La presse, 20 août 1987, B. Informations nationales
[" Informations nationales LA PRESSE, MONTREAL, JEUDI 20 AOÛT 1987 ni Mardi,,.devant le comit ixte de la Crtârhbfe et-d Claude Ryan Ryan trouve «excessives» les craintes d'Alliance Québec MARILYNS GARNEAU de la Presse Canadienne QUEBEC Le ministre de l'Education, Claude Ryan, ne croit pas que l'Accord du lac Meech menace les droits linguistiques des anglophones au Québec, comme le soutient le groupe Alliance Québec.«|e crois qu'ils interprètent dans un esprit de crainte excessive les dispositions de l'Accord du lac Meech», a-t-il déclaré hier à son entrée à la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres.té du .Sénat sur l'Entente du lac Meech, le président d'Alliance Québec, Royal Orr, avait demande que les anglophones du Québec aient la garantie formelle que leurs droits, dont celui de la langue, soient respectés, conformément à la Charte des droits et libertés.M.Orr craignait que l'entente n'affaiblisse les droits des anglophones, de même que ceux des autres minorités culturelles et ethniques au Québec.M.Ryan estime pour sa part que les anglophones ont deux façons de s'assurer que leurs droits au Québec seront respectés: d'une part, a-t-il dit; des lois existent, qui doi,vei>l-s'appliquer, conformément à leur esprit.-.«Si Alliance Québec trouve que certaines lois sont mal appliquées, il faut qu'elle le dise.Mais du côté de l'éducation, je ne crois pas qu'elle ait de représentations à faire, parce que nous veillons à ce que les droits des anglophones du Québec soient respectés».D'autre part, a-l-il indiqué, si certaines dispositions ne sont pas suffisantes aux yeux d'Alliance Québec, l'association peut faire .Sdes représentations auprès ;du gouvernement, qui jugera en fonction des intérêts généraux du Québec.«Si affirmer le caractère -français du.Québec, c'est imettre en péril *tes-droits,, d'une minorité, peut-être Alliance Québec aurait-elle raison, mais je pense le contraire.On peut très bien affirmer et réaliser le caractère français du Québec tout en respectant d'une manière raisonnable les droits de la minorité anglophone et des autres minorités».« Des sénateurs libéraux non-élus étouffent l'économie montréalaise et québécoise» Brian Mulroney menace d'accélérer la réforme du Sénat PIERRE APRIL de la Presse Canadienne OTTAWA cjjremier ministre Brian Mulroney a Hb accusé, hier, «une poignée de sénateurs libéraux non-élus et grassement payes» d'étouffer l'économie montréalaise et québécoise et a promis d'amorcer, dans les plus brefs délais, la réforme du Sénat.À la sortie de la Chambre, immédiatement après la période des questions, le premier ministre a vigoureusement attaqué le Parti libéral, son leader John Turner et les sénateurs qui ont amendé le projet de loi sur la protection des brevets pharmaceutiques ( C-22) déjà adopté par la majorité conservatrice avant l'ajournement estival.M.Mulroney a aussi tenu à comparer cette intervention de la majorité libérale au Sénat à un geste du dernier gouvernement Trudeau qui avait tenté de forcer l'adoption d'un projet de loi (S-31 ) limitant les investissements québécois dans des secteurs économiques de compétence fédérale.He vous dis, a précise le premier ministre que cetté\"aernière .tentative des libéraux ressemble au cas du projet de loi S-31 qui tentait d'étouffer l'expansion économique du Québec.« Ils n'ont pas réussi à ce moment-ià.a-t-il poursuivi, parce que l'opposition conservatrice que je dirigeais a forcé le recul du gouvernement libéral».Le chef du gouvernement a ensuite indiqué au leader libéral John Turner et à son lieutenant québécois qu'ils devront répondre de leurs actions devant 1 electorat.«MM.Turner et Garneau, a-l-il dit, ont un problème très grave face aux Québécois et Canadiens, soit celui de l'étouffe-ment de notre bien-être économique au niveau scientifique, dans la recherche et le développement».Le premier ministre croit que «les Québécois et les Canadiens auront des questions sérieuses à leur poser».Quant ù l'affrontement entre son gouvernement et la majorité libérale au Sénat, M.Mulroney y voit une raison d'accélérer la réforme de la Chambre haute incluant l'élection des sénateurs au suffrage universel.« |e n'ai aucun problème avec le Sénat, a précisé M.Mulroney, j'ai un gouvernement élu par la population canadienne qui s'est prononcé en faveur des Canadiens».Le premier ministre a rappelé que selon les estimations de son gouvernement, il y a $700 millions qui attendent d'être investis dans le grand Montréal, 1 300 emplois qui attendent d'être créés «mais cela est étouffé par une poignée de petits sénateurs libéraux non-élus».Il appartient maintenant, a ajouté M.Mulroney, au chef libéral |ohn Turner de contrôler ses troupes et exercer son leadership en faveur du Canada et du Québec et de remettre à leur place ceux qu'il considère récalcitrants.«Va-t-il (John Turner), a ajoute le premier ministre, suivre une poignée de sénateurs non-élus de son caucus qui sont en train de défier son leadership, voilà la question.» Réforme du Sénat Le chef du gouvernement qui a déjà promis en collaboration avec les provinces une seconde ronde de négociation constitutionnelle qui traitera de la réforme du Sénat, une fois que la Québec aura été rapatrier dans la Constitution, a annoné que cela pourrait se faire plus rapidement que prévu parce que, selon lui.il faut corriger le système actuel.«Nous allons, a-t-il dit.proposer au Brian Mulroney s'en est pris aux sénateurs libéraux hier, à la sortie des Communes.IA5ERPH0T0 PC cours d'une prochaine conference constitutionnelle des premiers ministres un tout nouveau projet pour un Sénat élu.Les gens souhaitent une réforme du Sénat plus rapidement que prévu, je l'ai dit aux premiers ministres (des provinces), ils ont mon entier appui.«Entre-temps, a-t-il précisé, je ne veux pas qu'une poignée de sénateurs détruisent le développement économique de Montréal \u2014 des sénateurs libéraux du Québec dirigés par le sénateur libéral Allan MacEachcn \u2014 étouffent les possibilités économiques».Les Québécois, selon le premier ministre, se chargeront d'eux.«Vous pouvez être assurés, a-t-il conclu, que les choses ne resteront pas là, je vous le promets».Cette sortie du premier ministre n'a pas semblé émouvoir le libéral André Oucllet- tc qui venait de relancer le débat en Chambre en demandant au premier ministre de rappeler à son ministre de la Consommation et des corporations, parrain du projet de loi C-22, llarvie Andre, de tenir compte davantage des consommateurs.«Le premier ministre, a dit M.Ouellct-tc, trompe la population lorsqu'il tente de faire croire que les amendements du Sénat vont contre les intérêts du Québec.Au contraire, les modifications proposées par le Sénat vont garantir les investissements des compagnies pharmaceutiques dans la region de Montréal»., : Pour M.Ouellette, le projet de loi conservateur ne lie aucunement les entreprises.«Il est donc essentiel.'a-t-il dit, que les amendements soient acceptés pour garantir ces investissements.il faudrait que le C-22 soit contraignant et il ne l'est absolument pas».Selon lui, les sénateurs ne font que leur devoir reconnu par la constitution.«Il ne s'est pas passé un seul Parlement, a-t-il conclu, sans que le Sénat n'amende un projet de loi et dans la plupart des cas ces amendements sont acceptes par le gouvernement».Un autre liberal.jean-Claude Malépart.estime que le gouvernement de Brian Mulroney devrait faire des efforts en faveur de Montréal.«Ça fait trois ans que la population montréalaise n'a rien eu de ce gouvernement, a-t-il lancé, il a fermé une raffinerie dans l'Est (Gulf), la Vickers, on en est rendu à taxer la nourriture, les médicaments pour créer des emplois, c'est scandaleux».\" Le bouillant depute de Sainte-Marie est convaincu que le gouvernement Mulroney cede au chantage des multinationales américaines dans ce dossier.«Ceux-là, a-l-il précise, lorsqu'il se sont présentés devant le Comité, n'ont jamais donné des assurances quant aux investissements et aux emplois».Deux vétérans de Dieppe se recueillent I au pied des tombes de leurs camarades qui ont perdu la vie au cours du débarquement de 1942.Herman C.Keys (à lavant-plan), originaire de la Saskatchewan, était au nombre des quelques centaines de Canadiens venus commémorer l'événement hier, a Dieppe.LASERPK0T0 AP « Chaque vie perdue à Dieppe a sauvé dix vies au \"Jour J\" » L'opération Citation: il y a 45 ans d'après AFP et Renier Des faux passeports canadiens sont vendus à des Tamouls en RFA Agence France-Presse WEIL,RFA Des trafiquants dirigent en RFA un lucratif commerce de faux passeports canadiens qu'ils vendent à des réfugiés tamouls espérant émigrer vers le Canada, a révélé hier l'office régional, de la police ouest-allemande des frontières a Weil-am-Rhein (sud-ouest de la RFA).Cinquante de ces faux passeports canadiens produits dans unevimprimerie au Canada ont déjà été saisis au cours des trois derniers mois sur des réfugies tamouls, selon la police des frontières.\\ .Les trafiquants leur font jjnaycrentre 800 et 3 000 DM (environ $500) pour avoir ces faux documents, plus 2 000 DM pour un billet d'avion.Ils leur assurent qu'ils n'auront aucun problème pour obtenir le statut de réfugiés au Canada où ils leur font miroiter une vie meilleure, f Selon la même source, quelque 5 000 faux passeports ont déjà été imprimés au Canada, dont la plupart sont arrivés en RFA dans le but d'être écoulés.En raison des restrictions au droit d'asile adoptées en RFA l'an dernier, de nombreux Tamouls, craignant de n'être pas reconnus comme réfugiés, tentent de gagner d'autres pays, de préférence le Canada.L'été dernier, un navire avait transporté clandestinement de RFA 154 Tamouls jusqu'à la côte canadienne.DIEPPE Le raid anglo-canadien du 19 août 1942 sur Dieppe (Normandie, ouest de la France), premier assaut amphibie de grande envergure par les alliés sur le théâtre européen dont le 451' anniversaire a été célébré hier, est une des opérations les plus controversées de la Seconde Guerre mondiale.Les cérémonies de commémoration de cette action se sont notamment déroulées hier au cimetière canadien, près de Dieppe, en présence d'une trentaine d'anciens combattants canadiens, du ministre canadien des Anciens combattants, M.George Hees.et du secrétaire d'État français aux Rapatriés, M.André Santini.Le 19 août 1942, l'assaut des alliés fut repoussé par les troupes allemandes, et seulement 2 000 des quelque 6 000 soldats qui participaient à cette opération, purent regagner l'Angleterre.Deux mille furent capturés et ont passé le reste de la guerre dans des camps de prisonniers allemands.Environ 1 000 soldats et plus de 900 Canadiens furent tués.«Or, l'opération (baptisée \"Citation\") n'a pas été vaine», a déclaré le ministre canadien, car l'expérience de Dieppe a été mise à profit et permis plus tard le succès du \"Jour )\"», le débarquement sur les côtes de Normandie, le 6 juin 1944.Chaque vie perdue à Dieppe a sauvé dix vies au « |our | », a estimé le ministre.Venus en France avec leur ministre, 28 anciens combattants canadiens, certains portant le kilt aux couleurs de leur unité, se sont recueillis devant le monument commémoratif pavoise de drapeaux canadiens et français.Emotion Un des moments les plus émouvants des cérémonies commémo-ratives a été le défilé des anciens combattants dans les rues de Dieppe, ou la foule a applaudi les «héros d'hier».Après les honneurs rendus par des soldats français des trois armes, une fanfare de la marine canadienne venue d'Halifax et des marins britanniques du |uno, bâtiment de la Royal Navy, les délégations se sont rendues à l'Hôtel de Ville, où le le maire-adjoint communiste.Christian Cuvilliez, a rendu hommage à ce qu'il a appelé le «sacrifice» des soldats de 1942.«Heureusement qu'on lésa eus pour nous debarassser des autres», a estimé une femme de 85 ans.«Le 19 août c'est mon jour, a expliqué une autre femme, car si mon mari est revenu c'est grâce a eux.Ils ont sauve mon mari ».Un homme parle pour sa part de la «tristesse que nous avons ressentie après l'échec de l'opération, c'était un vrai massacre.Ça nous fait froid de voir tout ça aujourd'hui».La fille d'un ancien combattant canadien note la grande taille de la plupart des vétérans dans le cortège: «C'est ça qui leurs sauvé la vie, explique-t-elle, parce que cela leur a permis, à marée haute, de regagner les bateaux en emmenant leurs camarades blessés sur leurs épaules».«C'était un jour tragique», dit Bill Stevens, un ancien, combattant qui avait été blesséét fait prisonnier et pour qui l'image restée gravée dans sa mémoire c'est « le sang de mes camarades dans l'eau.La mer était rouge».Le mandat Louise Robic veut «de V 1 du Père Julien Harvey ne sera pas renouvelé * 1 '- - * VU \u2022 nouvelles compétences » au Conseil des communautés culturelles DBMIS WESS?ASM» du bureau de La Presse\"' QUEBEC Sans exiger sa démission, le gouvernement du Québec ne renouvellera pas le mandat du père Julien Harvey, au sein du Conseil des communautés culturelles.C'est ce qu'a indiqué hier, d'une façon non équivoque, Mme Louise Robic, ministre des Communautés culturelles à son entrée à la réunion hebdomadaire du cabinet.Interrogée sur la démission du religieux du conseil, que réclamait publiquement, mardi, une.coalition < d'une quarantaine d'orgariïsWes présentant' les minorités ethniques québécoises, M Me Robic s'est contentée de répliquer: «le père Harvey \"aura à prendre sa décision.Le Conseil des corn m unauiés culturelles a publié une déclaration pour signaler qu'il n'était pas en accord avec ses déclarations».Nommé au conseil lors de sa création par le gouvernement du Parti québécois, en juin 1985, le père Harvey verra l'an prochain se terminer son mandat.Or, pour Mme Robic il est hors de question de renouveler, l'an prochain, le mandat du directeur du Centre Justice et Foi qui a déjà indiqué ne pas vouloir démissionner.«U est important pour le .conseil de se renouveler, d'avoif de nouvelles -persoiî- ii £ nés qui siègent sur ses rangs», a lancé Mme Robic.«Quand j'ai eu des renouvellements a faire je suis allée chercher de nouvelles compétences», a-t-ellc prévenu.Comme l'avait fait la veille la coalition montréalaise «S.O.S.Racisme», le ministre Robic a déclaré «avoir été choquée par certaines déclarations» du père Harvey.Lors d'une commission parlementaire sur le niveau de l'immigration, le père Harvey avait dans son témoignage reconnu que le Québec serait mal avisé d'ouvrir ses portes à certaines communautés difficile à intégrer.Il avait souligné le fossé qui sépare la communauté québécoise de certains groupes .ethniques quant à l'attitude face aux femmes, l'hygiène, l'habitude de porter des armes notamment.L'un des porte-parole des groupes ethniques, M.Pcpe Sciortino, membre de l'exécutif du NPD-Québec avait soutenu que de tels propos «nous ramènent aux années 30 et au fascisme du début du siècle».«J'ai été informée des sentiments du père Harvey au moment même où il les a exprimés (en commission parlementaire)», a indiqué Mme Robic, rappelant qu'elle se trouvait sur place.Selon elle, il est par-dessus tout «dommage» que la presse n'ait pas donné davantage échos aux 15 autres mémoires déposes à la même commission, qui tous allaient dans une direction diamétralement op- posée a,la prise de position du révérend Harvey.«Tous les autres allaient dans le sens contraire», a-t-elle soutenu, rappelant toutefois «qu'il y avait des choses intéressantes» dans la prise de position du religieux montréalais.Elle ne croit pas que le père Harvey risque d'être « ostracise » par ses pairs au sein du conseil des communautés culturelles.«C'est un pays libre, il a droit à ses opinions.la vérité était toutefois différente pour 14 autres organismes», a-t-elle dit, soulignant que, de toute1 façon, c'est directement au président- du Conseil, et non au père Harvey, quRDe demandait des avis lorsqu'elle le jugeait nécessaire.MmriSmSm LA PRESSE, MONTREAL, JEUDI 20 AOÛT 1987 Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president éditeur Michel Roy éditeur adjoint Claude Gravai directeur de l'information Jean-Guy Dubuc éditorialiste en chef Editorial Peser ses mots Le débat sur l'immigration a pris une telle tournure qu'il devient presque impossible d'aborder la question sans susciter les passions.Ce qui arrive présentement au père Julien Harvey, jésuite, directeur du Centre Justice et Foi, en fait la preuve.Spécialiste en questions d'immigration, ayant maintes fois pris la défense de divers groupes d'immigrants dans plusieurs dossiers, le père Harvey s'est amené à Québec, manifestement en toute bonne foi, pour témoigner sur le sujet en commission parlementaire.Il s'était muni d'un mémoire qui posait franchement le problème.La question de l'immigration, y lit-on, divise la population de façon un peu inévitable.Un peu comme celle des grèves dans le secteur public ou du retour de la peine de mort.Le père Harvey et son groupe font valoir, dans ce document, que pour s'éviter des problèmes, la société québécoise doit aborder franchement la proportion des minorités dites visibles (Jaunes, Noirs), malgré les protestations de certains milieux bien intentionnés mais peu réalistes.Sinon, on risque d'accroître le racisme chez nous.S'il ne s'en était tenu qu'à cela, le père Harvey aurait probablement évité le couperet, sinon la controverse.Malheureusement pour lui, il s'est lancé dans l'improvisation verbale et a parlé notamment de «voleurs de jobs».Il ne faisait que prendre le langage de l'économiste Henri Sader qui, dans le numéro de juillet-août de la revue Relations, essaie d'aborder le problème de façon non passionnée.«Les immigrants voleurs de jobs?À court terme, peut-être.A long terme, rien n'est moins sûr; mais a long terme, nous sommes tous morts.» Le père Harvey, s'appuyant sur ces propos de l'économiste Sader, a ajouté que «par consequent, les ouvriers ordinaires ont raison d'être hostiles à l'immigration même si à long terme, le pays va en profiter».Le pere Harvey croit également qu'on éviterait des problèmes si on accueillait moins d'immigrants difficilement intégra-blés, ceux qui acceptent mal nos normes d'hygiène, de démocratie ou d'égalité de la femme avec l'homme.Le critère «d'adaptabilité», qu'il soit appliqué ou non, existe d'ailleurs déjà dans les normes québécoises d'immigration.Ces propos ont soulevé une vaste polémique.SOS-Racisme et une quarantaine d'organismes oeuvrant surtout auprès des communautés culturelles réclament maintenant la demission du pere Harvey du Conseil consultatif des communautés culturelles et de l'immigration.Le directeur du Centre Justice et Foi reconnaît lui-même que quelques-uns de ses propos auraient mérité d'être plus nuances.Mais il a mis l'accent sur des problèmes reels.Ce serait jouer a l'autruche que de ne pas le reconnaître.«Les Québécois ne sont pas des anges.Quand on constate un mouvement de refus qui se maintient, il faut y voir parfois la faute des Québécois et parfois celle des nouveaux arrivants», a-t-il confié a La Presse, mardi.Personne n'est obligé d'être d'accord avec lui.Mais dans une société qui se targue de la liberté d'opinion, le père Harvey a sûrement le droit de s'exprimer sans devoir démissionner de quelque poste que ce soit.Pierre VENNAT Largesse excessive General Motors s'est fait grassement payer pour maintenir et moderniser son usine à Boisbriand.Québec et Ottawa ont fourni $220 millions des $450 millions que la compagnie y a investis.Un fonctionnaire du département du Commerce américain a causé un certain émoi en déclarant que cette subvention avait étonné CM par sa générosité et que le fabricant d'automobiles n'avait finalement d'autre choix que d'accepter, alors qu'il fermait des usines aux États-Unis.Il est un peu tard pour s'offusquer des tactiques si habiles de General Motors, dont le seul prestige peut attirer de telles subventions.Les lecteurs de La Presse le savent bien car, en avril dernier, Alain Dubuc qualifiait cette tactique de «chantage bien orchestré».Guébec et Ottawa ne sont pas tombés aveuglément dans le panneau.Ils étaient convaincus de la nécessité de maintenir l'usine de Boisbriand en vue de développer une industrie automobile au Québec.L'objectif du côté canadien n'était pas le même que du côté de CM ni de celui des villes américaines qui voulaient aussi sauver leur usine.Il est donc difficile de dire si Cuébec et Ottawa ont trop donné.Il est toutefois certain que l'octroi de subventions d'une façon presque automatique à tout nouveau développement industriel mène tôt ou tard à des situations un peu aberrantes.Le Québec n'a pas besoin dune industrie automobile dont l'existence ne tient qu'à la générosité de l'État; l'important est la qualité du travail et des services que l'on peut trouver localement.C'est le facteur qui a fait que GM a construit l'usine de Boisbriand à l'origine et qui fait maintenant défaut.Les subventions gouvernementales finissent par compenser le manque de productivité au Québec; l'usine de Boisbriand est davantage un artifice qu'un élément de force dans l'économie québécoise.Il faut alors se demander si une politique de subventions presque automatiques aux investissements de nature industrielle n'est pas un cul-de-sac économique.Certes, il est parfois nécessaire que l'État facilite la naissance d'une nouvelle industrie pleine de promesses.Mais l'assistance systématique à toutes les industries n'est autre chose qu'un jeu stérile qui consiste à prendre dans les poches des contribuables de quoi créer du travail pour d'autres.Cela revient à créer une économie fortement étatisée dans sa structrure sans trop tenir compte des talents naturels des citoyens et des ressources naturelles du pays.Ce qui ne veut pas dire que Québec et Ottawa ont eu tort de donner des subventions aussi généreuses à GM pour son usine de Boisbriand.Il est toujours possible que celle-ci et celle de Hyundai à Bromont créent les conditions nécessaires pour qu'une industrie de pieces naisse au Québec.Il faut cependant se demander s'il est vraiment nécessaire de combler de cadeaux toute grande société étrangère qui veut s'établir chez nous.Un peu moins de largesses de la part de l'État améliorerait les finances publiques et allégerait le fardeau fiscal des Québécois.Les entreprises québécoises en profiteraient sûrement pour créer de nouveaux emplois; d'aucunes pourraient même s'aventurer dans la fabrication tant souhaitée de pièces automobiles.PréHéric WAGNifeD» fous ôûwi'r\\tâe'.>y ^\u20147^r ~-^f^Pi, DROITS RESERVES TRIBUNE LIBRE À bas le syndicalisme obligatoire ! ¦ Au Canada, si vous voulez travailler, vous devez vous soumettre à un syndicat.Une cotisation mensuelle (souvent très considérable ) sera alors retirée de votre enveloppe de paye.C'est la loi.Au Québec, cette loi qui permet la retenue syndicale obligatoire s'appelle la « formule Rand ».La formule Rand, c'est de la contrainte, c'est de la violence.Ce sont les gouvernements qui l'imposent.C'est par la formule Rand que les syndicats deviennent plus puissants que les gouvernements.Les gouvernements se coupent la gorge eux-mêmes.La population est en droit d'exiger des pouvoirs civils une protection contre la tyrannie syndicale.La population est également en droit d'exiger l'abolition de la retenue syndicale obligatoire, l'abolition de la formule Rand.Sinon, la liberté de non-association pour les travailleurs est grandement violée, et la sécurité du pays est gravement menacée par le pouvoir des chefs de syndicats.Que les travailleurs demeurent libres d'adhérer ou non au syndicat de leur choix, c'est l'ABC de la liberté.Être obligé de payer une cotisation à un syndicat, même s'il ne réalise pas nos objectifs, cela ressemble au droit de vote en pays communiste.Cette mesure ty-rannique qui écrase les travailleurs ne nous surprend pas de la part des chefs de syndicats qui reçoivent .leurs ordres de Moscou, de Cuba et de Pékin.El cette oppression syndicale doit disparaître sans délai si nos gouvernements ne sont pas communistes.C'est .au nom de la liberté d'association que les syndicats ; ont monté leur force.Mais, la liberté de non-association fait partie intégrante de la liberté d'association.Questions de simple définition.La retenue syndicale obligatoire qui fut établie par les législatures provinciales au Canada est contraire â la Charte des droits de l'homme.Comment expliquer que des patrons n'aient pas encore songé à contester cette mesure devant les tribunaux?Que ce soient les patrons qui soient obligés de voler dans la -paye de leurs employés le prix de la cotisation aux syndicats, V» but quatre as! Pourquoi les patrons ne se sont-ils pas encore révoltés?Pourquoi ne font-ils pas eux aussi la grève?Une grève pour cesser de se charger de collecter eux-mêmes, de prendre de force la cotisation dans l'enveloppe de paye.Pour la survie de l'entreprise privée, pour réprimer la dégringolade de notre économie vers le socialisme, pour redonner aux travailleurs leur liberté, pour que le peuple soit assu- ré de recevoir en tout temps les services auxquels il a droit, et pour que la sécurité politique soit garantie au pays, la retenue syndicale obligatoire, appelée au Québec «formule Rand», doit être abolie sans délai.Nous le demandons instamment au gouvernement.Qu'enfin la liberté des travailleurs soit reconnue en pratique, et qu'ils soient désormais capables d'aller payer eux-mêmes à leur bureau du syndicat leurs cotisations quand ils.jugent que le syndicat le mérite; Et la population sera débarrassée de toutes ces grèves'injustes, illégitimes, menées par les chefs de syndicats contre le désir et la volonté des membres syndiqués de force et enrégimentées de force dans ces guerres civiles que sont les grèves d'aujourd'hui.Les interdits de là construction delà région de Thetford-Mines Paul BERNARD, président Léonidas LAPOINTE; sec.Bravo, M.Henripin ! À M.lacques Henripin, ¦ Tout professeur sait qu'il faut répéter la leçon quand l'élève n'a rien compris.Suite aux réactions suscitées par votre entrevue du 20 juin dernier dans La Presse, une nouvelle mise au point s'imposait.Merci d'être revenu à la charge avec deux nouveaux articles (La Presse des 5 et 6 août ).Les réactions négatives à votre entrevue sont une bonne illustration de la façon dont nos intellectuels bornes (traduire: empêtrés dans leur grille d'analyse) embrouillent toute discussion sérieuse dans le but de retarder les solutions: 1.Un problème est énoncé et démontré en termes clairs, chiffres à l'appui.2.Devant la trop grande limpidité de l'analyse, ceux qui se piquent de réfléchir se dressent sur leurs ergots et embrouillent la discussion de toutes sortes de considérations superflues et superlatives.3.Ceux qui ont la responsabilité de prendre des décisions profitent de la mêlée générale pour se retirer du débat.A quoi bon risquer le pouvoir pour une cause déjà décorti- quée et taillée en pièces devant l'opinion publique?Pendant que la discussion piétine, la population continue de décroître, et les couples désireux de fonder une famille doivent, ou bien y renoncer, ou bien accepter d'en supporter seuls les coûts et contrecoups.Où des parents trouveraient-ils le temps pour se regrouper et manifester devant les parlements pour défendre leurs droits et obtenir justice?Moi-même, pour écrire ces lignes, j'empiète, contre mes principes, sur le temps que je dois consacrer a mes six enfants.Dans un premier temps, nos gouvernants doivent de toute urgence réformer une politique fiscale abracadabrante qui pénalise les foyers avec enfants.Il ne s'agit pas là d'incitation à la natalité mais de justice sociale.Ce premier pas franchi, auront-ils la volonté politique d'aller plus loin et d'oeuvrer dans le sens d'un encouragement à la natalité?Non, aussi longtemps que dans la population on sera prêt à s'endetter pour une voiture ou des voyages au risque parfois d'hypothéquer l'avenir, mais qu'on prendra prétexte de l'argument économique pour refuser l'enfant.Oui, si cette même population se donne comme valeur de parier sur la vie et d'assurer de meilleures conditions d'existence aux familles, ces laisses-pour-compte d'une révolution féministe qui a polarisé la discussion sociale autour de la question de l'avortement et des garderies (deux façons de se débarrasser des enfants).«Si la femme, comme dit le poète, est l'avenir de l'homme, nous ne devons pas oublier que l'enfant est notre «venir à tous.» Cette phrase est tirée d'un livre publié en collaboration chez Stankc, en 1984Co
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