La presse, 29 novembre 2010, Q. La Presse Affaires magazine
[" LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE décembre2010 Des gens, Des stratégies, De l\u2019innovation PORTRAIT Iohann Martin, l\u2019homme-orchestre voyages L\u2019art du hammam gaz de schiste Entrevue avec un pionnier finances personnelles La retraite à deux vitesses profil boursier LE CN peut-il maintenir son élan ?Les autochtones de l\u2019Oklahoma sur la voie de la prospérité.INDIENS INC.LA PIONNIÈRE XEROX Une Afro-Américaine au sommet audi.ca ©Audi Canada 2010.«Audi », «A8», «Vorsprung durch Technik» et l\u2019emblème des quatre anneaux sont des marques déposées de AUDI AG.Pour en savoir plus sur Audi, voyez votre concessionnaire, composez le 1 800 367 AUDI ou visitez-nous au www.audi.ca.Personnalisez votre conduite avec Audi Drive Select : un système révolutionnaire offrant un parfait contrôle sur les particularités du moteur, de la direction, des amortisseurs et du différentiel sport.Ajustez vos réglages dans les moindres détails ou, pour un changement rapide, sélectionnez l\u2019un des trois réglages préprogrammés : auto, confort ou dynamique.pour Audi Drive Select Une conduite personnalisée.La toute nouvelle Audi A8 INDIENS INC.Aux États-Unis, les nations autochtones ont longtemps vécu dans la dépendance, celle des subsides fédéraux ou des revenus des casinos.Plus maintenant : en Oklahoma, des tribus amérindiennes empruntent une voie nouvelle vers la prospérité.10 L\u2019HOMMEORCHESTRE Qu\u2019ont en commun la musique des Parents, les caméras d\u2019Occupation Double et les pubs de Monsieur B?Bienvenue dans l\u2019univers de Iohann Martin ! 22 LA LUMIÈRE DYNAMIQUE Le designer montréalais Stephan Copeland interprète des classiques lumineux.28 JAMAIS SANS MON SAC! Audacieux, rétro ou croco?Votre sac à main en dit long sur votre personnalité! 36 MONSIEUR GAZ DE SCHISTE Jean-Yves Lavoie n\u2019aime pas se retrouver sous le feu des projecteurs.Mais son entreprise, Junex, est brûlante d\u2019actualité.Portrait de celui qui a carrément inventé l\u2019industrie du gaz de schiste au Québec.18 LA PIONNIÈRE DE XEROX Rien ne destinait Ursula Burns, née dans un quartier mal famé de New York, à la direction d\u2019une entreprise classée au Fortune 500.Elle est pourtant devenue, en 2009, la première femme noire à se hisser à la tête d\u2019une grande multinationale.Entrevue.41 L\u2019HEURE DES BAINS L\u2019art du hammam turc a la cote ! 48 POSTES MODERNES Une cure de jouvence de2milliards pour la vieille dame de la Poste.30 FINANCES PERSONNELLES Une retraite confortable : un privilège de plus en plus rare.38 4 LaPresseaffairesMAGAZINE L A P R E S S E MON T R É A L L UNDI 2 9 NOV EM B R E 2 01 0 5 LaPresseaffairesMAGAZINE 5 JAPONAIS ET PLUS ENCORE ! Association des concessionnaires Subaru du Québec | www.quebec.concessionsubaru.ca *Prix de détail suggéré du fabricant à partir de 22635$ pour la Impreza 2.5i 2011, 4 portes (BF1BP), à transmission manuelle.À l\u2019achat, les frais de transport et de préparation (1525$) ainsi que les taxes sur le climatiseur (100 $) et sur les pneus neufs (15 $) sont inclus.Le concessionnaire peut offrir un prix moindre.Photos à titre indicatif seulement.IMPREZionnante, n\u2019est-ce pas?22 635$* Impreza 2.5i 4 portes 2011 À l\u2019achat au comptant à partir de Transport et préparation INCLUS Taxes en sus Financement et location disponibles Modèle illustré : Impreza 2.5i groupe Sport 2011 HÉLÈNE BARIL Journaliste MAXIME BERGERON Journaliste VINCENT BROUSSEAUPOULIOT Journaliste jEANSÉBASTIEN GAGNON Journaliste MICHEL GIRARd Chroniqueur STÉPHANIE GRAMMONd Journaliste Finances personnelles RUdY LE COURS Journaliste PHILIPPE MERCURE Journaliste MARC TISON Journaliste Design MARTIN VALLIÈRES Journaliste ALAIN ROBERGE Photographe FRANçOIS ROY Photographe ROBERT SkINNER Photographe jOHAN BATIER Graphiste CATHERINE BERNARd Graphiste André Desmarais Président du conseil d\u2019administration Guy Crevier Président et éditeur Éric Trottier Vice-président à l\u2019information et éditeur adjoint Mario Girard Directeur de l\u2019information Rédactrice en chef Michèle Boisvert Direction artistique Geneviève Dinel Conception et réalisation Catherine Bernard et Johan Batier Chefs de division Hélène De Guise, Richard Dupaul, Jean-Sébastien Gagnon et Martin Tremblay Collaborateurs Louise Labrecque, collaboration spéciale.Thomas Leblanc, collaboration spéciale.Éric LeFrançois, collaboration spéciale.René Lewandowski, collaboration spéciale.Alain McKenna, collaboration spéciale.Caroline Rodgers, collaboration spéciale.Illustrateurs Julien Chung, Francis Léveillée et Philippe Tardif Publicité 514-285-6909 Au-delà des chiffres, des ratios, des concepts et des stratégies, le milieu des affaires repose d\u2019abord sur les individus qui le composent.Ce numéro de La Presse Affaires Magazine leur accorde une place importante.Vous y découvrirez des gens d\u2019exception.D\u2019abord, Ursula Burns.Élevée dans un quartier de logements sociaux de New York par une mère seule, Ursula Burns est devenue la première Noire à diriger une grande multinationale.Lors de sa première visite au Canada depuis sa nomination en juillet 2009, la PDG de Xerox a retracé pour nous son ascension dans le milieu des affaires américain.Si Ursula Burns n\u2019en est pas à sa première entrevue accordée à un magazine économique, on ne peut pas en dire autant de Iohann Martin.Il est pourtant un homme d\u2019affaires accompli.Dazmo, l\u2019entreprise qu\u2019il a contribué à fonder il y a 14 ans, est aujourd\u2019hui un leader dans ses principaux secteurs d\u2019affaires: la production musicale et la location d\u2019équipement de tournage.Rencontre avec un type hors de l\u2019ordinaire.Jean-Yves Lavoie aurait, quant à lui, certainement préféré rester dans l\u2019ombre.Ce géologue de formation s\u2019est cependant retrouvé à l\u2019avant-scène de l\u2019actualité québécoise.Et pour cause, son entreprise détient le tiers des permis d\u2019exploitation du gaz de schiste.Nous avons cherché à mieux connaître l\u2019homme derrière Junex.Enfin, avec «Indiens Inc.», nous traçons le portrait des communautés d\u2019affaires autochtones du sud-ouest des États-Unis qui ont utilisé les milliards de leurs casinos pour diversifier en accéléré leur économie.Bonne lecture! La RÉDaCTRICE EN CHEF, MICHÈLE BOISVERT Des gens d\u2019exception 6 LaPresseaffairesMagazINE FRAÎCHEMENT COUPÉ.COUPÉ CTS 2011 Véritable merveille des temps modernes, voici le tout nouveau coupé CTS 2011.Taillé comme un diamant, son élégance n\u2019a d\u2019égale que sa performance.Avec son moteur V6 à injection directe générant 304 HP, son système électronique de contrôle de la stabilité StabiliTrakMD et son aérodynamisme, le coupé CTS a tout pour vous faire vivre l\u2019expérience de conduite la plus électrisante qui soit.PDSF à partir de 49 100 $*.L\u2019Association des concessionnaires Cadillac suggère aux consommateurs de lire ce qui suit.*Prix de détail suggéré par le fabricant pour le Coupé CTS 2011 de Cadillac.Transport (1 550 $), taxe de climatisation (100 $) inclus.Immatriculation, assurance, frais liés à l\u2019inscription au RDPRM, droits et toute taxe en sus.Le modèle illustré comprend certaines caractéristiques offertes en option à un coût additionnel.Le concessionnaire peut vendre à prix moindre.Une commande ou un échange entre concessionnaires peut être requis.Offre d\u2019une durée limitée, modifiable sans préavis.Détails chez votre concessionnaire GM. MICHEL GIRARD LE MONDE DES AFFAIRES Pour joindre notre chroniqueur : michel.girard@lapresse.ca ILLUSTRATION FRANCIS LÉVEILLÉE Qu \u2019 a t t e n - dent les gouvernements pour mettre en place une v é r i t a b l e a s s u r a nc e placements qui nous protégerait le portefeuille contre les fraudes commises dans l\u2019industrie financière par le personnel des entreprises dûment autorisées à offrir des produits et services financiers?Contrairement à ce qu\u2019ils croient, les épargnants sont très mal protégés en cas de fraude.C\u2019est le néant\u2026 ou presque.Vous me direz: mais n\u2019y a-t-il pas l\u2019assurance dépôt qui protège nos placements jusqu\u2019à hauteur de 100 000$ dans les banques, les caisses et les sociétés de fiducie ?Ou le Fonds canadien de protection des épargnants qui protège les clients des maisons de courtage jusqu\u2019à hauteur de 1 million de dollars?Ou Assuris, la société à but non lucratif qui protège les assurés canadiens en cas de faillite de leur compagnie d\u2019assurance vie?Oui, cependant, il y a un gros hic avec ce type de protection.L\u2019assurance dépôt, le Fonds canadien de protection et Assuris ne nous protègent qu\u2019en cas d\u2019insolvabilité de l\u2019institution financière avec qui on fait affaire.La protection de ces fonds ne touche aucunement à la fraude.À l\u2019heure actuelle, la seule assurance offerte au Canada aux victimes de fraude est celle du Fonds d\u2019indemnisation de l\u2019Autorité des marchés financiers (AMF).Cette assurance est toutefois extrêmement limitée.Le Fonds de l\u2019AMF dédommage ( jusqu\u2019à hauteur de 200 000 $) les victimes de fraude, de manoeuvres dolosives ou de détournement de fonds dont sont responsables les entreprises (cabinets, sociétés autonomes et firmes) et représentants inscrits en courtage en épargne collective, en assurance de personnes, en planification financière, en assurance de dommages et en expertise en règlement de sinistres.Si la fraude est faite par un gestionnaire de fonds commun ou de fonds distinct, un gestionnaire de caisse de retraite, un banquier, un courtier en valeurs mobilières, un dirigeant de compagnie d\u2019assurances, une société de fiducie\u2026 c\u2019est peine perdue.Zéro protection, débrouillez-vous avec vos propres moyens financiers.Un bel exemple ?Prenons le cas de la fraude d\u2019une centaine de millions de dollars commise par Vincent Lacroix dans l\u2019affaire Norbourg.Le Fonds de l\u2019AMF a refusé de dédommager la majorité des 9200 victimes sous le prétexte que le détournement de fonds a été effectué par Vincent Lacroix à titre de gestionnaire des portefeuilles et\u2026 non à titre de propriétaire de la firme qui vendait les fonds floués par lui-même.Dans ce dossier d\u2019indemnisation, il est désolant de constater que les dirigeants de l\u2019AMF ont pris les victimes de Norbourg carrément pour des valises en ne reconnaissant pas que le Vincent Lacroix vendeur des fonds Norbourg (et Évolution) était au courant que le Vincent Lacroix gestionnaire desdits portefeuilles vidait les coffres!!! Afin d\u2019éviter un tel imbroglio devant une fraude financière réalisée dans le milieu de la finance dûment enregistré et surveillé par les organismes de régulation, mettons en place une assurance placements qui couvre les pertes enregistrées à la suite d\u2019une fraude, peu importe qui l\u2019a commise.Que la fraude soit commise par un gestionnaire de fonds, un conseiller financier, un courtier, un banquier, un assureur, un haut dirigeant d\u2019une institution financière ou un simple commis\u2026 l\u2019impact sur la victime est le même.Un vol, c\u2019est un vol! Bien sûr, si on confie ses finances personnelles et ses placements à des firmes et des représentants qui ne détiennent pas de permis de pratique, on court après le trouble.Et dans un tel cas, l\u2019industrie financière n\u2019a pas à supporter financièrement les pertes de ce genre de victimes, aussi dramatiques soient-elles.Mais quand on fait affaire avec le personnel d\u2019une firme ou d\u2019une institution financière qui détient ses permis de pratique, on tiend pour acquis que les organismes de réglementation font adéquatement leur job de surveillance et que la direction des entreprises fait de même.Qui paierait pour cette assurance placements contre la fraude?Toutes les institutions financières dûment enregistrées.Point à la ligne.Et ça urge! Contrairement à ce qu\u2019ils croient, les épargnants sont actuellement très mal protégés en cas de fraude.Une assurance placements contre la fraude ?8 LaPresseaffairesMAGAzINE LITIGE | FISCALITÉ | ÉNERGIE | PPP | CONSTRUCTION | SERVICES FINANCIER DIVERSITY | OUT ON BAY STREET | MEILLEUR EMPLOYEUR DROIT COMMERCIAL | EMPLOI E SERVICE | ENVERGURE NATIONALE | DIVERSITÉ | SER INNOVATION | PROACTIVITÉ | AXÉ SUR LE CLIENT | TRAVAIL D\u2019ÉQUIPE | INNOVA SERVICES FINANCIERS | LITIGE | DROIT COMMERCIA SAVOIR-FAIRE | EXPERTISE | COM OTTAWA 45°27'N 75°42'W | TORONTO 43°39'N 79°20'W|OTTAWA 45°27'N 75°42'W | MONTRÉAL 47°14'N 84°39'MEILLEUR EMPLOYEUR POUR LES NOUVEAUX ARRIVANTS | MEILLEUR EMPLOYEUR DE MONTRÉAL | CHEF DE FILE RECONN 5°42'W | TORONTO 43°39'N 79°20'W|MONTRÉAL 47°14'N 84°39'W | OTTAWA 45°27'N 75°42'W | TORONTO 43°39'N 79° W | ORONTO 43°39'N 79°20'W| DIVERSITY | MONTRÉAL 47°14'N 84°39'W| TORONTO 43°39'N 79°20'W| EDMONTON 53° 49°15'N 123°10'W | EDMONTON 53°30'N 113°30'W |CALGARY 51°00'N 114°10'W | VANCOUVER 49°15'N 123°10'W| OTT TTAWA 45°27'N 75°42'W | TORONTO 43°39'N 79°20'W|MONTRÉAL 47°14'N 84°39'W | EDMONTON 53°349°15'N 123 Fraser Milner Casgrain s.e.n.c.r.l.fmc-avocats.com Derrière 3 lettres, un grand nom.Fraser Milner Casgrain devient FMC.Si la nouvelle identité reflète un nouveau souffle et une attitude encore plus dynamique, elle témoigne également de l\u2019expertise et du leadership qui ont fait notre solide réputation. Pour joindre notre journaliste : mbergeron@lapresse.ca Catoosa, en plein coeur de l\u2019Oklahoma.En ce lundi soir pluvieux d\u2019octobre, le Hard Rock Hotel&Casino, une imposante tour de 19 étages plantée au milieu des champs, affiche complet.Près de 3000 personnes se sont déplacées pour entendre la vedette des années 80 Michael Bolton, qui donne un concert dans l\u2019amphithéâtre adjacent.L\u2019ambiance est plus calme le lendemain matin.Dans le casino situé au rez-de-chaussée de l\u2019hôtel, quelques dizaines de clients jouent aux machines à sous, cigarette au bec et café à la main.Le stationnement de 2400 places se remplit peu à peu.C\u2019est le début d\u2019une journée comme les autres pour la nation amérindienne Cherokee, propriétaire du complexe récréatif.Une journée très lucrative.Comme plusieurs tribus de l\u2019Oklahoma, les Cherokees ont profité de l\u2019assouplissement des lois sur le jeu pour se lancer à fond dans l\u2019industrie des casinos au milieu des années 2000.Partout dans l\u2019État, les établissements ont poussé comme des champignons, certains rivalisant avec les plus rutilants de Las Vegas.«Le nombre de nos employés augmente de 30% par année, c\u2019est de l\u2019hypercroissance!» lance David Stewart, président et chef de la direction de Cherokee Nation Businesses (CNB), l\u2019entité qui chapeaute les casinos et hôtels de la tribu de 300 000 membres.Le dirigeant n\u2019a rien du cliché amérindien que certains pourraient imaginer.Vêtu d\u2019un sombre complet et accompagné de deux attachées de presse, il nous accorde une entrevue de 30 minutes top chrono dans un bar du casino, à quelques mètres du vacarme des machines à sous.Son horaire est réglé au quart de tour : il tient les rênes d\u2019un véritable conglomérat en devenir.CNB s\u2019est lancé dans une diversification accélérée de son portfolio d\u2019entreprises il y a trois ans.Le groupe multiplie les acquisitions dans les secteurs des technologies de l\u2019information, de la sécurité, de la santé et du placement de personnel.«Dans les trois ou quatre prochains mois, on va acheter au moins deux entreprises, peut-être trois», dit M.Stewart.Le nombre d\u2019employés du groupe a bondi de 750 il y a une décennie à 5000 aujourd\u2019hui.Les revenus, de 7 millions à 500 millions de dollars US.L\u2019entreprise a enregistré des profits \u2014libres d\u2019impôt\u2014 de près de 100 millions l\u2019an dernier, dont environ 90% provenaient du jeu.Une proportion que David Stewart aimerait voir baisser à moins de la moitié «d\u2019ici 5 à 10 ans».Matériel militaire, télécoms, centres de chirurgie ambulatoire, énergie : les nations autochtones de l\u2019Oklahoma utilisent les milliards issus de leurs casinos pour diversifier en accéléré leur économie.Et faire revivre un sentiment de fierté après des siècles d\u2019aliénation.Portrait d\u2019une renaissance inattendue.IndIens InC.TEXTE MAXIME BERGERON PHOTOS FRANÇOIS ROY 10 LaPresseaffairesMAGAzINE David Stewart, président et chef de la direction de Cherokee Nation Businesses.LaPresseaffairesMAGAzINE 11 ÉTATS-UNIS OKLAHOMA ! «On considère le jeu comme un moyen pour arriver à nos fins, explique-t-il.Le jeu procure des emplois, une infrastructure d\u2019entreprise, du capital.Mais notre but, c\u2019est de fournir des occasions de carrière et la stabilité financière pour la tribu.On ne peut faire cela en restant confiné dans un seul champ d\u2019activité.» Partout en Oklahoma, État rural de 3,6 millions d\u2019habitants où cohabitent 40 nations autochtones, c\u2019est la course à la diversification chez les Indiens.À 170 km au sud de Catoosa, dans la petite ville de McAlester, les Choctaws sont en train de faire leur marque dans le secteur du matériel militaire.L\u2019immeuble qui abr ite Choctaw Defense est on ne peut peu plus anonyme, avec comme seul signe d\u2019identification un drapeau aux couleurs de la nation.Les bureaux et salles de réunion n\u2019ont rien de remarquable non plus.Mais à l\u2019arrière, dans les vastes hangars, des appareils robotisés de plusieurs millions de dollars permettent à la société de fabriquer de l\u2019équipement ultrarobuste pour l\u2019armée américaine.Stephen Benefield, président et chef de la direction, montre une ligne de traitement au zinc et au phosphate d\u2019une valeur de 1,2 million de dollars que l\u2019entreprise vient d\u2019acquérir pour rendre ses pièces résistantes à la corrosion.«Ça n\u2019a pas l\u2019air high tech comme ça, mais il y a énormément de technologie de pointe dans cette machine.Nous sommes seulement deux aux États-Unis à pouvoir faire ça.» Choctaw Defense illustre bien le développement économique accéléré de la nation de 200 000 membres.L\u2019entreprise a été fondée en 1988 à la faveur d\u2019un programme de discrimination positive, qui permettait à son seul et unique client de marquer des points auprès du gouvernement fédéral en embauchant un sous-traitant autochtone.Pendant ses 10 premières années, le groupe a réalisé des mandats peu intéressants \u2014et peu payants\u2014, comme la fabrication de caissons pour entreposer des moteurs d\u2019hélicoptère.À l\u2019arrivée de Stephen Benefield en 1998, l\u2019entreprise est au plus mal.Dans le stationnement, il n\u2019y a que des camionnettes rouillées et déglinguées.Les employés sont payés au salaire minimum.L\u2019usine est vieille et sale.«J\u2019étais le seul dans toute la boîte à avoir un diplôme universitaire! » raconte le dirigeant de 2,08m, qui dépasse tous ses collègues d\u2019une bonne tête.Puis, au tournant des années 2000, l\u2019entreprise se met à soumissionner pour décrocher des contrats directement auprès du département de la Défense grâce à un programme réservé aux communautés socialement désavantagées.Avec succès.Le groupe fabrique depuis du matériel de plus en plus perfectionné, comme des génératrices résistantes aux champs magnétiques d\u2019une attaque nucléaire et des remorques militaires d\u2019une robustesse quasi inégalée.Les effectifs de Choctaw Defense sont passés de 40 à 200 employés, et une trentaine de postes sont à pourvoir cette «Native America».Ce slogan, inscrit sur les plaques des véhicules, ne laisse planer aucun doute : nous sommes bel et bien en sol amérindien.L\u2019Oklahoma a été désigné en 1830 pour accueillir des dizaines de milliers d\u2019autochtones des «cinq tribus civilisées », déportés de l\u2019est du pays vers cet État rural du centre-sud.Ces nations \u2014 les Cherokees, les Chickasaws, les Choctaws, les Séminoles et les Creeks \u2014 ont été qualifiées ainsi en raison de leur adoption assez vaste du mode de vie imposé par les Européens après la colonisation.Les « tribus civilisées » ont gagné en 1970 à Washington le droit d\u2019élire leurs propres leaders, ce qui a entraîné la formation de gouvernements tribaux fonctionnels dans les années 80.Les Amérindiens comptent pour 8% des 3,6 millions d\u2019habitants de l\u2019Oklahoma, et la plupart vivent côte à côte avec les non-Indiens plutôt que sur des réserves.\u2014 Maxime Bergeron Les CInq trIbus «CIvILIsées» OKLAHOMA SÉMINOLES CHICKASAWS CHEROKEES CREEKS CHOCTAWS 12 LaPresseaffairesMAGAzINE # $ @ année.Les salaires oscillent maintenant entre 25 000$ et 100 000$.Surtout, les profits sont au rendez-vous : le groupe a engrangé un bénéfice net de 3,8 millions l\u2019an dernier, pour un chiffre d\u2019affaires total de 35 millions.Pour Gregory Pyle, chef de la nation Choctaw depuis 1997, les sociétés comme Choctaw Defense représentent « l\u2019avenir » de son peuple.Les casinos et leurs millions, une vache à lait qui pourrait se tarir à tout moment.«Il y a un boom du jeu : ç\u2019a a monté très vite, mais ça pourrait aussi descendre très vite, dit le politicien dans son bureau aux boiseries sombres.On sent qu\u2019on doit laisser les autres entreprises de la nation prendre de l\u2019expansion.» Selon cette vision, Choctaw Defense réinvestit l\u2019intégralité de ses profits dans son développement, plutôt que dans les coffres du gouvernement tribal.La société a ainsi pu agrandir sa principale usine au coût de 5,2 millions il y a deux ans, en plus d\u2019acheter pour 4,2 millions de nouvelle machinerie.La tribu applique la même recette avec sa firme de placement de personnel \u2014Choctaw Management Services\u2014, qui emploie 1200 personnes, et avec sa dizaine de haltes routières où elle vend tabac et essence.Elle vient en outre de mandater des experts externes pour étudier de nouveaux scénarios d\u2019acquisition et de démarrage d\u2019entreprises dans divers secteurs.«Toutes les portes sont ouvertes », dit le chef Pyle.! Stephen Benefield, PDG de Choctaw Defense, devant une remorque destinée à l\u2019armée.@ Le Choctaw Casino de Durant, construit au coût de 300 millions.# Gregory Pyle, chef de la nation Choctaw depuis 1997.$ Des costumes traditionnels exposés dans le nouveau centre culturel de la nation Chickasaw.La crise de l\u2019immobilier n\u2019a pas touché la construction de casinos en Oklahoma.Un peu partout dans l\u2019État, les Amérindiens investissent des centaines de millions pour bâtir des maisons de jeu de toutes les tailles.La nation Choctaw vient par exemple d\u2019inaugurer un casino flamboyant de 300 millions US à Durant, à une heure au nord de Dallas.Le chic complexe aux formes ondulantes attire des hordes de joueurs du Texas voisin, où le jeu est illégal.Une limousine est garée en permanence dans l\u2019entrée pour reconduire les clients les plus payants.Le week-end de notre visite, le stationnement de plusieurs centaines de places affichait presque complet.«Il y a du monde de jour comme de nuit», confirme la serveuse du bar situé juste à côté d\u2019une immense roue de fortune.Les casinos d\u2019Oklahoma semblent totalement épargnés par la crise qui a durement frappé la capitale nationale du jeu, Las Vegas.Le gouvernement de l\u2019État a empoché 118,2 millions US en redevances liées au jeu pendant son dernier exercice financier.«Étonnamment, c\u2019est une de nos seules sources de revenus qui ont continué à croître pendant la récession!» dit Scott Meacham, secrétaire des Finances et trésorier de l\u2019Oklahoma.L\u2019industrie connaît un boom remarquable depuis 2004, quand l\u2019État a autorisé l\u2019implantation de machines à sous \u2014 et par ricochet de véritables casinos \u2014 en échange de redevances, toutes réinvesties dans l\u2019éducation.L\u2019entente donne le monopole du jeu aux autochtones jusqu\u2019en 2019.Un tel boom ne risque-t-il pas de favoriser la dépendance au jeu?Divers programmes d\u2019aide ont été mis en place, répond Scott Meacham, admettant du même souffle qu\u2019il en faudrait davantage.«D\u2019autres sommes doivent être allouées car on a vu des problèmes dans certaines communautés.» \u2014 Maxime Bergeron Le boom des CasInos LaPresseaffairesMAGAzINE 13 ! Bill Anoatubby, gouverneur de la nation Chickasaw depuis 1987.@ Les casinos indiens se sont multiplies depuis 2004 partout en Oklahoma.Les Chickasaws sont eux aussi a lfaffut de toutes les occasions dfaffaires.La nation du sud de lfOklahoma a deja entrepris une vaste diversification des ses activites, au point ou elle est aujourdfhui consideree par plusieurs comme un veritable success story de lfentrepreneuriat autochtone.La liberalisation du jeu en 2004 a donne des moyens financiers considerables a la tribu de 49 000 habitants.Ses 18 casinos .dont les deux plus grands de lfEtat.font de bonnes affaires, ce qui lui a permis de lancer une panoplie dfentreprises.Les Chickasaws sont ainsi presents dans le placement de personnel, la fabrication de chocolat, la revente dfelectricite en gros, la chirurgie ambulatoire, les technologies de lfinformationc.La nation a aussi lance Bank 2, institution financiere qui a emis pour 140 millions de prets hypothecaires lfan dernier.La banque occupe un gros immeuble cubique en banlieue dfOklahoma City, la capitale de lfEtat.áCfa commence comme une banque communautaire, mais on a reussi a tirer avantage de notre positionnement pour faire des affaires aupres de communautes autochtones partout aux Etats-Unis, grace a lfinternet â, explique le president Rod Whitson.Les differentes entreprises des Chi ckasaws sont devenues un important employeur en Oklahoma, et pas seulement pour les autochtones.Elles fournissent du travail a 11 600 personnes, comparativement a 250 quand le gouverneur Bill Anoatubby est arrive en poste en 1987.Les actifs nets de la nation sont evalues a 1,1 milliard US, contre 11 millions a lfepoque.Et les profits ont atteint 200 millions lfan dernier, tires a 90% des casinos.Comme ses homologues, le leader chickasaw aimerait voir cette proportion descendre sous le seuil des 50% dfici 10 ans.La diversification doit se poursuivre, dit-il.áOn a des choses sur la table a dessin, dans le secteur de lfenergie, dans le secteur medical.Les profits ne sont pas aussi eleves que dans le secteur du jeu, mais ils sont bons.â ¡¡¡ Le but ultime des Chickasaws, et de toutes les tribus que La Presse Affaires Magazine a visitees, se resume en un mot : autodetermination.Pendant les siecles qui ont suivi la colonisation europeenne de lfAmerique, les autochtones ont ete deplaces, depouilles de leurs pouvoirs, dans bien des cas assimiles.Cfest seulement en 1970 que les cinq plus grandes nations ont regagne le pouvoir dfelire leurs dirigeants ; les premiers gouvernements fonctionnels se sont mis en place dans les annees 80.Les succes economiques recents ont permis a plusieurs tribus de se doter dfinstitutions visant a assurer le bien-etre de leurs citoyens.Les Chickasaws, par exemple, ont inaugure en aout dernier un hopital ultramoderne de 147 millions, paye a meme les recettes de leurs entreprises.Le batiment de pierre et de bois, dont les arches et plusieurs details architecturaux sont des rappels de lfhistoire des Chickasaws, detonne dans le paysage austere de la petite ville dfAda, ou est situe le siege social de la tribu.La lumiere qui penetre par les vastes parois vitrees illumine les oeuvres dfart autochtones accrochees au mur.Le decor est immacule.áNos appareils de resonance magnetique sont a la fine pointe de la technologie, il nfy a rien de comparable dans cette region du paysâ, dit avec une fierte non dissimulee Debbie Jackson, directrice des relations avec les clients.Partout sur les territoires autochtones dfOklahoma, des dizaines de cliniques, dfecoles et autres institutions ont vu le jour au cours de la derniere decennie.Les tribus decernent chaque annee des milliers de bourses a leurs jeunes pour favoriser lfeducation superieure, ce qufelles etaient incapables de faire il y a 10 ans.Les Chickasaws ont aussi investi 40 millions dans la construction dfun vaste centre culturel, qui a attire des milliers de visiteurs depuis son ouverture en juillet dernier.Les autochtones redecouvrent leur heritage, en somme.Et en tirent une fierte qui ne sfetait pas vue depuis des generations.Les langues amerindiennes, presque eteintes, commencent meme a se faire reentendre chez les tout-petits! ! @ 14 LaPresseaffairesMAGAzINE Salons de poker, cabanes à cigarettes, boutiques d\u2019artisanat: au-delà de ces images bien connues, les autochtones du Canada brassent des affaires dans des milliers de petites et moyennes entreprises de tous les secteurs! L\u2019entrepreneuriat a le vent dans les voiles chez les Premières Nations, à en croire Clint Davis, président et chef de la direction du Conseil canadien pour le commerce autochtone (CCCA).«Il semble y avoir plusieurs choses qui convergent dans la même direction en ce moment.» La croissance rapide de la population autochtone, qui a progressé six fois plus vite que celle des non-Indiens entre 1996 et 2006, procure des forces vives pour les PME des Premières nNations, souligne M.Davis.Plusieurs communautés ont aussi reçu d\u2019importantes sommes des gouvernements au cours des dernières années pour régler des querelles territoriales, lesquelles sont réinvesties en partie dans le lancement d\u2019entreprises.Makivik est considérée comme un leader des affaires autochtones au pays.La société, gérée par les Inuits du Nunavik, a été fondée en 1975 après la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois.Les dirigeants ont investi avec précaution la somme de 90 millions obtenue à l\u2019époque \u2014qui vaut aujourd\u2019hui environ 270 millions\u2014, et utilisé les dividendes pour lancer et acquérir une série d\u2019entreprises au fil des ans.Les transporteurs aériens First Air et Air Inuit procurent le gros des revenus de Makivik.Le groupe est aussi présent dans la distribution d\u2019essence, la construction, le transport par bateau, la fourrure, le tourisme.Ces filiales emploient de 1800 à 2000 personnes selon la saison.Et tous les profits sont réinvestis dans la communauté, qui demeure touchée par plusieurs problèmes sociaux.«On a aidé à construire des infrastructures que le gouvernement ne fournit pas, comme des arénas et des piscines, indique Pita Aatami, président de Makivik.Au fil des ans, on a injecté plus de 100 millions en infrastructures dans nos communautés.» Selon Statistique Canada, 34 045 autochtones se décrivaient comme travailleur autonome en 2006.Certains de ces entrepreneurs travaillent seuls, tandis que d\u2019autres emploient de deux à cinq personnes, indique le CCCA.L\u2019organisme devrait avoir un portrait plus précis des entreprises autochtones du pays d\u2019ici quelques mois, au terme d\u2019une vaste étude menée par la firme Environics.Chose certaine, Clint Davis aimerait que les grandes sociétés canadiennes, tout comme les gouvernements, fassent un effort supplémentaire pour acheter davantage de produits et services auprès des fournisseurs des Premières Nations.«Ils ont un pouvoir énorme qui ne requiert pas plus d\u2019argent: c\u2019est leur pouvoir d\u2019achat!» Ottawa s\u2019est doté en 1996 d\u2019une stratégie d\u2019approvisionnement auprès des entreprises autochtones, qui a généré des contrats de 460 millions seulement l\u2019an dernier.Le programme incite les différents ministères à faire affaire avec des soustraitants des Premières Nations, sans toutefois imposer de minimum.La stratégie a généré certains bénéfices mais ses résultats demeurent «mitigés », selon M.Davis.Le gouvernement fédéral a par ailleurs annoncé en juin 2009 un nouveau Cadre fédéral pour le développement économique des autochtones, en vue notamment de favoriser l\u2019entrepreneuriat.Le plan comporte un investissement initial de 200 millions sur quatre ans.Malgré nos demandes répétées pendant plusieurs semaines, le ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien, John Duncan, n\u2019a pu s\u2019entretenir de ces stratégies avec La Presse Affaires Magazine en raison d\u2019un horaire «très chargé», selon son attachée de presse.Et le Canada?460millions.Valeur des contrats accordés l\u2019an dernier aux entreprises autochtones par le gouvernement féféral.1,2million d\u2019autochtones au Canada.Amérindiens, Inuits et Métis.108000 Amérindiens au Québec 3,8% de la population de1996 à 2006 La population autochtone a augmenté six fois plus vite que celle des non-Indiens.200millions d\u2019investissement sur 4 ans.Plan annoncé en 2009 pour le développement économique des autochtones.Totem, ville de Duncan, Colombie-Britanique.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE LaPresseaffairesMAGAzINE 15 «Il y a eu une tentative de nous annihiler, de faire disparaître notre culture, de nous assimiler dans la société générale, rappelle le leader chickasaw.Mais dans les 10 dernières années, on a vu une renaissance.La langue est enseignée dans nos départements culturels.On a un dictionnaire, des outils pédagogiques.» Même scénario chez les Cherokees.La nation s\u2019est dotée d\u2019une école primaire à Tahlequah, où toutes les matières sont enseignées en cherokee jusqu\u2019à la cinquième année.Les 80 élèves sont les premiers depuis 100 ans à suivre des cours dans cette langue, souligne le chef de la nation, Chad Smith, qui ne parle pas le cherokee lui-même.«C\u2019est un grand sentiment de fierté et d\u2019espoir de voir que cette prochaine génération aura accès à des choses qui nous ont été enlevées.» De jeunes professionnels qui avaient quitté leur terre natale rentrent au bercail, attirés par les succès économiques de leurs tribus.Le Cherokee Brian Weatherman est ainsi devenu représentant des ventes senior au Hard Rock Hotel&Casino de Catoosa après des années passées dans les chaînes Starwood et Hilton ailleurs aux États-Unis.«Avec toute cette croissance, j\u2019ai sauté sur l\u2019occasion de revenir travailler pour la nation», dit l\u2019homme de 38 ans.Les succès récents ont aussi changé la relation entre les grandes tribus et les citoyens, auparavant teintée d\u2019indifférence, parfois même d\u2019hostilité.Le climat s\u2019améliore peu à peu.«Les gens qui constatent l\u2019impact des tribus au niveau local les adoptent, car ils les voient installer des égouts, des routes, des ponts, dit Scott Meacham, secrétaire des Finances de l\u2019Oklahoma.Du côté négatif, il y a des entreprises qui voient les tribus comme des concurrentes bénéficiant d\u2019avantages démesurés puisqu\u2019elles ne paient pas d\u2019impôts, par exemple chez les détaillants de tabac.Mais en gros, c\u2019est très positif.» Les grandes nations de l\u2019Oklahoma font de très bonnes affaires ces jours-ci, mais leurs réussites font figure d\u2019exception parmi les 562 tribus reconnues par le gouvernement américain.Les lois souples de l\u2019État en matière de jeu, tout comme son économie qui a bien résisté à la récession, ont permis à ses citoyens amérindiens de s\u2019en tirer beaucoup mieux qu\u2019ailleurs au pays.«La vaste majorité des profits du jeu est concentrée dans un très petit nombre de nations», souligne Stephen Cornell, codirecteur du The Harvard Project on American Indian Economic Development, qui suit de près les conditions de vie des autochtones.L\u2019expert salue malgré tout l\u2019effort de diversification économique lancé par plusieurs tribus.Réduire la dépendance envers une source de revenu unique, que ce soit les transferts fédéraux ou les casinos, rendra les nations moins «vulnérables », souligne-t-il.C\u2019est exactement l\u2019objectif des Indiens de l\u2019Oklahoma.!Les joueurs sont déjà au rendez-vous dès 8h30 du matin, au Choctaw Casino de Durant.@# Le nouvel hôpital ultramoderne de la nation Chickasaw, construit au coût de 147 millions.Les autochtones redécouvrent leur héritage, en somme.Et en tirent une fierté qui ne s\u2019était pas vue depuis des générations.Les langues amérindiennes, presque éteintes, commencent même à se faire réentendre chez les tout-petits ! ! @ # 16 LaPresseaffairesMAGAzINE Pour joindre notre journaliste : eric.lefrancois@lapresse.ca TEXTE ÉRIC LEFRANÇOIS COLLABORATION SPÉCIALE C\u2019est vrai, elle a toujours eu peine à rouler loin sans un fil à la roue.Mais l\u2019escalade récente du prix du baril de pétrole et le réchauffement climatique incitent l\u2019industrie à rebrancher la voiture électrique.Si les nouvelles technologies permettent d\u2019envisager de nouveau cette révolution silencieuse \u2013 n\u2019oublions pas que les véhicules électriques existent depuis la fin du XIXe siècle \u2013, elles ne sont pourtant pas encore parvenues à s\u2019affranchir complètement de nombreux problèmes liés à ce type de propulsion.Comme son autonomie par exemple qui demeure bien en deçà de celle d\u2019un véhicule à combustion interne.Ou le poids de ses batteries, largement supérieur à un réservoir d\u2019essence bien plein.Et il y a les infrastructures : l\u2019absence de bornes de recharge publiques ou commerciales alimente la peur de la panne sèche auprès de ses futurs utilisateurs.Une voiture électrique se recharge sur une prise électrique ordinaire.Il faut compter 20 heures environ pour porter les batteries à pleine charge, alors qu\u2019une prise à recharge rapide permet de parvenir à ce résultat durant votre sommeil.«Et si une urgence se déclarait en pleine nuit?» se plaisent à répéter ses détracteurs La Leaf de Nissan, premier véhicule tout électrique à faire son entrée sur le marché canadien dans quelques mois, promet de rouler environ 160 kilomètres avant d\u2019assécher complètement ses batteries.C\u2019est largement suffisant pour la vaste majorité des automobilistes canadiens qui parcourent en moyenne 44,5 kilomètres par jour.Les constructeurs engagés dans cette course à l\u2019électrification du parc automobile considèrent qu\u2019une partie non négligeable des automobilistes sera séduite par ces voitures propres, silencieuses et économiques à l\u2019usage\u2026 En effet, les dépenses liées à l\u2019utilisation d\u2019un véhicule électrique se révèlent très différentes de celles d\u2019une voiture à motorisation classique.Finis les vidanges d\u2019huile, le nettoyage des injecteurs ou le remplacement de la courroie de distribution.En revanche, la durée de vie des batteries lithium-ion est estimée à 150 000 kilomètres.Plus verte, vraiment ?L\u2019absence d\u2019un pot d\u2019échappement laisse croire que le véhicule électrique ne pollue pas.C\u2019est vrai, là où l\u2019électricité produite provient de centrales hydroélectriques, éoliennes ou solaires.Mais si celle-ci provient de centrales au charbon ou au gaz, l\u2019équation se renverse au profit du véhicule diesel, essence ou, mieux encore, hybride.Pour que la voiture électrique ne soit pas aussi silencieuse sur la route que discrète sur le marché, il faut la soutenir financièrement.Elle coûtera évidemment plus cher à acquérir qu\u2019un véhicule classique.Voilà pourquoi l\u2019industrie automobile branchera d\u2019abord les pays les plus «généreux», condition sine qua non à son essor.Le gouvernement du Québec accordera au cours des deux prochaines années un crédit d\u2019impôt de 8500$ aux acheteurs de véhicules électriques.Est-ce suffisant pour vous convaincre?ON VOUS BRANCHE OU PAS?LaPresseaffairesMAGAzINE 17 Pour joindre notre journaliste : hbaril@lapresse.ca MONSIEUR GAZDESCHISTE JEAN-YVES LAVOIE, PRÉSIDENT ET FONDATEUR DE JUNEX 18 LaPresseaffairesMagazine n soir de septembre, à Saint- Hyacinthe, le président de Junex se retrouve devant le micro après que le porteparole officiel de l\u2019Association pétrolière et gazière du Québec, André Caillé, eut dû s\u2019éclipser devant la vindicte publique.Jean-Yves Lavoie est soudainement propulsé à l\u2019avant-scène, bien loin de ses dolomites et ses autres schistes familiers.Stressant ?Non, mais les attaques personnelles, c\u2019est «déplaisant», répond, à la façon saguenéenne, le principal intéressé.Il a sa propre définition du stress.«Ce qui est vraiment stressant, c\u2019est être au bord d\u2019un trou pendant un forage.» Ce qui lui est arrivé plus souvent que de devoir prendre la parole en public.Jean-Yves Lavoie est un homme calme, serein, posé, il n\u2019élève ni la voix ni les bras pour plaider la cause de l\u2019industrie qu\u2019il représente.C\u2019est probablement normal d\u2019être zen quand on a passé sa vie dans le monde des roches.«J\u2019ai toujours trouvé ça fascinant, dit-il.Tu fermes les yeux et tu vois en trois dimensions.» Profondément enfouie dans le sol se trouve une ressource convoitée que Jean- Yves Lavoie a été un des premiers à voir : le gaz de shale qu\u2019on appelle aussi schiste, prisonnier de la roche depuis 450 millions d\u2019années.Le Québec en aurait des réserves pour combler ses besoins pendant au moins 50 ans.Si des géants de l\u2019industrie du pétrole et du gaz s\u2019intéressent aujourd\u2019hui au Québec et sont prêts à y investir des dizaines de millions de dollars, c\u2019est grâce aux travaux exploratoires de Junex, qui est le plus important acteur dans les basses terres du Saint-Laurent avec le tiers des permis accordés.Jean-Yves Lavoie a commencé à s\u2019intéresser au gaz de schiste au milieu des années 70, alors qu\u2019il était employé de la défunte Société québécoise d\u2019exploration pétrolière (Soquip).Jeune ingénieur minier diplômé de l\u2019Université du Québec à Chicoutimi, il fait alors la connaissance d\u2019un spécialiste embauché par Soquip, Roberto Aguilera.«Quand j\u2019ai vu arriver ce bonhomme-là avec un PhD du Colorado School of Mines, j\u2019ai voulu être ami avec lui», raconte le président de Junex.Roberto Aguilera, aujourd\u2019hui professeur à l\u2019Université de Calgary, a écrit dans ces années-là son premier livre, Naturally Fractured Reservoirs, qui a été une sorte de bible pour Jean-Yves Lavoie.«C\u2019est un géologue très perspicace et un bon gars», dit Roberto Aguilera.Les deux hommes sont toujours amis et Roberto Aguilera a accepté un siège au conseil d\u2019administration de Junex.L\u2019aventure L\u2019émoi suscité par le premier choc pétrolier passé, le gouvernement de René Lévesque réduit le budget de Soquip et Jean-Yves Lavoie part pour Calgary.Il travaille pendant trois ans dans l\u2019Ouest et dans les États américains du Wyoming et du Montana.À son retour au Québec, il devient consultant et collabore à mille et un projets.Il fonde sa première entreprise, Ressources Jaltin, dans laquelle il réinvestit presque tous ses revenus.«Ce n\u2019était pas payant, tu demanderas à ma femme.Mais comme je le lui ai dit souvent, les enfants n\u2019ont jamais manqué de lait.» Le consultant Jean-Yves Lavoie n\u2019a jamais arrêté de travailler.C\u2019est ainsi qu\u2019il part pour Cuba, à la demande de son ami français Gérard Bourgoin, qui était alors dans les bonnes grâces de Fidel Castro.Les travaux d\u2019exploration sont financés par les fonds levés par Gérard Bourgoin auprès de son cercle d\u2019amis du showbiz, notamment Gérard Depardieu, qui ne s\u2019est pas enrichi dans l\u2019aventure.Entre-temps, au Québec, un événement important pour la suite des choses s\u2019était produit.En 1984, les dirigeants de Soquip conseillent au gouvernement de ne plus dépenser d\u2019argent dans l\u2019exploration de pétrole et de gaz.Il n\u2019y a rien à trouver, conclut leur rapport, connu sous le nom de «livre gris» et toujours conservé dans les archives du ministère des Ressources naturelles.Soquip a investi en Alberta et la valeur de tous les permis d\u2019exploration au Jean-Yves Lavoie a passé sa vie à chercher du pétrole et du gaz, au Canada, au Wyoming et au Montana.Quand les Québécois ont fait sa connaissance, ils ont découvert en même temps une industrie qui n\u2019existait pas il y a cinq ans, celle du gaz de schiste.Si des géants de l\u2019industrie du pétrole et du gaz s\u2019intéressent aujourd\u2019hui au Québec et sont prêts à y investir des dizaines de millions de dollars, c\u2019est un peu grâce aux travaux exploratoires de Junex.TEXTE HÉLÈNE BARIL PHOTO FRANÇOIS ROY LaPresseaffairesMagazine 19 Québec est tombée à zéro, ce qui a permis à Junex et aux autres de les racheter pour rien, plusieurs années plus tard (voir l\u2019encadré Le bar ouvert).Le début En 2002, Junex, la nouvelle société de Jean- Yves Lavoie, prend ses premiers permis pour chercher du gaz de schiste.Rétrospectivement, on peut dire que ç\u2019a été une erreur de la part du gouvernement de se désintéresser complètement de ce secteur, estime Jean- Yves Lavoie.Même si la technologie pour extraire le gaz de schiste n\u2019était pas au point, le potentiel était connu, selon lui.Hydro-Québec a eu beau s\u2019intéresser brièvement à ce secteur, entre 2002 et 2006, sous la pression du gouvernement de Bernard Landry, son intérêt était ailleurs, selon plusieurs sources du milieu.Jean-Yves Lavoie le confirme.«Ce qui a manqué, c\u2019est de garder un oeil sur ce qui se passe dans l\u2019industrie.Faire de la veille technologique et envoyer des gens dans les congrès, c\u2019est important.» En cherchant du gaz, Junex trouve de la saumure, qu\u2019elle parvient à commercialiser pour déglacer les routes.Jean-Yves Lavoie trouve aussi du gaz, mais en petite quantité.Assez quand même pour le transporter, par fardier, chez le premier client de Junex, l\u2019usine Noranda de Murdochville.Le géologue connaît dans le détail la petite histoire du gaz naturel au Québec.Dans les années 50, des Américains étaient venus forer dans la région de Pointe-du- Lac, près de Trois-Rivières.Une fois qu\u2019ils furent repartis, des résidants du coin se sont fabriqué des puits artisanaux \u2013 et dangereux \u2013 et certains ont chauffé leur maison comme ça pendant des années, raconte-t-il.«Le gouvernement de Maurice Duplessis a dû faire venir Halliburton du Texas pour boucher ça!» Jean-Yves Lavoie se souvient de la première fois qu\u2019il a parlé publiquement de gaz de schiste.«C\u2019était en 2004, à l\u2019invitation de Fraser Milner Casgrain, la firme d\u2019avocats.» Depuis, l\u2019industrie a fait des pas de géant et alors qu\u2019elle touche au but, la mise en production, une opposition croissante pourrait bien la paralyser.À 60 ans, le fondateur de Junex espère être là pour participer à l\u2019exploitation du gisement de gaz de schiste du Québec.Deux des ses cinq enfants, Mathieu et Jérémie, travaillent dans l\u2019entreprise.«Le Québec ne reculera pas parce que le gaz est là et la technologie est là», dit-il.Si, malgré tout, le Québec dit non au gaz de schiste, ce serait catastrophique pour Junex.«Au pire, on pourrait continuer dans le gaz conventionnel, avance Jean-Yves Lavoie.Sinon, j\u2019irai tâter de la petite truite.» LEBAR OUVERT Ceux qui s\u2019opposent au gaz de schiste reprochent au gouvernement d\u2019avoir donné le sous-sol du Québec aux compagnies minières contre des redevances ridicules.Le Québec est un bar ouvert en ce qui concerne l\u2019exploitation de ses ressources souterraines et il n\u2019est pas le seul gouvernement à avoir choisi ce moyen d\u2019attirer l\u2019investissement privé.Ce qu\u2019on appelle le free mining remonte à l\u2019Antiquité, et a été raffiné en Angleterre, au Moyen-Âge.C\u2019est de cette époque que date la distinction entre les droits de surface et les droits miniers : le sol sous nos pieds peut nous appartenir, mais ce que contient le sous-sol est propriété de l\u2019État, qui peut en confier l\u2019exploitation à des entreprises à certaines conditions.Le free mining est la règle au Québec, au Canada et dans la plupart des anciennes colonies européennes.Elle vise à favoriser le développement économique d\u2019un territoire, avec l\u2019argent et l\u2019expertise du privé, ce qui est jugé souhaitable et dans l\u2019intérêt de la collectivité.La loi des Mines du Québec s\u2019applique par défaut à l\u2019exploration et l\u2019exploitation pétrolière et gazière, des activités pratiquement inexistantes jusqu\u2019à maintenant.Le gouvernement travaille sur un encadrement spécifique pour le pétrole et le gaz, mais le principe du free mining n\u2019est pas remis en question.Source : Ugo Lapointe, Université du Québec à Montréal.JUNEX Fondation 2002 Nombres d\u2019employés 35 Capitalisation boursière 70millions Principaux actionnaires Jean-Yves Lavoie, Jacques Aubert, Sprott Asset Management, Caisse de dépôt et placement Québec PHOTO FOURNIE PAR JUNEX; PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE 20 LaPresseaffairesMagazine PLACEMENTS GARANTIS LIÉS AUX MARCHÉS 1 800 CAISSES desjardins.com/placementsgarantis TOUT CE QUE VOUS RISQUEZ, C\u2019EST QUE ÇA MONTE.Potentiel de rendement supérieur1 et capital garanti à 100%.Avec les placements garantis liés aux marchés de Desjardins, tout ce que vous risquez, c\u2019est que ça monte.Parlez à votre conseiller de Desjardins pour trouver celui qui répond le mieux à vos besoins.1 Le rendement basé sur l\u2019évolution des marchés financiers pourrait être nul à l\u2019échéance.Certains placements offrent un rendement annuel garanti.Le capital est toujours garanti à l\u2019échéance.CAPITAL 100% GARANTI SURVEILLEZ NOS NOUVEAUTÉS! Octobre 1980.Alors qu\u2019ils terminent leur journée de travail, les reporters d\u2019Écho Vedettes regardent avec étonnement un garçon d\u2019à peine 11 ans qui vient de débarquer dans la salle de rédaction pour leur donner une leçon de journalisme.Le gamin, les yeux très noirs, a traversé la ville pour « rectifier les faits » publiés dans l\u2019hebdomadaire à la suite de la mort de son père, le producteur Yves Martin, l\u2019un des plus célèbres de son époque.Ce garçon, c\u2019est Iohann Martin.Son nom ne vous dit peut-être rien.Il a néanmoins fondé avec sa conjointe et son partenaire d\u2019affaires Andrew Lapierre l\u2019une des entreprises culturelles les plus dynamiques du Québec, Dazmo.Une entreprise discrète, mais dont les produits sont bien connus.La musique des séries Rumeurs, Les Parent et Fortier?C\u2019est eux.Les caméras derrière certaines des premières pubs jamais tournées en HD au Québec \u2013 celles de Monsieur B avec Benoit Brière?C\u2019est eux aussi.L\u2019installation technique de la quasi-totalité des téléréalités diffusées ici?Encore eux.Fondée il y a 14 ans à l\u2019aide d\u2019un prêt de 50 000$ \u2013 remboursé quatre mois plus tard \u2013 Dazmo est aujourd\u2019hui un leader IOHANN MARTIN Pour joindre notre journaliste :hjbgaargiln@olna3p@relsasper.ecsase.ca TEXTE JEAN-SÉBASTIEN GAGNON PHOTOS ROBERT SKINNER 22 LaPresseaffairesMagazine dans ses principaux secteurs d\u2019affaires: la production musicale et, à travers sa filiale Video MTL, la location d\u2019équipement de tournage.Et l\u2019entreprise de 60 employés se lancera sous peu dans la fabrication de piles rechargeables.Des activités disparates ?Iohann Martin y voit plutôt une constante: «C\u2019est vraiment nous, ça.Quand un nouveau challenge se présente, si on voit que ça se défend financièrement, on se dit go!» Batteur émérite, le Montréalais de 41 ans a rapidement été attiré par la musique.«J\u2019ai eu mon coup de foudre pour le drum à 5 ans, en voyant Nanette Workman enregistrer Lady Marmalade», dit-il.Son groupe de jeunesse, Sarok Saroya, est passé tout près d\u2019une carrière professionnelle au début des années 90.C\u2019est cependant à deux pas de la scène, dans les coulisses, que Iohann Martin a passé la majeure partie de sa vie.Agent de Boule Noire et de Nicole Martin, millionnaire à 18 ans, son père a été désigné producteur de l\u2019année lors du premier gala de l\u2019ADISQ.Adulte, Iohann Martin a choisi pour épouse l\u2019une des plus belles femmes du Québec, ex-chanteuse et animatrice connue, Mitsou Gélinas.Avec ses cheveux longs, jeans et t-shirt noirs, il ressemble moins à un homme d\u2019affaires qu\u2019à l\u2019un de ces musiciens qui se cherchent une nouvelle batterie chez Steve\u2019s Music Store.Un bum?Peut-être.Mais un bum de bonne famille qui se lève à 4h30 tous les matins pour une séance d\u2019entraînement, faire déjeuner ses filles, et filer vers les locaux de Dazmo, situés dans le quartier Griffintown à Montréal, à temps pour un premier conseil de direction.Là, dans une salle sans fenêtre décorée d\u2019un seul sofa plus très jeune, il écoutera son partenaireAndrewLapierre lui décrire les derniers problèmes d\u2019équipement.Il sera question d\u2019Aja Kipro, de HR 720, 4: 4: 4 RGB\u2026 À les entendre, le profane en perd vite son latin.Mais la litanie de gadgets, formats d\u2019enregistrement et normes de compression le convaincra d\u2019une chose: Dazmo est probablement la firme de location la plus spécialisée du Québec.REPÈRES 3,3 MILLIARDS Recettes d\u2019exploitation du secteur de la production cinématographique au Canada 28,3% Part de marché des entreprises situées au Québec 887,3 MILLIONS Revenus d\u2019exploitation de l\u2019industrie canadienne de la production sonore Source : Statistique Canada, données 2008 publiées en juin dernier LaPresseaffairesMagazine 23 L\u2019inventaire de Dazmo, dont le chiffre d\u2019affaires croît de 15% par année, coûte une fortune et doit sans cesse être renouvelé, affirme Iohann Martin.«Il faut savoir à quel moment embarquer dans une nouvelle technologie, et s\u2019assurer que nos clients seront prêts à l\u2019adopter», dit-il.Des clients venus des quatre coins du monde, avec des budgets et des normes de tournage tous différents.«Je dis souvent que je dois avoir deux cerveaux: un pour les productions américaines où c\u2019est important d\u2019avoir tout le matériel en triple, et l\u2019autre pour les projets québécois, où l\u2019on doit faire des miracles avec des budgets très serrés », dit son partenaire Andrew Lapierre, un ex-mannequin qui est aussi un crack de la technologie.Ce savoir-faire, qui leur permet notamment de réduire au moins de moitié les frais engagés pour le tournage de téléréalités comme Star Académie et Occupation double, pourrait bientôt être proposé à des géants de l\u2019industrie comme le groupe néerlandais Endemol, l\u2019inventeur du concept Big Brother.C\u2019est avec Star Académie que l\u2019aventure a commencé.Il fallait un certain culot pour se lancer dès la première mouture, au moment où tout était à inventer.«Nous avons lunché avec Julie Snyder et trois heures plus tard, le réalisateur Jean Lamoureux débarquait pour nous exposer les détails de la production», se rappelle Iohann Martin.Et ces détails n\u2019avaient rien de normal.«Vous allez tourner ça où?! Dans la maison de Pierre Péladeau?Et on filme ça comment?Avec des caméras de surveillance?Où est-ce qu\u2019on va mettre les techniciens?!» s\u2019est-il demandé.Depuis, l\u2019expérience aidant, la formule s\u2019est sans cesse raffinée.«Dans les deux maisons d\u2019Occupation double en Colombie-Britannique, nous avons installé 40 caméras robotisées, posées sur des trépieds téléscopiques, explique Andrew Lapierre.Toutes les scènes de la vie quotidienne étaient filmées par ces caméras qu\u2019un seul et même technicien peut diriger.Ça réduit de beaucoup les frais d\u2019opération, et les concurrents sont plus à l\u2019aise puisqu\u2019ils ont rapidement l\u2019impression d\u2019être seuls sur le plateau.» Lumières ! Sur le vieux sofa de la salle de réunion, trône une pile de boîtiers électriques portant le logo de Dazmo: ce sont des batteries rechargeables que l\u2019entreprise va bientôt manufacturer et offrir à ses clients.« L\u2019alimentation, c\u2019est le nerf de la guerre dans l\u2019industrie du tournage.Nos batteries vont se recharger trois fois plus vite et durer trois fois plus longtemps que celles actuellement disponibles sur le marché », dit Iohann Martin, non sans fierté.Il aura fallu 18 mois et 250 000$ en recherche et développement pour en arriver là.Ça, et quelques allers-retours à Taipei pour rencontrer leur partenaire dans cette nouvelle aventure, un ingénieur taïwanais de 70 ans qui détient plus de 500 brevets.«Son entreprise, Phet, fabrique la seule voiture au monde qui se recharge en cinq minutes, aussi vite qu\u2019un plein d\u2019essence», assure Andrew Lapierre.Le projet semble incroyable, mais l\u2019histoire de Dazmo est jalonnée de ce genre de coups de tête un peu audacieux.«Quand j\u2019ai recruté Andrew en 1997, il venait de plaquer un job très payant dans l\u2019industrie de la mode à New York, raconte Iohann Martin.J\u2019ai dû l\u2019appeler toutes les semaines pendant cinq mois pour le convaincre d\u2019embarquer.J\u2019avais 25 ans et pas grand-chose à offrir sinon un plan d\u2019affaires dessiné dans notre cuisine.Mais je sentais que ça pouvait marcher.» Cut ! Il est 11h et Iohann Martin traverse les locaux de Dazmo pour s\u2019installer dans un studio feutré, meublé d\u2019instruments musicaux, d\u2019un écran plasma et d\u2019une console de mixage.Avec le réalisateur Pierre Théorêt et Sari «ONPEUT PRODUIRE JUSQU\u2019À 100HEURES DEMUSIQUE PARANNÉE», dit Iohann Martin.Angoissant?Pas tant que ça.Mais il admet que l\u2019artiste en lui est plus anxieux que l\u2019homme d\u2019affaires.24 LaPresseaffairesMagazine Dajani, un musicien qui manie aussi bien la guitare que la table de montage, il révisera un épisode de Mauvais Karma, diffusé quelques jours plus tard sur les ondes de Radio-Canada.La trame sonore, parfois comique, parfois tragique, a été composée et il faut maintenant trouver à quel moment \u2013 à l\u2019image près \u2013 elle doit entrer en scène ou s\u2019effacer.Un exercice délicat, qui demande de se glisser dans la tête du réalisateur pour deviner ses intentions.À midi, une chanteuse aux cheveux prune et aux yeux fardés de noir prendra place dans le studio.Cette fois, on doit mettre au point une séquence musicale de cinq minutes pour la série La galère.Le temps presse, puisque l\u2019équipe de production débarque dans moins de quatre heures pour une écoute.Un échéancier serré qui n\u2019est pas si rare chez Dazmo.«Ça peut inquiéter certains producteurs.Mais comme le produit final est de qualité, ça finit toujours par passer », dit la réalisatrice Sophie Lorain, qui a collaboré avec l\u2019entreprise dans presque toutes ses séries.Pour La galère, le même refrain sera chanté des dizaines de fois avec des intonations différentes, du blues au plus country, jusqu\u2019à ce que la texture juste soit trouvée.À l\u2019oreille, toutes les versions semblent également bonnes.Mais il n\u2019en est qu\u2019une qui fera sentir aux spectateurs qu\u2019ils sont en train de vivre un grand moment de télé.La chanson Don\u2019t Misunderstand Me, composée pour la même émission, a d\u2019ailleurs trôné durant 18 semaines au palmarès des titres les plus téléchargés sur le site Zik.ca l\u2019an dernier.Rideau Des Jeux olympiques à la SRC au Hockey du samedi soir, la musique de Dazmo est partout.Même Jean Coutu a fait appel à l\u2019entreprise lorsqu\u2019il a voulu rafraîchir le look publicitaire des pharmacies du groupe Eckerd, aux États-Unis.«On peut produire jusqu\u2019à 100 heures de musique par année», dit Iohann Martin.Angoissant?Pas tant que ça.Mais il admet que l\u2019artiste en lui est plus anxieux que l\u2019homme d\u2019affaires.Il quitte un instant le studio pour enfiler encore une autre casquette, celle d\u2019agent.Au bout du fil, un géant du secteur alimentaire propose de s\u2019associer à Mitsou.Iohann Martin discutera du concept, des sociétés dont Mitsou est déjà la porte-parole \u2013 Lise Watier, la Fondation du cancer du sein du Québec \u2013 et promettra un suivi.«Iohann est la personne la plus équilibrée que je connaisse», dit sa conjointe depuis 15 ans, Mitsou Gélinas.«C\u2019est un businessman qui se rappelle les moindres détails, mais il est aussi hyper sensible.» Homme-orchestre, également actionnaire du chic restaurant le Vauvert, Iohann Martin ne semble jamais loin de son prochain projet.Cette drive, cette urgence de vivre hors du commun, frappe d\u2019ailleurs tous ceux qui le connaissent de près.C\u2019est probablement ce qui peut pousser un garçon de 11 ans à traverser la ville, histoire de défendre la mémoire de son père.DES FILMS QUI ONT RETENU LES SERVICES DE DAZMO The Bone Collector, 1999, Phillip Noyce.Avec Denzel Washington et Angelina Jolie The Score, 2001, Frank Oz.Avec Robert De Niro, Edward Norton et Marlon Brando.The Day After Tomorrow, 2004, Roland Emmerich.Avec Dennis Quaid et Jake Gyllenhaal.Immortals, 2011, Tarsem Singh.Avec Mickey Rourke.Sortie prévue : novembre 2011 De gauche à droite: Mitsou et Iohann Martin se sont lancés en affaires voici 14 ans, seulement 6 mois après leur rencontre; Andrew Lapierre, l\u2019un des copropriétaires de Dazmo; Iohann Martin a découvert la batterie dès l\u2019âge de 5 ans, dans les studios où Nanette Workman enregistrait l\u2019album Lady Marmalade; un technicien ajuste une caméra dans les installations de Video MTL, filiale deDazmo consacrée à la location d\u2019équipements de tournage.LaPresseaffairesMagazine 25 Après des années plutôt chiches en 2008 et en 2009, l\u2019optimisme règne dans l\u2019industrie des réunions et des congrès.Et pour cause: l\u2019année 2010 a été excellente, et l\u2019avenir s\u2019annonce radieux, sur le plan des événements tant régionaux qu\u2019internationaux.Aperçu des tendances actuelles.«L\u2019an dernier, c\u2019était encore la récession, et les entreprises n\u2019osaient pas réserver de salle, dit Sylvia Bouchard, présidente de l\u2019Association des bureaux de congrès du Québec (ABCQ).Même que certaines annulaient leurs événements.Mais pour l\u2019ensemble de nos membres, à ce jour, 2010 a été une très bonne année, et 2011 s\u2019annonce aussi très bien.» Du côté des congrès internationaux, Montréal vient de conna ît re une année exceptionnelle.Au Palais des congrès, l\u2019année financière qui s\u2019est terminée en mars 2010 a été supérieure à la moyenne.«Nous avons eu 276 événements, toutes catégories confondues, avec un total de 613 000 participants, et de ce nombre, 24 000 se sont déplacés pour des congrès internationaux, dit Chrystine Loriaux, directrice du marketing et des communications.C\u2019est le double de notre moyenne, qui oscille habituellement autour de 13 000, à l\u2019exception de 2005, année où il y a eu la Conférence de l\u2019ONU sur les changements climatiques, un événement qui est dans une classe à part compte tenu de son envergure.» Et ce n\u2019est pas terminé : actuellement, les réservations annoncent un bel avenir pour le Palais.«Nous venons de terminer le premier semestre de l\u2019exercice 2010-2011, et pour l\u2019instant, nous avons 113 réservations, tous marchés confondus, ce qui représente une augmentation de 95% par rapport aux réservations que nous avions l\u2019an dernier à la même période.Je pense que cela annonce du succès pour les prochaines années», ajoute Mme Loriaux.Selon la directrice, cette hausse des réservations reflète l\u2019état d\u2019esprit des professionnels du secteur.«On s\u2019aperçoit que le marché régional des événements est en pleine effervescence, dit-elle.Nous sommes très sollicités pour les grandes rencontres d\u2019entreprises, les gens sont plus optimistes.» Même chose du côté des autres régions du Québec.«Nos membres constatent que le marché associatif se développe énormément, dit Sylvia Bouchard.Il y a davantage d\u2019activités de formation, de ressourcement, et les produits d\u2019appel dans les régions attirent les groupes.» Attraits régionaux, technologie et congrès verts En effet, pour les congressistes, la tendance est de joindre l\u2019utile Pour joindre notre journaliste :hcbraordilg@elrasp@rleaspsree.csase.ca TEXTE CAROLINE RODGERS, COLLABORATION SPÉCIALE L\u2019OPTIMISME EST DE 613000 participants, 24 000 personnes se sont déplacées 113 réservations pour le premier trimestre (augmentation de 95% par rapport à l\u2019an dernier) Chrystine Loriaux Directrice du marketing et des communications, Palais des congrès de Montréal 276 événements, toutes catégories confondues Palais des congrès de Montréal.26 LaPresseaffairesMagazine à l\u2019agréable en combinant les réunions avec des visites ou des activités spéciales, et les régions se lancent dans la création de nouveaux produits destinés à attirer ce marché.«Chaque région développe des attraits et des forfaits pour attirer le tourisme d\u2019affaires, dit Mme Bouchard.On découvre chaque année de nouveaux parcours gourmands, des routes agro-touristiques, des soirées visites guidées de microbrasseries ou autres endroits typiques, ou des activités sportives comme le bungee qui s\u2019ajoutent aux forfaits offerts à cette clientèle.» Et quand ils se réunissent en région, les gens d\u2019affaires tiennent à déguster produits régionaux et cuisine du terroir: wapiti, bison, truite et petits fruits sauvages ont la cote.Par ailleurs, les centres de congrès et les hôtels ont tout intérêt à avoir des équipements à la fine pointe de la technologie, car les vidéoconférences et les séminaires en ligne sont de plus en plus populaires.Dernière minute Que ce soit du côté des événements internationauxdegrande envergure ou des réunions plus modestes à caractère local, une grande tendance se dessine : on réserve de moins en moins longtemps à l\u2019avance.«Auparavant, les événements internationaux étaient réservés de cinq à sept ans à l\u2019avance, alors que maintenant, cette moyenne se situe davantage autour de trois ans», dit Chrystine Loriaux.Le même phénomène s\u2019observe pour les événements plus petits.«Avant, nous faisions des offres de service deux ans à l\u2019avance, mais maintenant, certains événements sont réservés moins de six mois avant leur tenue, dit Sylvia Bouchard.Le temps s\u2019est raccourci, mais les exigences sont aussi élevées en ce qui concerne la qualité des forfaits.» RETOUR PHOTOS ARCHIVES, LA PRESSE LaPresseaffairesMagazine 27 En plus de vous proposer une destination où il y a plein d\u2019affaires à faire, Laval met à votre disposition un service de soutien, d\u2019aide et d\u2019accompagnement unique, pratique et gratuit : Le Simplificateur de Tourisme Laval, une équipe sympathique qui vous offre une foule de services et d\u2019outils pour favoriser le succès de votre événement.Besoin d\u2019idées et de conseils avisés?Téléchargez gratuitement votre Guide Congrès et Paracongrès au www.leSimplificateur.com/superzen.La façon zen de préparer votre événement Pour joindre notre journaliste : mtison1@lapresse.ca Tout enfant , dans sa chambre de Mont-Royal, Stephan Copeland éclairait ses jeux avec une lampe articulée Luxo.Près de 40 ans plus tard, l\u2019entreprise norvégienne lui a confié le mandat de réinterpréter ce grand classique.Pourquoi lui?Parce que les lampes de bureau ont jalonné ses 25 ans de carrière comme autant de balises lumineuses sur une piste de décollage.Cinq luminaires.Cinq phares.Déjà, étudiant\u2026 Sa première lampe de bureau, un projet d\u2019étudiant entamé au début des années 80, était déjà un coup de maître.Ses doubles tiges parallèles, reliées par des tubes flexibles, avaient la souplesse et la grâce d\u2019un bras de ballerine.Tango a séduit le fabricant italien Flos, qui a engagé le jeune designer pour en achever la mise au point.D\u2019abord exercice de style, son second luminaire était coiffé d\u2019un réflecteur en forme de cône aplati.Ce chapeau se tournait vers la gauche ou à la droite, à l\u2019extrémité d\u2019une longue tige cintrée comme l\u2019échine d\u2019un paysan chinois \u2013 Copeland l\u2019a appelé China.Puis, à la fin des années 90, le grand fabricant de systèmes de bureau Steelcase lui a demandé de concevoir une lampe entièrement moulée en plastique.Ses articulations à rotules et ses lignes biomorphiques ont incité certains à lui donner, par métaphore, le surnom de bones, os.Ios était radicalement nouvelle, au point de surprendre le marché, qui l\u2019a boudée pendant deux ans.Puis elle a pris son envol, pour devenir la C\u2019est le mouvement qui intéresse Stephan Copeland.Ce sont les lampes de bureau qui ont fait sa réputation.Il a lié les deux.LALUMIÈRE TEXTE MARC TISON PHOTOS FOURNIES PAR STEPHAN COPELAND GREYHOUND Tricycle haute performance pour handicapés.Le croquis intuitif qui a inspiré le projet est devenu le logo du studio.OVELO, POUR LUXO Réinterprétation du classique vieux de 70 ans.Lancée au printemps, « It sells like crazy», se réjouit Stephan Copeland.CHINA D\u2019abord exercice de style, elle a séduit un distributeur américain.IOS, POUR STEELCASE La première lampe articulée moulée par injection.28 LaPresseaffairesMagazine lampe de bureau la plus vendue chez Steelcase.Spécialité : mouvement Cependant, on ne peut comprendre Stephan Copeland si on ne jette pas un regard sur le projet dans lequel il s\u2019est peutêtre le plus investi.Greyhound n\u2019est pas une lampe mais un tricycle pour personne handicapée \u2013 un croisement entre chaise roulante et vélo de course.Mû par les bras, le bolide s\u2019incline dans les virages, son conducteur penché sur sa monture comme un jockey sur un pur-sang.Greyhound symbolise à ce point son idéal de fusion fluide entre la mécanique et l\u2019humain que Stephan Copeland a repris le croquis intuitif à l\u2019origine du projet pour en faire le logo de son studio.«Ma spécialité, c\u2019est de faire bouger les objets », indique le dynamique designer qui, encore à 50 ans, ne peut monter un escalier qu\u2019en courant.Cette passion transparaît dans la lampe Copeland Light, qu\u2019il a conçue en 2005 pour le fabricant américain Knoll.Ses éléments les plus frappants sont les pivots annulaires qui joignent ses bras, comme «des roues de vélo sans rayons », selon la description du fabricant.Une lampe d\u2019apparence simple, cette fois «sans surprise ni métaphore».Lumière norvégienne En 2006, Luxo a cogné à la porte de son bureau, maintenant situé à Merion, en Pennsylvanie.La mission: créer, sans trahir ses origines, une nouvelle expression de la fameuse lampe aux deux parallélogrammes contrebalancés par ressorts.Elle a été lancée au printemps.Fichés sur une base circulaire, les parallélogrammes sont toujours là.Mais ses segments se referment l\u2019un sur l\u2019autre, cachant les ressorts qui agissent en toute discrétion.«Vous pouvez glisser un mouchoir de papier d\u2019une extrémité à l\u2019autre: il n\u2019y a aucun ressort, aucune vis», observe Stephan Copeland.Il a donné au réflecteur, la forme d\u2019un anneau ovalisé.On le saisit à pleine main avec une « facilité inconsciente ».Guidée par la main, parfaitement équilibrée, la lampe ploie, se déplie et pivote, discrète mais efficace.«Une lampe de bureau partage son espace avec l\u2019usager de façon très intime, décrit le designer.J\u2019essaie de faire des lampes de bureau amicales, douces, accommodantes, tant dans leur présence que dans la façon dont elles bougent.» Il l\u2019avait appelée Velo \u2013 vous voyez encore l\u2019inspiration.Luxo a préféré Ovelo.S tephan Copel a nd l e regrette un peu.COPELAND LIGHT, POUR KNOLL Son réflecteur bidirectionnel peut s\u2019orienter vers le haut ou le bas.STEPHAN COPELAND Avec sa nouvelle version de la lampe LUXO.DYNAMIQUE TANGO, POUR FLOS Elle a figuré dans un film de James Bond.LaPresseaffairesMagazine 29 Confrontée à une érosion de son marché traditionnel et à une augmentation de ses coûts, Postes Canada réplique avec un programme de modernisation de 2 milliards de dollars qui risque d\u2019entraîner bien des bouleversements, d\u2019abord chez ses employés.Portrait d\u2019un géant qui tente de se réinventer.TEXTE PHILIPPE MERCURE PHOTOS ALAIN ROBERGE Centre de tri Léo-Blanchette, dans Saint-Laurent.Il est 19h et le stationnement des employés commence à se remplir.Bientôt, cet établissement grand comme 52 terrains de football sera en pleine ébullition.À la centaine de portes des quatre quais de réception que compte le centre, des camions rouges déchargent leur récolte de la journée.Les lettres et colis sont chargés sur des convoyeurs, triés par des machines, puis rechargés dans d\u2019autres camions qui les achemineront à leurs destinataires.À la fin de la nuit, les quelque 3000 employés qui travaillent ici auront traité de quatre à cinq millions d\u2019envois.«Tout le courrier qui émane de l\u2019univers pour aller vers le Québec passe ici.Tout ce qui émane du Québec pour aller ailleurs au Québec ou vers le reste de l\u2019univers aussi», dit Catherine Lortie, porte-parole de Postes Canada.On pourrait croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une soirée comme les autres au centre Léo-Blanchette.Mais en y regardant de plus près, des signes montrent que l\u2019endroit est en plein bouleversement.Ici, des murs de contreplaqué isolent une section en démolition.Ailleurs, des machines flambant neuves attentent aux côtés de leurs ancêtres des années 80, manifestement prêtes à prendre la relève.«On est en train de faire de gros, gros changements», confirme Pierre Delisle, dont le titre \u2013 chef principal de la transformation postale pour l\u2019est du Canada \u2013 illustre à lui seul tout le bouillonnement qui agite la société de la Couronne.C\u2019est qu\u2019à l\u2019image du centre Léo-Blanchette, l\u2019ensemble de Postes Canada se trouve aujourd\u2019hui en plein chantier.Et Pour joindre notre journaliste :hpbmareilr@cularpe@relsasper.ecsase.ca LA RÉINVENTION DE POSTES CANADA 30 LaPresseaffairesMagazine ne serait-ce que par la taille de la société d\u2019État, il s\u2019agit d\u2019un gigantesque chantier.Avec ses71 000employés, PostesCanada est en effet un géant dont on sous-estime souvent l\u2019ampleur.Le Canada compte 2,5 fois plus de comptoirs postaux que de restaurants Tim Hortons.En fait, avec ses 6500 points de vente, Postes Canada possède le plus gros réseau de détaillants au pays; son parc de véhicules est aussi le plus imposant de tout le Canada.La société de la Couronne s\u2019apprête à émettre pour 2 milliards d\u2019obligations afin de financer ce qu\u2019on appelle chez Postes Canada le «programme de transformation postale».Investissements en nouveaux équipements, revue en profondeur des processus de travail, flopée d\u2019initiatives pour gagner des parts de marché dans les services en ligne: la série de changements est extrêmement ambitieuse.Une telle révolution n\u2019a pas été mise en branle pour le simple plaisir de la chose.Comme toutes les sociétés postales du monde, Postes Canada fait face à une problématique de taille: le déclin du courrier traditionnel.À mesure que les Canadiens reçoivent leurs factures par l\u2019internet ou envoient des courriels à la belle-famille à Noël plutôt que des cartes de souhaits, le marché de Postes Canada s\u2019effrite.Depuis quatre ans, le volume de lettrepostes a diminué de 11,4% au Canada \u2013 une tendance qui n\u2019est pas près de se renverser.La direction table encore sur des diminutions de volume de 2 à 3% par année.Et chez Postes Canada, chaque chute d\u2019un point de pourcentage équivaut à 30 millions en revenus qui s\u2019envolent.Le hic, c\u2019est que pendant que le volume de courrier décline, le nombre d\u2019adresses à desservir, lui, augmente.Chaque jour, Postes Canada est tenue par la loi de se présenter à toutes les portes du pays.Bon an, mal an, ce sont 200 000 nouvelles adresses qui s\u2019ajoutent à son réseau.«Nos coûts fixes sont élevés, nos coûts d\u2019exploitation grandissent parce que le réseau grandit, nos revenus déclinent parce qu\u2019il y a moins de courrier.C\u2019est le cocktail avec lequel on est pris, c\u2019est le défi auquel on doit faire face», résume Pierre Delisle.En multipliant les acrobaties, Postes Canada a réussi à jusqu\u2019à maintenant à éviter de tomber dans le rouge.L\u2019an dernier, malgré des revenus en baisse de 7,7 à 7,3 milliards, la société a même réussi à augmenter ses profits de 139 à 357 millions.«On a réduit nos coûts.On a fait des gains d\u2019efficience au niveau des opérations, des réductions de dépenses discrétionnaires, et ainsi de suite.Ça a été notre façon de garder la tête hors de l\u2019eau.Mais on ne bâtit pas une carrière là-dessus.Ça prend quelque chose de plus fondamental», dit Catherine Lortie.Dans plusieurs pays, ce «quelque chose de plus fondamental», ce fut carrément la privatisation des services postaux.L\u2019idée: mettre fin au monopole de l\u2019État sur la distribution de courrier et libéraliser le marché.C\u2019est la voie qu\u2019ont suivie, à divers degrés, des pays comme la Finlande, les Pays-Bas, l\u2019Allemagne et la Nouvelle- Zélande.Le débat de la privatisation a aussi fait rage au Canada.En 2007, l\u2019Institut CD Howe a publié une étude dont les conclusions allaient en ce sens.«Privatiser Postes Canada améliorerait sa gouvernance sans mettre en péril le service universel, et l\u2019introduction de compétition amènerait une discipline économique qui n\u2019existe pas actuellement», écrivaient ses auteurs.Au cours des dernières années, le gouvernement Harper a déposé plusieurs projets de loi visant à retirer certains privilèges à Postes Canada, qui ont fini par mourir au feuilleton.Mais les conservateurs sont revenus à la charge lors du dépôt du dernier budget en y incluant le projet de loi C-9.Ce projet de loi retire à Postes Canada le privilège exclusif du courrier international.L\u2019opposition et le syndicat représentant les travailleurs des postes ont vivement dénoncé le fait que la mesure ait été incluse dans le budget, ce qui a rendu impossible le fait de la bloquer sans déclencher des élections.Aujourd\u2019hui, les dirigeants de Postes Canada minimisent l\u2019impact du projet de loi C-9, qui les force depuis peu de temps à se battre contre les concurrents pour le courrier international.«C\u2019est un aspect de notre entreprise qui est très ciblé.On parle de 80 millions de dollars sur un chiffre d\u2019affaires de plus de 7 milliards.Et on oublie que Postes Canada affronte déjà des concurrents dans plusieurs secteurs d\u2019activités, que ce soit la livraison de colis ou la distribution de publicité», dit John Farnand, vice-président, transformation postale.La direction de Postes Canada dit considérer qu\u2019il n\u2019y aura pas de pertes d\u2019exclusivité supplémentaire.Et redirige toutes les discussions vers son programme de transformation postale.LaPresseaffairesMagazine 31 Cette dernière prendra plusieurs formes.Au centre de tri Léo-Blanchette, de nouvelles machines à trier le courrier, plus rapides et plus précises, ont déjà commencé à remplacer les anciennes, qui approchaient dangereusement de la fin de leur vie utile.« Nos équipements sont vétustes, admet Pierre Delisle.Actuellement, nos techniciens doivent magasiner des pièces sur eBay parce qu\u2019elles ne s\u2019achètent plus!» Mais la révolution va bien au-delà du rattrapage technologique.C\u2019est toute l\u2019organisation du travail qui sera touchée.À l\u2019avenir, les nouveaux équipements trieront les lettres directement dans l\u2019ordre où elles doivent être distribuées, diminuant radicalement le temps que le facteur passera au centre de tri avant de prendre la route.Autre petite révolution: alors que seulement 25% des facteurs sautent actuellement dans le camion pour distribuer le courrier, Postes Canada veut augmenter cette proportion à 85%.Un tel virage vers la motorisation n\u2019entraînera-t-il pas une explosion des coûts?Non, répond tout de suite Pierre Delisle.«Oui, on va avoir plus de véhicules.Mais ils vont se déplacer beaucoup moins.» C\u2019est qu\u2019au lieu de se contenter de distribuer les lettres, le facteur de l\u2019avenir sera responsable de tout ce qui touche son territoire.Il livrera aussi les colis et récupérera le courrier accumulé dans les boîtes et comptoirs postaux à la fin de la journée, des tâches actuellement prises en charge par d\u2019autres employés.Postes Canada ne s\u2019en cache pas: cette automatisation et cette réorganisation du travail visent à réduire le nombre d\u2019employés.«D\u2019ici 2017, nous prévoyons réduire les effectifs de 4000 à 7000 postes », dit Catherine Lortie.Changer le NIP de votre nouvelle carte de crédit à puce\u2026 au bureau de poste?Depuis ce mois-ci, c\u2019est possible dans la plupart des comptoirs postaux.Il s\u2019agit là de la première initiative de Postes Canada visant à mieux tirer profit de son immense réseau.En juin, Postes Canada a aussi annoncé son intention de vendre des téléphones cellulaires et des forfaits d\u2019utilisation dans ses comptoirs postaux.Mais un appel d\u2019offres auprès des fournisseurs de sans-fil lui a fait conclure que «l\u2019initiative n\u2019est pas viable en ce moment».«L\u2019informatisation de tous nos comptoirs postaux ouvre la porte à d\u2019innombrables possibilités.Cette mise à jour s\u2019est terminée il y a moins d\u2019un an, et nous sommes en train de chercher, d\u2019élaborer et d\u2019évaluer les possibilités », explique la société d\u2019État.En parallèle, Postes Canada tente aussi de profiter de la montée en puissance de l\u2019internet plutôt que de se contenter d\u2019en subir les contrecoups.Depuis le 26 octobre dernier, les consommateurs canadiens peuvent par exemple utiliser le «magasineur personnel Postes Canada» pour comparer sur l\u2019internet les prix de toutes sortes de marchandises.L\u2019idée est double.D\u2019abord, aller chercher des revenus publicitaires de la part des détaillants qui présentent leur marchandise en ligne.«Évidemment, on essaie aussi de faire en sorte que les fournisseurs utilisent le système d\u2019expédition de Postes Canada pour envoyer les articles achetés», dit Jacques Côté, chef de l\u2019exploitation de la société.PLUS QU\u2019UN BUREAU DE POSTE 32 LaPresseaffairesMagazine Postes Canada l\u2019admet: le virage à 90 degrés qu\u2019elle amorce sera impossible à négocier sans l\u2019appui de ses employés.Et là-dessus, la partie est loin d\u2019être gagnée.La principale convention collective de Postes Canada, qui touche quelque 45 000 travailleurs, sera échue en janvier prochain.Au moment où les négociations débutent, aucune des deux parties n\u2019a voulu y aller de déclarations incendiaires dans les médias.Il reste que les enjeux sont immenses.«On sait que la nouvelle technologie est nécessaire.Mais il y a beaucoup de changements qui arrivent en même temps.Tout est à renégocier», dit Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP).Dans un document intitulé «Postes Canada: plan directeur pour le changement», la société décrit la convention collective de Postes Canada comme «l\u2019une des plus complexes, rigides et contraignantes de toute l\u2019Amérique du Nord».«L\u2019expérience a montré que nous ne pourrons obtenir aucune modification significative de cette convention au moyen du cycle de négociations normal», écrit aussi la société.Le président du syndicat voit mal pourquoi il serait blâmé pour cette convention.«Oui, la convention est volumineuse.Mais une convention collective, c\u2019est un compromis entre deux parties.Cette convention, Postes Canada l\u2019a signée comme nous», rappelle-t-il.Postes Canada promet de ne pas s\u2019attaquer à la sécurité d\u2019emploi de ses employés et écarte l\u2019idée d\u2019un gel salarial.Mais on comprend que le plan de ne pas remplacer tous les départs à la retraite fera l\u2019objet de vives discussions.«C\u2019est évident qu\u2019on résiste à l\u2019élimination d\u2019emplois», dit Denis Lemelin.«Cette négociation est cruciale pour l\u2019avenir du service postal, continue le président du syndicat.Actuellement, on voit beaucoup d\u2019employeurs utiliser le contexte économique difficile pour revenir sur les acquis sociaux.On résiste à ça.» La société compte ainsi générer des économies de 250 millions par année.Mais elle fait une promesse : le processus se fera sans mise à pied.Comment ?Grâce à l\u2019âge des employés de première ligne, dont la moyenne atteint aujourd\u2019hui 49 ans.D\u2019ici 10 ans, pas moins de 30 000 des quelque 71 000 employés de Postes Canada prendront leur retraite.La réduction de personnel chez Postes Canada se fera donc par attrition naturelle.«Comme ils disent en anglais, on avait une fenêtre d\u2019opportunité», dit Catherine Lortie.DES EMPLOYÉS À CONVAINCRE POSTES CANADA 71 000 employés 6500 points de vente 200000 nouvelles adresses chaque année LaPresseaffairesMagazine 33 Pour joindre notre journaliste : lewandowski@videotron.ca Les autochtones sont de bien meilleurs gens d\u2019affaires que jadis.Grâce à leur persévérance\u2026 et au développement d\u2019une branche du droit occupée par de plus en plus de cabinets d\u2019avocats.LE DROIT, LES AFFAIRES ET LES AUTOCHTONES TEXTE RENÉ LEWANDOWSKI , COLLABORATION SPÉCIALE ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF John Hurley connaît bien l es peuple s autochtones.Depuis plus de 35 ans, cet avocat de Montréal a été à leurs côtés dans plusieurs de leurs plus grandes batailles juridiques.De la convention de la Baie-James, en 1975, à la toute récente entente sur la santé signée en juillet dernier avec le gouvernement du Québec en passant par l\u2019historique paix des Braves de 2002, il a été un témoin privilégié de l\u2019évolution des rapports entre les anciennes nations et nos sociétés, québécoise et canadienne, dites modernes.Alors, quand il dit que cela a beaucoup changé, il faut nécessairement le croire sur parole.«En 30 ans, on est passé d\u2019un rapport de confrontation à une relation de partenariat avec les peuples autochtones», dit cet associé de 59 ans, qui pratique chez Gowlings, à Montréal.C\u2019est fou comme les choses peuvent changer en moins de deux générations.Au début des années 70, souligne Me Hurley, les autochtones se battaient pour faire reconnaître leurs droits territoriaux ; aujourd\u2019hui, ils signent des ententes de développement économique avec les gouvernements et l\u2019industrie.Ils sont devenus de bien meilleurs gens d\u2019affaires.Bien sûr, il y a encore des litiges devant les tribunaux, et il y en aura probablement toujours.Bien sûr, ils ont bataillé et la route a été longue.Mais s\u2019ils ont pu développer leur sens des affaires, c\u2019est aussi grâce à l\u2019évolution d\u2019un secteur de droit de plus en plus prisé des avocats: le droit autochtone.Sans droit ni loi, pas de développement économique.En pleine croissance Qu\u2019est-ce au juste que le droit autochtone?Il concerne tout ce qui touche aux titres et aux droits ancestraux, de même que les traités signés avec les gouvernements.Il se situe quelque part à l\u2019avant-garde du droit constitutionnel et administratif.Sa pratique requiert des connaissances historiques et économiques.Il faut aussi être au fait des politiques gouvernementales.John Hurley, lui, fait beaucoup de choses pour ses clients autochtones (dans certains dossiers il représente l\u2019industrie).Il les conseille sur toutes les questions juridiques; il négocie pour eux avec les gouvernements et l\u2019industrie ; il les conseille aussi sur tout ce qui concerne l\u2019administration de la justice: éducation, santé, développement économique.Le droit autochtone n\u2019existait pas au début des années 70; en 2010, il est en pleine croissance.Tous les grands cabinets d\u2019avocats comptent aujourd\u2019hui sur un ou plusieurs experts dans ce secteur.Une centaine d\u2019avocats canadiens le pratiquent désormais à temps plein, dont une douzaine au Québec.Chez Gowlings, sept avocats du bureau de Montréal travaillent à temps plein en droit autoch- 34 LaPresseaffairesMagazine tone.De plus, régulièrement, ils doivent se faire assister par d\u2019autres collègues car les dossiers sont de plus en plus complexes et requièrent des spécialistes dans divers domaines : fiscalité, construction, immobilier, commercial.On l\u2019enseigne même à l\u2019université, notamment à la faculté de droit de McGill, où certains cours ont une liste d\u2019attente tellement ils sont populaires auprès des étudiants.Parce qu\u2019il y a plus de 800 causes en cours entre les autochtones et les gouvernements, et que chacune d\u2019entre elles dure entre 10 et 13 ans, en moyenne, le droit autochtone est appelé à se développer.C\u2019est un secteur payant pour les cabinets et qui l\u2019est devenu encore plus depuis que la Cour suprême a jugé, en 2004, que les gouvernements fédéral et provinciaux avaient l\u2019obligation de consulter et, dans certaines circonstances, de satisfaire les peuples autochtones, même si leurs droits ancestraux n\u2019avaient pas encore été établis ou reconnus.Cet te obligat ion n\u2019incombe pas aux tiers, tels que les promoteurs de projets de développement des ressources naturelles.Sauf que les gestes que feront les gouvernements pour respecter cette obligation sont susceptibles d\u2019avoir des conséquences importantes pour ces promo teu r s.Et qu i de mieux que les avocats pour les conseiller\u2026 C\u2019est fou comme les choses peuvent changer en moins de deux générations ; aujourd\u2019hui, les autochtones signent des ententes de développement économique avec les gouvernements et l\u2019industrie.LaPresseaffairesMagazine 35 Les logos F1 FORMULA 1, F1, FORMULA 1, FIA FORMULA ONE WORLD CHAMPIONSHIP, CANADIAN GRAND PRIX, GRAND PRIX DU CANADA et ses marques reliées sont des marques de commerce de Formula One licensing BV, une compagnie du Groupe Formula One.Tous droits réservés.10·11·12 juin, 2011 Circuit Gilles-Villeneuve Nos forfaits corporatifs, l\u2019occasioN idéale de fidéliser vos relatioNs d\u2019affaires.circuitgillesvilleneuve.ca Réservez votre forfait aujourd\u2019hui : Julie Rioux-Paquette Tél.: 514.350.4731 #238 JAMAIS SANSMON SAC Le sac à main est l\u2019indispensable allié des femmes.Au-delà de sa fonction utilitaire, cet accessoire reflète la personnalité de celle qui le porte.Derrière l\u2019image de luxe se cachent de nombreux messages.Bienvenue dans le monde sacré du sac à main.Carolina Gallo - LaFlèche collectionne les sacs à main.Elle en pos sède plu s d\u2019une centaine.Sa plus belle trouvaille: un modèle authentique datant des années 50 en peau de crocodile, avec tête et pattes du reptile compris.Ce trésor déniché dans un marché aux puces à Halifax vaudrait aujourd\u2019hui plus de 50 000$, selon elle.Passionnée de mode depuis sa tendre enfance, l\u2019avocate et coprésidente de l\u2019Association du Musée des beaux-arts de Montréal se confesse: «Je suis une manique de sacs.Pour moi, il est la déclaration de mes humeurs.J\u2019ai envie d\u2019être excentrique, je choisis un sac coloré de forme particulière.J\u2019ai un rendez-vous d\u2019affaires, j\u2019opte pour un style classique.Mon sac est ma note finale, mon brin de folie.» Au-delà de sa fonction utilitaire, le sac à main est devenu une pièce marquante et indissociable de la garde-robe TEXTE LOUISE LABRECQUE, COLLABORATION SPÉCIALE PHOTOS ROBERT SKINNER ET IVANOH DEMERS 36 LaPresseaffairesMagazine féminine.Gare à celui qui ose y plonger la main sans permission: le sac est un lieu sacré.D\u2019ailleurs, de nombreux psychologues ont tenté d\u2019expliquer ce rapport intime qui relie la femme à son sac.Sigmund Freud, par exemple, le compare aux organes génitaux et aux relations amoureuses.D\u2019après lui, plus un sac est ouvert, plus la femme est «ouverte» sexuellement.Tandis qu\u2019un sac présentant des fermetures et lanières trahit un comportement puritain.Tel sac, telle femme Il ne faut pas sous-estimer l\u2019importance du sac à main.Toujours visible, il envoie un message non verbal sur l\u2019identité de la personne qui le porte : style de vie, statut social, caractère.«Le sac est le seul accessoire qui n\u2019est pas collé à la peau comme le sont les bijoux ou les chaussures.Inconsciemment, il devient une extension de soi que l\u2019on peut idéaliser.Comme un bouclier, il protège et projette l\u2019image de ce qu\u2019on aimerait être», dit la psychologue Jocelyne Bisaillon.Esthétiquement parlant, le sac est le complément parfait pour donner du style à une tenue.Il l\u2019actualise, la personnifie tout en équilibrant la silhouette.Aussi, l\u2019expression «Changez de sac et vous changerez de style» ne peut être plus juste.Sur un tailleur noir, un sac de couleur sombre est élégant, tandis qu\u2019une teinte de rouge dynamise l\u2019ensemble.Pourquoi s\u2019en passer?L\u2019affaire est dans le sac Pour un créateur de mode, le sac porte en lui son univers et l\u2019identité de la marque.Joint à Paris, le consultant mode de luxe Jean-Jacques Picart qui a travaillé auprès des Louis Vuitton et Christian Lacroix, explique: «Le sac est l\u2019intermédiaire idéal entre le monde d\u2019un créateur et le grand public.Comme les parfums, il démocratise facilement le style du créateur.» Malgré la récession, le grand magasin Ogilvy note une hausse de 10% de la vente des sacs haut de gamme (prix variant entre 450$ et 1500$).«Plus que jamais, les femmes préfèrent investir dans un sac qu\u2019elles garderont plusieurs années que dans un vêtement saisonnier », remarque Natalie Perrier, directrice des ventes chez Ogilvy.Aussi, les consommatrices sont à l\u2019affût des modèles à la mode.Elles les recherchent et sont prêtes à tout pour se les approprier.Mais cet engouement pour le « bon » sac est récent.« Ici, les femmes sont plus conservatrices.Avant, elles priorisaient la chaussure et achetaient un sac en fonction de celle-ci.Maintenant, elles s\u2019amusent.Elles comprennent l\u2019impact que le sac produit autant sur elles que sur leur entourage », dit Christopher Kontogianis.Designer de sacs à main, Christopher a appris le métier au côté de son père Nicolas Kontogianis, fondateur de Zenith.Cette manufacture montréalaise était considérée comme l\u2019une des plus importantes en Amérique du Nord.Elle fabriquait des sacs pour les grands noms de la mode, dont Cole Haan, Saks, Neiman Marcus, Holt Renfrew.Pour suivre le courant, Zenith a transféré ses activités en Asie il y a trois ans, pour se concentrer sur les collections du fils: Christopher.Kon et Co-Lab.Celles-ci sont grandement recherchées par les fashionistas qui affectionnent leurs formes et détails à la fois classiques et avant-gardistes.COMMENT L\u2019ACHETER «Les femmes ont un rapport intime avec leur sac à main.Comme les hommes l\u2019ont avec leur voiture», dit le designer Christopher Kon.Aussi, faut-il prendre quelques précautions lors de son achat.Voici ses conseils : Tenez le sac entre vos mains, bougez, marchez.Vous devez éprouver une sensation de confort et de fierté.Remarquez la longueur des poignées ou de la bandouilière.Un sac équilibré s\u2019accroche parfaitement à l\u2019épaule ou à la main, sans que les lanières ne glissent.Touchez et soupesez le sac.Le cuir d\u2019un sac de qualité doit être souple et doux sous vos doigts.Vous devez sentir le grain du cuir.Regardez-vous.Un sac doit être proportionnel à votre silhouette : petite femme = petit sac; grande femme = grand sac.Ouvrez-le.L\u2019intérieur doit être aussi beau que l\u2019extérieur.Osez! Pensez que votre sac est l\u2019accessoire qui signe votre style.Christopher Kontogianis, designer.Ci-contre, des sacs à main de sa collection.Carolina Gallo-LaFlèche, avocate et collectionneuse de sacs à main.LaPresseaffairesMagazine 37 STÉPHANIE GRAMMOND FINANCES PERSONNELLES Pour joindre notre journaliste : sgrammon@lapresse.ca ILLUSTRATIONS JULIEN CHUNG Un système de santé à deux vitesses ?C\u2019est déjà une réalité au Québec\u2026 du moins si on parle de la santé financière, en particulier de la planification de la retraite.Un fossé est en train de se creuser entre les travailleurs qui sont bien outillés pour la retraite, et ceux qui risquent de manquer d\u2019argent pour leurs vieux jours.Un vrai glissement de terrain qui pourrait emporter une bonne partie de la classe moyenne.Dans le système actuel, les gens qui gagnent moins que 25 000$ n\u2019ont pas à s\u2019en faire outre mesure.Les programmes gouvernementaux leur fourni- LA RETRAITE À DEUX VITESSES Voici le pourcentage du salaire qu\u2019il faut économiser, chaque année, pour obtenir un revenu de retraite indexé équivalent à 70% de votre salaire (en incluant la RRQ et la PSV) RETRAITE À 65 ANS ÂGE AU DÉBUT REVENUS AU DÉBUT DE L\u2019ÉPARGNE EN 2010 DE L\u2019ÉPARGNE EN 2010 30 000$ 40 000$ 50 000$ 60 000$ 70 000$ 20 10% 11% 13% 14% 16% 30 13% 15% 17% 20% 21% 40 19% 22% 25% 29% 31% RETRAITE À 60 ANS ÂGE AU DÉBUT REVENUS AU DÉBUT DE L\u2019ÉPARGNE EN 2010 DE L\u2019ÉPARGNE EN 2010 30 000$ 40 000$ 50 000$ 60 000$ 70 000$ 20 18% 19% 21% 22% 23% 30 25% 27% 29% 31% 33% 40 38% 42% 45% 49% 52% COMBIEN FAUT-IL ÉCONOMISER?38 LaPresseaffairesMAGAzINE ront, à 65 ans, l\u2019équivalent d\u2019au moins 70% de leurs revenus d\u2019emploi.Mais les travailleurs nantis ne peuvent pas compter uniquement sur l\u2019État.Pour un salarié qui gagne 60 000$, par exemple, la Régie des rentes du Québec (RRQ), la pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) et le supplément de revenu garanti (SRG) ne remplaceront que le tiers des revenus d\u2019emploi.Ceux qui neveulent pas vivre avec des revenus de retraite de seulement 20 000$ doivent retrousser leurs manches.Plusieurs sont dans la bonne direction, constate Nathalie Bachand, actuaire et planificatrice financière au Groupe conseil Bachand Lafleur Preston, qui est aussi coauteure du livre Tomber à la retraite.Le plus souvent, il s\u2019agit d\u2019employés qui cotisent à un régime de retraite parrainé par leur employeur.Pour les autres, il faut une discipline de fer pour arriver au même résultat.Prenons l\u2019exemple fictif de Mathieu, un travailleur autonome de 25 ans qui gagne 70 000 $.En cotisant à son REER, il voudrait se bâtir une retraite aussi confortable que celle de son amie Amélie qui gagne le même salaire.Celle-ci cotise à un régime de retraite prévoyant une rente, non indexée, de 2% par année de service.Amélie pourra toucher sa rente, sans pénalité, à l\u2019âge de 60 ans, après 35 ans de service.Elle recevra alors l\u2019équivalent de 70% de ses revenus, en incluant la RRQ.De quoi maintenir sa qualité de vie.Pour y arriver lui aussi, Mathieu devra maximiser son REER en y versant 18% de son salaire chaque année, soit 12 600$ par an (en considérant le remboursement d\u2019impôt, l\u2019effort d\u2019épargne sera moins douloureux).Toutefois, Mathieu ne peut pas rêver d\u2019une rente indexée, comme celle de son ami Kevin, qui pourra prendre sa retraite dès 55 ans, après 30 ans de service.«Il lui faudrait 75% de plus que ce qu\u2019il aurait droit d\u2019accumuler dans son REER», calcule Mme Bachand.De toute façon, il ne faut pas se leurrer : seule une infime portion de la population cotise au REER au maximum.La réalité est tout autre.De nombreux Québécois n\u2019épargnent pas du tout, ou pas assez, constate la RRQ.Au rythme où vont les choses, la moitié des travailleurs n\u2019arriveront pas à leur objectif de retraite de 60% de remplacement des revenus d\u2019emploi.Il y a vraiment une retraite à deux vitesses.Et le problème risque de s\u2019accentuer car de nombreux employeurs réduisent ou abolissent leur régime, le jugeant trop lourd à porter.Or, le fardeau est encore plus lourd quand les travailleurs doivent se débrouiller seuls.«Il ne faut pas oublier que dans un REER, le participant prend le risque de perdre au niveau des investissements mais aussi le risque de survivre à son capital », dit Mme Bachand.C\u2019est sans compter que dans un REER, les épargnants paient facilement 2% de plus en frais de gestion annuel que les grands régimes collectifs.À elle seule, cette ponction dans l\u2019épargne retraite constitue un facteur d\u2019appauvrissement social majeur.Avant que le vieillissement de la population n\u2019amplifie le problème, des chercheurs estiment qu\u2019il faudrait créer un régime de retraite national permettant aux travailleurs sans régime collectif de cotiser à un fonds commun, doté d\u2019une structure de frais raisonnable, afin de se constituer une rente de retraite.Selon le professeur Patrik Marier, de l\u2019Université Concordia, le Canada devrait s\u2019inspirer des systèmes adoptés en Norvège, en Suède, au Royaume- Uni et en Nouvelle-Zélande ou, plus près de chez nous, en Saskatchewan.Voici le pourcentage du salaire qu\u2019il faut économiser, chaque année, pour obtenir un revenu de retraite indexé équivalent à 50% de votre salaire (en incluant la RRQ et la PSV) RETRAITE À 65 ANS ÂGE AU DÉBUT REVENUS AU DÉBUT DE L\u2019ÉPARGNE EN 2010 DE L\u2019ÉPARGNE EN 2010 30 000$ 40 000$ 50 000$ 60 000$ 70 000$ 20 4% 5% 6% 8% 9% 30 5% 6% 8% 11% 12% 40 6% 9% 12% 15% 18% RETRAITE À 60 ANS ÂGE AU DÉBUT REVENUS AU DÉBUT DE L\u2019ÉPARGNE EN 2010 DE L\u2019ÉPARGNE EN 2010 30 000$ 40 000$ 50 000$ 60 000$ 70 000$ 20 9% 10% 12% 14% 15% 30 12% 14% 17% 19% 21% 40 19% 22% 26% 30% 32% Hypothèses : rendement de 4,5%, inflation de 2,25%, augmentation des salaires de 3,25%.Les revenus de retraite incluent la RRQ et la PSV.Épuisement du capital à 90 ans.On considère que l\u2019épargne est entièrement déposée dans un REER, mais plusieurs pourcentages dépassent le maximum REER permis.Source : Bachand Lafleur Preston LaPresseaffairesMAGAzINE 39 CINQ ÉTAPES POUR SE BÂTIR UNE RETRAITE CONFORTABLE 1 Commencez tôt.N\u2019attendez pas! Commencez à épargner dès l\u2019instant où vous entrez sur le marché du travail.Rattraper ces années perdues, à 40 ou 50 ans, exigera encore plus de sacrifices.2 Économisez suffisamment.Faites un plan de retraite pour établir la somme que vous devez épargner.Disons que vous commencez dès 20 ans, avec un salaire de 50 000$.Selon nos tableaux, il faudrait épargner 13% chaque année, soit 6500$ (sans compter le remboursement d\u2019impôt) pour obtenir des revenus de retraite indexés (en incluant la RRQ et la PSV) équivalents à 70% de votre salaire, à partir de 65 ans.3 Épargnez systématiquement.Mettez en place un plan d\u2019épargne systématique pour amasser la somme nécessaire, sans trop de douleur.Pour amasser 6500$, par exemple, faites prélever 125$ par semaine directement sur votre salaire ou dans votre compte bancaire.4 Suivez vos placements.Faites une saine répartition d\u2019actifs, dans des placements solides et peu coûteux en frais de gestion (ex: fonds négociés en Bourse).5 Arrêtez de rêver à Liberté 55! Une retraite anticipée coûte extrêmement cher ! Pour la majorité des travailleurs, il est impossible de travailler durant seulement 30 ans pour financer 30 ans de retraite.40 LaPresseaffairesMAGAzINE régimes de retraite pour les PME 32RPDB 3 Régime de participation différée aux bénéfices RRS Régime de retraite simplifié Mettez-vous aux régimes! | rrq.gouv.qc.ca/pme 1REER REER collectif LAPIONNIÈRE DE XEROXÉlevée dans un quartier de logements sociaux de New York par une mère seule, Ursula Burns est devenue la première femme noire à diriger une grande multinationale.Le plus récent défi de cette pionnière?Améliorer l\u2019enseignement des sciences aux États-Unis à la demande d\u2019un certain Barack Obama.TEXTES VINCENT BROUSSEAU-POULIOT, PHOTOS FRANÇOIS ROY LaPresseaffairesMagazine 41 Ursula Burns n\u2019a pas grandi en rêvant de diriger une multinationale.« Je ne savais même pas ce qu\u2019était un PDG», dit-elle.Pourtant, ce sera elle, la petite fille élevée par une mère seule dans un quartier de logements sociaux de New York, qui deviendra la première femme noire à occuper le siège du patron d\u2019une entreprise du S&P 500, l\u2019indice baromètre des grandes entreprises inscrites en Bourse aux États-Unis.« Je ne connaissais rien du milieu des affaires avant la fin du secondaire », dit Ursula Burns en entrevue avec La Presse Affaires Magazine lors de sa première visite au Canada depuis sa nomination comme PDG et présidente du conseil d\u2019administration de Xerox en juillet 2009.Oubliez la tirelire ou le compte jeunesse à la banque.Dans le grand ensemble de logements sociaux du Lower East Side, son enfance est plutôt marquée par la pauvreté, la drogue et les gangs de rue.«C\u2019était un quartier dur de New York, un quartier où tout le monde était pauvre, dit Ursula Burns.Nous ne marchions pas seuls dans la rue et nous ne restions pas jouer dehors le soir jusqu\u2019à l\u2019âge de 16 ou 17 ans.» Pour faire vivre sa famille, la mère d\u2019Ursula Burns garde des enfants à la maison.Chaque semaine, elle fait aussi le ménage chez le médecin et le dentiste du quartier en échange de services médicaux pour ses enfants.«C\u2019était notre régime d\u2019assurance maladie maison», dit Ursula Burns.La mère d\u2019Ursula Burns, Olga Watler, n\u2019est pas seulement débrouillarde.Elle a aussi de l\u2019ambition pour ses enfants.«Ma mère avait une devise: là où vous vivez ne définit pas qui vous êtes, dit Mme Burns.Ses attentes envers nous étaient basées là-dessus.Elle nous a élevés pour connaître du succès.» Outre la discipline inflexible de sa mère, Ursula Burns doit son ascension dans le monde des affaires à sa bosse des mathématiques et à son francparler.Entrée chez Xerox en 1980 par un stage durant ses études en génie mécanique, elle se fait vite remarquer.«J\u2019ai tout de suite vu qu\u2019elle était une star », dit Vernon Jordan, l\u2019un des avocats les plus influents de la communauté noire qui a siégé au conseil d\u2019administration de Xerox de 1974 à 2009.Durant une réunion, la jeune adjointe de direction interrompt le PDG Paul Allaire afin de lui demander pourquoi l\u2019entreprise continue à embaucher malgré sa politique de gel des embauches.Au lieu d\u2019être contrarié, Paul Allaire lui offre de devenir son adjointe de direction.Nous sommes en 1991.Dix-huit ans plus tard, elle se retrouvera dans le fauteuil de son patron.«Ursula se distinguait par son engagement envers son patron et son entreprise, dit Vernon Jordan en entrevue avec La Presse Affaires Magazine.Ce fut fascinant pour moi, qui ai grandi comme elle dans un logement social, de la voir monter les échelons.Personne ne l\u2019a favorisée.Elle a mérité chaque promotion.» Nommée vice-présidente mondiale de la fabrication en 1999, Ursula Burns présente une demande de divorce professionnel à Xerox l\u2019année suivante.Elle avait accepté une offre de cadre chez Dell à Austin au Texas, où elle a déjà fait des démarches pour trouver une maison familiale.«J\u2019étais chez Xerox depuis 20 ans, j\u2019avais travaillé partout, j\u2019avais géré des projets importants, mais il y avait un changement 42 LaPresseaffairesMagazine à la haute direction et je ne croyais plus pouvoir contribuer », dit-elle.Sitôt sa décision annoncée, une campagne de (re) séduction commence.Ursula Burns cède aux pressions et reste chez Xerox.Elle a une nouvelle patronne: Anne Mulcahy, qui dirige Xerox de 2000 à 2009 avant de lui céder sa place.Une première succession entièrement féminine au sein d\u2019une entreprise du Fortune 500.La question de la gestion au féminin agace un peu la PDG de Xerox.«On porte beaucoup d\u2019attention à certains détails de gestion chez les femmes qui ne sont pas scrutés de la même façon chez les hommes, dit-elle.Mais c\u2019est vrai que les femmes qui dirigent des entreprises ont quelques traits communs, comme la capacité à travailler en équipe, à accepter de ne pas tout savoir et à faire preuve de flexibilité.En même temps, ce sont des généralisations.Croyez-moi, je connais des femmes tout à fait inflexibles!» En moins d\u2019un an, Ursula Burns a déjà laissé sa marque chez Xerox.En septembre 2009, elle procède à la plus importante transaction de l\u2019histoire de l\u2019entreprise, avalant l\u2019entreprise Affiliated Computer Services pour 6,4 milliardsUS.Le montant de la transaction donne le vertige \u2013 surtout pour une PDG en poste depuis quelques mois \u2013, mais Xerox n\u2019a pas le choix si l\u2019entreprise veut offrir un nombre grandissant de services à ses clients.En plus, ses concurrents Dell et Hewlett-Packard ont déjà sorti leur chéquier.Dell a payé 3,9 milliards US pour Perot Systems et Hewlett-Packard, 13,9 milliards US pour Electronic Data Systems.«Nous voulons être le leader dans la gestion de documents, dit Mme Burns.Nous voulons faciliter la tâche pour embaucher un employé, intenter des poursuites en cour, obtenir des informations sur la santé d\u2019une personne.Notre marché est illimité.» Sur son plan d\u2019affaires, la femme d\u2019affaires de 52 ans ne s\u2019impose pas de limites.Mais Ursula Burns s\u2019est juré de ne pas laisser ses nouvelles fonctions chambarder sa vie personnelle.«Perdre ses repères, ça peut arriver à tout le monde qui a du pouvoir dans la vie», dit-elle.Malgré sa fortune et son rythme de vie trépidant, Ursula Burns n\u2019a pas oublié la devise familiale \u2013 où vous vivez ne définit pas qui vous êtes.Au fil des années, son admiration pour sa mère, disparue en 1993 alors que la future PDG de Xerox n\u2019avait que 25 ans, n\u2019a fait que grandir.«Ma mère a eu beaucoup de difficultés, mais nous ne nous en apercevions pas, dit-elle.Nous avons eu de beaux moments en grandissant.Elle nous a protégés des mauvaises influences dans le quartier.Les gangs étaient au coin de la rue, mais c\u2019était très loin pour nous.» «Ma mère avait une devise : là où vous vivez ne définit pas qui vous êtes, dit Ursula Burns.Ses attentes envers nous étaient basées là-dessus.Elle nous a élevés pour connaître du succès.» LaPresseaffairesMagazine 43 LA CONSEILLÈRE APOLITIQUE D\u2019OBAMA Comme si sa vie professionnelle n\u2019était pas déjà assez occupée, Ursula Burns a accepté un nouveau travail il y a un an: conseillère de Barack Obama.La PDG de Xerox a été nommée par le président américain au sein d\u2019un comité visant à améliorer l\u2019enseignement des sciences, de la technologie, des mathématiques et du génie.«Quand un président vous demande quelque chose, c\u2019est très difficile de dire non!» dit-elle à la blague.Cette femme apolitique \u2013 «c\u2019est dans la culture de Xerox», explique- t-elle \u2013 est consciente de l\u2019importance de la mission qui lui a été confiée.«Ça ne réglera pas les problèmes économiques d\u2019aujourd\u2019hui, mais ce sera un bon investissement pour l\u2019avenir, dit Mme Burns.Si nous ne faisons rien, nous ne serons qu\u2019une économie de services et les progrès en médecine, en énergies renouvelables et dans les nouvelles technologies vont venir d\u2019ailleurs.» Ursula Burns n\u2019est pas une intime de Barack Obama.Elle l\u2019a rencontré pour la première fois durant sa campagne à la présidence en2009.C\u2019est Vernon Jordan, un ami personnel de Bill Clinton qui a siégé une trentaine d\u2019années au CA de Xerox, qui a joué les entremetteurs.À l\u2019insu d\u2019Ursula Burns.«Vernon m\u2019avait demandé de venir à une soirée à Washington en me disant qu\u2019il y aurait plein de monde intéressant, raconte-t-elle.Quand je suis arrivée, il y avait seulement 10personnes dans la salle dont Barack Obama, qui avait remporté l\u2019investiture démocrate contre Hillary Clinton la veille.» LA FEMME DE 11 MILLIONS Élevée dans la pauvreté, Ursula Burns fait aujourd\u2019hui environ 11 millions US par année.Est-ce trop d\u2019argent pour diriger une entreprise, même si elle est aussi prestigieuse que Xerox?«Les PDG font beaucoup plus d\u2019argent que la moyenne des travailleurs, mais je ne crois pas qu\u2019ils font trop d\u2019argent.Aujourd\u2019hui, les emplois de haute direction sont plus complexes, plus exigeants et plus risqués qu\u2019à une autre époque», dit Ursula Burns, qui défend la rémunération de ses pairs \u2013 sauf ceux de Wall Street.«Dans certains secteurs, nous avons vu des rémunérations folles au cours des dernières années, même selon les critères des PDG.C\u2019est difficile de comprendre qu\u2019une personne puisse faire 40 millions par année, peu importe ses qualités.La rémunération de la plupart des PDG n\u2019a rien à voir avec ces montants.C\u2019est un langage différent.Mais à cause de ça, les PDG ont tous été mis dans le même panier.» UNE ASCENSION DIFFICILE Est-ce plus difficile pour une femme noire de dénicher un bon boulot ?Malheureusement oui, répond celle parmi elles qui a l\u2019emploi le plus prestigieux dans le milieu des affaires.« Je ne suis pas sûre de savoir pourquoi, mais c\u2019est plus difficile, dit Ursula Burns.En fait, c\u2019est surtout difficile d\u2019être la seule personne de son groupe au travail.Heureusement, il y avait beaucoup de jeunes quand je suis entrée chez Xerox.J\u2019ai aussi rencontré mon mari à ma deuxième journée.Il est noir, on faisait du covoiturage, il connaissait plein de gens et d\u2019endroits où sortir.Ça m\u2019a aidée à m\u2019intégrer.Quand vous êtes seule, c\u2019est difficile de trouver les endroits où écouter la musique que vous aimez, où trouver la nourriture à laquelle vous êtes habituée.Vous vous sentez parfois dans un nouveau pays.» À la blague, Ursula Burns dit que ses origines ont constitué un double avantage au travail.«Dans n\u2019importe quel groupe, je pouvais m\u2019identifier soit aux femmes, soit à la communauté noire», dit-elle.Aujourd\u2019hui, les membres de la communauté noire, particulièrement les jeunes femmes, peuvent s\u2019identifier à Ursula Burns.«Bien sûr, si vous allez à la sortie d\u2019un métro à Harlem et que vous parlez d\u2019Ursula Burns, personne ne saura de qui il s\u2019agit, dit son mentor Vernon Jordan, qui reste à 75 ans l\u2019une des figures de proue de la communauté noire.Être PDG, ce n\u2019est pas comme jouer au basket pour les Celtics de Boston! Mais Ursula a obtenu beaucoup de reconnaissance dans la communauté des affaires et dans les écoles.Quand elle fait un discours à la remise des diplômes au secondaire ou à l\u2019université, les jeunes comprennent vite son message.» BLANC NOIR FEMME HOMME PHOTO REUTERS Le président américain BarackObama en compagnieduPrésident-Directeur général deBoeingJim McNerney et Ursula Burns, laPDGde Xerox.44 LaPresseaffairesMagazine Au siège social de Montréal, la haute direction du Canadien National est victime de son succès.Le dilemme auquel Claude Mongeau, président du CN, fait face est le suivant: après des trimestres de résultats enviables et de bonne appréciation en Bourse, comment convaincre les investisseurs que son entreprise peut maintenir un tel élan, alors que la conjoncture économique nordaméricaine montre des signes de faiblesse?«Malgré les bons résultats du CN, parmi les meilleurs de son secteur, la mollesse de la reprise économique ternit la perception des investisseurs envers le potentiel d\u2019appréciation additionnelle de ses actions», a constaté Fabi Chamoun, analyste en transports chez BMO Nesbitt Burns à Toronto, après la publication des résultats du troisième trimestre, à la fin octobre.Des résultats particulièrement robustes, tout comme ceux des quelques trimestres précédents.Le bénéfice d\u2019exploitation et le bénéfice net étaient en hausse annualisée de 21%, à 834 millions et 556 millions respectivement.Cette hausse substantielle de profit découlait d\u2019un regain considérable de 15%du chiffre d\u2019affaires à 2,1 milliards.Aux trois quarts de son exercice 2010, le CN affiche des revenus cumulatifs en hausse de 12% en un an, à 6,18 milliards.Son bénéfice d\u2019exploitation est en hausse de 28% et le bénéfice net, supérieur de 25% à celui de l\u2019an dernier à pareille date.En d\u2019autres termes, pour chaque dollar de revenu, le Canadien National dégage maintenant 26 cents de bénéfice net.C\u2019est 13% de plus qu\u2019à pareille date l\u2019an dernier, et 18% de plus qu\u2019il y a deux ans! Mais parmi les investisseurs boursiers, ces récents résultats du CN semblent trop beaux pour durer.Et ses actions, rendues à 16 fois le bénéfice prévu pour l\u2019exercice courant, apparaissent un peu chères.À preuve, les investisseurs les ont laissé choir de 3,4% au lendemain de la publication des résultats trimestriels.«L\u2019amélioration continue des résultats au CN fait craindre à certains investisseurs qu\u2019il pourrait avoir atteint une limite d\u2019appréciation, en comparaison avec ses pairs», notait récemment l\u2019analyste Benoit Poirier, spécialiste des transports chez Valeurs mobilières Desjardins à Montréal.Il considère néanmoins que «les investisseurs sous-estiment le potentiel de croissance des revenus du CN dans certains créneaux, comme le transport de matières premières.D\u2019autant plus que le transporteur jouit d\u2019une situation financière avantageuse qui pourrait générer beaucoup de valeur pour ses actionnaires, si l\u2019entreprise décidait de leur distribuer du capital».Avec la faible probabilité qu\u2019une autre occasion d\u2019acquisition majeure se présente dans un avenir prévisible, le CN a la flexibilité financière pour rehausser le dividende versé à ses actionnaires.Et peut-être même leur consentir un dividende spécial, anticipe l\u2019analyste de VMD.Mais pour Luc Jodoin, viceprésident aux finances du CN, les besoins d\u2019investissements internes du transporteur ferroviaire demeurent prioritaires.«Nous voulons nous assurer que nos activités d\u2019exploitation et nos immobilisations sont pleinement appuyées sur le plan financier», a-t-il rap- Pour joindre notre journaliste :hmbavrailll@ielra@prlaepssres.csae.ca PROFiL BOURSieR LE CANADIEN NATIONAL PEUT-IL GARDER SON ÉLAN ?TEXTE MARTIN VALLIÈRES, PHOTO MARTIN TREMBLAY LaPresseaffairesMagazine 45 pelé lors d\u2019une récente téléconférence avec les analystes.Et pour cause ! Durant le seul quatrième trimestre de son exercice 2010, le CN prévoit dépenser au moins 800 millions en immobilisations dans son réseau.C\u2019est presque autant que le total combiné des trois trimestres précédents.En tête de liste des priorités : accélérer la modernisation de ses locomotives avec les meilleures technologies de gestion de puissance motrice et d\u2019économie de carburant.Aussi, le CN doit investir considérablement dans l\u2019embauche et la formation de centaines de nouveaux employés pour ses activités ferroviaires.Près de la moitié de ces 6000 employés partiront à la retraite au cours des prochaines années.C\u2019est pourquoi le CN a amorcé en 2010 un programme d\u2019embauche qui pourrait s\u2019élever à jusqu\u2019à 2000 personnes par an, pour les cinq prochaines années.«Il faut au moins six mois pour embaucher et former adéquatement un conducteur de train.C\u2019est donc primordial pour le CN de bien effectuer ce remplacement de personnel », a admis son président, Claude Mongeau, lors d\u2019une récente discussion avec des analystes.Juste avant, il avait aussi expliqué le recentrage des priorités d\u2019exploitation au CN sur l\u2019amélioration des services aux clients.Il s\u2019agit d\u2019un élément-clé des ambitions du transporteur ferroviaire pour ravir des parts de marché à ses concurrents dans le camionnage de longue distance.Entre autres, avec son projet « Premier mille, dernier mille», le CN veut peaufiner sa gestion de matériel roulant afin de se rapprocher des besoins en «juste-à-temps» de ses clients.Dans le secteur manufacturier d\u2019abord, mais de plus en plus parmi les producteurs de matières premières.« Avec cette stratégie de « précision ferroviaire », le CN se positionne pour ravir du volume aux camionneurs.Ça se produit déjà chez les producteurs d\u2019acier, par exemple », remarque Jacob Bout, analyste en transports chez Marchés mondiaux CIBC, à Toronto.Par ailleurs, ce projet du CN succède à une série d\u2019accords de meilleure coordination conclus depuis un an avec les principaux ports canadiens, dont celui de Montréal.Ces accords visent à accélérer le transfert des conteneurs de marchandises entre les navires et les convois ferroviaires du CN, réduisant d\u2019autant les délais de transport pour les clients.Est-ce que ces efforts suffiront à maintenir la hausse des résultats?« L\u2019effet cumulatif de la croissance de volume, même modeste, de hausses de tarifs, de gains d\u2019efficacité ainsi que la continuité de rachat d\u2019actions devrait soutenir une bonne croissance du bénéfice par action», prévoit Avi Dalfen, analyste en transports à la financière Macquarie, à Montréal.On est aussi confiant chez l\u2019un des principaux actionnaires du CN: la firme de gestion de placements Jarislowky Fraser de Montréal, comme en témoigne cette déclaration de Denis Durand, directeur de Jarislowsky Fraser, à l\u2019agence Bloomberg: «Le CN est l\u2019un des transporteurs les mieux gérés en Amérique du Nord.Et il continue de trouver des moyens d\u2019être plus efficace.» CANADIEN NATIONAL SUR LA BONNE VOIE Exercice 2008 2009 2010(1) 2011 (1) Revenus 8,48 milliards 7,36 milliards 8,27 milliards (prév.) 8,87 milliards (prév.) Bénéfice d\u2019exploitation 2,89 milliards 2,41 milliards 3,02 milliards (prév.) 3,35 milliards (prév.) Bénéfice net 1,89 milliard 1,85 milliard 2 milliards (prév.) 2,15 milliards (prév.) Bénéfice net par action (dilué) 3,95$ 3,92$ 4,33$ (prév.) 4,67$ (prév.) Note 1: Moyenne des prévisions d\u2019analystes compilée par Bloomberg Sources : Canadien National, Bloomberg CANADIEN NATIONAL EN UN COUP D\u2019OEIL Activité: transporteur ferroviaire d\u2019envergure continentale Siège social: Montréal Effectifs: 21 500 employés Revenus (4 derniers trim.): 7,8 milliards (+1,4%) Bénéfice d\u2019exploitation (4 derniers trim.): 2,9 milliards (+12%) Bénéfice net (4 derniers trim.): 2,18 milliards (+18%) Valeur boursière (au 18 nov.): 30,3 milliard (+13% en un an) Actionnaires: fonds Mass.Financial (Boston), fonds Jarislowsky Fraser (Montréal), fonds Harris Financial (Chicago), fonds CI (Toronto), fonds RBC (Toronto), Fondation Bill-Melinda Gates (Denver), etc.Sources : CN, Bloomberg Claude Mongeau, président et chef de la direction.70 66 62 58 54 2009 2010 (En date du 18 nov.2010) 65,52 $ N D J F M A M J J A S O CANADIEN NATIONAL 46 LaPresseaffairesMagazine À la recherche d\u2019un avantage mondial?Pour l\u2019emporter sur le marché d\u2019aujourd\u2019hui, il faut faire des affaires partout dans le monde et relever les défis qui s\u2019ensuivent.Si vous voulez saisir des possibilités qu\u2019offre l\u2019économie mondiale, vous avez besoin d\u2019un conseiller pour vous soutenir où que vous soyez.Nous pouvons vous aider.Notre réseau de 141 000 professionnels de la certification, de la fiscalité, des services transactionnels et des services consultatifs réunit les connaissances locales, la perspective mondiale et le service intégré pour vous aider à réussir.ey.com/ca © 2010 Ernst & Young s.r.l./s.e.n.c.r.l.Tous droits réservés. Pour joindre notre journaliste : leblancleblanc@gmail.com L\u2019art du hammam turc a la cote dans les spas qui ont ouvert leurs portes au cours des derniers mois.Raffiné par les Ottomans après la chute de l\u2019Empire romain, le rituel du bain dans des salles chauffées à différentes températures est apprécié pour ses propriétés relaxantes et détoxifiantes.De Marrakech à la Norvège en passant par New York, tour du monde des nouveaux spas qui remixent cette tradition orientale.MARRAKECH, MAROC DES SOINS DANS LES MURS D\u2019UNE VIEILLE VILLE Rénové à grands frais (150 millions), l\u2019hôtel La Mamounia a inauguré l\u2019an dernier un spa de 27 000 pieds carrés à même les fondations des murs de la vieille ville de Marrakech.Fréquenté par Charlie Chaplin, Winston Churchill et les Rolling Stones, l\u2019établissement offre maintenant des soins conçus à partir de produits locaux comme le savon noir, l\u2019argile rhassoul et l\u2019huile d\u2019argan.Ce spa, l\u2019un des mieux cotés du monde par le magazine Condé Nast Traveler, offre à sa clientèle des forfaits quotidiens, hebdomadaires et mensuels.Il est équipé de neuf salles de traitement, dont un hammam pour hommes et un bain de vapeur pour femmes.L\u2019ambiance intimiste propice à la relaxation est agrémentée par des touches Art déco.L\u2019été, le spa offre des soins à l\u2019extérieur.L\u2019hôtel de 210 chambres donne sur un magnifique jardin de palmiers, d\u2019orangers et d\u2019oliviers, au pied des montagnes de l\u2019Atlas.Avenue Bab Jdid, Marrakech, mamounia.com TEXTE THOMAS LEBLANC, COLLABORATION SPÉCIALE, PHOTOS FOURNIES PAR LES SPAS L\u2019HEURE DES BAINS La Mamounia, Maroc Spa at Trump, New York Sources : Concierge.com, Wallpaper, CNN, New York Times 48 LaPresseaffairesMagazine TROMSØ, NORVÈGE ESCAPADE NORDIQUE SUR UN BATEAU DE PÊCHE Tromsø est une ville norvégienne située au nord du cercle polaire de l\u2019Arctique.C\u2019est dans cette communauté reconnue comme un haut lieu d\u2019observation des aurores boréales qu\u2019un organisateur de festival nommé Erlend Larsson a choisi d\u2019installer Vulkana, un bateau de pêche reconverti en hammam des mers.C\u2019est en relaxant sur une passerelle après une soirée à fêter qu\u2019il a l\u2019idée de transformer la cale d\u2019une embarcation des années 50 en sauna.Encensé par le magazine Wallpaper, ce spa intime rappelle Bota Bota, un établissement flottant au concept similaire inauguré dans le Vieux-Port de Montréal cet automne.Conçu par l\u2019architecte finlandais Sami Rintala, Vulkana accueille autant des touristes italiens venus profiter des pistes de ski à proximité qu\u2019un avocat londonien et sa famille souhaitant s\u2019évader de la capitale britannique le temps d\u2019une fin de semaine.Tromsø, polarsafari.no NEWYORK, ÉTATS-UNIS HAMMAM À MANHATTHAN Spa at Trump se présente comme le seul établissement à offir l\u2019expérience du hammam à New York.Situé dans l\u2019hôtel Trump Soho \u2014 propriété du célèbre animateur de l\u2019émission The Apprentice \u2014 l\u2019endroit de 11 000 pieds carrés offrent des traitement pour le visage, des massages, des manucures et des pédicures.Ivanka, fille de Donald Trump, a fait appel à un spécialiste du hammam pour s\u2019assurer que toutes les étapes de ce bain traditionnel étaient respectées.Lors d\u2019une visite, une journaliste du New York Times a même avantageusement comparé Spa at Trump à un sauna comme ceux qu\u2019on trouve à Istanbul.L\u2019attention aux détails portée par les employés du spa vaut la peine d\u2019être soulignée: bouquets d\u2019orchidées et service exceptionnel contribuent à rendre l\u2019expérience mémorable.Le rituel se conclut avec un thé à la menthe dans un lounge de relaxation avec vue sur la ville.246, Spring, New York, trumpsohohotel.com VANCOUVER, CANADA UNE TENDANCE AUTHENTIQUE Si la tendance hammam a été identifiée comme l\u2019une des plus importantes de l\u2019industrie des spas en 2010 par le site SpaFinder.com, c\u2019est en partie grâce des établissements comme Miraj Hammam de Vancouver, qui ont exporté le savoir-faire authentique des bains turcs à des milliers de kilomètres d\u2019Istanbul.Ouvert il y a 10 ans, Miraj offre des soins traditionnels de la peau, comme le gommage, le nettoyage et l\u2019exfoliation.Les propriétaires de l\u2019endroit croient fermement que des visites régulières dans un hammam peuvent avoir des effets bénéfiques sur la santé du corps et de l\u2019esprit.Combiner les traitements à un massage est le moyen idéal de profiter de l\u2019expérience, juste avant de conclure le tout dans un lounge en sirotant un thé.1495 West 6th Avenue, Vancouver, mirajhammam.com LaPresseaffairesMagazine 49 rudy LE COurS Au bOut du COmptE Pour joindre notre journaliste : rlecours@lapresse.ca ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF Quatre ans après l\u2019éclatement de la bulle immobilière, trois ans après celui de la crise financière mondiale, les grandes banques américaines et européennes tardent toujours à assainir leur bilan.Leurs actifs vérolés, résultat d\u2019une débauche de prêts laxistes, les empêchent toujours de jouer leur rôle qui consiste simplement à prêter, en évaluant le risque, l\u2019argent que des épargnants leur confie.Les inciter à se défaire de ces créances viciées ou à les radier est vite apparu comme la meilleure solution, aussi douloureuse fût-elle.Mais on a plutôt multiplié les atermoiements, allant jusqu\u2019à renoncer à la norme comptable de valeur de liquidation.Cela retarde l\u2019échéance fatale et le rétablissement durable du système financier.L\u2019ersatz ultime est l\u2019assouplissement monétaire.On en est venu aux États-Unis à tellement le désirer qu\u2019on se demande si, à la manière d\u2019un camé, l\u2019économie américaine n\u2019en voudra pas toujours plus ou pourra un jour s\u2019en passer.Imprimer de l\u2019argent pour stimuler le crédit, la consommation ou la création d\u2019emplois n\u2019a pas porté les fruits escomptés jusqu\u2019ici.Mais les banques brassent à nouveau des affaires d\u2019or en agissant comme grands courtiers de la dette américaine, gonflée pourtant à cause de leurs méfaits.Les spéculateurs en profitent aussi pour emprunter à peu de frais en dollars américains afin d\u2019investir ailleurs, là où le loyer de l\u2019argent est plus conforme avec une économie qui fonctionne normalement.De grandes entreprises empruntent aussi des sommes colossales pour racheter leurs actions ou bonifier leurs dividendes.C\u2019est précisément ce que vient de faire Microsoft.Elle a réussi un financement colossal en consentant un rendement de 0,875% seulement.Durant la décennie précédente, les entreprises s\u2019étaient follement adonnées au rachat de leurs titres dans le but de grossir le bénéfice par action et les bonus de la direction.Depuis que la Fed a abaissé à quasi zéro son taux directeur, les rachats ont repris de plus belle.Ils ont totalisé 78 milliards US, au deuxième trimestre seulement.De leur côté, que font les banques des largesses de la Fed?Elles empilent les milliards pour faire face à des poursuites susceptibles d\u2019entacher leurs résultats durant encore plusieurs trimestres.La nouvelle fièvre de recours judiciaires qui s\u2019abat sur elles vient de deux foyers qui se nourrissent mutuellement, tout en enrichissant des armées d\u2019avocats au passage.Du côté droit, des détenteurs de titres adossés à des prêts hypothécaires suspects veulent obliger les émetteurs à racheter leurs saucissons de prêts.Ils prétextent que les ingrédients n\u2019étaient pas conformes à ce qui était indiqué sur l\u2019emballage.Du gauche, des débiteurs plus ou moins insolvables contestent la saisie de leur maison par des agences mandatées par les banques.Elles ne respecteraient pas les règles de l\u2019art en la matière.Cela attise davantage la colère des détenteurs de saucissons qui craignent que leur marchandise ne devienne encore plus avariée.Ajoutez à cela que la Fed de New York s\u2019est jointe au collectif des détenteurs de saucissons qui exigent remboursement.Elle a acquis des montagnes de titres suspects pour sauver certaines institutions jugées trop grosses pour sombrer, mais aujourd\u2019hui elle met sa casquette de garante de l\u2019argent de contribuables.Devra-t-elle sauver demain celles qu\u2019elle attaque aujourd\u2019hui pour en avoir sauvé d\u2019autres hier?Les banques aujourd\u2019hui poursuivies ne sont pas forcément celles qui ont prêté de manière irresponsable, voire frauduleuse, ni même celles qui ont saucissonné les prêts.Ces institutions (Countrywide, Wachovia, Washington Mutual etc.) ont depuis été absorbées par les banques aujourd\u2019hui traînées devant les tribunaux.Pour ajouter à ce micmac de plusieurs centaines de milliards de dollars, il ne serait guère surprenant qu\u2019elles soient ellesmêmes détentrices de titres viciées que des investisseurs institutionnels veulent leur rétrocéder.On prête à Milton Friedman l\u2019aphorisme suivant* : «Le pire ennemi du socialisme, c\u2019est le socialisme.Le pire ennemi du capitalisme, ce sont les capitalistes.» Hélas, on ne saurait mieux dire.*Cité par Don Coxe in Basic Points.13 octobre 2010.Les banques n\u2019ont pas fait le ménage Imprimer de l\u2019argent pour stimuler le crédit, la consommation ou la création d\u2019emplois n\u2019a pas porté les fruits escomptés jusqu\u2019ici.50 LaPresseaffairesmAgAzinE Aucun détail ne nous échappe.Ogilvy Renault agit à titre de conseiller juridique principal dans le cadre de nombreuses opérations transfrontalières et internationales. 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