La presse, 6 novembre 1988, B. Élections 88
[" \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 NOVEMBRE 1988 Mulroney accuse les candidats NPD du Québec de trahir l'héritage canadien CILLES PAQUIN La Presse à Regina Les déclarations des candidats du NPD au Québec constituent une répudiation «troublante» de l'héritage canadien.Elles doivent être désavouées par le chef de ce parti, a affirmé hier le leader conservateur Brian Mulroney.En tournée dans les provinces des Prairies, le premier ministre a dit faire cette déclaration sur la foi d'informations fragmentaires et sans avoir lu le texte de la prise de position du NPD.«Ce que j'ai vu me porte à croire qu'on met en doute la capacité du gouvernement fédéral de protéger nos minorités linguistiques là où elles se trouvent», a prétendu M.Mulroney.Lors d'une conférence de presse à Montréal, la veille, des candidats du NPD ont dévoilé une nouvelle version de la politique constitutionnelle de leur formation visant à protéger le français au Québec.Selon eux, la Charte canadienne des droits ne doit pas primer sur le concept de société distincte reconnu dans l'accord du lac Meech ; la loi fédérale sur les langues officielles (C-72) ne doit pas contrer les objectifs de la Charte du français (loi 101) ou porter atteinte aux compétences provinciales.Finalement disent les candidats néo-démocrates, le Québec doit conserver le pouvoir de légiférer pour défendre ses droits collectifs, quitte à les soustraire aux obligations de la Charte canadienne des droits, si nécessaire, comme le permet la clause nonobstant de la réforme constitutionnelle de 1982.«Aucune formation politique fédérale n'a le droit de miner les droits des minorités linguistiques.Je trouve que c'est une répudiation fondamentale d'une prise de position de M.Broadbent par ses troupes du Québec», a lancé M.Mulroney.Pour le chef conservateur, il est temps que M.Broadbent se branche et dise clairement qui parle au nom de son parti, lui ou ses candidats du Québec: «Cela presse», a t-il dit.«Ce serait fort troublant que M.Broadbent permette qu'une déclaration semblable demeure sans répudiation », a conclu M.Mulroney.Le premier ministre refuse, par ailleurs, de s'expliquer sur les divergences d'opinion qui persistent dans son propre parti au sujet de cette même clause nonobstant, notamment entre lui et le secrétaire d'État, Lucien Bouchard.En juin dernier, M.Mulroney a déclaré que l'existence de la clause nonobstant, permettant aux provinces de soustraire certaines de leurs lois à l'emprise de la Charte canadienne des droits et libertés, était un «irritant» qui devrait disparaître.Par contre, M.Bouchard a indiqué, récemment, qu'il jugea cette protection indispensable à la protection du français au Québec.Plus tard dans la journée, M.Mulroney s'est arrêté à Moose jaw, dans le nord de la Saskatchewan, où il a repris ses attaques contre son adversaire libéral John Turner.«Il appartient aux Québécois et non à l'Assemblée nationale de se prononcer sur le libre-échange » \u2014 John Turner CILLES GAUTHIER La Presse A NACKAWIC.N.-B.Lïï Assemblée nationale du Québec peut bien adopter une motion d'appui au libre-échange, mais il appartient avant tout à la population de cette province de se prononcer à l'occasion de l'élection fédérale.C'est ce qu'a déclaré hier le chef libéral John Turner alors qu'il faisait campagne au Nouveau-Brunswick.«Le peuple est souverain», a-t-il ajouté.Accueillant M.Turner Fredericton, le premier ministre provincial, le libéral Frank McKen-na, qui est en faveur du libre-échange, a fait preuve d'une neutralité de circonstance.à l'aéroport de «Je ne me laisserai pas embarquer dans la rethorique de campagne pendant une élection fédérale», a-t-il répondu quand la presse lui a demandé s'il croyait, comme M.Turner, que le libre-échange programmes sociaux.John Turner menace les Le chef libéral a par la suite prononcé un vigoureux discours devant 700 sympathisants enthousiastes, dans le gymnase de l'école secondaire de Nackawic, situé à une cinquantaine de milles de Fredericton.Tout en accusant Brian Mulroney d'utiliser des tactiques de peur et les conservateurs de sombrer dans l'hystérie, M.Turner a soutenu que les 700 000 emplois de l'industrie canadienne de la transformation des aliments sont menacés par le libre-échange.Entouré, entre autres, de treize députés libéraux provinciaux, il a aussi demandé au premier ministre de «reprendre ses esprits» et de cesser d'insulter les Canadiens et les Américains.M.Turner a souligné l'opposition au traité de libre-échange de la famille McCain, qui domine l'industrie de la transformation alimentaire dans une bonne partie des Maritimes.Il a expliqué que les cultivateurs canadiens ne pourront concurrencer les Américains à cause d'une période annuelle de production deux ou trois fois plus courte.À cause du libre-échange, ajoute-t-il, ceux qui font la transformation des aliments n'auront d'autre choix que d'acheter les produits américains moins coûteux, provoquer une baisse des prix des produits canadiens ou aller s'installer aux Etats-Unis.Il a par ailleurs déclaré que M.Mulroney a présenté les Américains comme des «terroristes économiques» quand il a affirmé qu'ils adopteraient des mesures de représailles si le traité de libre-échange était rejeté par les Canadiens.«Monsieur, reprenez vos esprits», a-t-il dit à l'intention du premier ministre.«Soyons rationnels et sensés.» Il a, à nouveau, accusé son adversaire d'abandonner au pays voisin la plupart des leviers économiques qui ont permis de bâtir la nation canadienne et il a soutenu, encore une fois, que le Canada deviendra éventuellement une colonie des États-Unis si le traité de libre-échange est entériné.«Il n'y a pas un brin d'anti-américanisme dans ce que je dis », a affirmé le chef libéral, dans son long discours qui ne contenait qu'un court paragraphe en français.Selon lui, les États-Unis sont un pays démocratique dont les citoyens comprendront que les Canadiens se prononcent démocratiquement sur une question qui touche leur avenir.Après l'élection, ajoute-t-il, les deux pays seront encore les plus grands partenaires commerciaux dans le monde et les Américains voudront encore acheter les ressources naturelles et les produits manufacturés canadiens.Canada et États-Unis demeureront deux alliés qui font cause commune au sein de l'Otan et de Norad.Se drapant encore une fois dans l'unifo-lié, il a invité son auditoire à partager la fierté qu'il éprouve envers son pays.«Nous sommes différents, nous sommes Canadiens et nous sommes fiers d'être Canadiens.» la région de Hamilton, le fief des femmes fortes CILLES TOUPIN La Presse A HAMILTON Sur les escarpements qui dominent la ville enfumée de Hamilton, Marion Dewar, député néo-démocrate de Hamilton-Mountain et ex-maire d'Ottawa, rentre à son quartier général tôt le matin, après une trop courte nuit de sommeil.Plus bas, dans le brouillard du matin, le député libéral de Hamil-ton-Est, Sheila Copps, monte clans le 4X4 qui la conduit dans un autre quartier de sa circonscription, où elle frappera aux portes une bonne partie de la journée.Même si elle est la candidate la moins menacée des quatre comtés de la capitale canadienne de l'acier, Mme Copps refuse de crier victoire avant d'avoir vu le résultat du vote.«Le débat des chefs et la victoire de Turner nous ont redonné notre vigueur, dit-elle.Ici, les gens détestaient Mulroney au départ.Avec le débat, ils ont en plus l'impression que ce n'est pas un homme honnête.» La campagne avait mal commencé pour Mme Copps.La mort de son père, le populaire et ancien maire de Hamilton Vic Copps, l'avait évidemment affectée.John Turner n'avait pas encore fait passer son message et les dirigeants des grandes aciéries, principalement la Stelco, s'étaient mis en tête de la déloger.Mais sa popularité est si grande, ici, que même les conservateurs s'avouent vaincus d'avance: « Sheila est une candidate très forte», lance Bob Lamb, le président de la campagne des conservateurs pour le centre de l'Ontario.«Pour battre quelqu'un comme elle, il faut faire une campagne plus que parfaite.» S'il devait y avoir une opposition à Sheila Copps dans Hamil-ton-Est, elle viendrait du néo-démocrate Dave Wilson.En 1984, Mme Copps n'avait remporté le siège que par 2308 voix devant le NPD.j Du côté de Hamilton-Ouest, détenu par le conservateur Peter Peterson, «un député on ne peut Marion Dewar Sheifa Copps plus présent dans le comté», selon Bob Lamb, la néo-démocrate Lesley Russell fait une lutte épique.Elle a travaillé durement à l'échelle provinciale sur la question des garderies et elle en fait son principal cheval de bataille.Cependant, l'émergence du thème du libre-échange dans la campagne pourrait transformer cette lutte en un combat à deux, entre M.Peterson et le libéral Stan Keyes.La néo-démocrate Marion Dewar, grande vedette après Sheila Copps même si elle ne détient son comté de Hamilton-Mountain que depuis l'élection partielle de juillet 1987, affronte une sorte de héros local, le jeune conservateur de 26 ans Grant Darby, amputé d'un membre a la suite d'un cancer et lauréat du Terry Fox Humanitarian Award.M.Darby est «la grosse surprise» de toutes les circonscriptions de la région, affirme M.Lamb.« Il est très connu dans le comté pour son travail auprès des handicapés et il mène une campagne fantastique.» Grande dame, Mme Dewar déclare que son adversaire est un jeune homme remarquable mais qu'il a été un peu ébranlé ces derniers temps par les attaques contre les conservateurs.Le dernier comté proprement urbain de Hamilton, c'est celui de Hamilton-Wentworth.Normalement, le conservateur Geoff Scott, qui a remporté la circonscription lors d'une élection partielle, ne devrait pas être menacé lors du scrutin du 21 novembre.Sauf que le PC est ennuyé de façon inattendue ici par un «empêcheur de tourner en rond» du nom de Ray Pennings.Ce candidat du Christian Heritage Party (CHP) est en train de rafler la clientèle du PC.«On essaie de faire face à la musique, dit Bob Lamb, mais si vous regardez le programme du CHP, il est exactement comme le nôtre, sauf qu'il est résolument Pro-Vie (sur la question de l'avor-tement).Plusieurs des partisans du CHP sont du type réformiste hollandais, traditionnellement conservateurs par nature.» En 1984, le CHP avait amassé 10000 voix et il pourrait faire mieux cette année, au grand plaisir du libéral Colin Gibson.Enfin, le comté de Lincoln, qui touche les banlieues de Hamilton et s'étend dans la péninsule du Niagara, est fortement teinté en rouge depuis que John Munro a annoncé son retour en politique après quatre années à l'ombre.L'ex-premier ministre Allan Blakeney de la Saskatchewan, à gauche, et le leader néo-démocrate Roy Romanow, ont offert un appui inconditionnel à M.Ed Broadbent, qui a prononcé une courte allocution, samedi, au congrès annuel du NPD provincial, à Saskatoon.PHOTOLASER CP Broadbent reconnaît des «nuances» sur la clause nonobstant et les langues JOYCE NAPIER La Presse A SASKATOON Le chef du NPD, Ed Broadbent, a reconnu hier qu'il existe certaines « nuances et différences» entre la position officielle de son parti et celle de ses candidats du Québec, à la fois sur la clause dérogatoire de la constitution \u2014 clause nonobstant \u2014 et sur la Loi C-72 sur les langues officielles.Le chef néo-démocrate a réitéré sa politique, soit que son parti appuie la loi, ajoutant que lorsque le gouvernement fédéral dépense des fonds dans un domaine provincial, notamment pour les langues et les droits des minorités, il se doit de discuter le détail de pareilles dépenses avec la ou les provinces concernées.Interrogé à ce sujet par les journalistes, M.Broadbent a précisé qu'il arrive souvent qu'il y ait de subtiles différences entre les positions officielles des trois partis fédéraux et celles de leurs collègues québécois.Vendredi, en conférence de presse à Montréal, sept candidats du NPD au Quebec ont dénoncé les dangers de la loi sur les langues officielles et ont défendu la clause nonobstant comme moyen de protéger les droits collectifs des Québécois.Michel Agnaïeff, candidat dans la circonscription de Duvernay, a affirmé que la position du NPD au Québec correspond à la position officielle du parti et découle des résolutions adoptées lors du congrès de mars 1987.Le chef néo-démocrate a refusé hier de désavouer M.Agnaïeff, bien que celui-ci ait affirmé que la protection des droits des francophones était plus importante que celle des droits des anglophones au Québec.«Ce n'est pas exactement exceptionnel, dans un parti fédéral, qu'il y ait des différences et des nuances par rapport au Québec.Si on considère les positions de Lucien Bouchard et du premier ministre sur les questions comme celles-ci, ou encore l'attitude passée de Raymond Garneau et John Turner, concernant certaines questions au Québec, on voit qu'il y avait là encore des nuances.Le Québec est une société distincte», a-t-il noté.Par ailleurs, à Saskatoon hier pour participer à un rallye du NPD de Saskatchewan, M.Broadbent a fait valoir une nouvelle fois qu'il n'est pas inquiet des résultats du sondage CTV, publié vendredi soir et qui lui donnent 20 p.cent des intentions de vote, quelque 5 p.cent de moins que le dernier sondage.il a estimé que ce sondage ne peut refléter la réalité, expliquant que, cette semaine, à Calgary, en terrain conservateur, et à Nanai-mo, en Colombie-Britannique, des assemblées de son parti ont attiré plus de sympatisants que jamais.Il préfère attendre les résultats du scrutin du 21 plutôt que de commenter les résultats d'un sondage, «imprécis» selon son expression.M.Broadbent est rentré à Ottawa, hier en fin de journée.Il reprendra la route lundi matin, pour se rendre à Toronto.Électogrammes LA GUERRE DES AFFICHES ¦ La guerre des affiches bat son plein dans Duvernay.Le député conservateur sortant, Vincent Delia Noce, accuse les troupes du libéral Pierre Ahmaranian de s'attaquer à ses panneaux-réclame.Au quartier-général Delia Noce, on va jusqu'à affirmer que les rouges remplacent les panneaux conservateurs par leurs propres messages.Les libéraux rejettent l'accusation.«Nous n'avons jamais eu un seul grand panneau dans Duvernay, fait valoir le directeur de campagne Maurice Lauzon.Mais, nous collons beaucoup d'affiches, et tous les matins nous en ramassons des tas par terre.» Les conservateurs ont décidé d'aborder le problème de front: à deux reprises, ils ont porté plainte à la police, qui a procédé vendredi dernier à l'arrestation de deux mineurs accusés d'avoir charcuté à la hache une pancarte de M.Delia Noce.La police n'a, en revanche, reçu aucune plainte de la part des libéraux.Ce qui ne signifie pas qu'ils soient épargnés: «En venant travailler, j'ai vu une pancarte libérale détruite», a indiqué un porte-parole de la police municipale.ORGANISATEUR TUÉ ¦ Dur coup pour les conservateurs de Vaudreuil-Soulanges: un des organisateurs de la campagne du ministre du Travail et député sortant Pierre-H.Cadieux, M.Jean Rinfret, 43 ans, a été tué dans une collision survenue vers 22h 30 jeudi, sur l'Autoroute 40, à la hauteur de Sainte-Anne-de-Bellevue.La voiture de M.Rinfret était remplie d'affiches électorales, qu'il devait coller le lendemain matin.M.Rinfret a été conseiller de la municipalité de Saint-Luzare.C'était également un ancien président de l'Association des libéraux provinciaux dans Vaudreuil et, à ce titre, un collaborateur de Daniel lohnson.«M.Rinfret était très actif et très connu dans le comté», a indiqué un porte-parole de M.Cadieux, Richard Préfontaine, ajoutant que l'association conservatrice a été pas mal ébranlée en apprenant sa mort.HOMONYMES ¦ Toujours dans Vaudreuil/Soulanges: le directeur de campagne de Pierre-H.Cadieux s'appelle.Pierre-E.Cadieux.Si bien que le ministre du Travail affirme parfois que le «H» de sa signature signifie: «homonyme.» Les deux hommes n'ont aucun lien de parenté.LA RIVE-SUD AURA SON DÉBAT ¦ Après plusieurs tentatives infructueuses, la Rive-Sud aura finalement son débat, Jusqu'à maintenant, le candidat conservateur de Lon-gueuil, Nie Leblanc, a refusé toutes les occasions d'affronter ses adversaires, y compris le débat que voulait organiser la Chambre de commerce de la Rive-Sud.Il a finalement accepté de faire face au néo-démocrate Daniel Senez et au libéral Michel Dupuy sur les ondes de la radio communautaire, le 16 novembre.«Contrairement aux autres, la formule de ce débat nous convenait», a commenté un organisateur de M.Leblanc.QUESTION DE NOMBRE.¦ Lapsus révélateur de l'état d'esprit d'Ed Broadbent?Vendredi, lors d'une assemblée partisane à Nanaimo (Colombie-Britannique), le chef néodémocrate a déclaré: «Pour la première fois dans l'histoire du Canada, les Québécois vont élire un néo-dé.» Oups: «.des néo-démocrates», a-t-il immédiatement corrigé.ONZE CANDIDATS DANS ROSEMONT ¦ La circonscription de Rosemont, la plus petite en superficie au Canada, est la première au Québec et deuxième au pays en termes de concentration de candidats.Onze personnes, dont trots indépendants s'y font la lutte.Seule la circonscription de Vancouver-Quadra peut se vanter de surpasser Rosemont, avec ses 12 candidats, dont le chef libéral John Turner.AGNÈS GRUDA B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 NOVEMBRE 1988 Éditorial Paul Desmarals president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Misson éditeur adjoint Marcel Deslardlns, directeur de l'information Alain Dubuc, éditorialiste en chef Drapeau ou Doré: pareil mais contraire J ean Doré est-il un meilleur maire pour Montréal que Jean Drapeau ne l'a été?Le Rassemblement des citoyens dirige* t-il mieux la ville que le Parti civique?Toute comparaison est nécessairement boiteuse, surtout que le RCM n'est au pouvoir que depuis deux ans alors que le PCM a régné en maître durant un quart de siècle.À la lumière des résultats de l'exhaustif sondage CROP-LA PRESSE publié hier et aujourd'hui, comparativement aux sondages passés, les Montréalais sont tout aussi heureux (à quelques nuances près) d'habiter cette ville et d'y être gouvernés par l'administration présente que par les administrations Drapeau-Saulnier, Drapeau-Hanigan, Drapeau-Niding ou Drapeau-Lamarre.C'est dire qu'au travers des époques et des styles de gestion, c'est la vie de Montréal, avec ses valeurs, ses richesses, ses beautés, ses particularités, ses difficultés, ses problèmes, qui intéresse les Montréalais bien davantage que le «gouvernement municipal» comme tel.Là-dessus, le sondage est bien explicite: 76 p.100 des gens sont fiers de vivre à Montréal tandis que 60 pour cent des Montréalais se désintéressent de la politique municipale.Les Montréalais veulent profiter et, si possible, y voir augmenter la qualité de vie dont ils bénéficient dans la métropole et non assister à des batailles politiques comme c'est le cas aux niveaux provincial et fédéral.Voilà un avertissement pour le Parti civique du chef Claude Dupras qui n'est identifié comme chef de cette formation que par moins d'un tiers des contribuables.Cela dit, tel de ville.est évident que le style politique a changé à rhô- Jean Drapeau dirigeait «sa» ville de façon autocratique alors que l'administration Doré tente de démontrer qu'elle se veut démocratique.La récente démission du conseiller Pierre-Yves Melançon, le peu d'impact des nouveaux bureaux «Accès Montreal\" et la quasi-indifférence des gens face au désir d'une plus grande information offerte par la ville laissent toutefois des doutes à ce sujet.Jean Drapeau menait les destinées de Montréal avec une sorte de baguette magique.Membres du comité exécutif, élus du Parti civique, fonctionnaires répondaient aux ordres du maître.À part quelques amis, la consultation extérieure n'était pas de mise.Jean Doré multiplie les consultations avec les milieux d'affaires, les universités, les ethnies, les groupes populaires, les mouvements communautaires.Il est un partisan de la concertation (face au projet de développement du transport du ministre Marc-Yvan Côté) et de la consultation (commissions du conseil, réunions dans les quartiers, études) à tel point qu'il lui est parfois reproché de trop consulter et de ne pas assez décider.A l'occasion, il tombe dans le piège inverse (la démolition de l'hôtel Queens).Jean Drapeau a fait de Montréal une ville internationale (Expo 67, métro, les Expos, Jeux olympiques, expositions d'art) tandis que Jean Doré va jusqu'à affirmer que Montréal n'est pas une ville internationale.Et, dans les faits, il accorde beaucoup plus d'importance au bien-être des Montréalais qu'à la promotion du prestige mondial de la «métropole».Est-ce incompatible?Jean Drapeau était au bureau presque continuellement, sans même prendre de vacances.Il était au courant de tout.Il n'a quitté l'hôtel de ville qu'en de rares occasions, à la fin de son dernier mandat.Jean Doré se fait reprocher ses absences à l'extérieur de Montréal (le fameux 14 juillet des inondations) et à l'extérieur du pays (Europe et Asie).Montréal, durant 30 ans, ce fut Jean Drapeau.Le maire Jean Doré n'a pas encore trouvé le projet collectif qui susciterait l'adhésion massive qui permettrait d'identifier la ville à son nom.Peut-être se prépare-t-il pour les fêtes du 350e de Mont* réal en 1992?Mais il y aura des élections municipales en novembre 1990.Claude masson Dette dangereuse Depuis le krach de 1987, beaucoup d'épargnants hésitent à acheter des actions ou, selon une expression plus ou moins heureuse, à jouer à la Bouse.La remontée des cours depuis un an ne leur inspire guère confiance.Ce n'est toutefois pas le cas pour certains individus et quelques courtiers aux États-Unis qui donnent une toute nouvelle dimension à la spéculation.L'affaire est simple.On achète l'ensemble d'une compagnie cotée en Bourse avec des fonds que l'on emprunte.Les bénéfices de la compagnie acquise serviront à payer l'intérêt sur la dette et la revente de certains de ses actifs permettra de réduire la dette.En fin de compte, un petit groupe contrôle une entreprise diminuée mais néanmoins très rentable.Jusqu'à récemment, ces opérations étaient encore relativement modestes, portant sur quelques milliards de dollars au plus.Récemment, l'offre pour Kraft a fait passer les enjeux à plus de S10 milliards, puis l'offre pour RJR Nabisco les a fait passer la barre des $20 milliards.Peu de compagnies sont maintenant à l'abri de ce genre de spéculation.Même General Motors est une cible éventuelle.Cette spéculation n'est pas mauvaise en soi, car elle permet aux actionnaires de vendre leurs actions à des prix élevés et les compagnies peuvent être réorganisées de façon plus rentable.Cependant, elle repose entièrement sur deux tendances des marchés financiers qui ne sont pas immuables.Pour que la spéculation réussisse, il faut, d'une part, pouvoir emprunter à des taux relativement bas et, d'autre part, pouvoir compter sur une croissance soutenue des bénéfices et une hausse minimale des cours des actions.Si un de ces éléments fait défaut, toute cette opération peut s'effondrer.Spectacle de haute voltige qui risque d'être déstabilisé par une hausse des taux d'intérêt ou par une récession.Or, le danger croît avec le nombre et l'importance de ces prises de contrôle spéculatives.Depuis l'offre pour Nabisco, le taux des obligations de cette compagnie est passé de 10 p.cent à 12 p.cent et on a aussi remarqué une hausse des taux pour d'autres compagnies qui pourraient éventuellement être la cible de spéculateurs.Par ailleurs, ces offres font grimper les cours des actions artificiellement, ce qui augmente le risque d'une forte correction à l'avenir.Bref, une montagne de dettes repose essentiellement sur la bonne tenue de la Bourse, une chute des actions pourrait entraîner la perte de gros investisseurs qui ont trop acheté de ces obligations alléchantes mais peu sûres.Une modeste récession pourrait provoquer des faillites retentissantes.Frédéric WACN 1ÈRE La jungle du travail PIERRE VENNAT Peut-être ne le saviez-vous pas, mais il est déjà arrivé qu'au Québec des tribunaux aient conclu à un bris de contrat d'emploi parce qu'un employeur avait réduit l'autorité d'un de ses cadres.Une compagnie qui avait embauché un gérant général et qui, ensuite, avait restreint son autorité, se vit en effet condamnée à des dommages pour bris de contrat.Ailleurs, un cadre transféré au siège social se vit, à toutes fins utiles, placé «sur une tablette».Six mois plus tard, affecté à un autre poste avec réduction de salaire, il porta plainte devant les tribunaux, qui lui donnèrent raison.Le fait de réduire à la fois son autorité, ses responsabilités et son salaire équivalait, estima le tribunal, à une forme de congédiement.On a même vu un journaliste, rétrogradé au niveau de simple rédacteur après 11 ans comme éditeur associé, porter plainte cl gagner.Le tribunal jugea que l'employeur avait manqué à son obligation de fournir à cet employé, tel que convenu préalablement, un poste d'autorité.Les droits et obligations des employeurs québécois et de leurs employés, cadres ou non, sont mal connus.Rien d'étonnant à cela puisque la majorité des employeurs et salariés sont liés par ce qu'on appelle juridiquement un «contrat d'em- ploi» et que, dans la forte majorité des cas, du moins en ce qui concerne les non-syndiqués, ces règles tacites ne sont pas écrites.Or, au Québec, sur 3 161 000 citoyens qui, en août dernier, possédaient un emploi à temps plein ou à temps partiel, seulement 962 354 étaient syndiqués.Si l'on excepte les quelques stipulations de la Loi des normes minimales, les autres sont régis par le Code civil.Celui-ci a beaucoup emprunté au Code civil français, qui a préféré laisser aux tribunaux le soin de déterminer les obligations implicites et présumées d'un contrat.Pour s'y retrouver, il faut donc consulter une vaste jurisprudence qui n'est pas à la portée de tout le monde.L'avocat montréalais Edward Aust, qui lançait cette semaine un ouvrage à ce sujet, avec la collaboration de Mme Lyse Charette, rendra donc service à plusieurs.Nul besoin d'être avocat pour lire ce livre.Les nombreux exemples de jurisprudence cités permettent à tout lecteur patient de comprendre.Encore qu'il s'agisse évidemment d'un traité de droit et non d'un quelconque roman populaire.La conclusion: pour éviter bien des malentendus, patrons et employés, cadres ou non, ont toujours intérêt à coucher leurs droits et obligations sur papier.Ce que trop peu, hélas, ont fait jusqu'ici.Le Contrat d'emploi, par Edward A.Aust.avec la collaboration de Lyse Charette, Editions Yvon Biais.Le Jésus de Scorsese: fiction ou réalité?Pierre Desjardins est professeur de philosophie au Collège Montmorency PIERRE DES JARDINS Selon certains orthodoxes, le |ésus que nous présente le film «la Dernière Tentation du Christ» est un personnage blasphématoire et odieux; suivant ceux-ci le «lésus» du film du réalisateur Scorsese relève de la pure fiction puisqu'il ne correspond pas aux textes sacrés et, à ce titre, n'a absolument aucune crédibilité religieuse et, qui plus est, doit même être interdit.S'il est tout à fait juste à mon avis d'affirmer que le Jésus de Scorsese ne correspond pas à celui des Évangiles, il me semble toutefois exagéré de vouloir l'interdire.Car, selon moi, ce film controversé, loin de nous présenter un Jésus fictif, nous montre au contraire un Jésus qui, à bien des égards, correspond fort bien à celui 3ue l'Eglise nous a prêché pen-ant des siècles.Encore faut-il cependant ne pas ignorer la marge énorme qui sépare le Jésus transcendant et mystique des Évangiles de celui, plus familier, qui nous a été enseigné par la tradition ecclésiastique, je vais donc rappeler ici quelques points importants qui démontrent l'origine après tout bien chrétienne du film de Scorsese, un film qui nous fournit de Jésus une image que je qualifierais plutôt d'hyper-réaliste que de fictive.Posons d'abord la question: quelle fut historiquement le type de rapport père-fils que l'Eglise choisira et privilégiera véritablement?En me référant à l'histoire même du christianisme, je constate que cette relation du père envers son fils prit tout son sens lors du fameux Concile de Nicée en l'an 325, a travers la définition qu'on y fit de l'idée de «Trinité»; à ce moment, précis de sa jeune histoire, l'Église mit de l'avant le type de relation père-fils à sens unique, différent, il est vrai, de celui indiqué dans les Évangiles.Ainsi, tout comme dans le film de Scorsese, nous retrouvons déjà à cette époque l'idée d'un père tout-puissant exigeant de son fils rien de moins que le Calvaire.Ce qu'il faut comprendre c'est que la croyance en la libération du chrétien obtenue par la puissance de la croix (le rachat par le Sauveur du péché originel) a vite été écartée par l'Église montante.Celle-ci préféra historiquement subtiliser au chrétien cette libération pourtant inscrite dans le Nouveau testament en lui redonnant plutôt et à rebours l'élément grandement masochiste que contenait le judaïsme d'origine.Car, après l'ère des apôtres du début, pour maintenir le mystère du sacrifice de Dieu en dogme et surtout, lui donner le caractère nécessaire qui la fonderait absolument, l'Église remplaça astucieusement cette libération par le duo péché-repentir comme seul gage d'amour divin pour le chrétien.Remarquons d'ailleurs que la résurrection de Jésus, point culminant et essentiel de la vue du Christ comme Sauveur, est pourtant aussi absente du film; Scorsese préférera y substituer, suivant une logique bien chrétienne, une dernière tentation pour Jésus: celle de demeurer ce qu'il semble au fond avoir été tout au long du film, un simple humain comme les autres, donc un pécheur.D'ailleurs ce fameux processus culpabilisateur utilisé par l'Église pour s'assurer de son emprise auprès de «ses» croyants, dénoncé aujourd'hui vigoureusement par des théologiens aussi prestigieux que Jean Delumeau, s'établira principalement à travers l'institution des sacrements.Comment comprendre autrement, par exemple, que l'on ait contraint les chrétiens-pécheurs à réactualiser à travers le sacrement de l'Eucharistie des centaines de fois la mort horrible de Jésus sur sa croix?Historiquement, il s'est à mon avis produit un glissement important entre les textes sacrés originant des apôtres et ceux que l'Église édicta par la suite pour garder sa place prépondérante, et ce seront ces derniers et non les premiers qui marqueront l'imaginaire collectif de toutes ces générations de chrétiens dont nous sommes les descendants.Aussi peut-on vraiment reprocher au film de Scorsese de s'en inspirer et de nous livrer un Jésus en chair et en os, plus homme que Dieu, plus victime de son père que le transcendant?Et cela même si, j'en conviens, il peut être aberrant pour ces orthodoxes de se rendre compte jusqu'à quel point ce Jésus du film de Scorsese se fait sympathique et attachant pour de simples chrétiens ordinaires.Et je suis loin de croire que l'on puisse rejeter du revers de la main l'image romanesque transmise par le film de ce «Jésus» alors que c'est précisément cette même image qui fut historiquement la clé de voûte du maintien du christianisme jusqu'à nos jours.La boîte aux lettres \u2014 Travailler le dimanche M.Raymond Martel, pharmacien ¦ En réponse à la vôtre du 26 octobre, permettez-moi de vous donner mon avis sur les heures d'ouverture des commerces.Vous dites que «la plupart des employés, dont les femmes mariées, sont intéressées à faire des heures de plus, surtout les fins de semaine, alors qu'il est plus facile de faire garder les enfants et que ceci (travailler les week-ends) améliore la vie des employés».Dans certains cas, c'est peut-être vrai.Mais on oublie trop facilement que beaucoup de ces employés subissent un chantage éhonté de la part de leur employeur.J'ai été moi-même obligée de travailler les dimanches, car on me disait: «Tu t'y fais ou tu prends la porte» (ce que j'ai fini par faire), alors que mes disponibilités s'étendaient du lundi au sa- N,B.medi inclusivement, de 9 heures le matin à 21 heures le soir.Je serais peut-être d'accord avec vous si les employés pouvaient bénéficier du libre choix dans ce domaine.Alors, pour ce qui est de «l'amélioration de la vie des employés», eh bien, vous pourrez toujours repasser.Anne-Marie CÔTÉ Repentigny Le jour du Seigneur ¦ Dans La Presse du 7 octobre, Madame Monique Robertson dit que le dimanche est un jour sacré.Les épiciers, qui ouvriront leurs portes le dimanche se moquent des « lois de Dieu », écrit-eile.Je lui ferai cependant remarquer que, d'après la Bible, ce n'est pas le dimanche qui est sacré mais plutôt le samedi.Rien dans la Bible ne dit qu'on doit se reposer le dimanche.Si on travaille le dimanche, on transgresse tout simplement une loi humaine.Raynald JEAN Sainte-Dorothée, Laval M La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite à des articles publiés dans ses pages et se réserve le droit de les abréger.L'auteur doit être clair et concis, signer son texte, donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone.Adresser toute correspondance comme suit; La boite aux lettres, La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y IK9.Merci ¦ Merci, Monsieur Girerd, de veiller à ce que notre conscience collective ne s'endorme pas sur les lauriers de nos bonnes actions «spectaculaires».Votre caricature du mercredi 26 octobre dernier replace les choses dans une perspective plus juste.Lorraine PELLETIER Boucherville saveur locale.L'auteure de cette lettre participait aux récents Championnats du monde d'orthographe de langue française.Voici la lettre qu'elle a fait parvenir à la directloti du concours.Monsieur Bernard Pivot, ¦ Le 15 octobre dernier, j'étais parmi les 107 finalistes québécois, plus précisément parmi les 38 «seniors professionnels», comme vous le dites, aux Championnats du monde d'orthographe de langue française.Malheureusement, je ne crois pas que l'on puisse, déjà, parler de «Championnats du monde».Le tout avait une saveur locale, pour* ne pas dire «hexagonale».Tout d'abord, pour être en mesure de noter la dictée que vous avez lue en direct, les pauvre?participants québécois ont du se lever à 4 h 30; (N'aurait-il pas été possible de retarder un peu la dictée, en France, de façon que vos concurrents subissent l'épreuve vers 16 h au lieu de 14 h?Cela ne nous aurait certainement pas nui.) Ensuite, il faut déplorer la piètre qualité de la transmission.Les oreilles nous ont bourdonné toute la journée des échos d'outre-mer, sans parler du fait que nous devions aussi nous habituer à votre accent.Venons-en maintenant au «corps du délit»: bien sûr, comme la plupart des participants qui n'avaient pas eu l'occasion de consulter le catalogue d'un pépiniériste dans la semaine précédant l'épreuve, j'ai trébuché sur les «paulownias».Mea culpa.Ce n'est pas là que je m'insurge Mais voyez-vous, Monsieur Pivot, je fais partie de ces «ga-zetiers» et autres journalistes et, bien que j'aie tendu l'oreille lors des trois lectures successives que vous avez faites de la dictée, je ne me suis jamais reconnue, l'ai d'abord compris «gaspillé», puis «cafetier» et j'ai finalement décidé que c'était un «casse-pieds».Vous vous êtes justifié en disant que l'Académie recommande de ne pas prononcer le «e»de«gazctier».Je suis toulà .fait d'accord.Mais mon petit Robert'dit bien que l'on doit prononcer «gaztier», et non «gastier», comme vous l'avez dit et redit, lors de la correction.Je ne veux pas insinuer que j'aurais pu être la championne du monde.Mais il faudrait donner des chances égales à tous les concurrents.Permettez-moi donc de vous faire une suggestion: pourquoi la deuxième ou la troisième lecture de la dictée né serait-elle pas faite localement par un représentant du pays participant?En outre, il serait bon que la dictée soit composée à l'échelle internationale.On a parlé de Jeux olympiques de la langue, mais justement, en ces occasions, on fait preuve d'un peu plus d'« internationalisme ».Peut-être les pauvres Québécois auraient-ils eu un peu plus de chances si on avait incorporé dans la dictée quelques «ouananiches», «puaouarons» et «wapitis» qui foisonnent en Nouvelle-France.Étrangement, la grande championne québécoise a un accent qui ressemble beaucoup au vôtre, Monsieur Pivot.Louise SASSEVIUE Deux-Montagnes T LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 NOVEMBRE 1988 B3 SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 6 NOVEMBRE 1988 La personnalité de la semaine Cet éducateur de 45 ans a conçu et mis en oeuvre un plan de motivation des élèves et du personnel JEAN-PAUL CHARBONNEAU Pour ses initiatives remarquables en milieu de travail, M.Yves Archam-bault vient de se voir décerner le prix d'« Excellence de l'administration publique I988».\u2022 Cet honneur rejaillit sur l'ensemble de la Commission scolaire de Saint-Jérôme, dont il est le directeur général.Ce prix d'excellence tout autant que son oeuvre en milieu d'éducation lui valent aujourd'hui le titre de Personnalité de la semaine de La Presse.Le concours dont M.Archambault sort vainqueur, est organisé par l'Association des diplômés de l'École nationale d'administration publique en collaboration avec l'Association des cadres supérieurs du gouvernement du Québec, l'Institut d'administration publique du Canada, le gouvernement du Québec et l'Association des directeurs généraux des commissions scolaires du Québec.Les membres du jury ont arrêté leur choix sur cet éducateur de 45 ans à cause de son engagement dans la réalisation d'un plan qu'il a lui-même conçu et appliqué à la Commission scolaire de Saint-Jérôme et auquel il a donné le nom de «Plan de consolidation des apprentissages fondamentaux et de la motivation des élèves et du personnel ».Trois honneurs Le prix décerné à M.Archam-bault a valu par la suite à la commission scolaire dont il est l'un des principaux dirigeants, de remporter trois honneurs: le prix d'Excellence 1987-88 de la Fédération des commissions scolaires; le premier prix du Concours provincial intitulé «Le français au pluriel» organisé par le conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec, et une invitation à exposer son plan à un groupe de 1000 administrateurs et éducateurs canadiens réunis à Régina, en septembre, à l'occasion du congrès de l'Association canadienne de l'éducation.La genèse du plan Archam-bault est celle-ci: en 1983-84, le conseil d'administration de la commission scolaire optait pour un virage pédagogique.Pour le réaliser, les commissaires ne voyaient qu'un homme: M.Ar-chambault.A la tête du programme, il a réellement apporté un renouveau dans l'enseignement diffusé par cette commission scolaire, dont le territoire s'étend de Saint-Janvier (Mirabel) à Prévost en passant par Saint-Hippo-Iyte et qui englobe 25 écoles.Lorsqu'il a voulu implanter ce programme, qui suscite les plus élogieux commentaires d'un océan à l'autre, programme qui s'adresse aux 12 390 élèves et aux 1200 employés de la commission, M.Archambault a trouvé sur sa route certaines oppositions.Mais, rapidement, tous se sont ralliés à son idée.Si bien que le conseil des commissaires a investi, dès la première année, en 1987, une somme de $ 621 315 pour mener à bien cette expérience pilote.La principale difficulté a été d'amener le milieu à un certain consensus visant à reconnaître la nécessité d'améliorer trois apprentissages: ¦ le français; priorités: la lectured l'écriture; ¦ les mathématiques; priorité: la résolution de problèmes ; ¦ l'anglais; priorité: l'oral.À YVES ARCHAMBAULT «Ce plan permet de changer les mentalités et amène à des changements en profondeur», dit le secrétaire de la commission scolaire de Saint-Jérôme Ce plan qui comprend huit objectifs est réparti sur cinq ans, et n'est donc pas un feu de paille.Il consiste notamment à mesurer les apprentissages, analyser les résultats des élèves et élaborer des mesures correctives.En profondeur «Ce plan, commente le secrétaire général de la commission scolaire, M.Raymond Courte-manche, permet à notre milieu de changer de mentalités et nous amène à des changements en profondeur.» Le secrétaire général mentionne aussi que depuis qu'il exerce cette fonction, M.Achambault a accompli beaucoup de choses, ayant principalement réorienté la commission scolaire vers sa mission fondamentale, sa mission pédagogique.La Commission scolaire de Saint-Jerôme a une renommée provinciale.Ces dernières années, quelques-uns de ses professionnels de l'éducation animent à l'échelle de la province des ateliers en mesure et évaluation.Qui plus est, cet organisme qui regroupe les écoles de la région de Saint-lerôme, étendra bientôt sa renommée jusqu'en France.Dans le cadre du projet franco-québécois sur les écoles performantes, les ministres de l'Education du Québec et de la France ont créé un comité chargé de définir les critères qui permettront d'identifier les écoles performantes.Pour le Québec, le ministère de l'Education a choisi deux commissions scolaires: la Commission des écoles catholiques de Montréal et la Commission scolaire de Saint-lerôme.Les honneurs ne s'arrêtent pas là.Eh 1988, la Fédération des commissions scolaires du Québec, à son congrès annuel, a ac- cordé à la Commission scolaire de Saint-Jerôme le prix d'Excellence pour signaler la qualité du «Plan de consolidation des apprentissages fondamentaux et de la motivation des élèves et du personnel ».Un bénévole qui dédaigne les honneurs Quand il n'occupe pas ses fonctions de directeur général ou qu'il ne préside pas la table de concertation de l'éducation de la région Laval-Laurentides-Lanaudière, M.Archambault n'en continue pas moins d'oeuvrer au bien-être de sa communauté.Il est membre du conseil d'administration de l'Association pour l'enfance en difficulté de la région Laurentides-Lanaudière et il s'occupe aussi de très près de l'association qui aide les personnes atteintes de l'arthrite.«Il est un véritable bénévole ui aime travailler dans l'ombre.Il n'aime pas les honneurs», précise M.Courtemanche.11 a le curriculum vitae bien garni.Diplômé de l'Université de Montréal, il détient un baccalauréat en pédagogie, une licence en pédagogie-administration et une maîtrise ès arts (administration ).Dans le domaine de l'enseignement, il a d'abord été professeur au niveau primaire à la Commission scolaire de Jacques-Cartier ( 1965-66 et 1968-69).et au secondaire à la Commission des écoles catholiques de Montréal (1970 à 1972).Avant d'accéder au poste de directeur général de la Commission scolaire de Saint-Jerôme, M.Archambault était directeur d'une école polyvalente relevant de la même commission.Il est marié à une artiste peintre et le couple a deux enfants.i a Encore plus que du talent, Au de l'intelligence, même du génie, Vexcellence naît de l'effort.h au magazine La personnalité de la semaine vous attend demain à 13 h 15 PlU JOUR Réalisotrice-coordonnotrice: LOUISE B.TARDIF II JOUR Avec Dominique Lajeunesse et Normand Harvey, ¦ * .11 IVI m Radio-canada du lundi au vendredi.w **** t.! Télévision B4 \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 NOVEMBRE 1988 Hi À la chasse aux dinosaures JEAN-PIERRE ROCE1 collaboration spéciale Agence Acience-Presse JS ai un aveu à faire : j'ai une dent contre les dinosaures.|e trouve qu'ils sont au journalisme scientifique ce que les tartes à la crème sont au cinéma muet: une espèce de running gag, un truc amusant mais peu imaginatif.Après tout, qu'est-ce que cela peut faire que ces reptiles aient disparu de la surface de la Terre il y a 100 ou 65 millions d'années?Qu'ils aient eu le sang froid ou chaud?Que ce soit un énorme météorite, un bouleversement climatique ou une épidémie (je résume.) qui ait causé leur disparition?De toutes manières, ils ont bel et bien disparu, et leur étude se réduit à un jeu d'hypothèses très difficiles à prouver.On pourra aisément me taxer d'obscurantisme, mais je maintiens que je n'ai que faire des dinosaures.En fait, je suis heureux qu'ils aient disparu de la surface de la Terre, car cela a permis aux mammifères \u2014 dont l'Homme est, aux dernières nouvelles, le représentant le plus évolué\u2014, de prendre leur place.Quant à la fameuse leçon d'humilité que nous donnerait l'étude de ces reptiles «longtemps dominants sur Terre et aujourd'hui totalement disparus», je suis d'accord, mais je pense qu'on ferait mieux de s'intéresser à la disparition accélérée d'espèces animales sous l'action de l'homme.Cela me parait un chemin plus direct pour prodiguer ces leçons d'humilité.Des ossements en Mongolie Bon, trêve de mauvaise humeur.|e reconnais que les dinosaures sont des animaux fascinants.Surtout les plus gros, évidemment.Un diplodocus, un brontosaure, un tricératops ou un tyranosaure, cela excite l'imagination.Ce n'est pas pour rien que le nom générique de dinosaure vient du grec «lézard terrifiant».Et puis, il y a peut-être quelque chose à apprendre en tentant de les étudier.Le mois dernier, une équipe canado-chinoise a annoncé la découverte, en Mongolie intérieure, d'une série d'ossements de ce qui semble être des ankylosau-res, une espèce de dinosaures qui porte des plaques sur la tète et le dos.Ce n'était pas la première trouvaille de cette équipe formée de scientifiques du Musée des sciences naturelles à Ottawa, du Musée Tyrell de Druni-heller en Alberta (un endroit où on a retrouvé beaucoup d'os de dinosaures) et de l'Institut de paléontologie de Pékin.L'an dernier, ces chercheurs avaient découvert de nombreux os de dinosaures lors d'une première expédition dans le désert de Gobi.Commencé en 1985, le projet cana-do-chinois doit durer jusqu'en I994.il est financé par des fonds publics et privés.Le gouvernement fédéral et celui de l'Alberta ont chacun mis $3,b5 millions dans ce projet, qui est administré par une fondation albertaine appelée Ex-Terra.Les fossiles de dinosaures exhumés en Chine sont intéressants à plusieurs points de vue, a déclaré récemment le Dr Dale Russell, du Musée des sciences naturelles d'Ottawa, à son retour de Pékin.Certains ont des caractéristiques distinctes de ceux trouvés en Amérique du Nord jusqu'ici.Par exemple, on a trouvé des brontosaures avec une queue se terminant par un gros os en forme de gourdin, que n'ont pas «nos» brontosaures de l'Alberta.Ou des petits dinosaures à bec, totalement inconnus jusqu'ici.Tout ceci suggère que les dinosaures d'Asie ont évolué séparément de ceux d'Amérique, au début du Crétacé, il y a quelque 140 millions d'années.Les chercheurs pensent que la Chine était alors un continent isolé, et recouvert en partie d'immenses étendues d'eau.Cet isolement aurait pris fin il y a 90 millions d'années.Des ponts de terre se seraient alort' formés entre l'Asie, l'Europe et l'Amérique, et de grandes migrations de dinosaures auraient eu lieu.Il semble en tout cas que les espèces de dinosaures présentes en Asie et datant de 80 millions d'années soient à peu près les mêmes que celles trouvées en Amérique du Nord et datant de la même période.Imax et les brontosaures Si l'équipe canado-chinoise continue à trouver de nouveaux fossiles à ce rythme, l'intérêt dans le projet sera maintenu, et les fonds continueront d'affluer.Chaque année, on aura de nouvelles hypothèses intéressantes, qui seront abondamment commentées, aussi bien dans les revues scientifiques que dans les médias.Tout fossile nouveau amènera de nouvelles interrogations, et ainsi de suite.Sans doute les paléontologistes progresseront-ils dans leurs hypothèses.|e ne veux pas dire que tout cela est inutile, mais je ne suis pas sur que ce soit très important ou prioritaire.On pourrait dire cela de bien d'autres domaines de recherche, mais je crois que les chasseurs de dinosaures ont la chance de pouvoir tabler sur la fascination que suscitent les dinosaures.Ils peuvent aller chercher un soutien populaire.Ce qui n'est pas le cas de ceux qui travaillent avec des équations mathématiques ou des structures biologiques fondamentales invisibles et impalpables.Très consciente de cet atout, la fondation Ex-Terra veut réaliser un documentaire télévisé sur les dinosaures chinois, et un film avec le fameux procédé Imax.Elle compte aussi monter pour 1991 une exposition itinérante sur le sujet, à présenter dans 12 villes du inonde: on voit grand, en Alberta! Ma foi, cet aspect-là me réconcilie avec les dinosaures et ceux qui les chassent.Qu'on s'en serve pour sensibiliser le grand public, c'est parfait.Qu'on nous fasse voyager dans le temps, rêver et découvrir la Terre, je suis d'accord.Mes doutes concernent l'importance relative de ces travaux, au strict plan de l'avancement des connaissances scientifiques.Mais après tout, les chasseurs de dinosaures ont peut-être raison.Dans le fond, que vaudrait la science si elle ne nous permettait pas de nous cultiver et de rêver?Le prix élevé d'une peinture chromée La peinture aux isocyanates attaque la santé des travailleurs CAROLE TH IB AU DE AU Ya-t-il quelque chose de plus beau qu'une peinture neuve et brillante sur votre vieille minoune de 150 000 km?Depuis quatre ou cinq ans les voitures sortent plus rutilantes que jamais de l'atelier de réparation de carosseries (body shop).On les repeint amoureusement avec un produit qui contient des isocyanates, et qui ajoute chaleur et brillance à la carosserie, sans compter une meilleure résistance aux égratignures et une durabilité accrue.Malheureusement, ces isocyanates s'en prennent à la santé de ceux qui les manipulent.Ces substances très réactives étaient jusqu'à récemment réservées aux peintures d'avions et de véhicules commerciaux.Depuis quelques années, on les considère comme le nec plus ultra en matière de recouvrement des voitures.Quand on applique la peinture, les isocyanates se dégradent en quelques minutes au contact de l'air.En ce court laps de temps, elles s'attaquent aux voies respiratoires des travailleurs à proximité.La forme aérosol (des fines gouttelettes en suspension dans l'air) affecte le nez, la trachée et, dans une moindre mesure les bronches.La forme gazeuze, plus insidieuse, se rend jusqu'aux tendres cellules tapissant les alvéoles pulmonaires.Elle provoque de graves allergies de type asthmatique chez ceux qui y ont été sensibilisés.Il existe même un cas de décès survenu à la suite d'une crise d'asthme déclenchée par les isocyanates.Le travailleur sensibilisé, même s'il interrompt l'exposition aux isocyanates, ne retrouvera jamais toute sa capacité respiratoire.Du laxisme dans les normes Si le travailleur est affecté à un autre poste que la peinture, il n'est pas certain que l'isocyanate n'aura pas été diffusé, en faibles concentrations, dans les autres locaux.On sait qu'il suffit d'une concentration de l'ordre de 0,002 mg4n3 pour provoquer une crise d'asthme.Et la norme admissible?Elle est de 0,14 mg'm5 dans les milieux de travail.Cette norme a été adoptée au Québec par la CSST (Commission de la santé et sécurité du travail), qui s'inspirait du guide 1979 de l'American Conference of Gouvernemental Indus-trial Hygiene.C'est encore cette norme qui est utilisée par les inspecteurs.Fait intéressant, l'AC-GIH, dans son guide 88, a divisé par quatre la norme acceptable, qui est maintenant de 0,035 mg-tn\\ Cela demeure toutefois supérieur à la plus petite quantité qui peut déclencher une crise d'asthme.«Nous ne considérons pas que la protection du travailleur consiste à respecter les normes, explique Jacques Lesage, chimiste à l'IRSST.Pour protéger le travailleur, il faut éliminer totalement la source de pollution.» «Déjà, si on faisait respecter la norme désuète de 0,14 mg/m5, il faudrait fermer la moitié des ateliers de réparation et de débosse-lage», selon un propriétaire d'atelier qui vend aussi des pièces d'automobhe.Qui est prêt à échanger un \"problème de chômage contre un problème de santé?La CSST a déjà sur les bras de nombreux cas de travailleurs qui ont fait une crise d'allergie, et auxquels elle verse des indemnités.Ces victimes ont dû prouver, à coups de tests médicaux, qu'elles ont développé une hypersensibilité aux isocyanates et que leur réaction d'allergie n'est pas uniquement le fait d'un tempérem-ment sensible aux produits chimiques.Les tests démontrent que c'est bien au travail que ces personnes ont développé leur allergie.$40 000 pour un local sain Les grandes entreprises d'avionnerie ou de chantier naval ont des ateliers sécuritaires et procurent un équipement adéquat à leur personnel.Le problème commence lorsque des petites entreprises veulent utiliser les mêmes produits sans bénéficier des mêmes équipements.Cela coûte entre $40 000 et $60 000 pour installer un système de ventilation dans les règles, dans une pièce qui ne peut contenir qu'une seule voiture.Devrait-on inciter ces compagnies à se contenter d'utliser une peinture sans isocyanates, ce qui est maintenant considéré comme une peinture de seconde qualité?Quel est le pouvoir de la Commission en la matière?Il faut 15 minutes pour appliquer une couche de peinture sur la voiture.Les voies respiratoires des ouvriers demandent une protection particulière.à moins que la pièce ne soit impeccablement ventilée.photothèque, u pmle Il y a en tout 7000 travailleurs potentiellement exposés aux isocyanates au Québec.5 500 d'entre eux se trouvent dans un des 2 500 petits ateliers existant dans la province.«L'idéal est d'avoir un bon sys- tème de ventilation, soutient Jacques Lesage.Mais vue l'absence de moyens financiers, il est indispensable de développer des équipements de protection personnels, avec masque capteur qui purifié l'air avant qu'on le respire, convient M.Lesage.» L'utilisation d'un matériel de protection personnel, toujours moins confortable et moins efficace, est contraire à l'esprit de la loi sur la santé et la sécuriré du travail, qui vise l'élimination à la source du polluant.Meilleure meilleure Saisie de la question des isocyanates il y a trois ans, l'IRSST a d'abord mis au point un procédé pour détecter d'infimes quantités d'isocyanates dans l'environnement des travailleurs.La seule méthode connue consistait en un système de prélèvement au toluène, qui pouvait détecter une concentration de 0,01 mg4n\\ Une équipe de quatre personnes s'est mise à la tâche pour raffiner la technique.On a développé un système sans toluène, qui permet de détecter les isocyanates à des quantités aussi faibles que 0,001 nifî'm5.La sensibilité était multipliée par dix et les inconvénients du toluène évités.Le dispositif de détection permet de faire une cartographie de l'exposition aux isocyanates dans les usines, ce qui permet de réinsérer au travail des travailleurs déjà sensibilisés au contaminant.Pour maintenir un air sain dans un atelier de peinture, il faut effectuer quatre changements d'air à la minute.Les systèmes conventionnels de ventilation étaient horizontaux, ce qui fait que l'air circulait à hauteur d'homme.Le système recommandé pour les ateliers de peinture est vertical.L'air frais arrive du plafond et est attiré par des trappes sous le plancher.Les voies respiratoires sont donc épargnées.La peinture est appliquée à la hauteur des mains et les polluants qu'elle contient sont immédiatement dirigés vers le bas.Sous le plancher, un système filtre les gouttelettes d'isocyanate et rejette l'air pollué à l'extérieur.Finis lespicotsl Ajoutons aux mérites de la ventilation verticale que c'est elle qui permet les plus belles peintures.Elle fait moins de «picots», selon Mario Forgues, propriétaire de Forgues Automobile à Repenti-gny.La ventilation horizontale laisse les poussières se déposer sur la belle peinture fraîche.Le système vertical les attire tout net vers le bas.L'IRSST a procédé à l'analyse d'échantillons recueillis dans 12 ateliers de réparation et de débos-selage, non pas pour voir si la norme était respectée mais pour voir s'il y avait moyen d'éliminer totalement les isocyanates dans les ateliers de peinture.«La protection du travailleur ne correspond pas pour nous au respect de la norme, mais plutôt à l'élimination totale de l'isocyanate dans son environnement», explique lacques Lesage, un des chimistes de l'équipe de l'IRSST.L'atelier de M.Forgues était le seul de l'échantillonnage à afficher la concentration zéro.Le détecteur était porté par le travailleur à hauteur des voies respiratoires du travailleur, durant les 15 minutes qu'il faut pour peindre une voiture.santé, peinture Le propriétaire d'un atelier de réparation et de débosselage, M: Mario Forgues, discute avec un chimiste de l'IRSST, M.Jacques Lesage.photo michei cravel, u pmst .i Il y a en tout 7000 travailleurs potentiellement exposés aux isocyanates au Québec.5 500 \\ d'entre eux se trouvent dans un des 2 500 : petits ateliers existant dans la province.Dans trois autres ateliers, la concentration d'isocyanate était en deçà des normes alors qu'elle était non réglementaire dans les autres ateliers.«Il est évident que sans aération de haut en bas, il faut travailler avec un scaphandre, souligne M.Lesage.Cela cqùte cher et n'est pas très confortable.La plu; part du temps, on se contente de petits masques avec cartouches, ! «Avec des mesures plus précK ses, les ateliers sauront à tout le moins quel est leur niveau d'ex» position et essaieront d'améliorer un peu leur environnement »; conclut le chimiste. LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 NOVEMBRE 1983 \u2022 B5 La Chine déclare la guerre aux entreprises qui embauchent et exploitent des enfants Agence France-Presse PEKIN ¦ Le gouvernement chinois espère lutter plus efficacement contre l'exploitation des enfants comme main-d'oeuvre bon marché en prévoyant de lourdes amendes, voire la fermeture des établissements en question, a annoncé samedi le quotidien officiel en anglais China Daily.Chaque entreprise \u2014publique ou privée\u2014 qui emploie des enfants devra payer une amende de 3,000 à 5,000 yuan ($800 à 1,350 US) par enfant.Les entreprises qui voudraient passer outre les amendes seront «contraintes de cesser leurs activités et leurs autorisations leur seront retirées», précise le jour-nal.L'exploitation des enfants est particulièrement répandue dans des entreprises privées des régions côtlères, qui forment la clé de voûte de lia réforme économique chinoise visant à attirer des investissements étrangers, a poursuivi le journal, citant un haut responsable selon lequel «dans certaines entreprises, environ 20 pour cent du personnel est formé par des enfants».En Chine, l'emploi d'enfants au-dessous de 16 ans est illégal.China Daily a souligné que le travail des enfants ne leur eau-.sait pas seulement un «tort psychique et physique», mais menait également nombre d'enfants à quitter l'école prématurément.Selon des informations parues récemment dans la presse chinoises, le nombre d'enfants illettrés atteindrait en Chine 100 millions, soit un jeune Chinois sur cinq.Pour lutter plus efficacement contre le travail des enfants, une attestation de l'administration locale sera désormais exigée lorsque un élève voudra interrompre sa scolarité obligatoire de neuf ans minimum en invoquant une maladie ou une autre raison, selon une circulaire gouvernemental.China Daily a indiqué que dans certains cas, les parents ou les tuteurs obligeaient des enfants à travailler dans des usines.Le gouvernement chinois prépare actuellement une nouvelle législation visant à protéger les droits des mineurs.Religi Un pasteur zaïrois prétend guérir le sida ¦Agence France Presse KINSHASA M Un pasteur d'une secte zaïroise affirme avoir eu la « révélation divine» de la composition d'un médicament contre le SIDA testé, selon lui, avec «succès» depuis huit '.mois sur une centaine de malades.¦ ¦ \" H t'Le «Nizhio», nom «.céleste» attribué à ce produit par le représentant légal.de «l'Eglise de Jésus-Christ selon l'Inspiration du Saint-Esprit», le pasteur Sabana phuna, semblé avoir déjà.fait de [nombreux adeptes.V.A Kinshasa, où radio-trottoir ¦va bon train, oh murmure que plusieurs personnalités zaïroises auraient eu recours, pour elles- même ou leur famille, au médicament.« Mon oncle se mourait du SIDA, les tests l'avaient prouvé-jusqu'au moment où je lui ai administré, à son insu, une cure de Nizhio.Actuellement, il a repris.toutes ses activités et ne s'est jamais aussi bien porté.Il croit que les tests s'étaient trompés et que son indisposition était due à une simple crise de paludisme», affirme le responsable d'une grande entreprise de la capitale.«C'est pendant la prière du dimanche 6 mars dernier que le Père céleste a révélé, par vision, à une maman de ma paroisse, la marche à suivre pour guérir le SIDA», affirme le pasteur.La paroissienne, sa nièce et sa soeur cadette sont entrées en transes et se sont mis à écrire de savantes formules chimiques.D'après le pasteur, les éléments du Nizhio sont contenus dans six plantes dont il refuse de révéler le nom scientifique.Le Nizhio est une potion verdâ-tre dont il faut avaler un demi-verre matin et soir pendant six semaines, soit douze litres de produit, pour être «définitivement débarrassé du SIDA».« Depuis mars, nous avons soigné 104 malades du SIDA.L'un d'eux est mort depuis d'une autre maladie, tous les autres ont repris leurs occupations et n'ont même plus de trace du virus dans leur sang», affirme le pasteur, qui brandit fièrement des fiches de sérologie effectuées par un grand laboratoire médical de la capitale.Interrogé sur ces fiches, les responsables du laboratoire en question reconnaissent leur authenticité, mais déclarent tout ignorer des activités du pasteur Phuna «d'autant qu'il ne s'est jamais présenté à nous».«Je lance un appel à tous les scientifiques pour qu'ils viennent vérifier l'efficacité de notre produit», proclame le pasteur qui insiste sur «sa foi inébranlable en Dieu».De son côté.Dieu ne semble pas avoir négligé l'aspect matériel des choses puisqu'il a même révélé à ses élus le prix de la cure: 50 dollars quand le Nizhio sera enfin «universellement» reconnu.Pièce en or canadienne en l'honneur de Cousteau JEAN-PAUL EURV île la Presse Canadienne PARIS ¦ Le commandant lacques-Yves Cousteau, le célèbre océanographe français, auteur notamment du Monde du silence, a reçu, ce week-end à Paris, des mains du président de la Monnaie royale canadienne, M.Maurice Lafon-taine, une pièce commemorative en or de $100, en hommage à l'oeuvre accomplie en faveur de la protection des océans et des espèces vivantes.La pièce frappée cette année -par la Monnaie royale, d'après le ! dessin d'un artiste ontarien, représente sur l'avers une baleine boréale et son baleineau.- « Le Canada entend ainsi saluer l'oeuvre accomplie par le grand [explorateur», a notamment déclaré le nouvel ambassadeur du Canada à Paris, M.Claude Char- land, qui recevait dans les salons refaits à neuf de la résidence canadienne, rue du Faubourg Saint-Honoré.Profitant de l'occasion, le commandant Cousteau, qui a fêté au printemps dernier ses 78 ans, a une fois encore dénoncé la chasse industrielle des grands cétacés en prenant la défense des Inuit et de leur chasse traditionnelle et de survie.«Dans le Grand-Nord, la situation est très sérieuse et beaucoup d'animaux sauvages sont en péril.|e pense que le Canada a déjà fait et continuera encore à faire des efforts de plus en plus grands pour la sauvegarde des espèces», a notamment déclaré le commandant.Cependant, peu après, et en aparté, le célèbre océanographe a vivement conseillé à Ottawa de renoncer à l'exploitation industrielle des richesses du Grand-Nord comme s'y engagent les États-Unis.Appuyant sa prise de position avec la force de conviction qu'on lui connait, le commandant Cousteau a obtenu de l'ambassadeur Char!and qu'il fas- se une recommandation en ce sens aux autorités fédérales.Le commandant Cousteau, qui vient d'annoncer sa décision d'abandonner à la fin de l'année la direction du Musée océanographique de Monaco après 31 ans à ce poste, a dernièrement fait acte de candidature à l'Académie française.Ce serait pour lui, esti-me-t-il, une nouvelle tribune pour poursuivre la même croisade de défense des océans.Car à l'âge de la retraite, l'auteur du Monde du silence n'entend ni abandonner, ni se taire.Le blanchiment de «narco-dollars»: une affaire de $1,5 milliard Associated Press La fin justifie les moyens ANDRÉ TRUDELIE ¦ La fin justifie les moyens, dit le proverbe.C'est vrai au bridge.Et le plan de jeu le.plus paradoxal devient naturel quand il réussit! Donneur: Nord Vulnérabilité: Nord-Sud Nord ?RD9 S?A4 OAD653 ?1052 Ouest Est ?762 48543
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