La presse, 16 avril 1989, B. Sciences et techniques
[" Sciences et techniques LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 16 AVRIL 1989 Voir sous l'asphalte ii .grâce à l'infrarouge I En empruntant l'Autoroute métropolitaine ce printempsTvous-aurez peut-être roccasion~9£\"Tjépasserjun camion blanc muni d'un mât fixé au pare-choc avant, roulant llàntranquille-vitesse de croisière de 10 ou 15 kilomètres/heure.Le conducteur n'est pas un excentrique qui rapporte sa planche à voile au chalet mais plutôt l'ingénieur Mario Veilleux, de chez BBL, qui «filme», avec une caméra infra-rouge située au sommet du mât.Il filme quoi?La chaussée, comme ça, sur 8,5 kilomètres.La caméra infra-rouge «sonde» les dessous de rautdrj^telmétropolitaiheyjel[6T^èie^a ^Ti o*TflPu*rj6 le^e! CAROLE THIBAUDEAU Les couleurs fixées sur cassette vidéo don-.nent une image du tablier en béton W sur lequel repose ' l'asphalte.On peut ainsi voir à quel endroit le béton est délaminé ( fissuré en tranches horizontales), désagrégé, ou encore décollé de l'asphalte.La firme Beaucherain-Beaton-Lapointe est mandatée par le ministère des Transport du Québec pour fournir un plan du béton sur de ce tronçon de route, un contrat de $230 000.«La thermographie a beaucoup d'avantages, explique M.Veilleux.Elle permet de voir l'état du béton sans forage, elle donne une vue de toute la surface de la route et non seulement sur un point comme dans le cas d'un radar ou d'une carotte, elle ne demande pas l'arrêt de la circulation et elle se fait assez rapidement, de façon continue.» D suffit d'un jour pour prendre les relevés sur un pont, relevés qui demanderont une semaine d'analyse, au moyen des logiciels et du système de numérisation mis au point par BBL.Dans le cas A TIRE-D'AILE La caméra à infrarouge juchée au sommet du mât donne une image du béton placé sous l'asphalte.de l'Autoroute métropolitaine, il faut compter environ deux semaines pour prendre les relevés et peut-être six pour sortir les plans.«Il est très important de connaître l'état de détérioration du béton avant d'entreprendre les travaux, souligne le président de BBL, M.Paul Beauchemin.La réfection du tablier de béton est une étape majeure, plus coûteuse que de refaire tout simplement l'asphalte.En connaissant exactement l'état de détérioration du béton, on évite les surprises de dernière minute qui défoncent les budjets.» «Voir» la température Le principe du rayonnement infrarouge est utilisé depuis des années, entre autres en cartographie par satellite, en médecine pour détecter les tumeurs, en construction pour examiner les toitures, etc.Le rayonnement infrarouge diffère selon la température de la surface qui le diffuse.Dans le cas des structures de béton, les portions entourées de fissures sont plus chaudes que les autres d'environ 5 degrés Celsius.«N'importe qui peut se servir d'une caméra infrarouge, explique M.Veilleux.Notre originalité a consisté à numériser les images et à développer un logiciel pour les analyser et faire des plans automatiquement.» Le procédé demande une chaussée sèche et propre, un ciel dégagé au moins a 70 p.cent, et une température au-dessus de 5 degrés Celsius.- Le système de caméra a été conçu par la compagnie américaine Donohue, de Milwaukee, qui a en accordé l'exclusivité d'utilisation à BBL pour le Canada.BBL a obtenu des subventions pour près d'un million de dollars (S80 000 de l'entente auxiliaire Canada-Québec pour le développement scientifique et technologique plus $ 11 400 du programme fédéral PARI ) pour mettre au point le système de thermographie.Elle dispose également des fonds du ministère des Transport du Québec pour mettre au point une méthode de détection au radar, qui complétera la thermographie.La thermographie ne permet pas de voir plus profondé- L'escale québécoise de l'oie des neiges  PIERRE CINCRAS LW oie des neiges nous rend visite Ideux fois par année, mais son séjour est beaucoup plus long au printemps qu'à l'automne.En effet, durant la saison de la chasse, elle ne s'attarde dans la région de Québec que durant une trentaine de jours et parfois beaucoup moins.Mais au printemps, dès la fin de mars, ces grands oiseaux blancs envahissent une bonne partie de la vallée du Saint-Laurent, jusqu'à Rivière-du-Loup, et, comme s'ils étaient programmés, ils reprendront leur envol vers le 20 mai.Cette halte migratoire du printemps est cruciale pour l'espèce puisque c'est ici, et non pas là où elles passent l'hiver, dans les Carolines, que l'oiseau accumule des réserves énergétiques pour nicher, explique le biologiste Austin Reed, du Service canadien de la faune.¦ Les oies des neiges devront parcourir de 2 700 à 4 000 kilomètres pour atteindre leur immense territoire de nidification, sur l'île Ellesmere au nord de la Terre de Baffin.Pour la majorité des oies, la ballade sera de 3 500 km, un périple d'une durée de six à dix jours.Toutefois, lorsque les conditions climatiques sont excellentes, le voyage ne prend que quatre jours.La vitesse moyenne du vol est de 60 km/heure mais elle peut atteindre 100 km/heure quand les vents sont favorables.accomplir ce périple dans l'Arctique.«Non seulement le voyage exigeât-il des réserves d'énergie considérables mai?, à leur arrivée dans le nord, au début de juin, la verdure est encore rare et il y a très peu de nourriture disponible.» Pour les femelles, le problème énergétique est encore plus dramatique puisqu'elles se priveront encore durant quelques semaines.Elles doivent pondre des oeufs et assumer seule la couvaison qui dure environ 24 jours.Durant toute cette période, les oies quittent rarement le nid, une façon efficace de contrer les prédateurs et d'éviter toute perte de chaleur pour les oeufs.Quand elle arrive au Québec, la femelle pèse environ 2,5 kg.Elle aura «engraissé» de 500 grammes durant son séjour.Mais à la fin de la période de couvaison, elle ne pèsera plus que deux kilogrammes, soit une diminution de poids de 33 p.cent, ce qui est considérable.Elles doivent donc profiter de leur halte migratoire chez nous pour faire le plein d'énergie.La plupart de nourrissent des rhizomes du scirpe d'Amérique, une plante côtière.Mais depuis la hausse de la population ces dernières années (on compterait un peu plus de 400 000 oiseaux ce printemps), les oies ont adopté de nouvelles aires de repos en milieu agricole, notamment dans la région de Baie-du-Febvre, sur la rive sud du lac Saint-Pierre.Il semble en.effet que lors des récoltes d'automne, les pertes en grain attribuable à la machinerie agricole suffisent à ali- menter tous ces oiseaux au printemps.Le grain perd peu de valeur énergétique au cours de l'hiver.Les oies se nourrisent donc de céréales qu'elles trouvent à la surface du sol.Il s'agit de mais, d'avoine, d'orge, de blé.Quand cette ressource est épuisée, les premières pousses vertes de mil ont commencé à faire leur apparition, ce qui réussit à combler leur besoin de nourriture.À cet égard, on a constaté que la bernache du Canada avait un menu beaucoup plus varié.Non seulement mange-t-elle du grain, mais elle consomme également toutes sortes de «mauvaises herbes» que ne mange pas l'oie des neiges.Oh sait cependant que le voyage migratoire de notre «outarde» est beaucoup moins long puisqu'elle niche dans le nord du Québec.J ll'llifUI Un dernier mot sur Baie-du-Febvre.Des naturalistes sont sur place durant les fins de semaines, aux haltes routières, au bassin de décantation ou encore au belvédère, sur le bord du lac, pour répondre aux questions du public.Il s'agit notamment d'une initiative du groupe SAR-CEL qui organise une chasse contrôlée aux canards et aux oies ( bernaches et oies des neiges) dans les champs agricoles du coin, là où on peut voir les palmipèdes à cette époque de l'année.Les profits réalisés lors de cette chasse permettent de payer des guides qui initient le public à l'observation des oiseaux.Une autre preuve évidente que chasse sportive et conservation peuvent faire bon ménage.Le carnet d'observation, page B4 Un régime sélectif Le biologiste Reed qui étudie l'oie des neiges depuis des années raconte que les oiseaux doivent être en pleine forme pour ri.'.' \\ Les oies étaient très nombreuses en fin de semaine dernière dans les champs de Baie Du-Febvre, sur la rive sud du lac Saint-Pierre, près de Nicolet.«*>tos mmno ttotthr.u pno» -r ment qu'à 8 ou 10 pouces, alors que le radar, qui agit d'une façon plus ponctuelle (en un point et non sur une surface), peut analyser à une grande profondeur.Des travaux similaires sur le radar et la thermographie infrarouge sont parrainés par le programme d'aide à la recherche industrielle (PARI) du CNRC.L'ingénieur Jack Chander, du CNRC.en est le gestionnaire.Il gère également un second projet concernant une nouvelle technique de pose de l'asphalte, pour mieux contrôler l'épaisseur de ce revêtement.Recette idéale «Il est difficile de trouver la recette idéale pour construire une route, étant donné que les conditions varient amplement d'un endroit à l'autre», de dire M.Marc-Antoine Laforte, du Centre de recherche et de contrôle appliqué à la construction (CRCAC).M.Laforte vient de terminer une étude sur les routes du Québec, après laquelle il peut tout de même tirer quelques lignes générales.«Une route doit reposer sur une épaisseur de gravier d'au moins la moitié de la profondeur de gel, affirme-t-il.Le gravier est préférable à la pierre concassée car il permet un meilleur drainage.» L'épaisseur optimale de résistance à l'orniérage est de trois ou quatre pouces de bitume.De nombreux éléments s'attaquent à la route: la température, le climat, les cycles de gel et de dégel, le type de matériau sous la route, la qualité de la construction, la quantité et l'importance des charges, l'humidité.«Sur une route saturée d'eau, la charge d'une bicyclette peut causer autant de dégâts qu'un gros camion dans de bonnes conditions», rappelle M.Laforte.Les ingénieurs affirment qu'on en connaît plus qu'il y a 15 ans sur la construction des routes.«La politique d'entretien est toutefois de première importance, souligne l'un d'eux, et c'est ce qui a fait défaut au Québec.Une route qui n'est pas réparée à temps va se détériorer complètement en très peu de temps.» Les curieux désordres du baron Munchausen JEAN-PIERRE ROCEL collaboration spéciale Agence Science-Presse Le baron Munchausen défraie la chronique.Depuis la sortie récente du film Les aventures du baron Munchausen, il faut avouer qu'on parle beaucoup de lui en ville.On parle de cette nouvelle interprétation cinématographique, que personnellement j'ai trouvée assez réussie et divertissante.On parle surtout de ce personnage fabuleux, baron vantard et grandiloquent sorti tout droit de son 18e siècle.Pour un certain nombre de médecins et de psychiatres toutefois, le nom de Munchausen est attaché, non au cinéma ou à la littérature, mais à une mystérieure maladie, qu'on nomme précisément «syndrome de Munchausen*.Jl s'agit d'un désordre psychiatrique plutôt rare, dans lequel des personnes simulent délibérément des maladies dans le but de se faire soigner.Certains se font hospitaliser, et manoeuvrent le corps médical dans un but précis: se faire opérer.Contrairement aux hypocondriaques, qui pensent réellement qu'ils sont malades, ces personnes savent qu'elles ne sont pas malades, et utilisent la ruse pour paraître malades et se faire soigner.Dans certains cas, elles s'infligent elles-mêmes des blessures, s'empoisonnent ou s'infectent volontairement, aussi les symptômes observés par les médecins à l'admission sont-ils bien réels.Apparemment, ces malades jouissent de la tromperie qu'ils opèrent autant que de la souffrance qu'ils s'infligent.Il s'agit donc d'une condition psychiatrique sérieuse.C'est en référence au côté fabulateur du baron de Munchausen qu'en 1951 le médecin britannique Richard Asher a nommé cette condition «syndrome de Munchausen*.Plusieurs de ces as de la fabulation sont hospitalisés dans plusieurs villes, États ou provinces, sous des identités différentes.Ils se font admettre à l'urgence sous un faux nom, sans dossier médical, se font soigner et disparaissent lorsque les soupçons commencent à se préciser.On cite le cas d'un patient, surnommé «le cyclone de l'Indiana», qui a été hospitalisé dans 12 villes des États-Unis.Un autre s'est vanté, lorsqu'on l'a démasqué, d'être «le Duncan Hines de l'hospitalisation en Amérique»; il avait été admis 400 fois en 25 ans dans des hôpitaux et son corps était couvert de cicatrices d'opérations.C'est bien ce qui l'a finalement conduit à être repéré, d'ailleurs.Combien y a-t-il de Munchausen qui roulent si habilement leur monde?En fait, la description du syndrome reste plutôt vague, et tous les psy- chiatres ne s'entendent pas sur sa définition.Aussi est-il très difficile d'estimer le nombre de Munchausen qui hantent nos hôpitaux.Pour sa part, le Dr Don Lispsitt, qui enseigne la psychiatrie à l'Ecole de médecine de Harvard, estimait, dans un article publié il y a six ans, qu'aux États-Unis, au moins 4 000 personnes par an réussissent à tromper le corps médical et à se faire hospitaliser.Cela ferait 400 cas de Munchausen au Canada, un chiffre que pejgpnne ici ne veut évaluer où discuter, en l'absence totale de données.Le syndrome de Munchausen fait partie de ce que les psychiatres appellent les troubles factices.Cette catégorie comprend d'abord les simulateurs, qui cherchent à recevoir leur dose de drogue, puis les patients présentant un syptô-me de conversion (par exemple des malades atteints d'une hémiplégie à la suite d'un conflit névrotique profond ).et enfin les cas de Munchausen.C'est-à-dire des personnes qui veulent aussi se faire soigner, mais dont la motivation se situe au niveau de l'inconscient.Qui sont ces «patients Munchausen*?Pour toutes les raisons évoquées plus haut \u2014 une ; condition rare, des patients qui nient et choisissent de fuir\u2014 il est difficile d'avoir un portrait précis de la situation.Mais on possède quelques indications.Ainsi, on remarque dans la littérature scientifique que beaucoup de Munchausen font partie ou bien ont fait partie du personnel médical.Des infirmiers ou des médecins ratés, ou des personnes qui ont été trompées, ou rejetées par un ami ou parent qui faisait partie du personnel médical.«Ce sont souvent des gens qui ont subi une blessure narcissique profonde, un traumatisme dans leur passé, qui leur fait inconsciemment désirer d'inverser les rôles», remarque le Dr Pierre Coupel, psychiatre à l'hôpital Sacré-Coeur à Montréal.Pour le Dr Coupai, l'hyper-spécialisation de la médecine d'aujourd'hui rend encore plus difficile le diagnostic de ce syndrome.«Lorsque chaque spécialiste voit le patient sous son angle très précis sans que personne ne le suive globalement sur le plan psychologique.Il est difficile de détecter un comportement fabulateur», commente-t-il.Si bien que les Munchausen risquent fort de continuer à se faufiler entre les mailles du système médical, qu'ils narguent au détriment de leur santé.P.S.: Dans ma chronique de dimanche dernier, j'avais bien écrit ceci : «Contrairement à la fission nucléaire, qui consiste à casser des atomes lourds, la fusion consiste à combiner ensemble des atomes légers d'hydrogène (.)».Malheureusement, le membre de phrase en italique a été omis à la composition.Mes excuses pour l'incident, mais ne m'appelez plus pour m'expli-quer la différence entre fission et fusion.i b2 \u2022 LA PRESSE.MONTREAL.EMMANCHE 16 AVRIL 1989 La Prei Editorial Paul Desmarais Drmâcnt du corn*' d jdmmistration Roger D Landry cxevomt *t tSteur Claud* Maison Marcel Dtttardta AUin Oubuc e»to\"j'ist» tn chef Le bénévolat, un complément aux services publics I I y a plus de 200 semaines thématiques.dans une seule année (!) pour souligner de bonnes causes sociales, économiques, sportives, religieuses, écologiques et autres.Mais la Semaine de Taction bénévole, qui debute aujourd'hui sous le slogan Avez-vous du coeur au ventre?, est l'une des plus importantes.Elle veut rendre hommage à ces millions de personnes qui.d'une façon ou d'une autre, donnent des heures, des jours, des semaines, des mois, des années pour le bien-être physique, intellectuel et moral de leurs semblables.Le bénévolat, phénomène important quoique encore insoupçonné de notre structure sociale, occupe une «grande part de marché» 'A*SX, dans la société.Beaucoup plus qu'on l'imagine jL, ^ à première vue.Sftm M i aux États-Unis, en 1984, 31 pour cent des Américains faisaient du bénévolat, selon un sondage Gallup.En 1988, la moitié de la population américaine pratiquait l'action volontaire.Un accroissement de 19 pour cent en quatre ans.Au Canada, en 1987, une enquête menée par Statistique Canada sur la nature et la portée de l'action volontaire démontrait que cinq millions de personnes, soit 27 pour cent de la population canadienne, avaient fait de l'action bénévole enca- drée, c'est-à-dire au sein d'organismes reconnus.Près d'un million de ces bénévoles se trouvent au Québec et représentent 19 pour cent de la population, un taux relativement bas de participation par rapport a d'autres provinces canadiennes.En outre, au Canada, près de 13 millions de personnes font du bénévolat non encadre, c'est-à-dire sans passer par un organisme.Le temps consacre au bénévolat équivaut à $5 milliards par année au Canada.Les statistiques grimpent en flèche.Pourtant, dans une société que l'on dit de plus en plus égoïste, individualiste, intéressée, insensible, n'est-ce pas contradictoire que l'action bénévole atteigne des records?Non.Car la mutation sociale que nous connaissons actuellement influence et transforme l'individu dans ses comportements.Au «numéro* qu'il risque de devenir, à la révolution informatique qui veut en faire un pur rouage du système, l'Individu cherche sa place comme personne humaine, comme être de valeur dans I ensemble social.Pour des fins de recherche de lui-même, pour ses propres besoins de motivation et de valorisation, pour répondre à son intérieur qui lui dicte de participer au mieux-être des siens et de sa communauté, il devient essentiel pour l'individu de se faire bénévole, de prêter une partie de lui-même aux autres, selon ses intérêts, ses disponibilités, ses compétences, son de- gré d'altruisme, ses objectifs sociaux, moraux et communautaires Le bénévole profite autant du bénévolat que son bénéficiaire, quoique d une façon différente.Si le bénévolat est valorisant, il faut toutefois éviter qu'il ne soit utilise comme une nouvelle forme de «cheap labor* par les gouvernements et les organismes publics et parapublics.Au lendemain du krach, à la veille d'un nouveau resserrement économique, au moment de coupures budgétaires tant au fédéral qu'au provincial, c'est un danger réel que d'utiliser les bénévoles pour rendre des services à rabais, surtout dans les centres hospitaliers, les centres d'accueil, les centres de loisirs, les services à domicile et les institutions scolaires.Il faut être vigilant.Le travail du bénévole doit en être un de soutien, de complémentarité, d'accompagnement, de dimension humaine davantage que de dimension professionnelle.Le bénévole ne fait pas double emploi: il n'a pas pour but de remplacer les emplois permanents.L'action bénévole constitue une force majeure et essentielle de notre société.Il faut l'encourager et féliciter tous les bénévoles sincères.Mais il est en même temps primordial de ne pas transformer cette forme sociale de gratuité en une formule de travail à rabais.ciaue» MAISON La frousse nationale PIERRE VENN AT e tout commença par un wm congres international psychiatrique à Val-d'Or, en septembre 1988.Un peu plus de huit ans après le référendum de mai 1980.des psychiatres se penchaient sur «le malaise de l'âme québécoise».L'un d'eux, le psychiatre montréalais Pierre Migneault, s'associa au journaliste Michel Dongois, de L'Actualité médicale, et à Jean-Pierre Bonhomme, de La Presse, qui tous deux avaient couvert le congrès.Les trois hommes réunirent neuf autres auteurs: un psychiatre, un psychologue, la chanteuse Pauline lulien.la journaliste Hélène Pelletier-Baillargeon, un cinéaste-écrivain, une artiste peintre, une agricultrice et deux professeurs d'université.Tous ensemble, ils se livrèrent à l'analyse du «syndrome pos-tréférendaire».Comme ils le disent si bien, l'autopsie référendaire est une démarche qui génère beaucoup d'émotions vives.En fait, les auteurs sont tous très émotifs et un peu dépressifs.Neuf ans après le 20 mai 1980, on a l'impression qu'ils n'en sont pas encore complètement remis.Même si quelques-uns d'entre eux reprennent espoir devant le succès des manifestations du Mouvement pour le Québec français qui ont suivi l'adop- tion de la loi 178 en décembre dernier.Le Dr Migneault parle de «notre sainte frousse nationale».Cette trouille, écrit-il.on dirait qu'elle a été plantée avec le blé d'Inde dès les débuts de la colonie, «confirmée et entretenue par tous les régimes et niveau de juridiction, à la française comme à l'anglaise, sous la tendre férule de l'organisation religieuse comprehensive et protectrice».lean-Pierre Bonhomme, lui.écrit que le pire tort qu'on puisse faire à un individu, comme à un groupe, c'est de lui enlever son idéal, de lui dire \u2014 certains l'on fait au lendemain du Référendum \u2014 de remballer ses rêves.«Un OUI, au Référendum, aurait été pour les plus jeunes, dans mon esprit, le signe que les personnes voulaient partager du rêve, de l'idéal, et qu'elles voulaient faire de ce réve un projet de solidarité, de partage communautaire».Malgré tout, Pauline julien, juge qu'elle se sent moins seule depuis les manifs suivant l'adoption de la loi 178.«le fais parfois le pari qu'après plus de 200 ans de la longue marche du peuple québécois vers la plénitude de ses droits, comme tous les peubles de la Terre, nous arriverons à terme.» La plaie n'est pas complètement fermée, mais le patient, semble-t-il, s'en tirera.Le syndrome postréférendaire, Jean-Pierre Bonhomme et autres, Éditions internationales Stanké.1 Si vous Rwiu&c WHS Lf&MHD car c 'e*rr l& U$4n ç>oi MWISt (Droits rosarvus) nint Ixi Ixiîtn aux lo.itres Sinistre silence ¦ Depuis de nombreux jours, Beyrouth-Est ploie sous une pluie d'obus qui ont fait plus d'une centaine de victimes.Hier seulement (5 avril), on a compté une trentaine de morts et, d après le correspondant de Radio-Canada, le déluge de bombes était tel qu'il n'a pas été possible de les inhumer.L origine de cette sauvagerie?Le chef du gouvernement libanais a commis la «folie» d'appel 1er par son nom la situation qui prévaut dans son pays.Il a demandé au gouvernement syrien de cesser son occupation du Liban et d'en retirer ses troupes.Que font les États-Unis qui se sont érigés comme les maîtres d'une «pax americana» au Proche-Orient?Rien.Que fait le gouvernement canadien qui s'est Institué, par ses bérets bleus, héraut de la paix mondiale sous l'égide des Nations unies?Rien non plus.En Europe, la France et l'Allemagne se concertent et décident d'appuyer l'initiative du comité spécial désigné par la Ligue arabe.En fait, le monde occidental tout entier a décidé de se laver les mains et d'abandonner le destin du Liban au bon vouloir de la Ligue arabe.Que fait ledit comité de ladite Ligue?il demande.et n'ob- NDLR \u2014 De nombreux lecteurs nous ont écrit ces derniers jours pour dire à quel point ils sont affligés devant les malheurs qui s'abattent sur le Liban.Nous reproduisons aujourd'hui quelques-unes de ces lettres.tient pas un cessez-le-feu.La folie continue.Il est plus qu'évident que l'armée libanaise avec ses quinze mille hommes ne peut tenir tète à l'armée syrienne forte de deux cent mille soldats dont trente cinq mille sont présents au Liban.Prier conjointement les deux parties de cesser les hostilités sans mentionner la cause du conflit, c'est favoriser la Syrie.Car le Liban est l'occupé, l'agressé, et la Syrie, l'occupant, l'agresseur.Or, le gouvernement de Hafez Assad a été maintes fois désigné par la diplomatie américaine comme fotnenteur et complice du terrorisme international.De plus, il est actuellement très affaibli et très isolé au sein du monde arabe, pendant que la diplomatie soviétique marque de plus en plus ses distances à son égard.Une légère, très légère pression pourrait le faire reculer.Aucun gouvernement occidental n'a encore voulu exercer cette pression, Faut-il en conclure que les États-Unis, l'Europe, le Canada et le monde occidental dans son ensemble sont paralysés par la peur d'un pouvoir terroriste même moribond?Ou que ces gouvernements \u2014 horreur et damnation \u2014 auraient quelque sombre intérêt à ne pas le combattre.Que doi-.vent en penser les amis de l'occident?Joseph BERBERY Montréal Pourquoi pas une pétition?À Madame Gédéon-Kandalaf, ¦ À la lecture de votre article du 10 avril dans La Presse, je me dois de vous dire combien je suis touchée par la crise libanaise et combien j'acquiesce à la nécessité d'une action concertée de la part des Canadiens, je me sent toutefois bien impuissante.N'étant pas toujours en mesure de comprendre exactement la nature des conflits oui déchirent actuellement le Liban (doit-on.comme le suggère M.Frédéric Wagnière, sen «remettre aux grandes puissances qui peuvent forcer un peu la bonne volonté des pays du Moyen-Orient»?), je préférerais, à l'envoi d'une lettre personnelle, Joindre ma signature à une pétition ou à une chaîne de lettre ( méthode utilisée par Amnesty international) où serait clairement énoncée la position qui semble la meilleure, mais surtout la plus réalisable (d'où l'importance qu'une personne connaissant bien la question enclenche le processus).(.) Michèle HUOON Montréal Le Liban et les deux baleines ¦ Le Liban vit sa phase critique, sa phase de décision: la mort ou la vie.Malgré ces quatorze ans de manipulation et d'occupation étrangère, malgré le déchirement interne entre ses enfants, le Liban a survécu.Maintenant, le Liban fait face à la mort, et ça c'est nouveau I Ses enfants sont isolés et as- ' saillis par l'occupation étrangère syrienne: Il000 obus en une journée (03-04-89) sur les civils.L'eau, l'électricité, le blé, l'essence sont coupés, les hôpitaux et les centres vitaux bombardés farouchement à longueur de journée.Aujourd'hui, nous.Canadiens d'origine libanaise, souhaitons attirer votre attention sur notre terre d'origine, et demandons que vous donniez autant d'attention à l'humanité martyrisée du Liban qu'aux deux baleines récemment coincées dans le Grand Nord.Ironiquement, ces baleines ne faisaient même pas partie d'une espèce en vole de disparition.Mais si le silence mondial complice du massacre se perpétue, les Libanais, eux, seront bientôt une race disparue.Walld HOMSY Montréal Une présence illégale ¦ Pendant que les troupes d'occupation syriennes déversent des tonnes d'obus sur la population chrétienne libanaise, semant destruction, terreur et mort devant l'indifférence de la communauté internationale, (.) personne ne s'interroge sur I illégalité de la présence syrienne au Liban.Cette armée est rentrée en 1976 au Liban sous le nom de Force arabe de dissuasion ( F.A.D.) pour maintenir la sécurité dans le pays et devait être placée sous le commandement du Président de la République libanaise.Quelle ironie I Voulant imposer son diktat aux institutions du pays, cette armée syrienne déversait régulièrement son déluge de fer et de feu sur tous ses opposants et principalement sur la résistance chrétienne qui, sous le commandement du regretté président Bechir Gemayel, repoussa les troupes syriennes des régions chrétiennes.Mais dans ce réduit chrétien où s'entassaient tous les Libanais épris de liberté, pas un pouce de cette terre n'était à l'abri de l'artille- T ne syrienne.Au moment du sommet arabe de Fes, le 6 septembre 1982, le gouvernement libanais annonçait officiellement la fin du mandat de la F.A.D.et suite à cela, le 2 septembre 1983, le ministre des Affaires étrangères libanais d'alors, M.Elie Salem, remettait au secrétaire de la Ligue arabe une demande officielle des autorités libanaises réclamant le retrait des troupes syriennes du Liban, rendant ainsi leur présence illégale dans ce pays.Cela, bien entendu, resta lettre morte, la Syrie n'ayant jamais reconnu l'État libanais et oeuvrant toujours pour son annexion ou sa vassalisation.Le Dr Samir Geagea, chef des forces libanaises qui représentent la résistance chrétienne, avait déclaré à maintes reprises qu'il ne pouvait y avoir de solution au problème libanais sans le départ des troupes syriennes du Liban.Mais Geagea ne représentait que les forces libanaises et n'avait aucune couverture légale.Aujourd'hui, c'est la légalité représentée par le général Michel Deux poids, deux mesures -I I, __.'»,._____S\".11.zar, pour obéir aux lois canadiennes, a du quitter ic Canada pour son village\"» natal où ne l'attendaient ni la guerre, ni les bombardement?aveugles, ni les voitures piégées, ni la famine, son depart o teiiement soulevé l'opinion publique qu'il fut a la «une» des Journaux montréalais et des reportage» télévisés.Mais, quand les enfants de son âge sont massacrés dans .leur propre pays par une armée étrangère, quand des Libanais et Libanaises de tout âge succombent chaque jour, victimes Aoun, chef d'un gouvernement reconnu par la constitution libanaise, qui réclame le départ des Syriens du Liban.On connaît la réponse: pilonnage quotidien, matraquage de toute une population isolée, abandonnée, écrasée sous les obus de 105 et de 150 mm, blocus, coupure des vivres et d'électricité, cela sous le regard détourné des grands défenseurs des droits de l'homme.Le Canada, qui jouit de par le monde d'une grande crédibilité, devrait sans plus tarder utiliser tous ses moyens auprès de ses partenaires de la communauté internationale afin d'arrêter immédiatement les combats et le massacre de civils innocents, de mettre tout en oeuvre pour aider le gouvernement du général Aoun à entamer les négociations pour le calendrier du retrait définitif des troupes syriennes du Liban.Il ne s'agit pas ici de trois baleines emprisonnées dans l'Arctique mais de la survie et de l'existence d'une nation.Samir JARJOURA, m.d.Rassemblement «Kataeb Libano Québécois» de sauvagerie, aucune réaction visible et efficace n'apparait dans un pays pourtant renommé pour sa générosité et son sens humanitaire.MniM ni» dïrssp.dons ni collecte de fonds, ni billets d'avion, ni même publicité; nous aimerions seulement qu'une voix, celle du Canada, membre permanent du Conseil de sécurité à l'ONU^ s'élève pour pf'Gtc.stGr contre \u2022 occups-don d'un pays par une puissance étrangère.Mais, peut-être faudrait-il pour cela être une baleine?Ou alors un athlète en mal de gloire olympique?Uno Canadienne d'adoption d'origine libanaise, Marcelle HARFOUCHE Montréal LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 16 AVRIL 1989 B3 SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 16 AVRIL 1989 La personnalité de la semaine Cette aventurière qui n'avait jamais tenu une caméra dans ses mains remporte La Course des Amériques mu IRTIN Un jour, Catherine Fol a décidé d'être heureuse.Décision ferme, définitive, sans équivoque, sans appe!.et un autre jour, bien des an mis après, Catherine Fol a décidé lue gagner La Course des Amériques contribuerait à la adre heu^use.Elle a gagné La irse des .Amériques, comme de bien entendu.Et aussi le prix du Conseil international de l'action sociale pour son film Ils sont Péruviens.Et, pourquoi pas, le prix du public de La Presse.Un prix pour être heureuse, et deux autres prix pour être bien sûre qu'on a raison d'être heureuse.Catherine Fol est une jeune aventurière très prudente, quand il s'agit de son bonheur.Mais le bonheur, comme l'amour, est un oiseau volage, (n'est-ce pas.Il se gagne, il se paie ;cash.Et Catherine a payé cash: elle a travaillé très, très fort, mé-' thodiquement.! ^Pourtant, tout n'avait pas très bien commencé.Elle s'est inscribe à la «Course» après avoir longuement hésité.Elle terminait ;ses études en génie physique, brillamment, bien sûr, et avait décroché de haute lutte une bourse de maîtrise qui la conduirait à Paris.Parcours normal-pour cette élève exceptionnellement douée.Mais il y avait Jean-Louis Boudou, le réalisateur de la «Course» à Radio-Canada qui, .dans ses messages invitant les 'jeunes gens à courir les Amériques, l'interpellait constamment .'à la télé, comme pour lui dire: ;«Ce serait bien, non, de vivre \u2022une aventure».\u2022 Elle n'avait jamais tenu une 'caméra dans ses mains mais qu'importe, elle s'est inscrite tout de même.Au début, tout al- lait bien, elle était parmi les 16 finalistes.Elle était certaine d'être choisie.Elle a été choisie, mais elle n'a pas été préférée.En huitième place, sur huit: impensable pour cette première de classe compulsive.Le doute s'est installé.Elle a même écrit à ses grands-parents: «l'espère que mon culot ne m'aura pas poussé trop loin.» Et pendant les deux mois qui ont précédé le début de la course, elle a été rongée par la peur de l'échec.Sous une bonne étoile Catherine Fol est un enfant du divorce qui est né sous une bonne étoile.Paradoxal?Pas tant que ça.Ses parents, français d'origine, se sont séparés en 1970.Catherine a vécu la vie d'un enfant du divorce, moins les drames.Une vie de nomade, tantôt chez la mère, tantôt chez le père et vice versa.Mais en tout cas, ce n'était pas une vie ennuyeuse: «J'ai fréquenté 11 écoles, je me suis promené d'un bout à l'autre de la banlieue de Montréal, et chaque fois, j'ai dû m'adapter.Ça m'a beaucoup servi par la suite.» Elevée à la dure par son père et à l'américaine par sa mère, elle en a tiré le meilleur parti.«Pour ma mère, l'enfant était roi.Elle me donnait confiance en moi.Mon père croyait qu'on apprenait de ses échecs.Le mélange des deux m'a été utile dans la vie et dans la course aussi.» Le grand départ Le grand cirque s'est ébranlé en septembre.«l'avais peur, comme tous les participants.J'ai toujours eu peur parce que j'ai toujours eu conscience du danger.Mais j'ai pris mes précautions, tout de même.» CATHERINE FOL «La première semaine, j'ai fait trois films, j'en ai conservé un.J'étais pleine d'énergie.Vers la fin, j'étais essoufflée.Mais je n'ai pas lâché.» Pendant un mois, elle a travaillé dans le noir, sans rien connaître de l'accueil qu'on réservait à ses films à Montréal.La diffusion de l'émission n'a débuté en effet qu'à la mi-octobre.Catherine Fol ne savait pas si elle était condamnée à rester derrière les autres.Mais elle était gonflée à bloc.«La première semaine à New York, j'ai fait trois films, j'en ai conservé un.j'étais pleine d'énergie.Vers la fin de la course, j'étais essoufflée.Mais je n'ai pas lâché.» Au bout de quatre semaines, après New York, Washington, Santa Fé et {'Arizona, elle a enfin eu un signe de Montréal, un bon signe: elle était en première place.«Je n'en revenais pas», dit-elle.Il faut dire que le spectacle qu'on faisait de cette aventure, I émission La Course des Amériques animée par Michel Desautels, était une abstraction pour les globe-trotters.Us ne voyaient pas leurs films, puisqu'ils étaient montés à Montréal.Et en quoi un film vidéo de quatre minutes aurait-il pu rendre compte des mille difficultés rencontrées par les concurrents au cours de la semaine.Discours de la méthode Contre l'adversité, Catherine Fol a utilisé la méthode du «hasard et de la nécessité».Elle s'est préparée très minutieusement avant son départ de Montréal en choisissant ses sujets et en établissant des contacts.Sur place elle reprenait sa quête systématique, puis elle laissait au hasard sa juste place.Son reportage sur les guérisseurs et sorciers du Mexique est à cet égard exemplaire.Au cours de l'été 88, Catherine a rencontré par hasard une Mexicaine qui lui a révélé l'existence de l'aruda, une plante médicinale très utilisée en Amérique latine.Elle lui a aussi appris que la région de Oaxaca était réputée pour ses sorciers et ses guérisseurs.Sitôt arrivé à Oaxaca, Catherine a appelé le centre de recherche anthropologique qui l'a mise en contact avec deux chercheuses qui constituaient un herbier avec les plantes de la région.Par chance, elles connaissaient une guérisseuse disposée à recevoir Catherine.«Quand je suis arrivée chez elle, je savais que tout se jouerait très rapidement, car les guérisseuses indigènes sont très secrètes, je me suis présentée telle que je suis et quand nos regards se sont croisés, j'ai compris que c'était gagné, que je ferais un bon film.Nous ne nous sommes pas quittés pendant une semaine.» Catherine n'a eu tout au long de la course qu'un seul leitmotiv : rien ne sert de crier pour se faire entendre, mieux vaut murmurer pour se faire comprendre.Toujours la faculté d'adaptation de la nomade du divorce.Une adaptation méthodique toutefois.Elle connaissait le danger et était, comme elle le dit «en contrôle».U est très important d'être en contrôle pour Catherine Fol.Dans les rues de Bogota, dans le bidonville péruvien de Villa El Salvador ou sur Co-pacabana, à Rio, la nuit, elle a toujours assuré ses arrières dans la mesure du possible, puis elle est allée au front, courageusement, sûre d'avoir fait tout ce qu'il fallait.Le hasard ferait le reste.¦ Puis lassée d'un long voyage, Catherine est revenue au pays en jurant qu'elle ne vivrait jamais ailleurs qu'à Montréal, sa ville, «je me sens comme le maire Drapeau», dit-elle.Et fidèle au serment qu'elle s'est fait à elle-même, elle est heureuse.GL Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, l'excellence naît de l'effort.Iii AirCanada ALCAN **w« au magazine m jour Réolisatrice-coordonnatrice: LOUISE B.TARDIF Lt JOUR ma Avec Dominique Lajeunesse et Normand Harvey, On vous présente la personnalité M ****** du lundi au vendredi.de la semaine, demain à 13 h 15 * Télévision B4 LA PRESSE, MONTREAL.DIMANCHE 16 AVRIL 1989 À la maison ou à l'usine: une nouvelle façon de traiter l'eau Un système de traitement magnétique de l'eau, qui permet d'éliminer l'utilisation de produits chimiques CAROLE THIBAOOEAU ¦ Dans les conversations de salon, les chaudières industrielles ne tiennent pas très souvent le haut du pavé.Pourtant, dans l'industrie, on s'inquiète toujours de la «bouilloire».On craint que les tuyaux ne bloquent, que les éléments ne s'encroûtent, qu'il manque des produits de détartrage, etc.Une recherche menée en tandem avec l'Université de Sherbrooke et la compagnie Ëvolu-Tech, par le truchement des fonds d'aide à la recherche industrielle ( PARI ) du CNRC.vient de démontrer l'efficacité d'un système de traitement magnétique de l'eau, qui permet d'éliminer l'utilisation de produits chimiques.Le bilan: la facture énergétique diminue et on ne rejette plus de polluants dans les égouts.Traditionnellement, il faut «purger» la chaudière plusieurs fois par semaine, parfois trois fois par jour, alors qu'on ne le fait qu'une fois par semaine avec le conditionneur Hako.Dans les bouilloires, l'eau chauffée est habituellement près des points de saturation des silicates et des carbonates, points au-delà desquels ces particules forment des cristaux qui se déposent sur les électrodes, s'accrochent aux surfaces, etc.Cela réduit le volume de lu chaudière et nuit aussi à son fonctionnement.Pour pallier à ce problème: on ajoute des produits al-calinisants pour maintenir le pH entre 9 et II, ce qui prévient la corrosion, et on ajoute des produits qui dissolvent les cristaux; et enfin, .on purge! En pur- photo robert naoon.U Prose Le chimiste Carmel Jolicoeur, de l'Université de Sherbrooke, tient dans ses mains deux réservoirs d'évaporateurs commerciaux.À gauche, les électrodes ne sont pas encrassées; on s'est servi d'un magnétiseur d'eau.À droite, l'eau n'a pas été traitée et les électrodes contiennent des dépôts calcaires.géant, on rejette dans les egouts une eau polluée et chaude, d'où une importante perte d'énergie.Traitement magnétique «On a constaté que la cristallisation des particules est très influencée par la circulation dans un champ magnétique, explique le professeur Carmel (olicoeur.spécialiste en chimie colloïdale à l'Université de Sherbrooke.Sous le microscope électronique, on voit que les particules en suspension dans l'eau non traitée s'agglutinent les unes aux autres sous forme d'aiguilles dures.Dans l'eau qui a circulé à travers un champ magnétique, les particules sont plus molles, plus rondes, ne forment pas d'aiguilles.Elles ont tendance à tomber au fond sous forme de vase.» «Pour éliminer les particules en suspension, on ajoute un système de filtre uu traitement magné- tique», explique M.Louis-Claude Hébert, president de Evolu-Tech.Les colloïdes sont des particules en suspension dans l'eau, qui mesurent quelques nanometres.Elles sont donc plus grosses que des ions mais plus petites que des poussières visibles.«l'ai été pas mal intrigué par cet effet du traitement magnétique de l'eau sur les dépôts calcaires», reprend le chimiste.La science nous dit qu'il faut un champ magnétique assez intense pour influencer le comportement des ions, mais le professeur loli-coeur suggère qu'il faut un champ moins intense pour influencer celui des particules colloïdales, qui ont une charge plus élevée que certains ions.L'effet du champ magnétique sur les particules colloïdales dure environ deux heures, c'est pourquoi le système prévoit une circulation continuelle d'eau, afin de renvoyer dans la chaudière une eau traitée.Pour augmenter l'efficacité du dispositif, on multiplie le nombre d'aimants le long du tuyau: on va jusqu'à une quarantaine d'aimants consécutifs pour les grosses chaudières, ce qui permet un débit d'eau de 800 litres à la minute.Ce système peut s'adapter aux chaudières industrielles, aux tours de refroidissement, aux distillateurs, aux évaporateurs et aux échangeurs de chaleur, bref à tous les systèmes qui font circuler l'eau.Déjà, plusieurs organismes utilisent ce nouveau procédé et témoignent de l'économie qui en résulte, non seulement du côté de l'entretien mais aussi du côté des frais de chauffage.Une bouilloire encrassée peut ne fonctionner qu'à 60 p.cent de sa capacité.La Société de Transport de la Kive-Sud.par exemple, utilise des chaudières au gaz pour chauffer son garage d'autobus.En un mois d'opération avec le nouveau système, on a décidé d'abaisser la temperature de l'eau, tout en obtenant un aussi bon chauffage.Résultat final: les économies de chauffage et de produits de détartrage ont payé en quatre mois l'investissement dans les nouveaux appareils.«Le système est satisfaisant, affirme M.Daniel Trudeau, directeur des immeubles à la STRSM.Récemment, nous avons fait une vidange d'eau: l'eau était beaucoup plus propre que l'eau noirâtre qu'on voit dans un système ordinaire.Et cela, sans que nous n'ajoutions aucun produit chimique.» Le magnétiseur Hako est expérimenté également dans un système résidentiel de traitement de l'eau.Médecine La souris du bloc opératoire W.CIPPORD-JONES collaboration spéciale De temps à autre, en proie au découragement devant la somme des maux qui nous affligent, je lève les yeux au ciel pour en implorer l'assistance par une prière silencieuse de la teneur qui suit: «Seigneur, veuillez accorder quelque répit aux lecteurs et à moi-même! Le rire étant bonne médecine, faites-moi trouver de quoi nous divertir un peu.».Cela ne marche pas toujours, mais le Créateur m'a exaucé cette semaine.En Grande-Bretagne, un chirurgien orthopédique du nom de Joseph Dias, attaché à l'hôpital Glenfield, à Leicester, affirme dans le journal de la médecine britannique que .son métier est parfois plus dur qu'on ne croirait.Le docteur Dias relate qu'un patient, déjà sur la table d'opération, allait subir une anesthé-sie générale quand l'une des infirmières présentes déclencha un tumulte empreint de terreur en apercevant une souris dans un coin de la pièce.L'interruption qui suivit ne permit pourtant pas de capturer le rongeur, ce qui plongea l'équipe chirurgicale dans I indécision.Que fallait-il faire?C'est le patient lui-même qui donna la suite à l'épisode en se redressant sur la table d'opération et en s'exclamant: «La voilà! La voilai».Tandis que des infirmières effarées se juchaient à nouveau sur les tabourets disponibles, les autres courrurent sus à la souris récidiviste et, cette fois, l'occirent.On se croirait à la fin du scénario vaudevillesque, mais le sort en avait décidé autrement.En effet, dans la commotion générale, et pour faire plus de lumière sur le terrain de chasse au rongeur, quelqu'un avait descendu le lourd dispositif d'éclairage de la salle d'opération.Cette position inhabituelle prit au dépourvu le chirurgien Dias, dont la téte heurta l'énorme luminaire avec tant de violence qu'il en perdit connaissance et s'effrondra par terre.On imagine le désarroi de l'infortuné patient qui se dressa à nouveau sur le billard, cette fois pour regarder sur le plan- cher l'homme au bistouri duquel il allait confier sa vie.Brochettes chirurgicales Le Journal profite de l'occasion pour évoquer d'autres mésaventures dans les annales de la chirurgie.Notamment celle où une grande aiguille fut enfoncée dans une jambe fracturée avec une force telle qu'elle en traversa d'abord le membre, puis la main qu'un asistant avait passée derrière pour l'immobiliser, et enfin la jambe encore valide de l'accidenté.On entreprit les secours en sectionnant l'aiguille pour séparer les victimes.Ces anecdotes me rappellent ce matin de printemps ensoleillé où j'aurais dû rester chez moi plutôt que de me faire aider par une aspirante infirmière dont j'avais oublié la complète inexpérience en salle d'opération.l'avais à ouvrir un abdomen et me faisais aider dans l'encadrement du champ opératoire lorsque l'assistante transperça mon pouce en même temps que le tissu auquel sa pince à champ était destinée, le m'en souviendrai encore longtemps! Le docteur Dias mentionne aussi un cas où des seaux de plâtre et des poids de traction ont écrasé un pied de chirurgien en tombant de la table d'opération.Et celui du chirurgien qui.l'opération finie, glissa sur des serviettes mouillées qu'on avait jetées à terre, se claquant un tendon d'Achille.En chirurgie, la vigilance est de règle pour les assistants.Lors d'une intervention, un chirurgien qui venait de faire une incision plongea involontairement dans le ventre d'un aide le bistouri qu'il voulait remettre à une infirmière.La graisse que la victime avait en abondance à l'endroit touché limita providentiellement la gravité de la blessure.Dias conclut que les chirurgiens orthopédiques vivent plutôt dangereusement quand leur travail les amène à utiliser à la fois des instruments acérés et la force physique.Il n'a, hélas, pas rapporté les mots de son patient au spectacle d'une souris morte dans un coin de la salle d'opération et d'un chirurgien dans les pommes au milieu de la pièce.Mais je soupçonne que le malade aura interprété les événements comme un avertissement du destin et qu'il se sera fait reconduire dans sa chambre.Au moins pour le restant de la journée.Le carnet d'observation Ornithologie à toutes les sauces ¦ Ce n'est pas nouveau: l'ornithologie augmente en popularité au Québec.Hausse du nombre de clubs d'ornithologues-amateurs, multiplication des initiatives, dont le festival des outardes à Saint-f ulgence, au Saguenay, le festival des hirondelles à Plaisance, dans l'Outaouais, ou les rencontres avec les naturalistes à Baie-du-febvre.Et cette découverte faite dans le courrier, une auberge au curieux nom de Au rendez-vous des mutants, à Saint-Léon, sur la rive nord du lac Saint-Pierre, qui offre des séjours d'observation d'oiseaux au printemps.Des résultats qui se font attendre ¦ Ginette Bouchard, du quartier Duvernay, à Laval, a acheté cet hiver deux mangeoires de type mentionné dans une chronique.«Voilà deux mois que je les ai installées et je n'ai pas eu de visiteurs.Pourtant, quand je lance du pain au sol, j'ai toujours du succès! Que faire pour attirer les oiseaux à mes mangeoires?», demande-t-elle Vous n'identifiez pas les espèces qui réagissent à vos croûtons de pain, mais il y a fort à parier que sont des oiseaux comme des moineaux, étour-neaux ou pigeons, qui préfèrent se nourrir au sol que sur les perchoirs des mangeoires suspendues.Il se peut aussi que vous ayez installé vos mangeoires trop tard dans l'hiver pour que des oiseaux recherchés, comme les chardonnerets, mésanges, roselins, aient pu localiser la nouvelle manne.Vos mangeoires étaient-elles bien en vue des oiseaux?La chance' n'est pas toujours de notre côté.Il faudra commencer plus tôt l'hiver prochain.J'espère que cet insuccès ne vous découragera pas et que, au contraire, vous persisterez.Avez-vous essayé avec quelques graines sur un plateau proche de vos mangeoires suspendues?Les bernaches de Plaisance a Le festival des outardes, à Plaisance, sur le bord de la rivière aux Outaouais, en est à sa quatrième année d'existence cette saison.Cet événement, qui se déroulera du 22 au 30 avril, permet aux amateurs d'observer environ 30 000 bernaches qui séjournent sur les terres basses longeant la rivière dans le coin de la réserve faunique de Plaisance.Cette halte migratoire est située à 150 kms de Montréal.On y attend 15 000 personnes cette année et l'admission est gratuite.Des guides naturalistes sont sur place pour vous permettre d'observer les oiseaux à l'aide de télescopes dans les abris installés à cette fin.On pourra aussi visiter un centre d'interprétation sur la bernache, observer de près des outardes en captivité dans un enclos reproduisant les conditions naturelles de leur habitat à Plaisance, et assister à une exposition d'art amérindien sur les oiseaux migrateurs.Les dimanches après-midi, un biologiste donnera une conférence sur la bernache et des animateurs du Club des ornithologues de l'Outaouais initieront le public à l'observation des oiseaux.On peut obtenir d'autres renseignements au 1-819-427-5006.Visite au lac Saint-Pierre ¦ Le club d'ornithologie de Longueuil organise une excursion le dimanche 23 avril sur la rive nord du lac Saint-Pierre, où l'on visitera notamment une tourbière, un phare, la commune de Berthier, le marais de Saint-Eugène et la halte routière de Berthier.Le rendez-vous est a 6 h 30 dans le terrain de stationnement du pavillon d'accueil du parc régional de Longueuil, coin Curé-Poirier et Adoncour.Le retour aura lieu au coucher du soleil.Transport par co-voitu-rage.Renseignements auprès de Daniel Daigneault au 677-0259, ou Michel Sainte-Marie au 646-8269.PIERRE GINGRAS Saule Nalure Beauté Conférence exceptionnelle «L'Energie, c'est la vie» avec Jacques Staehle Directeur du Centre mondial de recherche pour la santé et la beauté per les moyens naturel* Mardi 18 avril, 20 heures Hôtel Shangrila 3407, rue Peel, angle Sherbrooke (métro Peei) VIVEZ MIEUX.VIVEZ VIEUX par la stimulation de vos points énergétiques.À cens occasion.Jacques S'aehie dédicacera ses 3 derniers livres: Les Oligo-Eléments.Source de Vie \u2022 Effacez vos douleurs - Sans Tabac Sans Regrets.i No manquez pas ce rendez-vous avec le mieux-être.Entree: 3$ Université de Montréal D.E.S.I.LA MICRO-INFORMATIQUE: ÉTÉ 1989 La O.E.S.I.à compter du 1er mai.offrira les cours suivants: Programmation avec Pascal (2 niveaux) Programmation avec le langage C (Turbo) Initiation à la micro-informatique Traitement de texte: Wordperfect 5.0 Tableurs et chiffriers: Lotus 1-2-3 2.1 Fichiers et bases de données: DbASE III Plus (2 niveaux) Renseignements: Secrétariat de la D.E.S.I.Pavillon principal.T-536 Téléphone: 343-5805 CENTRE DE CONSERVATION DE LA FAUNE AILÉE 7950, rue de Marseille (angle Honoré-Beaugrand) Montreal, ML 1N7J514) 351-5496 POUR TOUS Apprenez à limiter les désagréments que pourraient causer les animaux sauvages qui nous entourent.comme les écureuils, les suisses les ratons laveurs, les souris, les rats, les chauve-souris, les couleuvres, certains oiseaux etc.Apprenez à connaître leurs moeurs.Honoré-Beaugrand NIGHOIRS D'HIRONDELLES LE CENTRE DELA JUMELLE AU QUÉBEC Plus de 50 modèles a prix imbattables BUSHflELL sportview SPÉCIAL PRODUITS EN MAGASIN \u2014 Commande» postales «cesptee» (+10% poor Im trais d'envoi»: n*.2.50* \u2014 mai.M) \u2014 Plie ment per cheque, mandat ou cette» NO__ kos peoourrs sont aussi vendus dans us bonnes PtPIWÉRIS, centre» de jerdm et le» b«utl
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