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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 2009-10-31, Collections de BAnQ.

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[" ARTS ET SPECTACLES MARJO CELLE QUI VA.AVEC DES GARS! PAGE 4 ROCK LES FANTÔMES DU ROCK PAGE 24 www.cyberpresse.ca/arts DOSSIER Consultez notre dossier complet du gala de l\u2019ADISQ sur cyberpresse.ca/adisq CRITIQUEDE SPECTACLE Lisez la critique du spectacle de Xavier Caféïne sur cyberpresse.ca/xavier Louis-José Houde tremble avant chaque gala de l\u2019ADISQ, mais il l\u2019animera pour la quatrième fois demain soir.Cinq maisons québécoises ont fait fi de la crise du disque pour ouvrir leurs portes \u2013 et croître ! \u2013 en pleine tourmente.Et les artistes d\u2019ici tiennent à lancer des albums, même si, sur le Net, les chansons s\u2019achètent de plus en plus à la pièce.Découvrez pourquoi le Québec fait toujours figure de village gaulois dans l\u2019univers de la musique.Comparez aussi vos choix et prédictions à ceux de nos journalistes.Un dossier à lire en pages 2 et 3 et 10 à 14.GALA DE L\u2019ADISQ 7 PAGES SPÉCIAL INTRÉPIDES Kurt Cobain MONTRÉAL SAMEDI 31 OCTOBRE 2009 1822386A 1822393 ARTS ET SPECTACLES T his Is It s\u2019adresse aux fans de Michael Jackson.Aux purs et durs.Si vous aimez un peu Thriller à l\u2019Halloween et tolérez Billie Jean dans les mariages, question de danser un «bon continental », vous allez trouver ce film-testament de 1h50 plutôt rasoir et assommant.Car This Is It, sobre courtepointe musicale, ne raboute que des extraits de répétition du mégaspectacle que le Roi de la pop, 50 ans, prévoyait donner 50 fois à l\u2019aréna O2 de Londres.Pas d\u2019entrevue avec le chanteur pailleté, pas d\u2019apparition- surprise de ses trois gamins, que des segments enregistrés dans un amphithéâtre vide de Los Angeles devant une poignée de danseurs qui vénèrent la star gantée comme s\u2019il s\u2019agissait de l\u2019incarnation d\u2019Allah.Pour un admirateur de Jackson, c\u2019est du bonbon que d\u2019avoir accès à ces images exclusives, dont certaines ont été tournées quelques heures avant sa mort, survenue le 25 juin dernier.Par contre, on ressort du cinéma englué d\u2019un sentiment doux amer, car This Is It nous montre un Michael Jackson qui tourbillonne avec grâce, fluidité et agilité sur scène.Et sa voix, étonnamment ronde, ne casse pas après 30 secondes de chant.Tout un contraste avec l\u2019image de squelette décharné, de star en déclin ou de mort-vivant émacié que les tabloïds placardaient à la une depuis des lunes.Le film de Kenny Ortega (High School Musical) confirme plutôt que le champion du «moonwa lk » n\u2019éta it pas complètement fini et que le chanteur aurait probablement obtenu le triomphe après lequel il courait depuis tant d\u2019années.La séquence bâtie autour de Thriller, rebrassée à la sauce Tim Burton, est époustouflante.Sur Human Nature, l\u2019artiste s\u2019époumone comme à la belle époque, tenant toutes ses notes \u2013 parfois très aiguës \u2013 jusqu\u2019à la fin.L\u2019icône de la musique urbaine brille aussi sur Beat It et Black or White.Bien sûr, Jackson ne pète pas le feu du début à la fin de This Is It.Mais comme aucune date n\u2019a été accolée à la centaine d\u2019extraits qui forment le film, il faut se fier à l\u2019apparence physique de la pop star \u2013 ainsi qu\u2019à ses vêtements, malheureusement tous horribles \u2013 pour juger de son état de santé.Dans son kit de skinny jeans orange porté avec des souliers en cuir vernis, Michael Jackson s e démène c omme une Madonna batifolant dans la fontaine de Jouvence.On en conclut donc qu\u2019il amorçait son marathon de répétitions, quelque part en avril 2009.Et bien honnêtement, il n\u2019a aucunement l\u2019air d\u2019un zombie accro au Propofol.Dans son panta lon Ed Hardy, que ses jambes allumettes ne remplissent qu\u2019à moitié, MJ n\u2019en mène pas large, ce qui nous le situe probablement en fin de parcours.Là, il ressemble à Skeletor moulé dans un veston cintré de Thierry Mugler.Étrangement, This Is It est un show de coulisses qui se déroule à 90% sur une scène.Les 10% restants, une des parties les plus fascinantes du documentaire, comprennent les interactions de Jackson avec les membres de son équipe, qui révèlent un artiste humble, méticuleux et perfectionniste.Quand il se plaint du volume trop fort dans ses oreillettes, jamais il n\u2019explose ou ne pique de crise de diva.Si vous avez le goût de fredonner les plus grands succès de Michael, de taper du pied et d\u2019admirer la star américaine sous son meilleur jour, vous ne regretterez pas votre ticket d\u2019entrée pour This Is It.Pour tout le reste, il y a MasterCard, non?Je lévite Avec la chanson Tik Tok de Ke$ha.C\u2019est de la pop sucrée, hyper accrocheuse, manufacturée par une jeune Américaine de 22 ans qui allie la personnalité de Pink, la voix d\u2019Avril Lavigne et la dégaine de Britney Spears.Je l\u2019évite La pièce Cache-cache de Maxime Landry.Premier extrait du nouvel album Vox Pop du champion de Star Académie 4, Cache-cache sonne comme n\u2019importe quelle autre ballade sirupeuse qui dégouline chez Rock-Détente et Rythme-FM.Zéro originalité.Ah, oui, c\u2019est Lynda Lemay qui l\u2019a composée.S Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca C\u2019est ça qui est ça HUGO DUMAS CHRONIQUE GALA DE L\u2019ADISQ LOUIS-JOSÉ HOUDE «This Is It» nous montre un Michael Jackson qui tourbillonne avec grâce, fluidité et agilité sur scène.Et sa voix, étonnamment ronde, ne casse pas après 30 secondes de chant.Tout un contraste avec l\u2019image de squelette décharné, de star en déclin ou de mort-vivant émacié que les tabloïds placardaient à la une depuis des lunes.NATHALIE PETROWSKI La semaine avant le gala de l\u2019ADISQ se déroule toujours plus ou moins de la même manière pour Louis-José Houde.C\u2019est une semaine d\u2019intense concentration qui commence par une escapade de quelques jours dans sa maisondes Cantons-de-l\u2019Est, histoire de faire le plein de silence et de se calmer les nerfs.Le retour en ville se fait le jeudi ou le vendredi.Mais au lieu de rentrer chez lui et de retrouver le confort rassurant et domestiqué de ses CD de Pearl Jam et de ses consoles Nintendo, ou même d\u2019aller chez sa blonde, la percussionniste de Belle et Bum Mélissa Lavergne, l\u2019humoriste s\u2019installe à l\u2019hôtel.«À l\u2019hôtel, je ne pense à rien et je ne suis distrait par rien », m\u2019explique-t-il devant un tartare et un verre de vin blanc au Café du Nouveau Monde.Nous sommes lundi soir à quelques heures de L\u2019Autre gala de l\u2019ADISQ, diffusé sur MusiquePlus , où Louis- José i ra cuei l l ir un prix Félix pour l\u2019album Humour de l\u2019année.Pour l\u2019occasion, il porte un de ses nombreux t-shirts à l\u2019effigie des Stones.Celuici date de 1975, année où Louis-José n\u2019était pas encore né mais où ses parents écoutaient Harmonium.Arrivé au monde en 1977 au moment où les disques vinyles s\u2019apprêtaient à devenir les vestiges d\u2019un monde englouti, Louis-José appartient à la première génération des CD.Quand il a été en âge d\u2019acheter son premier disque, le vinyle était mort, les cassettes tiraient à leur fin et les CD arrivaient en ville.Son premier CD québécois fut une compilation double de Gilles Valiquette.Aupremiergalade l\u2019ADISQ, en 1978, Louis-José Houde avait 1 an.Il en a maintenant 32 et plutôt que de succomber à la tentation du «sex, drugs and rock\u2019n roll » comme les Stones l\u2019ont fait, il me décline tout ce à quoi il renonce pendant les jours précédant le gala.La liste va de l\u2019alcool au café en passant par la bouffe lourde et calorique, le sucre, les épices et, bien entendu, le sexe.En prévision d\u2019un gala qui lui a pourtant déjà valu deux Gémeaux, Louis-José Houde vit comme un moine ou un boxeur avant un grand combat.À l\u2019inverse des gens L\u2019humoriste s\u2019est tellement préparé en prévision de ce qu\u2019 il déc r it comme « un gros high de création et de récréation» que lorsque le jour J arrive, il peut respirer par le nez, prendre son pied et savourer pleinement le moment.«Cette année, j\u2019ai dû faire 180 shows sur scène, mais cela n\u2019a rien à avoir avec un show comme le gala où t\u2019es en direct à la télé devant un million de téléspectateurs, où tu fais du matériel qui n\u2019a pas beaucoup été rodé, où tu dois rentrer et sortir de coulisses constamment et où n\u2019importe quoi peut arriver.C\u2019est un stress et un thrill très particulier, mais surtout c\u2019est quelque chose de très agréable.» Agréable?Le mot est pour le moins étrange, compte du tenu du fait que l\u2019animateur d\u2019une telle galère se retrouve la plupart du temps sans filet, nu et vulnérable devant des milliers de paires d\u2019yeux qui l\u2019observent, le scrutent et le jugent.Ne faut-il pas être un peu malade pour trouver cette expérience agréable ?« Ou i , c ompl è t emen t , concède Louis-José.Les humoristes sont tous un peu malades.Enfin, je vais parler pour moi.Et moi, dans la vie de tous les jours, je suis constamment inconfortable.Je vois tous les malaises dans toutes les situations.Je suis hyper conscient de tout.De sorte que je suis à l\u2019inverse des gens.La vie pour moi est très compl iquée, alors que de me retrouver sur scène devant 2000 ou 2 millions de personnes, il n\u2019y a rien de plus simple.» Cet te bel le s impl ic ité n\u2019empêche pas l\u2019animateur de faire une sorte de rêve récurrent , symbole de sa plus grande phobie.« Je rêve que je suis sur scène, que j\u2019ai un blanc monstrueux et que l\u2019écran du télésouffleur est complètement vide.Le pire, c\u2019est que l\u2019année dernière au Centre Bell pour le 30e anniversaire de l\u2019ADISQ, c\u2019est exactement ce qui arrivé.L\u2019espace d\u2019une minute ou deux, la technique a flanché et mon texte a disparu.C\u2019était pas plus grave que ça parce que je sais toujours mes textes par coeur, mais disons que j\u2019étais content de les avoir si bien appris.» Ni méchant ni insignifiant L\u2019écriture des textes commence à la mi-juillet.C\u2019est Louis-José qui les écrit luimême avant de les envoyer pour approbation, correction ou refus à François Avard.À la fin août, la moitié a été éliminée et remplacée par du nouveau matériel que l\u2019humoriste commence à tester sur son public de tournée dès septembre.Jusqu\u2019à la toute dernière minute, rien ne sera laissé au hasard par ce control freak et obsessifcompulsif qui affirme : «Le moment venu, je sais que ça ne sert à rien de prier ma grand-mère morte au ciel.Personne ne peut m\u2019aider.Mon sort repose entièrement entre mes mains.» DANS LA COUR DE Au mois de juillet dernier, alors que la plupart des Québécois étaient en vacances ou au cinéma, Louis-José Houde angoissait.Pas au sujet de son premier grand rôle au cinéma dans De père en flic ni de sa tournée triomphale de spectacles.Il angoissait en pensant au gala de l\u2019ADISQ qu\u2019il allait animer pour la quatrième année consécutive.Mais à 24 heures de la fête, l\u2019humoriste s\u2019est tellement bien préparé qu\u2019il est aussi cool qu\u2019un concombre, aussi détendu qu\u2019une tisane et prêt à toute éventualité.L\u2019humoriste est particulièrement fier d\u2019avoir trouvé pour le gala un ton qui lui est propre et qui n\u2019est ni méchant ni insignifiant.«Ce n\u2019est pas dans mon tempérament d\u2019être bitch.En même temps, j\u2019aime ça picosser un peu les gens, mais pas de façon cheap.» PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Louis-José Houde entouré de musiciens qui se produiront au gala de l\u2019ADISQ: Yann Perreau, Florence K.et Marc Hervieux llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 1 O C T O B RE 20 0 9 ARTS ET SPECTACLES Le ga la de l\u2019A DISQ, comme n\u2019importe quel autre gala ou party de bureau, n\u2019est pas parfait .Aucune manifestation de ce genre ne peut être parfaite, pas plus qu\u2019elle ne peut faire l\u2019unanimité.Tiraillé entre la célébrat ion d\u2019une indust r ie , la valor isat ion d\u2019un mil ieu et l\u2019obligation de plaire au public, ce gala est une créature hautement imparfaite qui ne récompense pas toujours les meilleurs, qui préfère le statu quo à l\u2019audace, et le consensus mou au choix radical.C\u2019est une créature lente à réagir, rigide, procédurière, qui regarde passer certains trains sans voir qu\u2019elle est en train de rater le bateau (pensez aux Trois Accords).Mais qu\u2019on l\u2019aime ou non, cette créature imparfaite a malgré tout réussi à traverser trois décennies et à survivre à deux référendums, plusieurs révolutions technologiques, des crises économiques et une commission Bouchard- Taylor, tout cela en célébrant la musique de chez nous.Pourtant, voilà qu\u2019à l\u2019aube de ses 31 ans, son avenir est subitement menacé par des gens qui n\u2019ont plus envie de jouer.L\u2019empire Quebecor, par l\u2019entremise de sa division musicale Musicor, a en effet décidé de se retirer de l\u2019association des producteurs qui financent le gala.La première salve a été tirée lorsque Pierre Marchand et Serge Sasseville, les lieutenants de Musicor, ont démissionné du C.A.de l\u2019ADISQ pour divergences d\u2019opinions.Au lieu de s\u2019inquiéter, la directrice générale Solange Drouin a haussé les épaules.Cette semaine, elle a confié à mon collègue Alain Brunet que le départ de Musicor n\u2019était pas si catastrophique que cela puisque ça ne représentait qu\u2019une perte annuelle de 2000 $.Autant dire que c\u2019est la réaction la plus stupide qu\u2019on puisse avoir en pareille circonstance.Car le problème, ce n\u2019est pas tant l\u2019argent que le volume d\u2019artistes que Musicor risque d\u2019entraîner dans sa fuite.Cela va de Marie Mai jusqu\u2019à Florence K en passant par Zachary R icha rd , Renée Ma r tel , Gilles Valiquette, Stéphanie Lapointe et j\u2019en passe.En tout, près d\u2019une trentaine d\u2019auteurs-compositeurs et d\u2019interprètes pourraient dispa ra ît re du rada r de l\u2019ADISQ et ainsi complètement fausser la compétition l \u2019année procha ine.Leur étiquette de disque n\u2019étant plus membre de l\u2019ADISQ, ces artistes n\u2019auront en effet plus le droit d\u2019être candidats aux mises en nomination.Ce règlement un brin absurde explique pourquoi l\u2019année de leur naissance triomphale, les Trois Accords n\u2019étaient en nomination dans aucune catégorie.Indica, leur étiquette de disque, avait oublié de demander (et de payer) sa carte de membre.La situation a été corrigée depuis.N\u2019empêche.L\u2019année où on ne pouvait allumer une radio sans entendre les Trois Accords, les dirigeants de l\u2019ADISQ auraient dû faire des pieds et des mains pour qu\u2019Indica les rejoigne.Ils ont préféré attendre qu\u2019Indica le fasse un an plus tard.Et aujourd\u2019hui , au lieu d\u2019essayer de trouver un terrain d\u2019entente avec Musicor qui menace en plus d\u2019organiser son propre gala , les dirigeants de l\u2019ADISQ la issent les choses al ler.Mauvais calcul.Cela ne veut pas di re que les revendications de Musicor sont légitimes.En se retirant du gala parce leurs poulains ne gagnent pas assez de Fél i x, les dirigeants de Musicor font preuve d\u2019un corporatisme infantile doublé d\u2019un populisme de bon aloi brandi pour mieux nous faire avaler des intentions qui sont marchandes avant d\u2019être musicales.En d\u2019autres mots, chez Musicor, on ne produit pas que des CD.On produit aussi de la mauvaise foi.Reprocher au gala de ne pas être à l\u2019écoute du public quand les quatre Félix les plus importants de la soirée \u2013 chanson, interprètes mas c u li n e t fémini n e t groupe de l\u2019année \u2013 sont choisis par le public est le plus bel exemple de cette mauvaise foi érigée en système.Heureusement, tout n\u2019est pas joué.Il reste aux belligérants à faire chacun leur bout de chemin pour sauver les meubles.Il leur reste surtout à comprendre qu\u2019aussi imparfait qu\u2019il soit, ce gala fait partie de notre histoire depuis trente ans.C\u2019est un gala.en or qui mérite d\u2019être sauvé.S Pour joindre notre chroniqueuse : npetrows@lapresse.ca Un gala en or NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Aujourd\u2019hui, au lieu d\u2019essayer de trouver un terrain d\u2019entente avec Musicor qui menace en plus d\u2019organiser son propre gala, les dirigeants de l\u2019ADISQ laissent les choses aller.Mauvais calcul.RÉCRÉ DU GALA Pour le gala de demain, l \u2019humoriste n\u2019i ra surtout pas là où on l\u2019attend.Pas de blagues su r Michael Jackson, Madonna , Lady Gaga et Cél ine Dion.En revanche, impossible de ne pas souligner le passage de Kiss à Montréal ni de revenir sur la saga de notre Éric Lapointe national.«Sur mes cartons, chaque gag a un nom.Je ne sais pas trop pourquoi, mais depuis quatre ans, il y a toujours un gag qui s\u2019appelle Éric », dit-il avec un air gentiment moqueur, avant d\u2019ajouter : «Mais ne vous attendez pas à ce que je fasse une 365e joke sur les problèmes de boisson d\u2019Éric.Ça serait trop facile.» L\u2019humoriste est particulièrement fier d\u2019avoir trouvé pour le gala un ton qui lui est propre et qui n\u2019est ni méchant ni insignifiant.«Ce n\u2019est pas dans mon tempérament d\u2019être bitch.En même temps, j \u2019aime ça picosser un peu les gens, mais pas de façon cheap.Je me souviens que, l\u2019année dernière, j\u2019ai fait une blague sur Daniel Boucher qui venait de se séparer.Je ne le connais pas tant que ça, Daniel, mais un peu quand même.C\u2019est pourquoi je me suis permis cette blague-là.Avec un autre, j\u2019aurais pas osé.» Crise économique et budget réduit obligent, le 31e gala de l\u2019ADISQ sera écourté de 50 minutes et amputé de son traditionnel hommage.Louis-José Houde n\u2019y est pour rien.Mais il n\u2019est pas contre non plus.«Ce n\u2019est pas la fin des hommages à l\u2019ADISQ.Il y en aura d\u2019autres, mais personnellement, je ne crois pas qu\u2019il faille rendre hommage à tout prix chaque année à quelqu\u2019un.Une fois aux trois ans serait une bonne moyenne.» L\u2019humoriste a fait sa part en réduisant la longueur de ses monologues et en supprimant certains numéros, comme son t radi t ionnel numéro sur les pochettes de CD.Pour le reste, même si ce 31e gala est une sorte de lendemain de veille au somptueux anniversaire au Centre Bell de l\u2019an passé, Louis-José n\u2019est pas inquiet.Il croit que tout le monde sera plus détendu.Y compris sa grand-mère morte au ciel qui pourra continuer de dormir en paix.Le gala de l\u2019ADISQ, est diffusé à Radio-Canada, demain à 19h30, en direct du Théâtre Saint-Denis.PHOTO PAR ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Au gala de l\u2019ADISQ, Louis-José Houde n\u2019ira surtout pas là où on l\u2019attend.Impossible, en revanche, de ne pas souligner le passage de Kiss à Montréal ni de revenir sur la saga de notre Éric Lapointe national.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE TRIO MUSIQUE MARIE-CHRISTINE BLAIS PÉPÉ GOES\u2026 QUÉBÉCOIS Quand il est au Québec, le truculent auteur-compositeur-interprète Pépé «goes français», pour reprendre le titre de son plus récent album, constitué de reprises de grands succès de la France.Mais quand Pépé va en France, par contre, «he goes québécois».En effet, le sympathique chanteur entreprend une tournée de 10 jours à la mi-novembre à Montpellier, Lyon, Paris (deux soirs) et Rennes, accompagné uniquement de sa guitare, de son ukulélé et des chansons de ses trois albums « locaux » : Pépé et sa guitare, Fakek\u2019 chose et 100% boeuf.20 000 POUR NADJA! À peu près tous ceux qui ont interviewé Mario Pelchat au cours des deux dernières années l\u2019ont entendu vanter les mérites d\u2019une jeune chanteuse à la voix estomaquante dont il refusait de dévoiler le nom.Cette chanteuse, c\u2019était Nadja, et son album éponyme, lancé sur étiquette MP3 (eh oui, l\u2019étiquette de Mario Pelchat), vient de passer le cap des 20 000 exemplaires vendus en un mois.Choriste avant ce début de carrière solo foudroyant, la jeune interprète de reprises incroyablement efficaces \u2013 It\u2019s My Party, Money, Hound Dog, etc.\u2013 sera en spectacle tous les lundis, à 21h, au Jello Bar (151, rue Ontario Est) jusqu\u2019à la fin décembre.COUP DE COEUR À BON PRIX On appelle ça des prix d\u2019ami de la chanson, ceux consentis par le 23e Coup de coeur francophone, à compter de jeudi prochain! Cinq dollars (plus frais de service\u2026) pour assister à l\u2019un ou l\u2019autre des cinq spectacles donnés par Antoine Gratton (un avec un quatuor à cordes, l\u2019autre avec des cuivres, ou un DJ, ou son band, ou seul au piano) du 9 au 13 novembre \u2013 à la porte du Club Soda le soir même des représentations, ce sera 10$! Et pour le spectacle solo au piano de Pierre Lapointe, à 23h59, au Lion d\u2019or?Vingt dollars (plus frais bla bla bla)! Rappelons qu\u2019il reste quelques dizaines de billets pour les représentations du 8 (c\u2019est une supplémentaire) et du 13 novembre, pas mal moins pour celle du 14.C\u2019est sur le réseau Admission qu\u2019on trouve les infos, les prix et les billets.PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE Philippe Proulx, alias Pépé.MARIE-CHRISTINE BLAIS Oh boy, Marjo est dans une forme du tonnerre, en ce matin d\u2019entrevues et de photos.Elle rit, prend des poses, part à gauche, revient en arrière, commence une phrase, tourne sur elle-même, prend ses cigarettes (« J\u2019ai recommencé\u2026 à essayer d\u2019arrêter »), repart en avant, met un chapeau, enlève le chapeau, commente la couleur de ses cheveux devenus roux (« J\u2019avais cette couleur-là quand j\u2019avais 24 ans, il y a\u2026 32 ans!»), parle à toute vitesse\u2026 Bref, pendant que les journalistes s\u2019empilent dans l\u2019entrée et que les photographes se succèdent, Marjo telle qu\u2019en elle-même vient se poser cinq minutes sur le divan.Pis, Marjo, ça va?«Yessss, madame, j\u2019étais tellement sûre de ne jamais pouvoir revenir sur scène, sur disque.Mais là, j\u2019ai un pied bionique, tout est correct !» Ce pied, c\u2019est le gauche, celui qu\u2019elle s\u2019est mal et multi fracturé en concert en 2007, au Saguenay.Il a d\u2019abord fa l lu qu\u2019el le reste quasi immobile pendant deux ans, avec le soutien d\u2019une amie infirmière (« Peux-tu écrire que c\u2019est Chantale Melanson et que je suis bénie de l\u2019avoir pour amie?»).Puis il a fallu une deux ième intervention chirurgicale (« J\u2019étais anesthésiée, mais j \u2019ai tout entendu , le mar teau , la \"drill\"\u2026») pour remettre le fameux pied d\u2019aplomb.«Là, comme un autre miracle, Nicolas Lemieux (agent des Respec tables devenu également celui de Marjo, à Sphere Musique) m\u2019est arrivé avec un projet de disques enregistrés avec 20 gars, reprend Marjo.Pis moi, ben, j\u2019aime ça, chanter avec des gars, tu le sais, faque 20 gars et même plus, si tu comptes les musiciens !!! Sur le premier disque (en magasin mardi), c\u2019est 10 tounes rock.Bon, on peut pas réinventer le rock, ça reste des arrangements ben carrés, directs, c\u2019est du rock, qu\u2019est-ce que tu veux que je te dise?Sur le deuxième (qui sortira le 9 février 2010), ce sera 10 ballades, et là, on a plus de place pour faire des arrangements différents.» Non, Marjo n\u2019avait pas remarqué que sur ce premier volume, la première moitié des chansons est interprétée avec des gars à la voix plus grave (Martin Deschamps, Éric Lapointe, Jonas, Jonathan Painchaud), et la seconde moitié, avec des gars à la voix plus haute (Yann Perreau, Sébastien Plante, Daniel Boucher, Antoine Gratton).Non, elle n\u2019avait pas non plus remarqué que le premier album regroupe des chanteurs qui ont moins de la quarantaine et le second, des chanteurs plus âgés (Bigras, Vigneault, Desjardins, Lavoie, Pelchat, Séguin, etc.; en passant, Doux, en duo avec Séguin, sera téléchargeable à compter de mardi sur www.spheremusique.com/marjo).En f a i t, tout ce la lu i importe peu, à Marjo.Ce qui compte, c\u2019est manifestement le plaisir de chanter et de pouvoir, le 26 mars 2010, remonter sur scène (au Centre Bell).Elle en tremble presque de bonheur.Elle se prépare d\u2019ailleurs à trembler dès mardi : le lancement se fait en public, au Métropolis (les portes ouvrent à 17h, entrée libre pour les 2300 premiers arrivés !), retransmis sur tout le réseau Rythme FM, avec au programme sept performances, sept chansons ! Plus son band, son nouveau band, sous la direction de Pascal Mailloux, son ami de toujours.Parlant de band\u2026 C\u2019est bel et bien Corbeau, LE Corbeau, qui l\u2019accompagne sur la chanson Demain, sur le volume 1 de Marjo et ses hommes ?«Ben oui ! J\u2019étais sûre qu\u2019ils ne voudraient pas\u2026 Mais Nicolas s\u2019en est occupé.» Son producteur, Nicolas Lemieux, a , en ef fet , empoigné le téléphone, retrouvé les quatre gars (y compris Donald Hince, qui n\u2019avait pas touché à sa guitare depuis 18 ans !) et obtenu, dans le temps de le dire, le OK de tout le monde, y compris Jean Millaire, l\u2019ex de Marjo.«C\u2019était spécial\u2026», dit avec un beau sourire la chanteuse bionique.OK, maintenant, la question qui tue, Marjo: vas-tu pouvoir remettre des talons hauts ?« Ou i , madame, mais sans exagérer.Disons pour quelques chansons.Pis ensuite, je remettrai mes Converse.Ça tombe bien, j\u2019ai toujours eu un petit côté \"tomboy\", je trouve que ça me va bien, des Converse, trouves- tu?» On trouve.MARJO ET SES HOMMES Celle qui va\u2026 avec des gars ! Eh oui ! encore un album de reprises, encore un album de duos.Mais bon, c\u2019est Marjo qui est à l\u2019honneur sur Marjo et ses hommes, volume 1, premier de deux albums où l\u2019inimitable «provocante» chante avec de belles voix de gars.Et ce premier album est évidemment rock.PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE Après une longue convalescence, désormais, tout ce qui compte pour Marjo, c\u2019est manifestement le plaisir de chanter et de pouvoir, le 26 mars 2010, remonter sur scène, au Centre Bell.Elle en tremble presque de bonheur.ROCK MARJO MARJO ET SES HOMMES, VOLUME 1 SPHERE MUSIQUE/SELECT En magasin mardi Sur le premier disque, c\u2019est 10 tounes rock.Bon, on peut pas réinventer le rock, ça reste des arrangements ben carrés, directs, c\u2019est du rock, qu\u2019est-ce que tu veux que je te dise ?Sur le deuxième, ce sera 10 ballades, et là, on a plus de place pour faire des arrangements différents.» Antoine Gratton PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 1 O C T O B RE 20 0 9 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE ALAIN BRUNET Droit au but.Suzanne Vega est du genre droit au but.Le ton sérieux de sa voix, la brièveté et la précision de ses réparties contrastent avec la douceur et la délicatesse de sa voix chantée, et l\u2019on ne compte pas les innombrables nuances que comporte sa poésie.Ça avait frappé le scribe en 1987, année de la sortie de l\u2019album Solitude Standing, époque où j\u2019avais réalisé une première interview avec la New-Yorkaise aujourd\u2019hui âgée de 50 ans.Eh oui\u2026 de toute évidence, on ne file pas à reculons.«Non, je n\u2019ai pas de nouvel album depuis Beauty&Crime, paru il y a deux ans.Non, je n\u2019ai pas beaucoup de nouvelles chansons à proposer.Mais j\u2019aime la scène et je saisis toutes les occasions d\u2019y remonter lorsque faire se peut.Oui, mon rôle de mère a forcément ralenti ma carrière au cours des 15 dernières années.Au cours de cette période, donc, j\u2019ai fait moins d\u2019albums, j\u2019ai tourné pendant les vacances scolaires de ma fille et des week-ends ça et là.Il me faut encore veiller au grain, attendre que Ruby aille au collège avant de reprendre un rythme comparable à ce que j\u2019ai vécu autrefois.Élever une jeune fille à Manhattan, vous savez, ce n\u2019est pas rien!» On la sent très proche et responsable de Ruby Froom, l\u2019ado qu\u2019elle a eue avec le musicien Mitchell Froom(SoulCoughing, etc.), qui a aussi réalisé plusieurs de ses chansons au cours des années 90 (albums 99,9 degrees F et Nine Objects of Desire) et de qui elle s\u2019est séparée à la fin de cette même décennie.On se souvient encore de cette période particulièrement audacieuse dans la facture sonore de Suzanne Vega, suivie d\u2019un retour à des formes chansonnières un tantinet plus sobres.«Sobres?Vous croyez?Je ne lésine pas sur les arrangements, en tout cas.Et je suis encore ouverte à l\u2019aventure musicale.» De 2006 à 2008, Suzanne Vega a été sous contrat chez Blue Note, son premier opus sur le célébrissime label de jazz qui n\u2019est plus tout à fait jazz comme on le sait \u2013 un peu comme la programmation Jazz à l\u2019année du FIJM qui la présente le week-end prochain! En quête d\u2019autres Norah Jones, Blue Note a rapidement mis fin à l\u2019entente contractuelle avec Suzanne Vega.Depuis lors, cette artiste brillante a rejoint le camp des indépendants où elle multiplie les collaborations; entre autres, elle a été mise à contribution dans le projet Dark Night Of The Soul, un livre-CD créé par le réalisateur et fameux mashupper Danger Mouse et le groupe Sparklehorse.Elle y signe la chanson The Man Who Played God \u2013 inspirée d\u2019une biographie de Pablo Picasso.«J\u2019ai vraiment aimé travailler avec Danger Mouse, qui a aussi retravaillé mon \"vieux\" matériel, en l\u2019occurrence la chanson Tom\u2019s Diner», racontet- elle sans fournir de détails.Tant qu\u2019à causer remixes et nouvelles technologies, on sait que Suzanne Vega fut consacrée «mère des MP3» parce que Karlheinz Brandenburg, son inventeur, a effectué ses tests d\u2019intelligibilité à partir d\u2019une version a cappella de Tom\u2019s Diner.« Je l\u2019ai rencontré deux fois.Il est très sympathique avec sa tête ébouriffée et ses airs de savant fou», racontet- elle avant d\u2019échapper un rire contagieux avec son interlocuteur qui corrobore \u2013 j\u2019ai aussi rencontré le «savant fou».Actuellement, l\u2019Américaine s\u2019affaire à enregistrer les versions acoustiques de 50 chansons de son répertoire, réparties en quatre catégories : Love Songs, People Place&Things, States of Being, Family.Qui plus est, elle nourrit des relations professionnelles avec la francophonie; elle prévoit traverser l\u2019Atlantique pour chanter en duo avec le doué Kent, dont elle a traduit quelques rimes en anglais.«Je comprends la langue, mon mari la parle couramment », indique-t-elle.Son travail d\u2019écrivain l\u2019occupe aussi passablement.En plus de bosser à l\u2019écriture d\u2019une pièce de théâtre, elle alimente sporadiquement un blogue hébergé par le New York Times: «Sous la bannière Measure From Measure, j\u2019écris sur le processus de création d\u2019une chanson, sur la créativité en soi, ou même sur la conduite automobile », résume la blogueuse avant d\u2019indiquer qu\u2019elle a pris une pause avec le quotidien new-yorkais.«J\u2019y reviendrai.» A in si , Suz a nne Vega s \u2019amène pour deux soirs d\u2019affilée en toute intimité : le bassiste Mike Visceglia et le guitariste Gerry Leonard l\u2019accompagneront à L\u2019Astral.Deux soirées sans prétention avec une pointure du songwriting new-yorkais.Très active malgré sa productivité relativement modérée côté chansons, Suzanne Vega semble avoir une vie plutôt rangée.Mariée à Paul Mills, un avocat aux velléités poétiques, elle vit à Manhattan depuis presque toujours.Peu probable qu\u2019elle migre ailleurs, se dit-on en raccrochant le combiné.Entre les deux oreilles, les migrations de Madame Vega ne lui suffisent-elles pas?Suzanne Vega se produit à l\u2019Astral, les samedi 7 et dimanche 8 novembre.SUZANNE VEGA À Montréal.juste pour le plaisir SPECTACLES C L A S S IQUE CHAPELLE HISTORIQUE DU BON.PASTEUR Quatuor Molinari.Dutilleux, Britten, Louie : ce soir à 14 h.\u2013 Julie Daoust, soprano.Au piano : Carl Philippe Gionet.Strauss, Schubert, Brahms, Poulenc, Marx, Beydts : ce soir à 20 h.OLD BRICK CHURCH .Brome-Ouest) Quatuor Cecilia.Dubois, Chostakovitch, Mendelssohn : ce soir à 20 h.Dubois, Wolf, Haydn, Wade : demain à 11 h.POLLACK HALL .Université McGill) McGill Chamber Singers, dir.Matthias Maute, Concerto Della Donna, dir.Iwan Edwards, Choeur VivaVoce, dir.Peter Schubert : demain à 16 h.Concerts CBC-McGill.DA N S E AgORA DE LA DANSE Nuit_Nacht_Notte : ce soir 20 h.TANgENTE The Most Together We\u2019ve : ce soir à 19h30, demain à 16 h.VA R I É T É S CABARET DU CASINO DE mONTRéAL Claude Dubois : ce soir à 20h30.Claudine Carle chante Dalida : demain à 13h30.CABARET jUSTE POUR RIRE Fran Healy&Andy Dunlop de Travis : ce soir à 21 h.Florence and The Machine : demain à 20 h.CLUB SODA Gwar : demain à 20 h, ExCENTRIS Hombre : ce soir à 20 h.L\u2019éTOILE DU QUARTIER DIx30 Marie-Chantal toupin : ce soir à 20h30.The Musical Box : demain à 20 h.OLymPIA DE mONTRéAL Abdelhadi Belkhayat : ce soir à 20h30.STUDIO.THéâTRE .Place des Arts) Laetitia Zonzambé : ce soir à 20 h.THéâTRE CORONA Piano Men : ce soir à 20h30.THéâTRE DE LA vILLE Mario Pelchat et Michel Legrand : ce soir à 20 h.«Si j\u2019ai du nouveau matériel à défendre ?Pas vraiment.Je viens à Montréal parce que j\u2019aime y chanter et que j\u2019aime aussi le public montréalais.J\u2019y ai déjà passé de très beaux moments.» PHOTO ALBERT SANCHEZ, COLLABORATION SPÉCIALE Suzanne Vega s\u2019amène à Montréal pour deux soirs d\u2019affilée en toute intimité : le bassiste Mike Visceglia et le guitariste Gerry Leonard l\u2019accompagneront à L\u2019Astral.Deux soirées sans prétention avec une grosse pointure du songwriting new-yorkais.Suzanne Vega nourrit des relations professionnelles avec la francophonie ; elle prévoit traverser l\u2019Atlantique pour chanter en duo avec le doué Kent.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 1986698A Une maison face au nord création montréalaise de Jean-Rock Gaudreault mise en scène de Monique Duceppe 5 CRÉATIONS 2009 - 2010 5 AUTEURS QUÉBÉCOIS Du 28 OCTOBRE au 5 DÉCEMBRE Théâtre Jean-Duceppe duceppe.com Pauline Martin Michel Dumont Marcelo Arroyo Geneviève Bilodeau Jean-Sébastien Lavoie Harry Standjofski décor Marcel Dauphinais costumes Daniel Fortin éclairages Luc Prairie conception vidéo Yves Labelle musique Christian Thomas accessoires Normand Blais 1988367A 1990592 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE SUR LES PLANCHES HOMBRE, ce soir à l\u2019eXcentris.THEMUSICAL BOX, demain à l\u2019Étoile.HOLLYWOOD UNDEAD/ATREYU, lundi au Métropolis.DUKE ROBILLARD, mercredi à l\u2019Astral.THE 69 EYES, mercredi aux Foufounes électriques.JUNIOR BOYS +WOODHANDS, mercredi au National.THE SWELL SEASON, mercredi à l\u2019Olympia.ELUVEITIE BELPHEGOR, jeudi au National.SAGAPOOL, jeudi au Club Soda.GALANT, TU PERDS TON TEMPS, jeudi à La Tulipe.THE TANUKI PROJECT, jeudi à l\u2019eXcentris.STEVE AMIRAULT, jeudi à l\u2019Astral.LES OGRES DE BARBACK, vendredi au Club Soda.CHLOÉ DOMINGUEZ ET ELINOR FREY, vendredi à l\u2019eXcentris.TÉREZ MONTCALM, vendredi à l\u2019Astral.TOMAS JENSEN (HOMBRE) ALAIN BRUNET On questionne les responsables du Coup de coeur francophone afin d\u2019identifier les meilleures prises outre- Atlantique.On reçoit quelques albums.On écoute.On choisit d\u2019abord Babx, David Babin de son vrai nom.La profondeur de l\u2019expression, l\u2019éclectisme des références musicales, la singularité de l\u2019univers sonore, la qualité de la plume, l\u2019audace, la liberté, l\u2019intemporalité.Le parcours de l\u2019a rtiste parisien est typique de son époque: né dans une famille multipolaire, pour ne pas dire éclatée, de parents très éduqués mais pas nécessairement très riches.Papa psychanalyste, dont les propres parents étaient musiciens ou engagés dans la musique, a eu trois enfants de trois femmes différentes.Maman, musicienne et ethnomusicologue, lui a fourni un environnement propice à la sensibilité artistique et à l\u2019éclectisme musical.«Pourmoi, dit Babx, lamusique est un animal à plusieurs têtes et un seul tronc.Captain Beefheart, Tom Waits\u2026 Le monsieur qui vivait avec ma mère écoutait beaucoup de ça, alors qu\u2019elle, elle préférait les musiques classiques, les chansons françaises ou les musiques du monde.Il n\u2019y a pas eu de clivage de genres.Il y a eu la musique, point.«Écouter Tom Waits peut mener à réaliser qu\u2019il y avait Louis Armstrong bien avant lui.Et qu\u2019on peut remonter encore plus loin dans le temps.Bien sûr, j\u2019ai grandi avec le hiphop, cela n\u2019empêche pas que les musiques impressionnistes aient vachement compté pour moi.En composant un morceau, je peux autant penser à Nick Cave qu\u2019à Ravel ou NTM.Le hip-hop, musique de collage qui fut la musique forte de ma génération, m\u2019a aussi appris qu\u2019il n\u2019y avait aucun problème à mélanger les genres.» De père en fils Vous aurez saisi que Babx n\u2019est ni classique comme peut l\u2019être un Vincent Delerm, ni générationnel comme peut l\u2019être un Julien Doré \u2013 qui se montre souvent avec Coeur de Pirate, et avec qui notre interviewé a déjà collaboré.«J\u2019essaie de faire une musique un peu organique, un mélange de chair, d\u2019âme et de coeur, ancrée avec tout ce qui pousse dans la terre.Une musique horizontale», résume-t-il.Côté mot s, on lui fa it observer que la pratique de son père psy pourrait avoir traversé la sienne.«Je m\u2019en rends compte de plus en plus, reconnaît-il.Il y a chez moi un grand intérêt pour la complexitéducerveau.Quand j\u2019étais petit, mon père m\u2019installait à côté de son cabinet.Je collais l\u2019oreille au mur sans pouvoir discerner clairement ce qui s\u2019y discutait.J\u2019avais néanmoins pris conscience que ses clients avaient des problèmes à régler, qu\u2019il y avait même des fous parmi ses patients.Moins je pouvais entendre et voir, plus je m\u2019imaginais des choses, ça devenait un fantasme.Ainsi, les remous de l\u2019âme m\u2019ont intéressé très tôt\u2026 le tout baigné de musique!» Lancé en avril dernier dans l\u2019Hexagone, l\u2019album Cristal Ballroom évoque ce voyage entre les hémisphères\u2026 de la caboche.Les textes de Babx exhalent une pensée complexe, un certain accomplissement de la tête au service des tripes.«Si je lis beaucoup?Vous n\u2019êtes pas le premier à me poser la question.Je lis beaucoup moins depuis que j\u2019écris, sauf durant les périodes de vacances.Quand j\u2019étais petit, il y avait une librairie près de chez moi, où je passais des journées entières.Et il y avait cette libraire qui me laissait bouquiner et qui créait des parfums et dont elle me faisait sentir les expérimentations.Je m\u2019en suis souvenu récemment et ça m\u2019a donné un indice : j\u2019ai dû confondre les sensations ! Pour moi, il n\u2019y a pas de mots sans parfums et pas de parfums sans mots.» Cristal Ballroom, soulève-t-il en outre, est né d\u2019images évoquant des faits réels.Le naufrage du Titanic, notamment.«Une puissante et gigantesque machine de la modernité se heurte à un iceberg et sombre, métaphore un peu comparable à ce qui nous arrive aujourd\u2019hui avec le réchauffement planétaire.Ainsi, la puissance de notre artillerie coule petit à petit », observe l\u2019artiste, qui se défend bien d\u2019être écolo.« Il faut aussi se rappeler que l\u2019orchestre du Titanic avait joué jusqu\u2019au bout dans la salle de bal\u2026 et que nous pouvons tous être le musicien d\u2019un orchestre dans un vaisseau qui coule.Ce qui ne nous interdit pas de jouer jusqu\u2019à la fin.» Babx se produira en duo (piano-contrebasse), le samedi 14 novembre au Cabaret du musée Juste pour rire.L\u2019album Cristal Ballroom sera offert en ligne le 10 novembre et en magasin début décembre.COUP DE COEUR FRANCOPHONE / Babx Ni classique ni générationnel Babx, 28 ans, deux albums à son actif, coup de coeur de l\u2019Académie Charles-Cros, mis en nomination aux Victoires de la musique pour la révélation de l\u2019année en 2006, s\u2019impose au sein de cette nouvelle génération d\u2019auteurs-compositeurs-interprètes français.PHOTO ARMEL HOSTIOU, COLLABORATION SPÉCIALE Babx n\u2019est ni classique comme peut l\u2019être un Vincent Delerm, ni générationnel comme peut l\u2019être un Julien Doré.«J\u2019essaie de faire une musique un peu organique, un mélange de chair, d\u2019âme et de coeur, ancrée avec tout ce qui pousse dans la terre.Une musique horizontale », résume-t-il.«Le hip-hop, musique de collage qui fut la musique forte de ma génération, m\u2019a appris qu\u2019il n\u2019y avait aucun problème à mélanger les genres.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 1 O C T O B RE 20 0 9 Série DeSjarDinS Les grands québécois Commanditaire en titre Présentée Par en Collaboration aveC MicheL rivard syMphonique Les grands succès deMichel Rivard, entremêlés de musique classique, sous le thème « De Rivière à LaMer » : La complainte du phoque enAlaska, Un trou dans les nuages et Je voudrais voir la mer.Chef d\u2019orchestre : Jean-François Rivest 7 et 8 décembre 2009/20 h SalleWilfrid-Pelletier de la Place des Arts Billets de 25$ à 69$* * Taxes et frais de service en sus 514 842-9951 osm.ca 2016682A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Martin Pelland, mine de rien, a brassé beaucoup d\u2019air sur la scène locale.D\u2019abord en tant que membre du groupe The Dears, notamment auprès des Valérie Jodoin Keaton et George Donoso III (qui joue aussi de la batterie avec Yann Perreau), nouveaux comparses de For Those About to Love.(FTATL).Puis avec ses propres projets, collaboratifs \u2013 il a réalisé le premier album de Malajube \u2013 et plus personnels.For Those About to Love.part de là.Envie de composer et d\u2019enregistrer un tas de nouvelles chansons, et surtout de changer d\u2019air après l\u2019aventure The Dears à laquelle il aura consacré huit années.«Ça ne se voulait pas un projet de scène, même pas un projet de groupe, pour tout dire.Au départ, c\u2019était juste un trip de studio.Je ne pensais pas qu\u2019on se rendrait jusqu\u2019à lancer un album, et envisager sa sortie ailleurs qu\u2019au Québec.» Le groupe négocie présentement le lancement de ces 11 chansons rock aux accents british prononcés aux États-Unis et en Europe.Le projet cuit à feu doux depuis déjà près de deux ans.Sa copine Valérie était dans le coup, et George \u2013 qui bossait en parallèle sur le projet Black Diamond Bay d\u2019un autre ex-Dears, Patrick Krief \u2013 n\u2019a pas hésité à se joindre à l\u2019expérience.L e gui t a r i s t e Jocely n Tellier (Dumas, Fred Fortin) et le bassiste François Plante (présentement au sein du groupe d\u2019Ariane Mof fatt) ont été recrutés en cours de route.« Pour Jocelyn, c\u2019est arrivé par hasard ; on jouait dans un petit bar de Sorel où il s\u2019était produit avec Hello Postier, et Valérie, enceinte, ne pouvait pas jouer avec nous.Quelques heures avant de monter sur scène, Jocelyn a accepté de se joindre à nous, pour le fun.Ç\u2019a tout de suite cliqué.» Tous les membres ont mis l\u2019épaule à la roue lorsqu\u2019est venu le temps d\u2019écrire ce qui deviendra le premier disque du collectif.De l\u2019aventure des Dears, il reste cette propension indéniablement britannique à faire un rock mélodieux, mélancolique et raffiné.Mais là où les Dears revendiquent l\u2019héritage de The Smiths, FTATL rappelle les premières chansons de Radiohead, offrant un rock franc, mordant sous les envolées lyriques, profond et fébrile.Un premier disque concluant pour Pelland et ses collègues qui, après avoir fait le tour du monde au sein des Dears, squattent aujourd\u2019hui les petites salles : «Une leçon d\u2019humilité, oui, mais aussi une bonne dose de sagesse et de réalisme», concède-t-il.Ses engagements comme guitariste avec Yann Perreau viennent-i ls ra lenti r les a rdeu rs de ce nouveau groupe?«C\u2019est une réalité de ce milieu, admet-il.C\u2019est bon d\u2019avoir plusieurs projets en même temps.À cet égard, je pense que des groupes comme Broken Social Scene ont pu nous servir de modèle.Tout le monde là-dedans a eu deux ou trois autres projets à gauche et à droite.Ils sont quand même toujours revenus au noyau.» «La prochaine année va être déterminante pour le groupe, ajoute Pelland.Ce qu\u2019il y a de bien avec tous nos différents engagements, c\u2019est que lorsqu\u2019on se retrouve pour faire du For Those About to Love., on est tous très excités.» FOR THOSE ABOUT TO LOVE.Case départ Avec trois ex-membres des Dears, plus deux instrumentistes bien en vue sur la scène musicale québécoise, on peut dire que le collectif montréalais For Those About to Love.mérite l\u2019appellation de «supergroupe ».Après des mois d\u2019attente, celui-ci lance enfin son premier album, éponyme, en format vinyle et numérique, sur l\u2019étiquette C4.Entrevue avec le bassiste, guitariste, chanteur et compositeur Martin Pelland.EN UNMOT Un collectif de musiciens aguerris repart sur de nouvelles bases indie rock mélancolique.PHOTO FOURNIE PAR C4 For Those About to Love.«ne se voulait pas un projet de scène, même pas un projet de groupe.Au départ, c\u2019était juste un trip de studio.Je ne pensais pas qu\u2019on se rendrait jusqu\u2019à lancer un album, et envisager sa sortie ailleurs qu\u2019au Québec », révèle Martin Pelland.ROCK FOR THOSE ABOUT TO LOVE.FOR THOSE ABOUT TO LOVE.C4 De l\u2019aventure des Dears, il reste cette propension indéniablement britannique à faire un rock mélodieux, mélancolique et raffiné.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 514 790.2525 / 1 877 668.8269 GEG.CA MARTINMATTE.COM RIEZENCORE.COM 25 et 26 FÉVRIER 2014998A . 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E 3 1 O C T O B R E 2 0 0 9 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll CLAUDE GINGRAS La musique russe, et notamment celle de Tchaïkovsky et de Chostakovitch: voilà, finalement, le domaine où excellent nos Musici.Rien de plus normal : Yuli Turovsky, le fondateur et chef de l\u2019orchestre de chambre montréalais, est lui-même russe, il a grandi avec cette musique, il sait en traduire toute la mélancolie.Le dernier disque des Musici, chez Analekta, est précisément consacré à Tchaïkovsky.En 64 minutes, il contient le sextuor à cordes Souvenir de Florence, op.70, et le premier Quatuor à cordes, en ré majeur, op.11.Les deux oeuvres sont jouées par les 15 cordistes des Musici dans ce qu\u2019on appelle ici « transcriptions de Yuli Turovsky».En fait, chaque partie instrumentale est simplement jouée par quelques instruments à l\u2019unisson, et non plus par un seul, comme dans l\u2019original.M.Turovsky a cependant ménagé quelques solos (violon, alto, violoncelle et contrebasse) au deuxième mouvement de Souvenir de Florence.Les Musici avaient gravé cette oeuvre une première fois en 1986, alors qu\u2019ils enregistraient pour la marque britannique Chandos.Leur nouvelle version se caractérise par des tempi un peu plus rapides et des accents plus marqués, avec le résultat qu\u2019elle est moins sentimentale que la précédente, bien qu\u2019elle le soit encore, comme le veut cette musique.J\u2019aime les deux approches, mais la nouvelle nous vaut un disque plus intéressant.Le disque Chandos était complété par des menuets et trios de Schubert sans grand intérêt, alors que le disque Analekta contient aussi le Quatuor op.11, dont le deuxième mouvement est le célèbre Andante cantabile souvent joué isolément.Dans la présente adaptation à 15 instruments, l\u2019oeuvre prend une nouvelle dimension, celle d\u2019une symphonie pour orchestre à cordes que n\u2019aurait certainement pas désavouée le compositeur.Les Musici sont parfois bien inégaux en concert.Le présent disque les trouve dans leur meilleure forme : ils sont expressifs, ils sont virtuoses et\u2026 ils jouent juste ! DISQUES CLASSIQUES De Tchaïkovsky à Turovsky HHHH TCHAÏKOVSKY: I MUSICI DE MONTRÉAL DIR.YULI TUROVSKY ANALEKTA, AN 29 954 JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE LÉZARDS ET SPECTACLES ARTS ET SPECTACLES Monstrueux.Sulfureux.Grotesques.Tout est bon pour décrire le groupe de métal américain GWAR, qui mène depuis 25 ans une cabale contre l\u2019ordre établi et la morale bien-pensante, aumépris de la classe et du bon goût.Entretien avecOderus Urungus, membre fondateur de cette bande de bourreaux post-nucléaires qui vit l\u2019Halloween à longueur d\u2019année.GWAR PHOTO FOURNIE PAR ADRENALINE LA PRESSE\u2013 On vous demande de décrire GWAR.Vous répondez quoi ?ODERUS\u2013 Nous sommes un groupe de renégats démoniaques interstellaires, bannis de leur planète, qui a échoué sur Terre il y a des millions d\u2019années.On s\u2019est cachés dans l\u2019Antarctique mais il y a 25 ans, à cause du réchauffement global, notre planque a fondu.L\u2019industrie de la musique nous a découverts et nous sommes devenus un groupe de heavy metal.Q\u2013 Est-ce que vous faites de la musique, du théâtre ou du happening?R\u2013 Un beau mélange, mon ami.Nous sommes réputés pour notre côté visuel et nos performances sur scène.Mais notre image ne pourrait pas exister sans notre musique.Les deux sont indissociables.Q\u2013Que répondez-vous à ceux qui disent que GWAR est plus créatif visuellement que musicalement?R\u2013Qu\u2019ils aillent se faire foutre.On n\u2019aurait pas duré 25 ans si notre musique n\u2019était pas à la hauteur.Q\u2013 Bon.Reste que vos costumes sont, comment dire, troublants\u2026 De quoi sont-ils faits ?R\u2013 De latex, de cuir, de métal et d\u2019équipements de sport.Au début de notre carrière, ils étaient en papier mâché.Mais il fallait les réparer après chaque spectacle.Avec le temps, on a appris à fabriquer des trucs plus solides.C\u2019est devenu quasiment indestructible.Qui les fait?Nous-mêmes, avec l\u2019aide de notre département artistique, qui compte quatre personnes.Q\u2013 Beaucoup de sang gicle pendant vos spectacles.Avec quoi aspergez-vous le public ?R\u2013De l\u2019eau colorée.Cent gallons par soir.Rien de trop salissant.Q\u2013 Vous avez aussi la réputation de décapiter des personnalités publiques et politiques.On pense à Bush, Reagan, Dick Cheney et même l\u2019homme d\u2019affaires Bernard Madoff.Comment choisissez-vous vos victimes?R\u2013 La plupart des gens détestent les politiciens.C\u2019est divertissant de voir nos dirigeants être humiliés sur scène.Évidemment, ça reste du spectacle.On ne dit pas qu\u2019il faut aller tuer les politiciens.Mais on veut exprimer notre cynisme face au processus politique.Q\u2013 Est-ce qu\u2019Obama trouve grâce à vos yeux?R\u2013On le décapite aussi! C\u2019est le meilleur président que nous ayons eu depuis longtemps.Mais c\u2019est quand même le président des États-Unis.Q\u2013 Vous coupez des têtes, vous êtes sexuellement explicites et vous portez des costumes monstrueux.Qu\u2019est-ce que votre maman pense de GWAR?R\u2013 Elle est très fière de nous.On a réussi à transformer une mauvaise blague en carrière à long terme.Nous sommes heureux de faire ce qu\u2019on fait.Elle ne pourrait pas être plus fière.Sauf qu\u2019elle ne m\u2019a jamais vue sur scène.Je pense que ce serait trop pour elle\u2026 Q\u2013Quel cadeau vous souhaiter pour votre 25e anniversaire ?R\u2013Que tous les humains de cette putain de planète s\u2019agenouillent à nos pieds et nous baisent les fesses.Notre conquête du Monde commence par là\u2026 GWAR, demain soir, au Club Soda, 1225, boul.Saint-Laurent (514 286-1010) SÉPARÉES À LA NAISSANCE La pochette du dernier albumdeGWAR, Lust in Space, rappelle beaucoup celle du classique Love Gun, du groupeKiss.Un hommage?«Absolument, répond Oderus.Kiss a été une grande inspiration pourGWAR.Nous avons simplement poussé leur « shock rock » un peu plus loin.» une présentation de serge grimaux 514 316-8316 877 668-8599 expobodies.ca Maintenant ouvert ! Voyage au coeur du corps huMain 2016211A DANS UNE TOUTE NOUVELLE MISE EN SCÈNE AVEC BRANDON BENNETT DU 22 JUIN AU 4 SEPTEMBRE AU CABARET DU CAPITOLE DU 4 AOÛT AU 12 SEPTEMBRE AU THÉÂTRE CAPITOLE 1 800 261-9903 LECAPITOLE.COM \u2022 ADMISSION.COM ELVISSTORY.COM LE NOM ET L\u2019IMAGE D\u2019ELVIS PRESLEY UTILISÉS DANS CE SPECTACLE SONT SOUS LICENCE ELVIS PRESLEY ENTERPRISES INC.THEMANINBLACK.CA Deux légendes plus vivantes que jamais au Capitole de Québec à l\u2019été 2010 BILLETS EN VENTE LUNDI 9H 2014419A ARTS ET SPECTACLES GALA DE L\u2019ADISQ PAUL DUPONT-HÉBERT > TANDEM.MU AGENT D\u2019ARTISTES, PRODUCTEUR DE DISQUES ET DE SPECTACLES, ÉDITEUR DEMUSIQUE ARTISTES: Pascale Picard Band, The Lost Fingers, Gilles Vigneault, Kevin Parent, Stefie Shock, Catherine Durand et des albums de duos (Dubois, Ferland, Passe-Partout) NOMINATIONS À L\u2019ADISQ: 9 Après avoir tout fait dans ce métier (agent d\u2019Harmonium, directeur général du Festival de Lanaudière, directeur des variétés à Radio-Canada), Paul Dupont-Hébert a quitté la boîte de télé Zone 3, où il avait produit des disques et des spectacles, pour fonder le label Tandem.mu, au début de 2008.Fort de ses succès (près d\u2019un million de disques vendus en 18 mois), il veut développer l\u2019humour et la télé axée sur ses artistes.QPourquoi vous être lancé dans le disque ?R J\u2019ai toujours suivi mon instinct, fonctionné au coup de foudre, je ne suis pas rationnel.On peut décider de lancer un artiste parce qu\u2019on l\u2019aime sans penser en vendre 25 000 ou 30 000 copies.Quand on a recruté The Lost Fingers, on ne pensait pas vendre des centaines de milliers de disques dans le monde.La morosité, chez nous, ça n\u2019existe pas.Pour réussir, ça prend la passion et de bons artistes.QQuel est votre truc?R Un ami me disait hier que c\u2019est l\u2019attention que j\u2019accorde aux artistes, aux journalistes, aux musiciens, aux techniciens, aux équipes de plateau: un contact sincère, sympathique, qui se transmet à toute l\u2019équipe.Mais ça part du produit.On était certains que Kevin Parent aurait un disque d\u2019or après avoir écouté la moitié d\u2019une chanson.QVotre stratégie ?R On peut faire des albums concept pour faire rouler la boîte (Passe-partout, Duos Ferland) mais on fait aussi des albums avec des artistes originaux, connus ou inconnus.Est-ce que l\u2019artiste fait de la scène?Est-ce qu\u2019il a ses pages web?Est-ce qu\u2019il a un manager?Si oui, il entre chez nous, et on va faire le travail radio.QSi les jeunes n\u2019achètent plus de disques, vous faites quoi ?R Le public de Pascale Picard est très jeune et il achète l\u2019album.Peut-être qu\u2019on va en vendre 150 000 au lieu de 250 000, mais il achète le disque parce qu\u2019il est bon et qu\u2019il aime l\u2019artiste.Tôt ou tard, la tendance mondiale va rattraper le village gaulois.Le bon spectacle vivant va rester et le disque sera un outil de promotion pour t\u2019amener au spectacle vivant.La musique ne mourra jamais.LA CRISE DE L\u2019INDUSTRIE DU DISQUE CINQ INTRÉPIDES AU COEUR DE LA TEMPÊTE ÉLI BISSONNETTE > DARE TOCARE / GROSSE BOÎTE AGENT D\u2019ARTISTES, PRODUCTEUR DE DISQUES ET DE SPECTACLES, ÉDITEUR DEMUSIQUE ARTISTES: Tricot Machine, Coeur de pirate, Jean Leloup, Malajube, La Patère rose, We Are Wolves.NOMINATIONS À L\u2019ADISQ: 22.Éli Bissonnette a fondé la compagnie de disques Dare To Care pour lancer l\u2019album d\u2019un groupe ska-punk dont il faisait partie.Porté par le succès de Malajube, il a fondé en 2007 le label francophone Grosse Boîte en lançant d\u2019abord le vinyle de Mexico de Jean Leloup.Le succès de ses découvertes Tricot Machine et Coeur de Pirate a confirmé son flair.QPourquoi vous être lancé dans le disque?R Parce qu\u2019il y avait un sentiment d\u2019urgence, mais pour le fun aussi.Au fil du temps, ce hobby est devenu de plus en plus prenant, ce travail, de plus en plus sérieux.Mes ventes de disques ont doublé en 2009 et j\u2019emploie 12 personnes, mais ça reste une entreprise à échelle humaine.Comme je n\u2019ai jamais connu l\u2019âge d\u2019or du disque, les résultats qu\u2019on a sont satisfaisants pour nous.QQuel est votre truc?R Comme on n\u2019est pas une grosse machine qui bouge lentement, on hésite moins à prendre des risques.Coeur de pirate a vendu 150 000 albums en Europe, mais je ne suis pas sûr qu\u2019on lui aurait fait signer un contrat là-bas au moment où moi je l\u2019ai fait.Universal Canada n\u2019aurait jamais embauché Coeur de pirate, elle serait restée dans sa chambre avec son piano et aurait peut-être fait autre chose.QVotre stratégie?R On y va vraiment au coup de coeur, on fait ce qui semble être la bonne chose et d\u2019habitude, ça marche.Aujourd\u2019hui, t\u2019es obligé de te casser le coco, mais il y a beaucoup plus de choses intéressantes qui sortent comme ces petits vidéos en ligne qui piquent la curiosité.On est dans une période de tests.QSi les jeunes n\u2019achètent plus de disques, vous faites quoi ?R On vendra moins de disques.On ne peut pas faire de la musique pour les vieux parce que les disques ne se vendent pas.On fait de la bonne musique et le jour où les gens ne voudront plus en acheter, je ne vais pas me débattre à ce point-là.On fera autre chose.ALAIN DE REPENTIGNY Paul Dupont-Hébert PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Éli Bissonnette PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE Partout sur la planète, les ventes de disques sont en chute libre.Le Québec, éternel village gaulois, n\u2019échappe pas à cette tendance lourde, mais il s\u2019en sort beaucoup mieux que la moyenne.Pourquoi ?Nous avons posé la question aux patrons de cinq maisons de disques qui ont vu le jour en plein coeur de cette crise.Fous, ces entrepreneurs ?llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 1 O C T O B RE 20 0 9 ARTS ET SPECTACLES GALA DE L\u2019ADISQ JEAN-CHRISTIAN AUBRY > BONSOUND RECORDS AGENT D\u2019ARTISTES, PRODUCTEUR DE DISQUES ET DE SPECTACLES, ÉDITEUR DEMUSIQUE ARTISTES: Yann Perreau, Marie-Pierre Arthur, Radio Radio, Eleni Mandell, Herman Dune.NOMINATIONS À L\u2019ADISQ : 12 Bonsound Records est le petit cousin des micro-labels Proxenett et Blow the Fuse regroupés dans l\u2019agence Bonsound dirigée par Jean-Christian Aubry, Gourmet Délice et Yanick Masse.Malajube, Philippe B., Le Nombre, les Breastfeeders, Champion et Geneviève et Mathieu sont liés d\u2019une façon ou d\u2019une autre à Bonsound qui compte une dizaine d\u2019employés.QPourquoi vous être lancé dans le disque?R On a ouvert cette boîte-là surtout pour être agents d\u2019artistes, offrir des services à des artistes ou à des micro-labels: agence, spectacles, label, relations de presse.Audiogram ne faisait pas signer de contrat à des bands comme nous (Gwenwed, les Breastfeeders, Le Nombre), la boîte la plus à gauche où on aurait peut-être pu aller, c\u2019est La Tribu.Ç\u2019a vraiment bougé vite depuis parce que des maisons comme nous et Dare To Care ont exercé une bonne pression.QQuel est votre truc ?R Quand on est arrivés, la seule manière de survivre, c\u2019était de faire le plus de choses possible et de diversifier nos sources de revenus.Comme le web, il faut fonctionner en toile d\u2019araignée et être au centre de beaucoup de relations qui vont t\u2019apporter plein de choses.Nous sommes les agents de Malajube et Champion, mais le premier est sur le label Dare To Care et le deuxième est en spectacle chez Spectra qui a les moyens d\u2019un show de cette ampleur.QVotre stratégie ?R Ça passe par le spectacle, par la reconnaissance internationale.Quand le New York Times ou Pitchfork dit que l\u2019album de Malajube est super bon, c\u2019est au Québec qu\u2019on sent l\u2019effet sur les ventes.Il y a plein de nouvelles sources de revenus: Tout le monde en parle achète des chansons toutes les semaines et les fait jouer, j\u2019ai vendu ce matin une toune de Malajube à une émission de cuisine américaine.QSi les jeunes n\u2019achètent plus de disques, vous faites quoi ?R Les produits alternatifs ne se vendent pas tellement moins.Il n\u2019y a plus de Backstreet Boys qui vendent 40 millions d\u2019albums; ce sont eux qui font baisser les statistiques.Ce n\u2019est pas vrai que les jeunes n\u2019achètent plus de musique.Ils n\u2019achètent plus d\u2019album, plus de CD, mais ils achètent des t-shirts, des billets de spectacles, des mp3.Celui qui télécharge illégalement de la musique vient généralement au spectacle par la suite.SÉBASTIENNASRA > VEGAMUSIQUE AGENTD\u2019ARTISTES, PRODUCTEUR DE DISQUES, DE SPECTACLES ET DE L\u2019ÉVÉNEMENTMPOUR MONTRÉAL, ÉDITEUR DE MUSIQUE ARTISTES: Sylvain Cossette, Elisapie Isaac, Beast, Andrée Watters, El Motor, Elsiane NOMINATIONS À L\u2019ADISQ : 8 Avec sa boîte Avalanche Productions, fondée en 1994, Sébastien Nasra touchait déjà un peu à tout, mais quand il produisait un album de sa protégée Jorane, il le donnait ensuite en licence à une compagnie de disques.L\u2019an dernier, il a accepté de diriger Vega Musique après le décès de Michel Gendron qui avait créé ce label avec le réalisateur Bob Ezrin et le major Universal Canada.QPourquoi vous être lancé dans le disque ?R C\u2019était un complément à ce que je faisais déjà.Après 14 mois, j\u2019apprends un peu à la dure le métier de maison de disques, la commercialisation, la relation avec le distributeur.Les marges de profits sont tellement petites dans chacun des champs (édition, spectacle, merchandising, disque ou fichier numérique) que c\u2019est seulement la somme de ces marges qui peut justifier un investissement.QQuel est votre truc ?R J\u2019aime produire des disques \u2013 je préfère les produire que les vendre \u2013, mais je veux qu\u2019ils soient vendables.Pas mal tous les projets d\u2019Avalanche Productions que j\u2019ai amenés ont un bon potentiel local, ce sont des gens un peu connus ici, mais mon but, c\u2019est que ça soit exportable.QVotre stratégie ?R Le CD est appelé à disparaître, mais comme le numérique n\u2019est pas vraiment payant.Si tu veux vendre des CD, il faut que tu aies dans ta panoplie des artistes qui s\u2019adressent à un public assez adulte.Sylvain Cossette chante des tounes des années 70, et c\u2019est cette génération qui achète encore des CD.Grâce à Sylvain, on peut prendre des risques avec des choses moins évidentes, mais qui font leurs frais comme Beast et Elisapie Isaac.QSi les jeunes n\u2019achètent plus de disques, vous faites quoi ?R Si les jeunes n\u2019achètent plus de disques, le travail de la maison de disques va en être un de marketing, mais il va falloir que les retombées proviennent des spectacles, des éditions et des autres sources de revenus.Au lieu d\u2019une maison de disques, on parlera d\u2019une compagnie de musique.ALAINSIMARD, BRIGITTE MATTE, FRANÇOIS BISSOONDOYAL > SPECTRA MUSIQUE AGENTS D\u2019ARTISTES, PRODUCTEURS DE DISQUES ET DE SPECTACLES ET DE TÉLÉ, ORGANISATEURS DE FESTIVALS, ÉDITEURS DE MUSIQUE ARTISTES: Michel Rivard, Vincent Vallières, Susie Arioli, Michel Fugain, Les Denis Drolet, Patrik et les Brutes et des albums concept.Pilier du show-business québécois depuis les années 70, l\u2019Équipe Spectra (360 employés!) organise le Festival de jazz, les FrancoFolies et Montréal en lumière et s\u2019occupe d\u2019artistes consacrés comme Michel Rivard, Paul Piché et Jim Corcoran.Après avoir participé à la fondation d\u2019Audiogram avec qui Spectra a développé une alliance stratégique, Alain Simard a décidé de lancer son propre label, SpectraMusique, l\u2019an dernier.QPourquoi vous être lancé dans le disque ?R (Alain Simard) On a parti Spectra Musique pour avoir le contrôle sur la mise en marché et le contrôle artistique sur ce qu\u2019on sort.La production du disque de Michel Rivard avec l\u2019Orchestre Symphonique de Montréal a coûté 175 000$; si on ne l\u2019avait pas fait, personne ne l\u2019aurait fait.QQuel est votre truc ?R (Alain Simard) Depuis la fin des années 70, on opère des salles de spectacles, l\u2019agence et on produit des disques en plus d\u2019organiser des festivals.Quand tu fais le disque et le spectacle et que tu contrôles la salle, tu es capable de planifier une opération sans perdre d\u2019énergie à négocier avec une compagnie de disques pour la convaincre d\u2019appuyer la tournée.QVotre stratégie ?R (Alain Simard) L\u2019industrie dudisque traditionnelle, avec lesmajors qui ont des usines de pressage, on n\u2019est plus là.Mais pour des labels intermédiaires comme nous qui avons des moyens de marketing, qui avons le 360 (synergie de toutes les secteurs d\u2019activité du métier), des artistes à long terme, une philosophie, et qui sortons des produits de qualité, le public n\u2019a pas diminué.C\u2019est plus dur de vendre des disques, mais l\u2019artiste n\u2019est pas moins populaire.QSi les jeunes n\u2019achètent plus de disques, vous faites quoi ?R (François Bissoondoyal) On peut associer le web au piratage, mais c\u2019est surtout une énorme vitrine qu\u2019on peut utiliser pour faire circuler un nom, une image, une chanson, pour créer un buzz autour d\u2019un artiste.Et ça peut ne pas coûter grand-chose.R (Brigitte Matte) On n\u2019est pas pessimistes, on est réalistes.Je travaille souvent en France où le climat est lourd.Ici, on a le vent dans les voiles ; je ne sens pas le pessimisme, au contraire.Jean-Christian Aubry PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE Sébastien Nasra François Bissoondoyal, Alain Simard et Brigitte Matte llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 11 ARTS ET SPECTACLES GALA DE L\u2019ADISQ ARTS ET SPECTACLES GALA DE L\u2019ADISQ VENTES DE MUSIQUE AU QUÉBEC NUMÉRIQUE DISQUES Source : ADISQ, statistiques récentes CHANSONS À L\u2019UNITÉ SINGLES ALBUMS ALBUMS GALA DE L\u2019ADISQ 2009 Venez discuter en direct avec Alain Brunet et des centaines d\u2019internautes pendant le gala de l\u2019ADISQ, demain soir à 19h30, sur cyberpresse.ca/brunet.L\u2019ÂGED\u2019ORDE L\u2019ALBUM L\u2019album est véritablement né dans les années 60 avec les Beatles.Avant eux, c\u2019était le règne de l\u2019album poche, comme le dit si bien Éli Bissonnette : trois 45-tours et du remplissage.Avec Sgt.Pepper\u2019s Lonely Hearts Club Band, les Beatles ont fait faire un autre pas en avant à l\u2019album : pochette qui s\u2019ouvre, design artistique, textes de chansons inclus.Par la suite, toutes les fantaisies graphiques ont été permises, y compris la fermeture éclair conçue par Andy Warhol pour le Sticky Fingers des Stones.Puis sont venus les albums concepts des années 70 (Pink Floyd, Yes) et leurs pochettes ambitieuses, stimulés par l\u2019avènement de la radio FM rock.Le CD et le vidéoclip, instrument de marketing de la chanson individuelle, annonçaient déjà le déclin de l\u2019album dans les années 80.\u2014 Alain de Repentigny APPLE À LARESCOUSSE Apple a réagi aux déboires de l\u2019album en lançant cet automne le iTunes LP, qui offre à l\u2019acheteur d\u2019un album numérique des textes, des photos, la liste des chansons et des collaborateurs de l\u2019oeuvre, des interviews exclusives, des clips et parfois même des chansons inédites.Les quatre majors du disque (Universal, Sony, Warner et EMI), planchent également sur un nouveau concept d\u2019album numérique commun après avoir approché Apple qui a préféré faire cavalier seul.La plupart de ces valeurs ajoutées existaient déjà, et on trouve quantité de clips sur YouTube, constatent les dirigeants de compagnies de disques québécoises que nous avons rencontrés.Même scepticisme chez les étudiants que nous avons interrogés.«C\u2019est le fun, une pochette de CD, pour connaître la personnalité de l\u2019artiste, pour les photos, les paroles des chansons, dit Frédérique.Mais si tu l\u2019achètes sur internet, ça reste sur l\u2019écran et je ne veux pas passer ma vie assise devant mon ordi.» \u2014 Alain de Repentigny UNE EXPÉRIENCE ENLIGNE Jean-Christian Aubry, patron de Bonsound Records, s\u2019apprête à tenter une expérience : lancer le premier album de son nouvel artiste folk Courtney Wing uniquement sur le site web de celui-ci, sans distribution physique.«On pourrait produire 3000 ou 4000 CD, servir tous les magasins, essayer de convaincre Sélect de le distribuer partout au Canada, prendre de la pub dans tous les postes d\u2019écoute.Ça coûte beaucoup d\u2019argent et de temps.Et tu n\u2019as aucune idée de ce que ça va donner pour un nouvel artiste avec son premier disque.Ou bien on met son disque en vente sur son site web, on a le courriel de l\u2019acheteur, son code postal, et on peut le joindre pour lui offrir un spectacle, une promotion.Si t\u2019as ça, tu peux vivre avec 1000 fans et ça ne coûte rien, c\u2019est sur l\u2019internet.» \u2014 Alain de Repentigny LE CASDUMAS Dumas, lui, croit en l\u2019album.Depuis moins d\u2019un an, il en a lancé quatre, créés dans son studio-laboratoire et tirés à 10 000 exemplaires chacun: Nord, Rouge, Demain et Au bout du monde.«On s\u2019est adaptés à une nouvelle réalité, explique son agent, Claude Larivée, qui est aussi président de l\u2019ADISQ.Pas question de faire de la promo parce qu\u2019il en avait fait déjà beaucoup, mais il fallait que la production de chacun des albums corresponde à leur potentiel économique.Pendant cette année-là, au lieu de prendre une pause et de partir en vacances, Dumas a voulu se faire plaisir et faire plaisir aux gens qui aiment sa musique.Pour nous autres, l\u2019album n\u2019est pas mort et notre stratégie est encore plus dynamique : il existe un public, faut lui offrir de la musique de qualité.Les deux premiers CD, il n\u2019en reste presque plus et les deux autres, à la fin de l\u2019opération, parce qu\u2019il reste encore un truc à venir, tout va être écoulé.» Un nouveau modèle?«J\u2019ai l\u2019impression que oui, pas nécessairement dans le sens de copier le modèle, mais dans le sens de redynamiser notre industrie par des initiatives qui vont exciter les amateurs de musique», estime Larivée.Plutôt que de faire un saut de puce au Métropolis cette fois, Dumas va entreprendre une résidence au National à la fin décembre, suivie d\u2019une grosse tournée, promet son agent.Avec un nouvel album sous le bras?«Ça, je ne peux pas le dire.», conclut-il en riant.\u2014 Alain de Repentigny ALAIN DE REPENTIGNY Si l\u2019album agonise, on a oublié de le dire à Frédérique, Stéphanie et Frédéric, trois élèves du cégep du Vieux Montréal que je rencontre au café L\u2019Exode avant un spectacle du slammeur Ivy.«Ça me fait plaisir d\u2019acheter des albums de groupes underground montréalais et québécois après les voir empruntés ou écoutés sur MySpace.Avec un album, tu peux voir l\u2019évolution d\u2019un artiste», dit Stéphanie.«J\u2019encourage des groupes moins connus, mais ça me ferait moins mal au plan éthique de pirater un disque d\u2019Éric Lapointe qui gagne bien sa vie», précise Frédéric.Comme ses deux amies, Frédéric n\u2019achète pas de chansons à la pièce, mais pirate à l\u2019occasion des chansons individuelles américaines.Tous trois consomment moins de disques numériques que physiques parce que, disent-ils, la pochette du CD est en prise directe avec l\u2019univers de l\u2019artiste, mais ils savent trop bien que la plupart des jeunes téléchargent gratuitement leur musique.Comme cette autre Stéphanie, assise un peu à l\u2019écart, qui tripe sur le «métal viking» et achète rarement sa musique.Elle pirate surtout des chansons à l\u2019unité, même celles de son groupe québécois préféré, Kataklysm.Au Québec, la situation de l\u2019album est préoccupante, mais pas aussi catastrophique qu\u2019ailleurs, explique Solange Drouin, directrice générale de l\u2019ADISQ : «Ici, les ventes numériques sont marginales, 7,4 % du total des ventes; dans le monde, la moyenne est de 20%, et aux États-Unis de 32%.En un an, elles ont doublé, mais on reste un petit marché.» Cette progression des ventes en ligne ne compense évidemment pas pour les ventes d\u2019albums physiques qui ont chuté de 27% depuis cinq ans.«Avant, on se pinçait, on était relativement à l\u2019abri comparativement à la France qui a perdu 63% de son marché», fait remarquer Solange Drouin.«Ce sont les revenus des ventes d\u2019albums qui ont chuté à cause de la copie, croit Alain Simard, de Spectra Musique.Mais je suis persuadé qu\u2019il y a autant sinon plus de gens qui ont des albums chez eux.L\u2019album est essentiel dans la relation intime qu\u2019a le public avec un artiste.» La mort de l\u2019album poche Autre particularité québécoise, l\u2019écart entre les ventes numériques de chansons à la pièce et d\u2019albums complets est en faveur de l\u2019album et il va en augmentant.Le plus curieux, c\u2019est que ceux qui cherchent aujourd\u2019hui à stimuler les ventes d\u2019albums numériques, les majors et Apple, sont les mêmes qui ont poussé sur la vente de chansons numériques à la pièce.«Je ne pense pas que ce soit la mort de l\u2019album, mais c\u2019est la mort de l\u2019album poche.Tu ne peux plus te permettre de faire un album avec trois singles et de la scrap, comme ça s\u2019est malheureusement trop fait par le passé.C\u2019est ça qui a tué l\u2019industrie du disque», affirme Éli Bissonnette, jeune patron de Dare To Care/Grosse Boîte (Coeur de pirate, Tricot Machine, Leloup, Malajube).«Je sais qu\u2019en Asie, on sort une toune à la fois, ajoute Bissonnette.En Corée, ils n\u2019ont plus d\u2019albums, ils ont des minicartes de téléchargement de trois ou quatre chansons et l\u2019artiste peut en sortir deux par année.Mais ce n\u2019est pas super sain, ça ne correspond pas à une période de création, à une tournée.» Louis-Jean Cormier, de Karkwa, voit dans le phénomène du retour du vinyle, si marginal soit-il, un signe que l\u2019album est là pour rester : «Tous mes amis, tout mon entourage n\u2019écoutent que du vinyle.Comme on est souvent en tournée, j\u2019écoute beaucoup plus de mp3 dans le camion, mais quand même, ce feeling- là d\u2019être tranquille chez vous et d\u2019écouter un vinyle vaut de l\u2019or.» Catherine Leduc, de Tr icot Machine, abonde: «Le vinyle, c\u2019est comme une oeuvre d\u2019art.Je l\u2019écoute souvent à la maison, c\u2019est un bel objet que je laisse traîner dans le salon.On s\u2019est rendu compte qu\u2019on avait perdu en qualité avec le format CD.Pour que l\u2019album vive, il faut créer un emballage intéressant que l\u2019acheteur voudra avoir à portée de la main.À la limite, cet emballage pourrait être un t-shirt avec toutes les infos dessus.Un album, c\u2019est comme un livre d\u2019histoire, une oeuvre qu\u2019on doit écouter d\u2019un bout à l\u2019autre.Peut-être qu\u2019aujourd\u2019hui on s\u2019écarte de ça\u2026» Le retour du balancier La technologie a permis à l\u2019amateur de musique de prendre ses distances par rapport à l\u2019album tel que conçu par l\u2019artiste, mais l\u2019historien de la musique Robert Thérien rappelle qu\u2019on se faisait déjà des playlists sur cassettes dans les années 70 et il prévoit un retour du balancier : «L\u2019album est une collection de chansons décidée par l\u2019artiste, une oeuvre.Une nouvelle clientèle préfère acheter sa musique à la carte, mais d\u2019autres voudront toujours avoir l\u2019oeuvre telle que l\u2019artiste la présente.» Boom Desjardins n\u2019écarte pas la vente à la pièce de ses chansons, mais la marque d\u2019un artiste, d\u2019un auteur-compositeur surtout, c\u2019est l\u2019album.«Je trouve très désolant que les gens passent à côté de chansons qui leur plairaient encore plus que celles qu\u2019ils peuvent entendre à la radio, dit-il.Est-ce qu\u2019on s\u2019en va vers des productions où on mettra moins d\u2019argent et on sortira trois singles à la place d\u2019un album parce que les gens consomment plus à la pièce?Ça implique beaucoup plus de temps et d\u2019énergie et j\u2019ai peur que la qualité soit diluée.» Autre facteur qui explique l\u2019exception québécoise, notre marché du disque est subventionné sur la base de l\u2019album, fait remarquer Jean-Christian Aubry, de Bonsound (Yann Per reau, Ma rie-P ier re Arthur) : « Musicaction a déjà eu un programme titre par titre que pas grand-monde n\u2019utilisait.» Louis-Jean Cormier concède que les artistes qui font plus dans la variété, comme ceux de Star Académie, pourraient exploiter le marché du single.«Mais l\u2019amour d\u2019un album, le concept d\u2019un disque complet, moi j\u2019y tiens, dit-il.En ce moment, on travaille avec des jeunes artistes qui débutent et le EP (mini-album) peut être une bonne idée, c\u2019est une espèce de carte de visite.Mais un EP, ça ne dure pas, tu ne peux pas faire un classique comme Dark Side of the Moon à quatre tounes\u2026 Les chansons à la pièce, c\u2019est plus éphémère.Avec Steph, le batteur de Karkwa, on se demandait si on ne devrait pas mettre des petits teasers ou une couple de nouvelles chansons sur l\u2019internet.Ce sont des questions qu\u2019on se pose, mais toujours dans le but d\u2019attirer le monde vers un album complet.» «Je ne pense pas que ce soit la mort de l\u2019album, mais c\u2019est la mort de l\u2019album poche.Tu ne peux plus te permettre de faire un album avec trois singles et de la scrap, comme ça s\u2019est malheureusement trop fait par le passé.C\u2019est ça qui a tué l\u2019industrie du disque.» \u2014 Éli Bissonnette LES MEILLEURS ALBUMS DE LA DÉCENNIE L\u2019équipe des Arts et Spectacles vous propose son palmarès des meilleurs albums de la dernière décennie.Depuis le déclin du disque, quels albums se devaient de voir le jour en tant qu\u2019albums?À lire sur cyberpresse.ca/albums.En France et en Angleterre, des journalistes sérieux annoncent la mort de l\u2019album, victime du piratage et de l\u2019achat de chansons à la pièce sur l\u2019internet.Alarmés, Apple et les géants du disque tentent de relancer l\u2019album numérique.Pendant ce temps au Québec, où les ventes de musique numérique sont marginales, l\u2019ADISQ récompense d\u2019abord les créateurs en fonction de l\u2019album et non de la chanson, à l\u2019exception de la chanson de l\u2019année.Plus encore, les artistes et dirigeants de compagnies de disques à qui nous avons parlé ne sauraient concevoir un monde sans album.Pour l\u2019oeuvre cohérente et pour le bel objet.L\u2019ALBUM N\u2019EST PAS MORT AU QUÉBEC, PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE 2005 2006 2007 2008 0 1 000 000 2 000 000 3 000 000 4 000 000 5 000 000 2005 2006 2007 2008 0 100 000 200 000 300 000 400 000 500 000 2005 2006 2007 2008 0 10 000 20 000 30 000 40 000 2005 2006 2007 2008 9 000 000 10 000 000 11 000 000 12 000 000 +537% 13 000 000 +480% -70% -27% llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 1 O C T O B RE 20 0 9 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 13 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE BILLET Alors comme ça, ils «suspendent » le Félix-hommage.Radio-Canada trouvait le Gala trop long, il fallait couper 50 minutes.Le problème, c\u2019est qu\u2019on perd le seul prix qui allait au-delà de l\u2019immédiat et des ventes de disques.Rendre hommage, c\u2019est reconnaître que Rome ne s\u2019est pas construite en un jour.Et que les vedettes d\u2019aujourd\u2019hui ne seraient probablement pas là si celles d\u2019hier n\u2019avaient pas ouvert le chemin.Suspendre le prix hommage, c\u2019est suspendre une nécessaire perspective historique.Celle qui nous fait comprendre d\u2019où l\u2019on vient, à défaut de savoir où l\u2019on va.Décevant?Bien sûr.Mais à chaque chose malheur est bon.Cette pause permettra peut-être aussi à l\u2019ADISQ de revoir la formule.Car le Félix-hommage n\u2019était pas sans défauts, le plus gros étant de récompenser certains artistes prématurément, au détriment d\u2019authentiques vétérans de notre showbiz.Rendre hommage à Michel Rivard, Patrick Norman ou à Céline Dion, on n\u2019a rien contre.Mais tous ces gens \u2013pour méritants qu\u2019ils soient \u2013 sont encore bien jeunes pour un tel honneur.Pendant ce temps, les véritables pionniers attendent toujours d\u2019être reconnus.Qu\u2019on pense à Alys Robi, Michel Louvain, Monique Leyrac, Michèle Richard, entre autres.Sans eux, notre industrie du disque \u2013 celle-là même que prétend défendre l\u2019ADISQ \u2013 ne serait pas la même aujourd\u2019hui.Souhaitons que l\u2019idée fasse son chemin avant que tous ces gens aillent faire des disques avec Saint-Pierre.Avec un peu de chance, le Félix-hommage nous reviendra même peutêtre sous un nouveau nom.On a déjà une suggestion: Je me souviens.Points de suspension\u2026 NOMINATIONS AU GALA DE L\u2019ADISQ: NOS CHOIX ET NOS PRÉDICTIONS Marie-Christine AlainBrunet Paul Journet Philippe Renaud Alainde Alexandre Blais Repentigny Vigneault INTERPRÈTE FÉMININE CHOIX Ginette Reno Ariane Moffatt Ariane Moffatt Ariane Moffatt Coeur de pirate Ariane Moffatt PRÉDICTION Ginette Reno Ginette Reno Ariane Moffatt Ariane Moffatt Ginette Reno Ginette Reno INTERPRÈTE MASCULIN CHOIX Jean Leloup Yann Perreau Jean Leloup Yann Perreau Pierre Lapointe Jean Leloup PRÉDICTION Pierre Lapointe Pierre Lapointe Pierre Lapointe Pierre Lapointe Pierre Lapointe Pierre Lapointe GROUPE CHOIX Karkwa Karkwa Karkwa Karkwa Karkwa Karkwa PRÉDICTION Cowboys fringants Karkwa Mes aïeux Karkwa Mes aïeux Karkwa AUTEUR COMPOSITEUR CHOIX Jean Leloup Jean Leloup Jean Leloup Gaston Miron Louise Forestier Gaston Miron Gilles Bélanger Gilles Bélanger PRÉDICTION Gaston Miron Gaston Miron Gaston Miron Gaston Miron, Gaston Miron Gaston Miron Gilles Bélanger Gilles Bélanger Gilles Bélanger Gilles Bélanger Gilles Bélanger Gilles Bélanger ALBUM FOLK CONTEMPORAIN CHOIX Coeurs migratoires Douze hommes Douze hommes Douze hommes Douze hommes Douze hommes rapaillés, rapaillés rapaillés, rapaillés, rapaillés, Catherine Durand Artistes variés Artistes variés Artistes variés Artistes variés Artistes variés PRÉDICTION Douze hommes Douze hommes Douze hommes Douze hommes La ligne orange, Douze hommes rapaillés, rapaillés, rapaillés, rapaillés, rapaillés, Artistes variés Artistes variés Artistes variés Artistes variés Mes aïeux Artistes variés ALBUM POP CHOIX Des pas dans la neige, Coeur de pirate, Coeur de pirate, Coeur de pirate, Coeur de pirate, Coeur de pirate, Letarte Coeur de pirate Coeur de pirate Coeur de pirate Coeur de pirate Coeur de pirate PRÉDICTION Fais-moi Coeur de pirate, Fais-moi Coeur de pirate, Fais-moi Fais-moi la tendresse, la tendresse, la tendresse, la tendresse, Ginette Reno Coeur de pirate Ginette Reno Coeur de pirate Ginette Reno Ginette Reno ALBUM POP-ROCK CHOIX Le soleil est sorti, Tu m\u2019intimides, Un serpent sous Tu m\u2019intimides, Tu m\u2019intimides, Tu m\u2019intimides, les fleurs, Daniel Boucher Mara Tremblay Yann Perreau Mara Tremblay Mara Tremblay Mara Tremblay PRÉDICTION Sentiments Sentiments Sentiments Un serpent sous Sentiments Sentiments humains, humains, humains, les fleurs, humains, humains, Pierre Lapointe Pierre Lapointe Pierre Lapointe Yann Perreau Pierre Lapointe Pierre Lapointe CHANSON DE L\u2019ANNÉE CHOIX La tête haute, Pourquoi, Beau comme Pourquoi, Réverbère, Réverbère, Cowboys fringants Marie-Pierre on s\u2019aime, Marie-Pierre Ariane Moffatt Ariane Moffatt Artur Yann Perreau Artur PRÉDICTION Fais-moi Fais-moi Fais-moi Réverbère, Le déni Fais-moi la tendresse, la tendresse, la tendresse, de l\u2019évidence, la tendresse, Ginette Reno Ginette Reno Ginette Reno Ariane Moffatt Mes aïeux Ginette Reno llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 1 O C T O B RE 20 0 9 C\u2019est à vous de choisir laCHANSONde l\u2019année! PLUS RIEN À FAIRE Alfa Rococo POURQUOI Marie-Pierre Arthur LE MÉPRIS Caracol 1500 MILES Éric Lapointe LA PLUS BELLE FILLE DE LA PRISON Jean Leloup LA TÊTE HAUTE Les Cowboys Fringants LE DÉNI DE L\u2019ÉVIDENCE Mes Aïeux RÉVERBÈRE Ariane Moffatt BEAU COMME ON S\u2019AIME Yann Perreau FAIS-MOI LA TENDRESSE Ginette Reno CHANSON POPULAIRE DE L\u2019ANNÉE demain dès 19h30 Jusqu\u2019au 1ernovembre, 17h30Votez et courez la chance de gagner un grand prix offert par Rogers à gagner: L\u2019EXPÉRIENCE DU VRAI FAN DE MUSIQUE ROGERS D\u2019UNE VALEUR DE 5000$ 3 façons de voter frais de 50¢ par appel PAR TÉLÉPHONE /adisq 1 900 930-ADISQ (2347) Textez « VOTE » au 4888 (sans frais) pour les abonnés Rogers et Fido SMS Vote présenté par ANIMATEUR | LOUIS-JOSÉ HOUDE 1939909A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE S\u2019il a déjà chanté « I went to the market, mon p\u2019tit panier sous mon bras », Gilles Vigneault n\u2019avait pourtant jamais chanté en anglais\u2026 ni été adapté en anglais.Non, le texte de l\u2019exécrable From New York to L.A., toune disco sur sa musique de Mon pays en 1976, n\u2019était pas de lui ! Depuis peu pourtant, les enfants anglophones peuvent fredonner ses jolies chansons, dont celles du magnifique disque Un dimanche à Kyoto, lancé en anglais la semaine passée sous le titre\u2026 Sunday in Kyoto.MARIE-CHRISTINE BLAIS Et franchement, croyezen une journaliste qui fut traduc t r ice dans une autre de ses vies, le résultat est vraiment réussi.I nterprétées par Pat r ick Watson, Coral Egan, Thomas Hellman, Jessica Vigneault et Ndidi O (véritable découverte que cette chanteuse canadienne d\u2019origine nigériane dont la voix rappelle Billie Holiday !), les mots de Vigneault sont passés avec grâce et allégresse dans la langue de Cohen.Ce sont les soeurs Michelle et Suzanne Campagne \u2013 eh oui, de la fameuse famille Campagne \u2013 qui les ont adaptées, ai nsi qu\u2019e l les l\u2019avaient déjà fait pour celles de l\u2019album Un trésor dans mon jardin (A Treasure in My Garden) en 2007.« Il y a des gens qui font des sudokus pour s\u2019amuser; moi, j\u2019aime prendre des poèmes et les traduire, dit de sa jolie voix rieuse Michelle Campagne.C\u2019est comme des casse-tête, des puzzles pour moi.Et traduire du Vigneault, qu\u2019est-ce que tu peux demander de mieux?En plus, si j\u2019avais des questions, j\u2019avais le gars qu\u2019il fallait pour y répondre ! » Car Jessica Vigneault, fille de Gilles, co-compositrice de six des musiques de l\u2019album, était là pour réviser, s\u2019assurer que l\u2019esprit du texte était respecté et transmettre les fameuses questions à papa Gilles: «Je représentais mon père, il sait que je passe une partie de ma vie en anglais \u2013 je vis avec un anglophone qui apprend lentement le français (rires) \u2013, je chante du jazz en anglais, j \u2019écris en anglais, explique Jessica Vigneault.Michelle et Suzanne ont fait un travail formidable, je l\u2019ai simplement révisé.Il y a une seule chanson dont la traduction anglaise est de moi , explique Jessica Vigneault , c \u2019est The Great Big Kite (Le grand cerf-volant), parce que la première version de Michelle nous amenait tout à fait ailleurs que l\u2019originale.Franchement, l\u2019adaptation exige toujours des compromis et ça m\u2019emmerde habituellement.Mais là, j\u2019ai vraiment pas grand-chose à redire ! » La réviseure a également interprété en anglais les chansons qu\u2019elle faisait sur la version française, mais avec un timbre de voix un peu différent: «C\u2019est vrai, j\u2019ai la voix plus basse\u2026 parce que j\u2019ai grandi depuis la sortie de l\u2019album français, il y a cinq ans ! » Les musiques, les arrangements, les tempos sont, eux, identiques à ceux de la version originale.Ce sont les mots, la langue elle-même \u2013 et donc l\u2019accent tonique, le phrasé \u2013 qui ont changé et qui transforment un peu les chansons.Toujours sur étiquette de la Montagne secrète, le disque anglais compte trois morceaux de moi ns qu \u2019un dimanche à Kyoto: la mythique Danse à Saint-Dilon n\u2019a pas été adaptée.Parce que Saint-Dilon n\u2019existe que dans nos têtes et notre culture \u2013 un peu comme la fameuse ferme de Old MacDonald ! \u2013, comment l\u2019adapter à la langue et la culture anglo-saxonnes sans la travestir complètement ?Or, toute l\u2019expérience a profondément respecté le poète de Natashquan : les chanteurs sont justes et inspirés, la réalisation est impeccable (« J\u2019ai tel lement aimé travai l ler avec Paul Campagne qu\u2019il va coréaliser mon album», dit Jessica Vigneault), les textes aussi jolis que les originaux\u2026 Bref, Michelle Campagne peut maintenant se lancer dans un nouveau défi: adapter en anglais les chansons de Lionel Daunais qui figurent sur le disque pour enfants Le petit chien de laine.«Mais cette fois, la difficulté, c\u2019est de traduire des mots qui ne sont pas dans le dictionnaire ! » SUNDAY IN KYOTO Vigneault dans la langue de Cohen GILLES VIGNEAULT SUNDAY IN KYOTO THE SECRET MOUNTAIN llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 15 DIMANCHE 19H30 DE L\u2019ADISQ GALA 1920195A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE STEREO MUSIQUES DU MONDE CeU VAGAROSA ššš1/2 URBAN JUNGLE ROCK BLACK FEELINGS BLACK FEELINGS ššš ALIEN8 ROCK ISLANDS VAPOURS ššš1/2 ANTI Ile aux tresors On ne pourra pas accuser le groupe montrealais Islands dfimmobilisme.Passant dfun premier album marque par lfinfluence du Graceland de Paul Simon, a un deuxieme en forme dfhommage a Jeff Lynn / Electric Light Orchestra, le groupe de Nick Thorburn repart aujourdfhui a neuf (ou presque) avec son collegue Jaime Thompson, de retour au sein de la formation.Vapours arrive comme une bouffee dfair frais en comparaison au tortueux precedent disque, Armfs Way.Avec ses jolies melodies, ses harmonies vocales et ses reluisants oripaux synthetiques (il y a meme The Drums qui vire au reggae dub), Thorburn et Thompson se laissent aller dans une simplicite volontaire pop rock, sans pretention, mais tout de meme un peu gonfle sur certains titres.Evidemment, jouer de lfautotune (sur Heartbeat) prete flanc a la critique, mais on reproche surtout au chanteur son cote á sha-ga-la â, tres Pierre Lalonde, beurre sur pas mal toutes les chansons, et sur Vapours et EOL en particulier.Pas tres authentique tout ca.Dommage, Vapours aurait pu etre un excellent disque.Philippe Renaud, collaboration speciale CHANSON A ECOUTER Switched On .CHANSON POP ETIENNE DAHO DAHO PLEYEL PARIS šššš EMI Lfeternel jeune homme Tout le monde nfaime pas Daho.Mais tout le monde devra admettre que ce double CD en spectacle est un magnifique objet, rempli de chansons fortes, reprises dans des orchestrations interessantes (quatuor pop-rock atmospherique plus trio de cordes) et surtout interpretees par un Etienne Daho en possession de ses moyens plus que jamais.Je nfai pas souvenir de lfavoir jamais entendu aussi solide vocalement sur scene, tant dans les plus anciens hits (Le grand sommeil) que les plus recents (la magnifique Boulevard des Capucines), les morceaux de bravoure (lamise en musique du tres beau poeme de Jean Genet Sur mon cou) qufaccompagne de la guitariste Edith Fambuena ou de la voix de Marianne Faithfull (qui lit un peu deLa Venus a la fourrure de Sacher- Masoch!).Lfeternel jeune homme de 53 ans jouit de chaque moment, et cfest etonnant comme lfalbum est agreable a ecouter, MEME si cfest une captation de spectacle, applaudissements compris (franchement pas ma formule dfalbum prefereec).En prime, quelques duos enregistres en studio avec Katerine, Camille, Jane Birkin et le groupe Coming Soon.Mais sincerement, ces duos ne sont pas indispensables en regard de la qualite des 28 chansons live de Daho, a la salle Pleyel, en decembre dernier.Marie-Christine Blais CHANSON A ECOUTER Des attractions desastre .POP-JAZZ-LOUNGE PINK MARTINI SPLENDOR IN THE GRASS ššš Signe Thomas Lauderdale Ce quatrieme album du collectif de Portland est indiscutablement celui du pianiste, compositeur et chef dforchestre Thomas Lauderdale.On reconnait lfempreinte de ce Liberace des temps modernes de la premiere a la quatorzieme chanson, ses excentricites et son flirt avec le kitsch dans lequel il ne sombre jamais tout a fait.Lauderdale injecte du Tchaikovski et du Schubert dans ses propres compositions, il invite ses amis et idoles a chanter, du Luis de Sesame Street a un ami journaliste en passant par Chavela Vargas, une chanteuse nonagenaire mexicaine qui est une icone gaie.Reprendre Tuca Tuca de Raffaella Carra en y jouant du sitar du film La Party de Blake Edwards, cfest aussi du Thomas Lauderdale tout crache, tout comme lfobligatoire chanson en francais, Ou est ma tete?, folichonne a souhait.Curieusement, cet album est moins dynamique que les precedents, mais le ton dfensemble convient parfaitement a la reprise de la tres prenante New Amsterdam, de Moondog.Comme leur concert avec orchestre au Festival de jazz lfete dernier, Splendor in the Grass ne fera pas danser le public de Pink Martini dans les allees.Mais on lfecoutera avec plaisir lors dfun repas entre amis.Alain de Repentigny CHANSON A ECOUTER Splendor in the Grass .MUSIQUES DU MONDE ALEX CUBA EPONYME ššš CARACOL RECORDS Pop canado-latine, jolie et propre Depuis bientot 11 ans, ce doue Cubain est aussi canadien.Ca se ressent.Ce qufAlex Cuba concocte en Colombie-Britannique depuis son immigration ne peut etre associe directement aux musiques populaires cubaines telles qufon les cree dans lfile.Rien a voir avec quelque salsero de service.Sauf la langue espagnole (qui laisse un peu de place a lfanglais cette fois), ce troisieme album en est un de qualite.Difficile de circonscrire le style dfAlex Cuba, melange de genres : aux rythmes cubains qufil conserve dans sa facture, il greffe rock, surf rock, funk, soul, reggae, etc.Majoritairement puisees dans les annees 60 et 70, ces references dont Alex Cuba fait bellement usage menent a croirec qufil devrait peut-etre passer a une autre phase de sa transformation.De son point de vue, il transgresse les regles de la musique cubaine, il accomplit ce que tres peu dfartistes latins accomplissent dans la Caraibe.Vrai.Du mien?Il reussit une vraie synthese de ses nouvelles influences nord-americaines, mais il aurait vachement interet a actualiser ses influences sfil veut sfimposer sur le territoire de la pop de creation.Avec un troisieme disque tres propre de facture, il sfinscrit plutot dans lemonde de la nouvelle á pop adulte â.Alain Brunet CHANSON A ECOUTER Directo .NEW WAVE FRANCO FIDELPLASMA 9.99 ššš1/2 ABUZIVE / DEP Pour le plaisir Ca faisait longtemps que je nfavais pas ri avec autant de plaisir en ecoutant un album! Rire parce que cfest intelligent, cfest parodique, bien fait, cynique, dansant, new wave ou reggae, et jfen passe.Cfest Fidelplasma, collectif regroupant notamment DJ Champion (alias Maxime Morin), le comedien et auteur Simon Fortin, la chanteuse Beatrice Bonnifassi, les Paparazzi et tout plein dfautres musiciens, illustrateurs, graphistes, wiz kid dfinformatique, illustrateursc Tout ce beau monde a dfabord lance la chanson rigolote (et bien ecrite) Olivier, puis cree un jeu video assez hilarant (allez sur leur site fidelplasma.com), utilise pour se faire connaitre les Twitter, Facebook, etc.Mais pour ma part, lfessentiel, ce sont les chansons elles-memes, qui evoquent la qualite et lfhumour dfun Katerine, la folie furieuse dfune Brigitte Fontaine, lfautoderision chaleureuse du regrette Boum Ding Band, le jeu de mots qui tue (áNotre Pere qui etes aux deuxc â, áCfest mon PC, mon PC mignonâ), la provocation dfun Lucien Francoeurc Ajoutez a cela que lfalbum sfintitule 9.99, soit le prix dfun album sur iTunes, et on ne mfen voudra pas dfetre vieux jeu si je vous dis que ce CD, vous savez, ce truc qui devrait etre obsolete un jour, vaut le coup.Marie-Christine Blais CHANSON A ECOUTER Jfaime ta franchise mon amour .Retrouvez les grilles tele dfaujourdfhui et de demain dans le Voila! insere dans La Presse dfaujourdfhui.VOILA! VOTRE SOIREE DE TELEVISION Votre guide tele complet sur CYBERPRESSE.CA/TELE sur cyberpresse.ca HORAIRES Consultez tous les jours tous vos horaires cinema et critiques de teleromans sur www.cyberpresse.ca/tele Votre guide tele PHOTO FOURNIE PAR ARTV CINEMA Kandahar, drame social de Mohsen Makhmalbaf, avec Nelofer Pazira et Hassan Tantai, samedi 13h, ARTV PHOTO CLAUS ANDERSEN, GETTY IMAGES SPORTS Le Canadien de Montreal recoit les Maple Leafs de Toronto, samedi 19h, RDS PHOTO FOURNIE PAR TELE-QUEBEC ARTS Entrevue avec Eric Gagne, ancien lanceur des Dodgers, Les francs-tireurs avec Patrick Lagace et Richard Martineau, mercredi 20h, TQC PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA GALA Louis-Jose Houde anime le 31e gala de lfADISQ, dimanche 19h30, SRC SEMAINE DU 31 OCTOBRE 2009 .et profitez aussi dfune SUPER BONNE OFFRE des restaurants MIKESR a la livraison.Details au superecran.com Cet automne, voyez de SUPER BONS FILMS A SUPER ECRAN.p Meurtres a la St-Valentin Samedi 31 octobre 21h 1898869A Urbaine et tropicale Avec un premier album studio lance a la fin de 2005, CeU avait fait boum chez les amateurs quebecois.Excellent premier album, en phase parfaite avec les meilleurs artistes emergents de Sao Paulo.Sur scene, cependant, son inexperience en avait decu plus dfun lors dfun premier voyage au Quebecc ce qui nfenleve rien a lfinteret que souleve ce Varagosa, du moins en ce qui me concerne.La jeune auteure-compositrice-interprete y poursuit un travail sfinscrivant dans la meme lignee que le precedent, travail marque par les collaborations de musiciens doues tels Beto Vilares, Anelis Assumpcao, Los Sebozos Postizos, Fernando Catatatau et autres noms qui, je vous lfassure, circuleront de plus en plus sur la planete.Voila 13 chansons tropicales dfobedience urbaine, chansons traversees par la musica popular brasileira, la samba funk, lfelectro, le jazz, mais aussi par tout plein de reformes dub comme on en debusque dans les trois Ameriques depuis quelques annees.On ne peut conclure a une revelation, mais a un global beat solidement ficele.Et qui nfa rien a voir avec quelque cliche de la musique populaire bresilienne.Alain Brunet CHANSON A ECOUTER Sonambulo .Chaosfn roll Le label montrealais Alien8 sfenrichit dfun nouveau trio sobrement nomme Black Feelings, qui offre son premier album, eponyme, apres avoir goute de la tournee a lfexterieur du pays, notamment.Tributaire du son caverneux et opaque des Wire ou Joy Division, le trio .qui compte en ses rangs deux ex-Les Angles Morts .offre un rock grave, chaotique, visceral et tribal qui a tendance a delirer lorsque les musiciens se laissent lfespace et le temps de developper leurs compositions.Ainsi, les exemples les plus probants de leur talent sont Hidden Dance et Lost Rings Pt.2, les deux plus longues compositions de cet album (assez court au demeurant), contemplatives montees en puissance ou le batteur bat mecaniquement la cadence, couchant un squelette rock auquel sfaccrochent de musclees et imprevisibles guitares.Black Feelings condense en 36 minutes lfetendue de sa palette sonore, du plus vivifiant (terrifiante et electrique Eternal Bad Trip) au plus minutieux ( Lost Rings Pt.2), une palette qui tire allegrement sur le psychedelisme, ajoutant a la nature sauvage de leur musique.Philippe Renaud, collaboration speciale CHANSON A ECOUTER Vh135 .TRAD VENT DU NORD LA PART DU FEU ššš1/2 BOREALIS La rigueur, encore Le Vent du nord est peut etre aujourdfhui le plus grand ambassadeur de notre musique traditionnelle.Ses quatre premiers albums ont ete ecoules a plus de 50 000 exemplaires, et le groupe tourne beaucoup a lfinternational.Cela devrait continuer avec son cinquieme album.Le quatuor (Nicolas Boulerice, Simon Beaudry, Rejean Brunet et Olivier Demers) continue son rigoureux travail de defrichage et dfactualisation de la trad.On se tient loin des cliches ici.La part du feu est compose a part egales de compositions et de repertoire traditionnel rearrange.Le groupe est plus politique que dans ses disques precedents.Par exemple, la composition Octobre 1837 parle du Parti patriote et des áCanadiens, Irlandais et aussi Anglaisâ qui denoncaient les ánobles dfAngleterreâ.Montcalm parle de la victoire du general a la bataille de Carillon, en 1758, avant sa celebre defaite.Cote musique, les horizons sfelargissent, des valses au reels en passant par des pieces plus proches du folk americain.Quelques guitares slides ajoutent a la palette de couleurs.Il nfy a pas beaucoup de coups de coeur a la premiere ecoute et le resultat ne sfapprivoise pas toujours facilement, mais la qualite est indeniable.Paul Journet CHANSONAECOUTER Octobre 1837 .llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 16 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R E A L SA M E D I 3 1 O C T O B RE 20 0 9 Duke RobillaRD - 4 novembRe .ThaT 1 Guy & The maGic PiPe - 11 novembRe .RuPa & The aPRil Fishes - 15 novembRe .saRa TavaRes - 17 novembRe caRol Welsman - 20 eT 21 novembRe .Genevieve JoDoin - 24 novembRe .DaviD GoGo - 25 novembRe .alex cuba - 27 novembRe micheal kaeshammeR - 28 novembRe .bebel GilbeRTo - 29 novembRe .coco monToya - 2 DecembRe .John PizzaRelli QuaRTeT eT coRal eGan - 3 eT 4 DecembRe Aussi a l fAffi c he a lf A strAl Vendredi 6 novembre .20h Samedi et dimanche 7 et 8 novembre .20h Jeudi et vendredi 12 et 13 novembre .20h Mercredi et jeudi 18 et 19 novembre .20h Billets en vente maintenant ! Billets LfastraL (Maison du festivaL rio tinto aLcan) 305, rue Sainte-Catherine Ouest 514 908-9090 .ticketpro.ca hotel officiel Terez MontcAlM SuSie Arioli cowboy Junkies ce vendredi ! celle qui nous a conquis avec ses succes Luka, to mfsdiner, Marlene on The Wa ll, crackinget plusieurs autres Apres un concert aguichets fermes au festival, elle nous revient deux soirs dans lfintimite de Lf astral ! Suzanne VegA a la nouvelle salle du Quartier des spectacles A lfaffiche ennoVeMBre premiere partie : Lee Harvey OsmOnd 2017595A ARTS ET SPECTACLES LITTÉRATURE CHANTAL GUY CRITIQUE On le savait, le dernier roman de Nelly Arcan parle de suicide.La tentation d\u2019y lire une lettre d\u2019adieu est grande, quelques semaines après sa mort.Par suicide.Mais ce n\u2019est pas ce que l\u2019on retient de Paradis clef en main, une fois la dernière page retournée.Le vrai thème poignant de ce roman est le rapport à la mère \u2013 il était tout aussi viscéral dans Putain.Le suicide n\u2019est qu\u2019une diversionde la souffrance causée par cette relation passionnelle faite d\u2019amour et de haine, dans cette envie brûlante d\u2019en finir ou de s\u2019y engloutir complètement.Avec ou sans la mère, la vie est insupportable.«Ma mère, je ne peux pas l\u2019aimer.Ce n\u2019est pas contre elle.Ce n\u2019est pas une manière d\u2019enfant gâtée de tester son endurance comme celle de Job.La haine est un garde-fou.La haine est un écran solaire qui me protège des intentions mortelles de ce qui brille trop fort, de ce qui est plus grand quemoi, même si cette grandeur prodigue des soins.(.) Ma mère, je ne peux pas la haïr non plus.C\u2019est ça le pire.» La narratrice, Antoinette Beauchamps, est devenue paraplégique à la suite de son suicide raté, et pourtant organisé de main de maître par l\u2019entreprise Paradis clef en main, dont la promesse d\u2019affaires est d\u2019assouvir le désir de mort de ceux pour qui «la vie est une maladie à guérir».Antoinette, inspirée par son prénom, a choisi la guillotine, comme celle qui a mis fin aux jours de la reine Marie-Antoinette.Ce n\u2019est malheureusement pas la tête qu\u2019elle a perdue, mais les jambes; ce qui la ramène, presque avec délice, dans une régression où elle est à nouveau à la merci de sa mère, qui ne peut s\u2019empêcher de guillotiner son nom \u2013 elle la nomme Toinette, elle entend Toilette.«Mère et merde, une autre parenté de mots, que je ne commenterai pas: elle et moi, on est dans le même bain, on vient du même moule.» Régression anale, évidemment, tant Antoinette se délecte de façon scatologique de cette impuissance semblable à celle d\u2019un enfant.Mais elle écrit.Sur le plafond de sa chambre grâce à un système qui enregistre sa voix.«Ma souffrance morale à moi, elle s\u2019écrit au fur et à mesure au plafond qui me surplombe de son omniscience.En quelque part, c\u2019est à mamère qu\u2019elle s\u2019adresse.» Elle raconte tout de ses démarches auprès de Paradis clef en main qui, en retour, lui a fait passer de nombreuses épreuves \u2013 car on n\u2019y offre pas la mort sans être certain de la conviction absolue du suicidaire.Devant tant d\u2019embûches avant d\u2019obtenir le résultat, le récit démontre surtout à quel point le projet de mourir est plus important que la mort elle-même, comme s\u2019il fallait gagner énergiquement sa mort plutôt que de la subir passivement, dans un processus harassant où le but devient pratiquement secondaire.Mais voilà, Antoinette n\u2019est pas morte et ne veut plus mourir.«Vouloir mourir est souvent inexplicable, mais vouloir vivre après avoir tant voulu mourir, ça s\u2019explique; la mort a déjà eu lieu, elle a déjà été consommée, et le corps, satisfait d\u2019être allé au bout de lui-même, de s\u2019être aventuré à la frontière de la mort, renaît.Une affaire christique.D\u2019être revenue d\u2019entre les morts m\u2019a transformée.Je suis une nouvelle personne, je suis une autre que moi.C\u2019est, je crois, ce que je souhaitais.» Et en regardant le fauteuil roulant offert par sa mère, elle dit : «Cette chaise, c\u2019est l\u2019amour d\u2019une mère.Le seul amour dont une mère soit capable, l\u2019amour dont seule une mère est capable: le don de soi, jusqu\u2019à imposer la vie, la rendre obligatoire, jusqu\u2019à forcer chez ses enfants la marche à suivre pour exister, en dépit de tout.» Paradis clef en main, c\u2019est du Nelly Arcan tout craché.Dans le style, dans les thèmes, où celui de l\u2019apparence est cependant beaucoup moins exploité que dans ses autres romans.Ses lecteurs ne s\u2019y sentiront pas perdus, et oublieront même pendant un peu plus de 200 pages qu\u2019ils ont perdu un écrivain dont la voix était si vivante.Le sentiment de perte revient quand on se rappelle que ce livre est son dernier.Paradis clef en main Nelly Arcan Coups de tête HHH 1/2 NELLY ARCAN / Paradis clef en main Le vain combat contre la mère PHOTO MARCELO TROCHE, FOURNIE PAR DIMÉDIA Tout aussi viscéral que dans Putain, le vrai thème poignant du dernier roman de Nelly Arcan, Paradis clef en main, est le rapport à la mère.Le suicide n\u2019est qu\u2019une diversion de la souffrance causée par cette relation passionnelle faite d\u2019amour et de haine, dans cette envie brûlante d\u2019en finir ou de s\u2019y engloutir complètement.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 17 Commanditaire en titre Collaborateur Billets à partir de 25$* * Taxes et frais de service en sus Osez l\u2019OSM15-30 ans Billets pour seulement 15 $ 514 842-9951 osm.ca Mardi 10 novembre/20h Mercredi 11 novembre/10h30 AMERICA FOREVER Soliste : Alexandre Da Costa AlexAndre dA CoSTA Soirée du 10 novembre dans le cadre de la série Les Évasions Classiques Air Canada présentée par : « Il est déjà plus célèbre que les Beatles dans plusieurs parties du monde [.].» NORMAN LEBRECHT, Evening Standard « The hottest artist on the classical music planet.» The New York Times LANG LANG JOUE PROKOFIEV Le prodigieux pianiste chinois remarqué à la Cérémonie d\u2019ouverture des Jeux olympiques de Pékin (2008) se joint à l\u2019OSM pour ce programme électrisant ! Mardi etmercredi, 17 et 18 novembre/20h LONGTIN : Et j\u2019ai repris la route.PROKOFIEV : Concerto pour piano nº 3 PROKOFIEV : Roméo et Juliette, suite du ballet RéCItAL Dimanche 22 novembre/14h30 au ThéâtreMaisonneuve OEuvres de Beethoven, Prokofiev et Albéniz Soirée du 17 novembre présentée par : FONDATION SYLVAINGOULET Soirée du 18 novembre présentée par : Prochainementàl\u2019oSm: UNE SAISON dANS LA têtE dE KENt NAGANO 2016686A BACH CONCERTO BRANDEBOURGEOIS NO 2 HAYDN SYMPHONIE NO 103 «ROULEMENT DE TIMBALES» SCHUMANN SYMPHONIE NO 2 CHEF ET CONTINUO (CLAVECIN) YANNICK NÉZET-SÉGUIN SOLISTES DU MÉTROPOLITAIN MARCELLE MALLETTE, VIOLON MARIE-ANDRÉE BENNY, FLÛTE LISE BEAUCHAMP, HAUTBOIS STÉPHANE BEAULAC, TROMPETTE 1990697A 1990704 ARTS ET SPECTACLES DANSE EN HAUSSE.EN BAISSE ENTRACTE entracte@lapresse.ca PAUL JOURNET SÉPARÉES À LA NAISSANCE L\u2019auteure India Desjardins a confié à une collègue qu\u2019elle se fait parfois arrêter dans la rue aux États-Unis.Ce n\u2019est pas parce que nos voisins du Sud ont lu ses aventures d\u2019Aurélie Laflamme.C\u2019est qu\u2019ils la confondent avec Jennifer Carpenter, la comédienne qui incarne la soeur de Dexter dans la populaire série du même nom.En regardant ces photos, on les comprend.PHOTOROBERTMAILLOUXLAPRESSE India Desjardins PHOTO AP Jennifer Carpenter TARA-JEAN POPOWICH Tara-Jean Popowich a gagné la deuxième mouture de So You Think You Can Dance, le populaire concours télévisuel deCTV.L\u2019Albertaine de 20 ans s\u2019est vu remettre un chèque de 100 000$ et une voiture.Elle a notamment coiffé deux finalistes québécois, Jayme Rae Dailey, de Montréal, et Vincent Desjardins, de Trois-Rivières.Une tournée canadienne s\u2019ensuivra pour tous les finalistes.Un arrêt est prévu à Montréal à la fin novembre.La carrière de Popowich pourrait recevoir un sérieux coup de pouce.Par exemple, le dernier gagnant, le Québécois Nico Archambault, est présentement à Los Angeles où il travaille sur le prochain clip de Janet Jackson.TÉLÉFILM CANADA ET CINAR Dimanche dernier, Radio-Canada a révélé un apparent conflit d\u2019intérêts à Téléfilm Canada.Charles Bélanger, l\u2019ancien président du conseil d\u2019administration de Téléfilm, aurait unilatéralement décidé en 2002 de recommencer à subventionner Cinar.Après le scandale des prêtenoms en 1999, l\u2019organisme fédéral avait cessé de subventionner l\u2019entreprise de Ronald Weinberg et feue Micheline Charest, alors poursuivie au criminel et au civil.Téléfilm exigeait que ces derniers lui remboursent 2,5 millions en subventions qui avaient, selon elle, été utilisées illégalement.Radio-Canada avance qu\u2019à l\u2019époque, M.Bélanger avait aussi proposé au Fonds canadien de télévision de réinvestir dans Cinar.Or, la conjointe de M.Bélanger est Judith Brosseau, alors vice-présidente d\u2019Astral et copropriétaire avec Cinar de la chaîne de dessins animés Télétoon.Mme Brosseau avait appuyé cette dernière proposition.PHOTO CTV ANABELLE NICOUD «Je suis face à eux, solitaire.Mon éducation européenne, c\u2019est de trouver ma place.Les moines, eux, ont des personnalités très fortes, mais avec des repères très clairs.Ils sont dans une culture plus dirigiste, mais dans laquelle il y a aussi un rapport très familial », explique Sidi Larbi Cherkaoui.De Barcelone, où il présente un duo avec la danseuse de flamenco Maria Pages, Sidi Larbi Cherkaoui nous raconte la genèse de Sutra, une création événement, saluée par la critique européenne et fortement remarquée lors du dernier festival d\u2019Avignon.«Ça a commencé en 2007: c\u2019est un ami, le producteur japonais Hisashi Itoh, qui m\u2019a parlé des moines Shaolin.Il m\u2019a convaincu de les rencontrer.J\u2019étais curieux, ouvert et ça a été une rencontre fabuleuse avec maître Yen Da, qui lui-même a clairement une relation avec l\u2019art.Il m\u2019a proposé de rencontrer de jeunes moines», se souvient Sidi Larbi Cherkaoui.Par le mouvement (danse et kung-fu), Sidi Larbi Cherkaoui a pu communiquer avec les moines Shaolin et dépasser la barrière de la langue.«Soudain, on sentait qu\u2019il y avait un dialogue possible, car le kung-fu est une tradition ancestrale, mais ouverte, constamment en train de se renouveler, qui essaie d\u2019aller de l\u2019avant.» Comme pour ses collaborations avec des danseurs classiques, Sidi Larbi Cherkaoui est d\u2019abord parti du kung-fu pour créer la chorégraphie de Sutra.«J\u2019utilise leur vocabulaire, et après je chorégraphie de par leur vocabulaire.Ce sont des moines qui ne veulent pas devenir des danseurs.» Pour la scène, l\u2019artiste plasticien Anthony Gormley a imaginé 21 boîtes en bois.«C\u2019est quelque chose hors d\u2019eux, qui les freinait, pesait sur leur corps, mais avec lequel on peut générer des discours différents, construire des cimetières, des murs, des ponts.C\u2019est un décor transformable, tout le temps, et chacun a une boîte pour apparaître ou disparaître», décrit le chorégraphe.Travailler et partir en tournée avec des moines bouddhistes a nécessité certaines tractations, notamment pour leur faire porter un costume-cravate.«Je n\u2019avais pas le droit: j\u2019ai dû avoir toute une négociation, et parler d\u2019incarnation.Expliquer que, tout comme les mouvements sont inspirés par les animaux, je voulais qu\u2019ils incarnent des êtres humains, pas des moines», dit-il.Dans Sutra, comme dans sa trilogie Foi, Myth et Babel, la spiritualité occupe une grande place.«C\u2019est ma préoccupation principale depuis l\u2019enfance.Moimême, je ne suis pas croyant, mais j\u2019ai grandi musulman et catholique, avec un Dieu qui n\u2019a pas de pitié pour moi car je suis homosexuel.J\u2019ai constamment cherché à laver un péché qui est ma nature et j\u2019ai cherché des relations avec ceux qui repoussent et ceux qui acceptent.«Je n\u2019aime pas beaucoup le mot spirituel, car on pense souvent à quelque chose d\u2019aérien.Pour moi, cela a beaucoup plus à voir avec le mouvement que la pensée.J\u2019ai plutôt besoind\u2019agir.Quand j\u2019étais enfant, mon corps m\u2019a beaucoup réclamé de l\u2019expérience.C\u2019est dans l\u2019action que je comprends.» L\u2019action est sans doute le maître mot de ce danseur chorégraphe, qui s\u2019est imposé comme un incontournable sur la scène européenne.Sidi Larbi Cherkaoui vient de fonder sa propre compagnie, Eastman, en résidence en Belgique.Quelque chose nous dit que l\u2019on devrait recroiser le chorégraphe à Montréal.Sutra, de Sidi Larbi Cherkaoui, à la salle Maisonneuve de la Place des Arts, du 4 au 8 novembre.SIDI LARBI CHERKAOUI / Sutra Le danseur face aux moines Drôle de face-à-face auquel nous convie Sidi Larbi Cherkaoui avec Sutra.Le chorégraphe et danseur belgo-marocain partage la scène avec 17 moines Shaolin, dont un enfant de 12 ans.Un face-à-face qui met en scène non pas la dualité Orient- Occident, mais l\u2019individu, seul, face à la communauté.PHOTO HUGO GLENDINNING, COLLABORATION SPÉCIALE Comme pour ses collaborations avec des danseurs classiques, Sidi Larbi Cherkaoui est d\u2019abord parti du kung-fu pour créer la chorégraphie de Sutra.«J\u2019utilise leur vocabulaire, et après je chorégraphie de par leur vocabulaire.» Travailler et partir en tournée avec des moines bouddhistes a nécessité certaines tractations, notamment pour leur faire porter un costume-cravate.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 18 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 1 O C T O B RE 20 0 9 John Tessier .Karina Gauvin .aaron sT.Clair niCholson .aline KuTan .reinhard haGen MeTTeur en sCène : Kelly robinson .Chef : alain Trudel UN OPÉRA POUR TOUTE LA FAMILLE VU PAR LE PEINTRE DAVID HOCKNEY la flûte enchantée MozarT 7.11.14.16.19 nov.2009 à 20 h \u2013 21 nov.2009 à 14 h salle Wilfrid-PelleTier b oPeradeMonTreal.CoM 2009/2010 30e saison 1986488A l\u2019assomption \u2022 théâtre Hector-Charland 1er et 2 novembre montréal-nord \u2022 Cégep marie-Victorin 4 et 5 novembre longueuil \u2022 salle pratt & Withney Canada 17 au 22 novembre montréal \u2022 salle pierre-mercure 16 au 20 décembre aussi présenté à : pierrefonds \u2022 Varennes \u2022 st-Jean \u2022 st-Hyacinthe \u2022 lasalle \u2022 laprairie \u2022 laval.montrÉal\u2022 Salle Pierre-mercure 300, boul.demaisonneuve est montréal (métro Berri-uQam) Dernière chance pour voir sur les chemins de compostelle 6 au 8 novembre Vendredi 18h et 20h30 samedi 16h et 19h dimanche 16h Sur les chemins de comPoStelle malte, Sicile et SarDaiGne Î les de la méditerranée 514 521-1002 \u2022 1800 558-1002 www.LesGrandsExplorateurs.com 1957095A ARTS ET SPECTACLES HUMOUR ENTRACTE entracte@lapresse.ca ILS, ELLESONT DIT «On est bien contents d\u2019avoir gagné un trophée sans avoir fait un disque de duos ou de reprises.» Le groupe Numéro#, lauréat du meilleur album électronique, à L\u2019Autre gala de l\u2019ADISQ.«Toujours être dur avec soi-même.» Yvon Deschamps qui explique le secret de la réussite à WebPresse.«C\u2019est pas que je les ai perdus, c\u2019est que je sais pas où ils sont rendus.» Jean Leloup, qui parle de ses Félix égarés, à L\u2019Autre gala de l\u2019ADISQ.\u2014 \u2014 \u2014 «Trouvez-moi quelqu\u2019un qui attire des cotes d\u2019écoute, un homme à trois pattes, une femme élevée par des ours\u2026» Extrait de la désopilante parodie du Banquier par Marc Labrèche à 3600 secondes d\u2019extase.«Je pouvais danser et être beau, mais je trouvais que ce n\u2019était pas assez.» Martin Matte, affirmant à Tout le monde en parle qu\u2019il se préoccupe de ses textes, contrairement à Stéphane Rousseau.\u2014 \u2014 Martin Matte PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE PAUL JOURNET QVous qui n\u2019êtes pas nostalgique, est-ce que ça vous embête d\u2019enchaîner ainsi les interviews sur votre anthologie ?R Je ne peux pas dire que j\u2019adore ça.Mais je n\u2019ai pas le choix.Il y a 50 ans de carrière qui traînent derrière moi, c\u2019est normal qu\u2019on en parle un peu (rires).Je ne suis pas nostalgique côté carrière, mais pour ma vie personnelle, parfois.Si je vois un enfant de 4-5 ans, il va me rappeler mes filles à cet âge-là.QSur le livret, on lit la note suivante: ne pas oublier d\u2019être drôle, le plus souvent possible.Dans quel contexte l\u2019avez-vous écrite?R Dans les années 70, je devenais de plus en plus dramatique et noir dans mes textes.Alors j\u2019ai collé ça sur le mur devant moi pour me rappeler de rester drôle.Oui, il y a des choses à dire, des messages à passer, mais je suis un humoriste, alors le plus important, c\u2019est d\u2019être drôle.Judi (sa femme) me disait: le fond, tu l\u2019as déjà, alors n\u2019oublie pas de faire rire.QQuels extraits de votre anthologie préférez-vous?R Peut être le monologue sur le bonheur.C\u2019est tellement naïf que ça devient presque indécent.Il touche directement.Le plus important, c\u2019est le monologue sur les unions, car c\u2019est le premier et il a lancé ma carrière.Mais le plus beau, c\u2019est celui sur le bonheur.QEt le moment que vous aimez le moins?R Il y en a pas mal.Je n\u2019aime pas regarder mes interviews.Je trouve que j\u2019aurais dû approfondir des réponses ou être plus intelligent.(\u2026) Je n\u2019aime pas non plus revoir le monologue sur l\u2019intolérance.J\u2019ai bien de la misère.QPourquoi ?R J\u2019ai dû le faire 200 fois, et avant chaque spectacle, j\u2019étais toujours aussi nerveux.À l\u2019époque, les gens ne comprenaient pas que c\u2019était un pamphlet par l\u2019absurde, qu\u2019on voulait créer de l\u2019inconfort.Mais quand je l\u2019ai revu 20-25 ans plus tard, moi aussi, je ne comprenais pas toujours.Peut-être finalement qu\u2019il n\u2019est pas assez bien écrit.J\u2019aurais mieux aimé qu\u2019ils ne le mettent pas (dans l\u2019anthologie).Sauf que l\u2019idée, c\u2019était de tout inclure pour offrir quelque chose de complet.QVoulez-vous encore traduire certains de vos monologues?R Absolument.C\u2019est ma fille qui s\u2019en charge, mais elle vient d\u2019entrer à l\u2019École nationale de l\u2019humour, alors elle n\u2019a plus le temps.Papa, lui, on peut le faire attendre (rires).Elle en a déjà traduit deux: Quoi! un bébé et L\u2019ado.Elle va continuer au printemps, à la fin de l\u2019école.On veut en traduire une quinzaine, en anglais et en espagnol.Ceux qui ne parlent pas trop d\u2019un contexte politique, ceux qui restent actuels aujourd\u2019hui.QVoulez-vous les publier ?R Oui , et je veux aussi les faire reprendre sur scène.Avec les festivals Just For Laughs et Second City, il y a plein d\u2019humoristes qui cherchent du matériel, alors pourquoi pas.Je trouve que certains monologues méritent d\u2019être refaits par d\u2019autres gens.QEt votre projet de pièce de théâtre ?R C\u2019est une pièce à un comédien avec le personnage du bon boss.Je vais construire une action dramatique à partir des monologues.Tu sais, en cinq ans, il a fait pas mal d\u2019affaires, avant de se suicider à la fin.Ce sera avec Benoît Brière, mon acteur fétiche.On vise le printemps 2011, idéalement au Quat\u2019Sous, là où tout a commencé pour nous.QÀ la dernière campagne provinciale, vous avez pris position pour Québec solidaire.Appuyez-vous un parti pour les prochaines élections à Montréal ?R Non, je ne suis pas capable.Je pense que je vais annuler mon vote.Je n\u2019arrive pas à me faire une idée, je suis très mélangé, je n\u2019arrive pasàprendre parti.Quand t\u2019es en spectacle, tu te nourris (de ces controverseslà).Aujourd\u2019hui, je ne fais que les subir\u2026 Ah môman, ç\u2019aurait fait un bonmonologue! À lire: la version longuede cette entrevue sur cyberpresse.ca YVON DESCHAMPS, L\u2019ANTHOLOGIE Un monument comique se raconte Qu\u2019ossa donne, 50 ans de carrière?Ça donne une anthologie complète de 12 DVD répartis en cinq volumes, avec un livret touffu de 137 pages.Les DVD étaient déjà disponibles auparavant.La nouveauté, c\u2019est qu\u2019ils sont désormais vendus ensemble dans un coffret, avec un livret inédit.On profite de l\u2019occasion pour parler à ce monument de l\u2019humour du chemin parcouru et de ses projets.Jean Leloup PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE PHOTO ERICK LABBE LE SOLEIL / FOCUS 1 L\u2019extrait préféré d\u2019Yvon Deschamps dans son anthologie est probablement le monologue sur le bonheur.«C\u2019est tellement naïf que ça devient presque indécent.» YVON DESCHAMPS L\u2019INTÉGRALE 1958-2008 GSI MUSIQUE / CENT DÉTOURS llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 19 1987106A ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE PATRICE SAUVÉ, METTEUR EN SCÈNE Après Louis Bélanger et Mort de peine au Quat\u2019Sous, voici qu\u2019un autre réalisateur d\u2019ici troque le plateau de tournage pour les planches d\u2019un théâtre.Patrice Sauvé (La vie, la vie, Grande Ourse, etc.) se frotte aux Sorcières de Salem, l\u2019une des grandes oeuvres du dramaturge américain Arthur Miller.Son passage au théâtre se fait dans un cadre académique, puisque ce spectacle est le premier exercice public présenté par les finissants 2010 de l\u2019École nationale de théâtre.Les six représentations auront lieu à la salle Ludger-Duvernay du Monument- National, du 3 au 8 novembre.Réservations : 514-871-2224 1 2 3 TRIO ALEXANDRE VIGNEAULT SE FAIRE CONTER DES PEURS Pas de petit monstre derrière qui faire le trottoir?Pas envie de rester à la maison en attendant que le petit singe ou la princesse du voisin vienne réclamer son dû?La Maison Saint-Gabriel, située place Dublin, dans le quartier Pointe Saint-Charles, a justement pensé à vous et programmé une soirée de contes frissonnants : Mémoires d\u2019outre-tombe.Dans la pénombre de son jardin faiblement éclairé par de vieilles lanternes, les conteurs et conteuses Lucie Bisson, François Théorêt, Éric Mercier, Céline Jantet et Jean-Marc Chatel diront leurs histoires à dormir debout\u2026 ou à ne pas dormir du tout.Ce soir, 19h30.Réservé aux adultes et aux adolescents.Réservations : 514-935-8136 L\u2019ANGE ET LE VAGABOND Duda Paiva, danseur d\u2019origine brésilienne installé aux Pays-Bas, considère la marionnette comme un partenaire, voire une extension de son propre corps.Angel, dont le texte et la mise en scène sont signés Paul Selwyn Norton, met en scène un vagabond en boisson installé dans un cimetière qui se retrouve nez à nez avec un ange étrange.Mêlant marionnette, danse contemporaine, musique et multimédia, la démarche de Duda Paiva, dont l\u2019objectif est de faire couler «du sang dans des veines de mousse », a récolté bien des éloges.Il s\u2019arrête à Montréal pour cinq représentations seulement, du 3 au 7 novembre, à La Chapelle.PHOTO IRENE ROIKO CURITIBA ALEXANDRE VIGNEAULT Lorsque Jean-Denis Leduc a passé la main à Denis Bernard, qui assure la direction artistique de La Licorne pour une durée indéterminée, il lui a laissé un trou dans la programmation.Un gros mois à remplir.« Un cadeau de Grec », s\u2019amuse à dire le nouveau patron de la place, qui a vite retroussé ses manches pour combler ce vide.Denis Bernard a fait deux gestes: il a d\u2019abord invité Fabien Cloutier à présenter son excellent solo Scotstown ( à l \u2019a f f ic he ju squ\u2019au 7 novembre), puis imaginé un gros party qu\u2019il a baptisé La dizaine des auteurs.Du 9 au 18 novembre, des auteurs proches du dynamique théâtre de l\u2019avenue Papineau ont été invités à concocter un spectacle inédit.«Ça donne des soirées qui sont étonnantes dans le contenu», se réjouit-il.Yvan Bienvenue, monsieur Contes urbains, déjoue les attentes en invitant Paul Savoie à lire l\u2019Ode au Saint- Laurent de Gatien Lapointe.Jean-Marc Dalpé a invité un ami guitariste.La bande du théâtre Qui va là interprétera notamment des chansons grivoises.Denis Bernard voulait un happening et tout indique qu\u2019il l\u2019aura.«Le risque, c\u2019est aussi l\u2019esprit de La Licorne », observe-t-il.L\u2019énergie déployée pa r les 14 auteurs et leurs très nombreux invités servira à témoigner de la vitalité de ce petit théâtre, mais aussi à en assurer l\u2019avenir.La dizaine des auteurs, à laquelle participent également François Archambault, Pierre-Michel Tremblay et Marie-Christine Lê-Huu, vise à amasser des fonds pour La Licorne.Plutôt qu\u2019un cocktail à 275 $ la place, les billets pour ces spectacles seront vendus 50 $.Denis Bernard entend ainsi «démocratiser la collecte de fonds» en permettant à «plus de portefeuilles de venir ».Il estime qu\u2019on a tous une « responsabilité civile» envers les formes d\u2019art qu\u2019on apprécie.Un devoir de «soutien» et de «mécénat ».«Et je le sollicite, ce devoir-là », dit-il.LA DIZAINE DES AUTEURS Réunions de familles à La Licorne Avant d\u2019être révélé par Cul sec, présenté à l\u2019Espace Go, le dramaturge François Archambault avait déjà participé à un spectacle collectif à La Licorne.Il y est revenu au tournant des années 2000, après La nostalgie du paradis qui, de son propre aveu, n\u2019avait pas bien marché.Jean- Denis Leduc lui avait alors demandé d\u2019écrire pour La Licorne.« Il s\u2019est retrouvé devant un auteur un peu mêlé, se rappelle le dramaturge.Jean-Denis a été d\u2019une patience incroyable avec moi et, en même temps, il m\u2019a provoqué.Il tenait à ce que j\u2019écrive une pièce qui serait importante pour moi.» Résultat : La société des loisirs, une pièce qui a marqué et marché.François Archambault, à qui on doit également 15 secondes et la série Les étoiles filantes, est demeuré près de La Licorne par la suite et aime « l\u2019esprit de famille » qui y règne.Sa carte blanche, il l\u2019exploite d\u2019ailleurs en famille.Ses frères Stéphane et Benoît, ainsi que sa belle-soeur Marie-Hélène (la moitié du groupe Mes aïeux, en fait), participeront à titre de comédiens et de musiciens à son collage de courtes pièces absurdes et de chansons de jeunesse.Mardi 10 novembre, 19h.François Archambault PHOTO ROBERT MAILLOUX, ARCHIVES LA PRESSE François Archambault Pierre-Michel Tremblay l\u2019avoue sans détour : La Licorne occupe une place «extrêmement importante » dans son parcours.«L\u2019auteur de théâtre que je suis a trouvé sa place à La Licorne», dit le dramaturge (Coma Unplugged, Quelques humains), aussi actif à la télévision.Ses amis des Éternels pigistes et lui doivent une fière chandelle à Jean-Denis Leduc.Au milieu des années 90, le directeur artistique de La Licorne avait accepté de présenter Le jeu du pendu.Plutôt que de reprendre ce spectacle, ils ont toutefois décidé d\u2019en créer un autre.«Il nous a fait confiance et c\u2019est quelque chose que je n\u2019oublierai jamais », dit Pierre-Michel Tremblay.Pour La dizaine des auteurs, il a notamment sélectionné des extraits d\u2019un vieux livre de conseils adressés aux jeunes gens qui veulent devenir comédiens («un petit texte sur les dangers du théâtre», résume-t-il) et invité son amie Geneviève Brouillette à présenter des bouts d\u2019autobiographies qu\u2019elle lisait dans le cadre des Cabarets biodégradables.«Les Éternels pigistes vont lire un tableau de la pièce Mille feuilles (2003) qui n\u2019avait pas trouvé sa place dans le spectacle, ajoute-t-il.C\u2019est une parodie de théâtre de boulevard français avec laquelle on avait eu bien du fun en répétition.» Pierre-Michel Tremblay précise que Marc Labrèche et Pierre-Yves Bernard (auteur de Minuit, le soir) ne pourront être présents, contrairement à ce qui a été annoncé.Le 14 novembre, à 20h.Pierre-Michel Tremblay Avant d\u2019être accueillie à La Licorne, Marie- Christine Lê-Huu (Jouliks, Une forêt dans la tête) se considérait comme «une comédienne qui écrit ».Ce n\u2019est qu\u2019au contact de Jean-Denis Leduc et de François Archambault («qui m\u2019a ouvert bien des portes », dit-elle) qu\u2019elle a commencé à assumer son rôle d\u2019auteure.La Licorne demeure pour elle un «port d\u2019attache» depuis.Sa soirée carte blanche, qu\u2019elle partage avec Fanny Britt, va explorer le masculin et le féminin.Elle s\u2019occupe du féminin et plonge dans l\u2019univers des ouvrages «de bienséance» destinés aux femmes datant des années 60 et 70.«Des livres comme l\u2019Encyclopédie de la femme canadienne, je ne peux pas résister à ça dans une vente de garage», lance-t-elle.Ce qui l\u2019intéresse, c\u2019est le contraste entre le monde dépeint par ces bouquins et celui dans lequel elle a vécu.Contraste qui suscite souvent le rire.«Est-ce que c\u2019est vraiment drôle que ce soit si proche de nous?se demande-t-elle toutefois.Ça ne fait pas tellement longtemps qu\u2019on est sorti d\u2019une forme de soumission.» Elle veut bien s\u2019amuser de l\u2019écart entre sa vie et celle de sa mère ou de sa grand-mère, sans oublier qu\u2019à peine quelques décennies se sont écoulées depuis la publication des textes qu\u2019elle aura choisis.Sa lectrice principale sera Dominique Quesnel, une actrice «capable de jouer des rôles aux antipodes» qu\u2019elle trouve fascinante et toujours convaincante.Le 12 novembre, 20h.Marie-Christine Lê-Huu PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE Marie-Christine Lê-Huu Point d\u2019ancrage du théâtre de création et de l\u2019émergence de nouvelles voix, La Licorne se prépare à une année d\u2019itinérance en organisant une fête qui s\u2019étendra sur 10 soirs.L\u2019occasion de rassembler sa famille élargie et son public, de s\u2019amuser.et d\u2019amasser des sous pour assurer l\u2019avenir.PHOTO FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DE LA MANUFACTURE Pierre-Michel Tremblay llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 20 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 1 O C T O B RE 20 0 9 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE ALEXANDRE VIGNEAULT Il y a d\u2019abord cette femme échouée en Afrique, préoccupée par l\u2019affaissement de l\u2019un de ses seins, à qui un médecin exilé annonce que sa poitrine renferme une statuette datant du paléolithique.Puis, cet écrivain hanté par l\u2019esprit de sa mère disparue et attaqué par un tigre dans son loft montréalais.Un jeune homme qui s\u2019était juré de ne jamais aimer et une femme qui n\u2019a aimé qu\u2019une seule fois, clandestinement.Un halo de mystère enveloppe les personnages et les incroyables histoires de Tout est encore possible.Sept tableaux forment la nouvelle pièce de Lise Vaillancourt.Quatre personnages s\u2019y croisent ou se font écho, dévoilant leurs angoisses ou leurs blessures.C\u2019est l\u2019addition des tableaux et les recoupements qu\u2019ils permettent qui donnent le sens, sinon la direction de la pièce.De questions hésitantes en réponses fuyantes, le metteur en scène Daniel Meilleur, du théâtre des Deux Mondes, tente de lever le voile sur ce spectacle qui affiche son parti pris pour le fantastique.«On est dans l\u2019improbable », affirme d\u2019emblée Daniel Meilleur.Dans une atmosphère trouble amenée par les personnages, par les questions qui les taraudent et par les histoires qu\u2019ils racontent.«On est amené à des endroits invraisemblables et on y croit», ajoute-t-il.Bota (Widemir Normil), Ginette (Lise Vaillancourt), la femme (Louise Bombardier) et Vincent (Émile Proulx- Cloutier) ont chacun une vie intérieure intense.Ils portent un poids et ils avancent.«En même temps, ils sont tous très sympathiques, très accessibles.On n\u2019est pas dans un instinct de mort du tout.On est au coeur de la vie et de la vérité », estime le metteur en scène.Tout est encore possible s\u2019intéresse beaucoup aux peines et aux blessures de l\u2019enfance.Et à la question des origines.Bota, né d\u2019un père noir et d\u2019une mère blanche, explore sa relation avec sa mère.Vincent, le médecin, explique ses choix de vie par les carences dont il a souffert durant son enfance.L\u2019Afrique, en toile de fond tout au long de la pièce, agit comme point d\u2019ancrage et symbole de ce retour aux origines.Mais c\u2019est aussi le lointain point de départ de ce texte.Au début des années 90, des artistes de différents pays francophones et africains ont remonté le fleuve Congo et son affluent, l\u2019Oubangui, jusqu\u2019à Bangui, capitale de la République centrafricaine.Cinq Québécois y étaient, dont Daniel Meilleur et Lise Vaillancourt.«Je retrouve ça, bien indirectement, dans cette pièce-là, dit le metteur en scène.Lise elle-même ne s\u2019en était pas rendu compte.Ce voyage-là nous a tellement troublés.On est revenus sous le choc.Qu\u2019est-ce que tu fais de toutes ces rencontres-là?De cette beauté, de cette misère, de ces injustices, de cette force et de cette grandeur?Là, il y a des morceaux qui commencent à sortir.» Tout est encore possible, du 3 au 21 novembre au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.LISE VAILLANCOURT ET DANIEL MEILLEUR / Tout est encore possible Pour la suite du monde Tout est encore possible, c\u2019est d\u2019abord quatre histoires à dormir debout.Des récits aux contours fantastiques que la dramaturge Lise Vaillancourt a rassemblés en une fable métaphysique sur les origines.Tentatives d\u2019éclaircissement.ENTRÉE EN SCÈNE TOUT EST ENCORE POSSIBLE, du 3 au 21 novembre au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.ANGEL, du 3 au 7 novembre à La Chapelle.LES SORCIÈRES DE SALEM, du 3 au 8 novembre au Monument-National.VROOM! , du 5 au 7 novembre aux Écuries.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Sept tableaux mettant en scène quatre personnages forment la nouvelle pièce de Lise Vaillancourt.Le metteur en scène Daniel Meilleur l\u2019admet, ce spectacle affiche son parti pris pour le fantastique.«On est dans l\u2019improbable », affirme-t-il.L\u2019Afrique, en toile de fond tout au long de la pièce, agit comme point d\u2019ancrage et symbole de ce retour aux origines.Mais c\u2019est aussi le lointain point de départ de ce texte.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 21 500, rue Sherbrooke Ouest Métro McGill / 514.499.5087 lotoquebec.com/espacecreation En collaboration avec exposition 30 septembre au 6 décembre 2009 robert charlebois, marie chouinard, alaincousineau, rené richardcyr, claude dubois, marcHervieux, marie Laberge, Jean Lapierre, Kent nagano, marinaorsini, Jean-claude poitras, stéphane Quintal, marie saint pierre, michel tremblay, sophie Faucher et Françoise Faucher, andrée Lachapelle et andré melançon, Fabienne Larouche et michel trudeau, Ginette noiseux et Jean-marc eustache, Jean-pierre charbonneau, Liza Frulla et marie Grégoire Crédits photos : 1.photos SRC, 2.André Pichette, 3.Pierre Dury, 4.Jimmy Hamelin, 5.photo TVA 1 4 3 2 1 5 2007073A 1719713A Grande visite deMadagascar Jusqu\u2019au 15 novembre seulement 14 et 15 novembre Participez au RALLYE DES COULISSES Découvrez les secrets du Biodôme ! 1777617A 1777625 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE Tous les samedis dans CE QU\u2019ON A VU, CE QU'ON EN PENSE.ALEXANDRE VIGNEAULT CRITIQUE On peut sortir un gars du bois, mais on ne peut pas sortir le bois du gars.Cliché grossier?Tout à fait.Mais on n\u2019en est pas à une idée reçue près lorsqu\u2019on se trouve face à Scotstown.Les préjugés et les lieux communs, c\u2019est même la matière première de ce drôle et astucieux solo que l\u2019auteur et comédien Fabien Cloutier reprend ces jours-ci à La Licorne.Scotstown se présente comme une suite de récits, dont le premier a été créé il y a quelques années dans le cadre des soirées de Contes urbains.Son narrateur, un gars sans doute trop commun pour mériter une identité propre, n\u2019a pas de nom.Il vient de Scotstown, mais pourrait aussi avoir grandi dans un quartier populaire de Montréal ou à Hérouxville.Son look?T-shirt aux manches coupées avec un orignal imprimé sur le devant.Ses goûts musicaux?Du métal, I Love Rock\u2019n Roll et «la toune de Rocky ».Il n\u2019a pas d\u2019autre jobs que de vendre du pot et pas vraiment d\u2019autres occupations que de boire de la bière.L\u2019archétype du gars pas trop cultivé qui, s\u2019il va facilement vers l\u2019autre, est prompt et sans nuance dans ses jugements.Scotstown n\u2019a pas été sculptée dans la langue de bois.Fabien Cloutier use d\u2019une langue volontiers vulgaire et ne se laisse intimider par aucun tabou.Ici, une fille ronde, c\u2019est une grosse, les adjectifs qualificatifs sont souvent des mots d\u2019église et la Beauce est un arrière-pays peuplé d\u2019alcooliques qui n\u2019a aucune chance de souffrir de l\u2019exode des cerveaux.Scotstown explore le rapport à l\u2019autre, à l\u2019étranger (qu\u2019il soit russe ou d\u2019origine africaine) et à celui qui est différent de soi.L\u2019autre qu\u2019on juge sans connaître, l\u2019autre qu\u2019on craint sans raison ou l\u2019autre qu\u2019on peut trouver d\u2019emblée vulgaire, à la limite haineux, avant d\u2019avoir écouté tout ce qu\u2019il avait à dire.Comme le narrateur de ces contes.À l\u2019aise avec la dérision comme avec l\u2019ironie, l\u2019auteur montre les choses en surface et, petit à petit, amène le spectateur à voir au-delà des apparences.Ce n\u2019est pas son personnage qui change au fil de ses histoires d\u2019une banalité rocambolesque, mais le regard qu\u2019on pose sur lui.La verdeur de son langage fait rire et même parfois pleurer de rire.Pas parce qu\u2019il ose dire tout haut ce que bien des gens pensent tout bas, mais parce que c\u2019est un conteur-comédien extrêmement habile, conscient de ses excès comme de ses effets.On s\u2019amuse de ses clins d\u2019oeil décapants à la culture populaire (il se moque du fameux «take a kayak» de Céline Dion et des ballades de Boom Desjardins) ou plus bourgeoise (l\u2019émission Curieux Bégin).Puis, on est saisi par des scènes qui abordent, l\u2019air de rien, le suicide chez les jeunes hommes, le détournement de mineurs et la pollution de l\u2019eau.Ce spectacle aux contours grossiers est en fait d\u2019une grande finesse.Scotstown, jusqu\u2019au 7 novembre, à La Licorne.SCOTSTOWN Fine grossièreté JEAN SIAG Grégoire Callies dirige le TJP depuis plus de 10 ans avec toujours le même souci d\u2019intéresser\u2026 les adultes.«Je veux que les parents soient aussi touchés que les enfants, explique-t-il.Ce que j\u2019espère toujours, c\u2019est qu\u2019ils en parlent avec leurs enfants le soir en mangeant du saucisson.Si le parent s\u2019est ennuyé, il n\u2019y aura pas de suite.» L\u2019auteur de La petite Odyssée ne manque pas d\u2019ambition.Sa pièce de 55 minutes commence auMoyenÂge et se terminequatre siècles plus tard.Le résumé de la pièce peut surprendre.«Une jeune orpheline, Odyssée, entreprend avec son ami Bernie la traversée des siècles en suivant l\u2019évolution des idées, de l\u2019art, de la musique, croisant sur son passage Léonard de Vinci, Montaigne, Diderot, Rousseau, Beaumarchais, Delacroix\u2026» Est-ce bien d\u2019une pièce pour enfants dont il s\u2019agit?Car, faisje remarquer à GrégoireCallies, par chez nous, Montaigne, Rousseau, Diderot\u2026 ce n\u2019est qu\u2019au cégep (et encore\u2026) que nous faisons leur connaissance.À 7 ou 8 ans, les références littéraires ou musicales de nos enfants peuvent être variées, mais elles incluent rarement les artistes et les penseurs du XVIIIe siècle\u2026 «Bien sûr, c\u2019est pareil en France.Mais je refuse d\u2019imaginer ce que mon enfant de 7 ans a dans la tête, nous dit Grégoire Callies.Je ne sais pas tout ce qu\u2019il peut attraper.Je ne trie pas la musique pour lui, je ne trie par les expos que je vois avec lui.Comme je refuse de croire qu\u2019il y a un vocabulaire particulier pour les enfants et pour les adultes.» Callies convient que les enfants ne retiennent pas nécessairement le nom des personnages ni où ils se situent exactement dans le continuum de l\u2019histoire.Mais le plus important, selon lui, c\u2019est qu\u2019ils comprennent le sens de ce qui se joue.Après plus de 150 représentations, en France et en Espagne, il est catégorique: «Les enfants pigent.» Avec le mar ionnet tiste chinois Yeung Faï, Grégoire Callies entreprend donc de nous raconter l\u2019histoire de cette jeune Odyssée, qui doit d\u2019abord faire un choix: ou bien elle épouse l\u2019aubergiste de son village et suit son destin (tracé d\u2019avance), ou elle se déguise en garçon et prend la route, à la manière de Jeanne d\u2019Arc.C\u2019est évidemment ce dernier scénario qu\u2019elle choisira.Durant leur périple à travers les siècles, Odyssée et Bernie cherchent d\u2019abord à se nourrir et à se loger.C\u2019est, pour ainsi dire, leur principale préoccupation.Puis, en cours de route, ils apprennent à lire, à écrire.Petit à petit, au détour des personnes qu\u2019ils croisent, ils réalisent qu\u2019ils doivent acquérir quelques connaissances pour survivre.«La rencontre de Montaigne et d\u2019Henri IV à Paris, en pleine guerre de religion, c\u2019est pour moi un prétexte pour parler de tolérance.Quand Odyssée et Bernie croisent Diderot et Rousseau, ils se font dire: ce n\u2019est pas nécessaire d\u2019apprendre, tenez-vous à distance\u2026 Mais ils leur répondent: nous ne voulons pas! À l\u2019époque, c\u2019est Voltaire qui disait: le jour où le peuple saura lire et écrire, on aura des problèmes.» En fin de compte, nous dit Grégoire Callies, si la pièce peut donner envie aux enfants d\u2019ouvr ir un bouquin de Delacroix, de feuilleter un livre de Léonard de Vinci, ce sera gagné.«Ce que je dis, c\u2019est : éteignez vos ordinateurs, laissez de côté vos amis Facebook.N\u2019acceptez pas le superficiel qui nous entoure.Je veux donner des armes aux enfants.Par la connaissance, l\u2019esprit critique, le libre arbitre.» La petite Odyssée, du TJP de Strasbourg.À la Maison Théâtre du 4 au 15 novembre, puis à Québec, du 16 au 29 novembre, et Alma, du 30 novembre au 4 décembre.Pour les enfants de 7 à 12 ans.LA MAISON THÉÂTRE/La petite Odyssée Invitation au voyage Le Théâtre jeune public (TJP) de Strasbourg arrive à la Maison Théâtre avec ses marionnettes à gaine chinoises dans le premier volet d\u2019une grande fresque historique qui commence au Moyen Âge.Un spectacle pour adultes\u2026 et aussi un peu pour enfants.PHOTO LOUISE LEBLANC, COLLABORATION SPÉCIALE Dans Scotstown, l\u2019auteur et comédien Fabien Cloutier explore le rapport à l\u2019autre, à l\u2019étranger (qu\u2019il soit russe ou d\u2019origine africaine) et à celui qui est différent de soi.PHOTO FOURNIE PAR LA MAISON THÉÂTRE Les marionnettes à gaine de La petite Odyssée \u2013 qui mesurent environ 45 cm chacune \u2013 ont été fabriquées par le Chinois Yeung Faï, qui en manipule quelques-unes avec trois autres marionnettistes.«Je refuse de croire qu\u2019il y a un vocabulaire particulier pour les enfants et pour les adultes.» MOTS CROISÉS DES ARTS SOLUTION de la semaine dernière 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 NH 1659 HORIZONTALEMENT 1 Roman de Janette Bertrand \u2013 Usage injustifié de quelque chose.2 Dans le titre d\u2019un roman de Gabriel Garcia Marquez \u2013 Interpénétration.3 Dans le titre d\u2019une série mettant en vedette Guy A.Lepage \u2013 Initiales de l\u2019actrice Huppert \u2013 Sert à attirer l\u2019attention.4 Il chantait Marie-Hélène \u2013 Crie, en parlant du chevreuil.5 Phase d\u2019une évolution \u2013 Amoureuse.6 Temps civil du méridien de Greenwich \u2013 Il est inaltérable à l\u2019air.7 Unité d\u2019équivalent de dose \u2013 Initiales de l\u2019animateur de Découverte \u2013 Prénom de l\u2019auteur des Plouffe.8 Prénom d\u2019un animateur des Francs-tireurs \u2013 Impressionné.9 Treillis d\u2019osier à claire-voie \u2013Mises en ordre.10 Il est employé comme solvant \u2013 Terme d\u2019anthropologie \u2013 Initiales de la comédienne Sorgini.11 Ondée \u2013 .Brocoli.12 Poudre utilisée en dermatologie \u2013 Écrasées par accident.VERTICALEMENT 1 Mimi, dans La galère \u2013 Temps fort de la mesure, dans le rock.2 Éparpiller \u2013 Réseau de télévision.3 Mit sans précaution \u2013 Prénom de l\u2019interprète de Jacques Laroche dans De père en flic.4 Raymond Queneau en est l\u2019un des fondateurs \u2013 Chanteur français prénommé Julien.5 Tirée du néant \u2013 Grandes voitures décorées.6 Pièce de charpente \u2013 Initiales d\u2019un des comédiens qui jouent dans Tout sur moi.7 Il a joué dans Cinéma Paradiso \u2013 Brame.8 Auteur dramatique, scénariste et acteur américain né en 1943 \u2013 Ville du Mali.9 Initiales du comédien Millaire \u2013 Film de Howard Hawks (.Bravo) \u2013 Prénom de l\u2019interprète d\u2019Adrian dans Monk.10 Richard ou Romane .\u2013 Négation.11 Épuisées \u2013 Rôle de Marina Orsini dans Les filles de Caleb.12 Répandue \u2013 Européens.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 D U F O R T D E N I S 2 E N A V A N C E E M U 3 T I R E N T S E R G E 4 O S T G A C R E D 5 U S E S A C H E F I 6 R O S E A N N A T A N 7 N P O T E M K I N E 8 A C O R E P A R E 9 C O U R T I S R A E L 10 I M I T E E S E D E 11 E I R E P A N N E A U 12 R S R A I R E S U R NH 1658 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 22 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 1 O C T O B RE 20 0 9 cyberpresse.ca/reseauscenes Réseau Scènes 18 salles de spectacle 1992651 En spEctaclE cEttE sEmainE sur scènE près dE chEz vous ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS JOCELYNE LEPAGE La maison de la culture Frontenac est l\u2019une des huit maisons à recevoir la visite d\u2019une quinzaine de jeunes artistes de l\u2019est du Québec.C\u2019est la seule qui présente une exposition collective en même temps qu\u2019un solo réservé au photographe Steve Leroux.Pour l\u2019exposition collective regroupant 11 artistes, le commissaire Bernard Lamarche, du Musée de Rimouski, a eu l\u2019idée d\u2019intégrer cinq artistes de Montréal aux côtés des six invités du Bas-du-fleuve.Résultat: qu\u2019ils soient des grandes villes ou des régions, les jeunes partagent les mêmes préoccupations, le même savoir et les mêmes outils, aussi bien l\u2019installation que la photographie, la peinture et la vidéo.Les préoccupations sont surtout d\u2019ordre écologique, dans un sens large.Prenons, par exemple, une oeuvre assez éloquente de Jean-Philippe Roy.Sur un morceau de bois sortant du mur et portant des restes de lettrage, deux minuscules arbres ont poussé.On pense ici à la manière dont nous avons traité nos forêts.Le jeune sculpteur a droit aussi à une exposition individuelle à la maison de la culture Côte-des-Neiges.Même souci pour la nature chez Maryse Goudreau, dont on retient la photo de ce que l\u2019on croit être un canyon gigantesque, en réalité un tout petit ruisseau.De son côté, Josée Landry- Sirois f rappe par dessin horizontal très long, sorte de paysage cosmique sur fond noir traversé par un code secret comme si le monde était sens dessus dessous.(Elle expose aussi à la maison de la culture Mont-Royal.) Dans un autre registre, c\u2019est de dégénérescence humaine qu\u2019il s\u2019agit chez cette jeune femme, Magalie Comeau, qui peint délicatement ce qui semble être, de loin, un paysage abstrait de cristaux de glace.Quand on examine la chose de plus près, des formes organiques un peu sanglantes semblent prises au piège glacé.Dégénérescence aussi dans les photos de Sylvie Moisan, dans lesquelles on reconnaît les formes humaines par un petit bras qui sort d\u2019une masse de chair, et par la couleur chair de la masse.Les écrans blancs de Leroux Steve Leroux occupe à lui seul une grande salle avec plusieurs photos sur un seul thème : les écrans de cinéparcs.C\u2019est étonnant ce qu\u2019il peut en tirer comme commentaires sociaux sur cette espèce en voie de disparition, et comme plans de tableaux abstraits.Écrans blancs sur fond de ciel laiteux, écrans blancs comme des voiles de bateaux, blanc sur blanc comme dans les monochromes.Cette série se termine par une sorte d\u2019apothéose où toutes les photos sont rassemblées dans une seule photographie géante \u2013 on se demande comment il a réussi cet exploit.La photo géante se présente comme une grille qui semble faire 180 degrés.À découvrir.Confluences constitue le volet art contemporain de l\u2019invitation du réseau Accès culture de la Ville de Montréal faite aux artistes du Bas-Saint- Laurent, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.Y sont aussi invités des gens du théâtre, de la chanson, du conte et de la musique.Confluences, dans huit maisons de la culture.Exposition collective et Steve Leroux à Frontenac, jusqu\u2019au 29 novembre.Josée Landry- Sirois au Plateau-Mont- Royal, jusqu\u2019au 15 novembre.Toutes les autres expositions individuelles prennent fin le 29 novembre.Virginie Chrétien à Pointe-aux-Trembles ; Émilie Rondeau à Montréal-Nord; Ariane Lord à Maisonneuve ; Louis-Philippe Côté et Virginie Laganière à Notre-Dame-de- Grâce, Jean-Philippe Roy à Côte-des-Neiges.EXPO COLLECTIVE / Confluences Un air marin souffle sur Montréal Les maisons de la culture accueillent plusieurs jeunes artistes du Bas- Saint-Laurent et de la Gaspésie.Un air marin souffle sur Montréal, décoiffant les préjugés à l\u2019égard de l\u2019art dit régional.Et c\u2019est Montréal qui a fait les invitations, à la grande surprise des invités.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Les oeuvres teintées de préoccupations écologiques de Josée Landry-Sirois (au mur) et de Jean-Philippe Roy, à la maison de la culture Frontenac.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 1 O C T O B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 23 1920 dans l\u2019art moderne canadien 1950 Bertram Brooker, torse (détail), 1937.Huile sur toile, 61,6 x 45,7 cm.musée des Beaux-arts du canada Du 8 octobre 2009 au 3 janvier 2010 Parc des Champs-de-Bataille, Québec 418 643-2150/1 866 220-2150/www.mnba.qc.ca 1912012A 1912020 Dans le cadre de l\u2019exposition J.W.Waterhouse: Présentation spéciale du film Out of Our Minds (OOOM) de Melissa Auf der Maur et de Tony Stone En présence de Melissa Auf der Maur Le samedi 31 octobre à 13h30 Auditorium Maxwell-Cummings | 1379, rue Sherbrooke Ouest Entrée libre* * Le nombre de places est limité.Les places sont attribuées sur la base du premier arrivé, premier servi.2 octobre 2009 \u2013 7 février 2010 CETTE EXPOSITION EST ORGANISÉE PARLEGRONINGER MUSEUM, AUX PAYS-BAS, AVEC LA COLLABORATION DE LA ROYAL ACADEMY OF ARTS, À LONDRES, ET DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL.J.W.Waterhouse, Le cercle magique (détail), 1886.Londres, Tate Gallery.Purchased by the Trustees of the Chantrey Bequest, 1886.Photo©Tate, Londres 2008 Nocturnes les mercredis, jeudis et vendredis soirs jusqu\u2019à 21 h Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins** **Accompagnés d\u2019un adulte.Non applicable aux groupes.Horaire des visites commentées disponible sur mbam.qc.ca/waterhouse 1971731A 24 A R T S E T S P E C T A C L E S ARTS ET SPECTACLES ROCK JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Vis vite.Meurs jeune.Ton cadavre sera plus beau.» Ce célèbre proverbe turc pourrait bien s'appliquer aux martyrs du rock, qui hantent la légende depuis plus d'un demi-siècle.De Buddy Holly à Kurt Cobain, en passant par Jimi Hendrix, Jim Morrison, Sid Vicious, Ian Curtis ou Jeff Buckley ils sont plusieurs à être tombés au combat, fauchés en pleine gloire, dans des circonstances parfois spectaculaires, laissant comme seul héritage une poignée de disques-cultes et une certaine impression d'immortalité.« Les morts de rockeurs nous fascinent parce que ce sont des trajectoires à la Arthur Rimbaud, résume Bruno de Stabenrath, auteur du Dictionnaire des destins brisés du rock (Éditions Scali), qui recense une centaine de décès de musiciens.On a l'impression qu'ils ont livré leur message, qu'ils ont connu un succès rapide et qu'après, ils sont morts.Leur jeunesse est en quelque sorte fixée pour l'éternité.Leur voix aussi, puisqu'elle a été gravée sur disque.» Mais attention, précise l'écrivain : ce n'est pas parce qu'on meurt prématurément, et de façon extrême, que l'on devient une légende.« Il n'y a de grands rockeurs morts que s'il y a de grandes chansons, lance-t-il.Le mythe d'un musicien est généralement à la hauteur de son oeuvre.» Halloween oblige, La Presse réveille aujourd'hui les fantômes.Voici une vingtaine de morts « rock » plus ou moins célèbres, qui ont frappé l'imaginaire et nourri la légende.Accidents, surdoses, suicides, meurtres.en avant la musique! C o n t r o v e r sé Bien sûr il y a eu Ian Curtis de Joy Division.Michael Hutchence d'INXS.Ou Pete Ham de Badfinger.Mais le plus célèbre suicidé du rock reste encore Kurt Cobain, chanteur de Nirvana, qui se tire une balle dans la tête le 8 avril 1994, alors que son groupe est au sommet.Dans les années qui suivent, les rumeurs les plus folles circulent sur sa mort.On affirme que Cobain aurait été victime d'un meurtre commandité par sa femme Courtney Love.En effet, comment aurait-il pu appuyer sur la détente, considérant les phénoménales quantités d'héroïne absorbées ce soir-là?.Ouais, bon.Divisées en trois parts égales, ses cendres reposent aujourd'hui dans un temple bouddhiste new-yorkais, au fond de la rivière Wishkah dans l'État de Washington, et chez sa Love de veuve.A é r i en Attention, la liste est longue.Depuis le célèbre écrasement d'avion le 3 février 1959, qui a emporté d'un seul coup les P H O T O P C Kurt Cobain John Lennon prometteurs Ritchie Valens, The Big Popper et Buddy Holly, on ne compte plus les rockeurs qui ont péri à bord d'un avion.C'est ainsi que le ciel nous a pris Otis Redding (ainsi que quatre de ses musiciens), la chanteuse R'n'B Aaliyah (2001) quatre membres du groupe de rock sudiste Lynyrd Skynyrd (1977) et le guitariste Randy Rhoads (1982), qui avait été invité à « faire un tour » par son chauffeur cocaïnomane.Mais la palme, ou plutôt la pale, revient au guitar hero Stevie Ray Vaughan, dont l'hélicoptère s'est écrasé sur une montagne, le 27 août 1990.Le pilote connaissait mal la région.G o t h i q u e La radicale scène black métal norvégienne n'a jamais fait les choses à moitié.En août 1993, après avoir commandé l'incendie de plusieurs églises et prélevé des bouts de cervelle d'un de ses amis fraîchement suicidé (il a prétendu les avoir mangés) le chanteur du groupe Mayhem, Euronymous, a été poignardé 23 fois par un certain Burzum, son propre bassiste.Accusé, ce dernier a justifié son geste en affirmant que sa victime était un « homosexuel, un communiste et un traître à la cause black métal ».Il purge actuellement une peine de 21 ans de prison et serait a t t e n d u de pied ferme par les fans d'Euronymous, qui ont juré de lui faire payer son crime.D a n s la s é r ie «morts violentes», mentionnons aussi John Lennon, Sam Cooke, Peter Tosh, le rappeur Notorious BIG et Marvin Gaye, tous tués par balle (ce dernier par son propre père) ainsi que la chanteuse Selena, assassinée par la présidente de son fan club.A b s u r d e On pourrait vous parler de Jimi Hendrix, John Bonham (Led Zep) ou Bon Scott, tous trois étouffés dans leur vomi.Mais leur disparition est assurément moins absurde que celle de Terry K a t h s , fondateur du groupe Chicago, mort en jouant à la roulette russe.Il était convaincu que le pistolet n'était pas chargé.Ou encore celle de Sonny Bono (Sonny & Cher), mort en ski après avoir percuté un arbre.Encore plus surréaliste, celle de Jeff Porcaro, batteur du groupe Poco, mort empoisonné.Toxicomane fini, il aurait tenté d'inhaler des insecticides.On l'a retrouvé raide au fond du jardin, au pied de son barbecue.F l a m b o y a n t ( 1 ) Icône du folk-rock, amant d'Emmylou Harris et ancien membre des Flying Burrito Brothers, le brillant Gram Parsons dilue son talent dans la dope.Le 13 septembre 1973, les mauvais anges ont finalement raison de lui.Après l'enregistrement de ce qui sera son album posthume (Grevious Angel), le chanteur se réfugie dans 1 P H O T O A P Jimi Hendrix P H O T O B L O O M B E RG Dennis Wilson le bled de Joshua Tree, près de Yucca Valley, où il succombe à une surdose de tequila et de morphine.L'épisode suivant relève de la fiction.Alors que son corps est sur le point d'être rapatrié à Los Angeles, son ami et manager Phil Kaufman vole sa dépouille à l'aéroport et, pour honorer un pacte scellé entre eux, la fait brûler dans le désert.F l a m b o y a n t ( 2 ) Mourir sur scène?Plusieurs artistes en rêvent.Mais dans la réalité, la chose n'a rien de si romantique.Parlez-en au chanteur Ty Longley, du groupe heavy métal Great White, mort brûlé vif après qu'un incendie se fut déclaré en plein milieu d'un spectacle.Ce drame a fait 93 autres victimes.A q u a t i q u e Le rock est plus lourd que l'eau.Donc il coule.Premier guitariste des Stones, Brian Jones, se noie dans sa piscine, en 1969.On sait aujourd'hui que cet accident n'en serait pas tout à fait un (on l'aurait « aidé »).En 1983, le batteur des Beach Boys Dennis Wilson, fin soûl, plonge dans le Pacifique pour récupérer une pièce de monnaie.Il ne remontera jamais à la surface.Ironique : c'était le seul membre du groupe qui savait vraiment surfer! Le 29 mai 1997, trois ans après la sortie de son seul album (Grâce) le chanteur Jeff Buckley entre à son tour dans la légende en disparaissant dans les eaux du Mississippi.On ne retrouvera son corps que cinq jours plus tard.Appelons ça le mauvais sort : son père Tim Buckley, aussi chanteur, avait succombé 22 ans plus tôt à une surdose d'héroïne.Et a u Q u é b e c?Nous avons aussi nos fantômes.Ils sont moins nombreux, mais dans certains cas, pas moins spectaculaires.On pense bien sûr \u2022 MWÊ.JBF^ÊÛÛÛÛÛ\\ A Dédé Fortin, dont le I /jËÈdmÉÈ^ hara-kiri dépasse encore l'entendement (en passant, le chanteur américain Elliot Smith s'est enlevé la vie de la même façon).Au chanteur Alex Soria (du groupe alternatif The Nils), écrasé par un train un soir de 2004, et, dans un registre plus « film noir », à la chanteuse Colette B o n h e u r , morte aux Bahamas en 1966, dans de douteuses circonstances.Officiellement, son décès serait attribuable aux barbituriques.Mais certains prétendent que quelqu'un aurait sciemment augmenté la dose.I L S S E S O N T A U S S I S A C R I F I É S.Jim Morrison (crise cardiaque) Janis Joplin (surdose d ' h é r o ï n e) Sid Vicious (surdose d'héroïne) Mama Cass (surdose) Freddie Mercury (sida) Elvis Presley (crise cardiaque) Keith Moon (surdose d e m é d i c a m e n t s ) Gene Vincent (alcoolisme) S o u r c e : Wikipedia, Le dictionnaire du rock, Le dictionnaire des destins brisés du rock.PHOTO MARTIN CH AMBERLAND, LA PRESSE Dédé Fortin."]
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