirigeants politiques, syndicaux, enseignants, s'élève à 260.Par ailleurs, la marche des mineurs « a été interrompue par les forces de l'armée et de la police », à Calamarca, à 60 km de La Paz, a déclaré le ministre de l'Information, M.Herman Ante-lo.Les mineurs, qui étaient accompagnés de leurs femmes et enfants, avaient été rejoints par des paysans, des étudiants, des prêtres et des parlementaires.M.Barthélémy a indiqué qu'aucun marcheur n'avait été arrêté et que les mineurs étaient progressivement ramenés vers leurs centres de travail à bord de camions militaires.Le correspondant de I' Ml' a pu constater que tes marcheurs étaient cernés par les soldats, sans qu'ils puissent entrer en contact avec les représentants delà Croix-Rouge et d'organisations humanitaires, ni recevoir de la nourriture ou des vêtements.Cette marche, qui devait arriver hier dans la capitale, avait été décidée par la Fédération des syndicats des mineurs pour protester contre la suppression de la moitié des 24 000 emplois dans la Corporation minière de Bolivie, entreprise d'Etat qui gerc toute la production minière.Des dirigeants de la puissante Centrale ouvrière bolivienne (COB), passés dans la clandestinité, ont fait savoir qu'ils envisageaient toujours d'appeller a une grève générale.Celle-ci était prévue pour hier, avant l'instauration de l'état de siège.ils ont indiqué que les marcheurs voulaient toujours atteindre la capitale.S'ils ne le peuvent pas.les mineurs entameront une grève de la faim.Les dirigeants syndicaux ont égale ment demandé la médiation de l'Eglise catholique pour entamer un dialogue avec le gouvernement.\u2014 AFP, Reuter L'opposition organise les obsèques des victimes de la tuerie de Soweto I IOHANNESBURC \u2014 Trois ™ jours après la tuerie de Soweto.qui a fait au moins 21 morts, l'opposition a annoncé hier qu'elle organisera jeudi prochain les obsèques collectives des victimes de la repression policière de ces émeutes, et le gouvernement a fait savoir qu'il s'apprêtait à ouvrir une enquête policière sur ces événements.Le Front démocratique uni (UDF), la plus importante organisation d'opposition légale, ainsi que le Conseil sud-africain des églises (SACC) et le Congrès des syndicats sud-africains (CO SATU) ont précisé que la cérémonie devra être conduite «avec la plus grande dignité», et ont demande pour cela a la police de ne pas intervenir.Selon ces organisateurs, les morts a enterrer sont une trentaine, et non pas 21.Ce dernier chiffre, officiel, comprend les victimes de la répression policière et un mort qui appartient à l'autre camp \u2014 et qui sera donc enterré séparément \u2014 puisqu'il s'agit d'un conseiller municipal noir tué à coups de machettes par les emeutiers.Le gouvernement n'a pas encore fait savoir s'il autoriserait la tenue de ces obsèques collectives mais on s'attend à ce qu'il le fasse tout en les soumettant à une série de restrictions ( pas de defile sur la voie publique ni de drapeaux de l'ANC ).Pretoria n'a accepte ni le débat parlementaire ni l'enquête judiciaire réclames jeudi par le Parti fédéral progressiste ( PFP, opposition libérale blanche).Le PFP a vivement reproché hier au gouvernement d'avoir opté pour une enquête de routine sur les émeutes au lieu de nommer une commission judiciaire.Colin Eglin, président du PFP.a déclaré que son parti voulait une commission d'enquête judiciaire pour déterminer non seulement la cause et le nombre des décès mais aussi l'enchaînement des événements ayant abouti a la fusillade.En annonçant l'ouverture d'un enquête qui se déroulera à l'initiative de la police et devant un simple magistrat instructeur au lieu d'être confiée à un juge comme le souhaitait le PFP.le gouvernement espère prouver que la tuerie a été «provoquée» par des activistes du Congrès national africain (ANC.interdit, principal mouvement de guérilla du pays).Cependant, les témoignages seront admissibles d'où qu'ils viennent, ce qui devrait permettre à l'opposition de faire connaître sa version des faits.La grenade qui avait explosé au milieu d'un groupe de policiers, blessant quatre d'entre eux.et qui avait été lancée depuis les rangs des emeutiers.constitue, aux yeux de Pretoria, la meilleure preuve du rôle joué par l'ANC.Un journaliste noir qui fut té- ! moin de cet incident raconte ' d'ailleurs hier, dans le Weekly Mail, un hebdomadaire de l'opposition, avoir vu, au milieu de plusieurs groupes de jeunes qui chargeaient la police a coups de pierres, des activistes \u2014 «peut-être de l'ANC», dit-il \u2014 armés de pistolets mitrailleurs AK-47.\u2014 AFP, UPI, Reuter La candidature du Nicaragua à la présidence divise les non-alignés ! : 1 i photo AP Un camion chargé force le Mur Trois Allemands de l'Est, une femme, sa fille de huit mois et son compagnon, se sont réfugiés hier peu après minuit à Berlin-Ouest en forçant en camion le passage au Checkpoint Charlie, passage le mieux gardé du mur, sous le feu des gardes-frontières est-allemands.Le camion de 7,5 tonnes, rempli de gravier, s'est engagé à toute vitesse dans le parcours en zig-zag qui précède la zone de contrôle proprement dite.Il a défoncé une première barrière de sécurité, puis est passé en trombe sur deux autres plus légères, se dirigeant en direction d'un portail à deux battants métalliques.L'alarme automatique s'étant déclenchée, un battant s'est fermé.Le conducteur a eu le temps de faire un écart pour se placer sur la voie parallèle et a franchi le battant resté ouvert, faisant sauter un pan de mur au passage.m HARARE \u2014 La candidatu-re du Nicaragua à la présidence des non-alignés pour succéder dans trois ans au Zimbabwe a commence à provoquer de sérieux remous au sein du mouvement, hier à Harare, où se sont poursuivis les travaux des ministres des Affaires étrangères, en prélude à l'ouverture du 8e sommet le Ier septembre.De peur d'être accusée de briser l'unité fatalement précaire d'un mouvement disparate regroupant deux milliards d'hommes, aucune des cent délégations présentes dans la capitale du Zimbabwe ne s'est encore hasardée à se prononcer publiquement contre la candidature de Managua, la seule officiellement déposée jusqu'à présent.Mais de diverses sources concordantes, il apparaît que l'affaire de la prochaine présidence est devenue le dossier le plus brûlant discuté au sein des divers comités régionaux où s'est exprimée une forte opposition au choix du Nicaragua, dont de nombreuses délégations redoutent qu'il donne au mouvement une orientation excessivent militante et anti-américaine.Cette tendance s'est affirmée avec une particulière netteté au sein du groupe latino-américain où, a-t-on appris de bonne source, le Nicaragua ne bénéficie pratiquement plus que du soutien de Cuba qui l'avait poussé! à se déclarer.Au cours d'une réunion du groupe, où Cuba s'est efforcé 3e.faire l'unanimité latino-américaine autour de son candidat, en misant sur le réflexe de solidafi-.té géographique, la ColoniHe n'a pas hésité à proposer l'Indonésie, faisant ainsi entorse à la règle non écrite qui voudrait que le prochain sommet se tien ne dans un pays d'Amérique ta- ! tine.;;J ; Les «pères fondateurs»; du non-alignement, l'Inde, l'ÉgyflJe et la Yougoslavie apparaissent également très réticents devant la candidature nicaraguayenne qui pose de nouveau, après, lès heurts passés entre les prési-, dents Tito et Castro, le problème de la définition du non-alignement.Rien n'oblige à ce que le prochain président soit désigne a Harare.Ainsi, le Zimbabwe n'avait été choisi que l'année dernière au cours d'une réunion , ministérielle à Luanda et non an précédent sommet de New-Delhi en 1985.\u2014 AFP, Reuter :\u2022 Les communistes veulent l'immunité pour négocier ¦MANILLE \u2014 Des négociations formelles en vue d'un cessez-le-feu entre la rébellion communiste aux Philippines et le gouvernement pourraient commencer prochainement si la présidente Corazon Aquino garantit officiellement aux délégués communistes l'immunité contre toute arrestation, a déclaré hier M.Satur Ocampo le chef des négociateurs de l'opposition.« Nous sommes absolument sérieux quant à des négociations », a assuré M.Ocampo dans une interview à Y AFP, la première accordée à une agence de presse occidentale.M.Ocampo dirige un comité de trois membres formé par le Front national démocratique (NDF), lequel représente les rebelles communistes et d'autres groupes interdits afin de négocier avec le gouvernement.Le NDF, a annoncé M.Ocampo, a commencé à recruter du personnel, un service de sécurité et des conseiller, et recherche des bureaux pour s'installer à 1 PHILIPPINES Manille afin d'entamer de vraies négociations.Les rebelles ne sont pas satisfaits des sauf-conduits écrits de la main du chef des forces armées le général Fidel Ramos, qu'ils soupçonnent par ailleurs de vouloir saboter les efforts de la présidente Aquino en émettant des doutes sur la sincérité du désir de négociation de l'opposition armée.La présidente Aquino depuis son arrivée au pouvoir recherche un règlement politique à la rébellion communiste vieille de 17 ans, ainsi qu'à la révolte musulmane, et des négociations exploratoires ont déjà commence.Par ailleurs, le général Fabian Ver, ancien chef de l'armée philippine sous le régime Marcos, a été aperçu le mois dernier dans l'État de Sabah, en Malaisie orientale, a déclaré hier le mi- nistre philippin de la Défense juan Ponce Enrile.Enrile a précisé que Ver, qui avait fui le pays en février après la chute de Marcos, était entre au Sabah avec un passeport libanais mats que le gouvernement malais lui avait enjoint de quitter le pays.Il était accompagné d'une Philippine non identifiée.Enrile a précisé que Ver sou-: haitait revenir aux Philippines; mais s'est refusé à indiquer quelle serait l'attitude de Manille dans ce cas.\u2014 AFP, Reuter i B 8 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 30 AOÛT 1986 LA SÛRETÉ DES REACTEURS NUCLEAIRES Les experts satisfaits de la réunion sur Tchernobyl wm VIENNE \u2014 La réunion des ™ experts internationaux sur l'incident de la centrale nucléaire de Tchernobyl, qui s'est déroulée pendant une semaine au siege de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIÉA) a Vienne, a été dans l'ensemble, selon ces experts, «fort instructive)» et se traduira sans aucun doute par un renforcement de la coopération internationale dans le domaine de la sûreté nucléaire.SERGE BERG de l'Agence France-Presse Les Soviétiques, qui étaient sur la sellette, partent satisfaits.« Nous considérons que la réunion a etc un grand succès et nous avons revu les avis d'experts eminents », a déclaré a la presse hier après la reunion, M.Valéry Lcgassov, chef de la délégation soviétique.Les experts obtiennent ce qu'ils désiraient tant, à savoir la multiplication des projets d'échange et d'informations, d'actions de toutes sortes et de colloques consacres aux problèmes de la sûreté des réacteurs.Pour les Occidentaux, bien que les centrales-nucléaires dans les pays industrialisés, en dehors de l'URSS, « ne souffrent pas des défauts inhérents aux réacteurs RBMK soviétiques en cause », la rencontre a été également fort intéressante.S'ils n'ont pas toujours reçu toutes les réponses qu'ils attendaient, ils ont recueilli une masse d'informations sur l'accident lui-même, les mesures d'urgence prises ensuite, le traitement des personnes irradiées et les perspectives épidémiologiques et écologiques de la catastrophe qui sont du plus haut intérêt.Sur l'accident même, « dont les causes sont connues et la séquence des événements claire », la reunion de Vienne a confirmé que l'erreur humaine, mais également une technique non adaptée, constituaient la raison essentielle de l'accident : « une série inhabituelle d'erreurs, une violation successive des consignes de sécurité », ont relevé les experts occidentaux, mais qui.selon les Soviétiques, s'expliquent, non seulement pas l'indiscipline et l'incurie qui ont pu régner dans la centrale, mais aussi par le fait que « les opérateurs avaient perdu le sens du danger à cause des performances remarquables d'exploitation du réacteur ».Il n'en reste pas moins que les caractéristiques mêmes du réacteur sont fortement en cause : difficulté de pilotage, instabilité de la réactivité, système d'arrêt d'urgence inaquat.Les Soviétiques l'ont bien reconnu implicitement puisqu'ils ont annoncé une série de modifications qu'ils apportent déjà aux réacteurs de ce type : augmentation du nombre de barres de contrôle dans le coeur, leur maintien en position de fonctionnement plus sûr et plus rapide, amélioration des systèmes de visualisation et de contrôle dans les salles de commande, renforcement de l'informatique et des automatismes, présence permanente d'un ingénieur physicien sur place, etc.En un mot, et c'est une des leçons de Tchernobyl \u2014 cela avait été aussi celle de la centrale américaine de Three Mile Island \u2014 le point de contact homme-machine doit être amélioré.S899 IMBATTABLE lux man mirage Dual COMME SA MUSICALITE »mpl,fiiotiiuf tUXMAN 1 11 i 50 W i Prwmpll «irtqrt oKmtnt* 2 pcirai a'tiHWittt ¦ «ntr\u2014 video SynKxiiiotnif IUXMAN T 210 ¦ S* ctotM dont h cotogort* (iK*fflt«> «ovihauei MIRAGE 200 2 vo*ti.»onorit« incroyobl».Mathw DUAL CV514 Mfflt- aufomofcqu._____i Entroinem.n4 a coufron)./£t»«^^ {Hon monfreel /èV r 'JUSQU'AU 6 SCFT.M OU JUSQU'A IPUISIMINT OIS STOCKS.Y WW ^^a^ i^u-px! 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