La presse, 18 octobre 1986, Cahier spécial. Santé et sécurité au travail
[" Publiscopie Montréal Samedi 18 octobre 1986 SANTE ET SECURITE AU TRAVAIL UN IMMENSE EFFORT COMMUN Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 18 OCTOBRE 1986 Deuxième Semaine annuelle de la santé et de la sécurité du travail L a Semaine de la santé et de la sécurité du travail en est à sa deuxième année.Comme l'an passé, on lui a réservé la troisième semaine d'octobre.Initiative de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), qui s'est vite vu appuyer et relayer par plusieurs centaines d'organismes régionaux, la Semaine a connu dès le départ un succès marqué: sa reprise pour une deuxième année en témoigne.De réserver, à la grandeur de la province, une semaine toute spéciale à la santé et à la sécurité au travail constitue, en Amérique du Nord, une première.Mais ce n'est pas là le seul caractère dis-tinctif de l'événement.Sa particularité la plus importante est sans doute de réunir en un effort commun des groupes que l'on voit trop souvent comme antagonistes: patrons et syndicats, travailleurs et grand public, gouvernement et entreprises privées.C'est à tâter un peu le pouls de cet effort commun que vous invitent les pages qui suivent.Il aurait été évidemment impossible d'effectuer cet exercice dans tous les secteurs d'activité où oeuvrent les Québécois.Nous en avons choisi quatre: les soins hospitaliers, le transport et l'entreposage, les bureaux, la construction.Ce choix recoupe l'univers de travail d'une bonne partie de la population.Pour tracer un mini bilan de chacun de ces secteurs, nous nous sommes adressés aux associations sectorielles paritaires ou \u2014 comme ce fut le cas du travail de bureau \u2014 à l'organisme qui nous a paru le plus à même de nous éclairer sur la situation d ensemble.Pourquoi avoir choisi les associations sectorielles paritaires?Pour deux raisons.La première est que ces organismes regroupent paritairement et des patrons et des travailleurs, ce qui permet d'apprécier où en est l'effort commun.La seconde est que ces associations couvrent leur secteur à la grandeur du Québec: le portrait qu'on nous trace de chaque situation a par conséquent le mérite d'être global.Mais tout choix a ses limites.À strictement parler, les associations sectorielles paritaires ne sont pas tant des associations de patrons et d'employés que des organismes regroupant des associations de représentants de chacune des deux parties.Leur structure est donc passablement éloignée du terrain.Couplé à la parité, cet éloignement peut paraître d'autant plus important: les associations sectorielles paritaires sont non seulement limitées à faire état des avances qui sont significatives pour l'ensemble de leur secteur, mais encore ces avances doivent-elles refléter un accord des deux parties.Il est important d'avoir ces remarques à l'esprit pour juger correctement de ces organismes.Dire de la collaboration entre employeurs et employés qu'elle se déroule, au sein des associations sectorielles paritaires, dans un climat de parfaite entente serait sans doute exagéré.Les dirigeants de ces associations ont le langage d'autant plus mesuré qu'ils chapeautent des groupes aux intérêts divergents.Il est une autre chose que les textes ne disent pas assez mais qui a été unanimement déplorée par ceux et celles que nous avons rencontrés: le manque de statistiques significatives.La mission fondamentale des associations sectorielles paritaires en est une de prévention des maladies professionnelles, c'est-à-dire des accidents et maladies survenus à l'occasion du travail.Plus précisément, leur tâche principale est de former, d'informer et de conseiller les instances de leur secteur en matière de prévention.Tous ces travaux exigent comme préalable le portrait précis d'une situation, faute de quoi ils risquent de porter à faux.Les statistiques sont l'outil premier d'un spécialiste en prévention.Les reproches qu'on adresse aux statistiques actuellement disponibles sont de divers ordres: elles seraient trop axées sur le strict aspect de l'indemnisation, malaisées à découper par secteur et difficiles à obtenir par établissement.Le fait qu'elles soient établies à partir de critères légaux plutôt que strictement médicaux n'aiderait pas non plus à leur utili- sation dans le cadre de la prévention.Derrière ces remarques de spécialistes, un message semble se profiler: le Québec s'est doté d'un système d'indemnisation des accidents et maladies professionnelles; il lui reste à raffiner son système de prévention.¦ Le Québec s'est doté d'un système d'indemnisation des accidents et maladies professionnelles; il lui reste à raffiner son système de prévention.LA SANTÉ SECURITE C'EST AUSSI DANS LA TETE QUE ÇA SE PASSE! Centrale des syndicats démocratiques 1259, rue Berri, bureau 600 Montréal H2L 4C7 (514) 842-3891 Quand on parle santé-sécurité, on fait référence spontanément aux conséquences physiques d'un accident de travail ou d'une maladie professionnelle.Pourtant, plusieurs facteurs reliés à l'exécution d'une tâche affectent la charge mentale des travailleurs et des travailleuses.Les conséquences peuvent être tout aussi importantes: fatigue musculaire, fatigue mentale, épuisement, burn-out, infarctus, etc.À la CSD, on est outillé en PRÉVENTION pour: INFORMER DIAGNOSTIQUER APPORTER DES CORRECTIFS AU MILIEU DE TRAVAIL en PRÉPARATION pour: DÉFENDRE ET FAIRE RECONNAÎTRE LES DROITS DES VICTIMES. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 18 OCTOBRE 1986 Publiscopie LE PERSONNEL SOIGNANT Danger: maux de dos, assauts, infections E n 1979, le secteur des affaires sociales comptait 160000 employés.On rapporta dans l'année 23816 accidents du travail ou maladies professionnelles.Le total des jours indemnisés s'est élevé à 122780, pour un coût de prés de 11,4 millions de dollars.En 1984, 165289 employés oeuvraient dans ce secteur.33584 accidents ou maladies professionnelles furent enregistrés; le total des jours indemnisés s'est élevé à 305310, et le coût de ces indemnisations à 37,9 millions.Triste évolution, convenons-en.Et, à première vue, paradoxale.Le secteur des affaires sociales, c'est en effet l'étiquette sous laquelle sont regroupés les sept à huit mille établissements de santé du Québec, dont au premier chef les hôpitaux.On se prend malgré soi à penser au cordonnier mal chaussé.Les accidents et maladies professionnelles en nursing Classé au dernier rang des secteurs prioritaires, donc loin derrière la construction ou les mines, le secteur des affaires sociales inclut cependant des professions sujettes à danger.Les activités reliées aux soins infirmiers sont de celles-là.«Considérés isolément, avance M.Pierre Boucher, directeur général de l'Association pour la santé et la sécurité du travail, secteur affaires sociales, les infirmières et infirmiers, les auxiliaires et les préposés aux bénéficiaires seraient à loger dans les dix premiers rangs.» Les lésions au dos (entorses lombaires, cervicales, etc.) viennent en tête de liste des accidents que subissent les professionnels du nursing.En 1984, ces lésions constituaient à elles seules 56 p.cent de l'ensemble des accidents avec interruption de travail.L'effort excessif est la cause le plus souvent invoquée, la douleur la conséquence le plus souvent mentionnée, le déplacement de patients la circonstance le plus souvent rapportée.«La chose se comprend, explique M.Boucher.Quand une infirmière pesant 85 livres doit déplacer un patient alité de 325 livres, le résultat s'imagine vite.» Les maux de dos ne sont pas l'apanage des métiers et professions reliés aux soins infirmiers.Dans l'ensemble du secteur des affaires sociales, ils viennent en \t.\t- \t Aussi curieux que cela puisse paraître, le secteur des affaires sociales inclut des professions sujettes à danger.M.Pierre Boucher, directeur général de l'Association pour la santé et la sécurité du travail, secteur affaires sociales.téte de liste des accidents de travail.«On estime qu'en frais directs et indirects, les maux de dos coûtent au réseau de 120 à 130 millions par année», avance le directeur de l'Association.Beaucoup moins fréquentes que les maux de dos, mais révélatrices de l'état d'une société, les blessures par assauts prennent de plus en plus de place parmi les accidents que subit le personnel soignant.«Les cas ne sont plus limités aux institutions psychiatriques, commente M.Boucher.Ils surviennent de plus en plus souvent dans les salles d'urgence des hôpitaux généraux.» Les drogues et l'alcool sont, semble-t-il, responsables de ce fait.Le nursing a non seulement ses accidents mais ses maladies professionnelles, beaucoup moins CAHIER SPECIAL CSST Hebdobec Directeur des cahiers spéciaux Manon Chevalier Textes Claude Dauphin Photos Michel Tessier, Guy Schiele, Roch Théroux, Gil Jacques et Pierre Charbonneau Page couverture Photographie Quatre Par Cinq Graphisme Linda Wilson Montage Atelier LA PRESSE Représentant publicitaire Jean-Claude Dumouchel Impression T.R.Offset Montréal 1010, rue Ste-Catherine est.Bureau 420 H2L 2G3 (514) 284-2040 Québec 269, rue de la Couronne G1K 6C9 (418) 529-9224 Matane 330, rue du Bon Pasteur G4W 3E3 (418) 562-4255 Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 18 OCTOBRE 1986 nombreuses certes mais néanmoins bien présentes.Ce sont les infections qui constituent le plus important groupe de ces maladies: la varicelle, la gale, la salmonellose.Cependant c'est l'hépatite virale, maladie caractérisée par une inflammation du foie, qui vient au premier rang.Sa transmission du patient au soignant se fait le plus souvent par le biais de piqûres subies en manipulant des aiguilles de seringue.«Ce genre d'accident arrive des milliers de fois, explique M.Boucher.Un capuchon recouvre la seringue hypodermique.Lorsque l'infirmière en a terminé avec l'instrument, elle remet le capuchon en place.Mais comme elle travaille à un rythme rapide, il arrive souvent qu'elle se pique.» L'aiguille étant contaminée, une hépatite peut éventuellement en découler.L'évolution des maladies infectieuses L hépatite fournit plus qu'un exemple de maladie professionnelle «bête et méchante»; elle illustre révolution des maladies infectieuses qui peuvent frapper le personnel soignant.À propos des infections associées au travail en laboratoire médical, secteur très proche de celui du nursing, M.Guy Letellier, biochimiste rattaché à l'hôpital Notre-Dame et à l'Université de Montréal, écrit: «Depuis une dizaine d'années, ce sont les agents agresseurs biologiques qui ont pris la tête d'affiche.Autrefois on parlait de tuberculose et de bactéries, aujourd'hui on parle d'hépatite et L'hépatite fournit un bon exemple des maladies professionnelles qui peuvent frapper le personnel soignant.de virus.On n'a ici qu'à penser au dernier venu, le virus du syndrome d'immuno-déficience acquise (SIDA).» Le problème des virus, c'est qu'ils sont moins connus, donc plus difficiles à combattre.La prévention évolue Établie en 1979, l'Association pour la santé et la sécurité du travail, secteur affaires sociales (ASSTSAS), a pour mission de fournir aux employeurs et employés des services d'information, de formation, de recherche et de conseil touchant la santé et la sécurité au travail.Au long de ses sept ans d'existence, l'organisme a progressivement modifié sa conception d'une action préventive efficace.«Nous pensions initialement que la prévention était d'abord affaire d'information et de formation.Nous nous sommes progressivement rendu compte que les connaissances ne suffisent pas, continue M.Boucher.La conception même des outils de travail était en cause.» Exemple?Le bain collé le long du mur plutôt qu'éloigné, qui rendait par le fait même très difficile l'aide à un patient qui devait y entrer ou en sortir.Mis au jour, les problèmes ergonomiques ont conduit à une compréhension plus approfondie de la prévention, compréhension qui faisait appel à l'organisation même du milieu de travail.Le bain mal placé n'était pas seul en cause.La procédure de gestion qui consistait à faire prendre tous les bains entre 6 h et 9 h, obligeant ainsi à beaucoup de rapidité et à mettre de côté l'utilisation des rares appareils de levage, était elle aussi sur la sellette.«Nous en sommes finalement venus à considérer les accidents et maladies professionnelles comme des résultantes de l'ensemble du milieu où ils surviennent, explique M.Boucher.Le manque d'information ou de formation y est pour quelque chose, mais des outils mal adaptés à l'homme, des procédures de gestion discutables ou le climat organisationnel tout court sont aussi à prendre en ligne de compte.» Les genres d'actions de préven- tion mis de l'avant par l'Association reflètent cette évolution dans le temps.Plusieurs se cantonnent dans l'information.En plus d'un journal, l'ASSTSAS, qui est dotée d'un service d'imprimerie, publie une kyrielle de fascicules indiquant aux travailleurs de la santé diverses méthodes de contrôle des risques.Les titres parlent par eux-mêmes: «Les radiations ionisantes en milieu hospitalier», «Les agressions», «Le laboratoire, un lieu de travail et non un entrepôt», etc.Pour pousser plus loin l'information préventive, l'organisme a récemment fait éditer ce qui constitue peut-être le premier manuel scolaire en santé / sécurité.«Santé et sécurité en laboratoire médical», de Robert Richards, servira d'ouvrage de base à un cours qu'offriront les cégeps aux futurs laborantins.La formation et les techniques de prévention de style plus traditionnel continuent aussi de faire partie du portrait.Pour répondre par exemple au problème des assauts, un programme de formation des travailleurs «à risques» est maintenant disponible.La session comprendra des aspects théoriques (analyse des comportements agressifs) et pratiques (entre autres des techniques d'autodéfense).Pour résoudre le problème des piqûres d'aiguilles contaminées, on prône l'utilisation d'une petite boîte de plastique ou de bois percée d'un trou de diamètre suffisant pour y insérer le capuchon.Avant de faire l'injection, on insère le capuchon dans le bloc qu'on dépose sur une table.Quand vient le temps La santé-sécurité au travail On s'y emploie activement ffifflff LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 18 OCTOBRE 1986 Publiscopie 5 Les lésions au dos viennent en tête de liste des accidents que subissent les professionnels du nursing.de replacer le capuchon sur l'aiguille, c'est plutôt l'aiguille qu'on entre dans le capuchon.Il n'y a plus de risque de piqûre.» Approche préventive globale et maux de dos L'approche préventive globale, c'est au problème des maux de dos que l'ASSTSAS l'a appliquée pour la première fois.Le programme, qui a pour sigle PDSB (Principes de déplacement sécuritaire des bénéficiaires), exige, avant d'être mis en place, l'appui déclaré de la direction de l'institution.À l'heure actuelle, le programme est en marche dans 20 établissements.Préalablement à toute action, on procède à une analyse complète du milieu de travail.Les facteurs techniques comme organisationnels sont examinés.Cette analyse sert de point de depart à l'action du comité santé / sécurité de l'institution.«Partout où ce programme a été mis en place, constate M.Boucher, le nombre d'accidents au dos a été réduit de 28 à 75 p.cent.» Dans les établissements de santé, le PDSB est certes populaire.Mais dire qu'on se précipite dessus comme l'affamé sur le pain serait exagéré.Même efficace, la prévention ne rallie pas tout le milieu.Quantité de facteurs expliquent cet état de fait.Certains sont d'ordre économique.Ainsi en est-il du système de cotisations, qui pénalise les établissements affichant un trop grand nombre d'accidents mais qui ne récompense pas ceux qui obtiennent une performance exemplaire.D'autres sont d'ordre organi-sationnel: l'efficacité d'un programme global comme le PDSB repose sur une action paritaire et suppose donc l'existence de relations de travail relativement bonnes.Ce n'est pas toujours le cas.Ajoutons que pour des raisons difficiles à cerner, la direction de l'ASSTSAS constate que le programme soulève plus d'intérêt dans les petits établissements que dans les grands hôpitaux.Mais l'aspect le plus intéressant d'un programme comme le PDSB ne réside peut-être pas tant dans la réduction du nombre d'accidents au dos que dans son effet bénéfique sur le climat de travail.Travailler de manière sécuritaire aide à développer le sentiment du travail bien fait.«Or cette impression accroît la motivation», souligne M.Guy Boucher.En dernière analyse, c'est peut-être de là que le PDSB tire son efficacité.¦ Photo LA PRESSE Association des entrepreneurs en construction du Québec La prévention, on y voit Depuis dix ans, au service de tous les employeurs de l'industrie de la construction en relations de travail et en santé-sécurité Siège social: 7777 boul.Louis H.Lafontaine, Anjou H1K 4E4 Bureaux régionaux: Baie Comeau Brassard Chicoutimi Drummondville Hull Laval Montréal Québec Rimouski Rouyn Sherbrooke Trois-Rivières la sécurité commence Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 18 OCTOBRE 1986 D ans leurs locaux de la rue Boyer, à Montréal, ils étaient cinq à m'attendre, ce matin-là.Les médias frappent trop peu souvent à la porte de l'Association sectorielle, transport et entreposage, pour qu'on rate l'occasion de passer le message.La cause que défend l'Association est pourtant d'intérêt public: les $83,2 millions de cotisations maladie / accident que versera à la CSST en 1987 l'industrie québécoise du transport et de l'entreposage, le consommateur québécois les déboursera en grande partie.Et encore ce chiffre est-il inférieur à la facture réelle, puisqu'on évalue à quatre fois le montant des cotisations le total des frais occasionnés par une maladie professionnelle ou un accident de travail.Les chiffres Formée dans le but de prévenir de telles maladies ou accidents, l'Association répond de ses activités aux représentants du patronat et des travailleurs.Le secteur qu'elle couvre inclut 70000 travailleurs disséminés dans 10000 établissements comptant à 95 p.cent moins de 21 employés.Il s'y produit annuellement 14 000 réclamations, surtout pour accidents.C'est une réclamation par cinq employés.Huit à neuf mille de ces réclamations donnent lieu à indemnisation par la CSST.«En termes de danger pour ceux qui y travaillent, l'industrie du transport et de l'entreposage vient aux premiers rangs, avec les mines et la M.Guy Foumier, directeur de l'Association sectorielle, transport et entreposage.construction, explique M.Guy Fournier, directeur de l'Association.On y dénombre une vingtaine d'accidents mortels par année et on y compte en tout temps environ 1100 travailleurs sous indemnisation.» À l'heure actuelle, la situation évolue selon trois lignes principales: la gravité des accidents diminue, mais leur fréquence et le montant total des cotisations augmentent.Si la route accapare d'année en année une bonne partie des mortalités, des activités comme la manutention, l'arrimage et le bêchage sont, au total, génératrices de 85 p.cent des accidents.«Un poids lourd est plus dangereux à l'arrêt qu'en marche», lance M.Fournier.Motif premier des rècla- TRANSPORT ET ENTREPOSAGE D'abord et avant tout, la prévention mations, les maux de dos?«Ça, c'est un mythe, répond M.Pierre Bouliane, conseiller.C'est vrai qu'il y a des accidents au dos, mais il en arrive tout autant aux bras, aux mains et aux jambes.» En fait, le premier rang revient aux foulures et entorses.Les causes Les causes de pareil bilan humain et d'une facture aussi élevée?En l'espace de quelques heures, les cinq représentants de l'Association m'en ont cité au moins une vingtaine, qu'on pourrait regrouper sous trois chefs: les attitudes et traditions du milieu, les comportements individuels, les contraintes extérieures.De nouvelles valeurs «Les pays qui ont fait l'expérience d'un système de santé/sécurité au travail semblable à celui que nous avons au Québec \u2014 l'Allemagne, par exemple \u2014 en ont eu pour environ sept ans à voir augmenter le nombre de leurs réclamations, dit M.Fournier.La chose s'explique.Parce qu'il a pour but la prévention, ce type de régime fait que les tra- W w Les chariots-élévateurs, qui assurent 85 p.cent des activités de manutention, sont des engins qui peuvent être dangereux.TRAVAILLER EN SANTE ET EN SECURITE = UN MODE DE V L ÉLECTRIFFICACITÉ Q LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 18 OCTOBRE 1986 Publiscopie Il n'existe au Québec que de très rares écoles de routiers et le ministère des Transports n'exige aucun cours avant d'octroyer un permis de conduire.En termes de danger, l'Industrie du transport et de l'entreposage vient aux premiers rangs, avec les mines et la construction.vailleurs sont plus informés de leurs droits et plus conscients de l'importance de leur sécurité.» La prise de conscience qu'évoque M.Fournier s'ouvre sur de nouvelles valeurs: la qualité de la vie.«De plus en plus, continue-t-il, les gens veulent arriver à la retraite en se disant qu'ils n'ont pas donné un oeil ou leur dos à leurs employeurs.Hier encore, quand un type se frappait et avait un bleu, il repartait travailler.Aujourd'hui il craint les séquelles et va voir le médecin.» Des congés s'ensuivent.Pareil changement d'attitude pose le problème des abus.Le groupe qui me fait face est catégorique: les cas douteux ne dépassent pas les 6 p.cent.«Il nous est arrivé de revoir des dossiers avec des représentants des employeurs qui convenaient de la justesse de ce pourcentage.» Soit dit en passant, les abus ne sont pas dans les déclarations d'accident mais dans la demande d'extension de congé.De plus, il semble qu'on ait tort de rattacher le phénomène des réclamations douteuses aux seuls travailleurs.Les employeurs en portent aussi la responsabilité: du temps où les cotisations étaient moins élevées, l'attitude du «je paye de toute manière, autant que tu en profites» n'était pas absente chez les chefs d'entreprise.La formation est essentielle Si le changement de mentalité des travailleurs ainsi qu'un certain laxisme constituent un début d'explication de la fréquence élevée des accidents, le manque de formation est, lui, à prendre plus au sérieux.Côté camionnage, ex-plique-t-on, la technologie, au cours des années, a changé.Le moteur diesel a remplacé le moteur à essence et les freins à air sont aujourd'hui chose courante.Ces deux changements exigent des chauffeurs qu'ils soient formés.Or il n'existe au Québec que de très rares écoles de routiers et le ministère des Transport n'exige aucun cours avant d'octroyer un permis de conduire.Quant aux freins à air, la Colombie-Britannique semble pour l'instant la seule province canadienne à s'en préoccuper.Elle demande en effet de leurs utilisateurs qu'ils aient suivi un cours et obtenu un permis.Formé sur le tas, donc dans des conditions et un environnement particuliers, le routier risque de se retrouver plus d'une fois dans des situations qui le prennent au dépourvu et dont le côté parfois cocasse ne doit pas faire oublier le côté dangereux.«Parce que les compagnies de transport sont habituellement installées dans les villes, dit M.Gosselin, beaucoup de routiers ont fait leurs premières armes en terrain uniquement plat.On m'a rapporté qu'un camionneur ainsi formé avait eu pour mission de se rendre depuis Toronto jusqu'à Sept-îles.Une fois rendu à Sainte-Anne-de-Beauprè, là où les côtes deviennent abruptes, il dut téléphoner à sa compagnie pour demander qu'on le remplace.On ne lui avait pas appris à enclencher les deux leviers de vitesse en même temps («double shift»).La manoeuvre est pourtant essentielle quand on veut faire grimper un poids lourd.» La formation sur le tas n'affecte pas que les routiers: elle est de régie dans le domaine de la manutention.Les chariots-élévateurs, qui assurent de nos jours 85 p.cent des activités de manutention, sont des engins à la fois coûteux et potentiellement dangereux.C'est pourtant sur le tas que leurs conducteurs sont habituellement formés.Jugée critique, cette situation a d'ailleurs conduit l'Association à mettre sur pied un programme de formation destiné aux conducteurs de chariots.Les situations inattendues Autre cause des accidents de la route, l'excès de confiance.«Lorsqu'on fait enquête sur des accidents graves, explique le conseiller Denis Lagacè, on se rend compte que la plupart des routiers impliqués avaient un dossier vierge depuis cinq, dix et même 15 ans.Ils avaient pris l'habitude de réagir de telle manière à tel endroit.Un bon jour, survient ce qui ne s'était pas encore présenté \u2014 une chaussée en glace vive, par exemple.C'est la catastrophe.» Rattachée de prés à l'excès de confiance, l'inattention est aussi source d'accident.«Je me rappelle, poursuit M.Lagacè, un cas survenu sur la route de La Tuque.Deux camionneurs se suivaient, équipés l'un et l'autre de C.B.Le deuxième voulut dépasser.Sans porter attention à un chemin de traverse, le premier lui donna le feu vert.Une voiture sortit du chemin au moment où se déroulait la manoeuvre.Il y eut mortalité.» Toujours au chapitre des corn- LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ DU TRAVAIL C'EST L'AFFAIRE DE TOUS, EMPLOYEURS, SYNDICATS ET TRAVAILLEURS SOUHAITONS QUE CETTE SEMAINE DE LA SANTÉ ET DE LA SÉCURITÉ DU TRAVAIL SENSIBILISE TOUS LES INTERVENANTS DANS CE DOSSIER À L'ABSOLUE NÉCESSITÉ DE RÉDUIRE TANT LES ACCIDENTS QUE LES COÛTS TRÈS ÉLEVÉS QU'ILS GÉNÈRENT. 8 Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 18 OCTOBRE 1986 Responsabilité partagée Mais attribuer aux seuls chauffeurs et manutentionnaires le monopole des attitudes et comportements qui sont causes d'accidents \u2014 et de coûts élevés \u2014 serait fausser la réalité.Les employeurs et le grand public ont aussi leur part de responsabilité.Parler d'employeur, c'est parler de gérance.Or, de l'avis général de mes interlocuteurs, une véritable gestion du dossier santé/sécurité reste à instaurer dans bon nombre d'entreprises de transport et d'entreposage.L'analyse des causes d'accident, par exemple, laisse parfois plus qu'à désirer.«Tout récemment, raconte le conseiller Jacques Gendron, il m'est passé entre les mains un rapport d'accident signé d'un contremaître.La cause indiquée: \"Il s'est blessé parce qu'il travaillait\".» portements individuels, l'indiscipline fait aussi sa part de dégâts.Un incident particulièrement pénible nous a été rapporté, impliquant un chauffeur et son aide.Assignés au nettoyage d'un réservoir de raffinerie, spécialité de l'entreprise qui les embauchait, les deux travailleurs s'y rendirent.Une consigne interdisait au chauffeur de quitter le lieu du travail pendant que son aide s'affairait à vidanger le puits à l'aide du puissant boyau aspirateur.Le chauffeur décida néanmoins d'aller «prendre une bière».Descendu dans le réservoir, l'aide perdit un de ses gants.Il eut, en tentant de le récupérer, le bras happé par le boyau aspirateur.Son supplice ne prit fin qu'avec l'arrivée du chauffeur et l'arrêt de la pompe, plusieurs minutes plus tard.L'aide prit le chemin de l'hôpital le bras en lambeaux.Le suivi des cas d'accidents laisse également à désirer.« Prenons le cas des rendez-vous chez des spécialistes, par exemple, reprend M.Gendron.Sans aide, un travailleur accidenté peut avoir beaucoup de difficulté à obtenir rapidement ces rendez-vous.Le temps mis à les attendre allonge la période d'indemnisation.Or l'employeur, s'il y met du sien, peut contribuer à réduire ces délais.Mais plusieurs ne le font pas.» La négligence du public Si travailleurs et employeurs ont du chemin à faire sur la route de la prévention, le grand public, enfin, a lui aussi son mille à parcourir.Le cas des éboueurs est, là-dessus, éloquent.«Les coupures sont parmi les accidents qui surviennent le plus fréquemment chez ces travailleurs, mentionne M.Denis Lagacé.Les gens disposent de leurs morceaux de vitre dans des sacs de plastique.» Faire plier la courbe du nombre \u2014 et du coût \u2014 des accidents reliés au transport et à l'entreposage n'est pas, comme on le voit, une mince affaire.«Dans le transport, au plan de la prévention, tout reste à faire, dit M.Guy Fournier.Et on ne peut promettre que tout sera fait demain matin.» ¦ Le routier, l'alimentation et l'alcool U ne mauvaise alimentation, l'abus de l'alcool et l'usage des drogues peuvent avoir sur la santé du routier et sur la qualité de son travail des effets particulièrement néfastes.Assis des heures durant et soumis à un stress constant, le conducteur de camion doit surveiller de près son alimentation et s'adonner à des activités physiques.Sans quoi l'obésité et d'autres problèmes de santé le guettent.L'abus de l'alcool et l'usage des drogues sont évidemment con-tre-indiqués dans le cas du routier.Il y va non seulement de sa vie mais de celle des autres.Consciente de ces risques et dangers, l'Association a publié deux brochures à l'usage des conducteurs de camion.La première porte sur l'alimentation (Camionneurs: roulez en santé).On y trouve même des suggestions de menu.La seconde traite de l'alcool et des drogues (Conducteurs professionnels \u2014 alcool et drogues : ça vaut la peine de s'arrêter).On peut obtenir ces brochures en s'adressant au siège social de l'Association.¦ LA SANTE ET LA SECURITEDE1200000 FUTURS TRAVAILLEUSES EL^s^JRAVAILLEURS, ÇA COMPTE POUR JF^k VOUS?Pour la CEO, ça compte vraiment.ceq LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 18 OCTOBRE 1986 Publiscopie 9 Le travail de bureau aussi comporte ses dangers l nstallé au coeur de Montréal, le CLSC Centre-ville dessert une population de 250000 travailleurs et 15000 résidants.Que la santé au travail y soit une préoccupation de première importance n'a donc pas de quoi surprendre.Une équipe de huit personnes à temps plein s'occupe des be- soins en santé «globale» des travailleurs.Cette équipe comprend entre autres un médecin, une infirmière, un psychologue, deux animateurs et un agent de recherches.Comme trois travailleurs sur quatre qui forment la clientèle du CLSC oeuvrent dans des bureaux, l'équipe a, par la force des choses, développé une compétence toute particulière en matière de santé / sécurité chez les cols blancs.Biologiste de formation, Mme Marie Bellemare oeuvre depuis sept ans au sein du groupe.Son poste d'agent de recherches l'a tout naturellement conduite à suivre de près l'évolution des connaissances en matière de santé globale des cols blancs.Son travail l'a amenée à participer à des analyses de cas, à donner des séances d'information et à réfléchir sur l'action de l'équipe dont elle fait partie.Mme Marie Bellemare, biologiste, oeuvre depuis sept ans au CLSC Centre-ville.L'évolution des plaintes «Au CLSC Centre-ville, explique Mme Bellemare, les plaintes en provenance des cols blancs ont, depuis 1979, subi une double évolution: elles sont à la fois plus nombreuses et plus diversifiées.En 1979-80, le gros des plaintes avait trait aux écrans cathodiques.On craignait pour sa vue, on avait peur des radiations, on mettait en cause l'aménagement des postes de travail.Aujourd'hui, ce sont les conséquences de l'organisation informatisée \u2014 harcèlement, épuisement \u2014 qui occupent lavant-scène».Des problèmes plus récemment identifiés, comme celui du «syndrome des tours à bureaux», mobilisent aussi l'attention.Deux raisons expliquent le recul du nombre de plaintes relatives aux écrans cathodiques : les connaissances acquises, qui ont per- mis de faire à tout le moins un début de tri entre les fausses craintes et les dangers réels, et l'adaptation des manufacturiers, qui ont produit rapidement du mobilier ajustable.« Le côté technique est aujourd'hui nettement amélioré, de constater Mme Bellemare.Les plaintes relatives à l'équipement portent en fait sur des problèmes plus globaux.Lorsqu'un groupe de cols blancs menace d'arrêter le travail à cause, par exemple, des reflets sur les écrans, on peut penser que les reflets ne sont pas seuls en cause.Il y a d'autres raisons».Ordinateur et usure mentale Si l'ordinateur comme tel fait moins problème qu'avant, les changements organisationnels qui ont souvent accompagné son arrivée continuent, eux, d'être en Gouvernement du Québec Ministère de l'Éducation LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ DU TRAVAIL, C'EST D'ABORD À L' ÉCOLE QU'IL FAUT *L' APPRENDRE'AU SÉRIEUX Dans ce but, le ministère de l'Éducation a notamment: \u2022 Publié un document d'information sur la santé et la sécurité dans l'enseignement des sciences de la nature.\u2022 Inclus, dans le nouveau programme de formation personnelle et sociale, des contenus obligatoires sur le sujet.\u2022 Commencé la révision du cours sur la sécurité générale sur les chantiers de construction.\u2022 Poursuivi l'intégration de la santé et de la sécurité du travail dans les répertoires de profils de formation professionnelle et dans les programmes d'enseignement.\u2022 Annoncé la publication, dans les prochains mois, d'un guide général concernant les ateliers de formation professionnelle.\u2022 Conclu, avec la Commission de la santé et de la sécurité du travail, une entente relative à la vérification du matériel didactique.Le Bilan des objectifs atteints par le comité permanent CSST-MEQ-MESS est disponible au ministère de l'Éducation, tél.: (418) 643-3108 et à la Commission de la santé et de la sécurité du travail, tél.: (514) 873-4683.Québec a a a a 10 Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 18 OCTOBRE 1986 cause, sous forme entre autres de harcèlement et d'épuisement.«Dans plusieurs bureaux, la multiplication des écrans est allée de pair avec le fractionnement accru des tâches et l'introduction du travail à la chaîne, souligne Mme Bellemare.La charge de la travailleuse ou du travailleur a été augmentée.Le degré de concentration exigé est plus élevé.Le contrôle des performances de chacun est plus précis et serré.Résultats?On se sent harcelé.L'usure mentale vient plus vite.On est brûlé à 40 ans.» Pour celui ou celle qui en est victime, cette usure mentale prématurée est difficile à détecter correctement, la tendance spontanée consistant à la mettre au compte du mode de vie personnel.Cette tendance est d'ailleurs renforcée par le fait que l'usure en question se manifeste tout aussi bien dans la vie privée qu'au travail.Certains comportements d'hostilité vis-à-vis du con- joint ou des enfants, par exemple, en dépendent.Mais révolution du «problème» des écrans et des ordinateurs peut nous mettre sur une mauvaise piste, comme croire que les problèmes des employés de bureau sont finalement toujours d'ordre psycho-social.Les maux de dos, la fatigue visuelle et les problèmes associés au bruit sont également bien présents.UNIVERSITÉ LAVAL Laval hors campus CERTIFICAT EN SANTÉ AU TRAVAIL 2e CYCLE Les objectifs généraux du programme comprennent la planification et la coordination des programmes de santé et sécurité au travail; l'amélioration de la qualité du milieu de travail; l'élaboration des politiques en matière de santé et sécurité au travail; la formation de conseillers en prévention des maladies industrielles et des accidents du travail ; l'exercice des responsabilités de direction et de supervision du personnel des programmes de santé et de sécurité au travail.Le programme s'adresse à des professionnels de formation différente qui assumeront des responsabilités en santé et sécurité au travail.L'orientation est de fournir une formation spécialisée complémentaire à la formation professionnelle initiale.En collaboration avec le Ministère de la santé et des services sociaux, le département de médecine sociale et préventive offre les principaux cours de base du programme: Hygiène industrielle Épidémiologie Toxicologie industrielle Biostatistique Sécurité au travail Programme de santé Gestion de la sécurité Ergonomie Aspects psycho-sociaux Cours spéciaux Ces cours peuvent être dispensés en sessions intensives dans toutes les régions du Québec si un minimum de 17 personnes s'y inscrivent.Villes actuelles et passées: BAIE-COMEAU HULL CHICOUTIMI MONTRÉAL DRUMMONDVILLE ROUYN-NOR ANDA Pour être admis, un candidat doit posséder un diplôme de 1\" cycle ou son équivalent.Cette équivalence sera évaluée en tenant compte des études antérieures et de l'expérience de travail jugée satisfaisante.Pour recevoir l'information et la documentation nécessaires à l'admission et à l'inscription, s'adresser à: Jacinthe Bégin A Université Laval \\v _Téléphone: (418) 656-7888_ Il arrive même que des problèmes d'apparence plus globale aient à l'examen des causes biens physiques et mesurables.Le syndrome des tours à bureaux en est un exemple.Le syndrome des tours à bureaux «De plus en plus d'études existent sur le sujet, explique Mme Marie Bellemare.Entre autres signes, le problème se manifeste par des grippes à répétition ou encore une baisse d'énergie en milieu de journée et une impression d'écrasement.Ces malaises sont répandus.Plusieurs symptômes disparaissent dès qu'on sort de l'édifice.» Ardu à cerner, le syndrome des tours à bureaux Dans plusieurs bureaux, la multiplication des écrans est allée de pair avec le fractionnement accru des tâches et l'introduction du travail à la chaîne.LA SANTÉ AU TRAVAIL: une qualité de vie! Vous intervenez ou êtes appelés à intervenir dans le domaine de la santé et sécurité dans votre milieu de travail?Vous êtes préoccupés par la question de dépendance vis-à-vis des psychothropes.alcool, drogues illicites, médicaments prescrits, sous l'angle de la prévention ou du traitement?Vous voulez intervenir ou participer à la résolution de certains problèmes de nature ergonomique en milieu de travail?L'Université de Montréal vous propose trois certificats, de trente crédits chacun, axés sur la formation professionnelle et la prévention de la santé au travail.ERGONOMIE SANTÉ ET SÉCURITÉ DU TRAVAIL TOXICOMANIES: PRÉVENTION ET INTERVENTION Date limite d'admission pour l'hiver 1987:1er novembre 1986 Renseignements: 343-6090 Université de Montreal Faculté de l'éducation permanente est encore plus difficile à relier à des causes précises.Au dire de Mme Bellemare, une recherche de deux à trois ans n'est pas exceptionnelle pour aboutir souvent à mettre en cause le système d'aération.«Il est assez rare que la conception même du système soit fautive, continue Mme Bellemare.Parfois, ce sont les plans originaux qui n'ont pas été respectés.Plus souvent qu'autrement, les aménagements successifs sont à blâmer.On a par exemple déplacé des murs sans tenir compte des entrées et sorties d'air, réduisant ainsi le débit d'air frais ou empêchant l'air vicié de s'évacuer.» L'action du CLSC Centre-ville a évolué au cours des années.Initialement préoccupée par les problèmes de stress, l'équipe de Santé au travail a d'abord offert des séances de relaxation à ceux et celles qui le désiraient.«Mais ce genre d'action nous a paru bientôt trop limité, explique Mme Bellemare: elle s'attaquait aux conséquences, non aux causes.» Depuis, le CLSC s'est orienté vers la prévention, ce qui accroît son efficacité.Mais ce n'est pas toujours facile.Dans le cas de l'usure prématurée, régler le problème à la source c'est revoir le mode de gestion d'une entreprise.S'il est de toute évidence impossible à un CLSC de s'attribuer un tel mandat, il lui est par contre permis de favoriser une prise en charge du problème par les personnes qui le vivent quotidiennement.C'est dans cette optique que sont mises sur pied diverses rencontres et séances d'information, que des articles et documents sont diffusés.Aux gens de cheminer ensuite.Le font-ils?«Nous ne faisons pas de suivi systématique, de répondre Mme Bellemare.Mais à certains indices, on peut voir que des changements s'amorcent.Les entreprises parlent de plus en plus de nouveaux modes de gestion et de participation.» Le syndrome des tours à bureaux n'est pas, lui non plus, des plus faciles à éliminer à la source.Pour l'aborder correctement, la collaboration de plusieurs locataires et du locateur est nécessaire, et il n'est pas toujours facile de l'obtenir.Voilà qui retarde toute action possible.Travailler dans un bureau, on le voit, ce n'est pas être à l'abri d'un certain danger de maladie professionnelle.¦ LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 18 OCTOBRE 1986 Publiscopie 1 1 Hauts risques: la construction iu cours de chacune des années 1980 et 1981, quelque 27 000 réclamations pour accidents ou maladies professionnelles ont été adressées à la CSST en provenance des chantiers de construction du Québec.En 1982, 1983 et 1984, le total des réclamations a respectivement été de 21 000, 18000 et 19000.La situation irait-elle s'amèlio-rant?«Il ne faudrait pas sauter trop vite à cette conclusion, répond M.Claude Girard, directeur général de l'Association paritaire pour la santé et sécurité du travail, secteur construction.Il se peut que la baisse du nombre des réclamations reflète tout simplement une chute de l'activité dans la construction.L'effet d'un ralentissement général de l'économie n'est en effet ressenti qu'après 12 ou 24 mois dans notre secteur.En 1982, alors que l'économie en général allait mal, le bâtiment allait bien.En 1983 et 1984, alors que l'économie reprenait du poil de la bête, l'activité dans les chantiers a baissé.Ce genre de réaction à retardement s'explique par la longue durée des contrats de construction.» Qu'on ne sache pourquoi le nombre des réclamations a baissé en 1983 et 1984 illustre le peu de maîtrise qu'on a encore aujourd'hui du phénomène des accidents et maladies professionnelles tel qu'il se présente dans le secteur du bâtiment.On dispose certes de données diverses.On a par exemple noté que le degré de gravité des accidents et maladies professionnelles qui laissent une atteinte permanente avait diminué.Ce qui n'empêche ce degré de gravité de demeurer alarmant.Dans l'ensemble des secteurs, la durée d'absence pour cause d'accident ou de maladie professionnelle est, règle générale, de douze jours.Dans la construction elle est, à l'heure actuelle, de 22 jours.Le cinquième des accidents est de nature musculaire (elongation, foulure, entorse, etc.) et oblige à un repos moyen de 43 jours.On sait également que le bâtiment continue d'offrir plus que sa part de risques.Les travailleurs de la construction, qui ne forment que 4 p.cent du total de la main-d'oeuvre québécoise, sont victimes de 9 p.cent de toutes les lésions professionnelles déclarées.De tous les accidents mortels enregistrés à la CSST, 17 p.cent ont lieu dans le secteur de la construction.Une portion significative de ces décès est imputable à des chutes et à l'électrocution.Quant au coût de ces accidents et maladies professionnelles, il est élevé.En 1983, 60 millions Les travailleurs de la construction, qui ne forment que 4 p.cent du total de la main-d'oeuvre québécoise, sont victimes de 9 p.cent de toutes les lésions professionnelles déclarées.M.Claude Girard, directeur général de l'Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail, secteur construction.ont été versés en frais de « réparation» par la CSST.Celle-ci a en retour réclamé 123,5 millions aux employeurs afin de couvrir ce déboursé ainsi que ses dépenses de prévention, inspection et administration.À première vue, tous ces chiffres peuvent laisser croire qu'on en sait long sur la façon de prévenir les accidents et maladies professionnelles dans les chantiers.Ce qui n'est pas le cas.Si leur nombre a été compilé, l'analyse de l'eurs causes exactes est loin d'être avancée.À quels types de travaux exactement les accidents qui surviennent sont-ils reliés?Dans quelles circonstances précises surviennent-ils?La réponse à ces questions est encore entourée de brume, pour reprendre l'expression de M.Girard.Seule une réponse claire pourrait pourtant permettre de concevoir des actions de prévention efficaces.Ce triste état de chose tient à diverses raisons.La mobilité des travailleurs, qui vont d'un chantier de construction à l'autre.Le caractère temporaire de tout chantier et le nombre élevé d'employeurs sont d'autres facteurs qui ne favorisent pas l'analyse.Le manque de concertation y est aussi pour quelque chose.Si plusieurs secteurs d'activité étaient déjà dotés il y a cinq ans d'un organisme paritaire en santé et sécurité au travail, le secteur du bâtiment n'est pourvu du sien que depuis juillet 1985.Motif?Le patronat, entre autres, doutait de l'efficacité d'un tel organisme et en craignait le coût.«Le conseil d'administration de la CSST a dû exiger sa mise sur pied», commente M.Girard.¦ Centre patronal de santé et sécurité du travail du Québec La santé et la sécurité au travail est aussi une question de gestion Le Centre patronal de santé et sécurité du travail du Québec s'est engagé à fournir aux employeurs l'information et les outils qui leur permettront de gérer efficacement la santé et la sécurité au travail et de réduire les accidents de travail et les maladies professionnelles.Pour plus de renseignements: Centre patronal de santé et sécurité du travail du Québec 666, rue Sherbrooke ouest, bureau 401 Montréal, Québec ___H3A 1E7 Téléphone: (514) 842-8401 1 1 Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 18 OCTOBRE 1986 Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail secteur construction L'A.S.P.Construction, créée par les employeurs et les travailleurs de la construction, est là pour répondre à tous vos besoins de formation, d'information, de recherche ou d'assistance technique dans les domaines de la prévention, de la santé et de la sécurité du travail.Consultez-nous: A.S.P.Construction 7450 boulevard les Galeries d'Anjou Bureau 460 Anjou, Qc H1M 3M3 (514) 355-6190 Du 20 au 25 octobre, c'est la Semaine de la santé et de la sécurité au travail.Venez nous voir au kiosque de TA.S.P.Construction au Complexe Desjardins.IRSST Institut de recherche en santé et en sécurité du travail du Quebec Recherche en santé et sécurité du travail Colloque jeudi 23 octobre À l'heure où, dans divers milieux, on s'interroge sur l'orientation et sur la rentabilité de la recherche scientifique, l'Institut de recherche en santé et en sécurité du travail du Québec (IRSST) vous propose, dans le cadre d'un colloque d'une journée, de débattre des thèmes suivants: Les retombées répondent-elles aux attentes?\u2022 Les attentes face à la recherche en SST sont-elles réalistes?\u2022 La recherche en SST peut-elle contribuer à la réduction des coûts d'indemnisation?\u2022 Qui assume le suivi des résultats de la recherche en milieu de travail?\u2022 A quelles conditions la concertation entre chercheur, syndicat et entreprise devient-elle profitable?\u2022 Comment augmenter l'adéquation entre les attentes des partenaires sociaux et les retombées réelles de la recherche en SST?Pour aborder et tenter de résoudre ces questions, nous avons réuni un panel de conférenciers représentant les milieux patronaux, les milieux syndicaux et la CSST, qui est le principal utilisateur de recherche en santé et en sécurité du travail au Québec.De plus, quatre cas-types de retombées de recherches vous seront présentés, à la fois sous l'angle du chercheur et sous l'angle d'un utilisateur de la recherche.Pour enrichir et mener a bon port le débat avec ces conférenciers, nous vous invitons, vous les gens de l'entreprise, des syndicats, des CLSC, des DSC, des associations sectorielles paritaires, des milieux de la recherche, qui êtes impliqués dans la santé et la sécurité du travail, à participer sans frais à notre colloque.COORDONNEES Jeudi, 23 OCTOBRE 1986, DE 09 H 15 À 16 H 35 COMPLEXE GUY FAVREAU.200, BOUL.DORCHESTER OUEST, MONTRÉAL SALLE DES SAULES (Rez-de-chaussée, Centre des conférences) Entrée libre POUR INFORMATION, APPELEZ Bernard La Mothe Direction des communications IRSST (514) 288-1551, poste 272 l "]
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