La presse, 16 mars 1988, B. Informations nationales
[" D D Informations nationales \"Dans le doute, dites la vérité\" U.itk T*um LOCAUX COMMERCIAUX.INDUSTRIELS EI OE BUREAU DANS TOUT LE CANADA 737-3344, \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCRED116 MARS 1988 Ottawa refuse de geler les frais de service imposés par les banques CUV TAILLEFER de la Presse Canadienne OTTAWA Le gouvernement fédéral a refusé hier de geler les frais de service bancaires imposés aux consommateurs par les banques canadiennes.Libéraux et néo-démocrates ont fait front commun aux Communes pour réclamer auprès du ministre de la Consommation et des Corporations, M.Harvie Andre, le gel des frais de service et la tenue d'une enquête approfondie sur les pratiques bancaires dans ce domaine.Refusant l'une et l'autre proposition, M.Andre a répliqué qu'il continuerait plutôt de préconiser la manière douce en invitant les banques à adopter des «mesures volontaires».Pas question pour le gouvernement, a-t-il indiqué, d'avoir recours dans l'immédiat à son pouvoir de coercition.« Un gel ne serait pas opportun, a déclaré le ministre, parce qu'il risquerait de maintenir certains frais de service à un niveau plus élevé que nécessaire».Des discussions, a-t-il dit, se poursuivent à ce sujet avec l'Association canadienne des banques «afin de les inciter à corriger d'el- Six permanents du PQ invités à démissionner BRUNO BISSON Le directeur général du PQ, M.Alain Marcoux, et cinq aunes permanents ont été invités à présenter leur démission dès vendredi, par des personnes de l'entourage du nouveau chef incontesté du Parti Québécois, M.|ac-ques Parizeau.Les six permanents du parti se sont entendus avec leur comité exécutif pour quitter leur poste sans faire d'éclat, et laisser la place à de nouveaux conseillers plus pioches des idées de M.Parizeau.qui deviendra officiellement chef du PQ samedi prochain.Un porte-parole du bureau du chef de l'opposition à Québec, M.Hubert Dupont, a confirmé la nouvelle Lu Presse, hier, tout en assurant que ces démissions ne surviennent pas à cause de différends idéologiques, mais à la suite d'un simple « réaménagement».Selon M.Dupont, il n'existe aucune relation entre ces démissions et les profondes divergences de vue qui ont entraîné le départ du tiers des membres de l'exécutif du parti et de la plupart des leaders du Comité national des jeunes.«C'est certain qu'il y a une relation entre l'arrivée de M.Pari-/eau et le départ de ces permanents, a admis le porte-parole.Il est lout à fait normal qu'un nouveau chef choisisse lui-même ses plus proches collaborateurs.» M.Dupont a ajouté que ces six demissions ont été convenues à l'amiable et qu'elles ne risquent pas de provoquer de vagues ù la base du PQ, bien fragile depuis le départ de l'ancien chef.Pierre Marc Içhnson.Le départ d'Alain Marcoux, identifié comme un fidèle de lohnson, était attendu depuis un bon moment.Les cinq agents de liaison, également identifiés comme des pro-lohnson, auraient aussi manifesté leur intention de quitter la permanence du PQ.La plupart d'entre eux n'auraient pas pardonné les «magouilles» qui ont amené M.lohnson à abandonner la direction du PQ.les-mémes ces pratiques».Le ministre a prédit, mais sans dire à quel moment, une diminution des frais de service./ Le débat sur les hausses incessantes des frais de service a resurgi dans la foulée de la publication d'un document de travail confidentiel du Comité permanent des finances et des affaires économiques indiquant que les institutions bancaires ne respectent pas certaines dispositions de la loi sur les banques.Ce document, obtenu par La Presse Canadienne, indique que les banques contournent l'obligation qui leur est faite dans la loi de fournir aux consommateurs une liste détaillée de tous les frais qui leur sont imposés.Les banques sont tenues en vertu de la loi d'obtenir «l'approbation expresse» d'un client avant de lui imposer des frais directs ou indirects.Selon le document de travail, les banques dérogent à la loi en faisant signer aux consommateurs un formulaire qui leur donne carte blanche et les autorise à imposer des frais de service à leur guise.Lâcheté Aux Communes, le député libéral David Dingwall a accusé M.Andre de faire preuve de «lâcheté» face aux banques.Un peu plus tard, il accusait le ministre d'agir de façon irresponsable en ne prenant pas la situation suffisamment au sérieux.Le néo-démocrate John Rodrigue/ a souligné de son coté avoir porté I y a quatre mois la situation à l'attention de M.Andre.«Mais ie ministre s'est tourné les pouces pendant que les consommateurs payaient», a affirmé M.Rodriguez.Selon lui, les banques canadiennes ont amassé $4 milliards l'année dernière en frais de service, une évaluation que M.Andre a immédiatement qualifié de «grossière exagération».M.Rodrigue/ a fait valoir que, contrairement aux prétentions de M.Andre, la concurrence entre les banques n'avait pas contribué à faire diminuer les frais de service.«À défaut de geler les frais de service, a demandé M.Rodrigue/, le gouvernement est-il au moins prél à faire respecter la loi touchant l'obligation d'obtenir l'approbation d'un client avant de lui imposer des frais de service?» «La loi est parfaitement claire à ce sujet, a simplement répondu le ministre d'État aux Finances, M.Tom llockin.Elle sera appliquée.» Le président du Comité des finances et des affaires économiques, M.Don Ulenkarn, a déclaré pour sa part que le contenu du document de travail rendu public était inexact et incomplet, et ne représentait pas adéquatement l'opinion des membres du comité.M.Blcnkarn a affirmé que la fuite du document nuisait aux travaux du comité, qui se propose de présenter son rapport final à ce sujet d'ici quelques semaines.« Nous ne sommes pas encore parvenus à une conclusion », a-t-il affirmé.Le député conservateur n'a pas exclu la possibilité que le comité décide ensuite de tenir des audiences sur cette question dans le but d'approfondir son enquête.«C'est une question très complexe», a-t-il dit, en mentionnant l'existence de quelque I70 types de services bancaires.M.Ulenkarn a pris soin de minimiser les reproches adressés aux banques dans le document de travail.Il s'est défendu de vouloir s'attaquer «à de bons et solides hommes d'affaires», tout en affirmant chercher à s'assurer que les «citoyens soient traités justement».LASERPHOTOPC «Un gel des frais de services bancaires ne serait pas opportun, a déclaré le ministre de la Consommation et des Corporations, M.Harvie Andre, selon qui une telle contrainte risquerait de maintenir certains frais de service à un niveau plus élevé que nécessaire».Un comité des Communes recommande de tout taxer, même les aliments Seuls les frais bancaires et les loyers de domiciles échapperaient à la nouvelle taxe Presse Canadienne OTTAWA WKh ans une ébauche de rapport encore Bv sujette a modifications, le comité des finances des Communes recommande que presque tous les biens et services, y compris les aliments, soient couverts par la nouvelle taxe de vente que le gouvernement fédéral a l'intention d'imposer.Le document, qui est confidentiel, a été obtenu par la Presse Canadienne.Les seules exceptions a la taxe mentionnées par le comité sont les frais bancaires et les loyers de domiciles.Il faudrait tout de même que le gouvernement, selon le rapport, s'assure que les Canadiens a faibles et moyens revenus obtiennent pleine compensation pour toute taxe supplémentaire qu'ils devraient débourser.L'ébauche tie rapport a été rédigée après que sept des 14 membres du comité eurent passé une semaine en Nouvelle-Zélande, le mois dernier, étudiant sur place la taxe que ce pays a imposée il y a 18 mois sur les biens cl les services.Le rapport qualifie cette taxe de remarquable réalisation, qui est de plus très simple à appliquer et qui rapporte plus d'argent que prévu.Négociations Des négociations se poursuivent actuellement entre Ottawa et les provinces sur la possibilité d'appliquer une taxe de vente nationale sur les biens et services, pour remplacer les taxes fédérales actuelles et les taxes provinciales de vente au détail.On croit généralement que la nouvelle taxe n'entrera pas en vigueur avant la prochaine élection fédérale, qui doit être déclenchée l'an prochain au plus tard.John Turner dans Vancouver Quadra Presse Canadienne VICTORIA Le chef du parti liberal federal John Turner a annonce hier qu'il sera à nouveau candidat dans la circonscription de Vancouver Quadra.Des rumeurs avaient circule ù l'effet qu'il pourrait être candidat dans un comté «plus sur» de la region de Toronto.Le leader liberal a fait cette annonce hier midi alors qu'il s'adressait à la Chambre île Commerce de Victoria.Il a répète que s'il elail élu.il annulerait le traité de libre-échange avec les États-Unis.Il u ajouté qu'il irait lui-même a la Maison-manche annoncer la non velle.\u2022 Des Meurs pour f0 reine Une fillette de huit ans, Charlotte England, a offert des fleurs a la reine Silvia de Suède hier, a son arrivée à l'aéroport de Toronto.M.ingmar Soderstrom, consul general honoraire de Suède, assiste a la scène.La reine effectue une visite de six jours au Canada en compagnie du roi Charles XVI (qui n'apparaît pas sur la photo).LASCRPHOTO PC Recherche: Ottawa dépense trois fois plus en Ontario GILLES CAUTHIER du bureau de La Presse OTTAWA M_ e gouvernement fédéral in-Bljecte en Ontario presque trois plus d'argent qu'au Québec pour la recherche et le développement.Les chiffres portent sur l'année 1985 mais le ministère de l'Expansion industrielle régionale indiquait hier qu'il s'agit des données les plus récentes à ce sujet.Cette année-là, Ottawa dépensait $1.128 milliard pour la recherche et le développement dans la province voisine et $433 millions au Québec.Les sommes consacrées à l'Ontario représentaient la moitié des dépenses fédérales pour l'ensemble du Canada.Pendant ce temps, l'entreprise privée consacrait $1.6 miiliard a cette activité en Ontario et $646 millions au Québec.Le gouvernement du Quebec et les organismes de recherche de cette province injectaient plus d'argent que ceux de l'Ontario, soit $159 millions comparativement à $111 millions.La recherche et le développement effectués par le gouvernement fédéral lui-même représentaient une somme de $b8l millions en Ontario et $212 millions au Québec.D'autres chiffres publiés hier indiquaient que dans le secteur plus vaste de la science et de la technologie, le federal a injecte, en 1985-86.$569 millions au Quebec.$684 millions en Ontario cl.$l,j99 milliard dans la re gion de ia Capitale nationale (Ol-lawa-l iull-Gatineau).Ce qui ne trompera personne.La très vaste majorité des personnes impliquées dans ces secteurs dans cette région travaillent et resident en Ontario et paient leurs taxes et impôts provinciaux au gouvernement de M.Peterson.De plus, ces emplois sont en general permanents puisque, de cet te somme de presque $1.2 mil liard, $1.085 milliard sunt consacrés à des travaux en science et technologie effectues par des employés de l'État federal lui-même Le gouvernement canadien injectait par ailleurs $706 million-dans l'Ouest pour la science et la technologie et $315 millions dans les Maritimes.Gratton veut resserrer Ses balises du financement Lib GILBERT BRUNET du bureau de \\s\\ Presse QUÉBEC mm aut-il faire passer de $3 000 au total BP™ à $3 000 par parti la contribution d'un électeur au financement des partis politiques du Québec?Ministre responsable de la Réforme électorale.Michel Gratton croit que oui.Mais une telle suggestion ne sera retenue que si l'opposition péquistc est d'accord.«Toute décision du gouvernement, assure M.Gratton, aura fait l'objet d'un consensus, même si tous les consensus ne se traduisent pas par autant de décisions du gouvernement ».Même si elle est citée en exemple dans plusieurs sociétés démocratiques, la Loi électorale du Québec est perfectible.Depuis le scrutin de décembre 1985, le Secretariat a la réforme électorale col lige les suggestions d'amendement a la loi.Dans un document de 334 pages présenté hier a l'Assemblée nationale, M.Gratton soumet a la réflexion et à la consultation quelque 160 possibilités d'amendement, dont 95 suggestions du Directeur général des élections.Ces deux prochains mois, un comité de sept députés \u2014- M.Gratton et trois autres libéraux, deux pequistes et Jacques Rocheîort, indépendant \u2014 va tenter de dégager les premiers consensus.Question de fixer des priorités à une consultation élargie, en commission parlementaire, par la suite.Puis, l'automne prochain, le gouvernement devrait arrêter des décisions, soumettre un projet de loi a l'approbation île l'Assemblée, a temps pour que le prochain appel au peuple soit régi par la Loi électorale amendée.Rappelons les principaux litiges, soulevés lors de la dernière campagne électorale et après celle-ci: ¦ l'impossibilité île tenir un débat télédiffuse entre les chefs des deux princi- paux partis.Pierre Marc lohnson et Robert Hourassa.sans y inviter d'autres chefs de partis reconnus; ¦ l'impossibilité pour des organismes non partisans \u2014 Syndicat de fonctionnaires ou Ordre des pharmaciens \u2014 de publier, en temps de campagne, des manifestes nu de la publicité rappelant aux partis leurs gestes ou engagements; ta l'interdit de distribuer, de vendre ou d'annoncer des oeuvres \u2014 les volumes de Gil Rémillard ou de Denis Monière \u2014 de candidats, même si le contenu des volumes n'a pas de caractère immédiatement partisan; ¦ les vagues prescriptions de la loi quant il la méthode de publication des listes de contributcurs aux caisses des partis.Ce qui ,i résulté en un fouillis inqualifiable dans la liste de 1985 des donateurs au Parti liberal, qui s'est empresse de corriger la situation l'an dernier.Dans la presentation de son volumineux document, hier.M.Gratton fait de tous ces points des priorités de correc- tion.Mais il y ajoute un bloc qu'il qualifie de plus urgent pour lui: la «primauté du droit de vote sur la procédure et les règles qui en régissent l'exercice».À ce chapitre, ie ministre entend que le comité de parlementaires examine d'abord: B l'opportunité d'accorder le droit de vote aux handicapes et malades mentaux; Il l'assouplissement des régies d'inscription et de résidence pour permettre aux Québécois résidant temporairement hors du Québec d'exercer leur droit de vote; ¦ l'introduction du vote par procuration, pour faciliter la tache aux personnes âgées, malades, handicapées ou à mobilité réduite; ¦ l'adaptation des mécanismes de vota-tion aux besoins particuliers de ces électeurs: bureau de vote mobile, déplacement de l'urne, assistance aux sourds-muets, etc.Aucune des 160 suggestions soumises à la consultation qui s'amorce ne remet par ailleurs en cause que le financement îles partis politiques soit reserve aux seuls individus.Pas question de revenir a un financement partiel par des «personnes morales» ou compagnies.En revanche, le comité devra examiner l'hypothèse d'un financement, par le Trésor public, des dépenses électorales de partis reconnus qui n'ont pas obtenu 20 p.cent des suffrages ou réussi a faire élire 12 deputes.Ces seuils, établis au debut des années 1970, satisfaisaient libéraux, pequistes.unionistes et créditistes a l'époque.Mais la situation a beaucoup évolue depuis.Pour le Nouveau Parti démocratique du Québec, par exemple, un score éven luel de 15 p.cent des votes le laisserait sans remboursement de dépenses, a moins que ce résultat ne se traduise par l'élection d'au moins 12 deputes.It ce sont les libéraux et les pequistes deia élus qui devront faire consensus pour modifier cette règle. Paul Desmarais Roger D.Landry Michel Roy Claude Gravel Jean-Guy Dubuc president du conseil président et éditeur éditeur adjoint directeur de (information éditorialiste en chef d administration Editorial Nat(ion)alisme MParizeau propose d'augmenter substantiellement les allocations familiales afin d'encourager les ménages \u2022 québécois à avoir plus d'enfants.Venant d'un autre, cette proposition pourrait être autant de paroles en l'air; mais l'ancien ministre des Finances sait en mesurer l'effet sur les finances publiques.Cette politique nataliste mérite donc d'être examinée de plus près.M.Parizeau propose de rassembler toutes les formes d'aide à l'enfance, tant fédérales que provinciales, en un seul programme pour que les couples puissent avoir une idée plus claire de la contribution financière de l'État s'ils décident d'avoir un enfant de plus.Cette somme serait considérable, allant jusqu'à $300 par mois pour un troisième enfant.Une aide aussi nette pourrait convaincre beaucoup de femmes que d'avoir un ou deux enfants de plus ne représente pas un tel sacrifice.À la longue, le taux de fertilité pourrait remonter du niveau désastreux de 1,4 pour atteindre, voire dépasser, 2,1 qui est le taux de remplacement de la population.Il ne faut toutefois pas se leurrer: la réticence des Québécois modernes à fonder des familles nombreuses ne tient pas principalement à des causes financières.Beaucoup veulent éviter ce qu'ils voient comme une entravé a leur carrière ou à l'emploi de leur temps libre.Beaucoup ne veulent même pas fonder de famille, avec ou sans enfants.Cette tendance, qu'il convient de déplorer, est en partie un phénomène de mode: beaucoup se prennent pour des «yuppies» ou des «dinks» (double income, no kids) jusqu'au moment où c'est trop tard, il y a aussi la tendance paradoxale de voir l'avenir d'un Québec prospère d'une façon beaucoup plus sombre qu'il y a 50 ans quand le monde sortait péniblement de la grande dépression pour se plonger aussitôt dans une guerre meurtrière.Les causes de la dénatalité du Québec, et de beaucoup de pays industrialisés d'Europe, sont encore mal connues.Il ne faut donc pas se lancer dans une politique nataliste coûteuse et irréfléchie.La proposition de M.Parizeau a cela de bon qu'elle obligerait le gouvernement à mettre de l'ordre dans beaucoup de programmes sociaux et de décider si les résultats obtenus justifient les moyens qu'on y met.Le gouvernement pourrait notamment décider d'adopter le principe d'un revenu minimum garanti dans le cadre de la réforme fiscale que l'on attend toujours.En fait, la réforme fiscale elle-même pourrait jouer un rôle important dans la lutte contre la dénatalité si elle aboutissait à une diminution des taux d'imposition et surtout si elle réduisait les impôts liés à chaque poste de travail qu'un employeur offre.Une diminution de la fiscalité et du chômage serait peut-, être le moyen le plus sûr de donner une image plus attrayante de l'avenir.Avec sa proposition, M.Parizeau a visé en plein dans le mille, ii cherche à résoudre un problème qui inquiète les nationalistes et qui présente un danger pour l'économie de la province.De surcroit, il se prépare une belle petite querelle avec Ottawa au sujet du rapatriement des programmes qui ont trait à la politique familiale.Frédéric WACNIÈRE Où va Shamir?\\g itzhak Shamir, premier ministre d'Israël, est aux Etats-Y Ur|is- Avant la fin de cette journée, il aura vraisemblable-I ment parlé à Washington au président Reagan, à la suite de conversations avec le secrétaire d'État Shultz, avec lequel il s'est déjà maintes fois entretenu au cours des dernières semaines.Les échanges entre Israel et Washington sont si constants, si habituels, si conformes à ce qu'on attend que cette visite du premier ministre paraîtrait banale, si la grave crise que traverse depuis trois mois le Moyen-Orient ne lui conférait pas une importance exceptionnelle.On n'en est plus à de simples divisions entre camps opposés mais à un véritable endettement des opinions en Israël d'abord, mais aussi partout où la paix reste un souci.(Dans quel pays la paix n'est-elle pas un souci!) » AU*»*» «Imi- mmÏmÏmm«» w^r~i-r* im '\u2022\"a»-e- in mrv^rrl HûP iWfftnfû.lc v*l lUt UC3 vjuir iivsi19 i Ul I JfJV/l k au ¦ i^gui \\4 u_\u201e\u2014.a,, rj i\u201e gouvernement du Québec projetait de relancer la pratique du hockey dans les écoles.Alors qu'un avis du Conseil des Affaires sociales et de la Famille, daté du 25 mai 1987.stipulait que de tous les jeunes Canadiens âgés de 10 à 19 ans, ce sont ceux du Québec qui sont le moins actifs, et que pour remédier à ce problème, ce même conseil vous recommande d'implanter dans les écoles un programme quotidien d'éducation physique, votre gouvernement se préoccupe du hockey! Alors que partout au Canada, on discute, avec l'appui du ministre fédéral du Sport amateur et de la Condition physique, d'implantation de programmes quotidiens d'éducation physique de qualtié, notre gouvernement se préoccupe du hockey.Alors que l'éducation physique dans les écoles n'a jamais été dans un état aussi lamentable dû aux manques de ressources, de matériels et de leadership, notre ministère de l'Éducation se préoccupe de hockey.(.) Monsieur le Premier ministre, je ne vois pas la logique et surtout pas l'urgence.L'urgence se situe au niveau de la base.Il serait à mon humble avis beaucoup plus prioritaire de former un comité pour étudier l'état de l'éducation physique dans les écoles et de faire une recommandation au ministre afin de donner à nos éducateurs physiques les outils qui leur permettront de développer ciiez les jeunes Québécois et Québécoises le goût d'être physiquement actifs et surtout de le aemeurer ù l'âge adulte.Serge BRASSET Adjoint au directeur Centre sportif College Édouard-Montpctit Protégeons le vélodrome R J'ai appris avec consternation que l'anneau de vitesse du vélodrome allait être démoli pour faire place à un musée, un centre de la technologie.En 1976, je me souviens d'un discours politique qui disait: «Toutes les installations olympiques seront utilisées par la masse afin d'en faire profiter le sport amateur.» Le plus beau du monde en 197b, le seul vélodrome couvert du Canada aujourd'hui.Les cyclistes ont besoin de cet endroit, le climat québécois ne leur permettant de s'entraîner à l'extérieur que six mois par année.Pourquoi affaiblir un sport qui remonte doucement la pente, alors que l'on veut protéger le hockey nui est en perte de vitesse dans nos écoles.Yannick BERRUEL St-Constant Le juge a eu tort R Un juge a ordonné qu'une adolescente de 14 ans se fasse avorter.Mais de quel droit?De quel droit un magistrat peut-il nînr! 1 \" en.: fl'ltnA \\ IWK t mini ut i.uii^'iviii.b vi uiiv jeune fille hésitante qui veut connaître l'impact de la décision de se faire avorter, pour sa vie future?Les femmes ont réclamé le droit de prendre leurs propres décisions.Pourquoi une femme-juge s'immisce-t-elle dans la conscience d'une autre femme, une adolescente de 14 ans?Je ne comprends pas.A l'hôpital Sainte-lustine, où cette adolescente a passé quatre jours dans l'attente d'être «éclairée sur l'impact de sa décision », est-il si difficile de donner de l'information objective sur les conséquences d'une grossesse et/ou d'un avortc-ment?A-t-on-respecté la conscience de cette jeune en ne lui offrant, pour toute aide, que quelques minutes d'interview suivies d'une offre d'intervention abortive rapide?Vraiment, je ne comprends pas.Qui est responsable de l'état déplorable du dossier de l'avor-tement chez nous?Je ne suis pas prête à blâmer les jeunes en situation familiale problématique; la jeune dont il est question ici a montré de l'intelligence et de la maturité.Mais je suis très près de blâmer celles et ceux qui ont le pouvoir dans cette société et qui en abusent.Là, je commence à comprendre.Cécile LABONTÉ Agente de pastorale Montréal N.B.M La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite à des articles publiés dans ses pages et se réserve le droit de les abréger.L'auteur doit être clair et concis, signer son texte, donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone.Adresser toute correspondance comme suit: Tribune libre, La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montreal.H2Y IK9.a Gérard Pelletier LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCRED116 MARS 1988 Jean-Paul Desbiens collaboration spéciale L'argument utérin On se prend à souhaiter le sacerdoce des femmes juste pour être débarrassé du sophisme qu'on nous resuce à propos des célibataires du haut clergé catholique qui prétendent garder le pouvoir sur I utérus de leurs compatriotes.Voilà ce qui s'appelle poser une question en termes de pouvoir.(Comme on dénonçait naguère la vasectomie hâtive pour la simple et unique raison que cette pratique redonne aux mules le contrôle de la situation.) À ce compte-là, il faudrait être boulanger pour avoir une opinion sur le pain.Ce genre d'arguments se mordent la queue.Si l'on n'est ni célibataire, ni catholique, ni hiérarque, on n'aurait droit à aucune opinion sur les célibataires, les catholiques et les hiérarques?je n'ai jamais été violé, et je ne suis pas en péril prochain de l'être; je suis quand même contre le viol.Le meurtre, le viol et le vol sont défendus par la loi de Dieu et par la loi des hommes.L'Eglise catholique a bien beau, elle aussi, interdire ces actes, elle ne dispose ni de police, ni de prison pour faire respecter sa loi.Aussi bien, les Etats ne font pas confiance aux consciences individuelles à ce sujet.Voudrait-on d'une société où la Cour suprême décriminaliserait le meurtre, le viol et le vol.renvoyant chacun à sa propre conscience?Après tout, les cambrioleurs ont leur idée sur la distribution des richesses.Il est faux de prétendre que l'avortement est l'affaire exclusive des femmes.La conception et l'avortement, ça se fait à deux, et par les deux bouts, le veux dire par là que la conception exige deux partenaires el que la destruction du foetus exige deux partenaires aussi : une femme, et un médecin ou un technicien.Seul le suicide se fait tout seul.Et encore, par un drôle de dédoublement.\"1 |e n'admets pas le sophisme de la pitié; l'argument de la détresse.|c répète que l'on n'a pas besoin d'être infirmière, médecin ou conseiller matrimonial pour avoir une très bonne idée de la détresse qui accule une femme à demander l'avortement.A l'autre bout de la vie, j'ai entendu de mes propres oreilles des vieux qui demandaient «qu'on vienne les chercher».|c ne me sentais pas autorisé pour autant à «faire le nécessaire».Dans le cas de l'avortement, la détresse est exprimée par une femme qui est au monde, mais la victime est muette et n'a rien demandé.Si l'argument de la pitié tenait debout, c'est le suicide qu'il faudrait favoriser.Il existe, de fait, des ma- nuels de suicide, mais ils ne sont pas encore en vente libre et il n'existe pas de clinique de suicide.|e me demande bien pourquoi.Si la vie du foetus est la propriété de la femme, pourquoi la vie du suicidaire ne sc-mt-clle pas la sienne?Et pourquoi ne l'aidcrait-on pas, humanitaire-ment, a en disposer a son gre?Nous mijotons tous dans un bouillon de contradictions.On est oblige de s'attacher dans les autos, on est considéré comme dangereux si l'on allume une cigarette et on réclame le droit de se faire avorter.Vous vous bouchez les yeux : vous parlez de l'avortement, et vous ne voulez pas répondre à la question suivante: le foetus est-il.oui ou non, un être humain?Vous esquivez la question, parce que vous avez peur de la réponse.Vous sentez bien que la réponse n'est pas fonction d un nombre de jours.Le Conseil de la recherche médicale du Canada vient d'émettre une règle à l'effet que la recherche in vitro sur des embryons doit être limitée aux femmes infertiles et ne devrait pas s'appliquer à des embryons dont le stade de développement excède 14 à 17 jours.On ne dit pas d'où viennent les embryons.Pourquoi 14 à 17 jours?On pour- rait pas négocier, des fois, 19 à 21 jours?La science est dans l'impasse a ce sujet.S'il n'y a pas de nature humaine avant 17 jours, si la nature humaine «arrive» après 17 jours (à quelle heure?, s.v.p.), il se pourrait bien qu'elle «quitte» un certain nombre de jours avant la dernière grimace.Combien de jours, de mois?La nature humaine existe dès la premiere seconde (si l'on peut parler de seconde) ou bien c'est la loi qui en decide, comme elle décide la durée d'une locution de chanv bre dans un hotel.A la seconde qui suit la mort, un cadavre ne pesé pas une once de moins.La nature humaine ne pèse rien.Sa présence ou son absence ne se mesure pas chronomètre en main.La nature du triangle ne dépend pas d'un tracé à la craie sur un tableau noir; la nature humaine ne se découvre pas au microscope.Pendant ce temps, aux États-Unis, on a dépense, en 1986, 31,272,000$ pour l'adoption de bébés sud-coréens.Après tout, il a peut-être raison, le physicien américain qui prétend que les soucoupes volantes sont pilotées par des extra-terrestres qui nous observent comme on observe des fourmis dans un formicarium.111 Harpers, mars 88.Contemplating suicide Hélène Pelletier-Baillargeon collaboration spéciale La fratrie hors Québec « Tout ce que nous avons gagné, four ce que nous avons garde, c'est à la lutte ardue, constante et parfois violente que nous le devons.Tout ce que nous avons perdu ou manqué d'obtenir peut être mis au compte du désarmement et de la fausse conciliation.» Henri Bourassa (Le Devoir.29 juin 1915) Ouand le leader nationaliste trace ces lignes prophétiques, il est directeur-fondateur de son jour-nul depuis cinq uns.Autrefois grand admirateur de Luurier.l'ancien députe de Labelle aux Communes a fortement contribue, en 1911.à la défaite de son ancien chef.Entre autres griefs.Bourassa n'a jamais pardonne à Laurier d'avoir refusé aux F'ranco-Manitobains la véritable loi réparatrice qu'ils réclamaient après la brutale radiation, en 1890.des droits du français par la Législature de leur province.lusqu'a la Seconde Guerre mondiale, les luttes de ceux qui ne s'appelleront que beaucoupo plus lard les « Francophones hors Uuebec» captiveront l'opinion québécoise où elles soulèveront de vastes mouvements de solidarité.Après les Fran-co-Manitobains.le Devoir, alors fer de lance du nationalisme canadien-français, soutient les Franco-Onta-riens dans leur combat contre le Rè- glement 17 qui met fin au financement de leurs écoles.Il s'implique ensuite dans l'affaire des écoles du Keewatin en 1912\"'.Henri Bourassa au Devoir, Olivar Asselin à la présidence de la Société Saint-|ean-Bap-tiste.organisent des levées de fonds pour soutenir les luttes scolaires des minorités françaises.La résistance présente alors un front uni.Québécois.Manitobains.Acadiens, Onla-riens.même combat! Pour Bourassa et ses disciples, le Canada constitue la patrie légitime et indivise des deux peuples fondateurs.Tous deux doivent, en conséquence, y recevoir mi traitement égal.On milite pour l'obtention de timbres bilingues.La natalité canadienne-française est encore vigoureuse.La radio et la télévision n'ont pas commencé à massifier la culture populaire.Les premiers résultats de scrutin fédéral a être radiodiffuses seront ceux de l'élection du 25 octobre 1925.Dans l'Ouest, à cette époque, l'immigration commence toutefois à faire son oeuvre.Aux Communes, où Bourassa vient de se faire réélire dans Labelle.on oppose un argument nouveau à ses réclamations: les Canadiens français ont cessé de représenter la minorité la plus importante de l'Ouest.Les Allemands, les Polonais, les Ukrainiens les talonnent de près.F'audra-t-ii.à eux aussi, concéder des écoles séparées?I.'argument de la «légitimité fondatrice» commence ici à basculer en faveur de l'argument numérique.« La où le nombre le justifie».petite phrase anodine qui va désormais servir d'épitaphe a des centaines de communautés françaises dispersées dans les provinces anglaises du Canada.Au Québec également, l'argument du nombre a commencé à porter.Mais les Québécois ont insensiblement appris a le retourner en leur faveur, eux qui forment toujours la majorité dans leur province.Au Congrès de la Saint-lean-Baptiste du 24 juin 1924.Lionel Groulx.alors jeune chef de file de l'Action canadienne-française, a présenté une longue analyse sur la nécessité d'un État autonome: «Notre Etat français, nous l'aurons!» Les retombées 111 '''1 ''111 'ii de !\u2022* petite plirn^c seront lentes à venir.Mais l'orientution est donnée: de Duplessis à Bourassa (Robert), quelles que soient leurs couleurs, tous les gouvernements qui se succéderont a Québec pratiqueront dorénavant un nationalisme québécois implicite fondé sur le pouvoir de négociation de sa majorité francophone.Ça n'est donc ni I egoisme.ni l'indifférence, ni le «pèche» nationaliste qui a mis fin pu front commun de jadis entre Québécois et Francophones hors Quebec.C'est le terrain de leurs luttes respectives qui s'est transporté.Quand le gouvernement Trudeau dote les francophones hors Québec d'une Loi des langues officielles pour défendre leur cause, il leur met entre les mains une échelle dont il s'emploiera ensuite à scier les barreaux.Premièrement en promulguant sa politique du multiculturalisme qui retirera au français son statut historique de «langue du peuple fondateur», statut qui avait servi d'assise au nationalisme pancana-dien d'Henri Bourassa et de ses disciples.Deuxièmement, en accordant, via la nouvelle Charte des droits, une prépondérance des libertés individuelles sur les droits collectifs qui seuls, en l'absence du fameux «nombre», pouvaient justifier les revendications des minorités françaises.Depuis l'ère Trudeau, chaque année le Commissaire aux langues officielles créé par son gouvernement vient rappeler, chiffres en main, le résultat d'une politique divisée contre elle-même et qui n'en finit plus de dépérir.C'est fort du constat d'échec du bilinguisme pancanadien que les concepteurs de la Loi 101 ont choisi d'autres prémisses pour rédiger la Charte du français.Si le bilinguisme des individus est une richesse, celui des institutions constitue, au Canada, et jusqu'à preuve du contraire, l'antichambre de l'assimilation.C'est pourquoi tant de Québécois entendent aujourd'hui pourchasser ce même bilinguisme jusque dans l'affichage public.Manitoba, Acadie, Saskatchewan, Québec, même combat?Evidemment non: l'Histoire a bifurqué en 1977.Mais qui prétendrait qu'un Québec français écrase pourrait être de quelque utilité à la cause de la diaspora canadienne-française en proie a l'usure des luttes et à la fatigue culturelle?' 11 Vaste territoire situe au nord des anciennes frontières du Manitoba, de I Ontario et du Oucbec et qui sera découpe, puis annexe a ce, dernières en 1912 POINT DE VUE Le mal catholique JEAN-PAUL LEFEBVRE Collaboration spéciale -g fg M Église atteinte par ce Mb mal est comme habitée par le réflexe de s'accrocher à toutes les formules, aux mots, aux décisions, aux condamnations de son passé comme à autant de choses inviolables, soustraites à toute critique, intouchables.Son histoire, surtout dans ses moments les plus solennels \u2014et ceux-ci sont perçus comme très nombreux\u2014 ne semble faite que de succès répétés, de progrès certains, qui ne doivent susciter qu'une admiration inconditionnelle, qui ne peuvent faire l'objet \u2014 même dans les pires cas\u2014 que d'une réserve révérencieuse.Admiration inconditionnée de son passé \u2014 surtout en matière doctrinale\u2014, tel est le premier trait du mal catholique.» (') Vaggiomamcnto (en langage profane traduire: courant d'air frais!) proclame par lean XXIII avait mis en marche une immense machine à penser qui ne visait rien de moins que le rajeunissement de l'Eglise par l'action combinée d'un retour aux sources et d'un mouvement vers l'unité de tous les chrétiens.Un quart de siècle plus loin, les chrétiens sont aussi divisés que jamais et même les catholiques, bien que plus clairsemés, se boudent en famiile.On ne peut pas dire qu'ils se chicanent, puisque la communication est presque coupée entre eux.particulièrement entre le magistère et la communauté des chrétiens.L'extrait que j'ai cité plus haut est tire d'un excellent ouvrage dont la forme austère et le style un peu technique ne devraient pas effrayer ceux qui, de l'intérieur ou de l'extérieur, s'intéressent à.ce grand bateau déserté qu'est l'Église catholique du Québec.Dans son livre «Le Magistère incertain», le théologien Andre Naud.professeur à la Faculté de théologie de l'Université de Montréal et qui fut expert officiel au Concile Vatican II.traite de l'Eglise universelle.Mais un lecteur qui ne serait jamais sorti de LA PRESSE est publiée par LA PRESSE LTEE, 7.rue Saint-Jacques.Montreal H2Y 1K9 Seule la Presse Canadienne est autorisée a diffuser les Informations de -LA PRESSE- et celles des services de la Presse Associée et de Reuter.Tous droits de reproduction des informations particulières a LA PRESSE sont également reserves.-Courrier de la deuxième classe \u2014 Enregistrement numéro 1400 \u2022 Port de retour garanti.RENSEIGNEMENTS 285-7272 ABONNEMENT 235- le service des abonnements est ouvert du lundi au vendredi de 7 a 18b REDACTION 285- PROMOTION 785 COMPTABILITE Grandes annonces 285- Annonces classées 285- 6911 7070 7100 6892 6900 ANNONCES CLASSEES Commandes ou corrections lundi au vendredi de 8h.a 17h 285-7111 GRANDES ANNONCES Détaillants 285-7202 National, Telc-Prcïst 285-7306 Vacances, Voyages 285-7265 Carrières et profession».nominations 285-7320 son Québec natal n'aurait quand même pas de peine à identifier le mal dont il est ici question.L'auteur ne voit pas beaucoup de raisons de se réjouir de la situation actuelle.Il écrit notamment: «Sitôt le Concile terminé, on est vite revenu aux manières «traditionnelles» de traiter les points de doctrine difficiles auxquels l'esprit cultive résiste aujourd'hui avec raison, de même que les grands problèmes pastoraux de l'heure.Les synodes, à cet égard, sont des exemples révélateurs: pratiquement chacun d'entre eux n'a fait que redire ou reprendre en d'autres mots les positions reçues.Même reunis en synode «universel», les évéques ne se sentent pas capables de regarder avec la liberté que reclame notre temps les prises de position et les enseignements du passe.» «Le Magistère incertain» devrait intéresser beaucoup de chrétiens engages, et parmi eux.j'esperc.un certain nombre de clercs a qui une telle lecture pourrait faire le plus grand bien.L'auteur, on l'aura devine, n'est pas tendre pour les partisans de la rigidité doctrinale, surtout lorsqu'on applique à la réflexion sur la loi naturelle les mêmes certitudes dont IT^glisc peut se réclamer dans l'interprétation ou contenu de la Révélation.Il fustige avec rigueur ceux qui «oublient trop l'histoire et negligent trop le fait que l'homme contemporain est très conscient, a bon droit, de l'historicité de toutes les doctrines et notamment de In précarité de beaucoup d'enseignements en matière de morale.» Ce langage a une portée très concrète dans la vie de tous les jours.Il rappelle les quest ion.s brûlantes qui devraient être débattues dans l'Eglise, si le débat était seulement possible.Par exemple, à propos de l'avortement.La conscience de beaucoup de chrétiens semble capable d'établir une nette différence entre l'avortement que peut réclamer une adolescente victime d'inceste ou violée par un inconnu et la situation d'une nymphomane qui en est a son deuxième avorte-ment et qui se jette au cou du premier mâle venu.Le jugement de l'Eglise, au plan moral, sera-t-il le même pour ces deux situations?Et comment les positions pastorale et politique du Magistère seront-elles établies?Andre Naud est-il désespéré de la situation de l'Eglise?Certainement pas.En conclusion il écrit: «La plupart des imperfections et même des déficiences qui font le Magistère incertain peuvent être corrigées.Pourvu qu'on pense la fonction magistérielie sans l'isoler du reste de l'Eglise et pourvu qu'on consente à reconnaître les lacunes de certaines formulations, même les plus solennelles et même les plus récentes.» Voila une pensée qui rejoint le souhait exprimé, tout récemment aussi, par le dominicain Benoit Lacroix: «Ce qu'il nous faudrait, en l'an 2000 au Quebec, c'est une Eglise aussi laïque qu'elle était cléricale en 1930.Non pas au nom des distinctions de pouvoir, de classe, de sexe ou de couleur, mais simplement au nom de l'appropriation, a des degrés et selon des appels divers, de la même et unique I'arolc a dire et a vivre.Dieu est à tous! Le Christ aussi! L'Eglise aussi !» (\u2022).in 0ndrc Naud.te mjgistcrc incertain.Editions Fides.1988
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