La presse, 6 décembre 1986, B. La presse plus
[" J^ARSENJUJLT MAÎTRE - DÉMÉNAGEUR l QUÉBEC - ONTARIO .1 376-5102 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 6 DÉCEMBRE 1986 \u2022 Plus Heli's Angels 4 a f pour la police CIRMAIN TJIRDIP Hell's Angels-.jamais une bande de motards n'aura acquis une jjm.pisf.telle notoriété au ^SflKv Québec, ni même i\\JËK8&.//'' au Canada.L'histoire est à ce point sensationnelle qu'elle a servi d'inspiration au cinéaste Brian McKenna, qui vient de terminer le tournage d'un film de deux heures qui sera diffusé au réseau anglais de Radio-Canada au mois de mars.La guerre à finir que la Sûreté du Québec à lancé à coups de millions de dollars contre les Hell's à la suite de la tuerie de Lennoxvil-le en mars 1985 a abouti au cours des dernières semaines sur un procès aux rebondissements multiples qui n'a pas fini de faire les manchettes.L'événement le plus spectaculaire de la semaine a sans aucun doute été le geste d'un membre du jury, qui a avisé le juge Boilard qu'on l'avait soudoyé.Le procès s'est néanmoins poursuivi, avec le résultat que l'on sait.Actuellement, le compte est de quatre à un pour la police; quatre condamnations sur cinq accusations.En plus du procès qui s'est terminé jeudi par un verdict de culpabilité rendu dans le cas de trois accusés et de l'acquittement du quatrième, une autre cause, celle de Michel « )inx » Genest, s'était soldée par un jugement le trouvant coupable.Mais la lutte est loin de son terme.Un troisième procès pour meurtres s'instruira, après les Fêtes, à Sherbrooke, confc huit Hell's Angels, et un quatrième aura lieu à Montréal, inculpant cinq membres néo-écossais de cette confrérie.Le tout est relié à la tuerie de Lennoxville.Seront également traduits en cour deux autres motards : Louis « Ti-Oui » Lapierre qui fut rattrapé par la police à Amsterdam, il y a plus de deux mois, et Robert « Snake » Tremblay, qui vient i i I I De nombreux événements ont perturbé k ce procès d'être arrêté â Londres.Ce dernier a été mentionné, par Gerry « Le Chat » Coulombe comme étant celui qui a abattu Guy-Louis Adam, à l'extérieur du local de Lennoxville.La police est à la recherche de plusieurs autres motards disparus, soit qu'ils aient réussi à s'enfuir à l'étranger, soit qu'ils aient tout simplement été assassinés.Les délateurs Les deux premières causes ont permis de se demander jusqu'à quel point il faut croire le témoignage de délateurs dans un procès pour meurtres impliquant des membres d'une même bande dont faisaient partie ces délateurs.Cette question s'est posée, à maintes reprises, tout au long du procès des quatres membres du club des Hell's Angels de Sorel qui a duré trois mois et qui passera, sans doute, dans les annales judiciaires, parmi ceux qui ont été les plus féconds en incidents de toutes sortes.Un délateur diffère d'un simple informateur qui a été témoin involontaire d'un acte criminel ou d'un agent double au service de la police.La notion de délateur implique sa participation aux activités du groupe dont il révèle les actes pour diverses raisons qui peuvent aller du simple repentir, ce qui est rare, à l'intérêt pur et simple qu'il a de ne pas être poursuivi en justice tout en profitant des largesses matérielles qui peuvent lui être offertes en échange de sa collaboration.C'est le cas des témoins Gerry « Le Chat » Coulombe et de Gilles « Le Nez » Lachancc.qui ont été arrêtés au cours de l'enquête sur le massacre de Lennoxville, qui ont reconnu leur adhésion au club de motards, leur participation à maintes activités illégales ainsi que leur présence sur les lieux de la tuerie, le 24 mars 1985.Ils ont tous deux des antécédents judiciaires et tombent dans la catégorie dite des « témoins tarés ».Alors que la crédibilité d'un informateur ou d'un agent double est généralement acceptée, celle d'un délateur peut être contestée.en tout ou en partie, et les avocats de la défense \u2014 c'est d'ailleurs leur privilège et même leur obligation \u2014 ne se gênent pas pour semer le doute.D'autant plus que, dans la cause qui vient de se terminer, Coulombe et Lachance étaient les témoins principaux de la Couronne.Sans leur témoignage, la poursuite aurait éprouvé d'énormes difficultés à faire sa preuve.Son succès n'a, d'ailleurs, pas été complet : trois convictions et un acquittement, le tout devant faire l'objet de requêtes en appel de ia part de la Couronne ou de la défense, selon les cas.\"Par ailleurs, dans l'affaire Genest, celui-ci avait été trouvé coupable du meurtre de Claude « Coco » Roy, même si le juge Pierre Pinard avait refusé à la Couronne, au grand dépit de celle-ci.de faire entendre au jury la déposition de Coulombe.Il est donc permis de s'interroger sur l'importance du témoignage d'un délateur, même si l'on peut admettre son utilité.En raison de son peu de crédibilité, il est bon que son témoignage soit corroboré ou confirmé de quelque façon pour qu'il ait une certaine valeur probante.Dans ses directives aux jurés, le juge Boilard avait, d'ailleurs, fait une mise en garde a ce sujet.Les outrages au tribunal Les événements inhabituels n'ont pas manqué qui sont venus perturber le cours normal du procès.Dès le début, avant même la sélection du jury, trois hauts fonc- Ce n'est pas d'aujourd'hui que la police a des problèmes avec les motards.PHOTo armand trottier.ia presse tionnaires du ministère de la justice et deux officiers supérieurs de la Sûreté du Québec ont été cités pour outrage au tribunal parce qu'ils n'ont rien fait, alors qu'ils avaient l'autorité pour ce faire, pour empêcher la parution d'articles dans deux revues gouvernementales, « Justice » et « Sûreté ».La défense avait demandé au juge de mettre fin de façon definitive au procès, soutenant que ces articles étaient de nature à influencer les jurés de façon dommageable pour les accusés.La requête fut rejetée.Le lendemain, c'était le solliciteur général du Québec, M.Gérard Latulippe.qui faisait l'objet d'une plainte du juge Boilard auprès du procureur général à la suite d'une entrevue qu'il avait accordée à un poste de radio de Montréal et dans laquelle il parlait de la criminalité chez les Hell's Angels.Quelques jours après le choix des jurés, il fut découvert que l'un d'eux avait un dossier criminel, ayant déjà été condamné pour vol d'essence.La Couronne demanda que ce jure soit libéré et que l'on continue a procéder avec 11 membres du jury plutôt que 12.Le juge refusa.C'est ce même juré, le « no 8 », qui avouait que les Hell's Angels l'avaient acheté.Autre fait inusité, il en informa ses autres collègues du jury une journée avant de faire ses aveux au juge.Ce dernier rejeta la demande en avortement de procès présentée par la defense et décida que les délibérations allaient se poursuivre avec un juré en moins.Malgré tous ces écueils, le juge Boilard est parvenu, tel un capitaine, à mener sa barque à bon port.Le port, dans ce cas, c'était un ensemble de 20 verdicts auxquels il fallait parvenir.Le sacro-saint secret sur le délibéré facilite-t-il le jeu des corrupteurs ?LEOPOLD LIZOTTE Collaboration spéciale La « bombe » de lundi, au procès des Hell's Angels, a fait écar-quiller, mais peut-être un peu tard, les yeux de bien des gens.Mais d'aucuns se sont vite chargés de les rassurer.Ce scandale n'est que pure exception.Les précédents sont si rares qu'il faut presque fouiller dans les poubelles pour les récupérer.On peut quand même se demander si quelques verdicts incompréhensibles rendus dans le passé, ou certains désaccords suspects, n'ont pas été provoqués par de semblables versements en grosses coupures, accompagnés ou non d'intimidation ou de menaces à l'endroit d'un ou plusieurs jurés.Si on ne sait répondre dans l'affirmative, c'est peut-être dû principalement à la modification apportée il y a quinze ans ou quelque, à la formule d'assermenta-tion de ceux qui sont choisis pour décider du sort d'un accusé.Dès qu'ils sont acceptés les candidats doivent non seulement jurer de rendre une décision juste, à la lumière de la seule preuve présentée en cour.Ils s'engagent aussi solennellement à ne jamais dévoiler le contenu de leurs délibérations.Si cette interdiction peut empêcher des indiscrétions à la fois inutiles et malheureuses, elle peut également avoir pour effet de garder dans l'ombre, et pour toujours, des tractations et des manoeuvres qui auraient justifié une enquête approfondie.Et peut-être débouché sur des « trouvailles» aussi renversantes que celle de ces derniers jours.Au fait, on peut maintenant se demander ce qui se serait produit si le jeune Lavallois n'avait pas « craqué » comme il l'a fait, et s'il avait finalement réussi à provoquer un désaccord.Même si, dans les cas de trois des quatre accusés, il était (on le sait maintenant) le seul favorable à l'acquittement.Tenus de respecter le serment prêté au début de l'instruction, les onze autres n'avaient aucun choix.Même retournés chez eux, avec leur lourd secret, ils n'auraient pu le refiler aux policiers, il va sans dire.Pas question de se confier à la presse non plus.La toute première visée, à l'époque, par cette « réforme ».Légalement, ils pouvaient même être poursuivis pour en avoir « jasé » avec leur épouse ou un autre proche.On ne doit donc pas se surprendre que, dans ces conditions, les complots du genre soient rarement éventés.Car les policiers, il faut le rappeler, sont tenus comme tout le monde de ne pas tenter de percer le secret de ces délibérations et même s'ils hument parfois rapidement la désagréable « odeur » de certaines manoeuvres, il leur faut rester cois.Les « acheteurs » de jurés, pendant ce temps, ont la voie déblayée.Sinon totalement libre.Mais ces mêmes jurés qui se rendent soudainement compte qu'un de leurs collègues a été « acheté » ne peuvent-ils pas s'en plaindre au juge ?Certainement.Mais encore faut-il que le magistrat impliqué ne soit pas trop exigeant dans sa recherche d'une solide preuve de corruption et ne rejette pas leurs doléances en quelques secondes, comme nullement fondées.Un cas troublant Il y a quelques années, deux femmes, membres d'un jury en voie de délibérer, avaient adressé au président de la cour les messages suivants: /.\u2014 Monsieur le Juge.J'ai des doutes sur l'honnêteté de deux jurés.Puis-je vous rencontrer?2.\u2014 Monsieur le luge.Nous sommes paniquées par le comportement des jurés no.et., qui ne veulent rien entendre de positif.Ils sont comme des fauves, le les accuse de tout faire pour influencer diaboliquement les plus faibles et cela dans leur propre intérêt, dont je crois connaître la source, l'en dirai beaucoup plus en temps et lieux.Convoquées dans le bureau du juge, les deux femmes font, entre autres, les affirmations suivantes: La première soutient que l'un des jurés suspects est en contact avec le neveu d'un des avocats de la défense et que le père du second connaît très bien le gérant de l'établissement commercial appartenant à l'un des prévenus.La seconde va plus loin.Elle affirme que l'un des jurés soupçonnés de partialité connaissait toute «l'histoire» de l'un des inculpés dès la première journée du procès, et qu'il était même en contact avec ce dernier.De l'autre, elle dit l'avoir entendu affirmer: «// faut que je m'en sorte de ça parce que je dois faire ma croisière avec le type en question».Et ce type, ¦ selon elle, c'était le gérant de lac-, cusé.Le premier, ajoute-t-elle, a distribué des cartons d'allumettes du bar où travaille le neveu de l'avocat de la défense.Puis, elle évoque de façon un peu échevelée, il va sans dire, des incidents pour le moins «piquants», lorsqu'on sait que le prévenu principal était.bijoutier.Textuellement, elle dit donc: «À ma connaissance, par tes paroles qui se sont dites, l'étalage des bijoux, je suis très au courant.Quand on a tout ça sur la table, tout ça, à un moment donné, on dit: «Écoutez, toi et.le suis au courant par ça, c'est pas du oui-dire, qu'ils auraient vérifié.Il ne faut pas que je me trompe de noms.» Le juge avait alors interrogé la femme sur son état de santé, et apprenant qu'elle souffrait d'hypertension, il lui avait avoué qu'il en souffrait lui aussi, qu'il prenait certains médicaments.Il avait enchaîné que ce ne serait pas une mauvaise idée qu'elle en prenne elle aussi, malgré les objections de son mari.À son retour en cour, il n'avait rien révélé de l'interrogatoire qu'il venait de faire subir aux deux jurées inquiètes.Il avait tout simplement déclaré aux avocats: «le peux vous dire que je suis venu à la conclusion qu'il n'y a aucune raison valable pour laquelle le jury ne peut pas, ne pourra pas et ne devra pas continuer ses délibérations afin d'en arriver à un verdict.En fait, les accusés furent déclares coupables et l'inculpé principal ecopa de huit années de pénitencier qu'il n'a incidemment jamais purgées, puisqu'il y eut ordonnance d'un nouveau procès.Mais, il fallut attendre que le magistrat de première instance fasse parvenir son rapport à la Cour d'appel, pour être mis au courant des révélations jugées quelque peu «farfelues» que lui avait faites les deux femmes en panique.Tous ces faits eussent-ils été dévoilés publiquement dans les heures suivantes qu'ils auraient tout au moins alerté la population sur les «dessous» de certains procès.Et qui sait, provoqué une enquête jamais déclenchée par la suite?Et pourquoi pas les obliger à donner les raisons de leur verdict.comme les juges?D'aucuns ont déjà émis l'opinion que, dans l'intérêt de la justice, et pour que le processus soit vraiment public à toutes les étapes, les jurés (seuls juges des faits comme on se plait à le répéter) devaient être tenus de justifier leur décision.Et pourquoi pas?Les «vrais» juges sont bien tenus de le faire.Et personne ne s'inquiète tellement de leur sécurité.Si c'est là ce qui chicote les tenants du secret.Il est vrai qu'on pourrait avoir de bizarres surprises, et découvrir qu'en toute bonne foi peut-être, ces braves gens ont opté dans un sens ou dans l'autre pour des rai sons invraisemblables, en donnant une importance démesurée à des secteurs de la preuve qui n'en méritaient pas et en négligeant complètement des éléments essentiels de ce qu'on leur a exposés.Et puis, on se rendrait peut-être compte que les plus étranges considérations peuvent entrer en jeu.Un exemple?Pigé alors que le secret était déjà de rigueur.Membres d'un jury qui vient d'acquitter deux enseignants, accusés d'une quelconque conspiration, en séquelle de la crise d'octobre, deux personnes veulent «consoler» le procureur de la Couronne un peu déconfit.Ils lui confient donc: «Vous savez, ce n'est pas parce que vous n'avez pas bien fait votre travail.Les accusés étaient bel et bien coupables.Nous nous en sommes rendu compte.Mais on s'est dit qu'ils avaient déjà eu assez de troubles comme ça.On va les acquitter!» Si ces braves «douze» avaient été tenus de dire ça publiquement, leur verdict aurait-il été le même?Et si le juge était avec eux?Une autre suggestion?On ne pourra pas la qualifier trop rapidement de mal trouvée, celle-là.Dans d'autres pays, en effet, le juge ne fait pas que livrer ses directives en droit en cour, il se joint aux jurés, dans leur salle de délibérations pour participer discrètement à leurs discussions, sinon les guider.Ces messieurs-dames pouvant écarter leur opinion sur les faits, il va sans dire qu'ils pourraient toujours l'envoyer paître quand même.On peut toutefois se demander si, avec un magistrat dans les pattes, un juré que l'on aurait corrompu aurait assez d'audace pour afficher ses intolérables couleurs pendant bien longtemps.Une autre et fort simple question.Comme la précédente.SUITE DE NOTRE DOSSIER EN B 6 B2 « \t\t\t\t\t Paul Desmarais president du conseil ,d administration .\tRoger D.Landry president éditeur\tMichel Roy éditeur adjoint\tClaude Gravel directeur de I information\tJean-Guy Ouhue éditorialiste en chef\tLA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 6 DÉCEMBRE 1986 Editorial Plaire à Montréal Madame Lise Bacon n est pas seulement ministre des Affaires culturelles,c'est aussi une femme politique, membre d un gouvernement qui, au-delà de la gestion du bien public se soucie beaucoup de la dimension politique.Malgré les sérieuses mises en garde que lui avait adressées le Comité présidé par M.Jean-Pierre Coyer quant aux répercussions budgétaires, madame la Ministre a compris qu'il existe a Montréal un large consensus en faveur d une salle de concert qui appartiendrait en propre à I OSM.Aussi a-t-elle decide de bénir le projet et d en encourager la réalisation.Elle a compris que le gouvernement s expose a I impopularité s il ose décevoir les attentes d un bon nombre de Montréalais, surtout parmi les plus fortunés.C est tout à la fois une affaire de fierté, de culture et de prestige.Le RCM et le Parti civique avaient approuvé I idee.Les milieux montréalais qui appuient I OSM de leurs deniers, de leur présence et de leur ferveur veulent une salle de concert.Les milieux culturels souhaitent également qu un bâtiment distinct soit construit pour I Orchestre.René Levesque et Jean Drapeau avaient décide de I ériger.C est un rêve très légitime, conclut Mme Bacon.Pas plus que son gouvernement, celle-ci ne veut aller à I encontre d un courant aussi fort à Montreal.C'est ainsi qu il faut comprendre la prodigalité dont fait preuve madame la Ministre en annonçant les orientations généreuses qu elle a retenues pour les équipements culturels de Montréal.Le coût de la construction de cette salle (plus eleve en 1990 \u2022qu en 1986) n est qu un facteur dans le dossier.Il faudra ensuite éponger annuellement linévitable deficit de I operation.On devra aussi absorber le manque a gagner qui en résultera pour la Place des Arts tout en faisant les frais a un réaménagement recommande de la salle Wilfrid-Pelletier.i! y a six mois, il était impérieux de pratiquer une politique de frugalité d éviter les politiques séduisantes mais trop lourdes a porter pour I Etat.Aujourd hui.Mme Bacon se montre plus optimiste.Mais en bonne politique, elle a pris certaines precautions qu il importe de signaler: 1) elle implique dans le projet les .autres gouvernements: d Ottawa et de Montreal, les réponses sont favorables: 2) elle precise que le rêve se réalisera «quand \u2022tous les intervenants auront réussi à recueillir les budgets nécessaires a la construction d une nouvelle saMe et a son fonctionnement*: 3) elle convie le secteur privé à se mobiliser, c est-a-dire a créer un «fonds substantiel de dotation» pour ¦contribuer au coût de la construction et au budget de fonctionnement de la nouvelle salle.Ce sont la des conditions nouvelles.Mais Quebec doit s engager a les respecter parfaitement.Les contribuables n ont a cet égard aucune garantie.Les experiences passées montrent plutôt que les Montréalais sont rançonnes chaque fois que démarre un projet aux allures grandioses.Et si la concertation des divers gouvernements annoncée par Mme.Bacon marque un progrès encourageant, il fauara maintenant que la consultation promise par le nouveau maire se realise aussi.Michel ROY De l'Iran aux contras Des deux gâchis le premier découlant des armes vendues à I Iran le second reiie aux profits qu ont pu tirer de ce trafic illicite les contras du Nicaragua c est le second qui peut entraîner les consequences les plus graves et les plus durables.Non pas oue I expedition de fournitures militaires au regime iranien de Khomeiny, avec la cooperation d Israel puisse être tenue pour vénielle.L Iran est un suppôt du terrorisme international.Ce sont les Etats-Unis eux-mêmes qui avaient demande un embargo sur les livraisons d armes a Teheran Plus grave encore le ravitaillement de I Iran par une puissance qui se declare ennemie du terrorisme et qui proclame sa neutralité dans le conflit opposant I iran a I Irak ajoute aux chances de Khomeiny de gagner sa guerre.Dans les declarations publiques qu il a multipliées depuis le 13 novembre M.Reagan a tente de justifier les «contacts» pris avec I Iran pour des motifs humanitaires (liberation des otages américains detenus au Liban) et par des calculs «stratégiques».La stratégie, en I occurrence, consiste a rechercher le contact avec des personnalités proches de Khomeiny et susceptibles de succéder au vieux «guide de la révolution», de manière a assurer a I Occident une position favorable dans un pays qui.quoi qu il arrive conservera une grande influence.Le calcul est défendable théoriquement.Mais son succès suppose une subtilité dont le president Reagan est malheureusement dépourvu.Il a voulu faire une politique subtile quand il n est pas lui-même subtil ou qu il est trop enclin à changer d avis.Au Nicaragua, au contraire, le dessein était clair, si les méthodes sont plus discutables que jamais.L existence d un gouvernement de tendance marxiste aux portes mêmes des Etats-Unis est insupportable à l'administration Reagan.Les sandinistes doivent lâcher le Nicaragua, le pays et sa population dussent-ils s'en trouver saignés à blanc.Cette lente et méthodique operation d effilochage d'un gouvernement et d'une nation paraît aujourd'hui compromise par les révélations concernant les profits tirés des ventes d'armes à l'Iran par les contras, prolongement de la main de Washington au Nicaragua.Hesitant dans le passé face aux appels de la présidence en faveur d'une aide financière accrue à ceux qui cherchent à déstabiliser le gouvernement de Managua, le Congres pourrait être tenté de se comporter en sourd.Quel est le rôle exact d'Israël dans un imbroglio qui s'étend de l'Iran à l'Amérique centrale?Noam Chomsky, auteur d'un ouvrage dévastateur11' sur les États-Unis et l'Amérique latine, remarque que si la gauche occidentale n'est pas tendre pour Ronald Reagan, elle ménage Israël, dont on a de bonnes raisons de penser qu'il soutient activement les mouvements réactionnaires dans lesquels le président Reagan a mis toutes ses complaisances.Entre-temps, si le «roi» Reagan continue de régner, il n'est pas sûr qu'il gouverne.Les États-Unis ne sont pas gouvernés.Il faudrait une insondable légèreté d'esprit pour s'en réjouir, - quand on n'ignore pas les liens d'interdépendance qui sont de règle entre les démocraties.CUV CORMIER '(11 Turning the Tide Black Rose Books Montreal et Buffalo (mœœ 9hip%ffêir TRIBUNE LIBRE L exemple de la Californie ¦ Fait très étonnant, de tous les journalistes et nationalistes qui s'insurgent contre les transgressions qui sont présentement faites à la loi 101.personne ne semble faire le lien avec la Californie qui vient d'adopter la proposition 63 (le 4 novembre dernier).Si les Américains considèrent, comme viennent de le démontrer la Californie ainsi que six autres Etats américains, que même si l'anglais est la langue de 97 p.cent de la population nord-ameri-caine.cette langue doit être protegee en éliminant toute autre langue des écoles, des services sociaux, des communications, etc.comment se fait-il que nous.Québécois, ne représentant que 2 p.cent de ce même continent, senblions nous préoccuper davantage des droits de la minorité que des nôtres, même quand celle-ci bafoue ouvertement nos lois?Alain PAYETTE Montreal 1987, l'année du Stade?¦ Pour une fois, ble de faire com cains.Rentabilisons Stade olympiq liard.C'est le universel qui pe demande.Alors pas en faire une me?il serait possi-me les Ameri- notre fameux ue d'un mil-premier stade ut s'ouvrir sur pourquoi ne publicité énor- Cette publicité devra être faite non seulement au Quebec et au Canada, mais également aux États-Unis et à travers le monde occidental.Il y a eu Vancouver en I98
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