La presse, 2 mai 1987, D. Économie
[" Economie Comment investir si vous payez trop d'impôts .Tasse &.Associes.Limitée (514) 879 2100 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 2 MA11987 Alain Dubuc Si un ministre des Finances laissait libre cours ;i son imagination, son réve, ce serait de réussir, ii lu lois, ii baisser les impots.i\\ augmenter les dépenses tout en réduisant le deficit.Depuis le debut des années quatre-vingt, cet objectif semble tellement inaccessible qu'il est entre dans la catégorie des phantasmes.I i pourtant, c'est ce que vient de réussir le ministre des Finances du Québec, M.Gérard D.Levesque.dims le budget qu'il a du déposer en catastrophe jeudi M)ir.Ça a l'air tellement beau que.dans un premier temps, on peut se demander s'il y ;i anguille sous roche.C e n'est pas le cas.Il y a bien sur dans le budget quelques tours de passe-passe et quelques trucs qui fonl punie de l'arsenal d'un ministre des Finances.Mais le coeur de ce budget, ce qui a permis de résoudre la quadrature du cercle, c'est le fuit que le gouvernement du Québec touchera celte année beaucoup plus d'argent qu'il n'avait prévu.M.Le-vesque.en gros, a dispose d'une marge de manoeuvre inespérée d'environ $400* millions ! UNE ENORME MARGE DE MANOEUVRE l'our comprendre ce qui est arrive, il faut remonter eu mai dernier, lors du premier budget du ministre liberal.Il avait alors présente des previsions pour celle année.1987 1488.Il estimait alors que.pour celle année, les dépenses s'élèveraient a %29.t> milliards et les revenus a 5>2b.9 milliards, putir un déficit de $2.7 milliards.II avail lait preuve d'un étonnant pessimisme.Depuis ce temps, cl surtout duns les derniers mois, le gouvernement du Québec a été extrémmemenl chanceux: l'urgent s'est misa rentrer.Celle bonne étoile, couplée a une bonne gestion et a des méthodes comptables avantageuses ont fait que les revenus sont supérieurs de $882 millions a ce qui avail ele prev u.l'ouï d'abord, lu conjoncture a été favorable.Cela fait maintenant cinq uns que l'économie est eu croissance; cul in.cela se fait sentir dans les coffres du l'I lui.I u (tuire.en ll)K7.on prevoil maintenant nue croissance de 7.7 p.cent, quand il y a Le budget de rêve de Gérard D.Levesque un an.on pensait a b.l.Chaque point de pourcentage de croissance rapporte $250 millions a l'État.En bout de ligne, cette croissance accrue ainsi que les profits additionnels d'Hydro-Quebec permettent d'ajouter $245 millions.Deuxièmement, on a assiste a des entrees de fonds inespérées.Un surplus de $08 millions a la Commission des normes du travail, un autre de $ 100 millions a lii Régie de l'assurance automobile, qui ont pu être intègres aux livres avec un peu d'imagination comptable, un transfert de $104 millions d'Ottawa qui provient de la surtaxe de 15-photocp p.cent sur le bois.Gerard D.Levesque Enfin, des déplacements comptables.Les revenus de privatisation prévus l'an dernier sont déplaces celle année, comme lu vente de Donohue.ce qui donnera en tout $215 millions de plus.Par ailleurs, la perception de revenus d'intérêt rapportera $ 150 millions.Certaines choses sont ullees moins bien.C'est ainsi que Quebec recevra $34 millions de moins d'Otlaua.Mais dans l'ensemble, on a dispose d'une jolie marge de manoeuvre.LE PARTAGE DU GATEAU Avec cet argent, le ministre des Finances a pu faire trois choses: réduire le deficit de $300 millions additionnels, réduire les impots de $ 10b millions, et augmenter les dépenses de $430 millions par rappori au niveau prévu l'an dernier l'our 1987-1988.le deficit devait passer de $2.985 a $2.7 milliards.Quebec, grace a sa marge de manoeuvre, rajoute $300 millions, ce qui permet île l'amener à $2.4 milliards.En tout, ces deux coups de pouces donnent, en un an, une reduction du deficit d'un demi-milliard, cequi est considérable.Du coté îles baisses d'impôts, il n'y a pas grand chose, beaucoup moins que ne le suggère une lecture rupide du budget.Les deux mesures fiscales importantes, l'aide aux fumilles à faible revenu et l'aide a la recherche, n'entrent en vigueur qu'en 1988.Dans le premier cas.les contribuables ne verront la difference, sur leurs cheques de paie, qu'a partir de janvier prochain.Quant à ceux qui voudront profiter de l'aide a la recherche, ils devront attendre mars ou avril 1989.quand ils prépareront leur declaration pour l'année 1988.En tout, pour l'année 1987-1988.les baisses d'impôt n'atteignent que $ 108 millions, dont $45 pour les familles.$20 pour la recherche et $45 pour hi reduction de lu taxe sur les assurances.Du cote des dépenses, l'utilisation de la marge de manoeuvre c'est surtout faite lors de la presentation des credits par le ministre Paul Gobeil.On s'etiiil étonne du fait que le president du Conseil du Trésor coupe peu cl qu'il laisse les débourses augmenter de 5.9 p.cent.Les dépenses dépassaient de $500 millions le niveau prévu l'année précédente.Le gros de ces débourses, soit $559 millions, s'expliquait par les conventions collectives.Dans son budget, le ministre Levesque en a rajoute $ 180 millions de plus, routes, hôpitaux, universités.Mais du côte des dépenses, il disposait aussi d'une marge de manoeuvre.Entre autres, la bonne saute de l'économie lui a permis de dégager des surplus l'an dernier qui ont ete transférés cette année.C'est ainsi qu'on economise $130 millions en frais d'intérêt.$31 millions à Sidbec qui a été finance l'an dernier plutôt que cette année.$ 127 millions grace u une gestion serrée des crédits périmes.En bout de ligne, ces apports de fonds permettent non seulement de financer les ajouts du budgets, mais ils permettent d'économiser $70 millions par rapport à ce qui avuit été prévu lors du depot des credits.UN BUDGET SANS VICTIME Le résultat est impressionnant, même si il y a une bonne part de chance dans ce succès.Sur le plan politique, ce budget est en outre satisfaisant.Il esi rare qu'un ministre des Finances puisse donner d'une main sans prendre de l'autre, l'our une lois, un budget ne fait pas de victime et ne contient p;ts une foule de taxes cachées.Mais l'élément le plus intéressant du budget, c'est lu fucon dont on u decide d'utiliser la marge de manoeuvre qui s'était dégagée.D'une part, on u accélère la réduction du deficit, au lieu de dilapider les fonds.Mais pas trop.Si toute la marge de manoeuvre était allée au deficit, cela aurait pu avoir un impact brutal sur l'économie.On a choisi le juste milieu, ce qui permet au gouvernement de consacrer ses energies u quelques programmes.On trouve des mesures peu coûteuses, qui corrigent des erreurs pussees.comme lu taxation ubusi-vc des retruites qui travaillent: c'est maintenant régjé.Mais hélas, une foule de «bebclles» de moindre importance, luxe sur les cassettes, sur l'essence, grenailles pour l'écologie, font du budget un catalogue qui crée une illusion d'abondance et qui masque les projets vraiment importants.Il y a en fait deux gros morceaux dans le budget.Le premier, c'est la reforme de la fiscalité des familles à faible revenu, qui correspond en fait au volet du livre blanc du ministre Parizeau qui avait ete laisse sur les tablettes.Il s'agit d'une mesure de justice sociale qui u aussi une dimension économique, parce qu'avec le programme APPORT, on s'attaque au problème de l'intégration au marche du travail.L'autre gros morceau, c'est l'aide a la recherche, un élément crucial pour une économie moderne qui veut sortir de son ornière.Il faut également dire que.sur le plan des mesures fiscales.M.Levesque pouvait difficilement se lancer dans une offensive tout azimut.On sait qu'une reforme fiscale s'en vient a Ottawa, ce qui forcera le Quebec a presenter un autre budget, sans doute a l'automne.Cela a limite la marge de manoeuvre et force Quebec a n'intervenir que dans des domaines qui ne seront pas complètement chamboules parcelle reforme.IJref.tout cela semble indiquer que.la conjoncture aidant, M.Levesque et les fonctionnaires du ministère des Finances ont sans doute présente le meilleur budget des dix dernières années.Ils sont maintenant prêts a offrir des stages de formation aux fonctionnaires fédéraux et a leur ministre.Michael Wilson.Les principaux gagnants : les familles à revenus faibles CLAUDE flCHER De nombreux citoyens québécois onl de bonnes raisons de se réjouir des mesures annoncées dans le budget du ministre des Finances, Gérard-D.levesque.¦ Les principaux gagnants se-ronl les familles a revenus faibles ou moyens, qui se voient accorder de substantielles réductions d'impôt, le mot «famille», ici.ne comprend pus les couples sans en-l.uii.encore moins les célibataires.Pour bénéficier des réductions d'impôt, il faut avoir des en-Fants.Les reductions annonces auront pour elfet de supprimer totalement l'impol provincial pour 45 000 familles, et de le réduire pour 500 000 autres.Ces mesures Les restaurateurs et hôteliers soulagés JACOOES BENOIT Les restaurateurs et les hoteliers ont accueilli hier avec soulagement labotition de la surtaxe de 4,4 p.cent qui s'ajoutait, pour eux, a la taxe de vente de 9 p.cent frappant les vins et les spiritueux.« On est heureux.mais on ne peut pas dire qu'on est parfaitement satisfaits.Ouand même, c'est un gain, a declare a La Presse le nouveau president de l'Association des restaurateurs du Quebec ( plus de 2000 membres I, M.Charlemagne Le Houillier, de Sainte-Anne-dela-Perade.Et d'après les échos qu'on en a eus jusqu'ici, on s'attend a une reduction des prix des vins et des spiritueux dans la restauration.« Propriétaire du restaurant L'Express \u2014un établissement montréalais dont la carte des vins est étoffée\u2014, M.Pierre Villeneuve a indique qu'il ne faisait pas de doute que les prix de ses vins baisseraient dans une mesure équivalente.\u2022 On va l'appliquer, c'est normal », a-t-il dit.M.Jacques Landurie, propriétaire du restaurant Les Halles et ex-president de l'Association des restaurateurs, estime de son côte que les restaurants et les hôtels seront plus ou moins forces de diminuer leurs prix, de la même façon qu'ils les haussent quand les taxes ou les prix de la s AO augmentent! « Le restaurateur n'aura plus l'excuse de dire au client: «On paie plus que vous».Moi, j'étais deja en tram de reviser mes prix, non pas parce que je m'attendais a ça, mais parce que sans arrêt j'entends les mêmes commentaires de la clientèle: ¦ Les vins sont trop chers.» Maintenant, je vais oublier les 4,4 p.cent dans mes prix.» Directeur de la restauration au Ritz-Carlton \u2014un hôtel réputé pour sa carte des vins\u2014, M.Alfred Hirmke a déclare que l'hôtel tiendrait compte de l'abolition de la surtaxe, tout en soulignant que la mesure.n'est pas retroactive, et qu'il serait donc difficile pour l'établissement de réduire les prix des vins déjà' en cave.\u2022 Nous achetons souvent par centaines de caisses, et il serait même normal que nous payions à cause de cela moins cher, comme cela se fait dans tous les autres commerces », a-t-il dit.Directeur de l'Association des hôteliers du Québec, M.Gustave Bamatter, tout en applaudissant à la disparition de la surtaxe, croit enfin que seulement une minorité d'établissements réduiront vraisemblablement les prix de leurs vins, parce qu'« avec les augmentations d'avril 86 et avril 87, la plupart ont absorbé une partie de la hausse », si bien que c'est leur marge bénéficiaire qui gonflera.n'entrent toutefois en vigueur que l'an prochain.Toutefois, les contribuables vises n'auront pas a attendre la production de leur declination de l'année 1^88.c'est-à-dire deux ans.pour en sentir les effets.Le ministère a prévu que les reductions d'impôt seront prises en consideration dans le calcul des retenues a lu source.Autrement dit.si vous êtes touche par ces reductions, vous vous en apercevrez sur votre premier cheque de paie de 1488.Les reductions vurient selon votre situation.Elles peuvent atteindre jusqu'à $930 pour un couple et $7b5 pour une famille monoparentale.Voici quelques exemples: ¦ Un couple avec deux enfants âges de six à onze ans.et où un seul des deux conjoints u un revenu de travail, ne paiera plus aucun impôt si ce revenu est inférieur ù $20822.Cette année, en 1987, la même famille commence u payer de l'impôt dès que son revenu dépasse $ 13004.Si le revenu se situe entre $20822 et $34500.il y aura reduction d'impôt, dont l'importance décrit à mesure que le revenu augmente.¦ Si.dans le même couple, les deux conjoints travaillent à l'extérieur et reclament la deduction maximale pour frais de garde, la famille ne paiera plus d'impôt si les revenus reunis des deux conjoints sont inférieurs à $25 871 (au lieu de $15 541 actuellement ).¦ Si le même couple n'avait qu'un seul enfant ùgc de moins de six uns.il n'aura pas d'impôt a puyer si un seul des deux conjoints travaille et gagne moins de $20 116.Si les deux conjoints travaillent et réclament la déduction pour frais de garde, il n'y aura pas d'impôt à payer si le revenu du couple est inférieur à $25 1 38.¦ Dans le cas d'une famille monoparentale avec un enfant de moins de six ans, l'impôt est supprimé pour les revenus inférieurs à $ 15 370 ( contre $ 10 040 actuellement) si on ne réclame aucun frais de garderie.Si on déduit ses frais de garderie au maximum, il n'y aura pas d'impôt sur les revenus inférieurs à $19 311 ( présentement, dans un tel cas, on commence à payer de l'impôt dès que les revenus dépassent $13 842 ).¦ En outre, le gouvernement introduit un nouveau programme de prestations pour les familles à faible revenu, qui ont des revenus de travail.Ce nouveau programme, APPORT, vise à corriger un vice actuel qui fait en sorte qu'il n'est pas vraiment uvntugeuyx (dans certains eus.ce peut même cire carrément désavantageux) de quitter l'aide sociale pour retourner sur le marche du travail.lout comme les reductions d'impôt que nous venons de voir, ce programme s'adresse exclusivement aux familles ( incluant les familles monoparentales)qui ont des enfants, et entrera en vigueur l'an prochain seulement.Selon les previsions du ministère.APPORT devrait bénéficier à 44 000 familles, dont 24 000 familles monoparentales.Ce nouveau programme entraînera toutefois la supression d'un autre programme déjà en place.SUPRET.et qui vise à accorder un supplément au revenu de travail aux travailleurs u faibles revenus, qu'ils aient ou non des enfants.Le retrait de SUPRET touchera b 000 célibataires et 2 000 couples sans enfant.Les gains, pour les contribuables visés, varieront beaucoup en fonction de leur situation, de leurs revenus, de leurs frais de garde.Voici quelques exemples typiques: ¦ Un chef de famille monoparentale qui ne reçoit ni les prestations de SUPRET ni subvention de frais de garde n'a aucun intérêt à accepter un emploi à faible salaire dans les circonstances actuelles.Un emploi à $12 000 aurait pour effet de diminuer son revenu disponible de $589.Avec APPORT, le même emploi lui procurera un revenu disponible additionnel de $2 420.¦ Dans le cas d'un couple ayant deux enfants, le conjoint qui quitte l'aide sociale pour accepter un emploi à $12 000 augmente le revenu disponible de la famille de $406 par année ( moins de $8 par semaine).On comprend que ce n'est pas très tentant.L'introduction d'APPORT permettra au même couple, dans les mêmes circonstances, d'augmenter son revenu disponible de prés de $4000.¦ Les familles qui comptent trois enfants à charge ou plus reçoivent aussi un petit cadeau.Depuis l'an dernier, le Québec exige le remboursement des allocations familiales versées pour les trois premiers enfants.Dés cette année, seules les allocations concernant les deux premiers enfants seront remboursables.Cette mesure représente un gain de $171 par année, en 1987, pour toutes les familles de trois enfants ou plus qui paient des impôts.¦ Un attire groupe qui recoil de-bonnes nouvelles est celui des personnes u la retraite qui continuent d'avoir des revenus du travail.Les retraités qui continuaient u effectuer de petits tnivaux pour urrondir leurs fins de mois tout en restant actifs, se voyaient lourdement penalises par le fisc, puisqu'ils perdaient totalement ou partiellement leur exemption en raison d'âge (dès que leurs revenus de travail dépassaient $2 200, ils perdaient la totalité de l'exemption), et se voyaient couper deux autres déductions: la déduction pour reve- nus de pension et la deduction pour intérêts et dividendes.Ces mesures sont entrees en vigueur en 198b.et M.Levesque les suppriment des cette année pour tous les conlribuubles u la retraite dont les revenus de travail sont inférieurs a $10 000.Pour une personne a la retraite qui gagne $5 000 en revenus de travail, cette mesure représente une économie d'impôt d'environ $250.Si les revenus de travail sont de $10 000, L'économie d'impôt dépassera $500.Le ministère estime à quelque 42 000 le nombre de retraités touchés par cette mesure.L'enquête déjà en cours Presse Canadienne La Sûreté du Quebec a entrepris hier son enquête relativement à l'incident qui a forcé le ministre des Finances à déposer son budget en catastrophe jeudi soir.Deux policiers de la SQ ont interroge pendant 45 minutes, en fin d'après-midi, le journaliste Ralph Noseworthy, de la station de television CFCF, à son bureau de la Tribune parlementaire, a Quebec.C'est ce journaliste qui a pu- blié jeudi des éléments du budget et qui a forcé le ministre des Finances à en faire la présentation une semaine plus tôt que prévu.Les deux enquêteurs lui ont demande et obtenu une copie de la cassette contenant le reportage diffuse la veille.Ils lui ont également signifie qu'ils pourraient l'interroger de nouveau dans cette affaire.Le journaliste a réitère, au terme de cet interrogatoire, qu'il ne divulguerait pas ses sources d'information.Ponction de $200 millions dans les coffres de la Régie de l'assurance auto du bureau de La Preste Profitant d'une diminution marquée du nombre de victimes d'accidents de la route, le gouvernement Bourassa a décidé de plonger le bras dans les goussets de la Régie d'assurance automobile du Québec.Le budget, présenté jeudi par le ministre des Finances, M.Gérard D.Levesque, prévoit que la régie devra retourner $200 millions, sur deux ans, au trésor provincial.Ces sommes seront aiguillées vers l'amélioration du réseau routier, dont $60 millions dès cette année.En 1986, le nombre des victi- mes de la route au Québec a diminué de 24 p.cent sur l'année précédente, alors qu'ailleurs au pays, il augmentait de 1.3 pour cent.« Un tel bilan entraîne des économies substantielles», a dit M.Levesque.Du même coup, il a annoncé une réduction de 10 p.cent, en moyenne, des contributions payées par les automobilistes à la Régie d'assurance automobile, une ponction d'environ $50 millions, par année, des coffres provinciaux.Le budget amène aussi une réduction de la taxe sur les primes d'assurance automobile, qui passera de 9 à 5 p.cent, une économie de $50 millions pour les contribuables.\"'\"^PLACEMENTS Consultez votre conseiller! TRUST GENERAL \u2014 *_ POTS GARANTIS I Sans mt inwrl oucamaise x sujets a confirmation IS MIS trrttitt tl'ttkéMCt FONDS DE PLACEMENT 3ant* Sans\"\t Actions canadiennes\t20,1°o 20.0% Obliqations\t18,6% 18,5°o Hypothèques\tU,6% 15,8°c Actions américaines\t28.6% Aucuns trait d'ouverture, d* fermeture ou de transfert \u2022Htnaenwm mont composa du 31 mars 1984 au 31 man IM7 \"Handamani annual composa du 31 mata 1M2eu31 mail 1947\t BÉNÉFICES PLUS 6 10 000$ et plus ,91% U taux du n.iwi de 10 000$ et « est un taux base sur les (aux du marche monciwc et calcule quotidiennement Va: pour les personnes âgées de 60 ans et plut sut les certificats dépôts qatarfo 1 à 5 ans_ Laval.Place du Carrefour: 682-3200 Pointe-Claire, 955.bout.St-Jean: 694-5670 Ville Mont-Royal.Centre Rockland: 341-1414 Outremont.1 Vincent d'Indy: 739-3265 Mtl/Place Ville-Marie.Galène des Boutiques 8618383 Mtl/University.1100.University: 871-7200 An|ou.Place d'Aniou 355-4780 USaIle.Carrefour Angngnon: 366-0730 Rive-Sud.Place Portobello.466-2500 Hull.120.Promenadc^i Portage: 771-3227,* 02 \u2022 L'industrie des discothèques cache ses misères dans l'illusion de la nuit PAUL DURIVAGE Les oiseaux de nuit de Montreal sont choyés.Les discothèques y foisonnent.Les systèmes de son et de lumières dans les clubs montréalais, disent les experts, n'ont rien à envier à ceux de New York ou d'ailleurs.Les prix d'entrée ainsi que des consommations sont par ailleurs beaucoup moins élevés.Cette semaine encore, on inaugurait en grande pompe le Metropolis, la plus grande discothèque au Canada, un investissement de $1,8 million.Avant cela, il y eut le l'on' Wow.$1.3 million de peinture, de son et de lumière; et VEsprit, l'ancien 1254.lui même un ancien salon funéraire, rénove au cout de $1.5 million.Tout le monde semble y tirer son profit.On soupçonne les propriétaires d'être des millionnaires extravagants dépensant des centaines de milliers de dollars en decibels et en watts pour le plaisir de leurs convives, à moins qu'il ne s'agisse de sombres séducteurs vivant dans la luxure et l'opulence de leur temple.Cette industrie flamboyante joue en fait le jeu du spectacle.File cache ses misères dans l'illusion de la nuit.Apres la fièvre du samedi soir, c'est bien souvent le constat pénible d'une caisse dégarnie et les appels des créanciers.On danse devant le buffet.Sur dix discotheques qui ouvrent leurs portes, près de la moitié disparaissent avant un an.affirment les interlocuteurs rejoints par Lu Presse.Les propriétaires y auront entre-temps englouti leur fortune personnelle.Marche sature « Le marche est sature.Il y a plus de discothèques a Montreal qu'a Paris ou a Londres où la population est pourtant dix fois plus nombreuse », lance M.lean Mantovani, le propriétaire du Laser // à Brossard.qui tente maintenant l'aventure du Pow Wow dans l'est de Montreal.Des discotheques proprement dites, il y en a en effet près d'une trentaine a Montréal.Ceci sans compter toutes les salles disponibles pour la danse, dont les sous-sols d'église.Au service des permis et de l'inspection de la ville de Montreal, l'organisme établissant et contrôlant la capacité limite des lieux publics, on en dénombre près de 330.Fuit relativement nouveau, la banlieue vibre maintenant elle aussi au son de la « dance music » la nuit venue.Selon M.Georges Antiglio, président du Ouébec Record Pool, un distributeur de disques pour le réseau des discothèques, il y en aurait présentement plus de 500 au Québec.« C'est phénoménal.Chaque patelin a maintenant sa piste de danse », com-mente-t-il.La décentralisation de l'industrie a été selon lui facilitée par la législation particulièrement sévère con-ire la conduite automobile en état d'ebriéie.Le malaise de l'industrie est évident si on considère les constants changements de propriété de ces établissements.Près des irois-quarts des dossiers traités par la Régie des permis d'alcool à chaque année, concernent des changements de propriété, raconte M.Clément Gagnon du service de la statistique.Même son de cloche à la ville de Montréal.Au cours des cinq dernières années, l'usine désaffectée sise au coin des rues Montcalm et Sainte-Catherine dans l'est de Montréal, a ainsi abrité tour à tour les discothèques Dunseteriu, VUnderground, Le Baladin, Y High Tech, Le Pipeline, et le l'ow Wow, sous presque autant d'administrations différentes.Ouverture un jour, fermeture le lendemain « l'ai vu a Quebec des boites fermer leurs portes le lendemain même d'une ouverture en grande pompe ».raconte M.Andy Dépatie président du Groupe Beaugarte, une société exploitant trois discothèques et autant de restaurants dans la region immédiate de Québec et dont les actions étaient portées en bourse l'automne dernier.A son avis, le manque d'expérience îles dirigeants est la grande cause des faillites.« 1 ,op de gens créent des clubs de nuit sans s'y connaître, simplement parce que cela semble agréable à gérer.Ils donnent mauvaise réputation à l'industrie et Jurant leur brève existence, compromettent la survie d'établissements plus sérieux.» Mais même pour les bars les mieux gères et les plus florissants, les jours sont comptes.Rares sont ceux dont la longévité dépasse trois ans.Les clubs de nuit suivent en effet les modes et il n'y a rien de plus éphémère.« La foule attire la foule ».repele-t-on dans l'industrie et c'est la frayeur des premiers départs.Selon une etude de marche réalisée par la firme Prisme Communication pour Metropolis, le groupe d'âge des 18-24 constitue 60 p.cent de la clientèle des discothèques et le groupe des 25-39 pour 40 p.cent.Les femmes comptent pour moins de 35 p.cent des oiseaux de nuit et pour moins de 20 p.cent des recettes.Un même phénomène de troupeau explique la réduction des heures d'exploitation des discothèques.« Personne ne veut être le premier arrivé.Alors les gens sortent de plus en plus tard.Mais les clubs ferment toujours à la même heure et leur chiffre d'affaires s'en ressent », raconte M.Dépatie.Moins d'alcool Qui plus est.les gens boivent de moins en moins d'alcool, la mode étant a la bonne forme physique.Or, les ventes de produits alcoolisés représentent toujours la majeure partie des recettes des clubs au Québec.On hésite encore en effet à imposer un droit d'entrée.Le Palladium de New York exige un droit de passage de $20 US.Certains clubs demandent même $50 US.« On traîne beaucoup sur les États-Unis à ce chapitre.Les contacts que j'ai indiquent cependant que l'on y pense de plus en plus.Reste à voir qui en aura le courage », raconte Christian Thibault, concepteur du Cabaret, la discothèque détenant le record de longévité à Québec, soit presque dix ans sans changement majeur.A Montréal, la glace a été brisée par le Business, le bar branché de la rue Saint-Laurent qui vous prend $3 à l'entrée et le fastueux club L'Esprit qui exige jusqu'à $5 le week-end.Mais le Metropolis va plus loin encore avec une ponction de $7 dollars !e samedi.Ce sera éventuellement $10 si l'affluence est suffisemment forte.« Nous misons sur l'évasion par la danse et non par l'alcool.Nous avons pour cela investi énormément dans l'atmosphère et les installations de son et de lumière.C'est pourquoi il nous faut demander un droit d'entrée élevé ».explique M.Pierre-Claude Legris, l'audacieux concepteur du nouveau temple des « branchés », qui compte tirer prés de la moitié de ses recettes des droits d'entrée.Hantise du sida Pour ajouter à ces problèmes, les propriétaires de clubs sont maintenant confronté a la hantise du sida.« On a remarque une diminution du nombre d'entrées, mais surtout au début.Les gens sortent maintenant presque autant mais sont plus réservés ».commente le propriétaire du Pow Wow.dont la population gaie constitue une forte proportion de la clientele.Même commen- PH0T0 ROBERT MAIllOUX.LA PRESSE Le Metropolis, la plus grande discotheque au Canada, a ouvert ses portes la semaine dernière.Il s'agit d'un investissement de S1.8 million.taire de M.Thibault, du Cuburel, un club dont la clientèle est essentiellement hétérosexuelle.Il ne leur faut surtout pas compter sur le support financier des banquiers.« On est des mal-aimés ».confie M.Legris qui garde sur le coeur la période d'attente de six mois et l'étude de $7000 que lui imposa la Banque fédérale de développement, pour finalement decider que cela n'était pas dans leur mandat.L'organisme de prêts de derniers recours subventionne par le gouvernement federal, n'a de fait aucun prêt d'accordé a une discothèque, nous a confirme M.Kenneth Cavanagh, directeur des communications.« Rien ne l'empêche.Il semble simplement que ce soit un domaine moins populaire ».ex-plique-t-il.Pourquoi alors risquer tant de fortunes dans les clubs?Il faut dire qu'une boite qui fonctionne bien représente une vrai mine d'or.« On peut recouvrer sa mise en moins de deux ans.en un an si tout va vraiment a merveille ».estime M.Dépatie.«C'est un coup de de.c'est certain.Mais ce peut être un coup calculé ».explique M.Mantovani un diplôme de l'École d'hôtellerie française.Wilson: pas question d'élargir la portée des centres bancaires MARIE TISON Presie Canadienne Une première pour Chicago PHOTO UPI Pour la premiere fois, hier, la Bourse de Chicago a ouvert ses portes entre 18 h a 21 h.Dès la semaine prochaine, les boursicoteurs pourront transiger, en soirée, du lundi au jeudi, des titres tels que des bons du trésor, des valeurs de marchés a terme et des options OTTAWA ¦ Le gouvernement n'a pas l'intention d'élargir la portée des centres bancaires de Montréal et de Vancouver.Le ministre des Finances Michael Wilson a rejeté hier une recommandation en ce sens du comité permanent des finances et des affaires économiques.«|e pense que nous avons discute suffisamment de la possibilité d'élargir le projet, a-t-i' déclaré au cours de la période ues questions.Notre proposition touche les prêts et les dépôts, et je pense que c'est suffisant.» Le comité parlementaire a soutenu dans un rapport déposé jeudi que les transactions prévues dans le projet du ministre Wilson étaient si restreintes qu'elles ne permettraient la création que d'une poignée d'emplois et ne stimuleraient pas vraiment l'activité bancaire dans les deux villes.Les activités prévues dans le projet, les prêts à des non-résidents et les dépôts de non-résidents, représentent une part de plus en plus petite des activités bancaires internationales, a ajou- te le comité, preside par le depute activités liées directement au fi-conservateur Don Blenkarn.nancement du commerce inter-II a recommandé au ministre national, s'il veut obtenir des ré-_ sultats significatifs.Retenues a la source M.Wilson n'a cependant pas écarte la seconde recommandation du comité, soit de conclure des ententes bilatérales réduisant ou supprimant la retenue à la source sur les intérêts bruts.Le Canada applique une retenue à la source relativement élevée à ses partenaires, commerciaux.Dans le cas des États-Unis, ce type d'impôt est fixé à 15 p.cent de l'intérêt brut.En Chambre hier, la députée libérale Aideen Nicholson a soutenu que ces retenues à la source repoussaient des firmes qui seraient autrement intéressées aux centres bancaires.«Nous examinerons cela et nous verrons quelles sont les possibilités d'élargir nos ententes sur les retenues à lu source avec les autres pays, a déclaré le ministre Wilson.Toutefois, je ne crois pas que ce soit une raison pour retarder l'adoption de la motion créant les centres bancaires présentement devant la Chambre des communes.» Michael Wilson n'a cependant pas écarté la seconde recommandation du comité.Wilson de confier aux deux futurs centres bancaires des types additionnels de transactions, notamment en ce qui concerne les LA BOURSE Les marchés clôturent sur une note négative ¦ Les marchés boursiers ont terminé la semaine sur une note légèrement négative.L'indice Dow lones des industrielles américaines a cloture à 2 280,4 points, en baisse de 6 points.À Toronto, le principal indice du marché boursier canadien, le TSE 300 a fermé a 3 708 points, soit un recul de huit points.À la Bourse de Montréal, le XXM est resté au beau fixe, à I 837 points.Exception faite des sous-indices immobilier, pipelines et haute technologie, tous les autres ont essuyé des pertes.Les valeurs les plus actives étaient: Banque Nationale du Canada a perdu 'A à 14 %, Banque Toronto Dominion '/« à 28 Banque Royale du Canada 'As à 34 Vi.Crownx A V* à 8 '/?.En hausse, on retrouvait : Hayes-Dana qui a monté de 'A à 11 Vz, Haris Steel A Via8 'A Inco '/fcà 21 %.Aucun autre média n'est susceptible de remplacer les journaux dans un avenir prévisible, dit Thomson Prene Canadienne TORONTO ¦ Selon Ken Thomson, le propriétaire de l'une des chaines de journaux les plus rentables d'Amérique du Nord, il n'existe aucune raison de s'inquiéter de la stagnation actuelle du nombre de lecteurs de journaux au pays.Confiant de voir le tirage des journaux augmenter au fur et à mesure que la génération d'après-guerre avancera en âge, il a déclaré hier à l'assemblée annuelle des actionnaires de la société Thomson Newspapers: «Il n'existe aucun média susceptible de rempla- cer les journaux dans un avenir prévisible.» Refusant par ailleurs de faire preuve d'un optimisme exagéré, M.Thomson a en effet souligné que si sa société avait acetu, au cours des cinq dernières années, de 141 à 154 le nombre de journaux, qu'elle détient au Canada et aux États-Unis, le tirage total, lui, n'avait augmenté que d'un modeste 11,5 p.cent, passant d'une moyenne quotidienne de 2 392 100 exemplaires à la fin de 1982 à 2 665 960 à la fin de 1986.De 1977 à 1986, les revenus d'exploitation de Thomson Newspapers ont quadruplé, cependant que les dividendes versés aux actionnaires ont quintuplé, a révélé Ken Thomson.Les bénéfices sont passés de $175.6 millions en 1985 à $200.7 millions en 1986, cependant que les revenus d'exploitation sont passés de $954 millions à $1.03 milliard pendant la même période.Thomson Newspapers fut fondée par feu Roy Thomson, le père de Ken, qui fit l'acquisition, en 1936, de son premier journal, le «Timmins Press», un hebdomadaire de Timmins en Ontario.Plus de 50 ans plus tard, la compagnie publie 13 hebdomadaires et 39 quotidiens au Canada, dont le «Globe and Mail» de Toronto, ainsi que 97 quotidiens et 5 hebdomadaires aux États-Unis.Selon |ohn Tory, le vice-président de Thomson Newspapers, la société s'apprête à investir dans d'importants projets.MONTRÉAL\tTORONTO\tDOW JONES\tL'OR (NEW YORK)\tDOLLAR CANADIEN \t\t\t\t .1 (058) L\t1
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