La presse, 3 mai 1988, B. Informations nationales
[" Informations nationales \"Le fruit est aveugle.C'est l'arbre qui voit.\" Reno Char LOCAUX COMMERCIAUX.INDUSTRIELS ET OE BUREAU DANS TOUT LE CANADA &&4l* SfafleH.737-3344 \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 3 MAI 1988 Presse Canadienne OTTAWA Le débat final sur un projet de loi concernant la pro-tection de l'environnement a été relégué à plus tard, hier aux Communes, pendant que le gouvernement et l'opposi-tion échangeaient des accusa-tions de totalitarisme et de ma-noeuvres dilatoires.Initialement, le gouverne-ment espérait que la Chambre adopterait la législation en troisième lecture avant la fin de la journée d'hier.Mais les événements ont pris une tournure inattendue quand il a plutôt décidé de sus-pendre le débat pendant quel-, ques jours, après avoir lui-même accusé l'opposition de retarder l'adoption du projet de loi.Déposé en juin dernier, ce projet de loi a surtout pour ef-fet de réunir en une seule enti-té législative divers éléments de loi se rapportant à la protec-tion de l'environnement.Il crée également un nouveau système de réglementation de la production, de l'usage et du stockage des déchets chimi-ques toxiques et institue des sanctions sévères contre les pollueurs.Pour l'opposition, qui doute de la volonté politique du gou-vernement conservateur en matière d'environnement, c'est un petit pas dans la bonne direction, mais ce n'est pas en-core suffisant.Plusieurs dépu-tés néo-démocrates et libéraux auraient souhaité prendre part au débat en dernière lecture qui a débuté le 26 avril.Mais )im Hawkes, secrétaire parlementaire du vice-premier ministre Don Mazankowski, y décelait des tactiques destinées à rétarder l'adoption du projet de loi et tentait de forcer la Chambre à voter sur le projet de loi avant la fin de la jour-née.Ce que voyant, le leader du NPD Nelson Ri is accusait le gouvernement do vouloir se servir de sa majorité°en Cham-bre pour écourter les discus-sions sur l'environnement.En vertu du règlement des Communes, tous les députés ont le droit d'intervenir au cours du débat en dernière lec-ture, à moins que le temps ne soit limité.OTTAWA Après avoir passé la semaine dernière à parer les cou-teaux lancés par des dissidents li-béraux, le chef libéral John Tur-ner a été la cible hier de flèches de la part de ministres conserva-teurs.Au cours de la période des questions, le ministre des Finan-ces Michael Wilson et le ministre de la lustice Ray Hnatyshyn n'ont pu résister à la tentation de faire allusion au leadership contesté de M.Turner.M.Wilson, habituellement cal-me et courtois en Chambre, s'est fait particulièrement incisif lors-que que le chef libéral a clamé que les Canadiens payeraient cet-te année $26,7 milliards de plus en impôts qu'en 1984.lors de l'ar-rivée au pouvoir des conserva-teurs, en raison des hausses de taxes.Le ministre a déclaré que M.Turner serait davantage respecté par la population canadienne et par son propre caucus s'il cessait de déformer les faits et les chif-fres à la Chambre des communes: M.Wilson a ajouté que lui-même aurait un petit peu plus de respect pour le chef libéral s'il ne déformait pas la réalité.Le ministre des Finances a ex-pliqué que les revenus du gouver-nement fédéral avaient augmenté parce que l'économie se portait mieux.Il a indiqué que le revenu des Canadiens augmentait, et qu'en raison de la croissance de l'emploi, davantage de citoyens payaient des impôts.Il a admis avoir haussé les im-pôts, mais uniquement en raison du piètre état des finances du pays au départ du gouvernement libéral.|ohn Turner a répliqué que les conservateurs avaient promis de ne pas augmenter les impôts.Il a ajouté qu'il comprenait pourquoi le ministre était un peu nerveux hier, cette journée constituant la date limite pour la remise des dé-clarations d'impôt sur le revenu des particuliers.Le ministre Hnatyshyn a égale-ment nargué les libéraux hier, alors qu'il répondait à une ques-tion du critique libéral en matiè-re de justice Bob Kaplan au sujet du projet de loi sur la pornogra-phie.«À voir le type de question que pose le député, le caucus libéral est dans un état bien pire que tout ce qu'on pouvait suspecter», a lancé narquoisement le ministre de la lustice.M.Hnatyshyn a soutenu que, contrairement à ce qu'avait affir-mé le député libéral, jamais il n'avait dit que le projet de loi sur la pornographie n'était pas prio-ritaire pour le gouvernement.Il a dit espérer que le Parti libé-ral appuie ce projet de loi, et sur-tout, qu'il ne change pas d'idée après coup.de démontrer qu'il a l'étoffe né-cessaire pour diriger le pays.«S'il veut être premier minis-tre, il a une occasion en or pour démontrer qu'il peut résister aux pression des pouvoirs de l'argent.Si on choisit un chef en fonction des rentrées de fonds, on assujetti le pouvoir politique au bon vou-loir des milieux d'affaires.L'indé-pendance de pouvoir dans un parti politique est aussi importan-te que l'indépendance du pouvoir dans un État».Interrogé sur les problèmes fi-nanciers du PLC, M.loyal a rap-pelé que le parti n'a jamais été riche, même dans les belles an-nées de Pierre Elliott Trudeau.Il a révélé qu'en 1983, M.Trudeau avait demandé une contribution de $7 600 de chacun de ses minis-tres et de deux à trois mille dol-lars de chaque député pour épon-ger les dettes des libéraux.« Il ne voulait pas laisser un parti endet-té à son successeur».M.Joyal doute que certains dé-putés démissionnent pour protes-ter contre M.Turner.«La plupart disent qu'ils sont encore libéraux.Il ne s'agit pas d'un conflit sur une question de principe mais plutôt sur une analyse de la situa-tion ».M.loyal a expliqué que tous les députés qui veulent se représen-ter sous l'étiquette libérale aux prochaines élections devront né-cessairement faire la paix avec le chef, puisqu'ils doivent présenter au président des élections une lettre signée de la main de M.Turner attestant qu'ils briguent les couleurs de son parti.«S'ils veulent être candidats à nouveau, ils devront revenir sur leur position» a-t-il ajouté, en précisant que certains l'ont déjà fait.Il a expliqué que les raisons invoquées pour la mutinerie dif-fèrent d'une personne à l'autre.«Lucie Pépin avait l'impression que son parti passerait au NPD si le parti ne changeait pas de chef» a-t-il lancé à titre d'exemple.M.loyal reconnaît néanmoins qu'il s'agit d'un moment difficile à traverser.«Les gens vont se ral-lier en fonction du comporte-ment de M.Turner.C'est la ba-taille de sa vie.il n'y aura pas de reprise».Joyal dit avoir évité le traquenard Selon l'ex-ministre, les événements des derniers jours fournissent à Turner l'occasion de démontrer qu'il a l'étoffe pour diriger le pays À plus tard la protection de l'environnement GILBERT 1AVOIE Le président de la commission politique du Parti libéral fé-déral au Québec, M.Serge loyal, affirme avoir évité un piège des adversaires de M.Turner en con-voquant une réunion du conseil de direction du parti, dimanche à Montréal.M.loyal a déclaré à La Presse que les partisans d'une révision du leadership avaient prévu tenir la réunion du conseil de direction aujourd'hui, pour s'assurer de la présence de deux adversaires du leader, David Gourdeau, le prési-dent de la commission juridique, et lean Marie Doiron, le vice-pré-sident de la région est.MM.Gourdeau et Doiron étaient à l'extérieur de Montréal lors du vote de dimanche.Ils ont tenté d'utiliser leur droit de vote au té-léphone, mais M.Raymond Gar-neau leur a refusé ce privilège.«Sans le vouloir, on a limité les dégâts, a ajouté M.loyal ».L'ancien ministre dit voir dans les événements des derniers jours une chance pour M.John Turner Serge Joyal Après les dissidents libéraux, les Communes MARIE TISON de la Presse Canadienne La première victime du putsch avorté des libéraux à l'endroit de leur leader a été le sénateur Pietro Rizzuto, à qui John Turner a demandé de remettre sa démission des postes de co-président de la campagne du Parti libéral du Canada et responsable du finance-ment au Québec, c'est le sénateur Rizzuto qui a, le premier, an-noncé la nouvelle de son renvoi, hier, après avoir été convoqué par son chef et s'être entretenu avec lui pendant un peu plus d'une heure.PHOTO REUTER Peu après son entretien avec le sénateur Rizzuto, congédié de ses postes de co-président de la campagne électorale nationale et président du comité de financement au Québec, M.John Turner a catégoriquement refusé de répondre aux questions des reporters qui voulaient savoir si le même sort était réservé au président du PLC, Michel Robert, et à certains autres députés et instigateurs de la tentative de mutinerie.PHOTO REUTER CUV TAILLEFER de la Presse Canadienne OTTAWA La Canadian Coalition on the Constitu-tion a intenté hier en Cour fédérale une poursuite contre le premier ministre Brian Mulroncy et son gouvernement pour avoir commis un abus de pouvoir en signant avec les provinces l'Accord du lac Meech.L'accord est à tous égards inconstitu-tionnel et «contraire à la loi», soutient la coalition, qui est basée à Toronto.Le pre-mier ministre Muironey se conduit en usurpateur, a soutenu en conférence de presse le président de l'organisme George Radwanski, parce qu'il n'a pas l'autorité nécessaire pour transférer aux provinces certains des pouvoirs fédéraux.La coalition demande en conséquence à la cour de déclarer «nulle et non avenue l'Accord constitutionnel de 1987 parce qu'il est si imprécis, si ambigu et si vaste» qu'il menace de faire éclater le système po-litique canadien.Le gouvernement fédéral dispose main-tenant de 30 jours pour présenter son point de vue à la cour.Mais il pourrait s'écouler plusieurs années avant que les tribunaux ne prononcent un jugement sur cette cause.M.Radwanski espère que, dans l'inter-valle, les législatures provinciales qui n'ont pas encore vote sur l'entente suspen- dront le processus de ratification de l'ac-cord, qui doit en principe avoir été com-plété partout au pays à l'été 1990.Seuls le Québec, la Saskatchewan et l'Alberta ont ratifié l'entente jusqu'à maintenant.C'est la deuxième fois que les tribunaux sont saisis de l'Accord du lac Meech, de-puis sa signature en avril 1987.Le mois dernier, le Yukon et les Terri-toires du Nord-Ouest soumettaient à la Cour suprême une motion dénonçant Ot-tawa et les provinces pour ne pas les avoir consulté pendant les négociations qui ont conduit à la conclusion de l'Accord du lac Meech.La cour a pris la motion en délibé-ré.Les accusations portées hier à Toronto par la coalition ont cependant une portée plus vaste.M.Radwanski a indiqué que l'organisme avait décidé de se tourner vers les tribunaux «dans l'espoir que les Cana-diens puissent se réappropricr une consti-tution usurpée par le gouvernement fédé-ral ».Sous tutelle L'Accord du lac Meech place selon lui le gouvernement central «sous tutelle pro-vinciale».L'un des trois constitutionalistes char-gés de défendre le point de vue de la coali-tion devant la Cour fédérale, Me Tim Dan-son, pense qu'Ottawa a cédé des.pouvoirs qui sont indispensables à l'exercice de son autorité.L'entente constitutionnelle, a-t-il dit, procède d'une «conception balkaniséc du Canada».En témoignent, selon Me Danson, le nouveau mode de sélection des membres du Sénat et des juges de la Cour suprême, contenu dans l'entente.En donnant aux provinces leur mot à dire dans le choix des sénateurs, le gouver-nement fédéral accorde par la bande aux gouvernements provinciaux un droit de veto absolu sur les lois adoptées par les Communes dans des domaines de juridic-tion exclusivement fédérale.Quant à la Cour suprême, Me Danson ose à peine «imaginer ce qui se serait pro-duit si l'Accord du lac Meech avait été en vigueur à l'époque où le Parti québécois, voué à la destruction du Canada, était au pouvoir».En vertu de l'entente, la Cour suprême devra compter trois juges provenant du Québec, choisis par Ottawa sur proposi-tion du gouvernement québécois.Me Dan-son a mentionné que l'accord ne prévoyait aucun recours dans le cas où Ottawa et Québec ne parviendraient pas à s'entendre sur la sélection d'un juge.Une telle situa-tion jetterait le Canada, d'après lui, dans une insoluble impasse constitutionnelle.Ce nouveau mode de sélection pourrait être bientôt mis à l'épreuve par le départ du juge William Estey, qui vient tout juste de prendre sa retraite.Dans une entrevue accordée la semaine dernière, M.Estey a d'ailleurs exprimé la crainte que les nou- veaux pouvoirs accordés aux provinces ne précipitent la Cour suprême dans la confu-sion et ne détruisent la confédération ca-nadienne.C'est aussi la catastrophe au chapitre du statut de «sociétédistincte» accordé au Québec, estime-la coalition qui dit comp-ter des milliers de membres partout au Ca-nada.Selon les deux autres avocats assignés au dossier, MM.Edward Greenspan et Morris Manning, l'accord subordonne la Charte des droits à la clause de société distincte, portant ainsi atteinte à l'égalité des droits des minorités et des femmes.«Le gouvernement a le droit d'amender la constitution, pas de la détruire», a affir-mé Me Greenspan.M.Radwanski a explique en conférence de presse que la décision de la coalition de porter son opposition devant les tribu-naux ne signifiait pas pour autant qu'elle renonçait à agir au plan politique.Son organisation a toutefois cru bon de poursuivre la lutte sur le terrain judirique, compte tenu que «les libéraux et les néo-démocrates n'ont pas rempli leur rôle d'opposition aux Communes sur cette question ».Il s'est en outre déclaré encouragé par les résultats de deux sondages récents, in-diquant qu'une majorité des Canadiens sont maintenant opposés à l'entente cons-titutionnelle.L'héritage archéologique Presse Canadienne OTTAWA Le gouvernement fédéral désire savoir quelle im-portance les Canadiens ac-cordent à la sauvegarde des lieux archéologiques et à la conservation des objets an-ciens qu'on trouve sur terre ou sous l'eau, affirme Mme Flora MacDonald, ministre des Communications.En publiant lundi un do-cument de travail de 70 pa-ges sur l'héritage archéolo-gique du pays, Mme Mac-Donald a indiqué que le gouvernement voulait re-cueillir les suggestions des Canadiens sur le sujet.Quelle est la meilleure fa-çon pour le gouvernement fédéral, de concert avec avec les provinces et les ter-ritoires.de protéger les lieux de recherche archéo-logique sous sa juridiction ainsi que de conserver les objets trouvés sur ces lieux?veut savoir le document.L'Accord du lac Meech contesté en Cour fédérale 1 bans Libérez-vous Confiez-nous votre avenir AU SERVICE DES QUEBECOIS DEPUIS 70 ANS Société Nationale de Fiducie 425.bd de Maisonneuve Ouest Montreal (Ouebecl H3A3Gb (514)844-2050 1-800-361-8625 B2 L'OPEP agonise L| Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) est en plein désarroi.Ne sachant s'entendre entre eux sur les moyens de stabiliser le prix du pétrole, les pays membres ont accueilli avec soulagement la demande d'autres pays exportateurs en vue de coordonner la production mondiale.Le Canada peut se féliciter de l'échec de cette dernière ten-tative de manipuler le prix international du pétrole.Certes, le Canada est un exportateur d'énergie et ses ventes à l'étranger ne peuvent que bénéficier d'une hausse du prix du pétrole.Cependant, il est surtout un pays industrialisé et son avenir économique est lié à ses exportations de produits finis et de services.Le Canada n'a rien à gagner d'une politique cartelaire qui augmente artificiellement les prix à l'exportation de l'éner-gie mais qui pénalise la croissance économique mondiale et freine le développement du commerce international.En fin de compte, c'est l'Arabie Saoudite qui a refusé un nouvel accord sur les prix.Le plus important producteur de l'OPEP ne veut pas, une fois de plus, diminuer sa production afin de soutenir le prix international.Il estime que les pays qui ont récemment augmenté leur production, notamment les pays qui ne sont pas membres de l'OPEP, et ceux qui dépassent leurs quotas devraient faire les frais d'un nouvel accord.Avec ses réserves gigantesques, l'Arabie Saoudite cherche davantage à créer un marché stable qu'à profiter d'une flam-bée passagère des prix.Elle a toujours eu une conception très constructive de l'OPEP: un cartel qui gère la production dans l'intérêt commun des pays producteurs et des pays consom-mateurs.Elle se rend compte qu'une politique de prix trop agressive fausse le marché et freine le développement écono-mique.Sa volonté de faire échec à la prétention de certains de ses partenaires, qui veulent une hausse artificielle des prix, a été renforcée par la détérioration de la situation politique dans le Golfe.L'Arabie Saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran et ne veut surtout pas lui faire un cadeau.En effet, l'Iran ne peut pas augmenter sa production et doit recevoir un prix plus élevé s'il veut continuer à financer sa guerre contre l'Irak.L'Arabie Saoudite, qui peut augmenter sa production sans peine pour obtenir les revenus dont elle a besoin, ne veut pas se serrer la ceinture pour avantager son adversaire iranien.La mésentente politique entre les membres de l'OPEP permet ainsi aux lois du marché de déterminer le prix du pétrole.Les quasi-membres de l'OPEP ne peuvent rien y changer.L'industrie pétrolière canadienne attend avec impatience une hausse des prix pour rentabiliser davantage sa production et pour encourager ses travaux de prospection à travers le monde.Cependant, elle n'a nulle envie de passer par un boom pétrolier pour ensuite subir une nouvelle débâcle des prix com-me elle l'a fait au début des années quatre-vingt avec le Pro-gramme énergétique national.Son avenir est plus prometteur s'il dépend d'un équilibre naturel qui favorise la croissance éco-nomique en Amérique du Nord.Frédéric WACNIÈRE La Pologne agitée Assoupissement n'est pas sommeil éternel.Les manifesta-tions, parfois violentes, les grèves, les revendications, les défis d'un côté, les menaces de l'autre administrent la preuve que, malgré les apparences, la Pologne du général Jaruzelski reste sujette aux convulsions.Depuis quelque temps, l'impression dominante était que, tout compte fait, les choses n'allaient pas si mal en Pologne.: Les choses avaient si favorablement évolué, depuis la procla-mation de la loi martiale en 1981, que les contacts avaient repris avec l'Occident et que le général Jaruzelski lui-même avait pris une apparence d'honorabilité.N'a-t-il pas été reçu par Jean-Paul II au Vatican?Le chancelier Kohi d'Allemagne fédérale n'envisage-t-il pas une visite à Varsovie, a l'automne, dans la pensée de cultiver des «relations raisonnables» avec «l'un de nos plus grands voi-sins»?Il n'est pas moins remarquable qu'encore hier, malgré une fin de semaine orageuse, le Département d'État assure que « nous encourageons le redressement économique de la Polo-gne et sommes prêts à favoriser une réforme économique véri-table», à la condition que «les changements aussi difficiles que nécessaires au plan économique reçoivent l'appui d'une impor-tante couche de la société polonaise».Or, c'est précisément cette condition qui fait lamentable-ment défaut, comme le prouvent les désordres présents.Après avoir fait mine de se résigner à sept ans de vaches maigres, les travailleurs réclament des augmentations salariales de 50 p.cent et plus pour rattraper les prix.Rappelons-nous qu'en 1980 les premières grèves annonciatri-ces du mouvement Solidarité avaient suivi la hausse des prix alimentaires.Les mêmes causes produisent les mêmes effets.Quand c'est la police qui répond aux interrogations du peuple, les protestations sont peut-être étouffées, mais il ne s'ensuit pas nécessairement que l'économie s'en porte mieux.De 1980 à 1988 le mal polonais n'a pas changé de place, comme on dit communément.Quel est le rôle exact de Solidarité dans la nouvelle vague de revendications?Le mouvement ne semble absent d'aucune grève dans les grandes villes, même s'il ne paraît pas en avoir ete le détonateur dans tous les cas.Lech Walesa lui-même, fondateur du mouvement, semble garder une certaine distan-ce vis-à-vis du débrayage hier de 3000 ouvriers à Gdansk, pre-mier bastion de Solidarité en 1980.Assistons-nous, dès lors, à une sorte de «remake» d'un film de 1980, dont la fin nous est connue d'avance?Les apparences l'indiquent.Mais une question ne trouve pas pour l'heure de réponse: y a-t-il une correspondance entre ce qui se passe à Varsovie et les tensions au sein du pouvoir à Moscou?D'après certains témoignages, la marge de liberté est plus grande (en Pologne) qu'elle ne le fut dans un passé récent.Mais Jaruzelski est incontestablement un conservateur.A-t-il des émules a Moscou, qu'effraient les audaces de M.Gorbatchev?La Pologne ne risque-t-elle pas de devenir le laboratoire où no-vateurs et conservateurs vont essayer leurs recettes respecti-ves et tenter quelques expériences?Guy CORMIER Notre sport national.\u2022 Hier encore, je me suis sur-pris à écouter d'une oreille et à regarder du coin de l'oeil un match des éliminatoires de la coupe Stanley.La dernière fois que j'en avais regardé un, j'avais eu honte de simplement penser que le hockey puisse être notre sport national.|e ne suis peut-être pas assez «viril» pour apprécier le spec-tacle depoteaux de téléphone qui se tapent sur la gueule dans un ensemble de jeu qu'on dit «de stratégie», mais, certains jours, je me demande ce que la rondelle vient faire là-dedans! O.K., dans le temps, Maurice Richard représentait le héros canadien-français qui libérait volontiers notre adrénaline et qui nous donnait un sentiment nationaliste plus fort, du moins face aux AnglaisI Mais aujourd'hui, c'est le temps du fric, des boeufs et de la vio-lence.gratuite! Il serait peut-être temps de penser à faire du «badminton» notre sport national, quitte à passer pour des «tapettes» qui se respectent! Michel DESMEULES Ste-Lucie des Laurentides Les cotisations à la RAMQ \u2022 Dans un article paru dans La Presse du 20 avril et intitulé « Mme Lavoic-Roux s'intéresse à la formule US des \"Health Maintenance Organizations\"*, la journaliste Suzanne Danse-reau de la Presse Canadienne a commis une petite erreur sympiomatique d'un préjugé populaire lorsqu'elle a écrit: «Actuellement, un contribua-ble québécois verse des cotisa-tions pour la RAMQ sur son chèque de paye, ce qui lui don-ne droit à des services de santé gratuits.» Cette affirmation est cepen-dant erronée puisque, au Qué-bec, depuis la décision du mi-nistre des Finances Jacques Parizeau du Ier avril 1981, ce sont les employeurs qui payent intégralement les cotisations à la RAMQ et qui les ont effecti-vement payées in toto depuis 1982.Pour les employeurs du Qué-bec, cette décision a entraîné une hausse exponentielle des taxes sur la masse salariale à un moment où la récession écono-mique a provoqué un nombre record de faillites.Depuis 1982.c'est 11 milliards $ que les employeurs du Québec ont ainsi versés à la RAMQ ou, si l'on préfère, 4,3 millions $ par jour.Cette taxe équivaut à 30 p.cent du fardeau fiscal total des entreprises québécoises et n'a pas de contrepartie chez les entreprises ontariennes.Il demeure étonnant de cons-tater que malgré les sommes énormes versées par les em-ployeurs du Québec pour fi-nancer les régimes d'assurance sociale tels le Régime de ren-tes, l'assurancc-chômage, l'as- surance-maladie et la CSST, et qui s'élèvent à 15,2 millions $ par jour actuellement, l'opi-nion publique (et même jour-nalistique) continue massive-ment d ignorer cette réalité.Michel MAGNANT Rédacteur-analyste Conseil du patronat du Québec NDLR \u2014 Nous accusons récep-tion d'une autre lettre à ce su-jet, signée lean-Claude Bian-aimé, de Longueuil.Le taux d'escompte \u2022 Monsieur John Crow, gou-verneur de la Banque du Cana-da, déclarait récemment qu'il maintenait le taux d'escompte élevé parce qu'il craignait une «surchauffe» de l'économie et une augmentation du taux d'inflation.Or, la seule province où il y a risque de «surchauffe» est l'Ontario.Dans le sud de l'On-tario, le taux de chômage voisi-ne les 5 p.cent, alors qu'ail-leurs au Canada il se situe à un niveau beaucoup plus élevé.Au Québec, il se situe aux envi-rons de 10 p.cent.Monsieur Crow affirme d'autre part qu'il ne peut y avoir qu'une politique moné-taire pour l'ensemble du pays.Le problème c'est que la politi-que monétaire canadienne semble au seul service de l'On-tario.Imaginons que les taux soient inversés: avec un taux de chômage de 10 p.100 en Ontario, la politique monétai-re serait bouleversée et on ver-rait le taux d'escompte tomber en chute libre.Son objectif est de réduire l'inflation à zéro.Or, ce n'est pas un taux d'inflation de 4-5 p.cent qui constitue présente-ment une menace, mais bien un taux de chômage qui dépas-se les 10 p.cent dans la majori-té des régions du pays (sans compter tous ceux qui sont en dehors des statistiques, mais qui seraient disponibles à tra-vailler si la conjoncture était meilleure).En maintenant élevé l'écart entre les taux d'intérêts cana-diens et américains, notre monnaie s'apprécie et l'activité économique est ralentie.Cela se traduira par une perte addi-tionnelle de centaines de mil-liers d'emplois au Canada.Marhis DEMERS Économiste Sainte-Foy Les finances de Montréal \u2022 «Excédent de $30 millions à Montréal en 1987», titrait La Presse du 8 avril.En tant que contribuable de Montréal en 1987, je trouve déplorable le compte rendu que vous avez fait.Et cela pour plusieurs rai-sons que voici: 1.En ce qui concerne la bais-se du taux de taxation de 2.54$ à 2,17 $ pré vue pour 1988, vous n'avez pas mentionné l'aug- mentation de l'évaluation fon-cière pour mieux correspondre à la réalité du marché immobi-lier.De plus, vous ne faites au-cunement allusion aux consé-quences, par les années passées, de ces deux modifica-tions faites conjointement, soit: une augmentation du compte de taxe pour la majori-té des propriétaires.2.Cet excédent n'est pas de 30 millions $ mais de 58 mil-lions $.|e parviens à ce résultat en additionnant les 28 millions $ des recettes supplémentaires qu'ils ont déjà dépensés et les 30 millions $ restant.3.Au lieu de diminuer sa dette, la Ville préfère augmen-ter ses fonds pour l'auto-assu-rance de 9,4 millions $ afin d'augmenter les disponibilités financières pour mieux s'assu-rer contre les événements for-tuits majeurs.Ainsi, si un tel événement arrivait, la Ville ne serait pas dans l'obligation d'emprunter.Mais en atten-dant ces événements, les con-tribuables paient des intérêts, par le biais des taxes, sur la somme de 9,4 millions $ que la Ville aurait pu rembourser.4.Pour le reste, soit environ 20 millions $, la Ville les dé-pensera à la fin de l'année pour éviter des coupures et compres-sions budgétaires.Ainsi, il n'est plus nécessaire de surveil-ler les dépenses pour équilibrer le budget, ce qui correspond plus à une dilapidation des ar-gents qu'à une gérance saine et efficace de l'argent des contri-buables.5.Tel que vous l'avez men-tionné, la dette par habitant augmente mais le poids relatif sur le budget diminue.Ceci veut dire que chaque citoyen de la ville voit ses taxes aug-menter plus rapidement que la dette, en pourcentage et per ca-pita, à la Ville de Montréal et qu'il devra payer encore plus demain pour rembourser cette dette.RéJean BEAUREGARD Laval La CEQ et Radio-Canada Monsieur A.Juneau Président Société Radio-Canada \u2022 Permettez-moi de venir pro-tester contre le refus de Radio-Canada de présenter le messa-ge de la CEQ sur la langue française enregistré par Pierre Bourgault.Il faut vraiment avoir un sen-timent de conquis pour croire que la défense de la langue française dans notre province soit un geste politique.En refu-sant ce message, c'est votre so-ciété qui y donne une perspec-tive politique.Qui croyez-vous donc que ce message aurait froissé?Est-ce que tous les par-tis politiques n'ont pas à coeur de défendre la langue françai-se?Nous avons si peu d'insti-tutions au Canada pour repré-senter la culture française et j'avais cru, dans ma naïveté, que vous en étiez une.N.LESSARD Laval-des-Rapides N.B.9 La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite à des articles pu-bliés dans ses pages et se réser-ve le droit de les abréger.L'au-teur doit être clair et concis, signer son texte, donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone.Adresser toute correspondance comme suit: Tribune libre, la Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal, H2YIK9.Soyons positifs! \u2022 Devant les manifestations continuelles des Québécois concernant l'existence mena-cée de la langue française en Amérique du Nord, je me dis que rien n'a changé ces derniè-res années.Tous les jours, il y a quelqu'un qui se plaint que les francophones constituent une très petite minorité de la popu-lation de ce continent.Mais qu'est-ce que le gouvernement du Québec fait pour promou-voir le français?Jusqu'ici, on a seulement eu recours à des lois discrimina-toires et négatives: supprimer l'usage de la langue anglaise et limiter les libertés des Québé-cois anglophones.Je suggère, plutôt, une façon positive d'aborder le problème: que le gouvernement du Québec et la ville de Montréal adoptent une politique de promotion de la langue française et de la cultu-re québécoise en Amérique du Nord.Nous sommes présentement bombardés de messages publi-citaires tels que: «Un Toronto irrésistible» ou «Venez voir comme l'Ontario a changé».Celles du Québec sont de fai-bles «Corne say bonjour».Si notre gouvernement croit, comme moi, que le Québec est un endroit tout à fait spécial, avec un mélange unique de cultures européennes avec des idées nord-américaines, il de-vrait essayer de convaincre le reste du Canada et les Améri-cains de venir nous rencontrer pour découvrir la réalité qué-bécoise.Une campagne de tourisme agressive pourrait stimuler notre économie et présenter le Québec au monde comme une région désirable à visiter.On pourrait aussi sensibiliser d'autres gens au fait que le français se parle ici, que la cul-ture québécoise est unique et vibrante, et que nous sommes fiers d'être québécois.On fe-rait ainsi prendre conscience aux gens de notre existence.En tant qu'anglophone bilin-gue, je me considère bien chan-ceux de demeurer au Québec et de profiter de la vie d'ici.Maintenant, c'est le temps de nous promouvoir au reste du Continent pour les qualités que nous possédons qui nous ren-dent spéciaux et uniques, au lieu de nous clôturer du monde anglais, essayant de protéger ce que nous devrions partager.David SHAMBLAW Montréal Paul Desmarais president du conseil d'administration LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 3 MA11908 Roger D.Landry président et éditeur Claude Manon éditeur adjoint Marcel Detjardlm directeur de l information Jean-Guy Dubuc éditorialiste en chef \\pAN$ U Droits rtwrvét TRIBUNE LIBRE « Marcel Adam 'Y felKl 'M Protéger une source de désinformation ?Le français et la police Lysiane Gagnon Le journaliste Richard Desma-rais, de la station radiophoni-que CKAC, a été forcé par le tribu-nal à témoigner devant la Commis-sion de police qui enquête sur la conduite de l'agent Gosset relative-ment à la mort d'Anthony Griffin, l'automne dernier.Ce reporter, on le sait, est celui qui, sur la foi de sources policières, avait allégué en ondes qu'avant de tirer sur le jeune homme l'agent avait lancé à sa compagne de tra-vail: «Arrête, on court jamais après un Noir.» Comme cette nouvelle a accrédi-té chez une multitude le soupçon que le constable avait tiré délibéré-ment par racisme, elle constitue un élément majeur de l'enquête en cours.C'est pourquoi la Commis-sion tenait absolument à entendre celui qui est en mesure d'aider la Commission à établir si ces mots qui ont eu pour effet de jeter de l'huile sur le feu et ont fait un tort considérable à celui à qui ils sont attribués, ont bien été prononcés.Le journaliste avait invoqué dans sa requête devant la Cour supérieu-re l'argument brandi par tous les journalistes dans la même situa-tion et tous les organismes de presse qui réclament que la loi per-mette aux journalistes de protéger l'anonymat de leurs sources: l'inté- Le philosophe Allan Bloom,au-teur du best-seller Lame dés-armée: essai sur le déclin de la cul-ture générale (Guérin Littérature), ouvrage mieux connu sous son ti-tre anglais de The Closing of the American Mind, était de passage au Québec en fin de semaine der-nière.Invité du groupe «l'Agora» du philosophe lacques Dufresne, Allan Bloom soutient que la socié-té américaine vit une crise intellec-tuelle profonde, marquée par l'ignorance qu'ont les gens, et en particulier les jeunes, des idées des grands penseurs de toutes les épo-ques, de la Grèce antique au AXC siècle.On aurait tort de croire que cette crise intellectuelle, dont parle Al-lan Bloom dans son ouvrage, ne prévaut que chez nos voisins du sud.Le phénomène est nord-américain et il préoccupe plusieurs éducateurs d'ici.À l'occasion du 20\"' anniversaire de nos cégeps, l'Association québécoise de péda-gogie collégiale organise d'ailleurs, en collaboration avec la Fédéra-tion des cégeps, un colloque de trois jours à la fin du mois, dont le thème porte justement sur «la for-mation fondamentale».Selon Allan Bloom, dans les uni-versités nord-américaines et les TEMOIGNAGE rêt public exige qu'un journaliste ne trahisse pas la confidentialité de ses sources, sous peine que celles-ci se tarissent et que le droit du pu-blic à l'information en souffre.Insensible à.cette argumenta-tion, le juge n'a pas exempté le re-porter de comparaître devant la Commission pour s'y faire interro-ger sur l'origine de sa nouvelle.À la barre des témoins le journa-liste a été amené à préciser que les deux sources policières différentes qui lui avaient communiqué le ren-seignement (sur la promesse qu'el-les demeureraient confidentielles) n'avaient pas été témoins de la tra-gédie mais rapportaient ce qu'elles avaient oui-dire.Et de reconnaître, après avoir entendu ce qui a été dit au procès (où les deux policiers mis en cause ont nié cette allégation), qu'aujourd'hui il «ne pense pas que M.Gosset l'ait dit».Induit en erreur par deux infor-mateurs dont il refuse de mettre en cause la bonne foi, M.Desmarais persiste néanmoins à protéger leur anonymat, se croyant toujours lié par son engagement à leur endroit.Après le témoignage de M.Des-marais, le président de la Fédéra-tion professionnelle des journalis-tes du Québec (FP)Q).M.Réal Bar-nabe, a réitéré l'opposition de son organisme à la comparution de colleges, on a mis l'accent sur la spécialisation ainsi que sur la déifi-cation des sciences pures (ou scien-ces exactes), de même que sur les programmes de gestion menant au MBA (sciences efficaces).Mais l'opération s'est faite aux dépens de cette «formation fondamenta-le», qu'il préfère quant à lui appe-ler «culture générale».Elle s'est faite aussi, pour ne pas dire sur-tout, aux dépens des sciences hu-maines.Mais qu'entend-on, ici au Qué-bec, par le vocable «formation fon-damentale»?Selon un texte du Conseil supérieur de l'éducation, «au palier collégial, la formation fondamentale vise le développe-ment intégral de la personne.Ce développement, elle le poursuit en cherchant à rejoindre les fonde-ments méthodologiques d'un champ de savoir et en favorisant le transfert des apprentissages effec-tués à d'autres domaines du sa-voir».Dans son ouvrage, Allan Bloom est très sévère pour l'instruction telle que dispensée, de nos jours, par les diverses institutions d'en-seignement.Tout le monde ou presque, maintenant, fait-il remar-quer, a un diplôme de premier cy-cle universitaire et presque tout le monde a un diplôme supérieur journalistes devant les tribunaux pour les forcer à divulguer leurs sources.Le lendemain le Conseil de presse du Québec faisait entendre toutefois un autre son de cloche.En adoptant une position qui tran-che avec l'attitude qui prévaut de-puis longtemps dans le milieu jour-nalistique sur ce sujet.Dans un communiqué signé de son nouveau président, M.Marc Thibault, le Conseil de presse fait une intéressante et sage distinc-tion.«Dans le cas, dit-il, où les sources ont été trompeuses, il est impérieux que le journaliste en fas-se état dans les plus brefs délais et corrige une information qui s'est avérée fausse ou mal fondée et dommageable.Il apparait même au Conseil que le journaliste devrait se considérer, dans ces conditions, délié de toute responsabilité à l'en-droit de ses sources qui l'auraient ainsi gravement induit en erreur.» En effet.Un journaliste qui a in-duit le public en erreur sur la foi d'informations fausses, se trouve du fait même délié de sa promesse de confidentialité.L'intérêt public aussi bien que sa crédibilité per-sonnelle lui font l'obligation de dé-voiler l'identité du desinformateur le cas échéant.d'une espèce ou d'une autre.Pour-tant, écrit-il, il est loin d'être cer-tain que nous sommes-mieux édu-qués que nos parents ou nos grands-parents qui, pour la plu-part, n'avaient jamais vu l'inté-rieur d'une institution d'enseigne-ment supérieur et n'avaient guère de raison de se féliciter de leur réussite scolaire.Selon nos normes actuelles, ajoute-t-il, nos grands-parents étaient des gens ignorants.D'ail-leurs, plusieurs n'ont jamais occu-pé que des emplois subalternes.Pourtant, leur foyer était riche spi-rituellement.«L'impression que notre population est en général mieux éduquée, est fondée sur une ambiguïté du sens du mot «éduca-tion » ou sur l'escamotage de la dis-tinction entre éducation littéraire et éducation technique.» Et le phi-losophe américain de conclure qu'il n'est pas évident qu'un jeune cadre dynamique d'aujourd'hui, avec en poche Time, Playboy et Scientific American, dispose, au sujet du monde en général, d'une sagesse plus profonde que celle de l'écolier rural d'autrefois avec son almanach encyclopédique.C'est sans doute la raison pour laquelle les organisateurs du collo-que de la fin du mois, au cégep de Le Conseil de presse rappelle op-portunément aux journalistes et aux médias les exigences profes-sionnelles «d'une vérification ri-goureuse et impeccable de leurs sources par toutes les méthodes ap-propriées».Faute de quoi seront minés «la crédibilité professionnel-le et le bien-fondé du recours aux sources confidentielles dans l'exer-cice efficace et consciencieux de la profession».À l'occasion d'une petite enquê-te que j'avais menée il y a une ving-taine d'années, au sein de la con-frérie, sur cette question, Renaude Lapointe, alors éditorialiste à La Presse (avant de devenir plus tard sénateur), avait souligné le danger, pour les journalistes trop candides, de se laisser utiliser par toutes sor-tes de gens et pour toutes sortes d'intérêts qui ne coïncident pas toujours-avec l'intérêt public.Et elle avait fait une intéressante distinction entre deux types de sources.Si par exemple un journa-liste a le devoir de protéger une source sérieuse qui lui a communi-qué des informations en échange de sa discrétion, il ne doit pas se sentir lié cependant à l'égard d'une personne qui lui a communiqué des informations non sollicitées \u2014 surtout si la sécurité publique ou la vie d'individus est en cause.Sainte-Foy, ont cru bon confier à un atelier la réponse à la question suivante: «La formation fonda-mentale dans un programme pro-fessionnel : les exigences de la spé-cialité laissent-elles place à autre chose?» Malgré le bilan pessimiste d'Al-lan Bloom, quelque 800 000 Amé-ricains ont acheté son livre.Par ail-leurs, au Québec, les colloques sur notre système d'éducation pren-nent presque une allure industriel-le.L'Alliance des professeurs de Montréal en a justement tenu un au Palais des congrès de Montréal la semaine dernière.Sur l'ensei-gnement collégial, la CEQ et la Fé-dération nationale des enseignants québécois de la CSN ont chacune de leur côté tenu un colloque pa-rallèle à celui que la Fédération des cégeps et l'Association québécoise de pédagogie collégiale tiendront.Bref, on trouve encore, heureuse-ment d'ailleurs, des gens pour ré-fléchir.Bien sur, il ne faut pas que pala-brer mais aboutir à des décisions.Mais le simple fait que tant de gens se posent des questions prouve qu'on ne se contente pas du statu quo.Pour la société de demain, c'est, malgré tout, un germe d'es-poir.n I y a des gens qui ont du toupet.Ainsi les porte-m parole du National Council of Jamaicans and Sup-portive Organizations in Canada (sic) et Alliance Québec, qui prétendent qu'on peut être policier à Montréal sans connaître le français.Et \u2014 pourquoi s'arrêter en si bonne voie \u2014 voilà que d'autres renchérissent: sous le prétexte falla-cieux de fournir des emplois aux minorités visibles, Alliance Québec, appuyée par la Gazette en édito-rial, réclame l'élimination de l'exigence linguistique dans l'embauche des employés de la STCUM, même de ceux qui, comme les chauffeurs d'autobus ou lés préposés aux guichets, ont des contacts directs avec le public.Bien sûr, on admet que l'unilinguisme anglais pose un problème.On a du toupet, mais on n'est quand même pas fou.Solution : que l'administration publique offre à ses nouvelles recrues unilingues des cours intensifs de français faits sur mesure pour eux.Ainsi, après avoir défrayé les coûts des classés d'accueil et du système scolaire régulier, les contri-buables devraient en plus financer des cours de fran-çais au sein de l'administration publique! Charmante perspective que celle de n'être même pas capable de se faire coller une contravention .en français! Ou celle de se faire répondre « I don't speak French » au guichet du métro! Même avec les cours que nous leur paierions, nos nouveaux policiers ne pourraient pas dire deux mots de français pendant, disons, quelques semaines.Après quelques mois, ils pourraient prononcer une phrase complète.Après trois ou quatre ans, ils pour-raient peut-être avoir une conversation normale avec un usager et seraient peut-être capable de vous expliquer en français pourquoi ils vous arrêtent, le dis «peut-être», car l'expérience prouve qu'un adul-te ordinaire, relativement peu instruit, et sans don particulier pour les langues, met au moins trois ans, parfois davantage, à maîtriser les rudiments d'une langue seconde.A moins évidemment qu'il ne bénéficie d'un en-traînement à temps plein et d'une immersion totale en milieu francophone.Tant qu'a y être, on pourrait peut-être leur payer des sessions d'immersion lin-guistique à Paris ou en Provence pour hâter leur in-tégration linguistique?Le pire, c'est que la ministre des Communautés culturelles, Mme Louise Robic, trouve l'idée excel-lente.Mais, évidemment, Mme Robic dit n'importe quoi, ça on le sait depuis longtemps.(Voir l'épisode des Turcs).Heureusement, le maire Doré s'est oppo-sé à ce qu'on s'engage sur cette pente ridicule.* * * Une petite suggestion.Que la police de la CUM envoie donc dans le West Island des recrues dont l'espagnol serait l'unique langue d'usage.L'espagnol, ou l'ourdu, le tagalog ou le basque, on n'est pas re-gardant.« Anything goes» dans le joli monde du multiculturalisme.Et si les résidents du West Island aimeraient qu'en plus leurs policiers parlent anglais, hé bien qu'ils leur paient des cours privés.Dommage que tous les francophones qui ont ap-pris l'anglais pour avoir un emploi n'aient pas béné-ficié de cette délicate attention.* * * Extrait d'une nouvelle de la Presse Canadienne sur les représentations de la communauté jamaïcaine (je dis jamaïcaine et non «d'origine jamaïcaine» puis-que J'organisation dit représenter «les jamaïcains», exactement comme s'il s'agissait de résidents de la famaïque): « Le Service de police de la CUM fait de la connais-sance du français une condition sine qua non pour mieux qualifier son manque d'ouverture à l'égard des minorités.Telle est la dénonciation faite hier par Noel E.Alexander, vice-président du National Coun-cil of Jamaicans and Supportive Organizations in Ca-nada devant le Comité d'enquête sur les relations en-tre les corps policiers et les minorités ethniques et visibles.«La communauté noire veut que la CUM cesse d'utiliser la connaissance des langues comme.un écran de fumée visant à camoufler des pratiques dis-criminatoires inacceptables, a déclaré M.Alexander.Il considère que les forces policières ne devraient pas écarter un candidat pour la seule raison qu'il ne par-le pas français.Unilingue anglophone, M.Alexander suggère la mise en place de.programmes spéciaux d'apprentissage du français.À cet égard, le Conseil de la communauté noire du Québec partage entière-ment le point de vue du National Council of lamai-cans.» Comme il se doit.Alliance Québec s'est empressée de sauter sur cette bonne idée, qui a l'avantage de se présenter sous l'emballage d'une cause aussi noble que la tarte aux pommes et la maternité, soit la pro-tection des minorités visibles.Et la ministre Robic s'est évidemment mis les deux pieds dedans.Pierre Vennat École d'aujourd'hui, société de demain Burundi: un étrange anniversaire qui ne devrait laisser personne indifférent Il est difficile pour certains res-sortissants du Burundi de terminer la journée du 29 avril de chaque année sans se livrer à une profonde et pénible réflexion.En effet, le 29 avril 1972 fut le début de ce que les médias conti-nuent d'appeler le drame burun-dais.Un drame qui emporta pay-sans, ouvriers, étudiants, ensei-gnants, médecins et ingénieurs: ces hommes et femmes dont le pays avait si grand besoin ! Aujour-d'hui, plus de 300 000 Burundais, la plupart orphelins, errent à tra-vers le monde.Mais qu'est-il resté de cette hé-morragie humaine dans ce petit pays situe en plein coeur de l'Afri-que et que les visiteurs appellent malgré tout la Suisse africaine?D'un côté, un peuple abusé, pri-vé de droits et pleurant constam-ment ses morts.De l'autre, un au-tre-peuple, l'ethnie tutsi (du grou-pe nilotique); 14% de la population exerce un pouvoir sans partage et remue ciel et terre pour s'y mainte-nir de la façon la plus crapuleuse.Les Hutu, soit 85% de la popula-tion, sont régulièrement, sélective-ment, arrêtés et massacrés.Au mo-ment où les Hutu (du groupe Ban-tou) prient pour leurs disparus, les jeunes Tutsi, au Burundi comme à l'étranger, fêtent leur forfait du 29 avril comme un véritable exploit politique.À l'intérieur du pays, l'armée, certes mono-ethnique, sème la terreur.Dans les écoles, les tensions tribales sont vives.De jeu-nes élèves, par crainte de subir le sort de leurs aines, décrochent ou s'exilent.Ceux qui s'accrochent sont sujets aux vexations quoti-diennes alimentées par leurs con-disciples ennemis.Le drame pour-suit son bout de chemin.Actuellement, le Burundi dépen-se 30% de son budget dans l'arme-ment, la formation militaire et les services d'espionnage et d'empoi-sonnement déployés à travers les pays frontaliers.Néanmoins, on note un certain éveil de conscience dans la masse.L'Église semble, bien que timidement, opter pour la défense de ses fidèles.L'opposition s'organise aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.Le pays est au bord de la révolte populaire.Les conséquences de cette crise seront longues et difficiles à éva-luer.Malgré la relative bonne foi de certains leaders de l'opposition, notamment ceux du PALIPEHU-TU (Parti pour la libération du peuple hutu), les perspectives d'une nouvelle hécatombe ne sont pas à écarter.Pour le moment trois questions restent posées: 1.Le gouvernement burundais, mesurant les conséquences d'une telle confrontation, va-t-il continuer sur sa lancée ou cé-der à la négociation ?2.Certains pays, comme la France et le Zaire, vont-ils se laisser du-per, comme par le passe, et en-voyer leurs instructeurs militai- res ou leurs troupes pour aider les Tutsi à massacrer une popu-lation désarmée?3.Quelle position prendra l'ONU, elle qui a toujours gardé le si-lence vis-à-vis des violations combien manifestes des droits de l'homme au Burundi?Seul l'avenir nous en dira plus.N.ARISTOCLE Québec * * * Il faudra revenir sur la philosophie qui est à la base de ce genre de revendications.Il s'agit d'un mé-lange de l'idéologie de la mosaïque culturelle ( toutes les cultures étant sur un pied d'égalité, sans culture majoritaire ou dominante, comme si tous les Cana-diens étaient des immigrants de fraîche date) et de l'idéologie de la discrimination à rebours («reverse discrimination») populaire aux Etats-Unis, qui con-siste à «réserver» un certain pourcentage des em-plois du secteur public aux minorités, femmes, Noirs, etc.Outre le fait qu'il n'y a pas de pays qui confie la police à des gens qui n'en sont pas citoyens (or, une partie des Antillais ont le statut d'immigrants reçus), cette politique de «reverse discrimination» et de «quota» en fonction de la race est née d'un contexte très particulier.La communauté noire américaine est d'aussi vieille souche que la majorité blanche, et a été victime pendant des siècles, de la période de l'esclavage jusqu'à la ségrégation institutionnelle qui n'a pris fin que dans les années 60, d'une oppression qui n'a rien à voir avec la discrimination plus ou moins consciente dont les minorités visibles sont souvent victimes au Canada.D'où la réparation que constitue la discrimination à rebours.Appliquer servilement le modèle américain à la société québécoise n'a aucun sens.D'ailleurs, s'il fal-lait ériger en principe le droit de chaque minorité à un pourcentage de l'emploi proportionnel à son nombre, alors les Noirs anglophones (90 000 person-nes sur 6.3 millions ) devraient se contenter de 1.4 p.cent des emplois du secteur public.Et les Haïtiens devraient sortir du taxi, les luifs de l'industrie du vêtement et les Vietnamiens du secteur des dépan-neurs, parce qu'ils y sont surrepresentés par rapport à leur nombre.Quant aux femmes, hé bien elles se-raient justifiées de réclamer 52 p.cent des emplois dans tous les secteurs! LA PRESSE est publiée par LA PRESSE LTÊE.7.rue Saint-Jacques, Montreal H2V 1K9.Seule la Presse Canadienne est autorisée a diffuser les informations de 'LA PRESSE\" et celles des services de la Presse Associée et de Reuter.Tous droits de reproduction des informations particulières a LA PRESSE sont également reserves.\u2022Courrier de la deuxième classe \u2014 Enre-gistrement numéro 1400.Port de retour garanti.RENSEIGNEMENTS 285-7272 ABONNEMENT 285-6911 ANNONCES CLASSÉES Le service des abonnements Commandes ou corrections est ouvert du lundi au lundi au vendredi de 8h.a 17h.285-7111 vendredi de 7 a 18h.285-7070 GRANDES ANNONCES REDACTION 285-7070 Détaillants 285-7202 PROMOTION 285-7100 National, Tele-Presse 285-7306 COMPTABILITÉ 285-6892 Vacances.Voyages 285-7265 Grandes annonces 285-6892 Carrières et professions.Annonces classées 285-6900 nominations 285-7320 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 3 MAI 1988 B3 Arts et spectacles B4 \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 3 MA11988 Louise Cousineau au MIP-TV 88 OSM : création du Concerto pour contrebasse d'Anne Lauber Denis Héroux revient au français avec une série sur Coco Chanei pour Télé-Métropole programme de la série «Air Ca-nada» de l'Or-chestre Sym-phonique de Montréal, ce soir et demain soir.20 h.salle Wilfrid-Pelletier, sous la direc-tion de Charles Dutoit, est principalement compose d'oeuvres de deux composi-teurs américains: Gershwin et Ferde Grofé.De Grofé, on en-tendra la familière Grand Ca-nyon Suite.Gershwin sera éga-lement représenté par l'une de ses oeuvres les plus célèbres.l'orgy and Bess, plus précisé-ment la Symphonie Picture constituée d'arrangements pour orchestre d'airs de cet opéra.En début de program-me: un autre Gershwin, Cuban Overture.Le programme comprend une nouveauté: le Concerto pour contrebasse composé par la Montréalaise Anne Lauber à l'intention du contrebassiste Gary Karr, qui en donnera la création.Anne Lauber.qui est d'origi-ne suisse (comme M.Dutoit), fut l'élève d'André Prévost.Serge Garant et lacques Hétu.«La compositeure» (pour citer son texte de présentation) in-dique que son Concerto pour contrebasse est «probablement la plus lyrique» de toutes ses oeuvres, ajoutant: «Il faut que la musique respire, il faut que l'interprète vive ce qu'il joue, il faut que l'auditeur soit ému.» Son concerto est formé de trois mouvements: «Modé-ré», «Lent», «Très rapide».Dimanche, même salle.14 h 30.c'est le dernier «Concert Esso» de la saison.Charles Du-toit et i'OSM y donneront, no-tamment, la cinquième Sym-phonie de Prokofiev qu'ils pré-senteront le mois prochain au Festival international de New York.QUATRIEME TOURNÉE DE L'ORCHESTRE DU CONSERVATOIRE \u2022 L'Orchestre du Conservatoi-re du Québec \u2014 l'«orchestre-réseau», formé de 90 jeunes musiciens des sept institutions du Conservatoire \u2014 effectuera une nouvelle tournée, du 14 au 26 juin.À cette occasion, il se rendra pour la première fois aux États-Unis: il jouera à Bos-ton, au lordan Hall, le 18 juin, dans le cadre d'un échange avec le New England Conser-vatory.Les villes du Québec qui recevront l'orchestre sont Montréal.Sherbrooke.Trois-Rivières, Rimouski, Québec et La Baie (au Saguenay).Un con-cert aura également lieu à Ot-tawa.Tous ces concerts seront gratuits.Cette année encore, Raffi Armenian, chef de l'Orchestre symphonique du Conservatoi-re de Montréal, dirigera la tournée.Le programme com-prend la huitième Symphonie de- Dvorak, le poème sympho-nique Vltava (mieux connu sous le titre «La Moldau»), de Srnetana, et une oeuvre de Jac-ques Hétu, Apocalypse.Le concert à Québec, le 23 juin, sera diffusé en direct par Ra-dio-Canada.Bell Canada contribue $370000 à cette tournée, et ce pour la troisième année consé-cutive.Mais c'est la quatrième tournée de cette importance (avec enregistrement-témoin) qu'effectue l'Orchestre du Conservatoire.CHAMBRISTES ET ARION: FIN DE SAISON \u2022 LcsChambristesde Montréal terminent leur saison jeudi, 20 h.salle.Tudor du magasin Ogilvy.À l'ensemble habituel, formé d'un quintette à cordes et d'un quintette à vent, avec piano, s ajouteront pour ce programme une harpe (Natalie Tecvin)ct un violoncelle (Des-mond Hoebig).Les treize mu-siciens se partageront les oeu-vres suivantes: Ouintette pour piano et vents K.452 de Mo-zart, grand Quintette pour cor-des op.163 de Schubert.Pasto-rales de Noel, pour flûte, harpe et basson, d'André Jolivet, et Introduction et Allegro, pour harpe et ensemble instrumen-làl, de Ravel.Les Chambristcs sont tous membres de I'OSM.à l'cxccp- Anne Lauber, compositrice.Son Concerto pour contre-basse est créé ce soir et de-main soir par Cary Karr à I'OSM.tion de l'altiste Douglas McNabney.On réentendra ce-lui-ci vendredi et samedi soirs, au dernier concert de l'Ensem-ble Arion.20 h, Redpath Hall de McGill.Comme fin de saison, Arion a choisi un programme de l'époque classique, partagé en-tre les contemporains Cari Pht-lipp Emanuel Bach et loseph Haydn.L'alto de M.McNab-ney s'y joindra aux quatre ins-truments du groupe: flûte ba-roque, violon baroque, violon-celle baroque (remplaçant la viole de gambe) et clavecin.«MUSIQUE DE SALON» JEUDI SOIR \u2022 jeudi soir également, au Pol-lack Hall de McGill, 20 h, c'est le dernier programme de la sé-rie «Musique de salon», dans le cadre des concerts publics de la CBC.On y entendra le Qua-tuor à cordes Laval, de Qué-bec, les pianistes-duettistes Douglas Nemish et Dominique Morel, l'altiste Robert Verebes et le clarinettiste Sherman Friedland dans le Quintette pour clarinette de Reger, des arrangements pour deux pia-nos de La Valse, de Ravel, et de Pétrouchka, de Stravinsky, ainsi que les Trois Pièces pour quatuor à cordes, de Stravins-ky également.LAGACÉ DEMAIN SOIR \u2022C'est demain soir et le mer-credi 11, 20 h, que Bernard La-gacé termine la première moi-tié de sa nouvelle intégrale Bach à l'orgue à traction méca-nique Beckerath de l'immacu-léc-Conccption.Comme on le sait, l'organiste ajoute, cette fois, les 48 Préludes et Fugues du Clavier bien tempéré: pre-mier livre cette saison, deuxiè-me livre la saison prochaine.Demain soir, il jouera les dou-ze premiers Préludes et Fugues du premier livre.LES «DÉBUTS» DU GAMELAN \u2022C'est le mercredi 11 mai.sal-le Claude-Champagne (par ex-ception à 20 h 30), qu'on en-tendra pour la première fois en concert le gamelan offert l'an dernier par la République d'In-donésie à la Faculté de Musi-que de l'Université de Mont-réal.L'orchestre de quelque cinquante instruments bali-nais est effectivement consti-tué de deux groupes: «grand» gamelan et «petit» gamelan.S'y produiront, respective-ment, 25 et 18 étudiants, pré-parés par un professeur invité, Wayan Suweca.Pro Musica: la prochaine saison \u2022 La Société Pro Musica, qui présente le soprano Barbara Hendricks ce soir, 20 h, salle Maisonneuve, en concert-bé-néfice, annonce la program-mation dè sa prochaine saison.Un concert «Réminiscences» sera donné, par exception, dans la Salle Qvale de l'hôtel Ritz-Carlton le dimanche 30 octobre.13 h 30, par le Qua-tuor à cordes Juilliard.On se rappelle que c'est au Ritz.dans la Salle de bal (au-jourd'hui salle à manger), que Pro Musica, fondé il y a 40 ans, donna ses premiers concerts, et que le fuilliard fut à cette époque un visiteur assidu.La saison proprement dite comprend huit concerts du lundi soir, salle Maisonneuve.Les invités: le baryton Gino Quilico, les pianistes Anton Kucrti et Angela Hewitt, les Quatuors Mendelssohn et Rid-ge (des États-Unis), le Trio Tchaikovsky (formé d'émigrés russes), le violoncelliste hon-grois Miklos Pcrcnyi et l'en-semble «Music from Marlbo-ro».envoyée spéciale la Presse à CANNES Le producteur Denis Héroux avait annoncé l'an dernier à Cannes qu'il ne tournerait plus de séries de télé en français, puisqu'il travaillait dans le haut de gamme et que la langue in-ternationale des séries chères était l'anglais.Mais c'était avant le désastre de sa série Mount Royal.Le voici donc revenu au bercail avec une miniséric sur Coco Chanel.Geneviève Bujold interprétera le rôle de la célèbre propriétaire de maison de cou-turc qui eut une vie sentimenta-le mouvementée: plusieurs amants, dont le duc de West-minster, et même une relation homosexuelle.Télé-Métropole diffusera la série le printemps prochain.«L'étude que nous avons fait faire par CROP a révélé que nos téléspectateurs voulaient voir des gagnants.Or, Gabrielle Coco Chanel est un exemple parfait de l'achiever.Après une enfance misérable, elle a su se hisser au sommet de la pyrami-de des affaires, à une époque où \u2022\u2022Jjk epuis dix ans.Guy Four-mmv nier a fait bien des choses, avec des succès divers: les comé-dies Jamais deux sans toi et Peau de Banane, la vice-présidence de Quatre Saisons au moment de l'ouverture, l'écriture de la série la plus coûteuse de l'histoire de la télé au Canada.Mount Royal, un grand échec au Canada an-glais.Voilà que Guy Fournier re-vient au genre où il a connu le plus de succès: la comédie de moeurs.La productrice Aimée Danis du Verseau est à monter le projet en coproduction avec la France.Le titre provisoire est Trois plus Un ou Baby Boomer.C'est l'histoire de deux couples, l'un québécois (habitant Outremont comme celui de lamais deux sans toi), l'autre français.Ils se sont connus à l'université de Cambridge à la fin des années soixante, époque de l'idéalisme où Québécois et Français rê-vaient, chacun à leur façon, de refaire le monde.Les voici donc 20 ans plus tard, parents d'enfants qui ne rêvent qu'à l'argent.Bien sûr, le couple québécois est divorcé.Lui est mathématicien, elle est ingénicure sur les avions.Guy Fournier dirigera une équipe d'auteurs: deux Québé-cois et deux Français.Les Qué-bécois sont Louise Bureau (du Festival de l'Humour de CKAC, elle habite maintenant Paris) et lean-Raymond Marcoux.Les Français sont MM.Bancou et Bouvron.de la nouvelle généra-lion d'auteurs qui travaillent bien en groupe, de dire Mme Danis.Selon la productrice.Télé- Le président et éditeur de La Presse, monsieur Roger D.Landry annonçait, hier, au théâtre Port-Royal de la Place Des Arts, des revenus de l'or-dre de $93 000 pour la pre-mière campagne de levée de fonds de la fondation Jean Du-ceppe.Animant la cérémonie de présentation avec monsieur Pierre Péladeau, président des éditions Québécor et co-prési-dent de cette campagne, mon-sieur Landry a présenté les di-rigeants des entreprises qui ont contribué à cette fonda-tion et a remercié tous les do-nateurs de cette campagne.« Au début quand on m'a soumis l'idée de cette campa-gne, je n'y croyais pas, expli-quait le comédien et directeur lean Duceppe et quand je vois les premiers résultats, j'en suis très heureux parce qu'on pour-ra enfin présenter certaines pièces que notre budget ne nous permettait pas aupara-vant ».Après la présentation de la pièce Biloxi Blues, les specta-teurs qui avaient déboursé $100 du billet, ont eu droit à un vin d'honneur.peu de femmes pouvaient oser avoir de l'ambition», de dire la vice-présidente Sylvie Lalande de TM hier au cours d'un lunch de presse.La compagnie Alliance de De-nis Héroux a obtenu la permis-sion de faire sa série au terme de longs palabres avec la maison Chanel, qui a d'ailleurs interdit que le titre soit Coco Chanel.Ce sera donc Gabrielle Chanel.Le budget sera élevé: $11,2 millions pour six heures.Mais en fait, on étirera à sept heures, la dernière étant une sorte de documentaire sur les produits Chanel et sur la miniséric elle-même.Il y aura un double tournage, un en français et un en anglais, et un double montage, ce, qui rendra les deux séries assez dif-férentes.Un autre retour pour M.Héroux qui s'était opposé à ce procédé l'an dernier, le quali-fiant d'inefficace.Le réseau CTV diffusera la version anglai-se.En France, ce sera Antenne 2.La série sera produite par Jus-tine Héroux, femme de Denis.Le scénario sera de l'écrivain ca-nadien Brian Moore (Black Guy Fournier dirigera une équipe d'auteurs: deux Qué-bécois et deux Français.Métropole et la Société françai-se de production sont dans le coup.La série comprendra 32 épiso-des qui se dérouleront à Mont-réal et Paris.Elle sera à l'affiche à TM durant la saison 8990.Donald Lautrec prêt à venir à la rescousse de Radio-Québec \u2022 Le vice-président de Radio-Québec, M.Pierre Roy, a décla-ré que si le quiz Cinq pour Un ne s'améliorait pas cet été il le retirerait des ondes.L'autre té-lévision pourra toujours s'adres-ser à notre roi du quiz, Donald Les talents de séduction de M.Héroux se sont également exer-cés sur la vice-présidente de TM Sylvie Lalande et sur la patron-ne des entreprises Chanel.Le grand fait d'armes de Coco Chanel fut de libérer les femmes de vêtements qu'elle ne pou-vaient mettre toutes seules: il fallait des bonnes pour lacer les corsets par derrière.Chanel a rendu les femmes autonomes.Elle n'a jamais été mariée et a toujours refusé de terminer ses défilés de mode par la tradition-nelle robe de mariée.Vente de garage de Mount Royal \u2022 Le producteur Denis Héroux a révélé hier que les décors et les accessoires de la série Mount Royal seront vendus à 50 pour cent du prix coûtant.Il n'a pas révélé le lieu et la date de la vente.Mme Sylvie Lalande de TM a manifesté son intention d'acheter quelques objets de luxe, notamment pour les dé-cors de L'Or du Temps.Curieusement, on s'est rendu compte qu'à Charivari, les ve-dettes invitées sont carrément moins calées en anagrammes que les concurrents.On va sans doute éliminer les vedettes l'an prochain.««M.Gabriele (l'an-cien big boss de TM) y tenait mordicus, mais il n'est plus là maintenant», dit M.Lautrec.Donald Lautrec est au MIP TV pour vendre les droits du quiz Charivari à travers le mon-de.Il réve d'une grande finale mondiale où les champions de divers pays s'affronteraient cha-cun dans leur langue à démêler des mots.«Charivari, dit-il.est un con-cept payant.» Il estime que Télé-Métropole fait $3.5 millions de profits par année puisque le quiz coûte $1 million et qu'il rapporte $4,5 millions en publi-cités.Et M.Lautrec est enchanté que ses jeux Action Réaction et Charivari soient maintenant joués dans les écoles.« Voilà une façon amusante d'améliorer le vocabulaire des jeunes», dit-il.En France, il se rend compte que les producteurs préfèrent son Double Jeu à Charivari.Chez nous, Double /eu à Quatre Saisons marche carrément moins bien que Charivari au 10.M.Lautrec réve d'avoir un quiz sur toutes nos chaînes.Mais pour l'instant, il désespère de Radio-Canada, «le leur ai présenté un quiz encore meil-leur que Charivari, et ils n'en ont pas voulu!, déplorc-t-il.Et ces gens-là n'ont pas réussi à mettre un bon quiz en ondes de-puis Le travail à la chaîne] » CLAUDE T| CINGRAS ^ \u2022 c sixième et \u2022\u2022dernier Robe) et le réalisateur sera Al-vin Rakoff de Toronto.Le tour-nage de 16 semaines commence-ra en juillet et se fera en France, en Italie et en Angleterre.La post-production se fera à Mont-réal chez Sonolab, propriété de Télé-Métropole.Le monteur sera l'excellent Yves Langlois, notamment de Lance et compte M.Héroux a tenu à préciser qu'il s'agissait d'un projet vrai-ment francophone et que la dif-fusion au Québec se ferait en même temps qu'au Canada an-glais.Le financement de Télé-film est assuré en principe, dit-il, et émanera du budget franco-phone de cet organisme.Parlant de budget, $ I million ira aux costumes seulement, qui seront dessinés par le successeur de Chanel, Karl Lagerfeld.Quant à la comédienne Gene-viève Bujold, choisie pour sa na-tionalité (qui permet le finance-ment de Téléfilm) et son « visage enfantin» comme celui de Cha-nel, Denis Héroux avoue qu'elle a d'abord dit non au projet.«Geneviève est essentiellement une femme.Elle dit non d'abord, puis il faut la séduire».Guy Fournier retourne à la comédie M.Lautrec est enchanté que ses jeux Action Réaction et Charivari soient maintenant joués dans les écoles.Lautrec (Action Reaction, Cha-rivari, Double Jeu) qui a juste-ment un projet «qui convien-drait tout à fait à Radio-Qué-bec ».M.Lautrec, qui n'aime pas parler en détail de ses idées pour ne pas se les faire voler, refuse de dévoiler le genre de jeu pour Radio-Québec.Mais il travaille en fonction de deux théories: un jeu doit être simple, non pas dans ses questions mais dans sa structure.Et il ne faut jamais prendre les gens du public pour des imbéciles.Pour trouver une qualité satisfaisante de concur-rents, M.Lautrec leur fait passer des auditions-examens: on peut ainsi éliminer les ignorants et les traqués avant leur arrivée à l'écran.$ 93 000 pour la Fondation Jean Duceppe PHOTO ROBERT MAIUOUX.1» Prnte MM.Roger D.Landry, Jean Duceppe et Pierre Péladeau LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 3 MAI 1988 r B 5 Série télévisée sur la vie de Simon Wiesenthal, le chasseur de nazis Agence France-Presse CAN NUS \u2022 Après avoir permis l'arresta-tion de plusieurs milliers d'an-ciens responsables de l'Holocaus- te, Simon Wiesenthal devient un personnage de télévision.Le «chasseur de nazis» a an-noncé a Cannes (France, cote d'Azur), au salon international des programmes de télévision MIP-TV.que le tournage de LA TRADITION .SE POURSUIT., EX A «l'histoire de Simon Wiesenthal » avait commencé lundi à Buda-pest, avec dans son rôle l'acteur britannique Ben Kingsley (qui a obtenu un Oscar pour «Gandhi» en 1985).Cette série de quatre heure et huit millions de dollars de budget rassemble des partenaires du monde entier: la grande chaîne câblée américaine HBO (qui pré-pare aussi une biographie de Kurt Waldheim ).les Britanniques de Telso Communication, des Aus-traliens, mais aussi la télévision hongroise, Tele Munchen pour la RFA et la société de Silvio Berlus-coni Reteltalia, qui a acquis les droits de distribution pour l'Ita- lie, la France et l'Espagne.La série sera diffusable fin 88 ou début 89.Le héros de cette histoire, re-trouvé au bord de la mort en 1945 par les Américains dans un camp de concentration autrichien, a souligné avoir eu «beaucoup de propositions pour l'histoire de sa vie».Mais il «ne voulait pas ap-paraître comme le lames Bond juif».Seules quelques une des arres- ' talions menées par Simon Wie-senthal, celle d'Lichmann notam-ment, seront donc évoquées.La \u2022 série s'attache aussi à décrire la psychologie de cet homme de 81 ans qui veut continuer sa chasse jusqu'au bout et dit «ressentir, comme un devoir moral de faire triompher la justice» et de «met; \u2022 tre en garde le monde contre les meurtres de demain ».GUIDE CinéplexOdéon BERRI 51 D«nii S SI» Calhonno 288-21 1 5 L'INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DE L'ÊTRE (14 ani) Dolby Sttréo 1:20-4:40- 8:00 , ECLAIR DE LUNE (G) Dolby Stéréo 1:00-3:15-5:30-7:45- 10:00 ATTENTION BANDITS (G) Dolby Stcréo 1:00 - 3:15 - 5:30 - 7:45- 10:00 NOYADE INTERDITE (G) Dolby Sléréo 1:00-3:10-5:20 - 7:25 - 9:30 BROADCAST NEWS ((rinçait) (G) 1:30 - 1 15 - 7 00 - 9:35 .BONAVENTURE Woce Bonovoniure 861-2725 THE UNHOLY (14 ans) 7:15 \u2022 9:20 WALL STREET (G) 7:00 - 9.30 BROSSARD Moil Chomntam 465-590O TRAQUÉE (G) 7:15-9:30 CASUAL SEX (14 ana) 7:00 - 9:00 LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE (G) - 7:25 - 9:25 CARREFOUR LAVAL 2330.Aul.des laurentWe» 6
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