La presse, 26 avril 1987, B. Informations générales
[" Informations générales LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 26 AVRIL 1987 lappel du monstre sacré RICHARD CH ARTIER rLil plus haute, sinon la plus i^JêlM audacieuse ascen-H s ion d'hiver de .l'histoire de l'alpt- k a nisme mt;i tentée *9 dans moins tic mois par une équipe de vingi alpinistes polonais, britanniques el québécois.Lu cible n'est pas le somniel de l'Everest mais plutôt celui du K2.a quelque I 501) kilometres au nord-ouest du lieu que la légende avail classe, jusqu'à tout récemment, comme le point le plus élevé de la planète.Des mesures par satellite) effectuées au cours des derniers mois, ont en effet «remonte» la cime du K2 a 8885 menés, soit 57 metres de plus que Il verest.L'exactitude de ce mesurage n'a pus encore ete confirmee, mais dans la confrérie des alpinistes, il est clair que l'assaut du K2 en hiver représente le plus grand défi jamais pose a îles grimpeurs.Appelé aussi Dapsang, Chogo-ri.Montgomeric, VVauch et Godwin-Austin, le K2 (banalement designé de la sorte parce qu'il a ete le deuxième sommet identifie dans la chaîne du Karakoram.au XIX siècle) mérite bien son surnom île «montagne sauvage» tant il pose de cruelles difficultés aux grimpeurs.Ses flancs sont beaucoup plus escarpes que ceux de l'I veresl et il faut franchir des parois présentant îles risques continuels d'avalanche pour atteindre le sommet.L'une des premieres tentatives sérieuses île conquête du K2 a ete faite en 1904 pur le duc des Abruzzes.l.uigi Amedo île Savoie, accompagne du photographe Vitiorio Sella et de sept guide», de Courmayeur.Ils devaient atteindre b 100 metres par l'arele sud-est.(Celle voie s'appelle maintenant Arête des Abru//es et c'est celle que va tenter l'équipée de l'hiver prochain.) Ce n'est qu'en juillet 1954 (un an après l'exploit de Sir Ldmund Hillary et Ten/.ing Norgay a l'Everest ) que les Italiens Campa-gnoni et l.acedelli ont roussi a écrire la premiere veritable page de l'histoire du K2.Situe dans un domaine de haute altitude baptise a bon droit «le toit du monde», à cheval sur lu frontière du Cachemire (Pukis-tuu ) et de la Chine, dans la chaîne du Karakoram, le K2 se présente, et de très loin, comme le plus meurtrier de tous les sommets et ce ne serait que justice qu'il soit aussi le plus élevé.L'été dernier, la «montagne des montagnes» (ce ne sont pus les surnoms qui lui manquent) a expédie dans l'autre monde pas moins de 13 alpinistes parmi les plus chevronnés, des hommes et des femmes aguerris aux conditions excessives qui prevalent au-dela du seuil des 8000 mètres.On imagine l'umpleur du défi que pose l'escalade de ce sommet en hiver, alors que les rigueurs et les intempéries des hauteurs se trouvent décuplées: les conquérants auront a affronter une tem-perulure moyenne de -50\" Celsius, portée a un facteur de refroidissement inférieur à -100° par des vents atteignant les 150 km/h.Voilà des conditions qui échappent à l'enlendement des croyants ordinaires! Si cette tentative semble par trop audacieuse, il convient de signaler qu'elle sera placée sous la direction du Polonais Andrzej Zuwadu, le seul homme encore vivant à avoir réussi l'unique hivernale de l'Everest, en 1979.Son complice d'alors, Tadeusz Pio-trowski, un autre Polonais, est mort l'été dernier, au K2 justement.Jean-Pierre Danvoye, Pierre Bergeron et Jacques Olek comptent parmi les six Québécois qui se joindront a une expedition internationale sur le K2, le plus haut sommet du monde.PHOTO JEAN GOUPIL LA PRESSE Clitnc 1-».Six Québécois se préparent pour la «montée aux enfers» I Trente-trois degrés 53' N., 7b° 27' E.C'est l'adresse du lieu officieusement le plus élevé du monde, un lopin de gneiss enneige de quelque dizaine de mètres carres juche a 8885 metres au-dessus du niveau de la mer.C'est l'adresse de l'enfer.Lu cime du K2 est.comme la pyramide qui la soutient, un bled inhospitalier, inhumain, mal oxygène.Il faut être un peu fou pour vouloir aller y mettre ses crampons.Selon les Tibétains, escalader une montagne est l'expression de la «folle sagesse d'être libre».C'est à comprendre ou à laisser.laïques Olek, lean-Pierre Danvoye et Pierre Bergeron, que Lu Presse rencontrait ces jours derniers, sont pourtant des amoureux île la vie.Contradiction?Paradoxe?«Dominer le monde du regard, depuis sa plus haute cime, raconte Olek, est une expérience qui comporte une dimension spirituelle.L'exploit sportif n'est qu'une partie du défi et du plaisir.Lt nous ne sommes pas des suicidaires.» Les alpinistes sont en réalité des gens très conscients des possibilités du corps humain et fortement soucieux des techniques qu'il faut maîtriser jusque dans les moindres détails pour s'offrir une satisfaction qui ne s'explique pas.L'assaut du K2 que l'équipe internationale (Canada, Pologne, Grande-Bretagne) tentera l'hiver prochain marquera un nouveau sommet dans l'histoire de l'himâ-layismc.Un exploit, s'il est réussi, d'un cran plus élevé que ceux de Sir F.dmund Hillary (Everest, 1953) et d'Andrzej Zuwadu (hivernale à l'Everest, 1979).«Ce sera la première fois que des Canadiens auront la possibilité de devenir des pionniers de l'alpinisme», note Olek.le regard brillant.«L'équipe compte une vingtaine de membres parce que.justement, dans un projet d'une telle magnitude, le succès depend du travail d'équipe et de la variété des alpinistes en cause, souligne Olek.Des les premières semaines, dans les expeditions hivernales, la moitié des gens sont malades, c'est un fait prouve.Une petite équipe ne peut pas réussir une hivernale au-delà des 8 000 metres.» Danvoye insiste pour sa part sur le mot «tentative»: «Nous allons tenter cette conquête en équipe, c'est là qu'est toute la nuance.Individuellement, il ne nous importe pas au premier chef de fouler le sommet du K2.Il suffit qu'un seul d'entre nous, qu'il soit polonais, britannique ou canadien, parvienne au sommet pour que chacun d'entre nous éprouve la satisfaction d'avoir contribué a la réussite.» Pierre Bergeron est celui, du groupe québécois, qui a atteint le plus haut sommet jusqu'ici, celui du Gangapurna (7455 mètres), au Nepal.Bergeron est.spéléologue! « Il y a plusieurs points en commun entre l'alpinisme et la spéléologie, remarque-t-il.Sauf que dans l'exploration des cavernes, les gouffres sont invisibles, c'est l'obscurité.En altitude, c'est peut-être plus apeurant parce qu'on voit l'immensité du gouffre sous ses pieds.» Les alpinistes ont besoin de temps pour satisfaire leur passion, non seulement parce que l'ascension proprement dite les oblige à s'acclimater progressivement à l'altitude, mais aussi parce que les hautes montagnes sont habituellement difficiles d'accès.L'aller-retour s'effectuera en quatre mois, de novembre 1987 à mars 1988.L'expédition, comptant trente membres (20 alpinistes, cinq médecins et autant de cinéastes) et quelque 200 porteurs.quittera Skurdu.a 200 kilometres au nord de la ville suinte de Sri -nagar.au Pakistan, pour s'engager dans une série d étroits defiles conduisant au glacier de Baltoro.En ces lieux, point de route, du moins pas de voie carossable.Lu marche d'approche de 250 km porte bien son nom : c'est à pied qu'il faut la faire.Quelques villages, de moins en moins habités, les derniers n'en étant que des vestiges.Et une étape périlleuse de près de 80 kilomètres sur le glacier jusqu'au site où sera établi le camp de base, à 5200 metres d'altitude.De Skardu au K2.les mollets doivent compter trois bonnes semaines de travail.Les alpinistes entreprendront alors l'ascension du «monstre sacre», une odyssée de plus de deux mois.Sur la route du sommet, qui empruntera l'arête des Abruzzes, six camps seront dressés et approvisionnés.L'assaut final est prévu pour le début du mois de février.Le séjour sur le sommet du monde ne durera que quelques minutes, le temps d'un bon coup d'oeil, d'une photo-souvenir et d'un bonjour.Le retour au camp de base se fait assez rapidement puisqu'il ramène les grimpeurs a des altitudes de plus en plus «respirables».Mais la descente, contrairement à ce que l'on pourrait croire, n'est pas la partie la plus facile de l'affaire.Épuisés, ayant souffert du froid, souvent aussi de la faim et généralement rendus malades par le manque d'oxygène, les alpinistes entrevoient avec terreur l'heure de franchir à l'envers tous les obstacles de l'ascension.Les risques d'accidents sont multipliés par un état de faiblesse généralisé qui se double fréquemment de troubles cérébraux.Il faudra éventuellement refaire la marche jusqu'à Skardu, de sorte que les braves conquérants ne seront pas de retour dans leurs pays respectifs avant la mi-mars 1988.8535 mètres plus haut que le mont St-Hilaire la petite dame n avait apporte dans ses bagages que / essentiel pour des vacances a son gout: son bikini, sa brosse a dent.Et tout /enthousiasme qui convient lorsquon part a la découverte dun nouveau royaume du farniente.L avion lavait déposée dans un lieu montagneux a souhait, visiblement très exotique.On I avait conduite a I hotel, mais la petite dame n osait pas déballer ses trucs trop vite, convaincue qu un prochain vol allait I amener a la destination choisie.Une journée passe, deux jours.Le troisième jour, la petite dame commence a trouver que l'agence de voyages manque de sérieux.\u2014 Allez-vous enfin me conduire aux Iles Malayas7 demandait-elle a l'agent.La plupart des gens ont, heureusement, une meilleure idee de ce qu est IHimalaya.Ce n est pas tout de savoir que I Himalaya est la chaîne de montagne la plus élevée du monde.C est aussi la plus jeune.Assez récemment (a l'horloge géologique s entend), les immenses plaques tectoniques des continents indien et asiatique sont entres en collision Les formidables pressions qui en ont resuite ont provoque de violents et spectaculaires plissements de la croûte terrestre.Et le processus n est pas termine : les deux continents continuent de pousser i un contre l'autre.Notre bonne mere la Terre prend tout son temps.La collision entre les deux continents a debute il y a de 40 a 60 millions d années.Mais le soulèvement, le grand feu d artifices rocheux ne date que de 500 000 a deux millions d années.Sachant cela, on ne s étonne plus de trouver des fossiles marins a 5000 metres d'altitude.La region de l'Himalaya a ete la cuve d un ocean, bien longtemps avant I apparition de I homme (et de la femme, n oublions personne) sur terre! La chaîne transhimàlayenne \u2014 c est ainsi qu il convient de rappeler \u2014 s'étend dans un axe nord-ouest/sud-est sur près de 5 000 kilometres et se moque des frontières humaines du Nepal, de la Chine, de l'URSS, du Pakistan, de I Afghanistan, de l'Inde et du Bhoutan.Sur une largeur qui atteint les 500 kilometres, ce massif présente plus d'une centaine de sommets de plus de 7000 metres et quelque 14 monstres culminant au-dela de 8000 metres: Cftomo Lungma ou Everest, K2, Kanchenjunga, Lhotse, Makalu, Dhaulagiri.Manaslu, Cho Oyu, Nanga Parbat, Annapurna, Casherbrum I, Broad Peak, Casherbrum II et Shisha Pangma.Les comparaisons avec les autres 'inégalités du sol-, ailleurs dans le monde, sont intimidantes.Le mont McKinley, en Alaska, est le plus eleve en Amérique du Nord, a 6194 metres.Le mont Blanc, le plus haut des Alpes, se dresse a 4807 metres.Ceux qui éprouvent de la difficulté a imaginer ce que signifient ces chiffres n ont qu a penser au mont Saint-Hilaire qui s eleve a moins de 350 metres au-dessus du niveau de la mer.Le Grand Himalaya est l'épine dorsale d un système qui compte une bonne demi-douzaine de chaînes montagneuses: Moyen Himalaya, chaine du Ladakh, chaîne du Kailas.monts du Kuen Lun, Pamir, Hindou Kouch, Karakoram, etc.Ces etagements constituent les contreforts du plus impressionnant retranchement que la nature ait conçu.Dans les hautes vallées coulent d'immense glaciers qui donnent naissance a quelques-uns des plus longs fleuves du monde Tsang-po-Brahmapoutre, Cange.Indus.Le territoire est Immense et pourtant, on parle d'une - surpopulation* d'environ 30 millions de personnes reparties dans de petites communautés ou royaumes Juches à flanc de montagne.Le paysage est vertical, l'espace vital est donc restreint.L'agriculture y est évidemment difficile et possible seulement là ou le fond des vallées de dépasse pas 4000 mètres d'altitude.Au-dela de cette limite, les arbres ne poussent plus, c'est le désert.Et a partir de 5000 metres, les neiges éternelles imposent leur loi. B 2 \u2022_ LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 AVRIL 1987 Paul Desmarais Roger D.Landry Michel Roy Claude Gravel Jean-Guy Dubuc président du conseil president éditeur éditeur adjoint directeur de i information éditorialiste en chef d administration Éditorial Démocratie scolaire Un mouvement politique, semblable au Rassemblement des citoyens de Montréal, est sur le point de naître sur la scene scolaire montréalaise.Son but est évident: faire élire des commissaires aux élections de novembre prochain a la CECM dans le but de faire contrepoids à l'influence dominante qu'y exercent l'Association des parents catholiques et le Mouvement scolaire confessionnel.L'idée n'est pas mauvaise en soi.Il est évident que les gens qui ont a coeur de revaloriser la participation à la gestion du réseau scolaire doivent se trouver un lieu de rencontre.Mais ce forum ne devra pas regrouper que des syndicalistes, des enseignants et des militants sociopolitiques.Il devra, pour réussir, intéresser tous ceux qui assistent aux reunions de parents et militent au niveau de leur école de quartier, mettre l'accent davantage sur la participation et les problèmes concrets vécus par l'école d'aujourd'hui plutôt que sur l'idéologie.Aux elections scolaires de l'été 1983, seulement 16 p.cent des électeurs, catholiques comme protestants, de l'île de Montréal se sont prévalus de leur droit de vote.À la CECM, le pourcentage de votants n'a été que de 12 p.cent.Il s'agit d'ailleurs d'un problème panquébécois.À Laval, le pourcentage de votants n'atteignait pas 20 p.cent, tandis que sur la rive sud de Montréal, il est descendu aussi bas que 3 p.cent a la Commission scolaire de Taillon.En fait, trois commissaires d'écoles du Québec sur quatre sont élus par acclamation.Dans un tel contexte, le système favorise les «appareils».C est ainsi que le Mouvement scolaire confessionnel et l'Association des parents catholiques noyautent plusieurs commissions scolaires, a commencer par la CECM.Remplacer un tel noyautage par celui d'un mouvement «progresssiste» où les syndicalistes seraient rois ne vaudrait guère mieux.Ce qu'il faut, c'est trouver un moyen qui favorise l'élection, par le plus large éventail possible, de commissaires représentatifs du «parent moyen».Ceux-ci viseraient à établir un système scolaire de qualité plutôt qu'un système visant à défendre telle ou telle échelle de valeurs, si louable soit-elle.Nombreux sont ceux qui s'intéressent encore à la chose scolaire.On n'a qu'a voir la mobilisation qu'entraîne la fermeture d'une école, le transfert des enfants d'un quartier à l'autre ou une grève du transport scolaire.Dans de telles situations, des leaders naturels se manifestent.Plusieurs feraient sans doute de bons commissaires d'écoles.Mais il leur faut se faire connaître et, dans le système actuel, cela n'est pas facile.Si l'on veut revaloriser la participation aux élections scolaires, il faut permettre la création de mouvements, qu'on les appelle partis ou non, préoccupés de questions scolaires.Puis trouver des formules de financement, semblables à celles qui existent au niveau provincial et fédéral, de façon à ce que leurs candidats puissent se faire connaître et faire valoir leurs idées.Pierre VENNAT Les gens d'hier Beurre et margarine automne prochain, les consommateurs québécois pourront plus facilement distinguer la margarine du beurre par le jaune plus foncé du produit artificiel.C'est en se rengorgeant que le ministre de l'Agriculture, M.Michel Page, annonçait récemment la nouvelle aux producteurs laitiers de la province.«Vous voyez, dit le ministre libéral, vous avez demandé cela en vain pendant neuf ans au péquiste Garon, et moi je vous l'obtiens en quinze mois!» Une telle déclaration fait surgir à ma mémoire des faits qui doivent bien remonter à prés de quarante ans, au temps où un certain Maurice Duples-sis se posait en champion incontesté \u2014 et incontestable \u2014 de la classe agricole, c'est-à-dire en ennemi juré de la margarine.On se souviendra que devant des auditoires d'habitants, ce fils de juge né à Trois-Riviércs évoquait souvent, avec des trémolos dans la voix, son «âme rurale».On se souvient aussi que sa fidélité aux électeurs qui le maintenait au pouvoir était extrême.En 1948, le Procureur général du Québec n'avait guère prisé la loi fédérale autorisant la fabrication, la distribution et la vente de la margarine au Canada, après une prohibition qui remontait pratiquement à 1886.Aussi veilla-t-il, par décret, à enrayer la propagation du dangereux «ersatz» sur les tables et dans les foyers québécois.Mais tous ses efforts et sa bonne volonté ne produisirent pas les résultats attendus.Certaines lois économiques ont la vie dure, on le sait; elles ont le don de résister à toutes les tentatives des gouvernements pour les contrer.Malgré toutes les prohibitions officielles, au début des années 50, la margarine (même de couleur blanche, alors) se vendait ouvertement dans les épiceries à travers le Québec.C'était un fait connu de tous, que seul le premier ministre ne voulait pas admettre.Certain jour de 1952 (sauf erreur), il dut cependant se rendre à l'évidence, en pleine Assemblée législative, sous l'effet de l'initiative imprévue d'un tout jeune député libéral, qui excellait à mettre «des bois dans les roues» du vieux chef.Ce matin-là, Yvon Dupuis annonça à la Chambre que dans quelques heures, il prouverait hors de tout doute que malgré tous les interdits gouvernementaux, la margarine était en vente libre dans la province.Et il s'exécuta dès le début de la séance de l'après-midi; lorsque les députés U.N.revinrent à leurs sièges, ils remarquèrent non sans surprise qu'une livre de margarine trônait sur chacun de leurs pupitres.Ayant gagné son point, celui que l'on appelait alors «le p'tit gars de Sainte-Marie» jubilait, et pour cause.Dans une nouvelle allocution, Yvon Dupuis prit soin de souligner qu'il s'était procuré sa margarine dans une épicerie sise à l'ombre du Parlement, rue Sainte-Julie.Le «cheuf» en demeura bouche bée.Mais il ne changea pas son décret.A 25 ans, à son entrée à l'Assemblée législative, le député de Sainte-Marie avait tout pour déplaire au chef de l'UN, alors au faîte de son pouvoir: il était libéral, il n'était pas avocat, il était bien jeune et n'avait pas froid aux yeux.En vieux routier de la politique, Duplessis multipliait les trucs pour le décontenancer, le harceler de mille et une façons.Pendant les premiers discours de Dupuis, le premier ministre ne cessait de répéter à rai-voix: «Écoutez, le p'tit jeune, le p'tit jeune.» Le représentant de Sainte-Marie ne tarda pas à réagir.Il s'arrêta tout à coup et s'adressant à l'Orateur (président) de la Chambre, il lui demanda: «M.l'Orateur, vou-driez-vous ordonner au premier ministre de cesser de m \"appeler le p'tit jeune; je ne l'appelle pas le p'tit vieux, moi?» Il parait que Duplessis mit fin illico à ce genre de harcèlement à l'endroit du jeune député de Sainte-Marie.LA PRESSE D'AILLEURS Réal Pelletier Finance : les Japonais désormais aux commandes Les sanctions reagantennes contre l'industrie japonaise de l'informatique surviennent à un moment où les Américains commencent à se poser le problème, non plus seulement du déficit assez désastreux de la balance commerciale avec le japon, mais celui, plus essentiel, de la présence sans cesse croissante du capital japonais à l'intérieur de leur propre sphère d'influence.Les chiffres avancés la semaine dernière à la une du Boston Globe (19,04) parlent d'eux-mêmes: ¦ Le mois dernier, les transactions boursières au lapon ont dépasse celles des États-Unis.¦ Au plan de l'activité bancaire internationale, l'actif global des banques japonaises en 1985 avait déjà dépassé celui des banques américaines, $650 milliards contre 600.¦ Une etude récente signale que cinq des 11 plus importantes banques de Californie sont maintenant sous contrôle japonais.¦ Sur le marché obligataire, les laponais ont acheté a eux seuls l'an dernier environ la moitié de toutes les obligations municipales américaines, soit $ 18 milliards.¦ Il y a dix ans, UankAmcrica et Citicorp constituaient les deux plus importantes banques du monde.Aujourd'hui, neuf des dix plus grandes banques en termes de capitalisation sont japonaises, Citicorp occupant le 29e rang et BankAmeri-ca le 59e.¦ Il y a à peine six ans, l'actif global des japonais à l'étranger accusait un modeste $11 milliards contre 141 pour les États-Unis.La situation est La Bourse de Tokyo: fébrile.maintenant renversée: les États-Unis sont devenus le plus important débiteur au monde et le lapon \u2014 c'est le titre de premiere page du Globe \u2014 occupe désormais le sommet de la pyramide financière mondiale.Pour la premiere fois, les Américains découvrent ce que nous connaissons de ce côte-ei de la frontière depuis belle lurette : des forces étrangères sont en mesure d'infléchir directement le biorythme de leur vie économique, qu'il s'agisse de la valeur du dollar ou des taux d'intérêt.A travers les lamentations plus ou moins larvées, des optimistes pensent que l'interpénétration des flux financiers peut empêcher les guerres commerciales comme celle avec laquelle s'amuse présentement le president.îicralboSeribunc USA: les salaires ont baissé de cinq p.cent depuis 1972 Ala une aussi, du Inter-national Herald Tribune cette fois, une vérité statistique qui s'applique virtuellement aussi au Canada: les salaires, en termes réels, ont baissé de cinq p.cent aux États-Unis depuis I972.L'article de l'analyste Peter Behr, repiqué du Washington l'ost.explique que la structure de l'économie américaine se transforme rapidement, le secteur industriel perdant régulièrement des plumes sous l'effet des importations massives des dernières années, tandis que c'est le secteur des services qui prend de l'ampleur.Les services supplantent dustrie.Il y a eu faible gain net du nombre d'emplois dans l'opération, mais les salaires industriels étant beaucoup plus importants que ceux des services, il s'en est suivi un appauvrissement de fait de la classe salariée.Les revenus globaux per capita ont néanmoins augmente du fait notamment des nouveaux ménages à double revenu, mais encore la, les économistes notent une stagnation sous ce rapport.Ce transfert de l'industrie manufacturière vers celle des services, les économistes consultes par Behr l'attribuent es- sentiellement a la politique de l'administration Reagan qui a projeté le dollar à des sommets entre I98I et 1985, cassant la eompétivité de l'industrie américaine.L'indicateur boursier a cet égard est présenté comme trompeur: même si les rendements en bourse sont particulièrement élevés, les États-unis perdent beaucoup de terrain sur plusieurs autres plans: la productivité des travailleurs, les profits corporatifs, le rendement de l'éducation, les efforts en recherche et innovation et finalement la part des marches mondiaux.4, détenteur d'une maîtrise de l'Université de Londres et d'un doctorat du prestigieux Massachusetts Institute of Technology, Normand Morin est à l'emploi de Lavalin Inc.depuis août Ï97I.Vice-président de Lavalin, president de Socodev (une de* deux filiales de Lavalin impliquées dans le dossier, l'autre étant Lalonde, Valois, Lamarre, Valois et Associes), M.Morin a eu la lourde tache de relever le défi que Bernard Lamarre avait impose a son équipe en acceptant de la Regie des installations olympiques le mandat de parachever le Stade olympique «cle en mains» pour $117 millions, et de le couvrir à temps pour la saison de baseball de 1987.Maigre les accidents de parcours inevitables lorsqu'on côtoie autant d'inconnues, on peut affirmer que M.Morin.a «livre la marchandise» dans les délais impartis, même s'il reste cer- tains ajustements a effectuer.Et mieux encore, tout s'est déroulé sans surprises désagréables, au dire de M.Morin.Aucune erreur et aucune surprise désagréable « |e pense que somme toute, ca c'est très bien passé depuis trois ans.Quand j'en viens à me demander quelles erreurs on a bien pu commettre depuis ce temps, franchement, je n'en trouve aucune.Lt cela me surprend, quand je pense à tous ceux qui nous ont précédés dans ce dossier.«Tout s'est déroule comme prévu.Certaines personnes ont pu croire, pendant l'installation, que nous étions lents.C'était de la prudence, on ne voulait pas faire de faux mouvements.Et comme la synchronisation des treuils n'était pas encore faite, il fallait y aller doucement, cable par cable», a expliqué M.Morin en faisant allusion aux treuils autour desquels s'enroulent les petits cables qui ont levé la toiture mobile.«Ceux qui ont examiné la toile savent qu'il n'y a pas de plis, qu'on peut marcher dessus; autrement dit, la position géométrique concorde avec nos calculs.Nous avons évité d'accumuler les erreurs toujours possibles dans l'assemblage d'une aussi grande toile, et nous en sommes très heureux.Cela veut dire que nos calculs étaient bons, et qu'on pourra contrôler tous les efforts dans la toile», a poursuivi M.Morin.Innovations technologiques de Lavalin Certains ont émis l'opinion qu'il aurait ete possible de completer le stade tel que prévu à temps pour les |eux de 1976.C'est une opinion absolument indéfendable, étant donné les nombreux problèmes qui ont surgi depuis, et les erreurs de conception ou de construction que Lavalin a du corriger afin de procéder au parachèvement du stade.M.Morin nous permet de les rappeler en dressant une liste des innovations technologiques mises au point par Lavalin, innovations qui, espère M.Morin.se traduiront par d'alléchants contrats.M.Morin rappelle les trois 'ïÉtf A NORMAND MORIN '(Tout s9est déroulé comme prévu.On nous a jugés lents, c'était de la prudence.» lb*.composantes du problème: il fallait parachever le mat sans être obligé de lui apporter les correctifs préconises jadis par la Société d'énergie de la baie lames, assembler l'immense toile de 65 tonnes et de 18 580m-'; et installer la toile en place au-dessus de l'ouverture ellipsoïdale du stade.Pour le mat, Lavalin a préconise le parachèvement en acier plutôt qu'en béton.Cette solution permettait de contourner les nombreuses faiblesses et défauts, de construction relevés depuis 1976.Pour compléter le mât en béton comme l'avait préconisé Roger Taillibcrt, il eut fallu ajouter une patte à la base du mat (entre les deux pattes avant), ajouter de l'acier de précontrainte et résoudre l'affaissement des coussins de néoprène L'ingéniosité de Lavalin s'est surtout fait sentir dans l'assemblage de la toile, que M.Morin considérait comme le problème le plus complexe à résoudre, ce qui explique, dit-il, qu'on s'y soit attaqué en premier lieu.«Il a fallu inventer des machines a coudre et en particulier celle qui cousait a reculons.Aux endroits où les efforts étaient un peu plus grands, on a ajoute une soudure; donc il a fallu inventer une machine qui soudait en plus de coudre.Ensuite, il y eut l'assemblage qui devait être très precis pour qu'une fois assemblée, la toile n'ait pas de plis.11 fallait que la géométrie physique concorde exactement avec la geometric théorique», a dit M.Morin en ajoutant qu'on a également trouvé le moyen de prolonger la vie de la vieille toile (reunie a la toile récente, la quantité commandée en 1975 par M.Taillibcrt étant insuffisante de 20 p.cent), avec des enduits chimiques.Modifications du système de la fonte de la neige Quant au système de levage, il a subi d'importantes transformations sous Lavalin.Le poids de la neige a toujours été problématique dans ce dossier.L'architecte Taillibcrt avait prévu la fonte de la neige.«Mais personne croyait qu'on pourrait réussir a fondre la neige sans laire fondre les coutures; il fallait diriger tellement d'air chaud sur la toile que les coutures se défaisaient toutes.Ln outre, la neige ne fondait qu'aux endroits où il y avait de l'air chaud.On a corrige tou tes les erreurs de ce design-la», a dit M.Morin.Pour régler ce problème, il fut decide de proposer un système de levage capable de supporter une pleine charge de neige.Le système préconisé par Lavalin est donc totalement différent de ce qu'avait conçu Roger Taillibcrt : on a grossi les cables, on a élimine les chariots, on a descendu les treuils à la base du mat, et on a imagine un anneau de compression «pour empêcher les consoles de piquer du nez vers l'intérieur du Stade» pour reprendre l'expression de M.Morin.Ce dernier précise ensuite que grâce au système de Lavalin, la RIO pourra déplacer la toile malgré le vent a la condition qu'il ne dépasse pas 25 km h, alors que le système de M.Taillibcrt interdisait tout déplacement de la toile lorsqu'il venterait.Est-ce que tout cela va fonctionner?M.Morin est d'autant plus fier de l'évolution du chantier qu'hormis les accidents impossibles a prévoir, tout s'est déroulé sans situation stressante.La toile était en place une semaine avant le premier match des Expos.M.Morin admet que le levage de la toile fut la manoeuvre la plus delicate.«La toile était comme des corps libres qui se déplacent dans l'air, dans un mouvement lâche, et sans contrôle puisqu'elle n'était pas en tension.Et il fallait s'assurer que tout passait dans la bonne place, qu'on pourrait rentrer la toile dans la niche, etc.», a-t-il dit.Et est-il convaincu que tout va fonctionner adéquatement, que la toiture sera effectivement \u2022 45' J0\">64\"\" 30i 64 40 i64\" 30 i 45 40' ¦ 45 2î\"i64\" 3l\"iô4\" 44-i64\" 31'.45\" 44\" 145\" :3'i»4\" 33\" ,44\" 48\"iô4\" 4g > 45 J4 i64 35i64\" 54\" > 64\" i&4\" 60 .64 16 « 45 77 > 45 M .45 28 \u2022 45 23 .41 ?4 .45 26 .45 35 .45 ¦ 64 STORES EN BAMBOU MODELE 403 TOUS RÉDUITS À *h PRIX ?4 « 7?A?«72 30 > 7?48 x 72 Jô « 72 54 .72 60 « 77 66 » 7?7?.77 84 « 7?TRINGLES DE BOIS Accessoires compris 64' 30 .78' 26\".45\" 42.45\" 7J ,45\" 36\".64\" 67' .64\" 31 \".78' 2r.45\" 44 .45\" 18\",64\" 3r.64 28 .45\" 46 .45\" 20-,64\" 38\".64\" 2» .45\" 48 .45\" TJ-,64\" 3»',64\" 30\".45\" 50 .45\" 74 ,64\" 40\".64\" 70 31\".45\" 57 .45\" 76\",64\" 47\",64\" 72 37 .45 54 .45\" 27 , 64\" 44 .64' 33\",45\" 56 .45\" 28\",64\" 46\".64' 34\".45\" 58 .45\" Tff ,64\" 48\",64 35' .45 60 .45\" jo .64\" 50\".64 36\".45\" 62 .45\" 3r.64\" 5^.64: AU PLUS BAS PRIX 3: 33\" 34' .78 35' .78 36 .78' 37 .78 20\".78\" 38 .78\" 66' 22\".78\" 39\".78\" 68' 74\".78\" 40 .78 70' 76\".78' 47 .78\" 7T 6* .64 66 \".64 68 .64 \u2022 64' ¦ 64 18\".78 46\".48\".5C .52\".78\" 54\".78\" 56\".58\".60\".62\".64 .STORES VERTICAUX Nous fabriquons plu.de 2000 modèle, do stores verticaux pendant que vous attendez! 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