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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Informations nationales
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1987-10-07, Collections de BAnQ.

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[" LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 7 OCTOBRE 1987 ESBSBS=S=SXES9B=S9BB9BS==B= S Le Congrès US réserve un accueil inquiétant à l'accord Le Sénat paraît nettement plus favorable JEAN-FRANÇOIS USÉS collaboration spéciale_ WASHINGTON n des deux parlementaires américains qui dirigeront l'étude du traité de libre-échange s'est dit hier «certain» que des changements devront être apportés à l'entente de principe intervenue ce week-end.* Dan Rostenkowski, président du Comité des voies et des moyens de la Chambre des représentants, a indiqué à la sortie d'une rencontre avec le secrétaire d'État lames Baker que certains aspects de l'entente vont «susciter la vive inquiétude de beaucoup de membres» et que «les désaccords devront être surmontés».Rostenkowski dit «réserver son opinion» mais promet que l'entente sera «difficile u faire passer».Une autre importante mauvaise nouvelle pour l'entente est venue du leader de la majorité démocrate au Sénat, Robert Byrd.Dans un communiqué, il s'est dit hier «inquiet de toute disposition qui réduirait la souveraineté des États-Unis, son pouvoir de rendre les décisions finales en matière de disputes commerciales».L'entente prévoit la création d'un tribunal bilatéral qui aurait le dernier mot.En tant que leader de la majorité, Byrd a le pouvoir de rendre la vie extrêmement dure au traité.M.Baker et des membres de la délégation américaine ont pour la première fois présenté en détail, à huis clos hier, l'entente aux membres du Congrès qui devront en recommander 1 adoption.Selon un participant américain, l'accueil fut nettement plus réservé à la Chambre qu'au Sénat.Le président du comité des Finances du Sénat \u2014 l'homologue de Rostenkowski \u2014 Lloyd Bentsen s'est dit «enchanté» du succès des négociations et ne prévoit pas que les objections des parlementaires empêchent l'adoption du traité.Le leader de la minorité républicaine au comité, Bob Packwood, a aussi réservé un accueil chaleureux et ne pense pas que l'entente de principe requière «des changements substantiels importants».Tout changement de cette nature, a-t-il expliqué, provoquerait l'ire des Canadiens, qui se sentiraient «floués».Le sénateur Packwood n'a pas d'objection au mécanisme d'arbitrage bilatéral qui, dit-il, «est une version très réduite de la demande (canadienne) d'origine» à laquelle il n'était d'ailleurs pas opposé.Il a considérablement minimisé la portée de l'accord expliquant que «en fin de compte, si un pays n'aime pas la décision rendue (par le tribunal bilatéral), il n'a qu'à changer la loi ».Le tribunal peut alors juger la nouvelle loi incompatible avec l'esprit du traité, mais le sénateur a noté que le Congrès n'était pas obligé de respecter l'avis du tribunal sur ce point.Dans ce cas, « l'autre partie a le droit d'adopter ses propres mesures de représailles, ce qui est le cas actuellement de toute façon », explique-t-il.Lë sénateur prévoit que le traité a éventuellement «un appui très solide».Trois des sénateurs les plus réticents envers l'accord de libre-échange se disaient plutôt indécis hier.«Les négociateurs canadiens ont fait du bon travail», a dit lohn Heinz, qui se méfie des concessions américaines.Son collègue |ohn Dan-forth est troublé par l'absence de dispositions sur la propriété intellectuelle, par l'exemption de la «soi-disant souveraineté culturelle» et trouve «très dangereuse» l'idée de «donner à un tribunal bilatéfal le pouvoir normalement réservé à nos tribunaux».Finalement Max Baucus se dit «troublé» par l'entente.Mais si ces sceptiques traditionnels étaient réservés, les alliés traditionnels du Canada dont Patrick Moynihan et Bill Armstrong ne tarissaient pas d'éloges pour «l'entente historique».Un membre de la délégation américaine a cependant confié à La Presse hier que la réaction des parlementaires devrait empirer dans les prochaines .semaines.«Ils n'ont pas encore maîtrisé la portée des dispositions, leurs électeurs et les groupes d'intérêts non plus.Lorsqu'ils vont se rendre compte, le téléphone va se mettre à sonner et l'opposition va grandir».11 est normal que la résistance soit plus forte au Congrès, a ajouté un autre négociateur américain, «puisque les sénateurs ont au moins une industrie par État qui exporte au Canada, donc profite de l'entente.Dans les districts des représentants, ce n'est pas nécessairement le cas».Sam Gibbons, un représentant démocrate généralement favorable au libre-échange, a déclaré qu'il «n'a pas vu beaucoup d'enthousiasme» parmi ses collègues.«Chaque fois qu'on discute de commerce il y a une lutte parce qu'on touche au porte-monnaie», a-t-il dit.Le républicain Richard Shulze a été particulièrement dur avec l'entente, «l'avais espéré un texte équitable, mais je ne vois pas beaucoup d'équité», a-t-il dit.L'opposition annonce une offensive contre l'entente de libre-échange CUV TAILUFIR de la Presse Canadienne OTTAWA m ibéraux et néo-démocrates Bu ont annoncé hier le lancement d'offensives tous azimuts contre l'accord de libre-échange.Le chef du Nouveau Parti démocratique, M.Ed Broadbent, s'est engagé à mettre sur pied une vaste campagne de mobilisation pan-canadienne contre l'entente préliminaire canado-américaine.De son côté, le chef libéral John Turner annonçait la création d'un groupe de travail itinérant qui sera chargé de se pencher sur la question et de consulter la population.M.Broadbent a indiqué hier, à l'issue de discussions avec le leader néo-démocrate ontarien Bob Rae, son intention de rencontrer d'ici la fin de la semaine prochaine les chefs néo-démocrates provinciaux à Ottawa dans le but de mettre au point une stratégie de lutte commune.Dans l'intervalle, le comité de stratégie du NPD se réunira vendredi dans la capitale fédérale.Des députés néo-démocrates seront en tournée dès ce week-end dans différents coins du pays pour sensibiliser la population à un accord de libre-échange qui li- vre, à leur avis, la souveraineté canadienne sur un plateau d'argent aux États-Unis.Le NPD n'entend ménager aucun effort dans l'espoir de bloquer l'entente avant qu'elle ne soit adoptée par le Parlement, à majorité conservatrice.M.Broadbent dit ne pas se faire d'illusions sur ses chances de succès.Il estime néanmoins avoir le devoir de lutter contre l'entente, parce qu'elle «met en jeu l'avenir même du Canada».«Il est possible que M.Mulro-ney change d'idée si nous parvenons à mobiliser l'opinion publique contre le libre-échange», a-t-il déclaré.Croisade conjointe?11 n'est pas impossible que libéraux et néo-démocrates décident éventuellement de faire croisade ensemble contre le libre-échange.La chose paraît toutefois pour l'instant peu probable.M.Broadbent n'a pas exclu une coalition ponctuelle des deux partis d'opposition, mais «à la condition que les libéraux fassent preuve de davantage de consistance face à l'accord».Le chef du NPD ne pense pas qu'une coalition contribuerait nécessairement à rendre plus effi- cace la lutte contre l'accord de libre-échange.Tout au plus a-t-il envisagé une collaboration tactique avec le Parti libéral au cours des débats qui auront lieu sur l'entente en Chambre.En conférence de presse, M.Turner a de son côté nié que son caucus soit divisé sur le libre-échange, comme il l'est sur l'accord constitutionnel de 1987.M.Turner a réclamé «les mêmes pouvoirs pour les députés des Communes que pour les membres du Congrès américain» au cours du débat parlementaire sur le libre-échange.Prêt à faire campagne sur l'accord sitôt que M.Mulroney en manifestera le désir, M.Turner a cependant refusé de s'engager à résilier l'entente avec les Américains si les libéraux prenaient le pouvoir.Le leader libéral en Chambre, M.Herb Gray, a pour sa part fait remarquer que l'application de l'entente impliquerait que le gouvernement apporte une foule d'amendements aux lois commerciales canadiennes.Le Parti libéral, a promis M.Gray, se battra contre chacune des ses modifications.Aux Communes, la période des questions a été presque entière- « La meilleure entente possible, compte tenu des circonstances» DENIS LESSARD OTTAWA Le Québec appuie l'accord sur le libre-échange conclu entre Ottawa et Washington, parce qu'il constitue «la meilleure entente possible, compte tenu des circonstances», a dit, hier soir, le premier ministre Robert Bouras-sa.«C'est une bonne entente pour le Canada et une bonne entente pour le Québec», a lancé M.Bou-rassa, après huit heures de discussion à huis clos avec le premier ministre Mulroney et ses homologues des provinces.Même s'il veut, avant de se prononcer définitivement, voir le texte légal découlant de l'accord, M.Bourassa tranchait hier parmi les autres premiers ministres par sa détermination à soutenir l'entente.La veille, jusqu'à près de deux heures du matin, avec une poi- ' gnée de fonctionnaires, M.Bourassa avait épluché le nouveau pacte canado-américain, pour en évaluer l'impact sur l'économie québécoise.Le Québec a toujours des questions à poser sur les périodes de transitions et les programmes offerts à la main d'oeuvre et aux industries québécoises qui auront à souffir de l'ouverture des frontières, a-t-il insisté.Mais, avec l'actuel climat protectionniste américain, «il n'y avait pas de meilleurs choix» mm Robert Bourassa LASERPHOTOPC pour le Canada croit-il, «un an avant une élection américaine, avec 200 projets de loi protectionnistes, en attente au Congrès».«On risquait d'être victimes des États-Unis, le réalisme politique et économique nous incitent à appuyer cet accord », a-t-il dit.«Globalement c'est un accord qui comporte plus d'avantages que d'inconvénients», a-t-il lancé, contredisant carrément le premier ministre ontarien David Peterson.M.Bourassa affirme «comprendre certaines des réticences» de ses collègues des autres provinces, \u2014 Robert Bourassa mais il ne les partage pas toutes pour autant.Selon lui le gouvernement fédéral serait «autorisé à agir s'il obtient un concensus des provinces».«Il s'agit d'un accord qui traite à 90 p.cent de juridictions fédérales», rappelle-t-il.En dehors des sentiments, une «évaluation économique factuelle», permet de percevoir «des avantages très nets pour le Québec d'accepter un tel accord».S'il y a un secteur où les politiciens doivent être réalistes «c'est celui de l'économie» a-t-il dit rappelant que le rapport de force à la table de négociation ne favorisait pas le Canada.Les exportations en jeu ne représentent que deux p.cent de l'économie américaine et 25 p.cent pour le Canada, a-t-il rappelé.Cette entente mettra le Québec dans une excellente position pour obtenir des investissements étrangers croit-il.«Ce n'est pas parfait, il n'y a pas un seul gagnant.C'est équilibré, mais ca répond aux préoccupations du Québec», a-t-il déclaré.Le mécanisme de règlement des disputes commerciales, «n'est pas parfait, mais reste meilleurs que le statu quo», selon lui.«On n'est pas à 100 p.cent satisfait, on aurait préféré quelque chose de plus contraignant, mais c'est la meilleure formule qu'on pouvait aller chercher dans le contexte actuel», a-t-il reconnu.Les programmes de transition ne seront pas une bouée de sauvetage pour les entreprises qui ne pourront s'adapter DENIS LESSARD OTTAWA Les programmes de transition pour l'industrie, que mettront sur pied Ottawa et Québec dans la foulée du libre-échange, ne seront pas une panacée assurant la survie des canards boiteux.Hier, lors d'une séance d'information sur les retombées de l'accord du libre-échange pour le Québec, de hauts fonctionnaires québécois ont indiqué que, conjointement avec Ottawa, Québec travaillait depuis un an déjà à des programmes destinés aux employés des secteurs perdants, dans les secteurs mous notamment.Mais ces projets, qui ne sont pas encore terminés, ne constitueront pas une bouée de sauvetage pour les industries qui ne pourront s'adapter.Les entreprises qui ont fait des efforts pour s'adapter et prévoir les changements vont insister «pour dire qu'il ne faut pas que ces programmes gratifient les pas bons», a prévenu un fonctionnaire québécois.Des études fédérales révèlent que le Québec et l'Ontario auront ;i subir 90 p.cent des coûts en terme d'adaptation de l'industrie et de la main-d'oeuvre, tout en ne recevant que 60 p.cent des bénéfices de l'accord.Ottawa et les provinces ont encore un an pour finaliser leurs programmés puisqu'aucun changement aux tarifs douaniers ne surviendra avant le 1er janvier 1989.Même si un rapport québécois parlait de «dislocation» de certains secteurs industriels, au Québec, à la suite de l'accord, les fonctionnaires se bornaient hier à prédire la «disparition de certaines industries», qui de toutes façons, dans bien des cas, étaient appelées à déposer leur bilan.Il faut se garder de pointer du doigt les éternels secteurs mous, précisent-t-il.Dans le meuble, une entreprise comme Shermag a fait une percée extraordinaire sur le marché américain, dans le secteur des textiles, réputé moribond, Dominion Textiles a fait récemment une tentative pour engloutir le géant américain Burlington, rappelle-t-on.En outre, pour beaucoup de ces secteurs, ce n'est pas la concurrence américaine, mais sud-asiatique qui est à craindre, on souligné ces fonctionnaires.Seuls des secteurs où les entreprises, «volontairement», se sont dit prêtes à faire face à la disparition des tarifs seront touchées en 1989.Les autres auront cinq ou dix ans pour s'adapter, et pourront tourjours réclamer le retour aux tarifs pour trois ans, si elles jugent que la production américaine déferle trop rapidement sur leur marché, précise-t-on.Objectifs atteints Selon les fonctionnaires, «les objectifs que s'était fixé le gouvernement du Québec sont en grande partie respectés», dans l'accord conclu samedi entre Washington et Ottawa.Ainsi, signale-t-on, le mécanisme d'arbitrage des différends commerciaux constitue une concession sans précédent de la part des Américains.Le «tribunal» supra-national aura le pouvoir de révoquer les décisions d'un pays qui outrepasse ses lois commerciales pour frapper un produit étranger.Ainsi, la viande de porc et le papier journal canadien, deux cibles futures identifiées par Washington, ne sont pas à l'abris des lois protectionnistes américaines.Toutefois, Washington devra se conformer à ses propres lois et ne pourra prendre des décisions arbitraires comme dans le cas du bois-d'oeuvre canadien, frappé de tarifs douaniers exceptionnels en 1986, après en avoir été exonéré en 1983.Dans le domaine de l'énergie, Québec est convaincu d'avoir marqué des points.L'Office national de l'énergie, organisme canadien qui avait mis des bâtons dans les roues d'Hydro-Québec en bloquant un contrat de vente d'électricité à la Nouvelle-Angleterre en juin n'aura plus qu'un rôle «de surveillance», pour vérifier si la demande canadienne est satisfaite.En outre, la loi de l'offre et de la demande s'appliquera pour l'électricité québécoise, «quelque chose d'avantageux pour nos exportations», estime-ton à Québec.Hydro pourrait toutefois être tenue de vendre un pourcentage de sa production aux Américains en cas de panne, admet-on, clause qui, de toute façon est déjà prévue aux contrats d'Hydro-Québec.L'agriculture Dans le secteur de l'agriculture, on s'explique mal les réticences du président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), M.Jacques Proulx qui voyait dans l'accord l'arrêt de mort de certaines productions québécoises.Les tarifs sont enlevés dans tous les secteurs, sauf l'horticulture canadienne qui a besoin d'une protection saisonnière.Les organismes de gestions de l'offre demeurent de même que les programmes canadiens de stabilisation dans le lait, et la viande.Toutefois les subventions à l'exportation, souvent utilisées pour vendre des céréales à l'étranger, devront cesser, indï-que-t-on.Dans certains secteurs protégés au Canada par des quotas de production, les oeufs et la volaille notamment, ces contingentements seront augmentés, de l'ordre de 1 p.cent.Ces importations hors-quotas restent négligeables, et ne pourront être achetés que par les transformateurs canadiens, mieux à même ainsi, de préserver leur position concurrentielle face aux Américains.Sur la question des marchés publics l'accord ne représente guère de progrès d'un angle québécois.Seuls les achats des deux gouvernements fédéraux, à Ottawa et à Washington, sont ouverts aux entreprises de l'autre pays.Au Canada en abaissant la norme à des marchés de $25 000 US et plus on ouvre $500 millions de contrats potentiels aux États-Unis.Les firmes canadiennes peuvent miser sur $3 milliards de contrats.Les achats de défense constituent toutefois une exception d'importance.Le Québec pourra conserver une politique préférentielle d'achat, mais, en retour n'aura pas un accès directs aux imposants marchés des états américains.Ainsi, une firme comme Bombardier, devra encore enjamber un réseau serré de tarifs et de normes si elle espère vendre son produit à des sociétés américaines de transport en commun.ment consacrée, pour la deuxième journée consécutive, à l'entente de la 11e heure conclue samedi soir à Washington.Tandis que le NPD faisait porter ses interventions sur les concessions faites par le Canada au chapitre énergétique, les libéraux dénonçaient le gouvernement pour n'avoir rien prévu pour venir en aide aux «dizaines de milliers» de travailleurs qui risquent de perdre leur emploi dans le sillage des mutations industrielles qu'entraînera l'application de l'accord.Le ministre des Finances Michael Wilson a affirmé que des programmes d'ajustement suffisants existaient déjà au Canada pour faire face à la situation.Il suffira probablement, a-t-il dit, d'affecter des sommes additionnelles aux programmes qui sont déjà en place.«Quelque cinq millions de Canadiens changent d'emploi ou le quittent tous les ans depuis 1982», a souligné M.Wilson.Les bouleversements subis sur le marché du travail depuis cinq ans ont été grandement facilités par la croissance économique au Canada, a-t-il soutenu.Les néo-démocrates ont affirmé de leur côté que l'accord faisait perdre aux provinces productrices de pétrole le droit de réduire leurs exportations pour assurer la sécurité de leurs approvisionnements.L'UPAvoitle Canada devenir «une colonie américaine» ANDRE PEPIN du bureau de La Presse QUÉBEC Avec un traité sur le libre-échange, nous ne sommes pas menacés de devenir un État, mais plutôt une colonie américaine, soutient le président de l'UPA, M.Jacques Proulx.«Cessons donc de nous illusionner.Nous ne vendrons pas d'avantage de nourriture aux Américains, ces derniers mangent déjà trop et sont débordes d'aliments qu'ils voudront écouler chez nous », a lancé M.Proulx, en arrivant hier à l'Assemblée nationale où se tient une commission parlementaire sur le financement agricole.Les producteurs agricoles, ceux qui, jusqu'à maintenant, apportent la résistance la plus virile au projet canado-américain, planifient des manifestations d'envergure pour bloquer l'entente, a admis M.Proulx.«Devant le ministre de l'Agriculture Michel Page, le président de TUPA a manifesté son indignation en affirmant que les deux paliers de gouvernement avaient menti aux producteurs en promettant que l'agriculture ne ferait pas partie de l'accord.M.Proulx ne voit aucun marché à conquérir de l'autre côté de la frontière, en raison notamment des surplus gigantesques de la production américaine.Il ne croit pas non plus que le mécanisme d'arbitrage puisse aider aux producteurs québécois puisque ce tribunal basera ses décisions sur les lois américaines.Principalement dans le domaine de la chair de volaille et des oeufs, M.Proulx croit qu'il est utopique de croire que le marché canadien ne sera pas envahi par les États-Unis.Même avec les quotas que prévoit l'entente, la production québécoise sera paralysée, croit-il, puisque la fixation de ces quotas sera faite à partir de la production .canadienne.M.Proulx a par ailleurs dénoncé l'interprétation faite par les Américains des politiques de subventions.Les prix des céréales, chez nos voisins, sont inférieurs à nos coûts de production, avec le résultat que les producteurs québécois ne pourront absolument pas livrer bataille aux voisins du sud.Le ministre Page, de son côté, a fait savoir hier qu'il commenterait aujourd'hui le contenu de l'entente, en regard des politiques agricoles.Il s'est cependant dit rassuré du fait que le soutien au développement régional soit garanti, notamment en matière d'assurance stabilisation des prix.La formation d'un tribunal d'arbitrage également le rassure.Le mot d'ordre semble avoir été donné, chez les libéraux québécois, pour que les ministres évitent de commenter l'entente avant que le premier Bourassa ait pu s'entretenir (hier), avec son homologue fédéral. B2 Paul Desmarais président du conseil d'administration LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 7 OCTOBRE 1987 La Presse Roger D.Landry president éditeur Michel Roy éditeur adjoint Claude Cravel directeur de I information Jean-Cuy Dubuc éditorialiste en chef Éditorial Une étape majeure Les lecteurs de La Presse, comme la plupart des Canadiens, auront sûrement mis 48 ou 72 heures à comprendre le sens et la portée de l'Accord de libre-échange.Malgré les efforts des journalistes, les premiers articles souffraient de nombreuses lacunes qu'il faut attribuer à l'insuffisance d'informations concrètes émanant des représentants des deux gouvernements.Il ne pouvait en être autrement puisque les négociateurs, dans la précipitation des dernières heures, n'ont pas achevé la rédaction des textes.Sur la foi de la transcription préliminaire de l'Accord \u2014 mais qui ne constitue pas encore un document officiel \u2014 l'ensemble de la presse diffuse depuis hier des informations qui permettent d'analyser davantage le contenu, en dépit des imprécisions, des silences et des oublis.\u2022 Ceux que cette question laisse indifférents, parce qu'elle paraît trop complexe, ou ceux qui ne savent rien de cette négociation, feront bien ce matin de lire avant tout l'article d'Alain Dubuc en première page de La Presse.Il est un peu plus long qu'à l'ordinaire, mais il répond aux principales interrogations ét situe la problématique.Tout comme l'avait fait Frédéric Wagnière dans les colonnes de cette page lundi et mardi, naviguant avec lucidité en plein brouillard.De ces deux éditoriaux et de la chronique que signe Alain Dubuc à la une ce matin, il ressort clairement que La Presse accueille très favorablement cet Accord de principe qui marque une étape majeure sur la voie d'un nouveau régime économique, commercial et financier entre le Canada et les États-Unis.On a dit avec raison que l'incertitude et la confusion entourant certaines dispositions interdisent pour l'instant de porter un jugement définitif.Mais ce qui importe surtout pour l'instant, c'est de reconnaître l'importance de cette «victoire honorable» que constitue, même imparfaite, l'entente de Washington.Car, ces dernières années, non seulement les milieux d'affaires qu'on pourrait suspecter de cupidité, mais beaucoup d'analystes désintéressés, professeurs ou économistes, tout comme la Commission MacDonald, avaient insisté sur la nécessité d'une plus grande ouverture vers le Sud, d'un élargissement de notre marché, trop étroit dans un pays peu peuplé.Il fallait un jour ou l'autre franchir l'étape préliminaire d'une plus grande libéralisation.Il le fallait d'autant plus que le protectionnisme croissant du Congrès américain représente une menace sérieuse pour le Canada.Après 16 mois de négociations, l'Accord de principe est conclu.Il reste encore beaucoup de choses à mettre au point et à discuter.Mais, dans 10 ans, au-delà des partis pris et des intérêts régionaux qui s'affrontent aujourd'hui, on pourra dire que l'entente du 3 octobre avait un caractère historique, pour peu que le mot ait encore un sens.Il est sûr que le Québec y trouve des avantages, comme l'Ouest et les provinces de l'Atlantique.L'Ontario est déçue parce qu'elle y perd, dit-on, une partie de sa domination sur l'économie canadienne.Mais, pour le Canada, l'amélioration ainsi accomplie est incontestable, s'inscrit dans la voie du progrès, et ne menace pas, quoi qu'on dise à Toronto, la souveraineté, la culture, les richesses énergétiques et le Pacte de l'auto.Il est rassurant de constater que la majorité des premiers ministres des provinces se disent satisfaits de l'Accord, mais triste de voir que les Communes, pour débattre une affaire aussi vitale, s'abandonnent à la démagogie.Michel ROY Un ciel plus bleu Enfin.Enfin, les deux grandes sociétés aériennes canadiennes vont cesser de se battre l'une contre l'autre au profit de leurs concurrents étrangers.Enfin, un ministre des Transports a osé accepter une proposition de complémentarité entre Air Canada et Canadien International en leur permettant d'organiser leur réseau de façon profitable, rationnelle et fonctionnelle.Voilà une importante fleur au chapeau de M.John Crosbie.Une fleur aussi à celui des deux dirigeants.Il y a longtemps que le président-directeur général d'Air Canada, M.Pierre J.Jeanniot, travaillait à la réalisation de ce projet.Heureusement pour lui, le nouveau président de Canadien International, M.Rhy T.Eyton, n'a pas mis de temps à comprendre le bien-fondé d'une telle démarche.Les deux ont finalement pu convaincre un ministre des Transports capable de saisir l'importance du défi pour le Canada.Après des années et des décennies d'affrontements et de discussions, l'aviation commerciale canadienne peut vraiment s'implanter dans le monde.* Qu'on y pense un peu : cette nouvelle répartition de la planète ouvre une vingtaine de nouveaux marchés à Air Canada.Ce qui signifie que le Canada pourra être présent à des endroits aussi différents que le Moyen-Orient, l'Arabie Saoudite, les Philippines et la Corée.Et Canadien International pourra nous lier directement à la Scandinavie et à l'Union soviétique.Il suffisait de rationaliser les routes pour qu'elles deviennent éventuellement intéressantes.C'est fait.Les échanges internationaux se feront dorénavant avec plus d'assurance et de réalisme.Les transporteurs y trouveront leur profit; le Canada également ; les Canadiens aussi, évidemment.La concurrence se fera maintenant avec les autres pays.Le service devra être conservé au plus haut niveau pour séduire les voyageurs d'ici ou d'ailleurs.Les prix pourront être abaissés à cause de cette concurrence internationale.L'accès au monde sera donc facilité de plusieurs façons: les Canadiens, qui aiment voyager, sauront sûrement s'en servir.Cela étant dit, le ministre des Transports ne doit pas s'arrêter là : il doit poursuivre son effort de rationalisation du transport aérien.Prochaine étape: la privatisation d'Air Canada.Elle devient de plus en plus nécessaire dans le contexte actuel.C'est vrai que les deux grandes sociétés canadiennes vont pouvoir cesser leur concurrence néfaste sur le plan international.Mais la nouvelle entente ne les empêchera pas de se concurrencer autant, sinon plus qu'avant, dans le ciel canadien.On assiste présentement à une restructuration de Canadien International et de ses sociétés affiliées; il faut s'attendre à une réplique imminente d'Air Canada.Ce qui signifie que tout le transport aérien canadien sera intégré et relié à deux sociétés mères.Le temps des petits transporteurs régionaux indépendants est révolu.La concurrence intérieure est essentielle à la qualité du transport aérien au Canada.Et cette concurrence parfaite ne peut se réaliser sans que les deux sociétés concurrentes puissent profiter d'armes légales.La privatisation est à la base de cette égalité.Il reste donc un geste à poser au gouvernement canadien pour compléter son travail de rationalisation dans ce domaine.Logiquement, ce devrait être pour bientôt.Jean-Cuy DUBUC TÂFFikt/e DROITS RÉSERVÉS TRIBUNE LIBRE Le MEQ, premier responsable des échecs scolaires ¦ Juillet nous.a montré la valeur des élèves du secondaire: 70% d'échecs en histoire, 51% d'échecs en mathématique, 46% d'échecs c>n physique.Septembre nous a révélé que 55%.des ex-cégépiens, maintenant universitaires, ont échoué le test de français dé l'université Laval, même avec tine note de passage aussi basse que 46%.Plus les.étudiants échouent, plus ils prouvent la faillite des «méquistes».atteints du sida pédagogique.- .* .; ** i Les responsables des pro-*' grammes de français et des examens ainsi que les conseillers pédagogiques de vraien l démissionner de leur poste, car leur incompétence mène trop de jeunes à l'échec scolaire.Faudrait-il privatiser le MEQ?Cette catastrophe éducative découlé, en partie, des bêtises que transmettent des conseillers pédagogiques aux profes- ; seurs.Voici des preuves d'incompétence à dénoncer: ne pas enseigner la grammaire, ne I pas faire lire les élèves à voix ' haute, ne pas relire le même texte, ne pas leur donner de ,-, dictées.Des conseillers basent leurs mauvais conseils sur ceci: f la grammaire est inutile; si une secrétaire ne sait pas écrire une ' phrase, elle n'a qu'a fouiller dans une grammaire; les élèves .ne savent pas lire; si tu enseignes la grammaire, tes élèves ne deviendront pas poètes; quand lis-tu la même chose : deux fois?fais-leur copier la grammaire, a-t-on répondu niaiseusement a un professeur \u2022qui demandait des manuels de grammaire pour ses finissants du secondaire.Les résultats au test de Laval démasquent les incompétents.Un nouveau ' poison que lancent les mêmes incompétents: ¦ ils disant d'enseigner le français à travers les valeurs socioculturelles.Espoir chimérique ! On peut étudier la civilisation d'un peuple sans connaître sa langue.Blablater est plus facile \u2022que d'enseigner la grammaire.Les jeunes Québécois récoltent les échecs des aînés.Après treize ans d'étude, les nouveaux universitaires constatent qu'ils ne maîtrisent pas encore leur langue maternelle.La faillite de l'enseignement du français est ainsi consommée et lès premiers coupables se cachent au MEQ quoiqu'ils eiv disent.(.) Jean-Louis JOBIN professeur Ancienne-Lorette Loto pour fainéants ¦ Depuis quelque temps on nous présente à la télé un message de Loto-Québec nous montrant de nouveaux millionnaires qui dorment jusqu'à 11 heures un beau lundi matin! Ce message est absolument immoral et pernicieux.Au moment où le Québec a besoin d'augmenter sa productivité, de se défendre dans le monde économique, de créer des emplois, qu'est-ce que la société d'État propose comme idéal de vie?Dormir jusqu'à midi, ne rien faire, vivre comme les rois fainéants à même un capital gagné par hasard et absolument improductif.On aurait pu montrer des gens dynamiques qui ont acquis une propriété, fondé une petite entreprise, créé quelques emplois pour leurs concitoyens, à la limite, des gens qui font du sport, qui voyagent, qui font quelque chose.Mais, non.On nous montre les bienheureux gagnants qui sont tellement «épais» qu'ils ne trouvent rien de mieux a faire que de dormir! Marcel BELLEAU Longueuil Pauvre Albert Pen ! À Claude jasmin, écrivain ¦ Comme beaucoup de Québécois, vous avez été touché par les propos méprisants du sénateur-maire des îles Saint-Pierre-et-Miquelon publiés dans le journal Le Monde du 2 septembre.«Faudra-t-il nous résigner, dans X années, à parler québécois?» Au moment où le Premier ministre Mulroney vient de confier à l'avocat québécois Yves Fortier la direction des négociations entre la France et le Canada sur la délimitation des zones de pêche dans l'Atlantique Nord et où, successivement, le Président François Mitterrand et son Premier ministre viennent de participer au rendez-vous de la francophonie a Québec, vous comprendrez qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne plus chez le sénateur-maire.Il faut vous dire, cher Claude jasmin, que le petit roi des iles s'est fait déplumer depuis l'automne 86.Ses compatriotes ayant commencé à mettre fin à ses multiples fonctions de maire, député, conseiller général, chef de commissions, etc.D'ici quelques mois, il ne lui restera que celle de sénateur.(.) Et, en tant qu'écrivain québécois originaire de ces iles, je puis vous assurer que peu de mes compatriotes rejoignent Albert Pen dans son mépris.Robert C.CIRARDIN Montréal Du véritable chantage Monsieur Marcel Sévigny conseiller municipal Montréal ¦ Par votre lettre du 14 septembre 1987 publiée dans le journal La Presse du 25 septembre, vous preniez la peine de me faire état de votre perception de la visite que j'ai effectuée, le 10 septembre dernier, dans le quartier Pointe-Saint-Charles.Votre diatribe, en plus de faire injure à la personne visée, ce que j'imagine ne vous trouble guère, constitue un mépris profond à l'endroit de l'ensemble des citoyens que vous êtes censé représenter.En réalité, seules les bonnes manières m'empêchent de qualifier comme il se devrait pareille attitude.je voudrais cependant rétablir certains faits.Comme vous le rappelez si bien dans votre lettre, il s'agis- sait d'une «visite guidée» pour ne pas dire «organisée», d'un bout à l'autre y compris, j'ai l'impression, l'envoi de votre missive plutôt particulière.Après une tournée de Pointe-Saint-Charles qui dura une heure et demie, je fus amené dans une salle remplie à pleine capacité de gens que des animateurs aguerris cherchaient manifestement à soulever, l'ai alors eu droit à un spectacle où ces animateurs, savamment disséminés dans la salle, se levaient à tour de rôle pour réciter des passages d'un texte théâtral dont le 'ton souvent démagogique était régulièrement souligné par les applaudissements d'une foule complaisante.Mes réponses aux demandes de centaines de logements subventionnés qu'on me formulait et aux ultimatums que me lançait sans ménagement la dame qui présidait la séance furent fermes, mais polies et empreintes de respect malgré les circonstances.|e demeure trop sensible aux besoins des divers quartiers, y compris ceux de Pointe-Saint-Charles, pour distribuer les fonds publics aux premiers démagogues venus.Il n'était pas question d'acheter nia sortie de cette fosse aux lions en promettant des subventions qui avaient été refusées par un jury dans le cadre d'un concours public.C'est bien mal me connaître que de croire un instant que j'aurais pu céder à cette forme de chantage.Quant aux reproches que vous m'adressez d'avoir.«feuilleté paresseusement un document posé devant moi», je dois vous dire qu'il s'agissait plutôt de tristesse que de paresse, puisque je suivais le scénario de la pièce qui se jouait devant moi et dont on m'avait remis copie à mon arrivée.En tant que ministre responsable de l'habitation, je souhaite de tout coeur que les programmes gouvernementaux puissent répondre à tous les besoins, y compris à ceux de Pointe-Saint-Charles que je re- connais.|e ne crois pas cependant que les méthodes que vous utilisez contribuent de quelque façon à la satisfaction des besoins de vos concitoyens, à qui vous rendez un bien mauvais service.Le ministre Andre BOURBEAU Montréal L'apartheid au Burundi M.Brian Mulroney, Premier ministre du Canada ¦ Aux récentes assises de la francophonie à Québec, vous vous êtes présenté en défenseur des droits de l'homme et contre l'apartheid en Afrique du Sud.Or.M.le Premier ministre, un pays membre du Sommet de Québec, qui a d'ailleurs fait parler de lui, soit le Burundi, pratique une politique d'apartheid non déclarée.En effet, une minorité de Tutsis au pouvoir dans ce pays brime les intérêts et les droits fondamentaux de la majorité des Hutus.Le génocide du peuple hutu en 1972 a cristallisé cette politique, poursuivie depuis Micom-bero.Bagaza et, j'en suis sure, par le régime de Buyoya qui vient de prendre le pouvoir à Bujumbura.AusSi, M.le Premier ministre, au moment où les nouveaux dirigeants burundais se cherchent et ont besoin d'un appui extérieur pour se confirmer, il faudrait les aider, à l'instar de ce que vous faites avec les dirigeants de Pretoria, à se débarrasser de ce système exécrable de discrimination raciale.(.) Étant donné la nouvelle situation intervenue au Burundi et surtout l'engagement du Canada de prévenir et poursuivre tous les cas de génocide à travers le monde, je vous serais reconnaissante de bien vouloir saisir l'occasion pour demander aux nouvelles autorités d'ouvrir absolument ce dossier et surtout d'établir les responsabilités afin que justice soit faite aux victimes.La paix au Burundi.M.le Premier ministre, dépendra largement de cette démarche qui, j'ose croire, ne doit être faite que par l'ensemble de la communauté internationale.Rose K.NDAYAHOZE Montréal N.B.9 La Presse publie sous cette rubrique les lettres qui répondent aux .conditions suivantes: intérêt, concision, signature, nom complet, adresse et numéro de téléphone.F.llç'séréserve le droit do les abréger et privilégie celles qui font suite a des articles publiés dans La Presse.Les adresser comme suit: Tribune libre, La Presse, 7, rue Saint-lacques.Montréal, H2Y IK9. LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 7 OCTOBRE 1987 B3 Jean-Paul Desbiens collaboration spéciale L'immigration vue de Métabetchouan Je suis né à Métabetchouan.Je ne le méritais pas.D'abord, d avoir été mis au monde.Ensuite, d avoir été mis au monde à Métabetchouan, mot montagnais qui veut dire: qui Sort des bois en criant.On sort toujours en criant: «On entre, on crie.C'est la vie.On crie, on sort, C'est la mort.» Il y en a qui crient tout le temps, comme les cochons et les Cassan-dres.Mon expérience des immigrants se rapporte d'abord aux Polonais.Au moment de la construction du barrage de l'Isle-Maligne, à la décharge du lac Saint-Jean, bon nombre de Polonais y vinrent travailler.On les appelait les Polocks.Mon père en parlait devant nous avec ses amis.H en parlait comme ces hommes-là parlaient de leur vie, de leur métier.Il en parlait sans nuances, sans peur, sans hostilité.Les Polonais sont partis à la fin des travaux.|e ne me souviens pas en avoir jamais rencontré à l'époque.|e sais seulement que j'en aurais été tout excité.Nous aimions les étrangers.Ça nous faisait sortir par procuration.Ce qui est resté du passage des Polonais au Lac, outre le barrage, c'est le nom que l'on donnait aux cigarettes de taba
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