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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2010-04-24, Collections de BAnQ.

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[" ARTS ET SPECTACLES 25E GALA ARTIS UNE ANNÉE CHARNIÈRE PAGE 4 www.cyberpresse.ca/arts AUDIO Écoutez des extraits de nos critiques de CD sur cyberpresse.ca/disques DOSSIER Consultez notre dossier traitant de musique brésilienne sur cyberpresse.ca/bresil SÉPARÉS À LANAISSANCE Voyez les ressemblances entre les vedettes sur cyberpresse.ca/separes Un acteur qui se retire d\u2019une production à quelques semaines de la première, ce n\u2019est pas fréquent.Pierre Lebeau a dû s\u2019y résoudre et abandonner le premier rôle qu\u2019il devait tenir dans la prochaine production du TNM.Marc Béland a accepté de le remplacer au pied levé, ajoutant son nom à la courte de liste à ces acteurs qui osent relever ce genre de défi.NOS JOURNALISTES SYLVIE ST-JACQUES ET ALEXANDRE VIGNEAULT S\u2019INTÉRESSENT À CES «PLANS B» EN PAGES 2 ET 3.JOUER AUPIED LEVE ET VIAN! DANS LA GUEULE GRAPHISME ET PHOTOMONTAGE CATHERINE BERNARD, LA PRESSE ANDRÉ SAUVÉ UN MÉTIER DE FOU PAGE 24 MUSIQUE NOUVELLE L\u2019ÉRUPTION BRÉSILIENNE PAGES 22 ET 23 Kassin MONTRÉAL SAMEDI 24 AVRIL 2010 Les droits d\u2019entrée qui incluent habituellement l\u2019accès au Jardin botanique et à l\u2019Insectarium, se verront réduits de 15%, pour tenir compte des circonstances exceptionnelles.Vivez l\u2019expérience Papillons en liberté dans la grande serre du Jardin botanique jusqu\u2019au 25 avril Dernier week-end museumsnature.ca ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE Le théâtre est le lieu de tous les imprévus, c\u2019est connu.Mais parfois, il peut arriver qu\u2019une tuile précède l\u2019entrée en salle.Un acteur, pour une raison ou une autre, se trouve incapable de monter sur les planches.Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait ?On annule tout ?Non.On s\u2019ajuste.On le remplace.«The show must go on.» Retour sur quelques fameuses histoires de «remplaçants» du petit monde du théâtre québécois.SYLVIE ST-JACQUES Le comédien Vincent Bilodeau roulaitsurlepontChamplain, en direction des Cantons-del\u2019Est, quand il a appris le décès de son ami Jean Besré.Bilodeau savait bien que dans quelques semaines (en avril 2001), son ami allait monter sur la scène de La Licorne.Mais quand la radio lui a appris la terrible nouvelle, il n\u2019avait aucune idée de l\u2019étrange destin qui l\u2019attendait: Bilodeau allait jouer le rôle laissé derrière par Besré, dans la pièce L\u2019affaire Dumouchon, de Lise Vaillancourt.«La première pensée qui m\u2019a traversé l\u2019esprit a été «mon Dieu, personne ne va le remplacer.Et s\u2019ils décident de le faire, son remplaçant aura de grands souliers à remplir», raconte Vincent Bilodeau.L\u2019affaire Dumouchon était un projet intime piloté depuis un an par Martin Faucher.L\u2019équipe a décidé d\u2019aller de l\u2019avant avec la pièce, par respect pour le travail accompli.«Quand Martin Faucher m\u2019a téléphoné, j\u2019ai été à la fois estomaqué et touché.Mes horaires étaient compliqués.Je faisais une tournée, je jouais dans 24 poses et je préparais des spectacles pour La Licorne et le théâtre d\u2019été.Je ne suis vraiment pas quelqu\u2019un d\u2019ésotérique, mais par un concours de circonstances incroyables, tout a fonctionné et les choses se sont placées comme dans un puzzle », poursuit l\u2019acteur.Vincent Bilodeau se rappelle la grande charge émotive qui habitait les membres de la production, qui tous l\u2019ont accueilli à bras ouverts.«On sentait avec nous la présence constante de Jean.» Le remplaçant remplacé Marc Béland, dans Et Vian! dans la gueule, remplace Pierre Lebeau, un acteur qui en connaît un bout sur l\u2019art d\u2019endosser un rôle destiné à un autre.Le metteur en scène Denis Marleau, complice de longue date, rappelle que Lebeau a toujours excellé dans la fonction de «plan B.» À la fin de l\u2019été 2006, à quelques semaines de la première de La fin de Casanova, c\u2019est vers le colossal comédien que le directeur du Théâtre Ubu s\u2019est tourné.Lebeau a accepté le périlleux défi de prendre le relais de Gabriel Gascon, pour la production qui ouvrait la saison d\u2019Espace Go.«Pierre s\u2019est vite attelé à l\u2019apprentissage du texte de Marina Tsvetaïeva, qui est une partition très compliquée.Acteur hors norme doté d\u2019unemémoire phénoménale, il a apporté une nouvelle énergie au projet.La collaboration vieille de plus de 20 ans entre Marleau et Lebeau a d\u2019ailleurs pris naissance lors d\u2019un remplacement.«C\u2019était en 1988, lors de la tournée européenne de Merz Opéra.Pierre remplaçait alors Pierre Chagnon.On s\u2019est senti en connivence, sans trop se connaître.» En 1994, lors de la création de Woyceck au Théâtre national de Bruxelles, Denis Marleau était privé de son acteur principal Éric Firenz, tombé subitement malade.«Le jour de mon arrivée Trois petites semaines avant la première de Et Vian! dans la gueule, qui prend l\u2019affiche mardi au TNM, le metteur en scène Carl Béchard a dû changer l\u2019acteur qui devait tenir le premier rôle.Son «plan b» ?Marc Béland, qui a remplacé au pied levé Pierre Lebeau dans le rôle du général Audubon.Une situation exceptionnelle, un sujet délicat.ALEXANDRE VIGNEAULT Au début du mois d\u2019avril, quand Marc Béland a reçu un coup de fil de Carl Béchard, sa première réaction a été de se demander sur quoi travaillait le metteur en scène.Ah oui ! Vian! L\u2019instant d\u2019après, il devinait l\u2019objet de cet appel.«Je me suis dit qu\u2019il devait y avoir un problème», raconte le comédien.En effet, et ce n\u2019était pas une broutille: sur l\u2019avis de son médecin, Pierre Lebeau, qui devait tenir le premier rôle dans Et Vian! dans la gueule, était forcé de se retirer.La nouvelle a été officialisée quelques jours plus tard.Le 8 avril, un communiqué diffusé par le TNM confirmait que «pour des raisons de santé», l\u2019acteur devait abandonner une production dont il était le visage.C\u2019est encore lui qu\u2019on voit sur l\u2019affiche placardée partout en ville, d\u2019ailleurs.Ce que le communiqué ne raconte pas, c\u2019est le casse-tête logistique et surtout émotif qu\u2019un tel changement implique.Pierre Lebeau n\u2019est certes pas le premier acteur à devoir être remplacé peu avant une première.Le rôle de «plan b», il le connaît d\u2019ailleurs très bien, pour avoir dépanné plus HISTOIRESDE REMPLAÇANTS PLAN«B» POUR BELAND PHOTOS BERNARD BRAULT, LA PRESSE Pierre Lebeau dans La fin de Casanova PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Carl Béchard, metteur en scène de Et Vian ! dans la gueule, et Marc Béland, dans le rôle du général Audubon.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 24 AV R I L 2 0 1 0 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE ALEXANDRE VIGNEAULT Avant même la première, Et Vian! dans la gueule a une histoire.Ses racines se trouvent en effet dans un spectacle coiffé du même titre qui a été présenté il y a 15 ans au théâtre La Chapelle.Carl Béchard dirigeait alors un groupe de jeunes comédiens rassemblés sous le nom de Groupe Audubon (Patrice Dubois, actuel codirecteur du PàP, en faisait partie) dans un collage similaire de textes et de chansons de Boris Vian.Et Vian! dans la gueule, tel qu\u2019il sera présenté au TNM, ne constitue pas une reprise de ce spectacle.Carl Béchard parle plutôt de relecture.«Le tiers des textes diffère», estimet- il.La colonne vertébrale du collage demeure Le goûter des généraux, texte auquel il a ajouté, en contrepoint, des extraits de la nouvelle Les fourmis.«Il y a aussi d\u2019autres textes, chansons et poèmes qui sont dans la veine antimilitariste, ou violemment pro civil comme le dit Boris Vian», précise le metteur en scène, qui considère comme un «luxe» d\u2019avoir la possibilité de replonger dans ce spectacle 15 ans plus tard.«On se rapproche d\u2019une lecture plus mûre de Boris Vian», croit-il.Et Vian! dans la gueule, version 2010, ne condamne pas les soldats comme pouvait le faire celle de 1995.Alors qu\u2019avec le Groupe Audubon, ils avaient pris le parti de transformer les personnages en marionnettes du pouvoir, Carl Béchard estime aujourd\u2019hui que c\u2019est au public de décider si les militaires montrés dans le spectacles sont à la botte du pouvoir financier et politique.L\u2019approche moins radicale tient entre autres au contexte.En 1995, les guerres qui pouvaient servir de référence étaient lointaines (la première guerre du Golfe, notamment, dans laquelle ne Canada n\u2019était pas engagé).En 2010, Carl Béchard et sa distribution de haut niveau (outre Marc Béland, elle comprend Sylvie Drapeau, Pascale Montpetit, Pierre Chagnon, Emmanuel Bilodeau et plusieurs autres) prennent la parole dans un pays dont l\u2019armée, longtemps considérée comme un gendarme de la paix, est devenu un «agresseur».«Le fait que certaines familles soient touchées dans leur chair m\u2019incite à y réfléchir à deux fois avant de condamner, admet le metteur en scène.L\u2019empathie pour les soldats qui reviennent est plus grande, plus réelle, mais la condamnation de la guerre demeure.«Ce qui est dénoncé, insiste-t-il, c\u2019est cette attitude, ce manque de culture et ce manque de maturité des gens qui prennent des décisions impliquant des nations et qui envoient des gens se faire tuer.» Carl Béchard ne veut toutefois pas seulement y voir une critique, mais aussi l\u2019idée de la promotion du bonheur.«La guerre empêche l\u2019amour et le bonheur, fait-il remarquer, il y a aussi ça dans le spectacle.» Et Vian ! dans la gueule, du 27 avril au 22 mai au TNM.ET VIAN! DANS LA GUEULE au théâtre, un billet du médecin m\u2019attendait.» Le soir même, il appelait Pierre Lebeau qui lui a dit oui.Le lendemain, l\u2019acteur prenait le premier vol pour Bruxelles.Mais, ironie du sort: Lebeau se retrouve à son tour à l\u2019hôpital, victime d\u2019une crise d\u2019appendicite.Grâce à son incroyable force de récupération, il a repris les répétitions le surlendemain de son opération.Et tiens, un autre clin d\u2019oeil du destin: devinez qui défendait à son tour Woyceck à l\u2019Usine C, en mars dernier?Marc Béland! Remplacer par amitié Par solidarité pour Paul Ahmarani et René Daniel Dubois, le mime et comédien Jean Asselin a renoncé à ses vacances pour remplacer son camarade Paul Ahmarani dans Kean, au TNM en septembre 2002.«J\u2019étais flatté, en quelque sorte, qu\u2019on me demande d\u2019assumer un rôle de cette ampleur.» Le nom de Marie-France Lambert se trouve aussi sur la prestigieuse liste de ces «plans B» débarqués en héros à quelques semaines d\u2019une première.En 2003, elle a reçu un coup de fil de Paul Buissonneau, qui lui demandait de prendre la relève de Sylvie Drapeau pour le rôle de Magdelon dans Les précieuses ridicules au TNM.«Sylvie est une actrice que j\u2019aime beaucoup.C\u2019était un honneur de reprendre le flambeau», évoque la comédienne, qui se souvient de la nervosité l\u2019ayant envahie avant de monter sur les planches.«Valérie Blais et moi étions derrière les rideaux.Quand j\u2019ai vu la foule dans la salle, je me suis demandé «qu\u2019est-ce que je fais ici ?» Philosophe, Marie-France Lambert rappelle d\u2019ailleurs que le théâtre, «c\u2019est savoir se virer sur un 10 cennes!» d\u2019une fois le metteur en scène Denis Marleau (voir texte ci-dessous).La vieille complicité entre Carl Béchard et lui rendait toutefois la situation particulièrement délicate.«Pierre est un ami, c\u2019est ce qui est dur, admet le metteur en scène, qui a beaucoup joué avec lui au tournant des années 90 dans des spectacles du Théâtre UBU.Il était difficile pour moi de me rendre compte que je devais inciter Pierre à prendre cette décision-là.Par amitié et par responsabilité pour le show.Et lui, par amitié, ne voulait pas me faire ça.» «Des deux côtés, ils se sont rendu compte que c\u2019était la solution», précise toutefois Marcel Hubert, l\u2019agent de Pierre Lebeau, Carl Béchard.et Marc Béland.La grande fatigue de Pierre Lebeau, qui a eu un horaire chargé au cours des deux dernières années (en raison de Paradis perdu, notamment), se manifestait déjà en répétition.L\u2019acteur, pourtant réputé pour sa mémoire phénoménale, avait de la difficulté avec son texte.Sans compter que Et Vian! dans la gueule sera un spectacle très physique.Pompier volontaire Que Marc Béland soit disponible pour jouer le général John James Audubon de la Pétaradière- Frenouillou était «inespéré», selon Carl Béchard.Sept semaines de répétitions avaient déjà eu lieu, mais il en restait quand même trois.Le costume conçu pour Pierre Lebeau pouvait encore être ajusté à la taille de Marc Béland.«Tout s\u2019est mis en place assez facilement, raconte le comédien.Je me sentais vraiment comme un pompier volontaire.» Sauter dans un train déjà en marche ne le trouble pas outre mesure.«La forme du cabaret poétique fait que c\u2019est la parole qui est mise de l\u2019avant, ce n\u2019est pas psychologique, il n\u2019y a pas de travail intérieur qui demande beaucoup de mise en état ou de préparation, souligne-t-il.Il y a ce côté immédiat de la prise de parole auquel j\u2019ai accès assez facilement et qui me plaît beaucoup.» Carl Béchard confirme que la forme du spectacle, qui est un collage de textes, de poèmes et de chansons de Boris Vian, joue en faveur de tout le monde dans la situation actuelle.Que Marc Béland n\u2019ait ni le physique, ni la voix, ni la même énergie que Pierre Lebeau ne provoque donc pas de changement fondamental dans le ton du spectacle.Les choses n\u2019auraient peut-être pas été aussi simples s\u2019il avait dû remplacer un Roméo ou une Juliette dans un Shakespeare.D\u2019avoir Marc Béland dans son équipe constitue «une très belle » conclusion à un épisode délicat, selon Carl Béchard.«Il possède une énergie inspirante et il est un modèle de travail.Il n\u2019est pas le seul, il y en a d\u2019autres dans le groupe, mais il est important que le rôle principal soit un modèle et porte l\u2019esprit du spectacle.» GUERRE ALAGUERRE Tout s\u2019est mis en place assez facilement, raconte Marc Béland.Je me sentais vraiment comme un pompier volontaire.Marie-France Lambert dans Les précieuses ridicules PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 4 A V R I L 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION Depuis deux ou trois ans, le jeu des prédictions n\u2019avait plus rien d\u2019amusant: si une vedette de TVA concourait dans une catégorie du gala Artis, automatiquement et inévitablement, elle repartait avec la précieuse statuette dorée sous sa chemise Philippe Dubuc/Marie Saint Pierre.C\u2019était le gala de TVA fabriqué par TVA pour la bande de TVA.La clique du canal 10, finalement.Pour le 25e anniversaire de cette cérémonie que célébreront demain soir les Grandes Gueules, le «vrai réseau» testera l\u2019efficacité du tout nouveau système de vote ayant servi à couronner les chouchous des téléspectateurs québécois.Les résultats d\u2019habitude si prévisibles changeront-ils drastiquement maintenant que les coupons imprimés sur des napperons Tim Hortons et publiés dans Le Journal de Montréal ont été éliminés?Grosse question.Et les Véronique Cloutier, France Beaudoin ou Patrice L\u2019Ecuyer détrôneront-ils des gros noms associés au groupe Quebecor?Enfin, un peu de suspense.Car les gagnants qui monteront demain sur le podium auront été déterminés par un vaste sondage web et téléphonique que Léger Marketing a mené auprès de 60 0 0 francophones.En implantant ce mode de sélection, TVA élimine en partie le biais et l\u2019impression de favoristime qui englobaient les têtes d\u2019affiche associées à ses émissions phares.Un geste qui l\u2019honore et qui démontre que les journalistes ont bien fait de râler, même si la chaîne numéro un au Québec n\u2019a jamais admis publiquement que l\u2019ancien système des Artis poussait pas mal plus pour un camp que pour l\u2019autre.Le but de tout ce chambardement est, on l\u2019espère, d\u2019orchestrer une vraie fête populaire qui récompensera les préférés du petit écran sans égard à leur appartenance à un poste dit ennemi de celui qui concocte le gala Artis.Entre vous et moi, cette guerre des réseaux, ça devient de plus en plus lourd et oppressant.Bien sûr, TVA récoltera plusieurs trophées demain, car c\u2019est la station la plus regardée au Québec.Mais qu\u2019elle ramasse tout, tout, tout, ce serait bien étrange.Oui, ses parts de marché impressionnent, environ 25% de l\u2019écoute totale pour la deuxième semaine d\u2019avril, selon BBM.Reste que ses concurrents en obtiennent tout de même 75%, soit le triple.Le problème, c\u2019est que cette écoute s\u2019éparpille sur plusieurs chaînes : SRC (14%), V (7%), RDS (7%) et Super Écran (4,6%), ce qui affaiblit leur force de frappe.Personnellement, j\u2019ai bien hâte de voir si l\u2019ordre télévisuel mondial basculera au Monument-National dans 24 heures.Est-ce que cet immense sondage de Léger Marketing accouchera de résultats mieux collés sur les goûts réels du public?Selon Christine Melançon, vice-présidente de la firme de recherche et marketing Ipsos Descarie, «la popularité d\u2019une vedette se mesure très bien par un sondage web».«En plus, dans ce type de sondage sur l\u2019internet, on peut y insérer des images.Comme ça, les gens sondés savent exactement de qui il s\u2019agit et ne peuvent pas mélanger deux personnes ayant des noms similaires», enchaîne-t-elle.P o u r J e a n - F r a n ç o i s Dumas, président d\u2019Influence Communication, courtier en analyse et information médiatique, une star québécoise qui a multiplié les apparitions à la télévision dans les six derniers mois décuple ses chances de remporter un Artis.Oubliez les articles dithyrambiques de journaux ou les portraits flatteurs dans les magazines, c\u2019est la télé et uniquement la télé qui façonne l\u2019opinion publique.«N\u2019importe quel artiste qui aura fait beaucoup de télé a de fortes chances de scorer plus fort.La télé est le média d\u2019impact le plus dévastateur.La télévision a rendu le monde complètement fou pendant l\u2019épisode de la grippe H1N1», rappelle-t-il.Et si un artiste a connu ses heures de gloire médiatique l\u2019été dernier, pas la peine de se gribouiller un discours de remerciement .«On oublie très rapidement.Et on vit dans une époque de consommer- jeter.Les stars se font et se défont très rapidement », rappelle Jean-François Dumas d\u2019Influence Communication.Je lévite Avec le CD Interpreting the Masters Vol.1 de The Bird and the Bee.Imaginez Feist qui reprend les plus grands tubes de Hall&Oates comme I Can\u2019t Go for That, Kiss On My List ou Private Eyes.C\u2019est mignon comme tout, rigolo, coquin et ça s\u2019écoute bien sur une terrasse éclaboussée de soleil.Je l\u2019évite Le f ra nç a i s à Cal l -T V.Vraiment, c\u2019est atroce.Une grande écran, vraiment ?Din fois, din fois ça marche pas, tsé.Au secours.La SRC pourrait-elle leur prêter son ayatollah?S Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca La clique du canal 10 HUGO DUMAS CHRONIQUE RICHARD THERRIEN LE SOLEIL Manifestement, la suprématie gênante de TVA depuis que le vote s\u2019effectuait de manière volontaire chez Tim Hortons, dans les journaux de Quebecor et par l\u2019nternet provoquait un malaise chez le duo d\u2019humoristes.«Quand nous avons discuté pour une deuxième année à l\u2019animation, ça faisait partie des discussions avec le réseau.La dernière chose dont on a envie, c\u2019est d\u2019avoir à parler de controverse dans les journaux», admet José Gaudet.Plus encore, son camarade Mario Tessier souhaite que cette nouvelle méthode change considérablement la liste des gagnants.«J\u2019aimerais que ça donne un rayonnement sur plusieurs stations.Déjà, Radio-Canada a une nomination de plus.Dans un gala, on veut des moments d\u2019émotion, et ce changement-là pourrait en créer plusieurs.» Autre nouveauté qui enthousiasme les Grandes Gueules : la décision de dévoiler les nominations des deux catégories les plus importantes, les prix Artis de la personnalité féminine et de la personnalité masculine, le soir même du gala.«On ne les connaît pas encore nous-mêmes, et les artistes vont apprendre en direct dans la salle qu\u2019ils sont en nomination», affirme Mario Tessier.Le public, lui, pourra élire ses deux préférés par téléphone et par l\u2019nternet, durant le gala.«Si le gagnant est quelqu\u2019un qu\u2019on n\u2019attendait pas, c\u2019est tant mieux, c\u2019est ce qu\u2019on veut, on prie tous pour ça.» Les Grandes Gueules souligneront bien entendu les 25 ans du Gala Artis en revenant sur des moments marquants, notamment par une introduction flamboyante, promet Mario Tessier.«Je n\u2019en reviens pas qu\u2019on ait pu réunir tous ces gens-là en deux jours de tournage.Il y a des monuments de télévision làdedans avec qui nous avons eu la chance de travailler.Ma mère va être très fière de moi dimanche!» José Gaudet et Ma r io Tessier, qui ont pris une semaine de congé à la radio pour se consacrer entièrement au gala, apprécient énormément de démontrer qu\u2019ils peuvent, oui, faire rire l\u2019auditoire, mais aussi créer des moments d\u2019émotion.À preuve qu\u2019ils souhaitent accorder une large part aux artistes en nomination, ils ont choisi de ne sortir aucun de leurs personnages de la radio demain, contrairement à l\u2019an dernier.Encore cette année, on tentera de représenter le mieux possible tous les réseaux confondus, notamment dans des sketchs dans lesquels apparaîtront Gaudet et Tessier.Le duo ne nie pas que certaines invitations donnent lieu à des négociations serrées avec les diffuseurs.«Des fois, c\u2019est un peu tough.À Radio-Canada comme à TVA, ils peuvent être réticents, ils ont peur.Tout le monde protège ses artistes», avoue José Gaudet.Forts d\u2019une première expérience louangée par la critique, Les Grandes Gueules ont quand même été mises à l\u2019épreuve l\u2019an dernier quand un numéro de Véronic DiCaire a mal commencé en raison d\u2019un problème technique.«C\u2019est là que notre côté cabotin est ressorti.Ils nous ont littéralement poussés sur la scène pour faire du temps», se souvient Mario Tessier.«Ça s\u2019est passé tellement vite que je n\u2019ai pas eu le temps d\u2019être nerveux», ajoute José Gaudet.Les Grandes Gueules restent convaincues d\u2019avoir hérité du plus beau gala québécois.«Parce que c\u2019est le public qui décide, il n\u2019y a pas de chicanes de l\u2019industrie», considère José Gaudet.«Les artistes arrivent là sans pression, pour s\u2019amuser », poursuit Mario Tessier.Les animateurs se demandent comment leur ga la pourrait durer moins de trois heures demain soir, même qu\u2019il pourrait défoncer l\u2019heure prévue, notamment en raison du 25e anniversaire.«Quand on fait un numéro, c\u2019est toujours pour faire avancer le gala vers la prochaine catégorie.Ça nous a bien servis l\u2019an dernier », croit José Gaudet.En 2009, le Gala Artis a rassemblé 1 845 000 téléspectateurs, contre 1 076 000 pour Tout le monde en parle à Radio-Canada.Parmi les présentateurs de trophées cette année, mentionnons Bernard Derome, François Morency, Gregory Charles, Hélène Florent, Éric Bernier et Rita Lafontaine.Le Gala Artis sera précédé demain d\u2019une émission spéciale sur le tapis rouge devant le Monument-National, diffusée dès 19h30 à TVA, avec Pénélope McQuade et Herby Moreau.Puis, lundi à 19h, le duo nous montrera tout ce qu\u2019on n\u2019aura pas vu la veille dans Gala Artis en coulisses 2010.Les ar tistes de Radio - Canada et d\u2019autres diffuseurs pourront-ils regagner la place qu\u2019ils occupaient il n\u2019y a pas si longtemps parmi la liste des gagnants au Gala Artis ?Quelles chances ont réellement Céline Galipeau, Pascale Nadeau, Véronique Cloutier, Monique Mercure, Danielle Proulx, Guy Nadon, Marc Labrèche et Louis-José Houde de monter sur le podium?25E GALA ARTIS / Les Grandes Gueules Une année charnière PHOTO LA PRESSE CANADIENNE José Gaudet et Mario Tessier animeront le gala Artis pour la deuxième année consécutive.Ils se réjouissent de la nouvelle façon de colliger les votes.Les Grandes Gueules sont soulagées: la 25e présentation du Gala Artis, demain à 20h à TVA, pourrait représenter un tournant et les tenir loin de toute polémique lundi matin, au lendemain de la soirée.La décision du diffuseur de retirer les boîtes de votes des commerces et de prendre directement contact avec 6000 personnes pour effectuer le sondage risque en effet d\u2019éloigner les suspicions sur la liste des gagnants.«Il y a des monuments de télévision là-dedans avec qui nous avons eu la chance de travailler.Ma mère va être très fière de moi dimanche! » \u2013 Mario Tessier J\u2019ai bien hâte de voir si l\u2019ordre télévisuel mondial basculera au Monument-National dans 24 heures.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 4 A V R IL 20 1 0 ARTS ET SPECTACLES «Pourquoi écrire une bio non autorisée sur Oprah?Parce qu\u2019elle est peut-être la femme la plus puissante du monde, qu\u2019elle nous dicte quoi manger, quoi porter, quoi penser, quoi lire et pour qui voter.Compte tenu de son immense inf luence depuis plus de 25 ans, le grand public est en droit d\u2019en savoir un peu plus sur une femme qui joue à la transparence, mais qui est bien plus secrète qu\u2019on le pense.» Ainsi parlait Kitty Kelley, l\u2019auteur de la bio sur Oprah, l\u2019autre matin à la télé.Depuis la parution de la brique de 445 pages, rappelons que la biographe est boudée par les plus importants animateurs des réseaux américains, des gens comme Larry King, David Letterman et Barbara Walters, qui ne veulent pas prendre le risque de contrarier leur «amie» Oprah en accueillant à leur émission une femme qui, selon certains, produit de la kitty litter : de la littérature en forme de litière à chat.Si Kelley produit effectivement de la litière, disons au moins que c\u2019est de la litière mieux écrite et mieux documentée que celle qu\u2019on retrouve dans trop de bios non autorisées.Et puis, Kelley vient combler un vide creusé par Oprah elle-même, qui a récemment annulé la publication de sa propre autobiographie pour protéger son image.Reste que pour quiconque n\u2019est pas une exégète d\u2019Oprah, ne regarde pas son talk-show tous les jours à 16h depuis 25 ans, n\u2019achète pas son magazine O avec sa photo en couverture tous les mois depuis dix ans et ne suit pas ses faits et gestes, le bouquin est un très bon résumé de l\u2019ascension phénoménale d\u2019une femme noire, née pour un petit pain dans un bled perdu du Mississippi (Kosciusko) en pleine ségrégation et qui, à 15 ans, rêvait déjà de devenir la femme noire la plus riche et la plus puissante de la terre.D\u2019ailleurs, Ketty Kelley ne s\u2019empêche jamais de célébrer l\u2019énergie, le tonus, le cran, le courage et la grande générosité d\u2019une femme partie perdante dans la vie et qui par la force de sa détermination est montée jusqu\u2019au sommet.En même temps, et c\u2019est la nature du genre, Kelley revient sur les éléments les moins glorieux de la vie d\u2019Oprah: sa naissance d\u2019une mère trop jeune qui l\u2019a régulièrement abandonnée et envoyée chez un père qui ne serait pas son vrai père.L\u2019agression sexuelle d\u2019un oncle alors qu\u2019elle n\u2019avait que 9 ans.Une vie sexuelle débridée à l\u2019adolescence, émaillée de prostitution et d\u2019une grossesse à 14 ans.La mort du bébé.Le secret dans lequel elle s\u2019est emmurée.La trahison de sa demi-soeur junkie qui a vendu la mèche à un tabloïd.Son usage du crack et de la cocaïne et ses batailles sans fin avec son poids.Mais ces révélations connues jouent en faveur d\u2019Oprah et montrent quels cruels obstacles elle a dû surmonter.C\u2019est plus tard, lorsqu\u2019elle devient une vedette, une icône et un monstre sacré, que l\u2019aspect monstrueux de son ego boursouflé émerge.Le récit du jour où elle s\u2019est présentée à une boutique Hermès de Paris, qui était fermée pour une fête privée, est éloquent.La gérante, qui ne connaissait pas celle qui frappait contre la vitrine en gesticulant, a refusé de lui ouvrir.La pauvre! Ce fut un des moments les plus humiliants de toute ma vie! a tonné Oprah à l\u2019émission où elle avait invité le président de Hermès pour se venger.Le plus humiliant?Vraiment ?Je n\u2019ai jamais été une grande fan d\u2019Oprah.Du moins pas celle qui a inventé la télé-poubelle et qui a institutionnalisé la victimisation.J\u2019aime mieux celle qui a vendu Obama aux Américains et qui a remis les livres au goût du jour.Or, paradoxalement, cette bio qui décline ses failles et évoque le monstre d\u2019égocentrisme qu\u2019elle est devenue, me l\u2019a rendue plus humaine et encore plus admirable.Quoi qu\u2019en pense Oprah, en racontant sa vie en dents de scie, Kitty Kelley lui a rendu service.s Pour joindre notre chroniqueuse : npetrows@lapresse.ca Oprah: diva, magnat, monstre NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Cette bio qui évoque le monstre d\u2019égocentrisme qu\u2019Oprah est devenue, me l\u2019a rendue plus humaine et encore plus admirable.SÉRIE DVD SONIA SARFATI Glee, c\u2019est le feel-good tv show par excellence.Et pas besoin d\u2019être un fan fini des comédies musicales pour apprécier cette série où les personnages ne se mettent pas à chanter au détour d\u2019une scène «parce que les mots ne suffisent plus» (oh! le cliché), mais parce qu\u2019ils sont en salle de répétition ou sur scène, nous offrant leur version \u2013 en voix et en chorégraphies \u2013 de succès plus ou moins contemporains.Glee, c\u2019est léger comme des bulles de champagne : ça monte à la tête et il ne faut pas s \u2019étonner (outre mesu r e) de souda in se ret rouver à chanter avec cette attachante bande de losers.Parce qu\u2019il en va ainsi des personnages de la série : ce sont les rejects d\u2019une école secondaire américaine, qui s\u2019inscrivent au club de losers par excellence, une manière de chorale dirigée par un prof qui rêve de brûler les planches.Secondé par la conseillère en orientation qui a une phobie des microbes (!), il recrute la Miss Perfect coincée dans ses principes, le gai qui s\u2019assume, la diva afro-américaine à la voix d\u2019or, la punk timide qui bégaie, le nerd en fauteuil roulant, le joueur de football aux aspirations artistiques, quelques cheerleaders présentes par intérêt ou pour espionner \u2013 pour le compte de leur entraîneure (Jane Lynch, renversante dans la peau de cette intransigeante Sue Sylvester \u2013 les initiales « S.S.» ne sont pas là par accident !).Grosso modo, c\u2019est le glee club.Le pire du genre.Qui va tenter de se quali fier pour les finales de section.On suit ainsi leur évolution en 13 épisodes (en anglais, avec sous- t i t res angla i s ou français), à travers des amourettes entre jeunes et moins jeunes (les premières, plus réussies que les secondes) et des numéros de production irrésistibles \u2013 sur des chansons telles Don\u2019t Stand So Close to Me, Imagine et aut res Jump.L\u2019équipe de football qui revisite la chorégraphie que Beyoncé a élaborée sur Single Ladies, c\u2019est purement et simplement grand.Vous êtes prévenus.GLEE 1 CRÉÉE PAR RYAN MURPHY, BRAD FALCHUK, IAN BRENNAN.AVEC LEAMICHELLE, MATTHEW MORRISON, JANE LYNCH.HHH 1/2 Glee \u2013 Season 1: Road to Sectionals llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 4 A V R I L 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 À présent de Catherine-Anne Toupin La Cerisaie d\u2019Anton Tchekhov Minuit chrétien de Tilly Elling d\u2019Axel Hellstenius et Petter Næss ShirleyValentine de Willy Russell duceppe.com 2010 - 2011 Abonnez-vous! 514 288-5034 grand partenaire arts et spectacles musique alaiN BruNet Les séances ont eu lieu cet hiver à La Fabrique de Saint-Rémy de Provence, soit dans un ancien moulin à huile reconverti en studio.«Ça fait partie d\u2019un mas rempli de fantômes très intéressants, explique Arthur.Ce mas a appartenu à un collectionneur de musique classique, on y trouve d\u2019ailleurs la plus grosse collection de vinyles de musique classique d\u2019Europe, et aussi une énorme collection de livres sur le cinéma.Vraiment un endroit magique.C\u2019est un de ces lieux anciens où, dès que tu y mets les pieds, tu t\u2019y sens bien physiquement.Les plafonds sont hauts, les pièces sont vastes.Un endroit vraiment loin du stress de la vie actuelle.» Pendant une dizaine de jours, donc, l\u2019artiste a travaillé avec un piano sur lequel il avait «flashé» à Paris et que le propriétaire du studio a pu acheter.«L\u2019instrument est arrivé au studio un jour avant que j\u2019y vienne, d\u2019ailleurs avant une énorme tempête de neige totalement québécoise! En pleine Provence, j\u2019ai été bloqué 24 heures sans électricité, des arbres se sont écroulés.Du coup, c\u2019était marrant!» Pour chacune des séances quotidiennes, Arthur allumait deux bougies qui lui rappelaient les gens qu\u2019il aime.Au programme de Mystic Rumba, il a prévu peu d\u2019inédits et surtout des relectures de ses chansons qui se prêtent le mieux à cette forme dénudée.«Soleil d\u2019hiver et Trois petits nains, explique-t-il, ont été créées à Noël.Les autres (L\u2019Égyptienne du Molino et Tout ce qui était perdu) sont des chansons que j\u2019aimais beaucoup, mais que je n\u2019ai jamais eu l\u2019occasion d\u2019enregistrer.Si j\u2019avais eu le temps, remarquez, j\u2019aurais bien aimé faire un disque d\u2019inédits au piano, mais je n\u2019avais pas ce temps.Ce n\u2019est donc pas l\u2019amorce d\u2019un nouveau répertoire pour un ARTHUR H «quand je m\u2019installe sur mon tabouret de piano, je me sens très solide.Je peux m\u2019abandonner à toutes les émotions, ça m\u2019est égal d\u2019être faible, d\u2019être fort\u2026 » Une Mystic Avec la simplicité piano-voix, Arthur H n\u2019en est pas à ses premières fréquentations.En 2002, il a déjà lancé un enregistrement public en soliloque et présenté plusieurs concerts de la sorte.Il remet ça en 2010: une tournée suit la sortie de Mystic Rumba, soit 24 chansons réparties sur deux CD, pour la plupart enregistrées en solo.PHOTO FOURNIE PAR CLAIRE FARAH arthur H revient à montréal avec une formule simplifiée: lui seul sur scène.il reprend l\u2019essentiel de son album Mystic Rumba, tout aussi dépouillé.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S l a p r e s s e M O N T R É A L SA M E D I 2 4 A V R IL 20 1 0 Bertolt Brecht / Kurt Weill / Robert Bellefeuille texte français René-Daniel Dubois arrangements et direction musicale Pierre Benoît Michel Tremblay / Gill Champagne Yasmina Reza / Lorraine Pintal Michel Lemieux et Victor Pilon / Sébastien Harrisson GRAND PARTENAIRE A B O N N E Z- VOU S ! T N M .QC.CA 5 14 .8 6 6 .8 6 6 8 Shakespeare / Marc Béland traduction Jean Marc Dalpé Goldoni / Toni Servillo Piccolo Teatro / Teatri Uniti / Invitation internationale .MONUMENT~NATIONAL 1182 BLVD ST LAURENT 30 AVRIL 2010 19H30 1JOURSEULEMENT ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE PHOTO FOURNIE PAR SPECTRA Pour Arthur H, la musique francophone se doit d\u2019être universelle.«Si on ne fait que de la musique pour nous, ça ne suffit pas», a-t-il dit.Rumba\u2026 en solo prochain album; ces chansons inédites avaient été écrites spécialement pour le piano, alors que je compte retourner à une énergie beaucoup plus rock.» Émotion limpide D\u2019ici cette date indéterminée, ArthurH ne craindra pas la solitude sur scène, une solitude qu\u2019il partage avec son public depuis février déjà, dans le cadre d\u2019une tournée amorcée en France et qu\u2019il poursuit au Québec.Et qu\u2019il a envisagé avec assurance.«Je suis un grand garçon, j\u2019ai mangé beaucoup de soupe, rigole-t-il avec le ton de pincesans- rire qu\u2019on lui connaît.Quand je m\u2019installe sur mon tabouret de piano, je me sens très solide.Je peux m\u2019abandonner à toutes les émotions qui me traversent, ça m\u2019est égal d\u2019être faible, d\u2019être fort\u2026 «Dans un concert solo voixpiano, il doit y avoir obligatoirement des moments d\u2019énergie, des moments magiques, et aussi des moments de n\u2019importe quoi où c\u2019est complètement libre, où ça déconne même.Sur scène, je peux raconter une histoire délirante dans un univers complètement fantaisiste.En studio, cependant, j\u2019avais l\u2019idée de m\u2019introduire chez les gens avec quelque chose de très doux, de très caressant, relativement mélancolique.Il n\u2019y a pas de belle musique sans qu\u2019elle soit un peu poignante.Moi-même, j\u2019étais très ému lorsque j\u2019ai enregistré ce disque.» Pour Arthur H, le critère premier de Mystic Rumba, en studio comme devant public, est la limpidité de l\u2019émotion.«Il faut tout de suite installer une atmosphère émotionnelle, un impact dramatique.Vous savez, je suis revenu récemment d\u2019une tournée dans le Caucase (Arménie, Géorgie, Istanbul) où j\u2019ai joué devant des étrangers.Ils ont ressenti toute l\u2019émotion de mes chansons sans même en comprendre les textes.C\u2019est ça qui m\u2019intéresse.Que des étrangers puissent ressentir sans comprendre la langue.La musique francophone doit aussi retrouver cette dimension-là.Si on ne fait que de la musique pour nous, ça ne suffit pas.» Il lui faudrait peut-être en causer à sa jeune demi-soeur Izia, fille de papa Jacques (Higelin) qui chante en anglais, mais bon, ce n\u2019est peut-être pas le moment de le lui suggérer\u2026 «Cet automne, reprend Arthur dans le même ordre d\u2019idées, j\u2019ai participé à un hommage à Jacques Brel à Londres.Lorsque tu interprètes Brel avec un grand orchestre, tu es tout de suite saisi par la force dramatique de la chanson.Et c\u2019est pour ça que les Anglais aiment toujours Brel\u2026 et qu\u2019ils ignorent Vincent Delerm ou Bénabar.» «Il n\u2019y a pas de belle musique sans qu\u2019elle soit un peu poignante.Moi-même, j\u2019étais très ému lorsque j\u2019ai enregistré ce disque.» MYSTIC RUMBA VU PAR ALAIN BRUNET 1 Luna Park 2 Le baiser de la lune 3 Bo Derek 4 Nancy&Tarzan 5 Est-ce que tu aimes ?6 Naïve derviche 7 Mon nom est Kevin 8 Lily Dale 9 Le chercheur d\u2019or 10 Raissa 11 Soleil d\u2019hiver 12 L\u2019Égyptienne du Molino 13 The Lady of Shanghai 14 Le Jardin des délices 15 Mystic rumba 16 Ma dernière nuit à New York City 17 L\u2019abondanse 18 Les trois petits nains 19 Anabelle 20 Adieu tristesse 21 Tout ce qui était perdu 22 Naissance d\u2019un soleil 23 Marilyn Kaddish 24 Cosmonaute, Père et Fils 7,0 7,5 7,0 7,5 8,0 8,5 8,0 8,5 8,5 8,0 8,0 8,5 7,5 8,0 7,5 7,5 6,0 7,0 8,5 7,5 8,0 8,0 6,5 6,5 NO.TITRE DE LA CHANSON COTE SUR 10 En prévision du spectacle d\u2019Arthur H à L\u2019Astral, Alain Brunet a soigneusement écouté l\u2019album double Mystic Rumba.Voici, chanson par chanson, son appréciation.ARTHUR H, LES 28 ET 29 AVRIL À L\u2019ASTRAL llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 4 A V R I L 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 JUSQU\u2019aU 22 maI Théâtre Jean-Duceppe duceppe.com « Benoît Brière se révèle aussi convaincant dans la brutalité que dans la bouffonnerie.» Le Devoir « Benoît Brière est excellent\u2026 Une mise en scène très réussie\u2026 Sobriété, originalité et beaucoup d\u2019efficacité.» Désautels, Première Chaîne «\u2026pièce parfois tragique, parfois comique et toujours étonnante\u2026 Gabriel Sabourin, excellent\u2026 La pièce est bien écrite, bien montée, bien jouée\u2026» Le Journal de Montréal Une partie avec l\u2019Empereur de Stéphane Brulotte mise en scène de Stéphane Brulotte avec la complicité de Dominic Champagne présentée en collaboration avec le Théâtre il va sans dire Benoît Brière Gabriel Sabourin Stéphane Breton Lynda Johnson Normand Lévesque Pierre Limoges Denis Roy décor Jean Bard costumes François St-Aubin éclairages Éric Champoux conception vidéo Yves Labelle musique Michel Smith accessoires Normand Blais «\u2026solide distribution\u2026 Gabriel Sabourin brillant\u2026 mise en scène rondement menée.» La Presse « Avec ses dialogues souvent savoureux et un Benoît Brière en pleine possession de ses moyens, le texte de Brulotte nous amène véritablement hors des sentiers battus.» 7jours.canoe.ca Textes de Boris Vian / Collage et mise en scène Carl Béchard DÈS MARDI! / TNM.QC.CA / 514.866.8668 Chanson s féroces, poèmes dégl ingués, couplets louches\u2026 T Avec MARC BÉLAND/ MARIE-ÈVE BEAULIEU / EMMANUEL BILODEAU/ PIERRE CHAGNON/ BÉNÉDICTE DÉCARY / SYLVIE DRAPEAU/ PASCALE MONTPETIT/ ALAIN ZOUVI/ CAROL BERGERON/ ALLAN LAFOREST/ CORINNE RENÉ UNE PRÉSENTATION ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE MARIE-CHRISTINE BLAIS Ça peut avoir l\u2019air vachement glamour, le parcours de Mohammed, si on ne se fie qu\u2019aux mots: naissance en Algérie, départ avec sa mère pour l\u2019Italie, puis pour les États-Unis, avant d\u2019arriver ici à l\u2019âge de 15 ans, il y a un peu plus de 15 ans.Dans la vraie vie, l\u2019Italie et New York étaient des passages obligatoires, «pas Walt Disney du tout », pour obtenir à la dure des visas qui leur permettraient enfin d\u2019arriver ici.Comme quoi il faut faire attention aux mots.Ils sont parfois creux, parfois pleins.Ceux qu\u2019utilisent Mohammed sur son album de slam L\u2019ombre d\u2019un doute sont, eux, remplis à craquer.«Quand j\u2019écris, je ne m\u2019en cache pas, c\u2019est quand je passe par le désenchantement, la déprime», reconnaît Mohammed, en soulignant qu\u2019il est par ailleurs choyé par la vie.«C\u2019est inspiré de tout ce que je subis et que j\u2019extériorise avec l\u2019écriture, reprend-il.Comment expliquer?C\u2019est comme quand on subit une insulte, on a à peine une fraction de seconde pour y répondre.Mais si tu n\u2019as pas trouvé la réponse, tu vis avec l\u2019insulte.Et si tu subis, tu subis, tu finis par écrire toutes tes réponses\u2026» Et par écrire avec force, comme en témoigne cet extrait de son texte Frontière : «Je suis montréalais, algérois, français ou hindou.Peu importe/La vérité, c\u2019est que le Québec, on le sous-loue/On est tous des immigrants de différentes époques/Maintenant, que j\u2019aie tort ou raison, il reste que j\u2019ai six milliards de colocs.» Pour appuyer ses textes, Mohammed a travaillé avec le rappeur-réalisateur Boogat (Daniel Russo-Garrido) : «Je venais d\u2019ouvrir mon petit studio, explique Boogat, et il y avait plein de gens qui me disaient \"Ah, Dan, ça serait chouette si je pouvais enregistrer chez toi; bon, j\u2019ai pas de budget, est-ce qu\u2019on peut s\u2019arranger, etc.\" Mohammed, ça n\u2019a pas du tout été ça : il m\u2019a demandé combien coûtaient dix heures de studio, il a payé, est arrivé avec ses textes, m\u2019a tourné le dos et s\u2019est mis à dire ses textes dans le micro.«En l\u2019entendant, reprend Boogat, je lui ai dit : \"Mon ami, t\u2019as besoin de musique, c\u2019est trop malade, tes textes, je veux travailler avec toi.\"» Et voilà comment Mohammed et Boogat, qui se côtoyaient amicalement depuis trois ans, sont devenus de proches collaborateurs au studio La Résistance, le rappeur composant des musiques expressément pour le slammeur: «Moi, précise Mohammed, tout ce que je voulais, c\u2019était m\u2019enregistrer pour m\u2019écouter : je me promenais avec une espèce de sac énorme rempli de textes, j\u2019avais envie de mettre mes textes sur deux CD, c\u2019est tout même plus pratique pour voyager et puis comme ça, je ne perdrais plus de textes.Mais aussi, reprendil en hésitant un brin, j\u2019ai un garçon de 4 ans et une fille de 2 ans (Maleek et Lee-Anna) ; un jour, ils vont me traiter de vieux con qui ne comprend rien et je pourrai leur répondre que c\u2019est vrai, que je ne comprends sans doute rien, mais que j\u2019ai déjà compris à une autre époque et je pourrai leur faire écouter ce disque.» Car c\u2019est devenu un disque, réalisé par Boogat et lancé sur étiquette Maisonnette (qui s\u2019occupe notamment d\u2019Alexandre Désilets).Il est comme ça,Mohammed, vulnérable et honnête.Du genre à vous dire que, non, il ne lit pas beaucoup, que c\u2019est surtout la télé et l\u2019internet, de même que son amour du rap francophone (notamment l\u2019extraordinaire rappeur Akhenaton), qui sont ses sources d\u2019apprentissage.S\u2019il utilise le mot «anamnèse » dans sa chanson Ma mémoire, c\u2019est en hommage à MC Solaar qui en avait fait le sujet et le titre d\u2019un morceau.Mais alors, comment fait-il pour écrire des textes aussi nourris et incisifs ?«Euh, je ne pourrais pas te dire : je suis un peu comme ce gars qui s\u2019endort au volant de sa voiture et qui évite d\u2019écraser un piéton, de justesse.Tout le monde le félicite pour ses réflexes, alors que c\u2019est pas du tout héroïque, son truc, c\u2019est de la chance!» C\u2019est par «chance» ou par «accident» qu\u2019il écrit: «Ça va faire bientôt quinze ans que je suis un nouvel arrivant/Comme Camus, je suis Étranger/Comme Guèvremont, je suis Survenant/ Mais sans y être vraiment parvenu » ?«Je n\u2019écris pas tout le temps, répond Mohammed avec un grand sourire, seulement pour régler des comptes avec moi-même et ce qui me blesse.Sur disque, c\u2019est sûr que c\u2019est grave\u2026 C\u2019est pour cela qu\u2019en spectacle, je fais rigoler entre les chansons.Mais faut que j\u2019écrive, tu comprends: moi, j\u2019ai besoin de réagir, pas de danser.» MOHAMMED Les mots pour le dire « Le silence est d\u2019or, c\u2019est peut-être pour ça que je suis pauvre.» «Chaque vote, chaque année, même crochet, c\u2019est pour les mêmes salauds.» «Regardezvous, vous êtes la preuve que le refus est global.» Ce sont là quelques-unes des phrases-chocs du slammeur québécois d\u2019origine algérienne Mohammed, tirées de son premier album L\u2019ombre d\u2019un doute.Vous avez dit le poids des mots ?PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE La télé et l\u2019internet, de même que son amour du rap francophone sont les sources d\u2019apprentissage de Mohammed.«Un jour, mes enfants vont me traiter de vieux con qui ne comprend rien et je pourrai leur répondre que c\u2019est vrai, que je ne comprends sans doute rien, mais que j\u2019ai déjà compris à une autre époque et je pourrai leur faire écouter ce disque.» SLAM MOHAMMED L\u2019OMBRE D\u2019UN DOUTE MAISONNETTE/SÉLECT llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 4 A V R IL 20 1 0 Mise en scène de Denise Filiatrault Une pièce de Terrence McNally Traduction de Michel Tremblay Avec Louise Marleau Émilie Josset Geneviève Charest Dominic Lorange Dominic Boulianne Laurent Duceppe-Deschênes Billetterie 514-844-1793 rideauvert.qc.ca Théâtre du Rideau vert Du 20 avril au 22 mai en coproduction avec ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE «En fait, il s\u2019agit de notre troisième album», corrige le guitariste, chanteur et multiinstrumentiste Nicolas Basque au cours de notre entretien.Ah bon?Il y en a eu un autre avant l\u2019excellent Parc Avenue, paru en 2008?«Ouaip.Notre tout premier, éponyme.C\u2019était complètement expérimental.Cinq chansons seulement, mais de longues chansons, qui allaient dans tous les sens.Parfois, il me prend de le réécouter \u2013 je crois que c\u2019est encore pas pire.» Lancé à la création du groupe en 2005, le premier album contient cinq compositions, fourre-tout de rock, de jazz, de musique instrumentale, reflet des intérêts de ces trois étudiants en composition électro-acoustique à l\u2019Université Concordia qui voulaient s\u2019amuser tout en apprenant et en jouant un peu partout dans les petites salles de la ville.La même chose pourrait aussi s\u2019appliquer à Parc Avenue, l\u2019album qui nous a permis de découvrir Plants and Animals, il y a deux ans.«Sur Parc Avenue, on ne savait pas toujours ce qu\u2019on faisait, alors on «coloriait » les chansons après les avoir enregistrées».Coloriage, le mot est simpliste : Parc Avenue foisonnait de bonnes idées sur le plan des arrangements, éclatés et étincelants, faits par trois types qui avaient visiblement une expérience en la matière.Sur La La Land, le trio, pourvu d\u2019un fiable instinct comme il l\u2019a démontré sur le précédent disque, ne tâte plus à gauche et à droite pour trouver sa direction.« C\u2019e s t en donna nt de s concerts qu\u2019on s\u2019est découverts, ajoute Basque.On a trouvé une espèce d\u2019énergie qu\u2019on n\u2019arrivait pas auparavant à transposer sur disque \u2013 surtout que sur scène, vient un moment où les chansons acoustiques, t\u2019as envie de les jouer électriques.C\u2019est notre enthousiasme pour les guitares électriques qui a dirigé l\u2019écriture et l\u2019enregistrement de La La Land.» Les fans reconnaîtront peut-être mal le groupe sur ce nouveau disque, mais ils ne perdent rien au change.Les arrangements fous ont été gommés?Les compositions vont droit au but.Rangées, les guitares acoustiques: les guitares électriques prennent toute la place.Un grand ménage du printemps ! «On reviendra peut-être aux couleurs qu\u2019avaient les chansons de Parc Avenue, mais puisqu\u2019en concert, ces chansons avaient fini par prendre un ton plus brut.Le but, c\u2019était de travailler au niveau des sonorités (de nos instruments) au lieu de rajouter du crémage sur le gâteau.» La La Land, suite logique et pleinement assumée pour ces musiciens (Warren Spicer, chanteur principal, guitariste, Matthew Woodley, batteur) qui ont carburé aux Tonight\u2019s The Night de Neil Young, Exile on Main Street des Stones, aux disques des Talking Heads («On cherchait cette dynamique pour la chanson The Mama Papa, la dernière qu\u2019on a enregistrée », précise Basque) et de Bowie.Le lustre seventies, il vient de là.Enfin, il y a un humour, suggéré sur Parc Avenue, revendiqué sur La La Land, avec ces titres débiles comme la très neilyoungesque Tom Cruz, American Idol, Undone Melody ou Future From the \u201980s.« Prends la chanson Jeans Jeans Jeans: on cherchait un titre, quelqu\u2019un est arrivé avec ça, on trouvait ça drôle, Warren a modifié le texte pour que ça marche.Il voulait quelque chose de léger, même plus superficiel que sur Parc Avenue.American Idol, même chose, on cherchait un titre drôle, sans que ce soit trop cheezy comme du Ween.Avoir un sens de l\u2019humour, mais être sérieux dans notre démarche: le solo de sax sur une de nos chansons, il est là parce qu\u2019on aime ça pour vrai ! » PLANTS AND ANIMALS Le grand ménage du printemps ROCK PLANTS AND ANIMALS LA LA LAND SECRET CITY Le trio montréalais Plants and Animals a un nouvel album dans les cartons.La La Land marque un virage pour le groupe, qui se déleste de ses arrangements touffus pour une approche plus directe, un rock à l\u2019humour marqué, inspiré du vieux Neil Young électrique et des Talking Heads.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Les trois membres de Plants and Animals, Matthew Woodley, Warren Spicer et Nicolas Basque.«C\u2019est notre enthousiasme pour les guitares électriques qui a dirigé l\u2019écriture et l\u2019enregistrement de La La Land.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 4 A V R I L 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 9 UN SPECTACLE UNIQUE EN SON GENRE P R É S E N T E « Je vous invite à une soirée inoubliable dans une ambiance de mystère, de fantaisie et d\u2019humour.» EDGAR FRUITIER www.edgaretsesfantomes.com CréationNORMANDCHAURETTE / Mise enscèneNORMANDCHOUINARD Directionmusicale JEANXPASCALHAMELIN Avec la participationdeEDGARFRUITIER VINCENT BILODEAU/ANDRÉROBITAILLE / JEANMARCHAND/ SYLVAINMASSÉ MONTRÉAL~MONUMENT-NATIONAL ~ 8 AU 25 SEPTEMBRE 2010 514 871-2224 / 1 866 844-2172 / www.admission.com QUÉBEC ~GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC ~ 26 AU 28 JANVIER 2011 418 643-8131 / 1 877 643-8131 / www.billetech.com Vendredi 4 et samedi 5 juin \u2022 19h \u2022 Métropolis Billetterie hôtel officiel L\u2019 électrisante légende George Thorogood et les cl assiques Bad to the Bone, Move It On Over et One Bourbon, One Scotch, One Beer MéTropoLis 59, rue Sainte-Catherine Est 514 908-9090 \u2013 ticketpro.ca montrealjazzfest.com GeorGe THoroGooD anD THe DesTroyers première partie : THE SPADES ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE MARIE-CHRISTINE BLAIS Parlons chiffres: le Français Christophe Maé a vendu, en 2007, 1,6 million d\u2019exemplaires de son premier disque (Mon paradis) et un million de billets de spectacles en France, principalement à un public adolescent .Son deuxième disque studio, On trace la route, frôle les ventes de 250 000 exemplaires depuis sa sortie en France le 22 mars dernier (plus 150 000 ventes en téléchargement, paraît-il), et est distribué ici depuis quelques jours.On vous épargne sa longue tournée à venir, avec cinq soirs au Zénith de Paris (6300 sièges) et un soir à Bercy (17 000 sièges)?Oublions les chiffres et passons aux mots : si une certaine critique le traite de haut, le journal de gauche L\u2019Humanité, qui soutient plutôt les chanteurs «à message» et abhorre habituellement la «variétoche », l\u2019endosse: soulignant le caractère festif et fédérateur de ses musiques world, la publication précisait il y a peu que «Christophe Maé n\u2019est pas ce qu\u2019on appelle un chanteur à textes engagés.Il incarne le désir de vivre d\u2019une jeunesse inquiète de son avenir.Alors, faisons la fête avec lui pour mieux se préserver d\u2019un futur incertain.» «C\u2019est vrai que je ne prétends pas transmettre des messages, convient le chanteur de 34 ans en entrevue téléphonique, où il révèle un charmant accent du sud de la France.Moi, reprend-il, tout ce que je veux, c\u2019est donner la banane aux gens» Ou, si vous préférez, les faire sourire, les faire rêver, en bon français international.«Le fait que j\u2019ai des rythmiques chaloupées, un côté positif dans la musique, me permet justement de parler de thèmes un peu plus lourds, un peu plus profonds, précise-til .Je ne fais là rien de bien original : depuis toujours, tous les chanteurs africains et caribéens parlent de souffrance et d\u2019espoir dans leurs chansons, mais en faisant danser, non?» Cet amour de la musique africaine lui vient d\u2019un père mélomane, qui écoutait Brel et Brassens, mais aussi Salif Keita, Youssou N\u2019Dour («Je viens de chanter avec lui à l\u2019émission Taratata et c\u2019était vraiment une belle rencontre! »), Touré Kunda («Dans les pianos-bars, j\u2019ai repris sa chanson Emma pendant des années et ça marchait très bien!»)\u2026 Le chanteur, que le grand public a découvert à la faveur de la comédie musicale Le Roi Soleil en 2005, a décidé de joindre son amour de l\u2019Afrique à l\u2019agréable en allant visiter le Sénégal, avec sa guitare.«J\u2019avais tout simplement envie de découvrir un peu de ce continent, de pouvoir mettre des images sur la musique que j\u2019aime depuis si longtemps.Plusieurs de ses textes sont d\u2019ailleurs inspirés de ce voyage, quand ils ne sont pas signés Boris Bergman (parolier notamment de Bashung) et Diam\u2019s.Comment s\u2019est fait la rencontre avec la rappeuse ?«Je l\u2019ai croisée à Bercy pour un spectacle, on a fait une chanson ensemble, on s\u2019est lié d\u2019amitié.J\u2019aime beaucoup son style d\u2019écriture, sa façon d\u2019exprimer le ras de bol avec ironie.» Ça a donné la chanson Je me lâche sur ces moments où la réalité nous sature un brin.Ici, sa chanson Dingue, dingue, dingue a été intégrée timidement à la programmation des radios commerciales, mais on est fort loin de l\u2019engouement français.Est-il tout de même question d\u2019un spectacle au Québec, un jour?«Pas pour le moment, répond Christophe Maé, mais j\u2019aimerais vraiment beaucoup: j\u2019ai été trois jours à Montréal (vers 2007) pour chanter et enregistrer The Show Must Go On (du groupe Queen) avec Céline Dion, et j\u2019ai vraiment aimé!» CHRISTOPHE MAÉ Chanter pour faire sourire Imaginons un instant Tracy Chapman, mais en homme, plus précisément en Européen, à la peau blanche et qui chanterait en français des chansons aux couleurs afrocaribéennes.Bon, c\u2019est clair, elle ne s\u2019appellerait pas Tracy Chapman.Mais bien Christophe Maé.CHANSON CHRISTOPHE MAÉ ON TRACE LA ROUTE WARNER PHOTO FOURNIE PAR WARNER Immense vedette populaire en France, Christophe Maé est pratiquement inconnu ici.«Le fait que j\u2019ai des rythmiques chaloupées, un côté positif dans la musique, me permet justement de parler de thèmes un peu plus lourds, un peu plus profonds.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 4 A V R IL 20 1 0 En rappel 6 NOVEMBRE \u2022 MÉTROPOLIS PAUL PICHÉ Photo: Laurence Labat BILLETERIE : 59, rue Sainte-Catherine Est 514 790-1111 \u2022 ticketpro.ca LA CRITIQUE EST UNANIME! Le grand Piché est de retour ! «Accueilli à bras ouverts et à gorge déployée (.) Paul Piché roulait hier vers le retour triomphal (.) toutes les nouvelles chansons cartonnaient (magnifique Les Ruisseaux, irrésistible Arrêtez)» Sylvain Cormier, Le Devoir «.une prestation inoubliable.Le genre qu'on aimerait revoir(.) Au point d'y aller en courant.(.)le Paul Piché cuvée 2010 s'avère un grand cru.» Marc-André Joanisse, Le Droit «Paul Piché était en feu ! Il a mis toute la salle dans sa petite poche de jeans (.) beaucoup de plus jeunes, manifestement ravis eux aussi d'entendre parler de gestes citoyens, de pays à rêver et à faire.» Marie-Christine Blais, La Presse «.sept ou huit ovations, une foule en liesse qui chante et tape des mains : le retour sur scène de Paul Piché a été célébré avec un enthousiasme rare au Grand Théâtre de Québec» Valérie Lesage, Le Soleil «Intègre, solide et en contrôle, Paul Piché nous a prouvé une fois de plus qu\u2019il était l\u2019un de nos grands.» Maxime Charbonneau, Canöe «Le chanteur est très en voix (.) il sait émouvoir (.) La chanson La vie est un chef-d'oeuvre de simplicité.» Claude Deschênes, Radio-Canada «Un Piché authentique, touchant et avec tout le dynamisme de sa jeunesse.Il est beau et convaincant, le Côté de la terre de Paul Piché.» Michelle Coudé-Lord, Journal de Montréal «L'attente en valait la peine (.) la ferveur qui habitait le chanteur n'avait pas baissé d'un iota.» Philippe Rezzonico, Rue Frontenac «La voix de l'artiste demeure sa force première.Elle a accompagné la poésie allumée du nouvel opus Sur ce côté de la terre.» Julien Beauregard, La Maudite Machine BILLETS EN VENTE AUJOURD\u2019HUI ! (places réservées) PRÉSENTÉ PAR : 514 521-1002 - 1800 558-1002 www.LesGrandsExplorateurs.com St-JEAN 24 avril théâtre des Deux Rives 50, boul.du Séminaire Nord LA PRAiRiE 26 et 27 avril École de la Magdeleine 1100, boul.taschereau LoNguEuiL 28 avril au4mai Salle Pratt &Whitney Canada 150, rue de gentilly Est NÉPAL De Katmandu au Mustang \u2014 RACONTÉ PAR\u2014 guy Cousteix Également présenté à : Saint-Jérôme - Polyvalente - 5 mai 20h ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE CLAUDE GINGRAS Théodore Dubois (1837-1924) connaît présentement, chez nous, une véritable «renaissance ».Ce soir, 19h30, au Conservatoire, se termine une série de trois concerts commentés, consacrés à sa musique, et réunissant notamment le Trio Hochelaga, le baryton Marc Boucher et le pianiste Olivier Godin, tous artisans de ce mouvement visant à démontrer que Dubois fut davantage que l\u2019auteur des mélodramatiques Sept Paroles du Christ de nos églises paroissiales.Avec le Choeur et l\u2019Orchestre Philharmonique du Nouveau Monde dont il est le chef, Michel Brousseau s\u2019est fait lui aussi le champion de Théodore Dubois.Il a tiré de l\u2019oubli et monté ici la Messe solennelle de saint Remi en 2008 et la Messe de la Délivrance l\u2019année suivante et vient de signer chez ATMA un disque qui les réunit toutes deux et fait 70 minutes.Les deux messes font appel à un choeur et deux solistes (soprano et baryton), avec accompagnement d\u2019orgue et, dans le deuxième cas, de cuivres et percussions.La messe pour saint Remi (et non «Rémi») date de 1891 et fut inspirée par la conversion de Clovis Ier, roi des Francs, que l\u2019évêque de Reims (et futur saint Remi) baptisa en 496.La «délivrance» que chante l\u2019autre messe se réfère au retrait de l\u2019armée allemande du territoire français à la fin de la guerre de 1914-18.Cette seconde messe date de 1919.La première messe est assez conventionnelle ; on y sent d\u2019ailleurs l\u2019influence de Fauré.La deuxième est plus originale.Il est clair que la déroute des Allemands, événement d\u2019ailleurs frais à sa mémoire, avait stimulé Dubois davantage que le baptême de Clovis.L\u2019oeuvre débute par un appel de cuivres auquel s\u2019enchaîne le choeur triomphal.Plus tard, des innovations rythmiques et harmoniques évoquent Berlioz.Enregistrées à l\u2019église Saint-Jean-Baptiste en septembre dernier, les deux oeuvres réunissent sensiblement les mêmes participants que lors des concerts.Michel Brousseau obtient de la masse chorale (plus de 100 voix, de quatre formations différentes) une prestation pleine de puissance et de ferveur où la nuance a aussi sa part.On oublie quelques passages d\u2019une justesse un peu douteuse.À l\u2019orgue, Jean-Willy Kunz crée quelques beaux effets de registration.Les solistes sont la soprano polonaise Maria Knapik et Marc Boucher, déjà nommé.Dubois place les solos de soprano très haut dans la tessiture.Malgré un effort parfois évident, Mme Knapik est plus écoutable ici qu\u2019elle ne l\u2019était en concert.M.Boucher ne possède pas une grande voix mais il l\u2019utilise en musicien raffiné.Une erreur à corriger : le solo du Kyrie de la Messe de la Délivrance est pour soprano et non pour baryton.Par ailleurs, la notice biographique de Mme Knapik, en page 12, nous apprend qu\u2019elle participa en 2009 à la «première mondiale» de cette messe dont la création remonte, selon les notes de la page 7, à 1919\u2026 HHH1/2 THÉODORE DUBOIS : DEUX MESSES.DIR.MICHEL BROUSSEAU.ATMA, ACD2 2632.DISQUES CLASSIQUES Deux messes de Dubois llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 4 A V R I L 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 11 PLUS DE 60 SPECTACLES EN SALLE DONT : BILLETTERIE CENTRALE \u2022 MÉTROPOLIS 59, rue Sainte-Catherine Est 514 790-1111 \u2022 1 866 908-9090 \u2022 ticketpro.ca Sauf pour les spectacles présentés à la Place des Arts PLACE DES ARTS 514 842-2112 \u2022 1 866 842-2112 laplacedesarts.com CLUB SODA THÉÂTRE ST-DENIS 2 514 790-1111 \u2022 1 866 908-9090 ticketpro.ca FRANCOFOLIES.COM BÉNÉFICIEZ D\u2019AVANTAGES AVEC LE PROGRAMME DE RÉCOMPENSES VISA DESJARDINS AU 1 877 BILLETS Une comédie musicale d\u2019Alain Boublil et de Claude-Michel Schönberg.D\u2019après l\u2019oeuvre de Victor Hugo LA PRODUCTION DU CAPITOLE DE QUÉBEC Relâche 13 et 14 juin.Relâche 13, 14 et 15 juin.LE PLUS GRANDSUCCÈS DESANNÉES 70 REPRIS INTÉGRALEMENTSUR SCÈNE ! PREMIÈRE PARTIE: ALEXIS HK ( FRANCE ) PREMIÈRE PARTIE: NATASHA ST-PIER ROBERT CHARLEBOIS AVEC TAMBOUR NI TROMPETTE ANDREA LINDSAY MARC HERVIEUX ET SES AMIS FRANCE/QUÉBEC DIANE TELL FRANCE JACQUES HIGELIN PROGRAMME DOUBLE MALAJUBE CUBES RUBIQUES PLUME LATRAVERSE ALL DRESSED KEVIN PARENT ACOUSTIQUE PIERRE LAPOINTE ALGÉRIE/FRANCE RACHID TAHA FRANCE DIAM\u2019S MALI/FRANCE SALIF KEITA PREMIÈRE PARTIE: BRUNO RODÉO ET LES ROUTIERS PREMIÈRE PARTIE: BEN L\u2019ONCLE SOUL (FRANCE) PREMIÈRE PARTIE: ELAGE DIOUF PREMIÈRE PARTIE: AGNÈS BILL LOUISE FORESTIER AVEC EL MOTOR EMMANUELLE SEIGNER (FRANCE) LUC DE LAROCHELLIÈRE GILLES VALIQUETTE CATHERINE MAJOR SENTIMENTS HUMAINS PREMIÈRE PARTIE: JP NATAF (FRANCE) TENDANCES VIDÉOTRON AU CLUB SODA - 19H SEUL AU PIANO PREMIÈRE PARTIE: ARNAUD FLEURENT-DIDIER (FRANCE) PREMIÈRE PARTIE: LA GRANDE SOPHIE (FRANCE) PREMIÈRE PARTIE: KENT (FRANCE) MALI/FRANCE OXMO PUCCINO PREMIÈRE PARTIE: DRAMATIK IL ÉTAIT UNE FOIS.LA BOÎTE À CHANSONS AVEC : PIERRE CALVÉ, CLAUDE GAUTHIER, PIERRE LÉTOURNEAU, JEAN-GUY MOREAU ET JÉRÔME CHARLEBOIS MISE EN SCÈNE DE ROBERT CHARLEBOIS LES ÉVÉNEMENTS en collaboration avec 20h THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA LES NUITS en collaboration avec 21 h MÉTROPOLIS présenté par en collaboration avec CRÉATION 20h THÉÂTRE ST-DENIS 2 19h30 CINQUIÈME SALLE, PdA 20h SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA DIMANCHE 13 JUIN DIMANCHE 13 JUIN MARDI 15 JUIN VENDREDI 18 JUIN VENDREDI 18 JUIN SAMEDI 19 JUIN MERCREDI 16 JUIN JEUDI 17 JUIN SAMEDI 12 JUIN DIMANCHE 13 JUIN MARDI 15 JUIN JEUDI 17 JUIN LUNDI 14 JUIN MARDI 15 JUIN JEUDI 17 JUIN VENDREDI 18 JUIN SAMEDI 19 JUIN DU 8AU 19 JUIN 10 ET 11 JUIN 15 ET 16 JUIN DU 8 AU 19 JUIN présente CHANSONS INTIMES en collaboration avec LA PERLE RARE DU RAP FRANÇAIS ! NOUVEAUSPECTACLE.UN INCONTOURNABLE ! GAGNANT AUXVICTOIRE DE LA MUSIQUE POUR SON ALBUM LA DIFFÉRENCE LE «PAVAROTTI QUÉBÉCOIS» PRÉSENTE APRÈS NOUS, SON NOUVEL ALBUM CERTIFIÉ OR ! ARTS ET SPECTACLES STÉRÉO CYBERPRESSE.CA Écoutez des extraits des CD de la semaine sur cyberpresse.ca/disques ÉLECTRO CARIBOU SWIM HHHH MERGE Captivant Sur Swim, son cinquième album, Dan Snaith (Caribou) semble reprendre là où il nous avait laissés sur l\u2019impeccable Andorra (prix Polaris en 2008), tentant d\u2019accoster la chanson pop sur la voie électronique.Puis, ça dérape: les refrains s\u2019égarent sur une curieuse piste de danse, disco vaguement rétro, jamais référentiel.Plus épuré, joliment mélancolique mais parfois difficile d\u2019approche, Swim atteint de peine et de misère l\u2019équilibre entre les grooves pesants et les refrains qui tirent l\u2019oreille, merci aux chanteurs Jeremy Greenspan (Junior Boys) et Luke Lalonde (Born Ruffians).Comme s\u2019il avait épuré le son de ses précédents disques en y conservant l\u2019esthétique, les couleurs brouillonnes et diffuses, assemblages de bruits et de claviers distortionnés qui, raccommodés ensemble, créent une captivante courtepointe rythmique tantôt minimaliste, tantôt atmosphérique, souvent poignante \u2013 Kaili, inoubliable refrain placé sur des bruits métalliques partant en vrille, avec envolée de sax évoquant Pharoah Sanders ! Visiblement, Snaith, débordant de bonnes idées, ne semble pas pressé de poursuivre sa carrière de mathématicien; grand bien nous fasse! Caribou sera en concert à La Tulipe, le 5 mai.\u2014 Philippe Renaud, collaboration spéciale EXTRAIT: Sun Ça fait vroum! Avec Subeena, Ikonika est l\u2019une des rares femmes à évoluer sur la scène dubstep britannique.La sortie de son premier album, Contact, Love, Want, Have, sur le label Hyperdub (Kode 9, Burial, etc.), est d\u2019autant mieux accueillie que ses singles Please et Sahara Michael s\u2019avèrent franchement prometteurs, deux plages assez folles, avec d\u2019étranges mélodies de claviers qui partent en spirale et montent à la tête.Comme les Joker ou Samiyam (un Américain), ses productions goûtent le vieux funk plastifié des années 80, aux synthés qui scintillent et qui coulent des haut-parleurs.Elle a un son, Ikonika, fluide et bourdonnant, qui tranche avec l\u2019austérité générale du dubstep \u2013 et des productions d\u2019Hyperdub en particulier.Ses rythmiques flexibles, entre le dub pesant et le nouveau garage plus entraînant, font de Contact, Love, Want, Have un album étonnamment diversifié, compte tenu du spectre sonore plutôt défini à un type de son de clavier.Inégal, l\u2019album n\u2019en est pas moins farci de surprenantes idées fraîches.Ikonika est attendue au prochain festival MUTEK.\u2014 Philippe Renaud, collaboration spéciale EXTRAIT: Yoshimitshu ÉLECTRO IKONIKA CONTACT, LOVE, WANT, HAVE HHH 1/2 HYPERDUB Elfique Première remarque : Jon Por Birgisson n\u2019a pas tenté de faire du Sigur Ros comme on aurait pu s\u2019y attendre.Le fameux groupe islandais n\u2019a rarement pu faire mieux qu\u2019exploiter ses quelques excellentes idées d\u2019il y a 10 ans, il y avait donc lieu de douter\u2026 Sa voix de tête (haut de contre ou contre-ténor) le limite à une esthétique que j\u2019oserais qualifier d\u2019elfique pour son caractère purement aérien.Même les éléments rythmés ces neuf chansons ne peuvent rien retenir au sol ! Tout concourt au décollage, au vol plané, tous ces arrangements soignés (Nico Muhly), instrumentations fines (piano, clarinette, basson, trombones, cor, cordes, flûtes, etc.) et structures étonnamment complexes (considérant les limites connues de Sigur Ros) contribuent à présenter l\u2019univers sonore de Jonsi sous un autre jour.Doit-on alors attribuer la singularité de cet album à l\u2019excellent arrangeur de Go ou au compositeur/chanteur qu\u2019on attendait au détour ?Qu\u2019importe, on y trouve finalement la patte de Jonsi qui a su se vêtir autrement.Très rarement, il faut dire, un artiste se refait dans ses fondements ; on doit plutôt s\u2019attendre d\u2019un tronc qu\u2019il produise de nouvelles branches, et c\u2019est heureusement le cas qui nous occupe.\u2014 Alain Brunet EXTRAIT: Sinking Friendships POP INDÉ JONSI GO HHH 1/2 XL RECORDINGS De la classe ! L\u2019année dernière au Savoy du Métropolis, en plein Festival de jazz, le guitariste Jordan Officer avait pris congé de sa comparse Susie Arioli pour lever le voile sur son propre matériel, instrumental.Voilà enfin ce premier album solo (et éponyme), onze compositions originales et une reprise (le standard Sophisticated Lady, Ellington/Mills), une affaire bluesée à souhait, touches de jazz et de musique de racines américaines, tout ça dans le même sac et livré avec le doigté et le bon goût qu\u2019on reconnaît à l\u2019instrumentiste.Officer offre d\u2019abord et avant tout un disque de guitare, précis, soigné, sensible dans l\u2019interprétation.Toute notre attention se porte sur son jeu, sur la chaleur de son instrument, et ce n\u2019est qu\u2019après trois ou quatre écoutes qu\u2019on allume enfin: fin compositeur aussi, l\u2019Officer ! Un son du siècle dernier, une touche de modernité dans ses chansons.À ses côtés, Miss Arioli, Stephen Barry et Bill Gossage (basse), Michael Jerome Browne et Warren Spicer (guitare), Yvon Plouffe et Robert Harris (batterie), que du bon.\u2014Philippe Renaud, collaboration spéciale EXTRAIT: Rebel Blues BLUES JORDAN OFFICER JORDAN OFFICER HHH 1/2 SPECTRAMUSIQUE Coup de coeur On appelle ça un coup de coeur complet : le troisième album solo de Jonathan Painchaud est parfait dans le genre chanson rock et s\u2019écoute de bout en bout, no problemo.Oui, les textes sont très bien écrits et évitent une foule de clichés, en multipliant notamment les points de vue.D\u2019accord, les mélodies sont fortes et accrocheuses.Bien sûr, la réalisation et les arrangements (généralement up tempo et rock), conçus avec son frère Éloi, sont vraiment bien pensés.Et la voix est agréable au max, Painchaud en jouant selon les besoins (comparez Bruce Lee vs Chuck Norris et À genoux).Mais la force de ce disque tient plus qu\u2019à la somme de toutes ses qualités : La dernière des arcades parvient à capter parfaitement ce que c\u2019est qu\u2019être un homme dans la jeune trentaine, aujourd\u2019hui, au Québec.Ça suppose pas mal de nostalgie \u2013 un des traits marquants de cette génération \u2013, mais sans lourdeur, au contraire.Comme si cela ne suffisait pas, ce disque réussit l\u2019exploit d\u2019être à la fois accessible et raffiné.Bref, album à large spectre, à consommer sans modération.\u2014 Marie-Christine Blais EXTRAIT: Bruce Lee vs Chuck Norris ROCK JONATHAN PAINCHAUD LA DERNIÈRE DES ARCADES HHHH SPHÈRE / DEP Tout éparpillé Voici l\u2019album avec grand orchestre dont Jeff Beck nous a donné un aperçu au Centre Bell en février.Un disque étonnant pour ceux qui attendaient le guitariste jazz-rock flamboyant très en évidence sur le Live at Ronnie Scott\u2019s de 2008.Pour ceux-là, il y a surtout Hammerhead, qui commence comme un coup de chapeau wah-wah à Hendrix, et deux chansons auxquelles participe Joss Stone, dont on ne sait trop si elle se réclame de Janis Joplin ou de Tina Turner dans cette nième version d\u2019I Put a Spell On You.Emotion&Commotion est surtout l\u2019album éparpillé d\u2019un guitariste fasciné depuis toujours par la pureté des voix de femmes et qui entreprend de les reproduire avec son instrument \u2013 écoutez Elegy For Dunkirk où la guitare dialogue avec la voix de la chanteuse d\u2019opéra Olivia Safe Si vous avez aimé \u2018Cause We\u2019ve Ended As Lovers, Nadia ou Where Were You, vous craquerez peut-être pour la musique éthérée de Corpus Christi Carol ou la très belle Lilac Wine, qu\u2019a d\u2019abord empruntées Jeff Buckley sur Grace.Mais il faut vraiment aimer Jeff Beck pour supporter les cordes qui menacent d\u2019engloutir sa guitare et les versions instrumentales proches du kitsch d\u2019Over the Rainbow et Nessun Dorma.\u2014 Alain de Repentigny EXTRAIT: Nessun Dorma ROCK JEFF BECK EMOTION & COMMOTION HHH ATCO/WARNER ROCK ANIK JEAN ANIK JEAN HHHH TACCA État de grâce Oui, quatre étoiles au troisième disque d\u2019Anik Jean, qu\u2019elle a presque tout écrit, mais aussi réalisé et mixé.Je sais, je sais, c\u2019est un amalgame de plein de choses qu\u2019on connaît : une voix à la Chrissie Hynde, des guitares qui font penser à Lou Reed ou Bowie (ses musiciens sont ceux l\u2019ex-Ziggy Stardust) \u2026 Mais, mais, mais.Mais j\u2019écoute ce disque pas mal tout le temps, et j\u2019ai comme juste besoin de le remettre au complet.J\u2019ai eu de la difficulté à choisir un extrait tant j\u2019avais envie d\u2019en mettre toutes les chansons, que ce soit le duo avec Robert Smith de The Cure ou celui avec Pierre Flynn, la reprise de Mon Dieu de Piaf ou celle de Wild Is The Wind, les deux versions de Je sais\u2026 Partout, on y entend quelque chose de l\u2019état de grâce quand on tombe follement amoureux, une vulnérabilité vocale et une féminité qui me bouleversent, une manière d\u2019écrire très simple qui rend parfaitement compte des fulgurances éprouvées quand on s\u2019abandonne à une passion, un piano qui se mêle au rock naturellement\u2026 Hum! ça ne fait pas une critique très objective, tout ça.C\u2019est que cet Anik Jean est pleinement et idéalement subjectif.\u2014 Marie-Christine Blais EXTRAIT: Love-moi CHANSON HUGUES AUFRAY NEW YORKER HHH MERCURY/UNIVERSAL Dylan en traduction Hugues Aufray a fait découvrir Bob Dylan aux Français.Mieux encore, il a été l\u2019un des premiers à reconnaître son originalité et il s\u2019en est fait un fidèle ami qui lui signe une jolie dédicace dans le livret de New Yorker.Aufray se charge lui-même de nous le rappeler dans le monologue d\u2019ouverture, sur fond de bruits new-yorkais.L\u2019octogénaire français reprend essentiellement des chansons de Dylan qu\u2019il a déjà enregistrées dans les années 60 et 90 à la différence que, cette fois, il les fait en duo avec des grosses pointures françaises (Johnny, Souchon, Cabrel, Carla Bruni\u2026) et belge (Arno) ainsi que des musiciens américains pas piqués des vers (Larry Campbell, David Hidalgo).Rien à redire sur les interprétations ni sur les musiques sinon que, si belles soientelles, elles se contentent d\u2019être fidèles aux chansons d\u2019origine plutôt que de réinventer Dylan comme ont tenté de le faire Bryan Ferry et Ben Sidran.Un choix qu\u2019Aufray défend en disant qu\u2019il veut mettre en valeur ce que Dylan «s\u2019applique à détruire : ses mélodies».Mais près de 50 ans plus tard, est-ce encore bien nécessaire, avec les pièges que cela suppose, de «traduire» Dylan, même en France?Poser la question, c\u2019est y répondre.\u2014 Alain de Repentigny EXTRAIT : Tout comme une vraie femme llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 4 A V R IL 20 1 0 Votre Presse, sur votre ordinateur.Faites-en l\u2019essai dès aujourd\u2019hui : LaPresseSurMonOrdi.ca Où que vous soyez, consultez chaque jour le même contenu, les même cahiers et les mêmes publicités, directement sur votre écran.SEMAINES D\u2019ESSAI Après la période d\u2019essai, GRATUIT SEULEMENT 2$/mois pour les abonnés version papier ARTS ET SPECTACLES MÉDIAS NATHALIE COLLARD Le mariage de la télévision et de l\u2019internet pose toutes sortes de problèmes aux différents réseaux de télévision.Il en a été question mercredi dernier dans le cadre des Rendez-vous Web organisés par les publications Infopresse.Un des ateliers était consacré aux modèles d\u2019affaires des médias en ligne et on y a soulevé des questions fort pertinentes.Par exemple, comment recréerdes rendez-vous devant le petit écran à une époque où tous les membres d\u2019une même famille consomment leur émission préférée chacun de leur côté?Il est loin le temps où on se rassemblait devant la télé pour regarder Quelle famille! À l\u2019exception de quelques grands rendez-vous comme les séries éliminatoires du hockey, Tout le monde en parle ou Star Académie, les gens regardent leurs émissions au moment où ils le souhaitent, grâce à l\u2019enregistreur numérique, l\u2019internet ou encore, la vidéo sur demande.«Le défi, pour les fournisseurs de contenu, c\u2019est de conserver le lien d\u2019attachement en composant avec toutes ces nouvelles chaînes qui font désormais partie de la vie des familles», a expliqué Frédéric Martin, vice-président de la firmeconseil Tink.Radio-Canada l\u2019a bien compris et c\u2019est pour cela qu\u2019elle a lancé TOU.TV, en janvier dernier.«On a connu un succès au-delà de nos attentes», confie Geneviève Rossier, directrice générale du service Internet et des services numériques à Radio- Canada.Que ce soit pour rattraper l\u2019émission Le verdict que vous avez ratée la veille, pour revoir la première saison des Invincibles ou pour regarder des créations exclusives comme En audition avec Simon ou Les Chroniques d\u2019une mère indigne, TOU.TV attire des centaines de milliers d\u2019internautes chaque semaine.À première vue, la stratégie de Radio-Canada peut paraître suicidaire.N\u2019y a-t-il pas un danger de cannibaliser son propre auditoire?Chez TVA, par exemple, aucun contenu n\u2019est disponible sur le web, seulement sur Illico (nous aurions aimé discuter de la stratégie web de TVA avec un de ses dirigeants, mais ils ont refusé notre demande d\u2019entrevue).Mais Geneviève Rossier réfute l\u2019expression «cannibaliser » et fait plutôt la démonstration qu\u2019au contraire, la société d\u2019État augmente son auditoire grâce à TOU.TV.«La moitié des visiteurs sont des gens qui ont manqué une émission ou qui la regardent beaucoup plus tard, explique-t-elle.C\u2019est un auditoire différent de celui de la télé traditionnelle.«La webtélé est là pour rester, ajoute Mme Rossier.Lorsqu\u2019on pourra facilement brancher l\u2019ordi sur la télé, elle entrera directement en concurrence avec les contenus télévisuels traditionnels, une raison de plus pour occuper le terrain le plus tôt possible.» Le problème, et il est de taille, c\u2019est que pour l\u2019instant, il est bien difficile de mesurer les auditoires sur l\u2019internet.Or sans statistiques sur les auditoires, il est aussi bien difficile de vendre des publicités pour rentabiliser des plateformes comme TOU.TV.«C\u2019est LE grand défi des prochaines années », confirme Geneviève Rossier.Mardi midi, devant un parterre de producteurs et diffuseurs télé, le président du conseil d\u2019administration du Fonds des médias du Canada, Louis Roquet, a promis le développement d\u2019un outil de mesure des auditoires web au cours des prochains mois.Encore faudrat- il que cet outil fasse l\u2019unanimité dans le milieu de la télévision et de la publicité.Un autre défi.s Pour joindre notre journaliste : ncollard@lapresse.ca En télévision, le web vient tout chambarder STEWART ET COLBERT JUSQU\u2019EN 2013 Les adeptes de Jon Stewart (The Daily Show) et de Stephen Colbert (Colbert Nation) peuvent souffler, les deux animateurs sont en selle pour encore quelques années.Comedy Central vient de reconduire leurs contrats respectifs : jusqu\u2019à la fin 2012 pour Colbert et jusqu\u2019en 2013 pour Stewart.La couverture de l\u2019élection présidentielle, Indecision 2012, émission politique la plus regardée par les jeunes aux États-Unis, est donc assurée.Au fil des ans, Stewart s\u2019est imposé comme un interlocuteur crédible et son émission est désormais un passage obligé pour les politiciens.Quant à Colbert, certains affirment qu\u2019il est le meilleur intervieweur aux États-Unis, rien de moins.BRUCE MURDOCH ET PENNY LANG, aujourd\u2019hui au Café Campus.JOHNNY WINTER, aujourd\u2019hui au Club Soda.THE GOODS, aujourd\u2019hui à la Sala Rossa.SUSANA BACA, aujourd\u2019hui à L\u2019Astral.YOAVA, aujourd\u2019hui au National.CHARLOTTE GAINSBOURG, aujourd\u2019hui à l\u2019Olympia.KEBEKO, demain au Club Balattou.THE ROUGH SEA ET URSULA, mardi à la Casa Del Popolo.MARCUS MILLER, mercredi à L\u2019Astral.K-RIM, mercredi au Club Lambi.CORINNE BAILEY RAE, mercredi au Club Soda.K.MARO, mercredi à l\u2019Olympia.PETER GABRIEL, mercredi et jeudi au Centre Bell.ARTHUR H, jeudi à L\u2019Astral.BARENAKED LADIES, vendredi au Métropolis.Peter Gabriel PHOTO AP SUR LES PLANCHES PHOTOMONTAGE LA PRESSE Stephen Colbert PHOTO AP MIKE ALLEN, LE JOURNALISTE Si vous étiez amateur de la série télévisée West Wing, ou si vous dévorez tout ce qui touche la vie politique américaine, alors vous devez absolument lire ce portrait de Mike Allen qui paraîtra dans le New York Time Magazine de demain (déjà disponible sur le site nytimes.com).Allen est considéré comme étant le journaliste le plus important à Washington, selon Dan Pfeiffer, directeur des communications à la Maison-Blanche, qui correspond avec lui presque tous les matins vers\u2026 4h20.On dit aussi d\u2019Allen qu\u2019il est l\u2019exemple type du journaliste traditionnel qui a su s\u2019adapter au nouvel environnement multiplateforme des médias.On peut lire Allen ici : www.politico.com/playbook/ llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 4 A V R I L 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 13 COMMANDITAIRE DE SAISON EN COLLABORATION AVEC 6, 7, 8, 13, 14, 15 MAI 2010 20 H THÉÂTRE MAISONNEUVE Photo : Jesús Vallinas Danseurs : Jeremy Raia, Guillaume Pruneau, Anthony Bougiouris D\u2019OHAD NAHARIN 6REPRÉSENTATIONS SEULEMENT ! ARTS ET SPECTACLES DANIEL LEMAY En juin dernier, après un processus «très discret», Guy Berthiaume, universitaire discret lui-même, a remplacé Lise Bissonnette à la direction de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Sans faire de bruit, l\u2019ancien vice-recteur à la Recherche et à la Création de l\u2019UQAM a traversé le boulevard De Maisonneuve pour s\u2019installer comme président-directeur général de la Grande Bibliothèque, qui fête cette semaine ses cinq ans.Après avoir accueilli depuis 2005 plus de 14 mil l ions de visiteurs.Des deux choses qui ont vite sauté aux yeux du nouveau patron, la première s\u2019est avérée «une surprise fabuleuse».«D\u2019abord, j\u2019ai été frappé de voir à quel point l\u2019institution était perçue de façon positive dans tous les milieux», raconte Guy Ber thiaume, Montréalais qui, après un doctorat en histoire grecque de l\u2019Université Paris VIII, s\u2019est spécialisé dans l\u2019administration de la recherche universitaire.«La situation est très différente de ce que j\u2019ai connu dans les universités, des entreprises utiles et nécessaires qui amènent un progrès incroyable, mais autour desquelles il y a toujours du scepticisme, du cynisme même, dans la population.» L\u2019autre aspect aurait pu, pour beaucoup, apparaître comme une « mauva ise » surprise; Guy Berthiaume, lui, y voit un défi, voire une assise de la force de la jeune institution.«Bibliothèque et Archives nationales est une organisation d\u2019une grande complexité structurelle.En même temps, elle est unique au monde: nulle part ailleurs on ne trouve cette fusion entre une bibliothèque nationale, une bibliothèque publique et les archives nationales.Cette complexité de mandats finit par être notre force car on rassemble toutes les vocations documentaires dans une même institution.» La clé de voûte de l\u2019institution, explique son président, est son système informatique \u2013 cinq millions de visites virtuelles par année! «Nous sommes à l\u2019avant-garde car nous n\u2019avons pas à créer des passerelles entre des institutions indépendantes les unes des autres.» Le prochain (grand) pas informatique constituera en la mise en opération d\u2019un outil informatique permettant de faire une recherche à la fois dans les livres et dans les archives.Position d\u2019avantgarde ici aussi, mais ce n\u2019est plus le cas du Québec quand on évalue le progrès à l\u2019aune de la numérisation des livres.Opération sur laquelle BAnQ met «un accent majeur », même si son action directe en la matière ne touche que les livres «hors droits», c\u2019est-àdire publiés il y a plus de 50 ans.Guy Berthiaume n\u2019a rien de l\u2019alarmiste, mais ses propos n\u2019en dépeignent pas moins l\u2019urgence de la situation.«À la limite, la numérisation se pose comme une question de survie pour la culture et la science québécoises.La France s\u2019apprête à investir 750 millions d\u2019euros dans la numérisation.Éventuellement, si nos livres ne sont pas là, les gens vont aller chercher ailleurs\u2026» La Grande Bibliothèque \u2013 qui donne accès, par prêt électronique, à un grand nombre de livres\u2026 anglais \u2013 vient de conclure une entente avec certains libraires sur un mode de prêt électronique à la littérature courante.«Les livres patrimoniaux, nous les avons déjà; ce que les gens veulent, maintenant, c\u2019est le dernier Dany Laferrière.» Trois semaines pour le lire: après, L\u2019énigme du retour disparaît de votre lecteur.Quant aux lieux physiques de la Grande Bibliothèque, ils approchent déjà de leur niveau maximal d\u2019utilisation, avec plus de troismillions d\u2019usagers annuellement.Et depuis le 1er avril, réductions obligent, la GB est fermée le lundi.«Nous voulions garder une qualité de service pour que la fréquentation de la Grande Bibliothèque reste une expérience agréable.Si les gens doivent faire la queue comme à l\u2019urgence d\u2019un hôpital, ce n\u2019est plus une expérience agréable.» Objectif 2010-2015: rouvrir le lundi.À cet objectif, que d\u2019aucuns pou r r a ient qua l i f ier de «métro-centriste», s\u2019en ajoute un autre qui touche les sept anciens centres régionaux des Archives nationales.«Il faut se donner les moyens pour que notre centre d\u2019archives de Sept-Îles puisse rendre des services aux bibliothèques de la Côte-Nord », dira Guy Berthiaume qui n\u2019hésite pas à appeler lui-même le 819 ou le 418 pour savoir comment ça va.«Nous voulons faire voyager nos expositions, augmenter le nombre de conférences et de rencontres, pour que, partout, chaque lieu devienne un centre à part entière de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.» Avec vue virtuelle imprenable sur l\u2019îlot Voyageur\u2026 LA GRANDE BIBLIOTHÈQUE / Guy Berthiaume Cinq ans, toutes ses dents La Grande Bibliothèque est un très grand succès et est perçue comme tel: une forme de bonheur\u2026 et de défi pour Guy Berthiaume, le nouveau patron de la plus grande institution culturelle du Québec «La survie de la culture québécoise passe par la numérisation.» PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Guy Berthiaume a travaillé longtemps dans l\u2019administration de la recherche universitaire.À BAnQ, ce spécialiste de l\u2019histoire grecque administre désormais l\u2019accès et la diffusion de la connaissance.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 4 A V R IL 20 1 0 ÉCRIT ET MIS EN SCÈNE PAR ROBERT LEPAGE PRÉSENTÉ PAR Courez la chance d\u2019assister au nouveau spectacle! Dix gagnants recevront chacun une paire de billets, un coupon échangeable à la restauration, des articles du Cirque du Soleil ® en plus d\u2019une visite en coulisses.Rendez-vous au www.cyberpresse.ca/concourscirquedusoleil pour obtenir tous les détails et participer au concours.La date limite de participation est le 25 avril.Le règlement est disponible à La Presse et sur cyberpresse.ca.Le tirage aura lieu le 26 avril 2010 aux bureaux de La Presse.La valeur totale approximative des prix est de 2 840$ CA. ARTS ET SPECTACLES LITTÉRATURE CHANTAL GUY James Frey a connu la consécration et la crucifixion sur la place publique entre 2003 et 2006 avec A Million Little Pieces (Mille morceaux en français) et My Friend Leonard, deux romans inspirés des bas-fonds de sa vie tumultueuse, qui lui ont valu d\u2019être invité sur le très convoité plateau d\u2019Oprah Winfrey.Mais des journalistes ont révélé que de larges pans du bouquin avaient été inventés de toutes pièces, ce qui a représenté pour plusieurs un crime de lèse-majesté biographique.Seuls Brett Easton Ellis et Norman Mailer ne l\u2019ont pas cloué au pilori dans la tou rmente , a lors que même son agent littéraire l\u2019avait laissé tomber, tandis qu\u2019Oprah lui rentrait dedans dans une émission spéciale intitulée «The James Frey Controversy».Son troisième roman, paru en français sous le titre L.A.Story, offre le portrait éclaté de la ville de Los Angeles en suivant une multitude de destins, entrecoupés de détails historiques et de statistiques.qui ne sont pas toujours vrais.QVous êtes devenu à la fois célèbre et paria avec Mille morceaux.Comment avez vous traversé cette controverse?R C\u2019était étrange, même surréaliste par moments, un peu inconfortable aussi, mais en général, cela m\u2019a rendu heureux.Mille morceaux n\u2019a pas été écrit comme un mode d\u2019emploi pour s\u2019en sortir, c\u2019était un travail artistique, qui se voulait choquant, en combinant des faits, de la fiction, de la littérature.Quand le livre est devenu célèbre, il l\u2019est devenu pour quelque chose qu\u2019il n\u2019était pas et quand la controverse est arrivée, il est devenu ce qu\u2019il devait être.Je n\u2019ai pas grandi avec l\u2019idée d\u2019être le gars le plus populaire, je voulais être un fauteur de troubles, je voulais devenir l\u2019écrivain le plus controversé de mon pays.Les écrivains que j\u2019aime sont Henry Miller, Kerouac, Michel Houellebecq ou Norman Mailer, parce qu\u2019ils causent des problèmes.Alors tout ça, c\u2019était bien, mais ce n\u2019est pas arrivé de la façon dont j\u2019aurais voulu.QPourquoi croyez-vous que les gens sont obsédés par la vérité dans la fiction, et que même lorsqu\u2019il s\u2019agit de fiction, ils pensent que c\u2019est la vérité?R Je pense que les gens sont plutôt obsédés par les faits.Mais les faits et la vérité sont pour moi deux choses complètement différentes.Je pense que les Américains sont très hypocrites avec les faits.Dans tous les livres que j\u2019écris, je joue, je démolis tout, je confonds tout, mais c\u2019est toujours une question de vérité.C\u2019est un pays qui a été fondé par des puritains avec une idée de la morale, mais c\u2019est de la merde.Et c\u2019était très drôle pour moi dans les dernières semaines quand on a appris qu\u2019Oprah aurait inventé des grands bouts de son enfance.QAvez-vous connu des problèmes à la sortie de L.A.Story aussi ?R Si vous lisez les critiques américains, on écrit que c\u2019est soit un grand livre, soit un livre horrible.Certaines personnes avaient un problème seulement avec l\u2019idée que j\u2019écrive un autre roman! Mais j\u2019aime ça.Je n\u2019écris pas sur les papillons, j\u2019écris pour changer la façon dont les gens pensent un livre, l\u2019écriture, la lecture et comment ils vivent.QVous êtes arrivé à Los Angeles à 25 ans.Quelle a été votre première impression?R Vous savez, tout le monde a se s idées su r Los Angeles.Une belle grosse ville remplie de belles personnes stupides qui veulent toutes devenir célèbres.Et quand j\u2019y suis allé, je pensais que c\u2019était vrai.L.A.est un endroit étrange, ce n\u2019est pas une ville normale, elle n\u2019a aucun centre, elle ne se développe pas normalement et n\u2019existe pas normalement.Les premiers six mois, j\u2019ai détesté, mais maintenant, c\u2019est mon endroit favori.Je vis à New York à cause de ma femme.QIl y a très peu de «happy ends» dans votre roman.R C\u2019est plus près de la réalité.La plupart d\u2019entre nous ne sont pas heureux, n\u2019obtiennent pas ce qu\u2019ils veulent, ne voient pas leurs rêves se réaliser, alors que L.A.est une ville entièrement basée sur le rêve.C\u2019est trop facile d\u2019écrire des happy ends, de la cochonnerie quétaine pour faire sourire les gens.Je voulais écrire un gros roman américain ambitieux sur une grosse ville américaine.QQuelles ont été vos recherches pour parsemer votre roman d\u2019autant de détails et comment avez-vous construit sa structure éclatée?R D\u2019abord, j\u2019y ai vécu neuf ans.J\u2019ai trouvé le reste sur l\u2019internet.Et quand je ne trouvais pas ce que je voulais, je l\u2019inventais.Environ 30% des informations dans le livre sont inventées.Mais personne ne pourrait faire la différence.Quant à la structure, elle est faite pour représenter la ville, le personnage principal du livre.Cette ville n\u2019a aucune centre, donc je ne voulais aucune narration principale.La structure s\u2019inspire aussi du monde rapide dans lequel on vit, alors que nous sommes bombardés d\u2019informations, par la télé, la radio, les magazines, les livres, les journaux, l\u2019internet.QEt quel est votre prochain projet de roman?R Je suis en train d\u2019écrire un livre sur le testament final de la Sainte Bible.En fait, le troisième livre de la Bible après l\u2019Ancien et le Nouveau Testament.Ça parle du Messie s\u2019il habitait aujourd\u2019hui New York.À quoi il ressemblerait, à quoi il croirait et comment il serait reçu.Ça risque d\u2019être très fort ou très embarrassant.Mais vous savez, cela revient à ce débat sur les faits et la vérité.Beaucoup de gens pensent que la Bible est un recueil de faits absolus, mais elle a été écrite par des gens comme moi.James Frey sera en entrevue avec Danielle Laurin demain à 12h30 au Festival Metropolis Bleu, à l\u2019hôtel Delta Centre- Ville (777 rue Université).L.A.STORY James Frey, Flammarion Québec, 495 pages, JAMES FREY / L.A.Story Mentir vrai James Frey, le nouveau bad boy des lettres américaines, est de passage en ville pour le Festival littéraire international Metropolis Bleu.La Presse l\u2019a rencontré pour discuter de son dernier roman et des controverses qu\u2019il aime attiser.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE «Je n\u2019ai pas grandi avec l\u2019idée d\u2019être le gars le plus populaire, a dit l\u2019auteur James Frey, à Montréal dans le cadre du festival Metropolis Bleu.Je voulais devenir l\u2019écrivain le plus controversé de mon pays.Les écrivains que j\u2019aime sont Henry Miller, Kerouac, Michel Houellebecq ou Norman Mailer, parce qu\u2019ils causent des problèmes.» «Je n\u2019écris pas sur les papillons, j\u2019écris pour changer la façon dont les gens pensent un livre, l\u2019écriture, la lecture et comment ils vivent.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 4 A V R I L 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 15 THÉÂTRE 1 2 3 TANDEM SUISSE ÀL\u2019USINE C Le duo suisse formé de Martin Zimmerman et Dimitri de Perrot va clore la saison de l\u2019Usine C avec un spectacle intitulé Gaff Aff.Créé en 2006 et présenté aux quatre coins du monde depuis, le spectacle s\u2019appuie sur un dispositif scénique décrit comme unmanège vivant (un immense tourne-disque) et utilise du carton pour créer différents univers.«Pour chacune de nos pièces, nous inventons une scénographie mobile qui représente simplement un lieu de vie», disent les artistes, qui amalgament poésie, musique, cirque, arts plastiques et chorégraphie.«C\u2019est profond, drôle et tendre à la fois», a écrit Le Parisien, au sujet de ce spectacle qui sera présenté du 27 au 30 avril.LES FINISSANTS DE L\u2019ENTÀL\u2019ASILE Les finissants de la promotion 2010 de l\u2019École nationale de théâtre (ENT), section française, présenteront leur dernier exercice du 27 avril au 1er mai.Gill Champagne, directeur artistique du Trident (Québec) dirige les 12 élèves dans Kliniken, pièce du Suédois Lars Norén qui a pour cadre un hôpital psychiatrique.Une manière pour l\u2019auteur de s\u2019interroger sur ce qu\u2019est lamaladie et sur ceux qui ont l\u2019autorité de déclarer que tel est sain et tel autre est déréglé du ciboulot.Jugeant que la pièce a quelque chose de la téléréalité, le metteur en scène a eu l\u2019idée de la monter dans un\u2026 loft.Kliniken sera présentée du 27 avril au 1er mai au 2055-A avenue Desjardins, à l\u2019angle de la rue Ontario.Renseignements: www.ent-nts.ca TRIO ALEXANDRE VIGNEAULT THÉÂTREESTIVAL ÀTERREBONNE Benoît Brière a dévoilé la distribution de la pièce qui sera présentée à l\u2019été au Théâtre du Vieux-Terrebonne.Benoît McGinnis sera en vedette dans Retour d\u2019ascenseur, une comédie résumée ainsi sur le site de la salle de spectacles: «Une femme en tenue légère, une porte qui claque derrière elle et un mari jaloux!» La table est mise pour un autre moment de théâtre estival tissé de malentendus.Alain Zouvi signe la mise en scène et dirige 10 comédiens dont Stéphane Breton, Évelyne Rompré, Annette Garant, Dino Tavarone et Anne Casabonne.Retour d\u2019ascenseur de Gérard Lauzier est présenté du 10 juin au 4 septembre.Benoît McGinnis PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE JEAN SIAG CRITIQUE La vie de Maria Callas vaut autant que ses prouesses vocales.Son ascension dans le monde de l\u2019art lyrique, sans doute sa plus grande victoire et sa plus douce vengeance contre ses détracteurs, ne l\u2019a pas empêchée de finir ses jours dans la plus grande solitude, un peu comme Édith Pïaf ou Dalida.Ces Leçons sont l\u2019occasion d\u2019apprécier les qualités de cette artiste engagée au physique ingrat (avant qu\u2019elle ne perde 25 kg !), telle qu\u2019imaginée par l\u2019auteur américain Terrence McNally, qui s\u2019est inspiré des master class que la divina a donnés à New York au début des années 70, devant public.Louise Marleau, qui en est à sa deuxième interprétation de la Callas \u2013 elle l\u2019a jouée en 2002 au Théâtre de la Dame Blanche \u2013 se donne corps et âme dans ce presque monologue de plus de deux heures, traduit par Michel Tremblay, qu\u2019elle interprète avec beaucoup d\u2019aplomb et d\u2019intensité.Dès le départ, elle s\u2019adresse directement à nous, qui jouons le rôle du public.Cette relation avec la comédienne nous donne l\u2019impression d\u2019être en réelle communication avec la diva, qui fait la leçon à des élèves aussi admiratifs que dubitatifs.Dubit at i fs, ca r c \u2019est à peine si la Callas les écoute.Chaque élève la plonge dans ses propres souvenirs et ses performances passées.Bellini, Verdi, Puccini, tous ces compositeurs évoquent pour elle tel succès ou telle épreuve.Ce qui ne l\u2019empêche pas de marteler le même message : travailler, travailler, travailler.Avoir du courage.Surtout : savoir et comprendre ce que l\u2019on chante.Mis à part quelques longueurs dans les passages qu\u2019elle récite en italien ou ces quelques moments d\u2019égarement où elle perd son accent dalidien (où elle roule admirablement bien ses «r»), Louise Marleau porte ce spectacle à bout de bras, avec un certain humour et une froide douceur qu\u2019on devine être celle de la Callas.La mise en scène de Denise Filiatrault, qui avait monté la pièce en 1996 avec Patricia Nolin dans le rôle principal, est parfaitement maîtrisée.Les élèves se présentent tour à tour devant elle, émergeant de la salle, nous offrant ainsi quelques numéros de chant gentiment livrés par Émilie Josset, Dominic Lorange et Geneviève Charest.Au cours de ces exercices où Maria Callas, cassante, les corrige vaguement, la diva plonge dans ses rêveries.C\u2019est le moment qu\u2019ont choisi les créateurs des Leçons pour nous faire entendre de réels enregistrements, question d\u2019entendre ou de réentendre cette voix singulière, ce phrasé parfait et cette virtuosité légendaire.Louise Marleau traduit merveilleusement bien toute la douleur vécue par Callas dans sa vie amoureuse.Que ce soit avec l\u2019Italien Baptista Meneghini, de 30 ans son aîné, qui devint son imprésario, mais de qui elle n\u2019a jamais été amoureuse.Ou avec le célèbre armateur grec, Aristote Onassis \u2013 son véritable amour, qui n\u2019aimait pas l\u2019opéra \u2013 et qui la laissa pour une certaine Jackie Kennedy\u2026 N\u2019empêche que pour appréc ier ce spec t ac le créé à Broadway en 1995, il faut avoir un certain intérêt, sinon pour la musique d\u2019opéra, au moins pour l\u2019histoire de ces interprètes qui meurent sur scène.Pour l\u2019amour de la musique.Et de leur public.Les leçons de Maria Callas, au Rideau Vert jusqu\u2019au 22 mai.LES LEÇONS DE MARIA CALLAS Mourir sur scène Camus est un compagnon de route pour Marc Beaupré.De retour à La Chapelle, où il a présenté Le silence de la mer il y a deux ans, le comédien et metteur en scène dirige Emmanuel Schwartz dans une intrigante adaptation chorale de Caligula, première pièce de son «père spirituel ».ALEXANDRE VIGNEAULT Albert Camus était mort depuis 15 ans quand Marc Beaupré a vu le jour, au milieu des années 70.Les amitiés littéraires n\u2019ont toutefois que faire de ce genre de considérations.Pour le jeune metteur en scène, l\u2019écrivain et philosophe français est presque un intime.«Je me sens plus près de lui que de bien de mes contemporains, dit-il.Quand je le lis, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il me parle comme un ami me parlerait.Il y a quelque chose de très humain et de fraternel dans son écriture.» Camus a écrit Caligula en 1938, soit quatre ans avant la publication de son célèbre roman L\u2019étranger.Il y sonde l\u2019esprit de l\u2019empereur romain qui, remué par la mort de Drusilla, sa soeur et épouse, prend soudain conscience de l\u2019absurdité de la vie.«Ce monde, tel qu\u2019il est fait, n\u2019est pas supportable», tranche-t-il avant d\u2019ajouter cette phrase abondamment citée: «les hommes meurent et ils ne sont pas heureux».Caligula décide alors d\u2019exercer sa totale liberté: il change les règles au gré de ses humeurs, manipule, rêve de décrocher la lune, gracie d\u2019une main et condamne de l\u2019autre.Il joue à Dieu, se joue du destin, n\u2019hésitant pas à blesser ceux qui l\u2019entourent, et parfois qui l\u2019aiment, pour demeurer fidèle à sa vérité.«J\u2019ai trouvé très noble la révolte de cet homme qui, en découvrant que la vie n\u2019a pas de sens, s\u2019élève contre son empire, contre toutes les structures », expose le metteur en scène, qui a lu ce texte pour la première fois à l\u2019adolescence.Marc Beaupré se dit par ailleurs très touché par la façon dont la pièce montre que le désir d\u2019être authentique et intègre peut amener quelqu\u2019un à faire du mal.«C\u2019est une belle représentation de la vie, telle que je la perçois», dit-il encore.Emmanuel Schwartz, qu\u2019il a choisi pour camper Caligula, s\u2019avoue moins camusien que son metteur en scène, mais il a fini par apprivoiser ce théâtre de la pensée.«Ce n\u2019est pas un théâtre d\u2019action, fait-il remarquer.Tout est déjà arrivé ou se produira après.Ce qui est donné à voir, c\u2019est le territoire mystérieux et nuancé de la pensée.Le parti pris de Marc est juste, parce qu\u2019il a choisi d\u2019appuyer ça.» Diriger les voix Peu intéressé par l\u2019idée de diriger des comédiens en costumes et d\u2019essayer de suggérer avec ses petits moyens une grandeur qui nécessiterait un budget hollywoodien, Marc Beaupré a effectivement choisi de ne pas s\u2019attarder à reproduire la Rome antique.Puisqu\u2019il s\u2019avérait nécessaire de conserver la dimension impériale (« Caligula est à la tête d\u2019un empire, ce n\u2019est pas un ado de 15 ans qui confronte son père », dit-il), il a imaginé une dynamique qui ressemble à celle d\u2019un orchestre symphonique.Emmanuel Schwartz ne sera pas simplement Caligula, mais un coryphée, voire un chef d\u2019orchestre, qui dirigera un choeur d\u2019acteurs qui interpréteront les personnages clés de la pièce de Camus : Caesonia, Cherea, Scipion et Hélicon.Détail capital, tous les comédiens parleront dans des micros et leurs voix seront manipulées en direct par Caligula lui-même.«Le conf lit finit par se transporter dans le dispositif scénique qu\u2019on a développé», raconte le metteur en scène.L\u2019accumulation des voix trafiquées selon des techniques empruntées à la musique électroacoustique doit évoquer la foule.Caligula devient une espèce de chef d\u2019orchestre, une position qui, pour Marc Beaupré, constitue une métaphore du pouvoir autoritaire que l\u2019empereur exerce sur ses sujets.Emmanuel Schwartz, qui est pourtant musicien, avoue que de pianoter sur une console de son et un échantillonneur tout en portant son propre rôle et son propre texte n\u2019est pas une mince affaire.«Faire l\u2019un ou faire l\u2019autre, ça va, mais les deux en même temps, c\u2019est un peu paniquant, dit-il.Conserver un tempo en livrant un texte qui a son rythme propre, c\u2019est un casse-tête assez vertigineux.Il m\u2019est arrivé à quelques reprises de demander qu\u2019on arrête, durant les répétitions, parce que j\u2019étais soit perdu dans les séquences, soit dans mon texte.» Marc Beaupré sourit en écoutant son acteur évoquer ce déf i qu\u2019il lui impose.Tout doit se faire en direct, insiste-t-il toutefois, pour être « transparent» vis-à-vis des spectateurs, c\u2019est-à-dire pour que ceux-ci aient sous les yeux les instruments avec lesquels il tente de créer la magie du théâtre.C\u2019est sa manière à lui d\u2019afficher son désir d\u2019absolu.Caligula, du 29 avril au 15 mai à La Chapelle.MARC BEAUPRÉ ET EMMANUEL SCHWARTZ / Caligula L\u2019empereur joue au chef de choeur PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Marc Beaupré (à droite sur la photo) a une relation particulière avec Camus.«Je me sens plus près de lui que de bien de mes contemporains.Quand je le lis, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il me parle comme un ami me parlerait.» Le comédien Emmanuel Schwartz (au centre), quant à lui, a fini par apprivoiser le théâtre de Camus.«J\u2019ai trouvé très noble la révolte de cet homme qui, en découvrant que la vie n\u2019a pas de sens, s\u2019élève contre son empire, contre toutes les structures.» Louise Marleau, qui en est à sa deuxième interprétation de la Callas, se donne corps et âme dans ce presque monologue de plus de deux heures qu\u2019elle interprète avec beaucoup d\u2019aplomb et d\u2019intensité.Le cahier spécial L\u2019été culturel sera publié le samedi 29 mai.Les responsables des théâtres d\u2019été sont priés de faire parvenir leurs programmes, au plus tard le 1er mai, à: Pierrette Bouchard, La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal, Québec, H2Y 1K9 Courriel : lp2@lapresse.ca THÉÂTRES D\u2019ÉTÉ llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 16 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 4 A V R IL 20 1 0 ARTS ET SPECTACLES THEATRE CHANTAL GUY Faut-il etre un peu masochiste pour assister au Cabaret insupportable ?Quand on vous accueille avec un air bete au guichet (en anglais seulement), qu¡¯un clown vous agresse avec ses chansons stridentes pendant 10 minutes, qu¡¯un acteur de theatre experimental, tout nu, vous pleure dessus?Ce ne sont que quelques exemples de ce que l¡¯on a pu subir dans ce cabaret qui porte bien son nom.Mais comme le chante Jean Leloup: ¡ìLes gens aiment bien quand ca fait mal, et y¡¯a pas de mal a se faire du bien.¡í Le Cabaret insupportable ne ressemble a rien de connu et on vient y chercher n¡¯importe quoi sauf du convenu.Cela a toutes les apparences et les qualites d¡¯un show populaire, mais sans l¡¯idee de la performance et du consensus.Dans ce cabaret, on a le droit d¡¯etre poche, c¡¯est meme tres recommande.D¡¯une certaine facon, ses artisans sont eux aussi un peu masos, puisqu¡¯il s¡¯agit d¡¯un happening de comediens rompus a toutes les exigences du metier.Par exemple Didier Lucien, qui a beaucoup souffert en recitant sur scene, mot a mot, le monologue d¡¯un humoriste.Ou Brigitte Poupart qui a lu un verbatim d¡¯un episode de Loft Story.¡ìD¡¯une certaine facon, je teste jusqu¡¯ou je suis pret a aller comme acteur¡í resume Lucien.Cette annee, il va parler de la porno, non pour la denoncer, mais pour exiger du public qu¡¯il assume sa consommation.Sortir de sa zone de confort Malaises, exasperations, rires jaunes, provocation.Le Cabaret insupportable est un ticket pas trop cher pour sortir de sa zone de confort .a 25$ le billet pour le nombre de numeros, ils ne font pas vraiment d¡¯argent.¡ìMais cela repond a un besoin du public, croit Michel Monty.C¡¯est un public tres diversifie d¡¯ailleurs.Ce n¡¯est pas destine seulement a un petit cercle ferme.Disons que c¡¯est une catharsis, ce que precisement on vient chercher au theatre.¡í On sort de sa zone de confort avec les risques que cela suppose.Michel Monty a deja vu un couple se chicaner et quitter la salle pour ne plus y revenir.C¡¯est que la frontiere entre la scene et le public est en effet assez floue, puisque le spectacle commence des qu¡¯on met le pied au Lion d¡¯or.Ils ont beaucoup ri l¡¯an dernier en voyant la docilite du public qui evitait les tables affichant l¡¯etiquette ¡ìreserve ¡í.Le probleme, c¡¯est qu¡¯elles en avaient toutes ! ¡ìCe spectacle attaque l¡¯aspect conventionnel de nos vies, explique Christian Begin.Ce n¡¯est pas deliberement humoristique, on ne fait pas un gag pour le gag.Le rire vient du malaise.¡í Cette annee, il proposera un numero inspire des grands voyageurs et des coachs de vie qui font des conferences.Son personnage commentera un diaporama de son voyage au metro de Longueuil.C¡¯est une premiere pour Jacques L¡¯Heureux, qui sera a l¡¯animation.Chacun des participants .et ils sont nombreux .a peaufine son numero dans son coin, il aura la responsabilite d¡¯organiser la liaison entre eux.¡ìJe ferai un peu de discipline, mais je ne dissiperai pas les malaises, dit-il.En fait, dans ce cabaret, on trouve un humour qui ne passerait pas ailleurs.L¡¯humour permet de dire tout, mais pas n¡¯importe quoi ! ¡í.Et, fait a noter, les numeros seront soumis ¡ìau ballotage ¡í, question d¡¯explorer la notion de concours et d¡¯elimination de la telerealite, phenomene que d¡¯aucuns trouvent insupportable.Ca, et les enfants vedettes, les vendeurs de cossins, les sondeurs d¡¯opinions inutiles, entre autres irritants penibles de l¡¯existence.Derision et autoderision sont les maitres mots de l¡¯esprit de ce cabaret, selon Brigitte Poupart.¡ìOn ne rit pas seulement des travers de notre societe, mais aussi de nous, conclut-elle.Bonne nouvelle, ce troisieme et ultime Cabaret Insupportable ne presentera que des numeros 100% nouveaux, commis par Francois Bernier, Enrica Boucher, Emmanuel Bilodeau, Edith Cochrane, Patrice Coquereau, Stephane Crete, Martine Francke, Genevieve Laroche, Francois Patenaude, Andre Robitaille et de nombreux autres.Les participations varient selon les soirs, et il faut noter aussi qu¡¯on aura droit cette annee a des prestations musicales de Marie-Jo Therio, Yann Perreau, Florence K.et Urbain Desbois.Le Cabaret insupportable III, au Lion d¡¯or, du 26 avril au 15 juin, les lundis et mardis.LE CABARET INSUPPORTABLE III L¡¯humour qui fait boum Le Cabaret insupportable, cree en 2007 pour les 16 ans de la compagnie Transtheatre, est une experience limite, qui defonce le quatrieme mur au theatre en utilisant souvent l¡¯humour au premier degre.Profitez-en, car ce troisieme cabaret sera le dernier, puisque selon ses createurs, Brigitte Poupart et Michel Monty, ¡ìle succes, c¡¯est insupportable¡í.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Quelques participants du Cabaret insupportable qu¡¯on peut reconnaitre : le metteur en scene Michel Monty, Jacques L¡¯Heureux (qui animera la soiree) et Didier Lucien Ce n¡¯est pas destine seulement a un petit cercle ferme.Disons que c¡¯est une catharsis, ce que precisement on vient chercher au theatre.¡í .Michel Monty, metteur en scene llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 2 4 A V R I L 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 17 Rigoletto Verdi RobeRto DeveReux donizetti WeRtheR Massenet Salome strauss la boheme Puccini le ConSul Menotti Abonnez-vous AvAnt le 21 mAi 2010 vous pourriez vous envoler pour lA pologne et l¡¯AllemAgne ! toutes les informAtions a operAdemontreAl.com b 514.985.2258 2010 2011 commanditaire en titre collaborateur Cloture de saison KARITAMATTILA CHANTESTRAUSS Venez entendre l¡¯unedes plus celebres sopranos de notre epoque, qui se produit pour lapremiere foisamontreal! Kent nagano reprend la Neuvieme Symphonie de mahler, la premiere oeuvre qu¡¯il a dirigeeamontreal! Mardi 25 et jeudi 27mai/20h R.STRAUSS Quatre derniers lieder MAHLER Symphonie n¢ª 9 Karitamattila Soiree du 25 mai presentee par abonnez-vous a la derniere saison de l¡¯osM a la salle Wilfrid-Pelletier ! saison 2010 2011 514 842-9951 / osm.ca 11mai/20H KENTNAgANo,yANN MARTEL.bEETHovEN! KENT NAgANo chef d¡¯orchestre MICHEL dUMoNT narrateur bEETHovEN LesCreatures de Promethee, extraits accompagnes d¡¯un texte original de Yann martel bEETHovEN Symphonie n¢ª 3,¡ìHeroique¡í micHel dumont Serie presentee par 4,5et 13mai 9 et 12mai Festival Beethoven l¡¯integrale des symphonies dirigee par Kent nagano! Presente par QuelQues billets disponibles Complet ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE JEUNESSE JEAN SIAG Adapté d\u2019une nouvelle qu\u2019il a écrite avec Dominique Renard, Tête à claques n\u2019a rien à voir avec les personnages animés de Michel Beaudry.La pièce s\u2019inspire plutôt d\u2019un fait divers rapporté près de Liège, en Belgique, il y a environ cinq ans.Un jeune garçon de 12 ans avait alors été arrêté pour avoir mis le feu dans son village.«Ce garçon, raconte Jean Lambert, joint au téléphone en Belgique, a déclenché une demi-douzaine d\u2019incendies.Il a admis durant ses interrogatoires avoir vécu une année monstrueuse, où il était systématiquement humilié dans son école, où certains enfants l\u2019enfermaient une journée entière dans une poubelle, etc.Il a fini par péter les plombs.» Ce rejet, ou cette exclusion, a été le point de départ de l\u2019auteur et metteur en scène, qui a imaginé des frères jumeaux totalement exclus de leur communauté, deux boucs-émissaires avec des caractères très différents qui, par désespoir ou par vengeance, mettent le feu dans leur village le jour de leurs 12 ans.Dans la pièce, qui se déroule sur une période d\u2019environ 20 ans, les deux frères, Stef et Mika, sont entourés de poupées (qui ne sont pas manipulées), qui sont intégrées dans le récit.«Il s\u2019agissait de représenter les gens du village, explique Jean Lambert.Il y a donc une quarantaine de poupées ou de mannequins sur scène.» Ces poupées, poursuit l\u2019auteur, sont des objets d\u2019art brut, et sont omniprésentes dans le décor et la scénographie.«On apprend dans l\u2019histoire que ces poupées ont été créées par un des jumeaux, qui attend le retour de son frère, qui purge une peine d\u2019emprisonnement.C\u2019est en créant ces poupées qu\u2019il parvient à exprimer sa souffrance.» Car, faut-il le préciser, les deux frères racontent leur histoire alors qu\u2019ils ont tous deux 24 ans, même si les tragiques événements ont eu lieu 12 ans plus tôt.«Les personnages ont un peu de recul, indique Jean Lambert, ce qui leur permet aussi de traiter le sujet aussi avec humour.» Mais d\u2019où lui est venue cette idée des poupées?«C\u2019est en m\u2019intéressant aux collections d\u2019art brut en Europe que j\u2019ai eu envie d\u2019inclure ces poupées.L\u2019art brut est une pratique artistique qui s\u2019adresse à des personnes qui ont vécu des situations difficiles, qui ne sont pas des artistes comme tels, mais qui se servent de l\u2019art pour s\u2019exprimer, pour expurger les choses.» «Je me rappelle d\u2019un employé dans une petite ville aux États-Unis, raconte encore Jean Lambert, une personne discrète, solitaire, avec peu de relations, un petit boulot, qu\u2019on a retrouvé un jour morte à la suite d\u2019un infarctus.On a découvert que depuis 40 ans, l\u2019homme utilisait le papier peint de samaison pour créer une immense bande dessinée.Qui se trouve maintenant dans un musée!» Cette forme de théâtre d\u2019intervention sociale nourrit les Ateliers de la colline depuis ses débuts.D\u2019où cette nouvelle création qui donne la parole à ces frères, deux têtes à claques, deux toughs qui ne supportent plus le regard méprisant de leurs voisins, ni même leur présence.Tout commence par une fête organisée par la maman des jumeaux pour leur 12e anniversaire, sorte de tentative de réconciliation avec les habitants du village.«On se rend compte dans l\u2019histoire que de génération en génération, cette famille est stigmatisée dans le village.Dès qu\u2019il y a quelque chose qui ne se passe pas bien, on frappe sur cette famille-là.» Cettemanière de se donner du pouvoir en s\u2019en prenant aux plus faibles existe malheureusement depuis toujours.Tout particulièrement dans nos écoles.Avec tout ce qu\u2019on entend sur le taxage et l\u2019intimidation, quel est le message que veut véhiculer ce spectacle?«Ce que je trouve bien, dit Jean Lambert, c\u2019est que le processus artistique permet aux personnages de dépasser leur douleur, de manière à ne plus penser à mettre le feu pour régler leurs problèmes, mais à communiquer.» Tête à claques, à la Maison Théâtre du 29 avril au 9 mai.Et au CNA (Ottawa) du 12 au 16 mai.Pour les jeunes de 9 à 14 ans.JEAN LAMBERT / Tête à claques La revanche des exclus La Maison Théâtre reçoit cette semaine de la visite de Belgique.Les Ateliers de la colline, qui fait du théâtre jeune public depuis une trentaine d\u2019années, présente Tête à claques, créée en mai 2007 à Liège.Jouée plus de 250 fois, la pièce écrite et mise en scène par Jean Lambert, qui traite du thème de l\u2019exclusion, débarque à Montréal, puis à Ottawa.PHOTO FOURNIE PAR LA MAISON THÉÂTRE Les interprètes des jumeaux de Tête à claques, Quantin Meert et François Sauveur.«L\u2019art brut est une pratique artistique qui s\u2019adresse à des personnes qui ont vécu des situations difficiles (et) qui se servent de l\u2019art pour s\u2019exprimer, pour expurger les choses.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 18 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 4 A V R IL 20 1 0 À l\u2019affiche à la Maison du Festival Rio tinto alcan en collaboration avec Pour toute la programmation, consultez : sallelastral.ca L\u2019astraL de La Maison du festivaL rio tinto aLcan 305, rue Sainte-Catherine Ouest 514 790-1111 \u2013 ticketpro.ca Billets À entrée libre Galerie Lounge TD Maison du Festival Rio Tinto Alcan 305, rue Sainte-Catherine ouest, 2e étage 514 288-8882 galerieloungetd.montrealjazzfest.com Leonard Cohen exposition artworks Heures d\u2019ouverture Lundi fermé Mardi \u2013 Mercredi 11h30 - 18h* Jeudi \u2013 Vendredi 11h30 - 21h Samedi - Dimanche 11h30 - 17h* * La Galerie sera ouverte jusqu\u2019à 21h les soirs de concert à L\u2019Astral.Plus que2semaines ! Susana Baca samedi 24 avril \u2022 20h ce soir ! La grande dame de la musique afro-péruvienne siÈGes assiGnÉs Marcus Miller Tutu revisited: la musique de Miles Davis avec invité spécial christian Scott mercredi 28 avril \u2022 18h30 et 21h30 jeudi 13 mai \u2022 20h Cindy BlackMan samedi 8 mai \u2022 20h samedi 15 mai \u2022 20h ce Jeudi et ce vendredi ! La grande dame de la batterie ! ce Mercredi ! Hommage àMiles davis jeudi 29 et vendredi 30 avril \u2022 20h Hill and the Majestiks Steve and the Le guitar hero du Québec, de retour àla demande générale ! Binney Quartet David un saxophoniste original, un son unique arTHur H Solo Direction artistique Claire Guimond Billets à partir de 10$ Billetterie & informations 514.355.1825 www.arionbaroque.com Chef invité : Stefano Montanari violoniste (Italie) ViValdi les quatre saisons 29 & 30 avril, 20h Salle Pierre-Mercure Berri-Uqam « Les Quatre Saisons comme vous ne les avez jamais entendues ! » ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE ET DANSE JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE «L\u2019histoire du chevalier de Saint-George est un peu la mienne.Il vient des Antilles, il a été accepté par la royauté et il fut presque guillotiné !» Eddy Toussaint ne blague qu\u2019à moitié.Après avoir fait sa réputation comme père du ballet-jazz québécois dans les années 70, la chorégraphe d\u2019origine haïtienne a vécu une petite mort dans les années 80, avec l\u2019apparition d\u2019une nouvelle génération de troupes de danse plus modernes, plus contemporaines, qui rompaient clairement avec la tradition du ballet classique, dont il souhaitait luimême se rapprocher.Parce qu\u2019il ne se sentait plus à la place dans ce nouveau contexte chorégraphique, l\u2019homme a décidé d\u2019aller voir ailleurs s\u2019il y était.Pendant 23 ans, il a vécu aux États-Unis, en Russie, en République tchèque, à Vancouver et à Toronto.Il boucle aujourd\u2019hui la boucle de son ressourcement et revient à Montréal, là où tout a commencé pour lui en 1959.«Je m\u2019ennuyais de mon fils, je m\u2019ennuyais de ma culture et je me suis dit que finalement, je pouvais encore faire la différence au Québec.» De retour depuis à peine un an, le chorégraphe n\u2019a pas chômé.Il a fondé une nouvelle compagnie artistique au nom pas très sexy (Recontruct\u2019Art Multi-médium-Montréal) dont la mission sera de ressusciter des créateurs oubliés.Puis il s\u2019est lancé dans la production de ce nouveau spectacle multidisciplinaire consacré au chevalier de Saint-George (L\u2019irréparable Saint-George) qui prendra l\u2019affiche les 30 avril et 1er mai, au Monument-National.Une vision d\u2019auteur Difficile de trouver mieux comme artiste à ressortir des boules à mites.Car le chevalier de Saint-George est effectivement passé à la trappe de l\u2019Histoire.Premier musicien classique noir, cecompositeuraconnu son heure de gloire au XVIIe siècle, alors qu\u2019il avait ses entrées chez la reine Marie-Antoinette.Fils d\u2019une esclave guadeloupéenne et d\u2019un noble français, il a composé des concertos, des opéras, des symphonies et des ballets, révolutionné l\u2019art de l\u2019escrime et s\u2019est même battu pour la Révolution, en formant un régiment entièrement «nègre», dont faisait d\u2019ailleurs partie le père d\u2019Alexandre Dumas.Il a finalement été jeté en prison, alors que Napoléon interdisait toute interprétation publique de son oeuvre.Comme tous ceux qu i s\u2019intéressent à l\u2019histoire peu banale de ce personnage quasi romanesque, Eddy Toussaint croit que le chevalier de Saint- George a été mis de côté à cause de sa couleur.Raison de plus pour lui consacrer sa première production québécoise en plus de 20 ans.À noter que L\u2019irréparable Saint-George sera plus qu\u2019un ballet.Le spectacle intégrera des éléments de théâtre et de chant classique, avec la soprano Brigitte Marchand da ns le rôle de Mar ie - Antoinette, les acteurs Ralph Prosper (Saint-George) et Christophe Rapin (le géôlier), ainsi qu\u2019un groupe de huit danseurs, dont Clara Houdet et Timothy Hopkins, qui incarneront à leur façon la reine et le compositeur.Si l\u2019on en juge par les répétitons auxquelles nous avons assisté cette semaine, il y aura aussi beaucoup d\u2019humour, de touches créoles et de prises de liberté dans ce spectacle écrit par l\u2019auteur Bernard Dion (De l\u2019impossible retour de Léontine en brassière) et dont la direction musicale sera assurée par le baryton Norman Robert.Selon Bernard Dion, il ne s\u2019agira ni plus ni moins que «d\u2019une intérprétation historico-poétique » et d\u2019une «vision d\u2019auteur de la vie de Saint-George».Trop de méthodes Mais on y verra par-dessus tout le retour d\u2019un créateur réputé, qu\u2019on avait presque fini par oublier.Fondateur des Ballets Jazz de Montréal et du Ballet Eddy Toussaint, le chorégraphe de 65 ans ne cache pas son trac à l\u2019idée de renouer avec le public québécois.Mais il revient parmi nous avec la ferme conviction qu\u2019il aura ici une mission à remplir, soit celle de transmettre aux futures générations les bases d\u2019un art qui s\u2019est un peu perdu avec la dictature de la modernité.«Pour la création, la danse québécoise est la meilleure au monde.The best in the world.Mais au niveau de la formation, il faut encore qu\u2019on travaille fort, lance Toussaint.Il y a actuellement beaucoup d\u2019écoles mais beaucoup trop de méthodes.C\u2019est ce mélange de tout que je déplore.Je crois qu\u2019on ne devrait suivre qu\u2019une seule méthode et que la formation devrait se faire classiquement, comme ce fut le cas pour la plupart des grands danseurs internationaux.Vous savez, on peut dire tout ce que l\u2019on veut avec le vocabulaire du ballet.Cela peut même être très divertissant\u2026» L\u2019irréparable Saint-George, spectacle chorégraphié par Eddy Toussaint, le 30 avril au Monument-National.L\u2019IRRÉPARABLE SAINT-GEORGE Eddy Toussaint toujours vivant Disparu du paysage québécois depuis plus de 20 ans, le chorégraphe Eddy Toussaint revient au pays avec un ballet consacré au chevalier de Saint-George, premier Noir de l\u2019histoire de la musique classique.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Eddy Toussaint lors d\u2019une répétition de L\u2019irréparable Saint-George, qui sera plus qu\u2019un ballet puisque le spectacle intégrera des éléments de théâtre et de chant classique.«Je me suis dit que finalement, je pouvais encore faire la différence au Québec.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 4 A V R I L 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 19 ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS Retrouvez les grilles télé d\u2019aujourd\u2019hui et de demain dans le Voilà! inséré dans La Presse d\u2019aujourd\u2019hui.VOILÀ! VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Votre guide télé complet sur CYBERPRESSE.CA/TELE sur cyberpresse.ca HORAIRES Consultez tous les jours tous vos horaires cinéma et critiques de téléromans sur www.cyberpresse.ca/tele Votre guide télé PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE CINÉMA J\u2019ai serré la main du diable, drame historique avec Roy Dupuis, samedi 20h, Radio-Canada PHOTO JIM MCISAAC, GETTY IMAGES SPORTS La 1re ronde des Séries éliminatoires de la LNH se termine cette semaine, à voir à RDS et RIS PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA ARTS Début du magazine Tout le monde en parlait, animé par le journaliste Guy Gendron, mardi 19h30, Radio-Canada PHOTO FOURNIE PAR TVA GALA 25e année du gala Artis animé par Les Grandes Gueules, dimanche 20h, TVA SEMAINE DU 24 AVRIL 2010 Ce samedi, voyez un SUPER BON FILM à SUPER ÉCRAN! 1 87 SUPER ÉCRAN Abonnez-vous dès maintenant! s u p e r e c r a n .c o m Terminator Rédemption avec Christian Bale Samedi 24 avril 21 h MOTS CROISÉS DES ARTS SOLUTION de la semaine dernière 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 NH 1684 HORIZONTALEMENT 1 Elle joue dans Les leçons de Maria Callas, au Théâtre du Rideau Vert \u2013 Plaça dans un espace souvent réduit.2 On en fait des paniers \u2013 Brider.3 Son deuxième album s\u2019intitule Le clan des Miros \u2013 Pronom.4 Suisse ou Espagnol.5 Tombeau rupestre égyptien \u2013 Son ton est le plus souvent tendre et triste.6 Qui lui appartient \u2013 Temps universel coordonné \u2013 Déesse marine.7 Périodes de trois mois \u2013 Passe sous silence \u2013 Initiales de l\u2019actrice Sarandon.8 Animatrice de Bluff \u2013 Agite pour mélanger.9 Il soutient la quille d\u2019un navire en radoub \u2013 Prénom de l\u2019interprète de Natalie dans Les Parent \u2013 Unit par un intérêt quelconque.10 Initiales de la comédienne Cochrane \u2013 Qui dure constamment.11 Parodiée \u2013 Il est pointu à une extrémité.12 .Tifo \u2013 Petit écureuil.VERTICALEMENT 1 Auteur de C.A.2 Résine malodorante (.fétide) \u2013 Prénom de la comédienne Nolin.3 Nettoyé \u2013 Terme de philosophie \u2013 Il chante Maudit bonheur (ses initiales).4 Prénom de la réalisatrice de La dernière fugue \u2013 S\u2019emploie pour chasser quelqu\u2019un \u2013 Chiffres romains.5 Prénom de l\u2019auteur de L\u2019adieu aux armes \u2013 Parente.6 Déchiffré \u2013 Pris en faute.7 Abrasion \u2013 Conduites quelque part.8 Personnes inexpérimentées.9 Peignent les cheveux par mèches en les rebroussant de la pointe à la racine pour leur donner du volume \u2013 Grande voile.10 Initiales du sculpteur Rodin \u2013 Sujet conscient et pensant \u2013 Vedette du film Borderline.11 Ville du Kazakhstan \u2013 Équilibrées.12 Espace public où s\u2019affrontent des courants d\u2019idées \u2013 Réglé avec autorité.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 L E G A U L T D R A P 2 A C E R B E R U E R 3 C R A B E C O R V E E 4 H A I R R A B E U S 5 A N E C O L I E R E S 6 P I S A B E L L E E 7 E T C F E R L A N D 8 L O T I E R A N D R E 9 L U E S T U R C U T 10 E R R E S E D E N A 11 N E O R L R E A L 12 R E S I L I E R T U E NH 1683 ÉRIC CLÉMENT Peintre figurative montréalaise, Marion Wagschal peint les corps humains dans leur plus grande banalité, dans leur réalité anodine avec une force évocatrice qui transforme ses personnages en héros et ses tableaux en pages d\u2019histoire.On quitte réjoui et impressionné cette exposition où la beauté émerge totalement, complètement de l \u2019ordi - naire humain et du quotidien, des relations entre les êtres, de leurs souffrances, de leur sexualité, de leurs errements.S on ta bl e au i n t i t u l é Béhémoth est une ode à la condition humaine.Un vieil homme est couché sur le dos, les jambes repliées comme un bébé prêt à être langé.Avec l\u2019angle et la taille du tableau (2,15 m x 1,50 m), ses pieds ont une dimension démesurée.Béhémot h e st ce mo t hébreu qui désigne la plus puissa nte créature de la Terre.C\u2019est aussi le démon da ns l a r el ig ion j u ive .Marion Wagschal a peint avec le souvenir d\u2019un homme couché en train de faire ses exercices physiques.« Cette position m\u2019avait beaucoup intriguée, dit-elle.Elle m\u2019est longtemps restée à l\u2019esprit, mais c\u2019était tellement bizarre que je ne savais pas si je devais en faire un tableau.Je ne me suis rendu compte de ce que c\u2019était vraiment qu\u2019après l\u2019avoir peint : notre fragilité au sein de l\u2019univers.Notre mortalité.Quoi qu\u2019on fasse, même si l\u2019on devient un géant, on demeure un bébé.» Comme dans tous ses tableaux, les corps des personnages, sculptés par les ombres, frappent par leur réalisme, leur étrangeté et un certain lyrisme.Il n\u2019y a pas d\u2019embellissement dans la peinture de Marion Wagschal.En tout cas, pas au sens de l\u2019esthétisme et de l\u2019art pour l\u2019art.Dans ses oeuvres, les ongles des pieds sont longs et déformés, les peaux avachies et ridées, les crânes dégarnis, les sourcils en broussaille, les mains meurtries, fatiguées et osseuses.Inspirée par Manet, Rembrandt ou Goya, elle est avant tout contemporaine et adepte de la peinture «musculaire ».«Je peins les accidents du corps, dit-elle.Le corps est une carte de la vie de chaque personne.» Elle ne croit pas si bien dire.Son propre corps, qu\u2019elle a peint en 1978 (Cyclops), traduit son désarroi d\u2019alors : nue, la chevelure négligée et l\u2019oeil désabusé, elle a le pinceau en main et les pantouf les aux pieds, près d\u2019un vase de tulipes fanées.Une toile sans compromis.«À ce momentlà, j\u2019étais découragée et prête à abandonner la peinture », dit-elle.Née à Trinité de parents juifs allemands, Marion Wagschal n\u2019est pas portraitiste.Elle s\u2019intéresse à l\u2019âme d\u2019abord et y puise ce que sa main traduira.«Je suis incapable de peindre sur commande.Je dois ressentir quelque chose et d\u2019abord parler à la personne, percevoir sa force, sa façon d\u2019être.» Mme Wagschal, qui vient de prendre sa retraite de professeure au département de peinture et de dessin de la faculté des beaux-arts de l\u2019Université Concordia, joue avec les contrastes et les contradictions, avec nos ennuis, nos fatigues, les affres de la vie.Dans sa toile Dottore, elle met en scène des patients et des médecins dans une scène très Renaissance.Les docteurs portent des gants et les masques de la peste, avec ce long bec cornu qui, rempli d\u2019épices, protégeait de l\u2019odeur des cadavres.La souffrance est palpable.Mais c\u2019est le chaos sanitaire d\u2019ici et maintenant qu\u2019elle décrit, celui du C.difficile, des urgences bondées et du système qui craque.Cette exposition de Marion Wagschal est un événement.Le vernissage a eu lieu le 15 avril et presque toutes ses toiles sont vendues ou réservées.Mais il faut se déplacer à la galerie Battat.Pour la puissance exprimée par cette artiste montréalaise hors du commun.qu\u2019elle célèbre si bien.Marion Wagschal, jusqu\u2019au 5 juin à la galerie Battat Contemporary (7245, rue Alexandra, suite 100) MARION WAGSCHAL La beauté de l\u2019ordinaire Marion Wagschal, qui expose ses oeuvres à la galerie Battat Contemporary jusqu\u2019au 5 juin, est de ces phénomènes artistiques dont la singularité émerveille et stupéfie à la fois.PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE Née à Trinité de parents juifs allemands, Marion Wagschal n\u2019est pas portraitiste.Elle s\u2019intéresse à l\u2019âme d\u2019abord et y puise ce que sa main traduira.«Je peins les accidents du corps.Le corps est une carte de la vie de chaque personne.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 20 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 4 A V R IL 20 1 0 CÉLÉBRITÉS.DOCTEUR PIERRE MEUNIER Joyeux 100e anniversaire de naissance Chirurgien-gynécologue HDM du CHUM Avec amour de la famille Meunier FÉLICITATIONS GISÈLE Pour le lancement de ton livre LES CARNETS DE GISÈLE Denise, Élise, et François FERNAND RATTÉ ET DENISE PAQUIN Le 23 avril 1960 Félicitations pour votre 50ième anniversaire de mariage De François, Carole et les enfants ainsi que de Christian et Dominique qui vous aiment.Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 celebrites@lapresse.ca Vous aVez un éVénement à célébrer ?tous les vendredis dans La Presse ARTS ET SPECTACLES MICHAEL JACKSON Moins d\u2019un an après la disparition soudaine de Michael Jackson, le Cirque du Soleil fera revivre le roi de la pop à Las Vegas.Puisque l\u2019artiste est irremplaçable, personne ne le personnifiera.On fera plutôt appel à ses chansons et musiques afin de recréer un spectacle.Grand amateur du Cirque \u2013 il aurait assisté à une dizaine de spectacles de son vivant \u2013 Michael Jackson aurait bien aimé être associé à une entreprise québécoise qu\u2019il admirait.CALL-TV Eh oui, encore Call-TV! On a l\u2019air de taper toujours sur le même clou, mais on ne peut passer sous silence les fréquentes erreurs dans les jeux (lionne avec un seul «n») et les nombreuses niaiseries débitées par les animatrices Leila, Sunny Stella et Sarah.Après l\u2019avalanche de plaintes, V avait promis des jeux plus clairs pour la deuxième saison de sa télé-tirelire.Visiblement, rien ne s\u2019est amélioré.EN HAUSSE\u2026 EN BAISSE ENTRACTE entracte@lapresse.ca CATHERINE SCHLAGER Boggis Jacques Parizeau ILS, ELLES ONT DIT «Honnêtement, Dany, je ne savais même pas que j\u2019étais en Catalogne.» Simon-Olivier Fecteau à Tout le monde en parle, à propos de l\u2019article «En Catalogne avec Simon-Olivier Fecteau» paru dans La Presse.«J\u2019ai peur qu\u2019il me fasse donner des volées à Gérald (Tremblay).» Régis Labeaume, qui s\u2019inquiète de la création de son double par Serge Chapleau à Et Laflaque créa Labeaume.«On est obligés de se servir d\u2019eux, ces bâtards-là.» Michèle Richard parlant des journalistes au Verdict.«La langue, c\u2019est l\u2019ADN de toute culture.Quand on perd sa langue, il se perd partout dans le monde des bibliothèques de savoir, de connaissance et de compassion.» Gilles Vigneault, poétique, à Tout le monde en parle.«Comment on appelle un chien pas de pattes?On l\u2019appelle pas, on va le chercher.Eh que c\u2019est drôle, hein?Ha ha ha!» Leila et ses jokes plates à Call-TV.«Je vais dîner avec une poutine extra-fromage, comme ça toutes mes portions de produits laitiers de la journée seront comblées.» Alex Perron sur Twitter.\u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 SÉPARÉS À LA NAISSANCE On s\u2019est beaucoup inquiété pour l\u2019état de santé de Jacques Parizeau.Hospitalisé à la suite d\u2019une chute de tension artérielle, il y a deux semaines, l\u2019ex-premier ministre va beaucoup mieux.Cela nous a permis de constater sa troublante ressemblance avec le vilain fermier Boggis du film Fantastic Mr.Fox de Wes Anderson.Même moustache fournie, mêmes yeux expressifs, même combativité face à l\u2019adversité.Merci à Mathieu Valiquette pour la suggestion.Gilles Vigneault PHOTO FOURNIE PAR LA SRC SPECTACLES C L A S S IQUE CHAPELLE HISTORIQUE DU BON.PASTEUR Les Boréades.Aujourd`hui à 20h.\u2013 Elena Denisova, violoniste, Alexei Kornienko, pianiste.Schubert, Dimitrov, Zemlinsky.Demain à 15h30 \u2013 CONSERVATOIRE Festival Théodore Dubois.Trio Hochelaga, Marc Boucher et Anne Saint-Denis, chanteurs, Olivier Godin et Carole Dubois, pianistes.Aujourd`hui à 19h30.Avant-propos musical: Louis Lavigueur à 18h30 \u2013 Christopher Maltman, baryton.Au piano: Graham Johnson.Beethoven, Schubert, Loewe, Schumann, Wolf, Brahms.Demain à 15h.Sociétémusicale André-Turp.MAISON DES JMC Festival Chopin.Ian Parker et Quatuor à cordes Cecilia.Aujourd`hui à 14h30 \u2013 Richard Raymond.Aujourd`hui à 19h30.\u2013 Winston Choi.Demain à 14h.\u2013 Avan Yu.Demain à 19h30.ÉGLISE DES SAINTS.ANGES .Lachine) Massimo Nosetti.Demain à 15h.SALLE WILFRID.PELLETIER .Place des Arts) Orchestre Symphonique de Montréal.Dir.Kent Nagano.La Mer et Jeux (Debussy) Jeu de cartes (Stravinsky), Symphonie no 35 (Mozart).Demain à 14h30.DA N S E AGORA DE LA DANSE Cock-pit.Aujourd`hui à 14h.VA R I É T É S LES BOBARDS .4328, St-Laurent) Bomboruba.Demain à 20h.CLUB SODA Johnny Winter.Aujourd`hui à 20h.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 4 A V R I L 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 21 Jusqu\u2019au 2 mai une exposition conçue et produite par le musée des beaux-arts de montréal.sa tournée est organisée en collaboration avec sVo \u2013 musée du Luxembourg, Paris, et le Virginia museum of Fine arts, Richmond.Louis C.Tiffany, Lampe Dragonfly (détail), dessin attribué à Clara Driscoll, avant 1906-vers 1920.Richmond, Virginia museum of Fine arts, gift of sydney and Frances Lewis.Photo Katherine Wetzel © Virginia museum of Fine arts «L\u2019exposition donne un tour d\u2019horizon de tout ce que Tiffany a pu faire.Éblouissant, extraordinairement beau, ça vaut largement le détour.» René Homier-Roy, C\u2019est bien meilleur le matin Horaire des visites commentées disponible sur mbam.qc.ca/tiffany Nouveau! Audioguide incluant commentaires et promenade musicale Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins* * Accompagnés d\u2019un adulte.Non applicable aux groupes.Nocturnes les mercredis (à moitié prix), jeudis et vendredis soirs jusqu\u2019à 21h MAINTENANT OU JAMAIS: DERNIÈRE SEMAINE! HHHH «Une exposition incontournable!» Nicolas mavrikakis, Voir JOURNÉES SCHUMANN du 30 avril au 9 mai Un panorama en 5 concerts de la musique de chambre, des lieder et de l'oeuvre pour piano de Robert Schumann QUATUOR À CORDES SUPERNOVA, TRIO HOCHELAGA MATHIEU GAUDET, PIANO SUZIE LEBLANC, SOPRANO, ET ROBERT KORTGAARD, PIANO + concert famille, film, conférence Pavillon Michal et Renata Hornstein Musée des beaux-arts de Montréal - 1379, rue Sherbrooke Ouest ~ Billets : 25 $ / VIP du Musée : 18 $ / 30 ans ou moins : 12,50 $ CARTE D\u2019ABONNEMENT 5 CONCERTS : 50 $ en vente en ligne au mbam.qc.ca/concerts au 514-285-2000, option 5, ou à la Billetterie du Musée fondationartemusica.ca ABONNEZ-VOUS et courez la chance de gagner un séjour à Barcelone ! www.LesGrandsExplorateurs.com 514 521-1002 ou 1 800 558-1002 ESPAGNE INDONÉSIE LIBYE THAÏLANDE BRÉSIL ISTANBUL PRÉSENTÉ PAR Voyez le monde autrement dans une salle près de chez vous ! llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 22 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R E A L SA M E D I 24 AV R I L 2 0 1 0 ARTS ET SPECTACLES BRESILNOUVEAU 10 albums essentiels ALAIN BRUNET marcelocamelo A 32 ans, marcelo camelo est considere comme lfun des artistes indes les plus marquants de sa generation, originaire de rio de Janeiro et relocalise a sao Paulo, le guitariste et chanteur a deja fait partie du groupe rock carioca los Hermanos.les chansons de Sou, son plus recent album, deconstruisent les references connues de la musique populaire bresilienne sans qufon en perde la trace.album a ecouter : Sou otto originaire du Pernambuco, otto est lfun des grands innovateurs de la nouvelle chanson bresilienne.comme feu chico science et nacao Zumbi, il fut dfabord associe au mangue beat de la region de recife.sa musique est fine et dfautant plus complexe sur le plan des arrangements et des references regionales, nationales ou internationales.album a ecouter : Certa Manha Acordei de Sonhos Intranquilo.Kassin + 2 natif et residant de rio de Janeiro, Kassin a 36 ans et sfimpose parmi les createurs les plus prolifiques de la nouvelle scene bresilienne.avec moreno Veloso (fils de caetano) et Domenico lancelotti, il forme le groupe + 2 en plus de realiser les albums de nombreux artistes issus de la scene emergente ; Vanessa de mata, mallu magalhaes, etc.album a ecouter : Futurismo.romulo FrOes lorque les connaisseurs bresiliens evoquent la creme paulista, romulo Froes vient regulierement en tete de liste.cet auteur-compositeur-interprete dfexception joint a ses sources bresiliennes les musiques progressives de la planete rock et le jazz moderne.album a ecouter : No Chao Sem O Chao.mallumagalHAes mallu magalhaes nfa pas encore 18 ans et elle a deja enregistre deux albums dont les chansons (surtout interpretees an anglais, un peu en portugais) puisent dans la creme de la pop culture anglo-americaine.tout a commence lorsque ses premieres creations ont cree un impact colossal sur lfinternet.Petite amie de marcelo camelo et fille dfarchitecte, cette jeune femme est promise a une carriere brillante.album a ecouter : sans titre, paru en 2009.lulina native de recife, lulina ne cesse de multiplier les enregistrements autoproduits depuis qufelle sfest etablie a sao Paulo.marquee par le folk et la pop des annees 60, elle exploite ces references afin de creer un corpus chansonnier de haute volee.De surcroit, on dit dfelle qufelle est une excellente parolierec qui sfexprime en portugais.album a ecouter : Cristalina nacAoZumbi&3namassa De recife, nacao Zumbi accompagnait naguere le visionnaire chico science avant qufil ne meure tragiquement dans un accident de la route au debut de sa carriere .en 1997.la nation zombie malaxe allegrement les rythmes bresiliens au rock, au rap, au r&b.album a ecouter : Fome de Tudo.Vanessa De mata originaire du mato grosso, etablie a sao Paulo, cette chanteuse de 34 ans est une fleur de la musica popular brasileira.elle a ecrit des chansons reprises par Daniela mercury, caetano Veloso et maria bethania.apres avoir interrompu des etudes de medecines, Vanessa de mata fut mannequin et joueuse de basketball avant de faire chanteuse.album a ecouter : Sim marcelinHo Dalua Etabli a rio de Janeiro, marcelinho Dalua est DJ, realisateur, chanteur.il est lfun des principaux reformateurs de la musique carioca, ayant hybride la bossa nova et la samba au drumfnfbass, au funk, au dub et au reggae.il est aussi membre de lfexcellent groupe bossacucanova.album a ecouter : Social.contraFluxo Puisant dans le meilleur hip hop afroamericain des annees 90 (a tribe called Quest, guru, De la soul, Jurassic Five, Pharcyde, etc.) le groupe contra Fluxo ramene la qualite dans le hip hop et nappe son hip hop brasileiro de la creme des voisins du nord.album a ecouter : SuperAcao.Decouvrez ces musiques sur lfinternet.Les hyperliens sont fournis a cyberpresse.ca/brunet.1958 Ÿ Bossa nova, une samba ralentie et traversee par le jazz moderne et lesmusiques impressionnistes.DEBUTDES ANNEES 60 Ÿ Jazz bresilien, des musiciens sfassocient aux compositeurs originels de la bossa nova et contribuent a lfevolution du genre.FINDESANNEES 60, DEBUT 70 Ÿ Tropicalia, qui plonge la samba et la bossa nova dans la nouvelle pop culture mondiale, rock, psychedelique, folk, etc.Ÿ Musica popular brasileira (MPB), chanson populaire urbaine post bossa nova.Ÿ Samba funk, samba rock un Demi-siecleDemusiQue brEsilienne ALAIN BRUNET BRESIL Soir de viree dans le quartier Botafogo, a Rio de Janeiro.Le club Pista 3 accueille des musiciens de funk-jazz-rock psychedelique.Le celebre compositeur Marcos Valle y est invite a improviser aupres des membres du groupe Paraphernalia.Dans la salle, une autre figure connue de l fauditoi re se tremousse.Alexandre Kassin, grand gaillard de 36 ans, sfavere parmi les musiciens, realisateurs et arrangeurs les plus doues de la nouvelle musique bresilienne.Natif de Rio de Janeiro, il a deja vecu a New York, mais il a choisi le Bresil apres le grand traumatisme du 11 septembre 2001.Avec Moreno Veloso (le fils du grand Caetano) et Domenico Lancelotti, Kassin forme le groupe + 2 (Mais Dois).Avec + 2, Kassin a deja realise et lance plusieurs albums.On le rencontre alors qufil rentre dfun long sejour dans les studios de Sao Paulo, pour qufil nous parle de ses realisations.Il fournit dfabord lfexemple de la chanteuse Vanessa Da Mata.áSur son album, elle fait entre autres un duo avec Ben Harper : un vrai tube.Lfenregistrement a ete realise en Jamaique avec pour section rythmique Sly Dunbar et Robbie Shakespeare, des guitares africaines et le clavier bresilien de Joao Donato, etc.Un melange unique, jfose affirmer.â Parmi ses meilleures prises, Kassin cite egalement lfadolescente Mallu Magalahes, qui fut dfabord phenomene internet.áAlors qufelle nfavait que 15 ans, ses premieres chansons ont genere pres dfun milliard de clics sur lfinternet.Aujourdfhui, Mallu a 17 ans, deux albums a son actif.Jfai realise le second.Je crois sincerement qufelle est tres douee.Elle joue plusieurs instruments avec une facilite deconcertante.Elle cree ses vetements, brille dans lfhorticulture et lfamenagement paysager.Vraiment speciale.â Pour exercer son metier de musicien et realisateur en plus de mener ses projets (un album solo sera lance tres bientot), Kassin effectue de vigoureuses navettes entre Rio, sa ville natale ou il choisit de resider, et Sao Paulo, ou il encadre de nombreux chanteurs et groupes.Sa passion pour les musiques nouvelles le mene egalement dans le nord du pays.áChaque localite developpe sa musique, fait-il observer.On ne peut se limiter aux deux plus grandes villes du Bresil.MUSIQUE NOUVELLE lfEruPtion Le Bresil musical dfaujourdfhui est un monde autosuffisant dont on ne connait que les cliches : samba de carnaval, bossa nova, jazz samba, tropicaliac Bien aiguille, il suffit pourtant dfaller sur lfinternet pour decouvrir un formidable bouillon de culture.Alain Brunet rentre de Sao Paulo et Rio de Janeiro, ou il a rencontre des artistes et professionnels de la musique parmi les plus allumes de leur generation.Quelques concerts et quelques dizaines dfalbums plus tard, voici son bilan.PHoto Fournie Par ariel martini Holder, un des bons groupes indes du Bresil.PHoto Fournie Par ariel martini Le producteur et DJ de Sao Paulo, Dago Donato llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 2 4 A V R I L 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 23 ARTS ET SPECTACLES ANNEES 80 Ÿ Funk carioca, dfabord inspiree du Miami bass, une musique electronique assez simple, destinee essentiellement a la danse et creee par les DJ des quartiers pauvres de Rio.Ÿ Baile funk, qui signifie bal funk, continuation du funk carioca.Des milliers de soirees baile funk se tiennent chaque semaine au Bresil.ANNEES 90 Ÿ Mangue beat, authentique mouvement musical impregne de rock nouveau, hip hop, soul et rythmes typiques de la region du Pernambuco.Ÿ Hip hop bresilien, mouvement musical parmi les plus importants du Bresil, il nfa cesse de proliferer dans les grandes villes du pays.FINDES ANNEES 90 Ÿ Brazilectro, variantes bresiliennes de la musique electronique proeminente au cours de cette decennie et celle qui suit.ANNEES 2000 Ÿ Afroreggae, devenu tres present dans la musica popular brasileira, comme il lfest dans le hip hop et lfelectro bresiliens.ALAIN BRUNET Parmi les centaines de groupes independants de Sao Paulo, les professionnels citent dfabord Holger, excellent groupe inde qui sfexprime en anglais dans un marche tres majoritairement unilingue.Rencontre avec ses collegues une terrasse de Vila Madalena, Arthur Britto, batteur et multiinstrumentiste, se justifie : á Nous avons grandi au Bresil et meme si nous avons entendu des musiques de partout dans le monde, ce doit avoir forcement exerce une influence sur ce qufon fait, non ?Peut-etre creerons-nous bientot une nouvelle chanson de laquelle emergera un rythme samba, sans qufon puisse y coller une explication rationnelle.Je suppose que á lfangle bresilien â se trouve dans notre inconscient.á Nous aimons la musique, point.Tout ce qui nous touche finit par etre une inf luence.En haut de la liste, je citerais Pavement, The Flaming L ips, New Order, Os Mutantes, Caetano Veloso, Gilberto Gil, Tom Ze, Jorge Ben Jor, Fela Kuti, toutes sortes de hip hop, LCD Soundsystem, Gang of Four, Godspeed You! Black Emperor, la pop suedoise des zeroties, la pop indie des annees 90, etc.Plus recemment, lfa frobeat nigerian, les musiques caribeennes et des musiques electroniques un peu caricaturales se sont ajoutees a notre palette.â Et pourquoi chanter en anglais dans un marche de cette taille ou lfon parle le portugais bresilien ?Arthur Britto repond par une question : á Pourquoi ne pas chanter en anglais ?Pourquoi ne pas chanter en roumain, tant qufa y etre ?Le portugais est une langue difficile pour faire couler les mots dans la melodie.Lfanglais est plus simple et plus facile dfusage pour une chanson.Nous chanterions en mandarin si nous convenions que cette langue est un meilleur materiau pour nos chansons.â A SAO PAULO, ON CHANTE AUSSI EN ANGLAIS BRESILIENNE A part Sao Paulo et Rio, Belem do Para et Recife me semblent actuellement les deux villes les plus interessantes.Vous pouvez y decouvrir du nouveau chaque soir.â Il faut savoir que des villes secondaires comme Belem et Recife comptent respectivement 2,1 et 3,7 millions dfhabitants! áA Belem, par exemple, on use de rythmes exclusifs a la region (lfestuaire de lfAmazone), quelque part entre lfafro et lfamerindien.On y a aussi cree un style, la techno brega.On y reprend de la musique ringarde (brega) qufon rejoue tres rapidement en mode electronique â, explique Kassin.A Rec i fe , c apit a le du Pernambuco situee dans le nord-est du pays, plusieurs rythmes locaux sont aussi melanges avec le rock, lfelectronique, la pop bresilienne.áAinsi on fait quelque chose de neuf avec les rythmes traditionnels, affirme notre interviewe.Des groupes et artistes tres interessants en sont issus.â Le regne revendique par Sao Paulo Dans lfimaginaire mondial, Rio de Janeiro sfimpose encore comme etant la capitale culturelle du Bresil : samba, carnaval, bossa nova, funk, baile funkc Pour les professionnels de la musique residant a Sao Paulo, rien nfest moins sur.La megapole bresilienne est peuplee de plus de 18 millions dfhabitants, soit 7 millions de plus qufa Rio, ou les favelas jouxtent les quartiers riches.A Sao Paulo, ou les bidonvilles se perdent plutot en peripherie, on a lfimpression dfinvestir un Manhattan tropical.áLe milieu underground de Sao Paulo explose litteralement.Nous avons le sentiment de vivre la renaissance qufa vecu New York en 1979, une grande annee pour la musique alternative de lfepoque.Tant de groupes importants y emergeaientâ, pense Eduardo Ramos.Ce trentenaire est agent dfartistes, promoteur de concert et a sa propre etiquette.Cfest par son entreprise que les albums du groupe montrealais Arcade Fire ont ete distribues au Bresil.Tard dans la nuit paulista, on se rend avec Eduardo au Tapas Club, un des innombrables lieux de la rue Augusta, artere de Consolacao, quartier tres branche de cette megapole qui ne prevoit aucune heure de fermeture.Voila ce que nous indique fierement notre interviewe.áA Rio, affirme-t-il sans ambages, cfest mort! Rien a voir avec les grandes annees de la bossa nova et de la tropicalia.Plusieurs salles et lieux culturels emergent a Sao Paulo.â Debut trentaine, a lfinstar dfEduardo Ramos, Dago Donato est aussi un jeune producteur, DJ et proprietaire dfun club de nuit nomme Neu.Chaque vendredi, il fait danser sa clientele jusqufau lendemain matin.áLa scene musicale de Sao Paulo, affirme-t-il fierement, nfa jamais ete aussi diversifiee.On ne peut dfailleurs resumer lfactivite musicale a une scene, mais a plusieurs.Cette diversite encourage des musiciens de partout au pays a sfy installer : Lulina vient de Recife, Cidadao Instigadofs est issu de Fortaleza, le chanteur Marcelo Camelo vient de quitter Rio pour y enregistrer un album avec un groupe postrock de Sao Paulo, Hurtmold.Et ainsi de suite.á Je suis certain que Sao Paulo sera reconnu comme lfun des poles majeurs de la musique mondiale, affirme Dago.Ce nfest qufune question de temps.â CYBERPRESSE.CA BRESIL A lire egalement: Un demi-siecle de musique bresilienne et Marcos Valle, un temoin toujours allume, sur cyberpresse.ca/bresil PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE Alexandre Kassin (a droite) accompagnait Moreno Veloso .fils de Caetano Veloso .lors de son passageaMontreal en 2001.Presque dix ans plus tard, les deux musiciens travaillent toujours ensemble en sein du groupe Kassin +2 (avec Domenico Lancelotti), et Kassin est devenu une figure de proue de la nouvelle musique bresilienne.á Nous aimons la musique, point.Tout ce qui nous touche finit par etre une influence.â á Le milieu underground de Sao Paulo explose litteralement.Nous avons le sentiment de vivre la renaissance qufa vecu New York en 1979, une grande annee pour la musique alternative de lfepoque.Tant de groupes importants y emergeaient.â .Eduardo Ramos, agent dfartistes ARTS ET SPECTACLES HUMOUR NATHALIE PETROWSKI C\u2019est un cliché de le dire et pourtant, c\u2019est une grande vérité: tous ceux qui ont choisi de faire un métier de scène, qu\u2019ils soient chanteurs, acteurs ou humoristes, sont toujours un peu fous.On ne peut pas faire un tel métier, se dépenser et se décarcasser tous les soirs devant des milliers de gens sans être un brin marteau.Ça, c\u2019est dans le meilleur des cas.Dans le pire des cas, les artistes de la scène ne sont pas seulement fous à lier, ils sont un brin dérangés, voire complètement déséquilibrés.André Sauvé, lui, est dans une catégorie à part, la folie étant la matière première de son spectacle.Reste que lorsqu\u2019on le voit s\u2019activer frénétiquement sur scène et marcher le long du précipice qui sépare la folie de la raison, on a l\u2019impression qu\u2019il pourrait y basculer à tout moment.De tous les humoristes québécois, André Sauvé me semble le plus susceptible de plonger pour de vrai dans la déraison.C\u2019est une des premières remarques que je lui lance dans le café du Plateau où l\u2019on se rencontre.Il me regarde avec les deux grosses billes bleues de ses yeux, sourit timidement et acquiesce.«Cette possibilité de basculer, c\u2019est sûr qu\u2019elle est en moi.Depuis toujours.Non seulement la folie m\u2019intéresse, mais elle s\u2019intéresse à moi.Et c\u2019est clair qu\u2019il y a, chez moi, la curiosité d\u2019aller voir de ce côté-là et la volonté de me compromettre là-dedans.La folie, j\u2019en ai toujours eu peur, mais elle m\u2019a aussi toujours fasciné.» Voilà au moins une chose de réglée.André Sauvé ne fait pas que jouer au fou.Il pourrait sérieusement le devenir, mais ne retenez pas votre souffle : sachant cela de lui-même, André Sauvé a développé une série de mécanismes protecteurs et une hygiène de vie qui lui procurent un certain équilibre.Ajoutez à cela une trentaine de thérapies qu\u2019il a suivies et qui ont fini, 25 000$ plus tard, par porter leurs fruits.Le résultat, c\u2019est que dans la vie de tous les jours, André Sauvé est le plus posé et le plus raisonnable des gars.Mauvaise orientation Oubliez l\u2019échevelé, confus, déjanté, verbomoteur rouleur de «r» qui partage la tribune de Marc Labrèche à 3600 secondes d\u2019extase toutes les semaines.Dès que les projecteurs s\u2019éteignent, cet André-là disparaît.Surgit alors un type de 44 ans, timide mais avenant, qui a mis de longues années avant de savoir qui il était et ce qu\u2019il ferait quand il serait grand.Il raconte d\u2019ailleurs que si jamais il devait épouser une cause, ce serait celle des jeunes affligés de problèmes d\u2019identité pour qui le suicide est parfois le seul recours.Il sait très bien de quoi il parle.« Adolescent , je ne me reconnaissais dans rien de ce que faisaient les autres jeunes, ni dans les sports ni dans le cruisage.Mais surtout, je sentais qu\u2019il y avait un paquet d\u2019affaires en moi qui pourrissaient.L\u2019orienteur n\u2019a été d\u2019aucun secours.Il m\u2019a fait remplir un questionnaire et après avoir compilé les données, il m\u2019a proposé quatre métiers pas rapport, dont militaire.Autant dire que c\u2019est la dernière fois que je suis allé voir un orienteur.» Pourtant, déjà à l\u2019époque, André Sauvé savait faire rire les autres.Il avait compris que le rôle de clown lui permettait de socialiser modérément tout en lui évitant de se faire trop écoeurer par les durs du coin.Mais pourquoi n\u2019est-il pas à ce moment-là entré dans la troupe de théâtre ou la ligue d\u2019impro de son école ou de sa salle paroissiale ?«Le jeu m\u2019attirait, mais je ne pensais pas qu\u2019il y avait un chemin pour y parvenir.Je veux dire que, ne venant pas de ce milieu-là, je croyais que les artistes et interprètes appartenaient à une caste à laquelle je n\u2019aurais jamais accès.Comme un beau gros gâteau que tu regardes dans la vitrine tout en sachant que tu n\u2019y auras pas droit.» Rien à son épreuve À 18 ans, après un semestre anxiogène en sciences au cégep du Vieux Montréal, Sauvé a décidé de se pousser loin, très loin: l\u2019Europe, l\u2019Inde, Israël, n\u2019importe où pour être ailleurs que chez lui.Parti pendant un an, il est revenu à Montréal pour mieux repartir, cette fois dans l\u2019Ouest canadien où il a fait des vendanges et travaillé comme cueilleur de fruits.«Quand je suis f inalement revenu, j\u2019étais content d\u2019avoir vu le monde et d\u2019être sorti de mon quotidien.En même temps, je me suis rendu compte que malgré les expériences accumulées, j\u2019étais toujours avec lui : c\u2019est-à-dire, moi.» La quête s\u2019est poursuivie au Centre de relation d\u2019aide de Montréal (CRAM), où après une formation de plusieurs mois, il est devenu thérapeute.Ses explorations dans le monde de la croissance personnelle, tendance nouvel âge, n\u2019ont pas cessé pour autant, lui fournissant sans qu\u2019il le sache, une matière riche et abondante pour son premier spectacle.Se rouler dans la boue, marcher sur des charbons ardents, jouer du tam-tam, garder le silence pendant dix jours avec des moines, méditer comme un malade, se muer en danseur classique indien, tâter de la massothérapie, se livrer à d\u2019intenses séances chamaniques, rien n\u2019était à l\u2019épreuve d\u2019André Sauvé.Rien sauf la psychanalyse, qui ne l\u2019a jamais attiré et qui est à peu près la seule chose qu\u2019il n\u2019a pas essayée.La quête s\u2019est poursuivie sans lui apporter de réelles réponses.Et puis au bout de huit ans au CRAM, la souffrance des autres a commencé à lui peser.« Je suis une éponge.Je pogne toutes les bébittes et la douleur des autres.Dès qu\u2019un de mes amis se mettait à ne pas filer, je ne voulais pas en entendre parler.Je n\u2019étais plus capable d\u2019endosser la souffrance des autres.Un jour, une dame m\u2019a dit que j\u2019avais une belle sensibilité.Je lui ai répondu: la voulez-vous?Je vous la donne!» Nouvelle vie Tout a basculé le jour où Sauvé à accepter de se prêter à une gageure lancée par un ami.La version conte de fées, c\u2019est qu\u2019il est allé à Dégelis, dans le Bas-Saint-Laurent, pour participer à un obscur concours d\u2019humour dont Judi Richards était la marraine.Deschamps éta it dans la salle et a craqué quand il l\u2019a entendu déconstruire avec une fougue maniaque et névrotique le poème Soir d\u2019hiver de Nelligan, numéro qu\u2019il fait aujourd\u2019hui en spectacle.Cinq minutes plus tard, il avait un agent et un passeur officiel en la personne de Deschamps.La vra ie version, c\u2019est qu\u2019après des années d\u2019errance et plusieurs mois de dépression, Sauvé avait compris qu\u2019il fallait qu\u2019il fasse un geste pour ne pas sombrer.« Je savais d\u2019instinct en envoyant mon formulaire que j\u2019étais en train de poser le premier geste d\u2019une nouvelle vie.J\u2019avais 38 ans, le gâteau était prêt.Il fallait qu\u2019il sorte du four sinon il brûlait.» Évidemment, se lancer dans la fosse aux lions de la scène, quand on est un timide, discret et solitaire est un pari psychologique risqué.Sauvé a raconté à plusieurs journalistes qu\u2019au début, l\u2019anxiété qu\u2019il ressentait en spectacle était telle qu\u2019elle bouffait le peu de plaisir qu\u2019il aurait pu y prendre.Aujourd\u2019hui, après une tournée de près de deux ans et 200 spectacles, il a apprivoisé la bête tout en restant lucide.«Se retrouver sur une scène devant plein de monde, c\u2019est violent.C\u2019est violent avant, pendant et après, surtout si t\u2019es un gars gêné qui n\u2019aime pas s\u2019exposer.Après un show, il me faut une tonne de silence pour compenser, mais en même temps, j\u2019ai besoin de créer, besoin de prendre la parole et je sais très bien que s\u2019il n\u2019y avait pas eu la scène dans ma vie, je ne sais pas ce que je serais devenu.» Mardi, André Sauvé reviendra sur la scène du Théâtre Maisonneuve avec ses névroses, ses séances absurdes de chairlifting, ses magnifiques crises d\u2019angoisse à l\u2019épicerie et son Nelligan délirant.Tout ce qui l\u2019inquiète dans la vie reviendra le relancer sur scène et, pour une fois, ça ne le rendra pas fou.André Sauvé, du 27 avril au 1er maiau Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.ANDRÉ SAUVÉ UN MÉTIER DE FOU Atteint d\u2019anxiété chronique, André Sauvé n\u2019aurait jamais dû monter sur scène, présenter son premier one man show ni se lancer dans une mégatournée.Pourtant, 200 spectacles plus tard, il est plus en forme que jamais, prêt à donner une série de supplémentaires au Théâtre Maisonneuve sans même angoisser.ou presque.«Non seulement la folie m\u2019intéresse, mais elle s\u2019intéresse à moi.(.) La folie, j\u2019en ai toujours eu peur, mais elle m\u2019a aussi toujours fasciné.» PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE André Sauvé a longtemps cru que les métiers de la scène n\u2019étaient pas pour lui.«Je croyais que les artistes et interprètes appartenaient à une caste à laquelle je n\u2019aurais jamais accès.Comme un beau gros gâteau que tu regardes dans la vitrine tout en sachant que tu n\u2019y auras pas droit.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 24 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 4 A V R IL 20 1 0 "]
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