La presse, 25 mars 1988, B. Informations nationales
[" informations nationales .\"Ce qui étonne, étonne une fois, mais ce qui est admirable est de plus en plus admiré.\" J.Jouoeil LOCAUX COMMERCIAUX.IKDUSTHIELS ET DE BUREAU DANS TOUT LE CANADA.SPufU*.'737-3344 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 25 MARS 1988 Les libéraux fédéraux se font une chaude lutte pour l'investiture dans Lachine MAURICE JANNARD du bureau de La Presse OTTAWA Le Parti libéral du Canada tiendra une assemblée de mise en nomination, dimanche prochain, dans le comté de Lachine, pour désigner un candidat aux prochaines élections.Quatre personnes se livreront une lutte intense pour être choisies candidat officiel et déjà le nombre de membres dans l'association libérale de Lachine dépasse le 3 200 personnes.Les candidats qui se présentent sont: Victor Drury, homme d'affaires qui est le fils de l'ex-ministre Bud Drury, Mme loan Koury, éducatrice et vice-présidente de l'exécutif de l'aile québécoise du PLC, M.Antoine Kaluzny, professeur uu cégep de Saint-Hyacinthe, et M.leremy Hayes, professeur à l'université Concordia.Les organisateurs de la rencontre prévoient qu'il faudra plusieurs tours de scrutin pour élire celui ou celle qui défendra le parti lors de la prochaine campagne.Plus de 800 personnes sont attendues à l'école Oalbé-Viau de Lachine.Il s'agit d'une nouvelle circonscription fédérale qui a été créée en vertu de la redistribution de la nouvelle carte électorale.Dans le comté de Chateau-guay, se mène aussi une lutte active en préparation de la convention pour trouver le candidat libéral.Quatre personnes sont en lice également et l'assemblée de nomination aura lieu le 22 mai.D'autres comtés de la région de Montréal tiendront leur assemblée dans les prochains mois, notamment la nouvelle circonscription de Laurier-Ste-Marie où |ean-Claude Malé-part se représentera et le comté de Lasallë, endroit qu'a choisi le candidat vedette Paul Martin jr.pour se faire élire.En avance Les libéraux fédéraux sont dans une position plutôt inusitée en ce moment.Sur la scène locale, dans les différents comtés, le recrutement des nouveaux membres va très bien, le parti mène largement dans les sondages tant au niveau national que québécois, mais le leadership de John Turner ne réussit pus à muter les divisions internes et les finances du parti sont précaires.Il est évident que les relations personnelles entre Michel Robert, le président de l'exécutif national, et John Turner, sont tendues et marquées par la méfiance., De plus, une controverse au sein du caucus se retrouve étalée dans les journaux et tourne autour du député Marcel Prud'homme, l'actuel président du caucus national, qui a finalement décidé de ne pas se représenter à ce poste lors des élections qui auront lieu la semaine prochaine.Sous le couvert de l'anonymat, un député libéral a qualifié le représentant de Montréal-Saint-Denis de «pédant» dans un article de journal.Ce dernier aurait irrité certains collègues parce qu'il enregistrait ses interventions au caucus avec tin magnétophone de poche afin de les consigner pour la postérité.Warren Allmand .Les prises de position de M.Prud'homme en faveur des palestiniens choquent aussi plusieurs libéraux au moment où |ohn Turner courtise l'électo-rat juif canadien.Le député de Notre-Dame-de-Grâces-Lachine-Est, Warren Allmand, a annoncé hier qu'il se présentera à la présidence du caucus.Celui-ci fera la lutte au terreneuvien, Brian Tobin, identifié aux jeunes fringuants de la deputation, peut-être trop, pensent les vieux routiers.L'expérience de M.Allmand, 23 uns comme député dont 7 à titre de ministre, devrait lui permettre de remporter la victoire sur son jeune rival.POURPARLERS SUR LA PÊCHE ¦ Le Canada et la France ont repris hier leurs pourparlers dans le but de résoudre le litige qui les oppose au sujet des territoires de pèche au large de Terre-Neuve.L'avocat montréalais Yves Fortier et Me |ean-Pierrre Puissochet, conseiller juridique auprès du ministère français des Affaires étrangères, se sont rencontrés dans les locaux de la mission française auprès de l'ONU et devaient terminer cette ronde de négociation aujourd'hui dans les bureaux de lu mission canadienne.PROTÉGER L'HABITAT DES ANIMAUX ¦ Les habitats de certains animaux seront protégés par une loi sur les habitats fauniques dont le principe a été rapidement adopté hier à l'Assemblée nationale.Le projet de loi, intitulé Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune concernant les habitats fauniques, est le fruit du travail de plusieurs ministres qui l'ont précédé, a expliqué le ministre du Loisir, de lu Chasse et de lu Pèche Yvon Picotteen ouvrant le débat.Les habitats fauniques protégés seront déterminés par règlement du gouvernement et, dans certains cas.identifiés par un plan dressé par le ministre.«Nul ne peut déranger, détruire ou endommager le barrage du castor ou les oeufs, le nid ou la tanière d'un animal» dit le projet de loi qui prévoit cependant des exceptions quand un animal cause des dégûts ù une propriété.LES RÉFUGIÉS ¦ Le députe libéral Sergio Marchi croit que les 47 000 personnes qui réclament actuellement le statut de réfugié devraient rester au Canada, à l'exception de celles qui ne répondent pus uux stundurds de sunté fondamentale et de sécurité.Critique de son parti en matières d'immigration, le député torontois u précisé en conférence de presse que chacune de ces personnes devrait être interrogée, mais en appliquant des critères d'admission beuucoup plus souples, afin de pouvoir étudier tous les eus en suspens.LAC MEECH ¦ La suggestion fuite par le Québec en vue d'amener le Nouveau-Brunswick ù abandonner ses oppositions à l'Accord constitutionnel du lue Meech est raisonnable, a déclaré hier le ministre d'État aux relations fédérales-provinciales.Mais, deux jours après que le Québec eut lancé l'idée d'inscrire de nouveaux points de discussion au prochain round de négociations constitutionnelles, M.Murray ne semblait pas très familier avec les détails de la proposition québécoise.« |e crois que c'est raisonnable mais tout demeure possible après la ratification de l'Accord du lac Meech», a dit au cours d'une interview M.Murray, également leader du gouvernement au Sénat.11 semblait ignorer que le Québec souhaitait une entente sur le programme des discussions du deuxième round en retour d'une ratification de l'accord par le Nouveau-Brunswick \u2014 non pas le contraire.DES DÉPUTÉS COURTOIS ¦ Au Nouveau-Brunswick, la première période de questions à la législature formée exclusivement de députés libéraux s'est tenue hier sous le signe de la courtoisie et du savoir-vivre.Les participants se sont montrés polis et avenants lorsque le premier ministre Frank McKenna et ses ministres ont aimablement répondu aux questions de leurs camarades.C'est un événement d'importance puisque c'étuit lu première période de questions en plus de 50 uns au Canada où il n'y avait aucune opposition élue pour mettre un gouvernement uu pied du mur.Et le premier ministre McKenna en etuit fier.«Dnns un sens, je suis comme un chien avec une nouvelle portée», a-t-il déclaré aux journalistes qui l'entouraient après la période de questions.Les libéraux ont raflé les 58 sièges aux élections de l'automne dernier, bloquant uinsi toute participation des conservateurs et des néo-démocrates au processus législatif.De Cotret se ravise: «L'agence spatiale, ça s'en vient, et vite» DENIS LESSARD du bureau de La Presse QUÉBEC LB annonce de la création d'une agence spatiale «ne traînera pas.Ça s'en vient, et vite», a soutenu hier le ministre fédéral Robert de Cotret confiant que d'ici mai, Ottawa aura pris su décision.Hier, lors d'une conférence de presse conjointe, Ottawa et Québec se sont confrontés publiquement dans ce dossier délicat, le ministre québécois Daniel Johnson y allant d'un nouveau plaidoyer en faveur de Montréal comme site du nouvel organisme.« Il y aura une agence, il n'y a pas de doutes là-dessus», a soutenu M.de Cotret, rattrapant d'anciennes déclarations où il paraissait remettre en question le projet, compte tenu de la hausse du coût d'une participation canadienne au projet américain de station orbitale, passée de $800 millions à $1,2 milliard.M.(ohnson a toutefois soutenu que pour le Québec, station orbitale ou pas, l'avenir des industries de pointes et des centres de recherches montréalais, était lié à la proximité de cet organisme de coordination fédéral.«C'est une bonne occasion de voir nos différences, la position du Québec est claire», a dit M.Johnson.Discutant avec les journalistes, M.de Cotret a toutefois soutenu que le dossier de l'agence «n'est pas quelque chose qui va traîner».«Donnez moi un mois et on devrait avoir des résultats», a-t-il dit, ajoutant qu'il allait tout prochainement faire ses recommandations ù ses collègues quant au mundut du nouvel organisme.Visiblement piqué quund on lui a rappelé que son prédécesseur Michel Côté et son collègue aux Sciences, Frank Oberle, y étaient allés eux aussi de leurs échéanciers, M.de Cotret a répliqué «c'est moi le ministre responsable, et je vous dis que ça s'en vient et vite».La semaine dernière, le ministre québécois de la Technologie, Pierre MucDonuld disait Robert de Cotret en uvoir soupe des déclarations «niochon-nes» des ministres fédéraux dans ce dossier.Il ne comprenait pas pourquoi Ottawa hésitait à accorder les millions supplémentaires à la station orbitale, lui qui vient d'annoncer plusieurs milliards destinés à la technologie.«Ça me fera plaisir de lui expliquer», a soutenu cinglant M.de Cotret.«M.MacDonuld devrait s'occuper de ses affaires, je vais m'oe-cuper des miennes», a-t-il poursuivi.Développement régional M.de Cotret s'est pur ailleurs dit confiunt d'en urriver, début avril à la signature d'une nouvelle série d'ententes fédérales provinciales sur le développement régional.Plusieurs de ces accords, conclus en 1984 entre Ottawa et Québec, arrivent ù échéance le mois prochain.Ottawa et Québec avaient à l'époque accepté d'injecter chacun $500 millions sur cinq ans dans des projets sur lesquels ils s'entendaient.Il y a quelques semaines le ministre québécois Gil Rémillard soulignait que les projets d'Ottawa «n'étaient pas acceptables», parce qu'ils constituaient une ingérence dans les compétences provinciales.Laconique, le premier ministre Bourassa avait ajouté que «ça négociait serré», avec Ottuwu, duns ce dossier.Pour M.de Cotret toutefois, «il n'y a pas de chicane, ce n'est pas un débat violent».La question de la maîtrise d'oeuvre pour les projets en région reste ù régler, a-l-il admis.Pour les anciennes ententes, dont le financement est épuisé dans lu plupart des eus, c'est le Québec qui déciduit des priorités.Cette question est toutefois toujours «sur lu tuble» dans les négociations actuelles, u dit M.de Cotret.Il y u quelques semuines, M.de Cotret soutenuit que ces programmes «n'avaient pus donné de bons résultats» et qu'une approche décentralisée était préférable.Il faudra que les deux gouvernements s'entendent sur une répartition des secteurs d'intervention a-t-il dit hier.Selon lui le principal écueil reste de trouver une façon d'alléger le processus décisionnel pour permettre des décisions plus rapides dans les projets de développement.«Tous les deux on s'entend pour dire qu'il y a lu un problème, on tente de le régler sans dogmatisme», a-t-il dit.Il u soutenu qu'il n'était pus question d'ugences régionales, calquées sur celles mises sur pied pour les Maritimes \u2014 un moment considérées par Ottawa \u2014, pour assurer le développement des zones défavorisées du Québec.Les projets continueront d'être payés à part égales par les deux gouvernements.PHOTO JEAN ALLEN, Lj Prose PHOTO RENE PICARD.La Preste M.Pierre Laroche, directeur général de l'Asso- M.Rupert Baudais, président de l'Association dation des f ranco-yukonnais culturelle franco-canadienne de la Saskatchewan Les Fransaskois envient «l'humiliation» des anglophones du Québec MARIO FONTAINE f{£B* > les anglophones sont humiliés au Québec, avec tous les droits et privilèges qu'ils ont, imaginez comment on se sent, nous les francophones de la Saskatchewan ! » Le président de l'Association culturelle franco-canadienne de cette province des prairies, Rupert Baudais, fronce les sourcils quand on lui parle des propos tenus cette semaine par D'iberville Fortier.le commissaire aux langues officielles.Les francophones de l'ouest du pays seraient au septième ciel si on leur accordait les droits dont jouissent les anglophones ici, dit-il.«On serait enchantés, en Saskatchewan, si on en était au point de se battre pour une question comme l'affichage», précise M.Baudais.Il s'en faut toutefois de beaucoup, déclare le porte-parole de l'Association, qui déplore les «ravages incroyables» de l'assimilation dans cette province, où le français n'a pour ainsi dire aucune reconnaissance officielle auprès du gouvernement local.Les francophones avaient bien cru remporter une importante victoire le mois dernier, lorsque la Cour suprême du Cunudn leur reconnaissait le droit de s'exprimer en français devant les tribunaux ainsi qu'à lu législuture.Muis depuis, rien.Aucun geste concret de lu part du gouvernement Devine, aucune déclaration ou communication indiquant une volonté de se plier à la décision des juges.A tel point que les francophones craignent aujourd'hui que le gouvernement de Regina ne veuille tout simplement noyer l'uffuire en suspendunt l'application du jugement ù une dute indéterminée.Le cabinet Devine ugit, assurent-ils, comme si le jugement ne changeait strictement rien.Un exemple: la nouvelle session de la législature s'est ouverte au début de la semaine en anglais seulement, alors que désormais les lois devraient y être adoptées, imprimées et publiées dans les deux langues.«Le temps presse.Très bientôt, des projets de loi seront présentés à l'Assemblée législative.Le seront-ils dans les deux langues officielles de la province, comme le requiert lu loi depuis 83 ans?Cette question touche ù l'essence même de notre pays.Première province ù ratifier l'Accord du lac Meech, la Saskatchewan sera-t-elle aussi la première province à le renier, six mois plus tard?», demande M.Baudais dans une lettre aux premiers ministres Brian Mulroney et Robert Bourassa.Les provinces s'engageaient, dans l'Accord du lac Meech, à protéger les droits de leur minorité linguistique.En plus d'y adhérer, lu Saskatchewan vient de se faire mettre au pas par lu plus huutc cour du pays, souligne le président de l'Association culturelle.Et pourtant, elle ne bouge pas.La question doit donc, selon lui, prendre des proportions nationales pour que le dossier débloque.Or l'inaction des premiers ministres fédéral et du Québec l'inquiète.«C'est le silence total, partout.Voilà une décision de la Cour suprême qui nous est favorable, et nos droits demeurent tout aussi ignorés.Mon dieu, mais qu'est-ce que ça prend?», clame M.Baudais.Les francophones représentent environ trois p.cent de la population en Saskatchewan.Ils voudraient que leur gouvernement mette sur pied un Conseil des affaires francophones et.surtout, qu'il commence par respecter le jugement du 25 février dernier.Ce jugement reconnaît le français et invalide les lois existantes.Du même souffle, toutefois, Regina pourrait s'y soustraire en utilisant une échappatoire: une loi bilingue déclarant valides toutes les lois existantes.Les francophones de la province ne croient guère, toutefois, à cette possibilité.Le gouvernement de Grant Devine n'osera pus uller uussi loin dans le cynisme, donne à penser Rupert Baudais, qui craint de le voir simplement étirer les choses, afin de cautionner l'immobilisme dans l'indifférence tant de Québec que d'Ottawa.Ondes de choc au Yukon La communauté francophone du Yukon affronte, quant à elle, ses propres problèmes linguistiques.Directeur général de l'Association des franco-yukonnais, Pierre Laroche fait bien sûr état, lui uussi, d'une absence quasi totale de services en français et du sentiment qu'ont les francophones d'y être des citoyens de deuxième ordre.Mais le gros dossier de l'heure, c'est la télévision.Les 650 francophones du territoire doivent en effet s'abonner au câble pour recevoir le signal de la télévision française de Radio-Canada, acheminé depuis Montréul avec trois heures de dé-culuge.De sorte que si les enfants veulent écouter les dessins animés, le samedi mutin, ils doivent se lever ù cinq heures du matin.«On estime que ça ne coûterait qu'environ $200 000 pour rendre lu télévision accessible ù lu douzaine de communautés où vivent les francophones.Ce n'est tout de même pus bien cher, et cclu répondrait au mandut de Radio-Canada», déclare M.Laroche.Une requête formelle a été déposée en ce sens.À la société d'Etat, on expliquait hier qu'une étude est en cours, mais qu'on en est encore à la cueillette des informations.Le rapport final ne sera pas complété avant un certain temps.Avortement l'Église catholique accusée Presse Canadienne OTTAWA ne coalition opposée u lu criminulisution de I'a\\orte m en; u uccusé certain groupes pro-vic et l'Eglise catholique de favoriser l'avortement en s'éle-vant contre les moyens de contraception.La coalition, composée d'organisations féministes, de syndicats, de groupes professionnels, d'associations liées à la santé et d'organisations religieuses, a dénoncé hier l'hypocrisie des groupes qui faisaient campagne contre l'avortement, mais qui dans le même souffle combattaient les moyens de le prévenir.«S'il y a quelque chose qui cause l'avortement, c'est l'Église catholique, et les groupes qui font réclament une loi contre l'avortement, tout en luttant contre les méthodes de contrôle des naissances», a affirmé Mme Louise Duludc, représentante du Conseil canadien d'action sur le statut de lu femme, au cours d'une conférence de presse convoquée pur lu coalition.Mme Dulude, appuyée par les porte-parole des autres groupes de la coalition, a expliqué que ce n'était pas en adoptant une loi restreignant l'accès û l'avortement qu'on allait parvenir it faire diminuer le nombre d'avor-tements pratiqués.Chrétien contre le Lac Meech Presse Canadienne LONDON ¦ L'ancien ministre libéral Jean Chrétien a dénoncé mercredi, devant des étudiants universitaires, l'accord constitutionnel du Lac Meech ainsi que le traité de libre-échange avec les Etats-Unis.Devant les quelque 1 300 étudiants de l'université Western Ontario venus l'entendre, M.Chrétien a soutenu que l'entente de libre-échange allait constituer une entrave à l'indépendance canadienne et une menace pour des programmes tels l'assurance-ma-ladie et l'assurunce-chômage.M.Chrétien a par ailleurs expliqué qu'il s'opposait u l'accord du Lac Meech parce qu'il permettrait aux provinces de passer outre à la Charte des droits. LA KKcaiÊ, MONTREAL, VENDREDI 25 MARS 1988 Paul Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Michel Roy éditeur adjoint Claude Grave! directeur de l'information Jean-Guy Oubuc éditorialiste en chef Éditorial Mesures d'urgence Mme Thérèse Lavoie-Roux a annoncé cette semaine un plan d'urgence pour résoudre les problèmes les plus pressants auxquels sont confrontées les salles d'urgence, plus particulièrement dans la grande région de Montréal.Il y a lieu de se réjouir qu'on corrige ainsi une situation qui était devenue intolérable.Cependant, on doit regretter qu'encore une fois, on ait dû recourir à des mesures ponctuelles.Le gouvernement n'a toujours pas encore su trouver les moyens de concilier deux objectifs distincts de la société québécoise: maintenir un système public et de qualité de services sociaux et de services de santé, tout en cherchant des moyens pour que la note ne soit pas trop élevée pour le contribuable.La recherche d'un tel équilibre n'est pas facile.La formule magique n'existe peut-être pas.Mais les contribuables \u2014 et sans doute le gouvernement \u2014- espéraient que la Commission Rochon, qui s'est penchée pendant des mois sur la problématique, arriverait avec des solutions concrètes.Force est d'admettre qu'elle n'a pas répondu à cette attente.Au point que la ministre doit repartir en tournée régionale ce printemps, pour sonder elle-même la population avant d'annoncer une politique gouvernementale d'ensemble.Cette semaine, la ministre a annoncé que Québec avait décidé d'injecter un montant additionnel de $16 millions pour la réouverture de 471 lits jusque-là fermés à cause de raisons budgétaires, dans la région de Montréal.Ces lits seront prioritairement destinés aux malades chroniques.Mais, de tous côtés, les cris de détresse se font entendre.Par exemple, au moment où le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec estime qu'il faut diminuer de 269 d'ici 1992 le nombre de médecins spécialistes à Montréal, les 3a hôpitaux de la région montréalaise, dans un document dévoilé cette semaine, réclament pour leur part une augmentation d'au moins 500 spécialistes.Tandis que dans un document publié en deux tranches dans La Presse, un chercheur aussi renommé que le fondateur de l'Institut de recherches cliniques de Montréal, le Or Jean Ge-nest, suppliait presque Québec d'accorder plus de place aux médecins dans sa recherche des solutions.Le Dr Cenest déplore en effet que la Commission Rochon et, bien souvent, les décideurs du ministère, font fi de la profession médicale dans l'élaboration de leurs politiques.Par ailleurs, une autre information publiée cette semaine répétait que « mal payées, dévalorisées, choyées par des maraudeurs étrangers, les infirmières se font attendre ou s'en vont».Enfin, on se souviendra du cri d'alarme lancé il y a quelques semaines par les directeurs et employés de centres d'accueil qui, eux aussi, affirment manquer de fonds.Rien ne sert de blâmer rétrospectivement la Commission Rochon.Ce que l'on doit souhaiter, c'est que la consultation de Mme Lavoie-Roux serve à l'inspirer pour qu'enfin Québec accouche d'une politique cohérente en matière de services de santé.On ne peut procéder éternellement à coups de mesures d'urgence.Pierre VENN AT Pax sovietica De tous les problêmes que l'Union soviétique doit résoudre, le plus grave est celui du profond déséquilibre entre les dépenses et les revenus de l'État.L'économie est peu productive et la consommation tend à dépasser la production.L'État ne peut plus combler le déficit qui en résulte sans des réformes profondes qui seront parfois impopulaires, sinon douloureuses.Tous les autres problèmes, même la fameuse glasnost, le desarmement et la démocratisation, lui sont subordonnés.Vus de Moscou, les revendications territoriales en Arménie et les pogroms en Azerbaïdjan ne sont que des problèmes additionnels qui risquent de retarder la réalisation des réformes les plus nécessaires.Selon le mythe soviétique, les différentes nationalités de l'Union peuvent librement disposer d'elles-mêmes et elles ont choisi de vivre harmonieusement ensemble.Pendant 65 ans, le Parti communiste et la police ont veillé à ce que les faits ne viennent pas troubler cette belle image.Mais la brise des réformes et une certaine libéralisation de l'information révèlent que les tensions ethniques existent toujours et enhardissent les revendicateurs à parler à haute voix.v En Arménie, la coupe a débordé.Au Nagorny Karabakh, peuple d'Arméniens mais appartenant à la république voisine .d'Azerbaïdjan, la population réclame le rattachement à l'Arménie et obtient le soutien enthousiaste des Arméniens.Après des troubles qui font plusieurs dizaines de morts, Moscou envoie l'armée et des miliciens d'autres républiques pour rétablir et maintenir l'ordre dans la région.Les plaintes des Arméniens sont entendues a Moscou, mais l'accueil est froid.Les 13 autres républiques soviétiques et le presidium du Soviet suprême font remarquer que la constitution interdit des changements territoriaux sans l'assentiment des républiques concernées.Du point de vue constitutionnel, le sort des revendications arméniennes dépend donc de l'accord de l'Azerbaïdjan à la cession d'une partie de son territoire.- À son plus grand déplaisir, Moscou a dû constater lors des événements des dernières semaines que les Arméniens sont unis, ils sont bien organisés et leur langage ne reflète pas toujours la plus pure orthodoxie marxiste-léniniste.Pour compliquer la situation, le gouvernement soviétique ne peut pas trop insister sur le droit constitutionnel, car la constitution garantit le droit des républiques de se séparer de l'Union.Pour sortir de l'impasse, Moscou a décidé d'utiliser la force pour maintenir l'ordre et d'étudier les moyens de faire respecter les droits des Arméniens du Nagorno Karabakh.C'est une décision sage mais qui manque d'imagination.À moins d'un changement spectaculaire des conditions de vie dans la région contestée, les Arméniens et les autres nationalités insatisfaites de leur sort retiendront seulement que le gouvernement central utilise la force en réponse à des revendications populaires.Ce n'est pas l'image progressiste et dynamique de l'Union soviétique que M.Gorbatchev essaye de projeter pour mieux la réformer et la sortir de sa torpeur bureaucratique.Les Arméniens semblent avoir compris que la faiblesse du gouvernement actuel est ce souci qu'il a de son image à travers le monde.Car, sans son image réformatrice et libéralisatrice, l'Union soviétique aura beaucoup de peine à conclure des accords de desarmement et a attirer des capitaux occidentaux et des technologies nouvelles.Frédéric WAGNIÈRE he plus, mm vmesâ t'imer* l'i&m mm])®.eut! y B«?fV P
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