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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus - Forum
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2010-03-27, Collections de BAnQ.

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[" PLUS FORUM GRANDS REPORTAGES, ANALYSES DOSSIER L\u2019Église catholique dans la tourmente: consultez notre dossier sur les scandales d\u2019agressions sexuelles qui éclaboussent le clergé sur cyberpresse.ca/eglise BLOGUE André Pratte rend hommage au journaliste JacquesMorency sur cyberpresse.ca/edito CHRONIQUES Lisez ou relisez tous les textes de nos chroniqueurs sur cyberpresse.ca/chroniqueurs Chiropratie, ostéopathie, homéopathie ou naturopathie, les médecines complémentaires suscitent un intérêt grandissant au Québec.Les médecins n\u2019ont plus le choix d\u2019en tenir compte lorsqu\u2019ils voient un patient.Mais entre une certaine ouverture et une véritable intégration des approches complémentaires, il y a un grand pas à franchir.UN DOSSIER DE PASCALE BRETON À LIRE EN PAGES 2 À 5 LA BATAILLE DESMÉDECINES ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF, LA PRESSE L\u2019USURE DU CHUM L\u2019ÉDITORIAL D\u2019ARIANE KROL PAGE 6 «C\u2019EST LES AUTRES!» UN NOUVEAU LIVRE SUR LA CONDUITE AUTOMOBILE DES QUÉBÉCOIS PAGE 7 CARICATURE L\u2019ACTUALITÉ VUE PAR CHAPLEAU PAGE 6 MONTRÉAL SAMEDI 27 MARS 2010 ÉDITION 23e Le rendez-vous de la haute-fidélité 26 AU 28 MARS 2010 HILTON BONAVENTURE Pour plus d\u2019information, consultez le site internet www.salonsonimage.com > EXPOSITIONS FORMATIONS DÉMONSTRATIONS ATELIERS CONCERTS CONFÉRENCES > VENEZ VOIR ET ENTENDRE PARMI LES MEILLEURS SYSTÈMES DE SON AU MONDE > PLUS DE 100 EXPOSANTS REPRÉSENTANTS AU-DELÀ DE 300 DES MEILLEURES MARQUES PRÉSENTÉ PAR PLUS DESHERBES OUUNEPIQÛRE?de la population canadienne de plus de 12 ans a consulté un praticien en médecine complémentaire en 2003, comparativement à 7,3% en 1994-1995 SAVIEZ-VOUS QUE.PASCALE BRETON Quand le pédiatre sherbrooko i s S e r g e Thérien a commencé à s\u2019intéresser aux médecines parallèles, il y a une trentaine d\u2019années, son approche lui a valu des sourires moqueurs de la part de ses collègues.Peu d\u2019information circulait alors au Québec sur les approches complémentaires en médecine.Le Dr Thérien écoutait les parents qui lui racontaient avoir utilisé tel ou tel truc avec leurs enfants.Quand cela semblait avoir fonctionné, i l en parlait aux parents d\u2019autres jeunes patients.Peu à peu, il s\u2019est intéressé à l\u2019herboristerie, puis à l\u2019oligothérapie et à l\u2019homéopathie.Quelque 35 ans plus tard, il est l\u2019un des rares médecins québécois qui allient médecine traditionnelle et complémentaire.On parle d\u2019ailleurs de plus en plus de «médecine intégrative».«Ça reste toujours complémentaire à la médecine classique parce que la base reste la médecine.Mais au fur et à mesure que l\u2019on s\u2019ouvre à d\u2019autres approches complémentaires, le nombre de possibilités pour aider l\u2019enfant, l\u2019adolescent ou l\u2019adulte augmentent», explique le Dr Thérien.Il n\u2019hésite pas à suggérer l\u2019homéopathie en complément de traitement pour des enfants qui souffrent de problèmes respiratoires, de congestion nasale ou de douleurs aux oreilles.Pour des problèmes musculosquelettiques, il dirige ses patients vers des massothérapeutes, des ostéopathes ou des chiropraticiens.Beaucoup d\u2019intérêt de la part du patient L\u2019intérêt de la population pour les médecines complémentaires est grandissant au Québec.En 10 ans, de 1994 à 2003, le pourcentage de Canadiens qui ont eu recours à un praticien en médecine complémentaire est passé de 7,3 à 13%, révèle une enquête de Statistique Canada.Certains se tournent vers les médecines complémentaires parce qu\u2019ils ne veulent pas intoxiquer leur corps en prenant des médicaments.D\u2019autres cherchent une solution là où la médecine n\u2019est pas en mesure de les aider.C\u2019est le cas de nombreuses personnes qui souffrent de maux de dos chroniques et qui se tournent vers des approches comme la chiropratique ou l\u2019ostéopathie.D\u2019autres encore sont en quête d\u2019un bien-être global.Ce n\u2019est pas par hasard si la massothérapie, la relaxation, le yoga ou le taï chi sont de plus en plus populaires.Il faut distinguer la santé de la médecine, précise en ce sens le Dr Thérien.«Beaucoup pensent que la santé appartient au docteur.C\u2019est la médecine qui appartient au docteur parce que c\u2019est lui qui détient le droit de diagnostic et de traitement.Mais la santé appartient à la personne.» Professeure titulaire de la chaire de recherche en approche intégrée en santé de l \u2019Université Laval , la Dre Sylvie Dodin abonde dans son sens.Cette gynécologue et chercheuse-clinicienne s\u2019est d\u2019abord intéressée aux médecines complémentaires pour le traitement de la ménopause.«L\u2019intérêt des gens pour ces approches est aussi un signe que notre société ne répond pas aux besoins de la population en matière de santé.Les gens recherchent une prise en charge globale de leur santé et ils se tournent vers d\u2019autres approches pour combler un manque », croit la Dre Dodin.C\u2019est ce qui a mené Julie vers un naturopathe.Son bambin de 2 ans était souvent malade et elle était constamment chez le médecin.Mais lorsqu\u2019il lui a prescrit antibiotiques et inhalateur de cortisone après quelques minutes seulement de consultation, elle a ressenti un malaise.Le naturopathe l\u2019a plutôt guidée vers les huiles essentielles en lui conseil lant d\u2019installer un diffuseur dans la chambre de son enfant.Il s\u2019est aussi interrogé pour savoi r si une intolérance alimentaire était en cause.« Jamais un médecin ne m\u2019avait parlé de cela », dit Julie.Est-ce que les approches complémentaires ont réellement aidé son fils ?Chose certaine, la famille a procédé à certains changements dans ses habitudes de vie, et l\u2019automne dernier personne n\u2019a été malade, affirme Julie.Ouverture timide La communauté médicale s\u2019ouvre elle aussi aux médecines complémentaires, mais plus timidement.Il faut dire que le Collège des médecins du Québec surveille ses membres de près.Traditionnellement, l\u2019organisation n\u2019a pas montré beaucoup d\u2019enthousiasme face aux médecines complémentaires.En fait, la médecine scientifique doit primer en tout temps, explique le président et directeur général du Collège, le Dr Yves Lamontagne.«Nous avons deux tolérances: quand tous les traitements reconnus ont été épuisés, dans le cas d\u2019une maladie en phase terminale par exemple, ou si le médecin utilise un traitement reconnu assoc ié à un tra i tement homéopathique, par exemple pour traiter l\u2019asthme.De cette façon, il y aura au moins un effet placebo.» À ce jour, encore peu de médec ins possèdent des connaissances dans les approches alternatives.Par contre, plusieurs di r igent leur s patients vers des thérapeutes qui pratiquent des médecines complémentaires, ce qui n\u2019était pas le cas il y a une dizaine d\u2019années.Mais pour les médecins, ces approches doivent avoir fait leurs preuves.C\u2019est la grande difficulté puisque les études sur l\u2019efficacité des approches complémentaires ne sont pas toujours concluantes.«L\u2019effet placebo est très important.On doit aussi le dire au patient », souligne la Dre Dodin en invitant les gens à la prudence et au sens critique.«La médecine appartient au docteur parce que c\u2019est lui qui détient le droit de diagnostic et de traitement.Mais la santé appartient à la personne.» 13% Plus de femmes que d\u2019hommes consultent en médecine complémentaire Les chiropraticiens sont les plus consultés Le public consulte de façon épisodique plutôt que régulière Le recours aux médecines complémentaires est plus important dans les provinces de l\u2019ouest du Canada Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, Statistique Canada, 2005 ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 7 M A R S 2 0 1 0 PLUS LESMÉDECINES COMPLÉMENTAIRES MALMENÉES Lorsq u \u2019 i l est ques t i on de médecines complémentaires, le Québec est en retard, loin derrière l\u2019Europe et plusieurs provinces canadiennes.En France et en Allemagne, beaucoup de médecins sont éga lement formés comme homéopathes.L\u2019ostéopathie est désormais une profession reconnue dans plusieurs pays européens, ce qui n\u2019est pas le cas au Québec.Au Canada, les résidants des provinces de l\u2019Ouest semblent plus ouverts face aux produits de santé naturels.L\u2019Ontario reconna ît pour sa part un diplôme en naturopathie.La crise économique pourrai t toutefois entraîner un cer tain recul des approches complémentaires .Des pays comme l\u2019Allemagne et l\u2019 Italie ne remboursent plus les produ i t s homéopathi ques .La France veut pour sa part réviser à la baisse le taux de remboursement.La Grande-Bretagne pourrait quant à elle retirer l\u2019homéopathie des produits assurés.C\u2019est du moins ce que vient de recommander un comité du Parlement britannique, qui soutient qu\u2019il n\u2019existe aucune preuve scientifique de l\u2019efficacité de l\u2019homéopathie.Le comité suggère aussi d\u2019arrêter de subventionner les quatre hôpitaux homéopathiques qui existent dans ce pays.\u2014 Pascale Breton LEQUÉBEC EN RETARD ACUPUNCTURE L\u2019une des cinq branches de la médecine traditionnelle chinoise.Le praticien détermine des points précis le long des méridiens et agit par stimulation, notamment avec des aiguilles, pour réguler la circulation de l\u2019énergie dans le corps.La médecine chinoise date de plus de 6000 ans.En Europe, l\u2019acupuncture a pris son essor à partir des années 20.Aux États-Unis, la technique s\u2019est répandue surtout à partir des années 70.Au Québec, c\u2019est une profession officiellement reconnue depuis 1985.HOMÉOPATHIE Approche qui consiste à t ra iter des maladies en utilisant des doses infinitésimales d\u2019une substance qui, normalement administrée en grande quantité chez une personne en bonne santé, provoquerait la maladie, et ce, afin de stimuler une réaction de défense de l\u2019organisme.Créée au début du XIXe siècle par l\u2019Allemand Samuel Hahnemann, l\u2019homéopathie est courante dans plusieurs pays européens.Au Québec, on trouve des naturopathes formés en homéopathie, mais peu de médecins la pratiquent.L\u2019homéopathie suscite beaucoup de controverse sur le plan scientifique.LESMÉDECINES COMPLÉMENTAIRES EN BREF AROMATHÉRAPIE Approche de la naturopathie qui utilise les huiles essentielles produites par certaines plantes.Elles sont utilisées par voie interne, externe (sur la peau) ou aérienne (en diffuseur).L\u2019aromathérapie peuvent traiter des maux comme la toux, la sinusite, les maux de tête, l\u2019asthme, l\u2019insomnie ou la fatigue, entre autres, mais elles auraient aussi des vertus antiseptiques pour combat tre certains virus, bactéries ou champignons.L\u2019aromathérapie est utilisée depuis le début du XXe siècle.Au Canada, les huiles essentielles à visée thérapeutique sont assujetties au Règlement sur les produits de santé naturels qui est entré en vigueur en 2004.PASCALE BRETON Les faux thérapeutes qui promettent des remèdes miracle à leurs patients et le scepticisme de la communauté médicale malmènent régulièrement la crédibilité des médecines complémentaires.Entre la massothérapie et des approches comme l\u2019urinothérapie, qui consiste à boire son urine, la marge est grande, fait valoir le président et directeur général du Collège des médecins du Québec, le Dr Yves Lamontagne.«Dans tout cela, il y a du bon, du moins bon et du pas bon du tout.Nous, les médecins, nous sommes des Thomas.Il faut nous prouver scientifiquement que c\u2019est valable», déclare le Dr Lamontagne.Certaines approches ont démontré leur efficacité, notamment les techniques de relaxation ou l\u2019acupuncture.D\u2019autres, par contre, suscitent encore beaucoup de scepticisme.L\u2019homéopathie fait ainsi l\u2019objet d\u2019un vif débat dans le milieu scientifique.Par le passé, des études qui démontraient que cette approche n\u2019a pas plus d\u2019effet qu\u2019un placebo n\u2019ont pas aidé sa cause.«C\u2019est vrai qu\u2019on n\u2019est pas capable de dire que l\u2019homéopathie est plus efficace qu\u2019un placebo.Mais on n\u2019est pas capable de dire le contraire non plus», rétorque Jean-Yves Dionne, pharmacien de formation, aujourd\u2019hui conseiller et spécialiste des approches parallèles et des produits de santé naturels.D\u2019ailleurs, croit-il, il y a un fond de vérité dans les méthodes complémentaires.Les résultats le montrent.Mais pour plusieurs médecins, le doute persiste.«Les gens qui prennent des trucs alternatifs, si ce n\u2019est pas dangereux pour la santé et qu\u2019il y a un effet placebo, ça ne me fait rien.Je n\u2019ai pas, comme médecin, à vous dicter votre conduite de vie.Mais si c\u2019est dangereux pour votre santé, je me dois de vous le dire et je me réserve aussi le droit de vous dire que je n\u2019y crois pas », lance le Dr Lamontagne.Pour une vraie reconnaissance Au fil des ans, le corporatisme des ordres professionnels a empêché l\u2019essor des médecines complémentaires au Québec, croient plusieurs.Il est temps de leur faire une véritable place.Mais la formation est encore déficiente.Certains se disent naturopathes après seulement deux week-ends de formation, alors que d\u2019autres ont un bagage universitaire.Certaines associations tentent de se donner des balises et indiquent lesquels de leurs membres ont suivi une formation reconnue.C\u2019est le cas en chiropratique, en massothérapie et en ostéopathie.Il faut continuer dans cette voie, croit Jean-Yves Dionne.«La reconnaissance et le nettoyage de ce monde des médecines complémentaires va commencer avec l\u2019établissement de standards.Tant qu\u2019on n\u2019aura pas ça, on va avoir une guerre de tranchées (avec la médecine reconnue).» Quand des charlatans brouillent les cartes Mais au-delà des chicanes de médecins et des contradictions aux sujets des études, ce sont les histoires d\u2019horreur concernant de prétendus thérapeutes qui portent atteinte à la réputation des médecines complémentaires.Il n\u2019y a qu\u2019à penser à certains reportages concernant la biologie totale ou à ces patients en phase terminale à qui un praticien promettait un traitement miraculeux et très coûteux.Régul ièrement , le syndic du Collège des médecins est d\u2019ailleurs appelé à enquêter sur des charlatans.Le Dr Lamontagne se souvient d\u2019un prétendu thérapeute qui faisait payer 20$ aux patients pour traiter leur mal de dos\u2026 à l\u2019aide d\u2019une simple sableuse électrique recouverte d\u2019un feutre.I l est di f f ic i le d\u2019a t traper tout le monde, reconnaît le Dr Lamontagne.Il doit y avoir une plainte en bonne et due forme.«Les amendes sont peu élevées, alors plusieurs recommencent.On n\u2019a pas vraiment de moyens pour les attraper.» Les patients qui se font leurrer sont souvent très vulnérables, atteints d\u2019une maladie grave et incurable.La vigilance est de mise.«Quand quelqu\u2019un vous dit de jeter vos médicaments à la poubelle, attention, il y a un danger », prévient ainsi Jean-Yves Dionne.Attention aux thérapeutes qui veulent absolument vendre leurs produits, à ceux qui affirment que seuls leurs produits sont bons, à ceux qui affirment d\u2019emblée qu\u2019il faudra une quinzaine de rendezvous avant de traiter le problème.Pour éviter de tomber dans le panneau, la clé demeure l\u2019information.On ne pose jamais trop de questions.Certaines approches ont démontré leur efficacité, notamment en ce qui concerne des techniques de relaxation ou l\u2019acupuncture.D\u2019autres, par contre, suscitent encore beaucoup de scepticisme.MASSOTHÉRAPIE Bien que les études scientifiques ne puissent toujours le démontrer clairement, les bienfaits de la massothérapie sont reconnus de longue date.Des recherches tendent à démontrer, entre autres choses, que la massothérapie peut diminuer les risques de blessures au périnée lors d\u2019un accouchement, qu\u2019elle améliore la vie des personnes atteintes de cancer, qu\u2019elle soulagerait certaines douleurs lombaires.Il s\u2019agit de l\u2019une des plus anciennes formes de thérapie, mais le terme de massothérapie n\u2019est réellement apparu qu\u2019au XIXe siècle.Il existe plusieurs types de massages, selon les différentes écoles.OSTÉOPATHIE Thé rapi e manue l l e qui consiste à palper le corps pour détecter des tensions causant des malaises et à faire de légères manipulations pour ramener un équilibre.Efficacité reconnue pour les maux de dos.De plus en plus utilisée avec les femmes enceintes et les nouveau-nés.L\u2019ostéopathie est une profession officiellement reconnue en Grande-Bretagne, en France, en Belgique et aux États-Unis.Au Québec, il n\u2019existe pas d\u2019ordre professionnel.Par contre, les ostéopathes membres du Registre des ostéopathes du Québec ou de l \u2019Associat ion des ostéopathes du Québec ont tous suivi l\u2019équivalent d\u2019une formation universitaire.*Sources : Passeportsanté.net, Guide pratique des médecines douces (Protégez-vous) llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 7 M A R S 2 0 1 0 P L U S 3 PLUS PASCALE BRETON Fraîchement diplômé e n ph a r mac i e , Michel Groleau se décrivait luimême comme un pur et dur qui ne croyait qu\u2019aux vertus des médicaments pharmaceutiques.Jusqu\u2019à ce qu\u2019un bébé de 14 mois bouscule ses convictions.Ce bébé souffrait d\u2019eczéma depuis sa naissance.Son visage était couvert de plaques rouges.Régulièrement, le pharmacien voyait sa mère acheter une nouvelle crème prescrite par le dermatologue.Puis, un jour, c\u2019est un bébé à la peau impeccable que M.Groleau a vu à sa pharmacie.Crème miracle?«Non, la mère avait consulté en homéopathie, et les résultats étaient concluants après 10 jours », explique-t-il.Pour lui, ce fut le déclic.Il a suivi une formation en homéopathie.Il est aujourd\u2019hui propriétaire d\u2019une pharmacie où l\u2019on ne trouve aucun médicament «ordinaire », que des produits de santé naturels.« J\u2019observais chez mes patients des résultats que je ne pouvais expliquer.Ça m\u2019étonnait et ça me choquait.J\u2019ai décidé d\u2019aller voir ce qu\u2019on ne m\u2019avait pas appris à l\u2019école », dit le pharmacien pour expliquer son cheminement.Est-ce que son parcours aurait été le même s\u2019il avait été sensibilisé aux médecines complémentaires dès sa formation universitaire?Il ne pourrait le dire.Mais chose certaine, M.Groleau, comme plusieurs autres professionnels de la santé, croit que les futurs médecins et pharmaciens devraient être sensibilisés à ces approches au cours de leur formation.Les patients se tournent de plus en plus vers les médecines complémentaires et les produits de santé naturels.«On n\u2019a pas le choix de suivre le courant mondial », croit M.Groleau.Professeur titulaire de la chaire de recherche en approche intégrée en santé de l\u2019Université Laval, la Dre Sylvie Dodin abonde dans son sens.Pour répondre aux besoins des patients, bien les traiter et mieux les informer, les futurs professionnels de la santé devront élargir leur champ d\u2019horizon.«On sait que les patients se tournent vers ces approches.Comme médecin, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, c\u2019est important d\u2019en parler », croit la Dre Dodin.Après tout, c\u2019est le professionnel de la santé qui peut mettre son patient en garde contre de possibles interactions entre des produits dits naturels et des médicaments.Il peut aussi l\u2019éclairer et l\u2019aider à faire la part des choses.«Les sources d\u2019information sont multiples et le problème est de trouver celles qui ne sont pas biaisées, explique la Dre Dodin.Que ce soit les sociétés pharmaceutiques qui vendent des médicaments ou celles qui fabriquent des produits naturels, leur objectif est de faire de l\u2019argent.L\u2019important dans tout cela est d\u2019avoir un esprit critique.» Mais plusieurs patients hésitent à se confier à leur médecin, de peur qu\u2019il ne ridiculise le recours aux médecines complémentaires.C\u2019est un problème.Une étude parue en 2008 dans la revue spécialisée Current Oncology a démontrait qu\u2019une majorité de patients traités pour un cancer utilisaient aussi une forme de médecine complémentaire, principalement des produits naturels.Or, de 40 à 77%des patients qui prenaient ces produits ne le disaient pas à leur médecin traitant.Pourquoi ?Ils craignaient sa réaction négative ou pensaient qu\u2019il n\u2019avait pas besoin de le savoir.De cours optionnels à formation obligatoire La plupart des cours donnés sur les produits de santé naturels et les approches complémentaires dans les universités québécoises sont encore optionnels.Mais la situation évolue.Le nouveau programme de baccalauréat en pharmacie de l\u2019Université Laval offrira une formation sur les approches complémentaires.À l\u2019 U n i v e r s i té de Sherbrooke, un colloque sur les médec ines douces et complément a i res, destiné aux étudiants en méde c i ne, en es t à sa sixième année.Il connaît un bon succès.« Plusieurs patients nous demandent ce que nous pensons des médecines parallèles.Il faut savoir bien leur répondre », explique Audrey Gagnon-McMahon, ét udiante en médecine à l\u2019Université de Sherbrooke, pour expliquer son intérêt face au colloque.Pour l \u2019instant , la communauté médicale exprime encore plusieurs réserves face aux médecines complémentaires, surtout parce que les preuves scientifiques sur l\u2019efficacité de plusieurs d\u2019entre elles sont insuffisantes.Malgré tout, Mme Gagnon- McMahon croit que la médecine de l\u2019avenir devra tenir compte des autres approches.«C\u2019est encore assez nouveau.J\u2019ai l\u2019impression que c\u2019est notre génération et les générations à venir qui vont amener cela.Peut-être.Je ne peux pas dire que c\u2019est super bien vu ou intégré actuellement », dit-elle.S\u2019INITIER AUX MÉDECINES COMPLÉMENTAIRES «On sait que les patients se tournent vers ces approches.Comme médecin, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, c\u2019est important d\u2019en parler.» ILLUSTRATIONS PHILIPPE TARDIF, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 27 MA R S 20 1 0 PLUS SAVIEZ-VOUS QUE.Source: Enquête de référence menée sur les produits de santé naturels auprès de consommateurs, Santé Canada, 2005.INOFFENSIFS, LESPRODUITS DE SANTÉ NATURELS?PASCALE BRETON Les produits de santé naturels se retrouvent partout.Ils sont en vente libre dans les pharmacies et des personnalités connues vantent leurs mérites dans les publicités.Mais ils ne sont pas aussi inoffensifs qu\u2019ils en ont l\u2019air.Ils représentent un danger potentiel dans la mesure où ils peuvent entrer en interaction avec d\u2019autres produits ou médicaments.Même un produit qui semble aussi banal que l\u2019ail peut interagir avec un médicament pour traiter le diabète, par exemple, et entraîner des conséquences graves pour la santé du patient.Le Coumadin, anticoagulant fréquemment prescrit pour éviter la formation de caillots sanguins, est sans doute l\u2019un des médicaments pour lesquels on signale le plus d\u2019interactions avec des produits de santé naturels.«On note au moins 25 produits qui agissent sur la coagulation », affirme la présidente de l\u2019Ordre des pharmaciens, Diane Lamarre.Les risques sont nombreux, allant de l\u2019AVC à l\u2019hémorragie.L\u2019an dernier, l\u2019Ordre des pha rmac iens du Québec demandé que le millepertuis, utilisé dans le traitement de la dépression légère, ne soit plus offert en vente libre mais conservé derrière le comptoir du pharmacien.Le produit agit sur plusieurs médicaments et comporte un risque de toxicité.Il est également associé à des rejets de greffe, explique Mme Lamarre.Des regroupements et des praticiens de médecines complémentaires croient plutôt qu\u2019il faut fournir davantage d\u2019information au sujet du produit au lieu de le retirer carrément de la vente libre.Pour l\u2019heure, la demande de l\u2019Ordre des pharmaciens est toujours à l\u2019étude.En 2004, aux fins de l\u2019adoption du Règlement sur les produits de santé naturels, Santé Canada a entrepris l\u2019évaluation des produits en vente libre.Depuis le 1er janvier dernier, tous les produits de santé naturels devraient avoir un numéro de produit naturel (NPN) pour être vendus sur les tablettes.Mais le ménage est long à faire.Près de trois mois après la date butoir, des milliers de produits sont toujours en vente sans avoir obtenu leur code.De leur côté, l\u2019Ordre des pharmaciens et le Collège des médecins du Québec ont publié une brochure il y a quelques années pour mettre en garde le public contre les effets des produits naturels.En attendant, la meilleure précaution est de discuter avec un professionnel de la santé.Le pharmacien doit savoir que le patient prend des produits naturels au moment de lui vendre ses médicaments, insiste Mme Lamarre.D\u2019autant plus que, dans bien des cas, le patient commence à prendre un produit naturel à la suite de la recommandation d\u2019un ami ou d\u2019un membre de la famille, a révélé un sondage mené pour Santé Canada en 2005.Or, ce qui fonctionne pour une personne ne fonctionne pas nécessairement pour l\u2019autre.« Il faut que la population soit bien consciente que les produits de santé naturels ne sont pas sans effets et sans effets secondaires.Toute action a sa réaction et il existe beaucoup d\u2019interactions médicamenteuses», prévient Mme Lamarre.Mais il n\u2019y a pas que de mauvais côtés.S\u2019ils peuvent interagir de façon nocive avec certains médicaments, les produits naturels peuvent également être des alliés.Ils peuvent par exemple aider à contrer les effets secondaires désagréables de certains médicaments.Il n\u2019y a qu\u2019à penser aux probiotiques, qui contribuent à restaurer la flore intestinale chez unmalade qui a pris des antibiotiques.Un produit naturel peut aussi atténuer les effets secondaires causés au foie par certainsmédicaments contre le cholestérol.Si le pharmacien est formé à ce sujet, il sera de meilleur conseil pour son patient, souligne le pharmacien et homéopathe Michel Groleau.20% des Canadiens disent utiliser les PSN que quelqu\u2019un leur a recommandés, dont 13% sur les conseils d\u2019un parent ou d\u2019un ami.« Il faut que la population soit bien consciente que les produits de santé naturels ne sont pas sans effets et sans effets secondaires.» 71% des Canadiens ont utilisé un produit de santé naturel (PSN), mais 45% disent ne pas bien connaître ces produits.52% des Canadiens se disent fortement d\u2019accord ou plutôt d\u2019accord avec l\u2019énoncé : « Les PSN sont sans danger parce qu\u2019ils sont faits d\u2019ingrédients naturels.» 38% des utilisateurs de PSN le font sur une base quotidienne, comparativement à 37% de façon saisonnière.81% des Canadiens croient que, dans l\u2019avenir, la consommation de produits naturels va continuer d\u2019augmenter.POURQUOI UTILISER DES PRODUITS DE SANTÉ NATURELS?18% des répondants croient qu\u2019ils sont meilleurs que les médicaments pharmaceutiques (30% des Québécois sont de cet avis).44% veulent conserver ou améliorer leur santé.18% sont inquiets face à leur santé.Les vitamines (57%), l \u2019échinacée (15 %), les produits à base d\u2019herbes, d\u2019algues et de champignons (11%) et la glucosamine (8%) sont les produits les plus fréquemment utilisés.Les résidants de la Colombie-Britannique et de l\u2019Alberta consomment plus de produits naturels que les Québécois.Pour obtenir de l\u2019information sur les PSN, les Québécois se tournent plus volontiers vers le pharmacien que les résidants des autres provinces, qui cherchent plutôt sur l\u2019internet.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 7 M A R S 2 0 1 0 P L U S 5 André Desmarais > Président du conseil d\u2019administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l\u2019information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l\u2019information André Pratte > Éditorialiste en chef ÉDITORIAUX DROITS RÉSERVÉS / serge.chapleau@lapresse.ca RÉPLIQUE CYBERPRESSE.CA PLACE PUBLIQUE LE BLOGUE DE L\u2019ÉDITO www.cyberpresse.ca/edito Un bon coup de la LNH par Jean-Pascal Beaupré EXCLUSIF L\u2019impact mineur du retrait de Google de la Chine cyberpresse.ca/google COMMENTAIREDUJOUR Délivrez-moi de la tentation Facebook PHOTOARCHIVES AP > CHRISTIANE BEAULIEU L\u2019auteure est vice-présidente, Affaires publiques et communications, chez Aéroports de Montréal.Elle réplique au texte de Pierre Simard intitulé «Oncle Sam à la rescousse », qui a été publié le samedi 20 mars.M.Simard, votre lettre trahit une très grande ignorance de la situation de l\u2019aéroport Montréal-Trudeau.La concurrence déloyale exercée par l\u2019aéroport de Plattsburgh à l\u2019endroit de l\u2019aéroport Montréal-Trudeau n\u2019est pas un cas unique.Plusieurs autres aéroports canadiens subissent les effets néfastes de la proximité d\u2019aéroports américains bénéficiant d\u2019avantages concurrentiels indus.L\u2019aéroport Pearson-Toronto est la cible des stratégies anticoncurrentielles de l\u2019aéroport de Buffalo et l\u2019aéroport de Vancouver subit la concurrence inique de l\u2019aéroport de Seattle situé juste au sud de la frontière.Cette problématique est non seulement bien connue, bien documentée, mais les aéroports canadiens en cause et le Conseil canadien des aéroports la dénoncent depuis des années.Aéroports de Montréal aborde notamment cette question à chacune de ses assemblées annuelles publiques.Si on se donne la peine de lire un peu, on comprend que cette concurrence déloyale de la part d\u2019aéroports américains limitrophes n\u2019a rien à voir avec la «saga Dorval-Mirabel» ou «l\u2019efficacité de nos voisins».De fa it, cette situation découle en partie de politiques gouvernementales diamétralement opposées en matière de transport aérien et de fiscalité.Entre autres, le système aéroportuaire américain est la propriété de l\u2019État et est largement subventionné, tandis que les aéroports canadiens sont gérés par des administrations aéroportuaires locales qui ne reçoivent pas de subventions et qui doivent subvenir à ellesmêmes en plus de payer un loyer à Transports Canada et des taxes municipales.L\u2019aéroport de Plattsburgh, que vous présentez comme un modèle d\u2019efficacité, est un ancien aéroport militaire dont l\u2019armée américaine a fait don au Clinton County et qui a bénéficié d\u2019une généreuse subvention fédérale pour la construction de son aérogare de passagers.Cet aéroport, qui a le culot de se positionner comme l\u2019aéroport américain de Montréal et qui vient séduire la clientèle montréalaise jusqu\u2019au Salon de l\u2019habitation, n\u2019a donc pas de dette importante à supporter, ni de taxes municipales à payer, ni de loyer à verser.Ses coûts étant minimes, il peut ainsi offrir, pour le moment, le stationnement gratuit.Il s\u2019agit là bien entendu d\u2019une concurrence contre laquelle l\u2019aéroport Montréal-Trudeau ne peut malheureusement pas faire grand-chose.Vous passez également sous silence le fait que le prix des billets d\u2019avion est déterminé par les transporteurs aériens.et non les aéroports.Le marché américain du transport aérien étant 10 fois plus gros que le marché canadien, les modèles d\u2019affaires des transporteurs américains et canadiens sont complètement différents.Il y a des low-cost là-bas et pas ici.Le marché canadien est trop petit, trop peu dense, pour supporter des transporteurs à rabais.Les consommateurs canadiens qui prennent la décision d\u2019aller prendre leur avion de l\u2019autre côté de la frontière s\u2019exposent à des risques: ils ne sont pas protégés par les lois canadiennes ou québécoises.Une fois dans l\u2019avion, les voyageurs francophones seront servis en anglais ou, parfois, en espagnol.mais pas en français.Loin d\u2019être une «autruche», Aéroports de Montréal s\u2019efforce depuis des années de faire changer les politiques gouvernementales canadiennes qui assimilent le transport aérien à une vache à lait.Dans le but d\u2019améliorer la compétitivité du système aéroportuaire montréalais, nous avons également pris la décision courageuse de corriger l\u2019erreur historique de Mirabel et d\u2019investir 1,6 milliard afin de faire de Trudeau un aéroport de calibre international et un chef de file enmatière de technologie et d\u2019efficacité.Nous trouvons pour le moins surprenant que vous encouragiez la clientèle montréalaise à aller prendre leur avion dans un aéroport américain qui ne crée aucun emploi à Montréal et ne contribue en rien au bien-être et à l\u2019enrichissement de notre collectivité.Venant d\u2019un professeur oeuvrant au sein d\u2019une institution québécoise reconnue pour la qualité de ses travaux en matière d\u2019administration publique, il est à se demander quels intérêts vous défendez au juste.Concurrence déloyale L\u2019aéroport Montréal-Trudeau ne bénéficie pas des avantages fiscaux accordés aux aéroports américains Le marché canadien est trop petit, trop peu dense, pour supporter des transporteurs à rabais.CYBERPRESSE.CA PLACE PUBLIQUE À lire aussi en exclusivité sur Cyberpresse: L\u2019aéroport Saint- Hubert, joyau sous-exploité ANDRÉPRATTE apratte@lapresse.ca Au cours des dernières années, la Chine a fait de grands pas pour s\u2019intégrer à l\u2019économie mondiale.Depuis la tenue des Jeux olympiques de 2008 toutefois, le régime chinois semble se raidir à certains égards.La volonté maintes fois exprimée par Pékin de créer un environnement favorable à l\u2019 invest issement étranger, notamment en mettant en place une société de droit et en respectant davantage les droits de la personne, ne paraît plus aussi forte.Les relations tendues entre les autorités chinoises et les multinationales Rio Tinto et Google illustrent cette évolution préoccupante.Quatre employés de Rio Tinto ont subi cette semaine à Shanghai un bien curieux procès.Détenus depuis l\u2019été dernier, ils étaient accusés d\u2019espionnage.Lundi, à la surprise générale, ils ont admis avoir accepté des pots-de-vin de dirigeants d\u2019aciéries locales.Le procès s\u2019est déroulé tantôt à huis clos, tantôt devant une assistance triée sur le volet.La preuve n\u2019a pas été rendue publique.On ne sait pas qui a témoigné contre les inculpés.Cette affaire a fait réaliser à bien des gens d\u2019affaires séduits par l\u2019empire du Milieu que la justice chinoise est encore à des années-lumière de celle des pays occidentaux.Le même jour, Google a annoncé la fermeture de son site de recherche basé sur le continent, site que l\u2019entreprise autocensurait pour satisfaire aux lois chinoises.Ce changement fait suite aux cyberattaques dont a été la cible google.cn, des attaques apparemment commandées par les autorités chinoises et visant à espionner des dissidents.Le fondateur de Google, Sergey Brin, né en URSS, a expliqué que le comportement des dirigeants chinois lui faisait penser au « totalitarisme» soviétique.«En définitive, dit M.Brin, tout dépend d\u2019où se situe votre seuil d\u2019inconfort.Chez Google, ce seuil a été franchi.» Combien d\u2019autres ent repr i s es in s - t a l lées en Chine verront ainsi leur « seuil d\u2019inconfort » dépassé?S\u2019ajoute à ces difficultés la tension croissante entre les États-Unis et la Chine au sujet de la valeur artificiellement basse du renminbi.Si l\u2019économie américaine ne se relève pas, le président Obama subira des pressions de plus en plus fortes du Congrès en faveur de représailles économiques contre la République populaire.Les relations économiques et politiques entre l\u2019Occident et la Chine sont plus importantes aujourd\u2019hui que jamais.Les événements des dernières semaines indiquent aussi que, dans un avenir prévisible, elles demeureront extraordinairement complexes et délicates.Compte tenu des enjeux énormes pour les deux parties, la prudence et le dialogue, en même temps que l\u2019affirmation tranquille des valeurs de chacun, demeurent les meilleures politiques.Malaise en Chine PHOTO AP ARIANE KROL akrol@lapresse.ca En apparence, tout y était.Le premier ministre, la présidente du Conseil du Trésor et le ministre de la Santé devant un parterre bondé.Sept pelles étincelantes, plantées dans un tas de gravier en prévision de la fameuse pelletée de terre.Des journalistes et des caméras pour capter l\u2019événement.Pourtant, un élément essentiel manquait au lancement des travaux du Centre de recherche du CHUM cette semaine : l\u2019enthousiasme.C\u2019est bien dommage, car c\u2019est l\u2019un des projets les plus inspirants en ce moment à Montréal.Ce n\u2019est pas tous les jours qu\u2019on annonce un investissement de près d\u2019un demimilliard pour bâtir, dans un secteur négligé du centre-ville, un centre ultramoderne où travailleront quelque 1300 personnes actuellement éparpillées sur six sites distincts.Le projet est peut-être moins glamour que la nouvelle salle de l\u2019OSM ou le Quartier des spectacles, mais il n\u2019est pas moins déterminant pour la métropole.Le potentiel d\u2019attirer des cerveaux et des capitaux est bien réel.Les recherches menées dans ce centre profiteront à tout le Québec, tant par l\u2019avancement des soins que par leur potentiel commercial.Rien de tout cela ne transparaissait jeudi, dans l\u2019immeuble désaffecté de Vidéotron où avait lieu l\u2019annonce.Seul le nouveau directeur général du CHUM, le Français Christian Paire, a parlé de façon un peu inspirée.Peut-être parce qu\u2019il s\u2019agissait de sa première pelletée de terre pour cet hôpital?Son enthousiasme contrastait tellement avec la tiédeur ambiante que le premier ministre Jean Charest n\u2019a pu retenir un sourire amusé.Cette espèce de fatigue envers le CHUM est encore plus marquée au sein de la population.Et les politiciens en sont directement responsables.À force de retarder le chantier, d\u2019en gonfler le budget et, surtout, de s\u2019accrocher contre toute logique au mode de réalisation en PPP, Québec a réussi à transformer un projet qui aurait dû être mobilisateur en objet de cynisme et d\u2019hostilité.Quel manque de leadership ! C\u2019est d\u2019autant plus aff ligeant que Montréal tente depuis des années de faire reconnaître son expertise en sciences de la vie et de la santé.Les forces sont là, mais le rayonnement n\u2019est pas à la hauteur de nos ambitions.Le centre qu\u2019on s\u2019apprête à ériger au centre-ville pourrait avoir un impact majeur au point de vue l\u2019image.C\u2019est une occasion unique de montrer, de façon tangible, l\u2019engagement de Montréal envers ce secteur.Saura-t-on l\u2019exploiter ?On est bien mal partis pour le faire.Espérons que les chercheurs du CHUM, une fois installés dans leurs nouveaux locaux, sauront faire mieux que nos politiciens.Quand on investit collectivement 470 millions de dollars dans une infrastructure de ce type, on s\u2019attend à recevoir plus que du béton, du verre et des équipements sophistiqués.On s\u2019attend à ce que cet argent ait un large effet d\u2019entraînement.Bref, tout le contraire de ce qu\u2019on a vu jusqu\u2019ici.L\u2019usure du CHUM Québec a réussi à transformer un projet qui aurait dû être mobilisateur en objet de cynisme et d\u2019hostilité.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 7 M A R S 2 0 1 0 VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 En France, les élections régionales ont une fonction analogue, mutatis mutandis, à nos élections partielles : elles offrent aux protestataires et aux mécontents l\u2019occasion d\u2019exprimer leur insatisfaction sans que cela porte à conséquence, le conseil régional étant un palier peu présent dans la vie quotidienne de l\u2019électeur.Ce que les Français appellent «le vote sanction» a donc joué à plein dimanche dernier, alors que les socialistes, grâce au fort taux d\u2019abstention et aux voix des écologistes et de l\u2019extrême gauche, ont connu leur plus grande victoire depuis les élections législatives de 1981.La défaite de la droite parlementaire de l\u2019UMP était prévue \u2013 d\u2019ailleurs, aux dernières régionales, en 2004, la gauche avait tout balayé sauf l\u2019Alsace et la Corse.Mais l\u2019ampleur de la défaite, de même que le très grand nombre d\u2019abstentions (la moitié de l\u2019électorat), ont semé la consternation dans le camp du président Sarkozy, et accentué les chances de Martine Aubry, la chef du PS, de se frayer un chemin jusqu\u2019à une éventuelle candidature à la présidence\u2026 encore que sa rivale, Ségolène Royal, ait elle aussi renforcé sa position, avec un très beau score de 60% dans sa région de Poitou-Charentes.Plutôt que de siéger à l\u2019Assemblée nationale et de s\u2019épuiser dans des querelles partisanes, Mme Royal avait en effet choisi, après sa défaite à la présidentielle, de se replier sur son fief régional, lequel devrait lui servir de tremplin en 2012.Cela lui permet aussi de mesurer ses apparitions et de n\u2019intervenir sur la scène publique que lorsqu\u2019elle le désire.L\u2019équipe de Nicolas Sarkozy a perdu une grande partie de l\u2019électorat populaire, celui qui avait permis sa retentissante victoire de 2007 à la présidentielle, et élu quelques semaines plus tard une majorité de députés UMP à l\u2019Assemblée nationale.Certains, parmi ces électeurs, sont retournés au Front national, et la majorité n\u2019a pas voté.Pourquoi la colère et la bouderie?Il y a, bien sûr, la crise financière, le chômage des jeunes, la délocalisation des entreprises \u2013 la France perd ses usines à un rythme inquiétant.Mais cette conjoncture n\u2019est pas unique en Europe.L\u2019Espagne, l\u2019Italie ou l\u2019Irlande ne sont pas en meilleure posture, sans parler de la Grèce, qui est techniquement en faillite.Le comportement de l\u2019électorat français est difficile à décoder.D\u2019un côté, on réclame du changement, de l\u2019autre on renâcle dès que pointe à l\u2019horizon l\u2019amorce d\u2019une réforme.Le président Sarkozy avait été élu sur des promesses de modernisation dans tous les domaines, de l\u2019économie à l\u2019enseignement, mais chaque fois que son gouvernement a commencé à agir, ne serait-ce que timidement, ce fut la ruée vers la rue : manifs, grèves, protestations, indignation, imprécations\u2026 Pendant ce temps, les médias français s\u2019accrochaient obsessionnellement à tous les petits travers de ce président trop agité, si peu conforme au modèle présidentiel traditionnel.Sarkozy a eu beau s\u2019amender, se calmer, changer le cap, son image était fixée.En outre, sa politique d\u2019ouverture à gauche a démobilisé nombre de partisans UMP.Sarkozy croyait pouvoir neutraliser l\u2019opposition en nommant ou en favorisant la nomination, à une pléthore de postes-clés (des Affaires étrangères à la présidence du FMI), de personnalités identifiées au camp socialiste, mais il a fini par donner l\u2019impression que toutes les compétences étaient à gauche, et qu\u2019il ne servait à rien de se décarcasser pour l\u2019UMP si c\u2019était pour voir les bons postes aller au camp adverse.Imaginons la réaction des libéraux si Jean Charest offrait ses principaux ministères à des péquistes connus! Ce président mal-aimé, que 58%des Français ne veulent pas voir briguer un second mandat en 2012, doit maintenant gouverner envers et contre tout, presque seul contre tous.Les élections de la bouderie À BIEN Y PENSER LYSIANE GAGNON lgagnon@lapresse.ca Le président Sarkozy a perdu une grande partie du vote populaire, celui qui avait permis sa retentissante victoire de 2007.JEAN-MARIE DE KONINCK Professeur de mathématiques à l\u2019Université Laval, l\u2019auteur est président de la Table québécoise de la sécurité routière.Ce texte est extrait du livre Routes et déroutes, qui sera publié la semaine prochaine par les Éditions Voix Parallèles.Le comportement de beaucoup d\u2019automobilistes est pour lemoins paradoxal.En effet, comment peut-on concilier les données statistiques suivantes de la SAAQ?83% des Québécois croient qu\u2019il est très important d\u2019amener les automobilistes à rouler moins vite en zone de 50 km/h.Pourtant, plus d\u2019un conducteur sur deux dépasse les limites de vitesse en milieu urbain.En d\u2019autres mots, «c\u2019est pas moi, c\u2019est les autres!» Non seulement on surestime notre habileté à conduire un véhicule automobile de façon sécuritaire, mais, de surcroît, on est persuadé que ce sont les autres qui ne font pas preuve de prudence au volant.D\u2019où vient donc cette assurance qui caractérise tant d\u2019automobilistes?Difficile à dire: cela semble inhérent au comportement paradoxal de l\u2019être humain.Un autre domaine où on a souvent tendance à se déresponsabiliser est celui de la conduite avec les facultés affaiblies.Les récidivistes de l\u2019alcool au volant font souvent les manchettes et les tribunes téléphoniques en font fréquemment leurs choux gras.Ainsi, on tombe souvent à bras raccourcis sur ces récidivistes qui ont été pris en flagrant délit pour une 5e, une 6e, une 7e, voire une 15e fois.Tout en critiquant notre système judiciaire, on en profite pour réclamer que les actions des forces policières en matière d\u2019alcool au volant soient davantage concentrées autour des contrevenants qui abusent largement de l\u2019alcool.On peut voir là une déculpabilisation de notre propre comportement.Le buveur occasionnel qui prend souvent le volant de son véhicule alors que son taux d\u2019alcoolémie se situe aux alentours de la limite légale trouve un certain réconfort dans le fait d\u2019entendre aux nouvelles que quelqu\u2019un s\u2019est fait prendre à 200 mg.Il est encore davantage rassuré si le fautif en est à sa dixième offense.C\u2019est comme si de telles actions spectaculaires venaient soudainement diminuer l\u2019importance d\u2019une délinquance non moins grave, soit celle de la conduite automobile avec un taux d\u2019alcoolémie de 80 mg.Encore une fois, «c\u2019est pas moi, c\u2019est les autres!» Pourtant, il est bon de rappeler les statistiques de la SAAQ: 70% des arrestations pour alcool au volant concernent un conducteur qui en est à sa première infraction pour conduite avec les facultés affaiblies.C\u2019est dire que les récidivistes ne sont pas les seuls coupables! Une autre catégorie d\u2019individus qui ont tendance à se déculpabiliser en matière de conduite automobile est celle des parents.En effet, trop souvent, les parents se disent surpris d\u2019apprendre que leur enfant a été arrêté pour avoir fait un grand excès de vitesse ou pour avoir conduit avec les facultés affaiblies.Les parents n\u2019ont-ils pas une part de responsabilité par rapport à ces comportements?La plupart des psychologues vont confirmer que les parents sont des exemples, que leur comportement influence largement celui de leurs enfants, incluant la façon dont ceux-ci conduisent un véhicule automobile.Et pourtant, on entend souvent des parents se plaindre que si leurs enfants sont impliqués dans des accidents, c\u2019est parce que les lois ne sont pas assez sévères, c\u2019est la faute de l\u2019État! Encore une fois, «c\u2019est pas moi, c\u2019est les autres!» (.) «C\u2019EST LES AUTRES! » Les automobilistes québécois surestiment leur habileté à conduire de façon sécuritaire Un domaine où on a souvent tendance à se déresponsabiliser est celui de la conduite avec les facultés affaiblies.(.) La réalité peut parfois défier notre intuition, et cela même en matière de conduite automobile, comme on va maintenant le constater.On a tous nos convictions personnelles concernant la conduite automobile, lesquelles sont la plupart du temps basées sur notre intuition ou encore sur une première impression.Par exemple, une étude de l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) établit que 95%des automobilistes jugent leur vitesse personnelle sécuritaire.Pourtant, on sait que dans 30% à 50% des accidents mortels, la vitesse est un facteur déterminant.Ce n\u2019est qu\u2019un exemple montrant que notre perception de la réalité est très subjective.Notre opinion est essentiellement fondée sur notre intuition, laquelle est pourtant loin de la réalité.Voici quelques perceptions populaires confrontées aux faits : > «J\u2019ai peur de prendre l\u2019avion : c\u2019est beaucoup trop risqué.Je trouve beaucoup plus sécuritaire de me déplacer en voiture!».Contrairement à ce que pense le citoyen ordinaire, il y a 1300 fois plus de risque de mourir dans un accident d\u2019automobile que dans un accident d\u2019avion.Par année, on dénombre au moins 1000 décès en avion contre environ 1,3 million sur les routes du monde entier ! D\u2019ailleurs, en 2008, on dénombrait 519 pertes de vies humaines dans les accidents d\u2019avions commerciaux (voir le site www.peuravion.com).Selon une enquête de l\u2019Université de Cornell, dans les deux années qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001, les Étasuniens ont préféré conduire que prendre l\u2019avion, ce qui a occasionné la mort de 2302 personnes de plus qu\u2019à l\u2019accoutumée.> La plupart des accidents mortels ont lieu durant la période hivernale.Il est donc plus sécuritaire de rouler sur les routes l\u2019été que l\u2019hiver.Faux.Au Québec, de 2003 à 2008, les accidents de la route ont causé en moyenne 279 décès de novembre à avril, alors qu\u2019ils en ont causé 371 de mai à octobre.Somme toute, une centaine de décès de plus l\u2019été que l\u2019hiver.Pourquoi en est-il ainsi ?Plusieurs facteurs entrent en jeu: \u2013 Lorsque les chaussées ne sont pas enneigées, les conducteurs ont l\u2019impression qu\u2019ils peuvent rouler plus vite en toute sécurité.Or, on oublie malheureusement que la gravité des collisions augmente de façon exponentielle avec la vitesse! \u2013 Le beau temps et les vacances amènent davantage d\u2019occasions de fêter, de consommer de l\u2019alcool, avec souvent de longs déplacements pour participer à ces fêtes.\u2013 Il y a plus de catégories d\u2019usagers sur les routes en période estivale : motocyclistes, cyclistes, et davantage de piétons.La confusion vient peut-être du fait qu\u2019il y a effectivement plus de collisions l\u2019hiver, en particulier à cause des dérapages, mais celles-ci entraînent davantage de dommages matériels que de drames humains.> Avec une alcoolémie de 60 à 70 mg par 100 ml d\u2019alcool dans le sang, on est en parfait état pour conduire un véhicule.Faux.Les études les plus récentes confirment que déjà, à 20 mg, les tâches requises pour la conduite d\u2019un véhicule automobile sont affectées.À 50 mg, il y a diminution importante de la vision périphérique, perte de la perception de la profondeur et diminution des réflexes.Ainsi, le conducteur dont le taux d\u2019alcool est situé entre 50 mg et 80 mg est au moins quatre fois plus à risque d\u2019être impliqué dans un accident avec blessés.QU\u2019ENPENSEZ-VOUS?forum@lapresse.ca Les mythes de la conduite en auto PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE Il y a plus de décès sur les routes en été qu\u2019en hiver.Le président de la SAAQ a tout faux.John Harbour dit qu\u2019il a besoin d\u2019avoir les «meilleurs» gestionnaires et qu\u2019il doit alors leur verser des primes rondelettes.En fait, il n\u2019a pas besoin d\u2019avoir les «meilleurs».Il pourrait se contenter d\u2019avoir des gestionnaires de haut niveau et très qualifiés.Cela coûterait moins cher aux contribuables.Quel mythe, ce concept de «meilleur » apprêté à n\u2019importe quelle sauce ! - Jacques Fournier llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 7 M A R S 2 0 1 0 P L U S 7 PLUS PASCALE BRETON Héma-Québec est dépassé par le succès de sa banque publique de sang de cordon ombilical au point d\u2019avoir été récemment incapable de traiter à temps certaines inscriptions.La situation revient à la normale avec l\u2019embauche récente d\u2019infirmières supplémentaires.Mais à la fin de l\u2019automne dernier, les futures mères étaient si nombreuses à vouloir faire don du sang de cordon au moment de leur accouchement que certaines n\u2019ont pu s\u2019inscrire dans les délais requis.«Avant les Fêtes, nous n\u2019avions pas assez de monde et nous avons peut-être 5 à 10 femmes pour qui il était trop tard », reconnaît Diane Roy, directrice du registre des donneuses d\u2019Héma-Québec.Dès son implantation, la banque publique de sang de cordon a connu un succès rapide.Le centre hospitalier universitaire Sainte-Justine et l\u2019hôpital St.Mary\u2019s ont été les premiers à y contribuer.Les femmes qui y accouchaient se voyaient offrir l\u2019occasion de faire don du sang du cordon ombilical, un déchet biologique qui est autrement jeté.Au cours de l\u2019année 2008- 2009, cinq autres hôpitaux se sont inscrits au programme.Mais par conséquent, Héma- Québec a aussi été victime de son succès.Les mères doivent en effet s\u2019inscrire avant leur 36e semaine de grossesse.Dans les faits, elles sont jointes bien avant, dès la 25e semaine, par une infirmière de l\u2019organisme qui révise avec elles leur inscription pour s\u2019assurer que le sang du cordon ombilical pourra être recueilli dès les premières minutes après l\u2019accouchement.Héma-Québec a été submergé par le nombre d\u2019inscriptions.«Nous avions pris du retard, nous étions rendus à appeler les mamans à leur 36e semaine de grossesse et certaines avaient déjà accouché.Mais là, avec l\u2019embauche de nouvelles infirmières, nous sommes revenus à 25 semaines », explique Mme Roy.Le sang de cordon contient une quantité importante de cellules souches.Il s\u2019agit des cellules «mères» à partir desquelles se forment les globules blancs, les globules rouges et les plaquettes.Elles sont utilisées dans le traitement de certaines maladies, notamment pour des greffes chez les personnes atteintes de cancer.Objectif atteint À peine quelques années après sa création, la banque publique d\u2019Héma-Québec \u2013 la deuxième du genre au Canada \u2013 a atteint sa vitesse de croisière.L\u2019organisme prévoit mettre en banque quelque 2000 poches contenant du sang de cordon chaque année.En décembre 2008, Héma- Québec a mis ses réserves à la disposition du centre canadien de transplantation et, depuis, quatre greffes provenant de la banque publique québécoise ont été réalisées.LeCHUSainte-Justine est un partenaire de la première heure.Il a participé à la conception du projet.C\u2019est également un centre reconnu pour la recherche sur les cellules souches et la réalisation de greffes.Le directeur du service d\u2019hémato- oncologie, le Dr Michel Duval, confirme le succès du programme auprès des futures mères.«C\u2019est très populaire et les gens veulent donner le sang de cordon.En fait, on a même des situations où, pour des problèmes techniques ou des difficultés au moment de l\u2019accouchement, on ne peut pas le recueillir et les gens sont déçus.» La technique n\u2019est pas compliquée, mais demande une certaine formation.Le sang doit être recueilli dès la naissance de l\u2019enfant, sitôt le cordon coupé, avant l\u2019expulsion du placenta.La plupart des mères peuvent faire don du sang de cordon, à moins qu\u2019elles ne soient atteintes d\u2019une maladie grave, comme le cancer, le VIH ou l\u2019hépatite B ou C.La qualification du don dépend ensuite du volume sanguin et du nombre de cellules souches qu\u2019il contient.Dans les hôpitaux comme Sainte-Justine ou St.Mary\u2019s \u2013 les plus habitués à recueillir le sang de cordon \u2013, un don sur deux se qualifie.Dans les hôpitaux qui se sont nouvellement inscrits au programme d\u2019Héma-Québec, on parle plutôt d\u2019un don sur quatre.La greffe de sang de cordon est principalement utilisée chez les enfants malades, atteints de leucémie notamment, lorsqu\u2019il est impossible de trouver un donneur de moelle osseuse compatible.Les médecins se tournent d\u2019abord dans la fratrie de l\u2019enfant pour trouver un donneur compatible.Il y a une chance sur quatre de trouver un frère ou une soeur compatible.S\u2019il n\u2019y en a pas, on cherche un donneur étranger qui serait compatible en comparant le typage HLA.Mais pour une personne sur trois, on ne trouve aucun donneur compatible.«Les conséquences sont alors énormes.L\u2019enfant va mourir faute de greffe », explique le Dr Duval.La greffe de sang de cordon s\u2019avère alors une excellente option.Le CHU Sainte-Justine en réalise une quinzaine par année.Grâce à l\u2019avancée de la recherche, il est aussi possible d\u2019utiliser le sang de cordon chez l\u2019adulte en mélangeant deux poches.Avant, comme il ne contenait pas suffisamment de cellules souches, il fallait le réserver aux patients pesant moins de 50 kg.Diane Roy, d\u2019Héma-Québec, croit qu\u2019en raison de ces nouvelles avancées, la banque est appelée à croître davantage.«Pour l\u2019instant, l\u2019utilisation des banques est d\u2019environ de 1 à 2%, mais ça tend à augmenter avec l\u2019utilisation du sang de cordon chez l\u2019adulte.» PRÉCIEUX SANG DE CORDON 7hôpitaux participent au programme d\u2019Héma-Québec : Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, hôpital St.Mary\u2019s, hôpital Royal Victoria, hôpital de LaSalle, Cité-de-la- Santé de Laval, Centre mèreenfant du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) et hôpital Saint- François d\u2019Assise du CHUQ.2000 dons de sang de cordon sont faits chaque année (objectif d\u2019Héma-Québec).Entre10 et15 greffes de sang de cordon sont pratiquées chaque année au centre hospitalier universitaire Sainte-Justine \u2013 l\u2019un des leaders dans le domaine chez les enfants.1 personne sur 3 risque de ne trouver aucun donneur compatible pour un malade atteint de leucémie.Le sang de cordon devient alors une option intéressante.PASCALE BRETON Un an après sa création, plus de 200 couples se sont inscrits à la banque privée de sang de cordon de la clinique OVO.Mais la pertinence de cette pratique ne fait pas consensus.Ailleurs dans le monde, particulièrement aux États-Unis, les couples sont nombreux à débourser des milliers de dollars pour conserver le sang de cordon de leur bébé.«C\u2019est une assurance pour l\u2019avenir », affirme le Dr Robert Hemmings, directeur médical de la clinique OVO, première à mettre sur pied une clinique privée de sang de cordon en sol québécois.Si l\u2019enfant ou un autre membre de la famille contracte une maladie grave, les parents espèrent que les cellules souches contenues dans le sang de cordon pourront le sauver.Au Québec, il est de plus en plus connu que les cellules souches contenues dans le sang de cordon peuvent sauver un enfant atteint de leucémie qui ne peut avoir de greffe, faute de donneur compatible.Mais il reste beaucoup de travail à faire pour informer la population sur l\u2019avenir prometteur des cellules souches afin de régénérer des cellules touchées par d\u2019autres maladies, souligne le Dr Hemmings.«Aux États-Unis, on estime qu\u2019un couple sur deux est au courant de la possibilité de conserver les cellules souches alors qu\u2019ici au Québec, c\u2019est probablement un sur dix.Il y a une énorme différence sur les taux de conscientisation.» Si la banque privée québécoise compte plus de 200 membres, l\u2019une des plus importantes banques privées américaines de sang de cordon, le Cord Blood Registry, compte plus de 300 000 inscriptions, souligne le médecin.Mais cela vaut-il réellement la peine de débourser 1200$ pour s\u2019inscrire à une banque privée québécoise, plus une centaine de dollars annuellement pour la conservation du sang de cordon de son enfant ?C e r t a i n s, co m m e l e Dr Hemmings, croient que oui.Les cellules souches provenant du sang de cordon se multiplient rapidement et semblent pouvoir régénérer facilement les tissus.Des recherches expérimentales laissent présager un certain potentiel pour la régénération non seulement des cellules, mais aussi des tissus et des cartilages.Les cellules souches issues du sang de cordon pourraient un jour être utilisées pour régénérer les tissus cardiaques endommagés à la suite d\u2019un infarctus, par exemple.Elles pourraient aussi permettre de réparer des os, ou encore des neurones chez les gens atteints de la maladie de Parkinson.Le Dr Hemmi n g s s e d i t d\u2019ailleurs convaincu que cela arrivera dans un avenir passablement rapproché.Les progrès ont été rapides au cours des dernières années, dit-il.«Voilà pourquoi nous pensons que c\u2019est une assurance de conserver le sang de cordon, cela peut aider dans l\u2019avenir à prévenir ou guérir certaines maladies dégénératives.» D\u2019ailleurs, les chances pour une personne d\u2019avoir recours à des cellules souches au cours de sa vie ont considérablement augmenté, souligne le Dr Hemmings.«Avant 2008, on parlait d\u2019une chance sur 200 000, mais la statistique la plus récente fait état d\u2019une personne sur 217 (greffe autologue \u2013 provenant de soimême \u2013 ou allogénique \u2013 d\u2019une autre personne).» Quel avenir pour les banques privées de sang de cordon ?Recueilli dans le cordon ombilical dès la naissance de l\u2019enfant, le sang de cordon contient des cellules «mères » dont l\u2019étendue des pouvoirs curatifs entretient bien des espoirs, du traitement de la leucémie chez l\u2019enfant à la régénération possible des tissus cardiaques chez l\u2019adulte.La banque publique d\u2019Héma-Québec gagne rapidement en popularité, mais le don de sang de cordon est encore moins connu au Québec qu\u2019ailleurs, a constaté Pascale Breton.PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE David Nogueira, de Héma-Québec, manipule des cylindres réfrigérés à l\u2019azote contenant des cellules souches de cordon ombilical.«C\u2019est une assurance pour l\u2019avenir.» \u2014 Le Dr Robert Hemmings La plupart des mères peuvent faire don du sang de cordon, à moins qu\u2019elles ne soient atteintes d\u2019une maladie grave.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 7 M A R S 2 0 1 0 "]
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