Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
K. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (16)

Références

La presse, 1988-05-21, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Arts et spectacles / Littérature Arts plastiques Disques et vidéos Restaurants Vins LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 21 MA11988 Pour moi, l'objet de la littérature est d'écrire la transformation des choses \u2014 Claude Simon, le Nobel du «Nouveau roman» On peut avoir soixante-dix ans, être Prix Nobel de littérature (en compagnie d'André Gide, d'Albert Camus, de Thomas Mann, de Knut Hansum, de Boris Pasternak, etc.) et porter un blouson de cuir sur une chemise bleu à col ouvert.Claude Simon, qui est plein de simplicité et d'une juvénilité ex-trême, ne ressemble en rien à un pingouin mondain.Tout au plus est-il prudent, Nobel oblige! Il se gardera bien de dire du mal de ses confrè-res qui n'ont pas toujours dit du bien de lui.sauf une petite pointe contre Françoise Sa-gan.Son passage à Montréal, la semaine derniè-re, est un crochet entre le midi de la France où il habite (et dont il a parfois l'accent) et Toronto où il a tenu quelques séminaires.Les anglophones, surtout américains, ont été fas-cinés par le « Nouveau roman » dont Claude Simon a été un des pères fondateurs dans les années cinquante.Montréal ?C'est bien le moins car un bon nombre d'écrivains québécois ont participé à cette expérience.Ne citons pour mémoire que Jacques Godbout, Jean Hamelin, Gilles Ar-chambauit, Gérard Bessette, tous stars des an-nées soixante qui furent mis de côté aussitôt par les partisans de la littérature militante et utilitaire, marxistes ou séparatistes, «jouai» même.Qu'est-ce que'le « Nouveau roman » ?C'est en gros le refus de la convention romanesque, chronologique ou psychologique.C'est le dé-sir d'une prose qui colle au fait concret et dont Faubert fut la référence.Pas de psycho-logie, pas de suspens.De la description encore et joujours de la description.Écrire l'émotion Mais il ne faut pas tout confondre.« Il y a autant de \"Nouveaux romans\" que de \" Nouveaux romanciers \".La critique a fait des amalgames, dit Claude Simon.\u2014 On dit que le « Nouveau roman » est difficile et froid, que vous pouvez être un au-teur froid et difficile.voir LITTÉRATURE en page K2 Absire et son Femina Pas d'autobiographie possible sans faire appel à Robert le Diable et Guillaume le Conquérant AGNÈS GRUDA COMPLETE CANTATAS Eg nfant, Alain Absire ne se contentait pas de \u2022fi jouer à Robin des Bois.Il lui écrivait des aven-tures.Plusieurs années, huit romans et deux prix littérai-res plus tard, il continueà inventer des histoires et à les transcrire sur papier, avec un plaisir exubérant et communicatif.Son dernier livre, L'Égal de Dieu, qui lui a fait remporter le dernier Fémina, se déroule dans un cli-quetis de hauberts, heaumes et boucliers, au coeur du.Moyen-Àge, dans une Normandie terrorisée au compagnées .par de petites formations pransfruments dè'l'époque (originaux ou copies), le tDutdans un style sobre \u2022'caractérisé notamment par l'absence :dd vibrato.\u2022 ^Depuis.J970 ont paru 41 coffrets .présentant lès cantates selon l'ordre numérique du catalogue établi par \\ Wolfgang Schmieder ( le Bach\u2022 Werke-^éëipichnis, ou « Catalogue, des oeu-^vrés de'Bach », où chàquo oeuvre est Ijaêpiifiée par un numéro précédé des ,'leltres.BWV)/ Le.41e coffret (ou « vo-lume 41 P) porte l'ensemble réalisé à ce jour à la Cantate no (ou BWV) 179.Cela ne fait cependant pas 179;m&; 174 cantates.Oh a omis en courjgjj|g£ route six cantates qui, bien quri$j£|fc ï rant chez Schmicder, sont d'autfiçHtife voir CANTATES en page K4 s jour dans la Presse^ des chroniques su DIMANCHE Jazz une enfance beauceronne, yes sir ! Balade avec Carrier, Rioux et Poissant REGINALD MARTEL Le centre du monde est là où on vit.Forcément.M.Yves Navarre, qui a du talent aussi pour les titres de romans, disait mieux encore : ]e vis où je m'attache.Je songe à cela en parcourant le tout nou-veau récit de M.Roch Carrier, Un chameau en Jorda-nie.Qui le chameau ?Pas notre globe-trotter mais une vraie bête à une seule bosse, comme elles le sont là-bas.Pays natal ou pays élu, bien des écrivains ne s'inspirent que de ceux-là.La puissante trilogie de M.Carrier, commencée avec la Guerre, yes Sir / et qui a certes une valeur universelle, doit beaucoup à l'en-fance beauceronne de l'écrivain, qui maintenant se balade aux quatre coins de la planète, hier l'Austra-lie, aujourd'hui la Jordanie, demain je ne sais où.Je suppose qu'il emporte avec lui son premier cen-tre du monde, ce creuset initial de la culture, et qu'il se rince l'oeil chaque matin pour s'offrir un regard neuf sur les multiples richesses des autres.Il n'a pas la manière de M.Jacques Lanzmann, qui après Sten-dhal est mon voyageur préféré, mais il relate ce qu'il a vu et senti, ou simplement deviné, avec beaucoup de bonne volonté et de générosité.Son guide en Jor-danie est Fathi, un adolescent illettré qui se fait vo-lontiers mythomane, sans doute pour mieux garder, face au « Voyageur d'Amérique », les secrets des Bé-douins, son peuple.Enfant réel, fictif ?Les deux sans doute.Quand il perd le chameau grâce auquel il fait visi-ter aux touristes la ville inhabitée de Petra, taillée dans le granite d'une falaise et qui ne fut retrouvée qu'après plusieurs siècles d'abandon, alors Fathi n'a plus rien pour gagner sa vie.Il lui reste seulement, mais il ne le sait pas tout à fait, l'amitié du Voyageur d'Amérique.Avec lui il ira voir le roi Hussein et la chance lui sourira : il apprendra à lire, c'est-à-dire à posséder le monde.S'il y a un message dans le récit de M.Carrier, à part la défense de la paix contre tous les extrémismes, c'est justement celui-là.Des humeurs de renard Après la Jordanie occupée et déchirée, le hasard me mène à la Renardière, la maison de Trois-Pistolcs où M.Marcel Rioux (un Rioux dit Renard) passe les étés de sa jeune vieillesse.De mai à octobre 1986, il y a rédigé une chronique sans prétention, sorte de journal d'humeurs qui lui donne l'occasion de réflé-chir au fil de la plume, s'inspirant de l'actualité, de lectures, de souvenirs personnels.J'espérais vague-ment y trouver le ton de son pamphlet de 1981, Pour prendre publiquement congé de quelques salauds (L'Hexagone).Ce ton y est plus rare, et un peu moins mordant il me semble, mais l'inspiration reste très actuelle.Ainsi M.Rioux écrit, le,29 juillet 1986, ceci qui pourrait dater de la semaine dernière : « J'apprends, entre autres cataclysmes, que le dé-nommé Jean Chrétien pourrait revenir à la politique, qu'il n'a d'ailleurs jamais quittée.Les sondages le dé-clarent plus populaire que son rival, John Turner.Comme quoi, si le pire n'est pas toujours sûr, il n'en arrive pas moins très souvent.» La morsure reste vive, qu'on apprécie mieux en regardant ia photo de M.Rioux.Il a l'air d'un vieux moine joyeux, genre abbé de Thélème.Mais le scien-tifique, plus souvent que l'ironiste, montre le bout du nez; il l'a fin, encore qu'il éprouve quelque diffi-culté à expliquer ce qu'il voudrait tout d'abord mieux comprendre : les causes de l'échec du référen-dum, l'avenir très problématique de l'autogestion, la faiblesse de notre patriotisme.Pour tout dire, quand M.Rioux regarde le Québec d'aujourd'hui, il ne voit rien qui justifie l'optimisme, il observe ici, navré, ce que Pierre Chaunu expose dans Histoire et Décaden-ce ( Perrin ) : une triple régression de la langue, de la natalité et de la mémoire.« Je ne crois pas, écrit M.Rioux, m'étre jamais dé-fini comme un savant, uniquement épris d'objectivi-té et de neutralité, mais plutôt comme un intellec-tuel engagé dans la plupart des débats qui agitaient mon temps.» Ce agitaient, il pourrait être écrit au présent.Homme d'action et de passions depuis tou- voir ENFANCE en page K2 CONCEPTION \u2022 JACQUES NOBMANDIN spèctàclei VENDREDI Cinéma MM JEAN BASILE collaboration spéciale PHOTO PAUl'-HENRI TALBOT, LA PRESSE 1 CLAUDE CINGRAS \u2022T jr intégrale des Cantates :dè Bach\u2022 fi» entreprise en 1970 pan Teldec voir ABSIRE en page K2 vite \u2022 l'intégrale des Cantates dj| Bach : où en sommes-nous ?I est aux trois quarts terminée.Sur un | total de plus de 200 cantates d'église, 5 174 sont déjà disponibles.On ignore encore le nombre exact de cantates que cette intégrale .comportera; de même, on ignore si le projet englobera ; les cantates profanes.On connait la formule : dirigées al-vternàttverhent par les musicologues' Nikolaus Mnrnoncourt et Gustav Leonhardt, les cantates sont exécutées ; comme nu temps de Bach, c'est-à-dire par -de petites formations chorales composées exclusivement de voix mas-culines; avec des voix de garçons Ou de ' aute-cbntre pour les solos élevés, ac- MERCREDI Rock JEUDI Théâtre LITTERATURE N»,lw bwuil.Kl.\u2022 * Pourquoi certaines femmes ne peuvent s'imaginer vivre sans un homme Penelope Russianoff, Ph.D.Dans le prient livre, l'auteure veut aider les femme» à devenir libres de dépendance sexuelle et plus sures d'elles-mêmes émotionnellement et financièrement, à apprivoiser leur' solitude et à vivre des amitiés féminines et masculines plus enrichissantes.206 pages «025.1 UrHortMlLShinlu com TRMSIT POlRnïMlHJI Oiwnioii D.IYUKRIPP0RÏ5 m Couples en transit Dr Morton H.Shae\\itz Dans Couples en transit, l'auteur, psychologue clinicien, lève le voile sur les réactions contradictoires des hommes à l'égard de la libération des femmes.206 pages ^534.l/COMMENT (k RECONNAÎTRE ^COMMENT Y RÉAGIR l/COMMENT LE PjRÉvïNW CHEZ LA FEMME Herbal J.Ffcuctensergcr.Pfc.O.et Gif.Norrti \u2022I \u2022 /si»' H Le Burnout chez la femme Herbert J.Freudenberger, Ph.D.et Gail North Cet ouvrage, dense et fouillé, s'adresse aux femmes qui veulent comprendre le burnout, en identifier les causes et les symptômes, et ainsi prévenir ou guérir lu fatigue et la dépression qui en découlent.368 pages, «022.tlAf Kin W*W««W' Lance et compte II lien nid Tremblay d'après le scénario de Réjean Tremblay et Jacques Jacob.En lisant Lance et compte II, vous en saurez davantage sur les véritables causes du comportement étrange de Pierre Lambert.Vous découvrirez aussi tous les secrets qui animent les héros de la série télévisée.456 pages, #524 la presse Vous pouvez commander par téléphone en utilisant votre VISA ou MASTER-CARD.Vous pouvez recevoir ces livres en remplissant et en retournant ce coupon aux Nom.Adresse- Ville- -Tél.(- Code postal \u2022 chèque \u2022 mandat \u2022 VISA \u2022 MASTERCARD No Date d'expiration Prière de noter que les échanges et les remboursements ne sont pas ac-ceptiez.SUITE DE LA PACE K1 \u2014 Pourtant je me considère comme traitant de la sensibilité avant tout, de l'émotion.Naturel-lement Il faut s'entendre.Si l'on considère qu'une histoire d'amour est le comble de l'émo-tion, on trouvera peut-être que mes livres ne traitent pas d'émo-tions.Pour moi.l'objet de la litté-rature est d'écrire la transforma-tion des choses.L'émotion tient pour moi dans la métamorphose.En ce qui me concerne, voyez-vous, je ne suis pas ému quand je lis une histoire d'amour mais quand je découvre dans un livre un témoignage de la vie et des choses en évolution.\u2014 Vous ne recherchez pas le grand public ?\u2014 Pourtant j'aime plaire à mes lecteurs, j'aime leur faire plaisir.On doit choisir.Un retour d'URSS Le premier succès de Claude Si-mon fut La Route des Flandres1.Son plus gros a été Les Gèorgi-ques.11 vient de publier L'Invita-tion, un récit.Il y raconte un voyage en URSS où on l'avait in-vité après l'obtention de son prix.C'est une pamphlet à sa maniè-re.« Naturellement, précise-t-ll, il ne faut pas chercher dans ce livre un reportage ni une chronologie.Pourtant tout ce que je raconte est authentique, vrai.Prenons l'attente, par exemple, parce que l'on attend beaucoup en URSS.Mais que font les gens pendant qu'ils attendent.Rien ?Pas du tout, il font beaucoup de choses où ils se révèlent.On pourrait dire que je suis un romancier de l'attente, un reporter de l'attente.\u2014 Vous êtes très sévère pour l'URSS de Gorbatchev.\u2014 Soyez heureux de vivre ici, voilà ce que je puis vous dire.D'ailleurs les Soviétiques ont ten-té de me racoler, ce qui est intolé-rable.Ils m'ont posé des ques-tions dans l'espoir que je réponde par de grands mots sonores et of-ficiels, genre « la paix », « la co-opération ».|e leur ai répondu que la chose la plus importante pour moi est de commencer une phrase, de la continuer puis de la terminer.Ils m'ont répondu en ri-canant que j'étais un formaliste.Tant pis, ça ne me dérange pas.La guerre et l'histoire Formaliste l'oeuvre de Claude Simon ?Pourtant ses deux gros livres parlent de la guerre qu'il a faite, sans compter qu'il sort d'une fa-mille de militaire de carrière.La plus grande partie de son oeuvre est somme toute autobiographi-que, c'est-à-dire historique.Ce' « regardeur » est aussi un nomme d'action.« Il y a des permanences dans l'état de guerre qui me fascinent, l'ai remarqué entre autres que la guerre semble avoir des lieux d'élection fixes, que les soldats sont des paysans non des ou-vriers.Les paysans sont naturelle-ment reliés à la terre, au territoi-re, ils perdent et gagnent du ter-rain.C'est pour cela que j'ai appelé mon dernier roman Les Gàorgiques, en hommage aux poèmes paysans de Virgile.» La politique ?Il y a chez Claude Simon une sorte de lucidité vis-à-vis des évé-nements.Pour lui l'artiste ou le savant ne peut prétendre à aucun pouvoir véritable dans la société, ce pouvoir qu'il voit rassemblé entre les mains des hommes poli-tiques.Il s'inquiète, quoique sobre-ment, du recul de la culture, par-ticulièrement celui de la littératu-re qui devient selon lui un art ali-mentaire, un simple objet de consommation.Autant dire tout de suite que Claude Simon n'a guère de mots tendres pour les best-sellers.Il admire les Proust et les Joyce.Quant à Flaubert, il aime a rappe-ler que le succès immédiat de Ma-dame Bovary, le plus parfait des romans français, tient plus au scandale qui entoura sa parution 3u'à une reconnaissance véritable e l'oeuvre par le grand public., « Voilà pourquoi les écrievains doivent apprendre la patience », dit-il.La langue française S'il croit à un recul de la cultu-re, il croit aussi à une possibilité de redressement.« Il serait important d'intégrer la culture à l'éducation dès l'école primaire.Après il est trop tard.Mais naturellement je ne suis pas un spécialiste, le suis un autodi-dacte dont le métier est d'écrire en français.\u2014 Pourtant vous avez malme-né la grammaire, la ponctuation en particulier.\u2014 Non, je n'ai pas malmené le français, l'ai tenté de trouver des solutions qui me convenaient dans le cadre d'une langue très riche, très diffificile aussi ne se-rait-ce que par son manque de dé-clinaisons et ses prépositions.Le paradoxe'd'une langue c'est qu'elle impose toujours de nou-velles règles au moment même où l'on croit qu'on vient de s'en dé-barrasser.Travailler avec une langue n'est pas jouer avec une langue.Le jeu de mot, comme Pe-rec entre autres, peut m'amuser un moment mais ça ne m'émeut pas.» L'art d'écrire Mais comment faire parler un Claude Simon écrivain de l'art d'écrire ?Claude Simon se défile.Il fera plutôt ap-pel à la musique (pour les leitmo-tifs, les « périodes », à la peinture qu'il admire beaucoup : Tapies, -Pollock et les surréalistes « qu'il a découverts tout seul en lisant le Minotaure ».Maintenant que.l'ère des anathèmes est passé, on dira volontiers de son style qu'il, est coloré et sensuel.Après des succès et des échecs éclatant, le « Nouveau roman » a connu la traversée du désert.Le Prix Nobel de Claude Simon est certes la consécration d'un talent personnel.C'est aussi un homma-ge à ce qui a été collectivement la dernière des grandes Ecoles litté-.raires romanesques de langue française, à ce jour.D'ailleurs ces allées et venues de la gloire font partie du jeu et des contradictions littéraires qu'il accepte.Si Claude Simon n'a ja-mais connu de succès de librairie foudroyants, ses livres se vendent constamment.Cet écrivain auto-didacte fait la joie des spécialis-tes! Pour i heure les remous du No-bel, auxquels il se soumet de bonne grâce, le «fatiguent» et « lui font perdre du temps » qu'il aimerait consacrer à son pro-chain livre, encore autobiograhi-que, et dont il ne peut pas parler, car un roman n'est pas un acte prémédité mais le résultat d'une expérience où se conjuguent la personnalité d'un être vivant et une langue.11 Tous (es livres de Claude Simon sont pu-bliés aux éditions de Minuit.Signalons que les livres de Claude Simon sont incontesta-blement austères.Son ouvrage le plus ac-cessible est les Georglques.ENFANCE Une enfance beauceronne, yes Slrt SUITE DE LA PAGE K1 jours, M.Rioux ne va pas se taire déjà, pour la seule raison qu'il aura soixante-dix ans l'an pro-chain.Notre mémoire oublieuse a besoin plus que jamais de se ra-fraîchir aux meilleures sources, qu'elles se nomment Rioux, Per-ron ou Vadeboncoeur.Nous leurs devons au moins ce qui nous sé-pare encore un peu, collective-ment, de cette « Insignifiance » à laquelle tant de nos leaders tien-nent tant, parce que sur elle se fonde la seule légitimité de leur pouvoir.Comme Jack, la routa Terminée la lecture de Vendre-di-Friday, de M.Alain Poissant, je reviens un instant au journal très libre de M.Rioux : « II.n'en reste pas moins, pour dire les cho-ses un peu vite, que ce que nous partageons avec les Américains c'est f'américanité, Qui tient plus de l'habitat que de la culture; il m'a toujours semblé, en effet, que nous sommes, comme nos vol* sins, un peuple de l'espace plutôt que du temps.» Il y a peut-être un rapport : le héros de M.Poissant, James Gastineau, la quarantaine, marié, trois enfants, vit dans la petite ville québécoise de Bois-vert.Un beau matin 11 achète à crédit une Trans Am, voiture puissante parait-il, puis fonce sur les routes des États-Uni ».il est ici aujourd'hui, ' le lendemain deux mille kilomètres plus loin, ail-leurs encore le troisième jour.Avant de rentrer chez lui.il aura visité la petite ville de la Nouvel* Ie-Angleterre où il est né.Que fuit-il?se demande-t-on.La pauvreté de la vie, l'usure des jours d'ennui, le cauchemar cli-matisé.Ainsi Gastineau fait ce que tant d'autres ont fait, dans la littérature, au cinéma et, certai-nement, dans la vraie vie.La rou-te, les motels tous semblables, des images qui se bousculent, qui se fixent à peine sur la rétine et en-core moins dans la mémoire, ima-ges qui semblent n'avoir de sens que par l'accéléré de leur déroule-ment.Peuple de l'espace, est-ce de cela que parle M.Rioux ?L'es-pace comme substitut au temps, donc à la durée, substitut à une histoire mal vécue ou pas vécue du tout, parce que son évolution appartiendrait essentiellement a d'autres ?Étranges correspondances en-tre lectures fort différentes, l'avais souligné ce passage de Vendredi-Friday: «James Gasti-neau file comme s'il n'avait ja-mais pensé, ne s'était jamais sou-venu, avait de tout temps roulé à : cent trente, ne vivant que pour continuer a foncer sans fin.» En somme, tout son passé est' derriè-re lui, photo inversée, déréalisée, dans le rétroviseur de la conscien-ce.M.Poissant, une fois encore, avec des moyens très sobres, a réussi à créer un personnage dont les mobiles ne sont certes pas transparents, mais qui impose une réalité singulière, plus in-quiétante que touchante, qui ren-voie à l'explication première de la fiction romanesque : c'est la seule façon de vivre une autre vie.\u2014 tant par les barbares Frisons qui menacent ses côtes que par un Dieu omniprésent et colérique.Et c'est parce qu'il se sent rejeté gar Dieu que le moine Odilon du ernay, vieux, souffrant et atteint de « maie vue », entreprend, d'écrire .l'histoire de sa passion de jeunesse pour le chevalier Llébaut de Malbray.Passion qui l'a con-duit, 40 ans plus tôt, à commettre une faute qu'il n'a cessé d'expier depuis.et que le lecteur connaî-tra à la fin du livre.Voilà pour la trame du récit, mené à fond de train comme un livre d'aventures, sans rien sacri-fier à la minutie de la reconstitu-tion historique.À un autre ni-veau, on suit le cheminement du vieil homme qui, tout en conti-nuant jour après jour sa doulou-reuse confession, découvre peu à Feu le plaisir et le pouvoir de écriture.Et qui constate qu'en « vantant la magnificence et la noblesse d'un seigneur aimé », il a en fait parlé d abord et avant tout de lui même.Une autoblogrôpMa ?Parce qu'il ne craint pas d'écri-re à la première personne, qu'il ne s'efface pas devant son sujet, Odilon est « le premier roman-cier des temps modernes », dit Alain Absire.Et qu'on ne s'y trompe pas : même s'il situe l'action de son ro-man én une époque obscure et re-culée, Alain Absire descend en HT gne droite de ce « pionnierb» de la littérature contemporaine.Après tout, lui aussi parle d'un autre pour mieux parler de lui.D'ailleurs, il se plait à qualifier son livre d'autobiographique.Rencontré lors de son passage en coup de vent à Montréal, quel-ques heures avant d'aller faire acte de présence au Salon du livre de Québec, Alain Absire a confié qu'il a en fait logé dans ce livre tous les rêves et héros qui ont peuplé son enfance, vécue sur les lieux mêmes où il situe tes aven-tures d'Odilon, sur la côte nor-mande.Des rêves qui, dit-il, demeurent plus réels que ses « vrais » souve-nirs.Fils unique, Absire a en quelque sorte grandi avec Robert le Diable et Guillaume le Con-quérant pour compagnons de jeux.Toute tentative autobiogra-phique devait forcément faire ap-pel à eux.De toute façon, pense l'écrivain, « ce qui reste de l'en-fance, c'est ce qu'on y a imagi-né ».Mais attention : les rêves des enfants ne sont pas du tout roses et innocents.Freud est déjà passé par là.et l'imaginaire enfantin tel que recréé par Absire regorge de violence, de jalousie, de cruau-té, de trahison; et de déceptions.«C'est la vie dans tous ses débor-dements et ses dérèglements pas-sionnets » que ce Normand à l'oeil rieur a voulu traduire dans son roman.«l'ai écrit ce livre dans l'eu-phorie la plus totale », dit l'au-teur.On le croit facilement.Un défi : la langue Étant donné que te récit est écrit à la première personne, Ab-sire a dû en quelque sorte réin-venter une langue du 11' siècle qui demeure lisible pour un lec-teur du 20*.«C'a été un gros défi sur le plan de la syntaxe.Contraire-ment à mon habitude, j'ai fait des phrases longues, pleines de relati-ves.|e me suis aussi interdit une centaine de mots et de notions qui n'existaient tout simplement pas au 11* siècle, comme senti-ment et Imagination, par exem-ple, l'ai aussi essayé d'éviter le filus possible l'usage de l'impar-ait.» Résultat : un Moyen-Âge crédi-.ble et vivant raconté dans une écriture d'une parfaite limpidité.Cette clarté de langage, Alain Absire dit la tenir du «Nouveau roman », sa principale influence littéraire, qui a laissé son em-preinte sur ses premiers livres, mais dont il se démarque: aujour-d'hui en affirmant que « les lec-teurs veulent qu'on leur raconte de bonnes histoires ».voir ABSIRE en pageK6 Éditions La Presse, Liée 44, Saint-Antoine ouest Montreal (Québec) HSYM5 Province- Prix des livres + frais de manutention Montant total ci-joint ' AuLsitnvtnUcbtivotn fournisseur bMutl 1,50 S nminttmn certaines frHtmcs ne peuieM s'imagmeif de réduction aux abonné(e)s de La Presse sur tous nos livres.No d'abonné Pra Pita, rtpj t:
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.