La presse, 16 septembre 1989, L. Cahier spécial. Conférence mondiale de l'énergie
[" L2 LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 16 SEPTEMBRE 1989 conference il mondiale de l'énergie Un congrès où seront étudiées toutes les facettes du problème mondial de l'énergie lUCIK CÔTÉ collaboration spéciale En Tan 2020.les réserves de pétrole de la Terre seront épuisées, si le rythme actuel de consommation se maintient et que de nouvelles ressources ne sont pas exploitées.Calmement, avec ce flegme typiquement britannique, M.Ian Lindsay, secrétaire général du conseil exécutif international de la Conférence mondiale de l'énergie, tient ces propos peu rassurants, mais réalistes.Le 14e congrès de cette conférence triennale, qui se tiendra à Montréal du 17 au 22 septembre prochain, étudiera toutes les facettes du problème de «l'énergie demain».La Conférence mondiale de l'énergie a été créée en 1924, alors que l'Europe dévastée par la guerre tentait de réorganiser son industrie de l'électricité.«Aujourd'hui, c'est la recherche d'une exploitation rationnelle et prudente des ressources énergétiques» qui préoccupe les présidents du congrès de 1989.Pour la réflexion Des experts, spécialistes de l'énergie de 87 pays, participeront à la conférence, au moment où «les problèmes mondiaux reliés à l'énergie sont de plus en plus présents dans notre société», soulignent les organisateurs.M.Lindsay souhaite que la tenue de cette conférence suscite une réflexion chez les gens, qu'ils commencent à agir maintenant, avant que le scénario qu'il évoque se réalise.Il déplore que tes gens soient insouciants ou saturés d'information au point de ne plus se sentir concernés par les cris d'alarme, alors que les décisions prises aujourd'hui influenceront Ian Lindsay, secretaire général du conseil exécutif International de la Conférence mondiale de l'énergie.PHOTO U directement le bien-être de l'humanité au siècle prochain.M.Lindsay, qui a d'abord travaillé pendant 27 ans dans l'industrie pétrolière, dirige aujourd'hui à Londres une petite équipe de six personnes.Il travaille sans relâche, voyageant fréquemment, à préparer les conférences qui se déroulent à tous les trois ans ( la dernière en 1986 à Cannes, la prochaine en 1992 à Barcelone).Le pays hôte se charge de la moitié des dépenses occasionnées par la conférence et les participants au congrès fournissent l'autre moitié.Chacun des pays membres paie aussi une cotisation à la Conférence mondiale de l'énergie, calculée selon ses ressources.M.Lindsay précise que les sujets au programme de la conférence ont été choisis et seront débattus en toute liberté, puisqu'au-cune censure ne s'exerce sur l'organisme.À l'issue du congrès, des recommandations seront émises, à l'usage des gouvernements et du public.Manque de ressources et gaspillage Tout au long de leur séjour, lors de sessions techniques, au cours de tables rondes, à l'occasion d'une session plénièrc sur les questions stratégiques, dans des groupes de travail où seront discutées les solutions proposées au dernier congrès, les participants étudieront l'avenir de l'énergie mondiale sous quatre angles différents: la société, l'environnement, l'économie et la technologie.Le manque de ressources des pays du tiers-monde, le gaspillage et la diminution des réserves d'énergie des pays industrialisés, ont un impact immédiat sur la société, explique M.Lindsay.À titre d'exemples, il mentionne la deforestation en Afrique et la consommation d'essence effrénée des automobilistes, dans des villes comme Montréal.Bien que les mises en garde à ce sujet se soient multipliées au cours des dernières années, les consommateurs n'ont pas modifié leur attitude, sauf pour les périodes de pénurie, comme en 1973 et en 1979.Posément, M.Lindsay s'interroge sur les éventuels effets de ce qu'il nomme une «crise de complaisance»: ¦< Qu'arri vera-t-il, dans les dix prochaines années de ce siècle si, les réserves connues de pétrole \u2014 de la mer du Nord et d'Alaska \u2014 s'épuisent et que le monde occidental dépende encore davantage du cartel de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) pour combler ses besoins énergétiques?Que ferons-nous alors, si l'OPEP vient à posséder jusqu'à 75 p.cent des ressources connues?Devrons-nous un jour payer une rançon pour obtenir du pétrole?» D'anciens ministres de l'Énergie et de la Défense, venus des Etats-Unis, de la France et de l'Inde discuteront de ces enjeux géopolitiques.En ce qui concerne l'Inde, M.Lindsay signale le peu d'impact qu'une telle politique provoquerait: «Puisque l'Inde est très démunie en matière d'énergie, il est plutôt intéressant de voir quelle instabilité politique génère sa situation particulière».Des représentants d'autres pays se prononceront dans cet échange.L'environnement et l'économie La conférence abordera la question de l'environnement, un autre aspect prédominant de la situation énergétique des années à venir.Même si les différentes sources d'énergie sont fréquem- FORCE MOTRICE DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ment pointées du doigt, d'autres éléments sont aussi en cause dans les problèmes environnementaux, observe le secrétaire général.« Il n'y a pas que l'effet de serre et le bioxyde de carbone (C02)», mentionne-t-il.Dans ce domaine, l'impact de l'opinion publique augmente progressivement.Par exemple, en Union Soviétique, après l'incident de Tchernobyl survenu en 1986, un projet de construction de centrale nucléaire s'est heurté à la réticence de la population.L'économie constitue le troisième volet fondamental de la problématique du congrès.La question cruciale, celle qui sera au coeur des discussions pour améliorer la situation, est: «Combien cela coûtera-t-il?».Combien, pour venir en aide aux pays sous-develop pes?Combien pour mettre au point de nouvelles sources d'énergie?Dans les pays les plus pauvres, déjà en fâcheuse posture, en Afrique, au sud du Sahara et en Asie du sud-est, le nombre d'habitants en l'an 2030 formera la moitié de la population mondiale, avec des ressources énergétiques probable-ment aussi réduites qu'aujourd'hui, remarque M.Lindsay.Peut-être faudra-t-il, pour re- médier à cette situation explosive, que la population locale soit mise à contribution, que les efforts viennent de l'intérieur, suggère M.Lindsay.Le congrès abordera finalement la question de l'énergie selon l'angle de la technologie.Cependant, explique le secrétaire général, il s'agit Jà d'un «pont, qui permet de passer d'un point à l'autre, pas d'une fin en soi pour résoudre les problèmes».Cela signifie que des recherches viseront à développer le potentiel de l'hydrogène et d'autres ressources énergétiques.M.Lindsay fait remarquer que les quatre grands volets du congrès sont reliés entre eux, lorsqu'il est question de conservation et d'usage à bon escient de l'énergie.Pendant le congrès, des visites techniques sont prévues dans différentes usines de haute technologie, dans des industries et des centres de recherche, par exemple Hydro-Québec, Gentilly 2, IBM Canada.Le congrès terminé, les participants peuvent compléter la tournée des installations en effectuant un voyage d'études.Partout au Canada, 16 destinations sont offertes.Les villes hôtes des conférences précédentes Congrès 1924 \u2022 Londres Première Conférence mondiale de l'énergie « Les ressources mondiales en énergie et en combustibles et leur utilisation optimale».1930 «Berlin Deuxième Conférence mondiale de l'énergie «Le problème de l'énergie étudié sous divers aspects».1936 \u2022 Washington Troisième Conférence mondiale de l'énergie «L'économie nationale de l'énergie».1950 \u2022 Londres Quatrième Conférence mondiale de l'énergie «Les ressources mondiales et la production d'énergie».1936 \u2022 Vienne Cinquième Conférence mondiale de l'énergie «Les ressources mondiales d'énergie a la lumière des récents progrès techniques et économiques».1962 \u2022 Melbourne Sixième Conférence mondiale de l'énergie «Les aspects nouveaux du domaine de l'énergie».1968 \u2022 Moscou Septième Conférence mondiale de l'énergie « Les ressources énergétiques mondiales et leur utilisation au profit de l'humanité».1971 \u2022 Bucarest Huitième Conférence mondiale de l'énergie « Le progrés dans la mise en valeur de l'énergie, en particulier par des utilisations complexes».1974 \u2022 Détroit Neuvième Conférence mondiale de l'énergie « Les défis posés à l'économie et à l'environnement par les besoins futurs d'énergie».1977 \u2022 Istanbul Dixième Conférence mondiale de l'énergie «Ressources énergétiques: disponibilité et utilisation rationnelle».1980 «Munich .Onzième Conférence mondiale de l'énergie « Energie pour notre monde».1983 «New Delhi Douzième Congrès de la Conférence mondiale de l'énergie « Energie, développement, qualité de vie».1986 \u2022Cannes Treizième Congrès de la Conférence mondiale de l'énergie « Energie Besoins/Espoirs».1989* Montréal Quatorzième Congrès de la Conférence mondiale de l'énergie «L'Energie demain».Sessions partielles 1926* Baie «Le développement de l'énergie hydraulique et la navigation intérieure».1928 \u2022 Londres Conférence sur les combustibles «L'économie générale des industries de combustibles: la préparation et l'utilisation des combustibles».1929 \u2022 Barcelone « L'utilisation et l'économie des ressources hydrauliques».1929 \u2022 Tokyo « Le développement national et international des ressources en énergie».1933 \u2022 Scandinavie « Les problèmes de l'énergie dans la grande industrie et dans les transports sur terre et sur mer».1936 \u2022 Londres Congrès du génie chimique «Première conférence internationale sur le génie chimique».1938 \u2022 Vienne «La fourniture d'énergie à l'agriculture, à la petite industrie, aux arts ménagers, à l'éclairage public et aux chemins de fer».1947 \u2022 La Haye Conférence sur l'économie des combustibles « L'économie des combustibles depuis 1933: production, distribution et utilisation».1951 \u2022 New Delhi «L'utilisation de l'électricité en agriculture et la coordination du développement des industries avec celui des ressources en énergie».1954 \u2022 Rio de Janeiro « La planification dans l'industrie de l'électricité; l'industrie électrique dans les régions tropicales et sub-tropicales; tes combustibles naturels et dérivés, l'énergie éolicnne; l'énergie solaire; les aménagements hydro-électriques internationaux et les utilisations de l'énergie électrique».1957 \u2022 Belgrade « L'énergie comme facteur de croissance des pays en voie de développement ».1958 «Montréal «Les tendances économiques de la production, du transport et de l'utilisation des combustibles et de l'énergie».I960* Madrid « Les procédés qui permettent de résoudre les problèmes de pénurie d'énergie».1964 \u2022 Lausanne «Lu lutte contre les pertes dans le domaine de l'énergie».1966 \u2022 Tokyo « Les problèmes de l'utilisation de l'énergie dans les années a venir».4 conference LA PRESSE, MONTREAL.SAMED116 SEPTEMBRE 1989 D'abord soulever les problèmes les plus urgents \u2022 LUCIE CÔTÉ collaboration spéciale .Le véritable but du congres de la Conférence mondiale de l'énergie est de soulever les problèmes les plus urgents, par exemple l'environnement et l'impact des projets énergétiques sur la population, mais sans toutefois nécessairement y trouver des solutions immédiates, expliqué Roland Doré, directeur de l'École polytechnique de Montréal.Au cours des trois dernières années, depuis le congrès précédent, la Conférence mondiale de l'énergie a sollicité parmi ses membres, 87 pays dispersés dans le monde, des projets de communication.Choisis parmi ces projets, établis au terme d'une sélection rigoureuse, les thèmes du congrès reflètent donc les plus importantes préoccupations des sommités mondiales du domaine de l'énergie, assure M.Doré qui est aussi .membre du comité organisateur du cpngrès.Le congrès offre à certaines dé-j légations la possibilité de présenter un nombre de communications déterminé par le pouvoir économique du pays et son importance au niveau mondial et dans le secteur énergétique.Ainsi, mentionne M.Doré, le .Canada aura-t-il droit à dix interventions.Certains pays ne prendront pas la parole, venus ici ! pour apprendre des techniques ', énergétiques et établir des contacts avec des pays plus avancés dans ce domaine.M.Doré siège au conseil d'administration ù titre de représentant du milieu universitaire.Mais '¦ peu de chercheurs spécialisés se-' \u2022 ront au congrès, où l'on veut éviter l'hermétisme des exposés ex-' i reniement techniques, pour s'adresser au plus grand nombre.Les participants sont des «décideurs», des rninistres de l'Énergie, des ingénieurs, à qui l'on pré-' sentera une synthèse accessible, une vulgarisation de recherches touchant différents aspects de ; l'énergie.Technologies canadiennes Au cours de ce congrès, le Canada aura la possibilité de faire connaître ses technologies pour éventuellement les exporter.M.Doré cite en exemple, parmi les compagnies susceptibles d'intéresser d'autres pays, Hydro-Québec, initiatrice du transport d'énergie à très haut voltage pour franchir de grandes distances, et -Gaz métropolitain, qui propose une énergie propre, le gaz naturel, convenant aux entreprises énergivores.Cependant, poursuit le spécia- \u2022 liste de l'énergie, Hydro-Québec a connu une année pénible, des problèmes de délestage du réseau.Des pannes se produisant ainsi .fréquemment peuvent indisposer un client aussi intransigeant que les États-Unis, qui exige l'assurance d'un service impeccable.Mais si une panne majeure se produi- .sait, Hydro-Québec ne pourrait pas.logiquement, maintenir le service aux Américains au détriment de sa population locale.Même avec une filière très sécuritaire, des centrales où il ne se produit jamais d'accident et dotées de bons réacteurs, le Canada n'arrive que difficilement à vendre son énergie nucléaire.\t\u2022 \t \t \t \t \t PHOTO U Preiie Dans certains pays, l'hostilité de la population est trop forte, depuis I986 et la catastrophe de Tchernobyl, en Ukraine.Ailleurs, en Hongrie ou en Turquie, la capacité de payer faisant défaut, le Canada se verrait contraint de financer l'achat de ses propres réacteurs.Des prêts au montant très élevé, S I ou $2 milliards, consentis sans intérêt ou sans remboursement envisageable.Pourtant, les possibilités d'application humanitaire du nucléaire, une énergie trop propre, insiste Roland Doré, se développent au Canada, dans le domaine de la santé.Mais c'est la crainte des émanations radio-actives, une véritable psychose collective, qui stoppent la progression de cette forme d'énergie.M.Doré affirme que les décisions en ce domaine se prennent parfois d'après des connaissances incomplètes, voire erronées.Il considère que ces mêmes décisions, lorsqu'elles concernent les risques éventuels de contamination des générations futures, dans 10000 ans, sont surtout d'ordre philosophique.Encore l'environnement Problème d'actualité, sujet d'importance capitale, l'environnement sera longuement débattu au cours des nombreuses rencontres au calendrier du congrès.Et M.Doré s'en réjouit.Lorsqu'il étudiait lui-même à l'École polytechnique, dans les années cinquante, l'enseignement était essentiellement axé sur la technologie.On n'évaluait pas les éventuelles répercussions sur l'environnement des méthodes de travail cm- Roland Doré, membre du Comité du programme technique de la Conférence mondiale de l'énergie.ployees dans le domaine énergétique.Dans les deux décennies suivantes, la situation empire: scientifiques, ingénieurs, industries et consommateurs polluent le monde allègrement, sans se soucier des responsabilités sociales qui incombent à chacun.Aujourd'hui, le directeur de la Poly s'assure que le programme de formation des futurs ingénieurs aborde les grandes questions écologiques.Des cours de sciences humaines et sociales et des cours d'ergonomie complètent la formation technique.On y examine l'impact des technologies sur la société et sur l'homme.L'importance de la qualité de vie et le respect de l'environnement sont mis en évidence et le rendement économique doit prendre en considération les risques de pollution.Roland Doré se félicite de ce changement prometteur.Il observe néanmoins qu'il reste encore au gouvernement à faire'sa part pour que les consommateurs secondent ces efforts.«Si l'essence sans plomb, disponible depuis dix ans, continue de coûter plus cher, les gens dont l'automobile peut encore utiliser de l'essence ordinaire ne seront guère incités à changer leurs habitudes».Consentant ù partager ses visions d'avenir, le polytechnicien parle de choix à faire, de gestes à poser.Par exemple, il faudra bien un jour bannir les voitures du centre-ville de Montréal, un projet dont on recule toujours l'échéance, à cause de l'ampleur de la tache.Tout une infrastructure serait en effet nécessaire: un réseau de transport en commun davantage efficace et encore plus important à mettre en place, des stationnements en périphérie à construire, etc.Lorsque M.Doré imagine ce centre-ville sans pollution, sans encombrement et sans bruit d'avertisseur, son visage s'illumine.«Ce serait fantastique», s'ex-clame-t-il.Il se désole que l'être humain ne réagisse qu'en temps de crise et, songeant aux problèmes urgents à régler, «attend de voir comment la sagesse collective va s'installer latdedans».Il cite en exemple les États-Unis qui ont su réduire la limite de vitesse sur les routes, la Hollande qui a mis à contribution toute sa population pour un vaste projet d'irrigation.En contre-partie à ces louables initiatives se dresse cependant un nouveau problème, s'inquiète M.Doré.L'éveil des pays communistes au capitalisme ne fera qu'aggraver le problème de la pollution mondiale, si les habitants de la Chine et de l'URSS en viennent éventuellement à posséder en grand nombre une voiture, par exemple.M.Doré mesure sur une période de cinquante ans les formidables progrès technologiques du monde.Sa grand-mère a connu un monde sans voiture et sans avion, mais pour son fils, la télévision a toujours existé.Il craint l'arrivée du siècle prochain, si le comportement de l'humain ne change pas et que la Terre se pollue encore davantage.Mais il ajoute que l'homme a toujours su se montrer génial en situation de crise et que certaines de ses plus proches découvertes se sont faites dans de pareils moments.4300 délégués en provenance de 88 pays LUCIE CÔTE collaboration spéciale La Conférence mondiale de l'Énergie innove cette année.Elle consacre un volet de son congrès triennal à la jeunesse, invite de futurs ingénieurs à assister aux réunions et donne le statut de congressistes aux personnes accompagnantes.M.Serge Piotte, directeur exécutif, explique que le comité organisateur du congrès souhaite que les jeunes, qui « hériteront du monde de demain », puissent exprimer leurs vues sur la question de l'énergie.Organisé par le Conseil de développement du loisir scientifique et Hydro-Québec, ce congrès parallèle, «Jeunesse et énergie de demain», accueillera 125 jeunes venus des cinq continents.L'événement marquant de ce congrès sera une expo-sciences internationale, où les jeunes présenteront des projets de vulgarisation ou d'expérimentation scientifique reliés à l'énergie.Les jeunes participants pourront assister à certaines sessions du quatorzième congrès, se joindre aux visites techniques et discuter de l'avenir énergétique de la planète lors d'un débat.Désireux de permettre l'accès au congrès aux spécialistes de l'énergie de demain, le comité organisateur a aussi émis quelques dizaines de laissez-passer pour les étudiants du programme international de maîtrise en gestion pétrolière de l'école des Hautes Études Commerciales et pour de futurs ingénieurs provenant des 31 facultés canadiennes de génie.Ces invités auront l'occasion de parfaire leur formation et pourront circuler à leur guise au congrès, spécifie M.Piotte.Un congrès couru Le congrès recevra plus de 4 300 personnes, 2 900 congressistes et 1 400 personnes accompagnantes.L'importance de ce -dernier groupe a d'abord surpris M.Piotte.Puis il a constaté qu'au cours des trois derniers congrès, le nombre d'accompagnants a régulièrement augmenté.Formant auparavant le tiers des inscriptions reçues, ce groupe constitue aujourd'hui près de la moitié des visiteurs qui séjourneront à Montréal pendant une semaine.M.Piotte croit que la formule du congrès, qui prévoit des activités pour les personnes accompagnantes (par exemple, des petits déjeuners causerie ) et les considère comme des congressistes à part entière contribue à cet intérêt marqué.Dans l'histoire de la Conférence mondiale de l'énergie, au chapitre de l'affluence, le congrès de Montréal occupe la seconde place, derrière Munich qui avait reçu 5100 visiteurs en 1980.De plus, cette année, Montréal aura accueilli des délégués de 88 pays, ce qui surpasse la marque de Détroit, en 1974.avec 82 délégations.Ces statistiques récompensent les efforts d'une centaine de personnes qui se sont consacrées exclusivement au congrès depuis trois ans.Même si le congrès lui-même se déroule à Montréal, les visites techniques de différentes industries québécoises et les voyages d'études à la fin du congrès, partout au Canada, en font un événement national, tient à rappeler M.Piotte.D'ailleurs, précise-t-il.le comité organisateur lui-même est décentralisé: le président du comité technique se trouve à Ottawa, le w4 Serge Piotte comité chargé des voyages post-congrès travaille à Calgary.Cette implication pancanadienne a été favorisée, pour «aller chercher partout au pays des gens a la hauteur».Les activités du congrès Les congressistes composent l'horaire qui leur convient, choisissant parmi plus de 160 activités: sessions techniques, tables rondes, groupes de travail, sessions plénières et voyages techniques.M.Piotte distingue deux types de congressistes: d'abord, «les preneurs de décisions», qui assisteront aux sessions globales et aux plénières, pour y créer des liens et obtenir des vues d'ensemble sur les questions qui les intéressent.Ensuite, les «académiciens», pour qui les rencontres ne sont jamais suffisamment techniques.Une exposition internationale se tient, pour toute la durée du congrès, dans le hall du Palais des Congrès.Environ 20 pays ont monté 156 kiosques différents, qui couvriront 5 000 mètres carrés.Par l'importance de leurs kiosques, les États-Unis, la France et l'Angleterre y seront particulièrement en évidence.Laissant cet espace aux pays visiteurs, le Canada aura son propre pavillon construit pour l'occasion, sur l'esplanade entre le Palais et le complexe Guy-la-vreau.Une place thématique sur l'énergie, financée par HydroQuébec, y sera aménagée et des mini-conférences viendront mettre un peu de vie dans l'exposition.Après le congrès, les organisateurs offrent des voyages d'études vers 16 différentes destinations.L'excursion à la Baie lames se fait en une seule journée, mais tous les autres voyages dureront cinq jours.Chacun propose la visite de trois sites techniques et un tour des principaux attraits touristiques de la région.Les congressistes entreprennent à leurs frais ces voyages, organisés par les ministères du Tourisme de chaque province.M.Piotte avait prévu 840 réservations; plus de 900 places ont été retenues.Les destinations les plus coûteuses, à Vancouver et à la mer de Beaufort, sont également les plus populaires.Les droits d'inscription des congressistes ne couvrant que 40 p.cent des frais du congrès, le comité organisateur a lancé un appel de fonds, pour réunir les 60 p.cent manquants.Des entreprises privées, des organismes para-gouvernementaux et les gouvernements provincial et fédéral ont contribué a parts égales au financement du congrès, qui génère au Québec, selon M.Piotte, des activités économiques de $23 millions.mm -'iiX'v:-!:?*'» Pour la grandeur du monde et sa beauté.83g Pour les défis de l'ère nouvelle et la qualité de notre environnement, fm§m 9az naturel et gazotechnologies se conjuguent fill!! aujourd'hui pour demain.B6az Métropolitain LA FORCE DE L'ÉNERGIE \\ conference Les consommateurs ne craignent plus de manquer d'énergie LA PRESSE.MONTRÉAL.SAMEDI 16 SEPTEMBRE 1989 MIVILLE TKEMSLAV | I y a belle lu-¦ rette que les consommateurs ont oublie la fameuse crise du pétrole, avec ses images de longues queues aux stations services.On ne craint plus de manquer d'énergie.En I989.les sociétés industrialisées profitent d'une relative abondance d'énergie de toutes sortes, mais elles appréhendent de plus en plus ses effets nocifs: pluies acides, déchets nucléaires, empoisonnement des poissons par le mercure dans les réservoirs d'eau, marées noires et réchauffement de la planète.Le sentiment de sécurité des approvisionnements énergétiques est réapparu, malgré les trop nombreuses pannes d'Hydro-Québec, et ce phénomène s'explique de plusieurs façons.Au premier chef, le pouvoir économique de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui s'est pratiquement effondre.Avec des prix qui ont atteint $ 35 US le baril en I980.le cartel a eu deux effets sous-estimes à l'époque: celui de ralentir la demande pour le pétrole et celui de stimuler l'offre.Ensemble, ces deux facteurs ont cassé les prix.L'impact de l'OPEP est toujours significatif, mais elle n'est plus capable de dicter les prix à sa guise.Au début des années 70, l'OPEP pompait plus de la moitié du pétrole mondial.Aujourd'hui, avec le développement des gisements du Royaume-Uni et de la Norvège en mer du Nord, avec les champs pétrolifères du Mexique, de l'Egypte et du Canada \u2014 des pays qui ne sont pas membres du cartel \u2014 l'OPEP a vu sa part de marché tomber a un tiers.Au moment du deuxième choc pétrolier, en 1979, les experts prévoyaient que les réserves mondiales seraient épuisées 26 ans plus tard, soit d'ici quinze ans.En 1989, on estime qu'au rythme de production actuel, les réserves de pétrole ne seront pas épuisées avant 41 ans.Au Canada, les réserves de pétrole conventionnel de l'Ouest seront épuisées dans 15 ans.De même, il faudrait 70 ans pour utiliser les réserves mondiales de gaz et 220 ans pour épuiser les réserves mondiales de charbon.Toutefois, il faut savoir que ces réserves sont définies comme étant les quantités connues en ce moment, et rentables aux prix actuels.Dès que les prix augmentent, certains gîtes connus mais coûteux, comme il y en a beaucoup au Canada, deviennent rentables et s'ajoutent aux réserves mondiales.De même, quand les prix augmentent, les sociétés pétrolières font des efforts accrus pour chercher de nouveaux gisements.Bien qu'il soit illusoire de penser que le niveau de consommation sera constant au cours des années futures, il n'en demeure pas moins que la question des capacités de production de l'énergie ne se pose plus qu'à long terme.Le gisement des économies d'énergie Parallèlement à l'accroissement de l'offre, l'économie mondiale a fait des efforts considérables pour réduire sa dépendance face au pétrole, tant par des économies d'énergie qu'en le remplaçant par d'autres sources comme le nucléaire.Avant le premier choc pétrolier, en 1973, l'or noir comptait pour plus de la moitié des besoins énergétiques mondiaux.Cette part a reculé à 38 p.cent.Au Québec, la part du pétrole est passée de 69 p.cent à 42 p.cent.L'hydro-électricité, une énergie renouvelable, est aujourd'hui passée de 20 p.cent à 35 p.cent de nos besoins, comparativement à un taux de 21 p.cent dans le monde.Les économies d'énergie ont également joué un très grand role, au point que les experts les qualifient de nouveau gisement.Depuis que les Canadiens ont déclaré la guerre aux courants d'air en isolant et en calfeutrant leurs maisons, on estime qu'ils ont économisé $2 milliards! En 1975, la consommation moyenne des voitures neuves était de 17 litres d'essence par 100 kilomètres.Dix ans plus tard, elle était de neuf litres et les nouvelles japonaises en sont rendues à une moyenne de 8 litres par 100 kilomètres.D'autres economies sont moins visibles.On estime que lorsque les Américains auront tous un réfrigérateur de la dernière génération, le pays conservera une quantité d'électricité égale à celle que produisent 26 centrales.Les modèles récents consomment la moitié de l'énergie des anciens et certains protoypes en consomment le quart.Somme toute, dans les pays avancés, l'efficacité dans l'utilisation de l'énergie s'est accrue d'environ 30 p.cent.L'énergie salit La crise de l'énergie revêt aujourd'hui une nouvelle dimension, celle de l'environnement.Les combustibles fossiles \u2014 pétrole, charbon et gaz naturel \u2014 envoient chaque année dans l'atmosphère cinq milliards de tonnes de carbone.Cette pollution, estiment les experts, entraînera au cours des prochaines années un réchauffement significatif de la planète et un bouleversement des climats.Au milieu du XXI siècle, le réchauffement pourrait être tel, qu'il fera fondre une partie des LA DIMENSION ÉCONOMIQUE DU DÉVELOPPEMENT ÉNERGÉTIQUE.Au Québec et à l'extérieur, SOQUIP est présente dans le domaine énergétique.Par des actions et des projets stratégiques.SOQUIP voit à utiliser les hydrocarbures comme levier important de notre développement économique.SOQUIPB PARTENAIRE DANS LE DÉVELOPPEMENT \tPRIX DE L'ESSENCE ORDINAIRE\t \tAU PLOMB À MONTRÉAL\t \tSTATIONS AVEC SERVICE COMPLET\t 60\t\t60 50\t\t50 LU OC\tTAXES INCLUSES/\tLU ce t=40\t/ ^-\"^\\\t401 S 30 \u2014»\t\t30É2 UJ O20\t' TAXES EXCLUES\t*\u2014 LU 20 O 10\t_____¦ ^\t10 n\t\tn u\t1975 1977 1979 1981 1983 198S 1987 1989\t ¦t MINI ¦> I I ' I >'iO (¦¦*.I 'i C ANAOA calottes polaires, augmenter le niveau de la mer, et innonder des pays entiers comme le Bangladesh.Certains combustibles sont plus polluants que d'autres.Pour une quantité égale d'énergie, le charbon produit 20 p.cent plus de carbone que le pétrole, tandis que le gaz naturel en produit 30 p.cent moins.Le charbon est donc le pire des vilains, car lorsqu'on le brûle dans des centrales thermiques, ses émanations de sulfure causent également une grande partie des pluies acides qui ravagent nos forêts et rongent la pierre de nos é-difices.De surcroit, il est sale et il détruit le paysage lorsqu'on l'extrait dans des mines à ciel ouvert.Le pétrole, ou en fait l'essence des voitures, est également au banc des accusés pour le smog qu'il cause dans le ciel de plusieurs grandes villes.Le gaz naturel est plus propre, mais il est moins pratique à transporter.Au Québec, il a aussi la réputation (injustifiée) d'être dangereux.Chaque explosion fait la manchette alors que l'on oublie volontiers les incendies provoqués par les courts-circuits.L'énergie nucléaire a probablement ta pire image de toutes les sources d'énergie depuis les accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl.En plus du problème de la sécurité des installations et des faiblesses de leur gestion, les centrales nucléaires ont à surmonter l'obstacle du traitement définitif de leurs déchets radioactifs.Techniquement, des solutions existent, mais personne ne veut en entendre parler, car la crédibilité de l'industrie est à zéro.Aux États-Unis, la crise du nucléaire est telle qu'au
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