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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1987-07-18, Collections de BAnQ.

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[" LA PRESSE.MONTRÉAL.SAMED118 JUILLET 1987 Plus L'eau potable.un incroyable mélange cie produits chimiques Comment l'eau devient potable Parmi les nombreux produits chimiques ajoutés en quantités souvent impressionnantes à l'eau brute, pour la décontaminer, certains sont très toxiques.Seule leur dilution dans des masses imposantes de liquide arrive à en neutraliser \u2014 ou du moins à en réduire \u2014 les conséquences sur la santé des humains.» L'idéal, certes, serait d'obtenir une eau brute à peu près exempte d'éléments pathogènes et de virus, mais tel n'est pas le cas dans la region de Montréal et, à peu d'exceptions près, dans tout le Québec.Même les eaux du Grand Nord sont maintenant contaminées par les pluies acides et les contaminants entraines par les courants aériens.Pour éliminer la turbidité de l'eau, en détruire les contaminants et obtenir un potentiel d'hydrogène équilibré, soit un pH de l'ordre de 7.5.les usines de filtration doivent avoir recours à un procédé complexe et onéreux faisant appel à une quantité de produits chimiques variés.Particules grossières L'eau brute passe d'abord à travers un tamis qui retient les particules grossières, les plantes, les poissons, les branches et autres débris.Puis, elle est acheminée dans un compartiment où l'on procède à un pré-mélange avec de l'alun ou de l'aluminatc de sodium.Ces substances chimiques entraînent une réaction violente qui dégage l'hydrogène.Elles réduisent les forces répulsives qui empêchent les particules de saleté de s'agglomérer.A noter que l'alun est un agent caustique qu'on utilise dans les teintureries et dans la préparation des cuirs.L'étape suivante est celle de la floculation.Elle consiste à ajouter d'autres éléments chimiques, notamment des polymers, qui permettront aux particules de s'agglomérer les unes avec les autres pour former des flocons.Les polymers agissent, en quelque sorte, comme une colle ou une résine, destinés â agglutiner les particules de contaminants afin de les éliminer plus facilement par la suite.Décantation On passe ensuite à la décantation.L'eau séjourne dans des bassins alors que les flocons descendent au fond.Ces bassins sont nettoyés régulièrement et les déchets recueillis sont acheminés vers un dépotoir.C'est alors qu'arrive l'étape de filtration.L'eau qui sort des bassins de décantation est acheminée vers des filtres qui retiennent d'autres débris, plus petits.L'eau de nettoyage des filtres est retournée aux.égoûts.L'étape suivante est la désinfection.C'est au cours de cette étape qu'on détruit au moyen de puissants agents chimiques les virus, bacilles, conformes et autres agents pathogènes de l'eau.Les produits utilisés ne doivent pas affecter sensiblement les qualités physico-chimiques de l'eau.Une certaine quantité de ces produits doit demeurer dans l'eau traitée pour empêcher la croissance de micro-organismes dans le réseau de distribution.Le chlore pur.obtenu par electrolyse de chlorure de sodium, est le produit le plus généralement utilisé pour désinfecter l'eau.Certaines usines font également appel à l'ozone qu'on produit sur place, au moyen d'appareils sophistiqués où une charge électrique de 10 000 à 20 000 volts traverse une couche d'oxygène retenue prisonnière dans un long tube de métal, il en résulte un gaz bleu possédant de grandes propriétés antiseptiques.Vers le robinet En principe, l'eau ainsi traitée est maintenant prête à être acheminée au robinet du consommateur.Mais auparavant, deux autres produits hautement toxiques seront ajoutés.Le premier est de la soude caustique, une substance brûlante et corrosive, utilisée dans la fabrication des savons ou dans les nettoyeurs industriels.La soude caustique sert à rétablir le pH de l'eau et à neutraliser l'acidité causée par le chlore, l'aluminatc de sodium et les autres agents ajoutés tout au cours du traitement.Enfin, on ajoute des poly-phosphates à l'eau traitée.Ces polyphosphates, résultant d'acides phosphoriques, ont pour but d'empêcher la corrosion des tuyaux du réseau de distribution.Les poly-phosphates sont des fertilisants qui, retournés, à la rivière, encourageront la formation d'algues ! « Nous sommes dans un cercle vicieux, soutient M.Pierre Brisebois, ingénieur et membre de l'Association québécoise des techniques de l'eau, puisque nous retournons aux cours d'eaux deux contaminants nocifs, soit la soude caustique et les polyphosphates.11 nous faudra ensuite dépenser une fortune pour décontaminer l'eau.On pourrait éliminer les poly-phosphates en dotant tous les réseaux de tuyaux non corrosifs.» Eva Vecsei est une des premières femmes architectes du Canada.Quand elle avait le malheur d'annoncer qu'elle oeuvrait dans ce domaine, on lui répondait \u2022 vous êtes décoratrice, of course >.B.4 FLORIAN BERNARD Tous les cours d'eau servant à alimenter les usines de filtration de la région de Montréal sont fortement contaminés.Les municipalités doivent avoir recours à des tonnes de produits chimiques, dont certains possèdent à l'état brut une forte toxicité, par exemple de la soude caustique et des polyphosphates, pour arriver à livrer au consommateur une eau de consommation relativement saine.Maigre ce traitement chimique intense, plusieurs municipalités doivent, durant certaines périodes de l'année, recommander à leurs citoyens de faire bouillir l'eau avant de la consommer.La forte concentration d'azote ammoniacal causée par le purin de porc cl les fumiers, de même que la prolifération d'algues, ajoutées a des baisses de pression en période estivale, obligent souvent des villes comme L'Epiphanie, Deux-Montagnes, Repentigny, ou encore certaines localités de la region de Granby, Saint-Hyacinthe et larnham.a donner l'alerte durant des périodes qui peuvent varier de quelques heures a une semaine.Au cours de ces alertes, l'eau doit être bouillie avant d'être consommée.Plus saine a Montreal L'eau de Montreal, puisée dans le Saint-Laurent, a la hauteur du lac Saint-Louis, est relativement plus saine que l'eau brute des municipalités environnantes.C'est l'opinion de l'ingénieur Pierre Brisebois.responsable du service de l'environnement â la firme des consultants Gendron Lefebvre.et ancien responsable du contrôle de la qualité des eaux au ministère de I Environnement.Selon lui, le fort débit du fleuve et la masse importante d'eau sur un fond stable assurent une meilleure qualité d'eau brute que celle d'affluents comme la riviere des Prairies, la rivière des Mille Iles, la rivière l'Assomption ou la rivière Yamaska.Dans plusieurs régions, notamment le secteur Lanaudiere.la situation est particulièrement critique après de fortes pluies ou en périodes de crue.Le ruissellement de surlace draine alors vers les cours d'eau une forte quantité de contaminants, y compris des pesticides et des herbicides.L'eau d'une bonne partie de la région de Laval, prise dans la rivière des Mille îles, contient beaucoup d'algues et de substances végétales qui réagissent mal avec certains oxydants comme le chlore.C'est une eau qui, même iraitee.conserve souvent un mauvais goût et qui dégage des odeurs.Plusieurs municipalités de la région d'Oka et de Deux-Montagnes continuent de déverser l'eau non traitée de leurs égouts dans cette rivière.Castro-entérites Les usines de Chomedey et de Pont-Viau s'alimentent dans la rivière des Prairies.C'est une eau brute moins polluée que les autres, bien qu'elle soit souvent porteuse de bactéries et de colibacilles, responsables de gastro-entérites, de douleurs abdominales et de nausées^ Longueuil possède sa prise d'eau dans les courants du chenal du Saint-Laurent.À cause du grand débit et de la dilution causée par les courants, l'eau brute y est relativement saine.Les principaux contaminants sont d'ordre industriel.Ils viennent souvent d'aussi loin que les Grands Lacs.On y trouve des phénols, des solvants, du mercure, divers sulfates, des hydrocarbures éthyléniques.du butylène, du botoxyde, etc.La rivière Yamaska qui sert a alimenter en eau la région de Granby/Farnhain est, avec la rivière l'Assomption, l'une des plus polluées de la zone métropolitaine.C'est une rivière à faible débit avec des bassins de stagnation, bordée d'exploitations agricoles.Outre l'azote ammonica) causé par le purin et les fumiers d'animaux, on y trouve divers contaminants provenant de l'usage des pesticides et des herbiciecs, du 2.4.D.de l'allethrine.du dichlo-ne, du sulfate de cuivre, du sulfure de manganèse, du mercure, voire même de l'arsenic.En réaction avec le chlore, l'azote ammoniacal donne naissance à des chloramines et autres gaz irritants qu'il faut détruire avant de livrer l'eau aux consommateurs.Dosage sévèrement contrôle Il arrive un moment, selon le directeur de l'usine de filtration de Repentigny, M.Antoine La-porte, où l'on ne saurait dépasser, sans risques pour la santé des gens, les quantités prescrites d'additifs chimiques dans l'eau.Ce dosage des produits chimiques est d'ailleurs sévèrement contrôlé par le ministère de l'Environnement du Québec.Les usines de filtration doivent être munies de réservoirs de prc-mchingc avec des régulateurs d'une extrême précision qui contrôlent.24 heures par jour, la quantité de produits chimiques ajoutés à l'eau brute.Pour traiter l'eau, les municipalités utilisent surtout le chlore à l'état pur.C'est un produit violent et irritant, d'un poids lourd, qui n'a rien à voir avec le chlore granule qu'on met dans les piscines ou l'eau de javelle fortement diluée.Ce chlore brut, extrait du chlorure de sodium par electrolyse, possède une odeur suffocante et une couleur verdàlrc.Il est livre aux usines dans de gros réservoir en acier, étanches et scellés.Les réservoirs sont gardés dans une enceinte de béton, sous le ni- L'eau du robinet vous semblera peut-être moins Donne après avoir lu ce dossier.veau du sol.A l'usine de Repentigny, un système d'alerte électronique prévient instantanément de toute fuite.« Cet entreposage de chlore pur pourrait devenir un petit Tchernobyl en puissance si certaines précautions n'étaient pas observées rigoureusement ».souligne M.Pierre Brisebois.L'éclatement d'un réservoir entraînerait, dans un premier temps, un nuage de chlore qui.à cause de son poids, retomberait vers le sol.causant de sérieux malaises aux populations locales.« Nous n'avons jamais eu à déplorer d'accidents sérieux, d'ajouter M.Brisebois, parce que toutes les precautions sont prises au niveau des usines de filtration.» L'ozone Avec l'ozone, le chlore constitue, jusqu'à maintenant, le meilleur traitement contre la contamination de l'eau.Mais des études récentes, réalisées aux Ltats-Unis, tendent à démontrer que son utilisation trop intense pourrait avoir de sérieux risques sur la santé.Les substances d'humus et autres éléments organiques, comme les algues, en reaction avec le chlore, donnent naissance à d'autres substances toxiques et peut-être cancérigènes, notamment des allo-mélha-nes, des chloroformes et divers acides formiques.«Ces organo-chlorés, soutient l'ingénieur Pierre Brisebois, représentent un problème dans les régions où l'eau contient une forte quantité d'algues, par exemple la rivière l'Assomption ou la Yamaska.» Une solution de remplacement au chlore pourrait être l'ozonisa-tion de l'eau.L'ozone est une substance gazeuse, bleutée, qu'on ex- trait de l'oxygène au moyen d'une décharge électrique de très forte intensité.L'ozone obtenu est un puissant oxydant avec des propriétés antiseptiques et bactericides.Le problème est son coût de production.Pour produire de l'ozone, il faut emprisonner de grandes quantités d'oxygène dans un tube géant, traverse par une courant électrique d'environ 15 000 volts.C'est un procède qui exige des coûts élevés d'énergie.A l'usine de filtration de Repentigny.on possède déjà un o/.oni-seur de conception française qui sert a fournir un traitement additionnel a l'eau, avant de l'acheminer vers le consommateur.Mais il s'agit uniquement d'un traitement d'appoint desline a réduire les quantités de chlore ajoutées a l'eau très contaminée de la rivière l'Assomption.Equilibre menace « L'équilibre fragile de nos eaux brutes de consommation est menacé par certaines exploita-lions agricoles, surtout celles de l'élevage du porc ».soutient M.Pierre Brisebois.« On sait que certains virus d'animaux attaquent aussi l'homme.Les virus du pore, par exemple celui de la grippe porcine, font également des victimes chez l'homme.Dans la region périphérique de Montréal, on constate, hélas, que le pire ennemi de nos rivieres est représenté par l'élevage du porc.L'azote ammoniacal qu'il dégage représente un sérieux problème.» Suite de notre dossier en B 4 Le sous-sol dune usine de filtration ressemble souvent au décor d'un film de science-fiction avec ses labyrinthes bordés de machines Sophistiquées.PHOTOPAUIHENRI-TAIBOT.IAPRESSE Entrevue avec vael Day an Ayel Dayan, écrivain, chroniqueur et fille de Moshe Dayan, a arcoMe une entrevue exclusive a notre correspondant à Jérusalem, Victor Cygielman.B5 Unmmoiution Kuet Rebmann, procureur-chef du ministère fédéral de la Justice en Allemagne de l'Ouest, cherche a obtenir l'immunité pour les délateurs qui permettraient d'arrêter des terroristes.B6 B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED118 JUILLET 1987 La Presse Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president éditeur Michel Roy éditeur adjoint Claude Gravel directeur de l'information Jean-Guy Ou bue éditorialiste en chef Éditorial Le NPD en tête Le Nouveau Parti démocratique occupe maintenant la premiere place au tableau des intentions de vote avec 41 p.cent des voix contre 35 aux libéraux et 23 aux conservateurs.Ce n'est pas une surprise.Le phénomène était prévisible depuis quelques mois à la lumière des sondages successifs.Mais c'est une premiere dans les enquêtes du genre.Il faut enregistrer le fait, tenter d'en établir les causes et d'en prévoir les conséquences.Ce n'est pas une surprise; et pourtant les Canadiens qui participent aux élections générales depuis 15 ou 20 ans auront du mal a imaginer que le troisième parti, l'éternel minoritaire de gauche, declasse a present les conservateurs et les libéraux, qu'il pourrait en théorie former le prochain gouvernement.En théorie.Mais, en realite, ce n'est pas si simple.D'abord parce que les sondeurs de Gallup, comme ceux des autres maisons qui \"aboutissent à des résultats comparables, ne tiennent compte que des électeurs décidés, ceux qui pouvaient et voulaient dire aux \"téléphonistes de Gallup, entre le 8 et le 11 juillet, en faveur de quel parti ils auraient vote s'il y avait eu des élections.Les autres, c'est-à-dire les indécis ou les discrets (comme les désignent les spécialistes), forment un contingent imposant: 31 p.cent du corps électoral canadien, 37 p.cent au Québec.Il suffirait, pour faire mentir les prévisions et désavouer les analystes, qu'un peu plus de la moitié d'entre eux opte pour le parti du gouvernement quand viendra le scrutin général, dans un an ou 18 mois.Entre temps, il est certain que le parti de M.Broadbent jouit de la faveur populaire dans toutes les régions, sauf dans les provinces de l'Atlantique.D'où lui viennent tous ces appuis qui font soudain sa force?Il n'y a pas qu'une seule explication.C'est en premier lieu la faiblesse démontrée des partis traditionnels qui n'arrivent plus a relever les impossibles défis d'une gestion toujours plus complexe.C est aussi I effritement des vieilles loyautés a l'égard des formations politiques qui ont decu et souvent trompe l'electorat.C'est encore la faiblesse relative des chefs et du personnel politiques dont le peuple attend beaucoup plus qu'il n'est en leur pouvoir de donner.Versatile, inconstant, parfois dégoûte, le corps electoral délaisse les avenues traditionnelles et investit son espoir dans un groupe qui offre l'image de l'intégrité, de la sincérité, de la probité intellectuelle, des solutions originales, d'un changement authentique, des lendemains qui chantent.Le Nouveau Parti démocratique profite largement de la desaffection des Canadiens envers le PC et le PLC, mais il propose aussi une équipe que l'exercice du pouvoir n'a jamais éclaboussée, un .programme social séduisant et des politiques économiques qui annoncent plus de justice pour les citoyens, plus d'autonomie pour le Canada.Il est en outre dirige par Edward Broadbent dont l'honne-tete, les manières cordiales, le style direct inspirent confiance.Sachant que la fortune électorale pourrait les bénir dans un avenir accessible, les sociaux-démocrates se soucient davantage de leur marketing depuis deux ans.Ils ne renoncent pas à leurs idéaux mais ils apprennent, comme le PQ en son temps, à ranger au vestiaire les articles du programme qui déplaisent ou inquiètent.C'est pourquoi ils parlent un peu moins des investissements étrangers qu'ils voudraient limiter, beaucoup moins de la propriété publique des grands moyens de production, à peine de la nationalisation des banques (une seule suffirait maintenant), presque plus du desengagement du Canada de l'Otan et du Norad.Mais quand viendra l'heure de faire les comptes électoraux, a la veille du prochain scrutin, il faudra demander au NPD de s'expliquer clairement sur les sujets essentiels.Est-il vrai, comme le prévoit implicitement leur programme, que l'Etat sera plus centralisateur, plus interventionniste, plus dépensier, créateur de nouveaux deficits?D'ici la, dans un contexte de deception, les Canadiens qui se confient au téléphone des sondeurs n'hésitent pas a mettre le NPD au pouvoir.Les partielles de lundi, sans être déterminantes, pourraient éclairer l'avenir.Michel ROY Un Congrès prudent La deposition du vice-amiral John Poindexter, ex-chef du Conseil national de sécurité, ne semble pas plus credible que celle de son adjoint, le lieutenant-colonel Oliver North.Ils tissent une toile qui protège le président Reagan et qui serait plus plausible s'ils n'avaient pas a avouer si souvent qu'ils ont menti auparavant et qu'ils ont détruit des documents compromettants.Les sénateurs et les représentants, qui tiennent ces audiences sur les ventes d'armes à l'Iran et le détournement de fonds au profit des contras au Nicaragua, ne poussent pas leur interrogatoire de façon très serrée.Il n'y a ni la rigueur ni l'acharnement que l'on sentait lors des audiences sénatoriales sur le Watergate.Leur manière de conduire l'interrogatoire a peut-être été influencée par la vague de sympathie populaire pour le colonel \u2022North.Elle pourrait aussi venir du fait que les Américains pardonnent plus rapidement à des militaires qui veulent soutenir la politique de leur commandant en chef qu'à une bande d'avocats, y compris un ancien ministre de la Justice, qui voulaient voler une election pour leur chef de parti.Quoi qu'il en soit, les membres du Congrès ne se sentent pas trop surs de leur affaire quand il s'agit de la conduite de la politique étrangère.La constitution donne le droit au Sénat d'approuver ou de rejeter les traités internationaux et au Congrès celui de négocier des traités commerciaux.À part cela, les affaires étrangères sont le domaine du président, limité seulement par son obligation de respecter les lois des États-Unis.Les auteurs de la constitution se sont méfiés du Congrès dans le domaine des affaires étrangères.Un des premiers présidents du .Congrès, John Jay, écrivait au général Washington: «On y trouve autant d'intrigues qu'au Vatican et aussi peu de discrétion que dans un internat.» Ces défauts n'ont pas disparu depuis que la petite assemblée de Philadelphie est devenue un grand parlement à Washington.Dans un commentaire sur la constitution, peu de temps avant de devenir le premier juge en chef de la Cour suprême, Jay défend le rôle de la présidence dans la conduite des affaires étrangères en ces termes: «Quand on négocie des traités de quelque nature qu'ils soient, il est très rare qu'une discrétion parfaite et une diligence immédiate ne soient pas parfois requises.» Comme il se doit dans des assemblés populaires, les sénateurs et les membres de la Chambre des représentants n'ont jamais renonce à leurs prétentions de faire la politique étrangère des États-Unis, et tous les présidents ont toujours cherché à se soustraire à cette influence.A la longue, cet équilibre malaisé a bien servi les intérêts des États-Unis.Bien sur, les faits parfois rocambolesques que les commissions du Congres examinent actuellement, volent bien plus bas que les considérations éternelles sur la séparation des pouvoirs.Mais le Congrès sait qu'il ne doit pas aller trop loin dans ses velléités de définir la politique étrangère.L'appui manifesté par de nombreux Américains en faveur de l'étonnant colonel North vient peut-être d'une méfiance instinctive à l'égard d'un rôle trop marqué du Con-' -grès dans les affaires étrangères.PrétféHC WACNIÈRI H/fairert>â reëëe en da-uza/vt oue&i&c/eeFFêéA/és au DROITS RESERVES TRIBUNE LIBRE Pauvres adolescents! ¦ (.) La publicité sur les con-iloms ne saurait être dissuasive pour les adolescents; elle sera toujours incitative.C'est le propre des adolescents de prendre des risques, et ils vont prendre le risque quand la passion va être plus forte que les palabres sur la prévention.Plus l'idée de l'acte sera semée par la publicité, plus les adolescents vont se livrer à la passion suscitée en eux par cette publicité, et laisser tomber ce qu'ils considéreront comme accessoire, le condom.Toute cette publicité n'aura servi qu'à augmenter les risques et à animaliser notre jeunesse.C'est pourtant clair, mais ce ne sont pas tous les adultes qui sont intéressés à comprendre.Pauvres adolescents! Marcel CHARETTE Repentigny Le bill C-22 ¦ Mme Lysianne Gagnon se plaint de l'opposition du Sénat au projet de loi C-22 sur les brevets pour découvertes pharmaceutiques.Elle nous accuse de piraterie intellectuelle et nous reproche de bloquer les investissements au Québec des multinationales de la chimie.Permettez-moi d'examiner ces arguments que Mme Gagnon reprend de la propagande des multinationales pharmaceutiques.Une personne qui écrit un livre reçoit des droits d'auteur, c'est-à-dire une proportion des recettes provenant des ventes de son livre par une maison d'édition.Les droits d'auteur ne sont pas éternels: ils expirent après un certain nombre d'années.Cette procédure n'a jamais été considérée de la piraterie intellectuelle.C'est exactement la même procédure que plusieurs d'entre nous proposons au Sénat: une exploitation commerciale exclusive d'une découverte pharmaceutique pendant quatre ans par l'entreprise qui introduit cette découverte; ensuite ladite entreprise recevrait des droits d'auteur de 14 p.cent de quiconque copierait et vendrait cette découverte.La compensation offerte aux inventeurs de médicaments par le biais de paiements de droits d'auteur est pratiquée dans plusieurs pays dont la France et l'Angleterre.Quant aux investissements promis par les multinationales pharmaceutiques, rien dans le projet de loi C-22 n'oblige ces entreprises à tenir promesse.Nous, au Sénat, voudrions que la législation impose des sanctions si ces promesses n'étaient pas tenues.Des sanctions à la suite de promesses brisées sont monnaie courante dans plusieurs pays industrialisés.Enfin, nous, au Sénat, voudrions que le mécanisme anémique du contrôle des prix proposé par le projet de loi C-22 ait des dents afin d'empêcher le retour à la situation des années soixante quand les compagnies pharmaceutiques faisaient payer aux Canadiens les prix les plus élevés au monde pour les medicaments.C'était de l'extorsion.Philippe Deane CIGANTES Sénateur Ottawa Autre temps.À M.Ivanhoé Frigon, Amos ¦ Dans votre lettre parue fin juin sous cette rubrique, vous relevez le triste spectacle du saccage de la Baie lames par un syndicaliste.démoniaque.Action coûteuse, tout comme l'ai- L'Afrique au Sommet francophone M Qu'attend l'Afrique du prochain Sommet francophone de Québec?Pour le savoir, lean-Guy Dubuc, éditorialiste en chef de La Presse, est allé poser la question aux autorités de quatre litats africains: le Rwanda, le Burundi, la Côte d'Ivoire et le Sénégal.Il fera part de ses conversations dans une série de cinq articles dont le premier paraîtra lundi.restation injustifiée de 450 personnes, libérées sans procès en I970.Combien de gouvernements, de commissions, de groupes ont fait des erreurs impardonnables dans le passé?Bien sur que les syndicats ne sont pas exempts de bourdes grossières ou de maladresses.Mais il est fini le temps du Canadien français «né pour un petit pain».(.) Estelle MARCOTTE Montréal LECTURE Trois histoires pour l'été GILBERT TARRAB Collaboration spéciale ¦ Voici trois ouvrages d'histoire, de facture différente, qui pourraient aider les lecteurs à bien terminer leur court été.D'abord, un petit livre d'à peine plus de cent pages, fort agréablement illustré par Michel Ciardi: Histoire illustrée de la psychiatrie, par Gérard Masse et Alain lacquart.En 41 leçons (suivies de résumés), les auteurs nous brossent un tableau plus ou moins exhaustif, mais de lecture facile et aisée, de la psychiatrie et de la psychanalyse mondiale.Depuis Hippocratc (donc 400 ans avant Jésus-Christ ), les auteurs nous entraînent dans leurs sillons jusqu'à Georges Daumé-zon, cet humaniste cévenol, passionné par le service public, en passant par Pinel (qui a laissé son nom à l'un des grands hôpitaux psychiatriques de Montréal), Charcot (qui imposa la neurologie comme nouvelle discipline médicale), Freud (le «conquistador» de l'inconscient, comme l'appellent les auteurs), Binet (le premier à mesurer l'intelligence), Tosquelles et Oury ( fondateurs des thérapies institutionnelles!, H cuver (spécialiste des délinquants juvéniles), Lacan, bien sûr (pour qui l'inconscient serait structuré comme un langage, les processus le régissant étant similaires aux fi-gures du discoure: par exem- ple, le «déplacement», en analyse, correspondrait à la «métonymie», en linguistique structurale), Henri Ey (qui défend une approche organo-dy-namique de la maladie mentale), Laing, Cooper et Esterson (à l'origine de tout le mouvement anti-psychiatrique anglais), et j'en passe.Un livre qui se lit vite, et qui permet au néophyte de se reconnaître dans cette jungle.Histoire de l'informatique, de Philippe Breton, nous entraine, lui, dans un autre type d'histoire: celle de l'informatique, bien sûr, mais bien plus.Car l'auteur nous offre là une perspective globale du développement de cette technologie de pointe.Professeur à l'Université de Strasbourg (France), Philippe Breton est aussi consultant au département des communications de l'UQAM.Sa langue est précise: il sait découper cette histoire de l'informatique comme un bon chirurgien.Comme ce dernier, il manie les mots avec un scalpel, dont il se sert avec doigté.En outre, le lecteur n'a pas besoin d'être informaticien pour comprendre ce dont il retourne.Faisant la part des choses entre la première révolution informatique (qui va de 1945 jusqu'en 1965 environ), la seconde informatique (qui court jusqu'à 1980 environ) et enfin, la troisième révolution (celle des années 80 ), il en arrive petit à petit à démontrer comment nous en sommes arrives à construire jies systèmes- experts extrêmement sophistiqués, avec APPLE.IBM 370.l'extension du paradigme digital, l'importante percée japonaise, les concentrations industrielles, etc., etc.À la toute fin de cet ouvrage, écrit et composé sur deux registres (celui de la chronolcgie et celui de la thématique), le lecteur trouvera une «table de questions», qui lui donnera l'occasion, s'il le désire, d'approfondir tel ou tel aspect de ce champ disciplinaire qu'est l'informatique.Un exemple des questions posées: «Pourquoi a-t-on inventé le microordinateur?» ou: «Qui était Von Neumann?» Il va sans dire que les réponses se trouvent dans le livre, ce qui force le lecteur intéressé à des relectures partielles.Un ouvrage fort stimulant, facile d'accès, et que je recommande volontiers.Enfin, «last but not least », une troisième histoire, L'histoire en miettes.Il s'agit là, en quelque sorte, d'une méta-his-toire, c'est-à-dire que l'auteur, agrégé dans cette discipline et professeur au lycée Jacques-Prévert de Boulogne-Billancourt, prés de Paris, nous propose l'histoire de l'Histoire.Ce qui donne un ouvrage passionnant à lire, puisqu'il va des fameuses Annales, que Marc Bloch et Lucien Febvre ont mises au monde dès 1929, à ce qu'on appelle aujourd'hui «la nouvelle histoire», que l'auteur, François Dosse, prétend ôlre émiettée.Citons-le: «On ne peut faire l'économie d'une réflexion sur l'histoire des Annales pour qui veut s'interroger sur la fonction de l'historien et de l'histoire.L'enjeu est d'importance, il est celui de l'existence même de l'histoire.d»1 sa capacité à éviter la double tentation suicidaire de la fuite en avant dans la dilution parmi les autres sciences sociales et du repli sur la vieille histoire positiviste du XIXe siècle.La condition du sursaut ne peut provenir que d'un dépassement de l'empirisme et d'un réarmement scientifique.L'histoire reste une science en construction à l'image de notre société dont elle est indissociable.Aussi, le combat pour l'histoire continue-l-il ».Au moment où, au Québec, nous apprenons par les journaux le lamentable taux d'échec de nos jeunes élèves du secondaire en cette matière, il faut lire ce livre pour comprendre la portée éminemment stratégique pour l'avenir d'un peuple du contrôle de son histoire.Comme le disait très justement George Orwell: «Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur» (phrase posée en exergue de cet ouvrage ).Histoire illustrée de la psychiatrie, par G.Massé.A.lacquart, illustrations ds M.Ciardi, Du-nod.Paris.1987.105 pages.Histoire de l'informatique, par Ph.Breton, La Découverte, Paris.1987.239 pages.L'histoire en miettes, par F.Dusse.La Découverte, Paris.1987,2jp pages., IMMIGRATION Plus LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED118 JUILLET 1987 Des conseillers abusent de la situation MICHEL ARSENE AU LT Danielle, une -jeune Française rangée, ne se doutait pas qu'elle tomberait un jour sur un réseau qui soutire des milliers de dollars à des étrangers qui tentent d'obtenir le droit de vivre au Canada.C'est pourtant ce qui est arrivé à la jeune touriste lorsqu'elle a cherché, en novembre, à voir ce qu'elle pouvait faire pour obtenir le statut d'immigrante reçue, c'est-à-dire l'autorisation de résider au Canada.Danielle se doutait bien qu'il ne serait pas facile de réussir à avoir les papiers qui lui donneraient le droit de faire sa vie ici : elle avait déjà présenté une demande de résidence permanente a l'ambassade du Canada à Paris qui avait été rejetée.Mais ses espoirs ont été ravivés lorsqu'elle a entendu parler d'un agent d'immigration qui pouvait lui venir en aide.Ce soi-disant «agent» d'immigration n'était toutefois pas un fonctionnaire du ministère fédéral de l'Immigration.C'était un conseiller en immigration, «l'ai cru longtemps que c'était un agent de l'Immigration dans les règles», soupire Danielle qui reconnaît avoir été «extrêmement naïve».(La Loi sur l'immigration prévoit que quiconque se fait passer pour un agent d'immigration est passible d'une amende de $10 000 et/ou de cinq ans de prison.) Danielle n'avait jamais entendu parler de conseillers en immigration.Ces personnes, viendrait-elle a savoir, se présentent habituellement comme des spécialistes ayant les compétences voulues pour aider les étrangers qui veulent avoir le droit de s'établir au Canada.Une quinzaine de conseillers travaillent à Montréal.La résidence permanente, S2 400 «l'ai expliqué toute ma situation à ce monsieur, souligne Danielle.Il m'a dit: Pas de problèmes.On va s'occuper de ça.|e vous assure que vous allez pouvoir rester.» Ce n'est que plus tard que le conseiller de Danielle a abordé la question des frais: le statut d'immigrant reçu, c'est $2400.«Je l'ai regardé avec de grands yeux; $2400.c'était énorme», s'exclame une Danielle rieuse et ingénue.«Il a vu ma surprise et m'a dit: Oui, c'est une grosse somme.Mais il faut payer les avocats, les médecins, la personne qui fera le contrat de travail.» C'est alors que le conseiller a expliqué à Danielle qu'il avail tout un «réseau» \u2014 c'est le mot qu'il a employé \u2014 ayant l'habitude de «ce genre de choses-là», lit travaillant vile: la résidence permanente, c'est «un gros maximum de trois mois», a-t-il affirmé.Le «réseau», a précisé le conseiller, comprend des hommes d'affaires, qui préparent des contrats de travail «complaisants», et des avocats, qui font comprendre aux requérants immigrants ce qu'il faut dire et ne pas dire aux agents d'immigration.Ce «réseau», a ajouté le conseiller, s'est aussi assuré les services de médecins qui établissent des certificats médicaux mensongers.«Il m'a bien dit que s'il y avait quelque problème (medical), de contagion ou autre, le problème était résolu, signale Danielle.Ces médecins-là écrivaient ce qui était bon.» Nous n'avons pu parler au conseiller de Danielle qui ne s'est pas présenté à un rendez-vous: il n'a pas retourné nos appels répétés.«Conseillers sans scrupules» Le phénomène des «conseillers sans scrupules», comme on les appelle dans le milieu de l'immigration, n'est pas nouveau.Déjà, en 1981, l'ancien ministre fédéral de l'Immigration, M.Lloyd Axworthy, rendait public un document de travail au titre éloquent : «L'exploitation de requérants immigrants par des conseillers sans scrupules».Six ans plus tard, rien n'a changé si ce n'est les honoraires des conseillers qui ont grimpé en flèche.Et certains reprochent au gouvernement son inaction en la matière.Le projet de loi que l'actuel titulaire du portefeuille de l'Immigration, M.Benoit Bouchard, a déposé, le 5 mai.aux Communes, n'aborde pas le sujet.Concrètement, on désapprouve la lenteur d'Ottawa à réglementer les présumés experts-conseils en immigration.On déplore aussi que les autorités n'en fassent pas plus pour sévir contre les conseillers qui commettent des infractions à la Loi sur l'immigration.Melvin Weigel.un avocat montréalais spécialiste de l'immigration, constate que les gouvernements tendent à reléguer le dossier des conseillers sans scrupules au second plan.Il est vrai, reconnait Me Weigel, que la réglementation des conseillers fail problème au plan constitutionnel : alors que l'immigration est d'abord du ressori fédéral, le Code des professions est de juridiction provinciale.Cependant, Ottawa et les provinces uni déjà réussi à s'entendre par le passe sur des questions à juridiction partagée, souligne Me Weigel.Ouant à la poursuite des contrevenants à la Loi sur l'immigration.Me Weigel croit que les au-lorités pourraient en faire plus.Me Weigel procède par analogie.Des podiatres, relate-t-il, ont déjà traîné devant les tribunaux un pédicure qui avait excisé des cors au pied, tâche réservée aux personnes qui soignent les affections du pied.Le podiatre a été reconnu coupable et mis à l'amende.Et de conclure Me Weigel: «Si on arrive à épingler des pédicures qui enlèvent des cors, je ne vois pas pourquoi on ne pour-rail pas épingler des conseillers en immigration.» De son cote.Ottawa soutient qu'il est difficile d'engager des poursuites en raison de la faible crédibilité des témoins et de la fréquente absence de preuves, declare M.Len Weslerberg.adjoint du ministre d'Étal à l'Immigration.Les témoins sont habituellement les victimes des conseillers sans scrupules.Et ces personnes sont souvent dans une situation délicate, voire irrégulière.Comme le signalait «L'exploitation des requérants immigrants par des conseillers sans scrupules», «les personnes qui sont devenues les victimes d'un conseiller (.) évitent tout simplement de dénoncer les fautifs parce qu'elles craignent d'être considérées comme des fauteurs de troubles, ce qui risquerai! d'entraîner le rejet de leur demande».Ouant aux preuves, il est difficile de démontrer devant un tribunal qu'un conseiller a cherché a rouler quelqu'un.En l'absence de pièces à conviction, on n'a trop souvent que la parole du requérant contre la parole du conseiller.A Montreal, le ministère de l'Immigration et la GRC n'ont eu que peu de succès dans la lutte qui les oppose aux conseillers qui violent la Loi sur l'immigration.Au cours des trois dernières années, seulement deux personnes ont été reconnues coupables, indique Pierre Bourget, un haut fonctionnaire de ce ministère.C'est pourquoi M.Bourget encourage les étrangers qui ont été victimes de conseillers sans scrupules à dénoncer ceux qui les ont exploités.Les étrangers dont les papiers ne sont pas en règle pourraient même obtenir la résidence permanente s'ils fournissaient des informations au ministère, precise M.Bourget.Danielle se trouve donc face au dilemme suivant: elle peut dénoncer le conseiller qu'elle a vu dans l'espoir d'Obtenir, peut-être, la résidence permanente.Mais son geste risque d'entrainer la déportation d'étrangers ayant bénéficié des services du conseiller en question.Et Danielle sait que ces immigrants ne proviennent pas tous de terres aussi clémentes que la douce France.Avec des règlements, on pourrait épurer les rangs Les conseillers en immigration sont les premiers à admettre qu'on trouve des escrocs daiis leurs rangs.; «Il y a des abus énormes», reconnait |.-Gaston Perron, un conseiller qui est aussi un ancien agent du ministère fédéral de l'Immigration.'.En l'absence de réglementation, des experts-conseils en immigration demandent parfois aux ressortissants étrangers qui les consultent des honoraires élevés.Un conseiller a déjà touché pltjs de $10 000 pour avoir seconde une personne qui cherchait a obtenir la residence permanente, ;.i souligne M.Perron.Richard Lord, conseiller en immigration et ex-juge de la Commission d'appel de l'immigration, affirme qu'un de ses collègues!a déjà facturé un client pour I: i avoir indiqué où se trouvaient |cs bureaux des ministère federal (M québécois de l'Immigration.Outre les conseillers malhonnêtes, on trouve aussi des conseillers qui versent carrément dans l'illégalité.(C'est semble-t-il le cas de l'individu que Danielle;a consulte.) «On ne devrait pus parler de conseiller; on devrait plutôt parler d'extorqueur!».deplore M.Lord.Et pourtant, les ressortissants étrangers continuent de se bousculer aux portes de la quinzaine de conseillers en immigration qu'on trouve à Montréal.Pourquoi?Les nouveaux arrivants peuvent sentir que lés agents d'immigration \u2014 c'est-ît-dire des fonctionnaires \u2014 ne leur donnent pas toute l'attention ou tous les renseignements voulus.Ils peuvent provenir de pays où on a une grande méfiance des bureaucrates, de pays où on a l'habitude de soudoyer les fonctionnaires.Ils peuvent se sentir plus a l'aise en presence de quelqu'un qui COnnait leur pays d'origine et leur langue.Sensibles aux besoins des étrangers qui cherchent à s'installer ici, des organismes non gouvernementaux offrent, parfois sans Irais, les services de conseillers en immigration.Rafael Munguia.un Canadien d'origine salvadorienne.est un des deux conseillers en immigration du Service d'aide aux Neu-Québécois et immigrants.Il compare son rôle à celui d'un guide permettant aux requérants de s'> retrouver dans le dédale administratif de l'immigration.Contrairement a ce qu'on pourrait croire, bon nombre de conseillers ne s'opposeraient pas à la réglementation de leur «profession», ce qui permettrait notamment d'épurer leurs rangs.La réglementation permettrait aussi d'assurer que les conseillers, formés «sur le tas» pour la plupart, aient de solides connaissances en matière d'immigration.«Il faut protéger l'innovation pharmaceutique» NUCUETTE RORERGE n des deux sujets majeurs au menu de la session d'urgence qui s'ouvrira bientôt aux Communes, la réforme de la Loi sur les brevets, clôturera un débat qui tourne depuis dix-huit ans autour de la question : le Canada doit-il ou non rétablir les brevets pharmaceutiques?Et de son corollaire: les Canadiens ont-ils quelque chose à y gagner?Aux deux questions, M.Jacques Gagné, doyen de la faculté de pharmacie de l'Université de Montréal,, répond par un OUI très net.À son avis, le projet de loi C-22, qui amorce cette réforme, doit nécessairement être adopté.«Il est aberrant, dit-il, que le Canada soit le seul pays \u2014 avec le Sierra Leone et le Zimbabwe! \u2014 à ne pas protéger les découvertes et inventions en pharmacologie faites dans ses industries et ses universités.Déjà en 1983, à titre de président de l'Association des facultés de pharmacie du Canada, M.Gagné présentait un plaidoyer en faveur du rétablissement des brevets, devant un comité ministériel formé par le ministre André Ouellet.«L'Association était très intéressée.On croit trop souvent que seule l'industrie pharmaceutique est concernée par la question des brevets.C'est oublier la recherche qui se fait dans nos université, et les découvertes qui en découlent.» Le projet de réforme a péniblement survécu aux changements de ministres et de régimes.11 a fait l'objet d'études multiples, avant de devenir ce projet de loi C-22.Pour saisir les enjeux de cet- te législation, il faut remonter au début de cette curieuse saga des brevets.En 1969, le gouvernement Trudeau légiférait pour éliminer les brevets dont, bien entendu, les brevets pharmaceutiques.«Depuis dix-huit ans, souligne M.Gagné, non seulement on n'a pas protégé l'innovation pharmaceutique au Canada, mais encore a-t-on forcé le commissaire aux brevets à donner des permis aux copieurs! Ceux-ci peuvent agir à leur guise, pour autant qu'ils paient une insignifiante redevance (4 p.cent ) à l'innovateur.» En 1983, le ministre de la Consommation et des Corporations, M.André Ouellet, publie un livre rouge dans lequel il s'engage à modifier la Loi de manière à protéger les brevets pharmaceutiques.Le document est soumis à la consultation des individus, groupes et institutions concernés.Puis M.Ouellet est muté à un autre poste.C'est la ministre Judy Erola qui reprend le dossier.Mme Erola crée une Commission royale d'enquête sur l'industrie pharmaceutique, présidée par un eminent professeur de sciences économiques de l'Université de Toronto, le Dr Harry Eastman.Des audiences publiques sont tenues partout au pays et la Commission dépose enfin son rapport en février 1985.Le rapport est plutôt tiède face au rétablissement des brevets.La situation se complique du fait que le régime vient de changer à Ottawa.Le nouveau premier ministre, M.Brian Mulro-ney, qui a promis des modifications à la Loi sur les brevets durant sa campagne électorale, ne sait trop que faire de ce rapport mitigé qu'il n'a pas commandé.Le nouveau ministre, M.Michel Côté, le confie à ses fonctionnaires pour fins d'analyse.Au printemps 1986, le gouvernement conservateur annonce son intention de déposer, avant la M.Jacques Gagné, doyen de la faculté de pharmacie de l'Université de Montréal.fin de la session parlementaire, un projet de loi modifiant la Loi sur les brevets.L'histoire devient alors rocambolesque.Le projet retarde Le 25 juin, le Gouvernement promet pour le lendemain, der-nier jour de la session, le dépôt dit projet de loi attendu.Le même soir, une petite correction doit pourtant être apportée au texte à déposer, lequel doit alors être resanctionné d'urgence par le gouverneur général.Le 2b juin, à 11 heures, Mme Jeanne Sauvé signe le projet de loi.Mais à midi, quand le président de la Chambre appelle le dépôt, le projet n'arrive pas.Explication : 'e messager du Gouverneur général n'a pu entrer au Parlement.Four que le projet de loi puisse être déposé plus tard dans la journée, il faut l'accord de la Chambre.Les partis d'opposition ont alors la partie belle pour faire de l'obstruction systématique.Et la session prend fin.Aussitôt, les ministres Hnatyshyn et Côté promettent, en conférence de presse conjointe, le dépôt pour le début de la prochaine session, en septembre 1986, avec effet rétroactif au 26 juin.Confirmant les rumeurs de remaniement ministériel qui ont flotté sur Ottawa durant tout l'été 1986.dès septembre, Michel Côté est remplacé au ministère ( Consommation-Corporations) par Harvie André, lequel hérite du fameux projet de loi à piloter.et le confie à son personnel (nouveau) pour fins d'analyse.Ce qui retarde encore le dépôt jusqu'en novembre 1986.Durant la session d'hiver 1987, le projet de loi C-22 traverse les étapes de la première et de la deuxième lecture.Avant la troisième, il est soumis au Comité législatif, qui siège en février, tient des audiences, entend toutes les parties impliquées, et procède à des amendements mineurs.Début-mai, C-22 est adopté en troisième lecture, après quatre-vingt-sept heures et demie de débat.Mais l'histoire ne s'arrête pas là.Le Sénat Le Sénat canadien à majorité libérale n'a pas l'intention de faciliter les choses au gouvernement Mulroney.Fort de son droit de veto et d'amendement sur les projets de loi, il décide à son tour de former un comité «ad hoc», d'une demi-douzaine de sénateurs, pour entendre les Canadiens sur la question des brevets.Il se vote un budget de $350 000 et fait sa tournée.Après quoi, mi-juin, le Sénat se dit incertain du bien-fondé de la réforme proposée par le projet de loi C-22 et demande du temps pour refléchir.Sur ce, la session prend fin.Cette fois, le Gouvernement ne se laisse pas déborder.Brian Mulroney accomplit le double coup de force d'en arriver à une entente avec le Sénat et de convoquer une session spéciale au début d'août, pour liquider les sujets de la réforme de la Loi sur les brevets et de la déréglementation du transport.Au-delà de cette longue histoire, le projet de loi C-22 est-il bon ou pas pour l'ensemble des Canadiens?M.Jacques Gagné soutient que la réforme, si Ottawa décide de l'adopter en dernière instance, permettra un accès plus rapide aux nouveaux médicaments.Et que les cliniciens seront plus vite informés des plus récentes découvertes survenues en pharmacologie.L'intérêt de la recherche 11 croit que l'industrie, actuellement peu enthousiaste à l'idée de consacrer des millions et des années d'effort à la recherche, pour ensuite se faire impunément copier ses produits, reprendra intérêt dans la recherche.Sans compter que, dans ce marché éclaté où les stratégies de recherche se ressemblent, les compagnies pharmaceutiques s'attaquant aux mêmes problèmes de santé, la protection des brevets donnera lieu à une concurrence féroce, qui devrait logiquement se traduire par une guerre des prix favorable aux consommateurs.«Des sept grandes multinationales pharmaceutiques, note M.Gagné, une seule \u2014 Merck-Frosst \u2014 investit présentement en recherche fondamentale au Canada.Actuellement, la recherche en industrie totalise $1,5 milliard, dont $450 millions au Québec.La réforme favorisera une importan- te relance dans ce secteur, où l'investissement-recherche sera vraisemblablement doublé.» Par ailleurs, le Conseil national de recherche vient d'ouvrira Saint-Laurent, le mois dernier, un Institut de recherche en biotechnologie.Quant on sait que 60 p.cent des découvertes en biotechnologie ont des applications en pharmacologie, on peut saisir l'importance, voire l'urgence, de protéger les découvertes a venir! M.Gagné se dit surtout sensible à l'argument sur le développement de la recherche en milieu universitaire.«Nous formons, dit-il.d'excellents chercheurs.Mais, en l'absence de recherche fondamentale en industrie, nos diplômés se retrouvent avec une expertise et un potentiel créateur inexploitables.» «La réforme de la loi sur les brevets promet de rendre la recherche en laboratoires universitaires plus épanouissante.Alors que la loi actuelle freine le progrès scientifique \u2014 exactement le contraire de notre mission \u2014 on va désormais pouvoir faire plus de recherche et divulguer nos découvertes d'autant plus vite qu'elles seront protégées.» Des abus, particulièrement duns l'industrie privée, sont toit-jours possibles, M.Gagné l'admet.Mais le projet prévoit des sanctions, dont le retrait du brevet.La surveillunce des prix sera en outre assurée par un comité spécial dont le président fera rapport à la Chambre dans quatre ans.Enfin, dans dix ans, le Parlement devra revoir l'ensemble de la loi.: Lysiane Gagiion Lysîane Cagnon est en vacances.Sa chronique reprendra le 18 août.I A B4 Plus LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED118 JUILLET 1987 EVA VECSEI Arcftitecte cfe mère en Fille ->BBJ va Vecsei a une passion.Im-BS possible de passer à côté.> Son gagne-pain, depuis 30 ans: - ; -architecture.La profession de : \u2022 ;son mari : architecte.Celle de sa -1 fille : architecte, aussi.Ses projets pour la retraite : ne pas prendre f- sa retraite et rester a sa table à - * - dessin.La voilà, sa passion.On a dit qu'elle a été une des premieres femmes architectes du .Canada.Lt c'est vrai.Dans les an-\u201e->'^es 50.elles n'étaient deja pas ~* ; Nombreuses, celles qui deve-^\"nuient des «professionnelles».\u2022 Mais en architecture, leur absence était encore plus criante.Quand Eva Vecsei avait le malheur d'annoncer qu'elle oeuvrait - Idans ce domaine, on lui répon- dait «vous êtes décoratrice, of ' course ».Ou on la renvoyait tout abonnement à ses fourneaux.T-1- On a aussi dit.on 1977.quand \" l'architecte d'origine hongroise a .- .dirigé le méga-projet de La Cite, qu'aucune femme dans son do-\u2022 maine n'avait assume d'aussi importantes responsabilités au niveau du dessin et de la construc-tion d'un projet de cette envergure.C'était du moins l'opinion du magazine Contemporary Architect!).Quand on sait que La Cite est à la fois un immeuble à bureau de 2b étages, un hôtel de 500 chambres.I 552 appartements et une centaine de boutiques ; qu'il a coûte près de SI20 inillions : qu'il était le premier projet qu'elle dirigeait de son propre bureau.on comprend ce que .\u2022 le magazine voulait dire.Maigre cette place de choix au Panthéon des femmes qui ont réussi.Eva Vecsei n'est pas le gen- re à pleurer sur le sort de ses consoeurs brimées dans leurs élans créateurs ou à s'étendre sur la difficulté d'être femmme.Le professionnalisme, avant tout.Voilà ce qui compte.« L'important, c'est d'être professionnel et d'être bon.l'as d'être un homme ou une femme.» Selon toute apparence, elle ne voit pas trop la nécessité de disserter tur le sujet.Si ce n'est pour dire qu'à ses débuts, par esprit de contradiction, pour se défendre contre l'équation « femme architecte = décoratrice », elle s'est intéressée à des projets énormes, elle a élu le béton comme matière de prédilection, soit tout le contraire de ce qu'on attend d'une femme.Avec le recul, elle voit bien que sa réaction était disproportionnée.« Maintenant, je me suis assagie.» Eva Vecsei n'en a pas abandonné le béton pour autant.« On aime le toucher.» Les buildings tout de verre vêtus (« glass boxes ») la laissent froide.« They don't turn me on » (Ils ne m'excitent pas), tille parle avec chaleur, presque avec sensualité, de la beauté des matériaux avec lesquels elle crée.En utilisant des mots surprenants.Comme la « pigmentation des blocs ».« L'étoffe du bâtiment ».Les couturiers choisissent leur tissu.Elle aime bien.elle, choisir ses matériaux.Pour La Cite, elle a conçu avec un manufacturier un béton original.Lva y voulait des eclats de marbre.« pour qu'il brille au soleil ».Le plus intriguant, c'est qu'elle a gagne son pari.Les jours de grand ensoleillement, on croirait vraiment que les tours scintillent Toute jeune, elle caressait le rêve de devenir conceptrice visuelle au théâtre.Le rêve s'est envolé.Le côté théâtral est resté.Le « vocabulaire architectural » : autre terme étonnant qu'utilise Eva Vecsei.En mots plus simples, cela veut dire qu'elle s'applique à reprendre, dans ses oeuvres, des éléments du milieu où elles seront placées.Cela peut être un ton de brique sur la maison d'à côtt qu'elle reprendra comme un leit-motiv sur le bâtiment qu'elle construit.Ou certaines caractéristiques d'architecture locale qu'elle utilise à sa manière.« l'aime voir comment l'architecture se mêle à la ville, comment elle y participe.» Un fouillis créateur Quand elle vous reçoit dans son bureau du centre-ville, rue Maison neuve, les plans et les esquisses sont étalés sur sa table à dessin inclinée.Un peu fouillis.Très créateur.Vous l'interrompez, c'est flagrant.Mais vous ne la dérangez pas.Llle se lève, au beau milieu de l'entrevue pour vous montrer, dans le bureau voisin, les plans couleur de l'une de ses réalisations.Pour illustrer par l'image ce qu'elle essaie d'exprimer avec des mots.Mieux encore, elle déniche un feutre noir, prend un bloc-notes et y griffonne un drôle de petit croquis.« Ici, j'avais prévu une sorte de plaza où les gens pourraient se réunir et parler.Là.vous voyez, j'avais installé le vestiaire, là des arcades ».Faut-il qu'elle veuille vous y intéresser, à ses pians! Le croquis sur le bloc-notes représente un des tous derniers « bébés » d'Lva Vecsei.Une annexe au Collège Marie-de-l rance.à Montréal.De la brique, des couleurs riches.Un style qui lui ressemble.Le style», c'est l'homme.Ou, en l'occurence.la femme.Or Eva Vecsei est chaleureuse, expressive.Ses réalisations aussi.Cinquante-sept.Un chiffre important : c'est justement en 57 qu'elle mettait les pieds à Montréal, qu'elle débarquait de sa Hongrie natale avec son mari.Et puis, Eva Vecsei a aujourd'hui 57 ans.Mais ne lui parlez pas de l'âge de la retraite qui se pointe à l'horizon.Elle n'a pas l'intention d'accrocher ses règles à dessin comme d'autres leurs patins.De même n'imagine-t-elle pas se consacrer à autre chose que l'architecture.« |ai bien essaye de me trouver des hobbies, mais je n'y arrive pas.Mon mari, lui, a une passion pour l'équitalion et il peut après le travail, aller faire une promenade à cheval au soleil couchant.Moi je n'en suis pas capable.» Oui.elle vient de l'autre côté de l'Atlantique.Alors elle a plein d'anecdotes à raconter sur sa vision du Canada avec des yeux d'Luropéenne.Sur la relativité du concept d'ancienneté, par exemple.« Quand il a commencé à être question de retaper de vieux bâtiments, ici au Canada, je ne comprenais pas trop l'intérêt que cela pouvait avoir.Ces maisons ne me paraissaient vraiment pas si vieilles que ça.comparé à ce que j'avais connu en Europe.» Ou encore, sur la relativité des mentalités.« A mon arrivée au Canada, la générosité de la nature est la premiere chose qui m'a frappée, l'ai etc vraiment consternée quand j'ai vu sur les chantiers Quand Eva Vecsei avait le malheur d'annoncer qu'elle oeuvrait dans l'architecture, on lui répondait « vous êtes décoratrice, of course ».photo jean goupil, la presse de construction que l'on « bulldo-zait » le terrain, arbres et végétation compris.» Même si elle a travaillé sur des projets d'importance, même si ses murs sont remplis de certificats et de mentions soulignant ses mérites.Eva Vecsei pense toujours qu'il y a matière à amélioration.On appelle ça du perfectionnisme.« Quand je vais visiter les chantiers de construction, je voudrais toujours pouvoir faire certains changements.Il faudrait que les bâtiments soient faits en pâte à modeler.» PROFIL est une série estivale qui vise a mieux faire connaître certaines personnalités.Seulement 1% de l'eau traitée sert à l'alimentation De toute l'eau traitée à coups de millions par les municipalités du Québec, seulement I p.cent, à peine, sert à l'alimentation! Durant la saison estivale, la plus grande partie de l'eau qui sort des usines de filtration, soit 00 p.cent, est utilisée pour l'arrosage des pelouses, le remplissage des piscines, le lavage des voitures et les chasses d'eau.Une autre quantité importante d'eau traitée, soit 20 p.cent, sert au lavage du linge et de la vaisselle tandis que 19 p.cent est consacrée aux bains et aux douches.A droite, l'eau brute, turbide et impure, qui arrive de la rivière.À gauche, l'eau traitée par l'usine de filtration.Pour le ministère de l'Environnement du Quebec et les divers organismes qui s'intéressent à l'eau, notamment l'Association québécoise des techniques de l'eau, il s'agit d'un gaspillage éhonte.Durant l'été, un homme moyen consomme environ un Mire d'eau par jour alors que la pelouse en consomme plus de mille litres à l'heure.Pour M.Raymond Larivee.directeur général de l'AQTE, l'emploi de l'expression jeter son urgent à l'eau, est tout à fait approprié quand on veut décrire l'incroyable gaspillage de l'eau potable.Selon lui.un gaspillage de 20 p.cent de l'eau traitée quotidiennement dans une usine de filtration équivaut à plus de $125 millions par année, dépenses inutilement.Or, le chiffre de 20 p.cent est très conservateur.Il est vrai que le Québec dispose d'une phénoménale quantité d'eau douce, soit 12 p.cent du territoire.Mais on aurait tort de croire, selun l'AQTE.qu'il s'agit d'une ressource inépuisable.Le haut degré de pollution de cette eau douce oblige les municipalités à augmenter, chaque année, les montants déjà astronomiques consacrés à l'épuration de l'eau.À elle seule, la Communauté urbaine de Montréal a consacré, depuis dix ans, un milliard de dollars au traitement des eaux.Et ce n'est qu'un debut.Au cours des dix prochaines années, il faudra consacrer $4 milliards au traitement des eaux à travers le Québec.Bien qu'elles soient responsa- bles de la production d'eau potable, les municipalités sont également coupables de gaspillage.Selon le ministère des Affaires municipales, la principale source de perte se situe au niveau des fuites dans les réseaux d'aqueduc.Dans certaines localités, dotées de vieux réseaux mal entretenus, ces fuites peuvent représenter de 20 à 50 p.cent de toute la production.Ces fuites, ajoutées aux fortes demandes en période estivale, en- traînent une baisse considérable de pression.Or.toute baisse de pression engendre des risques bactériologiques sur l'ensemble du réseau d'aqueduc.C'est alors qu'il faut faire bouillir l'eau comme mesure preventive.Ce réacteur bombardé par un courant de 15 000 volts sert à produire de l'ozone à partir d'oxygène.L'ozone est un puissant bactéricide.photos paulhenri talbot.la presse Le ministère de l'Environnement oblige les municipalités a effectuer des prélèvements quotidiens de l'eau acheminée vers les consommateurs.Antoine Laporte, surintendant de l'usine de filtration de Repentigny, surveille les cadrans qui mesurent, jour et nuit, le dosage des produits chimiques.1 % LA PRESSE, MONTREAL, SAMED118 JUILLET 1987 Plus B5 plus d'un sËmpSe vote à l'Onu LAMBERT CINCRAS f\u20ac o taxation without representation ».Pas d'impôt sans représentation politique.Ce vieux slogan américain, à l'origine de l'indépendance des États-Unis, est aussi à la source des graves difficultés que connait présentement tout le système des Nations unies.Appliqué à l'Onu, dont 25 p.cent des ressources proviennent de la contribution américaine, cela veut dire que désormais, Washington ne se contentera plus d'un simple vote à l'Assemblée générale de l'Organisation quand il s'agira de questions budgétaires.C'est dans cet esprit que le Congrès des États-Unis, en août I985, a adopté un amendement présenté par la sénateur Nancy Kasse-baum, une républicaine du Kansas.La loi Kassebaum vise à réduire à 20 p.cent la cotisation américaine aux Nations unies, jusqu'à ce que celles-ci instaurent un mécanisme accordant un plus grand pouvoir décisionnel à la délégation des États-Unis, tout au moins sur les questions budgétaires.Entrée en vigueur le Ie' octobre I98b.son effet immédiat a été de couper de $52 millions la contribution de Washington.Réduction des dépenses fédérales Aux prises avec un déficit inquiétant, les Etats-Unis ont en outre commencé à réduire sérieusement les dépenses fédérales dans tous les domaines.En vertu de la loi Gramm-Rudman.votée par le Congrès en décembre 1985, l'administration devra sabrer ces dépenses afin d'atteindre, d'ici 1991, l'équilibre budgétaire.Les lois Kassebaum et Gramm-Rudman ont eu pour effet d'amputer le budget des Nations unies.celte année, de plus $80 millions.L'Assemblée générale de l'Organisation avait pourtant adopté, en décembre dernier, le rapport du «Comité des 18», qu'elle avait chargé d'étudier des possibilités de réformes, afin de faire face à la crise.Il s'agissait, entre autres, de satisfaire les exigences américaines.mais sans trop déplaire au tiers monde et aux «non-alignés» qui disposent théoriquement d'une majorité automatique à l'Assemblée générale.Ces pays ont fait une concession non négligeable, en acceptant de confier au Comité des programmes et de la planification un rôle-clé dans la préparation du budget.Pression sur le Congrès Dès l'adoption par l'Assemblée générale du rapport des «18», l'ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu, M.Vernon Walters, a prié son gouvernement de faire pression sur le Congrès.M.Walters demandait le rétablissement intégral de la contribution américaine: $110 millions non versés pour l'année en cours et la cotisation de 1988, $210 millions.L'administration Reagan, pourtant fort satisfaite des réformes instaurées, n'a pas vraiment répondu à l'appel de son ambassadeur.Le président n'a requis du Congrès que le versement de $18 millions supplémentaires pour 1987 et de $150 millions pour le prochain exercice fiscal.En consequence, malgré la réduction substantielle de ses dépenses.l'Organisai ion se trouve toujours dans une situation incertaine.L'Oaci, à Montreal Par ricochet, l'attitude américaine affecte plusieurs agences spécialisées des Nations unies.C'est le cas.par exemple, de l'Organisation de l'aviation civile internationale, à Montréal.Tant ici qu'à l'Onu, à New York ou à L'Organisation de l'aviation civile internationale a son siège à Montréal.Cette photo, prise a l'occasion du débat sur l'affaire de l'avion de ligne coréen abattu par les Soviétiques, en 1983, fait voir le Soviétique Ivan Orlovets, qui semble trouver le temps long.l'Unesco.à Paris, les Etats-Unis se servent de leur contribution, la plus importante, comme moyen de pression pour amener l'Organisation à réduire ses dépenses et conférer a leur delegation plus de pouvoir décisionnel sur la composition du budget.La plupart des grands pays contribuables, occidentaux surtout, ont reconnu que l'Unesco était mal gérée.Des réformes ont été apportées pour en améliorer la gestion et en accroitre l'efficacité.Elles ont satisfait tout le monde, sauf les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui s'en sont retirés.Ces deux pays reprochent encore à l'organisation la politisation de ses débats ei de certaines de ses activités.On en impute la responsabilité, entre autres, à son Secretaire general, le Sénégalais Amadou Mahtar M'Bow, Une agence spécialisée Mais l'Organisation tic l'aviation civile n'est pas l'Unesco.Il s'agit d'une agence spécialisée, dont les activités sont très techniques et donc, le plus souvent, imperméables aux idéologies.Il est peu probable que la source des problèmes qui l'affectent soit politique, d'autant plus que du côte américain, on semble attaché à cette organisation.«Nous som- mes le plus gros transporteur aérien au monde, explique M.Edwin Storh, représentant des États-Unis à l'OACI.Nos avions survolent toute la planète.Or notre agence nationale, la Fédéra/ Aviation Administration, régît le trafic aérien chez nous, mais elle n'a pas competence ailleurs.Nous avons besoin, comme les autres pays, de l'Organisation de l'aviation civile.» L'OACI.au surplus, a la reputation d'être bien gérée.C'est l'avis, entre autres, du représentant du Canada.M.Dan Eiorita.et du délègue britanique, M.Frederick Neal.Maigre cela, les dollars américains manquent toujours.Il y a peu de chances que la question de la contribution des Etals:Unis soit réglée avant les débats sur le budget, au Congres, vraisemblablement en octobre.«La fin de l'année sera le-moment de vérité pour l'OACI».dit le Secretaire general.M.Yves Lambert.C'est a ce moment qu'on pourra verifier la pertinence des propos de l'ancien premier ministre suédois, Olof Palme, selon qui il était malsain que le quart des ressources d'une organisation internationale dépende d'un seul Etat.L arrivée d'une délégation consulaire soviétique en Israël annonce-t-elle le printemps ?VICTOR CYCIEkMAN collaboration spéciale ICKUSALEM LW arrivée, en Israel, d'une délégation consulaire russe de six membres reflète le dynamisme accru de la diplomatie soviétique sous Gorbatchev.Cette visite exprime aussi la volonté de l'URSS de normaliser, graduellement, ses rapports avec l'État hébreu, afin de pouvoir prendre part, sur un pied d'égalité avec les Etals-Unis, à la future conférence de paix internationale sur le Moyen-Orient.Malgré l'insistance des milieux officiels israéliens qu'il ne s'agit que d'une délégation consulaire, la plupart des observateurs diplomatiques, à lérusalem, sont convaincus que cette visite soviétique est bel et bien «l'hirondelle qui annonce le printemps ou, si vous préférez, le dégel dans les relations soviéto-israéliennes», nous dit le consul général d'un grand pays occidental, à lérusalem.Quel est l'objectif?Ouel est le véritable objectif de cette mission consulaire russe?Officiellement, les Soviétiques sont.ici.pour faire l'inventaire des propriétés russes, appartenant, pour l'essentiel, a l'Eglise russo-orthodoxe, et aussi pour prolonger les passeports de citoyens soviétiques, vivant de façon permanente en Israel.Le ministre des Affaires étrangères Peres affirme qu'il «ne faut pas exagérer l'importance de cette mission, après tout consulaire».Cependant, malgré cette prudence israélienne, due \u2014 apprenons-nous \u2014 à la demande expresse de Moscou, où l'on veut, pour le moment du moins, garder un profil bas, on sent nettement, à lérusalem, une tension, une expectative, qui vont au delà d'une «simple» inspection de nature consulaire.Et cela pour plusieurs raisons.Visas de trois mois D'abord, les Soviétiques ont demandé et obtenu des visas de séjour de trois mois.Cela fait beaucoup de jours pour faire le tour des biens russes et mettre à jour des passeports périmés.Ensuite, la délégation comprend M.Ale.xey Tchysliakov, chef du département pour le Moyen-Orient et l'Afrique au ministère des Affaires extérieures à Moscou.Pourquoi avoir inclus ce personnage éminemment politique dans une délégation «strictement consulaire»?Il est intéressant de noter, à ce propos, que M.Tchystiakov a accordé une interview au journal hébreu Maariv, dès son arrivée en Israel.Le délégué soviétique a longuement parle de la conference préparatoire qui.selon Moscou, devrait précéder la convocation de la conference internationale sur la paix au Moyen-Orient.A celte reunion préparatoire seraient invités seulement les cinq membres permanents du conseil de sécurité.Pour apaiser la méfiance des Israéliens, M.Tchystiakov a précisé: «Ce serait pour déblayer le terrain, afin de faciliter les travaux de la future conference internationale.Il s'agit de procéder à des consultations, pas de preparer un diktat.L'URSS ne compte imposer une solution quelconque à quiconque».Et d'ajouter: «Vous devez comprendre notre intérêt spécial pour le Moyen-Orient.Nous voulons que l'ensemble des différends, disputes, conflits et problèmes de cette région soient réglés, résolus.Après tout, cette région s'étend jusqu'à nos frontières».C'est comme si le délègue de Moscou voulait expliquer aux Israéliens que la volonté soviétique de prendre part à la conference sur la paix au Moyen-Orient n'est pas un simple caprice de grande puissance, mais fait partie de la defense îles intérêts régionaux de l'URSS.Enfin, cette mission consulaire s'inscrit dans une série de contacts, conversations et consultations soviéto-israéliennes.commencés il y a deux ans et demi et qui sont intensifiés ces derniers mois.Detail significatif: a l'issue de la rencontre Murphy-Polya-kov, à Genève, la semaine dernière, il fut convenu que Moscou ne chercherait plus a obtenir des éclaircissements sur les positions israéliennes \u2014 a Washington, mais s'adresserait directement aux Israéliens.«Il faut être aveugle pour ne pas s'apercevoir de l'amélioration des rapports entre l'URSS et Israël», affirme le Dr Dryossi Bei-lin, directeur politique du ministère des Affaires étrangères à lérusalem, et principal conseiller de Shimon Peres.«La libération de tous les «refuseniks» juifs emprisonnés, l'augmentation notable du nombre de visas accordes aux juifs russes, l'ouverture d'un «bureau d'intérêts» polonais, en Israel, et les contacts, dans le même but.avec d'autres capitales communistes \u2014 tout cela fait partie d'un ensemble, d'une nouvelle orientation de la politique du Kremlin, voulue par Gorbatchev», dit encore le Dr lleilin et ajoute: «Aux sceptiques éternels je veux dire ceci: j'estime que Moscou donnera bientôt le feu verl pour l'envoi en URSS d'une mission consulaire israélienne et dans les semaines à venir nous verrons la mise en place d'un système île communications direct et officialise entre Moscou cl lérusalem qui permettra d'examiner, sans intermédiaires, tous les problèmes lies au processus de paix dans celle region ».Tester les reactions arabes Pour bon nombre d'observateurs diplomatiques, ici.l'envoi d'une mission consulaire russe, en Israel, a encore un autre objectif: tester les réactions arabes à ce rapprochement avec Israel el avant lout celles de Damas.Arafat aurait d'avance approuvé l'initiative soviétique.Assad, également informe au préalable, était fori peu enthousiaste.Le roi Hussein y était favorable.Le roi du Maroc et le président Moubarak aussi, bien entendu.Si, d'ici quel-, ques jours, seuls Khadafi el des Palestiniens du « front du refus» se mettent a vociférer, le Kremlin se sentira encourage a poursuivre le processus.En attendant \u2014 encore; un signe de bonne volonté?\u2014[deux « refuseniks» juifs, récemment libères de prison, sont arrivés; jeudi soir, en Israel, avec leurs [amities.C'est le premier voyage de juifs russes via Bucarest, comme le demandaient, depuis\" longtemps, les autorités israéliennes, désireuses d'éviter l'escale à Vienne, où la plupart des emigrants juifs choisissaient de partir, pour la terre promise d'Oncle'Sain, plutôt que de se diriger sur\" la terre promise par Dieu.Par ailleurs, la delegation consulaire soviétique, qui siege dans un bureau de l'ambassade finlandaise, a Tel-Aviv, a ouvert ses portes au grand public.Se soni présentes, les premiers, des citoyens israéliens d'origine soviétique.Les uns, surtout des'vieillards, demandent de rentrer en UKSS.Les autres demandent des visas pour pouvoir rendre visite à leurs proches vivant en Union soviétique.La fille de Moshe Dayan affirme qu'il faut négocier avec Arafat Selon Yael Dayan, Israel est plus vulnérable que les Palestiniens \\ 1 VICTOR CVCIELMAN collaboration spéciale TEL-AVIV Ysoi Dayan, écrivain, chroniqueur, dont le dernier livre.Mon père, vient de sortir en France, en Italie el en Hollande, nous a accordé une interview exclusive sur les problèmes de l'heure.Dans les territoires occupés, en Cisjordanie et Gaza, la situation se détériore à vue d'oeil.Dernièrement, ce sont surtout les colons juifs qui multiplient les provocations, incursions armées et minipogroms dirigés contre la population palestinienne.Où cela mène-t-il?Vers rien de bon.Faut pas oublier que dans ces affrontements entre les Palestiniens et l'État d'Israël, par colons interposés, Israel est plus vulnérable que les Palestiniens.Pourquoi?Parce que tout ce qui arrive à Israel \u2014 le bien comme le mal \u2014 nous arrive en tant qu'État indépendant, souverain.Les Palestiniens n 'ont pas d'État, pas de responsabilité collective.C'est à nous qu'on demande des comptes, pas à eux.Le Premier ministre Shamir critique ce qu'il appelle la «course frénétique» de Shimon Peres, ministre des Affaires extérieures, vers une conference de paix internationale.M.Shamir dit et repète: «Faut pas se presser.Nous avons tout le temps.» Le Premier ministre Israélien a-t-il raison?Absolument pas.Sans doute, il ne faut pas être pris de panique.Cela dit, je crains que le temps ne travaille pas pour Israel.Dans quel sens?Notre conception du temps n'est pas celle des Arabes.Un paysan palestinien se dit : «Si moi je ne finis pas la besogne, ce sera mon fils.Sinon, mon petit-fils.» Les Arabes ont la patience des hommes du désert.Nous, Israéliens, nous sommes toujours pressés.Nous vivons au rythme européen, américain.Les Arabes ont donc un avantage sur nous, sous ce rapport, et qui s'accentuera avec les années, si le conflit se perpétue.Shimon Peres en est conscient.D'où ses efforts pour relancer le processus de paix.En outre, aujourd'hui, Israel est puissant.Nous pouvons encore négocier d'une position de force.Où en serons-nous dans cinq ou dix ans ?Pensez-vous que la négociation puisse s'engager, suivant la formule de Peres-Hussein, dans le cadre d'une conférence internationale, avec une délégation jordano-pales-tinlenne et sans l'OLP?En fait, nous avons déjà accepte de négocier avec l'OLP, sans le crier sur les toits.Nous sommes prêts à engager des pourparlers avec des leaders palestiniens comme Hanna Siniora qui.c'est connu, a été approuvé par Arafat.Pourquoi pas directement avec Arafat?Nous ne pouvons discuter avec Arafat, car le chef de l'OLP a comme programme la destruction d Israel et refuse de négocier la paix avec nous.Et si Arafat reconnaît l'Etat d'Israël et renonce au terrorisme, Israël devrait-il \u2014 comme le souhaite Ezer Weizman \u2014 entamer des négociations avec le président de l'OLP?Certainement.Au fond, Peres est d'accord à ce sujet avec Weizman, N'a-l-il pas déclaré que si l'OLP reconnaît Isrel et abandonne le terrorisme, «ce ne sera plus l'OLP»?Autrement dit, Arafat deviendra dans ce cas un interlocuteur valable.Pourquoi exigez-vous davantage de l'OLP que de la Syrie?La Syrie aussi refuse de reconnaître l'État hébreu, ne veut pas négocier directement avec Israël, soutient le terrorisme, etc.Pourquoi, dans ce cas, le gouvernement israélien, même M.Shamir, est-Il prêt a engager, demain, des pourparlers de paix avec le gouvernement syrien?La Syrie est un État souverain et n'a pas de charte, comme l'OLP, proclamant que son objectif est de détruire l'Etat d'Israël, le pense, toutefois, que si Arafat acceptait de participer à une'.con-férence de paix internationale, convoquée sur la hase des résolutions 242 et 558 du Conseil de sécurité.Israel ne devrait pas s'y opposer.; Pourquoi?¦ Parce que si nous voulons aboutira la paix, une paix globale et durable, avec les Arabes, 'avec les Palestiniens, il faut que l'OLP y soit associée, il faut qu'Arafat en soit partie prenante.ParcC.quc si Siniora et compagnie représentent, plus ou moins, les Palestiniens de Cisjordanie et Gaza.Arafat, lui, parle au nom de tous, je répète, tous les Palestiniens, y compris les quelque deux \u2022 millions de réfugiés dispersés dans le monde arabe.Parce que le jour où Siniora acceptera de ravoir Naplouse et Ramallah,', en échange de la paix, des réfugiés palestiniens protesteront e't diront: «Nous exigeons aussi St-fean-d'Acre et Jaffa.» Il ne-faut pas se leurrer.Si nous voulons en finir avec le problème palestinien, il faudra bien, un jour, négocier avec l'OLP d'Arafat.¦ VICTOR CVCIELMAN est un journulisie frunvuis en posté à Tel Aviv.T B6 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED118 JUILLET 1987 Plus Terrorisme: fa police ouest-allemande veut l'immunité peur llôrs d'un récent voyage organisé par le gouvernement 'allemand, sept journalistes, dont le représentant de La Presse, ont pu constater à quel point les hommes politiques, les hauts fonctionnaires et les policiers sont divisés sur la façon de traiter les terroristes qui décideraient de se mettre à table, après avoir eux-mêmes trempé dans des crimes graves.Ce dossier est d'autant plus d'actualité que la base canadienne de l'OTAN, à Lahr, a été la cible d'un attentate la bombe, la semaine dernière.C'est la première fois que le Canada est touché par des actions terroristes en Allemagne de l'Ouest.ANDRÉ OÉDILOT Kuet Reb-mann.procureur chef du ministère fédéral de la justice, considéré comme l'ennemi numéro I du terrorisme en Allemagne de l'Ouest, tente désespérément de convaincre le gouvernement de ce pays d'accorder IImmunité à des membres d'organisations terroristes qui dénonceraient leurs camarades.Là question déchire les partis politiques allemands, qui ne savent plus quoi faire pour enrayer cette nouvelle vague de terrorisme.Depuis 1985, il y a eu 700 attentats, dont 430 l'an passé, qui ont fait sept morts et des centaines de blessés.L'immunité dont parle te procureur va jusqu'à protéger et dispenser de poursuite les informateurs ou les dénonciateurs qui ont souvent commis des crimes.Il voudrait même que ces gens ne soient pas appelés à témoigner devant les tribunaux.Arguments d'ordre moral : PJusieurs s'opposent à cette idée, invoquant des arguments d'ordre moral.« Il est impensable de blanchir quelqu'un qui a commis un meurtre.Encore moins le payer et lui fournir une nouvelle identité.» affirme Rolf Olderog.porte-parole du parti démocratique Chrétien, au pouvoir à la suite d'une coalition avec le parti libéral.La police allemande, qui avait réussi à démanteler la célèbre bande à Baader-Meinhof, au milieu des années 70, se sent maintenant impuissante, malgré un personnel imposant et des moyens techniques sophistiqués.Elle voudrait bien que le gouvernement facilite le recrutement d'informateurs pour percer les rangs des terroristes.De 82 à 84, la Fraction armée rouge (FAR) a pris plus d'ampleur pour finalement succéder à la bande à Baader.Selon la police, le groupe est responsable des actes meurtriers, tandis que la Cellule révolutionnaire (CR), formée d'agitateurs d'extrême gauche, serait impliquée dans 90 p.cent des attentats à la bombe et des attaques à la mitraillette.Ils sont connus « On connaît leur nom, on sait ce qu'ils ont l'air, mais on ne parvient pas à les pincer.Ils vivent à l'étranger et frappent en Allemagne Il est par ailleurs impossible de les infiltrer sans commettre d'actes illégaux.» explique Me Rebmann.On a beau placarder les murs des édifices publics d'affiches montrant les terroristes les plus recherchés et offrir des récompenses allant jusqu'à $2 millions, rien n'y fait.Seulement six dirigeants de la Fraction armée rouge ont été arrêtés au cours des trois dernières années.Le dernier coup de filet a eu lieu il y a dix mois! La seule façon de régler le problème, selon Me Rebmann, est d'assurer immunité et protection a tout membre de l'organisation qui déciderait de collaborer avec la police.À la limite, il souhaite qu'on teste une telle formule durant deux ans.Délateurs À la lumière de ce qui se passe ailleurs, le phénomène des délateurs, après d'éclatants succès au début, perd progressivement de son lustre devant les tribunaux.Les avocats réussissent à miner la crédibilité de ces témoins.En Irlande, par exemple, au cours des 18 derniers mois, les jurés ont acquitté 20 terroristes qui avaient ete ainsi dénoncés.Cette mesure, pense le crimina-listc ouest-allemand, permettrait a coup sur d'ébranler les assises de la RAF.tout en décourageant les candidats intéressés à prendre la relève.« Ce sont des adversaires sournois, déloyaux.Il faut prendre tous les moyens pour les neutraliser », affirme M.Rebmann.Il ne suffit pas seulement d'arrêter les terroristes, poursuit-il, il faut aussi dénoncer et mettre hors d'état de nuire ceux qui les aident.Depuis le Ier janvier, en peut inculper une personne, si l'on réussit à prouver qu'elle est « associée » à une organisation terroriste.Le débat sera animé Il n'y a rien qui permette d'accorder quelque privilege que ce soit à des criminels qui se mettent a table, comme c'est le cas aux États-Unis ou en Irlande.Ici, au Canada, les délateurs bénéficient généralement d'une sentence réduite, après s'être confessés à la police.En Allemangne de l'Ouest, le débat promet d'être animé, à l'automne, quand le Parlement sera saisi du dossier.Tous les partis politiques, bien sûr, condamnent le terrorisme, mais ni l'un ni l'autre n'est prêt à dispenser de toute poursuite l'au- Un policier du Bundes Kriminal Amt, responsable de recueillir et d'analyser les renseignements sur la criminalité, montre un engin explosif mis au point par la Fraction armée rouge.ches montrent , toi mun des édfBces publics sont placardes d'affilés photoQraphtes de terroristes recherches pour teur d'un meurtre.« C'est dangereux pour le système.En passant l'éponge sur des crimes aussi graves, on encourage l'anarchie.» soutient Rolf Olderog.Sentence réduite L'idée qu'on leur impose une semence réduite lui apparait plus realisable.Il reste maintenant à convaincre le parti libéral qui, avec 9 p.cent des votes, assume la balance du pouvoir au parlement ouest-allemand.« Les policiers ont tous les outils, mais ils ne font pas suffisamment appel à la population », estime le libéral Mandred Richter.précisant que son parti n'avait pas encore pris position sur cette question épineuse.Le parti social démocrate et le parti vert ont clairement indiqué, eux, qu'ils s'objectaient à renforcer à nouveau les lois anti-terroristes.« La seule arme vraiment efficace, c'est un bon service de renseignements.Que la police se débrouille pour trouver de bons informateurs.» argue le socialiste Gunter Tietjen.lui-même ancien policier.La violence ne sert à rien De toute façon, il est impossible d'enrayer complètement le terrorisme.« Il faut amener les terroristes à comprendre que la violence ne sert à rien.Qu'ils peuvent atteindre les mêmes obejetifs, en toute légalité, par l'action politique », affirme Jo-chen Hippler, du Parti vert, accusé par leurs adversaires politiques d'encourager le terrorisme.La répétition des attentats, combinée aux insuccès de la police, inquiète quand même les autorités.Moins de 10 p.cent des 430 attentats commis l'an passé ont été résolus.Le tiers sont directement imputables à la Fraction armée rouge et au groupe Cellule révolutionnaire.Le coeur de la Fraction armée rouge, la plus redoutable organisation terroriste d'Allemagne de l'Ouest, n'a pas plus d'une vingtaine de membres.Ils tuent froidement et ne font rien à l'aveuglette.Toutes les opérations sont soigneusement planifiées.Ils ont des planques un peu partout en Europe, ce qui complique le travail des policiers.La relève Cette collaboration, si précieuse, leur vient de quelque 200 fidèles militants qui travaillent et vivent normalement.Très actifs sur le plan politique et social, ils participent parfois à certaines missions moins dangereuses.C'est là que l'organisatiopn puise la relève.Selon la police, ils comptent au moins 2 000 autres sympathisants qui, à l'occasion, peuvent aussi leur fournir l'aide dont ils ont besoin.Surtout de l'argent.Les membres de la Fraction armée rouge ont maintenant des liens avec d'autres organisations terroristes, notamment avec le groupe Action directe, en France, les Brigades rouges, en Italie, et le CCC (cellules communistes combattantes) en Belgique.Ils sont aussi en contacts étroits avec des groupes de commandos du Proche-Orient.Contrairement au mouvement français Action Directe, qui frappe partout dans les centres commerciaux ou dans la rue, faisant d'innocentes victimes, la Fraction armée rouge choisit ses cibles parmi les politiciens, les industriels, les militaires, enfin tous les représentants de l'impérialisme.C'est ce qui explique sans doute qu'il n'existe pas de psychose comme en France.La population semble habituée; le terrorisme y sévit depuis la fin des années 60.Plusieurs sont d'avis que l'espionnage et le pillage technologique dont ils sont victimes sont beaucoup plus périlleux.Sécurité renforcée Depuis quelques années, l'Allemagne a renforcé la sécurité dans les ports, les aéroports et les gares.On a amélioré la protection des diplomates et mis en garde les hommes d'affaires allemands.La plupart des édifices publics sont sous la surveillance de gardiens armés.« Cette fermeté n'est, hélas! pas la même dans tous les pays ».deplore M.Rebmann.Le gouvernement allemand fait pression pour intensifier la coopération avec les autres pays d'Europe de l'Ouest, victimes, depuis 1968, de 75 p.cent des actions terroristes sur la scène internationale.Il cherche même à intéresser des pays comme le Canada, peu touché par le phénomène.Déjà, à la suite d'une entente avec la France, les Allemands peuvent arrêter et publier chez leur voisin français les photos des terroristes qu'ils recherchent.Il reste maintenant à trouver les moyens de faciliter l'extradition.M.Kuet Rebmann, procureur-chef du ministère fédéral de la Justice, est considéré comme l'ennemi numéro 1 du terrorisme en Allemagne.Un programme informatique unique La police allemande, l'une des plus efficaces au monde, mise beaucoup sur la technologie pour conserver sa réputation.Depuis huit ans, elle dispose même d'un système informatique qui permet d'établir certains traits de caractère d'un suspect, simplement à partir de son timbre de voix.Le Bundes Kriminal Amt, le BKA comme on l'appelle dans le milieu, sorte de bureau central de renseignements du crime, a depuis sept ans à son service un phonéticien, M.Hermann Kun-zel, qui peut établir le sexe et l'âge d'un interlocuteur anonyme, après l'avoir entendu seulement cinq secondes.Ses analyses portent sur le voix, le langage et la manière de parler.Outre le sexe et l'âge de l'interlocuteur, il peut aussi déterminer s'il a un accent étranger, s'il parle un dialecte, s'il force délibérément sa voix ou s'il la maquille.Il peut même évaluer son niveau d'éducation.Quinze secondes suffisent « Plus la conversation est longue, plus ça facilite le travail.Généralement, il nous faut écouter au moins quinze secondes ; idéalement, une minute », explique M.Kunzel.Il a mis au point un programme informatique unique au monde, regroupant, entre autres, toutes les caractéristiques des sons de la langue allemande et de son débit.Les experts du BKA sont saisis de 300 cas par année.Le taux de réussite est de 95 p.cent.Les polices d'autres pays, dont l'Italie et l'Espagne, font occasionnellement appel à leurs services.Les témoignages de ces spécialistes sont maintenant reconnus devant les tribunaux allemands.À lui seul, M.Kunzel a témoigné 14 fois depuis le début de l'année.Dans les laboratoires du BKA, d'autres scientifiques font aussi l'analyse des empreintes digitales à l'aide d'ordinateurs.En moins de deux heures, il est ainsi capable de réduire le champ d'enquête à aussi peu que trois suspects ! 2,5 millions d'empreintes Une telle opération, ici, prend plusieurs jours, voire des semaines.Et on ne conserve pas, comme eux, 2,5 millions d'empreintes dans nos fichiers.« Seul Bagdad, en Iraq, possède un équipement aussi sophistiqué, mais il n'est pas utilisé », affirme Arno Falk, porte-parole du BKA.Grâce à ces microscopes électroniques, les enquêteurs peuvent aussi déterminer, par exemple, l'outil dont se sont servis des inconnus pour commettre un crime.Les spécialistes en ballistique feront bientôt l'acquisition d'une caméra qui peut prendre 36000 photographies à la seconde.Les policiers et les gardes frontières allemands emmagasinent chaque jour quelque 3 400 nouvelles données dans les ordinateurs centraux.Quelque 4,5 millions de personnes, dont 800 000 étrangers, sont fichés au BKA.Découpée au chalumeau La majorité des services de police mènent toutes leurs opérations au moyen de l'informatique.La ville de Bonn, par exemple, a été découpée au chalumeau: chaque quartier, chaque rue, chaque immeuble a été « radiographié » par les policiers.On a aussi une foule de détails sur tous les hommes politiques, locaux ou autres, qui vivent dans la capitale ouest-allemande.À lui seul, l'ordinateur central du BKA, à Wiesbaden, possède les noms de 40 000 personnes susceptibles d'être la cible d'actes terroristes.On en compte en tout 200 000 aux quatre coins de l'Allemagne de l'Ouest.L'immense bâtisse du BKA, à Wiesbaden, abrite aussi les bureaux d'Interpol.Une équipe de 270 employés s'occupe exclusivement de faire enquête sur les groupes terroristes de gauche qui s'activent sur la scène nationale, et dans le monde.On garde dans les chambres fortes quelque 25 000 pièces à conviction : armes, engins explosifs, faux passeports, etc.« Le BKA, c'est une machine formidable.Malheureusement, ce n'est pas suffisant, dans le contexte actuel, pour combattre le terrorisme.Il s'agit plus d'un problème social que d'un problème d'enquête », affirme le procureur-chef de l'Allemagne Me Kuet Rebmann.Le phénomène, selon lui, n'est pas que local ; il s'étend à toute l'Europe de l'Ouest, voire au monde.«On est capable de s'occuper du terrorisme domestique.Il nous faut l'aide des autres pays », conclut le Dr Rebmann.A preuve, l'Allemagne a arrêté quelque 150 terroristes depuis dix ans.Environ 80 sont encore en prison.Ce sont les membres des troisième et quatrième génération de terroristes qui sont à l'oeuvre actuellement."]
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