La presse, 18 mars 1989, B. Plus
[" D D LA PRESSE, MONTREAL, SAMED118 MARS 1989 Plus À fa Régie ou.à l'amiable ?PAUL ROY André Ethier, propriétaire, a signifié des augmentations de loyer de $ 10 à ses 83 locataires cette année.«C'est $10 pour tout le monde, qu'ils payent $350 ou $500 par mois, dit-il avec amertume.Ça n'équivaut qu'à deux ou trois p.cent d'augmentation et ça limite la plus-value de mes immeubles, mais je préfère prendre cette pilule que devoir étaler mes affaires devant tout le monde à la Régie!» Christiane Leblanc, locataire, a contesté une demande d'augmen-tution de $80 par mois l'année dernière.«À $225 pour un trois et demi, je savais que je ne payais pas cher.Alors j'ai offert $50 à ma propriétaire.Elle a refusé et elle est allée à la Régie.Le régisseur lui a accordé $20 par mois».La propriétaire en question était en furie, relate Mme Leblanc: «Intimidation, menaces, harcèlement, elle a tout essayé».Et elle a réussi.Mme Leblanc, qui dit ne plus compter les déversements d'ordures puantes devant sa porte, part en juillet prochain.Au beau fixe, les relations entre propriétaires et locataires au Québec?On le croirait pourtant en consultant les statistiques de la Régie du logement.Ces statistiques qui nous apprennent que 97 p.cent des hausses de loyer sont conclues «à l'amiable», trois p.cent seulement des loyers étant fixés par la Régie, qui a autorisé des hausses moyennes de 6,2 p.cent l'an dernier.Peur de la Régie Mais ces chiffres ne reflètent pas la réalité, affirme Pierre Marquis, du Regroupement des comités logement: «Plusieurs locataires, les vieux surtout, ont peur d'aller à la Régie.Dans certains cas, ils ont été harcelés ou intimidés pur leurs propriétaires.Ils ont peur d'être mis à la porte et ils acceptent tout».M.Marquis dit comprendre la situation de la majorité des petits propriétaires; les propriétaires-occupants détiennent 32 p.cent du marché des logements locatifs.Les propriétaires qui suscitent sa rancune sont surtout «les gros pour qui les locataires ne sont que du bétail».PHOTO LUC SIMON PERRAULT.U Preste M.Guy Lavoie, devant l'immeuble de Greenfield Park dont il vient d'évincer une locataire délinquante.¦ Il a fallu tout refaire», dit-il.Au Québec, moins de quatre p.cent des propriétaires possèdent plus de la moitié du million de logements locatifs, selon des statistiques de la Régie du logement.Pierre Marquis raconte l'histoire d'Albert S., un homme de 85 ans qui reçut la visite impromptue de son propriétaire, un après-midi de février 1987.Pendant une demi-heure, les deux hommes ont évoqué des souvenirs du locataire, qui habitait le logement depuis 46 ans, dont les 40 premiers avec sa défunte épouse.Après quoi le propriétaire a présenté une demande d'augmentation de $ 100 qui faisait passer le trois et demi de $290 à $390 par mois.À signer sur-le-champ.Le locataire a protesté contre cette hausse de 34,5 p.cent, mais le propriétaire l'a menacé d'éviction.Albert S.a accepté.Ce type de «pression» serait courant, selon M.Marquis.«Et souvent, ça fonctionne».Mais pas cette fois-là: conseillé par M.Marquis, l'octogénaire s'est plaint à la Régie qui lui a donné raison.Par la suite, l'immeuble été endommagé par un incendie criminel.Puis il a été vendu.Au beau fixe, les relations entre propriétaires et locataires?Les témoignages abondent de proprié- taires qui n'ont que du bien à dire de leurs locataires.Et vice-versa.«En règle générale, les relations sont bonnes» croit Louise Thibault, présidente de la Régie du logement.Quant aux abus, la Régie est là pour les réprimer de part et d'autre.« Nous ne sommes pas un office de protection des locataires, précise-t-el le toutefois.Nous sommes un tribunal qui tranche les litiges entre propriétaires et locataires.Par définition, la Régie est neutre et impartiale».Locataires favorisés?«le me suis présenté trois fois devant la Régie, raconte Pierre 'Massue, un propriétaire-occupant.La première fois, c'était comme locataire, et les deux autres fois comme propriétaire, l'ai perdu chaque fois.Faut croire qu'ils ne m'aiment pas la face!» La Régie est un peu comme une loterie, dit-il.Mais il croit que, dans l'ensemble, la loi favorise le | locataire.« En tout, j'ai eu une dizaine de locataires et six d'entre eux m'ont donné des ennuis.Soit en ne payant pas, soit en partant sans préavis, l'ai même eu une folle qui hurlait la nuit! Depuis, c'est ma mère qui occupe le logement que je louais» conclut M.Massue.Guy Rouleau, de la Ligue des propriétaires: «Les locataires sont nos clients.On les aime bien et, en général, on n'a pas à s'en plaindre.Régie ou pas.Mais il existe une minorité d'indésirables».\u2014 Ne trouve-t-on pas d'indésirables chez les propriétaires aussi?\u2014 Oui.Et nous ne voulons pas de ceux-là parmi nos membres.Nous en avons déjà expulsé.M.Rouleau, qui est avocat, a représenté devant la Régie un propriétaire dont un locataire exigeait une baisse de loyer en raison des bruits d'un autre locataire.Le plaignant alléguait qu'il n'avait pas jouissance pleine et entière de son logement, ennuyé qu'il était par les bruits incessants de l'occupant de l'étage supérieur.La Régie lui accorda une réduction mensuelle de $50.Ce que Voyant, le propriétaire entreprit de faire expulser le fauteur de troubles.En vain.Il tenta alors de faire rétablir le loyer du locataire importuné.Demande refusée.Un règlement hors-cour fut convenu au bout de plusieurs mois.Me Rouleau dit que son client ne s'est pas remis de cette affaire, qui lui aurait valu un sévère burn-out.Se loger gratuitement Plusieurs propriétaires parlent d'une «race» de locataires qui ne payent à peu près jamais leur loyer.La tactique est assez simple, au dire de Guy Lavoie, un policier de la CUM qui possède une vingtaine de logements à Montréal et sur la Rive-Sud: on ne paye pas et on profite des six mois nécessaires à la Régie pour prononcer un jugement d'expulsion.Le sursis est d'autant plus long que le propriétaire attend pour porter plainte.M.Lavoie vient de réussir à faire expulser d'un de ses immeubles de Greenfield Park une locataire et son compagnon.La femme lui devait près de $2000 de loyer mais le couple se baladait dans une Camaro de $22 000, re-late-t-il.II dit en outre avoir recouvré son logement dans un état indescriptible: portes arrachées, excréments un peu partout.II a fallu tout refaire.M.Lavoie estime avoir perdu entre $4000 et $5000 dans cette affaire.U a entamé des procédures pour en récupérer une partie, mais la locataire délinquante vivant de l'aide sociale, il ne se fait pas d'illusions.Mais cette locataire, au fait, ou se trouve-t-elle?Dans l'immeuble voisin, où son compagnon a signé le nouveau bail.Et le premier chèque de loyer s'est révélé sans provision.«C'est reparti! lance M.Lavoie.Six autres mois passeront avant que la Régie n'intervienne, ei alors ils iront ailleurs».André Éthier, lui, parle de «locataires voyageurs».«Quand c'est sale, ils déménagent! L'immeuble, c'est payant, admet-il.Mais ça use la santé!» Au beau fixe, les relations entre propriétaires et locataires?Disons qu'il y a des poches de résistance! «Depuis deux ou trois ans, le:» propriétaires deviennent plus conscients que les bons locataires constituent une denrée périssable» souligne Jacques Couture, vice-président de l'Association des propriétaires du Québec, laquelle regroupe 3500 membres.«Ils comprennent qu'il faut s'en occuper, leur fournir des services pour les garder.» Et les pauvres?Pierre Marquis, du Regroupement des comités logement, se soucie peu des histoires de bons et de méchants, de quelque ;côté qu'ils se trouvent.Le véritable problème, à ses yeux, c'est la difficulté croissante que les pauvres éprouvent à se loger convenablement.«A Montréal, dit-il, 63000 ménages consacrent plus de 50 p.cent de leurs revenus au loyer.Qu'adviendra-t-il d'eux?» lean-Yves Landry, directeur et conseiller juridique au bureau de la Place Dupuis de la Régie du logement, parle d'un locataire dont le principal passe-temps consiste à trainer son propriétaire devant la Régie.Et d'un propriétaire avec «un casier judiciaire long comme ça» qui se spécialise dans les «jobs de bras».«Le gars fait peur!» Mais M.Lanùry a aussi des souvenirs qui ensoleillent ses journées de travail : « Il y a des gens qui viennent s'informer à la Régie, qui négocient de bonne foi, et qui viennent parfois nous remercier après!»» La semaine dernière, la salle d'attente était pleine au bureau de la Place Dupuis de la Régie.Mars étant le mois des demandes d'augmentation, c'est là chose normale.Alors, à vos loyers! Prêts?Partez! Sur la langue, Ryan a amorcé un virage DENIS LESSARD du bureau de La Presse QUIBEC uelques jours seulement après avoir pris en main l'épineux dossier linguistique, le ministre de l'Éducation, Claude Ryan, sifflait lu fin de la récréation.Après trois ans de valse-hésitation, M.Ryan indiquait dès la reprise des travaux à l'Assemblée nationale, mardi, qu'il n'avait pas l'intention de tergiverser: les grands magasins devront continuer à n'afficher qu'en français à l'intérieur.La Loi 101 est, pour eux, confirmée «pour un avenir prévisible».Cette fermeté nouvelle au gouvernail de la politique linguistique du gouvernement parait, à priori, marquer un net virage si on lu compare aux hésitations qui, depuis le retour au pouvoir des libéraux, furent la marque de commerce du gouvernement dans ce domaine.Malmené sur le front linguistique, M.Bourassa a décidé de recourir au bouclier de la crédibilité qu'a su préserver l'ancien directeur du Devoir pendant dix uns de vie politique.Néophyte au Conseil des ministres, le prédécesseur de M.Ryan, le Dr Guy Rivard, avait accepté l'écrasante responsabilité que lui avait confiée M.Bourassa après que Mme Lise Bacon, excédée par ce dossier controversé entre tous, eut demandé au premier ministre de l'en libérer.Après plusieurs mois où il promettait de «bâtir des ponts» entre les deux communautés linguistiques au Québec, M.Rivard s'était brûlé les doigts sur un dossier qui, pour plusieurs, était toujours sous la gouverne de M.Bourassa.Son inexpérience l'avait fait comparer les Québécois à des «pitt bulls » accrochés aux questions linguistiques.Jonglant avec le verdict de la Cour suprême, sous l'étroite surveillance du premier ministre, il avait promis des règlements sur la nette prédominance du français dans les petits commerces de moins de 50 employés.Une déclaration contredite le lendemain par son collègue de la Justice, Gil Rémil-lard, pour qui des «directives» étaient amplement suffisantes.Pour les grandes surfaces, M.Rivard avait fait préparer un règlement permettant le bilinguisme pour l'affichage «utilitaire», destiné à l'orientation des clients.On laissait en français seulement toutes les affiches servant d'« argument de vente».Le mois dernier, alors que la tempête linguistique paraissait se calmer, M.Rivard, par une nouvelle maladresse, rouvrait la plaie: les organismes voués à la surveillance et à la protection du français verront leurs budgets réduits; l'embarrassant Conseil de la langue française verra sa marge de manoeuvre réduite (le ministre ayant un droit de regard sur les sujets d'étude de cet organisme consultatif), soulignait M.Rivard.Ryan à la rescousse Préoccupé par l'image d'indécision de son gouvernement dans ce dossier, M.Bourassa appelait, début mars, M.Ryan à la rescousse.Apotre des libertés individuelles comme journaliste et comme politicien \u2014 il avait qualifié de «mesquineries» les restrictions prévues à la Loi 101 sur l'affichage \u2014 M.Ryan avait depuis viré de cap.En décembre, dans la fièvre des réunions ministérielles suivant le jugement de la Cour suprême, il y était allé d'un percutant plaidoyer en faveur de l'utilisation de la clause «nonobstant» pour préserver l'unilinguisme de l'affichage français à l'extérieur des commerces.Cette semaine, dans un discours fleuve écrit de la plume acérée qu'on lui connaissait, M.Ryan étalait les principes qui guideront la politique linguistique du gouvernement, tant qu'il en sera responsable : ¦ la Loi 101 «a été, demeure et doit demeurer le catalyseur par excellence que nous nous sommes donné à l'époque moderne pour défendre et promouvoir notre identité nationale», commence-t-H; ¦ au lendemain d'une manifestation à Montréal, beaucoup plus importante qu'on ne l'avait prévu au cabinet de M.Bourassa, M.Ryan a précisé qu'il n'entendait pas que la volonté de l'Assemblée élue soit remplacée par «celle d'une assemblée d'un jour »; ¦ les commerces de plus de 50 employés et les franchisés devront maintenir l'unilinguisme français dans l'affichage intérieur, pour une période indéterminée.«Je n'ai pas l'intention de présenter de règlements», affirme M.Ryan.Un changement de cap par rapport à ce que préconisait M.Rivard.Même le premier ministre Bourassa avait, le jour de l'assermentation de M.Ryan comme responsable de la Loi 101, parlé de «toute la réglementation qui avait été annoncée pour ce qui a trait aux grandes surfaces »; ¦ avec la Loi 178, on permet à 28000 commerces de plus ( il y en avait 70000.auparavant) l'affichage bilingue à l'intérieur si la nette prédominance du français est assurée.Cette «ouverture modérée» n'est pas la «brèche fatale qui créerait un péril pour l'avenir de la nation », insiste-t-il.Déjà la Loi 101 refusait de «voir un épouvantai!» dans cette permission accordée aux seuls commerces de moins de quatre employés, rappel le-t-il.«Qu'il s'agisse d'un élargissement de la Loi 101, il faudrait être aveugle pour le nier», mais cette décision peut s'expliquer, selon lui, lorsqu'on réalise que dans 11 des 28 municipalités de l'île de Montréal, les anglophones sont majoritaires; ¦ sur la nette prédominance du français à l'intérieur, M.Ryan dit vouloir attendre quelques semaines avant de faire une recommandation à ses collègues du Conseil des ministres.Pour certains, des règlements seraient nécessaires.Pour d'autres, des directives sont suffisantes, explique M.Ryan, revenant en apparence sur la décision de son prédécesseur, M.Rivard, qui avait déjà fait rédiger cette directive; ¦ sur l'autonomie des organismes consultatifs, M.Ryan paraît prendre ses distances avec un prédécesseur qui voulait «un droit de regard».Ces organismes «disposeront de la marge raisonnable de latitude voulue par le législateur», insiste-t-il.Moins limpide Si on y regarde de plus près, les positions de M.Ryan sont moins catégoriques qu'il n'y parait à Le ministre de l'Éducation, M.Claude Ryan.première vue.Pour l'affichage intérieur des grands magasins, il a soutenu ne pas avoir l'intention de réglementer, donc que la Loi 101 sera maintenue.Or, celle-ci confère à l'Office de la langue le pouvoir de permettre que certaines inscriptions utilitaires (pour la sécurité notamment) puissent être en anglais.M.Ryan, sur cette question, a annoncé sa décision sans en saisir ses collègues au préalable.«Si j'ai dit que je n'avais pas l'intention d'en proposer (des règlements), je ne pense pas que j'en propose- rai, vous me connaissez assez», a-t-il lancé.En revanche, M.Ryan insiste sur la nécessité de consulter le cabinet avant d'annoncer la décision du gouvernement sur les balises qui circonscriront la « nette prédominance» du français dans les plus petit commerces.Sur l'autonomie des organismes consultatifs, M.Rivard ne s'appuyait pas sur autre chose que sur les dispositions de la loi quand il disait vouloir être informé de leurs projets de recherche.M.Ryan paraît faire preuve de plus d'ouverture.Dans le dossier linguistique, plus qu'ailleurs, la performance des dirigeants politiques est affaire de perception.« Être perçu comme clair et droit, ça aide», disait M.Ryan le jour du remaniement ministériel.Deux semaines plus tard, la trajectoire du gouvernement dans le dossier linguistique semble finalement «claire et droite».Longtemps président du Conseil de la langue française, devenu vice-recteur de l'Université de Montréal, Michel Plourde se dit «bien disposé à donner le crédit de la rigueur au ministre Ryan.mais sur preuve».Sans avoir à remonter à ses édi-toriaux, on peut souligner que M.Ryan, comme ministre de l'Éducation, a accordé l'amnistie à tous les élèves illégalement entrés au système anglophone d'enseignement «et à leur descendance», insiste M.Plourde.Toutefois, il donne des «signes de fermeté en-conrageants» quand il force les commissions scolaires de Montréal à ne pas enseigner l'anglais avant la quatrième année.«On n'avait pas vu cela depuis longtemps», soulignc-t-il.M.Ryan semble avoir fait effectuer un virage à la politique linguistique du gouvernement, mais, habile politicien, il voudra aussi louvoyer, prédit M.Plourde.\tLE TOURISME\tT fi F! PYîRîï TTF\t>: VOYAGES DE 2 À 27 JOURS fi y\tFRANÇAIS\t\tEN AFRIQUE, ASIE, AUSTRALIE, L ¦ M\tExigez notre brochure chez\t\tAMERIQUE OU EUROPE k._jM a\tvotre agent de voyages 1».rmi« ' Um>t»'\t\t ( 6 2m LA PRESSE, MONTREAL, SAMED118 MARS 1989 Éditorial Paul Desmarais oreudent du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson éditeur adioinr, Marcel Desiardms directeur de I information Alain Dubuc éditorialiste en en*» Pourquoi des élections au printemps?D epuis quelques jours, les rumeurs d'élections générales au Québec dès le printemps se font de plus en plus fréquentes.Le 22 ou le 23 mai?Le 5 juin?Le 19 juin?Le Premier ministre est le seul à décider de la date du scrutin.Publiquement.M.Robert Bourassa dit sa préférence pour des élections générales à l'automne.Mais, politicien jusqu'au bout des doigts, on le soupçonne de vouloir précipiter un appel au peuple pour prendre de court ses adversaires.Rien ne justifie de précipiter la tenue d'un scrutin.Rien.sauf la conjoncture économique, sociale, politique.Les raisons qui amèneraient le déclenchement des élections au printemps plutôt qu'à l'automne sont negatives.Mais la meilleure défensive n'est-elle pas l'offensive?Au plan législatif, le menu prévu est fort mince.La reprise de la session, cette semaine, n'a impressionne personne.Bien sûr, des 107 promesses faites par le Parti libéral au cours de la campagne électorale de l'automne 1985, plusieurs n'ont pas été tenues, notamment aux chapitres de l'amélioration du système de santé, du régime de rentes pour les 800 000 femmes au foyer, de la réforme du régime des prêts et bourses, du nouveau mode de financement des universités.Il faudra attendre le prochain budget, en avril, pour savoir si ces promesses seront respectées.Il n'y a pas beaucoup à attendre de la session en cours.Quelle sera la situation économique générale à l'automne?Déjà, l'Inflation s'accroît rapidement (on l'a encore vu hier), les taux d'Intérêt progressent, le chômage se maintient autour de 10 pour cent.Le «boom» économique des dernières années est sur sa pente descendante.Les lendemains prometteurs sont moins sûrs.Vaut mieux passer l'examen électoral avant que le ralentissement soit trop prononcé et que le gouvernement soit pointé du doigt.Les négociations en cours avec les quelque 300 000 employés des secteurs public et parapublic sont encore dans la phase des discussions préliminaires.Les syndiqués ne sont pas encore très motivés par les revendications des centrales qui les représentent.Les moyens de pression ne sont pas enclenchés.Il est toujours plus facile pour un gouvernement de « mettre au pas» les syndicats après plutôt qu'avant une élection, alors que les concessions sont plus électoralistes que rationnelles.La langue?C'est un des seuls sujets que le Premier ministre ne peut maîtriser à sa guise.L'opposition à la loi 178 sur la langue d'affichage va-t-elle se poursuivre, s'amenuiser, s'aggraver?Jusqu'où ira la contestation?Vaut-il mieux couper court à cette contestation que de risquer qu'elle se multiplie sous diverses formes au cours des prochains mois?Parallèlement, le gouvernement Bourassa veut ramener des éléments anglophones valables au sein de son cabinet afin de ne pas s'aliéner complètement la communauté anglophone qui se sent bafouée mais qui a peu de solutions de rechange.Le retour d'un Clifford Lincoln au conseil des ministres est important Devant l'échéance d'élections en 1989, la machine administrative est déjà à moitié paralysée.Pourquoi perpétuer cette attente durant de longs mois?Le Parti libéral, avec sa riche caisse électorale, avec sa forte organisation, peut faire face à un scrutin dans les plus courts délais.Le Parti québécois, malgré toute sa bonne volonté et la motivation des troupes à la veille d'un scrutin, n'est pas prêt pour mener la bataille d'égal à égal.Voilà probablement l'argument le moins louable mais le plus réaliste qui incitera M.Bourassa à en appeler au peuple dès le printemps.Des élections générales au Québec ne sont pas nécessaires à ce moment-ci, après seulement trois ans et demi de gouverne, sauf pour calmer l'insécurité maladive du Premier ministre, alors que M.Bourassa sait très bien que le seul rappel du thème de la souveraineté, objectif premier du Parti québécois, sera vraisemblablement suffisant pour défaire le parti de Jacques Parizeau.Claude MASSON Méfions-nous des chiffres Lf hydre de l'inflation a-t-elle montre sa face hideuse?Parce que l'indice des prix a bondi de 4,7 p.cent en février, beaucoup plus que le rythme d'environ 4 p.cent auquel on s'était habitue depuis quelques années, les craintes d'une flambée inflationniste refont surface.Mais il ne faut pas sauter trop vite aux conclusions.La façon dont la Banque du Canada lutte contre l'inflation est tellement désastreuse que toute panique, toute conclusion hâtive ne fera que cautionner les hausses des taux d'intérêt dont nous souffrons tous.C'est au nom de la lutte à l'inflation que les taux hypothécaires ont grimpé hier.t'-^-AMÇ CtlC/ fLic, Pourquoi ?0RC1TS RESERVES Si Trudeau avait négocié avec Ryan plutôt que Lévesque.MARCH ADAM La controverse entourant l'engagement pris par M.Trudeau, lors du référendum, de renouveler le fédéralisme, me fournit l'occasion de parler de l'ouvrage publié l'automne dernier par l'ex-mi-nlstre québécois des Affaires intergouverne-mentales ' MLmt Claude Mo-*M ri»; sur les ¦HTC péripéties de la crise constitutionnelle de 1980-82.Le titre et le sous-titre du livre (publié chez Boréal) \u2014 Les lendemains piégés \u2014 Du référendum à la nuit des longs couteaux \u2014 annoncent que 1 auteur entend démontrer que le Québec a été victime d'une trahison.Il ne fallait pas s'attendre que M.Morin décrive avec le détachement et l'objectivité de l'historien, les événements aux conséquences dramatiques auxquels il a été étroitement associé et qui lui ont infligé des blessures dont on comprend qu'elles ne soient pas encore guéries.Il réussit malgré tout à en parler d'un ton mesuré et serein, ce dont avait été incapable René Lévesque dans ses mémoires.Dans cette narration, le gouvernement du Québec a le beau rôle, on ne s'en surprendra pas.Lui qui a été entraîné presque de force dans une infernale ronde de négociations dès le lendemain du référendum, pour finalement se retrouver isolé et trahi par ceux avec qui il avait fait front commun pour faire échec au coup de force constitutionnel de Trudeau.On cherche en vain l'admission que le gouvernement ait pu avoir commis une erreur importante, manqué de flair politique ou d'habileté.Mais c'est peut-être trop demander de la part d'un homme aussi impliqué dans l'action, dont le dessein inavoué est de faire mentir ceux qui ont accusé le gouvernement péquiste de n'avoir pas été un négociateur de bonne foi, aussi bien que ceux qui lui ont reproché d'avoir été maladroit.le doute que Claude Morin convertisse un observateur informé qui voit les choses différemment.Ce qui ne veut pas dire qu'il ne tirera pas profit de cet ouvrage, au contraire.Outre de se reveler un précieux aide-mémoire, il lui apprendra beaucoup de faits nouveaux, particulièrement dans les annexes qui comportent plusieurs documents fédéraux inédits, dont certains fort éclairants sur la stratégie d'Ottawa et le mépris qu'elle trahissait pour les provinces et l'esprit même du fédéralisme.L'insistance que l'auteur met.dès le premier chapitre et tout au long de l'ouvrage, à démontrer que le gouvernement péquiste avait le devoir de participer à cette négociation, parce qu'il était le plus fiable en même temps que le plus capable de préserver les intérêts du Québec ne me convainc pas.Même s'il y en a peu au Québec qui expriment publiquement le doute que le gouvernement péquiste fut le négociateur qu'il fallait dans les circonstances, on sent que M.Morin répond d'avance à une question que les historiens ne manqueront pas, eux, de se poser.Tout au long de la lecture de ce livre, je me posais la question: comment les choses se seraient-elles déroulées si le Québec avait été représenté à la table par un gouvernement fédéraliste?M.Lévesque avait beau proclamer sa bonne foi et sa ferme intention d'oeuvrer à réformer la fédération à la lumière des revendications de ses prédécesseurs fédéralistes, il était doublement hypothéqué par son option souverainiste et son échec référendaire.Il était à la merci d'un premier ministre fédéral aux racines québécoises ayant remporté tous les sièges du Québec moins un, trois mois plus tôt.et qui pouvait prétendre avec vraisemblance mieux représenter la volonté du Québec, dans ces négociations, que le gouvernement péquiste.Ce qui n'aurait pas été le cas si.par exemple, le Québec avait été représenté par un gouvernement dirigé par un Claude Ryan armé de son projet constitutionnel élaboré quelques mois plus tôt, et dont M.Trudeau avait dit par politesse que c'était «une bonne base de discussion».Les objections d'un premier ministre fédéraliste au projet constitutionnel de M.Trudeau n'auraient pas pu être mises par celui-ci au compte d'une arrière-pensée séparatiste.Et il aurait été encore plus embarrassé d'avoir à faire avec un premier ministre doté d'un mandat tout frais de négocier la réforme à la lumière d'un projet mis de l'avant à l'occasion d'une campagne électorale portant spécifiquement sur cette question.La situation serait donc vraisemblablement très différente aujourd'hui si le gouvernement Lévesque avait démissionné après sa défaite au référendum.Un gouvernement défait sur un projet de loi majeur où il a mis en jeu la confiance de la Chambre à son endroit, n'a d'autre choix que de démissionner; ne devrait-il pas en faire autant le parti gouvernemental dont la raison d'être vient d'être désavouée par le peuple?René Lévesque a choisi de demeurer au pouvoir.Claude Morin cite en substance les raisons qu'il invoqua au Conseil des ministres cl dans des conversations privées pour justifier sa décision: «Il nous faut assumer le résultat du référendum et non le bouder.Il importe surtout, le cas échéant, de démasquer le contenu éventuel du «fédéralisme renouvelé», de faire une fois de plus lu preuve qu'il n'y a rien a espérer de ceux qui ne veulent rien offrir».|e crois que par celte décision, René Lévesque a péché par imprudence ou présomption \u2014 sinon par concupiscence du pouvoir.En décidant d'affronter une ronde de négociations qui pouvait être décisive, avec un vieux mandat de bon gouvernement rendu à terme, plutôt que de démissionner pour laisser le peuple décider quel parti il voulait voir négocier la réforme de la fédération, il offrait à Pierre Trudeau l'occasion inespérée de réaliser son vieux projet constitutionnel.Il est ironique de penser que René Lévesque aura probablement été celui sans qui Pierre Trudeau n'aurait pas pu réaliser son rêve. LA PRESSE, MONTREAL.SAMEDI 18 MARS 1989 Plus B 3 Opinions Adieu gauche, adieu droite! JACOUES DUFRESNE collaboration spéciale Les notions de gauche et droite \u2014 qui, comme chacun sait, viennent de ce que ce que les révolutionnaires de I789 ont eu l'idée de s'asseoir à gauche de l'orateur dans un certain hémicycle \u2014 sont de moins en moins utiles pour comprendre les phénomènes sociaux et les mouvements d'idées.Les marxistes, qui ont fait leurs beaux jours en identifiant le mal à la droite et le bien à la gauche, faisaient porter leur critique non pas sur la civilisation technique et matérialiste comme telle, mais sur la propriété des moyens de production et sur la répartition des biens.On sait ce que signifient les mots gauche et droite dans ce contexte, de même que les mots réactionnaire et progressiste.Il y a encore bien des intellectuels au Québec qui n'ont pas trouvé de mots plus subtils pour juger des idées et des êtres.Les atteintes à l'environnement, la contre-culture et la résurgence des grandes traditions, orientales d'abord, ont tout bouleversé.On se soucie moins désormais de savoir à qui appartiennent les centrales nucléaires de Tchernobyl et de Three Miles Island que de s'assurer qu'elles ne tomberont pas de nouveau en panne.Et par delà les sujets d'inquiétude de ce type, c'est désormais la civilisation technique comme telle qui est la première cible de la critique.C'est le principal message de Claude Saint-Laurent et Denise Bombardier dans Le mal de l'âme.C'est aussi le message de Yves Beauchemin dans lu H et te Pomer-leau.Cette dernière a beau posséder une Subaru, être comptable et utiliser un ordinateur à son travail, le merveilleux royaume social dont elle est la reine n'en apparti- ent pas moins à un temps révolu.ou a venir.L'intégration de ce royaume dans le monde du rendement est un mariage forcé.En faisant paraître ce mariage tout naturel dans son roman, Beauchemin ne fait que souligner davantage son impossibilité dans la vie réelle.La même tendance se remarque dans les périodiques.La semaine dernière, je recevais en même temps le magazine Guide Ressources et la revue Le Beffroi1, deux publications qui représentent un sommet dans leur genre.On y chercherait en vain les mots gauche et droite.Des catégories comme granola et chromé, tradition et modernité sont plus utiles pour les comprendre.Sans subventions et sans publicité grasse, avec des dirigeants qui n'ont pas de gagne-pain à l'extérieur, le Guide Ressources2 me fait depuis ses débuts l'effet d'un miracle.Le miracle dure et, depuis qu'on le trouve en kiosque \u2014 il était auparavant distribué gratuitement \u2014 ce magazine ne cesse de s'améliorer tant sur le plan du contenu que sur celui de la présentation.La psychologue Ginette Paris y renouvelle le genre courrier du coeur d'une manière si engageante qu'on croit entrer dans une nouvelle ère.«Aucune thérapie ne peut vous débarrasser de tous vos complexes; ce serait un lavage de cerveau, ce serait la destruction de votre personnalité.Ce que la thérapie peut faire c'est de vous aider à en devenir conscient.Jung avait l'habitude de dire: «ce n'est pas d'avoir un complexe qui est le problème, c'est quand le complexe vous a.» Un complexe nous possède lorsqu'une vision du monde, un certain type d'émotion, un système de valeur s'impose à nous dans toutes sortes de circonstances diverses sans que nous en ayons conscience.(.) La liste des com- Elexes peut s'allonger à l'infini, es personnages mythologiques (comme Oedipe, Blanche-Neige ou Peter Pan) sont des archétypes, et derrière chaque archétype, il y a un complexe, c'est-à-dire un ensemble de traits psychologiques re- liés entre eux qui déterminent inconsciemment nos perceptions et nos réactions.» Serait-ce la fin du monopole de (anette Bertrand sur les coeurs québécois?La position du magazine face à la civilisation technique se précise dans de remarquables articles d'Isabelle Brabant et Marie-Carole Daiglc sur les nouvelles techniques de reproduction.On vient d'apprendre dans l'article précédent, consacré à l'alimentation, «que le taux de stérilité chez les étudiants universitaires américains est passé de 0,5 p.cent il y a 35 ans à 25 p.cent aujourd'hui.De récentes études gouvernementales ont permis de trouver des BPC dans 100 p.cent des échantillons de sperme testés.On considère que les BPC sont une des causes principales du fait que le nombre moyen de spermatozoïdes chez un mâle américain est aujourd'hui 70 p.cent de ce qu'il était il y a trente ans.» Dans une chronique où il rappelle l'importance de la sociabilité, Jacques Languirand cite Marc-Aurèle.l'auteur des Pensées pour moi-même, de préférence à un quelconque psychologue à la mode.Rien n'indique mieux le sens dans lequel s'élève, en même temps que le Guide Ressources, une certaine contre-culture québécoise qui aspire à dépasser la raison sans la perdre.Paule Lebrun, la rédactrice en chef, a vécu personnellement les principales métamorphoses de cette contre-culture.Voici où elle en est: «Le thème de la survie envahit tous les secteurs de l'activité humaine.L'avenir n'est pas radieux.Mais la proximité de la mort engendre une mobilisation des forces vitales, un qui-vive.un état de veille, ce fameux détachement qui nous empêche de dormir debout.Côté conscience, la mort est toujours l'alliée.» La revue Le Beffroi s'adresse à un public plus restreint, du haut d'un beffroi précisément.Le beffroi, nous dit le Littré, est une tour dans laquelle se trouve une cloche prête à sonner l'alarme.Pour les directeurs de la revue.Alexis Kli-mov et lean Renaud, les atteintes à l'environnement et à la santé ne sont que l'aspect visible, trop visible peut-être, d'un nihilisme dont le premier effet est d'annuler la pensée en tant que source de sens, de lumière, de chaleur, de Vie.C'est à cette pensée, qui transforme les fleurs en fleurs, que la revue est tout entière consacrée.Mais par Marc-Aurèle, le zen et le détachement, le lien se fait entre cette culture traditionnelle et la contre-culture.Dans le dernier numéro, on trouve notamment un entretien avec René Huyghe sur l'art.Quant au reste, ni les titres des articles, comme celui-ci.Les styles de souffrance, ni les auteurs, peu connus, ne donnent une idée adéquate de cette revue tout en finesse où nul ne mérite le reproche que Nietzsche adressait aux poètes: «ils troublent leurs eaux pour les faire paraître profondes.» Dans un texte court et dense sur la spiritualité de la vie quotidienne, Jean-Pierre Issenhuth ose réunir Fritjof Capra, Simone Weil et Ernst lunger.L'évocation de ces trois noms réunis est peut-être la meilleure présentation que l'on puisse faire de l'orientation de la revue.On comprend l'importance que prend actuellement l'oeuvre de lûnger dans le monde quand on y accède par un passage comme celui-ci : «À quoi bon les loupes et les microscopes?Les véritables verres grossissants, ce sont les fleurs elles-mêmes.H nous faut les contempler jusqu'au moment où elles deviennent transparentes, comme des lentilles, et nous verrons alors, derrière elles, au foyer de la gerbe des rayons, une lumière: la splendeur de la semence spirituelle, qui n'a aucune étendue.Telle est la véritable plante originaire.Quand le monde nous semble vaciller sur ses bases, un regard jeté sur une fleur peut rétablir l'ordre».1.Éditions du Beffroi, 3550.rue du long-Sault.Beauport, Oc G1F.1H6.2.Guide Ressources, 970.avenue McEachran.bureau 400, Outremont, Oc H2V 3E3.Appelez-la Aoura FRANCINE PELLETIER collaboration spéciale Dimanche dernier, 60 000 personnes envahissaient le centre-ville pour clamer bien haut leur fierté d'être Québécois.Au même moment, 220 femmes immigrantes s'entassaient dans des petits locaux de l'UQAM pour dire, pas toujours bien fort, leurs difficultés d'intégration au Québec.D'un côté, une marée blanche, plutôt jeune et pétillante; de l'autre, une vaguelette «arc-en-ciel », pas si jeune et plutôt frémissante.D'un côté, on criait: «Le Québec aux Québécois!» De l'autre: «Mais on veut s'intégrer!» Une journée historique si jamais il en fut une, puisque jamais le désir de se célébrer, d'une part, ou de se rencontrer, de l'autre, n'avait encore suscité de tels rassemblements.Une journée, certes, qui mesure le chemin parcouru.Mais, surtout, une journée qui nous dit combien il nous en reste encore à parcourir.Aoura Bizarri en sait quelque chose.Fondatrice du Collectif des femmes immigrantes, elle a travaillé fort depuis six ans pour améliorer la condition des femmes qu'elle représente.Mais elle ne voit pas encore de gros changements.«Nous nous butons à un cercle fermé, dit-elle.Au niveau du travail et des amies, aussi.On nous regarde encore comme si nous étions de trop.» Une mordue du tennis, Madame Bizarri raconte les difficultés qu'elle a à se joindre à d'autres joueurs.« En Italie (sa terre d'origine), ce n'est pas grave s'il y a déjà quatre personnes qui jouent.On vous invite quand même!» Évidemment, en Italie, on est loin des grandes villes nord-américaines avec leur individualisme, leur méfiance, voire leur paranoïa.Aoura Bizarri en est consciente.Ce qu'elle n'est pas prête à pardonner, par contre, c'est l'ignorance dans laquelle se complaisent les Québécois.« Et ça, c'est la faute du gouvernement et des médias», dit-elle avec le franc-parler qui la caractérise.Admettons-le, les immigrants sont presque toujours vus comme une présence menaçante.Ou, à la rigueur, comme un mal nécessaire.«Nous passons pour des quéteux et vous, pour des àmes bien généreuses!», tranche cette militante de 42 ans.Or, il est temps de voir les choses comme elles sont.Les femmes immigrantes, bien que toujours au bas de l'échelle salariale, sont actuellement plus nombreuses sur le marché du travail que leurs consoeurs de «vieille souche».Elles constituent non seulement une force de travail importante mais aussi un pouvoir d'achat.« Les chaussons et la paire de culotte, nous les payons pareil comme vous», dit mon interlocutrice.Et non le moindre, elles font plus d'enfants que nous.En principe, elles ont tout pour plaire.Sauf que les femmes immigrantes, plus encore que leurs vis-à-vis masculins, évoluent en marge de la société québécoise.Et le français y est pour beaucoup.«je ne dis pas qu'une fois l'apprentissage du français accompli, nous allons tous nous retrouver bras dessus bras dessous.Mais l'intégration à la société québécoise, c'est par le français que ça commence», dit Aoura.Là aussi, elle en sait quelque chose.Arrivée au Québec en 1974, Aoura ne parlait ni français ni même anglais.Pourtant, elle venait de Toronto où ele avait travaillé dans une manufacture de tricot pendant trois ans.«Ce n'est pas en manufacture \u2014 où t'es minutée même aux toilettes \u2014 que tu apprends la langue, dit-elle.Toutes tes énergies vont à exécuter le travail ! » Arrivée ici, Aoura eu la chance \u2014 grâce à son statut «d'immigrante destinée au marché du travail» \u2014 de suivre des cours de français à temps plein.Elle apprit donc à le parler mais ce n'est que cinq ans plus tard \u2014 alors que, divorcée et vivant sur le bien-être, elle décida de retourner aux études \u2014 qu'elle apprit à écrire le français.C'est qu'ici, on a toujours perçu la francisation (ou l'anglicisation) par le petit bout de la lorgnette.Non pas comme une mesure d'intégration sociale essentielle au bien-être de toute personne vivant au pays mais plutôt comme une mesure favorisant «l'employabili-té» des immigrants.Selon le système fédéral, par exemple, seuls les immigrants «indépendants» reçoivent une allocation pour suivre un cours de langue.Les immigrants «parrainés», eux, ne reçoivent rien et les « revendicateurs de statut» n'ont carrément pas le droit d'apprendre la langue du pays.Au Québec, depuis deux ans, on se montre plus flexible.Rongé par l'angoisse de la dénatalité, le gouvernement Bourassa permet à tous les immigrants, toutes catégories confondues, de suivre les cours de français dispenses par les COFI.«C'est la première fois, dit Aoura, qu'un gouvernement provincial décidait d'investir dans la formation linguistique des immigrants».Le montant est de 6 millions pour l'année 88-89 et sera de 7 raillions et demi pour 89-90.Mais, de cette somme, seulement 500000$ sont alloués aux immigrants eux-mêmes et seules les personnes ayant des enfants de moins de 12 ans y ont droit.En d'autres mots, si tout le monde a accès aux cours de français, encore faut-il avoir les moyens de les suivre.«Passer sa journée à nettoyer les édifices du centre-ville, puis rentrer chez soi pour s'occuper de sa famille et ensuite, aller suivre des cours de langue?C'est pas possible!», dit Aoura qui, elle-même, n'a pu endurer que quelques semaines de ce régime.«On ne nous donne pas les moyens d'apprendre le français et ensuite, on se scandalise que les immigrants parlent anglais!», lance l'interviewée.Selon elle, on exagère quand on dit que les nouveaux arrives sont irrémédiablement attirés vers l'anglais.«C'est simple, dit-elle, les sourcils en accent circonflexe.Les immigrants' ont un fort penchant pour la langue que parle le boss.Si le boss Sarle anglais, alors c'est l'anglais, i c'est le français, alors c'est le français.» La solution?Verser une allocation à tous les immigrants pour une période de six mots afin qu'ils puissent suivre des cours de français à temps plein.Aoura a récemment soumis l'idée au ministère de l'Immigration et des communautés culturelles à Québec.On lui a répondu, qu'il en coûterait trop cher à l'État.Encore une fois, fait-elle remarquer, «on agit comme s'il s'agissait de nous faire un cadeau plutôt que de nous traiter comme une partie essentielle de la société québécoise.» Aoura n'en est pas à ses premiers démêlés avec nos gouvernements, tant provincial que fédéral.Pour avoir farouchement défendu une représentation québécoise «majoritairement francophone», au sein d'une organisation fédérale de femmes immigrantes, en 1986.elle a vu les subventions du Collectif réduites l'année d'après.Le plus dur, c'est que personne n'est venu appuyer sa position.« le croyais que la Société Saint-Jean-Baptiste, au moins, viendrait à ma rescousse.Mais il n'y eut personne!», dit-elle.Aujourd'hui, Aoura (qui est candidate, cette année, pour le Prix des communautés culturelles) se demande si le poste de responsable du dossier des femmes immigrantes, devenu tout juste vacant au ministère québécois, pourrait (sait-on jamais?) être comblé par une femme immigrante.«Mais ils vont nous dire que nous n'avons pas la scolarité et patati ! et patata! le sais comment ça fonctionne», dit-elle, un peu dépitée.Puis, l'index pointant au plafond, elle ajoute: «Mais, ensuite, qu'on vienne plus nous dire que nous ne voulons pas nous intégrer!» Lysiane Gagnon Octobre et après On est à la fois séduit et bouleversé.Séduit par la beauté des formes et par cet hymne continu au mouvement, au progrès et à la liberté.Bouleversé quand on mesure l'éphémère existence de cette Avant-garde russe dont le stalinisme a si brutalement réprimé la vigueur créatrice.Tous ces artistes furent soit exilés, soit asphyxiés, soit recyclés dans l'«art» prolétarien officiel.Tous, pourtant, avaient été d'enthousiastes partisans de la grande Révolution d'Octobre.Mais la Révolution allait dévorer un à un tous ses enfants.Séduite et bouleversée, il y a sept ans.quand le Musée Guggenheim de New York avait ouvert au public nord-américain la précieuse collection Costa-kis, j'ai revécu les mêmes émotions cette semaine au Musée des Beaux-Arts, où sont exposées 241 oeuvres qui nous entraînent dans la Russie du début du siècle: un milieu artistique bouillonnant et fiévreux, qui voulait tout révolutionner, l'art comme la société.Un milieu ouvert à l'étranger, imprégné des influences de Picasso, Braque, Matisse ou des futuristes italiens, et dont certains courants annonçaient déjà l'art des années 60.Dans ce climat d'intense recherche où régnait déjà l'idéologie égalitaire, les femmes étaient exceptionnellement actives: sur les 38 créateurs exposés au Musée, dix sont des femmes.Dommage que l'exposition de Montréal ne présente pas, comme celle du Guggenheim (et, me dit-on, celle d'Ottawa ) la maquette d'un de ces extraordinaires décors de théâtre élaborés par les const ruc-tivistes.Autre carence, l'information fournie au public est déficiente sous l'angle historique: le catalogue n'offre qu'un texte de Costakis et des biographies succintes, où l'on passe sous silence la répression dont les artistes ont été victimes, et l'on a raté une belle occasion de miser sur l'enthousiasme qu'avait déclenché l'exposition Chagall pour donner au public un aperçu des rapports de ce dernier avec Malevitch et les autres maîtres de l'Avant-garde russe.En revanche, le texte de l'audio-guide \u2014 indispensable à qui veut apprécier l'exposition \u2014 est fort bien fait.* * * Ce qui frappe, dans les premières productions (de 1910 environ jusqu'en 1922, alors que le bolché-visme est encore un projet exaltant), c'est leur fulgu-'.rant modernisme.Le «figuratif» est mort.Tout est; mouvement, rythme, jeux dans l'espace.Tout y évoque la machine, le cosmos, le progrès technique, et même la robotique, évoquée en 1920 par Rodchen-ko.Tout aussi actuelles sont les formes géométriques-colorées de Klioune: conçues au début du siècle, elles' \u2022 se retrouvent, en 1989, sur les bijoux dits d'avant-garde! Hélas, les merveilleuses oeuvres suprématistes du Klioune de 1917, ces formes claires et précises qui se propulsent dans l'espace ou qui se rencontrent selon des axes en diagonale, toujours instables, toujours en mouvement, n'auront pas de suite.Dix ans plus tard, privé d'air dirait-on, il refait les mêmes compositions en transparence: elles sont plus floues, moins vibrantes, affaiblies.Sur une brève période, le marxisme aura stimulé la création: les constructivistes, moins lyriques et moins individualistes que les suprématistes, cherchent à faire la jonction entre l'art et la fonction pour mieux servir le peuple, et se voient ingénieurs autant qu'artistes.Tenants du matérialisme dialectique, ils misent sur les matériaux; romantiques de l'égalitarisme, ils revalorisent les matériaux «non-nobles», le fer, le carton, le stuc, de même que les techniques ouvrières du bricolage.Même Malevitch fait, à ce moment, du travail politique, dessinant en 1918 la couverture de la «Conférence des comités de la pauvreté paysanne».En 1929, Tatlin reprend, mais en le démocratisant, le rêve de Da Vinci: la machine à voler.pour les gens ordinaires.Même dans la Russie révolutionnaire, les construct i vistes restaient liés aux courants européens des années 20, puisqu'à la même époque, l'école de Ba-haus en Allemagne s'inspirait des mêmes sources pour produire l'architecture et le mobilier qui sont les classiques d'aujourd'hui.Mais peu à peu, sous la poussée du totalitaris- : me, le constructivisme devient productivisme, et à la fin l'art ne sera plus qu'un outil au service du politique.Lentement, le tau se referme, conjugué à l'hostilité maintenant ouverte de l'Establishment artistique traditionnel qui avait toujours été contre l'Avant-garde.Malevitch réussit, mais de justesse, à aller se «ressourcer» à Varsovie et en Allemagne en 1927, cinq ans avant que le régime, tombé sous la main de Staline, n'impose par décret le règne exclusif du réalisme socialiste.Pour Malevitch, la recherche était finie: il retourna au figuratif.Aux recherches cubo-futuristes.aux vibrantes projections suprématistes, aux subtiles compositions géométriques, allaient succéder d'autres recherches, mais celles-là se font en vase clos et l'impulsion semble affadie.Dans les années 20, la famille Ender produit des formes ramollies, gélatineuses, sortes d'amibes anémiées refermées sur elles-mêmes, qui n'ont plus rien de l'extraordinaire vitalité des oeuvres précédentes.Aux fructueuses dissidences qui avaient stimulé le milieu durant dix ans \u2014 celle, par exemple, de Rosanova, une femme, contre la tendance de Male-vich \u2014, allait succéder le conformisme.Rodchenko.l'un des plus grands chercheurs, qui en dix ans s'était tant de fois renouvelé, se recycle dans la typographie et l'illustration du matériel de propagande.Il photographie des camps de travail et fait des affiches publicitaires pour une usine de crayons.En 1922.Kloutsis fait des projets pour des kiosques d'agit-prop (sic), des écrans-radios, des tribunes d'orateurs.Popova, qui avait été de tous les courants expérimentaux, fait en 1922 des décors de théâtre \u2014 du théâtre à thèse évidemment \u2014, et l'année suivante, dessine des motifs pour l'industrie du vêtement.Mais le talent met du temps à s'asphyxier.Même dans ces humbles projets de commande, le génie perce: ces kiosques sont des structures légères et pliantes, ces décors de théâtre sont des engrenages démontables et futuristes, ces tissus restent d'avant-garde.Après s'être réfugié, comme Rcdko et Vialov, dans la peinture de paysage, Drevine, sans doute encore trop déviant, sera interné dans un camp de concentration.Sa femme Oudaltsova, peintre elle aussi, détruira toutes ses oeuvres pour échapper au même sort.Tatlinc enseigne la menuiserie.Tchatchnik travaille dans une manufacture de porcelaine.Plaksinc organise des expositions agricoles.L'explosion créatrice avait duré à peine plus de dix ans.Ensuite, s'abattit sur le pays une chape de plomb qui le recouvrit pendant un demi-siècle. Plus LA PRESSE, MONTREAL.SAMED118 MARS 1989 «Allo Jacques?J'en al assez, / Vas me suicider!» ANDRE PRATTE Un soir de mars I987.Pascal, 17 ans, appelle un ami.«|ac-ques?l'en ai assez, l'vais me suicider! \u2014 Qu'est-ce que tu dis là?Fais pas va! Attends, je vais envoyer du inonde chez vous!» Puscal s'enferme dans la salle de bain.Il vide, un à un.les flacons qui se trouvent dans la pharmacie.Peu de temps après l'arrivée de ses amis, il s'effondre.Deux ans plus tard.Pascal raconte sa tentative de suicide avec détachement.Mais on le sent encore fragile.«h Attn ays Kttleincfii British Airways Partout, la préférée de tous ge», obtiennent de gros succès dans leurs fiefs.D'autres «barons» du PS.{ospin ou Mauroy.piétinent.Par contre, malgré son échec lamentable à la présidentielle en mai 88, le maire de Paris, Jacques Chirac, obtient un succès au-delà de tout espoir il devrait rafler demain 19 arrondissments sur 20.Les verts Deux conséquences majeures de cette dépolitisation du scrutin municipal: la poussée des Verts.et l'abstention.Personne ne peut dire pour l'instant quel est le résultat «global» des écologistes: d'une part, ils ne présentaient pas des candidats partout; de l'autre, les scores sont très inégaux.Mais ce sont les seuls à avoir fait une percée majeure à ce scrutin, dépassant en plusieurs grandes villes les dix p.cent.Pour l'abstention, qui avait atteint des niveaux catastrophiques aux cantonales de septembre (plus de 30 p.cent), on s'ut ten -duit au pire: Avec près de 70 p.cent de participation, tout le monde respire.Mais il y a en fait une vague d'abstention nouvelle qui se confirme: si les campagnes et les petites villes continuent de se passionner pour les affaires municipales, la désaffection se confirme dans les villes de plus de 30000 habitants, où l'on compte 37 p.cent d'abstentionnistes.Les motivations «idéologiques» qui faisaient bouger les citadins n'existent plus.La France, qui était l'un des pays les plus politisés en Occident, est en train de devenir l'un des plus abstentionnistes.Et on n'en est.qu'uu milieu de cette grande mutation.Quel que soit le pointage final, demain soir, pour les mairies, le résultat est acquis: la carte politique française ne sera plus jamais cette opposoition gauche-droite qu'elle a été.Mode Mardi.dans le cahier mode.Lu Presse vous propose Tendre palette Un article signé Anne Richer LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 18 MARS 1969 Au moins 26 journalistes tués en 1988 Agence France- tfcpM WASHINGTON ¦ Au moins 26 journalistes ont été tués en 1988 dans l'exercice de leur fonction, au moins 90 ont été agressés, à des degrés divers, plus de 250 ont étéarrètés et au moins 23 correspondants étrangers ont été expulsés des pays où ils travaillaient, selon le rapport annuel du Comité pour la protection des journalistes ( CP| ).La publication, jeudi dernier, de ce rapport, qui recense 800 cas survenus dans quelque 85 pays, intervenait le jour même de la « Liberté de l'information », journée qui marque également le début de la cinquième année de captivité du journaliste d'Associated Press Terry Anderson, au Liban.Le sort d- otages détenus au Liban et l'aiiuire Rushdie ont été évoqués par Anne Nelson, directrice du CP|, qui tenait à Washington une conférence de presse pour présenter ce rapport.Un des faits saillants de ce document est, selon Mme Nelson, «la censure accrue» contre les journalistes qui enquêtent sur le trafic de drogue, en Amérique du Sud : sur les huit journalistes assassinés en I988 au Mexique, au Brésil et en Colombie, au moins trois enquêtaient sur des trafiquants de drogue.La Colombie est particulièrement visée par le rapport.Un métier dangereux «La presse aux États-unis a ses problèmes» mais ils sont «modestes» comparés à ceux rencontrés par les journalistes de pays comme « la Tchécoslovaquie et la Turquie, le Kenya et l'Afrique du Sud.le Brésil et la Birmanie où le journalisme est un métier dangereux», selon ce rapport.Le Chili, les Philippines/le Nicaragua et Panama sont également cités dans ce rapport comme des pays où les journalistes ont des difficultés particulières à y travailler soit à cause de pressions d'État soit en raison de la viqlence de certains groupes.L'Afghanistan a été en 1988 le pays le plus dangereux pour les journalistes, cinq y ayant été tués.«La liberté de la presse israélienne n'a pas protégé la presse palestinienne dans les territoires occupés», ajoute le rapport.Au moins 44 journalistes palestiniens ont été détenus deux jours ou plus en 1988.Mme Nelson a noté que «des progrès limités» existaient, notamment en Union soviétique et à Taiwan.En ce qui concerne la France, le rapport fait état des problèmes rencontrés par la presse pour couvrir l'épisode d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, au printemps 88.En Grande-Bretagne, le CP! fait état des pressions gouvernementales pour empêcher la publication de mémoires d'anciens agents secrets ainsi que les difficultés pour les journalistes, notamment de la BBC.à couvrir les événements d'Irlande du Nord.Mme Nelson a souligné la difficulté du comité à obtenir des informations sûres et précises sur les problèmes rencontrés par la presse, ce qui explique l'utilisation de l'expression «au moins» dans le relevé du nombre de journalistes tués, blessés, arrêtés ou expulsés.Le CPJ.créé en 1981, se veut une organisation non partisane.Meubles Pascal.PRENEZ UN SIÈGE .ET RÉALISEZ D'IMPORTANTES ÉCONOMIES .SI VOUS VISITEZ SANS TARDER LE MEUBLES PASCAL Canapé et causeuse Bauhaus, recouverts d'un confortable tissu coton/rayonne, à rayures beige.(Quantité limitée: 40 de chaque en stock) Canapé Bauhaus 499$ Choisissez celui que vous préférez, mais ne tardez pas, car à ces bas prix, les quantités sont limitées.Le canapé-lit Braemore dissimule un confortable lit format «Queen», recouvert d'un tissu texture aux tons naturels; il comporte un appui-tête et des bras évasés.(Quantité limitée: 60 en stock) Canapé-lit Braemore: 499$ Lundi Mardi Mercredi ferme 10 à 18h 10à 18h Jeudi Vendredi Samedi 10 à 21 h 10 à 21 h 9à 17h CÉS,PRIX SPÉCIAUX SONT OFFERTS POUR 1 JOUR SEULEMENT, JUSQU'À ÉPUISEMENT DES STOCKS Durant ce solde, achats en personne seulement Aucune commande téléphonique acceptée Pascal ouest Centre commercial Le Bazar 3600, Côte-Vertu ouest 336-7170 LE MAGASIN DU 6800 EST, JEAN-TALON EST TEMPORAIREMENT FERMÉ.Meubles Pascal dré Côté, Il remplit le simplifié.Tout comme 75% des Québécois qui pourront cette année utiliser la nouvelle déclaration simplifiée de revenus.Vous pouvez le faire vous-même! La toute nouvelle déclaration simplifiée de revenus du Québec a été écrite en termes simples, et sa présentation sur 2 pages vous permettra de la remplir avec plus de facilité.De plus, elle a été conçue afin qu'un grand nombre de personnes qui devaient l'an dernier remplir la déclaration détaillée puissent cette année remplir la déclaration simplifiée.LA DÉCLARATION SANS CALCUL y a même été intégrée! Pour 3 millions de Québécois, c'est le simplifié! Cette année, vous pouvez utiliser le formulaire simplifié même si vous avez à tenir compte des éléments suivants: \u2022 allocation de maternité Pour mieux vous servir, un conseiller de Revenu Québec est à votre disposition.au bout du fil!_ Revenu Québec \u2022 bourses d'études \u2022 contributions au Fonds de solidarité des travailleurs du Québec IFSTQ) \u2022 crédits transférés d'un conjoint à l'autre \u2022 dépenses effectuées pour gagner des revenus de placements \u2022 dividendes de corporations canadiennes imposables \u2022 frais de garde d'enfants \u2022 frais médicaux \u2022 pension alimentaire reçue ou payée \u2022 revenus de location Cette année, c'est la déclaration simplifiée! Québec ti a a a Dans la région de Montréal, composez le 873-2611 ou sans frais le 1 800 363-9011 Dans la région de Rouyn-Noranda, composez le 764-6761 ou sans frais le 1 800 567-6491 Dans la région de Sorel, composez le 742-9435 ou sans frais le 1 800 363-0093 Au Nouveau-Québec, faites le «0» et demandez ZÉNITH REVENU QUÉBEC B 10 LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 18 MARS 1989 PRENEZ VOS INTÉRÊTS À COEUR Achetez ou louez* chez votre concessionnaire Ford ou Mercury, n'importe quel de ces modèles et obtenez un financement à 8,9%** pour un temps limité.Si le coeur vous en dit, faites votre choix.c'est dans votre intérêt ! ^ FORD \tMERCURY \tLINCOLN Festiva \u2022 Escort \u2022 Mustang \u2022 Probe Tempo \u2022 Thunderbird \u2022 Taurus Crown Victoria \u2022 Ranger \u2022 Bronco II Festiva \u2022 Escort \u2022 Tracer \u2022 Topaz Cougar \u2022 Sable \u2022 Grand Marquis \u2022 Ranger Bronco II \u2022 Continental \u2022 Town Car Mark VII \u2022 Scorpio \u2022 XR4TÎ 500s de remise en argent.' Et comme vous nous tenez à coeur, nous vous offrons aussi une remise en argent de 500$ directement de Ford sur les modèles suivants: \u2022 PICK-UP SÉRIE-F AVEC BOÎTE MANUELLE.\u2022 AEROSTAR, TOURISME ORDINAIRE Taux de location calculés de façon à offrir des économies similaires.\"Le financement à 8,9% est offert à l'achat ou à la location de n'importe quel modèle neuf de voitures 1989 ou de l'année précédente ainsi que des Bronco II et Ranger.Vous devez faire votre choix parmi les modèles en stock chez votre concessionnaire.Le financement à 8,9% est valable sur le montant total financé, a la condition que le contrat soit d'une durée de 12 à 24 mois.Un financement prolongé est aussi offert a des taux favorables: 9,9% de 25 à 36 mois, 10,9% de 37 à 48 mois.Sur approbation du crédit Exemple: Un emprunt de 10 000$ financé à 8,9% sur une période de 24 mois La qualité passe avant tout.représente des mensualités de 456,39$.Le coût de l'emprunt s'élève à 953,36$.L'offre est en vigueur jusqu'au 8 avril 1989 et ne peut être combinée à aucune autre offre, sauf avis contraire.Voyez votre concessionnaire Ford ou Mercury pour plus de détails.?L'offre de remise en argent est offerte pour les modèles neufs 1988-89 de pick-up Série F avec boite manuelle et Aerostar, tourisme ordinaire 1988-89 uniquement.Vous pouvez conserver la remise en argent de 500 $ ou l'utiliser sur votre transaction, l'offre de remise en argent se termine le 8 avril 1989.Vous devez faire votre choix parmi les modèles en stock chez votre concessionnaire. LA PRESSE, MONTREAL.SAMEDI 18 MARS 1989 B 11 BOUTKXJES Ptil* aM Des secouristes sont à l'oeuvre dans l'amas de décombres de dix mètres de haut qui sont les seuls vestiges d'une tour du Xle siècle qui s'est effondrée hier sur la place de la cathédrale de Pavie.dans le nord de l'Italie, tuant trois personnes.PHOTO USER AP Deux personnes sont tuées lorsqu'une tour médiévale s'effondre à Pavie Patagonia l \\\\\\ ^^^Kar Hu« Vasque ^^V^ Sierra Designs The North Face \u2022 Swix Peltonen Exel \u2022 Chlorophylle Alpina \u2022 Fisher et plusieurs autres U'apris AP et Reuler M VIE.Italie ¦ Une tour médiévale de 78 metres de haut s'est effondrée sur la place de la cathédrale à Pavie, dans le nord de l'Italie, tuant deux personnes et faisant vingt-cinq blessés.Le monument du Xle siècle s'est abattu sur une maison et un stand de journaux qui ont été complètement ensevelis sous les décombres.La cathédrale de Pavie, à proximité, a subi elle aussi des dégâts importants.Les décombres de la tour formaient un amas de dix mètres de haut.Une cinquantaine de personnes assistaient à une messe dans la cathédrale au moment de l'effondrement, mais aucune d'elles n'a été blessée.Une clôture a été aussitôt installée autour de la cathédrale et les rues adjacentes ont été fermées à la circulation, tandis que les autorités inspectaient le monument pour y déceler des lé-lardes possibles, notamment dans le dôme, oeuvre de Donato Bramante.De nombreuses personnes ont eu le temps de courir se mettre à l'abri parce que des morceaux de maçonnerie ont commencé à tomber avant que la tour elle-même s'effondre.Un porte-parole du cabinet du maire de Pavie a déclaré que rien n'indiquait que la tour risquait de s'écrouler.Selon Maria Abrate, architecte au sein de l'organisme chargé des monuments de Pavie, le mauvais temps qui s'est abattu récemment sur la région a pu être a l'origine de l'effondrement, bien que son grand âge en soit probablement la raison principa- CURE MINCEUR et PROGRAMME ANTISTRESS FORFAIT 7 JRS \u201415 JRS CENTRE de SANTÉ D'EASTMAN (514) 297-3009 le.Un projet de restauration du bâtiment était étudié par le conseil municipal de Pavie.Montreal SI 27.boul.Saint-lourent (514) 271-0773 OimbWiW Park 739, bout.Taschereou (314) 472-5579 920, rue Principale ouest (819) 847-2307 \"Quel emplacement merveÛleux!\" Pour les gens actifs comme moi, quelle joie que de pouvoir vivre _près du centre-ville._ Parce que j'ai atteint l'âge de la retraite, choisir mon mode de vie est très important.Vivre dans un appartement bien situe où on retrouve juste assez de luxe, le confort dont j'ai toujours rc\\é, la sécurité de me savoir entourer, tous ces services qui facilitent la vie; même de fins repas.Venez voir Place Kensington; enfin, une résidence intime, de qualité, adaptée à nos besoins.! msmaw/t Appelez 935-1212 4-130 ouest Ste-Catherine.Vt'esunount Attention, Attention! 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suicide économique et il met de plus en danger l'unité nationale.C'est l'avertissement sans équivoque qu'a émis hier soir Gerry Weiner, Secrétaire d'État et ministre d'État au multiculturalisme et à la citoyenneté, conférencier à l'ouverture du Deuxième symposium national sur les relations interraciales au niveau municipal, qui se tient jusqu'à dimanche inclusivement à l'hôtel Quatre Saisons, avec 300 délégués et animateurs venus de tout le Canada.Le ministre, lui-même un ancien maire, a insisté sur le fait que le racisme prive le Canada de ressources humaines dont la valeur ira grandissant avec le développement du commerce international soutenu par la compétence linguistique des membres des minorités culturelles.M.Weiner a admis que le racisme et la discrimination raciale existent dans l'ensemble de notre société tout comme ils ont existé sous une forme ou une autre durant la majeure partie de notre histoire.Il a rappelé que cette réalité de notre société, fondée pourtant sur la justice et l'égalité de chance pour tous, laisse bien peu de place aux autochtones et aux minorités visibles, comme le confirment les statistiques qu'il a citées.«Le prix que nous sommes en train de payer pour ces ressources gaspillées est déjà élevé», a-t-il rappelé en faisant allusion à la drogue et au crime, ainsi qu'à la violence familiale vers lesquels se tournent ceux qui sont rejetés et qui se traduisent par des soins de santé physique et mentale aux coûts exorbitants.«Tout cela entraine en définitive des quartiers délabrés et négliges», d'ajouter M.Weiner en soulignant que c'est au niveau municipal que l'on peut le mieux améliorer les relations raciales.Atout touristique Par ailleurs, il a exhorté son auditoire à profiter des nombreuses ethnies présentes dans leur ville pour en faire un atout pour le tourisme.Il a même été jusqu'à prédire que Montréal, où 40000 personnes gagnent leur vie dans ce secteur, pourrait doubler ce nombre en dix ans si elle exploitait davantage le fait que sa population comprend plus de cent communautés culturelles.« Les immigrants sont indispensables à l'avenir du Canada, quelle que soit leur couleur», de rappeler le ministre d'État au Multiculturalisme.«Ils apportent des qualités dont nous ne pou- Weiner aurait intimidé les francophones du Manitoba d'après CP WINNIPEG ¦ Si la Société franco-manitobai-ne veut l'aide du Secrétaire d'État, M.Gerry Weiner, pour obtenir une assistance financière a long terme d'Ottawa, elle doit être prête à l'aider lui-même, indiquent les notes que le ministre avait apportées à la réunion qu'il a eue la semaine dernière avec le représentant de la plus importante association des Franco-Manitoba ins.Lu critique de l'accord du lac Meech par l'organisme a été un des sujets abordés à la réunion, et par la suite l'organisme décida d'annuler une rencontre publique devant porter sur l'accord.Avant que la CBC n'obtienne des copies de ses notes, M.Weiner avait nié avoir fait pression sur la Société franco-manitobainc pour qu'elle modifie son attitude avant que l'assembléee législative du Manitoba n'entreprenne l'étude de l'accord.La Société franco-manitobaine trouve que l'accord ne protège pas assez les droits linguistiques des minorités.M.Denis Clément, président de l'organisme, a dit que M.Weiner s'était montré plus conciliant à la réunion que ses notes ne le laissaient croire et il a nié également avoir subi des pressions de la part du ministre fédéral.Mais M.Raymond Hébert, le professeur de sciences politiques qui devait diriger la réunion sur l'accord, ne partage pas ce point de vue.«l'estime que c'est de l'intimidation», a-t-il dit.«C'est le seul mot qui convient.» Le premier ministre Gary Fil-iiioii du Manitoba a déclaré pour sa part que M.Weiner doit clarifier sa position compte tenu des notes.vons nous passer : une foi indéfectible en leur nouvelle patrie, ses idéaux, ses notions de justice et d'égalité.Et surtout leur volonté d'investir tous leurs efforts pour construire un avenir meilleur pour eux-mêmes, leurs familles et leurs nouvelles communautés».M.Weiner a enfin invité les participants à relever le défi de faire du racisme une «espèce menacée» au Canada: «Un défi auquel nous nous attaquerons non seulement parce qu'il le faut, mais aussi parce que nous le voulons».Le symposium s'est ouvert le jour de la féte de saint Patrick avec des mots de bienvenue de lean Doré, maire de Montréal, de George B.Cuff, maire de Spruce Grove, en Alberta, président de la Fédération canadienne des municipalités, et de Camille Rouillard, maire de Valcourt et président de l'Union des municipalités du Québec.Cette rencontre préparera la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, fixée au 21 mars.Aujourd'hui et demain, des conférences, dont celle du maire de Toronto, Art Eggleton.et des ateliers, exploreront tous les aspects des relations interraciales.Les échanges permettront de mieux connaître des expériences et des stratégies réussies dans différentes municipalités.ESTEE LAUDER «1 .SATISFACTION GARANTIE.ON PEUT S'Y FIER! Les laboratoires Estée Lauder présentent le SÉRUM MULTI-PREVENTION ainsi qu'une prime toute spéciale: Charme irrésistible Estée Lauder Vous n'en voyez peut-être pas encore les effets, mais le soleil, le vent et la pollution rendent votre peau de plus en plus vulnérable et nuisent à sa belle apparence.Des recherches indiquent que l'âge n'est responsable que d'environ 20% du vieillissement, tandis que l'environnement est responsable à environ 80%.C'est pourquoi nous vous suggérons le SÉRUM MULTI-PRÉVENTION.Il neutralise et filtre les substances irritantes avant qu'elles ne puissent affecter l'apparence de votre peau.Le sérum vous procurera protection et prévention tout en contribuant à adoucir, raffermir et embellir votre peau.?.- .,.,v.VOTRE PRIME Charme irrésistible Estée Lauder À l'achat de 15$ ou plus de produits Estée Lauder.Vous aurez un charme irrésistible grâce aux produits de soins pour la peau conçus en laboratoire, les produits de beauté à l'avant-garde de la mode et les fragrances envoûtantes d'Estée Lauder.Nettoyant à l'eau instantané, 60 mL- la lotion nettoyante douce et rafraîchissante.Crème nourrissante raffermissante, 5mL-Formule raffermissante ultralégère.Redonne à la peau sa douceur et sa souplesse.Mascara-crème - Donne du lustre à vos cils.Eau de parfum White Linen en atomiseur, 5 mL - Une fragrance qui convient en toutes circonstances.Rouge à lèvres brillant Performance - Un rouge à lèvres riche et onctueux.Visitez notre comptoir Estée Lauder et profitez de cette offre jusqu'au 25 mars.Une prime par cliente, jusqu'à épuisement des stocks.Les quantités sont limitées.Produits de beauté, rayon 240 1 ¦';>¦'.¦ L - A Egalement disponible à nos nouveaux magasins la Baie: U Fairview, Pointe-Glaire, Galeries d'Anjou et Carrefour Lavai.aie "]
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