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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Sciences et techniques
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1988-09-18, Collections de BAnQ.

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[" \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 1988 Lutte contre le sida : le prix à payer JEAN-PIERRE ROCEL collaboration .spéciale Atfencc Scicncc-Pressc u'est-ce qui peut bien pousser un club sélect de chercheurs, habitués aux salons feutrés et peu enclins aux déclarations bruyantes, à publier un rapport sur une question aussi brûlante que le sida?Et pourquoi publier non seulement une étude destinée aux milieux de la santé, mais aussi une version destinée au grand public?Il y a quatre mois en effet, la Société Royale du Canada rendait public un rapport dont le litre en français est Le sida: état de la question au pays, rapport qui est en ce moment largement distribué dans les milieux de la santé.Cette semaine, le journaliste David Spurgeon pubiie.sous ies auspices de la Société Royale, un livre intitulé Understanding Aids.Il espère d'ailleurs trouver bientôt un éditeur pour une traduction en français.M.Spurgeon entame une tournée de promotion et sera à Montréal mardi.La vénérable Royal Society of Canada, fondée il y a quelque I50 ans sur le modèle londonien d'un club sélect de chercheurs, ne nous avait pas habitués à un tel dynamisme.Mais selon son directeur à Ottawa, M.Michael Dence, il était temps de dépoussiérer les meubles et de donner une nouvelle impulsion à l'organisme: «C'est ainsi que de nouveaux projets ont été conçus, dont celui d'un diagnostic sur le sida, dans une perspective canadienne.» Depuis quelques années, la Société a aussi ouvert ses portes et accueilli notamment des francophones du Québec.Sur un total de l 100 membres, M.Dence déclare qu'il y a actuellement environ 15 p.cent de francophones du Québec.«C'est un bon début, mais il y a encore du rattrapage à faire.» commente pour sa part Guy Arbour, directeur de i l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS).Pleins feux sur une cible mouvante Toujours est-il que sur une question aussi importante que le sida, l'effort de la Société risque d'être bien perçu par le milieu.Le rapport est une synthèse très factuelle des connaissances actuellement accumulées sur le virus et une mise en perspective de son impact sur la société canadienne.D'une certaine façon, le rapport est rassurant: on y apprend que le nombre actuel de malades atteints du sida, soit I 765 au debut de juin dernier, ainsi que le nombre de personnes infectées par le virus (mais pour lesquelles la maladie n'était pas encore déclarée), soit environ 30000 personnes, sont inférieurs aux projections faites il y a deux ans.Il en va de même pour les projections futures.En utilisant deux modèles différents, les epidemiologists de la Société Royale arrivent à une estimation d'un total cumulatif entre 6000 et II 000 cas de sida en 1992.ce qui est de 50 p.cent inférieur aux prévisions d'il y a deux ans.Les éminents membres du comité d'orientation île la Société \u2014 pour le Québec, on relève notamment les noms des docteurs Michel Chrétien.Richard Morissette et David Roy \u2014 ont fait un travail de synthèse remarquable sur le plan de l'information scientifique.Le rapport est très factuel, sans être trop technique ou détaillé, et le comité lui donne une crédibilité scientifique maximale.Le livre de David Spurgeon, quant à lui.s'appuie principa- lement sur le rapport et sur ses 19 documents annexes.Le ton est aussi très factuel, les faits sont exposés clairement dans un langage accessible.Mais le journaliste a enrichi son étude par une discussion des résultats des plus récentes conférences internationales sur le sida, qui se sont tenues à Londres et â Stockholm (rappelons au passage que la prochaine aura lieu à Montréal en mai prochain).Il ouvre aussi la perspective sur le débat social, particulièrement sur l'éducation.«C'est la seule arme dont nous disposons, tant que la science n'a pas trouvé un remède à la maladie» plaide-t-il.I La facture sera élevée Un des aspects les plus neufs à la fois du rapport de la Société Royale et du livre de Spurgeon est la discussion sur les coûts du sida, dans une perspective canadienne.Bien que la chose soit passée relativement inaperçue, c'est la première fois que de tels coûts étaient estimés.Ht quoique les auteurs soient très prudents dans leurs exercices mathématiques, certains calculs sont révélateurs.Ainsi, il est estimé qu'en 1987 le total des coûts directs de la lutte au sida était de 129 millions de dollars.Quant aux coûts indirects \u2014 ce que le pays a perdu en productivité \u2014, ils sont estimés entre 150 et 350 millions de dollars.En prenant la fourchette la plus large, on aboutit à un coût total proche d'un demi-milliard de dollars pour l'année.En mettant ces chiffres en perspective, David Spurgeon remarque que cette somme «aurait assuré la formation de 5000 à 6000 médecins.Ou, si on le regarde sous un autre angle, le gouvernement fédéral a promis de dépenser, en mai 1986, quelque 59 millions de dollars pour la prévention et le traitement dans les cinq années à venir.Ce que cela a coûté en fait au Canada au cours de l'année suivante seulement, c'est 12 foisce montant.» Il est clair que la facture ne peut que monter dans les années à venir.Pour David Spurgeon, donc, ces chiffres montrent, tout autant que le drame des victimes, l'urgence d'investir dans la prévention dès maintenant.Il préconise notamment de solides programmes d'éducation, adaptés aux différents publics, qui perçoivent le risque différemment: une éducation «à la carte» et non «tout azimut».Spurgeon plaide aussi pour une augmentation des fonds de recherche.Il note que s'il y a 14 organismes subvention-naires qui ont versé des fonds en 1986 et 1987, le total des fonds a en fait diminué entre ces deux années, passant de 4.63 à 4,22 millions de dollars (incidemment, les provinces n'ont contribué que pour neuf pour cent de ce total).Face à cette situation, d'ailleurs, la Société Royale préconise la création immédiate d'un organisme fédéral de recherche voué uniquement au sida, et estime le niveau souhaitable de dépenses de recherches à 35 millions de dollars par année.En particulier, la Société Royale recommande que soient menées des études épi-démiologiques, à partir des lests anonymes et approuvés par des comités d'éthique.Avec fermeté, la Société rejette d'ailleurs toute proposition de tests obligatoires pour les patients hospitalisés, les immigrants, ou tout autre groupe.Selon l'organisme, il faudrait aussi entreprendre des études sur les comportements sexuels des Canadiens et sur leurs attitudes face au sida et aux autres maladies transmises sexuellement.« Il n'y aura pas de solution rapide.Nous devons comprendre que nous venons d'entrer dans l'ère du sida; il faut planifier la lutte contre ce virus», conclut pour sa part.David Spurgeon.Le Dr Kevin Ogilvie: à partir de réactions chimiques, il a fabriqué l'ARN-t, une molécule presque.intelligente.PHOTOS JEAN C0UPII L'ARN: une étincelle de vie issue d'un labo de chimie \u2022 CAROLE THIBAUDEAU Choisissez soigneusement un sucre et un nucleotide, ce constituant de base de nos gènes.Soudez-les ensemble et attachez-les à un autre nucleotide, sélectionné pour être le second d'une longue chaîne.Agitez bien.Répétez l'opération 75 fois à partir de la molécule précédemment obtenue.Vous aurez produit artificiellement une étincelle de vie! Voilà le tour de force que vient de réussir le Dr Kevin Ogilvie â l'Université McGill: reconstituer chimiquement une molécule d'ARN*-t.celle-là même qui rassemble des matériaux épars dans une cellule pour en faire des protéines.Autrement dit, à partir de composés chimiques, le Dr Ogil-vy a fabriqué une portion d'être vivant! Cette première mondiale représente un tournant majeur dans l'histoire des manipulations génétiques.Fruit de 20 années de recherche, elle rappelle l'exploit du chimiste et prix Nobel Har Go-bind Khorana, qui, en 1966, avait ébranlé le monde de la biochimie en synthétisant le premier un gène, au Massachussett Institute of Technology.On sait que les gènes, faits d'ADN (acide désoxyribonucléi-que), sont comme les plans d'architecture de la cellule.C'est déjà magnifique de pouvoir reproduire ces plans.Mais le Dr Ogilvy est allé plus loin en reproduisant le constructeur lui-même, c'est-à-dire TARN (acide ribonu-cléique), qui est la protéine active.L'ARN-t, ou ARN de transfert, construit la cellule à partir des plans.Elle est à l'origine du processus de vie.Cette molécule fonctionne comme si elle était intelligente.Elle choisit des acides aminés et les transporte jusqu'aux rihoso-mes, sortes d'établis cellulaires où les acides aminés sont assemblés en protéines.Comme l'ADN.l'ARN a cette belle forme de double hélice, mise à jour par les biochimistes Watson et Crick dans les années 50.« La recherche possède maintenant un nouvel outil, inestimable dans l'étude du fonctionnement naturel de la cellule», affirme le Dr Ogilvie.Un projet de 20 ans Vers le milieu des années 60, le jeune biochimiste Kevin Ogilvie commence à s'intéresser à la chimie de l'ADN et de l'ARN.En discutant avec le Dr R.Robert Letsigner, son professeur à la Northwestern University (Illinois), il apprend que ces molécules, à la base de toute vie, ne peuvent être synthétisées chimiquement.«Pour mieux comprendre le fondement moléculaire de la vie.il est nécessaire de disposer de fragments d'ADN et.d'ARN synthétiques», soutient pourtant le chercheur.Il était évident pour les biochimistes que la molécule d'ARN serait plus difficile à synthétiser que la molécule d'ADN.Le Dr Ogilvie explique pourquoi la nature a fait cette molécule si instable et si réactive: «11 est nécessaire que les plans de la cellule, faits d'ADN, aient une structure stable.Par contre, il ,est fascinant de constater comment l'instabilité de la molécule d'ARN est inhérente à son rôle de maître d'oeuvre dans la cellule.Elle reconnaît et assemble différents matériaux, ce qui lui demande une grande flexibilité.Elle porte sur ses bases (les nucleotides sont tous constitués d'une base, d'un sucre et d'un acide phosphorique) des groupements -OH (un atome d'oxygène plus un atome d'hydrogène) qui la rendent très réactive.» Semblable à ces insectes qui ne piquent qu'une fois et qui meurent ensuite, la molécule d'ARN ne sert qu'une fois, après quoi elle se désagrège en ses constituantes de base, les nucleotides.Ces derniers renouvellent ainsi un pool de matériaux dans lequel la cellule puise indéfiniment pour refaire d'autres molécules d'ARN.La grande réactivilé de l'ARN cause des problèmes majeurs aux chimistes qui veulent la synthétiser.C'est pourquoi les Dr Letsigner et Ogilvie s'appliquent d'abord à mettre au point la célèbre méthode Triester (1966).utilisée maintenant mondialement pour fabriquer de l'ADN.Dans cette course à l'ADN, ils sont dépassés par le Dr Khorana cité plus haut.Mais c'est la molécule d'ARN qui intéresse spécialement le Dr Ogilvie, non seulement parce qu'elle est plus compliquée à synthétiser mais aussi parce qu'elle joue un rôle clé, un rôle d'intelligence dans l'activité cellulaire.«Il était donc d'autant plus fascinant de synthétiser une telle molécule qu'on pourrait ensuite vérifier si elle a une activité réelle, preuve ultime d'une synthèse réussie», dit le scientifique.La molécule d'ARN de transfert choisie par le Dr Ogilvy est constituée de 77 nucleotides.Il restait à trouver une façon de les lier ensemble dans le bon ordre, ce qui allait demander 20 ans de travail.Une machine à gènes Entre temps.Ogilvie a mis au point une machine à synthèse d'ADN-ARN, autrement dit une machine â gènes.Une fois la recette établie, il a fallu un peu moins de 20 heures de travail continu pour produire l'ARN de transfert à l'aide de cette machine.Beaucoup de laboratoires de biochimie sont maintenant équipés de cette «machine à gènes».Inventée en 1980, elle est commercialisée par la firme américaine Applied Biosystcms.«L'automatisation nous sauve pas mal de temps de travail ma- nuel.Elle est extrêmement utile car elle réduit les étapes répétitives», souligne le biochimiste.Les biochimistes Bob Cedcr-gren et Krikor Nicoghosian, de l'Université de Montréal, ont effectué des tests sur la molécule synthétisée pur le Dr Ogilvie.Cette molécule d'ARN-t synthétique présente 12 p.cent de l'activité de l'ARN-t naturel.Le rôle de cet ARN-t consiste à initier le début de la fabrication d'une protéine.Toutes les protéines qui ont été faites dans la cellule ont débuté sous le signal de cet ARN de transfert.Pour être performant à 100 p.cent, il manquerait à l'ARN-t synthétique les «6 bases modifiées» de la molécule naturelle.Le Dr VOIR L'ARN EN B 4 'm&éi j ji.II SU»\"* ?.«r» 's Voici les plans de la cellule vivante: l'ADN, une longue molécule en forme de double hélice.es cellules sont les uni-H tés de base d'un organisme vivant, qu'il soit plante, éponge marine ou être humain.Elles sont comme les briques qui, assemblées par centaines ou par milliers, font une maison.Dans chaque cellule se trouve un noyau, l'équivalent du coffre-fort qui contient les plans de fabrication de la maison.Les plans de la cellule se présentent sous forme d'ADN.- L'ADN est une suite de gènes (la définition' d'un gène est plus loin) assemblés bout à bout en une longue molécule en forme de double hélice.Il existe une autre molécule, l'ARN-t, qui, elle, fabrique les protéines.Les protéines sont à la cellule ce qu'est le grain d'argile à la brique: le constituant de base.Les protéines sont elles-mêmes des chaînes dont chaque maillon est un acide aminé.Pour, paraphraser Zachary Richard, disons que l'acide aminé est dans la protéine, qui est dans la cellule, qui est dans le tissu, qui est dans l'organisme.maluron-maluré! Dernière mise au point: les gènes déterminent des caractéristiques qu'on transmet à nos enfants, comme la couleur des yeux, par exemple.Les gènes sont faits eux aussi comme une chaîne.(La nature choisit des moyens très simples pour faire des choses compliquées).Les nucleotides sont les maillons de cette chaîne qu'est le gène.Tout ces acteurs fascinants font la vie de la cellule, et leur activité ne cesse qu'à la mort.Quand on fait un enfant, celui-ci hérite de la moitié des gènes de ses deux parents et construit son corps â partir de ces ADN.Qui dira qu'il n'y a pas de plaisir là où il y a du gène et pas de beauté dans la biochimie? B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 19RR Paul Desmarais president du conseil d'administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masser; éditeur adjoint Marcel Desjardins, directeur de i information Alain Dubuc, éditorialiste en chef Éditorial Le show du Stade i I y a vingt ans, comment aurait-on célébré le vingtième an-! niversaire de la Déclaration universelle des droits de l'hom-I me?Sans doute en manifestant dans la rue, avec tout le folklore du temps, des bannières aux slogans, en passant par les interminables discours.Hier soir, pour en souligner le quarantième anniversaire, 50 000 personnes ont plutôt assisté, au Stade olympique, à ce qui sera sans doute le show rock de l'année.Pourquoi Amnistie internationale, un organisme voué à la défense des droits de l'homme, respecté par tous, sauf les dictateurs, a-t-elle choisi le rock comme véhicule pour faire passer son message?.Tout d'abord, parce que le rock n'est plus ce qu'il était.De genre musical relativement marginal, s'adressant à un groupe d'âge bien précis, celui des adolescents, le rock a mûri, comme son public.C'est maintenant la musique d'un vaste groupe, des jeunes jusqu'à ceux qui dansaient au son des premiers disques des Beatles et qui sont maintenant parents et propriétaires de maisons.En outre, la musique pop est un mode d'expression universel.Des trois genres culturels de masse \u2014 la télévision, le cinéma et la musique populaire \u2014, seule cette dernière peut vraiment franchir les frontières.Les barrières linguistiques jouent beaucoup moins parce qu'on peut écouter une chanson sans la comprendre; la censure peut difficilement l'entraver; enfin, elle est accessible partout, y compris dans les régions éloignées ou dans les pays à très bas revenus.Bien sûr, la pénétration du rock à l'échelle mondiale est un sous-produit de l'hégémonie culturelle des Anglo-Saxons.Dans le cas du Concert pour les droits de la personne, le spectacle d'Amnistie qui fera le tour du monde en six semaines, cette hégémonie est utilisée pour la bonne cause.Des 50 000 Montréalais et Montréalaises qui ont assisté au spectacle d'hier, tous n'étaient évidemment pas motivés par le désir de lutter pour les droits de l'homme.C'était aussi un superspectacle où l'on pouvait voir et entendre des supervedettes comme Sting, Bruce Sprinsteen ou Peter Gabriel, découvrir Tracy Chapman et applaudir nos deux chanteurs qui se sont joints à l'étape montréalaise, Michel Rivard et Daniel La-voie.Mais, que ce soit conscient ou non, ceux qui étaient au stade ont posé un geste utile.Un tel spectacle-événement ne peut qu'élargir le rayonnement d'Amnistie internationale.Mais en plus, l'argent que les gens des pays riches versent à la tournée, ici, à Toronto ou à Londres, à Barcelone et Turin, servira à quelque chose.Même si les artistes ne sont pas payés pour leur présence, la tournée coûte cher, haute technologie oblige.Cet argent sera nécessaire quand le spectacle arrivera dans des pays beaucoup plus pauvres, où l'on ne peut pas exiger $40 le billet, par exemple en Inde, au Zimbabwe, au Brésil ou en Argentine.Et c'est dans ces pays que la tournée prend tout son sens.Au Brésil ou en Argentine, des pays où la torture était généralisée il y a à peine quelques années, les droits de l'homme sont encore très fragiles.Le spectacle d'Amnistie permettra de les défendre avec éclat, de faire pénétrer cet organisme là où il est le plus nécessaire.Alain dubuc Arafat à Strasbourg I sraël réagit mal à la percée diplomatique de l'Organisation I de libération de la Palestine (OLP).Au cours de la semaine I qui s'achève, son chef, M.Yasser Arafat, a été reçu au siège du Parlement européen à Strasbourg.Occasion pour lui de prendre contact avec les représentants des institutions politiques de la Communauté européenne.Il faut convenir que, même hors d'Israël, la visite du chef de l'OLP a été jugée dans certains milieux, mais pas dans tous, incongrue et inopportune.La visite s'est déroulée dans la confusion, d'abord parce que M.Arafat était l'invité du seul groupe socialiste du Parlement européen.Le président de l'Assemblée européenne, lord Plumb, éprouva quelque mal à cacher son embarras.Le visiteur a pu s'entretenir avec le ministre français des Affaires étrangères, M.Roland Dumas.«Cette rencontre est un développement grave, qui ne contribue pas aux efforts de paix.Roland Dumas est un innocent s'il ne comprend pas que cela ne fera qu'encourager les activités terroristes.» Ainsi s'exprime le porte-parole du président du Conseil israélien.Curieuse dialectique qui consiste à crier qu'on est menacé d'annihilation par le terrorisme de l'ennemi et à combattre tout le monde en même temps, ennemis et amis confondus.Car le «naïf» Roland Dumas, ministre pour la seconde fois des Affaires étrangères, appartient à un gouvernement qui a toujours soutenu le droit d'Israël non seulement à l'existence mais à des frontières sûres.N'est-il pas vrai, pourtant, que la destruction d'Israël figure toujours dans la charte de l'OLP?A ce rappel M.Arafat lui-même répond par des considérations vagues qui, si elles semblent annoncer un assouplissement des attitudes passées, n'apportent aucune satisfaction à ceux qui exigent que l'Organisation annonce enfin par écrit qu'elle renonce à rechercher la disparition d'Israël.M.Arafat lui-même fait figure de modéré par rapport à l'extrémisme d'éléments religieux de plus en plus actifs dans les territoires occupés de Gaza et Cisjordanie; par ailleurs, les contacts entre Israéliens et représentants de l'OLP sont systématiquement découragés par Israël.La première façon de ne jamais se comprendre est de récuser tout dialogue.Les États-Unis, dont dépend Israël pour tant d'aspects de son destin, peuvent intervenir utilement.Il faut pourtant constater que ce n'est pas du présent débat électoral qu'on peut attendre beaucoup de lueurs.Démocrates et républicains prennent d'infinies précautions pour ne pas indisposer l'électorat juif.Ils prennent surtout d'infinies précautions pour ne jamais poser les vraies questions.Le candidat Bush accuse M.Dukakis de manquer de «patriotisme», ce qui est complètement ridicule, pendant que son organisation renvoie un collaborateur qui a compté le nombre de juifs employés dans un ministère public.en 1971.Mais quelles sont les vraies questions?En voici une première: comment amener les Israéliens, qui sont démocrates pour eux-mêmes chez eux, à n'être pas moins démocrates pour les Palestiniens, dans les territoires occupés par Israël?Autre interrogation: étant donné qu'on ne prend pas les mouches avec du vinaigre, le refus de Washington de considérer l'OLP comme interlocuteur plausible est-il le meilleur moyen d'obtenir une paix juste?Guy CORMIER I Pes Goiiï-GUtiH' REPRISE.11-5-82 (Droits réteraésl I >!»I r ¦ TRIBUNE LIBRE La série de notre journaliste Louis Falardeau sur la dénatalité au Québec a provoqué un intéressant et abondant courrier.Voici quelques-unes des lettres que nous avons reçues.D'autres paraîtront prochainement.¦ Tout d'abord, je tiens à féliciter La Presse d'aborder dans ses colonnes une question aussi épineuse que la dénatalité au Québec.|e ne peux qu'être tout à fait d'accord avec Michel Paillé quand il dit qu'il faut favoriser l'immigration de personnes facilement intégrables; cela semble l'évidence même.La réalité est toutefois totalement différente et il me semble qu'il est plus que temps que les Québécois sachent que malgré le discours officiel, il est extrêmement difficile, sinon impossible à des francophones d'émi-grer au Québec par des voies officielles.La législation de ce pays est ainsi faite que si vous n'êtes pas immigrant illégal ou réfugié politique, aucune action juridique ne peut être ouverte en votre faveur et vos chances de rester ici sont donc quasiment nulles.Il y a des milliers de femmes de langue française et en âge de procréer qui seraient prêtes à s'installer dès maintenant au Québec si l'Immigration leur en laissait la possibilité.Leur tort est de venir de pays démocratiques ayant tes mêmes traditions culturelles que 'c Québec (Belgique, Suisse, France.) et de passer par des 'oies légales où elles n'ont aucune chance.Je ne dis pas qnc ceci résoudra la question démographique du Québec, mais je trouve pour le moins surprenant les difficultés qu'on leur impose.Comment se fait-il qu'en pleine pénurie d'infirmières annoncée par les journaux, une de mes amies, infirmière en psychiatrie avec plusieurs années d'expérience, ne puisse obtenir ses papiers?Mon cas est aussi banal.Jeune femme francophone de moins de trente ans, ayant fait ses études au Québec, passionnée par ce pays et sa culture depuis toujours, totalement intégrée ici où j'aurais souhaité que mes enfants grandissent, je serai obligée de partir définitivement dès le printemps prochain car je ne semble pas être dans les catégories prévues par l'Immigration.Je peux vous citer des dizaines de cas semblables.Des amis anglophones d'origine indienne ou grecque ne comprennent pas mes difficultés tant l'immigration ne leur a posé aucune difficulté.Quand Michel Paillé, parlant au nom du Conseil de la langue française, suggère dans votre acticle que l'on double le nombre de points alloués à la connaissance du français dans la grille de sélection des immigrants, cela me fait sourire, non pas à cause de l'intention qui me parait indispensable mais plutôt à cause de sa méconnaissance de la façon dont les tests sont effectués.J'ai rencontré récemment près de dix personnes qui viennent d'obtenir ces fameux points tant convoités alors qu'ils ne parlent pas un mot de français.Il semble en effet suffisant d'apprendre deux ou trois mots de vocabulaire vite oubliés ou de répondre oui ou non à la très brève entrevue avec le fonctionnaire de l'Immigration pour faire illusion.Ces pratiques couramment acceptées enlèvent leur atout majeur aux immigrants de langue française.Vous comprendrez maintenant pourquoi tous ces discours sur l'importance de la francisation des immigrés et de la dénatalité me laissent froide, car je sais que dans la réalité rien n'est jamais fait dans ce sens et qu'on applique même une politique contraire.Il est temps que les Québécois définissent leurs priorités, affirment leur volonté de survie, sachent où sont leurs véritables alliés et qu'ils agissent en conséquence.C'est la raison pour laquelle j'espère que vous aurez le courage de publier cette lettre.II est temps que certaines choses se disent et qu'on mette fin à cette hypocrisie.Catherine BRICE Montréal ¦ À mon avis, la dénatalité n'est pas tellement un problème qu'un symptôme, parmi-tant d'autres, d'un Québec qui est en train de «prendre l'bord».Notre société est en perte de vitesse et la dénatalité en est la preuve la plus flagrante, suivie de près par la violence conjugale, les enfants battus et Pavorte-ment.Dans un livre intitulé Science of Survival, l'auteur, le philosophe américain L.Ron Hubbard, écrit ceci: «Un historien peut identifier l'instant où débute le déclin d'une société avec l'instant même où la femme commence à prendre part, au même titre que l'homme, à la politique et aux affaires; (.) ceci n'est pas un sermon sur le rôle de la femme, mais plutôt une observation d'un fait pur et simple.» Ces paroles d'Hubbard résonnent avec plus de force lorsqu'on se rend compte que la dégringolade du taux de fécondité des Québécoises, qui débuta au début des années 60, correspond avec, à la même époque, la remise en question du rôle de la femme.Et il poursuit: «Le côté artistique, les habiletés de la femme, la création et l'inspiration dont elle est capable font sa beauté, au même titre qu'elle-même fait la beauté de l'humanité.» Et si les paroles de M.Hubbard sonnaient vrai, nous avons un problème en perspective: «Tout le futur d'une race dépend de son attitude vis-à-vis des enfants; et une race qui croit que la compétition entre les sexes dans les domaines de la politique et des affaires est plus importante que la création de la génération de demain, est une race qui est en train de mourir.» Est-ce que le Québec est en train de mourir?Regardez autour de vous.Peut-être que le vrai rôle de la femme, c'est la création de la vie, et que l'erreur c'est que l'homme n'a pas su apprécier à sa juste valeur ce rôle qui est aujourd'hui tantôt refoulé, tantôt dénigré et souvent ridiculisé par ceux qui se veulent «modernes».Vincent SCIULLO Montréal ¦ Comme le dit un des articles de M.Falardeau ( 12 septembre), l'immigration n'est pas une solution au problème de la baisse de la natalité au Québec.Mieux vaudrait s'interroger sur les raisons profondes de cette baisse au risque de nous voir en tant que société «immature».Cette société regroupe ses vieux dans des pensions, ses enfants dans des garderies, laissant les 25-50 s'épanouir dans un travail le plus souvent routinier mais qui leur donne les moyens de réaliser leurs rêves matériels.Et pourquoi les femmes continueraient-elles à «fabriquer» des enfants dont elles demeurent, pour les soins et l'éducation, responsables dans 90 p.cent des cas, avec le risque d'une séparation qui les laissera démunies, sans aide physique ou morale?Et pourquoi voudraient-elles rester à la maison, condamnées à la solitude, à la non-valorisation?Ou comment combiner travail-enfant sans courir du matin au soir?Quelles sont les motivations du gouvernement à vouloir augmenter la natalité?La disparition du français au Québec?Un plus grand pouvoir d'achat?Des raisons égoïstes et immatures encore loin du simple plaisir d'enseigner, d'aimer, de partager notre bonheur de vivre et de créer; de voir grandir ces êtres au sein des beautés de la nature, en français ou pas.Micheline RONDEAU Montréal Lettre à nos députées à Ottawa Mesdames.¦ Ma première remarque s'adresse en particulier à Madame Lucie Pépin qui a déclaré à f*is:\" sue du vote du 28 juillet dernier sur l'avortement: «Il est difficile de faire comprendre aux hommes que nous avons un droit fondamental de décider, lorsqu'on est enceinte, de poursuivre mentalement et physiquement une grossesse.» Je lui rétorque qu'il est difficile de lui faire comprendre à elle et à ses semblables qu'une fois \u2022 enceinte, la femme n'a pas le droit fondamental de décider, de poursuivre ou non sa grossesse; elle n'a pas le droit de vie ou de mort sur un autre être qui est son enfant, plus faible et plus petit qu'elle.L'affirmation de Madame Lucie Pépin est une, erreur fondamentale qui doit être non seulement réfutée, mais combattue avec force et vi- ' gueur.Le droit fondamental de Madame Lucie Pépin et des autres femmes est de devenir ou de ne pas devenir enceinte.Voilà le droit fondamental que la loi naturelle accorde à la femme responsable, personne douée d'intelligence et de volonté.Nier ce principe de responsabilité chez la femme, c'est tout simplement l'abaisser au niveau de l'animal non raisonnable.Madame Lucie Pépin devrait réétudier ses notions de responsabilités ( morale, civile et criminelle).Madame Gabrielle Bertrand (qui par son abstention de voter sur le sujet, ne prend pas ses responsabilités de législateur ) se dit profondément chrétienne mais se demande qui elle est pour imposer sa morale aux autres citoyens.L'avortement est un crime abominable, au même titre que l'homicide, l'infanticide et l'cn-thanasie.Si l'on punit les auteurs de ces crimes, pourquoi ferait-on exception pour l'auteur de l'avortement?Où est la logique de Madame Gabrielle Bertrand dans son raisonnement?L'erreur de jugement est le même quand une femme dit qu'elle ne consentirait jamais à se faire avorter mais qu'elle accepterait l'avortement pour les autres femmes.Si une chose est foncièrement mauvaise pour soi-même, je suppose qu'elle est foncièrement mauvaise pour les autres, n'est-ce pas?Les députées pro-choix ne comprenant pas les lois fondamentales de la nature et ne voulant pas asseoir les lois criminelles de notre État canadien sur la loi naturelle, laquelle repose sur la loi éternelle (tu ne tueras point), elles se sont laissées imprégner sans le savoir par le principe marxiste-léniniste de la lutte des classes transposé dans la lutte des sexes.André MORAIS président de « Laissons-les vivre » LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 1988 B3 SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALiTÉ SEMAINE DU 18 SEPTEMBRE 1988 La personnalité de la semaine Premier directeur de la Place des arts9 iff.Gérard Lamarche en a fait un lieu de culture ouvert à tous les Montréalais MARIO ROY ¦w-ri videmment, après 22 ans, J ] Gérard Lamarche n'allait Il pas laisser sa Place com-\"'\"¦j me ça.Il a toujours un ¦ l petit bureau à lui, pas très .JLÀ loin de la grande salle Wilfrid-Pelletier, où il fait de la -fecherche, où il peut toujours se frotter au milieu artistique, qu'il adore comme au premier jour.Et il dit toujours: «La Place des arts est un phare qui lance des rayons culturels sur le grand Montréal !» Alors que le temple de la rue Sainte-Catherine célèbre ses 25 années d'existence, La Presse a pensé rendre un hommage particulier à celui qui fut le premier directeur général de la Régie de la.Place des ans; celui qui, pendant 22 ans, a à la fois fait grandir la Place des arts et élargi les rangs du public qui la fréquente.Tout le monde sait que la grande salle s'est, au fil des ans, retrouvée entourée de scènes de théâtre, de locaux de service, puis d'un lien avec le Complexe Desjardins, de l'autre côté de la rue Sainte-Catherine.Les concerts Sons et Brioches Mais, d'un autre point de vue et parmi les réalisations dont Gérard Lamarche est fier, plus pc'ùt-être que ce qui a été coulé dans le béton, se trouvent les mini-concerts du style Sons et Brioches, mis sur pied sur le principe de l'animation et qui permettent de rejoindre des gens qui n'ont pas toujours le temps ni les moyens financiers pour assister aux grands événements.«Mon idée, c'était de rendre accessibles différentes disciplines des arts d'interprétation à des gens de toutes les strates de la société, à un prix très populaire », disait-il il y a dix ans.Aujourd'hui, M.Lamarche juge: «De cette façon notamment, la Place des arts a changé le modus vivendi des Montréalais».Montréal n'avait pas de grandes salles Faisant un peu d'histoire, l'homme rappelle que Montréal ne comptait pas de véritables grandes salles avant 1963, que l'Orchestre symphonique occupait la salle du Plateau.«L'orchestre devenait de plus en plus professionnel et avait besoin d'une salle à sa mesure», commente M.Lamarche.L'histoire se répète, dit-on ?L'ex-d.-g.de la PDA dit: «Aujourd'hui, l'OSM, devenu un des grands orchestres internationaux, a à nouveau besoin d'un équipement plus sophistiqué; il a besoin de répéter dans sa salle de concert, ce qu'il ne peut pas toujours faire à Wilfrid-Pelletier».Bref, en 1967, la Place des arts pouvait divertir les visiteurs de l'Expo avec les prestations des grands noms des arts d'interprétation du monde entier «Une telle période, aussi intense, aussi grandiose, aussi prestigieuse, ne s'est jamais reproduite par la suite», se souvient Gérard Lamarche.11 y a quand même eu de grands événements, innombrables, de tous genres.«La Place des arts évolue toujours, et je A GERARD LAMARCHE «la Place des arts n'a pas été construite pour moi.Ces gens-là ont payé des taxes.Tout le monde y vient chercher sa pâture et son évasion» suis fier de voir ce qu'elle devient sous la nouvelle direction», dit-il.À Radio-Canada Avant de prendre pendant presque un quart de siècle les commandes de ce temple de la culture, Gérard Lamarche avait consacré autant de temps à cet autre temple qu'est Radio-Canada; il y fut bruiteur et réalisateur avant d'accéder aux plus hauts échelons de l'administration.De ces expériences différentes mais complémentaires, il a pu dégager une vision privilégiée du monde culturel montréalais.«D'abord, le rôle des institutions est de former le public.Par exemple, on peut dire que le public de l'OSM est grosso modo constitué de 21 000 personnes qui viennent et reviennent aux concerts.Ce public doit être encore élargi ; l'OSM fait sa part en donnant des concerts populaires, et c'est très estimable de leur part.Mais la radio et la télévision, surtout, ont un grand rôle à jouer dans cette tâche éducation-nelle.Or, les médias jouent mal ce rôle.Les concerts télévisés, le télé-théâtre ont presque disparu des ondes de Radio-Canada.On connaît le problème.» M.Lamarche poursuit : «D'autre part, Montréal a un urgent besoin d'équipements culturels, de scènes de théâtre, notamment.On dirait que les gouvernements hésitent à investir dans le domaine culturel et ce, au moment où le secteur privé se rend compte de l'importance de l'activité artistique.Certaines grandes firmes possèdent des collections importantes d'oeuvres d'art; d'autres commandi- tent des grands événements artistiques, dans le domaine du jazz ou du cinéma par exemple; toutes se préoccupent de la qualité de vie dans une ville, une qualité de vie largement faite de la vitalité de son industrie culturelle».Il dit encore: «Montréal est une terre privilégiée pour la culture.Il est incroyable de voir à quel point les gens sont avides de manifestations culturelles».On y trouve de tout À la Place des arts, on trouve de tout, c'est entendu.C'est devenu un des hauts lieux du jazz, des variétés, en plus du théâtre, de l'opéra et de la musique, bien entendu.Un lieu de divertissement pour tous les publics.M.Lamarche constatait, lors du 15c anniversaire de la PDA : « La Place des arts n'a pas été construite pour moi.Ces gens-là ont payé des taxes.Tout le monde vient à la Place des arts y chercher sa pâture, son évasion ».Aujourd'hui, il ajoute: «La chanson populaire et le rock ont leurs adeptes et doivent exister, bien sûr.Mais on doit tout de même guider les gens vers autre chose.Et le fait est que le goût du public se développe.et il ne s'agit pas d'élitisme, ou alors, la simple contemplation d'un coucher de soleil a quelque chose d'élitistc aussi!» Il y a dix ans, M.Lamarche disait avec conviction: «Tout le monde peut faire partie de l'élite!» Tout le monde, en tous les cas, peut fréquenter la Place des arts que plus personne, aujourd'hui, n'ose appeler la Place des autres.GL Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, l'excellence naît de Veffort.h ALCAf au magazine La personnalité de la semaine vous attend demain à 13 h 15 m jour Réolisatrice-coordonnotrice: LOUISE B.TARDIF ii jour Avec Dominique Lajeunesse et Normand Harvey, du lundi au vendredi.w ¦ m Télévision âio% Radio-Canada B4t LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 1988 Demain l'an 2000; À chacun son journal YVES LECLERC collaboration spéciale m I n'y a pro bail blcment pas aujourd'hui de produit plus standard que votre journal quotidien: il est publié à des centaines de milliers d'exemplaires identiques et livré physiquement porte à porte à une multitude de clientèles dont il n'est pas du tout évident que ]es besoins et les désirs sont semblables.Mais il n'en a pas toujours été ainsi, et il n'en va pas forcément de même partout dans le monde.Par exemple, dans plusieurs pays, les journaux ont des multitudes d'éditions locales et régionales tenant compte des différences de leurs diverses clientèles.La Presse elle-même a déjà fonctionné ainsi: dans les années cinquante, elle avait une série d'éditions régionales: Trois-Rivièrcs, Lac-Saint-)ean, même Nouvelle-Angleterre, et quatre éditions quotidiennes dont les heures de tombée s'échelonnaient de deux heures du matin à trois heures l'après-midi.Ce sont les rationalisations des opérations et les con triantes budgétaires des dernières années qui sont responsables de l'actuelle uniformisation.Or, plusieurs technologies récentes risquent de rendre possible sinon à court terme, du moins d'ici une douzaine d'années, la «démassification» et la personnalisation du journal quotidien à un degré dont on ne pouvait même pas rêver dans le passé.Ces techniques comprennent la gestion automatique des contenus par l'informatique, la transmission à domicile par télématique, la reproduction à distance par fac-similé.Des exemples limités de ces méthodes sont déjà en usage ici et là.Par exemple, des journaux «nationaux» comme USA Today aux États-Unis et le Globe & Mail au Canada sont produits dans une salle de rédaction centrale, «diffusés» par sa-tellite vers plusieurs imprimeries locales dans différentes villes à des milliers de milles de distance, puis imprimés et distribués localement.Au Japon, quelques grands journaux vont plus loin.Depuis plusieurs années déjà, dans les grands hôtels et dans certains édifices à bureaux, les «boites à journaux» traditionnelles sont remplacées par des machines à fac-similés qui impriment instantanément un journal abrégé (deux ou quatre pages) chaque fois qu'un acheteur introduit de la monnaie dans l'appareil.On a ainsi les nouvelles les plus fraîches, et il n'y a pas besoin de distribuer physiquement les journaux dans le centre ultra-conges-tionné de la métropole nippo-ne.Une imprimerie à domicile?¦ Il est probable que votre journal de l'avenir ira encore plus loin dans cette voie.Par exemple, des «micro-imprimeries» automatiques de quartier sont déjà à l'étude dans certains endroits: le contenu du journal sera transmis par satellite ou par ligne téléphonique spéciale à une machine à composer qui créera directement les matrices d'impression et imprimera les exemplaires pratiquement sans intervention humaine.Les livreurs pourront aller chercher leur pile de journaux dans le voisinage immédiat où ils doivent circuler, économisant un temps considérable.Dans ces conditions, il serait assez facile de réserver des espaces pour les nouvelles locales immédiates, à remplir par une salle de rédaction ou un correspondant installés dans le quartier même et reliés au système central par réseau informatique ou télématique.Mais cela va plus loin.Le jour où un nombre suffisant d'abonnés seront branchés sur le réseau télématique au moyen de terminaux comme le Minitel ou Alex, le journal pourra ne pas être imprimé du tout et simplement transmis sur écran au domicile ou au bureau de chaque lecteur.Il sera alors soit lu directement, soit saisi et enregistré sur disque magnétique ou optique pour être consulté plus tard.Mais comme peu de gens aiment lire de longs textes sur un écran, une autre formule plus attrayante sera possible lorsque les machines à fac-similé auront atteint un niveau de prix qui les rendra accessibles aux particuliers: le journal pourra être «imprimé» à domicile sur un fax, sans doute dans un format plus petit que celui auquel nous sommes habitués.Ce qui n'est pas du tout impensable, des journaux ayant la taille d'un magazine du genre de l'Acutalité ou de Paris-Match existent déjà dans des pays comme l'Espagne.Une fois le journal ainsi distribué électroniquement par ligne téléphonique ou par càblo-diffusion, rien n'empêche qu'au lieu que tout le monde reçoive la même édition, chaque abonné puisse avoir une version individuelle de son quotidien.Par exemple, telle personne voudra avoir le détail de toute l'information économique et seulement les grands titres du sport ou des faits divers, alors que telle autre voudra plus de nouvelles politiques et seulement un résumé des pages financières, etc.Les technologies actuelles et prévisibles rendent une telle évolution possible.Elles ne disent pas que cela se produira, ni que c'est souhaitable: reste à voir si cela répond vraiment à un besoin du public, et ce que cela peut avoir comme effets secondaires, par exemple sur les emplois et sur les méthodes de cueillette de l'information, de rédaction et de mise en page.Une rentrée différente ¦ Je reprends le collier après deux pleins mois de vacances.et de réflexion et d'analyse, qui auront entraîné aussi bien dans le contenu que dans le ton de cette chronique des changements importants et, du moins je l'espère, bénéfiques.Il faut comprendre que «Demain l'an 2000» existe depuis mai I98l : elle avait été créée à la naissance de la micro-informatique, avant même la venue des ÎBM-PC et de la bureautique, au moment des balbutiements de la télématique.Son «Courrier des lecteurs» était apparu en 1983, pour répondre à une demande d'information et de dépannage spécifique du public lecteur au moment de la grande vague des «ordinateurs-jouets».Au départ, je m'étais donné comme vocation d'aborder l'ensemble des phénomènes technologiques, mais en pratique l'informatique individuelle et la télématique ont pris presque toute la place.Or la télématique a pratiquement disparu du tableau en 1984, et le marché de l'informatique domestique s'est effondré quelques mois plus tard.Pendant ce temps, la bureautique et l'utilisation professionnelle des micro-ordinateurs prenaient de plus en plus d'importance.En conséquence, la nature des lecteurs a changé.Au début, il s'agissait surtout de mordus de la micro-informatique individuelle, et d'un groupe plus large d'amateurs qui avaient acheté ou voulaient acheter un ordinateur domestique pour eux-mêmes ou pour leurs enfants, et qui étaient affamés de données techniques et de programmation.Aujourd'hui, l'ordinateur est plus un outil professionnel qu'un jouet ou un passe-temps.L'ancienne clientèle de mordus est devenue une classe de techniciens et de programmeurs qui disposent de publications spécialisées beaucoup plus calées et qui n'ont plus besoin de moi.Elle a été remplacée par un nombre croissant de gens ordinaires qui sont confrontés avec l'informatique et la bureautique dans leur travail, ou qui sont simplement désireux de mieux comprendre le caractère hautement technologique de la société dans laquelle nous vivons.Le retour en force de la télématique qui s'annonce cette année accentue encore cette tendance.Une formule différente C'est la raison pour laquelle nous avons décidé de modifier l'orientation de la chronique qui portera sur les nouveaux produits, les nouvelles techniques qui influencent ou influenceront à court et à moyen terme notre style de vie.Au fond, je reviens simplement à l'idée originelle de la chronique en l'ajustant aux circonstances actuelle.L'évolution de la société est aujourd'hui telle qu'il est impossible de se prétendre informé si on ne jette pas régulièrement un coup d'oeil vers le futur.D'où l'importance qu'ont prise les différentes branches de la prospective, qui se veut la science des prévisions rationnelles (le terme «futurologie» est plus sensationnalisle et généralement dédaigné, sinon carrément rejeté, par la plupart des gens sérieux qui pratiquent ces disciplines).I.BMRiHi\u2014\u2014 -t,;:^,\"'\" ,,\u2014,\u2014_- , .,\u2014lJ;-1 l&'ï'w&M'tTM*^ .ffiVnifomn ¦¦ ' .;,,i,:t,^'i^''';\"'-'\"' m Une gouttière installée au bas du filet collecte l'eau qui en des- Le physicien canadien Robert Schemenauer, au sommet de I esca-cend.v photos crdi beau, vérifie le vaste filet destiné à recueillir l'eau du nuage.Pour boire dans le désert: des collecteurs de brumes CAROLE THIBAUDEAU ¦ C'est bien la peine d'avoir toujours des nuages au-dessus de la tête et de vivre à proximité de la cote du Pacifique, si on manque d'eau à longueur d'année! C'est ce qui se passe dans le nord du Chili, où il tombe environ 80 millimètres de pluie par année, surtout sous forme de quelques douches en juillet.Cette année la pluie a passé son tour.L'été prochain, cela fera une vingtaine de mois sans recevoir du ciel la moindre goutte.Et le long de 1000 kilomètres de côte, on ne compte que cinq petites rivières.Tout espoir n'es pas perdu cependant.Un physicien canadien.Robert Schemenauer, a mis au point un «collecteur de brumes», sorte de filet de nylon sur lequel l'eau condense et redescend vers le sol.Bientôt, dans le petit village de Caleta Chungungo, on boira.l'eau des nuages.«Dans cette région du Chili, les nuages sont très minces, à cause de la haute pression et de la température de l'air, très proche de la température de la surface de l'océan.Bien qu'il y ait presque constamment des nuages, l'air est malgré tout très sec.» Alors qu'une goutte de pluie mesure entre un tiers de millimètre et trois millimètres, les gouttelettes des nuages de cette région ne dépassent pas le centième de millimètre de diamètre.C'est pourquoi elles ne tombent jamais en pluie.La pêche est cependant très généreuse dans ces régions et l'intérieur des terres contient des ressources minérales (cuivre, étain, argent, plomb et fer) considéra- \u2022blcs.Si seulement il y avait assez d'eau potable, cette région traditionnellement pauvre pourait bien devenir riche.Un grand rideau de nylon Le collecteur consiste en un filet de nylon suspendu, fait d'un tissu acheté localement.Ce véritable rideau est suspendu à un mètre du sol.H mesure quatre mètres de haut par douze mètres de long.En traversant le filet, le nuage y laisse des gouttelettes qui se condensent entre elles et descendent ensuite vers le sol.«On peut ainsi recueuillir 70 p.cent de l'eau contenu dans un nuage», affirme Robert Schemenauer.Selon des données notées pendant deux semaines, chaque collecteur donne un volume moyen de 240 litres d'eau par jour.On a déjà fabriqué un réseau de EN BREF UNE FEMME CLINIQUEMENT MORTE ACCOUCHE ¦ En 1983, un hôpital a maintenu artificiellement en vie pendant neuf semaines une femme déclarée cliniquement morte pour permettre au foetus qu'elle portait d'atteindre un stade de développement suffisant pour assurer sa propre survie.Considéré comme «l'utilisation la plus longue d'un cadavre comme incubateur pour un foetus», le cas a été analysé, sur le plan éthique, par des chercheurs de l'Université de Californie.Selon eux, on ne peut parler de conflit entre les intérêts de l'enfant et celui de la mère, les droits de celle-ci à jouir pleinement de son autonomie cessant forcément avec son décès.Le coût de l'opération a lui aussi de quoi faire réfléchir: $ 183 081 pour maintien des fonctions vitales de la mère et $ 34 703 pour les soins subséquents apportés à l'enfant prématuré.LES SERPENTS SONT-ILS DES OISEAUX DE NUIT?¦ Vieille d'une quarantaine d'années, l'idée qu'un lien existe entre la température du corps et l'acuité visuelle refait surface a la lumière d'une récente étude réalisée conjointement par des scientifiques américains, finlandais et danois.La rhodopsi-ne, un pigment violacé situé sur les bâtonnets rétiniens, est connue depuis longtemps pour son rôle dans le processus de la vision à une lumière de faible intensité.Sans toutefois en détenir la preuve, les chercheurs croient que la chaleur du corps, interférerait clans la transmission du signal de l'oeil au cerveau.Les animaux à sang froid auraient ainsi un net avantage sur les humains, puisque plus basse est la chaleur du corps, meilleure est la vue, même à un éclairage extrêmement faible.INFORTUNÉS COCAÏNOMANES ¦ Dans certaines circonstances aussi rares que malheureuses, la consommation abusive, même isolée, de cocaïne peut entraîner des problèmes neurologiques graves et irréversibles.Le Dr Cyrus Mody, qui a traité 14 victimes de la cocaïne au cours des 24 derniers mois, note que le nombre de cas augmente parallèlement à la consommation de cocaïne et de son puissant dérivé, le crack.Dix de ses patients avaient en effet consommé du crack et cinq en étaient à leur première expérience.L'absorption de cocaïne fait augmenter le niveau de certaines hormones, provoque une afflux de sang au coeur et au cerveau aux dépens d'autres organes et soumet des artères et des vaisseaux sanguins à une forte pression.On estime que 5 000 Américains font chaque jour l'essai de la cocaïne pour une première fois.gouttières pour acheminer l'eau au village.L'eau qui parvient aux villageois coûte ainsi $1 par mètre cube et est de bonne qualité.Autrement, les villageois font venir de l'eau de 50 kilomètres de là dans un camion citerne.Elle leur coûte alors $8 du mètre cube et est souvent contaminée.En effet, la citerne sert aussi à transporter d'autre chose, par exemple du benzène, quand ce ne sont pas tout simplement des passagers qui voyagent de cette façon! Les chercheurs veulent perfectionner le système en adjoignant un pipe-line au collecteur.L'eau ne risquera pas alors d'être contaminée par les feuilles ou les oiseaux.Elle coûterait alors $2 du mètre cube.C'est environ quatre fois plus cher dans les grandes Villes nord-américaines, où l'eau qui coule de nos robinets coûte environ 50 cents du mètre cube.L'ARN Une étincelle de vie SUITE DE LA PACE B 1 Ogilvie estime cependant que ce taux d'activité de 12 p.cent est extrêmement élevé.«Il fournit la preuve que les nucleosides insérés dans l'ordre fonctionnent bien».La synthèse de TARN laisse entrevoir plusieurs espoirs de cure.Un ARN synthétique approprié pourrait, par exemple, inhiber la prolifération de certains virus.Les virus, contrairement aux autres organismes vivants, ne posse~ dent pas d'ADN mais seulement de l'ARN.Ce sont les micro-organismes les plus difficiles à traiter.Les antibiotiques, au lieu de les affecter, peuvent parfois encourager leur prolifération en détruisant les «bons» microbes.«L'espoir réside dans la fabrication d'ARN qui se collera à l'ARN du virus et bloquera ainsi son mécanisme de reproduc- '.tion.» Enfin, la synthèse de l'ARN servira à corriger certaines ano- i malies génétiques, les cancers re- ! liés aux virus et certaines maladies virales des plantes.', Médecine Mangez tous les jours vos carottes VI.CIFFORD-JONES collaboration spéciale am -t-il de la chance?», \"M demanda un jour Napoléon à propos d'un officier subalterne qu'il songeait à promouvoir.Il ne fait aucun doute que la chance a décidé de nombreuses batailles historiques, y compris Waterloo.Et la chance continue de jouer un rôle de premier plan dans la bataille que î'homme livre au cancer.Mais chaque année, l'évidence se fait plus forte qu'un régime prudent aide l'homme à mettre cette chance de son côté.Et dans ce domaine, on vient de faire une nouvelle découverte: le carotène réduit les risques de cancer.Aujourd'hui, tout le monde, ou presque, sait que la réduction de l'usage de la cigarette décroit les risques de cancer du poumon; que la consommation d'aliments riches en fibres protège contre le cancer de l'intestin; que la substitution du poisson et de la volaille à la viande réduit l'apport des matières grasses et partant, les dangers inhérents au cholestérol; et que le consommation d'aliments riches en vitamines C et E décourage la formation de tumeurs malignes.A l'occasion d'une visite qu'il effectuait récemment au Canada, le Dr Richard Sal-keld, de Zurich, connu mondialement pour ses recherches sur le carotène et la vitamine A, a fourni des preuves convaincantes de la protection que fournit le carotène à l'organisme, notamment contre le cancer du poumon.Le carotène est le pigment jaunâtre présent dans tous les végétaux contenant de la chlorophylle.On le trouve notamment dans le broccoli, I epinard, le navet, la carotte et la citrouille, mais aussi dans les abricots, les pèches, le melon et la papaye.On l'appelle souvent la provitamine A, parce que dans l'intestin, il se transforme en vitamine A, selon les besoins de l'organi-same en cet élément.Aujourd'hui, les deux-tiers environ des besoins totaux de l'organisme en vitamine A proviennent de sources animales, et le tiers du carotène des végétaux.Selon le Dr Salkeld, le carotène agit de plusieurs façons différentes pour réduire le risque de cancer: il aide d'abord à renforcer les cellules tapissant les poumons et l'estomac; il active le système immunitaire de l'organisme contre le cancer; et enfin, il stimule la réaction des lymphocytes aux déchets azotés que l'on croit responsables du cancer du gros intestin.À l'instar des vitamines C et E, le carotène possède des propriétés d'épuration.Tous trois sont des anti-oxydants, et ils ont la capacité de prévenir la production de radicaux libres durant le métabolisme normal des cellules.Les radicaux libres sont suceptiblcs d'endommager les cellules en affectant les éléments chromosomiques du noyau.On croit que ces anomalies chromosomiques peuvent entraîner le développement de cellules cancéreuses.La consommation de carotène et de vitamine A préconisée par le Dr Salkeld s'adresse à tout le monde, mais surtout aux fumeurs.Il cite a ce sujet plusieurs études où l'on a constaté un taux de cancer du poumon moins élevé chez les sujets consommant plus de carotène et de vitamine A: le risque de cancer du poumon a ainsi été réduit de quatre fois chez les non-fumeurs, mais jusqu'à huit fois chez les fumeurs.Le spécialiste pense que c'est le carotène déposé dans les poumons, plutôt que la vitamine A, qui aide à protéger les cellules contre l'effet carcinogène de la fumée.De combien de carotène avons-nous besoin chaque jour?Les recommandations présentes sont de 1,5 milligramme, ce qui est la quantité consommée par la plupart des gens.Toutefois, de récentes recherches indiquent que cette dose devrait être portée à au moins 6 milligrammes, et qu'elle pourrait aller jusqu'à 20 milligrammes.Cela représente quatre portions de légumes et de fruits par jour.La sécurité d'utilisation du carotène représente un avantage important par rapport à la vitamine A.Des individus souffrant de maladies de la peau en ont consommé jusqu'à 400 milligrammes par jour pendant des années.La seule complication est que la peau prend un teint jaunâtre, qui disparait toutefois lorsque la consommation est réduite.La vitamine A, par contre, est un élément liposoluble dont l'excès est emmagasiné dans le foie.Une quantité excessive de vitamine A peut entrainer de sérieux désordres neurologiques.On a signalé plusieurs cas où des membres d'expéditions arctiques avaient beaucoup souffert après avoir consommé du foie d'ours polaire, en raison de la très forte concentration de vitamine A dans cet organe.L'Institut de la santé publique de Finlande se livre actuellement, à Helsinki, à une vaste étude sur le carotène, qui porte sur 29 000 hommes âgés de 50 à 69 ans qui ont fumé au moins cinq cigarettes par jour pendant 30 ans.Ils ont été répartis en quatre groupes, le premier consommant 20 mg de carotène par jour, le deuxième 50 mg de vitamine E, ie troisième une dose combinée de carotène et de vitamine E, et le quatrième un placebo.Les résultats ne seront pas connus avant 1993, mais le Dr Salkeld exhorte les fumeurs à ne pas attendre jusque là pour agir: mangez tous les jours vos carottes, leur conseille-t-il.i LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 1988 \u2022 B5 Un autre avion de vivres pour la Jamaïque Presse Canadienne KINGSTON, lamaïque ¦ Malgré les allégations de certains groupes affirmant que l'aide canadienne à la lamaique soit mal gérée et motivée par des raisons politiques, selon le haut-commissaire du Canada en lamaique, Kathryn McCallion, la nourriture canadienne parvient à ceux qui en ont besoin.«Nous sommes certains que tout ce que nous donnons aux jamaïcains traverse bel et bien Pile», a-t-elle déclaré, hier, lors d'une entrevue au bureau du Haut-Commissariat canadien.Le gouvernement canadien remet ses envois entre les mains de l'armée jamaïcaine, mais des représentants du Haut-Commissariat accompagnent chaque livraison jusqu'aux centres de distribution, a-t-elle expliqué.A partir de là, tout est administré par le bureau chargé de s'occuper des situations d'urgence de la lamaïque, bureau fortement critiqué jusqu'à présent pour son manque d'organisation et de préparation.Le deuxième avion des Forces armées canadiennes, rempli de marchandises, a quitté Trenton, en Ontario, à 9h, hier matin, en direction de Kingston.L'appareil, un Hercules C-Ï30, transportait environ 31 752 kilos de nourriture non périssable.Un chargement semblable a été envoyé jeudi dernier.La Canada a promis plus de $7,5 millions en aide à l'île sinistrée.«Nous sommes parmi ceux qui envoyons le plus, avec les États-unis et la Grande-Bretagne», a affirmé Mme McCallion.ajoutant qu'elle parlait quotidiennement au premier ministre jamaïcain, Edward Seaga, depuis le lendemain du désastre de mardi.Au moins 56 personnes ont perdu la vie et près de 500 000 autres sont sans abri depuis que l'ouragan Gilbert à traversé sauvagement l'île, détruisant la plupart des récoltes de fruits et balayant de nombreux centres touristiques.Le gouvernement, qui estime des pertes de l'ordre de $9,6 milliards, a déclaré l'état d'urgence dans quatres régions sévèrement luuchées, incluant la capitale, jeudi.Mais promettre de la nourriture et de l'eau aux gens qui se sont réfugiés dans des abris temporaires n'est pas tout.Plusieurs régions de l'île n'ont encore rien reçu du tout.Un refus avisé ANDRÉ TRUDELLE ¦ L'impasse qui semble gratuite ne l'est pas toujours.Le déclarant qui accepte avec le sourire un cadeau empoisonné avant de compter ses levées sûres s'en mordra bien souvent les pouces par la suite.Donneur: Sud Vulnérabilité: Nord-Sud Nord ?A V 10
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