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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus - Forum
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2010-02-27, Collections de BAnQ.

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[" PHOTO AP PLUS FORUM GRANDS REPORTAGES, ANALYSES AFRIQUE DU SUD UN NOUVEAU COMBAT Vingt ans après la libération de Nelson Mandela, l\u2019Afrique du Sud est fière du chemin qu\u2019elle a parcouru.Mais la «Nation de l\u2019arc-enciel » est toujours aux prises avec les pires inégalités de la planète.Alors qu\u2019il s\u2019apprête à accueillir la Coupe du monde, ce pays doit admettre que la partie n\u2019est pas encore gagnée.Textes de notre envoyée spéciale Laura-Julie Perreault pages 2 à 5 CHAPLEAU Voyez toutes les caricatures de Serge Chapleau sur cyberpresse.ca/chapleau BLOGUE Faites-vous confiance à la nouvelle équipe de la Caisse de dépôt et de placement ?Répondez sur cyberpresse.ca/edito CHRONIQUES Lisez ou relisez tous les textes de nos chroniqueurs sur cyberpresse.ca/chroniqueurs Nelson Mandela PHOTO REUTERS LE LOURDHÉRITAGE DE LA CAISSE L\u2019ÉDITORIAL D\u2019ARIANE KROL PAGE 6 PAS ASSEZ COMPÉTITIFS UNE OPINION DU MÉDAILLÉ OLYMPIQUE MARC GAGNON PAGE 7 LE VOLANT ET LE SOURICEAU LA CHRONIQUE DE LYSIANE GAGNON PAGE 7 MONTRÉAL SAMEDI 27 FÉVRIER 2010 / SEULEMENT MOIS 2$ POUR LES ABONNÉS VERSION PAPIER 2SEMAINES D\u2019ESSAI GRATUIT LAPRESSESURMONORDI.ca OÙ QUE VOUS SOYEZ, LA PRESSE SUR VOTRE ORDINATEUR EN VERSION INTÉGRALE.87 PLUS AFRIQUEDU SUD En Afrique du Sud, ils ont été des milliers à mettre leur vie en danger pour combattre l\u2019odieux système de ségrégation raciale qui a mis leur pays au ban des nations pendant des décennies.Leur lutte a mené à la libération de Nelson Mandela en février 1990 et au démantèlement du régime d\u2019apartheid.Deux décennies plus tard, que pensent les Sud-Africains du pays pour lequel ils se sont battus?Notre journaliste est allée à la rencontre de deux anciens révolutionnaires pour voir si la réalité d\u2019aujourd\u2019hui est à la hauteur des rêves d\u2019antan.LA DURE RÉALITÉ LAURA-JULIE PERREAULT AFRIQUEDUSUD LE CAP, JOHANNESBURG \u2014 C\u2019était un moment que des millions de personnes attendaient depuis longtemps, mais Jay Naidoo allait le vivre avant tout le monde.Militant syndicaliste sud-africain, il s\u2019est rendu à l\u2019aube à la prison de Victor Verster pour assister à la libération de Nelson Mandela.Un moment charnière dans l\u2019histoire de l\u2019Afrique du Sud qui, 20 ans plus tard, galvanise encore les esprits.«Nous étions les premiers à arriver à la prison.C\u2019était la première fois que nous allions voir Mandela depuis qu\u2019il était derrière les barreaux.Quand il a été emprisonné, il était un grand boxeur solide, mais l\u2019homme que j\u2019avais devant moi était maintenant mince et raffiné.Il m\u2019a dit : «Bienvenue, camarade!» J\u2019ai tout de suite compris ce qu\u2019il représentait, ce que représentait ce moment », se souvient aujourd\u2019hui Jay Naidoo.Pendant des années, le destin des deux hommes a été parallèle.Lorsque Mandela a remporté les élections, en 1994, Jay Naidoo est devenu ministre dans son gouvernement.Il l\u2019est resté jusqu\u2019à la retraite politique du Prix Nobel de la paix, en 1999.En entrevue, dans le bureau luxueux de la société qu\u2019il a mise sur pied depuis, Jay Naidoo énumère les avancées de la société sud-africaine en 20 ans.La guerre civile que plusieurs prédisaient au lendemain du retour de Mandela a été évitée.Tous, Noirs, Blancs, Indiens, «de couleur», ont le droit de vote.Tous ont le droit de se faire entendre sans aboutir en prison.Plus de 10 millions de familles ont été raccordées au système d\u2019eau courante; 4,5 millions à l\u2019électricité.Près de 2 millions de maisons ont été construites pour les plus démunis.«Mais cela dit, il nous reste plus à faire que ce qui a été fait.» Ancien codétenu de Nelson Mandela à l\u2019infâme prison de Robben Island, Neville Alexander, qui enseigne aujourd\u2019hui à l\u2019Université du Cap (où il lui aurait été impossible de mettre les pieds avant 1990), ne pourrait être plus d\u2019accord.Le fondateur du Front national de libération, qui, enchaîné à côté de Mandela, a cassé des cailloux pendant 10 ans, croit que les concessions économiques que le leader a faites au gouvernement de l\u2019apartheid pour obtenir l\u2019égalité politique sont aujourd\u2019hui un frein au développement du pays.La pauvreté, au lieu de régresser, gagne sans cesse du terrain.Les inégalités entre les groupes raciaux se sont accentuées en 20 ans.Le taux de chômage réel frôle les 40% et frappe plus durement les Noirs, qui représentent les deux tiers de la population.Le système de santé, exemplaire pendant l\u2019apartheid, s\u2019est écroulé.Dans la ville qu\u2019il habite, Le Cap, une grande agglomération qui s\u2019étend entre l\u2019océan et les montagnes, la géographie de l\u2019apartheid est toujours en place.Les beaux quartiers sont entourés de townships et de bidonvilles.À l\u2019époque des lois ségrégationnistes, les villes avaient été organisées ainsi pour fournir en main-d\u2019oeuvre bon marché les banlieues qu\u2019habitaient exclusivement les Blancs.Les lois de résidence ségrégationnistes n\u2019existent plus, mais les divisions sociales restent calquées sur le modèle d\u2019antan.À qui la faute?Auteur de plusieurs ouvrages sur la transition du pays, Neville Alexander blâme l\u2019ancien régime de l\u2019apartheid mais aussi l\u2019ANC, le parti au pouvoir depuis l\u2019élection de Mandela, en 1994, soutenu par la majorité noire.«C\u2019est une nouvelle Afrique du Sud.Elle a d\u2019immenses possibilités de développement, une charte des droits, mais des élites corrompues qui n\u2019écoutent plus ce que dit la population.Le miracle attendu n\u2019a pas eu lieu.C\u2019est le temps de se remettre à lutter.» Comme il y a 20 ans, le septuagénaire promet être au front.Cette fois avec les seules armes que lui fournit la démocratie.LAURA-JULIE PERREAULT MOTSOALEDI \u2014 Elle s\u2019appelle Lindiwe.Dans sa langue, le zoulou, cela veut dire «attendre».Et attendre, c\u2019est exactement ce qu\u2019elle fait depuis 17 ans dans le bidonville où elle habite, en banlieue de Johannesburg.La jeune Sud-Africaine de 23 ans a passé les trois quarts de sa vie à espérer la nouvelle maison qu\u2019avait promise le gouvernement.Depuis l\u2019enfance, depuis la chute de l\u2019apartheid, elle habite une cabane de tôle, sans électricité, avec sa famille.Ici, on se chauffe à la paraffine, qui laisse dans l\u2019air une odeur de plastique brûlé.Pour l\u2019eau, on se rend au puits.Pour les toilettes, il faut se contenter de latrines sommaires à l\u2019extérieur.Comparativement à d\u2019autres banlieues de Johannesburg, comme Rosebank ou Sandton, c\u2019est le jour et la nuit.Là-bas, on vit à l\u2019occidentale et les BMW sont monnaie courante.«Chaque année, on nous fait de nouvelles promesses.Chaque année, ça tarde davantage.Ces jours-ci, on demande l\u2019électricité pour pouvoir profiter nous aussi un peu de la Coupe du monde, qui se déroulera à quelques kilomètres d\u2019ici », dit la jeune femme, qui nous fait faire le tour du proprio d\u2019une démarche assurée.Comme Lindiwe, 18 000 personnes à Motsoaledi attendent l\u2019aide annoncée par Mandela et l\u2019ANC lorsqu\u2019ils ont pris le pouvoir, en 1994.Mais tous commencent à en avoir assez.Le mois dernier, une manifestation pour demander au gouvernement de tenir ses promesses a mal tourné.Des automobiles ont été incendiées.Des pierres ont été lancées en direction de la police, qui a réagi en ouvrant le feu.«On a fait six manifs depuis 1994.Avant la dernière, elles ont toutes été pacifiques.Mais là, c\u2019est de plus en plus difficile de maîtriser la colère des gens», tonne Lucky, un des leaders de la communauté.Vague d\u2019émeutes Les manifestations qui tournent à l\u2019émeute sont d\u2019ailleurs de plus en plus fréquentes en Afrique du Sud.Se sentant exclus de la nouvelle économie, les plus démunis font entendre leur ras-le-bol avec les moyens du bord.Encore aujourd\u2019hui, ils sont légion.Selon la Banque mondiale, 34% de la population sud-africaine vit avec moins de 2$ par jour.« Ici, à Motsoaledi, le taux de chômage dépasse 50%», note Lucky.«Les mesures qui devaient nous aider à obtenir un emploi ne se rendent pas jusqu\u2019à nous », estime le jeune militant.Il parle du Black Economic Empowerment (BEE), un programme de discrimination positive qui doit faciliter l\u2019intégration des Noirs à l\u2019économie sudafricaine.Les Noirs d\u2019Afrique du Sud, qui comptent pour 75% de la population, ont encore beaucoup de rattrapage à faire depuis la fin des mesures ségrégationnistes de l\u2019apartheid.« Le BEE a fait de quelques Noirs des milliardaires, mais les communautés qui en avaient besoin n\u2019ont pas vu les bénéfices, explique Adam Habib, politologue de l\u2019Université de Johannesburg.Le gouvernement de Thabo Mbeki voulait que le capital noir fasse concurrence avec le capital blanc.Certes, des Noirs sont maintenant propriétaire majoritaires d\u2019actions, mais c\u2019est une poignée de personnes.» Des emplois sans preneurs Les règles de discrimination positive, qui incitent les entreprises à embaucher 60% de Noirs, font grincer des dents à bien des gens.«Ça a permis des progrès mais, en revanche, beaucoup de Blancs qualifiés ont de plus en plus de difficulté à trouver un emploi et choisissent d\u2019émigrer pour survivre », explique Ilana Smuts, qui travaille dans le milieu minier.Autre hic: certains employeurs, même s\u2019ils font des efforts pour se plier aux règles, ne trouvent pas de candidats suffisamment qualifiés pour répondre à leurs besoins, car la formation manque encore cruellement à de larges pans de la population.Malgré le taux de chômage réel, qui frôle le 40%, plus de 150 000 emplois sont aujourd\u2019hui vacants dans les grands centres du pays.Lindiwe espère que l\u2019un d\u2019eux sera pour elle.Grâce à une bonne dose d\u2019acharnement et malgré les conditions difficiles dans lesquelles elle vit, elle a récemment terminé des études postsecondaires en génie.Ces jours-ci, elle attend avec plus de conviction les appels des employeurs potentiels que la réalisation des promesses gouvernementales.20 ans d\u2019espoirs déçus « La pauvreté, au lieu de régresser, gagne sans cesse du terrain.Les inégalités entre les groupes raciaux se sont accentuées en 20 ans.Le taux de chômage réel frôle les 40%.» AFRIQUE 2 3 1 Nelspruit Le Cap Bloemfontein Johannesburg Pretoria Rustenburg Pietersburg AFRIQUE DU SUD llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 7 F É V R I ER 20 1 0 PLUS AFRIQUEDU SUD APRÈS L\u2019APARTHEID LAURA-JULIE PERREAULT JOHANNESBURG \u2013 Il fait un soleil éclatant en ce jour d\u2019été de février.Comme depuis des décennies, les étudiants de l\u2019Université de Witwatersrand flânent à la Matrix, le lieu par excellence pour socialiser et se la couler douce.Mais une chose a changé en 20 ans : leur visage.Université libérale, historiquement liée à la communauté afrikaner, «Wits», comme on la surnomme aujourd\u2019hui, a longtemps été réservée aux étudiants blancs.Sous l\u2019apartheid, les jeunes des autres groupes raciaux qui voulaient y étudier devaient obtenir une permission spéciale.Nelson Mandela a été du compte.En 1990, au début de la transition de l\u2019Afrique du Sud vers la démocratie, 80% des 12 000 étudiants de Wits étaient blancs et ce, même si les Blancs n\u2019étaient que 10% de la population.Les autres appartenaient aux groupes raciaux mis sur pied par le régime de l\u2019apartheid : Noirs, Indiens et «de couleur», une catégorie qui englobait à la fois les métis et ceux qu\u2019il était impossible de ranger dans une des autres boîtes.Aujourd\u2019hui, la pyramide a été inversée.Selon les statistiques de l\u2019Université, 80% des 29 000 étudiants sont noirs.Ils proviennent autant des beaux quartiers que des townships avoisinants.Âgés de moins de 20 ans pour la plupart, ils appartiennent à la génération des «born free», nés libres de l\u2019apartheid et de ses lois ségrégationnistes.«Nos parents nous disent souvent que nous ne devons pas tenir pour acquis ce que nous avons.Nous n\u2019avons pas vécu l\u2019apartheid, mais ils ne manquent pas de nous rappeler ce qui aurait été impossible juste avant notre naissance », lance Chantell Saja, une étudiante de 18 ans qui étudie la psychologie.Elle se dit de mère «de couleur» et de père noir.Sa génération est-elle celle de l\u2019arc-en-ciel dont rêvait NelsonMandela quand il a fait son discours de libération il y a 20 ans ?«Malheureusement, la race est encore une question cruciale dans notre société.Nous ne vivons plus des vies séparées, nous nous côtoyons dans les cours, mais nous avons toujours tendance à fréquenter des gens de notre propre groupe racial», renchérit Zanathenea Tshangeba, 19 ans, qui vient tout juste d\u2019entreprendre son baccalauréat général.Un rapide coup d\u2019oeil autour permet de vérifier ses dires.Des dizaines de petits groupes de jeunes sont assis dans l\u2019herbe les uns à côté des autres, mais les groupesmixtes sont quasi inexistants.Expliquant qu\u2019il est «de couleur», Lavenco Smit, tente une explication.«Nous migrons vers ce que nous connaissons, c\u2019est subconscient», expose l\u2019étudiant de 18 ans.Si la race est un sujet qui préoccupe la génération post-apartheid, ses véritables inquiétudes sont cependant ailleurs.Le taux de chômage et le taux de criminalité, un des plus élevés du monde avec 50 homicides par jour, les empêchent davantage de dormir.«Nous sommes pro - grammés pour éviter les endroits dangereux», dit Avinesh Samaroo, 17 ans, étudiant en physique.Fier de ses antécédents indiens, il se sent à l\u2019aise dans son township, où les gens de sa race sont encore majoritaires.Le reste du temps, il garde l\u2019oeil ouvert et se déplace toujours avec des amis.«J\u2019imagine que nos enfants seront la première génération vraiment libre du legs de l\u2019apartheid.Nous sommes l\u2019entre-deux, constate Alistair James, étudiant en architecture et blanc.Mais nous vivons néanmoins dans une ère pleine de possibilités.» La génération des nés libres 1.Helen Nxumab vit depuis 1964 dans une cabane sans électricité au coeur du bidonville de Motsoaledi.La femme de 58 ans espérait que la fin de l\u2019apartheid et l\u2019avènement de la démocratie changeraient la donne mais, 20 ans après la libération de Nelson Mandela, elle perd espoir un peu plus chaque jour.PHOTO LAURA-JULIE PERREAULT, LA PRESSE 2.Les pauvres de l\u2019Afrique du Sud n\u2019hésitent pas à fouiller dans les dépotoirs afin d\u2019y dénicher des morceaux de métal.La revente de ces pièces leur permet d\u2019acheter de la nourriture.PHOTO AP 3.Cette photo a été prise en avril 1994 et rassemble des supporters de l\u2019ANC, peu avant la campagne électorale marquant le retour de Nelson Mandela.Cette première campagne non raciale mettait fin à trois siècles de domination blanche et 46 ans d\u2019aparheid.PHOTO AFP 4.Un couple d\u2019amoureux s\u2019enlace à Camp\u2019s Bay, au Cap.PHOTOLAURA-JULIE PERREAULT, LA PRESSE « Nous n\u2019avons pas vécu l\u2019apartheid, mais nos parents ne manquent pas de nous rappeler ce qui aurait été impossible juste avant notre naissance.» 4 Des enfants s\u2019amusent avec un ballon de soccer dans les rues d\u2019un quartier du Cap.PHOTO REUTERS llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 7 F É V R I E R 2 0 1 0 P L U S 3 Alors que les Jeux olympiques d\u2019hiver de Vancouver se terminent demain, les yeux des amateurs de sport se tourneront vers l\u2019autre côté du globe.Dans quelque 100 jours, l\u2019Afrique du Sud recevra la manifestation sportive la plus suivie de la planète : la Coupe du monde de soccer.Les attentes sont énormes dans un pays où le «beau jeu» est une quasi-religion.Et sur un continent en mal de bonne publicité.LAURA-JULIE PERREAULT SOWETO \u2014 Vêtus de dossards jaunes, une vingtaine de travailleurs de la construction s\u2019affairent sous les rayons du soleil à installer des pavés.À l\u2019approche de la Coupe du monde, les jours sont comptés pour donner un nouveau visage à la rue Vilakazi, la plus mythique d\u2019Afrique du Sud.Aucune autre rue dans le monde ne peut se vanter d\u2019avoir été le domicile de deux Prix Nobel de la paix.Nelson Mandela et Desmond Tutu y ont chacun une petite maison.Emblème de la lutte contre l\u2019apartheid, la rue Vilakazi, au coeur du township de Soweto, était jusqu\u2019à l\u2019an dernier en terre battue.Les rares touristes qui s\u2019y aventuraient y venaient accompagnés de guides dans de grands autocars de luxe et repartaient ensuite vers les hôtels des beaux quartiers de Johannesburg.Ils entendaient parler des jours glorieux de la petite rue, des jours sombres de la ségrégation raciale et de la pauvreté endémique qui perdure dans les townships, 20 ans après la libération de Mandela.Aujourd\u2019hui, la petite rue en pente n\u2019a plus de quoi faire peur à qui que ce soit.Une grande pancarte commanditée par Coca-Cola souhaite la bienvenue aux visiteurs.Tout le quartier a été asphalté et les trottoirs aménagés.Les commerçants ambulants, qui y vendent tantôt des fruits, tantôt de l\u2019artisanat ou des t-shirts, ont maintenant des stands uniformes, abrités par de grands parasols verts.Un des restaurants de la rue, Sakhumzi, où l\u2019on vient manger des spécialités locales, a triplé sa superficie.Le grand coup de balai a même touché le seul shebeen du quartier.La petite taverne locale a été repeinte aux couleurs de Heineken.«On ne reconnaît plus notre rue.Les nouveaux arbres rendent la vie plus facile aux voleurs, qui peuvent se cacher derrière.On espère néanmoins que tout ça va nous avantager pendant la Coupe du monde», note Tototo, le marchand de sucreries du quartier.8,5milliards d\u2019investissements La rue Vilakazi est loin d\u2019être le seul endroit à avoir été rénové à l\u2019approche de la grand-messe du soccer, qui se tiendra en sol africain pour la première fois.En prévision de l\u2019événement, qui aura lieu du 11 juin au 11 juillet, plus de 63 milliards de rands (8,5 milliards de dollars) ont été investis dans les infrastructures du pays, selon un porte-parole de la Coupe du monde.En tout, 10 stades ont été remis à neuf ou construits de toutes pièces dans les neuf villes qui accueilleront le tournoi.On y attend 32 équipes et 3 millions de fans.Des dizaines de routes sont en train d\u2019être élargies.Un nouveau système ferroviaire, dont Bombardier est l\u2019un des principaux partenaires, devrait être prêt juste à temps pour le début de la compétition.L\u2019aéroport international de Johannesburg brille comme un sou neuf.Pour héberger les 450 000 touristes attendus dans le pays, 26hôtels ont été construits.«Tout ça aura un impact à long terme sur l\u2019Afrique du Sud.Les stades de qualité internationale que nous avons construits seront là dans 50, 100 ans.Les enfants de ce pays rêveront d\u2019y jouer.Les routes aussi resteront.L\u2019événement a créé 415 000 emplois.Certains à court terme, mais les compétences acquises ne se volatiliseront pas», explique le chef des communications du comité organisateur de la Coupe du monde 2010, Rich Mkhondo.Les critiques pleuvent Durant tout l\u2019entretien d\u2019une heure qu\u2019il a accordé à La Presse, M.Mkhondo est sur la défensive.Car si la Coupe du monde suscite d\u2019immenses espoirs et beaucoup de fierté dans les rues de l\u2019Afrique du Sud, déjà tapissées de posters, les critiques pleuvent aussi.Les nouveaux stades sont déjà qualifiés de «one night stand» (aventure sans lendemain) et de coquilles vides par des organisations locales, qui se demandent si l\u2019argent n\u2019aurait pas pu être mieux investi dans un pays où près de 40% de la population est sans emploi et où une famille sur deux vit sous le seuil de la pauvreté.Le coût des billets, jugé trop élevé par beaucoup de fans sud-africains, a été réduit la semaine dernière.Les médias locaux publient chaque jour des articles sur la corruption qui a entouré la construction des stades.La fermeture d\u2019une école pour faciliter la construction du stade de Nelspruit, près du parc Kruger, a fait scandale.Le taux de criminalité, un des plus élevés du monde, est aussi sous les projecteurs dans les médias internationaux.Le récent meurtre de l\u2019une des relationnistes de la Coupe du monde à Rastenburg, en plein milieu d\u2019un COUP DE BALAI POUR LA COUPE DU MONDE Les Bafana Bafana, l\u2019équipe nationale qui représentera l\u2019Afrique du Sud lors de la Coupe du monde.Le seul Blanc est Matthew Paul Booth.PHOTO AP Les nouveaux stades sont déjà qualifiés d\u2019aventure sans lendemain et de coquilles vides par des organisations locales qui se demandent si l\u2019argent n\u2019aurait pas pu être mieux investi.symposium sur les questions de santé liées à la Coupe du monde, a ajouté aux craintes de certaines équipes européennes, qui ont annoncé récemment qu\u2019elles achèteraient des gilets pare-balles pour leurs athlètes.Rich Mkhondo courbe l\u2019échine quand on soulève la question de la sécurité.Il explique qu\u2019une armée de 40 000 agents assureront la sécurité des stades.Pour le reste, note-t-il, la sécurité du pays dépend de la société sud-africaine.«Des pays comme la Grande-Bretagne peuvent regarder dans leur propre jardin, où des enfants de 14 ans en tuent d\u2019autres de 17 ans», tonne-t-il.Il ajoute que la Coupe de la Confédération, qui a eu lieu l\u2019an dernier en préparation de la Coupe du monde, n\u2019a été marquée par aucun incident majeur.Le rapprochement du ballon rond Loin de prévoir le pire, Rich Mkhondo se dit plutôt convaincu que, comme la Coupe du monde de rugby de 1995, qui avait donné lieu à de grandes fêtes multiraciales dans les rues, la Coupe du monde de soccer aura un effet rassembleur sur la population sud-africaine, encore meurtrie par le legs de l\u2019apartheid.D\u2019autant plus que le soccer occupe une place sans pareille dans le coeur de la population noire, qui compose plus de 80% du pays.Qu\u2019en pensent les résidants de la rue Vilakazi?«J\u2019étais ici quand Nelson Mandela a été libéré il y a 20 ans et qu\u2019il est revenu à la maison, explique le propriétaire du restaurant Sakhumzi.Des journalistes étrangers vivaient chez nous.Nous imaginons que le mois de la Coupe du monde ressemblera un peu à ça.Les yeux du monde seront à nouveau tournés vers nous.Mais combien de gens de Soweto et des autres villes défavorisées de l\u2019Afrique du Sud bénéficieront de tout ça, à long terme?C\u2019est la grande inconnue.Si la fin de l\u2019apartheid n\u2019a pas réussi à régler la grande majorité des problèmes du pays, que peut faire la Coupe du monde?» NELSON MANDELA BAY PORT ELIZABETH Capacité 50 000 AFRICAN RENAISSANCE LE CAP Capacité 68 000 MANGAUNG BLOEMFONTEIN SOCCER CITY JOHANNESBURG DE TRIBUNE DE LIBERTÉ À TEMPLE DU SOCCER Baptisé Soccer City, ce stade de Johannesburg, dont l\u2019architecture évoque un pot de terre traditionnel africain, sera le point de mire de la Coupe du monde l\u2019été prochain.Il abritera notamment la finale de la grand-messe du soccer.D\u2019une capacité de 87 000 spectateurs, il n\u2019a pas d\u2019équivalent sur le continent africain.Il n\u2019a pas non plus d\u2019égal dans le coeur de millions de citoyens de l\u2019Afrique du Sud: c\u2019est dans cette enceinte que Nelson Mandela a prononcé son grand discours de libération, en février 1990, mettant la table pour les profonds changements à venir.PHOTO REUTERS LAURA-JULIE PERREAULT ATTERIDGEVILLE \u2014 Impossible de ne pas remarquer le moment exact où Matthew Booth entre sur un terrain de soccer.Grand (près de 2m), mince, il est le seul Blanc des Mamelodi Sundowns, une équipe de soccer locale, ainsi que de l\u2019équipe nationale sud-africaine, les Bafana Bafana.Quand il touche le ballon, un immense «bouuuuh!» s\u2019échappe immanquablement des gradins remplis de spectateurs noirs.L\u2019oreille novice pourrait penser que l\u2019athlète se fait huer et que, 20 ans après la fin de l\u2019apartheid, les Blancs ne sont pas les bienvenus dans les temples du ballon rond, où les fans chantent des chants africains, tapent sur leurs tambours et font retentir leurs vuvuzelas.Mais détrompez-vous! «MatthewBooth est de loin notre joueur préféré.On crie son nom: Boooooth! Nous l\u2019encensons, nous ne le huons pas», explique Godfrey Kutama, rencontré au match local entre les Mamelodi Sundowns et les Moroka Swallows.Même s\u2019il pleut à boire debout, des centaines de fans se sont entassés dans les gradins du Super Stadium d\u2019Atteridgeville, un township tout près de la capitale de l\u2019Afrique du Sud, Pretoria.«C\u2019est vrai que le soccer est plus populaire auprès des Noirs de l\u2019Afrique du Sud, alors que le rugby est le sport des Blancs et le cricket, celui des Blancs et des Indiens, mais ce pays n\u2019est plus ce qu\u2019il était il y a 20 ans.Moi, je ne vois pas de différence.Je vois de bons athlètes», ajoute celui qui se passionne pour le soccer depuis 1984.Hors norme S\u2019il se dit flatté par l\u2019affection que lui portent ses fans, Matthew Booth est le premier à admettre qu\u2019il est gêné par l\u2019attention que lui portent les médias étrangers à la veille de la Coupe du monde.«Je comprends que les médias étrangers s\u2019intéressent à moi à cause de l\u2019histoire de mon pays, mais je ne me vois pas du tout comme une icône pour la Coupe du monde.L\u2019équipe est bourrée de talents, de joueurs très connus», s\u2019empresse-t-il de dire lorsque nous le rencontrons à sa sortie du stade d\u2019Atteridgeville.Il refuse de se voir comme un héros qui a bravé l\u2019apartheid avant l\u2019heure.«Chester Williams (NDLR: le seul Noir de l\u2019équipe de rugby lors de la Coupe du monde de 1995) a eu beaucoup plus d\u2019embûches que moi.Le soccer est multiracial depuis 1971, dans les années les plus noires de l\u2019apartheid.Notre sport peut se donner le crédit d\u2019avoir brisé des barrières dans ce pays.J\u2019ai été intégré très jeune dans des équipes dont les joueurs étaient de toutes les races», note-t-il.Marié à une Noire mannequin et ancienne «miss», père de deux enfants mulâtres, il ne cesse pourtant de surprendre dans un pays où les relations interraciales restent compliquées.L\u2019athlète de 32 ans n\u2019hésite pas à critiquer certaines pratiques qui ne sont pas étrangères au passé ségrégationniste.«Les Blancs sud-africains aiment le soccer, mais ils aiment le soccer de l\u2019Europe.Pas celui des équipes locales.» Il espère que la Coupe du monde va changer la donne en permettant à tous les mordus de ce sport de partager les gradins.Que va changer la Coupe du monde?«J\u2019espère que les investissements vont changer les choses à la base.Ce serait bien que les joueurs amateurs aient des installations décentes, comme dans les autres sports.Pour le moment, elles sont terribles», s\u2019insurge l\u2019athlète avant de prendre congé.L\u2019autobus l\u2019attend.Son pays aussi.Le cavalier blanc MBOMBELA MPUMALANGA Capacité 40 000 KING SENZANGAKHONA DURBAN Capacité 70 000 ELLIS PARK JOHANNESBURG PETER MOKABA POLOKWANE Capacité 45 000 TSHWANE PRETORIA OLYMPIA RUSTENBURG 5 NOUVEAUX STADES POUR L\u2019AFRIQUE DU SUD MATTHEWPAUL BOOTH Date de naissance : 14 mars 1977 Lieu de naissance : Fish Hoek, Afrique du Sud Taille : 1.99 m Joueur : arrière-centre Club :Mamelodi Sundowns Numéro77 PLUS AFRIQUE DU SUD PLUS AFRIQUE DU SUD llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 7 F É V R I ER 20 1 0 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 7 F É V R I E R 2 0 1 0 P L U S 5 Andre Desmarais > President du conseil dfadministration Guy Crevier > President et editeur Philippe Cantin > Vice-president a lfinformation et editeur adjoint Eric Trottier > Directeur de lfinformation Andre Pratte > Editorialiste en chef DROITS RESERVES / serge.chapleau@lapresse.ca OPINION EDITORIAUX Mieux que renforcer la loi 101 Lfeditorial dfAndre Pratte a lire demain sur Cyberpresse CYBERPRESSE.CA EXCLUSIFACYBERPRESSE Etudiez aujourdfhui, payez davantage.plus tard cyberpresse.ca/payer PHOTO LA PRESSE > LE BLOGUE DE LfEDITO www.cyberpresse.ca/edito Lfintolerance des dieux, par Mario Roy VERONIQUE BERGERON Recherchiste en tele, lfauteure est une ancienne patineuse artistique.De lfage de 5 a 15 ans, une seule activite a occupe mes matins, mes midis, mes soirs, mes week-ends, mes etes et mes semaines de relache.Dans ma garde-robe, plus de lycra paillete que de coton ouate du Club des 100 watts.Dans mes conversations, plus de double loop que de áAs-tu ecoute Chambres en ville hier?â.Pendant 10 ans, jfai entendu dans ma tete la superlative voix dfAlain Goldberg commenter mes moindres faits et gestes.Pendant le dixieme dfun siecle, jfai ete une patineuse.Et par osmose, ma mere a ete pendant 10 ans une mere de patineuse (appelons-les MDP) Pour les non-inities, la MDP est un personnage essentiel de la carriere de patineuse.Elle se doit, tel un proprietaire de bed&breakfast de region, dfetre tres polyvalente: chauffeuse, coiffeuse, maquilleuse, nutritionniste (ma mere me preparait amoureusement de la creme Budwig a 5h30 du matinc), soigneuse, entraineure adjointe et DOP de chaque performance.Surtout, surtout, etre mere de patineuse, cfest consacrer du temps, tellement de temps, pour qufune gamine de 10 ans enfile un leotard outrageusement decore avec les yeux brillants et un reve entre les deux oreilles.Cfest porter avec elle ce reve, au prix de sacrifices immenses.Jfai des souvenirs tres precieux de ce que fut ma mere alors qufelle etait une MDP.Dans sa trousse de MDP (tailleur de suede á tanâ a coupe bolero et pantalon a pinces), coiffee et maquillee avec soin (pour etablir son pouvoir aupres des autres meres de patineuses, je crois), ma mere etait plus devouee qufun stagiaire dans une boite de production tele.Apprendre a realiser des tresses francaises sous adrenaline, se casser des ongles en tentant de rembobiner manuellement ma cassette audio a trois minutes du debut dfune competition, refouler des larmes pour me consoler apres une contre-performance (tout en manoeuvrant habilement pour que mon abusif mascara ne tache pas ma robe a 500$c) Jfai surtout le souvenir precis de ma mere, assise sur mon lit, dans le noir, a 5h30 du matin en plein hiver, rechauffant jupette rose et collants beiges un a un afin que je puisse me reveiller en douceur et mfhabiller au chaud sous les couvertures avant lfentrainement.Pour moi, cfest lfimage meme de lfamour et du devouement maternels.En voyant Joannie monter sur le podium, alors qufelle recevait la consecration de son reve, toutes les MDP etaient avec elle.Elles portaient toutes un morceau de ce reve.Et je suis certaine que ses collants etaient chauds.Sa mere, quelque part, y avait surement veille.Ma mere, essentielle Au prix de sacrifices immenses, elle a porte avec moi mon reve de patineuse artistique pendant 10 ans PHOTO FOURNIE PAR LfAUTEURE Veronique Bergeron et sa mere, Dominique Bouchard.Etre mere de patineuse, cfest consacrer du temps, tellement de temps, pour qufune gamine de 10 ans enfile un leotard outrageusement decore avec les yeux brillants et un reve entre les deux oreilles.MARIOROY mroy@lapresse.ca Comment enoncer de facon incomplete un probleme mal pose ?Voici.La question serait: fautil soumettre lfimmigrant a une medecine a base de multiculturalisme canadien ou dfidentite quebecoise ?Cfest sur ce mode binaire, en presumant que lfá immigrant â dont on parle nfest pas etabli au Quebec depuis trois generations (!) et en ignorant le sous-texte politique de la religion, que le debat, celui que lfon sait, sfest desormais reconstitue.Et ce, en particulier depuis les interventions de Lucien Bouchard et du philosophe Daniel Weinstock, lie a la commission Bouchard-Taylor.Pourtant, pourtant.Enprovince, cette semaine, on a place lfidee dfaccommodement raisonnable sous un tout autre eclairage.Devant le Tribunal des droits de la personne, en effet, on nfa pas debattu des tapis de priere que les etudiants musulmans deroulent dans un hall des HEC.Mais bien de la priere chretienne que le maire de Saguenay (un Tremblay!) veut continuer a reciter aux seances du conseil.Pas dfimmigrant dans ce dossier.Pas de multiculturalisme.Pas dfidentite.Pas de complot federaliste ou souverainiste.Pas question de devoir determiner si les Quebecois sont tolerants ou non .ils le sont, et plutot tres.Non, les ingredients etaient la politique, la religion et lfinteraction de lfune avec lfautre.Ainsi, avec sa saveur locale, lfaffaire sagueneenne nfen presente pas moins une facette des dilemmes globaux auxquels peu de pays occidentaux echappent.Ces dilemmes sont a ce point lourds de consequences qufils participent a une veritable crise dont lfenjeu est le type dfevolution que vivra la civilisation occidentale au cours des annees a venir.Ce nfest pas rien.On se trouve alors tres loin du bon vieux contentieux canado-quebecois, meme servi a la moderne.Et si lfimmigration joue un role, les problemes dfintegration et de balance demographique qufelle pose sont beaucoup plus durement vecus en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas, par exemple, qufau Quebec.Or, une fois debat tues les identites particulieres et les modes dfaccueil des immigrants, la crise sfarticule bien davantage, partout en Occident, autour dfautre chose.Soit du retour en force de la pression religieuse, de ses fondamentalismes revendicateurs, de ses tapageuses intrusions dans le champ du politique ; ainsi, on ne comprend rien a lfapre debat sur le voile islamique si on occulte sa dimension militante.Certes, il y a encore dfautres facettes a lfaffaire.Lfevolution des droits, par exemple.Dfune par t , les nouveaux ádroitsâ qui surgissent chaque jour .un des plus recents : le droit a ne pas etre offense.et sont des produits de lfopulence occidentale.Dfautre part, la hierarchisation des droits, un pensum que la pression religieuse, justement, tend de plus en plus a imposer.Dans ce contexte, sfenteter a resoudre les conflits lies a cette crise de civilisation avec dfaccommodants petits rafistolages, improvises a la piece, est une vaine et pusillanime entreprise.Les rafistolages Cfest a une crise de civilisation que nous faisons face.ARIANE KROL akrol@lapresse.ca La performance de la Caisse de depot et placement au cours des six derniers mois de 2009 laisse filtrer une lueur dfespoir.Lfinstitution semble bien positionnee pour retrouver la voie de la croissance.Cependant, ses resultats montrent a quel point les effets de mauvaises decisions mettent du temps a sfestomper.Le rendement de 10%degage durant la deuxieme moitie de lfannee contraste heureusement avec le recul catastrophique de 25% enregistre en 2008.Il est toutefois bien en deca de lfindice de reference (14,1%).Un ecart imputable pour moitie au portefeuille de dettes immobilieres, qui abrite des activites a haut risque comme les fameux prets mezzanine.Michael Sabia a beau vouloir eviter ces produits a lfavenir, il doit vivre avec les decisions prises avant son arrivee.Autre facteur contributif : la lenteur de la Caisse a revenir sur les marches boursiers, qui lui a fait manquer une partie du rebond.Oui, cette hesitation- la sfest produite en 2009.Sauf qufelle aurait coute pas mal moins cher si la position de depart nfavait pas ete aussi degarnie.En debut dfannee, seulement 22% du portefeuille global se trouvait dans les marches boursiers, un desequilibre herite de la grande liquidation de la fin 2008.¡¡¡ Le nouveau patron avait bien prepa re le ter ra i n .Lfannonce dfune croissance nulle pour la premiere moitie de 2009, ainsi que la tournee des medias effectuee il y a un mois, avaient reduit les attentes au minimum.Le rendement annonce jeudi, bien qufinferieur a lfindice de reference et au rendement median des institutions comparables, nfa donc surpris personne.La Caisse a tire une lecon de ses erreurs, assure son president.On est heureux dfentendre qufelle va desormais preferer la performance a long terme aux coups dfeclat annuels, se concentrer sur ses forces et eviter comme la peste les produits financiers trop complexes qufelle ne maitrise pas.Sauf que ce sont des principes elementaires.Une institution qui gere les avoirs de regimes de retraite nfaurait jamais du avoir a payer pour les apprendre.Surtout cette institution-la, qui nfa jamais cache la haute opinion qufelle avait dfelle-meme.Et lfon nfa pas fini de rembourser la facture de cette lecon inutile.Lfactif net de la Caisse a beau sfetre accru de 11,5 milliards lfan dernier, il est encore 8% en dessous du niveau de 2006.áNous travaillons dfa rrache- pied pour que 2008 ne soit plus qufun lointain souvenir â, a declare Michael Sabia en conference de presse.Si la nouvelle strategie qufil a elaboree avec son equipe est la bonne, et produit des rendements acceptables pour les deposants, le carnage de 2008 deviendra un point de plus en plus distant dans le retroviseur, jusqufa en disparaitre completement.Esperons toutefois que ce cuisant souvenir restera grave pour de bon dans la memoire de la Caisse.Les Quebecois ne devraient plus jamais avoir a payer pour ce genre de lecons particulieres.Un lourd heritage llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 P L U S L A P R E S S E M O N T R E A L SA M E D I 27 FE V R I E R 2 0 1 0 À BIEN Y PENSER LYSIANE GAGNON lgagnon@lapresse.ca VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 MARC GAGNON L\u2019auteur est quintuple médaillé olympique en patinage courte piste.Il est aujourd\u2019hui propriétaire de deux centres Énergie Cardio, du Petit Gym Mascouche et de l\u2019école de Hockey Concept Élite.Depuis plusieurs jours, on me demande souvent mon opinion sur les Jeux olympiques et les performances canadiennes, moins bonnes que prévu.Bien entendu, les JO de Vancouver soulèvent beaucoup plus de questionnements qu\u2019à l\u2019habitude, pour deux raisons très simples.D\u2019abord, les Jeux ont lieu au Canada, donc l\u2019intérêt est encore plus grand.D\u2019autre part, le Comité olympique canadien (COC) avait établi un objectif bien clair: 34 médailles et le premier rang au classement.Cet objectif n\u2019était pas caché.Tout le monde le disait haut et fort.Il y a cinq ans, les gens du COC ont cru qu\u2019en investissant de grosses sommes d\u2019argent jusqu\u2019en 2010, nous casserions la baraque et changerions le pays en entier.Malheureusement, ça ne marche pas comme ça.Encore moins au Canada.Vous savez, mes années d\u2019athlète international m\u2019ont appris que le Canada est un pays apprécié de tous.En particulier ses habitants.Pas étonnant que plusieurs personnes veulent s\u2019établir ici.Il ne faut pas mésestimer comment les autres nous voient: accueillants, généreux, sympathiques, aidants, etc.C\u2019est tout à notre honneur, mais c\u2019est aussi très nuisible lorsqu\u2019il s\u2019agit de performer sur une scène athlétique comme les Jeux olympiques.Cette grande générosité, cette compassion et ce sens de l\u2019entraide nous jouent des tours en sport.Je l\u2019ai déjà dit et le redis: ces qualités font de nous trop souvent des athlètes participatifs plutôt que compétitifs.Elles nous poussent malheureusement à toujours vouloir consoler un athlète et à lui faire accepter une performance ordinaire.Or il faudrait plutôt chercher avec lui à analyser la performance et trouver tous les points à améliorer pour continuer la progression et possiblement gagner la fois suivante.Il est souvent difficile pour les gens impliqués dans le sport de faire la coupure entre le participatif et le compétitif.Nous avons peur d\u2019être exigeants et de pousser les athlètes qui, pourtant, veulent vraiment être compétitifs.On semble vouloir à tout prix éviter de vivre la rage d\u2019une défaite.Vous savez, je suis tout à fait d\u2019accord avec vous: finir cinquième à des Jeux olympiques est extraordinaire.Mais un athlète qui consacre sa vie à l\u2019entraînement ne rêve pas de finir cinquième et de recevoir des tapes dans le dos pour une participation extraordinaire.Le podium est l\u2019objectif ultime.Même le 20e favori, au fond de lui, espère une performance extraordinaire pour gagner une médaille.Combien de fois avez-vous entendu un athlète dire qu\u2019il était insatisfait et déçu d\u2019une contre-performance?C\u2019est très rare.Nous avons généralement des explications pour la mauvaise performance, avec une morale positive à la clé.Pourtant, quand tu veux gagner et que tu n\u2019y arrives pas, il est tout à fait normal d\u2019être déçu et même fâché.Mais notre côté participatif nous dicte toujours d\u2019accepter, de relativiser et de passer au suivant.Je suis père de deux enfants.Et je comprends très bien l\u2019importance d\u2019être un modèle pour eux.Les enfants reproduisent ce qu\u2019ils voient.C\u2019est la même chose chez les athlètes.Ils reproduisent ce qu\u2019ils voient, et l\u2019attitude dans laquelle ils grandissent.Par conséquent, ils intègrent cette vision participative et la font leur.Ça devient très difficile à changer par la suite.Cessons de nous cacher la tête dans le sable.Un gagnant est un mauvais perdant.Il vit avec la défaite, mais ne l\u2019aime pas.Il y a une grande différence entre vivre avec la défaite et l\u2019accepter.Les athlètes qui ont du succès sont ceux qui, de façon innée, ne sont satisfaits que par la première place.Ce qui ne veut pas dire que l\u2019attitude de la population en général doit changer.Les Canadiens sont des gens extraordinaires.Ce sont plutôt les gens qui participent de près au développement des athlètes qui doivent changer.Le réconfort n\u2019est pas interdit, mais laissons cela aux parents qui le font à merveille.Nous avons des athlètes extraordinaires.Malheureusement, contrairement à plusieurs Américains, qui ont une attitude prétentieuse que l\u2019on déteste, mais combien enveloppée du désir absolu de gagner, quand arrivera ce jour J des JO, plusieurs ne produiront pas leur meilleure performance, et ne tenteront pas énergétiquement d\u2019aller encore plus loin.C\u2019est bien triste, car nous avons au Canada un potentiel athlétique tout aussi grand que n\u2019importe quelle nation.En terminant, j\u2019aimerais répondre aux nombreux spécialistes qui, ces derniers jours, affirment que le COC a établi un objectif impossible et mis trop de pression sur les athlètes.Que connaissent-ils de la pression de l\u2019athlète ?J\u2019ai été athlète, et désolé de décevoir tout le monde, mais durant notre compétition, on pense à nous.Pas au Canada et à ses 34 médailles.Si nous gagnons, à ce moment, la fierté d\u2019être canadien est au rendez-vous.Où étaient ces nouveaux spécialistes il y a deux semaines?Dans leur salon à espérer que le COC ait raison.Moi, je félicite ces gens qui ont osé et voulu sortir du moule participatif.Ces gens qui, pour la première fois, sont arrivés avec une attitude de gagnant, et non de participant.Il y a deux semaines, je ne croyais pas que nous pouvions gagner 34 médailles.Mais je ne croyais pas plus que je pouvais gagner une médaille olympique lorsque j\u2019avais 15 ans.Par contre, j\u2019étais prêt à tout pour essayer.Et je compte maintenant trois participations et cinq médailles olympiques.Bravo, donc, à ces audacieux.Votre première solution était l\u2019investissement financier, et il ne faut pas retourner en arrière.Continuez.Mais aussi, cherchez maintenant les autres solutions qui feront en sorte que bientôt, nous pourrons être les meilleurs.PAS ASSEZ COMPÉTITIFS Notre compassion nous pousse à consoler nos athlètes et à leur faire accepter une performance ordinaire PHOTO ARCHIVES AFP Marc Gagnon lors de sa victoire à la finale du 500 mètres, aux Jeux olympiques de Salt Lake City, en 2002.Les athlètes qui ont du succès sont ceux qui, de façon innée, ne sont contentés que par la première place.Combien de fois avez-vous entendu un athlète dire qu\u2019il était insatisfait et déçu d\u2019une contre-performance?C\u2019est très rare.Faut-il sortir de la politique pour avoir de bonnes idées?Le gouvernement du Québec est-i l devenu si impotent que ses ministres ont moins de pouvoir que les retraités de la politique?Telles sont les questions, tout de même troublantes, que pose l\u2019intervention d\u2019un groupe de personnalités (parmi lesquelles se trouvent un ancien premier ministre et trois anciens ministres) en faveur de l\u2019augmentation des droits de scolarité universitaires.L\u2019idée est bonne, mais là n\u2019est pas la question.Lucien Bouchard, le porte-parole du groupe, a été premier ministre de 1996 à 2001.Pourquoi n\u2019a-t-il pas levé le petit doigt pour dégeler les droits de scolarité, alors que le sous-financement des universités constituait déjà un problème criant et qu\u2019il était non seulement investi du pouvoir suprême, mais assez populaire pour faire passer des réformes audacieuses?Joseph Facal a été président du Conseil du Trésor dans le dernier gouvernement péquiste, et Michel Audet, ministre des Finances de 2005 à 2007.Pourquoi n\u2019ont-ils rien fait quand ils détenaient des postes-clés?Quant à Monique Jérome-Forget, elle était, jusqu\u2019à avril dernier, le numéro deux du gouvernement et ministre des Finances\u2026 Il faut signaler qu\u2019elle, au moins, a le mérite d\u2019avoir essayé\u2026 jusqu\u2019à ce que le rapport Montmarquette qu\u2019elle avait commandé (sur la tarification des services publics) soit instantanément jeté aux orties.Faut-il en déduire qu\u2019il est impossible de piloter un projet le moindrement controversé au sein de nos gouvernements?Je mettrais ma main au feu que M.Charest est dans le coup.Ce gouvernement timoré, qui a repris la recette du deuxième gouvernement Bourassa \u2013 surtout ne pas bouger sauf dans le sens du vent \u2013 a, en effet, bien besoin de béquilles.(Il va de soi, par ailleurs, qu\u2019il n\u2019y a rien à attendre du côté du PQ, qui s\u2019est instantanément rebiffé à l\u2019idée d\u2019un dégel substantiel.) La nécessité d\u2019une hausse des frais d\u2019inscription dans les universités est pourtant une affaire entendue depuis longtemps.Seule la lâcheté de gouvernements péquistes autant que libéraux a maintenu en place ce régime absurde qui impose aux contribuables tout le fardeau de la formation des futures élites, et qui fait que l\u2019on peut devenir médecin ou avocat à un coût personnel dérisoire.Si encore ce joli privilège avait fait augmenter le niveau de scolarité au Québec! Mais au contraire, le Québec, où l\u2019université coûte trois fois moins cher qu\u2019ailleurs au Canada, est la province où le taux de scolarisation est le plus bas! Les opposants font valoir que les universités se lancent dans des dépenses somptuaires.C\u2019est vrai : qui a oublié les folies immobilières de l\u2019UQAM, qui auraient entraîné n\u2019importe quelle entreprise privée dans la faillite?Vrai aussi : il y a trop de «cadres» dans nos universités, particulièrement du côté francophone.Mais tout cela n\u2019est pas une raison pour ne pas exiger une contribution adéquate des étudiants.S\u2019il fallait ne financer que les institutions parfaitement bien gérées, il faudrait refuser de payer nos impôts, compte tenu de la façon dont nos gouvernements utilisent les fonds publics! Enfin bon, réjouissons-nous tout de même de voir ces anciens politiciens prôner ce qu\u2019ils n\u2019ont pas fait quand ils étaient en politique.Mieux vaut tard que jamais, et ce gouvernement inanimé a grand besoin de transfusions de sang massives\u2026 Les fanfaronnades du ministre Bachand, qui n\u2019annonce rien de moins qu\u2019une «révolution culturelle» dans son futur budget, n\u2019abuseront personne.Ce gouvernement, le nez sur les sondages même quand son chef a les deux mains sur le volant, accouchera d\u2019un souriceau.Le volant et le souriceau Ce gouvernement timoré a bien besoin de béquilles.Des patients meurent faute de soins.Combien de morts faudra-t-il pour prouver que les conditions de travail sont invivables dans les hôpitaux?Quand il n\u2019y aura plus de monde pour travailler dans le réseau de la santé, il y aura juste plus de morts.Après tout, il faut vivre selon ses moyens.Et mourir aussi selon ses moyens\u2026 \u2013 Sylvie Godin, Saint-Eustache llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 7 F É V R I E R 2 0 1 0 P L U S 7 TERMINUS REGARD DIFFÉRENT SUR L\u2019ACTUALITÉ Grande fête sportive, les Jeux olympiques sont avant tout une compétition entre les pays.Une façon plus ou moins fiable de mesurer la force des nations.À la rivalité qui oppose les athlètes s\u2019ajoute celle, moins sérieuse, de qui portera les couleurs de son pays de la façon la plus originale.Tous unis derrière leur nation: un concours qui ne manque pas de couleurs.NATIONS UNIES PHOTO REUTERS PHOTO CP PHOTO AFP PHOTO AFP PHOTO AFP PHOTO AP PHOTOS AP PHOTO AFP llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 7 F É V R I ER 20 1 0 "]
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