La presse, 7 octobre 1989, K. Arts et spectacles
[" Arts et spectacles Littérature Arts plastiques Disques et vidéos Restaurants Vins PHOTO PIE*RE COTE.U Prttu Francois Weyergans, un \u2022 goncourable».Se mastiquer le mastodonte JEAN BASILE collaboration spéciale Comme chaque année à la même époque, les romanciers français entrent en transe.Le Prix Concourt est proche.La célèbre Académie a publié la liste des «goncourables».une demi-douzaine de romans dont les auteurs participeront au sprint final.Francois Weyergans est de ceux-là.Le litre de son dernier roman ne cache pas l'ambition littéraire de l'auteur.C'est le suis écrivain, tout simplement.Pour qu'il n'y ait pas de malentendu, le roman est écrit a la première personne.«Enfin, pas tout à fait à la premiere personne, precise immédiatement Francois Weyergans.Mes personnages passent d'une identité à l'autre.Pour moi le paradoxe est le suivant.Quand je lis le livre d'un autre, c'est l'écrivain caché que je cherche.Quand je parle des miens, je me refuse à dire que c'est moi parce que mon travail est ambigu, le vais vous donner un exemple.Le jeune narrateur de le suis écrivain a la manie d'écrire à des personnalités que je nomme, par exemple le pape jean-Paul II.Or.si j'ai effectivement écrit dans ma jeunesse à des personnalités des arts et des sports, je n'ai jamais écrit au pape.Il s'agit donc de moi et de pas moi.\u2014 La première partie de votre roman est une charge assez féroce contre l'éducation religieuse.Est-ce une façon de vous délester d'un passé de répression, notamment de répression sexuelle dont vous auriez souffert?Après tout le premier chapitre de votre roman s'intitule «Se mastiquer le mastodonte», une distraction d'adolescent?\u2014 Oui, je me suis mastiqué le mastodonte comme mon jeune héros.Mais enfin, je ne suis pas le seul.J'ai dû m'en confesser.Ces chapitres sur l'éducation religieuse ne m'ont pas valu que des compliments.Témoignage chrétien, un journal catholique de gauche, a cru déceler dans mon livre que je parlais comme un chrétien d'après le Concile.La Croix, plus proche du clergé, n'a pas daigné mentionner mon roman dans ses pages.En fait, ces questions religieuses m'étonnent toujours.Regardez! Le culte mariai en Pologne, Mahomet en Iran?C'est un peu fort.» SUITE A LA PAGE K 2 Deux semaines après la parution de Doctor Feedgood, Motley Crue est premier au Québec À LIRE EN PACE K4 LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 7 OCTOBRE 1989 Jean O'Neil Les contes d'un certain pays IRTEL Complètement démodé.Figurez-vous que M.lean O'Neil se promène dans nos provinces québécoises, ses états d'àme dans son baluchon, et qu'il nous raconte les unes et les autres comme si tout cela avait quelque intérêt.Vraiment, cela ne se fait plus.Et comme c'est dommage! Comment dire?Puisqu'il faut trouver des points de comparaison, car M.O'Neil est un écrivain ni très connu ni très célébré encore, je risquerai les noms d'Alphonse Daudet et de Jacques Ferron.conteurs eux aussi et qui lui font de curieux compères.Le côté Daudet, c'est la finesse du récit, ses effets, ses surprises, sa fantaisie quand même un peu sage; bref, tout ce qui fait le bonheur de la lecture, et peut-être de l'écriture, et qu'on appelle le style.Pour Ferron, c'est autre chose: une immense curiosité pour le pays et ses habitants, non pas dans l'instant, toujours détestable quand on est un peu misanthrope, mais dans ce qui venait avant et dont il reste tantôt quelque chose et tantôt rien.Une curiosité qui est la forme pudique de l'amour.La pudeur a ses limites, heureusement.Celui qui promène son regard ici et là n'a pas l'oeil neutre d'un appareil-photo.Ce regard est le sien, ici et là lui inspirent des réflexions personnelles sur la vie, sur sa vie même, sur la politique au passage, sur la culture, sur la condition de l'homme québécois, sans jamais insister lourdement, l'air de dire : picorez ou vous voulez, je m'en bats l'oeil.Alors, pour les paysages si bien tartines sur la toile qu'on n'y soupçonne jamais le passage des hu- mains, il faut chercher une autre galerie.Le franc-tireur impenitent A-t-il choisi cela?M.lean O'Neil a écrit des livres inclassables, pas tous bons d'ailleurs \u2014 je pense aux deux premiers, il se faisait la plume \u2014, sans doute parce que le projet littéraire collectif qui a excite depuis i960 deux ou trois générations d'auteurs le laisse parfaitement indifferent.|e\"7e soupçonne d'être plus solitaire encore que ce qu'en révèle son l'romenades et Tombeaux.Ce n'est pas un reproche.Bien au contraire, il est rassurant qu'un homme de cinquante ans n'en soit pas a chercher refuge clans la dernière mode.Solitaire, notre pèlerin des tombeaux, mais homme de sentiments tout de même, de passions au besoin.De reconnaissance aussi.On a beau avoir connu un peu Monseigneur Félix-Antoine Savard ou Alfred DesRochers.on aurait peine à leur rendre un hommage aussi profondément senti.Le premier fut un voisin de l'auteur dans la province de Charlevoix que les deux ont aimée et chantée, M.O'Neil dans ce bijou qui s'intitule Cap-aux-Oies; le second était cet immense barbu qui terrorisait l'enfant de cinq ans quand celui-ci accompagnait son père à la rédaction de La Tribune de Sherbrooke.M.O'Neil regarde et voit des gens et des choses simples, accessibles à tous mais qui ne retiennent l'attention de personne.La faille Logan, par exemple.Elle ne date pas d'hier, c'est le cas de le dire.A part les géologues, qui sait à peu près où elle se trouve, et que de part et d'autre d'icelle.dans les Cantons de l'Est aussi bien que dans la ville de Que-bec, les groupes humains ne sont pas les mêmes?Riches et prolétaires à Québec, descendants de Loyalistes et Canadiens français en Estrie?D'un chapitre à l'autre, c'est une gageure continuelle.Le conteur sait rendre visible et vivant ce qui a l'air de ne pas exister.Ainsi, qui a jamais eu l'idée d'aller visiter, en barque s'il-vous-plait.l'île au Ruau où mourut d'amour un dénommé George Mellis Douglas, qui fut médecin de quarantaine à Grosse-ile?Qui?Un descendant d'Irlandais, têtu comme on l'est parmi ce peuple, qui cherchait les traces d'un certain Jeremiah O'Neil, «né dans les environs de Tipperary en I820 et marié à Québec en I860».Et pour y rencontrer qui.puisque le hasard peut tout?Un certain Edgar Bronfman, milliardaire de son état.On a parfois l'impression de lire un de ces carnets dans lesquels, autrefois, les familles consignaient les petits et grands moments de leur existence.|e parle bien sûr de contenu et non de forme, puisque nous avons affaire ici à un vrai écrivain, conscient de ses moyens et qui en use subtilement et efficacement.En lisant «Le Tombeau de mon père», je me dis qu'on n'est pas tout à fait mort, puisque c'est la mémoire des survivants ** qui en décide, quand un texte de cette qualité vient nous dire, jusque dans notre improbable au-delà, qu'on a été aimé.Tout n'a pas cette gravité.Le texte intitulé «Pot-ton Springs Hôtel» est un bijou d'humour.Un historien de petite histoire présente aux dames du village un diaporama sur ledit hôtel.D'une part, l'information semble reposer sur une documentation inattaquable.On apprend que des thermes ont vraiment existé, qu'on y courait de partout et même d'Europe, que les minéraux du sol en ce lieu étaient à ce point nombreux et abondants qu'on en a même fait l'exploitation industrielle.On s'étonne et on s'instruit.D'autre part, on s'amuse follement des petits commentaires que nous refile en douce le conteur en passant par Mme Burbank.la projectionniste.Il faudrait tout citer, mais en même temps tout trahir et désamorcer.Arrêtons cela.Entre l'autobiographie et l'ethnographie, entre entre la prose d'humeur et la description presque savante du pays physique, entre le sourire et la grimace, voilà une douzaine et demie de textes qui sont aussi, et c'est la merveille de cette entreprise, de la belle, de la bonne littérature.Inclassable, ai-je dit?C'est tout dire, dont le meilleur.JEAN 0 HEU.PROMENADES ET TOMBEAUX.232 pages Editions LiDre Expression.Montreal.1989.Des poèmes d'une séduisante simplicité LUCIE CÔTE collaboration spéciale m nvité au Festival international de la poésie de m Trois-Rivières, qui se termine demain, l'écrivain français Georges-Emmanuel Clancier publie pour l'occasion un recueil de poèmes.Tentative d'un cadastre amoureux, aux Ecrits des Forges.Clancier nous livre encore des poèmes à la séduisante simplicité, comme dans certains de ses précédents ouvrages.Évidences ou Le Poème hanté.Des images, des tableaux des réflexions, des paysages.Un ensemble de courts textes, inédits pour la plupart.Quelques poèmes «minimalistes», de deux ou trois mots, d'un seul vers, impressions fugaces, semblent pourtant dire l'essentiel: «Lieu de flamme», poème.Les vers sont très brefs, parfois un mot seulement; le rythme, saccadé, les sonorités, travaillées: «Fronton, Arche.Dédale.Etages.Et les fenêtres de la mémoire.Tu t'y penches bien au-delà.De tout vertige».Quelques mots suffisent au poète pour célébrer l'amour, admirer la nature, évoquer la mémoire, créer un monde.«Des âges légendaires perçus dans la distance.Inventaient une écriture de roches.La phrase s'étendait, se nouait, s'élevait.Tour à tour éclat, danse ou prélude.Tel fut le pouvoir du jeu.» Vice-président du PEN.Club international.Georges-Emmanuel Clancier était de passage à Montréal la semaine dernière.Le 54e congrès du PEN rendait un hommage particulier à l'écrivain, fêtait la publication de son recueil de poèmes dans une maison d'édition québécoise, et soulignait la publication d'Un jeune homme au secret, le troisième volet de sa trilogie autobiographique Ces ombres qui m'éclai- renl._ SUITE A LA PACE K2 L'empire des émotions ¦ L'écrivain français Georges-Emmanuel Clancier REGINALD MARTEL On se resigne mal a peiner un vieil homme estimable.Mais il fallait, au congres du P.E.N.Club, faire echo a des commentaires d'écrivains québécois qui ont choisi cet événement pour dénoncer une fois encore ce qu'ils appellent l'impérialisme littéraire des Français.M.Rene Tavernier preside le P.E.N.Club international.Même à te titre, rien ne lui interdit de défendre l'institution littéraire de son pays.Il l'a fait dans nos pages, avec virulence mais sans aborder le fond de la question.Ce qui risque de provoquer un débat bien sterile.Pour mémoire, je cite ici quelques mots-cles de sa diatribe: mauvais coup injustifié, fait par des imbeciles; ostracisme, trahison: propos ineptes, fielleux et mal fondes: préjuges et idées fausses; la trance sait reconnaître le talent étranger.Bon.M.Tavernier est en colère, comme le fut l'ineffable M.Druon, secrétaire perpétuel de l'Académie française, quand des écrivains québécois trouvèrent étonnant que le gouvernement canadien contribuât lourdement à la creation d'un prix de la francophonie qui serait exclusivement décerné par.devinez quoi?L'auguste Académie française.L'argumentation de M.Tavernier est symptomatique de sa connaissance limitée des rapports de nos écrivains avec l'institution littéraire française ou.plus exactement, parisienne.Relisons ce passage de l'interview qu'il accordait a ma collègue Lucie Côté: M.Tavernier «a cite Georges Schehudé, le grand poète libanais décédé l'an dernier, et Pierre Mortens, écrivain belge publié au Seuil, qui a remporte le prestigieux prix français Médicis en I987, pour démontrer que la France sa val I reconnaître le talent étranger.Quant au Québec.« nous n 'en sommes pas restés à Maria Chapdclaine; est-ce qu'on nous prend pour des demeures?», s'exclame-t-il».Seigneur, par où ( re (commencer?Peut-être par l'institution littéraire parisienne elle-même, qui sert mal non seulement les écrivains francophones de l'extérieur de la France, mais aussi ceux de ses propres provinces.On ne peut expliquer autrement l'extraordinaire floraison, au sud de la Loire, de nouvelles maisons d'édition qui.enfin, donnent de la France et de sa littérature une image que la production parisienne occulte en bonne partie.Revenons chez nous.Il est vrai que des écrivains québécois ont été édités à Paris et que certains y ont été bien reçus, comme MM.Schéha-dé et Mertens, autres étrangers.Ceux qui pensent comme M.Tavernier \u2014 il s'en trouve \u2014 n'ont peut-être pas songé un instant que la littérature québécoise est devenue assez costaude pour s'offrir plusieurs éditeurs qui, selon leurs diverses spécialités, sont capables de faire ici un travail aussi professionnel que s'ils tenaient boutique dans le Vie arrondissement.Ce n'est pas en éditant une poignée de nos auteurs \u2014 selon que le Québec est à la mode ou non \u2014 que l'institution littéraire parisienne fait bien son travail.Il faudrait plutôt favoriser la diffusion en France des oeuvres qui sont produites au Québec, en Suisse, en Belgique, en Afrique francophone et partout ou se trouvent des écrivains qui ont pour matériau le français.L'entreprise est gigantesque, il faut en convenir, et les efforts qui ont été tentés ont tous donné des résultats décevants.Pour que nos livres soient lus en France, il faut que la taxation ne les étouffe pas; il faut qu'ils soient distribués dans les librairies; il faut qu'ils atteignent les gens des médias; il faut, il faut, il faut.Si je voulais être méchant, je dirais que l'ouverture de la France aux littératures d'autres pays se manifeste surtout dans la guerre que se font les éditeurs parisiens pour arracher les droits de traduction des best-sellers américains.Plus désole que méchant, je conçois mal que le président d'un organisme voué a la liberté d'expression traine duns la boue ceux qui osent dire des vérités qui leur font mal depuis belle lurette.I I I 3 M ï w Je pense donc je lis K2 LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 7 OCTOBRE 1989 Se mastiquer le mastodonte Au plaisir de lire SUITE D\u20ac LA PAGE K1 Education religieuse, oui.mais aussi activisme et anarchisme en I968.François Weyergans, qui est ne en I94I.est presque de la génération du baby boom « même si j'ai perdu mes cheveux qui était fort longs», dit-il.Littérature oui, mais aussi cinéma puisqu'il a fait l'École des hautes études cinématographiques.Il a même officié aux Cahiers du cinema et commis quelques courts métrages avant de se fixer en littérature.L'un de ses romans justement, celui avec lequel «il a percé dans le grand public» comme on dit, raconte, comme par hasard, l'histoire d'un jeune cinéaste.«La preuve que mes livres ne sont pas vraiment autobiographiques, dit-il, c'est que, dans ce roman-là.mon héros cinéaste filmait le Radcaude la Méduse de Géricault alors que, dans la vraie vie, j'ai fait un court métrage sur k-nmie Bosch.» Puis, ce fut un autre succès.La we d'un bébé, qui raconte l'histoire d'un foetus jusqu'à sa naissance non comprise.Humour obligatoire Tous les livres de François Weyergans sont acidulés, très drôles, d'un humour cultivé où les Lettres ont une grande part.Les auteurs qu'il cite, dans le suis écrivain sont pourtant sérieux: Kant, Diderot, «le merveilleux Heine».Dans la vie, il y a Apollinaire, Cocteau (dont il n'a pas aimé le journal cependant) avec un court salut à Léautaud à qui il a emprunte la manie de mettre sur la page de garde des livres qu'il offre à ses amis et à la presse un petit sceau japonais à l'encre rouge.Léautaud.c'était un canard! François Weyergans tient peut-être de Léautaud cet amour du laisser-aller apparent.Tous ses livres, et le dernier, sont d'infinies digressions, des suites ahurissantes de coq-à-l'àne mais, pour le romancier, la digression est une métaphore de la liberté.C'est le vagabondage de l'àme.« Digression ne veut pas dire incoherence, dit-il.Lorsque j'écris, je me laisse aller.Je trouve que c'est très béte, très niais.Alors, je coupe beaucoup et puis je monte, comme on fait d'un film.Quand je trouve que ça va.que tout le monde peut comprendre ce qui se passe, que ça a du rythme, j'arrête.DE RETOUR ACHAT ET VENTE OIGITJll AUDIO LIVRES, CASSETTES, DISQUES, D'OCCASION 3864 St Denis, 387 S te Anne, Montréal Stjérôme 8499014 431788Ï 3700 Boulevard Saint-Laurent \u2014 Pourquoi utilisez-vous toujours un ton ironique?\u2014 Mon premier livre s'appelait Le Pitre.L'humour, pour moi.est tout en même temps une agression et une défense.Ça touche naturellement le domaine de l'angoisse profonde.On ne peut pas parler de certaines choses au premier degré si on veut que les lecteurs les sentent.» Une grande partie de le suis écrivain se passe au lapon où l'un des avatars du «je» s'égare.La seule femme que le promeneur solitaire rencontrera dans les rues de Kyoto est une Canadienne.Aussi ne faut-il pas s'étonner qu'après son séjour à Montréal.François Weyergans songe sérieusement à faire Montréal-Vancouver en train, à moins qu'il n'aille faire un tour à Chicoutimi dont le nom l'enchante.Comme l'enchante dans un certain sens celui de Hideyoshi, «le Napoléon du lapon ».\u2014 Le lapon est-il pour vous l'antithèse de l'Occident, un pays d'harmonie intérieure et de rêve?\u2014 Pas du tout.Je trouve même que c'est un pays dangereux et je n'aimerais pas que les laponais possèdent officiellement la bombe atomique.A cause de notre culture judéo-chrétienne, basée sur la culpabilité de l'inceste et la chute d'Adam et Eve, nous jugeons notre passé avec sévérité, ce qui a ses avantages et ses inconvénients.Il me semble que les laponais ont littéralement oublié la guerre et leur passé agressif sur le continent asiatique.Ils n'en parlent jamais.On ne le mentionne pas dans les livres, le pense que c'est l'influence du bouddhisme où la culpabilité ne joue aucun rôle.» Bombe atomique, chute, guerre, agressivité.On est bien loin de la drôlerie irrésistible du style.Bien sûr, le suis écrivain n'aborde pas de front ces questions.C'est un peu une psychanalyse abracadabrante.D'ailleurs, le grand ami intellectuel de François Weyergans est Freud, «qui a trouve quand même pas mal de choses».Son grand ami de coeur est le rire, un petit rire subtil où se tapissent les vérités pas toujours bonnes à dire car «rire dans la vie, c'est apprendre à mourir».Ça ne suffira peut-être pas pour avoir le Prix Goncourt.S'il l'a, François Weyergans sera bien content.S'il ne l'a pas, «ce sera pour une autre fois», dit-il et il a-joutc: «Plus tard on l'a et mieux ça vaut pour sa carrière, à condition de l'avoir une fois ou l'autre, naturellement».JE SUIS ECRIVAIN, par Francois Weyergans.roman, 183 pages.Editions Gallimard.Trois romans de Vailland JACQUES FOtCH RIBAS coiliâboriitio* %p*tùUt Les chants désespérées sont les chants les plus beaux?Il n'y a pas plus belle histoire que celle qui nous fut contée dans Les mauvais coups, par un certain Roger Vailland, le croyais l'avoir oubliée.Il m'a suffi d'ouvrir ce livre, de lire les trois premières pages, ça y était, le miracle opérait, je me souvenais de tout.Lui, s'appelait Milan \u2014 Comme l'oiseau de proie auquel Vailland faisait penser aussi.Elle, Ro-berte \u2014 c'était un nom de cette époque, la guerre et l'après-guerre.Un couple des années cinquante, lorsque les idées libertaires étaient bien portées, avant que Madame Beauvoir n'inventât le deuxième sexe, que Vailland le libertin a toujours tenu pour le premier.Un couple moderne, en somme, c'est ainsi qu'on disait alors.Et un couple qui se défait, après tant d'années d'amour très libre.Un couple qui n'en peut plus, de boire de l'eau-de-vie pour s'étourdir, d'essayer de se déprendre, et qui n'y parvient pas.Lecture passionnante.Vailland fut un romancier du couple, plus exactement des relations amour-haine, des relations physiques, et il inventa un style qu'un critique du temps baptisa le style sec.Un stendhalien, qui disait: «Ne racontez pas ce qu'ils pensent, dites ce qu'ils font».Et en effet.Milan et Roberte, ce qu'ils font, suffit au lecteur pour entrer profondément en eux et contempler leurs pensées, et voir leur passé, et comprendre tout \u2014qui n'est jamais dit.Et alors, bon: introduction dans le couple d'un troisième élément, la jeunesse, la beauté, la pureté.Hélène, l'institutrice du village.«Tu vas pouvoir la détruire» dit Roberte.Ce troisième larron (qui est une larron ne, évidemment) sera le suicide du couple.Voilà c'est tout.Mais on défie le lecteur de laisser ce livre avant la fin.car une curiosité louche l'entraîne à courir en direction de la perte finale \u2014 j'allais écrire fatale.C'était l'époque aussi où Aragon écrivait: «Il n'y a pas settes.quai*5 BILLY BOB DUTRISAC KAFKA KALMAR UNE CRUCIFICTION LE ROMAN À VOUS ÉGRAT1GNER LES PAROIS DU CERVEAU Pauline Harvey Pitié pour les salauds! Après Encore une partie pour Berrl (Prix Molson de l'Académie canadienne-française), vous lirez avec ravissement et frémissement le quatrième roman de Pauline Harvey Pitié pour les salauds! «Un livre dur et complexe, une sorte de petite fresque impitoyable des temps modernes.Dans la grande masse graisseuse des livres de sa génération, ce roman fait partie des os.Pas étonnant qu'on s'y casse une ou deux dents.» Jean Basile.La Presse \u2022 l'Hexagone 192 p.\u2014 17.95$ ROGER VAILLAND trois romans IES MAUVAIS COUPS BOS PÏED BON ŒIL UN JEUNE HOMME SEUL Grasset d'amour heureux».Pas gentil pour Eisa.C'était aussi la première intrusion dans un roman français de l'automobile, considérée comme un personnage, le vous dis, c'était un roman moderne.Il n'a pas vieilli d'un poil.On dit encore aujourd'hui que c'est un des plus beaux romans de la langue française.Une langue propre, nette, directe, sans adjectifs autres que les plus courants: grande, contente, beau, lent, fort, j'en compte peu, c'est le style sec.Que c'est donc reposant, et efficace! Alors je me suis dit que c'était bien, de commencer la nouvelle saison des navets littéraires-sic promis à un succès de trois mois, par cette lecture d'une histoire forte, belle, grande, etc.qui nous donne, à nous lecteurs, des leçons de roman \u2014 sans parler de celles que les auteurs refuseront d'y voir.Lisez donc Les mauvais coups.c'est un conseil qui je ne regretterai pas.Outre Les mauvais coups ( 1948).on y peut lire Bon pied bon oeil ( 1950) et Un jeune homme seul ( 1952).Deux autres petits chefs-d'oeuvre, en passant, l'un d'inspiration marxiste, l'autre une confession d'adolescence.Si bien qu'on découvrira, peut-être, un écrivain presque oublié \u2014 parce qu'il est indiscutablement un grand écrivain.Souvenez-vous: il écrivit aussi La loi (prix Goncourt de je ne sais plus quelle année) qui est un pur bijou, lui aussi à relire.Roger Vailland, ce fut l'homme de toutes les tentations, auxquelles on succombe avec un regard froid ( un de ses titres) afin de les mieux combattre.Surréalisme, anarchisme.communisme (il fut membre du Parti, et actif) résistance, libertinage, amour, puis désabus.sagesse, beauté, art.Quel parcours! C'est, je crois bien, le seul successeur de Stendhal.Ah oui, j'oubliais: il y a encore, de lui, La truite et La fête qu'on ne peut pas ne pas avoir lus.Mais, il faut commencer, je crois, par Les mauvais coups.C'est superbe.Et par-dessus le marché, on a eu la bonne idée de grouper dans ce livre trois romans de Vailland.ROGER VAILLAND: TROIS ROMANS.Les mauvais COUPS, Bon pied bon oeil.Un jeune homme seul.400 pages, editions Grasset, Paris, 1989.VIENNENT DE PARAÎTRE CE MOIS-CI EN LIVRES-CASSETTES Editions La voie de son livre AUTEUR LAMARTINE MALLARMÉ RIMBAUD RONSARD VERLAINE VILLON Lu par Titre Méditations Poésies choisies Poesies choisies Les Amours Sagesse Le Testament Édition Didakhe La nuit sacrée TAHAR kenize BENJELLOUN mourad g.oejean C deis Q.be jean,' a.devieque a.faraoun/ q.bejean Disponibles dans les meilleures librmnes AU COEUR DE LA CULTURE Les Belles soirées vous proposent tout un éventail d'activités enrichissantes en trois, six, neuf soirées ou matinées.Thèmes : CHARLIE CHAPLIN IMAGERIE MENTALE RELATION DE COUPLE MONTREAL, VILLE INTERNATIONALE ÉVOLUTION DE L'ESPACE HUMAINE et une multitude d'autres encore.Conférenciers : Venez apprécier les synthèses dynamiques présentées par des spécialistes de renommée nationale et internationale HUBERT REEVES MARCELLE GUERTIN LOUISE LAMBERT-LAGACEE JACQUES MONTPLAISIR JEAN-MARIE BEYSSADE et autres invités de marque.'Hexagone BiL iu (iistmctil de I edition H rm lieu distinctil de i eui littéraire québécoise DEMANDEZ LA BROCHURE D'AUTOMNE 1989 RENSEIGNEMENTS : 3335.chemin Queen Mary 343-6090 1-800-363-8876 Université de Montréal Faculté de l'éducation permanente Des poèmes d'une séduisante simplicité SUITE DE LA PACE K 1 Au même moment, la France décernait le Prix Jacques-Chardon-ne à cette trilogie, où M.Clancier raconte son enfance et son adolescence.«Une situation cornélienne», relate l'écrivain en riant.Lorsqu'il annonce qu'il ne pourra être présent à la remise du prix, qui avait lieu en France le jour de son arrivée à Montréal, on pense alors le donner à un autre écrivain.M.Clancier ne modifie pas ses plans et c'est finalement madame Clancier qui recevra le prix en l'absence de son mari.Dans cette trilogie.Georges-Emmanuel Clancier a écrit sa mémoire.Pendant la rédaction d'Un jeune homme au secret, il a vécu intensément ses souvenirs d'adolescent, «jusqu'au vertige», se rappelle-t-il avec un doux regard.Il sursaute alors chaque fois qu'il quitte sa table et rencontre son image dans la glace, «l'étais toujours étonné de voir ce vieux monsieur aux cheveux blancs me regarder, alors que je croyais avoir vingt ans», reconte l'écrivain, maintenant âgé de soixante-quinze ans.Frêle, discret, courtois, jouant distraitement avec un stylo, Georges-Emmanuel Clancier replonge encore une fois dans ses souvenirs.Ce troisième récit couvre son adolescence, de la quinzième à la vingtième année.Années d'apprentissage, capitales, remplies d'événements.La mémorable expédition dans le métro de Paris.Les premier émois, les premières passions malhabiles et passagères.Le premier tube de Gomina.Les souvenirs de vacances au soleil, en montagne, à la campagne.Le braconnage.La TSF, qui le conduira à travailler lui-même à la radio, puis à la télévision.Et l'émerveillement.LA découverte.«Une découverte qui devait ensuite orienter et éclairer toute ma vie».Grâce à deux jeunes professeurs, le lycien.fascine, découvre la poésie.Verlaine, Nerval, Baudelaire, Mallarmé.Valéry- Il est subjugué par ce pouvoir qui «devait sourdre des mots eux-mêmes, de leur façon de se succéder en sourdine ou au contraire de se heurter avec éclat, du jeu de leurs syllabes claires, vives, sonores ou feutrées, des images douces ou violentes, apaisées, ou inquiètes, qu'ils faisaient s'illuminer, s'élever puis s'étendre en nous».Il côtoie aussi Dostoïevski et Romain Rolland, mais surtout Proust.Lorsque Georges, adolescent tuberculeux soumis au pneumothorax devra quitter l'école et vivre de nombreuses années alité, isolé, «au secret, paria, suspect, coupable», Marcel, le narrateur de La Recherche, lui tiendra compagnie, comme un ami.Ou comme un double: «Il me semblait que ce pouvait être moi-même», confie-t-il.Ces années où il ne vit pas vraiment modifieront aussi les rapports du jeune homme avec la durée, avec le temps qui passe ou ne passe pas.Ces très belles pages \u2014sûrement les plus belles de ce récit au ton sombre et juste\u2014 relatant la découverte de la littérature avec force et émotion, expliquent son importance démesurée dans la vie du jeune malade solitaire qui deviendra lui aussi écrivain.Peu connu ici, M.Clancier a séjourné pendant quelques mois au Québec en 1967, comme conseiller culturel pour le pavillon de la France de l'Expo.Il a déjà publié une trentaine d'ouvrages, des poèmes, des essais, des romans.En 1971.il a reçu le Grand prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.Pendant l'Occupation, il assure la livraison clandestine de textes pour la revue algéroise de Max-Pol Fouchet.Fontaine.Son premier roman.Quadrille sur la-tour, écrit avant la gauerre.sera d'ailleurs publié en 1942 aux Editions Chariot de Fouchet, aussi éditeur d'Albert Camus.À sa réédition au Mercure de France, l'écrivain affirmera: «Les pages de Quadrille sur la tour m'ont ouvert enfin la voie, m'ont donné, me semble-t-il, ma voix, sans doute en me faisant rejoindre les sources de ma mémoire et de mes rêves».Sa tétralogie populiste Le Pain noir, inspirée de sa propre famille, le rendra célèbre.Sa grand-mère dont il garde un souvenir ému, «une femme merveilleuse, au talent de conteuse, à qui il a appris à lire et à écrire, lit le premier volume avant de mourir.\", Vingt ans plus tard, en 1975.Le ; Pain noir sera réalisé pour la télé- * vision en feuilleton de huit épiso- * des.Aujourd'hui, M.Clancier se ré^ ^ jouit d'avoir été élu l'an dcrnie( ¦ vice-président du PEN Club inter-national: «Défendre l'écrivain! ~ c'est défendre l'humanité.L'éçri^ vain est la conscience et la voix ! de l'humanité.» UN JEUNE HOMME AU SECRET, de Georges-Emmanuel Clancier Editions Albin Michel Paris.1989.2S6. LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 7 OCTOBRE 1989 K3 Trois voyages insolites JEAN BASILE rp- lotttiborotion iptciuJ* llfj \\UJJjii Omis iwrt ducs On ne voyage plus comme avant, c'est connu.Les vrais voyages se font à pied, sac au dos et on doit être prêt à grimper sur la bosse d'un chameau.Nicolas Bouvier et Ella Maillart sont deux voyageurs cmerites et ils ont tous les deux l'obstination et la frugalité montagnardes des Suisses puisqu'ils le vont.Nicolas Bouvier est un amoureux du lapon qu'il a fréquenté pour la première fois des après la guerre, pas si longtemps après Hiroshima.C'est, malgré des rajouts plus tardifs et quelques textes de circonstance écrits pour la presse, un livre de jeune homme qui aime l'espace inconnu et les femmes.Le tout s'intitule simplement Chronique japonaise, avec un sous-titre: Carnets gris.Gris?certes pas, mais il est vrai que le lapon de Nicolas Bouvier ne se promène pas en kimono de soie.Il n'y est guère question de palais impériaux, de geishas, de jardins d'azalées ou de pierres.C'est un pays sombre, dur et tourmenté, difficile à comprendre et difficile à aimer.Il est vrai aussi que le jeune voyageur était désargenté et, quand il resta à Kyoto, ce fut dans la modeste condition de concierge.Il fréquente le menu fretin des faubourgs et des villages perdus.Il en fait des portraits malicieux: des policiers qui jouent au go, un pompier villageois qui se soûle, le tenancier d'un petit bar, enfin les gens que l'on ne voit jamais en voyage parce que l'on visite les musées.D'ailleurs, l'art du voyage de Nicolas Bouvier est un art de l'économie et de la pauvreté, un peu beatnik et un peu hippy quoique le zen.dont il parle brièvement, ne l'attire guère.La première partie de cet ouvrage évoque surtout le grand lapon des capitales, le lapon de la langue, de l'histoire de ses dieux et de ses grands hommes.La seconde partie est extraordinaire.C'est un voyage aux Kouriles, les iles du nord, désespérées de solitude où vivaient les Ai-nous, un petit peuple paléosibérien que la double sollicitude des Russes et des laponais a tué.Ce sont un peu nos Inuit, condamnés à sculpter des ours pour les visiteurs.Dans le village que Nicolas Bouvier décrit, il n'y en a plus que trois, deux hommes et une femme dont le seul travail est de se faire photographier.Ces pages où le voyageur les voit et les décrit, avec leur barbe, leur tiare en écorce de bouleau et leurs rides, sont d'une poignante tristesse.Heureusement, il y a un «musée» à Abashiri, aménagé par un vieil original octogénaire qui y expose son vélo ( 1911 ), les «enfants d'un crabe» dans une bouteille de formol et autres merveilles de cet acabit.Pour Nicolas Bouvier, c'est ça un vrai musée.Ella Maillart fait partie de ces voyageuses intrépides de l'entre-deux-guerres.(eune et sportive, le danger l'attirait, cette fois une traversée d'est en ouest de la CM- m, ne, de Pékin au Chachemire.C'était en 1955.La région n'est pas inconnue mais le Turkestan, que la voyageuse doit traverser, est en guerre.D'ailleurs tous les trafics, surtout d'armes et de drogues, sont prospères dans ces régions instables, hier comme aujourd'hui.Oasis interdites, que l'on vient de republier, sont les oasis du Turkestan dont la population, de souche iranienne, a été turquisée.C'est l'une des régions les plus étranges du monde, où les civilisations chinoise, indo-européenne et arabe se rencontrent.Et dans quel drame.Ella Maillart n'est pas une intellectuelle.Elle ne se prend ni pour une ethnographe, ni pour une folkloristc.Les mythes ne l'intéressent pas davantage.Elle sait regarder et voir.Oasis interdites est comme un grand livre d'images où l'on se gratte beaucoup car l'un des principaux ennemis de In voyageuse sont les puces.L'Asie, hors le lapon, est un pays plutôt crasseux.Cette région souvent aride, parfois hostile, a-t-elle vraiment changé?Pas pour la drogue ni les armes et, comme l'on sait, l'agitation y règne toujours.Au fond, et c'est là un des charmes de ce livre descriptif jusqu'à la minutie, on ne pourrait plus faire aujourd'hui le voyage qu'Ella Maillart a fait dans les années trente.Les avions nous mènent de capitale en capitale mais on ne voit plus rien de ce qu'il y a entre les deux.On ne veut pas nous le montrer.Lettre posthume de Dominique Eddé n'est pas un livre de voyage à proprement parler, sinon un voyage intérieur.Dominique Eddé est libanais.Il a vu le pays de son enfance s'écrouler comme l'on sait.Alors, il se souvient.Sous le prétexte d'écrire à une femme qu'il a aimée, il évoque ce qu'était le Liban de sa jeunesse, «un pays entre le réve et la réalité» et ce qu'il était lui, un Libanais chrétien, plutôt riche et insouciant «à califourchon.doucement ballotté entre la montagne et la mer, entre la fin de l'Empire ottoman et le début d'un empire imaginaire».Le tout dans une langue très châtiée qui sonne parfois comme du Gide.Chronique taponaise, par Nicolas Bouvier, 285 pages.Editions Pavot Oasis Interdites, par Ella Maillart.260 pages.Editions Pavot Lettre posthume, par Dominique Edde, 140 pages.Editions l'Arpenteur.Les best-sellers Fiction et biographies 1 Le Premier quartier de la lune Michel Tremblay Leméac (4) 2\tMisery\tStephen King\tAlbin Michel\t(1) 3\tJackie\tDavid Heuman\tLaffont\t(13) 4\tDédale\tLarry Collins\tLatfont\t(13) S\tRendez-vous\tJudith Krantz\tBeifond\t(2) 6\tLa Chair de pierre\tJacques Folch-Ribas\tLatfont\t(1) 7\tUne Prière pour Owen\tJohn Irving\tLe Seuil\t(18) 8\tLes Versets sataniques\tS.Rushdie\tBourgeois\t(1) 9\tMa Cavale au Canada\tSan Antonio\tFleuve Noir\t(1) 10\tLe Négociateur\tFrederick Forsyth\tAlbin Michel\t(D 1\tOuvrages généraux Le Gourmet de quartier Victor Levant Hurtubise\t\t\t(8) 2\tLe Chemin le moins fréquenté\tScott Peck\tLaffont\t(36) 3\t100 Dictées pour devenir champion\tJean-Christian Pleau\tBoréal\t(D 4\tMoi, je m'en souviens\tPierre Bourgault\tStanké\t(18) 5\tPetit Larousse illustré 90\t\tLarousse\t(5) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Alire (Longueuil).Bertrand, Oemarc, Ducharme, Flammarion, Le Fureteur (Samt-Lambert).Guènn, Hermès, Lettre-Son (Outremont).Martin (Joliette).MontréaLoisir, Le Parchemin, Raffin, Renaud-Bray et Sons et Lettres.Séquences et inconséquences poétiques CILLES TOUPIN rAUl SAN.\" lit BOIS BRULE I: I suffit parfois d'un peu de géométrie, de jeux analogiques délicats et serres pour faire naitre le poème.Il suffit, en revanche, de formules éduïcorees et de banalités répétées pour détruire celui-ci, le reléguer dans la longue file des exercices littéraires futiles.Les Chroniques analogiques de Marie Bélisle appartiennent davantage à la première de ces catégories.Textes enjoués, dépouillés même, par leur économie des longs vers, ces poèmes jouent avec la langue, y faisant surgir des harmonies imitatives.des images analogiques qui rappellent, non dans la forme mais dans l'esprit, le haiku.Par exemple, sur le thème d'octobre, la recherche analogique parviendra à rendre une évocation ravissante de ces instants au-tomnals: toucher le toc le front froid étalé lisière courbe jouxtant l'aire des cachemires et des ocres d'une heure à l'autre tomber Plus loin, dans le recueil, ces écrits méthodiques, soumis en somme a une sorte de travail de laboratoire sur la langue, réussissent à faire passer une gamme d'émotions oui s'abreuvent souvent à l'érotisme et qui confondent volontiers le singulier couple de la friction et de la fiction.Moins heureux par contre sont les vers de Paul Savoie qui dans Bois brûlé tente de restituer son état de Manitobain, «l'histoire», comme il l'écrit lui-même, «des «v*c hajbt initias «W ° 4T COIN DES ENFANTS Poulet frit, hot-dog, mini ¦ tumburger, ipaghetli \u2022 Photo avre dig Bird \u2022 B.iIIoik de former varie»* par notre clown \u2022 Dentin* animé* \u2022 Popcorn pour le» enfant» SEULEMENT 725$ COIN DES PARENTS \u2022 Buffet froid de 45 met* kiii ruEUT \u2022 Dnicrh irrésWtiblrs WWIWIMI \u2022 A votre choix: bro- \\ A 50$ c nette moellcute gril- I iX ^ lée façon «meiquite» \u2022 Agneau, boeuf, potvsoo ou poulet 7T 7700, ch.Côfe-de-lio**r S.MIlt-1 .l'.l.'i-fll «RÔTEL K\"' ¦ (Sortir Montre- le Pavillon d\"lie\"*) Réservations: 73 1-7821 poste 1010 ^ ^ ^ ' K8 LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI ?OCTOBRE 1989 Restaurants Très beau, mais sans zeste FRANÇOISE KAVIER n decor de grand rcNtau-ram n'a pa> besoin d'etre cpuubtouflant.Il est réussi iiuand il génère une ambiance, ht pour y purvenir le» moyens peuvent être discrets, simples.En apparence.De la couleur et de l'éclairage cela peut suffire.Le Citrus, nouveau restaurant de Saint-Laurent «en haut» est un beau restaurant.Tout a été étudie avec minutie et rien n'a ete laisse au hasard.Mais cela ne sent pas.On ne voit, on ne sent que de la lumière.Lt c'est le point qui fait le plus souvent défaut dans les conceptions de restaurant.Citrus, le ::uui du soleil dit la carte d'affaires.Le decor a colle a cette définition, tu deux tons, celui doucement ensoleille des murs et ce Iiii de l'acajou de certaines divisions.Sur les murs, pas de bavardages.Rien n'y est accroche.C'est l'éclairage qui les meuble.C'est un restaurant où l'on est bien, ou tout semble place parfaitement, où l'on a envie de s'installer.À table, les details reviennent avec precision, quel que» fruits dans une petite coupe en guise de bouquet de fleurs, un menu où la couverture ressemble a une piece découpée dans une tableau, ou la carte est rédigée clairement et imprimée sans aucune faute.une carte des vins de professionnels, un choix soigné et intelligent.un service du pain, â la pince, en blanc ou en brun.rjrtire de truite au» Heroes fraîches, moutarde Fricassee de champignons des bois au parfum d'ail La crème \u2022 retour du marche \u2022 Les quelques feuilles du ijrdin Racle de lapin farci au shii-take.maraîchère de poireaux Portefeuille de veau et Saint-Jacques aux petits oignons Soupe de pèches Délice aux trois chocolats Cafes Menu pour deux, avant vin.taxe et service.Î71 35 La carte est une table d'hôte de trois services, où le prix du plat inclue le choix dans les premier et deuxième.Le dessert n'est pas compris.Le tartare de truite était fort joliment présenté, moulé en cuillerées sur une assiette dépouillée.La chair était rose et fraîche, mais d'une fraî- cheur sans couleur.Le «moutarde» annoncé était si discret qu'il disparaissait et les herbes fraîches étaient tout aussi absentes de la saveur qu'aurait pu avoir ce plat.Parfaitement en saison, la fri- cassee de champignons qui mariait des espèces de haut et de bon goût était une réjouissante réussite.Sous le nom de «crème retour du marche» c'était une crème de chou-fleur qui était proposée ce soir la.Servie simplement, légère et onctueuse à la fois, delicate au goût et ponctuée agréablement de petits bouquets croquants.Les quelques feuilles du jardin valaient plus par la présentation que par la dégustation, sorte de buisson vert et croquant auquel il manquait une bon assaisonnement.Le portefeuille de veau et Saint-|acques pourrait être une sorte de version du Surf and Turf.C'était un plat sans délicatesse.Le veau, coupé en tranche trop épaisse, pas assez délicat pour faire une fusion gustative avec le fruit de mer, était incisé dans l'épaisseur pour recevoir des tranches de pétoncles.L'un et l'autre semblait étranger l'un à l'autre.Le tout était entouré de pommes de terre coupées en des minuscules et d'une sorte de jus, étranger lui aussi a l'ensemble.Le ràble de lapin était présente sur un fond d'assiette aux mêmes caractéristiques.Des légumes coupés menu, une sauce-jus en apparence légère mais trop dure pour le corps du plat.La définition du plat sur le menu ne donne pas une idée exacte de ce qui est présenté.Le ràble est si \"farci que la chair du lapin dispa-rait et que seule la farce demeure dans les médaillons.La saveur était terne, la texture pas forcément très agréable.Les champignons apparaissaient en garniture.Au dessert, la soupe de pèches-n'était pas une soupe de fruits.\" mais une simple presentation dé tranches alignées sur un coulis rouge.Le délice aux trois chocolats est un dessert sérieux pour, amateurs, mariant saveurs et douceurs sur fond de café.CITRUS 5232 boulevard St Laurent 276-2Î53 Accx déUcct de \" .'¦ momie pékinoise ol ^iieçhuonnoiie -1735.St-Oenis 844-5542 '-{Membre de l'A R Q I to iovoir-foire ou lervke du iûvoir-vtvro < I fs/Nr FJM.Vtl.Nf.'M//* l'\\UI Fs PATRONS -Jlc (javtochêi 2098, rua Jean-Talon i
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