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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Sciences et techniques
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1988-09-25, Collections de BAnQ.

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[" Sciences et techniques LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 25 SEPTEMBRE 1988 Letpo Radon: une alerte prématurée ?JEAN-PIERRE ROCEL collaboration spéciale Agence Science-Presse n sonnant une alerte I générale au ra don, la semaine dernière, les autorités américaines pouvaient être assurées de déclencher certains mouvements d'inquiétude, voire même de panique, au sein du grand public.L'histoire a en effet tous les ingrédients d'un nouveau cauchemar environnemental: un polluant cancérigène bien connu mais négligé, extrêmement répandu puisqu'on le retrouve dans toutes les maisons, et dont on découvre tout à coup la présence à des doses supérieures à ce qu'on croyait.En effet, selon une étude récente touchant 11 000 maisons dans sept États, une maison sur trois contiendrait des niveaux de radon supérieurs aux limites officiellement acceptables.D'où l'alerte sonnée par les autorités fédérales américaines.Celles-ci estiment que la radon serait responsable de 5 000 à 20 000 cancers du poumon par an.Conclusion: il faudra inspecter la plupart des maisons et logements situés au sous-sol et apporter des mesures correctives là où les niveaux de radon ont dépassé les seuils de sécurité.Tout cela se passe toutefois aux États-Unis.Au Canada, on n'en est pas encore là, mais l'alerte a été prise au sérieux.Le ministre de la Santé, jack Epp, a déclaré qu'il verra bientôt avec ses collègues provinciaux s'il n'y a pas lieu d'établir de nouveaux règlements concernant le radon dans la construction domestique.Par ailleurs, les recherches scientifiques en cours sont accélérées, a dit le ministre.Un polluant énigmatique Le radon est un gaz radioactif invisible et incolore, produit par la décomposition naturelle des éléments radioactifs tel que l'uranium.Comme ces derniers sont assez communs dans l'écorcc terrestre, il se forme continuellement d'assez grandes quantités de radon, qui se glissent dans les failles des roches.À l'air extérieur, le radon se dissipe et est inoffensif.Mais il est susceptible de se concentrer dans les sous-sols de maisons, là où la pression de l'air et la ventilation sont faibles.Porté par les poussières et respiré de façon continuelle pendant de nombreuses années, il peut alors causer des cancers du poumon.C'est du moins ce que l'on craint, et c'est la base de la position de l'EPA (Environ-mental Protection Agency), qui risque concrètement d'amener des millions d'Américains à se précipiter sur les experts en mesure du radon, ou à calfeutrer fébrilement leurs sous-sol, ou encore à installer des systèmes de ventilation dans leurs maisons.Mais là où les choses se compliquent, c'est lorsqu'on examine la base scientifique de la position de l'EPA.Le Dr Ernest Létourneau, direc teur du Bureau de la radio-protection au ministère de la Santé à Ottawa, a été un des aviseurs de l'EPA.Il résume la question: «Au niveau du laboratoire, il n'y a aucun doute; le radon est un cancérigène reconnu pour les animaux.Au niveau epidémio-logique, on possède plusieurs études sur des travailleurs des mines d'uranium exposés à d'autres fortes doses de radon et la preuve est plutôt convaincante.Par contre, on ne dispose actuellement d'aucune étude sur les effets à long terme de faibles doses au sein de la population en général».Cigarette et uranium Le Dr Létourneau explique que, même en ce qui concerne les études sur les travailleurs des mines, l'unanimité n'est pas faite parmi les chercheurs.En particulier, souli-gne-t-il, la présence d'autres polluants dans l'atmosphère des mines ne permet pas de conclure formellement à des cancers du poumon induits par le radon seul.Et cela, même si on à pris soin de n'étudier que des travailleurs qui ne fument pas (on sait par ailleurs que la cigarette est la première cause de cancer du poumon, et multiplie par 10 le risque d'un travailleur minier de développer un cancer).Avec son collègue le Dr Waggle, le Dr Létourneau est l'auteur de la seule étude longitudinale sur le radon dans la population canadienne.«Dans 16 villes qui présentaient de hauts niveaux de radon, résumc-t-il, nous avons observé un lien direct entre le nombre de cancers du poumon et le nombre de fumeurs, mais aucun lien direct entre le nombre de cancer et la présence de radon.» Depuis un an, le Dr Létourneau a entrepris une autre étude, portant sur des cas-témoins, à Winnipeg.Cette étude, dont les premiers résultats seront connus dans deux ans, permettra de chiffrer pour la première fois le risque de cancer lié au radon, au sein de la population générale.Mais alors, comment les Américains ont-ils évalué les risques, dans leur prise de position de la semaine dernière?Ils se sont fondés uniquement sur l'extrapolation des résultats d'études sur les mineurs d'uranium.«Ils ont fait des projections à partir des chiffres les plus élevés et sont arrivés à une estimation pouvant aller jusqu'à 20000 cancers possibles pour l'ensemble de la population américaine», résume le Dr Létourneau.«C'est une méthode qui reste acceptable, commente pour sa part le Dr lack Sémiatycki, épidémiolo-giste à l'Institut Armand-Frappier, mais elle est insuffisante pour prendre une décision éclairée en matière de santé publique.» Pas de panique Est-ce dire que les Américains ont sonné un peu trop vite l'alerte générale à propos du radon?De nombreux spécialistes canadiens le pensent, et certains sont même très critiques de la position américaine.Ainsi, le Dr Jacques Normandeau, du Département de santé communautaire (DSC) de Saint-Jérôme, a récemment qualifié les estimations de l'EPA de «farfe-I ues».Le DSC de Saint-jérôme suit actuellement le dossier, car on a déjà relevé en 1978 de fortes concentrations de radon dans certains sous-sols de la paroisse d'Oka, proches d'une ancienne mine de niobium, aujourd'hui fermée.Par contre, une étude ultérieure, faite par le DSC, n'a trouvé aucune augmentation du nombre de cancers du poumon à Oka.«Compte tenu de l'ensemble de la situation, déclare le Dr Reiner Bankcn, médecin-conseil au DSC, il nous semble plus avisé d'attendre les résultats de l'étude de Winnipeg; une alerte générale prématurée pourrait causer des traumatisme dans la population.En attendant, noiis avons une raison de plus pour inciter les gens à arrêter de fumer \u2014 à la maison aussi bien que partout ailleurs!» Sur une pomme par ailleurs brillante de santé: disparu l'hoplocampe, mais non sans laisser de trace.PHOTOS RENE PICARD.La Presse rte Un autre insecte impo.qui prolifère, l'hoplocampe I CAROLE THIBAUDEAU Les hoplocam-pes représentent la variété d'insectes ravageurs la plus honnie des pommiculteurs ces temps-ci.Comme tous les organismes qui ne sont pas originaires du pays, virus, bactérie ou insecte ravageur, ils rencontrent chez nous peu de prédateurs naturels et peu de compétiteurs.Alors ils ne se gênent pas pour proliférer.«Les hoplocampcs nous ont fait le coup classique, explique M.Charles Vincent, entomologiste à la station de recherche de Saint-)ean-sur-Richelieu d'Agriculture Canada.Ils sont arrivés en Amérique en 1940 ou 1941, dans l'état de New York, peut-être avec des pommiers décoratifs.Ils se sont peu à peu multipliés et de vergers en vergers, ils ont atteint la frontière québécoise en 1978, par le comté de Huntingdon.Actuellement, ils font des ravages jusque dans l'île d'Orléans.» Le coup classique, c'est celui du piéride du chou, introduit au Québec en 1861.C'est également celui de l'espérie européenne, immigrée au début du siècle dans la paille enveloppant des meubles importés; cet insecte s'attaque aux plantes fourragères.La plupart des ravageurs vraiment nui- sibles nous viennent d'Europe et vice versa: des espèces américaines ont aussi franchi l'Atlantique pour causer d'énormes ravages en Europe.L'hoplocampe est ce petit insecte qui laisse une trace en forme de points d'interrogation sur la belle peau lisse de la pomme.En 86, les hoplocampes deviennent franchement invivables au Québec, endommageant 5 à 6 p.cent des récoltes et même jusqu'à 14 p.cent, dans les cas extrêmes.«Par malheur, on constate que l'hoplocampe est encore plus actif sous les climats froids, comme la Pologne, la Hollande, que les climats plus chauds.En France, par exemple, l'insecte fait plus de ravages dans le nord que dans le sud.» Ce n'est pas le cas de tous les insectes.La tordeuse à bande rouge, par exemple, est plus à l'aise au sud qu'au nord.Elle est très nuisible dans la région de Montréal mais est absente de la région de Québec.95 p.cent de pommes parfaites L'activité de l'hoplocampe est catastrophique dans un verger commercial, car le producteur vise un objectif de 95 p.cent de pommes cosmétiquement parfaites, objectif fixé par les règlements de mise en marché.Si l'hoplocampe endommage déjà 5 p.cent de la production, il faudrait que disparaissent complètement la tavelure, les champignons, la mouche de la pomme, la tordeuse à bande rouge et autres chenilles pour que l'affaire demeure rentable! L'hoplocampe se reproduit durant la floraison des pommiers.Ce serait bien le meilleur moment pour l'arroser d'insecticide s'il ne fallait protéger à tout prix les fleurs et les abeilles qui les butinent durant cette période.En effet si les abeilles sont intoxiquées, on aura du miel contaminé et on n'aura pas de pommes, car la pollinisation sera compromise.Les abeilles sont indispensables à la fécondation qui.elle, déclenche le processus de formation du fruit.Un arbre vert parmi les rouges Les organes mâles et les organes femelles de la fleur du pommier n'arrivent pas à maturité en même temps, alors la fleur ne peut pas s'autoféconder.Il faut absolument une espèce différente pour fertiliser les fleurs de l'arbre.C'est pourquoi en se promenant dans un verger, on aperçoit parfois un arbre ployant sous les pommes vertes au sein d'un champ de pommes rouges.Les fruits sont toujours de la variété de l'arbre qui les porte.C'est pourquoi des greffons de Mcintosh donneront toujours des Mcintosh, même si les fleurs ont été fertilisées par un pommier Cortland, Lobo ou Melba.«C'est la lignée de la mère qui compte», affirme le Dr Raymond Granger, physiologiste à la station de Saint-Jean-sur-Richclicu.Les pépins, qui sont en fait les rejetons de la fécondation, donneront des arbres ressemblant à l'un ou à l'autre parent.Mais la pomme elle-même, qui représente les réserves nutritives tie l'ar- bre à naiire, a toujours la forme et le goût caractéristique de l'arbre qui l'a porté.C'est pourquoi les pommiculteurs reproduisent\" les pommiers par bouturage et non pas à partir des pépins: ils veulent conserver les caractéristiques de l'arbre porteur.Quand on regarde attentivement les pommiers des vergers, on se rend compte qu'ils n'ont plus rien de sauvage.Un bourrelet à quelques pouces du sol rappelle que l'arbre a été coupé à I age d'un an, et qu'on y a greffé la variété désirée.En fait, dans les pommiers de nos vergers, la variété qui fait les racines n'est pas la même que celle qui fait les pommes.«Tout le système radiculaire est formé par le porte-greffe, généralement une variété de pommier nain ou semi-nain, explique Raymond Grenier.» On choisit un porte-greffe qui résiste bien au froid el qui portera des pommes tôl.Pour les jardiniers amateurs À la station de recherche, on a mis au point plusieurs variétés de pommiers qui résistent bien au froid et aux ravageurs.C'est pommiers n'ont pas besoin d'insecticides et font des pommmes savoureuses.Il s'agit de variétés comme la Richelieu, la Rouville.Mac-Free, Liberty, etc.«Cela prend beaucoup de temps avant que les pommiculteurs adoptent de nouvelles espèces, car le consommateur demande des noms connus comme Lobo, Mcintosh, etc., explique le Dr Granger.Mais pour les jardiniers amateurs, qui plantent un pommier derrière chez eux, le choix devrait automatiquement porter vers une de ces espèces résistantes.A moins que le jardinier tien ne absolument à se lever souvent la nuit pour traiter leur arbre.» Le verger piéton Le procédé Solen: pour un verger piéton.Les deux branches maîtresses de l'arbre sont croisées et poussent à l'horizontale.CAROLE THIBAUDEAU Les façons de cultiver le pommier font l'objet de constantes recherches.Chez le pommi-culteur André Ictté, on cultive les arbres selon la méthode Solen, importée de France.Les champs cultivés de cette façon donnent des vergers pédestres, c'est-à-dire où la cueillette des pommes se fait entièrement à pieds, sans qu'on ait besoin d'une échelle.La technique Solen consiste à faire pousser les deux branches maîtresses du pommier selon un axe horizontal à quatre ou cinq pieds du sol.Lorsque le pomm-mier porte-greffe a un an, on lui greffe la variété de pommes que l'on désire, du Mcintosh par exemple.À la deuxième pousse de feuille, on sectionne la tige principale de l'arbre, qui bourgeonnera ensuite en quatre ou cinq branches.En juin de la même année, on sélectionne les quatre branches les plus robustes.Dès que les branches atteignent le fil de fer (environ a un mètre).on sélectionne les deux plus robustes, on les croise et on leur donne un angle horizontal.Sans le croisement, le poids des branches fait craquer l'arbre en son milieu.Chaque branche principale dé-.veloppe ensuite des rameaux horizontaux, qui ploieront sous le poids des fruits.Chez les pommiers, les branches commencent à porter fruit lorsqu'elles sont horizontales ou pendantes.Avant cela, l'arbre utilise ses protéines et ses sucres pour renforcir ses branches et développer son système de racines.Cette technique, développée en France par |ean-Marie Lespinos, de l'Institut de recherches agricoles de Bordeaux, est expérimentée pour la première fois au Québec sous la direction de Rolland |oa-nin.Six pommiculteurs participent à ce projet, subventionné par l'entente auxiliaire Canada-Québec sur le développement agro-alimentaire.Autres informations en page B 4 Paul Desmarais président du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins, directeur de l'information Alain Dubuc, éditorialiste en chef Editorial DOCUMENT Un faux débat Les slogans multicolores qui 'décoraient» depuis quelque temps les ambulances de la région métropolitaine disparaîtront dans les prochaines heures.Une entente de principe est en effet intervenue entre le ministère de la Santé et des Services sociaux et le Syndicat des techniciens ambulanciers, regroupant la majorité des employés de ce secteur.Il est bien évident que cette entente au niveau des relations de travail constitue une bonne nouvelle.Mais cela ne règle ab-* solument pas le très grave problème de l'absence de planification d'un système d'urgence préhospitalier au Québec.Les techniciens d'ambulances en sont eux-mêmes conscients puisque le syndicat et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) à laquelle ils sont affiliés, ont préparé une vaste étude là-dessus.Les techniciens actuels rêvent d'être des « paramedics*, comme il en existe, notamment, aux États-Unis.Par ailleurs, du même souffle, ils ont d'abord réclamé l'étatisation du système ambulancier actuellement propriété d'entreprises privées \u2014.parmi lesquelles, incidemment, on retrouve certaines entreprises de pompes funèbres.Puis, le syndicat s'est rabattu sur une solution mitoyenne, intéressante à première vue: acheter leurs entreprises et les transformer en coopératives.Le ministre d'État délégué à la Santé et aux Services sociaux, M.Robert Dutil, a lui-même dévoilé les grandes lignes d'une réforme du système du transport ambulancier qu'il espère traduire en projet de loi à l'automne.Cette réforme prévoit la mise sur pied de centrales de coordination des appels, des normes et standards plus élevés pour l'équipement et les véhicules et la dissolution d'Urgences Santé telle qu'on la connaît à Montréal pour la remplacer par une corporation autonome et une meilleure formation des techniciens ambulanciers; celle-ci passerait de 150 heures, qui est la moyenne actuelle, à 850 heures.Tout cela est fort joli sur papier et mérite d'être encouragé.Mais on ne sait toujours pas par qui et comment cette formation sera donnée.D'ailleurs, on n'a toujours pas défini une véritable politique de système préhospitalier au Québec.Pire, l'Association des médecins d'urgence du Québec, qui sort d'un congrès de quatre jours dans la métropole, n'a même pas participé à l'élaboration de la réforme ambulancière.La médecine d'urgence n'est pas officiellement reconnue comme spécialité autonome au Québec, contrairement à ce qui se fait dans la plupart des provinces et Etats américains.D'ailleurs, seule l'université McCill l'enseigne en tant que spécialité spécifique.Le débat sur le type de propriété des entreprises ambulancières est un faux débat.Celui sur la qualité de tous les services est beaucoup plus important.Les médecins d'urgence doivent y être associés.Nul besoin de se lancer dans d'autres savantes études.Des systèmes intégrés existent dans des villes comme Toronto, Edmonton et Vancouver et semblent donner satisfaction.On n'a qu'à transposer la situation à Montréal et dans les grands centres du Québec.Avec un peu de bonne volonté, c'est possible.Pierre VENNA?En avant, les blindés! Certaines images évoquent de mauvais souvenirs.De voir les blindés de Moscou dans les rues d'Erevan, capitale de l'Arménie, fait trop penser à Budapest en 1956 et à Prague en 1968 pour qu'on ne se dise pas, une fois de plus, qu'à toutes les interrogations le Kremlin n'a toujours qu'une réponse: l'envoi de ses blindés.Il est certain que les tanks ont un effet calmant sur les foules.A Erevan, 850 000 manifestants se sont trouvés confrontés aux soldats.Ces images d'une réalité plutôt inquiétante, tout le monde a pu les voir à la télévision.Que sait-on de plus?Les informations restent rares et les témoignages des voyageurs sont souvent confus.En outre, comme il arrive si souvent dans ce genre de crise, le journal du jour ne se comprend bien qu'à la lumière d'événements qui remontent, dans le cas qui nous occupe, à plus de 60 ans.Ce n'est pas d'hier que les Arméniens se plaignent de ce qu'on ne leur fait pas la vie trop facile.Et on ne parle pas ici du genocide de 1915, imputé aux Turcs, mais d'arrangements au sein de l'empire soviétique remontant à Staline.Résumons.Nous sommes en Arménie soviétique.Le Nagor-ny-Karabakh est rattaché à l'Azerbaïdjan voisin.De là tout le problème, car l'Arménie demande que le Karabakh lui soit rattaché.Pour quelles raisons?Parce que les Arméniens sont la majorité dans l'enclave, parce qu'ils ont le sentiment d'y être traités injustement, parce qu'on leur fit naguère des promesses qui ne furent pas tenues.Staline lui-même, président en 1920 du Commissariat aux nationalités, avait donné l'assurance que ces régions feraient partie intégrante de la nouvelle Arménie soviétique.(Article dans la Pravda le 4 décembre 1920.) Une fois le pouvoir soviétique consolidé, ces belles promesses sont désormais subordonnées aux « intérêts de la révolution ».Le mot clé du puzzle, c'est Staline.C'est lui, l'ancien dictateur, qui promit de rendre le Karabakh à la «république-soeur» d'Arménie, c'est lui qui ne tint pas parole et c'est précisément parce que M.Gorbatchev semble vouloir tourner le dos au stalinisme que l'espoir renaît que le Karabakh sera restitué à l'Arménie.C'est a ce point précis que commence le drame.Comme l'écrit avec a-propos Armand Sarian dans les Cahiers arméniens, «dans le nouveau contexte de l'avènement de Mi-kaïl Gorbatchev, les Arméniens ont cru qu'ouskorenié (accélération) et perestroïka (restructuration) auraient l'immense pouvoir de corriger les erreurs de l'histoire léguées par Staline».« Les Arméniens ont cru.».Tous les indices donnent à penser qu'ils seront déçus.Pourquoi?La réponse n'est pas simple.Elle ne l'est surtout pas pour M.Gorbatchev lui-même.Le Numéro un est enfermé dans des contradictions.Il veut un relâchement de l'emprise de l'État et du parti chez lui.Il est même prêt à écouter les doléances de son peuple dans la rue, comme l'ont prouvé des incidents récents.Démocrate chez lui, au milieu des siens, M.Gorbatchev peut-il se permettre de l'être en dehors de la Moscovie?La réponse est: non.D'où l'envoi de blindés a Erevan.Logiquement, la réponse devrait être «oui».Mais l'acquiescement signifierait que M.Gorbatchev est prêt à donner des arguments a ses adversaires à Moscou, qui l'accusent de préparer les voies de l'anarchie dans tout l'empire.Ecouter les Arméniens aujourd'hui oblige à entendre demain toutes les voix du nationalisme dans la fragile Union des républiques socialistes soviétiques.Guy CORMIER Le vieillissement au Québec: une bouteille à la mer ou l'urgence d'agir Le problème du vieillissement frappera le Québec de plein fouet dans les années qui viennent; A ce propos, nous publions aujourd'hui de larges extraits d'un document important présenté au récent colloque national organisé par le Centre hospitalier Côte-des-Neiges sous le thème « La gériatrie: les 10 prochaines années».Les auteurs sont le Dr Yves Jette, directeur général, et François Orsat, chargé de projet à la direction générale.YVES JETTE FRANÇOIS ORSAT Sans faire de bruit, une vaste mutation démographique est en train de modifier substantiellement le visage de la population québécoise.Trois courants de fond s'unissent pour remodeler en profondeur ce profil: la multi-eth-nicité, la dénatalité et le vieillissement.Ces changements profonds doivent appeler à une rapide prise de conscience en vue d'une adaptation de la société à ce qu'elle-même constitue: un regroupement d'hommes et de femmes, d'ainés et de jeunes, de francophones et d'allophones, des Québécois de souche et d'adoption.Le Centre hospitalier Côte-des-Neiges cible son action sur la personne âgée et son mieux-être.Adoptant une approche globale et intégrée, nous situons ici la personne âgée dans son environnement et tentons de dégager quelques-uns des enjeux du vieillissement pour le Québec des années 2000.De nombreux espoirs sont permis, en autant qu'un certain nombre de «virages» soient négociés au plus tôt.Un vieillissement rapide guette le Québec à l'aube du troisième millénaire.La présence démographique des personnes âgées au sein de la population ira en grandissant.De 7,7% qu'elle était en 1976, la proportion des plus de 65 ans est passée en 1988 à 10,5%.Elle atteindra, si les tendances actuelles se maintiennent, 12,6% en 1996, près de 17% en 2011 et pourrait flirter avec les 25% en 2031.Et ces dates ne sont pas si lointaines: 2011 correspond à l'année de retraite théorique des Québécois qui ont aujourd'hui 42 ans, et 2031 de ceux qui en ont 22, au matin de leur vie active.Ce «choc démographique» est le reflet direct de la dénatalité, de l'allongement de l'espérance de vie et du vieillissement de la génération des « baby boomers ».Ces deux derniers facteurs étant presque invariables, le vieillissement du Québec est inéluctable.L'accroissement de la durée moyenne de vie provoque un vieillissement à l'intérieur même du groupe des personnes âgées.Les 75 ans et plus représentaient, en 1985, 37,6% des aines.Ils atteindront les 44% d'ici une quinzaine d'années.Le «quatrième âge» représente, en 1988, 3,8% de la population et doublera son pourcentage dans moins de 25 ans.C'est le groupe, per capita, qui s'approprie la plus grosse part du budget social de l'État.La montée des 75 ans et plus signifie également la féminisation progressive du troisième âge.Ici comme ailleurs Les pourcentages de gens âgés que nous connaîtrons dans quelques années existent déjà dans plusieurs pays européens.Mais pour ceux-ci, le processus de vieillissement est un phénomène qui remonte au début du siècle et dont l'élan a été très progressif.L'enchaînement d'une dénatalité accentuée au baby boom d'après-guerre provoquera au Québec un rythme de vieillissement parmi les plus rapides au monde.L'onde de choc démographique fera trembler nos structures.Il faut dès maintenant agir et planifier de nouvelles orientations.L'apport des régimes publics de retraite a, au cours des deux dernières décennies, considérablement amélioré le niveau de vie des personnes âgées.Les revenus des personnes âgées proviennent principalement des sources publiques: ils reçoivent en moyenne 5125$ annuellement de cette source.Cependant, les trappes de pauvreté du vieillissement restent grandes ouvertes.Une part importante des personnes âgées vivotent en dessous du seuil de la pauvreté.La situation est particulièrement dramatique pour les gens âgés seuls, surtout les femmes: en 1986, 42,7% des personnes âgées seules vivaient sous le seuil de la pauvreté.La pression des coûts sur les régimes de retraite publics se fera gigantesque à long terme.A tel point qu'on est en droit de se demander, non si les améliorations récentes du niveau de vie pourront se poursuivre, mais bien si l'on pourra maintenir les modalités du présent régime.Les enjeux actuels touchent au financement des régimes, aux responsabilités respectives des gouvernements, des entreprises et des individus dans ce même financement; ' L'urgence d'agir n'est cependant plus à démontrer.Les taux de cotisation devront continuer d'augmenter sans cesse après 1991 (au début 1988, 4%, et passera à 4,6% d'ici 1991).Avec un nombre de retraités qui croit plus rapidement que le nombre de cousants, la caisse du régime de retraite québécois sera vide en 2002 en l'absence du nouvelles augmentations.Cette situation signifie donc que les prestations futures du régime des rentes devront être financées directement par les générations futures, Mais pourront-elles supporter le fardeau?L'expérience des aînés Si moins de jeunes entrent sur le marché, le taux de chômage peut baisser et les femmes mariées à la maison peuvent être incitées à rechercher un emploi.De même, si les perspectives d'emploi s'améliorent, les travailleurs âgés peu- « gentrification » des vieux quartiers.Le processus de rénovation et les augmentations de loyers qui y sont liées provoquent souvent le déplacement forcé des aines et le déracine-nent de leur milieu.L'exode forcé des anciens doit être évité à tout prix.L'adaptation de l'habitat représente un autre défi.Celui-ci facilitera d'autant le maintien à domicile et assurera une meilleure qualité de vie à nos aînés.Il ne s'agit pas de tout refaire mais d'intégrer, aux projets de construction et de rénovation, un plus grand souci d'accessibilité, de sécurité et de facilité pour les utilisateurs âgés.Des solutions simples et peu coûteuses existent dans la plupart des cas, qu'il s'agisse d'escaliers anti-dérapants, de barres dans la salle de bain ou d'une cuisine dont l'équipement est aménagé de façon adéquate pour une personne âgée.Services de santé: hausse constante Le groupe du troisième âge consomme déjà la plus grande part des budgets de l'État consacrés aux services de santé et de services sociaux.La consommation des personnes âgées est aussi celle qui croît, et de loin, le plus rapidement.Les dépenses publiques de santé au Québec sont très élevées: en 1987-88, elles s'élèvent à huit milliards de dollars, dont trois sont destinés aux aî- vent retarder leur départ à la retraite.On peut cependant s'interroger très sérieusement sur la portée d'une telle adaptation «naturelle».D'autre part, l'explosion des coûts sociaux et les besoins mêmes des personnes âgées doivent nous amener à explorer de nouvelles avenues.Flexibilité et adaptation des lieux de travail devront devenir des mots d'ordre.Plusieurs formules sont intéressantes et permettent de satisfaire les personnes âgées à la recherche d'un complément de revenu, de contacts sociaux et qui veulent ménager leurs forces ou disposer de leur temps le plus librement possible.Parmi celles-ci, on compte le temps partiel, le travail occasionnel, la retraite graduelle étalée sur plusieurs années et diverses formes d'aménagement du temps de travail, telles que la semaine de trois ou quatre jours, les postes partagés, les longs congés annuels, Tous y gagneront: les personnes âgées répondront à leurs besoins économiques et sociaux et les entreprises bénéficieront de leur flexibilité, ieur expérience, expertise et dévouement.Le logement: adaptation du milieu de vie Si la disponibilité générale de logements pour les personnes âgées semble bonne pour les prochaines années, la question de l'accessibilité financière reste problématique, tout comme I accessibilité physique.Aide financière et adaptation de l'environnement deviennent des nécessités.Au-delà de 40% des gens âgés consacrent plis de 30% de leur revenu à se loger.Ces proportions se sont accrues ces dernières années, phénomène at-tribuable à un nombre sans cesse croissant de personnes âgées hors-famille vivant seules (on en compte aujourd'hui 150000).Les politiques de logement pour répondre à cette situation ont été de deux ordres: la construction de HLM et l'aide financière.Le déficit pour les gouvernements est cependant très élevé, près de 3000$ par année par logement déjà existant, près de 5000$ par logement neuf, et les listes d'attente n'ont pas de fin.Un grave problème touchant l'accessibilité financière des personnes âgées est celui de la nés.C'est donc, par citoyen de tout âge, près de 1 400$ et plus de 4000$ par personne âgée.La consommation globale devrait, selon les projections réalistes de Georges Mathews basées sur des hypothèses de croissance très modeste de la consommation individuelle, connaître une augmentation annuelle de 2,6%.Et cela dans un contexte de relative stagnation économique.Les fondements du système actuel qui s'articulent autour de l'hébergement institutionnel, de l'hospitalisation et d'une intervention médicale traditionnelle devront nécessairement se transformer pour, à la fois, tenir compte de la pression des coûts et des différents bénéfices de certains modes d'action innovateurs.Avant d'explorer ces nouvelles voies, revenons i la condition sanitaire des aînés.L'état de santé des personnes âgées Multiplicité et chronicité des troubles tendent à caractériser l'état de santé des gens du troisième âge.Cette situation devrait exiger la présence d'une continuité de soins, laquelle dépasse les ressources de notre système de santé.En outre, les personnes âgées souffrent de notre ignorance sur la façon de traiter les maladies de la vieillesse, qu'il s'agisse, par exemple, de troubles de la vision ou de l'audition, de restrictions de la mobilité, de l'incontinence ou de troubles dépressifs.En raison de cette présence de plusieurs affections chez les personnes âgées, les soins qui leur sont dévolus doivent davantage viser l'amélioration de leurs capacités à exécuter les tâches de la vie quotidienne.« Maximisation de l'autonomie» doit ainsi être le mot d'ordre, malheureusement pas toujours réalisé par nos professionnels de la santé.Ce dernier constat doit rapidement nous amener à faire prendre conscience aux intervenants que l'essence de leur action ne se situe plus à faire disparaître les maladies mais plutôt à mettre en valeur et développer le potentiel humain des personnes âgées.Cette orientation implique d'abord une intervention adaptée à la personne considérée.Les aînés sont des individus à part entière.L'approche à leur situation doit être globale.Jus- qu'à maintenant, une importance excessive a trop souvent été accordée à la santé physique de la personne âgée, voilant ainsi ses composantes intellectuelles, affectives et émotionnelles.On se préoccupe beaucoup moins d'une saine qualité de vie, pourtant également indispensable et ayant à terme un impact direct sur l'état de santé.Aux deux extrémités du continuum clinique centré sur le «curatif», prévention et réadaptation prennent tout leur sens.Ils permettent simultanément d'éviter certains troubles, de réduire les coûts et de mettre pleinement en valeur les capacités des aînés.Le décloisonnement des interventions et l'application d'une approche globale aux problèmes du vieillissement doivent s'y lier.Pour un véritable maintien à domicile La gériatrie et les services destinés aux personnes âgées ont beaucoup avancé au cours des années 1970.De nombreuses ressources, programmes et dispositifs institutionnels ont été mis sur pied pour répondre aux besoins des personnes âgées.Le système ne répond cependant plus à la demande.Selon l'avis de tous, la voie de l'avenir semble le maintien à domicile, au sein du milieu propre à la personne âgée.C'est là qu'elle retrouve toutes ses racines.C'est aussi le milieu le plus favorable à l'amélioration et au maintien de son autonomie.Les moyens ne suivent malheureusement pas les orientations en cette matière.Contrairement à certains pays européens qui ont davantage misé sur les services à domicile, les dépenses québécoises en ce domaine représentent moins de 2% des dépenses de santé, soit sept fois moins que celles consacrées à l'hébergement et aux soins prolongés en milieu hospitalier.Imagination et audace L'injection de nouveaux fonds est certes une chose, un système qui «marche» en est cependant une autre.On doit réaffirmer la nécessité d'une plus grande coordination de l'action des différents intervenants qui doit être plus efficace: services généraux, de gériatrie, de soutien à domicile.La continuité de l'intervention auprès de la personne âgée et de sa famille est essentielle.Concertation, régularité et permanence doivent guider l'aide apportée à nos aînés.La mise en place d'un réseau de ressources intégrées a un attrait certain sur le plan clinique.Mais elle favoriserait également le développement et la diversification des ressources alternatives à l'institutionnalisation ainsi qu'un décloisonnement entre le secteur institutionnel public, le secteur communautaire et privé.Imagination et audace doivent aussi s'intégrer à la mise en place d'une véritable politique de maintien à domicile.De nouvelles formes de services doivent être explorées plus à fond.Les expériences étrangères doivent être mises à profit, telles que les visites de gardiens ou gardiennes, les services d'alerte par radio, le « granny flat », un genre de maison préfabriquée installée sur le terrain de la maison familiale, coopératives, réseaux de soutien formés d'aides bénévoles du voisinage, «lunch club» qui permet de prendre en groupe un bon repas, support aux familles.Les «façons de faire» doivent changer les missions des établissements clarifiées, les moyens évolués.Vers une politique du vieillissement Cette prise de conscience doit nous mener à élaborer, en premier lieu, une véritable politique de la vieillesse.Celle-ci permettra d'assurer dignité et bien-être à nos gens âgés.Cette politique de la vieillesse devra cependant s'intégrer à une politique plus large et prospective, une politique du vieillissement.Il ne sagit plus seulement de réagir au présent, il faut préparer l'avenir.Une chose est essentielle.Le succès de l'effort à entreprendre repose largement sur le développement d'un sentiment conscient de solidarité.Or, c'est un fait que si les hommes se sentent solidaires de ceux qui les entourent, qu'ils connaissent, avec qui ils vivent et travaillent, ce sentiment s'affaiblit, jusqu'à disparaître, entre des nommes ou des groupes humains qui s'ignorent, loin les uns des autres et dont les préoccupations quotidiennes sont souvent différentes, voire même opposées. LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 25 SEPTEMBRE 1988 B3 La Presse SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 25 SEPTEMBRE 1988 La personnalité de la semaine Dix ans après sa création, Vunique opéra-rock francophone connaît un autre succès retentissant à Paris DENIS LAVOIE On retient facilement les noms des interprètes et les titres de chansons mais leurs auteurs sont souvent oubliés, leur nom pas toujours mentionné, plus souvent même com-plètcmnt ignoré.Luc Plamondon est pourtant arrivé à s'imposer comme parolier et à inscrire son nom bien en vue aux cotés des plus grandes vedettes de la chanson québécoise et française.Un disque de ses meilleures chansons en témoignage d'ailleurs.Aujourd'hui, La Presse souligne son talent en le choisissant Personnalité de la semaine.Mais pour arriver à ce qu'on reconnaisse la contribution de l'auteur, il a dû élever la voix, lui qui a pourtant donné paroles et succès à tant d'artistes.Il alla même jusqu'à l'esclandre au Gala de l'ADISQ en 1983.pour défendre la cause des droits d'auteur, ou pour crier le manque d'égards pour sa contribution lors d'un spectacle de la chanteuse Barbara.Un nouveau succès, dix ans après.Aujourd'hui, il en va autrement.Les louanges pleuvent sur le parolier québécois, à l'occasion du nouveau succès que con-naii.dix ans après sa création, le premier et seul opéra-rock francophone.Starmania.Et c'est encore à Paris que ça se passe.comme s'il nous était toujours besoin de cette vieille mère-patrie pour consacrer le talent de nos artistes, qu'elle sait par ailleurs payer de retour mieux que nous.Plus qu'un auteur, Luc Ha- mondon est.a sa manière, un artiste de la chanson, un tantinet poète, «le porte-parole de sa génération, de son époque, de notre sensibilité», comme l'écrit lacques Godbput dans un livre à paraitre aux Éditions de l'Homme en novembre.Le titre du bouquin est d'ailleurs inspiré de la chanson qui a été la plus payante pour Plamondon, Un Coeur de rockeur, en même temps que le plus grand succès de julien Clerc.Un bourreau de travail Si le succès frappe à nouveau à la porte de Plamondon, c'est qu'il met justement son coeur à l'ouvrage comme le précise sa collaboratrice Denise Pari-seault.Elle en parle comme d'un bourreau de travail qui, en ce lendemain de succès de sa quatrième production de Star-mania, la deuxième à voir le jour en France (il y a eu entre-temps deux autres productions québécoises), se remettait aussitôt à la tache.Il s'envolait en effet pour Los Angeles avec le chanteur lohnny Halliday, pour y préparer un nouveau disque avec la vedette française.En plus d'être auteur, impliqué dans les sociétés (SPAC et SODRAC ) vouées à défendre les droits de ses pairs, Luc Plamondon est un téméraire promoteur d'artistes.Mais il est avant tout le parolier dont tout interprète souhaite un texte.Les plus grands succès de Diane Dufres-ne, Fabienne Thibeault, Marie-Denise Pelletier et Julien Clerc sont signés Luc Plamondon, faiseur de carrières, propulseur de vedettes.Il y en a encore beaucoup d'autres, et jusqu'au toujours fort populaire Français lohnny Halliday, qui comptent aujourd'hui sur le talent indéniable de celui qui demeure le plus grand A LUC PLAMONDON «Il est le porte-parole de sa génération, de son époque et de notre sensibilité», dit de lui Jacques Codbout danz un livre à paraître y ik parolier québécois, le seul qui ait vu son nom et sa tète figurer sur la pochette d'un disque consacré à ses meilleures chansons.Consacré depuis un bon moment comme le meilleur auteur québécois, amené à travailler avec l'un des meilleurs composi- teurs populaires français.François Berger, pour créer Starma-nia, Luc Plamondon ne compte plus les succès.Déjà, au premier Gala de l'ADISQ.deux de ses chansons méritaient un Felix.Il y en a eu bien d'autres depuis.Luc Plamondon.c'est telle- ment de titres qui ont séduit le public et souvent propulsé la carrière d'artistes, dont certains déjà solidement établis tels Robert Charlebois ou Claude Dubois.Leur seule liste remplirait une pleine page du journal.Le livre que Godbout doit lui consacrer contient d'ailleurs 150 des quelque 400 textes de chansons de Plamondon.Souvent, on les a attribués, à tort, à leurs interprètes, tant l'auteur a su tisser des histoires qui collent à la peau de l'interprète.Une oeuvre au service des Québécois Devenu producteur, il a épaulé d'autres artistes pour que naissent Pied de poule.Vis ta vinaigrette et le spectacle de Louise Forestier.Et ce Starma-nia dont le succès perdure.S'il remercie le compositeur François Berger de l'avoir embarqué dans cette creation qui allait lui ouvrir les portes de l'Europe (avec Catherine Lara, Coccinatc et d'autres), Plamondon en profite, comme il l'a toujours fuit, pour mettre son oeuvre au service d'artistes québécois.Quand on parle de Slarmania a Plamondon, il nous renvoie l'espoir que son oeuvre serve de tremplin pour Martine Saint-Clair et les frères Richard et Norman Groulx, comme cette comédie musicale a déjà permis â Diane Dufrcsne de s'imposer à Paris et à Fabienne Thibeault de s'y faire connaître il y a dix ans.Parolier de service, Plamondon l'a longtemps été pour la Dufresne.Mais il a aussi écrit puur Pauline Julien, Edith Butler, France Gall.Pelula Clark.Nanette Workman et Renée Claude.C'est dire comment ce couturier des mots peut habiller toutes les voix, dans tous les styles.Barbara, Marie Carmen.Pier- re Bertrand, Franchie Raymond, Céline Dion chantent Luc Plamondon.La liste est interminable.Tant et tant de chansons, d'interprètes et de compositeurs sont tous accolés aux succès de Luc Plamondon, depuis plus d'une quinzaine d'années de succès, depuis sa première chanson Dans ma Ca-maro interprétée par Steve Fi-set.«l'aime toujours lancer des artistes sur disque», nous dira simplement Plamondon.Une deuxième comédie musicale en chantier Bien sur, il est l'auteur québécois qui affiche le plus grand nombre de hits, et le premier sans doute à vivre uniquement de son métier, malgré le peu qu'on peut en retirer ici.Mais il ne se contente pas des succès passes et continue de créer.11 a d'ailleurs mis en chantier une deuxième comédie musicale en colaboration avec Michel Berger, ce qui promet après les dix ans de succès de cette première oeuvre commune, Starmania.Et dire que dix ans après sa création, l'oeuvre de Plamondon-Berger fait courir le Tout-Paris! On parle même d'une traduction anglaise pour Londres et New York.Derrière tant de succès, ce qui reste de primordial, ce sont tous ces mots de Plamondon qui tournent dans les têtes, ceux du Blues du businessman de Ma Mère chantait.Les Hauts et les bas d'un hôtesse de l'air.Le Monde est fou et On fait tous du showbusiness.Tant et tant de succès durables n'empêchent pas Luc Plamondon de courir après le prochain, laissant le soin à ses interprèles de récolter les bravos du public que l'auteur a sûrement mérités tout autant, et depuis longtemps.Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, Vexcellence naît de Veffort.ALCAN au magazine La personnalité de la semaine vous attend demain à 13 h 15 AU JOUR Réalisatrice-coordonnatrice: LOUISE B.TARDIF Lt JOUR Avec Dominique Lajeunesse et Normand Harvey, ._ tjv V vil m ******* du lundi au vendredi.¦ M w Télévision B4 LA PRESSE, MONTREAL.DIMANCHE 25 SEPTEMBRE 1988 Demain l'an 2000 Serons-nous toujours au volant?YVES LECLERC collaboration spéciale Oui de nous n'a pas entendu cette (déjà vieille) blague: «Si l'automobile avait évolué au même rythme que l'ordinateur, une Ferrari d'aujourd'hui irait à 5000 km/h en consommant 0.1 litre aux cent km, el coûterait I00$»?Or l'automobile a effectivement évolué, ces dernières années, au rythme de l'ordinateur.quoique pas dans le sens mentionné ci-dessus (heureusement, d'ailleurs, car notre mythique Ferrari I989 serait probablement à peine plus «rosse qu'un pois chiche!).C'est par l'intérieur qu'elle a changé, en particulier par la place de plus en plus importante que prend la technologie électronique dans sa mécanique.À tel point qu'un chroniqueur automobile pouvait dire récemment: «Le microprocesseur est aujourd'hui la pièce la plus importante de la plupart des automobiles.et il représente le plus gros progrès dans notre industrie depuis le démarrage électrique.» Et il citait l'allumage électronique, le contrôle du mélange air-essence, la direction aux quatre roues, les freins anti-dérapage, ¦le contrôle de vitesse automatique, les systèmes anti-pollution qui sont tous plus ou moins fondés sur les puces électroniques.Et il est de plus en plus évident que cette évolution ne fait que commencer: il existe aujourd'hui toute une génération d'ingénieurs aussi experts dans la programmation des processus que dans la conception d'un moteur à explosion ou d'un différentiel.Et après avoir (en bonne partie par un souci d'économie pas très bien placé) utilisé des puces standard mal adaptées au dur environnement des véhicules moteurs, les constructeurs font .maintenant appel à des circuits spécialisés à la fois plus appropriés et plus résistants.comme le font d'ailleurs depuis longtemps les forces armées.Performance ou automatisme Qu'est-ce que cela laisse prévoir pour l'avenir?D'autres améliorations de performances?Sans doute, mais à un degré assez restreint.Les limites de vitesse et de puissance ne sont plus dictées par des considérations techniques mais par la capacité de réaction du conducteur humain moyen: votre voiture peut être bâtie pour rouler à 300 à l'heure, mais pas vous! De la même façon, une bonne partie de la réduction prévisible de la consommation est probablement derrière nous: on pourra améliorer le rendement de 10 ou 20 p.cent, non plus le doubler comme on l'a fait depuis une décennie.Là où vont se produire les gros changements, c'est dans l'automatisation des fonctions qu'on considère actuellement comme propres aux humains: la navigation, la conduite elle-même.et le paiement des péages sur les autoroutes! Ne riez pas: on met à l'essai en France (premier pays qui a généralisé le péage par carte de crédit) un truc permettant à l'automobiliste d'acquitter son droit de passage simplement en appuyant sur un bouton au tableau de bord! Un code électronique est transmis au poste de péage, qui crédite le compte de banque du propriétaire de la voiture.La prochaine étape, évidemment, est de se passer de l'intervention du conducteur.L'auto «sentira» le poste de péage à l'avance, et son ordinateur de bord prendra les mesures en conséquence, vous en avisant seulement s'il le juge bon.Deuxième point, la navigation: un système est déjà en place à Tokyo qui permet à l'automobiliste de se situer en tout temps sur une carte de la ville affichée à un écran devant lui.Des versions plus perfectionnées lui indiquent même les embouteillages et suggèrent le meilleur chemin à suivre pour arriver à destina-lion.Inmarsat, l'organisme international qui gère les satellites de navigation pour les bateaux, a maintenant des antennes assez petites pour être montées sinon dans une voiture, du moins dans un camion circulant sur la grand-route.Un système primitif a été mis à l'essai (et a fait ses preuves) pendant le rallye Paris-Dakar.D'ici à ce que vous consultiez votre tableau de bord plutôt que les panneaux routiers pour savoir où vous êtes rendu, il y a peut-être bien moins loin qu'on ne le croit.2000 et vous.L'étape suivante; c'est évidemment que, sachant se repérer toute seule, votre auto apprenne aussi à se conduire toute seule.Là, deux méthodes sont envisagées: l'une plaçant l'intelligence dans le véhicule, l'autre la mettant dans la route même.Dans le premier cas, un système de repérage tel que celui de Tokyo serait jumelé à un robot-conducteur équipé d'une caméra de télévision, de microphones et de radars, qui serait ainsi capable de «voir» la route et la circulation et de réagir pour atteindre une destination que son «passager» lui aura préalablement indiquée.Dans le second cas,l'auto jouerait un rôle passif, se contentant d'indiquer sa destination à un «ordinateur de route» qui en prendrait le contrôle pour la guider à bon port dans des conditions optimales.D'autant plus qu'une fois éliminé le «point faible» du conducteur humain, rien n'empêcherait la voiture de l'an 2000 de filer à la vitesse d'un TGV! Et à nous, ex-chauffeurs dégagés de toute responsabilité, que rcstera-t-il à faire pour meubler les temps mort du trafic de cinq heures sur le Métropolitain?Sans doute rien d'autre que de regarder des reprises de «K 2000» au canal 10 sur notre télévision de bord ! À quand la cueillette automatisée des pommes?¦ À la ferme expérimentale de Frelighsbure.le physiologiste; Raymond Granger et l'ingénieur Roger Chagnon travaillent à développer une technique qui pourrait améliorer la rentabilité de la cueillette.Mais pour automatiser, il faut changer toute la ligne de production! On fait d'abord pousser en pots des pommiers nains.Au moment de la cueillette, un tracteur muni d'un bras articulé saisit le pommier par le tronc et lui plonge la tête dans un bain-tourbillon d'eau fraîche.Les courants d'eau détachent les pommes mûres de l'arbre sans nuire aux feuilles.On voit ici le réservoir dans lequel un courant d'eau ramène les pommes à la sortie, où se trouvera un convoyeur.Cela changera-t-il la face de: nos vergers d'ici une ou deux décennies?«On ne sait pas encore si le projet sera viable commercialement, de dire M.Granger.Beaucoup de points restent encore à définir: la variété de pommiers la plus propice à la culture en pots, la protection de l'arbre en hiver, la rentabilité de cette technique relativement aux autres, etc.» Selon M.Rolland Joannin, itechnicien chez plusieurs po-imiculteurs, il existe en France un robot nommé Magali, programmé pour faire la cueillette des pommes.La méthode n'est pas encore idéale.Le robot, doté de vision, est assez habile dans la cueillette des pommes rouges.Mais quand il s'agit des pommes vertes, Magali confond encore des grappes de feuilles touffues avec le fruit lui-même.De nouvelles familles d'insecticides CAROLE TH IB AU DE AU ¦ Une nouvelle famille d'insecticide se développe de plus en plus sur le marché nord-américain.Au lieu de s'attaquer au système nerveux des insectes, et par conséquent d'être nocif pour le système nerveux des mammifères, les nouveaux pesticides s'en prennent à la chitine, cette substance qui constitue l'enveloppe protectrice rigide de l'insecte.Les nouveaux insecticides nuisent à la formation de la chitine.Les individus touches par l'inhibiteur de chitine ont parfois des pattes de trop, ils sont stériles et ils ne peuvent pas muer, ce qui finit par les faire mourir.«Ce n'est pas aussi spectaculaire qu'une accumulation de cadavres d'insectes une demi-heure après l'arrosage, mais c'est très efficace à moyen terme», affirme l'entomologiste Charles Vincent, à la station de Saint-Jean-sur-Richelieu d'Agriculture Canada.Charles Vincent, entomologiste à la station de Saint-Jean-sur-Richelieu d'Agriculture Canada.PHOTOS RENE PICARD.La Presse Médecine Ne criez pas au meurtre après avoir accepté déjouer le jeu W.GIFFORD-JONES collaboration spéciale ui doit ou ne doit pas utiliser le dispositif contraceptif intra-utérin?Provoque-t-il l'infection du pelvis, la stérilité ou la grossesse ectopique?Et quelle est son efficacité?Les femmes désireuses d'utiliser le stérilet feront bien d'obtenir une réponse non équivoque à ces questions avant d'agir.Il n'est pas facile de contenir la cupidité humaine, mais les femmes bien informées ne devraient avoir aucun recours si des complications surgissaient.Les femmes canadiennes ne s'exposeraient pas alors à la tragédie qui est survenue aux Etats-Unis.La situation qui existe présentement aux Etats-Unis au sujet du stérilet est un excellent exemple du tort que les agissements de quelques-uns peuvent causer à la collectivité.Le stérilet de cuivre a été retiré du marché américain, les énormes poursuites intentées à son sujet ayant forcé les compagnies, incapables de risquer Je tels enjeux, à mettre fin à sa production.Un grand nombre de femmes se voient ainsi privées d'une excellente méthode de planification familiale.Qu'y a-t-il de vrai et de faux au sujet du Stéiilet?Tout d'abord, cause-t-il une infection?Des études ont établi que c'est le mode de vie des femmes qui détermine le succès de celte méthode contraceptive, et non le stérilet lui-même.Avec un peu de sens commun, on aurait pu tirer celle conclusion il y a longtemps.Par exemple, si une femme qui utilise le stérilet a de multiples partenaires sexuels, l'infection est plus susceptible de survenir, et dans ce cas, le stérilet constitue l'élément le moins dangereux.Et aujourd'hui, on ne peut répéter trop souvent cet avertissement: il est impossible de passer d'un lit à l'autre sans jouer en même temps à la roulette russe et risquer toutes sortes d'infections.La preuve est depuis longtemps faite que tôt ou tard, on paye le prix d'un tel mode de vie.Par contre, les femmes qui utilisent le stérilet mais sont monogames courent très peu de risques d'infection, et dans ce cas, le stérilet est le seul élément de risque.Mais les femmes devront accepter ce léger risque si elles choisissent cette méthode de contraception particulière, qui est seulement une méthode parmi beaucoup.Certaines femmes prétendent que le stérilet leur a occasionné une salpingite qui les a rendues stériles.Mais beaucoup de patientes sont diagnostiquées à tort comme atteintes d'une pelvipéritonite, et de plus, des études effectuées sur des femmes monogames n'ont établi aucun accroissement du taux de 'stérilité consécutif à l'usage du stérilet.Cet accroissement n'aurait été constaté que chez les femmes ayant de multiples partenaires.En 1988, les femmes se doivent de considérer un point très important: chaque fois qu'elles s'engagent dans une nouvelle aventure sexuelle, elles prennent un nouveau risque, en assumant les effets de toute relation sexuelle antérieure que leur nouveau partenaire a pu avoir.Le stérilet accroît-il les risques de grossesse tubaire?Il est plus difficile de répondre à cette question.En général, la réponse est négative, mais il n'est pas impossible que la progestérone que contient le stérilet augmente les risques de grossesse extra-utérine.Les autres lacunes du stérilet sont bien connues: par exemple, son taux d'échec est d'environ 5 p.cent.Chez 10 p.cent des femmes, il se produit un saignement suffisant pour forcer le retrait du dispositif.Si une grossesse survient, le risque d'une fausse couche est de 50 p.cent environ si l'on n'enlève pas le stérilet et de 25 p.cent si on l'enlève.Il y a aussi danger de perforation de l'utérus lors de l'insertion.Et en de rares occasions, le dispositif a pu traverser l'utérus.Ainsi, quelles sont les candidates idéales au stérilet?Ce sont les femmes ayant un ou plusieurs enfants qui entretiennent des relations monogames et qui n'ont jamais connu des problèmes gynécologiques tels un saignement anormal, des règles douloureuses ou une infection du pelvis.Les femmes qui ne devraient pas toucher à ce dispositif sont celles qui n'ont pas d'enfants, qui ont des partenaires multiples, qui sont sujettes à des règles douloureu'es ou qui ont déjà subi une infection du pelvis ou une grossesse extra-utérine.Les femmes sans enfants qui envisagent de fonder une famille plus tard insistent parfois pour utiliser le stérilet.Toutefois, la majorité des gynécologues ne le recommandent pas, au cas où des complications préviendraient la grossesse.Mais les femmes déterminées à utiliser cette méthode contraceptive doivent aussi accepter les risques éventuels de complications.Les femmes doivent comprendre que même dans les circonstances les plus favorables, il est impossible d'éliminer tous les risques lorsque l'on place un corps étranger dans l'utérus.Et elles ne devraient pas être en mesure de crier au meurtre si des complications surviennent alors que tous les risques leur ont été expliqués en détail.Le physiologiste Raymond Granger, à la ferme expérimentale d'Agriculture Canada à Frelighsburg: «NOus avons mis au point des variétés résistantes à la tavelure ».Dictionnaire pratique des pesticides ¦ Chaque année, plus d'un million de personnes dans le monde sont victimes d'empoisonnements causés par les pesticides.Les techniciens des pays en voie de développement ne possèdent pas de vêtements protecteurs ni de masques.Dans les pays en voie ce développement, plus de 40 000 individus en meurent tous les ans faute de ressources et de traitements appropriés.Parfois, ils ne savent pas lire les instructions, ce qui peut entraîner plusieurs erreurs de manipulation, comme se pla- cer contre le vent pour procéder à l'arrosage.Une sorte de dictionnaire pratique sera bientôt fourni par le Centre de toxicologie du Québec, sous forme de logiciel.Ce logiciel réunira toutes les informations existantes sur l'ensemble des pesticides actuellement sur le marché, leurs effets et les traitements requis s'il y a intoxication.Ce projet est financé par le Centre de recherche pour le développement international et coordonné par l'Organisation mondiale de la santé. LA PRfcbSfc, MUNTRfcML, DIMANCHE 2b SEPTEMBRE 1988 De la décoration de gâteau au tai-chi et même le latin: c'est la ruée vers les cours du soir! ROCH CÔTIÉ ¦ Lundi soir, 19h: les deux parkings de la polyvalente des Sources, à Dollard-des-Ormeaux, sont pleins comme Eaton le lendemain de Noël.Mais ce n'est ni pour un prêcheur ni pour une vente de feu que tout ce monde s|est déplacé.Tout simplement, il s'agit d'une partie de l'immense cohorte de la «culture personnelle», de cette armée d'assoiffés qui prennent au mois de septembre ie chemin des cours du soir.C'est une mode, plus c'est la ruée! Les Québécois se sont lancés à fond de train dans le perfectionnement, dans la culture un peu obsessive de leurs talents, présumés ou réels.Ce n'est pas janvier, le mois des résolutions, des bonnes intentions et des changements de cap.C'est septembre.«L'homme nouveau», selon l'expression de Saint-Paul, arrive une couple de mois avant le beaujolais.Pour la seule commission scolaire Baidwin-Cartier, dans l'ouest de l'île de Montréal, 5000 personnes emplissent les salles de cours trois soirs par semaine: de quoi former 137 classes, de l'informatique à la cuisine, du tai-chi à la décoration intérieure.Et ça grossit chaque année: près de 20 p.cent plus de classes à Baidwin-Cartier, en l'espace d'un an.«Pour les cours d'informatique, c'est la rage, nous confie Mme Suzanne Germain, responsable de l'éducation des adultes pour cette commission scolaire.Un quart d'heure après l'annonce des cours, il n'y a plus de places.On fait des listes d'attente.» Sur les 5000 clients de Mme Germain, la moitié vient compléter des études, l'autre moitié est là pour la culture personnelle, le perfectionnement, le hobby.Cela s'appelle aussi bien la danse du ventre que la coiffure, la relaxation ou la décoration de gâteaux.25 heures sur le gâteau * En ce beau lundi soir de septembre, Lindà Henry démarre son cours, penchée sur un grand gateau blanc.Quatorze femmes font cercle autour de l'objet convoité: le gâteau, qu'elles passeront 25 heures à apprendre à décorer.Il y en aura pour tous les goûts: le gâteau rond, le carré, le rectangulaire qu'on garnira de fleurs, de bordures, de chocolat, etc.Enfin, le grand gâteau de mariage pour lequel on sortira le glaçage royal, s'il-vous-plaitl.\u2014 Est-ce qu'on va apprendre à écrire «bonne fête»?demande une élève.\u2014 Non, répond Linda, ça viendra avec la pratique.Le climat est bon enfant, on tutoie déjà le professeur.Toutes ces femmes sont là pour leur plaisir d'abord et la satisfaction de mieux maîtriser les mille \"t une petites techniques qui rendent le quotidien moins embêtant.Aucune d'elles ne gagne sa vie dans la cuisine.Louise Carrière, de Pierre-fonds, a pris ce cours de décoration de gâteau pour améliorer ses talents de cuisinière et en faire profiter sa famille.«L'an passé j'ai pris le cours de micro-ondes à Pierrefonds.Je me suis lancée dans la cuisine», avoue-t-elle en riant.L'avantage de tous ces cours du soir dans les écoles, c'est leur prix.Pour une somme qui ne dépasse habituellement pas $75, l'élève a droit à ses 25 heures\" «d'électronique pour femmes» ou de confection de chapeaux.La danse sociale tient le coup, pas la couture Si l'on peut, le soir, terminer son cours secondaire ou son cégep, la mode est surtout à la culture sous toutes ses formes, grandes et petites.Il n'y a pas de limites â ce que l'on peut offrir à ce public avide.Dans son studio de la rue Sherbrooke ouest, à Montréal, Mme Virginia Chang offre depuis cinq ans des cours de peinture et de calligraphie chinoises.La clientèle est toujours fidèle au rendez-vous, suffisante pour former cinq groupes par semaine.«Le jour, dit Mme Chang, je reçois surtout des femmes, des retraitées.Le soir je vois plus d'hommes, de professionnels.» Et pourquoi donc la calligraphie chinoise?«Ils me disent que c'est relaxant, qu'ils oublient leurs problèmes», confie Mme Chang.À travers le Québec, les écoles, ateliers et studios privés destinés à répondre à ce besoin ne cessent d'augmenter.Le ministère de l'Éducation a accordé 481 permis pour ce genre d'établissement en 1983.L'an dernier, le répertoire du ministère en contenait 25 p.cent de plus, soit 609.Les champions de ces activités de culture, sont à peu près toujours les mêmes d'une année à l'autre: le ballet, la danse sociale, le chant.Quelques fois, une étoile filante passe: en 83-84, les cours privés de couture ont soudain volé la vedette.Deux ans plus tard, leur part était redevenue négligeable.Mystère! Surprise aussi de voir tout ce que l'on peut enseigner: l'art de recevoir, l'art lapidaire, la billeterie, le charme féminin, la projection de soi, le maintien, le journal intime intensif, sans oublier le divertissement sublime entre tous.le latin! La culture du moi Depuis quelques années, le genre «écoute ton corps» et «vis en plénitude et en harmonie» grignote dans la clientèle de la danse sociale.Les ateliers de «sciences cosmiques», de «développement intégral», de «philosophie», «d'évolution personnelle» poussent comme des champignons en septembre.On se cherche.Ou on cherche des gourous.Au «Centre de croissance et de maîtrise Écoute ton corps», Au-dette Pelletier réussit à former quatre groupes par semaine de gens qui veulent «vivre en paix, en santé et en amour».Ça marche toute l'année.50 semaines sur 52 et ça fait vivre huit employés.«Ça marche bien depuis six ans, confie Mme Pelletier.La demande est assez forte.Les gens ne se satisfont plus du métro-boulot-dodo.Ça devient vide.Ils cherchent autre chose.» Autre chose comme l'acceptation de soi et des autres, la prise de conscience de ses émotions, de ses pensées et de ses actes.Cette nouvelle philosophie de vie s'acquiert au coût de $340 pour un cours de 35 heures.Kris Hadar(c'est un nom d'emprunt), vit lui aussi depuis huit ans des cours «d'évolution personnelle» qu'il offre, rue Saint-Denis à Montréal.Vous pouvez pour $200 vous contenter du «tarot divinatoire» ou de la «numérologie à 22 chi- Â la polyvalente des Sources, à Dollard-des-Ormeaux, Llnda Henry ration des gâteaux.La vogue des cours du soir, sur les sujets les entame ses 25 heures de cours sur un thème appétissant: la déco- plus divers, ne connaît pas de répit à travers le Québec.\" PHOTO ROBERT MAILLOUX, U Presse Pour Montréal seulement, 140 cours de tai-chi.La culture du corps, le mieux-être, la recherche de l'harmonie attire une clientèle toujours plus nombreuse dans les cours et ateliers de tous genres.Depuis quelque temps, les Québécois sont «tombés» en amour avec la gymnastique chinoise, le tai- chi.fres» mais la maison a mieux à offrir, soutient M.Hadar: pourquoi ne pas vous interroger sur le Divin, l'âme et le Karma, sur ce qui se passe après la mort, sur les moyens de sortir des réincarnations ou sur le voyage astral conscient?« La moitié des gens qui suivent des cours de philosophie, soutient M.Hadar, cherchent un guide, un maître à penser.II y a trop de gens qui n'arrivent pas à s'ajuster à la société et qui viennent se soumettre à un gourou.H y a un mal d'être dans la société.Pour ma part, je mise sur l'évolution personnelle et la responsabilité.» Dans le genre «connaissance de soi » et « recherche de l'harmonie», le tai-chi, cette gracieuse gymnastique chinoise, et la graphologie font partie des activités à la mode.¦ Dans un !oca! de l'UQÀM, 'o-celyne Gauvin-Canse offre, pour environ $l 50, 25 heures de cours sur l'analyse de l'écriture.«Je reçois beaucoup de gens qui sont responsables de l'embauche dans leur entreprise ou d'autres qui s'occupent d'orientation, précise Mme Gauvin-Canse.Les autres sont là pour la culture personnelle, pour mieux se connaître.» Quant au tai-chi, c'est la grande folie de l'heure.La Société de tai chi taoïste du Québec organise cet automne environ 200 cours dans une trentaine de villes.Pour Montréal seulement, 140 cours de tai-chi.pour se sentir «aux p'tits zoiseaux»! Autre signe des temps, le monde des cours du soir est avant tout un monde de femmes.Le son de ETES-VOUSOBSERVATEUR ?RÉPONSES 1) Coude de l'homme plus long.2) Moyeu arrière de la bicyclette.3) Gardebou avant plus long.4) Piller non Indique derrière la tete de l'homme 5) Plancher de la hutte de gauche.6) Sol non Indique sous le buisson de droite.7) Haut du buisson de droite complete.8) Echelon supérieur de l'échelle non indique.cloche est partout le même : clientèle féminine à 70, 80 ou 90 p.cent.Rattrapage, libération, prise en main de soi-même, les explications se recoupent toutes.Des méchantes langues pourraient objecter que toutes ces femmes sont libres de leur temps et qu'elles se tapent des cours pour tromper l'ennui de leur maison vide.Faux! Les oisives, constatent les pourvoyeurs de cours, sont peu nombreuses.Les femmes travaillent et peuplent les cours du soir par recherche d'identité et d'affirmation de soi.«|e crois, dit Bernard Voycr, président de la société québécoise de tai-chi taoïste, que les femmes sont plus disposées à essayer de nouvelles choses.» «Tlles sont moins sceptiques» renchérit Mme Jocelyne Gauvin-Canse, graphologue.À quand un «atelier de scepticisme intensif» pour attirer ces messieurs?A\tPHYSI0UE\t8.9.\tDoxey remontant 1.\tLe vecteur moment cinétique\t10.\tPieds 2.3.\tLes lois de Kirchhoff Mouvement brownien\tE\tLES INVENTIONS 4.\tLa liaison hydrogène\t1.\tA Martigues, près de Mar- 5.\tLouis de Broglie\t2.\tseille.Frederick Lanchester.B\tIDENTIFICATION\t3.4.\tD.E.Hughes.Zenobe Gramme.René Descartes\t\t5.\tLe compteur Ceiger.\t\t6.\tToronto.c\tMUSIQUE\t7.\tL'accélérateur de particu- \t\t\tles atomiques.1.\tE\t8.\tL'Université de Cambrid- 2.\tJ\t\tge.3.\tF\t9.\tTexas Instruments, de 4.\tC\t\tDallas.5.6.7.\tC I\t10.\tOklahoma City.\t¦ H\t\t 8.9_\tA D\tF LA FINLANDE\t iol\tB\t1.\tL'exploitation de la forêt de conifères.D\tBANDES\t2.3.\t1962 Le finnois et le suédois.\tDESSINÉES:\t4.\t1917 \tLUCKY LUKE\t5.\tLe general Mannerheim.1.\tDalton\t6.\tLe traite de Tartou.2.\tchante\t7.\t1920 3.\tDaily\t8.\t1939 4.\tbandit\t9.\tLes regions de Petsamo 5.\tRivaux\t\t(auj.Petchenga), de Salla 6.\tprairie\t10.\tet la Carelie.7.\tDerricks\t\t1948 Le brid Le silence est d'or ANDRÉ TRUDELLE ¦ Un conseil à ceux qui aiment intervenir dans les enchères.Il est souvent préférable de se taire quand les deux adversaires ont parlé et que le partenaire est resté silencieux.Voici un cas.Donneur: Sud Vulnérabilité: Nord-Sud Nord ?972 Ç>ADV 0 V754 ?R97 Ouest Est ?10 84 3 ?A R D6 5 v 7 6 4 5 R 8 2 01062 OD98 ?62 +43 Sud ?V 9 109 5 0AR3 ?ADV 1085 Les enchères: Sud Ouest Nord Est 1 Tr passe I K I Pi 2 Tr passe 2 Co passe 3 K passe 4 Tr passe 5 Tr passe passe passe Entame: 3 de Pi Sans être un excellent joueur, Sud a enregistré l'enchère de son flanc droit.Il coupe le deuxième tour de Pi et joue As de Tr et petit Tr vers le Roi.Un temps normal, il aurait tenté l'impasse du Roi de Co assez tôt, mais l'enchère de I Pi modifie son plan.Il coupe le dernier Pi du mon, joue As et Roi de K et petit K vers le Valet.Est gagne de la Dame.Quoiqu'il fasse, il ne pourra empêcher le déclarant de gagner toutes les autres levées.Ainsi, l'enchère de I Pi par Lst a aidé le déclarant ;> réussir son contrat plus une levée supplémentaire; alor.-qu'il aurait naturellement perdu un l'i et un Co. B 6 \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 25 SEPTEMBRE 1988 La maison de Lotbinière 124 CUV PINARD e Lotbinière, Fcr-r, ïieri Reford.Trois noms importants dans l'histoire de Montréal et du Canada, trois noms qui ont en commun 'd'être; rattachés à l'histoire d'une, maison toute simple de la rue du Saint-Sacrement, construite au début du XIXe siècle.La présence de voûtes sous la maison, a amené certains chercheurs à penser, que cette maison pourrait dater du régime français, et qu'elle aurait initialement appartenu à Michel Chartier de Lotbinière, marquis de Lotbinière.Mais cette hypothèse,ne résiste malheureuse-nient pas à l'analyse, comme on le verra tantôt, sauf pour un point intriguant qui vient déranger cette tranquille certitude: la disposition des souches des cheminées en chicane, de part et d'autre de l'arête faitière,.disposition typique des maisons normandes du Québec.Les propriétaires successifs Le terrain où s'élève la maison de Lotbinière fit partie d'une propriété concédée par Paul de Chomedey de ¦ Maisonneuve à Robert Le Cavalier dit Deslauricrs (ou Desloriers) le 24 octobre 1654.En 1716, la propriété échoua à Pierre de Rivon, sieur de Budémont, chevalier de Saint-Louis, puis à Marie Godé, qui épousa Charles de Couagne, ensuite à la famille dé Lotbinière.Entre la conquête et 1800, la famille céda ses droits sur ce terrain à Silvain Laurent dit Béri-chon.Le nom «Lotbinière» n'apparaît au dossier de la maison actuelle qu'en 1812.Mais il ne saurait s'agir de Michel puisque ce dernier était mort en 1799.il est indéniable que ia maison actuelle fut construite en 1811 pour le négociant Silvain Laurent dit Bérichon, car on a retrouvé les deux marchés de construction.Accordé à Louis Gravelle, le marché pour la menuiserie fut signé le 27 décembre 1810.Quant au contrat de maçonnerie, il fut adjugé au maître maçon Louis Beauchamp le 24 juin 1811.Mais Laurent dit Bérichon ne conserva pas la maison bien longtemps et la revendit dès le 9 mai 1812 (peut-être n'était-elle même pas terminée?) à Alain Chartier de Lotbinière.Les documents de Joseph Papineau entérinent d'ailleurs la thèse voulant qu'il ne s'agissait pas en l'occurrence d'une transmission testamentaire de la propriété de père (Michel) en fils (Alain).En effet, dans un inventaire de ses biens devant le notaire Papineau, le 11 août 1800.Lotbinière ne mentionne aucune propriété, rue du Saint-Sr.crement.Par contre, cette maison fait partie de son testament du 9 juin 1815, qu'il date d'ailleurs de la maison de la rue Saint-Sacrement.Les deux Lotbinière Et qui sont ces Lotbinière auxquels on attache tant d'importance?Michel Eustache Gaspard Alain Chartier de M.Robert Reford.photo ro'bert nàdon, u www Lotbinière est né à Québec.le 3î janvier 1748, et il était propriétaire des seigneuries de Lotbinière, Vaùdreuil et Ri-gaud.Lotbinière fut fait prisonnier par les Américains à Sàint-jean-sur-Richelieu lors de la courte guerre de 1775j76.Il fut représentant'.du 'comté de York à l'Assemblée législative du Bas-Canada de 1792 à 1796, et il se fit remarquer par ses luttes pour défendre la cause du français.En 1796, il fut nommé au Conseil législatif du Bas-Canada par Lord Dorchester (Sir Guy Carlèton), un de ses amis personnels.Marié deux fois, Lotbinière eut sept enfants.U mourut le 1er janvier 1822, et comme il n'avait qu'une soeur et trois filles, la lignée des Lotbinière prit fin avec lui.Malgré la contribution importante d'Alain à l'histoire dû pays, son père fut évidemment le plus célèbre des deux.Michel Chartier de Lotbinière, marquis de Lotbinière, officier des troupes de la Marine, ingénieur militaire, constructeur du fort Carillon (actuel fortTicon-deroga ) naquit le 23 avril 1723.En 1755, après un séjour de trois ans en France d'où il revint avec un grade de lieutenant et le titre d'ingénieur du roi, Lotbinière reçut de son cousin Pierre de Rigaud de Cavagnal, marquis de Vaùdreuil et gouverneur de la Nouvelle-France, le mandat de construire le fort Carillon.Michel fut celui qui, en 1758, incita Louis-Joseph, marquis de Montcalm de Saint-Véran, à affronter les Anglais du général lames Abercrom-bic au fort Carillon plutôt que de se replier.Montcalm y remporta une de ses plus grandes victoires.La suite n'est qu'une série de malheurs, qui commença en 1756 quand on lui préféra Nicolas Sarrebource Mala-dre de Pontleroy comme ingénieur des troupes régulières françaises.Puis suivirent la capitulation de la France et son départ avec son fils pour la mère patrie, !a perte de deux seigneuries (Alainyille et Hocquart ) du lac Champlain, son difficile retour au pays, son opposition à Carleton pourtant appuyé par son propre fils, ses difficultés financières, un exil de 19 ans, et la brouille définitive avec sa famille.Il était donc seul, à New York, lorsqu'il succomba à la fièvre jaune le 14 octobre 1798.La maison de Lotbinière, aujourd'hui siège social de la société Robert Reford Inc.' *Sw5fci£' /' ' '.photo robert nad0n, U Presse photo robert nadon, La Presse L'immeuble de la rue de l'Hôpital.Ses grandes fenêtres sont remarquables.Ferrier et Reford lames Ferrier est né à Fife, en Ecosse, le 22 octobre 1800.Il immigra au Canada en 1821 et fit fortune dans le commerce, les transactions immobilières et la construction des chemins de fer.Au plan politique, il fut successivement conseiller municipal, puis maire de Montréal, membre du Conseil législatif du Bas-Canada (pendant 20 ans), membre du premier Sénat canadien et du Conseil législatif du Québec.Il mourut à Montréal le 30 mai 1888.Ferrier fut le propriétaire de la maison de 1846 jusqu'à sa mort, alors qu'elle passa aux mains de son gendre et de sa fille.Henry Dobell en devint le propriétaire en 1909 et le resta jusqu'à sa mort en 1929, année où l'édifice reçut son numéro civique actuel.Le bâtiment fut acheté de la succession Dobell parson propriétaire actuel, Robert Reford inc., agent de transport maritime», en 1945.' Cette entreprise fut fondée par Robert Reford, un Irlandais du Nord, né à Moylena, près d'Antrim, en Ulster, en L'escalier menant à l'étage a conservé son charme d'an- Le bureau du président contient un foyer d'époque, avec PrîCTO KOBE\" NÂDCrî, Là Pt'viic \\*l IUIIIMI UIIIV \"w \u2022 \u2022 M#WI* tfVMay#W«r 1831.Après avoir été partenaire de William Strachan dans l'entreprise Stra-chan & Reford Co.Ltd, Reford forma sa propre entreprise, la Reford & Dunbar Co.Ltd, en compagnie de Richard Dunbar.Puis, avec son ami John Dillon comme partenaire, il acquit les actifs de William Ross et fonda la Reford & Dillon Co.Ltd.La société ouvrit une succursale à Montréal en 1865 dans l'intention de se lancer dans le commerce transatlantique.Le premier navire, le brigantin Seagull quitta Montréal le 4 juin 1866 en direction de l'Afrique du sud, avec une cargaison de marchandises générales.En 1897, Dillon décida de retirer tous ses actifs, ce qui donna naissance à la Robert Reford Co.Ltd.En 1911, l'entreprise emménagea dans son propre édifice de quatre étages, tout juste à l'ouest de son siège social actuel.Cet édifice, qui fut démoli en 1961, s'étendait de la rue du Saint-Sacrement à la rue de l'Hôpital.Reford jouit d'une réputation enviable, d'abord comme membre de la Commission du port de Montréal, de 1901 à 1905, puis comme président de la Commission royale d'enquête sur les transports, en 1904 et 1905.Robert Reford mourut en 1913, et son fils Robert Wilson lui succéda à la présidence.Sous son règne, l'entreprise dut se fusionner avec la Cunard Line Co.Ltd en 1929 à cause du krach financier.Mais la fusion de Cunard et de White Star, à l'issue de la Deuxième guerre mondiale, incita Robert W.et son fils Eric à démissionner et à reformer leur propre compagnie.Le président actuel, Alexis Reford, est le quatrième à occuper le poste, ayant succédé à Eric, qui fut président de 1947 à 1972.Sa fille, Nikola, pourrait bien lui succéder un jour.L'entreprise est connue sous le nom de Robert Reford Inc.depuis une réorganisation survenue le 1er avril 1978.C'est une succursale à part entière de la société MRMM Inc.L'achat de l'édifice Au moment de l'acquisition de l'édifice qui loge son siège social actuel, en 1945, l'immeuble était vacant depuis un an, après avoir abrité le restaurant The RENDEZ VOUS 92 1992 350' ANNIVERSAIRE DE LA IOXI>\\IH>\\ Di: MONTRÉAL Old House pendant six ans.Exception faite de cette brève incursion dans la restauration, l'édifice a toujours logé des bureaux.Le siège social comprend en fait quatre édifices, entre les rues du Saint-Sacrement et de l'Hôpital, mais seul le premier est d'un intérêt certain au plan architectural.Cet édifice de 41 pieds et demi de largeur sur 34 de profondeur présente un parement de pierre de taille en façade et dè moellons sur les autres faces.Il comporte un sous-sol de huit pieds et demi de profondeur, deux étages et des combles de 15 pieds de hauteur, sous un toit à pignon à deux versants à revêtement de tôle à baguette et percé de quatre lucarnes.L'arête faîtière culmine à une hauteur de 39 pieds au-dessus du niveau de la rue, et les versants du toit ont une pente très prononcée de 44 degrés.L'édifice de style vernaculaire est doté d'une façade parfaitement symétrique.On remarquera d'abord son porche en bois d'inspiration géorgienne, avec porte à deux battants surmontée d'une imposte semi-circulaire et encadrée de deux pilastres qui supportent une frise sculptée et un fronton triangulaire à tympan uni.Ensuite, le fenêtra-ge, pour sa disposition symétrique tant au plan des registres qu'au plan des travées.Les petits carreaux d'antan ont été remplacés par de grandes fenêtres, avec imposte au rez-de-chaussée et sans imposte à l'étage.La corniche peu proéminente surplombe une moulure à fines denticules.De vieux dessins permettent d'affirmer que les lucarnes sont plus volumineuses que les lucarnes d'origine.Mais force est de reconnaître qu'elles reprennent scrupuleusement le langage architectural du porche, frise et fronton compris.Le revêtement ocre de la façade est aussi le résultat d'une intervention postérieure à la construction.La disposition en chicane des souches des cheminées laisse croire qu'il pourrait s'agir d'une maison normande, agrémentée d'un mur coupe-feu à l'ouest (on y relève les traces d'une ouverture murée).Cette possibilité est amplifiée par la présence de voûtes sous le sol, derrière la maison.Selon certains, ces voûtes auraient servi à ranger les armes et la poudre sous le régime français, puis à loger les soldats de Wolfe sous le régime anglais.II existait même un passage qui conduisait au fleuve, afin, dit-on, de permettre aux résidants de la maison de fuir vers le fleuve en cas d'attaque des autochtones.Construites en moellons de pierre locale, ces voûtes contiennent des briques rouges très étroites, du genre qu'on fabriquait en Normandie à l'époque.II est donc vraisemblable qu'une autre maison ait jadis occupé l'emplacement, mais il ne s'agit certes pas de la maison actuelle.SOURCES: Robert Reford Inc.: The Robert Reford Company, Limited l1866-1966) et notes historiques \u2014 Ministère des Affaires culturelles: Inventaire patrimonial du Vieux-Montréal: 221, rue Saint-Sacrement et documents divers \u2014 Archives de la ville de Montréal: documents divers \u2014 CIDEM-Communications: Cité résidentielle \u2014 Communauté urbaine de Montreal.Service de la planification du territoire: Répertoire d'architecture traditionnelle: Les résidences et documents divers \u2014 La Presse, Service de la documentation : La résidence du martjuis de Lotbinière, par Alice Poznanska-Parizeau, et documents divers \u2014 Atherton, William: Montreal, from 1SS5 to 1914 \u2014 Université Laval: Dictionnaire biographique du Canada \u2014 Crolier : Encyclopedia Canadians.REPÈRES Nom: La maison de Lotbinière.Adresse: 221.rue du Saint-Sacrement.Métro: station Place-d'Armes, vers le sud, rue Saint-Urbain, vers l'ouest, rue Saint-Antoine, vers le sud.rue Saint-François-Xavier, et vers l'ouest, rue du SaintSacrcnsenl.Moi, Antoine-D., retraité Prière pour la virgule ANTOINE DESROCHES collaboration spéciale Serait-il vrai qu'avant même que le premier coup de fusil n'ait retenti, l'issue de la bataille de Waterloo s'était décidée à cause d'une virgule?Selon certains anecdotiers, au moment où les armées se trouvèrent en presence, un officier des forces napoléoniennes, sous la poussée d'une belle inspiration chevaleresque, aurait lancé le cri : «Tire/ les premiers, Messieurs les Anglais!»' Or il s'en est trouvé par la suite pour soutenir que notre homme avait été mal cite, et plus mal compris encore, et que pris de panique devant la masse d'uniformes étrangères qui lui faisait face, il aurait plutôt hurlé: «Tirez les premiers messieurs, les Anglais!» On connaît le reste.La petite communauté belge de Waterloo passa à l'Histoire, Napoléon à l'île Sainte-Hélène et le nom même de Waterloo resta dans la langue française pour signifier l'ultime échec.Tout ça à cause d'une virgule?Ce serait beaucoup.N'empêche que ce modeste signe en forme de crochet fait partie de ces particularités de la ponctuation qui comptent au nombre des plus belles richesses de l'expression française.Cette ponctuation qui appelle dans la phrase ces petites respirations que l'on prend pour mieux continuer.Comme dans le chant ou dans l'amour.Pourtant il vient à ma connaissance que dans l'apprentissage de la lecture à l'école, la ponctuation fait problème.L'expression un tantinet pédante se trouve dans les programmes du ministère de l'Éducation destinés aux écoliers de huit à neuf ans.L'énormité de l'affirmation aussi.Selon l'objectif minimal terminal proposé, à la fin de la troisième année l'écolier serait capable de lire des textes signifiants et lisibles à condition que les phrases ne comportent pas plus de 10 ou 11 mots.On explique encore aux professeurs qu'un écran (lisez: entre deux virgules) de plus de cinq mots (par exemple: «Le train, moyen de transport connu depuis très longtemps, sert.») ferait problème.Je vous passe encore une fois l'irritante expression, mais je me de mande: à qui?Dé même ferait.etc.l'emploi du OU disjonctif, comme dans l'exemple: «Tu travailles ou tu pars».Allez dire ça à un écolier de 8 ou 9 ans pour voir s'il comprendrait ! Et ça ne va pas mieux avec les écoliers de la fournée suivante, les neuf à clix ans de quatrième année.Là, la longueur des phrases ne doit pas dépasser les 15 mots.Un puissant gain de quatre à cinq mots en une année.Mais l'on fournit une consolation aux professeurs, en les assurant qu'ils peuvent «toutefois déterminer globalement le degré de lisibilité d'un texte par la technique du test de closure ».À vos dictionnaires, vous les fins lettrés, pour me trouver la signification de cette closure que quelqu'un a passé entre les dents de la Loi 101.Et à l'école encore! Victor Hugo est donc bien mort.Ce n'est pas demain que l'on fera connaître à nos futures élites les beautés descriptives des Travailleurs de la mer: ces 27 lignes d'une seule phrase dans lesquelles il raconte, entre 35 virgules et un point-virgule, comment le maçon charpentier de Salbris descendit d'un étage le «gros horloge» de l'église de la Charité-sur-Loire; où il explique, en 51 lignes bien comptées et en ne s'aidant que de la virgule, l'origine des 32 vents du compas; où se trouve de l'île de Guerncsey une vigoureuse description de 400 (oui, quatre-cents) mots avant de se terminer sur un point et sur cette démonstration géniale: «Voilà Gncrne-sey».Grand-père Hugo ne fut pas le seul à construire des monuments du genre.William Faulkner en fut un autre, qui donna quatre solides pages de texte à la description d'un cadenas de prison avant d'en arriver au point.Ce n'est pas précisément pour cela qu'on lui attribua le prix Nobel, mais tout de même.Heureusement qu'il s'en trouve encore pour croire à la ponctuation, comme le fait voir le programme d'automne dès Belles soirées de la Faculté de l'éducation permanente de l'Université de Montréal qui propose trois cours sur La ponctuation: le sel de la langue française.Voilà qui devrait, en partie du moins, compenser la fadeur que notre Éducation propose aux écoliers.Ai-je terminé?Non.Pas tout à fait.Il me reste à relever, du programme d'éducation à la lecture.'cette phrase qui m'a brûlé les yeux.En- toutes lettres: «Il est également important de reconnaître qu'on ne lit pas un article d'encyclopédie comme un récit d'aventures.» \\'.' \\ \"1 i Quel heureux cheminement connaîtrait l'apprentissage de la belle langue française si justement, tout à l'opposé, on apprenait aux enfants que l'encyclopédie n'est qu'une merveilleuse et continuelle aventure! Comme le diction naire.Ça pourrait peut-être leur éviter dans l'avenir de connaître leur Waterloo à cause d'une virgule! "]
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