La presse, 27 juin 1987, F. Arts et spectacles
[" Arts et spectacles AUXANDRE «C'est devenu une brasserie de type parisien, etc est un des plus beaux décors de Montréal.» FRANÇOISE KAYLER (LA PRESSE) _.}h F2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 JUIN 1987 FESTIVAL DE JAZZ La tragique histoire de la chanteuse Billie Holiday interprétée par Ranee Lee DBMS ».A VOIS Il y a près de 20 ans.mourrait une chanteuse américaine comme on en n'a jamais revue.Billie Holiday.C'était tout juste quelques jours avant un spectacle qu'elle aurait dû présenter à Montréal, où elle n'aura chanté qu'une fois, dans les années 40.Une comédie musicale.Lady Day at Emerson's liar & Grill.présentée au Club Soda dans le cadre du Festival international de iatt.de Montréal, tente de reconstituer ce que vivait alors cette incomparable chanteuse, minée par la drogue et l'alcool.Se mettre dans la peau d'une chanteuse aussi intense et pognéc n'est guère facile.C'est pourtant ce que s'évertue à faire la chan-leijse Rance Lee.seule interprète, hormis les trois musiciens qui l accompagnent, de Lady Day at I nicrson's Bar& Grill.Depuis quelques semaines, la chanteuses originaire de New York et qui vit à Montréal depuis près de 20 ans, mène donc une double vie.Se pénétrer de ce personnage insecure, femme généreuse aux amours sans lendemain, a été beaucoup plus ardu pour Rance Lee que d'apprendre les chansons, qui ne sont qu'un élément de sa performance.Elle a dù beaucoup lire sur la vie de Holiday, visionner des interviews, et même discuter avec une narco-mane.pour bien saisir la personnalité de la légendaire chanteuse.L'émotion qu'elle a vu sur les visages des spectateurs, témoignent de la qualité de son interprétation.Pour une chanteuse qui s'est fait l'interprète de tous les styles de chanson, mais qui se destinait a une toute autre carrière pour avoir étudié la danse et la musique, de se retrouver comédienne pour une première fois, à 44 ans, dans un rôle aussi exigeant, n'a pas été une mince affaire.« le pense que dans ce métier, on doit explorer toutes les possibilités de son talent.C'est un devoir.Et c'est plus gratifiant», de dire la chanteuse.Chargé d'émotion, ce spectacle, raconte Ranee Lee, nous fait voir une artiste épuisée, vidée, à son troisième spectacle de la soirée, dans un bar de Philadelphie.Un peu perdue par moment, entre deux chansons.Holiday relate quelques moments de sa vie, réfléchit tout haut.«On n'a pas besoin de saisir le texte en anglais, car c'est un spectacle très visuel.L'attitude, le comportement, suffisent à comprendre», explique l'interprète.Le décor est d'ailleurs dépuillé, orné de gardénias, fleur fétiche de la chanteuse.La plus grande difficulté de Ranee Lee est de comprendre ce que vivait Holiday sous l'effet stimulant de la drogue, et d'utiliser des expressions plutôt vulgaires, qu'on n'aura pas de mal à recon- r ».à -\u2014- m Ranee Lee PHOTO PIEPBE MCCANN LA PRESSE Une interprétation captivante OCHI5 LA VOIE ¦ Quelle performance que celle tic Rance Lee jouant le role de Billie Holiday, dans la comédie musicale qui ressuscite la chanteuse américaine! C'est un hypothétique spectacle que Billie aurait présenté à Philadelphie, quelques mois avant sa mort, qu'on revit avec Ladv Day at Emerson's lhr& Grill.L'interprétation de Ranee Lee nous fait découvrir une artiste blessée cruellement par la vie.Dans son dialoguer avec son public! Holiday se met à nu, raconte ses déboires, parle de son passé, -de sa relation à sa mère, de son pere et de ses nombreux maris.Qn a beau ne pas trop bien «Comprendre tout ce que dit Ran-IneLee.l'émotion qu'elle dégage, >escestes, suffisent à nous donner \u2022 l'impression d'être vraiment en i face d'une Billie Holiday que l'ai-; cool rend loquace.'.Décor très simple, composé ; 'i:i¦ h bar.une table et une chaise, \u2022 un jukebox, un pot de fleurs sur ! un socle, une affiche du spectacle de Holiday, l'enseigne du bar où ¦ clic chante, un mannequin ; tenant lieu de barman, et un trio effacé de musiciens.The Billie Holiday musical - lady Day at Emerson s Bar & Grill-, de Lame Robertson, avec Ranee lee dans le role de Billie Holiday.Charles Coleman figurant comme le oiamste Jimmy Powers.Richard Ring dans le role du qui-tanste Buck Wilson et Skip Bey dans celui du contrebassiste Frankie Lee Jones Direction artistioue Roger Peace Le decor est de Guy Cyr les costumes de Peter De Castel.les éclairages de Keith Allan et la direction musicale de Charles Coleman Présente au Club Soda h win .m 5 juillet Les éclairages simples, les effets sonores dont une sorte de voix intérieure de la chanteuse, tout contribue à attirer l'attention sur Ranee Lee qui joue et chante merveilleusement.Les émotions, elle les vit intensément.La communication s'établit tellement bien que le public est suspendu à ses lèvres quand le trio se tait pour laisser divaguer la chanteuse vidée, à son troisième spectacle de la soirée.Soulignons la très bonne elocution de l'interprète, non seulement dans ses variations vocales, mais également dans le débit de son monologue par moment très rapide.Elle pleure, elle rit, clic crie, elle croule, elle dialogue avec son pianiste, prend le public à témoin, en une performance captivante qui nous fait vibrer et oublier que Ranne Lee joue un rôle.C'est Billie Holiday qu'on voit quand elle titube, boit, nous tourne le dos, descend au milieu du public, se fâche, ou quitte subitement la scène.Elle rend bien aussi le rythme, typique de la narcomane qui vit intensément ses hauts et ses bas.Ainsi, les dialogues qui entrecoupent les chansons sont souvent saccadés.Une très bonne mise en scène et une excellente direction d'actrice font ressortir un texte très cru et qui cerne assez bien le personnage, témoignant de son malaise et de son mal de vivre dans sa négritude.Il y a jusqu'aux silences qui sont éloquents.C'est d'ailleurs sur une voix éteinte que se termine le spectacle, qui s'ouvre sur l'artiste figée suc place.Devant l'ovation qui a suivie sa performance le soir de la première, Ranee Lee semblait tellement pénétrée de son personnage, qu'elle a eu bien du mal à esquisser un sourire.Elle vit si intensément la triste aventure de cette Billie Holiday pendant près de deux heures que dure le spectacle, qu'on la sent tout aussi épuisée que l'aurait été une Billi Holiday bourrée de complexes et qui donnait le maximum sur scène pour satisfaire un public avide.AUJOURD'HUI 12:00 Calé Bistrot Jardins de la Place des Arts Bloco LDL ; - (gratuit) 16:00 Montréal-Jazz ; \u2022 Scene Yogourt Liberté l (St-Denis / Maisonneuve) Léo Perron Quintet (gratuit) 17:00 Le 5 i 7 ! .Jardins de la Place des Arts Dixieband l .(gratuit) '.17:30 CBC Stéréo et CBF FM 100,7 \u2022 présentent Concoure de jezz Alcan Bibliothèque Nat.du Quebec Région Est Urbans Turbans ' ' (gratuit) 18:00 20:00 22:00 Ciné-jazz Cinémathèque québécoise .Saxophone Colossus / Sonny Rollins \u2022 18:00 Rendez-vous '.Scène Yogourt Liberté \u2022 \u2022 Alalatine (gratuit) .19:00 CBC Stéréo présente \u2022 -.Les Qrends Concerts \" ' - Air Canada î ' Théâtre Saint-Denis « Herbie Mann, Jasil Brazz avec *.* le New York Samba Band.l-l Claudio f-toditi, David «Fathead» \u20222' Nowman -ïg:00 C8C Stéréo présente Jazz Beat .\u2022[-I- Spectrum CH*«r Billy Cobham FESTIVAL INTERNATIONAL JAZZ DE MONTREAL IMIiMii 19:00 CBF FM 100,7 présente Ad Lib Café de la Place (PDA) James Qelfand/Dave Qelfand (gratuit) 19:00 Montréal-Blues Scène Labatt Blues (Sainte-Catherine/ Jeanne-Mance) Blue Rocket Special (gratuit) 20:00 Jazz Liberté Scène Yogourt Liberté (Saint-Denis / Maisonneuve) Tatoo (gratuit) 20:30 CBF FM 100,7 présente Jazz sur le vif Bionotneque Nat.du Quebec Contrevent (gratuit) 20:30 Concerts-étoiles Alcan Scene du Complexe Desiardint Big Band St-Laurent (gratuit) 20:30 Les Spectacles Alcan Scène Alcan (Saint-Denis / Ontario) Charles Biddle and Friends (gratuit) 21:00 Événements spéciaux Alcan Salle Willrid-Pelletier (Place des Arts) Jon Ballantyne Trio, Deiter Gordon, Cedar Walton, Billy Higgms, Buster Williams, Bobby Hutcherson 21:00 CBC Stéréo présente Piano-Plua Salle Marie-Qérin-Laiole (UQAM) Tete Montollu (Espagne) 21:30 Les Spectacles Jazz Bud Scène Jazz Bud (clocher de l'UOAM) Aloèa (gratuit) 22:00 Lea Spectacles Labatt Blues Scène Labatt Blues (Jeanne-Mance/ Sainte-Catherine) Jeff Healy Rand (Toronto) (gratuit) 23:00 CBF FM 100,7 présente Jazz dans la nuit Théâtre Saint-Denis Qll Evans Orchestra 23:30 Télé-Jazz Quatre Saisons , CrjP-UHF35/Câble 5 Sin stéréo) uddy Rich 23:30 Labatt Blues au Spectrum Spectrum Blue Rocket, Jeff Healy Band (gratuit) naitre.C'est ce qui contribue à l'authenticité qu'on a voulu donner à cette comédie musicale, qui n'a été présentée auparavant qu'à New York, l'an dernier.Ranee Lee.dans le physique comme dans sa façon de chanter 15 des plus belles chansons de Billie Holiday, ( / Wonder Where Our Love Has Gone, God Bless The Child, Easy Living, Don't Explain) n'a pas voulu faire de l'imitation, «j'essaie surtout de faire passer l'émotion, les angoisses qu'elle vivait, son insécurité, ses peurs, sa relation avec sa mère.C'est très dramatique par moment, drôle parfois.Holiday raconte sa vie, dit ce qui lui passe par la téte, mais elle est là pour chanter.Et à l'occasion elle pleure et va jusqu'à tomber sur scène.Mais elle est là pour chanter.» Pour Ranee Lee, chanter est chose naturelle, louer un personnage si différent de ce qu'elle est, ( Holiday était plutôt petite et grassouillette), c'est tout un défi, qu'elle a su bien relever, car elle parle avec tant d'ardeur de Billie Holiday.C'est comme si elle l'avait bien connue, alors qu'elle n'avait que 15 ans quand elle est morte.«l'ai le feeling de ce qu'elle était, de ce qu'elle éprouvait, mais je n'ai pas connu les mêmes aventures que Holiday.Il y a eu tant de choses négatives dans sa vie.Très nerveuse à la veille d'entrer en scène, je ressens pourtant cette angoisse qu'elle devait vivre, calmée par l'alcool et la drogue».«C'était surtout une grande chanteuse, inimitable, qui a donné un feeling de blues au beat du jazz», ajoute Ranee Lee.Aux problèmes personnels, comme le fait que Holiday n'ait pas eu d'enfant, s'ajoutent les problèmes raciaux qui ont tant affecté les artistes américains de cette époque.«Billie Holiday n'était pas toujours très bonne.Elle était plutôt inégale.Et si elle est devenue populaire, c'est en bonne partie à cause de sa mauvaise réputation, de ses incarcérations, de ses nombreux mariages et de ses problèmes avec la drogue et l'alcool», rappelle Ranee Lee, précisant que la chanteuse a vu la police se présenter jusqu'à son lit d'hôpital, la veille de sa mort.Elle avait le même âge que Ranne Lee aujourd'hui, pour sa part débordante de vitalité, comme il lui en faut pour défendre seule ou presque, la personnification d'une artiste qui a profondément marqué son époque.Ella Fitzgerald Ella se moque des années AMorialrd Prtss NEW YORK La chanteuse de jazz Ella Fitzgerald, qui se produira à guichet fermé à Montréal le soir de clôture du festival, a une nouvelle fois démontré mercredi soir au Avery Fisher Hall, de New York, qu'elle se moquait des années et des problèmes de santé.Dès son entrée sur scène, au bras de son pianiste Paul Smith, la salle bondée l'a applaudie à tout rompre, «l'espère que vous serez toujours aussi enthousiastes quand j'aurai fini de chanter», a-t-elle dit avec son attitude franche, respectable et humble habituelle.Puis, accompagnée de Smith, du bassiste Keeter Betts et du batteur Icff Hamilton, elle a attaqué une série d'airs connus du répertoire du jazz, depuis Honeysuckle Rose, de Fatts Waller, jusqu'à Round Midnight, de Thelonius Monk, en passant par In a Mello-lone, de Duke Ellington.Ses auditeurs ont été estomaqués: à 69 ans, Fitzgerald n'a rien perdu de son registre vocal illimité.Elle a comme à l'habitude chanté en duo avec la contrebasse et, en rappel, elle a offert son imitation de Louis Armstrong voca-lement puis sur la trompette.L'été dernier, Fitzgerald avait été hospitalisée à la suite d'une défaillance cardiaque durant un concert à Niagara Falls, N.Y.et elle avait dû subir un pontage coronarien.kj Dexter Cordon Au royaume du be-bop avec Dexter Cordon SUITE DE LA PACE E1 Et se rappelle-t-on qu'en 83, il a dù suspendre sa carrière, question de se « colmater » le tube digestif ?Qui sait qu'il était effectivement un joyeux fêtard, frôlant la limite de ses possibilités hépatiques ?Quelques hivers au Mexique, un sévère régime de tisanes et de crudités, une nouvelle épouse qui le surveille de près, une vie plus rangée, un film extraordinaire.et revoilà Dexter en très bonne forme.« Good morning, bonjour ».Dexter se fait attendre; près de 5 minutes avant de répondre au téléphone.Mais il amorce la conversation un peu comme dans le film.Quelques brins de français par-ci par-là.Il baratine lentement, détendu, vraiment pas pressé, il rigole au ralenti.On se demande même parfois s'il n'a pas raccroché, tellement il prend du temps pour réfléchir à ses réponses.ou simplement pour savourer le silence, comme dans ses solos.Le personnage de Dale Turner, figure dominante de Round Midnight, n'est pas si différent de celui qui l'a brillamment incarné.\u2022 J'aime le romantisme > Dans une entrevue accordée l'automne dernier au magazine lazz Hot, le réalisateur Bertrand Tavernier racontait à quel point Dexter prenait le personnage de Dale Turner au sérieux.Tous les matins, Tavernier retrouvait le vieux saxophoniste dans sa loge en plein recueillement, contemplant les photos de Lester Young et Ellington.« Constamment j'en parlais et j'y réfléchissais.Mais je ne voulais pas être trop tragique », d'amorcer Gordon au téléphone.Officiellement, Dale Turner était une combinaison du saxophoniste Lester Young et du pianiste Bud Powell.Deux générations de jazz, deux montres sacrés, l'un du swing, et l'autre du be-bop.Mais Gordon dit avoir indu tous les grands artistes qui l'ont marqué, comme Parker ou le Duke.Les Nord-américains n'ont pas tous prisé la vision française du jazz dans Round Midnight, mal- Ïré la grande qualité musicale.)n ne blairait pas nécessairement le graphiste, inconditionnel groupie de Dale Turner, qui incarnait le véritable Francis Pau-il ras.véritable ami de feu-Bud Powell.On avait l'impression qu'il charriait carrément sur la vénération, sur le romantisme.« Moi j'aime le romantisme! », de rétorquer Gordon en riant, lorsqu'on lui sert cet argument.« La trame de ce film était réelle et honnête, pas dirigée par les arnaqueurs d'Hollywood, l'ai compris que Tavernier était sincère, qu'il voulait vraiment rendre hommage au jazz », poursuit-il.Fils de médecin Originaire de Los Angeles (où il est né le 27 février 1923), Gordon ne vient pas du ghetto noir.Il est le fils d'un médecin, dont la clientèle était particulièrement jazzistique (Ellington et Hampton, par exemple).Après avoir complété sa formation musicale, il obtint ses premiers engagements professionnels dans les or-chêtres de Lionel Hampton, de Fletcher Henderson et Louis Armstrong, les doyens de son époque.A ses débuts» on disait de Gordon qu'il représentait une heureuse fusion de Lester Young et de Charlie Parker.« C'était vrai à l'époque, mais c'était il y a 40 ans.Depuis lors je suis devenu moi-même, je suis Dexter », corrige-t-il, question de sortir d'un cadre plutôt encyclopédique, question d'affirmer sa propre contribution au jazz.Quoi qu'il en soit, Gordon fut un des premiers joueurs de ténor à mettre du tigre dans le jeu doux et ciselé de Lester Young, monument des années 30 et 40, pour lui coller des phrasés typiques du be-bop, révolutionnaires pour l'époque, inspirés de l'alto Char-lie Parker.On sait que ce dernier avait alors bouleverse toutes les références admises, de par ses mirobolants concepts mélodiques et harmoniques.Un génération plus tôt.Lester Young avait instauré une esthétique de la délicatesse, qui contrastait avec les saxophonistes dominants qu'étaient Coleman Hawkins (la vedette de l'orchestre de Fletcher Henderson) et Ben Webster ( un des grands solistes d'Elligton), nettement plus tonitruants.La Dexter.lté L'approche de Dexter Gordon a donc fait école au milieu des années cinquante.Sa dextérité ( Dexter.ité, si vous préférez!) et sa projection étaient alors considérées comme phénoménales.Or son règne fut progressivement contesté, avec la montée de grands virtuoses du ténor Sonny Rollins et |ohn Coltrane.Mais jamais on ne contesta l'autorité de Gordon, toute sa vie durant.Lorsque le jazz a baissé en popularité au debut des années soixante, Dexter a migré vers l'Europe, alors plus réceptive a cette musique d'improvisation.« j'avais alors été embauché au bar de Ronnie Scott à Londres, j'y suis resté trois mois, puis j'ai songé à y déménager carrément ».ra-conte-t-il.Or après un assez court séjour en Angleterre et à Paris, c'est au Danemark que Gordon a passé le plus clair de son temps, animant les soirée du Café Montmartre aux côtés d'autres légendes du jazz, comme le superbe saxophoniste lohnny Griffin, par exemple.Il y demeura 16 ans.En 76, Gordon revenait en grande pompe aux États-Unis.Il fit effectivement un malheur au Storyville à New York, ce qui l'incita à y demeurer sur une base permanente.À cette époque, le néo-bop naissait, consacrant les années cinquante comme étant la période par excellence pour la majorité des musiciens de jazz.lusqu'au début des années 80, Gordon a tourné avec son propre groupe; un enregistrement récemment repris par Blue Note témoigne d'ailleurs de cette époque récente (Nights at the Keystone, avec le pianiste George Cables, le bassiste Rufus Reid, le batteur Eddie Gladden).L'esprit de « Round Midnight \u2022 A la PDA, l'esprit musical du film Round Midnight (dont la plupart des pièces avaient été repensées par Herbie Hancock) devrait évidemment planer, d'autant plus que la presque totalité du personnel figurait dans le film.Les sidemen seront donc le subtil batteur Billy Higgins, le très bon vibraphoniste Bobby Hutcherson, l'excellent pianiste Cedar Walton et le contrebassiste Buster Williams (le seul qui n'a pas fait partie du projet Round Midnight).On pourrait également prévoir quelques standards remaniés à la sauce Gordon.Mais il ne faut surtout pas s'attendre à voir un technicien hallucinant, fonctionnant à toute vapeur.C'est l'aura de Gordon qui est importante! La maturité de son jeu, malgré les régressions techniques.Artiste accompli et enfin reconnu comme il se doit, Gordon peut vieillir en paix.« Mais je ne veux surtout pas finir comme Dale Turner! », précise-1-il en riant.Quoi qu'il en soit, des centaines de milliers d'oreilles constatent que le jazz est-un des principaux fondements sonores de ce siècle.Le Festival de Jazz de Montréal ne serait plus cette excroissance anormale qui comblait le trou culturel laissé par la chute des fêtes de la St-|ean.Plus vraisemblablement le résultat d'une remontée d'ordre international.Phénomène éphémère ou reconnaissance A long terme ?Le vieux musicien prend soin de conclure : « There's nothing normal about Jazz».% *-4- LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 27 JUIN 1987 \u2022 i j Pagliaro au stade avec Bowie Louise Cousineau fUNMAUNOVH ¦ La tournée Class Spider de David Bowie s'arrêtera au stade Olympique de Montréal le 30 août prochain.Ce spectacle que le promoteur Donald K Donald considère comme la plus grosse production théâtrale dans l'histoire du rock'n'roll, nous permettra de voir le super groupe Duran Duran en première partie et d'assister au spectaculaire retour de Michel Pagliaro.On prévoyait ce spectacle de Bowie à Montréal mais personne n'avait imaginé le retour de «Pag».Celui que l'on peut considérer comme l'un des plus authentiques rockers au Québec, était de retour à Montréal depuis près de deux ans mais tardait à se manifester.On l'a vu dans l'entourage de Jacques Higelin récemment mais Pagliaro refusait les entrevues et vivait en réclusion.Il a été le producteur du dernier album de Jacques Higelin.Il a beaucoup écrit mais avait refusé jusqu'à maintenant de remonter sur scène.Il lui aura fallu le stade Olympique et l'entourage de Bowie et Duran Duran pour briser ce curieux silence.Ce spectacle grandiose, le premier show rock présenté sous le nouveau toit du stade, devrait être l'événement artistique de l'été.Les billets au coût de $32.00 seront mis en vente jeudi le 2 juillet à 10 heures et chaque personne sera limitée à un achat de 16 billets.On annonce un spectacle visuel, théâtral comme jamais Montréal a présenté.r Festival International de Jazz de Montréal SCENE^/ç^.^ Angle St-Denis et Ste-Catherine En face du clocher de l'UQAM Les spectacles de la scène Jazz Bud, c'est du jazz-rock à son meilleur! Du 26 juin au 5 juillet, venez \"jazzer\" des 21 h30 à la scène Jazz Bud.Jazz Bud, c'est hot et c'est gratuit! Vendredi\t26 juin\tDigital 5 Samedi\t27 juin\tAloès Dimanche\t28 juin\tSùld (Islande) Lundi\t29 juin\tKaram Mardi\t30 juin\tCarlos Lopez Group (Toronto) Mercredi\t1er juillet\tBarclay Road Jeudi\t2 juillet\tRon Paley Big Band (Winnipeg) Vendredi\t3 juillet\tProtéus Samedi\t4 juillet\tTelefunk Dimanche\t5 juillet\tEl Eco Latin Jazz Group (États-Unis) ALCAN FESTIVAL BUD light légère Budweiser ¦ DE MONTREAL III il in Mfll II 1 Le CRTC convoque Quatre Saisons pour parler de sport Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a convoqué hier Télévision Quatre Saisons à une audience publique le 9 juillet prochain à Hull.Le but de l'audience est de discuter de la programmation d'automne du nouveau réseau, qui comprendra beaucoup de sport.Le CRTC veut éclaircir l'affaire des sports à TQS.Lorsque Quatre Saisons avait obtenu sa licence du CRTC le 6 septembre 1985, le réseau ne devait pas diffuser de matchs sportifs.Le vice-président d'alors, M.Guy Fournier, ne négligeait jamais, lors de ses conférences de presse, de rappeler cette belle absence de sports à TQS.et une absence de matchs sportifs.On sait que le téléjournal de Quatre Saisons dure 30 minutes, et que depuis que le réseau s'est mis sur la carte en présentant la série Canadien-Nordiques le printemps dernier, son appétit pour le sport s'est grandement accru.TO BE OR NOT TO BE On peut déjà prédire qu'il y aura beaucoup de discussions à l'audience du 9 juillet sur la signification réelle de «pas de sport».Car lors de la comparution de TQS pour l'obtention de la licence, MM.lean Pouliot ( le propriétaire de l'entreprise) et compagnie avaient dit en sub- Ctiy Fournier, alors vice-président.cette belle absence de sport Or, la programmation d'automne de Quatre Saisons comprendra non seulement les séries finales et mondiales de baseball, mais aussi 20 parties des Nordiques et six du Canadien.Sans compter la coupe Canada en août, du golf, du curling et le Superhowl l'hiver prochain.Dans son avis de convocation, le CRTC rappelle qu'il a accordé la licence de la nouvelle chaîne française de télé à Quatre Saisons, parce que ses promesses incluaient notamment un bulletin de nouvelles d'une heure en début de soirée stance: «Oui, pas de sport, sauf de temps à autre.» Le CRTC devra donc décider si la programmation d'automne de Quatre Saisons est une modification à l'esprit et à la lettre de ses promesses.Tout le gratin de Quatre Saisons sera a l'audience.Le directeur des programmes André Picard a déclaré hier que le propriétaire lean Pouliot, le président Paul Chamberland, l'expert en affaires gouvernementales Charles Bélanger et lui-même seraient à Hull pour rencontrer le CRTC.«Nous n'allons pas nous dé- fendre, a dit.M.Picard.Nous allons expliquer dans quel esprit nous avons fait nos ententes avec les brasseries.» Selon des sources bien informées, cette audience de juillet entendra aussi des plaintes contre Quatre Saisons.La plus importante serait celle du réseau Pathonic de Québec qui ne verrait pas d'un bon oeil l'implantation de Quatre Saisons dans la capitale provinciale.TQS a demandé au CRTC l'autorisation d'ouvrir une station à Québec.Actuellement, les Québécois voient sur leurs écrans le même canal que les Montréalais.Ouatre Saisons veut ouvrir une station à Québec qui ferait de la programmation locale et diffuseraient des publicités locales également.La 1000e du Point lundi ¦ Lundi soir prochain, l'émission Le Point de Radio-Canada fêtera sa 1 000e émission en montrant aux téléspectateurs comment ses journalistes travaillent.L'émission, qui a été réalisée par Jean-Claude Burger, reprendra des extraits des émissions les plus controversées.Notamment ce bout de l'entrevue récente de Pierre-Elliott Trudeau qui déclare à la journaliste Madeleine Poulin qu'elle n'est pas subtile.Et un clip d'une entrevue de Pierre Nadeau avec Robert Bourassa où ça avait beaucoup bardé.«Nous voulons montrer aux téléspectateurs que le métier de journaliste n'est pas de tout repos», de dire M.Burger.L'émission durera 17 minutes 50 secondes.C'est plus court que d'habitude, mais il faut savoir que les émissions d'information seront à l'horaire d'été, donc raccourcies, à compter de lundi.Marisol passera le matin en France ¦ Contrairement à ce qui avait été annoncé, c'est lundi prochain seulement que la chaine française La Cinq commencera à diffuser les deux téléromans de Télé-Métropole Marisol et L'Or du temps.TM avait annoncé que les oeuvres seraient a l'affiche à compter du 22 juin.De plus, les deux téléromans ne seront pas à l'affiche en fin d'après-midi, tel qu'annoncé par Télé-Metropole, mais l'avant-midi.Le 10 a vendu 115 episodes de Marisol et 67 de L'Or du temps à La Cinq, dont elle détient trois pour cent des actions.Chaque épisode de 30 minutes aurait été vendu $8000.VOTRE SOIREE DE TELEVISION CHOIX D'EMISSIONS par Louise Cousineau 19:00 EB \u2014 Rock et Belles Oreilles Ils parodieront Action-Réaction et son animateur Pierre Lalonde et Les Insolences d'une caméra.20:00 Œ \u2014 L'Empire des futures stars Michel Rivard anime cette émission où on verra les groupes rock de la relève, dont le gagnant du concours Volt.L'émission sera aussi retransmise à CKOl (96,1 FM).21:00 09 \u2014 «L'invitation» De Claude Goretta, un film qui date d'avant La Dentellière.Un party de copains de bureau qui tourne mal.23:30 OQi- «Abattoir 5» L'univers déchaîné de Kurt Vennegat adapté par George Roy Hill avec Michael Sacks et Valerie Perrine.L'histoire d'un optométnste qui voyage dans le temps et qui est observé par des extra-terrestres.00:00 O \u2014 (Some like it hot» Le meilleur film de Marilyn Monroe.Une folle comédie de Billy Wilder avec lack Lernmon et Tony Curtis à l'époque de la prohibition.00:30 CB \u2014 «Equateur» Un film erotique et malsain signé Serge Gains-bourg avec Francis Hus-ter.HORAIRE RÉVISÉ 18:00 Œ) \u2014 Wow! Changements aux rubriques suivantes: Rock en vrac, avec Sylvain-Claude Filion: Polygram.Portfolio: David Bowie.Vos, avec Julie Snyder: le roulis-roulant (Skateboard).\t18 h 30\t19 h 00\t19 h 30\t20 h 00\t20 h 30\t21 h 00\t21 h 30\t22 h 00\t22 h 30 O\tImpact |i8hûs)\tMinye.ia fin du mythe\tBaseball des Eipos: le; Eipos de vs les Cardinals i~ Si Louis.\t\t\t\t\tLe Telejouma!\tTe*-se!ect!0«(22M5) Œ)\tCBS Evening Newt\tWonderful WorW of Disney\t\tSpecial Presentation: \"Master of the Game'' (dernière de 4).\t\t\t\tWest 57th\t S)\tWheel of Fortune\tSuperstars ol Wrestling\t\t227\tMe & Mrs.C.\tThe Golden Girls\tAmen\tHunter\t O\tWeek in Parliament\tGiowskilCo.\tFront Page Challenge\t« CFL Football: Edmonton vs Calgary.\t\t\t\t\t o\tLa Belle Vie\tLe Disciple Ninja\t\tCmt-eitra: \"New York-Para supersonic en peril S.O.S.\".\t\t\tIntermède (21M5)\tChacun chez sot\tSurlacollme o\tLa Belle Vit\tLe Disciple Ninja\t\tCinè-eitra: \"New York-Parts supersonic en peril S.O.S.\".\t\t\tIntermède (21H45)\tChacun chez soi\tSur la colline o\tRegional Contact\tReach for the Top\tPet Peeves\tSpecial Presentation: \"Master ol the Game\" (dernière de 4).\t\t\t\tSimon a Simon\t ®\tABC Newt\tStar Search\t\tWebster\tSidekicks\tGungHo\tDads\tStarman\t (5)\tMcCioud : Meurtre au iodiaque\"l.1«h>.\t\tBaseball des Eipos: les Eipos de Mil vs les Cardinals de St-Lours.\t\t\t\t\tLe Téléjoumal\tCine-soir {22h4S) Œ)\tPleiHnag\tPop-eipreti en vacances\t\tCinema du samede \"L'Amour sur béquilles\".\t\t\t\tSociété 87\tSur la colline
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