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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Le monde
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1988-07-06, Collections de BAnQ.

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[" LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 6 JUILLET 1988 L'armada US en question La destruction d'un avion civil iranien avec 290 personnes à bord par un missile américain, et le débat international qui s'engage sur la tragédie, remettent en question la présence de l'armada déployée depuis un an dans le Golfe persique par l'administration Reagan.Tactiqucmcnt, ce déploiement visait à rassurer les royaumes pétroliers arabes qui se sentaient trahis par leur allié US, celui-ci ayant vendu secrètement des armes à l'Iran, dont ils perçoivent depuis I979 le militantisme isla-mo-intégristc comme une menace à leur stabilité.Stratégiquement toutefois, l'installation d'une Task force de la US Navy de part et d'autre du détroit d'Ormuz, et à l'intérieur même du lac de I 000 km de long qu'est le Golfe persique, était un prolongement de la « Force de déploiement rapide» (RDF) créée par l'administration Carter en 1977-78 et basée à Diego Garcia, au coeur de l'Océan indien.Porté au pouvoir dans la foulée de la Révolution iranienne et de l'invasion soviétique de l'Afghanistan, Reagan transforma la RDF en commandement autonome (CLNTCOM).avec porte-avions et croiseurs lance-missiles ultramodernes reliés a des satellites-espions par des Awacs et disposant d'un demi-million d'hommes.Washington a invoqué la liberté de navigation et la protection de réserves de pétrole «vitales» à l'appui de ce déploiement, mais l'argument de base, tacite, reste le fait qu'un Supergrand qui se respecte doit pouvoir «projeter» sa puissance a souhait autour de la planète.Ce qui inquiète un secteur de l'opinion américaine marqué par la débâcle qui suivit les «projections» de la puissance US au Vietnam en I975ctau Liban en I983.Mais, pour la même raison, l'administration Reagan, en déclin, refuse le repli.Au Vietnam et au Liban, la puissance US s'était engagée sur des masses terrestres au peuplement hostile; dans le Golfe, elle est autonome, voguant en eaux internationales, ayant la maîtrise du fond marin et de l'espace aérien, et contrôlant un arc allant du Sud-ouest asiatique à la Corne de l'Afrique.La guerre Iran-Irak, l'Irangate même, ont facilité ce dessein.Ni la colère des mollahs ni leurs «coups d'épingle» (minage du Golfe et attaques rapides) ni l'appui de clients terroristes au Liban et ailleurs (et ni la bavure du Stark aux mains de l'Irak) n'ont ébranlé cette volonté.L'armada US s'y est ancrée d'autant mieux que des heurts dosés (hélicoptères, vedettes, plateformes pétrolières détruits) lui ont permis de prendre la mesure de la puissance iranienne: elle n'est pas de taille.Depuis un mois déjà, des analystes écrivent que les Etats-Unis ont gagne la guerre du Golfe contre l'Iran.Mais deux soucis persistent: la menace de missiles sol-mer Vers h soie livrés à l'Iran par la Chine, et perfectionnés dit-on par Israël; et la poussée de l'URSS, en repli d'Afghanistan, en vue de remplacer l'armada US par une force de l'ONU.Dans les jours précédant le tir contre I' Airbus.Washington avait préparé l'opinion à une action possible contre de présumées « rampes de lancement souterraines» de missiles Vers à soie autour du port de Uandar-Abbas.Au Conseil de sécurité de l'ONU et ii l'OACI, il va désormais se retrouver sur la sellette face à un Iran quelque peu assagi et sortant de l'isolement.L'armada US dans le Golfe est à nouveau en jeu.En affirmant hier que « l'incident est clos».Reagan a dû souhaiter qu'il le soit pour tous.C'est à voir.JOONEED KHAN Quelques-uns des corps repêchés des eaux du golfe Persique et rassemblés à la morgue de Bandar Abbas, à Dubaï.\" Le Canada appuierait la tenue d'une enquête indépendante sur l'Airbus MARIE TISON DE LA Presse Canadienne OTTAWA Le Canada appuierait la tenue d'une enquête indépendante de l'Organisation de l'aviation civile internationale sur la tragédie de l'Airbus iranien.Le gouvernement fédéral n'a cependant pas l'intention de prendre l'initiative et de réclamer la tenue d'une telle enquête, a déclaré, hier, le ministre du Commerce extérieur |ohn Crosbie.L'Iran a demandé, lundi soir, une réunion extraordinaire du Conseil de l'Organisation de l'aviation civile internationale ( OACI ).M.Crosbie a déclaré, hier, que le Canada appuyait la tenue d'une réunion extraordinaire, tout comme il appuierait la tenue d'une enquête indépendante visant a faire la lumière sur l'incident de dimanche.« L'OACI est l'organisation la mieux qualifiée pour effectuer une telle enquête ».a-t-il affirmé au cours de la période de questions.Le ministre a expliqué que le Canada n'était pas directement impliqué dans cet in- cident, comme il l'avait été lors de la tragédie du Boeing des lignes aériennes coréennes KAL abattu, en I983, par la chasse soviétique.Alors que huit citoyens canadiens avaient été tués à cette occasion, aucun Canadien ne prenait place dans l'Airbus iranien abattu par un croiseur américain, dimanche.Pour cette raison, le Canada ne prendra pus l'initiative auprès de l'OACI ou auprès de l'Organisation des Nations unies (ONU), a déclaré M.Crosbie.Le critique néo-démocrate en matière d'affaires extérieures, Bill Blaikie.a répliqué que tous les pays étaient impliqués lorsqu'il était question de sécurité aérienne, tandis que le député libéral Lloyd Axworthy a déclaré que la nationalité des victimes n'était pas importante.« Ce sont des êtres humains ».a-t-il lancé.M.Blaikie a suggéré de remplacer les forces américaines dans le golfe Persique par des forces de maintien de la paix de l'ONU.M.Crosbie ne s'est pas opposé à une telle proposition.« Le Canada examinerait avec attention une résolution de l'ONU qui irait dans ce sens», a-t-il affirmé.Il a cependant refusé de condamner la présence des États-Unis dans le golfe Persique.« Le Canada appuie les efforts de ses alliés, y compris les États-Unis, qui visent à assurer la libre circulation des navires dans la zone de conflit », a-l-il déclaré.« Nous continuons à croire que la présence des forces navales américaines dans le Golfe a diminué les possibilités d'escalade du conflit et a limité sa propagation dans d'autre régions ».a-t-il énoncé.Le ministre a ajoute que le Canada continuait à inciter l'Iran et l'Iraq à mettre fin à un conflit vieux de huit ans.« Nous appuierions toute proposition raisonnable qui hâterait la fin des hostilités », a-t-il déclaré.M.Crosbie a réitéré que la Canada n'avait aucune raison de douter de la version des faits fournie par les Etats-Unis.1 Il a soutenu que le gouvernement conservateur n'avait aucune intention de succomber à « l'antiaméricanisme exhibe automatiquement par le NPD à chaque événement national ou international ».Edwin Meese démissionne d'après AH'.A P.Ul'l et Renter WASHINGTON LW attorney général des États-Unis (ministre de la |usti-ce), M.Edwin Meese.personnage le plus controversé du gouvernement Reagan, a annoncé hier sa demission qui prendra effet fin juillet ou début août.M.Meese a annoncé sa decision au cours d'une conférence de presse donnée à Sacramento (Californie), le jour même où le procureur spécial qui enquêtait sur les accusations portées contre lui, M.lames McKay, a remis son rapport à la justice.Le procureur avait indiqué, il y a plusieurs semaines, que ce rapport, qui serait assez critique envers l'attorney général, ne contenait aucun élément permettant de retenir des accusations contre lui.M.Meese, dont le successeur n'est pas encore connu, a déclaré que le rapport le lavait des « fausses allégations » le concernant et lui permettait de retourner à la vie privée.Il a affirmé qu'il ignorait le contenu du document, qui ne doit pas être publié avant plusieurs semaines, mais que le fait que le procureur spécial l'ait transmis à la justice sans demander d'inculpation confirmait son innocence.Le rapport devait également être transmis au Bureau de la responsabilité professionnelle, une sorte de commission de l'éthique du département de la |ustice, qui aurait pu conclure que sans enfreindre la loi l'attorney général n'avait pas eu une conduite parfaitement claire.Il semble que l'annonce de la demission rend cette procédure caduque.L'affaire Meese empoisonnait le climat politique de Washington, pour les républicains tout au moins, depuis plusieurs mois.Les démocrates accusaient le ministre de la justice, ami personnel du président Ronald Reagan depuis plus de 20 ans, d'être un « prince de la magouille ».Un nombre croissant de républicains considéraient qu'il devenait de plus en plus un embarras pour l'administration cl surtout un handicap sérieux pour la campagne du vice-président George Bush, porte-drapeau du Grand Old Party pour les élections présidentielles de novembre prochain.Ils réclamaient plus ou moins ouvertement sa démission, sinon Edwin Meese immédiate tout au moins avant la convention républicaine de la Nouvelle-Orléans qui se tiendra à la mi-août.Le président Reagan, pour sa part, avait réaffirmé à maintes reprises sa confiance en son vieil ami.Il a déclaré hier que M.Meese avait été « un sacrement bon attorney général ».L'enquête sur M.Meese portait principalement sur l'aide qu'il aurait pu apporter à une société impliquée clans un scandale, Wcdieeh.alors qu'il était conseil- PHOTO REUTEB 1er à la Maison-Blanche et sur son rôle éventuel dans la promotion d'un projet, aujourd'hui abandonné, d'oléoduc entre l'Irak et la lordanic.Edwin Meese était le dernier des « Californiens » amenés à Washington par M.Reagan lors de son accession au pouvoir en janvier 1981.Parmi les collaborateurs des premières heures de la présidence Reagan, seul reste le secrétaire au Trésor James Baker, ancien secrétaire general de la Maison-Blanche, un Texan.Les Mexicains participent aujourd'hui aux élections les plus disputées de leur histoire rfVipri-s AFP.Al', un cl Renier MEXICO Sous le signe de la violence et de multiples accusations de fraude, les électeurs mexicains désignent aujourd'hui le nouveau président du Mexique au cours d'élections sans doute les plus disputées de l'histoire du pays.Les quelque 38 millions d'électeurs devront aussi renouveler la Chambre des députés (500 sièges) et le Sénat (64 sièges), très largement dominés par le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) qui, depuis 5e) ans, contrôle tous les rouages politiques, administratifs, économiques et sociaux du pays.Hier, les dirigeants de l'opposition, aussi bien a gauche qu'a droite du PRI.ont dénonce une vaste fraude électorale dans l'État de Chihuahua (au nord) où, scmblc-t-il, il y aurait 40 p.cent plus d'électeurs inscrits dans les bureaux de vote que le nombre eligible de ces électeurs.Ce stratagème, selon l'opposition, permettrait au PRI de remporter cet État qui est traditionnellement le chàteau-fort du PAN, le Parti de l'action nationale de Manuel |, Clouthier.Cette année encore, le candidat national du PRI, Carlos Salinas de Gortari.devait être élu comme il l'a toujours été depuis plus d'un demi-siècle.Mais, selon les estimations, M.de Gortari, 40 ans, ancien ministre du Plan et du Budget, devrait enregistrer le score le plus bas jamais recueilli par un candidat du PRI depuis la révolution mexicaine.Loin derrière son prédécesseur Miguel de La Madrid, non rééligible, qui avait obtenu 70 p.cent des suffrages en 1982.Le parti est a bout de souffle.Il doit faire face cette année à un « ras-lc-bol » croissant de la population cruellement affectée par la crise économique, lassée de la corruption qui n'épargne aucune administration, ni même la police.Le PRI doit aussi affronter une opposition déterminée a gagner malgré tous les obstacles dresses contre elle et « l'énorme fraude » qui.dit-elle, se prepare dans le pays, lamais Pop-positin n'a ete aussi proche de la victoire, relèvent les commentateurs.Cette manifestation de force d'une opposition qui n'avait jusqu'à présent qu'un role symbolique se traduit par une irritation et une preoccupation croissante de l'appareil du PRI, domine par une vieille garde accrochée a ses privilèges.A quatre jours du scrutin, la violence a d'ailleurs fait une sanglante irruption sur la scène politique : le coordinateur de la campagne de M.Cuauhtemoc Cardenas, candidat de l'Alliance de gauche, et son adjoint, ont été tués de plusieurs balles samedi soir.Le principal adversaire de M.Cardenas, M.Salinas de Gortari, a dénonce a plusieurs reprises la fraude et la violence assurant qu'il triompherait par des elections «convaincantes, transparentes et sans tache ».Architecte de la politique économique du gouvernement, il a quitte ses fonctions ministérielles en octobre dernier avec une inflation d'environ I 50 p.cent.Considère comme le candidat de la continuité, il est partisan de la poursuite du paiement île la dette et favorable a un renforcement de l'intervention du secteur prive.Les questions se multiplient à Washington Agence I 'ronce- Presse WASHINGTON Sans mettre en cause le bien fondé de la décision du commandant du Vincennes, le capitaine tie vaisseau Will Rogers, les questions se multipliaient hier à Washington sur les circonstances et les conséquences de la tragédie qui a coûté la vie aux 290 passagers et membres d'équipage de l'Airbus iranien abattu par le croiseur américain.La mission d'enquête dirigée par le contre-amiral William logerty et arrivée hier a Bahrein aura pour tâche de définir les circonstances exactes du drame.Elle analysera notamment le carnet de bord électronique du croiseur qui a enregistré nombre îles données disponibles au moment ou la décision d'ouvrir le feu a été prise, notamment celles fournies par le système de radar ultra-perfect ion né dont est équipé le Vincennes.Les enquêteurs auront également accès aux informations recueillies par les autres bâtiments de la Marine américaine qui croisaient dans la région au moment de la tragédie.Citant des sources du Pentagone, le Washington /'os; affirmait hier qu'une frégate américaine, le Sides, avait indiqué que l'Airbus grimpait au moment où il a été abattu.D'après le Vincennes.par contre, l'appareil, qui se trouvait a une altitude anormalement basse pour un avion de transport civil, descendait, comme l'aurait fait un appareil militaire se préparant à attaquer.Cette dunnee semble avoir été un des cléments déterminants dans la décision prise par le capitaine Rogers.Les contradictions entre certaines des affirmations américaines et celles des Iraniens étaient également sources de questions.L'Airbus se trouvait-il vraiment hors du couloir aérien normal entre Bandar Abbas et Dubai?Pourquoi n'a-t-il pas repondu aux demandes électroniques d'identification transmises par le système III ( Idend ificat ion AmiLnnemi) du Vincennes?Selon les Iraniens, il disposait de l'équipement ad hoc et cet équipement était branche.Dans ce cas, le signal transmis pouvait-il prêter à erreur?En annonçant le drame dimanche, le chef de l'etat-major interarmes américain, l'amiral William Crowe, avait affirmé que le Vincennes avait disposé d'i ii format ions électroniques l'ayant amené a penser que l'avion était un 1-14.mais il s'était refuse a préciser la nature de ces informations.Pourquoi surtout l'équipage de l'Airbus n'a-t-il pas répondu aux demandes verbales d'identification transmises a plusieurs reprises par le croiseur américain?Ces demandes ont été entendues par plusieurs bâtiments croisant dans la region et il est difficile de penser que l'avion iranien n'était pas en ecoule-radio.Pour les Américains, ces questions ne mettent cependant pas en cause le bien fondé de la décision du capitaine Rogers.Ils se souviennent du il rame du Stark qui, pour manque de precautions, causa la mort de 57 marins américains dans le Golfe il y a un peu plus d'un an.Toutes les declarations faites depuis dimanche, que ce soit chez les démocrates ou chez les républicains, concordent pour estimer que le capitaine du Vincennes n'avait guère le choix.L'amiral Crowe avait rappelé dimanche que le premier devoir d'un commandant d'unité est la protection de ses hommes.Reste que les États-Unis vont devoir se défendre et expliquer leur erreur devant les instances internationales, que ce soit l'ONU ou l'Organisation de l'aviation civile internationale.Ils vont y être attaques a fond par l'Iran, comme i'URSS avait été attaquée au lendemain du drame île l'avion des Korean Airlines en 1985. B2 WBÊÊÊË\t[Va Presse\tSI\t\t\t Paul Desmarais president du conseil d'administration\tRoger D.Landry president et éditeur\t\t\tClaude Masson éditeur adjoint\tMarcel Desjardins directeur de l'information Jean-Guy Dubuc éditorialiste en chef Éditorial La guillotine 0 n ne doit pas utiliser la guillotine pour discipliner des enfants bruyants et surexcités.sauf au Parlement canadien.La majorité conservatrice a voté une motion pour mettre fin au débat en deuxième lecture du projet de loi sur le libre-échange avec les États-Unis.Un vote de la Chambre doit alors envoyer le projet à un comité gui l'examinera pendant plusieurs semaines.Ce procédé parlementaire, dit \u2022guillotine», qui coupe court aux débats, est souvent décrié comme un abus de pouvoir de la part de la majorité à la Chambre.La coutume veut, en effet, que les députés puissent débattre à satiété les avantages et les inconvénients d'une législation proposée sans que la majorité s'impose par la seule vertu de son grand nombre.Il faut, cependant, que le débat soit constructif et pertinent.Les interventions doivent chercher à convaincre, voire à améliorer la législation proposée.Les tactiques dilatoires qui n'éclairent pas mais qui ont pour but de noyer le débat dans un amoncellement de procédure sont aussi un abus de pouvoir, abus de la part de la minorité.Or les libéraux et les néo-démocrates n'ont jamais cache leur intention d'utiliser ces tactiques pour essayer d'empêcher le Canada de remplir ses engagements à l'égard des États-Unis.Ils veulent enliser les Communes dans des débats de procédure et leur faire perdre leur temps avec le dépôt de projets de loi privés, tout en clamant qu'avec le libre-échange, l'ennemi est à nos portes.Ils veulent paralyser le Parlement mais, en défenseurs de la démocratie, ils réclament des élections.Le devoir le plus élémentaire des parlementaires est de ne pas traiter avec mépris un projet de loi qui est l'aboutissement de longues' négociations appuyées par une majorité de Canadiens.Ils doivent se souvenir que le libre-échange n'est pas une idée improvisée par des conservateurs désoeuvrés.Elle a été proposée, après trois ans de réflexion, par la Commission royale sur l'union économique et les perspectives de développement du Canada.Cette commission a été créée par le gouvernement de M.Trudeau et avait à sa tète l'ancien ministre des Finances libéral, M.Donald Macdonald.Par la suite, les négociations avec les États-Unis ont été approuvées par les Communes et l'accord lui-même a reçu l'appui de huit provinces.Le gouvernement n'a pas agi à la légère.Les libéraux et les néo-démocrates ne doivent pas davantage agir a la légère et faire de l'obstruction puérile dans un but purement électoral.En jouant sur la corde nationaliste, l'opposition veut faire croire aux Canadiens que le libre-échange les entraînera dans l'assimilation inexorable par les États-Unis.Elle se garde bien de mentionner l'article 2106 de l'accord avec les États-Unis qui dit: «Le présent accord demeurera en vigueur sauf dénonciation par l'une des parties sur préavis de six mois â l'autre partie.» Les deputes des partis d'opposition doivent faire le travail pour lequel ils ont été élus et s'abstenir de rendre le Canada ingouvernable.Si l'un de ces partis forme le prochain gouvernement, il n'aura qu'à dénoncer l'accord et ainsi défaire en six mois l'aboutissement de six ans de réflexion et de négociation.Frédéric WACNIÈRE Question de sous Les prochaines négociations entre l'État québécois et environ 250 000 de ses employés seront affaire de gros sous.La semaine dernière, le Syndicat des fonctionnaires provinciaux du Québec (40 000 membres), un organisme indépendant, devenait le premier syndicat à déposer l'ensemble de ses demandes, tant salariales que normatives.Sans entrer dans les details de toutes ces demandes, le Conseil du trésor, qui en analyse présentement les implications, estime qu'il s'agit d'un débourse supplémentaire de près d'un demi-milliard de dollars pour le gouvernement du Québec.En pourcentage, les fonctionnaires demandent 10,3 p.cent d augmentation pour la première année d'une convention de trois ans, 5,5 p.cent pour la deuxième année et 3,5 p.cent pour la troisième.Le gouvernement québécois avait, quant à lui, déjà annonce ses couleurs, et l'ancien président du Conseil du trésor, M.Paul Gobeil, avait annoncé pour 1989 des augmentations variant entre 4 et 5 pour cent, tout dépendant de la hausse du coût de la vie.L'écart entre cette offre et les demandes des fonctionnaires est donc considérable.Mais il n'y a pas que les fonctionnaires dans la balance.À la fin de juin, les techniciennes en santé ont débrayé pour réclamer la parité avec les infirmières.L'écart entre ces deux categories de professionnelles de la santé est actuellement de 3 pour cent.Compte tenu que, bien sûr, les quelque 30 000 infirmières réclameront des augmentations substantielles, on assistera encore ici à une négociation monétaire importante.A la CSN, qui représente encore 125 000 membres dans le secteur public ou parapublic, on a fait un dépôt partiel des demandes à la veille du congé de la Saint-Jean-Baptiste.Ce depot concernait des demandes de correction des discriminations salariales dans les emplois féminins (équité salariale) pour les reseaux de la santé, services sociaux, éducation et fonction publique.Etalées sur trois ans, ces demandes sont évaluées à $427 millions par la centrale syndicale.Les autres demandes salariales de la CSN seront connues en décembre seulement.Même chose pour les demandes des quelque 70 000 enseignants représentés par la CEQ.Ce n'est que cet hiver que l'on en connaîtra le coût.Quant à la FTQ, qui représente 45 000 employés de l'État du Québec, et quant au Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (10 000 membres), ce n'est que l'an prochain qu'ils négocieront puisqu'ils ont tous deux accepté une offre de Québec de prolonger leur convention d'un an.Les prochaines négociations entre l'État et ses employes s'annoncent donc plus monétaires que philosophiques, ce qui eh un sens est réconfortant.De plus, il semble que cette fois-ci, les divers syndicats se présenteront sur le champ de bataille isoles plutôt qu'en front commun.Le mandat du nouveau responsable des négociations, le ministre Daniel Johnson, ne sera pas facile.M.Johnson, qui n'a pas laisse de marque très visible de son passage à la tête du ministère de l'Industrie et du Commerce, devra faire preuve de plus de leadership a la tête du Conseil du trésor.Espérons qu'il en sera capable.Pierre VENNAT TRIBUNE LIBRE Un monde en mutation ¦ Ion de l'appui de l'expérience française cl d'ctudcs .sociologiques, un lecteur déplorait, dans une lettre publiée dans La Presse du 25 juin sous le titre Stopper l'immigration, que la situation tend à devenir explosive dans un pays où les immigrants forment plus de 7 p.cent de la population.Bien qu'on ne puisse nier ce fait, il faudrait tout de même étudier d'un peu plus près les réalités tout aussi déplorables qui mènent à une telle degeneration.Une société, tel un être humain, est toujours en mutation.Or, si un peuple s'attache démesurément â ses traditions pour sombrer dans un conservatisme chronique, il est tout aussi responsable de cette explosion que les groupes d'immigrants qui refusent de remodeler leur culture à l'image de celle qui les a accueillis.On peut comparer ce phénomène à celui d'un corps qui rejette systématiquement un organe étranger, car l'union cellulaire, du a une imperméabilité physiologique réciproque, refuse de se l'aire.Heureusement, l'être humain, lui.a une conscience.Il s'agirait donc de faire preuve d'une plus grande souplesse.Le sectarisme peut sembler une solution attrayante â court terme, mais il reste qu'une société qui refuse toute «greffe» est condamnée à boiter sinon à s'engouffrer inconsciemment dans l'égout qu'alimente son étroit esse d'esprit.Jean-Charles MERLEAU Hull Une forme de banditisme ¦ Le dimanche 26 juin, dans son éditorial, M.|ean-Guy Dubuc a qualifié de «bandits» ceux qui avaient causé du vandalisme dans les vitrines de la rue Somerled.Sûrement, ces gestes sont inacceptables el l'Association des francophones de l'Ouest de l'île demande à ces gens d'arrêter d'agir ainsi car cela ne sert pas la cause qu'ils veulent défendre.Cependant, nous comprenons bien ces gens qui n'acceptent pas d'être traites comme des citoyens de seconde zone dans une region telle que le Québec où leurs semblables sont majoritaires.Ils se sentent «humilies», pour utiliser un mot a la mode a Ottawa.Nous, nous sommes très déçus et profondément choqués car nous, nous avons suivi le processus démocratique afin d'obtenir des changements dans certaines rues de ce même quartier et depuis un an rien n'a change.En clfet.tout est comme le 24 juin ll)87 (vous ave/, bien lu ) alors que nous avons adres- sé plusieurs plaintes concernant l'unilinguisme anglais de commerces situés sur les rues importantes du quartier Notre-Dame-de-Grâce, soit les rues Somerled, Sherbrooke et Mon-kland.Toutes ces plaintes ont été signées au mois de juin 1987 et par plus de 50 citoyens.Depuis, nous n'avons reçu aucun accusé de réception et l'unilinguisme anglais est encore bien vivant là.Cela n'a pas été assez puissant pour faire bouger les commerçants et la couche de la société qui refuse la présence réelle du français au Québec.N'est-ce pas une forme de banditisme, monsieur, qu'une société comme la nôtre laisse pourrir des situations comme celles-là?N'est-ce pas une forme de banditisme, monsieur, qu'une société accepte, dans une espèce de peur maladive de froisser quelqu'un, qu'une loi soit bousillée par ceux qui nous refusent une existence réelle au coeur français de cette Amérique?N'est-ce pas une espèce de banditisme, monsieur, que des gens subventionnés aient travaillé l'opinion publique pour nous faire croire que la majorité francophone acceptait le bilinguisme tout en laissant leurs alliés \";«er seulement l'unilinguisme anglais?(.) Jean-Guy PLANTE Dollard-des-Ormeaux Bravo! ¦ Enfin une bonne émission de variétés pour l'été.Beau et Chaud est un vrai petit bijou! Normand Brathwaite est bourré de talent; ce n'est peut-être pas un animateur de grande expérience, mais il n'a rien à envier à une Michelle Richard ou un Michel Louvain.Il possède une candeur d'enfant, il est sans prétention et n'essaie pas d'être le centre d'attraction de son «show».Les musiciens sont expérimentés et forment avec Normand un groupe «super», l'adore son choix d'invités (.) Et que dire de ses chroniqueurs! C'est tout simplement génial! |c souhaite que ca ne dure pas seulement le temps d'une rose.Bravo Normand! Ion émission est un rafraîchissement et un régal pour l'esprit ! Marie-Andrée CHARTRAND Saint-Eustache N.B.M La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite a des articles publics dans ses pages et se réscr-\\e le droit de les abréger.L'auteur doit être clair et concis, signer son texte, donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone.Adresser toute correspondance comme suit: Tribune libre, La Presse, 7, rue Saini-lacques.Montreal.II2Y IK9.Police et racisme Nous reproduisons l'allocution que Monsieur fean-Clau-de Rondou, du Service de police de Brossard, a prononcée au récent congrès annuel de l'Association des chefs de police et pompiers du Québec, à Gatineau.¦ Le racisme dans la police semble être un sujet à la mode dans le public.Mais le racisme n'est-il pas le problème d'une société: la société québécoise?Et les policiers ne sont-ils pas le reflet de cette société?l'aimerais vous entretenir de mon expérience eth-no-culturelle.Mon père a immigré au Canada.Il a débarqué du bateau avec ses parents, en provenance de Belgique, à l'âge de dix ans.Il est allé à l'école au Québec, il a travaillé au Québec, il a marié une Québécoise.Mais tout le temps qu'il a vécu, il a toujours été considéré comme un maudit «fran-ças»! Moi, j'ai marié une anglophone.On a eu deux garçons.La première langue que ces enfants-là ont parlé, c'est l'anglais.Tout jeunes, à deux ou trois ans, dans la rue, ils se faisaient battre parce que c'étaient des « maudits an-glas»! Dans ma génération, les étrangers on les a connus par la Sainte-Enfance.Une fois par année, il y avait un frère ou une soeur missionnaire qui venait réciter le le vous salue Marie en chinois, puis nous vendait des p'tits Chinois, et des p'tits nègres à coups de trente sous! Dans le quartier où j'ai été élevé, il y avait des Anglais, des français et des Italiens.Les Italiens étaient chanceux, eux autres: à l'école Notrc-Dame-de-la-Défense, on enseignait le français et l'anglais l'après-midi, à part du cathéchisme qui était donné en italien.Ça fait que.quand il y avait une bataille entre les Anglais et les Français, les Italiens, polyvalents, se mettaient du bord le plus nombreux; ils gagnaient tout le temps! Dans mon bout, il y avait le Chinois qui avait la buanderie, le Syrien qui avait l'épicerie, le Polonais qui passait la glace, legue-iiiIIon qui était |uif, le Noir qui était porteur de bagages à la gare Ican-Talon, l'Italien qui travaillait dans la construction, le Grec qui avait la «bineric», l'Anglais qui réparait les élévateurs et mon père qui travaillait pour la ville.Ma connaissance du multiculturalisme, à cette époque, se limitait aux épithètes de: chincto-que, l'ostic d'Arabe, le nègre, maudit Juif, le wop, maudit Grec, le pollock pis la tète carrée ! l'ai grandi avec ça, puis je suis devenu policier, et c'est à la police que j'ai appris à me libérer de mes préjugés.|e faisais le «beat», la patrouille à pied, sur l'avenue du Parc.L'hiver, la nuit, j'allais me réchauffer dans une boulangerie ou un |uif cuisait des «bagels».Pis on a jasé, on a commencé à se connaître.Ce gars-là, il avait un numéro tatoué sur le bras; il nie parlait de ça.Puis, des fois, il arrêtait de parler, le regard dans le vide ; il revivait son camp de con-centration et toute la misère d'un peuple pratiquement détruit par un fou qui croyait à une race supérieure.Il m'a invité à la «bar mitzva» de son fils; c'était la première fois que j'entrais dans une synagogue.J'avais été impressionné par la solennité et la tradition de la cérémonie où l'enfant devient homme.Et par la fête qui suit la cérémonie.Après ça, il y a eu mon «partner» Nick qui m'a appris à faire du vin, qui m'a amené chez lui, qui m'a invité au baptême de son fils.Là aussi, il y avait fétc.Là aussi, les gens étaient heureux.Il m'a fait connaître l'Italie; dans son pays, il y avait aussi des différences entre les gens du nord et ceux du sud.J'ai enduré ses chansons napolitaines.Il m'a fait lire la Divine Comédie de Dante.il m'a appris que dans son pays, il était normal de se rassembler sur la rue.de parler fort, de jouer aux cartes dans les cafés, de faire son vin puis de le boire dans les parcs.Qu'il était difficile pour les Italiens de comprendre qu'ici c'était pas pareil.Il m'a appris que les Italiens, c'était autre chose que la mafia.J'ai connu le Chinatown où, lors d'une noce, j'ai constaté toute l'affection et l'attention qu'on portait aux enfants.l'ai eu d'autres expériences semblables où mes préjugés sont tombés.C'est ma carrière dans la police qui m'a amené à changer mon attitude et ça continue à changer dans la police.Aujourd'hui, il n'y a pas un groupe de travailleurs, il n'y a pas une corporation professionnelle qui a fait autant d'efforts pour accueillir, connaître, comprendre et traiter sur un pied d'égalité les «autres».Avec autant de monde, d'organismes, de comités et de commissions pour s'assurer qu'on le fasse! Ce ne sont pas les policiers qui ont proscrit l'affichage dans une langue autre que celle de la majorité.Ce ne sont pas les policiers qui se sont alarmés parce que des enfants voulaient parler l'arabe à l'école quelques heures par semaine.Notre société aurait intérêt à faire un examen de conscience et à s'interroger sur la définition des termes racisme, xénophobie, jansénisme, chauvinisme, préjugé, ignorance et intolérance.Les nouveaux arrivants devraient eux aussi faire un examen de conscience et se demander s'ils font l'effort nécessaire pour s'intégrer dans notre société.Intégration, ça ne signifie pas assimilation.Ça veut dire apprendre, connaître et participer.Apprendre l'histoire du Québec, connaître les traditions, les coutumes, les lois et participer à la vie de la collectivité.Sans renoncer à sa culture, mais en évitant de vivre en ghetto.El tous ensemble, en vivant en harmonie et en recherchant la bonne entente, on contribuera à faire du Québec un endroit modèle de coexistence et à réaliser le reve de Martin Luther King où tous les enfants de Dieu, peu importe la race ou la religion, pourront se tenir par la main. j Marc Lauréndeau LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 6 JUILLET 1988 B9 -7-\u2014\u2014 LIBRE OPINION collaboration spéciale Le paradoxe chez M.Donald Johnston En annonçant lundi qu'il abandonnait la vie politique des le prochain scrutin général, le député fédéral de St-Henri-Westmount, M.Donald lohnston n'a pas soulevé une énorme surprise.Après avoir quitté le caucus libéral en janvier dernier, M.Donald lohnston exerçait ses fonctions comme libéral indépendant.On devine aisément le caractère ingrat et inconfortable d'une telle situation.jouissant d'une influence restreinte et privés du soutien de l'appareil d'un parti, les députés indépendants demeurent les personnages marginaux du système politique canadien.Leurs chances de réélection restent minimes.Depuis la signature de la Confédération, la Chambre des communes n'a accueilli qu'une petite poignée de députés indépendants et la plupart de ces personnages isolés sont loin d'avoir laissé dans l'Histoire un souvenir impérissable.Déjà le lieutenant québécois du Parti libéral du Canada, M.Raymond Garneau, avait laissé planer la menace de présenter contre M.Donald Johnston, dans sa circonscription, un candidat libéral muni du sceau d'approbation officiel du parti.De nouveaux déchirements s'annonçaient.Si M.Donald lohnston avait joui d'appuis populaires vraiment très considérables, il aurait pu songer à rééditer l'exploit de Henri Bouras-sa, le célèbre fondateur du Devoir.Notable exception dans un système qui réserve une place bien étroite aux députés indépendants, M.Henri Bourassa, après avoir démissionné comme député libéral en 1899, fut réélu sans le soutien de son parti en 1900 et parviendra, dans les années 20 et 30, à se faire réélire trois fois comme indépendant» Mais Henri Bourassa était une figure de proue du mouvement nationaliste canadien-français.M.Donald lohnston n'est pas précisément le genre d'orateur à soulever les masses.Mais sa contribution significative à la vie politique canadienne fut d'apporter une certaine fraîcheur, de l'originalité, des convictions vigoureuses et des idées claires.Contrastant avec certains collègues ministres qui tentaient de gouverner en gardant les yeux braqués sur les sondages, M.Donald lohnston était plutôt un idéologue, un personnage voué à la défense d'un système de valeurs.À l'occasion, il mettait ses talents de musicien et de pianiste, avec un brin d'humour, au service d'une politique, comme les contrôles des prix et des salaires.Brillant avocat fiscaliste (il avait fondé le bureau Heenan Blaikie, dans lequel M.Pierre Trudeau pratique maintenant le droit), M.Donald lohnston fut amené à la politique par son ami M.Pierre Trudeau, à l'occasion d'une élection partielle dans la circonscription de St-Henri-Westmount en 1978.Il devait, par la suite, assumer surtout des portefeuilles à caractère économique, comme la présidence du Conseil du Trésor et le Développement économique et de la Technologie.Pour une brève période, sous le régime de transition de M.John Turner, c'est comme ministre de la Justice qu'il demeura au cabinet.Bien qu'il n'ait guère été un communicateur électrisant, M.Donald Johnston avait réussi, lors de la course au leadership, après le départ de M.Trudeau, à se classer troisième.Au-delà de ses difficultés à passer la rampe, la qualité intellectuelle de l'homme semble avoir reçu un accueil favorable des délégués.Mais au sein de l'équipe de M.|ohn Turner, Donald Johnston manifesta assez rapidement sa dissidence: il ne souhaitait pas que son parti approuve l'accord du Lac Meech ni ne fasse obstruction à la signature d'un traité de libre-échange avec les États-Unis.Alors qu'entre |ohn Turner et Pierre Trudeau, le courant passait plutôt mal, lors de leurs rares rencontres, M.Donald Johnston restait sur la même longueur d'onde que son ami Pierre Trudeau quant à l'avenir constitutionnel du Canada.Cette vision commune n'excluait pas \u2014 et l'on s'en réjouit \u2014 une certaine distance critique.Lors de son dernier mandat, de 80 à 84, M.Pierre Trudeau se désintéressait des grandes questions économiques nationales, laissant une petite équipe de conseillers diriger le pays, aux dépens du rôle de planification qu'on devrait attendre du cabinet; M.Johnston portait ce jugement dans son livre Up the Hill, publié en 86.Selon le récit de M.Johnston dans ses mémoires politiques, les ministres apprenaient, une fois la décision prise, que le gouvernement fédéral faisait l'acquisition de Pctrofina ou avait formé une commission d'enquête sur l'économie.Aux yeux de M.lohnston, le gouvernement Trudeau, au cours de son dernier mandat, restait à court d'idées, privé de ressource-ment et tenait pour acquis que l'achat de sociétés de la Couronne, venant alourdir encore l'appareil d'État, demeurait encore, de prime abord, une bonne décision politique.Là où la pensée de M.Donald lohnston donne des signes de sclérose, c'est en matière constitutionnelle cl sur la place du Québec dans la fédération.Commentant en mars 86 pour la Gazette le livre Up the Hill de M.Johnston, M.Jacques Parizeau.professeur aux Hautes Études Commerciales et gourou fréquemment consulté, écrivait que le livre est fort intéressant et parfois même spirituel mais que l'absence du rôle du Québec (province que représentait M.Johnston) reste un trait étrange et suspect de cet ouvrage.D'autres leaders politiques de la communauté anglo-québécoise (on pense notamment à M.Richard French) ne partagent pas la vision apocalyptique de morcellement ou de déchirement du pays que M.Johnston accole à la «société distincte» avec force clichés.On commence à comprendre, au sein de certains courants d'opinion au Canada anglais qu'il est politiquement sage d'inclure le Québec dans la fédération avec la reconnaissance de sa spécificité.Jamais le Québec ne s'est montré si raisonnable, a-t-on écrit dans le Globe and Mail, efforçons-nous de le contenter.M.Donald Johnston, dont les idées économiques étaient résolument modernes, a conservé du Québec une conception figée, héritée d'une autre époque.C'est en incarnant ce paradoxe qu'il tire maintenant sa révérence.L'ex-député libéral de Westmount-Saint-Henri en compagnie de son maître à penser, Pierre Elliott Trudeau, lors d'une assemblée politique en 1978.p*»
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