La presse, 5 juillet 1989, E. Arts et spectacles
[" Arts et spectacles LA PRESSE.MONTREAL.MERCREDI 5 JUILLET 1989 Le 10e Festival de JAZZ de Montréal .L, 1 i_.J__L__t____I__'II* SjilliiJttii_1__S____i\u2014L\u2014L\u2014A\u2014J\u2014l\u2014I\u2014!_!_i_I_ï\u2014I\u2014i\u2014»\u2014L_!\u2014L TT I TT 1 TTT 1 TT I.TTT Jackie McLean Jackie McLean : quelque peu académique ALAIN BRUNET Dans la nuit de mardi à mercredi, le saxo alto lackie McLean nous a servi une performance presqu'uni-versitaire.à l'UQAM.Certes très solide de facture, cet engagement n\\i peut-être pas produit la grande magie boppeuse, celle qui mène connaisseurs et profanes au paradis de l'impro.Pour tout vous dire, on n'a pas viré sur le capot.Bien sûr.Me Lean est un saxophoniste fondamental si on fait la rétrospective des souffleurs d'alto en quarante ans de be-bop.Sa sonorité est descendante de celle de Char-lie Parker, mais la texture quelque peu métallique de son tuyau magique, les petites notes légèrement déviationnistes de son cru lui confèrent une personnalité imcomparable.On a d'ailleurs pu vérifier ses grandes aptitudes, intactes après tant d'expirations.Au programme, on avait affaire à une musique profondément enracinée dans le jazz; mélange de bop, de jazz modal (crépuscule deas années 50.aube des années soixante), et même du Burt Bacharach jaz-zé! Plusieurs pièces étaient signées par René McLean, fils de lackie.L'alignement?D'abord, un pianiste sud-africain beaucoup plus proche de McCoy Tyner que de son compatriote Abdullah Ibrahim ; Hotep Gaieta manifeste une très forte technique, un doigté percussif au maximum, une très bonne main gauche; en somme, de grandes aptitudes techniques, mais on ne lui découvre que peu de personnalité au delà de la filiation tynerienne.Ah oui ; il offre bien quelques harmonies sud-africaines.La section rythmique est correcte mais pas enlevante; un bassiste efficace, un jeune batteur plus excité que son collègue mais sans plus.Il fut par ailleurs intéressant de découvrir un protégé de McLean, le jeune tromboniste Steve Davis, un souffleur très compétent, relativement orthodoxe mais qui ne restera pas longtemps en coulisse.Passant d'une vie de bum génial aux côtés des plus grands à une deuxième tranche nettement plus rangée.McLean n'est plus vraiment sur la route.«Bluesnick» à l'époque de Kerouak et de Charlie Parker, ( un terme qui fait référence à un de ses disques sur Blue Note dans les années cinquante et bien sûr à la beat generation ).il a plongé tète première dans le trip psychédéliquye des années soixante; un genre de hippie du jazz, survivant au désintéressement des fans.Bop renouvelé, quelques pointes de free, stupéfiants.Et puis comme tant de jazzmen, McLean a lâché la dope pour la religion.Il devint islamique (l'est-il encore?) et on l'a pris pour modèle de désintoxication.Une fois déba-rassé de tous ses vices, il fut embauché dans une faculté de musique.Bénéficiant d'une chaire à la prestigieuse Université de Hartford depuis 72, Connecticut, McLean nous présentait d'ailleurs un personnel formé majoritairement de profs du même endroit.En somme, tous ces collègues de travail sont très compétents, mais il ne se sont pas défoncés pour nous.A LA CARTE.?Il s'en est passé des choses dans la carrière d'UZEB depuis leur concert au Festival de jazz de 1981.Après d'innombrables tournées, des disques bien accueillis et quelques aventures musicales individuelles, le quatuor est redevenu trio en 1987, afin de permettre à sa musique de mieux respirer.En témoignent le microsillon Noisy Nights et une tournée dont le spectacle de ce soir à la salle Wilfrid-Pelletier est le point culminant.?Sur la grande scène du Complexe Desjardins, à 22 h.un groupe d'Angleterre, les Loose Tubes, qui offrent un produit bien particulier.Il s'agit d'un big band d'une vingtaine de musiciens qui n'ont pas peur de faire swinguer la tradition: peu orthodoxes, ces Anglais font un heureux mélange de jazz, de rock, de funk, de la salsa et de reggae, le tout donnant un son très actuel, assez éloigné du big band classique.À Londres, on ne parle que d'eux, mais ils n'ont pas encore percé au Canada.Introuvable ici sur disque! C'est donc à une découverte que vous êtes conviés sous les étoiles (gratuites elles aussi )! ?Le Français Bernard Lavilliers ne nous a pas rendu visite depuis dix ans et c'est là une raison suffisante pour être au rendez-vous ce soir au théâtre St-De-nis.Mais il y a plus.Son p'tit dernier.If, est un disque d'une puissance peu commune.Fasciné par les rythmes d'ailleurs, de la lamaïque comme du Brésil, Lavilliers propose un spectacle chaud et coloré qui s'inscrit tout à fait dans la tradition de la série Contrastes.Gonzalo Rubalcaba vole la vedette ALAIN BRUNET Al'auberge Charlie Haden, ( la salle Marie Gérin-La-joie, si vous préférez), Gonzalo Rubalcaba a volé le show.On parlera d'un mardi concluant pour le prodige cubain.Le pianiste est vraisemblablement devenu une star à Montréal, épatant la galerie de ses fantastiques capacités techniques.Au clavier acoustique, ce musicien a encore démontré qu'il était l'un des plus brillants instrumentistes de sa génération.Fluidité et rapidité à tout le moins hallucinantes.A 25 ans.Rubalcaba a acquis le statut de star au festival de Montréal.On le découvrait l'an dernier avec son propre groupe, tourbillion infernal de nouveau jazz afro-cubain, sans compter une apparition remarquée au concert de Dizzy Gillespie.«Quand je suis allé à Cuba, j'ai vu Gonzalo Rubalcaba et j'ai tout de suite eu envie de jouer avec lui.On s'est alors enfermés dans un studio pendant une journée entière.Plus tard, quand André Ménard m'a demandé avec qui je voudrais jouer dans le cadre de ma série au festival, j'ai tout de suite pensé à Gonzalo, car il est bien difficile de jouer avec un artiste cubain aux Etats-Unis», alléguait le contrbassiste Charlie Haden.en guise d'introduction au concert l'associant à Rubalcaba et le batteur Paul Motian.Lundi soir, le rapport entre le pianiste et ses collègues a quand même été discuté.A la sortie du concert, quelques collègues exprimaient certaines réserves à l'effet que Rubalcaba en mettait trop, que ses atouts techniques l'emportaient sur la musicalité.Plus ou moins d'accord, je ne me suis pas encore lassé de ces fabuleux slaloms.Et si c'était le cas, laissons donc grandir ce fin.encore loin de la maturité artistique.Et puis n'a-t-il pas révolutionné le concept de salsa-jazz avec son propre groupe?Ouant à la complicité et la cohésion du trio.on.pourra constater les carences.On voit effectivement que ces bardes n'ont pas énormément joué ensemble, que l'on est encore loin de la fusion parfaite des éléments.Même c'était tout de même loin d'être désagréable.Cette formation a entre autres des pièces tirées du dernier disque du Liberation Orchestra (Silence et La Passionaria), sans compter Vignette de Gary Peacock et The Blessing d'Ornette Coleman.Un heure et quelques poussières.Un ptit quart d'heure de plus à chaque soir, est-ce trop Vous demander, monsieur Haden?Si la cohésion n'était pas totale entre les membres du trio de lundi, on dira le contraire pour celui de dimanche, le n'ai malheureusement assisté qu'à une demi-heure du concert, associant Haden au trompettiste ( pocket trumpet) Don Cherry et au batteur Ed Blackwell.Ce que j'ai vu et entendu était superbe, de la grande musique, ils se connaissent tellement, leurs expériences passées sont si importantes (Or-nette Coleman et le reste).La chimie m'a semblée parfaite; voilà comment trois musiciens aux capacités techniques quelques peu limitées démontrent que la musique n'est pas strictement une affaire de technique.Ils ont consolidé leur mythe, nul doute là-dessus.Gonzalo Rubalcaba photo robert mailloux u Prêts' Cilberto Cil: tout un contraste Alain de Repentlgny photo robert maiiloux.L j Presse Cilberto Cil \u2014fa a ne fait plus de doute, l'été est arrivé.Lundi, à 'IpB 23 h.il faisait une chaleur accablante dehors.Cetait presque aussi chaud au théâtre St-Denis où le Brésilien Gilberto Gil et ses six musiciens faisaient danser des centaines de Montréalais au rythme de leur musique métissée.Gil.un habitué de la scène new-yorkaise, a lancé tout près de 30 microsillons depuis I9bb.C'était pourtant son tout premier.spectacle au Canada.Il n'était pas en terrain inconnu: dans la salle, plusieurs spectateurs reconnaissaient ses chansons dès les premières notes.Il y a 20 ans.Gil était l'un des piliers du mouvement Tropicalia qui cherchait à déconstiper quelque peu la bossa nova.Comme en plus ses chansons avaient une teneur politique, le gouvernement militaire de son pays l'a forcé à s'exiler pendant trois ans à Londres.Il en est revenu plus convaincu que jamais de la nécessité de mêler à la musique brésilienne des éléments de rock, de jazz, de reggae et de rhythm and blues.Lundi soir au St-Denis, Gil a fait rigoler bien du monde en racontant la légende farfelue de l'union d'un dieu africain et d'une déesse européenne qui ont eu des enfants nommés samba, rhythm and blues, mambo et rhumba, les ancêtres du rock n roll.Puis il s'est lancé dans Chuckberry Fields Fore-verl, une chanson bluesée dans laquelle le mot mi\\-furecôtoyait juju, soca et salsa.Plus qu'une performance musicale, le show de lundi était un prétexte à la fête animée par un ex- pert en la matière.Le show n'était vieux que de 15 minutes que les spectateurs avaient envahi les allées et le devant de la scène.Gil n'avait qu'à lever le petit doigt pour que son public répète après lui les onomatopées les plus amusantes \u2014 Sting serait-il allé à son école par hasard?\u2014, tape des mains en accélérant le rythme ou bondisse sur place.Le menu offert était évidemment très éclectique: la salsa entraînante de Soy Loco Pot Ti, America, mais aussi beaucoup de reggae dont deux chansons de Bob Marley, Stir It Up et No Woman No Cry (Nao Chore Mais, en portugais).Une chanson récente écrite avec son compatriote Chico Buarquc rappelait davantage le zouk des Antilles françaises et le juju du Nigeria par la sonorité de la guitare, tandis que Back In Bahia, sa première composition à son retour de Londres en 1972.était nettement plus rock.Et juste avant Oriente, l'une des chansons les plus populaires de Gil.son bassiste a offert quelques mesures de Brazil qui ont fait réagir la foule.« |e viens de Bahia, une région aride et pauvre du Brésil.La bossa nova vient de Rio, elle est plus flamboyante, plus riche, plus bourgeoise, l'aime la bossa aussi », a encore dit ce fils de médecin, diplômé en administration, avant d'offrir Flora, une chanson toute douce bercée par sa guitare acoustique et une flûte.Avant la fin de ce spectacle de plus de deux heures, Gil a repris en français la chanson contre le racisme Touche pas à mon pote!, sermonant son interlocuteur imaginaire sur une musique de party.Il a enchainé avec une pièce funky assortie d'un solo de piano électrique jazzé.La série Contrastes n'avait jamais si bien porte son nom.UZEB acquiert ses lettres de noblesse MARIO ROV mt \\ a salle Wilfrid-Pelletier \" mm va donner une dimension.officielle à notre musique!», dit le bassiste Alain Caron après avoir longuement cherché le mot juste.Pour la première fois depuis que le groupe existe.UZEB va se produire, ce soir, dans la grande salle de la Place des Arts.Trois musiciens sur une scène où d'habitude, il y en a une centaine.«|c serais plus nerveux si nous n'avions jamais fait l'Olympia.Mais nous avons fait cette expérience et je sais que nous serons en mesure de demeurer proches des gens», ajoute Caron.Hier, on a organisé une petite fête pour UZEB, dans les heures précédent le concert Metheny \u2014 avec de gros nuages qui mema-çaient au-dessus de la terrasse du Méridien où le trio était convié.Une petite fête pour souligner un événement sans précédent dans le monde québécois du jazz: UZEB a vendu 200000 exemplaires de ses huit microsillons.Alors, le jazz n'est pas mort?«Celui de Coltrane ou de Parker est mort, comme la musique de Bach.Mais le jazz a encore bien des choses à dire», estime Caron.«Les paramètres musicaux sont plus nombreux que les mots dans le dictionnaire! Il n'y a qu'à approfondir cette connaissance et à mettre un contenu à ce vocabulaire.Quant à nous, nous nous sommes faits un son : personne ne dit plus que nous sonnons pas comme Weather Report ou comme Chick Corea.Et il nous reste bien des avenues à explorer».À preuve.UZEB fera ce soir trois nouvelles pièces composées depuis la sortie de « Noisy Nights », il y a près de deux ans.Uzeb.Michel Cusson, Alain Caron et Paul Brochu.photo robert maiiloux.la Presse LES GRANDS BALLETS CANADIENS, TENUE D'ÉTÉ CE SOIR Une présentation de Lu Conseil des Arts du Maurier lfee° .\u201e i\" n- at-o^' .1' TûtiJCCO Linufcf* PROGRAMME 1 o o o< o o juillet à 20h Divertimento No.15 (Bolonthine/Mozart) Ouverture russe (Kudelko/Glinko) In Paradisum (Kudelko/Baker) Concerto Six Twenty-Two (Lubovitch/Mozort) PROGRAMME 2 ©, ©, (D' ©< © juillet à 20h Agon (Bolonchine/Slravinsky) Jardi Tancat (Duoto/DelMar Bonel) Possoge (Kudelka/Tollrs) Coppelio Acte ll,2e tableau (Martinez d'après Petipo/Delibes) THÉÂTRE DE VERDURE PARC IAFONTAINE annules en cm de pluie Info 8/76711 I8h I8h) T E2 LA PRESSE, MONTREAL.MERCREDI S JUILLET 1989 M!HMU!iM!!NIHii! * : I lui Francine Grimaldi Des Jam Sessions qui prolongent le plaisir Suivez-vous de près le Festival International de Jazz de Montreal?C'est épuisant.Deja chaque matin quand je lis dans La Presse tous les reportages et critiques sur les activités de la veille je trouve ça épuisant à suivre! C'est fou, c'est beau, c'est HOT en diable comme ambiance en ville, surtout que le soleil se montre bon festivalier, il y a de quoi planer d'un site à l'autre, et c'est le cas de le dire avec la navette du festival qui est commanditée par la ligne aérienne Canadien International! Ils sont superbes à voir ces bus, la compagnie devrait garder cette publicité ambulante.?* * Ce que je ne comprends pas c'est qu'il faille s'habiller comme pour aller au Pôle Nord pour suivre les concerts en salles.Il fait 30* à l'extérieur, nous sommes donc habillés en conséquence, et en salle on s'ingénie à nous frigorifier! La climatisation est responsable de bien des rhumes, grippes et laryngites au festival.C est insensé car en fait c'est l'hiver qu'on devrait climatiser les salles.Nous sommes déjà habillés comme pour aller au Pôle Nord.* * * Au début du festival je cherchais où prolonger mon plaisir dans la nuit.Le dernier concert commence à minuit au Spectrum, il y a du bon blues, mais après?'.undi.j'ai trouvé.Un ami qui me veut sans doute du bien (?) m'a dit: «Il y a eu des |am Sessions formidables dimanche au Méridien, tu devrais y aller».L'hôtel Méridien est l'hôte du Festival de jazz et tous les musiciens y sont logés let mais le père Lindsay invite tous les curieux déjà dimanche à visiter l'amphithéâtre, même les loges et les coulisses de 13 h à 17 h.l'entrée sera libre.Le 17 juillet ça sera une soirée très protocolaire, en présence de Çlusieurs ministres dont Marc-van Côté.De Cotret et madame Use Bacon.Parmi les artistes invités sur scène, vous remarquerez Youri Mazourok du théâtre Bolshol, un « Stranger in paradise » qui jouera ensuite le Prince Igor le 22 et, soit dit en passant, il y aura des surtitres, comme à l'Opéra de Montréal.Bravo! On ne peut quasiment plus s'en passer maintenant.Y0USS0U N'DOUR NE VIENT PAS ¦ Youssou N'Dour a annulé sa tournée nord-américaine! Quel dommage.Le groupe devait entre autre participer au festival de Lanaudière le 12 août! Qui le remplacera?On parle sérieusement de Gypsy Kings.A surveiller! LE FESTIVAL D'ÉTÉ OE QUÉBEC, C'EST PARTI! ¦ C'est demain que s'ouvrira le Festival d'été de Québec! Ah si j'avais le don d'ubiquité, ou un hélicoptère.! une première aura lieu aujourd'hui à la Délégation Wallonie-Bruxelles à Quebec, en fait une avant-première: la Communauté française de Belgique lancera un disque compact avec les 5 chanteurs qui participeront au festival : Maurane, Didier Odleu, le duo Crommelynck, Viktor Lasto (une drôle de fille cette Viktor) et les Funambules: 2 mimes! Assurément les lers mimes sur disque! * * * Des artistes de trois continents participeront aux spectacles d'ouverture du Festival d'été de Québec demain soir: Richard Séguin pour l'Amérique, Manu di Bango pour l'Afrique et Bernard Lavilliers avec sa douzaine de musiciens, comme au festival de |azz de Montréal pour l'Europe.Sylvain Cagnon mais en général ils ne restent qu'une nuit.Ce n'est pas évident qu'ils iront jammer au bar de leur hôtel après leur show! Certains vont manger en ville, se promener et puis dormir pour se lever à l'aube pour prendre l'avion.Astor Piazzola par exemple donnait un concert le lendemain au Danemark, le pianiste cubain Conzalo Rubalcaba partait tôt le lendemain de son concert avec Charlie Haden pour jouer en Allemagne, etc.Mais! Maintenant Pierre Leduc est chargé d'animer les (am Sessions et ça marche.D'abord il connaît la plupart des musiciens, ayant animé les la m pendant quatre ans lorsque le festival logeait à l'hôtel du Parc.De plus ses musiciens Camille Bélisle à la batterie et Sylvain Cagnon à la contrebasse, font preuve d'une souplesse admirable.Ils ont jammé avec le groupe vocal Voice Trek, avec le saxophoniste de Nat Adderley, Vincent Herring, des chanteuses comme Viviane Dean et Coleen Savage, il y a eu un long moment magique, privilégié, de jam avec le pianiste cubain Rubalcaba dont le jeu est tout à fait torrentiel.C'est le Speedy Gonzalez du clavier! Son concert avec Char-lie Haden était superbe mais comme 1res «officiel», alors qu'au bar du Méridien, il s'est visiblement amusé à fond.Après avoir passé le crachoir à chacun des musiciens québécois, question de sentir à qui il avait à faire et de soupeser leur calibre, la complicité s'est immédiatement établie en toute harmonie, chacun relançait l'autre dans des solos d'une grande virtuosité.Quel plaisir! Ça valait de l'or.VISITE LIBRE DE L'AMPHITHÉÂTRE DU FESTIVAL DE LANAUDIÈRE ¦ Un festival n'attend pas l'autre, vous savez que l'ouverture officielle du nouvel amphitheatre du Festival d'été de Lanaudière aura lieu le 17 juil- LES COMMUNICATIONS EN IMAX ¦ Première mondiale dans le Vieux Port de Montréal lundi soir prochain : J'écris dans l'espace, pas moi! C'est un film fiction de Pierre Etaix en IMAX sur l'évolution des communications depuis 200 ans: du télégraphe des frères Chap-pe à l'appel de planète à planète.Ce film de 40 minutes sera projeté simultanément en première mondiale le 10 juillet sur les maxi-écrans IMAX de Montréal, Paris, Ottawa, New York, Washington et San Diego! Vive les communications! DES NOUVELLES DU F.F.M.¦ Des nouvelles d'un autre festival: le film Bethune qui devait ouvrir le Festival des Films du Monde le 24 août prochain ne sera pas prêt à temps.Pas de panique pour le moment, il sera présenté en soirée de clôture du festival à la place.C'est une comédie qui ouvrira le festival : Shirley Valentine de Lewis Gilbert, c'est l'adaptation de la pièce à succès de Willy Russell (dont il avait aussi porté à l'écran Educating Rita), une pièce qui a remporté le Prix Laurence Olivier de la meilleure comédie de l'année à Londres, avec Pauline Collins qui a mérité le Prix de la meilleure comédienne.Dans ce film elle reprend son rôle et joue en co-vedette avec Tom Conti.D'ici la fin du F.F.M.croisez vos doigts pour que Bethune aboutisse.HYUNDAI ET LA DANSE CORÉENNE ¦ Pour souligner l'ouverture officielle de son usine d'assemblage automobile de Bromont.Hyundai Auto Canada fait venir la troupe de danse coréenne Lee Myung Ja! La compagnie de danse folklorique donnera une seule représentation demain pour les honorables invités demain soir à la P.D.A.Sur ce, à dimanche.Sonny Rollins n'a plus rien à prouver ALAIN Sonny Rollins ne cherche plus à exorciser les mauvais esprits qui l'ont déjà habité.Ce géant du saxo ténor n'a plus rien à prouver, si ce n'est que de poursuivre paisiblement une recherche qui fut longtemps ardue.Rollins est au bout du fil de son appartement new-yorkais, où il y organise sa vie profesionnelle.Le gros de son temps, le saxophoniste le passe à la campagne, bien au nord de la Crosse Pomme.On l'a évidemment appelé en vue du concert qu'il donne demain au Théâtre St-Denis.Ce grand musicien avait fait sa marque à l'aube des années cinquante, alors considéré comme le prodige de l'instrument qu'il catalyse si bien.Sa sonorité puissante, robuste, ses entraînements précoces chez Thelonious Monk, ses passages chez Miles Davis, Max Roach et Clifford Brown et autres prestigieuses collaborations l'avaient rendu célèbre dès le début de sa carrière.Pendant un moment, il fut LA référence au ténor, LE successeur de Lester Young et Coleman Hawkins.Valorise-t-il encore l'importance de l'époque qui l'a vu émerger?«C'était l'âge d'or du be-bop.tant de grands noms encore vivants: Trane, Lester Young, Bud Powell, Monk, Ellington, Basie.II y avait plus d'intensité, les gens jouaient avec coeur et âme», souligne l'homme de 59 ans, aux apparences nostalgiques.«Maintenant, c'est différent, il y a une infrastructure développée, on voyage dans de bonnes conditions, le jazz n'est pas un choix si crucial.Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas d'autres périodes comme celle-là», poursuit-il.Ces considérations sur le «good old time» impliquent-elles un désintéressement par rapport à ce qu'il se fait de neuf dans les nouvelles variantes du jazz?Pas de prophètes «|e n'aime pas dire que les jeunes n'arrivent pas à la hauteur des meilleurs de ma génération, répond Rollins.C'est peut-être le Sonny Rollins cas, mais le jazz n'a pas besoin de prophètes pour évoluer ».lustement, parlons-en des prophètes.Car pendant un moment.Rollins était lui-même considère comme un prophète du ténor.Or il fut par la suite détrôné par lohn Coltrane.véritable messie dans les années soixante.Avec toute cette pression sur les épaules, Rollins a déjà été très perturbé par la quête de son identité au ténor, il a même capoté quelques fois.Longtemps, il a poursuivi son ombre, ponctuant sa carrière de trois longues' séquences d'introspection.La légende le dépeint sur le pont de Williamsburg à New York, essayant en vain de découvrir la vérité profonde du saxophone ténor.C'était la deuxième sabbatique de Rollins en 1960.Il y en avait eu une autre cinq ans plus tôt; le saxophoniste avait alors laissé le quintet de Miles Davis afin de se débarasser de ses dépendances aux narcotiques.Un troisième arrrét est survenu en 68, à l'époque où le jazz n'intéressait plus les producteurs; Sonny était allé passer six mois en Inde.11 fait du yoga depuis lors.Trente ans plus tard, Rollins se préoccupe-t-il de sa quête d'identité?-.v.-.mÎ «l'ai toujours essayé de changer, qu'il fallait que je m'améliore.À l'époque où je jouais avec Monk, Bud Powell, Miles, j'émergeais.Mais ce n'était pas nécessairement mon meilleur travail.Par exemple, je ne jouais pas en solo dans les années 50.le suis plus mature maintenant, enfin je l'espère, allegue-t-il, calmement, pas du tout angoissé.Terminées, les crises existentielles.Notre homme enregistre assez régulièrement (sur Fantasy, ces dernières années; il compte faire le prochain avec Branford Marsa-lis), se promène partout dans le monde, allie son jazz à la çalypso et autres musiques antillaises.Le groupe actuel de Rollins est stable, tout va bien.,\u201eUJ Le Saxophone Colossus, pour reprendre un terme qui fut longtemps associé à son personnage, a maintenant du plaisir à jouer ce 3u'il compose.Pour l'avoir enten-u sur scène en 84, je puis vous dire que cette musique n'a rien de perturbée ou de perturbante! ; Bernard Lavilliers se sent comme Hemingway Alain de Repentlgny photo robert maiuoux.La Presse Bernard Lavilliers ¦I y a longtemps que Bernard Lavilliers puise dans les rythmes et les sonorités d'ailleurs pour colorer ses chansons.Il y a également longtemps qu'il ne nous a pas rendu visite pour nous raconter ses histoires de voyages sur des airs latins.La dernière fois, c'était en 1980 à la Place des Nations et à l'Expo-Théâtre où le spectacle avait été filmé pour la télévision.L'ex-boxeur n'est pas entré dans les ordres pas plus qu'il n'a été kidnappé par une secte quelconque.«|'ai beaucoup voyagé en 1980-81 et en 1982 j étais très bizarre, j'avais envie de me suicider, ça a duré un an.Et puis Polygram ne sortait pas mes albums régulièrement ici.Des producteurs voulaient me faire venir, ils étaient convaincus d'attirer du monde, mais c'est difficile quand tes disques ne sont pas disponibles.» Mais depuis, le président de Polygram en France est devenu président de la compagnie à l'échelle internationale et le nouveau microsillon de Lavilliers, If, est distribué en Angleterre, en Italie, en Suisse, -au lapon.et au Canada.Un disque tout à fait réussi qui attirera beaucoup de monde au spectacle au théâtre St-Denis ce soir à 23 h.Comme d'habitude, Lavilliers s'est promené pendant quelques mois pour créer If.À Haiti, au Nicaragua aussi où il a interviewé le président Daniel Ortega pour le compte de la chaîne américaine NBC.Il y a aussi interrogé des jeunes de vingt ans qui ont connu les affres de la guerre dix ans auparavant et en a tiré la chanson Petit.«l'ai amené mon fils pour lui montrer que même à 13 ans, les enfants là-bas se battent dans l'armée dans le nord du pays.Ils ont beau dire, je l'ai vu.C'est le plus terrible de tout, les vrais dommages de la guerre.Quand un enfant de 13 ans te dit que la paix n'a pas de prix, c'est un sacré décalage avec les petits Français, Québécois et Amerloques.Mon fils n'a pas dit un mot, mais depuis il est tout le temps fourré avec moi.» Lavilliers et son fils sont tellement proches l'un de l'autre que le jeune Lavilliers jouera de la batterie ce soir le temps d'une chanson.«Il y aura 2300 personnes, il sait qu'il faut que ce soit bon.» .Pour ce spectacle qu'il présentera également au Festival d'été de Québec, Lavilliers ne lésinera pas sur les moyens: une équipe de 25 personnes dont 11 musiciens, le même équipement et les mêmes éclairages qu'au Zénith à Paris.Au fil de deux grosses heures de musique, Lavilliers causera sûrement de ses voyages, de ses aventures.Quand il se met à parler, il est intarissable.Hier après-midi, la télé l'attendait mais il n'avait pas terminé de raconter comment il se sent des affinités avec les gens bizarres.«Un gin s'il vous plaît», a-t-il demandé au serveur qui passait par là.Puis se tournant vers son interlocuteur: «je me sens comme Ernest Hemingway.» Midi Café-Terrasse Max Jardin de la Place des Arts \u2014 Gratuit Streetmix Midi Les midis-jazz Maison Alcan \u2014 Gratuit (1188.Sherbrooke o.) Complexe Desjardins \u2014 Gratuit Chris Hunter Trio Proulx-Johnston 13:00 Café-Terrasse Max Jardin de la Place des Arts \u2014 Gratuit Blues Busters 14:00 Le petit théâtre Alcan Chapiteau Yogourt Liberté \u2014 Gratuit (Ste-Catherine/ St-Urbain) La petite école du jazz avec La bande Magnètik et le James Gelfand Quartet 15:00 Montréal-Jazz Scène du Complexe Desjardins \u2014 Gratuit Barbara Reney Quintet 16:00 Le petit théâtre Alcan Chapiteau Yogourt Liberté \u2014 Gratuit (Ste-Catherine / St-Urbain) La petite école du jazz avec La Bande Magnétik et le James Gelfand Quartet 16:00 -18:00, 20:00-22:00 Ciné-jazz Cinémathèque québécoise BIX: Ain't None of Them Pley Like Him Yet 16:30 CBC Stereo et CBF-FM 100,7 présentent Concours de jazz Alcan Spectrum \u2014 Gratuit Région Atlantique XFX 17:00 Le 5 à 7 MAX Café-terrasse MAX \u2014 Gratuit (Jardin de la Place des Arts) Bande à Magoo 18:00 CBC Stéréo présente Piano Plus Théâtre Port-Royal Toshiko Akiyoshi, piano Law Tabackln, sax et flûte 18:00 CBC Stereo présente Les Grands Concerts Oesiardins Théâtre Saint-Denis Michel Petruccinani Trio 18:00 CBF-FM 100,7 présente Jazz sur le vif Bibliothèque nationale L'orchestre de Jazz d'Andrew Hormzy 18:00 Rendez-vous Yogourt Liberté Chapiteau Yogourt Liberté (Gratuit) (Ste-Catherine/St-Urbain) Icarus 19:00 Labatt Bleue présente Montréal Blues Scène Labatt Blues \u2014 Gratuit (Ste-Catherlne/Jeanne-Mance) Billy Charcoal 19:00 Les spectacles Jazz Bud Scène Jazz Bud \u2014 Gratuit (St-Denis'de Maisonneuve) Carlos Lopez, Earl Seymour Group 20:00 Sandra-Reaves Phillips Club Soda «The Late Great Ladles of Blues and Jazz» 20:00 Les spectacles Alcan Scene Alcan \u2014 Gratuit (St-Denis/Ontario) Jean-Pierre Zaneila Quintet Î AUJOURD'HUI 20:00 Jazz Canadian Amphithéâtre Canadian International (Jeanne-Mance/ de Maisonneuve) \u2014 Gratuit François Bourassa Trio 20:00 Concerts Populaires Desjardins Scene du Complexe Desjardins \u2014 Gratuit Berklee College of Music Jazz Quintet 20:30 Yogourt Liberté présente Jazz Beat Diffusé par CBC Stereo Spectrum de Montréal Tony Williams Quintet avec Mulgrew Miller, Bill Pierce, Wallace Roney.Bob Hurst 20:30 Événements spéciaux Alcan En collaboration avec CKAC Salle Wilfrid-Pelletier (Place des Arts) Une soirée avec UZEB Michel Cussc\".Alain Caron, Paul Brc-hti 20:30 CBF-FM 100.7 présente Les sessions Charlie Haden : un hommage UQAM/Salle Marie-Gérin-Lajoie Charlie Haden avec Pat Metheny et Jack DeJohnnette 20:30 CBF-FM 100.7 présente Ad Lib Bibliothèque Nationale \u2014 Gratuit Jacek Kochan Trio 21:00 Les spectacles Labatt Bleue Scène Labatt Blues \u2014 Gratuit Ste-Catherine / Jeanne-Mance) Lucky Peterson 21:00 Tropiques Chapiteau Yogourt Liberté (Ste-Catherine/St-Urbain) \u2014 Gratuit Marce et Tumpak (Martinique) 21:00 Les spectacles Jazz Bud Scène Jazz Bud \u2014 Gratuit (St-Denis/de Maisonneuve) Carlos Lopez, Earl Seymour Group, 22:00 Les spectacles Alcan Scène Alcan \u2014 Gratuit (St-Denis/Ontario) Jean-Pierre Zaneila Quintet 22:00 Les concerts étoiles Alcan Scène du Complexe Desjardins \u2014 Gratuit Loose Tubes (Angleterre)- ¦ 22:30 Les concerts .Canadian International Amphithéâtre Canadian International *EX (Jeanne-Mance) m» i The Last Straw (Australie^ 23:00 CBF-690/CBF-FM 100,7-.-« présentent \" ™ Contrastes Théâtre Saint-Denis Bernard Lavilliers et ses musiciens 23:00 CBF-FM 100,7 présente Jazz dans la nuit UWAM/Salle Marie-Gèrtn-Lajole Craig Harris and the Tailgaters Taies 23:00 Festival Télé-Jazz Télévision Quatre Saison -.CJHP-UHF35/Câble5 (en stéréo) \u2014 Gratuit Diffusé sur écran géant \u2022 - -dans la ruelle Borduas Youssou N'Dour 23:00 Tropiques Chapiteau Yogourt Libèlftcr (Ste-Catherine/St-Urbam)^ \u2014 Gratuit -\\UUJ Marce et Tumpak \\J-.\u201e (Martinique) '.Jl\" 23:00 Labatt Bleue présente En reprise \u2014 Gratuit ; Club Soda (5240.av.du Parc) Billy Charcoal ' | \" 24:00 Les spectacles Labatt Blade dans la nuit Spectrum \u2014 Gratuit Lucky Peterson LA PRESSE, MONTREAL.MERCREDI 5 JUILLET 1989 E3 Spectacles CINEMA ADVENTURES Of BARON MUNCHAUSEN (THE) Cineplex centre-ville (8): 13 h OS.16 h 05.'IS'trW.21 h 35.AGENT FAIT LA FARCE IL I Cme-Parc Joliettem des 19 h Cine-Parc Saint-Euxtache 13) des 19 h.APPEL A LA JUSTICE Ci'nè Parc Saint-Eustache : des 19 h.' AVENTURES OU BARON MUNCHAUSEN (LES) bkfri 151: 14 h.16 h 30.19 h, 21 h 30.BACOAD CAFE (V.f.l Cineplex centre-ville 15): 13 h 30.15 h 30.17 0 30.19 h 30.21 h 30.BALADE SUR UN DIVAN One-Parc Laval 13): des 19 h.Cine-Parc Saint-Eustache (5): des 19 h.Cme-Parc Tracy (1h des 19 h.BANLIEUSARDS ILES) Cme-Parc Tracy 12): des 19 h .BAHJAN Cme-Parc Chateauguay 12): des 19 h.' Oné-Parc Odeon 11.Boucherville): des 19 h.One Pire Saint Eustache (1): des 19 h.r-jirview (2): 13 h 15.15 h 55.18 h 40.21J) 25.\u2022Graeolield 11): 12 h 30.15 h 30.18 h 30.lean-Talon: 18 h 30.21 h 15.lavai (5): 13 h 10.15 h 50,19 h.21 h 40.LOew s 121: 13 h 15.16 h.18 h 45.21 h 25.loew s (4): 12 h 15.15 h.17 h 45.20 h 30.Palace (1): 12 h.15 h 05.18 h 10.21 h 15.Pine 11.Sainte-Adèle) 18 h 45.21 h 50.Université 12 h 30.15 h 30.18 h 30.21 h 30 Versailles I2>: 13 h.15 h 45,18 h 30.21 h 15.BERLIN BLUES Parisien (4): 12 h 15, 14 h 30.16 h 45.19 h, 21 h 15.BLACK LACE PANTIES Commodore: des 18 h.CAMILLE CLAUDEL Complexe Desjardins (4i: 13 h 30.17 h, 20 h 30; jeu., 13 h 30.CHERIE J Al REDUIT LES ENFANTS , Cine-Parc Saint-Eustache (4): des 19 h.'.CineiSarc Saint-Hilaire (il: des 19 h.Ou'Plateau (1): 13 h 15, 15 h 15, 17 h 15.' 19 K15.21 h 15 -tavala, et MasterCard son) junm dccrpli'i'v EATON Nous sommes.le grand magasin du Canada T "]
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