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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus - Forum
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2010-01-30, Collections de BAnQ.

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[" NOTRE PÉTROLE L\u2019ÉDITORIAL D\u2019ANDRÉ PRATTE PAGE 6 PLUS FORUM GRANDS REPORTAGES, ANALYSES QUIZ Testez vos connaissances sur l\u2019actualité sur cyberpresse.ca/quiz BLOGUE Partagez votre opinion avec nos éditorialistes sur cyberpresse.ca/edito CHAPLEAU Voyez les caricatures de janvier de Serge Chapleau sur cyberpresse.ca/chapleau Il y a l\u2019alcoolisme, le jeuetles drogues.Mais les psychologues voient aussi depuis peu arriver des cas graves de cyberdépendance.La Presse a visité le premier centre de désintoxication en Amérique du Nord destiné spécifiquement aux gens pour qui le monde virtuel s\u2019est transformé en problème bien réel.UN DOSSIER D\u2019ÉMILIE CÔTÉ PAGES 2 À 5ET8 GRAPHISME ET ILLUSTRATION KEVIN MASSÉ, LA PRESSE ÊTES-VOUS ACCRO AU WEB ?FAITES LE TEST PAGE 8 MONTRÉAL SAMEDI 30 JANVIER 2010 8400, 2e Avenue Montréal (Québec) Canada H1Z 4M6 Tél.: 514-723-7646, poste 6829 Photo : Oxfam 2010 ONE DROP est une initiative de Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil ®.Nom:________________________ Prénom:________________________________ Adresse: _____________________________________________________________ Numéro de téléphone: ________________________________________________ Courriel: ___________________________________________________________ Montant du don: _______________$ Par chèque à l\u2019ordre de ONE DROP Par carte de crédit: Visa MasterCard Amex Numéro de carte de crédit: ____________________________________________ Date d\u2019expiration: ____________________________________________________ POuR faiRE uN DON PaRlaPOstE: l\u2019Eau, sOuRcE DE REcONstRuctiON faitEs uN DON! agissONs tOus POuR l\u2019Eau.cONcRètEmENt.Lorsque les caméras du monde auront braqué leurs objectifs sur d\u2019autres tragédies, l\u2019eau demeurera au coeur des actions à entreprendre pour assurer la survie de communautés dévastées par le puissant séisme.Le Projet Ha ti de ONE DROP, développé de concert avec Oxfam-Québec, visera à fournir un accès durable à l\u2019eau et à l\u2019assainissement à des milliers d\u2019Ha tiens.Autant de conditions essentielles à la construction d\u2019un avenir meilleur pour les générations futures.l\u2019Eau POuR tOus, tOus POuR l\u2019Eau ONEDROP.org 10 PLUS ACCROS DU WEB ÉMILIE CÔTÉ FALL CITY, en banlieue de Seattle \u2014 ReStart est situé au milieu des bois, pas très loin de Seattle, au pied des montagnes de l\u2019État de Washington.Autour de la maison, baptisée Heavensfield, il y a une fermette, un jardin, une salle de relaxation, un mur d\u2019escalade et des sentiers dans les bois.Mais surtout, il n\u2019y a aucun ordinateur.Nous sommes dans un centre de désintoxication pour les accros du web.«Ici, on se sent loin de tout, et tout est fait pour qu\u2019on aie envie d\u2019aller dehors », explique Cosette Dawna Rae, propriétaire de la maison.ReStart est le premier -et seulcentre en Amérique du Nord destiné aux gens qui souffrent de cyberdépendance.On peut y accueillir des patients accros aux jeux en ligne, au chat, aux achats sur eBay ou encore au BlackBerry.«Tout cela a le potentiel de créer une dépendance, et cette dépendance peut faire des ravages», indique la Dre Hilarie Cash, qui a fondé le centre avec Mme Rae.La psychologue s\u2019intéresse à la dépendance à l\u2019internet depuis 1994.«Mon premier client jouait à Donjons et dragons.Ma deuxième était une femme mariée qui avait une aventure extraconjugale en ligne», raconte l\u2019auteure du livre Video Game&Your Kids.Quant à Mme Rae, elle a travaillé en programmation, est devenue conseillère et éducatrice en informatique, puis thérapeute.«Je parlais à des familles.Un de mes clients n\u2019allait pas à l\u2019école depuis trois ans parce qu\u2019il jouait à World of Warcraft.» Elle a aussi rencontré un jeune adulte qui avait abandonné ses études et qui ne quittait pratiquement plus sa chambre.«Tellement qu\u2019il a pris du poids et qu\u2019il a fait des plaies de lit, raconte-t-elle.La population en général ne sait pas à quel point la cyberdépendance peut être un problème.» «Je ne peux pas croire que notre enfant s\u2019est rendu là », confient des parents.Au début, le jeune semble sage.Son père et sa mère sont rassurés de le voir dans sa chambre devant son portable plutôt que dehors à faire des mauvais coups.Mais à la longue, les parents deviennent frustrés de voir leur enfant hypnotisé par un ordinateur.«Ils le confisquent à leurs enfants et c\u2019est là qu\u2019ils voient qu\u2019il y a un problème.Leur enfant pique une crise et leur dit que sa vie sera gâchée sans ordinateur», explique la Dre Cash.D\u2019un essai gratuit à la désintox ReStart a ouvert ses portes au mois d\u2019août dernier.Depuis son ouverture, le centre a accueilli sept patients mais reçu des centaines d\u2019appels.Le premier était un jeune de 19 ans, Ben Alexander, que nous avons interviewé.Tout a commencé par une publicité: essai gratuit de 10 jours.Ben a décidé d\u2019essayer le jeu World of Warcraft (WoW), un jeu dit «de rôle en ligne massivement multi-joueurs» (connu sous l\u2019acronyme anglais MMORPG), qui se déroule dans un univers médiéval fantastique.Les joueurs de partout sur la Terre ont un avatar et interagissent entre eux.Ils évoluent dans un monde virtuel qui n\u2019a pas de fin et qui continue à exister lorsqu\u2019ils ne sont pas connectés.Ce n\u2019est pas comme un jeu dont on doit franchir des étapes.«Le jeu te récompense quand tu joues beaucoup.Plus tu joues, plus ton personnage est bon.Et les gens te respectent quand tu es bon, explique Ben.C\u2019est très social.On clavarde avec les autres joueurs.» Ben a commencé à jouer durant l\u2019été, avant ses études au collège.Mais à la fin, il jouait presque 17 heures par jour dans sa chambre, à la résidence de l\u2019Université de l\u2019Iowa.«Je mangeais un ou deux repas par jour et je jouais jusqu\u2019à ce que je m\u2019endorme sur mon clavier, raconte-t-il.J\u2019ai réalisé que c\u2019était un problème quand mes professeurs m\u2019ont dit que j\u2019allais échouer.L\u2019école avait toujours été importante pour moi.Je veux faire de la recherche en biologie.» Le jeune Américain a demandé de l\u2019aide à ses parents, qui habitent au Colorado.Il a fait plusieurs thérapies, pour finalement aboutir à ReStart.Aujourd\u2019hui , Ben Alexander, timide de nature, a compris : «Pour moi, socialiser en ligne était plus facile que dans la vraie vie.Je me sentais moins vulnérable, confiet- il.Le jeu n\u2019était pas la source du problème.C\u2019était un symptôme.Cela aurait pu être autre chose.» Ben travaille actuellement dans un centre de ski au Colorado.Il utilise toujours l\u2019ordinateur, mais il ne joue plus à WoW.Il a beaucoup apprécié sa thérapie à ReStart, dans la famille de Cosette.Cela vaut-il 14 500$?Ben croit que oui: «Ça vaut la peine.Si tu regardes d\u2019autres programmes, ce n\u2019est pas cher.Tu paies pour avoir ta vie en retour.» Oui, les 45 jours de thérapie à ReStart coûtent 14 500$.Le centre, qui accueille un maximum de six patients en même temps, a eu beaucoup d\u2019attention médiatique \u2013 dont un article dans le Journal de l\u2019Association médicale canadienne \u2013, mais il a aussi essuyé beaucoup de critiques de la part de la communauté scientifique.Un «nouvel animal » Le Centre Dollard-Cormier mène présentement des recherches sur la cyberdépendance.La directrice scientifique Louise Nadeau est contre l\u2019idée d\u2019un centre privé comme ReStart.«Si demain matin je voulais devenir riche, j\u2019ouvrirais un centre », lance-t-elle.Selon Mme Nadeau, il faut être prudent dans le traitement de la cyberdépendance, car c\u2019est «un nouvel animal» dont on ne saisit pas encore toute la complexité.«La première fois que j\u2019en ai entendu parler, c\u2019était par un collègue de Paris, Marc Valeur, raconte-t-elle.Il avait comme patient un jeune de 22 ans qui jouait à World of Warcraft et qui était enfermé dans sa chambre depuis deux ans.Il était coupé de la réalité et de toute forme de socialisation.Il parlait de ses avatars comme de vrais personnages avec un langage moyenâgeux.» En Chine, un jeune homme obèse de 26 ans est même mort en jouant à WoW.Pendant la relâche du Nouvel An, il a fait un marathon en ligne d\u2019une semaine et son coeur a lâché.«Mais des cas comme ça, il y en a très peu», souligne Louise Nadeau.ÉMILIE CÔTÉ Nancy Roy, conférencière sur les dangers du web, veut sensibiliser les gens au phénomène de la cyberdépendance.Selon elle, des parents ne se doutent pas que leur enfant se lève la nuit pour jouer en ligne, et des femmes ignorent que leur mari a quitté son emploi pour passer plus de temps devant l\u2019ordinateur.«Le problème de la cyberdépendance est l\u2019isolement, explique- t-elle.Cela peut mener au décrochage scolaire ou encore au divorce.» Des 40 000 personnes qui ont consulté dans les centres de réadaptation en dépendances du Québec en 2007, seulement une centaine l\u2019ont fait en raison de leur rapport à l\u2019internet.«Ce sont des gens qui se sont présentés dans des centres où l\u2019on traite la dépendance à l\u2019alcool, aux drogues et au jeu, précise Louise Nadeau, directrice scientifique de l\u2019Institut universitaire sur les dépendances du Centre Dollard-Cormier.Le problème, avec la cyberdépendance, c\u2019est qu\u2019on ne sait pas si c\u2019est un trouble mental ou non.» Selon de récentes recherches, il y aurait de 6% à 15% de cyberdépendants chez les internautes.Mais il n\u2019y a pas consensus sur les critères diagnostiques et la question de savoir si on devrait inclure la cyberdépendance dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) ne fait pas l\u2019unanimité.«Qu\u2019est-ce qu\u2019une dépendance?C\u2019est quand on n\u2019est pas capable de s\u2019arrêter dans une conduite.La personne a un sentiment intime de perte de liberté, avec des pensées envahissantes », explique Mme Nadeau, qui est aussi professeure au département de psychologie de l\u2019Université de Montréal.Des alcooliques, par exemple, vont refuser d\u2019aller souper chez des gens qui ne servent pas d\u2019alcool.«Il y a des problèmes concrets, des effets négatifs.Notre femme nous quitte, ça ne marche plus au travail\u2026» La cyberdépendance est plus complexe, car les gens se créent une identité virtuelle sur le web, et cela les valorise.Trouble mental ou non, des gens souffrent, indique la psychologue Sylvie Gagnon, impliquée dans le projet du Centre Dollard-Cormier.«On voit des gens qui sont très conscients que c\u2019est un substitut à leur vie réelle, mais ils sont très investis dans leur vie virtuelle.» «Il y a des gens qui cognent à nos portes, mais nos cliniciens ne sont pas informés, soulignet- elle.On ne connaît pas grandchose sur la cyberdépendance.» «Tu fais juste ça » Zachary (nom fic tif ), un Montréalais de 19 ans, a joué intensément à World of Warcraft pendant quatre ans, mais il a arrêté.«C\u2019est un jeu qui prend bien du temps.C\u2019est un monde infini.Il y a toujours des gens en ligne et tu peux toujours être meilleur.Mais à un moment donné, tu fais juste ça, expliquet- il.Il y a des jours, je pouvais jouer 16 heures.C\u2019était une phase de ma vie, une échappatoire.J\u2019avais quelque chose de plus pour me divertir que de voir mes amis.Aujourd\u2019hui, j\u2019ai un band, j\u2019ai un boulot.» WoW est conçu pour que les joueurs veuillent toujours jouer de plus en plus.Zachary a même vendu un de ses personnages pour 300$.«C\u2019est juste une machine à faire de l\u2019argent.Ils C\u2019est la psychologue américaine Kimberly Yo ung qui est la première à avoir abordé le sujet de la cyberdépendance au congrès de l\u2019American Ps ychological Association, en 1996.Selon elle, il y a trois formes de cyberdépendance: la plus commune est liée à la sexualité;la seconde inclut le jeu en ligne et le clavardage, et la troisième est liée à l\u2019argent (a chats, enchères et poker en ligne).Ce modèle a toutefois été mis en doute par Richard Davis.Selonlepsychologue américain, seulsles jeux en ligneetle clavardage relèvent de la cyberdépendance, car les deux autres types de dépendances existent en dehors de l\u2019internet.GRAPHISME ET ILLUSTRATION KEVIN MASSÉ, LA PRESSE World of Warcraft PROPORTION DE JEUNES QUI ONT RÉPONDU DANS UN SONDAGE QUE LE FAIT DE JOUER EN LIGNE NUISAIT À LEURS TRAVAUX SCOLAIRES.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 0 J A N V I ER 20 1 0 PLUS ACCROS DU WEB Selon une revue de la littérature réalisée par Didier Acier, psychologue et chercheur à l\u2019Institut universitaire sur les dépendances du Centre Dollard-Cormier, entre 0,5% et 2% de la population générale serait atteinte de cyberdépendance.Ce taux serait plus élevé chez les garçons de 14 à 20 ans.Parmi les internautes, la proportion de cyberdépendants se situe entre 6% et 15%.Il n\u2019y a toutefois pas de consensus dans la communauté scientifique quant aux critères diagnostiques.En 2005, parmi les Canadiens âgés de 9 à 17 ans, près de quatre sur 10 (37%) avaient leur propre ordinateur, selon le Réseau Éducation-Médias.Ces jeunes ont passé en moyenne deux fois plus de temps en ligne que les autres.Dans un sondage en ligne mené par l\u2019organisme Jeunesse, j\u2019écoute auprès de 2800 jeunes, 11% des répondants ont dit qu\u2019ils seraient incapables de cesser d\u2019eux-mêmes de jouer en ligne, alors que 59% admettent que cela nuit à leurs travaux scolaires.Chez les garçons, 15% y consacrent plus de 20 heures par semaine, contre 8% chez les filles.La Chine et la Corée du Sud considèrent la cyberdépendance comme un problème majeur de santé publique.On y trouve plusieurs centres de traitement.Peut-on être dépendant des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter ?Les experts ne s\u2019entendent pas sur une limite, et la ligne est mince entre procrastination, dépendance et curiosité malsaine.Il reste que des gens consultent leur profil des dizaines de fois par jour, ce qui nuit à leur vie professionnelle ou à leurs notes à l\u2019école.Il existe aussi des sites pour les accros de Facebook.Annie y confie que, après que son copain l\u2019eut larguée, elle ne pouvait pas s\u2019empêcher d\u2019aller voir le profil de son ex sur Facebook.De son côté, David est réticent à partir dans un chalet sans accès internet parce qu\u2019il a peur de «manquer quelque chose».D\u2019autres ne peuvent pas souper sans leur BlackBerry.Selon un sondage réalisé par Crowd Science, les téléphones augmentent par ailleurs l\u2019utilisation des réseaux sociaux.Près d\u2019un utilisateur de Twitter sur cinq admet qu\u2019il a consulté le site même aux toilettes, et plus de 10% des habitués de Twitter admettent l\u2019avoir fait en conduisant.\u2013 Émilie Côté sortent tout le temps des trucs pour que tu joues plus.» Mais le jeune adulte ne pense pas avoir été complètement accro.«Je savais que je jouais beaucoup et je ne pense pas que c\u2019était une perte de temps.Je vois ça comme un passe-temps, explique-t-il.Il m\u2019est arrivé de ne pas aller prendre une bière avec mes amis pour jouer à l\u2019ordinateur.Ça empiète beaucoup sur la vie sociale.Mais est-ce simplement parce qu\u2019on préfère jouer à l\u2019ordinateur ou parce qu\u2019on n\u2019est vraiment pas capable de s\u2019en empêcher?» Blizzard Entertainment, l\u2019éditeur de World of Warcraft, n\u2019a pas pu faire suite à nos demandes d\u2019entrevues.De «vrais » contacts Pour certaines personnes, il est plus facile d\u2019aborder quelqu\u2019un par l\u2019internet qu\u2019en personne.Au bout du compte, elles peuvent en venir à trouver leurs activités virtuelles plus intéressantes que leur propre vie.«Les gens les plus vulnérables sont les introvertis, ceux qui ont moins d\u2019habiletés sociales», explique Louise Nadeau.Pour les parents \u2013 qui sont souvent à des années-lumière de leurs enfants au chapitre des connaissances informatiques\u2013, il est difficile d\u2019imposer des limites, surtout aux plus vieux de 15 à 17 ans.Louise Nadeau rappelle simplement l\u2019importance de la communication.«La belle chambre pour que l\u2019enfant fasse ses devoirs tranquille, c\u2019était avant, lance la psychologue.Les salles de télé doivent être des salles d\u2019internet.Il faut aussi préserver les rituels familiaux.» Sa conclusion: «Les membres d\u2019une famille doivent manger ensemble.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 0 P L U S 3 ÉMILIE CÔTÉ Ils ne s\u2019étaient jamais disputés.Ils étaient en couple et amoureux depuis 25 ans.Ils faisaient des voyages et avaient une belle vie.Puis, peu à peu, Julie* a vu son mari l\u2019abandonner.Pas pour une maîtresse, mais pour le monde virtuel de Second Life.«Ça fait sept mois que nous ne sommes plus ensemble, et je ne comprends toujours pas », confie la Montréalaise de 47 ans.L\u2019ancien amoureux de Julie a toujours aimé les jeux vidéo traditionnels.Il filait un mauvais coton quand il a commencé à jouer à Second Life.En fait, on ne joue pas à Second Life.On y vit \u2013 son nom le dit \u2013 une autre vie.C\u2019est un univers virtuel en 3D dans lequel on donne vie à des personnages virtuels, dits des avatars.Les gens de SL peuvent choisir leurs vêtements, comme ils peuvent ouvrir une discothèque, avoir des relations intimes et assister à un vernissage le vendredi soir dans une galerie d\u2019art.SL est plus qu\u2019un jeu ; c\u2019est un réseau social qui réunit des gens cachés derrière leur avatar.«Dans un jeu ordinaire, tu as un défi et tu arrives à quelque chose.Dans Second Life, tu fais ce que tu veux, explique Julie.Tu peux être une grosse fille laide pleine de boutons dans la vie et être un méchant pétard dans le jeu.» Mais quand son ex-conjoint que nous allons appeler Philippe a commencé à jouer à SL, Julie ne savait pas que c\u2019était en ligne.«Je voyais ça comme un jeu ordinaire.» De mois en mois, elle a vu son amoureux se transformer.Il a acheté un dictionnaire d\u2019anglais et une méthode pour taper plus rapidement à l\u2019ordinateur afin de «mieux» clavarder.Julie a aussi vu des factures de 150$ apparaître sur ses relevés de carte de crédit.«Il a acheté une maison, des vêtements et des accessoires médiévaux», explique-t-elle.Il faut savoir que SL a sa propre économie, qui repose sur la monnaie locale, le dollar Linden (L$).Les abonnés appelé «résidants» en reçoivent chaque semaine, mais ils peuvent aussi payer pour en avoir plus.En 2008, ils ont dépensé entreeux 360 millions de dollars.«Il y a des gens qui achètent des îles dans Second Life, dit Julie, avec de l\u2019exaspération dans la voix.Il y a des mariages\u2026 C\u2019est tellement pathétique!» Dans les derniers mois, Philippe pouvait jouer jusqu\u2019à 10 heures par jour.Il se levait très tôt le matin.Dans SL, il était dans un monde médiéval et il avait changé son adresse de courriel pour mettre le nom de son avatar.«Il parlait de moins en moins, raconte Julie.La vie sociale a vraiment pris le bord.Ses amis, c\u2019était ceux du jeu.Il leur parlait de sa vie privée, il leur demandait conseil.Ce monde-là prenait le dessus sur le monde réel.Dans les soirées, les gens venaient me voir et me disaient: qu\u2019est-ce qui se passe avec Philippe?Il ne parle que de Second Life\u2026» Le couple s\u2019est mis à se quereller.«Je suis à la maison, je ne fais rien de mal, je ne suis pas dans un bar de danseuses», disait Philippe à Julie.Quand elle sortait, elle sentait que Philippe était content parce qu\u2019il pouvait jouer en paix.Un jour, elle l\u2019a tout de même convaincu de partir en voyage.«Mais nous sommes revenus, il m\u2019a dit qu\u2019il aurait préféré rester ici, raconte-t-elle.Moi, je suis terre à terre, donc de voir quelqu\u2019un qui préfère le monde virtuel aux vrais voyages, ça ne m\u2019entre pas dans la tête.» Le couple avait un bateau.Quand Philippe a proposé à Julie d\u2019y installer l\u2019internet, ce fut la goutte qui a fait déborder le vase.«Le bateau, c\u2019était notre bulle.Là, il avait dépassé les bornes.» Julie a décidé de quitter Philippe.«C\u2019est comme si ton chum avait une maîtresse.On ne faisait plus d\u2019activités », dit-elle avec le recul.Propriétaire d\u2019un appartement sur le Plateau, le couple avait un train de vie enviable.«Ça peut aller loin, Second Life.Ce n\u2019est pas vrai que la vie de mon chum était misérable, souligne- t-elle.Je faisais des recherches sur l\u2019internet pour voir ce qui se passait avec lui et je me disais que ça ne se pouvait pas.» Mais la femme de 47 ans peut comprendre pourquoi son ex-conjoint a pu céder aux charmes de Second Life.«Il a tendance à aller dans les extrêmes, explique-t-elle.Ce n\u2019est pas tout le monde qui devient accro, mais il y a des gens qui ont besoin d\u2019une béquille à un moment dans leur vie.» Une personnalité virtuelle L\u2019entreprise qui a créé Second Life s\u2019appelle Linden Lab.Plus de 15 millions de personnes auraient tenté l\u2019expérience SL depuis son lancement, en 2003.Linden Lab affirme que le nombre d\u2019«utilisateurs actifs» a augmenté de 25% depuis le mois de septembre 2008.Au Canada, le site a attiré 77 000 visiteurs uniques en octobre dernier, selon le cabinet comScore.«Pour beaucoup de gens, ces sites sont libérateurs », a expliqué à La Presse le psychologue anglais Simon Bignell, lors d\u2019une conférence internationale sur l\u2019utilisation de l\u2019internet en santé mentale, organisée en mai dernier par l\u2019hôpital Douglas.Le degré d\u2019émotion que les gens ont dans le jeu est pratiquement le même que dans la vraie vie.» Le professeur à l\u2019Université de Derby se sert de Second Life à des fins éducatives.Il y organise des conférences et des séminaires virtuels pour ses étudiants.«Il y a des gens pour qui Second Life est une bonne chose.J\u2019ai une amie qui est clouée dans un fauteuil roulant.Sur Second Life, elle peut danser tous les soirs.» «Des milliers de personnes font des choses qu\u2019ils ne pourraient pas faire dans la vraie vie.Avoir une maison, être une rock star, ajoute-til.Pour la majorité des gens, SL est positif.Ils ont les choses en main.» Mais pourquoi préférer acheter des vêtements à son avatar plutôt qu\u2019à soi-même?« La personna lité du joueur se fractionne, et la personnalité virtuelle compense pour l\u2019autre, répond Simon Bignell.S\u2019il y a un investissement émotif dans le personnage, c\u2019est là que ça peut poser problème.» «Lorsqu\u2019il arrive un événement grave, les gens vont généralement vers leurs amis.D\u2019autres se tournent vers la cigarette et l\u2019alcool.Et il y en a qui vont se perdre dans un monde PLUS ACCROS DU WEB «Moi, je suis terre à terre, donc de voir quelqu\u2019un qui préfère le monde virtuel aux vrais voyages, ça ne m\u2019entre pas dans la tête.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 30 JA N V I ER 20 1 0 ÉMILIE CÔTÉ «Les joueurs de poker en ligne ne sont pas considérés comme des cyberdépendants, mais comme des joueurs pathologiques », explique Magali Dufour, psychologue spécialisée en jeu pathologique, qui a fait une étude sur le sujet.La professeure à l\u2019Université de Sherbrooke s\u2019est demandé si le fait de jouer sur l\u2019internet rend les joueurs plus à risque La réponse est oui.«Ils jouent plus, misent plus d\u2019argent et jouent à plusieurs sortes de jeux de poker, a-t-elle constaté.Quand on joue en groupe, les autres sont un facteur de protection.Sur l\u2019internet, on peut jouer quand on veut et sans arrêt.» Par rapport aux joueurs en salle, les joueurs de poker en ligne signalent également plus de conséquences négatives sur leur vie sociale et familiale.ÉMILIE CÔTÉ «L\u2019internet n\u2019est qu\u2019un moyen de plus de servir sa dépendance à la pornographie », indique le psychologue Jean-Pierre Rochon, qui se surnomme « le psy des internautes».«Le cyberdépendant est pris dans un engrenage qui l\u2019amène progressivement à fuir la réalité, explique-t-il.Comme avec l\u2019alcoolisme, il y a des degrés divers d\u2019intensité.» Le psychologue fait aussi de l\u2019expertise juridique.«Il y a des cas de jurisprudence qui montrent que la dépendance à la pornographie sur le web est une maladie», souligne-t-il.À titre d\u2019exemple, M.Rochon nous a fait parvenir un document qu\u2019il a préparé pour le procès d\u2019un homme licencié à cause d\u2019une utilisation abusive de l\u2019internet à des fins personnelles en milieu de travail.Cela contrevenait aux directives de son employeur, et l\u2019homme avait signé un document pour souscrire à ces conditions.L\u2019homme en question était notamment accro aux sites de rencontres sexuelles.Dans son expertise, M.Rochon a conclu qu\u2019il était cyberdépendant et atteint d\u2019une maladie au même titre que la toxicomanie, l\u2019alcoolisme ou le jeu compulsif.«Il souffre de troubles obsessionnels compulsifs liés à l\u2019ordinateur et au réseau internet », conclut-il.Jean-Pierre Rochon a eu des centaines de clients dépendants à la pornographie sur l\u2019internet.«Beaucoup de psychologues ont peur de travailler avec cette clientèle, explique-t-il.Pourtant, il y a beaucoup de détresse.C\u2019est une fuite de la réalité.» Le site de Jean-Pierre Rochon: www.psynternaute.com virtuel, explique-t-il.Mais si quelqu\u2019un a des idées de grandeur ou des fantasmes sexuels, c\u2019est moins grave que dans la vraie vie.» Une deuxième vie Dans le documentaire Second Skin, le cinéaste Juan Carlos Pineiro- Escoriaza interviewe plusieurs personnes qui consacrent leur vie à des jeux de type MMORPG (Massively Multiplayer Online Role Playing Game).Ce que tous les joueurs soulignent, c\u2019est le fait que tous partent à égalité dans les mondes virtuels.Il n\u2019y a pas de gens riches, laids ou rejetés.Tout le monde a le même potentiel d\u2019être bon et cool.Il suffit de jouer beaucoup.Mais si certains ont rencontré l\u2019amour de leur vie dans le monde virtuel, d\u2019autres ont pris 20kg parce qu\u2019ils sont constamment assis devant un écran, au point d\u2019uriner dans une bouteille pour ne pas quitter le jeu.Un joueur interviewé a même pensé au suicide.Elizabeth Woolley, fondatrice de l\u2019organisme Online Gamers Anonymous (www.olganon.org), croit quant à elle que son fils s\u2019est tué en raison de sa dépendance au jeu EverQuest, même s\u2019il avait des problèmes de santé mentale.Une porte parole de Linden Lab conseille aux internautes qui jouent trop d\u2019aller chercher de l\u2019aide.«Second Life est un monde virtuel 3D(\u2026) Ce n\u2019est pas un jeu MMORPG, mais une plate-forme ouverte où les gens font ce qu\u2019ils veulent, a-t-elle expliqué par courriel à La Presse.Nous encourageons les gens à agir de façon responsable.» Des machines à faire de l\u2019argent Les entreprises créatrices de jeux MMORPG font des affaires d\u2019or.Propriété de Blizzard Entertainment, World of Warcraft, avec ses quelque 11 millions d\u2019abonnés, génère à lui seul des revenus annuels d\u2019unmilliardUS.En Asie, il existe même des entreprises qui engagent des joueurs dans le but de revendre sur des sites comme eBay les objets qu\u2019ils acquièrent dans le jeu.Cette pratique est toutefois interdite par les éditeurs du jeu.Des grandes marquent profitent aussi du succès des mondes virtuels.American Apparel a ouvert une boutique dans l\u2019univers de Second Life, Toyota y a testé un nouveau modèle de voiture et Lacoste y a organisé un concours de mannequins.Soulignons que personne chez Blizzard Entertainment n\u2019était en mesure de réagir au cours des trois derniers jours.*nom fictif PLUS ACCROS DU WEB GRAPHISME ET ILLUSTRATION KEVIN p MASSÉ, LA PRESSE ÊTES-VOUS CYBERDÉPENDANT ?FAITES LE TEST PAGE 8 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 0 P L U S 5 Andre Desmarais > President du conseil dfadministration Guy Crevier > President et editeur Philippe Cantin > Vice-president a lfinformation et editeur adjoint Eric Trottier > Directeur de lfinformation Andre Pratte > Editorialiste en chef EDITORIAUX DROITS RESERVES / serge.chapleau@lapresse.ca OPINION LE BLOGUE DE LfEDITO www.cyberpresse.ca/edito Parlons un peu de la mort.par Mario Roy EXCLUSIFACYBERPRESSE Reconstruction dfHaiti: lfessentielle contribution de la diaspora cyberpresse.ca/diaspora Le jugement Omar Khadr ANDREPRATTE apratte@lapresse.ca Chacun le sait, sfil est si difficile pour le gouvernement Harper de concevoir une politique audacieuse de lutte contre les changements climatiques, cfest que la principale industrie emettrice de gaz a effet de serre, celle du petrole, est le fondement de lfeconomie des provinces de lfouest du pays, base electorale des conservateurs.Bon nombre de Canadiens sont convaincus que si un autre parti etait au pouvoir a Ottawa, il hesiterait moins a donner au pays des cibles ambitieuses de reduction des emissions de GES.Une etude publiee jeudi par la Canada West Foundation, un think tank situe a Calgary, montre que les choses ne sont pas si simples.En effet, si lfindustrie du petrole et du gaz est evidemment cruciale pour les provinces de lfOuest, elle est aussi tres importante pour la prosperite du reste du pays, dont le Quebec.áSi le secteur du petrole et du gaz est contraint dans son developpement par des politiques visant a reduire les emissions de GES, le pays entier va en souffrirâ, affirment les auteurs du document.Il a souvent ete souligne que si les provinces de lfEst, notamment le Quebec, peuvent recevoir la plus grosse part des paiements de transfert federaux, cfest grace a la richesse relative de lfOntario et, de plus en plus, de lfOuest.Mais il y a plus.Selon certaines estimations, lfindustrie petroliere des provinces de lfOuest gonflera le PIB de lfOntario de 144 milliards au cours des 25 prochaines annees, celui du Quebec de 45 milliards.Durant la meme periode, elle generera des emplois pour 2,1 millions de personnes-annees enOntario et 745 000 personnes-annees au Quebec.Cela sans compter les milliers de Canadiens de lfEst qui ont trouve ou trouveront un emploi bien remunere dans les provinces productrices.En somme, le petrole et le gaz des provinces de lfOuest contribuent a la prosperite de notre province comme de celle du reste du pays.Ainsi, ces precieuses ressources sont aussi les notres.Cela ne signifie pas qufil faille ignorer lfimpact ecologique de leur exploitation; les couts environnementaux du statu quo sont inacceptables.Mais cela veut dire que le probleme concerne tous les Canadiens, pas seulement ceux de lfOuest.Cfest donc au gouvernement federal de prendre le leadership dans ce dossier, dfamener les differentes regions a la table, de forger des solutions acceptables pour tous.A cet egard, la performance du gouvernement Harper a ete lamentable.Plutot que de jouer un role actif dans la recherche de compromis, il se tait.Plutot que de chercher a convaincre, il agresse ceux qui osent le contredire.Une telle attitude ne peut qufeloigner le pays dfune solution raisonnable; une solution qui permettrait de diminuer les impacts environnementaux de lfexploitation du petrole et du gaz tout en preservant le plus possible la prosperite de lfOuest, et donc celle du pays tout entier.Notre petrole Le petrole et le gaz des provinces de lfOuest contribuent a la prosperite de notre province comme de celle du reste du pays.FRANCOIS GELINEAU ET RICHARD NADEAU Les auteurs sont professeurs de science politique a lfUniversite Laval et a lfUniversite de Montreal.Ils ont participe, a titre dfexperts, a des missions dfobservation electorale en Haiti et en Amerique latine.Au moment du tremblement de terre du 12 janvier, Haiti se preparait a tenir des elections legislatives.Prevues pour le 28 fevrier, elles devaient etre suivies quelques mois plus tard de lfelection presidentielle.Plusieurs observateurs internationaux avaient signale que ces scrutins allaient fournir lfoccasion de demontrer que la democratie haitienne pouvait maintenant voler de ses propres ailes.Personne ne sfimaginait qufelle allait etre confrontee a un tout autre test, celui de se relever dfune catastrophe naturelle sans precedent .Quel sera lfeffet de ce seisme sur lfevolution du processus democratique emergent en Haiti ?Les avis sont partages sur cette question.Une chose semble claire cependant.Apres lfurgence viendra la reconstruction.Et une reconstruction viable en Haiti passe par la consolidation de la democratie.La situation actuelle en Haiti est exceptionnelle.Lfampleur du desastre est telle qufil est plutot difficile de reprocher au gouvernement dfavoir eu de la difficulte a reagir avec rapidite et coherence au lendemain du tremblement de terre.A un moment donne, les equipes dfurgence quitteront Haiti et les travaux de reconstruction debuteront.Tout est a refaire.Et comme si cela nfetait pas assez, lfinstabilite politique dans ce pays a mine avec le temps la confiance de la population envers la classe politique.Une fois lfurgence passee, les Haitiens devront donc sfatteler a deux taches colossales : consolider un processus democratique fragile, difficilement restaure lors des elections de 2006, et reconstruire pour lfessentiel les infrastructures de leur pays.Ces deux taches devront etre relevees simultanement.Le defi est de taille et les embuches sont nombreuses.Dfun point de vue constitutionnel, le mandat des 99 representants de la Chambre des deputes et de 10 des 30 senateurs viendra a echeance dans les prochains mois, apres quoi il ne restera plus que 20 senateurs en guise de legislature.Il en va de meme pour le mandat de la totalite des elus regionaux.Pour sa part, le mandat du president expirera le 7 fevrier 2011.Cfest donc dire que dfici quelques mois, lfEtat haitien sera presque entierement depouille de representants elus.Cette situation rend difficile lfexercice dfun leadership fort et legitime.Sans Parlement, le gouvernement dirigera seul, isole par lfabsence de mecanismes de representation populaire.Le deploiement de lfeffort de reconstruction est susceptible dfetre entrave par cette situation.On a beaucoup evoque par exemple lfidee que cette reconst ruct ion devait passer par la decentralisation, le developpement regional et la participation citoyenne.Or, comment mettre en pratique ce developpement regional en lfabsence dfautorites gouvernementales regionales legitimes et dotees de ressources suffisantes ?Comment inclure les citoyens dans ce processus et restaurer la confiance envers la democratie sans mecanismes de representation adequats ?Il est evidemment irrealiste de croire qufil soit possible et necessaire de tenir toutes ces elections (presidentiel, legislatives et locales) rapidement.Le pragmatisme sfimpose dans lfimmediat.Mais cfest au nom de ce meme pragmatisme, en ayant a lfesprit lfobjectif dfune reconstruction viable dfHaiti qufil faudra consolider et relancer le processus electoral dans ce pays.Il convient sans doute que le leadership du gouvernement actuel soit reaffirme durant lfactuelle situation dfurgence que traverse Haiti.Mais il faut aussi commencer a prevoir des maintenant les moyens qui seront mis en place pour relancer le processus democratique lorsque sfamorcera la phase de reconstruction du pays.Les Haitiens devront participer de plain-pied aux debats qui faconneront lfavenir de leur pays.Seul un processus electoral clair et transparent permettra a la population haitienne de faire entendre sa voix et de confier a des representants qui jouiront de sa confiance le mandat de rebatir leur pays dans le sens de ses interets.Voila pourquoi la reconstruction dfHaiti passe par la consolidation des assises democratiques et du processus electoral dans ce pays.Defis simultanes La reconstruction des infrastructures en Haiti passe par la consolidation de la democratie Dfici quelques mois, lfEtat haitien sera presque entierement depouille de ses representants elus.Lfeditorial dfAndre Pratte a lire demain sur Cyberpresse MARIOROY mroy@lapresse.ca Il existe deux realites inevitables, veut le dicton: les impots et la mort.Au sujet de la moins desagreable des deux (!), on peut affirmer que toute la vie nfest qufune longue preparation a la mort.Cfest une difficile entreprise qui echoue presque toujours.Et on reste alors avec ce cadeau empoisonne : la vie, mais gachee par la conscience de sa propre finitude.Apreuve,toutcequelfHomme a bricole pour domestiquer la grande faucheuse.Les dieux et les religions.La reincarnation et la resurrection.La course a lfimmortalite par lfart, la politique, la guerre.Plus recemment: le corps eternellement repare, lfesprit telecharge dans lfespace virtuel.Et pour achever de rendre lfaffaire parfaitement insupportable, le ájeâ moderne, hypertrophie et deifie, árend la mort encore plus dramatique â, dit lfanthropologue Serge Bouchard dans Vivre jusqufau bout.Il sfagit dfune serie de cinq emissions, de Mario Proulx, qui seront diffusees a compter de lundi (13h et 22h) a la Premiere Chaine de Radio- Canada.On y fait le tour de tout ce qui concerne la mort, agonie et rites, euthanasie et deuil.Et on en vient a cette conclusion: le ásavoi r mouri r â est une competence qui, au Quebec, sfest perdue depuis au moins deux generations (voir a ce sujet le blogue de lfedito sur Cyberpresse).¡¡¡ Qufy faire?Dfune part, il nfy a pas de remede a la peur generee par la perspective de la mort.Proulx a consulte de tout, psychologues, medecins, artistes, philosophes et.simples mortels.Chacun a son truc (ou nfen a pas), mais lfangoisse demeure.Il faut vivre avec.Cependant, on peut agir sur les ápetites peursâ sevissant autour de la mort elle-meme.Peur de devenir un fardeau, peur de la solitude ou meme de lfabandon, peur de la souffrance et de la perte de controle.Or, agir la-dessus, cfest la responsabilite autant des individus , les proches et les soignants, que de lfEtat en sa qualite dfadministrateur de la sante et donc de la mort.á La medecine dfEtat a surtout ete orientee vers le curatif et ce nfest pas anormal.Mais il ne faut pas oublier que 100% de nos patients meurent.â illustre le Dr Patrick Vinay.Certes, le gouvernement ne legiferera pas sur les devoirs des proches dfun mourant.Mais il peut et doit augmenter les ressources disponibles en soins palliatifs dans les quelques maisons de fin de vie qui existent, dans les hopitaux et surtout a domicile.Ca ne fera pas disparaitre les angoisses metaphysiques.Mais ce sera un pas vers une mort aussi digne et sereine que possible.Celle que chacun souhaite pour lui-meme et pour ses proches.Le cadeau empoisonne CYBERPRESSE.CA llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 P L U S L A P R E S S E M O N T R E A L SA M E D I 30 JA N V I ER 20 1 0 VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 Nous avons une dette élevée et nous devons rembourser des milliards en intérêts chaque année.Des gens âgés et malades doivent attendre 17 heures dans les hôpitaux.Des fonctionnaires bénéficient de retraites dorées.Le gouvernement Charest ne montre aucun signe d\u2019une volonté d\u2019assainir les finances publiques.Il y a 563 000 syndiqués dans la fonction publique pour une population d\u2019à peine huit millions.Pauvres nous\u2026 \u2014 Yves Bougie, Saint-Eustache À BIEN Y PENSER RogeR gIbbINs L\u2019auteur est PDG de la Canada West Foundation, un centre de recherche en politique publique situé à Calgary.Ce n\u2019est pas vraiment une surprise que les sables bitumineux dérangent ou même irritent les Québécois.Le jour où, après de longues tergiversations, le Canada instaurera une politique de réduction des émissions de carbone, les vastes ressources hydroélectriques du Québec représenteront un actif incomparable, alors que les émissions de GES produites par l\u2019industrie pétrolière seront un énorme casse-tête.Tout le monde s\u2019entend là-dessus.Toutefois, les opinions qu\u2019on entend ces jours-ci au Québec au sujet des sables bitumineux ignorent trop souvent la contribution qu\u2019apporte l\u2019industrie pétrolière de l\u2019Ouest canadien à l\u2019économie canadienne ainsi qu\u2019aux mécanismes fiscaux de la confédération.Pour faire court, il est vital pour le Québec que l\u2019Ouest canadien demeure en bonne santé économique.Si jamais l\u2019économie régionale de l\u2019Ouest était frappée trop durement par une politique environnementale nationale, les dommages ne se limiteraient pas à l\u2019Ouest, car son poids économique est tout simplement trop grand.En 2008, les Canadiens de l\u2019Ouest représentaient 30,6% de la population canadienne, mais contribuaient 37,5% du PIB national.En fait, la part du PIB canadien représentée par l\u2019Ouest est maintenant supérieure à celle de l\u2019Ontario et presque deux fois plus grande que celle du Québec.Le centre de gravité de l\u2019économie canadienne glisse vers l\u2019ouest.Cela a un impact sur les transferts fiscaux émis par le gouvernement fédéral, parmi lesquels on retrouve la péréquation.C\u2019est un passe-temps national que de chercher qui, parmi les provinces, y perd ou y gagne à l\u2019intérieur de la fédération.À ce titre, notons qu\u2019en 2009- 2010, le Québec a reçu 8,4 milliards de dollars en paiements de péréquation, alors que dans l\u2019Ouest, une seule province (le Manitoba) en a bénéficié.Pour ce qui est des recettes et dépenses du gouvernement fédéral par province, ce sont l\u2019Ontario, l\u2019Alberta et la Colombie-Britannique qui sont les seuls perdants nets à l\u2019échelle nationale de 2000 à 2007.Par personne, l\u2019Albertain moyen a donné près de 28 000$ de plus au fédéral qu\u2019il n\u2019en a reçu.Pendant ce temps, chaque citoyen québécois recevait 3300$, toujours sur une base nette.Le but de tous ces chiffres n\u2019est pas de conférer une quelconque autorité morale à quiconque, mais bien d\u2019illustrer à quel point les économies régionales du Canada sont interreliées.Ce serait une grossière erreur que de croire qu\u2019en imposant des restrictions à une région ou à une industrie particulière (l\u2019industrie pétrolière de l\u2019Ouest dans le cas qui nous intéresse), on n\u2019affecterait pas le reste du pays.Au Canada, les mécanismes nationaux de redistribution de la richesse ne peuvent pas fonctionner s\u2019il n\u2019y a pas de richesse qui est produite, et pour toutes sortes de raisons, c\u2019est l\u2019Ouest canadien qui est, de façon disproportionnée, la source de cette richesse.Bref, l\u2019industrie pétrolière est une partie fondamentale de l\u2019économie du pays.Si jamais cette industrie venait à tomber sous les coups d\u2019un éventuel plan de lutte contre les changements climatiques, l\u2019impact se ferait sentir partout au pays, de même qu\u2019au Québec.Qu\u2019on le veuille ou non, tout le monde est dans le même bateau, et les contribuables québécois aussi.Reconnaître cet état des choses ne veut pas nécessairement dire qu\u2019on accorde à la croissance économique une priorité plus grande qu\u2019à la réduction des émissions de GES.Toutefois, le chemin nous menant vers une véritable politique du climat est suffisamment tortueux pour ne pas l\u2019encombrer d\u2019attaques visant une industrie ou une région en particulier.Il vaudrait mieux porter attention aux consommateurs d\u2019énergie à la grandeur du pays, plutôt que de cibler uniquement les producteurs.DANS LE MÊME BATEAU Il est vital pour le Québec que l\u2019Ouest canadien demeure en bonne santé économique PIeRRe FouRNIeR L\u2019auteur est consultant géopolitique à la Banque Nationale, où il a été viceprésident exécutif et directeur des études financières pendant 17 ans.Il s\u2019exprime ici à titre personnel.Pour ceux qui doutent encore que le système pol itique américain soit devenu de plus en plus dysfonctionnel, la semaine dernière et toute la première année de la présidence Obama ont été dégrisantes.On ne connaît pas d\u2019autre démocratie avancée dont le chef d\u2019État élu a autant de difficulté à réaliser son programme politique et économique, alors même qu\u2019il jouit de fortes majorités au Sénat et à la Chambre des représentants.Quels que soient les mérites de la réforme du système de santé, de la législation sur le changement climatique et des mesures de relance pour promouvoir une croissance à long terme (par opposition aux projets d\u2019infrastructures à court terme), la combinaison d\u2019un système politique polarisé et d\u2019intérêts particuliers perturbateurs a fait dérailler l\u2019essentiel du programme du président.Si le système des contrepoids a bien servi les libertés individuelles et l\u2019entreprise privée aux XIXe et XXe siècles, il semble maintenant de plus en plus obsolète et incapable de générer ou de tolérer le leadership audacieux et éclairé nécessaire pour guider de manière cohérente une économie complexe dans un cadre international de plus en plus concurrentiel.Gouverner dans l\u2019intérêt national pendant une période de difficultés économiques est rarement facile, mais cela devient carrément impossible lorsqu\u2019on est pris en otage par l\u2019obstruction permanente (les «filibusters»), des cycles d\u2019élections bisannuels, des groupes de pression puissants et une vague de populisme.Il n\u2019est pas étonnant que l\u2019impasse à Washington, le chômage élevé, la pauvreté et les saisies immobilières (malgré les renflouements et les programmes de stimulation massifs), et la perception d\u2019un retour en force de Wall Street et de l\u2019appât du gain dans la haute finance, aient nourri l \u2019amertume et une colère généralisée.Ébranlés par la défaite au Massachusetts et leur chute libre dans les sondages, le président Obama et les démocrates semblent maintenant déterminés à assurer leur survie politique en surfant sur le ressac populiste.Pour commencer, quelle meilleure cible que les grandes institutions financières?Certes, les prises de risque excessives des banques américaines sont généralement considérées comme les coupables, mais l\u2019histoire démontrera que la cause sousjacente la plus importante de la crise économique est le déclin de la compétitivité américaine et d\u2019autres économies développées.Néanmoins, les sauvetages d\u2019urgence des institutions et le retour rapide de primes généreuses pour les dirigeants alors que l\u2019économie est encore en difficulté ont généré pour les banques américaines un scénario de cauchemar dont elles sont largement responsables.Résultat, les grandes institutions financières américaines viennent de se voir imposer un impôt de 90 milliards de dollars pour leur responsabilité dans la crise financière au cours des 10 prochaines années.Ce n\u2019est pas particulièrement significatif pour les bénéfices dans leur ensemble, mais c\u2019est un mauvais présage pour l\u2019avenir.La récente décision de la Cour suprême de déplafonner les contributions politiques de groupes de pression organisés, ce que le président Obama appelle un «feu vert à une nouvelle vague d\u2019ingérence de groupes d\u2019intérêts particuliers dans la politique intérieure» (New York Times, 20 janvier 2010), pourrait bien aider les banques à monter une contreoffensive, mais cette voie est semée d\u2019embûches et exigera de la part des banquiers un sens politique plus fin que celui dont ils ont fait preuve récemment.Le ressac populiste ne s\u2019arrêtera pas là.Le président constatera qu\u2019il est difficile, voire impossible, de résister aux forces protectionnistes du pays, jusqu\u2019au sein de son propre parti.Il subira également des pressions pour prendre les républicains de vitesse sur la question de l\u2019immigration, avec des conséquences négatives pour l\u2019économie des États- Unis et du monde.Si la majorité des économistes voient juste en prévoyant une croissance économique robuste et une reprise de la création d\u2019emplois à court terme, bon nombre de failles struc turelles du système politique feront simplement l\u2019objet d\u2019un replâtrage\u2026 qui tiendra un temps.Le jeu complexe entre les facteurs économiques et politiques (dont beaucoup n\u2019ont pas été évoqués ici) continuera cependant de miner la reprise économique.LA REPRISE EN OTAGE Le président Obama menotté par un système politique dysfonctionnel à Washington Le président obama et les démocrates semblent maintenant déterminés à assurer leur survie politique en surfant sur le ressac populiste.si jamais l\u2019industrie pétrolière venait à tomber sous les coups d\u2019un éventuel plan de lutte contre les changements climatiques, l\u2019impact se ferait sentir au Québec.PHOTO LARRY MACDOUGAL, ARCHIVES PC Ce serait une grossière erreur que de croire qu\u2019en imposant des restrictions à une région ou à une industrie particulière (l\u2019industrie pétrolière de l\u2019ouest dans le cas qui nous intéresse), on n\u2019affecterait pas le reste du pays.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R e s s e M O N T R É A L S A M E D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 0 P L U S 7 PLUS ACCROS DU WEB ÉMILIE CÔTÉ Au début du mois, une adolescente de 14 ans écrivait une lettre ouverte dans le Toronto Star pour témoigner de la dépendance de ses parents au BlackBerry.Tai Notar y raconte qu\u2019un jour, elle en a eu assez.Elle a dit à son père et sa mère qu\u2019elle n\u2019était plus capable de les voir consulter leur téléphone intelligent à table ou en vacances.«Mon père a avoué que parfois, quand il est sur son BlackBerry, il n\u2019est pas conscient de ce qui se passe autour de lui.Quand j\u2019essaie d\u2019avoir une conversation avec lui, il ne remarque même pas que je parle», écrit-elle.Tai Notar a même eu un petit accident de la route avec son père, qui a heurté une voiture en pleine heure de pointe car il consultait ses courriels.C\u2019était la goutte qui a fait déborder le vase.L\u2019adolescente de 14 ans a alors proposé à ses parents «crackberry» des règles et un contrat, qu\u2019ils ont acceptés.Depuis, ils peuvent seulement consulter leur téléphone intelligent dans une pièce différente des autres membres de la famille.Sinon, c\u2019est une punition de 1$.L\u2019utiliser à table, c\u2019est 2$.«Les BlackBerry ont envahi le monde\u2026 du moins celui de mon père et de ma mère, mais mon contrat commence à porter ses fruits pour eux\u2026 et pour mon compte d\u2019épargne», conclut Tai Notar.ÉMILIE CÔTÉ Jeunesse j\u2019écoute a mené un sondage auprès de 2800 jeunes sur les jeux en ligne.Si 79% des répondants sont conscients qu\u2019il y a un potentiel de dépendance dans les jeux, 11% avouent qu\u2019ils auraient de la difficulté à arrêter.Les signes?«On néglige les obligations familiales et scolaires, et on a de la difficulté à se bâtir un réseau social », indique Alexandre Dussault, intervenant en toxicomanie chez Jeunesse j\u2019écoute.« Il y a une préoccupation constante.Le jeune n\u2019est pas là\u2026 il est en classe et il ne pense qu\u2019à ça », ajoute Bernard Desrochers, directeur du service clinique.Les jeunes timides et intravertis sont plus susceptibles de passer beaucoup de temps en ligne, que ce soit sur des sites de réseautage ou dans les mondes virtuels de jeux en réseau.«Je suis timide, mais j\u2019arrive sur internet et je suis quelqu\u2019un d\u2019autre car je me suis créé un monde», illustre M.Dussault.Les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui sont habiles avec la technologie et ils en connaissent souvent plus que leurs parents.«Il y a un flou de ce qu\u2019ils font sur l\u2019ordinateur, note Bernard Desrochers.Le problème est que tout est centralisé dans l\u2019ordinateur.Les jeunes passent des devoirs au chat, en passant par leur musique.Comment on détermine si c\u2019est trop?» Les études sur la cyberdépendance n\u2019en sont qu\u2019à leurs balbutiements, poursuit son collègue.«Est-ce le critère du temps ?De l\u2019usage que j\u2019en fais?Est-ce que c\u2019est l\u2019isolement, le fait que si je n\u2019ai pas Internet, je capote?Ce qui m\u2019inquiète, c\u2019est la coupure avec la réalité.Le jeune n\u2019a pas d\u2019ami à l\u2019école, mais plein sur l\u2019internet.» En 2005, près de quatre jeunes Canadiens âgés de 9 à 17 ans sur dix (37%) avaient leur propre ordinateur, selon le Réseau Éducation- Médias.Et ces jeunes ont passé en moyenne deux fois plus de temps en ligne que les autres.Jeunesse j\u2019écoute conseille aux parents de mettre l\u2019ordinateur de la maison ou de leur enfant dans un endroit public.Il faut aussi démontrer de l\u2019intérêt envers leurs activités en ligne.Leur demander : «Qu\u2019est-ce que tu fais, est-ce que tu veux me montrer?» « Il faut aussi négocier des limites au niveau du temps et du type d\u2019activités, indique Bernard Desrochers.Il faut proposer des alternatives comme aller jouer dehors.» La cyberdépendance est plus difficile à identifier qu\u2019une dépendance à une drogue, par exemple.«L\u2019argent n\u2019est pas impliqué, c\u2019est socialement acceptable et le jeune est tranquille à la maison.» Les parents ne doivent pas réagir trop promptement, souligne le directeur du service clinique de Jeunesse j\u2019écoute.«Un enfant qui se réveille la nuit pour jouer peut ne pas oser le dire à ses parents de peur qu\u2019ils lui enlèvent le droit d\u2019aller sur le web.Il ne faut pas oublier que pour les jeunes, leur monde est sur l\u2019internet.» CONSEILS POUR LES PARENTS ET PROCHES Sentiment de bien-être quand on est en ligne Pensées accaparées par les activités en ligne La famille, les amis et les loisirs extérieurs passent en deuxième Baisse de productivité à l\u2019école ou au travail Mensonges sur le temps passé en ligne Réaction forte quand on est privé de l\u2019internet Aller sur l\u2019internet à des heures irrégulières (durant la nuit, tard le soir ou tôt le matin) Manque de sommeil et insomnie Prise des repas irrégulière Mauvaise hygiène personnelle \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022\u2022 \u2022 \u2022\u2022\u2022 www.cyberdependance.ca www.webaverti.ca/french/internetaddiction.html www.netaddiction.com ÉMILIE CÔTÉ Plusieurs tests sont disponibles sur le web pour vérifier si quelqu\u2019un est susceptible d\u2019être cyberdépendant.Le test d\u2019Orman \u2013 ou le Internet Stress Scale \u2014 est souvent utilisé.Il ne faut pas s\u2019alarmer trop rapidement du résultat, mais cela peut mener à une prise de conscience de son comportement en ligne.Le voici : Répondre par OUI ou par NON à chaque question 1 Passez-vous plus de temps connecté sur l\u2019internet que vous l\u2019auriez pensé initialement?OUI NON 2 Est-ce que cela vous dérange de limiter le temps passé sur l\u2019internet ?OUI NON 3 Des amis ou des membres de votre famille se sont-ils plaints du temps que vous passez sur l\u2019internet ?OUI NON 4 Est-ce que vous trouvez difficile de rester déconnecté pendant quelques jours?OUI NON 5 Votre rendement, la qualité de votre travail professionnel ou vos relations personnelles ont-ils été affectés par tout le temps que vous passez sur l\u2019internet ?OUI NON 6 Est-ce qu\u2019il y a des zones de l\u2019internet, des sites particuliers, que vous ne pouvez pas éviter ?OUI NON 7 Est-ce que vous avez du mal à contrôler l\u2019impulsion d\u2019acheter des produits ou des services sur l\u2019internet ?OUI NON 8 Avez-vous essayé, sans succès, d\u2019écourter votre usage de l\u2019internet ?OUI NON 9 Perdez-vous beaucoup d\u2019investissement et de satisfaction personnelle, à cause de l\u2019internet ?OUI NON De 0 à 3 réponses positives, il y a une petite tendance à devenir accro à internet.Entre 4 à 6 réponses positives, il y a une chance de développer une conduite cyberdépendante.Enfin, entre 7 et 9 réponses positives, il y a une forte tendance à devenir dépendant.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 0 J A N V I ER 20 1 0 "]
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