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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Élections 88
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1988-11-22, Collections de BAnQ.

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[" LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 22 NOVEMBRE 1988 Le PC rafle 37 des 40 comtés hors de la métropole Même l'ancien fief du «p'tit gars de Shawinigan » vire au bleu RUDY LE COURS Des 40 circonscriptions à l'extérieur de la grande région métropolitaine, les conservateurs en ont raflé 37, soit une de plus qu'en 1984.Saint-Maurice, l'ancien fief de Jean Chrétien, passe sous le giron bleu, à la faveur d'une victoire de Denis Prono-vost, un ex-journaliste du quotidien Le Nouvelliste.Le candidat libéral, Yvon Millette, a même eu le triste honneur de finir derrière le néo-démocrate Claude Rompre.Richmond-Wolfe, représenté par le libéral Alain Tardif depuis 1979, après 11 ans de règne créditiste, passe au bleu avec la victoire de Yvon Côté, un éche-vin de Rock Forest.M.Tardif comptait parmi les plus farouches opposants au leadership de John Turner.En fait, seules les circonscriptions de Gatincau-La Lièvre, Hull-Aylmer et Shefford, sont rouges en province.Dans les deux premières, ce sont d'ex-députés libéraux à l'Assemblée nationale, MM.Mark Assad et Gilles Rochcleau, qui troquent leur siège de la Vieille Capitale pour un fauteuil à la Chambre des Communes.M.Assad était député québécois de Papineau et M.Rochcleau de Hull.Gatineau-La Lièvre est en fait le seul gain libéral, réalisé aux dépens de la conservatrice Claudy Mailly.Dans Shefford, l'énergique )ean La-pierre a eu l'insigne honneur d'être le premier libéral déclaré élu au Québec.Petite surprise, chez les conservateurs, cet honneur a échu à Pierre H.Vincent, déclaré gagnant dans Trois-Rivières quelques minutes seulement avant le premier ministre Brian Mulroney dans Charlevoix.Seul espoir néo-démocrate en province, M.Rémi Trudel, dans Témiscamin-gue, n'a pu endiguer la vague bleue et a du baisser pavillon devant Gabriel Des-, jardins.À l'exception de Mme Mailly, tous les députés conservateurs en quête d'un deuxième mandat ont été réélus.Les conservateurs ont pu reprendre égale- ment toutes les circonscriptions où ils présentaient un nouveau candidat.C'est le cas dans Langelier où Gilles Loiselle, candidat vedette dans la région de Québec que d'aucuns voient déjà mÎT nistre, a gardé la circonscription qui avait élu l'ex-ministre Michel COté, forcé de démissionner à la suite d'une triste affaire de prêt personnel.Toujours dans la région de la Vieille Capitale, Charles De Blois a conservé sous le giron bleu la circonscription abandonnée par Anne Blouin.Dans Laurentides, Jacques Vien, a de son côté succédé à Fernand Ladouceur qui avait dû abandonner la politique active pour des raisons de santé.Enfin, dans Manicouagan, Charles-A.Langlois succède à Brian Mulroney, élu dans la circonscription voisine de Charlevoix.,; Tous les ministres du Québec ont été réélus alors que plusieurs ont mordu la poussière dans les autres provinces.\u2022 La formation de John Turner, en plus de perdre deux circonscriptions en province, a vu plusieurs espoirs mordre la poussière, si on fait exception de MM.Assad et Rocheleau.C'est le cas notamment de Rémi Bujold, un des deux lieutenants du chef, battu facilement par le député sortant Marcel R.Tremblay dans Québec-est; de Paul Vézina qui, dans Charlesbourg, profitait pourtant de la machine du tout-puissant ministre québécois Marc-Yvan Côté; de Serge.'Pa-quette, un jeune adjoint de John Turner, défait dans Laurentides.! .Broadbent est élu, mais les néo-démocrates sont déçus JOYCE NAPIER_ OSHAWA Déception, découragement, tristesse.Ce ne sont que quelques-uns des sentiments exprimés par les partisans, les travailleurs et les organisateurs du NPD hier soir, malgré la victoire, peu réconfortante, du chef dans le comté d'Oshawa.Ed Broadbent lui-même, souriant aux côtés de sa femme Lucille, lors d'une très brève allocution vers 21 heures, a rappelé à une centaine de partisans rassemblés dans le local des Travailleurs unis de l'automobile, que le dernier mot n'a pas encore été écrit.«|c n'ai pas l'intention de faire des commentaires sur les résultats en ce moment», a dit M.Broadbent en rappelant que les bureaux de scrutin n'étaient pas encore fermés en Colombie-Britannique où le parti espère faire des gains.Le chef néo-démocrate a refusé de répondre aux questions des journalistes, insistant sur le fait qu'il voulait attendre les résultats dans l'Ouest.II est reparti aussitôt, promettant de revenir en fin de soirée.Mais, malgré les paroles encou- rageantes du leader, dans cette salle éclairée au néon, on ne voyait, pas de sourires, on n'entendait pas des cris de joie.Après cette brève apparition, la salle s'est vidée, ne laissant dans le local 222 que quelques partisans et les journalistes qui ont suivi le leader pendant cette campagne.C'est dans ce même local qu'Ed Broadbent a amorcé sa carrière politique en 1968.Cette année-là, Je leader du NPD avait gagné son siège d'Oshawa avec l'appui des travailleurs de la General Motors, un des grands employeurs de la région.Dans ses discours, il a souvent rappelé à ses partisans que chaque vote compte et qu'il avait remporté son siège, cette première fois en 68, par une majorité de 15 voix.Nester Pidwerbecki, organisateur de la campagne de M.Broadbent dans Oshawa, était là en 1968.Il a noté qu'hier soir tout le inonde, était découragé.« |e croyais vraiment qu'on allait faire mieux.Une majorité conservatrice, que voulez-vous, si c'est ce que veulent les électeurs, nous n'y pouvons rien.» À l'arrivée du chef, alors que sa vistoire venait d'être annoncée, ses partisans l'attendaient pour lui serrer la main.Les applaudis- sements n'étaient ni convaincus, ni convainquants.Le parti venait de perdre son seul siège dans les provinces maritimes, à Saint-John Est, à Terre-Neuve.En Ontario, la situation n'était guère plus gaie.Des châteaux forts du NPD menaçaient de s'écrouler.Au Québec, leurs espoirs s'étaient éteints.Brian Harling, organisateur du parti en Ontario, a avoué à La Presse qu'il était fort découragé.Accoudé à l'estrade, il a noté que l'atmosphère était bien «plate».« Il ne nous reste qu'à espérer que nous gagnerons des sièges dans l'Ouest», a-t-il dit avant l'arrivée du chef.Diane Gibeault, directrice administrative, a noté pour sa part qu'on ne pouvait plus s'en cacher, que le NPD n'était pas en train d'effectuer les percées historiques dont il avait été question pendant cette campagne.De son côté, le directeur de la campagne néo-démocrate, M.Bill Knight, a déclaré qu'ii ne fallait pas sous-estimer les gains de vote populaire faits au Québec.Selon lui, les quelque $2 millions investis dans la province par le NPD durant cette campagne ne sont pas de l'argent gaspillé.Ed Broadbent était souriant aux côtés de sa femme Lucille, hier, après sa victoire dans son comté d'Oshawa.iaserphojopc Entre chien et loup, entre vaches et dindons PIERRE FOG LIA çonnique n me rapporte partout que le vote rentre très fort», disait Madame Gabriclle Bertrand à la sortie du temple rria-Bedford transfor- mé en bureau de scrutin.Député sortante de Brome-Missisquoi, Mme Bertrand faisait la traditionnelle tournée des bureaux de vote pour remercier ses représentants.\u2014 Une grande participation est-elle à votre avantage?\u2014 En tout cas c'est à l'avantage de la démocratie, nous a répondu la dame aux cheveux tout blancs qui terminait hier sa neuvième campagne électorale.\u2014 Deux campagnes pour moi, sept avec mon mari (I'.ex-pre-mier ministre du Québec |ean-lacques Bertrand).l'ai vécu ma première grande journée d'élection en 48.J'avais 23 ans.l'étais enceinte de mon troisième.Et j'avais passé la journée à transporter des personnes âgées.Hier.Madame Bertrand a été réélue.Elle aura 70 ans quand se terminera son nouveau mandat.Les traits tout de même un peu tirés après ces longues semaines à courir son immense comté, elle n'en pressait pas moins son fils Louis-Philippe de la conduire, en après-midi, au bout dé sa dernière tournée.Allez hop en route, gagne ou perd, il restait des poignées de mains à donner.Quel métier! C'est vrai que le vote rentrait fort.On nous l'a dit de Frelighs-burg à Sutton, et de West Brome à Saint-Armand.Vers le milieu de l'après-midi, avant le rush des dernières heures, plus du tiers des inscrits avaient voté.«C'est presque aussi fort que pour le référendum», a évalué un scrutateur à l'église anglicane de Sutton.La petite neige qui couvrait les chemins du comté n'aura donc rien dérangé.Même pas les vieux.À la résidence pour personnes âgées Adhémar Beau-lac de Bedford, le concierge et la directrice se sont partagé la tâche de conduire la majorité des 70 pensionnaires aux urnes dès l'ouverture des bureaux de scrutin.Des pensionnaires d'ailleurs pas du tout dévorés par l'inquié-tude de savoir si le libre-échange allait leur faire perdre leur pension.«La plupart n'ont aucune idée de ce qu'est le libre-échange, nous a dit la réceptionniste, les vieux votent souvent par fidélité».Leur choix est ancré dans le souvenir, dans des histoires dont personne ne se souvient.Pour Robert Edwards du « General Store Edwards» de West Brome, l'âge ne fait rien à l'affaire.Selon lui, ce qui poussait ses concitoyens aux urnes hier, cette urgence qu'on sentait dans l'air, c'était l'urgence DE NE RIEN CHANGER! «Les Canadiens, surtout ceux qui vivent à la campagne, détestent le changement».Il sait de quoi il parle, M.Edwards.Son «General Store» n'a guère changé depuis que son père l'a ouvert en 1928.On vient de loin pour voir son bric-à-brac, et lire ses petites annonces suspendues sur une corde par des pinces, comme du linge qui sèche: «Juments et perches de cèdres à vendre», «Cherche cages à poulets», «Hommes pour charger le foin.» Homme de paille quoi.C'était la bonne journée pour en trouver en tout cas.Battre la campagne donne soif, tout le monde vous le dira.Encore plus un jour sec comme C'est Michel ie photo- PHOTOS MICHEL CRAVEl, La Presse hier.On vient de loin pour voir le «General Store» de Robert Edwards (en haut) et lire ses petites annonces suspendues sur une cordé par des pinces.Installé sur sa ferme laitière, où il possède 100 Holstein, Bertrand Saint-Pierre (à droite), lui, ne s'inquiète pas du libre-échange.graphe qui a eu l'idée: «Me semble qu'or, est dans le coin des vignobles de l'Orpailleur, tu crois qu'il font déguster, un jour d'élection?» Va pour les vignes de Dunham.On a goûté la cuvée 88 qui vient d'être embouteillée.Ça nous a donné le nerf qui La député de Brome-Missisquoi, Mme Cabrielle Bertrand, faisait la traditionnelle tournée des bureaux de vote pour remercier ses représentants, hier.Elle a été réélue pour un second mandat fallait pour affronter Frelighs-burg ia rouge et un fois rendu là, quasiment sur la frontière du Vermont, on a voulu en avoir le coeur net: le libre-échange, est-ce vraiment aussi compliqué qu'on le dit?A la douane du Pinacle, au douanier américain qui nous a demandé où on allait comme ça, on a répondu, comme répondent les gens du coin, qu'on allait à Richford faire le plein.Le roi de Richford, c'est Ro- saire Saint-Pierre.Il avait six ans quand son père a émigré aux États.Rosaire aujourd'hui est propriétaire de l'hôtel du village, de la pizzeria, de deux fermes, et c'est lui aussi qui a lancé l'idée d'un parc industriel qui accueillera bientôt sa première industrie, comme par hasard une industrie canadienne de stores vénitiens.Alors le libre-échange, ne demandez-lui pas s'il est pour à Rosaire.Mais en fait il s'en fout.Libre-échange ou pas, le commerce se fera d'une manière ou d'une autre.Qn ne peut pas empêcher ça !e commerce.C'est comme son frère Bertrand en haut de la côte.Une ferme laitière.100 Holstein.Bertrand aussi, le libre-échange, pour ou contre ça dérange pas.De toute façon il achète déjà pour $l 000 de grain par semaine à Bedford, du côté canadien.Il vient d'acheter un truc pour nettoyer l'étable à $l 200, aussi du côté canadien.Il n'y a pas de droits de douane sur ces articles là.S'il voit une différence entre vivre ici ou deux mille plus haut?\u2014 Les bâtiments sont plus beaux chez vous au Canada, mais il y a moins de faillites ici ! Pour qui aurait-il voté aujourd'hui s'il habitait deux mille plus loin?\u2014 Pour le même qui est là, c'est quoi son nom déjà?O On est rentré à Saint-Armand par des petits chemins de terre à cette heure singulière où Ja.lumière semble sortir des choses plutôt qu'elle ne les éclaire.Comme dit-on déjà?Entre chien et loup?Mais ajoutez quelques vaches, parce que quand même on était à la campagne.Et quelques dindons.Parce que quand même, c'était journée d'élection.^Wl^^^^^ \\J\"' Libérez-vous Confiez-nous votre avenir \\U StnviCf OtSQUf KCOiS «puis 10 ans Société Nationale de Fiducie 425.bd de Maisonneuve Ouest Montréal (Québec) H3A3G5 (514)844-2050 1-800-361-8625 B2 \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 22 NOVEMBRE 1983 La Presse Éditorial Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson éditeur adioint Marcel Dcsj.irdins, dirrcteur de I information Alain Oubuc, éditorialiste en chef Une victoire qui renforce le Canada Les Canadiens ont fait leur choix.Malgré tous les soubresauts, renversements et impré-.vus survenus au cours des 51 jours de campagne, le Parti progressiste-conservateur est revenu à la case départ du début de la lutte.Ce qui était à prévoir le 1er octobre s'est produit: un gouvernement nettement majoritaire, même si cette majorité est réduite par rapport à 1984.Pour Brian Mulroney, c'est une victoire personnelle importante.Non seulement a-t-il réalisé un fait d'époque en obtenant pour une deuxième fois d'affilée une majorité tant au Québec qu'au Canada, mais il a réussi à faire passer son projet de libre-échange, ce à quoi avait échoué Sir Wilfrid Laurier en 1911.Le premier ministre réélu a aussi évité l'éclatement du pays.Celui qui s'était fait en 1984 l'apôtre de la réconciliation nationale aurait pu devenir le fossoyeur de l'unité nationale si son projet de libre-échange avait divisé le pays, le Québec votant massivement pour le «oui» et l'Ontario massivement pour le «non».Heureusement, les résultats sont plus équilibrés.La victoire d'hier permettra certainement à M.Mulroney de réaliser concrètement l'accord du lac Meech au cours du prochain mandat.Un autre grand vainqueur est sans doute Robert Bourassa qui s'est montré un fidèle allié de son ami Brian dans la lutte pour l'accord de libre-échange.Ce sera maintenant au tour du premier ministre du Québec de recevoir, directement ou par une « neutralité » semblable à la sienne, l'appui de M.Mulroney et de la machine bleue lors des élections provinciales prévues pour le printemps ou l'automne 1989.Les grands perdants de cette bataille sont, bien sur, MM.John Turner et Ed Broadbent, mais aussi David Peterson, premier ministre de l'Ontario.On peut d'ores et déjà prévoir que ni M.Turner ni M.Broadbent ne seront chefs de leur formation politique lors de la prochaine campagne électorale fédérale.M.Broadbent, après quatre tentatives infructueuses, pourrait rapidement prendre congé comme leader du Nouveau Parti démocratique même s'il a réussi à accroître le nombre de ses députés.Peur un parti de cette nature, où les idées sont prioritaires, il serait souhaitable qu'un nouveau chef soit choisi au cours de la prochaine année.La construction d'un nouveau programme politique sera sans doute longue et ardue.M.Turner, déjà fortement contesté sauf dans les derniers milles, devra lui aussi céder sa place même si sa deputation a plus que doublé.Il n'a réussi qu'artificiellement à démontrer un certain leadership.très temporaire.Il n'a pas su recruter beaucoup de candidats de valeur; il n'a pas construit de pro- gramme politique qui aurait pu servir de solution de rechange pour bon nombre de Canadiens peu friands de se voir dans l'obligation de voter conservateur.Par-dessus tout, sa campagne de peur, ignominieuse, basse, effroyable, a échoué et il est heureux qu'il en ait été ainsi.Raymond Carneau, défait dans Ahuntsic et qui a été incapable comme leader québécois de conserver les acquis libéraux, connaîtra lui aussi des lendemains difficiles au sein du parti.Un autre grand perdant est sans doute David Peterson.Il était pieds et poings liés avec Turner dans la bataille contre le libre-échange.Il a perdu.S'il avait des ambitions de se présenter éventuellement à la direction du Parti libéral fédéral, son projet vient de subir un dur coup.La confiance que viennent d'accorder les Canadiens à M.Mulroney s'accompagne cependant de lourdes responsabilités.La réalisation de l'entente de libre-échange avec les États-Unis devra être assortie des protections les plus adéquates aux plans social et culturel et les dispositions transitoires devront prévoir une aide aux travailleurs susceptibles de perdre leur emploi.Le maintien de la santé économique du pays, dont on a trop peu parlé en termes de réforme fiscale, de déficit budgétaire, de création d'emplois, constituera probablement le principal défi de l'équipe Mulroney au cours des quatre prochaines années.Claude masson Libre-échange : pas de chèque en blanc Les partisans convaincus du libre-échange ont peut-être eu la tentation de sabler le champagne hier soir, parce que la confortable victoire des conservateurs élimine le principal obstacle à la signature du traité.Grâce à cette victoire, le Canada évitera en effet la terrible période d'incertitude qu'aurait engendrée un gouvernement minoritaire.Le Canada pourra également aller de l'avant avec cet accord, la meilleure chose qui nous est arrivée depuis des décennies sur le plan économique.Mais la nature des débats qui ont ponctué la campagne électorale, l'attitude des Canadiens face à l'entente et l'interprétation que l'on peut faire du vote d'hier pointent tous dans la môme direction : l'équipe Mulroney n'a pas vraiment obtenu un chèque en blanc dans le dossier du libre-échange.Au moment d'écrire ces lignes, environ 44 p.cent des Canadiens avaient appuyé le PC, assez pour lui assurer plus de 170 sièges.Dans notre système parlementaire, cela donne au nouveau gouvernement les outils pour faire approuver leîrqité par les deux Chambres.En effet, face à ces résultats électo-faûxple Sénat ne peut plus se permettre de bloquer le projet.-,£MaJs ces chiffres ne dénotent pas un appui massif au traité de la part-des Canadiens.Les résultats électoraux, de même que de nombreux sondages laissent supposer qu'une majorité des citoyens n'approuvent pas le traité, s'inquiètent de ses effets sur leur mode de vie.\".; Pourtant, ce virage historique pour le Canada et le Québec ne sera couronné de succès que s'il jouit d'un appui sans réserves de la popula-ilotl.-Le sens même de cet accord commercial avec les États-Unis est bhnsùffler aux agents économiques un dynamisme qu'ils n'ont pas, jûie\" volonté commune d'atteindre un niveau d'excellence économique'.S'il divise, s'il provoque des crises au lieu de servir de catalyseur, 3Hîe profitera pas au Canada.uités conservateurs et leur chef Brian Mulroney ont été de mauvais 'défenseurs de l'entente avec les États-Unis, à un tel point qu'ils ont failli perdre ces élections.Pour ces raisons, M.Mulroney ne doit pas se limiter à mettre en oeuvre le processus législatif qui mènera au libre-Miange, même s'il dispose du mandat nécessaire.Il devra également préparer le Canada à ce traité et le faire accepter, rassurer tous ceux qui 1e craignent.: D'abord, en informant.C'est en pleine campagne que les citoyens se sent plaints du manque d'informations: ils ont donc eu droit à une information déformée par le climat électoral.Maintenant que la victoire est acquise, les conservateurs n'ont plus de raisons de craindre de perdre des plumes en choisissant la transparence, y compris en divulguant l'information dont ils disposent sur les avantages, mais aussi sur les dangers, les inconnues et les défauts du traités.Car il y en a.Deuxièmement, les Canadiens qui craignent d'être des victimes du traité ont droit à une protection, par le biais de programmes de transition et de recyclage.Encore là, toujours pour des raisons électoralis-tes, les conservateurs ont hésité à promettre ces programmes: ils craignaient de fournir ainsi des munitions aux adversaires du traité.Là aussi, ils peuvent rassurer.Enfin, le Canada aura besoin d'une stratégie économique d'adaptation de ses industries.Les conservateurs n'en ont toujours pas parlé.Bref, le nouveau gouvernement a beaucoup de pain sur la planche.\u2022'\u2022 L'élection d'hier ne représente pas l'aboutissement des négociations avec les USA.Elle n'en est que le point de départ.Alain dubuc En position de force Les Québécois ont élu, hier soir, «le petit gars du bout».En Jouant a fond non seulement la carte du «p'tit gars de Baie-Comeau », mais celle du Québécois de souche, Brian Mulroney a gagné son pari.-Son flirt avec l'élément nationaliste francophone, son appui inconditionnel au concept de société distincte lui aura porté fruit.Mais Brian Mulroney doit une f ière chandelle à son ami Robert Bourassa.Sans l'appui énergique du premier ministre québécois au libre-échange, sans les rebuffades que celui-ci a servies en pleine campagne au leader libéral fédéral John Turner, non seulement sur le libre-échange mais également sur la «clause nonobstant» et l'accord du lac Meech, les conservateurs ne seraient probablement pas au pouvoir ce matin.Il est clair que Brian Mulroney a été le choix fortement majoritaire de l'électorat francophone québécois, lequel s'identifie à lui, comme il s'identifia pendant 20 ans à Pierre Trudeau.Les libéraux, eux, à quelques exceptions prés, sont devenus, même au Québec, le parti des allopho-nés et des anglophones.' 'Avec le résultat du scrutin d'hier, les Québécois sont en position de forcé face au gouvernement fédéral.Ils sont donc en droit, dorénavant, d'attendre, sans remords, les retombées de la manne fédérale.Le reste du Canada aura beau pester contre l'octroi du contrat d'en-\"tretien des F-18 à Canadair, contre l'implantation d'Oerlikon à Saint-Jèan ou de Hyundai à Bromont, contre la construction d'un péniten-'tiler à Port-Cartier, il est évident que les Québécois, eux, sont d'ac-\"cord; Nul doute qu'on réclamera maintenant avec plus d'insistance que jamais l'agence spatiale dans la région montréalaise.\u2022 Dans un tel contexte, le premier ministre Robert Bourassa est éga-lement un des grands gagnants du scrutin d'hier.Il est évident qu'il a .mécontenté les bonzes libéraux d'Ottawa et des autres provinces, -ainsi-que ceux qui, à l'instar de Marc-Yvan Côté, favorisaient au sein de sa propre équipe le vieux concept «rouge à Québec, rouge à Ottawa».'Nï le premier ministre fvick'enna du Nouveau-Brunswick, ni David 'Peterson de l'Ontario, n'ayant pu livrer le vote de leur province à John Turner, Robert Bourassa devient maintenant l'homme fort des pre-\"miers ministres provinciaux.Pour le moment, le Québec est en position de force à Ottawa.Pierre VENNAT MAiNT&imrt.B&jfj Wus Met, DROITS RESERVES Quelques enseignements d'une campagne électorale historique MARCEL ADAM Au moment où ces lignes sont écrites le scrutin est en cours et je n'ai aucune idée de son issue.L'occasion est propice cepen-dant pour formuler quelques impressions sur l'extraordinaire campagne qui vient de se terminer, et pour souligner quelques caractéristiques qui en font un événement politique apparemment unique dans notre histoire.De mémoire d'homme aucune lutte électorale n'a été aussi âprement disputée que celle à laquelle nous avons assisté ces quatre dernières semaines.je crois qu'il faudrait remonter à 19I1, année où Wilfrid Laurier avait déclenché une élection sur un traité de réciprocité (une forme de libre-échange) avec les États-Unis, pour trouver un point de comparaison zvec ce qui vient de se passer.Depuis cet événement historique, les partis ne se sont jamais livré une lutte aussi intense et vicieuse, l'électorat n'a jamais manifesté autant d'intérêt et d'émotion à l'égard d'un enjeu électoral.Trois points sont particulièrement frappants dans cette campagne.L'environnement, qui est de beaucoup la préoccupation majeure des Canadiens, a été totalement occulté.Les Canadiens ont manifesté au sujet du libre-échange une émoti-vitc surprenante.Enfin l'élec- torat s'est montré d'une exceptionnelle volatilité.Avant le déclenchement de la campagne les gens paraissaient très préoccupés par la question environnementale, à la suite d'une série d'événements de nature à alerter le public: le sinistre de Saint-Basile, des rapports démontrant les effets néfastes de la pollution sur la couche d'ozone et l'effet de serre, etc.On pouvait donc s'attendre que ce thème pèse beaucoup plus lourd dans la campagne que le libre-échange.C'est pourtant le traité commercial avec les Américains 3ui a soulevé les passions, pour evenir du jour au lendemain et jusqu'à la fin l'enjeu majeur et presque exclusif de l'élection.Pourtant le débat sur le libre-échange se poursuivait sereinement dans les médias, dans l'indifférence quasi générale, depuis trois ans.C'est un effet occasionnel des campagnes électorales que de susciter un enjeu inattendu ou de raviver tout à coup l'intérêt autour d'une question apparemment négligée de l'opinion.Ce sont les débats télévisés, surtout le second, qui ont fait se retourner l'opinion contre le libre-échange.Grâce à une argumentation de fond solide et inédite?Non pas.Par une campagne démagogique destinée à inquiéter les gêna au sujet des prétendus risques qu'il ferait courir aux programmes sociaux.La qualité de la performance de John Turner, mais surtout ses attaques passionnées contre le traité commercial \u2014 notamment la calomnie assassine adressée à M.Mulroney: «Je crois que vous nous avez ven- dus.» \u2014 ont fait du chef libéral le principal responsable et bénéficiaire du spectaculaire revirement d'opinion qui s'ensuivit.Ayant réussi à faire de l'élection un plébiscite sur le libre-échange, Turner a déployé tous les efforts pour que ce thème demeure l'enjeu exclusif de la campagne.Et il y est parvenu en excitant outrageusement les passions populaires.Certains ont comparé cette campagne à celle du référendum de 1980, au Québec, à cause de ses débordements émotifs.Je la comparerais plutôt à la campagne fédérale de 1968, alors que les apparitions publiques de Pierre Trudeau provoquaient les activistes se-, paratistes et donnaient Heu à du chahut et à des accès de violence plus ou moins sérieux \u2014 le pire s'étant produit lors de la parade de la Saint-Jean-Baptiste.Au référendum, il y a eu des excès propagandistes (démagogie, mensonges, terrorisme moral, fraudes intellectuelles), mais aucun des deux camps n'a soulevé aussi abusivement les passions que l'ont fait les adversaires du libre-échange, eux qui sont responsables du fait que nos moeurs électorales ont fait un bond en arrière considérable.II y avait longtemps en effet que l'on n'avait vu des gens en venir aux injures et aux coups, et des personnes se faire tabasser par des fiers-à-bras.Le référendum québécois était de nature à provoquer la violence.Mais plutôt que de faire comme John Turner et d'exciter les passions populaires, René Lévesque, Claude Ryan et Pierre Trudeau se sont comportés avec un sens aigu de leurs responsabilités, et ont fait de cette campagne référendaire un exercice démocratique exemplaire.L'exceptionnelle volatilité de l'électorat aura été une des caractéristiques de la dernière campagne.A deux reprises une forte proportion d'électeurs a viré bout pour bout.Il semble 3ue dans les démocraties occi-entales comparables nous soyons à cet égard un cas unique.Certains observateurs y voient un bon signe.Pour eux c'est un indice de maturité politique.Je ne sais pas si c'est un signe de maturité que de virer capot à l'occasion d'un échange télévisé d'une couple de minutes qui n'a rien appris de neuf ni rien prouvé qui justifiât de partir en peur.Ne faut-il pas plutôt y voir le fait de l'ignorance et de l'influence de la télévision?Dans un éditorial où il tirait d'intéressantes leçons de cette confrontation, le rédacteur en chef du Devoir, Paul-André Comeau, remarquait hier que dans une campagne où tout avait été conçu pour la télévision, «jamais la presse écrite n'est intervenue aussi massivement».Je me risquerai à aller plus loin.C'est la télévision qui est largement responsable de l'incroyable affolement de l'électorat durant la dernière moitié de la campagne.C'est à la presse écrite qu il faut surtout attribuer le ressaisissement de l'opinion révélé dans les derniers sondages, à cause de ses efforts pour introduire de la rationalité dans le débat. LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 22 NOVEMBRE 1988 Élections 88 Les conservateurs résistent à la poussée libérale en Ontario GILLES TOUPIN TORONTO ¦ Malgré les gains substantiels réalisés en Ontario par le Parti libéral, les candidats de John Turner n'ont pas remporté ici la grande victoire à laquelle ils s'attendaient.Les conservateurs décrochent 47 sièges, les libéraux 41 et les néo-démocrates 11.Les opposants au libre-échange remportent peut-être une victoire morale en Ontario mais ils sont vaincus sur le terrain politique.Les 47 comtés gagnés par les troupes de Brian Mulroney dans la province anti-Iibrc-échange par excellence constituent pour eux une perte considérable de sièges si ont compare ce chiffre au 67 comtés remportés en 1984; mais en même temps, dans le contexte volatile de l'élection de cette année, c'est un score qui a permis aux conservateurs de limiter les dégâts et de faire la différence qui leur permet de retourner majoritaires à Ottawa.Les stratèges conservateurs en Ontario espéraient conserver au moins 30 sièges.Ils ont surpris les libéraux ontariens en faisant beaucoup mieux.Le Nouveau parti démocratique a de son côté perdu des plumes avec deux sièges de moins qu'en 1984.C'est principalement dans la région métropolitaine de Toronto que les conservateurs ont perdu plusieurs sièges pour remporter, en revanche, la grande majorité des comtés périphériques, dont l'ancien comté de Sinclair Stevens, York Simcoe, où le conservateur John Cole a défait la vedette libérale et homme d'affaire Frank Stronach.Dans le Toronto métropolitain, les libéraux rece- vaient 41,9 p.cent des voix contre 38 p.cent pour les conservateurs.1v m V m Trois sièges importants JZ Dans la province, les conservateurs ont perdu trois importants sièges dont surtout celui de la ministre des Communications, Flora McDonald, dans Kingston ând the Islands.Le Solliciteur général, Jim Kellcher, a également perdu son siège dans Sault Sic Marie au profit de Steve Butland du NPD.Dans Carleton-Glouces-ter, l'épouse du ministre desTAf-faircs extérieures, Joe Clark, Maureen McTccr, a été battue parle libéral Eugène Bellemarc.Chez les libéraux, l'ancien ministre du cabinet Trudeau, John Munroc, a été battu dans Lincoln par Shirley Martin et John Ror berts, qui tentait également un retour en politique chez les-Hbé» raux, a été défait par René.SoiT-tens (PC) dans le comté de Ontario.Autre perte douloureuse pour le PLC, la défaite de Mme Aideen Nicholson dans St.Paul's aux mains du ministre de la Main-d'oeuvre et de l'Immigration, Barbara McDougall.Le Nouveau parti démocratique a pour sa part perdu son critique de l'cnvironnemcnt-aux.Communes, Mme Lynn McDonald, battue par le libéral Dennis Mills dans Broadview-Gr.ecn-.wood.Une nouvelle venue dans le> : t rangs des conservateurs \u2014 \" ' Pierrette Venne (au centre) \u2014 célèbre son élection dans .?le nouveau comté de ~ Saint-Hubert, sur la rive sud -de Montréal.Boni politique pour Mulroney à Washington JEAN-FRANÇOIS USÉE collaboration spéciale ¦ Parce qu'il sort vainqueur d'une dure campagne, le premier ministre Brian Mulroney, bénéficiera à Washington d'une crédibilité accrue et sa position de négociation s'en trouvera renforcée.Tel était, hier soir à Washington, le sentiment exprimé par des membres de l'administration américaine, des aides parlementaires du Congrès et des diplomates canadiens réunis à l'ambassade du Canada pour suivre le déroulement de la soirée électorale.«Je suis très encouragé, je peux sourire et retourner chez moi», a déclaré Peter Murthy, le chef négociateur américain du traité de libre-échange, qui a vu dans la décision des Canadiens la confirmation que son travail des deux dernières années n'a pas été vain.La victoire de Monsieur Mulroney «va l'aider considérablement» à Washington, a-t-il.Kevin Nealer, ex-aide parlementaire du puissant leader démocrate du Sénat Robert Byrd, pense que le premier ministre sera dorénavant mieux acceuilli par les parlementaires américains.«Il n'y a aucun doute que son mandat électoral clair va aider sa position de négociation, ça lui donne plus de poids, plus de crédibilité et tout le débat électoral canadien a donné plus de visibilité aux relations Ottawa-Washington», dit-il.Nealer, aujourd'hui lobbyiste, pense que le profil personnel de Monsieur Mulroney en sort renforcé.«Je ne pense pas qu'un autre leader canadien, même Pierre Trudeau, ait réussi à construire une base politique aussi forte que Mulroney ne l'a fait au Congrès ces dernières années.Il va profiter de la bonne volonté des parlementaires, dans 'es deux partis politiques».L'ex-aide pense que cet élément va contribuer à dégager un consensus sur la question des pluie acides au Congrès l'an prochain.Les retombées positives de la victoire conservatrice, explique Paul Heinbercker, bras-droit de l'ambassadeur canadien à Washington, « ne signifient pas qu'on va pouvoir ramasser demain matin un traité sur les pluies acides, mais cela va nous rendre les choses plus faciles».Heinbercker juge que le Canada pourra profiter de l'impact de l'élection pour obtenir des marges de manoeuvres suplémentai-res dans des dossiers comme l'environnement et la défense.L'attention porté au Canada par les médias et la classe politique américaine ces dernières semaines ne peut qu'aider la position canadienne en la rendant plus visible, pense-t-il.David Bcier, qui a suppervisé les aspects légaux de l'accord de libre-échange pour le comité judiciaire du Sénat, estime que la victoire de Monsieur Mulroney aidera à cimenter le bon rapport ca-nado-américain grâce à la nomination de James Daker au département d'État.En tant que secrétaire au Trésor, Daker avait mis la touche finale au traité de libre-échange.Muté au département d'État, il se sentira une responsabilité personnelle à voir que l'entente soit une réussite, juge Beier.Ce bon rapport sera essentiel, croit-il, pendant la négociation sur le mécanisme du tribunal bi-national prévu par l'entente, négociation encore à venir.Bill Merkin, un des responsables du dossier du libre-échange au Bureau du représentant américain au commerce, s'est pour sa part dit soulagé de la décision des électeurs.«Le débat au Canada fut un peu hors de contrôle» a-t-il commenté, évoquant les craintes qui portaient sur une éventuelle contestation des progrrammes sociaux canadiens par les Américains.«L'idée même que nous puissions contester quelque chose comme l'assurance-chômage est incroyable» a-t-il dit.«et encore plus impensable dans le cadre de l'accord de libre-échange».Monsieur Merkin, qui a piloté ce dossier pour la Maison-Blanche depuis 1985, pense que la position de négociation canadienne est raffermie par l'accord.«D'autres pays sont très envieux du Canada, je les vois passer dans mon bureau tous les jours pour réclamer le même genre d'accord.» George Bush Libre-échange: à moins d'un baroud d'honneur du Sénat.Ai ¦ % ' LOUIS FALARDEAU ¦ Si la victoire des Conservateurs signifie que le traité de libre-échange avec les États-Unis sera bel et bien mis en vigueur, rien ne garantit toutefois qu'il pourra l'être à la date prévue du premier janvier 1989.Car même s'il a été adopté par la Chambre des communes, le projet de loi C-130, qui assurait la mise en oeuvre du traité, est mort au feuilleton lorsque le Parlement a été dissous, le premier octobre dernier, faute d'avoir été ratifié par le Sénat.M.Mulroney devra donc convoquer les Chambres \u2014 ce ne pourra être avant le 12 décembre \u2014 pour leur soumettre un nouveau projet de loi de mise en oeuvre du traité.Comme ce sera sans doute la seule question discutée à cette mini-session, on peut s'attendre à ce que les députés en disposent rapidement.Forts de leur imposante victoire, les conservateurs n'hésiteront d'ailleurs pas à utiliser la guillotine pour arriver à leurs fins.Il restera alors l'étape du Sénat et elle pourrait être beaucoup plus difficile.Les libéraux y sont largement majoritaires et sont donc en mesure d'empêcher l'adoption de la loi.En fait, trois options s'offrent à eux.¦ Ils pourraient prendre acte de la décision des électeurs et ratifier rapidement le projet de loi, de façon à ce que le traité puisse entrer en vigueur à la date prévue.Le Congrès américain ayant déjà approuvé le traité, les sénateurs libéraux pourraient juger courtois de permettre que les choses se passent comme prévu.Compte tenu de l'ampleur de la victoire conservatrice, c'est l'hypothèse la plus probable.¦ Ils nourraient aussi vouloir se payer une petite vengeance ou un dernier dû-roud d'honneur et retarder de quelques semaines la ratification de la loi.Celle-ci ne leur parviendra sans doute pas beaucoup plus qu'une dizaine de jours avant Mais même si les sénateurs ont montré à maintes reprises depuis 1984 le peu de cas qu'ils faisaient de la règle démoçrfltT-que fondamentale voulant qu'une chàm1-bre non élue ne puisse imposer ses vues à une chambre élue, cette hypothèse sèrif-blc bien improbable.Elle provoquerait à coup sûr une crise constitutionnelle majeure dont le Sénat pourrait sortir radicalement transformé.Car même si la question du libfç-échange a nettement dominé la campagne, l'argument du référendum ne tient pas.Lors d'une élection générale, les électeurs font leur choix à la lumière de nombreux facteurs, qui varient d'aille.ur$ de l'un à l'autre.Tout le monde connait des gens favorables au libre-échange qui n'en ont pas moins voté pour les libéraux ou le NPD.Le Sénat aurait d'autant plus mauvaise grâce à bloquer le projet que les conservateurs ont fait bonne figure même; en Ontario, où les libéraux, forts de l'appui du premier ministre Peterson, adversaire déclaré du libre-échange, pensaient-les balayer.; «, î|c )JC Robert Bourassa et Brian Mulroney: deux hommes, un combat.la date d'entrée en vigueur prévue \u2014 sans compter qu'il faudra prendre quelques jours de vacances à Noèl \u2014 de sorte qu'ils pourraient prétexter le fait qu'une loi si importante doit être soigneusement étudiée pour dépasser la date du premier janvier.Un retard de quelques semaines, ou même de quelques mois, serait sans conséquence, sinon pour l'or-gucuil du premier ministre.¦ Ils pourraient enfin décider de donner un sens strictement référendaire à l'élection et conclure \u2014 en additionnant les votes libéraux et néo-démocrates \u2014 que le traité de libre-échange a été rejeté par la majorité des électeurs.Ils seraient alors en mesure d'empêcher l'entrée en vigueur du traité.On ne peut quand même nier qùt l'élection ait eu un aspect référendaire, notamment au Québec.Les néo-démocrates, qui ont une fois de plus échoué dans leur tentative de faire élire un premier député dans la province, l'ont appris à leurs dépens.Le parti d'Ed Broadbent a vu fondre ses appuis au Québec quand, après, le?débats des chefs, les électeurs favorables au libre-échange ont pu craindre que les Conservateurs obtiennent au mieux un gouvernement minoritaire.On peut penser qu'un nombre important de «nationalistes de gauche», favorables au libre-échange, aient alors décidé de voter-pour le Québec et contre l'Ontario et, donc, de retirer l'appui qu'ils voulaient donner au NPD.MM.Rémi Trudel (Témiscamingup) et Phil Edmonston (Chambly), qui étaient alors en avance, ont été incapables d'cwî-ter que le vote se polarise aussi dans leur circonscription, pour le libre-échange et.peut-être encore plus, contre l'Ontario. B4 \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 22 NOVEMBRE 1988 Élections88 Raz de marée conservateur dans la région de Québec DENIS LESSARD du bureau de La Presse QUJBBEÇ ¦ La région de Québec a accordé un appui massif hier aux conservateurs de Brian Mulroney.Dans chacune des dix circonscriptions de.'la Vieille-Capitale le candidat conservateur l'a facilement emporté.«C'est la victoire du futur contre le passé», a lancé, hier soir, le ministre d'Etat à l'Agriculture, Pierre Biais, responsable de la région de Québec.Réélu facilement dans Belle-ch'asse, M.Biais a soutenu que le verdict de la population du.Québec portait tout autant sur la performance du gouvernement que sur le libre-échange.\u2022«Les gens se sont aperçus qu'il n'y avait pas d'alternative de l'autre côté», a-t-il renchéri.'Battu dans Québec-Est, le président de la commission électorale dés libéraux au Québec, Rémi Bu-juld.pense en revanche que c'est le* débat du libre-échange qui a ji.itmi ne son parti dans une défaite non équivoque.;« Notre difficulté vient que notre message sur le libre-échange n'a pas passé (dans la population)», a soutenu M.Bujold.ex-ministre dé l'éphémère cabinet Turner.Les libéraux au Québec comptaient «sur le gros pourcentage d'indécis, qui est allé finalement tOut du même côté, chez les conservateurs», a-t-il expliqué.\\ Les libéraux «ont misé gros en soutenant que cet accord n'était pas le meilleur pour le Canada» admet-il.Il est évident que les tomes sont parvenus à «faire passer lès libéraux comme des adversaires du libre-échange».ï Les conservateurs «vont voir que les libéraux savent se serrer les coudes», a lancé M.Bujold, en remerciant ses militants attristés., { 11 les a invités à continuer leur travail dans les quatre prochaines années.\u2022 Malgré les mines longues on semblait avoir accepté déjà la défaite chez les libéraux.A la fin de la soirée, il était évident que les tories récoltaient près de 60 p.cent des votes dans la région de Québec, un score quasi idcndique aux prévisions des sondages locaux.\u2022 Hier le ministre Biais n'a pas .Voulu spéculer sur ses chances de Tester au cabinet en tant que responsable de la région de Québec.> Même mutisme chez le nouveau député de Langelier, Gilles Loiselle, réputé ministrable.I «C'est au premier ministre de JJécider, je servirai avec plaisir là où on me le demandera», a dit M.loiselle.ancien représentant du jQuébec à Rome.*.«On a senti un.certain flottement après le débat des chefs mais pas de revirement, l'étais confiant de l'emporter mais pas ;par une marge aussi grande», a \u2022dit M.Loiselle qui a n'obtenu toutefois qu'un peu plus de 45 p.cent des votes.Le PC s' clans les mais perd Presse Canadienne Gilles Loiselle,nouveau député de Langelier photo pc « Au départ je pensais que la démission de Michel Côté (comme ministre) serait un facteur important, mais ça n'a pas été soulevé», a-t-il dit.Les électeurs de Langelier sont toutefois restés fort sympathiques à l'ex-ministre.Les candidats néo-démocrates ont tous terminé troisièmes, même la vedette locale Jean-Paul Harney, ex-chef du NPD Québec.Battu pour une troisième fois comme candidat néo-démocrate dans le comté de Levis, lean-Paul Harney a soutenu ne pas être surpris de l'issue du scrutin.Le NPD a été «pris dans l'étau du libre-échange», selon lui.Tout en réitérant sa confiance au chef Ed Broadbent, il a toutefois signalé qu'à l'avenir le NPD se devrait de «rendre son message plus québécois».«l'ai fait mon possible pour gagner, ici le NPD a gagné toutes les batailles sauf la dernière comme Montcalm ».« On a fait une bonne campagne, le NPD est ici respecté.Mais Oh vit une politique de masse et peu de candidatures peuvent aller à rencontre».Selon M.Harney, le grand gagnant de l'élection d'hier est Jacques Parjzeau et le Parti québécois.Lin «oui» au libre-échange ouvre la porte à l'indépendance du Québec selon M.Harney.Son rival conservateur Gabriel Fontaine avait Obtenu l'appui déterminant du syndicat CSN de la Marine Industrie.: .Dans Je comté de Charles-bourg, lé député conservateur Monique -B.tardif a facilement été réélue, eh dépit de l'appui du ministre' provincial Marc-Yvan Côté, au candidat libéral Paul Ve-zina.Pour Claude Haley, l'un des organisateurs de M.Vézina, il faut voir là l'effet conjugué d'une vague conservatrice; et «des messages» donnés par le gouvernement Boùrassa.Hier, tant au bureau de M.Boùrassa que chez M.Parizeau, on s'est enfermé dans le mutisme quant au résultat du scrutin.MM\".Bourassa et Parizeau doivent donner leurs réactions en conférence de presse cet après-midi.EDMONTON » fi ; ¦ Dans les Prairies, les conservateurs ont tenu bon hier contre une poussée libérale au Manitoba tout en se faisant durement mal- ^* mener par les néo-démocrates en Saskatchewan.\" Cependant, un important mis' nistre des Prairies au cabinet fédéral, le ministre de la justice Ray Hnatyshyn, a été défait dans Sas-jï katoon-Clark's Crossing par le \\ \u2022 néo-démocrate Chris Axworthy.M.Hnatyshyn, avocat, député ;\u2022 depuis 18.ans, avait été critiqué ;.' par certains opposants pour avoir ! l pris position en faveur de l'avor-;¦ tement en début de grossesse.» Mais il a attribué sa défaite à '\u2022 l'opposition au libre-échange en p Saskatchewan.« La lutte sur la question du libre-échange a probablement été plus dure ici que dans tbut'Ie-res-: te du pays», a-t-il laissé tomber.D'autrcs poids lourds conserva-â teurs-le ministre de là Santé Jake Epp, le ministre d'Etat aux Céréales Charlie Mayer, le ministre des Affaires indiennes Bill McKnight, le vice-premier ministre Don Ma-zankowski et le ministre de la Consommation Harvie Andre étaient renvoyés à Ottawa.Le ministre des Affaires extérieures |oc Clark menait sur le leader du Parti de la Réforme Preston Manning dans Yello-whead, eh Alberta.La seule autre circonscription des Prairies dans laquelle ce parti croyait avoir une chance de l'emporter, Macleod dans le sud de 1 Alberta, est allé au conservateur Ken Hughes.L'ex-ministre libéral Lloyd Axworthy, le seul député libéral des Prairies dans le dernier Parlement, a aussi été réélu dans Win-.nipeg-Sùd-Centre.Dans Selkirk, un comté situé juste au nord dé Winnipeg, l'ex-premier ministre néo-démocrate manttobain Howard Pawley, qui tentait un retour eh politique fédérale après avoir été défait par une motion de non-confiance le printemps dernier, a dû concéder la victoire au candidat conservateur David Bjornson.Dans les circonscriptions de ' Winnipeg-nord et winnipeg-nord-centre, majoritairement peuplées de «cols bleus», deux vieux jiéo-démocrates, David Or-likow et Cyril Keeper, ont perdu au profit de libéraux.Au scrutin fédéral de 1984, les conservateurs avaient raflé 39 des 49 sièges que comptait alors la région des Prairies.Le redécoupage électoral devait subséquemment porter le nombre des circonscriptions à 54 et autant les libéraux que les néo-démocrates parlaient bravement d'y effectuer une percée.Le NPD avait remporté neuf sièges et le PLC, un seul.Les Montréalais qui ont trouvé qu'il faisait un sale temps, hier, ver une tempête de neige qui a provoqué plusieurs pannes de peuvent se consoler : dans les Maritimes, les électeurs ont dù bra- courant et brisé des lignes téléphoniques.photo cp ¦ Fouettées par la tempête, les Maritimes ont vu rouge Deux ministres conservateurs ont été emportés dans la bourrasque FLORIAN BERNARD ¦ À l'image des vents violents et de la neige qui ont soufflé durant toute la journée dans les maritimes, hier, deux ministres conservateurs et plusieurs candidats du parti conservateur ont été emportés dans la bourrasque libérale.Prenant une nette avance dès le début des résultats, les libéraux ont défait une bonne douzaine de conservateurs, dont le ministre des Travaux publics, Stewart Mclnnnes, dans Halifax, et le ministre de l'Environnement, Tom McMillan, dans Hillsborough, Ile-du-Prlnce-Edouard.Quant au seul député néo-démocrate élu à l'est de l'Ontario, en 1984, Jack Harris, dans Saint-lean Est, il a lui aussi été victime de la revanche des libéraux.Cette fois, cependant, c'est un.conservateur, Ross Reid, qui a repris le comté.Avec une vingtaine de candidats élus ou en avance \u2014 contre 12 pour les conservateurs \u2014 les libéraux-ont complètement retourné la situation par rapport aux élections de 1984, alors que les conservateurs avaient remporté 25 des 32 sièges que comptent les quatre provinces de l'Atlantique.Au Nouveau-Brunswick, les libéraux qui ne comptaient qu'un seul siège en ont maintenant la moitié, soit 5 sur 10.En Nouvelle-Ecosse, les candidats libéraux ont repris 5 sièges aux conservateurs et ont conservé les 2 qu'ils possédaient déjà.Dans l'Ile du Prince-Edouard, les libéraux ont fait élire leurs candidats dans les 4 circonscriptions que compte la province.Enfin, à Terre-Neuve, lés libéraux ont pris 5 des 7 sièges que compte la province, y compris celui des néo-démocrates.En 1984, ils n'en avaient que 3.réussi à conserver son siège dans Madawaska-Vjctoria, mais sa majorité de 1984 a été sérieusement réduite.Parmi les libéraux influents qui ont marqué cette campagne, le président du caucus, Brian Tobin, a conservé son siège de Humber, dans Terre-Neuve, tandis que l'ancien chef du parti libéral du Nouveau-Brunswick, Douglas Young, a fait mordre la poussière au conservateur lean Gauvin, dans Gloucester.Le seul libéral | qui avait résisté à la vague conservatrice en 1984, au Nouveau-Brunswick, Fernand Robichaud, a conservé son siège dans Beausé-jour.La journée des élections dans les provinces de l'Atlantique s'est Les harangues de John Crosble l'ont encore bien servi: il a été réélu.photo cp Le ministre du Commerce international, John Crosbie, réélu dans sa circonscription de Saint-Jean Ouest, à Terre-Neuve, a attribué la défaite de plusieurs de ses collègues à la campagne menée par les libéraux contre le libre-échange.Selon lui, ces de» \u2022 niers ont fait peur aux électeurs en leur faisant croire qu'un accord de libre-échange signifierait une perte dé sécurité sociale.Un autre ministre conservateur réélu dans Central Nova, en Nouvelle-Ecosse, Elmer McKay, du Revenu national, a également attribué ce revirement «à la campagne de peur menée par les libéraux».Seul ministre acadien dans les maritimes, Bernard Valcourt, a Tom McMillan, qui était ministre de l'Environnement, a été battu.photopc Dahs Halifax, Stewart Mcli ci-devant ministre des Travaux publics dans le gouvernement v Mulroney, a été défait, photopc : déroulée par un temps pénible, avec de la pluie verglaçante.de la neige et des vents violents.Dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, particulièrement sur la côte âcadienne, il est tombé 30 cm de \u2022neige.Près de 30,000 maisons ont été.privées de courant.A 'Newcastle, il q falluj éclairer'des bureauxde 'Scrutin'; âu^m&yëh'fde chandellCsTDah^d'autres (ocqïi-.tési on a'instaljétye^ftè^atrftcs d'urgence.%l Au Câp Breton, l.'ouyerture'de ; certains bureaux de' scrutin à *té retardée, parce que lés chemins montagneux des Highlands n'étalent pas encore déblayés.Àin-gonish, ilia fallu transporter à pied, ?ès^boites de :t#rùjin,.pafee queTesVvéhiculès retenus étaient enlisés dans la neige.-1.¦ \u2022.Vote à la chandelle dans n.d.c.BRUNO BISSON ¦ Les électeurs de sept bureaux de scrutin du comté de Notre-Dame-de-Grâce ont voté dans l'obscurité, à la lueur de chandelles ou de lumières de sécurité, hier soir, à partir de 18h jusqu'à la fermeture des bureaux dévote.Une malencontreuse panne d'électricité a en effet frappé le secteur de l'église presbytérienne Ephrcm Scott Memorial, sur l'avenue Clanranald dans l'ouest de Montréal, jetant soudain la vingtaine d'électeurs présents dans une noirceur d'encrier.Lé responsable des sept bureaux de scrutin regroupés dans l'église a alors pris la décision d'évacuer les lieux pour éviter que des bulletins soient déchirés, ou pire, trafiqués.Il a fallu prendre une décision.Vite.«Le président d'élection m'a demandé de tout faire pour que le vote reprenne normalement, a raconté hier le responsable des sept bureaux, M.Paul Senccal.Alors j'ai fait déménager les bureaux de place.» Les tables des sept bureaux.avec leur scrutateur et leurs représentants de partis, leurs listes électorales et leurs isoloirs, ont donc été transférés de la grande salle communautaire de l'église vers le sous-sol et une petite pièce adjacente où brillaient des lumières de sécurité.L'opération de déménage* ment a dû prendre.une demi-heure.À la réouverture des portes, il a alors fallu diriger la lourde circulation en criant les numéros des bureaux (94 à 101, sauf le 97 ) les uns après les au-très.Car pendant la demi-heure, d'attente, une soixantaine de personnes s'étaient massées'devant les portes de l'église, plusieurs très fâchées de ne pouvoir voter immédfatement.Une personne qui à assisté à la scène a raconté à La Presse avoir Vu une vieille dame pleurer en disant qu'on lui enlevait son droit de vote/ Et pour comble de malheur, les feux de sécurité sont tombés à plut au bout de trois quarts d'heure de sauvetage.Pour se rendre jusqu'à 20h, il a fallu employer les grands moyens.Et installer briquets et chandelles dans les isoloirs.Toutes les sources de lumière étaient mises à profit, hiti : soir, à l'église presbytérienne Ephrem Scott Memorial, pour permettre aux électeurs de voter.photo denis courviile.U Presse LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 22 NOVEMBRE 1988 B5 Shirley Maheu a conservé Saint-Laurent au Parti libéral.larie Cibeau, élue pour la pre-nière fois dans Bourassa le seul représentant du NPD dans les Maritimes, Jack Harris, a été défait.Flora MacDonald a été défaite dans Kinsgton^Les-iles.Alain Tardif, libéral, a été défait dans Rlchmond-Wolfe.La représentation féminine du Québec sera sensiblement la même qu'en 1984 MARIANE FAVREAU ¦ Le Québec qui comptait 14 femmes députés, en aura encore au moins une douzaine aux Communes.La plupart des femmes députés conservateurs du Québec conservent leur siège et obtiennent quelques renforts, tandis que les libérales ne seront probablement que deux à porter les couleurs du parti.Ainsi, chez les conservateurs, on signale la réélection de Monique Landry, ministre des Relations extérieures de Blainville-Deux-Montagnes.Monique Vézi-na, ministre d'État de l'Emploi et de l'immigration, est réélue dans Rimouski-Témiscouata où elle faisait encore une fois la lutte à la libérale Éva Côté.De même, les femmes députés suivantes sont réélues: André Champagne, dans Saint-Hyacin-the-Bagot; Lise Bourgault, dans Argenteuil-Papineau; Monique Tardif, dans Charlesbourg; Ga-brielle Bertrand, dans Brome-Missisquoi; Suzanne Duplessis, dans Louis-Hébert remporte la victoire sur la candidate libérale Nicole Duple.La jeune déçuté Carole Jacques conserve son siège dans Mercier.Le Parti conservateur compte deux nouvelles élues: Pierrette Venne gagne le nouveau comté de Saint-Hubert contre l'ex-dépu-té Raymond Dupont.Marie Gi-beau enlève de son côté le comté Monique Landry a été réélu dans Blainville-Deux-Monta- gnes.de Bourassa aux libéraux que représentait Carlo Rossi.Chez \\cs libéraux, Sheila Fines-tone est la; seule député réélue (dans Mont-Royal), mais sa consoeur Lucie Pépin perd le comté d'Outremont aux mains du conservateur Jean-Pierre Hogue.Pierrette Venne, nouvellement élue dans Saint-Hubert Une nouvelle élue, Shirley Maheu, conserve le comté de Saint-Laurent aux libéraux.Elle était opposée à la conservatrice Lyse Hubert-Bénnett.Par contre, Céline Hervieu-Payette qui tentait un retour en politique n'a pas réussi à donner Laval aux libéraux.De même, l'ex-député conservatrice, Suzanne Biais-Grenier qui se présentait comme candidate indépendante, n'a pas réussi à se faire élire dans Rosemont.En Ontario, les défaites féminines les plus douloureuses sont celles de la ministre des Communications, Flora McDonald, dans Kingston-Les îles.De même, Maureen McTeer, militante fémi-ninestc (et épouse de Joe Clark) n'a pas réussi a se faire élire comme député conservateur de la nouvelle circonscription de Car-leton-GIoucester.Par contre, dans Saint-Paul, la ministre Barbara McDougall a défait deux autres femmes, la libérale Aideen Nicholson et la néo-démocrate Diane Bull.Dans Lincoln, Shirley Martin, ministre d'État aux transports, était en., tète.La libérale Sheila Copps, une vedette de son parti, a été réélue dans Hamilton-Est, mais sa soeur, Mary Coops-Sutherland a été battue dans London-ouest.En Nouvelle-Ecosse, c'est à une femme, Mary Clancy, que revient la défaite du ministre des Travaux publics, Stewart Mclnnis, dans la circonscription de Halifax.Une autre libérale, Coline Campbell, a arraché au conservateur le siège de South West Nova, également en Nouvelle-Ecosse.À l'ile-du-Prince-Édouard, la libérale Catherine Callbecq a elle aussi pris un siège détenu par les conservateurs.Lucie Pépin a été défaite dans Outremont.Les maisons de sondage avaient annoncé une bonne longueur d'avance au PC MARIO FONTAINE ¦ Les maisons de sondage avaient annoncé la couleur: conservateurs premiers, libéraux seconds, et néo-démocrates assez loin derrière.Pas trop de surprises donc dans les résultats d'hier par rapport aux prédictions, du moins tant qu'on s'en tient aux pourcentages.Il faut dire que pas moins de 33 sondages ont été effectués à travers le Canada entre le déclenchement des élections et le vote d'hier.Un record.Certains sur la popularité des partis, d'autres sur le libre-échange, la plupart sur ces deux questions réunies.Et c'est sans compter les sondages spécifiques aux provinces, comme les CROP, IQOP ou Sorecom pour le Québec.Ainsi, si on prend en compte la portion québécoise des sondages pan-canadiens et ceux effectués expressément pour le Québec, on en arrive à 23 consultations différentes seulement pour le Québec.Jamais, là aussi, n'avait-on autant sondé les reins et les coeurs des électeurs d'ici.Ces sondeurs étaient quasi unanimes, depuis quinze jours, à accorder une bonne longueur d'avance aux conservateurs au Québec, loin devant les libéraux de John Turner.Les néo-démocrates, eux, se contentaient de moins de 20 p.cent des intentions de vote.La réalité est allée dans ce sens, mais fut encore plus favorable que prévu aux troupes de Brian Mulroney, qui avaient fait élire, au moment de mettre sous presse, 62 des 75 députés au Québec, le reste allant aux libéraux.La maison la plus proche du score final: Angus Reid (sondage publié le 19 novembre: PC 50, PLC 29, NPD 21), suivie de Gallup.Une mauvaise note pour Canadien Facts (CBC), qui donnait cinq points de priorité aux libéraux dans sa dernière consultation.Situation plus trouble en Ontario où, jusqu'à la semaine dernière, on donnait les libéraux, gagnants, suivis du Parti conservateur et, en troisième position, des néo-démocrates.La tendance allait toutefois dans le sens des conservateurs depuis dix jours.Ceux-ci ont effectivement réussi à remonter quelque peu la pente, la crainte du libre-échange allant parallèlement en s'atténuant.Résultat final: PC 47 sièges, PLC 41 et NPD 11.Un bon point pour Angus Reid, des faiblesses chez Gallup et Canadian Facts (CBC).Dans les Maritimes, les résultats ont été beaucoup plus serrés que ne le prédisaient les sondages publiés durant toute la campagne, avec un écart d'à peine quatre points entre conservateurs et néo-démocrates.Les conservateurs y menaient en effet au début des hostilités, par une marge de neuf points.Le jour même de la confrontation des chefs, Gallup publiait que les troupes de Brian Mulroney décrochaient la moitié des intentions de vote, n'en laissant que 29 p.cent au Parti libéral et 20 p.cent au NPD.Mais immédiatement après ces débats des 24 et 25 octobre, la chuté des tories fut aussi rapide que vertigineuse dans l'ensemble des Maritimes.Fin octobre, le PLC y avait repris la téte, pour rafler 54 p.cent des appuis début novembre.L'écart entre les deux formations commença toutefois graduellement à s'amenuiser par la suite, Gallup les mettant même virtuellement nez à nez la semaine dernière, tandis que Angus Reid continuait à donner une avance de 24 points au parti de John Turner.Toutes les maisons s'entendaient en revanche pour ne concéder que des miettes au Nouveau Parti démocratique.Et c'est ce qui s'est produit.Avec à peine 11 p.cent des suffrages, le NPD y a même perdu l'unique député qu'il avait à l'est de l'Ontario à la dissolution des chambres, le ter-re-neuvien Jack Harris, au profit d'un conservateur dans St-John's East.Le résultat final: PC 42 p.cent, PLC 46, NPD 11.Le grand gagnant: Gallup (sondage publié le 19 novembre PC 42, PLC 44, NPD 12).Le grand perdant: Angus Reid (19 novembre: PC 32, PLC 56, NPD 7).Plusieurs personnalités et des ministres importants ont mordu la poussière PIERRE GRAVEL ¦ Outre le défaite-surprise de Lucie Pépin, dans la forteresse libérale traditionnelle d'Outremont qui vient de passer aux mains du conservateur Jean-Pierre Hogue, les électeurs canadiens ont aussi rejeté plusieurs ministres sortant.C'est le ministre des Travaux publics, Stewart Mclnnes.qui, dès le début de la soirée, a été le premier des ex-membres du dernier cabinet Mulroney à connaître la défaite.Il a été battu par la libérale Mary Clancy, dans Halifax, en Nouvelle-Ecosse.C'était ensuite au tour du Solliciteur général, Jim Kelleher, de devoir céder son poste de Sault-Ste-Marie à Steve Butland, du NPD.Flora MacDonald, de son côté, la ministre des Communications, a baissé pavillon dans Hamilton-les-lles devant son rival libéral, Peter Milliken.Le ministre de l'Environnement, Tom McMillan, lui, a per- du son comté de Hillsborough, en Ontario, devant le libéral George Proud.À Saskatoon-Clark's Crossing, en Saskatchewan, le ministre de la Justice, Ray Hnatyshin, a aussi été rejeté par les électeurs qui lui ont préféré Chris Axworthy, du NPD.Par ailleurs, au moins deux anciens ministre libéraux sous Pierre Trudeau n'ont pas réussi leur rentrée sur la scène fédérale.Dans la circonscription portant le nom de Ontario, John Robert s'est incliné devant le conservateur, Rene Soetens alors que John Monroe, dans Lincoln, n'a pas réussi à ravir le comté au Parti conservateur représenté par Shirley Martin, ministre d'État au Transport.Quant à l'ex-premier ministre néo-démocrate du Manitoba, Howard Pawley, il n'est pas parvenu à accomplir sa reconversion dans l'arène fédérale alors qu'il a concédé le siège de Selkirk au conservateur David Bjornson.Maureen McTeeer, pour sa part, la femme du ministre des Affaires extérieures, Joe Clark, a également connu la défaite dans sa tentative de faire une percée dans Ottawa-Carleton-Glouces-ter, une nouvelle circonscription qui passe au Parti libéral via l'élection de Eugène Bellemare.Plusieurs autres circonscriptions ont également réservé des surprises à des vedettes des différents partis.Ainsi, au Québec, le Parti libéral a perdu deux des quatre seuls comtés qu'il détenait en dehors du grand Montréal depuis 1984.Dans Saint-Maurice, le traditionnel fief de Jean Chrétien, le Parti conservateur a réussi à faire élire son candidat, Denis Prono-vost, contre le libéral Yvon Mil-lette.Dans Richmond-Wolfe, le député libéral sortant, Alain Tardif, s'est incliné devant son rival conservateur, Yvon Côté.Les électeurs de Gatineau et de Hull-Aylmer sont cependant demeurés fidèles au Parti libéral en élisant l'ex-ministre provincial Gilles Rocheleau et l'ancien dé- puté du coin à l'Assemblée nationale, Mark Assad.À l'inverse, les francophones de Saint-Boniface, au Manitoba, ont laissé tomber le député conservateur sortant, Léo Duguay, auquel ils ont préféré le libéral Ronald Duhamel.En Ontario, deux candidats vedettes du NPD ont connu la défaite aux mains des libéraux.Dans Ottawa-Centre, Michael Cassidy s'est incliné devant le libéral Mac Harb, alors que dans Toronto-Broadvicw, considéré comme un bastion néo-démocrate, la populaire Lynn McDonald a été mise au rancart par le libéral Dennis Mills.La vague de fond qui a déferlé sur ie Québec et, dans une moindre mesure sur l'Ontario, n'a pas non plus ménagé certaines autres vedettes comme, au Québec, À Terre-Neuve, dans Saint-Jean-Est, le conservateur, Ross Reid, un ex-adjoint du ministre des Finances, Michael Wilson, a enlevé au NPD son seul comté à l'est de l'Ontario en l'emportant sur Jack Harris.Edmonston est très déçu Finesse Canadienne Lex-premler ministre Howard Pawley n'a pu se faire élire : pour le NPD.¦ Le candidat néo-démocrate dans le comté de Chambly, M.Phillip Edmonston, en qui le NPD avait mi beaucoup d'espoir, s'est déclaré très déçu de sa défaite hier soir au profit du candidat conservateur M.Richard Grisé.M.Edmonston explique sa défaite par le fait que la question du libre-échange a dominé la campagne dans Chambly, alors qu'il avait mis l'accent sur le thème de l'environnement à cause de l'incendie à.l'entrepôt de BPC à Saint-Basile-le-Grand,- qui se trouve dans sa circonscription.«C'est très décevant, car je voulais vraiment représenter le comté pour les problèmes réels, comme celui de l'environnement et des BPC qui sont toujours entreposés à Saint-Basilc-lc-Grand, et les problèmes de transport en commun et de la réforme fiscale», a déclaré le candidat néo-démocrate.M.Edmonston a dit cependant vouloir miser sur le fait que le NPD forme l'opposition officielle dans Chambly pour tenter d'approfondir les racines du parti sa circonscription et dans la province.L'ex-président de l'Association pour la protection des automobilistes entend rester très actif au niveau local pour continuer à défendre les intérêts des gens de Chambly.Il souhaite également se présenter de nouveau comme candidat NPD aux prochaines élections, où les chances du parti seront meilleures dit-il.Monique B.Tardif a été réélue malgré l'opposition du ministre Marc-Yvan Côté.L'ile-du-Prince-Édouard a battu le libre-échange et le ministre de l'Environnement, Tom McMillan.James Kelleher, Solliciteur général, a mordu la poussière dans Sault-Ste-Marie.L'ex-malre de Laval Jacques Té-treault a pris facilement le comté de Laval-des-Rapides.Phil Edmonston a expliqué sa défaite par la question du libre-échange.Suzanne Blals-Crenier comme candidate indépendante n'a pu bloquer la marée bleue. B6 LA PRESSE, MONTREAL, MARDI 22 NOVEMBRE 1988 Elections 88 Soulagement dans le milieu des affaires Le dollar canadien fait un bond \u2022 A1 ft ' PAUL DURIVACE M.André Sullivan et Mme Tina Melottl, cambistes à la Banque Nationale de Paris à Montréal, comme plusieurs de leurs collègues canadiens, ont dû faire des heures supplémentaires, hier, afin de ne rien rater de l'action sur le dollar canadien.photo dénis courville, u mm ¦ Les milieux financiers et des affaires, qui ont vécu de grandes émotions au cours de la campagne, étaient manifestement satisfaits de l'issue du scrutin.Le fait est que le dollar, qui avait fait un bond de plus d'un cent et demi face au dollar américain au cours de la séance régulière de jour, a arraché encore 61 centièmes à 83,60 cents US dans les quelques minutes suivant le verdict de Radio-Canada.« Il y a eu comme un soupir dans la salle de change », de commenter M.André Sullivan, vice-président adjoint au marché monétaire pour le compte de la Banque Nationale de Paris, l'une des institutions financières parmi les plus actives sur le marché des changes à Montréal.M.Sullivan, comme nombre d'agents de change canadiens, faisaient exceptionnellement des heures supplémentaires, hier soir, pour ne rien manquer de « 1 action » sur le dollar.Les ordres d'achat pour le dollar canadien provenaient surtout de Singapour et Tokyo, souligne l'expert.Soulagement également pour les entrepreneurs québécois.Pour eux, comme pour les cambistes, la couleur ou la majorité du parti au pouvoir n'importait pas tant que l'appui parlementaire dont profiterait le traité de libre-échange.Avec ses supporteurs reportés au pouvoir, et qui plus est en nette majorité, on respirait d'aise.M.Pierre Ducros, président du Groupe DMR de Montréal et leader du Regroupement québécois pour le libre-échange, se dit ainsi très heureux du résultat électoral mais ménage pourtant les « hourras ».« Il faut surtout se garder d'être arrogants.Il faut maintenant réconcilier toute la population avec notre temps », commente-t-ii.Le.Regroupement formé d'une centaine de gens d'affaires du Québec, avait signé la campagne publicitaire « Laissez-nous grandir ».Un industriel, M.Serge Racine, président de Shermag, le plus important fabricant de meubles au Québec, affirme d'ailleurs que le vrai défi reste a venir pour ses semblables.« 11 faudra être concurrentiels, assurer une transition en douceur et refaire le partenariat avec les syndicats heurtée par la polarisation électorale », de commenter M.Racine, un fervent défenseur du libre-échange même s'il oeuvre dans une industrie immolée sur l'autel du libre-échange.Un vote de confiance Les organismes officiels du milieu des affaires du Québec, tous en faveur de la conclusion du traité commercial canado-américain, étaient aussi très heureux de la tournure des événements.« Les politiciens avaient assez parié.C'était au peuple a dire son mot et ii est favorable au libre-échange », lance M.John G.Pepper, président du Bureau de commerce de Montréal.Du côté de la Chambre de Commerce du Québec, dont sont membres 6 300 entreprises et quelque 60 000 particuliers, on estime qu'il s'agit d'un vote de confiance pour tout le programme économique du parti conservateur.« C'est une invitation à mettre plus de vigueur dans le libre-échange, la réforme fiscale, et la déréglementation », déclare le président, M.Louis Arsenault.Pour sa part, M.Serge Godin, le nouveau président de la Chambre de Commerce de Montréal, voit un objectif prioritaire national pour le nouveau gouvernement : la lutte au déficit; et deux objectifs pour Montréal : l'Agence spéciale et des ministres locaux.L'organisme, qui regroupe près de 7 000 membres de Ta communauté d'affaires de Montréal, note que le parti conservateur a maintenant des « jeunes députés capables » issu de Montréal.Le vote d'opposition au libre-échange tempère la victoire des conservateurs Les porte-parole syndicaux déçus >VvGILLES ST-JEAN »TJc3- \"¦\u2022\"V* -, * Si aucun responsable des cen-**-'\"traies syndicales québécoises et >îij jdu Congrès du travail du Canada &ùyië s'est dit content des résultats -;'T*iles élections d'hier, la majorité a \" - ; - ^constaté avec satisfaction la forte \u2022ïi^-proportion de votes libéraux et \"néo-démocrates, en opposition au \" \u2022 * libre-échange.' - « Il est tout de même significatif aussi que le Parti conservateur perde une quarantaine de sièges; - '-nous pensons que c'est à cause du libre-échange.Pour passer, ce projet aurait dû recevoir l'appui .-de la majorité absolue des Cana-\u20221 .diens et ce n'est manifestement pas le cas », a dit la première vice-\u2022présidente de la CSN, Mme Moni-queSimard.' Elle a également souligné qu'au ' Québec, la campagne s'était faite « sous le couvert d'ambiguités na- \u2022 \u2022 tionalistes » et « des alliances sur- prenantes », entre les conserva-.\u2022 .teurs et les libéraux provinciaux , et le Parti québécois, qui ont ap-: .puyé Brian Mulroney sans le dire \u2022.ouvertement.\u2022 '¦ De son côté, l'adjoint du président du CTC, M.Emile Vallée, est -satisfaitdesyotescontre le libre- \u2022 -'.échange, mais aussi de l'élection .-.'\u2022de plusieurs députés néo-démo- \u2022 -.crates.Le CTC, la plus importan-i ' \u2022\"\u2022 te centrale syndicale au Canada \u2022.\u2022\u2022.\u2022avec 2,3 millions d'adhérents (dont la FTQ), appuyait le NPD.\u2022.'.Comme ses collègues syndica-.> listes, M.Vallée a assuré que le ~>gouvernement conservateur de- \u2022 : - : vrait tenir compte de la majorité .-'exprimée contre le libre-échange.' \" \u2022 Pour sa part, le conseiller politique de la FTQ, M.Jean-Guy Fre- \u201e.nette, espère que le gouverne-\u2022;-;«ment n'abusera pas de son pou-*;>Ivoir parlementaire pour \\ ! ; bousculer lés Canadiens en matiè-** «;;tre de libre-échange.M.Frenette a t-t-Dui aussi constaté avec plaisir »>>l'augmentation du vote néo-dé-T ;.' j \\ mocrate : « Pour la première fois ;-;au Québec, la voie est'ouverte f£»î*thêmë si aucun néo-démocrate n'est élu », a-t-il dit.\u2022 * De son côté, la présidente de la .r -CEQ, Mme Lorraine Page, estime Z~vvîque le Parti conservateur ne doit pas interpréter sa victoire comme un chèque en blanc en faveur du libre-échange.À l'instar du président de l'Union des producteurs agricoles, M.Jacques Proulx, Mme Page croit que le gouvernement devra tenir compte du pourcentage des votes contre le libre-échange.«Une majorité parlementaire n'est pas une majorité populaire», a-t-elle souligné.« La victoire conservatrice était prévisible depuis quelques jours.Mais seulement depuis que les conservateurs ont pris des engagements de ne pas toucher aux programmes sociaux et aux programmes de développement régional.Ils devront maintenant livrer la marchandise », a dit Mme Page.Pour sa part, M.Proulx a rappelé que PUPA avait toujours souhaité un référendum sur le libre-échange.À son avis, le fait que le PC n'obtienne pas la majorité des votes est éloquent.De son côté, le président de la Confédération des syndicats démocratiques, M.Jean-Paul Hétu.estime que les conservateurs devront maintenant établir des programmes de création d'emploi suspectibles de contrer les effets négatifs du libre-échange.photo pierre McCANN, U Presse Monique Simard, de la CSN : un appui insuffisant.Le directeur de la campagne libérale au Québec, M.Gilles Dufault (à gauche), n'a pas manqué de féliciter Jean-Claude Malépart, ré* élu dans le comté de Laurier-Sainte-Marie.photos jean goupil, là Presse Une défaite libérale portée au compte de l'argent et de.Robert Bourassa PAUL ROY photo paul-henri talsot, tî photo robert NAOON, U Presse jean-Paul Hétu, de la CSD créer des emplois.Jacques Proulx, de l'UPA : compte de l'opposition.tenir ¦ Les libéraux qui entraient au compte-goutte dans la salle de bal de l'Hôtel Centre Sheraton sont demeurés impassibles quand Richard Mongeau, une des tètes dirigeantes du parti au Québec, a annoncé : « Nous menons 20 à 12 dans les provinces de l'Atlantique.» Impassibles aussi \u2014 à peine a-ton entendu un silence \u2014 quand Bernard Derome, à la télévision, a annoncé : « À 20 h 38, Radio-Canada prédit un gouvernement conservateur majoritaire.» Les journaliste, à l'affût de réactions, ont eu droit à un premier «Yé» suivi d'applaudissements quand Radio-Canada a annoncé l'élection de Paul Martin, dans LaSalle-Émard.Monsieur Martin, c'est connu, est pressenti comme un successeur possible de John Turner.Les libéraux de la région de Montréal venaiertt-ils de donner le coup d'envoi à une course au leadership?D'autres applaudissement ont fusé quand on a annoncé l'élection de Shirley Maheu (Saint-Laurent), Warren Allmand ( Notre-Dame-de-Gràce ), David Berger (Saint-Henri-Westmont), Alphonso Gagliano (Saint-Léonard) et Jean-Claude Malépart (Laurier-Sainte-Marie).Mais ces applaudissements n'arrivaient pas à masquer une Une défaite difficile à accepter.profonde déception chez plusieurs.« On va attendre encore un peu», disait Jean-Pierre Hogue, un militant dont l'homonyme, un conservateur, a défait la libéral Lucie Pépin dans Outremont.Yves Guinard, un des principaux organisateurs du PLC au Québec, encaissait le coup : « On savait depuis une semaine que les conservateurs formeraient le prochain gouvernement, mais minoritaire.» Claude Henri, agent officiel libéral pour le Québec, les doigts jaunis, allumait une autre cigarette.« On partait de loin », admettait-il.Vers 21 h 45, l'organisateur Richard Mongeau affirmait que la défaite est survenue au cours des quatre ou cinq derniers jours de la campagne.Il l'attribuait à deux facteurs : l'argent et Robert Bourassa.«L'argent a acheté beaucoup de votes durant les quatre, cinq dernier jours.Les hommes d'affaires ne se sont pas seulement prononcés pour le libre-échange, ils ont mis beaucoup de sous dans la lutte.11 y avait déjà un déséquilibre, il a été accentué.» Quant à Robert Bourassa, il a convaincu plusieurs indécis, selon M.Mongeau.Vers 22 h 30, les gros canons libéraux se faisaient attendre au Centre Sheraton.Le premier à se pointer fut Jean-Claude Malépart, réélu dans Laurier-Sainte-Marie.« On doit être fiers, a-t-ii dit, parce qu'on a 80 députés malgré qu'on ait eu à se battre contre tout le patronat, la haute finance et les journaux.» LA PRESSE, MONTREAL, MARDI 22 NOVEMBRE 1988 Elections 88 L'ex-malre Jean Corbeii d'Anjou (à gauche), nouveau venu sur au Reine-Elisabeth, où les conservateurs se réunisaient pour fêla scène fédérale, et Mme Monique Landry ( à droite ) ont été les ter la victoire.photos robert màhloux.u presse premiers députés élus à faire une entrée triomphale, hier soir Un enthousiasme qui s'est développé au rythme de la rentrée des résultats ANDRE PRATTE ¦ |ean-Paul Tremblay, 65 ans, et Simone Verrette, 77'ans, étaient un peu déçus de l'atmosphère qui régnait hier soir à l'hôtel Reine-Elizabeth, où les conservateurs avaient invité leurs militants à venir fêter la victoire.«le m'attendais à ce que ce soit un peu comme dans le temps du Parti québécois, au centre Paul-Souvé», a expliqué M.Tremblay.Si les quelques 300 militants qui se trouvaient dans la salle Marquette, vers 22 heures, étaient de plus en plus enthousiastes à mesure que les résultats étaient annoncés, cela n'avait certes rien à voir avec les fêtes populaires des péquistes.Ne serait-ce que parce que tout le monde était tiré à quatre épingles, habits foncés et cravates (souvent rouges) pour les hommes, robes très chic pour les femmes.Il y avait beaucoup de vieux bleus dans la salle.Un des premiers arrivés a été Mario Beau-lieu, président de la campagne Après un début de soirée un peu timide, l'atmosphère s'est rapidement réchauffé au Reine-Elisabeth.au Québec, qui avait gagé $5 000 sur une performance d'au moins 60 comtés au Québec.Parmi les plus enthousiastes, Claude Dumont.bleu depuis 20 ans, qui criait à chaque comté gagné, et huait copieusement chaque victoire libérale.«La politique ça me rend fou», a-t-il avoué.Il y avait aussi beaucoup de jeunes, dont Philippe St-Aubin, 15 ans.Martin Morin, 17 ans et Alain Baillargeon, 17 ans, trois étudiants du collège Brébcuf.qui ont fait des téléphones et distribué des pamphlets pour les conservateurs.«|e suis conservateur parce que je crois au libre-échange», explique Philippe.Assis seul à une table, imperturbable, Jean lolicoeur, conservateur mais aussi expert en sondage, qui plutôt que de crier et de huer, analyse, comté après comté.Et, assis au centre de tout cela, M.Tremblay et Mme Verrette, le sourire aux lèvres malgré tout: «Ça vaut mieux que de regarder cela tout seul dans son salon».Consternation au sein du NPD-Québec Le parti a doublé son pourcentage de vote mais la percée n'est pas venue ANDRÉ NOËL ¦ La consternation régnait, hier soir, parmi les quelques militants du Nouveau parti démocratique qui s'étaient réunis dans une salle de l'est de Montréal avec l'espoir de célébrer au moins une victoire dans un comté du Québec.Le NPD-Québec croyait pouvoir faire élire Rémy Trudel dans Témiscamingue et Phil Ed-monston dans Chambly.Les deux candidats ont été battus, M.Edmonston par plus de 2 000 voix.Les militants croyaient pouvoir fêter: ils ont tristement siroté leur bière en regardant le verdict tomber ù la télévision.Ils étaient en fait presque deux fois moins nombreux que les journalistes.« Les Québécois ont choisi de prendre les sentiers usés des vieux partis», a laissé tomber Michel Agnaieff, président associé du NPD-Canada et candidat défait dans Duvernay.«C'est plutôt dur à prendre.On espérait faire une percée, mais ce sera pour une autre fois», a dit Louise Quesnel, une militante active, les yeux rougis fixés vers l'écran de télévision d'où étaient venues les mauvaises nouvelles.«C'était une élection référendaire sur le libre-échange, a noté Pierre Gravcline, co-président du NPD-Québec.Le vote a été polarisé entre les conservateurs et les libéraux.» M.Gravcline et d'autres militants n'ont pas craint de critiquer la stratégie suivie par la direction nationale du parti.«La direction du parti a pris pour acquis que le Parti libéral du Canada allait se désintégrer, a rappelé M.Gravcline.C'était une première erreur.À cause de cette analyse.Ed Broadbent (le chef du NPD) a glissé vers le centre, de sorte que la démarcation avec les libéraux n'était plus très claire.« Le vent a tourné au débat télévisé.C'est a partir de ce moment là que la campagne électorale est devenue référendaire, avec le libre-échange comme thème presque unique.Ûn a laissé lohn Turner laisser l'impression qu'il était le leader des opposants au libre-échange.» , Les militants du NPD ont souligné cependant qu'ils ont presque doublé leur nombre de voix au Québec.En 1984.le NPD avait recueilli environ huit p.cent des voix.Au moment de mettre sous presse, le parti avait porté cette proportion à environ 15 p.cent.Donald Houle, l'organisateur en chef, a affirmé que cette campagne électorale a permis au NFD de s'enraciner au Québec.Le nombre de membres est passé de I 000 à 20 000.«C'était notre première véritable campagne au Québec, a dit M.Houle.Notre situation se compare à celle du Parti québécois du début.» Phil Edmonston (à gauche), l'un des deux espoirs du NPD au Ouébec, n'a pas réussi à s'imposer face au conseervateur sortant dans Chambly, Richard Grisé.Au comtié du NDP-Québec où l'onm suivait le décompte du vote et où l'on croyait célébrer, il y avait plus de journalistes que de sympathisants.w joto robert nadon.u pnœ BHBH Michel Cogger, président de la campagne du Parti conservateur.Une grande victoire personnelle pour le premier ministre SUZANNE COLPRON ¦ «C'est une grande victoire personnelle pour le premier ministre et pour toute l'équipe conservatrice», a commenté hier le président de la campagne de parti conservateur, M.Michel Cogger, dans le comté de Charlevoix.«C'est une merveilleuse preuve de leadership.Les électeurs ont compris le message du Parti conservateur», a-t-il ajouté.Selon le sénateur Cogger, la campagne énergique menée par le Parti pour faire valoir le dossier du libre-échange a contribué à la réélection d'un gouvernement majoritaire conservateur à Ottawa.Réélu dans le comté Lac-Saint-lean, M.Lucien Bouchard s'est dit très heureux.«Je pense que c'est la première fois que le Québec a participé pleinement à une campagne électorale», a-t-il déclaré.«On se sent plus Canadien en étant Québécois lorsqu'on voit que le Canada a accepté la nécessité du signer l'accord de libre-échange», a-t-il ajouté.L'organisateur en chef du Parti libéral fédéral pour l'est du Québec, M.Rémi Bujold, défait dans le comté Québec-Est, a dit pour sa part que les Québécois avaient mal compris le message de son parti.Il est clair, selon lui, que l'échec cuisant des libéraux au Québec est attribuable à l'appui qiie les Québécois ont donné à l'accord de libre-échange.De son côté, le ministre du Commmerce international, |ohn Crosby, a attribué la défaite des conservateurs dans les provinces Maritimes à la campagne de peur menée par l'opposition libérale.« La perte des conservateurs dans les Maritimes s'explique par la campagne de peur menée par les libéraux contre le libre-échange avec les États-Unis», a dit M.Crosbie.«Les programmes sociaux sont sacrés dans la région.Or les libéraux ont laissé entendre qu'une entente de libre- John Crosbie échange représentait un danger pour leur existence.» Une porte-parole conservatrice.Mme Nancy lamicson.a remercié Dieu que l'île du Prince Edouard \u2014 entièrement rouge \u2014 ne soit pas le Québec ni l'Ontario.Au moment où Mme lamicson émettait ce commentaire, le résultat du vote des provinces du centre du Canada n'était pas encore connu.En 1984.les conservateurs avaient récolté 25 des 32 sièges dans les Maritimes.Le résultat des élections d'hier indique un retour au vote plus traditionnel, a indiqué un porte-parole libéral, M.Patrick Gossage.Quant au co-président de la campagne du NPD, M.Robin Sears, la perte des conservateurs dans les Maritimes s'explique par la mauvaise température.« |e ne crois pas que de nouveaux électeurs libéraux aient fait leur apparition.Mais je pense que les électeurs conservateurs sont restés à la maison à cause du mauvais temps», a-t-il lancé.Luctèh Bouchard B8» LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 22 NOVEMBRE 1988 \tFS\tD \t\t D LUQU PHC \u2014 Parti de l'hértiage throi.cn du Canada Cera \u2014 Parti Communiste CI \u2014 Crodil S Bon a vert turo-llo a-do-la- .jj^^j^ Madeleine_(PC 1,813) ïBgF Darryl Gray PC .15,491 1 Lyse Routhier Lib .9,378 : ' Germaine Poirier NPD.1,564 1 Bouraisa (Lib 1,528) Marie Gibeau PC.18,969 Carlo Rossi Lib.18,057 Kéder Hyppolite NPD .4,791 P.Pi L'Autre Cossette Rhino.865 Michel Szabo Vert.398 Gérard Ledoux CS .172 Claire Dasylva Comm.155 Stéphane Savard Ind.120 Daniel Côté PRC .106 Breme-Mlfiiiquoi _(PC 5,985) 158:193! Gabrielle Bertrand PC .18,367, André Bachand Lib.11,058 Paul Vachon NPD.4,407!
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