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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2010-09-21, Collections de BAnQ.

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[" 126e annee No274 48 pages, 4 cahiers 75\u2018 taxes en sus .Edition provinciale 89\u2018 Le prix peut etre plus eleve en regions eloignees LA FIN DfUNE EPOQUE GROS BRAS POUR MENACE INSAISISSABLE PHOTO FRED DUFOUR, AFP Les autorites francaises sont sur les dents et multiplient les interventions publiques pour sensibiliser la population au risque dfun attentat sur le territoire national, relevant que tous les indicateurs ásont au rougeâ.áLes services secrets ont cherche toute la journee de jeudi dernier une femme terroristeâ, a annonce une radio francaise, en precisant que la menace etait átoujours prise au serieuxâ.Les autorites ont renforce la surveillance de plusieurs endroits strategiques, dont la tour Eiffel, qui a du etre evacuee mardi dernier.MARC THIBODEAU PAGE A19 PHOTO ANDRE TREMBLAY, LA PRESSE SOCIETE GENERALE DE FINANCEMENT áLE TISSU URBAIN DOIT ETRE RENOVEâ Le maire de Laval affirme que son administration sfemploie depuis plusieurs mois a regler les problemes presentes dans notre serie sur sa ville.PAGE A9 LfAUTRE LAVAL Ingrid Betancourt, lfex-otage des FARC, raconte sa captivite dans un livre poignant qui sort aujourdfhui.Le pire, ce nfetait pas la maladie ni les betes tapies dans la jungle.Le pire, cfetait ses semblables : les humains.AGNESGRUDA PAGE A7 EXCLUSIF LA PRESSE OBTIENT LfAGENDA DU PREMIER MINISTRE LEMYSTERE DU2SEPTEMBRE Mon clin dfoeil STEPHANE LAPORTE áLe vote sur le registre des armes a feu devrait etre un vote a main levee.Haut les mains ! â .The National Rifle Association Venez voir mon blogue ! cyberpresse.ca/laporte L-V 6 21924 98765 1 ENFER HUMAIN Dans une version expurgee de lfagenda du premier ministre, on ne trouve aucune trace de la rencontre que Marc Bellemare pretend avoir eue avec lui le 2 septembre 2003.ANDRENOEL, FABRICE DE PIERREBOURG ET FRANCIS VAILLES PAGE A3 RACHID BADOURI MISSION FRANCE Lfhumoriste prend les grands moyens pour seduire lfHexagone.ARTS ET SPECTACLES PAGE 1 GALA DE LfADISQ UNEVISION BABYBOOMER DE LA MUSIQUE ?ARTS ET SPECTACLES PAGE 2 Jeunesse en detresse Deux rapports deposes hier dressent un portrait alarmant de la situation de la jeunesse au Quebec, notamment au Nunavik ou le nombre dfenfants en detresse est particulierement eleve.CATHERINEHANDFIELD ET AGNESGRUDA PAGE A7 BOXE Le Shark veut reprendre sa place LA CHRONIQUE DE REJEAN TREMBLAY SPORTS PAGE 1 Il y a eu des bons et des moins bons coups.Mais, malgre les controverses, la SGF a ete la lors des moments importants de lfhistoire de la province.LA PRESSE AFFAIRES PAGES 2 ET 3 Caids, fric et politique LA CHRONIQUE DE VINCENT MARISSAL PAGE A5 MOBILISATION CONTRE LE GAZ DE SCHISTE PAGE A11 MONT-SAINT-HILAIRE Jean Charest PHOTO JACQUES BOISSINOT, PC Ingrid Betancourt durant sa captivite.PHOTO AP Adrian Diaconu Gilles Vaillancourt, maire de Laval.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Montreal mardi 21 septembre 2010 Le plus grand quotidien francais dfAmerique FAIRE UN PIED DE NEZ A LfHIVER ET AUX PETROLIERES, CfEST BRILLANT.OBTENEZ DES PNEUS DfHIVER ET UNE CARTE-CADEAU DfESSENCE DfUNE VALEUR TOTALE ALLANT JUSQUfA 5 000 $!* Elantra GL 2010 Modele Limited montre Participation du concessionnaire de 500$ incluse.Une valeur total de 4500$ 1 866 359 8325 GARANTIE 5 ANS 5 ans/100 000 km Garantie globale limitee Garantie complete de Hyundai sans franchise.8750, boul.Taschereau, Brossard lorsque vous offrez en echange votre vehicule 1995 ou plus age.Cela, en plus de tout incitatif gouvernemental presentement offert.LA GAMME DE VEHICULES LES PLUS ECONERGETIQUES SUR LA ROUTE.LfEPA a decerne a Hyundai le titre de la gamme de vehicules 2009 les plus econergetiques aux Etats-Unis.+ Accent GL 3 portes 2010 Modele GL Sport montre Participation du concessionnaire de 250$ incluse.Une valeur total de 4250$ MC Les noms, logos, noms de produits, noms des caracteristiques, images et slogans Hyundai sont desmarques de commerce appartenant a Hyundai Auto Canada Corp.Prix desmodeles montres : Accent GL Sport 3 portes 2010 a 5 rapports a 18 609 $ / Elantra Limited 2010 a 25 409 $.Les prix incluent une participation de 500 $ du concessionnaire pour les Elantra L 2010.Frais de 115 $ (taxe de 15 $ sur les pneus et taxe de 100 $ sur le climatiseur), frais de livraison et de destination de 1 495 $ pour les Accent 2010 / 1 495 $ pour lfElantra 2010.Frais dfenregistrement, dfassurance, dfimmatriculation, RDPRMet taxes applicables en sus.Les frais de livraison et de destination comprennent les frais de transport et de preparation, dfadministration du concessionnaire et un plein de carburant.\u2021 Base sur le rapport AIAMC de juillet 2010.Base sur le rapport 2009 sur les tendances des emissions de dioxyde de carbone et de consommation de carburant de lfAgence de protection de lfenvironnement (EPA) des Etats-Unis.Cette comparaison se limite aux 10 plus grands constructeurs automobiles au chapitre des ventes aux Etats-Unis pour les vehicules dfannee-modele 2009.* Offres dfune duree limitee pouvant etre modifiees ou annulees sans avis prealable.Tous les details chez votre concessionnaire.Le concessionnaire peut vendre a prix moindre.Les stocks sont limites.Le concessionnaire pourrait devoir commander le vehicule.õõõ Rendez-vous chez votre concessionnaire pour savoir quels sont les vehicules admissibles et tous les details du programme de remises aux diplomes.õõ La garantie globale limitee de Hyundai couvre la plupart des pieces du vehicule contre les defauts de fabrication sous reserve du respect des conditions normales dfutilisation et dfentretien.* A lfachat dfune Accent GL 3 portes a 5 rapports ou dfune Elantra GL a 5 rapports, obtenez une carte-cadeau dfessence Esso et des pneus dfhiver pour une valeur totale combinee de 4 250 $ pour une Accent GL 3 portes, une valeur totale combinee de 4 500 $ pour une Elantra GL.Carte-cadeau valide a toute station dfessence Esso participante au Canada.La carte-cadeau dfEsso Canada ne possede pas de date dfexpiration.Esso est une marque de commerce de la Petroliere Imperiale Ltee, utilisee sous licence.Esso nfest pas un commanditaire ni un co-commanditaire de cette promotion.Lfadmissibilite a la carte-cadeau dfessence est assujettie a certaines conditions et exclusions.La valeur de la carte-cadeau dependra de la valeur des pneus dfhiver selectionnes par le client.Cette offre de carte-cadeau et de pneus dfhiver ne peut etre combinee a aucune offre de financement ou de location en promotion.Tous les details chez votre concessionnaire.áLa sous-compacte la plus vendue au Canada.â www.brossardhyundai.com PLUS OBTENEZ JUSQUfA 1 000$ DE RABAIS ADDITIONNEL LORSQUE VOUS OFFREZ EN ECHANGE VOTRE VEHICULE 1995 OU PLUS VIEUX COMMISSION BASTARACHE SOMMAIRE Amusez-vous ! AFFAIRES 14 Astrologie du jour AFFAIRES 13 Bourses AFFAIRES 10 et 11 Décès AFFAIRES 13 Forum A 20 et 21 Horaire télévision ARTS 4 Loteries A 12 Monde A 17 à 19 Petites annonces AFFAIRES 4 et 12 Sudoku AFFAIRES 4 Météo Généralement ensoleillé en matinée, maximum 19, minimum 17.AFFAIRES 12 VOUS AVEZ UNENOUVELLE ÀNOUS TRANSMETTRE?nouvelles@lapresse.ca UN COMMENTAIRE SURNOTRE JOURNAL?commentaires@lapresse.ca DENIS LESSARD DUBUREAU DEQUÉBEC Le registre des visites au cabinet du premier ministre Jean Charest, à l\u2019époque où Marc Bellemare était ministre de la Justice, ne montre pas de traces du financier libéral Franco Fava.Selon ce que La Presse a appris de sources proches de la Commission, l\u2019homme d\u2019affaires de Québec ne figure pas parmi les visiteurs admis au cabinet du premier ministre, qui doivent normalement signer le registre avant de monter à l\u2019étage.À la fin du mois d\u2019août, dans son témoignage, Me Bellemare avait insisté sur l\u2019influence de Franco Fava au PLQ et sur son emprise sur les nominations.Selon lui, M.Fava venait chaque semaine au bureau de Chantal Landry, responsable des nominations au cabinet de Jean Charest.La Presse a révélé hier que, selon le registre des visiteurs, un autre bailleur de fonds du PLQ, Charles Rondeau, était, lui, allé à 20 reprises au cabinet de M.Charest entre août 2003 et février 2004.Ce silence du registre sur la présence de M.Fava soulève aussi des questions sur son étanchéité: dans son témoignage, le chef de cabinet de Marc Bellemare, Michel Gagnon, a dit qu\u2019il avait vu à une occasion Franco Fava dans le bureau de Chantal Landry.Il semble que les contrôles étaient moins étanches en certaines occasions, par exemple lors de la prestation de serment d\u2019un nouveau gouvernement ou de la présentation d\u2019un budget, a-t-on expliqué par ailleurs.Mais plusieurs éléments de la déposition deMe Bellemare ont été corroborés hier par son ancien sous-ministre adjoint, Me Georges Lalande.Ce dernier a soutenu que Franco Fava lui avait souligné à deux reprises que le ministre Bellemare ferait mieux de cesser de «s\u2019entêter à jouer au pur» et de nommer des magistrats sympathiques au PLQ.Représentant du patronat à la Commission de la santé et de la sécurité du travail, M.Fava présentait clairement ces nominations comme un renvoi d\u2019ascenseur en échange d\u2019un appui au projet de loi du ministre Bellemare sur la réforme des tribunaux administratifs, a expliqué Me Lalande.Déposition préalable Il a tenté d\u2019en parler avec Bellemare, mais chaque fois, ce dernier lui rappelait qu\u2019il était bien au courant de ces pressions.Or, dans sa déposition préalable, faite pendant l\u2019été, Me Lalande avait soutenu ne pas avoir cru bon de parler de ces pressions au ministre Bellemare, pour respecter la nécessaire «démarcation entre la politique et l\u2019administratif ».La Presse a pu obtenir cette déposition préalable en dépit d\u2019un rappel pressant à la discrétion lancé hier par le commissaire Michel Bastarache.Cette déclaration révèle en outre \u2013 ce qui n\u2019est pas apparu hier \u2013 que, durant l\u2019été 2003, le ministre Bellemare se plaignait des interventions de MM.Fava et Rondeau, qui «poussaient sur lui pour qu\u2019il nomme leur monde».C\u2019est à cette époque que M.Bellemare aurait dit à son homme de confiance: «Il faut que j\u2019en parle au premier ministre.» Mai s l \u2019avocat de Jean Charest, Me André Ryan, a démontré que M.Fava avait parlé à Georges Lalande de nomination de juges à seulement deux occasions, le 8 juillet et le 12 décembre 2003.Au surplus, Me Ryan s \u2019est étonné du fa it que Me Lalande n\u2019ait pas jugé utile à l\u2019époque d\u2019en saisir son patron, le sous-ministre Michel Bouchard, ou même le premier fonctionnai re, André Dicaire.F i n a l emen t, Ge or ge s Lalande n\u2019a abordé la question avec Me Bellemare que le 8 mars 2004, lors d\u2019un repas à Québec.À cette époque, Me Marc Bisson, fils d\u2019un organisateur libéral de l\u2019Outaouais, avait été nommé juge à Longueuil l\u2019automne précédent, et Michel Simard, protégé de l\u2019argentier libéral Charles Rondeau, avait déjà été promu juge en chef adjoint.Le gouvernement avait aussi nommé Me Line Gosselin-Després, cousine de l\u2019ex-ministre Michel Després, juge à la Chambre de la jeunesse.Selon les souveni rs de Me Lalande, en privé, au restaurant Le Bistango, Marc Bellemare a «vidé son sac ».«Il a dit : \"Ces nominations, je les ai faites sous pression.J\u2019en ai parlé au premier ministre deux ou trois fois, mais il a dit : C\u2019est comme ça que ça marche.J\u2019ai perdu le no fault, mais le premier ministre m\u2019a dit que le projet de loi 35 (sur les tribunaux administratifs) va de l\u2019avant.\"» Étrangement, dans sa déposition préalable, Me Lalande avait soutenu que Michel Gagnon, le chef de cabinet de Me Bellemare, était aussi à ce dîner.Or, M.Gagnon, sous serment lui aussi, a dit que jamais il n\u2019avait entendu parler de pressions pour la nomination de magistrats.Selon l\u2019ancien haut fonctionnaire, le ministre Bellemare était alors prêt à accepter des nominations à la condition que son projet de réforme de la justice administrative soit adopté.Pour lui, il n\u2019y avait rien d\u2019illégal dans ces démarches ; c\u2019était une «position de négociations».Des notes À la différence de Marc Bellemare ou de ses collaborateurs Michel Gagnon et Jacques Tétrault, dont les souvenirs étaient diamétralement opposés, Georges Lalande, à l\u2019époque, avait pris des notes claires sur les interventions de Franco Fava.Ces notes sont colligées sur des papillons autocollants, une demi-douzaine pour l\u2019année 2003, qu\u2019il avait insérés dans son agenda.Le8juillet2003,M.Lalande avait ainsi noté: «Franco me dit qu\u2019il collecte presque 1 million par année pour le PLQ.Marc Bellemare ne comprend pas qu\u2019on ait besoin de nommer nos amis à la Justice, comme ailleurs.Ça foule aux portes.» M.Fava avait même ajouté qu\u2019on «avait laissé quelques nominations » au ministre, qui était libre par exemple de choisir qui il voulait au poste de juge en chef.Curieusement, le 8 juillet, Franco Fava parle déjà de Guy Gagnon comme juge en chef alors que, jusqu\u2019à la fin de l\u2019été, Marc Bellemare poussera un autre candidat auprès de Jean Charest.Le juge Gagnon a finalement eu le poste.M.Fava, toujours selon les notes deMe Lalande, avait soutenu qu\u2019il rencontrait «régulièrement Chantal (Landry) pour aligner (les) listes et Jean (Charest) est d\u2019accord avec ça.J\u2019étais avec lui le soir des élections, je m\u2019entends bien avec lui.Charles (Rondeau), qui connaît bien Michel Simard, pense qu\u2019il pourrait être nommé juge en chef adjoint au civil.Il y a aussi quelqu\u2019un qui est procureur de la Couronne dans la région de l\u2019Outaouais qu\u2019il serait important de nommer, mais Bellemare s\u2019entête à jouer au pur.» À une autre occasion, le 12 décembre, selon les notes de Me Lalande, Franco Fava a prévenu le sous-ministre Lalande que son patron devait collaborer.«Bellemare doit faire des efforts, on veut que la cousine de Michel Després soit nommée ici à Québec.Elle est une bonne libérale et est bien connue dans les affaires de la jeunesse.» PAS DE TRACE DE FAVA AU CABINET DE CHAREST Bellemare «s\u2019entêtait à jouer au pur », aurait dit le financier CYBERPRESSE.CA VIDÉO Alors qu\u2019il était ministre de la Justice, Marc Bellemare prenait peu de notes.Mais son sous-ministre adjoint, Georges Lalande, en prenait beaucoup.Voyez le reportage vidéo de Tristan Péloquinmontrant les extraits vidéo les plus percutants de son témoignage à cyberpresse.ca/lalande PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE À plusieurs reprises, le premier ministre Jean Charest a soutenu qu\u2019il ne se souvenait pas avec précision de la date de ses rencontres avec Marc Bellemare ni parfois du sujet de la discussion.Selon Georges Lalande, le ministre Bellemare était prêt à accepter des nominations à la condition que son projet de réforme de la justice administrative soit adopté.Pour lui, il n\u2019y avait rien d\u2019illégal dans ces démarches ; c\u2019était une «position de négociations ».llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll A 2 L A P R E S S E M O N T R É AL MA R D I 2 1 S E P T E M B RE 20 1 0 COMMISSION BASTARACHE ANDRÉ NOËL FABRICE DE PIERREBOURG ET FRANCIS VAILLES Dans une version très expurgée de l\u2019agenda de Jean Charest, que La Presse a obtenue, on ne trouve nulle trace d\u2019une rencontre cruciale avec Marc Bellemare le 2 septembre 2003.Marc Bellemare a toujours affirmé que c\u2019est ce jour-là qu\u2019il s\u2019est plaint de l\u2019ingérence excessive des collecteurs de fonds Charles Rondeau et Franco Fava dans le processus de nomination des juges.Durant cette rencontre, qui aurait duré deux heures, le premier ministre lui aurait ordonné de se plier aux demandes des deux argentiers.Le document en question, qui aurait été transmis à la Commission, comprend 17 pages extraites de l\u2019agenda du premier ministre.Il s\u2019agit de son emploi du temps pour 13 journées en particulier entre le 13 juin 2003 et le 4 mai 2005.Ces feuilles ont été imprimées le 14 avril et le 16 septembre 2010, si l\u2019on se fie aux indications figurant en haut de page.À neuf reprises, on y mentionne une rencontre ou un briefing avec Marc Bellemare, même après qu\u2019il eut démissionné de son poste de ministre de la Justice.On note aussi un rendez-vous le 15 juillet à 11h30 avec Huguette St- Louis, juge en chef de la Cour du Québec.Allègrement censurés Les documents obtenus sont si censurés et caviardés que l\u2019on y découvre seulement des données insignifiantes, comme la tenue vestimentaire du jour (« habit /cravate ») ou les heures d\u2019arrivée et de départ.Il est également impossible de vérifier, à titre d\u2019exemple, si Charles Rondeau a rencontré aussi le premier ministre, le 3 septembre 2003, lorsqu\u2019il est venu pour un long rendez-vous avec Chantal Landry, la responsable de la coordination pour la nomination des juges, dans le bureau voisin.Cette rencontre a eu lieu le lendemain de celle qu\u2019auraient eue Me Bellemare et Jean Charest.Rappelons que le registre des visiteurs au cabinet de Jean Charest démontre que Charles Rondeau est allé avec une grande assiduité aux bureaux du premier ministre, en particulier à celui de Chantal Landry.On dénombre 20 visites en 6 mois, de la fin août 2003 à la mi-février 2004.À plusieurs reprises, le premier ministre Jean Charest a soutenu qu\u2019il ne se souvenait pas avec précision de la date de ses rencontres avec Marc Bellemare ni parfois du sujet de la discussion.D\u2019après ce que nous avons pu apprendre, l\u2019agenda du premier ministre est saisi électroniquement puis imprimé.Mais, de son propre aveu, certaines rencontres informelles et fortuites ne figurent pas forcément dans ce document de travail.Le por te -pa role de l a commi s s ion Bas ta rache, Guy Versa i l les, n\u2019a pas voulu confirmer à La Presse s i l \u2019agenda du premi e r ministre avait été réclamé ou produit en preuve.«Les pièces réquisitionnées par la Commission demeurent con fident iel les jusqu\u2019au moment où elles sont utilisées en audience publique, nous a-t-il répondu par courriel.Si elles ne le sont pas, elles demeurent confidentielles.» Dans le camp de l\u2019opposition officielle, le député péquiste Ber trand Saint- A rnaud a es timé : « Ce n\u2019est pas avec des moitiés d\u2019agenda qu\u2019on va fa i re toute la lumière.Si Jean Charest veut aller au fond des choses, il doit remettre tout son agenda d\u2019avril 2003 jusqu\u2019à avril 2004, et la Commission verra s\u2019il y a lieu d\u2019en restreindre certaines parties.» « Est-ce qu\u2019il collabore vraiment avec la Commission ou pas ?» a-t-il demandé.Jean Charest n\u2019est pas le premier chef de gouvernement à qui l\u2019on demande de rendre public son agenda.En 1999, un organisme qui invoquait la Loi sur accès à l\u2019information fédérale avait formulé une requête similaire au premier ministre du Canada, Jean Chrétien.En 2008, la Cour fédérale avait décidé que les agendas quotidiens de Jean Chrétien devaient être rendus publics s\u2019ils se trouvaient dans une institution fédérale visée par la Loi, comme le Bureau du Conseil privé, ou entre les mains d\u2019un fonctionnaire.Seules les parties dévoila nt des renseignements personnels non rattachés à l\u2019exercice de la fonction de premier ministre ou au travail de ses fonctionnaires ne peuvent être divulguées, indique le jugement, qui a été porté en appel.Hugo d\u2019Amours , por teparole du premier ministre, n\u2019a pas rappelé La Presse .Jean Charest devrait témoigner cette semaine devant le commissaire Bastarache, mais il a déjà dit qu\u2019il ne fallait pas s\u2019attendre à «de grandes surprises ».AGENDA DE JEAN CHAREST Nulle mention de la rencontre avec Bellemare PHOTO MATHIEU BÉLANGER, REUTERS À la différence de Marc Bellemare ou de ses collaborateurs, l\u2019ancien sous-ministre adjoint Georges Lalande (notre photo) avait pris des notes claires sur les interventions de Franco Fava, a-t-il révélé hier devant la commission Bastarache.Ces notes sont colligées sur des papillons autocollants, une demi-douzaine pour l\u2019année 2003, qu\u2019il avait insérés dans son agenda.EXCLUSIF «Ce n\u2019est pas avec des moitiés d\u2019agenda qu\u2019on va faire toute la lumière.Si Jean Charest veut aller au fond des choses, il doit remettre tout son agenda d\u2019avril 2003 jusqu\u2019à avril 2004, et la Commission verra s\u2019il y a lieu d\u2019en restreindre certaines parties.» \u2014 Le député péquiste Bertrand Saint-Arnaud Il a dit: \"Ces nominations, je les ai faites sous pression.J\u2019en ai parlé au premier ministre deux ou trois fois, mais il a dit: C\u2019est comme ça que ça marche.\" Franco me dit qu\u2019il collecte presque 1 million par année pour le PLQ.Marc Bellemare ne comprend pas qu\u2019on ait besoin de nommer nos amis à la Justice, comme ailleurs.\u2014Georges Lalande \u2014Georges Lalande llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L M A R D I 2 1 S E P T E M B R E 2 0 1 0 A 3 LfEvEnement 100% grosbonsens Visitez Votre concessionnaire 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peut etre combine a des taux subventionnes de financement a lfachat ou la location.La prime de fidelite de 3000$/3000$/1000$/1000$ peut etre combine a des taux subventionnes de financement a lfachat ou la location.Tous les prix comprennent les frais de transport et de prelivraison, les taxes sur lfair climatise et les taxes sur les pneus.Reclamation de la prime fidelite : le vehicule Nissan actuel ou le vehicule concurrent doit etre de lfannee-modele 2000 ou plus recent et doit avoir ete immatricule et assure au Canada au cours des six mois precedant lfachat ou la location du Frontier 2010 ou Titan 2010 de Nissan neuf ou de demonstration.Le vehicule concurrent peut etre nfimporte quelle camionnette de marque concurrente.Le terme á camionnette â designe un petit camion dote dfune cabine integree a une carrosserie ouverte a parois et a panneau arriere bas.Lfechange du vehicule concurrent nfest pas exige.La prime de conquete/fidelite est transferable a un membre de la famille immediate a condition que celui-ci reside a la meme adresse que le proprietaire actuel.La prime de conquete/fidelite peut etre combinee a toutes les autres offres incitatives de Nissan Canada.*, õ Offres disponibles seulement chez les concessionnaires participants.Les concessionnaires peuvent fixer leurs propres prix.Les modeles illustres sont a titre indicatif seulement.Le concessionnaire peut devoir commander ou echanger un vehicule.Voyez votre concessionnaire pour tous les details.Taxes, immatriculation et assurance en sus et seront exiges a la livraison.Les prix peuvent faire lfobjet de changements sans preavis et ne peuvent pas etre jumeles a aucune autre offre.Les prix incluent le rabais du manufacturier.££ Chez les concessionnaires participants.Les noms, logos, slogans, noms de produits et noms des caracteristiques de Nissan sont des marques de commerce utilisees sous licence ou appartenant a Nissan Motor Co.Ltd.ou a ses filiales nord-americaines.Jusqufa11000$ de rabais surnos modeles 2010 a liquider.Titan cabine double LE 2010 illustre Frontier cabine double LE 4X4 2010 illustre 24073$* Prix revise 35073$ -11000$ titan Prix initial incluant un rabais fidelite de 3000$ disponible a certaines conditionsõ King Cab XE 2010 25 713$ -6000$ 19 713$* Prix revise King Cab XE 2010 frontier Prix initial incluant un rabais fidelite de 3000$ disponible a certaines conditionsõ ensemble sPort sans frais Une valeUr de 1100 $ .Couvre-bagages souple repliable .Marchepieds tubulaires .Decalques exclusifs a lfensemble Sport ACTUALITÉS La nomination des juges?Officiellement, c\u2019est de cela qu\u2019il est question à la commission Bastarache.Mais le témoignage-choc de l\u2019ancien sous-ministre Georges Lalande, hier, et les révélations de mes collègues concernant les entrées privilégiées d\u2019un influent collecteur de fonds nous conduisent ailleurs, au coeur même du problème: le pouvoir du fric sur les partis politiques, l\u2019omnipotence des organisateurs et le bon vieux copinage.En créant une commission d\u2019enquête expressément sur le processus de nomination des juges, Jean Charest voulait apparemment mettre le couvercle sur la marmite, mais on sent très bien que ça bout et que la soupe pourrait déborder.Une soupe composée d\u2019argent, de pouvoir, d\u2019influences indues, de renvois d\u2019ascenseur, de favoritisme\u2026 Vous savez ce que ça fait, une marmite qui déborde.Ça éclabousse partout, ça colle, ça sent le roussi et, après, on en a pour des heures à récurer.Rappelez-vous la marmite de Gomery.Au début, on voulait seulement savoir si les contrats de publicité du gouvernement fédéral avaient été attribués selon les règles de l\u2019art.Puis on a découvert (surprise, surprise !) tout un réseau d\u2019organisateurs et de collecteurs de fonds de mèche avec des entreprises qui acceptaient de jouer le jeu.Parlant de la commission Gomery, vous vous souvenez sans doute de Jacques Corriveau et de quelques autres bons amis libéraux, qui étaient à tu à et toi avec le premier ministre et ses ministres et qui entraient plus facilement dans leurs bureaux que s\u2019ils avaient eu une carte magnétique.À Québec, le gouvernement Charest comptait aussi (compte toujours?) quelques intimes qui fréquentaient le cabinet des ministres (et du premier ministre) avec la même assiduité qu\u2019un policier chez Tim Hortons.À ce chapitre, les noms de Charles Rondeau et de Franco Fava reviennent f réquemment depuis le début des audiences de la Commission.Georges Lalande, ancien sous-ministre associé de Marc Bellemare, a confirmé hier les allégations de ce dernier : Franco Fava en menait large et insistait lourdement non seulement auprès du ministre, mais également auprès des sous-ministres, qui doivent normalement être à l\u2019abri des manoeuvres politiques.S\u2019il doit y avoir une forteresse dans nos gouvernements, c\u2019est bien au ministère de la Justice.En ce sens, le témoignage de Georges Lalande est plus dévastateur que celui de Marc Bellemare (qui n\u2019est pas un témoin «neutre», évidemment) et plus éclairant que ceux de ses anciens collaborateurs, dont la mémoire semblait quelque peu émoussée.Dans son témoignage , M.Lalande a ajouté un élément important, qui va audelà de la nomination des juges : le marchandage.En gros, le collecteur de fonds dit : «Je récolte tant d\u2019argent pour le parti, j\u2019ai du pouvoir, je peux faire avancer certains dossiers, mais il faut que le ministre joue le jeu» (lire : qu\u2019il nomme notre monde).Il est question ici de nomination de juges mais, dans les faits, on touche à un phénomène beaucoup plus large, soit le pouvoir de l\u2019argent sur la machine gouvernementale.Si des collecteurs de fonds peuvent se promener aussi librement dans les antichambres du pouvoir et jouer ainsi les caïds jusqu\u2019aux portes de la magistrature, pourquoi ne le feraient-ils pas ailleurs ?Combien de nominations un gouvernement fait-il chaque année?Combien d\u2019amis un parti compte-t-il sur sa «liste»?On peut évidemment croire qu\u2019il s\u2019agit de cas isolés, dus à quelques collecteurs de fonds zélés qui sont intervenus auprès d\u2019un ministre néophyte.Une telle conclusion ferait bien l\u2019affaire de Jean Charest.Cela limiterait les dégâts.N\u2019était-ce pas le but de la Commission sur le processus de nomination des juges : éviter une enquête plus large sur le financement des partis politiques, notamment leurs liens avec la construction?Malgré le mandat extrêmement restreint de la commission Bastarache, la soupe déborde tout de même un peu.On constate une fois de plus, en découvrant le rôle des collecteurs du fonds, qu\u2019il n\u2019y a rien de plus secret au Québec que le financement public des partis politiques.Que les partis politiques, point.Faites un test : appelez n\u2019importe quel parti et demandez à connaître le nombre de membres.Bonne chance.Demandez à connaître le nom des principaux collecteurs de fonds dans votre coin.Mission impossible.Comment se fait-il que les lobbyistes doivent s\u2019enregistrer et non les collecteurs de fonds?Pourtant, ils sont, à l\u2019évidence, plus puissants que tous les lobbyistes qui font le pied de grue dans l\u2019antichambre du pouvoir dans l\u2019espoir de vendre leur salade.s Pour joindre notre chroniqueur : vincent.marissal@lapresse.ca Caïds, fric et politique VINCENT MARISSAL CHRONIQUE ARIANE LACOURSIÈRE Des centaines de résidants de La Prairie sont actuellement menacés de perdre leur médecin de famille s\u2019ils ne deviennent pas membres de la nouvelle Coopérative de solidarité santé La Prairie.D\u2019ici au 15 octobre, ils devront payer des frais annuels de 112,88$, sans quoi ils perdront leur médecin.«Moi, j\u2019ai l\u2019argent pour payer, mais certains ne l\u2019ont pas ! Je pensais que notre système de santé était gratuit.Là, j\u2019apprends qu\u2019on doit payer pour avoir accès à un médecin de famille», a dénoncé une citoyenne qui a joint La Presse et qui préfère garder l\u2019anonymat.Depuis quelques années, le concept de coopérative de santé a pris de l\u2019ampleur au Québec: on en compte actuellement une quarantaine.Les coopératives recrutent des membres qui paient une cotisation annuelle pour avoir accès à un certain nombre de privilèges.À La Prairie, les membres auront accès à un médecin de famille, pourront «réserver un rendez-vous dans les plages horaires à l\u2019urgence 24 heures à l\u2019avance par téléphone» et n\u2019auront plus à «payer les différents frais relatifs à la clinique (photocopies, tests.)».Les non-membres qui désireront voir un médecin devront quant à eux se «présenter le matin pour un rendez- vous en urgence, selon les disponibilités».Dans une lettre publiée dans le dernier numéro de la revue Le Point en administration de la santé et des services sociaux, le doyen de la faculté de médecine de l\u2019Université de Sherbrooke, le Dr Réjean Hébert, dénonce le fait que les coopératives de santé menacent le principe d\u2019universalité des soins au Québec.«La priorité d\u2019accès aux soins doit être déterminée par les besoins cliniques et non par la capacité du patient de payer ou d\u2019adhérer à une organisation», écrit le Dr Hébert.Le président de la Fédération des omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, explique: «On attend une réponse du ministère de la Santé là-dessus depuis longtemps.Mais quand être membre est essentiel pour avoir accès aux médecins de famille, c\u2019est un frein majeur à l\u2019accès.C\u2019est problématique.» «La seule raison qui devrait permettre à un patient de passer devant un autre est une raison médicale », affirme pour sa part le secrétaire du Collège des médecins, le Dr Yves Robert.Grande séduction Les coopératives de santé recrutent des médecins en leur offrant d\u2019alléchantes conditions de travail.Par exemple, certains établissements paient le loyer et le personnel de soutien.Le Dr Hébert déplore qu\u2019une «surenchère» digne du film La grande séduction est en train de se dérouler au Québec.«On contourne ce qui a été établi pour la répartition équitable des médecins dans les régions», dénonce-t-il.Le Dr Godin reconna ît que les coopératives de santé se trouvent dans «une zone grise».«Il faut clarifier la situation.Actuellement, les médecins qui pratiquent en cabinet ont de plus en plus de difficulté à survivre.Leurs frais de fonctionnement sont trop élevés.Plusieurs doivent fermer leurs portes.Pour continuer d\u2019offrir un service dans leur régions, plusieurs optent pour les coopératives.Il est temps que le gouvernement régisse cette pratique et règle les problèmes de financement des cabinets.» Le Dr Robert partage cet avis: «En choisissant de ne rien faire, on accepte qu\u2019un tel système s\u2019installe, et il sera bien difficile de revenir en arrière.» Au cabinet du ministre de la Santé, Yves Bolduc, on dit «avoir la volonté de reprendre la réflexion sur les coopératives de soins».Le Dr Hébert croit que le gouvernement doit se prononcer rapidement.Selon lui, les coopératives de santé peuvent devenir « le cheval de Troie qui va démolir notre système de santé»: «C\u2019est une forme de privatisation du système de santé.Une approche en douce, dotée certes de bonnes intentions, mais qui a des effets néfastes et qui prive, surtout à long terme, la population d\u2019un accès universel et équitable aux services de santé dont elle a besoin.» COOPÉRATIVE DE SOLIDARITÉ SANTÉ LA PRAIRIE 112$ par an pour un médecin de famille Malgré le mandat extrêmement restreint de la commission Bastarache, la soupe déborde tout de même un peu.Les coopératives de santé peuvent devenir « le cheval de Troie qui va démolir notre système de santé ».\u2013 Le Dr Réjean Hébert, doyen de la faculté de médecine de l\u2019Université de Sherbrooke llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L M A R D I 2 1 S E P T E M B R E 2 0 1 0 A 5 **Le taux de location est celui offert par Services financiers BMW sur approbation du crédit uniquement quant au modèle ci-après cité en stock.BMW 323i 2011 Édition de luxe: le prix de vente est de 40 265$.Pour une location de 48 mois avec un taux d\u2019intérêt annuel de 2,9%comportant une mensualitéde359$/ 419$/ 475$, un montant de8575$/5907$/3524$est exigé à la signaturedu contrat de location, lequel montant inclut l\u2019acompte (si applicable), un dépôt de sécurité, la premièremensualité, les frais de transport et de préparation, les frais d\u2019administration du concessionnaire ainsi que l\u2019enregistrement d\u2019une hypothèque mobilière.La valeur résiduelle du véhicule à l\u2019échéance du terme est de 18 055$.La mensualité varie selon le montant de l\u2019acompte versé et de la valeur résiduelle.L\u2019obligation totale pour la location (incluant l\u2019acompte) est de 25 022,17$/ 25 183,93$/ 25 328,36$.Le kilométrage annuel alloué est de 20 000 km; 0,15$ du kilomètre excédentaire.\u2020Prix de vente pour la 323i 2011 Édition de luxe et inclut les rabais du fabricant.Prix de vente pour le modèle de base + les équipements: 43 765$.Conditions générales: le concessionnaire peut louer (ou vendre) à prix moindre.Le coût de l\u2019enregistrement du véhicule, les frais d\u2019immatriculation, les options, l\u2019assurance et les taxes applicables sur le dépôt et sur les mensualités sont en sus.Des frais peuvent être exigés pour usure excessive.Ces offres sont d\u2019une durée limitée, mutuellement exclusives, sujettes à la disponibilité et peuvent être modifiées ou annulées sans préavis.Le véhicule doit être livré au plus tard le 30 septembre 2010.Certaines conditions s\u2019appliquent.Consultez un concessionnaire BMWpour obtenir tous les détails.Photo à titre indicatif seulement.LesmodèlesBMW2011 achetés au Canada d\u2019un concessionnaireautorisé sont couverts par un programmed\u2019entretien sans frais de4ans ou 80 000 km, selon la premièreéventualité.©2010BMWCanada inc.«BMW», le logoBMW,tous les noms de modèles BMW et toute autre famille de marques, d\u2019images et de symboles relatifsàBMWsont la propriétéexclusiveet/ou des marques déposées deBMWAG utilisées sous licence.Blainville HamelBMW 620, boul.de la Seigneurie Ouest 450.437.5050 hamelbmw.com Le pLaisir d\u2019en avoir pLus Pour plus de détails, visitez le bmweditiondeluxe.ca 323i 2011 Édition de luxe 40 265$\u2020 Prix de vente à partir de OFFRE À LA LOCATION 359$/ mois pendant 48 mois 2,9%** Taux de location MENSUALITÉ ACOMPTE OFFRE À L\u2019ACHAT 359$ 5300$ 419$ 2500$ 475$ 0$ Transmission automatique \u2022 intégration usB au système audio *Par rapport au prix des équipements achetés séparément.Montréal BMWCanbec 4090, rue Jean-Talon Ouest 514.731.7871 bmwcanbec.com Laval BMWLaval 2450, boul.Chomedey 450.682.1212 514.990.2269 bmwlaval.com West island BMWWest island 2000, aut.Transcanadienne Sud 514.683.2000 bmwwestisland.com rive-sud park avenueBMW 8400, boul.Taschereau Ouest 450.445.4555 514.875.4415 parkavenuebmw.com rive-sud BMWsainte-Julie 1633, boul.Armand-Frappier 450.922.1633 514.875.4400 bmwsaintejulie.com Économie de 3 500$* LaBMW323i 2011 Édition de luxe comprend: roues en alliage de 17 pouces \u2022 Toit ouvrant vitré \u2022 système BMWassist avec dispositif Bluetooth \u2022 sièges à réglage électrique \u2022 bmwmontreal.ca Le plaisir de conduire.Md BMW 323i Édition de luxe ACTUALITÉS SARA CHAMPAGNE Dans la foulée de la sortie du livre CHUM: une tragédie québécoise, de Robert Lacroix, ancien recteur de l\u2019Université de Montréal, l\u2019ancien ministre de la Santé Philippe Couillard n\u2019a pas l\u2019intention de relancer le débat sur la décision de construire l\u2019hôpital universitaire francophone au centreville.Il qualifie néanmoins de «sombre théorie du complot» les propos de l\u2019auteur à son sujet.Joint hier, le Dr Couillard, qui s\u2019est imposé un devoir de réserve depuis son départ de la politique, a refusé de nous accorder une entrevue, mais nous a dit qu\u2019il avait fait parvenir une lettre ouverte à La Presse.Il y explique qu\u2019il n\u2019a «pas d\u2019acrimonie, de rancune ou de fiel ni d\u2019intention de nourrir cette triste bataille d\u2019arrière-garde».Mais, ajoute-t-il, «peut-on sérieusement penser, sans démontrer ainsi la faiblesse des arguments, qu\u2019un seul homme ait été en mesure d\u2019avoir l\u2019influence que M.Lacroix m\u2019attribue?Recourir à une sombre théorie du complot, désigner un bouc émissaire dispense de revoir ces choses ennuyeuses que sont l\u2019organisation des soins, l\u2019accès, les coûts et le développement urbain », écrit-il.Dans leur livre, qui sort aujourd\u2019hui, Robert Lacroix et Louis Maheu, ancien membre de la direction du CHUM, reviennent sur la bataille politique qui a mené au choix du 1000, rue Saint-Denis, au centre- ville, et ne manquent pas de décocher plusieurs flèches à l\u2019égard de Philippe Couillard.Selon eux, il est clair que, faute de bâtir au 6000, rue Saint-Denis, dans Rosemont, le site de la gare Outremont était un meilleur choix, tant financièrement que dans des perspectives d\u2019expansion.«CHUM: un désastre » À peine arrivé en librairie, le livre a aussi fait réagir le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Gaétan Barrette, qui s\u2019était prononcé en faveur du terrain d\u2019Outremont à l\u2019époque.Il ne veut pas commencer une nouvelle campagne sur le choix de l\u2019emplacement, même si c\u2019est tentant, dit-il, mais il estime que ce que les auteurs ont écrit est «la stricte vérité ».«Les gens du milieu de la santé sont encore incrédules, ils regardent ça et se demandent quelle sera la prochaine tuile qui va leur tomber sur la tête.La décision de bâtir au centre-ville n\u2019était pas basée sur la raison.Les raisons sont inavouables, il n\u2019y a pas de raison logique, professionnelle, autre que la politique interne pour expliquer le changement de site », ajoute le Dr Barrette.De son côté, l\u2019opposition officielle à Québec parle non pas d\u2019une « tragédie québécoise », mais d\u2019un «désastre ».«Si le gouvernement n\u2019avait pas rejeté le projet au 6000, rue Saint-Denis, qui avait rallié le milieu, on aurait un hôpital universitaire aujourd\u2019hui.Les coûts sont devenus astronomiques et on n\u2019arrive pas à en voir la fin», déplore Agnès Maltais, nouvelle critique du PQ en matière de santé.«Il ne faut pas être menotté par le passé, dit-elle.Si c\u2019est moins coûteux, sur 30 ans, de revenir en arrière, il va falloir que le gouvernement démontre de l\u2019ouverture au lieu de faire de l\u2019entêtement idéologique.» David Levine, dont il est également question dans livre, a refusé de le commenter, hier.Les auteurs relatent qu\u2019il a empêché la construction du CHUM au 6000, rue Saint- Denis avant que les élections de 2003 soient déclenchées.Christian Paire, directeur général actuel du CHUM, a lui aussi refusé de commenter le livre et l\u2019avancement des travaux au centre-ville.P«RÉPONDRE À L\u2019AMERTUME», LA RÉPLIQUE DE PHILIPPE COUILLARD, À LIRE DANS FORUM, PAGE A20.Sortie du livre CHUM: une tragédie québécoise Couillard évoque la «théorie du complot» Selon un sondage de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) réalisé en 2008, 63% des membres inscrits croyaient que le CHUM ne serait pas inauguré avant 2017, et 37% pensaient même qu\u2019il le serait après 2018.PESSIMISME EN BREF Services de garde : un encadrement plus serré Un encadrement beaucoup plus serré des services de garde sera sanctionné dans un projet de loi déposé cet automne par la ministre responsable, Yolande James.Ainsi, il ne devrait plus y avoir une seule place en garderie accordée de façon arbitraire comme par le passé.Le projet de loi visera aussi à éviter la revente de permis de garderie ou de transfert d\u2019actions.Et la loi aura des dents et imposera des sanctions plus sévères à ceux qui s\u2019adonnent à la surfacturation ou contreviennent aux règlements.\u2013 PC PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE L\u2019ex-ministre Philippe Couillard, en compagnie de Robert Lacroix de l\u2019Université de Montréal, lors de l\u2019annonce du mégahôpital CHUM au 1000, rue Saint-Denis, en mars 2005.«Recourir à une sombre théorie du complot, désigner un bouc émissaire dispense de revoir ces choses ennuyeuses que sont l\u2019organisation des soins, l\u2019accès, les coûts et le développement urbain », écrit l\u2019ex-ministre.Le 14 septembre dernier, dans un article sur le projet de loi 103 sur les écoles passerelles, nous écrivions que Sharad Bhargava, membre du comité des parents de la commission scolaire Lester B.Pearson, souhaitait l\u2019abolition de la loi 101.Le comité des parents, qui dit «accepter» la loi 101, tient à préciser que les propos de M.Bhargava ne reflètent pas sa position.PRÉCISION Débrayage-surprise au CSSS de Saint-Jérôme Onze infirmières, dont trois infirmières auxiliaires, ont refusé à la dernière minute de commencer leur quart de travail hier après-midi au CSSS de Saint-Jérôme.Ce débrayagesurprise exprime le «ras le bol» des infirmières face au manque de personnel chronique, explique Nancy Moss, présidente du Syndicat des professionnels en soin de Saint-Jérôme.«Nos infirmières se sont présentées au travail à 16h et ont su qu\u2019il manquait du personnel.Elles sont tannées, elles ont décidé de ne pas entrer», dit Mme Moss.Vers 21h, les infirmières ont accepté de prendre leur poste et rencontreront aujourd\u2019hui le Conseil des services essentiels.Avec un taux d\u2019occupation de 200%, le CSSS de Saint-Jérôme était dans une situation «exceptionnelle» hier, selon le directeur général François Therrien.«Cela dénote un problème chronique: on a du mal à recentrer les urgences sur leur vraie fonction.Il faut trouver des solutions pour mieux structurer les urgences et tout le monde travaille dans le même sens», dit-il.«Nous voulons trouver des solutions permanentes.Il manque des infirmières et des infirmières auxiliaires, les absences ponctuelles sont problématiques, les gens sont à bout de souffle», souligneMme Moss.\u2013Anabelle Nicoud llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll A 6 L A P R E S S E M O N T R É AL MA R D I 2 1 S E P T E M B RE 20 1 0 Transférez votre compte-chèques chez TD Canada Trust et vous recevrez 150 $ en argent1.1 Des conditions s\u2019appliquent.Consultez nous pour obtenir plus de renseignements.L\u2019offre est valide du 9 août au 1er octobre 2010, mais elle peut être modifiée, prolongée ou retirée en tout temps, sans préavis.2 Les heures d\u2019ouverture diffèrent selon la succursale.* Marque de commerce de La Banque Toronto-Dominion.FAITES VITE! Une nouvelle succursale de TD Canada Trust de votre quartier.TRANSFÉREZ VOS COMPTES CHEZ NOUS ET OBTENEZ 150 $ CETTE OFFRE PREND FIN LE 1er OCTOBRE 2010.5060, boul.Arthur-Sauvé (Arthur-Sauvé et Sainte-Rose) Laval 450-627-5091 Lundi au mercredi 8 h à 18 h Jeudi et vendredi 8 h à 20 h Samedi 8 h à 16 h Boul.Arthur-Sauvé Boul.Sainte-Rose Rue 52 1 Il y a de nombreuses raisons qui justifient le transfert de vos comptes chez TD Canada Trust : nos heures d'ouverture prolongées2, notre réseau de plus de 1 100 succursales très bien situées, SimplÉpargnes*, le programme d\u2019épargne qui verse automatiquement de petites sommes d\u2019argent à votre compte d\u2019épargne quand vous utilisez votre carte de débit.Et en ce moment, vous pouvez recevoir 150 $ en transférant vos comptes chez nous \u2013 un petit coup de main de TD Canada Trust.Visitez la nouvelle succursale de TD Canada Trust d\u2019ici le 1er octobre 2010 pour connaître les détails de cette offre exclusive. ACTUALITÉS AGNÈS GRUDA Les services pour les enfants en difficulté s\u2019améliorent à pas de tortue dans le Grand Nord québécois.Mais les progrès restent extrêmement précaires, et les statistiques sur la réalité des jeunes Inuits donnent froid dans le dos.Trois ans après avoir publié un rappor t accablant sur la situation des enfants du Nunavik, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse a dressé, hier, le bilan du chemin parcouru.Ce qui en ressort, en gros, c\u2019est que si les services sociaux sont mieux organisés, la proportion d\u2019enfants en détresse reste ahurissante.Ainsi, 30% des jeunes Inuits de moins de 18 ans font l\u2019objet d\u2019un signalement à la Direction de protection de la jeunesse.C\u2019est six fois plus que dans le reste du Québec.Cette année, la DPJ a retenu 1341 signalements, ce qui représente plus de 23% de tous les enfants et adolescents du Grand Nord québécois.En d\u2019autres mots, près d\u2019un jeune Inuit sur quatre vit une situation de détresse suffisamment aiguë pour avoir besoin de protection.Entre 2006 et 2009, les signalements d\u2019enfants en danger ont carrément explosé.Le nombre de cas a augmenté de 110% dans les villages de la baie d\u2019Hudson, et de 57% du côté de la baie d\u2019Ungava.Cette tendance ne constitue pas nécessairement une mauvaise nouvelle.Elle signifie que la Loi sur la protection de la jeunesse est maintenant appliquée au Nunavik, ce qui n\u2019était pas le cas il y a trois ans, fait valoir la viceprésidente de la Commission, Sylvie Godin.N\u2019empêche : dans son rapport, la Commission écrit : « La situation des enfants du Nunavik demeure encore aujourd\u2019hui très alarmante, car la détresse sociale semble s\u2019intensifier.» Et dans certains villages du Grand Nord, le tissu social s\u2019est carrément dégradé depuis trois ans.«Notre bilan peut paraître timide», reconnaît Sylvie Godin, qui souligne toutefois que le Nunavik part de loin.Et qu\u2019il n\u2019était pas évident d\u2019implanter un modèle d\u2019intervention étranger à la culture inuit.Déception « Je suis très déçu de constater que la situation ne s\u2019est pas améliorée autant que nous l\u2019aurions souhaité », dit Pita Ataami, président de la Société Makivik, responsable du développement du Nunavik.Selon lui, un grand pas a cependant été franchi dans les dernières années : les mauvais traitements dont souff rent les enfa nts du Nunavik ne constituent plus un tabou.«Les gens commencent à en parler, nous reconnaissons maintenant que nous avons un problème, que certains parents négligent leurs enfants », dit-il.D a n s s on bi l a n, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse revient sur les 21 recommandations qu\u2019elle a formulées il y a trois ans.Plusieurs d\u2019entre elles ont été suivies, du moins en partie.Mais sur certains points, rien n\u2019a bougé.Ainsi, les problèmes de recrutement restent aigus dans le Grand Nord.Un intense rattrapage a permis de pourvoir tous les postes à la DPJ du côté de la baie d\u2019Ungava.Ce n\u2019est pas le cas du côté de la baie d\u2019Hudson, où le tiers des postes n\u2019étaient pas comblés.Cela force les employés à faire de nombreuses heures supplémentaires, ce qui contribue au surmenage et à l\u2019incessant roulement du personnel.Le rapport reproche au gouvernement du Québec de ne pas avoir amélioré les conditions de travail des employés qui font le choix de travailler dans le Grand Nord.Mais depuis la rédaction du rapport, Québec a annoncé un investissement supplémentaire de 280 millions de dollars qui devrait améliorer le taux de rétention du personnel au Nunavik, se réjouit Sylvie Godin.En revanche, la situation des familles d\u2019accueil est toujours extrêmement instable.Les adoptions traditionnelles ne sont toujours pas évaluées mais, surtout, la pénurie de logements exacerbe tous les aut res problèmes sociaux.Or, sur ce point , rien n\u2019a bougé, déplore Mme Godin, selon qui la situation du Grand Nord exige que l\u2019on reste « en mode urgence.» Aveccebilan,laCommission termine son intervention au Nunavik \u2013 même si elle se réserve le droit de se pencher ponctuellement sur les problèmes du Grand Nord.«Nous sommes prêts à prendre nos responsabilités », assure Pita Ataami.Nunavik Bilan de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse Le nombre d\u2019enfants en détresse reste élevé CATHERINE HANDFIELD Pour la t roisième année consécutive, les directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ) du Québec ont enregistré l\u2019an dernier une légère hausse du nombre de signalements.L\u2019appauvrissement des familles en serait la principale cause.En 2009-2010, les DPJ ont traité un total de 70 716 signalements, soit 1000 de plus que l\u2019année précédente.De ce nombre, un peu plus de 30 000 ont été retenus, selon le bilan annuel publié hier, intitulé La négligence, faites-lui face.Les DPJ ont choisi de mettre l\u2019accent sur la négligence parce qu\u2019elle constitue encore une fois le motif le plus souvent invoqué lors d\u2019un signalement.L\u2019an dernier, près de 4 signalements sur 10 concernaient des cas de négligence ou de risque sérieux de négligence.Le bilan 2009-2010 fait état de 600 cas de négligence de plus que l\u2019année précédente.Les situations de sévices, de mauvais traitements physiologiques et de troubles du comportement sont également en hausse.Dans la grande région de Montréal, les signalements ont augmenté dans Lanaudière (+8,1%) et en Montérégie (+5,6%), mais ils sont restés relativement stables à Montréal, à Laval et dans les Laurentides.Ce constat s\u2019explique en partie par l\u2019exode des familles montréalaises vers les banlieues éloignées, selon Sonia Gilbert, directrice de la protection de la jeunesse de la Montérégie.Lorsqu\u2019elles déménagent, les familles défavorisées se retrouvent parfois isolées.D\u2019ailleurs, l\u2019augmentation des signalements au Québec s\u2019explique « surtout par une situation socio-économique plus difficile et le stress qu\u2019el le engendre », selon Sonia Gilbert, qui constate depuis cinq ans une hausse des problèmes de toxicomanie et de santé mentale dans les familles.D\u2019autres facteurs expliquent l\u2019augmentation du nombre de signalements, dont les programmes de prévention, les campagnes de sensibilisation et une meilleure accessibilité des CPE, selon Mme Gilbert.La moitié des enfants placés Par ailleurs, près de la moitié des enfants suivis par la DPJ sont retirés de leur milieu familial (9332 sur 20 068).De ce nombre, la plupart sont placés en famille d\u2019accueil.Comment expliquer cette forte proportion?«Lorsque les cas arrivent jusqu\u2019à nous, la situation est déjà dégradée», dit Sonia Gilbert.Elle assure que, dans la mesure du possible, la DPJ préfère que l\u2019enfant reste auprès des siens.Sophie, 39 ans, a pu garder ses deux filles malgré l\u2019intervention de la DJP.Hier, la Montréalaise a accepté de raconter son histoire en marge de la conférence de presse.«On entend souvent parler des choses négatives à propos de la DJP; je voulais donner un autre point de vue», a-t-elle dit.Elle reconnaît que, lorsque la DPJ a cogné chez elle, en 2006, sa première réaction a été la colère.À l\u2019époque, elle avait une fille de 1 an et était enceinte de sa deuxième.Tranquillement, Sophie et son conjoint ont accepté de suivre les conseils de l\u2019intervenante.Ils ont consenti à soigner leurs problèmes de santé mentale et à prendre les rendez-vous nécessaires pour leurs filles.Le 26 août dernier, la DPJ a fermé le dossier, satisfaite des progrès de Sophie et de son conjoint.«Dans le fond, ça a été une bonne chose que la DPJ soit venue dans nos vies.Je ne pense pas que les filles seraient rendues où elles le sont, et notre santé mentale ne se serait pas améliorée non plus », a conclu Sophie, qui vient tout juste de retourner aux études.DIRECTION DE LA PROTECTION DE LA JEUNESSE Les signalements augmentent encore «Les gens commencent à en parler, nous reconnaissons maintenant que nous avons un problème, que certains parents négligent leurs enfants.» \u2014 Pita Ataami, président de la Société Makivik llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L M A R D I 2 1 S E P T E M B R E 2 0 1 0 A 7 PRENEZ LE POULS DEVOTRE MONDE LE TÉLÉJOURNAL 22H CÉLINE GALIPEAU LE TÉLÉJOURNAL 18H NE PERDEZ PAS LE FIL DE L\u2019INFO PATRICE ROY MONTRÉAL PLUS Projet Montréal se sert de YouTube Projet Montréal porte son combat pour la climatisation dumétro sur YouTube.Le deuxième parti de l\u2019opposition a mis en ligne une vidéo musicale.Intitulée Il fait chaud dans le métro, il s\u2019agit d\u2019une parodie de la publicité Il fait beau dans le métro conçue pour la STCUM dans les années 70.«Tout l\u2019monde transpire jusqu\u2019aux orteils, chantent les comédiens en dansant.Il fait chaud dans l\u2019métro.Paraît qu\u2019le prix d\u2019la passe va augmenter pareil.» À la fin du mois d\u2019août, en pleine canicule, le parti de Richard Bergeron a demandé à la Société de transport de Montréal (STM) qu\u2019elle munisse les nouveaux wagons de métro de systèmes de climatisation.Le transporteur a toutefois refusé cette demande, qu\u2019il juge trop chère et inutile.Son président, Michel Labrecque, a souligné que la climatisation aurait pour effet d\u2019augmenter la température des stations, puisque les dispositifs produisent eux-mêmes de la chaleur.\u2013Martin Croteau Le Bixi à Washington Après Londres, Melbourne, Boston et Minneapolis, Washington: la capitale américaine a inauguré hier le Capital Bikeshare, son système de vélo en libre service cousin du Bixi.Pour l\u2019heure, 1100 vélos sont disponibles, mais la Ville compte sur un coup de pouce du gouvernement fédéral pour augmenter, dans les prochains mois, son parc de bicyclettes.«On utilise chaque ville et chaque société comme un ambassadeur, dit Roger Plamondon, président du conseil d\u2019administration de la Société de vélo en libre-service, joint hier à Washington.C\u2019est clair qu\u2019on est fiers d\u2019avoir notamment une station de vélos White House, accessible seulement aux employés de la Maison- Blanche.» \u2013 Anabelle Nicoud EN BREF PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE L\u2019Agence métropolitaine de transport (AMT) a donné hier le coup d\u2019envoi aux activités entourant la journée En ville sans ma voiture, qui aura lieu demain, tout comme dans plus de 2000 municipalités dans lemonde.Pour l\u2019occasion, le périmètre délimité par la rueDe Bleury et l\u2019avenue McGill College et les boulevards DeMaisonneuve et René-Lévesque sera interdit à la circulation automobile de 9h à 15h30.La rue Sainte-Catherine sera «gazonnée», et on y installera des tentes et des tables de pique-nique.Porte-parole de la journée, le comédien Emmanuel Bilodeau, qui se déplace principalement en véloàMontréal, a dit hier: «Si j\u2019avais pu un jour inventer un événement, j\u2019aurais inventé En ville sans ma voiture.Et j\u2019aurais rêvé d\u2019en être le porte-parole.» Pour consulter le programme complet des actitivés: amt.qc.ca/promotion/enville \u2013 Bruno Bisson UN CENTRE-VILLE SANS VOITURE.DÈS DEMAIN MARTIN CROTEAU Critiqué par l\u2019opposition, le maire Gérald Tremblay a défendu sa décision d\u2019autoriser une version réduite du projet immobilier dans l\u2019ancien collège Marianopolis, hier soir, à la réunion mensuelle du conseil municipal.La Presse a révélé samedi que l\u2019administration Tremblay a donné son aval au nouveau projet, qui prévoit la construction de 150 appartements au lieu des 325 prévus à l\u2019origine.Le promoteur, Développement Cato, bâtira des copropriétés dans le bâtiment principal de l\u2019ancien collège et érigera un immeuble additionnel sur le terrain de l\u2019actuel centre sportif.Mais il renonce à construire des tours atteignant neuf étages et des maisons unifamiliales sur la propriété.La version finale de l\u2019ensemble résidentiel est soumise au vote du conseil municipal, cette semaine.Et Vision Montréal compte s\u2019y opposer.Le conseiller François Croteau a dénoncé hier la «privatisation» d\u2019une parcelle du mont Royal.Le projet initial, a-t-il souligné, prévoyait que la population aurait accès au terrain, un élément qui a disparu de la nouvelle version.Au contraire, le promoteur pourra ériger une clôture autour du terrain et placer une guérite à l\u2019entrée.«On se retrouve dans une dérive où, encore une fois, une communauté fermée va avoir accès à un terrain important où l\u2019accès public ne sera plus possible », a dénoncé François Croteau.Mais le terrain était déjà privé avant son acquisition par Cato, a rétorqué le maire Tremblay.Ce sont ses anciens propriétaires, les prêtres de Saint- Sulpice, qui permettaient à la population de fréquenter le terrain.«On espère que, dans le temps, le public pourra avoir accès au site, a affirmé Gérald Tremblay.Mais à partir du moment où on décide de réduire l\u2019empreinte et le volume du projet, il y a un prix à payer.» Projet Montréal permettra à ses membres de voter librement sur le projet Marianopolis.Mais son chef Richard Bergeron, responsable de l\u2019urbanisme au comité exécutif, appuiera l\u2019ensemble résidentiel.Il estime que la fin de l\u2019accès public au terrain est un compromis acceptable dans la mesure où le promoteur renonce à ériger de nouveaux bâtiments.«C\u2019est une grande victoire pour les Montréalais que le projet se fasse dans les conditions où il va se faire, a-t-il affirmé.Il y a un revirement important pour la protection du mont Royal.» Harel apostrophée La chef de Vision Montréal a par ailleurs été prise à partie lors de la période de questions du public, normalement réservée à ceux qui veulent interpeller l\u2019administration Tremblay sur les affaires municipales.Un adversaire du projet immobilier Cité nature a carrément réclamé sa démission.La Presse a révélé à la fin du mois d\u2019août que la chef de l\u2019opposition et son conjoint ont fait un dépôt en vue d\u2019acquérir un appartement dans la deuxième phase de l\u2019ensemble situé près du Village olympique.Et ce, alors que son parti a critiqué plusieurs aspects du projet, notamment le manque de logements abordables pour les familles.«Elle a eu une espèce de manque de jugement en faisant l\u2019acquisition d\u2019un logement à cet endroit », a affirmé le citoyen Gérald Cholette.Mme Harel a toujours maintenu qu\u2019elle renoncerait à habiter la Cité nature si le promoteur refusait de rendre la deuxième phase de son projet plus accessible aux familles, ce qu\u2019elle a réitéré hier soir.«Soyez assuré que j\u2019irai dans la mesure où il y aura du logement accessible pour les familles », a-t-elle affirmé.Projet immobilier dans l\u2019ancien collège Marianopolis Une «dérive» dangereuse, accuse Vision Montréal llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll A 8 L A P R E S S E M O N T R É AL MA R D I 2 1 S E P T E M B RE 20 1 0 5520, boul.des Laurentides, Laval 450 622-2410 / 1 800 997-2410 / andrejac.com Prix en vigueur jusqu\u2019au 30 septembre 2010.Location de Ski de Fond pour la saison complète 69$ Équipements* junior incluant: \u2022 Skis de 100 à 170 cm \u2022 Fixations NNN \u2022 Chaussures (gr.12 jr à 7) \u2022 Bâtons * Quantités limitées (modèles et pointures) 250$ en impression HD Concours INSTANT MAGIQUE DE MES VACANCES Votre photo, de format horizontal, doit représenter des vacances passées ici ou à l\u2019étranger.Voyage culturel, romantique, d\u2019aventure, gastronomique ou autre.Peu importe la saison.En famille, en solitaire ou entre amis.Saisissez en image votre instant magique et envoyez votre photo avant le 3 octobre 2010 à : cyberpresse.ca/instantmagique Les douze photographies gagnantes seront utilisées pour le calendrier corporatif de La Presse 2011 et seront publiées dans La Presse et sur cyberpresse.ca.Tous les détails du concours sur cyberpresse.ca/instantmagique Amateurs de photos, faites-nous parvenir l\u2019instant magique de vos vacances et courez la chance de gagner une des 12 cartes-cadeaux Nikon, d\u2019une valeur de 1000$ chacune, échangeables chez Lozeau.* *Applicables sur des produits Nikon uniquement. MONTRÉAL PLUS HUGO MEUNIER «Votre reportage était sans aucun doute exhaustif, mais il traduit une réalité qui est en train de changer », a souligné le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, au lendemain de la publication de notre dossier intitulé «L\u2019autre Laval», qui montrait le côté sombre de l\u2019île Jésus.Prostitution, drogue, vagabondage, pauvreté, le portrait est à des années-lumière de l\u2019image idéale d\u2019une banlieue paisible aux bungalows proprets.Notre série n\u2019a toutefois pas jeté M.Vaillancourt en bas de son fauteuil, lui qui a vécu toute sa vie à Laval et qui en est maire depuis 1989: «Ça venait confirmer des analyses qu\u2019on a faites.Laval, c\u2019est devenu un milieu urbain, et le tissu urbain doit être rénové.» Ainsi , explique-t-il , on tente d\u2019améliorer les conditions de vie des 350 familles qui s\u2019entassent à Place Saint- Martin, un parc d\u2019immeubles à loyer modique de mauvaise réputation décrit dans notre reportage.La sécurité y a été renforcée, et on propose des activités sportives ou des camps de jour aux nombreux enfants qui vivent dans cette enclave aux prises avec toutes sortes de problèmes sociaux.«L\u2019année 2010 a marqué un virage très important pour la qualité de vie des résidants.Votre reportage était vrai, mais il y a 10 mois », a résumé le maire.Son administration s\u2019emploie également à revitaliser le quadrilatère formé par les 75e et 81e Avenues et les boulevards Lévesque et Perron, présenté dans notre reportage comme le coin le plus chaud de Laval.«On ne trouve pas des prostituées dans chaque rue, à Laval.Les problèmes sont ciblés dans quelques rues d\u2019un quadrilatère.Même chose à Pont-Viau.Laval est une ville très sûre.» Il se défend bien d\u2019avoir manqué d\u2019attention face à l\u2019émergence de problèmes sociaux propres aux grandes villes.Plusieurs intervenants et représentants d\u2019organismes interrogés pour ce reportage ont d\u2019ailleurs dit avoir une meilleure écoute du maire depuis quelques années.Selon M.Vail lancourt , Laval n\u2019est pas en train de se «montréaliser» et ne le fera jamais.«Si j\u2019ai réussi quelque chose de significatif en 21 ans, c\u2019est de donner une identité économique à Laval.Avec un centre-ville dense, des entreprises, un centre de recherche et le campus de l\u2019Université de Montréal, cette ville a fière allure ! », s\u2019est enorgueilli Gilles Vaillancourt.Le service de police réagit Même si Laval sert de terrain de jeu aux gangs de rue, aux prostituées et aux proxénètes, les policiers ont la situation bien en main et la population peut dormir tranquille, a résumé un cadre de la police.Inspecteur à la division de la lutte contre le banditisme et Lavallois d\u2019origine, Serge Gaignard est sans doute le policier le mieux branché sur ce qui se passe sur le terrain.L\u2019implantation il y a quelques années d\u2019une brigade antigang et d\u2019une escouade régionale mixte a apporté une réponse, selon lui, à l\u2019augmentation des incidents violents liés aux gangs de rue.Depuis, la situation s\u2019est stabilisée et les affrontements entre gangs font rarement de dommages collatéraux chez les honnêtes citoyens.«On s\u2019inquiète surtout des crimes faits au nom du gang (les crimes d\u2019honneur, ou associés à la lutte pour le territoire, NDLR).Ils sont plus violents, se déroulent sur la place publique et sont médiatisés », explique l\u2019inspecteur.Comme au Service de police de la Ville deMontréal, la lutte contre les gangs de rue figure en tête de liste des priorités de la police lavalloise.Pourtant, commeàMontréal, les gangs de rue sont responsables d\u2019environ 1% des crimes recensés chaque année sur le territoire lavallois.«Il y a eu 108 incidents liés aux gangs de rue l\u2019an dernier, sur l\u2019ensemble de la criminalité lavalloise.On ne veut pas que le phénomène prenne de l\u2019ampleur », souligne l\u2019inspecteur Gaignard.Il y a actuellement, selon lui, quatre gangs à Laval actifs surtout dans la ventedestupéfiants, la fraude et le proxénétisme.Les couleurs n\u2019auraient plus d\u2019importance et les affiliations, souvent établies en prison, sont motivées par l\u2019appât du gain.Selon l\u2019inspecteur, ces gangs sont plutôt désorganisés et incapables de s\u2019assurer un pouvoir permanent dans un secteur, un bar ou un commerce.Ils ont plutôt l\u2019habitude de s\u2019approprier une ou deux crackhouses et de vivre des revenus générés par la vente de stupéfiants.Les prostituées seraient d\u2019ailleurs les principales clientes de ce marché.«Les crackhouses sont faciles à détecter, mais leurs responsables sont sur leurs gardes.Lorsqu\u2019on fait une descente, il arrive qu\u2019on ne trouve presque rien.Ils ont des yeux partout, à commencer par ceux des prostituées, qui ne veulent pas perdre leur accès au crack», explique l\u2019inspecteur.Malgré plusieurs frappes policières contre des crackhouses, les activités finissent toujours par reprendre dans un immeuble voisin ou carrément dans le même.«Une piquerie de Chomedey a déjà été rouverte quatre heures après notre descente.Je n\u2019avais même pas fini de rencontrer les prévenus au poste de police», illustre le policier.Laval est une ville très sûre, dit le maire Vaillancourt PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Malgré les problèmes de prostitution et de drogue qui accablent Laval, son maire assure que la ville n\u2019est pas en train de se «montréaliser» et prédit qu\u2019elle ne le fera jamais.«On ne trouve pas des prostituées dans chaque rue, à Laval.Les problèmes sont ciblés dans quelques rues d\u2019un quadrilatère.Même chose à Pont-Viau.Laval est une ville très sûre.» \u2014 Gilles Vaillancourt, maire de Laval llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L M A R D I 2 1 S E P T E M B R E 2 0 1 0 A 9 5'9&9/%3%/+ *936/-+.0+%(.5%$(- 50&05 745(- *% !2 &9)\",(5%- /%(#- *% *936/-+.0+\"6/ &6(- -6/+ 6##%.+- -(.(/ 450+%0( *'0.:%/+8 1 1 L( 0(9L(>ROULEZ INTELLIGEMMENT, ROULEZ SMART lasmart.ca 16485$** - rabais de 1000$* = prix total 15485$** Financement à 0%* jusqu\u2019à 60 mois.* >>smart fortwo pure © smart Canada 2010, une division de Mercedes-Benz Canada Inc.*Exemple de financement basé sur un terme de 60 mois au taux annuel de 0% et pour un PDSF de 14990$.Paiement mensuel de 208$ (avant taxes) et versement initial de 2994$.Coût de 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Repression des immigrants irreguliers: inefficace et inequitable Lesmigrants jouissent de droits, dont le respect, la protection et la promotion, qui sont encore bienmal assures partout dans le monde.PHILIPPE COUILLARD Lfauteur a ete ministre de la Sante et des Services sociaux du Quebec dfavril 2003 a juin 2008.Il replique ici aux extraits du livre Le CHUM - Une tragedie quebecoise, publies dans ces pages samedi dernier.Robert Lacroix me fait beaucoup dfhonneur en mfattribuant une large part du merite dfavoir maintenu au centre-ville de Montreal le plus grand centre hospitalier universitaire francophone dfAmerique.Je ne reprendrai ni dans cette page, ni ailleurs, le debat maintenant clos sur le choix du site dfimplantation du CHUM.Pas dfacrimonie, de rancune ou de fiel de ma part, ni dfintention de nourrir cette triste bataille dfarrieregarde.Mais beaucoup de fierte de mfetre tenu debout lorsqufil le fallait.Peut-on serieusement penser, sans demontrer ainsi la faiblesse des arguments, qufun homme seul ait ete en mesure dfavoir lfinfluence que M.Lacroix mfattribue ?Recourir a une sombre theorie du complot, designer un bouc emissaire dispense de revoir ces choses ennuyeuses que sont lforganisation des soins, lfacces, les couts et le developpement urbain.Le texte mfaccuse, ent re autres vilenies, dfavoir suscite des solidarites diverses .Reproche etrange et revelateurc Je prefere regarder vers lfavenir.Jfaime, jfai soutenu et je continue a admirer cette universite que mon pere a contribue a batir, ou jfai etudie et pratique la medecine.Plus tard, au cours de ce siecle et bien apres que M.Lacroix et moi aurons termine notre passage sur cette Terre, on continuera a pratiquer en francais la medecine et les sciences de la vie au coeur de la metropole du Quebec, comme cfest le cas aujourdfhui.Le visage francais du centre- ville de Montreal, cfest bien sur la culture, les medias, lfaffichage.Mais cfest aussi la science et la technologie qui se montrent, existent et sfexpriment dans notre langue au centre de la cite.Je salue tous ceux et celles qui ont aussi cru en cette expression de notre avenir collectif, ont ferme le livre des querelles steriles et sfaffairent aujourdfhui a la realiser.Les travaux ont debute.Montreal aura demain trois centres hospita l iers universitaires modernes, deux hopitaux pediatriques et des centres de recherche qui rivaliseront avec les meilleurs du monde.Les autres constituantes du reseau de lfUniversite de Montreal font aussi lfobjet dfinvestissements majeurs.Quebec et Sherbrooke verront egalement leurs centres universita i res rehausses.Nous nous serons ainsi dotes dfinfrastructures qui permettront a nos professionnels de donner des soins, dfenseigner et de faire de la recherche a la pleine mesure de leurs talents et de leur devouement.Le Quebec sera alors mieux outille pour redevenir un meneur sur la scene internationale.Qua nt au CHUM, l e s gens dfici et dfa illeurs y trouveront la medecine et la science du XXIe siecle, en francais, au centre-ville de Montreal.Voila la ávisionâ, l a mei l leu r e r eponse a lfamertume et, ma foi, une belle signature.Repondre a lfamertume Au CHUM, on trouvera la medecine du XXIe siecle, en francais, au centre-ville de Montreal Peut-on serieusement penser qufun homme seul ait ete en mesure dfavoir lfinfluence que M.Lacroix mfattribue ?PHOTO ANDRE PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE Les travaux pour lfemplacement du futur CHUM ont debute timidement sur lfavenue Viger.Lfancien edifice de Videotron, que lfon apercoit a lfarriere, est tombe sous les pics des demolisseurs le mois dernier.LE BLOGUEDELfEDITO PaulineMarois: ou est le probleme?par Andre Pratte ANDREPRATTE apratte@lapresse.ca Le sous-titre de lfouvrage publie cette semaine sur la sagaduCHUM.Une tragedie quebecoise .paraitra excessif a certains.A la lecture du livre ecrit par lfancien recteur Robert Lacroix et son confrere dfalors Louis Maheu, on en vient pourtant a la conclusion qufil sfagit bel et biendfune tragedie: depuis pres de neuf decennies, la faculte de medecine de lfUniversite de Montreal cherche a se doter dfun centre hospitalier propre, a lfimage des autres grandes facultes dfAmerique duNord.Elle nfy est jamais parvenue, principalement en raison dfinterventions malavisees des politiciens et des fonctionnaires de Quebec.Le plus recent episode, qui a mene le gouvernement a abandonner le site du 6000 Saint- Denis et a ignorer celui de la gare de triage dfOutremont, nfest donc que le dernier acte dfune piece interminable qui a commence des la construction du campus de lfUdeM sur le mont Royal.áCela fera donc bientot un siecle que Montreal attend son hopital universitaire francophone, et rien ne laisse croire que celui-ci verra assurement le jour dans un avenir prochainâ, deplorent MM.Lacroix et Maheu.A la fin des annees 1920, cfest le krach qui vient interrompre les travaux sur la montagne.Le grand batiment concu par Ernest Cormier devait abriter la faculte et son hopital.Lorsque la construction reprend en 1941, le projet est fignole et presente au premier ministre, Maurice Duplessis.Celui-ci y met son veto, sans qufon sache trop pourquoi.En 1964, lfUniversite obtient du gouvernement Lesage lfautorisation dfexproprier des terrains situes a lfouest des premiers edifices.Ces terrains doivent accueillir le nouvel hopital projete par la faculte de medecine.Quelques mois plus tard, a la surprise generale, Quebec laisse tomber une nouvelle fois lfUdeM, preferant ouvrir une nouvelle faculte de medecine, et son hopital, a lfUniversite de Sherbrooke.Le premier gouvernement qui semble comprendre lfimportance pour lfUdeM de se doter dfun veritable hopital universitaire est celui de Lucien Bouchard.Alors ministre de la Sante, Pauline Marois sfentend rapidement avec lfUniversite sur la necessite de construire un nouvel hopital sur un site unique.Le 6000 Saint-Denis est choisi et rallie lfUniversite et le CHUM.Cependant, politiciens et bureaucrates recommenceront bientot a jouer les trouble-fetes.Devenu ministre delegue a la Sante, David Levine, un ancien directeur general de lfhopital Notre-Dame, entreprend dfimposer sa propre vision du projet, differente de celle sur laquelle on planchait depuis deux ans.Avec lfarrivee au pouvoir des liberaux et de Philippe Couillard a la Sante, le ministere a repris le controle absolu du dossier, avec le resultat que lfon sait: angle Rene-Levesque et Saint-Denis, on ne voit pas lfombre du debut de la construction du nouveau CHUM.Une tragedie quebecoise Il y a pres dfun siecle que Quebec bloque le projet dfun centre hospitalier universitaire francophone a Montreal.MARIOROY mroy@lapresse.ca La defense de la liberte dfexpression est la discipline la plus ástyle libreâ qui soit.Ses grands tenors y vont a la tete du client.Ils hurleront sfil sfagit de defendre une cause accreditee par la confrerie.Mais si lfimpetrant nfest pas du ábon bordâ, ils demeureront silencieux ou plaideront.en faveur de la censure, tout bonnement! Pourquoi pas?Ainsi, la cause canadienne la plus importante en cette matiere depuis des decennies sfest instruite sans que, au Quebec, aucune union dfecrivains ou federation de journalistes nfemette la plus timide onomatopee a la defense de la liberte dfexpression, pourtant attaquee a la tronconneuse.La victime?Un journaliste et ecrivain poursuivi par lfEtat dans trois (trois!) juridictions differentes en raison de ses ecrits, Mark Steyn.Lequel, il est vrai, fait profession de ne pas etre du ábon bordâ.Recemment, une nuee dfassociations et dfindividus amateurs de liberte dfexpression ont reclame la.censure la plus sovietique qui soit: la condamnation dfune nouvelle chaine de tele avant meme qufelle entre en ondes! Il sfagit du reseau dfinformation en continu de Sun Media, encore inexistant, rappelons-le, mais deja qualifie de áFox News du Nordâ et de ácolporteur de haineâ par une panoplie dfecrivains, de journalistes, de droits-de-lfhommistes.Dont la papesse de la litterature canadienne, Margaret Atwood, par ailleurs grande consommatrice de droit de parole.¡¡¡ Ce qui nous mene a Molly Norris.Elle est .etait .la caricaturiste du Seattle Weekly et de City Arts.Elle a denonce la censure dfun episode de South Park, ampute dfimages de Mahomet: les producteurs craignaient pour leur vie.Pour ce faire, Molly Norris a suggere sur le ton de lfhumour (rappel: elle est caricaturiste) une journee áTout le monde dessine Mahomet â! Or, le Seattle Weekly annonce que, sous les conseils du FBI, Norris a abandonne son travail, change dfidentite et est litteralement disparue, objet dfune fatwa emise par lfimam yemenite Anwar al-Awlaki (lfex-directeur de conscience du major Nidal MalikHasan, le tireur de Fort Hood; 13 morts, 30 blesses).Apparemment, meme les forces de lfordre americaines refusent dfassumer les couts de la protection de la jeune femme.En lfoccurrence, est-il extravagant de se demander quel grand tenor se portera a la defense de Molly Norris?Votre page editoriale preferee vous donne la reponse en grande primeur mondiale: personne ne le fera.Parce que la liberte dfexpression áest sans limites quand ses fleches sont dirigees vers les faiblesâ, mais áelle est extremement limitee lorsqufelle attaque les forts, ceux qui repliquent par la terreur et lfassassinatâ, dit le journaliste norvegien Edgar Kokkvold, menace de mort lui aussi (cite dans Surrender, de Bruce Bawer, notre traduction).Molly Norris est maintenant seule au monde avec les cendres fumantes de ce qui etait jadis sa liberte dfexpression.Seule au monde Defendre la liberte dfexpression?Cfest a la tete du client.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll A 20 L A P R E S S E M O N T R E AL MA R D I 2 1 S E P T E M B RE 20 1 0 VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 Nos hommes de loi aiment bien se draper dans une robe noire, comme nos anciens curés, et rappeler l\u2019image de la justice qui, les yeux bandés, pèse le pour et le contre dans une balance.La justice est impartiale, mais rien n\u2019est parfait.Aux États-Unis, on est moins hypocrite qu\u2019ici.La nomination des juges à la Cour suprême fait l\u2019objet d\u2019intenses vérifications et d\u2019âpres débats entre les partis, au sein de l\u2019appareil législatif.\u2014 Serge Parent, Québec À BIEN Y PENSER WILLIAM TETLEY L\u2019auteur est professeur de droit international à l\u2019Université McGill.À l\u2019époque de la crise d\u2019Octobre, il était ministre au sein du gouvernement de Robert Bourassa.Ce texte est extrait du livre qu\u2019il publie sur le sujet, Octobre 1970 \u2013 Dans les coulisses de la Crise, aux Éditions Héritage.Si nous voyons tous plus clair après les faits, il est aussi vrai que, 40 ans plus tard, le souvenir que nous gardons de la crise d\u2019Octobre est souvent trouble ou complètement inexact.Pour cette raison, je me suis efforcéde m\u2019appuyer sur une documentation écrite.Cette documentation est cependant incomplète parce que plusieurs personnes se tiennent coites et que de nombreux secrets sont toujours bien gardés.Même si un portrait global nous est toujours inaccessible et ne peut donc faire l\u2019objet d\u2019une analyse complète et satisfaisante, il est néanmoins possible d\u2019attirer l\u2019attention sur certains aspects de la crise qui ne devraient pas être oubliés et de tirer quelques conclusions, ce à quoi je me risque avec beaucoup d\u2019appréhension.(.) \u2022 La décision déchirante des gouvernements duQuébec et du Canada de ne pas relâcher les prisonniers felquistes, reconnus coupables ou accusés de crimes terroristes, était appropriée.Aucun gouvernement démocratique ne saurait agir autrement.Avec le temps, presque tout commentateur et presque tout journal sur la planète approuveraient cette décision.\u2022 La pétition publique et la conférence de presse des 16 «éminentes personnalités», le 14 octobre 1970, n\u2019ont pas seulement omis de sommer le FLQ de relâcher les otages James Cross et Pierre Laporte, mais ont préconisé «la négociation d\u2019un échange des deux otages contre les prisonniers politiques».Négociateur pour le FLQ, Robert Lemieux a non seulement fait référence à la pétition, mais s\u2019est reposé sur elle, le 15 octobre, pour rompre les négociations et refuser l\u2019offre gouvernementale qui autorisait les ravisseurs à se réfugier à Cuba ou en Algérie en retour de la libération de leurs otages.La conclusion de l\u2019affrontement aurait-elle été différente si les 16 avaient condamné le FLQ et les enlèvements, et sommé le FLQ de relâcher les otages Cross et Laporte?\u2022 Les dirigeants du mouvement ouvrier (du Front commun) ont joué un rôle public central pendant la crise, mais négligé eux aussi de condamner sans équivoque les enlèvements de MM.Cross et Laporte par le FLQ et omis, jusqu\u2019au soir du 16 octobre, d\u2019exiger leur libération sans condition.\u2022 La décision du gouvernement québécois de faire appel à l\u2019armée le jeudi 15 octobre 1970 était sage, à la lumière de l\u2019agitation sociale grandissante à l\u2019époque.\u2022 La requête adressée le 16 octobre 1970 au gouvernement fédéral par l\u2019administration de Montréal et le gouvernement du Québec, pour que soit appliquée la Loi sur les mesures de guerre, était justifiée dans les circonstances.Après trois jours d\u2019assemblées et de manifestations de plus en plus nombreuses et survoltées, le FLQ réussissait à tenir un grand rassemblement de 3000 partisans, sympathisants, étudiants et décrocheurs au centre Paul-Sauvé, le soir du 15 octobre 1970, et était sur le point de passer à l\u2019étape des marches dans les rues, des affrontements, des violences et des dommages à la propriété.\u2022 La proclamation de la Loi sur les mesures de guerre, à 4h du matin, le vendredi 16 octobre 1970, est arrivée à point nommé.À minuit, dans la nuit du 15 au 16 octobre 1970, le gouvernement Bourassa avait adopté les trois projets de Loi relatifs à l\u2019assurance maladie à l\u2019Assemblée nationale, dont l\u2019un ordonnait le retour au travail des médecins spécialistes.Ce qui donnait au gouvernement la liberté de demander à Ottawa de proclamer l\u2019état d\u2019insurrection appréhendée.Grâce à cette proclamation, les violences étaient évitées : aucun dommage à la propriété, pas une seule vitrine brisée, nulle personne hospitalisée.\u2022 La GRC et les forces policières montréalaises et provinciales ne se sont pas montrées assez circonspectes dans la préparation de la liste des personnes qui seraient appréhendées en vertu de la Loi sur les mesures de guerre, et les gouvernements du Québec et du Canada n\u2019ont pas été suffisamment vigilants dans leur vérification de cette liste.En outre, les personnes arrêtées n\u2019ont pas eu l\u2019autorisation de parler à leur avocat ou à leur famille assez tôt, et de nombreuses personnes appréhendées auraient dû être relâchées beaucoup plus vite.\u2022 Le gouvernement du Québec a mis du temps à trouver une solution au dilemme d\u2019informer le public des motifs de l\u2019action gouvernementale, sans aviser du coup le FLQ de la stratégie et des plans de la police.Il aurait mieux valu que le problème fût réglé avant le débat d\u2019urgence à l\u2019Assemblée nationale, le 11 novembre 1970, mais il est difficile de concevoir, même avec le recul, comment on aurait pu résoudre ce dilemme autrement.\u2022 Legouvernement duQuébec a eu raison d\u2019instituer un organisme par lequel les personnes injustement arrêtées ou traitées pourraient se voir allouer, à la discrétion du protecteur du citoyen du Québec et sans intervention gouvernementale, jusqu\u2019à 30 000$ chacune.\u2022 Le gouvernement n\u2019a pas agi à l\u2019encontre de la volonté populaire: l\u2019opinion publique canadienne appuyait fortement la réponse énergique des gouvernements à la menace terroriste.Un sondage Gallup publié le 12 décembre 1970 révélait que 87% des Canadiens approuvaient l\u2019imposition des Règlements de la Loi sur les mesures de guerre, que 6% la désapprouvaient et que 7% étaient indécis à ce propos.Chez les Canadiens anglais, le taux d\u2019approbation était de 89%, le taux de désapprobation de6%, et le taux d\u2019indécision de 5%.Dans le cas des Canadiensfrançais, les résultats révélaient un taux d\u2019approbation de 86%, de désapprobation de 9% et d\u2019indécision de 5%.\u2022 Bien que naturellement frustrés de ne détenir que sept des 110 sièges à l\u2019Assemblée nationale, malgré leurs 23,1% des suffrages populaires, les dirigeants du Parti québécois auraient dû agir avec plus de discernement pour éviter d\u2019exacerber la crise.Comparés aux députés de l\u2019Union nationale et du Crédit social, plus expérimentés et qui cumulaient incidemment à eux deux 30,8% des suffrages populaires, les députés du PQ à l\u2019Assemblée nationale semblent avoir mal compris leur rôle pendant la crise.La vérité sur la crise d\u2019Octobre La décision du gouvernement Bourassa de faire appel à l\u2019armée était sage La crise d\u2019Octobre a été un important épisode séparatiste, nationaliste et presque anarchiste dans l\u2019histoire du Québec et du Canada.Les felquistes n\u2019étaient toutefois pas des patriotes au même titre que ceux du Haut-Canada et du Bas-Canada en 1837 et 1838, ou du temps de Louis Riel en 1885, qui étaient prêts à risquer leur vie pour leur cause.Les felquistes ont combattu subrepticement par des bombes, des colis piégés, des cambriolages, des enlèvements et l\u2019«exécution » d\u2019un otage.Ils se sont rarement mis dans une situation mortellement périlleuse.Les felquistes n\u2019avaient aucun projet de gouvernement démocratique.Bien au contraire, ils s\u2019opposaient plutôt aux gouvernements démocratiquement élus du Québec et du Canada.Ils n\u2019ava ient pas élaboré de charte des droits sociaux comparable aux Douze résolutions de Papineau à Saint-Ourssur- Richelieu le 7 mai 1837, à la Déclaration d\u2019indépendance de Robert Nelson le 28 février 1838 ou à la Liste des droits révolutionnaires de Riel en 1885, pour laquelle ils se seraient battus.D\u2019ailleurs, il ne s\u2019est pas non plus exprimé de sympathie ni de soutien spontané à l\u2019endroit du FLQ, comme cela s\u2019était produit lors des émeutes de la conscription en 1918, de la grève générale à Winnipeg en 1919 et de la grève d\u2019Asbestos en 1948- 1949.Le FLQ ressemblait plutôt à la populace forcenée, essentiellement anglophone, qui s\u2019était ameutée le 25 avril 1849 et avait incendié l\u2019édifice du Parlement à Montréal.Ces deux derniers mouvements, sans en subir eux-mêmes, ont causé de graves préjudices à la société au nom de laquelle ils prétendaient agir.Je suis très critique des positions prises pendant la crise par le Parti québécois encore balbutiant alors et par les nationalistes canadiens-français.Leur presque insatiable appétit de souveraineté et leur enthousiasme pour la cause sont néanmoins compréhensibles.La défense de la langue et de la culture françaises et l\u2019idéal d\u2019un Québec séparé sont des os qu\u2019on ronge depuis la fondation de Québec, voilà quatre siècles, et sont légitimes dans une société démocratique à condition qu\u2019on s\u2019y emploie démocratiquement.Si je suis sévère à l\u2019égard de certains dirigeants du Parti québécois et de certains nationalistes canadiens-français, je suis très sensible à leur ferveur.Je suis conscient que, si les rôles avaient été inversés, si le Parti québécois avait été au pouvoir et si un ministre du PQ et le consul général de France avaient été enlevés par des terroristes fédéralistes anglophones, l\u2019opposition fédéraliste ne se serait sans doute pas immédiatement ralliée au gouvernement du PQ, mais aurait usé de faux-fuyants, comme l\u2019a fait le PQ en octobre 1970.Les felquistes n\u2019étaient pas des patriotes Les felquistes n\u2019avaient aucun projet de gouvernement démocratique.Bien au contraire.La GRC et les forces policières ne se sont pas montrées assez circonspectes dans la préparation de la liste des personnes qui seraient appréhendées en vertu de la Loi sur les mesures de guerre.PHOTO MICHEL GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE Le matin de la proclamation de la Loi sur les mesures de guerre, le 16 octobre 1970, l\u2019armée canadienne arpente les rues de Montréal, mais aussi celles de Québec, notamment près du parlement.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L M A R D I 2 1 S E P T E M B R E 2 0 1 0 A 21 ©2010 Apple Inc.Tous droits réservés.1 800 MY-APPLE ou www.apple.ca.Nécessite un forfait de service sans-fil.FaceTime nécessite le iPhone 4 et la connexion Wi-Fi.La téléphonie vidéo FaceTime est arrivée.Souriez."]
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