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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2009-10-17, Collections de BAnQ.

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[" ARTS ET SPECTACLES XXXXX XXXXXXXXXX XXXXXXXXXX XXXX XX XXXX XXXXXX PAGE X www.cyberpresse.ca/arts LITTÉRATURE Lisez la nouvelle de Caroline Allard inspirée de l\u2019actualité sur cyberpresse.ca/nouvelle AUDIO Écoutez des extraits des critiques de CD sur cyberpresse.ca/disques BLOGUE Quelles sont les dix séries américaines disponibles sur Illico?Découvrez-les sur cyberpresse.ca/therrien DERRIÈRE LES RAYONS DE LA GRANDE BIBLIOTHÈQUE Pour souligner la 11e Semaine des bibliothèques publiques, La Presse a visité les coulisses de la Grande Bibliothèque.Découvrez comment les bibliothécaires font face aux petites, grandes \u2014 et parfois bizarres ! \u2014 demandes de 1000 nouveaux abonnés par semaine.UN DOSSIER DE CHANTAL GUY À LIRE EN PAGES 22 ET 23 Elles font courir \u2014 et frémir \u2014 les foules.Et elles sont de plus en plus populaires.De quoi s\u2019agit-il ?D\u2019expositions qui nécessitent l\u2019usage de cadavres humains.Après avoir alimenté la controverse à Paris, New York et Québec, l\u2019expo scientifique Bodies débarque à Montréal la semaine prochaine.Pendant ce temps à Londres, un Russe mondialement connu expose des oeuvres dérivées de corps cuits jusqu\u2019à ce qu\u2019ils se transforment en huile.UN DOSSIER DE MARIO CLOUTIER ET MALI ILSE PAQUIN À LIRE EN PAGES 12 ET 13 ART, SCIENCE ET.CADAVRES PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE PHOTO ERICK LABBE, FOCUS1 MONTRÉAL SAMEDI 17 OCTOBRE 2009 museumsnature.ca La Magie des lanternes 11 septembre au 1er novembre \u2022 9 h à 21 h Le Grand Bal des citrouilles 2 octobre au 1er novembre \u2022 9 h à 21 h 1822300A 1822310 ARTS ET SPECTACLES HUGO DUMAS CHRONIQUE ENTREVUE LES TROIS ACCORDS Les analystes de la télé américaine ont tous échappé leur télécommande en même temps (et ramassé les piles AA par la suite).Quoi?NCIS trône présentement en tête du palmarès des émissions les plus regardées, toutes chaînes confondues?Non, impossible.Pourtant, oui.À sa septième saison à l\u2019antenne, la série de CBS \u2013 et ses 21,4 millions de téléspectateurs \u2013 a devancé des poids lourds du petit écran comme Dancing with the Stars, CSI, TheMentalist, Grey\u2019sAnatomy, House et Desperate Housewives.Même le football du dimanche soir à NBC n\u2019a pas résisté à NCIS, un acronyme de Naval Criminal Investigative Service.Pour une série conventionnelle et classique qui n\u2019intéresse aucun chroniqueur télé et qui ne bénéficie donc d\u2019aucun buzz médiatique comparable à celui de Glee, Mad Men ou 30 Rock, c\u2019est tout un tour de force.Car NCIS, que la chaîne Historia diffuse en rafale chez nous, ne réinvente absolument rien: des agents spéciaux enquêtent sur des crimes flottant autour de la marine américaine (insérer ici un léger son de bâillement).Pas de grosses vedettes (Mark Harmon, quelqu\u2019un?), pas d\u2019artifices ni de procédés flamboyants, mais des épisodes bouclés en 60 minutes avec un début, un milieu et une fin.Bref, c\u2019est le genre de truc auquel un téléspectateur se raccroche sans difficulté, rate quelques épisodes, puis revient sans se sentir perdu ou embrouillé dans l\u2019intrigue.Encore plus étonnant: le dérivé de NCIS, NCIS: Los Angeles, qui met en vedette Chris O\u2019Donnell et LL Cool J, est la nouveauté la plus regardée de l\u2019automne avec ses 17,4 millions de fidèles.Et dans le dernier classement publié par Entertainment Weekly, NCIS: Los Angeles figure au troisième rang des émissions les plus populaires derrière.NCIS.Sans vouloir compliquer le tableau, sachez que la série NCIS est ellemême un produit dérivé de Jag.Fin de la parenthèse.Selon le magazine Advertising Age, Wal-Mart, Home Depot et le médicament Lipitor de Pfizer raffolent de NCIS, qui possède une qualité très prisée par les annonceurs, soit celle de garantir de vastes audiences semaine après semaine.Tout cela, en dépit de la récession, de l\u2019exode vers les canaux spécialisés, de l\u2019utilisation grandissante des enregistreurs numériques, des ventes de DVD qui explosent, etc.Cette tendance lourde, les grands réseaux comme CBS, NBC ou ABC l\u2019ont bien cernée en jetant au panier des trucs plus flyés comme PushingDaisies et en déclinant quasiment à l\u2019infini des marques familières comme CSI, Law&Order et Criminal Minds.Ces téléspectateurs plus conservateurs, constamment bousculés par l\u2019arrivée d\u2019un nouveau gadget télé ou d\u2019une 614e chaîne satellite, adorent repérer des personnages connus dans leur écran.Ils aiment se réfugier dans des environnements télévisuels qu\u2019ils connaissent bien, sorte de point d\u2019ancrage rassurant dans un monde qui tourne à une vitesse folle.Chez nous, Lance et compte : le grand duel, dont les cotes d\u2019écoute ne cessent de gonfler depuis sa mise en ondes, incarne parfaitement ce phénomène de télé-réconfort.Et il n\u2019y a rien de péjoratif làdedans.Au contraire.Nous connaissons les Suzie, Marc, Pierre, Gilles et Lulu depuis plus de 20 ans.Nous les adorons et en ouvrant notre téléviseur, tous les lundis à 21h, nous prenons de leurs nouvelles, comme s\u2019il s\u2019agissait de vieilles connaissances.Et pas besoin d\u2019une longue mise en contexte, car leur histoire fait un peu partie de la nôtre.Qu\u2019est-ce que ça dit sur notre comportement de téléspectateur?Très simple.Oui, on peut raffoler de la cuisine audacieuse, savoureuse et complexe d\u2019une série comme Aveux.Mais parfois, dans notre régime télévisuel, une bonne lasagne maison ou une brûlante soupe à l\u2019oignon, ça remplit parfaitement notre bedon.Je lévite Avec Man on the Moon de Kid Cudi.Si vous aimez KOS et le hip-hop mélodique et avant-gardiste, vous adorerez ce Kid Cudi, jeune protégé de Kanye West.Je l\u2019évite Les pubs de Brand Power.Qui réalise ces affreuses réclames télé, sur fond de musique de téléjournal des années 80?Le stagiaire d\u2019Entre chien et loup?Ou un candidat rejeté de VJ recherché?S Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca Télé-simplicité volontaire Chez nous, «Lance et compte : le grand duel », dont les cotes d\u2019écoute ne cessent de gonfler depuis sa mise en ondes, incarne parfaitement ce phénomène de télé-réconfort.Et il n\u2019y a rien de péjoratif là-dedans.Au contraire.ALAIN DE REPENTIGNY Au tout début du troisième album des Trois Accords, Dans mon corps, Simon Proulx chante avec toute la conviction décalée dont il est capable «dans mon corps de jeune fille, il y a des changements » sur une musique de fanfare d\u2019école secondaire.L\u2019auditeur réagit comme la première fois qu\u2019il a glissé le Gros Mammouth Album Turbo dans son lecteur CD: il est surpris, puis il rit et, l\u2019instant d\u2019après, il chante avec le groupe de Drummondville ce nouveau refrain délicieusement absurde.Proulx, que je rencontre avec le guitariste Alexandre Parr à l\u2019Astral, où avait lieu leur lancement cette semaine, se souvient que la perplexité de Gus van Go l\u2019a convaincu qu\u2019il tenait là le thème de leur nouvel album, «un jeu de genre, d\u2019identité» qu\u2019il allait pousser au bout de sa logique.Pas seulement dans la chanson Dans mon corps, où «un gars de 28 ans chante une toune de jeune fille», mais aussi dans Elle s\u2019appelait Serge (\u2026«avant de s\u2019appeler Bianca»), La lune (où un gars se travestit par amour pour sa blonde) et même Pull pastel, qu\u2019Alexandre Parr rêve d\u2019entendre chantée à tue-tête par un fan à l\u2019écoute de son iPod: «Tant que les moutons produiront de la matière/Je tricoterai dans le Cercle des fermières.» «L\u2019idée au départ, c\u2019est de ne pas être un groupe comme les autres, de faire quelque chose que les autres n\u2019ont pas pensé à faire, explique Simon Proulx.Toutes les fois qu\u2019arrive une idée, on se demande: est-ce que quelqu\u2019un d\u2019autre ferait ça?Estce qu\u2019on cherche encore à être le band qui fait les choses différemment?On tripe quand on voit des gros gars poilus crier et chanter des trucs qu\u2019ils ne chanteraient jamais autrement, mais vraiment dans la joie! Ça leur fait du bien, à eux aussi.Les gens vont reconnaître les Trois Accords dans nos nouvelles chansons, mais j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019on est allés plus loin au plan de l\u2019écriture.» Les Trois Accords annoncent déjà leurs couleurs sur la pochette, qui montre un chanteur noir qu\u2019on devine intense.Sous prétexte qu\u2019il y a des cuivres et un peu de swing dans deux chansons du nouvel album, un petit rigolo des Trois Accords a expliqué à un collègue de la télé qu\u2019ils avaient fait appel à ce substitut parce qu\u2019ils n\u2019étaient pas très convaincants quand ils prenaient la pose typique d\u2019un chanteur soul.La vérité, comme toujours avec les Trois Accords, est beaucoup plus simple: le concept les faisait rire.«Et puis on trouvait ça cool que ça ait l\u2019air d\u2019un album soul des années 70, un disque qui s\u2019est fait dans la sueur, reprend Simon.Ça marche aussi parce que dans ce disque, on joue beaucoup sur l\u2019interprétation, ce qui est nouveau pour nous : une pochette de soul très ordinaire pour le disque d\u2019un groupe de petits blancs-becs de Drummondville\u2026» Du flash à la chanson De plus en plus, les Trois Accords veulent exploiter le décalage sous toutes ses formes, la juxtaposition d\u2019éléments qui ne vont pas du tout ensemble, comme dans la chanson Club optimiste, où le discours platement convenu \u2013 «merci aussi à tous les gens qui ont rendu cet événement possible» \u2013 est chanté par la voix la plus déprimée qui soit.Leurs chansons viennent souvent de flashes que Simon teste auprès de ses complices et de leurs amis.S\u2019ils rient, c\u2019est gagné.Ne reste plus qu\u2019à en faire une chanson, ce à quoi Simon s\u2019applique avec un souci un peu maniaque, confie son collègue Alexandre.Ton pantalon est plein porte sur une personne qui fait l\u2019effet d\u2019un antihistaminique à celui qui la regarde.Croquer des cous, sur Sébastien Gingras, un apprenti vampire qui se cache dans le frigo des voisins et que le chanteur, magnanime, met en garde: «Les gens te jugent en te voyant dans le frigo.» Et Nuit de la poésie, sur un exalté qui réagit comme s\u2019il était à un concert rock et qui veut prendre tout le monde dans ses bras.«Notre force, c\u2019est de surprendre, dit Alexandre Parr.C\u2019est un peu le but de cet album, en un peu moins radical que le deuxième (Grand champion international de course, paru en 2006) dans lequel les textes étaient un peu plus difficiles à comprendre.Celui-là est un peu plus simple.» Simon Proulx parle d\u2019un album plus réfléchi : «Celuilà, on a eu le temps d\u2019y penser, contrairement aux autres albums, peut-être parce qu\u2019on était plus jeunes ou qu\u2019on les a faits plus vite.Moi, j\u2019aime tout sur cet album, tout ce que chaque gars a fait.On sait plus qui on est et ça ressemble plus à ce qu\u2019on aime.» Un désir de retenue On insistera probablement sur les nouvelles couleurs musicales (cuivres, mellotron, theremin et fanfare) ajoutées au rock des Trois Accords, mais la plus belle surprise vient sans doute de Dans le bureau du médecin, où on reconnaît le lexique du groupe, mais on cherche en vain la blague dans ce polaroid d\u2019un patient qui broie du noir à l\u2019idée d\u2019apprendre une mauvaise nouvelle.«Cette chanson-là, je n\u2019étais même pas sûr de vouloir la présenter au groupe parce que, justement, ce n\u2019est pas crampant, raconte Simon.Je l\u2019ai jouée à Olivier et il m\u2019a dit qu\u2019on devrait la faire quand même.Mais elle ne donne pas trop dans le dramatique, il y a comme un désir de retenue.» Olivier Benoit, le sympathique grand sec dont la voix recto tono était indissociable du son des Trois Accords, a décidé l\u2019hiver dernier de se tirer sa révérence pour devenir l\u2019imprésario du groupe.Parce qu\u2019il ne jouait pas d\u2019instrument, on s\u2019est parfois demandé ce qu\u2019il faisait sur scène, mais son absence forcera Proulx, Parr, le bassiste Pierre-Luc Boisvert et le batteur Charles Dubreuil à revoir leur façon de faire en spectacle.«Tout le monde sous-estime le rôle qu\u2019il avait sur scène, dit Alexandre.Quand on est derrière le micro, on ne peut pas se promener partout et aller chercher le public.Olivier le faisait.» «C\u2019était cool parce qu\u2019on avait un membre qui faisait ce que personne d\u2019autre ne fait », ajoute Simon, qui a perdu en Olivier le complice avec qui il pouvait déconner à souhait devant le public.Les Trois Accords donneront quelques concerts au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Alberta cet automne.I ls joueront notamment à Drummondville le jour du passage de la flamme olympique, le 6 décembre.Mais leur véritable rentrée se fera en février.Ils pourront alors constater de visu si leurs nouvelles chansons atteignent le but qu\u2019ils s\u2019étaient fixé en entrant en studio avec Gus van Go: faire un album festif, encore plus fidèle à l\u2019image de groupe de party qu\u2019ont toujours eue les Trois Accords.UN GROUPE TOUJOURS Dès sa première rencontre avec les Trois Accords, le réalisateur Gus van Go était légèrement perplexe.Les personnages de vos nouvelles chansons sont-ils des gars ou des filles?a demandé l\u2019ex-Me, Mom and Morgentaler.Les rois du rock absurde auraient-ils vu trop de films de Pedro Almodovar ?ROCK LES TROIS ACCORDS DANS MON CORPS INDICA/OUTSIDE PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Les Trois Accords ne sont plus cinq, mais quatre.Olivier Benoit, le sympathique grand sec dont la voix recto tono était indissociable du son des Trois Accords, a décidé l\u2019hiver dernier de se convertir en imprésario du groupe.De plus en plus, les Trois Accords veulent exploiter le décalage sous toutes ses formes, la juxtaposition d\u2019éléments qui ne vont pas du tout ensemble comme dans la chanson Club optimiste, où le discours platement convenu \u2013 «merci aussi à tous les gens qui ont rendu cet événement possible» \u2013 est chanté par la voix la plus déprimée qui soit.EN UNMOT Un groupe original dont le rock énergique et les textes absurdes ont conquis le Québec tout entier, qui a acheté au delà de 250 000 exemplaires de ses deux premiers albums.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 17 OC T O B R E 2 0 0 9 ARTS ET SPECTACLES NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Les premières dix minutes des Enfants du palmarès, un documentaire sur l\u2019enthousiasme des Québécois pour l\u2019école privée, sont franchement insupportables, pour ne pas dire indécentes.On y voit et on y entend des parents se plaindre du stress, de l\u2019anxiété et de l\u2019angoisse que leurs «pôvres» enfants, petits rois nantis et bien nourris, vivent lors des examens d\u2019admission aux grandes écoles privées.C\u2019est d\u2019ailleurs après avoir vécu ce stress avec son fils Laurent que la réalisatrice Marie-Josée Cardinal, fille de l\u2019ex-ministre de l\u2019Éducation Jean-Guy Cardinal, a décidé d\u2019explorer le sujet.N\u2019empêche.Voir tous ces gens de la petite bourgeoisie décapante ou de la banlieue prospère prendre des airs de victimes, et traiter d\u2019inhumain un système qui invite à l\u2019effort et au dépassement, est affligeant.Pourtant, Les enfants du palmarès, qui sera diffusé demain à 19h à Canal D, est un film important.Parce qu\u2019il décrit magnifiquement bien l\u2019état des choses dans le Québec d\u2019aujourd\u2019hui.Son constat est simple et brutal: les Québécois qui en ont les moyens, et même ceux qui ne les ont pas, ne jurent plus que par l\u2019école privée, qui est devenue un symbole de statut social, un gage de réussite, sinon le fantasme collectif d\u2019un avenir radieux assuré.Inversement, plus l\u2019école privée prend du galon, plus l\u2019école publique est boudée, dépeuplée et perçue comme usine sale, pauvre et pestiférée qui fabrique des décrocheurs et des drogués à la chaîne.Or, le film de Cardinal a le mérite de poser une question toute simple: comment en sommesnous arrivés à cette vision manichéenne qui ne tient pas toujours compte de la réalité?Oui, c\u2019est vrai que l\u2019école publique a de moins en moins de moyens alors que l\u2019école privée, qui encaisse aussi bien les subventions du gouvernement (60%) que le fric des parents (40%), nage dans le luxe avec ses gymnases rutilants, ses locaux vastes et éclairés, ses ordinateurs tout neufs.Il n\u2019en demeure pas moins que ces différences matérielles ne font pas de meilleurs avocats, architectes ou médecins.Selon des statistiques obtenues par la réalisatrice, les étudiants qui réussissent le mieux à l\u2019université proviennent à parts égales du privé et du public.Alors, la question demeure: comment se fait-il que l\u2019école publique ait si mauvaise réputation et que l\u2019école privée soit si convoitée?La réalisatrice avance que le palmarès des écoles du magazine L\u2019actualité est en partie responsable du déséquilibre.Peut-être, mais ce palmarès ne saurait à lui seul expliquer le phénomène de société.Il y a forcément autre chose.La prof d\u2019une école alternative avance une hypothèse qui offre un début de réponse.Avec la société de consommation comme point d\u2019ancrage, elle évoque «l\u2019esprit de magasinage» qui a envahi toutes les sphères de la vie des Québécois.Surgit alors l\u2019image de parents qui magasinent des écoles comme ils magasinent des marques.Comme ils ont peu d\u2019enfants, ils veulent le meilleur pour eux.Et comme ils ont plus d\u2019argent, ils magasinent les meilleures marques pour eux.Des marques comme Brébeuf ou Jean-Eudes sont ainsi perçues comme la Cadillac des écoles.Et tant mieux si l\u2019admission y est difficile et sélective.Plus la marque est inaccessible, plus elle fait rêver ses clients.Quant aux enfants dans cette histoire, passifs et ballottés par papa, mais surtout par maman qui pousse pour qu\u2019ils réussissent à tout prix leur vie, ces enfants font figure d\u2019écrans blancs sur lesquels leurs parents névrosés projettent leurs propres ambitions.D\u2019ailleurs, si la plupart sont si stressés quand ils se tapent trois examens d\u2019admission dans la même fin de semaine, ce n\u2019est peut-être pas tant à cause des examens que des attentes stressantes de leurs parents.Le film se termine sur un ardent plaidoyer pour l\u2019école publique, parfois carrément miraculeuse pour les enfants, allergiques à la performance à outrance du privé et qui ont la vie devant eux pour se rattraper.Ce plaidoyer est rafraîchissant à entendre.Il nous aide à relativiser les choses et surtout à nous libérer du navrant esprit de magasinage.pÀ LIRE AUSSI, LE TEXTE DE RICHARD THERRIEN EN PAGE 16.S Pour joindre notre chroniqueuse : npetrows@lapresse.ca L\u2019école des marques Voir tous ces gens de la petite bourgeoisie décapante ou de la banlieue prospère prendre des airs de victimes, et traiter d\u2019inhumain un système qui invite à l\u2019effort et au dépassement, est affligeant.PAS COMME LES AUTRES PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE «L\u2019idée au départ, c\u2019est de ne pas être un groupe comme les autres, de faire quelque chose que les autres n\u2019ont pas pensé à faire, explique Simon Proulx (au premier plan).Toutes les fois qu\u2019arrive une idée, on se demande: est-ce que quelqu\u2019un d\u2019autre ferait ça ?Est-ce qu\u2019on cherche encore à être le band qui fait les choses différemment?On tripe quand on voit des gros gars poilus crier et chanter des trucs qu\u2019ils ne chanteraient jamais autrement, mais vraiment dans la joie ! Ça leur fait du bien, à eux aussi.» Derrière Simon Proulx, de gauche à droite : Alexandre Parr, Pierre-Luc Boisvert et Charles Dubreuil.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 7 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 1984427 LES HOMMES VIENNENT DE MARS LES FEMMES DE VÉNUS DENIS CHANG LOUISE FORESTIER LA BOÎTE À CHANSONS reseauscenes.com Réseau Scènes près de chez vous 18 salles de spectacle SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU 22 octobre \u2022 1 888 443-3949 SAINT-EUSTACHE 23 octobre \u2022 450 974-ARTS (2787) SOREL-TRACY 5 novembre \u2022 450 780-1118 BELOEIL 12 novembre \u2022 450 464-4772 SAINTE-GENEVIÈVE 5 février \u2022 514 626-1616 L\u2019ASSOMPTION 24 octobre \u2022 450 589-9198, poste 5 SAINTE-THÉRÈSE 12 décembre \u2022 450 434-4006 SAINT-HYACINTHE 29 avril \u2022 450 778-3388 SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU 13 novembre \u2022 1 888 443-3949 SAINTE-GENEVIÈVE 18 et 19 février \u2022 514 626-1616 SAINT-HYACINTHE 12 novembre \u2022 450 778-3388 SAINTE-THÉRÈSE 19 décembre \u2022 450 434-4006 VALLEYFIELD 13 février \u2022 450 373-5794 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE LEVER L\u2019ANCRE EN FRANCE Le groupe Alfa Rococo va \u2013 temporairement \u2013 lever l\u2019ancre afin de soutenir le lancement en France de son album Lever l\u2019ancre (sorti ici en mai 2007 et couronné par un Félix).À compter du 9 novembre, le public hexagonal pourra acheter en effet le disque des jolies chansons du duo Justine Laberge et David Bussières.Juste retour des choses : leur succès Les jours de pluie avait été composé lors d\u2019un séjour en Espagne il y a quelques années ! Pendant deux mois, le groupe assurera la première partie de la tournée du groupe pop rock Superbus, notamment un soir au Zénith de Paris.TRIO LE GALA, CÔTÉ NUMÉROS Présenter un numéro pendant le Gala de l\u2019ADISQ ou l\u2019Autre Gala de l\u2019ADISQ, c\u2019est souvent mémorable pour un artiste \u2013 et pour les spectateurs.Cette année, le programme est top niveau.À l\u2019Autre Gala, animé par Rémi-Pierre Paquin le 26 octobre, se produiront Richard Desjardins, Malajube, Mara Tremblay, Renée Martel et La patère rose.Animé par Louis-José Houde le 1er novembre, le Gala recevra, lui, Coeur de pirate, Ginette Reno, Beast, Jean Leloup, Ima, Louis-Jean Cormier, Marc Hervieux\u2026 et bien d\u2019autres ! Grosses soirées en perspective pour les amateurs de musique, qui peuvent en outre, pour la première fois de l\u2019histoire de l\u2019ADISQ, voter pour le groupe populaire de l\u2019année \u2013 ils ont pour cela jusqu\u2019à demain, sur le site Radio-Canada.ca/adisq.DESCHAMPS ET CALLIARI Les particulièrement énergiques Martin Deschamps et Marco Calliari seront du cinquième spectacle au profit de l\u2019Association des paraplégiques du Québec, présenté au Medley, le jeudi, 5 novembre, dès 19 h.Baptisée fièrement Rock&roule, la manifestation recevra également Breen LeBoeuf, Angel Forrest et d\u2019autres voix blues et soul du Québec.Plus d\u2019infos sur le site www.paraquad.qc.ca, sur le site de TicketPro ou au 1-877-341-7272.MARIE-CHRISTINE BLAIS PHOTO MARTIN CHAMBERLAND LA PRESSE Louis-José Houde et Rémi-Pierre Paquin.Alfa Rococo Marco Calliari ALAIN BRUNET «Je ne suis pas venu à Montréal depuis au moins 10 ans.Il était temps, car j\u2019y suis venu régulièrement.Je me souviens, d\u2019ailleurs, de très beaux moments vécus chez vous avec Pete Seeger.Ça me manque!» s\u2019exclame Arlo Guthrie au bout du fil.La musique des réparties ne ment pas: l\u2019homme est jovial, loquace et généreux.Il n\u2019hésite pas à fournir toute la matière nécessaire au scribe afin qu\u2019il puisse capter l\u2019intérêt des lecteurs.«C\u2019est la première fois que je tourne avec la famille entière», souligne-t-il, prévenant que ce nouveau spectacle n\u2019est pas seulement le sien, mais aussi celui des quatre générations de Guthrie, incluant le paternel dont Arlo semble assumer parfaitement le legs.Tout comme pour ses héritiers.«J\u2019ai fait de petites tournées avec mon fils Abe il y a trois ou quatre ans (et il m\u2019a accompagné pendant plus de vingt ans) et aussi avec mon petit-fils Krishna.Mais c\u2019est la première fois que je tourne avec mes quatre enfants et mes sept petits-enfants», indique grand-père Arlo, qui n\u2019entend pas voler la vedette à qui que ce soit.«Cette tournée met en lumière les créations de toute la famille Guthrie, et cela inclut quelques chansons de mon père.Nous avons choisi un angle intéressant à ce titre: après son décès en 1967, plusieurs de ses textes ont été mis en musique par différents compositeurs, et nous allons interpréter une part de ce matériel.Nous allons également interpréter des chansons de mes enfants et quelques-unes pour lesquelles je suis connu \u2013 Coming into Los Angeles, City of NewOrleans\u2026» On lui rappelle que cette dernière est aussi un tube francophone de Joe Dassin \u2013 Salut les amoureux.Croyez-le ou non, Arlo Guthrie n\u2019en connaissait pas l\u2019existence! «Je savais qu\u2019Alice\u2019s Restaurant Massacree avait été traduite\u2026 Mais je ne savais rien sur ce Joe Dassin et cette version de City of New Orleans, assure-t-il.Vous savez, lorsque mon père était hospitalisé pour la maladie (de Huntington) qui l\u2019a emporté, on le ramenait à la maison une journée par semaine, et ma tâche était de lui faire découvrir ses chansons traduites en langue étrangère.Il adorait.» On aura saisi qu\u2019Arlo Guthrie, très attaché aux siens, est un homme comblé par cette réunion familiale qui sillonnera le continent jusqu\u2019au printemps.«Vous savez, mes enfants ont leur propre carrière, ils exercent ce métier.N\u2019allez pas penser que je les traîne de force sur scène! Nous avons tous pensé qu\u2019il serait très agréable d\u2019organiser ensemble un spectacle.La beauté de la chose, c\u2019est que personne n\u2019a les mêmes points de vue.Même si, politiquement, nos valeurs sont similaires.» Libre penseur L\u2019aïeul Woody fut longtemps associé à la gauche américaine.Et vous, fiston Arlo?« Si je suis de gauche?Ça dépend\u2026 Si vous êtes gauchiste de tradition, il y a fort à parier que vous jugiez que je ne suis pas de gauche.Si vous êtes à droite, vous trouverez que le suis! En fait, j\u2019ai toujours été favorable aux syndicats, je partage plusieurs valeurs politiques de mon père.Nous traversons d\u2019ailleurs une période débile où la richesse est concentrée dans les mains d\u2019une petite minorité.Les gens ordinaires, dont je suis, doivent se tenir.» Le progressisme, selon le résidant du Massachusetts, ne peut exister ailleurs que dans son pays.«Je m\u2019intéresse aux valeurs fondatrices des États-Unis.Rien à voir avec l\u2019argent.One man, one vote kind of stuff.Le droit pour chacun de prendre sa destinée en main.Oui, j\u2019ai déjà soutenu le républicain Ron Paul parce qu\u2019il est un brillant expert financier et qu\u2019il s\u2019oppose aux abus de Wall Street en analysant les conséquences.Par contre, je ne le soutiens pas sur plusieurs enjeux sociaux.En tout cas, il fut un des rares républicains à s\u2019opposer à la guerre d\u2019Irak.En fait, je crois qu\u2019il faut éviter tout enfermement idéologique.Je pense que c\u2019est ainsi beaucoup plus sain.» Arlo Guthrie admet avoir déjà été membre du parti républicain, un petit détour qu\u2019il se remémore en riant.«Je me suis déjà joint à ce parti car je croyais pouvoir aider à son changement.Franchement, ça n\u2019a pas aidé du tout ! Je ne suis maintenant d\u2019aucun parti, je reste libre penseur.Vous savez, mon père fuyait les idéologies de la gauche rigide.Mes enfants sont aussi des libres penseurs: ils partagent les valeurs de leurs parents, mais nous avons tout fait pour qu\u2019ils se forgent une pensée autonome.«Voilà pourquoi nous évitons tous de nous coller à l\u2019industrie de la musique.Trop souvent, on finit par y vendre son âme parce qu\u2019on a voulu y devenir quelqu\u2019un.Chez les Guthrie, on aime les chansons qui font partie de la vie des gens.Des chansons qui décrivent tous les recoins de l\u2019existence, de la naissance à la mort.Des chansons qui débordent largement le cadre du divertissement.» Malgré toutes les précautions qu\u2019il dit avoir prises pour lui comme pour ses enfants et ses petits-enfants, Arlo sait que la tradition Guthrie peut être lourde à porter.«Heureusement, nous nous en sortons bien jusqu\u2019à maintenant, d\u2019autant plus que nous réalisons le rêve de mon père : tourner avec ses enfants.Vous savez, je n\u2019ai jamais vu mon père chanter, je n\u2019ai pu tourner avec lui.C\u2019est son rêve qui devient ici réalité.Nous en garderons un souvenir impérissable.» Arlo Guthrie et sa famille se produisent au Théâtre Outremont, le 29 octobre.ARLO GUTHRIE Quatre générations de Guthrie S\u2019il fallait compter sur les doigts d\u2019une seule main les grands noms de la chanson moderne d\u2019Amérique, celui de la famille Guthrie en ferait certes partie.Alors ?Qui dit Guthrie dit Woody?Arlo ?Bien évidemment.Mais il faut désormais compter également sur Abe, Sarah Lee, Cathy, Annie\u2026 et leur progéniture ! EN UNMOT Fils du légendaire chanteur et compositeur folk Woody Guthrie, Arlo Guthrie est en tournée avec ses quatre enfants et ses sept petits-enfants.PHOTO FOURNIE PAR YOU SEND IT «Cette tournée met en lumière les créations de toute la famille Guthrie, et cela inclut quelques chansons de mon père», explique Arlo Guthrie.La tournée inclura aussi quelques chansons de ses enfants.«Vous savez, mes enfants ont leur propre carrière, ils exercent ce métier.N\u2019allez pas penser que je les traîne de force sur scène!» «Nous évitons tous de nous coller à l\u2019industrie de la musique.Trop souvent, on finit par y vendre son âme parce qu\u2019on a voulu y devenir quelqu\u2019un.Chez les Guthrie, on aime les chansons qui font partie de la vie des gens.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 7 O C T O B RE 20 0 9 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE À ceux qui demandent régulièrement qu\u2019on leur suggère un nom de chanteur country québécois contemporain, de qualité et en français, en voici un : Johanne Provencher.L\u2019auteure-compositrice-interprète originaire de Chambly vient de lancer son troisième album, Real Country, tout en français malgré son titre\u2026 et tout en rythme, en énergie, en humour et en thèmes contemporains, mariés au country-rock et au bluegrass.MARIE-CHRISTINE BLAIS Quand elle est allée en France en mai dernier pour représenter le Québec au Festival des cultures d\u2019Amérique francophone, Johanne Provencher a eu la surprise de sa vie.Parce que c\u2019était rempli ?Pas du tout, elle a l\u2019habitude des salles pleines.Mais bien parce qu\u2019un club de danse country de la Côte d\u2019Azur avait monté une chorégraphie sur une de ses chansons, qui a été interprétée pendant le spectacle de Miss Provencher ! C\u2019est qu\u2019elle a du chien, Johanne, et du mordant.D\u2019ailleurs, c\u2019est presque toujours sur des rythmes «up tempo» qu\u2019elle s\u2019exprime, même quand il est question d\u2019amour ou de lassitude.Sur Real Country, elle n\u2019hésite pas à montrer un peu les dents quand il est question des artistes pop qui surfent sur la vague country (dans la chanson-titre: «Je connais la rengaine/faites-moi pas brailler/avec votre coming out country») ou de l\u2019industrie du disque qui se nourrit des artistes («Désolation, destruction/ Dynamite dans la carrière/Extraction, attention/N\u2019attendez plus, vautours/Il ne reste plus rien/Pas besoin de tourner autour/c\u2019est le début de la faim»).Mais elle est aussi capable de parler avec émotion d\u2019amour, d\u2019un ami suicidé (la très jolie Le maître de piste, inspiré par un ami humoriste qui a décidé de quitter ce monde), des relations par internet (Le filet.net, où elle établit une relation entre la pêche et les cyberamours), etc.En fait, il serait plus juste de dire qu\u2019« ils» établissent une telle relation.Car Johanne Provencher, qui écrit, compose et joue de la guitare \u2013 depuis son enfance, quand elle se produisait dans l\u2019orchestre familial \u2013, travaille toujours avec les deux mêmes personnes depuis sondeuxièmealbum, Fillede coeur (2005), et c\u2019est le trio qu\u2019on rencontre quand on rencontre Johanne Provencher, soit le compositeur-arrangeur Pierre Côté (par ailleurs, son bien-aimé) et la parolièrecompositrice Martine Hudon : «On fonctionne comme ça se fait à Nashville, avec des rencontres de production une fois par semaine, avec nos guitares, nos enregistreuses, et on travaille, on argumente, jusqu\u2019à ce qu\u2019on trouve ce qu\u2019on veut.Et on vote à trois!» explique l\u2019énergique Johanne Provencher.«C\u2019est un fonctionnement qui nous permet de monter le niveau des textes, des chansons », ajoute la discrète Martine Hudon.«Et c\u2019est le fun, on ne s\u2019est jamais disputé, mais on discute», renchérit Pierre Côté, qui se prépare par ailleurs à partir en tournée\u2026 au Japon aux côtés de la jazzwoman Carol Welsman.Guitariste particulièrement doué, Pierre Côté est issu du milieu jazz et a joué/enregistré/ tourné avec tout le monde ou presque: Jim Corcoran, Ginette Reno, Renée Martel, le Cirque du Soleil, Shilvi, Luce Dufault, Roch Voisine, Lynda Lemay, BobWalsh, Muzion\u2026 ainsi que Bourbon Gautier, qui lui a fait connaître le riche univers musical du country.Martine Hudon, elle, chante, écrit et joue de la basse, entre autres.«Mais au moment de la réalisation de Real Country, ç\u2019a été particulier, explique Johanne.Chacun de nous trois, on a vécu la mort d\u2019un proche frappé par lamaladie.Ça, c\u2019est un drame, un vrai, sur lequel on n\u2019a pas de contrôle.Alors, sur le disque, on a laissé faire le mélodrame, pas besoin d\u2019en rajouter.J\u2019ai pas le goût d\u2019être la victime.» Le trio connaît son country contemporain sur le bout de ses bottes de cow-boy.Pour Côté, il fallait un angle Dwight Yoakam à l\u2019album, Johanne Provencher tenait, elle, à un shuffle à la manière de Vince Gill ou George Strait (ça a donné Le filet.net), Martine a fait connaître Jon Randall à ses deux comparses, et la reprise de Honky TonkWoman des Rolling Stones est un très chouette shuffle swing, avec des accents de bluegrass bien placés ici et là.S\u2019il a été enregistré à Granby, où vivent Provencher et Côté, l\u2019album a été mixé à Memphis et masterisé à Nashville, pour obtenir la couleur country voulue.Ça ne veut pas dire que c\u2019est plus facile ici, et c\u2019est donc à partir de son site (johanneprovencher.com) que la chanteuse vend Real Country.Ou, comme le veut encore la tradition, pendant ses spectacles (elle sera au Petit Medley, à Montréal, le 25 novembre).Qu\u2019importe, Johanne Provencher signe et persiste: «Ça me fait plaisir d\u2019être reconnue comme une auteure-compositrice- interprète country (elle a remporté le Félix du meilleur album country pour son premier disque), mais mon objectif, c\u2019est d\u2019être reconnue un jour comme auteure-compositrice-interprète, point!» JOHANNE PROVENCHER J\u2019ai un country qui veut vivre PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE Johanne Provencher écrit, compose et joue de la guitare depuis son enfance, quand elle se produisait dans l\u2019orchestre familial.ÀÉCOUTER Allez écouter un extrait de la chanson Le début de la faim de Johanne Provencher sur cyberpresse.ca.COUNTRY JOHANNE PROVENCHER REAL COUNTRY PJP MUSIQUE.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 7 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 avecMACHA LIMONCHIK / DAVID SAVARD/ YVES AMYOT / OLIVIER AUBIN / DANY BOUDREAULT / SOPHIE DESMARAIS / SIMON FRÉCHETTE-DAOUST / MAXIM GAUDETTE / ROBERT LALONDE / MILÈNE LECLERC / VINCENT-GUILLAUME OTIS / FRÉDÉRIC PAQUET / ÉRIC ROBIDOUX / VÉRONIC RODRIGUE ENCORE QUELQUES BILLETS DISPONIBLES JUSQU\u2019AU 24 OCTOBRE ! TNM.QC.CA / 514.866.8668 Shakespeare / Adaptation et mise en scène René Richard Cyr SUPPLÉMENTAIRE MERCREDI 28 OCTOBRE «Une grande production ! Un divertissement de haut niveau\u2026 Un pur moment de bonheur.» \u2014Le Téléjournal Montréal, R-C.« [\u2026] ce spectacle ouvre brillamment la saison du TNM.[\u2026] 14 comédiens fougueux et talentueux.[\u2026] une ode à la jeunesse et à la beauté.»\u2014LE DEVOIR «Irrésistiblement drôle\u2026 Macha Limonchik mène le bal.» \u2014Samedi et rien d\u2019autre, PREMIÈRE CHAÎNE R-C.«L\u2019adaptation de René Richard Cyr est parfaite\u2026 David Savard est absolument extraordinaire\u2026 Adorable ! Il faut absolument y aller ! » \u2014Je l\u2019ai vu à la radio, PREMIÈRE CHAÎNE R-C.«Charmante illustration des « saisons» de l\u2019amour[\u2026] C\u2019est un grand bonheur ! » \u2014LA PRESSE « [.] tout simplement irrésistible.»\u2014VOIR 1955666A 1955672 Une maison face au nord création montréalaise de Jean-Rock Gaudreault mise en scène de Monique Duceppe 5 CRÉATIONS 2009 - 2010 5 AUTEURS QUÉBÉCOIS Du 28 OCTOBRE au 5 DÉCEMBRE Théâtre Jean-Duceppe duceppe.com Pauline Martin Michel Dumont Marcelo Arroyo Geneviève Bilodeau Jean-Sébastien Lavoie Harry Standjofski décor Marcel Dauphinais costumes Daniel Fortin éclairages Luc Prairie conception vidéo Yves Labelle musique Christian Thomas accessoires Normand Blais 1988367A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Il a photographié Billie Holiday dans sa cuisine, Louis Armstrong dans les coulisses, Dexter Gordon dans un nuage de fumée et Miles Davis un mois avant sa mort.Dire que Herman Leonard, 83 ans, est une légende vivante n\u2019est pas exagéré.Ses clichés de jazzmen ne sont pas seulement célèbres, ils appartiennent quasiment au domaine public, étant régulièrement reproduits sur des affiches, des jaquettes de livres, des pochettes de disques et même des t-shirts.Étrangement, l\u2019essentiel de sa période «jazz» n\u2019aura duré qu\u2019une quinzaine d\u2019années, s\u2019échelonnant principalement entre 1948 et 1965.«Il fallait bien vivre», raconte celui qui deviendra ensuite photographe de mode, de pub et, surtout, correspondant en Europe pour le magazine Playboy.Pointe visible d\u2019une carrière monumentale, elle demeure toutefois pour lui la quintessence de son oeuvre.«C\u2019est le seul travail par lequel je me sois vraiment démarqué », dit-il aujourd\u2019hui, en toute lucidité.«J\u2019ai eu la chance d\u2019être là à une époque où les photographes de jazz étaient rares.J\u2019avais accès aux musiciens.Pour eux, chaque cliché était un événement.» Bonne nouvelle : la Maison du jazz expose, à compter du 22 octobre, une quarantaine de clichés pris au fil des ans par le réputé photographe.Pour La Presse, il en commente quelques-unes.1.Billie Holiday, Cooking for Dog, New York, 1949 2.Billie Holiday, Angel with Smoke, New York 1949 «Je travaillais pour le magazine Ebony.Je suis allé à son appartement avec un journaliste.Je ne l\u2019avais jamais rencontrée.Quand elle nous a ouvert la porte, avec son tablier de cuisine, j\u2019ai pensé que c\u2019était la bonne! Elle nous a reçus gentiment dans son appartement très modeste.On a pris quelques photos aux fourneaux avec son chien.Ensuite on a traversé la rue, il y avait un club de jazz juste en face.Je la voulais au micro.C\u2019était l\u2019après-midi.Il n\u2019y avait personne.J\u2019ai pris une demidouzaine de photos et c\u2019était réglé.Je la trouve assez heureuse sur cette photo.Elle venait de passer six mois en prison.Elle était clean.D\u2019où le reportage pour Ebony.Quand je l\u2019ai revue en 1955, elle était beaucoup moins en santé.Elle était triste.La fumée de ciga ret te ?Je ne savais pas à l\u2019époque qu\u2019elle était si importante.Je le réalise aujourd\u2019hui.C\u2019est elle qui donne le mouvement.La façon dont j\u2019utilisais la lumière accentuait ce côté dramatique.Je suis content de l\u2019avoir fait.Mais je me sens mal pour les musiciens qui sont morts du cancer du poumon!» 3.Art Tatum, Portrait, Los Angeles, 1955 « J\u2019avais été envoyé par les disques Verve pour faire une pochette de disque.Nous sommes allés chez lui.C\u2019est très difficile de prendre des photos de pianistes originales.On est limités.Dans ce cas-ci, je voulais ses mains.C\u2019est là qu\u2019était son génie.Il était aveugle.Je ne voulais pas qu\u2019il fixe la caméra.Un de ses yeux était très grand, l\u2019autre tout petit.Ce n\u2019était pas très attirant.Alors je lui ai demandé de baisser les yeux sur son clavier.» 4.Miles Davis, Montreux, 1991 «Celle-ci, j\u2019en suis particulièrement fier.Elle a été prise pendant une répétition à Montreux.Il n\u2019y a pas d\u2019instrument.Seulement son visage.On sent l\u2019angoisse dans ses yeux.Il était malade, il le savait.Il savait qu\u2019il allait mourir.C\u2019est ce qui rend cette photo particulièrement puissante\u2026» L\u2019exposition Herman Leonard est présentée à la Galerie Lounge de la Maison du Festival de jazz à compter du 21 octobre, 305, rue Sainte-Catherine Ouest, 2e étage.HERMAN LEONARD, PHOTOGRAPHE DE JAZZ Témoin de Billie Holiday © HERMAN LEONARD PHOTOGRAPHY, LLC 3.Art Tatum, Portrait, Los Angeles, 1955.© HERMAN LEONARD PHOTOGRAPHY, LLC 1.Billie Holiday, Cooking for Dog, New York, 1949.© HERMAN LEONARD PHOTOGRAPHY, LLC 4.MilesDavis,Montreux, 1991.© HERMAN LEONARD PHOTOGRAPHY, LLC 2.BillieHoliday,Angel withSmoke,New York, 1949.Tous les samedis dans CE QU\u2019ON A VU, CE QU'ON EN PENSE.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 7 O C T O B RE 20 0 9 1984011A 1984014 Susie Arioli Après son concert à guichets fermés au Festival, elle nous revient deux soirs dans l\u2019intimité de L\u2019Astral ! hôtel officiel Billetterie 305, rue Sainte-catherine ouest 514 908-9090 / ticketpro.ca l\u2019Astral (Maison du festival Rio tinto Alcan) 12-13 novembre jeudi et vendredi 20 h 2002414A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE MARIE-CHRISTINE BLAIS En août 2008, Rose avait terminé sa longue tournée par un spectacle particulièrement enlevé, gracieux et craquant au Club Soda de Montréal, dont elle garde un souvenir particulièrement heureux sous sa frange noire.Depuis, il lui est arrivé bien des choses: elle a notamment épousé le Julien qui avait inspiré le premier album (plus justement, c\u2019était la rupture d\u2019avec Julien qui avait donné naissance aux chansons).Et elle en a divorcé.Après la tournée éreintante, le succès-surprise de l\u2019album et son cortège de promotion et l\u2019échec conjugal, les chansons n\u2019arrivaient tout simplement pas.«Et puis tout à coup, de janvier à mars derniers, c\u2019est comme si je pouvais écrire sur tous les sujets, explique Rose de sa voix délicieusement éraillée.J\u2019ai écrit, écrit.Je ne sais toutefois pas pourquoi, au final, la majorité des chansons portent tant sur le temps et les souvenirs.C\u2019est sûr qu\u2019il y a un échec amoureux qui plane un peu au-dessus, mais ce n\u2019est pas le sujet du disque, contrairement à mon premier.J\u2019imagine que je suis moins une jeune fille, que je suis à l\u2019âge de regarder derrière et devant tout à la fois.» C\u2019est ce qui explique le texte de Yes we did, premier extrait du disque: «Bien sûr que c\u2019est un clin d\u2019oeil au Yeswe can de Barack Obama, puisque c\u2019est uneespèce de bilan de mon année 2008, et j\u2019étais contente de pouvoir faire une chanson un peu légère sur les événements survenus (ça va du réchauffement de la planète à Carla Bruni!) comme sur mes échecs personnels», dit-elle en riant.On remarquera au passage les arrangements plus fouillés de l\u2019album.«Cette fois-ci, j\u2019ai travaillé avec Jérôme (Plasseraud) et Thibault (Barbillon), je les avais découverts sur MySpace il y a quatre ans, ils font partie d\u2019un groupe qui s\u2019appelle 1973 et que j\u2019aime beaucoup.Et puis, on s\u2019est rencontrés par hasard à une soirée, et Jérôme est devenumon guitariste (il était du spectacle au Club Soda).Peu à peu, naturellement, avec Thilbault, on a réalisé ensemble l\u2019album.Je voulais enlever l\u2019étiquette «folkleuse country» avec ses bottes et son harmonica.J\u2019aime toujours ça, la folk et la country, mais j\u2019aime aussi la chanson pop.» D\u2019où des orchestrations avec des harmonies vocales, une instrumentation variée, des moments instrumentaux qui font décoller les chansons de l\u2019univers personnel de Rose: «Sur le premier disque, je faisais beaucoup de jeux de mots, un peu comme pour dire «regardez, je sais écrire», ditelle.Cette fois, c\u2019est plus direct.Une chanson comme Chez moi, c\u2019est vraiment de ma famille qu\u2019il est question et, en même temps, c\u2019est un peu décalé.Sur C\u2019était comment déjà, c\u2019est la petite fille de mon éditrice qui chante avec moi, à propos de toutes ces questions qu\u2019on se pose toujours: comment c\u2019était, comme ça sera.Des questions sans réponses, évidemment.Il n\u2019y a pas de mode d\u2019emploi pour la vie, n\u2019est-ce pas?» Non, mais il y a des chansons.QueRose interprétera sur scène à partir de novembre.La nostalgie n\u2019est plus ce qu\u2019elle était quand on en fait de la musique.ROSE La nostalgie n\u2019est plus ce qu\u2019elle était PHOTO FOURNIE PAR ROSE «C\u2019est sûr qu\u2019il y a un échec amoureux qui plane un peu au-dessus (de son dernier album), mais ce n\u2019est pas le sujet du disque, contrairement à mon premier », explique l\u2019auteure-compositrice-interprète française Rose.Après un premier album éponyme qui a fait des étincelles (500 000 exemplaires vendus) et qui comptait une chanson devenue un classique (La Liste), la jeune auteure-compositrice-interprète française Rose lance un deuxième disque, cette fois de «célibataire trentenaire », pour reprendre ses mots, baptisé très joliment Les souvenirs sous ma frange.On lui a téléphoné pour en parler ! «J\u2019aime toujours ça, la folk et la country, mais j\u2019aime aussi la chanson pop.» CHANSON ROSE ROSE, LES SOUVENIRS SOUS MA FRANGE /EMI llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 7 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 Vendredi 23 octobre au Théâtre Outremont Paco Peña CE VENDREDI ! Soirée exceptionnelle avec LE guitariste flamenco ! ThéâTre OuTremOnT 1248, Avenue Bernard Ouest 514 908-9090 \u2022 ticketpro.ca Billetterie hôtel officiel 2002852A cyberpresse.ca/reseauscenes Réseau Scènes 18 salles de spectacle 1992651 En spEctaclE cEttE sEmainE sur scènE près dE chEz vous À L\u2019AFFICHE AU CABARET CE SOIR! 4 FÉVRIER AU 2 AVRIL 514 790-1245 1 800 361-4595 Infos: cabaretducasino.com *moyennant les frais de service www.admission.com* 19 NOVEMBRE AU 30 JANVIER NOMINATION ADISQ 2009 SPECTACLE DE L'ANNÉE FUN DANSE CÉLÉBRATION SUPPLÉMENTAIRES | 12 AU 14 NOV.5 - 6 - 7 - 8 NOVEMBRE COMPLET COMPLET NORMAN PATRICK SOIRÉE SPÉCIALE LE 31 DÉCEMBRE JUSQU\u2019AU 31 OCTOBRE MAINTENANT DERNIÈRE CHANCE! .1979007A 1979035 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE SUR LES PLANCHES BIG BOI, ce soir au Club Soda.LYNDA THALIE, ce soir au Théâtre de la ville.THE AIRBORNE TOXIC EVENT, demain à La Tulipe.FLOGGING MOLLY, demain au Métropolis.EMMYLOU HARRIS, demain au Théâtre Saint-Denis.DEAD MAN\u2019S BONES, lundi au National.MOONSPELL, lundi aux Foufounes électriques.OLIVER JONES TRIO, mardi à l\u2019Astral.THE NEWCITIES, mardi au Club Soda.LAURA PAUSINI, mercredi au Centre Bell.YANN PERREAU, mercredi à La Tulipe.THE RAVEONETTES, mercredi au Club Soda.THE JW-JONES BLUES BAND, mercredi à l\u2019Astral.NATURALLY 7, jeudi au Club Soda.JULIE LAMONTAGNE, jeudi à l\u2019Astral.CAÏMAN FU, jeudi à l\u2019Espace Dell\u2019arte HARRY MANX, vendredi à l\u2019Astral.ELSIANE, vendredi à la salle Pierre-Mercure.PACO PENA, vendredi au Théâtre Outremont.Yann Perreau PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL MARIE-CHRISTINE BLAIS Pas de disque en mains, seulement une chanson qui tourne beaucoup et une voix très particulière, un timbre un peu à la croisée d\u2019Antony Hegarty (du groupe Antony and The Johnsons) et de Jack Johnson, avec un vibrato singulier\u2026 Bref, Bobby Bazini a une voix soul et \u2013 sur la foi d\u2019une seule chanson, il est vrai \u2013, un talent d\u2019auteur-compositeur prometteur.«Je n\u2019ai pas pris de cours de chant, explique le jeune francophone de 20 ans à la \"vieille voix anglo-soul\", mais mes parents chantaient beaucoup, et j\u2019ai toujours voulu développer une voix qui serait différente de celles des autres.Je suis du genre, quand je veux m\u2019acheter un chandail, à essayer de me pogner une place où personne n\u2019ira acheter le même!» explique en riant Bazini.Oui, il est francophone, mais ses chanteurs préférés sont anglophones: Johnny Cash, Otis Redding, Ray Charles, Bob Dylan, Bob Marley et compagnie, tous dotés d\u2019une voix très typée, reconnaissable instantanément, en passant.C\u2019est d\u2019abord le country qui a intéressé le natif de Mont-Laurier, puis le soul.«D\u2019ailleurs, Tino Izzo (réalisateur et arrangeur de la chanson) m\u2019a fait remarquer que I Wonder pouvait aussi bien être totalement country que totalement soul, selon les arrangements.On a choisi le soul parce que c\u2019est un style plus actuel, qui touche plus les jeunes que le country, au Québec.» «I Wonder, c\u2019est une chanson sur les histoires d\u2019amour de nos grands-parents qui duraient toujours alors que nous, on n\u2019y arrive pas, reprend-il.Je me demande donc si un jour, ça va nous arriver, ce genre d\u2019histoire, pas juste à moi, mais à tout lemonde.Est-il possible aujourd\u2019hui d\u2019aimer comme autrefois?» Chose certaine, sa chanson, elle, semble être aimée puisque les radios ont rapidement fait tourner I Wonder, qui n\u2019existe qu\u2019en mode numérique.Début novembre, un mini-album comprenant deux autres chansons devrait sortir.Et le physique de Bobby Bazini, être révélé toujours plus.BOBBY BAZINI Le mystère de la voix Non, ce n\u2019est pas un autre cas de type Bori-qui-ne-veut-pas-montrerson- visage.Mais oui, le jeune chanteur québécois Bobby Bazini, dont la chanson I Wonder attire beaucoup l\u2019attention ces jours-ci, prend son temps pour dévoiler peu à peu ses traits.Timide et surpris de la réaction radio, il a accepté de répondre à nos questions.PHOTO RICHMOND LAM, COLLABORATION SPÉCIALE Même si on ne lui connaît jusqu\u2019à présent qu\u2019une seule chanson,IWonder, on peut dire que le jeune Bobby Bazini, avec sa «vieille voix anglo-soul», a un talent d\u2019auteur-compositeur prometteur.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 7 O C T O B RE 20 0 9 MÉTROPOLIS FORMULE CABARET, SIÈGES RÉSERVÉS SAMEDI 30 JANVIER 2010 2 SPECTACLES \u2022 18H30 ET 21H30 COLIN JAMES DE RETOUR DANS L\u2019INTIMITÉ DU MÉTROPOLIS EN FORMULE CABARET SIÈGES RÉSERVÉS en vente maintenant NOUVEL ALBUM ROOFTOPS AND SATELLITES HÔTEL OFFICIEL Métropolis 59, Ste-Catherine Est 514 908-9090 / ticketpro.ca BILLETS 2002428A 2000186A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE RÉTRO JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Il y a un an, la rubrique Rétro a demandé aux lecteurs quels disques québécois ils souhaitaient voir réédités.Entre Claude Léveillée et Plume Latraverse, plusieurs ont répondu : Sloche.Leurs souhaits ont été exaucés puisqu\u2019on vient de relancer Stadaconé et J\u2019un OEil, les deux albums de cette formation de rock progressif des années 70.Sloche n\u2019a jamais connu un grand succès commercial.Vingt- cinq mille disques vendus, à tout casser \u2013 ce qui n\u2019est déjà pas si mal.Mais il laisse un souvenir durable dans la mémoire de certains « tripeux » qui considéraient le groupe comme la réponse québécoise à Frank Zappa.Exagéré ?Peut-être.Mais en écoutant les disques ressuscités \u2013 et rematricés \u2013 par les bons soins de l\u2019étiquette ProgQuébec, on peut certainement dire que Sloche n\u2019avait pas les deux pieds dans la même bottine, et encore moins dans la «sloche».Mené par le claviériste Réjean Yacola et le bassiste Pierre Hébert, ce quintette instrumental issu de la Vieille Capitale a gravé plusieurs morceaux relevés, que l\u2019on redécouvre avec plaisir et étonnement.Bien sûr, tout cela a un peu vieilli.À tous égards, la musique de Sloche transpire son époque.Mais en définitive, on retiendra surtout l\u2019énergie qui se dégage de ces compositions aux grooves complexes.Contrairement à Maneige, qui versait dans la musique de chambre, ou à Harmonium, qui prenait sa source dans le folk, Sloche s\u2019inspirait de Chick Corea, de Herbie Hancock et bien sûr de Zappa, sans le génie caustique et l\u2019irrévérence.En un mot comme en mille, la pulsation rock dominait sur le maniérisme «prog ».« On ne fa isa it pas de concessions, mais on n\u2019était pas ju st e i n t e l lo s.On était des étudiants révoltés.On essayait de casser la baraque », se souvient Réjean Yacola, qui pilote aujourd\u2019hui son propre studio à Charlesbourg.Ce n\u2019était pas suffisant, hélas ! pour faire sauter la banque.En 1977, après cinq ans de précarité financière, et malgré l\u2019appui de l\u2019étiquette RCA, ce groupe au nom savoureux (« On était comme une bouette de styles », résume Yacola) décide d\u2019arrêter les frais et sombre bien vite dans les limbes de l\u2019inconscient progressif québécois.Ses deux disques étaient bien sûr activement recherchés.Fait à noter, l\u2019étiquette ProgQuébec s\u2019est démenée comme un diable dans l\u2019eau bénite pour parvenir à remettre la main sur les bandes originales.Elles auraient, dit-on, été retrouvées à New York dans les coffres de Sony (aujourd\u2019hui propriétaire de RCA) après un interminable processus bureaucratique de quatre ans.Espérons que l\u2019opération n\u2019aura pas été vaine et qu\u2019elle ouvrira la porte à d\u2019autres rééditions.Plusieurs disques importants de la chanson québécoise (dont ceux d\u2019Aut\u2019Chose, d\u2019Octobre et de Claude Léveillée) appartiennent encore officiellement à la «méchante» multinationale, qui ne semble pas pressée de les remettre sur le marché.Comme dirait l\u2019autre : histoire à suivre.Sloche ressuscité ! CLAUDE GINGRAS La série «The Romantic Piano Concerto» de la marque britannique Hyperion approche de la cinquantaine.Le disque no 47 contient des concertos des Allemands Salomon Jadassohn (1831-1902) et Felix Draeseke (1835-1913) joués par Markus Becker et l\u2019Orchestre de la Radio de Berlin que dirige Michael Sanderling.Le disque no 48 est consacré à deux compositeurs anglais: Julius Benedict (1804-1885), d\u2019origine allemande, et Walter Macfarren (1826-1905), d\u2019origine écossaise.On y retrouve des habitués de la série, soit Howard Shelley et l\u2019Orchestre symphonique de Tasmanie, qu\u2019il dirige du piano.Comme la plupar t des compositeurs figurant dans la série, ces quatre-ci sont obscurs.Deux sont relativement connus: Draeseke, dont l\u2019oratorio Christus, d\u2019une durée de cinq heures, est sans doute le plus long du répertoire, et Benedict, qui connut autrefois une certaine popularité comme compositeur d\u2019opéra.Je vois les deux autres noms pour la première fois.Les deux concer tos de Jadassohn entendus ici, opp.89 et 90 (il en a composa quatre), sont dans le style de ceux de Liszt, avec qui le compositeur étudia.L\u2019intérêt du disque, c\u2019est le Draeseke, op.36: premier mouvement avec un piano extrêmement brillant éclipsant presque l\u2019orchestre, mouvement lent confié en grande partie au piano seul ou accompagné tout en douceur par l\u2019orchestre, finale enjoué et un peu plus ordinaire.Élève et biographe de Weber, Benedict est représenté ici par deux concertos, opp.45 et 89.Les ouvrages de référence ne mentionnent que ces deux concertos, mais l\u2019annotateur de Hyperion parle de trois.Le disque est complété par l\u2019unique concerto de Macfarren, membre d\u2019une illustre famille de musiciens anglais.Ces trois oeuvres plutôt légères sont, au mieux, des sous-produits de Mendelssohn et d\u2019un intérêt limité.Aucune réserve cependant au plan de l\u2019exécution et de la prise de son.Les deux solistes, virtuoses accomplis, apportent à toutes ces pages le même soin qu\u2019à des chefs-d\u2019oeuvre, les deux orchestres sont solides et le son est partout excellent.DISQUES CLASSIQUES Les concertos inconnus (suite) Sloche n\u2019a jamais connu un grand succès commercial.Mais il laisse un souvenir durable dans la mémoire de certains «tripeux » qui considéraient le groupe comme la réponse québécoise à Frank Zappa.HHH JADASSOHN ET DRAESEKE: MARKUS BECKER, PIANISTE, HYPERION, CDA67636 HH BENEDICT ET MACFARREN: HOWARD SHELLEY, PIANISTE ET CHEF, HYPERION, CDA67 720 Comme la plupart des compositeurs figurant dans cette série, ces quatre-ci sont obscurs.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 7 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 9 25 FÉVRIER GEG.CA MARTINMATTE.COM EN VENTE AUJOURD\u2019HUI DÈS 10h 514 790.2525 / 1 877 668.8269 GEG.CA RIEZENCORE.COM 2000165A . ARTS ET SPECTACLES ENTRACTE entracte@lapresse.ca ILS, ELLES ONT DIT «La fameuse goutte d\u2019eau qui se promenait de l\u2019espace à la Terre ressemblait à un monstrueux spermatozoïde solitaire et schizophrène qui avait l\u2019air de se demander ce qu\u2019il faisait là.» Extrait de la charge de Victor-Lévy Beaulieu dans sa missive contre le tandem intersidéral Laliberté-Martel.\u2014 «C\u2019est parce que t\u2019as une sentiment de honte que ton coach en chef vienne se mêler de l\u2019intensité d\u2019un joueur individuel.» Gabriel Grégoire, limpide à L\u2019attaque à 5, à V.(Citation relayée par Le Sportnographe).«Je suis un missionnaire de bonheur.» Michel Louvain à Paul Arcand au 98,5 FM.«Cette semaine, on essaie de sacrer assez fort pour que ça fasse du feu.» Le dernier défi de Contrat d\u2019gars, ces délirantes capsules web pour vrais mâles.\u2014 \u2014 \u2014 SÉPARÉES À LA NAISSANCE Claudia Barila, designer et conjointe de Guy Laliberté, essaie de faire évoluer la mode.Mais dans le coeur de certains enfants des années 80, aucun designer ne pourra égaler l\u2019innocence kitsch des bas collants d\u2019Alex Owens (Jennifer Beals) dans Flashdance.C\u2019était, comme disent nos voisins du Sud, tout un feeling.Merci à Marie-Pierre Duval pour la suggestion.EN HAUSSE.EN BAISSE MARTIN MATTE Les chiffres du dernier spectacle de MartinMatte impressionnent.Pas moins de 385000 billets ont déjà été vendus pour Condamné à l\u2019excellence.Le cap des 400 000 devrait être franchi en février prochain quand il donnera la 300e et dernière représentation de son spectacle au Centre Bell (billets en vente aujourd\u2019hui).Le chiffre d\u2019affaires de la tournée devrait s\u2019élever à 20millions.C\u2019est sans compter le DVD qui devrait paraître l\u2019année prochaine.Assez pour s\u2019acheter quelques Civic.CALL\u2013TV Sortez votre requiem préféré.On peut maintenant enterrer Call-TV.La chaîne V a décidé de ne pas renouveler le quiz-infopub-ovni télévisuel qui divertissait bien malgré lui.«Un bon dossier de réglé! (\u2026) Il n\u2019y a personne sur Terre de sain d\u2019esprit qui a envie de se réembarquer dans une aventure pareille», a dit au Soleil Yanick Lecours, le nouveau porte-parole de V.Source inépuisable d\u2019inepties, Call-TV a été prise à partie par le Conseil canadien des normes de la radiotélévision.Les insomniaques se croisent sûrement les doigts en espérant un retour de madame Minou.PAUL JOURNET Claudia Barila Jennifer Beals Martin Matte Michel Louvain llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 7 O C T O B RE 20 0 9 FESTIVAL SÉFARAD DE MONTRÉAL 2009 GAD ELMALEH 3 novembre 2009 - 20h00 Théâtre St-Denis - 1594 rue St-Denis - Billetterie 514-790-1111 / 514-733-4998 www.sefarad.ca 1995361A 20 octobre \u2022 20h JOnes Oliver Trio The JW-JOnes Blues Band Les mercredis BLues 21 octobre \u2022 20h Julie lamOntagne Trio 22 octobre \u2022 20h solo harry manx 23 octobre \u2022 19h et 21h30 Bread & Buddha première partie : Geneviève Jodoin duo Un des meilleurs guitaristes au Canada En supplémentaires ! amanda martinez 24 octobre, 20h CE Mardi ! Aussi à l\u2019affiche à L\u2019Astral : Billets en vente maintenant ! hôtel officiel à la nouvelle salle du Quartier des spectacles À l\u2019affiche cette semaine Billetterie L\u2019AstrAL (MAison du festivAL rio tinto ALcAn) 305, rue Sainte-Catherine Ouest 514 908-9090 \u2013 ticketpro.ca 1995018A 2002848A MUSIQUE L A P R E S S E 1 7 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 11 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ALAIN DE REPENTIGNY Le troisième festival de l\u2019 île de Wight, en août 1970, a été un brutal retour sur terre un an après l\u2019utopie de Woodstock.La grand-messe de l\u2019amour et de la paix avait glissé sur le terrain de la manifestation politique à saveur anarchiste.Regroupés sur Devastation Hill, qui surplombait le terrain du festival anglais, les contestataires n\u2019allaient pas tarder à démolir et brûler les clôtures qui les isolaient de l\u2019événement.La musique appartenait à tout le monde, et il n\u2019était pas question de payer pour se l\u2019approprier.C\u2019est dans cette ambiance survoltée que Leonard Cohen s\u2019est amené sur scène avec ses musiciens, affectueusement baptisés The Army, qui avaient été rassemblés par le réalisateur et claviériste Bob Johnston et parmi lesquels se trouvait Charlie Daniels, devenu par la suite une vedet te du country amér ica i n .Avec sa guitare acoustique, trois chanteuses et des musiciens discrets, Cohen succédait à Jimi Hendrix qui s\u2019était produit pendant qu\u2019un incendie menaçait de détruire la scène.Il était presque 4h du matin quand les organisateurs ont tiré Cohen de son sommeil pour lui dire qu\u2019on l\u2019attendait sur scène.Le poète a mis du temps avant d\u2019enfiler sa veste safari et son jean et de quitter sa roulotte pour se diriger vers la scène.Il savait sans doute que Kris Kristofferson et Joni Mitchell avaient été chahutés par ce demi-million de spectateurs turbulents, qui leur préféraient sans doute The Who, Jethro Tull, Emerson, Lake and Palmer, dont c\u2019était le tout premier concert, ou encore Hendrix qui allait mourir moins de trois semaines plus tard.Dans ce DVD du concert de Cohen, on voit sur scène Kristof ferson, qui craint presque pour sa vie.Aujourd\u2019hui, il s\u2019étonne encore de l\u2019accueil poli et respectueux auquel Cohen a eu droit et qu\u2019il met sur le compte de l\u2019honnêteté de l\u2019artiste montréalais.On peut aussi penser qu\u2019à cette heure indue, les plus dissipés des spectateurs s\u2019étaient assoupis ou qu\u2019ils étaient aussi givrés que Cohen et sa bande.Peu importe, le résultat est impressionnant.Cohen fixe les spectateurs de son regard pénétrant, leur demande d\u2019allumer une allumette, leur parle avec son élégance habituelle et finit de les hypnotiser avec les chansons immortelles de ses deux premiers disques, auxquelles il en ajoute trois qui paraîtront sur son fabuleux album Songs of Love and Hate l\u2019année suivante (Famous Blue Raincoat, Sing Another Song, Boys et Diamonds in the Mine).Le public, métamorphosé, applaudit chacune des intros des chansons et plus la nuit avance, plus sa réaction est enthousiaste, tant et si bien que vers 5h, il ne veut plus laisser partir l\u2019artiste.Pour celui qui n\u2019a pas eu la chance de voir Cohen chanter à ses débuts, ce document est un véritable cadeau.Une occasion rare d\u2019apprécier son jeu si particulier à la guitare qui illumine The Stranger Song et The Partisan.Et de constater, comme le fait Judy Collins sur le DVD, que malgré le dépouillement apparent de sa musique, Cohen est depuis longtemps passé maître dans l\u2019art d\u2019envoûter une foule.La question à 100$ maintenant: pourquoi ce document essentiel paraît-il si longtemps après l\u2019événement?Pour une raison obscure, les images du cinéaste Murray Lerner n\u2019ont été retrouvées que dans les années 90 et on en a d\u2019abord tiré le DVD Message of Love \u2013 The Isle of Wight Festival consacré à l\u2019ensemble de la manifestation.Par la suite sont parus des DVD des performances individuelles de certains artistes (Hendrix, Jethro Tull, Miles Davis\u2026).Au tour de Leonard Cohen.Bonne nouvelle : les rares chansons du concert de Cohen dont on ne possède pas d\u2019images témoins se retrouvent sur le CD qui accompagne le DVD.LEONARD COHEN LIVE AT THE ISLE OF WIGHT 1970, SONY LEGACY.EN MAGASIN MARDI.HHHH LEONARD COHEN/ Live at the Isle of Wight 1970 Le magicien à l\u2019oeuvre Avec sa guitare acoustique, trois chanteuses et des musiciens discrets, Cohen succédait à Jimi Hendrix qui s\u2019était produit pendant qu\u2019un incendie menaçait de détruire la scène.1986695A Voyage au coeur du corps humain une présentation de serge grimaux 514 316-8316 877 668-8599 expobodies.ca ouverture ce vendredi à 9h! 2002390A Arts, science et\u2026 cAdAvres MArio cloutier Après Le monde du corps 2 présentée au centre des sciences en 2007, voici que s\u2019amène l\u2019exposition Bodies au centre eaton.des corps humains disséqués et montrés, dans les deux cas, mais Bodies traîne un air de controverse en raison de la provenance inconnue des cadavres utilisés.L\u2019e x pos i t ion B od i e s connaît un immense succès depuis le début de l\u2019été à Québec : 200 000 visiteurs à ce jour et une deuxième prolongation, jusqu\u2019en janvier 2010 cette fois.C\u2019est une exposition similaire (bien qu\u2019avec d\u2019autres spécimens de la firme américaine Premier Exhibitions) qui prendra l\u2019affiche vendredi prochain au Centre d\u2019exposition de Montréal.Là où avaient lieu récemment les expositions sur les objets du Titanic et les inventions de Leonard de Vinci.D\u2019autres spécimens, mais la même controverse.D\u2019où viennent les corps?De Chine.S\u2019agit-il de prisonniers morts?Même les organisateurs disent l\u2019ignorer.Contrairement à l\u2019exposition présentée en 2007 au Centre des sciences, Bodies utiliserait des cadavres provenant de personnes qui n\u2019étaient peut-être consentantes.La firme américaine qui prépare les spécimens, Premier Exhibitions, n\u2019a pas voulu en discuter avec La Presse.En entrevue au quotidien Le Soleil au cours de l\u2019été, le directeur médical de la société, Roy Glover, a déclaré qu\u2019il ne savait rien des causes de décès des personnes exposées.«Ça soulève des questions, mais l\u2019information à propos de ces corps est toujours confidentielle, a-t-il expliqué.Je ne peux pas trouver de dissecteurs aussi compétents et qualifiés au Canada ou aux États-Unis pour faire ce travail.La qualité du travail des Chinois est inégalée dans le monde.» En fait, les nombreuses expositions de corps humains qui ont subi une plastination (voir notre encadré explicatif) ont créé une véritable industrie du cadavre à Dalian en Chine.Selon le New York Times, «des centaines de travailleurs chinois y nettoient, coupent, dissèquent, préservent et reconstituent des corps humains, les préparant pour le marché international des expositions muséales».succès et controverses En 2007 à Montréal, l\u2019exposition Le monde du corps 2 avait également fait sourciller, mais les corps, précisait- on, avaient été légués à des f ins d\u2019exposit ion.Les organisateurs avaient paré au pire en mettant sur pied un comité d\u2019éthique qui y était allé de certaines recommandations.Résultat : 250 000 visiteurs.La controverse semble cependant inévitable chaque fois qu\u2019une nouvelle exposition arrive quelque part.À Paris en avril dernier, la justice française a interdit l\u2019exposition Our Body, prétextant qu\u2019elle était contraire à la décence.«L\u2019espace assigné par la loi au cadavre est celui du cimetière.La commercialisation des corps par leur exposition porte une atteinte manifeste au respect qui leur est dû», avait décrété le tribunal.À Québec, la Commission de l\u2019éthique de la science et de la technologie a demandé qu\u2019un panneau explicatif soit installé à l\u2019entrée de l\u2019Espace du 400e où est présentée l\u2019exposition Bodies.Les avocats de Premier Exhibitions et ceux de la Commission discutaient toujours cette semaine à ce sujet.Un panneau du gen re existe à New York où l\u2019une des six expositions Bodies est installée depuis 2005.Si un accord survient, des avertissements sur l\u2019origine inconnue des cadavres seront donnés aussi aux spectateurs de Québec et de Montréal, a appris La Presse.l\u2019exposition Bodies sera présentée à partir du 23 octobre au centre d\u2019exposition de Montréal, situé dans le centre eaton.BODIES le corps de lA controverse PHOTO ERICK LABBE , FOCUS1 MArio cloutier Fascinant.C\u2019est le mot le plus juste pour décrire l\u2019exposition scientifique Bodies, telle que vue à Québec.C\u2019est ce qu\u2019expriment les yeux des visiteurs qui se bousculent devant les présentoirs.C\u2019est aussi ce qu\u2019ils écrivent en remplissant de superlatifs positifs les cahiers de commentaires.Ce n\u2019est pas tant la technique de plastination utilisée qui intrigue les visiteurs que la complexe machine humaine, disséquée et expliquée dans ses moindres détails et maladies.Les «ah oui !, c\u2019est ça que ma mère s\u2019est fait enlever » ou « as-tu vu les poumons du fumeu r ?» abondent .Voyeurisme?Peut-être, mais surtout la soif d\u2019apprendre comment ça se passe en dedans.Malgré uneprésentationqui n\u2019a rien d\u2019original ni de dynamique en soi, on y apprend plein de choses, anecdotiques parfois, édifiantes aussi sur le corps humain.Certains éléments, comme le système sanguin, possèdent une beauté qui leur est propre.L\u2019idée de présenter le squelette et le système musculaire séparément, mais se retenant par le bout des doigts, vaut le détour.Sans parler de la complexité du système nerveux et des foetus, autre secteur fort apprécié des spectateurs.Quant à savoir si l\u2019exposition peut choquer certaines sensibilités, chacun devra se poser la question avant d\u2019y aller.Mais sachez que les jeunes en raffolent.L\u2019audioguide qui leur est réservé est d\u2019ailleurs beaucoup plus amusant que celui des adultes ! La fascinante machine humaine À paris, la justice française vient d\u2019interdire l\u2019exposition Our Body prétextant qu\u2019elle était contraire à la décence.«l\u2019espace assigné par la loi au cadavre est celui du cimetière», dit le tribunal.lA plAstinAtion, c\u2019est quoi déjÀ?La plastination est une technique qui permet de sauvegarder les tissus humains de façon permanente à l\u2019aide de caoutchouc de silicone liquide.L\u2019anatomiste fige un spécimen à l\u2019aide de produits chimiques pour stopper temporairement le processus de décomposition.Il le dissèque ensuite pour en exposer les structures importantes.L\u2019eau est éliminée et remplacée par de l\u2019acétone.Le spécimen est ensuite plongé dans un mélange de silicone liquide à l\u2019intérieur d\u2019une cuve hermétiquement close.Sous l\u2019effet du vide, l\u2019acétone est éliminée et le polymère pénètre à l\u2019intérieur de chacune des cellules.Enfin, on procède au durcissement du polymère.Il en résulte un spécimen sec, inodore, conservé de façon permanente et ne contenant aucun produit chimique toxique.\u2014 Mario Cloutier PHOTOS FOURNIES PAR PREMIER EXHIBITIONS, INC.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S l A p r e s s e M O N T R É A L SA M E D I 1 7 O C T O B RE 20 0 9 Arts, science et\u2026 cAdAvres si votre corps avait une deuxième vie, quel objet voudriez-vous qu\u2019il incarne?de la science-fiction?Plus maintenant.L\u2019artiste russe Andreï Molodkin a mis au point une technique pour cuire des corps humains jusqu\u2019à ce qu\u2019ils deviennent une huile brute.son macabre projet repousse les limites d\u2019une tendance forte chez les artistes contemporains: le corps humain et ses fluides comme matière première.Paysage Fautif 1946, sperme sur satin .Marcel duchamp, artiste majeur du dernier siècle, intitule ainsi la première oeuvre dont l\u2019origine corporelle ne faisait aucun doute.L\u2019usage du corps par les artistes ne date pas d\u2019hier mais il s\u2019est intensifié à partir de la libération sexuelle des années 60.Pour les experts, ce mouvement est une réflexion sur l\u2019identité, la mortalité et les tabous culturels.en voici quatre exemples célèbres.1975 Lors d\u2019une performance, l\u2019artiste américaine Carolee Schneemann sort un rouleau de papier de son vagin sur lequel elle lit un discours féministe.1987 Andres Serrano fait scandale aux États- Unis avec son oeuvre Piss Christ, la photographie d\u2019un crucifix submergé de son urine.Plus tard, il réalise des images abstraites de sang et de sperme.1991 Le sculpteur britannique Marc Quinn réalise un moulage de sa tête confectionné avec son sang congelé.Intitulé Self, son autoportrait a été acheté cette année par la National Portrait Gallery au coût de 500 000 dollars canadiens.1995 Les enfants terribles de la scène artistique de Londres, Gilbert et George, produisent The Naked Shit Pictures.Dans cet autoportrait, ils apparaissent aux côtés d\u2019étrons géants.L\u2019ART CORPOREL en quAtre dAtes-chocs \u2014 MALI ILSE PAQUIN et votre corPs redeviendrA.huiLe MALi iLse PAquin COLLABORATION SPÉCIALE LONDRES \u2014 «Si les gens se sentent provoqués par mon idée, c\u2019est leur choix.» L\u2019artiste Andreï Molodkin se voulait philosophe mercredi dernier, à la galerie Orel Art, à Londres.Toutefois, on peut difficilement trouver plus choquant que son projet de cuire sous haute pression des corps humains pour les transformer en huile.En clair, le Russe de 43 ans prévoit chauffer des cadavres morcelés dans des autoclaves, ces fours industriels, pendant quelques mois, jusqu\u2019à ce qu\u2019ils produisent une résine jaunâtre.La substance sera ensuite coulée dans un moule en polymère acrylique choisi par les défunts.L\u2019alchimiste de la chair humaine invite les gens à lui léguer leur dépouille.À ses yeux, il leur offre le paradis, rien de moins.«Comme pour les dinosaures, nos corps deviendront pétrole après quelques millions d\u2019années.Ils brûleront à leur tour dans une voiture ou un moteur quelconque.Autrement dit, en enfer.Je propose de transformer les corps des gens en une huile qui sera exposée dans un musée.Ce qui veut dire qu\u2019ils seront au paradis car leur huile ne sera jamais brûlée», dit-il en riant de sa métaphore.Trois personnes ont déjà signé leur accord.Le journaliste de la BBC, Sasha Gankin, souhaite que son huile corporelle soit introduite dans le moule d\u2019un cerveau.L\u2019actrice porno Chloë des Lysses veut se réincarner en mains jointes pour une prière.Et pour ce qui est d\u2019un sidéen newyorkais\u2026 laissons Andreï Molodkin expliquer lui-même sa dernière volonté.«Il aimerait que sa graisse soit versée dans la sculpture d\u2019un pénis qui pourrait servir de jouet sexuel, explique doucement l\u2019artiste, sourire en coin.Son rêve est de faire jouir des gens après sa mort.Il est si excité par cette idée que sa santé s\u2019est améliorée, ce qui n\u2019est pas une bonne nouvelle pour moi!» Une mauvaise blague ?Andreï Molodkin a peut-être un humour morbide mais il prend son art au sérieux.Il a déjà fait plusieurs tests sur des carcasses animales avec ses immenses autoclaves.Il s\u2019est brûlé la peau à plusieurs reprises et son atelier a failli être réduit en cendres.« Son studio ressemble davantage à un laboratoire qu\u2019à un repaire d\u2019a rtiste, affirme Sasha Gankin, le journaliste volontaire qui habite à Paris comme Andreï Molodkin.Il y a des récipients et des pompes partout.» Sasha Gankin n\u2019est pas du tout troublé à l\u2019idée d\u2019être bouilli plutôt qu\u2019enterré à sa mort.«J\u2019ai grandi dans l\u2019ancienne URSS où nous n\u2019avions pas cette notion religieuse et sacrée du corps.Je trouve amusante l\u2019idée de devenir un cerveau.» du sang et du pétrole Le pétrole est un thème fétiche pour Molodkin, né à Boui, une petite ville industrielle du nord de la Russie.Lors de son service militaire, il se réchauffait à l\u2019huile dans les trains qui transportaient des missiles.Au bout de quelques jours, il en était imbibé de la tête aux pieds.Plus jeune, il tuait le temps entre les fioles de sa mère chimiste.À la Biennale de Venise, où il représente la Russie cette année, deux reproductions de la statue de la Victoire de Samothrace sont tour à tour injectées de pétrole et de sang.Le sang provient de sept soldats russes ayant combattu en Tchétchénie, une république riche\u2026 en pétrole.L\u2019usage de fluides corporels dans l\u2019art n\u2019est pas nouveau (voir encadré).Toutefois, Andreï Molodkin, qui a exposé de Miami à Milan depuis 2002, brise un tabou chez les artistes : la manipulation du corps d\u2019autres personnes.tabous et stéréotypes Cette approche soulève plusieurs questions éthiques, affirme Andrew Renton, professeur d\u2019art à l\u2019université Goldsmiths.«En art, le corps humain est synonyme d\u2019humanité, explique- t-il.On ne peut parler d\u2019humanité en bouillant des cadavres.M.Molodkin s\u2019aventure sur un terrain dangereux.Qu\u2019arrive-t-il si le procédé de transformation échoue?» Malgré une couverture de presse respectable, le projet de Molodkin n\u2019a pas encore suscité de polémique.Cela pourrait changer s\u2019il met son plan à exécution.«Le milieu artistique est très ouvert d\u2019esprit.Il est capable d\u2019absorber toutes sortes de transgressions.La société en général, beaucoup moins », soutient Andrew Renton.Même son de cloche du côté de Sandy Nairne, directeur de la National Portrait Gallery.«Comment s\u2019assurer que la dignité des cobayes sera respectée?» demande-t-il.Ces questions mora les ne tourmentent pas Andreï Molodkin.«Je n\u2019ai pas la réponse à tout.Mais je crois que nous devons briser des stéréotypes à propos de notre vie terrestre.» PHOTO MALI ISLE PAQUIN, COLLABORATION SPÉCIALE «Le corps humain est synonyme d\u2019humanité.on ne peut parler d\u2019humanité en bouillant des cadavres.qu\u2019arrive-t-il si le procédé de transformation échoue?» George et Gilbert PHOTO AFP PHOTO FOURNIE PAR LE FIFA PHOTO AFP llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P r e s s e M O N T R É A L S A M E D I 1 7 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 13 ARTS ET SPECTACLE MUSIQUE STÉRÉO CYBERPRESSE.CA Écoutez des extraits des CD de la semaine sur cyberpresse.ca/disques POP INDÉ THE XX THE XX HHHH YOUNG TURKS / BEGGARS GROUP Génération XX Deux filles, deux gars, le début de la vingtaine, la même Elliott School d\u2019où proviennent notamment Burial et les membres du groupe Hot Chip.Premier album, facture déjà importante.L\u2019alliage de ce premier éponyme from South London comporte des matériaux rock, R&B, électroniques.L\u2019espace sonore ici investi se démarque beaucoup plus par la direction artistique et l\u2019expression que par quelque flafla technique ou production fignolée ad nauseam.L\u2019indolence et le spleen des voix (surtout Romy Madley Croft qui joue également de la guitare, assistée du bassiste Oliver Sim), les rythmes préprogrammés en phase idéale avec le minimalisme des guitares, les textures hypnotiques émanant de ces épaisses couches de sons artificiels, les superbes riffs d\u2019introduction, les mélodies toujours accrocheuses, les constructions chansonnières simples et efficaces, la puissante charge émotionnelle.Rares sont les artistes aussi singuliers qui dissimulent autant de potentiel\u2026 pop.Voilà un album qui irradie la scène indé depuis sa sortie récente, pour les bonnes raisons.The XX pourrait faire beaucoup de chemin avec ce son, souhaitons candidement que le quartette anglais n\u2019en devienne pas prisonnier.\u2013Alain Brunet À ÉCOUTER : Crystalised CHANSON BRIGITTE M.TOUTE MOI HH MUSICOR / SELECT Trop bonne élève Certains comédiens conviennent particulièrement à certains metteurs en scène ou réalisateurs, et il en va de même en chanson : certains interprètes sont faits sur mesure pour bien rendre le répertoire de tel ou tel auteurcompositeur.Le contraire est aussi vrai, et c\u2019est là tout le problème de l\u2019album de Brigitte M (Marchand) : il est composé uniquement de chansons de Stéphane Venne (dix récentes, trois reprises).Or, les chansons de Stéphane Venne \u2013 pour des raisons que j\u2019ignore! \u2013sont faites pour être interprétées par des femmes charnelles, vibrantes, avec du tempérament \u2013 et brunes (Emmanuelle, Renée Claude, Isabelle Pierre, Marie-Élaine Thibert\u2026)! Si Brigitte M a une jolie voix juste et fraîche, elle ne dégage hélas! ni sensualité, ni passion, ni feu sous la braise.Dans des arrangements très années 70 qui n\u2019aident pas sa cause et des textes qui sentent un peu la poussière, la blonde chanteuse a surtout l\u2019air d\u2019une élève consciencieuse, à la diction étudiée, dont le répertoire aurait été choisi par son professeur de chant afin d\u2019émoustiller un éventuel public\u2026 \u2014 Marie-Christine Blais À ÉCOUTER : Sais-tu que je t\u2019aime depuis longtemps POP MICHAEL BUBLÉ CRAZY LOVE HH1/2 REPRISE/WARNER Mi-figue, mi-raisin Quatrième album pour la sensation pop-swing vancouveroise Michael Bublé, déjà en tête du Billboard américain une semaine après sa parution, clame-t-on fièrement du côté de Warner qui distribue ses enregistrements.On connaît la formule du jeune crooner: des reprises de titres connus pompeusement arrangés par celui qui l\u2019a découvert, David Foster, un style vocal chaleureux et scintillant et un talent d\u2019interprète qui, ici, varie d\u2019une chanson à l\u2019autre.Sa Cry Me a River, qui ouvre l\u2019album Crazy Love, devient une affaire bruyante et inutilement appuyée, tout le contraire de la flamboyante All of Me (ses pères spirituels Sinatra et Dean Martin s\u2019y sont aussi essayés), aux cuivres pétaradants, arrangés par Quincy Jones.Georgia On My Mind est blafarde, sans âme (Foster y cite même le thème de James Bond, quelle audace.), paraît pâle à côté de titres comme le Heartache Tonight des Eagles, plus pop évidemment, dynamiquement rendue.En fait, les meilleures chansons du disque sont celles qu\u2019il a coécrites (Haven\u2019t Met You Yet et Hold On), le puissant duo avec Sharon Jones & The Dap Kings, ainsi que cette étonnante collaboration avec Ron Sexsmith qui clôt l\u2019album, Whatever it Takes.\u2014 Philippe Renaud, collaboration spéciale À ÉCOUTER: Baby (You Got What it Takes) MUSIQUE DU MONDE GEOFFREY GURRUMUL YUNUPINGU GURRUMUL HHHH EMI Aérien et solide Souvenez-vous de la première fois que la voix de Geoffrey Oryema s\u2019est élevée dans votre salon.Ou de la première fois que vous avez entendu Cesaria Evora.Ou Baaba Maal.Ou tous ces autres, nés ailleurs sur la planète, dont on ne connaît pas la langue, mais qui nous entrent direct au coeur par la beauté de leur voix et le mystère de ce qu\u2019ils chantent.C\u2019est exactement ce qu\u2019on ressent à l\u2019écoute du premier albumdeGeoffrey Gurrumul Yunupingu, auteur-compositeur-interprète australien d\u2019origine aborigène (Gurrumul est son prénom traditionnel dans son clan Gumatj d\u2019Arnhem, dans le nord de l\u2019Australie): qu\u2019il chante (surtout) en yolngu et (un peu) en anglais, qu\u2019il joue de la guitare, de la batterie ou du didgeridoo, que ses mélodies soient folk ou plus traditionnelles, il a le don de calmer profondément.On sent que ses chansons sont tissées à la fois par le temps et l\u2019espace, la douleur et l\u2019espoir, et que, sous leurs allures aériennes, elles sont solides, qu\u2019on peut s\u2019y reposer.Croyez-en une fille stressée rare, Gurrumul fait des miracles.\u2014 Marie-Christine Blais À ÉCOUTER: Bapa ÉLECTRO ARTISTES VARIÉS 5:5 YEARS OF HYPERDUB HHHH HYPERDUB Visionnaire L\u2019étiquette dubstep a le dos large, en partie grâce aux artisans de la maison Hyperdub depuis cinq ans.Cette première compilation d\u2019Hyperdub donne à entendre un éventail d\u2019influences musicales qui s\u2019accommoderaient bien mal d\u2019une seule étiquette \u2013 d\u2019où la surenchère de nouvelles appellations : on parle ces jours-ci de funkstep, de mutant funk.Bref, 5:5 Years of Hyperdub tient en deux disques: une rétrospective contenant des essentiels \u2013 du 9 Samurai de Kode9 aux récentes bombes, d\u2019esprit très funk façon Prince, de 200f & J Kamata et Joker \u2013, et surtout un disque d\u2019inédits, véritable fenêtre sur l\u2019avenir du genre.Il y a une nouvelle de Burial (Fostercare), et elle est géniale, puis deux offrandes de The Bug (sous les pseudos KingMidas Sound et Black Chow), de brillants inédits de Zomby, Flying Lotus, Martyn, Darkstar, Ikonika (l\u2019une des rares femmes sur cette scène), autant de créateurs qui confondent les poseurs d\u2019étiquettes en amenant le genre dans le hip-hop, l\u2019électro minimaliste à l\u2019allemande, le funk numérique, le house/garage, etc.L\u2019indispensable maison Hyperdub accouche ici d\u2019une compilation visionnaire qui permettra aux néophytes de découvrir une sélection de titres essentiels à la maturation de cette scène.\u2013 Philippe Renaud, collaboration spéciale À ÉCOUTER : Darkstar FOLK-ROCK KEVIN PARENT KEVIN PARENT HHHH TANDEM.MU / SELECT Folk vraiment contemporain Ça ne fera sans doute pas plaisir au très indépendant Kevin Parent, mais disons-le tout net quandmême :quand l\u2019auteur-compositeur-interprète de Nouvelle, en Gaspésie, tombe sur un réalisateur capable de lui tenir tête, ça donne de grands disques.C\u2019était vrai de Pierre Duchesne qui avait fait des merveilles avec Pigeon d\u2019argile en 1995, et c\u2019est vrai des frères Dominique et Sylvain Grand qui viennent de réaliser ce Kevin Parent 2009.Prends-moi comme chus y chante Parent, et c\u2019est exactement ce que ce disque est : c\u2019est duKevin simple, direct, premier degré, bien écrit (15 ans de métier, ça paraît) inspiré de sa vraie vie, à prendre comme il est\u2026 surtout s\u2019il est ainsi enrichi et ciselé par des arrangements bien conçus (signés itou par les frères Grand) : le piano au début de Le plus grand des hommes, le violoncelle sarcastique sur La petite sirène, le banjo et les cuivres dans Chevaux sauvages, l\u2019intro de Trop de ton temps, l\u2019orgue et le beat souriant de Cachemire\u2026 Plein d\u2019autres bonnes idées sonores du genre donnent encore plus de souffle à ce disque folk vraiment contemporain.On soulignera également la qualité de la prise de voix, très chaude et proche, proche\u2026 \u2013 Marie-Christine Blais À ÉCOUTER : Cachemire JAZZ HANK JONES & OLIVER JONES PLEASED TO MEET YOU HHH JUSTIN TIME Heureux échanges entre pépé et papi Dans le cadre de la série Invitation du FIJM, Hank Jones nous avait éblouis au tournant de sa dixième décennie d\u2019existence.Juin 2008, Pépé Oliver Jones se trouvait face à Papi Hank pour l\u2019occasion, sur scène comme en studio.Aucun lien de parenté n\u2019unit messieurs Jones, une génération les sépare (pépé septuagénaire, papi nonagénaire), le jazz pianistique des années 40-50 les soude et les fédère.Aucune faute au clavier, des mains encore solides et précises, des mains habitées par le swing moderne.Oliver s\u2019était d\u2019ailleurs inspiré de son aîné pour reprendre du service, une excellente décision en ce qui concerne les jazzophiles québécois et canadiens.Ainsi, deux pianos de même style s\u2019amalgament dans une onzaine de standards et pièces originales, les progressions harmoniques et les solos relativement posés s\u2019y imbriquent bellement.Voilà qui n\u2019est pas sans rappeler les fameux duos de Hank Jones avec le regretté Tommy Flanagan.Avec un peu moins de flamme et de pointes de virtuosité, âge oblige.C\u2019est plutôt l\u2019aura de l\u2019expérience et la compréhension profonde d\u2019une grande époque qui rejaillissent sur cet art exemplaire.- Alain Brunet À ÉCOUTER : Monk\u2019s Mood POP LES AMIS AU PAKISTAN COSMÉTIC COSMIC HHH 1/2 TIR GROUPÉ Bibittes à palmes On n\u2019en revient toujours pas.Qu\u2019un groupe de Laval, évadé d\u2019un sous-sol de bungalow, fasse des chansons aussi étranges dépasse notre entendement.Apparus dans le paysage de la pop québécoise en 2007, les Amis au Pakistan reviennent à la charge avec un autre CD surréaliste qui brouille les repères.Évidemment, l\u2019effet de surprise est passé.Et c\u2019est peut-être le reproche que l\u2019on peut faire à ce Cosmétic cosmic, qui ressemble un peu beaucoup à Espace libidinal.Mêmes grooves psychotroniques, mêmes collages sonores déstabilisants, mêmes chanteuses grimées et vocalement limitées qui déclament des textes absurdes et ouvertement «québécotrash » (Nobodée,Ma robe enpapier de toilette, Le hournal d\u2019un monstre, Appelle-moi ta cochonne).Malgré tout, on ne peut qu\u2019admirer l\u2019inventivité de ce sextette de banlieue (quatre filles, deux gars), tout particulièrement les compositions ludiques de Simon Tremblay.Non, on n\u2019écoutera pas Les Amis au Pakistan tous les jours en se levant.Comme il serait surprenant de les entendre un jour sur les ondes de radios commerciales.Beaucoup trop touffu.Beaucoup trop «fucké».Mais dans le genre «drôle de bibitte», nos Amis à Laval remportent clairement la palme.\u2013 Jean-Christophe Laurence ÀÉCOUTER: Ma robe est en papier de toilette Retrouvez les grilles télé d\u2019aujourd\u2019hui et de demain dans le Voilà! inséré dans La Presse d\u2019aujourd\u2019hui.VOILÀ! VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Votre guide télé complet sur CYBERPRESSE.CA/TELE sur cyberpresse.ca HORAIRES Consultez tous les jours tous vos horaires cinéma et critiques de téléromans sur www.cyberpresse.ca/tele Votre guide télé PHOTO FOURNIE PAR ARTV CINÉMA Annie Hall, comédie réalisée et interprétée par Woody Allen avec Diane Keaton, jeudi 22h, ARTV PHOTO FOURNIE PAR TVA ARTS Début de la 4e saison de VLOG, avec Dominique Arpin, dimanche 22h, TVA PHOTO FOURNIE PAR TÉLÉ-QUÉBEC ARTS Une émission spéciale de Contact, où Stéphan Bureau rencontre le dessinateur d\u2019Astérix, dimanche 19 h, TQC PHOTO TOSHIFUMI KITAMURA, AFP SPORTS Le Grand Prix du Brésil, l\u2019avant-dernier de la saison, dimanche 11h50, RDS SEMAINE DU 17 OCTOBRE 2009 .et profitez aussi d\u2019une SUPER BONNE OFFRE des restaurants MIKES® à la livraison.Détails au superecran.com Cet automne, voyez de SUPER BONS FILMS À SUPER ÉCRAN.p ®Une marque de commerce enregistrée de PDM Royalties Limited Partnership utilisée sous licence.Sept vies avec Will Smith Samedi 17 octobre 21h 1898852A llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 7 O C T O B RE 20 0 9 « Un tour de force, certes, mais le plus joyeux, le plus ludique, le plus étourdissant des tours de force que j\u2019ai vus.» Alain de Repentigny, La Presse Variations sur Paul Valéry, Roland Barthes, Chrétien de Troyes, Molière.DISTRIBUÉ EXCLUSIVEMENT AU CANADA PAR TVA FILMS, UNE DIVISION DE GROUPE TVA INC.WWW.DVDTVAFILMS.COM DVD EN VENTE MAINTENANT ASSISE crapule 1967223A ARTS VISUELS JEAN-CHISTOPHE LAURENCE LÉZARDS ET SPECTACLES AntonioMazza souffre de maladie mentale.Depuis plus de 15 ans, il s\u2019exprime par d\u2019étranges dessins d\u2019enfants, qui mélangent l\u2019humour et le macabre.Son oeuvre singulière fait aujourd\u2019hui l\u2019objet d\u2019une rétrospective à la galerie Les Impatients, qui se spécialise dans l\u2019art brut.Parce qu\u2019il était absent à son propre vernissage, La Presse n\u2019a pu le rencontrer.Mais le commissaire de l\u2019exposition, Éric Mattson, parle en son nom.Portrait d\u2019un excentrique malgré lui.ANTONIO MAZZA « Il n\u2019a pas conscience d\u2019être un artiste\u2026» LA PRESSE _ M.Mattson, comment décrire le travail d\u2019Antonio Mazza?ERICMATTSON_ De l\u2019art naïf.Ses dessins parlent du quotidien qui l\u2019entoure.De la vie dans son quartier.De la visite à Harvey\u2019s.Ou à l\u2019église.Mais tout cela passe à travers un filtre pas tout à fait classique.On sent qu\u2019il y a un monde en arrière.Ses personnages ont de drôles de configurations.Les membres sont trop longs ou trop courts.Les gestuelles sont bizarres.Et puis il y a par-dessus ça toutes sortes de choses étranges.Des araignées, des serpents, des objets contondants, couteaux, seringues.Des choses plus dangereuses.LP _ Essaie-t-il de nous dire quelque chose?EM_ Le dessin permet d\u2019évacuer la souffrance.L\u2019agression permanente.Certains de ses dessins évoquent des hôpitaux psychiatriques, des salles de folie.Il a conscience de sa maladie, du milieu dans lequel il est.Mais en même temps, quand on lui dit que ses dessins sont durs, il dit que c\u2019est pour faire de l\u2019humour.Je ne crois pas qu\u2019il ait l\u2019idée de nous communiquer quoi que ce soit.Ce sont des histoires qu\u2019il se raconte à lui-même.Ça le fait rire.LP _ Vous lui consacrez une rétrospective.Doit-on conclure qu\u2019il a une oeuvre?EM_ Sans aucun doute.Et elle mérite l\u2019attention.D\u2019une part, parce qu\u2019il a bâti à travers toutes ces années un lexique très singulier d\u2019objets, d\u2019animaux et de gens.D\u2019autre part, parce qu\u2019il y a une constance dans son travail depuis 1992.C\u2019est là, à mon avis, où il y a oeuvre.Qu\u2019est-ce qu\u2019un artiste sinon quelqu\u2019un qui regarde le monde et qui le retransmets aux autres à travers sa propre grille d\u2019interprétation?Sa signature individuelle a énormément de force.Cela dit, il n\u2019a pas conscience d\u2019être un artiste.C\u2019est donc de l\u2019art brut dans sa forme la plus pure.LP _ Est-ce que M.Mazza fait autre chose dans la vie?EM_ Antonio souffre d\u2019un trouble de comportement compulsif.Je sais qu\u2019il marche.Beaucoup.C\u2019est vraiment étonnant d\u2019ailleurs de marcher avec lui.C\u2019est du sport.Il observe tout.Il a tout un système.Il fait de l\u2019exercice.Il contourne les bouches d\u2019égout.Il contourne les arbres.Il n\u2019y a pas de ligne droite.Comme ses dessins\u2026 ANTONIO MAZZA, Le quotidien, les écritures.Jusqu\u2019au 18décembre aux Impatients.100, rue Sherbrooke Est, 4e étage.PHOTO MARC GALIPEAU Autoportrait d\u2019Antonio Mazza 28 cm x 21,6 cm.Crayon de plomb et crayon feutre sur papier.\u2022 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 7 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 15 FESTIVAL SÉFARAD DE MONTRÉAL 2009 Le Festival Séfarad n\u2019est en aucun cas responsable de changement de dernière minute Billetterie 514-733-4998 www.sefarad.ca DIMANCHE 1er novembre SYMPOSIUM La contribution sépharade à l\u2019État d\u2019Israël Gelber - 10h30 DIMANCHE 8 novembre ENRICO MACIAS Théâtre Olympia 20h00 DIMANCHE 15 novembre GALA 50ÈME Johanna Monty, Shlomo Bar, Benjanim Bouzaglo, Lynda Thalie, Shimon Sibony, ChoraleOziel, Chorale du 50ème Le Windsor - 17h00 DIMANCHE 25 octobre SYMPOSIUM Maroc de souvenirs, Maroc de l\u2019avenir Gelber - 10h 30 SAMEDI 7 novembre ENRICO MACIAS Théâtre Olympia 20h00 SAMEDI 14 novembre ALABINA Théâtre Olympia 20h00 MERCREDI 4 novembre JAFFA Cinéma du Parc -19 h 00 MERCREDI 11 novembre ROOTS Café Campus 20h00 JEUDI 5 novembre SPIN THE MODEL Time Supper club 21h00 JEUDI 12 novembre ALABINA Théâtre Olympia 20h00 DIMANCHE 8 novembre SYMPOSIUM 50 ans de vie au Québec Gelber - 10h30 LUNDI 9 novembre MÈCHES FOLLES ET BIGOUDIS Théâtre Pierre Mercure 20h00 LUNDI 16 novembre CONFÉRENCE Eliette Abécassis Or Hahayim 20h00 Éli Karim SONIA BENEZRA Porte parole du Festival CALENDRIER FESTIVAL MARDI 3 novembre GAD ELMALEH Théâtre St Denis 20h00 MARDI 10 novembre GALA HOMMAGE À FÉLIX GRAY Théâtre Olympia 18h30 SCÈNE ALEXIS NIHON Midi - 13h30 SCÈNE ALEXIS NIHON Midi - 13h30 1995360A Commanditaire en titre Collaborateur Billets à partir de 25$* * Taxes et frais de service en sus Osez l\u2019OSM15-30 ans Billets pour seulement 15 $ 514 842-9951 osm.ca LES TABLEAUX D\u2019UNE EXPOSITION DE MOUSSORGSKI Soliste : Mari Kodama AMERICA FOREVER Soliste : Alexandre Da Costa Soirée du 10 novembre dans le cadre de la série Les Évasions Classiques Air Canada présentée par : Mardi 10 novembre/20h Mercredi 11 novembre/10h30 Mardi etmercredi, 27 et 28 octobre/20 h MaxiMVengeroV «De toute évidence, Vengerov sait ce qu\u2019il veut et comment l\u2019obtenir.[\u2026] Il y a lieu de croire qu\u2019il a devant lui une grande carrière de chef d\u2019orchestre.» COLIN EATOCK, The Globe and Mail VEnGEROV DIRIGE TChAïKOVSKI! L\u2019incomparable MaximVengerov troque l\u2019archet pour la baguette et retrouve l\u2019OSM dans un programme mariant lyrisme et romantisme.Incontournable! Mardi etmercredi, 20 et 21 octobre/20 h BrAhMs : Double concerto pour violon et violoncelle mettant en vedette deuxmusiciens de l\u2019OSM : andrewWan et Brian Manker TChAïKovsKi : Symphonie nº 6 « Pathétique » entrevue exclusive avecMaxim Vengerov sur osm.ca Prochainementàl\u2019oSm: UnE SAISOn DAnS LA TêTE DE KEnT nAGAnO 2003816A ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION RICHARD THERRIEN LE SOLEIL De nombreux enfants passent ces jours-ci des examens pour espérer entrer dans une école privée.L\u2019épreuve occasionnera pour plusieurs un stress certain, celui d\u2019accéder à une «vraie école sérieuse» et de compter parmi les meilleurs de la société.Pour ces enfants, qui passent du primaire au secondaire, un échec mènerait automatiquement au renoncement à une belle carrière.À qui la faute?Présenté demain, 19h, dans le cadre de Docu-D à Canal D, le documentaire Les enfants du palmarès est une charge en règle contre la fameuse liste du magazine L\u2019actualité, qui classe chaque année les institutions scolaires, des meilleures aux pires, et à laquelle de nombreux parents accordent beaucoup de crédibilité.Bien qu\u2019elle n\u2019en fasse pas mention si souvent, l\u2019oeuvre, clairement éditoriale, qualifie au passage la liste de «palmarès bidon».C\u2019est en se basant sur sa propre expérience que la documentariste Marie-Josée Cardinal a eu l\u2019idée de ce documentaire.Son fils Laurent et elle ont vécu l\u2019expérience comme un véritable traumatisme.La préparation à l\u2019examen d\u2019entrée dans plusieurs institutions ressemble effectivement à une course folle.Certains passent une partie de leur été en camp de préparation, et les parents, en toute bonne foi, transmettent leur nervosité à leurs enfants.De cet examen, qui peut durer trois ou quatre heures, certains sortiront épuisés ou malades.Au moment d\u2019ouvrir leurs portes, les institutions mettent la gomme, à coups de solennelles et pompeuses vidéos de présentation.Au collège Notre- Dame à Montréal, des élèves de 3e, 4e et 5e secondaire font visiter l\u2019école.«Super diction», «bons vendeurs», «c\u2019est sûr que je suis séduite», lance une mère impressionnée, qui rêve du privé pour son fils.Le moment où les différentes familles ouvrent la fameuse lettre de refus ou d\u2019acceptation est particulièrement captivant.Beaucoup de joie chez les admis, et de déception chez les refusés.Chez les enfants qui ont échoué, on en suivra deux qui sont finalement entrés au public, et qui en sont très heureux.Partisane de l\u2019école publique, la réalisatrice prend deux heures à faire la démonstrationque cette course au meilleur n\u2019a aucun sens.Elle suit plusieurs familles à l\u2019heure des choix.«J\u2019ai compris comment on fabrique les décrocheurs», lance-t-elle.Une bonne partie de l\u2019oeuvre souhaite démontrer que le public vaut bien le privé à plusieurs égards.«On dirait qu\u2019on veut lancer comme message que si on ne va pas dans une institution privée, on ne pourra pas réussir dans la vie, ce qui est absolument faux», dira Claudine Potvin de l\u2019organisme Accompagnement scolaire.Directeur de l\u2019école secondaire publique Pierre-Laporte, Jean- Guy Perras considère quant à lui que le privé ne produit pas davantage de médecins, d\u2019architectes et d\u2019ingénieurs que le public.À l\u2019heure où la question du financement des écoles privées par l\u2019État est soulevée, l\u2019oeuvre arrive à point.«Pourquoi peuton appeler privée une école subventionnée à 60% par l\u2019État?» demande la documentariste.«Pourquoi seuls les premiers de classe y auraient accès?» À certains égards, mais dans une moindre mesure, Les enfants du palmarès me fait parfois penser au troublant film d\u2019André Melançon, Les vrais perdants, sur ces parents qui imposent une pression indue sur les épaules de leurs enfants.Un père avoue entre autres qu\u2019il rêve de voir sa fille fréquenter le privé parce qu\u2019il aurait aimé avoir cette chance, lui, enfant.Si la documentariste a l\u2019honnêteté de nous montrer des enfants qui vivent l\u2019épreuve dans une sérénité relative, elle n\u2019arrive pas toujours à nous convaincre de la gravité de son propos.Au terme du documentaire, on se demande, oui, s\u2019il vaut la peine d\u2019imposer ce stress à des enfants.Mais on se dit aussi que la vie est une série d\u2019épreuves, de joies et de déceptions, et qu\u2019il vaut mieux l\u2019apprendre tôt que tard.LES ENFANTS DU PALMARÈS À CANAL D La course à l\u2019école privée: pourquoi tout ce stress ?«On dirait qu\u2019on veut lancer comme message que si on ne va pas dans une institution privée, on ne pourra pas réussir dans la vie, ce qui est absolument faux.» \u2014 Claudine Potvin, de l\u2019organisme Accompagnement scolaire llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 16 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 7 O C T O B RE 20 0 9 1960021A 1960031 VENDREDI 6 NOVEMBRE\u202220 h HÔTEL OFFICIEL Billetterie L\u2019Astral (Maison du Festival Rio Tinto Alcan) 305, rue Sainte-Catherine Ouest 514 908-9090 / ticketpro.ca 2002440A 1987103A ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS JOCELYNE LEPAGE Le trio BGL, marque de commerce de Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière, fait des performances et des installations depuis 13 ans aussi bien ici, Québec et Canada, qu\u2019à l\u2019étranger.Invité à passer l\u2019automne dans les espaces convoités de la Parisian Laundry, une ancienne buanderie industrielle de Saint-Henri restaurée avec le maximum de bon goût, le collectif de Québec a décidé de présenter une manière de rétrospective qu\u2019il a intitulée Postérité.Les visiteurs sont accueillis par le derrière d\u2019un stand de foire évoquant ceux des cirques d\u2019antan, stand en bois surmonté du symbole du lys bleu.On y voit une affiche encadrée montrant les trois gars étendus en train de faire des ombres chinoises sur un mur, les ombres des lettres BGL.On peut mettre de la monnaie dans le cadre, elle dégringole comme dans une machine à sous.De l\u2019autre côté du stand, un mur est rempli de ballons blancs et bleus salis et à moitié dégonflés.Des cochonneries traînent par terre.Plus loin, sur une sorte de bar qui sert aussi de vitrine à revues d\u2019art, sont exposés des verres à vin et à champagne salis de boue.Encore plus loin, un vrai fauteuil en cuirette est traversé par une épée.On dirait les restes d\u2019une fête à laquelle un séisme a mis fin brusquement.Méchant party ! Et tout cela est présenté comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019objets d\u2019une civilisation disparue.Ainsi, dans une autre salle, on trouve suspendue au plafond une motoneige accidentée prise dans un frimas comme si elle était congelée.Ou encore des panneaux de signalisation accrochés aux murs sont envahis de mites.Les immenses lettres rouges formant le mot REER sont, quant à elles, en train de se désagréger\u2026 Ceux qui suivent BGL depuis longtemps reconnaîtront des objets qu\u2019ils ont déjà vus ailleurs dans d\u2019autres installations.Comme si le collectif lui-même, par cette manière de rétrospect ive «autodérisoire», appartenait lui aussi à une espèce en voie de disparition.À l\u2019étage, c\u2019est pire.Un bric-à-brac déconcertant.On se croirait dans un marché aux puces bourré de cossins, reconstitué pour les besoins d\u2019un film québécois d\u2019époque.Mais en regardant bien, ces objets ont fait partie d\u2019installations de BGL au fil des ans.Des ordinateurs et des téléphones cellulaires en bois, du linge plastifié sur une corde, des patins , des animaux empaillés, de vieux téléviseurs qui diffusent des vidéos sur les performances du collectif, et dans des toilettes, des résidus de pornographie.Entre autres.En sortant de ce labyrinthe, on est surpris par l\u2019immense espace qui reste quasiment inoccupé, commedans les expositions muséales d\u2019art contemporain, où l\u2019on préfère que les oeuvres «respirent» dans leur rareté.Il y a là un immense dessin sur papier léger montrant un paysage aux vaches bucoliques broutant l\u2019herbe de ce qui ressemble à l\u2019île d\u2019Orléans.Le dessin est entièrement fait à la main de traits verticaux et horizontaux comme s\u2019il sortait d\u2019une machine.Mais ce qui rend le mieux l\u2019état d\u2019esprit de BGL se trouve dans le bunker, la cave en fait.C\u2019est une sorte d\u2019atelier de sapins de Noël.Sauf que les arbres, privés d\u2019aiguilles, ont été trempés dans de la peinture verte et sèchent, suspendus au plafond comme des pièces de gibier, et qu\u2019ils viennent avec leurs décorations.L\u2019une de ces décorations est faite d\u2019allumettes placées aux pointes des branches.On imagine ce qui arrive si on les allume\u2026 Si on comprend bien le message, BGL s\u2019amuse comme trois petits fous avec les restes de notre culture occidentale de surconsommation en voie de disparition.Et s\u2019inquiète pour l\u2019avenir de la nature.Postérité, BGL, à la Parisian Laundry, 3550, rue Saint-Antoine Ouest.Jusqu\u2019au 21 novembre.Ouvert du mardi au samedi, de 12h à 17 h.Entrée libre.BGL À LA PARISIAN LAUNDRY Méchant party ! BGL, le collectif écolo de Québec, se répand dans la Parisian Laundry, du bunker à la cave jusqu\u2019à l\u2019étage supérieur, avec des installations aux allures de fêtes qui ont mal tourné.PHOTO DAVID JACQUES, FOURNIE PAR PARISIAN LAUNDRY Parmi les milliers de cossins du marché aux puces de BGL, cet ordinateur en bois entièrement fait main.Et ce pic en bois qui pique les cheveux en bois d\u2019une tête sculptée dans un tronc d\u2019arbre\u2026 PHOTO DAVID JACQUES, FOURNIE PAR PARISIAN LAUNDRY La fabrique de sapins de Noël.Privés d\u2019aiguilles, donc de vie, les sapins sont trempés dans une peinture verte qui leur redonne couleur et sèchent, la tête en bas, en attendant Noël.Tout cela est présenté comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019objets d\u2019une civilisation disparue.BGL s\u2019amuse avec les restes de notre culture occidentale de surconsommation.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 7 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 17 PHOTO : JOHN HALL DANSEURS : JOELLE HENRY ET HERVÉ COURTAIN COMMANDITAIRE DE SAISON EN COLLABORATION AVEC DE JEAN-CHRISTOPHE MAILLOT 15, 16, 17, 22, 24, 29, 30 OCTOBRE 2009 20 H THÉÂTRE MAISONNEUVE CAUSERIES 19 H À 19 H 30 GROUPES 514.849.0269 | NOUVEAU | Les samedis avec Gradimir Pankov Le 17 octobrede12h30 à 15h Pour plus de détails, consulter www.grandsballets.com [ ] 1912070A 1912073 DISPONIBLE POUR LA PREMIÈRE FOIS Le DVD du concert et du documentaire de 1970 plus la performance complète des 14 chansons sur CD www.leonard-cohen.com 1977398A ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE 1 2 3 TRIO ALEXANDRE VIGNEAULT NOTRE HISTOIRE DU THÉÂTRE Carte Premières offre de nouveau une série de conférences sur l\u2019histoire du théâtre québécois.Paul Lefebvre, fin connaisseur oeuvrant au Centre nat ional des ar t s d\u2019Ottawa, offrira quatre séances réparties entre le 19 octobre et le 22 mars 2010.Le cursus est découpé de la manière suivante : Les temps premiers \u2014 1606- 1937, Le temps des fondations \u2014 1937-1968, Le temps de la parole \u2014 1968-1980 et Le temps des éclats \u2014 1980-2008.Il est possible d\u2019acheter un billet pour les quatre cours ou de les choisir à la pièce.Informations et inscription: 514-328-7437.FRACTURE SOCIALE Hyperactif, Emmanuel Schwartz ?Hyper occupé, sans aucun doute.En plus de jouer, d\u2019écrire et de mettre en scène, il a également trouvé le temps de traduire une pièce de Moisés Kaufman inspirée d\u2019un fait divers choquant : en 1998, dans la petite ville de Laramie, au Wyoming, Matthew Sheppard a été attaché à une clôture, tailladé et battu jusqu\u2019à en avoir le crâne fracturé.Simplement parce qu\u2019il était homosexuel.Le projet Laramie s\u2019appuie sur des dizaines d\u2019entrevues réalisées dans la petite ville du Wyoming.Un sujet sur mesure pour une compagnie qui, comme le Théâtre Agitato, s\u2019est donné pour mission de faire du théâtre social.Du 21 octobre au 7 novembre, à la salle Fred-Barry, dans une mise en scène de Bernard Lavoie.L\u2019URGENCE AU THÉÂTRE Personne n\u2019a envie de passer une nuit à l\u2019urgence.Sauf peut-être si c\u2019est au théâtre et que les huit heures d\u2019attente habituelles sont condensées dans un spectacle qui en dure quelques-unes de moins.Dix-huit mois après avoir fermé ses lits, le NTE les rouvre le temps de rejouer Sacré coeur, pièce d\u2019Alexis Martin et de l\u2019urgentologue Alain Vadeboncoeur, qui a connu un retentissement certain en mars 2008.«Une rencontre très réussie entre le théâtre et la réalité quotidienne », résumait ma collègue Sylvie St-Jacques, dans une critique où elle soulignait qu\u2019il s\u2019agit «d\u2019abord et avant tout d\u2019une sacrée bonne histoire » comme on en voit trop peu au théâtre.En reprise du 20 octobre au 21 novembre à l\u2019Espace Libre.PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE ALEXIS MARTIN ALEXANDRE VIGNEAULT L\u2019avertissement parfois servi à la télé et au cinéma voulant que des propos pourraient ne pas convenir à certains spectateurs conviendra it parfaitement à Rouge gueule.Pas tant pour la quantité de sacres qu\u2019on trouve dans la pièce d\u2019Étienne Lepage \u2013 le Québécois moyen sait très bien décliner ses jurons en adjectif, en verbe, voire en adverbe, et ne s\u2019en prive pas \u2013 que pour les propos tenus sur le viol, la sodomie, ainsi que la violence exprimée par quelques-uns des personnages.Dur, cru, provocateur, tous les termes qu\u2019on accole généralement aux oeuvres qui dérangent pourraient être appliqués à Rouge gueule.Il y est question de jeunesse, de beauté et de désir, mais aussi de sexe brut, de trahison, de vengeance, de violence gratuite et même d\u2019envies de meurtre.Souvent à travers des monologues qui donnent l\u2019impression de vouloir nous en mettre plein la gueule.En tournant la dernière page, on ne peut d\u2019ailleurs s\u2019empêcher de se demander : pourquoi irait-on s\u2019asseoir dans un théâtre pour se faire dire des choses comme ça?Claude Poissant, qui porte le texte d\u2019Étienne Lepage à la scène, reconnaît ce sentiment de malaise.Il a été «agacé », lui aussi, lorsqu\u2019il a lu la première version de la pièce.Son malaise, au lieu de l\u2019éloigner de ce texte, l\u2019en a rapproché.«Ce qui m\u2019intéressait, c\u2019est qu\u2019il y a une grande acuité dans le discours d\u2019Étienne Lepage, explique-t-il.J\u2019avais vraiment l \u2019impression de prendre la mesure de notre humanité dans ce qu\u2019elle a d\u2019extrémiste, quand on perd un peu le sens humanitaire des choses, mais qu\u2019on est dans la sincérité la plus totale de notre pensée.qui n\u2019est pas nécessairement très belle.» De fait, ce n\u2019est pas parce qu\u2019on est bien élevé qu\u2019on n\u2019a pas une petite envie de meurtre une fois de temps en temps.Ce peut n\u2019être qu\u2019une pensée fugace ou bien un fantasme qu\u2019on scénarise dans notre tête.Sans censure.C\u2019est ce genre de pulsions qu\u2019expriment les personnages d\u2019Étienne Lepage, sans aucun malaise.Rouge gueule veut provoquer et son auteur assume cette envie, selon Claude Poissant.«Le théâtre est là pour brasser», rappelle le metteur en scène.«On est en mode sécurité, on fait attention à tout», préciset- il.Notamment à ce qu\u2019on dit aux autres et à ce qu\u2019on leur révèle de nous-mêmes.Des claques et des baisers Dans un monde idéa l , Claude Poissant aurait fait de Rouge gueule un spectacle déambulatoire.I l l\u2019aurait orchestré de manière à ce que les spectateurs attrapent des bouts de vie et des bribes de propos, puis qu\u2019ils soient forcés de poursuivre leur chemin sans que l\u2019action ne soit menée à son terme.Les contraintes du monde réel l\u2019ont plutôt incité à les placer dans un lieu «étrange, mais possible ».«On ne juge personne, ditil.Aux spectateurs de juger ou de préjuger.» Le metteur en scène croit que les propos tenus dans la pièce forceront l\u2019assistance à se mettre en mode «réflexion, discussion et échange ».Pas pendant, mais après le spectacle.«J\u2019aime kidnapper le spectateur, l\u2019empêcher de penser pendant la pièce, expose-t-il.Tenter de le mettre dans une position qui ne lui permettra pas de réagir à chacune des choses qui seront dites, mais à l\u2019amalgame de tout ce qui aurait été dit et montré.» Claude Poissant tient à souligner ce qu\u2019il peut y avoir d\u2019humoristique dans la pièce, et assure qu\u2019il n\u2019a pas l\u2019intention de faire trash.Ce texte dense et cru, il dit l\u2019aborder d\u2019abord de manière à faire entendre son propos.dans un «enchaînement de baisers et de claques sur la gueule ».«Est-ce qu\u2019on banalise ?Je ne le crois pas, mais peut-être que des gens vont le penser», prévoit-il.Le pire qui pourrait arriver à Rouge gueule serait de susciter l\u2019indifférence.«Mais ça m\u2019étonnerait », conclut Claude Poissant, l\u2019ombre d\u2019un sourire aux lèvres.Rouge gueule, du 20 octobre au 14 novembre à Espace Go.CLAUDE POISSANT / Rouge gueule Tirer la langue en montrant les dents Qui n\u2019a jamais songé à pousser quelqu\u2019un sur la rame du métro?Qui n\u2019a jamais eu envie d\u2019étêter sa coloc mythomane, de préférence avec un couteau qui coupe mal ?Tout le monde?Personne ?Impossible de le vérifier, c\u2019est le genre de pensées secrètes qui ne se disent pas.Sauf dans Rouge gueule, pièce choc qui prend l\u2019affiche mardi à Espace Go.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Claude Poissant, qui porte le texte d\u2019Étienne Lepage sur la scène d\u2019Espace Go, a été «agacé », lui aussi, lorsqu\u2019il a lu la première version de la pièce.Son malaise, au lieu de l\u2019éloigner de ce texte, l\u2019en a rapproché.Rouge gueule veut provoquer et son auteur assume cette envie, croit le metteur en scène.«Le théâtre est là pour brasser», rappelle-t-il.«J\u2019aime kidnapper le spectateur, l\u2019empêcher de penser pendant la pièce.Tenter de le mettre dans une position qui ne lui permettra pas de réagir à chacune des choses qui seront dites, mais à l\u2019amalgame de tout ce qui aurait été dit et montré.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 18 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 17 OC T O B R E 2 0 0 9 JEAN AIROLDI OFFRE DU STYLE Partenairemédia 1963791A ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE ALEXANDRE VIGNEAULT «Se quitter, trop difficile », chante Daniel Bélanger.La chanson parle de sa relation avec la musique, mais elle peut très bien s\u2019appliquer aux histoires d\u2019amour.ou d\u2019amitié.Elle va d\u2019ailleurs parfaitement aux comédiens Guylaine Tremblay et Denis Bouchard qui, au lieu de couper le cordon après sept années à jouer ensemble à la télé, étirent le plaisir (ou l\u2019inévitable rupture) en se donnant rendezvous au théâtre.«On savait qu\u2019on ne rejouerait pas ensemble à la télé avant un bon bout de temps.Comme on a beaucoup de plaisir à le faire, on s\u2019est dit que le seul moyen d\u2019y arriver pour le moment, c\u2019était le théâtre», expose la comédienne, attablée dans un hôtel du Vieux- Montréal.Denis Bouchard, assis à ses côtés, ajoute que c\u2019est une belle façon de marquer le pas, de passer à autre chose.Puisqu\u2019ils avaient besoin d\u2019un auteur, ils se sont tout naturellement tournés vers Annie Piérard et Bernard Dansereau, les auteurs d\u2019Annie et ses hommes.Ça se joue à deux est la première pièce du tandem.«Ce qu\u2019ils ont écrit, c\u2019est une vraie pièce de théâtre.On ne pourrait pas faire ça à la télé, précise Denis Bouchard.Ce n\u2019est pas un style télévisuel.» Ça se joue à deux ne raconte pas une histoire, mais plusieurs.Du nouvel amour qui brille comme un sou neuf à celui qui s\u2019est fané et ne connaît plus que les reproches, du divorce à l\u2019amiable au coup de foudre qui veut se faire fi des différences d\u2019âge, les auteurs multiplient les angles pour explorer la relation de couple.Seuls sur scène, Guylaine Tremblay et Denis Bouchard incarneront ces quatre couples \u2013 très jeunes ou même très vieux \u2013 et quelques autres personnages.Sans perruques, sans costumes et presque sans éléments de décor.«On voulait revenir à l\u2019essence du théâtre, dit la comédienne.Comme à nos débuts, quand on faisait des shows autogérés, qu\u2019on n\u2019avait pas une cenne, qu\u2019on amenait notre propre linge et même notre propre téléphone, qu\u2019on rapportait à la maison après le spectacle.On voulait retrouver cette liberté-là.» Deux acteurs aussi connus, soutenus par deux auteurs à succès et un producteur aux reins solides (Tandem.mu), ne se produisent pas avec des moyens aussi dérisoires, bien entendu.Ça se joue à deux repose néanmoins sur un minimum d\u2019artifices: deux chaises, une table, quelques lampes de chevet, des éclairages et le jeu des deux comédiens.«Tu ne peux te fier qu\u2019au jeu, dans un cadre comme celui-là», dit Guylaine Tremblay.Denis Bouchard assure que Ça se joue à deux n\u2019est pas un produit dérivé d\u2019Annie et ses hommes.Son propos découle toutefois indirectement de la série télé.«Jouer un couple pendant sept ans à la télévision a soulevé un certain nombre de questions: c\u2019est quoi réussir une séparation quand ça fait 24 ans que tu es avec quelqu\u2019un?Qu\u2019est-ce qui fait qu\u2019une relation peut se transformer au point de devenir l\u2019enfer?Pourquoi est-ce qu\u2019on répète les mêmes erreurs?» se demande-t-il.Après six représentations de rodage, les deux acteurs s\u2019attachaient à fignoler le spectacle, qu\u2019ils mettent en scène eux-mêmes, sans regard extérieur.«On a toujours celui de l\u2019autre», fait remarquer Guylaine Tremblay, qui admet ressentir un mélange de peur et d\u2019exaltation à l\u2019approche de la première représentation au Théâtre Saint-Denis 2.«Pendant des années, les gens nous ont accueillis dans leur salon par le biais de la télévision, rappelle-t-elle.Là, la visite s\u2019en vient chez nous.» Ça se joue à deux, du 20 octobre au 14 novembre au Théâtre Saint-Denis 2, puis en tournée jusqu\u2019en février 2010.GUYLAINE TREMBLAY ET DENIS BOUCHARD / Ça se joue à deux Guylaine et son homme sur scène Après avoir incarné pendant sept ans l\u2019un des couples chouchous du petit écran, Guylaine Tremblay et Denis Bouchard renouent avec la scène dans une pièce écrite par les auteurs d\u2019Annie et ses hommes.Ça se joue à deux explore la vie de quatre couples interprétés par les deux comédiens.Seuls sur scène, Guylaine Tremblay et Denis Bouchard incarneront quatre couples.Sans perruques, sans costumes et presque sans éléments de décor.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Les comédiens Denis Bouchard et Guylaine Tremblay assurent que Ça se joue à deux n\u2019est pas un produit dérivé d\u2019Annie et ses hommes.Le propos de la pièce découle toutefois indirectement de la série télé.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 7 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 19 dans l\u2019univers de lise diOn - Quel était son premier 45 tours?- Quelle chanson lui fait penser à un voyage en voiture?Qui viendra interpréter à Lise les chansons de sa vie?Découvrez-le en même temps qu\u2019elle! Pour tous les détails : Radio-Canada.ca/endirectdelunivers CE SOIR 19H En simultané sur TV5 Monde et Radio-Canada.ca/endirectdelunivers 1994961A ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE ALEXANDRE VIGNEAULT Les belles endormies raconte les nuits qu\u2019un vieil homme appelé Eguchi passe dans une maison où de jeunes femmes, plongées dans le sommeil grâce à un breuvage narcotique, se laissent regarder et caresser.De cette situation étrange, Yasunari Kawabata a tiré une réflexion sur la solitude, l\u2019érotisme et le vieillissement.Nini Bélanger a lu le roman du Prix Nobel japonais il y a une dizaine d\u2019années.Elle en avait trouvé l\u2019atmosphère très malsaine.«J\u2019étais dans une passe extrêmement féministe, se rappelle-t-elle, alors ça m\u2019avait un peu dégoûtée.» Le trouble qu\u2019elle avait ressenti a pourtant fini par l\u2019intéresser.L\u2019oeil de la metteure en scène y a décelé une situation dramatique très forte, et elle a aussi été séduite par les aspects contemplatifs et oniriques du récit.Pascal Brullemans (connu notamment pour ses fructueuses collaborations avec Éric Jean) et elle en ont donc peaufiné une adaptation qui ne conserve que les éléments centraux du roman (le lieu, le vieil homme et les filles), et les ont transposés au Québec.«J\u2019avais envie que ce soit un show qui tourne autour de la solitude », dit la metteure en scène, pour qui le vieillard (rebaptisé Édouard) est d\u2019abord un homme «qui n\u2019a pas été touché, qui n\u2019a pas eu de chaleur humaine » depuis longtemps.Ce qu\u2019il veut, ce n\u2019est pas consommer l\u2019acte avec les filles, mais d\u2019abord dormir avec elles.Se sentir vivant, alors que le dépérissement de son corps le confronte à sa propre fin.Pour jouer ce conte sur le désir et la mort, quatre comédiens ont été recrutés : Michel Mongeau (Édouard), Dominique Pétin (la tenancière), ainsi que Catherine- Amélie Côté et Carol ine Bouc ha rd (deux be l l e s endormies).La transposition scénique fera également appel à la vidéo.Les scènes oniriques seront jouées dans le noir et rendues visibles par l\u2019entremise d\u2019une caméra équipée d\u2019un système de vision nocturne.«On travaille le côté charnel, avec de gros plans, révèle la metteure en scène.Ça nous rapproche du corps et de la sensualité.» Ce qui est au coeur du projet, c\u2019est toutefois moins l\u2019image que le rapport au temps.L\u2019objectif de Nini Bélanger est de travailler le moment présent.Le texte de Pascal Brullemans se lit en 28 minutes, son spectacle en dure 80.«Ça veut dire que je dois avoir des comédiens habités », af firme la metteure en scène.L\u2019essentiel se passe dans le silence et la lenteur: le regard de l\u2019homme sur les corps de femmes, les caresses, le désir, la frustration et la nostalgie.«Ma démarche fait que les gens ont le sentiment d\u2019entrer dans l\u2019intimité des personnages », constate Nini Bélanger.Et c\u2019est précisément l\u2019autre objectif d\u2019Endormi (e): explorer la zone grise entre représentation théâtrale et voyeurisme.Endormi (e), du 22 octobre au 1er novembre à La Chapelle.NINI BÉLANGER / Endormi (e) Les jeunes filles et la mort ENTRÉE EN SCÈNE ROUGE GUEULE, du 20 octobre au 14 novembre à Espace Go.ÇA SE JOUE À DEUX, du 20 octobre au 14 novembre au Théâtre Saint-Denis.SACRÉ COEUR, du 20 octobre au 21 novembre à l\u2019Espace Libre.PORTALAPHRAPON, du 20 au 31 octobre à l\u2019Espace Geordie.PROJET LARAMIE, du 21 octobre au 7 novembre à la salle Fred-Barry.ENDORMI (E), du 22 octobre au 1er novembre à La Chapelle.PASSAGES, du 23 octobre au 7 novembre à Espace Go.Les jolies jeunes filles qui font rêver le vieux Eguchi, personnage central des Belles endormies, hantent Nini Bélanger depuis longtemps.Endormi (e) est l\u2019aboutissement d\u2019un travail qu\u2019elle peaufine depuis sa sortie de l\u2019École nationale de théâtre, en 2005.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE La metteure en scène Nini Bélanger a conçu une adaptation des Belles endormies, du Japonais Yasunari Kawabata, en ne conservant que les éléments centraux du roman, et en les transposant au Québec.MOTS CROISÉS DES ARTS SOLUTION de la semaine dernière 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 NH 1657 HORIZONTALEMENT 1 Elle joue le rôle d\u2019Isa dans La galère \u2013 Société de construction électrique allemande.2 Interlopes \u2013 Devant un nom de femme.3 Elle a été créée en 1946 par le président Truman \u2013 Comme Jacques Poulin.4 Prudent \u2013 Corsage de femme de forme ample.5 Juste pour .\u2013 Le .a ses raisons.6 Divinité \u2013 Fourrure.7 On peut en faire des couronnes dentaires \u2013Morceau de volaille cuite \u2013 Il a vendu son droit d\u2019aînesse.8 Dans le titre d\u2019un film de Denys Arcand \u2013 Éprouvés.9 Il est apprécié des aquariophiles \u2013 Initiales de la comédienne Tifo \u2013 Dieu solaire.10 Vieille armée \u2013 Cinéaste et écrivain sénégalais mort en 2007.11 Film mettant en vedette Barbra Streisand (Funny \u2026) \u2013 D\u2019un auxiliaire \u2013 Disposent de.12 Bloc de glace \u2013 Très attaché à ses idées.VERTICALEMENT 1 Réalisateur de 1981.2 Rôle d\u2019Émile Mailhiot dans Yamaska \u2013 Indique que l\u2019on cite textuellement.3 Rôle de Lauren Ambrose dans Six pieds sous terre \u2013 Indique une complicité.4 Exprime l\u2019étonnement \u2013Moyen infaillible pour accéder à quelque chose \u2013 Symbole d\u2019une unité de masse.5 Roi légendaire d\u2019Athènes \u2013 Très grands arbres de la forêt dense africaine.6 D\u2019une expression sign.rendre vivement la pareille \u2013 Prénom de la comédienne Bonnier.7 Se dit d\u2019un moteur \u2013 Fin de verbe \u2013 Prénom de l\u2019interprète de Sally dans Quand Harry rencontre Sally.8 Bannie \u2013 Aspect mat et terne de la surface d\u2019une peinture à l\u2019huile.9 Courbé \u2013 Utile au dessinateur.10 Cécité due à une lésion du nerf optique \u2013 Héros du Déluge biblique.11 Exprimé \u2013 Prénom de l\u2019humoriste Paquin.12 Désintéressée \u2013 Se dit entre intimes.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 K I N S E L L A A R C 2 U S E E S E C R I E S 3 T A T A M I R E N 4 C B S E S S A I M E R 5 H E A R A C O O 6 E L I Z A B E T H T M 7 R O U L E M A T V A 8 H U R D L E R S I 9 F E R A L U T A O N 10 A N T I E T I E N N E 11 I R E N E E M A N A 12 T I S O N S A K E N E NH 1656 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 20 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 7 O C T O B RE 20 0 9 Le ciel de Galileo Galilei avec Pierre Chastenay astronome, communicateur scientifique et commissaire de l\u2019exposition Virginia, messagère des étoiles, présentée à l\u2019Espace Jeunes de la Grande Bibliothèque jusqu\u2019au 25 octobre 2009 à l\u2019Auditorium de la Grande Bibliothèque le mardi 20 octobre à 19 h Entrée libre; 300 places disponibles Photo : Isabelle Clément Grande BiBliothèque 475, boul.De Maisonneuve Est, Montréal Berri-UQAM 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 www.banq.qc.ca Grande BiBliothèque Conférence Photo : Isabelle Clément 1994654A L\u2019OSM VOUS OFFRE LA CHANCE DE GAGNER L\u2019une des dix paires de billets pour le concert America Forever, donné dans la série Les Évasions Classiques Air Canada.Une expérience complétée par une visite à l\u2019arrière scène après le concert.PROLONGEZ L\u2019EXPÉRIENCE DU CONCERT AMERICA FOREVER! COMMANDITAIRE EN TITRE COLLABORATEUR AMERICAFOREVER AVEC ALEXANDRE DA COSTA 10 NOVEMBRE / 20H DE PLUS Courez la chance de gagner une paire de billets d\u2019avion pour deux personnes pour une destination de votre choix* aux États-Unis, à bord d\u2019Air Canada.* Excluant Hawaï.Le concours est réservé aux 18 ans et plus.Fac-similés non acceptés, à l\u2019exception d\u2019un coupon imprimé à partir de la version électronique de La Presse sur lapressesurmonordi.ca.Valeur totale du grand prix : 5 241,60 $.Certaines conditions s\u2019appliquent.Règlements complets à l\u2019OSM et sur osm.ca/america Postez ce coupon de participation avant le 25 octobre (cachet de la poste faisant foi):Concours «Prolongez l\u2019expérience du concertAmerica Forever! » à l\u2019Orchestre symphonique de Montréal, 260 de Maisonneuve Ouest, 2ème étage, Montréal, Qc, H2X 1Y9 PRÉNOM: NOM: TÉL.(JOUR): TÉL.(SOIR): ADRESSE: VILLE: CODE POSTAL: COURRIEL: QUESTION MATHÉMATIQUE: 13 + 5 X (6 + 2) = Oui, j\u2019accepte de recevoir l\u2019infolettre de l\u2019OSM Oui, j\u2019accepte de recevoir des offres promotionnelles de La Presse 1986298A semaine Quêteux - des La Le CONTE est à l'honneur du 18 AU 25 OCTOBRE 2146, place Dublin Pointe-Saint-Charles, Montréal Renseignements : 514 935-8136 To u s l e s d é t a i l s s u r www.maisonsaint-gabriel.qc.ca 1953091A 1953095 1694199A ARTS ET SPECTACLES HUMOUR PAUL JOURNET «Quelqu\u2019un m\u2019a demandé sur Facebook si j\u2019étais le vrai Sylvain Larocque, raconte-t-il.J\u2019ai répondu: si j\u2019avais volé l\u2019identité d\u2019un personnage public, j\u2019en aurais choisi un plus cute.» Vrai, l\u2019homme assis devant nous n\u2019est pas le beau gosse de l \u2019humour.Mais il est sans doute un de ses plus grands talents.On s\u2019étonne d\u2019ailleurs qu\u2019il ne soit pas plus populaire.C\u2019est peut-être parce qu\u2019il jongle avec trois carrières : humoriste franco, humoriste anglo et auteur (notamment pour François Morency, Mario Jean, Laurent Paquin, Anthony Kavanagh, Jean-Michel Anctil et bientôt Philippe Bond).Dans les prochains mois, il se consacrera surtout à Vu d\u2019même.Parmi les thèmes qu\u2019il y aborde: la politique, l\u2019éducation et la langue française.Mais ce n\u2019est pas pour jouer à l\u2019intello.«Un gag de cul n\u2019est pas forcément inférieur à un gag sur Sartre, se plaît-il à rappeler.Ce qui compte, c\u2019est le regard sur une chose, pas la chose elle-même.» En plus de l\u2019humour d\u2019observation, il joue pour la première fois des personnages.Parmi eux, René Bourassa, chef du Parti des indécis et emblème de notre schizophrénie politique.On assiste aussi à la naissance d\u2019unprof«styleEdgarFruitier», qui enseigne en même temps la sexualité et le français dans sa version Pléiade.Larocque s\u2019observe aussi lui-même.«Je suis rendu là, je pense.J\u2019ai assez vieilli pour inviter les gens dans ma tête.» Par exemple, il recrée la «réunion du C.A.de ses émotions », qui examine s\u2019il veut vraiment un enfant.Et il parle de sa mère.«Elle a réussi à élever un p\u2019tit gars qui se sentait tout croche à cause de son oeil de travers.Je me faisais péter la gueule continuellement, on changeait d\u2019école aux six mois.Elle a même déjà dû venir me défendre dans la cour d\u2019école.Je me souviens d\u2019elle, la vieille hippie de 5pi2 en poncho debout sur le banc de neige, qui fixait les enfants dans les yeux en criant: «C\u2019est qui le \u2018ti maudit qui a fait ça à mon gars?» » Quatre fois gagnant de l\u2019Olivier du meilleur auteur, Larocque s igne envi ron 90% de ses textes.Quelques confrères l\u2019ont aidé pour le reste (François Léveillée, Laurent Paquin, Pierre Hébert et Daniel Gagnon).Il a aussi engagé deux artistes étrangers au petit milieu de l\u2019humour: Serge Postigo (mise en scène) et Dee (musique).«Pourme préparer, j\u2019ai acheté tous les DVD d\u2019humour québécois.Ça m\u2019a coûté environ 400$.Mais je n\u2019ai finalement regardé que celui de Sylvain.Les autres sont restés dans leur emballage\u2026», avoue Postigo en riant.Il dit avoir simplement voulu «habiller un peu» l\u2019habituel décor micro-tabouret-verre d\u2019eau du stand-up.Quant à l\u2019hyperactif Dee, connu autant pour ses albums que ses pièces musicales vendues à la télé (CSI, Six Feet Under, Law&Order, One Tree Hill), son électro devrait tonifier les numéros.« Je suis comme le cracker entre les verres de vin », indique-t-il.L\u2019accident comme réveil Il a fallu un accident pour que Sylvain Larocque ose faire de l\u2019humour son métier.«Pour jouer safe, j\u2019avais choisi une éducation classique (bacs en chimie et à HEC), explique- t-il.Puis j\u2019ai failli mourir en moto.J\u2019ai passé un mois aux soins intensifs, même les transfusions sanguines ne fonctionnaient pas.» La c laque le révei l le .«Tellement de gens se contentent d\u2019un malheur familier au lieu d\u2019un bonheur risqué, confie Larocque.Moi, j\u2019ai décidé de vivre pour ne jamais rien regretter.» En parallèle à sa carrière du «plus minable vendeur de IBM», il en lance donc une autre d\u2019humoriste.Elle finira par l\u2019occuper à temps plein.L\u2019ascension sera toutefois lente.Parfois même pénible, comme lors d\u2019un spectacle au milieu des années 90 dans une discothèque de Saint-Léonard nommée L\u2019Arnaque.«C\u2019était le party de Noël des livreurs des rôtisseries Au Coq, raconte-t-i l .On offrait 600$ à un collègue et moi pour un numéro.(\u2026) On est montés sur scène vers 23 h, trois heures plus tard que prévu.Le plancher s\u2019est vidé d\u2019un coup, mis à part les gars paquetés qui venaient se servir devant moi au buffet.Personne ne riait.Une femme est venue m\u2019arracher le micro au milieu du numéro en disant: \"C\u2019est pourri\".(\u2026) Aujourd\u2019hui, avant un gala ou un soir de première, je souris.Ça ne peut pas être pire.» Vu d\u2019même, de Sylvain Larocque, du 20 au 24 octobre au Cabaret Juste pour rire, puis en province.SYLVAIN LAROCQUE Le rire en soi Sylvain Larocque lance Vu d\u2019même, son troisième one man show.D\u2019un accident de moto à ses mésaventures à la discothèque L\u2019Arnaque de Saint-Léonard, le pincesans- rire raconte le parcours qui le mène à parler d\u2019un nouveau sujet : lui.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Pour son spectacle Vu d\u2019même, Sylvain Larocque (à l\u2019arrière) s\u2019est notamment entouré de deux artistes étrangers au milieu de l\u2019humour : Serge Postigo (à gauche) pour lamise en scène, et Dee (à droite) pour lamusique.Dans son nouveau one man show, Sylvain Larocque s\u2019observe aussi lui-même.«Je suis rendu là, je pense.J\u2019ai assez vieilli pour inviter les gens dans ma tête.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 7 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 21 1920 dans l\u2019art moderne canadien 1950 Bertram Brooker, torse (détail), 1937.Huile sur toile, 61,6 x 45,7 cm.musée des Beaux-arts du canada Du 8 octobre 2009 au 3 janvier 2010 Parc des Champs-de-Bataille, Québec 418 643-2150/1 866 220-2150/www.mnba.qc.ca 1912012A 500, rue Sherbrooke Ouest Métro McGill / 514.499.5087 lotoquebec.com/espacecreation En collaboration avec exposition 30 septembre au 6 décembre 2009 robert charlebois, marie chouinard, alain cousineau, rené richardcyr, claude dubois, marcHervieux, marie Laberge, Jean Lapierre, Kent nagano, marina orsini, Jean-claude poitras, stéphane Quintal, marie saint pierre, michel tremblay, sophie Faucher et Françoise Faucher, andrée Lachapelle et andrémelançon, Fabienne Larouche et michel trudeau, Ginettenoiseux et Jean-marc eustache, Jean-pierre charbonneau, Liza Frulla et marie Grégoire Crédits photo : 1\u2013 photo Loto-Québec, 2 \u2013 Carl Lessard, 3 \u2013 Yves Renaud, 4 \u2013 Michel Cloutier 5 \u2013 photo Loto-Québec 2 1 5 3 4 1719707A ARTS ET SPECTACLES CHANTAL GUY En avril, la Grande Bibliothèque aura cinq ans.S\u2019il y avait des sceptiques au début, ils sont maintenant confondus: même après cinq ans, la frénésie continue puisque environ 1000 nouveaux usagers s\u2019inscrivent chaque semaine.En 2009 seulement, au moins 3 millions de personnes auront franchi ses portes.«J\u2019arrive dans une maison qui fonctionne très bien, estimeGuy Berthiaume, le nouveaudirecteur général de laGBqui succède à la fondatrice Lise Bissonnette.Je me suis fixé d\u2019être au service d\u2019une institution qu\u2019elle a créée, et de lui permettre de progresser.» M.Berthiaume n\u2019est pas peu fier du succès de la GB.«Je crois que nous sommes la bibliothèque la plus fréquentée du monde francophone.Nous sommes un modèle, parce que nous avons été créés récemment, enmême temps que les nouveaux outils technologiques.» À son avis, le coup de génie aura été de relier le métro Berri-UQAM à l\u2019établissement.Mais plus encore, M.Berthiaume vante la vocation sociale de la GB.« Nous sommes un instrument pour contrer les inégalités sociales, dit-il.C\u2019est gratuit, diversifié, il y a des services spécialisés pour les personnes handicapées, des activités pour les enfants, des animations culturelles, des livres en plusieurs langues, des formations, un centre d\u2019emploi, l\u2019accès à l\u2019internet et les heures d\u2019ouverture sont flexibles pour tous les travailleurs.» En effet, quand on visite une bibliothèque comme la Grande Bibliothèque, on comprend mieux ce que veut dire le mot « démocratie ».D\u2019abord, tous les livres y sont, sans souci des modes, des ventes, des croyances, des sexes.Enfin, les collections sont accessibles à tous, gratuitement.Comme le rappelle Danielle Chagnon, directrice de la référence et du prêt, « le fonctionnement de la GB est essentiellement basé sur les besoins de la population ».Par exemple, toute la production québécoise arrive directement à la GB et est spécialement étiquetée avec une fleur de lys, « parce que nous sommes une vitrine du livre québécois », tandis qu\u2019on travaille de concert avec le ministère de l\u2019Immigration pour garnir les rayons de livres qui sont offerts dans les langues des principales communautés culturelles du Québec.Il y a même un présentoir dans la bibliothèque rempli de livres utiles pour les nouveaux arrivants.Le prochain défi de taille qui attend la GB est la numérisation \u2013 c\u2019est la préoccupation numéro un des bibliothèques dans le monde en ce moment.Le travail est déjà commencé \u2013 on n\u2019a qu\u2019à découvrir les richesses étonnantes du portail de la BanQ www.banq.qc.ca « Mais une foule de questions entoure la numérisation, entre autres en ce qui concerne la conservation, souligne Guy Berthiaume.Sur quel support?On archive aux 5 ou aux 30 minutes sur un site web?Est-ce qu\u2019on conserve pour le patrimoine les courriels des politiciens et comment?Ça change vite.Imaginons si nous avions tout conservé sur les disquettes floppys des années 80.Nous aurions l\u2019air ridicule aujourd\u2019hui.» Le plus grand succès de la francophonie Si Dieu existait, il serait une bibliothèque, a déjà dit Umberto Eco.Gaston Bachelard était convaincu que c\u2019était carrément le paradis et Jorge Luis Borges ne voyait pas l\u2019univers autrement.On a ici affaire à d\u2019authentiques adeptes des livres.Mais la bibliothèque n\u2019est pas qu\u2019un haut lieu de savoir : c\u2019est aussi un milieu de vie, de même qu\u2019une fourmilière dont la vie est réglée au quart de tour.Pour la 11e Semaine des bibliothèques publiques, qui commence aujourd\u2019hui, La Presse a visité les coulisses de la Grande Bibliothèque du Québec et rencontré ceux qui y travaillent.Et qui y voient débarquer 1000 nouveaux abonnés chaque semaine.Petite histoire d\u2019un grand succès.DANS LES COULISSES DE LA GRANDE BIBLIOTHÈQUE MON AMI LE BIBLIOTHÉCAIRE PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE À chaque étage, il y a toujours des présentoirs thématique au goût du jour, par exemple pendant les élections américaines, pour la fête des Pères ou le centenaire de Claude Lévi-Strauss.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE CHANTAL GUY Toutes les bibliothèques publiques appartiennent aux citoyens, puisqu\u2019elles ont été payées à même leurs impôts.Et les bibliothécaires le savent.Leur métier ne consiste pas à intimer le silence en fronçant les sourcils derrière de grosses lunettes, comme le veut le cliché.En fait, ils aiment beaucoup être dérangés.«J\u2019aime ça quand c\u2019est occupé, confirme Manon Beauchemin, bibliothécaire du niveau 3 de la GB, consacré à l\u2019histoire et aux sciences humaines et sociales.J\u2019adore les recherches approfondies, expliquer le fonctionnement des outils, donner de bonnes pistes pour une recherche solide.» Son dernier défi?Monter une bibliographie sur le syndrome de Prader-Willi pour des étudiants.«J\u2019ai appris beaucoup de choses.» JimmyBeaulieu,duniveau 1 (art et littérature), renchérit: «Je suis content quand je réussis à aider quelqu\u2019un dans une recherche difficile.J\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir changé sa journée.» C\u2019est lui qui a aidé une jeune femme à trouver la gravure qu\u2019elle voulait reproduire en tatouage.Mais il leur arrive parfois de calmer les ardeurs de ceux qui ont des demandes impossibles.« Sans compter que beaucoup pensent que les bibliothécaires ont tout lu.Il y a de grands lecteurs, bien plus actifs que moi, qui sont ici tous les jours! » À une époque où il est pratiquement impossible de parler à un être humain pour avoir du service, il est bon de savoir que les bibliothécaires sont là, en chair et en os.Si votre coiffeur sait tout de vous, votre bibliothécaire en devine beaucoup.Jimmy et Manon ont leurs habitués, ils connaissent leurs dadas.Ils sont aussi aux premières loges des tendances; oui, quand on parle d\u2019un livre à Tout le monde en parle, il est en demande à la GB! C\u2019est le cas de tous les livres qui sont traités dans les médias et nombreux sont les abonnés qui arrivent aux comptoirs avec des articles de journaux en main.«Et il y a beaucoup de gens qui sont en cheminement personnel, note Manon Beauchemin.Les livres de croissance personnelle, de spiritualité et sur les religions sont très en demande.» Une partie de leur travail consiste à précéder les désirs; ainsi, à chaque étage, il y a toujours des présentoirs thématique au goût du jour, par exemple pendant les élections américaines, pour la fête des Pères ou le centenaire de Claude Lévi-Strauss.Et cela fluctue au gré des saisons.Pendant l\u2019été, les enfants et les touristes sont plus nombreux, tandis que les étudiants se font plus rares et que la section des livres de voyages est prise d\u2019assaut.Il existe même une ressource incroyable et pourtant méconnue de la GB: la référence à distance, qui permet de poser presque toutes les questions imaginables.« C\u2019est comme avoir son bibliothécaire à soi», explique Isabelle Charuest, chef de ce service.Et quand on dit à distance, ce n\u2019est pas juste pour les Montréalais mais pour tout le Québec.Quand et où est née Marie de l\u2019Incarnation?Existe-t-il des livres sur les combats de coqs?Tel écrivain a-t-il vraiment dit cela dans tel livre?Bref, peu importe la question, on tente d\u2019y répondre dans les 48 heures ou moins et ce n\u2019est pas une blague! Bien sûr, on ne fera pas vos travaux scolaires à votre place, mais on peut vous donner un sérieux coup de main.La recherche la plus étrange jusqu\u2019à maintenant?Un abonné a demandé tous les résultats du Lotto 6/49 depuis les débuts de cette loterie.Le côté sombre des bibliothécaires Les bibliothécaires sont serviables mais leur patience a des limites.Le personnel de la Grande Bibliothèque, en interview, n\u2019a pas critiqué sa clientèle, bien sûr, mais sur l\u2019internet, un collectif de bibliothécaires anonyme se défoule.Usagers incultes ou aux goûts douteux; retardataires qui refusent de payer 20 cents; parents qui abandonnent leurs enfants en oubliant les heures de fermeture; adeptes de cuisine qui rendent des livres maculés; questions incompréhensibles; impolitesses; stupidités.Sur le blogue Conan: les bibliothécaires (conanlel ibraire.wordpress.com), ils racontent leurs états d\u2019âme et leurs anecdotes les plus loufoques \u2014 sans se gêner pour les juger crûment.Le blogue \u2014 inspiré par Conan the Librarian, segment du film de Weird Al Yankovic, UHF \u2014 n\u2019est malheureusement plus actif, mais ce qu\u2019il démontre est de toute façon assez intemporel et universel.Plus de 400activités sont organisées un peu partout pendant la 11e Semaine des bibliothèques publiques, qui se déroule jusqu\u2019au 24 octobre.Toutes les infos au: www.semainedesbibliothèques.com Le service de référence à distance est offert sur le site de la BanQ (www.banq.qc.ca), par téléphone au 514 873-1100 poste 3 ou sans frais au 1 800 363-9028, par la poste au 475, boulevard de Maisonneuve Est, Montréal (Québec), H2L 5C4.Et par télécopieur au 514 873-9932.Des lettrés solitaires, les bibliothécaires?Au contraire.Ils n\u2019attendent que vos demandes.C\u2019est ainsi que Jimmy Beaulieu a aidé une jeune femme à trouver la rare gravure d\u2019une statue équestre qu\u2019elle voulait reproduire en tatouage.Que Manon Beauchemin a établi une bibliographie sur le syndrome Prader- Willi.Ou que leurs collègues du service de référence à distance de la Grande Bibliothèque (GB) cherchent en ce moment tous les résultats du Lotto 6/49 depuis ses débuts! llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 22 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 7 O C T O B RE 20 0 9 ARTS ET SPECTACLES 12,8 millions Nombre de visiteurs depuis l\u2019ouverture en 2005.LA GRANDE BIBLIOTHÈQUE EN CHIFFRES * L\u2019actualité n\u2019attend pas elle non plus.On peut consulter à la GB quelque 2000 magazines, journaux et périodiques imprimés, en plus des 15 000 revues électroniques.Et ces documents sont traités comme les autres, avant de terminer aux archives.Plus intéressant encore: les abonnés ont accès en ligne gratuitement, grâce à Press Display sur le site de BanQ, à plus de 1700 journaux numérisés du monde entier le jour même de leur publication.Un mardi mati n comme l es au t r es à la Gr ande Bibliothèque: les gens font la queue avant l\u2019ouverture.Parce que la bibliothèque est en partie fermée les lundis, les mardis sont toujours assez rock\u2019n\u2019roll pour les bibliothécaires.Et dès l\u2019ouverture des portes, ça galope: pour sauter sur son banc préféré ou pour dénicher les nouveaux DVD au quatrième étage, extrêmement populaire.Mais comment arrivent les livres sur les rayons de la GB?« Aucun livre n\u2019arrive ici par hasard», lance Danielle Chagnon, directrice de la référence et du prêt à la GB.C\u2019est plus que vrai.Pour qu\u2019un document puisse être emprunté, il doit subir tout un traitement, car au contraire de la librairie d\u2019où il partira pour toujours, à la bibliothèque, il revient.Tout un service se consacre à ces manoeuvres: reliure cartonnée, étiquette numérique, étiquette de collection, cote de classement, puce intelligente, repère d\u2019étage, bande antivol.Rien n\u2019est, justement, laissé au hasard afin que tous puissent s\u2019y retrouver.Chaq ue sema i n e, un e moyenne de 92 000 documents sont empruntés par les 60 000 personnes qui passent par la GB.Ils reviennent tous par le fameux tapis roulant qui n\u2019arrête jamais, sinon il y aurait congestion.Les employés du centre de tri se relaient sans relâche pour réintégrer les documents dans les collections.C\u2019est ici qu\u2019on gère les « orphelins »: les documents retournés qui sont incomplets.Cela ne prend pas plus de 20 minutes pour que le retour soit confirmé, ce qui laisse aux usagers tout le temps de bouquiner et d\u2019emprunter à nouveau.Les services aux non-voyants mériteraient un article à eux seuls \u2014 c\u2019est Louis Braille, dont on célèbre cette année le bicentenaire de naissance, qui serait content.En partenariat avec Postes Canada, les livres en braille sont envoyés chez les usagers \u2014 ça coûterait cher en timbres pour certains titres, puisqu\u2019un seul tome de Millénium en braille prend l\u2019espace de toute une tablette! Ici, l\u2019on voit la collection des livres sonores \u2013 à ne pas confondre avec les livres audio en vogue.Pour une question de droits, les livres sonores sont enregistrés bénévolement à la Magnétothèque et ne peuvent être écoutés qu\u2019avec un logiciel spécial.Une journée à la Grande Bibliothèque PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE A B C D E A PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE E PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE B C D 60 000 Nombre de personnes qui fréquentent la GB chaque semaine.93 200 Nombre de visites enregistrées sur le portail internet de BanQ chaque semaine.532 Nombre d\u2019employés à temps plein et à temps partiel.3,4 millions Nombre de documents composant la collection de la GB, dont 1,8 million de livres et 200 000 CD et DVD.On y trouve aussi des livres audio, des magazines, des journaux, etc.19,8 millions Nombre de documents empruntés depuis l\u2019ouverture.92 000 Nombre moyen d\u2019emprunts par semaine.* Statistiques en date du 30 septembre 2009 QUELQUES SUGGESTIONS DE LECTURE METTANT EN VEDETTE LA BIBLIOTHÈQUE LE NOMDE LA ROSE Umberto Eco LIVRES EN FEU Lucien X.Polastron La bibliothèque de Babel dans FICTIONS Jorge Luis Borges LA BIBLIOTHÈQUE, LA NUIT Alberto Manguel DES BIBLIOTHÈQUES PLEINES DE FANTÔMES Jacques Bonnet CYBERPRESSE.CA LIVRES Pour en savoir plus sur ces livres, voyez notre dossier sur cyberpresse.ca/biblio llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 7 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 23 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE ENTREVUE ROBERT CHARLEBOIS NATHALIE PETROWSKI La dernière fois que je me suis assise pour une entrevue sérieuse avec Robert Charlebois, mon fils de 18 ans n\u2019était pas né, Jérôme et Victor, ses fils à lui, marchaient à peine, internet n\u2019existait pas et Guy Laliberté ignorait qu\u2019il serait un jour assez fortuné pour s\u2019envoyer en l\u2019air dans l\u2019espace.Si ma mémoire n\u2019est pas trop défaillante, notre dernière rencontre professionnelle remonte à la sortie soit de Heureux en amour, en 1981, soit à celle de Swing Charlebois swing, son disque de préretraite précoce paru en 1977 alors qu\u2019il avait l\u2019âge du Christ et venait de se découvrir une passion immodérée pour le golf.Depuis cette rencontre mémorable, je n\u2019ai plus fait d\u2019entrevue avec Charlebois, mais je l\u2019ai croisé souvent avec sa femme Laurence, en ville, à L\u2019Assommoir, le resto de leur fils Victor, au théâtre, dans les lancements de disques ou dans les cocktails dînatoires à la gloire de Ségolène Royal, une amie de la famille.Mais cette semaine, au sous-sol des nouveaux locaux de la compagnie La Tribu, la boîte des Cowboys fringants, l\u2019heure n\u2019était plus aux mondanités, mais au bilan d\u2019une carrière exemplaire qui dure depuis plus de 40 ans et a produit une trentaine de disques, plus de 300 chansons et un nombre incalculable de performances de scène toutes plus énergiques, électriques et survoltées les unes que les autres, dont le grand frisé a toujours eu le secret.Énergie vitale On a souvent qual i f ié Charlebois de bête de scène.Encore aurait-il fallu préciser que la bête en question n\u2019avait pas que de la présence, elle avait aussi de l\u2019énergie : une énergie vitale, volcanique, hors du commun.«L\u2019énergie, c\u2019est la clé de la vie, affirme Charlebois en connaissance de cause.C\u2019est aussi, avec la beauté, une des grandes injustices de la vie.Pourquoi certains sont finis à 30 ans et que d\u2019autres sont encore debout et vaillants à 95 ans ?C\u2019est un mystère.En même temps, personne n\u2019est à l\u2019abri d\u2019une baisse de vitalité et d\u2019énergie.Pour ma part, entre 40 et 60 ans, je n\u2019ai rien senti.Mon niveau d\u2019énergie était intact.Après, j\u2019ai commencé à sentir une différence.Pas sur scène.Quand j\u2019en sortais.C\u2019est pourquoi le spectacle que je suis en train de monter sera probablement mon dernier clin d\u2019oeil rock\u2019n\u2019roll.Parce que veut, veut pas, à un certain moment, t\u2019as beau chanter \"c\u2019est pas physique, c\u2019est électrique\", c\u2019est pas mal plus physique que tu le chantes.» Cette fois, sur scène, il y aura seulement trois musiciens qui accompagneront Charlebois.Mais leur petit nombre sera compensé par l\u2019utilisation de 40 instruments allant du ukulélé à la mandoline en passant par le banjo, le banjo sexto et toutes les formes de guitares électriques, ce qui fait dire à Charlebois que le concert sera plus proche de Led Zeppelin que de Tiny Tim.Être raisonnable Avec son avant-dernier spectacle, Avril sur Mars, qui mettait en scène 16 musiciens, Charlebois a écumé les quatre coins de la province pendant trois ans.«Ce qui était formidable avec cette tournée, c\u2019est que sur 250 soirs de show, il y a peut-être eu quatre nuits où je n\u2019ai pas couché dans mon lit.Le reste du temps, je me faisais reconduire par un chauffeur, ce qui m\u2019empêchait d\u2019aller prendre un coup après avec les gars et ce qui m\u2019aidait à rester en forme.» De vil le en vi l lage, de municipalité en banlieue, Charlebois soumettait tous les soirs son public à une sorte de sondage spontané.Levez la main ceux qui ne m\u2019ont jamais vu en spectacle, leur demandait-il.«Peuimporte l\u2019endroit, 90% des gens de la salle levaient la main.Des jeunes, des vieux, des entre-deux.J\u2019avais l\u2019impression d\u2019être devenu une sorte de phénomène comme Broue, dont le public se renouvelle constamment.C\u2019était un show énorme.On se déplaçait à 24.Heureusement, il n\u2019y avait aucune pomme gâtée parmi nous.Tout le monde était à l\u2019heure et personne ne buvait avant le show.Ça fait toute une différence.Dans la Maudite Tournée, on prenait tous un coup solide et ça paraissait.» Nous bavardons depuis à peine une demi-heure et je constate que l\u2019alcool est revenu sur le tapis à plusieurs reprises déjà.Je croyais pourtant que Charlebois ne buvait plus.«C\u2019est un petit peu plus compliqué que cela, répond-il.Disons que j\u2019ai arrêté de boire, j\u2019ai recommencé, j\u2019ai re-arrêté et là, j\u2019essaie d\u2019être raisonnable, mais ce n\u2019est pas toujours évident.En ce moment, par exemple, ma belle-mère de 95 ans est en ville, alors c\u2019est la fête tous les soirs avec les amis et les enfants.On fait des grandes bouffes avec de grands vins.Cela dit, je ne bois plus comme avant.Faut dire qu\u2019il y a eu un temps où même si je ne buvais pas autant qu\u2019Éric Lapointe, Gainsbourg ou Claude Nougaro, qui en est mort, disons que je ne donnais pas ma place.J\u2019aurais pu facilement finir alcoolique et ruiné.Surtout si je n\u2019avais pas vendu Unibroue au bon moment.» En 2004, la vente de la brasserie, dont il était un des trois actionnaires, à John Sleeman (qui l\u2019a depuis revendue à Sapporo), a pavé la voie à son retour fulgurant sur scène.À jeun, survolté et tout étonné d\u2019avoir retrouvé l\u2019énergie de ses 20 ans, Charlebois s\u2019est lancé à fond dans le spectacle Tout écartillé.Puis il a enchaîné avec le spectacle Avril sur Mars, qu\u2019il ressuscitera d\u2019ailleurs pour un soir en février prochain aux Olympiques de Vancouver, lors du spectacle de clôture du Village francophone.De Harper à Péloquin En évoquant ce voyage à Vancouver, je demande à Charlebois s\u2019il est toujours aussi canadien qu\u2019avant.«Le Canada, répond-il, est un pays qui ne marche pas comme il devrait marcher.Quant à son premier ministre actuel, je ne dirai jamais que c\u2019est un nul.Au contraire.Stephen Harper est quelqu\u2019un dont l\u2019intelligence m\u2019a toujours séduit.Reste que même s\u2019il a fait énormément pour la musique, je suis en total désaccord avec toutes ses politiques.Toutes.» Avoir eu 35 mi l l ions comme argent de poche, Charlebois n\u2019en aurait pas profité pour s\u2019envoler dans l\u2019espace avec un clown du nom de Laliberté.«Moi, ironise-t-il, j\u2019aurais payé pour qu\u2019on ne m\u2019y envoie pas.J\u2019aime la Terre.J\u2019aime la matière aussi.Pas au sens matérialiste du mot.Au sens que je suis convaincu que la matière était là avant nous et que la vie, ça se passe sur Terre.Après ça, il n\u2019y a plus rien.C\u2019est pour ça que je déteste autant les religions monothéistes qui tentent de nous faire croire le contraire.» Charlebois ne croit pas à une vie dans l\u2019au-delà.Pas plus qu\u2019il ne croit que l\u2019eau va bientôt manquer sur Terre.Il y a sept fois plus d\u2019eau sur Terre que de terre, plaide-t-il.En revanche, il n\u2019a pas été surpris de voir la bisbille éclater entre le clown de l\u2019espace et son ex-acolyte, le poète Claude Péloquin.Chargé d\u2019écrire le poème que le clown lirait dans l\u2019espace, Péloquin a été remplacé à la dernière minute par l\u2019écrivain Yann Martel.«Quand Péloquin a un verre dans le nez, c\u2019est un gars pas gérable, affirme-til.Il fait une paranoïa ciblée sur l\u2019argent.La dernière fois que j\u2019ai travaillé avec lui, il voulait un chèque de 2000$ avant que je puisse lire le texte d\u2019une chanson qu\u2019il venait d\u2019écrire.Si Laliberté m\u2019avait appelé, j\u2019aurais pu lui dire d\u2019avance qu\u2019il allait avoir des problèmes.» Même s\u2019il trouve que sur les 40 millions de golfeurs dans le monde, 20 millions sont des crétins, Charlebois prend autant de plaisir à jouer au golf à 65 ans qu\u2019il en prenait à 30.Mais contrairement à la vaste majorité des golfeurs, il ne rêve pas de prendre sa retraite pour parcourir les greens à l\u2019année.La retraite, dit-il, c\u2019est l\u2019antichambre de la mort.Quant à la scène, c\u2019est encore le meilleur et le plus puissant des antidotes.Comptez sur Charlebois pour y prolonger son séjour.Avec ou sans trompettes et tambours.L\u2019ÂGED\u2019ORDUROCKER Même s\u2019il a fêté ses 65 ans cet été, la dernière chose dont rêve Robert Charlebois, c\u2019est de retraite.Pour le prouver, il remonte sur la scène de La Tulipe le 25 octobre pour le coup d\u2019envoi d\u2019Avec tambour ni trompette, un nouveau spectacle ludique où 40 instruments joués par trois musiciens pieuvres entraîneront notre Garou national dans ce qui sera peut-être sa dernière épopée rock.«Disons que j\u2019ai arrêté de boire, j\u2019ai recommencé, j\u2019ai re-arrêté, et là, j\u2019essaie d\u2019être raisonnable, mais ce n\u2019est pas toujours évident.(.) Cela dit, je ne bois plus comme avant.Faut dire qu\u2019il y a eu un temps où même si je ne buvais pas autant qu\u2019Éric Lapointe, Gainsbourg ou Claude Nougaro, qui en est mort, disons que je ne donnais pas ma place.J\u2019aurais pu facilement finir alcoolique et ruiné.Surtout si je n\u2019avais pas vendu Unibroue au bon moment.» PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE On a souvent qualifié Robert Charlebois de bête de scène.Encore aurait-il fallu préciser que la bête en question n\u2019avait pas que de la présence, elle avait aussi de l\u2019énergie.«L\u2019énergie, c\u2019est la clé de la vie, affirmeCharlebois.C\u2019est aussi, avec la beauté, une des grandes injustices de la vie.Pourquoi certains sont finis à 30ans et que d\u2019autres sont encore debout et vaillants à 95 ans?C\u2019est un mystère.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 24 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 17 OC T O B R E 2 0 0 9 "]
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