Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Sciences et techniques
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (7)

Références

La presse, 1988-08-07, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Sciences et techniques LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 7 AOÛT 1988 Deux ans et demi après Challenger.JEAN-PIERRE ROCEL collnborntinn spéciale Afcncc Scicncc-Pm\\c Lorsque la navette Discovery quittera sa rampe de lancement on octobre prochain, espère-ton aux dernières nouvelles \u2014, le coeur de millions de spectateurs battra un peu fort, au souvenir de la tragédie de Challenger, le 28 janvier 1986.À l'oeil nu, cette navette spatiale ressemblera comme une soeur jumelle à Challenger.Mais les modifications conférant une plus grande sécurité au véhicule et à son équipage seront nombreuses.Et, si tout se passe comme on l'espère, la NASA saura enfin que la page est tournée sur un des moments les plus noirs de son histoire.C'est à une révision du système des navettes que l'on a procédé.Lourde bureaucratie, la NASA a pris du temps à se réformer, mais elle l'a fait en profondeur.Selon les voeux de la commission d'enquête présidentielle, on a revu toutes les procédures de lancement, on a rer la sécurité complète des passagers de la navette dans les deux premières minutes du vol, lorsque ces fusées consomment leur carburant.Car on ne peut éteindre ce feu gigantesque de poudre, une fois qu'il est allumé: à l'ère des ordinateurs et des moteurs sophistiqués, on reste prisonnier de cette particularité.À moyen terme, vers les années 95, la NASA veut se doter de fusées d'appoint à carburant liquide, mais d'ici là, les fusées à poudre continueront à créer des angoisses à chaque envolée.Pour l'instant, seules ces fusées sont capables de fournir la formidable poussée nécessaire au décollage de cet ensemble de 2000 tonnes.Il faut dire qu'on atteint une poussée totale capable de faire décoller 30 Boeing 747 chargés, ce qui n'est pas rien! Entre-temps, au niveau du calendrier des vols, c'est un peu la confusion.Déjà, plusieurs retards se sont accumulés sur le calendrier initial qui prévoyait une reprise des vols cet été.Si tout va bien, on s'attend à une première mission en octobre, avec Discovery qui emportera un satellite TDRS.Puis, on aura deux missions militaires ultra-secrètes: il faut dire que le Pentagone a profité de la crise post-Challenger pour faire valoir au président ¦ La navette Descovery devrait quitter sa rampe de lancement en octobre prochain iaserphotoap démocratisé le processus de prise de décision, on a donné du pouvoir aux astronautes, qui prennent le pas sur les administrateurs.Les astronautes au pouvoir Désormais, ce sera le vétéran astronaute Robert Crippen qui décidera en ultime ressort d'autoriser tout lancement de navette, il s'appuiera sur l'avis de 30 directeurs de vol et assure qu'il n'hésitera pas à surseoir à un lancement si un seul de ses directeurs élève des objections, au moment de prendre la décision finale.La démocratie est tellement bien revenue à la NASA que des membres du Congrès commencent à grommeler que l'agence est en passe de perdre toute son audace! Sur le système de la navette lui-même, les modifications sont nombreuses.Les fameux joints des fusées à poudre \u2014 c'est celui de la fusée droite qui avait cédé, déclenchant l'accident de Challenger \u2014, ont été revus et corrigés.On les appelle maintenant des joints I et on est certain qu'ils tiendront dans les pires conditions.On a aussi apporté 14 autres modifications majeures aux fusées à poudre, ces gros cigares qu'on voit surle côté du véhicule spatial, sur la rampe de lancement.Puis huit modifications au réservoir externe, et une soixantaine aux vaisseaux Orbitcr eux-mêmes.On a notamment amélioré les valves d'alimentation du moteur principal, on a mis des nouveaux freins pour l'atterrissage, et, bien entendu, on a renforcé la sécurité des passagers.L'angoisse de la poudre Un point doit toutefois être souligné : tant que la navette utilisera des fusées à poudre, il n'existe aucun moyen d'assu- Reagan des motifs dits de «sécurité nationale».Ensuite, on reprendra les missions civiles, avec les trois navettes à tour de rôle.Mais le rythme des envolées sera lent.Une cadence de six tirs par an, comparée aux vingt tirs projetés avant la catastrophe.Les projets de station spatiale en ont pâti sérieusement.Mais aussi, les projets proprement industriels \u2014 on a abandonné les programmes de fabrication de médicaments en apesanteur, à toutes fins pratiques \u2014 et les projets scientifiques.Les scientifiques frustrés C'est de ce côté que les pertes sont les plus grandes.De par le monde entier, les chercheurs attendaient beaucoup des missions d'exploration spatiale de la navette.Le Spacelab et les sondes planétaires sont des instruments merveilleux pour faire travailler les scientifiques sur des données nouvelles, mais leur silence a duré trop longtemps.La NASA a promis d'essayer de rattaper le temps perdu.Cependant, il reste à voir si elle sera capable de liver la marchandise, malgré les pressions de ses clients militaires et industriels.La NASA sort ébranlée de cette crise, encore incertaine sur son avenir et sur ses priorités.Cela, au moment où les Soviétiques s'apprêtent à lancer leur propre navette, et ont déjà des projets de stations spatiales très avancés.Au moment aussi où la concurrence pour lancer des satellites de télécommunication se fait vive au plan international, avec les Eropéens, les japonais et les Chinois dans la course.Sans aucun doute, le prochain vol de la navette spatiale est important, mais c'est l'ensemble de la course à l'espace qui est en train de tourner lentement et de se réaligner.La galaxie d'Andromède, une des plus facilement observables avec un télescope d'amateur.photo Université de Montreal À ne pas manquer le douze août: le grand spectacle des Perséides CAROLE TH IB AUDE AU et est vendredi, le 12 août à 23 heures que l'on pourra admirer la plus importante pluie d'étoiles de l'année.Vers 23 heures, moment où le spectacle atteindra son paroxysme, les observateurs verront à l'oeil nu près de 50 étoiles filantes à l'heure, soit environ une par minute.Les étoiles filantes ne sont pas des vraies étoiles mais plutôt des fragments de roches ou de métal qui entrent dans l'atmosphère terrestre.Leur vitesse est d'environ 40 knvh.Ils deviennent alors incandescents et laissent derrière eux une trainee de lumière nommée météore.L'objet spatial est appelé mé-téoride lorsqu'il est dans l'espace et météorite s'il parvient à traverser l'atmosphère terrestre pour s'écraser sur le sol.La plupart des étoiles filantes sont causées par des météorides pas plus gros qu'un grain de poussière.Certains, plus lumineux, peuvent atteindre la grosseur d'un pois.400 tonnes par jour On calcule qu'il y a environ Les galaxies: bien plus que ce que l'on en voit Les galaxies, ces grands disques lumineux que l'on décèle au télescope, sont beaucoup plus volumineuses qu'elles veulent bien le laisser paraître.Beaucoup de matière «non visible» entoure la partie lumineuse, ce qui augmente notablement son diamètre.Cela n'est pas sans conséquence: comme cette matière est invisible pour nous, on ne sait pas à quel endroit finit la galaxie.Pire encore, on ne peut pas calculer quelle est la densité de l'univers, c'est-à-dire combien il contient de matière par mètre cube! Cela a l'air de rien mais c'est à étudier ce problème que les astronomes modernes passent le plus clair de leur temps et de leur budjet.Il s'agit bien sûr de recherche fondamentale, mais son sait que toute recherche fondamentale finit toujours par trouver une application tôt ou tard.Grâce au Dr Claude Carignan, du département de physique à l'Université de Montréal, il semble qu'on pourra bientôt «voir» pour la première fois la frontière de la galaxie, c'est-à-dire l'endroit où il n'y a plus de matière mais plutôt le vide.On pourra ensuite calculer combien il y a de matière dans l'univers et enfin si ce dernier continuera d'être en expansion.La masse manquante La question de la masse manquante agace depuis longtemps les scientifiques: selon leurs cal- 400 tonnes de matière qui tombe sur la terre chaque jour.Il s'agit en général de très petites météorites, trop petites pour laisser un trait'de lumière ou encore un cratère sur le sol, et qui tombent sans tambour ni trompette comme un simple grain de poussière.Selon Karine Damersing, guide à l'Observatoire astronomique du Mont-Mégantic et étudiante en physique à l'Université de Montréal, les météorides qui se trouvent dans la trajectoire terrestre aux alentours du 12 août sont en réalité des débris laissés par la comète de Hallev lors de son passage en 1910.\u2022 On sait que cette comète a une trajectoire elliptique qui croise celle de la terre tous les 76 ans.Lors de son dernier passage, en 1986, la comète n'a pas laissé de traces notables.Aujourd'hui, les débris de 1910 hantent toujours la trajectoire terrestre et causent les pluies de météores annuelles.Une dizaine de pluies de météores, causées par d'autres comètes, reviennent régulièrement à chaque année, portant le nom de la région du ciel d'où on les voit surgir: quadrantides en janvier, orionides en octobre, taurides en novembre, géminides en décembre, etc.Les comètes Notre système solaire (le soleil et les planètes qui gravitent autour) est entouré, à son extrémité, par un nuage de glace situé à environ une année-lumière.On l'appelle le nuage d'Oort, du nom du Hollandais qui a proposé ce concept, qui demeure encore théorique.De temps en temps, mu par une quelconque perturbation, un morceau de cette glace se détache pour se précipiter vers le soleil: c'est une comète, un corps céleste à l'apparance flamboyante, qui est en réalité une espèce de gros banc de neige sale.Certaines comètes, contrairement à la comète de Halley, ne forment pas d'ellipses.Elles peuvent par hasard passer près de notre planète mais ne reviennent jamais croiser l'orbite terrestre.Lorsque le gros morceau de glace s'approche du soleil, il fond et laisse derrière lui des particules de roches ou de métal qui forment la queue de la comète.Sous l'effet du vent solaire, cette dernière se dirige toujours du côté opposé au soleil, un peu commme une chevelure repoussée par le vent.Le soleil dégage de l'énergie et des particules chargées d'électricité.Ces particules sont responsables des aurores boréales; en entrant dans l'atmosphère, elles s'alignent suivant la direction du champs magnétique terrestre, ce qui cause ces magnifiques rideaux de lumière.Amateurs appréciés Pour celui ou celle qui veut commencer à faire de l'astronomie amateur, l'observation des Perséides est le phénomène idéal pour débutants.Il suffit de s'allonger sur le sol par cette douce nuit d'août et.d'admirer.Les premiers pas sont très simples.Sur le cherche étoile, on essaie de reconnaître les constellations du ciel.Puis, avec une simple paire de jumelles, on regarde les cratères de la lune, les taches du soleil, quelques planètes.Enfin, on s'achète un télescope et on cherche les galaxies.Il n'y a à peu près que la galaxie d'Andromède à être visible à l'oeil nu.Scion le Guide du ciel, édité en 84 par les éditions Marcel Bro-quet, l'astronomie est une des rares sciences à laquelle un amateur sérieux peut apporter d'importantes contributions.Chaque année, des amateurs rapportent plus de 100 000 observations d'étoiles, découvrent des comètes et des su-pernovae (étoiles très vieilles en train d'exploser).Ces observations s'ajoutent à celles déjà accumulées par les professionnels et ces derniers s'en servent pour vérifier leurs calculs et leurs théories.Il y a peu de sciences où les amateurs peuvent contribuer autant à la recherche.Le Dr Claude Carignan: «On commence à mieux cerner la frontière des galaxies.photo jean coupil, U Presse culs, il est impossible que ce qu'on voit de la galaxie représente toute la matière qu'elle contient.Ils peuvent mesurer la vitesse des étoiles autour du centre de la galaxie et, selon les lois de la physique, ils s'attendent à ce que cette vitesse diminue lorsqu'on approche de la frontière.Malgré cette loi, on n'observe par la diminution .ic vitesse attendue à la frontière visible de la galaxie.Et on n'avait jusqu'ici aucune façon de percevoir la matière répartie au-delà de la partie visible.«fui découvert une galaxie naine qui contient une quantité très ténue d'hydrogène à ses extrémité, ce qui est plutôt rare, explique le chercheur.Les traces d'hydrogène nous permettent de mesurer la quantité de matière qu'il y a encore à cet endroit, et à quelle vitesse elle se déplace.Pour la première fois depuis qu'on étudie les galaxies, nous avons pu mesurer une courbe de vitesse qui allait en diminuant, ce qui permet d'évaluer où se trouve l'extrémité du disque.» Le métier d'astronome fait VOIR LES GALAXIES EN B A B2 Paul Desmarals president du conseil d'administration LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 7 AOÛT 1988 Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins, directeur de l information Alain Dubuc, éditorialiste en chef Éditorial Il faut plonger! Quel été merveilleux! Quel été catastrophique! Record de chaleur et d'humidité! Record de noyades! \u2022 Cinq noyades en un mois.\u2022 Le Québec a un taux record de noyades dans les plages et piscines publiques.\u2022 Les noyades constituent la seconde cause de mortalité chez les enfants de six ans et moins.\u2022 Il y a plus de noyades au Québec qu'en Californie, un État cinq fois plus peuplé où la baignade se pratique pendant toute l'année.\u2022 La moitié (48 p.cent) des plages et des piscines des terrains de camping étaient mal ou pas du tout surveillées l'été dernier.\u2022 Les normes et les règlements en vigueur ne semblent pas être observés de façon rigoureuse par une majorité de propriétaires d'exploitations aquatiques.Ces faits et constatations, publiés hier sous la signature d'André Noël dans un dossier sur la sécurité des piscines, font frémir.Pourtant, ce ne sont pas les législations ou réglementations qui manquent: règlements municipaux propres à chaque localité; règlements du ministère de l'Environnement sur la qualité de l'eau; règlements du ministère du Travail sur la sécurité des plages et des piscines publiques; règlements de la prévention et de la protection de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux; normes du Service national des sauveteurs.Pourquoi cette triste situation?Négligence des nageurs, des parents, des sauveteurs, des employés d'entretien?des propriétaires privés?des responsables municipaux?Des enquêtes du coroner sont prévues à la fin du mois d'août dans le cas des récentes noyades survenues à Verdun, Shawini-gan et Saint-Louis.Ce sont là des enquêtes individuelles, du cas par cas.Il faut déterminer les causes, trouver les coupables.Mais, afin d'en arriver à des conclusions plus globales et de trouver les moyens de remédier à ces terribles records québécois, il est nécessaire de tenir une enquête publique ou de confier à un groupe de travail le mandat de faire les recommandations réalistes et applicables sur les plages et dans les piscines publiques.En ce sens, le Service national des sauveteurs, qui a entraîné plus de 1 650 sauveteurs sur un total de 9 000 au Québec, a raison de réclamer officiellement la tenue d'une enquête publique sur la sécurité dans les piscines et sur les plages.Plutôt que d'entreprendre leurs travaux dans un esprit punitif, avec l'intention de blâmer, les membres de la commission ou du groupe de travail devraient s'acharner à trouver ce qui se fait de mieux au Québec, dans les localités comme sur les plages à propriété privée, afin d'étendre ces mesures à l'ensemble.En milieu de travail comme dans les activités de loisir, le Québec a franchi des pas de géant ces dernières années en termes de prévention des accidents et d'amélioration des conditions de vie.Avec détermination et imagination, il faut maintenant trouver les moyens d'éviter que les malheureux records de cet été se répètent à l'avenir et assombrissent notre qualité de vie collective.Claude masson Dukakis, ce «mou» Michael S.Dukakis, candidat du Parti démocrate à la présidence des États-Unis, est-il un mou, un velléitaire prêt à sacrifier la sécurité de son pays et enclin par faiblesse à accepter un désarmement unilatéral?C'est ce que soutient le vice-président Bush, celui-là même que la convention du Parti républicain va désigner comme son candidat aux élections présidentielles de novembre prochain.La dernière attaque de M.Bush contre son rival indique assez bien que la campagne électorale entre dans une phase décisive.M.Bush n'a pas une minute à perdre, si on doit attacher de l'importance aux sondages.Les dernières compilations donnent Dukakis très en avance sur son rival.Le démocrate domine dans presque toutes les régions du pays.Les appréhensions du camp Reagan-Bush ne peuvent qu'en devenir plus vives.M.Bush semble hésiter entre deux stratégies.Il peut plaider sa cause en se fondant sur les réalisations et succès d'une administration à laquelle son nom est attaché.Sur le plan économique notamment, l'administration Reagan est bien loin de n'avoir récolté que des échecs.Mais le dossier des huit dernières années comporte aussi des lacunes.Des lacunes comme l'impuissance de Washington à débarrasser le Panama du général Noriega.Le scandale de l'irangate n'est pas oublié; il est exploité par l'adversaire.La meilleure défense étant l'attaque, M.Bush, dans une ville du Texas qui s'appelle Corpus Christi, a donc accusé de mollesse son adversaire démocrate.Le seul fondement qu'on puisse trouver à une accusation aussi grosse est le manque évident d'enthousiasme chez M.Dukakis pour la rameuse guerre des Étoiles, si chère au coeur du président Reagan.Quant au «désarmement unilatéral*, même les travaillistes de Grande-Bretagne y renoncent.Ce n'est pas parce que Jesse Jackson est dans les coulisses du Parti démocrate qu'un président issu de ses rangs réduirait à néant le budget militaire des États-Unis.Bush essaie une recette qui a réussi à Reagan contre Jimmy Carter.Éclaboussé par les outrages infligés à l'Amérique par les fanatiques de Téhéran en 1979 (viol de l'ambassade américaine et prise d'otages), Carter était devenu à son corps défendant le symbole de l'abaissement et de l'humiliation de son pays.Ronald Reagan promit un redressement.Il tint parole.Loin de désarmer, il réarma.Sans égard pour les coûts.Il est remarquable que le combat politique reste friand d'arguments que la publicité commerciale tend de plus en plus à dédaigner et qui rassortissent a la peur.Pendant que Bush accuse son adversaire d'imbécillité (aux États-Unis surtout, seul l'imbécile veut le désarmement unilatéral) le président Reagan laisse planer des soupçons sur la santé mentale de M.Dukakis.Les médecins du candidat républicain ont dû démentir que M.Dukakis ait eu recours à des soins psychiatriques.Si l'humour avait ses droits, il faudrait plutôt se méfier des hommes politiques qui n'ont jamais vu un «psy» de leur vie.Les insinuations sur la santé mentale d'une personnalité peuvent ruiner une candidature, comme le prouva l'échec de M.Eagleton, il y a plusieurs années, candidat à la vice-présidence, il dut renoncer à la course, à la suite des indiscrétions calculées de ses adversaires.CUV CORMIER éioc/ffbvr ù'éSbWM/êr (ShéBéa^1 REPRISE, 21-8-87 DROITS RÉSERVÉS TRIBUNE LIBRE Irresponsables?Pas tous ! En réponse à M.Emile Bou-dreau («Cyclistes irresponsables.Tribune libre du 28 juillet).¦ Vous soutenez dans votre lettre que les cyclistes sont des irresponsables, des suicidaires, des matamores, et que l'attitude juste à adopter envers eux en est une de défense.Pour appuyer vos dires, vous offrez quelques exemples d'attitudes disgracieuses et, je le reconnais, dangereuses de certains cyclistes, en les qualifiant de représentants de la «race».M.Boudreau, je suis moi-même cycliste et je ne peux qu'abonder dans votre sens lorsque vous affirmez que l'attitude de nombreux adeptes de ce mode de locomotion tient carrément de l'irresponsabilité.|'ai encore en mémoire l'image de cet insouciant papa circulant à contre-courant du flot automobile avec un bébé sans casque protecteur assis confortablement sur le siège d'enfant.Cette scène m'a valu des coulées de sueurs froides dans le dos et elle est à jamais gravée dans ma mémoire.Il m'apparaît toutefois injustifié d'induire une ligne de conduite générale à partir de telles observations, reconnaissons-le, choisies, de la gent cycliste.Un échantillon juste et objectif mènerait probablement à conclure que le cycliste Bravo à votre mère! ¦ Le «Point de vue» de Gloria! Escomel, para dans La Presse du 29 juillet dernier, me parait négatif et peut décourager les jeunes couples les plus optimistes.Favoriser l'avorte-ment parce qu'il y a pénurie de garderies me semble exagéré.Le budget consacré chaque an-.née aux cliniques d'avortement permettrait d'aménager des centaines de garderies.Les députés sont venus près d'adopter l'option pro-vie (députés élus démocratiquement par les FEMMES et les nommes de notre pays et représentant la majorité du peuple).45 pour cent ont voté pro-vie et seulement 10 pour cent des parlementaires se sont prononcés en faveur de la position pro-choix.Si le contraire était arrivé, les pro-choix auraient invoqué l'argument de la majorité en démocratie, au lieu d'accuser les députés masculins d'être anti-féministes.Votre collaboratrice spéciale Glorial Escomel craint «les attaques-surprise des pro-vie».Elle a droit à ses opinions.Elle défend avec ardeur le droit des femmes à l'avortement.Respectueuse des droits de tous, elle doit certainement respecter le droit des pro-vie de s'exprimer en toute liberté, sans leur faire un procès d'intention, en les accusant de vouloir «exercer un pouvoir sur les femmes», en défendant les droits du foetus.Les pro-vie défendent les femmes en luttant contre l'avortement, car la moitié des enfants avortés sont de sexe féminin.Vous déplorez la destruction de vies humaines par les guerres et vous avez raison.Et pour être logiques, en suivant votre raisonnement, nous devons déplorer également la destruction de vies humaines pour l'avortement.Je félicite votre mère de vous avoir donné la vie, sans recourir à l'avortrement.Bravo à votre mère d'avoir été PRO-VIE dans votre cas ! En terminant, je pose une question à La Presse: «Votre journal a-t-il une collaboration spéciale «Pro-Vic», pour donner l'autre son de cloche à la suite du vote des députés à la Chambre des communes?Florlan AUBIN Ste-Émélie-de-1'Énergie moyen, loin d'être un imbécile, est de plus en plus respectueux des règlements de la circulation.Bien sûr, la mémoire offre une plus grande fidélité aux situations qui nous valent des sueurs froides et on oublie aisément les autres.11 semblerait toutefois dommage que dans votre esprit quelques pommes blettes aient su contaminer tout le boisseau de cycliste.Évitez à l'avenir de les mettre tous dans le même panier.Jean-Philippe PARENT Montréal Méthodes barbares Monsieur Auguste Mockle Président-directeur général Régie de l'assurance-maladie du Québec ¦ Le Centre de santé des femmes de Montréal s'insurge contre les méthodes abusives et barbares de votre organisme à l'égard des femmes du Québec.Il est tout à fait inadmissible que des enquêteurs se présentent au domicile de femmes ayant eu une interruption volontaire de grossesse en cabinet privé.Ces pratiques vont à rencontre de la Charte québécoise des droits de la personne stipulant que toute personne a droit à la sauvegarde de sa dignité (art.4), au respect de sa vie privée (art.5) et au secret professionnel (art.9).Ces enquêtes, en plus de dévoiler à des tierces parties (conjoint, parents) la vie privée de ces femmes, violent leur droit à la confidentialité du dossier médical et les contraignent à rendre publique une décision qui ne concerne qu'elles-mêmes! Sous des couverts honorables (éviter la surfacturation aux femmes) votre organisme entreprend une véritable chasse aux sorcières qui ostracise encore les femmes, tout en ne réglant absolument rien sur le plan de l'accessibilité et de la gratuité des services d'avortement.Une enquête menée par le Regroupement des centres de santé des femmes indique, statistiques à l'appui, que seulement deux régions sur 11 au Québec offrent une gamme complète de services d'avortement.S'il ne fallait compter que sur les ressources médicales étatiques, l'Outaouais n'aurait aucune ressource, cinq régions auraient une seule ressource d'importance et quatre autres régions ne posséderaient que deux ressources véritablement effectives.Au Centre de santé des femmes nous sommes obligées de demander, aux femmes qui le peuvent, une contribution volontaire de $100 afin d'autofinancer notre service d'avortement.En effet, ce n'est pas avec le maigre $35000 que nous recevons annuellement du ministère de la Santé et des Services sociaux ( pour l'en; semble de nos services) que nous pourrions offrir un service d'avortement de qualité.Quand on sait qu'un avorte-ment pratiqué en Centre hospitalier coûte au delà de $430 à l'État; quand on sait qu'avant le mois de juillet 1988 la Régie ne remboursait que $85pour la même intervention pratiquée en clinique privée; quand on sait qu'au Centre de santé des femmes de Montréal un seul avortement engendre des dépenses de $250 (nous en pratiquons 900 par année avec une liste d'attente dépassant deux semaines); quand on sait que les services d'avortement étatiques sont en nombre nettement insuffisant au Quebec; quand on sait tout cela, monsieur Mockle, on se préoccupe davantage d'élargir l'accessibilité aux services et de financer adéquatement les organismes sans but lucratif qui offre un.service de qualité, plutôt que d'aller intimider les femmes et de violer leur vie privée dans leur foyer.Pour toutes ces raisons, le Centre de santé des femmes vous enjoint de cesser immédiatement ces pratiques bassement policières et de rémunérer adéquatement les services d'avortement au Québec.Diane MAHONEY Coordon natrice-san té Centre de santé des femmes Si on croit aux miracles ¦ La Presse nous apprend que le bilinguisme s'installe dans les hôpitaux (78 établissements du réseau public des services de santé et services sociaux).Cela fait les manchettes, cela fait les nouvelles.Donc, du jour au lendemain, le miracle se fit! Quand j'irai au Queen Elizabeth, au Royal Victoria, au Montreal General, au St.Mary's, etc., je constaterai que le miracle de la Pentecôte s'est produit et que les francophones seront servis eh français! Mais je suis comme saint Thomas: il me faut voir pour croire.Jacqueline DUCAS Montréal Réal Pelletier * Real Pelletier, qui signe la chronique dominicale «La Presse d'ailleurs», est en vacances.Il sera de retour le mois prochain. SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 31 JUILLET 1988 La personnalité de la semaine Il a de Vambition, mais ce n'est pas un exalté, il sait qu'il y a des étapes à franchir et qu'il faut prendre son temps YVES BOISVERT « S i j avais gagné aujourd'hui, j'aurais eu un super bon tournoi, j'aurais eu la troisième place.Mais c'est pas grave.le voulais arriver dans les dix premiers, j'ai fini dixième.|c suis content.» Ainsi parle Alexandre Lesiège, 12 ans, bientôt 13, joueur d'échecs estimé et philosophe à temps partiel, digne représentant de l'école optimiste.Vous ne connaissez pas ?Permettez qu'on vous le présente.Nait à Longueuil le 18 août 1975.Enfant unique.Apprend à jouer aux échecs avec sa mère à l'âge de cinq ans.Aucune apparence d'un talent particulier pour cette discipline.Au contraire, se fait « planter » régulièrement par sa mère, qui sait pourtant à peine bouger les pièces.Troque sans tarder son jeu d'échecs pour un kimono.Devient ceinture verte de judo à l'âge de huit ans.Un an plus tard, défait sa ceinture et recommence â jouer aux échecs.11 suivra des cours à l'école.Remporte un tournoi régional au club optimiste de Longueuil.Calibre : pas terrible.Participe au championnat mondial cadet d'échecs une première fois à 11 ans, à Ins-brûck, et termine 25e sur les 50 meilleurs joueurs de 16 ans et moins qui sont réunis là-bas.Pas mal du tout, selon les experts.À l'âge de douze ans, bat son maître, [can Hébert, classé troisième au Canada.Puis fait match nul contre Igor lvanov, transfuge soviétique devenu champion canadien, qui compte parmi ses exploits une victoire contre Anatoli Karpov, ancien champion du monde.De plus en plus intéressant.Toujours à douze ans, plus précisément hier, termine dixième au championnat mondial cadet, à Timisoara, en Roumanie.Selon les experts mentionnes plus haut, c'est un exploit, compte tenu de son âge et de ce que ceux qui sont arrivés devant lui avaient 15, voire 16 ans.On le voit déjà parmi les meilleurs au monde d'ici quelques années.On le compare à Garri Kasparov, champion du monde, qui, au même âge, avait des résultats comparables.Loisirs : badminton, jeux électroniques, romans policiers, télévision, jeux de société, cinéma, mini-putt, improvisation.Films préférés : ceux de Spielberg, d'Eddy Murphy, et même Rambo.Réussit bien à l'école.Entreprend en septembre le troisième secondaire à la polyvalente Gérard-Filion.N'aime pas tellement le hasard.Aime mieux les animaux, en particulier les chiens, mais aussi les minous.Aime le macaroni à la viande de sa mère, du moins c'est ce que raconte la principale intéressée.N'aime pas les légumes verts, leur préférant nettement la patate.Ambitions : devenir champion du monde d'échecs et de badminton.Influences : Rock et Belles Oreilles, dont il possède les oeuvres complètes, qu'il connaît d'ailleurs par coeur, et qu'il récite avec enthousiasme, au grand déplaisir de sa mère.Grand amateur de calembours.Un peu baveux, selon des mauvaises langues, que l'on peut soupçonner d'avoir gardé au travers de la gorge une défaite contre un certain « ti-cul » de onze ou douze ans, qui n'avait l'air de rien, sinon d'un ti-cul de onze ou douze ans qui aime les patates et les minous.D'un ti-cul, quoi.La vie selon Alexandre, c'est pas si compliqué qu'on veut bien le dire.Pas tellement plus, en tout cas, qu'une partie d'échecs de Bobby Fischer, une de ses idoles.« Ah! oui, c'est vraiment un optimsitc », déclare son père, Michel Lesiège, qui s'intéresse aux échecs depuis que son fils est champion, mais qui avoue ne pas comprendre tous les coups.« Il a de l'ambition, mais ce n'est pas un exalté, il sait qu'il y a des A ALEXANDRE LESIEGE «Puis Alexandre a battu des joueurs moyens, puis des experts .et finalement, tout le monde y est passé.» étapes à franchir et qu'il faut prendre son temps.» Pour quelqu'un qui prend son temps, il arrive vite Vous avez dit bien « prendre son temps » ?Pour un type qui prend son temps, admettez qu'il ne traîne pas trop de la patte : Huitième au Québec, toutes catégories confondues, coté de façon conservatrice à plus de 2 200 (Spraggett et lvanov, les deux plus forts, oscillent aux alentours de 2 500), classé « maître ».Qu'est-ce que ce serait s'il ne prenait pas son temps ?Dès l'âge de 9 ans, Alexandre a commencé à fréquenter assidûment le Spécialiste des échecs, rue Sainte-Catherine, ce fameux club montréalais fondé par Serge Lacroix, un des pionniers des échecs au Québec.C'est là que se rencontrent de temps en temps les Spraggett, lvanov, Hébert, Léveilléc, Barbeau, et autres Levtchouk, en plus de la floppée d'amateurs qui viennent jouer des « blitz » en sirotant un Coke.Ils traînent là jusqu'à minuit, analysent patiemment leurs matches, et, à l'occasion, laissent dévier la conversation vers des considérations métaphysiques sur le hasard et la nécessité, sur la science et l'astrologie, sur Kasparov et Bruce Springsteen.C'est dans ce haut-lieu échi-quéen qu'Alexandre a été remarqué.« La première fois, raconte Yollande Beauvais, la propriétaire, il a joué contre Serge Beau-doin, un des employés.Serge lui a laissé une ou deux chances pour ne pas le décourager.Il est revenu.Maintenant, il ne pourrait pas le battre.» C'est là que Jean Hébert l'a remarque.Alexandre voulait suivre des cours, mais Hébert n'y croyait pas vraiment.« Il le trouvait trop jeune », dit sa mère, France Paradis.Mais Hébert a vite changé d'idée.Puis Alexandre a battu des joueurs moyens, puis des experts (2 000 et plus), et finalement « tout le monde y est passé ! », raconte Yollande Beauvais.Maintenant, Alexandre est une des petites vedettes locales et désormais, il n'y a plus de honte à avouer un défaite contre lui., Un garçon équilibré qui ne s'enfle pas la tête Au Spécialiste, on ne tarit pas d'éloges : « Ce qui est bien, c'est qu'il accepte facilement d'analyser les parties de joueurs plus faibles que lui », raconte un joueur.« Moi je le trouve très sympathique.Il s'amuse vraiment, ne se prend pas trop au sérieux.Il est spontanné, aime rigoler.» Ça en agace d'ailleurs quelques-uns, parce qu'il n'hésite pas à commenter avec une franchise toute juvénile les coups ratés de l'adversaire.Un autre amateur confie sa crainte : « Ce qui m'embête, c'est que tout le monde crie au génie et qu'on le met sur un piédestal parce qu'il n'a que douze ans.|e préférerais qu'on l'aime parce que c'est Alexandre Lesiège, et parce qu'il est bon.Je ne voudrais pas qu'on en fasse un petit animal de cirque.» Pas de danger de ce côté, dit Hébert, son entraîneur : « Bien sûr, il aura plus de pression sur les épaules, il va falloir qu'il produise plus dans les années à venir.Mais je ne suis pas inquiet pour lui, c'est un garçon très équilibré.» « |c n'aime pas qu'on parle de génie.Alexandre est doué, c'est vrai.Mais il a aussi travaillé fort » commente son père.Est-ce que les échecs l'ont changé ?« Oui, affirme sa mère.Ça l'a aidé à se concentrer, à prendre des décisions et à aller jusqu'au bout de ses idées.» Mais il aime encore le macaroni.Encore plus que du talent, de Vintelligence, même du génie, Vexcellence naît de Veffort.ALCAN Les gens d'hier Des livres sur l'Acadie, son histoire, son parler CYRILLE FELTEAU collaboration spéciale Je crois opportun de souligner ici, dès l'abord, que j'ai découvert l'Acadie et les Aca-diens sur le terrain, pour ainsi dire, en effectuant au pays d'Évangéline une sorte de « tournée de reconnaissance » qui eut lieu dans des circonstances très spéciales.C'était, il y a déjà une cinquantaine d'année, c'est-à-dire bien avant les romans d'Antoninc Maillet, les chansons d'Edith Butler et les monologues de la Sagouine.À ce moment-là, pour la plupart des Québécois, l'Acadie était une «' terra incognita ».Après toutes tes années je garde de ces rencontres, véritables retrouvailles entre cousins inconnus, un souvenir ému, ineffaçable.Depuis cette expérience unique, toute colorée d'impressions profondes, l'Acadie m'est apparue sous un nouveau visage, chaleureux, attachant, proprement inoubliable.Au début de l'été de 1939 (donc, quelques mois seulement avant le déclenchement de la guerre), en tant qu'étudiant à l'Lcole des Sciences sociales de 'l'Université Laval, je participais à un voyage en groupe qui nous mena, par monts et par vaux, .dans les principaux centres français des provinces maritimes.Pendant trois semaines, notre « caravane », forte de 90 personnes, fut reçue à bras ouverts par la population de dizaines de villages de pêcheurs disséminés le long des côtes de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick et de l'île-du-Prince-Édouard.Pour tout résumer, ce fut un émouvant périple, dans un très beau pays, au milieu d'une parenté jusque-là inconnue.Porté naturellement vers la bonne chère, je me souviens en particulier des plantureuses \u2014 et délicieuses \u2014 agapes qui nous furent offertes presque quotidiennement, tout le long de notre chemin, agapes où dominaient le homard et les fruits de mer tout frais péchés et apprêtes à la mode aca-dienne.Dans de telles circonstances, on ne pouvait que fraterniser.Un jour, à Chéticamp, au Cap-Breton, j'entrai, avec quelques compagnons de voyage dans un magasin général de ce curieux village acadien tout en longueur, qui s'étire sur plus de quatre milles.Une conversation animée ne tarda pas à s'engager avec les gens du cru, visiblement intéressés, intrigués même, par nos allures de jeunes « étrangers » venus du lointain Québec.Mais après quelques minutes, nous dûmes couper court à d'intéressants échanges, car nous étions attendus quelque part par les gens du voyage.Nos interlocuteurs d'occasion semblèrent regretter vivement de nous voir partir si vite.Spontanément, l'un d'eux nous dit ces quelques mots, modules avec le plus pur accent acadien: «Restez donc encore un peu, on va bagoulcr.» Bagouler.Cette expression, que j'entendais pour la première fois, m'est restée dans la tête depuis ce temps-là.le l'ai retrouvée avec plaisir, telle quelle, dans le captivant Glossaire du vieux parler acadien d'Ephrem Boudrcau, un authentique fils de l'Acadie originaire de Rivière-Bourgeois, au Cap-Breton.En québécois, bagouler équivaut à bavarder, ba-vasser, et peut-être autre placot-tcr.En acadien, un bagouleux est un homme qui parle beaucoup.À l'origine, on retrouve bagou (ou bagout), vocables du vieux français pour exprimer une loquacité exagérée.L'ouvrage de M.Boudrcau, rempli de mots et d'expressions recueillis dans son village natal, fourmille d'aperçus sur l'authenticité et le pittoresque d'une langue dont les usagers ont échappe à toute influence extérieure pendant des générations.Dans la préface de son livre, l'auteur prend soin de rappeler que « le parler acadien n 'est pas un patois.Il est ce qui a été le plus beau parler de France au XVIIe siècle, celui de la Tourai-ne, du Berri, de l'Aunis, de l'Anjou, celui de la cour du roi Henri IV.Soustrait à l'influence de l'Académie française, ce parler est empreint d'une douceur et d'une logique que le parler moderne a fait disparaître ».Dommage.Comme dit M.Boudrcau, « c'est la rançon du progrès ».On connaît, en gros, l'histoire tragique de l'Acadie et des Aca-diens : la conquête de leur territoire par l'Angleterre en 1710 \u2014 soit un demi-siècle avant celle du Québec \u2014 et le Grand Dérangement en 1755 qui exila ce petit peuple à des milliers de lieues de sa terre natale.Dans L'Acadie des origines, (1603-1771).Leopold Lanctôt, o.m.i., ne prétend par écrire une histoire politique de l'Acadie : c'est plutôt, à ses yeux, « une tentative de raconter la vie de ses ancêtres en les replaçant dans le cadre historique où ils ont vécu ».Il s'attarde surtout à décrire leur mode de vie.'leurs joies et leurs souffrances communes.Cette oeuvre d'amour filial amorcée par une motivation généalogique apparaît donc comme une sorte d'histoire intime de l'Acadie et des Acadiens.A ce titre, elle est susceptible d'intéresser non seulement les Acadiens, mais également tes Québécois.Le troisième livre sur l'Acadie est un classique du genre, paru il y a 140 ans en anglais : c'est le fameux poème épique « Evangeline, un conte d'Acadic », de Henry Wadsworth Longfellow, présente dans une traduction libre de Pamphile Lcmay, illustré de tableaux de Claude Picard, auxquels s'ajoutent des préfaces d'Edouard Richard et de Paul Morin pour des éditions antérieures.L Acadie des origines (160Î-1771) \u2014 Par Leopold Lanctot, o.m.i.Editions du fleuve.Collection Acadie, 236 pages Glossaire du vieux parier acadien \u2014 Par Ephrom Boudrcau Mots et expressions recueillis a Rivière-Bourgeois.Editions du fleuve.Collection Acadie.247 pages.Êvmgélkte \u2022 Conte d'Acadle \u2014 Par Henry Wadsworth Longfellow.Traduction libre de Pamphile Lemay.Editions de l'Alternative.125 pages./.y .m__ Viola Léger, interprète de La Sagouine de l'écrivaine acadienne Antonine Maillet B 4 \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 7 AOUT 1988 LES GALAXIES SUITE DE LA PACE B 1 voyager beaucoup.Les télescopes de grande puissance sont rares de par le monde et de plus, on ne peut pas observer les mêmes objets célestes dans l'hémisphère austral que dans l'hémisphère boréal.L'unique télescope que nous possédons au Québec, celui de l'Observatoire Mont-Mégantic, est très limité pour l'observation des étoiles.Il n'a qu'environ 1,6 mètre de diamètre, alors que les télescopes plus avancés ont trois à quatre mètres de diamètre.M.Carignan se rend régulièrement à Hawai, où se trouve le télescope franco-canadien de 3,6 mètres de diamètre, à l'Observatoire interaméricain de Ccrroto-lolo au Chili, en Australie, et enfin au Nouveau-Mexique, où se trouve un des radio-télescopes les plus élaborés au monde.Ce dernier appareil ne ressemble plus en rien au télescope optique.Il est constitué d'une série d'antennes paraboliques agencée de façon à agir comme une antenne encore plus grande qui capte Le radio-télescope du Nouveau-Mexique: un agencement étudié de 27 antennes paraboliques, comme autant d'oreilles tournées VerS le COSmOS.PHOTO Université de Montreal les ondes radio de très basse fréquence.Les VLA «Les galaxies lointaines ne nous envoient pas uniquement de la lumière mais aussi des ondes qui n'appartiennent pas au spectre visible, explique le Dr Carignan.Pour percevoir ces longueurs d'ondes, il faut un VLA (very large area), comme il y en a un au Nouveau-Mexique ou encore à Westerbork, en Hollande.Le VLA du Nouveau-Mexique est formé de 27 antennes paraboliques disposées en Y.avec neuf antennes pour chaque branche du Y.Les antennes sont installées sur des rails et on peut les distancer à volonté, le long des 21 kilomètres de chaque bras.Après huit heures d'exposition, la terre a effectué le tiers de sa rotation quotidienne, mais les trois bras peuvent cumuler les données d'une rotation complète.En compilant ces données et en les analysant par ordinateur, après huit heures d'écoute, on arrive à une acuité aussi grande que si on avait une antenne dont le diamètre équivaut à la distance entre deux antennes aux extrémités.Comme on le voit, les astronomes modernes ne ressemblent plus guère à Copernic ou à Galilée, l'oeil fixé à la lunette d'observation.«De nos jours, il faut toujours corroborer nos observations par des modèles mathématiques, soutient Claude Carignan.On garde un oeil sur le télescope, une oreille sur le radio-télescope et une main sur l'ordinateur!» Univers fermé ou ouvert?Le Dr Claude Carignan affirme avoir «sa petite idée» sur la méthode avec laquelle il trouvera d'autres galaxies dont on peut observer la frontière.«Une fois qu'on aura déterminé combien il y a de matière dans les galaxie et comment elle est distribuée, on se posera la question de savoir de quoi est composée cette matière», avancc-t-il.Mais, chose plus intéressante si possible, on pourra aussi calculer la densité de l'univers.On sait que l'univers est en expansion, selon la théorie du Big-Bang.Cette théorie fait maintenant l'unanimité chez les physiciens: il y a dix à quinze milliards d'années, toute la matière de notre univers était contenue dans un point; ce dernier a éclaté et, depuis ce temps, les morceaux s'éloignent dans toutes les directions, ce qui fait que les galaxies s'éloignent continuellement les unes des autres, «comme les raisins dans un pudding qui gonfle en cuisant», l'a si bien imagé Hubert Reeves.«En-deça d'une certaine densité, les lois de la physique nous disent que l'univers va continuellement aller en s'étendant, affirme le Dr Carignan.On parle alors d'un univers ouvert.Par contres, au-delà d'une certaine densité, on peut affirmer qu'il va un jour cesser de se dilater pour se mettre à se contracter! Ce serait tout de même intéressant de savoir si notre univers est ouvert ou fermé! Dans quelques années, nous aurons la réponse.» Médecine Quoi dire à un ami atteint d'une maladie en phase terminale?W.GIFFORD-JONES collaboration spéciale Combien de fois vous étes-vous retrouvé dans cette insupportable situation?Un proche parent est atteint d'une maladie en phase terminale.Ou un bon ami se meurt d'un cancer.Vous entrez dans la chambre de l'hôpital et ne savez pas quoi dire.La plupart des gens s'embourbent affreusement lorsqu'ils se retrouvent dans une telle situation.Mais il est possible d'éviter de tomber dans quelques-uns des pièges qui causent de l'angoisse autant au malade qu'à son parent ou ami bien portant.Le Dr Robert Buckman, un cancérologue de l'université de Toronto, a écrit sur la question un livre intitulé «le ne sais pas quoi dire» (I don't know what to say).II y souligne que la premiere chose à faire est d'établir une ambiance et une organisation spatiale adéquates pour pouvoir communiquer avec le malade.Ne regardez pas votre montre aussitôt que vous entrez dans la pièce où se trouve le malade.Plutôt, enlevez votre manteau et tirez vous une chaise.Montrez que vous êtes la pour y passer un bon moment.La distance physique entre vous et le malade est également importante.Ne vous asseyez pas à l'autre bout de la pièce: cela ne favorise pas un contact intime.Mais il n'est pas conseillé non plus de s'assoir trop près: le malade peut se sentir envahi et piégé.La distance la plus confortable est d'environ un mètre.Gardez vos yeux au même niveau que la personne à qui vous parlez.Et regardez le malade droit dans les yeux lorsqu'il ou elle vous parle.Écoutez et, surtout, montrez que vous écoutez.Cela n'est pas possible si vous êtes absorbé par la préparation de votre prochaine réplique.Car alors vous présumez de ce qui va être dit au lieu d'écouter.Et n'interrompez pas votre interlocuteur.Encouragez le plutôt en disant: «Dis-moi en plus».Mais il y a aussi des moments où il ne faut pas forcer la conversation.Les personnes malades, troublées, lorsqu'elles se taisent, peuvent être en train de penser à quelque chose de particulièrement douloureux.Alors attendez patiemment même si les silences peuvent alors paraître durer une éternité.La prochaine phrase pourrait concerner la chose dont le malade veut véritablement parler.Il y a des moments où le silence est préférable aux mots.Ainsi que le dit le Dr Buckman, «ne pas savoir quoi dire, c'est peut-être, parfois, qu'il n'y a rien à dire».C'est le moment où, en prenant la main du malade, ou en le serrant dans nos bras, on peut dire beaucoup plus qu'avec des mots.Quoi dire lorsque le malade dit: «|'ai terriblement peur et tu ne m'aides pas».Le professeur Buckman affirme que la réaction la plus fréquente à ce genre de remarques est de dire «|e fais de mon mieux» ou «Arrêtes de me critiquer».Mais de telles réponses ne font qu'attiser la colère.Rappelez-vous que celle-ci ne vous vise pas personnellement.La meilleure approche est de dire: «À quel point te sens-tu mal?».Ou: «Tu n'as vraiment pas l'air bien.» Cela favorise la discussion et incite le malade à dire vraiment les choses qui le préoccupent.Le gendarme de Montmorency, au moment de se voir infliger une blessure mortelle, en 1567.a dit: «le n'ai pas vécu pendant 80 ans sans apprendre comment mourir pendant un quart d'heure».La plupart des gens ne sont pas aussi endurcis, et peuvent vous poser des questions très directes, auxquelles vous devrez répondre correctement.Par exemple, un proche peut vous demander: «Je vais aller mieux, n'est-ce pas?».La réaction habituelle est de dire: «Mais oui, bien sur».Mais n'oubliez pas que vous risquez alors de perdre votre crédibilité lorsque l'état du malade s'aggravera, et ce dont le mourant a le plus besoin, c'est de la confiance de quelqu'un.Il vaut mieux répondre: «Qu'est-ce que le médecin t'a dit?» Ou alors, simplement, «j'espère».Cela laisse planer un peu d'ambiguïté sur l'avenir, tout en indiquant que vous sera là quand cela deviendra difficile.Essayez surtout d'éviter un scénario très fréquent.Nous avons tous tendance à entourer le patient soudainement confronté à sa maladie.Mais lorsque l'état du malade se détériore, beaucoup d'entre nous disparaissent dans la brume.Nous ne devrions jamais abandonner un proche dans les derniers jours de sa maladie.Il n'existe aucune formule magique qui convienne à toutes les situations.La communication, toutefois, que ce soit par la parole, par le silence ou par le contact physique, demeure la meilleure façon de réconforter quelqu'un de malade, effrayé et seul.Mais gardez à l'esprit que la plupart d'entre nous ne sommes pas des acteurs professionnels.Alors n'essayez pas de tromper les mourants.Ils sont mieux servis par la gentillesse et l'honnêteté.La meilleure thérapie pour eux est de savoir qu'ils peuvent compter sur un ami sincère qui a appris à écouter, à parler au bon moment, et lorsqu'il n'y a plus rien à dire, à simplement tenir la main.Le Canada en état de « choc acide » MARTINE JACOT Agence France Presse B À l'heure où les Montréalais contemplent leurs tulipes en fleur, les Québécois du Nord regardent fondre les neiges de l'hiver.Avec angoisse.Les jolis cristaux qui scintillent de leurs derniers éclats sous le soleil printanier ont un arrière-goût de poison.Tous les cléments polluants figés dans les flocons qui se sont accumulés pendant le long hiver canadien atteignent en l'espace de quelques jours le sol, les racines des arbres, les ruisseaux, les lacs et les rivières.La nature reçoit ainsi d'un seul coup le quart des dépôts acides (acides sulfurique et nitrique notamment) qu'elle absorbe en un an.Un véritable «choc acide», selon l'expression des scientifiques, qui fait de plus en plus de victimes.Quand la terre a épuisé toutes ses armes pour l'absorber, les arbres meurent à petit feu.Cette «surdose» printanière constitue aussi la menace la plus grave pour les écosystèmes aquatiques.Multiplié parfois par cent par rapport à son niveau normal, le taux d'acidité des eaux (comparable à celui du jus de tomate) tue les alevins des frayères.Toute la survie d'un lac se joue souvent en quelques jours.Depuis cinq ans, les chercheurs du ministère canadien de l'Environnement, de l'Institut national de recherche scientifique, des universités Laval de Québec et Mac Gill de Montréal, envahissent littéralement les abords du petit lac Laflamme situé à une centaine de km au nord de la ville de Québec.Armés de leurs instruments de mesure, ils étudient de plus en plus précisément la fonte des neiges et les dégâts qu'elle cause autour et dans le petit lac encore gelé.Des enjeux économiques considérables Le phénomène n'est pas nouveau mais, plus il se perpétue, plus les dangers s'aggravent et s'étendent d'une région à l'autre.En quelques années, les pluies acides sont devenues pour les Canadiens un sujet de préoccupation aussi important que le chômage.11 faut dire que les enjeux économiques sont considérables.La pollution menace en effet deux des principales ressources naturelles du Canada: les forêts et les eaux.L'exploitation forestière et la transformation du bois constituent la plus importante industrie du Canada (chiffre d'affaires d'environ 15 milliards de dollars can par année).Or, la pollution s'est déjà attaquée à la plus vulnérable des espèces d'arbres: l'érable, dont la feuille sert d'emblème au Canada et orne son drapeau.La sève de cet arbre, qui pousse surtout dans l'Est du pays, est en partie récupérée au printemps pour produire le célèbre sirop d'érable, une industrie qui rapporte environ 40 millions de dollars par année.Depuis 1978, près de deux millions d'érables ont dû être abattus et les experts estiment qu'actuellement, 45 pour cent des érablières sont défoliées à un niveau variant entre 11 et 25 pour cent.Un érable qui a perdu le quart de ses feuilles est irrémédiablement condamné.La situation n'est guère plus brillante pour les lacs canadiens: 14000 d'entre eux ont déjà été détruits et 150000 autres sont en voie de l'être, selon le ministère canadien de l'Environnement.Le grave problème de la pollution Les pluies acides menacent aussi l'agriculture.Les terres les plus sensibles à la pollution se retrouvent aussi dans l'Est du pays (Québec, Terre-Neuve, Nouvelle-Ecosse) et les trois-quarts d'entre elles reçoivent des dépôts acides en quantité «inacceptable», aux yeux des experts (plus de 20 kg d'anhydribe sulfureux par hectare et par année).Le gouvernement canadien ne rate jamais une occasion d'évoquer ces données préoccupantes, tout en soulignant que la moitié des précipitations acides reçues au Canada proviennent des Etats-Unis et de leurs principaux pollueurs, les quelque 2000 centrales thermiques au charbon du Middle-West.Les pouvoirs publics canadiens estiment avoir fait plus que leur part pour régler ce grave problème.Les sept provinces de l'Est et du Centre se sont entendues en 1985 pour réduire de moitié d'ici à 1994 les émissions polluantes de leurs industries.Le Canada a aussi adopté des mesures sévères dans le domaine de la pollution automobile en obligeant les constructeurs à prévoir des dispositifs de plus en plus efficaces.Les émissions d'oxyde d'azote ont ainsi diminué de plus de 60 pour cent au cours des deux dernières années et l'essence au plomb aura complètement disparu en décembre 1992.Il s'agit, selon les autorités canadiennes, du programme «le plus rigoureux du monde», qui restera toutefois insuffisant tant que les États-Unis continueront de polluer le Canada au même rythme.Depuis quatre ans, le gouvernement de M.Brian Mul-roney tire la sonnette d'alarme et presse le président Ronald Reagan d'agir au plus vite.En vain.L'administration américaine est opposée à toute réglementation stricte et à tout calendrier de réduction progressive des émissions, dont les industriels ne veulent pas non plus entendre parler.Washington s'est contenté de promettre des crédits (toujours pas débloqués) pour la recherche, tout en émettant de sérieux doutes sur l'impact réel des pluies acides sur l'environnement.De fait, s'il est facile pour les scientifiques de relier la mort lente des lacs aux précipitations acides, il est toutefois plus difficile de déterminer précisément leur part de responsabilité, parmi celle des autres polluants atmosphériques, dans le dépérissement des forêts.L'équipe du professeur Bernard Bernier de l'université Laval a toutefois récemment réussi à établir un lien indirect, en étudiant le cas de certains érables, dont la coloration de feuilles devenues pourpres en mai montrait qu'ils manquaient de phosphore.Cet élément nutritif se trouvait pourtant encore dans le sol mais les racines des arbres ne pouvaient plus l'absorber: les pluies acides avaient modifié les complexes d'échanges chimiques de telle sorte que le phosphore se trouvait fixé dans le sol.Reste à savoir si le même phénomène pourrait jouer pour les autres éléments nutritifs de 1 arbre, qui périrait ainsi faute de pouvoir s'alimenter adéquatement.« Va-t-on attendre la mort de tous les arbres avant d'agir, sous prétexte que les preuves scientifiques ne sont pas assez claires et limpides?» demande le ministre canadien de l'Environnement, M.Tom Mac Millan, au paroxysme de la colère devant les «faux arguments» de ses collègues américains. LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 7 AOUT 1988 B5 Sclérose en plaques: un collaborateur du Dr Le Gac es 10 000 malades fondent beaucoup d'espoir sur une méthode qui a obtenu certains résultats Cl vlIC Preste Canadienne QUÉBEC ¦ Environ 250 personnes, dont plusieurs atteintes de sclérose en plaques, sont allées entendre le docteur Icnn-Baptistc |adin, hier, dans une école de Charlcsbourg.Pour ces gens, le traitement proposé par le médecin venu de Belgique représente l'espoir de guérir d'une maladie réputée incurable.Cet espoir vient tout juste de naître pour les 10 000 personnes atteintes de sclérose en plaques.L'existence du traitement mis au point par le Dr Paul Le Gac, fut portée à leur connaissance en janvier dernier, lors d'une émission d'information diffusée par Radio-Canada.'Le Dr Jadin est un collaborateur de longue date du Dr Le Gac.Des gens étaient partis d'aussi loin que la Gaspésie pour venir entendre le Dr Jadin.Plusieurs se déplaçaient en chaise roulante.Par une chaleur écrasante, ils sont demeurés entassés pendant ETES-VOUS OBSERVATEUR ?RÉPONSES 1) Pointe du pied droit ds l'homme.?i Tuyau non Indique dans la main droite.31 largeur du pneu arrière du camion.41 Rouleau balayeur plus large.5) Dossier plus court dans la cabine.61 Benne Incomplete à gauche du tuyau.71 Poignée arrière de la benne plus longue.81 Arbre de gauche plus long a la base.Pour éviter les ulcères ANDRÉ TRUDELLE ¦ On rapporte que le réputé Ely Culbcrton quittait la table quand il écopait du rôle de mort pour s'éviter des ulcères d'estomac.Au duplicata, nombreux sont les morts qui aimeraient bien imiter Culbertson quand leur partenaire emprunte une mauvaise ligne de jeu.Donneur: Nord Vulnérabilité: tous Nord ?K 9 5 4
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.