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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
K. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1989-02-25, Collections de BAnQ.

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[" Arts et spectacles Littérature Arts plastiques Disques et videos Restaurants Vins LA PRESSE, MONTREAL.SAMEDI 25 FEVRIER 1989 « Les idéologies sont grises, l'amour non ! » Du marxisme à l'érotisme caraïbe en passant par le surréalisme, avec René Depestre, prix Renaudot88 JEAN BASILE collaboration spatiale René Depestre, dont le roman h tail riana dans tous mes rêves1 a obtenu le Prix Renaudot, n'est pas un écrivain de tout repos.Né à Haiti en 1926, il a fait de la politique dès son jeune âge, ce qui lui a valu d'être expulsé.Devenu marxiste, il s'est lié avec les grands de la gauche sud-américaine, Neruda, Che Guevara, Castro, Attende.Il a habité Cuba, le Chili.Puis il a gagné l'Europe de l'Est.C'est à Pragues qu'il a pris connaissance du rapport Khrouchtchev sur les exactions de Staline.La politique active était finie pour lui.11 devint fonctionnaire à i'UNESCO.Mainte-B nant à la soixantaine, il habite dans le Languedoc, en France, où il continue paisiblement son oeuvre.« Comment un homme politique devient-il un écrivain ?\u2014 C'est l'écriture qui m'a mené à la H politique, non le contraire.le puis dater mon engagement profond à 1946, après ma rencontre avec Breton qui H était venu visiter Haïti, à la demande de Pierre Mabille en poste chez nous.11 m'a fait découvrir que Haiti était un lieu surréaliste esthétiquement et politiquement.\u2014 Had riana dans tous mes rêves n'est pas un livre politique.Est-ce une histoire d'amour ?\u2014 En vieillissant, j'ai découvert que les idéologies sont grises.L'amour non.Ainsi suis-je fidèle à André Breton et à Pierre Mabille à qui j'ai dédicacé mon roman.» Le surréalisme Surréaliste, oui, avec de grands espaces colorés, réels ou imaginaires, tel est le roman de René Depestre dont l'action se passe dans une petite ville d'Haïti, face à la côte du Venezuela.L'héroïne, Hadriana, meurt le jour de ses noces, devant l'autel où elle vient de dire le oui sacramentel sous les yeux éblouis d'un jeune homme qui assiste à la cérémonie, Patrick.Aurait-elle été zombifiée ?Le débat s'engage et se dilue dans ta légende funèbre et magique du vaudou d'Haïti.Puis on l'oublie.Bien plus tard, le jeune homme, devenu professeur, la retrouvera sur une autre ile des Caraïbes.Elle lui racontera comment elle est morte en'effet et comment elle a échappé à l'emprise du vaudou.« Outre une histoire d'amour, votre livre est aussi le récit d'une possession dans la tradition du vaudou.Cela est assez étrange quand on songe que Au-delà des questions raciales, il y a pour tout écrivain haïtien la question de langage, à savoir s'il faut écrire un français international ou la langue locale qui est le créole.« Il y a eu et il y a encore de nombreux débat sur cette question.Parfois on en vient aux coups.Je n'y participe plus car c'est un débat interminable et sans issue.À part le théâtre, il n'est pas possible de faire une carrière littéraire à Haïti où l'analphabétisme est quasi général.Ça, c'est la réalité.Or je n'écris pas de théâtre.Et puis, quand on vieillit, on apprend à simplifier sa vie.On va à l'essentiel qui est en dedans de soi.Moi, j'ai choisi le français, ce qui ne m'empêche pas d'utiliser des mots créoles quand cela est nécessaire.\u2014 Vous n'avez pas le sentiment de trahir vos compatriotes et votre pays.\u2014 Non.le chante mon pays par le biais d'images, de perceptions nouvelles qui s'intègrent au concert de la francophonie.D'ailleurs, un écrivain libre doit écrire dans toutes les directions de sa vie.» René Depestre vous avez été un défenseur du matérialisme dialectique.\u2014 Le vaudou n'est pas une chose simple.C'est la première idéologie d'Haïti qui date de son indépendance et qui l'a marqué.Je me souviens très bien des cérémonies auxquelles j'ai assisté dans ma jeunesse, au début des années quarante.C'était extraordinaire et admirable du simple point de vue esthétique.En ce sens on ne peut pas y échapper quand on est un romancier haïtien.\" \u2014 Y croyez-vous ?\u2014 Non.Le vaudou original correspondait à une nécessité historique après la révolution.Puis, il a dégénéré au même rythme que la société haïtienne pour devenir très vite une sorcellerie assez grossière.Ses pratiques s'affaceront quand la misère et l'ignorance disparaîtront de l'île.Mais je ne traité pas de vaudou comme d'un exotisme, l'en fait en quelque sorte une critique, voire une critique ironique, particulièrement une critique de son côté macho.» Blanc et noir Un aspect singulier de Hadriana dans tous mes rêves tient dans le fait que l'héroïne est blanche, ce qui est assez rare dans la littérature noire.photo paul-henri talbot.u pratu L'érotisme caraïbe Mais justement, René Depestre ne croit plus à l'idéologie de la « négritude» qu'il a autrefois défendue avec ses grands pairs africains ou américains.Pour lui, « l'idée de race est un mythe de quelque côté que ce soit ».S'il croit que la prise de conscience des Noirs (qu'il appelle « Nègres») a été une nécessité historique après la colonisation, il pense aussi que le temps est venu de faire un pas de plus en oubliant le colonialisme.« Un racisme noir est aussi déplorable qu'un racisme blanc.L'Europe, malgré ses erreurs, a déniaisé et décloisonné le monde.Alors, reconnaissons-nous nos vertus conjointement, précise-t-il.\u2014 Les positions que vous prenez contre la négritude ne vous font-elles pas d'ennemis tant chez vos confrères écrivains que chez vos lecteurs de couleur?\u2014 Moins qu'on ne pense.Beaucoup de Noirs en ont assez de nourrir la conscience malheureuse.\u2014 Croyez-vous que votre roman sera traduit en Afrique du Sud ?» Mais là, René Depestre rit et s'écrie qu'il faut naturellement combattre le racisme blanc où il existe.II n'y aurait pas de surréalisme ni de littérature des Caraïbes sans érotisme.Hadriana dans tous mes rêves n'y manque pas.C'est la sexualité de la vie et de la fête car « je ne suis pas de l'école de Bataille ou de Rémy de Gourmond », dit René Depestre pour qui la sexualité, « sans conscience malheureuse ».c'est-à-dire sans culpabilité, « est le merveilleux de la réalité ».René Depestre croit que l'amour doit être « une expérience unitaire qui n'est pas faite pour le prêt-à-porter ».Interrogé sur le sida et la permissivité sexuelle telle qu'on l'imagine volontiers dans les iles, il a cette jolie phrase de poète : «Oui, le sida assombrit les jours des amoureux».Il ajoute, pince sans rire : «D'ailleurs, pratiquer l'amour surréaliste, c'est éviter la propagation ».Pour couronner le tout, car René Depestre n'est aucunement repentant, son prochain livre s'intitulera Éros dans un train en Chine.« Est-ce pour célébrer Mao, dont vous avez été un disciple ?\u2014 Non! C'est pour célébrer Lao Tseu.» (1) HADRIANA DANS TOUS MES REVES, par René Depestre, roman, 224 pages, Éditions Gallimard.LJX UiE Pour prendre congé REGINALD M AUTEL Le monde r édition de a ses paradoxes.Ouand une maison grandit, il arrive que ses artisans s'y sentent de plus en plus à l'étroit.Cela vient d'arriver à Raymond Plante, qui quitte la direction des collections Jeunesse/Romans et Jeunesse/Romans Plus des éditions Ouébec/A-mérique.\u2022 J'ai décidé de quitter cette maison, écrit M.Plante, tout simplement parce que Je ne partage pas les politiques promotionnelles (inexistantes pour les collections destinées a la Jeunesse ) de Jacques Fortin.\u2022 Je n'ai également Jamais pu madapter au nouvel esprit PME où, semble-t-il, ceux qui apportent l'eau au moulin comptent pour bien peu.» Le démissionnaire reconnaît cependant qu'il a toujours eu carte blanche sur le plan éditorial, ce qui lui a permis de faire paraître 45 titres depuis l'automne 1982.Et il a-joute qu'il ne quitte pas pour autant le monde de la littérature pour enfants.Un monde qu'il a d'ailleurs généreusement servi.culture et fiscalité Selon l'Association des éditeurs de périodiques culturels québécois le gouvernement fédéral, qui prépare le deuxième volet de sa réforme fiscale, menace d'imposer une taxe à la valeur ajoutée, inspirée des modèles européens, ¦ dont ne seraient pas exclus les Imprimés >.L'AÉPCO estime que cette réforme pourrait augmenter considérablement les coûts de production des périodiques et obliger les responsables de ces derniers à hausser les prix de vente au point qu'ils ne seraient plus concurrentiels.En conséquence, l'AÉPCO entend mobiliser contre le projet toutes les associations du monde de l'édition, dans un mouvement d'opposition a > la taxation de la lecture >.Elle veut aussi commander une recherche qui convaincra le gouvernement de l'ampleur de l'erreur qu'il s'apprêterait à commettre.Véronique Sanson n'est pas finie ! Véronique Sanson n'est pas finie! Son coeur bat toujours magnifiquement, malgré les machines trop chromées sur lesquelles on le branche à l'occasion.Sa voix n'a jamais été aussi belle que sur *Elle, le venin», son dernier microsillon, même si ce qu'elle raconte n'est pas particulièrement jojo.Lire la critique de Mario Roy en page K5 SCHÉHADÉ ET LE LIBAN FRANCOPHONE II est mort le poète.CÉCILE CÉDÉON-KANDALAFT collaboration spéciale Si l'on considère le nombre de ses habitants, le Liban est le premier importateur de la langue française.Elle est partout présente : dans trois quotidiens politiques, plusieurs hebdomadaires, à la radio, à la télévision, au cinéma, sur les enseignes, dans les salons et dans la rue.Son rôle dans la francophonie est primordial.Dès le XVIIIe siècle, le Liban a été le dispensateur du français dans les écoles de l'Orient.Trois .des cinq universités libanaises \u2014 la nationale, la jésuite et la maronite \u2014, ont toujours conservé le français comme langue de travail aux côtés de l'arabe.Les Libanais, avec quelques Égyptiens, souvent d'origine libanaise, ont maintenu sans complexe le français au Proche-Orient.Des enseignants, formés au Liban, ont largement contribué à répandre le français parmi une vingtaine de nations de l'Orient arabe et des deux Amériques où les Libanais sont de plus en plus présents.Ici même au Québec, les immigrants d'origine libanaise, surtout parmi les plus récents, sont largement francophones.L'ouverture particulière du Liban à toutes les cultures trouve sa source dans l'humanisme de ce pays.L'humain profond dont toute culture est imprégnée, explique l'union du Liban aux cultures possédant le plus de densité et de profondeur.La littérature libanaise d'expression française trouve ainsi sa place Georges Schéhadé dans cette vocation d'universalité, devenue une constante libanaise.Des noms et des titres innombrables, dont certains font déjà partie de la littérature universelle, et des prix littéraires qui ne se comptent plus, jalonnent ce parcours de plus de cent ans.Des mains de Jeanne Sauvé Mais sans contredit, le plus grand parmi les grands fut Georges Schéhadé, poète et dramaturge, dont nous déplorons la disparition.Essayant de décrire son oeuvre, Jacques Lemarchand disait de lui : « La voix et la langue de Schéhadé sont neuves et n'appartiennent qu'à lui, mais elles dormaient en nous, comme toutes les voix et tous les langages de tous les poètes du monde.» « Poète qui l'est plus, poète qui l'est mieux.» Alors même que le grand Saint-John Perse écrivait ces lignes pour saluer Schéhadé au moment où Jean-louis Barrault mettait en scène sa pièce, La Soirée des proverbes, il y avait longtemps déjà que les grands noms de la littérature contemporaine, René Char, Paul Éluard, André Breton, Max Jacob, comptaient parmi ses amis.Il y a trois ans, en 1986, Georges Schéhadé, alors âgé de 80 ans, nous rendait visite à Montréal pour recevoir des mains de Jeanne Sauvé, le premier Prix de la francophonie institué par le Canada et décerné par l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.Mais hélas, le passage en Amérique francophone d'un des plus grands poè- voir SCHÉHADÉ en page K2 il 1 De l'or pour votre matière grise BRAUDF.l.la itvxamk,)! I: h» \u2022:,\\l';T\\Us\\U m STKINER MARTIN HF.IDI.GGER FELLINI [1TSYAKT i\"k.\\nm>\\ui-;nt LECLEZIO HAÏ Mort d'un plagiaire Un critique littéraire du Journal The Toronto Star, Ken Adachl, âgé de 60 ans, lauréat des National Newspaper Awards en 1986, a été trouvé mort chez lui, quelques jours après une accusation de plagiat, fondée, portée contre lui.il se serait suicidé.Les trois premiers paragraphes d'un de ses récents articles avaient été largement inspirés d'un essai de Lance Morrow paru dans le mar gazine Time du 26 juillet 1982 et intitulé We Need More Writers We'd Miss.En conséquence, Adachl aurait démissionné.Selon des sources du Gtobe and Mail, l! aurait plutôt été invité à quitter le journal.Le critique littéraire avait dans le passé été suspendu pour un geste semblable, puis il avait subi une rétrogradation.Adachl avait passé son enfance, pendant la Deuxième Guerre mondiale, dans un camp d'internement pour les Canadiens d'origine japonaise.Il a raconté dans un roman, The Enemy That Never Was, cet épisode honteux de notre histoire.À cette triste histoire, il n'y a, hélas ! rien à ajouter.Nouvelles, nouvelles L'écriture de nouvelles occupe tant d'auteurs depuis quelques années qu'on ne s'étonnera pas que 277 textes aient été soumis au Se Concours de nouvelles de Radio-Canada.Un auteur très connu, Normand de Béltefeuille, de Montréal, a gagné le premier prix.Le deuxième est allé à Jean-François Somain (pseudonyme de Jean-François Somcynsky, lui aussi très connu), d'Ottawa, et le troisième à Alain Roy, d'Outremont, qui n'a publié à ce jour aucune oeuvre littéraire.De l'histoire à la biologie: tous vos champs de réflexion shnt dans Champs.Champs Flammarion T S - K2 LA PttSSE.MOWTBIAi.SAMEDI 25 FEVRIER 1989 POESIE D'ICI Les petites filles modèles et un bon petit diable \u2014 un essai sur la comtesse de Ségur JHN \u2022 ASILE collaboration spécial» Autrefois les petits garçons lisaient la Bibliothèque verte et les petites filles la Bibliothèque rose.C'était Iules Verne, et ses sous-marins.C'était la Comtesse de Ségur ( née Rostopchine) et ses petites filles modèles.Comme tout a changé! Mais les vieux symboles persistent dans la mémoire universelle des adultes.Ils viennent de beaucoup plus loin que Jules Verne ou la comtesse de Ségur dont l'oeuvre impérissable n'est qu'un râlais.Crinolines La couverture de Le petit monde la comtesse de Ségur' de François Bluché est étrange et significative.On y voit une grosse dame en crinoline qui tient un petit garçon sous le bras, comme un vulgaire paquet, et le fouette.C'est que les psychologues de l'enfance contemporains ont beaucoup reproché à l'auteure de Un Bon petit diable d'être une crypto-sadique parce qu'elle semble préconiser dans ses romans le fouet comme moyen d'éducation.François Bluché ne soit pas un mot de cette fable.Et il énonce sa théorie.«Eh bien oui.avoue l'auteur, elle, qui mua en rêves nos angoisses de gamins, on l'accuse d'avoir peuplé l'enfance de phantasmes, de nous avoir entretenus dans l'idée de culpabilité ponctuée par les souples baguettes de Mme Fichini.Pourtant, le fouet et la vie rude de 1859 valent bien le vide climatisé de notre siècle, où l'enfant n'est élevé qu'en vue du frigidaire et de l'auto.Une bonne fessée dégage le cerveau et remet en route la morale.» La comtesse de Ségur avait une autre formule: «Après la pluie, le beau temps».D'ailleurs, entre les «souples baguettes de Mme Fichini» ou le leste fouet de Madame Mac-Miche, il y a beaucoup de crème, beaucoup de gâteaux, beaucoup de jouets, beaucoup d animaux familiers, beaucoup d'amour en somme.Et la comtesse de Ségur a des excuses.Elle était Russe et un peu autocrate, même si elle passa sa vie en Normandie.11 faut prendre cet essai charmant avec un grain de sel.François Bluché s'émeut et s'amuse en traitant un peu l'oeuvre de la comtesse de Ségur comme d'autres traiteraient celle de Proust, mais en plus modeste et avec beaucoup plus d'humour aussi.Qui sont les personnages?Qui les a inspirés?Quels sont ces villages, ces villes, ces paysages?Ces lieux, ces gens sont-ils réels ou fictifs?De plus, la comtesse de Ségur avait un regard sur le monde, qui était celui de Napoléon III et de l'Empire triomphant.L'auteur nous dévoile les dessous idéologiques de cette oeuvre : le conservatisme, le paternalisme industriel, la famille, le chauvinisme, le trône et l'autel, etc.Alors pourquoi la comtesse de Ségur charme-t-elle encore?Parce qu'elle est simple et ne pratique pas la sensiblerie.Parce qu'elle écrit pour les entants en les traitant en grandes personnes, c'est-à-dire en individu responsable et intégré, pour le meilleur et pour le pire, à la vie commune.C'est une auteure réaliste, qui refuse la fuite dans le psychologisme et la rêverie de l'aventure.Un seul regret: le chapitre consacré à la comtesse elle-même est trop court.Car c'était une originale qui affolait les paysans normands en se promenant dans les champs en bottes russes.avec une crinoline violette et un gros ruban rouge dans les cheveux.Il est vrai qu'elle avait de qui tenir.Son aïeul Rostopchine, modèle du général Dourakine.incendia Moscou pour le sauver de Napoléon.Il y a de nomreuses reproductions d'illustrations d'époque, ravissantes.Les sous-marins Cet ouvrage ne concerne pas directement l'au* leur de Vingt mille lieues sous les mers.Mais Iules Verne est tout naturellement présent dans La Grande aventures des hommes sous la mer2 de Claude Riffaud, un ouvrage qui ravira les amateurs de vie sous-marine.Le propos de Claude Riffaud est de faire l'histoire de la conquête sous-marine «d'Aristote à l'âge nucléaire».Nager sous l'eau n'est pas très difficile mais comment y rester longtemps?Voilà donc la vraie question.Au-delà de cent anecdotes, ce livre fait au fond l'histoire d'une technique qui va de la naïve mais efficace «cloche de plongée» jusqu'au sous-marin nucléaire, les maîtres discrets de nos océans d'aujourd'hui, en passant par le scaphandrier (littéralement «homme-poisson»), le bathyscaphe, les torpilles humaines et l'inévitable «homme-grenouille» inventé par le professeur Cousteau et béni des explorateurs des coraux.Curiosité?Rêve?Désir de dépasser notre banale condition terrestre?Certainement.Mais aussi avarice car l'aventure sous-marine, c'est la chasse au trésor enfoui, galions espagnols pleins d'or et maintenant le pétrole.Et, plus encore, un certain goût pour la destruction car, comme le montre Claude Riffaud avec philosophie, les sous-marins furent immédiatement lancés contre les flottes ennemis.Le premier d'entre eux fut la Tortue de Bushnell que l'on utilisa contre les Anglais lors de la guerre d'Indépendance américaine, d'ailleurs sans succès.Mais cela n'empêche aucunement que les exploits de la découverte sous-marine sont parmi les plus beaux qui soient, même s'ils ne sont pas aussi spectaculaires que les grandes envolées dans l'espace.Ce n'est pas rien de plonger à dix mille mètres.L'exploration sous-marines a eu sa bonne mesure d'extravagants.Us donnent au livre de Claude Riffaud sa petite dose de folie si charmante quand on parle de chose sérieuse comme la science.L'illustration est excellente et abondante.Le livre est écrit avec un constant bonheur.' te Petit monde de la comtesse de Segur.224 pages, editions Hachette.1 La Grande aventure des nommes sous la mer par Claude Riffaud, 500 pages, editions Albin Michel Rika Zarai/Trucs de santé pour mieux vivre DENIS LAVOIE Les artistes, après nous avoir séduits sur disque ou sur scène, nous ont habitués à les lire, se plaisant d'abord à raconter leur vie et leur succès.Quelques-uns nous donnent leurs recettes, ou racontent leurs déboires.Rares sont ceux qui ont ainsi obtenu une nouvelle notoriété, comme écrivain.C'est cependant le cas de la chanteuse Rika Zarai auteur de Mes secrets naturels pour guérir et réussir.Cet ouvrage, fruit de ses expériences et recherches n'est que la suite d'un premier livre sur les médecines douces, qui fut un best-seller en France et lui attira un imposant courrier.Cette fois Zarai va plus loin, poussant l'audace jusqu'à proposer des remèdes pour les maladies intouchables que sont le cancer et le sida.De quoi susciter intérêt et controverse.L'auteur-chanteuse israélo-française ne promet pas de remède miracle, mais seulement des recettes qui ont fait leurs preuves.Elle appuie ses arguments sur sa réussite et sa réadaptation quasi-miraculeuse à la suite d'un très grave accident.Pensée positive, visualisation, saine alimentation, régime de vie, recettes de gr.inds-mères, conseils de santu ut de beauté, composent le menu de ce livre dont Rika Saraf est venue souligner la parution.«Ça fait 23 ans que je chante», rappellera d'abord Zarai qui ne voit pas d'ambiguité dans le fait qu'elle puisse aussi écrire des livres.C'est à la suite d'une expérience extraordinaire qu'elle s'est ainsi mise en quête de ces secrets naturels qu'elle a décidé de publier, après en avoir eu des confirmations scientifiques.«l'ai été acculée au pied du mur, alitée pendant huit mois.On m'a dit que je ne marcherais plus.Par obligation, faute de choix, pour revivre, je me suis intéressée aux médecines naturelles, l'ai recommencé à danser, chanter, monter sur scène.Quand j'ai pu comprendre l'efficacité de la chose, j'ai voulu continuer à apprendre pour savoir si ces méthodes peuvent servir d'autres personnes.» Succès de librairie Ainsi, depuis l'accident qui a marqué sa vie, l'artiste a-t-elle voulu se faire l'apôtre de traitements qui, sans renier la médecine traditionnelle, offrent une autre alternative.Son premier livre sur ses connaissances de la médecine naturelle, qui favorise une approche globale de la personne plutôt que de s'attaquer à la maladie ou à son symptôme, a suscité intérêt et controverse.Zarai a reçu 56 000 lettres de témoignages.Elle attribue son succès de librairie à son «approche populaire pour mettre à la portée de tous» l'information qu'on retrouve partout ailleurs.Le fait est que son exposé est clair et sa prémisse très acceptable.«L'essentiel de mon livre vise à compenser la détérioration de l'homme et de son environnement par la pollution.On est en train de s'étioler», affirme Zarai Ses conseils sont des plus simples: bien respirer, bien s'alimenter, avoir une bonne hygiène de vie quoi.Santé mentale et physique vont de pair.De bonnes dispositions mentales doivent activer la guérison, laisse entendre Zarai qui croit dans le proverbe qui dit «Quand le moral va, tout va.» Aussi, comme chanteuse n'a-t-elle jamais prêté sa voix à des chansons tristes puisqu'elle attribue au rire l'effet du meilleur des somnifères.Jus de betterave Si elle conseille le jus de betterave pour lutter contre le cancer, c'est en s'appuyant sur des expériences scientifiques.De même, le dicton populaire qui dit qu'une pomme par jour éloigne le médecin, est, selon elle, prouvé par l'expérience en laboratoire qui démontre que ce fruit abaisse le taux de cholestérol Zarai prêche aussi par son expérience personnelle.Ses conseils, méthodes, techniques, elle les applique à sa propre vie.Toutes ses recettes ne seront cependant pas utiles à tous.L'artiste sait très bien que certaines personnes n'iront chercher qu'un simple conseil de beauté.Mais, cela suscitera peut-être la lecture d'autres chapitres du livre, puis l'achat d'un troisième ouvrage, car elle compte bien écrire un autre livre.Quant à la chanson, elle fait toujours partie de la vie de Rika Zarai, mais il y a bien longtemps qu'elle n'est pas venue chanter sur scène au Québec, où ses disques ne sont plus distribués.Son dernier disque, un enregistrement de ses plus grands succès, ne serait disponible qu'en importation.Rika Zarai.MES SECRETS NATURELS POUR CUERIR ET REUSSIR, 1988, edition Jean-Claude Lattes, 584 pages.Cérald Leblanc, poète et Acadien CILLES TOUPIN La poésie aca-dienne a toujours été discrete au Québec.Tournés vers ceux d'ici qui écrivent en abondance, il nous vient naturellement peu à l'esprit de lorgner vers cette autre poésie française qui s'affirme dans la difficulté et le courage.La parution de L'Extrême frontière de Gérald Leblanc pourrait être ainsi l'occasion pour le lecteur d'entrer en « matière acadienne » par le biais d'un des meilleurs représentants de la poésie acadienne contemporaine.Quelques vérités d'abord sur cette écriture étonnante, sur un projet d'écriture qui pendant quinze années a réussi, comme le dit Herménégilde Chiasson en préface, « è relier l'Acadie à l'Amérique » et è « faire entrer la modernité» dans l'écriture française des Acadiens.«elle qui avait été si brutalement prise en otage par le folklore et tous ceux qui auraient voulu que nous mourions dans notre accent en parlant p'tit nègre, emmurés vivants dans les Villages Acadiens de la planète ».L'itinéraire de Leblanc est celui d'une affirmation mordante qui commence par une prise de possession de la parole, «d'un souffle », où bien sûr le pays est nommé et présent mais où surtout le corps amoureux occupe généreusement l'espace du poème.ô complainte de ton corps comme écho de mer à mes oreilles tu est mon écrin de rêves en d'innombrables acadies Ce lyrisme du début des années soixante-dix prend forme en compagnie d'une autre écriture, plus directe, plus empreinte de quotidienneté, où les mots de l'autre langue s'insèrent dans le texte comme en une représentation de la couleur de l'environnement culturel.je me suis perdu dans mon village entre le Take Out et le Drive In mais j'ai trouvé un bootlegger pour parler avec du monde Ce n'est pas pour rien que Gérald Leblanc a intitulé la première partie de son recueil, qui contient des textes écrits entre 1972 et 1980.« Pour vivre icit-te ».Il s'agissait en somme pour lui de donner forme à l'affirma- tion d'une identité collective, de nommer et de faire émerger la réalité matérielle du pays.je t'aime et Bouctouche se réveille en moi avec les mots de mon père ( mon pays est une chaine de villages ou une gigue soûle ou une ligne attardes) jet'aime Suivent les « Chansons », écrites entre 1975 et 1981, textes empreints de la passion de l'auteur pour le rock mais surtout textes dont la portée sociale est indéniable, telle cette «Complainte du parc Kouchi-bouguac » qui raconte le drame vécu par les expropriés du fameux parc national.C'est ensuite les éblouissants poèmes de « Nightscapes from a camera mind » où Leblanc ne se contente plus de confiner son écriture « è la réserve de Monc-ton » qui « est l'extrême frontière», mais où il capte dans une série de textes touffus et riches tous let reflets de l'empire américain, ces visions de « fast food and quick snacks ».Ce recueil consacre une bonne partie de ses pages aux textes plus récents, ceux écrits dans les années quatre-vint et qui sont regroupés en plusieurs parties : « Multipiste », « En bleu dans le texte », « Toujours des rêves tombent » et « L'expérience du Pacifique».Ce qui me frappe dans ces poèmes d'errance, c'est leur emprise sur le continent, sur les lieux, la géographie et cette fascination du poète pour la culture de nos voisins du sud, comme si l'empire avait, dans cette saveur persistante de la culture pop des années soixante, étendu à jamais son ombre sur le petit pays d'Acadie.HUGUES CORRIVEAU APPRENDRE À VIVRE 1*1 ' *x Cérald Leblanc L'EXTRÊME FRONTIÈRE 6BÎ2SK it«nx* tir?, vm Hugues Corriveau vient de publier un recueil voué à la reconnaissance du désir et de l'amour.C'est là un ouvrage inusité, tout en finesse, dont chacun des poèmes est fait de vers très courts, sept ou huit lignes, qui économisent le langage et I émotion mais qui en revanche dépeignent avec bonheur l'environnement de l'amour, ses architectures, ses instants, ceux-là mêmes qui donnent à la plupart des autres instants de la vie de la fadeur.« Apprendre à vivre » est ainsi un recueil écrit à la première personne du singulier, intimiste, autobiographique, tissé d'angoisses et de sublimes plaisirs.Corriveau a cette faculté de laisser entendre, de ne pas tout dire, de suspendre notre imagination à la trame de ses textes.Dans ce parcours amoureux, le monde et la mort apparaissent discrètement comme des menaces qui planent sur la béatitude et la paix.11 s'agit pour le poète de « réapprendre à aimer », loin de toute légèreté, comme le traduit avec délicatesse le poème intitulé « Apprentissage » : pour capter la douceur je tendrai plutôt la bouche jusqu'à la mort l'étreinte insupportable je me tiendrai dans la respiration fermé jusque dans les os dans les moelles animales pour réapprendre à aimer L'EXTREME FRONTIÈRE (poèmes 1972-1988), par Cérald Leblanc, Éditions d'Acadie, Moncton, 1988.167 p.APPRENDRE A VIVRE, par Hugues Corriveau, Les Herbes Rouges, Montreal, 1988, 100 p.$14,95.SCHÉHAPÉ Schéhade et le Liban francophone SUITE DE LA PACE K1 tes d'expression française de ce temps, qui ne fut pas un Français, est passé à peu près inaperçu.Aujourd'hui, il est trop tard.Avec sa perte c'est une ère qui s'achève.Celle de cette attention aux poètes que ceux de sa génération avaient su maintenir.La première fois que je l'ai rencontré, il était venu de Paris à Beyrouth pour surveiller de près la mise en scène de sa pièce Le Voyage, dans laquelle j'avais un rôle.Ah, il n'était pas facile.II avait une crainte maladive que l'on déforme sa pensée et peu de metteurs en scène ont trouvé grâce à ses yeux.Quand je l'ai revu à Montréal, il était tel qu'en lui-même.Il restait sans âge, paraissait éternel.Je l'ai toujours perçu, dans la vie et sur scène, pareil à un lutin vif et familier, animé de génie poétique et de drôlerie jusque dans ses moindres gestes, personnification de l'insaisissable mystère de l'âme libanaise.Mince et agile comme un personnage des Mille et une Nuits, il composait les vers dans sa tête, les récitant à ses amis, les mêlant à ses récits de la vie quotidienne, toujours fabuleux.Ses séances chez le coiffeur de Beyrouth ou dans les restaurants de Saint-Ger-main-des-Prés, les courses de chevaux ou les longues parties de poker, les journées de guerre et de révolution, étaient pour lui matière d'épopées.C'est un miracle que vivant au-delà des mers, il ait appris à percevoir toutes les notes, à capter tous les secrets d'une langue qu'on enseignait depuis Rute-beuf.Cette langue, il l'avait héritée à la fois d'Omar Khayyam et d'Apollinaire.Récitant de vieille race \u2014 celle-là même qui donna au monde l'alphabet \u2014, à l'époque des sultans et des vizirs il aurait été un conteur de place publique comme on en découvre dans les contes d'Orient.Ses pièces de théâtre, ses poèmes, relèvent du même élan verbal.Il les récitait avant de les écrire, oriental en cela, pour qui le conteur est l'égal de l'écrivain.Bavard, généreux, il savait filtrer les mots et les images comme personne.La réalité, la vision du monde que traduisent ses poèmes sont aussi naturelles que l'eau jaillie d'une source.« Si tu es belle comme les mages de mon pays, ô mon amour, tu n'iras pas pleurer Les soldats tués et leur ombre qui fuit la mort \u2014 Pour nous la mort est une fleur de pensée.» Garcia Lorca de la langue française Comparable à aucune autre, sa poésie nait de la spontanéité intérieure, de l'inconscient, avec sa part de sagesse ancienne; je dirais même de sagesse primitive : « Le bonheur est une petite cuillère, un objet de tous les instants.» Sous sa plume, soudain, tous les mots se cristallisent, le rêve affleure dans la vie éveillée, évoqué avec cet art puissant et exquis qui lui est propre.Dramaturge comme on l'était au temps d'Homère, au-delà du tragique et du comique de son théâtre, au-delà de ces personnages, qu'on prendrait pour des grotesques s'ils n'étaient tous un peu visionnaires, une immense tendresse transparait qui donne au théâtre de Schéhadé sa profondeur et sa grâce.On ne s'étonne pas si le héros de sa première pièce, Monsieur Bob'le, est un sage qui illumine de ses aphorismes, dignes du bouddhisme zen, la petite ville imaginaire de Paola Scala.On ne s'étonne pas non plus si le protagoniste de La Soirée des Proverbes, Argengorges, part à la recherche de la sagesse perdue à l'Auberge des Quatre-Diamants.car, dès 1939.Schéhadé était passé tout naturellement de la poésie au théâtre.La langue française avait trouvé son Garcia Lorca.Car la tendresse, l'humour tranquille des personnages, la familiarité d'un petit monde de villageois, appartiennent bien au creuset méditerranéen, avec son étrangeté souriante et mélancolique, où la légende renait à chaque instant de tous les gestes et de tous les mots.De son Liban natal Georges Schéhadé aurait voulu faire une terre de paix.H a fallu qu'y éclate la plus horrible des guerres pour que, après y avoir vécu de longs mois dans la plus grande insécurité, il soit venu se réfugier à Paris.« Sur une montagne où les troupeaux parlent avec le froid.Comme Dieu le fit, Où le soleil est à son origine, Il y a des granges pleines de douceur Pour l'homme qui marche dans sa paix.» Il est mort le poète mais son oeuvre transcende le temps.Fiction et biographies 1 La Vieille qui marchait San-Antonio Fleuve Noir dans la mer\t\t\t(6) 2 Le Zèbre\tA.Jardin\tGallimard\t(21) 3 Ça\tStephen King\tAlbin Michel\t(9) 4 La Boucher\tAlina Reyes\tSeuil\t(29) S La Fille du ciel\tIsabelle Lacamp\tAlbin Michel\t
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