La presse, 5 novembre 1988, C. Vivre aujourd'hui
[" Vivre aujourd'hui LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 5 NOVEMBRE 1988 LES BÉRETS BLANCS RENOUENT AVEC LES JOURNALISTES Il y a urgence : il faut sauver la famille JEAN-PAUL SOULIÉ Depuis trente ans, les Bérets Blancs n'avaient pratiquement pas reçu de journalistes.Par méfiance d'abord, pour éviter les sarcasmes, un traitement médiatique auquel ils sont habitués.Mais surtout parce qu'ils sont convaincus que les médias sont sous la coupe de la haute finance, donc totalement soumis et incapables de diffuser leur message, celui du crédit social, leur credo économique.Mais il y a des cas urgents.Il faut prendre une chance.Pour sauver la famille.Depuis 1984, les Bérets Blancs accrochent des banderoles, collent des affiches partout où ils peuvent.Sur de vieilles granges, des clôtures, entre deux arbres au bord d'une route, sur les poteaux téléphoniques et les réverbères des villes, le message se répète: Réclamons $12000par année pour la mère au foyer.Accompagné de formules de résolution toute prêtes, le message a été envoyé aux 4600 municipalités du Canada au mois de septembre.Fin octobre, plus de quatre cents municipalités l'avaient appuyé et en avaient retourné copie à la Maison Saint-Michel de Rou- Îjument.Un fort beau début.Tous es paliers de gouvernement du Canada ont reçu la pétition: Ottawa, les Parlements provinciaux, mais aussi la Maison-Blanche à Washington, pour le même montant, et le gouvernement français, pour une allocation de 50000 francs, et le gouvernement belge.etc.Car les Bérets Blancs sont en Europe, en Afrique, aux Antilles.Gérard Mercier, 74 ans, a gardé toute l'ardeur d'un néophyte du crédit social \u2014 «la doctrine, pas le Parti !» \u2014 et un solide sens de l'humour.«Dans notre prochain numéro de Vers Demain, nous publions la photo de Robert Bou-rassa et un article qui appuie son * allocation de $3000 au troisième 'enfant.Les gens vont se dire que pour un libéral, être en même temps avec Mulroney et les Bérets Blancs, ça fait drôle, mais ça ne fait rien, s'il aide la famille, il va dans le même sens que nous! » Les Bérets Blancs jusqu'au Ghana Grand pèlerin depuis 50 ans, l'homme qui a fait oublier la maladie et « le grand vide que cause l'absence de notre directrice Mme Gilberte Côté-Mercier» se réjouit des succès municipaux de ja_campagne de $12000.Et c'est en espérant la diffuser plus largement que l'Oeuvre des Bérets Blancs et le journal Vers Demain ont décidé de renouer avec les mass media.Après plus de quinze années d'émissions de radio, diffusées par 36 stations à travers tout le Canada français jusqu'en 1974-75, et un an et demi de télévision sur onze antennes en 1961-62, l'oeuvre s'est concentrée sur l'écrit et le porte-à-porte.Les deux journaux, Michael, en anglais, et Vers Demain ont un tirage de 140000 copies, avec jusqu'à 25000 abonnés à Toronto.Journal «périodique», Vers Demain est expédié pour un abonnement de $5 par an, mais tous les camelots sont des «croisés», des bénévoles qui diffusent les idées et les besoins de l'Oeuvre.La diffusion se fait loin.En France, où le pays des Chouans, l'Anjou, la Vendée et la Bretagne sont des points de chute privilégiés, mais aussi l'Afrique.Marcel Lefebvre, un pèlerin jeune et dynamique, une sorte d'entrepreneur Béret Blanc, explique que les presses de la Maison Saint-Michel ont diffusé 20 millions de tirés à part en 1987, et que le mois dernier, 1400000 copies ont été expédiées en conteneur vers le Ghana, pays africain où les Bérets Blancs sont très en demande, surtout auprès de la haute hiérarchie catholique, et où la doctrine du crédit social semble vouée à un bel avenir.Escroquerie contre l'humanité Cet énorme effort de diffusion veut mettre en évidence l'énorme «escroquerie» dont l'humanité est victime, d'après la théorie du crédit social, découverte par l'ingénieur Douglas, un Ecossais étonné de ne pouvoir réaliser les travaux qu'il projetait par simple manque d'argent.Pourtant, il s'agissait d'autant de richesses pour tout le monde.Donc le gou- vernement devrait user de «son droit régalien» de fabriquer de la monnaie, comme aurait dit saint Louis, roi de France né en 1214, qui perdit beaucoup d'argent dans ses croisades en Palestine et mourut de la peste en Tunisie en 1270.Les Bérets Blancs ne veulent absolument pas se mêler à l'actuelle campagne électorale.Ils laissent ces basses tractations aux politiciens, sachant très bien que «les intérêts de la dette fédérale absorbent 80 p.cent des impôts payés chaque année par les Canadiens».Les Bérets Blancs veulent seulement «faire la lumière, parce que les voleurs sont à l'aise dans l'obscurité, dit Marcel Lefebvre.Le problème est à 95 p.cent comptable, et on met l'humanité en pénitence pour permettre aux banques de faire des profits».Les parlements sont tous les serviteurs de la haute finance, affirment les créditistes, les vrais, ceux qui refusent de faire de la politique.«Les politiciens sont toujours là pour essayer de se faire réélire, pas pour s'occuper du peuple,» dit Gérard Mercier.Le travail des Bérets Blancs, c'est de préparer le terrain, de répandre la bonne parole.$12000 par an pour la mère de famille au foyer, ça réglerait le problème de la dénatalité, celui de l'avortement, ça permettrait de garder d'autres enfants, et d'avoir à nouveau des petites fermes familiales et productives.Un bien beau programme.\t \t1 \t \t \t m\t m\t \t !\t mm\t r ai\t m\t Mme Gilberte Côté-Mercier.\t n Réclamons $12,000 par Ajinée l POUR LA MÈRE AU FOYER Depuis 1984, les Bérets Blancs accrochent et distribuent partout des banderoles qui portent le même message : Réclamons $12000 par année pour la mère au foyer.photos michel gravel, u pm* Un pèlerinage dans le Québec catholique d'il y a 30 ans.Au-dessus la porte, il est écrit que les femmes aux bras nus et aux robes trop courtes ne seront pas admises.La jeune femme qui est venue ouvrir est modestement vêtue, souriante.Celui qui doit être un des directeurs, sans jamais le dire, ressemble à un directeur d'école du bon vieux temps.Pendant plusieurs heures, dans ce monastère de laïcs, ce qui sera le plus évident, c'est la chaleur et la gentillesse de ces gens étranges qu'on appelle les Bérets Blancs.Connus dans les pays lointains, les Bérets Blancs, au Québec, ont été comme relégués aux campagnes profondes, pas oubliés mais classés comme choses du passé.Pourtant, ils sont toujours là, Les presses de la Maison Saint-Michel ont diffusé 20 millions de tires à part en 1987 avec les mêmes idées et la même flamme pour les propager.D'habitude, c'était eux qui étaient à ma porte, le plus souvent le matin, et en fin de semaine.Toujours deux ou trois, souriants, un peu gauches, propres et comme démodés, avec leurs bérets blancs dans une main et une poignée de papiers dans l'autre.C'était toujours très bref.Encore plus courtes étaient les rencontres, sur les routes, de leurs voitures décorées d'un vaste drapeau blanc bien droit, accroché à un manche à balai, marqué du Livre et du Sacré Coeur, et pleines de pèlerins souriants, en route pour quelques dizaines de chapelet quelque part au bout d'un rang, dans une ferme amie.Pas un Québécois dans la trentaine n'a oublié la voix de Gilberte Côté-Mercier, la doctrine du crédit social, le chapelet, et les imprécations contre l'énorme coalition de la haute finance, des politiciens, des banques et de Satan, et, mêlés intimement, les appels à la prière et à la connaissance de la doctrine du crédit social, seules armes efficaces pour sauver la famille en perdition et les âmes des gens simples.Voix et images anciennes à réanimer.Rougemont d'abord, capitale de la pomme et des Bérets Blancs, à la fin d'octobre.Les pommes récoltées, pas de touristes, une ou deux voitures dans le matin brumeux.Un Béret Blanc tout droit dans son manteau bien boutonné progresse calmement le long de la rue principale, en direction de la poste.«Au Pays des Pommes», l'étal du magasin très couleur locale offre des pommes de toutes variétés, à la caisse ou au panier, et des citrouilles.Madame Dubé, la propriétaire, connaît bien les Bérets Blancs.Deux petits rouleaux dépassent sous sa superbe casquette bleue.«le suis pas dans leur mouvement, je suis dans le monde, moi, un peu bohème, commerçante et ambulancière Saint-|ean, deux enfants, dix petits enfants et quatre arrières petits-enfants.» Heureuse, Mme Dubé.Pour elle, les Bérets Blancs, «c'est du bien bon monde, bien meilleur que moi! Ils prient pour nous, pour tous ceux qui n'ont pas le courage de le faire! Et ils vivent à l'ancienne!» Deux rues plus loin, à gauche, en suivant une modeste flèche accrochée à un poteau, un peu en retrait, c'est le domaine de la Maison Saint-Michel: deux bâtiments de quatre ou cinq étages à l'architecture monastique, une chapelle, des clochers, le cimetière et son monument, un long garage et des voitures, surmontées de drapeaux et affichant les Michael Journal, version anglaise du journal Vers Demain, et les sympathiques slogans «L'impôt c'est du vol» et «Mort aux taxes».Un plongeon dans le passé L'entrée dans le bâtiment principal me renvoie trente ans en arrière.En face de moi, le Christ en croix, saignant, les marches d'escalier, l'ampleur de la pièce, tout y est.|e revois une école de la rue Verdun, aujourd'hui détruite, où je faisais trois jours de suppléance.Même athmosphère.Et le directeur n'a pas beaucoup changé.En 1959, il m'entraînera, moi et les élèves de son école, à l'église la plus proche pour y réciter des chapelets entrecoupés de cantiques tout l'après-midi.Cette fois-ci, c'est Gérard Mercier, mari de Gilberte Côté.Il a La Presse sous le bras, et ce qui l'amuse, c'est que quelqu'un dans le journal a traité de «clowns» les chefs des partis à la prochaine élection fédérale.Gérard Mercier à le rire facile, mais bien moins que Marcel Lefebvre, notre guide.Avec Marcel, c'est la joie permanente.L'historique de la Maison et de l'Oeuvre, l'avenir de toute l'entreprise, il décrit tout avec un enthousiasme contagieux.L'Oeuvre des Bérets Blancs compte environ 50 permanents, logés à la Maison Saint-Michel.Les filles d'un côté, les hommes de l'autre, prenants leurs repas dans deux salles à manger séparées, avec deux cuisines, et peu de contacts entre ces deux groupes de missionnaires laïcs.Hommes et femmes séparés, et on rêve du latin.«Pas de salaires, mais pas de dettes», affirme Marcel Lefebvre.L'organisation dispose de 2800 à 3000 travailleurs à temps partiel «à travers le monde».De plus, SUITE A LA PACE C 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 5 NOVEMBRE 1988 SUITE DE LA PACE C 1 9000 jeunes ont revu des «tirés à part ».La cinquantaine de pèlerins permanents, hommes et femmes, se sont levés le matin à six heures et demie, dans leurs bâtiments respectifs.Ils prennent leur petit déjeuner séparément, comme tous les repas, puis vont entendre la messe à l'église de la paroisse Saint-Michel, au village.Ils sont vastement majoritaires à la première messe du curé Claude Bou-dreau.Mais certains jours, ils entendent la messe chez eux, par permission spéciale.Et ce sont les Oblats de Richelieu, généralement le père Paul-Emile Gagnon, qui vient la dire.Avant la messe, il y a le premier chapelet.La messe se termine à 9 heures.«Quand c'est l'Oblat, un charismatique, c'est un quart d'heure de plus, il fait beaucoup de gestes.» Apres la messe, c'est le travail, puis, avant le repas, le chapelet, suivi d'un Pater chanté en latin.«Nous ne sommes pas intégristes à la manière de Mgr Lcfebvre, dit Gérard Mercier, nous sommes avec le Pape.Mais s'il y avait un pape qui revenait au latin, on serait bien d'accord!» De toute façon, à la Maison Saint-Michel, on suit les encycliques, et les papes, de Pie IX à lean-Paul II.Dans l'après-midi, après le repas, nouveau chapelet, dans la salle de prière.Toutes portes ouvertes, et le cuisinier peut arriver en retard, il boite.Mais sa soupe est bonne et son ragoût de boeuf \u2014 «du boeuf créditiste pas payé, donné par des cultivateurs amis» \u2014 avec des «pommes de terre jaunes», tout ça est délicieux.Les visiteurs partagent le repas en parlant de la Trance, des voyages en Afrique, et de la production des banderoles, qui doivent être à la fois solides et faciles à fixer n'importe où.Le reste de la journée se passera de la même manière, rythmée par le travail et les chapelets.Les presses tournent à l'imprimerie, et les listes d'abonnés sont à jour, de même que celles des bénévoles, qui sont classés entre «Grands Tenaces», 250 à 300, les « Pèlerins bienfaiteurs», et les Pèlerins permanents».La maladie de Gilberte Côté-Mercier affecte tout le monde.Mais Mlle Thérèse Tardif publie le journal Vers Demain, tout en restant en contact avec la directrice qui a 78 ans et se montre plus que rarement.«Mais quand Louis Even, notre fondateur, est mort en 1974, personne ne savait que le journal et tout le mouvement étaient entre les mains de Mme Gilbcrle-Côté Mercier depuis quatorze ans, note Gérard Mercier.L'Oeuvre continue, et elle continuera longtemps encore.Tenez, le 11 décembre, nous tenons un congrès national à Montréal, à l'Église de l'Assomption, 3201 Hochelaga Est.Messe en latin, la messe de Paul VI, avec la Chorale des Pèlerins de Saint-Michel.» Ce sera le moment de compter les sympathisants de la doctrine du crédit social.La récitation du chapelet en groupe, plusieurs fois par, jour.À lavant-plan, M.* Gérard Mercier, mari de Gilberte Côté.SOCIETE CANADIENNE DU CANCER CANADIAN CANCER SOCIETY X7 DONNEZ GÉNÉREUSEMENT seule, mais oco pas toute seule.Vive la 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soir d'été, Mme Imel-da Côté revient d'un bingo paroissial.Elle n'a rien gagné mais elle s'est bien amusée.Soudain deux personnes la bousculent.Son sac à main disparaît.Elle tombe.Hébétée, elle ne réagit pas immédiatement.On l'aide à se relever, on la raccompagne chez elle.Depuis, elle ne sort plus, elle a peur.M.Fernand Crête, 71 ans,, n'en peut plus.Depuis qu'il a eu son infarctus, son épouse, aux petits soins pour lui, l'étouffé littéralement, l'isole de l'extérieur, le materne, le cajole.Il se sent comme ligoté dans le petit univers de sa maison.En vain, il tente de réagir mais se heurte à un mur: «.c'est pour ton bien, mon vieux, il faut bien que je ^'m'occupe de toi.» Mme Simone Taché, 87 ans, vit dans un centre d'accueil.Elle y est assez heureuse, s'étant bien adaptée.De plus, l'ambiance est plutôt bonne.Un problème cependant: le dimanche, particulièrement le dernier dimanche du mois, au moment de l'arrivée du chèque de pension de vieillesse, les visites se font plus nombreuses.«.Tu comprends maman, ça nous fait de la peine de te parler de ça, mais la vie augmente tellement, il faut ha- biller les enfants, tout coûte cher, Noèl s'en vient.» Alors grand-maman comprend.Elle donne de l'argent, elle tient aux visites, c'est son seul contact avec l'extérieur.,.Trois personnes, trois situations différentes, trois types de violence dont les aines sont souvent victimes.Cette violence ne revêt pas toujours la forme des agressions spectaculaires relatées dans les colonnes des faits divers.Il s'agit le plus souvent d'abus parfois subtils, souvent grossiers, tous néfastes pour les victimes, en particulier par les séquelles psychologiques qui en découlent.Face à de telles lâchetés, les aines se sentent le plus souvent vulnérables et dépendants.Ils ne réagissent guère et surtout hésitent à porter plainte.Une étude révélatrice Devant l'ampleur de ce phénomène, les groupes de personnes âgées ont commencé à réagir.Mme Blanche Matthys, retraitée de longue date est profondément impliquée dans son quartier.Entre autres activités, elle a préparé et rédigé une étude sur le sujet de l'abus et de la violence envers les personnes âgées, en collaboration avec Mme Francine Thomas, coor-donnatrice au PROJET CHANGEMENT.C'est un centre communautaire fort actif, animé par des aînés qui habitent le périmètre suivant du centre-ville de Montréal : la rue Sherbrooke au sud, l'avenue du Parc à l'ouest, la rue Van Horne au nord, la rue d'Iberville à l'est.Ces quartiers denses et animés regroupent plus de 18000 personnes âgées, soit environ 12 p.cent de l'ensemble des citoyens.Pour les fins de l'étude, 100 personnes de plus de soixante-cinq ans ont été interrogées parmi les 500 membres et usagers du centre communautaire Projet changement.En premier lieu, 82 p.cent ont répondu qu'elles avaient peur de sortir le soir.Pour les deux auteures de la recherche, «.les facteurs de cette 'peur sont très souvent reliés aux médias d'information trop axés sur la violence et à une société tellement mouvementée et individualiste que le respect de l'autre et surtout des aînés est totalement ignoré.» Cette peur se trouve accentuée par un taux exceptionnel de déménagements.Dans le périmètre couvert par la recherche, une personne âgée sur deux a déménagé entre 1976 et 1981.Il apparaît que cette fréquence n'a pas tellement diminué depuis.Cette mobilité extrême rend l'attachement au nouveau quartier provisoire tout à fait problématique, favorise l'isolement, accentue les risques d'abus et de violence et naturellement intensifie le sentiment de peur.Ce qui rend la situation encore plus compliquée, c'est que les personnes âgées hésitent à parler.Pour Blanche Matthys et Francine Thomas, «.ce mutisme est dû, entre autres, 1) au peu d'informations que possèdent les personnes âgées sur les recours juridiques et sociaux: PHOTO LUC SIMON PERRAULT, U Presse Mme Blanche Matthys, co-auteur d'une recherche importante sur les abus et la violence faites aux personnes âgées.2) à des valeurs reliées â la pudeur, â la fierté et aussi à la culpabilité, surtout quand l'agresseur est un membre de la famille; 3) à leur dépendance économique et sociale envers la per- sonne qui leur fait subir des sévices.Selon la recherche mentionnée plus haut, 60 p.cent des personnes âgées interrogées disent avoir peur de prendre le métro et ce, même le jour, alors que 42 p.cent d'entre elles ont peur de prendre l'autobus le soir.En ce qui concerne les mauvais traitements physiques, 21 p.cent des personnes interrogées' déclarent en avoir subi.De plus, 19 p.cent reconnaissent avoir' été victimes de mauvais traitements par exploitation financiè-rc, sans compter le harcèlement ou l'abus d'autorité par le propriétaire ou le locateur (10 p.cent des répondants).Ce genre d'abus est particulièrement répandu dans les quartiers où la multiplication des condominiums rend indésirable la présence des locataires âgés.Ainsi que le font remarquer Blanche Matthys et Francine Thomas, «.Comme notre rc: cherche touche seulement des personnes âgées relativement autonomes et mobiles, on peut facilement en déduire que celles qui sont plus fragiles, plus isolées, alitées, en famille ou en institution pourraient être elles-mêmes aussi victimes d'abus ou de violence.» Le 14 octobre dernier, plus de deux cents personnes âgées se sont rassemblées au Projet changement pour faire le point sur cette situation.Nous en reparlerons dans une prochaine chronique.Un foyer pour moi Savoir s'y prendre avec Nicolas clame beaucoup d'attention et que ses moyens de le faire ne sont pas toujours très adroits, une famille avec peu d'enfants ou sans enfants du tout serait préférable.Nicolas a surtout besoin de sta- bilité, d'affection et de personnes sécurisantes autour de lui.En contactant I'Accueil-res-sources du CSSMM au 527-7261.vous obtiendrez plus de détails concernant cette proposition.¦ À la recherche d'une famille d'accueil régulière de la région de Montréal pour un petit garçon de 3 ans, le Centre de services sociaux du montréal métropolitain vous parle un peu de cet enfant.Nicolas semble avoir connu beaucoup d'instabilité et d'insécurité depuis sa naissance.Cette privation de tendresse et de soins attentifs particuliers le pousse oc- casionnellement à réagir avec agressivité.Il lui faudra donc quelques temps pour s'adapter et se laisser apprivoiser par la famille qui voudrait bien l'héberger.Idéalement, on souhaiterait pour Nicolas un milieu familial assez structure où se côtoient la fermeté, la compréhension et le savoir-faire avec un petit garçon de ce genre.Puisque Nicolas ré- TOUTE LA SEMAINE RABAIS DE 10% sur toutes les ROBES Du lundi 7 novembre au samedi 12 novembre UNE VERITABLE MAISON LUMIÈRE POUR UNE RETRAITE ACTIVE RESIDENCE.tea Site exceptionnel Un aménagement intégré d'espaces verts et d'un parc municipal permettant à chaque logement de bénéficier d'un ensoleillement maximal et d'une vue sur la rivière des Prairies.Une oasis de calme et de verdure à Ahuntsic 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Le machiavélisme en politique étant de tourner les pires catastrophes et les événements, même les plus anodins, à son propre avantage, les conseillers de Ronald Reagan ont eu une idée particulièrement lumineuse: détourner adroitement l'attention de l'opinion publique américaine rivée sur le déficit du commerce extérieur, la criminalité, ou la drogue.en se portant ingénuement, énergi-quement et tous en coeur au secours des deux malheureux cétacés.Il faut dire qu'il ne s'agissait pas de n'importe quelle bébète- show.Deux baleines 100 p.cent pures américaines, s'il vous plait.Californiennes de surcroit, ce qui ne gâte rien, puisque c'est au large de l'État cher au coeur du président qu'elles hibernent habituellement.On aura donc vu, en quelques heures, la Maison-Blanche mobiliser prestement le plus gros avion du monde, les plus puissants hélicoptères, la Garde Nationale.pour venir prêter main forte aux braves Esquimaux qui, au tout début, bricolaient de peine et de misère en s'escrimant à scier la glace épaisse à la « chain saw» Black & Decker.On aura même vu le président s'entretenir, par téléphone cellulaire, avec les sauveteurs gelés sur la banquise.On aura surtout vu, sur les téléviseurs américains, les Soviétiques marquer subtilement mais clairement leur appui au Parti républicain en envoyant dare-dare deux énormes brise-glace à la rescousse.Une façon discrète, mais nette, pour Michail Gorbatchev, de signifier urbi et orbi qu'il préfère encore poursuivre sa chère «perestroïka» avec des partenaires durs et coriaces, mais connus, plutôt que de se lancer dans l'inconnu d'une «présidence Dukakis» imprévisible et peut-être incontrôlable.Débat des chefs au zoo Coût de l'opération «baleines en détresse»: SI million U.S.Bénéfice net en promotion planétaire: SI milliard U.S., ou plus! Alors que la vague écologiste gagne du terrain, que les Américains sont tannés d'assister a l'extinction de la faune, de subir la pollution et les pluies acides, pour George Busch c'était là une façon éclatante et inespérée de prouver, aux écolos comme aux «verts» sa bonne foi, et que pour lui aussi, «C'est assez!».Chaque année pourtant ce n'est pas assez, puisque 600 baleines meurent d'asphyxie sous la banquise.Malheureusement pour elles, chaque année n'en est pas une de campagne électorale.Côté canadien on n'en est pas encore rendus à ces subtilités zoologiqucs pour toucher nos gens; faire pencher la balance électorale grâce à un débat des chefs toutes griffes dehors au Zoo de Granby par exemple! Lors du grand débat Broad-bent, Mulroney et Turner, on n'aura même pas aborde la politique extérieure du Canada, ni les problèmes d'immigration, les journalistes n'ayant pas osé, de leurs propres aveux, poser de telles questions, c'est tout dire.Vous pensez bien qu'avec autant de pudeur journalistique il aurait été encore bien plus difficile de connaître les idées de nos «chefs» quant au sort de leurs concitoyens à poils et à plumes.Autre pays, autres moeurs, dans le débat présidentiel qui opposa, par contre, François Mitterrand à Jacques Chirac au printemps, les chiens furent l'objet de quelques remarques «C'est assez», dit ia baleine, «ou je me cache à l'eau!< incisives et aboyantes des deux grands manitous de la politique française (tous deux propriétaires de Labradors) quant à la taxe sur la nourriture des chiens et des chats.Cruauté non nécessaire Que nos partis fédéraux canadiens s'intéressent au sort des animaux serait, par contre, le scoop du siècle (à l'exception bien sur des «Rhinocéros» et du « Parti Vert» qui en ont fait leur fond de commerce).J'ai, cependant, reçu il y a quelque temps, une lettre du député de Mercier, Mme Carole Jacques, à l'effet que le gouvernement Mulroney souhaiterait amender l'article 402.1.du Code Criminel concernant la cruauté envers les animaux.D'après la loi actuelle en effet: «Commet un crime quiconque, sans nécessité, blesse un animal, ou lui inflige des dou- leurs physiques graves.» Dans le même envoi, le ministre Ray Hnatyshyn se proposait de préciser et de délimiter désormais ce qu'on appelle la «cruauté non nécessaire».En ce qui concerne la recherche scientifique, par exemple, la cruauté sera désormais jugée non nécessaire si «le risque d'infliger des blessures et des douleurs physiques graves, est disproportionné par rapport au bénéfice que pourrait apporter la recherche.» La Commission de Réforme du Droit précise de plus à la page 112 de son rapport que «L'expérimentation animale doit aussi être «un moyen raisonnablement nécessaire» c'est-à-dire qu'elle doit être inévitable parce qu'aucune autre technique de recherche n'est possible».Évidemment pour les animaux de laboratoire ce n'est pas encore le Nirvana.C'est au moins l'amorce d'une prise de conscience de la part du gouvernement pour limiter la cause et peut-être une invitation à développer des méthodes dites de remplacement.Il est fort peu probable que cette déclaration pleine de bonnes intentions du ministre Ray Hnatyshyn fasse balancer le coeur des électeurs canadiens en faveur des conservateurs.Mais qui sait si dans une prochaine campagne électorale nos journalistes moins timorés et plus hardis, mèneront nos politiciens (marché commun des idées avec les U.S.A.oblige) sur les chemins tortureux de la vivisection, du piège attrape-jambe, des zoos-prisons lamentables, de l'inertie de la GRC face aux combats de chiens.Le premier ministre d'alors fera sans doute sa campagne à côté du dernier béluga encore vivant dans le golfe du Saint-Laurent! 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