La presse, 5 septembre 1986, B. Informations nationales
[" INFORMATIONS NATIONALE! LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 5 SEPTEMBRE 1986 MULRONEY APRÈS DEUX ANS DE POUVOIR « Un domaine pour quelqu'un qui a les épaules larges » ms Philosophant sur les deux * premières années de son mandat, M.Brian Mulroney a laissé tomber hier matin : « la politique, c'est pas pour les MICHEL VASTEL petits garçons.C'est un domaine pour quelqu'un qui a les épaules larges et qui peut en supporter les difficultés».Encouragé par un sondage de Southam qui indique une remontée de 11 points des conservateurs au Québec (de 20 p.cent en juin à 31 p.cent en août), et de quatre points dans l'ensemble du Canada, le « petit gars de Baie Comeau » a déclaré hier matin à son arrivée à la Place Guy Favreau, avec une pointe Un projet de modification de la carte électorale mm OTTAWA (PC) - La Com-™ mission fédérale de délimitation des circonscriptions électorales a proposé des modifications à la carte électorale du Québec.Le Québec compterait le même nombre de circonscriptions qu'actuellement au niveau fédéral, soit 75.mais la plupart subiraient des modifications plus ou moins importantes.Selon les propositions de la commission, des circonscriptions comme Rcstigouche ou Saint-|acqucs disparaîtraient, tandis que d'autres apparaîtraient, comme L'Assomption ou La ureri tides.Saint-Henri, par exemple, serait jumelé avec Notre-Dame-de-Gràce plutôt qu'avec West-mount, qui rejoindrait Outre-mont.Pour la majorité des circonscriptions cependant, il s'agirait simplement de modifications des limites du comté.Les descriptions et les cartes des différentes circonscriptions seront encartées dans les journaux québécois au cours de la semaine qui vient.Des audiences publiques auront lieu le 17 novembre à Ri-mouski, le 19 à Chicoutimi, le 21 à Québec, le 26 à Sherbrooke, le 28 à Hull, le 1er décembre à Amos, le 3 à Trois-Rivières et le 5 à Montréal, pour permettre aux personnes intéressées de faire connaître leur position.Ces personnes devront cependant écrire à la commission pour pouvoir être entendues.Une Commission fédérale de délimitation des circonscriptions électorales a été établie pour chaque province à la suite du recensement décennal de 1981.Avec une population de 6,438,403 habitants, le Québec n'a pu obtenir de sièges supplémentaires à Ottawa.La commission a indiqué qu'elle avait tenu compte de la géographie, de l'identité culturelle, de l'évolution historique et de la communauté d'intérêts des différentes régions pour établir ses propositions de modification.d'émotion dans la voix, «servir dans un poste semblable, pouvoir succéder à ceux qui, comme Trudeau, Diefenbaker ou Pearson, ont bâti le pays, c'est une source de grande joie et d'inspiration.C'est un grand bonheur de pouvoir travailler dans le même sens qu'eux, pour la prospérité des Canadiens et l'unité du pays ».Paraissant particulièrement détendu à l'ouverture d'une session spéciale de son cabinet à Montréal, session qui servit de prétexte à un véritable blitz des membres du cabinet fédéral sur les ondes de Montréal et du Québec, le premier ministre s'est dit satisfait des éditoriaux plutôt élogieux parus dans plusieurs journaux du Canada anglais sur le thème général : « après tout, les conservateurs n'ont pas fait si mal ».Le sondage, publié hier dans plusieurs journaux de la chainc Southam et réalisé par Angus Reid de Winnipeg, indique qu'entre le 25 et le 30 août, les conservateurs recueillaient 35 p.cent des intentions de vote au Canada, les libéraux 38 et les néo-démocrates 27 p.cent.Au Québec en particulier, les conservateurs remontent de 20 à 31 p.cent des intentions de vote entre juin et la fin-août tandis que les libéraux glissent de 48 à 41 p.cent.Ce raffermissement de la popularité des conservateurs et la fragilité de la situation des libéraux apparaissait déjà dans d'autres sondages effectués par Sorecom en juillet.Lorsqu'on a fait remarquer à M.Mulroney que ces deux premieres années avaient été difficiles, le chef conservateur a réplique : « donnez-nous le temps : on commence.(Ces sondages) sont une indication de plus en plus sérieuse des progrès qu'on fait.C'est aléatoire la vie politique, elle a ses hauts et ses bas.Elle apporte ses moments de joie et ses moments de grande difficulté.Il faut accepter cela si on accepte le défi de la chose publique ».Manifestement hier à Montréal, au milieu de ses ministres et juste avant d'aller se mêler aux militants de son parti dans le Grand Salon de l'hôtel Méridien, le premier ministre se sentait dans un « moment de grande joie ».Une coalition nationale s'oppose au projet de loi sur les brevets de médicaments mm OTTAWA (PC) - Une \u2014 coalition de 13 organismes nationaux a pressé le gouvernement de ne pas déposer son projet de loi sur les médicaments génériques lors de la prochaine session.MARIE TISON de la Presse Canadienne « Nous demandons au gouvernement de profiter de la pause d'ici le 1er octobre pour y réfléchir », a déclaré en conférence de presse hier M.Andrew Cohen, de l'Association des consommateurs du Canada.La coalition, qui compte des organisations comme le Congrès du travail du Canada, la Fédération canadienne des femmes diplômées des universités, l'Association catholique canadienne de la santé ou la Fédération nationale des retraités et citoyens âgés, a écrit au premier ministre Brian Mulroney pour lui demander d'abandonner le projet de loi.Ce projet permettrait aux compagnies pharmaceutiques de bénéficier d'une période de protection de 10 ans pour les nouveaux médicaments contre laserphoto PC Andrew Cohen la concurrence des médicaments génériques, équivalents mais moins coûteux.L'ancien ministre de la Consommation et des Corporations Michel Côté avait tenté de déposer le projet de loi le 27 juin dernier, mais en avait été empêché par des problèmes de procédure.Selon la coalition, la modification proposée entraînera une hausse du prix des médicaments et coûtera aux Canadiens des centaines de millions de dollars.« Nous n'acceptons pas que les consommateurs et contribuables canadiens soient forcés de payer plus cher pour subventionner l'industrie, a soutenu la coalition dans sa lettre au premier ministre.Cette industrie est très rentable et profite déjà des très généreux encouragements à la recherche et au développement qui sont à la disposition des industries au Canada ».La coalition, prenant à témoin la Commission d'enquête Eastman sur l'industrie pharmaceutique, a soutenu que le projet de loi n'entraînera pas une augmentation marquée de la recherche pharmaceutique au Canada et la creation de milliers d'emplois, tel que promis par le ministre Côté.Les organisations ont dénoncé les pressions qu'effectueraient les États-Unis sur le gouvernement Mulroney pour qu'il dépose et adopte ces mesures.Bosley reste président De notre bureau d'Ottawa mm OTTAWA \u2014 Le bureau du président de la Chambre des commu-nés, John Bosley, a démenti hier les informations voulant que celui-ci démissionne de ses fonctions pour accepter un poste d'ambassadeur.|im Watson, l'attaché de presse de M.Bosley, a nié catégoriquement les rumeurs circulant à propos de son patron.«Ce n'est pas vrai », a dit M.Watson, en précisant que M.Bosley sera de retour à son siège de président, le premier octobre prochain, lorsque le nouveau discours du Trône sera présenté.Plus tôt dans la journée, interrogé à Montréal, le Secrétaire aux Affaires extérieures, |oe Clark, avait également rejeté les rumeurs circulant autour de la nomination au titre d'ambassadeur de M.Bosley.« Le ministère n'a pas procédé à de nouvelles nominations diplomatiques », a dit le ministre Clark.En vertu des nouvelles procédures de la Chambre, si les informations entourant le sort de M.Bosley s'étaient révélées exactes, le prochain président aurait été choisi par tous les députés des Communes lors d'un vote secret.Selon l'ancien système, le président est choisi à la suite du consentement unanime des dirigeants des trois partis fédéraux.Le premier ministre Brian Mulroney a reçu hier un chandail du Canadien pour son fils Nicolas.Ce dernier célébrait son premier anniversaire de naissance le jour même du second anniversaire de la prise du pouvoir par le Parti conservateur.laserphoto pc « Le Compli Desjardins, S.V.P.?» n Une dame d'un certain âge ua cherchait son chemin, hier à midi, dans le Complexe Guy Favreau.\u2014 Pardon monsieur.Le Complexe Desjardins, s'il vous plaît ?\u2014 Je ne sais pas.le suis pas d'ici.répondait, un peu géné, le ministre de l'Emploi et de l'Immigration du Canada Benoît Bouchard.JEAN-PAUL SOULIÉ Ce bref échange avait lieu à la sortie de la séance du matin d'une réunion montréalaise du Conseil des ministres du gouvernement Mulroney.Après Frédéricton, Halifax, Terre-Neuve, c'était hier au tour de Montréal d'accueillir une quarantaine de ministres conservateurs, accompagnés d'une centaine de membres de leur personnel et d'une cinquantaine de journalistes.But de ces déplacements de masses : « Rapprocher les ministres de la population », avait expliqué le premier ministre.Le ministre Benoit Bouchard vient du Lac Saint-|ean.Dans le cadre d'un blitz de relations publiques, il allait participer à une émission au poste de radio CKVL.À Verdun, évidemment, mais le chemin était loin d'être connu de son chauffeur, comme de la personne qui l'accompagnait.\u2014 Vous prenez la rue Wellington, jusqu'à Verdun et à la rue Gordon.\u2014 |e traverse un pont ?\u2014 Non! Non! Tu restes sur l'île de Montréal! spécifiait |ac-ques Labrie, l'organisateur des voyages du premier ministre, un peu anxieu à l'idée de perdre un ministre important dans une circulation réputée difficile.Un lacques Labrie fort occupé a expédier le ministre des Finances Michael Wilson à C|AD, et la ministre des Relations extérieures Monique Landry à Radio-Canada ou dans un journal.Tellement occupé que c'est a un journaliste que le Solliciteur général (âmes Kelleher, qui vient de Sault Sainte-Marie, à l'autre bout de l'Ontario, a demandé à qui pouvait bien appartenir lé Complexe Guy Favreau.Une centaine de personnes se' pressaient à la porte de la salle de réunion pour voir sortir un Brian Mulroney pressé mais toujours souriant, cerné par les caméras de télé et les photographes.Pas seulement des hommes d'affaires désireux de profiter de l'occasion d'approcher les ministres ou des hauts fonctionnaires comme !e coor-donateur fédéral du MEIR pour le Québec, Claude Huot.Il y avait aussi un monsieur aux cheveux gris qui s'est approché de Roch Lasalle, ministre d'Etat, pour prendre des nouvelles de sa santé.« Vous savez, moi aussi, j'ai subi la même opération que vous! ».Et aussi un policier de la CUM qui le saluait d'un cordial : « Bonjour, Roch!» pendant que le vieux routier conservateur s'installait à la cafétéria pour boire un café et fumer une cigarette défendue.Parti conservateur oblige.Brian Mulroney était descendu; au Ritz, ainsi que plusieurs de ses ministres, les autres s'instàk lant au Méridien.C'est au saloir Duluth du Reine Elizabeth' qu'avait eu lieu la veille au soif le party privé organisé par le Club des 500.Et hier soir, le PC recevait les ministres et leur personnel au Méridien.Mais le premier ministre devait vite quitter la reunionn pour aller fêter le premier anniversaire de son fijs Nicolas, en famille, à Ottawa.LA COMMISSION ROCHON A L'ECOUTE DE L'EXPERIENCE EUROPEENNE La promotion de la santé: des résultats spectaculaires mm QUÉBEC - En 10 ans de ™ promotion de la santé, la Finlande a réussi a diminuer du tiers son nombre de malades cardio-vasculaires.Cette experience des autres n'a rien d'académique : elle pourrait être répétée au Québec, réduisant d'autant la facture des soins de santé.GILBERT BRUNET de notre bureau de Québec Maintenant que sa première tournée de consultation est terminée au Québec, la Commission d'enquête sur les services de santé et les services sociaux se met à l'écoute d'experts étrangers, singulièrement de ceux qui sont de pays dont la population et le stade de développement sont comparables.Ainsi, la commission présidée par M.lean Rochon recevait hier à Québec le directeur européen de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).M.|o As- vall, médecin norvégien.Une solution beaucoup moins coûteuse pour le Trésor québécois qu'une tournée des commissaires en Europe.Tout en préparant, pour le début de 1987, une synthèse des problèmes de la santé tels qu'identifiés par 6 000 Québécois rencontrés en tournée, la commission commence à ébaucher quelques « hypothèses de solutions », qu'elle veut rendre publiques au même moment que sa synthèse des griefs.C'est ici que l'expérience des autres peut être indispensable.Le Dr Asvall a donc accepté de venir faire part de l'expérience vécue ces dernières années dans les 33 pays du bloc Europe de l'OMS.Mode de vie suicidaire Ce qu'il résume est aisément « exportable ».Selon lui, le continent nord-américain a tout intérêt a s'en inspirer et le plus tôt sera lé mieux.C'est notre « mode de vie » qu'il faut modifier complètement car, dit-il, « derrière la réussite médicale d'une intervention cardiaque se cachent 20 ans de prévention ratée ».Les discussions ont été faites dans tous ces pays et à tous les niveaux, sous l'égide de l'OMS.Le consensus qui s'en dégage est clair : dans les pays industrialisés, presque tous les problèmes de santé proviennent du mode de vie contemporain : tabagisme et alcoolisme, paresse, accidents de la route, santé mentale, etc.Dans un deuxième temps, l'expérience européenne démontre que l'autre source des problèmes de santé tient à un environnement pollué.Et en troisième lieu interviennent les maux des services de santé proprement dits : surtraitement des gens âgés, soins strictement curatifs, donc déshumanisés, accent trop grand sur la technologie, etc.M.Rochon soutient depuis le début de son enquête québécoise qu'il entend déboucher sur des « solutions concrètes », proches des gens et des milieux locaux.D'où l'intérêt de voir dans le detail ce qui se fait ailleurs.À ce titre, l'expérience finlandaise est riche en enseignements : au bout de 10 ans d'un programme intensif de promotion de la santé, aux plans national et locaux, la courbe de fréquence des maladies cardio-vasculaires y a chuté de 33 p.cent.Devant des résultats aussi spectaculaires, les politiciens ont emboité le pas : la politique de santé de la Finlande a été changée radicalement en 1985.Et l'expérience déborde les frontières et les régimes politiques : neuf autres pays ou régions sont à l'imiter, de I Islande à l'Union soviétique.Le Dr Asvall soutient que cette expérience européenne est la seule bonne : « On n'a pas le choix.Il n'existe aucun vaccin contre le ciincer ou les maladies cardiaques.» En guise de preuve, il avance que «d'ici à 10 ans, dans nos pays où les femmes vivent de plus en plus comme les hommes, elles perdront les trois ou quatre années supplémentaires d'espérance de vie qu'elles détenaient : parce qu'elles fument davantage, ont plus de stress, se nourrissent comme les hommes et éprouvent les mêmes problèmes sociaux et mentaux ».M.Rochon, qui vient d'entendre parler uniquement des problèmes du système québécois de santé et de services sociaux, sourit quand M.Asvall nous prévient : « Peu de pays réussissent aussi bien que le Québec à contrôler les coûts de la santé.Réfléchissez longuement avant de le changer ! » La suggestion européenne pour notre système se résume en peu de mots : gardez vos institutions et votre personnel mais investissez dans la promotion de la santé, par l'école et les médias.M.Asvall ajoute un argument qui devrait convaincre les der- niers récalcitrants : « Pour chaque dollar investi dans la promotion de la santé, l'entreprise reçoit $2,50 de bénéfices : absentéisme réduit, coûts fiscaux, production accrue par des employés joyeux de vivre en forme ».En Europe, les principaux noyaux de résistance à ces changements se trouvent chez les médecins.« Plus ils sont spécialisés, moins ils comprennent ce changement fondamental », dit le Dr Asvall, qui débarquait à Québec en provenance de Lisbonne, où il venait de rencontrer deux associations de médecins et de doyens pour tacher de les convaincre de l'urgence du changement.Pour le moment, la Commission Rochon est à l'écoute.Si elle retient, dans ses hypothèses de solutions, cette expérience européenne, elle pourrait avoir a convaincre bien des Québécois que notre «style de vie » est le père de \u2014 presque \u2014 towj nos maux. B 2 '< -î ÎA PRESSE.MONTRÉAL, VENDREDI 5 SEPTEMBRE 1986 ÉDITORIAL PAUL DES MARAIS MICHEL ROY président du conseil d'administration éditeur adjoint ROGER D.LANDRY président et éditeur CLAUD* GtAVH directeur d* l'information JEAN-OUY DUBUC éditorials*»» en chef La réforme Marx tombe à point Le ministre de la Justice du Québec, M.Herbert Marx,, vient d'annoncer qu'il était bien décidé à faire un autre pas pour accentuer encore davantage la séparation des pou-t voirs judiciaires et politiques.Le député de d'Arcy McGee a profité de la cérémonie marquant la rentrée judiciaire, mercredi, pour souligner qu'il était grand temps que la magistrature s'implique dans l'administration des tribunaux.Un projet pilote a été mis de l'avant permettant à la Cour d'appel d'administrer son propre budget, ce qui sera une premiere dans nos annales.Si effectivement l'expérience est concluante, M.Marx a ; affirmé que les autres tribunaux auront eux aussi la responsabilité administrative de leur enveloppe budgétaire.Pour le .ministre Herbert Marx, cette nouvelle politique constitue un .«tournant historique».C'est sans doute pour apaiser un peu les esprits que M.! Marx a dévoilé la nouvelle approche de son administration.Déjà, en avril, les juges du Québec avaient protesté avec énergie contre les compressions budgétaires de l'ordre de $40 millions que voulait leur imposer le gouvernement Bou-rassa.M.Marx n'avait pas été très habile dans cette démarche pour appliquer les directives du président du Conseil du Trésor, M.Paul Gobeil.Il avait retenu une solution assez simpliste en décidant de sabrer de façon arbitraire dans le personnel de soutien, secrétaires et greffiers des magistrats.Il y a dix jours, les substituts du procureur de la Couronne du Québec débrayaient une première fois pour dénoncer les piètres conditions salariales dont ils sont victimes.Ils ont continué leurs moyens-de pression, mercredi, en s'absen-tant une fois de plus de leur travail lors de la rentrée automnale des tribunaux.Un geste sans doute plus symbolique \u2022que significatif.Mais il n'en demeure pas moins qu'avec la menace de la paralysie de tout le système judiciaire, le ministre Marx, qui n'est pas sur la même longueur d'ondes qu'un autre de ses collègues, le solliciteur général, M.Gérard Latulippe, a beaucoup de pain sur la planche.Le monde judiciaire, depuis quelques mois, est en ebullition.Et le rôle de M.Marx est de désamorcer cette crise dans les plus brefs délais.C'est ce qu'il a commencé à faire en annonçant la réforme mise de l'avant.Elle a été bien accueillie par les juges, dans l'ensemble, si l'on se fie aux applaudissements qui ont salué cette nouvelle approche.Alors qu'il était critique de la Justice dans l'opposition, M.Marx avait toujours démontré une grande préoccupation pour l'amélioration du fonctionnement de nos tribunaux.Il a ¦donc commencé à poser des gestes concrets en ce sens.Pour lui, il est grand temps que le «pouvoir politique accepte.dans l'intérêt public, que la magistrature s'implique dans l'administration des tribunaux».Dans la mesure où il est vrai que l'autonomie administrative des tribunaux est en partie garante de leur indépendance face à l'État, la prise en charge de leur administration sera de nature à en préserver l'image, a dit en substance le ministre de la Justice.«On est jamais si bien servi que par soi-même.» Une conclusion de M.Marx qui devrait contribuer à calmer un peu les esprits.Jacques BOUCHARD Le CN sur la voie de la privatisation Faut-il vendre le Canadien National?Le ministre des Transports, M.John Crosbie, n'a aucune objection à ce qu'on pose cette question.Il estime que la compagnie de chemin de fer ne répond plus à des besoins sociaux qui exigent qu'elle soit la propriété de l'État.La réponse dépend d'autres questions qu'il faut immédiatement se poser dès que le sujet est sur le tapis: quel est l'avenir du Canadien National et qui voudrait l'acheter?La ' meilleure façon de répondre à ces questions est d'entamer un processus qui améliorerait sûrement la rentabilité de la compagnie et qui pourrait éventuellement mener à sa privatisation.Il faut tout de suite écarter toute comparaison entre le Canadien National et le Canadien Pacifique, les deux compagnies qui se partagent le transport ferroviaire au Canada.Pour le CN, cette activité représente les trois quarts de ses revenus alors que le CP n'en tire qu'un quart des siens.Le CN n'est pas une compagnie très diversifiée; elle reste essentiellement une compagnie de chemin de fer.Son avenir dépend donc du développement de ses services de transport et d'autres activités qui s'y rattachent.Les acheteurs éventuels du CN devront avoir l'âme d'un cheminot; ils ne pourront être comme beaucoup d'actionnaires du Canadien Pacifique qui s'intéressent surtout aux autres activités de cette compagnie.Le transport ferroviaire connaît un avenir incertain depuis des décennies en Amérique du Nord à cause de la concurrence du transport routier et des lignes aériennes.Pour sur-, vivre, les compagnies de chemin de fer doivent maintenir la qualité de leurs réseaux tout en développant de nouveaux services qui permettent d'intégrer le rail, la route, le transport maritime et fluvial et le transport aérien.Leur succès dépend, dans une grande mesure, de leur capacité de prévoir longtemps à l'avance le développement de l'économie ' .canadienne.C'est ainsi, en effet, qu'elles peuvent faire les investissements coûteux qu'exigent les services dont leurs \u2022 clients auront besoin.1 Cette tâche n'est pas facilitée par les obligations que la , Commission canadienne des transports et le gouvernement imposent concernant le maintien de services non rentables.Dans ce domaine, le CN subit un net désavantage face au CP dans la mesure où ses administrateurs sont nommés par le gouvernement et se sentent, sans doute, obligés de suivre de près les intentions du gouvernement.L'avenir du CN sera plus facile à déterminer s'il arrive à se distancer un peu du gouvernement et à définir ses objectifs selon des critères plus purement commerciaux.La privatisa-.tion n'est pas nécessaire pour y parvenir; Il suffit que le CN .jouisse d'une plus grande autonomie dans les faits et qu'il ait les mêmes occasions qu'Air Canada de montrer son dynamisme dans le marché.Un premier pas dans cette direction serait peut-être de dépouiller le Canadien National de son titre prestigieux de «société de la Couronne» pour en faire une filiale de la Corporation de développement des investissements du Canada.La CDIC a acquis une bonne expérience du fonctionnement des marchés des capitaux lors de la privatisation de de Havilland et de Canadair.Elle pourrait encourager le CN à devenir une compagnie plus purement commerciale en attendant de voir si le public s'intéresse à en devenir actionnaire.1 9 Frédéric WAONIÉRI Droits réservés Francine Montpetit En bel habit du dimanche (collaboration spéciale) Tous proches de leur septième décennie, sinon ancrés dedans, ils se sont réunis à la campagne, dans un joli jardin donnant sur le lac, pour fêter le 45e anniversaire de mariage d'un couple qu'ils aiment.Les «enfants» avaient tout préparé dans la fébrilité du secret, depuis les cartons d'invitation personnalisés, jusqu'aux entrées d'artichauts farcis ou de melon prosciuto, en passant par le buffet aux viandes froides, aux innombrables salades et gâ-tcaux crémeux jusques-au-coeur, les meilleurs en ville.Les petits-enfants aidaient à la cuisine, tenaient le bar comme de vieux habitués et passaient les hors-d'oeuvre sous les exclamations de tout un chacun qui déplorait chaque fois «ces années qui passent si vite» et s'exclamait devant la réincarnation si fraîche de son passé.On y allait de blagues nombreuses sur tous les bobos qui marquent l'Âge avec un grand A, en les teintant d'un humour de bon aloi.Après tout, le soleil était de la partie et s'était montré généreux pour, semblait-il à tout le monde, la première fois de l'été! «Quand on a mené une bonne vie!» Au milieu de la journée, une des petites filles saisit son violon pour livrer le mozartien message, à la fois doux et grinçant, de sa tendresse et de sa spontanéité.Puis, au moment où chacun ne s'y attend plus, un des invités saisit l'instrument et y va d'une gigue dont le rythme syncopé gagne toute l'assemblée.C'est la Féte au village, l'évocation légère, émouvante, spontanée de ces moments d'autrefois où «Le Petit Grégoire» et «La Vie en rose» marquaient l'apogée des réunions sociales.Chacun se met alors à raconter ses Noels et ses anniversaires du temps où toute la famille était là.Sans tristesse et sans amertume, un certain passé surgit devant les enfants et les petits-enfants qui n'en reviennent pas de voir les tantes et les oncles, d'habitude si réservés, secoués par les rires et les souvenirs, battant l'air de leurs pieds redevenus agiles et jetant autour d'eux les clins d'oeil scintillants d'une jeunesse tout d'un coup retrouvée.C'est la génération de l'ordre, de la méthode, des cols amidonnés, des robes du dimanche et des cravates bien bouclées sur des chemises impeccables.La génération «sérieuse», disait de Beauvoir, celle de la morale et des principes.sur lesquels on pouvait parfois s'asseoir pourvu qu'ils fussent solides! C'est la génération qui.sur toutes les réalités de la vie moderne, pose un regard sceptique, souvent attriste, tant ont changé les moeurs, les attitudes et les juge- ments que l'on porte sur les événements.Génération fragile, si fragile face à la relève qui ne vit plus, ne pense plus, n'agit plus, ne croit plus, ne rit plus, ne féte plus, ne pleure plus discrètement comme elle.Pour toutes ces belles personnes endimanchées assises en rond sur la pelouse, devisant gaiement, parfois avec «crous-t il lance» (cela devrait pouvoir se dire), un ouragan a passé durant ces vingt dernières années.Il a emporté avec lui certaines valeurs qui leur semblaient composer l'essence même de la vie: le travail, les sous qu'on met de côté pour les lendemains meilleurs, la fidélité conjugale à n'importe quel prix, la croyance dans le bon Dieu et tous ses saints dont on en a débarrassé plusieurs, un certain jour fatidique, de leur halo séculaire.Aujourd'hui, leurs enfants ont divorcé \u2014 pas toujours, mais plus souvent qu'autrement \u2014 leurs petits-enfants vivent en couple avec un ou une autre dont les grands-parents interrogent l'avenir avec inquiétude \u2014 pas toujours, mais souvent.Aujourd'hui, ils voient leurs fils se débrouiller un week-end sur deux avec leurs deux mioches \u2014 pas toujours, mais trop souvent à leur goût.Quand tous ces malheurs sont tombes sur leur tète, ils les ont cachés à leurs amis, tant ils se sentaient remis en question à travers les décisions et les choix de leurs enfants pourtant «si bien élevés».Le sens du devoir et des responsabilités devant toujours, selon eux.l'emporter sur l'égolsme et sur le besoin d'épanouissement personnel, ils se sont tus.un certain temps.Aujourd'hui, tout leur monde est plus ou moins dans le même bain, bien des situations sont socialement acceptables et acceptées et ils retrouvent, dans l'ouverture et l'absence de jugement, mille raisons de vivre un peu plus pour eux-mêmes et de fêter ensemble, comme autrefois.Quand ils y arrivent, ils ont du mérite.Si peu, dans leur contemplation de l'existence, les rapproche de nous et de la jeunesse du vidéo-clip.Leur définition du bonheur axé sur l'équilibre familial, celle de l'éducation des enfants fermement encadrés, où les subtilités de la psychologie moderne sont jugées inutiles, celle du role des femmes encore et toujours centré sur le service, celle de la responsabilité qu'on garde pour soi sans jamais songer à déléguer, peu importe le prix à payer, tout cela et tant, tant d'autres choses encore, expliquent la déchirure qu'un air de violon a, cet après-midi-là, permis d'effacer.La féte a battu son plein jusqu'en fin d'après-midi pour se terminer dans la lumière rose d'un soleil de carte postale.Le plaisir et la chaleur l'ont emporté sur toute autre émotion.Quarante-cinq ans de vie commune, de nos jours, ça se fête précieusement, sans l'ombre d'une ombre sur l'événement.DOCUMENT Pour la liberté responsable des fumeurs Quelques extraits de I\"argumentation énoncée par la Société pour la liberté des fumeurs dont le président est M.Michel Bédard.\u2022 La Société pour la liberté des fumeurs (SLF) est maintenant fondée.Elle entre en exercice dans le but de défendre et de promouvoir la liberté responsable de fumer dont devrait procéder une coexistence plus confortable et pacifique des fumeurs et des non-fumeurs.Depuis une quinzaine d'années, des allégations sanitaires, sociologiques et économiques de plus en plus nombreuses et excessives tendent à compromettre et à saper la liberté de fumer du tabac.Elles parviennent à rendre illégitime, dans certains cas illégale, la liberté de fumer.Ces accusations souvent graves, et fondées sur des résultats d'études qui ne sont pas toujours rigoureuses, ont causé une transformation profonde de la mentalité de certains non-fumeurs pour qui fumer est maintenant, plus Qu'uneZjfaute individuelle, un délit social à éradiquer.Au cours des dernières années, les interdits se sont multipliés sous forme de lois, de règlements et de diverses mesures antitabac sous prétexte de sauvegarder la santé publique.Les interdictions de fumer susceptibles de répondre à un souci de sécurité notamment dans les bibliothèques, les théâtres, les cinémas, les musées, les postes d'essence, les hôpitaux et les centres médicaux ne se veulent pas vexatoires; néanmoins, la propagation des interdits risque d'être stratégique et de pécher par intolérance, obscurantisme et fanatisme.L'acte de fumer étant jugé gravement coupable, voire meurtrier, les fumeurs subissent des vexations délibérées de plus en Îilus fréquentes et dégradantes.Si usqu'ici ils ont fait preuve de discipline dans le respect des interdictions manifestes de fumer, les fumeurs ne s'en voient pas moins renvoyer une image d'eux-mêmes qui est celle d'individus déviants, irresponsables, pollueurs et inaptes à se maîtriser.Pourtant, à la lumlère-de multiples études examinant attentive- ment les risques que fait courir la fumée passive aux non-fumeurs, il apparait que, parmi les nombreuses affirmations alarmistes, certaines sont fallacieuses et servent plus à désinformer qu'à informer.En mai 1983, des chercheurs scientifiques et des spécialistes en epidemiologic participant à un atelier sur «Les effets respiratoires de l'exposition involontaire à la fumée: études épidémiologi-ques», sous l'égide de l'U.S.National Institute of Health, ont conclu: «L'examen des données issues d'études menées à bien ou en cours quant à l'effet de l'inhalation passive de fumée de tabac sur le système respiratoire indique que cet effet varie de négligeable à très faible.» En outre, les autorités organisa-trices d'un colloque sur les «Perspectives médicales de l'inhalation passive de fumée de tabac», tenu à Vienne en avril 1984 et coparrainé par des sociétés de médecine professionnelle d'Allemagne et d'Autriche, organisation mondiale de la santé (OSM) et la Croix verte internationale ont conclu que «des mesures législatives destinées à «protéger» le public de la fumée de tabac ambiante ne sauraient être justifiées sur la foi des données existantes.Si le législateur veut édicter des mesures restrictives concernant la fumée de tabac ambiante, il ne peut pour l'instant s'appuyer sur aucune démonstration de sa nocivité».Selon les études du Dr Lawrence Garfinkel, vice-président \u2014 épidémiologie et statistique de l'American Cancer Society (ACS): «Par rapport aux femmes non fumeuses mariées à des non fumeurs, les femmes non fumeuses mariées à des fumeurs ne courent pour ainsi dire pas plus de risques d'être atteintes de cancer du poumon.» Quant au Dr Michael Lebowitz, auteur de nombreuses études sur la fumée passive, il déclare: «D'après mes propres recherches et après étude des textes scientifiques, je conclus qu'il n'est pas démontré que la fumée de tabac ambiante au travail constitue un danger pour les trar vail leurs.» *\u2022use\" .Ikvo* JtMhlUMUtu CN»w»i«ei»G*it!.i«MU(t r-fl&tiVM^ai.faSatlMvilMltOuOutMt [>!-\u2022-¦;-¦'.' »«u0*»w»i* tll|lll»C*wj« l»SOCHtli|-.stand by me A l'agence de sécurité, John Canby est en service secret.Sous son déguisement, il vous protege de ce qu'il y a de pire sur la terre.ARMED AND DANGEROUS An™ filin l>v Kiili Ki'iih'i CARRK5UR: VEN.7=05, V.00.BROSSAÏO- VÎN.7:00, LtuiMTiKi mxM m-**\" CARREFOUR LAVAL VEN.: 6:55, 9:05.SAM., DIM.: 12:15, 2:40, 4:45.6.55, 9,05.Richard Gay, BON DIMANCHE un frim d* ALAIN CAVALIER VEN.* 7.15, 9:15.SAM., DIM ¦ 12.45, 2.45.4,55, 7.15,9115.W\" CARREFOUR LAVAL nsa un ou Ltwnrrm VERSION FRANÇAISE DE Gene Hackmnn Ann-Margret EUen Bunsiyn Amy Madigan Ally Sheedy Brian Dennehy CARREFOUR LAVAL tm tm.m uwHTrau turn* _________IA PRESSE, MONTRÉAL, Ariette Blanchet, directrice de la Société des musées québécois ¦ Mme Ariette Blanchet, cette ancienne conserva- cement rf* * trîcc du Musée d'art contemporain à qui P«« A\" l'exposition de Judv ft»'«\u2014 Vient «\u2022\u2022*-¦ ¦ Mme Ariette Blanchet, cette ancienne conservatrice du Musée d'art contemporain à oui l'on doit l'exposition de )udy Chicago, The Dinner Party, vient d'être nommée directrice générale de la Société des musées québécois.La Société regroupe Îuelque 182 musées et centres d'exposition au luébec ainsi que 300 membres individuels.Ses objectifs sont de protéger les intérêts des institutions muséales et de promouvoir le développement et l'avancement de la profession muséalc.Un mot sur Miro ¦ M.Jean-Letris Prof, directeur de la Fondation Maeght, donnera une conférence au Musée des beaux-arts, le dimanche 14 septembre * 1 la vie de Miro et le* t»\u2014- tir»- ^ un sait qup i.c \"con|res qu'il h.\u2022 .J1- s\"r - W» \"\"«mer le hn.cernent de son numéro d'automne consacré aux jardins, un thème inusité pour une revue d'art contemporain, en présentant en collaboration avec le Musée des beaux-arts, un film de l'artiste allemand Lethar Baumgarten, L'origine de la nuit.Ce film que l'on dit d'une qualité exceptionnelle, porte sur les rapports culturels complexes entre l'Europe et l'Amérique et s'intéresse tout particulièrement à l'Amazonie.Il sera présenté au Musée le 11 septembre, à 20 h.Pour son numéro 44, Pancnufe a fait appel a une douzaine d'auteurs et d'artistes canadiens, européens et américains.Subventions ¦ Pour favoriser la mise en marché de l'art, le ministère des Affaires culturelles a versé récemment quelque $150 000 à 24 galeries d'art au Québec, dont 17 à Montréal.C'est la galerie Sont Lallouz qui obtient la subvention la plus importante, $12 000, soit $25 de plus que la galerie Michel Té-freaultui $50 de plus que la galerie Aubes Du nouveau à Montréal Découvrez l'art du combat individuel qui vous offre: on loch»\"\"1\" .~uiiioat indivit .jus offre: \u2022 Uni; progression technique complète à travers trois approches (cours) distinctes: I\u2014Techniques externes: mouvements rapides et puissants lî\u2014Techniques internes: (type Tai chi) mouvements, fluides cl harmonieux III\u2014Maniement des armes traditionnelles.\u2022 Des Informations sur l'origine, l'histoire, la philosophie des arts martiaux traditionnels d'Lxtrème-Orient.\u2022 Une démarche personnalisée: pas de grade, pas de costume particulier, pas de compétition.\u2022 Une pratique réaliste orientée vers le mieux-étre.\u2022 L'atelier de recherche et d'étude darm l'art du combat individuel Cours du soir pour débutants commençant le 15 septembre 1988 \u2014 inscriptions dès maintenant, our plus d'informations, appelez: A.RE.A
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