La presse, 23 mars 1987, B. Informations nationales
[" LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 23 MARS 1987 Michel Agnaieff La vague NPD prend de l'ampleur au Québec de la Presse Canadienne ne semaine après son congrès de Montréal, l'aile québécoise du NPD continue de récolter les retombées du virage « historique » du parti sur la question québécoise.Mais son personnel est débordé.Des 650 observateurs qui ont assisté au congrès, plus d'une centaine ont acheté sur-le-champ leur carte de membre du Nouveau Parti démocratique.Des demandes d'information affluent à la permanence montréalaise, qui n'arrive pas à répondre à tout le monde.Au plan organisationnel, 35 associations sur 75 ont été jusqu'à présent formées officiellement.De nouvelles s'ajoutent presque quotidiennement.Plus significatif encore, même sj l'appel au peuple n'est pas prévu avant encore deux ans, le rcponsable de l'organisation fédérale au Québec Michel Agnaieff garde en poche une liste de 55 candidats prêts « demain matin » à briguer les suffrages pour le parti d'Ed Broadbent.Des transfuges des autres formations politiques fédérales ont offert leurs services pour les prochaines élections.Il s'agit de libéraux partisans de l'ancien ministre lean Chrétien qui ne blairent pas John Turner et de conservateurs qui n'ont pas récolté la manne attendue après la prise du pouvoir par les troupes de Brian Mulroney en septembre 1984.Ce sont en général des organisateurs d'élections qui ont.une passion pour la politique et qui ne sont pas généralement des « idéolo-ques ».La conjoncture actuelle augure donc fort bien pour une percée « historique » des néo-démocrates au Québec, convient M.Agnaieff, qui n'est cependant pas prêt à parler de raz-de-marée.Ce qui compte, affirme-t-il, c'est que le Québec dise oui au NPD comme les néo-démocrates ont dit oui au Québec le week-end dernier.Michel Agnaieff s'en contenterait.« L'essentiel, c'est d'en faire élire.Il faut savoir si cela se fera en une ou deux fois.Est-ce que du premier coup, dans une seule élection, on réussira non seulement a faire une percée, mais à s'affirmer comme l'opposition solide au Québec ou si on le fera en deux temps.'C'est la question qui se pose », a expliqué le vice-président la semaine dernière dans une interview à la Presse Canadienne.« Il faut être réaliste », a-joute-t-il.Nouveau style Avec une candeur qu'on retrouve rarement en politique, Michel Agnaieff tranche avec les porte-parole habituels des partis.Avec aftabilité et intelligence, il est en train d'imposer un nouveau style, fait de réalisme et de sobriété plutôt que de gargarisme typique du milieu.Ce qui lui vaut la bienveillance et le respect de ses interlocuteurs.Comme cela se produit après tout congres politique important, le regain d'intérêt pour le NPD s'est traduit concrètement par une~remoniée attendue dans les sondages et une poussée de curiosité au Québec que la minuscule permanence montréalaise n'arrive pas à satisfaire.« Les gens tombent souvent sur une ligne téléphonique toujours occupée », admet M.Agnaieff, qui veut faire changer les choses.Méthodiquement.La permanence montréalaise, qui a eu à peine le temps de reprendre son souffle après les émotions du week-end dernier, travaille à un programme d'implantation des néo-démocrates au Québec, qui permettra au parti de rayonner dans toute la province.Au plan organisationnel, un service téléphonique devrait pouvoir permettre de rejoindre l'or- enisation néo-démocrate dans i principales régions du Québec.R2Kr v Constitution: les députés conservateurs du Québec accueillent favorablement la position de Bourassa MARIE TISON de la Presse Canadienne QUÉBEC Les députés conservateurs font un bon accueil aux cinq conditions du Québec pour joindre la Constitution canadienne.Les députés conservateurs, qui participaient en fin de semaine à Quebec au Conseil général de l'aile québécoise du parti, voient d'un très bon oeil la reconnaissance du Québec comme une société distincte.« C'est primordial, a déclaré le député de Montréal-Mercier, Carole Jacques.Les autres provinces devront respecter cela.» Les autres conditions présentées par le premier ministre québécois Robert Bourassa, soit un droit de veto pour les affaires touchant la langue et la culture du Québec, un droit de retrait avec compensation, des pouvoirs accrus en matière d'immigration et de nomination des juges, sont considérées comme légitimes, ou au moins, comme une bonne base pour négocier.« Ces conditions sont à recevoir et à discuter, a déclaré le député de Témiscamingue, Gabriel Desjardins.Personnellement, je suis bien disposé.» « C'est un point de départ intéressant », a indiqué pour sa part Gabriel Fontaine, de Lévis.La députée de Rosemont, Suzanne Biais-Grenier, a soutenu que les autres provinces et le gouvernement fédéral devront être sensibles aux demandes du Québec.« Si on n'est pas capable d'accommoder le Québec, il est préférable de ne rien faire et d'en rester là », a-t-elle lancé.Si la reconnaissance du statut particulier du Québec est bien accueillie par les députés, le droit de retrait avec compensation est également bien vu.Le député de Richelieu, Louis Plamondon, a soutenu que ce droit avait énormément d'importance.Il aimerait le voir se substituer totalement au droit de veto, qui ressemble un peu trop à du chantage à ses yeux.Le député de (onquière lean-Pierre Blackburn a cependant affirmé qu'il n'était pas opposé en principe à voir le Québec gérer sa propre langue et sa culture.Il a ajouté que selon lui, la question de nomination des juges ne devrait pas poser de problèmes.Cependant, la question de l'im- Carole Jacques migration chicote le député Fontaine et plusieurs autres de ses collègues.Qu'arriverait-il si toutes les provinces devaient posséder de tels pouvoirs accrus, s'est-il interrogé.Le député Blackburn et le députe de Champlain Michel Champagne ont abondé dans le même sens.L'ambassadeur d'Afrique du Sud croit qu'il n'a pas été assez convaincant Muté â Pretoria, Glenn Babb aurait aimé que les Canadiens changent d'attitude vis-à-vis de son pays Presse Canadienne OTTAWA Lr ambassadeur d'Afrique du Sud au Canada, M.Glenn Babb, rentre dans son pays, cette semaine, avec le sentiment d'avoir tout fait en son possible ' pour faire changer l'attitude canadienne, mais aussi frustré de ne pas avoir réussi à convaincre plus de personnes.M.Babb était en poste à Ottawa depuis deux ans.La mutation de M.Babb ne signifie pas que ses supérieurs à Pretoria sont insatisfaits de son travail.Au contraire.Le diplomate quitte Ottawa pour devenir l'adjoint du ministre des Affaires étrangères d'Afrique du Sud.À ce litre, il sera responsable de tous les dossiers africains d'importance.Malgré que l'orage de la violence gronde en Afrique du Sud, M.Babb rentre très optimiste quant à l'avenir de son pays.Cet optimisme est loin d'être partagé par la majorité des observateurs de la scène politique internationale.Scion M.Babb, il s'agit là « d'une misanthropie hypocrite occidentale alimentée par la presse internationale, pour qui l'Afrique du Sud n'est qu'une destination pour touristes intellectuels.» Rencontré à son bureau de l'ambassade sud-africaine, situé sur Sussex Drive, juste en face de la résidence du premier ministre Mulroney, M.Babb ne cache pas sa frustration devant les attitudes des libéraux occidentaux face aux problèmes que vit son pays.M.Babb soutient que les chefs politiques et les médias européens et nord-américains ont trop Glenn Babb tendance a simplifier constamment le problème qui est très complexe.« Ces gens, de dire l'ambassadeur, adoptent une attitude partcrnalistc envers l'Afrique du Sud et s'en servent comme laboratoire pour évaluer leurs grandes théories sociales.» M.Babb croit qu'il existe dans son pays un profond sentiment de bonne volonté qui engendrera éventuellement des changements dans la politique de l'apartheid.Selon lui, la race cessera de diviser la société sud-africaine, quand on s'entendra sur un partage géographique qui assurera « la sécurité et l'intimité des communautés ».M.Babb prévoit que lorsque ce nouveau régime sera instauré, le pouvoir sera décentralisé «jusqu'au plus petit commun dénominateur ».Dans ce contexte, il lui apparaît possible que les minori- tés ethniques seront capables de se défendre elles-mêmes sur le plan politique.Au cours de son séjour au Canada, M.Babb aura réussi à soulever quelques interrogations dans la population.Sans affirmer que le Canada pratique l'apartheid à sa façon vis-à-vis les autochtones.M.Babb a tout de même permis aux Canadiens de faire un examen de conscience après avoir visité une réserve indienne du Manitoba, le mois dernier.M.Babb n'a toutefois pas voulu commenter les propos des chefs autochtones qu'il a recueillis au cours de ce voyage et qui dénotent le sentiment que le Canada adopte une attitude de ségrégation raciale envers eux.L'ambassadeur sud-africain est convaincu que son pays est capable de devenir un modèle de société multi-cthnique.Pour cela, selon M.Babb, il faut en arriver à une stabilité politique, et on ne peut y parvenir qu'avec une croissance économique soutenue et une amélioration de la qualité de vie.M.Babb estime que les Canadiens traduisent démocratie par « majoritarisme ».Il est clair pour lui que le plus libéral des Sud-Africains ne croit pas souhaitable le concept du vote individuel.Quant aux sanctions économiques imposées par le Canada et d'autres pays.M.Babb croit qu'elles ne font que faire empirer la situation, parce qu'elles retardent l'évolution économique de l'Afrique du Sud.M.Babb estime par ailleurs qu'en plus d'avoir fait perdre I 200 emplois aux Canadiens, ces sanctions empêchent le Canada de jouer un rôle influent à Pretoria.Le président Reagan n'a pas sérieusement l'intention de combattre les pluies acides C'est ce que soutient le représentant du Minnesota au Congrès Presse Canadienne n représentant démocrate américain a déclaré hier à Montréal que le premier ministre Mulroney doit se rendre à l'évidence que le président Reagan n'a pas sérieusement l'intention de combattre les pluies acides.M.Gerry Sikorski, représentant du Minnesota au Congrès, s'est dit d'avis que l'appui que M.Mulroney a donné aux initiatives du président Reagan laisse perplexes les Américains et entrave les efforts du Congrès pour diminuer ces précipitations polluantes.M.Sikorsky prenait la parole devant les journalistes présents au congrès du Centre pour le journalisme d'enquête.Le représentant, qui a lui même en vain, tenté de présenter au Congrès une législation visant à réduire les pluies acides, croit que les intentions de M.Reagan et l'assentiment de M.Mulroney signifient que pour les cinq prochaines années rien ne sera fait pour réduire les pluies acides et empêcher la dégradation de notre environnement.La semaine dernière, M.Reagan a fait savoir qu'il demanderait au Congrès de voter des crédits de $2,5 milliards pour travailler au développement de nouvelles technologies pour combattre les pluies acides.A Ottawa, M.Mulroney a déclaré qu'il s'agissait là d'un « pas important ».Rappelons que les deux hommes d'État se rencontreront pour discuter du sujet, les 5 et 6 avril, à Ottawa.Selon M.Sikorski, la proposition américaine n'est rien de plus qu'une intention d'étude qui i-gnore les solutions existantes.Il croit même que la demande de crédits sera rejetée par le Congrès qui invoquera la loi Gramm-Rud-man-Hollings, visant à réduire le déficit, pour dire non.M.Sikorsky est d'avis que la re-nontre Mulroney-Reagan constitue une occasion en or pour en arriver à une entente sur le contrôle des pluies acides, parce qu'il M.Champagne a déclaré qu'il était important de ne pas donner plus de pouvoirs à une province qu'à une autre, et qu'il ne fallait pas plus remettre des pouvoirs de juridiction fédérale à une province sous le prétexte de la ramener dans le giron constitutionnel canadien.« Il ne faut pas que le fédéral devienne l'otage des provinces », a-t-il lancé.Sur la question de l'immigration, le Québec devra faire des concessions, a soutenu Gabriel Fontaine.Louis Plamondon a par aijleurs exprimé des doutes en ce qui concerne la façon dont les négociations constitutionnelles sont menées.« |e ne suis pas certain que le fait de publiciser les conditions du Québec soit une très bonne stratégie, a-t-il déclaré.On dirait que le Québec ne veut pas se diriger dans le sens d'un accord.» ! s'agit de la première visite à l'étranger du président depuis l'affaire de l'irangate.L'homme politique juge que M.Reagan s'est surtout servi des der-niers sommets pour jouer sa « partie de ping-pong de relations publiques ».Il a comparé les discussions canado-américaines sur les pluies acides à la bande dessinée Lucy et Charlie Brown.« Lucy, dit-il, promet à Charlie Brown de tenir le ballon pour qu'il le botte, mais à la dernière seconde, elle le retire et Charlie Brown s'étend de tout son long sur le dos.Combien de fois M.Mulroney se fera-t-il prendre de la sorte », a poursuivi M.Sikorski.Le responsable des questions environnementales à l'ambassade américaine à Ottawa, M.Francis Kinnelly, qui assistait aux délibérations, a déclaré que les États-Unis prenaient la question des réductions des pluies acides au sérieux, mais que les points de vue de MM.Mulroney et Reagan différaient quant au sérieux même de la situation.h Selon lui, les négociations constitutionnelles ne devraient pas se faire « par communiqués ».M.Plamondon se demande également si le temps est propice à un accord.Le gouvernement fédéral vit des périodes difficiles et n'est pas en position de force présentement, a-t-il affirmé.« Il y a un an, le premier ministre Brian Mulroney avait en main le pouvoir de faire adhérer le Québec, a-t-il soutenu.Maintenant, le pouvoir est entre les mains des provinces.» L'an prochain, le fédéral sera en meilleure posture, a souligné M.Plamondon.Avec la réforme fiscale, la réforme de l'assurance-chômage, les sommets internationaux et l'aboutissement des négociations sur le libre-échange, il devrait avoir repris du poil de la bête et être capable d'influencer positivement les provinces, a-t-il conclu.Le PC fait un pas de plus vers la démocratisation MARIE TISON de la Presse Canadienne OUFBF.C Les conservateurs québécois ont fait un pas vers une plus grand démocratisation du parti et vers les prochaines elections.Reunis en conseil général a Québec en fin de semaine, les députés et militants de l'aile québécoise du Parti conservateur ont approuvé un projet de commissions politiques thématiques qui devrait permettre une plus grande participation des membres du parti.Il s'agit d'une initiative du parti, cl non pas du gouvernement, a tenu à préciser M.Eugène Houde, conseiller principal du ministre de l'Énergie, des Mines et des Ressources Marcel Masse, qui a présenté le projet.Ces commissions auront pour but d'intéresser et de renseigner la population sur les réalisations du gouvernement conservateur, de démontrer aux Canadiens que le parti est ouvert à leur participation, et finalement, d'augmenter le nombre de membres, a indiqué un document présenté aux députés et militants conservateurs du Québec.« Dans ce sens, nous disons que ces commissions sont préparatoires aux prochaines élections, puisque notre action a comme but ultime de reporter le gouvernement au pouvoir », a indiqué le document, préparé par le bureau de M.Masse, le ministre politique du Québec.Il s'agira de huit commissions thématiques, portant notamment sur le commerce extérieur, la culture, l'économie, les affaires sociales et les relations avec le gouvernement du Québec.Les résultats des consultations et de la réflexion qu'elles effectueront nourriront les décisions du gouvernement et seront acheminés à une assemblée générale, prévue pour l'automne ou le printemps prochain, a déclaré M.Houde au Conseil.Les commissions seront co-présidées par un député et un membre du parti, et seront jumelées à des comités du caucus conservateurs québécois.Elles seront ultimement sous la responsabilité du ministre politique Marcel Masse, ce qui n'a pas plu à l'aile réformatrice des conservateurs québécois.Selon le député de Mégantic-Compton-Stanstead François Gérin, les commissions auraient dù relever directement d'un Conseil national.« Le Conseil national devrait être le lieu de l'ultime prise de décision », a-t-il soutenu.En atelier, M.Gérin a émis des doutes quant à la démocratie de ces commissions, ce qui lui a attiré les foudres de la majorité des députés et militants présents et du ministre de l'Emploi et de l'Immigration Benoit Bouchard.Le ministre Bouchard s'est emporté et a dénoncé le fait que des personnes jettent la serviette avant même de commencer à travailler à la démocratisation du parti.«Certains se convainquent que ça ne marchera pas, mais moi, je suis sûr que ça va fonctionner », a-t-il lancé.M.Gérin n'était pas seul à exprimer des doutes.Un militant, Richard Villeneuve, de Saint-Henri-West-mount, a déploré le fait que le projet de commissions politiques ait été conçu par des gens du sommet, ce qui n'augurait rien de bon au sujet de la démocratie de leur fonctionnement.Le député de Charlevoix, Charles Hamelin, s'est montré plus philosophe.« Idéalement, nous aurions souhaité autre chose, mais c'est le début d'un processus de démocratisation», a-t-il déclaré.M.Gérin s'est finalement rallie aux autres participants et a déclare qu'il veillerait à ce que les commissions politiques fonctionnent véritablement démocratiquement.MM.Gérin, Hamelin et quelques autres députés ont réclamé, dans un document distribué aux militants et députés, une participation des membres à l'élaboration d'un programme politique par le biais de colloques régionaux et de congrès provinciaux bi-annuels.La plupart des autres formations politiques canadiennes constituent leur programme électoral à partir des résolutions proposées par des associations de comté et adoptées en tungrès.Le ministre Masse a défendu le projet de commissions politiques en niant qu'elles puissent demeurer sous le contrôle exclusif des élus.« |e ne vois pas ce qu'on aurait pu faire de plus ».a-t-il déclaré.Il a annoncé la tenue de deux ou trois rencontres sectorielles avant l'été.Une atmosphère de campagne électorale régnait sur le Congrès général, qui a réunit plus de 800 participants dans les locaux de l'Université Laval.Dans un discours prononce samedi midi, le premier secrétaire du premier ministre Brian Mulroney, M.Bernard Roy, a donné le ton en déclarant que le NPD était un adversaire à considérer.« Les prochaines élections seront de toute évidence plus difficiles, parce que la partie se jouera peut-être à trois participants, plutôt qu'à deux comme dans le passé », a-t-il déclaré, avant de se livrer à une attaque en règle contre le Nouveau Parti démocratique.La popularité du NPD est une aberration passagère et tôt ou tard, ce parti sera démasqué, a-t-il déclaré dans une de ses rares manifestations publiques.De son côté, le ministre Masse a déclaré qu'un parti politique était toujours en campagne électorale, avant d'indiquer que M.Mario Beaulieu serait le président de la campagne électorale du parti, et qu'il était à former son équipe.Un des ateliers du Conseil général a spécifiquement porté sur l'organisation politique et le membership du parti.Le ministre Masse a tenu à souligner le fait que le Parti conservateur a pratiquement doublé le nombre de ses membres au Québec, passant de 15 769 membres en novembre 1986 à 29 169 en mars 1987.J, 3 B2 Paul Desmarais president du conseil d administration LA PRESSE.MONTRÉAL, LUNDI 25 MARS 1987 Roger D.Landry president éditeur Michel Roy éditeur adjoint Claude Gravel directeur de (information Jean-Guy Dubuc éditorialiste en chef Éditorial Le PC se ressaisit I l est tard et le gouvernement est mal perçu dans le pays.Mais, I à mi-mandat, il n'est jamais trop tard pour changer le cours des I choses.C'est à quoi veulent s'employer les conservateurs du Québec reunis ce week-end en conseil général à l'Université Laval.Les quelque 800 militants, députés et ministres qui s'étaient rassemblés la paraissent en tout cas décides à entreprendre sérieusement une action de redressement, de renouvellement et d organisation afin de regagner la confiance populaire.Deux ou trois indices sont révélateurs d'une volonté de changement C'est d'abord et surtout l'important discours \u2014 à vrai dire, son premier discours politique depuis 1984 \u2014 de Bernard Roy, premier secretaire de M.Mulroney et dont les fonctions, terriblement lourdes depuis 30 mois, ont récemment été modifiées par suite d un remaniement du personnel du Premier ministre.Que Bernard Roy s'en prenne au NPD qui se taille un succès considérable dans l'opinion à la suite de son congrès de Montréal, il n'y a la rien d'étonnant.Ce qui est beaucoup plus significatif, c'est que le premier secrétaire annonce que - le gouvernement est a préparer des législations pour assainir le climat politique au moment où la population s'interroge sur la moralité publique de ses élus» Cela veut dire, suivant les informations puisées a bonne source par notre correspondant parlementaire, Maurice Jannard, que M.Mulroney va déposer un projet de loi sur le financement des partis politiques (comparable a celui que l'ancien gouvernement de Rene Levesque a fait voter en 1977) et qui marquera un changement profond dans les moeurs électorales du Canada.Pareille mesure lui avait ete réclamée le mois dernier à Laval par les elements les plus vigilants du groupe parlementaire conservateur.On croyait l'idée ensevelie et l'affaire oubliée.Elle vient de ressusciter en fin de semaine.Les renseignements obtenus par notre confrère et révélés dans La Presse du dimanche indiquent en outre que le Premier ministre se propose de réglementer par une loi l'activité souvent douteuse des personnes qui pratiquent le lobbying dans les coulisses du pouvoir.Ce problème, faut-il le rappeler, n'est pas étranger a l'affaire Oerlikon à Saint-Jean.Le gouvernement envisage aussi de légiférer a l'égard du mode de nomination des juges relevant de la competence fédérale.Bernard Roy laisse entendre enfin que les règles régissant la conduite des ministres seront complétées et raffermies.À la suite des affaires Stevens et Bissonnette, le Premier ministre se doit en effet de préciser les directives touchant les conflits d'intérêts et la gestion des avoirs des membres du Cabinet par des fiducies.Il faut, a conclu Bernard Roy au chapitre de la moralité publique, « éviter les égarements que nous avons connus en cours de route» Non seulement les éviter, mais empêcher qu'ils se produisent.Le virage annonce, s'il est vraiment pris, marquera l'avènement d un regime nouveau en politique fédérale, repondra aux attentes du Quebec et, plus particulièrement, aux voeux de ceux qu'on appelle les réformistes au sein des élus conservateurs du Québec a Ottawa.Autres indices de changement au cours de cette reunion de Quebec: le Conseil general a decide de créer huit commissions de travail pour preparer le programme politique, réfléchir sur les structures, le recrutement, l'organisation, les communications, etc.Les elements plus progressistes souhaiteraient que ces commissions relèvent de leur conseil general, plutôt que des ministres comme en ont décidé les dirigeants du Parti.Cette question, qui a provoque un débat par moments amer et vif, est au fond une affaire de méthode.Ce qui est nouveau et sain, c'est la volonté de démocratisation et de reflexion en commission dans un Parti qui ne pratiquait pas ces méthodes jusqu'ici.Si, par surcroit, le gouvernement fait une bonne gestion des affaires publiques et apprend a éviter les bavures, la reconquête du pouvoir ne lui sera pas interdite.Miches ROY Soyons exigeants ! Beaucoup de Canadiens se méfient du libre-échange avec les États-Unis parce qu'ils craignent des concessions irréversible?et inéquitables.Vu sous cet angle, le libre-échange serait effectivement désastreux.il ne faut pas être aussi pessimiste.Les deux négociateurs sont convaincus que le libre-échange doit reposer sur la réciprocité.Cela ne les empêche pas de manoeuvrer pour obtenir des avantages additionnels à peu de frais.Mais la tache du négociateur canadien devient excessivement difficile s'il sent que les Canadiens souffrent d'un complexe d'infériorité à legard de leur grand voisin et qu'ils sont trop timides dans leurs exigences.Le gouvernement américain ne manque pas une occasion d'entretenir ces sentiments au Canada.Washington ne cesse de répéter, avec une courtoisie très diplomatique, que c'est le Canada qui a demandé la tenue de négociations et que c'est le Canada qui est le seul pays industrialisé a ne pas avoir un accès garanti à un marche d'au moins 100 millions de personnes.Il laisse entendre qu'un échec des négociations romprait la digue qui retient le protectionnisme dont le Canada serait le premier à souffrir.Tout cela est très juste: l'enjeu pour le Canada est énorme.Mais I enjeu pour les États-Unis et, surtout, pour l'administration du president Reagan n'est pas moindre.Parmi les moyens que l'on peut envisager pour diminuer le déficit commercial américain et pour relancer la compétitivité de l'économie américaine, le président a fait son choix: il faut ouvrir les marchés protèges.Il rejette catégoriquement le recours à une protection accrue du marché américain.L'objectif principal du gouvernement américain est de faire accepter cette conception dynamique du commerce mondial par ses partenaires \u2014 surtout les pays d'Asie de l'Est et d'Europe.L'initiative canadienne est devenue la cheville ouvrière de cette stratégie.En cas d'accord, les États-Unis montreront concrètement au monde qu'ils veulent bien ouvrir davantage leurs frontières.' sur une base réciproque.Dans le cas contraire, si les négociations échouent, le reste du monde aura vite fait de se convaincre que les États-Unis ne recherchent pas vraiment la libéralisation du commerce et qu'ils sont même incapables de s'entendre avec leur partenaire le plus proche.Le Canada a ainsi entre ses mains un levier très puissant et il doit l'utiliser à bon escient.Il doit rechercher une ouverture plus large du marché américain pour les industries canadiennes de l'avenir, celles qui sont les plus dynamiques et les plus susceptibles de créer de nouveaux emplois.On ne peut que regretter que cette dimension de la question n'ait pas été évoquée lors du débat de la semaine dernière aux Communes.Face à l'opposition idéologique des néo-démocrates et à la pusillanimité des libéraux, le gouvernement n'a pas su dire que le Canada doit exiger beaucoup et qu'il a les moyens d'obtenir ce qu'il demande.Les négociations actuelles représentent une chance unique pour le Canada de s'affirmer et de préparer son avenir.Ce n'est pas le moment de se montrer timide.Frederic Mf AGNIERE Sous LeSlGJŒ pu / DU l'él£Ct i&Â/ÊLi_____.DROITS RESERVES TRIBUNE LIBRE Grands-parents et petits-enfants ¦ Comme vous ave/ du le lire dernièrement, le prix fulia-Rî-cher proposait aux jeunes d'écrire sur ce sujet : «Mes grands-parents et moi», l'ai été lectrice pour la catégorie de 16 a IX ans et je dois dire que j'ai pris grand plaisir a celte tache.Incontestablement, le sujet avail plu aux jeunes, ils avaient une foule de choses a dire sur leurs grands-parents, l'ai lu des lextes très riches, documentés, émouvants, poétiques, humoristiques.Le français laissai) parfois a désirer.On seul le manque d'habitude de s'exprimer par écrit, l'absence de vocabulaire, l'ignorance de la syntaxe.Le recul du français dans les écoles se l'ait sentir.Nos enfants sont riches d'idées, demotions, de sentiments, mais on ne leur donne plus les outils ni la formation nécessaires pour s'exprimer.Dans nos écoles secondaires, le jeune est invite a écrire un texte 2 ou 3 fois par an dans la meilleure des hypotheses.Cela ne l'habitue pas a maîtriser sa langue maternelle.Quoi qu'il en soit, le Tond etaii du plus vif intérêt.Voici les idées le plus généralement exprimées: les grands-parents ont une qualité d'écoute que n'ont pas les pa- Charité bien ordonnée ¦ |e suis de plus en plus déroutée par les décisions que prend le gouvernement quant à l'immigration.Depuis longtemps, nous n'avons vu pareil flot d'immigrés.Plus on en accepte, plus il y en a.|c ne suis pas contre, mais je ne suis pas pour non plus.Le Canada est un pays humanitaire, mais il faut aussi penser à nous, le m'explique.|e crois que l'on devrait accepter les «vrais» réfugiés, c'est-à-dire les personnes qui sont en danger dans leur pays et non pas les gens pauvres économiquement.À l'heure actuelle, ils n'ont qu'à prononcer un mot et le tour est joué.Essaye/ de faire ça dans un autre pays, je vous garantis que vous n'entrerez pas aussi facilement.Il est vrai que tout le monde veut sa place au soleil, mais avant d'accepter tout le monde, sans restriction, n'y au- reills.On peut se confier a eux.ils savent garder les secrets, ils sont plus indulgents, plus permissifs, plus comprehensifs.on peut parler sans crainte d'être juge.Les jeunes apprécient la disponibilité des grands-parents, le temps donne, les activités faites ensemble.Contrairement a ce qu'on pourrait croire, nos enfants sont très intéresses par la vie d'autrefois, ils adorent entendre leurs grands-parents parler de leur jeunesse, de leurs joies, de leurs peines, de leur expérience de vie, des conditions pénibles qui étaient les leurs: la difficulté de s'instruire, les familles nombreuses, le manque d'argent et de sécurité, la crainte de la maladie, l'absence des commodités modernes.Les jeunes admirent beaucoup le courage cl la vaillance qui étaient alors nécessaires.En comparant, ils se rendent compte des facilites qui leur sont offertes.Par-dessus tout, ils admirent la solidité des ménages d'autrefois, l'amour toujours visible chez un couple àgc Ils sont indignes par les maisons de retraite, ils pensent que nos aines ne devraient pas cire mis a l'écart ainsi.Ils se rendent compte de la profonde solitude d'une personne âgée et du role qu'eux-mêmes peuvent jouer auprès d'elle: lui redonner goût a la vie en lui rendant visite, en l'aidant, en lui exprimant leur affection et en lui montrant a quel point elle est importante pour eux.Nos jeunes sont très frappes par le deces de leurs grands-parents.Cela les fait méditer sur S.V.P.¦ Les lettres destinées à cette rubrique doivent inclure signature, nom complet, adresse et numéro de téléphone.La Presse ne s'engage pas à toutes les publier et se réserve le droit de les abréger.Les adresser comme suit: Tribune libre, La Presse.7, rue Saint-Jacques.Montréal, H2Y 1K9 rait-il pas lieu de régler nos problèmes d'abord?Pensons au taux de dénatalité effarant! Il faut faire quelque chose.Pourquoi le gouvernement ne donnerait-il pas des avantages concrets pour encourager la natalité au lieu de nous taxer en surplus lorsque l'on reçoit des allocations familiales?Les allocations devraient être augmentées sans que nous soyions obligés de les déclarer comme revenu dans les impôts.En plus, les services de garderie devraient être plus accessibles.Envoyer un enfant à la garderie et devoir payer 250$ par mois ou parfois 400$ pour deux enfants, c'est de l'exagération! (.) Pourquoi le gouvernement ne subventionnerait-il pas les garderies en allant chercher des budgets à l'Immigration?luste pour donner une idée du montant que nous coûtent les nouveaux arrivants, le gouvernement a dû défrayer, depuis le début de l'année, plus de 9 millions de dollars seulement en hôtel, sans compter l'assistance sociale et les cours de langue gratuits (anglais pour la majorité), il y a lieu de se poser un tas de questions.Ensuite, nos itinérants.|e dis «nos» itinérants, car ce sont des gens de notre pays et le gouvernement préfère s'occuper des étrangers avant les nôtres.Le nombre de sans-abri est incroyable compare aux sites que l'on peut leur offrir.Très souvent, ces gens ne reçoi- vent pas un cent du Bien-être social car ils n'ont pas d'adressé fixe.Ces gens ont besoin d'aide.Encore une fois, il serait peut-être bon de prélever des fonds destinés à l'immigration pour s'occuper de ces gens dans le besoin, eux aussi.|c suis un peu découragée devant l'allure que prennent les événements.On nous taxe de plus en plus, tout est plus cher, les salaires n'augmentent que dans une faible proportion.Où allons-nous?Il n'y a rien que l'on puisse faire individuellement.Ma façon à moi, c'est d'écrire et d'extérioriser ce que je crois être correct, car je dois dire que je suis révoltée par une telle situation et une telle injustice de la part d'un pays comme le Canada.L.Carrière Montréal Comportement d'autruche ¦ L'Association canadienne pour la santé publique tente, cette semaine, de lancer une campagne d'information pour la prévention du SIDA.La télédiffusion de messages d'information était prévue à cette fin.Or, on nous rapporte que les instances décisionnelles de certains médias ont décidé de censurer ces messages.On prétexte que leur contenu va à rencontre des valeurs morales du public (telles que la virginité avant le mariage et la fidélité conjugale).la mort, sur le sens de la vie, la fuite du temps, le regret de ne pas avoir fait davantage.Tous ceux qui ont vécu cette douloureuse experience donnent ce conseil aux autres: «Occupez-vous d'eux, recueille/ leur sagesse, dites-leur que vous les aime/ avant qu'il ne soit trop tard.» Noemie DOUILLIEZ Montreal Il est plus que pertinent de soulever certaines questions sur les paradoxes qui entourent cette prise de décision.À l'heure où un adolescent sur deux a des relations sexuelles et où l'incidence des divorces ne cesse de croitre, on décide de faire l'autruche.Depuis nombre d'années, l'incidence des maladies transmises sexuellement augmente et bien que ce phénomène touche toutes les couches de la population, on tente de marginaliser le problème.Par ailleurs, il importe de mentionner que les critères sur lesquels des télédiffuseurs s'appuient pour motiver leur décision prévalent peu lorsqu'il s'agit du choix de leur programmation régulière.En effet, le contenu de plusieurs émissions à caractère grand public, telles que certains téléromans, ne respectent aucunement les valeurs morales qu'on prétend vouloir préserver.Ce vent d'hypocrisie fondée sur la croyance que l'ignorance est un excellent préservatif (ce qu'on ne sait pas ne fait pas mal) m'inquiète profondément.Tant et aussi longtemps que notre société refusera de prendre conscience des problèmes qui la menacent, elle ne pourra identifier de moyen d'intervention efficace.Et sans cet outil, la promotion de la santé restera un voeu, pieux certes, mais inaccessible.Diane BERTHELETTE Candidate au Ph.D.Département de médecine sociale et préventive Université de Montréal LA PRESSE, MONTREAL, LUNDI 23 MARS 1987 B3 Marc Laurcndcau POINT DE VUE Collaboration spéciale Le NPD modifiera-t-il l'échiquier?Le gouvernement Mulroney s'inquiète de la montée du Nouveau Parti démocratique.Tel est le message que M.Bernard Roy, secrétaire principal du premier ministre, livrait samedi aux 825 participants du Conseil général de l'aile québécoise du Parti progressiste-conservateur, réunis dans la Vieille Capitale.Malgré un vent discrètement favorable aux conservateurs, qui aurait Tait augmenter les effectifs du parti de 15000 à 29000 au Québec en trois mois, M.Bernard Roy, dans l'un de ses rares discours publics jusqu'à présent, a du admettre que le NPD représente une menace sérieuse, un parti qu'il faut «dé-masquer», forcer à afficher «ses vraies couleurs», affirmait-il en réservant au NPD la plupart de ses flèches oratoires.Assez curieusement, la veille, M.René Lévesque, ex-premier ministre du Québec, s'exprimant devant le Centre du Journalisme d'enquête, s'était nettement réjoui de constater que le NPD avait le vent dans les voiles.L'ancien chef de gouvernement croyait percevoir, dans cette mutation, la fin possible de la sempiternelle alternance de deux vieux partis, laquelle aboutit, selon lui, à la stagnation et au manque de créativité.Puisque le NPD, même à l'époque où il s'appelait CCF.était déjà un parti générateur d'idées, M.René Lévesque voit d'un bon oeil que cette formation puisse occuper une place plus importante aux Communes, en recueillant même l'appui des anciens péquistes (ils ont déjà été 300000) en désarroi depuis le référendum.Le moins qu'on puisse affirmer c'est que M.René Lévesque possède, quant à la scène fédérale, une stratégie électorale changeante.En I979, il avait conseillé à ses militants de voter en faveur des crédi-tistes de Fabien Roy.Aux élections de I984, M.Lévesque avait donné sa bénédiction aux nombreux organisateurs péquistes résolus à travailler pour faire élire les «bleus» de Brian Mulroney.Si, dans ce deuxième cas, le pari s'est conclu par une énorme victoire, des fruits amers en ont découlé.Non seulement le «beau risque» d'une meilleure entente Ottawa-Québec n'a-t-il pas abouti à un accord formel.Mais, comme le rappelait M.René Lévesque vendredi soir, le gouvernement Mulroney a déçu bien des espoirs.L'actuel premier ministre du Québec, M.Robert Bourassa, pour sa part, ébauche des alliances plus prévisibles.Il estime que la meilleure ouverture offerte au Québec, lu plus détaillée et celle qui reflète la meilleure connaissance de notre communauté, reste la résolution adoptée par les libéraux de MM.|ohn Turner et Raymond Garneau.Comme chef des libéraux provinciaux et à la manière de son homologue ontarien David Peterson, M.Bourassa semble s'être placé sur la même longueur d'ondes que le Parti libéral du Canada.Mais, en fait, dans cette cour assidue et pressante que font aujourd'hui les trois grands partis fédéraux à l'électorat québécois, le NPD formule la proposition la plus séduisante.En consacrant le «caractère unique» du Québec, son veto constitutionnel limité à la langue et à la culture et son droit de retrait facultatif assorti de compensation financière, le NPD se déclare prêt à adopter un «statut particulier» pour le Québec.Éditorialistes et commentateurs de la presse anglophone, par leurs dénonciations acerbes, ont montré qu'ils ne s'y trompaient guère.Reste à savoir si le NPD peut livrer la marchandise et ne pas être désavoué par d'influents politiciens provinciaux néo-démocrates, lesquels seront vraisemblablement parties à la négociation qui démarre.La crédibilité du NPD, dans son virage québécois, risque d'être sérieusement mise à l'épreuve dans les semaines qui viennent.Au Québec, le NPD, avec ses maigres effectifs de 4000 membres, ses allures intellectuelles rebutantes, ses affinités syndicales impopulaires, son organisation ra- chitique, sa structure rigide (qui oblige un adhérent à militer dans l'aile provinciale du même parti), demeure aux antipodes de ce qu'on pourrait appeler une véritable formation de masse.Les 40% d'appuis recueillis, suivant certains sondages, restent littéralement suspendus dans le vide.Paradoxalement, c'est au sein du gouvernement conservateur que se trouvent les personnages les plus résolument nationalistes et favorables à un accroissement de pouvoirs pour le Québec.On songe d'abord aux ministres forts, Marcel Masse, Benoit Bouchard, mais aussi à l'énergique Monique Vézina.Ces deux dernières personnes, tout comme M.Lucien Bouchard, ambassadeur du Canada à Paris, avaient milité dans le camp du Oui au référendum de I980.C'est d'eux qu'on devrait normalement attendre le plus grand empressement à satisfaire les aspirations du Québec.A la mi-mandat, au plus bas de sa popularité, le gouvernement Mulroney doit avaler les bouchées doubles, en termes de redressement moral, de développement économique et d'harmonie entre les différentes régions du Canada.Samedi, le secrétaire principal Bernard Roy conviait les troupes conservatrices à réussir ce miracle.En politique, l'incroyable se produit parfois.Pierre Vennat L émergence du «pouvoir gris» Le ministre de l'Emploi et de l'Immigration, M.Benoit Bouchard, a annonce, il y a quelques jours, qu'il donnait raison aux préretraités d'avant janvier I986 et qu'il leur accordait à tous leur plein montai't d'assurance-chômage;.1 une mesure de $65 millions, touchant plus de 350000 personnes.En annonçant qu'il amendait les règlements en ce sens, M.Bou-cliard se trouvait ainsi à reconnaître la justesse des arguments des mandataires des personnes âgées, qui, depuis un bon moment, protestaient contre une mesure qu'ils jugeaient arbitraire.L'image-type deuces représentants d'un nouveau «pouvoir gris» pourrait être incarnée par la présidente de l'Association québécoise de la défense des retraité.(AQDR), Mme Yvette Bru-net.Celle-ci, participant plus tôt ce mois-ci à un colloque de la Fédération de l'âge d'or, s'était écriée: «On s'est aperçu que l'on pouvait parler et obtenir des choses.» Il s'agit d'ailleurs de la deuxième victoire du genre pour les retraités québécois.A l'été 1985.ils avaient lutté avec succès contre les velléités du gouvernement Mulroney de désindexer les pensions de vieillesse.Le colloque de la Fédération de I age d'or du Québec, organisé conjointement avec le Département de travail social de l'Université du Quebec à Montréal, a amené les dirigeants des clubs de l'âge d'or à réfléchir sur leur action future.Dans l'esprit de bien des gens, I age d'or est synonyme de clubs de joueurs de cartes, de parties de sucre et d'autobus d'écoliers utilisés par de joyeux groupes de personnes aux cheveux blancs, qui partent en excursion un peu partout au Quebec et ailleurs.Bref, les activités de l'âge d'or sont souvent assimilées à des activités de loisirs par de bons vivants.Si cela demeure vrai, il n'en demeure pas moins que la population du Québec vieillit.Ce qui lui donne un poids politique et qu'un certain «pouvoir gris» se développe.Ce qui amène les personnes agecs à se poser la question suivante: vaut-il mieux projeter dans le public et auprès du gouvernement une image de personnes sages et sereines ou désobéir pour se faire entendre?Poser la problématique ainsi, c'est selon nous négliger une des avenues du mouvement de l'âge d'or de demain: être à la fois, comme actuellement, un lieu de rencontres sociales mais se préoccuper également du mieux-être de ses membres.Ce qui suppose agir comme «lobby» pour les personnes âgées, afin que leurs droits soient respectés.Les deux réalites ne sont pas incompatibles.Comme l'explique le professeur lean Carrctte, du Département de travail social de l'Université du Québec à Montréal, dans un document de travail, rien n'empêche la FADDQ de prendre résolument le leadership de l'action sociale pour l'amélioration de la qualité de vie des personnes âgées au Québec.Ce faisant, elle se retrouverait a fédérer non seulement des clubs de loisirs, mais aussi l'ensemble des initiatives sociales des préretraités et des retraités.Elle renforcerait ainsi sa crédibilité et sa force auprès des instances décisionnelles de tous niveaux.Sans négliger l'influence accrue qu'elle trouverait auprès des organisations syndicales et des groupes communautaires et plus largement de toute la population du Québec.Les quelque 650 participants au colloque de la Fédération de l'âge d'or ont clairement démontré l'émergence d'un nouveau «pouvoir gris» au Quebec.Des citoyens qui, toute leur vie, ont été respectueux des lois et des règlements, sans être tellement militants, se découvrent maintenant une combativité nouvelle si l'on décide de toucher à leurs acquis.Comme il s'agit bien souvent de personnes beaucoup plus raisonnables et conciliantes que leurs benjamins, les moyens qu'elles emploient sont, règle générale, plus raffines et plus sympathiques.La collectivité ne doit pas s'y tromper.Voila des gens qui ont de l'expérience, des choses à dire.Une collectivité qui ne les écouterait pas devra ensuite s'en mordre les pouces.LIBRE OPINION Parallèle entre deux régimes démocratiques PIMMM DES JARDINS Université d'Ottawa ¦ Le régime présidentiel, modèle américain de gouvernement, est basé, selon le principe de Montesquieu, sur la séparation et l'indépendance écrite des trois pouvoirs: législatif (Congrès), exécutif (le Président Ronald Reagan) et judiciaire (la Cour suprême et les tribu-naux inférieurs).Cela signifie qu'aux États-Unis d'Amérique, aucune de ces trois branches de pouvoir ne peut se chevaucher.Toutefois, il existe, selon la Constitution américaine de 1787, des mécanismes de vérification et de contrôle appelés freins et contrepoids (checks and balances).La Cour suprême peut, par exemple, rendre une loi inconstitutionnelle (ultra-vires).Un autre exemple connu de tous est celui où le président américain essaie, infructueusement, de dégager des fonds de 100 millions de dollars pour la lutte antisandiniste menée par les contras au Nicaragua, et cela en raison du refus du Congrès (législatif).Mais ce qui caractérise plus particulièrement le régime présidentiel américain par rapport au parlementarisme canadien est que, scion ce principe d'indépendance des trois pouvoirs, le Président et le Congres ont chacun un mandat fixé par la Constitution de quatre ans pour le premier, et de six et deux ans pour le deuxième, dépen-damment de quelle chambre il s'agit.Ayant des mandats fixes, le Président ne peut pas être renversé par une motion de non-confiance du Congrès (mis à part la mise en marche du processus û'impeach-ment en cas de grave accusation envers le Président \u2014 presque utilisé en 1974 lors du «Watcrgate Af-fair» qui entraina quand même la LA PRESSE est publiée par LA PRESSE ITEE, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.Seule la Presse Canadienne est autorisée a diffuser le» informations de «LA PRESSE» et celles des services de la Presse Associée et de Reuter.Tous droits de reproduction des informations particulières a LA PRESSE sont également reserves.«Courrier de la deuxième classe \u2014 Enregistrement numéro 1400.« Port de retour garanti.RENSEIGNEMENTS 285-7272 _ ABONNEMENT Le service des abonnements est ouvert *i lundi au vendredi de 7 a I8h.RÉDACTION PROMOTION COMPTABILITÉ Grandes annonces Annonces classées 285-6911 285-7070 285-7100 285-6892 285-6900 ANNONCES CLASSÉES Commandes ou corrections lundi au vendredi de 8h.a 17h.285-7111 GRANDES ANNONCES Détaillant;.National.Tête-Presse Vacances, Voyages C arriéres et professions, nominations 285-7202 285-7506 285-7265 285-7520 démission du Président Nixon).De plus, des élections au Congrès ne peuvent pas être déclenchées par le Président.Comparant cela au système canadien où le Premier ministre et son Cabinet peuvent être renversés par une motion de non-confiance ou lorsqu'un projet de loi est refusé par la Chambre des communes (ce qui arriva à lue Clark en I979 alors qu'il n'avait pas la majorité absolue, 50% + I, soit 142 sièges), et où les membres de la Chambre des communes (députés) peuvent eux aussi faire face à un déclenchement des élections législatives par le gouverneur général à l'instigation du Premier ministre, on peut croire que le régime parlementaire canadien | exécutif (Premier ministre et Cabinet) issu directement du législatif (Chambre des communes) ) est plus démocratique que le régime américain.Effectivement, le régime canadien est plus démocratique officiellement, car lorsque le Premier ministre et le Cabinet perdent la confiance de la Chambre des communes (qui est supposée représenter le peuple), alors celle-ci peut demander au gouverneur général de déclencher des élections.Toutefois, au Canada, où une coutume traditionnelle anglo-saxonne «voulant» que le gouvernement (Premier ministre, Cabinet et députés) démissionne et déclenche des élections coûteuses et embarrassantes pour les ministres et députés de la majorité, cela oblige ces derniers à pratiquer la responsabilité ministérielle et une discipline de parti intransigeante, c'est-à-dire de toujours parler et voter favorablement aux projets de loi présentes par le Cabinet et cela malgré leur idéologie Alors la démocratie canadienne tant vantée ne serait que superficielle et nous assisterions à la dictature de la majorité, formant le gouvernement avec très souvent moins de 50% des suffrages.Quant à eux, les membres du Congres américain (sénateurs et délégués) peuvent abandonner totalement ou partiellement cette discipline de parti \u2014 qui n'est, plus ou moins, qu'un outil électoral \u2014 car cela n'entraine pas la démission du Président, ni le déclenchement des élections, si un projet de loi n'est pas sanctionné par le Congrès.Donc, d'une certaine façon, le régime présidentiel américain est beaucoup plus démocratique que le régime canadien étant donné que chaque membre du Congrès peut parler et légiférer (voter) selon ses propres idées et principes personnels et surtout suivant les courants d'opinion des citoyens de sa circonscription.Tandis qu'au Canada, même si les députés peuvent (officiellement) voter selon leur gré, aucune Constitution ni loi ne mentionne qu'un gouvernement doit être démis de ses fonctions si un projet de loi n'est pas ratifié par la Chambre des communes.La solution idéale serait peut-être d'adhérer à un régime présidentiel semblable à celui des Etats-Unis, et cela en excluant l'exécutif de la Chambre des communes, rendant ainsi ces deux organes indépendants et allouant une plus grande autonomie législative à cette dernière.T D'une baie James à l'autre HEUEHB UUI pour le Centre d'Analyse des politiques énergétiques Le premier développement hydroélectrique de la baie lames avait été entrepris en I97I, comme projet de création d'emplois et justifié a posteriori pour répondre à des besoins internes en électricité qui, en 1986, sont loin de s'être complètement matérialisés.La construction d'une série de digues et de barrages à plus de mille kilomètres des régions habitées du Québec était censée tirer la province de son malaise économique en procurant lOO 000 emplois.Quinze ans et quinze milliards de dollars plus tard, le taux de chômage a augmenté de moitié, le nombre de chômeurs a doublé et la situation économique en subit le contrecoup.Était-il si difficile d'anticiper que le projet de la baie lames allait contribuer à cette situation?Il semble bien que non puisque les écologistes prévoyaient depuis l'annonce du projet que ce type d'activité, le développement massif de ressources naturelles, en privant de capitaux le secteur manufacturier, allait encore renforcer le déséquilibre de la structure économique du Québec (Le Devoir, 22 janvier I973).Or, en 1987, le même scénario est sur le point de se reproduire avec une circonstance aggravante: cette fois-ci on ne prétend même plus répondre aux besoins internes de la population québécoise, le Québec offre ses ressources hydroélectriques à ses voisins, sans même qu'ils les demandent.Cette infraction aux processus normaux de négociation met d'ailleurs la province dans une étrange situation pour obtenir un prix intéressant, d'autant plus que près de la moitié de la production de la première série de barrages n'a pas encore trouvé preneur.Plus anormale encore apparaît la décision du gouvernement, forçant la main d'Hydro-Québec, de procéder à un autre développement avant même qu'il art encore défini sa politique énergétique, de l'aveu même du ministre de l'Énergie et des Ressources.Pire, ce même gouvernement n'a pas encore établi de bilan économique détaillé de la premiere phase.Or le dernier bilan schématique effectué par Hydro-Québec date de I98I.Car la question se pose: le Québec a-t-il gagné à endiguer la rivière La Grande?L'accroissement de l'endettement collectif, les augmentations constantes des tarifs d'électricité, la position relative du Québec par rapport aux autres provinces et l'incapacité croissante de la province à faire face aux problèmes créés par l'afflux des jeunes permettent d'en douter.L'aménagement de la baie lames a immobilisé un capital précieux, démobilisé une main-d'oeuvre pourtant déjà pléthorique, et le coût tant social qu'économique de cette orientation économique erronée n'a pas fini de se faire sentir.Concurremment de nombreuses industries ont fermé leurs portes, accroissant la dette sociale du Québec au moment où les services sociaux gouvernementaux se rétrécissaient comme une peau de chagrin.De plus, pour servir une dette publique grandissante en période de taux d'intérêt élevés et de marché des changes défavorable, le Québec s'est enlisé dans un cercle vicieux, contraint d'emprunter davantage et d'exporter pour rembourser les emprunts, se prêtant de plus en plus aux suggestions de son grand voisin et créditeur.Cette situation, caractéristique des pays du Tiers-monde, ne peut que s'aggraver avec la poursuite d'une politique de grands projets.En exportant non seulement les grandes quantités d'électricité dont il dispose déjà, mais en faisant un commerce régulier par exportation directe ou indirecte, le Québec s'expose encore davantage et de son plein gré aux aléas constants d'un des marchés les plus incertains qui soient, celui de l'énergie, où les variations de prix peuvent être dévastatrices, et où il se soumet de plus aux caprices du marché des changes.L'ampleur de la détérioration économique due au moins en partie a la première phase nous échappe encore, car si l'on publicise les bénéfices qu'elle a pu apporter à certains intervenants (les sociétés d'ingénierie essentiellement), nul ne s'est encore risqué à évaluer l'autre côté de la médaille: les coûts socio-économiques, environnementaux et surtout le coût d'option des investissements consentis.En effet toute autre utilisation de ces fonds aurait créé 5 à 10 fois plus d'emplois de meilleure qualité et généré des activités plus stables et plus durables, qui auraient contribué a la restructuration économique du Québec.De fait, les projets d'aussi vaste envergure ne peuvent faire l'objet d'une simple etude coûts-avantages parce qu'il est impossible de tenir compte de tous leurs tenants et aboutissants, tant ils impactent l'ensemble de l'économie.Seule une vaste consultation publique pourrait peut-être parvenir à établir s'ils sont d'intérêt public.La constatation qui s'impose cependant clairement, c'est que ce mégaprojet n'a pas tenu les promesses de ses promoteurs de servir de locomotive de développement pour permettre au Quebec de rattraper des provinces plus riches mais moins bien nanties en richesses hydroélectriques.Cela devrait suffire à faire réfléchir sérieusement les promoteurs d'une seconde phase, si tant est qu'ils s'intéressent au développement économique du Québec.(.) Le Québec n'a pas besoin d'une seconde baie lames, pas plus que nos voisins du Sud.Ces derniers ont également des centrales superflues pour l'instant et même pour plus tard s'ils continuent à investir dans les sources d'énergie les moins coûteuses qu'offre la conservation.Même si l'objectif d'un tel projet était de créer des emplois, investir dans l'efficacité énergétique en produirait cinq à dix fois plus pour un même investissement, et libérerait de l'énergie en supplément! De plus ce serait des emplois durables, stables, répartis dans l'ensemble du pays.Ces propositions sont-elles trop simples et évidentes pour recueillir l'adhésion d'une population soumise à la propagande insidieuse de ceux qui ont profité du prestige du premier mégaprojet?Ne comprend-on pas que financer avec des emprunts le développement massif de ses richesses naturelles pour l'exportation équivaut à subventionner sa propre annexion?A la fin de la première baie lames, HydroQuébec se retrouve avec 22 milliards de dollars de dettes et doit consacrer plus de la moitié de ses recettes seulement à en payer les intérêts annuels.Que serait-ce si les tarifs d'électricité n'avaient pas triplé depuis le début de la construction!!! Les laissés-pour-compte d'un tel type de développement doivent pourtant bien peser dans la balance?Qui parle pour eux dans toute cette affaire?Il doit'y avoir moyen de défendre l'intérêt public pendant qu'il en est encore temps?.Ou bien est-ce là où l'on se rend compte qu'une fois pris dans l'engrenage des mégaprojets, un pays a de plus en plus de mal à s'en dégager.Il y sacrifie le bien-être de sa population: soins hospitaliers, éducation, services sociaux, culturels, protection de l'environnement, et peut-être même ses choix nationaux.Pourtant au-delà du discours obsédé ou désespéré 3ue nous sert le corps politique, victime ou complice e la filière des grands projets \u2014 la «méga-connexion» t)ni s'infiltre chaque fois qu'un gouvernement se fixe ou se laisse suggérer un but hors d'atteinte \u2014 doivent s'articuler de vraies solutions capables d'enrayer le glissement économique du Québec.Il faut des projets qui répondent aux besoins des gens, qui utilisent au mieux les facteurs de production disponibles sur place et abritent le pays des ris- 3ues plutôt que de l'exposer davantage aux aléas 'échanges inégaux.Cela doit être encore possible, avec du civisme, et un peu d'imagination. Le Monde B4 \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 25 MARS 1987 PHOTO REUTER Mgr Desmond Tutu et le président du Congrès national africain (ANC), M.Oliver Tambo Mgr Tutu demande une trêve, l'ANC la lui refuse AFPeiAP IOHANNESBURG La rencontre, samedi à Lusaka, entre l'archevêque anglican d'Afrique australe Desmond Tutu et le président du Congrès national africain (ANC), M.Oliver Tambo, a porté sur le problème de la violence, a déclaré l'archevêque à son retour hier à Joli an nesburg.Mgr Tutu a révèle qu'il avait demande aux leaders de l'ANC de décréter une trêve dans leur lutte contre le regime blanc de Pretoria, mais que M.Tambo avait refuse.L'archevêque a eu près de cinq heures de discussions avec M.ABM Repli stratégique de Reagan ¦ Le secretaire général de la Maison-Blanche, M.Howard Baker, a confirmé hier le désir de l'administration américaine de remettre à plus tard le débat public concernant une nouvelle interprétation « élargie » du traité ABM sur les systèmes anti-missiles.« C'est un problème qui ne doit pas dominer le paysage politique, notamment à la veille du voyage à Moscou du secretaire d'État George Shultz ».OTAGES FRANÇAIS Appel des parents ¦ Les parents de quatre otages français détenus au Liban ont sollicite la clémence des ravisseurs pour obtenir la libération de leurs proches, dont l'un, )ean-Louis Normandin est menacé d'exécution demain, en reaffirmant leur innocence.INLA La vendetta continue ¦ La lutte acharnée que se livrent deux factions de l'Armée nationale de liberation irlandaise (INLA), le second groupe républicain armé d'Irlande du Nord (après TIRA) oppose à la présence britannique, tourne au bain de sang, deux nouvelles victimes s'etant ajoutées ce week-end à un bilan deja lourd.Tambo.le secretaire général, M.Alfred Nzo, et neuf autres responsables du comité national executif de l'ANC.Mgr Tutu a ajoute que bien qu'il soutienne les objectifs de l'ANC de créer une Afrique du Sud non raciale et démocratique, il a exprime son opinion sur le recours à la lutte armée, qu'il condamne sous toutes ses formes.Il a demande que l'ANC reconsidère son attitude à cet égard et renonce à la lutte armée pour « renvoyer la balle dans le camp du gouvernement ».L'archevêque a critique l'interdiction gouvernementale de publier des informations sur l'ANC et l'utilisation de citations tronquées par les responsables sud-africains pour présenter l'ANC sous un mauvais jour.H a déploré que les Sud-africains ne puissent pas voir les dirigeants de l'ANC pour ce qu'ils sont.«Ce ne sont pas des sanguinaires », a-t-il dit.« Nous sommes tous les deux favorables à une solution négociée », a-t-il ajouté au cours d'une conference de presse, « mais des négociations ne peuvent s'ouvrir que sous certaines conditions : la levée de l'état d'urgence, le retrait des forces de l'ordre des cités noires, le retour libre des exilés, la levée de l'interdiction des organisations noires et la libération des prisonniers ».Le Prix Nobel de la Paix a également « brièvement » évoque avec ses interlocuteurs, le role du Parti communiste sud-africain (SACP) au sein de l'ANC.Selon lui, M.Tambo lui a affirme que les communistes de l'ANC suivent la politique définie par l'ANC.Le rôle du SACP a l'intérieur de l'ANC ne le préoccupe pas, a ajouté l'archevêque.Il a de même critiqué ceux qui déplorent l'aide que l'Union soviétique apporte à l'ANC « alors qu'eux mêmes ont fait alliance avec l'URSS contre Hitler ».A Lusaka.M.Tambo a rappelé, à l'issue de sa rencontre avec l'archevêque Tutu que l'ANC n'a lance la lutte armée qu'en 1961 après 49 années d'action non violente.Il a de même affirmé à l'archevêque que l'ANC était très préoccupé par la violence exercée par le parti Inkhata du chef /union Mangosotho Buthclczi contre des militants anti-apartheid.Il a souhaite que l'Église « fasse quelque chose â ce sujet ».L'armée tchadienne reprend Ouadi-Doum Un dur coup aux forces de Kadhafi AFP PARIS Les forces tchadiennes se sont emparées hier soir de la grande base libyenne de Ouadi-Doum située à quelque 150 km au nord-est de Faya-Largeau, ont annoncé officiellement les autorités de N'Djamena.Deux mois et demi après s'être emparées de la palmeraie de Fada au nord-est du Tchad, tuant près de 800 Libyens et en capturant une centaine, les troupes du président Hissein Habré.en prenant d'assaut Ouadi-Doum.ont porté un coup très dur à l'armée libyenne.Cette base, dotée d'une piste de 3 800 m, défendue par un système sophistiqué de missiles sol-sol et sol-air, el où stationnaient envi- 1 North et Poindexter, deux «patriotes exécutant la politique du président» Telle sera leur défense devant les enquêteurs de l'Irangate APP et UPI NEW YORK Deux personnages clefs de l'Irangate, le vice-amiral lohn Poindexter et le lt-coloncl Oliver North, passibles de poursuites, préparent une défense qui soulignera qu'ils étaient « deux patriotes exécutant la politique du président Reagan », selon le New York Tï/nes d'hier.Dans des conversations avec des amis et anciens collègues interrogés par le journal, chacun a clairement indiqué croire que ses actions étaient connues de ses supérieurs, qu'il agissait dans l'intérêt, de la sécurité nationale des Étals-Unis et qu'il sera blanchi quand tous les faits seront connus.MM.Poindexter ( ancien conseiller à la sécurité nationale ) et North ( l'un de ses assistants ) ont.depuis leur depart de la Maison-Blanche au debut du scandale, invoqué leurs droits constitutionnels pour ne pas témoigner.Le Congres s'apprête cependant à leur accorder une immunité partielle pour qu'ils acceptent de tout révéler sur leur rôle dans les livraisons secrètes d'armes à l'Iran, et notamment dire si le détournement de fonds au profit des « contras » nicaraguayens avait reçu le feu-vert du president Reagan.Le secretaire general de la Maison-Blanche.M.Howard Baker, a qui on demandait s'il craignait les révélations que pourraient faire les deux militaires, a souligné hier à la chaîne de télévision ABC que le président Reagan avait lui-même demandé dès décembre que ses anciens collaborateurs bénéficient d'une immunité pour qu'ils puissent parler.M.Baker s'est en outre déclaré convaincu qu'aucun autre « nouveau développement d'envergure et dommageable » pour le président ne surviendra dans les futures enquêtes sur le scandale.Le vice-amiral Poindexter, selon le New York Times; serait particulièrement amer devant la façon dont il a été traité par la Maison-Blanche depuis sa démission.Celle-ci lui a coûté sa troisième étoile qu'il aurait sinon automatiquement obtenue.Il détiendrait des informations qui pourraient nuire au président Reagan, selon des amis qui n'ont pas fourni de plus amples précisions.Le lieutenant-colonel North, scion d'anciens collègues, serait impatient de tout dire à la justice mais très prudent dans ses conversations pensant que les autorités fédérales interceptent ses conversations au téléphone ou même tenues en privé.Le lieutenant-colonel North et le vice-amiral Poin dexter.¦ -3* \"**» pi Caspar Weinberger ne veut pas que l'Iran gagne la guerre contre l'Irak // s'écarte de la politique de neutralité des États-Unis Al P.Renier el AP WASHINGTON Les États-Unis « ne veulent pas que l'Iran gagne la guerre » avec l'Irak, a déclaré hier le secrétaire à la Défense Caspar Weinberger, s'écar-tant clairement de la politique de neutralité observée officiellement par Washington dans la guerre du Golfe.M.Weinberger, qui était interviewé par la chaîne de télévision NBC, a reaffirmé qu'il s'était à plusieurs reprises opposé aux ventes d'armes américaines à Teheran.« |e n'ai jamais pensé que l'on pouvait faire confiance au gouvernement iranien ou à n'importe lequel de ses membres ».a-t-il affirmé.Selon lui, il était illusoire de chercher à établir des liens avec des « éléments modérés » en Iran.Interrogé sur le déploiement de missiles terre-mer H Y-2 Silkworm sur des bases iraniennes face au détroit d'Ormuz, à l'entrée du Golfe.M.Weinberger a une nouvelle fois insisté sur le fait qu'il était « vital que cette voie d'eau reste ouverte ».« L'Europe, les États-Unis, le Japon et beaucoup d'autres pays dépendent du libre passage du pétrole » dans ce détroit, a-t-il noté.« Nous sommes tout à fait prêts à faire ce qu'il faut pour que le trafic maritime continue et pour garantir la liberté de navigation » dans le détroit d'Ormuz, a ajouté M.Weinberger.Il n'a cependant pas fourni de détails sur les mesures que Washington pourrait prendre à la demande, par exemple, de ses alliés dans le Golfe.Selon des sources informées, les États-Unis disposent de 18 navires de guerre entre le Golfe et le nord de l'océan Indien.M.Weinberger a souligne que les mouvements de bâtiments de l'US Navy dans la région n'avaient « rien d'anormal » et a formellement écarté toute intervention militaire américaine contre l'Iran.Évoquant brièvement le conflit irano-irakien.maintenant dans sa septième année, il a affirmé que Bagdad avait les moyens de contenir les forces de Téhéran.Le président de la République iranienne.M.Ali Khameinei, a reconnu pour sa part hier que l'Iran a installé des missiles dirigés vers le Golfe.L'Iran, a-t-il souligné, a « le droit de prendre toutes mesures nécessaires pour assurer la sécurité » dans le Golfe.« Toute puissance qui tentera d'agresser l'Iran se verra opposer une violente réaction ».a-t-il ajouté, lançant ainsi un avertissement implicite aux États-Unis.Aquino affirme qu'elle était visée par l'attentat de mercredi AFP
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